
Procès Le Priol, J7 : « Pas de sommation. Il l’a visé. Il a tiré pour le terminer »
7e jour d’audience devant la Cour d’Assises de Paris au procès Le Priol, Bouvier et Rochemir.
Shaun Hegarty, présent au moment du meurtre de son ami Federico Martin Aramburu, témoigne à la barre.
Pendant plus de trois heures, il va raconter le déroulé de cette soirée, l'altercation avec les accusés au bar du Mabillon, puis leur déchaînement de haine alors que les deux amis rentraient tranquillement se coucher.
« Il me dit : Je vais le tuer. Je vais le tuer. Je vais le tuer. Trois fois »
Après la poignante déposition de Shaun Hegarty à la barre de la Cour d’assises le matin de ce 7e jour d’audience, les débats reprennent l’après-midi avec l’audition de divers témoins.
On entend notamment le client du bar insulté par Loik Le Priol, parti avant l’altercation entre les accusés et les victimes. Puis, les précieux témoignages de deux employés du Mabillon.
Le premier, chef de rang, se souvient bien des deux accusés, habitués réguliers du café, malgré leur interdiction d’entrer en contact. Il est intervenu pour séparer la bagarre et calmer Le Priol, hors de lui, qui lui signifie alors « Je vais le tuer ».
L’agent de sécurité du Mabillon s’avance ensuite à la barre. Lui aussi est intervenu dans la bagarre entre les accusés et les victimes. Un peu plus tôt dans la soirée, il s’était déjà interposé en voyant « celui qui a tué, donner des petites claques au rugbyman ». Après la bagarre, il se souvient que celui-ci « sort un brassard de police et une arme et place les balles dedans ». c’est alors qui lui dit « Je vais le tuer. Je vais le tuer. Je vais le tuer. Trois fois » répète-t’il devant la Cour d’assises, silencieuse.
Enfin, à 19h passé, c’est une des voisines du Mabillon qui vient livrer son témoignage. Elle observe la bagarre depuis sa fenêtre du 4e étage. Elle voit celui qu’elle appelle lors de sa 1e audition « le fou furieux » en parlant de Loïk Le Priol, mettre sa main à sa poche, devinant par intuition une arme, sans certitude… jusqu’aux coups de feu quelques secondes plus tard.
Le président lui rappelle ses déclarations juste après les faits : « J’ai vu les deux rugbymans partir en marchant, et je me suis dit qu’ils n’avaient pas peur que le fou furieux les rattrape »
Chaque témoin exprime à la barre avec émotion le traumatisme de cette nuit-là mais aussi le sentiment de culpabilité de ne pas avoir su ou pu faire quelque chose pour empêcher les évènements qui allaient suivre. Les accusés quant à eux restent impassibles.
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