2 294 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
100 % libre et LIVE
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage

« Antigang », la série documentaire. Plongée palpitante dans les années flics et voyous

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour, comment allez-vous ? L’invité est venu escorté car je crois que les gens de Canal plus se méfient de Twitch il est donc en charmante compagnie. Bon voilà, on est surveillé. J’ai eu le plaisir de voyager avec vous dans les années 70. Vous allez voir, on va avoir cinq extraits de la série Antigang qui est la série documentaire qui est diffusée à partir d’aujourd’hui sur Canal+. Après l’entretien, je n’ai pas prévenu notre invité Emmanuel Hamon je le raccompagnerai à l’escalier et que moi ensuite je reprends l’antenne avec vous. Ah oui, oui ! L’invité se marre.
Emmanuel Hamon
Ben ouais, voilà comment c’est des bons pseudos
David Dufresne
Des très bons pseudos, c’est des très beaux pseudos.
Emmanuel Hamon
Bien sûr, Je peux te dire que je suis ravi d'être là, dans ce beau studio à dominante orange où tu m’accueille aujourd’hui David.
David Dufresne
Génial ! Raccompagner l’invité à l’escalier, est ce que c’est une référence à d’anciens présidents ?
Emmanuel Hamon
Pourquoi j’ai pris un coup de vieux en arrivant
David Dufresne
. Parce que je me suis dit en regardant ta série qui est comme le dit le monde palpitant et j’ai repris ce que le monde dit qui est vraiment super vrai. On va avoir le temps pour en parler. J’ai quelques réserves bien sûr, mais elle est vraiment super. Donc je dis ça parce qu’il y a une jubilation à voyager dans les années 70 et donc je me dis et le gars il a la nostalgie d’une époque qu’il n’a pas connue. Tu l’as peut être pas connu tu me diras.
Emmanuel Hamon
Je ne l’ai pas connu parce que je vois même la mort de Mesrine en 79 qui est un peu la fin, la fin, la fin de la série. Moi j’ai une image de tout petit tout petit garçon devant la télé, vaguement au journal de 20h de l'époque, mais j’ai pas du tout le reste, j’ai aucun souvenir. Donc je ne suis pas si jeune. Mais non, pas si vieux, d’accord. C’est-à -dire ? Je n’ai pas voté la première fois aux présidentielles pour Giscard d’Estaing ou des choses comme ça, tu vois. Donc non, je n'étais pas adulte à ce moment-là. Par contre, c’est vrai que moi j’ai réfléchi à la série comme quelque chose qui était presque plus.
David Dufresne
Alors, qu’est ce que je peux raconter ? Donc, par rapport à Antigang, je dis plein de choses, Mais voilà, la pression aidant, on repart à zéro. Les histoires de l'âge des années 70 ?
Emmanuel Hamon
Non, Les années 70. En fait, moi, ce qui me faisait fantasmer dans cette série, c'était l’idée de raconter les années 70, comme tu le sais très bien. A travers la police, on peut aussi parler de criminalité. On peut raconter une société donc, et l’ambiance sociale de la France à cette époque là, qui est évidemment très différente de celle d’aujourd’hui, Je pense qu’on en parlera. Et en même temps, il y a des choses intemporelles dans les comportements des flics et des voyous et des flics en particulier, parce qu’ils sont quand même le centre de la série. Et puis moi, je l’ai vraiment conçue, la série. Je fais essentiellement du documentaire, mais je fais aussi un peu de fiction. J’ai vraiment réfléchi. Plus je rencontrais les personnages, plus j’avais face à moi la réalité de ces années-là et les images d’archives aussi qui font partie du truc. Je me suis vraiment posé les questions de montage, de structure, de réflexion, de rythme, comme quelque chose de l’ordre d’une série de fiction. Tout est vrai, tout est réel. Pour le coup, là c’est vraiment vrai ce que les personnages racontent de leur vie à eux et de leur quotidien. Mais vraiment, je me suis amusé dans la série. Donc c’est aussi, c’est aussi ça l’idée, l’excitation de la série quoi de raconter un épisode après l’autre, des personnages, une bande, un gang. Pour moi, l’anti gang c’est aussi un gang de flics, donc une espèce de truc de communauté quoi. Et puis. Et puis faire sortir un personnage plus à un épisode, raconter, faire un pas de côté dans l'épisode trois avec une femme qui n’apparaîtra pas dans des épisodes et qui raconte sa vie de femme, de l’ennemi, de femme, de l’ennemi public, du roman qui fait des trucs complètement dingues mais qui est un personnage qui va apparaître dans un épisode d’arrivée à la fin d’un épisode et de teaser la suite. Enfin voilà, tous ces trucs là qui aussi donnent du rythme. Là je parle plus de l’esthétique de la série, mais ça faisait partie aussi du truc. Après évidemment, la plongée dans les années 70, dans les années 70 à peu près pour nous tous, jeunes, vieux ou ayant vécu le cinéma américain de ces années là. Donc des films comme un après 12 h comme French Connection, comme des films.
David Dufresne
Et c’est ce braquage par Al Pacino et Johnson par John Cage qui tourne mal à New York, qui est un chef d'œuvre de Sidney Lumet.
Emmanuel Hamon
Un film qui raconte un peu ce qu’il y a, enfin ce que tu peux imaginer ou fantasmer sur les premiers braquages que m’ont raconté les flics et les truands là bas, c’est à dire en même temps, bon, dans le dans le film de lui même, il y a un vrai truc très social, voire même. Très fort. Mais il y a ça, quoi. Il y a quelque chose de politique à l’intérieur d’un film qui pourrait être qu’un film policier de braquage.
David Dufresne
Mais absolument, alors on est plongé dans une période complètement dingue aussi parce que flics et truands sont filmés au plus près. C’est à dire que la caméra, les caméras d’actualité de l'époque sont là au moment des fusillades, quand il y a des prises d’otages parce que c’est l'époque des prises d’otages, c’est l'époque des braquages. On va avoir raconté cette évolution. Déjà, on a des images qu’on n’aurait plus aujourd’hui quasiment de l’intérieur. Et là dessus, toi, tu ajoutes des témoignages de première main, c’est-à -dire des flics et des truands ou des voyous de l'époque qui te racontent. Mais c’est drôle parce que tu as dit trois fois personnage, tu n’as pas dit protagoniste, tu as dit personnage, c’est à dire que tu les utilises, tu les imagines comme des personnages de fiction avec des ressorts de fiction.
Emmanuel Hamon
Ouais, ça c’est peut être mon mot. On les pense tous comme ça, mais bon. Mais c’est vrai que quand on fait du documentaire, on ne pense pas à des personnages, on pense à. Bernard François, enfin des gens réels. C’est vrai que moi j’ai un peu ce truc là. C’est-à -dire que. Évidemment, François Antonin, qui est un des flics de l’antigang, n’est pas un personnage, n’est pas un acteur. Mais c’est vrai que j’aime bien cette histoire. Enfin, il n’y a pas de bon film sans incarnation, donc c’est flic. Moi je ne peux pas raconter. En tout cas comme j’ai envie de la raconter à la brigade antigang si je n’ai pas les bons ou les bons personnages réels que j’ai rencontrés avant de tourner et où je me dis dans les histoires sont dingues, ils racontent des trucs en même temps machin et pas comme bidule. Et donc ça raconte une bande. Et donc le rapport à la violence de celui là n’est pas le même que celui là, là d’où il vient sur le plan de son milieu social, là ce n’est pas exactement pareil que là. La sexualité, enfin tout, tout, tout est différent. Donc c’est ça qui compose en fait, qui donne envie même, qui donne le désir du film.
David Dufresne
Alors il y a huit épisodes, c’est ça ? Huit fois 30 minutes. Si c’est diffusé, comment vont- ils faire Canal plus ?
Emmanuel Hamon
Alors Canal + Moi je n’avais jamais travaillé jusqu'à 20 ans, mais qui est un peu comme une espèce de plateforme aujourd’hui en fait. Il y a donc la diffusion aujourd’hui de quatre des quatre premiers épisodes.
Emmanuel Hamon
Dans une semaine, les quatre autres épisodes qui sont diffusés donc tous les jours à la classique, je ne sais pas, le soir entre 20h et 21h, je ne connais pas et quatre épisodes. Et surtout, il y a une espèce de plate forme maintenant qui s’appelle Maille Canal et sur lequel tu peux voir tous les épisodes de la série, comme toutes les séries.
David Dufresne
D’un coup, là, dès ce soir.
Emmanuel Hamon
A priori.
David Dufresne
Dès aujourd’hui. Ok, je regarde si la commissaire politique de Canal+, elle a fait ça, dit-elle.
David Dufresne
C’est parfait. Alors, on va rentrer dans les détails, parce que moi, il y a des épisodes que j’ai absolument adoré, d’autres sur lesquels je suis un peu plus circonspect, enfin, pas circonspect, mais avec quelques petites réserves. Mais on en parlera parce qu’on a eu un grand échange épistolaire depuis un certain nombre de mois. Je vais peut être aller mettre un premier extrait si tu veux bien, qui est qui illustre le premier épisode le temps des braquages. Ce que tu peux faire, c’est nous expliquer ce que c’est quand on entre dans la Police.
Emmanuel Hamon
En fait, on a donné un titre à chaque épisode. Donc comme tu le dis, comme tu le dis, en essayant de respecter à peu près une chronologie, on commence au début des années 70 avec le temps des braquages qui est le premier épisode et on va finir dans le septième. On sera en 78 79 avec la fameuse cavale incroyable de Jacques Merlin. Et puis il y a un dernier épisode dont on parlera tout à l’heure, qui est un peu hors contexte. Donc ce premier épisode, il a, il a un peu pour but de présenter un peu qu’est ce que, qu’est ce que la brigade Antigang Qu’est ce que la nouveauté de cette brigade qui a inventé à la fin des années 60 et qui vraiment émergé dans les années 70, et particulièrement confronté à quelque chose qui est un peu inimaginable aujourd’hui, même carrément inimaginable, C’est à dire que l’argent est dans les banques, donc les truands de l'époque, les petits truands souvent d’ailleurs, des types qui vers 20, 25 ans, se disent tiens, on va gagner du pognon un peu plus facile, et ben ils vont dans les banques braquer les banques, les holdup, ce qu’on voit dans Bonnie and Clyde ou dans un après 12 h, tiens, comme tu le disais, avec des systèmes de sécurité dans les banques qui sont complètement désuets. Enfin justement, y en a pas avec parfois des fusillades à l’intérieur ou à l’extérieur quand justement les policiers arrivent pour essayer de coincer les types des holdups. Donc tout ça se passe en pleine ville en l’occurrence. Par exemple, à Paris, il y a quasiment une dizaine de holdup par jour
David Dufresne
Voilà, ça c’est complètement délirant. Alors je peux envoyer l’extrait, j’envoie l’extrait, tu le connais par cœur, je l’envoie et on se parle dans une minute et treize secondes. Attention, car je ne sais absolument pas si le micro va rester ouvert ou pas. C’est le bordel, c’est le bordel. C’est comme un braquage qui mal, c’est comme un braquage qui est mal préparé mais qui va très bien tourner cette émission,
Vidéo
Quand on entre dans la police, on chasse les délinquants. Et en fonction des services dans lesquels on est affecté. On chasse une certaine forme de délinquance. Oh, en quand. On est mort ? Et je crois que c’est ce qui a procédé au choix que j’ai fait ensuite de rentrer dans la police. J’ai toujours aimé la chasse. Ils sont onze et j’arrive dans un garage automobile 40. Là, c’est rien. Aussi loin que remontent mes souvenirs, tous les cadeaux que j’ai eus à Noël étaient des carabines de plus en plus grosses au fur et à mesure que les années avançaient. Il en est de même pour le gibier. J’ai commencé par tirer des moineaux et ensuite des perdreaux, et ensuite des sangliers et le reste. Et les choses vont évoluer de la même manière. C’est ce qui a été ma motivation dans ce métier. La défense de la veuve et de l’orphelin, ce n'était pas trop, ce n'était pas mon truc, ce n’est pas mon truc. Mon objectif principal, c'était de sortir chasser.
David Dufresne
Donc là, l’extrait, il nous met tout de suite dans le bain. C’est cette brigade anti gang qui en fait s’appelle déjà la BRI.
Emmanuel Hamon
Des journalistes qui l’appellent Antigang.
David Dufresne
C’est ça en fait.
Emmanuel Hamon
Vraiment, vraiment. C’est à peu près au moment du bar du Téléphone qui est dans le deuxième épisode des fusillades en plein Paris, que les journalistes. Le truc hyper médiatisé. Quand on entre dans la police, on chiale, c’est L’anti gang, le vrai nom. Et en fonction des services dans lesquels on est affecté, on chasse une certaine forme de délinquance. Brigade complètement actuelle, quoi ?
David Dufresne
Voilà, ça a le mérite d'être, d'être clair, Ou la comparaison entre délinquance et chasse délinquants et l’animal. Ce qu’on peut dire, alors c’est très compliqué en fait, parce qu'à la fois tous les flics que tu rencontres, ils sont plus grands que nature, ils sont plus flics que flics, On a presque l’impression qu’ils jouent aux flics ou que le cinéma les a représenté comme ça et que eux mêmes se mettent à parler comme le cinéma les a représentés. Ou alors au contraire, ils sont totalement sincères et entiers. On ne sait pas en fait qui a fabriqué l’autre. La fiction de la réalité, c’est ce qui est, ce qui fait vraiment tout. Celle de ton monde, de ta, de ta série. Et au milieu de tout ça, il y a une forme de franchise. C’est-à -dire qu’ils sont plusieurs à s’auto désigner comme des délinquants. C’est comme des cowboys, ils reconnaissent, ils disent qu’il y en a un qui dit benoîtement ouais bah moi c'était comme quand j'étais petit cowboy et les indiens. C’est-à -dire que l’image qu’on a de ces gars. En forêt, des cowboys la revendiquent.
Emmanuel Hamon
Mais en fait, on est dans les années 70, il y a la médiatisation, il y a des journaux de droite et des journaux de gauche. Pour le coup, les choses sont bien claires dans la série. On va d’ailleurs voir qu' un journal comme Libération est vraiment du côté de la mairie, des véhicules HS et des choses comme ça.
David Dufresne
Contre les clichés, ça veut dire.
Emmanuel Hamon
Contre les clichés, je veux dire. Enfin, qui défend la fermeture ? Toute l’histoire de la cavale de l’esprit libre. Il va suivre plutôt Mesrine et que de l’autre côté, il y a la presse du pouvoir, le pouvoir qui est à ce moment là la fin de Pompidou et le début de Giscard, donc un pouvoir de droite depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, etc. Donc les flics, ils répondent à une espèce de d’abord ils sont moi, les gens que j’ai interrogé, ils ont 70 ans donc ils ont rien à risquer disaient aussi Ils ont décidé de parler, ils parlent. Donc je ne pense pas qu’ils jouent des trucs. Je pense qu’ils sont effectivement assez sincères. Par contre, ils sont d’une génération, d’un truc effectivement récent, sans filtre quoi. Les mecs il y en a aucun, aucun. Je leur ai tous posé la question et Antonin qui vient de parler là dans l’extrait et très clair qui m’ont expliqué qu’il défendait la veuve et l’orphelin en même temps, flic ou le droit ou je ne sais pas quoi. Leur principal truc, c’est l’adrénaline. Alors lui, Antonin, il va très loin, c’est la chasse. François Antonin, par exemple, c’est un personnage super attachant quand on le rencontre et tout ça qui raconte vraiment sa vie et tout. Mais c’est un type qui vient d’une famille corso Algérie française. Qui arrive en France. Il n’y a aucune fille de grande famille. C’est plutôt des types du milieu social classe moyen au maximum. Donc ils arrivent à Paris, ils rentrent dans l’anti gang, ils ont une adrénaline au-dessus de nous tous. Ils ont un goût pour les armes, Ils ne sont pas très loin des voyous ou des délinquants. Ce que je veux dire, c’est qu’ils fréquentent un peu les mêmes lieux, les mêmes endroits et machins où ils sont a priori. Plutôt du bon sens.
David Dufresne
Je suis d’accord avec toi pour dire qu’ils sont attachants. C’est aussi le privilège de l'âge. C’est à dire qu'à un moment donné, tu te dis je ne vais pas juger bon, mais certains ne sont pas très agréables.
Emmanuel Hamon
Ouais mais il y en a qui je ne vais pas dire, le but n’est pas de faire un classement donc, mais qui sont très flippants. Il y en a même. Je vais vous raconter clairement, il y en a avec qui j’avais, j’ai évité totalement. Je crois que quand je les ai rencontrés la première fois, on était à la veille de la dernière élection présidentielle. Il y en avait, il y en avait. Je ne voulais même pas discuter de ça ou savoir pour qui ils allaient voter ou parce que c'était long.
David Dufresne
Ah mais c'était bien, C'était bien tricolore quoi.
Emmanuel Hamon
Alors là voilà. Par ailleurs, j’en ai rencontré un ou deux qui avaient été des syndicalistes très engagés à gauche, qui étaient mais qui étaient flics, donc flics à cette époque là, ça voulait dire tout ce qui est à peu près dans la série, le rapport à une forme de violence qui est légitimé par ce qu’on veut comme résultat. De bavures dont on ne se cache pas du tout dans deux épisodes en qui sont très clairs effectivement il y a une liste de choses qui sont homophobie, racisme. Je ne parle même pas du rapport avec les femmes qui ça fait peur d’ailleurs.
David Dufresne
D’ailleurs, il y a quasiment pas de femmes à part celle de la femme dont on va parler. Parce que je sais, moi, c’est un des épisodes qui m’a le plus touché. Il n’y a pas de femme par misogynie. Typique de Canal+. Et de la maison Bolloré. Je m’adresse à la commissaire politique. C’est parce que, à l'époque, il n’y a pas de mais.
Emmanuel Hamon
C’est les années 70. De toute façon, aujourd’hui, puisque j’y suis allée à la mairie et aujourd’hui à la mairie, il y a une chef de brigade sur une cinquantaine de personnes qui est une femme. Et sinon, les autres femmes, c’est vrai, encore aujourd’hui, c’est plutôt des femmes qui font du cinéma. J’exagère en disant du secrétariat, mais voilà. A cette époque là, il n’y en a pas. Il y en a une qui est, qui est effectivement standardiste, secrétaire à la mairie, mais il n’y en pas Et c’est inimaginable par ailleurs. Par ailleurs, à cette époque là, vraiment, tu sens que la sélection, elle se fait aussi par rapport à des gens qui sont capables d’aller sur le terrain prendre des balles. Enfin, tu vois, il y a un truc de capital risque qui est énorme, ce qui ne veut pas dire que c’est interdit du tout le mais alors ce n’est même pas dans le cerveau des gens de la police judiciaire à ce moment là, d’imaginer qu’une femme pourrait faire
David Dufresne
Oui, bien sûr il y a d’ailleurs un terme qui revient pratiquement dans tous les épisodes, qui marque le côté très viril.
Emmanuel Hamon
Mais c’est vrai que c’est du délire, ça revient constamment. Ouais, j’avais des couilles, ils avaient des couilles. Avaient des couilles. Pour parler justement de la femme de à la petite Martine, elles avaient des couilles. Pour ma journaliste en plus qui ne vient pas d’un flic, à ce moment-là, on va. Parler d’autant d’homonymes. Elle a un mot. Effectivement. Et c'était même marrant, je le rappelle avec les deux mots, la monteuse et le monteur avec qui on a travaillé sur la série à un moment c'était. C'était dingue. Enfin c'était dingue effectivement que ce soit les truands qui disent putain mais j’avais quand même des couilles ou les flics qui dis-j’avais une espèce de truc. D’ailleurs, il y a une espèce d’argot à l'époque. Bien sûr, ce n’est pas exactement les films d’ Audiard, mais qui est ce genre de truc hyper.
David Dufresne
On a toi je dirais, parce que voilà, c’est une série, donc je me suis accaparé tes personnages, on en a quelques uns qui sont, qui sont très hauts, c’est sûr, mais toi par exemple, après je mets un autre extrait. Bah putain, qu’est ce que c’est compliqué de faire tout à la fois. Tu dis qu'à aucun moment tu t’es dit rallye, il m’en fume un petit peu. Ils me donnent ce que je veux ou ce qu’il pense que je voudrais pour la caméra, c’est à dire le regard, le claquement de doigts, le regard par en dessous, le petit silence bien pesé.
Emmanuel Hamon
J’ai pas du tout eu ça parce que d’abord moi je fais toujours. Je prépare toujours les films, évidemment sans la caméra, une première fois en rencontrant les gens et tout, donc en comprenant à peu près qui est qui, qu’est ce que, qu’est ce que, comment.
David Dufresne
As tu fais des prés entretiens ?
Emmanuel Hamon
Bien sûr.
David Dufresne
On peut parler après, mais ce n’est pas du tout enfin là non mais je comprends votre travail par exemple que sur ton film, Non, non mais je comprends très bien.
Emmanuel Hamon
Moi j’en ai besoin, j’ai besoin de voir, de construire justement. Alors je vais reprendre un terme de fiction qui n’est pas du tout adapté, mais une espèce de casting va avoir une espèce de justification pour raconter cette brigade qui en a éliminé certains. Et puis surtout, j’ai fait des entretiens avec.
David Dufresne
C’est un peu dangereux d'éliminer des flics pour de vraies raisons, non ? Ils ont éliminé certains que j’avais interviewés parce que pour le coup, moi je trouvais trop que j'étais dans une langue de bois. D’ailleurs, des grands flics supposés être des grands flics qui me racontaient une espèce de truc.
Emmanuel Hamon
À la fin je leur ai dit mais non, je ne pense pas que je vais le garder parce que vous me racontez une espèce de truc où tout le monde est beau, tout le monde est gentil et la vie n’est pas comme ça. Et la vie de ce que vous me racontez n’est pas comme ça. Mais je n’ai pas eu l’impression du tout d’avoir ça. Au contraire, j’ai l’impression que tu vois par exemple l’extrait que tu viens de passer. Le mec assume totalement ce qu’il est, alors est ce qu’il se rend compte ? Est ce qu’il ne s’en rend pas compte ? Est ce qu’il le revendique ? Moi je pense qu’il revendique aussi. Mais c’est intéressant d’ailleurs de réfléchir, bien sûr. Mais qu’est ce que qu’est ce que revendique un personnage ? Et je pense que ça, il le revendique. Je pense qu’il revendique ce mec. Alors on a le droit évidemment de penser tout ce qu’on veut là dessus. Et c’est ça qui est intéressant quand on fait des films. Et ce n’est pas à moi de dire au spectateur de qu’est ce qui, qu’est ce que je pense. Et qu’est ce qu’il a pensé ? Mais voilà, moi je trouve qu’un flic qui raconte mon truc qui me rendait dingue, c’est la chasse. Et sortir la nuit à Paris pour aller chasser le délinquant. C’est choquant, c’est tout ce qu’on veut. Mais au moins ça raconte un truc sur les flics qu’on entend.
David Dufresne
Pas tout le temps. On en a un autre qui dit-on adorait ça, c'était du speed pour nous, dans un autre.
Emmanuel Hamon
Et l’adrénaline.
David Dufresne
L’adrénaline. Autre terme qui revient souvent. Tu l’as dit tout à l’heure, je sais plus si c’est dans l’extrême. Il y a jusqu'à dix braquages par jour dans Paris,
Emmanuel Hamon
Il y en a aussi. C’est un truc de dingue. D’où la création finalement de cette brigade.
Emmanuel Hamon
Ça en fait, ça devient un problème. Comme souvent, comme on le voit, les politiciens sont capables de faire des réformes pour tout et n’importe quoi, des lois pour tout et n’importe quoi, créer des brigades, des machins, des trucs et tout ça. Et donc là, ça devient un vrai problème politique. C’est à dire que c’est un problème de sécurité publique, il y a des cadavres sur le bitume, on en voit d’ailleurs plein dans les images d’archives. Il y a du sang sur le bitume parisien, des cadavres. Et puis on voit que les limites, les distances de sécurité par rapport à la foule, au civil, elles sont rarement très loin. Dans le premier épisode, il y a un braquage homérique qui d’ailleurs suscite une chanson plus tard de Renaud, le chanteur, où il y a une cavale en voiture qui se termine à côté des Champs-Élysées.
David Dufresne
Ah oui, je me souviens de cette chanson.
Emmanuel Hamon
Un des premiers albums de Renaud, qui est une chanson très engagée d’ailleurs, et qui est vraiment à côté des champs au moment des courses de Noël. Donc fusillade dans un au coin de la rue de Marignan à Paris.
David Dufresne
Alors c’est une Alfa Roméo, Je crois qu’il y a trois ou quatre voitures qui partent, qui entrent dans une pièce
Emmanuel Hamon
Une voiture, qui est dans un taxi, qui raccompagne des députés, deux députés, c’est ça ? Et je me permets de donner des modèles parce que parce qu’on voyage quand même, les bagnoles, il y a du pavé partout, etc. Et t’as raison, il n’y a quasiment pas de cordon de sécurité. La police scientifique, ça n’existe pas à tout le monde, mais c’est ici même partout, il y a des flics qui racontent qu’il y a de l’essence qui s'échappe d’une voiture et que tout le monde frime à cette époque là. Donc tu vois, t’imagines la dinguerie ? Et puis il y a un mec qui meurt dans le rang des gangsters et un autre qui est blessé. On le voit dans les images dans la série qui est le visage en sang complet quoi.
David Dufresne
Alors certains disent charognards, voilà, disaient des charognards. Et en fait, ce qui est assez intéressant, c’est que tu as deux journalistes. Un on va te garder pour tout à l’heure, mais le premier, c’est un photographe d’une agence jumelle de Libération, euh, qui te raconte comment il arrive sur ce braquage ? C’est ses débuts jusqu’ici, il ne s’intéressait pas aux faits divers parce que c'était une vision très bourdieusienne du fait divers. Ça fait diversion, on s’occupe pas de ça. Mais il est là, il assiste à ça. Toi tu l’interview, planches contact, il regarde et les photos sont absolument superbes. Elles sont, elles sont. Elles sont absolument démentes. Je me demande si c’est dans celui-là ou dans le deuxième.
Emmanuel Hamon
Si c’est dans le premier, c’est dans les idées, là. Donc à ce moment-là, il est tout jeune journaliste, il a même pas 25 ans, il a le premier truc qu’il a fait, il a été envoyé parce que c'était plutôt ça qu’il branchait. Il est parti au Liban au début de la guerre du Liban, donc il a vu des vraies scènes de guerre et tout ça. Et vraiment c’est ce qu’il m’a dit. Il m’a dit quand je me suis retrouvé dans ce truc à Paris, franchement, ça valait les scènes de guerre à Beyrouth, c'était dingueries quoi, les bagnoles qui se coursent, l’arrêt, la fusillade avec les machins et tout ça. Sauf que moi, je n'étais pas du tout préparé à ça. Je ne regardais pas. Il y avait une personne que je connaissais dont le prénom est Charognard. C’est le titre de la chanson. Et donc ce photographe, il se retrouve là et il y a une personne qui connaît parce que c’est une personne archi connue, hyper médiatisé, c’est Robert Broussard, C’est le numéro deux à ce moment-là qui va devenir le chef de l’Antigang.Personnage en même temps très emblématique, très médiatisé et très incarnation de l’Antigang justement, le mec qu’on met en avant. Mais je pense complètement qu’on aura un ego dingo quoi.
David Dufresne
On va y venir après le deuxième extrait, si tu veux bien. Donc les arrestations en public. Mais il y a toute cette ambiance. Mais il y a un chiffre comme ça tout d’un coup ou on a un flic qui dit aux actualités de l'époque. Depuis le début de l’année, il y a des policiers morts. Tu te souviens du chiffre ?
Emmanuel Hamon
Je ne me rappelle plus du chiffre exact, douze je crois
David Dufresne
Et donc là, on se dit par rapport à aujourd’hui où le niveau. Quand on voit ton film documentaire, on voit bien que le niveau de violence par rapport à aujourd’hui est complètement fou. Il y a beaucoup plus de morts dans les années 70 qu’aujourd’hui.
Emmanuel Hamon
Bien c’est marrant parce qu'évidemment la question revient régulièrement quand tu vas faire des interviews. Mais alors, qu’est ce que vous pensez ? Vous pensez que c’est plus violent aujourd’hui et tout ? Non, évidemment que non. Cette espèce de fantasme sur aujourd’hui, on serait dans un pays totalement à la violence. De toute façon, elle ne disparaît pas, elle ne réapparaît pas. On a des formes de criminalité qui sont différentes. Ce que racontent tous les flics, par exemple des années 70 de ces années-là, c’est qu’au début des années 80, tout bascule aussi avec les stups, l’explosion des stups. Il n’y a pas tellement, évidemment que les gens consomment de la drogue dans les années 70, mais pas du tout dans les mêmes quantités. Et surtout, ce n’est pas la manne de l’argent de la criminalité à ce moment-là. Les holdups, il y en a parce que les enlèvements du baron en prison, tous ces gens là, c’est parce que c’est aussi une forme de propos pour avoir de l’argent. Donc tout change après, mais c’est hyper violent. Les images qu’on voit là du bitume parisien, c’est vraiment du sang des morts, des flics qui meurent effectivement en intervention puis en intervention. En bavure aussi, parce qu’il y en a quelques uns qui se font quand même.
David Dufresne
C’est sûr. Ben oui, c’est le deuxième épisode, On va, on va on va y venir, je vais aller, je vais aller mettre le la vidéo. Bavure. C’est le deuxième épisode. Là, tu me faisais penser à un truc. Il faudra qu’on ait le brassard.
Emmanuel Hamon
Euh oui, le brassard, c’est ça. On en parle maintenant.
David Dufresne
Si tu veux bien. Le temps, le temps que je me déporte de l’autre côté.
Emmanuel Hamon
Jean Voilà l’histoire du brassard que raconte David. C’est en fait lié justement à une scène du deuxième épisode qui est une scène qui est une bavure entre policiers. En fait, il y a des il y a des flics, il y a un flic de l’antigang qui tue un flic d’une brigade territoriale pendant une intervention où il court des types qui viennent de faire un holdup. Et en fait, c’est vrai aussi que les mecs de l’antigang, ce sont des types jeunes. Les flics c’est des types jeunes et ils sont habillés comme en blouson de cuir, jeans et ils n’ont pas de singularités particulières, ils sont même plutôt du tout venant et en fait ils se reconnaissent pas entre eux et il y a une connerie. Et il y a un type qui prend un flic qui prend ses balles et qui meurt évidemment. Et suite à cette bavure. On décide de faire porter. C’est de là que ça date. De faire porter un brassard police aux flics en intervention. Sauf qu’il y a un flic qui va raconter dans la série que, en fait, c’est complètement con. Évidemment, quand on intervient, le but c’est pas que tu reconnaisses que c’est un flic si tu vas taper des délinquants. Et que donc finalement, lui il l’a jamais mis, il l’a mis après. Voilà, après la fusillade
David Dufresne
Ça, c’est ça. Mais il est bon de rappeler qu’effectivement, le port du brassard police, au départ, c'était pour. Pour les policiers eux-mêmes, pour qui ? Pour qu’ils se reconnaissent ? Alors j’envoie la vidéo et on se retrouve dans une seconde.
Vidéo
Elle est là, dans le couloir du 36, au quatrième étage, un monsieur pantalon noir, chemise noir. Et d’emblée, mais d’emblée, il me dit ça te dirait de venir à la mairie ? Je dis oui, c’est sûr, pourquoi pas ? Je me souviens, il m’a demandé Tu fais des sous ? Dans le couloir du 36, au quatrième étage, un monsieur pantalon noir, chemise noire. Et d’emblée, mais d’emblée, il me dit ça te dirait de venir à la mairie ? J’ai dit oui, bien sûr, pourquoi pas ? Je me souviens, il m’a demandé : Tu fais des sports de combat ? Et oui, j’ai pratiqué le judo, je fais des championnats. Très bien, très bien. Et le lendemain, je reçois un coup de téléphone au bureau de mon service. La brigade territoriale. Bonjour, c’est Robert Broussard, patron de l’anti gang. Il me dit Vous avez dit à mes hommes que vous aimeriez prendre votre service de main. A l'époque, j'étais grand, mince, très sportif, cérébral. C’est- à - dire que je crois que j’ai été recruté sur mon look. Et à l'époque, la BRI avait une telle réputation. Et son chef. Tant de pouvoir au sein de la préfecture de police. Ils sont bloqués par le cul. En gros, savent-ils décider et en exécuter ? Sauf que la BRI, tout est disproportionné. Je pense par exemple à un collègue qui voulait garer sa moto et la garer un jour dans le bureau où elle est montée les cinq étages avec la moto dans le fameux escalier du 36, quai des Orfèvres, jusque là au. Ça ne gênait personne.
David Dufresne
Voilà, c’est vraiment sport. La façon de faire l'émission, c’est chouette. Donc on les a vus. Bon, on ne va pas raconter l’extrait qu’on vient de voir à tout le monde. Tout le monde l’a vu, mais c’est quand même des drones pour monter la moto jusqu’au bout, etc. L’autre avec son look, on ne va pas divulguer tout de suite parce qu’on va en parler après ce personnage qu’on vient de voir, on en fait aujourd’hui des connus, si on peut le dire sous un autre nom. C’est Eric qui est donc journaliste et puis écrivain. Mais on va, on parlera de lui après parce que c’est l'épisode Le mouton noir qui est un des plus, je trouve, un des plus les plus savoureux. De la série. Là, on a vu Broussard, donc ce flic avec des allures de Dusty des années 70, etc. Il n’est pas sympathique dans les interviews de l'époque et en fait il est en guerre avec un autre. C’est Leclerc je crois.
Emmanuel Hamon
Non, Leclerc. Alors Leclerc c’est le vrai patron de l’antigang et c’est un mec qui fait plus haut fonctionnaire. Donc voilà, c’est un peu la politique du truc.
David Dufresne
C’est ça le Broussard.
Emmanuel Hamon
C’est le numéro deux et c’est le type qui est vraiment justement toujours sur le terrain, meneur d’hommes. Voilà. Après il a un ego fort et développé. Il adore. Il adore les lumières de la caméra. Il va complètement médiatiser son duel avec Mesrine par exemple. Ça va vraiment être les deux qui vont se retrouver avec règlements de compte, comme dans un western Porte de Clignancourt quand il va y passer. Bon, ça c’est vraiment. Il y a un film assez connu de ces années-là avec Jean-Paul Belmondo qui s’appelle Sur la Ville. Il est la reproduction du Broussard, patron de l’antigang. C’est vraiment les mêmes fringues, les mêmes trucs. Donc il est et c’est un personnage juste parce qu’il a la grosse tête quoi en fait. Et en même temps, c’est le chef. Donc quand tu parles en fait avec les flics de l’antigang aujourd’hui, ils le respectent parce que c’est leur chef, mais ils ne l’aiment pas vraiment beaucoup. Je pense que s’il y avait un côté un peu facho du personnage facho, j’entends je ne parle même pas politique, je parle sur le fonctionnement du truc
David Dufresne
Je sais, je ne sais pas. Il est toujours vivant lui ou pas, Il est vivant. Tu as cherché à le Joindre
Emmanuel Hamon
En fait, ce qui est marrant, c’est que les deux. Les deux patrons de l’antigang de cette époque là, Marcel Leclerc Et bon, ça alors, Marcel Leclerc est mort, mais ont deux fils qui sont des journalistes. Là, dans un dans deux grands quotidiens français.
David Dufresne
L’un au Figaro.
Emmanuel Hamon
L’un et au Figaro, et l’autre au Monde. Et voilà. Donc ça passe beaucoup par deux. Et moi, je n’avais pas du tout envie, évidemment, de travailler plus ou moins directement avec les fils de Machin.
David Dufresne
Oui, bien sûr, mais sur Face book.
Emmanuel Hamon
Par ailleurs, beau, effectivement assez âgé et qu’on rentre aussi dans des. Il y en a certains qui ont des problèmes de santé.
David Dufresne
Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
Emmanuel Hamon
Et en plus, ce que j’ai assez vite réfléchi, c'était que Broussard, comme il existait dans les archives, avait une vraie possibilité d’exister dans la série, sans forcément.
David Dufresne
Bien sûr tout de suite. Broussard, c’est notamment une arrestation parce qu’avant. Alors c’est là où en désaccord, c’est l'épisode sept, je crois, justement sur C’est là où on voit le côté série, parce que Mesrine n’arrive pas tout de suite. Enfin, on en parle dès le départ, mais l'épisode qui lui est consacré est vers la fin, comme ça, comme un truc. On sent qu’il y a toute une montée pour aller jusque là. D’ailleurs, tu dis Mesrine ? La plupart des amis de Mesrine l’appellent Mesrine et puis les autres l’appellent même.
Emmanuel Hamon
Ça c’est génial. Les flics l’appellent Mesrine et effectivement, les gens qui les connaissaient l’appellent Mesrine
David Dufresne
Voilà, c’est ça. Et l'épicerie c’est comme Mitterrand, c’est rigolo, c’est un curseur coincé, c’est l’endroit où tu te places. Et il y a effectivement avant, parce que ce septième épisode, je trouve qu’il donne un peu trop la version policière. On en a parlé par email, tu peux, tu peux te défendre évidemment. Mais avant ça, il y a eu une première arrestation qui est absolument dingue, où Broussard laisse le temps à Marine. On va voir comment il appelle à Mesrine de brûler des papiers compromettants et Mesrine lui dit Ah Broussard, c’est la légende ci est ce que t’es capable de venir me chercher sans arme ? L’autre lui dit oui, il ouvre la porte et il sablé le champagne ensemble.
Emmanuel Hamon
Mary lui offre le champagne.
David Dufresne
Et lui, il lui offre le champagne. Bon, ça a été pus grand que grand romanesque. Voilà. Et là, les deux savent très bien qu’ils sont en train de fabriquer leur légende, en fait.
Emmanuel Hamon
Bien sûr, bien sûr, je pense que les deux se nourrissent l’un de l’autre pendant cette décennie là. Bon, là, il a une idée. En fait, il n’est pas du tout apparu au début des années 70. Il y a déjà tout. Les Canadiennes, etc. Le danger, évidemment avec Meryl dans une série comme ça, c’est que ça devienne le sujet principal. Donc le sujet. Ça raconte aussi. On en parlera alors de l'épisode sept. C’est l’angle, c’est le point de vue quand même de la brigade anti gang en la rendant. Donc c’est d’adopter ce point de vue. Donc ce qui était passionnant dans la Brigade Gang, c’est qu’effectivement elle était confrontée à toutes les criminalités possibles et imaginables, donc pas juste à l’ennemi public numéro un de l'époque Mesrine Effectivement, la première fois qui réapparaît en France en retour du Canada. Il s'évade du tribunal de Compiègne à la fin du premier épisode, c’est ça ? Et dans le deuxième épisode, après évidemment, une petite traque mais pas très longue par rapport à la deuxième.
David Dufresne
Dans le premier épisode, tu retrouves son complice, celui qui a déposé les deux armes dans les toilettes du tribunal.
Emmanuel Hamon
Et qui par ailleurs s’avère être celui qui va ordonner et commandité régler le bal. L’enlèvement du baron Empain qui est un petit truand de 20 25 ans et qui effectivement sert par un type qui s’appelle porte avions, qui est un grand copain de Mesrine à amener des armes au tribunal de Compiègne. Mesrine s'évade du tribunal de Compiègne. Il y a une petite cavale qui suit, je crois, quelques semaines ou quelques mois, mais vraiment pas beaucoup plus. Et à Paris, il y a exactement ce que tu racontes, c’est à dire encerclé dans le 13ᵉ arrondissement par la brigade anti Gang Broussard. Commence lui aussi à construire sa légende en même temps, en même temps que celle de Mesrine qui commence vraiment en France à ce moment-là. Par cette arrestation Champagne et qui est d’ailleurs même retracée dans une scène de ce film que j’aime moyennement, qui est le film de Richet avec Vincent Cassel sur Mesrine
David Dufresne
Un film Canal plus. Fait gaffe. C’est, j’imagine. Canal plus qui met de l’argent. Non, non, non, dans tout le cinéma français aujourd’hui de toute façon. Voilà. C’est pour rigoler.
Emmanuel Hamon
Alors je vais vous dire un truc pour qu’on en rigole, parce qu'évidemment on peut avoir toutes les idées derrière la tête. Mais moi franchement, la série, j’ai eu aucun problème à faire ce que j’avais envie de faire avec Alain, ce qui a été super les gens. Je ne dis pas ça parce que je suis politiquement correct. Vraiment, je n’aurais pas de problème à dire si jamais on m’avait emmerdé pour ça ou ça aussi. Franchement, j’ai fait la série que j’avais envie et les gens que j’ai eu en face à moi, en tout cas dans ce qui s’appelle le documentaire, ne m’ont vraiment pas poussé.
David Dufresne
Non, non, mais ça sort d’un truc ça, à part peut être le dernier épisode. Alors le dernier épisode on en parlera, mais c’est plus sur une espèce de truc de ligne éditoriale, mais ce n’est pas pour être politiquement correct quoi. Enfin on dira ce que tu en penses.
Emmanuel Hamon
Donc mes arrestations, je compte 72 euh. Et puis après Mesrine, il va en taule, en fait, il va en taule. Il y a un procès qui a lieu quelques années plus tard, en 75, où il y a un affrontement dans le tribunal entre Broussard et Mesrine où Mesrine va dire à Broussard la prochaine fois qu’on se retrouve dans la rue, ça sera le premier qui tire en gros. Donc c’est lui aussi qui met en place ce truc là, mais c’est quand même un grand communicant. Bravo ! Et puis il y a l'évasion qui va avoir lieu dans le numéro sept où Mesrine s'évade de la santé en 78 avec entre autres François Besse. Il y a un truc que j’ai rencontré d’ailleurs qui m’a dit pendant un moment oui, oui, je vais être dans la série et tout et qui au final n’a pas été un personnage aussi passionnant et très intelligent.
David Dufresne
Et qui a écrit plusieurs bouquins vraiment intéressants. Je vous engage. D’ailleurs, il y a un podcast de lui qui raconte un peu sa vie je crois sur France Inter ou France Culture je sais plus, mais qui est vraiment vachement bien et. Défendue par Henri Leclerc. Enfin voilà, ça c’est un petit aparté. Et donc dans le Bouquin parce que c'était un des François, mais c'était un des avec Charlie Bauer, c'était un des fers de lance
Emmanuel Hamon
Absolument. C’est un mec hyper engagé encore aujourd’hui car l’itinéraire de vie complètement dingue qui a fini par faire quinze ans de prison mais qui s’est quand même évadé je crois cette fois de prisons différentes. Enfin bon, voilà, c’est un mec assez incroyable. Et. Et donc. Et donc rides. En 78, pendant un an et demi, un an et demi, toutes les polices de France sont derrière lui et ne le ne l’arrête pas. Et pendant ce temps là, il va enlever un milliardaire, il va faire des holdup, il va changer de pays etc. Il va se prostituer, enfin tout ce qui est raconté et là aussi est complètement scénarisé. Une espèce de duel entre Broussard, patron l’Antigang, qui efface presque les autres brigades de police, donc guerre des polices aussi, et mes rides donc le face à face, il est hyper dramatique de reste que dans cet épisode de septième qui est excellemment troussé, il n’y a pas de doute là dessus. Là, c’est vrai que je trouve que c’est plus le point de vue officiel de Jean. Il y a eu le massacre de la porte de Clignancourt. On nous fait vraiment croire que. Il n’y avait pas d’autre solution que celle- ci. Alors au moins on peut de toute façon. En fait, il y a plein de. Bien sûr. Ce que je veux dire, c’est que. Est ce que ce qui m’intéressait vraiment savoir. Ce qui m’intéressait, c’est de raconter cette traque, de rendre un peu aussi ce qu’est Mesrine Parce que Mesrine est un personnage passionnant de film, de cinéma et tout ça. Le côté Robin des bois de Mérida, je suis un peu dubitatif, un peu dubitatif quand même par rapport aux personnages. C’est-à -dire que c’est un personnage haut en couleur, extraordinaire, hyper communicant, etc. Mais c’est un mec quand même qui va. Et après on peut penser ce qu’on veut du journaliste qui laisse quasiment comme mort dans la cave.
David Dufresne
Mais non, c’est plus un mec. Il faut préciser qu’il y a dedans les coupables quasiment comme les complices de Mesrine ne sont pas d’accord avec lui. Ouais, voilà, il faut, il faut, il faut rappeler juste. Et voilà, c’est un journaliste de Minute, journal d’extrême droite.
Emmanuel Hamon
Un peu barbouze au passage.
David Dufresne
Voilà qui n’est pas clair du tout. Et Mesrine n’a pas aimé un article qui lui a consacré, il le rapt et une torture. Enfin je veux dire un tueur.
Emmanuel Hamon
Émérite si tu veux. Voilà, c’est un type qui par exemple communique énormément sur les cachets, qui va être interviewé justement par ce journaliste de Libération et ces journalistes de Paris-Match, mais qui vont aussi beaucoup son image, sa femme, etc. C’est un personnage sans doute très intelligent, très intéressant et au-dessus du Truand de base, mais il met en place tout ça. Donc ce que je veux dire, c’est que Mesrine à partir du monde de L’avocate le dit très clairement. Elle dit qu'à partir du moment où Mesrine s'évade, il sait qu’il ne peut pas revenir en prison et il sait qu’il est sur un chemin de retour. Donc il y a aussi une part de jusqu’où va le côté suicidaire de Mesrine du truand à cette époque là, etc. Quant aux flics de l’autre côté, aux flics qui sont, je crois, une trentaine ou une quarantaine sur la scène de l’exécution de Mesrine, place de Clignancourt, évidemment qu'à priori non plus n’ont pas spécialement envie. De laisser sortir de ce truc là, vivant. Est ce que pour autant, tu vois. Est ce que la seule question qui se pose c’est assassinat par assassinat, machin, etc. Je n’en sais rien. Je ne sais pas si c’est ce qui m’intéressait le plus en fait. Moi, c'était de retranscrire à peu près comment on en est arrivé là, quel était le processus qui a fait carrément Porte de Clignancourt. Les flics étaient dans cet état là de pouvoir politique, étaient dans cet état là, parce que quand même, à un moment, ça ridiculisait tout le monde. Les flics le disent très bien. Bien sûr, Mesrine nous ridiculise et ça arrive très haut dans le pouvoir politique. Et pas mal de gens disent que Giscard, qui était président de la République à ce moment-là, dit à un moment au Conseil de ministres Mais ça suffit Donc Marine, ça suffit, ça veut dire plein de choses, mais ça peut vouloir dire aussi ça va quoi, on arrête tes conneries. On est en 79. Dans deux ans, je me présenterai à la présidentielle. Il faut en finir avec ce feuilleton insupportable, quoi. Le mec donne des interviews dans des journaux, les flics n’arrivent pas à le choper. Il y a un photographe qui raconte qu’il va faire une séance de photo dans une maison de campagne avec lui. Ça devient quoi ?
David Dufresne
Imaginons qu’il y ait une planche contact absolument fabuleuse.
Emmanuel Hamon
Voilà, le Mec se met en scène et se déguise même en Broussard. Il y a ce côté scène, sa mort en scène, ça s’appelle la guillotine, la guillotine. Donc le mec maîtrise absolument.
David Dufresne
Pour tout te dire, j’ai acheté la planche contact. À la maison, il y a le photographe. Elle est très belle. Ouais, enfin c’est complètement si c’est un geste absolument fou. Mais voilà, je voulais juste te dire parce que c’est vrai qu’il y a autant de. Il y a autant de mérite que de Mesrine que de mérite que de Mesrine. C’est-à -dire que chacun a son truc et ce qu’on oublie souvent sur lui. C’est son aspect quand même théoricien, c’est-à -dire le l’instinct de mort. Oui, c’est ça, publié chez Gérard Lebovici, qui était celui du producteur de cinéma qui était le protecteur de Guy Debord. Je veux dire, il y a chez toi, il y a cette relation là qui est souvent, qui est, qui est souvent oubliée.
Emmanuel Hamon
Non, mais.
David Dufresne
Peut être un truc plus intello. Là tu restes dans un truc, c’est les flics qui racontent la chasse.
Emmanuel Hamon
Après c’est un épisode de 30 minutes, c’est le plus long de toute la série, donc effectivement, faut arriver à rentrer.
David Dufresne
Bien sûr.
Emmanuel Hamon
Bien sûr que non. Mais même. Et par exemple, moi j’ai couru pas mal, je l’ai vu deux ou trois fois. François Besse Tu vois, qui aurait donné aussi. Parce que lui aussi est très intéressant. Après, c’est un film à lui tout seul, mais. Justement, c’est un personnage qui n’est pas raconté. Par exemple. Aussi, tout ce qui s’est passé au Canada, c’est. Quand même complètement dingue. On la juge, on ne va pas développer là dessus parce que ce n’est pas dans la série, mais ils réalisent une espèce d'évasion et de ré évasion d’une prison d’un pénitencier au Canada qui est complètement, complètement dingue.
David Dufresne
Alors on arrive à l'épisode trois où il est question d’un dénommé Jean-Charles Vil.
Emmanuel Hamon
Garçon, coiffeur.
David Dufresne
Garçon, coiffeur, qui va être aussi complice de Mesrine. Tu vas retrouver sa femme qui vit toujours Martine Cabane. Par ailleurs, son surnom est quand même assez incroyable qui va faire de la prison, elle raconte tout ça, etc. Mais avant que tu nous racontes ça, j’aimerais que tu nous dises tes secrets de fabrication. C’est-à -dire comment tu as retrouvé tous ces anciens truands ou femmes de truands. A un moment donné, elle devient elle-même, par la force des choses, complices qui ne sont pas dans l’annuaire. Enfin, je veux dire, comment tu les retrouves ? Est ce que tu peux en raconter un petit peu ?
Emmanuel Hamon
Alors on a travaillé beaucoup avec un garçon avec qui on a, on a, on a échafaudé, on a creusé les racines de la série qui vient du journaliste qui vient de Society à la base, qui maintenant est un journaliste plus indépendant, qui s’appelle Raphaël, qui est vraiment super et on a beaucoup réseauté sur tout ce qui est Face book, Instagram parce que c’est pas trop la génération Y, a plein de connexions comme ça, diverses et variées. Et par exemple Martin Donc on l’a retrouvé par Facebook, par son fils, donc le fils qui naît en prison, l’enfant de Jean-Charles, et puis on l’approche. Et puis justement, c’est ce que je t’ai raconté tout à l’heure, on est allé la voir. Elle habite dans le centre de la France. On est allé la voir là-bas. C’est une femme superbe de 70 ans, grand mère maintenant, la grand mère parfaite avec ses petits enfants, etc. Et puis on se retrouve dans un petit restaurant d’une petite ville de province où elle a justement, elle s’est beaucoup ennuyée quand elle avait 20 ans. C’est pour ça qu’elle est montée à Paris et elle commence à nous raconter sa vie. Et c’est là où tu fais. Tu fais une étude de l'étude de personnages étudiés et cette femme te raconte son truc au déjeuner et tu dis Bingo !
David Dufresne
Oui, c’est complètement hallucinant.
Emmanuel Hamon
Donc l’histoire qu’on raconte à peu près dans le troisième épisode, en partie, c’est à dire cette femme qui a 20 ans, s’emmerde dans sa ville de province, monte à Paris, travaille dans un café à Paris. Un mec qui rentre, qui, comme dans une scène de film, lui dit : "Tu finis ton service à quelle heure ? Coup de foudre. Il tombe complètement amoureux et une semaine plus tard, sous l’oreiller, dans une chambre d’hôtel, il y a un flingue et il lui dit : Bah écoute, faut que je te dise, je fais des holdup. Tu me vois ou tu ne me vois pas ? Tu peux t’arrêter tout de suite. Et elle le suit et c’est parti.
David Dufresne
Un client c’est une cliente. Je vais mettre l’extrait qui s’en voit là. Bah euh. Je vais quand même te demander plus de détails. Bon à la fin sur Face book etc. Quelqu’un dans le tchat dit que le travail d’investigation doit être énorme. Alors figurez vous que c’est le premier invité qui a bougé en tant que réalisateur qui a bougé l'écran pour voir ça. Il m’intéressait. Bien sûr, bien sûr. Donc c’est ici, si tu veux, le tchat. Et donc quelqu’un disait que le travail d’investigation devait être énorme, il y a retrouvé les gens. C’est la première chose.
Emmanuel Hamon
En tout cas, jouer avec les cachets c’est définition du cachet.
David Dufresne
On n’est pas chez les cons. Il y a une chose qui est de retrouver les gens, de les retrouver vivants. Puis il y en a une autre qui est de les convaincre. Est ce que vous avez tous, parce que c’est l'âge de la transmission qu’il faut raconter, qu’il faut témoigner ? Est ce qu’ils étaient faciles à convaincre ou il y a eu des réticences ? Je ne veux pas de toi non plus, mais de comprendre la teneur du travail de ton travail.
Emmanuel Hamon
Il y a justement en fait ce que je te raconte tout à l’heure, tu me disais tu les rencontres une première fois sans sortir la caméra et tout ça, c’est d’abord je sais, je veux dire je demande à des gens. En fait, c’est la différence avec un travail, par exemple avec un acteur qui va composer un rôle avec qui tu travailles, à créer un personnage qui n’est pas, qui n’est pas lui. Là, tu leur demandes de te confier une partie de leur vie. Donc c’est la moindre des choses quand même que d’aller vers ces personnes, de les rencontrer, de discuter avec eux, de comprendre à peu près ce qu’ils peuvent apporter à justement la composition de ce que j’ai raconté tout à l’heure du pôle, ce que tu construis et puis voilà, de leur expliquer qu’est ce que toi t’as envie de faire avec ça ? Qu’est ce que tu. Qu’est ce que tu veux faire ? Moi, par exemple, je sais que chaque réalisateur a ses marottes, ses fantasmes et tout, c’est ce que je disais tout à l’heure. Moi, je considère qu’il n’y a pas de bon film documentaire ou film de fiction sans bons personnages, sans bonne incarnation. Donc évidemment, c’est la matière première du film. Quand je vais voir Martine Ville, ok dans sa ville de province, elle me raconte. De son histoire. Elle me confie donc une histoire folle. Elle a dit Une femme qui a fait de la prison. C’est une femme qui a été hyper angoissée pour son enfant qui est née en prison. Elle me racontait par exemple que son fils avait encore un gros trousseau de clés qui était lié à son à son métier aujourd’hui, parce que ça le rassurait, parce que c'était les bruits qu’il avait entendu dans son enfance. Des gens qui te racontent des trucs comme ça, qui te racontent qui ils sont quand même bien carbonisés, avec des vies quand même assez folles. Il y a un moment, faut que tu les regardes. Je ne sais pas si c’est les rassurer, mais c’est que tu leur montre que ne t’as pas envie juste de faire du voyeurisme. Voilà, ce n’est pas ça qui m’intéressait. Moi c’est. C’est. En fait, c’est ce qu’on racontait tout à l’heure. Il y a effectivement des flics que j’ai rencontrés qui sont dans ma série, qui ne sont pas foncièrement des tous sympathiques. Mais il y a un, comment dire, une sincérité même de ma part, mais qui est quelque chose d’humain, de l’ordre de leur trajectoire.
David Dufresne
Alors je suis prêt pour envoyer le premier extrait, mais la question à laquelle tu pourras peut-être répondre après l’extrait, c’est est ce que c’est le même travail pour convaincre un ancien flic de parler qu’un ancien truand ? Ou est-ce que c’est des approches différentes ? Sauf si tu veux répondre maintenant tu peux ou finalement. Je passe l’extrait.
Vidéo
Il y a eu quelques stars du banditisme dans les années 70. Il y a eu bien sûr Mesrine. On pense à lui, il y en a eu d’autres qui sont peut être un peu oubliés, un type comme Jean Charles. C'était l’un de ces personnages des années 70, garçon, coiffeur, braqueur, qui avait été déclaré officiellement ennemi public numéro un. Le public, les flics, les journalistes ont toujours besoin d’un ennemi public numéro un. Même quand il y a trois ennemis public numéro un en même temps. Mais ça fait rire, ce n’est pas grave.
David Dufresne
Alors c’est un extrait qui est court mais qui dit beaucoup de choses. Qui dit beaucoup de choses. J’y retourne. Hop, un extrait qui dit beaucoup de choses. Il faudra qu’on parle de Alain en ton homonyme, mais qui n’a pas à voir l’inénarrable Alain
Emmanuel Hamon
Personnage de RTL,
David Dufresne
RTL, reporter de RTL, qui fait aussi partie de cette époque, parce que c’est aussi, c’est aussi la médiatisation, etc.
David Dufresne
qui passe son temps que j’avais rencontré dans l’affaire dite de Tarnac, figurez vous. Il y a un chapitre qui lui est consacré à Alain Hamon. C'était une rencontre assez étrange. C’est vraiment deux visions du métier complètement différentes, mais il a un côté attachant. Alors lui, c’est clair. Il a une gouaille complètement démente. Et puis effectivement, voilà RTL repas. Mais là c’est RTL que tu choisis. Et son extrêmement important, c’est plus important encore, peut être que les chaînes d’info d’aujourd’hui. Ah bon ? Il connaît tout le monde et tu ne sais pas s’il parle comme un flic ou comme un truand ? Ah bon ? Je parle de Hamon, donc. Voilà. Et puis il y a cette idée de dire ennemi public numéro un de cette fabrication. Je crois que c’est dans cet extrait, comme on dit, il peut y en avoir trois au même moment, mais on l’appelle l’ennemi public numéro un et toi ta série, elle valide totalement ce concept là.
Emmanuel Hamon
Elle valide vraiment que c’est ce qu’on dit. Est ce que tu disais tout à l’heure aussi ? C’est Broussard Marine, c’est ça fait vendre du papier, ça fait vendre des articles, ça fait ça fait la chronique régulière quoi. C’est un feuilleton. Il y a un côté feuilletonesque, donc l’ennemi public numéro un 600, à côté, il n’y a pas d’ennemi public numéro un aujourd’hui, malheureusement, il y a des. Il y a des. Il y a des gens qui deviennent célèbres par leur nom parce qu’ils ont. Ils ont participé à un attentat d’envergure aujourd’hui, mais il n’y a pas, ça n’existe plus. On ne sait pas qui ils sont. A moins de vraiment être spécialisé dans les dents en lisant les articles de police sur qui sont les tenants du trafic de drogue dans les cités à Marseille, tout ça. Mais franchement, personne ne les connaît, personne ne connaît. Sinon, vous connaissez Maureen ou même Jean-Charles Bilboquet à une époque. Donc la case.
David Dufresne
Il y a peut-être quelques capitaines d’industrie, mais on ne citera pas leurs noms ici. Qui peuvent paraître comme des ennemis numéros un bien sûr, certains non.
Emmanuel Hamon
Mais non, La création, voilà Mesrine ou Broussard. D’ailleurs, c’est inimaginable aujourd’hui. Qui connaît le nom du patron de la BRI aujourd’hui ou de la brigade criminelle ? Personne à ce moment-là. C’est des gens connus, c’est des gens qu’on voit régulièrement à la télé, qu’on entend régulièrement, dont on sait qu’ils enquêtent. Voilà. Donc effectivement, Jean-Charles dit Lockheed, qui n’est pas américain, mais qui est un truand connu de cette époque là aussi, grâce à certaines scènes qui ont une scène d'évasion complètement dingue que réalise sa femme.
David Dufresne
On verra un extrait
Emmanuel Hamon
Dans la base, c’est des personnages hauts en couleur qui font l’actualité
David Dufresne
Est ce que donc il y a une différence d’approche ? Je parle là de pattes humaines entre quand tu viens pour la première fois ou les deux trois premières fois pour convaincre la personne de parler et éventuellement savoir si c’est intéressant. Est ce qu’il y a des différences selon le circuit dans lequel ils ont évolué flic ou voyou ?
Emmanuel Hamon
Alors c’est sûr que par exemple, pour moi, non, ce que je cherche, c’est justement à rendre cette espèce d’humanité dont je parlais tout à l’heure. C’est un peu présomptueux de dire ça, mais c’est quand même assez important. Parce que voilà, encore une fois, moi ça ne m’intéresse pas trop d'être blanc ou noir. Enfin je veux dire, évidemment que j’ai mon avis. Et évidemment il y a des choses que je considère bien et pas bien, etc. Heureusement, j’ai un esprit critique, mais ce n’est pas le but. Que mon film devienne une tribune de moi même, ça ne m’intéresse pas. C’est d’ailleurs ce n’est pas du tout pour te faire des louanges, mais c’est ce que moi j’ai beaucoup aimé dans ton film. C’est par exemple que justement, tout à coup, je sais très bien ce que tu penses. Je vois très bien ce que pense le film, mais il a l’intelligence de donner quand même la voie à des flics qui sont confrontés à une contradiction par rapport à ce qu’ils font. Mais en même temps ça les rend quand même. On se dit pas juste à la télé, c’est des fachos connards et tout ça. Il y a une considération un peu plus grande. Je compare en même temps des choses qui ne sont pas exactement comparables, mais quand même, il y a cette approche là qui est hyper importante, que moi je trouve hyper importante, y compris en documentaire.
David Dufresne
C’est-à -dire pas de manichéisme.
Emmanuel Hamon
Oui, enfin, c’est-à -dire que moi je ne suis. Il y a un truc que je ne supporte pas, c’est de voir un film qui me dit ce qu’il faut penser. Moi ça ne m’intéresse pas, je m’en fous. Ben écoute, tu penses que tu veux mais tu montres enfin voilà, je suis assez grand pour arriver à ça. C’est ce qu’on peut reprocher à plein de chaînes de télé, de gens de vous, de vouloir vous mettre dans la tête. Quelque chose qui pense Bah non, on est on est des individus bien sûr doués d’un esprit critique ou en tout cas, c’est plutôt ça qu’on a envie de favoriser. Quand on a des enfants. On a plutôt envie de favoriser ça chez eux plutôt qu’ils pensent exactement comme leurs parents. Bien sûr, il n’y a pas de raison qu’on ne voit qu’un spectateur. Mais évidemment, quand on va voir un truand qui a fait quinze années de taule, qui a eu évidemment une vie quand même, on peut le dire, saignante, etc. Il y a des gages, un rapport de confiance, un rapport par rapport à la clandestinité et aussi un rapport par rapport à ce qu’ils sont eux, c’est à dire quand même une capacité à être pour. Pour le coup, c’est pour certains très embrouillé à raconter des trucs, qui font partie de leur personnage et c’est aussi ce qu’on va chercher. Voilà, là il y a un rapport d’eux, de confiance, ou en tout cas de ce vers quoi on veut aller raconter qui doit se passer entre deux, entre, entre les deux personnes n'était pas vraiment le cas de Martine par exemple, mais de Martin. J’ai appris des trucs sur elle qui n’ont rien à voir avec la série. Plus tard, après que voilà, on ne s’est pas dit mais les flics aussi, j’ai appris des trucs qui n’étaient pas vraiment. Donc c’est bien d’avoir une vision générale du truc avant de savoir vers quoi on veut aller, qu’est ce qu’on veut, ce dont on va rendre compte.
David Dufresne
On va regarder l’extrait où Martine raconte les évasions. J’ai trop montré à l'écran et je vais t’expliquer, comme ça tu verras mieux. Ça, c’est le chat en direct. C’est des gens qui réagissent pendant que nous parlons. Et ici ce sont des questions qui sont mises de côté par la modération que je te poserai par la suite. Donc tu pourras même lire directement ici si envie. Voilà, c’est juste pour que tu comprennes le dispositif, c’est qu’il y a énormément de culture et il y en a un qui connait le nom du patron de la bière Simon Irlandais
David Dufresne
Alors je montre donc cet extrait qui est un petit peu plus long.
Emmanuel Hamon
J’en profite quand même parce qu’il y a une question qui n’est pas de censure du côté police Vas y, profite pour y répondre directement et vas y. Il y a vraiment et franchement, je suis sérieux. On a parlé de Canal tout à l’heure, mais voilà. Et vraiment je suis très clair. Et sur l’histoire de la police ? Non, en fait c’est ça qui a été assez génial, c’est que je ne sais pas si c’est parce qu’ils sont 60, ils ont tous 65, 70 ans qui sortiraient des affaires etc. Et d’ailleurs que moi le souci que j’avais au début en faisant la série, c'était de me dire on ne fait pas une série de vieillards, il faut qu’on rentre dans les années 70, c’est tout. Les archives m’ont aidé, mais heu surtout de se replonger complètement comme des comme des jeunes hommes de 25 ans. Ça m’a aidé aussi. Mais il n’y a eu aucune censure dans les propos par rapport à ce qu’ils avaient à raconter. Vraiment, là je suis complètement sincère.
David Dufresne
Alors ça, on le voit par les images d’archives, parce que dès lors que ce sont des conférences de presse des années 70 où justement si c’est Leclerc ou Broussard qui parlent, même s’ils n’ont pas fait de media training parce que c’est pas encore cette époque là, tu sens que leur parole est beaucoup plus contenue que les gars que tu rencontres 50 ans plus tard.
Emmanuel Hamon
Bah ouais, quand par exemple Broussard dit au début dans une des premières archives où on l’interroge sur quand même les risques collatéraux dans une dent, une dent arrêtée, des malfaiteurs qui viennent de faire un holdup et tout ça, et qui, dit il, a cette phrase extraordinaire qui est oui, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Tu t’imagines bien qu’aujourd’hui, il n’y a pas un flic qui va dire un truc comme ça.
David Dufresne
Il ajoute malheureusement, je crois, ou Becker auquel il ne croit pas. Il me semble qu’il ajoute un petit peu. Alors j’envoie l’extrait dans l’extrait pour que tout le monde soit au courant. Cet extrait, il m’a été envoyé il y a une dizaine de jours par l'équipe d’Emmanuel qui est là, à notre divan, dans votre canapé que j’ai hébergé sur notre PeerTube. Voilà, c’est pour ça que de temps en temps, vous voyez le serveur et ensuite j’envoie l’image, le son et on se retrouve dans quelques instants. Et des consignes peuvent- être… Peut être qu’il a aidé. Sais ça, je ne pourrais pas l’assurer. Très rapidement, Jean-Charles m’a demandé si j'étais prête à le faire évader, donc je n’ai pas hésité. J’ai dit oui. Jean-Charles devait passer une telle date devant une petite cour correctionnelle au tribunal de Paris. Le scénario, c'était que j’arrive déguisé en avocate avec des armes et de prendre le président en otage. Jean-Charles et Jacques Mesrine étaient en quartier de haute sécurité, donc ils se sont côtoyés. Est ce qu’ils en ont parlé ensemble de cette évasion ? Est- ce que Jacques Mesrine à donner des consignes ? Peut être. Peut- être qu’il a aidé Johnny, ça je ne pourrais pas l’assurer.
David Dufresne
Alors ce n’est pas parce qu’elle porte un pull orange que j’ai particulièrement de l’affection pour eux, pour cette Martine. Mais effectivement, c’est là où il y a une écriture cinématographique de ta part. C’est à dire que ce n’est pas que des souvenirs de flic ressassés qu’on connaît par cœur. Il y a, il y a une mise en perspective avec, je trouve, du côté des truands, un peu plus de sincérité, un peu plus d’autocritique. Est ce que je me goure ou pas ?
Emmanuel Hamon
, Alors autocritique
David Dufresne
Ils sont fiers, tout le monde est fier.
Emmanuel Hamon
En tout cas. Mesrine par exemple, qui raconte une vie qui est quand même incroyable. Je me rappelle justement, voilà par exemple la patronne du documentaire de Canal. Quand elle a vu cet épisode, elle était sans voix à la fin. Je pense archi touchée par en tant que femme, par ce personnage de femme et cette trajectoire de femme qui est quand même incroyable. Je ne sais pas si on va la raconter complètement aujourd’hui, mais voilà, voilà, encore une fois quelqu’un a 20 ans qui se lance dans le grand banditisme juste parce qu’elle est hyper amoureuse d’un type qui va faire des trucs inimaginables. Vraiment. L’histoire de cette évasion, de cette organisation, de cette évasion en plein palais de justice de Paris, de cette petite bonne femme avec des grenades en robe d’avocate qui fait évader son mec parce qu’elle est dingue amoureuse, qui ensuite part en cavale, qui tombe enceinte etc. Et en fait à la fin elle dit Martine, elle le dit très justement, elle dit voilà, il s’est passé tout ça et j’ai risqué ma vie, mon môme est né en prison etc. Mais je n’ai aucun regret, j’ai vécu ce que j’avais envie de vivre. Donc ouais, t’as raison. Enfin, il n’y a pas d’auto critique
David Dufresne
Et par ailleurs, elle dit que la cavale c’est éprouvant. Et puis elle explique très bien qu'à un moment donné, elle a choisi, il faut le dire comme ça, la vie de mère plutôt que d'épouse, puisqu’elle dit à Jean-Charles on lâche plus.
Emmanuel Hamon
En tout cas, on ne se pose pas du tout, évidemment parce que c’est pas la génération et parce que c’est pas son truc. Elle ne se pose pas du tout les questions en vision du féminisme ou de choses comme ça. Mais en fait en vrai, cette femme elle fait des choix et elle les assume des choix Radicaux. Et le choix d’une histoire d’amour avec ce mec. Et puis à un moment, elle choisit d'être la mère de cet enfant, en tout cas de retourner un peu à la tranquillité. Et quand son Jean Charles vient la voir et lui dit au parloir tu vas me refaire le coup de l'évasion, elle lui dit Bah non en fait aujourd’hui j’ai un fils, je m’occupe de lui, c’est ça que j’ai envie de faire quoi ? Donc c’est un personnage admirable, on a envie de la prendre dans ses bras justement. Enfin tu vois, c’est un personnage génial.
David Dufresne
Tu retrouves aussi des images d’archives plus tard, dans les années 80 où il joue son propre rôle. Et si c’est triste en fait,
Emmanuel Hamon
C’est hyper triste. Il a donc fait je crois quinze ans de prison. Il ressort de prison donc avec vraiment la coiffure Muller typique des époques, il refait pour eux. Je ne sais pas si c’est TF1 ou un truc comme ça, une espèce de semblant de genre j’arrive dans une bagnole, vas y, je vais te tuer, donne moi la bagnole, le machin. Et en fait, ce qui est d’autant plus sordide, c’est que, un an plus tard, il y fait vraiment une espèce de holdup foireux chez une grand-mère en province et tout. Et il se fait descendre par la brigade de flics qui arrive et qui vient le choper. D’ailleurs ce n’est pas très clair, s’il le descend aussi lui même, c’est quasiment du suicide quoi. Il est vraiment au bout du truc. Donc oui, c’est très glauque.
Emmanuel Hamon
C’est glauque, ouais, vraiment glauque. Le thème était grave. En même temps, elle en parle encore avec des trémolos dans la voix. Oui, histoire d’amour, bien sûr, ça bien sûr, Le mariage en prison.
David Dufresne
C’est un moment très dur parce qu’elle dit je, je ne souhaite à personne de se marier en prison.
Emmanuel Hamon
Elle est très belle. Il y a. On avait retrouvé des photos Technicolor d’elle en robe de mariée à la santé. Qui donc, comme les mariages, qui s’organisent en prison, c’est vraiment 1 h de permission pour faire la cérémonie, etc. Donc elle fait ce choix là aussi de se marier avec ce type là qui après elle va ressortir justement après l'évasion, etc. Mais elle, elle le dit clairement, ce n’est pas un souvenir non plus façon cette histoire est quand même très dure
David Dufresne
Beaucoup de gens dans le château. Après Martine à la plage, Martine en orange sacrée il y a un côté années 70, tu comprends pourquoi j’ai plongé dans tant d’autres. Dans ta série à propos d’images et d’archives, il y a un travail colossal. Tu as travaillé avec des documentalistes.
Emmanuel Hamon
Documentalistes, parmi lesquels Christine Loiseau.
David Dufresne
J’ai travaillé avec elle pour mon premier film. Ben voilà. Ah génial ! Elle est super et super !
Emmanuel Hamon
Elle est super, elle est super et incroyable ! Et j’avais travaillé moi aussi sur un film il y a longtemps avec elle. J’ai travaillé avec elle depuis un moment. Elle a été vraiment dingue parce qu’il y a un travail d’archive, de recherche d’archives complètement fou sur cette série et surtout en fait, par exemple sur les épisodes de Martin. Comme il n’y a pas d’images, évidemment. Alors toi tu dis oui, il y a plein d’images et les images sont dingues de violence, de bitume, de tout ça, mais évidemment pas les images des choses en train de se passer. Oui, bien sûr, le holdup n’a pas été filmé, donc c’est après coup les machins qui montrent la violence du truc et tout. Mais donc par exemple sur l'épisode de Martine, c’est vrai que j’ai eu, il a fallu inventer en fait ce que pouvait raconter Martine par des personnages qui ne sont pas Martine mais qui racontent un peu l'époque, l’appétence pour les belles voitures, le fric parce que c’est aussi ça faire des vols, c’est un peu un pacha, même clandestinement, même avec l’adrénaline, se payer des trucs qu’on ne peut pas se payer. Et évidemment, on parle de gens qui sont, qui viennent plutôt de classes, qui n’ont pas du tout les moyens de classe sociale, qui n’ont pas les moyens de se payer tout ça. Et puis il y a eu aussi une réflexion que j’ai eue assez tôt qui était bonne pour certaines scènes d’arriver à trouver un truc esthétique. Et c’est là où j’ai décidé de faire appel à un dessinateur. Voilà qui s’appelle Philippe Squarcini, que moi j’avais repéré et qui est très engagé, très doux, vraiment, vraiment à gauche. Donc lui.
David Dufresne
Bonjour, bonjour ! Tu es le bienvenu dans la police.
Emmanuel Hamon
Tout ça ce n’était pas forcément son truc, mais en même temps, moi je l’avais repéré parce qu’il l’a fait. Il avait fait une adaptation de la série de David Simon, Philippe Skorzeny et son cyber Adonis. Vraiment, j’engage tout le monde à lire ses BD parce que c’est vraiment super le travail. Donc le principe, c’est que parfois, comme tu n’as pas d’image, tu as le dessinateur qui arrive, qui fait des plans, des plans larges en gros. D’une minute par épisode, qui sont par exemple le premier épisode d’une séquence vraiment de cavale holdup pour raconter, dont Renaud a fait une chanson au début dans des dessins en couleur qui ne sont pas de l’animation pure. On n’a pas de toute façon ni les moyens, ni de faire un dessin animé, mais à travers une dizaine quinzaine de planches, d’arriver à nous créer des mouvements dedans, de coloriser des choses, de aussi pouvoir jouer avec le son ou d’actualité de l'époque ou de choses comme ça pour arriver à raconter un peu ce qui est pas si mal.
David Dufresne
Et ça termine en règle générale sur l’image filmée suivante. Ce qui fait qu’on passe de l’univers graphique à la réalité comme un fondu, comme un fondu. Et c’est rudement chouette, C’est comme on disait chez Blues Brother. Mais, mais quand même, de temps en temps et j’ai trouvé qu’il y avait un peu des images d’illustration je pense. Tu vois à la cabine téléphonique quelqu’un qui prend, toi qui compose le numéro, une station service dont on se dit qu’elle est quand même bien vieille celle-là. Je veux te parler en te critiquant. J’ai besoin de te faire parler de la difficulté à raconter le passé quand il n’y a pas d’histoire. Non, bien sûr, c’est super dur.
Emmanuel Hamon
C’est un des soucis des films. On a un peu d’archives.
David Dufresne
C’est à dire qu’est ce que tu fais avec les archives ou qu’est ce que comment tu utilises les archives ? Donc évidemment, l’archive, il ne faut absolument pas l’utiliser quand on fait des films comme une illustration de quelque chose. Si tu dis machin, c’est une cigarette, c’est pour avoir fumé une cigarette, ça n’a aucun intérêt, on est dans le sur, c’est ça ? Et en plus, aujourd’hui, malgré un plan au Québec qui est une très bonne expression pour ça, c’est banal. Ouais, si, si tu dis banane et que tu montes une banane. Donc quand on monte on te dit non mais là. C’est banane, t’as compris ? Tu arrêtes enfin la télé.
David Dufresne
La télé de flux, la télé de mauvaise qualité ne fait que ça pousse à ça,
Emmanuel Hamon
Donc toi, il faut que tu expliques. Alors heureusement, au jour d’aujourd’hui, il y a quelques effets bénéfiques par exemple Netflix ou toutes ces choses là. Je sais que, par exemple, enfin, la télévision française a compris que la voix off, ce n'était pas l’alpha et l’oméga d’un documentaire. C’est à dire que justement, en plus de la banane, en plus de la banane et de dire il mange une banane, non, ça n’a aucun intérêt en fait. Donc arrêtez de prendre le spectateur pour un débile. Donc voilà, ça c’est ça, on est déjà sept.
David Dufresne
Ça, tu l’attribue à Netflix ?
Emmanuel Hamon
Je pense qu’en partie le fait que ce qui ne veut pas dire que les documentaires de défi sont bons, ce n’est pas du tout ça que je dis. Mais je dis qu’en fait il y a en tout cas ce média là. Il n’y a quasiment pas de voix off sur les films de Netflix. Oui, tu remarqueras Netflix et d’autres plateformes. Et ça, ça permet de montrer que oui, à un moment, ils ont tout. On n’a pas besoin qu’on te guide comme ça, comme un petit chien pour regarder des trucs. Donc oui, les archives, forcément, il y a un piège. Et puis il y a en plus les archives des années 70. Comme elles sont très belles, comme elles sont filmées en seize mm ou en 35 mm. T’as envie un peu d’en profiter ? Mais le but, c’est qu’effectivement ça ne soit pas de l’illustration. Après tout à coup, par exemple, pour que tu penses que tu prends un plan d’un type qui a une cabine téléphonique dans Paris à cette époque là bas. Mine de rien, pour un jeune spectateur qui peut regarder la série, qu’est ce que c’est qu’une cabine téléphonique aujourd’hui ? Machin et tout ? Inimaginable. Donc ça fait partie des trucs, je me dis. Là encore, il y a du orange puisque c’est des Ados à la Va vite sur le détecteur d’orange, etc. Non, non, je. Sais pour te dire que j’ai vraiment goûté la série et je me suis dit tiens, il y a eu, il y a dû y avoir un certain moment cherché, cherché. Et puis faute de mieux, on met ça parce que mais c’est un peu, mais pas beaucoup. Et surtout j’en ai beaucoup. Enfin, par rapport aux premières versions de montage. Après j’en ai beaucoup enlevé des archives parce que justement, et puis parce que les personnages sont forts, donc ils racontent aussi des choses. Après, il y avait ce truc, c’est ce que je disais tout à l’heure, de personnages qui ont quand même tous à peu près 65 70 ans. Donc ne pas non plus faire un film. Alors heureusement, ils ont une vitalité en fait, qui n’est pas toujours d’ailleurs symptomatique de leur état physique, mais qui est une vitalité complètement incroyable.
Emmanuel Hamon
Mais qui n’est pas dans un état physique top. Il est génial quand il raconte le mouton noir,
David Dufresne
Alors avant de parler de lui, je voudrais juste te demander est toujours dans les questions de dispositif, comment tu décides d’en filmer un dans un stand de tir ? L’autre beaucoup. Dans leur jardin, il y a beaucoup de jardins. Alors c’est quoi ? C’est pour nous montrer qu’ils ont tous des vies paisibles de retraités. Là où les truands sont plutôt dans les cafés. C’est-à -dire qu’il y a des flics aussi qui sont dans l'équipe.
Emmanuel Hamon
Il y a aussi des flics dans les cafés, mais j’avais l’impression que les flics étaient quand même propriétaires et que les truands, c'était un peu sur le zinc. Par ailleurs, c’est une réalité. Les truands.
David Dufresne
Ceux qui gagnent le plus d’argent, c’est les flics.
Emmanuel Hamon
Ceux qui ont gagné beaucoup d’argent. Donc les truands ont gagné beaucoup d’argent et des fois, mais généralement là, tous les autres nous sont tous tombés, ils ont tous fait quand même une bonne dizaine d’années de placard et certains tardivement. Donc voilà. Et pour en parler un peu, parler dans qui est assez incroyable dans les premiers épisodes qui s’appellent Gibus, c’est un type qui vit dans une maison à l' EHPAD aujourd’hui et que sa fille veut pas trop voir ou en tout cas qui ne sait pas que la petite, la petite fille de ce Gibus qui est un grand père lui aussi a pas trop loin, trop droit, droit de voir. Enfin tu vois c’est des histoires aussi pour pas. Il n’y a pas l’espace pour les raconter dans cette série. Mais je ne vais pas ici, je ne vais pas dormir. Ces mecs qui savent très bien ce qu’ils ont fait, mais enfin, à la vieillesse n’est pas qu’un temps joyeux.
David Dufresne
Ouais, pourtant lui, quand il te raconte qu’il était souple et que c'était lui qui passait par dessus les guichets de banque pour aller chercher le pognon. Comme il est encore une pile électrique, tu crois volontiers qu’il y a 50 ans, le mec était souple et avec des yeux qui, quand ils racontent leurs trucs, quand ils racontent le bonheur que c'était d’aller braquer une banque, de récupérer le truc. Franchement, tu étais comme un enfant devant le coffre fort. Quand on va venir à l'épisode quatre je crois, le mouton noir, si. C’est pour restituer. Il y a peut être quelque chose qui manque parce que ce n’est pas non plus ce que tu voulais faire. Donc c’est pareil, on est dans le récit, on est dans le témoignage, on est dans la fresque, on pourrait dire années 70 et ça c’est admirablement fait, y a aucun doute là dessus. Mais il n’y a pas vraiment d’analyse sur le travail policier. Si c’est pas, ce n’est pas tellement ton fait. Il y a juste on comprend que la société change, on comprend que les banques, peu à peu se modernisent, se cadenasse, ont de moins en moins de liquidités. Donc le braquage de lui-même s’arrête sur les prises d’otages. On ne sait pas trop pourquoi ça s’arrête, mais ça s’arrête à un moment donné. Bon, ce que je veux dire par là, c’est qu’un certain nombre de chercheurs sur la police expliquent qu’en réalité, c’est moins la société qui s’adapte à la criminalité, à la délinquance que. La police est efficace, c’est-à -dire s’il y a plus de braquages. Pour le dire grossièrement, ce n’est pas parce que les flics ont été particulièrement efficaces, c’est parce qu’en fait les banques ont changé et se sont protégées autrement. Et est ce que ça, par exemple, ça pourrait faire l’objet d’un autre film pour toi ou où est ce que tu t’es intéressé à ça, d’essayer de comprendre si au delà des histoires absolument incroyables et qui sont popcorn quoi, et qu’il faut regarder, j’imagine qu’il y a des gens qui voulaient faire un don au poste et qui vont prendre un abonnement à Canal+. Bon, ce n’est pas grave, je sais tout le temps ça. Je valorise toujours le travail des invités, mais allons-y sur cette question là.
Emmanuel Hamon
En fait, quand tu fais un film, de toute façon, comme tu le sais, tu le fais avec. Il faut une nécessité de point de vue quoi. Donc encore une fois, l’histoire de cette série là, c’est l’histoire de raconter un gang de flics et j’insiste là dessus, pas pour tuer mais parce que c’est comme ça que je l’ai vu. Je l’ai vu, je l’ai vécu de l’intérieur et tout et que je l’ai raconté. C’est eux qui sont aux premières loges, qui racontent, bien sûr. Donc évidemment que ça raconte aussi une évolution de la société française à cette époque là et de la criminalité, et que, évidemment, c’est parce que les banques, à un moment, décident d’investir dans des systèmes de sécurité, dans les caméras, dans les guichets, qu’ils arrêtent de mettre autant d’argent dans les guichets, que les holdup se tarissent et qu’on va trouver d’autres formes. Il va y avoir des attaques de fourgons blindés, il va y avoir l’explosion des stups qui est vraiment un truc qui change complètement la criminalité. Et alors je vais dire un truc, je pense qu’en fait. Les grands criminels aux entrants d’avance, toujours sur les flics. C’est à dire que finalement ils s’adaptent beaucoup plus vite et que c’est les flics qui courent toujours derrière la fameuse théorie de l’envie de l’océan à la petite cuillère qui est tout à fait valable, par exemple pour l'évolution du trafic de stupéfiants, le trafic des stupéfiants dans les années 80, puisqu’il va exploser à ce moment là, n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Et en fait, c’est quand même plutôt les trafiquants qui s’adaptent et qui ont un métro d’avance que le contraire quoi. Donc oui, bien sûr, Enfin moi j’ai jamais envie de le faire, je n’ai pas envie de faire le même film. Donc même si par exemple ça m’est arrivé que par rapport à un documentaire qui avait marché ou un film, on ne me dise pas non, pas du tout.
David Dufresne
Oui, bien sûr.
Emmanuel Hamon
Donc bien sûr qu’il y a plein d’autres films à faire sur cette époque là, sur. Sur ces histoires là. Après, j’ai été en toute humilité, étonné par certains moments ou à certains moments par rapport à l’actualité qui se passait en dehors de la salle de montage et du tournage de la série. Ouais, je vais te raconter un truc sur la fin de la série, sur le fait qu’on m’a raconté ces histoires des années 70. Évidemment, c'était raconter une époque, raconter une sociologie et tout, mais des fois c'était rattrapé par quelque chose de plus intemporel. De plus, par exemple, quand on racontait tout à l’heure le flic qui dit la veuve et l’orphelin, là ça ne me parle pas, c’est la chasse et tout ça. Moi je pense que ça raconte aussi une façon d'être flic qui n’est pas forcément général. J’aime pas du tout les généralités, mais qui ? Qui, qui ? Qui existe quoi ? Tous les mecs qui s’engagent, comme tous les avocats, ne sont pas des mecs qui veulent défendre la justice et la loi. Il y en a qui veulent faire de l’argent et ou non, il y en a à faire avant ou juste après. Et par exemple, à la toute fin de la série, quand on mettait la dernière fin technique à la série, on était à peu près au moment où il y avait eu, il y a eu la mort de Nahel et Brett en banlieue et c’est vrai qu’on regardait la série et avec des gens très jeunes qui travaillaient plus jeunes que moi, je travaillais sur la série et c'était étonnant de regarder certains épisodes qu’on était en France, c’est à dire là. Et ben les propos des flics sur un certain rapport à la, à la violence, à l’exercice de la violence, à l’arrestation, à sortir son arme à, comme le dit à un moment enfin tu vois, à fabriquer un peu aussi des choses, etc. Comme le dit par exemple Jean-Bernard Vincent dans un épisode où il raconte ce que je pense, ce qui je pense n’est plus le cas aujourd’hui mais qui est quand même voilà, il y avait des fois un autre flingue qu’on sortait pour s’en servir comme une preuve sur des trucs, et tout ça avait une résonance quoi. Forcément, tu ne peux pas non plus te dire bon, c’est les années 70, ça n’a plus rien à voir avec nous.
David Dufresne
Les flics qui parlent, c’est des personnages de légendes, de western et tout ça. Et ça n’a plus rien à voir. Et d’ailleurs, pour avoir fait une ou deux projections avec des flics actuels, aujourd’hui, plutôt des hauts gradés, des mecs importants et tout. D’abord, ça fait partie de leur histoire ces mecs là. Quand tu rentres à la mairie aujourd’hui dans les locaux de la mairie, aujourd’hui les photos de Broussard de la mort de Marine, de certaines arrestations de l’ambassade d’Irak et aussi un épisode de la série Bateaux qui sont dans l’ambassade d’Iran. C’est dingue,
Emmanuel Hamon
C’est des photos qui sont dans le hall d’entrée de la mairie. C’est l’histoire, c’est la mythologie de l’abbé.
David Dufresne
C’est ce qu’on pourrait appeler le tableau de chasse puisque certains sont chasseurs. Faire le tableau de chasse et les trophées un peu macabres là-dedans. Bien sûr.
Emmanuel Hamon
Bien sûr, mais c’est en même temps des exploits et en même temps, c’est des morts. C’est ça la police, C’est la violence quand même. C’est. Je veux dire, ce n’est pas la violence, ce n’est pas la violence qu’on raconte dans ton film ou dans la rue. C’est de toute façon, comme le dit très justement un Jean-Bernard Vincent, qu'à un moment, on n’a pas un flingue pour se défendre. Ça, c’est du c’est du roman. Je veux dire, on a un flingue pour l’utiliser et on peut l’utiliser tous les jours et on peut tirer et tirer. Tirer, ça blesse ou ça tue.
David Dufresne
Alors que tu en parles beaucoup. Tu lui consacres un épisode. Jean-Bernard Vincent C’est l'épisode six et non pas quatre car comme tu disais tout à l’heure dans le bouton noir, alors il y a un petit extrait. Peut être que je peux mettre l’extrait d’abord et puis ensuite on revient, on revient comme tous les deux. C’est comme.
Emmanuel Hamon
Du coup, j’en profite pour en lire quelques-uns.
David Dufresne
Bon alors on passe aux choses sérieuses. J envoie l’extrait
Vidéo
Vincent Donc voilà. Et j’arrive au 36 qui sont les enfants et la sortie ? Je tombe Leclerc. Après il y a un autre commissaire qui va pouvoir tester la mairie. Je me souviens, je me retenais à l'époque, j'étais un peu coup de sang pour pas lui envoyer une gifle au mieux. Donc ça a été ça. Et puis après j'étais considéré comme le pédé de service. Je ne fais aucun commentaire sur cet attentat et je remercie tous ceux qui ont eu la sympathie de me témoigner leur sympathie ce matin. Je les remercie de l’avoir fait. On retrouve quand même un inspecteur de la BRI dans le plumard du mardi. Ça, c’est un peu tard. Je suis un an avant l’homosexualité. C’est sûr que ce n’était pas toléré comme c’est maintenant.
David Dufresne
Normalement on est reparti et voilà, on est reparti. Enfin ce personnage,
Emmanuel Hamon
Parce que c’est un peu ce que je te disais tout à l’heure. Donc tout, tout, tout. Tous les personnages principaux de la série, je les ai rencontrés sans caméra une première fois. C’est Raphaël Malkin qui avait, qui avait creusé ce mec qui était devenu, qui avait changé de nom, qui s’appelait Eric Yung. Après sa carrière dans la police et qui est devenu journaliste et. Donc on va voir. Je vais voir Jean-Bernard Vincent, lui aussi, qui vit maintenant retiré à la campagne comme tu dis, dans une vie paisible qui est un espèce de mec qui fait 140 kilos, qui bouge plus très bien physiquement et tout, mais quand ça commence à parler, alors là ça s’allume et c’est génial.
David Dufresne
Avec une voix incroyable.
Emmanuel Hamon
Avec une voix incroyable. Et ce type, il a une vie, mais franchement, c’est impossible à inventer dans un scénario de film de fiction. Pour le coup, le mec est dingue. Donc lui c’est un vraiment un des types. Lui et François. Antonin je me souviens, et puis ensuite Martine, puis ensuite d’autres personnes. Je les ai rencontrées assez tôt dans la préparation et je me suis dit bon bah là il y a une série, c’est sûr. Il y a un truc, il y a un réservoir à histoires, un truc romanesque, un truc feuilletonesque et tout, et l’histoire de Jean-Bernard Vincent qui est en gros rentrée. Donc vient d’une famille avec un père communiste, syndiqué, ancien résistant, cheminot, qui donc, on l’imagine, n’est pas vraiment fan de la police, se retrouve à 20 ans à monter à Paris avec déjà un enfant et une femme qui devient concierge rue Saint-Maur et qui passe plein de concours pour trouver un boulot rapidement et qui se fait engager dans une brigade territoriale à Paris. Le type A. Alors aujourd’hui, je n’aime pas trop ce mot, mais c’est vraiment un transfuge de classe. Il arrive à Paris, il a le transfuge de classe et transfuge de province et il arrive à Paris avec ce qui faisait un peu le sel des flics. C’est-à -dire les portes sont ouvertes, Il se lance dans une vie nocturne, dans une vie de consommation de toutes les substances illicites possibles et imaginables. En même temps, il infiltre en même temps, il fait son boulot de flic en même temps. C’est un mec et une baraque assez incroyable, champion d’arts martiaux, qui donc, à un moment arrive dans les couloirs de la brigade anti-drogue, au fameux quai des Orfèvres au dernier étage, et qui est recruté illico presto par Broussard himself. Et il devient donc un des flics de la brigade anti gang, un des mecs qui n’a pas froid aux yeux, qui va vraiment au contact machin et tout ça. Mais il y a un truc profondément qui le rend un personnage le mouton noir ou un peu un personnage un peu en marge qui s’intègrera jamais complètement à qui d’ailleurs, là non plus, ni de gauche ni de droite, qui est un personnage beaucoup plus libre que tout ça et qui fait qu’il va vivre librement tout ce qu’il a envie de vivre, y compris moralement et éthiquement, par rapport à une vieille histoire qui est une histoire assez célèbre de ces années là, qui est l’assassinat d’un homme politique en plein en plein Paris, dont lui considère que la police n’a pas fait son boulot comme elle aurait dû le faire et le protéger. Et puis, qui a une histoire ? Alors ça, je l’ai appris presque en parlant avec lui la première fois qu’il y a une histoire, on peut dire l’amour avec le présentateur le plus célèbre de la télé française à cette époque là, qui dira peut-être pas grand chose à pas mal de gens, mais qui est vraiment une star. Je ne sais même pas si on pourrait en trouver une comparable aujourd’hui Yves Mourousi qui interviewe des présidents, qui fait le journal de TF1, etc. Et qui est retrouvé alors que l’appartement a explosé à la bombe en peignoir dans l’appartement de Mourousi.
Emmanuel Hamon
Et je sais, Je ne vais pas rentrer dans l’intimité de la vie privée de. Par ailleurs, il a eu quatre enfants avec trois femmes différentes. Enfin voilà. Et donc il a une histoire avec ce mec là. Et il est resté au ban de l’antigang et de la police. Un mec à l’antigang qui a une relation homosexuelle avec le journaliste le plus célèbre de France à cette époque là complètement inimaginable. Alors ce qui est ce qui est défini en taule est absolument tout.
David Dufresne
Ce qui est, ce qui est si délicieux, c’est qu’au départ, dans la série, quand il arrive, il est déjà, il est déjà très fort, il est imposant physiquement, et puis par la voix, puis par ce qu’il dit, etc. Mais il n’est pas forcément attachant. Enfin, je ne l’ai pas trouvé. C’est plutôt le bad cop on va dire. Et puis tout d’un coup, il y a ce truc qui lui arrive et alors là aussi Et donc là, s’il y a des effets scénaristiques.
Emmanuel Hamon
Eh bien en fait, il y a un truc de séries de séries. Moi, c’est ce que j’aime bien dans les séries de fiction. C’est à dire que tout à coup, il y a un personnage qui est plutôt secondaire pendant le twist, et puis il y a un épisode où il devient le cœur et tu découvres un truc, une densité, une épaisseur au personnage qui est un peu inattendue, quoique personne peut écrire à l’histoire. Jean-Bernard Vincent Non. Quand Jean-Bernard Vincent te raconte son histoire du début jusqu'à la fin parce que c’est ce qu’il fait dans l'épisode six. En gros, Matt est complètement. Un peu comme Martin. Ok, en fait c’est un peu les deux épisodes. C’est un petit peu particulier qui s’attache vraiment à deux personnages qui deviennent centraux, qui sortent un peu du gang de la bande et qui s’intéressent à deux personnages.
David Dufresne
On te demande pourquoi il a fait de la taule.
Emmanuel Hamon
Il en a fait un peu. Il a fait de la taule parce que, en fait, je pense qu’il y a des gens qui voulaient le faire tomber, qu’il a plu parce que l’histoire de Mourousi, ça le fait virer de l’anti gang. Mais il continue et il est nommé dans le commissariat où vous ne voulez pas du tout aller au commissariat de la Goutte d’Or à Paris sans doute, qui doit traficoter un peu.
David Dufresne
Ce qui en dit long quand même sur la vision de la préfecture. C’est à dire que la Goutte d’Or, c’est le bagne, c’est le bagne. Si tu vas chez les Arabes et en fait c’est un déclassement facile.Tu passes du Quai des Orfèvres, du centre de Paris, de la brigade Le 36.
Emmanuel Hamon
Le médiatique du 36 à Haut Commissariat dans le 18ᵉ de la Goutte d’Or qui est là vraiment ? Genre coupe gorge et tout ça. Jean Bernard Vincent Bon, il doit avoir de par ses fréquentations de noctambule et tout ça. Il doit être un peu borderline, un peu déprimé aussi parce que je pense qu’il a plus du tout envie de faire partie de la police à ce moment-là. Et il se fait arrêter un matin avec des flingues, des faux papiers chez lui, lui dit qu’il était en train de remonter une filière. Les flics considèrent qu’il a donné la main à des malfaiteurs dans une histoire de holdup et il va faire quatre cinq mois de taule mais en plus HS pour le coup. Et en fait il y a rien contre lui, donc il y a un non-lieu qui est donné et c’est la fin du sixième épisode. Il sort de la santé, il prend le taxi, il rentre dans sa province et à partir de là il sera plus jamais flic et il va entamer une nouvelle carrière. Mais pendant deux ou trois ans, il va galérer, il va avoir des procès, des machins, des trucs puisqu’il a diffamé. Justement, par rapport à l’histoire de cet homme politique où il a ouvert un peu les vannes en disant que la police n’a pas du tout été.
David Dufresne
On va on va aller à l'épisode huit rapidement, puis après on prendra quelques questions du chat et ensuite vous allez partir faire la tournée promotionnelle. Là, c’est le tour de chauffe. Donc l'épisode huit, je te l’ai dit, oui, mais je le redis ici, je trouve que c’est un épisode rattaché. En gros, c’est qu’est ce qu’est devenu la BRI ? Donc on fait un saut de 40 ans, voire 50 ans et on se retrouve avec la BRI d’aujourd’hui, celle notamment Du Bataclan
Emmanuel Hamon
Je ne conteste absolument pas qu’il y ait un intérêt à s’interdire à évoquer ça, mais je trouve que tout d’un coup, on n’est plus dans la même écriture.
David Dufresne
D’ailleurs, c'était assez étonnant la bande annonce de la série qui met vachement en avant cet aspect là alors que c’est un huitième de la série et que ce n’est pas le tout, ce n’est pas le propos. Donc effectivement, la BRI d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle qu’on raconte là. Voilà. Est ce que c'était équitable ? Alors le repère, vas-y, tu peux y aller. On pourrait aussi ici c’est un lieu libre pour.
Emmanuel Hamon
Être totalement transparent puisque on est complètement transparent. Moi en fait, pour moi la série se termine avec la mort de Mérinos, c’est épisode sept, c’est l’histoire d’une décennie, c’est l’histoire de cette brigade pendant cette décennie là. Il se trouve que la brigade Antigang, qui est donc la BRI c’est effectivement aujourd’hui c’est la BRI mais qui n’a plus rien à voir. Les mecs sont plus ou plus exactement les mêmes. Et ce qui fait le sel de la série, c’est que justement, la brigade Antigang de cette époque là, elle est sur tous les terrains. Donc on peut parler un peu. C’est pour ça qu’on peut raconter un peu la sociologie des années 70, c’est qu’elle est sur plein de types de criminalité pendant toute la série. Bon, il y a eu un moment où Canal m’a dit mais ça serait bien quand même de faire un parallèle avec qu’avec la BRI aujourd’hui qui n'était pas mon idée du tout initiale. Donc j’ai fait ce truc qui fait que dans le huitième épisode, il y a effectivement une ellipse temporelle. Dans les années 70, il y a eu les séries notamment plus en que lui, il y en a eu d’autres qui ont. Ils sont peut être un peu oubliés, un type comme Jean-Charles Milo, quelques idées de créativité qui reprend ses personnages des années 70, garçon, coiffeur, braqueur qui avait été déclaré officiellement alors, l’appareil public numéro un, le public, les failles juridiques, les journalistes qui ont besoin toujours d’un ennemi public numéro un, même quand il y a trois de numéro un en même temps. Mais ça ne fait rien. Je n’ai pas grandi.
Emmanuel Hamon
Est ce que je suis d’accord là où je ne suis pas d’accord ? Je ne sais pas si c’est ce que dit la personne, mais c’est vrai. C’est que le problème c’est qu’en dehors de cette ellipse de temps et tout, de trouver vivante et que pour moi ça se terminait plutôt à la mort de Marie dans 79. C’est que quand tu attaques, enfin quand tu t’attaques, quand tu traites l’histoire du Bataclan et l’histoire des flics, entre autres franchement Là pour le coup, je disais tout à l’heure on s’en fout de savoir ce que je pense ou pas de penser, mais les mecs qui sont rentrés de l’abri au Bataclan, qui ont sauvé les otages ou je me dis qu’est ce que tu veux qu’j' te dise à part te dire que ce sont des héros, Je ne peux pas dire grand chose d’autre. L’appel aussi qu'à la fin de cet épisode, il y a une des femmes qui meurent, qui me touche énormément, qui a été otage et qui dit-elle même avec des mots qui ne peuvent sortir de sa bouche à elle. Moi franchement, les flics ce n’est vraiment pas, c’est vraiment pas ma came, mon truc et tout, mais les mecs qui m’ont sorti de là, qu’est ce que je peux leur dire ? J’ai une reconnaissance intemporelle pour eux. Donc ce qui est étonnant d’ailleurs, il y a deux ou trois personnes qui sont des otages. C’est évidemment a priori pas le public qui, je pense en dehors avant toute cette histoire du Bataclan et un public pro flic mais que là y a une rencontre entre un truc qui bien évidemment fini. Tu vas me dire finir une série là dessus, ce n’est pas anodin. Et tout ça, ça ne peut pas être anodin ce truc là. Et pour moi, c’est pour ça que ça aurait été plus symbolique de terminer sur quelque chose qui est plus ambigu et plus complexe, comme la mort de Mesrine et surtout sur une décennie qui était les années 70. Après je ne me vois pas forcément faire après les années 80 en psycho.
David Dufresne
Non mais parce qu’en plus il se trouve que je crois même que c’est sur Canal, il y a une série qui tourne autour de l’entité.
Emmanuel Hamon
Fiction qui s’appelle BRI. il y a eu le film de Gimenez aussi là dessus. Bon voilà, je ne veux pas, je ne veux pas te torturer par rapport à ça, Moi je t’en parle mais bon. Mais l’auteur par ailleurs, juge, je veux dire un truc parce que moi j’aime la généralité et un truc que je trouve assez ennuyeux, donc je ne pense pas que tous les flics soient ça ou soit ça, ou soit ça ou soit ça. Et je pense que la brigade Anti Gang qui a plein de problématiques, non vraiment, elle, on ne peut pas dire qu’on les cache. Dans les années 70, elle n’est pas toute la police, je veux dire la brigade Guédiguian. Elle est même dans les années 70 différentes de la brigade criminelle ou de la brigade des mœurs ou de Machin. Et comme la BRI i aujourd’hui, a un statut très particulier. D’ailleurs, c’est aujourd’hui la seule brigade qui est restée au quai des Orfèvres qui a complètement déménagé. Alors est ce que c’est des Robocop, des machins ?
David Dufresne
Après, il y a par le dispositif filmique, j’espère que je ne me trompe pas, mais il me semble qu’il te parle de cagoulés.
Emmanuel Hamon
Il y en a un qui me parle cagoulé qui n’est plus à la BRI
David Dufresne
Voilà. Mais on voit bien aussi une évolution de la part des services de police. Il y a quand même une maîtrise de la communication. Ça c’est ça, ce n’est pas de ton fait, mais d’un côté il y a ceux qui parlent mais qui sont anonymes. Ça pose aussi question à la fois sur les risques qu’ils prennent, mais aussi sur le fait qu’on puisse ou non les identifier. Voilà, c’est toute la question et je trouve que ça montre bien les choses. Après, l’honnêteté commande de dire que tu as eu droit à un article du Monde qui va paraître, je crois, cet après midi
David Dufresne
Parce que je ne l’ai pas, je ne l’ai pas trouvé qui marche dans la combine. C’est-à -dire que la fin du papier d’ Albertini, lui, pour lui, le huitième épisode, ça marche très bien avec le bon. Donc l’honnêteté commande de dire que la personne à Canal plus qui a dit ça, c’est quand même pas mal
Emmanuel Hamon
C’est marrant parce que je pense à peu près comme toi sur par exemple sur le fait qu’effectivement dans la bande annonce que moi je ne dirige pas forcément, depuis c’est le boulot, c’est le boulot des gens qui savent. Bien sûr, il y a un truc qui est de dire voilà, on vous raconte les racines d’une brigade qui est aujourd’hui hyper célèbre, mais. Qui a été ça dans les années 70. C’est là qu’a commencé la légende. C’est tout à fait d’une façon tout à fait juste, éventuellement de raconter ce n’est pas comme ça que moi j’aurais raconté tout ça. Et voilà. L’Antigang dans les années 70, les années 70 en France, la police en France, etc. Mais c’est vrai. Et le papier d’ Albertini qui n’est pas du tout un mec soupçonnable d'être que pro flic, tout ça, il a lui-même sa face critique.
Emmanuel Hamon
En fait, ça raconte aussi une évolution de la police. Et même avec cet épisode là, ça nous le raconte un peu.
Emmanuel Hamon
Oui, c’est vrai. En tout cas, il a eu l’idée. Il ne dit pas, il est complètement hors sujet et tout. Il y a d’autres journalistes qui manquent, qui me questionnent sur ce truc là. Alors c’est plus aussi les questions de. Bon alors c’est quoi la différence entre la police et machin ? La violence, le bidule et tout ça ? Et juste d’ailleurs, je précise que beaucoup moins que toi, je suis un expert dans la chose policière. Moi je me suis passionné et comme souvent quand tu plonges dans un truc, tu deviens pas du tout un spécialiste. Il y en a plein d’autres et qui sont bien plus forts que moi. Mais tu plonges effectivement dans une époque, tu comprends les trucs, les justiciers et la police aujourd’hui je la connais beaucoup moins bien, enfin je la connais par tes films, par les articles, par des choses comme ça, etc. Donc c’est une police qui est complètement différente et en même temps, comme on dit, il y a des racines. Donc le canal dit à un moment Voilà, l’abbé Eric est intervenu au Bataclan, celle qui était hyper médiatisée. Ses racines sont dans les années 70. Ça a aussi un sens et visiblement ça a l’air de fonctionner sur certaines personnes.
David Dufresne
Alors j’ai promis. Il nous reste onze minutes. Il y a quelques questions. Qui a travaillé comme recherchiste, documentaliste pour les images d’archives ? Est ce que vous pouvez redonner son nom ?
Emmanuel Hamon
Christine Loiseau, qui est une documentaliste, vraiment, qui travaille beaucoup en France. Donc, c’est des gens qui travaillent en fait sur les films principalement d’archives historiques. Et donc là, j’ai fait appel à elle
David Dufresne
Parfait, inconnu dit si c’est Antoine Albertini, son article ne me semble pas encore sorti sur le site du Monde.
Emmanuel Hamon
Je pense que j’ai laissé l'édition du monde de derrière je crois. Papier qui doit être trouvable dans les kiosques et qui est avec le supplément du Monde des livres, si ça vous intéresse.
David Dufresne
Voilà, c’est ça, c’est ça. C’est passionnant. Ce matin, je dois partir, nous dit Labeline. À part sur Canal plus. Ou peut-on voir cette série ?
Emmanuel Hamon
Alors tout à l’heure, David disait : Au lieu de me donner de l’argent pour Auposte, vous pouvez vous abonner à Canal, mais malheureusement, je pense qu’il n’y a pas vraiment d’autre solution. C’est à dire qu’effectivement, en fait, la plateforme Canal demande un abonnement.
David Dufresne
Mais ne croyez pas que, en vous abonnant à Canal plus, vous l’aurez pour racheter Auposte ? Roland te demande : ces témoignages servent-ils à leurs auteurs pour exprimer certains regrets ?
Emmanuel Hamon
Je ne pense pas qu’il y ait des regrets, toutes ces personnes là qui ont décidé de parler. Alors c’est valable du côté des truands, dont certains qui disent leur excitation encore aujourd’hui à imaginer qu’ils n’ont aucun regret. Et quant aux flics, non, je ne pense pas qu’ils aient des regrets.
David Dufresne
Alors je vois qu’il y a quelques questions qui prêtent à confusion parce que certains imaginent des fictions. Il s’agit de documentaires. Il ne s’agit pas de fiction.
Emmanuel Hamon
Non, c’est vraiment une série documentaire.
David Dufresne
C’est avec quelques ressorts de fiction en termes de narration.
Emmanuel Hamon
Et on a chacun nos origines, notre culture, notre éducation. Et effectivement, moi c’est un truc qui me plaît de faire
David Dufresne
Quel est le regard de ces anciens sur leurs descendants aujourd’hui ?
Emmanuel Hamon
Tous les flics y sont plutôt. Il y en a un avec qui j’ai pas mal partagé ça parce que ça a été le chef de l’antigang Après Broussard qui est dans la série qui s’appelle Joe Kiri, qui a été aux brigades des stups et qui a été patron d’Antigang, donc qui a été aussi un peu une des portes d’entrée pour nous au milieu de la police. Par exemple, dans l'épisode huit, dont tu parles, un des chefs de l’antigang qui est de la BRI qui rend compte de la BRI et qui rentrait au Bataclan, qui est un personnage vraiment important, mais on sent une estime très grande et réciproque. Ils ne peuvent qu’être que fiers des mecs qui sont rentrés au Bataclan par rapport au reste, c’est des flics. Donc il y a une espèce d’esprit, de corps et d’esprit, exactement. Après, ils peuvent te dire des trucs sur certains personnages, ils ne sont pas, ils n'étaient pas grands, des grands fans de l’ex préfet de police de Paris par exemple.
David Dufresne
Lallement Ouais.
Emmanuel Hamon
Bah je pense que le personnage sortait trop de lignes quoi. En fait. En fait, ce ne sont pas des gens qui cherchent vraiment. Ça peut paraître bizarre de dire ça aujourd’hui en racontant une série où ils sont au devant de la scène, mais ce n’est pas des gens qui cherchent forcément la lumière et tout ça, ce n’est pas des choix. Et ils ne sont pas politiques, ils ne sont pas ministres, ce n’est pas des gens qui cherchent à faire formidablement. Il y a un truc alors on peut, on peut discuter. Quelles sont les raisons profondes de pourquoi ils font ce métier là ? Mais ce sont des mecs qui font leur métier.
David Dufresne
Misteroltrane dit que personne n'était fan de lui.
Emmanuel Hamon
Non, mais je le dis parce que c’est un truc qui m’a fait rigoler.
David Dufresne
Alors il nous reste six minutes. Quelles sont pour vous les meilleures séries policières
Emmanuel Hamon
Il y a une série que je mets au dessus de toutes les séries, c’est une série exceptionnelle.
David Dufresne
Tu as vu la toute dernière ?
Emmanuel Hamon
Ouais, la série sur les flics corrompus.
Emmanuel Hamon
Effet, Simone et mes voyeurs, c’est un truc. Oui, parce que c’est exactement ça. C’est ce qu’on raconte. Et en fait c’est effectivement au cœur du truc. C’est une brigade de flics, mais ça raconte tellement une sociologie universelle, intemporelle des pays occidentaux. Enfin, c’est extraordinaire. Et après, qu’est ce que j’aime comme série. J’aime beaucoup Breaking Dead. Oui, ces séries policières, il n’y en a pas 50 000 dans des séries policières. Si la vie de Simone est quand même vachement bien quoi. J’aime beaucoup une série de David Fincher, qui est magnifique aussi. Et puis après je peux que considérer les films de Depardon, les documentaires comme Flagrants délits ou faits divers qui sont des documentaires plutôt des années 80 comme l’extraordinaire documentaire de Moscou. Des vies aussi, bien sûr. Très grand réalisateur de documentaires de la maison Arte.
David Dufresne
Voilà. Et plus Arte, qui est vraiment un mec, qui est d’ailleurs avec qui j’ai échangé, qui m’a convaincu sur deux ou trois trucs au début, qui est un réalisateur extraordinaire. Je vous conseille de regarder toute l'œuvre de Solvi du début jusqu'à la fin
Emmanuel Hamon
Il a fait deux ou trois films à un moment qui étaient des films justement sur des commissariats. Là, il y en a un qui est très connu parce qu’il a donné le film de réfléchir, qui est beaucoup moins bien que l’original documentaire à Roubaix, Et il avait fait aussi un film extraordinaire sur un commissaire de police à Abidjan qui est vraiment génial.
David Dufresne
Allez, dernière question Citadellejeteconstruirai :Comment compléter intellectuellement l’analyse réalisée par la série ? Une bibliographie rapide ? Écoute. Est ce qu’il y a des bouquins qui en fait qui t’ont nourri ?
Emmanuel Hamon
J’ai vu des chercheurs, des chercheurs que je suis allé voir, que j’ai, que j’ai questionné, que j’ai interrogé, qui sont des. Des chercheurs du CNRS qui n’ont pas forcément écrit des bouquins sur cette période-là. J’ai vu dans la documentation, c’est un peu ça, c’est le travail dans lequel on a plongé avec Raphaël Malka où on a disséqué des affaires, des machins, des trucs et puis ces personnages là qui sont la matière vivante. Justement, l’idée, ce n’était pas du tout de faire une série, c'était. Il y avait aussi ce petit plaisir ludique de la série, d’avoir envie de regarder l'épisode d’après, de machin, etc. Donc ce n'était pas un travail de scientifique de travailler. Et c’est vrai que je n’ai pas de livre en particulier.
David Dufresne
C’est drôle parce que Emmanuel, il regarde l'écran. En fait, il s’adresse à vous comme si c'était une caméra. Ouais, c’est bien, c’est bien, c’est bien, mais c’est bien. C’est une discussion, ni plus ni moins. Et d’ailleurs, tu vas être le premier invité. Et pourtant il y en a eu 350 à pouvoir lire puisque là on va, on va se saluer
Emmanuel Hamon
Ah bah moi j’ai trouvé ça super et j’ai trouvé ça super.
David Dufresne
Et sur le dispositif, toi qui est de la partie ?
Emmanuel Hamon
J’ai trouvé que tu te débrouilles très bien et ça fonctionnait très bien et j’ai trouvé ça vachement interactif avec toi. Et j’ai l’impression que les gens qui nous suivent sont hyper attentifs et qui suivent en direct et qui ont une vraie culture par rapport à tout plein de choses
David Dufresne
Encore une fois merci passionnant, intéressant. Ça reste punk. Merci Emmanuel un chouette matin.

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.