Au Poste Ciné-Mutins Club #2 : « Ithaka », ou le combat pour la liberté (d’Assange, de la presse)
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On va commencer. On est sur Twitch, Monsieur le député de la République. Bonjour les amis. Je vais vous montrer ce qui est en train de se passer. Vous le voyez dans la petite caméra qui est là. Vous devriez voir les gens qui sont en train d’arriver. Tac à tac, j’ai l’impression de faire la… Pardon pour le danger du Larsen que tu as évité. Arnaud Le Gall Oui, non, ça va. David Dufresne Ça va, ça va. Bonjour, Monsieur le député de la République. Absolument. Non, là, on ne vous voit pas. Alors, ici, on va se mettre par là. Ici, c’est le chat, où les gens, en direct, nous disent ce qu’ils pensent. Voilà. Bonjour, Monsieur le député de la République. Alors, il ne faudra pas hésiter à leur répondre plutôt qu'à me répondre à moi. Arnaud Le Gall C’est bien noté, merci. David Dufresne Le député vient de manger, en fait, juste à l’instant. Il n’avait pas mangé. Voilà, les gens s’installent. Les gens s’installent. Je vais demander aux invités de venir par ici. On a le droit, sur Twitch, de boire. On n’a pas le droit d'être ivre, mais on a le droit de boire. C’est la loi américaine. Charlotte Clavreul C’est vrai, c’est vrai. David Dufresne Voilà. Donc, Arnaud Le Gall, député LFI. Edwy Plenel, donateur d’au poste, c’est son rôle principal depuis quelques mois, mais évidemment aussi de Mediapart Allez-y, asseyez-vous. Charlotte, ici, par exemple. Charlotte Clavreul, qui est donc du Fonds pour une presse libre une fondation bientôt. Maryse, où est-ce que vous voulez vous mettre ? Alors, il ne faudrait pas aller au-delà d’ici, ça devrait être pas mal. Ouh là ! Et il va y avoir aussi… Voilà.Maryse, votre nom de famille, j’ai toujours du mal à le prononcer. Maryse Artiguelong Artiguelong.David Dufresne Voilà. Parce qu’on a discuté avec quelqu’un, il ne savait pas comment le dire non-plus. Maryse, vous êtes de la Ligue des droits de l’homme et de la FIDH, FIDH, je vous rappelle ce que c’est.
Fédération Internationale pour les droits humains.
Et international, ça veut dire..
Il y a 188 membres dans 117 pays.
Pas mal, pas mal. Si, si, tu vas faire ton métier, Edwy tu va pouvoir. Alexandre ? Faut suivre. Alexandre ne suit pas, mais ça veut dire que les droits de l’homme sont sans frontières. Fédération internationale des droits d’homme, ça veut dire qu’il n’y a pas de nation propriétaire des droits de l’homme et que les droits d’Homme, ils sont sans frontières Très bien
C’est Mélenchon qui tweete ou quoi ?
Je me note les idées principales pour ne pas oublier quand même de dire l’essentiel de ce qu’on pense. Sur le sujet.
Super. Et alors ensuite, il y a Laurent Dauré contre les violences policières et sécuritaires. OK. Eh bien, merci beaucoup. On va commencer le débat. OK, super. Merci, monsieur. Laurent, je vais juste voir si tu es dans le champ. Non. Laurent, il faudrait s’approcher si c’est possible. Allez sur ta droite. Et Laurent, tu fais partie du comité de défense de Julian Assange.
Le comité de soutien je suis le porte-parole, on va dire ça comme ça.
J’ai oublié de te donner, ainsi qu'à Maryse, ce petit tract. Il y a un tampon. Ce tampon vous donne droit à une boisson au bar. Voilà. Laurent aussi. Arnaud, il l’a eu, Charlotte aussi, et Edwy. Voilà.Alors, je vous rappelle qu’il y a ici le chat, si vous voulez répondre directement. Il y a plusieurs micros, vous allez pouvoir vous les passer. Ça, c’est le chat. Ce sont les gens qui sont en train de nous regarder en direct. Par ailleurs, la quinzaine commerciale a commencé à la cantine de Césure. Il y a donc tout un tas de gens qui sortent du film Ithaka, qui est un film proposé par nos copains des Mutins de Pangée. Je ne sais pas où est Olivier. Olivier, veux-tu présenter ton travail ? Je ne sais pas si je vais pouvoir mettre la bande-annonce. Non, je vais essayer.
C’est pas mon travail, c’est le travail d’un réalisateur qui s’appelle Ben Lawrence, qui a suivi… Alors, c'était un peu le prolongement, pour ceux qui avaient vu Hacking Justice qui était un film qui suivait, pendant dix ans, la procédure à travers le juge Garzón et toute l'équipe juridique.Là, le réalisateur a repris l’histoire là où il l’avait laissée dans Hacking Justice. Et donc, là, on suit plutôt Stella Assange, l'épouse de… ancienne avocate, avocate aussi de l'équipe d' Assange, et le père d' Assange, qui s’appelle John Shipton, que beaucoup ont rencontré, peut-être, à la Fête de l’Huma, ici ou ailleurs. Donc voilà. Et là, on voit vraiment l’aspect familial, comment eux gèrent ça, comment ils gèrent ce décalage énorme entre ces deux personnages qui parcourent l’Europe pour essayer de convaincre un peu de la légitimité de cette lutte. Et c’est pas facile. En face, il y a, de temps en temps, des coups de téléphone avec Assange. C’est assez émouvant et en même temps, je crois que ce film est une autre façon de rentrer dans le sujet, qui est plus dans l'émotion que dans la procédure.Bon, tu veux réagir sur le film ? Tu l’as vu.
Oui, j’ai vu les deux. Effectivement, l’autre était plus sur les aspects juridiques et celui-ci est plus sur les relations familiales un peu compliquées mais on voit le père qui s’investit alors qu’il n’a pas vu son enfant entre l'âge de 3 ans et 20 ans. Effectivement, ça peut surprendre mais l’humanité de cet homme-là est assez extraordinaire et je pense qu’il y a un héritage chez Julian Assange de son père.
C’est vrai que ça se sent. Vous allez rentrer dans le fond, je vais vous laisser, simplement vous dire que le film, il est disponible sur Ciné mutins, on cherche toutes les tactiques du monde pour essayer de faire parler de Julian Assange. On a commencé par Hacking Justice, un film que personne ne voulait à l'époque et qui maintenant a fait son chemin, on a fait plus de 200 débats, tout ça. Tout ça entraîne à chaque fois, on se sert de ces outils-là et donc là on part par la VOD, on essaye par là. Et à partir de la VOD, des gens vont programmer le film. On leur demande d’organiser ça où ils veulent, dans les cinémas. Il faut qu’ils nous contactent. Et à part de là, il y aura des séances avec le film comme support. Voilà, tout ça, tout ce qu’on peut faire autour, ça continue à contribuer à faire connaître les faits, mais à faire aussi prendre conscience de l'énormité, de l’injustice qui se passe quand même dans l’affaire Assange. Parce que je pense que peu de gens qui connaissent pas l' affaire le mesure. David, je redonne le micro.
Merci infiniment Olivier. Donc les mutins de Pangée qui par ailleurs sont les producteurs d’un film qui est sorti mercredi qui s’appelle Des idées de génie que je vous invite vraiment à aller voir. Les premiers jours pour un film sont essentiels pour la durée du film. Il s’agit d’une film sur la 27ème fortune de France, Monsieur Genestet, inventeur inénarrable de Gifi et je vous assure, c’est un film à la fois très drôle, très puissant sur les puissants et… Extrêmement documentaire parce qu’il y a une pirouette dans le film qui le rend plus drôle encore que, merci patron, précipitez-vous dans les rares salles qui ont le courage de le diffuser. C’est par ailleurs un film au poste, je le fais et nous sommes très très honorés de voir que BFM a fait un petit sujet sur le film, ce qui est absolument invraisemblable, tout arrive.
BFM Business. Le titre c’est des idées de génie avec un point d’interrogation très important et le film est à Paris c' est à l’espace Saint-Michel mais dépêchez-vous parce que vous savez ça dure pas longtemps. Il y est demain soir par exemple avec Monique Pinson-Charlot il y a des débats tous les soirs la semaine prochaine parce que vraiment il y à un aspect du capitalisme du 21e siècle notamment du management qu’ils appellent participatif qui est quand même peu traité dans le cinéma et donc voilà merci pour le aux films qui quand même le méritent.
Alors, je vais montrer la bande annonce, ici on ne la verra pas, mais vous, vous avez vu le film, la bande-annonce du film que nous avons montré au ciné-club tout à l’heure, et ensuite on rentre dans le débat, je vois que Edwy tombe la veste, et quand Edwy tombe sa veste c’est qu’il faut y aller. Alors, j’envoie la bande annonce.
Can we talk about your contact with Julian through his childhood ? It’s part of the story I think. Et ce n’est pas un part de la histoire. La histoire est que, tu sais, j’essaie, dans ma propre façon modeste, de faire Julien sortir de la merde. truman Assange est le héros de notre époque. Il était le amour de la gauche. Tout d’un coup, il est un bébé de la Russie. My name is John Shipton, I’m Julian Assange’s father. Wikileaks a trouvé que Julian Assange a été arrêté. Assange va rester derrière Baez jusqu'à ce que ce hearing de l’extradition soit terminé à la fin de février. urge the Department of Justice to drop the charges. Le maximum de prison de 175 ans Parce qu’il a publié le juge Comment est-ce que ça se sent d'être le père de quelqu’un de très controversé qui n’est pas connu dans le monde ? Was that him on the phone before ? Yeah. Yeah, yeah, yeah. What are you talking about on a kind of regular basis ? Si Julian est extradité aux Etats-Unis pour affronter ces chargeurs, il sera le premier, mais pas le dernier. Qu’est-ce que tu as fait le pire ? C’est comme si ce qu’on fait pour vivre était un acte criminel. C'était super. Je vous remercie. J’ai vraiment aimé votre énergie. J’en ai fait, j’en avais fait. J’y ai fait. Je veux dire, j’suis là. C’est vraiment une très bonne question. Qu’est-ce qui reste à la place ? Si il descend, ça ira. J’ai envie de vous dire que j’ai eu la chance d'être le premier ministre de l’Assemblée Mais si les gens s'éloignent de ce film, comprenant-tu, comment te sens-tu de ça ? Nous sommes ici et ce n’est qu'à cause d’un enfant dans le bateau. Je vais l’envoyer.
Voilà, c'était le film que nous avons montré qui est maintenant disponible sur les mutins de Pangée Maryse est partie boire un petit coup d’eau. Je vais vous demander d’abord très brièvement, chacun de vous quatre, de me dire ce qu’est Assange pour vous, le débat. Allez-y Maryse, non, non mais c’est la bonne franquette, il n’y a pas de problème, la caméra elle est là. Voilà, donc je vais vous demander ça et le public surtout, l’idée c’est au bout d’un certain temps, on va interagir avec vous, c’est-à-dire vous levez la main, je vous filerai le micro, etc. Le propos du débat de ce soir, c'était de partir d' Assange, de parler d' Assange pour arriver à la liberté d’informer, à la liberté de la presse qui, comme vous le savez, mais on va rentrer dans les détails, aujourd’hui en France connaît des coups de butoir absolument insensés. Et il est temps d’en parler. Alors d’abord, moi il faut que je garde ce micro-là, il paraît, il parait que il faut que je gère celui-là. En deux mots, Maryse, Julian Assange, ça représente quoi pour vous, qui pour vous ? Pourquoi vous êtes là ce soir ?
Alors, ça représente la liberté d’expression, la liberté de la presse qui sont indispensables à la démocratie et donc pour la ligue des droits de l’homme, la démocratie c’est essentiel. Il faut que je fasse plus long ? Non, c' est très bien.
Non, c’est très bien, parce que comme il y a Edwy plus là-bas, il faut faire gaffe. Charlotte ?
Merci, bonsoir à tous. Pour moi, Julien Assange, c’est, comme dit sa fiancée, je crois, c’est avant tout un homme qui est devenu un symbole, finalement, un symbole de défense de la liberté d’informer. Et moi, je trouve que ce qui est important dans tout ce combat-là, c'était la liberté de l’information, mais surtout permettre à tout le monde finalement d’avoir le droit fondamental d'être informé, En fait, et lui, c’est vraiment. En plus, la liberté d’informer et d’apporter des informations d’intérêt public. Il n’y a pas de raison qu’on ne sache pas ce qui nous concerne finalement.
Et vous, vous êtes sorti, enfin tu, parce que je ne sais pas pourquoi tout d’un coup je te vois, tu es sorti du film bouleversée.
Oui, je suis un petit peu… Alors, en effet, c'était… Moi, j’ai pas vu le précédent film qui était plutôt assez sur le côté juridique. C’est plutôt c’est assez émouvant parce qu’on est obligé, quand bien même, on n’est pas journaliste, on est juste citoyenne et citoyen, je connais, à mon avis, personne qui puisse rester insensible à ce genre de film, tout simplement.
Arnaud, donc vous êtes député de la République, donc de la nation, ah oui, oui tu as raison, de la nation, oh là, ça me rappelle nos années à Mediapart, attention, de la nation. Et il se trouve Arnaud, si j’ai bien compris, que vous êtes devenu le monsieur Assange de l’Assemblée, si c’est comme ça que vous êtes vendu par le gars là-bas, Laurent. Vous avez repris le flambeau, c’est exactement ce qu’il dit, comme quoi vous êtes bien, bien raccord. Et notamment, vous avez déposé un… Je ne sais pas comment on appelle ça exactement. Une proposition de résolution pour donner, accorder l’asile politique à Julian Assange.
Julien Assange, d’abord, c’est un martyre de la liberté de la presse. Dans notre constitution, on parle des combattants de la Liberté, donc je m’appuie sur ce terme aussi pour justifier la demande d’asile. Julien Assange, c’est aussi la mauvaise conscience des démocraties libérales, parce que finalement, qu’est-ce qu’il fait ? Par son travail de journaliste, il a démontré que ces démocratie, ou en tout cas certaines d’entre elles, est la plus puissante d’entre elles. Ne respectaient pas les principes qu’elle prétendent défendre dans le monde entier d’une part, et d’autre part, en le traitant comme elle le traite, elle bafoue une deuxième fois ses principes. Par ailleurs, c’est un homme qui a rendu un service à notre pays. Il a révélé que des ministres, des présidents de la République étaient espionnés par les services de renseignement états-uniens. Il a également révélé tout un ensemble de choses très intéressantes sur les débats en France, les débats cachés sur la guerre en Irak et donc je pars du principe que comme de toute façon ça a été très bien montré dans le documentaire bouleversant qu’on vient de voir, je pars du principe que l’objectif est de toute façons qu’il ne sorte jamais donc la seule solution possible ce serait qu’ils obtiennent l’asile et par ailleurs il l’a demandé à notre pays. Cet asile lui a été refusé jusqu'à présent par deux présidents. On ne peut pas faire plus nous que de proposer une résolution et bon les deux présidents c’est lesquels François Hollande et Manuel Macron il motive leur refus ou simplement ils disent on refuse et puis dans le cas de François Hollande il a considéré qu’il n’y avait aucun danger qu’il n'était pas en danger Dans le cas de François Hollande, je n’hésite pas à parler de lâcheté et d’absence de dignité parce que Assange a révélé quand même que lui même avait été écouté, mais je sais aussi qu’il a fait des révélations sur la manière dont François Hollande avant qu’ils soit président de la République, avait été dire à l’ambassadeur des États-Unis à Paris que lui. S’il avait été au pouvoir, il se serait mieux comporté avec les États-Unis que Chirac et De Villepin pendant la guerre en Irak. Il a été dire ça en 2004. C’est l’une des multiples révélations de Wikileaks. Donc ça renvoie aussi, je pense, à une fausse conscience ou une mauvaise conscience en tout cas. Mais bref, c’est pas le sujet. Le sujet, c’est qu'à un moment donné, si on prétend défendre un certain nombre de principes, je vois pas qu’est-ce qui nous empêche de donner l’asile à Julian Assange parce que c' est la seule issue, en fait. C’est la seule issue, soyons clairs, les États-Unis ne lâcheront pas. Je veux faire un exemple et je ne vais pas être plus long parce que je ne veux pas priver la parole. Je voudrais juste dire une chose, c’est que ça a été très bien dit, c’est encore mieux dit dans Hacking Justice, ça a très bien été dit dans Ithaka, ça été dit par des multiples personnes qui connaissent le dossier. Si on laisse, et ça a aussi été dit aussi par Ellsberg qui était l’auteur des Pentagon Papers, si on laisse faire ça, on est en train de parler d’un journaliste australien. Qui est poursuivi par les États-Unis pour des révélations certes sur des actions des États Unis, mais qui sont des révélations qui ont été faites en Europe. C’est un peu l'équivalent de ce qu’on appelle l’extraterritorialité du droit américain sur des affaires économiques. C'était la même chose pour la liberté d’après. Si on laisse faire ça, c’est terminé.
Ils en font un exemple. Et Macron, Citadelle, vous dit alors que Macron est courageux ? Non, Macron, ils ne sont pas courageux. Parce que vous avez dit que Hollande était lâche, Macron il a fait quoi ?
Il y a quand même une personne dans l’entourage de Macron et qui est le ministre de la justice qui devrait quand même, qui a dit, alors qu’il était un des avocats de Julien Assange, donc Monsieur Dupont-Moretti, il a dit… Excusez-moi, je ne veux pas être trop long, c’est juste que c'était important.
Attention, je vais faire mon président de séance. Ah non non non s’il vous plaît Non mais non ici c’est bien
Elle n’est pas bonne, hein. C’est-à-dire ? Allez-y, Dupont-Moretti. Bon, je ne trouve plus l’endroit. Dupont-Moretti a dit très clairement qu’il avait rendu service à notre pays. Et qu' il était un martyr de la liberté. Du temps où il était son avocat. Oui, mais c'était pas que de la rhétorique, c'était vrai.
Edwy pour toi, Julian Assange, Mediapart a lancé un appel récemment, peut-être que tu peux en parler, mais pour toi Assange ça représente quoi ?
Je suis d’accord avec tout ce qui vient d'être dit. Je pense que Julian Assange, on en parlera dans un siècle, dans deux siècles, dans trois siècles quand on ne parlera plus de nous. Je pense que Julian Assange est un héros de cette révolution que nous vivons et dont nous ne connaissons pas l’aboutissement, qui est pour moi de la même ampleur que l’invention de l’imprimerie et de ce qu’on appelle la renaissance qui a suivi avec ses ombres et ses lumières. Thomas More, l’auteur de l’Utopie, a été tué, assassiné. Non, mais c’est un martyr, madame. Et Giordano Bruno a été brûlé à Rome. Et je pense que pour moi, Julian Assange est un homme dont on parlera de la même manière, non pas parce qu’il serait tué. Je ne sais pas, il y a des gens qui pensent que je parle comme un curé. Je vous parle simplement du fait que Julian Assange, comme Edward Snowden, comme Chelsea Manning, est un héros qui accompagne une révolution dont nous ne connaissons pas la suite. David Dufresne est un acteur de cette révolution bien avant que Mediapart existe. Et Julian Assange, jeune à cœur, en 2019. 2009 en Australie, comprend que face aux États, à leurs puissances, à leur violence et à leur extraterritorialité, à la puissance économique, il faut une nouvelle arme, une arme pacifique. On va les bombarder grâce aux numériques, on va les bombarder, on va les mettre à nu, on vas les dévoiler. Nous savons ce qu’il a fait, c’est ce qui a permis les révolutions arabes autour de la Méditerranée. On va mettre à nu la puissance, on va mettre a nu le pouvoir. Donc quel que soit l’itinéraire de Julian, les discussions au sein de Wikileaks, les débats qu’il y a pu y avoir autour, Julian est le héros de cette idée que grâce au numérique on peut utiliser le savoir, la connaissance, comme une arme pour mettre à nu les puissances et c’est ce que je veux simplement dire, je pense que de ce point de vue, c’est un, c est, c Je ne sais pas, il semble, David, comme on le somme en participatif, il semble qu’il y ait des personnes qui n’apprécient pas ce que je dis. Donc autant comprendre pourquoi elles le disent parce que il semble que ça fait débat. Alors vous voulez vous approcher. Ça ne me dérange pas. Je suis tout à fait après disponible pour répondre à d'éventuels critiques. Je ne crois pas que ce que je dise est quelque chose de particulier par rapport à ce qui a été dit auparavant.
Alors, je finis le tour de table, puis après, si vous voulez, il y avait quelqu’un, effectivement, qui a pris la parole. Ou alors vous voulez venir tout de suite ? Et ensuite, on écoutera Laurent. Ah ben non, il faut venir au micro, parce qu’il y a des millions de gens qui vous écoutent sur Twitch.
Je suis étonnée, parce que moi je lis Mediapart constamment, je vois le nom d’un reporter que vous soutenez avec tout à fait raison, mais je ne vois pas le portrait de ce journaliste qu’il faut soutenir. Mais je ne vois pas Julien Assange et je me dis que par rapport à des gens qui ont été comme Florence Aubenas, on a vu son portrait pendant des semaines et des semaines, on ne voit rien de tout ça. Donc considérez qu’effectivement Assange est un martyr, mais il n’est pas encore un martyr. Il est un martyre à la mesure où on le torture, ça c’est vrai. Mais pourquoi on n’a pas pris en charge en tant que journaliste et Mediapart est quand même un média extrêmement important. Voilà, donc c’est ça que je voulais souligner, je ne vois pas à la fin de Mediapart le portrait de Julian Assange.
Je vais vous dire, je crois que vous confondez en effet Mediapart et Julian Assange, d’autant plus que nous sommes un des journaux qui a contracté avec Julian et qu’il a publié en tant que tel, madame, non, que nous avons, quand je dis, nous avons publié la signature de Julien, nous n’avons pas seulement utilisé les informations de Wikileaks, j’ai été une vidéo, j’ai été rencontrer Julien quand il était en résidence surveillée, avant qu’il soit à l’ambassade et avant qu il soit ensuite mis en prison. Et à cette occasion, voilà. Et donc je vais vous lire ce qui a été mis en ligne sur Mediapart il y a une semaine et que vous n’avez peut-être pas lu. Monsieur le président des États-Unis d’Amérique, nous sommes journalistes. Et à ce titre, nous venons vous demander de renoncer à commettre une injustice contre l’un des nôtres, Julian Assange. Au bout de 13 années de persécution, ce citoyen australien est actuellement emprisonné en Grande-Bretagne sous le risque d’une extradition vers les États-Unis à la demande d’un justice d’exception qui le traite comme s’il était un espion ou un traître. Au-delà du sort unique qui est fait au fondateur de Wikileaks. Cette procédure transforme le journalisme en crime et met en péril toutes celles et tous ceux qui en font profession partout dans le monde. Nous sommes journalistes, c’est-à-dire au service d’un droit international universellement le droit de savoir tout ce qui est d’intérêt public, un droit qui, aux États-Unis, est protégée par le premier amendement de la Constitution. Les journalistes, dit la Cour européenne des droits de l’homme, sont les chiens de garde de la démocratie. Ils peuvent déranger, déplaire, bousculer. Mais ils sont nécessaires pour que le public sache tout ce qui est fait, en son nom, afin qu’il puisse faire ses choix librement, sans être aveuglé par les propagandes et les mensonges. Or, Julian Assange n’a rien fait d’autre que de révéler des informations d’intérêt public. Et en ce sens, il a fait œuvre de journaliste. Nous en attestons d’autant plus que nous avons publié ces informations, que nous avons activement collaboré avec Wikileaks et que pour certains d’entre nous nous avons publié des enquêtes signées par Julian Assange, alors que le monde entier a pu juger de l’utilité démocratique de ces révélations. Les poursuites engagées contre lui par les États-Unis d’Amérique ne peuvent que conforter les pouvoirs autoritaires dans leur répression du journalisme indépendant et de la presse libre. Nous sommes journalistes. Divers dans nos sensibilités et nos opinions, mais tout et tous attachés au même idéal professionnel, être au service de la vérité des faits. C’est pourquoi, M. Le Président, nous vous demandons instamment de mettre fin à la procédure d’extradition du fondateur de Wikileaks afin de rétablir cette vérité dont nous nous portons garant devant l’histoire. Julien Assange a servi le journalisme. Ce texte que j’ai écrit est signé en mon nom pour Mediapart, en le nom d’une co-rédactrice en chef par Der Spiegel, en le nombre de son directeur par Ilfato Codignano, en le nommant son directeur éditorial et de son rédacteur en chef par Info Libre, ce qui fait quatre pays européens, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Depuis, oui, la web de Catalogne a rejoint. Reflets info de France, Blast, The Wire, qui est un grand journal indépendant de la plus grande dépocratie de point de vue au moins démographique, l’Inde, The Reporters United de Grèce, The Inside Story, qui est également de Grès. Voilà ce que nous avons publié. Voilà qui est en accès libre. La cause, il y a une semaine, Merci, monsieur. Mais la cause de Julian Assange mérite beaucoup mieux que les querelles intestines, que les plus révolutionnaires que moi tu meurs, que le plus radicaux que moi, tu meures. Dans ce moment-là, vu ce que cet homme vit depuis 13 ans, et vu l’enjeu fondamental que j’ai essayé de vous rappeler, et par rapport auquel toutes les petites mesquineries les polémiques seront balayées comme des poussières, eh bien dans ce moment-là, il nous faut nous rassembler et oublier tout ce qui nous divise. Voilà ce que je voulais vous dire.
Alors je voulais dire, il reste 2-3 places devant pour ceux qui sont debout derrière. Laurent, c’est à toi d’apaiser ou pas le débat. L’idée, franchement, ce n’est pas de tourner autour de Mediapart ce soir. Mais en revanche, on parlera peut-être des relations entre la presse et Julian Assange. Mais d’abord, Laurent, donc toi, tu pourrais déjà nous donner des nouvelles. Par rapport au film qui date de 2021, Assange aujourd’hui, il en est où exactement, quelle est la situation à l’heure où on se parle, le concernant, et pour toi, qu’est-ce qu’il représente, puisqu’il le représente beaucoup, tu vaux une partie de ta vie à ce monsieur, qu’es-ce qui vaut ce combat pour toi ?
Alors, sur la situation, en fait, là, on attend de savoir si le dernier appel dans le cadre du système britannique va être estimé recevable ou non. On attend de se voir si la Haute Cour britanniques va dire que cette ultime appel est recevable, ou non, s’il ne l’est pas. D’après Stella Assange elle-même, l’extradition est possible très, très rapidement. En 48 heures, Julian Assange peut se retrouver dans un avion en direction de l’Union. Il y a un appel possible auprès de la Cour européenne et droits de l’homme mais est-ce qu’il pourrait être mis en œuvre assez rapidement pour bloquer l’extradition vers les États-Unis ? Ça, ce sera les enjeux des semaines, des mois à venir. Alors la décision de la haute Cour, certains disent qu’elle est imminente, d’autres disent que ça peut encore durer plusieurs mois voire même après l'élection présidentielle américaine la prochaine. Bref. Je pense qu’on en saura plus très prochainement et donc pendant tout ce processus, Julian Assange reste en prison, il faut toujours avoir en tête qu’il est en détention provisoire en attendant l’issue de la procédure d’extradition. Donc ça fait plus de quatre ans maintenant qu’ils sont dans cette prison de haute sécurité britannique qui s’appelle Belmarsh, qui est l'équivalent britannique de Guantanamo, dans des conditions…
C’est celle qu’on voit dans le film, c’est ça ?
C’est celle qu’on voit dans le film qui donne des conditions atroces. Il est à l’isolement, ça a varié, mais là en ce moment, c’est 22 heures sur 24 à peu près, donc avec une santé déclinante, une santé mentale fragile. Donc il y a tout lieu de se mobiliser fortement parce que si Julien Assange est extradé, il sera beaucoup plus compliqué de le sortir du pétrin aux États-Unis. Donc il faut empêcher l’extradition, donc en faisant connaître cette affaire, il faut informer, sensibiliser, mobiliser les autorités quand c’est faisable mais surtout alerter autour de soi parce qu’on n’est pas au degré de mobilisation suffisant en fait pour qu’il y ait une prise de conscience massive, un sondage qui a été fait l’année dernière je crois, montrer qu’en France, il y a une personne sur deux qui ne sait pas du tout qui est Assange, mais pas du tous du tout. Les 50 % restants, il y a tout un nuancier de connaissances et d’opinions pas toujours favorables. Mais donc déjà, une personne sur deux ne sait pas du tout qui il est. Donc voilà, chacun ici peut peut-être trouver une de ces personnes qui n’est pas au courant et commencer à l’informer, lui suggérer d’aller voir le film, de lire l’ouvrage de Nils Melser, l’ancien rapporteur spécial de l’Union sur la torture, qui est un livre fondamental sur l’affaire, le livre Des Mutants de Pangée qui accompagne le documentaire Hacking Justice. Voilà, le film Ithaka est disponible en VOD, j’espère que les gens s’en saisiront pour faire parler de l’affaire. Mais je saisis l’occasion du débat qui a commencé pour parler de la réaction médiatique, parce que c’est pas le lieu pour se payer Mediapart qui vient de faire cet appel, qui avait organisé, je crois, il y a quatre ans, un rassemblement à la Bourse du Travail autour de Julian Assange. Et ça, donc acte et je me réjouis de cette initiative. Mais la présence d' Edwy Plenel permettrait peut-être de comprendre mieux, en fait, parfois l’attitude des médias à l'égard d' Assange où la campagne de dénigrement a été terrible et parfois des éléments se sont retrouvés sous la plume de journalistes qui, parfois, le défendaient. Mais c'était assorti de réserves et de prises de distance. Monsieur Plenel, je vais lire un article que vous avez écrit en 2019, c’est quatre jours après l’arrestation de Julian Assange. Donc il est arraché à l’ambassade d' Equateur à Londres. C’est un article de défense de Julian Assange. Il n’y a aucun doute là-dessus. Mais il y a des choses un peu, disons, troublantes. Et je m’interroge sincèrement pourquoi en 2019 vous écriviez ceci. C'était le deuxième paragraphe de l’article. Il y a bien des raisons légitimes d'être indifférents au sort de Julian Assange arrêté jeudi 11 avril par la police britannique dans l’Ambassade d'équateur. Où il s'était réfugié depuis près de sept ans. Les accusations de violences sexuelles qui le visent en Suède. Son aventurisme égocentrique dans la gestion de Wikileaks qui a fait le vide autour de lui. Sa dérive déontologique vers la diffusion brute de documents sans travail de vérification ni de contextualisation. Son obscur complaisance, à tout le moins, pour le pouvoir russe et son jeu géopolitique. Ses récentes élucubrations idéologiques sur les réseaux sociaux visant notamment l’athéisme, le féminisme et l’immigration. Donc l’article, dans sa totalité, il n’y a pas de doute, C’est une défense de Assange. Vous êtes contre l’extradition, les poursuites, mais là le paragraphe que je viens de vous lire il contient des fausses informations et des éléments de la campagne de dénigrement qui ont beaucoup nuit à Julian Assange, à la création d’un mouvement de solidarité. Donc en 2019 Mediapart avait déjà produit des articles, pourquoi vous répercutez ces éléments de campagne de dénigrement qui pour certains sont faux ?
Laurent Edwy va répondre s’il le souhaite mais franchement c’est pas génial, on n’est pas tellement là pour aller voir où est la virgule alors que par exemple j’aurais des questions sur un tweet, notamment sur une position que le comité a pris ces derniers jours sur la liberté de la presse dont on pourra peut-être parler tout à l’heure. C’est-à-dire qu’il me semble que l’heure est assez grave pour essayer de voir, de se compter, voir qu’est-ce qu’on peut faire ensemble. Non, je veux bien, mais je voudrais pas que ce soit un traquenard pour aucun de vous cinq, je vous ai invités, tu vois ce que je veux dire.
Ce n’est pas un traquenard, mais ça nous permettrait de mieux comprendre pourquoi certains médias qui spontanément se sentent proches d' Assange et l’ont défendu et le défendent. Il n’y a aucun doute, l’appel qui a été lancé il y a quelques jours, c’est extrêmement bien, le texte est bon. Mais c'était intéressant de comprendre le cheminement, pourquoi M. Plenel, en 2019, juste après l’arrestation d' Assange de l’ambassade d’Équateur, sa situation est désastreuse à ce moment-là, Assange. Pourquoi il y a ce paragraphe qui relai des éléments de la campagne de dénigrement contre lui C’est tout.
Non mais, mais… Oh, si, c’est une virgule, mais bien sûr que si, par rapport à l’histoire, une virgules, mais allons-y, allons-s’y, si Edwy veut répondre, Ben oui, c’est ça, moi je suis d’accord, plutôt le fond. Attendez, une seconde. Calmez-vous les amis. Eh oh, eh oh, non, non faut rester calme, sinon moi j’arrête tout. Oui, oui, s’il vous plaît. Attendez attendez, Edwy n’a pas répondu. C’est pas droit de réponse ici. Enfin si vous voulez, mais bon… Ben si, c’est ce qui est en train d'être fait.
Je viens simplement à signaler, puisque à travers les diverses interventions qui ont été faites, c’est vrai que M. Plenel a eu tendance, et je le regrette profondément malgré le soutien qu’il porte à M. Assange. Il a eu une tendance à enfermer le combat qui est mené depuis des années par cet homme dont on connaît les persécutions dont il est victime.
Non mais attendez, si vous voulez qu’on fasse le débat sur Assange, la liberté de la presse, sur Mediapart, on peut si ça vous fait plaisir, mais je trouve pas ça très intéressant. Non mais je vous laisse terminer, mais c’est pas très intéressant, allez-y.
Mais si !
Mais si, vous ne faites que ça ! Vous ne faites pas ça, tous !
Vous n’avez pas fini de m’entendre, je dis simplement, et ce n’est pas propre à Mediapart ou à Monsieur Plenel ou à quiconque d’autre, que ce qui est fondamental dans la question de la persécution d' Assange, ce n’est pas tant la question du journalisme et d’un corps et d’un esprit de corps, de défense d’une journaliste par d’autres journalistes, mais la question philosophique de qu’est-ce que la vérité d' un homme dans cette humanité, dans cette histoire, aujourd’hui, À l’ensemble de la communauté humaine dont il est le passeur, c’est tout, et ça c'était enfermer le combat de cet homme dans simplement sa situation de journaliste et restreindre et lui faire perdre sa dimension universelle, et de martyre effectivement.
Est-ce que tu veux répondre ? Ah mais c’est génial ! Restez sympa par contre !
Au revoir. Bonsoir, je m’appelle Monika Karbowska, je suis donc une militante féministe franco-polonaise, je suis aussi communiste, alors moi je voulais juste dire quelque chose de sympa, on vous a peut-être répondu que c'était inapproprié de présenter Julian Assange comme un héros et un martyr, oui moi je pense que c’est des mots un peu trop forts quand même, les héros et les martyrs ce sont des gens comme Manouchian, comme Josef Epstein, comme Jacques Binghien. Ce sont les résistants, les Français libres qui sont morts pour la liberté, qui ont été fusillés, les 100 000 Français qui ont été déportés dans le camp de concentration. Oui, ça, ce sont nos héros, nos martyrs. Julian Assange est encore vivant, je le présume. Moi-même, je suis allée 28 fois à Londres, à 28 audiences. C’est vrai que c’est un peu dommage qu’on ne vous ait pas vu à ces audiences-là parce que c'était quelque chose de dur, de difficile d’y aller, d’arriver à se trouver une place dans l’audience. C’est vrai que les figures médiatiques et politiques n'étaient pas là, ce sont les simples militants qui étaient là, les gilets jaunes notamment, dont je fais partie. Et c’est vraie que la problématique de Julian Assange, c'était d'être un otage, un prisonnier de guerre, c’était d’être victime de détention arbitraire. Et là, si j'étais, je vais dire deux choses. D’une part, c’est que légalement, juridiquement, Julian Assange est libre, puisqu’il a été discharged, c est à dire il a été libéré. Par la juge, disons, Barahitzer, le 4 janvier 2021, des accusations, normalement, il devrait sortir libre. Il n’y a pas du tout d’appel de l’extradition. Dans la convention d’extradition entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, il n’y a pas ce genre de choses. Donc tout ça, c’est pipeau, l’histoire de l’appel. Ce qui est sûr, c’est qu’il est dans une résidence secrète qui dépend du système royal anglais. Et là, si j'étais anglaise, je serais très en colère que vous parliez de Belmarsh comme de Guantanamo, parce que non, Belmarsh, c’est une prison ordinaire anglaises dans laquelle il y a plusieurs milliers d’hommes, notamment de polonais qui sont détenus, qui sont des petits voleurs, des petits escrocs. Il y a un petit quartier de haute sécurité dans lequel il y à des gens condamnés déjà pour des crimes de sang. Donc Assange n’y est pas, tout simplement. Il ne peut pas y être parce qu’on n’est pas à Belmash quand on est en détention provisoire. Et vous n’avez pas remarqué que c’est quand même bizarre que depuis un an, il n’y a plus de call of air herring et en fait on ne nous convoque plus à la Westminster Court. Julian Assange est au secret dans une résidence appartenant au système royal. Voilà, c' est ça qu’il faut savoir, il faut le chercher où il est, c est ça le plus important.
Merci, il y a une dame derrière et après je donnerai la parole aux invités et après je vous redonne la parole avec plaisir, mais d’abord, vous allez Oui oui mais attendez, attendez !
Moi je devrais partir avant la fin pour des raisons personnelles.
Attendez madame, s’il vous plaît !
Je devrais partir avant la fin pour des raisons de libération d’une babysitteur, c’est tout simple. Je vais dire quelque chose de très simple. J’ai une grande admiration pour tous les gens qui s’investissent depuis des années pour la libération de Julian Assange. Maintenant, soyons très clairs, on connaît ça par cœur en politique et dans les mouvements sociaux, dans l’immobilisation, etc. Si on commence à donner des bons points sur « moi, j'étais là le premier ». Moi je suis allé à Londres, pas toi, etc, c’est le meilleur moyen d’empêcher toute forme d'élargissement pour le combat pour Julian Assange. Moi je pourrais faire le malin et dire on est les premiers à avoir organisé une visio avec Julian Assange en 2012 au remue ménage du parti de gauche grâce à nos contacts avec l’ambassade d’Équateur, bon, on s’en fout ! Bon, excusez-moi, mais à un moment donné, voilà. C’est très bien que des gens nouveaux, qui s’y intéressaient pas, s’intéressent, c’est la garantie, c’est le seul moyen qu’un combat s'élargisse, qu’il se devienne un combat de masse. Et sans combat de masse, il n’y aura jamais de libération de Julian Assange. C' est la base. Eh bien sachez madame, puisque vous êtes là pour compter les points, que j’ai demandé personnellement en tant que député de la nation à la chaîne parlementaire s’il pouvait par exemple diffuser ce documentaire que je trouvais extrêmement intéressant pour les français, je ne ferai pas plus parce que ce n’est pas le rôle d’un députés de dire à un média ce qu’il a à faire et que je n’ai toujours pas eu de réponse. Et que je pense que pour les français ce serait plus utile que ce soit diffusé à la télé qu'à l’assemblée, ce sera diffusée à l’assemblée, il y a des comptes de logistique, des comptants d’organisation et aussi,excusez-moi, je suis comme tout le monde, les journées durent 24 heures, juste une dernière chose, il y a valeur anarchiste, excusez moi je suis un peu en colère parce que je comprends pas qu’on enferme le truc là.
Valeur anarchiste dans le chat
Alors valeur anarchiste a dit tout à l’heure démocratie, trois petits points, libéral, trois petits point, pléonasme. Je voudrais dire que je ne sais pas s’il est au cœur du sujet. Ce que symbolise Julian Assange et ce que symbolisait surtout le traitement qui est fait à Julian Assange, c’est que moi je n’ai jamais cru que le libéralisme économique allait automatiquement de pair avec la démocratie et les libertés publiques. Le capitalisme il fait feu de tout bois, il peut se satisfaire de tout, il est amoral. Il peut se fondre dans tous les systèmes politiques. Et contrairement à ce que les libéraux prétendent, il ne va pas nécessairement de perdre la démocratie. Et c’est que nous assistons à l’heure actuelle. Je crois que monsieur Dufresne, avec un pays qui se tient à ça, j’ai plein d’autres choses, et avec sa comptabilité des violences policières, etc., il l’a très bien montré lui aussi, beaucoup d’entre nous le montrent au quotidien, il y a une vraie dérive autoritaire des démocraties dites libérales. Et à la fin, il a une hybridation, il y a des pratiques qui sont devenues tolérées dans les démocratie libérales qui, normalement, devraient être l’apanage de ce qu’on appelle des dictatures ou des régimes autoritaires. C’est ça qui se passe sous nos yeux, et Julian Assange en est un symbole. Voilà et dans ce cadre là et j’arrête parce que j’ai été trop long et trop colérique. Il y a des journalistes et moi je ne jetterai pas la pierre parce qu’aller chercher la virgule ce n’est pas mon sujet. En revanche, je ne compte pas sur Cnews, je ne compte sur les médias qui appartiennent de plus en plus à des milliardaires et qui n’ont aucun intérêt à ce que des gens comme Julien Assange soient libérés, qui n’a aucun intérêts à ce qu’on se brouille avec les États-Unis et donc oui, il y a un vrai sujet. Il y a de journalistes qui font admirablement leur travail parfois au péril de leur vie. Et il y en a d’autres qui ne le font pas. Mais ça renvoie à la question de la liberté de la presse, à l’indépendance de la presse et c’est aussi pour ça qu’on doit se battre pour Julian Assange. Je ne prendrai plus la parole parce que j’ai été très long.
Alors, Arnaud, avant de partir, il faudra quand même nous dire où est-ce que vous en êtes. Vous ne partez pas tout de suite, quoi. Parce que le tchat dit libérer les babysitteurs aussi. Donc, vous avez bien capté. Mais il faut absolument qu’on parle quand même de votre démarche. Edwy, tu réponds. Ensuite, Arnaud va partir et on resserrera le débat avec la salle.
Comment dire, je réponds pas, je discute, je cherche pas à convaincre forcément. Je vais vous expliquer une chose assez simple. Sans revenir sur tout ce qui a été dit, la virgule, les divisions, etc. Le journalisme que je défends, que j’ai défendu y compris dans des lieux compliqués, que je défend avec Mediapart, et je suppose que vos critiques sont liées à ce qu’incarne Mediapart, on est d’autant plus exigeants que quelque chose a réussi, est un journalisme qui se donne comme mission de révéler ce que les pouvoirs cachent. La relation avec Julian Assange a été tout à fait naturelle. Vous l’avez probablement oublié, je ne vais pas du tout oublier le paragraphe que vous avez cité tout à l’heure. Mais Mediapart a été, comme vous le savez, au début de Wikileaks, Julian Assange a fait alliance avec des médias mainstream. Ça a été son choix. Le Monde, le Guardian, le New York Times. Il s’en est mordu les doigts après, mais c’est ce qu’il a fait. Voilà, c'était comme ça. Ça a était son choix, je l’ai respecté. Dans ce contexte, via la quadrature du net, parce qu’il faut expliquer les choses. À l'époque, il y avait des activistes du numérique que nous connaissons, qui sont des gens qui ont pris des risques et tout. Nous avons, nous nous sommes rapprochés de Wikileaks. À une époque où les divisions internes de Wikileaks n'étaient pas survenues. Si vous connaissez l’histoire, vous savez qu’y a eu, comme dans une organisation politique, ça peut arriver, ce n’est pas un jugement moral. Des divisions entre les gens de Berlin, entre les gents du Chaos Computer Club de Berlin et Julien. Il y a eu des histoires d'égo, des histoires de personnes, des histoires de pouvoir, des histoires de notoriété. Julian était à ce moment-là une notoriété dans le monde entier. Il était le partenaire, vous vous rendez compte, du New York Times, du Guardian et du Monde. Dans ce contexte, nous nous sommes arrivés après. Nous sommes arrivés après parce que, du coup, ils se sont rendus compte que c'était un peu plus compliqué. Du coup, avec François Bonnet, le directeur éditorial de Julian Assange, nous avons été en Grande-Bretagne, voir Julien quand il était en résidence, je vous l’ai dit tout à l’heure. L'époque, il devait aller pointer au commissariat tous les jours. Il était dans une drôle de résidence. C'était comme dans un film de James Bond. C'était un manoir très chic à la Britannique. Avec un ancien des SAS, un anciens des unités spéciales de l’armée britannique qui l’accueillaient, et nous avons passé toute une soirée ensemble, les vidéos, vous les trouverez sur Mediapart, et c’est là où je voulais en venir. Nous avons signé un accord de partenariat avec Wikileaks, mais pas seulement avec Wikileaks avec Julien Assange sur une question que vous sous-estimez dans votre intervention philosophique Je ne sais pas si l’intervenant est toujours là, sur la vérité et le journalisme. C’est Julian qui a insisté pour être qualifié de journaliste. C' est Julian qui à insisté dans cet accord que j’ai signé pour que cet accord soit conditionné au fait que les informations que nous allions publier soient relayées par des articles. Et Mediapart s’honore d’avoir eu comme collaborateur, comme David Dufresne, comme c’est la signature de Julian Assange, ce qui n’est pas si fréquent. Pourquoi ? Si par malheur, Julian est extradé aux États-Unis, la seule ligne de défense sera le premier amendement. La seule ligne sera de dire « il a contribué au journalisme, il a aidé le journalisme ». Pourquoi ? Parce que le premier amendement..Vous pouvez avoir un anti-américanisme primaire, mais je suis désolé de vous décevoir, peut-être. Les États-Unis d’Amérique, de ce point de vue, ont une culture démocratique plus profonde que la culture démocratique française. Le premier amendement fait du droit à l’information, un droit fondamental qui n’existe pas dans la culture démocratique française. Chez nous, il est sous condition. C’est ce qui a permis le Freedom of Information Act, qui existe aux États-Unis et qui n’existe pas en France, ce qui a permis la bataille sur les pentagone papers, on a parlé du camarade des pentagones papers qui est décédé récemment, c’est le droit est une batailles, le droit et une bataille. Et fondamentalement, il y a un arme de droit. Donc si d’aventure, il se retrouve devant cette justice d’exception, la ligne de défense, et c’est pour ça que Julian avait insisté pour ça. La ligne de défense sera de dire, cet homme a contribué au journalisme, a aidé le journalisme a fait œuvre de journaliste et donc il est sous la protection du premier amendement et vous ne pouvez pas détourner cela en le traitant comme un terroriste, comme un traître etc. Je vous explique ça pour vous expliquer notre histoire. Ensuite, je voudrais vous expliqué une deuxième chose, c’est ce que j’ai toujours défendu en terme de presse indépendante. Soutenir des principes, soutenir les personnes, soutenir des valeurs, soutenir des victimes, ne veut pas dire être aveugle sur ce qui fait débat autour de ces principes autour de ses valeurs. Le journal que je représente a des désaccords avec Julien, oui bien sûr, bien sûr que Julien a écrit des bêtises, je le maintiens, sur les questions migratoires. A été d’une tolérance idéologique tout à fait aveugle sur l’impérialisme russe, je le pense vraiment, on peut en débattre, vous avez le droit d'être en désaccord avec ça, je le pensais vraiment, et à l'époque où j'écris ce qui est écrit, l’histoire, Me Too n’existait pas encore, mais même dans des organisations tout à fait progressistes, la question de la domination masculine, de l’emprise, de notre genre, existe. Nous ne pouvons pas faire le lit de ça, ça n’enlève rien, ça ne lève rien aux engagements des personnes. Donc le paragraphe que vous avez cité, il dit quoi ? C’est un paragraphe pédagogique, il ne s’adresse pas à vous qui êtes des convaincus de la cause de Julian Assange, il s’addresse aux autres. Et c’est important de convaincre les autres si on veut faire cause commune, il faut se dire franchement les choses. Quand David Dufresne fait une réunion sur les violences policières, il y a foule. Quand il fait une réunion comme ce soir sur Julien Assange, il n’y a pas grand monde et il y a beaucoup de têtes blanches. Je ne veux pas le dire, mais il se trouve que je devrais avoir une tête blanche, j’ai 71 ans, mais un hasard biologique fait que je ne l’ai pas. Bon, il faut dire les choses franchement sur la réalité. Quand nous lançons cet appel à la demande de Dominique Predallier, représentante de la Fédération internationale des journalistes, qui a été voir Julien en août dans sa prison. Quand nous lançons cet appel nous n’avons pas la signature du Gardian qui n’est pas au rendez-vous. Nous n’avons la signature de beaucoup d’autres. Donc il faut bien comprendre que le rapport de force, il faut le construire. Donc quand je fais ce paragraphe que vous critiquez, je fais le paragrapher pour dire aux autres, on ne demande pas un soutien aveugle, on demande un soutient de principe. Vous pouvez avoir des désaccords, vous pouvez avoir des nuances, des réserves, mais c’est un principe qui est en jeu. Vous savez, c’est une très vieille histoire par rapport à ce pays-ci. Ce pays-ici, puisqu’on m’a invoqué la vérité, a eu une histoire qui s’appelle l’affaire Dreyfus. Au début de l’Affaire Dreyfus, peut-être vous en souvenez-vous, historiquement, le mouvement ouvrier, le mouvement socialiste, le mouvement progressiste n’a pas voulu défendre Dreyfus. Il a considéré que ce type était une culotte de peau. Était un militaire, était un bourgeois, était un aristocrate du côté de la bourgeoisie et qui plus est, le préjugé n’a pas de frontières, un juif. Là il y a eu un sursaut de conscience qui est d’abord venu des libertaires et qui ensuite a gagné Jaurès dont vous êtes en train de parler avec ma voisine. Jaures qui a été aveugle dans un premier temps et qui a ensuite gagné Zola Bien sûr, on n’est pas obligé d’aimer Dreyfus. Bien sûr qu’il est ce type est un peu hautain, ce type et un bourgeois, ce type il s’occupait pas des ouvriers, des prolétaires, de la classe, mais si on fait ça à ce type qui n’est pas des nôtres, qu’est ce qu’on fera à tous les autres qui sont les nôtre ? Donc la cause de Dreyfus est la nôtre et ça a été l’honneur du mouvement ouvrier et du mouvement socialiste de se redresser là dessus. Donc qu’es ce que je veux dire ? Je veux dire que le principe de la solidarité ne supposent pas l’aveuglement. On a des débats et vous pouvez être en total désaccord et je respecte votre désaccord avec ce que j’ai écrit mais ce qui importe, et vous l’avez dit moi-même, qu’est-ce que j écrivais ? J'écrivais qu’il fallait être solidaire de Julian Assange, sans condition que les divergences, les désaccords, les nuances sont secondaires par rapport à ça et à l’attention de qui j'écrivais ça ? À l’intention de tous ces médias dominants qui depuis n’ont pas bougé. Virgule puisque tu parlais de virgules n’ont pas bougé un orteil ne sont pas là ne sont pas au rendez-vous j’ai eu le gardien on a de très bonnes relations avec le gardienne et je sais si le Guardian a été au cœur de la relation avec Julian et ils n' ont pas bougé ils ont dit on préfère il publie des tribunes très correctes en solidarité avec julien mais ils n ont pas voulu participer à cet appel et cet appel moi je l’ai écrit et il est traduit en anglais vous pouvez le diffuser dans la perspective du pire. C’est-à-dire, le jour où Julian, si nous n’arrivons pas et nos bras sont petits à empêcher son extradition, la bataille, ça va être de dire aux États-Unis d’Amérique, cet homme a servi le journalisme. Dans ce contexte, le fait que cet homme ait eu des articles signés de son nom dans Mediapart est une preuve qu’il a fait œuvre de journaliste. Si je n’ai fait que ça, ce sera très bien pardon d’avoir insulté le laïcisme de certains d’entre vous par rapport à peut-être une évocation de culture chrétienne. Qu’est-ce que je voulais dire ? Je veux dire que simplement, c’est un prophète, Julian. C’est quelqu’un qui a vu quelque chose et qui en paye le prix au maximum, comme Snowden, comme Chelsea Manning, mais qui a vu quelque chose que nous servons. Dont nous sommes des fantassins mais c’est lui qui restera c’est lui quel que soit ce qu’il arrive et quel que soient ce qu il fera c' et lui qui restera comme celui qui en 2009 a senti ça a vu ça depuis sa position d’un jeune hacker australien donc voilà j’ai simplement voulu dire ça je cherche pas à vous convaincre je rends compte devant vous après vous jugez merci
Merci Edwy, alors je voudrais… Alors, attendez, je vais vous donner la parole, je vous le promets mais il faut juste que je conduise un peu les choses parce que Arnaud a un souci de baby-sitting, bon bah on connaît ça quoi, et puis les deux dames elles parlent pas et ça ça va pas, et ça, ça va pas, donc Arnaud va falloir attendre un tout petit peu, Maryse voulait parler de Snowden parce que tu as vu parler de Snowden, tu as aussi, puisque Edwy a parlé d’un appel, tu es aussi derrière l’appel de Paris, c’est ça pour Assange, peut-être tu peux parler de ça. Et Charlotte, je te donnerai la parole et voilà.
Et vous pouvez…
Et vous allez chercher à boire.
En attendant pour moi ce serait pas très long alors partez pas trop loin Snowden oui effectivement c’est un héros aussi et en fait moi je voulais rappeler que ce qu’il a ce qu il a révélé on s’en doutait déjà mais c'était très important qu’ils le révèlent et qu' il le révèle au moment où il l’a fait je rappelle que le règlement général sur la protection des données était en discussion au niveau de l’union européenne au Parlement et surtout à la Commission, et en 2013 quand il a révélé que toutes ces personnes, tous ces dirigeants avaient été écoutés, ça a fait avancer les choses. Donc ne serait-ce que pour ça, je pense qu’il faut le remercier mais il n’y a pas que ça. Donc je pense que c’est quelqu’un qui a eu aussi énormément de courage. Et pour revenir à Julian Assange, je pense qu’on est là aussi peut-être pour essayer de faire avancer les choses. Une petite chose qui n’a pas été indiquée sur l’actualité de sa situation, c’est que l’Australie se réveille un petit peu, que le gouvernement australien se souvient brutalement, parce qu’il y a un changement de Premier ministre, mais on se souvient en Australie que Julian Assange est à la nationalité australienne. Et que peut-être il ne faut pas laisser un de ces ressortissants mourir dans une prison qu’elle soit britannique ou américaine. Donc il y a peut-être de ce côté-là quelque chose à attendre, moi j’ose espérer même si c’est certainement très optimiste. Vous savez que l’ambassadrice des États-Unis en Australie a effectivement dit Donc, c’est Caroline Kennedy, je ne sais pas si son héritage lui donne plus de soutien à la démocratie, mais elle a dit que le cas de Julian Assange pourrait se régler. Il y a quand même un petit bémol, ce serait qu’il faudrait qu’ils plaident coupable et ça, je suppose que ça ne va pas advenir. Mais ce que je voulais dire aussi, c’est qu’il y a une dame tout à l’heure qui regrettait de ne pas voir la photo de Julian Assange partout. C’est à nous à nous battre pour que les mairies, il faut harceler nos municipalités pour qu’ils affichent la photo de Julian Assange qui me prennent des parties. Il n’y a qu’une commune qui l’a fait, je crois pour l’instant. Je crois que c' est la commune d’Eustin. Donc voilà, ce que je voulais dire. Et ce que je voulais dire aussi, c’est qu’on a vu d'énormes manifestations, notamment en Angleterre, en soutien à Julian Assange. Je dois dire que quand il y a des appels à des rassemblements, ne parlons même pas de manifestations en France, notamment à Paris, il n’y a pas plus de monde que dans cette salle ici aujourd’hui. Donc voilà, je pense qu’il faut qu’on se bouge si on veut faire avancer les choses.
Merci beaucoup Maryse, alors Arnaud je vous redonne la parole, non parce qu’il faut libérer la babysitter, non c’est un point important et après Charlotte prendra la parole non mais non c’est sérieux il faut pas rigoler avec ça en plus vous devez faire ça tous les soirs, vous avez des débats tous les soirs non ?
Eh ben non.
Ah bon, bah non, alors Charlotte, alors… Ah non, mais…
Alors allons-y. Ce n’est pas des demandes qui manquent, mais voilà, il se trouve que je pars du principe qu’un élu équilibré doit aussi voir sa famille, ne pas laisser sa femme s’occuper seule des enfants en permanence, etc. Et je tiens à préciser que le règlement de la cible nationale n’a pas du tout prévu pour ça, puisqu’on siège à peu près tout le temps, et qu’il a été fait, je pense, pour des hommes d’un certain âge sans enfants.
C’est votre côté, des positions d’abandonnement, c’est de votre faute ? Vous pourriez filer plus tôt aussi ? Non mais bon, allons-y.
Alors, l’asile pour Julian Assange, c’est une position de principe. Est-ce qu'à un moment donné, vous vous dites, non non, on peut y arriver, ou vous n’avez aucun espoir ? Je ne voudrais pas faire du défaitisme ici. D’abord, il faut expliquer très clairement, nous, c’est dans notre programme. Donc déjà, ce genre de résolution, elle vise à indiquer aussi qu’est-ce qu’on ferait si nous, on était au pouvoir. Si nous, nous sommes au pouvoir, je peux m’engager ici à dire que nous donnerions l’asile à Julian Assange. Je ne sais pas si ce serait la première décision. En tout cas, on le donnerait très vite. Maintenant il faut savoir que tout cela concerne finalement les relations internationales aussi parce que c’est la liberté de la presse etc. Mais la raison pour laquelle la France, malgré la proclamation d’un certain nombre de principes quand il s’agit de faire des indignations à géométrie variable, la France est aussi a une longue histoire dans sa relation avec les Etats-Unis, une histoire changeante. Et depuis un certain temps, nous faisons part. Nous avons des dirigeants qui ont rompu avec une certaine ligne courageuse qui était prête à s’opposer. Pour le dire très clairement, je ne sais pas si la guerre en Irak en 2003, si elle avait eu lieu sous un autre président, et Dieu sait si je ne suis pas chiraquien, je ne me suis pas sûr que la France n’y serait pas allée. Je pense que le successeur de Chirac. Il aurait été un peu plus tenté. C’est aussi cela que Wikileaks a révélé. Une fois qu’on a dit ça, il est très clair que donner asile, ça ne se fera pas sans représailles. Il faut être très clair et donc, il faut assumer ça et il faut se protéger de ça. Bon, je ne vais pas entrer dans les débats sur comment on se protège des sanctions américaines parce que ça nous emmènerait loin. Il y a tout ça en tête, donc évidemment, nos dirigeants, c’est pour ça qu’ils n’en parlent pas. Macron, il n’en parle Pas du tout parce qu’il veut pas dire, moi j’ai peur.
Oui mais bon…
Donc une fois qu’on a dit ça, pourquoi nous faisons cette résolution ? D’abord, je dois dire, il faut rappeler que je ne suis pas le premier. Ça a été fait pendant la mandature précédente. Une résolution plus transpartisane. À l'époque, il y avait encore des députés macronistes qui avaient un peu de courage. Moi je n’ai fait que reprendre le flambeau parce qu’on partait du principe qu’il fallait régulièrement remettre ça dans l’actualité parlementaire pour qu' on n’oublie pas Julian Assange, qu’ont n’oublie pas certains principes et qu’une fois qu’en a dit ça il y a plusieurs obstacles. D’abord je ne vais pas vous apprendre que sous la Ve République tout ce qui concerne c’est pour ça que j’ai précisé que c'était aussi une question de relations internationales. Tout ce qui concernent ces questions là est son complètement verrouillé. La présidence de la République c' est verrouiller. Pour prendre un autre exemple je vais vous dire qu' en a été en guerre pendant en Afrique avec un vote à l’Assemblée. Au bout de 4 mois et après plus de vote du tout alors que c'était un fiasco. Donc, on ne va pas se mentir, une résolution si quand bien même elle serait votée, elle n’a pas de pouvoir contraignant pour le gouvernement. Il y a par exemple une réssolution assez célèbre de l’Assemblée nationale qui est la résolution demandant à l'État français de reconnaître l’État de Palestine qui a été votée il y a une dixième d’année et qui pour l’instant n’as jamais été suivi des faits concrets par l'état de Palestine. Il ne reste pas moins que c’est très important symboliquement et je le sais pour en avoir parlé avec des gens du comité de soutien, y compris avec la famille de Julian Assange, que symboliquement pour eux c’est important qu'à l’Assemblée nationale de la République française des gens envoient ces signaux. Alors on ne peut pas faire une proposition de loi, la loi ça serait contraignant mais ça n’existe pas, une proposition de loi pour donner l’asile, ça ne marche pas, ça marche pas comme ça, ça n’existe pas dans notre droit. Donc on continuera à se battre, on continueras en toute occasion à rappeler l’hypocrisie des personnes qui proclament les droits humains quand ça les arrange mais qui refusent de donner l’asile à Julian Assange et on continuera à porter ce combat. Maintenant je serais un menteur si je vous disais qu’une résolution peut entraîner mécaniquement le fait qu’on donne l' asile à Julien Assange. Elle est un signal politique, elle est une pierre dans la grande lutte symbolique pour l’image de Julian Assange qui a été trop salie, qui a été bafoué, là où j’ai des désaccords, autant je ne suis pas d’accord avec le fait qu’on réduise le débat à toi t’as fait ça, toi t’as fait ci, mais là où j’ai des vrais désaccord avec monsieur Plenel, c’est que je pense par exemple qu’il y avait une astère géopolitique et que je pense par examole que l’avoir accusé c'était pas ce que vous avez fait mais ce que les Américains ont fait d'être un pion des Russes. C'était une énième diversion, parce que quand est-ce que ces accusations sont arrivées ? Elles sont arrivés au moment où il a révélé que Clinton avait menti dans la campagne des primaires sur Bernie Sanders et donc on en a fait mécaniquement un soutien de Trump qui était lui-même supposé être un proche de Poutine alors que la suite a révélé que je ne sais pas ce que Trump avait en tête mais en tout cas les États-Unis se sont pas révélés très proche Poutine sous Trump. Et donc en fait c’est une énième diversion et ça moi, il faut de la clarté. Julian Assange est un journaliste qui doit être libéré. Et recevoir l’asile s’il n’y a pas d’autres solutions.
Arnaud, il me semble que le RN voulait aussi déposer… C’est de ça dont je voulais parler.
Le RN dépose une résolution en ce sens, trois jours après la mienne comme par hasard.
David ?
Je ne dirai pas ce qu’on fera, je n’ai pas envie de donner des armes à notre principal ennemi. Tout ce que je peux dire, c’est que de mon point de vue, à partir du moment où ce serait un texte contraignant. Qui dont le vote amènerait à faire que mécaniquement Julian Assange à l’asile, il n’y aurait même pas de question à se poser. En revanche, à partir du moment où c’est un combat symbolique et c' est un combat pour l’image de Julian Assange et c’est un combat de défendre ce qu’il représente et ce qu il a fait, il faut être très clair, le R.N est aux antipodes parce que le RN lui va dire oui, il a aidé notre pays mais Julian Assange ce n’est pas que ça. C’est une certaine conception genre ça a été dit ! C’est une vision révolutionnaire. C’est d’ailleurs pour ça que moi, je ne le compare même pas à Snowden. Snowden, c'était encore autre chose. Julien Assange, il a permis un mode d’enquête d’investigation révolutionnaire en protégeant ses sources, en s’assurant que les révélations qu’il faisait n’aient pas de conséquences y compris sur les exécutants en Irak.
Excusez-moi, vraiment, je ne veux pas faire de politique politicienne, mais j’avoue que j’ai été stupéfait de voir que le RN c’est purement opportuniste, comme avec tout le reste. Non, non Edwy n’est pas d’accord. Et s’il faut libérer la babysitteur.
C’est pas une question de désaccord, c’est une question chronologique et David, tu fais bien de poser le problème. Le RN a déposé une résolution pour le droit d’asile de Julian Assange. Quand ? En 2019. Nous sommes en 2023, il y a quatre ans. Je veux vous citer les attendus. De cette résolution pour le droit d’asile de Julian Assange et ce qui nous amènera au cœur du débat tenir les deux bouts, défendre les principes mais ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Alors que la France a vicié la notion de droit d’asile en en faisant une filière d’immigration massive pour des gens qui ne répondent ouvertement aucun de ces critères. Voilà qu’elle oublierait que ce devoir moral s’imposerait dans le cas de Julian Assange. Je ne peux pas ne pas vous rappeler que le parti politique qui a le plus bénéficié du soutien financier, idéologique, matériel de l’impérialisme russe qu’incarne M. Poutine. Un impérialiste qui est l’enfant terrifiant à la fois de l’impérialisme grand russe tsariste. Stalinisme totalitaire, madame vous pouvez ne pas être d’accord avec moi mais laissez-moi terminer ce que je veux dire et de capitalisme le plus rapace et donc nous avons différents adversaires nous en avons ici mais celui là en est un et nous pouvons tout à fait soutenir Julian et soutenir la situation qui est la sienne et défendre ce principe tout en disant que Julian il a …. Ça ne me dérange pas du tout, il a loupé cette case, il ne l’a pas vue, ça n’a pas été sa question, ça ne l’a pas été son sujet. Notre ami a cité l’article de Mediapart, il a cité le passage critique mais je voudrais dire la suite que je maintiens reste qu’aucune de ces raisons ne tient face à la raison d'État et la raison d’État elle a toutes sortes de visages selon les pays. Qui depuis bientôt dix années le persécutent. Si les États-Unis d’Amérique veulent s’emparer du fondateur de Wikileaks, le juger, le condamner et l’emprisonner, c’est pour le punir d’avoir mis à nu leurs puissances en révélant preuve à l’appui, grâce à la révolution technologique du numérique, leurs nombreuses répétées et impunies violations des droits humains fondamentaux de par le monde. Il y a tout à craindre du jury longtemps secret mis en place pour traquer Assange Moi, je suis l’héritier de ça. Vous pouvez ne pas être d’accord. Il faut tenir tous les bouts. Il faut défendre les principes. Mais défendre les principe ne veut pas dire s’aveugler sur des mensonges, sur des ignorances, sur des illégitimités, voire d’un crime qui serait commis par le camp que nous soutenons. C’est une très vieille histoire. J’en suis l’enfant, comme beaucoup d’autres, comme tous les libertaires. Et je crois que David Dufresne et moi, nous sommes de la même famille de ce point de vue. On pouvait être anti-fascistes et être en même temps anti-staliniens. Donc on peut être solidaires de Julian Assange et en même temps être radicalement anti-poutiniens et ceux qui seraient dans cette salle pro-poutiniens en prétendant être pro-Assange, eh bien ils sont du côté du Rassemblement National, de l’extrême droite et de notre ennemi de toujours.
Eh bien voilà, j’ai ma réponse.Merci, je crois que c’est à Charlotte de parler.
Je vais vous donner la parole, bien sûr, mais ne vous inquiétez pas. Mais je voudrais que Charlotte prenne le micro et après, c’est vous, il n’y a pas de soucis.
Mais moi je ne vais pas trop parler sur le cas d' Assange, je voulais rebondir sur ce que disait Arnaud Legall et sur sa résolution et je trouve ça tout à fait louable, on peut que appuyer ce genre de démarches mais comme il dit ce n’est pas contraignant et accorder l’asile politique, enfin l’asile, le statut de réfugié à Assange reviendrait à reconnaître qu’en fait s’il était envoyé aux États-Unis il serait soumis à des traitements inhumains et dégradants. Sauf que la France, elle ne le fera jamais parce qu’elle ne pourra jamais entrer en conflit avec les États-Unis. Et c’est ce qu’il disait. De toute façon, c'était aussi des questions géopolitiques. Malheureusement, c’est ça. Même si c'était tout à fait louable et on serait tous partant pour lui accorder le statut de réfugié. Sauf qu'à la France elle n’acceptera jamais ça.
Alors je vous donne la parole, je vous apporte le micro voilà et en attendant je voulais aussi expliquer la présence de Charlotte qui représente le fonds pour une presse libre qui a lancé une campagne il y a quelques jours pour l’instant victorieuse enfin qui marche pas mal pour financer Il manque encore 40 000 euros pour financé des médias indépendants Nous avons eu la chance, nous, au poste, de recevoir une bourse, une subvention, je ne sais pas comment on dit, une Subvention, voilà. Et le Fonds pour une Presse Libre est aussi à la manœuvre en ce moment pour essayer de créer un contre-état généraux de la presse, puisque vous savez que l'Élysée, Emmanuel Macron, a décidé de s’intéresser à la liberté d’informer, n’est-ce pas, de manière élyséenne. Et il se trouve tout un tas de gens, peu, mais enfin, qui commencent à monter petit à petit. Derrière la bannière du FPL, tu me dis si j’ai une connerie, pour essayer de monter des contre-états généraux…
Les états généraux de la presse indépendante.
En quelques heures, ça a baissé un peu, à un moment donné
Non, c’est toujours ok mais ce seront les états généraux de la presse indépendante.
David dit ça parce que hacker l’Élysée, c’est sa suggestion, c’est lui l’auteur, copyright d’Avduf, voilà, bref.
Bonsoir à tous. Monsieur Plenel, ce que vous venez de dire sur Julian Assange et la Russie, j’aimerais que vous l'étayiez parce que moi j’ai écrit un long article sur les révélations de Wikileaks, au moment des 10 ans des révélation de Wikileaks, et il y en a eu beaucoup sur la Russie et sur la corruption du gouvernement russe à tel point que Poutine lui-même a réagi. Donc qu’est-ce qu’a fait Julian Assange, selon vous, qui prouve ce que dites, c’est à dire des choses, des allégations, je n’ai pas d’exemple. Alors informez-moi, éclairez-moi si vous avez des informations, sincèrement. Deuxième point, pourquoi focalisez-vous sur la Russie ? Parce qu’on pourrait dire, apparemment ça vous dérange, vous êtes dans le binaire, c’est-à-dire les États-Unis vs la Russie. Par exemple, moi je pourrais dire Wikileaks n’a peut-être pas fait beaucoup de révélations sur Israël. Ah là là, c’est suspect. Peut-être que Wikileaks est pro-Israël, non. En fait, on n’en est pas là. Comme vous disiez vous-même tout à l’heure. Comme vous le disiez, et merci pour merci, j’ai pas à vous remercier mais bravo pour le dernier rappel que vous avez fait, bravo pour la conférence que vous aviez organisée à République en 2019, qui était très bien, j'étais là. Et c’est très très bien en fait qu’on puisse vous compter parmi les soutiens d' Assange, mais simplement ne continuez pas à laisser traîner des choses qui n’ont pas de fondement. Selon moi, il n’y a pas de fondement. C’est comme quand vous disiez en 2019 pour les allégations de viol, il n y a pas le début du commencement de quoi que ce soit qui ressemble à un viol dans cette affaire. Bon ben voilà, on sait la suite, mais je veux dire, on aurait pu, à ce moment-là, vu l’ampleur des révélations de Julian Assange contre les États-Unis, se dire on aurait pu être un tout petit peu ce qu’on aurait appelé aujourd’hui complotiste, et se dire, ouh, ce mec révèle, met très très mal à l’aise les États Unis, montre des crimes de guerre, les criminels de guerre ne sont pas jugés, et c’est lui, il y a deux femmes avec qui il a eu des relations consenties, Alors, on aurait pu être un tout petit peu, se dire… C’est comme ce que vous disiez sur Dreyfus tout à l’heure, c'était très intéressant. Par exemple, aujourd’hui, ce qui arrive à Ariane Lavrilleux, c’est extrêmement grave. Est-ce que demain, si jamais ça continue envers elle, vous direz « oui, mais Ariane Lavrilleux, elle a tel défaut, elle n’a jamais parlé de tel pays » ? Non, on va soutenir Ariane Lavrilleux sans condition, sans discussion, on ne va pas aller chercher qu’est-ce qu’elle fait de bien, de pas bien, etc. On va la soutenir comme on aurait dû soutenu Dreyfus sans condition et comme on devrait soutenir Julian Assange sans aucune condition, en fait, on n’a pas à expliquer que peut-être il est de ce bord mais il faut le soutenir quand même. Non, déjà il n’est pas de ce bords, c’est « pas étayé », il n’a pas violé ses femmes, c’est faux, archi-faux, c´est de la calomnie. Je veux dire, arrêtons, moi je dis pas qu’il est parfait, il est loin d'être parfait, mais c' est une évidence, vous n'êtes pas parfait M. Plenel, je ne suis pas parfaite. Assange n' est pas parfait, bah super, c est la palisse, je veux dire on n a rien appris avec ça, en fait, voilà.
C'était tout à l’heure, dans l’article qu’a lu Laurent Dauré, vous disiez que c'était pour convaincre un peu les journaux mainstream. Moi, je travaille dans un journal mainstream. Je sais que ce sont des arguments complètement rédhibitoires. En fait, on peut argumenter comme on veut dans un journal mainstream. S’il y a un quelconque lien avec Poutine, s' il y a une histoire de violence sexuelle, enfin, on ne les convainc pas avec ça, en fait, au contraire, c’est l’argument qu’ils donnent pour ne pas regarder cette histoire.
Je voudrais ajouter que parmi les révélations de Wikileaks, il y a eu un dossier qui concernait la Russie et il y aussi de nombreux câbles diplomatiques qui concernaient la Russie et des Russes ont gagné des procédures contre L’état russe grâce aux révélation de Wikileaks. Donc, je veux bien les sous-entendus, tout ça, mais il n’y a pas de proximité de Wikileaks, de Julian Assange, avec la Russie, une complaisance, je le voyais dans le tchat. Il faut réagir un peu au tchat citadelle c’est ça qui disait Trump et Poutine quand même il y avait une connivence voilà quelqu’un qui n’a pas bien suivi le dossier parce que là aussi le russiagate est tombé en morceaux les personnes qui pensent encore aujourd’hui qu’il y avait une connivence entre l'équipe de Donald Trump et Moscou en vue de faire élire l’homme d’affaires à la présidence des états unis non ce n’est établi du tout il n’y a pas d'éléments et quel que soit, vous allez me les donner, parce que j’ai suivi ça d’assez près, mais quelle que soit l’avis qu’on a et préférence des favorables sur ces personnages, la vérité impose de reconnaître qu’il n’y a pas de connivence entre Moscou et Trump. C’est faux, c’est faux. Non mais ça c’est autre chose.
Ah bon, alors dans la salle, quelqu’un nous dit que ce ne sont pas des Trumpistes qui étaient au Capitole, c’est quoi ? C'était qui le 6 janvier, alors ? C’est les Russes ?
Justement, je me permets de vous arrêter, parce que justement, le travail de Wikileaks, c'était d’empêcher ce type de spéculation Parce que Wikileaks apportait des éléments vérifiables, factuels, qui n’ont pas été contestés. C’est des documents qui ne sont pas contestés par les institutions dont elles sont issues. Et donc, voilà de la matière où on peut travailler rationnellement. Là, ce que vous dites, je m’excuse. Mais ce sont des élucubrations. Dire que le Capitole a été envahi par, je ne sais pas, des Black Blocks et qu’il n’y avait aucun Trumpiste. Après, on peut discuter de la signification de cet événement. Mais non, c'était très largement des soutiens de Donald Trump. Je ne pense pas que ça puisse être contestable. Vous voyez, à mon avis, il faut s’inspirer du travail de Julian Assange, qui était quelqu’un qui recherchait la connaissance. On lutte correctement contre les injustices, on établit la vérité, mais sur des faits, pas sur des suppositions, des occupations, des théories, des choses qu’on aimerait voir établies comme vraies mais qui ne le sont pas. Voilà, Julien Assange c’est un travail de journaliste rationnel, factuel, c’et pour ça qu’il est précieux.
J’ai promis à Charles et son équipe du bar qu'à 23h30, ils auront plié le bagage parce qu’ils doivent fermer, etc. Donc il nous reste 24 minutes, d’accord ? Je vous fais part quand même, vous l’avez vu, il y a pas mal de gens qui sont partis depuis une petite demi-heure et dans le tchat ça commence à râler. Je vous le dis, oui ça fait une heure et quart qu’on parle de Mediapart plutôt que de parler de Assange etc. Une heure quarante. Voilà, après cette soirée, nous en faisons collectivement ce que nous en voulons. Si vous voulez que ce soit ça.Mais je trouve que quand même vous devriez, pour ceux qui ont levé la main, vous vous posez la question pourquoi il y a des gens qui partent et pourquoi dans le tchat il y a des gens qui râlent en se disant moi je pensais qu’on parlerait d' Assange, je pensais qu' on parlerait de la liberté de la presse, qu’on irait au fond des choses. J’ai vu que la dame qui voulait poser une question de fond m’a-t-elle dit, je ne sais pas si elle est là.
Je suis là depuis un moment et je lève la main, donc je prends la parole, merci.
Oh non, madame, c’est pas, enfin, vous voyez, c’est des jours de travail pour organiser ça, donc c'était très cool.
Je sais bien, et je vous remercie d’avoir organisé cette soirée et concernant effectivement Assange que peut-on faire parce que chacun de sa place fait des choses mais comme vous dites, il y a 30 ou 40 personnes quand on demande à des gens de venir pour un rassemblement, il n’y a que des têtes grises, donc que peut on faire ? Que peuvent faire les médias ? Il y a des manifestations en faveur de la journaliste qui a dénoncé Lavrilleux qui a dénoncée un certain nombre d’exactions de la France vis-à-vis de l’Égypte. Donc ça, ça fait parler. Mais Assange, ça a fait plus de 10 ans qu’il est dans une situation impossible et infernale. Et ce film le montre aussi très bien, parce qu’il n’y a pas que lui, il y a sa famille et puis il y a effectivement la liberté de la presse. Donc que fait la presse pour accentuer les pressions pour permettre, voilà, qu’ils aient soit un droit d’asile, et semble-t-il le droit d' asile n’est pas possible. Il y a des avocats qui ont été déboutés, le droit L’asile n’est pas possible en France. Puisque ce n’est pas un citoyen français et qui devrait être sur le sol français pour obtenir le droit d’asile. Donc, je veux dire, parlons de ce qu’on peut faire pour Assange.
Merci madame. Est-ce que Laurent veut répondre, peut-être, puisque tu es celui des quatre invités, celui qui est le plus d’attaque ? Qu’est-ce-que vous faites à la manœuvre exactement ? Merci Maryse. Merci. Ah non mais la LDH, il y a toujours un truc quand même. C’est classe quoi. Quoi qu’en dise l’autre. Qu’est-ce qu’il y a à faire en ce moment sur Assange ?
Il y a vraiment une pluralité d’actions possibles. Là, par exemple, vous venez de diffuser et programmer le film Ithaka. Et bien, allez voir une salle de cinéma indépendante et proposez lui de programmer le fil, de le montrer avec un débat. Ce film est par chance très réussi. Je pense qu’il est de nature à émouvoir les gens qui le verront et les sensibiliser à la cause. Il faut s’en emparer et donc voilà si vous avez vous fréquentez une salle de une salles de cinéma bon elle ne programme pas toutes des films de ce type là mais il y en a allez les voir et contacter les Mutins de Pangée qui seront un plaisir je pense de faciliter la projection débat je dois mentionner aussi que Stéphania Morizzi la journaliste italienne qui suit wikileaks et l’affaire Assange depuis le début a écrit un excellent livre. D’abord en italien, puis il a été traduit en anglais, et ce livre va être publié en français en janvier aux éditions Agone. Donc, là aussi, il faut s’en saisir. C’est vraiment un récit de toute l’aventure Wikileaks, à la fois sur les révélations, mais aussi sur la mise en place de la persécution d' Assange. Donc, il y a le livre de Nils Meyser qui existe déjà. Il y a aussi le livre édité par les Mutins de Pangée. Il y aussi le Livre de Karen Sharpe, qui est une journaliste américaine Elle est présente dans la salle d’ailleurs, qui vit à Paris. En fait, le livre est sorti d’abord en anglais. C’est un recueil de citations, d’extraits, de conférences, d’articles d' Assange. Donc si c’est intéressant aussi de s’exposer à la pensée d' Assange, qu’est-ce qu’il disait ? Comment il a théorisé Wikileaks ? Qu’est ce qu’ils cherchaient à faire avec Wikileaks en termes de journalisme ? Donc ça c’est aussi très intéressant à lire et puis sinon, rapprochez-vous du comité de soutien à Assange. On vous informera régulièrement de l’actualité de la lutte en ce qui concerne la France. La fête de l’humanité s’est déroulée il y a peu. Il y a eu une projection d’Ithaka, c'était la première française. Il y a eu un débat en présence de Stella Assange et de John Chibpton. Il y a eu en nous n’avait un stand également sur le sur la fête de l’humanité donc pas mal de gens sont passés donc voilà il s’agit de se saisir de tous les moyens d’action informer autour de soi et puis aussi s’adresser aux médias alors pas forcément à Mediapart on va les laisser souffler un peu arrêter de de les taquiner mais voilà on va pas se focaliser sur mediapart il y a d’autres médias qui ne font rien ou alors qu’ils sont carrément hostiles en permanence Avec les mutins de Pangée, on s’est intéressé au cas de l’AFP. Il y a un gros problème, par exemple, sur le dossier Assange avec l’AFP, qui produit des dépêches régulièrement hostiles ou qui répercute des éléments de la campagne de dénigrement. Et donc, voilà, il faut demander des explications. Pourquoi, alors qu’après 13 ans de persécution, vous continuez à enfoncer de façon un peu ambivalent un confrère, manifestement il y a des rédactions qui consentent au martyre d’un confrère. Ça ne dérange pas plus que ça, il détourne le regard ou alors il le calomnie. C’est un peu moins le cas maintenant parce qu’il y a un coût en fait, à calomnier Assange maintenant, il y a des gens qui répliquent, mais encore très souvent on peut lire des calomnies, des fausses informations à propos de Julian Assange. Adressez-vous aux rédactions, il y a des médiateurs pour ça, écrivez-leur, je pense que bon, vous n’obtiendrez pas forcément une réponse mais s’il y a plusieurs personnes qui le font, ça peut quand même marquer les esprits dans une rédaction. Donc voilà, il faut se saisir de tous les moyens à notre disposition pour amplifier la mobilisation. Charlotte veut dire quelque chose.
Oui, pour compléter ce que vous disiez, vous parlez justement des médias, alors il n’y a pas que les médias mainstream, vous pouvez aussi aller, enfin, contacter même les médias indépendants qui seront peut-être même plus à l'écoute aussi parce qu’ils sont aussi intéressés par les sujets que leur suggèrent les lecteurs, les abonnés, si certains sont abonnés à de la presse indépendante et ils seront peut être des meilleurs relais que ces grands médias et il faut quand même savoir que la presse indépendante elle est lue par des millions de personnes en France. Alors on en parle peut-être moins, mais il y a plus d’une centaine largement, plus d’une centaines de médias indépendants en France, que ce soit au niveau local, qui couvent l’actualité nationale, mais aussi internationale. Et là aussi, vous avez aussi peut- être un avantage à aller vers ces rédactions-là qui sont peut-être plus accessibles que notamment l’AFP ou même d’autres grands médias. Ils vont toucher des gens qui lisent la presse indépendante, mais bien sûr que si.
Alors, il y a donc, si j’ai bien compris, vous êtes l’autrice…
Oui, mais sans être convaincus même s’ils sont convaincus en fait, vous pouvez parce que c’est en parlant, en en parlons à ces gens qui sont convaincus, qu’ils vont aussi aller en parler à d’autres personnes.
Donc nous avons l’autrice du livre, vous voulez venir devant la caméra ou pas ? Ah, c’est mieux ! Venez madame, parce qu’on n’a pas encore les moyens techniques d’une caméra à l'épaule comme ça, sinon si je l’avais je ferais ça, voilà.
C'était pas moi.
Non, c’est moi. Oh là là. Allez-y, allez-y.
Ce tract vous donne des possibilités, ce que vous pourriez faire pour soutenir Julian oui, oui. C’est juste ça, je me débarrasse.
Je veux bien que ce soit le bordel, mais enfin, un petit peu d’organisation. Vous êtes donc l’autrice !
Oui, oui.
Il faut l’organiser, le bordel, vous voyez. Donc vous êtes l’autrice de ce livre dont Laurent vient de parler, c’est ça ?
Oui, oui.
Et vous distribuez ce tract.
C’est le comité de soutien à Assange qui l’a fait et juste comme on demande ce qu’on peut faire, je vous signale que vous pourrez lire et avoir des idées. Donc, j’ai écrit ce livre parce que Julien avait été réduit au silence pendant très longtemps et je pensais que quelle est la meilleure munition. Pour convaincre les gens de le soutenir, de le faire libérer. Et c’est ses propres mots. Et donc ce livre consiste à deux cents citations. Et quand les gens lisent les citations, ils sont bouleversés comme moi, j’y étais parce que Julien, il a une intelligence phénoménale. Et il a prévu toutes sortes de choses qui se passent au monde et il est philosophe et il a beaucoup à nous apprendre, nous faire apprendre. Donc, c’est très important que les gens savent ce qu’il a à dire. Ce n’est que ce, bien sûr Wikileaks et tout ça, mais ces idées. Il a une connaissance phénoménale de l’histoire, de la philosophie, de tous les domaines et c’est une personne extraordinaire et il ne doit pas rester dans cette cellule de merde où il est.
Alors, il nous reste 13 minutes, j’aimerais qu’on élargisse, s’il vous plaît, le temps des 13 minutes. Je vous ai entendu parler d’Ariane Lavrilleux avec plus ou moins de bémol en disant mais pourquoi on parle d’elle et pas des autres, etc. J’aimerai connaître votre point de vue à tous les trois, et puis peut-être après Laurent aussi, sur l'état de la presse du monde politique vis-à-vis de la presse, en France, en octobre 2023, est-ce qu’on est en train de vivre, là comme ailleurs, une bascule ?
Je ne suis pas une spécialiste de la presse, mais effectivement, on peut vraiment craindre. Alors c’est spectaculaire ce qui se passe en ce moment, mais je pense que ça fait longtemps que la presse est attaquée, il y a aussi l’indépendance des médias qui est menacée. Donc je pense c'était très inquiétant. Ce qui est arrivé à Ariane Lavrilleux est absolument scandaleux, c’est absolument inadmissible. Et en plus, la question des ventes d’armes et des relations de ce gouvernement comme des précédents avec des dictateurs, si possible, des dictatures ayant beaucoup d’argent est absolument scandaleuse. Et on voit bien que l’on peut lire dans Disclose, dans Mediapart et dans d’autres médias libres. Que c’est très très inquiétant ce qui se passe en ce moment. C’est la dernière fois que je peux parler ou non ?
On aura une petite conclusion ? Oui, on aura une conclusion. Charlotte ?
Alors, je partage complètement ce que vous dites, mais de manière plus générale, la France, quand même, a cette grande particularité à l’heure actuelle d’avoir 90 % de ces médias privés qui sont contrôlés par des milliardaires et une toute petite poignée de milliardaires. Et quand tu parlais de qu’est-ce qu’on pensait du pouvoir et de l’indépendance de la presse, typiquement, quand tu parles de cet exemple, du sujet de ce qui s’est passé avec Ariane Lavrilleux. Ce qui est quand même hallucinant, c’est que le gouvernement, l’exécutif, on ne l’a pas du tout entendu parler sur le sujet. Et ça a, je crois, dix jours de l’ouverture des États généraux de l’information.
Sauf un ancien ministre de la Culture qui a laissé entendre que tout n'était pas permis quand on était journaliste.
Voilà, exactement, mais c’est quand même hallucinant d’avoir un pouvoir qui est censé défendre cette liberté de la presse, cette liberté d’informer. Je veux dire, l’information est quand même un bien public, fondamentalement. Le pouvoir, on ne l’entend pas du tout, il est complètement défaillant et on a laissé comme ça des gens, des milliardaires, racheter des médias, s’installer et après en faire pour des chaînes d’informations, mais c’est devenu des chaînes d’opinion qui vont créer des autoroutes pour l’extrême droite. Il faut savoir quand même que 2027, c’est demain, ce n’est pas dans 10 ans. Alors oui, ça s’accélère, mais comme tu disais, ça fait quand même plusieurs années que ça dure, Et que là, il y a une accélération. Et ce qui, moi, me préoccupe, c’est, en plus, qu’en dehors de la France, pour avoir rencontré des homologues, ou à Bruxelles, ou même à l'étranger, les institutions et les organisations qui sont censées, qui ont pour mission de soutenir cette presse indépendante et le journalisme d’investigation, elles ne savent pas ce qui se passe en France. Elle découvre le sujet pour beaucoup. C’est hyper préoccupant parce qu’on a besoin de ce soutien en France, de soutien auprès de la presse indépendante qui essaie d’exister tant bien que mal, parce qu il y a ce système d’aide publique à la presse, des aides directes à la Presse qui leur permettent d’exister mais ces aides sont complètement accaparées par tous ces grands groupes de presse. La situation, le paysage médiatique actuel est quand même très très mal. Et la qualité du débat public s’en ressent.
Et oui, il y a une question de valeur anarchiste. Monsieur Plenel, est-ce que Véran va venir s’expliquer à Mediapart comme il l’avait annoncé à votre consœur, si tu peux répondre ou pas. Voilà. Et puis surtout, voilà, l'état de la presse.
Non, j’ai fait que des brèves par écrit, à l’oral non, l’invitation a été lancée à Véran et peut-être qu’il viendra et qu’ils seraient face aux questions de Mediapart. Non, ce qui a été dit est l’essentiel sur l'état du système médiatique en France. C’est pour ça que, si je peux me permettre le fil de mon discours, c'était de vous dire qu’il faut construire un rapport de force. Peut se tenir au chaud entre gens qui pensent pareil. C’est bien, on sera au chaud, mais les vents sont contraires aujourd’hui. Les vents ne sont pas dans notre sens, ils ne nous poussent pas, on doit faire face à ces vents. Et je vous parle d’expérience puisque Mediapart a été créé par des gens qui ont plutôt fait face à un âge déraisonnable, J’ai créé Mediapart, j’avais 55 ans. J’en ai 71 aujourd’hui. Donc voilà, je pense qu’aujourd’hui, notre souci, j’ai fait le calcul pendant qu’on parlait, là on n’est plus que 30 en réel, je ne sais pas combien, on est en virtuel. Donc notre soucis, 3 millions. Notre soucis c’est comment on convainc, comment on rassemble.
Je vais vous le dire ! Ah, une dame a une idée.
Oui.
Attendez une petite seconde, vous n’avez pas de micro.
Je suis Véronique Pidancé-Barrière, je suis présidente de l’Association de défense et droits de l’homme Wikijustice Julian Assange. Pourquoi avons-nous créé Wikijutice Julian Assange ? Parce qu’en août 2019, Julian Assange a envoyé un SOS à un médecin de notre équipe. À partir de ce SOS, nous nous sommes dit voilà la règle d’or, rule of gold, et intime à toute personne de porter secours Nous avons donc créé l’association depuis, donc je vous explique parce que vous n’avez pas l’air d'être au courant.
Il faut parler dans le micro.
Depuis, donc, voilà, excuse-moi, David, on se connaît quand même, on s’est vu sur les manifs gilets aux zones plus d’une fois. Donc, depuis, nous avons écrit deux plaintes, 17 demandes de libération, nous sommes allés à toutes les audiences, j’ai vu Julien Assange deux fois, j’y ai discuté avec lui avec les mains, je peux témoigner des tortures qu’il a reçues, j’en ai témoigné par écrit, dans un texte très long. Je l’ai donc vu le 13 janvier 2020 et je l' ai vu le 27 à la Wulwich-Courte. Trois rapports médicaux ont été édités par nos soins et donc si vous voulez nous aider, les Gilets jaunes nous ont aidé, ça c’est vrai, ils se sont assemblés pour défendre Julian Assange, ils nous ont suivi. Voilà, donc nous avons porté plainte contre monsieur, contre la famille Clinton, contre le clan Clinton, contre le gouvernement américain, contre la couronne d’Angleterre, contre la France et nous avons édité une circulaire où tous les droits des droits humains sont défendus. Voilà, donc si les gens veulent faire quelque chose pour Julian Assange, ils peuvent. Je l’ai vu deux fois, enfin j’ai eu deux fois un homme dans un box des accusés, et la deuxième fois nous avons parlé très longuement avec Léma, et la première fois nous en avons parlé aussi. Alors je n’ai pas écrit d’article avec lui, mais je sais qu’il y a un homme en Angleterre qui est prisonnier dans une dark place au secret et qui l’est torturé. Et que ça c’est inadmissible. Au pays des droits de l’homme, en France comme en Angleterre. Parce que normalement, il y a la Béas Corpus. Et en réalité, M. Assange devait être libre. Donc dans le SOS, M.-Julien Assange nous a dit Light up the night until victory. Eh bien, je vous le dis ce soir, nous le ferons libéré, s’il est encore vivant, parce qu'à ce moment, il n’y a toujours pas de preuves de vie.
Alors, madame, je veux vous dire une chose, écoutez, en prétendant que Julian Assange peut-être serait mort ou dans une prison secrète de la CIA, vous ne nous facilitez pas la tâche, franchement pas, parce que ça impliquerait que sa femme, entre autres, ait complice en fait. En fait non, elle ne parle pas vraiment à son mari, elle parle à un hologramme, où elle prétend que son mari est encore vivant, c’est franchement, vous ne nous facilitez pas la tâche en répandant des élucubrations pareilles. Ce n’est pas rendre service à la cause. Donc, continuez, de toute façon, je pense que vous avez un caractère tel que vous allez continuer quoi que je dise, mais, je vous dis, du point de vue du comité de soutien à Assange, vous, ne nous facilitiez pas la tâche. Voilà. C’est pas vrai !
On demande la parole s’il vous plaît !
Alors, il y a une dame qui demande la parole depuis le début et après, après cette dame, un petit mot de conclusion de chacun, je suis désolé. Allez-y, madame.
Bon, déjà, s’il vous plaît, une demande, une demande et deux questions. La première demande, essayez de vraiment soutenir Assange. Essayez de penser à l’effet de ce que vous dites sur les gens qui vont vous écouter, qui peuvent être des gens comme moi, des gens de base qui en ont rien à foutre des querelles de clochers entre journalistes. Excusez-moi de vous le dire comme ça. Mon mec, si je lui dis il y a un débat sur Assange, tu veux bien qu’on écoute, il va me dire OK. Au bout de cinq minutes de ça, il me dire on zappe. Parce que c’est chiant et que ça n’a rien à voir avec Assange. Voilà, alors maintenant j’ai deux demandes, deux questions que je voulais poser qui étaient par rapport au film. D’abord, pourquoi ce nom ? Pourquoi le film ne s’appelle pas John ou John, père d' Assange ou quelque chose comme ça. Pourquoi Ithaka ? Je n’ai pas compris. Et la deuxième question que j’avais à poser, c'était est-ce que Julian a pu voir ce film ? Je vous remercie.
Merci madame. Laurent, veux-tu répondre sur le titre du film, enfin à madame, merci madame
Ithaka, c’est Ithaque en anglais, et donc c’est Homère, voilà c’est la référence à Ulysse, et Nadia qui est dans la salle me dit que c'était aussi une référence a un poème qu’apprécie beaucoup John Chiton, le père d' Assange. Voilà. Est-ce qu’il a pu voir le film ? Ça m'étonnerait je pense pas que ce soit faisable de par les contraintes auquel il est soumis même si comme vous voyez dans le film il peut appeler régulièrement sa femme je vois pas comment vu qu’il n’a pas d’ordinateur portable comment il aurait pu visionner le film donc je pense pas il avait visionné Hacking justice le documentaire précédent dans une de ses premières versions, mais Ithaka, je ne pense pas.
Alors, il nous reste à peine une minute. C’est Edwy qui a le micro.
Après vous pourrez discuter, mais il faut rendre l’intérêt. Je vais dire une chose très simple, et pour ceux qui nous écoutent, il ne faut pas que nous contemplions notre défaite, et que nous nous fassions plaisir avec notre défait. Défendre Julian, Assange, c’est défendre une cause collective. J’ai dit tout à l’heure, un héros et un martyr. Mais le problème, et je vous dis ça pour certaines et certains d’entre vous qui prennent ça comme votre histoire personnelle, tout ça. Le point commun qu’on a avec David, c’est qu' on a toujours pensé que notre bataille est une batailles collective, qu’on ne gagne rien sans créer un levier collectif. Nous sommes confrontés à cette question-là aujourd’hui. Nous n’avons pas réussi à créer un mouvement de masse collectif, rassembleur, dynamique autour du symbole que représente Julien. Les personnes qui ont le plus contesté ce que je disais sont en train de discuter entre elles, donc elles ne sont pas très attentives à tout cela. Je vous dis ça parce que C’est une bataille dans ce métier. Et pour moi, c’est le piège qui a été aussi tendu à Julien, la personnalisation, l’individualisation, etc. On peut être des héros d’une cause, mais si on oublie que la cause, elle se fait avec plein d’autres personnes, on est au risque de piège, ce qui n’enlève rien à la justesse entière de ce qu’a fait Julien sur le terrain de l’information. Nous défendons des batailles collectives parce que nous sommes au service d’un droit collectif. Nous ne sommes pas au service d’une histoire héroïque personnelle, nous ne sommes au service d’un droit de savoir de tout le monde, des citoyens. Donc, quelles que soient les personnalisations, les incarnations, les héroisations, l’essentiel, c’est ce collectif. D’une certaine manière, et c' est ce que nous devons méditer, la défense de Julian a buté là-dessus. Elle a buté sur la possibilité de créer une dynamique collective. Aujourd’hui, Julien devrait être un héros partout. Il devrait y avoir sa tête partout. Tout le monde devrait être mobilisé pour ça. Donc, il faut nous interroger sur pourquoi nous n’y sommes pas arrivés. Non pas pour accabler Julian, pour nous interroger nous-mêmes. Parce que demain, il y aura d’autres cas. C’est bien la question. C’est comment nous créons des situations comme celles-là ? Et évidemment, Julian, c’est la propédétique de tout ce qui arrive, notre consœur Lavrilleux comme d’autres, nous avons été convoqués par la DGSI, les perquisitions et les tentatives de perquisition ont lieu. C’est l’attaque aux sources, c’est pour ça que et vous allez m’accuser encore de faire dans l’acrénité chrétienne, je cite toujours Julien Snowden et Chelsea Manning, parce que derrière ça, c´est la chasse aux sources. N’oubliez pas ce qu’a vécu Chelsea Manning, n’oubliez pas comment elle a été mise nue dans sa cellule, n’oublier pas comment il a été persécuté après avoir été dévoilé grâce à un autre hacker qui a trahi Julian comme la source de Wikileaks, la source du collateral murder, du premier scoop de Wikileaks. Julian n’est pas seul, il y a d’autres derrière Julien, il ya d’autre gens, il n’y a pas un héros individuel, il y à une bataille collective et c’est pour ça que nous estimons cette batailles collective et donc nous nous devons être à l’image de cette bataille collective, nous ne devons pas nous faire plaisir dans cette bataille, nous ne ne vont pas être contents de notre glorieux personnel, est-ce que je l’ai vu, est- ce que je n’ai pas vu, qu’est-ce-que je fais et tout, Ce qui importe, c’est de rassembler des gens. C’est de regrouper des gens et sur une bataille qui fait frontière radicale avec notre ennemi toujours, c' est quoi le droit à l’information ? C' est le droit a l'égalité. Quelle que soit notre origine, quelle que soit nos conditions, quelle que soient notre apparence, quelle que soit notre couleur de peau, quelle que sois notre croyance, quelle qu' soit notre sexe, quelle que ce soit notre genre, nous avons les mêmes droits. Nous sommes nés naturellement égaux en droit ? Quel est notre ennemi de toujours ? Ceux qui dénie ça, ceux qui pensent qu’il y a des civilisations supérieures à d’autres, des couleurs de peau supérieure à d’autres, des croyances supérieurs à d’autres des origines, des sexes supérieur à d’autres. Ce qu’on appelle d’un terme générique l’extrême droite et qu’y a toutes sortes de visages. Nous ne pouvons pas pactiser avec ces gens-là et nous Nous ne pouvons pas accepter que ces gens-là prétendent défendre Julian. Car Julian défend un droit qui est le droit à l'égalité. Donc ils ne sont pas bienvenus dans la cause de Julian Assange.
Alors Charlotte et Maryse, à vous le mot de la fin parce qu’il y a déjà des gens au bar qui cherchent le dernier demi avant le métro.
Il n’y a plus de barman. Ah si, il s'était caché. C’est difficile d’ajouter quelque chose après ce que vient de dire Edwy Plenel. Effectivement, il y a au minimum deux combats devant nous, c’est la liberté de la presse, la liberté d’informer et la libération de Julien Assange. Les deux sont absolument urgents, donc je pense qu’il faut effectivement se bouger. Faire des rassemblements, c’est peut-être pas l’idéal. Peut être qu’il faut bombarder tous les élus, toutes les autorités de messages, de courriers pour demander la libération de Julien Assange. Et comme j’ai peut-être un côté trop optimiste, mais j’espère que si l’appel est rejeté et qu' il y a extradition, la Cour européenne des droits de l’homme qui a déjà examiné son cas.Mais qui n’a pas pu statuer parce que ce n'était pas le dernier recours, il n’avait pas épuisé toutes les recours Je pense qu’elle prendra une décision très rapidement. Est-ce que ça sera assez rapide pour qu’il ne soit pas encore dans l’avion ? Je vous rappelle quand même que quand le Royaume-Uni a voulu envoyer des réfugiés au Rwanda, ils étaient déjà dans l’avion. La Cour européenne a décidé de donner un avis négatif. L’avion n’est pas parti, donc voilà, si ça pouvait être la même chose pour Julian, ça serait. Après, on verra, mais l’essentiel est qu’il ne parte pas aux États-Unis.
Et maintenant Charlotte et après, c’est terminé.
Moi je voulais élargir un peu parce que je ne suis pas du tout une spécialiste de l’affaire Assange et pour reprendre tout ce qui a été dit je pense qu’il faut quand même rester positif sur ce combat qu’on mène sur la liberté de la presse, la liberté l’information, l’indépendance du journalisme parce qu’il est attaqué de toute part depuis maintenant plusieurs années et ça ne va pas en s’arrangeant. Moi je voulais juste rapidement parler du Fonds pour une Presse libre, parce que je n’ai pas eu l’occasion, mais c’est que le Fonds a été créé il y a maintenant 4 ans par les co-fondateurs de Mediapart, mais on en est totalement indépendants, je préfère le préciser, et on essaye de créer une communauté au sein de ce…
T’es sûre, y a pas de paragraphe caché ?
Non, non, je pense qu' Edwy peut en témoigner parce que tout a été blindé et en plus avant mon arrivée. Mais on essaye justement d’essayer d’aller sensibiliser et d’essayer de créer une communauté du fond pour une presse libre avec des gens qui s’engagent et qui sont prêts à aller soutenir des médias indépendants à la hauteur de leurs moyens. Depuis qu’on a été créé, on a eu plus de 4000 donateurs maintenant. On vient de lancer une campagne de financement citoyen comme chaque année. Et cette année, on est en est à près de 75 % en 10 jours. Donc on a collecté 110 000 euros et tous les dons qu' on reçoit, en fait, permettent de soutenir des projets de médias indépendants. Et ce qu’en fait, ce qu on a envie de faire passer dans notre message, c’est qu’on s’est rendu compte maintenant depuis deux ans. Alors on est encore une petite structure et ça fait, on n’a que 4000 donateurs. Mais les messages qu’ont reçoit, c’est les gens qui nous disent mais merci d’exister, vous êtes petits. Mais on sent qu' on a on a compris qu’il y avait quand même une certaine catégorie de la population et qu’en espère de plus en plus nombreuses qui est prête à financer en fait l’information et son droit à être informé puisqu’il est bafoué. Par des grands médias, avec l'État qui est complètement défaillant et qui ne bouge pas. Alors c’est à notre échelle, c’est tout petit ce qu’on fait. Mais voilà, c est que un euro qu' on donne au fond va financer des projets de médias indépendants. Et plus on sera nombreux au fond ou dans d’autres structures, je ne dis pas que le fond est la seule structure, même si c'était la première qui a été créée en France avec cette mission, défense du pluralisme de la presse, c’est plus on sera nombreux, plus on permettra aux médias, à l'écosystème des médias indépendants, d’exister parce que c' est facile de monter un média indépendant enfin je suis pas là je pense que David et Edwy pourront mieux le dire que moi mais c' est facile, c est assez facile de monte un média indépendant mais c est surtout très difficile de le faire vivre en fait et qu il arrive à rester pérenne et plus on nombreux à soutenir cette presse indépendante. Plus on aura justement un journalisme qui sera indépendant avec une liberté de parole qui ne sera pas censurée parce que l’information est un bien public et tout le monde a ce droit, doit avoir accès à ce droit de savoir et c’est important qu’on se mobilise alors ça commence avec des petites actions comme vous avez eu des petites action à propos d' Assange et puis après ça a grossi, ça a grossi et je pense qu' on doit s’emparer cette question, parce que comme je disais tout à l’heure 2027, c’est demain.
Merci, merci beaucoup Charlotte, merci à vous tous d'être restés. Citadelle nous dit merci pour le live, réalisation pour la modération et aux invités pour leur patience et leurs propos. Merci pour ce stream, ça fait du bien. Nous dit Merling, bonne nuit à tout le monde, merci l'équipe, merci les intervenants, nous dit Ozzy il faut compenser la suppression de la redevance télé en finançant nos médias nous dit Tofou168, de la moula pour au poste et bah oui. Merci à vous toutes et à vous tous, bonne soirée, nous dit DragonGaz13, merci aux intervenantes et aux intervenants. Bonne nuit tout le monde, merci et tous au bar ! Voilà, merci beaucoup, merci à vous, tous. J’envoie les crédits.
