Bayrou, t’es foutu !
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Eh bien, c’est parti. La présidente va passer. Nous sommes dans la salle des séances. Les chaînes d’info sont en face : CNews, BFM.
Il faut juste faire attention de ne pas toucher le garde.
Oui, oui, oui !
Parce qu’il va bouger avec tout ça.
Ah non, je ne voudrais pas qu’il me donne un coup de sabre. Ah là là ! Oh la vache ! Attendez, il y a des risques du métier, là. Regardez le sabre. Oh là, oui ! Ah oui ! La Garde républicaine qui se rend… Ils sont sympas, c’est orange. L’accès presse est orange. C’est sympa. Bonsoir, bonsoir ! Hop hop ! Êtes-vous prêts à vivre l’Histoire ? Est-ce que vous m’entendez, là, quand je parle ? On peut l’accepter, ça va. Et tu voulais te mettre en colère, tu n’avais pas envie… Alors, vous connaissez le programme. Dans quelques instants, François Bayrou va faire sa déclaration. Ça va être suivi, réellement, d’un vote de confiance sur son budget, et ça va être sous nos yeux. Députés, présidents de groupe, gouvernement, pour répondre à la demande de confiance de François Bayrou. À 19 heures, si tout va bien, à 19 heures, c’est le vote. Un vote non pas à main levée. On est ici, là. Donc ici, en fait, passent les présidents et les vice-présidents. Et donc, oui, ce sera un vote dans les bureaux, ce qui veut dire que ça prend un petit peu de temps à être décompté. Alors, pour l’image, tout dépend évidemment de, comment on appelle ça ? De l’usage qui se connecte ici. Donc ma mission est principalement de garder le lieu de pouvoir de la République. Alors, il faut être précis dans vos retours. Quand vous dites que le son, il n’est pas bon, il faut dire qu’est-ce qui n’est pas bon. BFM, ils sont carrément trois, on dirait un match de foot ! Ils sont carrément trois, comme pour l’instant c’est vide. On a BFM, on a LCI, on a CNews. Je ne sais pas où est France 24. Est-ce que c’est mieux, là ? Est-ce que c’est mieux quand je parle, là ? Est-ce que c’est mieux quand j’en parle ici ? Je disais, c’était le garde républicain. Alors, si je coupe le micro extérieur… Vous n’avez plus de bruit de fond, normalement. Là, on est plus de 800.
Attention à l’épée.
Attention, la présidente ! La voilà ! Bravo ! Et voilà, la presse est libérée ! Libérez la presse ! Bon, là, ça devrait être mieux, le son, non ? Là, normalement, ça devrait être pas mal. Attention, attention, vous ! Attention, ça, c’est du boulot ! Voilà, donc logiquement, ça devrait être pas mal, là. Eh bien, pour investir dans du matériel, une solution : les dons. Voilà, parfait, le son. Merci beaucoup. Et oui, on se règle. Voilà, là, a priori, ça devrait aller. Donc sachez que nous sommes seuls, que nous filmons seuls, que nous prenons le son seuls, que nous sommes en milieu pas toujours camarade et que nous allons donc passer quatre heures ensemble dans une espèce de documentaire animalier où nous allons essayer de vivre ce moment historique.
Merci Julien, merci à toi. Merci à toi. Alors, je vais faire un autre truc. Je vais prendre qu’un seul micro. Dites-moi si c’est mieux comme ça. Dites-moi si c’est mieux comme ça. Donc nous allons nous promener de caméra en caméra. France 24, ils sont là. Alors, si vous voulez qu’on écoute François Bayrou, il va falloir que je trouve une téloche. Parce qu’évidemment, je ne peux pas rentrer avec… Je ne peux pas rentrer avec… Comment on appelle ça ? Avec ma caméra. Ah bah voilà, c’est là, mais il n’y a pas le son. Après, vous m’engueulez, vous allez dire : « Ouais, il n’y a pas le son, on attend le son. » Eh, ça va, merci. Bah la preuve, regarde. Super, merci à toi. Nicolas Massol, de Libération, c’est lui qui m’a donné le bon contact pour voir… entrer ici. Bon, je m’approche. Alors, nous sommes dans la salle des Quatre-Colonnes. Parle. Je vais essayer de m’approcher.
Je vous remercie.
Merci. Excusez-moi, je voudrais juste poser mon petit micro, là.
Nous sommes devenus, depuis l’an 2000, un pays qui produit moins que les autres, moins que ses voisins. Notre retard de production sur nos voisins les plus proches, qu’ils soient allemands ou belges, mesuré par le PIB par habitant, est de l’ordre de 15 %, et notre retard sur nos voisins néerlandais de plus de 30 %. Ceci malgré les efforts faits ces dernières années sur la création d’entreprises, sur l’emploi, sur l’investissement, par exemple avec France 2030. Imaginez ce que seraient nos revenus familiaux et les ressources de l’État si nous disposions de 15 ou 30 % de plus à partager, nos salaires de 15 à 30 % plus importants, les ressources de l’État de 15 à 30 % plus abondantes, si nous avions la production de nos voisins. La France n’aurait aucun problème de déficit. Elle n’aurait pas de problème de dette. La production, c’est donc une urgence nationale. Parallèlement, et pas sans lien, nous sommes devant un immense problème d’éducation nationale. Notre école, notre collège, notre lycée, nos universités, jadis autant d’exemples pour la planète entière, sont aujourd’hui déclassés, avec une chute de la maîtrise des fondamentaux, de l’écrit, de la lecture, de la langue, de l’arithmétique élémentaire, des difficultés sur l’orientation, trop précoce, en tout cas pour moi, trop angoissante, trop mécanique, et n’assurant pas la promesse républicaine : égalité des chances, d’où qu’on vienne, et, s’il le faut, deuxième chance et encore troisième chance. Nous sommes devant une immense question de modèle social, inventé il y a quatre-vingts ans sous l’inspiration du Conseil national de la Résistance et aujourd’hui gravement déficitaire, déstabilisé par le déséquilibre démographique, par le vieillissement des Français, par le déséquilibre du système des retraites. Nous sommes devant une grosse question du logement : logement des familles, parcours de la location à la propriété pour ceux qui le souhaitent, logement des jeunes, logement des étudiants et même jusqu’au logement d’urgence. Le modèle est à réinventer. Nous sommes le pays du monde qui a le mieux identifié l’enjeu écologique, le développement durable. La production décarbonée, c’est une fierté, mais en un temps où cet enjeu est battu en brèche…
Nous sommes en direct de la salle des Quatre-Colonnes. Bienvenue, bienvenue. On a besoin de vous. Partagez, partagez. C’est l’Histoire qui s’écrit ensemble.
…à la sécurité de tous les jours, au respect de l’intégrité des biens et des personnes. Et nous savons que cette inquiétude, c’est d’abord celle des plus fragiles. Et donc sécurité et justice, ce sont les deux faces de notre premier devoir d’État. Nous sommes devant la question que les migrations posent à notre pays et à nos sociétés. Les migrations liées aux différences de développement, à la misère chez les uns avec une démographie expansive, à l’abondance chez les autres avec une population déclinante, sans compter la déstabilisation climatique. Nous avons donc deux obligations : contrôler et maîtriser les arrivées, et intégrer ceux qui sont et seront là. Les intégrer, dans ma conviction, par le travail, par l’engagement à respecter nos principes de vie. Et je dois ajouter l’aménagement du territoire dans l’Hexagone, avec des déséquilibres entre les métropoles et les nouveaux déserts français : transports, équipements, centres de décision. Les territoires sont en demande et ont souvent l’impression que nul ne les entend. Et nos outre-mer, avec des enjeux de vie quotidienne et de destin dont nous savons qu’ils doivent être totalement réinventés, enjeux que le Gouvernement a saisis dès son installation. Tout cela est immense et urgent. Magnifique cathédrale à reconstruire pour un peuple qui le mérite, un peuple avec des capacités à nulle autre pareilles, au premier rang du monde pour les sciences fondamentales, pour les mathématiques, pour la physique, pour la chimie, pour la génétique, pour la pharmacie et pour les technologies, pour le quantique, pour l’algorithmique, la robotique ; au premier rang dans le monde industriel, à l’égal des empires, pour le spatial, pour l’aviation, pour les hélicoptères, pour la construction navale, pour les sous-marins, pour les centrales nucléaires. Tout cela, c’est une économie qui a conquis les sommets et qui doit reconstruire les camps de base, rééquilibrer son commerce extérieur, en commençant par le développement de l’agriculture, de l’industrie, de l’automobile, tous secteurs où nous avons des atouts, jusqu’à l’équipement de la maison, dont nous sommes presque absents. Mais tout cela est aujourd’hui soumis…
Vous avez fait quoi au Haut-Commissariat au Plan ?
S’il vous plaît, Madame Chikirou ! Vous n’avez pas la parole. Merci de laisser Monsieur le Premier ministre s’exprimer.
Mais tout cela, toutes ces questions sont aujourd’hui soumises à la question dont tout dépend, à la question vitale, d’urgence vitale, où notre pronostic vital est engagé, dont dépendent notre État, notre indépendance, nos services publics, notre modèle social. C’est la question de la maîtrise de nos dépenses, la question du surendettement. Votre soutien, l’accord minimal sans lequel je ne pourrai pas poursuivre ma mission, je le demande à l’Assemblée nationale sur un seul point, mais décisif : le constat de la situation du pays. La France n’a pas connu de budget en équilibre depuis cinquante et un ans. Depuis cinquante et un ans, tous les ans, les dépenses s’accroissent, les déficits se répètent et les dettes s’accumulent. Tous les ans, nous dépensons plus que nos ressources de l’année, et souvent beaucoup plus. Alors cela se justifie, bien sûr, lorsqu’il faut passer des crises : la crise des subprimes, crise financière mondiale sous Nicolas Sarkozy, et l’incroyable succession de coups du sort depuis 2020 : le Covid, la guerre en Ukraine, la crise énergétique, l’inflation et les menaces de tous genres. Mais nous dépensons et nous ne revenons jamais en arrière. C’est devenu un réflexe et, pire encore, une addiction. Les dépenses ordinaires du pays, les dépenses pour notre vie de tous les jours, pour les services publics, pour nos retraites, pour rembourser nos feuilles de Sécu, nous avons pris l’habitude de les financer à crédit. Donc, dépassement systématique des dépenses. Chaque année. Pour chaque euro de dépenses, il a fallu emprunter, comme un ménage ou une entreprise emprunte à la banque quand ils ont un déficit. C’est un euro de dette supplémentaire. Et l’addition de déficits par milliards tous les ans nous a conduits à une écrasante accumulation : 3 415 milliards d’euros de dette à l’heure précise où nous parlons. Cette accumulation a un prix : c’est la ponction que le service de la dette représente tous les ans, ce qu’il faut payer aux créanciers pour les intérêts et la part de capital qu’on doit rembourser. Et cela, on est obligé de l’acquitter, sinon c’est la banqueroute. Si on ne le faisait pas, on ne trouverait plus à emprunter un centime. Or, nous ne pouvons pas vivre, dans un pays comme le nôtre, sans emprunter pour payer les fonctionnaires ou pour les retraites ou pour la Sécu, ni pour remplir nos obligations d’emprunteur. D’ores et déjà, nos obligations de remboursement annuelles, intérêts et remboursement du capital, dépassent, et de loin, ce que notre pays produit en plus chaque année par sa croissance, par ses progrès, en plus de l’année précédente. Il faut avoir les chiffres précis en tête, parce que ces chiffres ne sont pas du tout abstraits. Ils disent une chose évidente et que nous ne pouvons pas faire semblant d’ignorer. Chaque année, à notre rythme annuel de croissance et d’inflation, chaque année, la France, en plus de l’année précédente, produit un montant de 50 milliards d’euros environ. Face à ces 50 milliards, en moyenne, en 2020, les annuités qu’il nous fallait verser représentaient environ 30 milliards par an. 50, 30. En 2024, c’était 60 milliards. Cette année, 67 milliards. L’année prochaine, en 2026, 75 milliards. L’année suivante, 85 milliards. Et à la fin de la décennie, dit la Cour des comptes, 107 milliards. 50 milliards créés par le travail, plus de 100 milliards transférés à nos créanciers, le double. Autrement dit, tout le travail, l’inventivité du pays pour progresser pendant une année, tout cela est entièrement reversé à nos créanciers. Et la majorité de nos créanciers, 60 %, sont étrangers. Ce sont donc des dépenses obligatoires, totalement improductives. Pas un emploi de plus, pas un service amélioré, pas un équipement mis en place. Notre pays travaille, croit s’enrichir et, tous les ans, s’appauvrit un peu plus. Mesdames et Messieurs les députés, c’est tout.
Bonjour à tous, Mesdames et Messieurs les députés, les débutés autrichiens et autrichiennes. Nous sommes en direct de la salle des Quatre-Colonnes.
Et si c’est insupportable, on ne doit pas le supporter. C’est le sens de la déclaration du Gouvernement à l’Assemblée nationale. Un capitaine du navire, informé de la voie d’eau qui s’élargit sans cesse, du flot qui envahit nos cales, je dis que notre devoir est d’abord et tout de suite de nous mettre à l’étancher, et de nous y mettre tous. Alors on me dit : « Mais ce n’est pas urgent. Ça peut attendre. Vous êtes trop impatients, vous voulez aller trop vite. Le bateau flotte encore, il ne faut pas troubler les passagers et l’équipage. » Là est précisément la confrontation des points de vue. Là est la prise de responsabilité de chacun. Je dis, au contraire, que si nous voulons la sauvegarde du navire, du navire sur lequel nous sommes et sur lequel sont nos enfants, il faut agir sans retard. Et ce n’est pas hors d’atteinte. Cela demande seulement la mobilisation de tous et un effort modéré de chacun, si l’on s’y prend à temps. Mais il convient, même brièvement, d’élargir l’analyse, de dépasser les conséquences que je décris sur la vie des Français et d’envisager, je veux le faire devant vous, ce que seraient les conséquences sur le destin de la France. Nous tous, d’où que nous venions, nous sommes les héritiers de la France. C’est ce destin unique entre les peuples, d’une puissance moyenne par le nombre de ses habitants, mais à vocation universelle, qui nous a faits ce que nous sommes. Et aujourd’hui, le destin de la France, notre nation inscrite dans l’Histoire, se trouve menacé par nos quotidiennes impérities. Pour une nation, la question de l’influence est vitale : la capacité à faire rayonner ses valeurs, nos valeurs françaises et universelles, partout menacées. Les droits de l’homme, et d’abord le droit des femmes, le droit au respect et à la liberté des femmes, le droit des enfants, le droit à la liberté et au respect de la vie privée, le droit à la libre opinion, à la libre conviction, le droit à la libre religion, à la libre philosophie, le droit de se former. Cet ensemble de droits, comme il n’y en eut jamais de plus complet dans le monde depuis que le monde est monde, tout cela, qui le défend, sinon la France ? Et comment la France peut-elle défendre cet ensemble de valeurs, nées en elle-même et par l’Union européenne, si elle s’avère faible, si elle a perdu sa crédibilité en perdant sa souveraineté ? C’est ainsi que nous ne sommes pas, à cet instant, défenseurs de nos seuls intérêts, de notre santé, de notre prospérité. Nous sommes les défenseurs menacés d’un bloc de valeurs, lui aussi menacé. De notre capacité à l’indépendance et à la souveraineté dépend notre capacité d’influence. Du respect que la France impose aux autres dépend le respect qu’on portera à ses valeurs. La soumission par la dette, c’est comme la soumission par la force militaire : dominés par les armes ou dominés par nos créanciers du fait d’une dette qui nous submerge, dans les deux cas, nous perdons notre liberté. Et dans les deux cas, il ne tient qu’à nous de nous émanciper, de retrouver le chemin de la liberté. Cela ne demande qu’un effort sur nous-mêmes. C’est pourquoi la France, sous l’autorité du président de la République et par le vote des parlementaires, a choisi un plan d’équipement de ses armées, de ses hommes et de ses matériels : la loi de programmation militaire. Cette loi, vous le savez, il est nécessaire non seulement de la respecter, mais de l’abonder par des investissements complémentaires, décidés en raison des dangers de toute nature auxquels notre pays et notre continent sont exposés. Ces investissements complémentaires nécessaires sont inscrits : 3 milliards supplémentaires dès cette année dans le plan que nous avons présenté aux Français au mois de juillet. C’est pourquoi, de la même manière, le Gouvernement propose au pays un plan pour aller vers le désendettement, pour que la France échappe en peu d’années à l’inexorable marée de dettes qui la submerge. En quatre années, et c’est un délai raisonnable dans la vie d’un pays et de ses habitants, notre dette n’augmentera plus. Et voilà le plan : atteindre en 2029 le seuil de 3 % de déficit public annuel, seuil à partir duquel la dette n’augmente plus. Et si la dette n’augmente plus, alors le travail des Français, leur inventivité, leur créativité, leur confiance retrouvée remettront le pays à flot, et nous le croyons plus vite qu’on ne croit. Tout nous y invite : les technologies d’un monde qui va de révolution en révolution, l’intelligence artificielle, notre créativité intellectuelle, culturelle, artistique, notre recherche. Si nous savons nous libérer de ces chaînes qui nous entravent, alors tous les épanouissements seront ouverts aux Français d’aujourd’hui et aux générations qui viennent. Tout est prêt, tout est en germe. Ne manque que la détermination de ceux qui veulent s’en sortir. Cela oblige à des efforts, mais des efforts modérés, je le dis, des efforts qu’un pays doit considérer supportables : dépenser un peu moins que ce qui était attendu ou programmé, freiner les dépenses, les étaler dans le temps, mais affirmer devant nos concitoyens et à la face du monde que, si personne ne sera abandonné, ce sont d’abord et avant tout les plus jeunes d’entre nous dont nous devons nous occuper. J’ai été frappé des messages que j’ai reçus pour avoir évoqué les plus jeunes et le poids qui pèse sur leur génération. Ils portent, les plus jeunes, ils portent et vont porter pendant vingt ou trente ans, ou davantage encore, le poids des milliers de milliards de dettes que leurs aînés ont contractées et qu’ils vont, eux, devoir endosser. Elles n’ont pas été contractées pour équiper le pays, comme il aurait fallu, pour décider de leur avenir. Ces milliers de milliards de dettes ont été consacrés à éponger les dépenses courantes de la vie de tous les jours qu’un pays normal devrait assumer à chaque génération pour son compte. Depuis des décennies, sur ce point, nous avons rompu le contrat de confiance entre générations qui est la base du contrat social. J’ai été frappé de vérifier combien les jeunes se sentent génération sacrifiée. Ils disent : « Nous n’aurons pas de retraite. La retraite, ça ne sera jamais pour nous. » Et le double enjeu qu’ils rencontrent aujourd’hui… Oui, oh, je sais très bien que vous voulez qu’on augmente encore les charges sur leurs épaules ! Eh bien nous, nous croyons exactement le contraire. Nous pensons qu’il faut les alléger de manière qu’ils soient libérés de l’esclavage dans lequel on les plonge.
Allez, s’il vous plaît ! Chut ! Chut ! S’il vous plaît, silence !
Il est simple d’évoquer devant vous le double enjeu que ces jeunes rencontrent et, souvent, le double échec dans la recherche du travail et la recherche du logement dans certaines villes et certaines régions, et, sans compter le logement étudiant, des générations qui ne se voient pas d’avenir commun. Cette situation, pour nous, elle est insupportable.
Je fais ce que je peux, mais c’est épique. Regardez la forêt de caméras.
La prise de conscience, c’est aussi celle-là : que les plus avancés en âge unissent leurs efforts pour alléger la dette que les jeunes devront acquitter. Ne leur dites pas que vous les aimez, que vous veillez sur eux, si vous faites semblant d’ignorer la charge écrasante accumulée sur leurs épaules. J’ai parlé de ça. Si vous criez, je bois, donc c’est une bonne chose. Allez, s’il vous plaît, mes chers collègues. Je viens de parler de prise de conscience.
Ayant vécu ces derniers mois cet exercice inédit et, je crois, sans précédent de transparence entre citoyens, j’ai vu la puissance des forces qui veulent qu’on continue à fermer les yeux. Alors certes, il y a un fait nouveau depuis quelques semaines, depuis que nous avons commencé ce travail : la première phrase de ceux-là est devenue : « Nous ne nions pas la situation. » Mais ils ajoutent aussitôt : « Nous sommes en désaccord avec la méthode, avec les décisions prises, avec le rythme du désendettement, avec l’identification des causes, et nous combattrons cela de toutes nos forces, et c’est pourquoi nous voulons faire tomber ce Gouvernement qui nous invite à l’effort. » Les indices, et ne croyez pas que j’ignore l’efficacité du discours : ce sont les immigrés qu’il faut mettre à contribution. Ce sont les étrangers qui sont la cause de tout. C’est auprès de ceux-là que nous gaspillons notre argent et qu’il faut taper dans la caisse. Ou bien, variante de la part des mêmes : c’est l’Europe où nous nous ruinons à respecter nos engagements, 20 milliards là, 10 milliards ici. Et en effet, c’est plus facile. Je suis d’accord, je l’ai dit, pour qu’on vérifie mesure par mesure s’il y a des anomalies, des injustices au détriment de nos compatriotes. J’ai pris la décision d’intervenir à ce sujet cette semaine sur l’aide médicale d’État pour faire entrer dans la norme le rapport présenté par Claude Évin et Patrick Stefanini. Et j’ai été heureux qu’il rappelle que c’est le premier Gouvernement qui prend en compte le rapport depuis deux ans qu’il a été déposé. Mais j’ai entendu des voix qui disaient : « Tout ça nous soulève le cœur. » En tout état de cause, l’addition des économies est très loin de représenter un ordre de grandeur à la dimension du problème. Ou bien, autre discours : ce sont les riches qu’il faut faire payer. Et là encore, et là encore, je ne sous-estime pas l’efficacité du discours. Bernard Arnault est devenu figure emblématique. Lui et ses semblables sont devenus les cibles emblématiques d’une pensée magique. Ils sont comme ces poupées vaudou dans lesquelles on plante des aiguilles pour les atteindre, j’imagine, au portefeuille. On m’accordera, on m’accordera… Je ne suis ni un défenseur attitré ni un stipendié de ces réussites. Mais je n’oublie pas ce qu’elles font tous les jours pour le pays. L’excédent du commerce extérieur dans le secteur du luxe, c’est 40 milliards d’euros par an. Et la valorisation et l’image de la France, qui contribue à l’industrie comme au tourisme, représentent des dizaines de milliers d’emplois. Alors on nous dit : « Il suffit de prendre ce qu’ils ont, ou une large part de ce qu’ils ont, ou chaque année 2 % de ce qu’ils ont, et les problèmes de la France seront réglés. » On oublie deux choses essentielles. La première est qu’un pays comme le nôtre a besoin d’investisseurs. Le 1 % des plus hauts contribuables assume une large part de l’investissement privé dans l’appareil productif en France. Et on oublie une deuxième conséquence : dans le monde de frontières ouvertes où nous vivons, ceux qui sont ciblés ont une réplique très simple et très immédiate : ils déménagent. Ils ont pléthore de pays où ils peuvent trouver un refuge fiscal, en Europe même : le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas pour les entreprises. Demandez à nos voisins…
C’est un refuge fiscal.
Demandez à nos voisins britanniques ! Ils ont décidé de taxer les étrangers qui étaient exonérés de fiscalité. Ces derniers ont déménagé et cela a eu pour conséquence immédiate l’explosion du prix de l’immobilier à Milan. Mentionnons au passage, et François Hollande le sait bien, que ce type de fiscalité est interdit par le Conseil constitutionnel, qui l’a depuis longtemps déclaré confiscatoire, donc inconstitutionnel. Mais je veux réaffirmer ici…
Allez, chacun pourra s’exprimer le moment venu. S’il vous plaît, on écoute le Premier ministre dans le calme. Merci.
Mais je veux réaffirmer ici qu’il conviendra de trouver un type de contribution qui fasse que les très hauts revenus et les très hauts patrimoines soient appelés à participer spécifiquement à l’effort national, et qu’un travail en profondeur soit conduit pour éviter que soient mises en place ou que se perpétuent des stratégies d’optimisation fiscale manifestement anti égalitaires qui, bien que juridiquement correctes, sont moralement discutables. Et j’ai proposé dès la mi-juillet que les commissions parlementaires soient invitées à participer à ce travail de mise au point de cette fiscalité de solidarité. Les solutions de facilité, celles qu’on vante aux Français à longueur de discours, ne suffiront jamais. Notons au passage qu’entre ceux qui affirment : « Nous allons instituer 20 ou 30 milliards d’impôts nouveaux », et ceux qui stipulent : « Pas un euro d’impôt supplémentaire » ; entre ceux qui disent : « Nous allons prendre les ressources dépensées pour les étrangers », et ceux qui déclarent qu’ils s’y opposeront jour et nuit et jusqu’au bout, la conjonction des forces qui annoncent qu’elles veulent additionner leurs voix pour faire tomber le Gouvernement, c’est un tohu-bohu qui se prépare pour la France. Et pardonnez-moi de le rappeler à ce moment : le problème, la menace, le risque pour la France demeureront entiers. Parce que, Mesdames et Messieurs les députés, vous avez le pouvoir de renverser le Gouvernement, mais vous n’avez pas le pouvoir d’effacer le réel. Le réel demeurera inexorable. Les dépenses continueront d’augmenter plus encore et le poids de la dette, déjà insupportable, sera de plus en plus lourd et de plus en plus cher. Il n’y a donc qu’un seul chemin pour que notre pays s’en sorte. Aujourd’hui, comme dans les années 1950, quand le général de Gaulle et, un peu plus tôt, Pierre Mendès France affirmaient tous les deux, dans le même sens, pour l’un que l’équilibre des finances publiques ne devait pas se faire par l’accroissement chronique de la dette et, pour l’autre, qu’« un pays qui n’est pas capable d’équilibrer ses finances publiques est un pays qui s’abandonne ». C’est précisément la question qui est posée aujourd’hui. Mesdames et Messieurs les députés, dans cette démarche inédite qui vise à mettre tous les parlementaires face à leur responsabilité propre, personnelle, humaine, tous ceux qui voient bien que quelque chose ne va pas, même s’il est plus commode d’ignorer cette évidence, dans cette démarche, il y a une certaine idée de la démocratie et du gouvernement d’un peuple. J’ai choisi de m’adresser à vous comme si le destin n’était pas écrit. Comme si la réponse de l’Assemblée nationale à l’engagement de responsabilité n’avait pas été annoncée à cor et à cri, sur tous les tons et toutes les antennes, de la part du plus grand nombre des groupes de cette Assemblée. Je m’adresse à vous en prenant au pied de la lettre les principes énoncés à l’article 27 de la Constitution : « Le droit de vote des membres du Parlement est personnel. » Ce qui veut dire qu’en principe, les mots d’ordre n’ont pas leur place ici. Ce qui a sa place ici, c’est la conscience personnelle de chacun des députés de la nation.
S’il vous plaît, s’il vous plaît.
Tous les partis politiques qui ne font pas partie du Gouvernement ont annoncé leur décision de renverser ce Gouvernement. Exploit tout relatif, permettez-moi de le signaler, puisque ce Gouvernement est sans majorité, ni majorité absolue ni majorité relative, Gouvernement dont la chute irrévocable, je le sais bien, était annoncée depuis la première minute de son existence. Je veux apporter ici une précision. J’ai une haute idée des mouvements politiques. Je me suis engagé quand j’avais à peine plus de vingt ans dans celui auquel j’adhère encore aujourd’hui. Je ne l’ai jamais quitté, je l’ai défendu quand nous n’étions qu’une poignée à y croire encore, je l’ai porté envers et contre tous, et je suis fier de la génération de responsables qui m’entourent aujourd’hui. Et je suis certain que, sur beaucoup de ces bancs, le même sentiment d’intime fidélité et de fierté vis-à-vis du parti auquel vous adhérez est partagé. Mais les partis politiques ont aussi un défaut fondamental, qu’a si précisément vu, y compris à son détriment, le général de Gaulle : c’est que leur logique, toujours, les conduit à la division. C’est une malédiction que nous vérifions à cet instant. Notre pays a le plus urgent besoin de lucidité, il a le plus urgent besoin d’unité, et c’est la division qui menace de l’emporter, qui menace son image et sa réputation. Les forces politiques qui annoncent qu’elles vont faire tomber le Gouvernement, ce sont les forces politiques les plus opposées entre elles, celles qui se désignent comme ennemies, celles qui sont incompatibles par les idées autant que par les arrière-pensées et qui échangent, d’un bout à l’autre de l’hémicycle, les injures et les mises en cause. Ce qu’elles préparent, si leur logique de division l’emporte, j’ai déjà utilisé le terme, c’est le tohu-bohu, le désordre où chacun hurle dans son coin et dont rien de bon ne peut sortir. Le Gouvernement, par ma voix, engage devant vous sa responsabilité. Ce qui signifie que, par ma voix, à la tribune, il dit : « Mesdames et Messieurs les députés, le problème dont nous vous saisissons, comme représentants de la nation, nous paraît si grave, il implique si profondément chacun de nos concitoyens qu’il requiert votre soutien. » Sans un soutien minimal de la part des Français représentés ici par leurs députés, l’action exigeante et courageuse que la situation implique n’a aucune chance de pouvoir s’imposer. Et s’il n’y a pas ce soutien minimal, cette entente minimale entre les grandes sensibilités du pays sur le constat et sur l’impérieuse trajectoire de redressement, alors l’action du Gouvernement serait vouée à l’échec et, pire encore, elle n’aurait pas de sens. S’il s’agit toujours de faire semblant, de ménager la chèvre pour obtenir le chou, de se rendre aux logiques de marchandages et de divisions, de dissimuler l’essentiel pour communiquer sur le secondaire, en sachant qu’on continue la marche vers l’accident, je vous le dis, je ne serai pas l’homme d’une telle politique. Je crois aux compromis, mais je crois aux compromis quand ils respectent l’essentiel : la vérité des hommes et des choses, la hiérarchie des ordres et des urgences. Je crois aux compromis qui ne se construisent pas sur l’ambiguïté. Requérir le soutien du pays lorsqu’il faut agir, c’est pour moi l’article premier du contrat démocratique. Dans des domaines aussi sensibles, je n’ai jamais cru à l’épreuve de force. Je crois à la conviction partagée. Et je crois qu’il convient de vérifier cet accord de fond auprès des Français ou de leurs représentants chaque fois que nécessaire. Ma conviction, c’est qu’au fond, au point où nous en sommes arrivés, il ne reste que deux chemins. Il y a un chemin sur lequel, sur toute la planète, le monde bascule. Le chemin qui considère que la destinée des peuples, c’est d’obéir. Et que, pour que s’instaure cette logique autoritaire contre les droits de l’homme et du citoyen, tous les coups sont permis, que la fin justifie les moyens, notamment l’utilisation de tous les conflits, de toutes les mésententes, de toutes les calomnies qu’il convient de faire flamber. Et vous voyez sans peine, de l’Est lointain, et même de l’Extrême-Orient lointain, à cet Ouest qu’on croyait proche, l’Ouest américain, combien cette conception de l’ homo homini lupus, la loi du plus fort, le rapport de force brutal, paraît s’imposer sous les applaudissements des uns et le découragement des autres. Et nous, nous sommes là pour ranimer l’autre projet. Le projet même de la démocratie, qui considère plus juste, plus intéressant, plus fructueux de respecter le citoyen, même minoritaire, et de le considérer comme partenaire et coresponsable de son propre destin. Cette démarche, cette méthode fait de la vérité partagée avec les Français son arme suprême. Cette méthode conduit à l’unité du pays et elle écarte la malédiction de la division perpétuelle. Quelqu’un que j’aime beaucoup, le philosophe et militant Marc Sangnier, qui siégea dans votre Assemblée deux fois, après la Première Guerre mondiale et après la Deuxième, a défini ce projet de la démocratie : « La démocratie est l’organisation sociale qui porte à son plus haut la conscience et la responsabilité du citoyen. » La conscience, c’est-à-dire la plus juste et la plus lucide compréhension des choses et des événements, et la responsabilité, c’est-à-dire l’engagement. Nous, citoyens, ne sommes pas là pour être condamnés soit à obéir, soit à la révolte. Nous sommes là pour prendre notre part du destin, les yeux ouverts, et la vérité comme boussole. Nous sommes, nous le savons tous, un peuple qui s’interroge, non pas seulement sur son avenir, sur l’avenir du monde et de la planète, mais sur le chemin que l’on peut emprunter pour construire cet avenir. Ce que dit, Mesdames et Messieurs les députés, ce que dit le moment que nous vivons, c’est qu’il y a un chemin, et c’est le seul pour la France : celui de la vérité partagée et du courage qu’on choisit ensemble. Je vous remercie.
Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre.Nous allons entamer la discussion générale et j’appelle Monsieur Boris Vallaud, Président du groupe socialiste.
Alors, on écoute Boris Vallaud. On se met en place pour voir les premiers députés qui viennent sans doute, qui vont venir dans pas longtemps dans la salle des Quatre-Colonnes, s’exprimer auprès de la meute. La meute, c’est le nom que se donnent les journalistes eux-mêmes concernant ces quarante mètres qu’il y a. « Mes chers collègues, nous sommes convoqués ici… » On écoute Vallaud.
Nous n’ignorons rien de la gravité de la situation économique, financière, sociale et politique dans laquelle notre pays se trouve, ni du tragique de l’époque, qui menace en toute chose et à chaque instant d’ébranler le monde tel que nous l’avons connu. Mais il n’est qu’un responsable à la crise, à la débâcle, au désordre de notre pays : le président de la République et, avec lui, ses épigones aveugles, dont vous êtes, Monsieur le Premier ministre, le premier apôtre. Un président battu dont la politique, disqualifiée dans les urnes, nous a conduits à l’impasse dans laquelle nous sommes. La responsabilité politique, c’est l’obligation morale et publique des dirigeants de rendre compte de leurs actes. Vous aimez la vérité ? La voici. Emmanuel Macron n’a cessé d’abîmer le pays, d’appauvrir les pauvres, d’enrichir les riches, de tourner le dos à l’avenir, qui n’est plus que la somme de ses petites lâchetés et de ses renoncements.
Je mets le micro par là, on va voir ce qui se passe. Qui dit quoi ? Bienvenue à toutes et à tous. On est en direct de la salle des Quatre-Colonnes, à l’Assemblée nationale.
Face à l’adversité, vous vous résignez. Face à la difficulté, vous reculez. Face à la responsabilité, vous vous effacez. Dans le grand silence de l’été, nous pensions que vous prépariez le budget : en réalité, vous prépariez votre sortie. Derrière votre geste politique, solitaire et désinvolte, votre faux sacrifice en dissimule un vrai : celui des millions de Français de l’Hexagone et des outre-mer, ces précaires, ces mères seules, ces travailleurs qui ne vivent plus de leur travail, tous ceux pour qui la vie est déjà dure. Après-demain, le 10 septembre, direz-vous, comme Louis de Funès dans La Folie des grandeurs, en entendant la colère des Français : « Ils m’acclament ? »
Ah non, j’ai qu’un seul micro, je ne peux pas tout faire, je peux pas tout faire. Si je mets deux micros, il y a trop de bruit de fond, et donc là, on n’entend pas Vallaud. On attend de voir ce qui va se passer, quel est le premier député ou la première députée à sortir de l’hémicycle pour avoir les honneurs de toutes les caméras et micros. Donc là, je tiens le micro à la main, mais sinon je le branche sur la caméra pour pouvoir tendre le monopole, histoire de s’approcher des paroles des uns et des autres.
Vous voulez poursuivre dans l’errance et dans l’erreur. De quoi votre plan est-il le nom ? Celui de la souffrance humaine, celui de l’injustice sociale, de l’inefficacité économique. C’est l’écrasement d’une croissance parmi les plus faibles d’Europe, c’est la restriction d’un pouvoir d’achat déjà atone, c’est l’augmentation promise du chômage, c’est l’abandon de l’impératif écologique, c’est l’étranglement des services publics, c’est ajouter de la crise à la crise. Il ne suffit pas d’être centriste pour être central. Triste destin que celui que vous promettez à notre pays. Madame la Présidente, mes chers collègues, nous, députés socialistes et apparentés, avons ces derniers mois exercé l’opposition comme on exerce le pouvoir, en responsabilité, en prenant des risques, en nous opposant chaque fois que les principes étaient en jeu et que se dessinait sous nos yeux l’union des droites, en faisant des choix parfois compliqués, en refusant de tenir a priori le compromis pour la part maudite de la politique, en ne perdant jamais de vue, surtout, ni les raisons de ce combat ni les hommes et les femmes pour lesquels nous nous battons ici. Monsieur le Premier ministre, vous n’avez pas été au rendez-vous. Nous n’aurons reçu que désinvolture, manœuvres dilatoires, fausses promesses et vraies trahisons. Nous sommes au regret de ne pouvoir vous faire confiance. En votant aujourd’hui contre cette confiance, les socialistes prennent la responsabilité d’affirmer qu’ils sont prêts, avec la gauche et les écologistes, à gouverner et à rechercher dans un même élan la stabilité politique et la justice fiscale, sociale, territoriale. Nos choix ne sont pas les vôtres, ils sont ceux des Français : pas le travail, le capital ; pas les jours fériés, les héritiers ; pas le ruissellement, la redistribution ; pas les PME, les multinationales ; pas la récession, la relance. Nous proposons un autre chemin, celui des peuples qui refusent la résignation et regardent plus loin que leurs chaînes. Aux Français les plus modestes, lassés du sacrifice sans horizon, nous disons le droit de vivre de leur travail. La baisse de la CSG que nous voulons, c’est 900 euros de plus par an pour un salarié au SMIC, 1 500 euros pour un couple gagnant 1 920 euros chaque mois.
Vous l’entendez un petit peu, Vallaud, ou pas ?
Aux richesses insolentes, aux fortunes doublées en dix ans, aux grandes entreprises qui paient moins que les PME et profitent davantage, nous disons : le temps du patriotisme économique et de la justice fiscale est venu. À la France, patrie du courage heureux, qui doute de son destin, nous disons : l’élan plutôt que le déclin. Un plan de relance réveillera nos territoires, réarmera nos usines, soutiendra hôpitaux et écoles, préparera l’avenir. À l’Histoire, enfin, qui nous regarde, nous disons : oui, nous réduirons les déficits et la dette, mais sans écraser les existences. Ce n’est pas la vie qu’il faut taxer, c’est l’injustice qu’il faut abolir. Ce soir, les cartes Vitale ne cesseront pas de fonctionner et la politique ne sera pas projetée hors de son orbite. C’est un nouvel horizon qui s’ouvre pour la gauche et pour le pays. À ceux qui nous font reproche de vouloir exercer le pouvoir et pensent que « gouverner, c’est trahir », je réponds : exercer les responsabilités, c’est être fidèle au contrat qui nous lie aux électeurs qui espèrent de la gauche un changement dans leur vie, aux classes populaires qui ont bien conscience de leurs intérêts, qui ne peuvent se payer le luxe d’attendre leur hypothétique délivrance par une nouvelle élection, qui préfèrent l’action, même imparfaite, au verbe impuissant et qui savent qu’un pas en avant vaut mieux que mille programmes. À ceux qui objectent l’absence de majorité, je dis qu’il en existe une dans le pays : la majorité des vies difficiles, la majorité absolue des Français qui disent leur colère et leur refus d’une politique qui, depuis huit ans, ne se préoccupe pas d’eux. Je dis qu’il en existe une ici : la majorité des députés élus dans l’élan du front républicain, tenus à un seul engagement et une seule promesse : ne rien céder à l’extrême droite. Députés du socle commun, je m’adresse à vous : si vous aimez la République, demeurez fidèles à ce serment. Si vous aimez la France, entendez le pays qui souffre. Si vous aimez la démocratie, acceptez le désir de changement des Français. Oui, c’est désormais à la gauche arrivée en tête de gouverner, à celles et à ceux qui veulent assumer leurs responsabilités de prendre l’initiative. Et, comme socialistes, nous ne nous déroberons pas. Nous n’avons qu’une exigence : servir, avec une autre politique, mais aussi une autre méthode. Voilà pourquoi nous dirons que c’est au Parlement, ici, sur la base de nos propositions, sans recours au 49.3, que nous chercherons des majorités autour de quelques priorités qui répondent à l’urgence des Français et aux attentes du pays, jusqu’à la grande explication, jusqu’au grand rendez-vous démocratique de 2027. Négocier, ce n’est pas capituler ni renoncer à ses espérances. Ce n’est pas nier le dissensus, solder le désaccord ou fabriquer des majorités artificielles. Vous êtes la droite, nous sommes la gauche. Mais c’est un acte de confiance dans la démocratie parlementaire et dans les forces républicaines qui peuplent notre Assemblée et qui peuvent se retrouver dès demain. Mes chers collègues, Victor Hugo nous avertissait ici, il y a cent soixante-quinze ans, parce qu’il haïssait les catastrophes et détestait les écroulements : « Aux hommes assez insensés pour dire : L’humanité ne marchera pas, Dieu répond par la terre qui tremble ! » Aujourd’hui, aux hommes assez insensés pour espérer des artisans du naufrage les moyens de s’en sortir, le pays répond par un cri. Ce cri qui monte, il faut l’entendre aujourd’hui. Il est encore celui de l’espoir. Ne le décevons pas. De là où il est, il est temps au président de la République de faire son devoir plutôt que de céder à son bon plaisir.
Nous y revoilà. Nous y revoilà donc, moins de neuf mois après. Et à chaque étape, on enfonce encore un peu plus notre pays dans la voie de l’instabilité. Quelles que soient nos opinions sur tous ces bancs, quelles que soient nos convictions, personne ne peut s’enlever de l’idée que, si nous sommes ici, c’est parce que nous aimons la République. Si nous sommes ici, c’est parce qu’à travers notre engagement, nous voulons contribuer à la construction de notre pays, parce que nous l’aimons tous. Et nous ne pouvons que ressentir de la tristesse face à ce qu’est en train de devenir la politique française. Je me souviens quand je suis entré ici pour la première fois, l’émotion que j’avais en entrant dans cet hémicycle, le sacré de ce qu’est la politique, le poids de l’Histoire. Ici, où se sont exprimés certains des esprits les plus brillants de notre République : celui de Jules Ferry, celui de Jean Jaurès, celui du général de Gaulle, celui de Philippe Séguin. Aussi différents soient-ils, ce qui les animait tous, c’était une certaine idée de la France. Et nous voilà confrontés aujourd’hui à nouveau à ces vieux démons. Les vieux démons, ce sont ceux de l’instabilité. L’instabilité, dans l’histoire de notre pays, n’est pas quelque chose que nous n’avons pas déjà vu. N’oublions pas qu’ici, à l’époque de la Quatrième République, les gouvernements tombaient les uns après les autres et la démocratie était menacée. Le général de Gaulle a redonné à la France sa stabilité avec les institutions de la Cinquième République. Son Premier ministre, un des meilleurs Premiers ministres que la France ait connus, Georges Pompidou, est resté six ans aux responsabilités. Et c’est cette durée qui a permis son action dans le temps long. Et nous, au cours des deux ans, quatre Premiers ministres. L’instabilité politique, pour ceux qui s’amusent de tout cela, vous feriez bien de vous rappeler à quel point c’est un poison économique. Il y a, dans le même temps, ici, où pendant qu’à l’Assemblée nationale certains s’amusent de tout cela, cherchent à en profiter, utilisent des invectives et des cris qui tiennent maintenant lieu de délibération du bien commun, il y a dans notre pays des artisans, des commerçants, des professions libérales, des entreprises, des salariés qui, eux, savent le prix que l’on paie quand on déstabilise économiquement notre pays et ses institutions. Et tous les Français, tous les Français ont payé les conséquences : le déficit, le surendettement, la désindustrialisation, l’insécurité, l’immigration hors de contrôle. Nous en sommes au point où la France s’endette maintenant à des taux supérieurs à ceux de la Grèce, Monsieur le Premier ministre. Oui, vous avez raison de nous alerter là-dessus. Et nous en sommes, en même temps, et les deux symboles sont redoutables de ce qu’ils disent de ce qu’est le déclin de notre pays, où des narcotrafiquants versent maintenant des aides sociales aux habitants de nos cités. Dans cette période, il y a quelqu’un qui agite tous les désordres parce qu’il espère en profiter. Dans cette période, il y a quelqu’un qui n’attend que le chaos parce qu’il espère la révolution. C’est Jean-Luc Mélenchon. Et la récupération politique qu’il cherche à faire du mouvement du 10 septembre est le signe de sa stratégie du chaos. Et je le dis aujourd’hui plus que jamais : l’extrême gauche est le premier danger politique pour la République française, LFI avec Jean-Luc Mélenchon.
Ah bah justement, elle est à l’extrême gauche, je crois. Bon, je ne sais pas qui parle, je ne sais pas ce qu’il dit, mais je suis là avec vous, où la fourmilière vient de s’élancer. Regardez ces micros, ces perches, se balader ici, c’est pas magnifique ? Donc nous sommes en direct depuis 15 heures. Nous avons eu la Garde républicaine, nous avons eu un François Bayrou soporifique. C’est fou comme cet homme n’aura jamais gagné, en fait. Il aura hanté les couloirs du pouvoir, il nous aura fait chier pendant des années avec un discours tiède et des baffes mal lancées. Le mec, il est Premier ministre, il plante tout. C’est quand même assez exceptionnel. Donc là, nous sommes dans notre documentaire animalier, en direct des Quatre-Colonnes. Vous voyez, il s’agite un certain nombre de bipèdes munis de micros et de caméras. Nous allons prendre un petit peu l’air dans quelques instants parce qu’il fait très, très chaud ici. Et nous avons ensuite entendu Boris Vallaud faire une offre de service, si j’ai bien compris. Ça va bien. Une offre de service à Macron, en disant qu’il voulait gouverner. Et ensuite, Boris… pas Boris, comment il s’appelle ? Laurent Wauquiez, l’homme des chèques-déjeuners, qui nous explique combien il est attaché à la République et combien le mal, c’est Jean-Luc, comme Mélenchon. Donc on va s’approcher de certains députés qui ont fini de parler, etc. Je n’étais pas sûr que ce soit lui, j’ai cru comprendre que c’était lui. On ira peut-être le voir tout à l’heure si jamais il sort sous les micros. Ni autocollant RN, ni autocollant Au Poste, c’est déjà mieux, il y a déjà du progrès. Qu’est-ce que vous avez pensé, vous, des discours de Vallaud, Wauquiez et Bayrou, vous qui entendiez bien ? Alors, pour tout vous dire, j’ai démarré très tôt ce matin avec la matinale. J’ai avalé un sandwich et je n’ai même pas eu de kawa après le sandwich. Ça, c’est un vrai, vrai problème. « C’était long », nous dit Yves. « J’ai détesté Wauquiez. » « C’était soporifique », nous dit Muscade. « Fidèles à eux-mêmes », nous dit Olaven. « Vive Léo, je suis convaincu que tout est de la faute de Mélenchon. » Merci à lui. Maître Bel : « Je me suis assoupi. » Donc Vallaud a vraiment dit : « Qu’ils viennent nous chercher. » Donc il est 16 heures. Je rappelle le programme : il y a onze prises de parole, les chefs de groupe. Et à la fin, il y a un vote à bulletin secret dans les salons, ce qui veut dire que ça prend un petit peu de temps. Wauquiez est en train, doucement, de dire à Bayrou qu’ils vont voter contre. « Vallaud était bof », nous dit Eli-Elio. Non, le scrutin public ? Ah bon ? Ah ben alors, Ératosthène, je n’avais pas lu ça dans Libération. Oui, il y a du café à la buvette, mais là, c’est un peu compliqué d’aller à la buvette maintenant. Alors, le scrutin est public. Très bien, très bien. Alors, je vais sortir un petit peu pour prendre l’air. Ne m’en voulez pas. De jolis jardins. Allons-y, débarrassons-nous. Voilà, là, il fait bon. Là, il fait bon, là, il fait bon ! Voilà, nous sommes dans les jardins de l’Assemblée nationale. J’espère que ça passe toujours. Ah, je prends un petit peu l’air, ne m’en voulez pas, ça fait du bien. N’hésitez pas à suivre sur les autres chaînes les discours des uns et des autres. Nous, on est plutôt coulisses, on est plutôt derrière. Voilà cette très belle entrée de la salle des Quatre-Colonnes. J’oublie toujours le thermos, j’oublie toujours la gourde. Le thermos, ce n’est pas dans mes habitudes. Bonjour ! Oh bah tiens ! Alors, comment ça va ?
Moi, ça va bien, parce qu’il faut une rentrée offensive et on commence. Donc on commence aujourd’hui, le 8, en dégageant Bayrou, et puis on va suivre, accompagner les mobilisations sociales et faire en sorte que ça change vraiment les choses, quoi.
Alors Laurent Wauquiez, il n’a pas accusé tout à fait ton parti. Oui, je pense qu’aujourd’hui, c’est plutôt une belle journée. Enfin, tes camarades, la gauche… Il a dit Mélenchon, Mélenchon c’était le mal, Mélenchon, il veut le chaos et d’ailleurs il soutient le 10 septembre. Qu’est-ce que tu réponds à ça, le fait que la gauche appelle à tout bloquer ?
Ce qui me frappe chez Bayrou, mais chez Macron et…
C’est vous qui l’avez dit.
…chez ceux qui gouvernent maintenant depuis huit ans, et d’autres seulement depuis un an, c’est cette peur du verdict des urnes et cette peur du peuple, en réalité. Quand le peuple s’exprime, c’est le chaos. C’est quand même fou, en termes démocratiques, ce type de pensée. Donc non, moi, je pense justement que Bayrou, les politiques macronistes, qui ont fait exploser les inégalités sociales, qui ont fait augmenter la misère dans le pays, c’est ça, le chaos ! C’est ça qui ne va pas, en réalité. C’est pour ça qu’on est là aujourd’hui, c’est pour dire stop. On n’y arrivera pas tout seul, ça, c’est évident. Et donc il faut que les gens puissent trouver des espaces de mobilisation. Et si on peut faire en sorte d’être un relais à l’Assemblée nationale, mais aussi de les accompagner dans la rue, on sera là.
Bon alors, tu sais que les oppositions… les oppositions… enfin, tu le sais pas, mais ils sont un peu vénères des guéguerres chez nous, à gauche. Alors Elsa, qu’est-ce que tu comptes faire pour arrêter tout ça ?
Déjà, je te dirais que ça fait un moment que je me bats pour l’unité. Je pense d’ailleurs depuis que je suis militante communiste. Et je vois que parfois, ça fonctionne quand même et que ça fonctionne bien. Donc j’ai envie de rappeler à mes camarades que l’année dernière, en juin et juillet 2024, cette unité, elle nous a permis de nous placer en tête. Elle a permis que les aspirations populaires majoritaires arrivent en tête. Alors certes, ça n’a pas permis de réveiller complètement Macron, mais en tout cas, je trouve que c’était une sacrée pierre posée. Et je ne vois pas comment, divisés, on permettrait de dégager de l’espoir dans la population. Je ne vois pas comment, divisés, on entend gagner. Donc je vais continuer ce que j’ai fait jusque-là, c’est-à-dire continuer à dire ça, continuer à participer à tous les espaces où on est ensemble, continuer à créer des espaces où on est ensemble, parce que je crois que c’est comme ça qu’on y arrivera.
Est-ce qu’entre les déclarations tonitruantes sur les plateaux et puis tous les lieux de discussion auxquels tu as accès, j’imagine ici, dans les couloirs de l’Assemblée et ailleurs, est-ce que le discours est différent ou pas ? Ou c’est aussi martial et bestial ?
On ne va pas se raconter d’histoires : en ce moment, on n’est pas dans le moment le plus fraternel à gauche, faut ne pas se mentir. En revanche, j’ai toujours remarqué que dans les moments d’urgence, dans les moments au pied du mur, là où on doit prendre nos responsabilités, on a tendance à les prendre. Donc je me dis que c’est le moment, là. On est dans un moment comme ça, un moment où il faut prendre nos responsabilités. Donc j’espère que, et dans les couloirs, parce que c’est pas ça le plus important, et dans les déclarations, on sera en capacité de réagir. Et de réagir, ben… Si on a une grosse mobilisation sociale le 10, mais aussi le 11, les jours qui suivent, et le 18, eh bien, que ça nous donne un peu ce réveil unitaire, comme l’avait fait la réforme des retraites, quelque part.
Dernière question, après je te laisse tranquille : le 17 septembre, tu fais quoi ? Tu bloques qui ? Tu bloques quoi ?
On ne va pas tout dire avant, hé ! Non, déjà, dans ma circonscription, j’ai plusieurs… plusieurs grèves, plusieurs points qui sont annoncés. Donc évidemment, j’y serai : à l’hôpital, avec les copains d’EDF, tout ça. Puis après, il y a quelques surprises. On ne va pas tout leur dire aux autres avant, non. Donc voilà. Peut-être qu’il faudra que j’aille en chercher quelques-uns au poste.
Merci beaucoup, Elsa. À très vite, merci beaucoup. C’était donc Elsa Faucillon. Alors, pour le décalage son-image, les amis, je ne peux rien faire. Je ne peux rien faire, sauf à redémarrer le live, mais ce serait un peu dommage. Je ne peux absolument rien faire. Je suis absolument désolé là-dessus. Il faut comprendre que notre moyen de communication, c’est tout simplement la 5G ou la 4G, et évidemment, là, il y a beaucoup, beaucoup de monde, il y a beaucoup de téléphones, donc il y a beaucoup de sollicitations du réseau. Je peux pas faire autrement. Et le décalage, il est dû au fait que ça fait un certain nombre de temps que nous sommes en live. Je peux… Alors, on me dit que Cyrielle Chatelain est en train de prendre la parole. Deux secondes de décalage, ça va, deux secondes, ce n’est pas la mer à boire. Si vous voulez, je peux essayer de faire un refresh de mon côté. Je vais essayer, si vous voulez. Alors, je suis désolé, je ne suis pas ultra-physionomiste et donc je ne reconnais pas forcément, je n’ai pas forcément les noms des gens tout de suite. Voilà. J’espère que vous êtes heureux et heureuses d’être là, de participer à cet événement. Je reconnais les gens de droite, mais je ne sais pas qui… enfin, je les reconnais, je vois leur allure. Ils doivent penser la même chose, mais par contre, je ne sais pas qui c’est. Donc là, nous sommes devant l’entrée de la salle des Quatre-Colonnes. Donc elle semblait dire qu’il y avait des actions qui étaient en gestation pour le 10. Pour le 10, alors à ce sujet, le 10, je ne sais pas encore ce qu’on va faire, si on va être en direct ou pas, car je ne sais absolument pas ce qui va se passer à Paris, ici. C’est intéressant de filmer. Et par ailleurs, on fait une rentrée sur les chapeaux de roue et on est déjà claqués. Donc il faut choisir. Je ne sais pas encore comment on va faire, je vous dirai. En tout cas, suivez la chaîne sur YouTube ou sur Twitch ou sur AuPoste.fr, abonnez-vous à la newsletter et vous aurez des notifications. Non, non, FU, nous avons le droit de filmer. Tiens, regardez qui est là : Éric Coquerel, qui était ce matin… Il est juste en face de moi, qui était à Au Poste, qui a eu la gentillesse de venir dans notre matinale. Hop, il vient de s’éclipser, là, sur la gauche. Alors non, je vous rappelle que ça a été consacré par les plus hautes instances européennes : la police est filmable par n’importe qui. Je ne dis pas que c’est facile, mais je dis juste que c’est la loi. Rien n’empêche de filmer la police dès lors qu’elle est dans l’exercice de ses fonctions. Bon, un flic qui rentre chez lui, non, mais un flic qui contrôle quelqu’un, oui. Voilà. Donc le 10 ou pas le 10, tout le monde a le droit de filmer. Là-dessus, Retailleau sort les gros moyens et il y a effectivement cette idée de vouloir appliquer, par une… Ce n’est même pas une circulaire, par une note, un schéma dit de violences urbaines, qui consisteraient à considérer que dès lors qu’on n’est plus dans une manifestation mais qu’il y a du grabuge, on passerait en violences urbaines. Auquel cas il y aurait l’armada, je vais dire militaire, mais quasi : le RAID, la BRI, etc., qui pourrait entrer en action. On en a parlé ce matin lors de la matinale. Et effectivement, au détour de cette circulaire, il a été dit que les journalistes ne jouiraient pas des mêmes prérogatives, je vais dire ça comme ça, que lors des manifestations. Car en effet, il y a eu des syndicats de journalistes, il y a eu Reporters sans frontières et d’autres qui sont allés négocier, il y a quelques années, auprès du ministère de l’Intérieur, la possibilité de filmer, d’être bien sûrs que c’était tout à fait possible. Discussion que j’ai trouvée un peu étrange, pour ma part, parce que je considère que tout le monde doit pouvoir filmer et pas uniquement les journalistes. En tout cas, ils avaient obtenu gain de cause par rapport à ça. Et ne voilà-t-il pas que le ministère de l’Intérieur dit : attention, si ça dégénère, c’est plus des manifs, c’est plus du maintien de l’ordre, c’est de la violence urbaine, des violences urbaines, et donc là, à ce moment-là, on… on passe à un autre registre. Alors, je ne comprends pas, Retailleau a repris la parole ? Qu’est-ce que je veux dire ? Wauquiez a repris la parole. Allez, on va retourner dans la salle des Quatre-Colonnes et on reprendra un peu le soleil tout à l’heure.
Ça va bien ?
Nicolas, tu peux venir une seconde ? Je vais t’interviewer. Viens, viens, viens en bas.
Mais bien sûr. Là, j’étais en train de parler à un facho. Il y en a plein, c’est simple, il y en a plein.
Ah merde, t’étais en train de bosser !
Ouais, ben je bossais.
Je sais, je passe souvent.
Parce que toi, ton plaisir… Nicolas Massol, de Libération, un des quatre mousquetaires de Frontal.
Trois ! Parce qu’on a perdu un mousquetaire, Tristan Berteloot, qui s’est fait débaucher par Le Canard. Donc vous aurez la chance de lire et l’honneur de le lire dans Le Canard enchaîné tous les mercredis. Mais restez abonnés à Frontal quand même.
Alors, Frontal, c’est la newsletter de Libération qui, demain, je crois, va faire une petite brève sur le fait que des amis de Frontières se sont fait passer pour Au Poste. Tu étais au courant de ça ?
C’est quoi, cette histoire ?
Ah, tu vas voir !
C’est pour Au Poste, aux AMFIS ? D’accord, mais tu l’as vu, il est là ! Il est là avec son costard de croque-mort, là !
Bon, Nicolas, à quoi ça sert ?
Ça sert un peu pour tout le monde, mais moi, ça me permet d’être en immersion quand j’envoie des textos.
Dans la liste de presse écrite, d’être aux Quatre-Colonnes.
Des députés ou des cadres du RN, ils ne me répondent pas forcément. Donc là, en gros, ça me permet de les choper et de leur dire : « Bon bah alors, voilà, est-ce que vous avez une réaction là-dessus ? », etc. C’est aussi simple que ça. Ce n’est pas d’une utilité folle, hein.
Donc ce que tu aimes, c’est le contact humain, finalement.
C’est pour ça que j’ai fait ce métier.
C’est la poignée de main.
Voilà, exactement. C’est la poignée de main, la petite blague, etc. Et puis dans le parti, c’est pour ça que j’ai choisi ce parti-là. Je rigole. Ton truc, c’est… En vrai, ça permet d’avoir des réactions, de leur parler et de savoir un petit peu ce qu’ils veulent, typiquement, qu’est-ce qu’ils pensent de la démission, de la destitution, etc. Voilà, ça me permet de faire mon travail de journaliste politique.
Est-ce que tu peux nous offrir ton analyse ? Quel est l’intérêt pour le Rassemblement national qu’on soit à nouveau dans la Quatrième République ? Est-ce qu’ils ont intérêt à la dissolution ? Est-ce qu’ils ont intérêt à la destitution ? Est-ce qu’ils ont intérêt à ce que Macron s’en aille ? Là, je pense évidemment à Marine, Marine la fille, la fille. Est-ce qu’elle a intérêt ou pas ? Eux, eu égard à ses déboires judiciaires, plus toutes les casseroles que vous sortez… Elle en doit, du pognon, là, de manière hypothétique ? Elle en doit, du pognon à… à Bruxelles ? Non mais sérieusement, dans quelle sauce ils sont ?
La situation n’est pas très facile pour eux parce qu’effectivement, il y a ce problème de Marine Le Pen qui, en cas de dissolution, sera inéligible. Même s’ils prétendent qu’elle veut déposer un recours pour faire sauter son inéligibilité, personne n’y croit. D’ailleurs, quand on leur parle, ça permet de voir un petit peu ce qu’ils croient, ce qu’ils pensent, comment ils jugent la situation, etc. La majorité des mecs d’extrême droite auxquels j’ai parlé, là, commencent à penser que c’est un peu cuit pour elle, quoi. Et ils le disent, quoi, ils le disent un petit peu. Donc c’est compliqué. En même temps, elle a une base. Moi, hier, j’étais à Hénin-Beaumont pour son discours de rentrée. En fait, elle a une base assez dégagiste. Il y a plus de 80 %, je crois, des sympathisants FN qui ont envie de, enfin, qui réclament la dissolution. Donc, en fait, elle est obligée de pousser à la dissolution. En même temps, elle doit aussi rassurer un nouvel électorat, plus retraité, plus conservateur, plus de droite, plus bourgeois. Et donc, en fait, elle ne doit pas dissoudre a priori. Donc là, ce que fait Bayrou. En fait, Bayrou saute lui-même par la fenêtre. Donc il fait une erreur. Donc là, évidemment, elle peut pas voter la confiance. Donc elle fait tomber. Mais lorsqu’un prochain macroniste arrivera à Matignon, manifestement, elle attendra un mois, peut-être un mois et demi, avant de voter la censure. Elle est obligée de voter la censure, en fait. Donc c’est pas totalement facile pour eux. Mais ils considèrent qu’ils ne sont pas responsables de la situation. D’ailleurs, les sondages montrent que les Français considèrent qu’ils ne sont pas responsables de la situation. Ils pensent que, si dissolution il y a, ils augmenteront leur nombre de sièges. Ils font comme s’ils pouvaient avoir la majorité absolue, mais en fait, ils l’auront jamais, quoi. Donc je sais pas. C’est un jeu de dupes, mais ils n’ont pas trop le choix, quoi.
Il n’y a aucune possibilité de coup de Trafalgar de leur part ? La question posée autrement : est-ce que Marine Le Pen, parce que son parti arriverait d’une manière ou d’une autre au pouvoir, pourrait échapper à sa destinée judiciaire ?
Non, quand même. Espérons qu’il n’y ait pas de coup d’État fasciste d’ici là. Non, c’est compliqué, parce que là, du coup, j’imagine que tu l’as dit à tes abonnés, mais le procès va se tenir à partir de janvier, donc c’est plus tôt.
Alors voilà, on ne savait pas. On avait lu Libération, qui nous rappelait que c’était aujourd’hui qu’on attendait. Et alors donc, c’est quand ? Dis-moi, c’est quand ? C’est le 13 février, je crois ? Le 13 janvier, je crois.
Ouais, c’est le 13 janvier, en gros, là.
Donc le 13 janvier, c’est là.
C’est l’appel. Donc, en fait, ce qui va se passer, c’est que vraisemblablement, du coup, le jugement en appel va tomber plus tôt que prévu. Ce qui permettra, de toute façon, que la condamnation définitive arrive assez tôt. Ensuite, elle pourra se pourvoir en cassation, ou pas, on ne sait pas trop. Et quand on leur parle, j’ai l’impression que le système de défense ne va pas changer. Donc, à partir du moment où le système de défense ne va pas changer : « Je suis innocente, je ne reconnais rien », il y a le risque de récidive. Donc il y a exécution provisoire. Donc, en fait, a priori, on repart vers une peine confirmée en appel. En tout cas, c’est ce qu’ont l’air de penser les gens. Donc là, j’ai l’impression que ce n’est pas très bon pour Le Pen, au sens où, si elle se pourvoit en cassation, le jugement définitif risque de tomber bien avant 2027. Et donc, en fait… Parce que la porte, pour Le Pen, ce qu’elle souhaite, c’est que la peine soit confirmée, mais sans exécution provisoire, qu’elle se pourvoie en cassation ensuite et que la cassation tombe après 2027. C’était un peu son pari. Mais là, globalement, ce ne sera pas possible. Donc tout ça sera jugé avant 2027 et donc on saura avant 2027… Le procès en appel est bien fixé du 13 janvier au 12 février 2026.
Quand tu dis « on saura », tu veux dire comme candidate.
Comme candidate, comme candidate. On aura vraisemblablement Bardella, mais je ne veux pas trop…
Dernière question, Nicolas Massol, après je te reprendrai vers 19 heures. C’est un bonheur de t’écouter. Quand est-ce que la baudruche Bardella se dégonfle ? Tes amis avec qui tu discutes, ils n’ont pas envie de le tacler un peu à l’intérieur ? Compliqué ?
Alors, je précise quand même que ce ne sont pas mes amis. Non, parce qu’on a eu une des scènes…
Il va pas lui faire une Mégret ou quelque chose comme ça ?
…récemment entre les journalistes politiques et certains députés. Oh oui, surtout un mec de Libé, d’ailleurs ! Voilà, mais je précise que nous ne sommes pas vendus qu’à la social-démocratie. C’est une blague, vraiment. Merde, qu’est-ce que je voulais dire ? Vous pouvez donc… Bardella. Non, en fait, franchement, c’est quand même assez calme, c’est quand même assez calme. En interne, il y a évidemment des petits achoppements, parfois ça gueule, etc. Il y a les entourages, notamment des gens qui sont plus souverainistes, vous voyez, plus antisystème, par exemple comme Jean-Philippe Tanguy, qui trouvent que Bardella veut trop droitiser, mais au sens droitiser de rendre plus libéral, plus lisse, revenir sur les retraites, etc. Donc ça, ça entrechoque un petit peu. Le problème du RN et de l’extrême droite en général, c’est pas le fond programmatique. Enfin, les gens, les cadres ne sont pas au RN pour défendre les retraites. Donc Bardella apparaît comme la meilleure chance, effectivement, comme une des meilleures chances pour le RN d’arriver au pouvoir. D’ailleurs, de plus en plus, plus lui que Marine Le Pen, quand on parle aux militants, quand on parle à certains cadres. Mais vraiment, il y a cette idée que Bardella, ça peut marcher, tandis que Le Pen, elle aura toujours ce truc, ce nom, ce patronyme, tu vois ? Donc, en fait, je ne vois pas du tout de scénario de scission pour le moment.
Merci Nicolas, merci d’avoir pris le temps et à tout à l’heure. On te remercie. On te dit que tu as un boulot difficile. Évidemment, il y a une question piège : as-tu goûté la sauce DM ?
Ça te dit quelque chose ? Ouais, j’ai vu aussi qu’on avait mis en demeure le truc, ouais. Ce n’est pas cool. Ce n’était pas très Charlie, ouais, c’est couillon. Ouais, mais on a eu très honte de ça, collectivement, je crois. Je ne sais pas si on a fait un communiqué pour le dire, etc. Mais désolé, on pensait qu’on était un peu plus marrants.
Alors, c’est le chef des opérations commerciales qui a envoyé un petit… Si, c’était moi, j’ai vu la lettre. Oui, oui, oui. Ce n’est pas la rédaction, évidemment.
On est un peu montés sur nos grands chevaux au nom de la liberté de la presse. C’est bon, ça nous a un peu foutu le truc en l’air. Désolé les gars, voilà, c’était comme ça. Écoute, personne n’est parfait, personne n’est parfait, voilà. Et c’est pour ça qu’on aime Libé, c’est pour ça qu’on aime Libé.
Allez, cours, vole et nous venge ! À bientôt Nicolas, merci beaucoup. Merci beaucoup et merci pour ta franchise. Super, super. Eh ben voilà, vous pouvez transmettre à nos amis de Libé. Visiblement, à Libération, ils n’étaient pas très contents. Donc, pour ceux qui déboulent, en fait, c’est L’Enlysée qui a fait une sauce, la sauce DM, qui sera d’ailleurs en vente à la Fête de l’Humanité vendredi, samedi, dimanche. La sauce qui a le goût de la trahison. Je l’ai goûtée et la mise en bouche est douce, il y a quelque chose de mielleux, et puis alors après, ça dégage vraiment un truc extrêmement épicé.
Est-ce que vous m’entendez ? Ne partez pas, les amis. Voilà, le téléphone qui dessert la caméra était trop chaud, donc il a coupé. Il a coupé. Voilà, là, je me suis mis à l’intérieur des Quatre-Colonnes, d’ailleurs, attendez, je vais bouger la caméra, où il fait un petit peu plus frais qu’à l’extérieur. Voilà. Mais je crois que vous avez entendu tout Nicolas, Nicolas Massol. Tiens, allez, on va aller voir… Antoine ! Antoine ! Tu peux venir une seconde ?
J’arrive, j’ai mon collab qui m’a demandé de passer dehors.
Alors, on t’attend après que tu aies vu tout ça.
J’arrive après.
Merci beaucoup. Voilà, on attend Antoine Léaument. En fait, je ne peux pas lui dire que je ne peux pas sortir parce qu’il fait trop chaud. Ah oui, le goût de la sauce, oui, voilà. Donc je vais vous parler du goût de la sauce. Donc c’est une sauce extrêmement traître, qui démarre sur des douceurs de miel et qui se termine par des relents de piment terribles. Voilà. Et donc c’est la sauce DM, des copains de L’Enlysée. Voilà, chers amis, je ne sais pas si vous avez besoin de faire F5 ou pas. Est-ce que vous aviez toujours le live avec le panneau disant qu’on n’avait plus de signal ? Aurélien, si tu peux me dire l’interruption, qu’est-ce qu’il y a à l’antenne ? Le panneau ? Oui ? Bon bah c’est super, donc comme ça on ne peut pas avoir… Là, voilà. Merci Antoine, merci beaucoup. Ça va ? Alors, et toi, ça va ?
C’est une belle journée.
Pourquoi ? Parce que vous êtes pour le chaos, le tohu-bohu ? Vous aimez le tohu-bohu ? Vous dansez le tohu-bohu ?
Non, je ne sais pas. Non, c’est une journée de soulagement parce que ça veut dire que là, en faisant tomber Bayrou, on fait tomber les deux jours fériés supprimés, on fait tomber les économies budgétaires qu’ils voulaient faire sur l’hôpital, sur l’école, un peu partout. Donc je pense que, dans la masse du peuple français, il y a la volonté que Bayrou dégage et que Macron le suive pour régler le problème démocratique. Donc là, aujourd’hui, c’est une première étape. Demain, on dépose une motion de destitution du président de la République. On l’avait déjà fait l’année dernière. L’article 68 de la Constitution avait… voté contre, le Rassemblement national et le PS, ce qui n’avait pas permis que ça passe, parce que… si ça se trouve, une majorité simple suffit, je ne sais pas, les constitutionnalistes étudieront la question. En plus, il faut une majorité des deux tiers. Cela dit, en commission des lois, ce n’est pas expliqué. Donc si, mais toujours est-il que là, maintenant, tout le monde comprend qu’il faut que Macron dégage et que, si on ne fait pas partir le président de la République, on ne règle pas le problème démocratique. Et même une dissolution, moi, je suis pour un retour aux urnes, mais une dissolution donnerait à peu près des résultats similaires. Sans doute qu’il y aurait moins de députés du prétendu socle commun, mais on a vu aujourd’hui qu’ils n’avaient pas grand-chose de commun, et qu’il y aurait un accroissement des députés de gauche, un accroissement des députés RN, mais ça ne fait toujours pas de quoi faire une majorité. Et puis, même si on gagnait, il est assez vraisemblable que Macron ne respecterait pas le résultat des urnes non plus. Donc il faut qu’il s’en aille, quoi.
Est-ce que ça te fait marrer, d’une certaine manière, qu’on se transforme en Troisième République ? Est-ce qu’il y a quelque chose de savoureux là-dedans, mais qui serait un plaisir honteux ?
Ben, je trouve que ce qu’on nous a vendu sur la Ve République, en nous disant qu’elle permettait une stabilité, que c’était le régime qui avait permis d’éviter l’instabilité, on voit aujourd’hui que ce n’est pas le cas. Mais il y a une cause à ça, c’est qu’il y a eu un irrespect du vote populaire. Il y a eu un vote populaire, il est allé dans une direction, Macron a dit : « Non, on s’en fout, on fait comme si ça n’existait pas », et du coup on se retrouve dans cette situation aujourd’hui parce qu’il a refusé d’entendre le vote qu’il y avait eu. Et dès lors, les explications qui nous étaient données sur cette Ve République tombent. Donc on ne voit plus bien quel serait l’intérêt de conserver ce système, alors que finalement il permet à une personne de gouverner seule et que, quand on n’est pas d’accord, au contraire, elle essaie de détourner les institutions pour en faire autre chose que ce qu’elles sont censées être, en accord avec la personne, et qu’elle fait la démonstration qu’il n’y a pas de garantie des institutions, eh bien dès lors, il n’y a plus de raison de garder ce système-là. Nous, ça fait un moment qu’on propose la VIe République. Et je pense d’ailleurs, contrairement à ce qu’on nous a dit en nous disant que les référendums d’initiative citoyenne, notamment révocatoires, pour pouvoir dégager un élu en cours de mandat.On nous disait : « Si vous faites ça, ça va être l’instabilité permanente. » Moi, je ne pense pas. Je pense que c’est l’inverse, parce qu’au contraire, ça pousse les élus à respecter leurs promesses. C’est-à-dire qu’une fois qu’on est élu, on a l’épée de Damoclès sur la tête de : « Attention, on peut avoir un référendum révocatoire et, dans ce cas-là, on dégage. » Eh ben moi, je pense que là, on est à un moment de notre histoire où il faut qu’on revoie totalement le système électoral, où on revoie totalement la Constitution, parce qu’en définissant la Constitution, on se définit aussi comme peuple. Et je pense qu’on arrive dans le moment où il y a deux options. Il y a ceux qui disent, d’un côté : « La France est une terre, je ne sais pas quoi, chrétienne », et où il faut avoir du sang dans les veines depuis je ne sais pas combien de générations pour être considéré comme français. Ça, c’est le côté Rassemblement national. Et puis il y a l’autre côté, nous, défendant une vision républicaine de la nation, en disant : « Ben oui, c’est vrai, il y a plein de gens qui n’étaient pas français quand ils sont arrivés là, qui participent des institutions de notre pays, qui sont d’accord pour dire liberté, égalité, fraternité, et qui sont finalement beaucoup plus français, à mes yeux, que ceux qui osent mettre en cause notamment le droit du sol. » Et je pense qu’en définissant ce qu’on est comme peuple, c’est toujours ce qu’on fait dans les Constitutions de la République française. Alors, je ne sais pas ce que font les autres, mais nous, c’est toujours comme ça. On définit en même temps ce qu’on est comme peuple. Donc je pense qu’on est à ce moment-là de notre histoire où il faut que, collectivement, on définisse ce qu’on veut comme institutions.
Si j’ai bien compris, Boris Vallaud a fait une offre de service à Macron.
Alors ?
Alors, j’ai vu que ça a rouspété dans vos rangs.
Non, mais enfin… Franchement, c’est dur, quoi. Surtout… Bon, le discours de Bayrou, c’était compliqué. Le discours de Boris Vallaud, j’avoue que la fin m’a étonné parce que c’est une offre de service. En fait, c’est comme si c’était une proposition d’embauche. Et ça finit par : « Nous sommes disponibles », en gros, « qu’ils viennent nous chercher ». Ça fait référence à l’épisode des Gilets jaunes.
C’est ça.
Moi, je l’adresse à Emmanuel Macron. Je me dis : mais pour les gens qui entendent Emmanuel Macron disant au peuple : « Qu’ils viennent me chercher »… Donc on comprend pas bien à qui ça s’adresse. Enfin, on comprend que ça s’adresse à Macron, mais je trouve que c’est assez maladroit, parce que ça donne envie d’aller chercher tous ceux qui seront d’accord pour gouverner avec Emmanuel Macron. Bon, il y aura le mouvement du 10 septembre. On verra bien qui les gens iront chercher. Mais je trouvais que c’était assez… Moi, j’ai trouvé ça nul, mais bon, c’est un avis personnel. Mais je trouve que ce n’est pas à la hauteur du moment. Là, on est dans un moment où, si on était cohérents, on devrait essayer d’obtenir un retour aux urnes. Sauf que, comme les socialistes sont dans une logique de se détacher de La France insoumise, de prendre de la distance avec La France insoumise, se rapprocher du bloc central, essayer de faire une.Je n’ai toujours pas compris pourquoi, mais enfin bon, c’est eux qui décident. Ils sont dans cette logique de grosse coalition à l’allemande. Eh ben, ils essayent de donner des gages au centre et, en même temps, de mettre de la distance avec nous. Jusqu’à Philippe Brun, hier, qui disait qu’il ne croyait pas au programme du Nouveau Front populaire. On se demande bien pourquoi il s’est fait élire, si c’est pour un programme auquel il ne croit pas. Mais par ailleurs, ça clarifie. Ça permet aux gens de voir : « OK, d’accord, les socialistes pensent ça. » Et à l’intérieur du Nouveau Front populaire, les Insoumis sont restés fidèles à ce qu’ils disent : « Il y a un problème avec Macron. » OK, ils développent une stratégie pour faire tomber Macron. Peut-être qu’ils ont un programme, ils ont une stratégie politique. OK, ils veulent faire tomber Bayrou. Après, on y arrive, peut-être qu’on n’y arrive pas, mais tu vois, toujours est-il que nous, au moins, on sait où on va. Bon, je pense que ça clarifie beaucoup la situation politique.
Qu’est-ce que tu réponds à Laurent Wauquiez, qui s’est adressé à M. Mélenchon, qui d’ailleurs, je crois, vous toise, vous surveille, vous regarde du haut des tribunes, non ? Il était là, le pépère ?
Oui, il y avait Jean-Luc en tribune. Mais Jean-Luc vient souvent en tribune quand il y a des moments politiques forts, parce que ça permet de sentir quelle est l’ambiance de l’Assemblée nationale. Et je pense que c’est important pour un dirigeant politique d’avoir ce capteur qu’on peut avoir quand on est dans l’Assemblée elle-même, parce qu’en regardant la télé, on ne sent pas vraiment ce qui se passe.
Il y a quand même une ligne assez étrange parce qu’on a un peu l’impression… C’est marrant que tu parles de capteur, parce que justement, à la télévision, l’effet que ça donne, c’est le marionnettiste qui est au-dessus de ses troupes.
Ah non, je ne suis pas d’accord. D’autant qu’il y a eu une arrivée commune. Moi, j’étais sur BFM, c’est assez marrant, j’étais sur BFM et je voyais les images de l’arrivée, et moi je trouve que ça donne une impression de force, justement. Et en ce moment, c’est la question de force, justement, et c’est important qu’il y ait cette impression qui soit donnée. La question va être : vers qui aller si on veut mettre à bas ce système-là ? Et je pense que montrer qu’on est une équipe cohérente, soudée et capable de gouverner, d’être une solution de rechange, mais après des élections, je pense que ça fait ça. Par contre, sur Laurent Wauquiez…
Alors, la phrase exacte, je te la donne, elle est dans le tchat : « Dans cette période, il y a quelqu’un qui n’attend que le chaos parce qu’il espère la révolution, c’est Jean-Luc Mélenchon, et la récupération politique qu’il cherche à faire du mouvement du 10 septembre est le signe de sa stratégie du chaos. » Voilà la phrase. Alors, on commente maintenant.
Alors ça, déjà, ça me fait beaucoup rire. Jamais Jean-Luc Mélenchon n’a dit autre chose que le fait qu’il voulait la révolution citoyenne, c’est-à-dire par les urnes. Et ensuite, sur la récupération du mouvement du 10 septembre, ça m’amuse. Mais eux, ils doivent garder leur indépendance et leur autonomie, parce que sinon ils se rassembleraient avec nous aussi, parce que nous n’avons cessé de dire que nous nous mettions au service du mouvement, moins largement que si c’était nous qui l’organisions nous-mêmes. Donc on voit bien que Wauquiez est à côté de la plaque. En revanche, ce que j’aime beaucoup, c’est que, d’une certaine manière, Laurent Wauquiez dit pour qui il faut voter. Parce qu’il a dit que le principal danger, selon lui, c’était Jean-Luc Mélenchon. Alors on se demande si c’est le danger pour ses notes de frais, pour ses restaurants à 1 000 euros, si c’est le danger pour l’opération mains propres qu’on pourrait faire si jamais nous arrivions au pouvoir. Parce qu’il y a un certain nombre de personnes, là… Wauquiez, il a quand même passé toute une partie de son discours à dire qu’il y avait des assistés, à dire qu’il y avait des gens qui profitaient des aides sociales sans travailler. On n’a qu’à le mettre au RSA cinq minutes, ou un mois, juste un mois, et il verra qu’il faut deux mois de RSA pour payer un jour de resto de Laurent Wauquiez. Donc ça devrait être compliqué pour lui de s’en sortir. Mais voilà, moi, je trouve que c’est vraiment le vieux monde finissant qui est là, dans sa superbe, convaincu que les médias de l’officialité disent la vérité et que le monde correspond à la réalité qu’ils renvoient, eux, sur les plateaux télé. Le monde ne correspond pas à ce qu’on voit sur les plateaux télé. Il y a une France qui attend son moment pour, je pense, passer à l’action, y compris dans le vote, dans les urnes. On l’a déjà vu en 2024, partiellement, pas totalement. Je rappelle qu’il y avait quand même 33 % d’abstention. Et je pense que, s’il y a une élection présidentielle anticipée ou une élection législative anticipée, il va y avoir beaucoup de gens qui vont se mettre en action, qui ne l’avaient pas forcément fait la fois précédente. D’ailleurs, au passage, il y a des mairies où ils font des radiations. Moi, dans ma municipalité, je dis : mais inscrivez-vous sur les listes électorales et vérifiez bien si vous l’êtes, même si vous pensez que vous l’êtes. 1 800 courriers pour faire des radiations. Donc potentiellement, il y a des gens qui pensent qu’ils vont pouvoir aller voter. Dans une des villes de ma circonscription, à Morsang-sur-Orge ils en ont envoyé 1 000 et ils ne pourront pas. Donc vérifiez bien, même si vous êtes sûrs à 100 % que vous êtes inscrits. Vérifiez, ça ne coûte rien, et puis ça permet d’être sûrs que, s’il y a une dissolution ou une présidentielle anticipée, vous puissiez voter.
Merci beaucoup d’avoir pris le temps. À Au Poste, ils étaient à peu près deux millions à t’écouter. Merci, et peut-être à tout à l’heure. À bientôt. Merci.
Merci à vous aussi. Au revoir.
Voilà. Attention, je t’en prie, je t’en prie. Alors… On se voit dans deux semaines ? Ah bon ? Alors, je suis en direct. À quel sujet on se voit dans deux semaines ? Alexandre Berteau, de Mediapart. Ah pardon, pardon, excuse-moi. Oui, je ne connaissais pas ton visage. Ah bah non, attends, attends ! On est en direct, si, si. On va reparler. Non, non, non. Ça sert à quoi d’être aux Quatre-Colonnes quand on est journaliste dans un canard comme Mediapart ? La presse écrite, ça ne sert à rien, les Quatre-Colonnes. C’est du cinéma, c’est du cirque, c’est du théâtre, c’est de l’image.
C’est intéressant à raconter, quand même, intéressant à observer, mais on en reparle.
Oh, je vois le timide ! Très bien, merci beaucoup ! Moi, attention, si on vient me parler, je parlerai. Alors là, je suis adossé au mur, je prends un petit peu mes forces. Donc nous sommes en direct, je vous en prie. Oh là là ! Nous sommes en direct des Quatre-Colonnes, où deux familles de bipèdes se rencontrent. Une famille ancienne, dite politique, avec des hommes de gauche et de droite. Je vous rappelle que c’est ici même qu’on a considéré que… on pouvait partager l’échiquier politique en gauche et droite, tout simplement parce que les gens de gauche étaient mis à la gauche des… Hé, ça va bien ?
Ça va !
Et l’autre famille de bipèdes, ce sont les journalistes, les médias. Et nous sommes donc en direct depuis bientôt deux heures dans la salle des Quatre-Colonnes. On va aller voir Pouria. Je t’en prie, je vais te filmer. C’est la première fois que vous l’interviewez ? Oui, c’est difficile. Tout le premier, il n’est pas excellent. Il a bon fond, mais il n’y arrive pas. Alors, on y va. Il faut que je fasse la fin. Je stoppe. C’est Pouria… Alors, je n’ai plus son nom de famille, Amirshahi, je crois. Pouria, on va l’interviewer. Il y a quelques instants, ma chère Euryale si jamais tu avais sa fiche dans le chat, ça m’aiderait beaucoup. On se marre bien. Écoutez, toutes plateformes confondues, on n’est pas loin d’être 1 000. On est 469 sur… Eh ben dis donc, c’est la première fois sur YouTube. On est plus nombreux sur YouTube que sur Twitch. 447 sur Twitch, 469 sur YouTube. Voilà. Amirshahi, merci beaucoup, Gabrielle. Là, pour l’instant, ils sont incognito, les gars de Frontières. Ils n’ont pas leur attirail avec eux. Mais j’ai vu le Jordan, celui qui m’avait menacé de m’attaquer en diffamation. Il ne l’a pas fait. Et qui voulait m’apprendre le respect. Il a raté. Voilà. On va voir, on va voir. Merci pour vos subs. Comment ça va ?
Ça va.
Ça va ?
Oui, très bien. Et toi ?
Oui, ça va, merci. Qu’est-ce que tu fais ici ?
Je suis député, alors donc je suis requis pour le vote de tout à l’heure, de défiance pour ma part, pas de confiance. Et puis, en fait, je vais te dire, je ne sais pas trop, parce que tu es à un moment où, à la fin, il y a un seul homme qui décide de tout. C’est la folie présidentielle française. C’est Macron, c’est le président de la République. Et tu te dis que, quoi que tu fasses de raisonnable ici, et la raison commande de ne pas accorder sa confiance au Premier ministre, vu le bilan que lui-même décrit comme étant catastrophique, il s’entête encore à reconduire les mêmes, à produire la même politique ou à essayer de procrastiner. Mais s’il fait ça, il prend un risque sérieux parce qu’il devient le seul problème du pays aux yeux de tout le monde. Donc, si j’étais lui, je réfléchirais sérieusement à devenir un peu démocrate, à respecter un peu le sens normal des institutions, ou au moins des élections, il y a un an, et de laisser la gauche tenter de renouer avec de la justice sociale, fiscale, en allant taxer les riches un peu plus, pardon pour ceux que ça choque, de remettre de la conditionnalité dans les aides aux entreprises et de redistribuer, de réinvestir dans la transition écologique. Quelques priorités simples mais urgentes, quand on voit l’état de nos hôpitaux, de nos écoles. Donc aujourd’hui, ce que je fais, c’est d’abord que je dis au revoir à François Bayrou et j’en appelle à la raison d’un homme qui est à la tête d’institutions déraisonnables. Et c’est là où, des fois, on s’interroge sur notre capacité à vraiment faire bouger les choses. Mais heureusement, il y a aussi le pays qui bouge. Il n’y a pas que l’Assemblée nationale. Il y a des rendez-vous, le 10, le 18, où des forces sociales qui n’ont pas attendu les politiques pour inventer un autre chemin pour demain, un autre chemin démocratique, vont se mettre en mouvement, et on va les soutenir, les accompagner. Peut-être que ça fera changer d’avis le président. Voilà ce que je fais là.
Alors, je sais que tu es inquiet et que tu t’intéresses de près à l’extrême droite. Demain matin, à Au Poste, je reçois un auteur qui a fait une satire, Comment je suis devenu fasciste, et qui parle de la démocratie de mise en scène et qui explique que cette démocratie de mise en scène, celle qu’on est en train de vivre là, en fait, profite à l’extrême droite. Est-ce que, de temps en temps, tu te dis : le spectacle que vous, au NFP, vous donnez, en fait, c’est du grain à moudre pour les fachos ?
Alors, d’un point de vue esthétique, c’est-à-dire le côté spectacle, je ne sais pas, sans doute. Les codes du moment font que l’image et la saturation de l’image, et donc du raccourcissement de la pensée, appauvrissent la démocratie. En revanche, oui, je crois qu’il y a un sujet sérieux et grave pour la gauche et le NFP. C’est surtout, s’il y a une dissolution demain, elle est possible, c’est que la dynamique du Rassemblement national, le rapprochement du Rassemblement national avec une bonne partie des droites maintenant, jusqu’à une partie du centre, peut l’emporter dans une dynamique et un contrat de gouvernement auquel, d’ailleurs, vous avez vu, Wauquiez a appelé, tandis que la gauche, les gauches, elles, restent paralysées, un peu comme les lapins pris dans un phare, et divisées sur du subalterne, au fond. Pourquoi ? Parce que, quand on fait le bilan depuis un an, 90 % des votes ont été communs entre tous les députés de la gauche et du NFP. 90 %. Donc on vient de leur expliquer qu’on n’est pas capables de nous entendre pour l’avenir alors que, pour le moment, face à l’extrême droite ou face à des projets réactionnaires, on a su tenir bon. À mon avis, là, il y a une responsabilité du NFP qui est plus qu’une responsabilité des partis politiques. C’est une exigence d’une société en mouvement qui a porté le NFP il y a un an.
Mais alors, d’après toi, qu’est-ce qui explique ça ? Est-ce que c’est l’idée, pour certains, de se dire : on n’est pas loin d’avoir le pouvoir, d’être ministrables, et donc on jette les alliances d’hier, les idées communes d’hier, parce qu’on aura un maroquin ?
Je ne sais pas si c’est ça. Tu sais, en Hongrie, en Italie, aux Pays-Bas, en Autriche, dans tous les pays où l’extrême droite prend le pouvoir, il y a une part de responsabilité de la gauche. Ça vient peut-être d’un excès d’opportunisme, c’est ce que tu décris là. Ça vient aussi du fait que certains se trompent sur l’analyse. Moi, je ne crois pas qu’on soit dans une période pré-révolutionnaire. On est dans une période pré-fasciste. Donc ça commande aussi au rassemblement, à l’unité, à une forme, je n’ai pas l’habitude d’employer ce mot, mais de réalisme. C’est-à-dire : qu’est-ce qu’on peut faire aujourd’hui ? D’abord, faire front commun. Ensuite, convaincre l’opinion, et là on a gagné des points dans le moment, qu’il y a un sujet : c’est la question de la répartition des richesses, d’aller chercher l’argent là où il est pour pouvoir réinvestir dans l’avenir du pays, et se mettre d’accord sur deux, trois priorités urgentes. Ça, c’est responsable. Ça, c’est réaliste. Le reste, entre ceux qui pensent que la présidentielle, c’est demain matin, que sur un malentendu on peut la gagner, ou ceux qui croient que, par culture, le gouvernement, il suffit de changer de casting pour réussir, il y a peut-être un chemin qui s’appelle la politique. Voilà. Et la politique, pour moi, ce n’est pas en chambre, c’est le lien entre des élus et la rue et la société. C’est ça qu’il faut essayer de mettre en dynamique et en récit. Moi, je pense que c’est possible. C’est plus que possible. C’est-à-dire que, si on ne le fait pas, alors la catastrophe arrive. Et la France n’est pas étanche au monde. La géopolitique nous entoure. Donc l’Argentine, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, l’Italie ont déjà montré le chemin. J’étais aux États-Unis il y a quelques années je ne suis pas sûr ce n’est pas rassurant du tout. Quelques années ? Pardon, il y a quelques semaines, excuse-moi. Non, non, j’y étais il y a encore trois mois. Et il y a, depuis quelques années maintenant, ce qui se joue, c’est la bascule. Il y a des choses, des études très concrètes, qui montrent que ce qu’ Orbán a mis comme temps, le temps qu’a mis Orbán à défaire les institutions dans son pays, c’est-à-dire à mettre la main sur les médias, sur la justice, c’était environ dix ans. Si la France bascule, c’est dix-huit mois, du fait de la verticalité des institutions, du surplomb présidentiel, de l’excès de pouvoirs qu’il a entre ses mains, qui sont exorbitants du droit commun, de pouvoirs de nomination. Mais même là, on le voit, de pouvoir faire ce qu’il veut, en fait, de nommer, de ne pas nommer. Et ça, c’est un risque de bascule.
Là, tu fais allusion à un rapport de la commission d’enquête… c’est ça ? Je ne sais plus son prénom. Carole ?
Mélanie. C’est une sénatrice écolo. Et ça a été fait aussi à l’échelle européenne. Ça a été porté notamment, je crois, par la fondation Heinrich Böll, si je ne dis pas de bêtises. Bon, ça fait cette démonstration que non seulement la France est en situation de bascule, d’ailleurs on le voit aujourd’hui à l’Assemblée nationale, mais si elle basculait, alors ce n’est pas simplement des méchants au pouvoir, c’est la géopolitique mondiale qui bascule. Voilà. Donc c’est pour ça que je… Je ne me contente pas simplement de dire au revoir à François Bayrou, il n’aurait même jamais dû être Premier ministre, lui. Mais c’est qu’on donne tout de suite les clés à ceux qui pourraient, à tout le moins, décaler le curseur, taxer les riches, réinvestir dans l’écologie, réinvestir dans l’école et l’éducation et les hôpitaux, pour commencer. Ça, c’est l’urgence. Et puis après, tracer une feuille de route pour les deux années qui nous séparent de la présidentielle. Mais de toute façon, la société ne peut pas attendre. On a vu la rentrée : plus de 15 % de pauvreté, record absolu. De l’autre côté, record absolu de tous ceux qui accaparent l’essentiel des richesses. Je ne veux pas être dans un excès de gravité, mais le compteur tourne. Et pas que pour nous. 1,5 degré de réchauffement climatique irréversible, c’est des conséquences irréversibles. Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est moins de ressources, moins d’accès aux ressources, donc plus de conflits, donc plus de guerres, dans un agenda international qui est d’abord guidé non plus par l’ONU, mais par des chefs d’État et de gouvernement qui s’inscrivent dans le néofascisme contemporain. C’est Trump, c’est Netanyahou, c’est Orbán, et la liste est longue, c’est Erdoğan, etc. Voilà, donc là, il y a urgence. Donc, si tu veux, nos débats qui peuvent paraître picrocholins, ridicules, ou qu’on moque en disant : « C’est la société du spectacle », je comprends cette critique-là. Mais je pense que toutes et tous, quand on est concernés par la situation et quels que soient nos degrés de radicalité, on devrait tous avoir en tête qu’il y a autre chose qui se joue que la seule dénonciation de la vanité du spectacle politique, dont je dois reconnaître qu’elle n’est pas toujours réjouissante.
Je suis désolé. Tu n’es pas responsable de toute la cohorte. Dernier point : comment tu analyses la sortie de Bayrou, non pas la sortie littéraire du terme, mais ce qu’il a sorti sur Bernard Arnault, sur les riches, surtout cette idée de ne pas aller les taxer, que ce n’est pas une bonne solution ? Pourquoi, alors que c’est son discours d’adieu à la politique, il ne sera jamais plus haut que ce moment-là, il vient défendre les riches, d’après toi ?
Parce qu’il est, entre guillemets, « payé pour ». C’est sa culture, c’est son mandat. Il a été nommé par Macron pour ça. Je rappelle que Macron, son seul sujet, c’était de ne pas changer de politique. Donc ça, c’est la première chose. Mais la deuxième, que je trouve plus choquante, c’est qu’il met sur un même plan ceux qui veulent lutter contre le racisme, nous, et ceux qui veulent gagner les riches, en disant : « Entre les deux, il faut trouver un chemin raisonnable. » Alors, c’est pas le même sujet. D’un côté, on défend la démocratie, on défend la République. De l’autre côté, on la déconstruit. Et d’une certaine manière, on prépare le pire, puisque quand vous avez un pays, à partir d’un pays comme le nôtre qui est fondé sur des principes républicains, où une petite poignée s’accapare l’essentiel des ressources, vous n’êtes plus dans la République tout à fait. Voilà. Donc je trouve que la mise en équivalence… Vous savez, il y a toujours un discours qui dit : « Entre ceux qui veulent toujours taxer les riches et ceux qui veulent toujours s’en prendre aux étrangers, il y a un juste milieu. » Mais on ne peut pas mettre les deux en parallèle, quand même. Ça, c’est une signature plus inquiétante de l’époque parce que Johann Chapoutot n’a pas fait d’écrit, mais ce qu’avant lui notre ami là, qui a écrit le livre Récidive. 1938, Michaël Fœssel, a parfaitement décrit. C’est-à-dire qu’on est dans une époque où une partie des élites dites démocrates, raisonnables, centristes, prépare le terrain à la banalisation de ce double discours de l’extrême droite, qui est à la fois identitaire : purifier le pays de ce qui le corrompt, à savoir les étrangers et la gauche, et l’ordre et la sécurité. C’est ça qu’ils sont en train de faire.
Merci beaucoup. À tout à l’heure, peut-être.
On garde le moral, mais on va y arriver.
Merci beaucoup, merci. Eh bien voilà, une interview à l’improviste de Pouria. Alors que nous avons le localier Serge Faubert qui est dans les parages. On ira peut-être lui poser une petite question tout à l’heure, mais là, je fais pause, si vous voulez bien, les amis. Je fais une petite pause dans les entretiens. Est-ce que ça va, le son ? Un petit peu moins de bruit, c’est pas mal. Est-ce que ça va, le son ? Dites-moi, dites-moi si ça marche pendant les entretiens. Je vais prendre un petit peu l’air, mais je ne me mets pas au soleil pour éviter le binz de tout à l’heure. Oui, le son, parfait. OK, super. Merci beaucoup. OK, super. Donc je fais une petite halte. Profitez-en pour en discuter, pour partager dans le tchat. Je ne sais pas, est-ce qu’il y a à nouveau deux secondes de décalage ou pas ? Merci beaucoup. Vous voyez, la petite coupure tout à l’heure a rétabli le délai. Et par ailleurs, le délai n’est pas forcément le même sur YouTube ou sur Twitch. Les plateformes n’ont pas tout à fait la même façon de gérer les directs. Nous sommes donc en direct de l’Assemblée depuis deux heures et treize minutes. Tiens, puisque Sentier Battant est là, et je sais que c’est le roi de Wikipédia, est-ce que tu pourrais aller chercher l’origine de gauche-droite ? Parce que j’ai dit tout à l’heure que c’était à l’Assemblée. Ah bah tiens, bonjour Clémentine ! Ce n’est pas grave, alors à tout à l’heure, à tout à l’heure. Mais il ne faut pas sous-estimer l’avant-garde. C’est logique, on laisse les grands médias qui font beaucoup d’audience, on arrive après, nous. Mais c’est ça qui est bien, il faut arriver soit le premier, soit le dernier. C’était Sorj Chalandon qui m’avait appris ça, figurez-vous. Oui, voilà. Donc, Sentier Battant, parce que je vois qu’ Euryale a beaucoup à faire, si tu pouvais chercher l’origine. C’est que c’était un placement géographique de gauche-droite. Je sais que c’est la Révolution française, mais je ne sais plus à quelle occasion c’était, si c’est en août 89 ou à un autre moment. Oui, c’est ça, d’accord. Oui, ça vient de la période de la Révolution française. Pendant la période de la Convention, les Montagnards siégeaient à gauche, les Girondins à droite. C’était pour valider ou non le veto royal, nous dit Ricot. À gauche, contre ; à droite, oui. Ils étaient plus nombreux..Donc je fais une petite halte. Il est quelle heure, là ? Il nous reste encore deux heures à attendre, à peu près. Merci, Euryale J’ai beaucoup aimé l’intervention de Pouria, qui nous décrivait la situation politique dans laquelle on est, parce que c’est vrai qu’on ne va pas se mentir, c’est vrai qu’on se marre, on aime ça, le bordel. On aime que les institutions ressentent leur fragilité, que ça se bouscule, etc. On aime ça d’autant plus quand c’est les membres de l’institution eux-mêmes qui se prennent les pieds dans le tapis. Mais derrière notre plaisir, que nous ne boudons pas, il y a une situation qui est celle que Pouria, je trouve, a très bien résumée. Ah bah tiens, c’était Frontières. En fait, je me rends compte qu’il y a un décalage de facilement dix, quinze secondes entre le direct et la retransmission. Non, non, mais moi, je ne veux pas la bagarre. S’il vient, il va me trouver. J’espérais qu’ils auraient leur petit micro, mais comme ils ont eu un problème à l’Assemblée, ils ont fait chier le monde, je pense qu’ils viennent un peu masqués. Je profite des uns et des autres pour vous dire qu’Au Poste n’a qu’un seul financeur. Ça n’est pas Bernard Arnault, ça n’est pas Vincent Bolloré, ça n’est pas Souterrain, mais c’est vous. Voilà. On fonctionne grâce à vos dons. Vos dons récurrents, ce sont comme des abonnements. Nous sommes un média à part entière, reconnu comme tel. Ça s’appelle un service de presse en ligne, c’est-à-dire que c’est un pure player. Service de presse en ligne. Ce qui veut dire que, si vous passez par la plateforme de dons « J’aime l’info » et que vous êtes imposable, sachez que vous pouvez défiscaliser une partie de votre don. C’est-à-dire, si vous faites un don de 10 euros, il vous coûte 3,40 euros. Imaginez, vous faites ça tous les mois, ça vous coûte le prix de deux cafés et ça nous met du beurre dans les épinards. Ça nous permet de payer nos salaires, nos cotisations, les frais techniques, la location, les assurances, les trucs et les machins. Merci Will, merci beaucoup. Will qui nous dit sur YouTube : « Je donne 10 euros par mois. » Alors, est-ce que je pourrais aller me chercher une petite bouteille d’eau et après on réattaque ? Stéphane Peu, Gauche démocrate et républicaine. Stéphane Peu, c’est celui dont notre invitée de ce matin, la nouvelle directrice de l’Humanité,pardon, pas de L’Humanité, mais de la Fête de l’Humanité, a été la collaboratrice. Voilà, voilà, voilà.
Bonjour.
Mais oui, on se connaît ! Vous êtes hyper débrouillard !
Exactement, c’est ça.
Vous êtes qui ? Rappelez-moi.
Luko Info.
Comment ?
Luko Info.
Luko Info ? Luko, c’est vous, je parie ?
Luko, c’est moi.
Bien joué, bien joué. Twitch et YouTube. Alors ici, donc, France 24, on ne peut pas lutter, on ne peut pas lutter. Je crois que c’est CNN. Bonjour, ça va ? Je suis d’accord, c’est CNN, c’est bien ça. J’avais reconnu. Non, vous, vous filmez, mais vous ne voulez pas être filmé. C’est le problème des employeurs américains, c’est que… Je crois que c’était Fabienne Sintes, de France Inter, je ne suis pas sûr. Là, c’est tous les duplex télé, tous les gros duplex télé et radio. Là, il y a la concentration de tous les médias, de toutes les chaînes d’info. Il y a franceinfo, il y a BFM, il y a LCI, il y a RTL. Excusez-moi, vous savez où je peux aller trouver une petite bouteille d’eau ou quelque chose comme ça ? En haut ? À la buvette. On a le droit de filmer à la buvette ou pas ?
Vous voulez ressortir dans la cour, là, fumer ?
Non, filmer !
Ah non, vous n’avez pas le droit de filmer.
Voilà. Alors comment je fais pour boire si je n’ai pas le droit de filmer alors que je suis en direct ? Je redécouvre mon métier.
Non, non, non. Mais là, je n’ai pas de réponse, je suis désolée. Vous pouvez demander à quelqu’un d’aller vous en chercher une.
Oui, c’est vrai. Pas bête. Je vais voir si j’ai encore quelques camarades là-dedans. Oui, oui, merci beaucoup. Alors, on y retourne, on y retourne. Bonjour CNN, bonjour CNN.
Vous m’avez interviewée un jour ?
Oui, je me souviens, bonjour ! Est-ce que je peux vous poser une petite question ?
Non, je suis désolée, je ne peux pas, parce que j’ai posé la question tout à l’heure.
Ah bon ?
Oui, mais je me suis dit, étant donné que vous interviewez… Vous travaillez sur quoi, maintenant ?
Eh ben là, je travaille sur la politique française. Je fais un documentaire animalier, je regarde les animaux.
Ah, mais écoutez, on regardera avec…
Merci, merci. C’est rigolo. Ils sont rigolos, on ne peut pas parler. Voilà pourquoi, moi, je ne veux pas travailler dans une rédaction. Je vais vous reconnaître. Bonjour monsieur. Alors, vous êtes le localier de l’étape, monsieur Faubert, Serge.
Le régional de l’étape.
Le régional de l’étape.
Ouais, tu tiens les murs.
Bon alors, t’es heureux, t’es pas heureux ?
C’est un non-événement. Je vais te dire, c’est un non-événement !
Oh, le malin ! Il fait le malin !
Mais si, parce que l’événement, ce sera le jour d’après, c’est ce qui se passe après. Aujourd’hui, le départ de Bayrou, ça fait maintenant une semaine qu’on est au courant, tu vois. Donc ça, il n’y a plus personne que ça émeut. Bon, le discours était plat comme une limande, les réponses des uns et des autres sont convenues. Donc c’est pas ça, l’événement. L’événement, c’est ce que va dire Macron, ce que va faire Macron. Donc là, il y a tout un tas de rumeurs qui bruissent, certaines qui semblent fondées, d’autres un peu plus…
Fais-nous plaisir, fais-nous marrer, c’est quoi les rumeurs ?
Alors, il y a la piste de la proportionnelle qui dit qu’il aurait eu une idée et que Macron proposerait de dissoudre l’Assemblée nationale et de réélire l’Assemblée à la proportionnelle, ce qui ne serait pas une connerie. Simplement, la question, c’est qu’il faut une Assemblée pour décider que le mode de scrutin est à la proportionnelle, donc ça, ça va être un peu compliqué. Après, il y a des noms qui circulent sur l’ineffable Lecornu qui viendrait bien… C’est dur ! Des « laissons-les venir, puis pendant un an et demi ils s’usent », et puis des scénarios : « Bon, alors, les barbares au pouvoir et, en 2027, enfin, on est débarrassés du Rassemblement national. » Bon, voilà le genre de trucs qui circulent. Chacun, de source sûre, affirme tenir ça de la bouche du cheval. Voilà, bon, le truc habituel. Mais l’événement lui-même, c’est-à-dire le départ de Bayrou, tout le monde s’en fout. Là, tu demandes à n’importe qui… Il va encore en remettre une tartine tout à l’heure sur le thème : « Je défends les générations futures et je prends date pour l’avenir en espérant revenir en 2027. » Mais je pense qu’il est le seul à penser qu’il reviendra en 2027. Mais il y pense. Parce que, tu vois, il est dans la posture : « J’ai dit la vérité, j’ai été exécuté », comme dans la chanson de Gilbert Bécaud. Et donc lui, il veut revenir en 2027. Il ne reviendra pas.
Dans le tchat, quelqu’un nous dit : « La proportionnelle serait dangereuse, mais pourrait sauver la Macronie. » Mais en soi, la proportionnelle, c’est plutôt quelque chose de bien, non ?
Je ne vois pas en quoi la proportionnelle serait dangereuse. Elle permet d’avoir un reflet plus fidèle, à mon avis, de la réalité du pays. Enfin, je parle de la proportionnelle telle qu’elle avait été adoptée en 1986 par Mitterrand, c’est-à-dire la proportionnelle intégrale par département, en un seul tour. Je pense que ça libérerait… La grande idée de la proportionnelle, c’était quoi ? C’est que ça libérerait les uns et les autres d’alliances partisanes avant le scrutin ou à l’issue du scrutin. C’est-à-dire que les députés se sentent plus libres de passer des alliances selon les textes avec les uns ou avec les autres. Ça diminue l’emprise des coalitions et des partis sur les parlementaires. Quand on cherche à débloquer une situation, c’est vrai que la proportionnelle peut mettre un peu d’huile dans les rouages. Ça ne suffit pas, mais ça peut aider à la formation d’un certain nombre de regroupements sur des textes bien particuliers. Aujourd’hui, il y a eu le groupe LIOT qui proposait de constituer une union républicaine qui irait donc des LR au Parti socialiste. Bon, le truc est mort-né cet après-midi, le Parti socialiste disant que jamais il ne s’associerait à pareil truc. Voilà. Mais j’ai bien peur qu’on sorte de cette situation encore plus bloqués que lorsqu’on y est entrés. Je pense que si, là, il y a une dissolution et des élections avec le même mode de scrutin, on va retrouver peu ou prou le même partage en trois blocs et on ne s’en sortira pas.
Qu’est-ce que, toi, le gourmet de la politique, qu’est-ce que tu penses d’une Sixième République ? En tout cas, de sortir de cette Cinquième.
Moi, je pense qu’il faut effectivement une Sixième République, parce que la Cinquième République n’est pas conçue pour fonctionner avec trois blocs. La logique de la Cinquième République, c’est une majorité et une opposition. Donc ça a très bien fonctionné pendant des années, y compris lorsqu’il y avait des cohabitations, mais ça ne fonctionne pas dès lors que tu as trois blocs. C’est impossible, c’était pas prévu pour.
Une Sixième République, ce serait quoi ? Une Sixième République comme Besancenot la réclame, c’est-à-dire quasiment sans président, oublier la question du président ? Ou ce serait, pour toi, une Sixième République qui serait viable ?
Je crois que la question de l’élection du président au suffrage universel se pose. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, on a deux légitimités populaires qui se heurtent : celle du président qui dit « Moi, j’ai été élu pour cinq ans par le peuple », et les députés qui disent : « Nous aussi, on a été élus par le peuple pour cinq ans. » Donc le problème, c’est que ça ne matche pas, quoi. Donc, à un moment donné, il va falloir choisir. Est-ce que c’est le président qui l’emporte sur la représentation nationale ou est-ce que c’est la représentation nationale qui l’emporte sur le président ? Sous-entendu, je rappelle que c’était le système de la Quatrième République et on nous a dit longtemps que c’était un système instable. Je constate que la Cinquième République n’est pas plus stable que la Quatrième. Voilà. Donc ce problème-là se pose.
Et là, qu’est-ce que tu vas faire les deux heures qui viennent ? Tu attends 19 heures, quoi, en gros, c’est ça ?
Moi, j’attends 19 heures. Après, je fais un petit commentaire pour…
Ah mais t’as rejoint la télé, toi, au fait ! Je t’ai vu l’autre jour, là, sur LCI ou BFM.
Il m’arrive…
C’est quoi, ce bordel ?
Il m’arrive d’être invité à la télé, figure-toi !
Mais c’est bien, ils mettent que tu es le directeur de Pure Politique. C’était ça, non ?
Oui, c’est ça.
Ouais, qu’est-ce que j’ai dit ?
T’as dit « détecteur » !
Détecteur ! Non, c’est bon, ça fait de la pub, c’est bien. Mais oui, donc c’était quoi ? BFM, c’est ça ?
Je passe sur LCI, sur franceinfo. Moi, j’aime bien débattre. Alors, je précise que je ne suis absolument pas payé. Je suis invité, puisque la règle, c’est que les journalistes invités ne sont pas payés. Donc ceux qui s’imaginent que ce serait un moyen d’améliorer les fins de mois de Pure Politique se trompent. Et deuxièmement, j’aime bien débattre et ferrailler. Donc je me retrouve souvent face à des confrères de droite, voire des confrères très à droite, voire des confrères d’extrême droite. Mais c’est intéressant. Moi, dès qu’on m’invite, j’y vais.
Et alors, donc, tu avais fait un débat à la télé sur la Sixième République, c’est ça ?
Non, il n’y en a pas eu encore. Ce n’était pas à l’ordre du jour. On fait la dette.
Et donc là, tu vas faire un petit débat après 19 heures.
Non, après 19 heures, je vais faire un débat… Je ne vais pas faire un débat. Je vais faire un short sur la chaîne YouTube Pure Politique pour donner un peu mon sentiment après cette journée. Je vais dire en trois minutes ce que je viens de dire en six devant toi.
Voilà, c’est ça, Au Poste. Au Poste, c’est toujours très long. Allez, ciao Serge, à plus tard, merci beaucoup, salut. Eh bien voilà. Alors, que se passe-t-il ? 9-1-1, 9-1-1. Nous sommes 9-0-11, toutes plateformes confondues. « 911 Is a Joke », chantait Public Enemy. « 911 Is a Joke ». 911, c’est le numéro de la police aux États-Unis. Alors, tenez, je vous mets le QR code. Si vous êtes devant votre PC, vous avez un QR code qui s’est affiché. Vous allez dire… Ça vous amène directement dans notre… c’est-à-dire dans les dons d’Au Poste. Nous sommes dans les Quatre-Colonnes, ça fait plus de deux heures vingt que nous sommes dans la salle des Quatre-Colonnes. Donc je vous rappelle le principe : au bout de ce couloir, là-bas, il y a l’hémicycle, et sortent, vont et viennent les députés et leurs collaborateurs qui veulent faire un petit tour pour se faire interviewer, pour se montrer, pour donner leur point de vue. Et nous en profitons pour observer les bipèdes médiatiques, journalistes, qui sont là les uns les autres et qui, franchement, aujourd’hui, sont plutôt sympas. Et je rejoins Faubert : il n’y a pas l’excitation qu’il y avait fin 2024, c’est ça, au moment de Barnier. Il n’y a pas la même… C’est comme si on commençait à s’habituer à ce genre de trucs. Il y a une forme de… presque d’accoutumance, d’habitude. Bonjour l’AFP, bonjour l’AFP. Ah non, vous avez une perche, voilà. Non, j’allais poser une question idiote, j’allais vous demander pourquoi vous avez deux micros, mais non, il y a une perche, bien sûr. Bien joué, bien joué, bien joué, bien joué. Tiens, c’est Le Média.
Comment ça va ? Bonjour, ça va ? Ça va bien ?
Bah ça va. Et pareil, ça va pas. Alors raconte pas tes conneries au Média !
Oui ! Ah bah si, ça va très bien, pourquoi ?
Il n’y a pas de problème à la direction, je ne sais pas quoi ?
Alors, le directeur a changé, en effet, à l’issue d’une élection en mai, et le rédacteur en chef a changé aussi à l’issue d’une motion de défiance.
Alors justement, vous êtes les mieux placées, toutes les deux, parce que s’il y a des motions de défiance à la rédaction du Média, que dire de François Bayrou ?
Qu’il a perdu la confiance. Mais est-ce qu’il l’avait déjà ? C’est la vraie question. Il ne l’avait jamais demandée. Il est venu au pouvoir contre le résultat des élections législatives. C’était sûr que ça allait finir comme ça.
J’étais en train de regarder, là, tous les bipèdes journalistiques et je me disais : il n’y a pas la même excitation qu’à l’époque de Barnier, tu te souviens ? Où là, il y avait quand même une espèce de… Tout le monde était surexcité. Là, on a l’impression que c’est joué, il y a une forme d’accoutumance, non ?
Oui. Déjà, je pense que les journalistes sont fatigués et on s’habitue au fait que le gouvernement ne tient pas et ne respecte soit le vote des Français, soit les parlementaires. Donc il y a une forme d’habitude, je crois.
« Super travail avec Thomas Porcher », ils te disent. « Bravo Le Média. » Toc, toc, on s’en fout. Ce n’est pas qu’on s’en fout, mais ça concerne que Le Média. Là, vous allez rester jusqu’à quelle heure ?
Je pense 20 h 30, 21 heures, en vrai. On est sur deux directs en duplex, 19 h 30 et surtout sur le 20 h 30, et après on verra. Peut-être que ça se poursuivra dans la soirée.
Dans la rue, tu crois ?
Oui, je pense qu’il y aura des petits rassemblements ce soir. Je ne sais pas encore trop où.
Ah oui, des pots de départ.
Oui, c’est ça, des pots de départ, oui.
Il y en a dans plein de mairies dans toute la France. À Paris, je ne sais pas. Merci à toutes les deux.
Bravo à toi pour ton travail, merci. On te voit à la Fête de l’Huma, de toute façon !
Oui, en plus, on est l’un à côté de l’autre, je crois, pas loin.
C’est juste à côté, à la Fête de l’Huma. Donc venez sur le Village des médias indépendants et suivez Le Média ce soir à 20 heures, il y a une émission spéciale en direct.
Alors attends, si, quand même, je vais retrouver une question. Est-ce que vous êtes comme les médias qui sont là-bas, où c’est la rédaction en chef qui te dit : « Ton duplex, il va être à telle heure, tu dois dire ça, ça et ça, je veux ça » ?
Non. Vu que c’est nous qui sommes sur le terrain, c’est nous qui savons ce qu’on a à dire. Donc non, pas du tout. C’est la rédaction en chef qui nous appelle et qui nous dit : « Qu’est-ce que tu as vu de ta journée ? Qu’est-ce que tu veux dire ? » Non, on est complètement libres, c’est nous qui racontons.
Bravo, à très vite. Merci beaucoup, merci, à plus tard, bon courage. Elles sont trop sympas, elles sont trop sympathiques. Non, voilà. Il fait chaud, il fait chaud ! Qui est en train de parler ? Qui est en train de parler ? Il y a une guerre de téléphones là-bas, je ne sais pas ce qu’ils font, mais c’est une guerre du téléphone. Ah non, c’était le champ-contrechamp, peut-être. Alors, j’ai l’impression qu’il y a moins de députés, ils ont dû rebrousser chemin. Redonnez-moi, s’il vous plaît, le prénom de cette députée LFI, que je puisse l’interpeller. C’est… Non, LFI ou Verte ? Ah, c’est Marine Le Pen qui cause. Merci, Le Petit Vapophile. Ah voilà, c’est Sabrina. C’est ça, brûlant. Merci Dogui pour ton soutien, merci beaucoup. Merci beaucoup. Et je me demande si ce n’est pas Aly Diouara qui est à gauche, le grand monsieur avec des lunettes noires. Merci, d’autres chats, merci, d’autres chats. Tu peux venir une petite seconde, Sabrina ? Bonjour.
Bonjour.
Comment ça va ?
Ça va, et toi ?
Dans quel état d’esprit es-tu aujourd’hui ? Est-ce que tu fais la fête ou est-ce que ça te désole, ou est-ce que c’est les deux ?
Alors, je trouve ça extrêmement désolant pour les Français et les Françaises qui subissent, en fait, cette instabilité politique dans le pays et le fait qu’on a un Premier ministre qui a orchestré lui-même sa propre démission. Et en même temps, un peu de soulagement parce que je crois quand même que cette mascarade, il était temps que ça se termine.
Alors, on va reprendre les choses maintenant. Le NFP est en train d’exploser en plein vol. Vous essayez, vous, les Verts, avec vos bras, de maintenir tout ça. C’est quoi le plus dur dans la maintenance, si je peux dire, la maintenance mécanique du NFP ?
Je crois que vraiment, le plus dur, c’est plutôt le fait qu’il y ait des expressions qui partent un peu dans tous les sens et qui peuvent parfois blesser les uns et les autres, et parfois qui peuvent donner l’illusion que ce sont des séparations irrémédiables, alors qu’en réalité, il y a beaucoup de choses qui nous rassemblent. Quand on a construit le programme du NFP, en réalité, il y avait énormément de choses sur lesquelles on a travaillé ensemble, on était d’accord, on était prêts à les porter, on était prêts à gouverner ensemble. Je crois que tout ça n’est vraiment pas mort. Et il y a parfois un peu de posture aussi. Et puis je crois que beaucoup ont déjà en ligne de mire la séquence de 2027. Et je crois que, parfois, il ne faut pas non plus se précipiter. Il y a une séquence immédiate qui est celle de répondre à l’urgence pour les Français et les Françaises. Donc il faut qu’on soit unis, il faut que l’on arrive justement à redonner de l’espoir à ces Français et ces Françaises. La séquence de 2027 arrivera bien assez tôt et, avant ça, il y aura les municipales.
Tu t’es engagée dans la politique il y a combien de temps ?
Je me suis engagée il y a plus de dix ans maintenant chez les écologistes. Avant ça, j’étais dans les associations et, en fait, de fil en aiguille, je me suis engagée politiquement sur la question environnementale, puisque moi, j’étais dans une ville très populaire où les enjeux de l’environnement étaient présents mais peu portés, alors qu’en réalité, on sait très bien que les inégalités sociales sont très souvent liées avec les inégalités environnementales. Et c’était vraiment ce que je souhaitais porter.
La Sabrina d’il y a dix ans, quel regard elle aurait, non pas sur la Sabrina d’aujourd’hui, mais sur le monde auquel elle accède, c’est-à-dire ce monde de démocratie de mise en scène, on va dire ça comme ça ?
Alors, ce que je vous dirais, c’est qu’on n’est absolument pas dans la réalité de ce que vivent le reste des gens. Je le crois. Moi, j’ai vraiment le sentiment qu’ici, on est vraiment hors-sol, on ne vit plus… Moi, parce que j’ai mon frère, par exemple, qui travaille à l’aéroport, il se lève tous les jours à 3 heures du matin, il bosse sept heures d’affilée chaque jour, il est payé 1 400 euros, et je peux dire que lui, il sait ce que c’est, le concret, la vie de tous les jours. Et quand je vois les débats qu’on a ici, je trouve qu’on est vraiment à côté de la plaque, on est hors-sol. Et je crois que c’est surtout ça que nous reprochent les Français, c’est de ne pas avoir conscience totalement de leur quotidien. Et je crois que, justement, on a intérêt à répondre à tout ça, parce que moi, quand je vois les gens qui me disent : « Mais nous, en fait, on ne peut pas payer notre loyer, pas remplir nos frigos, la fin du mois, ça commence le 5 du mois », en fait, tout ça, c’est une réalité à laquelle il faut se confronter. Eh bien, je crois que certains ici feraient bien de quitter le 7e arrondissement et d’aller se confronter à la réalité de ce que vivent le reste des Français.
Mais pour autant, est-ce que tu as envie de rester ici, ou il n’y a pas des moments où tu te dis : « Qu’est-ce que je fous là, dans ce théâtre d’ombres, dans ces jeux d’intrigues ? »
Comme tout le monde, je pense qu’il y a des hauts et des bas quand on fait de la politique. Il y a des moments où on a des victoires, donc on se dit : heureusement, enfin, on se dit qu’on est là et c’est génial, donc on a participé à ce moment-là. Je pense, par exemple, à la constitutionnalisation de l’IVG. Je pense peut-être à septembre, à la reconnaissance de l’État de Palestine. C’est des choses qu’on pousse depuis maintenant de nombreux mois. Et puis il y a des moments où on est désespérés. Quand on voit ce qui est voté ici, les reculs sur l’environnement, les reculs sur l’utilisation des pesticides, sur la baisse du pouvoir d’achat des gens, on se dit : « Mais qu’est-ce qu’on fout ici ? » Et en même temps, quand je rentre en circonscription, les gens me disent : « On te suit, c’est génial, continue à nous défendre », et c’est en fait mon carburant, c’est vraiment les gens. Parce que sinon, ça fait longtemps qu’on aurait arrêté. On est là 110 heures par semaine. Franchement, parfois, on n’a plus de vie de famille, on ne voit plus personne. Donc ouais, on se dit… En tout cas, moi, j’ai le sentiment que, quand je rencontre les gens dans ma circo, je sers à quelque chose, et c’est ça qui est important.
Merci beaucoup. On retourne dans l’hémicycle, ou… Bon, dis-moi. Pour rien, tu parles. Pour répondre aussi à cette question, franchement, les journalistes, ils posent que des questions.
Non, oh là là, ça dépend. Moi, je… Bien sûr, évidemment. En plus, la liberté de la presse…
Rien que cette question était con. Bien joué, merci beaucoup. On fait ce qu’on peut au bout de trois heures. Alors, puisque vous parlez de Ruffin, sachez que nous allons organiser un grand débat avec François Ruffin, Lucie Castets et Olivier Besancenot fin octobre. C’est un débat qu’on a monté cet été, fin juin. À ce moment-là, on ne savait pas du tout ce qui allait se passer, ce qui était en train de se passer sous nos yeux. Et je vous le rappelle, Au Poste donne la parole à toute la gauche. Et la posture d’Au Poste, elle est très simple : c’est la solidarité critique. Voilà. Nous, nous sommes pour une gauche de gauche. Et parfois, eh bien, on considère que ça vaut le coup d’aller écouter des gens qui ne sont pas forcément gauche de gauche, qui sont simplement de gauche, même gauche molle, etc. Et je pense qu’il n’y a que comme ça qu’on pourra, en tout cas en s’écoutant, en discutant, en échangeant des arguments, qu’on pourra avancer. Et donc ce débat aura lieu fin octobre, je crois le 28, je n’en suis plus très sûr : Ruffin, Castets, Besancenot, et ce sera à Paris. Ah merde, j’ai plus le tchat ici. Voilà. Bienvenue. Qu’est-ce qui se passe ? Hop ! Voilà ! Non, ne l’appelez pas Marine. L’appeler Marine, c’est la rendre familière, c’est faire croire qu’elle fait partie des voisins ou de la famille. Non, il faut dire Le Pen fille. Vous voulez qu’on aille un peu l’écouter ? Je peux m’approcher de la télévision et mettre le micro, si vous voulez. Vous avez envie ? On fait une petite pause, si je peux dire. Merci Pippo, merci à toi. Nous sommes donc dans la salle des Quatre-Colonnes, à la recherche d’un peu de sens dans ce fracas du monde. Alors, je vais voir si je peux poser mon micro, si vous voulez l’entendre. Ah bah oui, je peux. Ne bougez pas. J’ai posé mon micro.
Ce second tour pour fausser l’électorat. On avait déjà vu le procédé en 2015 quand, dans les Hauts-de-France et en PACA, le second tour fut utilisé pour interdire des alternances locales qui étaient plébiscitées au premier tour. Ces manœuvres d’instrumentalisation des seconds tours sont des dévoiements de la démocratie. Imaginerait-on un arbitre de football qui s’emparerait du ballon parce que l’équipe qui a sa préférence est en train de perdre ? On le voit, tout réside dans l’impartialité. Le président exerce son rôle d’arbitre. Le sens des responsabilités démocratiques avec lesquelles, à l’issue du vote, Monsieur Macron doit se résoudre à sortir de son rôle de chef de la majorité pour enfin assumer, s’il en est capable, son rôle de président de la République. En ces circonstances, le président n’a qu’une possibilité : convoquer de nouvelles élections et laisser le pays choisir et, s’il le décide, choisir une majorité d’alternance. S’il s’implique dans la campagne, s’il sort de son rôle d’arbitre pour devenir joueur, il accepte par avance d’en assumer les conséquences politiques en cas de défaite. L’alternance n’est pas un gros mot. C’est une respiration normale de la démocratie. L’arbitrage, c’est revenir au peuple souverain. Laisser perdurer cette situation de blocage par des artifices mettra le président en première ligne pour faire d’une crise parlementaire une crise de régime. Avec le mouvement du 10 septembre, LFI veut bloquer le pays. Sans dissolution, Emmanuel Macron bloque aussi le pays. Or, la France n’a pas besoin de blocage, mais au contraire d’un déblocage de la situation, pas d’un enlisement, mais d’un élan. Les forces de blocage, macronistes ou LFI, sont les seules responsables de l’enlisement et du désordre. Enfin, la dernière raison pour laquelle Emmanuel Macron doit dissoudre ressort de l’esprit des lois. Il y a la loi, le texte de la loi. Il y a aussi l’esprit de la loi et l’esprit des institutions. L’esprit des lois, et notamment de la loi fondamentale constitutionnelle, enjoint de ne rien faire qui puisse contrarier le fonctionnement des institutions. Si l’une d’elles dysfonctionne, c’est tout l’équilibre institutionnel qui vacille. Personne ne comprendrait que le président contribue à sa paralysie. Vous le voyez, chers collègues, je tire mon analyse de la situation de la haute conception que j’ai de nos institutions et du rôle éminent et fédérateur que je crois être celui du président de la République. La crise parlementaire que nous vivons constitue un test sur la conception que le chef de l’État se fait de sa fonction. Son issue témoignera également de la santé de nos institutions. Il n’y a pas besoin de je ne sais quelle VIe République, et le crime serait de revenir à la IVe. La Ve fonctionne merveilleusement bien, pour peu qu’on respecte sa lettre et retrouve son esprit. Pour ce qui nous concerne, comme nous l’avons toujours fait, nous prendrons nos responsabilités. S’il n’y a pas de dissolution, nous continuerons, avec un esprit constructif mais sans faiblesse, de faire valoir les idées que nos électeurs nous commandent de défendre. Mais je le dis avec solennité : n’attendez pas que le groupe RN vous suive dans votre folie fiscale et migratoire, dans vos petits partis pris idéologiques qui vous empêchent de voir la réalité du pays. S’il y a une dissolution, nous accepterons le verdict des urnes. Si le peuple nous fait l’honneur de nous donner une majorité absolue, nous irons à Matignon pour mettre en œuvre, sans attendre la présidentielle, un programme de redressement national. Le changement n’attend plus.
Merci beaucoup, Madame la Présidente Le Pen. La parole est à présent à Monsieur Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues.
Nous sommes en direct. Oh bah tiens, je vais m’asseoir deux secondes, je m’assois deux secondes, hop ! Donc Marine Le Pen vient de finir de parler, donc c’est comme un appât. Les députés RN vont sans doute sortir et donc les micros se tendent, se préparent. Si je n’avais pas vu… Jean est là. Salut Jean. Salut Jean, Jean Jaurès, fondateur de L’Humanité. Restez dignes dans le tchat, restez dignes, ne nous abaissons pas. Je vais mettre le micro en haut de la caméra, ça fera micro-perche au cas où. Donc là, pendant quelques instants…
Je vous remercie.
Donc, il est quelle heure, là ? Il est 17 h 43. Dans une heure et quart à peu près, on saura l’ampleur de la débâcle, de la débâcle François Bayrou. Nous sommes aux Quatre-Colonnes, à l’Assemblée nationale, au cœur même de la meute, ce que les journalistes appellent eux-mêmes la meute, mais qui aujourd’hui se tient bien. Ça ne joue pas des coudes. Aux armes, les micros ! Merci Florence, merci de dire merci. Merci à vous tous les Aupostiens et les Aupostiennes. N’hésitez pas à suivre la chaîne, que ce soit sur YouTube ou Twitch. C’est rigolo, personne n’écoute Attal. Personne n’écoute Attal. La solitude, la solitude. Je profite pour vous dire que nous avons démarré lundi dernier notre première matinale, qui s’appelle France des terres. C’est tous les lundis de 7 h à 9 h 30 : météo des luttes, Radiopolice, revue de presse sur la maison Poulaga, revue de presse antifa, des invités. Ce matin, nous avions au micro d’Au Poste Éric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale et député LFI, Sandrine Rousseau, députée EELV, ainsi que la nouvelle et première directrice de la Fête de l’Humanité, qui démarre ce vendredi. Et si vous êtes dans les parages, n’hésitez pas à venir nous voir au Village des médias indépendants. C’est juste en face de l’Agora, donc la grande, grande scène de débats. On y sera pendant trois jours, de vendredi à dimanche, on va se marrer. Merci Optimistik. Oui, en effet, c’est un sujet, la quête d’ici. La première a fini à 8 h 58 ? Non, non, non, les deux ont dépassé largement. Bon. On attend qui ? On attend quoi ? C’est quoi ce bazar ? Ah non, bon, passons du temps avec Jaurès. Comment est l’image, là ? Pixelisée ou correcte ?
Oh non, Unparfait inconnu, tu peux ne pas faire ça. Si vous voulez connaître les invités, on les affiche sur le site, dans la rubrique « Convocations ». Demain matin, nous allons parler fascisme avec Marc Fortier. Marc Fortier, c’est un éditeur québécois qui vient de publier Devenir fasciste. C’est une satire où il narre sa reconversion en facho, où il explique qu’il essaie de reprendre les oripeaux, les slogans, les idées de l’extrême droite. Évidemment, c’est une satire qui lui permet de comprendre les ressorts qui semblent fonctionner. Et dans cet ouvrage, il y a une expression que j’ai ressortie plusieurs fois aujourd’hui, je l’ai citée au début et je ne l’ai pas refait après, que j’aime beaucoup, qui est la « démocratie de mise en scène ». Alors, la mise en scène, ça n’est pas que la société du spectacle, ça n’est pas que la caméra. D’ailleurs, La Société du spectacle de Debord, ce n’était pas simplement les médias, les mass médias. C’était l’idée de… c’était, d’une certaine manière, une refonte de la caverne de Platon, c’est-à-dire qu’on regarde les ombres plutôt que la lumière, on regarde ce qui est projeté, on regarde le spectacle plutôt que le fond. Eh bien, nous parlerons de tout ça avec Marc demain matin à 9 heures. J’espère que j’aurai la patate pour faire l’entretien et que je ne serai pas trop claqué. Oui, exactement, l’industrie culturelle d’Adorno..C’est demain matin à 9 heures, n’hésitez pas à venir. Bon, on va prendre un peu de champ parce que là, il ne se passe rien. J’aime bien ce monsieur. J’aime bien son attitude. Alors, on avance, on avance, on avance. Donc là, un petit temps. Je n’ai pas eu le temps de regarder son badge. Je ne sais pas pour quel média il travaille. Ah, ça s’agite, regardez ! Ça s’agite. Pourquoi ça s’agite ? Ah ben non ! Chenu, on ne va quand même pas l’interviewer. Non, on ne va pas l’interviewer. Ah bah tiens ! Ah bah bonjour, bonjour, bonjour ! Ah, c’était super.
Ah, tu crois ?
Oui, vraiment, c’était super. Voilà, je déconne, je déconne. Vous pourrez faire pareil avec moi. Mais c’est drôle, c’est drôle. Bonjour. C’est drôle, on se meurt. On se meurt. Ah là là… Ah, le direct ! Vous voyez, moi, vraiment, comme je le dis souvent, pour moi, il y a vraiment deux registres pour les images. Soit le document, où tu es là, sur ton banc de montage, à faire et défaire ton film, à le rentrer, c’est-à-dire un travail de fond, de maturation, refaire, etc. ; soit le direct. Mais l’entre-deux, je n’aime pas trop. Le côté magazine, machin, je trouve que c’est… ça manque soit de profondeur, soit de sel. Alors, je ne connais pas Estelle Grelier. C’est celle qui est à droite, là, c’est ça, à côté de la caméra ? Avec Chenu, c’était Jordan, de Frontières. Bien sûr, Aurélien, il faut de tout, mais… comment dirais-je ? Ce qui est dominant, ce qui est écrasant, c’est-à-dire le magazine, le truc monté, etc., il faut le désacraliser. Alors, il nous reste une petite heure. Il nous reste une petite heure entre le moment des dernières prises de parole et le vote. Alors là, c’est Panot. Je sens que vous avez envie d’écouter Panot. Allez, on va aller écouter Panot.
Le monde qu’elle défend, qui doit être défait. Car, Monsieur le Premier ministre, vous n’êtes qu’un visage du sursis que le Président a souhaité accorder à sa politique, le dernier visage d’une politique illégitime et obstinée. Incapables de susciter la moindre adhésion dans le pays, vous vous enferrez dans une succession de chantages mensongers. Il y a deux ans, Monsieur Attal menaçait : la réforme des retraites ou la faillite. L’année dernière, c’était le budget ou la panne des cartes Vitale. À présent, l’austérité ou la mise sous tutelle du FMI. Monsieur le Premier ministre, vous ne laisserez derrière vous que le risque d’une crise financière, à force d’en agiter le spectre sur toutes les télévisions du pays. Pour vous, le futur n’existe pas, car vous sentez bien que vous appartenez au passé. Impopulaire, minoritaire, détesté, le macronisme ne gouverne plus que par la peur. Vous étiez pourtant si sûrs de vous. Jamais un pouvoir ne s’était donné autant de mal pour passer en force sa politique. 49.3 en série, combines constitutionnelles, brutale répression des mouvements sociaux, piétinement de l’opposition, dissolution du Parlement, déni du résultat des élections, reconduite des perdants au gouvernement. Tant d’efforts pour gouverner seuls contre tous, et vous voilà à déplorer un déficit que vous avez vous-mêmes creusé. Votre numéro de prophète de pacotille n’amuse plus personne. Notre groupe parlementaire se félicite de n’avoir jamais adhéré à un seul de vos budgets qui nous ont conduits dans le mur. Nous ne partageons pas votre diagnostic et encore moins vos remèdes. Les spéculations hasardeuses du Mozart de la finance nous ont coûté 1 000 milliards de dettes supplémentaires. Alors que les besoins en santé, en éducation, en services publics, en investissements dans la bifurcation écologique ont explosé, vous avez privé la puissance publique de recettes précieuses. Vous avez appauvri l’État et affaibli les services publics. Vous avez baissé l’impôt sur les sociétés, supprimé progressivement les impôts de production, supprimé l’impôt de solidarité sur la fortune, mis à sac le financement de la Sécurité sociale et arrosé les transnationales de plus de 200 milliards d’aides publiques chaque année, sans aucune contrepartie. Les drogués à la dépense publique portent un nom : le Medef. Et vous gouvernez à ses côtés. Depuis huit ans, vous avez fait du capitalisme financier le plus grand assisté de la République. Les 500 plus grands détenteurs de patrimoine de ce pays vous remercient. Ils ont doublé leur fortune en huit ans. Et vous promettez les larmes et la sueur à tout le reste du pays. Quelle indignité ! Hausse historique des défaillances des petites et moyennes entreprises, fermetures d’usines, taux de chômage à la hausse, avalisation d’un accord humiliant avec les États-Unis : la fable des gestionnaires raisonnables autoproclamés a assez duré. Vous voilà à demander aux salariés de travailler deux jours fériés gratuitement. Supprimer deux jours fériés pour voler 4 milliards d’euros aux travailleurs, soit l’équivalent du montant de l’impôt de solidarité sur la fortune que vous avez supprimé. Voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans ne vous a pas suffi. Il fallait, pour gaver ceux qui avaient déjà tout, priver ceux qui n’avaient rien de la tranquillité même de ce rien. Vous resterez dans l’histoire comme cette oligarchie rapace qui ne supporte pas que les gens puissent profiter des petits bonheurs de la vie, consacrer du temps à soi, aux siens, aux autres, jardiner, pouvoir aller au restaurant ou en week-end. Atteinte aujourd’hui aux jeunes enfants. Pas dépenser un centime pour protéger les enfants des violences sexuelles, et ce alors que trois enfants par classe seraient victimes d’inceste. Vous n’avez rien fait pour démarchandiser le secteur de la petite enfance. Pire, Madame Bergé a copiné avec les lobbies des crèches privées. Rien non plus pour ces milliers d’enfants en situation de handicap privés de scolarisation à la rentrée faute d’accompagnatrices. Le macronisme est une fabrique de maltraitance infantile. « Mais avec vous », vérité, c’est ce qu’Emmanuel Macron avait oublié de préciser. Avec vous, l’argent ne ruisselle qu’à la naissance, sur les bien-nés. Vous avez fait de la France une société de castes archaïque où l’héritage concentre 60 % du patrimoine national. Comme au XIXe siècle, les 10 % les plus riches concentrent 80 % des actifs financiers et professionnels. Mais comment vous en vouloir ? Vous en faites partie. Pour être dans ces gouvernements très courts mais très sélects, il faut posséder au minimum trois logements. Il faut de préférence être millionnaire, comme c’est le cas de 22 de vos ministres, qui ont généralement hérité de leur fortune. 104 millions d’euros, c’est le patrimoine cumulé des ministres au pouvoir. La vérité de votre politique se trouve là. Mais vous n’êtes pas les seuls. L’extrême droite, votre assurance-vie, apprend beaucoup de vous. Le Pen, qui a refusé par huit fois de voter la censure de votre gouvernement et qui a empêché la discussion de la destitution d’Emmanuel Macron, la Le Pen pactise désormais avec les grands patrons. Elle promet que son programme raciste maintiendra les fondamentaux d’Emmanuel Macron. Voilà que se dessine la ligne de partage dans les grands choix qu’aura à trancher notre pays. Celui que nous proposons est connu : diplomatie non alignée au service de la paix, relance de l’économie par la consommation populaire, justice fiscale, nouveaux droits, investissements dans la bifurcation et l’adaptation écologiques, passage à la VIe République pour mettre un terme au pouvoir d’un seul au détriment de tous. En face, du macronisme à l’extrême droite, tous s’accordent sur la destruction des conquêtes sociales, les politiques climaticides, le statu quo sur la Ve République, le tout-sécuritaire et le consensus islamophobe. L’alliance entre Macronie et Le Pen contre le progrès social et humain a trouvé sa synthèse au ministère de l’Intérieur. En un an, Bruno Retailleau a trouvé plus de temps pour tweeter sur chaque député insoumis que pour réagir aux meurtres par l’extrême droite d’Aboubakar Cissé, de Hichem Miraoui ou de Djamel Bendjaballah. Gesticulation introuvable lorsqu’il s’agit d’un défilé de néonazis, de l’agression par des fascistes du compagnon d’une députée, d’une chasse aux personnes noires en Creuse, ou encore des 70 féminicides perpétrés sous son mandat. La ruine que vous avez produite n’est pas uniquement économique, elle est aussi morale. À l’international, la voix de la France ne porte plus. France Diplomatie a laissé place à France Incantation. L’abominable génocide perpétré par l’armée israélienne à Gaza ne rencontre aucun obstacle du côté de la France, qui vient encore de livrer des dizaines de millions d’euros d’armes à un État dirigé par des criminels de guerre. Plus de 60 000 morts, dont un tiers d’enfants, 40 000 enfants blessés, dont la moitié handicapés à vie, et toujours aucune sanction contre leurs bourreaux. « Soyez humain si vous voulez être original, plus personne ne l’est », disait le poète Max Jacob. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un gouvernement qu’il nous faut renverser, mais un monde fondé sur l’inhumanité, la brutalité sociale et l’absence de solidarité. Vos ricanements quand une femme atteinte du cancer vous reproche la loi Duplomb. Votre morgue, vos calculs byzantins pour vous maintenir coûte que coûte. Les Français n’en peuvent plus. Monsieur le Premier ministre, personne ne doute que le Président fera surgir mille avatars pour vous succéder. À Messieurs Darmanin, Lecornu et tous ceux dont les appétits s’aiguisent à mesure que les places dans le radeau se libèrent, sachez que vous êtes les noms génériques d’une politique avec laquelle les Français veulent rompre. D’ailleurs, les génériques sont généralement moins chers que les originaux. Quant à vous, vous ne valez plus rien. Nous alertons solennellement : tous ceux qui tenteront de sauver le soldat Macron tomberont avec lui. Les Insoumis ne se vendront jamais pour une place dans des ministères. Monsieur le Premier ministre, vos passages en force ne passent plus. Ils atteignent leur apogée néocoloniale à l’encontre de nos concitoyens d’outre-mer. Le grand nombre s’est mis en mouvement. Rien ne l’arrêtera. Ni le GIGN ou le RAID déployés en Guadeloupe, ni la CRS 8 envoyée en Martinique, ni encore l’armée en Kanaky-Nouvelle-Calédonie. Saccager les conditions de vie de ceux qui souffrent sans qu’ils opposent une résistance, c’est fini. Vous avez raison d’avoir peur. Le dégoût suscité par votre politique s’est donné rendez-vous le 10 septembre. Ce jour agit comme un formidable encouragement à l’action. Le mouvement aura obtenu une victoire avant même son commencement : la chute de votre gouvernement et la défaite de votre budget. À présent, il ne reste plus beaucoup d’options aux portes capitonnées de l’Élysée. Le Président ne souhaite pas changer de politique, alors il nous faudra changer de président. Ne lui en déplaise, en cette rentrée, la souveraineté populaire revient à la mode. Le dégagisme aussi. Partez aujourd’hui, Monsieur Bayrou, et Emmanuel Macron vous suivra de près. Le peuple s’impatiente, il a tout un monde à inventer. Je vous remercie.
Madame la Présidente Panot, la parole est à présent à Monsieur Philippe Bonnecarrère.
Allons prendre un peu l’air, mais cette fois-ci, on ne se met pas au soleil. Ça, c’est magnifique, ça, c’est vraiment un très beau orange. C’est la ZDF ? C’est allemand ou c’est suisse ? C’est allemand ? C’est allemand. Vous êtes allemand, vous ?
Mais pas du tout, rien à voir avec la choucroute !
Vous êtes content d’être là ?
Je n’ai pas d’opinion.
C’est vrai ?
Ouais, je travaille. Je suis content de travailler, si tu veux.
Pardon, pardon. Excusez-moi. Ça va finir en trombinoscope. Il fait beau, là. Pardon, monsieur. Voilà ! Voilà, là, il n’y a plus de soleil. Danielle Simonnet est en longue conversation socratique avec Quotidien. Alors visiblement, il y a un gars de Quotidien, je ne sais pas si c’est lui, qui aurait fait un magnifique roman qui est sur la liste du Goncourt, si j’ai bien lu, à 5 heures du matin avant de préparer le journal de la matinale. Attends, est-ce qu’il ne resterait pas une petite chaise, là ? Parce que je m’assiérais bien quelques secondes, là. Nous sommes dans les jardins de l’Assemblée nationale, au pied des Quatre-Colonnes. Voici l’entrée des Quatre-Colonnes. Les deux sont sur le concours ? Non. OK, ici ? OK, OK, OK. Super. Donc nous attendons 19 heures. Là, je crois que c’est le dernier orateur et après il y aura le vote. Peut-être même que ça va être bouclé avant 19 heures. Alors, que pensez-vous de cette journée, les amis ? Qui est là ? Ben ouais, mais je ne peux pas accéder à la flotte. Donc je n’ai rien bu, pas même du café. Donc, pour moi, c’est une torture. Ça va tourner à la torture. Il faut vraiment que ça s’arrête. Il faut abréger, il faut abréger François Bayrou. Il faut l’abréger, il faut l’abréger. Ah, tu as raison. Avant le vote, Bayrou répond aux présidents de groupe. Vous me prévenez quand c’est Bayrou ? Vous voulez bien ? En tout cas, heureux d’avoir trouvé le système. En fait, il faut que je n’ouvre qu’un seul micro plutôt que deux. Comme ça, vous n’avez pas le bruit d’ambiance. C’est lui, là ? Vous êtes sûrs, là ? Je ne me trompe pas ? C’est le gars avec le micro, là, veste en jean, chemise blanche, pantalon noir, c’est lui. Ah, c’est François Bayrou qui arrive. Bon ben alors, on va l’écouter quand même. Quand même, soyons charitables. OK, alors on y va. Bon, j’ai hâte de voir le pot après. Allons voir Bayrou. Oh la vache, regardez l’extrême droite, regardez la puissance de l’extrême droite ! Tiens, mais qui est encore là devant avec son téléphone ? La puissance médiatique de l’extrême droite, regardez. Alors, allons écouter Bayrou. Excusez-moi. Pardon, pardon. Alors je vais mettre le micro à côté de la télé, comme ça vous aurez Bayrou.
Ces neuf mois ont été pour le Premier ministre des mois de profond bonheur, parce que nous avons réussi, contre tous les pronostics, à former une équipe dans laquelle il y avait beaucoup de poids lourds, beaucoup de solidarité, beaucoup d’amitié, et qui n’a eu une seule crise, une seule tension pendant les neuf mois que nous avons vécus ensemble. Et ce n’est pas si facile, si l’on voit la diversité des sensibilités qui étaient représentées dans le gouvernement et la force des personnalités qui les portaient. Je trouve qu’on a montré une image républicaine honorable et active. Et donc, de ce point de vue-là, je voulais, au nom du gouvernement, remercier l’Assemblée nationale et, en tant que Premier ministre, remercier les membres du gouvernement. C’était la deuxième chose que je voulais dire. La troisième chose : il n’y avait qu’une question posée aujourd’hui. Est-ce que vraiment la situation du pays pouvait s’accommoder de divisions supplémentaires, de retards supplémentaires, de procrastinations supplémentaires ? Ou bien est-ce que la situation du pays exigeait qu’on prenne acte de la gravité et de l’urgence des choses ? On sait bien le résultat qui va être acquis, mais il ne sera pas acquis aujourd’hui, il sera acquis dans les semaines et les mois qui viennent, au vu de l’évolution qui va être subie par notre pays si les choses ne tournent pas comme nous le voudrions, du jugement qui va être porté sur la lucidité de la classe politique française, sur sa capacité à relever les défis et à provoquer ou à former une unité au service du pays. Je suis très heureux que nous ayons pu défendre au moins une vision qui est celle-ci : un pays ne peut pas aliéner son indépendance et sa souveraineté, pas plus sur le plan militaire que sur le plan financier. Nous ne pouvons pas accepter la soumission à des dominants, et pas la soumission non plus à nos créanciers. Nous sommes responsables de l’avenir, et notamment de l’avenir des plus jeunes. Avoir défendu pendant ces neuf mois cette vision et, à la tribune, cette volonté, pour nous tous, c’était… c’était un moment de vérité. Ce moment de vérité ne s’effacera pas. Un vote n’efface pas la réalité, et c’est ce que nous avons ensemble tenté de reconstruire. C’est très important pour l’avenir et je suis heureux que nous ayons pu partager ce moment. Merci.
Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre. Mes chers collègues, le Premier ministre ayant engagé la responsabilité du gouvernement, je vais mettre aux voix l’approbation de sa déclaration de politique générale. Le vote se déroulera dans les salles voisines de la salle des séances. Les bulletins de vote ont été déposés dans vos pupitres. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Il est ouvert pour une durée de trente minutes. Il sera donc clos à 18 h 50. La séance est suspendue.
Eh bien voilà, 18 h 50, le gong aura sonné. Alors, je peux vous dire qu’on ne fera pas de vieux os, hein ? On va rester un petit peu quand même, mais non, ça, c’est pas bon, là. Alors, la sonnerie, c’était la sonnerie de la fin des débats. C’est l’ouverture ou la fin des débats ? Donc, le scrutin est annoncé dans l’Assemblée nationale, les bureaux de vote… Lui, c’est peut-être le seul facho que j’interviewerais presque, Julien Odoul, comme une espèce d’enquête, d’enquête dans l’inconnu, dans la… Ouais, dans l’inconnu sidéral. Mais non, on ne donne pas la parole aux fachos. Il est 18 h 19, nous sommes le 8 septembre 2025. Nous sommes en direct de l’Assemblée nationale, à la salle des Quatre-Colonnes, où nous finissons notre documentaire animalier sur la rencontre de deux familles de bipèdes. Une famille équipée de drôles d’instruments : des casques, des micros, des caméras, parfois des perches, parfois des escabeaux, parfois des tripodes, parfois des monopodes. Ça, c’est la première famille de bipèdes. Et la deuxième famille, celle des hommes et des femmes politiques. Non, non, mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas y aller. Non, je ne suis pas délirant, mais non. Au programme demain matin, Marc Fortier, éditeur, essayiste, qui a tenté de passer à l’extrême droite, chez les fachos, et qui raconte sa méthode de conversion dans un livre assez succulent, Devenir fasciste. Ce sera demain à 9 heures. Le 10, la décision n’est pas encore prise. Est-ce qu’on suit le mouvement, est-ce qu’on ne le suit pas ? Je veux dire le suivre au sens de le couvrir. C’est très difficile de savoir s’il va se passer des choses sur Paris et je ne peux pas me déplacer dans les jours qui viennent, donc je ne peux pas aller ailleurs. Je ne sais pas encore si on se retrouvera le 10, d’autant que pendant trois jours, on sera à la Fête de l’Huma, vendredi, samedi, dimanche, et que lundi prochain, à cette heure, on repart en matinale. Donc il va falloir un peu ménager la monture. Il va falloir un peu ménager la monture. Le 10 ? J’ai pas entendu 10 ? Ah non, j’ai dit le 8 septembre. Oui, le 10. Mais je note qu’il y a vraiment une forme d’installation dans l’ambiance des Quatre-Colonnes, de ce monde institutionnel qui avance un peu comme un canard sans tête. Et les quelques orateurs qu’on a écoutés étaient quand même pas géniaux. « Ménage-toi, il y a déjà pas mal de couvertures », je pense. Ah, Patrick Bouchitey ! Je ne sais pas pourquoi vous parlez de Patrick Bouchitey, mais ça, c’était quelqu’un. Ah oui, Euryale, c’est la meilleure modo du monde ! Alors, Philippe Poulpe qui déboule. Nous sommes là depuis 3 h 34 et on attend la fin du scrutin, qui aura lieu à 18 h 50, c’est-à-dire dans une trentaine de minutes. À 18 h 50, fin du scrutin. Oui, on a eu quelques moments délicieux, mais je suis hyper déçu. Je voulais vraiment les voir avec leur caméra et leur faire un petit coucou, les gens de Frontières, mais ils n’osent même plus mettre leur caméra ici. Ah bah tiens, à propos, je ne voulais pas l’annoncer, mais j’ai saisi le Conseil de déontologie sur le fait que Frontières a usurpé notre identité en se faisant passer pour Au Poste aux AMFIS de LFI. Parce que ça suffit comme ça, quoi. Non mais attendez, en toutes circonstances, il faut tâcher de rester souverain. Et c’est un républicain qui vous le dit. Voilà. On ne va pas descendre à leur niveau, mais effectivement, il y a eu quelques scènes involontaires aujourd’hui avec les gens de Frontières que j’ai trouvées assez délicieuses. J’avoue, j’avoue. Quand je les filmais, quand ils écoutaient Marine Le Pen à la télé, notamment quand Jordan était à la télévision, ou quand nous l’avons vu saluer Sébastien Chenu. Attention, les lumières s’allument, les perches se tendent. Qui va arriver ? Qui va sortir de la boîte ? Attention, qui va sortir de la boîte en premier ? Baissez les micros, baissez les micros ! Ben oui, baissez les micros. Les caméras ne sont pas contentes. Il faut baisser les micros. Ah là là ! C’est Attal, Attal. Cosaque bleu, qui passe sans s’arrêter. Il pourrait passer ailleurs. Et donc là, c’est une façon ostentatoire de dire : « J’existe, mais je ne vous parle pas. » Et vous voyez, à ce moment, les lumières qui s’éteignent. Gabriel Attal s’est perdu. Il est passé, mais il n’a pas parlé. Alors, le droit à l’image, ce n’est pas ça. Ah oui, tu parles des personnes qui peuvent demander à ce qu’elles soient retirées de la vidéo, non ? Il n’y a pas une règle comme quoi les médias doivent donner un certain nombre d’informations pour recueillir le droit à l’image ? C’est-à-dire : alors, la Charte de Munich, il se trouve que c’est Munich, ça devrait quand même convenir à Frontières. La Charte de Munich, qui est celle que signent tous les organismes de presse, stipule bien dans son article 4 qu’on ne peut pas recueillir de manière déloyale des informations. Or, se faire passer pour quelqu’un d’autre, c’est profondément déloyal. Donc effectivement, je pense que là, les gens peuvent se sentir floués. Je sais qu’il y a au moins une des victimes qui a également saisi le Conseil de déontologie. Voilà. Mais bon, soyons souverains. Je pense même qu’on existait avant Frontières, et notre désir d’exister, notre volonté de faire, dépassent largement ces petits messieurs grassement financés. Le Conseil de déontologie peut simplement donner son avis, ce n’est pas grand-chose. Dans le cadre de l’information, tu ne fais pas signer une décharge. C’est plus dans le cadre d’un reportage ou d’un documentaire. Effectivement, tu fais signer des décharges aux gens. La loi est extrêmement complexe. Il y a la loi et puis, comme dirait François Bayrou, il y a l’esprit de la loi. Et donc, voilà, quand tu fais un documentaire, si tu veux vraiment te bordurer, à la fin des entretiens, tu fais signer une décharge à ton interviewé. Dans l’information, c’est beaucoup plus difficile parce que, voilà, c’est des gens que tu rencontres au coin de la rue, etc. Tu n’as pas forcément une décharge avec toi et donc il n’y a pas de caractère d’obligation. 2021 ? Quand, 2021 ? Nous, on est arrivés quand, nous ? 2021 ? En février 2021. Voici Jean Jaurès, le fondateur du journal L’Humanité, qui attend la sagesse du vote des députés.
Bonsoir, bonsoir.
Ah, voici le futur félon. Voici le futur Bruno Mégret. Vous voulez vraiment que je tende le micro ou non ? Non. Si vous voulez, je peux tendre le micro. Vous voulez ? On va tenter, on va dire s’il y a d’autres cobayes.
Est-ce que vous aviez un peu le son ou pas ? On n’avait pas le son ? Non ? Ouais, ouais. De toute façon, ce n’est pas très grave. Nous avons l’image. Alors, moi, il n’y a qu’un même truc… Vous voulez que je sois un peu sévère ? Il n’y a qu’un même truc : tous ces micros tendus, ces caméras tendues, le sont par des gens qui n’ont écouté aucun débat. Donc quelles questions peuvent-ils bien poser ? Là, on est quand même dans quelque chose de totalement mécanique, on est d’accord. Parce que là, on imagine que c’est des « réacts », comme ils disent, ou des « réacs », comme ils le disent, des réactions. Ah ben tiens ! Donc ça, c’est quand même quelque chose qui m’interpelle depuis toujours. Ces questions aux Quatre-Colonnes sont en fait posées totalement en dépit du bon sens. D’où le recours à la phrase assassine, à la réplique, au buzz. Alors, tu sais aussi, de temps en temps, effectivement, dans les rédactions en chef, qui peuvent demander, et c’est surtout le cas des duplex : « Ça, c’est d’aller… » Je vais m’avancer. Normalement, on n’a pas le droit, mais là, je me mets en position. Là, je suis pas mal, là. Normalement, je ne pourrais pas être là, mais je ne suis pas mal. Non, non, les caméramans, ils ne vont pas en salle. Non, non, non. J’ai écouté les quelques allocutions qui m’intéressaient : Mathilde Panot, François Bayrou, Boris Vallaud. Écoute, je ne sais pas, mais je ne le sais pas. C’est un buste de femme. Antoine ! Alors, je suis désolé, il faut que tu ailles voter, mais le tchat a une question extrêmement importante : c’est le buste de qui, la dame, là-bas ?
Olympe de Gouges. Devant, il y a la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Tu veux savoir ce que je vote ? Comme ça : pour, contre, abstention. Et moi, je vote contre.
Il ne s’est pas trompé, c’est d’habitude qu’on vote !
Merci beaucoup. Eh bien, c’était Olympe de Gouges, voilà, et voilà. Ah ouais, c’est la classe. Ça fait comme deux beaux personnages de gauche dans la salle des Quatre-Colonnes. Ouais, je trouvais qu’elle avait une petite expression à Louise Michel, mais je n’osais pas. Voilà, on en apprend, on en apprend à Au Poste. Avez-vous vu le bulletin « pour, contre, abstention » ? On se marre bien, quand même. Oui, je ne sais pas si Olympe de Gouges a été élue. Olympe de Gouges, c’est l’une des autrices de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Demain, sur BFM : « Le député LFI Antoine Léaument crée la polémique en exhibant un bulletin ultra-turbo-mégasecret de l’Assemblée nationale. » Olympe de Gouges, en effet, qui fut citée dans la nouvelle émission de Nora Bouazzouni, Qui va faire la vaisselle ?, émission féministe mensuelle. Vous pouvez la retrouver sur notre site. Allez, on est 980 sur deux plateformes. Partagez, qu’on soit 1 000 pour la fin. Dans dix minutes, c’est terminus. Finito la bamboche, finie la bamboche pour Bayrou.
Comment ?
Oui, oui, c’est un match de foot, absolument, c’est un match de football. Eh oui, le vétéran, c’est son dernier match. Enfin, encore qu’il y a des sélectionneurs, je pense à Monsieur Serge Faubert, qui nous explique que François Bayrou va revenir en 2027. Vous le saviez, ça ? Ah, c’est vrai, c’est vrai !
J’ai dit qu’il veut revenir, je n’ai pas dit qu’il va revenir. Il y a plein de trucs que je veux. Je veux gagner au Loto, mais tu vois, il ne se passe rien.
Ah, j’ai cru que c’était une forme de prophétie autoréalisatrice.
Non, mais c’est pour faire du contenu, quoi.
Oui, c’est ça. Le revenant. Il revient et il n’est pas content, c’est ça.
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, absolument. Si, ça fait longtemps. C’est très bien qu’elle soit là, d’ailleurs. Mais depuis quand elle est là ? Depuis quand elle est là, Olympe de Gouges, la statue ? 2016 ? Ouais, 2016. Et avant, il y avait qui ? Il n’y avait personne.
Et pourquoi ces deux gauchos qui sont à l’entrée ?
Pourquoi, c’est quoi ? Des gauchos, Jaurès et Olympe de Gouges ? Parce qu’Olympe de Gouges, c’était elle qui a dit que si elle avait le droit de monter à l’échafaud, elle avait le droit de voter. Voilà, il était temps de le dire. Victor Hugo, je te rappelle qu’il a d’abord été royaliste avant d’être républicain.
Alors, c’est pas Victor Hugo, figure-toi. Tout à l’heure, tu as confondu Bécaud et Béart, et là, tu confonds Hugo et Jaurès. Ah bah bravo !
C’est pareil, c’est la fin de la journée. Au bout de dix-sept configurations gouvernementales, je suis un peu fatigué. Tu crois que Victor Hugo aurait toute sa place ici ? C’est vrai, Victor Hugo aurait toute sa place ici. Je suis un grand admirateur de Jaurès.
« Ils ont tué Jaurès. » Magnifique chanson de Brel. Oui, mais comme le tchat, tu sais, le tchat d’Au Poste…
Ils sont tous avec un livre, en même temps, ils disent : « Ah, il s’est planté ! »
Alors, Bayrou va fêter ça au Burger King. Non, SentierBattant, tu déconnes.
Non, non, elle s’est autodétruite, c’est un truc, c’est normal.
Alors, Hugo, Jaurès, tout ça, c’est la même barbe.
Et mercredi, nous te voyons courir dans les rues de Paris ?
Je sais pas.
Pourquoi tu ne sais pas ?
Je ne sais pas si, à Paris, ça va bloquer.
Apparemment, oui. Moi, si je lis les boucles Telegram, apparemment, oui, il y a des projets.
Alors, il y a des portes de Paris ?
Ah mais moi, j’ai vu des trucs dans le centre de Paris aussi.
Mais raconte, alors, ce serait quoi ?
Moi, j’ai vu un truc dans le quartier des Halles, c’est tout ce que j’ai vu, et on m’a parlé d’un autre truc au ministère du Travail le matin. Mais c’était des propositions qui sont agitées sur les boucles Telegram, donc je ne sais pas si ça se fera. Je n’organise rien, je n’en sais rien, voilà.
Tu parles comme Mélenchon.
Je ne te parle plus.
Tu parles comme Mélenchon. Vous, les gens, là, hein ! Arrêtez, le tchat, ne m’engueulez pas. Il se passe quoi ? Il se passe qu’on attend, qu’on est fatigués. Bonjour monsieur. Je n’y arrive pas. Je ne sais pas comment vous faites pour interpeller les députés. Alors, nous attendons… C’était qui ?
T’es là ?
Je ne vous filme pas, mais on vous entend. Albert de Mun. C’est qui ?
C’était un député de droite, démocrate-chrétien, qui était à la place d’Olympe de Gouges. En fait, les deux bustes sont à l’entrée, mais je n’ai pas le droit d’être interviewé.
Ah bon ? Ah bah j’adore ça ! En plus, c’est la seule chose intéressante de la journée que j’ai apprise grâce à vous. Donc quel dommage de ne pas pouvoir vous interviewer. Excusez-nous, ça, c’est l’air qui lâche. J’ai faim, j’ai soif. Vous n’avez pas le droit ! Alors, j’ai très, très peur. Fin du vote dans sept minutes. Attention, fin du vote dans sept minutes. Donc, nous sommes en direct de la salle des Quatre-Colonnes, à l’Assemblée nationale. On est là depuis 15 heures, depuis la prise de parole de François Bayrou, et donc le vote se termine dans quelques instants. Vous voyez, les gens disent : « Il est sympa, le monsieur. » Voilà, les gens disent ça dans le tchat. Ah oui, c’est en direct ! Les gens sont sympas. Ça ne me tente pas, toi. Toi, tu aimes l’ordre et les agents.
Quand tu vois qu’il s’agit de gérer tout ça, là, tu vois… Quand il s’agit de bien gérer, bonjour, quoi.
C’est plutôt calme.
C’est plus calme parce que les confrères commencent à être fatigués. C’est autre chose, c’est un phénomène biologique, vois-tu ?
Qu’est-ce que le monsieur qui n’a pas le droit d’être interviewé t’a raconté concernant les statues ?
Avant, elle regardait donc apparemment dans la même direction, c’est-à-dire un peu par là, et donc elle regardait vers l’avenir de l’humanité, voilà.
Olympe ?
Non, pas Olympe, l’autre. Non, le type de droite que je ne connaissais pas.
Illustre inconnu.
Non, ce n’est pas parce que je ne le connais pas que c’est un illustre inconnu. Je n’ai pas cette prétention, tu vois.
Alors, si la confiance n’est pas votée, il peut rentrer à Pau en Falcon ou bien. Non, il doit gérer les affaires courantes, quand même. Je vous rappelle, il va rester quelques jours pour expédier les affaires courantes. Là, ils ont fait passer des décrets vite fait. Il ne pourra pas en faire d’autres, mais il faut gérer la suite. Alors, je sens que le « PAU », P-A-U, le pot de départ dans le tchat est en train de se préparer. Nous attendons donc les résultats du vote. Vous le voyez ici sur l’écran : suspension de séance. Normalement, à 18 h 50, le vote est arrêté. Oui, oui. Plus que trois minutes pour connaître l’étendue de…
S’il s’agit de meubler, tu peux parler à tes auditeurs du Schéma national des violences urbaines, ce texte qui est totalement liberticide quant à l’action des journalistes dans les manifestations et qui entre de fait en vigueur. C’est-à-dire que maintenant, dans toutes les manifestations où il y aura des incidents, les flics sont en droit d’éjecter la presse comme ils en rêvent depuis longtemps.
Alors, pour être tout à fait complet, la DGPN, la Direction générale de la Police nationale, a dit qu’elle allait revoir cette petite phrase.
Elle a fait une déclaration à l’AFP, mais moi, j’attends de voir, parce qu’on sait très bien que les révisions de la préfecture de police ne sont pas toujours. Pardon, de la DGPN, ne sont pas toujours évidentes. Il suffisait simplement de ne pas mettre la phrase en question et tout se passait normalement. Parce que demain, ça veut dire qu’on peut avoir des comportements assez agressifs vis-à-vis des journalistes. C’est déjà le cas de fonctionnaires de police qui ont des comportements, dans des ambiances dégradées… J’en sais quelque chose ! Donc, si en plus il y a un cadre légal qui autorise ce genre de comportements, ça va être de plus en plus compliqué de couvrir les manifs, surtout celles qui tournent mal. Et on sait que, par les temps qui courent, effectivement, les manifs sont plutôt agitées en fin de parcours, et des fois même en début de parcours. Donc c’est quand même… Ce qui est symptomatique, c’est cette obstination permanente… Attends. Pardon, excusez-moi. Oh là là, je vais faire des acrobaties. Ce qui est symptomatique, c’est cette obstination permanente du ministère de l’Intérieur pour remettre cette question sur le tapis. C’est-à-dire : comment virer les journalistes des manifs qui commencent à partir en vrille ?
C’était déjà dans la loi Sécurité globale, en 2020, 2021.
Les syndicats se sont mobilisés, franchement, des forces politiques derrière, mais c’était important. Toute la profession s’est mobilisée, il y a un tas de… Donc soyez attentifs à cette question, parce que, pour l’instant, ce n’est pas acquis que nous puissions continuer à évoluer dans les manifs tranquillement.
Et ce à quoi, moi, j’ajoute que normalement, la Cour européenne des droits de l’homme et le Conseil de l’Europe ont consacré le droit au filmage, y compris par les citoyens, de toutes les polices en exercice. Et que c’est un droit, et que pour l’instant, le droit européen empêche la police d’empêcher de filmer. Mais on sait bien que, dans les faits, c’est différent. Et après, tu as raison, on voit bien que c’est une marotte régulière de la part du ministère de l’Intérieur, qui veut absolument empêcher les journalistes et, à travers eux, les citoyens qui filment les actions policières. Alors, il est quelle heure ? Il est 50 ? Bon alors, j’entends des coups de fouet. J’entends des coups de fouet, attention. François Bayrou va-t-il être dompté ? Alors voilà, nous sommes en direct des Quatre-Colonnes. Non, il n’y avait pas de directive en 2018, absolument. Voilà, nous sommes en direct de la salle des Quatre-Colonnes. Nous sommes dans ce que les journalistes appellent eux-mêmes « la meute », c’est-à-dire cet endroit où, vous voyez, tous les trépieds se croisent. Il n’y a pas un centimètre de libre. Les plus malins, comme ceux qui sont derrière, sont venus avec un petit escabeau pour pouvoir se mettre au-dessus. Les perches sont prêtes. Voilà, Kamel, exactement. Et surtout, elle dépolitise les luttes en transformant la manifestation, en disant qu’elle devient « violence urbaine », sous-entendu qu’elle n’est que délit, voire crime. Elle enlève tout l’aspect politique, y compris de ceux qui s’énervent, de ceux qui s’en prennent à du mobilier urbain et qui, par là, signifient… Quoi qu’on en pense, signifient leur désaccord. Et donc, c’est un acte politique et c’est comme ça qu’il doit être vu. Et là, évidemment, l’idée de ce schéma, c’est de dire : « Non, non, non, pas du tout. À partir du moment où il y a une poubelle qui brûle, on n’est plus dans la manifestation, donc, d’un point de vue policier, dans le maintien de l’ordre, mais on est dans le délit, les violences urbaines, etc. » Il y a ça dans ce schéma, il y a aussi… Il y a ça dans ce schéma. Hé, ça va ? Hé, tu parles ! Alors, 18 h 50… 52… 18 h 53. Nous allons regarder ça sous le… C’est trop sympa de votre part, mais je vais d’abord regarder les… Ça, c’est sympa. Port du badge apparent obligatoire. Attention, vous savez, l’information est une mission et nous en sommes ses soldats. Voilà. Alors, Jean Jaurès, il est là et nous allons écouter le résultat. Il est 18 h 53, nous sommes en direct dans la salle des Quatre-Colonnes. Attention, le suspense est tout à fait tenable. On peut monter le son ? Salut à toi, ô Jean Jaurès ! Nous sommes en direct des Quatre-Colonnes. Roulement de tambour. N’hésitez pas à suivre Au Poste, que ce soit sur YouTube, que ce soit sur Twitch. Regardez les moyens de ces gens-là, ils ont des mini-caméras extraordinaires, supersoniques. Vous êtes en direct, là, monsieur, n’ayez pas peur, entrez dans l’espérance. Alors, attention. Jean Jaurès, que penses-tu de ceci ? Que penses-tu de ce spectacle ? Nous sommes en direct dans la salle des Quatre-Colonnes, nous attendons la proclamation du vote.
Le gouvernement Bayrou a été durement battu et son budget de violence sociale et de brutalité a été défait. Bayrou voulait une heure de vérité, je crois qu’il l’a eue. Mais ce que marque le résultat, au-delà même du gouvernement de Bayrou, c’est l’imposture de la Macronie qui éclate au grand jour. Rendez-vous compte qu’il n’y a qu’un tiers de l’hémicycle qui a accordé sa confiance au Premier ministre. Ce qui veut dire que la politique macroniste pour les riches, au service des riches et de guerre sociale contre le peuple a recueilli deux tiers de votes défavorables dans l’hémicycle. Elle est donc minoritaire à la fois dans l’Assemblée nationale, mais aussi dans le pays. Il est donc illégitime que Bayrou, et Barnier avant lui, aient pu continuer la même politique coûte que coûte, en ne tenant aucun compte du résultat des élections en juin et en juillet dernier. Nous disons donc, face à cette imposture qui éclate au grand jour, que nous ne voulons pas d’un énième Premier ministre qui continuerait la même politique. Et que donc la question qui est posée au pays, c’est celle du départ d’un président de la République qui refuse de respecter la souveraineté du peuple. Et je veux d’abord dire à celles et ceux qui nous écoutent que nous partageons leur soulagement de voir Monsieur Bayrou enfin parti comme Premier ministre de ce pays, après tous ses mensonges sur le scandale de Bétharram ; que nous partageons leur soulagement de voir que Monsieur Retailleau n’est plus ministre de l’Intérieur, lui qui parle comme l’extrême droite, et même comme Monsieur Pétain, de « Français de papier » ; que nous partageons leur soulagement de voir ce budget dont personne ne voulait dans le pays être tombé. Et surtout que ce que nous avons fait aujourd’hui, c’est-à-dire faire chuter un gouvernement dès le 8 septembre, est d’abord une victoire de la mobilisation populaire, celle qui est née, auto-organisée durant l’été, celle du 10 septembre qui se tient dans deux jours. Le groupe parlementaire insoumis déposera demain une motion de destitution du président de la République, car le problème pour le pays et le blocage pour le pays, c’est lui. Et dès le 10 septembre, nous serons partout aux côtés des Français et des Françaises qui bloqueront l’économie du pays pour dire maintenant que ça suffit. Oui, je crois que tous ceux, je l’ai dit dans le discours, tous ceux qui iront sauver le soldat Macron tomberont avec lui. Nous ne serons jamais d’accord et nous sommes totalement irréconciliables avec toute politique macroniste. Si c’est pour continuer cette politique de malheur, peut-être un peu moins, peut-être à 50 % de l’austérité qui est faite, nous ne sommes pas d’accord. Il faut au contraire, dans notre pays, dépenser plus vers une relance écologique et sociale, notamment pour dépenser dans les services publics, dans l’éducation, dans la santé, pour les enfants en situation de handicap qui se retrouvent sans accompagnatrices d’élèves en situation de handicap. Cela est une bombe pour notre pays.
Je ne sais pas.
Je suis d’accord. D’autres questions ?
Emmanuel Macron ?
Écoutez, nous laissons deux choix au président de la République : soit il peut être destitué, soit il peut démissionner. Mais vous comprenez que nous avons un problème réel avec la Ve République et avec le fait qu’un homme seul puisse décider pour tout un peuple. C’est ce qui s’est passé avec la réforme de la retraite à 64 ans. Et donc, ce que nous disons, c’est qu’il faut définitivement non seulement faire partir Emmanuel Macron, mais en finir aussi avec une Ve République qui exclut le peuple du pouvoir. Mais je le redis, oui, nous ne gouvernerons pas dans une grande coalition. Nous ne participerons pas aux magouilles qui sont faites actuellement pour pouvoir continuer une politique dont personne ne veut dans le pays. Nous ne participerons à aucun gouvernement qui ne portera un programme de rupture et, comme je l’ai redit aujourd’hui, les Insoumis ne se vendront pas pour une place dans des ministères.
Est-ce que vous pourriez le sanctionner pour un gouvernement socialiste ?
Mais écoutez, nous, nous demandons à ce qu’Emmanuel Macron parte. Comprenez que nous avons un problème si le pays se retrouve avec, tous les trois mois, un gouvernement qui tombe. Comprenez que ce n’est pas possible d’attendre jusqu’en 2027, d’avoir une instabilité telle que, puisque le président de la République refuse de reconnaître le résultat des élections, eh bien il nomme, un à un, des gens qui sont chargés de faire toujours la même politique. Nous ne sommes pas d’accord avec ça. Quand il y a un blocage dans le pays, quelle est la solution ? Retourner devant le peuple, retourner aux urnes et faire en sorte que les Français et les Françaises puissent trancher entre les grandes options qui se présentent pour le pays. Merci.
Il y a juste une possibilité..Les membres du Gouvernement peuvent venir à l’appui du Gouvernement. Le Parlement, par exemple, peut venir plus rapidement. Alors, il y a juste mon collègue. Si on peut juste laisser passer mon collègue, s’il vous plaît.
Est-ce que le son était OK avec ma petite perche ? Oui ? Vous me direz ?
C’est un soulagement pour des millions de Français, mais c’est aussi une inquiétude. Une inquiétude de savoir ce qu’il se passera. Au sein du groupe Écologiste et Social, ce qu’on va dire, c’est que, depuis le jour où nous avons su que François Bayrou allait tomber, nous avons contribué à travailler à la suite. Nous savons qu’il est possible d’avoir une rupture politique avec la politique d’Emmanuel Macron, mais aussi une rupture de méthode qui permettrait à un gouvernement de durer et d’être rendu pérenne par le Parlement. D’un côté, nous garantissons de faire, dès le départ, un vote de confiance pour ouvrir le dialogue immédiatement avec le Parlement. C’est à Emmanuel Macron d’arrêter de bloquer. S’il reconnaît que la cohabitation avec la gauche s’impose à lui, il est possible, pour les deux années qui viennent, d’avoir de la stabilité et un changement de vie.
Par quel micro ? La ZDF ? L’autre micro.
Il n’y a pas de faute à faire confiance à la gauche et pas de faute à changer les choses. Maintenant, il faut faire tout autrement. Maintenant, il faut pouvoir démarrer et travailler sur la question des salaires, de la rénovation des bâtiments, des objectifs climatiques. Et donc, si la gauche est appelée à gouverner, elle doit pouvoir le faire. Et il faut que ça soit toute la gauche. Et après la destitution du président, la question, c’est : est-ce qu’à un moment, il va démontrer qu’il n’est plus un point de blocage ? C’est ça, la question.
Est-ce que vous souhaitez Olivier Faure pour Matignon ?
Écoutez, moi, je pense aujourd’hui qu’il sera extrêmement compliqué d’expliquer à des électeurs de gauche qu’on ne soutient pas un gouvernement qui fait une politique de gauche. Je pense que c’est incontestable. Et je pense que, pour faire cette politique, on est plus forts s’il y a toute la gauche, du PS jusqu’aux Insoumis. Et c’est ce que nous souhaitons. Et oui, nous soutenons un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire. Nous appelons Emmanuel Macron à une cohabitation. Il y a deux choses. Déjà, vous savez qu’il y a le 10 septembre. C’est une mobilisation qui est née et qui a été organisée même bien avant que François Bayrou demande le vote de confiance. Je pense que c’est le moment de rappeler que ça suffit, qu’on ne peut pas s’entêter contre tout un pays à mener une politique qui a été rejetée. Donc cette mobilisation dans la rue, elle est importante. Et après, oui, la question de la destitution va faire son chemin. Avant cela, Emmanuel Macron doit démontrer qu’il n’est plus un point de blocage, sinon il ne respectera plus le devoir qui est le sien, c’est-à-dire celui de garantir la stabilité de l’État.
La coalition n’a aucune chance, vu la position de LFI. Qu’est-ce que vous dites à La France insoumise ce soir ?
Moi, j’ai dit à La France insoumise que, pour mener une politique de gauche, on est plus forts ensemble. Et que je sais qu’ils veulent changer la vie, qu’ils veulent améliorer la vie. Eh bien, si on peut le faire dès demain, faisons-le.
Alors, c’était Cyrielle Chatelain, des Verts. Désolé, elle n’a pas la voix qui porte comme Mathilde Panot. C’est Sandrine Rousseau qui était ce matin dans la matinale. Ce matin, dans la matinale d’Au Poste, elle était là à 8 h 20.
Merci à vous. Je ne sais plus qui c’est, lui. Et alors vraiment, il a la voix qui ne porte pas du tout. J’ai mis la caméra à grand-angle. Il faut que je parle moins fort parce que, pour les autres, ce n’est pas cool. Merci aux donateurs et aux donatrices d’Au Poste qui rendent notre travail possible. Ah oui, c’est ça, c’est le MoDem. Bon, allez, je remets le micro et je tends la perche. Ça vous va ?
Là, dans les choses qui viennent, c’est quelques-uns ou nombreux. Et maintenant, ce n’est pas ce qui va se passer maintenant. Vous avez écouté ce que je viens de dire ? Ce n’est pas grave, alors je vais le répéter, parce que la pédagogie, c’est l’art de la répétition. Maintenant, il s’agit de trouver les voies et les moyens pour répondre aux problèmes des Français. Maintenant, il s’agit de se dire : est-ce qu’on est capables de se rassembler et de trouver les moyens d’accompagnement ? Ce n’est que ce que j’ai entendu cet après-midi. Mais, en tout cas, ce dont moi je suis sûr, c’est que les Français, ils en ont marre de nos débats stériles. Ils en ont marre des invectives et des insultes à l’Assemblée nationale. Ils veulent qu’on travaille pour eux. Parce que quand on fait ça, on ne travaille pas. Quand on s’insulte, on ne travaille pas. Et donc maintenant, nous, le MoDem, nous, force politique, avons la responsabilité d’essayer de trouver les voies du rapprochement. D’abord par les attitudes, en essayant de ne pas s’insulter vous ne nous voyez pas le faire, en essayant de trouver des terrains d’entente qui vont s’imposer.
Le groupe LIOT fait la même proposition que Les Républicains. Est-ce que vous allez vous y associer ?
Oui. Vous vous êtes émus avec le rapprochement des choses, il y a quelques jours. Je me réjouis et j’espère qu’on sera nombreux à essayer de construire quelque chose en nous rassemblant.
Est-ce que ça va de LR au Parti socialiste ?
Sans les extrêmes, c’est simple. Sans les extrêmes, c’est assez simple. Ce qui n’est pas dans les extrêmes, c’est l’arc républicain qui peut se construire. Après, il appartient à chacun de prendre la décision, de prendre ses responsabilités pour le pays. C’est ça, les limites de l’arc républicain.
Le Parti socialiste a déjà dit non.
Oui, mais ça, c’est d’expliquer les faits. Les chiffres sont têtus. Le Parti socialiste, à lui tout seul, quand bien même il rassemblerait l’ensemble du Nouveau Front populaire, a moins de voix que ce que nous sommes dans le centre. Donc, si on ne se parle pas, et si on dit : « J’applique mon programme sans les autres », sans s’écouter, sans essayer de trouver une plateforme qui nous permettrait de nous réunir sur un certain nombre de sujets le sujet du déficit public, le sujet du budget, le sujet de quelques priorités d’ici, alors nous échouerons. Moi, je ne suis pas quelqu’un qui souhaite qu’on échoue. Donc il faut que l’on fasse les choses les yeux ouverts, avec les uns et avec les autres, pour essayer d’avancer. Est-ce que j’ai dit qu’on avait une légitimité pour gouverner ? Mais je crois que nous avons une légitimité pour essayer de faire parler les gens entre eux. C’est la vocation de cet espace politique : essayer de dépasser les frontières partisanes, parce que ce qui manque singulièrement aujourd’hui, c’est cette capacité à les dépasser. Et je ne me sens pas illégitime pour le dire. D’ailleurs, nous ne sommes pas si nombreux que ça à le dire. J’espère que nous serons, dans les jours qui viennent, un peu plus nombreux.
Ah ouais, le peu que j’ai entendu, c’était du bois massif. Paul est inquiet, le RN ne vient pas.
J’ai filmé tout le temps. Il nous manque… On a eu La France insoumise. Ah, parce que Monsieur fait une équation. C’est la France politique qui nous manque. Qui nous croit, ou qui nous ment ? Pas nous. Qui nous ment, c’est un ordinateur. Je suis là à quatre heures du matin.
On va fermer maintenant, on ferme tout, on ferme l’Assemblée, en fait.
Ah ouais ?
Non, ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai.
C’est bloqué, ça y est.
C’est bloqué !
Tout est bloqué. Attention au micro. Là, il y a le chef qui dit : « Attention au micro ! » On se détend, on se détend. Bon voilà, chers amis, nous avons passé quatre heures trente en live, sans eau, sans café. La déroute est totale, la déroute de Bayrou est totale, pardon. À bientôt, Paul !
Salut !
Voici Jean Jaurès qui contemple cet événement. Donc nous allons nous éclipser petit à petit, nous allons sortir de là. Mais bon, si je n’ai pas trop la patate pour aller faire la huitième interview de la journée… On a commencé ce matin très tôt, à 7 heures, avec la matinale France des Terres. Allez, je vais prendre un peu l’air, après on va retourner… Je prends un petit peu d’air, là. Ah, ça fait du bien, un petit, petit peu d’air. Un petit peu d’air. Donc nous sommes dans les jardins de l’Assemblée nationale. Nous quittons la salle des Quatre-Colonnes. Si vous voulez qu’on la « Bayroute »… Ouais, ouais, ouais, à Libération, on peut le faire, on peut le faire. Merci, merci à vous tous. Non mais je… Merci Robin, mais je l’oublierai. C’est vraiment pas dans mes habitudes. Je suis un vieux de la vieille, moi. Je n’ai pas dans mes habitudes de m’équiper en gourde, en thermos et tout ça. Ce n’est pas grave, ce n’est pas grave. Je ne vous dis pas ça pour me plaindre, c’est juste une petite information en passant. Donc nous étions en direct pour assister à la déroute de Bayrou. Aujourd’hui, un peu partout en France, devant certaines municipalités, il y a des pots de départ qui ont lieu. Pour ma part, je vais me reposer, car demain matin, on attaque de nouveau avec Marc Fortier, essayiste, éditeur, qui vient avec son livre Devenir fasciste, qui est une satire où il essaie d’expliquer sa reconversion de gaucho à facho et ce que ça lui fait. Et évidemment, c’est une façon pour lui d’essayer de comprendre les ressorts du fascisme et les impasses de ce qu’il appelle très joliment depuis que j’ai lu cette expression, elle est gravée dans ma tête la démocratie de mise en scène. D’une certaine manière, nous n’avons fait que ça tout à l’heure. Pendant quatre heures et demie, nous avons accompagné cette mise en scène, nous avons accompagné ce tohu-bohu, comme dirait François Bayrou, ce spectacle. Pourquoi ? Parce qu’il se joue probablement quelque chose d’important qu’on n’a pas connu depuis très, très longtemps, c’est-à-dire une forme de fragilité des institutions qui est plus importante, me semble-t-il, que leur puissance. Les institutions ne vont pas s’écrouler du jour au lendemain, mais en revanche, les institutions politiques, elles sont face à un sérieux tohu-bohu. Mais ça me semblait bien qu’on soit là. On ne sera pas forcément là à chaque vote du même genre parce que là, on est clairement dans un scénario à l’italienne, un scénario à la Quatrième République. C’est la chienlit qui redémarre, les amis, je vous le dis, c’est le bordel. Exactement, Trask, elles s’affaissent, les institutions. Le poids de la façade oblige les fondations à épurer leur forme extérieure. Le tohu-bohu, c’est de droite ou de gauche ? Alors, je dirais que le tohu est de droite et le bohu, bohémien, est de gauche. Est-ce que ça te convient, mon cher Sentierbatttant ? Merci à vous tous. N’hésitez pas à nous suivre, à suivre la chaîne, à activer la cloche, à laisser des commentaires, à vous abonner à la newsletter, à sub sur Twitch. Je crois qu’en ce moment Twitch fait une opération, « September » ou je ne sais pas quoi. Sur YouTube, il y a aussi un système d’abonnement. Mais pour nous, le plus précieux, parce que 95 % de l’argent nous revient alors que sur Twitch et sur YouTube, ce n’est même pas 50 %, ce sont vos dons sur Donorbox. Ce sont vos dons qui sont par ailleurs déductibles des impôts, si jamais vous êtes imposable. C’est-à-dire que si vous faites un don, allez, tiens, de 100 euros, eh bien il vous coûte 34 euros. Si vous faites un don de 10 euros, il vous coûte 3,40 euros. Si vous faites un don de 5 euros, il vous coûte le prix d’un café, 1,70 euro. Vous pouvez le faire tous les mois, vous pouvez l’ajuster, augmenter… Voilà, désolé de répéter ceci de temps en temps, mais je suis bien obligé, car c’est comme ça, c’est comme ça qu’on peut exister. Allez, un dernier plan dans la salle des Quatre-Colonnes et on se casse. Hé, ça va ? Voilà, allez, on va sortir de l’Assemblée nationale. Voilà, dernier plan de la journée. Tiens, dites-moi là, dans le tchat quand même, qui se met à suivre maintenant la chaîne ? Allez-y. Qui se met à suivre la chaîne maintenant ? Osez ce geste de bravoure. Merci. Merci, merci Sentierbatttant, merci chère Adhérine, bravo, merci 13, merci Daniel Doshi sur YouTube.Vos trains ? Vous parlez de vos trains, pourquoi ? Qui découvre ou follow la chaîne ? Allez, juste : « Je viens d’arriver, on se fuit déjà. » Très bien. Merci Nadia Lacta : « Bien joué pour le live, repose-toi et tous vite parce que ça va swinguer. Je n’ai pas lâché la vision pour un autre. Bravo pour la perche et sans eau. » Au labeur ! Merci, au labeur à tous, nous dit Nadia. Merci beaucoup, Jocelyne. « Bonne soirée. » « Vivement le prochain pantin », nous dit Paul Perrache. « Merci l’équipe », nous dit Bonnefou. Merci Capitaine Caverne. Merci à vous tous. Je vais me prendre un bon petit kawa. Merci Sade Renner, merci beaucoup. Et la matinale était très bien. N’hésitez pas à venir dans le Discord pour discuter de la matinale de France des Terres, notre matinale du lundi, discuter des nouveaux programmes. Et vous avez été nombreux à me filer des liens que j’ai pu récupérer, que j’ai pu mettre en avant ce matin même dans les différentes revues de presse de la matinale. Et tout ça, ça se passe… ça se passe sur le Discord. Merci Tonnerre. « Commencer et finir sa journée Au Poste, ça fait du bien au mental. » Merci beaucoup. Merci beaucoup ! Merci à vous tous. Allez, on va sortir ensemble. On va sortir ensemble. Là, c’est la salle. Là, on entend toutes les langues. C’était assez chouette. J’ai entendu italien, j’ai entendu russe, j’ai entendu TF1, je veux entendre France Culture. Voilà, j’entends CNN. À bientôt ! Ciao ! Touriste, c’est où la sortie ? Et voilà… Ah non, ce n’est pas là, la sortie. Attendez, on va jouer les… Oui, non, là, je dis… Là, c’est la… Excuse-moi, pour sortir, c’est par là ? OK, OK, thank you. Je me suis trompé, c’est de l’autre côté. La sortie, c’était de l’autre côté. Excusez-moi. Pardon.
Excusez-moi.
BFM Business, ça c’est de la chaîne ! C’était super, BFM Business, c’est bien. Cyrielle Chatelain, il faut répondre à mes textos ! Ce n’est pas grave, il y a trois-quatre jours, c’est pas grave. Bonne interview ! Merci, à bientôt. Eh oui, je voulais inviter Cyrielle Chatelain et elle ne m’a pas répondu. Voilà. Alors, on sort. Voilà, je crois que c’est là, je pense que c’est là. Oh la vache, le calme ! Oh, le calme ! Bon, là, normalement, on n’est pas censés filmer, encore moins… La sortie, c’est où déjà ? C’est là ? Non, non, c’est pas là. Ah bah oui, merci. Attention. Alors, presse, presse… Oui, c’est là, ici. Oui, oui, je reconnais, je suis passé là tout à l’heure. Accès visiteurs et presse. Donc ici, c’est l’Assemblée. À bientôt, au revoir. Vive la liberté ! Voilà, voilà, on y va. Dites rien, dites rien, c’est incognito, là. C’est là le… Moi, je suis un gamin. Me dire qu’on peut, avec un téléphone, filmer, être en direct depuis l’Assemblée nationale, avec vous dans le tchat. On ne demande rien à personne. On est là. On peut faire ça. C’est génial. Voici quelques duplex sur le tas. Alors là, c’est CNN, mais vous avez vu, t’as le rêve. Elle n’a pas le droit de me parler. Et je vais terminer avec un plan inédit, un plan que vous ne verrez nulle part, un plan vu nulle part. Regardez bien. Vous avez ici deux choses. Je vais vous montrer deux choses. Vous avez évidemment la porte, la porte d’entrée du 126, rue de l’Université, le côté cour de l’Assemblée nationale. Et devant, et devant, ce vélo orange, ce vélo que toutes les rédactions de France et de Navarre nous envient, ce petit poste mobile, ce vélo orange de La Poste, orange et blanc et noir, aux couleurs d’Au Poste. C’est notre vélo. Voilà le plan final de cette soirée. Attention, plus que quelques secondes et je termine le stream sur cette scène de cinéma, je crois qu’on peut le dire. Alors, ce n’est pas vraiment l’Au Poste mobile dont je rêve. Ça, on en parlera plus tard. Voilà, là, je vous le mets en plan. Ça devrait être plus joli, là. À plus ! Ah, faut que je me laisse, par contre… Ah non, je ne peux pas avoir les deux, là, je suis battu. Si, ça y est, c’est bon. Bye ! Allez les amis, à demain. Portez-vous bien, passez une belle soirée. Il y a des moments, il faut se réjouir. Salut les punks, à demain. Demain, 9 heures, Au Poste, auposte.fr. Petit travelling, si tu veux ? Tu veux vraiment ? Tu veux un travelling dans Paris ? Tu veux que je prenne le vélo, que je fasse un travelling dans Paris ? C’est possible, tout est possible à Au Poste. OK. Tout est possible. Laissez-moi m’équiper. Donc là, je vais démarrer le vélo et ensuite je vous fais un petit travelling. Et nous sommes… Allô, allô ! Comment on va faire ça ? Ça, je vais le mettre là. Allez, je vais faire ça bien. C’est bon.
OK, ça, c’est sport. Attends, est-ce que ça, je peux le tenir ? Comment je peux tenir ce machin ? Mais là, je ne vois pas, en fait, ce que je filme. En plus, elle est pavée, hein. OK. Non, si je vais tenir à la main. Voilà, le pot de départ de Bayrou est là, ça commence ici. Je ne vais pas y arriver. Désolé, j’ai le micro qui se barre. Pardon, le taxi, pardon, pardon. Ne bouge pas, bouge pas. Eh bien voilà, nous sommes rue de l’Université. Paris ! Paris ! Paris libéré ! Paris libéré ! Paris démacronisé ! Allez, je vous fais un petit coup du boulevard Saint-Germain et après on arrête, parce que c’est un peu dangereux, mon affaire. Parce que le vélo, il est beau, mais il freine très, très, très mal. Alors là, comment… La main, en fait, sur un frein. Voilà, nous sommes à l’entrée du boulevard Saint-Germain. Non, François Bayrou n’est pas dans ce taxi. Paris outragé ! Paris ; mais Paris libéré ! Ah, ça fait du bien, un peu d’air. Ouh, ouh ! Faites le bien ! Oh ! Bah, qu’est-ce que ça veut dire ? On nous tire la langue, nous, les médias libres et indépendants, on nous tire la langue. Qu’est-ce que ça veut dire ? Je ne vous propose pas l’exégèse de ce qui s’est passé ici, là. Je ne peux pas dire autre chose que ça. Oh, vieux garçon ! Regardez, ça, c’est les Bleus de la maison fondée en 1902. Pardon, mais je fais attention, c’est dangereux, c’est dangereux, c’est dangereux. Allez les amis, je vous laisse ici. Je vous laisse placer les charges. Je vous dis demain, 9 heures. Portez-vous bien et vive les punks ! Allez-y !
