Benjamin Lucas : « l’immigration et la démocratie, ce n’est pas juste débattre façon CNews »
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Bonjour, bonjour ! Alors vous avez combien de temps ?
Moi j’ai un peu de temps.
Qu’est ce qui se passe aujourd’hui pour vous ?
Alors aujourd’hui, à 17 h, je vais siéger comme suppléant à la commission mixte paritaire. Donc, on va voir d’ici là si LR et les macronistes ont trouvé un accord. On entend et on lit beaucoup de choses dans la presse. Alors, tout ça se passe à huis clos. Pour l’instant, à Matignon, ça va se passer à huis clos dans la commission mixte paritaire. Sauf que cette fois, ce sera un huis clos dans lequel il y aura quand même quelques points d’appui puisqu’on sera avec des collègues insoumis, socialistes, écologistes notamment, présents pour voir et entendre ce qui se passe. J’ai fait la demande à la présidente de l’Assemblée nationale, que ce soit retransmis en direct sur le site de l’Assemblée, la commission de cet après 12 h. Rien dans le règlement de l’Assemblée ne l’interdit. Elle n’a pas daigné répondre. Donc je trouve ça dommage parce qu’on est sur un texte qui intéresse beaucoup de gens.
On va y venir. Vous savez que vous n'êtes pas sur BFM, Vous avez du temps ici ?
Ouais, je suis d’accord, je parle tranquillement.
Et qu’actuellement parler tranquillement, si vous voulez du café, vous le dites, c’est parfait. Je peux aller en chercher. Bon, on va commencer par le début. Est-il exact qu'à douze ans vous manifestiez ?
Vous êtes bien renseigné ? Oui, c'était la manif contre Le Pen au deuxième tour.
Exactement.
J’ai vu mes parents tomber en larmes le soir du 21 avril. Maintenant, on s’est un peu habitués à l’extrême droite raciste au deuxième tour malheureusement. Mais à l'époque c'était choquant. Donc avec mon cousin, on a on a bricolé des tracts un peu artisanaux, on mettait en danger le peine de mort à 17 %. On a imprimé ça je ne sais plus où d’ailleurs, et on a et on a distribué ça. J'étais à Amiens et 25 000 personnes. C'était impressionnant.
Est ce que ça pèse, quand on est député, d’avoir fait ça à douze ans ?
Ouais, parce que moi, le combat contre l’extrême droite, il est viscéral chez moi, il est le moteur de mon engagement. Il détermine beaucoup des choix que j’ai pu faire à différentes étapes des étapes de mon engagement militant. Donc oui, ça me ça me maîtrise parce que la perspective de voir l’extrême droite gagner dans ce pays, voir déjà ses idées prospérer, y compris dans la bouche du ministre de l’intérieur, d’un ministre de l’intérieur, d’un président qui a été élu normalement pour faire barrage à Le Pen, Tout ça me met hors de moi. Donc c’est oui, c’est quelque chose d’important et puissant dans mon engagement.
En 2006, on vous a vu sur les barricades. Est ce que c’est exact ? Parce que nos chiffres ne sont pas dans nos fiches sont à jour
C'était des petites barricades. Mais oui, en 2006, c’est le moment. C’est le mouvement contre le CPE, le contrat première embauche. Pour ceux qui n'étaient pas présents à cette époque du Paléolithique, c’est la volonté qu’avait le gouvernement de droite de l'époque d’imposer aux jeunes, finalement d'être des sous salariés, de pouvoir être. Je tape beaucoup plus facilement. Vieille logique libérale. Pour embaucher plus facilement, il faudrait licencier plus facilement, comme s’il fallait pouvoir divorcer plus facilement pour se marier. Et tout ça est une logique un peu absurde. Et donc là, j’ai découvert que vous étiez marié. Oui, depuis le 23 septembre, donc c’est tout récent.
Et vous pensez déjà au divorce ?
Ben non, j’espère qu’elle ne regarde pas non. Et donc j’en ai perdu le fil. Voyez, on est troublé. Et donc j’ai découvert un truc, moi j'étais plutôt un gamin, timide. J’ai découvert qu’on pouvait monter sur un banc, prendre un mégaphone et convaincre les gens autour de soi. Et donc j'étais dans un dans mon lycée. On a commencé à dix ans, âgé, puis après on a bloqué tout le lycée, on a fait des A.G. À 200 ou 300, on s’est mobilisé avec les autres. Et puis ça a été une belle victoire puisque c’est un des derniers mouvements sociaux qui a gagné puisqu’on s’est mobilisé, mobilisé. Et puis à la fin, Chirac a renoncé au CPE, donc plutôt un bon exemple.
Et bien c’est génial parce que vous avez fait le lien entre les deux, c’est-à -dire à la fois la manifestation antifasciste en 2002 et puis la victoire citoyenne sur le politique. Or, aujourd’hui, vous êtes député et donc vous allez me dire oui, c’est la suite logique, Mais est ce que ce qui risque d’arriver dans les heures qui arrivent ne signe pas malheureusement la défaite consumée finalement de vos idéaux ? Je ne parle pas de vos engagements mais de vos idéaux.
Moi, je ne fais pas de distinction entre le politique et la société. Quand on est moi, je me sens l’héritier avec d’autres d’une histoire qui est l’histoire du mouvement ouvrier et du mouvement social, qui est l’histoire de la gauche dans notre pays. On sait bien que la lutte contre le fascisme, la lutte contre le néolibéralisme, elles sont liées et d’ailleurs les victoires aussi, elles sont liées. 36 Et le Front populaire, c’est évidemment une victoire électorale qui permet à la gauche d'être majoritaire. Mais c’est aussi et surtout un mouvement social qui fait pression sur les forces de l’argent, sur le patronat. Je sais bien qu’on marche sur deux jambes. Le parlementaire que je suis n’est rien sans le militant politique que je suis, sans le mouvement social. On l’a vu sur les retraites. Non, ce n’est jamais perdu. Ce n’est pas la défaite. Il y a une réalité arithmétique. L’Assemblée nationale telle qu’elle est, elle penche nettement à droite. Les Français n’ont pas accordé les pleins pouvoirs à Macron, mais il a une béquille qui est LR, qui est une droite qui s’est complètement radicalisée, qui est encore plus à droite que ce qu’on a pu connaître sous Chirac ou Sarkozy. Donc ça c’est la réalité arithmétique à l’assemblée.
Réalité que vous avez pu connaître, vous n’avez pas connu, vous faites. Vous étiez tout petit ?
Oui, mais je m’intéresse à l’histoire. Quand on est parlementaire, on arrive, Il faut avoir conscience, et c’est peut être ça d’ailleurs qui manque aux macronistes. Moi, quand je suis arrivé dans l’Assemblée nationale, j’ai senti, on dit le poids de l’histoire de façon un peu grandiloquente, mais j’ai senti qu’on était de passage. On est dans des murs très anciens. Il s’est passé beaucoup de choses. Il y a eu des combats très importants qui ont été menés dans ces murs. Vous vous rendez compte ? On passe après. Après Jaurès, Blum, on se sent tout, tout, tout petit, on est et on reste tout petits. Donc moi je suis. Je suis conscient qu’il y a cette histoire là et ça m’intéresse et ça m’intéresse de voir, y compris l'évolution des droites, l'évolution du centre droit qui aujourd’hui d’autres appellent ça l’extrême centre. Oui, on voit bien là que le macronisme qui a fait croire que la gauche, la droite, ça n’existait plus. Que finalement la République telle qu’elle s'était construite depuis deux siècles à l’Assemblée nationale, tout ça, ils allaient tout réinventer. C'était les génies, le nouveau monde, tout ça tout ça. La réalité du nouveau monde, c’est qu’aujourd’hui on a Darmanin qui fait pire que Hortefeux à son époque et qui cède complètement à la droite radicalisée. D’ailleurs Darmanin qui a dit Le Pen est trop molle, Darmanin qui a repris beaucoup du vocabulaire de Le Pen et des pans entiers de son programme dans la loi qui va peut être nous être soumise cet après 12 h.
On m’engueule dans le chat, on me dit que je fais le vieux donneur de leçons et il y a quelqu’un qui se fait passer pour votre épouse et qui dit Je contacte derechef mon avocat. Je vous ai bien dit. Avant de parler de la commission mixte paritaire, la CMP en détail, j’aimerais revenir sur lundi dernier. Il est 16 h, vous montez à la tribune alors sur votre site internet qui est très bien foutu. Vous expliquez que vous êtes le neuvième député le plus actif de France. Vous avez même un podcast qui s’appelle Bour Bof
C’est un petit jeu de mots. Bourbon Bour off
Le site, je n’ai aucun mérite, c’est mon équipe qui fait ça remarquablement.
On sent que vous avez une équipe du feu de Dieu. Vous étiez déjà monté au perchoir
Et à la tribune,
La tribune ?
Oui, souvent. J’ai fait, je crois, sept, huit ou une petite dizaine d’interventions pour les motions de censure. Vous savez, quand il y a un 49 trois, on dégaine une motion de censure et ensuite on a dix minutes par groupe pour exprimer pourquoi on veut faire tomber le gouvernement. Donc ça m’est arrivé souvent. Ça m’est arrivé d'être chef de file sur beaucoup de textes. Chef de file, ça veut dire qu’on est responsable pour son groupe d’aller dire finalement ce qu’est la vision de son groupe politique. Moi, je suis dans le groupe écologiste du PS sur un texte, mais c’est la première fois que j’ai ressenti autant d’importance dans le fait de monter à la tribune. C’est, je crois, dans mon engagement militant. Le discours le plus important que j’ai été amené à prononcer parce que parlait d’immigration, ce n’est pas des chiffres, je n’aime pas ce vocabulaire flux migratoires, appel d’air, etc. C’est parler de vie humaine, puis c’est parler de valeurs qui sont celles de la République. Et dans un moment où il y a 88 députés d’extrême droite, faut le savoir, on est la première génération de parlementaires de gauche qui, quand on monte à la tribune, quand on tourne la tête sur la droite, on a 88 fachos qui sont là, ce n’est pas rien. Et ça met une responsabilité aussi sur nos épaules qui est grande. Et puis on savait que le vote se jouerait à pas grand chose. Donc je savais non pas que mes mots allaient décider quoi que ce soit, ce n’est pas moi qui ai été décisif. Il faut aussi garder la tête froide. Mais je savais que si je commettais un certain nombre de faux pas, ça pouvait mettre en difficulté le vote final de rejet de ce texte. Il n’y a pas eu de faux pas, en tout cas pas suffisamment pour entraîner de problèmes derrière. Donc oui, c'était un moment assez, assez intense quand on est militant politique, d’avoir l’opportunité et le privilège de pouvoir parler comme ça devant la représentation nationale. Et puis on sait qu’il y a des milliers de gens qui regardent, qui écoutent. Donc c'était à la fois une fierté, de l'émotion, mais quand même un sentiment de gravité, parce qu’on est dans des sujets qui sont lourds, qui sont lourds pour des gens. La France, elle, traite très mal ses exilés, les exilés qui sont sur son sol. Nos valeurs sont jetées par-dessus bord par le gouvernement. Il fallait qu’on soit quelques-uns à dire les choses.
Et quand vous montez à la tribune, vous vous souvenez de vous même. Pas en 2002 ou pas ? Est ce que vous vous dites Le Pen j’ai ma revanche.
Pas la revanche, parce que pour l’instant, on ne l’a pas encore battu définitivement. Mais oui, à chaque fois, chaque prise de position que je prends, chaque intervention que je fais et chaque amendement que je dépose, il a dans le coin de la tête cette idée qu’on est la génération qui doit tout faire pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir, pas simplement l’extrême droite politique, mais pour combattre le racisme d’atmosphère qu’elle a insufflée dans le débat public, qui a malheureusement imprégné une grande partie de la droite, du centre et parfois même une partie de la gauche. Hein ? Valls ? Hollande, ce n’est quand même pas si lointain que ça. Donc c’est cette responsabilité là dont je pense qu’elle est plus importante que les autres pour ma génération militante, pour ma génération politique. Donc oui, ça, ça me travaille. Quand je monte à ce moment-là La Tribune, je n’avais évidemment pas beaucoup dormi avant. On pense à, on pense à plein de choses et puis on se dit qu’il y a des gens. J’ai cité d’ailleurs dans mon discours des humanitaires, des associatifs, des soignants, des jeunes. Une camarade étudiante qui fait des points d’info, d’accès aux droits pour les exilés, etc. Je pensais à tous ces gens que j’ai rencontrés. Vous savez, la loi immigration, ça fait un an et demi que je la travaille. J’ai fait une dizaine de déplacements en France, j’ai rencontré des dizaines de responsables associatifs, nationaux, locaux, etc. Donc je pensais à eux en montant, en disant je ne peux pas les décevoir parce que moi, j’ai la chance. C’est une chance incroyable quand on est militant politique, de pouvoir parler comme ça à l’instant à la tribune de l’Assemblée nationale, d’avoir, si je puis dire, le ministre de l’Intérieur sous la main. J’avais ce petit trac là de ne pas les décevoir et qu’ils soient fiers du combat qu’on porte en commun.
Je vais allumer une petite lumière pour que vous soyez absolument. Quelqu’un a parlé de moments de grâce comme ça, justement pour être à la hauteur. Et moi, j’aimerais savoir, parce que je vous ai regardé, on vous a regardé, on était en direct, on vous a regardé et on a senti qu’il se passait quelque chose, pour nous, parce qu’on était heureux d’entendre un discours de gauche, mais on sentait que c'était un moment important pour eux, pour vous. Qui écrit le texte exactement ?
C’est moi qui écris le texte.
Vous allez faire un Salut à toi, des Bérus version nouvelle. La Français a t elle la foi
C'était la semaine d’avant.
Vous avez égrainé pendant plusieurs minutes et à la fin certains vous ont sifflé.
Je me suis trouvé à un très bel ouvrage qu’est le dictionnaire de ces étrangers qui ont fait la France, qui relate tout l’apport de gens qui ne sont pas nés français, dont les parents n'étaient pas français et qui ont contribué à construire la France et la République telle qu’elle est. Donc j’ai voulu égrener cette liste de noms pour montrer que la France, ce n’est pas cette vision rabougrie, rance, raciste de l’extrême droite. Donc les sifflets venant de cette partie de l’hémicycle, pour moi, sont un honneur, une médaille ? Non mais les discours, moi j'écris toujours moi même, je me. D’autres ont d’autres choix, mais il y en a toujours. C’est toujours le produit d’un travail collectif. On a une équipe qui vous aide, on a des rencontres. Donc tout ça est nourri de rencontres, de discussions. En l’occurrence, là, pour tout vous dire, pour le discours de lundi dernier sur la motion de rejet, je l’ai écrit tout seul chez moi, je l’ai fait relire ensuite par quelques camarades. Parce que la politique, c’est toujours une affaire de collectif. Je le fais dire par des proches aussi qui ont un regard extérieur est toujours critique. Mais moi j’aime bien que les mots que je prononce soient des mots que j’ai moi même écrits parce que ça me permet de les assumer totalement derrière. Pour l’intervention avec cette liste de noms d'étrangers qui ont fait la France, je me suis inspiré d’une chronique de François Morel sur Inter il y a quelques années, qui répondait Vous savez, quand Zemmour avait expliqué qu’il fallait, il y avait des bons prénoms et des mauvais prénoms pour être français. Et Morel avait fait une chronique qui m’avait qui m’avait décroché les larmes tellement elle était belle, où il égrenait aussi comme ça des noms. Donc je n’ai pas forcément repris les mêmes parce que ce n’est pas la même. Ce n'était pas le même objet, mais ça. Mais je me suis souvenu de cette chronique là pour faire ce texte là.
Je continue à vous parler de la forme. On viendra au fond des prisons. J’ai le temps. Je pense que c’est intimement, intimement, intimement lié. Vous regardez Darmanin quand vous, quand vous déclamez votre texte.
Ça dépend. Je regarde.
Mais là, lundi dernier.
Je regardais une partie du public parce que j’avais fait venir avec des associations une vingtaine de personnes exilées justement, de nouveaux arrivants, des gens qu’on appelle des migrants, que moi j’appelle des nouveaux arrivants qui étaient dans les tribunes. Et avec eux, j’avais aussi un certain nombre de ceux que je cite dans le discours. Un médecin, Alfred, qui était là, qui m’a accompagné, qui m’a accueilli à Briançon et Montgenèvre, où il est médecin volontaire. Il y avait Emma qui est, qui est étudiante, qui s’est engagée pour l’accès aux droits des exilés. Il était dans les tribunes, donc je l’ai cherchée du regard parce que c’est d’abord à eux que je voulais. Je voulais parler. Je regarde mes collègues de gauche pour vérifier que ce que je dis leur convient. Et puis oui, le ministre de l’Intérieur, quand je l’interpelle, je le regarde. Ce gouvernement n’a pas toujours l’habitude de respecter ses interlocuteurs. Gérald Darmanin. Moi, j’ai beaucoup de griefs à lui faire. Mais globalement, dans le débat parlementaire, il est toujours plutôt respectueux de ceux qui lui parlent. C’est suffisamment rare dans ce gouvernement pour être souligné. La Première ministre vapote, elle parle à côté, elle rigole. Là, j’ai senti que Darmanin était un peu sous pression puisqu’il tapotait des SMS. Sans doute qu’il faisait les comptes pendant que je parlais. Mais bon, il m’arrive de ne pas écouter tous les ministres qui s’expriment. Il y en a quelques uns qui ne sont quand même pas très doués, donc je ne lui fais pas le reproche. C’est à moi de faire en sorte d'être captivant.
Parce qu’il y a évidemment eu un certain nombre de plans de coupes et on voyait qu’effectivement Darmanin était quand même vissé sur son téléphone et on ne sait jamais s’il s’agit de négliger son adversaire politique, en l’espèce vous. Ou aussi il avait des courses à faire.
D’ailleurs, il aurait mieux fait de mieux m'écouter puisque dans sa réponse après il me cible et il explique que j’ai fait des clins d'œil à Le Pen. Or, sur quinze minutes de discours, je pense qu’il y en a bien une bonne dizaine qui est consacrée à dénoncer justement ce qu’est le lepénisme. La leçon de connivence avec Le Pen de la part d’un homme qui a dit qu’elle était trop molle, qui a repris ses slogans, qui fait entrer des pans entiers de son programme dans la loi, j’ai trouvé ça gonflé. Mais c’est là où je me suis dit qu’on avait sans doute gagné le vote. Parce que l’agressivité, lui qui d’habitude est toujours avec nous plutôt dans l’ironie que dans l’interjection. Là, je me suis dit que bon, on était sur la bonne voie.
Le texte, vous le prononcez au nom de la paix, c’est bien ça ?
Oui. Alors au nom de mon groupe qui est le groupe écologiste. Mais moi, à chaque fois que je parle, j’essaye de parler au nom de ce pour quoi j’ai été élu. Et moi j’ai été élu parce qu’il y a l’union de la gauche et des écologistes. Moi, je suis un unioniste acharné. Je pense que devant la menace du péril fasciste qui nous guette, devant l’effondrement de la société par le néo libéralisme, la désertion des services publics par tous les ravages du macronisme, la gauche a une responsabilité historique et que sa désunion, sa division, c’est l’assurance vie du lepénisme. Donc moi, je suis un farouche partisan de l’Union, donc j’essaie au maximum de valoriser ce qui nous rassemble plutôt que d’essayer de me distinguer ou de distinguer mon groupe, mon parti, de la position de tel ou tel.
Donc est ce que vous faites lire au lieutenant de Mélenchon, par exemple ? Est ce que vous faites lire à Sandrine Rousseau ? Est ce que vous faites lire le texte ? Est ce que vous le lisez avant ? Est ce que. Est ce que c’est amendé ou si c’est Freestyle ?
D’abord, souvent, il m’arrive de ne pas écrire mes interventions sur une partie et laisser une partie libre. Celle ci, je l’ai écrite assez tardivement. Je l’ai écrite dans la nuit du dimanche au lundi et j’intervenais le lundi. Donc je l’ai fait relire à ma présidente de groupe. Cyrielle Chatelain, la présidente du groupe écologiste. Parce que voilà, pour.
Elle, elle n’est pas mal,
Elle est super,
Pas mal.
Elle est excellente. Je vous encourage à l’inviter d’ailleurs, elle est vraiment top. La Présidente Chatelain je lui ai fait relire. Je vais faire lire ça à quelqu’un, à mon équipe évidemment, qui est une équipe salariée, mais qui est d’abord une équipe militante. Ce sont des gens qui m’accompagnent politiquement depuis longtemps. Je vais faire lire à mon épouse, qui est militante aussi, qui donc, dont la vie compte évidemment pour moi. Je ne vais pas faire lire à d’autres collègues ce qui n’est pas le temps pour prendre des retours.
Attention aux emplois fictifs.
Alors c’est tout à fait, c’est tout à fait bénévole, mais quand on est militant, on se file des coups de main dans.
Le salariat bénévole.
Compliqué, elle n’est pas salariée.
J’ai bien compris. Donc vous, vous prononcez ce discours ? Si vous vouliez qu’on retienne quelques idées, ce serait desquelles ? De ce discours, je vais vous dire pourquoi je vous pose la question. Parce qu’en fait, j’ai été assez, pour une fois, découragée. Il m’en faut beaucoup pour me décourager. Parce qu’en fait, votre discours, il a été totalement absorbé par ce qui va se passer quelques minutes plus tard. Évidemment, c’est ce que retiendra l’histoire. C’est le vote à la majorité des 270 députés qui votent contre, qui votent pour la motion de rejet. Mais le fond est totalement absorbé, totalement oublié. On ne parle absolument pas d’immigration. Dès 17h, on parle de jeu de tambouille, de tambouille. Alors si vous vouliez qu’on retienne quelques idées, force de votre discours, ce serait desquelles ?
D’abord, on sait que quand on est antiraciste, quand on est humaniste, quand on est. A gauche écologiste, on a le vent médiatique de face, donc c’est toujours plus difficile de faire passer un discours que quand on est un réac fascisant et qu’on a table ouverte sur ces news. Donc la difficulté de ce point de vue là ne me fait pas peur. Et comme la base de la pédagogie c’est la répétition, je répéterais, répéterais, répéterai autant que nécessaire. Bon, c’est la noblesse de l’engagement politique. Ce que j’aimerais retenir, c’est peut être le seul, la seule partie du discours qui n’est pas de moi, c’est la citation d’Ernest Renan qui explique que la nation française telle qu’on la conçoit, ce n’est pas une ethnie, ce n’est pas une religion, ce n’est pas une identité figée, c’est au contraire avoir un passé commun et surtout vouloir faire ensemble un chemin commun pour l’avenir. C’est ça, je crois, qui est précieux dans mon discours. C’est à dire qu’on n’est pas un peuple frileux, replié sur lui-même, fermé aux autres, fermé au monde. Au contraire. Moi j’ai suffisamment confiance en la France, dans sa grandeur, dans la beauté des valeurs républicaines pour dire qu’elles doivent être des valeurs d’humanisme et d’ouverture et pour dire qu’elles doivent s’incarner dans la vie de chacune et de chacun. Or, il n’y a pas liberté, égalité, fraternité quand il y a du racisme, quand il y a des discriminations, quand il y a une politique anti exilé qui est menée. Elle est où la République quand on laisse des gens croupir dans la boue à Calais par exemple ? Elle est où la République quand on traque dans la montagne à Briançon, des gens qui ont déjà traversé la moitié d’un continent, la moitié du monde pour venir survivre ici, Elle est où la République quand des jeunes se font contrôler au faciès tous les jours ? Moi, je suis par exemple l'élu de Mantes la Jolie. Elle est où la République quand des gamins ont été parqués main sur la tête avec un policier qui dit voilà, voilà une classe qui se tient sage. Bon, voilà pour moi, c’est ça que j’aimerais qu’on retienne. C’est à dire que la République, ce n’est pas juste des mots, ce n’est pas une incantation, ça doit être une promesse dans la vie quotidienne de chacune et chacun, quelle que soit sa nationalité, quelle que soit son origine.
Je refais des tentatives Pauline, si c’est une très belle idée humaniste universaliste que vous prononcez, même à gauche, elle commence à être critiquée.
Alors ça fait longtemps que ça se répète. C’est Hollande qui a fait la déchéance de la nationalité. C'était il y a dix ans.
Alors je pensais plus à l’aile très à gauche en disant finalement l’universalisme pour aller très vite, c’est la colonisation, etc. Et il faut revenir sur c’est sur, c’est sur ces idées là. Ce qui veut dire qu’il y a une tension pour les universalistes que vous êtes, entre l’extrême droite qui évidemment n’a jamais supporté ça, et même une partie d’une gauche radicale qui dit en fait il faut, il faut remettre ça en cause. Alors, ça nous éloigne un peu de l’immigration.
À juste titre. Mais alors moi, je, je dirais je ne me qualifierai pas d’universalisme au sens où l’entendent des groupuscules comme le Printemps républicain, comme Monsieur Valls, etc. J’ai le souci de l’universel. Pour le dire simplement et évidemment, je pense qu’on ne peut pas penser notre rapport au monde. On ne peut pas penser la République et ses valeurs sans avoir un regard lucide, exigeant, critique sur ce qu' a été la colonisation, sur ce qu’est le racisme systémique dans notre société. Donc de ce point de vue là, moi je ne me sens pas du tout en opposition avec cette critique là formulée par la gauche de gauche, radicale ou pas d’ailleurs, évidemment.
Alors, on nous demande où peut-on trouver ce discours à l'écrit ? On le mettra sur le site puisque Pauline l’a retrouvé.
Je vais le mettre sur le site internet parce que la version que j’avais écrite et ce que j’ai prononcé, il y a quelques phrases qui ont changé, donc je vais le remettre à jour et on le publiera sur le site internet Benjamin Lucas point fr Comment as-tu l’as eu le texte toi ?
Le compte rendu de l’assemblée ? Peut être parce que l’assemblée n’a pas en tête le compte rendu de l’assemblée. Je vais prendre des questions du chat assez vite, il y a des questions, on va revenir sur le fond à des questions qui vous concernent directement ? Est ce que vous êtes insoumis ou écologiste ? On me demande si vous êtes le fils de Georges.
Non, je ne suis ni le fils de Georges, ni le père de qui que ce soit. Et je suis moi, Je suis.
Je suis ton fils.
Je suis membre d’un parti qui est le parti Génération qui a été fondé en 2017 par Benoît Hamon. À ce titre, je siège dans le groupe écologiste à l’Assemblée nationale. Mais moi, je me définis comme un député de la nuit. PS S’il n’en reste aucun, je serais celui-là parce que je n’ai pas été élu député de Mantes la Jolie, du Mantois et du Vexin. Parce que j’aurai telle coiffure, parce que je serai plus talentueux que les autres. J’ai été élu député parce qu’on a fait l’Union. J’ai été élu député dans cette circonscription après des années de division, parce que la gauche et les écologistes ont eu l’intelligence, à l’appel de Jean-Luc Mélenchon au lendemain de la présidentielle, de se rassembler. Et parce qu’on s’est tous rassemblés, il y avait les insoumis, les socialistes, les écologistes, des communistes et que du coup, on a donné un peu d’espoir. Donc moi, j’ai repris à la droite de cette circonscription grâce à ça. Donc moi je sais que ma responsabilité c’est de porter l’union. Donc je me définis comme un député de l’Union de la gauche et des écologistes. Après, on a tous évidemment nos histoires, nos sensibilités, elles sont précieuses. Moi, je crois à la force des partis politiques, mais. Comme député. C’est un mandat d’union. Ce n’est pas un mandat de tel parti de la gauche ou de l'écologie.
Mantes la Jolie, ça fait deux fois que vous en parlez. Il devait y avoir dimanche, non pas dimanche dernier, mais dimanche d’avant. Il devait y avoir un triste anniversaire. Les cinq ans de la femme, celle dont vous parlez avec ce policier qui filme et qui dit Voilà une classe qui se tient sage. Or, la réunion publique qui était prévue à été interdite a été annulée. Vous savez pourquoi ou pas ?
Alors la de ce que les organisateurs nous en ont dit, la salle ne pourrait pas être réservée pour des événements politiques. Et on a expliqué que la présence d’un parlementaire, en l’occurrence mon collègue Louis Boyard, puisque moi j’avais confirmé ma présence mais trop tard, je n’apparais pas dans les documents, n'était pas possible. C’est scandaleux ! C’est scandaleux qu’on explique que porter un regard lucide sur ce qui s’est passé en décembre 2018, sur ces gamins humiliés par une opération policière, moi qui ait porté à plusieurs reprises la question auprès du ministre de l’Intérieur, je crois que je l’ai interrogé trois ou quatre fois sur ce sujet pour savoir quelles suites étaient données, quelles conséquences l’État en tirait. Qu’on ne puisse pas en discuter dans un cinéma avec des acteurs de nos quartiers populaires est un déni de démocratie, une marque d’autoritarisme. Moi, j’ai moi même des difficultés à obtenir des salles municipales pour faire des comptes rendus de mandat dans cette ville de Mantes la Jolie. Je le regrette. Ça ne nous empêchera pas de faire des événements. Il y a d’autres salles mais. Mais je le regrette. Et en plus d’avoir annulé au dernier moment, ce n’est pas respectueux des organisatrices et des organisateurs qui voulaient simplement faire partager un moment de discussion, de débat. Voilà, je trouve que c’est assez lamentable.
D’autant que ça devait se passer au Chapelain ou j’ai eu moins l’occasion de faire un débat en 2010 début 2019.
. Faut pas faire des grands discours la main sur le cœur en disant nos quartiers populaires, il faut lui remettre de la culture, de la démocratie. Il y a un mépris pour les quartiers populaires. Moi je trouve que dans ma circonscription, qui est très plurielle, qui ressemble à la France, parce qu’il y a toutes les sociologies, tous les types d’habitation, tous les types de territoires. Au Val Fourré, il y a un niveau de conscience politique qui est très élevé. Les gens ont envie de faire de la politique au sens noble du terme, au sens citoyen du terme. Il y a du débat et priver les gens, priver nos quartiers populaires du débat démocratique, c’est finalement les reléguer. C’est finalement expliquer qu’il y aurait la démocratie pour, pour les riches, pour les centres villes et que dans les quartiers populaires, on ne pourrait pas débattre. Et en l’occurrence, mon collègue Paillard, on peut l’aimer, pas l’aimer, être d’accord ou pas d’accord, c’est un parlementaire, c’est un député de la nation. Il est partout chez lui et il est le bienvenu à Mantes la Jolie.
Alors on va parler de revenir sur la question de l’immigration. Il y a beaucoup, beaucoup de questions. Il y avait beaucoup de monde. Je suis très heureux. Ma chère Pauline, si tu peux effacer les questions que je vais poser parce que moi je n’arrive pas avec ma petite tablette à aller les effacer. Je transmettrai aux organisatrices et aux utilisateurs votre déclaration puisque je sais qu’elles ont appris la veille ou même le jour même, je ne sais plus où la veille. Peut-être qu’elle ne pouvait pas faire ça la veille.
Pour information, nous allons regarder dans quelles conditions nous pourrions organiser ce débat et cette projection à l’Assemblée nationale. Donc je suis en train de voir s’ils le souhaitent, si les organisateurs le souhaitent. Eh bien, puisqu’on ne peut pas avoir le chapelain à Mantes la Jolie, moi je regarde pour qu’on puisse organiser. Il y a une salle de projection à l’Assemblée nationale, un débat. Je crois que c’est l’honneur de l’Assemblée nationale que d’abriter aussi ce genre de débats. Donc, si ce n’est pas possible à Mantes la Jolie, on le fera à l’Assemblée nationale avec grand plaisir.
Ah bah moi je viens avec plaisir alors c’est un point important parce que vous vous expliquez qu'à Mantes la Jolie on veut faire de la politique, vous voulez faire de la politique, etc. Or, à quoi on assiste quand même ces dernières années, c’est la confiscation du débat politique. Je veux dire le 49 trois, là, c’est la quintessence de cette confiscation. Et ce qui est très étrange, c’est que la critique qu’on vous a fait directement, c’est vous refusez le débat, vous ne voulez pas débattre de l’immigration, vous refusez le débat. Et donc on sent bien qu’il y a un enjeu autour de la parole publique et de la parole politique, que ce soit, on va dire microscopique. Mais pour les gens pour qui ce qui est organisé à Mantes la Jolie, ce n’est pas microscopique ou à l’Assemblée nationale, qu’est ce que qu’est ce que vous pensez de cette évolution des choses ?
Alors, sur l’accusation qui nous est faite d’avoir voulu empêcher le débat sur l’immigration ? D’abord, je n’ai pas le sentiment que depuis 30 ou 40 ans que la famille Le Pen infuse son poison dans la société, on ait manqué de débat sur la question migratoire. Ça devient alors qu’il n’y a pas d’explosion, il n’y a pas de menace de submersion migratoire. Je mets des guillemets à cette formule : L’essentiel de l’immigration se fait entre pays du Sud. Rien n’a jamais démontré nulle part qu’une politique plus inclusive a entraîné ce qu’il appelle l’appel d’air. Et malgré ça, on fait peur aux gens depuis 30 ou 40 ans avec l’immigration. Alors nous sommes un pays d’immigration depuis des décennies, puis deux siècles maintenant. La France, elle a cette tradition d’accueil et elle a même la fraternité dans sa devise républicaine. Donc on n’a pas manqué de débat sur l’immigration. Et ensuite, moi j’assume que la démocratie c’est pas juste une règle du jeu, c’est pas juste débattre version Cnews. La démocratie c’est aussi des règles et des valeurs. Et moi je considère que quinze jours à l’Assemblée nationale de débats racistes parce qu’il faut se dire les choses quand il y a 88 députés d’extrême droite, on sait très bien comment tournerait un débat sur l’immigration et on l’a vu au sein de la commission des lois dans laquelle je siège dans la semaine qui a précédé, quand on a débattu de ce texte, vous avez des gens qui font des raccourcis entre immigration, délinquance, qui parle d’une culture française et donc ils sont en train de regarder qu’est ce qu’on mange, quelle musique on écoute, comment on se vêtit pour décider qui est un bon français ou pas un bon français. Il était temps de mettre un terme à cela. Et donc moi, j’assume parfaitement que oui. Épargner au pays quinze jours de débats à l’Assemblée nationale où on reprend les thèmes et les termes de l’extrême droite raciste et nationaliste, moi je suis plutôt fier d’avoir empêché cela. Ensuite, oui, on a un vrai problème démocratique quand la parole des parlementaires, par exemple, n’est plus possible sur le budget qui est le moment où se décide l’orientation politique du pays, l’orientation économique et sociale du pays qu’on a des 49 trois qui interviennent non pas à la fin de l’examen, parce qu’il faut bien avoir un budget, mais qui interviennent avant même la discussion sur le texte, On voit bien qu’on violente la démocratie. Et puis l’exemple des retraites, il est parlant. On avait une écrasante majorité. La quasi unanimité du pays était contre cette réforme. La totalité des organisations syndicales étaient contre. Il n’y avait pas de majorité au Parlement pour voter ce texte. C’est la démocratie, c’est chercher un consentement quelque part. Je ne dis pas que ce sont les sondages qui doivent gouverner, je sais pas. Comme sur l’immigration, les sondages ne disent pas exactement comme moi. Mais la démocratie, c’est chercher au moins un consentement, celui des corps intermédiaires, organisations syndicales, monde associatif, ONG par exemple, celui du Parlement qui représente la nation ou celui des citoyens de façon, de façon directe, à travers ce qu’on pense être l’opinion, à travers des référendums,. On a là un gouvernement qui assume de chercher sur un certain nombre de textes aucun consentement, de même pas faire semblant. Ça, c’est un vrai problème parce que ça prépare Le Pen.
Twisted ne semble pas d’accord avec vous le débat sur l’immigration entre guillemets. Il faut lire le problème de l’immigration. Considérer le débat, c’est reconnaître l’existence de ce problème.
Moi je ne crois pas qu’il y ait de problème de l’immigration. Je crois qu’il y a une crise de l’accueil. Je crois qu’il y a une crise de l’accueil digne dans notre pays. On laisse des gens croupir dans la boue. Moi, je suis allé plusieurs fois à Dunkerque, à Calais, constaté avec des associations dans quelles conditions d’humanité on laisse des gens sans même un robinet d’eau. Moi, quand je suis allé la dernière fois à l’une plage près de Dunkerque, la demande des associations, c'était tout simple, c'était un robinet d’eau. Et qu’on arrête d’envoyer la police tous les à intervalles réguliers, lacérer des tentes, retourner la terre pour que les. En plus ne pas dormir correctement. C’est ça la crise qui est devant nous. La réalité aujourd’hui des migrations, c’est que la part des étrangers dans la population n’a pas explosé ces dernières années. C’est que l’essentiel des migrations se fait entre pays du Sud.
Ca n’a pas explosé. Mais elle a augmenté. C’est à dire que, en un siècle, on est passé de 5 % de la population française d’origine immigrée à 10 %.
Et moi je trouve que c’est une bonne chose. Nous sommes tous dans nos familles, le reflet des mélanges, du métissage, de la créolisation, appelez ça comme vous voulez, de notre pays. En l’occurrence, la France accueille beaucoup moins que beaucoup de pays dans le monde et elle accueille moins qu’un certain nombre de ses voisins. Nous ne sommes pas un pays, j’entends dire d’une ouverture excessive par ailleurs on peut faire ce qu’on veut. On est à la 30ᵉ loi immigration en 40 ans. Il n’y a que deux effets de ces lois. Je l’ai rappelé dans mon discours de lundi dernier. Plus on durcit les conditions d’accès et d’accueil dans notre pays, ça ne change rien. Il y a des gens qui ont traversé la moitié du monde pour venir. Ils ne sont pas là à regarder la chaîne parlementaire pour savoir si on va ou pas maintenir la même. Ils viennent parce qu’ils n’ont plus que ça, parce que c’est l'énergie du désespoir qui les pousse à partir de chez eux, à s’arracher à leur terre. La réalité, c’est qu’on a produit que deux choses avec des lois brutales et répressives : plus de thunes dans la poche des passeurs parce qu’ils indexent directement leurs tarifs sur les difficultés à passer les frontières et plus de morts en Méditerranée, dans les Alpes. Donc il faut aussi regarder très lucidement ce que sont la réalité de nos politiques migratoires. C’est ça qu’il faut changer. Ce n’est pas une énième loi pour durcir, pour stigmatiser, pour pourchasser les étrangers sur notre sol.
Tout à l’heure, vous avez dit et évidemment je l’ai pris. J’imagine le Tchad aussi pour, pour moi, en disant ma génération doit combattre l’extrême droite, sous entendu celle d’avant ne l’a pas fait. Non, pas du tout. Juste que nous on est là. On était quelques uns à le faire.
Mais nous on arrive au moment où la perspective de le voir devient plus que crédible.
Mais je suis d’accord, il n’y a pas de souci.
Mais je ne veux pas reprocher aux générations précédentes, ce n’est pas le sujet.
Je pense qu’il y a une part de responsabilité dans les générations précédentes qui est extrêmement lourde, mais qu’importe. Ce que je veux dire par là, c’est que finalement vous tenez à peu près le même discours que les générations précédentes, celles qui ont, face à Le Pen, failli puisque aujourd’hui on a 88 fachos à l’Assemblée. Donc est ce que ce discours que je partage, il n’y a pas de doute là dessus, Vous pensez qu’il est encore efficace ou est ce qu’il nous cornemuse ? Quand je dis nous les gens de gauche.
Je crois qu’il est nécessaire, je crois qu’il est nécessaire, il est utile. Il faut sans cesse rappeler ce qu’est l’extrême droite parce qu’on est dans une dans un débat public qui est amnésique. Je voyais hier, on m’interroge hier soir à 22 h 30 sur LCP et on me dit quoi ? Le Front national à 30 % aux européennes ? Comment vous expliquez ça ? Et juste avant, il y avait une interview de Monsieur Bardella où la question qui lui était posée par les journalistes, c’est comment vous vivez cette popularité et ce succès ? Et on l’interroge comme on interroge n’importe qui d’autre. Or, l’extrême droite, ce n’est pas n’importe qui, ce n’est pas n’importe quoi. Ça a une histoire et pas qu’une histoire. Ça a une actualité, des liens avec l'écosystème néo nazi dans notre pays. Aujourd’hui, il y a des gens qui manifestent avec des slogans islamophobes. On sait vers qui va leur bulletin de vote, on sait dans quel réseau ils ont construit leur engagement politique. Les gens qui ont adhéré au Front national, qui sont aujourd’hui députés quand ils ont adhéré, Le Pen était déjà condamné pour un certain nombre de propos délictueux, racistes, négationnistes, etc. Ils ont adhéré en connaissance de cause. Le Pen a adhéré au FN en 86. Elle a renouvelé sans cesse son adhésion chaque année en sachant ce qu'était son père. Elle l’avait même à la maison. Et elle a dit quand elle a été élue présidente du Front national. J’assume toute l’histoire de mon parti, donc je ne sais pas ce qu’il faut de plus pour savoir qui ils sont. Donc évidemment, ce discours là est nécessaire. Cette résistance là à l’air du temps médiatique qui consiste à nous dire qui sont devenus vraiment fréquentables, gentils, beaux, intelligents, forts, tout ce que vous voulez, à tel point qu’on leur offre des vices -présidences de l’Assemblée nationale. Ce discours là, il faut le combattre, mais il ne suffit pas. Et c’est pour ça que je parlais de l’union de la gauche, parce qu’on ne combattra pas l’extrême droite si on ne met pas en face d’elle un nouveau récit politique, un imaginaire puissant, fédérateur, autour d’un projet de société, autour de la bifurcation écologique, autour du partage, autour de la répartition des richesses, autour d’une transformation radicale de la société. Parce que l’extrême droite, elle, se nourrit du fait que le projet néolibéral, depuis 30 ou 40 ans, il a produit de la misère, il a produit de l’injustice, il a produit l’inégalité, il a laissé prospérer le racisme et les discriminations. C’est à ça qu’on doit répondre. Et je crois que c’est ça la responsabilité de la gauche, c’est de fédérer autour d’un projet pour l'école, pour les services publics, pour la démocratie. Voilà, c’est donc le discours de résistance ne suffit pas, il faut un projet politique qui incarne une alternative, qui incarne un changement radical de la société parce qu’on est au bord d’un triple effondrement climatique. Je n’ai pas besoin de décrire ici la réalité du climat social, le poids des inégalités, des injustices et d’une violence inouïe. Le passage à la caisse du supermarché est un calvaire pour nos concitoyens. On a le sentiment qu’on vit plus dignement, même quand on travaille, qu’on n’est plus respecté par. Les politiques économiques et sociales qui mettent en œuvre l’effondrement démocratique qui se traduit avec l'élection de 88 députés RN et des sondages qui leur ont donné 150 ou 200 si jamais il y avait une dissolution demain. Donc les deux vont ensemble. Il ne faut pas renoncer à dire, à qualifier ce qu’est l’extrême droite et en même temps, il faut un projet politique qui transforme la société et pas qui ne soit pas dans la tiédeur ou la demi mesure.
Un texte encore plus à droite que celui issu de la commission de l’Assemblée est à présent voté. Comment allons-nous pouvoir nous y opposer ? Est ce que c’est la manifestation ? Et on a bien vu avec les retraites ce que ça a donné. Il y a Rolland qui vous demande un peu dans le même genre comment gère-t-on le fait que l’adoption de cette motion de rejet puisse aboutir finalement à un durcissement du texte ? Parce que c’est ce qui a été dit tout de suite.
Alors, sans faire de reproches à celui qui écrit ça, c’est la force des macronistes !
Ne déconnez pas, c’est un donateur.
Non, non mais non, mais je l’adore celui-là ! Mais justement, je vais lui répondre et je le comprends. C’est-à -dire que la force des macronistes et c’est gentil de me laisser un peu de temps pour en parler parce que dans les médias plus traditionnels, c’est compliqué. Cette semaine, la force des macronistes, c’est qu’ils ont encaissé le coup, ils ont pris une défaite, une défaite rude. C’est la première fois depuis 25 ans. Je crois qu’une motion de rejet est adoptée à l’Assemblée nationale. Donc ils avaient vraiment pris un coup dans les dents, si je puis dire. Leur grande force médiatique a été d’inverser la charge de la responsabilité. Si au lieu de reconnaître leur échec, est ce que dans une démocratie adulte on fait, on reconnaît son échec, on retire le texte, on fait rentrer par la fenêtre d’une commission ce qu’on a fait sortir par la porte démocratique de l’Assemblée nationale. Bon, au lieu de faire ça, ils ont dit mais c’est de votre faute si le texte va être plus dur et plus à droite. Mais rien. Obliger le gouvernement à déposer le texte devant une commission mixte paritaire, Il pouvait retirer son projet et rien n’oblige, c’est la majorité qui reste majoritaire. C’est pas moi. Nous, nous sommes 151 de l’année, donc on ne peut pas faire une majorité sur ce texte. Rien ne l’obligeait à faire ça, rien à obliger le gouvernement à mettre le texte.
L'évolution, ne vous inquiétez pas.
Bien, à obliger le gouvernement à passer d’abord par le Sénat quand le gouvernement décide.
Ici, on est des techniciens de démocratie.
Donc je le dis parce que ça, on l’a un peu oublié, parce que tout va très vite. C’est très rare qu’on commence l’examen d’un texte, d’abord en le mettant au Sénat. Or le Sénat, on le sait bien, on voit Retailleau et compagnie, c’est la droite radicalisée qui dirige au Sénat. Donc, quand le gouvernement a choisi de passer d’abord par un examen au Sénat, c'était pour avoir un texte extrêmement dur, extrêmement imprégné de ce racisme. L’atmosphère infusée par l’extrême droite dans le débat public. On l’a vu d’ailleurs, ce texte, c'était, ça a été dit par des associations, le musée des horreurs. Donc le gouvernement a choisi de passer par le Sénat. Il a choisi, après avoir fait une pause, de remettre ce texte sur le métier tel qu’il a été sorti de la commission des lois du Sénat, qui est vraiment, je ne vais pas dire, un groupuscule radicalisé, mais enfin, quand même, quand on entend les débats au Sénat, c'était très difficile de faire la différence entre ce que raconte Reconquêtes, le RN et ce que racontait la droite républicaine. Donc on voit pourquoi ils ont fait ça. Et ensuite.
Moi, ce qu’on nous reproche dans le chat, de nous dire qu’il y en a que 88.
Des fachos exactement. Moi j’assume totalement, mais alors totalement cette motion de rejet. Je vais vous dire pourquoi. Un dernier mot là dessus, c’est que le processus de durcissement du texte était déjà engagé parce que de toute façon, là, on a fait quoi ? On a fait que, en quelques jours, ils ont dû faire ce qu’ils voulaient faire en quelques heures. Ils ont dû faire ce qu’ils voulaient faire en quelques jours. Parce que le processus de droitisation et de durcissement du texte était déjà engagé. Quand monsieur Darmanin monte à la tribune de l’Assemblée lundi dernier, il remet en cause M. Il dit OK pour le droit de séjour irrégulier et en coulisses, on est. Ils sont déjà en train de négocier, de laisser le délit de séjour irrégulier. Pardon, mais on était déjà en train de négocier le durcissement qu’il y a là, parce que la majorité à l’Assemblée nationale, elle, n’a pas changé entre lundi dernier et maintenant, les équilibres politiques n’ont pas changé à la fin. De toute façon, il y a eu une commission mixte paritaire en janvier, donc c’est le délai qui a, qui a qui a changé. Mais en l’occurrence d’ailleurs, monsieur Darmanin, je termine par ça il avait prévu d’aller le soir, même si la motion de rejet n’avait pas été adoptée. Il l’avait prévu. Il avait même été annoncé pour cela d’aller chez Pascal Praud sur ces news. Ce n’est pas vraiment là où on va quand on veut assouplir son texte. Il y allait pour donner des gages à la droite dure. Il y allait pour donner des gages à l’extrême droite, il y allait pour bien montrer que lui, il était beaucoup moins mou que madame Le Pen. C’est ça la réalité. Donc cette motion de rejet, elle n’a pas durci, c’est pas nous. On ne va quand même pas reprocher à la gauche de durcir un texte alors que c’est depuis le début un dialogue entre la droite radicalisée et le gouvernement qui préside à l'écriture de ce texte. Et d’ailleurs, y compris le texte sorti de la commission des lois de l’Assemblée, ce n’est pas du tout un texte équilibré. Il reprend les quotas, il reprend les restrictions au regroupement familial notamment. Il met des conditions drastiques pour les étudiants étrangers. Ce qui reste à la fin sur la régularisation des travailleurs, c’est vraiment que dalle. Donc franchement, le. Et donc le texte sorti de la commission des lois était déjà l’un des textes les plus durs écrits ces dernières années sur la question migratoire.
Deux petits points sur la question de la démocratie. Parce que vous dites on fait rentrer par la fenêtre ce qui. Par la porte. En fait, la Constitution l’autorise, ce dispositif. On va vous rétorquer non, non, non, c’est tout à fait prévu, c’est tout à fait légal, c’est tout à fait public. Donc ça, c’est le premier point. Et deuxième point, est ce que ce n’est pas un nouvel indice justement, de cette confiscation du débat politique et donc de votre rôle à vous, puisque vous êtes censés nous représenter ?
Vous savez, notre aspiration à la sixième République, elle n’est pas esthétique, elle n’est pas pour le plaisir d’avoir à écrire une Constitution et pouvoir dire on a fait la sixième République parce qu’il y a une urgence.
C’est ça, qui créera la sixième,
Ce sera une constituante, donc ce sera peut être vous qui l'écrirez. Et moi je souhaite, mais peut être qu’on l'écrira ensemble sur Twitter. Ce que je veux dire, c’est qu’il y a une urgence, il y a une urgence vitale. On est. C’est des slogans qui paraissent un peu éculés comme ça. On est dans un véritable essoufflement démocratique. Effectivement, moi j’ai du mal quand je rentre en circonscription, que je viens d’encaisser le 20ᵉ 49 trois à dire à quoi cher alors. J’ai un certain nombre de combats que je porte qui font que mes électeurs, je crois, sont plutôt fiers de ce que de ce que je porte à l’Assemblée nationale. Mais c’est difficile de leur expliquer que leur parole a été confisquée, par exemple sur les retraites ou là sur la loi immigration. Donc ça prouve la nécessité de passer à une sixième République que la monarchie présidentielle et vous avez reçu, je crois, il y a quelques jours, Raquel Garrido qui en parlerait bien mieux que moi, absolument, qui porte depuis longtemps cette question de la sixième République, avec Jean-Luc Mélenchon, avec mes camarades insoumis, mais d’autres aussi. Moi, dans ma famille politique, dans l'écologie politique, on la porte aussi depuis longtemps. Il y a besoin de partager les pouvoirs autant que de partager les richesses. C’est aujourd’hui une nécessité absolue. Ensuite, sur le sur le caractère légal, oui, bien sûr. Mais d’ailleurs, je rappelle que François Mitterrand ne peut pas taxer d'être la gauche radicale parlait déjà du coup d'État permanent en parlant de la Constitution de la cinquième République et de la pratique gaulliste de la cinquième République. C’est dommage que la gauche au pouvoir ne l’ait pas transformée. Mais oui, on est toujours dans ce régime du coup d'état permanent qui permet à des gouvernements de passer en force et qui viole la démocratie populaire, citoyenne et même parlementaire. Donc oui, c’est légal, mais c’est illégitime. Et encore une fois, ça montre l’immaturité des macronistes et l’immaturité de notre démocratie dans une démocratie adulte et mature. On n’aurait pas dit que c'était une crise politique, on aurait dit bah voilà, il y avait un texte, Le gouvernement a perdu. Dont acte. Le texte est retiré. Ça arrive dans plein de pays en ce moment. Monsieur Valls, il est en négociation dans sa coalition pour faire passer son budget. C’est difficile, mais enfin, ça ne remet pas tout en cause. Donc moi je crois aux vertus de la démocratie et il faut aussi savoir échouer. Moi c’est pour ça par exemple, je vais peut être choquer beaucoup ceux qui nous regardent. Je n’ai pas appelé à la démission de Gérald Darmanin. J’aimerais qu’il parte. La logique voudrait que quand on a perdu, on remet sa démission au gouvernement. Mais je n’ai pas voulu en faire le, l'élément principal de mon discours parce que je voudrais que dans une assemblée où il n’y a pas de majorité absolue, les Français ont refusé les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron en juin 2022. C’est pour ça que j’ai été élu député, moi, par exemple. Je voudrais que plus souvent le gouvernement perde et qu’on considère que c’est normal que quand il n’a pas réussi à convaincre, à construire une majorité, il perd le vote et on passe à autre chose. C’est ça une démocratie adulte.
Si c’avait été Marine Le Pen à votre place, puisque si j’ai bien compris.
Vous me mettez dans un univers que j’aimerais peut rencontrer Marine Le Pen à ma place, au moins la sienne.
Peu probable, mais j’ai cru comprendre. Excusez moi, parce que s’il y a 25 ans, la dernière fois qu’il y a eu une motion de rejet qui est passée, donc on n’a pas trop l’habitude de cette affaire là, visiblement c’est tiré au sort, c’est à dire que chacun écrit son texte et à quel moment vous avez appris que c'était vous qui allez monter à la tribune et à quel moment vous saviez que c'était la gauche qui allait porter l’estocade et non pas l’extrême droite ?
Alors le RN n’avait pas déposé une motion de rejet, il faut le savoir, c’est LE qui en avait déposé le RN et c’est là où Le Pen,
donc Le Pen n’aurait pas pu être là.
D’ailleurs, le traitement, c’est juste. D’ailleurs, le traitement médiatique réservé à Le Pen est hallucinant. C’est à dire que nous, on nous fait tous les reproches du monde. Le Pen, elle se décide au dernier moment, uniquement par intérêt tactique et on trouve que c’est des génies de la stratégie, etc. Ces gens n’ont aucune forme de conviction, ce qui prouve bien que Le Pen est prête à épouser n’importe quel discours pour arriver au pouvoir. En revanche, on sait sur quelle base et quel projet elle veut exercer ensuite ce pouvoir. Parenthèse refermée, mais ça en dit long aussi sur la complaisance qui existe à l'égard du lepénisme dans notre pays. Évidemment pas, pas ici. Moi, je vais dire les choses clairement et je l’ai dit au début de mon intervention, une motion de rejet, ce n’est pas la même chose qu’une motion de censure. Il n’y a pas de texte. Là aussi, c’est un peu technique, mais c’est bien que tout le monde comprenne. Une motion de rejet, c’est simplement quand le texte est déposé. Les groupes politiques disent nous voulons le rejet du texte, donc ça s’appelle motion, mais ça devrait s’appeler autrement en réalité, parce qu’il n’y a pas de texte afférent. Et d’ailleurs, je l’ai dit au début de mon discours, il ne s’agit pas d'être d’accord ou pas avec moi. J’ai développé une position dont je sais bien qu’elle n’est pas du tout majoritaire au sein de l’Assemblée nationale, celle de la régularisation de tous les travailleurs sans papiers. Elle n’est pas majoritaire, celle du droit de vote aux élections locales pour tous les étrangers vivant sur notre sol. Elle n’est pas majoritaire malheureusement. Donc je savais très bien. J'étais minoritaire. Mais la motion de rejet, c’est simplement Est ce qu’on considère que le texte n’aura pas de majorité à l’issue de l’examen ou pas ? Et donc c’est ça qu’il fallait voter. Donc moi, si LR avait déposé cette motion de rejet, je l’aurais voté, J’aurais voté le rejet du texte. Peu importe l’orateur qui s’exprime. En revanche, je ne vote jamais des textes venus du Rassemblement national ou venus de la droite radicalisée parce qu’on n’est pas d’accord sur le projet politique.
Si ça avait été Ciotti.
Mais j’aurais voté le rejet, j’aurais voté le rejet parce que nous avions nous mêmes déposé une motion de rejet et que de fait, il n’y a qu’un orateur qui peut s’exprimer. C’est la règle parlementaire. Elle est un peu absurde. Et il y a, vous savez, c’est binaire. On vote ou pas le rejet, on ne vote pas le rejet, mais pas d’accord avec l’orateur. Le rejet d’accord avec l’orateur contre le rejet, mais d’accord avec celui qui a parlé. Il n’y a pas cette subtilité. Vous avez un bouton pour un bouton contre, face à vous, un bouton abstention. Et donc vous avez ce choix qui est un triple choix et il faut vous positionner par rapport à cela. Et ce n’est pas la même chose qu’une motion de censure. Entendons-nous bien une motion de censure. Il y a un texte par exemple, moi, j’aurais du mal à voter une motion de censure de LR, je ne pourrais même pas le faire qui dirait on veut censurer le gouvernement parce qu’on l’estime trop laxiste en matière d’immigration, je reprends leurs termes, et qui évoquent l’idée d’une menace de submersion migratoire. Je ne pourrais évidemment pas m’associer à un tel texte. En revanche, une motion de rejet, c’est simplement dire oui ou non. Faut-il rejeter le texte ? Mais je pense que quand nous aurons fait la sixième République, on changera les règles pour qu’il puisse y avoir plusieurs motions de rejet déposées en même temps.
J’ai un souci de notes, j’ai perdu mes notes mais je vais les retrouver en allant dans l’autre bureau de seconde.
Je peux faire une réponse très longue, le temps de retrouver et voilà, ça va être applicable. Mais j’en profite parce qu’avoir du temps pour s’expliquer, c’est vachement bien.
Mais dans votre texte que vous avez prononcé. Il y avait cette très belle phrase Au tout début, vous expliquiez que vous pouviez voter cette motion sans partager mes idées. Et là je me suis dit tiens, on est dans. On est dans un discours justement de démocratie assez profond en disant ben voilà, le dissensus peut aussi amener à réfléchir et on n’est pas nécessairement bon. Mais sauf qu’à 17 h, tout ça est terminé. C’est-à -dire que le jeudi et le jeudi, le jeu médiatique des partis ou le jeu des partis et des médias, appelez ça comme vous voulez, reprend le dessus et c’est complètement balayé. Donc vous ne souffrez pas vous, le soir en vous disant mais merde, mais personne ne m'écoute à part peut être à Mediapart ou à 23 h sur LCI ou à 9 h du matin sur vos postes. Autant dire des endroits où minoritaires je vous écoute avec attention, je vous connais, mais je vais chercher mes notes.
. Non, mais je pense qu’il y a dans notre pays une conscience politique peut être plus grande que ce qu’on laisse croire et qu’on est un peuple beaucoup plus adulte que ce qu’on voudrait nous laisser croire. Donc moi, beaucoup de gens m’en ont parlé et dans ma circonscription, autour de moi, j'étais à une manifestation l’autre jour pour les droits des personnes exilées et on m’en a parlé. Donc je suis moins pessimiste que vous peut être sur la réalité de la perception qu’ont les gens. Après, oui, depuis une semaine, il y a quand même des moments où je bondis en regardant la télé parce que vous avez des gens qu’on présente comme experts de la vie politique, des éditorialistes que je respecte par ailleurs, mais qui racontent n’importe quoi, par exemple, qui racontent qu’on s’est allié avec l’extrême droite. Je viens d’expliquer ce que c’est une motion de rejet. Il faut connaître un peu la réalité parlementaire. J’ai des journalistes qui ont encore, il y a trois jours, demandé le texte non pas de mon discours, mais de la motion de rejet. Qui sont des journalistes parlementaires, donc oui. Et puis j’entends ce qu’est l’offensive médiatique en face. Bon, mais vous savez, c’est quand on est de gauche, quand on est écologiste, quand on est antiraciste, si on s’attend en se levant le matin à ce qu’on ait des éditoriaux favorables à ce qu’on est une lecture, une grille d’analyse politique largement diffusée qui explique que vous avez raison et que vous avez fait le bien, on se berce un peu d’illusions. Mais vous savez, moi, vous avez rappelé mon passé. La première campagne électorale que j’ai faite, en réalité, c’est en 2005, au moment du traité constitutionnel. J’ai fait la campagne pour le non au référendum. C'était à peu près la même, la même nature de débat politique 80 % du temps d’antenne était consacré au oui. Ça a été bien documenté depuis et vous aviez tout un discours en expliquant que si vous étiez pour le non, vous étiez anti-européen. Moi, je suis pro-européen, je suis quasiment fédéraliste. Je pense qu’il y a nécessité de construire. Je suis internationaliste donc, donc je me suis inscrit dans une démarche j’allais dire transnationale, etc. Mais on avait un discours médiatique qui consistait à dire c’est oui ou le fascisme et le oui, il y a, il n’y a pas d’alternative, c’est la seule voie possible. Mais du matin au soir, les télés en boucle là dessus. Mais qu’est ce qui s’est passé ? Les gens sont allés dans les réunions publiques, ils ont regardé le traité constitutionnel, ils ont vu qui c'était. Il ne s’agissait pas de construire l’Europe des peuples. Il ne s’agissait même pas de construire l’Europe. Il s’agissait de céder à tous les diktats du néolibéralisme, des multinationales, de tous les lobbies en tous genres. Et donc les gens se sont intéressés. On a vu qu’on était un peuple très politique et les gens ont voté non à. 55 %. Donc tout ça pour vous dire quoi ? Tout ça pour vous dire que moi je fais confiance en l’intelligence collective, je fais confiance en l’intelligence citoyenne et je sais comme militant politique que je dois sans cesse, quand je me lève le matin, convaincre, convaincre, convaincre. Mais vous savez quoi ? Je pense que ça peut marcher. Regardez ce qui s’est passé dans les quartiers populaires à la présidentielle. Moi, je n'étais pas dans les soutiens de Jean-Luc Mélenchon à l'époque. J’en parle encore plus tranquillement. Regardez ces millions de gens qui sont allés voter pour la première fois parce qu’ils avaient le sentiment que la politique pouvait changer quelque chose à leur vie, qu’ils étaient intéressés aux programmes des candidats. Je le vois tous les jours dans ma circonscription, donc moi, je ne me résigne pas. Je vais même vous dire je suis optimiste et je pense que tous ces discours, ces éléments de langage marxisme, de ces gens qui n’ont aucune mémoire, aucune histoire, méprisent profondément le peuple français et que nous sommes collectivement bien plus intelligents que ce que croient un certain nombre de commentateurs.
Oui, mais j’y reviens. 2005, c’est aussi un traité qui repasse différemment et donc à nouveau une confiscation de ce qui est vraiment la démocratie représentative.
Mais c’est pour ça que je me bats pour la sixième République
Vous êtes écolos. Oui, et eux, ils vivent pour la sixième République.
Moi, je ne suis pas membre d’Europe Ecologie les Verts, je suis membre de Génération. Donc vous leur demanderez Mais oui, mais oui, parce que parce que nous avons signé un programme partagé qui est le programme de la duchesse, qui nous a donné mandat pour devenir député. Bien sûr, on devient député, ce n’est pas pour nos qualités personnelles. Quand bien même on en aurait, on ne va pas non plus se flageller. Mais c’est d’abord et surtout autour d’un programme et d’un projet politique proposé au pays. Donc nous sommes et nous avons porté ce projet d’un changement radical profond de nos institutions pour plus de démocratie. Et ça passe par la sixième République. Mais c’est aussi pour ça que je me bats pour une gauche de rupture et de transformation. J’ai quitté le Parti socialiste après l'ère Hollande parce que je considère que la gauche doit se reconstruire autour d’une volonté de transformation, de rupture avec l’ordre néolibéral et avec l’autoritarisme qu’on voit depuis un certain nombre de temps dans notre dans notre pays et que ça va ensemble. C’est la crédibilité pour remettre de la démocratie. C’est aussi quand les gens votent pour nous, il en est pour leur argent si je puis dire. En tout cas, il en est pour leur bulletin de vote. La vraie question qui est posée à la gauche, c’est est ce que quand on met un bulletin de vote pour nous dans une urne, ça peut bouleverser, changer l’ordre établi des choses ? Est ce que ça peut transformer le quotidien et relever un certain nombre de grands défis de l’avenir climatique, socio-démocratique ? Moi, je me bats pour ça.
précise précisément ce que j’ai beaucoup aimé dans ce discours, dans votre discours, c’est l’accent porté sur la responsabilité du néolibéralisme dans la montée de l’hégémonie, de l’hégémonie, du fantasme, du repli identitaire. C’est bien de désigner des responsables de ce fiasco et aussi cette phrase : on ne gouverne pas un pays avec des slogans de cour d'école. Les Français ne sont pas des enfants, pas plus que des parlementaires.
Oui, je crois que l’aspiration première des citoyens, c’est ça le respect être respecté dans l’ordre social et économique. On est aujourd’hui sous payé, on ne vit pas correctement de son travail quand on est allocataires de minima sociaux parce qu’on ne va pas bien, On est victime de stigmatisation, de discrimination, de difficulté à accéder à ses droits. Tout ça est organisé. Regardez ce qui s’est passé sur l’assurance chômage, regardez ce qui s’est passé pour les allocataires du RSA. Regardez ce qui s’est passé pour les APL, on n’est pas respecté. Voilà la jeunesse qui est l’avenir de notre pays. C’est un peu bête de dire ça, mais c’est la réalité. Elle n’est pas respectée. Il y a une aspiration à être respecté, y compris dans l’ordre démocratique, à ne pas être pris pour des enfants. Ça, moi je n’aime pas le terme pédagogie. Par exemple, c’est quand le gouvernement disait au moment de la réforme des retraites qu’on va faire de la pédagogie, on n’est pas des gosses quand même, on est des citoyens, on est un peuple libre, éclairé, qui est capable de faire ses choix en connaissance de cause. Donc ça j’ai voulu le, j’ai voulu le rappeler. Et puis oui, bien sûr, il faut pointer la responsabilité du néo libéralisme. Le RN y progresse. Quand on réduit la part des services publics, il régresse. Quand nos compatriotes vivent, ils progressent.Pardon, le RN et le racisme progressent parce que nos compatriotes, ils ont un sentiment de déclassement, de déclin national. Et j’ai voulu notamment évoquer un point : c’est que l’extrême droite parle de grand remplacement. C’est une théorie xénophobe, raciste, qui conduit aux pires atrocités à travers, à travers le monde. Il y a un grand remplacement qui est à l'œuvre, c’est le grand remplacement néolibéral. C’est non pas un remplacement d’une population par une autre. Quelle vision rabougrie et triste de la société ! C’est le grand remplacement des centres, des petits commerces de proximité par les entrepôts Amazon, le grand remplacement de l’humain derrière des guichets, par des privatisations, des machines froides et impersonnelles. Je pourrais vous parler ce matin de comment j’ai galéré avec l’appli SNCF pour venir. On a remplacé les guichetiers dans les gares par des machines qui ne fonctionnent pas. C’est le grand remplacement de l'école républicaine de l'égalité par une vision autoritariste, élitiste, discriminante de l'école. C’est l'ère Blanquer Attali, c’est le grand remplacement de la devise républicaine liberté, égalité, fraternité par les discriminations, les contrôles au faciès, la haine de l’autre, C’est ça le bilan de décennies de néolibéralisme. Et c’est ça, c’est de ça que se nourrit l’extrême droite nationaliste. Et donc voilà ce qui est un peu le défi qui est devant nous, c’est de recréer. De république sociale, écologiste, humaniste et que ce ne soit pas simplement des grands mots. Mais cela veut dire quelque chose dans les vies quotidiennes de chacune et de chacun précisément.
Vous dites Il ne faudrait pas que soient que des grands mots.. Ce qui est reproché à la gauche, c’est finalement d’employer des mots, c’est à dire de s’adresser à l’intelligence là où on va dire de la droite radicalisée. L’extrême droite s’adresse aux tripes, au ventre et pas la réflexion s’adresse aux émotions, éventuellement plus qu'à l’intelligence. On partage souvent les choses comme ça. Sauf que ce que l’on voit, c’est que ce qui est, ce qui, ce qui gagne, c’est effectivement, c’est les tripes, c’est l'émotion.
est ce que j’ai dit ça prend aux tripes. Pardon, mais la question du calvaire qu’on subit pour le porte monnaie quand on passe à la caisse du supermarché, ça prend aux tripes la question. Je vous parlais des contrôles discriminatoires quand au cœur du Val Fourré dont je suis l'élu quartier de Mantes la Jolie. Un jeune a raison, la couleur de sa peau peut être contrôlée sept, huit, dix fois dans la même journée, alors que moi je n’ai jamais. On n’a jamais contrôlé mon identité, jamais quand j'étais adolescent. Bon, ça, ça prend aux tripes parce que c’est des réalités vécues et subies par nos concitoyens. Quand je parle des passoires thermiques, du fait qu’aujourd’hui, il y a des logements insalubres, qu’on laisse des gens vivre dans des conditions indignes, qu’il y a des bailleurs sociaux qui ne remplissent pas du tout leurs obligations. Ça, ça prend aux tripes. Donc je ne crois pas. Mais je parle aux deux, je parle à l’intelligence des gens qui vivent et avec un certain nombre de choses extrêmement concrètes. Après oui, moi je crois aussi qu’on gagne toujours à parler à l’intelligence d’un peuple collectivement plutôt qu'à essayer d’alimenter les bas instincts. Et d’ailleurs, j’en veux pour preuve sur la question migratoire qu’on est un des pays qui surestime le plus le nombre d'étrangers vivant dans la population. Ça montre qu’on a un débat public qui est complètement englouti sous des fantasmes.
Vous avez rappelé des chiffres.
Il y a en gros entre la réalité des étrangers dans la société, du nombre d'étrangers dans la société et ce que les gens en perçoivent quand on les interroge. Il y a quinze points d'écart. J’ai plus le chiffre exact en tête. Je ne suis pas très doué avec les chiffres, j'étais très mauvais en maths. Mais, mais c’est ça la réalité, c’est qu’on voit plus d'étrangers qu’il n’y en a vraiment dans la société..
Parce que le débat public qui les sépare de 25 % alors qu’eux ils représentent dix.
Parce que le débat public est complètement maîtrisé par Le Pen. Je l'évoquais dans plusieurs de mes interventions, mais quand Laurent Fabius a dit dans les années 80 le FN pose les bonnes questions sans apporter les bonnes réponses, il avait tort. Le FN ne pose pas les bonnes questions. Aujourd’hui, ce n’est pas l'étranger qui vient chercher ici de quoi vivre dignement. La menace aujourd’hui, ce sont les superprofits, ce sont les super dividendes. C’est que dans une même société, vous avez des individus qui gagnent 50, 60 fois plus qu’un autre. Ce que rien ne justifie, c’est ça aujourd’hui, ce qui est, ce qui fracture la société. Il est là le séparatisme. Parce qu’avec les ultra riches, là, le gouvernement et LR et Le Pen sont no border hein, Avec les ultra riches, on accepte qu’ils vivent dans, mais on accepte qu’ils vivent dans les quartiers pour riches qui mettent leurs gamins dans des écoles pour riches, qui puissent mettre leur pognon dans des banques pour riches à l'étranger. C’est ça le vrai séparatisme. C’est ça le vrai communautarisme aujourd’hui, c’est ça qui fracture aujourd’hui la République. Moi je suis pour l’unité du peuple et la nation et pour qu’on forme une même communauté nationale. Mais ce qui menace aujourd’hui l’unité nationale, ce n’est pas ceux qui pratiquent telle ou telle religion dans le respect des lois de la République, ce n’est pas celle des œufs qui mangent je ne sais quoi ou qui vivent dans tel quartier populaire. Ce qui menace l’unité de la République, ce qui la fracture, c’est le séparatisme des ultra riches, c’est le séparatisme de ceux qui accumulent les richesses, s’accaparent les ressources et refusent de consentir à partager avec le plus grand nombre. C’est ça qui mine l’intérêt général aussi.
Un peu brutal si je puis me permettre. Vous regardez souvent votre téléphone ?
Je regarde si j’ai des nouvelles de l’accord avec LR.
Alors, c’est quoi la nouvelle ?
Jamais, je n’ai rien à cacher. Donc dans le slogan il y a du neuf, on sait jamais ça, je regarderai. Non. Darmanin a estimé que nous sommes plus près d’un accord que d’un désaccord. Bah oui, comme ils sont en train de tout céder. Voilà. Bon bah tout indique quand même que la majorité présidentielle et que les macronistes sont en train de céder en rase campagne. Et donc moi je vais en appeler. D’ailleurs, j’ai fait une interview au Monde qui va sortir dans la matinée, dans laquelle aussi j’en appelle aux consciences humanistes qui peuvent rester dans la majorité présidentielle en disant on est d’accord sur rien, mais quand même, souvenez vous de pourquoi vous avez été élu. Si Macron est à l’Élysée et retourné à l'Élysée après 2022, c’est parce que des millions de gens se sont dit bon, Le Pen et les racistes quand même, on ne peut pas avoir ça. Et donc ils ont mis un bulletin de vote Macron dans l’urne en se bouchant le nez. D’ailleurs, je me souviens qu’entre les deux tours de l'élection présidentielle, les macronistes disaient mais on a des valeurs communes avec la gauche, avec les électeurs de Mélenchon, de Jadot, de Roussel, d’Hidalgo. Bon bah il serait temps que quand même, ils se montrent dignes de ce barrage républicain à minima qui s’en montre digne. Je ne leur demande même pas d’appliquer notre politique en matière d’immigration. Je sais bien qu’ils ne sont pas d’accord avec ça, mais qu’au moins il n’aille pas dans l’horreur sur laquelle ils sont en train de s’aligner.
L’horreur, c’est Aurore Bergé et sa préférence nationale ? Jamais, jamais de jeu de mots. C’est tentant quand même. Il faut rappeler ce qu’elle a dit et ce que ça signifie en fait.
Aurore Bergé, elle a dit qu’on pouvait, je le résume à appliquer la préférence nationale aux allocations, aux prestations sociales. Et je veux dire une chose quand même je ne sais pas si Marine Le Pen gagnera la prochaine présidentielle et je vais tout faire pour que ce ne soit pas le cas. Mais je sais que si elle gagne, madame Bergé sera ministre de Marine Le Pen, qu’un certain nombre de gens, là, dans la Macronie, qui, je ne sais pas s’ils ont vrillé ou s’ils ont toujours été comme ça, mais qui sont prêts à servir le lepénisme, ils le servent idéologiquement. On voit, on le voit dans ce qu’elle dit. Et donc je ne vois pas ce qui empêcherait Aurore Bergé demain d'être ministre de Jordan Bardella de Marine Le Pen.
Peut être parce que Hollande a fait la déchéance nationale.
Oui. C'était une faute politique et morale dramatique de la part de Hollande. Faire reprendre une proposition historique de l’extrême droite qui fracture la société qui est en violation complète de toutes les valeurs humanistes qui normalement sont intrinsèques à la gauche. Avoir fait ça a ouvert les vannes. Oui, bien sûr. Moi, j’en veux beaucoup à François Hollande, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls. C’est pour ça que leur leçon de gauche aujourd’hui, franchement, je pense qu’ils peuvent se les garder et qu’ils ont fait plus de mal à la République et à la gauche que bien de leurs prédécesseurs.
Qu’est ce qui se passe puisque vous avez dit tout à l’heure ? En disant que vous auriez pu éviter certains éditorialistes politiques.
Non, non, J’ai dit que je respecte les règles du jeu, mais je respecte, y compris mes adversaires.
Mais pourquoi vous respectez des gens qui sont incompétents, qui pensent faire la pluie et le beau temps ?
Mais ce que je veux dire. Je distingue deux choses. Il y a des gens avec qui je ne suis pas d’accord mais que je respecte bien sûr. J’ai de bons amis de droite, j’en fais la confidence ici. Moi je mets une limite pour savoir si je mets une limite sur l’extrême droite parce que je considère que moi je ne pourrais pas nourrir des sentiments d’amitié, d’affection avec quelqu’un qui ne partage pas des valeurs minimales que sont le fait qu’on refuse le racisme, la haine de l’autre, l’homophobie, le sexisme. Bon, ça mise à part, j’ai des amis qui ne sont pas d’accord avec moi et c’est ce que j’aime dans la démocratie, c’est qu’on s’engueule. Et d’ailleurs moi je crois au clivage, je crois au clivage, y compris sur l’Assemblée nationale par exemple. Ça doit être un lieu de confrontation des idées, ça ne veut pas dire qu’on ne se respecte pas, ça veut dire que c’est ça qui a construit la République. C’est parce que des gens se sont affrontés durement dans les mots qu’on a pu aussi parfois faire naître un certain nombre de grandes idées, de belles avancées la République, la Sociale, la Sécurité sociale. Elle ne s’est pas faite comme ça, par le par une discussion gentille. Tout ça procède aussi de luttes, de luttes sur le terrain, de luttes dans les mouvements sociaux, etc. Ce que je voulais dire, parce que je ne veux pas choquer non plus, c’est que j’ai du respect pour mes adversaires politiques quand ils s’assument comme tels. Donc moi, un éditorialiste du Figaro, on sait où il habite. Donc je veux dire, j’ai du respect parce qu’il incarne une tradition idéologique et celle de la droite réactionnaire conservatrice. Il y en a toujours eu une et moi je suis de gauche. Je préfère débattre avec quelqu’un de droite qu’avec quelqu’un qui raconte. C’est ça que je n’aime pas chez les communistes. Et ils donnent le sentiment qu’ils sont nulle part, que les idées que deux siècles de république qui ont maîtrisé le débat démocratique, tout ça n’existe pas. Moi, je me sens l’héritier d’une histoire qui m’oblige. L’histoire de la gauche, l’histoire de ce qu’on appelle le progressisme, l’histoire des luttes antiracistes, sociales, féministes, écologistes, tout ça nourrit ma réflexion. Et tout ça m’oblige. Quand on entre à l’Assemblée nationale, on entre avec un lourd bagage, même quand on a 33 ans, comme c’est mon cas, ce n’est pas on ne rentre pas seul, on rentre accompagné du Christ. Non mais non, mais voilà, moi je mets par exemple que je. Je sais ce que je dois comme conscience de gauche à mes grands-parents. Voilà, on est matricé par quelque chose, par un environnement, même quand on n’est pas d’accord avec des gens. En revanche, ce qui m’insupporte, c’est quand on fait croire qu’on a une vision objective des choses. Moi je suis pour la subjectivité. Tout est subjectif. On a toujours des prismes idéologiques. C’est beau les idéologies, mais j’en ai marre qu’on dise vous êtes idéologue. Oui, j’assume. J’ai une réflexion qui est nourrie par une vision du monde, par une vision de la société, par une lecture philosophique du monde tel qu’il est, tel que je voudrais qu’il soit. Mais je respecte ceux qui n’ont pas la même vision que moi, pour autant qu’ils veuillent bien l’assumer. Ce qui m’agace en revanche, oui, je vais le dire, c’est les commentaires qui méconnaissent la réalité parlementaire. Et donc c’est quand des gens m’expliquent que je me suis allié avec l’extrême droite, c’est profondément malhonnête et je le combat.
Alors justement, sympa ? Non, Je vous taquine un peu, c’est normal, sinon on se perdrait. Mais justement, tout à l’heure, vous avez expliqué qu’il y avait des éditorialistes politiques, des journalistes politiques spécialisés dans la vie parlementaire qui vous ont posé une question étrange de béotien sur le texte de la motion de rejet. Et vous avez bien expliqué qu’il n’y avait pas de texte. Et alors justement, je vous propose qu’on fasse un petit moment d'éducation populaire. La CMP se réunit à 17 h. Mais en réalité il y a des conciliabules depuis à peu près lundi dernier. Mais manifestement ce weekend, ça a chauffé. Il y a eu beaucoup de déjeuners et de dîners. On mange plusieurs fois par jour à Matignon, il semblerait. Enfin, ça n’arrête pas de manger, de faire des goûters, des thés, des trucs, des machins. Est ce que vous pouvez nous dire exactement comment ça fonctionne de ce que vous en savez ? Et par ailleurs, vous avez fait un tweet qui pose un peu question parce qu’on était là, vous avez dit convocations reçues, donc on avait l’impression que vous faisiez partie de la commission.
J’en fais partie comme suppléant.
Ah ! Comme suppléant.
C’est un suppléant, J’ai le droit de parler. Je le dis comme suppléant, j’ai le droit de tout faire sauf de voter puisque votent sept députés, sept sénateurs. Juste avant de vous répondre sur la réalité. c’est celle-là qui passe aussi sur la réalité d’une commission mixte paritaire. Je veux préciser qu’effectivement on avait la. Vous avez parlé des conciliabules, on avait il y a quelques années la dictée de Bernard Pivot. On a la dictée d’Eric Ciotti, qui lui-même prend la dictée de Marine Le Pen.
Vous n’avez pas testé ? Vous ne l’avez pas testé sur tweeter celle-là ?
Non, je la fais juste pour la première fois où elle m’est venue comme ça. Bon, faut bien qu’on trouve un peu matière à rigoler, à rigoler un peu dans cette horreur. Alors qu’est ce que c’est qu’une commission mixte paritaire en gros ? Vous savez, le Parlement français, c’est deux chambres, le Sénat et l’Assemblée nationale. Normalement, quand un texte est voté au Sénat et à l’Assemblée nationale, là on a une petite subtilité, c’est que le texte a été rejeté à l’Assemblée nationale. Donc, la logique démocratique, la légitime, l’absence de légitimité aurait voulu que le gouvernement retire son texte purement et simplement, quitte à en déposer un neuf dans quelques mois. Bon, mais normalement, quand il y a deux textes contradictoires entre l’Assemblée et le Sénat, on essaie de mettre d’accord l’Assemblée et le Sénat. Donc se réunit ce qu’on appelle une commission mixte paritaire, c’est-à -dire sept députés, sept sénateurs répartis proportionnellement en fonction des groupes politiques. Donc là, vous avez, je crois, cinq macronistes, quatre LR, deux socialistes, bref, voilà, ils se réunissent et puis ils essaient de décrire un texte, un nouveau texte, sur la base évidemment de ce qui a été voté dans les deux chambres. Mais ensuite, ce n’est pas parce qu’il y a une commission mixte paritaire qu’il n’y a pas de vote de l’Assemblée nationale. Si cette commission paritaire, il y a deux options, soit elle est ce qu’on appelle conclusive. C’est à dire que conclusive, ça veut dire que tous ces braves gens, plus ou moins braves d’ailleurs, arrivent à se mettre d’accord sur un texte et une majorité dans cette commission mixte paritaire de quatorze membres qui votent pour un texte. Bon, dans ce cas là, le texte est soumis sans amendement possible à l’Assemblée nationale et donc l’Assemblée nationale. Elle vote pour ou contre le texte. S’il est rejeté, il est rejeté, s’il est approuvé, il est approuvé. Jusque là, les choses sont simples. Si la commission mixte paritaire n’est pas conclusive, c’est à dire qu’elle ne se met pas d’accord, eh bien, il n’y a pas de texte soumis à l’Assemblée nationale en l’occurrence. Voilà un peu la subtilité. En revanche, on en parlait tout à l’heure, mais là, ce qui est choquant, c’est que comme il y a eu une motion de rejet, il n’y a pas de texte de l’Assemblée nationale à proprement parler. Donc, la logique aurait voulu que le gouvernement retire son projet. Or, il a choisi depuis le départ, parce qu’il avait envisagé cette éventualité. En réalité, il a choisi depuis le départ de confier d’abord au Sénat le soin d'écrire le texte et donc d’avoir un texte écrit par la droite dure, par la droite radicalisée par la droite réactionnaire. Appelez ça comme vous voulez. Et donc c’est de ce texte là dont ils débattent. Bon, ils l’avaient en vrai pas beaucoup adouci quand même en commission à l’Assemblée nationale, et il restait bien des dispositions dramatiques et scandaleuses. Et donc moi, là dedans, je vais être suppléant. Ça veut dire que je vais pouvoir voir ce qui s’y passe. Et donc je le redis parce qu’on en a parlé tout à l’heure, pour ceux qui n'étaient pas encore arrivés, la commission mixte paritaire, elle est à huis clos, mais rien dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale n’interdit et dans celui du Sénat, je crois que c’est pareil. Rien n’interdit qu’elle soit diffusable. Et donc nous avons demandé, avec la présidente de mon groupe, s’il y a le châtelain à ce qu’elle soit diffusée sur le site de l’Assemblée nationale en direct. Pour l’instant, nous n’avons pas de réponse de la présidente. Peut être serais je encore sanctionnée. J’ai été sanctionnée la semaine dernière pour des raisons que j’ignore. On est quand même dans un curieux régime à l’Assemblée nationale. Alors c’est quoi cette histoire ?
Parce que est ce que je m’intéresse un peu plus à l’avis de l’assemblée qu’il y a quelques années ? Mais en ce moment, il y a le nombre de collègues que vous êtes, vous êtes constamment au piquet. Mais c’est quoi ?
C’est plus le bureau de l’Assemblée nationale. C’est un conseil de discipline pour les collégiens.
Maintenant, c’est ça mais c’est la présidente qui veut ça, où ça a toujours existé
Il n’y a jamais eu autant de sanctions prononcées par une présidence de l’Assemblée nationale. Or, et moi, je suis, on en a parlé tout à l’heure, attentif à l’histoire. Moi, j’ai lu beaucoup de comptes rendus, Quand je suis devenu député, j’avais une grande responsabilité. On a une bibliothèque magnifique à l’Assemblée nationale. Et donc j’ai lu un certain nombre de comptes rendus de débats parlementaires. Franchement, il y a quelques décennies ou de siècle, c'était vif. Il y a même eu des duels à l'épée. Donc je ne crois pas qu’on soit On dit toujours Ah la LFI ils sont turbulents, etc. Bon, on est aussi porteur d’une certaine révolte qui existe dans la société et parfois on parle de façon vive. Moi je pense que j’ai été souvent vif mais jamais insultant ou excessivement outrancier dans mes propos. Et d’ailleurs, la liberté d’expression dans l’hémicycle, c’est un principe fort, quasiment sacré dans l’Assemblée.On ne peut pas être poursuivi en justice pour un propos tenu dans l’Assemblée nationale par exemple, parce que la liberté de parole des parlementaires était absolue. Et sauf que là, on a une volonté des macronistes, finalement de dépolitiser, mais parce que c’est bon, on les a appelés des Playmobil. Dans le précédent quinquennat, vous avez des gens qui considèrent que la politique, ça doit être résumé. La technique, hein, c’est la bonne vieille technique néolibérale. Il n’y a pas d’alternative possible, c’est comme ça et pas autrement. Pourquoi s’embêter à débattre et pourquoi avoir des convictions ? Bon bah nous on a des convictions et on les développe. Sauf que la présidente de l’Assemblée nationale ne l’entend pas de cette façon-là. Moi, j’ai appris par voie de presse que j'étais l’objet d’un rappel à l’ordre. C’est une sanction symbolique. Un mec qui, comme moi, attache un peu à mon honneur à être sanctionné par le bureau de l’Assemblée, ça ne fait pas plaisir, évidemment, parce que ça dit quand même qu’on aurait eu un comportement problématique. Je n’ai même pas été averti qu’il y avait cette discussion à l’ordre du jour. Je n’ai averti que quelqu’un, Je crois que personne n’a demandé de sanction à mon égard avant que ce soit évoqué en bureau. Et je ne sais même pas quels sont les faits qui se sont passés. Je n’ai même pas pu m’en expliquer et je n’ai pas de voies de recours possible. Vous admettrez que c’est quand même d’un point de vue du droit. J’ai peut-être des juristes qui nous regardent. N’importe quelle juridiction, fût elle interne, permet le contradictoire. Même devant un conseil de discipline dans un collège, on peut aller expliquer sa version des faits. On peut ne serait ce que informer qu’il y a une sanction disciplinaire qui est proposée contre vous. Bon, en l’occurrence, tout ça à plusieurs points qui se suivent, ça forme une ligne. Je rappelle qu’il y a quelques jours, le président du Sénat, réputé pour sa modération, sa sagesse, a quand même invité l’un de ses opposants politiques, en l’occurrence Jean-Luc Mélenchon, à, je cite, fermer sa gueule. Ça dit aussi le rapport qu’entretiennent les droites à la démocratie, à la démocratie parlementaire et à la liberté qu’ont les oppositions à s’exprimer. Je crois que c’est une dérive assez dangereuse.
Donc, la CMP, vous avez expliqué son fonctionnement, vous avez déploré, à raison, son manque de transparence. Cela dit, je me fais l’avocat du diable, j’aime toujours ça. Vous avez voté, vous avez proposé la motion de rejet parce que vous ne vouliez pas qu’il y ait de discours immondes pendant quinze jours sur l’Assemblée nationale. Donc c’est une certaine façon d'éviter d’entendre des horreurs. Mais finalement, est-ce que la transparence, c’est-à -dire de filmer la CMP, de la diffuser, ce ne serait pas prendre le risque d’entendre ces horreurs ?
Non, mais je prends acte que le gouvernement a décidé de maintenir un texte en dépit de la motion de rejet. C’est ça le problème.
Bien sûr.
Nous, on a voté la motion de rejet parce qu’on a dit en sincérité Tout n’est pas que calcul politique. On a dit en sincérité que nous, de toute façon, on votera contre ce texte à la fin. On propose d’acter maintenant qu’il n’y a pas de majorité pour ce texte à l’Assemblée, à l’Assemblée nationale. Non, mais simplement, je crois qu’on est sur un sujet qui touche aux valeurs de la République, qui touche à notre conception de l’humanité. Tout ça ne peut pas se régler dans le huis clos d’une arrière cuisine, fût elle une arrière cuisine de l’Assemblée nationale et du Sénat, même si c’est un salon doré. Oui, paraît-il. Et même si c’est dans un salon doré, on ne peut pas faire ça. On ne fabrique pas de boudin, on fait la loi et on fait la loi sur un sujet qui affecte durablement nos valeurs et l’image que la France a dans le monde. Parce qu’on n’en parle pas. Mais quand même, dans le monde, il y a beaucoup de gens qui nous regardent et qui disent quoi. Mais la France serait en train de faire une loi d’inspiration raciste et xénophobe pour notre attractivité. Je reprends les grands mots de Macron à l'étranger. Bon, je pense qu’il y a moins d'étudiants étrangers internationaux qui vont vouloir venir étudier dans un pays. On est là dans une université. C’est une force, une richesse pour la France que d’avoir des étudiants qui viennent apprendre, créer un lien affectif, économique avec notre pays et qui repartent ensuite faire rayonner la France et valoir aussi une forme d’influence culturelle et démocratique dans le monde. On va se priver de ça. Tout ça peut être fait dans la transparence et l’opacité, y compris. Ça rejoint une conversation qu’on avait tout à l’heure. Le fait que nos concitoyens se sentent éloignés de la démocratie parlementaire, c’est peut être aussi parce que beaucoup trop de choses se font dans le secret. Je crois qu’on gagne toujours à assumer publiquement ces positions. Moi, je les assume. Et notamment sur la question des migrations. Je sais que quand je dis il n’y a pas de crise migratoire, il y a une crise de l’accueil et non, il n’y a pas trop d'étrangers vivant en France. Je sais que, y compris dans ma circonscription, je ne suis pas certain d'être majoritaire sur ce sujet là, mais j’assume parce que c’est ma conviction. C’est ça aussi qu’on attend de moi même quand on n’est pas d’accord avec moi.
est le secret des délibérations, puisque c’est un peu dit comme ça, d’une certaine manière, ce n’est pas aussi une façon de donner de la liberté aux sept sénateurs et aux sept députés. C’est le premier point que je vous pose, c’est -à -dire que d’une certaine manière, ils ont une liberté de parole. Ou à l’inverse, est ce que ce n’est pas aussi une façon de leur préserver la possibilité de marchander ? Je sais que vous n’avez pas été le dernier.
J’ai demandé une commission d’enquête.
D’ailleurs, vous avez demandé une commission d’enquête puisqu’on a entendu dire Il y a eu par voie de presse, pour employer cette belle expression du XIXᵉ siècle, par voie de presse, nous avons appris effectivement que quelques députés auraient reçu des bonnes nouvelles concernant de nouvelles casernes de gendarmes.
Il y avait du bon au XIXᵉ siècle, un Jaurès, etc. C'était la fin du 19ᵉ. Elle était assez intéressante pour la gauche.
Mais est ce que vous pensez que c’est un mélange des deux, c’est-à -dire une liberté de conscience, voilà tout, Qui serait, qui serait préservée ? Ou à l’inverse plutôt justement, on ne veut pas montrer le boudin politique, la tambouille la plus détestable qui soit.
Un parlementaire est libre, y compris quand il s’exprime publiquement. Moi, je ne me suis jamais senti sous contrainte ou opprimé lorsque je m’exprimais publiquement. D’ailleurs, on est même encore plus libre quand on peut prendre à témoin les citoyennes et les citoyens. Mais effectivement, il y a un rapport de ce gouvernement. Mais pour être honnête, d’un certain nombre de ses prédécesseurs aussi un rapport contrarié, pour le dire poliment à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance du Parlement. Je rappelle qu’il y a une rare et quelques bonnes dispositions dans la Constitution de la cinquième République, et notamment le fait qu’il n’y a pas de mandat impératif, c’est-à -dire que les parlementaires légifèrent souverainement. En leur âme et conscience librement, et ne peuvent pas être l’objet de pressions ou de chantage. Sauf que là, c’est tout le contraire puisqu’on apprend qu’on promet des casernes de gendarmerie en échange du soutien au texte immigration par exemple. Et je ne sais pas ce qu’on va découvrir encore dans les jours qui viennent.
Extrêmement grave. Vous avez demandé une commission d’enquête qui n’aura pas lieu
Moi, j’ai proposé une commission d’enquête. L’avantage d’une commission d’enquête, c’est que c’est transparent, ça veut dire que c’est transparent. Il y a des gens de la majorité de l’opposition et puis on auditionne et ça permet de voir. Est ce qu’il y a vraiment eu des pressions exercées sur des parlementaires, notamment de LR, pour soutenir ce texte ? Si des pressions étaient exercées, ont elles été demandées, soutenues par un ministre de l’Intérieur ou est ce que c’est une initiative uniquement de son cabinet ? Est ce qu’il y a un système généralisé sur tous les textes ou pas ? Bon, ça pose la question et moi je ne préjuge pas de la réponse. D’ailleurs, j’ai employé le conditionnel dans ma demande de commission d’enquête parce que je suis le petit-fils d’un professeur de lettres classiques et donc je fais attention à la façon dont j’utilise la langue française.
Voilà la réponse de tout à l’heure
Donc je dis que si ces faits sont avérés, ils sont extrêmement graves. Moi, j’ai tendance à croire que ce gouvernement a une pratique très. Il s’embarrasse peu, à vrai dire, des règles de la démocratie parlementaire. Ils s’embarrassent assez peu des usages démocratiques et parlementaires qui ont cours normalement depuis des siècles à l’Assemblée nationale. Donc je suis inquiet. En tout cas, je ne lui fais pas confiance pour respecter l’indépendance des parlementaires. Donc cette commission d’enquête permettrait d'établir la vérité.
Alors, ce qui était assez amusant, c’est que visiblement, il y a eu un problème d’amateurisme au sein du cabinet du ministre de l’Intérieur.
Mais ils ont confondu les députés. Philippe Brun et Fabrice.
. Mais est ce que ce n’est pas pour reparler de cette confiscation de la parole citoyenne ? Est ce que c’est pas aussi le problème des députés qui passent leur temps pour partie pour certains d’entre eux, entre leurs circonscriptions, où d’ailleurs certains passent plus de temps dans leur circonscription qu'à l’Assemblée ? C’est-à -dire cette idée, qui est très ancienne mais qui a l’air à l’heure d’aujourd’hui, me semble un peu désuète. Cette idée que vous représentez des circonscriptions et que finalement, pour être réélu, il faut effectivement un nouvel hôpital ou des subventions, ou une nouvelle caserne de gendarmerie. Donc comme ça, et bien le marchandage peut fonctionner parce que c’est du donnant donnant. Est ce que là, il n’y a pas aussi un souci ?
Le problème est un peu plus complexe que ou nuancé que vous l'évoquez, mais je suis assez d’accord avec un certain nombre de choses. D’abord, pour moi, le problème n’est pas le lien de la circonscription. Moi par exemple, je ressens comme une force le fait de ne pas être un élu hors sol. Le fait de pouvoir aller sur le marché du Val Fourré à Mantes la Jolie. Savoir que celles et ceux qui m’ont fait confiance et d’autres d’ailleurs qui n’ont pas voté pour moi, attendent de moi est précieux. Être connecté à un territoire, à des gens, à un monde associatif, à des élus locaux et précieux. Dans mon travail de parlementaire, et je le dis tranquillement parce que moi j'étais vraiment un pur produit de l’apparatchik, mais j’ai très longtemps cru qu’il fallait de la proportionnelle nationale. J’y crois toujours d’ailleurs. Il faut, il faut y réfléchir, mais j’ai bon. Et en fait, j’ai été parachuté sur la circonscription où j’ai été élu et pour rien au monde je n’en partirai parce que ça a nourri beaucoup de mes réflexions. Ça m’oblige, ça me ça me lie à quelque chose. Voilà par exemple l’histoire qu’on évoquait des gamins de Mantes la Jolie qui ont été humiliés par la police. Ça m’oblige à porter ce combat. Je suis aussi. Je me sens aussi le porte parole de la maman du petit Othman qui est mort tragiquement dans un accident d’ascenseur il y a quelques années. Parce que les ascenseurs dans le quartier populaire ne sont pas entretenus, parce que des gens prennent des risques tous les jours. Et donc ce sont des combats que je porte parce que j’y étais sensibilisé aussi par le terrain sur la circonscription. Donc ça c’est très précieux pour moi. Mais, et là je vais dans votre sens, il y a un problème avec un certain nombre de parlementaires qui considèrent qu’ils sont des élus locaux. Moi, je suis l'élu d’une circonscription, mais je ne suis pas, je ne me substitue pas au maire, au conseil départemental ou au conseil régional. Chacun doit faire son job, le boulot du député. C’est pour ça. Par exemple, je suis opposé au retour de la réserve parlementaire, qui est une enveloppe d’argent à distribuer aux associations, aux collectivités. Le travail du député, ce n’est pas d'être un maire surpuissant sur les communes de sa circonscription. Le travail du député, c’est de faire la loi, de contrôler l’action du gouvernement. Donc on est l'élu d’une circonscription, mais on est représentant de la nation dans son ensemble et donc on ne légifère pas en fonction d’intérêts locaux, mais en fonction de ce qu’on croit être l’intérêt général, l’intérêt de l’ensemble du peuple français. Moi, j’essaie. Après, c’est une question d'éthique personnelle. Moi j’essaye de veiller à cela et donc je ne prends pas des décisions en fonction de comment je pense que ça va être sur électoralement sur ma circonscription. D’ailleurs, elle est plurielle la mienne. Donc à chaque décision que je prends, j’ai des gens qui sont contents, des gens qui ne sont pas contents, mais j’essaye de le faire avec ce souci d'être un député de la nation. D’ailleurs, je ne suis pas élu local, je ne souhaite pas l'être. Je suis très heureux d'être parlementaire. Donc c’est peut être ça qu’il faut changer. C’est ce rapport qu’ont les parlementaires aux mandats, au mandat législatif. Peut-être d’ailleurs faut-il. Interdire de passer d’un mandat à l’autre et donc d’empêcher. On a empêché le cumul des mandats, certains veulent le rétablir, j’y suis très opposé. Mais d’interdire par exemple de devenir maire après avoir été député. C’est une piste de réflexion pour la sixième République parmi d’autres, pour qu’on se souvienne toujours qu’on a élu la nation et qu’on légifère au nom de l’ensemble du peuple français.
Par exemple, quand Darmanin laisse entendre ce weekend qu’il pourrait redevenir député, qu’il adore ça. Est ce que vous ne trouvez pas que c’est son problème ? Même s' il a sa place au chaud ? S’il n’est plus ministre, il redevient député et autres.
Les électeurs de sa circonscription l’ont élu en 2022 et ministre. Ce n’est pas un mandat ministre, c’est une fonction qui est attribuée par le président de la République. Moi, je souhaite qu’il y ait des votes de confiance qui soient organisés au Parlement sur chaque ministre, comme cela se fait dans d’autres démocraties. C’est un nous. Non seulement il n’y a plus de vote de confiance, mais en plus le vote de confiance, il est global pour le gouvernement. Moi, je souhaiterais, comme cela se fait par exemple aux Etats-Unis, que le Parlement confirme les ministres, c’est-à -dire que chaque ministre passe, soit obligé de passer devant une commission, puis devant l’Assemblée nationale, pour qu’ensuite l’Assemblée l’autorise ou pas à devenir ministre. Là, ce serait utile. Mais en l’occurrence, député, il doit son mandat de député, monsieur Darmanin, aux électeurs de sa circonscription. Je suis trop respectueux de la démocratie pour dire qu’il ne peut pas le redevenir s’il n’est plus ministre. Mais peut-être faut-il revenir d’ailleurs à ce qui se faisait avant. C’est à dire que quand on est ministre, on n’est évidemment plus député et quand on n’est plus ministre, on repasse devant le suffrage universel. Ce ne serait pas mal d’ailleurs qu’on ait plus effectivement la place automatiquement laissée au chaud. Mais quand on quitte le gouvernement, il y a une élection sur sa circonscription. Puis comme ça, les électeurs de votre circonscription ont décidé de vous faire confiance ou pas, mais ce sont les électeurs qui décident.
On revient à la CMP vous avez encore un peu de temps ?
On est bien chez vous, c’est agréable.
Merci beaucoup. C’est très agréable de converser avec vous. Je vous ai découvert avec le texte et je suis bien content, vraiment merci d’avoir accepté l’invitation de ce matin. Tristesse vous demande pourquoi ne pas être allé sur l’aspect financier qui semble être le principal argument de la droite concernant l’immigration en disant oui, l’immigration coûte de l’argent.
Je n’aime pas du tout cet argument.
Alors qu’il est si facile à réfuter.
Alors oui, je l’utilise parfois sur la défensive, mais je ne l’aime pas pour deux raisons. D’abord parce que je crois qu’en réalité l’immigration rapporte plus qu’elle ne coûte. Mais je vais peut-être en choquer certains, mais je crois qu’elle devrait nous coûter beaucoup plus cher. Parce que moi, je défends un grand service public de l’inclusion. Je suis pour qu’on mette des moyens supplémentaires pour aider les gens à apprendre le français, qu’on construise non pas comme une obligation discriminante pour l’accès à des titres de séjour, mais qu’on permette à chacune et chacun d’apprendre le français dans de bonnes conditions. Je suis pour qu’on mette plus d’argent pour que celles et ceux qui ont des droits puissent y avoir accès. Aujourd’hui, un bénéficiaire sur deux de l’AMO n’est pas au courant, ne revendique pas ses droits parce qu’il ne sait pas, parce qu’il n’a pas les moyens de remplir les documents, etc. Donc on devrait aussi mettre plus d’argent sur la table pour de l’hébergement d’urgence, pour l’accès au logement, etc. Donc moi je souhaite que l’inclusion, que l’accueil nous coûtent plus cher et qu’on ait les moyens de le payer dans un pays aussi riche que la France. Peut être que si on va taper un peu plus sur les émigrés fiscaux, sur ces exilés fiscaux qui truande l’argent de l'état, peut être qu’on pourra financer davantage les exilés non fiscaux, les exilés qui ont fui la guerre ou la misère. Ça, c’est le premier point..
Exilés fiscaux, vous pensez que tous les ultras riches ont financé les campagnes présidentielles ou pas ?
Oui et non. Mais tous ceux qui ont des comptes en Suisse, la fraude fiscale dans le pays, c’est massif. C’est un vol organisé de l’État face auquel il y a un laxisme insupportable. Si on faisait autant de lois contre l'évasion fiscale qu’on en fait contre les exilés tout court qui viennent dans notre pays parce qu’ils fuient la guerre ou la misère, on aurait déjà réglé le problème depuis un moment si on était aussi durs, aussi forts avec les puissants, on y viendrait.
Mais ça, c’est un premier point, après, je vais revenir à la question Le Pen
, Vous savez il y a l’histoire de l’extrême droite. Elle est toujours liée à un accord avec le patronat et avec le monde de la finance et la banque. Dans les années 30, c'était plutôt éclair que le Front populaire. Et d’ailleurs, les premiers à avoir invité Marion Maréchal il y a quelques années à leur université d'été et à avoir brisé ce cordon sanitaire, c’est le Medef. Alors il est revenu sous la pression de cette invitation. Donc moi je n’ai aucun doute sur le fait que si Le Pen arrive au pouvoir, ça donnerait comme Trump Il y a eu un accord qui a été passé avec l’establishment entre républicains pour dire laissez moi faire du fascisme, je vous laisserai faire du libéralisme. Et ce sera pareil avec Le Pen. Donc moi je n’ai aucune illusion sur l’adhésion de l’extrême droite à l’ultra richesse et aux soutiens aux ultras riches. Mais donc mon premier argument, il est là. Je n’aime pas l’argument économique, même si effectivement j’ai un deuxième argument.
On va y revenir parce que ce discours là, ce que vous venez de dire, là, la gauche ne peut pas le porter plus haut, vous empêche de dire ça ailleurs.
Non, moi, je le porte. J’espère que d’autres le porteront. Qu’il pourrait être majoritaire, mais nous faisons la démonstration chaque jour à l’Assemblée nationale que quand il y a des choix structurants à faire, le Rassemblement national, l’extrême droite est toujours du côté des ultra riches. Ils sont contre l’augmentation du SMIC. Ils sont extrêmement frileux à la taxation des superprofits et des super dividendes. Et d’ailleurs, je vais vous faire une confidence un jour, j’ai fait un débat avec vous.
Ça commence mal.
Non, mais j’ai fait un débat avec une représentante du monde patronal sur France Télé et dans la loge avant ou après, je sais plus. Elle me dit comme ça, avec une forme d’emphase un peu un peu grandiloquente en disant moi, entre Mélenchon et Le Pen, je choisirai Le Pen. Et de toute façon je ne suis pas. Je dis quand même là sur les retraites, je croyais que Le Pen était contre la retraite à 64 ans. Elle dit oui mais moi je l’ai vue, elle m’a rassuré. Par ailleurs, elle travaille beaucoup avec nous. Parenthèse ça illustre bien toute l’imposture qu’est l’extrême droite qui est en réalité un faux ami du pouvoir d’achat. Mais mon deuxième argument, si vous le permettez sur l’argument économique, c’est que c’est notamment ce qui a fait que moi j'étais sur la question des régularisations dans les métiers en tension, très sceptique sur le dispositif initial du gouvernement qui voulait régulariser des travailleurs sans papiers dans des métiers en tension. Je suis pour des régularisations. Entendons nous bien, je suis même pour la régularisation de tous les travailleurs sans papiers. Et je le suis autrement qu’avec cette petite mesurette là qui vise à régulariser quelques salariés dans quelques métiers en tension pour une petite période, dans quelques zones géographiques. C’est mieux que rien, mais c’est presque rien. C’est comme ça que j’ai résumé leur dispositif. Mais juste moi je suis contre le fait qu’on fasse des exilés des variables d’ajustement économique. On accueille au nom de principes, au nom d’une réalité qui est que la société française est construite par toutes celles et tous ceux qui la font vivre. On ne va pas vous réguler. Moi, je ne suis pas pour qu’on régularise parce qu’on est dans un secteur particulier, à un moment particulier. Tout ça est quand même complètement, complètement absurde et on doit régulariser au nom de principes qui sont des principes humains et oui, d’une reconnaissance d’une réalité économique et sociale. Comment financer les retraites aujourd’hui sans immigration, sans les cotisations des étrangers travaillant en France ? La retraite, ce soi même, ce ne sera même pas 64 ans. Le programme de Le Pen, c’est la retraite à 70 ans. Si, si, on expulse demain toutes celles et tous ceux qui font tourner notre économie. Et enfin, dernier argument, il y a un argument économique qu’on n’emploie pas les étudiants internationaux. Il rapporte 1,35 milliard d’euros par an à notre pays. Et là, on est en train de leur demander du cautionnement, de leur chercher des noises pour les empêcher de venir étudier en France. Tout ça est absurde, y compris du point de vue économique.
Je vais prendre encore quelques questions du chat après, je vous libère. En tout cas, votre présence passionne le chat et c’est formidable. On est vraiment dans un exercice de démocratie vivante. Satrape vous demande comment expliquez-vous la droitisation du PC, du PS et des Verts ?
Oh, ça va un peu loin, non ?
Alors parlons-en un peu.
Tranquille quand il y a deux éléments. D’abord un je vais faire un peu de langue de bois, puis après je vais répondre sur le fond et l'élément langue de bois quand même. Pour le petit camarade, c’est que quand même, on a été tous d’accord pour combattre ce texte. Voilà, moi j’ai très bien travaillé avec André Toranian, Danièle Obono, Handicap bras notamment de la France Insoumise qui sont chef de file avec Elsa Faucillon qui elle est chef de file pour le groupe communiste à l’Assemblée. Avec mes collègues écologistes, avec mes collègues socialistes, nous étions tous d’accord pour rejeter ce texte. Et honnêtement, sur la question migratoire, il y a dix ans, je ne suis pas certain qu’on aurait fait meeting commun et qu’on aurait voté les mêmes textes à l’Assemblée nationale. Donc il y a du progrès, si je puis dire. Mais ensuite, oui, il y a quand même, et je ne veux pas éluder la question, un sujet beaucoup plus profond où la gauche, ces dernières années, a eu la trouille en fait d'être humaniste parce qu’on a eu le sentiment que pour résister à la montée lepéniste, il fallait épouser un peu de ces thèses. Et c’est, je le disais tout à l’heure, Fabius qui, dit-il, pose les bonnes questions sans apporter les bonnes réponses. C’est Rocard qui dit que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa juste part. Je ne sais pas ce que c’est que la juste part de la misère du monde. On ne traite pas des questions humaines avec des tableaux Excel et de la comptabilité. On traite avec des principes et avec des valeurs qui sont des valeurs humanistes, fraternelles, de bon sens, républicain si je puis dire. Donc oui, la gauche, elle a cédé, elle a laissé du terrain, elle s’est accoutumée à ce racisme de l’atmosphère, elle a eu peur. Moi, je l’invite à reprendre la tête et à reprendre le combat et à relever la tête. Je pense qu’il y a dans ce pays des millions de gens qui sont humanistes, qui considèrent que la France a tout à gagner à se renouveler, à tout à gagner à être ouverte sur le monde, à être généreuse, à être fraternelle et que ceux là, ils ont besoin d’un étendard autour duquel se fédérer et qu’ensuite on a besoin de mener cette bataille culturelle. Face à l’extrême droite, les gens préfèreront toujours l’original à la copie. Alors arrêtons d’essayer de copier Le Pen. Et oui, de ce point de vue là, la déchéance de la nationalité par exemple, voulue par Hollande. Mais globalement, ce qu' a été Valls. Ça fait beaucoup de mal à la gauche. Je crois qu’avec l’accord de la Nupesavec ce programme de rupture, nous en avons tourné la page et c’est une bonne chose.
Crapouillot vous dit si c’est possible de faire passer un message au parti Générations. Je sais que c’est dur de dégager du temps des fois, mais s’ils pouvaient répondre aux mails plus vite, ce serait cool.
Je transmets le message.
Vous transmettez le message très bien. Pourra t on parler de l’abandon de l’alliance des gauches ? Ne serait-il pas opportun d'évacuer les partis qui se compromettent comme le PC, le PS, pour faire du nouveau
Moi je suis pour l’Union. L’Union implique d’avoir tout le monde. Parce qu’on voit bien si dans la prochaine échéance présidentielle notamment, mais de la même façon, s’il y a des législatives anticipées, s’il y a plusieurs candidatures à gauche, nous serons balayés et ce sera l’extrême droite. Donc il faut l’union. L’Union est un combat, un combat parfois difficile, mais l’union doit se faire autour d’un programme. Le programme, nous l’avons. Il faut l’enrichir sans doute, mais c’est le programme du PS qui n’est pas un programme droitier, au contraire, qui est un vrai programme de rupture avec le néolibéralisme, qui est un programme ambitieux en matière de lutte contre les discriminations, contre le racisme, en matière de partage des richesses, en matière démocratique. Il faut le chérir et moi, je me porte garant pour ma circonscription, pour ce petit bout de France où je suis élu, que nous faisons vivre avec mes camarades de toutes les forces de la gauche et de l'écologie. Cet espoir suscité par la nouveauté. Donc on a besoin de cette union populaire, démocratique, écologique, sociale.
Sentier Battant un gars sérieux demande. Comment connaît-on la liste de l’ensemble des suppléants suppléants de la CMP ?
Je suppose qu’elle sera diffusée sur le site de l’Assemblée nationale et du Sénat dans la journée, mais je vais vérifier.
Juste une question personnelle. Est il exact que vous allez être trimballer en navette en mini car du Sénat à l’Assemblée.
Toute la réunion, se passera exclusivement à l’Assemblée nationale
D’accord. Pourquoi c’est plus chic ?
Non, je crois que ce doit être une fois sur deux.
Comment ça se décide derrière la puissance invitante ?
Non, je ne sais pas s’il y a, s’il y a un symbole. Je pense que c’est aussi des questions d’organisation. Voilà. Mais de toute façon, ça ne change pas grand chose le lieu où on se réunit. J’ose espérer quand même que nous serons avec mes collègues. Pas déterminé par la pièce dans laquelle on discute, mais plutôt par le contenu de ce dont on discute.
Si je vous donne mon téléphone, vous pouvez filmer en direct la CMP ? Où c’est trop risqué.
Moi je suis assez respectueux du règlement de l’assemblée, quand bien même j’ai été sanctionné. Donc je continue à demander et je continuerai ma demande.
Jusqu'à 17 h, mais je continuerai à demander jusqu'à 17 h la diffusion de cette séance. Non. Nous allons voir avec les collègues ce qu’on va faire. Ce qui est sûr, c’est que moi je témoignerai de ce que de ce que je vois, ce que j’entends. En revanche, je n’ai pas de grands talents de cinéaste. Et donc moi, pendant la CMP, je vais surtout travailler à essayer de dénicher ce que sont les pièges qu’on nous tend à essayer de démontrer, y compris à des collègues de la majorité, comment l’alignement du gouvernement sur la droite radicalisée à l’extrême droite est dangereux. Et donc je vais surtout travailler. Je ne vais pas y aller faire de la figuration ou juste témoigner. J’y vais comme parlementaire pour tout faire pour empêcher ce mauvais texte d'être transmis ensuite en séance. Et puis, s’il est transmis en séance, je ferai tout pour qu’il soit rejeté.
S’il est transmis en séance, c’est donc demain.
Oui.
C’est diffusé à quelle heure qu’on prenne rendez- vous.
C’est demain. Après les questions au gouvernement, les questions au gouvernement sont à 15 h, donc vers 16 h 16 h 30, on commencera à examiner ce texte. Si la commission mixte paritaire aujourd’hui est conclusive.
Si elle ne l’est pas ?
Si elle ne l’est pas, on a gagné, c’est terminé. Après, le gouvernement peut toujours inventer un nouveau coup de Trafalgar. Oui, mais le combat évidemment continue parce qu’empêcher de mauvaises lois ne suffit pas. Moi j’ai déposé par exemple un certain nombre de propositions pour le droit de vote des étrangers aux élections locales pour protéger ce qu’on appelle les mineurs non accompagnés, c’est à dire les enfants qui aujourd’hui se voient nier la réalité de leur minorité, qui sont maltraités par les autorités pour qu’on ne traite plus dans l’indignité la plus crasse des femmes, des hommes, des enfants, dans des camps de fortune, dans le nord de la France notamment, mais pas seulement. Donc les combats sur la question migratoire pour la fraternité vont demeurer extrêmement nombreux et le combat culturel, moral et politique contre l’extrême droite ne fait que commencer. J’invite celles et ceux qui nous écoutent, nous entendent, quel que soit le résultat législatif, parlementaires sur cette loi, à s’engager d’une manière ou d’une autre. Le simple fait d’en débattre ce matin avec vous est déjà un engagement très important. Mais à mener ces batailles là parce qu’il y a une grande armée d’humanistes dans ce pays, une grande armée de gens qui combattent le racisme et la haine, diffusés par l’extrême droite et repris par un certain nombre de partis politiques. Il faut qu’on soit à l’offensive dans les mois et les années qui viennent, parce qu’on ne peut pas laisser notre pays sombrer dans cette forme de racisme, d’atmosphère, dans ce nationalisme qui est extrêmement mortifère pour notre démocratie et notre contrat social.
On va voir si votre équipe est absolument incroyable comme votre site le laisse entendre, laisse comprendre que le site est bien foutu, On a une question rituelle ici, Ils vous ont prévenus ou pas de la question rituelle non ?
Non parce que c’est organisé ce weekend moi je suis attaché à ce qu’il n’y ait pas de travail le dimanche parce que je suis de gauche quand même. Donc mon équipe s’est reposée ce week-end et moi aussi un peu.
Ce n’est pas grave, je vous pose la question Qu’est ce qu’on a fait presque pendant presque 2h ici au poste, d’après vous ?
On a débattu, on a discuté, on a fait œuvre utile pour le combat, pour la fraternité et l’accueil digne d’une bonne réponse sonnante.
C’est une très bonne réponse. L’accueil digne étant un des quatre chantiers que vous mettez en avant sur votre site et les trois autres chantiers, c’est quoi ?
Je travaille beaucoup sur les questions d'éducation, de temps libéré. Je me bats pour le droit aux vacances. Ce n’est pas normal qu’il y ait des guerres, des générations entières de gamins qui n’aient jamais vu ni la mer, ni la montagne, ni visiter un musée. Je crois beaucoup à l'éducation populaire. Je crois beaucoup à la capacité d'émerveillement, à l'émancipation. J’ai beaucoup travaillé avec ATD Quart Monde, notamment pour le droit aux vacances des plus précaires. Pas que les enfants d’ailleurs. Les petits frères des pauvres, par exemple, font partie des gens de 80 ans en vacances pour la première fois. C’est des récits bouleversants, magnifiques. Les questions d'éducation me passionnent. Évidemment, les questions liées aux quartiers populaires me paraissent nécessaires, indispensables. En réalité, moi, je suis assez touché par tout ce que je considère. Quand on est parlementaire, on doit être en capacité de non pas maîtriser tout de suite tous les sujets. On a beaucoup à apprendre des citoyens, des associations, de nos collègues, etc. Je n’ai pas la prétention d'être un expert sur tous les sujets et ce n’est pas ce qu’on me demande d’ailleurs, mais en tout cas d'être capable de se forger une conviction sur les grands sujets qui concernent le quotidien des gens, les grands défis de l’avenir. Donc il y a en réalité beaucoup plus que quatre chantiers qui me préoccupent. Mais l’accueil digne, tout ce qui en gros permet. Si je devais résumer ce qui est ma feuille de route, c’est comment Liberté, égalité, fraternité, ce n’est pas simplement des mots au fronton des mairies, mais c’est une réalité quotidienne dans la vie de chacune et chacun dans notre pays. Comment la République, ce n’est pas simplement une incantation, des devoirs, mais comment ? C’est une promesse pour chacune et pour chacun. Je crois que ça, c’est ce à quoi normalement devrait s’employer l’ensemble des parlementaires.
Merci beaucoup. C’est un très bon moment merci d'être venu, passez le message à Benoît Hamon, si vous le voyez Je sais qu’il s’est retiré des affaires politiques, comme dirait l’autre, mais moi je serais ravi qu’il soit à votre place un jour ou l’autre pour discuter comme ça, à bâtons rompus.
Je veux remercier celles et ceux qui nous ont suivi. Je m’excuse, je sais que je parle trop vite on me le dit souvent. J’essaye de travailler ça, de faire des efforts et en plus, on est plutôt habitués à avoir des questions ou on doit répondre de façon courte, mais en tout cas, je vais vous dire que c'était un moment passionnant parce qu’on a eu du temps pour se dire les choses, parce qu’il y a eu des questions sans complaisance et très intelligentes. Et je vous remercie beaucoup de m’avoir invité. Ça fait du bien au débat démocratique ce que vous faites. Je tenais à vous le dire aussi parce que les débats auxquels on participe, que ce soit à l’Assemblée nationale ou dans un certain nombre de médias, ne le sont pas toujours J’y participe, c’est mon devoir aussi, mais sont un peu frustrant parfois. Là, j’ai pris beaucoup de plaisir à être là ce matin, même si ça m’a fait me lever très tôt, mais en plus il y avait du café et franchement, ça fait du bien à la démocratie ce que vous faites.
Merci bien
Salut à tous !
