Bracelet électronique : J+4
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Bon, si avec ça, on n’a pas tous les fans de Johnny comme viewers à l’avenir, je ne sais pas ce qu’il faut faire. Salut les camarades. Ça y est, c’est parti pour le numéro 2 de l’émission Six mois ferme, en direct de mon grenier de rétention. Alors, pour celles et ceux qui étaient là la semaine dernière, vous le savez, Six mois ferme, c’est l’émission qu’on va animer les six mois qui viennent, jusqu’au 1er avril, et ce n’est pas une blague. Et pour ceux qui rejoignent le bateau aujourd’hui, Six mois ferme, voilà, c’est une émission qu’on a construite collectivement avec tout un tas de camarades qui me soutiennent dans cette dure épreuve de l’assignation à résidence, pour apporter une réponse politique à une répression politique qu’on est plusieurs à avoir subie dans la lutte contre les méga bassines. Résumé des épisodes précédents : le 6 mai, j’ai été condamné au port d’un bracelet électronique pour six mois, par rapport notamment à ma participation aux manifs de Sainte-Soline 1 et Sainte-Soline 2. J’ai par ailleurs également écopé de neuf mois de prison avec sursis et de 20 000 euros d’amende pour la superbe société coopérative anonyme de la Coop de l’eau. On est plusieurs dizaines de camarades à avoir subi cette répression spécifiquement dans la lutte contre les méga bassines, avec le fait de viser systématiquement tous les porte-parole des organisations qui ont pris part à ce mouvement depuis plusieurs années. Je pense notamment aux camarades David Bodin de la CGT, je pense à Hervé Hauguin de SUD-Solidaires, je pense à Nico et Benoît et Sébastien de la Confédération paysanne, je pense à Basile et à Benoît du Tertre. Il y a une volonté de faire taire nos mouvements, de les invisibiliser, en multipliant ce qu’on appelle les procédures-bâillons. Nous avons décidé collectivement de faire de ce temps libre laissé par les magistrats un outil politique. Ça s’appelle Six mois ferme ? On aura l’occasion d’en reparler. On recevra ici les camarades des Legal Teams pour vous expliquer en quoi c’est une peine un peu bizarre que je subis là. Donc c’est la deuxième édition. Il y a un programme tout aussi chargé que la semaine dernière. On va accueillir deux camarades : le camarade Grishkou, de Notre-Dame-des-Landes, qui va nous parler d’un projet de construction de centre de rétention administrative qui est en cours de construction aujourd’hui du côté de Nantes, et il nous parlera des mesures abjectes de mesures compensatoires sur les terres préservées de Notre-Dame-des-Landes. Et on recevra également le camarade Roméo, qui va nous parler d’une grande fête qui va avoir lieu ce week-end, la fête Défête par rapport à l’A69, un grand banquet paysan de résistance pour faire face, même quand les travaux et quand l’inauguration pointent, de continuer à montrer que la résistance contre ce projet abject, elle est loin d’être morte et elle continuera de s’opérer sous plein de formes diversifiées à l’avenir. Donc cette édito est aussi sous le coup d’un climat social, vous le savez, très, très tendu. On va aborder évidemment ici la révolte des camarades lycéens. On va également parler de ce qui s’est passé le 3 octobre dans l’Eure, à Saint-Pierre-la-Garenne, où il y a eu une méga-manif qui s’est organisée, qui a regroupé près de 15 000 personnes, avec des orgas, donc Cancer Colère, les Soulèvements de la Terre, dont la Confédération paysanne, qui ont lancé l’appel. Les victimes des pesticides de l’Ouest étaient parmi les primo-organisations. On fera un compte rendu de ce qui s’est passé ce jour-là. On va revenir également sur le scandale qui a été révélé la semaine dernière par notre camarade Caro, de Cancer Colère, et sur l’implication, en réalité, de Syngenta dans l’opération Ruban rose à l’échelle internationale. En fait, ce sont les pollueurs et les tueurs qui ont lancé une opération. On en reparlera tout à l’heure. On reviendra sur les mobs lycéennes, je l’ai dit. On évoquera également le cas de Gino et Maja, deux camarades antifas européens qui, aujourd’hui, avec 15 autres camarades, font l’objet d’une répression très, très, très sévère, avec des conditions de rétention proches de la torture, notamment en Grèce. On y reviendra. Et donc les deux intervenants, et on finira par un agenda des luttes, toutes les grosses mobs sélectionnées là pour la semaine qui vient. Et puis, vous le savez, malheureusement ou heureusement, Six mois ferme, c’est aussi de la flûte à bec. Et donc voilà, transition bracelet de la semaine. Vous le savez peut-être, je porte un bracelet depuis le 1er octobre et des camarades ont lancé cette idée un peu saugrenue, néanmoins plaisante, de m’envoyer des bracelets que je porterai à ma cheville laissée libre. Ma cheville gauche va devenir un espace d’expression. Aussi, vous êtes appelés d’ores et déjà à nous faire parvenir vos bracelets revendicatifs à l’adresse suivante : l’UL-CGT de Melle, au 37 bis rue Saint-Martin, à 79500 Melle, pour me faire parvenir ces bracelets revendicatifs. Et donc voilà un petit peu à quoi ressemblent mes bijoux. C’est aussi des cascades. Et voici le bracelet de la semaine, que j’ai confectionné juste avant l’émission et sur lequel il est marqué : « Rappelons-nous de Malik Oussekine », ce jeune étudiant tué par les forces de l’ordre en 86 sous Pasqua, qui luttait contre la loi Devaquet et qui a été victime de la police voltigeuse, cette police qui matraquait en moto, les ancêtres de la BRAV-M et des bourreaux de Sainte-Soline et des quads. Voilà, ce n’est pas nouveau. Malheureusement, la répression policière aveugle et violente, c’est une culture, une tradition française que nous devons combattre très fortement. Donc voilà, les camarades, n’hésitez pas à m’envoyer vos bracelets. Je m’engage à les porter pendant la semaine, à les présenter ici. OK ? Donc ça me réjouira fort de les porter et de les arborer fièrement. C’est parti pour la grande revue de presse. 3 octobre, Saint-Pierre-la-Garenne, grande mobilisation nationale et internationale contre les pollueurs, contre les fabricants de pesticides et, en particulier pour l’édition française, une entreprise ciblée particulièrement, l’entreprise Syngenta, numéro un de la fabrication des pesticides dans le monde. Entreprise qui, par ailleurs, contribue encore aujourd’hui à la fabrication de pesticides utilisés en guerre. Je rappelle qu’Israël a diffusé des pesticides sur les terres du Liban pour les rendre impropres à la vie, à l’agriculture. Donc ces pesticides sont aussi des armes de guerre, sont des armes qui tuent, qui tuent les paysans qui les utilisent, qui tuent la biodiversité qui va être confrontée à ces molécules. Pesticide, ça signifie « qui tue la peste ». En réalité, ce sont des biocides, ils tuent la vie et toutes les formes de vie, des humains et des non-humains. Et donc, à ce titre-là, une grande mobilisation était coorganisée par ces quatre organisations, qui sont la Confédération paysanne, syndicat agricole de gauche, c’est le seul en France avec le Medef. Et ne confondez pas avec la Coordination rurale, qui est un syndicat très proche des idées d’extrême droite. Et comme ils ont les mêmes drapeaux, les mêmes couleurs et des noms très proches, surtout, ne vous y trompez pas. Les camarades de la Confédération paysanne sont nos camarades. La Coordination rurale est un syndicat factieux, un syndicat pré-fascisant, qui aujourd’hui opère sur les territoires des actions d’intimidation, des actions de violence vis-à-vis des militants, vis-à-vis d’institutions comme l’Office français de la biodiversité ou des associations de protection de la nature. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes, ne confondons pas. Le mouvement, il était également lancé à l’appel du collectif Cancer Colère, Cancer Colère dont on a reçu la semaine dernière notre camarade Caro, et on recevra dans les semaines qui viennent Caro et Fleur Breteau, une autre porte-parole de ce mouvement qui regroupe des victimes des pesticides et qui se bat depuis plus d’un an aujourd’hui de manière très déterminée, et qui revendique également des modes d’action directs face à l’inaction des pouvoirs publics. Cancer Colère était une des structures appelantes, également l’Association des victimes de pesticides de l’Ouest de la France et, enfin, les Soulèvements de la Terre. Cette mobilisation a été annoncée depuis plusieurs semaines et elle a permis de regrouper près de 15 000 personnes. Ça a été une véritable réussite en termes de fréquentation. L’objet de cette manif était de s’approcher au plus près de cette usine. L’annonce de cette mobilisation, c’est qu’il y a déjà cinq jours auparavant, l’usine était fermée et on sait qu’elle va mettre plusieurs jours à être rouverte et à reprendre ses fonctions. Donc c’est autant de temps où les poisons n’auront pas été construits. Mais la lutte ne s’arrête clairement pas là. Et fort de ce succès qu’a été cette journée de mobilisation, qui, je le rappelle, était également déclinée dans d’autres pays, les camarades en Suisse, en Belgique, mais également à l’international, se sont mobilisés contre les producteurs de pesticides. Les actions fortes ont été menées durant cette mobilisation. Il y a notamment eu une action aquatique où des camarades sont allés étendre une grande banderole pour dénoncer les actions de Syngenta. Elle est dénoncée comme principal tueur à l’échelle mondiale par l’utilisation et la vente de ses produits. Je rappelle ici que Syngenta produit également dans cette usine-là des produits interdits en France pour les commercialiser dans d’autres pays. Et également, symboliquement, les camarades, en s’approchant au plus près de l’usine, ont créé un cimetière symbolique où le nom des victimes de cancers liés aux pesticides était indiqué. Et c’est à ce moment-là qu’il y a eu une échauffourée avec les forces de l’ordre et les gaz lacrymogènes qui ont été lancés. Je rassure tout le monde, il n’y a pas de blessés, il n’y a pas eu non plus d’interpellation. Et donc, concrètement, les forces de l’ordre ont surréagi à la présence de gendarmes, puisque des camarades portaient des banderoles ou, en tout cas, des panneaux avec la forme de gendarmes. Je veux bien entendre parler des insectes. Donc c’était une très, très, très belle mob. Un gros, gros big up aux camarades qui ont pu organiser tout ça. Big up à toutes les personnes qui sont allées en bus, par leurs propres moyens, rejoindre cet endroit. Et la lutte contre les pesticides doit continuer. Elle doit d’autant plus continuer que, vous l’avez peut-être suivi la semaine dernière, un scandale a été révélé ici par Caro. Et ce n’est pas « il semblerait », c’est sûr. C’est une entreprise anglaise qui s’appelle l’ Imperial Chemical Industries qui a créé en 1985 l’opération Ruban rose. Si vous ne connaissez pas l’ Imperial Chemical Industries, sachez que, par la suite, elle a été vendue à la découpe. En tout cas, aujourd’hui, elle s’est déclinée en deux grandes entreprises. Pour le domaine pharmaceutique, c’est AstraZeneca. Vous savez, une des entreprises qui fournissaient un antivirus, un anti-Covid défectueux, en réalité. Et puis également, la branche agrochimique, c’est Syngenta. Et vous voyez un petit peu ce cynisme de se dire que ce sont ceux qui tuent, ceux qui produisent le poison, mais qui, en parallèle, vont aussi produire le médicament, qui aujourd’hui ont pris la main et ont lancé cette opération. Et c’est vraiment un sujet très délicat parce qu’il y a des centaines de milliers, notamment de femmes victimes des cancers, qui se retrouvent embarquées dans ces opérations Octobre rose et qui n’ont pas nécessairement connaissance de l’opération de manipulation qui a été mise en œuvre là-dedans puisque, très clairement, ce sont ceux qui tuent et qui soignent qui ont lancé ce mouvement-là. Et donc je vous invite très vivement à aller voir les différents documents. Notamment, Mediapart a traité dans son émission du 1er octobre, et Fleur Breteau vient expliquer en détail le scandale et le côté vraiment tout à fait abject de cette opération de communication. Allez, un peu de flûte à bec. Vous aurez reconnu, ou pas, Marcia Baïla, qui a été chantée durant toute la manifestation. Et évidemment, les paroles sont en lien direct avec ce qui nous intéresse là. Octobre rose a été créé par une multinationale qui vendait des pesticides cancérogènes et qui détenait au même moment aux États-Unis.Voilà, là, il y a une petite vidéo qui est en train de passer.
Ces campagnes braquent les projecteurs sur le dépistage et le traitement, qui peuvent être monnayés, et laissent la prévention dans l’ombre, quitte à détourner l’attention des causes environnementales. Cette multinationale, c’est l’ancêtre de Syngenta, et des milliers de personnes prévoient de se mobiliser contre elle le 3 octobre. En 1985, l’ Imperial Chemical Industries…
Les mobilisations lycéennes. Donc, vous le savez, tous les lycées de France aujourd’hui sont en mouvement. Il y a un large, large mouvement de jeunes pour dénoncer notamment les conditions de travail lamentables qui sont celles de nombreux établissements, des bâtiments qui se délabrent, des bâtiments qui ne sont absolument pas adaptés aux crises climatiques aujourd’hui qu’on a à supporter. Ça va de pair avec une suppression des moyens, du nombre de profs, tous les services sociaux, les infirmiers, etc., en sous-effectif dans les établissements scolaires. Et donc, très justement, les jeunes de notre pays se sont mis en marche, se sont insurgés et aujourd’hui tiennent des blocus très nombreux. Vous le savez très certainement, ces mobilisations font l’objet d’une répression et d’une violence policière inique et abjecte, une nouvelle fois. C’est près de 5 000 jeunes qui ont été interpellés la semaine dernière. 5 000 jeunes interpellés. Combien de gardes à vue ? Une interpellation, c’est arbitraire. Et là, très clairement, ce qu’on a pu vivre, même ici, à Melle, c’était même une interpellation à Melle. Et là, pour le coup, ça correspond vraiment à une politique du chiffre télécommandée directement par Nuñez lui-même, de manière à, une nouvelle fois, comme on l’avait subi à Sainte-Soline, mener une guerre de l’image en essayant de masquer d’où vient la violence, d’où viennent les provocations. Et là, il y a tout un tas d’images qui défilent de violences et de jeunes qui ont été frappés, qui ont été blessés grièvement. Je pense à ce jeune qui a reçu un LBD en plein dans sa face avec un tir tendu et qui aujourd’hui a perdu un œil, et dont le pronostic vital a été engagé à un moment. Également, je pense à ces images qui sont arrivées du Territoire de Belfort. Voilà, c’est celles qu’on voit là. On aura largement relayé le fait qu’un flic se fasse agresser et on n’a pas relayé ce qui s’est passé avant, et ce qui est en train de passer à l’écran, où ce même flic a tenté de noyer un gamin dans une rivière. Donc je ne vais pas aller plus loin. C’était vraiment pour qu’on ait tous en tête la nécessité de soutenir et de rejoindre, et en tant qu’adultes aussi, de protéger et d’aider ce mouvement lycéen. Demain, il y a une attaque syndicale, il y a la Confédération paysanne qui appelle à venir avec les tracteurs devant les collèges. Soyons nombreux devant les lycées à les accompagner, à les soutenir et à les protéger de ces violences policières. On finit, dernier point. On avait parlé la semaine dernière du camarade Gino, qui est un militant antifasciste, qui a manifesté en 2023 en présence d’autres très nombreux camarades européens venus lutter et dénoncer le fait qu’à Budapest, tous les ans en février, il y a un grand rassemblement des adeptes du IIIe Reich, des nostalgiques du IIIe Reich, qui se réunissent avec le soutien des autorités. Gino a été condamné. Gino passait en procès en cassation la semaine dernière. L’enjeu, c’était que Gino soit extradé en Allemagne, ce qui nous alerte au plus haut point puisque l’Allemagne a des conventions avec la Hongrie et que le risque, c’est de voir Gino ensuite déféré devant les parquets hongrois. Et ne soyons pas dupes, si aujourd’hui Orbán n’est plus à la manœuvre, la justice hongroise est toujours sous très forte influence de cette extrême droite. Et pour le confirmer, j’indique également ici que Maja, notre camarade qui est retenu en Hongrie, a vu sa peine passer de huit ans à sept ans. Et là-dessus, je vous invite à aller voir notamment le site Contre Attaque, qui détaille largement les conditions de rétention, notamment de Maja. On a affaire vraiment à des geôles, à des méthodes qui sont dignes des États les plus dictatoriaux, les plus fascisants qui soient. Eh bien, pensez à Gino, Maja, et continuons à nous mobiliser pour elles et eux. Sur ces excellentes nouvelles qui, je l’imagine, doivent générer chez vous tout un tas de sentiments d’injustice qui doivent aller, je pense, vers l’action et la résistance collective, nous recevons à présent le camarade Grishkou. Mais Grishkou, avant de t’accueillir, je voulais t’offrir un peu de flûte à bec. Cher ami Grishkou, j’espère que tu auras reconnu.
J’ai reconnu un musicien qui est pile entre, justement, le Marais poitevin et Notre-Dame-des-Landes, du Nord-Vendée. C’est Louxor j’adore de Philippe Katerine.
Merci, camarade Grishkou, d’avoir accepté notre invitation. Ça nous fait vraiment très chaud au cœur. Bon, on se connaît, on ne va pas se leurrer, on se croise souvent, on partage beaucoup de luttes, de colères, d’actions. Et aujourd’hui, tu nous rejoins pour nous parler d’un scandale qui touche la région nantaise une nouvelle fois, puisque je crois qu’aujourd’hui, tu interviens en tant que membre d’un collectif d’habitants, habitantes du bocage de Notre-Dame-des-Landes, contre un centre de rétention administrative qui est en cours d’installation, en cours de travaux aujourd’hui à Nantes, si mes informations sont bonnes. Alors Grishkou, une première question : est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce projet ? Est-ce que tu peux aussi nous dire ce qu’est un CRA, concrètement ? Parce qu’on utilise ce terme de CRA, CRA, etc. Mais est-ce que tu peux également nous dire un petit peu quelle est la réalité, quelle est la fonction de ces camps d’internement, si je voulais un peu mettre les pieds dans le plat ?
Oui, du coup, à Nantes, il y a ce projet de CRA qui existe depuis plusieurs années, mais là, les choses s’accélèrent parce qu’il y a eu un dépôt de permis de construire en août et des abattages d’arbres début septembre. C’est un projet à Nantes, qui est sur la commune de Nantes, sur un bois qui appartient à l’État, qui était un ancien terrain militaire, qui est vraiment une zone boisée où les riverains avaient l’habitude de pouvoir aller et tout, et c’est à côté de la maison d’arrêt. Et en fait, les centres de rétention administrative, ça existe depuis les années 80. Et c’est fait pour éloigner, comme c’est nommé, les gens qui n’ont pas de régularité sur leurs papiers. Mais ce n’est pas du tout un endroit où on est parce qu’on a commis une infraction à la loi. Et voilà, du coup, ça en fait… C’est nommé « centre de rétention administrative », mais c’est quand même quelque chose qui suit l’histoire des camps en France qui ont pu exister depuis les camps d’internement des militants espagnols dans les années 30 et jusqu’aux CRA aujourd’hui. Il y en a plusieurs en France. Il y a un projet d’avoir beaucoup de places de CRA, il y a 11 projets en cours en France et à Mayotte notamment. Et à Nantes, c’est un projet de 140 places. Moi, je ne connaissais pas trop ce sujet-là il y a quelques mois et on a dû s’y plonger parce qu’en tant qu’habitant de Notre-Dame-des-Landes, on se retrouve relié à ce projet-là. Et c’est vrai qu’en discutant avec pas mal de gens, quand on enquête, il y a déjà plein d’ assos qui sont là-dessus, mais il y a un truc assez aberrant, c’est qu’il y a vraiment ce truc arbitraire d’être enfermé juste pour une question administrative. Et aussi, dans les chiffres les amis de la commune à côté avaient fait un quiz et il y a des chiffres assez incroyables. Par exemple, 60 % des gens qui rentrent dans un CRA vont sortir sans être éloignés. Donc ce n’est pas forcément l’antichambre d’un avion. C’est qu’il y a plein de raisons, il y a plein de fautes administratives. Il y a eu des gens, par exemple de nationalité française mais racisés, qui sont allés dans les CRA et, le temps qu’ils prouvent qu’ils sont français, tu as passé une sorte de garde à vue rallongée à une semaine. C’est des lieux où, aujourd’hui, on peut être enfermé 90 jours sans jugement. Il y a ça qui se passe à Nantes. Il y a une coordination colère de plein de syndicats et d’autres organisations. Il y a aussi des groupes autonomes qui s’organisent à Nantes. Mais peut-être que ce que je peux vous raconter un peu, c’est le lien avec les compensations écologiques. Parce que c’était ça. Ce qui se passe en ce moment, c’est que, pour construire le CRA sur ce bois à Nantes, ils ont dû commencer à abattre les arbres, donc ils doivent faire de la compensation écologique. C’est des choses qui sont dans la loi. Et c’était un truc qui avait été beaucoup travaillé au moment de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : « Vous inquiétez pas, on fera l’aéroport, mais on déménagera certaines espèces protégées dans d’autres lieux. » Et du coup, avec des grands tableurs Excel, voilà, on arrive à créer un récit que l’on peut détruire à un endroit en le compensant ailleurs. Ce qui est, d’un point de vue naturaliste, assez hors sol. Et il se trouve que là, la préfecture, l’État, avaient encore des terrains sur Notre-Dame-des-Landes et qu’ils ont décidé de faire cette compensation sur les terres qui ont été sauvées par des centaines de milliers de gens dans une lutte assez conséquente.
Excuse-moi, Grishkou, que je comprenne bien et qu’on comprenne bien. Donc, c’est pour compenser la destruction de zones naturelles sur le terrain d’implantation du CRA qu’en compensation, l’État, avec, je pense, la complicité du département, qui est aussi propriétaire d’un certain nombre de terres sur Notre-Dame-des-Landes, propose que les compensations soient faites sur des terres que vous avez déjà protégées et qui sont déjà préservées. C’est bien ça ?
Oui. Ils ont des terrains, l’État. Donc le CD, c’est peut-être un autre truc complètement hors sujet, c’est que la plupart des terres appartiennent au CD, mais l’État avait gardé quelques endroits, qui étaient notamment des fermes qu’il a démolies dans ces dernières années. Et du coup, ils vont remplir leur tableau Excel avec un peu trois typologies de compensation écologique. Un, des zones qu’ils avaient démolies, mais ils n’avaient pas vraiment nettoyé. Donc le préfet dit : « Ah, il y a des déchets. » Ils finissent le boulot, donc ça coche des points. Il y a les endroits où il y a des routes bitumées, mais qui sont utilisées par plein de gens et qui ont été roncées, enfin qui sont sympathiques, mais ils vont arracher un peu le bitume, ça fait des points. Et il y a d’autres endroits où il y a des terres agricoles et ils vont laisser les terres agricoles qui sont en céréales partir en forêt, et du coup ça fait du point. Un autre endroit où il y a déjà des forêts, ils vont essayer qu’un certain oiseau puisse nicher, le […] je ne sais plus, je ne suis pas bon. Non, le verdier, toi tu dois connaître. Et du coup…
Et du coup…
Et du coup, ils vont un petit peu aménager la forêt, mais en fait ils vont faire très peu de choses. Et d’ailleurs, il y a toutes les commissions annexes qui ont dit que ça ne marchait pas trop. Et notamment, par exemple, sur les compensations, ils n’ont pas fait de diagnostics préalables, donc ça n’a pas beaucoup de sens, des compensations dans ce cas-là. Mais la préfecture, elle accélère sur le projet du CRA depuis qu’il y a un nouveau préfet en juillet et, en fait, elle coche juste ce qu’elle doit faire. Mais voilà, il y a 95 % dans les enquêtes publiques, elle est favorable, la mairie de Nantes est contre, elle y va. Enfin, il y a tout un tas de choses, elle coche et elle y va.
Du passage en force. C’est vrai que là, tu ouvres une fenêtre sur la question de l’arnaque que représentent les compensations écologiques. Le principe de compensation est largement critiqué, critiquable. Notamment, on a des camarades naturalistes des terres qui s’acharnent justement à montrer à quel point c’est une véritable arnaque intellectuelle, parce que, comme tu l’as dit tout à l’heure, recréer de la biodiversité sur des espaces où elle n’est pas, c’est un pari très, très osé, en fait inefficace. Et c’est vrai que chez nous, ça résonne très fortement avec cette arnaque sur l’outarde canepetière, un oiseau en voie de disparition, quasiment disparu de l’État français, et où la bassine de Sainte-Soline doit s’implanter, la bassine qui est aujourd’hui illégale, et aujourd’hui la Coop de l’eau qui a dû faire des mesures, propositions de mesures compensatoires, mais là où le CNPN, le Conseil national de la protection de la nature, a montré à quel point c’était inepte, inefficace, malhonnête et, en fait, pas adapté. Voilà, juste une petite parenthèse, mais je pense que les auditeuristes, les camarades qui regardent l’émission, comprennent bien le scandale et le cynisme absolu que représente cette opération, de faire un petit peu coup double, à la fois dans la grande répression des personnes racisées de manière générale, parce que, comme tu l’as dit, il n’y a pas que des personnes en situation d’illégalité, il y a aussi des personnes qui, juste, sont prises dans la nasse sur le principe du profil, du délit de faciès, très clairement. Je glisse aussi ici, tout à l’heure, notre responsable de la régie diffusait également une image en début de ton intervention. C’était une photo du camp de Rouillé. Voilà, on la rediffuse ici. Le camp de Rouillé, Rouillé, c’est à quelques kilomètres de Melle, c’est une trentaine de kilomètres, et où l’État a l’ambition encore aujourd’hui de monter un LRA. Donc LRA, c’est le local de rétention administrative. Donc ça concernerait six personnes. C’est dans les anciens locaux de la gendarmerie, à proximité de l’autoroute. Et donc il y a ce projet-là qui n’est pas abandonné, contrairement à ce qu’on avait pu croire les derniers mois. Il y avait eu des annonces dans ce sens-là qui laissaient croire, et le sénateur du coin est remonté à la charge. Et non, non, le projet, il est loin d’être abandonné. Et pour montrer à quel point l’État peut être abject à certains moments, c’est sur ces mêmes terres de Rouillé qu’entre 41 et 45, il y a eu un camp de rétention, un camp d’internement, notamment destiné aux prisonniers politiques et également aux étrangers, aux Espagnols, etc., qui avaient pu venir se réfugier en France et résister en France, qui étaient retenus dans ce camp-là. En toute abjection vis-à-vis de l’histoire et du respect et du souvenir de ce triste moment dans l’histoire de France, l’État a encore l’immondice d’imaginer un CRA. Je crois que vous organisez une grande mobilisation ce week-end, une opération de semences paysannes, justement sur Notre-Dame-des-Landes. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Est-ce que tu peux nous dire quels sont les objectifs poursuivis sur cette manifestation, cette mobilisation ? Voilà, c’est cette affiche-là, « Des semis contre le CRA ». Voilà, tu peux faire la promo de cette mob, me dire comment rejoindre, que faire, qu’apporter.
Tout à fait, puisque cette manif de samedi, qui a lieu samedi 10 octobre, va être à la fois à Nantes, sur le lieu du chantier du CRA, où les arbres ont déjà été abattus et où le chantier devrait commencer courant de l’automne, et à la fois sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, où sont prévues les compensations écologiques. Mais surtout, ce qu’il faut, c’est capter que ces compensations écologiques, en fait, c’est le récit de greenwashing. Et pour nous, c’est important d’arriver ensemble, tout un mouvement de lutte comme ça dans le pays nantais, de considérer que ces travaux-là, c’est aussi le chantier du CRA. Ce n’est pas des murs en béton, c’est des plantations d’arbres et enlever des choses. Ça paraît sympathique, mais en fait c’est pour valider un centre d’enfermement arbitraire. Et voilà, du coup, on va se mobiliser. Cette journée, elle commence à Nantes et c’est important. Ce n’est pas juste un démarrage d’une tracto-vélo, c’est bien un rassemblement face au chantier. Et du coup, plein de gens de Nantes vont pouvoir y aller et aller montrer notre colère face à ce chantier-là. Il y aura des riverains qui sont présents. Dans la coordination colère, il y a plein de gens différents. Et du coup, il y aura ce premier moment de manifestation devant le chantier à venir, et puis une tracto-vélo qui va s’organiser avec tous les camarades paysans et les camarades cyclistes, qui va remonter les 25 bornes jusqu’à La Paquelais, qui est un petit bourg à Vigneux-de-Bretagne, pour rejoindre tout le monde à 14 heures et là avoir une seconde manifestation qui rappellera la manifestation de Sème ta ZAD en 2013, où les activités agricoles avaient été installées sur la ZAD et étaient parties du même endroit. Et du coup, on va remonter, on a une heure de marche à pied ensemble, rejoints par les tracteurs et les vélos, et on ira semer sur les terres où eux veulent planter des arbres. Donc c’est un peu étrange, vous voyez, comme typologie de lutte, mais en tout cas marquer que ces choses-là, elles resteront paysannes, ces terres-là. Et la journée se poursuivra avec des discussions sur le sujet des frontières, les sujets de l’enfermement, et puis après, il y aura une soirée musique et pizza qui va se passer plus tard sur la ZAD. Voilà, donc ça fait une journée assez conséquente. C’est vrai que cette semaine, on va voir aussi comment cette journée est en écho avec la semaine qui monte partout, en tout cas à Nantes. Du coup, ça peut faire une sorte de journée autre dans une semaine qui va être assez intense.
Oui, en tout cas, j’entends que vous lancez l’invitation également aux lycéens à vous rejoindre samedi et à confluer, parce que c’est un peu ça, j’ai l’impression, le concept, c’est de savoir mettre toutes nos énergies là où c’est chaud, là où il faut, de sortir un petit peu de nos luttes locales pour se rassembler et faire poids ensemble. Et je pense que, très personnellement, le fait qu’il y ait ce contexte social bouillant doit faire de votre journée de samedi une réussite. Grishkou, un grand merci d’avoir passé une tête ici. Je t’avais prévenu, 15 minutes, ça passe vite. Je crois que tu nous as vraiment dit l’essentiel et que tu as donné les billes pour que les camarades qui voudront vous rejoindre puissent le faire. Évidemment, il y a toutes les infos, notamment sur le site des Soulèvements. Je pense qu’il y a de l’info sur Contre Attaque, etc. Donc il n’y aura pas de difficultés à ce que vous trouviez la porte d’entrée pour rejoindre, pour covoiturer, etc. Donc un grand, grand merci. Un mot de la fin, peut-être ?
Big up le Marais, ça fait plaisir d’être pas si loin de vous.
Et je serai de tout cœur avec vous. Typiquement, ce que va engendrer cette peine de bracelet, c’est que ces sorties dans le bocage nantais vont m’être supprimées pour les six mois qui viennent. Donc sachez que je suis vraiment avec vous de tout cœur. Et si vous voulez que je vous fasse de la flûte à bec à distance, aucun problème, on pourra trouver les modalités. Salut Grishkou, des gros bisous à toutes les camarades, toutes les copaines de la ZAD, de Nantes. La résistance continue. Vraiment, grand, grand merci. Et on enchaîne. Alors, petite respiration musicale pour annoncer ce projet d’autoroute de l’enfer. Les puristes auront reconnu Highway to Hell d’AC/DC. Roméo, quel beau masque ! C’est la première fois que je vais interviewer un loup en direct. Roméo, merci d’avoir répondu présent à l’appel. Merci d’avoir aussi pris tout ce temps pour que ça se passe dans les meilleures conditions possibles. Je sais que ce n’est pas toujours évident, de l’A69, de l’endroit où vous êtes, de trouver des lieux safe comme ça pour pouvoir mettre toutes ces belles affiches que tu as mises autour de toi, d’avoir une bonne connexion et tout. Vraiment, big up et un grand merci d’avoir fait tous ces efforts-là. Roméo, là encore, on se connaît, on est des camarades de longue date. On lutte côte à côte, ici, ailleurs, à l’A69, contre le méga canal. Tu te présentes toi-même, je ne crois pas que ce soit un gros mot, comme un ex-zadiste de l’A69. Et aujourd’hui, je crois que tu es plus particulièrement là pour prendre la parole en tant que membre du comité Défaites. J’ai lancé ce jeu de mots, mais je crois que vous organisez un gros événement ce week-end à proximité du chantier de l’A69. Donc peut-être, Roméo, je te donne la main : qu’est-ce que vous organisez ce week-end ? Pourquoi vous organisez ça ? C’est quoi l’idée ? Je ne crois pas que la situation.. tu vas aussi nous faire un état un petit peu de l’avancée des travaux. Les pelleteuses et les machines marchent à fond. C’est bizarre comme lancement, mais ça te permet aussi de balayer tout un tas de choses. À toi de jouer, Roméo. Et grand merci d’être là.
Eh bien, du coup, j’ai l’impression que je n’ai plus besoin de réexpliquer pourquoi on est contre l’A69 et quel est ce projet. Mais du coup, peut-être juste dire que, nous, cet événement est bien dans une espèce de réaction à l’inauguration de l’autoroute qui a été annoncée au 15 octobre. Et du coup, c’est ce qui nous a plongés dans cet événement et c’était ce qui a un peu amené au nom de la Défaite. Car la Défaite, c’est une sorte de jeu de mots. Il y a eu beaucoup de débats sur le nom, mais du coup… Il faut se l’avouer, il y a une forme de défaite dans cette lutte. Et du coup, la Défête, c’est aussi avec le mot « fête » dedans, parce qu’on a quand même des victoires à célébrer malgré cette défaite, et aussi pour le fait de défaire cette autoroute, qui est un peu un rêve qu’il faudrait obtenir. Et du coup, vu que l’inauguration est à peu près au 15 octobre, là, le tracé est assez macabre, quoi. Tout est terrassé. Et en fait, on se rend compte qu’ils y vont à "donf". Ils font du 7 h-23 h, voire même du 5 h-23 h selon les jours. Et du coup, les machines avancent et, plus tu passes, on voit déjà tous les marquages au sol, les panneaux qui commencent à être mis. Et en fait, on se rend compte qu’ils ont beau avoir pris beaucoup de retard, malheureusement, le chantier arrive petit à petit à sa fin, malgré certaines zones où on a encore un peu, on en rigole un peu, parce qu’ils sont quand même un peu dans la merde sur certaines zones qu’ils pourront probablement pas ouvrir jeudi prochain, jeudi dans deux semaines.
Tu parles d’inauguration. Il faut entendre que l’enrobé a déjà été mis sur certaines portions, c’est ce que je comprends à travers ton témoignage. Je rappelle ici qu’il y a des collectifs d’habitants et d’habitantes à proximité du chantier qui se sont soulevés contre cette problématique des enrobés et des risques en termes de santé humaine. Mais c’était ça que tu me confirmes ? Il y aurait donc des portions circulables à partir de cette date du 15 octobre ? Eh bien, tu m’entends toujours ?
Il y a déjà des portions circulables gratuitement qu’ils ont installées. Là, quand on prend la nationale, on prend déjà quelques parties d’autoroute et du coup, on peut déjà voir les ravages que ça crée. Et du coup, oui, ils ouvriront forcément quelques parties le 15 octobre, mais on ne pourra pas savoir combien, ni si elles seront gratuites ou pas. Il y a de grandes chances que l’autoroute ouvre le 15 octobre, mais qu’elle soit gratuite, car, dans les règles, ils n’ont pas le droit d’ouvrir une autoroute payante car ils n’ont toujours pas annoncé les prix définitifs de cette autoroute. Et comme tu disais, il y a des collectifs d’habitants qui luttent contre ces enrobés. En fait, il y a des gens qui partent de chez eux et qui ne reviennent que le week-end parce que les odeurs et les respirations sont affreuses. Vivre à côté d’une centrale, c’est assez lourd, quoi. Et du coup, il y a des collectifs d’habitants qui s’envoient des messages et qui disent : « Moi, c’était trop dur pour moi », et tout, et qui partent de chez eux et, du coup, qui reviennent très rarement quand il n’y a personne sur les chantiers. Et du coup, comme je disais, vu qu’ils font des gros horaires, c’est rare qu’ils puissent rentrer chez eux. Et du coup, les concessionnaires de l’autoroute leur ont promis de mettre des murs pour qu’ils entendent moins de sons et qu’il y ait moins de fumée qui aille chez eux. Mais du coup, c’est des murs de 0,5 d’épaisseur et du coup, tout passe à travers, quoi. Et c’est vraiment pour cacher la misère.
Merci de ces précisions. Je crois qu’une intention forte de l’événement que vous organisez ce week-end, justement, c’est de continuer à résister, et dans la joie et la bonne humeur, et de continuer à faire corps. Je crois qu’il y avait aussi, si je ne m’abuse, la volonté un petit peu de tirer un bilan de tout ce que vous avez pu construire en termes de formes de résistance, de ce qui a très bien marché, moins bien marché. Et là, peut-être je me projette un petit peu, mais peut-être aussi dans l’optique que toutes ces boîtes à outils que vous avez su construire collectivement puissent être réinvesties sur d’autres luttes. Je pense que les personnes qui nous regardent là ne sont pas sans savoir qu’il y a une A69 bis qui est en train de se construire aujourd’hui du côté de la Suisse, vers le lac de Genève, la fameuse A412, où actuellement du déboisement est en train de s’effectuer, là encore toujours avec des gros vices de forme et des formes d’irrégularité. Il y a des recours posés par les associations naturalistes, recours qui, comme à l’A69 ou sur les mégabassines, seront victorieux et, néanmoins, les machines sont en train de détruire des forêts, des paysages. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur cette intention un peu politique de faire d’une défaite un lieu d’enseignement, un moment où, justement, on s’équipe et on devient quand même plus forts ?
Je crois qu’il y a une personne qui a son micro… C’est bon ? Ah non. Eh bien oui, en fait, nous, la Défaite, c’était aussi pour faire l’éloge, du coup, de nous, parce que notre lutte, elle a permis…
Je te coupe parce que je n’ai pas le rendu, mais en effet, il y a une nouvelle personne qui est rentrée sur la plateforme Ninja, peut-être pour faire de la moto, et il faudrait couper le micro parce que ça fait un effet assez désagréable. À toi de jouer, je crois qu’on a réglé le problème.
Du coup, nous, on veut à la fois faire l’éloge de nous, les victoires qu’on a réussi à avoir malgré cette défaite, car on trouve ça important de faire l’éloge d’une défaite pour se rendre compte de toutes les victoires qu’il y a eu. Et du coup, ça, c’est un peu pour parler de l’A69 sur notre événement. Et du coup, aussi avec l’envie de faire chier, bien sûr, une dernière fois les concessionnaires de l’autoroute. Mais on veut surtout ouvrir cet événement à d’autres luttes pour pouvoir les mettre en valeur. Du coup, à la fois transmettre des savoirs, mais aussi, nous, on a la chance d’avoir la capacité de réunir plusieurs milliers de personnes. Je ne vais pas m’avancer sur le nombre dont on sera le week-end prochain. Et du coup, il y a plein de luttes aussi du territoire qui n’ont pas forcément cette capacité-là. Et du coup, nous, on s’est dit : il faut profiter de notre situation aussi pour pouvoir à la fois, nous, lutter contre cette autoroute, mais faire venir du monde dans le territoire et exposer les autres problèmes qu’on a sur le territoire et que d’autres luttes ont sur le territoire, comme t’as pu citer l’A412, qui est un peu similaire à l’A69. Et du coup, pour un peu visibiliser ces luttes et essayer de s’entraider, on fait une sorte de banquet des résistances le dimanche. Et du coup, avec l’envie de faire une espèce de banquet à la Canon français. Du coup, on peut faire des grands banquets et faire vivre l’antifascisme dans la culture occitane et dans toutes les cultures. Et du coup, on va faire une super paella végan et on va essayer de visibiliser plein de luttes et d’essayer de s’entraider pour parler des combats à l’avenir, comme 2027, par exemple.
Donc oui, vous organisez une espèce de contre-Canon français, de fête populaire, mais vous allez manger de bons aliments issus de l’agriculture durable et bio, et vous n’allez pas chanter des chansons du Maréchal, nous voilà ! Ou du Michel Delpech à tire-larigot. Il n’y aura pas de bras tendus, je ne crois pas. Il y aura plutôt des « Siamo tutti antifascisti ». C’est ça, ça va être le mot. Je crois que, parmi les choses fortes que vous avez su démontrer en luttant contre l’A69, et je crois qu’on partage ça au niveau de la lutte méga bassines, c’est le fait que vous avez déployé tout un tas de modalités d’action très diversifiées. Je pense que, notamment, la modalité d’occupation des arbres et des écureuils a été très visible et très compréhensible, et même a eu un écho quasi international sur ces formes de résistance-là, les formes d’occuper, le fait également de monter des camps, de s’auto-organiser, d’être capables, comme vous allez le faire ce week-end, de développer toute une logistique solidaire qui, comme au Village de l’eau, aux événements que vous avez créés précédemment, vous allez vivre et démontrer qu’ensemble, on peut se nourrir, que ce soit sur le plan alimentaire strictement, mais aussi nourrir un esprit de résistance et de révolte, et nourrir et outiller les luttes. Je ne me trompe pas ? C’est ça un peu vos vocations, c’était de faire état de toutes ces formes de lutte ? Je crois qu’il y a également un autre élément important, on le voit bien également sur l’A412. Roméo, tu représentes une forme de lutte qui est vraiment axée autour de l’action directe, de l’occupation, du fait de pouvoir aller perturber certains chantiers, d’empêcher les choses de se faire. Et je pense qu’en parallèle de ça, il y a également des associations qui portent le combat plus sur les angles légalistes, sur les angles juridiques. Nous, notre enseignement et notre vécu ici, et je ne sais pas si on le partage, c’est que c’était bien en mettant en place tous ces outils-là qu’on peut éventuellement construire des formes de résistance face à ces rouleaux compresseurs, toujours en complicité entre les lobbies, chez vous, c’est Pierre Fabre, chez nous, c’est la FNSEA ou Syngenta, complices avec les autorités et les représentants de l’État. On partage ça ou je me projette un petit peu sur la nécessité de varier les modalités d’action ?
Bien sûr. Nous, on trouve ça hyper important de varier et d’avoir une pluralité de modes d’action sur la lutte. Et du coup, il y a beaucoup de gens qui disent souvent qu’on n’a rien à attendre des institutions et, du coup, il n’y a pas forcément d’accord avec tous les recours juridiques, etc. Mais en fait, les recours juridiques, en 2024, nous ont permis d’obtenir deux mois d’arrêt des travaux. Et du coup, je trouve ça important de faire de l’action directe pour pouvoir bloquer les travaux sur le terrain et, en même temps, sur du long terme, parce que les recours, aujourd’hui, ils sont toujours en cours, et du coup, jusqu’à la dernière minute, ils seront toujours là. Et du coup, c’est comme ça qu’on réussit à avoir des victoires ou à pouvoir célébrer des victoires à travers les défaites. Et peut-être, du coup, on a oublié de dire qu’on a organisé une manif aussi le samedi. On a parlé du grand banquet et, du coup, tu nous parlais des fameuses occupations qui ont été visibilisées plus loin que la France et tout. Et du coup, c’est pour dire qu’on essaye de se faire autoriser une manif qui ne serait pas commune sur l’A69. Et du coup, là, on est en gros travail juridique pour réussir à avoir cette autorisation. Et on a prévu que cette manif passe proche de tous les lieux qui nous ont marqués. Et du coup, à la fois des lieux d’occupation comme la Crém’Arbre, où il y a eu 40 jours de siège, où les policiers ont empêché les personnes qui étaient dans les arbres de se nourrir et de boire, à côté de la ZAD, qui est une occupation qu’on a prise lors d’une de nos manifs. Et du coup, voilà, c’est un combat pour essayer de se faire autoriser ça et qu’on puisse, ensemble, se remémorer toutes ces occupations qui ont été très fortes et voir les ravages de cette autoroute.
Roméo, merci de tous ces témoignages. C’est très enjaillant. Et tu vois la pelle à grain d’Océalia, celle qui m’a valu cette détention. Non, je rigole, elle vient d’ailleurs, mais elle est en tout aussi mauvais état que celle qu’on m’accuse d’avoir volée à ce géant de l’agro-industrie. Ça me réjouit largement. Pour ceux de ma génération qui ont connu Téléchat, voilà, c’est certainement un réfugié de la réserve de Téléchat, la pelle à grain qui m’accompagnera pendant les six mois. N’importe quoi. Roméo, il nous reste une petite minute. Je crois que la volonté également de ce banquet, c’est aussi de faire un focus sur les luttes environnementales et sociétales qui, aujourd’hui, prennent corps autour de Toulouse, dans le Tarn et dans le Tarn-et-Garonne. Est-ce que tu veux mettre à profit ce temps qui nous reste pour nous faire un petit état des lieux de ce qui se passe par chez vous actuellement ? Et je te remercie d’avance de ta présence.
Eh ben, merci à toi. Du coup, la première fois qu’on a pensé à organiser un banquet, c’est parce que trois semaines après notre événement, il y a un Canon français qui arrive dans le Tarn. Et du coup, ce Canon français, il est hébergé par la mairie d’Albi, qui prête sa plus grande salle gratuitement et avec plaisir, même si elle ne l’affiche pas, mais du coup, à ces personnes. Donc nous, il y a une résistance qui s’organise avec la volonté d’organiser un contre-Canon, mais qui n’ont pas beaucoup d’énergie. Et du coup, nous, on avait envie de faire un pré-contre-Canon pour essayer aussi d’apporter de la force à ces personnes qui ont envie de se mobiliser sur Albi. Et du coup, il y a aussi beaucoup de communes sur le tracé qui sont touchées par l’extrême droite avec les élections qu’il y a eu dernièrement. Et du coup, ils sont en train de créer des réseaux pour lutter contre l’extrême droite et tout, et on voulait aussi leur permettre de la visibilité. On a la LGV Bordeaux-Toulouse, qui est un peu la sœur de l’A69 en termes de personnes et de lutte. Du coup, leurs occupations, on est juste après la fin des occupations sur l’autoroute, et du coup il y aura beaucoup de gens qui sont présents. Et c’est une lutte qu’il faut continuer de soutenir et qui va être dure. Et du coup, ça fait partie des luttes qu’on a envie de visibiliser, et encore plein d’autres luttes, mais ça, c’est un peu la surprise.
Bon, eh bien, cher ami, le temps est écoulé. Vraiment, je te remercie très, très fort de t’être rendu disponible et d’avoir pu nous exposer tout ça. Donc n’hésitez pas, ce week-end, à rejoindre ce grand événement, le banquet des Défaites autour de l’A69. Tiens, je ne sais pas si vous êtes en mesure de le dire aujourd’hui : le lieu de rassemblement est déterminé ? Et c’est la dernière question et on se dit au revoir.
Eh bien, c’est toujours la même chose chez nous. Il vous sera annoncé que quelques jours avant, du coup restez à l’affût sur vos réseaux et on se retrouve dans le Tarn très vite.
C’est cool. Des gros bisous aux copains, aux copaines. À très bientôt, Roméo, et vraiment un grand merci de ta présence et de tes éclairages. C’était cool. Chers amis, on est presque à la fin de ce deuxième numéro. Il nous reste l’agenda des luttes à traiter, toutes les dates qu’on vous invite à retenir, à cocher, pour une semaine militante, une semaine d’enfer. Et ça commence demain puisque, vous le savez, les blocus, le mouvement lycéen se poursuit. Aujourd’hui encore, un certain nombre de lycées en France sont bloqués par les jeunes, par les étudiants, et demain, il y a un appel assez largement partagé par les syndicats et par des intersyndicales sur le fait de rejoindre les jeunes sur leurs blocus et de faire de cette journée une journée d’action et de soutien au mouvement lycéen. Je sais notamment que la Confédération paysanne, qu’on évoquait tout à l’heure, invitait largement à rejoindre avec des tracteurs les points de mobilisation et les rassemblements des jeunes. Vous voyez passer à l’écran différents documents. Notamment, il y a des tutos qui sont en train de circuler sur la situation des lycéens, sur les bons réflexes à adopter en cas de garde à vue et en particulier quand on est mineur. Donc n’hésitez pas à les consulter, à les faire tourner, etc. Je vais en profiter ici, puisqu’on reparle des mouvements lycéens, pour lancer une spéciale dédicace à ma fille, à une de mes trois filles, à Luna, qui est au lycée de la Venise Verte, à Niort, et qui découvre aujourd’hui, qui fait ses premières armes en termes de militantisme et qui assure des fonctions de porte-parole. Luna, ton papa est très fier de toi, ainsi que de tous les jeunes qui, aujourd’hui, se mobilisent. Plein, plein de cœurs à toi et à tes camarades. On enchaîne. Le 9 octobre, il va y avoir une échéance judiciaire à Niort. Musique. Drôle d’introduction. Ce n’est pas tous les jours que vous aurez l’occasion d’entendre ce genre de répertoire à Six mois ferme. Mais là, en l’occurrence, ça paraissait nécessaire puisque, le 9 octobre, il y a un procès au civil intenté contre notre camarade Loïc Schneider. Loïc, c’est un camarade de longue date et c’est un camarade qui milite au niveau international contre tous ces projets débiles, type méga bassines, autoroutes ou, en Allemagne, les projets d’extraction minière et de charbon. Et Loïc est soupçonné par les autorités d’être un de ces manifestants qui se promènent et qui agissent en manifestation habillés d’une robe de bure. Alors, il se trouve que Loïc habite du côté de Bure et fait partie de ces militants qui luttent bec et ongles contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure. Et donc Loïc était un petit peu notre précurseur puisque c’est un des premiers qui a subi la répression pour participation aux mobilisations anti-bassines. Il se trouve que Loïc a d’abord été condamné à de la prison ferme. Il est le premier à avoir éprouvé le bracelet électronique dans le cadre de la lutte anti-bassines, avec un autre camarade qui, au même moment, a été condamné à de la prison ferme et qui a fait quelques mois à Vivonne. Loïc avait fait appel de cette décision. Également, les peines ont été confirmées en appel. Et donc Loïc, aujourd’hui, a été également en cassation, son pourvoi en cassation a été rejeté. Et donc Loïc sera le premier qui ira devant la Cour européenne des droits de l’homme pour faire annuler les décisions qui le concernent. Et notamment, Loïc est condamné pour recel, alors je ne sais plus quelle est l’appellation exacte. Mais en l’occurrence, on le soupçonne, comme vu sur la photo précédemment diffusée, on le soupçonne d’avoir subtilisé, ou trouvé par terre, c’est le plus probable, un gilet de condé. Voilà, on le voit, et de l’avoir exposé fièrement. On accuse Loïc, qui est aussi condamné pour être soupçonné d’avoir tagué des véhicules de la manif des flics de Sainte-Soline. Et donc, pour l’ensemble de ses méfaits, aujourd’hui, Loïc, le 9 octobre, va passer devant un tribunal civil puisque l’État demande à Loïc spécifiquement le remboursement des cinq véhicules de flics qui auront été cramés durant cette mobilisation, pour un montant de près de 55 000 euros. Et donc, on vous invite les unes, les autres à avoir vraiment un œil là-dessus, un œil rivé sur la décision qui va être prise, et de pouvoir soutenir largement Loïc dans cette épreuve. Faire en sorte que Loïc puisse bénéficier du même soutien que tous les militants et militantes qui se battent pour le vivant. Et il nous fera savoir en temps et en heure un peu les suites qu’il souhaitera donner en cas de condamnation. Je l’annonce d’ores et déjà, Loïc fera partie des invités qui nous rejoindront vraisemblablement la semaine prochaine. Loïc, on est de tout cœur avec toi. Ne lâche rien, tu es un militant exemplaire de détermination et de cohérence dans tes choix et dans tes combats. On regarde un petit peu plus loin, c’est la pré-annonce. On aura l’occasion d’en reparler la semaine prochaine. Les 15 et 16 octobre, il y a la Fondation Danielle-Mitterrand qui organise à Paris un séminaire intitulé « Comment renforcer les pouvoirs populaires et mettre en échec l’extrême droite ». C’est sur inscription, c’est facile à retrouver. Vous allez sur le site de la Fondation Danielle-Mitterrand et ce sera hébergé au CICP, je crois. Désolé pour l’imprécision, vous allez retrouver tout ça et il reste encore des places. Également, le 17 octobre sera une journée, on l’espère, pleine de mobilisations à travers la France, puisque vous n’êtes pas sans savoir qu’en effet, il y a un appel national Gilets jaunes qui a été lancé. Et j’appelle de mes vœux le fait que, justement, on puisse tous confluer à cet endroit-là et que ce soit l’endroit où la révolte populaire, la colère des paysans, la colère des lycéens, la colère des personnes racisées qui subissent les répressions policières et toutes les oppressions sous toutes formes se retrouvent à ces endroits-là, les militants écolos également. Donc, le 17, Gilets jaunes partout en France. Également, à Châteauroux, le 17, il y aura une mobilisation contre un projet de data center à Châteauroux, où on donnera plus d’informations précises la semaine prochaine. Et également, le 18, une mobilisation au Verdon-sur-Mer contre l’usine à saumons. Vous savez que là-bas, ils veulent construire une espèce de méga-usine, méga-ferme-usine pour élever des saumons. C’est une aberration totale. Et donc on en reparlera la semaine prochaine. Je vois qu’il y a quelques remontées, là, sur le stream. Est-ce que je ne m’ennuie pas trop en dehors des streams ? Non, je ne m’ennuie pas du tout, au contraire. Mais je vais avoir l’occasion de vous parler un petit peu. Mais les streams occupent largement, c’est un vrai boulot. Et puis d’autres commentaires. On arrive à la fin de l’émission. Il nous reste deux minutes de soutien, etc. C’est pour conclure. Je me suis un petit peu enflammé sur la fin, mais ce n’est pas grave puisque c’est le mot de la fin et qu’il y a deux choses qui sont importantes à vous faire passer ici. Déjà, vous inviter à nous contacter si vous souhaitez faire état, si vous voulez que vos luttes soient abordées ici, si vous voulez intervenir comme les camarades Grishkou et Roméo pour présenter vos événements et vos mobs. Pour ça, ce n’est pas compliqué. Il y a l’adresse e-mail qui va apparaître ici. Vous savez aussi qu’il y a d’autres moyens de nous joindre plus directs. Donc n’hésitez pas. Également à envoyer vos éléments de communication. Je vais tâcher de faire une belle collection pendant ces six mois de toutes les affiches qui seront évoquées durant ces six mois. Si vous avez des éléments, des goodies, des tee-shirts, etc., que vous voulez me voir porter à l’antenne, je veux bien faire homme-sandwich dans les semaines qui viennent, n’hésitez pas. En plus, ma garde-robe commence à être sérieusement limitée. Là, ici, je remercie mon camarade Christopher, qui m’avait envoyé ce superbe tee-shirt du Front de libération des chiens de prairie aux États-Unis. Là-bas aussi, la biodiversité vénère et doit se mobiliser pour survivre et s’opposer et résister. Et puis également, j’avais promis que je ferais la promotion de cet ouvrage. Notre ami réalisateur aura également fait l’incruste. Ça, c’est une BD qui est sortie le 1er octobre, qui a été réalisée par notre camarade Stéphane Pichot, aux éditions Massot. Et donc cette BD qui s’appelle Le Piège de Sainte-Soline. Alors, on pourra discuter du titre, ça soulève beaucoup de questions. Néanmoins, cet ouvrage est un ouvrage essentiel, qui est essentiel notamment dans ce travail de témoignage, de la liberté, de la vérité et de ce qui s’est réellement passé à Sainte-Soline ce jour-là. Le Piège de Sainte-Soline, la démarche, elle est assez simple. Stéphane aura rencontré une dizaine de camarades qui seront revenus de Sainte-Soline et qui témoignent de ce qu’ils ont vécu, de comment ils ont fait face, de comment ils se reconstruisent et comment ils continuent d’agir, ou pas, après avoir subi ces véritables violences d’État, ces véritables violences policières. Donc un ouvrage essentiel dans cette lutte pour le récit, dans cette lutte, à terme, dans les livres d’histoire, pour que ce soit la vérité qui soit racontée, que ce que décrit également le rapport de la Défenseure des droits ou de la LDH et qui montre à quel point Darmanin, Dubé et le plus haut état-major de la gendarmerie auront construit ce scénario funeste, auront orchestré les violences et mis en œuvre les moyens d’action pour massacrer des gens qui venaient simplement pour témoigner de leur colère, de cette privatisation de l’eau à travers les mégabassines. Voilà, donc c’est la fin de la deuxième émission. J’espère qu’elle vous aura ravis. N’hésitez pas à la partager. On la retrouve sur PeerTube, on la retrouve sur YouTube. On se retrouve également la semaine prochaine avec une formule un peu différente, en tout cas complémentaire, puisque ce sera la première fois qu’on testera le dispositif entretien en canap’, et j’accueillerai à cette occasion Loïc Prud’homme, député apparenté à La France insoumise et qui a suivi la lutte sur les bassines depuis le début, et qui va me faire la gentillesse de venir me rendre visite dans mon grenier de rétention, et qui sera donc le premier à se prêter à cet exercice où on prendra le temps, pendant une heure, d’aller au fond des choses. On ne va pas survoler, on va rentrer un peu en profondeur dans les thématiques qu’on développera à ce moment-là, et on espère qu’à cette occasion-là, on sera encore mieux aptes à pouvoir interagir avec vos réactions sur les différents chats. Voilà, donc c’était la deuxième de Six mois ferme. Merci aux copains, aux copaines qui œuvrent dans l’ombre. Merci à Dav Duf et toute son équipe d’Au Poste de nous avoir offert cette superbe opportunité d’être accueillis sur ce média libre qu’on soutient et dans lequel on se reconnaît pleinement. Donc n’hésitez pas également à soutenir tous les médias de résistance, Blast, Reporterre, Mediapart et évidemment Au Poste. Pour finir, l’Internationale et pour finir, les Poitevins, vous pourrez avoir un compte rendu de ce qui s’est passé puisque nous accueillons pendant cette heure une équipe de France 3 qui était là pour tourner et voir comment tout ça s’organise. No Bassaran, les copains et les copaines. À la semaine prochaine, on ne lâche rien !
