Colloque 2022, Armes policières mutilantes
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Amis du café, amis du café. amis des micros qui marchent, amis amis de la police, amis du café amis de police. Alors là aujourd’hui vous allez être servis. 10 heures. On va faire 10 heures sur la police. En tout cas c’est le programme qui est prévu chez les copains de la Carmagnole à Montpellier puisque ils ont mis en place des rencontres, des le débat principal mais je pense que ça va déborder sur la police, sa nature, son rôle. Bonjour tout le monde, bonjour Nicotine, bonjour Durdenov, bonjour Jesse, bonjour Euryale bonjour Olivier et Robin. Hier nous avons eu un petit bureau des modos qui a duré 5 heures entre nous, c'était super. Bonjour, Bonjour Chartreau, merci beaucoup pour ton abonnement. Alors je vérifie, le débat n’a pas encore commencé, je vais vous donner le programme, le programme il est top top top, mais vraiment. Alors voilà une fois que ce sera parti voilà donc non non curieux je n’ai pas été viré j’ai eu peur abandonné ça a été un peu tendu donc on a sorti des cacahuètes ça a été mieux merci chers troupe pour ton abonnement et aussi beaucoup merci à Dadao qui a pris un abonnement tout à l’heure pendant la musique alors qu’elle est le programme. Donc, la carmagnole à Montpellier, je ne sais pas si vous vous rappelez, on avait fait un stream sauvage depuis ce lieu, qui est un super lieu que je vous conseille. Alors, à propos, si vous êtes sur Montpellier en ce moment, vous arrêtez Twitch et vous allez à la carmagnole. Ceux qui ont la chance d’aller assister au débat, c’est mieux d'être sur place. Et pour les autres, et bien voilà, on vous offre cette retransmission pendant 10 heures. Présentation du système d’emploi des armes, ce sera à 10h10, avec Yann B de Désarmons-les. Avec Pierre Douillard-Lefebvre, que nous connaissons bien, tous les deux sont défavorablement connus de nos services. Pierre, lui, est déjà venu. Et Paul Rocher, que nous citons souvent, auteur d’un livre sur les gaz lacrymogènes. Les LBD et les armes dites non létales qui vont sortir, Paul va sortir un deuxième ouvrage à la rentrée, à la fabrique. C’est le 10h, 10h jusqu'à 11h30. De 11h30 à 12h30, les conséquences de l’emploi des armes atteintes aux libertés avec Ménagé Louis de la CIMADE, avec Thierry Tintoni de l’Union syndicale solitaire ex sud intérieur, donc un ancien policier, avec Christian Dujany de l’Assemblée des blessés, avec Mélanie, très défavorablement connue de nos services, des mutilés pour l’exemple et qui était dans un pays qui se tient sage. Alors après tous ces braves gens vont déjeuner, hein, bien sûr, et ils seront de retour à 14h. À 14h, il y aura Laurent Inès, neurochirurgien du côté de Besançon. Il y a eu un rôle déterminant, on en reparlera lors des Gilets jaunes puisqu’il a apporté, on va dire, une parole scientifique dans la critique des armes. Laurent Tines sera là à 14 heures, il sera accompagné de Red, qui est un street médic, qui viendra parler des soins en manifestation. Laurent Theron, que vous connaissez peut-être, de l’Assemblée des blessés, qui étai la Mutilade, il y a quelques années, qui viendra parler des traumatismes invisibles. Et Séraphine, la mère de Maryam, blessée par un tir de LBD, qui viendra évoquer le drame de sa fille, mais aussi la question de l’image. Ensuite, à 15h30, alors là, comme je fais le programme sous les yeux, je ne regarde pas le tchat. Voilà une journée qui va nous tenir sage. Est-ce que ça vous convient ce programme ? Alors je continue, je continue ou pas ? Vous êtes là ou pas ? Allo, allo, allo, allo. C’est-à-dire qu’il n’y a personne ? C'était que ça ? Ah si ici o alors je vérifie dans toujours rien au niveau de Montpellier alors 15h30 question juridique oh oh là là ça dit attendez ils sont partis, ils sont parti les amis là, je vois qu’ils sont en train d’arriver, je vérifie, excusez-moi, dernier réglage et on arrive, super, donc je vous redonne la suite du programme. Oh là là, c’est fort ! Alors, 15h30, question juridique et financière, avec Chloé Chalot, défavorablement connue de nos services, elle est déjà venue, elle est avocate au barreau de Rouen, si mes souvenirs sont bons, et elle est membre du syndicat des avocats de France. Elle viendra parler des procédures judiciaires et du parcours du combattant. Une intervention qui est à confirmer des gens de index, ça je ne sais pas s’ils seront là, et puis il y aura… Dites-moi, est-ce que les alertes sont fortes, là, ou pas ? J’ai l’impression qu’elles sont fortes, non ? La régie peut me dire si les alertes sont fortes… Non, c’est bon ? Ensuite, à 17h, nous aurons un débat autour de la fabrique de l’impunité avec Tidjani Christian de l’Assemblée des blessés. Il va parler de la question financière par rapport à l' impunité et à la police. Yann B sera de retour. Yann, une des chevilles ouvrières du collectif Désarmons-les. Protection fonctionnelle et permis de tuer. Donc ça c’est comment les policiers sont soutenus, défendus par les avocats qui prennent en charge les frais d’avocat des policiers. Et enfin, il y aura Issam El Khalfaoui du collectif Vérité pour Souheil, qui viendra évoquer la légitime défense. Ça c’est de 17h à 18h. De 18h10 à 20h, quelles stratégies collectives en réponse ? Tour d’horizon des collectifs et formes de lutte. Tablerons des débats avec des représentants d’A4 France. Donc ce sera Émilie Schmidt, Éric Mirguet. A4, c’est l’association des chrétiens contre la torture. Il y aura Amnesty International avec Anne-Sophie Saint-Père, très défavorablement connue de nos services, déjà venue au poste plusieurs fois. Il y a aura l’Assemblée des blessés, Désarmons-les, le groupe de contre-enquête Génie, Index, la Ligue des Droits de l’Homme. Et tout cela, en fait, c’est une campagne qui est menée, qui s’appelle Stop Armes Mutilantes. D’ailleurs, je me demande si je ne veux pas. Je vais rajouter ça dans le titre. Je ne vous ment pas, les copains sont en train très fort, ils disent que c’est très fort, moi je trouve ça très fort. Durdenov dit que ça va, je vais baisser un peu les yeux. Est-ce que vous entendez également de la musique de fond ? Ça, je peux peut-être la couper. Voilà, je l’ai coupé Donc, je vous rappelle que là, on est en stream nomade. Moi, je ne suis pas sur place, je suis loin. C’est la raison pour laquelle je ne sais pas, je n'étais pas à Montpellier. Ils m’avaient gentiment invité, mais ce n'était pas possible pour moi d’y être. Et par ailleurs, j’avais dit aux organisateurs que je trouvais bien que ce ne soient pas toujours les mêmes personnes qui parlent des mêmes sujets. Il fallait que la parole tourne. Donc voilà, c’est la raison pour laquelle je suis là au poste plutôt que d'être à Montpellier. Mais c'était un immense plaisir pour moi de retransmettre ce colloque qui a lieu donc à la Carmagnole. La Carmagnole, c’est dans le centre de Montpellier et normalement, ils vont démarrer. Ils ont un matos de dingue là-bas, donc pas trop d’inquiétude. Et sinon, comment allez-vous, les uns et les autres ? Ils ont de bonnes bières ? Ah, je ne sais pas.
Alors, je regarde, dernier réglage, hop, c’est un écran. Compliqué pour moi d’apprendre pour les habitués de la pause vous le savez. Là les streams nomades ça veut dire qu’en fait l'émule en pc mon mac, c’est un portable et donc tout est tout petit tout petit tout petit et je n’ai pas forcément les raccourcis claviers. Tachilek bonjour à toi, bonjour Merci Stream Sauvage et Stream Nomade, merci pour ton abonnement, petit dragon vert, merci aussi pour ton deuxième mois d’abonnement. Alors, pour te répondre Rook, le mieux de partager, c’est de mettre le lien direct de la chaîne, c’est la meilleure façon. Bonjour aux arrivants ! Alors, sonnerie, bonjour, inattendu d'être au poste de bon matin et ce week-end bossé devient plus léger Je laisse sonner le bandonéon Curieux 238 qui offre 5 abonnements à la communauté.
Merci beaucoup. Alors, l’ordre du jour. Bon, écoutez, je vais vous le remontrer, si vous voulez. L’ordre des jours, il est là. Il est là. Il est ici, l’Ordre des Jours. Armes policières mutilantes, analyse et combat. Colloque en direct de la Carmagnole à Montpellier, organisée par ACAT, Assemblée des blessés, la CIMADE, Désarmons-les, la LDH, l’Observatoire des Streets Médiques, le syndicat des avocats de France, Solidaires, Stop Armes Mutilantes. Donc normalement, ça doit démarrer dans une minute. Dans une minute, nous serons avec Yann B de Désarmons-les. Pierre Douillard Lefebvre, que nous avons déjà reçu au poste, les adhérents. C’est une je crois d’ailleurs pour son deuxième ouvrage, et Paul Rocher, les trois viendront venir nous présenter le système d’emploi des armes, les 3 sont par ailleurs des abolitionnistes. Les conséquences de l’emploi des armées, ça sera le deuxième débat à 11h30 avec Mélanie Louis de la CIMADE, avec Thierry Tintoni-Merklen de l’Union syndicale solidaire, Christian Tidjani de l’assemblée des blessés. Et Mélanie Enjoy-Gaham de l’association du collectif Les Mutilés pour l’exemple. À 14h, Laurent Tines, neurochirurgien, raide, street médic Laurent Theron, assemblée des blessés, Séraphine, maire de Meryiem, viendront nous parler des blessures et des préjudices causés par ces armes dites non-létales. 15H30, 16h30 question juridique et financière avec Chloé Chalot Avocat et Arié Alimi, avocat, avec une intervention à confirmer d’index. De 17h à 18h, la fabrique de l’impunité avec Christian Tidjani à nouveau, Yann B à nouveau et Issam Issam El Khalfaoui du collectif Vérité pour Souheil. Et donc là, c’est la question de l’argent, en fait, qui sert à défendre les policiers. Comment se fabrique. L’impunité policière. Et le dernier débat, table ronde, 18h10, 20h, quelle stratégie collective en réponse ? Tour d’horizon des collectifs et des formes de lutte, table ronde des débats avec des représentants de ACAT, Amnesty International, Assemblée des blessés, Des armes en lait, Génie, Index, NDH, campagne stop-arme mutilante, sous le haut patronage de Total Energies. Non, je déconne, c'était juste pour voir si vous suiviez. Merci à Onim pour ton abonnement, merci beaucoup. Alors, qu’est-ce qu’ils foutent nos copains de la carmagnole là ? Dernier réglage et on arrive. Aussi leur… Leur logo, je pense, alors il y a aussi le site du colloque, il est ici. Sur le site du Colloque, le Colloque armes, policières mutilantes, analyses et combats a été co-organisé par un large panel d’organisations et d’intervenants spécialistes de cette question. Mutilés, avocats, militants, universitaires, médecins sont invités à partager leurs témoignages, leurs analyses et leur façon d’envisager la lutte. Ils visent à sensibiliser aux violences policières, à l’usage problématique des armes mutilantes et à leurs conséquences. À présenter des exemples de combats individuels et collectifs, à apprendre les unes des autres et à envisager les possibilités d’entraide et de combat à mener ensemble. Le programme que je voulais donner, ici vous avez les petites bios des intervenants que je vous donnerai au fur et à mesure. C’est dans l’ordre alphabétique. Le direct, les canaux de diffusion, donc simplement la chaîne youtube du coloc et post. Réseau, événements les documents, les lectures, pour ceux qui sont à Montpellier, il y a tout un tas de bouquins, de littératures, sur la police qui sont disponibles sur la carte-magnolia. Est-ce que le libraire est indiqué ? Le libraire n’est pas indiqué. Mais vous savez qu’en règle générale, ce qu’on appelle les tables de presse, ce sont donc les libraires indépendants qui les tiennent. Et puis si vous avez envie, il y a les affiches et les tracts. On regarde où en sont nos copains, dernier réglage et on arrive. Ils font exprès. Ça fait quand même vachement réunion de gauchistes, moi je trouve. Je trouve aussi. Pourquoi la NRA ? Pourquoi pas la NRA ? Ben oui c’est vrai, je ne sais pas pourquoi j’ai une question, quand a-t-on commencé à utiliser ces armes mutilantes ? Ah, j’entends, allez. Bonjour. Dans les années 80.
c’est parti. Armes mutilantes, armes policières mutilantes, analyse et combat. Désolé pour le petit retard au démarrage. Donc, je me présente Bruno Loiseau de la campagne Stop Armes Mutilantes et nous allons avoir une journée assez riche aujourd’hui que je vais introduire rapidement avant de passer à la première session. Donc, il y aura des présentations et un débat à la fin entre 10 heures et 20 heures. Cette journée se passe à la Carmagnole, donc un espace coopératif à Montpellier. Et c’est également diffusé sur Internet via différents réseaux. Quelques mots sur l’organisation de ce colloque. Il y a eu de nombreuses organisations qui ont co-organisé ce colloque, notamment des ONG et des associations des droits de l’homme et de solidarité, comme ACAD France, la CIMADE, LDH, des collectifs comme l’Assemblée des blessés, des armes en lait mutilés pour l’exemple, l’Observatoire des Stricts médics et notre campagne Stop-A mutilante. Par ailleurs, des syndicats comme le syndicat des avocats de France. L’Union syndicale solidaire. Et en plus, il y a eu aussi des soutiens importants pour l’organisation de cette journée de la part d’Amnesty International, Alternatiba ANV COP 21, Arrêt du nucléaire 34, MDPL, les syndicats SNTRS CGT 34, CNT Éducation 34, SUD au niveau national et au niveau de l’Occitanie, SUD Santé sociaux 34, SUD Recherche EPST, SUD Éducation 34. Et aussi des organisations politiques comme le NPA 34 et Ensemble 34 qui appuient cette journée. Au cours de cette journée, nous allons avoir plusieurs interventions et présentations. Donc, je vais citer les personnes rapidement. Il y aura ensuite des présentations pour chacune des sessions. Donc, il va y avoir des personnes qui vont intervenir au cours de la journée., Pierre Douillard-Lefèvre Paul Rocher, Mélanie Louis,Thierry Tintoni-Merklen, Tidjani Christian Mélanie. Laurent Tine, Red, Laurent Theron, Sarah Fine, Chloé Chalot, Arié Alimi, Christian Tidjani à nouveau,Issam El Khalfaoui et ensuite, dans la partie débat, Émilie Schmidt Eric Merguez, Anne-Sophie Saint-Père et d’autres personnes des différents collectifs. Donc, on a une journée qui va être assez riche. Je voudrais remercier toutes les personnes qui vont intervenir, qui vont présenter des choses, toutes les organisations et collectifs qui sont en train de soutenir et d’organiser cette journée. Également, la Carmagnole, qui nous a vraiment bien accueilli et qui a mis à disposition toute sa technique pour pouvoir faire la retransmission en direct et pour pouvoir accueillir dans de bonnes conditions le coloc. Et également, David Dufresne, qui n’a pas pu se joindre à la journée, mais qui est en train de diffuser également ce coloc sur Internet. Quelques mots sur les objectifs de ce coloc. Donc, l’idée, c’est de sensibiliser aux violences policières et à l’usage des armes policières mutilantes, avec des analyses de spécialistes et des exemples de combats individuels et collectifs. C’est en ce sens qu’il est ouvert au public en vue de sensibiliser justement le public largement à Montpellier et ailleurs. Un autre objectif, c' est également d'échanger et de réfléchir sur ces questions collectivement avec la salle en débattant de la situation et des perspectives de lutte qu’on peut avoir. Et enfin produire de la documentation, notamment ces interventions qui sont filmées et qui seront après disponibles sur le site du Colombe. Au niveau des thématiques qu’on va aborder, on a cherché à les ranger par d’autres thématiques. Il y aura d’abord une présentation du système d’emploi des armes ce matin. On parlera ensuite des conséquences de l’emploi des armes, tant au niveau des libertés qu’au niveau des blessures et des préjudices. Il sera question après dans l’après midi des questions juridiques et financières et enfin en fin de journée vers 18 heures sur les stratégies collectives en réponse à l’emploi de ces armes. Donc, la façon dont ça va se dérouler, ça va être avant le débat de ce soir, ça va être des enchaînements de trois, quatre interventions qui vont faire quinze minutes chacune à peu près maximum. Et ensuite, il y aura un débat avec la salle pour vous poser des questions aux différentes intervenantes et intervenants. Pour des questions pratiques, il y avait un accueil tout à l’heure à midi. Il y aura une pause, donc une heure et demie en principe. On détaillera ça tout à l’heure et le soir, il y aura un repas auquel vous pourrez aussi participer avec un moment convivial. Voilà, donc on va démarrer sur la première session, donc sur la présentation du système d’emploi des armes. Donc c’est vous pouvez voir les trois personnes qui sont également à la tribune, donc en partant de ma gauche, donc Yann B du collectif des armées en lait, qui est auteur notamment du documentaire à nos corps défendant en 2019-2020 et qui va faire une présentation
Qui est disponible sur YouTube.
De l’emploi de de la force. Ensuite, juste à côté de lui, Pierre Douillard Lefebvre qui était mutilé en deux-mille- dix-sept à 16 ans, qui est membre de l’Assemblée des blessés et auteur de deux livres, L’Arme à l'œil en deux-milles-seize et Nous sommes en guerre en deux mille-vingt-et-un. Et lui nous fera une présentation sur la militaire. Alors on a reçu Pierre euh au poste. Et enfin Paul Rocher. Pour le deuxième livre. Économiste et politologue. Auteur de gazé mutilés soumis en deux mille vingt et d’un nouvel ouvrage je pense à venir bientôt. Septembre et qui lui présente la politique de l’arme non létale. Donc, pour ne pas perdre plus de temps, je vais leur laisser la parole. Et tout d’abord, Yann.
Merci, merci pour votre invitation. Bonjour à tous. Alors, moi, j’ai effectivement, je vais intervenir dans un premier temps sur un petit peu l’idéologie qui a amené l’instauration des armes sub létales et l’usage des armes en général. Du coup, je fais un tout petit récap historique qui remonte à 71. Du coup prenez des notes parce qu’il y a des concepts. Alors, je remonte à 71, parce qu’en fait, on pourrait remonter. On peut remonter à l’instauration des gardes mobiles. On peut monter au 19e siècle avec l’installation de la police et des officiers de police. On peut toujours remonter plus loin. On peut remonter au 17e siècle si on veut. Mais là, ce qui m’intéresse dans cette présentation, c’est plutôt les 30, 40 dernières années et ce qui a amené à l’installation de ces armes-là. Du coup, ça commence pour moi, on va dire en 71, avec notamment. L’instauration du concept d’anti criminalité qui a été apporté par le premier préfet de la Seine-Saint-Denis qui était Pierre Bolot, qui était préfet en Guadeloupe juste avant, où il a fait ouvrir le feu sur des grévistes guadeloupéens, il y a eu 87 morts, si je ne me trompe pas. Juste après, il a été nommé premier préfet de la Seine Saint-Denis et c’est là qu’il a développé le concept d' anticriminalité, qu' il a mis en place la première BAC. Pourquoi c’est important ? C’est parce qu’en fait, ce concept d’anti criminalité, il accompagne une logique d’utilisation de la force, que je vais décrire juste après. Après, on peut passer à 1986, où il y a eu un petit infléchissement dans la doctrine du maintien de l’ordre après la mort de Malik Oussekine. Malik Oussekine, c' est un étudiant qui est tué par des agents à moto alors qu’il rentre chez lui, alors qu' il rentre en marge d’une manifestation contre la loi Devaquet Et en fait, la mort de Malik Oussekine va entraîner un infléchissement dans la doctrine puisque, en fait depuis mai 68 avait été instauré ces pelotons à motos qui vont être abolis à ce moment-là, après un rapport du Sénat sur la mort de Malik Oussekine qui est assez à charge pour la police et qui va en fait amener à renoncer à l’utilisation de moyens mobiles pour maintenir l’ordre. Donc, en fait, ce rapport du Sénat a préconisé d'éviter le contact physique, parce que le contact physique amenait un plus grand risque à la fois pour les policiers, mais aussi pour les personnes manifestantes ou pas manifestantes dans ce cas précis. Et aussi, le rapport du sénat préconise de trouver des moyens de mieux protéger le personnel. Donc, déjà, on est dans une logique qui vise à protéger les forces de l’ordre plutôt que la population. Et donc, on revient à la doctrine du maintien de la distance qui avait été un petit peu abandonnée, pas totalement aboutie, mais qui avait un peu assoupli depuis mai 68. Après, il faut attendre Charles Pasqua et notamment en 86. Déjà, il intervient puisque à ce moment-là, si vous souvenez, il y a eu les attentats du Hezbollah à Paris. Il y a aussi l’arrestation d’action directe, donc il y a eu un certain nombre d’actions qui ont été menées contre des groupes dits terroristes, qu’ils soient d’extrême gauche ou religieux. Et donc, c’est là qu’il sort cette fameuse phrase. Nous allons terroriser les terroristes et en fait, cette logique là de terroriser les terroristes, elle va accompagner aussi et Pierre va en reparler après sur la militarisation des forces de l’ordre, va accompagné aussi l’instauration de ces armes là la décennie qui suit. On arrive en 94 du coup, c' est la période qui nous intéresse plus directement sur l’installation des armes sub létales, avec notamment le mouvement contre le CIP, le contrat d’insertion professionnelle, je crois. Et dans la foulée, je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais il y a eu une attaque dans Paris par deux par un couple d’anarchistes, Florence Rey et Audry Maupin, qui a fait cinq morts, dont trois policiers. À ce moment-là, Pasqua, il est dans, on est vraiment dans une montée de tension à partir des années 90 où Pasqua après avoir dit qu’il allait terroriser les terroristes, il a aussi dit que la démocratie s’arrêtait là où commence la raison d'État. Et à ce moment là, il va préconiser le rétablissement de la peine de mort pour les personnes auteurs de… Pour des personnes qui tuent des flics, puisque Florence Ray a été qualifiée de tueuse de flics. En 95, cette montée en tension va aussi amener une réforme générale de la police, notamment avec la généralisation des brigades anti-criminalité et l’instauration du flash ball pour la BAC et pour l’IGPN et le RAID. Pierre Richer le créateur du flashball, parle d’une arme qui tape fort sans blesser. C’est une logique qui va être reprise par le fabricant de l’arme, Verney Carron, 30 ans plus tard, puisqu’au Milipol de 2018, si je ne me trompe pas, il présente une nouvelle balle de flash ball, qui est cette balle-là, que je vais décrire après. Il la présente comme une balle qui tape fort sans laisser de traces. En fait, en 95, ce qui est en train de se passer avec cette idée qu’il faut protéger les policiers depuis 86, cette logique là, on commence à repenser le maintien de l’ordre. On commence à abandonner un peu les idées, les grands principes du maintien, l’or pour parler plutôt de légitime défense, pour introduire ce concept de légitime défense dans le maintien de l’ordre et dans l’Ordre public, parce qu’on est toujours à cheval entre le maintiens de l' ordre et l’ordre public. En 2002, Nicolas Sarkozy dit donc qu’il dit nous allons donner aux polices de proximité un moyen de se défendre parce que lui vient de découvrir le flash ball, dix ans après son installation, huit ans après son installation. Il est sous le charme de cette arme et il veut la généraliser. Et c’est ce qu’ils font à partir de 2002, d’ailleurs, puisqu’ils distribuent une nouvelle version du flash ball à l’ensemble des forces de l’ordre, en tout cas des brigades anti-criminalités. Il répond ainsi à une déclaration qui lui a été faite par un policier de Villeneuve-la-Garenne qui dit, lorsqu’on sort ça, il part en courant. Et il va le reprendre en disant, quand les policiers en sont équipés, les voyous ne viennent pas les chercher. Et donc là, il y a cette idée de dissuasion qui arrive, que le flash ball serait une arme de dissuasion et qu’elle aurait une puissance d’arrêt, contrairement à une arme létale. Les armes létales n’ont pas de puissance, contrairement à ce qu’on croit, il n’y a pas de stopping power. C’est-à-dire quand on tire sur quelqu’un, ça n’arrête pas forcément la personne. Et ces armes-là, parce qu’elles sont plus larges, sont considérées comme des armes qui peuvent arrêter la personne qui est en face d’eux. Mais le concept principal pour eux, c’est la dissuasion. Et donc, en fait, la dissuasion, elle va amener quelque chose d’intéressant dans l’infléchissement de la doctrine du maintien de l’ordre. Avant, on était dans le maintien à distance, dans le cadre du maintien de l’ordre, et là, on va plus vers ce qu’on va appeler la neutralisation. C’est un terme qui est beaucoup utilisé par les policiers. Il faut neutraliser. Et l’arme sublétale est une arme judiciaire, c’est une arme apportée judiciaire, c’est une arme de police judiciaire pardon. C’est pas une arme de police administratif comme le gaz lacrymogène, c’est une arme de police-judiciaire qui va être amenée dans le maintien de l’ordre, et qui va en fait, qui va amener un compromis entre le maintien à distance et la neutralisation des individus, et donc la dissuasion elle a amené un petit peu une fusion des deux concepts. En règle générale…
Yann, on fait une présentation.
Présentation ensuite arme par arme on en parlera j’imagine qu’il va le faire tout à l’heure la retouche par cartouche là je fais un saut dans le temps on arrive en 2014 avec la mort de Rémi Fraisse et après la mort de Rémi Fraisse comme après la mort de Malik Hussein il y a un rapport qui est rendu pas par le cette fois-ci, mais par l’IGGN. L’inspection générale de la gendarmerie et par l’Inspection générale de la police qui font en fait un rapport combiné puisque ce soir-là sont intervenus à la fois des CRS et des gendarmes. Et la question c’est, faut-il supprimer les grenades offensives, les grenades à effet de souffle ? Je vais décrire toutes ces armes après, c'était vraiment pour vous faire comprendre la logique avant et la question c’est supprimé les grenades d’effet de souffle. Il y a deux grenades à effets de souffle qui sont utilisées à cette époque là. C’est la grenade offensive au FF1 et la grenade lacrymogène à effet instantané qui est la Gl F4 dont on a beaucoup entendu parler pendant le mouvement des gilets jaunes qui en fait on va se demander parce qu’elles sont en fait la question c’est qu’on sait pas en réalité ce qui a tué Rémi Fraisse à ce moment là on n’est pas sûr si c'était la GL F4 ou l’OF même si on va incriminer parce que c’est plus confortable parce que ça va permettre de supprimer une arme en conservant un moyen de force intermédiaire à un autre on n’a toujours pas vraiment de certitude qu’il s’agit d’une OE même si la force d’explosion laisse quand même supposer que c’est une OE, parce qu’elle contient plus de TNT. Et donc là en fait ce dont il est question quand on se pose la question de l’utilité d’un ou de l’autre grenade, c' est que pour l’IGN et l’IGPN, le problème c’est que en supprimant l’une ou l’autre de ces grenades voire les deux, ça entraînerait une rupture dans la gradation des moyens est dans le maintien à distance, donc une rupture par rapport à la doctrine du maintien de l’ordre. La gendarmerie est très attachée à cette vieille doctrine du maintien de lord, tandis que la police, elle est prête à y revenir beaucoup plus rapidement. Et donc en fait, au final, ce rapport, il va préconiser le maintien des deux grenades. Il va dire en fait que les deux grenades sont nécessaires et qu’on préconise le maintien. Mais par contre, on préconise plutôt un meilleur encadrement de ces grenades. Et l’une des logiques qui sous-tend cette prise de décision, c’est qu’en fait, il faudrait instaurer une plus grande variété de ce qu’on appelle des moyens, des moyens de force intermédiaire. Il faudrait installer des nouvelles armes, des nouveaux moyens, pour avoir une meilleure maîtrise de la situation. C’est ça que préconisent l’IGAS et l’IGPN. Et toujours derrière cette logique, il y a une idée qui est la protection des fonctionnaires et des forces de l’ordre. Mais aussi la protection d’une position, il s’agit de sécuriser une position. Dans la mort de Rémi Fraisse, il y a toute une question autour de cette base de vie qui est protégée dans la nuit. On ne sait pas trop pourquoi, parce que cette base de vie, il n’y a pas de vie. En fait, il est rien. C’est un terrain vague entouré de grillages et donc, en fait, Rémy est mort parce que les gendarmes sont venus pour sécuriser une position qui était soi-disant indispensable. C'était un choix stratégique à ce moment-là et donc la protection d’un site. Et là, Là, on est effectivement dans des questionnements qui traversent la doctrine, les questions de doctrine. Et on est en fait toujours entre ce concept d’anti criminalité dont je vous ai parlé tout à l’heure, qui implique une neutralisation des individus, qui sont auteurs de délits, et on arrive doucement sur la question de la protection du personnel, donc qui est une question qui est plus proche de la légitime défense. Et donc en fait, la légitime défense, elle a fait son chemin pour devenir l’un des grands principes de l’intervention des forces de l’ordre, que ce soit en ordre public ou en maintien de l' ordre. Et ça nous amène en 2019 avec le mouvement des gilets jaunes, où on va avoir une espèce de déchaînement dans les discours publics sur la légitimation de l’usage de la force pour protéger les policiers. On a Luc Ferry, par exemple, qui est sur Radio Classique, une radio qui est connue pour son implication à gauche. Qu’ils se servent de leurs armes en parlant des policiers, une bonne foi, ça suffit, ces espèces de nervis, ces salopards d’extrême-droite et d’extrême gauche ou des quartiers, parce que quand même, il ne faut pas les oublier, qui viennent taper des policiers. Première intervention, suivie de Yves Lefebvre de SGP Police sur CNews, aussi connu pour ses implications à gauche, qui dit au moment où Sébastien Maillet a la main arrachée devant l’Assemblée nationale, dit c’est bien fait pour sa gueule. Et donc, il y a derrière cette pensée-là, qui est une pensée qui est omniprésente chez les policiers, il y a cette idée qu’ils n’ont pas le choix, c’est l’argument de la nécessité, du mal nécessaire et que si quelqu’un s’oppose au mal nécessaire, c’est bien fait pour sa gueule. Et donc, à côté de ça, il y a aussi des discours dans la même période d’autres syndicalistes policiers et on va voir que les syndicalistes policiers jouent un rôle majeur dans les modifications du maintien de l’ordre et des logiques de sécurité publique. Il y a aussi Le déni de la dangerosité de ces armes qui sont arrivées dans l’espace public depuis 20 ans par ces officiers-là, et notamment je peux citer Patrice Ribeiro de Synergie Officier qui compare le LBD à des pistolets à bouchon. C’est pas très grave finalement. Et David Le Bars, du syndicat des commissaires de police, prétend que la grenade qui a mutilé Emmanuel Kwan, donc là il s’agit d’une grenade lacrymogène, on n’est du tout dans les mêmes moyens de force intermédiaire, aurait pu être ramassée. Sans avoir explosé et lancé par un individu qui ne fait pas partie des forces de l’ordre. Donc, on laisse aussi supposer que ces armes-là, lancées à la main, auraient la même puissance ou pourraient potentiellement mutiler de la même manière qu’une arme. Je vous y décrirai après la puissance de ces armées. Juste après. Donc, il y a tout un truc de déni par rapport à la dangerosité de ces armes qui vient en fait un peu légitimer un discours d’usage de la violence en disant. Ces armes-là, elles sont moins dangereuses que les armes létales, et donc on peut les utiliser de manière beaucoup plus libérée, on va dire. Donc il y a un plébiscite policier, plus policier que gendarme, ce qu’on va dire, un plébiscite policier pour remplacer la doctrine traditionnelle par des principes encadrant, eux, la légitime défense, donc le fameux principe de nécessité, mais aussi le principe de proportionnalité. Donc là, on fait un clin d'œil à la riposte graduée, il y a toujours cette idée que ces armes seraient proportionnées à la menace. Outre le fait que ce soit fondamentalement faux. Donc le déni de dangerosité, il vient appuyer cette idée que ces armes sont proportionnelles. Leur usage est proportionnel à la menace, proportionnel un jet de caillou, proportionnel à un cocktail Molotov, alors qu’en réalité, aucun de ces moyens de force n’est proportionnel à des moyens qu’on peut utiliser la main, y compris des moyens incendiaires comme un cocktail Molotov. Y compris des feux d’artifice. Mais dans l’esprit des gens, ce qui est important d’instaurer dans l’esprit des gens, c’est cette idée que la riposte est proportionnée et nécessaire. Et enfin, il y a eu des moyens, à un moment, il y a eu des moyens juridiques pour essayer de faire interdire les LBD uniquement en manifestation, ce que nous, on regrette, ça aurait dû être une action juridique pour le faire interdire de manière générale. Mais en tout cas, il a une action conjointe de la CGT, de la LDH pour faire interdire le LBD. Au tribunal administratif, et démarche qui a été recalée par le Conseil d'État, qui a été recalée par le conseil d'État. Donc on maintient l’usage du LBD, ce qui va faire dire, encore à un syndicaliste policier d’Alliance cette fois-ci, Frédéric Lagache, que si le Conseil d’État avait prononcé l’interdiction du LBD, il aurait fallu à nouveau changer la doctrine et revenir au maintien à distance. Donc ouf, on revient pas à la vieille doctrine qu’on juge poussiéreuse, on reste sur ce truc de, on va vers la légitime défense. Donc, il y a un aveu des syndicats policiers en faveur d’une nécessité permanente. En plus, on est en plein état d’urgence, donc il y a ce truc de l’urgence et de la nécessité permanente et présumé, du coup, d’autorisation de l’ouverture du feu, qui a amené en fait la loi de 2017 dont on va parler cet après-midi dans le cadre de l´atelier sur la légitime défense, qui est l’article L4351 de code de sécurité intérieure, qui a été adopté le 28 février 2017 et qui instaure en fait ni plus ni moins la présomption de la légitime défense en encadrant l’usage des armes. Donc là, je vais vous présenter les quatre moyens de force intermédiaire. Ça va être assez court puisque une minute.
Oui, c’est ça.
Le problème avec Yann, c’est qu’il est impressionnant mais il est toujours long. Je vais vous présenter vite fait les quatre moyens de force intermédiaire. Grosso modo, il faut retenir qu' il y a 1, le gaz, 2, l’effet de souffle, 3, les lanceurs de balles de défense et 4, la grenade de désencerclement. Il y a les deux moyens de gaz et des effets de souffle qui sont les moyens de maintien de l’ordre classique et les lanceurs de balles de défense et les grenades de désencerclement qui viennent plutôt amener des moyens de police judiciaire dans le maintien d’ordre. Et donc ces moyens-là… C’est les quatre qu’on a que la police a à sa disposition. Est-ce que je te laisse la parole pour la description ?
Donc là c’est Pierre Douillard qui va prendre la parole, Pierre qu’on avait reçu en septembre.
C’est bon, ça marche, comme on bosse un peu sur les mêmes sujets, on dit voilà, ça va se recouper et du coup, mon camarade ici présent va peut-être me compléter, je le compléterai, etc. On va travailler ensemble. Du coup, on va continuer. Et à la gauche de Pierre, l’homme avec un masque, c' est Paul Rocher, collectif stop armes mutilantes et à l’espace, la Carmagnole. Donc moi mon sujet c’est vraiment la notion de militarisation, c' est à dire un processus historique qui est en cours aujourd’hui, en 2022, on est toujours dans un processus de militarisation du maintien de l’ordre et de la police. Alors, je vais repartir de faits très récents, extrêmement brutaux et qui n’ont pas provoqué, à mon avis, les mois ni la réaction politique suffisante. Début juin 2022, une passagère à Paris reçoit une balle en pleine tête par un policier à vélo au cœur de Paris un samedi matin. Les syndicats de police soutiennent. Il se passe pas grand chose. Quelques semaines plus tôt, c’est pas une, mais deux personnes qui sont abattues au cœur de Paris le soir de l'élection d’Emmanuel Macron sur le pont Neuf. On est en face de la préfecture de police de Paris. C’est un refus d’obtempérer. La police, la voiture aurait démarré quand les policiers se sont approchés. C’est prouvé maintenant qu’il n’y a absolument aucun danger pour les policiers. Là, on a un agent qui sort un fusil d’assaut, une arme de guerre, un fusil qu’on appelle HKG 36. Je vais vous montrer ça tout à l’heure. Et qui mitraille le véhicule à l’arme de guerre au cœur de Paris, deux morts. Quelques semaines plus tôt, c'était un père de famille à Sevran, refus d’obtempérer également, dans son véhicule de fonction, qui était déclaré volé. En fait, c'était une querelle avec son employeur, une balle dans le dos. Et ça, là, je me suis un petit peu penché, mais apparemment, il y a un sujet cet après midi là dessus. Là, il n’y a pas une semaine sans des tirs à balles réelles de la police, y compris un policier municipal qui a mis en joue, par exemple, un automobiliste qui était mal garé. Qu’est-ce qui s’est passé ? Comment en est-on arrivé là ? C’est ça la question cruciale et c’est la question de la militarisation. Tu peux peut-être remettre la première photo. La question de militarisation, celle d’avant ça. Oui, on voit qu’en fait, y compris dans l'équipement, y compris l’attitude, y comprit dans la thèse du policier, on a une évolution. On est là aujourd’hui, on a des soldats. On a quelque chose d’autre. Vous voyez, en mai 68, on à des policiers qui avaient bricolé un petit grillage devant leurs yeux. Qui étaient en petite tenue leur équipement c'était le bidule vous savez le bidules c’est l’ancêtre du tonfa c'était une petite matraque en bois très lourde en bois dur donc cette image là c’est juste pour vous dire que tout le discours qu’on entend matin midi et soir sur les policiers qui seraient sous équipés exposés à des nouvelles menaces etc c' est totalement mensonger c' et totalement faux il y a jamais eu aussi peu de policiers par exemple qui perdent la vie en exercice dans les années 60 c'était quatre fois plus. Voilà, je commence pour casser là dessus, là c’est environ quatre par an en comptant les accidents de la route etc. Donc comment on en est arrivé là, comment en est -on arrivé à cette situation où aujourd’hui même la police des polices s’inquiète que les agents tirent 50 fois plus qu’il y a encore deux ou trois ans ? Comment se fait qu’ils aient quatre morts en quatre semaines à Paris dans une indifférence totale ? Eh bien ça c’est parce que… Il y a un processus de militarisation de la police qui se joue et là je vais recouper donc je vais pas rentrer dans les détails mais qui s’est joué très très rapidement en fait en 25 ans ça s' est installé en France et ça s est installé comme une nouvelle normalité ce qui n’aurait jamais dû l'être donc là le premier moment charnière effectivement ça a été dit rapidement c’est 94 95 94 95 qui se passe c' est que il y a évidemment la généralisation des bacs mais au moment, il y a la création du plan Vigipirate. Alors pour les personnes les plus, les moins jeunes, disons de la salle, vous n’avez pas connu des soldats dans les gares et les aéroports tout le temps. Nous, on est né avec ça. On a toujours connu ça. Voilà, c’est une normalité pour nous. De 94, 95, il y a le plan Vigipirate. On met l’armée dans les rues au nom de l’antiterrorisme et on présente ça comme un plan éphémère qui sera évidemment levé dès que la menace sera éloignée, etc. Vigipirate n’a non seulement jamais été levé, mais a été sans cesse rehaussé. C’est-à-dire qu’on a créé des couleurs. Vigipirate, rouge, orange, écarlate. On a créé une nouvelle couleur. Et là, maintenant, c’est Sentinelle. Maintenant, il y a des brigades chargées de l’armée, chargées de patrouiller dans l’espace civil. Donc il y à ce moment-là, et ce moment là, de 1994-1995, c’est lorsque… Tu peux peut-être… La suivante. On distribue donc, ce qui a été évoqué, le premier flash ball. Alors, le 1er flash ball, c’est Claude Guéant à ce moment-là, qui n’est pas une personne connue, c’est la première photo. Claude Guéant, il n' est pas collectionneur de tableaux, ministre de l’Intérieur, il est chef de la police nationale. C’est un poste qu’on ne connaît pas forcément et il se dit…
C’est l’ancien directeur de cabinet de Sarkozy.
Distribuer une nouvelle arme dite intermédiaire, qui sera le flashball super pro, qui va frapper directement un corps. Là c’est un vrai tournant de doctrine, t’as peut-être pas assez insisté là-dessus, mais effectivement on ne repousse plus un corps collectif, on frappe un corps individuel, on ne tire plus par exemple une grenade en l’air, on habite les policiers à presser sur la détente en direction d’un individu. Ça c' est très important ce changement de geste. Et on ne s’en rend pas compte du tout. Donc là, munitions. De ce flashball super pro, je ne vais pas m'étendre là-dessus, c’est un gros pistolet avec deux gros canons qui tire une balle comme ça en caoutchouc de 40 mm, une sorte de grosse balle rebondissante. C’est une arme à feu. Ça fonctionne comme une arme à feu, et c' est important de revenir là- dessus. C' est une arme qui est ostentatoire. Effectivement, quand Sarkozy dit quand les policiers en ont, les voyous ne viennent pas les chercher, les flics s’amusent à sortir ça dans les quartiers, éventuellement à tirer. Quand ça tire ça fait une détonation très importante, ça crache un peu d'étincelles, etc. C’est vraiment là une arme qui veut faire peur, un arbre de terreur et qui dit rentrez chez vous. Je passe rapidement parce que tu as dit certaines choses. On va franchir un nouveau palier en 2002. Non, en 2002, il y a la SNAP.
Le sniper, ça sera l’objet d’un autre débat dans la journée.
Flashball super pro qui était réservé au banlieue d’abord. Ça aussi, tu t’es passé rapidement. Donc là, pour l’instant, on a la présentation des armes réservées au ban lieu. Il y a assez rapidement des blessés graves dans les quartiers. Et j’ai trouvé d’ailleurs un cas aussi dans une rave party des flics qui avaient attaqué en 99 une rêves partie à coups de flash ball. Mais globalement, c’est une arme qui reste confidentielle. 2002, ce que fait Nicolas Sarkozy quand il arrive au ministère de l’Intérieur, c' est effectivement qu’il généralise le flash ball et qui distribue également la grenade de désencerclement, qui est une grenade qui fonctionne comme une grenade militaire à fragmentation, sauf que c’est des plots en caoutchouc dur qui partent dans tous les sens, ainsi qu’une tête de grenade avec du métal comme ceci. Je passe rapidement, s’il y a des questions de toute façon on pourra en reparler après. 2007, là on franchit un vrai palier, et là tu peux pour le coup mettre la suivante, 2007, on franchit un vrai palier puisqu’on distribue le, enfin Nicolas Sarkozy fait expérimenter le lanceur de balles 40 millimètres. Alors on ne voit pas forcément super bien, mais là on change complètement d’outils puisque ce n’est plus une arme qui se tient au poing, c’est une arbre d'épaule extrêmement précise, extrêmement puissante, dotée d’un viseur EOTech, d’une visée qui est utilisée par l’armée, notamment l’Armée Amérique.
Alors le flash ball c'était une fabrication française, le LBD une fabrication suisse, ce sont les fabricants.
Et donc, à partir de 2007, il y a une expérimentation qui est d’abord assez secrète de ce LBD qui est donné à des policiers volontaires sur le territoire français. C’est testé en banlieue parisienne parce qu’il y a un soulèvement à Villiers-le-Bel en novembre 2007, et malheureusement à Nantes puisque je me retrouve dans une manifestation lycéenne. Et donc on a un policier cagoulé, ce qui était un peu inhabituel à l'époque, qui dégaine ce Lbd 40, qui tire et je reçois cette balle à côté de l'œil. C’est à partir de là qu’il va falloir démêler la pelote et mener une enquête indépendante et comprendre ce qui se passe. En fait, là ce que je vous présente c’est le fruit de ce travail-là. Donc 2007, on commence à distribuer ce LBD qui est beaucoup plus puissant, beaucoup plus précis. Et ce sera le Parti Socialiste, ce sera Manuel Valls qui va généraliser le LBD à la place du Flashball. Ce sera la gauche. À gauche également, tu peux mettre la photo suivante. La gauche également, en 2016, lors du mouvement contre la loi travail, va distribuer ce qu’on appelle un lanceur multi cour. Là, c’est un lance-grenade de l’armée américaine, on l’appelle le Pen Arms, de 40 mm, qui est adapté pour le maintien de l’or. Vous voyez, là, on a une sorte de gros fusil à barillet qui peut tirer six munitions en quelques secondes. Donc là, on a encore un palier dans la militarisation. Je ne rentre pas trop dans les détails techniques, mais c’est pour vous montrer un petit peu la gradation très très rapide de l’armement et on arrive à l'état d’exception antiterroriste qui s’est installé maintenant dans le droit commun et qui est même complété par l’Etat d’urgence sanitaire. Avec la distribution de fusils d’assaut HK G36 dont toutes les voitures de police sont équipées de fusils d’assaut, c' est-à -dire des armes de guerre utilisées dans des conflits militaires. En parallèle, il y a toute une législation qui permet aux policiers de garder leur arme à feu 24 heures sur 24 chez eux, puis qui leur permet depuis 2021 d’avoir leur armes de service dans l’espace public, en dehors du service, et naturellement le nombre de cas de tir explose, c’est-à-dire à Nantes on a un agent de la BAC qui a été accommodé par des bruits en bas de chez lui qui est sorti qui s’est bagarré et qui a tiré sur des gens. À Paris pendant le confinement, un policier a tiré sur son voisin, il a même fait un film Snapchat avec, etc. Etc. En fait, des cas comme ça, les féminicides des policiers qui ont leur arme chez eux et qui, soit tuent leur femme, soit leur famille et se suicident, on a cette logique de militarisation. Je présente ça très rapidement et donc l’aboutissement c’est 2021-2022, la crise sanitaire et là une militarisation de l’espace public dans son ensemble. Je suis passé rapidement sur 25 ans parce que je voudrais aborder, très bien, je voudrai aborder la façon dont cette militarisation s’est installée. Et on a parlé du terme neutralisé. Tu disais que c'était un peu un euphémisme. Pour moi, c’est un terme qui est très important parce que neutralisé, c' est un mot qui vient du militarisme. On neutralise un objectif, on neutralise un ennemi, c est à dire qu’on le tue en fait dans une opération militaire. On entend l’armée israélienne dire qu’on a neutralisé des belligérants, etc. Et ça, c’est pas anodin. Le policier qui m’a tiré dessus lors du procès, a dit j’ai neutralisé la cible. Il parle d’une foule de lycéens qu’il avait en face de lui de 14, 15 ans, 16 ans. Il dit j’ai neutralisé la cible. Ça veut dire qu' il y a un travail aussi idéologique, il y à des représentations qui sont importantes. Si ces gens-là pressent sur la détente avec des armes aussi précises et puissantes, c' est parce qu’ils sont en guerre eux-mêmes. Et d’ailleurs, c' est très bien dit par les syndicats policiers, ils sont en guerre ? C’est très bien dit par Emmanuel Macron quand il dit que nous sommes en guerre régulièrement. C'était très bien dit par Eric Zemmour, qui se présentait comme le candidat de la police et qui a dit la police, c’est la première ligne de la guerre de civilisation. Il le dit littéralement comme ça. Donc, il y a cette militarisation du langage. Il faut bien comprendre qu’il y a une militarisation du langage avant d’avoir une militarisation des actes. Et le langage prépare toujours le passage à l’acte matériel. Il y a le mot neutralisé. On entend aussi les mortiers, vous savez, pour parler des feux d’artifice tirés en manifestation, ce sont des mortiers donc un mortier c’est un canon qui est utilisé en temps de guerre. Il y a aussi souvent une inversion, le manifestant a tiré un projectile mais le policier a utilisé une balle de défense, il y a constamment cette inversion. On entend donc les mots belligérants, guérillas, enfin voilà ça c'était le lot quotidien dans les médias, il y a vraiment une représentation militarisée. C’est intéressant. Militarisation du régime politique en lui-même ces dernières années. Que pendant l'état d’urgence sanitaire, c’est un conseil de défense qui a dirigé la France. Ce n’est pas des élus, aussi détestables soient-ils, c’est un Conseil de Défense composé de l'État Major de l’Armée, de la Police, des Renseignements et du Ministère de la Santé. Voilà, ça a été un aréopage militaro-policier qui a pris des décisions sur notre vie quotidienne toutes les semaines pendant deux ans. Militarisation du régime.
Il faut préciser qu’il n’y a que la France dans les pays démocratiques qui a été régie comme ça.
Militarisation du régime, alors là, on le voit évidemment depuis le conflit ukrainien. Macron vient de déclarer, il faut rentrer en économie de guerre, on va investir 50 milliards dans l’armée, etc. Donc là, on est dans un moment un peu hybride de monter en guerre du capitalisme en crise et donc de militarisation à l’extérieur et à l’intérieur. L'état-major de l’Armée française disait qu’il fallait se préparer au conflit de haute intensité, y compris sur le territoire français. Donc, voilà un petit peu l’histoire de la militarisation. Comment elle s’est installée ? Il y a énormément d’autres choses à dire. Effectivement, l’appel à tirer sur les gilets jaunes, puis à tiré dans les quartiers, ça, c’est des choses qu’on entend très régulièrement. Moi, j’aurais aimé, mais il n’y a pas le temps, mais peut-être qu' on pourrait en parler, parler des résistances, parce que faire des tableaux cliniques d’une situation, en fait, ce n’est pas suffisant. Moi, je vais des pistes et le livre que vous pourrez retrouver juste devant.
Ils m’entendent pas parce que ça suffit pas juste le débat de ce soir, mais en fait, il y a énormément de positions et d’angles pour faire tomber cet édifice. Peur Amnesty sera là à 18 heures juste avant la conférence. Là, une école de formation de la police nationale, elle s’installe à Montpellier. Ça, c’est une super zad en perspective. Voilà, école d'école de guerre pour former la direction Mais il y a plein d’autres choses, moi j’aurais aimé vous parler de l’assemblée des blessés, de comment entre blessés on s’organise, du cop watching, etc.
Ce sera possible cet après-midi.
Voilà, et de comment on s’en prend aux infrastructures. Voilà, merci. C'était un peu touffu, mais voilà, s’il y a des questions, n’hésitez pas à intervenir.
Merci à toi, super.
Alors c’est Paul Rocher qui va prendre la parole, Paul Rochers qui est écrivain, qui a sorti un bouquin gazé mutilé soumettre à la fabrique il y a deux ans, et qui en ressortant à la rentrée, je ne l’ai pas reçu, mais on a déjà calé le rendez-vous.
Paul sera convoqué au poste.
Et pour l’organisation de cet événement aujourd’hui qui me semble très important. Donc on a parlé effectivement de doctrine, de représentation. Je vais prendre un angle un peu différent, je vais commencer par l'économie, mais je pense que ça va être assez complémentaire. Et un des éléments qu’on a déjà entendu aussi dans les interventions précédentes, c’est un peu cette idée que les armes dites non létales, elles sont moins dangereuses. Donc, c’est d’une manière ou d’une autre une protection pour la population. En tout cas, c’est un des éléments qu’on entend régulièrement dans la bouche des gouvernements. Donc, on peut tout simplement se poser la question, est-ce que l’introduction, l’utilisation d’armes non-létales est réellement la conséquence de l’objectif premier de protéger la population, d’assurer un maintien de l’ordre. Plus humain ou plus éthique. Donc, je vais partir de cette question-là et je fais tout de suite une remarque complémentaire à savoir que quand on s’intéresse à l'État, grosso modo, il y a pour lui deux manières d’agir. Donc, c’est soit par le consentement, donc les masses acceptent activement les politiques qui sont mises en œuvre, soit par la force. C’est un cas- même s’ils n’acceptent pas les politiques mises en œuvre, on ne leur laisse pas trop le choix. Donc voilà, ces deux options et dans la réalité, les deux se combinent toujours d’une manière ou d’une autre. Quand on regarde la France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y a un tableau que j’aime bien utiliser et c’est celui que vous voyez ici. C’est la distribution du revenu national, de la valeur ajoutée, selon le travail et le capital. En gros, il y a une part qui revient au travail, donc c’est les salaires, et puis il y en a une autre partie qui revient au capital, donc ce sont les profits. Et donc, on a grosso modo deux périodes dans le capitalisme d’après-guerre. La première, c'était celle du fordisme et la deuxième, celle du néolibéralisme. Alors, si vous regardez d’abord la première période, vous voyez sur le tableau la part des salaires dans la valeur ajoutée et vous voyez que dans les années 50, 60, 70 cette part est relativement élevée jusqu'à 66 % des richesses créées et donc c’est évidemment un ordre social qui est plus propice à générer du consentement Pendant cette période, les salaires augmentent régulièrement, d’ailleurs. Même pour ceux qui avaient les salaires les plus faibles, il y avait une indexation sur les prix. Ça nous parle aujourd’hui en contexte inflationniste. Il y avait des conventions collectives qui fixaient des droits plus importants pour les travailleurs. Il y a eu une augmentation du niveau de vie pour les retraités. Donc, en quelque sorte, la pression du mouvement ouvrier organisé plus. La crainte de la classe dominante de l’URSS à l’extérieur faisait qu’une part relativement importante de la richesse produite revenait aux travailleurs. Alors, mécaniquement, ce qui revient aux travailleurs est pris en quelque sorte au capital. Et pour le capital, évidemment, cette configuration est difficilement acceptable et donc la classe dominante. Va contester cet ordre social. Et c’est là qu’on peut passer à la deuxième période qui commence avec la grande chute dans les années 80, où la part des salaires dans la valeur ajoutée passe de 66 % à 58 %. Tout ça, c'était le début de la période néolibérale. Donc, à travers une série de mesures, le capital a réussi à prendre quand même une part très, très conséquente au travail. Et donc, on a une sorte de première chute dans les années 80 et ensuite, on a des tentatives de la part du capital pour s’approprier encore plus. C’est une période qui est contestée, donc la courbe est un peu oscillante. Mais toujours est-il qu'évidemment… Cette nouvelle répartition des richesses convient beaucoup moins aux travailleurs, puisqu’ils sont tout simplement perdants. Et même après cette première grande chute dans les années 80, le capital, lui, n’est pas satisfait. Il veut s’approprier une part plus importante encore, ce qui va générer évidemment aussi des résistances. Il y a des mouvements sociaux, des grèves. Est-ce qu’ils distinguent la France ? Par rapport aux pays voisins, c’est qu’effectivement, certes, la chute se poursuit jusqu’aux années 2000. Mais ensuite, elle s’inverse légèrement ou elle se stabilise, alors que dans beaucoup de nos pays voisins, la chute se poursuit. Donc, du point de vue des classes dominantes françaises, en réalité, la France n’est pas suffisamment néolibérale, parce qu’il y a toujours une part qui est défendue bec et ongles par les salariés, alors que le capital estime que c’est à lui cette part aussi. Donc, on a là un premier élément. Il me semble qu’il peut expliquer pourquoi les gouvernements français sont particulièrement violents vis-à-vis de la population, à travers la police, à savoir qu’y a toujours une part trop importante de la valeur ajoutée qui va aux salariés du point de vue de la classe dominante. Ce qui permet d’ailleurs, juste une petite parenthèse, de relativiser en quelque sorte la mémoire militante sur les trente dernières années. Généralement on considère que c’est une période où on va de défaites en défait et il est effectivement vrai qu’il y a eu beaucoup de défaites, mais quand on regarde sur le plan agrégé, bah le capital ne dirait pas pour autant que c'était pour lui une succession de victoires. Donc c'était assez contesté. Ce qui fait que les conflits effectivement sont particulièrement virulents. Donc je disais tout à l’heure que l'état agir soit par le consentement, soit par la force, et au vu de la chute de la part des salariés, évidemment les salarié.e.s sont donc moins enclins à accorder leur consentement à l’ordre néolibéral. Donc on a là il me semble un élément important qui conduit à l’introduction ou à la généralisation plus précisément des armes non létales à partir des années 90 puisque là les gouvernements voyaient en quelque sorte une possibilité de fait en avant technologique à la fois réprimée efficacement sans blesser pour autant. Ça a été rappelé tout à l’heure pendant la première intervention qu’effectivement, supposément, il s’agirait d’armes qui tapent mais qui ne blessent pas. Et donc, l’arme non létale paraît comme la solution assez adaptée à cette situation où, s’il le faut, il faut agir par la force pour justement permettre au capital d’accéder à une part dans la valeur ajoutée toujours plus importante. Donc, on a, il me semble là, le contexte économique, la question de lutte qui, qui, en quelque sorte, forment. Le contexte socio-économique de la montée en puissance des armes non létales. Donc on a introduit de nouvelles armes à la fin des années 90, au cours des années 2000 et en même temps, on généralise l'équipement chez les différentes unités de policiers. Donc, de sorte à ce qu’au début des années 2010, plus ou moins, on a une généralisation de… Tes armes non létales. Est-ce que tu peux aller à la slide suivante ? Et alors là, c’est un exercice que j’avais fait pour la première fois dans Gazer Mutiler et Soumettre. Là, c’est un tableau qui est actualisé. L’IGPN nous fournit des données sur le nombre de tirs qu’effectuent les policiers avec les différentes armes non létales. Alors, je précise qu’il s’agit là des données fournies par l’IGPN en reposant en grande partie sur les déclarations des policiers. Donc il est même sûr que ce tableau présente une sous-estimation de la situation. Juste pour vous donner un exemple, déjà le gaz lacrymogène n’apparaît pas de manière continue mais en plus, quand il est explicitement mentionné, on trouve par exemple pour 2016 qu’aucune grenade lacrymogène a été tirée. Oui, ça vous fait rire parce qu’effectivement, celles et ceux qui étaient là pendant la loi de travail se rappellent peut-être d’un certain nombre de nuages de gaz et on pourrait multiplier les exemples. Donc ce que vous voyez ici, c’est une estimation très conservatrice, donc c' est vraiment le minimum du minimum, mais on voit quand même des choses qui sont intéressantes. Donc même quand on prend des données qui sous-estiment la situation. On voit une évolution assez claire et d’ailleurs tous les types d’armes n’y sont pas non plus. Donc on a une augmentation assez importante. Alors si vous comparez 2009 à 2018, l'évolution est la plus frappante. C’est effectivement au moment des Gilets jaunes que plus de 33 000 tirs sont recensés par la police. En réalité, c'était sans doute plus. Il ne faut pas oublier que 2018, c’est aussi la dite évacuation de Notre-Dame-des-Landes.
Le graphe, il a été fait par Paul à partir des données de l’IGPN. Merci.
C’est bon 2019 c’est toujours les gilets jaunes, c'était aussi les retraites, ça descend certes mais on est quand même très loin des niveaux de la fin des années 2000 et quand on regarde pour 2020, alors là c' est un chiffre ajusté, ajusté par rapport par rapport aux différents confinements, eh bien il se trouve qu’on reste quand même à un tableau très haut donc en quelque sorte il y a là des habitudes aussi qui se sont qui se sont établis au sein de la police et c’est entre autres à partir de ces données là que j’ai développé dans Gaz et Mutile et soumettre cette idée que en réalité c'était la disponibilité même des armes non létales qui conduit les policiers à tirer. En suggérant la non-dangerosité de ces armes, on donne en quelque sorte carte blanche aux policiers qui eux se sentent totalement déresponsabiliser, il n’y a aucun coup à assumer.
Il y aura par la suite des témoignages de mutilés, de médecins, de strict medic.
Ces actes-là sont ensuite accompagnés par un discours qui nie les conséquences concrètes de ces armes. La parole des personnes visées, des victimes, mais toujours est-il que la tendance, elle est assez nette et ce qui est intéressant, c’est aussi qu’on constate une tendance très similaire dans d’autres pays. Avec des collègues chercheurs, on a organisé un séminaire international en 2020. Avec des personnes d’Afrique du Sud, du Chili, des États-Unis, du Pakistan. Et le constat était le même à peu près partout. Alors, certes, pas avec les mêmes temporalités, mais toujours est-il qu’ils font face exactement aux mêmes problèmes que nous en France. Donc, on a en quelque sorte, avec la mondialisation des armes non létales, et bien, on à une mondialisation des violences policières par exactement ces mêmes armes. Il me semble que là, on a déjà insisté ce matin sur le processus mental, qu’est ce qui se passe dans la tête d’un policier quand il vise quelqu’un. Donc il y a des évolutions comme ça et une des évolution, c’est aussi qu’en les équipant très massivement avec des armes, on leur transmet aussi le message que ces armes sont là pour être utilisées. Donc donner une arme à quelqu’un et d’autant plus quand elle est non létale. Ce n’est pas seulement transmettre un objet. C’est aussi transmettre un message relatif à l’utilisation de cet objet-là. Donc, on a une explosion du nombre de tirs et rien n’indique à date que ça va changer. Et même, j’ai oublié de mettre un autre tableau dans cette présentation-là, mais quand on regarde, rien que pour la période de 2012 à 2017, les différents types d’armement de la police, on constate que l’augmentation des achats de nouvelles armes est la plus forte dans la catégorie des armes non létales, mise à part les fusils d’assaut. Mais donc, dans la catégorie des armées non létales, rien qu’entre 2012 et 2017, on a une augmentation de 75 % du nombre de fusils qui permettent de projeter soit des grenades, soit des balles en caoutchouc. Donc, on à une dynamique qui est très très nette, très clair et il me semble que pour en quelque sorte revenir à mon point de départ, donc l’objectif n’est pas d’assurer un maintien de l’ordre plus humain, plus éthique, ce qui intéresse les gouvernements, c’est un maintien d’ordre efficace et les armes non létales sont à date en quelque sorte l’outil, supposément le plus efficace à cet objet là. Donc évidemment, tant que… L’offensive du capital dont j’ai parlé au début continue et bien ces tendances là que vous voyez ici sur le tableau va probablement continuer aussi ce qui est ce qui peut-être je conclue juste par une petite dernière phrase ce qui conduit effectivement à interroger à nouveau cette question de la disponibilité des armes alors peut quand même trouver des arguments très très fort Et je pense que les trois interventions de ce matin en ont donné pour l’interdiction de ces armes-là. Et ça, ça peut être effectivement un premier pas parce que, en quelque sorte, ça enlève tout de suite un moyen de force aux policiers. Mais derrière ça, il y a aussi le contexte socio-économique auquel il faut s’intéresser et sans lequel probablement on trouvera… À défaut de changement des rapports socio-économiques, on aura toujours une classe dominante qui cherchera à recourir à des armes et qui n’hésitera pas à blesser et à mutiler, voire à tuer dans certaines situations.
Merci, merci Paul, merci Pierre et Yann.
Nous sommes à la Carmagnole à Montpellier, voilà.
On va passer à un débat avec la salle, avec le micro.
Pour petite information, la première personne qui a parlé, Yann B, avait fait l’objet d’un article dément d’Aziz Emouri, le célèbre Aziz Emori, il y a maintenant 2-3 ans, puisque Yann avait pris le train avec les cartouches qu’il a devant lui là, qui sont vides évidemment, qui lui servent généralement de démonstration. Et il y avait eu un article absolument dingue d’Aziz Emori disant de Yann-B… Un militant d’ultra gauche arrêté avec des armes.
Donc on est passé au Flashball Super Pro, au LBD40. Est-ce que… Là, je reconnais la voix de Mélanie. …Vous pouvez nous expliquer les capacités de l’un et l’autre. Et pourquoi on est passé du Flashball au LBD ?
Je peux vous faire une petite description un peu technique là pour le coup faut prendre des notes parce qu’il y a des calculs mathématiques pour expliquer un petit peu alors le flash ball qui est un peu la première du genre qui est arrivé alors voilà c’est une balle ronde de 40 la démo je vais mettre le diamètre est légèrement inférieur au LBD qui viendra après 40 millimètres donc il y a 4 millimètre de différence c' est une balles sphériques et en balistique on sait que les balles sphériques elles ont pas du tout ni le même impact que dès que des munitions. Elles n’ont pas le même impact, elles n’ont pas non plus la même vitesse, elles ont la même précision, elles n’ont pas la même portée. Donc en fait, c’est pour ça qu’elle a été critiquée. Le flash ball, c’est une balle de 28 grammes et qui part avec une puissance de 230 joules, ce qui correspond en fait à une vitesse de 468 km heure. Le LBD qui vient la remplacer puisque le flash ball est en train de disparaître définitivement, même s’il est toujours utilisé pour des missions d’ordre public. Pas dans le maintien de l’ordre. On n’est pas sur une balle de 60 grammes, donc c’est 95 grammes avec la douille, mais c' est la partie noire qui s’envole, elle fait 60 grammes donc c' est le double de cette balle là, donc on a une masse plus élevée. On a une force qui est légèrement inférieure, mais ça ne change pas grand-chose puisque la masse est plus élevée. Donc c' est une force de 180 joules plutôt que 230, mais on a un balle qui part quand même à 324 km. Donc on est, de toute façon, au-dessus de 300 kilomètres 1. La grenade de désencerclement. Donc là, on a deux modèles, c’est-à-dire que le premier modèle, c'était, c'était la, la, non, la GMD. La GMD, on les appelle. Alors, c’est un nom générique. C’est Grenade à main de désencerclement, ça s’appelle dispositif balistique de dispersion ou dispositif manuel de protection. Enfin, voilà, on dénonce, c’est la GENL, c' est la nouvelle et celle-là, C’est la DBD 95. Des MP95, des BD95, bon voilà, enfin c’est deux modèles de grenades qui se sont succédées et qui en fait projettent 18 plots en caoutchouc, donc avec là pour le coup des plots de 9 grammes, 10 grammes. Donc c'était des plots, on les a là, c'étaient des plots de 10 grammes, qui partent avec une puissance de 80 joules, mais là encore, si on fait un calcul entre la masse et la puissance, on arrive sur une puissance beaucoup plus élevée que ces deux armes-là, puisque les plots partent à 472 km heure, donc c’est, et voilà, comme il y a un système d’explosion effectivement, comme il y a un système explosif à l’intérieur, il y a de la poudre, enfin il y en a un système de propulsion avec une mèche lente, etc., elle projette aussi les, ce qu’il qui constitue l’ensemble de la grenade. Parfois, le bouchon d’allumage est projeté lui-même avec les parties métalliques. Donc la goupille, en général, n’est pas projetée avec, même si elle peut partir même à 3, 4, 5 mètres, elle peut quand même se retrouver dans l'œil d’un voisin si les gendarmes sont trop proches, si les flics sont trop proches. Mais il y a aussi des parties métalliques de la morse qui partent aussi avec ou qui se trouvent incrustées dans les chairs. Donc là, on a, on à les trois armes, ces trois armées là, elles ont ces puissances, elles ont une vitesse de plus de 300 à 400 kilomètres par an. Après, je peux vite faire parler des deux autres moyens qu’on a très peu évoqué, mais qui existent en fait depuis les années 70. On nous a beaucoup menti pendant le mouvement des Gilets jaunes en disant elle a été instaurée en 2001, etc. Elle a déjà mutilé avant 2001. Elle existe depuis les années 70. Elle a été, elle n’a pas réellement été utilisée. Les gendarmes utilisent l’offensive qui a supposément tué Rémi Fraisse. Et utilisait beaucoup moins celle-là, elle a été beaucoup plus généralisée à partir des années 2000. Et en fait, elle comprend, elle, 26 grammes de TNT et 4 grammes d’exocyr, qui est un autre explosif, et 10 grammes du gaz CS. La folie F4, pardon.
C’est une grenade lacrymogène en ce temps-là, ce qui permet, on est à nouveau sur la bataille des mots, aux médias et à la police de dire qu’un manifestant a été blessé par une grenade lacrymogène. Il s’agit en réalité d’une grenade explosive
D’autant plus qu’elles ont une apparence très très proche aux grenades de lacrymogène. Elles sont produites par le même fabricant. Elles se sont produites par Halse-Tex. Bon, celle-là, c’est Nobel Sport, mais je n’agis pas trop parce qu’il y a plein de gaz dessus.
Elle a été remplacée à partir de moments où elle est devenue suffisamment scandaleuse donc la mort de Rémi Fraisse n'était pas un motif suffisant mais quand elle a été jugée suffisamment scandaleuses pendant le mouvement des gilets jaunes a été remplacé par la gm2l et alors là c’est un artefact, c' est un artifice puisque la g m2l elle comprend 43 grammes d’exocyr donc il y a plus de tnt mais 43 grammes d’exocyr et 15 grammes de cs donc on a 10 grammes pour l’autre 15 grammES pour la nouvelle donc on à plus de gaz d’acrymogène mais aussi on a plus d’explosifs et on nous a dit en fait que c’est elle était moins puissante alors que l’exocyre donc ça s’appelle le RDX le RDx par à une puissance d’explosion de 8750 ms tandis que la grenade de l’if 4 a une puissances d’explosion donc la TNT de 6900 ms donc on est à 2000 ms de plus de force explosive sur la gm2l donc elle n’est pas celle qui a elle est plus dangereuse et elle a arraché d’ailleurs
Redon, celle qui a arraché une main à Redon,.
Je voulais répondre, c’est important de souligner la stratégie médiatique et le cynisme des dirigeants, c’est-à-dire que je reviens rapidement sur le flash ball LBD, les premières mutilations au flashball ont eu lieu dans les années 2000 et il y a eu tout un discours. Le père Douillard-Lefebvre prend la parole. Du coup, les policiers s’enferrent exprès, tirent dans la tête, etc. Donc, on va la remplacer par le LBD, qui a été massivement utilisé ces dernières années avec les conséquences qu’on connaît parfaitement. Donc on utilise… La prétendue imprécision, mauvaise qualité de l’arme, pour la remplacer. Ici, on a la même stratégie, c’est à dire que la GLI a arraché une série de mains pendant le mouvement des gilets jaunes, elle en avait arrachée avant, elle avait aussi arrachés des pieds à Saint-Nazaire, à Bure, etc., et elle a tué une employée de l’usine dans la Sarthe, après signé, et effectivement, les stocks arrivaient épuisement pendant le mouvement de gilet jaune, et à la fin du mouvement des les jaunes. Cette nouvelle grenade était déjà en expérimentation. Mais à nouveau, cynisme absolu, communication mensongère absolue de Christophe Castaner a dit non, c’est vrai, elle est trop dangereuse. La GLI, on la retire. Il a carrément dit on la retire. En réalité, celle-là était déjà en usage et effectivement, il y a au moins deux personnes qui ont perdu une main alors qu’elle vient d'être mise en circulation à Paris lors du mouvement sur la loi de sécurité globale Place de la République, en plein cœur de Paris. Et il y a quasiment exactement un an, à Redon, lors d’une free party pour Steve. La police a quand même attaqué un hommage à Steve à coups de grenades explosives et a arraché une main. Donc, pour vous, voilà, ça c’est un exemple du cynisme et de la communication de crise permanente du gouvernement.
J’ai une question sur le modèle de proportionnalité. Est-ce que vous connaissez le cadre international qui régit l’usage de la force ? Et est-ce-que vous connaissiez d’autres modèles alternatifs à la proportionnalité qui pourraient être intéressants dans ce domaine-là ? Qu’est-ce qu’on pourrait proposer ?
L’usage de la force en général alors moi j’ai pas suffisamment étudié les modèles internationaux parce que c’est très complexe c' est très peu transparent il a très peu d'échanges sur les questions il y a des modèles connus il y en a qui sont souvent mis en avant sur des modèles de maintien de l’ordre en Europe notamment on nous parle souvent de l’exemple allemand qui à mon sens n’est pas un modèle en termes de proportionnalité c’est juste pas les mêmes formes de la violence en fait. Ce n’est pas les mêmes formes. Ils sont passés beaucoup plus vite sur des modes de contrôle en amont des manifestations et sur un enserrage, ce qu’on appelle l’engagement, les nasses des nasses mobiles, qui ici ont été jugés illégaux. Elles sont encore, du point de vue du droit, il y a encore des efforts à faire du point des syndicats de police pour forcer le droit, donc elles ne sont pas légales. Mais en Allemagne, elles sont légales depuis des années. En fait, la manifestation n’existe plus en Allemagne. En réalité, ça dépend aussi de ce qu’on appelle une manifestation. Et il y a aussi, on pourrait évoquer aussi la force subversive d’une manifestation, la puissance subversive d’une manifestation. Et en réalité, les manifs allemandes ne sont plus subversives. Ce qui gêne en France et ce qui gêne aussi du point de vue de l'éthique, le black bloc, tout ça, tous ces questionnements autour de l’usage de la violence par la population, ça pose ces questions là. C’est le degré de subversivité d’une manifestation et en Allemagne, en fait, c’est des manifs encagées. Même les Black Blocs sont encagés, a priori. Et donc, il y a des négociations, il y a des négociateurs. Ils essayent de mettre ça en place depuis les Gilets jaunes. Ils ont mis en place des officiers de liaison qui ont des brassards bleus, on dirait des mecs de Frontex. Ils arrivent et ils viennent dialoguer.
Officier de liaison qui existait en fait jusque dans les années 2000.
Là, on pourrait dire qu’il y a des, c’est aussi toute la question relative à la moralisation du maintien de l’ordre en fait. Le maintien l’Ordre, à notre sens, après c'était une posture militante radicale, elle n’est pas réalisable en fait, le maintien. La violence n' est pas normalisable. La violence légitime de l'État, le monopole de la violence procédé par l’Etat n’est pas moralisée. Et donc, on pourrait, on pourrait se perdre à essayer de comparer des modèles. Les Espagnols ont des armes sublétales aussi. On a vu à Hong Kong, on a vu au Liban, on a vu aux Chili, on l’a vu en Colombie, on a vu les États-Unis dans le cadre de Black Lives Matter. On a eu nombre de modèles. Ils ont tous des arsenaux plus ou moins différents, plus ou plus variables. Mais il n’y a pas de modèle parfait. Et les modèles parfaits qu’on nous présente, c’est les modèles où la contestation n’existe pas. Chez Bachar al-Assad, par exemple, le maintien de l’ordre est assez efficace puisqu’il n’a pas de manifestation.
Je pensais au modèle Ontario, par exemple, ou au modèle, je ne sais pas si vous le connaissez. Mais tu peux peut-être le dire. Ouais, en fait, dans le cadre du maintien de l’ordre, il y a des cadres nationaux qui existent. Donc évidemment, en France, on a nos lois, notre manière de faire. Et la France est particulière parce qu’elle a tendance à légiférer à posteriori. C’est-à-dire que rien que sur les fichiers d’empreintes par exemple ou sur des trucs comme ça, il y à des pratiques policières qui existent et la loi arrive après coup. Alors qu’il y a déjà des droits internationaux qui existent et des obligations internationales. Que la France ne respecte pas et qu’elle va se mettre à respecter a posteriori. Il y en a un historique sur ce qui est particulier en France. Mais il y a un cadre international de l’usage de la force qui se base sur un modèle qui s’appelle Graves-Connor, celui de la proportionnalité qui est pointé, et qui entraîne en fait des formes de violences. Parce que proportionnalité, c’est très subjectif. Et c'était difficile. Il y a eu un antécédent américain qui a été très important, ou une personne qui ne présentait en fait aucune violence, mais où le policier s’estimait en danger. À agir de manière proportionnelle au danger qu’il pensait subir. À partir du moment où la réaction est considérée comme proportionnelle au danger que le policier perçoit, il a le droit de le faire. Ce cadre-là, il est aux États-Unis très marqué. Il s’est internationalisé notamment par l’ONU qui met ce cadre. Je me demandais s’il y avait d’autres possibilités, d’autres hypothèses. J’ai regardé un peu d’un autre cadre. L' Ontario est un modèle qui rend le policier responsable. Ce qui est important, c’est la responsabilité. Que si un policier n’a aucune conséquence. Juridique, sur son action, lorsqu’il tire au LBD sur l'œil de quelqu’un, bah évidemment qu’il va le faire, parce qu’ils ne risquent rien. Si par contre, le moindre tir disproportionné, etc. Peut entraîner des conséquences, il y a peut-être moyen de réduire ses violences. C’est une composition que je vois. Et donc, il avait le modèle Ontario au Canada qui disait que l’usage de la force ne doit pas être proportionnel à la situation, mais dépend des caractéristiques de la situation. Le modèle Ontario, c’est un modèle d’observation. Donc, si on est dans un… Mais là, ce modèle, je le conteste. Il parle du quartier, sauf que si on est dans tel ou tel quartier on a le droit d’utiliser telle ou telle arme. Donc vous voyez, il faut réaliser les implications de ces modèles. Je ne vends pas ce modèle là, mais je vous dis qu’il y a d’autres modèles qui existent, qui peuvent être pires. Et je me demandais si vous aviez connaissance d’autre type de modèle, j’ai l’impression qu’on étudie très peu ce genre de choses. J’ai regardé un petit peu, il y a un modèle que je trouve très intéressant qui est développé en Amérique Latine, qui est le modèle Daniel Gomes Tagl, qui lui, veut vraiment donner une responsabilité. Aux officiers de police par rapport à leurs actes. Donc, c’est quelque chose qui ne va plus parler d’un usage proportionné, mais d’une usure minimale de la force. Est-ce qu’il est possible de désarmer quelqu’un en lui parlant ? Est-il nécessaire de faire ceci ou cela ? Et si jamais l’usage de la Force était disproportionné, là, on peut rendre le policier responsable. L’autre point qu’ils pointent, c’est que dans la proportion, on a tendance à mettre uniquement l’arme, c'était du point de vue juridique, conséquences juridiques. Est-ce qu’il y a une manif ? Il y a des gens violents dans la manif, c’est une phrase qu’ils mettent, c’est faux, mais ils le mettent. On a le droit de tirer au LBD. L’usage du LBD est justifié. Voilà comment il raisonne. Lui, ce qu’il propose, c’est la manière dont on utilise l’arme doit être prise en compte. Ce qui n’est jamais le cas pour l’instant. C’est-à-dire que si on tire au LbD en l’air, c’est pas pareil que si l’on vise un œil. Ce n’est pas pareil que s’en tire sur quelqu’un. Même une arme à feu tirée en l’air, certes il y a une violence symbolique, mais elle est beaucoup moins violente que peut-être un coup de matraque qui va casser une… Donc, l’idée derrière ça, c’est aussi dans le modèle, ce qu’il cherche, c’est à maximiser non plus la proportionnalité et le droit de l’homme. Donc, il centre tout sur les droits de l’homme, à la fois du policier qui a le droit d'être en sécurité, mais également du manifestant qui a droit de manifester, mais également de la population qui n’est pas d’accord avec la manifestation parfois et qui veut circuler. Donc c’est les trois thématiques qui sont mises en place dans ce modèle, donc c' est un peu compliqué. Si vous regardez en détail comment il le fait, l’objectif de ce modèle est de pouvoir rendre responsables les policiers et de pouvoir les condamner lorsqu’il y a des problèmes.
Merci beaucoup.
Gomez Tagl, il est intervenu dans un truc, il faut parler un peu espagnol, mais il y a une grosse enquête, elle négocie de la répression, donc le commerce de la répression qui est sorti avec El Pais.
Merci beaucoup pour ça, il va falloir, on a cinq minutes, cinq bonnes minutes pour d’autres questions, donc essayez, c'était très intéressant, mais essayez d'être assez concis dans vos interventions, merci.
Bonjour, moi j’aurais une question, c'était un peu mon leitmotiv aujourd’hui. Tu parlais du fait que dès que Castaner a dit que les grenades étaient nouvelle génération, etc., les gens savaient que c’est un mensonge. Pourquoi, ou comment, ou est-ce que ça a été fait ? Pourquoi ce n’est pas remonté immédiatement ? Pourquoi ? Pourquoi on ne le sait pas ?
Alors, est-ce qu’il faudrait, ça tombe bien que tu parles de ça parce qu’en plus cette grenade-là pour information Darmanin donc a sorti une circulaire il y a quelques mois interdisant formellement aux policiers de la jeter à la main, pas pour protéger les manifestants mais tellement dangereuse que les flics risquent de s’arracher la main avec pour vous dire et qu’ils doivent la tirer au lanceur, c’est-à-dire au fusil pour la tirée à distance sinon il risque de se blesser gravement avec. Alors les
En fait, pour préciser ce que vient de dire Pierre… C’est les gendarmes eux-mêmes qui, il y a quelques années, avaient dit qu’il y avait un problème avec la GM2Z.
On travaille sur les armes de la police et qui sont tout de suite alertées. Après, là, tu poses la question d’une des pistes de résistance qu’on évoquera peut-être cet après-midi, c’est la nécessité absolue de médias indépendants, de réseaux puissants qui soient à même de concurrencer les médias dominants. Je ne vais pas partir dans une diatribe, mais bon, tout le monde sait ici que 90 % des médias français sont possédés par une poignée de milliardaires qui aussi, entre le macrocosme et le fascisme en gros, de qui ils n’ont pas forcément intérêt à mettre en cause les armées de la Police. Donc là, l’information, elle est sortie. Moi, je pense que le problème, c’est pas tant qu’on n’a pas les informations puisqu’on les a aujourd’hui. On les a, elles sont produites. Il y a des gens qui savent, qui arrivent à faire sortir les infos. C’est qu’en croule d’une part sur l’abondance d’informations et qu' on n’arrive pas à faire entendre notre voix suffisamment dans ces moments là. Et oui, il gagne une guerre d’opposition juste très rapidement. C' est que souvent, quand il y a une violence d'État, il y à d’abord le mensonge et ensuite, six mois après. Après que la famille ou que la personne blessée ou que les proches d’une personne tuée se battent, ils arrivent un petit peu à faire entendre la vérité, mais c’est trop tard en fait. Le blast, entre guillemets, l’effet de souffle de la violence policière, elle est déjà passée. Comment nous on est capable, avec des réseaux suffisamment forts et des médias indépendants suffisamment puissants, de tout de suite avoir une voie qui soit aussi importante que celle des autorités ?
Bonjour. Alors moi, ce n'était pas pour une question, c'était pour apporter un complément par rapport à ce que disait monsieur.
Qui dit médias indépendants, dit carburant, financier.
De la Cour européenne des droits de l’homme en 2019, donc l’arrêt Chebap contre France, et dans cet arrêt-là, on nous parle des principes de proportionnalité et de nécessité au regard de l’intime conviction du policier auteur de violence, et donc ce que l’arrêt nous dit, c’est qu'à partir du moment où le policier, sur l’instant T, estimait que l’usage de la force était nécessaire et proportionnel, en gros ça légitime les actes de violence. Donc voilà, c'était juste pour apporter ce complément, c’est pas de la jurisprudence hyper… Favorable. Oui bonjour, merci pour vos interventions. Donc moi je souhaiterais revenir sur le tableau par des salaires dans la valeur ajoutée. Je voudrais savoir à partir de quel taux les calètes dominantes seraient rassurées. Voilà, ça c’est la première question. Et la deuxième question c'était est-ce que vous avez des comparaisons qui justifieraient donc votre hypothèse ? Merci.
Alors, c’est difficile à dire à quel taux il serait rassuré, probablement au taux 100 et la consommation elle viendrait des pays étrangers, comme ça, la consommations, bon bah, c est chez les classes dominantes des pays d'à côté que c' est embêtant, mais en France, voilà, ils auraient 100 %. J’imagine que ce sera l’idéal, sauf que, évidemment, ce n’est pas tenable socialement, donc, non, mais tout ça pour dire que c' est en quelque sorte un bras de fer qui ne… On ne connaît pas d’issue définitive parce que les luttes sont dans un sens et dans un autre, mais toujours est-il que le capital vise évidemment à augmenter sa part. Et ensuite, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris la deuxième question, une comparaison de quel type. Vous mettez le doigt sur une question qui est très importante et qui entoure la question des violences policières dans tous les pays, à savoir le problème de la documentation. La police, quand elle produit des données sur son activité, il s’agit de données très incomplètes, très biaisées et typiquement sur le recours aux armes. Je ne connais pas à date d’autres pays qui fournissent des données à part la France. Donc on a on a des données partielles, on a la société civile qui réunit des données, mais étant donné que c’est quand même un travail assez lourd, qu’on peut avoir des collectifs militants qui pendant un certain temps récoltent des données mais à un moment forcément ils s'épuisent et donc on peut difficilement faire des comparaisons dans le temps un peu plus long. Donc on à là un vrai problème méthodologique. Néanmoins… Mais là, c’est vrai que ce n’est pas attesté dans d’autres pays, mais typiquement, dans notre séminaire, il y avait un type qui était rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, un juge et professeur de droit en Afrique du Sud, qui effectivement, à travers son travail à l’ONU, à travers ses observations en Afrique me disaient, bon, mon impression, c’est qu’il se passe exactement la même chose ici. Et c'était des impressions de ce type que j’ai pu réunir dans plein d’autres pays. Mais ces autres pays s’intéressent précisément aux données françaises parce qu’elles leur permettent en quelque sorte de rendre tangible une tendance qui pourrait aussi être à l'œuvre chez eux. Mais on n’en a pas la certitude. Donc, le problème de la documentation, il est bien réel. Et peut-être juste un petit mot sur les recommandations de l’ONU, sur la proportionnalité, sur les nécessités. Effectivement, ça pose ensuite la question de qui apprécie ces éléments-là. Généralement, c’est la police. Et quand c' est la police, il faut que nous, on s’interroge sur comment la violence est gérée par l’institution. Et ça, c' est des questions que je me suis posées pour le livre qui est à paraître. Mais il paraît assez clairement, et on a des données scientifiques là-dessus, que l’institution policière encourage ces agents à agir par la violence et donc à totalement normaliser la violence. Et partant de là, si on a une institution qui produit de la violence, faudrait peut-être s’intéresser à l’Institution en tant que telle et pas seulement à la doctrine.
Merci beaucoup. Bon, on va s’arrêter. On va faire une petite pause très courte parce que le programme continue cette matinée. Donc, merci encore aux intervenants. C'était super. Et vous pourrez débattre avec eux à la pause déjeuner.
Voilà, alors on va attendre que le deuxième débat se mette en place. Alors attendez, hop hop hop, je vais vous donner l’un d’utile. Les conséquences de l’emploi des armes, Mélanie Louis de la CIMADE va venir nous parler de la violence policière à l’encontre des migrants. Thierry Tintoni-Merklen, de l’Union syndicale solidaire ex sud intérieur va venir nous parler des manifestations. Tidjani Christian, de l’Assemblée des blessés qui a représenté tout à l’heure Pierre Douillard, va venir également parler des conséquences de l’emploi des armes. Et enfin Mélanie Ngoi-Gaham, du collectif des Mutilés, pour l’exemple. Mélanie, vous la connaissez sans doute. Si vous l’avez vu, appelée Christian Sage, c’est elle qui est au cœur du film. Et qui part de son témoignage les coups de matraque dans les cervicales pour partir de son exemple à elle pour arriver à la violence d'État. Mélanie est là, elle a pris la parole là à l’instant. Donc elle va normalement plus parler des opérations de police dans les quartiers populaires puisque Mélanie se trouve être travailleuse sociale dans les quartiers Nord d’Amiens. Voilà pour le débat qui s’annonce, moi je vais préparer ça aussi. Alors, excusez-moi, parfois ça frise un petit peu parce que l’ordinateur que j’utilise est en surchauffe. D’ailleurs, tiens, ça me fait penser, il faudrait que j’aille mettre le… Mais bien sûr, j’vais attendre le début du débat pour installer le refroidisseur. La boîte… C’est ça. C'était dingue. Salut ! Trois ventilateurs que je vais placer sous l’ordi et ça va le refroidir. Voilà, voilà, voilà. J’espère que le débat vous a plu et que vous apprenez des choses. Merci Sniper, merci beaucoup. Oh, attendez, qu’est-ce qui se passe ? Hop ! Et un stream avec un petit écran et juste un seul, c’est un peu complexe. On y arrive, on y arrive. Alors, hop, je fais ceci. Est-ce que vous avez des questions particulières en attendant la suite ? Bon, on dira aux organisateurs la prochaine fois, il ne faut pas qu’il y ait que des garçons. Ça, ce n’est pas possible. Ça frise la perfection. Oh, merci, je m’en servirais dessus, là. Ah oui, oui, très, très bien, très très bien. Alors, merci Joker pour ton abonnement, merci infiniment pour ton abonnement. Sachez que j’ai envoyé un petit mot au Carmagnole, ils sont très contents que nous soyons aussi nombreux à écouter le débat qu’ils ont mis en place depuis des mois. Ils ont fait venir donc plus d’une dizaine de personnes, toutes plus qualifiées les unes que les autres. Donc voilà, là c'était le premier débat, le deuxième dans quelques temps Ensuite, ils font une pause, à Montpellier, ils prennent le temps pour manger et il y aura trois débats dans l’après-midi dont le dernier sur la riposte possible, la riposte médiatique, la Riposte Méditante, etc. Oui, alors tu as raison, Bonnet, c’est ça le problème, c’est que les armes c' est un truc de garçon, bon, c' est assez genré, il faut le reconnaître, comme je dis souvent. Pour parler de la police, il y a beaucoup de flics, il y a beaucoup de garçons, et pour parler de justice, il n’y a plutôt des filles. C’est assez intéressant quand même. Mais effectivement, c’est vrai que c' est un problème. Et on ne peut pas non plus… Il y a un autre effet qui serait terrible, qui serait de dire que ça doit être animé par une fille. C' est à dire que la fille qui porte les micros, qui donne la parole au mec, est encore plus dévastateur. Alors, on attend la suite des événements. Toto, franchement, nous les enfantillages, c’est pas notre affaire, donc voilà. Merci Lol, merci beaucoup pour ton abonnement. Passionnant ce live, comme d’hab, merci, merci Lol, mais là il faut vraiment, on n’y est pour rien, nous on fait juste la retransmission et la modo, c’est vraiment les organisateurs et les intervenants qu’il faut saluer. Oh merci Jean Ferraille, merci beaucoup, merci merci, d’heure de neuf, alors après oui en effet là on On donne de notre temps, c’est vrai, c’est vrai. Donc les mots d’eau vont se relâcher. Là c'était Jessy et Olivier et ce sera Robin et Oriane un peu dans la journée. Merci Jérémie, merci beaucoup. 16 mois, oh la vache ! Alors, la cape rouge, il y a Thierry Tintoni qui est un ancien policier de Sud-Intérieur qui va parler tout à l’heure. Alors, Sud-Interieur c’est probablement le syndicat le plus critique de la police et c'était aussi le plus minoritaire des minoritaires. Alors je vais changer l’intitulé du débat, racontez-moi, vous êtes où en ce moment ? Vous êtes sur la route des vacances ? Vous êtes dans votre atelier ? Vous êtes dans notre maison ? Vous êtes en train de jouer ? Qu’est-ce que vous faites là ? En train de regarder en même temps ? Sur mon balcon avec clope et café, waouh, sur son poste de travail chez moi. 10 heures de train dans 15 minutes, astrologie. Bah si tu veux, on t’accompagne presque toute la journée. Chez moi en train de lire à gâteau, qu’est-ce que tu lis ? La CGT intérieur n’est pas aussi critique que Sud intérieur ? Non, un peu moins, un petit peu moins. Je mange des chocolatines en buvant du café. Ici, ça bosse dur, très bien. Terrasse et café pour moi, dans mon appart, devant l’ordi. Chez moi à Moutier. Émousser, charmante commune. Alors à Éymoutiers, nous avons quelques camarades là-bas et il y a les écrits d’août. Je vous conseille d’y aller. Je ne pourrai pas y aller cette année. Et notamment le thème c’est que peut l'écrit ? C’est-à-dire est-ce que l'écrit peut changer le monde ou le raconter de sorte qu’il se modifie ? J’imagine, c' est marrant ! Peut-être que je pourrais leur proposer de retransmettre les débats. Tiens, ben je vais faire ça. C’est au mois d’août, je dessine, je bois du café en m’attendant un stream très intéressant assis devant mon bureau, bien petit dragon vert, bien sur mon pc en train de jouer avec un café à côté, ça c’est bon quoi, j’ai pas internet sur le smartphone, désolé alors, dans mon lit, en télétravail, isolé Covid, jeu vidéo et en votre bonne compagnie, merci Anna, courage à toi pour le Covid. On stoppe au Kosovo ? Non, je ne te crois pas, Hubert. Des pains au chocolat, voilà, c’est ça. Je m’attendais à ce qu’il y ait une guerre. Merci beaucoup Café Oli, merci alors Durdenov qui offre un abonnement, j’ai aussi entendu. Merci Théassica pour ton don, infiniment. Attendez, il faut quand même que j’aille voir où ils en sont là, à Montpellier, ils sont là. Alors attendez, je vais mettre ça, ce sera plus simple, avec un seul écran. Le débat de la carmagnole. La carmagnole, c’est une salle à Montpellier, que je vous conseille. Il y en a deux, il y a la carmagnole et il y à le barricade à Montpellier. Petit placement de produit. Ici je suis à Pristina, oh la vache, c’est incroyable ça, c’est incroyable, bon voyage, bon stop. Dans ma cuisine en Suisse, ce petit pays d’une neutralité exemplaire, nous dit De Riktus. Ah, mais il y a une communauté suisse autour du poste qui est assez étonnante. D’ailleurs à ce propos il y a un Discord, et dans ce Discord il y à un salon qui est précisément consacré cellules dormantes d’au poste où ceux de Lyon se sont rencontrés, ceux de Toulouse se sont rencontrés et peut-être même aussi Montpellier. Je crois qu’il y a des Suisses. Neutre mais de droite ! Merci beaucoup La Caproga, merci beaucoup et merci à tous ceux qui nous soutiennent. Je suis mille fois d’accord avec ce que Pierre Douillard Lefebvre disait tout à l’heure en termes Il y a une nécessité absolue, alors plus que jamais, avec les temps sombres qui nous couvrent, d’une presse indépendante ou sans parler de presse, de canaux de diffusion, d’une pensée critique, d’une pensée libre, d’une pensée alternative qui ne sont pas phagocytées par une vision du monde qui est celle, grosso modo, partagée par la presse mainstream. Il faut le reconnaître. Là où j'étais un peu, où je suis un peu en désaccord quand même avec mes camarades qui ont parlé, c’est que malgré tout, la critique de la police aujourd’hui n’a jamais été aussi forte. Elle reste minoritaire, mais elle n’a jamais été si forte. D’ailleurs regardez entre la présidentielle et les législatives, la polémique autour du vocable « la police tue », moi-même j’ai été surpris de l’importance que ça a pris au fil des jours, au fil des débats. Alors, on attend le débat. Je n’ai pas pu trouver les optimistes de Lyon sur le Discord, alors là je ne peux pas ouvrir le Discord parce que si je l’ouvre j’ai peur, j’ai peur qu’il y ait des… Que ça frise la perfection. Alors, comment situerais-tu le Sud-Intérieur par rapport à Vigie ? Vigie c’est compliqué les amis, je vous l’ai déjà dit, Vigie c'était notamment Noam Anouar dont on apprend ces derniers jours qu’il était un des informateurs d’Aziz Amouri, contre qui Aziz El Moury, le journaliste de Point, semble dire qu’ils va porter plainte. Donc Vigie c'était une scission de la CGT intérieure. Sud-intérieur, je classerais sud-intérieur un peu comme sur l'échiquier des syndicats solidaires qui est le plus à gauche quoi, grosso modo. Bah, à l’intérieur c’est le plus à gauche des syndicats de police. Alors, j’ai vu passer un message disant que la… Voilà, c'était Dag Milupa qui dit, je ne sais pas si la critique de la police a jamais été aussi forte mais c’est sûr qu’elle trouve plus d'écho dans les médias. C’est ce que je voulais dire. Mais tu le dis mieux que moi. C’est-à-dire qu’en effet, la critique de la police était sans doute encore plus virulente dans les années 60, 70. De la police n’a pas eu l'écho qu’elle a aujourd’hui dans la presse, même si c’est pour critiquer la critique de la Police. Mais au moins, il y a une fenêtre de tir, on va dire, qui n’existait pas. Voilà, là j’entends du bruit. J’entends du bruit… Donc je crois que ça va repartir, bonjour Lila, bonjour. Et Monsieur, comment ? On attend le deuxième débat de la journée spéciale arme policière mutilante, analyse et combat, coloc qui a lieu à Montpellier en ce moment même. Là, le deuxième débat va mettre… En lumière, les effets des arbres, ça démarre.
Au bout de 4 minutes. Oui. Allez, viens.
Voilà, alors là, on reconnaît Mélanie Engelgaam, Kérit Anthony, celui qui est à l'écran. Je vais les laisser se présenter
Bienvenue à cette 2ème à cette d’abord Thierry Tintoni-Mercklen de l’Union syndicale solidaire, qui est animateur du groupe de travail Droit et liberté à l’UNI, et qui va nous parler d’armes et violences en manifestation. Il y aura ensuite Mélanie Lui, qui est au bout de la table, qui est juriste de formation, responsable nationale des questions et expulsions à la CIMADE, et qui anime le groupe de travail sur les violences policières initié à la CIMADE en avril de cette année. Et donc qui nous fera exposer une présentation sur les violences policières à l’encontre des migrants. Et enfin, il y aura une présentations double à deux, on va dire, entre d’un côté Christian Tintoni de l’Assemblée des blessés, qui est là au bout de la table également, et Mélanie, juste à côté de moi, pour les mutiler pour l’exemple, et eux, ils vont parler des relations entre la police et les habitants des quartiers populaires et notamment des opérations de police dans les quartiers populaires. Donc, je passe tout de suite la parole à Thierry. Tu as ton micro qui est là, ça doit marcher.
Bonjour, merci d’avoir fait ce colloque qui en plus tombe très bien pour Solidaires justement parce que c’est un sujet qui pour nous est important et de longue haleine. Voilà, je vais pas mal lire, je ne suis pas très à l’aise, donc je suis en public. Donc moi je vais parler de la manifestation. Puisque je représente donc l’Union syndicale solidaire. Donc nous, la manifestation, ce n’est pas le seul outil de lutte, mais c’est un outil très, très important. Donc, ce genre d’interactions avec les forces de l’ordre ou autres en manifestation pour nous sont assez omniprésentes. Alors, ce n’est pas sur l’ensemble du territoire national. C’est vrai qu'à Paris, on y est beaucoup impacté. Il y a des villes où il y a moins de soucis. Donc, moi, j’ai plus l’habitude du terrain parisien et c’est assez lourd. Donc, d’un point de vue juridique, la manifestation est entourée de normes de toutes sortes, alors des normes internationales, constitutionnelles, légales, réglementaires, juristes, prudentielles. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’elle est un des droits humains et qu’elle est liée à la liberté d’expression et de réunion. D’un point de vue sociologique, la manifestation, alors ces deux sociologues dans leur dernier ouvrage. Fabien Jobard et Olivier Feuillu disent dans sa forme canonique, « Elle est l’acte de rendre visible par le nombre l’expression d’une opinion. C’est le pendant visible du vote qui lui s’exprime derrière les rideaux fermés de l’isoloir. Les deux gestes ont en commun un rapport au nombre. La manifestation d’un grand nombre vient contrebalancer ou compléter l’expression d' une majorité, ici des urnes. » Donc, on comprend bien que… Le problème de la massification est consubstantiel à la manifestation. Et donc, les syndicats, l’Union syndicale solidaire constate que depuis quelques années, il y a une désertification, une désertion des manifestations. Je ne parle que des cortèges syndicaux et un appauvrissement du cortège. Et nous pensons que parmi les causes de ça. Les utilisations d’armes et les violences dans les manifestations font que les gens ont peur de venir manifester car ces violences les dissuadent. Et en ce sens, nous considérons que les utilisations de l’arme et des violences constituent des entraves à la liberté constitutionnelle de manifester. Les conditions imposées aux manifestants par les forces de l’ordre sont très dissuasives. Il faut faire des déclarations, déposer des trajets, ça implique des négociations avec la préfecture. En Provence, c’est la préfecture, les agents précepteurs. À Paris, c’est carrément avec la direction de l’or public et de la circulation. Donc c'était des policiers. Donc c'était le premier contact et les premières entraves. Qu’on a sur la liberté de manifester, il faut négocier et après, bien évidemment, sur le trajet, on n’est pas du tout accompagné, on est pas du tout à même de maîtriser ce qui va se passer sur le terrain, est-ce que les policiers seront mis à distance ou pas, ça c’est l’essai même si on fait des… Des vœux auprès de la préfecture, on n’est pas, on est rarement écouté. Et donc, pour manifester, il faut prendre le risque d'être blessé lors d’une charge par une grenade, supporter la peur, les nuées, des lacrymogènes. Il faut aussi accepter l’encerclement par les forces de l’ordre, se soumettre à un contrôle du cortège. Les cortèges sont donc arrêtés, séparés, nassés, avec le problème des fois de quitter même carrément la manifestation, parce qu’une fois arrivé au terme de la manifestation les places parisiennes sont très vastes et donc il faut trouver une issue à faire, il y en a des fois.
Donc Thierry Tintoni-Merklen c’est un ancien commissaire des renseignements généraux qui avait été malmené par sa hiérarchie, fondateur de Sud-Intérieur.
Qui se déclare habité par l’idéal démocratique devrait pourtant mettre en place tous les moyens nécessaires pour s’assurer que la contestation puisse s’exprimer et ce n’est pas le cas. Par exemple, j’ai pris l’exemple de la journée phare des syndicats qui est le 1er mai. Le 1er mai, c'était une journée, encore il y a quelques années, une manifestation où les syndicalistes et militants se rendaient en famille. Ça fait longtemps que ce n’est plus le cas. Et il y à l’exemple qui ressort dans beaucoup de discussions militantes de l’Exemple du 1er Mai 2019, où le carré de tête avait été l’objet d’attaques. Les services de la préfecture de police, à Paris, ont dit que c'était parce qu’il y avait des casseurs qui avaient tenté de s’infiltrer dans le carré de tête, mais enfin, quoi qu’ils en soient, c’est le carré de tête qui a été l’objet de grenadiers, de tirs. Le secrétaire général, la CGT, a été contraint de quitter temporairement le cortège en début de manif. Et lui, il a carrément dit, la police a chargé la CGT, c’est grave parce qu’on est identifié quand même. Il a jugé que j’avais rendez-vous avec vos confrères, il dit ça aux journalistes, pour un point de presse traditionnel, et les forces de l’ordre sont intervenues en visant la camionnette de la CGT qui ouvre le cortège. Et lui pense qu’il y avait une volonté délibérée d’affrontement. D’autres syndicats ont aussi parlé, lors de ce 1er mai 2019, le porte-parole de Solidaire de l'époque, Herry Benel, dit qu’il a dû répondre à une interview avec un masque à cause des gaz électrogènes. Il a accusé la police d’avoir volé le 1er Mai. La FSU, elle, n’a pas assisté à la manifestation parce qu’elle a carrément quitté le cortège. Donc, ils sont partis. Alors, à Solidaire, on a mis en place plusieurs outils. Le premier outil, c’est de constituer des services d’ordre. Donc, le service d’or, à la base, c’est un… Merci. Le service d’ordre au départ, il a été constitué en Île-de-France, c'était bien évidemment du fait du nombre des manifestations. Donc, il remonte de manière formelle à 2016. Il y a une charte qui a été établie pour faire un SO mixte et démocratique avec répondant au mandat des instances nationales. Et ensuite, ce qu’on fait, c’est qu' on milite depuis longtemps pour l’interdiction des armes en manifestation, comme le LBD et la Grenade. Il y a une ribambelle de tribunes, 2016, 2018, 2019. Des contributions de Solidaires ont participé à la saisine du défenseur des droits. Bon bah, c’est sûr.
À la tribune, lire un truc, c’est jamais génial.
Une demande d’interdiction du LBD en manifestation et avec d’autres, il y avait la CGT et d’autres, mais Solidaire en faisait partie. Et ça a été le Conseil d’État à rejeté notre requête le 24 juillet 2019. Ça remonte à quelques temps, on a fait d’autres recours comme contre le schéma national de maintien de l’ordre le SNMO. Autant dans sa première version que dans sa deuxième version. Puisque la première version avait obtenu des annulations, notamment sur les journalistes, les nasses. Le ministère de l’Intérieur l’a retouché. Et là, ils avaient simplement modifié la partie concernant les… Les journalistes, donc les syndicats c’est content, mais nous, on a attaqué sur deux points qui n'étaient pas évoqués, le statut des observateurs, qui n'était pas du tout évoqué et qui pose quand même un gros souci, et également le problème des nasses, qui était toujours pas réglé pour nous dans la deuxième version du SNMO. Ensuite, juste à un point, sur ce qui a été dit sur la première tribune, c’est effectivement la difficulté, je reviens sur ça parce que je trouve que c'était assez important, la difficultés d’accès aux chiffres des violences par PDAP, personnes dépositaires de l’autorité publique, on sait très très peu de choses, ça filtre à travers les rapports de l’IGPN qui sont complètement incomplètes à ce niveau-là, qui ne donnent pas du tout, par exemple, les chiffres d’actes de violence, ce n’est pas du tout chiffré par l’Igpn dès qu’il y a des mises en cause pour violence, il n’y a pas de chiffre. On sait, on connaît le nombre de tirs, mais ce n’est pas du tout. Les actes de violence ne sont pas chiffrés, ils sont noyés dans l’ombre des actes globaux. Et donc, je crois que j’en ai fini moi. Oui, j' en ai terminé.
Merci, merci Thierry.
Non, c’est pas ça.
On va passer à Mélanie pour la CIMADE.
Alors bonjour à toutes et à tous, donc je suis Mélanie, je travaille pour l’association La CIMADE, qui est une association d’accompagnement juridique administratif des personnes étrangères. C’est une mission qu’on exerce à travers 115 permanences à travers toute la France, dans huit centres de rétention administratifs, dans plus de 75 prisons, aux frontières, dans deux centres d’hébergement et sur un projet bidonville ici à Montpellier. Donc ça donne un spectre assez large des… Lieux où les violences sont commises et à travers nos permanences la question des violences policières est de plus en plus prégnante, d’où l’ouverture d’un groupe de travail cette année sur la question. Alors au niveau de l’assimile on estime qu’il est important d’aborder la question
Alors il y a une petite erreur, ce n’est pas Mélanie. Et mutilée pour l’exemple qui parle, là c’est Mélanie-Louis de la CIMADE. Il vient parler des violences policières à l’encontre des migrants.
Un public considéré comme indésirable par l’Etat. Donc il faut savoir que plus d’un demandeur d’asile sur deux n’est pas hébergé par l’Etat, qu’un certain nombre de réfugiés ne sont pas hébergés, qu’il y a un certain nombre des personnes sans statut administratif et juridique sont en errance, et du coup l'État s’attelle à chasser ces personnes-là de tout lieu. Donc on démantèle les campements, les migrants à l’intérieur de Paris, on les chasse vers l’extérieur de Paris. Les migrants sur le littoral nord. On va les forcer à monter dans des bus pour les dispatcher à travers la France. Et donc, il y a vraiment cette stratégie d’invisibilisation des personnes étrangères, ce qui est propice aux violences policières. On a également une politique d’expulsion des personnes du territoire français. Donc, c’est ce qu’on appelle à la CIMADE une machine d’expulsion à tout prix. C’est la slide d’avant, pardon. On nous dit sans cesse qu’il faut expulser plus, plus vite et mieux. Donc, ça aussi, c’est propice aux violences policières. Et dans le cadre de cette stratégie d’expulsion, on a l’intensification d’un certain nombre de mesures de contrôle et de contraintes qui visent les personnes étrangères. Donc, à travers un système d’enfermement des personnes, à travers la notification de mesures d’assignation à résidence, donc où les personnes sont assignées à un périmètre donné, doivent rester… Au sein d’un domicile ou d’une plage horaire donnée qui doivent pointer au commissariat de manière quotidienne, y compris avec des enfants. Tout cela aussi, c’est propice à des violences policières. Dans le cadre de cette stratégie et de ces politiques répressives et de dissuasion, on a tout un spectre de violences symboliques qui prennent autant de place que les violences physiques, dont on a parlé en première partie ce matin et dont je vous parlerai dans un instant. On considère qu’il est également important de parler des violences policières parce qu' il y a tout un système d’impunité qui règne autour des auteurs de violences. On est sur un public particulièrement vulnérable qui, généralement, a subi un parcours migratoire assez traumatisant, donc on va dire que leur priorité, une fois en France, n’est pas forcément d’aller porter plainte ou d’aller faire valoir leurs droits. On est sûr un public qui ne connaît pas ses droits, qui ne connaît pas le système français, qui connaît les dispositifs d’accès aux droits… Qui souvent ne connaît pas, ne maîtrise pas la langue française. Et donc, c’est un public qui n’a pas recours à la justice, qui ne porte pas plainte, ce qui amplifie du coup ce sentiment d’impunité au sein des forces de l’ordre. On a également un certain nombre de personnes sans papiers, du coup, qui ont peur d’aller faire valoir leurs droits parce qu’elles pensent qu’elle n’ont pas de droits. Et ce sont des violences qui sont exercées le plus souvent à l’abri du regard de la société civile. Par exemple, lors des démantèlements de campements, la police va instaurer des périmètres de sécurité de manière injustifiée, de telle sorte que les journalistes, la presse, les associations n’ont pas accès en fait à ce périmètre là et on ne voit pas ce qui s’y passe ou de très loin. Aux frontières, on est sur des zones, par exemple montagneuses, donc on ne peut pas être présent partout. Il y a peu d’acteurs de la société civile sur ces lieux-là. Je vous parlais tout à l’heure de l’assignation à résidence. De plus en plus, on a des interpellations à domicile pour exécuter les mesures d'éloignement. Et là aussi, ça échappe au regard du juge et des associations. Et enfin, pourquoi est-ce important de parler des violences policières à l'égard des personnes migrantes ? Tout simplement parce que ça a peu d'échos médiatiques. Cette semaine, on a entendu parler de l’auto saisine du défenseur des droits, donc de clair et donc sur trois situations. Alors, on en a parlé ce matin concernant des refus d’obtempérer qui ont conduit à la mort de personne, donc les cas de Sevran, Pont-Neuf et Paris 18e. Et on a complètement passé sous silence un autre cas de refus d’obtempérer qui a entraîné la mort sur le barrage de Sospel, sur la frontière franco-italienne, où là, donc, on a eu une personne qui est décédée. Les quatre autres personnes dans le camion étaient placées en rétention, libérées par le juge des libertés de la détention en raison du traumatisme subi. La préfecture a quand même fait appel, ils ont été libérés en cours d’appel. Et ça, au-delà de la presse locale, on en a entendu très peu parler. Et j’espère bien que Clarendon se saisira de cette situation-là également. Donc c’est vrai qu’on entend beaucoup parler des violences policières en manifestation et ciblées sur les « quartiers défavorisés », mais on entend beaucoup moins parler des violence policières à l'égard des personnes migrantes. Alors, quand est-ce qu’elles ont lieu ces violences ? Elles ont lieu notamment lors d’opérations de police, lors de contrôles d’identité, d’interpellation, lors d'évacuation de campements, de démantèlement et d'évacuations de squats. On les retrouve également lors du transfert du lieu d' interpellation vers le commissariat ou la gendarmerie ou vers le lieu privatif de liberté. On les trouve également au moment de la garde à vue, de la retenue administrative, de la mise à disposition. On les retrouve également lors de la privation de liberté des personnes, donc dans les centres de rétention administrative, dans des locaux de répétition administratif, dans les zones d’attente, donc qui sont également des lieux privatifs de liberté. Il y a d’autres lieux dont je vous parlerai dans un instant, et notamment lors d’une mise à l’isolement parce qu’il n’y a pas de caméra ou au moment de la fouille, parce que pareil, il n’y a pas de caméra et les associations n’en ont pas accès. Et enfin, on les retrouve au moment de l’exécution de la mesure d'éloignement. Donc, c’est là où on retrouve énormément de violence policière. Alors, elles sont exercées par qui, principalement ? Nous, à la CIMADE, on a envoyé un questionnaire en 2019 à l’ensemble du mouvement de la Cimade pour répartir un petit peu les violences qui sont commises. Et ce qui ressort le plus, c’est qu’elles sont essentiellement commises par la police aux frontières, la PAF. Donc, c’est la PAF qui gère les centres de rétention. C’est la paf qui se retrouve en frontière. C' est la page qui met à exécution les mesures d'éloignement. Ce sont en général des jeunes policiers, en général, c’est également ceux qui n’ont pas obtenu les meilleures notes au concours d’entrée. Donc ils se retrouvent un peu frustrés de se retrouver dans des lieux privatifs de liberté assimilés à des surveillants pénitentiaires, alors que eux rêvaient d’une carrière d’officier de la police judiciaire. Et donc on les met dans des lieux privatif de liberté et ça donne du coup un milieu propice aux violences policières. Alors je vous ai fait un petit tableau, si l’on peut passer à la salle suivante, merci beaucoup, c’est un peu petit. Mais c' est bien ce tableau. Comme je vous l’ai dit, ça va au-delà des violences physiques, donc il y a toutes les violences classiques, coups et blessures. Je ne vous ai pas mis là, mais on a eu également plusieurs cas de viols récemment, dont des violences sexuelles. Et tout ce qui est menottage, ligotage, entraves notamment au niveau de la mise à exécution de la mesure d'éloignement, donc ils vont mettre un casque, ils vont baigner la personne, ils l’attacher sur un brancard, donc tout ça en général ça se passe avec pas mal de violences. On a les violences verbales et on a les violences psychologiques qui sont ancrées comme je vous ai dit tout à l’heure dans cette stratégie de harcèlement et d’intimidation des d’une personne migrante. Donc ça va passer par la confiscation, la destruction, la saisie de documents d’identité, d’effets personnels. Donc ils vont passer sur les campements, ils vont laisser les tentes, ils vont confisquer les effets personnels. Ça va passer des fouilles à nu, des palpations abusives, y compris par des personnes du sexe opposé, ce qui est interdit par la loi, par du racket, il y en a beaucoup. Par des tirs à balles réelles pour intimider, on en a parlé ce matin donc ils n’ont pas forcément visé les personnes mais voilà c’est juste pour intimider en fait les personnes présentes. Ça va passer également par de la divulgation d’informations confidentielles donc là c' est plus particulièrement dans les lieux privatifs de liberté où par exemple les policiers vont faire fuiter le dossier médical d’une personne atteinte d' une pathologie grave en vue qu’elle se parle. L’objectif, c’est clairement qu’elle soit stigmatisée par les autres. Ça va passer par des humiliations diverses, par exemple, empêcher une femme d’entrer dans le centre de rétention avec son soutien gorge. Ça va être toujours dans un lieu privatif de liberté en centre de rétention, ça va être la diffusion de bruitages particulièrement obscènes pendant la prière, par exemple. Et on a tout ce qui est contrôle abusif d’identité qui sont clairement utilisés comme des outils de la lutte contre l’immigration. Donc on les retrouve partout, aux abords des campements, sur la voie publique, ce sont des contrôles aux faciès, sur les frontières par exemple, si vous allez à la gare de Menton, vous avez un train qui passe toutes les 30 minutes en provenance d’Italie, vous avez en dispositif policier à l’avant et à la fin du quai, le train arrive, donc deux groupes montent dans le train, ils parcourent tout le train et ils fouillent partout les bagages, ça va jusqu’aux toilettes, si la porte des toilettes ne s’ouvre pas, ils gazent, si la portée des toilette ne s’ouvre toujours pas. C’est un pied de biche, donc tout ça, pour l’avoir témoigné, c’est très malaisant. À Mayotte, par exemple, on a eu une circulaire qui date de janvier de cette année, qui fait une fois de plus l’amalgame entre la lutte contre l’immigration et la lutte contre la délinquance et qui appelle la police à contrôler au maximum. Donc on retrouve la police aux abords des écoles qui contrôlent. Donc il y a vraiment une présence policière très, très forte pour intimider les personnes étrangères. On a tout ce qui est refus de droit, donc beaucoup de refus de dépôt de plainte. Donc les personnes n’arrivent pas à déposer plainte, donc elles adressent un courrier au procureur de la République à défaut de pouvoir déposer une plainte au sein d’un commissariat ou d’une gendarmerie. C’est des refus de droit en garde à vue ou en retenue. Pas d’accès à l’interprète, à l’avocat, à l’association, des refus de soins. Au niveau des négligences, on a ce que j’appelle négligence, c’est les refus d’intervention, la non-assistance à personne en danger. Donc sur les frontières, dans les zones montagneuses, on a des chasses à l’homme, on à des courses poursuites où la police mène des courses-poursuites. C’est très dangereux. On a eu plusieurs cas, on l’a vu dans la presse et on a pu témoigner de plusieurs personnes décédées ou grièvement blessées des suites. De ces courses-poursuites et la police n’intervient pas. Pareil sur les campements, lorsqu’il y a un appel, il y a un incendie sur le campement, la police refuse d’intervenir. Des retards de soins. Et en ce qui concerne les détournements de procédures, l’abus de pouvoir, on a tout ce qui est convocation déloyale, donc on va confisquer les papiers d’identité de la personne, on va la convoquer au commissariat pour lui dire, voilà, revenez, cherchez vos documents. Et en fait, c’est pour lui notifier une mesure d'éloignement. Des procédures de chantage, du coup, pour la signature des PV. On va leur dire qu’ils ne vont pas être placés en centre de rétention et à la place, du coup, on leur dit de signer des documents avec des déclarations qui ne correspondent pas à la réalité. De la détention arbitraire aux frontières, c’est-à-dire que dans des structures modulaires attenantes au commissariat de police, ils enferment des personnes sans base légale toute une nuit. Ainsi que plusieurs heures dans la journée et donc là aussi c’est des privations de liberté sans base légale, des mises à l’isolement injustifiées dans les lieux privatifs de liberté donc par exemple entre août 2021 et mars 2022 sur un seul centre de rétention dont celui du Menil Amelot en région parisienne ce sont 76 placements à l' isolement dans ce seul centre de rétention donc c' est énorme et donc c est utilisé à tout va et les dont je vous parlais tout à l’heure, c’est-à-dire qu’on… On force les personnes à monter dans les bus pour les dispatcher un peu à droite à gauche. Donc tout ça fait qu’on a un certain nombre de droits et de libertés remis en cause. Comme je dis, il me reste plus beaucoup de temps, je vais vite. La liberté d’aller venir, le droit à la sûreté, le droit de ne pas subir des traitements dégradants et le droit à la dignité et à l’intégrité physique. Très concrètement, les personnes étrangères ont peur de se déplacer du fait d'être interpellés, le fait de subir des violences. Et elles font l’objet de multiples formes d’enfermement. Et pour terminer sur les freins à l’accompagnement, ce qui nous freine grandement, c’est la banalisation, la minimisation des violences par les personnes victimes, parce que ce sont des énièmes violences subies au cours de leur parcours migratoire. Ça va être, comme je l’ai dit tout à l’heure, l’impossibilité de déposer plainte. Ça va être le système d’impunité, par exemple sur le centre de rétention du Mesnil 13 plaintes ont été envoyées par la CIMADE en 2021, 10 en 2020, donc ça fait 23 sur 2 ans, donc on a à peu près une plainte par mois, et ça c’est juste par rapport à ce qu’on témoigne et ce qu' on nous relate. Et toutes ces plaintes-là ont été classées sans suite. On a le système de contre-plaintes, donc dès lors qu’une personne porte plainte, la police va porter plainte en retour pour outrage et rébellion, et il y a vraiment ce système de deux poids deux mesures où la plainte… La police va être traitée de manière beaucoup plus rapide et efficace avec des suites, alors que la plainte de la victime, absolument pas. On a des intimidations qui sont exercées sur les personnes accompagnantes, donc avec des convocations au commissariat pour l’aide aux séjours irréguliers, ce qui est puni par la loi dans certaines circonstances, donc ils utilisent ça de manière abusive avec des procédures qui sont engagées. Et des délais de procédures aussi qui sont incompatibles avec le parcours de la personne migrante. On est souvent sur des personnes en transit ou qui vont être expulsées assez rapidement et du coup, elles ne déposent pas plainte parce qu’on sait très bien que les délais de procédure sont très longs et que du coup la personne sera partie. Il y a toute la question de l’accès à la justice, un avocat, une association. Donc dans plusieurs lieux, on voit qu’elles n’ont pas accès ni à un avocat, ni à une association, ce qu’ils devaient. Ce qui ne facilite pas l’accès à la justice, le manque de preuves, l’accès au médecin, puisque quand on ne peut pas déposer une plainte, on ne peut pas aller à une UMJ puisqu’il faut y aller avec une réquisition. Les médecins traitants ne les prennent pas non plus. Et donc, apparemment, mon temps est terminé, donc je m’en arrête là. Mais voilà, vous avez un petit panorama des violences exercées, des difficultés rencontrées sur l' accompagnement des personnes étrangères. Merci de vos réponses.
Merci. Merci infiniment. Il faudrait qu’on invite au poste.
Donc vous allez intervenir sur les quartiers populaires, les opérations de police, le contact. Merci beaucoup Mélanie. Je ne sais pas comment vous voulez.
Je vais intervenir très rapidement, j’ai demandé cinq minutes pour laisser la place à Mélanie. Je voulais juste intervenir sur un point, et d’ailleurs tu m’en donnes l’occasion, c’est qu’on parle d’interdiction des LBD dans les manifestations. Et c' est très important parce que ça dérive en interdiction de LBD dans le maintien de l’ordre. Le maintien de l’ordre, en fait, il s’applique. Il s' applique lors de manifestations et on considère qu’une manifestation devant un lycée de quartier n’est pas un maintien d’ordre mais une opération de police. Et ça, c’est très important dans ces formes de revendications parce qu’on entend souvent l’interdiction du maintien de l’ordre, l’interdiction des LBD dans le maintien de l' ordre. En fait, ça n’a rien à voir. Ça laisse l’occasion, en d'être en roue libre dans… Les manifestations devant les lycées et je dis devant lycée parce qu’il y aura d’autres exemples et je voudrais, je suis pas là pour porter une contradiction vis-à-vis de ce qui se dit c’est simplement de porter une information qui est importante parce qu' au plus haut sommet en fait des mouvements de contestation on parle de maintien de l’ordre et il y a une erreur en fait de terme parce que le maintien l’ordre, c’est simplement maintenir la foule. Et l’opération de police, en fait, c’est faire cesser une infraction, un délit ou un crime. Et c' est exactement ce qui se passe devant des lycées et dans les quartiers. Mais il y aura d’autres interventions qui permettront de formaliser en fait cet état de fait. Et ce qui est important pour nous, c' est pouvoir avoir cette discussion avec des syndicats, des organisations pour qu’elles arrêtent. Ou qu’elles comprennent que le maintien de l’ordre, en fait, c’est seulement pour une partie de la population. Et les quartiers populaires, si elles ont du mal à lever des mouvements de contestation, et d’ailleurs le seul mouvement réellement de contestations, c'était le lycée. C’est quand il y a un appel aux mouvements des retraites, par exemple, il y en a eu deux en 10 ans, les lycées se sont aussi mis dans la contestation. Mais personne ne sait que dans les lycées de quartier, il y avait des tirs de LBD. Il y a eu des enfants blessés et si on ne prend pas en considération ça, on va tous perdre. Toute l'éducation populaire, en fait, de la contestation vis-à-vis de la jeunesse. Et c’est pour ça qu’on demande, nous, et c'était un appel, à ce que les syndicats, les organisations prennent en compte et viennent aussi aider les élèves à pouvoir aider à la contestation, en fait qui pourrait, justement parce que nous, on est pour, évidemment, la grève générale. Donc c' est très important. Si on passe à côté de ça, vous aurez toute une partie de la population, en fait. Qui se retire de tous ces mouvements-là, déjà qui s’est retiré et il n’y aura pas d’autres solutions. Et c'était un appel, c’est pour ça que je voulais faire vraiment cette différence-là parce qu’en plus, comme Mélanie le dira, on se bat à nous les familles justement parce que la violence de la police cesse et il est vrai que depuis quelque temps elle se réduit parce qu’il y a une autre violence qui est la matraque financière. C’est-à-dire que maintenant..On va plus au contact en fait des jeunes puisqu’on les connaît et donc on a des jeunes qui se retrouvent avec des milliers des dizaines de milliers d’euros de procès de de PV et qui ne sont pas contestables parce que le flic son PV en fait il est assermenté son PV il est vrai c’est à dire qu’on ne peut pas contester en fait une un PV de On ne peut pas devant les tribunaux le contester. Non, on ne peut pas. Non, mais théoriquement, oui, on peut le faire théorique, mais dans la pratique, nous qui vivons, c’est impossible de pouvoir le contester. Et c' est rare. C’est-à-dire ce que vous entendez dans les médias. En fait, c' est une infime partie. C' est une infinie partie, en fait. Mais la plupart, la plupart des PV, en fait, sont validés par la justice. Vous savez, même parfois le juge, je parle de juge de police, le juge tribunal de police Parfois, même, il s’aperçoit qu’il peut y avoir un petit souci. Vous savez ? Et la décision, elle est quoi ? Eh bien, on coupe la poire en deux, ce sera la moitié. Vous voyez, donc, il n’y a plus.. C’est pour ça que nous, on a un problème, en fait, avec cette forme de légalisme, parce qu’elle part sur un mensonge, elle part sur des non-dits, elle part un saucissonnage des violences policières. Et donc, parce qu’il y a un saucissonnage, il y a une sorte de corporatisme, en fait, dans tous ces mouvements. Et c’est ça qu’on voulait, en fait, qu’est important, tenir compte des quartiers populaires. Ça permet justement de faire grossir la contestation parce que les mêmes, les fins de mois pour les gilets jaunes, ce sont les fins des mois pour tout le monde.
Donc, merci beaucoup de nous avoir invités à se coloc. Donc moi, je suis Mélanie du collectif Mutilé pour l’exemple. Je partage le temps de parole avec Christian d’Assemblée des blessés qui m’a offert ce temps là et merci cette camaraderie. En effet, je vais appuyer les dires de Christian. La police, c’est la police. Si on ne combat pas toute la police, vous, ce que vous dites, c’est que nous, en quartier populaire, on est des Français de seconde zone et qu’on mérite de se prendre des LBD dans la tronche, qu' on mérite de se faire des grenades. Et donc, tout ce que regrette les manifestations, nous, on le mériterait. Et pour quelle raison ? Nos parents, mon grand-père, viennent d’Algérie. Et donc il a subi ça, moi je suis son héritière, et donc je subis la même chose que lui a subie en Algérie. Et ça va continuer encore combien de temps ? Est-ce que moi, mes enfants, allons devoir subir ce que j’ai subi ? Ce que mon père a subi, ce que mon grand-père a subi en Algérie. Est- ce que c’est juste ? Je ne pense pas. Ces armes-là, qui sont dites non létales, mais qui tuent, qui tuent à petit feu, demander à un mutilé, si aujourd’hui il arrive à se reconstruire… On a beaucoup de mal parce qu' en plus de ça, l'État a mis en place une stratégie judiciaire pour permettre à ces policiers de nous mutiler, de nous tabasser, de nous violer. Parce qu’en quartier populaire tout à l’heure tu disais, on parle de viol, mais en quartier populaire on nous viole, on nous viol constamment par des fouilles au corps où on nous met des doigts dans le de tous les jours. Alors, oui, comme nos parents, on a arrêté de parler, on a arrêté de le dire, de le raconter parce que tout le monde ne nous croit pas. Donc, on ne croit que la police est violente, que la police vient gratuitement. Alors, il suffit simplement de regarder le look de la police qui intervient dans nos quartiers, qui intervient principalement la brigade anti-criminalité. On en parle de ces messieurs, comment ils sont lookés, comment ils se sont tatoués. Comment ils ont des symboles nazis sur leur peau, gravés sur leur peau. La barbe, leur coupe de cheveux. Tout est une communication non verbale pour nous faire peur. Donc, on dit que le flash ball a été une arme pour nous montrer et nous faire peur. Mais le look des "baqueux" nous fait peur. Les voitures des braqueurs. Ils ont quoi comme voiture les baqueux ? Des sodas, vitres teintées. C’est interdit par la loi. On n’a pas le droit d’avoir des vitres teintées. Eh ben eux, ils ont le droit. Ils ont tous les droits. Donc, ils arrivent dans nos quartiers populaires, ils font la loi, et ils nous font la chasse. On a eu la police de proximité dans les années… Sous Jospin et Sarkozy qui nous l’enlèvent, en disant que la police n’est pas faite pour jouer au foot avec les gens. Alors ouais, clairement, si demain j’ai l’occasion de faire un foot avec un flic, je vais lui faire des béquilles. C’est la vérité, je me vengerai. Donc Sarkozy, ils n’avaient pas tort en soi. Ils ne sont pas là pour faire du foot, mais ils ne sont pas là non plus pour nous tuer, pour nous violer, pour nous massacrer, pour nous harceler. Parce que les voitures de la BAC qui tournent sans cesse dans les quartiers, c’est pour quoi faire ? C'était pour nous faire peur, c'était aussi pour nous dire, on est là et votre terrain, c’est notre terrain. Les amendes, les amendes. Pendant le confinement les gamins des quartiers populaires se sont fait amender plus que tout à chacun, je pense. Quand vous êtes blancs, que vous habitez en quartiers populaires, vous avez moins de chances d’avoir une amende. C’est un fait. Je m’appelle Mélanie. Je suis une femme et je ne suis pas toujours. Maintenant, ils savent, mais avant, ils ne savaient pas que j'étais que j'étais à moitié rasée. Et du coup, je me prenais moins d’amendes qu’aujourd’hui. Eh ouais, je suis gilet jaune. On m’appelle Lady Burger. Les flics m' appellent par mon nom Facebook. Tout, tout est fait. Pour nous intimider, pour qu’on ferme notre gueule et qu’il reste chez nous. Alors quand la police ne réussit pas, on nous met devant les tribunaux et là, depuis 95, on s’est mis à protéger les préfets, la police, et plus ça va et moins c’est possible de mettre un policier devant les tribunaux. Et quand on arrive à les mettre devant les Tribunaux, ils sont relaxés. Et en plus, nous, on est criminalisés. En grande partie, je parle bien des quartiers populaires et non des gilets jaunes, quoique les gilet jaunes subissent à peu près le même constat, ils subissent les mêmes choses que les quartiers populaires. La comparution immédiate, un dispositif qui a été mis en place aussi pour les quartiers populaires. Donc, on nous met une police spéciale. La brigade d’anti-criminalité, une police dégueulasse, raciste, néo-nazis, par moment, qui a le look. On nous met des dispositifs comme les comparutions immédiates, des peines qui ont servi pendant l'état d’urgence contre les terroristes, comme si en quartier populaire on était tous des terroristes. Du coup, on va avoir des fouilles préventives, on nous demandera d’ouvrir nos coffres de voiture, ce qui était interdit. Aujourd’hui, n’importe quel policier peut arriver et me demander de vider ma voiture complètement. Et si je ne le fais pas, c’est lui qui le fait. Est-ce que c' est normal ? Donc on va trouver dans mon coffre peut-être une batte de baseball parce que mon fils fait du baseball. Je peux aller en garde à vue ? Et ça, ce sera le quotidien en quartier populaire. Si les organisations syndicales, politiques, les associations ne le comprennent pas, ils n’arriveront pas à enlever les armes en manifestation, puisque ces armes-là ont été créées pour les quartiers populaires. Donc, il faut le prendre à la base. Nous, on s’en prend dans la gueule depuis le départ de la mise en place de… Eh ben, là où ça a commencé… Il faut le terminer, ça a commencé dans les quartiers populaires, on le termine dans le quartier populaire, et c’est pareil, les flics quand ils sont condamnés et qu’on a des indemnités, ce n’est pas le policier qui va nous payer, c’est la France, ce sont les français. Le fonds d’indemnisation des victimes, ce sont toutes vos cotisations d’assurances. Qui nous sont donnés parce que, voilà, on s’est fait défoncer. Et donc, quand ils veulent bien nous donner, c’est votre argent. Nous, on ne veut pas de cet argent-là. On veut l’argent du ministère de la Police. On veut leur thune. Quand ils devront nous donner 150 000 à chacun et que, du coup, ils n’auront plus de budget, ils arrêteront de faire du sale. Quand ils ne pourront plus acheter leurs putains de voitures électriques qu’on ne les entend même pas et qui peuvent nous écraser parce qu’il n’y en entend pas et qu’ils roulent à toute berzingue, eh bien, ils arrêteront peut-être. Mais aujourd’hui, on déplace le problème et on va chercher de l’argent là où il ne faut pas. Voilà, donc on a été les sacrifier parce que déjà on habite en zone urbaine, pendant les confinements on n’avait pas le droit de sortir, donc on habita en HLM mal isolé, des HLM qui ont été construits à la va vite pour répondre à l’après-guerre d’Algérie, pour répondre aussi à l’industrialisation de la France. Donc on a construit des bâtiments autour de la grue, donc on à mis une grue et on a conçu les bâtiments autour de la grue parce que la grue ça coûte cher à déplacer. Et on s’en foutait de la qualité de vie des gens. Et pendant le confinement, il a fallu.. On nous a demandé de rester dans nos appartements, mal insonorisés, mal équipés, où tout le monde n’a pas une pièce et il a fallu que nos enfants étudient dans ces conditions. Et qu’on ne les fasse pas sortir, assis une heure par jour, mais surtout avec une attestation. Et si jamais j’ai un problème d'écriture et que l’attestation n’est pas dans ma langue maternelle, rien n' est fait pour les quartiers populaires, pour les personnes d’origine étrangère, Rien n’est fait. Rien n’est fait pour les personnes racisées. C’est une vérité, c’est un constat, c’est un fait. La France est coupable de contrôle aux faciès, on s’en fout. La France, elle est coupable de nasse, on t’en fous. La France s’en fout, elle est autonome. Le gouvernement s’emballe. Donc, est-ce que nous aussi on ne devrait pas s’en battre les reins et à un moment donné combattre toute la police, que ce soit la police aux frontières, que ce soient là-bas, que ça soit la municipalité. La police municipale, municipale, c’est Balkany, c’est Balkany qui la met en place. Et au début, tout le monde, dans le régime politique dit quoi ? Ils disent, ouais, non, ça va être la milice privée de Balkany, il faut pas que ce ne soit mis en place ! Et au final, aujourd’hui, toutes les villes de France ont… Leur police municipale à des taux différents à des parce que moi chez moi par exemple ils ne sont pas dotés d’armes mais à valenciennes ils ont des armes de poing voilà voilà ce qui traîne dans nos quartiers populaires des gens qui sont racistes parce que leur école de police est raciste les formes à être cons à être raciste à être violent c’est quoi c'était l'école du désespoir en fait un Donc voilà, il est temps qu’on se mette tous ensemble et qu’il ne fasse pas de clivage police ceci, police cela. C’est toute la police qu' il faut réformer, c’est toutes les armes qu’il faut abolir, et peut-être même abolir aussi la police. Mais voilà, on va y arriver si on fait bloc tous ensemble et pas si on fait voilà, et voilà.
Merci. Merci Mélanie. Merci à vous tous. On va prendre un quart d’heure pour répondre aux questions réponses. Je pense qu’il y a pas mal de thèmes à évoquer. Il y a d’autres contextes d’emploi qu’on n’a pas pu faire rentrer dans la journée, mais il y aurait d’autres choses à dire sur d' autres contextes d' emploi. Donc, si vous pouvez faire des questions et des réponses assez rapides pour laisser la place à pas mal d’interventions et donc les personnes qui veulent intervenir, il y en a une.
Est-ce qu’on peut revenir sur la distinction maintien de l’ordre police judiciaire en rappelant que justement, c’est deux autorités différentes. C’est-à-dire que le maintien d’ordre, c' est l’autorité administrative, nous sommes le préfet et dès qu’il y a une opération contre l’opération de police judiciaire, c' est donc le procureur. Est- ce que peut-être, Chloé, t’es avocate, tu pourrais nous faire un petit un petit topo sur la distinction de ces de ces autorités. Non, mais qu’est ce que ça implique justement dans le traitement et dans la manière de lutter contre tout ça ?
Tu me prends un petit peu de cours, parce que je pense que tu viens de faire la différence toi-même entre la police administrative et la police judiciaire, après c’est des différences très techniques sur les contextes d’usage.
Alors on la voit pas, mais c’est Chloé Chalot qui sera là cet après-midi. Kamuri, bienvenue au poste. Je serais très intéressé de lire le distinguo que tu ferais.
Dans tous les cas, le problème, c’est les contextes. Enfin, je… Est-ce que tu voulais que je signifie quelque chose de particulier ? Je ne comprends pas exactement le… Ah non, c’est pas… Pour moi c'était pas…
Je me permets d’intervenir. Chloé va intervenir cet après-midi. Et voilà, je viens de le dire qui va être développé peut-être en ce moment là.
Pour te répondre rapidement, pour moi, il n’y a pas de procédure plus rapide ou plus facile quand c’est de la police administrative ou quand c’est de la police judiciaire s’attaquer à l'État. Dans tous les cas, c'était particulièrement compliqué et ça ne me semble pas. Il n’y a pas un contexte qui me semble être plus facile dans la riposte juridique. Donc, on aura peut-être l’occasion d’en discuter pendant la pause. Il y a des choses particulières sur lesquelles tu veux que je m’absente si cet après midi dans mon intervention, mais ça ne semble pas être. Là en tout cas, de la façon dont tu l’exposes, je ne vois pas une différence fondamentale.
En fait, je voudrais rebondir, justement, c’est que l’opération de le maintien de l’ordre en amont, c’est le préfet en fait qui le décide. L’opération de police, en fait, est à l’initiative de la police et c' est après que le parquet intervient. Elle est là, la différence. C’est pour ça qu’on dit que la police, à ce moment-là, est en roue libre, parce qu’elle décide elle-même du contexte. C’est elle-même qui décide du contexte. Et c’est ça qui fait la différence. Elle décide du contexte, elle rédige un procès-verbal dans l’histoire, en fait, qu’elle veut adapter. Et ensuite, il y a le procureur qui arrive après, qui, lui, en fait va construire une histoire pour dédouaner le flic. Et donc, par principe, il va essayer de valider le procès verbal du policier.
Oui, ce qui vient de se dire à l’instant, là, par les quatre intervenants est fondamental. Fondamental dans la mesure, effectivement, où on sait très bien que ce qui se passe pour les étrangers, ce qui se passe dans le quartier populaire, c’est ce qui va se passer partout ailleurs. C’est le droit commun qui va s’appliquer partout. Donc c' est très important de lier ces luttes ensemble. Et effectivement, je remercie Mélanie de la fin de son intervention, car pour nous, c' est fondamental de pouvoir agir à tous les niveaux ensemble. Et c’est uniquement parce qu’on va pouvoir travailler. Et le faire ensemble pourrait faire évoluer les choses. Et par rapport à ce que tu disais effectivement sur les amendes, c’est vrai qu’en grande partie, c'était difficile de contester des procès verbaux et qu’il y a beaucoup d’amendes. Mais je peux seulement dire, et peut-être que Chloé peut rappeler aussi cet après-midi, qu’au niveau de votre suivante des droits de l’homme du syndical d’avocat de France, du moins maintenant, plein d’exercices, mais bon, quand même, simplement pour dire qu' il y a un certain nombre de nouveaux… Notamment à Nancy, où il y a eu des contestations justement d’amendes qui ont été faites pour des pratiques en matière de manifestation, où les confrères en question ont obtenu des relaxes, il y en a eu qui ont intervenu. Et par conséquent, lorsque le but en même temps, c’est de faire en sorte qu’au niveau des luttes en question, il y ait également un… Un lien avec notamment des défenseurs dont les avocats, entre autres, sont assez militants et qui sont prêts à intervenir pour pouvoir contester ce que tu dis effectivement. Mais le point c’est que dans les quartiers et même pour les étrangers, il y a très peu d’avocats qui sont disponibles et qui veulent le faire et la plupart du temps, les gens se défendent sans connaître effectivement leurs droits et sans pouvoir le faire. Donc en même temps, ce qu’il y a, c' est que quand on peut le faire, moi je sais qu'à Montpellier, on obtient aussi quelques relaxes à ces matières-là, mais effectivement, ce n’est pas évident. Parce que dans le train de police, effectivement, lorsque l’avocat intervient, est-ce qu’il est choisi effectivement ? À ce moment-là, il est payé quasiment des clopinettes. Et donc, c’est une volonté personnelle de le faire. Donc, il y a tout un système général qui fait qu' il faut qu’y ait, on dirait, je le dis bien, un lien dans les luttes entre les étrangers, les cas des populaires et ce qu’on appelle des luttes générales au niveau des syndicats. Et en lien justement avec le centre d’avocats qui peuvent appuyer et pouvoir par l’expertise contrer ce qui se passe.
Le souci, c’est qu’en fait, là, je crois que Christian en parlait essentiellement des amendes liées au confinement et couvre-feu, les PVK niveau. Et du coup, si tu veux, quand on la conteste, on la reçoit, mais majorée. Et donc, et du coup il n’y a pas tout le monde en plus qui le dit, et des moments, les gamins qui sont mineurs, ça accumule, ça cumule, et là on va sur une génération. Qui va être surendetté, qui commence sa vie surendettée par des amendes. Oui, alors j’ai trouvé ça extrêmement intéressant l’observation sur les lycées et la distinction sur les lycée parce que finalement je me dis qu’on a raté une des cibles, enfin on n’y a pas forcément, on ne l’a pas identifié, mais peut-être que la première cible de tout ce qui est en train de se passer c’est la jeunesse et par diverses formes de répression en fait. Est-ce qu’en on constate en fait chacun dans son coin mais pas forcément en même temps ? Et c’est vrai qu’on se rappelle de Mantes La jolie, on se rappelle aussi à Béziers il y a quand même eu un jeune aussi qui a été victime d’un tir au début du mouvement des Gilets jaunes, répression immédiate, extrêmement violente de la jeunesse qui était sortie à Perpignan et à Béziers. Enfin voilà, pour parler que du coin. Donc oui, c'était la cible. On a vu la police dans les lycées au moment des contestations de parcours sup, c’est-à-dire pas en dehors, à l’intérieur. Il y a une forme de répression de la jeunesse, on parle du fichage, de différentes formes de fichages, Parcoursup est une forme de fichier. La répression disciplinaire dans les établissements, elle existe de plus en plus aussi. Donc en fait, que ce soit aussi sur des mouvements écologistes qui concernent la jeunesse, féministes de plus en plus la jeunesse, c’est peut-être là aussi qu’il faut regarder quels sont les outils et justement comment on va chercher à leur dire faut pas sortir quoi, à la fois par les dissuasions. Et la violence, puisque la moindre expression lycéenne finit dans un bain de lacrymogène ou avec d’autres types de violence, mais c’est vrai, peut-être dans les pistes, voire avec les syndicats justement de l'Éducation nationale, les parents d'élèves.
Bienvenue Vlad, pas de soucis, avec plaisir, il y a un derrière et puis il y en a une autre personne il y à trois débats c’est très court puisque comme j’ai parlé tout à l’heure
Moi, je pense qu’il faut questionner aussi sur cette question de l’intervention des forces de l’ordre en cadre de police administrative, dans le cadre des manifestations ou de policiers judiciaires, dans le cas des quartiers. Il y a aussi cette question, de la proximité, ce grand argument de la proximité. On nous a déjà servi la mixité sociale dans les années 80. Aujourd’hui, on nous sert cette espèce. Il y à une espèce de balance toujours entre la droite et la gauche sur la question de la proximité supposée au réel de la police. Et je trouve que ce que tu dis aussi, toute cette allégorie sur les policiers qui font du foot, elle pose question aussi. Parce que ce n’est pas leur taf, en fait, donc c' est normal qu’en fait, ça n’existe pas. Pour moi, la police de proximité, ça n' existe pas. La seule proximité qui existe chez les policiers, c' est la BAC et c’est une proximité violente, harcelante, omniprésente, etc. Juste pour rappeler les chiffres, la police municipale, 31 % de la police municipale, ce que je voulais le dire tout à l’heure, sont équipés de LBD aujourd’hui. C’est un tiers de la Police municipale. La police municipale, c' est la proximité par excellence qu’on sert comme la police gentille, en fait la police au service des gens, la police secours, machin truc. Ils sont équipés à un tiers de LBD et 57 % sont armés d’armes à feu et dans l’euro 87 % quand même attention vous êtes forts et 20 % sont équipés de tasers et ça veut dire qu’il y a 2600 communes qui ont moins une arme sublétale et ça aussi ça va avec la militarisation qu’on a évoqué tout à l’heure c’est juste pour rappeler quand on parle de proximité quand on veut la promouvoir de la proximité eux là haut Ils entendent quelque chose d’autre, hein, donc juste, c’est vraiment, il faut être prudent avec cette notion de police de proximité.
Elle tue, mais en connaissant le prénom du gamin et en connaissant le nom de famille. C’est la seule différence, c’est-à-dire qu’ils savent qui tue et ils connaissent la famille.
Et elle contrôle tous les jours quelqu’un dont elle connaît parfaitement l'état civil.
C’est juste la différence, il tue en sachant qui c’est et en connaissant la maman.
Juste un petit truc peut-être pour rebondir là dessus après je laisse la parole il y aurait à commenter là sur cet échange quand même quand même le cadre de l’emploi de la force publique n’est pas le même en affichant et en quartier populaire il y a quand même un truc de responsabilité pénale du policier qui est différente en police en police judiciaire en police administrative peut-être tu peux le disqualifier en disant le droit prouve l’inverse mais c’est ce qu’on pourrait peut- être évoquer en cadre de police administrative d’ordre de maintien de l’ordre plus tendance à avoir, c’est peut-être plus facile d’incriminer la hiérarchie, plus facile, avec toutes les nuances que ça compose. Et sur la question de l’indemnisation du préjudice, on a quand même des clauses d’exclusion des assurances qui font que quand tu es blessé dans le cadre d'émeutes urbaines, il y a une cause d'émeute urbaine chez tous les assureurs qui font qu’en fait, tu ne peux pas bénéficier d’indemnisation, t’es disqualifié d’office. Et ça, c’est extrêmement important. Aujourd’hui, ils veulent faire passer les manifestations comme des phénomènes de violence urbaine et c’est là où le droit va venir servir leur souci.
Merci. Une dernière question, à moins qu’elle soit rapide et en en fait deux. Merci.
Je vous dirai après le débat sur la playlist de proximité. Oui, c'était une question pour Mélanie Louis.
Je pense que c’est un peu plus complexe que ce qui a été dit. Dans le site de conférence sur les armes mutilantes, la présentation que vous avez faite, j’avais l’impression qu’on ne parlait pas seulement d’armes mutilantes mais on parlait d’un problème plutôt systémique. Et j’aurais aimé savoir si vous pouvez amener une petite précision, par exemple, est-ce que vous pensez que l’interdiction d’arme mutilante dans la police serait un apport ou ne changerait rien dans la thématique que vous évoquez ? Et est-ce que vous avez des exemples plus précis dans le domaine des armes mutilantes par rapport à la thématique que vous aviez évoquée ?
Comme j’ai dit en introduction, effectivement, les violences dites symboliques prennent autant de place que les violentes physiques, parce que, comme j l’ai expliqué, on est vraiment dans cette stratégie de dissuasion, d’invisibilisation des personnes étrangères, on est dans cette machine à expulsion. Donc c’est pour ça que je vous avais dressé un petit peu le tableau avec les différents types de violences. L’idée, c'était vraiment de montrer le spectre des violences qui ne se contenaient pas qu’aux violences physiques. Avec effectivement cette systématisation des violences. Est-ce que ça changerait quelque chose qu’on enlève les armes ? Oui, bien évidemment, parce qu’il y a également des violences physiques. Là, ça date d’il y a quelques mois maintenant, il y a eu des tirs de LBD sur le campement ici à Montpellier. Donc oui, des titres de L B D, il en a. L’usage de ces armes-là, effectivement, c’est une problématique. Mais ce que l’on voit au quotidien. Plus ces violences symboliques. Voilà. Donc oui, bien évidemment qu’il faut cadrer l’usage des armes, y compris envers les personnes étrangères, mais ce que je voulais dénoncer, c'était ce spectre plus large des violences qui vont au-delà de ces violences physiques-là.
À la pause déjeuner qui démarre, on va reprendre à 14 heures, il y a un programme qui est aussi très intéressant, donc merci à toutes et à tous de rester là ou de faire venir du monde, si vous voulez. Voilà, à tout à l’heure, merci.
Voilà les amis donc je coupe le son de… Ce sont les intervenants qui s’applaudissent.. Voilà donc ce que je voulais dire sur la place de proximité d’abord il faut s’entendre en réalité en France elle n’a jamais existé c’est à dire qu' il y a eu des opérations pilotes notamment du côté de Toulouse et c' est là où justement Sarkozy a d’une certaine manière humilié le policier qui mettait en place la police de proximité. Cette police de proximité, c'était l’idée effectivement des mages de foot et de rugby entre les quartiers et les policiers, mais ça c’est une façon d’expliquer que c'était une police qui connaissait, entre guillemets, sa population. En réalité, cette police de proximité n’y a jamais eu de bilan puisqu’elle a été arrêtée. Avant même qu’elle existe tout à fait par Sarkozy et donc il est de bon ton de dire que c’est Sarkozy qui l’a tué. En réalité la gauche elle-même ne l’avait pas mis en place à l’inverse s’il existe des pays comme l’Angleterre qui mettent en place cette police de proximité où semble-t-il les rapports population-police sont quand même plus… Moins conflictuels, on va dire ça comme ça. Donc c'était ce que je voulais dire. Et sur l’autre point, sur l’idée de dire les LBD ne doivent pas être simplement interdits en manifestation mais partout, là je me fais l’avocat du diable, ceux qui ont porté ce distinguo chez les militants, l’ont porté pour des raisons plus me semble-t-il. Politique qu’autre chose. C'était l’idée de dire, il faut à la lumière de ce que les LBD sont en train de faire à l'époque sur les gilets jaunes, que toute la population se rende compte de la violence de ces armes, il faut commencer par demander leur interdiction en manifestation pour pouvoir ensuite porter le débat, surtout le reste, c’est-à-dire… Porter un discours qui pouvait être vainqueur, triomphant, dans un premier temps. Un discours qui d’ailleurs n’a pas marché, puisque, on le sait tous, le LBD n’a pas été supprimé, en revanche il a été porté dans les instances internationales type l’ONU, le Parlement européen, etc. Voilà, c'était le petit distinguo que je voulais apporter. Je vois que dans le tchat, on nous dit On parle des îlotiers, en effet, dans les années 50, 60, les îlotiers existaient. Il y avait aussi la police de proximité, c'était aussi cette police de circulation. Le fait que des policiers fassent la circulation plutôt que des feux tricolores, c’est une façon de regarder évidemment ce qui se passait du côté policier, mais c'était aussi une façon pour la population d’avoir des relations. Tout ça est très complexe et absolument passionnant, mais évidemment, par rapport à ce qui a été exprimé tout à l’heure, et notamment par Mélanie de la CIMADE, tout ça peut sembler un petit peu dérisoire. Enfin voilà, je voulais juste parler de ça, apporter un peu de… Grain à moudre une divergence tactique oui absolument donc voilà juste juste le dire et voilà alors cet après midi à 14 heures justement Laurent Tines neurochirurgien je l’ai justement parce que nous allons aborder l'écologie va aborder les blessures et préjudices faite par ces armes, donc il y aura Laurent Tines, neurochirurgien. Besançon, qui a eu un rôle vraiment important à l'époque des Gilets jaunes, parce qu’il est arrivé avec sa blouse de toubib, et tout d’un coup les chaînes d’information ont commencé à écouter. Donc il va décrire les blessures, les traumatismes. Il y aura aussi Red, qui est street medic, qui va raconter ses soins en manifestation. Il aura Laurent Theron qui a été mutilé, qui viendra apporter la parole. De la part de l’Assemblée des blessés, Traumatismes invisibles et Séraphine, la mère de Myriam qui viendra nous parler du tir de lbd qui a blessé sa fille et qui vient d’a parler de la question de l' image. Ça c’est le débat à 14 heures.
Oh là là ! C’est de bazar ! Voilà je vais l’avoir ici
Donc, 14 heures, les blessures et préjudices, 15h30. Question juridique et financière, recours judiciaire et monopole de la preuve. Avec Chloé Chalot, que vous avez entendue un tout petit peu, qui est une avocate, jeune avocate du barreau de Rouen, qui est membre du syndicat des avocats de France. Il viendra parler des procédés judiciaires et du parcours du combattant pour essayer de faire valoir ses droits. Il y aura à ses côtés Arié Alimi, avocat, membre. Du Bureau national de la Ligue des Droits de l’Homme, qui va essayer de nous dire notamment la collaboration entre les avocats et les ONG, les associations d’expertise, notamment des expertises forensiques, des expertise architecturales, où on utilise la recherche de modélisation pour essayer de trouver notamment en termes de balistique, etc. Notamment il y a le groupe index alors je sais pas s’ils ont confirmé leur présence ou pas mais ça c’est à 15 heures 30 17 heures la fabrique de l’impunité avec Christian Tidjani de l’assemblée des blessés avec Yann b qu’on a entendu ce matin et avec Issam El Khalfaoui du collectif vérité pour Souheil qui vont nous parler de comment les policiers se défendent, d’où vient l’argent, qui les défend pour payer leurs avocats, etc. 18H10, 20h, dernière table ronde, la septième de la journée et la quatrième de l’après-midi. 18H, 10h, 20h, quelles stratégies collectives en réponse, tour d’horizon des collectifs de forme de lutte, table rond des débats avec ACAD France, représenté par Emily Schmidt et Eric Mirguet, Amnesty International représenté Anne-Sophie Saint-Père, l’Assemblée des blessés, désarmons les la LDH, la campagne Stop Arme Mutilante. Voilà, chers amis, tout ça c’est dans l’après-midi. C’est dément, hein ? Alors, vous avez voté qu’on gardait le live ? Vous voulez péter les scores et les records ? Les amis, restez là, restons là, je vais mettre le chat réservé aux abonnés parce que là, nous allons, il va falloir aller se supporter, à moins que Jess, tu puisses modérer encore pendant une petite heure, tu me dis. Si tu me dis ce qui est possible, merci à Gatos, merci à Nîmes. Le programme, c’est vraiment les copains de Montpellier. C’est eux qu’il faut féliciter. Ce n’est pas un programme, c’est un tunnel, c’est une nasse ! C’est une nasse, d’une stream-nasse !
Merci beaucoup Donne-la-Papate pour tes abonnements,
Là Jessie ne peut pas modérer donc entre maintenant et 14 heures donc je vais être obligé de mettre le chat réservé aux abonnés on reviendra au chat classique juste après là il faut que j’aille faire des courses pour me faire un petit… Je me suis senti quoi ! Voilà super témoignage de Mélanie bravo à nos amis de Montpellier absolument absolument Donc les amis, je mets le tchat en modèle… Alors attendez, d’abord je vais… Modifier le sous-titre. Voilà ! Merci. À vous tous, je vous dis à tout à l’heure, je coupe le son, je couple l’image et je mets le chat en mode abonné. Où est-ce que c’est ce machin ? Tac-a-tac !, à tout à l’heure, 14 heures, dans une heure, on garde le live.
Bon appétit, merci Sentier-Battant bon appétit à vous aussi, bon appétit à vous tous. Soyez là cet après-midi, ça va être extrêmement intéressant. Je trouve qu’il y a des questions qu’on aborde jamais, notamment les questions financières, côté victime, côté policier. À mon avis, on va apprendre plein de trucs quoi, voilà. Bon allez, j’arrête de faire mon Charly à tout à l’heure.
Amis des radis, amis de la police, nous allons reprendre le live. J’en vois qui hésite entre la sieste et le poste. Alors là, là, ça va mal se passer. Alors… Est-ce que nos amis de Montpellier ont repris ? Pas encore, pas encore. Donc je vois que vous êtes aussi nombreux que parfois le matin, le syndrome de l’arrière. C’est super. Merci beaucoup. Rappelez les copains.
Dites-leur que ça repart. Donc le tchat est à nouveau disponible pour tout le monde.
Attendez, je vérifie que le lien soit toujours bon, Est-ce que oui ? Bonjour Donne-la-Papate.. Remets le son ok, reprise du direct Merci, Sentier Battant. Le prochain débat, en effet, c’est sur les conséquences, blessures et préjudices. Merci à toi. A propos, si vous voulez savoir où en est Sentier Battant, je vous conseille très fortement son blog sur Mediapart. Je peux mettre le lien si tu veux. Agathos, je viens de boire mon café dans ma nouvelle tasse. Au poste, plaisir double, surtout si c’est sans sucre. Alors, premier stream sauvage de juillet. Nous sommes en direct, en duplex plus exactement, de la Carmagnole qui est une salle à Montpellier qui organise toute la journée, depuis 9h30 du matin jusqu'à 20h, un coloc autour des armes policières mutilantes, 10h de colloque et nous attendons le troisième débat. Nous avons eu un premier débat qui était une présentation des armées, un deuxième débat atteinte de liberté. Et là, c’est le troisième débat, donc blessure, conséquences, blessure et préjudice. Je change de titre. Le titre est changé, nous on est prêts, on attend que la carte-magnolia soit là. Donc je vais vous donner les noms des invités qui vont arriver. Laurent Tine, neurochirurgien, qui nous parlera des blessures et des traumatismes visibles. Ah, c’est parti ! J’entends un peu de son. Voilà là c’est parti On entend le son. Bientôt l’image. Alors n’hésitez pas à relayer le tweet. Non, dans deux secondes. N’hésitez pas à relayer le tweet pour rameuter, on était…
Alors, bienvenue à ceux qui n'étaient pas là ce matin. Je suis Lisa pour Stop Armes Mutilante. Pour vous dire un petit peu le programme de cet après-midi, il va faire suite à ce qu’on a commencé à 11h30 ce matin, on s’est attaché à présenter les conséquences de l’emploi des armes et on a ouvert le tiroir ce matin des atteintes aux libertés. On remercie tous les intervenants et intervenantes de la matinée sur ces sujets. Et donc là, on va ouvrir un second tiroir quant aux conséquences de l’emploi des armes à propos d’abord des blessures et ensuite des préjudices. On va commencer par une intervention de Laurent Tines, qui est neurochirurgien. Puis on poursuivra avec une intervention de Red, qui est street medic. On verra un court film qu’elle nous propose. Et puis on poursuit avec Laurent Theron. Qui viendra compléter à propos des traumatismes invisibles. Et on abordera rapidement aussi la blessure en soi. Et puis on achèvera cette première partie de l’après-midi avec Séraphine, qui est la maman de Maryam, qui a été blessée en avril 2020. Voilà, je vous laisse la parole.
Bonjour à tous, je vous invite à vous tourner pour regarder le diaporama. Je m’excuse par avant, c’est un petit peu peut-être pour certaines images qui ne sont pas forcément gays à regarder pour vous parler de ces armes mutilantes et sublétales qui sont utilisées en France par les forces de l’ordre, parler des blessures et traumatismes. On voit ici d’ici le titre de cette présentation, finalement que l’euphémisation qui est utilisée par le pouvoir pour décrire ces armées. Qu’on dit sublétales, suggérant par là qu’elles sont forcément létales à un certain moment. Et donc, notre rôle, nous, en tant que médecins, finalement, dans ce contexte-là, je pense, c’est déjà, en numéro un, c’est de témoigner de la gravité, de la dangerosité des blessures, la dangerosité de ces armes, on dirait pas. Et aussi de faire, peut-être, au nom de la communauté médicale, un petit méaculpa concernant tous ces gens qui ont été blessés avant novembre 2018, puisque finalement… Les quartiers populaires ont été un terrain d’expérimentation de ces armes de guerre sur la population civile. Et on a vu finalement que ces armes, petit à petit, ont été étendues à toutes les couches de la société. Ça a été les Gilets jaunes à partir de 2018, ce qui a permis de, on va dire, de Novembre 2018 les gilets jaunes merci et excusez moi j’y étais donc je sais les dates et donc si vous voulez ça a permis de mettre à jour la dangerosité de ces armes et donc petit rappel parce qu’on vous en parlait ce matin mais juste pour mettre les choses dans le contexte faut savoir qu’un lanceur de balles de défense avec l’euphémisme de la balle c’est pas des balles en mousse, c’est des balle en caoutchouc dur qui pèsent 40 grammes. Et qui sont lancés à plus de 300 km heure et donc en fait moi l’analogie que j’avais fait à l'époque c'était de dire que quand vous prenez un tir de LBD à une vingtaine de mètres c’est comme si on vous lançait un parpaing de 20 kilos d’une hauteur d’un mètre dans le visage donc on a dit ça je pense que c' est assez clair de comprendre que les blessures qui sont engendrées par ces armes sont gravissimes d’autant plus que le ciblage des tirs est assez précis puisque maintenant il y a des viseurs holographiques sur les tireurs de balles et donc quand on dit qu’on a viser un point, qu’on a touché un point c’est qu' on a voulu faire mal à la personne qui était en face de nous. Les grenades défensives aussi, je vais passer rapidement, 25 grammes de tolite, c' est un équivalent du TNT, 165 décibels. C’est comme si on vous mettait d’un coup un réacteur de Boeing dans l’oreille, vous imaginez les lésions auditives que ça peut créer. L’explosion et puis la projection de matériaux qui sont contenus dans la grenade. Soit des palets d' encerclements, et Laurence sait bien de quoi on parle quand on parle de palets des encerclements. La gravité des blessures, c’est comme si on vous balançait 8 kilos de boules de pétanque dans le visage d’une hauteur d’un mètre, d’accord ? Et puis, après, il y a toutes ces pièces métalliques, caoutchoucs, qui vont se loger dans le corps du fait de l’explosion. Et donc ces grenades, elles sont très dangereuses, puisque c'était des armes de guerre, en fait. D’ailleurs, qui sont utilisées par l’armée de terre. Sur des opérations extérieures, parce qu’on nous a fait croire que c'était des armes de défense, etc. En fait, non, c’est des armées qui sont utilisées offensivement sur des terrains de guerre pour neutraliser des ennemis, en fait, qu' on veut interpeller. Donc des blessures sur ces grenades, ça peut être des blessures au thorax, des blessures à colonne vertébrale. On sait que Rémi Fraisse, au barrage de Sivens, est mort d’une grenade au FF1 qui lui a explosé la colonne vertébrale et qu’il est mort sur le cou de cette blessure. Et puis, toutes les lésions qu’on peut imaginer avec ces armes. Donc, on va voir ça un petit peu plus spécifiquement, T’es fou ? Au niveau du membre et des troncs, on va pouvoir avoir des lésions multiples, des hématomes, des fractures. On a vu des gens qui ont eu des mains, des pieds amputés, quand même six personnes depuis le mouvement des gilets jaunes. On peut avoir des blessures vasculaires, des blessures nerveuses. Si vous avez une grenade, par exemple, ou un LBD qui vous tape dans le thorax, vous pourrez avoir un arrêt cardiaque. Il y a des gens qui sont morts déjà de tirs de flash ball, ça on le sait. Et puis, on a eu un gilet jaune qui a eu une rupture de rate sur un tir de LBD, donc diapo. Donc ces blessures là, on les voit ici, donc ça peut être des fractures de main sur les radios, un tir de LBD qui entraîne une nécrose au niveau de la jambe. Vous imaginez la puissance de l’impact pour avoir des lésions comme ça. Et puis, ce jeune-là, qui a été blessé à Nantes, un tir de LBD dans la côte qui lui a fracturé la rate. Il a fait une hémorragie interne. Il a dû être opéré en urgence vitale pour ne pas mourir d’hémorragie interne de la peau. Au niveau des mains et des pieds, ben là, je vous ai un peu caché les images parce que c’est des images qui sont très violentes. Donc ces gens qui ont été grenadés à Bure avec la botte du blessé qui a été complètement dilacérée par la grenade. Et puis ces gens ont été amputés de main à Paris, là, sur plusieurs manifestations de gilets jaunes. Là, ça a été des choses vraiment affreuses qu’on a vu tous passer. Et puis ces grenades, elles envoient aussi des corps étrangers et ce n’est pas que l’explosion, c’est toutes ces pièces, ces bouts de caoutchouc qui vont se loger dans les tissus qui sont brûlants, vous voyez, ça fait des brûleurs, ça a fait des blessures, des pièces métalliques qui vont dans le corps, en fait ça peut aller dans l'œil, ça peut être dans le genou, ça peux aller n’importe où en fait, de façon complètement indistincte, c' est à dire que même la personne qui n’ait pas visé, une personne qui ne faisait rien peut être blessé par ces armes. Au niveau du cou, bien sûr, vous imaginez qu’une blessure, pas une pièce métallique, c’est comme une balle. De toute façon, on vous tire avec un fusil dans le cou ou un tir de LBD. C’est un gilet jaune de la région du Jura qui a été blessé à Paris dans le coup. Il a eu une plaie au niveau cervicale qui a failli couper la carotide. Vous imaginez, c’est une plaie carotidienne. Je ne vous fais pas un dessin de ce que ça peut donner. Et puis des blessures au niveau du larynx peuvent être très graves également. On a vu Cedric Chouviat qui a été étranglé et qui est mort d’une fracture du larynx à Paris. Donc, on sait que c’est extrêmement dangereux. Au niveau du massif facial, on a vu de nombreux blessés. Donc là, il y a Joffrey, son papa est là aujourd’hui, qui sait bien de quoi on parle. Il y a Lilian, qui était un jeune qui sortait d’un magasin qui s’est pris un tir de LBD dans la mâchoire, qui n’avait rien demandé à personne. Et puis, malheureusement, notre très chère madame Zineb Redouane, qui a été tuée par un tir de grenade lacrymogène dans le visage. Donc, même les grenades lacrymogènes sont des armes létales par suffocation et aussi par choc direct. J’appuie. Donc bien sûr, fractures des os, fracture du visage, donc des multiples fractures qui peuvent être induites par ces arbres, qui vont entraîner des opérations à répétition chez des gens comme ça qui ont été blessés. Une, deux, trois, jusqu'à 17 opérations pour réparer le visage diapo. Et c’est pour ça que moi, j’ai pas honte de le dire, de gueule cassée, parce qu’on m’a fait le reproche aussi de dire, oui, c'était les blessés de la Grande Guerre, ce n’est pas les blesser de la Grand Guerre. Écoutez, moi, je ne sais pas, quand vous voyez des gens qui sont blessés, mutilés comme ça, qui ont la moitié du visage arraché par un tir de LBD… Je pense qu’on peut vraiment parler de gueule cassée en fait, voilà, diapo. Et puis, bien sûr, ce qui a été très médiatique, c'était ses blessures oculaires. On a eu Jérôme Rodriguez, qui a été visé intentionnellement par un commando qui est venu l’attaquer à Paris pour, faire exemple, lui ébranler son œil. Et puis il y a eu des jeunes aussi qui ont été blessés. Et ce qui est assez étonnant, c’est que c’est LBD 40, le diamètre 40 millimètres. C’est exactement le diamètre de l'œil, en fait. C'était, on a vraiment l’impression que ces armes ont été faites juste pour éborgner les gens dans les rues. C’est vraiment la taille exacte de l’orbite. Et quand vous prenez un tir dans l’orbite de LBD, forcément, ça entraîne des lésions extrêmement graves. Diapo ? Donc là, les LBD peuvent blesser, mais également les grenades. Laurent vous en parlera mieux que moi, bien sûr. Il a été blessé lors d’une manif contre la loi travail. Diapo ? Enfin, les lacrymaux peuvent aussi entraîner des ébranlements. On a vu là un tir tendu de lacrymo sur un gilet jaune de Valenciennes qui a été éborgné, qui a été éborgné à cause de ça. Alors moi, ce qui m’avait choqué en tant que neurochirurgien, c'était les blessures au niveau cranio-cérébrale. Puisqu’on a vu des blessés, vas-y Diapo, qui ont été touchés par des tirs de LBD. Je vous mets au défi de me dire lequel est un tir de LBD. En fait, alors à gauche, c’est un type qui s’est fait. Tabasser un coup de batte de baseball, à droite c’est quelqu’un qui a eu un accident de la route, et au milieu on voit ce scanner en 3D là, on voit un gilet jaune là qui a pris un tir de Lbd dans le crâne, qui a le crâne à moitié enfoncé, donc moi quand j’ai vu ça, tant que ne resurgir, je me suis dit mais qu’est-ce qui se passe dans notre pays, c'était pas possible, on est en train de tirer comme sur des lapins en fait dans la rue, sur les gens qui sont juste là pour des revendications sociales quoi, c’est scandaleux. Donc, on voit ce scanner avec des hémorragies cérébrales, des gens qui ont dû être opérés, qui ont eu des handicaps, des paralysies, des troubles du langage, des trouble de mémoire, des choses comme ça, qui sont handicapés à vie, en fait, par ces blessures, par ces armes de guerre. Donc là, un autre gilet jaune qui a été tiré par un pompier, un pompier même sur les pompiers en France, avec ses armes, voyez un pompiers qui a été blessé au crâne avec des blessures hémorragies, opérations neurochirurgicales, etc. Et puis, voilà, des gens qui sont opérés à multiples reprises, voient la taille des cicatrices pour réparer tout ça, diapo. Et puis notre ami là qui a été blessé à Paris, qui a eu aussi plusieurs opérations pour réparer son œil, perte de vue, crise d'épilepsie et j’en passe. Et donc notre rôle, nous, en tant que médecins, finalement, c’est aussi d’intervenir et de documenter, d’analyser les choses pour porter la parole aussi des blessés. Et donc il y a des articles scientifiques qui ont été écrits, qui ont bien décrit les choses. Cet article du British Medical Journal montre simplement en fait que quand on est touché par une arbre de sublétal, soit disant sublet, on a une chance sur six en fait de décéder ou d’avoir un handicap grave. Donc décédé ou avoir un handicap dans une chance sur six, c’est la roulette russe en fait. Parce que quand vous tirez à la roulette russe, vous avez une chance sur six de mourir. C’est exactement la, quand on vous tire avec un LBD, c'était comme si on vous faisait un coup de roulette russe sur la tempe. Et donc il y a eu des travaux. Il y a l'équipe de Lariboisière aussi, qui a bien documenté tous les traumatismes cranio faciaux en décrivant les multiples opérations que subissent ces patients, les douleurs, les handicaps, etc. Le préjudice est vraiment terrible qui était infligé sur le plan médical à ces patients. Et donc voilà, depuis novembre 2018, novembre 2019, à un moment où on a même arrêté le décompte parce qu’il y avait tellement de blessés, il y avait plus de 450 blessés graves. Vous voyez ce tableau là de blessé qui est affligeant en fait. Et nous, en tant que médecins, on est là aussi pour dénoncer ça, ces blessés graves, ces amputations, ces ébranlements, ces traumatismes cranio faciaux parce qu’on sait les conséquences sociales, les conséquences personnelles, les conséquences psychologiques que ça implique pour tous ces gens. Et donc, dénoncer pour nous, c'était aussi en tant que médecin à notre code de déontologie, à notre serment d’hypocras, c'était de dénoncer ces violences qui sont faites sur la population civile. Donc on est allé au parlement avec Marie-Christine Vergiat, Arié Alimi, David Dufresne pour dénoncer ça. On est allés au conseil de l’ONU à Genève. On a occupé la rue, l’espace médiatique, même l’espace aérien ici à Montpellier pour dénoncer les mutilations par ces armes sub létales. Et puis, nous, notre travail aussi, je pense, en tant que soignants, c'était de dénoncer ça. C’est pour ça qu’on avait lancé en mars 2019 une pétition contre les armes sub létales qui a recueilli 185 000 signatures. Et puis c’est de dénoncer tout ce qui va avec ces armées, c' est à dire déjà l’usage de ces armés. Donc nous, on a demandé un moratoire, c' est-à -dire une interdiction. Total de ces armes sur les territoires, parce que quand les policiers ont ces armes dans les mains, ils vont s’en servir. Et quand ils vont se servir, on a une chance sur six de mutiler ou de tuer les gens. En fait, nous, on pense que ces armements n’ont rien à faire en France. Et d’ailleurs, il y a beaucoup de pays européens qui n’utilisent pas ces armures lors des manifestations. Ça, c’est la première chose. La deuxième chose que nous demandons, c' est que. Les policiers seront formés éventuellement à l’usage de ces armes. Parce que je pense qu’il y a beaucoup de policiers qui ne savent même pas la dangerosité de ces armes qu’ils utilisent. J’ai vu des gens qui tiraient à coups de LBD dans le visage d’un type qui était à 50 mètres parce qu' il faisait un doigt d’honneur. C’est-à-dire que le policier fait la justice expéditive dans la rue avec un tir de LBD. Je ne suis même pas sûr qu’on se rende compte des dégâts qu’elle va occasionner à la personne sur un coup impulsif comme ça. Troisièmement, ce que l’on critique et ce qu’on dénonce, c’est la hiérarchie de la police qui ne fait pas appliquer les recommandations d’usage et de sécurité de l’usage de ces armes. On a vu des policiers qui tirent un LBD à 2 mètres ou 3 mètres de personnes quand on voit déjà à 20 mètres les dégâts que ça peut causer. C’est-à-dire que cela, c'était vraiment des actes criminels qui ne sont pas dénoncés par la hiérarchie policière. Et enfin, la dernière chose que l’on dénonce en tant que soignant, c’est l' usage par le régime politique actuel de ces armes. Pour répondre en fait à des manifestations et des revendications sociales, d’accord ? Cette façon de gérer les revendications sociales et la révolte sociale des gens par rapport à l'écologie, par rapport aux difficultés du quotidien, par rapport au pouvoir d’achat, par rapport au prix de l’essence, et j’en passe, je veux dire cette façon de gérer cette contestation en prenant la violence à la manière dont on le faisait en fait dans les colonies françaises et on voit bien que cette stratégie de violence qui a été utilisé par les gouvernements successifs depuis la loi travail, c’est de criminaliser les manifestants et de leur répondre par un escalade de la violence. Cette escalade violence, c'était ce qui a été théorisé en fait par l’armée française en Algérie, par exemple. Cette théorisation de la contre-insurrection, soit disant contre- insurrection, est ce qui a été utilisé, par la suite, dans les régimes dictatoriaux d’Amérique du Sud. Le modèle français est utilisé à cette manière. Et nous, on dénonce ça. On pense que ces gouvernants qui utilisent ces armes en France, qui n’interdisent pas ces âmes, sont vraiment des irresponsables ou des responsables, en fait, de blessures, de mutilations et des morts qu’on a subies depuis ces dernières années de notre pays. Voilà. Merci de votre attention.
Alors, moi, je suis donc de street medic, donc je ne vais pas parler tout de suite
Toujours impeccable Laurent Tines.
J’ai fait à ma sortie d'école, alors il n’est pas fini, donc voilà, juste excusez les petits défauts techniques du film, et juste pour prévenir, c’est un dessin animé, mais par contre il y a quand même des propos et des images, des sons qui peuvent être difficiles, donc je préfère prévenir avant. Les gens, protégez les médics, ils se font tirer dessus, il faut partir de là, il y a la BAC et les CRS, ils vont charger, nous on fait bloc en attendant.
Ça change ! Ça change, ça change ! Allez, viens, viens !
Arrêtez, arrêtez, je m’arrête ici ! C’est difficile de le soigner parfois, on est tiré dessus avec des grenades, des gaz, des LBD, on risque la garde à vue, on nous chope notre bataille. Parfois on est même obligé de cacher des baisers dans des immeubles parce que sinon on se fait taper dessus. Excusez-moi. Il y a des gens qui ne reviennent plus en manifs, parce qu’ils ont peur de mourir. Ils ont l’impression que c’est la guerre. Les filles qui arrivent en hurlant, plaquent les gens au mur, main sur la tête, parfois avec un LBD sur la tempe. Les gens ont des prothèses, ils sont traqués par la police, ils sont fichés, on devient parano. N’importe qui peut se faire arrêter à tout moment. Il y des journalistes, rien que le fait de filmer et finissent en garde à vue. Vous êtes un criminel. On vous présumé coupable avant même. Vous avez fait quoi que ce soit. Il y a des gens qui se disent neutres. Je suis street medic. Il y à des gens qui se disent neutres Mais Street m’a dit que c’est un acte militant, je ne peux pas être militant. Oh bordel ! On les a appelés les femmes israéliennes.
Non, non, non !
Moi-même, j’ai failli avoir la main arrachée. J’ai soigné quelqu’un et une grenade m’est tombée dessus. Les gens sont tout le temps en hyper-vigilance. On a peur d'être traqués chez soi. Même se déplacer dans Paris, on a peur. Il y a des sons, des images, des pétards, des lumières, des oses qui volent. Parfois, rien que de voir l’uniforme ou le mot « police », il y a des gens qui fuient. Il y a des blessés, plus de travail, plus de vie normale. Ce sont des blessures qui restent plus durer des années.
On a semé les flics, les gilets sont partout pour notre quête en juillet. Regarde, on a semé les flics, les gilet sont partout, pour notre quête-en-juillet !
Regarde les morts ! Rejoignez-nous ! Regarde l’espoir ! Rejoignez-nous !
Bon, alors maintenant que j’ai mis l’ambiance. Alors, bon, du coup, je vais parler du soin en manifestation et bon, c’est compliqué. Mais d’abord, qu’est-ce qu’un street medic ? Parce que, évidemment, je pense que vous avez beaucoup d’entrevues dans les manifs des gens avec des croix ou des sacs et voilà. Alors, un street medic, c' est une pratique militante qui est dans le monde entier, qui est depuis… Des années et des années, moi j’ai été formé par des gens qui étaient dans la loi travail 2016 mais qui eux-mêmes ont été formés par des gents bien avant. Et c’est une pratique militante qui consiste à dire qu' enfin, on est militant et puis on soigne des militants. Et réellement avec les gilets jaunes, il y a des gens qui sont apparus et qui venaient de la Croix-Rouge ou des trucs plus hostiles comme la protection civile, voire des soignants d’hôpital. Et du coup, ça s’est énormément médiatisé et diversifié. Mais il faut savoir que les street medics, comme en imitant, on va aussi dans des expulsions des aides, voir, il y en a qui sont dans des raids implantés, des expulsion de migrants, etc. C’est pas que les manifs, bien sûr, c’est juste que là, j’ai pu parler des manifs spécifiquement, parce que bon, voilà, enfin, on parle des armes mutilantes. Et du tout, pourquoi est-ce qu’il y a des medics ? Mais c'était parce qu’en fait… Faut imaginer, il y a la foule, c’est le bordel, très vite il y à des blessés assez rapidement, que ce soit des blessés graves ou des malaises. Et le problème c'était qu’ils cherchent des secours, sauf que les secours en fait ils sont derrière les forces de l’ordre et donc du coup ils forment des lignes très compactes et du coup pour aller chercher les pompiers c’est super compliqué. Et du coup, c’est pour ça que les médics se sont un petit peu diversifiés, parce que c'était pour pallier au fait que les secours ne sont pas là. Et pourquoi c' est compliqué de soigner en manifestation ? Vous imaginez qu’on n’a pas beaucoup de temps pour soigner la personne. Déjà, on l’a repéré. Heureusement, maintenant, les gens ont pris la pratique en mesure, donc du coup ils repèrent, ils disent à des médics que ça crie beaucoup. Et du coup, il faut soigner la personne, mais on n’a peut-être que 5 minutes à peu près pour lui faire les premiers secours. Parce qu’en fait, aucun lieu n’est sauf en manifestation. Enfin, je veux dire, on essaie de trouver des poubelles, on essaye de trouver les ports d’immeubles, on essaie de trouver quoi. Et d’ailleurs, je le dis, les barricades sont très bienvenues, parce que du coup ça ralentit les forces de l’ordre beaucoup en tout cas. Et du coup… Mais en cinq minutes, le lieu peut tout à coup. On peut recevoir des LBD, on peut recevoir du gaz. Et après, donc, faut emmener parfois cette personne jusqu’aux pompiers. Mais parfois, il y en a qui refusent aussi. Donc, du coup, il y a cette première difficulté où on se fait aussi, en plus, attaquer par les flics. Donc, comme je disais dans le film, parfois, on va dans des immeubles parce que ça devient trop dangereux. Et même les U-Bub, ça devient dangereux parce que parfois, ils forcent les portes d’immeubles, c’est vous dire. Et donc du coup, le problème, c’est qu’il y a les pompiers. Et du coup dans toute cette histoire, en fait, il faut savoir que les victimes sont comptabilisées dans les chiffres. C’est uniquement celles qui ont été prises en charge par les pompiers. Parce qu’y a toutes celles qui n’ont pas été prises en charge par les pompiers, pour de multiples raisons. Il y en a qui entreprirent parfois d’aller à l’hôpital et du coup les chiffres sont bien plus énormes en fait, que le gouvernement va bien le dire. Et d’ailleurs, moi je suis pas représentante de l’Observatoire des Streets Medics, mais je vous invite forcément à aller voir le rapport, parce qu’en fait, ce qu’on a fait, c’est que les médics ont été plusieurs à faire des espèces de bilans, enfin ceux qu’ont pu être contactés en manifestation pour essayer de montrer que les chiffres sont bien plus énormes que ça. Et du coup, les chiffres qu’il y a sur l’observatoire de medic, en fait, c'était bien plus énorme. Sachant qu’on compte aussi les traumatismes dus aux gaz lacrymogènes. Et parce que, enfin, le film aussi, dont je voulais parler aussi, c’est qu’il y a des gens qui sont mutilés, mais il y a aussi des gens qui ont des blessures graves et qui sont traumatisés à vie. Mais ils sont… Enfin, déjà que moi, je trouve que la visibilisation des mutilées, elle n’est pas… Dans les médias, elle n’est pas énorme, mais alors ceux qui sont pas mutilés mais ils sont invisibles en fait, ils n’existent pas, alors qu’en fait il y a beaucoup de gens qui sont traumatisés et dont des street médics en fait parce qu'à force de soigner des blessures graves on finit par avoir peur de soi-même mourir ou de finir mutilé et il y à des médics qui ont arrêté parce qu ils n en pouvaient plus, parce qu il n’y a pas de psychologues qui sont formés à ça Et parce que moi-même, par exemple, je vois une psychologue, mais je n’arrive pas à lui parler de ça, parce que j’ai peur d'être jugée, j’aie peur comme plein de militants d' être jugé par cette personne ou qu’on me dise, non, mais ce n’est pas très grave. Et voilà, je tiens à sensibiliser sur ce point parce qu’il y a beaucoup de gens qui sont traumatisés et qui se sentent pas légitimes à les voir comme psychologues. Et en fait, ce serait bien de mettre en place une sensibilisation à ça des colocs, je ne sais pas, mais il y a beaucoup de gens qui ont besoin de parler, c’est difficile dans leur vie de tous les jours, qu’ils soient strictes médics, que ce soit un manifestant placé blessé, que ça soit un militant blessé. Que ce soit dans les quartiers populaires, que ce soit dans des rassemblements, les aides, etc. Je pense qu’il ne faut pas parler que des manifs, il faut parler de tout le monde.
Applaudissements
Alors Laurent Theron de l’Assemblée des blessés.
Bonjour, donc je m’appelle Laurent Theron. Je fais partie dans mon histoire de Sud Santé et c’est. Voilà, mon histoire a commencé donc le 15 septembre 2016. C'était une manifestation contre la loi travail. Et donc par un CRS, je vais vous replacer un peu mon histoire d’abord d’un point de vue physique et je vais faire après une présentation un petit peu des conséquences psychologiques, sociales, etc. Ce qui n’est pas visible finalement. Donc c’est un CRS qui, son histoire à lui, ça fait 15 jours qu’il est CRS donc il n’a pas formé au maintien de l’ordre. Il n’a pas de permis pour utiliser de grenades de désencerclement mais il se retrouve avec des grenades de désencerclement. Il ne reçoit pas d’ordre, il n’est pas en légitime défense qui est un petit peu aussi la condition d’utilisation des armes mais il la balance quand même et il la balance même en cloche. Heureusement quelque part elle explose au sol mais en tout cas elle
Donc il n’est pas street médic, je pense que les copains de la Carmagnole n’ont pas encore changé.
Et donc là au niveau des blessures, c’est fracture du plancher orbital, fracture qui est l’os entre la cloison nasale et l'œil, éclatement de l'œil complètement. Pour partir du physique. Donc moi, ça a été d’abord depuis six ans, en fait, c’est cinq opérations, donc cinq opération sous anesthésie générale. Ouais, ouais, ouais. Là, déjà, là, c'était la vidéo, la vidéo qui a été filmée. C’est aussi un peu ma chance, en fait, dans mon histoire, dans mon malheur. Tu peux mettre la vidéo. Donc là, on voit un peu le truc, comment ça s’est passé. Donc là. Enfin, voilà, c'était même pas une fin de manif. Le cortège continue d’arriver. Puis voilà, là c’est là. Et là, vous m’avez vu, je suis en bas à droite. Voilà, voilà. Donc… Voilà comment voilà voilà la police voilà donc ça c’est la réalité voilà donc c'était la réalité des manifestations et puis de tout de tout lieu maintenant où il y a la police quoi si à partir du moment où ils ont une arme ils sont dans leur toute puissance obligés de l’utiliser ils les utilisent et on a des tas de mutilations de morts etc Donc, c’est cinq opérations chirurgicales sous âgés, des dizaines et des dizaines de rendez-vous médicaux depuis six ans. C’est aussi des rendez-vues pour mon autre œil, c’est-à-dire celui qui est survivant. Finalement, il a fallu que je le réhabitue avec un orthoptiste, l’habituer à mon œil à faire un certain thème gymnastique. C' est le port d’une prothèse à vie. En fait, bon, là, vous me voyez. Alors là on voit les photos, un peu de la violence, pour revenir un peu aussi sur ce que disait le professeur Tine, c’est voilà, l’impact au bout de quelques secondes, la minute peut-être, je viens de me relever, on voit déjà la tête que j’ai, quoi. La violence, et c'était un galet, hein, je sais pas si vous avez vu, ça fait, c’était taille, quoi, hein. C’est pas non plus…Super gros, voilà, ça a des dégâts assez énormes, quoi. Donc voilà, c’est le porc, aussi, depuis j’ai un œil en plastique, en fait, par-dessus, en fait, qui vient couvrir un petit peu ce qui reste, en fait, d’un globe oculaire. Là, en conséquence, il faut que je nettoie en permanence, que j’humidifie en permanence, qu’il y ait une formation… Laurent est particulièrement solide. Par rapport à la prothèse. Donc ça, c’est un petit peu les conséquences, on va dire primaires, on va le dire, de la mutilation. Le secondaire, c’est au niveau de la vision. J’ai un champ de vision qui est limité maintenant. C’est-à-dire que j’ai perdu à peu près 30 % de mon champ de vision. Donc là, je n’ai pas la main droite. Donc il y a aussi un réapprentissage aussi au niveau, quand on est bornier, de l’environnement. C’est-à-dire qu’il faut réapprendre à se déplacer. Clairement, tous les gens qui ont été bornés vous raconteront que les premiers temps, vous éclatez la tête à longueur de temps. C'était une fenêtre ouverte. Vous la prenez une porte, un placard, c’est vraiment c'était assez troublant. Il y a une photo même. On voit donc là, ça, c’est des rendez-vous chez l’oculariste où vous voyez le creux que ça réengendrait un petit peu. Donc, au fil des années, vous voyez suite des opérations médicales, on me remet des prothèses de plus en plus adaptées, enfin voilà, pour arriver à ce que vous pouvez voir aujourd’hui, ce qui n’est pas non plus.C'était mieux avant, évidemment. C’est aussi dans mes déplacements… Quand quelqu’un est mutilé, vous avez toujours de ce genre de vision. Quand vous vous déplacez, par exemple, moi, je suis parisien, je prends le métro, le RER, tous les jours, je me tape des gens, je ne vois pas sur mon angle, je marche assez fréquemment la tête de travers pour avoir une sorte d’angle de vision assez central par rapport à mon corps. Il y a aussi des conséquences par rapport à la conduite. Heureusement, je peux encore conduire. Donc, il faut aussi qu’on fasse des démarches pour aller chez un médecin qui vous fait passer un permis qui vous met un tampon pour en permettre de revenir en fait, en 5 ans j’ai eu 5 accidents plutôt en 4 ans et du coup j'étais viré de la GMF à cause de ça, c’est vraiment humain, je vous rappelle le motif, le logo. Il y a une perte aussi de la vision, quand vous n' avez qu’un œil, vous perdez aussi de la 3D. C’est-à-dire que, donc, de manière simple, quand vous allez au cinéma, vous allez voir un Star Wars, vous mettez une lunette avec un filtre rouge, un filtre bleu qui vous donne après une sorte d’image 3D. Ça, vous ne l’avez plus. Il y a aussi des difficultés, moi, qui me sont apparus dès le lendemain quand je me suis réveillée de mon lit d’hôpital. Je prends ma carafe d’eau, je me sers à boire et tout tombe à côté parce que vous… Il faut systématiquement que je pose en fait ma bouteille, bon maintenant avec le temps on s’habitue un petit peu plus mais j’ai gardé ce réflexe de poser ma bouteille parce que je visais à côté, il y a une perte, on appréhende, on perd un petit peu cette espace, cette notion des distances naturelles en fait et en ce moment bon c’est l'été, on chasse les moustiques enfin j’arrête quoi Il y a aussi ces conséquences physiques. Donc là, on voit une image qui est intéressante. Plus d’alors, il y a des images qui passent sur mes prises de vues post-opératoires. Donc là en fait, j’ai eu la pose d’une bille dans l'œil. Donc en fait les opérations, les cinq opératoires, c’est uniquement esthétique. En fait, c’est essayer de me redonner un visage normal, on va dire. Là, j’ai les paupières qui sont cousues. Donc c' est aussi une douleur. En fait, la mutilation, c' est à l’instant T. Mais c’est une douleur qui revient. Je peux vous dire que là, en 2019, quand ils m’ont posé ce truc, mais j’ai maudit les chirurgiens, quoi, parce que j’aie eu une douleur pendant trois mois, qui était plus aussi intense que cette douleurs qui m'était arrivée ce jour J, où après, j’avais eu des anti-inflammatoires, mais ça durait trois mois. J’avais la tête en carafe. Enfin, c'était horrible, quoi. Donc, c’est des opérations, c’est des soins, c’est des rendez-vous, c’est des douleurs. C’est aussi ça, quoi ? C'était pendant 2016. Jusqu'à 2022, ma dernière opération date de 2022, en février, donc c’est aussi ça. Ce n’est pas qu’un instant T, en fait, c'était une histoire continue de la douleur qui revient. Il y a aussi, et là, je vais arriver au passage un peu psychologique, c' est à dire que forcément aussi le matin ou à chaque fois que je me lève, que je regarde dans un miroir, il y a une transformation de mon image. En fait, mon visage n' est plus le même. Et j’ai encore aujourd’hui, vous voyez, des jours un peu de révolte en fait qui perdurent en fait, où je sais pas si je dois garder ou pas ma prothèse. C’est-à-dire que en fait je suis un peu en train de devenir bipolaire, peut-être, mais en tout cas, il y a en fait quand je mets cette prothèse, j’ai un peu l’air comme vous quoi, donc ça passe inaperçu. C’est dément, hein. C’est un masque, c’est pas réel. Ce n’est pas mon vrai visage, en fait, aujourd’hui, quoi. Donc, je suis dans le paraître et je suis dans l’acceptable, en fait, parce qu’en fait, rapidement, aussi au début, quand j’ai passé de prothèses, tout le monde vous regarde avec un œil en moins. Vous avez un, c’est effectivement plus réel. Mais c’est vraiment moins beau. C’est très agressif. Si je retire mon œil devant vous, vous allez voir, ça fait un visage très agressive. Donc j’ai une modification violente de mon corps. Et il y a des jours, enfin aujourd’hui je ne vous l’ai pas fait, mais il y a des jours où je vais en manifestation, voilà, méditer et je mets ce meuble parce que je veux être, voilà. Aujourd’hui, je vais vous montrer mon vrai visage. D’un point de vue psychologique, dans un premier temps, c’est une perte de l’acceptation de mon corps. Mon visage mutilé, mon corps agressé. Rapidement, on me conseille d’aller voir un psychologue formé en choc post-traumatique. Donc je suis un choc, un syndrome post-traumatique et je suis un protocole, en fait, de syndrome post traumatique. Ça dure plusieurs mois. Ensuite, j’ai été voir une autre psychologue, en Le syndrome post-traumatique, en fait, comme le disaient, comme le mentionnent les camarades précédemment, c’est un peu des flashbacks, ces cauchemars qui reviennent de temps en temps, c'était revivre cette scène. C’est de la rumination, un syndrome dépressif qui s’installe aussi. J’ai eu, bien sûr, des traitements antidépresseurs à cette époque. Donc il y a à la fois mon regard aussi, mais il y aussi le regard des autres aussi qui est très déstabilisant aussi, qui psychologiquement vous touche, vous trouble, les enfants ont extrêmement peur quand ils voient quelqu’un avec un œil en moins. J’ai eu une prise en charge psychologique qui a duré des années, à laquelle je continue de manière un peu plus espacée, mais qui est spécialisée dans les cliniques de traumatisme. Par thérapie corporelle et émotionnelle, donc une psychologue qui est dans ces associations que l’on retrouve dans tous les départements d’aide aux victimes en fait. Il y a une charge mentale qui est énorme en fait quand on est victime. D’un point de vue professionnel, je suis passé de l’employé X, à lequel vous dites bonjour au revoir, au syndiqué qui a été mutilé et qui… Parfois, mais j’ai même entendu des personnes me dire, quand on est mutilé, c’est qu’on l’a bien cherché aussi. C’est un discours qu’il faut entendre. Vous devenez en permanence un ambassadeur des violences policières, malgré vous, en fait. C'était aussi assez dur à vivre. La volonté, ce n’est pas, c’est autre chose. Mais en fait, implicitement, vous devenez un ambassadeur, vous devenez un représentant. Donc vous deveniez un résistant en fait dans ce combat. J’ai eu beaucoup de mal à retourner à la manif aussi, voilà, mais j’y suis retourné. C’est aussi dur parce que vous êtes obligé de mener votre combat. Vous êtes obligés de vous intégrer aussi dans une lutte que vous, plus générale, en fait, des violences policières. C'était aussi un investissement. Il faut vraiment rentrer dans un combat. Tout le monde ne le fait pas. C' est beaucoup d'énergie en fait. Ça demande de dire, il faut penser à vous, psychologiquement, physiquement, il vous faut penser, à votre combat juridique. J’arrive à y venir et je pense aussi au combat plus global. Et vraiment, merci, je voulais commencer par ça tout à l’heure, à Stop Minute and Land pour nous remettre un peu dans ce combat qui nous montre qu’il y a bien qu’une, il y a des polices, il y à des armes et les victimes sont à la fois en manifestation, c’est quelque chose à laquelle on tient énormément, à désarmons, à l’assemblée des blessés. C’est de montrer qu’en fait, les victimes. Elles vont des quartiers populaires, des migrants, les syndicalistes. Et donc, c’est aussi, alors c' est très dur parce que c' est une militance qu 'il faut engager, mais c' est aussi une grande source d’espoir et d'énergie. Voilà, moi, j’ai eu la chance de rencontrer Pierre Nouvel qu’on a vu ce matin, Yann, Christian, Jet au fil des années, qui se battent depuis avant 2016, bien sûr. C’est une grande force et vraiment, moi, je suis très fier de faire partie de ce combat. Je vais finir sur… Personnellement aussi, ça entraîne aussi des différends familiaux sur mes enfants aussi. Mes enfants ont été obligés de consulter un moment. Je voyais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez eux. J’ai perdu des amis, mais j’en ai gagné. Je vous ai parlé de mes camarades, mais d'être là aujourd’hui à côté de vous, c’est une grande fierté de mener ce combat et de témoigner. Enfin, je vais terminer sur le côté juridique, l’IGPN. Ça a été très dur aussi de vivre, pardon. Il y a des, vous passez des expériences, notamment juridiques, qui sont absolument, enfin, une psychologue qui va valider à la fin de dire Le policier, il a eu une vie exemplaire, moi je passais avec cette dame, elle me dit oui c’est un garçon quand même, il y a eu des difficultés dans sa jeunesse, etc. Et tout, donc l’analyse, l’objectif que vous pouvez voir, c'était qu’un mec qui balance une grenade sans autorisation, sans danger et tout, c’est un mec normal, et moi non. Et c' est long et lourd, donc à 6 ans, là aujourd’hui, il n’y a pas eu de procès encore. Vous devez faire face aussi au fil du temps des… Des horreurs de la justice en fait, qui avaient d’abord requalifié ma mutilation en blessures permanentes, des trucs qui n’existent pas, et heureusement on emmène le policier aux assises. Moi ça y est, j’ai gagné mon combat en fait. Donc on va faire quelque chose d’assez énorme, et là je vous donne une exclusivité. Il y a 15 jours en fait on a eu cette nouvelle assez exceptionnelle, c’est-à -dire, enfin pour moi, le procès va avoir lieu. Donc ça y est, ça va être en décembre. Donc, on va faire quelque chose de politique, on va essayer de faire quelque chose d’inoffensif, de sortir du cas de Laurent Théron, de montrer quelque chose de plus global sur nos frères migrants, nous sœurs dans les quartiers. Vous allez voir, c’est l’histoire de Séraphine et sa fille. Vraiment là, la révolte est donc la date qui se passera du 12 au 14. Et pour ceux qui ont des rêves, qui sera le 12-12. Le 13-12 et le 14-12 voilà donc je vais finir là excusez moi j’ai débordé un peu sur mon temps je pensais pas avoir voilà et je vais laisser la parole assez rapidement.
Voilà, pour ceux qui arrivent, depuis ce matin 10 heures, nous sommes en duplex avec Montpellier. Il y a une journée sur les armes mutilantes de la police.
Bonjour à tous, donc je suis, c’est pas grave, je recommence, bonjour à tous donc je suis Séraphine, la maman de Maryam qui va bientôt avoir huit ans mais au moment d’effet elle avait cinq ans à peine, donc le 4 avril 2020, excusez-moi j’ai un peu la gorge, j’ai un peu mal à la gorgé donc ma voix, je suis désolée pour la voix, je vais essayer de faire au mieux, plus près ? Ouais d’accord, je voulais pas trop je vais mettre mes microbes dedans Donc en fait, donc le 4 avril 2020, on est en plein début de confinement, du premier confinement avec le Covid. Donc on n’a pas le droit de sortir, sauf avec les autorisations. Donc ce jour-là, ça fait plusieurs jours que mes enfants ne sont pas sortis, donc mon mari décide de sortir mes deux grandes pour faire un petit tour. En plus, Meryem a perdu sa première dent, donc elle voulait absolument la montrer à sa grand-mère, donc du coup ils sont allés faire un tour On habite à Champeau-les-Vignes, c’est un quartier populaire en fait des Yvelines. Et du coup, ils vont en bas de chez ma belle-mère, donc elle lui montre sa dent, regarde, mamie et tout, j’ai perdu ma dent, j’suis trop contente, donc ma belle mère lui envoie sa petite pièce, enfin bon voilà quoi. Tout va bien. Donc au moment où ils commencent à partir, à vouloir rentrer… Vous voyez en fait sur les images, ma fille avec sa sœur et son père sont sur ce parking un peu plus bas et en hauteur, donc vous voyez où il y a la route, et beaucoup plus loin d’ailleurs, il y à des échoues fourrées entre des jeunes de la cité et des policiers. Et là ça se transforme en scène de guerre, il y a de la fumée partout, il y a des tirs de LBD dans tous les sens, il à des pétards, du bruit comme pas possible on peut mettre d’ailleurs la vidéo si vous voulez Donc vous allez le voir clairement, et là on voit ma fille, donc si on pouvait faire pause, qui est en jaune, donc on voit quand elle marche qui titube, parce qu’en fait elle vient de se faire toucher par un LBD de la police. Et vous voyez, elle n'était pas du tout malade, du tout au milieu des échauffourées. La distance qui a été estimée entre les policiers et l’endroit où ma fille se trouvait était à plus d’une centaine de mètres. On ne sait pas comment cette balle est arrivée ici. Dieu merci, quelqu’un l’a vu, l’a vu tomber juste à côté d’elle. En fait, il y a eu beaucoup de témoignages, heureusement, qui ont dit à mon mari, puisque mon mari n’a même pas fait attention. En fait, elle est tombée à ce moment-là. Mon mari est tombé avec elle. Ils se sont relevés, ils se sont relevés. Ils étaient dans la panique, ils ne cherchaient qu'à partir. Et vous pouvez finir la vidéo si vous voulez. Et du coup, donc voilà, regardez, vous voyez, là, il y à les jeunes, on voit les jeunes. Qui jettent des cailloux sur la police et les policiers sont encore complètement à gauche. Vous voyez, elle n’est vraiment pas au milieu, donc on ne sait pas d’où sort cette balle. Du coup, après ça, mon beau-frère ramène mon mari et mes deux enfants en bas de chez nous. Regardez, vous voyez où est la police ? C’est surréel, c’est irréel. Franchement, même encore en voyant, je ne sais même pas comment elle est arrivée. Du coup moi, j’entends du bruit en bas la maison et je regarde par la fenêtre. J’entends ma fille pleurer. Maman, je veux maman, j’ai dit mais qu’est-ce qu’il se passe et tout et mon beau-frère me dit elle a reçu un tir de flash ball mais alors moi un flash ball je savais même pas ce que c'était je savais même pas quoi ça ressemblait comme disait le docteur tout à l’heure je pensais que je pensais que c'était une balle en mousse en fait mais qui faisait pas beaucoup de dégâts quoi franchement je ne connaissais absolument pas ces termes et je lui dis bah ok mais c’est quoi et tout et de là ma fille commence à dire des mots complètement incohérents qui n’existent pas Et je lui dis, mais c’est pas normal, monte, monte. Je dis à mon mari, monte on va voir. C’est normal qu’elle dise des mots qui sont complètement incohérents. Et elle monte et en fait, elle avait une grosse bosse ici ronde avec plein de petits pics rouges dedans. Donc, du coup, on décide d’appeler les pompiers parce que comme c'était le Covid, on ne savait pas trop comment ça se passait à l’hôpital, etc. Donc, je n’ai pas voulu prendre plus de risques. Donc, les pompiers sont venus. Ils ont fait un appel radio à la police parce qu’ils n'étaient pas au courant. Ma fille venait d'être touchée, donc ils nous ont amenés aux urgences de Poissy, dans les Yvelines. Arrivé là-bas, il y a deux trois policiers qui sont arrivés cinq minutes après pour nous demander si on voulait porter plainte, donc moi je lui ai dit oui. Ensuite, de notre arrivée jusqu'à ce qu’on prenne ma fille en sachant qu’il n’y avait absolument personne dans la salle d’attente, on a attendu plus de trois heures avant qu’elle fasse un scanner. Donc ma fille a vomi dans la Salle d’attente, mais bon, personne ne s’en affole, alors que c’est ce qu' on nous dit en premier, quand un enfant a un traumatisme, c’est à surveiller s’il y a pas de vomissement. Bref. Moi, à ce moment-là, comme elle n’a pas perdu conscience et puis qu’elle arrivait à parler, bon, elle somnolait beaucoup, etc., je me suis dit… Enfin, je ne pensais pas que c'était si grave, quoi, ce qu’il y avait. Parce que, comme je vous dis, je n’avais vraiment pas conscience de ce qui s'était passé. En plus, j'étais pas là, je l’ai rien vu. Donc, pour moi, j’allais rentrer à la maison avec elle, quoi. Surveiller comme un traumatisme bénin, quoi. Et donc arrive le compte rendu du scanner, donc qui montre une fracture, donc je vous lis le résultat du scanner. Fractures pluri fragmentaires avec embarrure pariétale gauche compliquée d’une lame d’hémorragie méningée et de lésions oedémato-hémorragiques. Donc en fait c’est pour ça que tout à l’heure ça m’a touché quand j’ai vu les images des crânes fracturés parce que c'était exactement ce qu’elle a eu ma fille. Et donc on me ramène ça, donc au début on me dit bon on va peut-être la garder en surveillance, soit ici soit à l’hôpital de Necker à Paris parce que nous on n’a pas de neurologues ni de neurochirurgiens sur place. 5 minutes après on revient et on me dit non, les neurochirurgiens de Necker nous appellent et en fait on va l’opérer en urgence. Et alors là tout s’est enchaîné, en fait quand on m’a dit ça, donc moi déjà je suis tombée de 15 étages, je sors dans le couloir pour rappeler mon mari, je vois l’ambulance qui était déjà là, je ne comprends plus rien en fait. Et en fait elle avait son pronostic vital engagé quoi. Donc clairement à la fin ils sourient. Dieu merci, elle n'était pas près d’eux parce que même elle, quand elle est sortie d’ailleurs elle me l’a dit, elle m’a dit mais maman heureusement que je n'étais pas à côté parce que je serais morte sinon. Donc, on arrive à Necker, il la prend directement dans un sas. En fait, ils l’attendaient, donc ils l’ont pris directement en opération en urgence. Mon mari n’a même pas eu le temps de venir lui faire un bisou avant, ni quoi que ce soit. Les neurochirurgiens étaient très pessimistes, mais bon, après, je pense que c’est la procédure aussi de nous préparer à nous attendre au pire. Mais bon, nous, on ne s’attendait pas à tout ce qu’ils nous ont dit, que de grosses séquelles peuvent apparaître, enfin vraiment, qu’il fallait qu’on se prépare au pire. Donc, de là, elle a été opérée. Ils l’ont mis trois jours dans le coma. Suite à ça, comme c'était le confinement, on a eu la chance entre guillemets d’avoir une place rapidement dans un hôpital de rééducation spécialisé dans les traumatismes. Du coup, on était transférés directement là-bas. Elle est restée à l’hôpital le Saint-Maurice dans le 94, elle est restée trois semaines là- bas. Elle a fait de l’ergothérapie, kiné, orthophonie, suivi psychologique. Donc voilà, aussi Henriat, le certificat médical du neurochirurgien. Préciser que l’ITT ne saurait être inférieur à 60 jours et je reviendrai après par la suite par rapport au niveau juridique, mais le médecin légiste qui l’a vu a décidé d’en mettre beaucoup moins pour minimiser l’effet. Maintenant elle a un suivi médical régulier, donc tous les 6 mois elle voit une neurologue, Elle revoit aussi son médecin de rééducation. Parce qu’en fait, elle va être suivie jusqu'à ses 18 ans parce que son cerveau, comme c’est un cerveau d’enfant, il n’a pas fini d'évoluer, donc dès c’est qu’elle peut apparaître plus tard. Elle a eu des soucis au niveau du langage. Donc, elle a une lenteur au niveau du langage, parce qu' en fait, c'était la partie du cerveau qui gère la parole, qui a été touchée. Elle a souvent des maux de tête, elle se fatigue très, très vite. Là, récemment aussi, elle à fait un EEG de contrôle au mois de décembre. Qui a montré des bouffées épileptiques alors qu'à la base il avait mis un traitement anti-épileptique mais en prévention. Et là, même la neurologue était étonnée de voir ses piques épileptiques, donc elle nous a clairement dit qu’il fallait vraiment qu’elle continue son traitement parce que sinon elle risquait de faire des convulsions, alors qu’elle était en très bonne santé avant. Prise de poids, elle a perdu confiance en elle, elle est traumatisée psychologiquement bien évidemment, elle a énormément peur de la police, des bruits, des pétards, sa grande sœur aussi. Donc ça c’est un peu compliqué parce que elle avait 5 ans hein au moment des faits comment redonner confiance à des enfants à la police alors que c'était eux-mêmes qui l’ont blessé même si c'était pas volontaire quoi ils sont censés être là pour nous protéger donc quand ils sont là normalement on doit se sentir en sécurité et maintenant mes filles à chaque fois qu’elles voient la police elles partent en courant quoi, viens maman on part y a la police moi-même et mon mari aussi enfin on est tous traumatisés hein leur petit frère aussi qui avait 9 mois lors des fait qui a été coupé de sa mère du jour au lendemain pendant un mois, donc imaginez le traumatisme lui j’existais plus en fait parce que j'étais confinée à l’hôpital en fait avec ma fille, on n’avait pas le droit de sortir. Mon mari n’a pas le droit de venir non plus parce que confinement, enfin c'était vraiment très très compliqué donc le confinement ne nous a pas non plus aidé. Du coup mon fils a trois ans aujourd’hui, il dort toujours avec moi, il peut pas dormir sans moi, donc ça aussi c’est compliqué à gérer, il a le sommeil perturbé, enfin nous aussi, mon mari aussi tout le temps se réveille pour voir si ma si elle respire bien, si elle va bien, enfin voilà quoi. On est tous suivis psychologiquement, mais on a dû se débrouiller tout seul, parce qu’il n’y a pas de cellules de psychologie, personne nous dit ce qu' il faut faire en fait, c’est « débrouillez-vous ». On n’a rien eu du tout de la part de l'État, de la police, de quoi que ce soit, donc c'était un peu à nous de nous débrouiller, donc tous les mois on a un rendez-vous familial psychologique. Là, mon mari est suivi depuis peu par un psychiatre au CMP, et moi aussi je vais commencer une thérapie à partir de septembre. Parce que voilà ça a généré de l’anxiété, ça a brisé notre famille, de l’anxiété, du stress, au quotidien, de la tristesse. Bon on souffre tous en fait mais voilà on n’arrive pas à se le dire parce qu’on ne sait pas comment faire tout simplement. Donc aussi on a demandé à déménager aussi de la ville donc on a sollicité le préfet. Parce qu’on ne pouvait plus sortir parce qu’il y a tellement la police qui se promène quasiment tous les jours là-bas que même à la sortie de l'école, une fois on est sorti de l'école, ils étaient juste en bas de chez nous, mais vous auriez vu ma fille, elle a tapé un sprint, mais de l´école, je ne l’ai jamais vu courir aussi vite, jusqu'à la maison quoi, elle m’a dit « maman, il y a la police » et nous on ne les voit même pas des fois, c’est eux qui les voient directement quoi, donc pour moi ce n’est pas normal ça. Donc du coup, ils nous ont donné un logement dans une autre ville pas très loin, un peu plus calme. Aujourd’hui, au niveau du parcours judiciaire, comme je vous ai dit, le jour de l’hôpital, il y a des policiers qui sont venus pour nous demander si on voulait porter plainte. J’ai dit oui, donc le jour même, il y avait une enquête qui a été lancée auprès de l’IGPN par la procureure d’Astreinte. Le lendemain, Nordine Montmarie a remis la balle qui avait été retrouvée à l’IGPN. Et le lundi, il a porté plainte au commissariat de Conflans. Et ensuite, il a été entendu une deuxième fois, donc le 6 mai, donc un mois après quasiment, par l’IGPN parce qu’en fait, il y avait un détail dans une déclaration qu’il voulait éclaircir, que le commandant, enfin je sais plus comment on dit là, de l’Igpn, qu’ils voulaient éclaircies avec lui. Et à ce moment-là, donc, Romare lui a parlé de la vidéo, si vous pouvez mettre, on n’a pas vu aussi les cicatrices et tout. Oui. En fait, il y a une vidéo qui vient de la police, qui a été mise dans un de leurs groupes WhatsApp quoi. Et regardez le commentaire d’ailleurs, c’est le policier qui a écrit « On a vu comment ça se passe du côté des jeunes, maintenant on voit comment ça se passe chez la police ». Avec un gros sourire, bref, ils sont fiers de ce qu’ils font. Et en fait, ce tir là, il ne l’a pas déclaré en fait. Parce qu’en fait, quand ils tirent avec leur LBD, le jour même normalement ils doivent faire une déclaration du nombre… Ils l’ont déjà fait deux jours après, donc ils ont eu le temps de se concerter, qu’est-ce qu’on va dire, on dit la même chose, enfin bon. Et cette vidéo a donc fuité, et donc ils en ont parlé d’ailleurs à cette nouvelle audition, et le policier lui a justement demandé quand est-ce que vous avez eu la vidéo, juste pour savoir si c’est lui qui l’avait eu en premier ou pas. Donc voilà, un mensonge, et le police a avoué qu’il avait menti, mais il a rien eu, bien évidemment. Donc ensuite plus de nouvelles du procureur jusqu’au mois de mars 2021 où on reçoit un appel de l’association d’aide aux victimes qui nous appelle pour nous donner rendez-vous, donc non, on était content, on a enfin des nouvelles, et ben non, on nous dit quoi ? Affaires classées sans suite en fait, pour motif d’auteur inconnu, alors qu’il y a un ADN masculin qui a été retrouvé sur la balle qui a touché ma fille, et qui a été confirmé d’ailleurs que c’est bien cette balle qui a touché ma fille. Donc aujourd’hui, on a changé plusieurs fois d’avocat. On a eu un avocat qui n’avait pas l’air trop de notre côté, donc il nous a demandé 2000 euros pour des frais de dossier, qu’on attend toujours le remboursement d’ailleurs, parce qu’il n’a absolument rien fait. Donc là, déjà on a mis du temps à récupérer notre dossier. On l’a récupéré en septembre 2021, et à ce moment-là, on a changé d’avocat, donc on a pris maître Bouzerou, qui gère déjà plusieurs affaires de violence policière. Donc on s’est porté partie civile, j’ai fini de façon. On s’est porté partie civile donc début janvier et donc là juste au début juin on a reçu une demande de consignation que mon mari est allé régler. Donc maintenant on attend la suite, le doyen des juges qui doit enclencher la procédure, les investigations etc. Donc juste les motifs de notre plainte sont faux en écriture aggravée, soustraction de preuves, escroquerie au jugement aggravé et violence aggravée contre X. Voilà, donc avec tout ça, on a essayé de médiatiser au maximum notre affaire, parce que, en fait, voilà, ça n’arrive pas qu’aux manifestants, ça n’arrive pas aux jeunes. Il y a des gens qui sont à côté, qui marchent en pleine journée, qui se promènent, des enfants à l'évidence, cinq ans. Et voilà, ils ont le même, ils ont les mêmes traitements que tout le monde, en fait, alors que voilà, elle n’a absolument rien à faire. Et elle n’avait rien à avoir au milieu, pardon. Et du coup, ben voilà, on va se battre jusqu’au bout. C’est pour ça qu’on essaye de faire connaître notre histoire un peu pour prévenir un peu tout le monde, de faire attention, parce que malheureusement, il y a beaucoup de dommages collatéraux aussi. Succession de témoignages les plus durs les uns que les autres. Pour ceux qui nous rejoignent, nous sommes à Montpellier à la Caramagole, où depuis ce matin 10 heures, nous transmettons des débats, des tables rondes, autour des armes mutilantes de la police.
Des pierres dans la tête, qui nous épargne tous les fils qui sont autour d’elle, et qui sonnaient en ce temps-là. C’est la cicatrice après son opération. Ils vont être 5 ans, ils n’y auront pas d’une envie d’utiliser leur vie tout le monde. Et ça, c’est sa cicatrice qui restera tout le temps. Heureusement, c’est une fille qui a les cheveux longs, mais voilà, elle restera quand même toute sa vie.
Derrière, la police qui ment, la justice qui fait des sens uniques.
Je vous remercie.
Du coup, on a un petit temps d'échange.On a un petit temps d'échange, donc si vous voulez poser des questions, signalez-vous. Juste une question, merci pour tout votre témoignage. Sarah Fynne, qu’est-ce qu’on peut faire pour vous accompagner ? On a une page Instagram et en fait on parlait autour de vous et c’est beaucoup de façon qui marche et pour l’instant malheureusement on est au début de notre combat donc on sait que ça va être long et plus ce qu’on a vraiment fait c'était vraiment du soutien. Donc n’hésitez pas à en parler autour de nous, ceux qui ont des réseaux partagez. C’est justice pour Maryam, c'était facile à trouver.
C’est vrai que ce n’est pas facile.
Je ne sais pas Jessie si tu peux trouver “justice pour Meriem”.
Tout est nouveau pour nous, on ne sait pas trop ce qu’il faut faire, trop comment réagir, etc. Ce qui nous attend vraiment, donc voilà, plus de soutien et ce sera déjà repris.
Oui, c’est juste un point technique, mais je pense qu’il est important. Vous dites que vous êtes obligé, d’abord de joindre l’avocat, Goutroux, très bien, et que c'était dans le jeu d’instruction qu’ils vous ont demandé une consignation. Est-ce que c’est une consigne symbolique ou une véritable consignations ? Parce que ça va être aussi révélateur, je dis ça parce que je parle en connaissance de cause quand j'étais en exercice, dans certains cas, le jeu de instruction, vous voyez comme l’intérêt de la victime. Et mettez une consignation minime pour qu’ils puissent le payer. Si par contre la concentration est importante, c’est qu’il y a même un moyen dissuasif.
C’est en fonction de nos revenus, c’est que notre avocat nous a demandé la vie d’imposition, en fait, pour voir si vous avez dit que c'était en fonction des revenus qu’on ne peut pas le savoir.
Merci beaucoup.
Oui, d’ailleurs, techniquement, justement, ce qu’il faut, c’est bien de le préciser parce que quand le procureur classe sans suite, les procureurs sont chargés justement de diligenter les poursuites ou de les abandonner. Une fois qu’ils classent sans suite. La seule solution pour les personnes de continuer le combat, c' est donc de faire cette demande de plainte avec constitution de partie civile. Et c' est là que le doyen des juges, qui doit désigner un juge pour s’occuper de l’affaire, donne cette sorte de ticket d’entrée. Et qui peut être très dissuasif. Moi, je voulais revenir à ce que tu as dit tout à l’heure sur l’aspect médical. T’arrives donc à l’hôpital de Poissy en plein confinement. Donc, tu as pu apprendre qu’il n’y avait pas grand monde dans l’hôpital. Voilà, donc j’aimerais bien que monsieur Tines, entièrement docteur, vous réagisse. Je ne sais pas, mais trois heures d’attente avec une enfant qui vient le vomi, selon vous, qu’est ce qui s’est passé ce jour-là dans l’hôpital ? Mais sans que vous soyez à même de juger vos confrères, mais en tout cas, moi, ça m’a l’air très surprenant et savoir ce que ça se reproduit.
Ça me choque pas plus que ça vu l'état actuel de nos hôpitaux publics. En fait, le délai d’attente moyen aux urgences est de 5 heures, je ne trouve que 3 heures. C’est relativement court. Après, c’est vrai que les circonstances de l’accident et puis l'État clinique de l´enfant auraient peut-être suggéré une réalisation d’examen un peu plus rapidement, mais effectivement, il faut voir quels étaient les moyens qui étaient disponibles ce jour-là dans ce service d’urgence donné, qui n’est pas forcément adapté pour accueillir un traumatisme crânien grave. Oui, bon, après, c’est les dysfonctionnements des services publics, que ce soit hospitaliers, l'éducation nationale, tous les services publics qu’on a en France maintenant, la poste, etc., sont en voie de dégradation grave. Moi, je voudrais juste intervenir aussi par rapport à ces témoignages, parce que je suis toujours assez ému en tant que médecin d’entendre ces réalités vraiment du terrain. Et nous, c’est tout ce qu’on connaît, en fait, dans les traumatismes, les accidents de la vie. C’est toutes les conséquences derrière. Parce que moi, je n’ai parlé que des conséquences physiques. C'était le sujet qu’on m’avait donné. Je m’en suis resté à ça. Mais nous, on connaît ça, le retentissement psychologique, le retentissement social, le retentissement financier, le retentissement familial. En fait, la vie de leur corps est détruite par certains côtés quand il y a des blessures graves. Mais leur psychisme est détruit. Mais leur vie sociale est aussi détruite. Et la quatrième peine, en fait, de ces gens-là, c’est ce que vous venez bien de dire. C’est la non-reconnaissance en fait par la justice et par la société de ces blessures, de ces mutilations et des conséquences graves et je pense que les gens qui nous écoutent dans la société en général doivent prendre conscience de ça, qu’une enfant de 5 ans qui se balade dans la rue peut maintenant se faire dégommer par une arme de ce type-là et puis personne n’est à l’abri en fait. On a vu des étudiants, des lycéens qui se font canarder parce qu’ils ont brûlé une poubelle à la sortie du lycée. Des gamins se baladent dans les banlieues, ils se font tirer à cinq ans, ils finissent en réanimation neurochirurgicale. On a les écologistes qui sont sur les ponts pour lutter contre l’achèvement climatique dont tout le monde se fout, qui se font gazer à bout portant par la police et ainsi de suite. Les supporters de foot, parce qu’on n’a pas parlé des supporters de football, vous avez une figure locale, Castille, qui a été éborgné à une sortie de foot. Le type est venu pour passer un bon moment, il est éborgné. Il faut que les gens prennent conscience de ça, c’est-à-dire qu’il faut vraiment qu’y ait mobilisation globale pour demander une interdiction de ces armes qui sont indignes du pays des droits de l’homme. On est soi-disant dans le pays des Droits de l’Homme et en fait on voit qu’on est en train de mutiler les gens par une espèce d’escalade de la violence, par le biais de la police, qui sont aussi instrumentalisés par un pouvoir politique. Faire taire les gens pour ne pas brûler et détruire toutes les contestations dans l'œuf et surtout et surtout le plus grave en fait c’est que c' est un moyen de dissuader les gens de demander justice ou de demander l'équité sociale, de demander une politique climatique. Et maintenant, ces moyens-là sont utilisés pour dissuader les gens d’aller manifester et quand on voit ça, c’est vrai. C’est pour ça que j’hésite parfois, j’hésite en fait à me présenter pour montrer des blessures parce que je me dis peut-être ça dissuade finalement les gens de revendiquer ce qui est légitime de revendre à l’heure actuelle. Quand on voit l'état de nos services publics, quand moi, je suis bien placé à l’hôpital, quand on voit les difficultés financières, quand l’on voit comment sont traités les gens dans les banlieues qui sont mis dans des des espèces de no man’s land où il n’y a plus de services publics, il n y a plus rien, il y a pas de travail, etc. Et il faudrait encore en plus que ces gens-là ne disent rien, il faudra qu’on dise rien contre 42 degrés à Montpellier pendant entre les deux tours de la législative. Donc ces armes sont utilisées aussi pour nous faire peur. Et donc je pense que c’est important aussi d’en avoir conscience, de lutter contre ça, de demander l’interdiction de ces armées. Mais aussi de continuer à revendiquer ce qui nous paraît légitime, malgré la terreur qui est conférée dans les rues. Et le dernier truc que je voulais dire, c’est que pendant les gilets jaunes, on a demandé aux médecins, parce que je rebondis sur ça parce que vous en avez parlé, les gens qui ont peur d’aller aux urgences, et ça je trouve assez dramatique parce qu'à un moment pendant les Gilets Jaunes, on a demandé aux médecin à Paris en particulier de dénoncer les manifestants. Et donc nous on s’est parlé des dossiers civiques etc. Ils ont demandé à la préfecture de dénoncer la préfecture de police et nous on a les syndicats de médecins, le conseil de l’autre, on est monté au créneau quand même. Pour dire que ce n'était pas déontologique. On était tenu par le secret médical et que, justement, les gens pouvaient venir en sécurité aux urgences parce qu’il y a beaucoup de gens qui étaient blessés, parfois des blessés graves. Moi, j’ai eu sur Twitter des gens qui m’ont demandé des conseils médicaux. J’ai été tapé par une matraque ou un tir de LBD. Est-ce que je dois aller aux urnes, etc. Et en fait, le type a eu peur d’aller aux urgences, de se faire arrêter. Et moi, je terminerai en disant, en répondant à M. Castaner, on ne l’a pas oublié, celui-là, je peux vous dire, qui avait dit en fait, moi, je n’ai jamais vu un policier taper un manifestant, etc. Moi, je lui répondrai, en fait, je ne n’ai jamais vu un manifestant tirer au LBD ou à la grenade sur un policier. Et en fait c’est même l’inverse. En fait, tous les gens qui ont été mutilés n’ont jamais été condamnés pour quelques peines que ce soit, pour aucune agression, aucun délabrement, etc.. En fait, ce sont des gens qui ont été… Blessés gratuitement en fait, et ça il faut bien le dire quand même, voilà.
Juste, petit point medic, en fait, il y a des collectifs de médics qui existent sur Paris, Street Medics Formation par exemple, qui font des formations medic. Et en fait c’est ouvert à tout le monde, il n’y a pas besoin que vous deveniez medic pas de soucis, c'était super si tout le monde se formait au premier secours parce qu’en fait on ne peut pas être tout le temps partout et comme ça en fait ça fait qu’on peut faire les premiers gestes, les premiers gestes qui s’ouvrent. Et ça pourrait éviter d’avoir des blessures et d’essayer qu’elles gardent. Voilà, essayez de vous former, vous êtes tous légitimes à prendre les premiers scores, il n’y a aucun souci.
Oui, j’ai une question justement qui porte sur les street medic. Il me semble que vous n’avez pas de protection légale. C’est une question, mais d’autre part, donc la question suivante, si vous n’avez pas, est ce que c’est quelque chose que vous souhaitez ou pas ?
Alors, ça a été un gros sujet de débat quand il y a eu l’arrivée des nouveaux médics. Et on a beaucoup de collectifs militants anarchistes médics à refuser. Pourquoi ? Parce qu’en fait, on est protégé par le fait qu’on n’a pas de statut. Moi, quand je me fais arrêter en tant que medic, les keufs ne peuvent rien contre moi. Chaque fois, ils m’ont relâché parce qu’ils pouvaient rien contre me. Là, je me suis fait attraper le 1er mai en tant qu’un médic. Mais alors, l’astuce qu’ils ont trouvée, c’est… Me coller le fait que j’ai, soit-disant, violenté un flic. Bon, on va voir ce qu’il va donner le procès, mais franchement, la plupart des médics se sont fait attraper. Le pire qu’ils aient eu, c’est un rappel à la loi ou la perte de matos. Mais on peut s’aider entre nous, on a des cagnottes entre nous pour s' aider, et franchement ce n’est pas bien grave. Alors qu'à côté, il y a des gens qui sont en prison pour du sérum fi. Donc en fait, moi ce que je dis, c’est que le fait qu’on ait pas de statut, en fait ça nous protège, en fait. Parce que, du coup, on n’est pas obligé de donner nos identités au manif. Parce que moi, par exemple, je suis bénévole à la Croix-Rouge. La Croix Rouge, elle ne peut pas intervenir en manif. Pourquoi ? Parce qu’elle a un statut neutre. Et du coup c’est la Prèf qui lui dit, vous intervenez là, vous intervenez-là, vous n’avez pas le droit. Et c' est pour ça qu’on attend 40 minutes, voire une heure, les pompiers en manifestation, parce que eux non plus n’ont pas le droit. Parce que c’est la Préf qui décide quand est-ce qu’ils interviennent. Nous, on a pas de statut, on est militants, donc on intervient quand on veut. Si on veut soigner les black blocs, on soigne les black blocs. Si on ne peut pas soigner le keuf, on ne soigne pas les keufs. En fait, on n’a pas de… Et c’est ça qui nous protège. Et en fait, donc vraiment, le problème, c'était qu’il y a eu effectivement ce débat, parce qu’il y a des gens qui voulaient, par peur, qui voulaient légaliser et faire par exemple des associations sur Paris ou vraiment donner nos noms à la préfecture. Et on a refusé parce qu' on leur a dit. Oui, mais le problème. Ça veut dire que… Nous, on revendique que n’importe qui peut être médecin, qu’on peut se former et que juste si c’est des blessures très graves, il faut essayer de se former avec des diplômes un peu… Voilà, mais c'était juste pour certains types de blessures. Mais nous, ce qu’il faudrait, c'était que chacun s’autogère au niveau des médicaments. Donc ça, c’est un premier problème. Et deux yeux, ça veut dire que si on déclare les médicaments à la préfecture, ça veut que nos identités sont créées auprès de la Préf. Ça veut dire que ceux qui n’ont pas de carte de médic, eh ben, ils peuvent se faire arrêter parce qu’ils n’y ont pas de cartes de médic. Et franchement, les cartes, ça ne marche pas parce que les journalistes, ils ont des cartes et ils se font arrêter. Donc, il y a eu des associations qui ont été créées en medic. Ils ont été dissoutes parce qu' elles participaient à un attroupement de violence. Donc, les coffres peuvent dire ce qu’elles veulent, mais en fait, il n’y a rien qui protège. Et le fait qu’on soit protégé, c’est juste parce qu' on n’a pas de statut et qu' on est militant. Et puis, voilà. Moi, je ne tiens pas à négocier avec des assassins, des violeurs et des gens qui ont mutilé mes amis. On va prendre cinq minutes de… Pour s’aérer, hein ? On sort tous de la salle pour que ça s’aère ? Ah, il y a une dernière question avant ça !
Oui, vite fait, en fait, ce n’est pas une question, c’est bien, c’est super, là, on a plein d’informations. Vos cheveux sont partis des Gilets jaunes Canal Historique à Montpellier, notamment, mais pas que… Bon, voilà, je ne vais pas raconter mon cursus, certains savent ce qu’il en est au sein du mouvement. Je voulais rendre hommage d’abord à Dylan qui a perdu son œil et borné dans une manifestation, pas avec un LBD, mais avec une grenade de désencerclement, les fameuses palettes. Alors beaucoup dans le cursus de manifestation C’est malheureux mais c’est la roulette, moi j’ai reçu à l'épaule, quelques centimètres au-dessus, c'était à l'œil. Donc on parle des blessures de guerre qui sont conséquentes, mais beaucoup sont passées par chance, c’est comme ça. C'était des tirs à plus en finir, vous avez vu les chiffres, 20 000 tirs, rien qu’en 2019 de tirs de LBD. Ce que je voulais mettre l’accent aussi, c’est qu’il y a aussi beaucoup, on parle du traumatisme. Je pense que l’un des plus gros traumatismes c’est tout simplement réaliser que c' est votre pays qui vous tire dessus. C’est l’Etat. Donc le traumatisme est conséquent puisque là, ce n’est pas un civil. Ce n' est pas Pierre-Paul ou Jacques. C' est ceux-là même qui sont censés garantir la sécurité dans votre pays qui nous tire dessus, voilà. Donc c' est une répression étatique. Moi, ce que j’ai tendance à dire, c' est que bien sûr, il y a des violences policières, mais aussi des violences étatiques, c' est à dire que c' est instrumentalisé, cautionné. Ça a été cautionné par Castaner, ministre de la Castagne. L'évidence et que comme je vous donne la comparaison par exemple bien qu’il faut bien contextualiser la situation c’est pas tout à fait la même durant une guerre la dernière guerre mondiale il y a eu le procès de Nuremberg où on a jugé ceux qui avaient le pouvoir décisionnel voilà ça c'était d’abord ça remonte donc c'étaient des problèmes hiérarchiques c’est à dire qu’ils ont cautionné ils ont laissé faire tout simplement alors certains en bas ont fait du sale ils ont fait de très mal boulot ils ont les cowboys c’est vrai mais ça a été cautionné en tout cas Voilà, ça c’est très important de le dire, c’est pour ça aussi qu’on parle aussi de violence étatique. C’est ce qui s’est passé durant la guerre, pouvoir décisionnel tout en haut, donc c'était ceux-là les premiers responsables. C'était ce qu’ils auront à rendre, donc ça s’est passé au tribunal de justice pénale international, tout le monde le sait pour Castaner. Donc voilà, et je voulais aussi parler de quelque chose
Non, non, non. Castaner il n’a pas été poursuivi à l’autre et par ailleurs, je ne suis pas sûr que ce soit bien judicieux de comparer Nuremberg.
Le chaos où on était parti.
Et je peux vous dire que là aussi, il y a des sacrées pathologies au niveau de respiratoire parce que là, les doses qu’ils ont mis durant la période insurrectionnelle gilet jaune sont honnêtement supérieures à celles qu’on rencontre maintenant. Moi, j’ai pris un petit peu de gaz pour ce mouvement libertaire avec le 12 février récemment. Rien à voir avec les lacrymaux qui avaient, au début, la période d’insurrectionnelle, gilets jaunes. Là, ils mettaient le paquet, croyez-moi, là, ce n'était pas que les yeux qui piquent, c'était… Problèmes respiratoires mais très très grave ici voilà donc je rends hommage donc encore une fois donc à Dylan qui a perdu son œil à Montpellier puis à un autre ami ici présent et à tous ceux qui ont subi cette répression et il s’agit aussi de donner de l’espoir de bien sûr de sensibiliser les gens mais de leur dire que dans une manifestation voilà on y va on y va par devoir, par nécessité, que le risque, le danger, il est partout dans la vie, l’accident, les accidents de voiture et de toutes sortes. Donc relativisons, c’est malheureux, c’est comme ça, c’est le destin. Certains peuvent qualifier ça pour le destin, mais il faut aussi rassurer les gens et leur dire que le danger est partout, dans la ville, vivre c' est un risque en lui-même. Voilà, force et honneur à tous les combattants de la résistance, merci à tous.
Merci.
Alors, donc, petite pause à Montpellier. On va faire chaud à Montpellier. Chaud souvent. Alors, je change de scène. Ouais, on va rester comme ça, c’est bien. Je vais couper le son comme ça. Ils sont tranquilles. Mais parfois, il faut faire gaffe, tu vois, le micro est éteint. Et puis, il y a d’autres gens qui t'écoutent. Écoutez, c’est super que vous soyez de 300 à suivre ce colloque. Ça le popularise un petit peu. Je ne sais pas combien ils sont dans la salle. La salle, c’est donc la Car Manual, qui est une belle salle à Montpellier. Il y en a deux à Montpellier. Il y a la Car manual et il y a la barricade. Le barricade qui avait été attaqué par des fachos il y à quelques mois. La Carmagnole on avait fait un stream, on a fait deux streams là-bas. L’un avec le collectif Stop Bolloré et un autre qui était un… Un petit stream sauvage comme ça, voilà. Alors, donc, nous avons, dans quelques minutes, nous aurons le volet juridique. Nous avons eu d’abord, ce matin, la présentation des armes par Yann B. Désarmons-les, par Pierre Douillard, Lefèvre bien connu, très défavorablement connu de nos services, auteur de deux livres dont le dernier Nous sommes en guerre. Paul Rocher, économiste, politologue, qui sort un nouvel ouvrage à la rentrée à la fabrique. Ensuite, à 11h30, nous avons eu les conséquences de l’emploi des armes atteintes aux libertés avec un magnifique exposé terrible de Mélanie Louis de la CIMADE sur les violences policières à l’encontre des migrants. Nous avons eu Thierry Tintoni-Merklen de l’Union syndicale solidaire, Ancien fondateur de Sud-Intérieur qui a parlé des manifestations, de la répression des manifestations. Tidjani Christiani de l’Assemblée des blessés et Mélanie Ngoi-Gaham de l’Association du Collectif les Mutilés pour l’Exemple et qui ont tous les deux, Christian et Mélanie, qui ont apporté leur éclairage sur les opérations de police dans les quartiers populaires. On vient de suivre à l’instant le troisième débat, blessure et préjudice. Avec Laurent Tines, neurochirurgien, qui à l'époque des gilets jaunes, quand il est arrivé, moi je me souviens très bien de ça, quand il était arrivé dans le débat public, il a modifié la donne. De part sa blouse blanche, de part son autorité scientifique et médicale, j’ai vu quelques journalistes se dire, ah ouais, il y a peut-être un petit problème. Surtout que Laurent était particulièrement véhément et… Est convaincu par ce qu’il disait et dévasté par ce qui l’avait vu, donc ça avait joué, ça avait joué. Raide, qu’on vient d’entendre, Street Medic qui nous a montré un petit film d’animation qui est en cours de finalisation. Laurent Theron nous a fait un exposé très poignant à l’instant de ce qui lui est arrivé sur les traumatismes invisibles et Séraphine, la mère de Meriem, … Qui a été blessé à l'âge de 5 ans lors du grand confinement par un tir de LBD. Le programme maintenant, il y a un débat qui va démarrer dans quelques minutes questions juridiques et financières avec Chloé Chalot, avocate au barreau de Rouen, membre du syndicat des avocats de France, jeune avocate pleine de dynamisme, qui va nous parler du parcours du combattant. Dès lors qu’on essaie de faire valoir ses droits en tant que victime de violences policières, d’armes mutilantes. Logiquement, alors c'était à confirmer, il devrait y avoir quelqu’un du groupe Index qui fait des expertises et des contre-enquêtes soit pour des magistrats, soit pour les avocats, soit des familles, soit les médias, je ne sais pas s’ils seront là, je l’espère. Et Arié Alimi très défavorablement connu de nos services lui aussi avocat et membre du bureau national de la ligue des droits de l’homme à 17 heures alors là je vous le dis je regarde pas le tchat parce que je suis un tout petit ordi et donc j’ai pas la place je regarderai le tchat après je suis désolé la fabrique de l’impunité à 17h avec le retour de Yann b de désarmons les il va parler de protection fonctionnelle et du permis de tuer merci beaucoup Merci beaucoup pour ton abonnement Tsatsi, on en a bien besoin. Et oui, c’est un stream sauvage, ce sera comme ça cet été. Alors, la fabrique de l’impunité avec Christian Tidjani de l’Assemblée des blessés, la création financière et l' impunité, Yann B, protection fonctionnelle et permis de tuer de désarmons-les, enfin Yann de désarmer-les et Issam El Khalfaoui Du collectif « Vérité pour Souheil » qui abordera la question de la légitime défense. Ça, c’est à 17h. A 18h, le septième et dernier débat. Quelle stratégie collective en réponse ? Tour d’horizon des collectifs et des formes de lutte. Table ronde avec des représentants et des représentantes de ACAT France. L’association des chrétiens contre… Ah, je ne sais plus ce que c'était. Le T, c est torture, contre la torture. Avec Emily Schmidt et Eric Mirguet, Amnesty International avec Anne-Sophie Saint-Père, qui est déjà venue plusieurs fois au poste, l’Assemblée des blessés, le groupe de contre enquête mené entre autres par Mathieu Rigouste, je crois, INDEX, la Ligue des Droits de l’Homme, et tout cela se fait au nom de la campagne Stop-Arme Mutilante que nous relayons. Voilà, il m’avait très gentiment invité à Montpellier, mais je ne pouvais absolument pas être là. Et puis moi, je leur ai dit, c’est bien que ce ne soient pas toujours les mêmes qui parlent aux mêmes endroits sur les mêmes choses, il faut que la parole circule. Et là, je dois dire que moi, là, il y a des gens que je n’avais jamais entendu aujourd’hui qui m’ont passionné. Je pense que là, les débats qui vont venir, là les deux prochains, notamment la question juridique financière et la fabrique de l’impunité risquent d'être absolument passionnants. Voilà. Donc merci à vous tous et à vous toutes d'être d'être là pour je sais que ça leur fait du baume au cœur parce que je leur ai dit combien vous étiez et par texto et ils étaient bien content à Montpellier voilà voilà alors je remonte le tchat
N’hésitez pas à relayer le lien du stream.
Tu me posais la question, est-ce qu’on peut comparer la France à la Russie ou à la Chine concernant les manifs ? Pas tout à fait. En Russie, il y a quelques manifestations qui sont autorisées mais ultra-fichées. La Chine et la Russe, c’est très simple. La manif, elle est interdite. C’est ce qu’ont appelle, alors ce n’est pas la prévention, mais la police préventive, C’est-à-dire qu’elle pré… Elle attaque avant même que ça se fasse. Et c’est ce qu’on a vu en partie avec les gilets jaunes, et c' est ce qu on voit de plus en plus d’ailleurs, c’est à dire cette idée d’empêcher l’accès à la manifestation. Mais grosso modo, ce que l’on peut dire, c’est qu' en France on est quand même sur un vieux modèle qui se durcit considérablement, c' es l’objet de tout le colloque d’aujourd’hui, qui est le modèle de la répression, c' et à dire, en théorie, d’attendre que l… Que l’ordre. Soit contesté de manière violente pour agir. C’est la répression, c’est après-coup en théorie. On voit bien aujourd’hui, notamment à Paris, mais pas seulement, qu’il y a des échauffourées avant même la moindre action, on va dire, le moindre débordement, si vous voulez appeler ça comme ça. Donc on va vers un système… Aujourd’hui je pourrais dire qu’on est dans un système presque brides. Entre une police préventive et une police répressive, préventives au sens qui prévoit à l’avance, ce n’est pas la prévention type police de proximité, c’est vraiment tout à fait autre chose. Donc c'était quand même deux systèmes qui sont distincts. Sur les emprisonnements, on peut dire qu’en Russie et en Chine, l’emprisonnement se fait avant la manifestation, là où on a vu notamment, c'était Le Monde qui avait révélé ça, enfin qui avait… C’est bon. Documenter le nombre de gens qui avaient été condamnés, notamment en comparaison immédiate, pour avoir manifesté, et parfois pour avoir simplement détenu des lunettes de piscine, enfin pour détenir de tout ça. Alors en revanche, pour les mutilations, tu as tout à fait raison, dans les pays à peu près comparables, démocratie, démocraties défaillantes de la France, notamment en Europe, il n’y en a quasiment pas. En tout cas pas dans… Les proportions qu’il y a en France. Pour une bonne et simple raison, c’est que la France s’utilise justement hop hop hop hop hop, je vais faire mon youtubeur, non, que je fasse pas, s’utilise justement des armes mutilantes. Des armes mutilantes, c'était l’objet…
Dés-exposés du début de ce matin. Alors qu’en Amérique du Sud, par exemple, il y a des morts, il y a des mutilations. Merci Merlin.
Merci à toi d'être là, merci à vous tous d’être ici. On attend donc le… En France aussi, me dit Sentier Battant, avec des convocations en commissariat, des interactions, de paraitre aux manifestations, absolument oui, c’est ce que je voulais dire, c'était à dire qu’on y arrive, on y arrive. Ce qui est absolument renversant, au sens propre du terme, c’est à dire qu on est dans un renversement et qui en font un prolongement de la répression. Mais c’est complètement inconcevable. Il y a encore 20 ans, ça aurait été totalement inconcevable. L’idée qu’on interdise de paraître aux manifestations des gens. Vous avez vu, peut-être, il y a des supporters du Real Madrid, par exemple, qui ont reçu, il y a quelques jours, un mois après la fameuse finale du Stade de France, qui ont reçu des amendes parce qu’ils avaient été contrôlés sur les Champs-Élysées. Ha ! Les Champs-Élysées ! Avec des tenues, des maillots de leur club. Pourquoi ? Parce que Didier Lallement avait décidé que on ne pouvait pas être supporters de Liverpool ou de Real Madrid sur les Champs-Élysées le jour du match. C'était considéré à un ordre, à un trouble. Voilà, c'était ça le terme que je cherchais. Un trouble à l’ordre public. Alors c’est pas une interaction de paraître, Mais c’est quand même une façon de dire. C’est la police du vêtement, c’est complètement délirant. T’as d’un côté Macron qui dit « moi je veux la finale, envoie moi la finale je veux que la France rayonne, les Champs-Élysées je te fais de la publicité, dans le monde entier avec la Tour Eiffel, les Champs-Élysées, le gay Paris, tout ça, mais par contre pas de maillot sur les champ, non c'était dément, c’est pour quoi ça me semble c’est absolument crucial que de s’intéresser à ces questions-là. Jusqu’ici et là, depuis ce matin, on est plus dans le témoignage ou dans la constatation. Alors évidemment, pour les militants chevronnés, c’est de la redite, mais n’empêche qu’on en est encore là, me semble-t-il. C’est-à-dire qu’il y aura le débat à la fin de la journée qui risque d'être passionnant sur justement, comment lutter, comment renverser la tendance, mais pour l’instant on est obligé de faire le constat final, le constat de ce qui est en train d’arriver quoi. Et je vois là par vos réactions que certains d’entre vous découvrent, donc ce qui montre bien qu’il faut inlassablement documenter, expliquer, raconter.
Cet attroupement, au départ, c'était une loi qui avait été votée pour les attroupements dans les halles d’immeuble. C'était dans les années 90, c'était censé lutter contre, je reprends les termes de l'époque, les bandes de banlieue. Et en fait, c'était très peu utilisé. Et c’est un article de loi qui va ressortir 20 ans plus tard, notamment à l’aune des Gilets jaunes. De manière massive, ce qui montre bien que… façon de légiférer, elle est à la fois, c’est ça, les cages d’escalier ou les halles d’immeubles, elle est, à la foi, à regarder dans l’instant T, dans l’instant où elle est votée, mais il faut aussi imaginer le pire et imaginer ce qui peut être fait de ces lois-là, 10 ans, 15 ans, 20 ans plus tard, y compris aux mains de telle ou telle. Aujourd’hui, je vous le rappelle, au cas où vous auriez raté ça, on était en direct à l’Assemblée, la France a deux vice-présidents.
Ils sont partis il fait chaud alors je remets le son.
On reprend cette deuxième partie de l’après-midi avec les questions juridiques et financières. On va voir dans un premier temps les recours judiciaires et le monopole de la preuve. C’est Chloé Chalot qui débutera ces interventions. Elle est avocate et membre du syndicat des avocats de France. Elle va s’attacher à nous présenter les procédures judiciaires et le parcours du combattant qu’elle constitue. Puis, on va intervertir deux points dans le programme pour une histoire logistique de train. Et on écoutera Arié Alimi, avocat et membre du Bureau national de la ligue des droits de l’homme. Et on terminera avec Alexander Samuel, qui nous parlera d’index. Voilà. Et bon, à vous.
Merci Lisa. Alors, je ne suis pas très douée avec les micros, il ne faut pas hésiter à me faire des signes si je ne suis pas audible. Donc, comme Lisa vous l’a indiqué, je suis avocate à Rouen et j’accompagne beaucoup de personnes qui sont blessées par les forces de l’ordre, gendarmes, policiers, dans des opérations de maintien de l’ordre ou non. Et je vais aujourd’hui vous parler des procédures judiciaires entre leurs mains pour faire valoir leurs droits, pour valoir leur statut personnel de victime. Il y aurait beaucoup à dire aussi sur les procédures collectives qu’on peut mener, l’usage qu' on peut faire du droit. Contre les armes mutilantes, mais ça sera peut-être plutôt en conclusion, puisqu’il y a un temps sur les actions contre les armes mutilantes. Néanmoins, quand même, à titre liminaire, je ne veux surtout pas tomber dans la caricature « action personnelle, action de la personne blessée, intérêt personnel, action collective, intérêts collectifs », parce que déjà, c’est une analyse qui manquerait beaucoup de finesse et que je pense sincèrement que le dépôt de plainte d’une personne blessé ou l’action au tribunal administratif, ça vient aussi lutter contre les armes mutilantes, parce que, rien que symboliquement, ça vient acter la normalité de la situation. Ça vient acté que c’est pas légitime, que c’est pas normal, qu’on ne peut pas s’en contenter et qu' on ne peut rien faire, qu’il ne peut retourner à sa vie normale. Et accéder à un statut de victime, c'était surtout pour moi ne pas se résigner face à la violence d'État et signaler la normalité de cette situation. Par ailleurs, et c' est Mélanie qui en a parlé ce matin, j’ai pas la naïveté de penser que les caisses de l'État vont être vides. À cause de tous ces recours, mais l’action à des militaires, ça a quand même du sens. Ça a pu avoir du sens pour les prisonniers, par exemple, qu’on menait des actions contre les conditions de détention. Ça peut peut-être avoir du sens un jour, ne sait-on jamais, dans les décisions des pouvoirs publics sur les armes mutilantes. Et aussi, sans avoir non plus la naïveté de penser qu’une audition à l’IGPN ou à l’IGAS, ça empêche de dormir les forces de l’ordre. On va croire que lorsqu’ils vont faire l’usage de leurs armes… S’il y a beaucoup de procédures, de plaintes, d’enquêtes, ils vont peut-être y penser à deux fois parce qu’il y a le risque, un jour, de devoir répondre de cet acte et de devoir en justifier. En tout cas, c’est une histoire que j’aime à me raconter pour trouver du sens à ce que je fais et essayer de donner du sens aux personnes que j’accompagne. Je vais vous présenter les trois procédures judiciaires. Je vais essayer d'être synthétique. Ces trois procédures comptent toutes en commun d'êtres très longs, très éprouvants et vraiment semés d’embûches. Pour les personnes blessées et c’est une réalité à laquelle nous autres avocats qui accompagnons les personnes devons vraiment les préparer et dès nos premiers échanges avec eux, j’insiste là-dessus, je pense que c' est indispensable, on n’est pas des magiciens, l'état du droit il est ce qu’il est, l' état des juges de l’institution judiciaire et policière escale et nous on doit les accompagner, on doit vraiment anticiper avec eux les difficultés auxquelles ils vont faire face. Donc je vais vous présenter les trois procédures qui ont toutes des règles, des philosophies et des enjeux vraiment différents. Je vais commencer par la plainte pénale, parce que c’est la plus évidente et la plus connue de l’opinion publique. C’est une procédure qui vise classiquement à déterminer si une infraction a été commise. Donc, si un crime ou un délit, en ce qui nous concerne, en fonction de la gravité des blessures, peut être retenu, et surtout si une personne physique déterminée peut en être tenue pour responsable. Ce sont vraiment deux critères qui sont nécessaires pour que la procédure aboutisse. Il faut que le tireur puisse être identifié. Il n’y aura pas de procès pénal, il n’aura pas de responsabilité pénale, il ne t’aura une procédure qui ira à son terme si on n’identifie pas le tireur. Et deux, que la façon dont l’arme a été utilisée puisse recevoir la qualification de fait de violence. Et là, il y a de nombreuses embûches, mais je crois qu’on en parlera encore plus plus tard parce que je vois qu’il y a un temps qui est prévu sur la légitime défense notamment. Donc c’est une procédure qui est très difficile à mener, qui est longue. La première démarche à initier, c’est de déposer plainte. On nous a cité tout à l’heure des exemples où l’IGPN vient directement à l’hôpital, mais on a plutôt tendance, nous autres avocats, à recevoir des personnes dans nos cabinets pour lesquelles personne ne sait manifester. Il faut absolument déposer la plainte pour qu’il y ait une enquête. J’ai l’impression que le paradigme est un peu renversé par rapport aux infractions de droit commun, quand il y a des dégradations, par exemple en manifestation. La police va enquêter et ensuite on va aller voir l’enseignant commercial pour lui demander si elle souhaite déposer plainte, si elle souhaite faire valoir son préjudice. Là, c’est le contraire. Si la personne blessée ne se mobilise pas, sauf exception, sauf blessure particulièrement grave, l’action publique ne va pas être engagée et le procureur ne va plus diligenter une enquête de lui-même. Dans la représentation commune qu’on s’en fait, il faut aller déposer plein dans un commissariat ou dans une gendarmerie. Nous, autres avocats, c’est quelque chose que l’on déconseille formellement. Ne surtout pas aller seul le lendemain de sa blessure, le surlendemain dans un commissariat. Déjà parce que ça va être un traumatisme incroyable. Et je pense que c’est impossible de pouvoir faire face aussi rapidement à l’autorité qui est responsable de ces mots. Et en plus parce qu’il y a un vrai risque pour la procédure après, parce que la plainte n’a pas été mal prise, parce que le fonctionnaire qui est de permanence ce jour-là pour prendre les plaintes, il ne connaît pas grand-chose, parce que cela ne l’intéresse pas beaucoup. Parce qu’ils ne posent pas les bonnes questions, parce que la personne est confuse, elle n’est pas accompagnée et qu’ensuite toutes les petites imprudences, toutes les petites finesse qui manque dans ce dépôt de plainte, ça pourra être utilisé contre la personne ensuite pour disculper son auteur notamment. Donc on recommande vivement d'écrire au procureur de la République pour déposer cette plainte accompagné d’un avocat avec dès le moment de cette plainte un début d'élément de preuve, des éléments médicaux, des certificats de témoin, des éventuels témoignages. Qui permet de jalonner la procédure et de, de nous, pouvoir en maîtriser les termes. Et c’est à l’issue, et ensuite, sur réception de cette plainte, le procureur va désigner des enquêteurs et faire en sorte qu’il y ait une enquête. À l’essuie de cette enquête, il décidera s’il y a des indices suffisants pour qu’y ait un procès. C’est très rare, vous l’avez bien compris, s’ils considèrent qu’ils doivent classer le dossier sans suite ou si le dossier doit se poursuivre sous l'égide d’un juge d’instruction. Il y a un classement sans suite, on peut faire, c’est ce qui nous a été exposé tout à l’heure, un dépôt de plainte entre les mains d’un juge d’instruction. Je simplifie vraiment à l’extrême parce que le but, ce n’est pas de vous faire un cours de procédure pénale, si vous avez des questions spécifiques, je pourrais y répondre plus tard, mais il y a des mécanismes très généraux qu’on retrouve de façon presque générale dans toutes ces procédures et des obstacles qui se présentent aux personnes victimes, aux personnes blessées dans le cadre de la procédure pénale et c'était ça qui me semble C’est plutôt intéressant d'évoquer avec vous aujourd’hui. De façon presque systématique, on se rend compte que les enquêtes se limitent au strict minimum. On a très peu d’initiatives des enquêteurs qui ne sont pas du tout volontaires dans la recherche de la preuve et qui vont se limiter aux actes d’enquête élémentaire. Le procureur leur demande de faire une enquête, ils vont la faire. Ils vont faire une audition de la personne victime. Ils vont solliciter les fameuses fiches d’usage des armes dont on a parlé tout à l’heure. Bizarrement, elles ne vont jamais être remplies, on va s’en contenter. Voilà, ça va être des éléments de preuves et des éléments d’enquête vraiment minimaux et ça c’est quelque chose qu’on constate.
Les fiches d’usage des armes sexuelles.
Souvent très très très lente, avec le risque attaché de dépérissement d'épreuves, parce que ce n’est pas une priorité de politique pénale. Les priorités de politique pénale sont définies par le procureur. C’est souvent dans toutes les villes, les cambriolages et les violences conjugales. Sinon, on ne donne pas trop de délai d’enquête. Et forcément, au bout de quelques mois, il n’y a plus de vidéosurveillance. La mémoire humaine est forcément, évidemment, altérée de détails. Et les enquêtes perdent en qualité. Et ça, c’est un obstacle également systématique dans les enquêtes. Autre point commun à toutes les enquêtes pénales, les auditions des témoins, les auditions des mises en cause qui n’amènent finalement pas grand-chose. Quand on parle des témoins, c’est les collègues et le policier qui a pu tirer ou les collèges gendarmes, parce qu’il y a un verrouillage total de la parole. C’est un milieu professionnel dans lequel il y a un fort sentiment de corporatisme et un sentiment de légitimité de l’action qui est très fort. Il y a des cas où ils vont dire qu’ils n’ont rien vu, qu' ils n’en ont pas été témoin. Il y a même des cas où on va être… On va constater qu’ils exagèrent. J’ai une anecdote, j’ai un dossier où les forces de l’ordre nous disent « ce tireur est excellent, il est vraiment très compétent, il a un sang-froid dingue. » C’est vraiment pour ça que c’est lui qui avait le LBD entre les mains ce jour-là. Vraiment, j’ai 17 ans, j’exagère un peu moi aussi. J’aie entre 5 et 10 auditions de ses collègues qui nous disent vraiment « c'était un homme de sang-froid ». Très bien. Je creuse un peu le dossier et je me rends compte que c'était le premier jour d’usage d’armes. C’est la première fois qu’il a vu un LBD entre les mains. Les collègues ont tendance à en rajouter et au contraire à amener des éléments supplémentaires. Et un autre lieu commun, malheureusement plus difficile encore de ces procédures, c’est un processus de culpabilisation incroyable de la victime. Alors qu’elle devrait être évidemment reconnue comme telle dès qu' elle met le pied dans un commissariat ou dans un tribunal, elle se sent immédiatement jugée, elle se sent responsable de ce qu’il a subi et lui pose beaucoup de questions en ce sens. Pourquoi était-elle là ? Qu’est-ce qu’elles faisaient ? Quoi qu’est ce qu’elle faisait avant ? Qu’est- ce qu' elle faisait après ? Même si elle n’avait rien fait, pourquoi y avait des gens là-bas qui faisaient quelque chose ? Pourquoi vous n'êtes pas partis ? Et tout ce processus-là, en plus de singulièrement handicapé l’enquête, parce que ça va être utilisé ensuite pour disculper l’auteur, ça participe pleinement du traumatisme ensuite. Et les violences judiciaires, la violence institutionnelle de l’enquête, c’est quelque chose qu’il ne faut vraiment pas occulter. Ça fait vraiment partie du processus judiciaire. Donc, en pratique, il est vraiment difficile et pas du tout de tout repos de mener à son terme et de façon victorieuse une procédure pénale. Aux demeurant, pour les cas très exceptionnels où une procédure pénale va à son terme et où un procès a lieu, un tireur est identifié, le procès devient lui-même une étape vraiment très compliquée. Et là encore, il faut l’avoir en tête, quand on accompagne des personnes. Le procès, il va souvent se terminer s' il y a une sanction pénale par une sanction qui est incroyablement symbolique et qui n’a rien à voir avec les peines qu’on a l’habitude de connaître pour des faits similaires. Donc voilà, il ne faut pas tant sacraliser le procès. Je pense qu’il faut s’attendre au fait que ça va aussi être une étape difficile. En parallèle de la procédure pénale, après la procédure pénale ou en alternative, il y a aussi la procédure devant le tribunal administratif Alors, ce n’est pas du tout le même objet, ce ne sont pas une responsabilité individuelle, ce n’est pas une responsabilité du tireur, c’est une responsabilités de l'État, qui va être tenu pour responsable des conséquences de la blessure, c' est-à-dire qu’il va être condamné à indemniser la personne. C’est une procédure écrite, il n’y a pas d’enquête des services de police, c’est des échanges de mémoires écrits, de pièces écrites. Ça peut être un peu frustrant pour la personne victime qui a des fois besoin du cérémonial, du procès et de l’enquête pour venir consacrer la violence de ce qu’elle a subi, mais qui présente aussi plusieurs avantages. C' est beaucoup plus facile d’obtenir une décision favorable du tribunal administratif qu’une décision d’un tribunal judiciaire. Il y a plusieurs régimes de responsabilité qui nous permettent d’avoir des décisions favorables. Même si on peut avoir des cas de réduction de l’indemnisation, en pratique, c’est vraiment beaucoup plus simple d’obtenir une décision favorable. Et à mon sens, un des autres bénéfices de cette procédure, c' est dans la portée symbolique de la décision intervenue. Parce qu’elle retient que c’est l’Etat qui doit indemniser la personne blessée. C' est plus une responsabilité individuelle, c' es plus un mouton noir qui a une arme entre les mains et qui l' a mal utilisé. Et on s'écarte de cette possibilité de stigmatisation. Ça a aussi du sens pour moi, parce que ça permet de prendre de la distance avec le mythe universel du monopole de la violence physique légitime qui serait entre les mains de l'État. J’ai beaucoup de mal avec ce monopole qui est sans cesse évoqué, qui est censé s’alléger. L'État, il n’a pas de monopoles à la violence, il s’en revendique, il l’utilise souvent médiatiquement. Mais comme tout le monde, il a un cadre légal qu’il doit respecter. Il n’utilise pas la violence n’importe comment. Il n’y a pas un blanc-sain à mutiler et à blesser les gens. Et ça a du sens de consacrer la responsabilité de l'État. Donc voilà, c’est une procédure qui, pour moi, présente ces avantages-là. Néanmoins, c’est assez long, néanmoins, c’est assez frustrant. C’est aussi frustrant parce que les juridictions administratives ont tendance à retenir un régime de responsabilité sans faute de l'État, le régime la responsabilité du fait des attroupements. L'État, civilement, est responsable de tous les dommages qui sont causés. À l’occasion d’un attroupement, ça va de la vitrine du commerçant qui est brisé aux manifestants qui sont blessés. Et on avait des ambitions juridiques quand on a commencé à envisager la procédure administrative, qui était de faire qualifier les armes utilisées d’armes dangereuses. Parce qu’il y a un régime juridique qui est spécifique et on avait des ambitions par rapport à ce statut. Ça a pu être possible pour Pierre pour le LBD 40, ça a été possible. Récemment, le tribunal administratif de Toulouse a retenu qu’une grenade était une arme dangereuse. Néanmoins, en pratique, les tribunaux administratifs balaient rapidement ce régime. Ils ne l'évoquent même pas. Ils se contentent de retenir une responsabilité sans faute et ça perd aussi en sens. Très rapidement, parce que je crois que j’arrive à la fin, on a une dernière procédure qui est la commission d’indemnisation des victimes d’infraction que l’on peut saisir pour que soit mis à la charge du fonds de garantie une somme à payer pour indemniser la personne. Là, ce n’est pas une responsabilité de l'État, ce ne sont pas des responsabilités du terroir, c’est une indemnisation pour une personne victime. Une victime d’une infraction pénale, une victime de l’unité test supérieure à un mois, peut solliciter cette indemnité. C’est une procédure qui peut être utile parce qu’il y a de nombreux frais pour les personnes blessées. Par contre, c’est à elle d’apporter toutes les preuves et évidemment que le fonds de garantie pinaille beaucoup. Et dénie à chaque fois que c’est possible sa responsabilité pour ne pas avoir à payer et le signifie par écrit en plus ce qui constitue un processus très froid et très violent pour les personnes qui reçoivent ces courriers. Donc en conclusion, même si j’ai survolé tout ça très rapidement, on pourra y revenir si vous le voulez, j’avais vraiment envie de vous montrer qu’il y a de nombreux obstacles qui se présentent aux personnes blessées dans leur démarche judiciaire, que celles-ci peinent et qu’elles luttent. Et que c’est un processus très lourd et que nous, en tant qu’avocats, évidemment, on a cette espèce de savoir juridique qui nous faut maîtriser. On doit les accompagner, c' sont des procédures qui sont parfois assez techniques, mais notre rôle aussi, c’est de vraiment les assister dans ces démarches, d’avoir bien constance de toutes ces difficultés et ces enjeux-là et de les prévenir en amont et de bien les accompagner à chacune des étapes parce que la violence, elle est aussi judiciaire et il ne s’agirait pas de l’oublier.
Alors pour ceux qui nous rejoignent, on est en direct depuis 10 heures du matin.
Je suis également avocat et la Ligue des droits de l’homme intervient sur un grand nombre de sujets de droits et de libertés, notamment la défense du droit de manifester, et sont pendant la réduction ou l’encadrement du maintien de l’ordre. Et comme vous le savez, il y a eu énormément de violences policières commises dans le cadre du maintien de l’ordre. Pas uniquement pendant le mouvement des gilets jaunes, bien avant, depuis toujours, on peut dire même. On se souvient en 77 de Vital Michalon, à Crey-Malville, qui est décédé à la suite d’un tir de grenade OFF 1. C’est une grenade militaire, si on vous en a déjà parlé aujourd’hui, c’est un grenade qui contenait, puisqu’elle n’existe plus aujourd’hui, de la TNT. 70 grammes de TNT, donc un explosif qui tue tout simplement avec l’effet de souffle qu’on appelle le Blast. Et cette grenade a également tué un autre militant écologiste en 2014, en octobre, la nuit du 26 octobre 2014. Il s’agit bien évidemment de Rémi Fraisse. Là aussi, la Ligue des droits de l’homme est intervenue pour soutenir la famille. Donc il y a un soutien aux familles. De la part de la Ligue des Droits de l’Homme. Il y a également un travail d’enquête puisque la Ligue a à chaque fois, dans ses décès, fait des enquêtes citoyennes pour essayer de contrebalancer les enquêtes de police. On va en dire quelques mots, des enquêtes de police, Chloé en a déjà dit quelques mots. Mais il est vrai qu’il y a un contre-pouvoir citoyen qui peut se mettre en place, notamment avec la Ligue des Droites de l’Homme, mais pas que. Et qui vise à essayer de récupérer des témoignages, ceux que la police et les juges ne vont pas forcément chercher ou ne veulent pas forcément aller chercher, parce que oui, dans ces affaires, la justice fait en sorte, par l’intermédiaire de la police, de l’IGPN ou d’autres services encore, d'éviter d’avoir à trouver la vérité. Elle ne souhaite pas de cette vérité parce que, évidemment, ces violences impliquent des membres du corps judiciaire et de l'État de manière générale. Donc, c’est l’importance d’avoir une association comme la Ligue des droits de l’homme qui permet avec d’autres associations de travailler pour faire la collecte de témoignages et de preuves. Ça a été le cas dans l’affaire de Rémi Fraisse et ce rapport a été d’abord rendu public avec une conférence de presse. Ça permet de discuter dans la société civile de ce que sont les violences policières. Il y a une grande évolution depuis 2015, depuis le décès de Rémi Fraisse, de l’appréciation qu’on peut avoir des violences policières. Elles ont bien évidemment toujours existé, des violences d'État, de manière générale. Pendant très longtemps, juste pour reprendre la question de l’alternative entre l’enquête judiciaire, le dépôt d’une plainte devant un tribunal ou devant le procureur de la République ou devant un juge d’instruction. La saisine d’un juge administratif, la saisines de la civile pour une indemnisation.
La CIVISE c’est la commission d’intimidation dont Chloé Chalot vient de parler.
Pendant très longtemps, on a pensé qu’il ne servait à rien de saisir le juge pénal. Et on avait un peu raison en ce sens puisque, effectivement, la plupart du temps, lorsque des victimes de violences d'État ou des violences policières saisissent un juge pénal, ça n’aboutissait strictement à rien puisque évidemment, la justice elle-même couvrait et asséchait la possibilité de vérité judiciaire. Et à la fin, on avait des victimes et des familles de victimes qui se retrouvaient avec rien du tout. Et avec encore plus de frustration et de colère et d’aigreur. Il se trouve que depuis le décès de Rémy Fraisse, un petit peu avant, peut-être, avec la quantité de violences qui sont apparues pendant le mouvement de la loi travail, mais également pendant le Mouvement des Gilets jaunes, et évidemment la prise de conscience généralisée des violences qui existaient dans les quartiers et qui existait depuis toujours, mais dont la population a commencé à prendre… Conscience, il y a eu un travail de différents militants, dont beaucoup sont présents ici, avec des angles de travail différents, avec des aspects de travail et de regard différent sur les violences policières, mais des travaux qui ont convergé. Et on a eu une prise de conscience, je pense que tout le monde a pu le constater, de ce que pouvait être et de la de manière générale pour la démocratie, pour tout un chacun, de ce que pouvaient représenter les violences policières, de c’est que c'était un outil évidemment de répression qui était utilisé par l’Etat pour éteindre toutes les paroles, qu’elles soient politiques ou citoyennes. Et donc il y a eu ce débat des violences policières qui s’est instauré dans la société civile et dont on parle pratiquement tous les jours et vous l’avez pu constater y compris pendant des élections alors que les dernières élections législatives l’un des thèmes et des leitmotivs c'était la police tue. Jamais, enfin à mon sens, jamais dans les élections des 50 dernières années un tel discours n’aurait pu apparaître ou n’aurait jamais pu concevoir. De dire qu’un candidat puisse dire que la police tue et que les médias puissent embrayer et discuter de la chose. Alors certes, la plupart du temps, pour essayer de contester cette expression, mais en tout cas, ça permettait à un débat et de constater qu’effectivement, les violences policières sont devenues un sujet majeur de la société. La Ligue des droits de l’homme y a contribué avec toutes les organisations qui sont ici représentées. Et puis, elle a un deuxième outil qu’elle a créé, notamment avec le SAF. Qui sont les observatoires, c’est-à-dire les observatoires des pratiques policières ou des libertés publiques, il y a des noms un peu différents, qui ont également émergé depuis 2015 à peu près. C’est quoi ? Ce sont des regroupements de citoyens avec la Ligue des Droits de l’Homme, le SAF, quelquefois avec d’autres organisations sur le territoire, qui ont décidé de venir observer le maintien de l’ordre et de venir voir ce qui s’est passé. De venir voir comment la police interagissait avec les manifestants pour essayer de documenter, de filmer et de permettre de également d’informer la population, mais également quelquefois de permettre une résolution judiciaire. Pourquoi ? Parce que c’est le deuxième point que je vais aborder et qui va rejoindre un petit peu l’exposé suivant. C’est on a, on a quand même, même si on a. Des avancées majeures d’un point de vue judiciaire, et qu’aujourd’hui, parce qu’il y a eu ce travail et parce qu' il y a eu de plus en plus de plaintes pénales, une prise de conscience par les juges de la nécessité d’enquêter correctement et de poursuivre des policiers ou des gendarmes ou d’autres personnes dépositaires de l’autorité publique devant les tribunaux, il y à ce mouvement là qui existe. C’est aussi parce qu’on y a été. Et c’est parce que les juges ont pris conscience de la chose. Parce que plus il y avait d’enquêtes, plus on parlait avec eux et plus ils comprenaient que c'était vraiment un sujet majeur. Et donc, la difficulté néanmoins, c’est qu’ils travaillaient avec un organe qui s’appelle l’IGPN ou l’IGN, qui est un organe d'étouffement de la vérité judiciaire. Parce que ce sont des policiers ou des gendarmes qui enquêtent sur des policiers ou des gendarmes. Et qu’en plus, ils ont une tutelle du ministère de l’Intérieur. Ils dépendent du ministère de l’Intérieur… Et donc bien évidemment c’est compliqué, il y a une double type d’enquête à l’IGPN et à l’IGAS, il y a une enquête judiciaire, soit sous la responsabilité du procureur de la République en enquête préliminaire, soit sous la responsabilité d’un juge d’instruction lorsqu’il y a un instruction qui est ouverte. Mais il y également les enquêtes de type déontologique qui sont elles sous la responsabilité du ministère de l’intérieur. Souvent le ministère d’intérieur ouvrait une enquête déontologique pour avant même le procureur, le juge ou les victimes. Savoir ce qui se passait et communiquer avant les victimes et empêcher la manifestation de la vérité. Ce qui se passe, c’est que les juges se sont rendus compte, néanmoins, que l’IGPN, à force de scandales, à force des mensonges, je songe à des affaires comme celle de Geneviève Leguet où les autorités publiques ont été démenties. Anis, cette dame de 74 ans qui a été poussée par des policiers, le président de la République avait dit non. Ce n’est pas vrai, elle n’a pas été poussée, le procureur avait dit non, ce n'était pas vrai qu’elle n’ait pas été poussée etc., ont tous dit non. Il se trouve qu’ils avaient d’ores et déjà, en tout cas pour le procureur, les vidéos qui montraient la réalité, c’est-à-dire qu’il avait été poussé par un policier et qu' ils ont essayé d'éteindre la vérité. Donc il y a eu une succession de scandales, Cédric Chouviat également, qui a été tué à Paris, étranglé par des policiers, on avait dit qu' il avait eu un malaise cardiaque. Rémi Fraisse, pour revenir avec les grenades, on avait dit qu’au départ, on avait retrouvé un simple corps sur la zone de Sivens, faisant entendre que ça pouvait être une mort naturelle, voire autre chose. Vous voyez la logique du mensonge systématique qui est organisée à chaque fois qu’il y a une violence policière par l'État, parfaitement organisée avec des obstructions à la manifestation de la vérité, avec l’organisation du mensonges et les concertations entre les forces de l’ordre. Donc, on sait les juges d’instruction qui sont, eux, un petit peu plus indépendants quand même que les procureurs. Se sont rendu compte de ce que leurs outils, c’est-à-dire ceux qui vont enquêter pour eux, eh bien leur mentait et participait du mensonge. Par exemple, j’ai des cas où l’IGPN retranscrit mal des vidéos ou des audios ou des radios pour éviter d’incriminer les policiers qui font l’objet de l’enquête. Et donc le juge, il récupère ça et il ne voit pas ce qu’il aurait dû voir parce que l’Igpn lui a menti, tout simplement. Maintenant il y a des instructions, on a déposé des plaintes contre l’IGPN pour paralyser finalement la capacité de mensonge de l’igpn et vous voyez progressivement on avance et on essaye de transformer l’institution judiciaire et ça fonctionne il y a de plus en plus de mise en examen de policiers et là on parle si on parle de grenades ou de LBD dans le mouvement des gilets jaunes on songe bien évidemment à Jérôme Rodrigues sur la place de la Bastille Souvenez-vous, là aussi le ministère de l’Intérieur avait menti en disant qu’il n’avait pas été touché, en tout cas que ce n'était pas une arme de la police, finalement si. Il y a eu des reconstitutions, il y a les moyens de preuve qui ont avancé également et c’est pour ça qu’on a commencé à travailler avec Index, qui fait les reconstitutions numériques, c'était un nouvel outil, d’ailleurs qui ne sert pas que pour les violences policières mais maintenant qui commence à devenir un moyen de preuves. Généralisées pour les juges d’instruction et pour l’institution judiciaire. Juste pour vous dire qu’avec la Ligue des Droits de l’Homme, on a fait ce travail au fur et à mesure pour permettre finalement que la justice fonctionne mieux et prenne conscience de ses failles. Ça avance bien, je ne dis pas que tout est super parce qu’il y a encore malheureusement beaucoup trop de classements sans suite. Il y a encore beaucoup trop de non-lieux, il y a encore des difficultés sur la jurisprudence en matière d’indemnisation par la civi. Mais on avance par rapport à il y à cinq ou dix ans. C’est ce travail là qui n’implique pas non plus, qui implique la possibilité aussi de saisir le tribunal administratif. Maintenant, c’est vrai que la question aujourd’hui, pour terminer avec mon exposé, à une époque, on faisait le distinguo entre tribunaux administratifs et juge judiciaire, tribunal administratif, on reconnaissait la responsabilité de l'État. On se rend compte, comme Chloé le disait, que le juge administratif, finalement, reconnaît une responsabilité sans faute, c’est-à-dire pas de responsabilité de l'État. Pas de faute de l'État, tout au moins. Et en matière judiciaire, on commence à arriver à un point. C’est la prochaine étape où on commence à avoir des responsabilités hiérarchiques et il y a de plus en plus de dossiers où des donneurs d’ordre sont mis en examen et renvoyés. Je songe d’ailleurs au dossier de Geneviève Leguet ou un commissaire donneur d’ordre. A été mis en examen et va être renvoyé devant le tribunal correctionnel. Mais de bien d’autres dossiers où on songe à des préfets dans tous les dossiers de gilets jaunes à Paris, comme le préfet l’allemand ou d’autre encore, qui risquent sous peu d'être mis en examine, on voit aussi cet avancé dans le cadre de la justice pénale.Pour l’instant, on est encore loin du compte et le combat est encore long.
Il y avait des mises en examen de gens de la préfecture et des gens de la police de Nantes.
Bon moi je suis l’invité surprise, j’avais pas prévu d'être là et je suis là quand même, j’avais prévu juste d'être public et apparemment donc on a pas beaucoup communiqué au centre d’index entre nous et Francesco n’a pas pu venir et du coup au pied levé je le remplace, donc je m’excuse si je n’osais pas être super complet mais je vais faire de mon mieux. Donc je trouve que c’est très intéressant de passer après des avocats parce que dans les affaires juridiques on cherche à avoir la manifestation de la vérité et ensuite à juger de cette vérité, on va mettre un verdict sur cette vérité qui se manifeste. Et pour la manifestation de la vérité, de manière générale, sans rentrer dans les affaires de la guerre de violence policière, ça peut être très compliqué. La mémoire humaine a des failles. On ne peut pas se souvenir exactement de ce qui s’est passé. Les témoignages ne sont pas fiables en soi. Les sociologues et psychologues ont fait de nombreuses études. Vous avez sans doute vu l’expérience du singe et du basket, par exemple. Si vous ne connaissez pas, il y a du jeu du ballon et singe, vous tapez sur internet. Il y a quelqu’un qui est déguisé en singe qui fait le singe devant des gens qui se font des passes. Bon, j’ai spoilé. Et 90 % des gens ne se rendent même pas compte qu’il y a un singe qui apparaît à l’image s’il suit le ballon. Donc quand on est concentré sur une chose, on ne voit pas le reste. Donc un témoignage en soi n’est pas déjà fiable tout le temps. Si en plus on ajoute toutes ces obstructions qui viennent d'être mentionnées, ça rend les choses extrêmement compliquées pour la manifestation de la vérité et pour pouvoir obtenir justice dans des affaires de violence d'État. Et parmi les outils, les armes qu’on peut donner aux avocats qui vont défendre les victimes, dans ces affaires de violence policière, de violence d'État en général, il y a un nouvel outil numérique, qui est un peu une révolution, comme les policiers avaient eu leur révolution avec les Bertillon Ades, je ne sais pas si vous connaissez un peu l’histoire de la police, il y avait Bertillon qui était très connu pour ses fichiers anthropométriques, ses doigts, etc., les empreintes de doigts, etc. Maintenant, on a de nouveaux outils numériques. Et c’est intéressant parce qu’il n’y a pas que la police qui peut utiliser les outils numériques dans ces enquêtes. Les citoyens aussi peuvent s’organiser et des agences d’experts se sont également montées. Alors ici, je vais parler d’abord d’une agence un peu historique qui est très intéressante, qui a été créée en 2010 à Londres, qui s’appelle Forensic Architecture, qui s’est montée à l’université de Londres avec des universitaires. Qui étaient principalement dans le domaine de l’architecture et qui utilisaient des modèles 3D pour étudier les affaires de violence policière. Et donc, ils se sont principalement intéressés à des affaires qui avaient lieu en Israël, Palestine, un confinement palestinien, etc. Et ça rejoint un domaine un peu plus large, qui est celui du renseignement open source, dont j’aimerais vous parler aussi, donc qui ne recouvre pas tout à fait ce qui se fait dans ce domaine-là. Alors le renseignement open source Ça consiste tout simplement à récupérer des informations publiques dans le domaine public, type des vidéos postées de liveurs sur Facebook, sur YouTube, etc. Et de pouvoir les exploiter pour en tirer des informations. Ça, c’est le renseignement open source. L’agence la plus connue dans le domaine, c’est Bellingcat, qui intervient par exemple dans les conflits, des choses majeures. Par exemple, dans le conflit récent entre Ukraine et Russie, ils interviennent pour documenter les différents crimes contre l’humanité. Ou les différents crimes pour les cours. Il documente tout ça, récupère les vidéos, il les localise, il est localisé, etc. Donc il y a tout un travail qui est fait avec les outils numériques pour récupérer du renseignement. Dans les affaires de violence d'État, il y à une partie qui peut être du renseignement de sources ouvertes parce qu’on peut récupérer des vidéos du moment de ces violences sur les réseaux sociaux. Et il y a des choses qui ne sont pas accessibles au public. Donc ce n’est pas que du réensablement open source qui est fait. On peut récupérer par exemple dans un dossier d’instruction si on travaille avec un avocat on peut récupérer les documents qui sont à disposition de l’avocat, des caméras de surveillance, des choses comme ça, on peut y exploiter cela. On va utiliser l’ensemble de ces vidéos, de ces documents qui sont disponibles, et donc Forensic Architecture, ce qu’ils font, c’est qu’il vont faire des modèles 3D et tester différentes hypothèses, tester des versions, confronter des versions vérifier si ça correspond à la réalité, essayer d'établir l’effet avec ces modèles 3D. Et sur ce modèle-là, en fait, moi j’ai été invité comme expert sur une affaire un peu marginale sur ça. C' était une affaire qui avait lieu au Chili sur les gaz lacrymogènes. Ouforensi Garchitio m’a sollicité parce que j'étais intervenu, j’ai fait un gros dossier sur les gaz lacrymogènes et ils avaient essayé de quantifier quelle est la quantité de gaz lacrymogène qu’il y a dans l’air. Parce qu’en fait les outils de mesure coûtent extrêmement cher, on peut très difficilement mesurer quelle est la concentration de gaz lacrymogène dans l’air. Donc tout à l’heure il y avait la question, il y a toujours des gens qui disent ah mais les gaz lacrymogène c'était plus violent là, c’est moins violent là. Ce n’est pas la grenade qui est changée. C’est la concentration qu’il y a dans l’air, qui dépend du nombre de grenades qui sont lancées, qui dépend des lieux, de la pression atmosphérique, de la température, etc. Et donc, on peut être exposé à des doses qui peuvent être très dangereuses ou moins dangereuses. Et donc dans ce cadre-là, pour vous donner un exemple de ce qu’a fait Forensic Architecture, ils ont fait un petit modèle 3D avec un physicien spécialiste de la mécanique des fluides, de la dynamique des fluides, ils ont vérifié si ces modèles permettaient de reproduire les particules qu’on avait à l’image, on voit un nuage de gaz, si on arrivait à reproduire le même nuage. Grâce à des modélisations mathématiques par informatique sur le lieu en tenant compte de tous ces paramètres. Ils ont réussi à faire un modèle qui marchait parfaitement avec ce nuage de gaz, et donc ils ont pu mesurer une concentration théorique d’après ce modèle du gaz lacrymogène qu’il y a derrière, par exemple. Ce sont des outils vraiment d’expertise très très pointus, qui peuvent être faits avec des scientifiques, avec des universitaires, et qui permettent d'établir certains faits, de récupérer des informations, d’avoir des paramètres dont on ne dispose pas au départ, et qui permette d’aider… À des jugements, ici dans l’affaire à laquelle j’ai contribué au Chili, ça a permis à tout un quartier de porter plainte contre le gouvernement par rapport à l’usage des gaz lacrymogène. Le quartier d’Al-Paz ad-Dinidat a porté plainte. Donc ce genre d’affaires a permis de lancer des choses dans d’autres pays. Et en France, on n’avait pas vraiment d’agence. Et il se trouve qu’une des personnes qui travaillent à Forensic Architecture est française. Et avait envie de lancer quelque chose en France. Donc il m’a contacté en disant « tiens, toi t’as fait une expertise une fois pour N 6, ça serait bien que tu sois aussi dans l'équipe. » C’est comme ça que j’ai rejoint cette équipe sans avoir vraiment d’expertise dans le domaine. Et donc il a créé, Francesco, c’est Brigand, il a créé une ONG qui s’appelle Index, je vous invite à regarder le contenu, il y a aussi un petit exposé dans la salle à côté où vous pourrez garder un peu ce qui est fait, qui a travaillé sur différentes affaires de violence d'État en France, On pense à l’affaire Yacine Redouane, Adama Traoré. Il y a des camarades, il y a plein de petites affaires si, donc il y à plusieurs affaires où ça a souvent été sorti par la presse. Parfois ça peut se faire directement à la demande d’un juge d’instruction, comme dans le cas de l’affaire Steve Maya Caniço Et où une reconstitution 3D avec du frame match va être faite, c’est-à-dire qu’on va essayer de faire correspondre les images vidéo des caméras de surveillance ou des gens qui ont filmé les scènes avec un modèle tridimensionnel. On va pouvoir vérifier. Établir des faits, vérifier les versions policières, vérifier les versions des témoins, tester des hypothèses, faire une forme de reconstitution et puis obtenir des informations, tirer des informations. Parfois, ça ne va pas être conclusif, on ne va pas avoir de résultat derrière, on peut faire des choses sans y arriver. Parfois, on peut montrer que des versions policière sont incompatibles entre elles, donc il y a au moins un des policiers qui se trompe dans son témoignage ou qui ment dans son dossier donc on peut arriver à établir un peu plus la vérité grâce à ça. C’est un outil qui est extrêmement puissant pour établir la vérité parce qu’il est très objectif, il permet d’avoir une certaine neutralité. D’autres acteurs commencent à apparaître. Je pense à Yann, je ne sais plus où il est, mais il y a des personnes qui sont en train de lancer Je vous invite aussi à regarder ce qu’ils font. Il n’y a pas de concurrence, chacun travaille un peu comme il peut avec les outils qu’on a. Il y a peut-être des lignes qui sont un peu différentes. Index a plutôt une ligne d'être vraiment neutre, c’est une expertise totalement indépendante. Jenny souhaite travailler un peu plus directement avec les familles de victimes et les victimes, etc. Directement ce qui risque parfois, certains pourront me reprocher peut-être dans le procès, je ne sais rien, moi je trouve que ce n’est pas très légitime de reprocher ça. Des gens de vouloir faire une expertise, il est fait, sont objectivement présentés, il n’y a pas de quoi le reprochait. Mais pour avoir une certaine crédibilité, ça peut être difficile dans certains jugements. Donc il y a différentes approches qui existent, qui sont complémentaires les unes des autres, qui permettent de travailler ensemble en bonne entente pour arriver à identifier, à vraiment mettre en place la vérité, à montrer la vérité, à faire se manifester la vérité. Je pense qu’après ce sera dans les mains des avocats, qui eux seront les meilleurs plaideurs, de se servir de ces éléments que les experts vont apporter pour pouvoir obtenir justice.
On va bien sûr poursuivre par un petit temps d'échange, mais on voulait juste profiter de votre attention pour vous dire qu’il y a une exposition à l’entrée de trois artistes, Mordicus, Anita et Carlos Osorio Fuentes qui essaient de retracer l’universalité des images de guerre que l’usage des armes mutilantes induit et qui se concentre, en tout cas qui porte un message de résistance et de valorisation des différentes formes de lutte qu’on observe face à cet usage. Donc on vous invite à passer dans ce petit local qui est juste là à gauche et il y a une projection d’index qui tourne en boucle, si elle ne marche pas, venez nous chercher, on la remet en route. Voilà. Ah, alors, petite annonce sécurité, flash info. Qui veut bien s’inscrire sur les créneaux de surveillance là-bas ? Parce qu’on n’a plus personne et la manif en centre-ville va bientôt s’achever. Enfin, ça serait bien de… Super ! Merci beaucoup, et ben, foire aux questions, sur ma gauche.
Non, c'était pour rebondir sur les procédures judiciaires.
Je vous ai mis dans le tchat le lien vers jenny.ngo et je me suis trompé tout à l’heure, ça n’est pas l’ONG ou l’assaut de Mathurius, c’est une autre fait, c’est celle dont vient de parler Samuel Laurent.
Mais bon, c'était avant les moyens technologiques tout le tralala. C’est que bon, voilà, comme ça a été dit, quand on est blessé par un tir de LBD, quand on est mutilé, on se retrouve tout de suite. C'était une machine énorme qui commence à nous écraser tout de suite, c’est à dire que dans la presse, il y a évidemment la personne blessée est accusée d’avoir mérité ce qui lui arrive d'être un casseur, etc. Mais ce n’est pas le plus important. Il y a toute une machine policière qui s’active tout de suite, ce qui veut dire que moi, j’avais 16 ans. Et dans les 48 heures après ma blessure, il y a des agents de l’IGPN, de la police des polices, qui sont venus dans la chambre d’hôpital, qui ont mis mes habits sous-scellés pour l’enquête. Pas les armes de la Police, mais moi, mes habits à moi, comme si c'était moi le suspect, et qui m’ont assailli de questions bizarres, genre ce que t’as dit quoi, qu’est-ce que tu faisais, si j’achetais des cailloux, on va le trouver, etc. Alors qu’on est encore un peu dans le coton, franchement, voilà. Donc on a bien pris acte, mais bon, j’avais déjà une petite sensibilité politique quand même, on a pris actes que de toute façon l’enquête ne serait pas menée, enfin clairement, ou alors à charge contre moi. Et donc il s’avère que des amis de la famille faisaient du graphisme, il y en avait un qui était prof de dessin dans une école d’art à Nantes, etc., et donc on s’est dit on va reconstituer effectivement la scène du tir. Enfin, eux, ils se sont dit ça et ce qui s’est créé, c’est pas un comité de soutien politique, blabla, c'était un groupe de travail. Donc on a lancé un appel à témoin, on a recueilli sans témoin. C'était le début, moi, c'était en 2007, donc vous voyez, il y avait encore les petits téléphones pourris, mais on a réussi à recueillir une dizaine de petits bouts de vidéos comme ça. Et à partir de là, l’ami de la famille a réussi à reconstituer le plan de l’endroit où je me suis fait tirer dessus un peu en modélisation dessin. Et a recoupé secondes par secondes la charge de la police, le moment du tir, etc. C’est nous qui avons mené l’enquête et c’est sans doute grâce à ça que le policier a été traduit en justice et il y a eu un procès. Dans l’immense majorité des cas, il y avait, comme tu l’as dit, tout simplement pas de procès pénal puisqu’on ne sait pas ce qui s’est passé, on ne sait qui est le tireur et puis fermez le banc. Néanmoins, ça, c'était pour le côté sympa. Le côté pas sympa du tout, c’est qu'évidemment, ce flic a été relaxé. Malgré toute l’enquête qu’on avait menée, le procès pour moi est une violence largement comparable au tir en lui-même, je le dis clairement pour les personnes tentées de lancer des procédures, on est dépossédé totalement, c’est effectivement des techniciens et des experts balistiques etc. Qui placent leurs mots empoisonnés sur notre vécu, qui se réapproprie le truc, qui insinuent en permanence que en fait je me serais pour ramasser un caillou enfin voilà et que du coup il visait le torse Tout est piégé à tous les niveaux et le processus est un grand moment d'écrasement de l’individu. C’est-à-dire que notre affaire n’existe plus, on n’a pas la parole, c’est des avocats, des spécialistes qui débattent entre eux et en fait on est écrasé et à l’arrivée le flic a été relaxé. Alors il a tiré, ça a été reconnu, à la barre il a dit j’ai neutralisé la cible, je vous l’ai dit ce matin, mais il avait obéi à un ordre non manifestement illégitime, sauf qu’on n’as jamais pu poursuivre. La hiérarchie de ce policier, on a demandé pendant, ça a duré cinq ans cette histoire. On a demandé, pendant cinq ans, à ce que la hiérarchie soit entendue, elle n’a jamais été entendue. Par contre, au procès, il a été relaxé parce qu’il avait obéi à un commandement supérieur non manifestement illégal. Voilà, ça c’est pour le pénal, donc c' est formidable. Et encore, je le dis, à Nantes, on suit avec l’assemblée des blessés plein d’autres gens. Il n' y a tout simplement pas d’enquête, il n’y a pas de procès. Il n ' y a rien. Et pour la version administrative, mené effectivement avec une équipe de Rouen, etc. On a réussi à obtenir qu’il y ait une décision avec l’Etat condamné reconnaissant que le LBD est une arme, je cite, exceptionnellement dangereuse. Voilà, chouette. Sauf que dans le jugement, encore une fois, la justice est un grand moment de dépossession, il y avait un partage de responsabilité à 50 %. C’est-à-dire que l'État et donc le tireur avaient 50 % de et moi j’en avais 50 dans ma propre blessure. Parce que je ne m'étais pas désolidarisé suffisamment rapidement de l’attroupement. Ça, c’est 50 % de responsabilité, donc c'était scandaleux. Et là, ça faisait carrément 10 ans que j'étais dans la procédure. Franchement, j’en avais marre. Je voulais arrêter. Et à l'époque, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur socialiste, a trouvé que même 50 % c'étaient trop. Il a fait appel. Donc, il y a une deuxième audience au tribunal administratif pour empêcher cette condamnation déjà minimale de l'État. Et il s’est bien planté parce qu’en seconde instance on a obtenu 80 % de responsabilité. Sur quoi se basent les pourcentages ? J’avais plus que 20 % de responsabilité dans ma blessure, je ne sais toujours pas pourquoi, ce n’est pas expliqué. Mais on a obtenu ça. Et donc ce jugement final 2018, 11 ans de procédure, très coûteux, je vais pas vous mentir, il y a ce part à mettre là quand on se bat. Et donc 2018, juillet 2018 on obtient ça novembre 2018, gilet jaune, le nombre de tirs de LBD explose toutes les limites, tous les plafonds jamais vus en France. Donc, je ne dis pas ça pour casser les démarches judiciaires, je dis ça pour relativiser un petit peu leur portée, parce qu’on a obtenu cette condamnation et depuis, il n’y a jamais eu autant de mutilés. Néanmoins, c’est une carte qu’il faut jouer. Le procès pénal, c’est un spectacle. L’État se met en scène lui-même. Donc nous, on a cité des mutilées à la barre. Qui sont venus témoigner, qui sont venues dire c’est pas une bavure, nous aussi on a subi la même chose, j’imagine que les prochains procès de personnes mutilées par la police ce sera la même choses, c'était une carte parmi plein de cartes qu’on peut jouer, la lutte dans la rue, les emmerder financièrement etc. Désolé j'étais un peu long mais ça me semblait important de compléter.
Ouais, je vais embrayer, donc je fais partie du collectif Désarmons les, je voulais revenir sur ce que tu disais, Chloé, est-ce que Pierre s’il vient compléter sur l’opportunité justement de porter le plainte contre la police au cas de situation, il y a la situation où on est blessé et donc on est conseillé ou on décide seul d’aller porter cette plainte. Donc, évidemment, on conseille nous aussi de ne jamais aller porter le plein dans les commissariats, faire ça avec une lettre, avec un avocat pour porter le plein directement au procureur. Il y a aussi la situation où on a été blessé. Alors qu’on est arrêté et donc on va subir nous-mêmes un procès. Vous avez compris un petit peu comment ça se passe au niveau de la lenteur de la justice. Elle n’est pas lente de la même manière. Vous pourrez juger forcément avant les policiers, si jamais ils sont jugés. Donc là, évidemment, pour se préparer à l’audition IGPN, donc pour raconter des blessures qu’il a subies, il faut se préparer d’autant plus si on a un procès derrière. C’est en fait, l’Audition IGPN va servir aux flics de l’IGPN pour dédouaner les flics qui vous ont blessés. Et pour vous incriminer dans l’affaire qui va être jugée contre vous. Donc, c’est pour ça qu’on a édité plusieurs brochures à ce sujet là, notamment celle qui s’appelle Conseils pratiques aux blessés et leurs proches, où on raconte un peu tout le parcours. On a fait un petit schéma graphique pour résumer justement les différentes étapes, le pénal, l’administratif, la commission de l’organisation. C’est donc sur notre site désarmement.net, mais aussi on le mettra à disposition sur le site du SAM. Pour que justement n’importe qui puisse télécharger parce que récemment on a édité une nouvelle version qui est un peu plus complète. Voilà donc ces brochures sont juste à côté. Donc on mettra à disposition sur le site du SAM très bientôt. Voilà.
J’ai une question très courte et technique, c’est par rapport à ces contre enquêtes et ces montages vidéo en quelque sorte avec les outils de Forensic architecture et tout ça, jusqu'à quel niveau ils peuvent être reconnus au niveau de la justice, est-ce qu’il y a des avancées par rapport à ça, est ce que j’imagine qu’ils faut fournir tout un tas d’informations, pas simplement la vidéo mais tout comment elle a été obtenue etc. Est-ce que l’on peut avoir des précisions là-dessus, est-ce que ça peut avancer, est-ce des choses sur lesquelles on peut s’appuyer ?
C’est une très bonne question parce que c’est variable déjà sur les situations alors ça c'était je pense un problème qui n’est qu’il est propre à la justice ici dans certains cas les faits les expertises ne sont pas souvent être contestés il va y avoir des débats on va voir ne pas en tenir compte parce que tel expert je veux pas le reconnaître par exemple donc il y a une lutte pour que l’expertise soit reconnu rentre dans le dossier et on en tienne compte déjà dans certains dans certains en France index est très récent Ça fait un an, un peu plus d’un an que ça sort, donc il y a des choses qui sont déjà bien exploitées, qui ont eu des conséquences. Il y en a d’autres qui ont été quasiment ignorés, qui n’ont pas eu beaucoup de conséquences judiciaires. Il y a des choses qui sont encore en cours. Donc c’est variable. On ne peut pas dire à l’avance que ça va fonctionner et qu’on va obtenir un résultat. Il y avait une enquête, moi je pense surtout à Jean-François Martin, qui a été ouverte. Parce que lui, c'était le cas de ce qui a été présenté au début par Chloé, on n’avait pas identifié le tireur et grâce à ce type d’expertise, on a identifié le tireur et du coup ça a été rouvert, l’affaire a été rouverte. Donc là par exemple on a une situation où maintenant on a quelqu’un qui peut être inculpé ou on peut attaquer etc. Mais bon, ce n’est pas toujours le cas, ça ne fonctionne pas à tous les coups, il n’y a pas de garantie, il faut tenter, il faut essayer d’appuyer et je pense que plus on le fait plus on arrivera à des résultats.
Deux trois mots aussi sur cette question en fait en matière pénale la preuve est libre ça veut dire que vous pouvez faire votre propre expertise notamment avec adex et produire votre rapport d’expertise ou votre reconstitution numérique au juge et en principe elle a une valeur maintenant elle a un peu moins de valeur dans l’esprit des juges et de la justice que si c’est le juge lui-même qui va désigner un expert judiciaire et faire un rapport ou une reconstitution numérique. Le souci, c’est que c' est une technique qui est nouvelle en France, tout au moins, et que les juges, on essaye de faire un plaidoyer auprès de tous les jugés qui sont saisis de dossiers de violence policière pour qu’ils fassent des expertises judiciaires, voire qu’il désigne quelquefois un DEX pour faire des expertise judiciaire. Parce qu' il y en a un autre, il y a deux ou trois experts qui s’occupent et qui font ça pour la justice. Je vous donne simplement le coup de l' expertise tel qu’il m’a été annoncé il n’y a pas très longtemps par un juge. C’est 70 000 euros pour faire l’expertise. Donc, la justice elle-même hésite quelquefois à désigner un expert parce que ça coûte une blinde et qu’ils n’ont pas forcément les moyens. Et c' est malheureusement la limitation de cette expertise. En revanche, oui, ça ouvre de nouvelles portes dans la justice. On parlait tout à l’heure du cas de Jean-François Martin pendant les lois de travail à Rennes. Alors c’est pas que le tireur n’avait pas été identifié précisément deux tireurs ont été identifiés et le juge s’est servi de ce que les deux tireur ont été identifiés pour dire On sait pas lequel Ah bah je sais pas c'était lequel donc je fais un enjeu Il y aura toujours une solution hein C’est d’ailleurs le même juge que pour Steve Maya Caniço, il a un petit peu changé de fusil d'épaule on va dire Depuis parce qu’il s'était fait taper par la chambre de l’instruction on a fait ce rapport avec index et on a identifié que l’un des deux ne pouvait pas avoir pu tirer à cet endroit précis. Ce qui fait qu’il n’y en avait plus qu’un, et donc le juge a décidé de renvoyer devant le tribunal correctionnel. C’est une des premières victoires, mais il y en a eu d’autres. Je vous prends l’exemple d’un autre gilet jaune, le jour d’anniversaire des gilets jaunes, place d’Italie, qui s’est pris une grenade lacrymogène, tiré avec un cougar, dans l'œil, on voit tout, mais on n’identifie pas immédiatement le tireur, il y a beaucoup de tireurs parce que la place est encerclée et nassée. Et bien le monde a fait un travail de reconstitution numérique exceptionnelle. Ils ont identifié le tireur, l’angle. Ils ont vraiment, vous pouvez d’ailleurs aller sur le site du monde pour voir ce travail qui est incroyable. Mais on a dû attendre un an et demi. On avait reçu l'équipe du monde. Deux ans même, avant que je désigne un expert pour dire est-ce que le travail fait par le monde est valable ou pas ? Au bout de deux ans, je peux pas en dire trop, parce qu’on est aussi soumis au secret de l’instruction et d’ailleurs confier un travail à index. Alors même qu’on est soumis au secret de l’instruction et qu' on ne peut pas normalement leur donner des éléments pour faire le travail, c’est aussi une difficulté. Vous voyez, il y a plein de choses qu’il faut prendre et de paramètres qu' il faut prendre en considération. Mais en tout cas, avec la reconstitution numérique, ça nous permet d’abord, ça a une valeur et ensuite ça nous permet vraiment d’avancer dans la manifestation de la vérité, en dépit de l’absence quelquefois de volonté de la justice. Vous abandonnez, malheureusement, j’ai un train, donc merci pour votre accueil.
Petite pause ! Il y a une dernière question. Oui, mais c’est juste pour avoir votre avis sur un point juridique que j’avais étudié pour mon bac, en fait, donc ça remonte un peu, donc arrêtez-moi si je me trompe, parce que j’avais étudier la spécialisation en matière militaire dans les juridictions françaises sur l’affaire Remises, et il me semble que, du coup, les juges d’instruction qui avaient été nommés au début étaient en fait spécialisés en matière militaires, parce que c'était un gendarme et ce n'était pas un policier. Il y avait justement eu une QPC par la famille, il me semble, qui avait été lancée. Et la réponse à la QPC, ça avait été qu’il n’y avait pas d’inégalité de traitement parce que c'était un gendarme et tout. Et du coup, c’est pour avoir votre avis, du coup est-ce que le fait qu' il y ait une spécialisation en matière militaire des juridictions françaises, est- ce que ça joue en défaveur d’une victime si c' est un gendarme et pas un policier qui est jugé ?
Je réponds rapidement parce que c’est effectivement nous qui avons fait la QPC. Pourquoi il y a une spécialisation sur le militaire ? C’est tout simplement parce que ce sont des gendarmes. C'était un gendarme qui a tiré la grenade sur la zone de Sivens cette nuit-là. La fameuse OFF-1 qui a d’ailleurs été interdite par la suite, d’abord suspendue puis interdite à la fin du mandat de Hollande. Autre d’ailleurs juste pour dire sur le travail qui avance aussi, c'était l’interdiction de ces armes. La grenade OFF 1 a été interdite, puis par la suite la GLI F4, après le cas de Jérôme Rodriguez. A également été interdite, certes remplacée par une grenade, sommes tout à fait pratiquement aussi dangereuses. Bon, toujours est-il que pour la question que vous posez, pourquoi un pôle militaire ? Simplement parce que ce gendarme sont des militaires, même s’ils sont sous l'égide du ministère de l’Intérieur. Ils sont soumis aux codes de discipline militaire et on a essayé de soulever la discrimination, finalement. Que subissent les victimes de violences, selon, alors c'était un angle de droit pour permettre d’avoir une réponse, même si évidemment philosophiquement ça pose question, mais on a soulevé l’illégalité de traitement, inégalités de traitements entre une victime de la fonctionnaire de police et d’un gendarme, parce que les règles étaient différentes. Et le Conseil constitutionnel, parce qu’on a quand même été jusqu’au Conseil Constitutionnel, nous a tout simplement dit que les gendarmes, compte tenu du fait qu’ils étaient soumis à un code de discipline militaire avec des obligations différentes de celles des policiers, l’inégalité était justifiée par une différence de situation appréciable liée au régime juridique un peu plus contraignant des gendarmes. Mais en tout cas, voilà, ça a permis aussi de susciter un débat là-dessus. Merci.
Il me prend de court, il me prend de court. Donc c’est une petite pause, alors il reste deux débats. Nous sommes en direct depuis ce matin, 10h à la Carmagnole, à Montpellier, très belle salle d’agitateurs, donc il nous reste deux débats. Le prochain débat, c'était sur la fabrique de l’impunité. Là on a eu les questions juridiques, point de vue des victimes, et là on va a priori entendre la discussion autour des policiers, comment les policiers se défendent. Christian Tidjani qui est de l’Assemblée des blessés va nous parler de la question financière et de l’impunité. Yan B qui était ce matin ici de Désarmons-les et donc de Génie.NGO nous parlera de la protection fonctionnelle et du permis de tuer la protection fonctionnelle. C’est en fait la garantie pour les fonctionnaires d'être défendus par des avocats. Et enfin,Issam El Khalfaoui qui est là pour le collectif Vérité pour Souheil et qui évoquera la légitime défense, donc vous savez, tous et toutes, Qu’elle est en ce moment beaucoup discutée, ça a été notamment mis sur le devant de la scène à nouveau par Zemmour suivi par bien d’autres. Alors ça c’est de 17h à 18h et à 18 h 10 jusqu'à 20h, quelles stratégies collectives en réponse ? Table tour d’horizon va tirer des collectifs et des formes de lutte avec des représentants et des représentantes de A4 France. Amnesty International, de l’Assemblée des blessés, d’Index, de la Ligue des droits de l’homme et de génie. Voilà, voilà. Alors, qu’est-ce que je pourrais vous dire d’autre ? Donc, ça c’est le grand… Ça c' est le grand … Grand programme pour les quatre heures qui arrivent. Merci à tous d'être là un samedi de juillet. C’est chouette pour les participants qui ont parfois fait beaucoup de kilomètres pour venir parler. De tout ça, ben écoute, profitons de la pause. Je ne sais pas si c’est le soleil qui vous écrase ou la qualité des témoignages, mais c'était le tchat est plutôt tranquillou, tranquillou là. Cet après-midi. Donc pour répondre, ce n’est pas le dernier débat à 17h, c’est l’avant-dernier. Bonne journée Jess qui doit partir, je ne sais pas si Euryale va faire une apparition. La Sud-Elect ne dit « c’est essentiel d'être là ». Oui, soufflé par les témoignages, Labelline 66, abasourdi. Valka, ça me questionne pas mal d’être passé à côté de l’info de cette journée, je ne piche pas ne pas l’avoir vu. C’est pas le cas, abonne-toi à l’info-lettre d’au poste, je ne suis pas si endurant, dit Nicotine70, ça fait 7 heures que j'écoute. Là où j’ai fait personnellement, j'écoute et je prends une claque, ça me laisse sans voix. Et puis lui me demande si je tiens le coup, bah c’est-à-dire qu’il va falloir que j’aille me… Me resservir. Hélène nous dit, je dirais que c'était la qualité du témoignage, pour ma part, j’ai rarement autant appris en si peu de temps. Quiconque, pareil ici, je suis scotché. La qualité des débats nous dit petit dragon vert est tellement forte que ça nous coupe la chic. J’ai un petit bug, j’espère que ce sera sans problème pour vous. Jimmy nous dit c’est très riche. Maitre Buck nous dit le pays va trop mal pour l’humour ou l’indignation. Il faut traiter les injustices. Maitre Belles ne dit ce prénom même pour un Belge. Ragben, pareil, la qualité des débats. Durdenov mieux, vaut écouter pour ensuite y réfléchir et un témoignage n’est pas un interrogatoire. Non mais il n’y a aucun problème. Je voulais juste savoir si vous étiez bien là, si vous n’aviez pas abandonné votre PC. Je me demande surtout comment nous battre efficacement. C’est le paradoxe du moment, c’est paradoxe de la situation, ça a été évoqué plusieurs fois dans la journée, jamais la critique de la police n’a été mais jamais cette critique n’ait été aussi critiquée vertement, donc ça c'était le premier point, pour ce qui est simplement de la question de la police, mais plus généralement la question l’encadrement de nos libertés. Il est évident que nous traversons une phase où je pense que la plupart d’entre nous n’avons pas connu pire en France. Voilà, je pense qu’il faut remonter à très très très, en fait ça se compte en génération. À la limite, on peut dire Raymond Marcellin, à la fin des années 60, début des années 70, avec notamment la loi anti-casseurs, mais même, il n’y avait pas la Technopolice qui est aujourd’hui à l'œuvre, qui n’a pas été évoquée aujourd’hui, qui à mon avis, en ce moment un peu à part par les copains de la Quadrature du net, qui est un peu l’angle mort de la critique. De la police, parce qu’il y a déjà fort affaire, on vient de l’entendre, ça fait des heures qu’on ne le voit pas, mais il n’y avait pas la Technopolice il y a 50 ans, et il n’y avait pas une telle médiatisation de la Police. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, critiquer la police est devenu extrêmement suspect. Je ne sais plus qu’expliquer que proportionnellement et sur l'étendue du territoire, même mai 68 a été beaucoup plus soft. Ce n’est pas tout à fait exact, il y a quand même eu à peu près 5 morts en mai et juin 68, pas à Paris. Mais en gros, on compte entre 3 et 5 morts, donc déjà c’est par rien. Il faut se rappeler aussi 2005, les soulèvements, les émeutes de 2005. C'était pas rien. Ce qui m’inquiète, c’est que cela nous montre à quoi nous devons nous préparer, dit quiconque, et les N8 qui répondent à Tachilek, c’est vrai le bilan est fait, il nous faut des moyens pour changer tout ça, ça semble tellement systématique et systémique. Faire off avec la couleur brune qui a envahi l’Assemblée Nationale, il va falloir être plus que vigilant. 4 cols, tout ça me rend dingue, déjà que je ne suis pas doué en expression écrite, je ne trouve pas les mots. Je crois que chacun a ses armes, chacun a son environnement et peut agir à sa mesure. Ce que je disais tout à l’heure, aujourd’hui en fait ce qu’on fait c’est un peu de l'éducation populaire. On fait le constat, on écoute des témoins, victimes, associations, juristes. Il est évident que, comme je l’ai toujours dit, il faut organiser le pessimisme. Là je pique la phrase à Pierre Naville. Donc nous en ce qui concerne le poste, on a eu une réunion hier de 4 heures avec les modos, qui étaient super, avec Jess, Rial, Robin et Olivier, donc on est parti pour continuer. On ne sait pas encore exactement comment on va faire, est-ce qu’on va garder les rendez-vous de 9 heures du matin ? Est-ce que on va changer ça ? Est ce qu' on va faire un rendez-vous à 9 heures le matin. Exemple le lundi et puis d’autres en fin de journée, est-ce qu’on doit suivre l’Assemblée nationale ? Voilà, on réfléchit à tout ça. N’hésitez pas à donner votre avis dans le chat ou mieux encore dans le Discord. C’est très chronophage, sachez-le, très chronophage. Et je vous rappelle ou je vous annonce pour ceux qui découvrent la chaîne qu’ici, les modératrices sont rétribuées, heureuses et salariées. Jess, c’est sur facture et travailleuse indépendante. Et donc ça, c’est grâce à vos abonnements et mieux encore, à vos dons et à notre partenariat avec Blast, puisque on livre une émission par semaine à Blast. Alors, peut-on profiter de la pause pour faire une page de publicité pour le rapport de l’Observatoire des Streets Médiques ? Alors là, comme je suis tout seul et que j’ai une petite machine, je ne veux pas prendre de risque, mais effectivement, il y a eu un rapport il y à un mois ou deux, je crois, absolument passionnant, qui a essayé de ramasser tous les rapports acte par acte de Gilets jaunes, qui a été fait par l’observatoire de Street medics. Malheureusement… Il y a eu quelques bisbilles entre différents collectifs de street medic. On l’a senti un peu d’ailleurs tout à l’heure dans un des débats. Certains street medic ont accusé cet observatoire d’utiliser des chiffres qui n’avaient pas été communiqués pour ce rapport. Tout ça est un peu désolant, le rapport en tant que tel est très enrichissant. Il explose de très loin tous les chiffres qui, jusqu’ici, avaient été trouvés. Donc, vous tapez Observatoire des Street Medics et vous trouverez facilement le lien à propos de chercher sur Internet. Si vous voulez aider au poste et que vous n’avez pas les moyens de le faire, vous pouvez donner vos gouttes de Lilo. Lilo, c’est un moteur de recherche qui vous permet de, à mon avis, 80-90 % de vos recherches peuvent passer par Lilo. Vous n'êtes pas pisté ça vous permet, chaque fois que vous faites des recherches, vous accumulez des gouttes et ces gouttes vous pouvez les donner à des associations, à des ONG ou à des médias indépendants, n’hésitez pas. Si vous voulez, vous pouvez donner vos gouttes au poste. Je crois que c’est la commande. Merci beaucoup. J’entends le bourdonnais, merci beaucoup. Ce qui m’inquiète, c’est que la France, dit Jean Ferraille, au regard de l’Assemblée nationale, est un pays de droit d’art pro-contrôle policier et que seules les voix discordantes sont discréditées dans tous les grands médias. Là, c’est très très clair que ce que tu appelles les grands médias ne font même plus semblant. Au moins, c’est l’avantage.Alors Hélène dit, à titre personnel, c’est pour moi plus simple de suivre au poste le matin mais peut-être plusieurs votes pourraient être organisés Oui. Sauf que si tu veux, le problème c'était que là par exemple, si je fais un vote maintenant, tout le monde va dire « ah ben je préfère l’après-midi » parce que, regardez l' après-midi, si on fait un vote le matin, tout le monde va le dire « Ah ben non, le matin ». C’est vraiment compliqué. Assez dur de neuf qui a offert un abonnement, merci beaucoup, un maître bug. Merci Kakol, merci aussi à Esha qui s’est abonnée avec son Prime. Ouest, au poste en entrant au travail, c’est une bonne journée. Après, la difficulté c'était que pour les invités, je ne vous cache pas que 9 heures du matin, pour les invités qui vont être, on va dire, très sollicités, c' est plus facile que 18 heures. Ah ! Euryale est de retour ! Est-ce que les nouvelles sont bonnes Euryale ? Tu me dis juste oui ou non, si c’est entre nous. Est- ce que les nouvelles sont bonnes ? Euryale est-ce-que les Nouvelles sont bonnes ? Bonjour David, bonjour les humains, bonjour Euryale Oh, il y a des gens qui se réveillent avant 4 heures du matin ! Plutôt oui génial super c’est super alors nous sommes nous sommes donc en direct de Montpellier on attend le débat de 17 heures qui est donc le cinquième débat de la journée je crois peut-être même non le si je ne sais plus enfin qu’importe je vais vous donner l’intitulé Je vais changer en direct comme ça. La fabrique de l’impunité avec Christian Tidjani. De l’Assemblée des blessés avec Yann B de Désarmons-les et avec Issam El Khalfaoui du collectif Vérité pour Souheil. Le train de la Hype avance. Alors, changement de titre, hop, la fabrique de l’impunité. Alors, c’est mercredi je crois, on sera là pour l’assemblée mercredi avec Élisabeth Borne qui doit faire sa déclaration du gouvernement. Et puis après je sais pas trop, on va être un peu un été en pente douce parce que, dites les amis, on a eu une année dingue, une année dingue. Il y a aussi la question de la régularité, qui s’est posée hier dans notre réunion avec les modos. Moi je suis intimement convaincu que la régularité est la clé pour que les choses s’installent un petit peu. Les modos en sont moins sûrs. Alors là, aujourd’hui, c’est un contre-exemple On fait rarement comme ça des lives aussi longs un samedi, sauf quand on fait des manifs ou des rassemblements. Est-ce que vous, en fait, un ou deux au poste par semaine à heure fixe, vous suffirait et le reste par notification dans des streams sauvages ? Par exemple, ça vous intéresse ? Ou est-ce que vous avez envie plutôt de ne pas avoir à vous poser la question et de vous dire automatiquement tel jour, à telle heure, il y a au poste. Ça si vous avez l’envie. David va finir par faire en sorte que les modos se mettent en grève. C’est pas moi, c’est vous ? La régularité, oui, mais pour vous toutes, bonnes vacances avant. Oui, oui. Non, non, mais là, ça va être les vacances, là. N’hésitez pas à me dire bonjour facteur cheval, merci beaucoup pour ton abonnement. On en veut tous les jours, matin, midi et soir. Le souci des notifications, c’est que c' est au mieux moyennement fiable, absolument Alcanard, c' est infernal. Je n’arrive pas à percer le mystère des notifications. Pourquoi on les reçoit, pourquoi on ne les reçoit pas, c’est assez complexe. Et alors je peux vous dire que Twitch est d’une opacité invraisemblable. Déjà quand c’est fixe, j’ai du mal à y être, alors si c' est sauvage, dit le capitaliste, bah oui c' c' que je pense, voilà. Sur Twitch, en général on se connecte et on voit ce qu' il y a, dit Blad, oui 2-3 jours fixe par semaine, ça serait bien pour vous aussi, Tashi, Jean Feraille, faut rester punk dans les horaires, ça a été un sujet de conversation, moi je suis pas sûr que la punkitude soit dans les horaires en fait. La régularité, c’est bien en effet ça, fidélise dit Ulimi. À dire de neuf, le plus souvent j’y reçois alors que c’est déjà commencé voire terminé. Badass, la régularité, c’est très bien, les stream sauvages de Tanzanie. Petit dragon vert, je reçois tous les natifs, rien ne vaut les flux RSS. Il y a un flux RSS d’auposte. Catcall nous dit, moi je reçois les notifs sans faute. En tout cas, pas de live de 10 heures trop souvent, surtout quand c’est aux tendances en termes de contenu. Au poste pourrait peut-être utiliser l’outil Framasoft pour déterminer les horaires les plus convenables, pour une majorité de toutes choses. Ouais, c’est pas bête ça. C’est pas bête de faire un sondage Framasoft. C Pas bête ça. Et voilà, Kaof nous dit, il faudrait les horaires fixes sinon ça sera le bordel comme au début, tous les deux jours sinon. Le soir par contre, il y a peut-être moyen aussi de toucher un public plus jeune et plus nombreux d’idées capitalistes. Moi j’avais l’impression, alors quand on dit le soir, on parle de fin de journée, moi j’ai l’impression, parce qu’au départ, au poste, il était à 18 heures, moi j’avais l' impression qu'à 18 heures entre ceux qui s’occupent des enfants, les courses, le dîner, etc. Le tchat était moins concentré, moins attentif. Moins prolix, et surtout peut-être moins partageur de liens, de savoir, etc., que le matin. Est-ce que c’est une vue de l’esprit ? C’est possible. Faudrait au poste 24 heures sur 24. Il y a beaucoup trop de choses qui m’intéressent partout dans une perpétuelle bataille pour capter nos intentions, tout le temps pour que je m’engage dans une demande sur la régularité, la question va surtout se poser sur la redif en fait. Isabelle, tu vois voilà, Isabelle qui a abonné, j’ai reçu une notification d’une fois depuis plus rien, c’est le merdier leur truc. Petit dragon vert, à 18h c’est clair que je pourrais rarement être là. Medbell, le matin on n’est plus réveillé pour l’interrogation. Kaof, non c' est vrai, le soir on écoute d’une oreille et de l’autre on fait autre chose. C’est intéressant parce que même là, cet après-midi, le matin ressort un peu plus. Ils sont aware ou avare de sortir battant ? Parce qu’avec toi je me méfie. Bon qu’est-ce qu’il fout t’as Montpellier là ? Il se réveille moi il faut que j’aille me chercher du café là. De l’humidité.À propos de redif donc, nous, depuis le mois de février, on revient. À super ! DG3442, tu es sur place ? Pas de problème. On a l’habitude de meubler maintenant, tu sais, il n’y a pas de souci. Oui, je disais donc par rapport aux rediffusions. En fait, suite à un vote dans le sondage, on a pris le système un peu à la Usul, c’est-à-dire le live, le direct, il est à tous. Les rediffusions sont accessibles dès la fin du live aux abonnés. Aux donateurs, il faut passer par le Discord le temps qu’on envoie l'émission sur Peertube ou sur YouTube et qu' on vous mette le lien, les donateurs peuvent voir l’émission pendant une semaine et après au bout d’une semaine on rend l' émission accessible à tous. Oui, oui, bien sûr, c’est une décision qu’on va prendre, mais bon, je sonde votre avis parce que c' est. Voilà, je vous l’ai déjà dit, s’il n’y avait pas de chat, il n' y aurait pas aux posts. Pour moi, le Twitch n’a d’intérêt que parce qu’il y a face à la plateforme qui permet d’optimiser, si je puis parler comme McKinsey. Le mieux les chats, donc c’est important d’avoir votre ressenti, etc. Moi j’aime bien le matin honnêtement, j’ai bien le matin aussi parce que ça me permet de préparer les émissions du lendemain et de faire autre chose, tandis que de casser la journée même à 18h, enfin c' est un peu compliqué. A titre personnel le matin m’arrange bien, je le reconnais. Mais c’est vrai qu’on avait des gens au début, qu' on ne voit plus, qu on regrette, qui étaient très actifs, mais ce n’est pas compatible. Voilà. Oui, Taché, j’y pensais en fait, il faut que j’appelle Buckingham. Il faut que je l’appelle. Bien sûr. Non, mais c'était une bonne idée le sondage de Framasoft, je vais le noter. On pourrait faire ça tout l'été. Je le note. L’intérêt de Twitch, c’est de rebondir avec le tchat pour éviter Ah, ça revient là.. Et de rebondir, ça reprend au dire, je vais aller me faire un petit café, absolument. Et je le fais exprès, c’est pour voir si vous suivez Kav. Oui, Pimi oui, oui. Voilà, moi ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de créer des moments d’intelligence collective comme aujourd’hui, voilà, c’est ça qui m’intéresse. C’est de créer un abri, de créer une communauté, mais surtout de créer, voilà des savoirs, des échanges, des réflexions, et pas d'être dans le café du commerce ou des choses comme ça quoi. Alors, Si vous êtes du côté d’Uzeste, c’est en Gironde, pas loin de Bordeaux, le 19 août, c'était là où il y a ce festival de la Compagnie Lubat depuis des années et des années, ils nous ont invités. Le 19 au matin, il y aura une projo débat d’un pays qui se tient sage, et à 18 heures, nous ferons un stream sauvage depuis au Poste. Sur le Discord d’au poste, vous pouvez voir, il y a des gens qui ont déjà réservé leur place de camping. Il y a donc un camping qui réserve un corner au poste. D’autres sont à l’hôtel, chambre d’hôte, dorment dans leur bagnole, je ne sais quoi. Voilà, 19 août, moi j’arriverai le 18. 19 août au matin, un Pays qui se tient sage, à 18 heures, 19 août, un au poste sauvage. Et ce sera l’occasion de voir les cellules dormantes d’au poste s’activer, je ne sais pas combien on sera, 5, 10, 15, 20, on verra. Absolument pas le cas, c’est ça. Oui, unique. Alors ça, c'était, tu vois, par exemple ça, de toute façon, au poste, rien n'était prévu. Moi, je me suis mis là, il y a un an et demi, sans du tout savoir où aller Là, ça devient quasiment un boulot à plein temps, c’est dément. Mais effectivement, voilà, je trouve que quand on a suivi quelques débats, quand on suit les débats à l’Assemblée, il y a quelque chose du rôle d’observateur, de vigile, de sitting, qui est intéressant. Quand on se retrouve à 400, 600, 700, 800 à regarder l’assemblée nationale, c’est pas mal. 19 août, 18 heures. Absolument. J’avoue que ça fait du bien d’apprendre des trucs ensemble et ça m’a bien aidé quand on a regardé les meetings de facho pendant la campagne, instructifs mais violents, donc bien à regarder avec le soutien d’une communauté. Pourquoi pas aux Glières, absolument, j’y étais cette année, j’ai adoré,dans le plateau des Glières.
Je vais vous demander de vous installer.
On nous demande de nous installer. Je vous demande de vous installer. Je vous demande de vous arrêter.
C’est bon, ça marche ?
Alors c’est parti.
Si vous pouvez, regagnez vos places dans la salle à la Carmagnole et on en profite pendant ce temps pour faire un coucou sur Twitch. Puisqu’on a David Dufresne et tous ceux qui suivent la conférence.
Merci.
Direct sur les réseaux sociaux. Donc on arrive à la dernière partie avant d’essayer de réfléchir ensemble aux stratégies collectives en réponse. Donc une deuxième partie sur la grande question des questions juridiques et financières avec la notion de la fabrique de l’impunité. Donc pour traiter de cette question sur la question strictement financière et l' impunité Christian Tidjani, de l’Assemblée des blessés. Sur la protection fonctionnelle et le permis de tuer, Yann B. De Désarmons les Et ensuite, on abordera la question de la légitime défense avec Issam El Khalfaoui, le père de Souheil, tué par la police. Je leur laisse la parole.
D’accord, timing. Alors, donc, oui, je vais vous parler, alors, quand on parle de en parlant de la question financière, c’est évidemment la question budgétaire de l'État et donc du ministère de l’Intérieur. Et c'était pour en fait ce que je vous amenais, c’est à penser que l’Etat ne bougera pas tant qu’en fait, on ne l’impliquera pas. Dans la décision financière, c’est-à-dire pour nous, c'était à l'État de payer, plus précisément au ministère de l’Intérieur, et on va vous montrer tout le processus. Je vais vous expliquer tout le processus qui fait que l’Etat, en fait, l'état, il s’engage pas, il ne s’engage absolument pas. Donc, pourquoi changerait-il ses modalités ? Mon fils, pour la procédure judiciaire, en fait, nous arrivons à la douzième année de procédures et sur ces 12 années de procédures, en faite, il y a 14 années de procédure, c’est à dire 7 années de procédure pénale et nous sommes à la septième année de procédure civile. La procédure pénale, j’offrais à Huguencoz, c'était le policier et l’agent judiciaires de l'État. L’agent judiciaire de l'État, c’est un avocat qui gère les intérêts de l'État et donc l’aide du ministère de l’Intérieur. Il a été condamné en première instance. Il a fait appel. Nous avons interjeté l’appel avec le procureur. Il a était condamnée en appel et il a été débouté en cassation et aussi l’agence judiciaires de l',État. Donc, le résultat des cours, c’est que le policier étaient condamnés. Le policier avait une interdiction d’exercer. Le policiers avait dix mois de prison avec sursis. Mais c'était à l’agence judiciaire de l'État et donc au ministère de payer les indemnisations. À la procédure civile, la juge a complètement inversé le jugement pénal, ce qui ne se fait jamais. C’est-à-dire que la juge nous a débouté en disant ce n’est pas à l’agence judiciaire de l'État de payer et donc au ministère, c’est aux policiers de payer. Et donc, on nous ramenait, comme tous les blessés qui allaient au TA, à ce que ce soit le fonds d’indemnisation des victimes qui payent et donc… Comme Mélanie expliquait, c'était le produit de vos assurances. Pour nous, c’est un combat, c’est une question de principe. C’est-à-dire que c' est vrai qu' on aurait pu accepter le verdict et puis récupérer les indemnisations. Et par principe, il est hors de question que ce soit le fonds d’indemnisation des victimes qui payent ces indemnisations, c' est au ministère de l’pays. Et là, je vais vous lire, en fait, pour vous expliquer sur, pour revenir au gilet jaune, je veux vous lire en fait les instructions du ministère de l’Intérieur à propos du budget pour bien que vous compreniez qu’en fait, pour eux, il y a une stratégie, il y a vraiment une stratégie qui permet à l’Etat de ne pas payer. Et donc, cette stratégie. Je vais la retrouver. Donc, en fait, déjà, je vais dire DLPAJ. En fait, le DLPH, c’est la direction des libertés publiques et de l’autorité des affaires judiciaires, qui est sous la tutelle, donc liberté publique, qui est sur la tutelle du ministère de l’Intérieur, du secrétariat général de ministère d’Intérieur. Et voilà ce qui est dit. La maîtrise du risque financier lié au dommage consécutif aux manifestations des gilets jaunes, car nous sommes en 2022. Est une action majeure du plan d’action mis en œuvre par la DLPAJ et reste une priorité pour l’année 2022. Les dépenses en matière d’attroupement risquent d’augmenter en raison de l’ampleur des dommages liés à ces événements. L’instruction diffusée par la direction des libertés publiques et des affaires judiciaires aux préfectures le 18 février 2019 sur le traitement de ces dossiers a d’ores et déjà permis. De minimiser les dépenses et notamment de rejeter la responsabilité de l'État, responsabilité sans faute, pour un nombre important de dossiers et de disposer d’informations fiables et consolidées sur le plan financier afférent. Ainsi, les dépenses s'étalent sur l’exercice en cours 2021 et sur les exercices ultérieurs 2022-2023. Cette estimation de dépenses. Tient compte des dés efforts de maîtrise de la dépense liée aux attroupements, notamment les consignes données par la direction des libertés publiques et des affaires juridiques, de laisser les assureurs en première ligne dans la gestion des sinistres et des efforts importants pour contester la responsabilité de l'État et ainsi de minorer les préjudices subis. Et ça, c’est sur le site du ministère de l’Intérieur. C’est aussi sur le site de l’Assemblée nationale, donc dans la rubrique des budgets. C'était bien pour vous faire comprendre qu’il y a une stratégie qui est en place, qui fait en sorte que l’Etat ne débourse rien. On peut dire que l’Etat, c’est la même chose..Non, ce n’est pas la même chose. Parce que si le ministère de l’Intérieur avait à payer tous ses préjudices, ça poserait une grosse question à l’Assemblée nationale en disant qu’on a un problème. Mais vu que l’Etat ne paye pas, pourquoi se poserait-il la question ? Et c’est des choses qui existent. Cette question existe depuis 2015. 2015, tout bon… Donc pendant la commission d’enquête, Toubon, au moment où il était défenseur des droits, Toubon avait émis en fait un risque en disant que si les pratiques, en parlant des pratiques réelles de tir, il avait dit l'État doit impérativement encadrer ses pratiques s’il ne veut pas prendre de risques condamnés considérables. En 2015. Vous voyez, donc, en fait, l’Etat a pris la mesure des choses puisqu’en fait, ça a été une de ses priorités, comme il l’a dit, en fait depuis 2019, de par le fait que l’augmentation des blessures de gilet jaune lui faisait prendre un risque considérable. Et donc, la réponse, ils l’ont trouvée, parce qu’eux ont des petits rats de bibliothèque. Vous savez, ils utilisent des petits stagiaires qui vont dans les bibliothèques du ministère de la Justice et autres. Et qui vont chercher justement à pouvoir trouver les failles qui permettent justement de ne pas payer et de renvoyer systématiquement les blessés aux tribunaux administratifs et donc aux fonds d’indemnisation. Et tout ça, c’est des pratiques qui existent. C’est une stratégie. Et c'était pour ça que je dis, il est dommage que nous, mouvement contre les violences policières, on n’ait pas de stratégie parce que eux, en face, ils l’ont et elle est claire et précise. Elle est, en fait, avec la complicité des syndicats de police, des députés et des sénateurs. Et il y a des risques à venir, et qu’on a vus dès 2014, pour aller plus loin pour… Faire en sorte à ce que les blessés ne puissent plus en fait contester l’avis du procureur quand il donne un non-lieu. Et il y a, et c’est passé inaperçu, une loi qui est dans les tiroirs, une proposition de loi qu’on a déjà essayé de faire passer trois fois. Une fois à l’Assemblée nationale et deux fois au Sénat. Et cette loi, cette proposition de lois… Elle est simple et ses suites, justement, ça va suivre l’article 435-1 du permis de tuer, qui fait que les parties civiles… Ce sont des parties civiles cette fois-ci qui sont prises en compte. On parlait de se porter partie civile par le doyen du juge. Il y avait toute cette disposition. Je crois que c'était Maryam, la maman de Maryam qui en parlait tout à l’heure et d’accord. Et la proposition de loi, elle est. De tendre à interdire aux auteurs de crimes et délits et à leurs ayant droit de se porter partie civile contre leurs victimes ou contre les forces de l’ordre. Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est à dire que, tout simplement, si, par exemple, il y a un refus d’obtempérer et qu’on tire sur l’individu, on dit qu’il y a refus, peut-être qu’un n’a pas eu, c’est le procès verbal qui fera foi. Et donc, si le procès faire mal dit qu’il y avait une infraction, un délit ou un crime, si le procureur lance un long-lieu, jamais les victimes ou les ayant droit pourront se porter partie civile. Et c’est arrivé trois fois, une fois en 2014, une fois 2015, une fois en 2016. Et là, c'était dans les tiroirs. Et vu comment se comportent, en fait, les groupes à l’Assemblée nationale et vu pendant les cinq ans, il y a des risques… Cette loi, elle ressort des tiroirs. C’est pour vous dire qu’en face, il y a une stratégie qui est bien mise en place depuis des années et c’est, en fait, un accord avec des syndicats policiers, des députés et des sénateurs.
Alors moi, je vais essayer d’introduire plus qu’autre chose, mais en faisant le lien aussi avec l’atelier précédent. Je crois que ça commence à émerger clairement qu’il y a non seulement, il y a un déni de justice. Moi, je voulais introduire par la question du déni de vérité, c'était la question de la contre-enquête. Elle était aussi, elle répondait à cette question là. Juste pour rappeler que le déni de vérités, il s’appuie sur quelque chose qui est assez simple. Une équation qui a été notamment énoncée par Eyal Weizman, qui est quelqu’un qui a créé, qui a fondé Forensic Architecture, qui est une agence britannique qui enquête sur les crimes d'État et crimes écologiques. Il a identifié trois espaces dont les parties civiles, donc les victimes, sont exclues. La première, c’est la scène de crime. Donc les familles de victimes en général, une fois qu’il y a eu un meurtre par la police ou en général un meurtre. On urbanise la scène de crime et plus personne n’y a accès à part les enquêteurs. Le deuxième espace duquel sont privés les parties civiles et les victimes, c’est le laboratoire de police scientifique. C’est réservé aux enquêteurs, c’est réservé aux experts et l’accès en est exclusif. Et le troisième, c’est les cours de justice elles-mêmes, puisque bien souvent, les victime, les parties civiles n’ont pas accès réellement à la justice. Les victimes n’ont pas de contrôle ni d’accès au moyen et données de l’enquête judiciaire. Elles n’en ont pas accès non plus au corps de la victime, qui pourtant est leur corps, on va dire, c’est le corps de leurs proches. Donc elles n’ont pas accès au corps de la victime ni au scellé. Elles n’ont pas non plus l’espoir d’avoir une confrontation avec les auteurs des violences. Elles non pas de concertation avec les enquêteurs et les experts. Pas une possibilité de débattre sur les éléments de l' enquête. Et pas de débats contradictoires avec les magistrats le plus souvent. Et donc, c’est la dépossession dont parlait Pierre tout à l’heure. Et après le déni de vérité, il y a le déni de justice. Le déni justice, il s’appuie sur cette dernière étape, cette espèce de privation, cette exclusion des cours de justice implique un déni de justice. Et c' est là, en fait, où le dénis de justice, il s' appuie, sur ce qu’on a essayé Il s' appuient sur tout un rouage, sur tout un mécanisme, sur un système d’impunité qu' on a essayée dans des ateliers qu’on fait de plus en plus régulièrement. On parle de système d’impunité ou de fabrique du non-lieu. Et je voulais juste rappeler qu’il y a des éléments qui paraissent anodins, mais je pense que c’est bien de rappeler comment fonctionnent ces rouages-là. Elle s’appuie notamment sur un certain nombre d’acteurs qu’on peut appeler les acteurs clés de l’impunité. Au premier stade de l’inquiétude, c'était d’abord la hiérarchie policière et la préfecture qui se mobilise dès les premières minutes après les violences pour rassurer les auteurs, donc les policiers auteur des violences. Et justifier l’usage de la force, notamment en communiquant sur le profil et les antécédents judiciaires de la justice. Première étape, la criminalisation. Le deuxième, c’est la presse et les médias qui se font le relais, du coup, qui donnent de l'écho à la communication de la préfecture et attirent l’attention de l’opinion publique sur des éléments ne concernant pas directement les faits, la commission des faits participant ainsi à la campagne d’acceptabilité engagée par les autorités, d' acceptabilité et de légitimation du crime. Ensuite, il y a les syndicats de policiers qui jouent un rôle majeur, qui sont un peu… Entre l’institution policière et les médias qui se portent garant de la protection fonctionnelle. C’est-à-dire qu’il y a aussi ce truc de quand on est syndicat en tant que policier, le syndicat est là pour garantir un certain nombre de choses dont la protection fonctionnelle, qui vont en tout cas s’assurer qu’on est bien défendu, qu' on est bien conseillé, etc. Etc. Ils vont accompagner en fait les auteurs de crime. Donc ils se portent garant de protection fonctionnelle des auteurs de violence et imposent aussi leur récit dans l’espace public et médiatique. Donc c’est eux qui vont être dans les premiers qui ont une légitimité à puisque le corps policier est soumis au devoir de réserve. Réserves, mais pas les représentants syndicaux. Et souvent, ça n’intervient le plus souvent avant même que l’enquête n’ait été close. Tu vas en reparler après. Parfois, ils interviennent même moins de 24 heures avant, après la commission du crime. Ensuite, il y a les enquêteurs eux-mêmes, souvent de l’IGPN, qui sont souvent des collègues des auteurs de violence, qui recueillent des éléments qui peuvent être à charge pour les victimes, on l’a évoqué avant, et qui vont construire à la va vite, en général, un récit à partir des éléments recueilli par l' enquête. Lors des 48 heures suivant la commission des faits. Dans la plupart des affaires, l’enquête préliminaire et ces moments-là, c’est vraiment dans les premières 48 heures 72 heures que tout le récit se met en place et que tout le rouage, tous les rouages de l’impunité se mettent en place. Et enfin, le procureur qui lui va décider assez rapidement de la qualification initiale des faits et de la poursuite de l’enquête, souvent aussi à 48 heures des faits. Donc c’est lui qui va dire homicide involontaire, homicide volontaire, etc. Donc ça, c'était les premiers acteurs, premier stade de l’enquête. C’est eux qui vont construire la version qui va être ensuite soumise au juge, mais aussi au grand public, entre guillemets, parce que par le public, on est dans une société du spectacle, donc on est pris à témoin, mais sans avoir aucun rôle à jouer dans ces affaires-là, aucun droit de regard. On doit avaler la vérité judiciaire et éventuellement, la relayer y croit. Et donc après, au second stade de l’enquête, il y a aussi d’autres acteurs qui arrivent et souvent, on ne les nomme pas, et ça, c’est important de les nommer. C'était notamment les experts. Qui eux vont très vite établir la compatibilité des constats de médecine légale et de balistique avec la version du parquet. Qu’est-ce qu’on dit des gendarmes ? Quelle est la version que nous livre le parquet ? On fait des expertises légales, des expertise balistiques et médico-légales et on vient valider, on vient étudier la comptabilité. Est-ce que ce que je constate dans le cadre de l’autopsie, par exemple, est compatible avec ce que disent les gendarmes ? Et on se contente de ça. On n'étudie pas d’autres hypothèses, on va juste étudier la compatibilité. Donc les experts ne participent pas à l'élaboration de la version officielle, mais par contre, ils la valident. Et enfin, dernier rouage, c’est les magistrats eux-mêmes, souvent juges d’instruction, mais aussi juges judiciaires, qui ne jugent généralement que de la relative cohérence de la version policière, en incluant les éléments qui arrangent ou en omettant les éléments qui dérangent le procureur et le ministère de l’Intérieur. Les magistrats, en général, n’ont plus qu'à cocher la case non-lieue. C’est un peu leur rôle. Et donc, voilà, c’est pour ça que ça, je voulais évoquer tout ça, parce que c'était important d’avoir en tête tout ça pour dire qu’aussi, le non lieu, cette fabrique du non lieu s’appuie sur aussi deux éléments fondamentaux. Et après, je vais passer la parole à Issam, justement. C’est un, souvent, l’impossibilité d’identifier le policier. On l’a évoqué plusieurs fois. Ça va être un argument phare dans la plupart des dossiers, de blessures ou de meurtres, plus souvent de blessures. On va évoquer l’impassibilité d’identifier. Et le second argument, je l’ai évoqué ce matin, c’est l'état de nécessité. C’est cette question de la légitime défense. C' est là où, en fait, on va dire si le policier a commis un truc un peu violent ou très violent, c' est parce qu’il n’avait pas le choix. Et donc, ça, ça explique en fait 10 ans de mobilisation syndicale des forces de l’ordre, je parle des syndicats policiers, pour l’adoption de lois qui garantissent la préservation de leur anonymat, notamment. Et ça, c’est hyper important de le rappeler. On va évoquer la loi de 2017. La loi de 2007, elle introduit deux trucs. À l’introduction. L’assouplissement du cadre de l'égal d’usage de la force, donc la légitime défense, l’assouplissement du cadre la légitime défense. Mais son article 3 garantit l’anonymat des forces de l’ordre dans les actes procéduriers. L’anonyme, ça contribue aussi non seulement à exposer le nom des OPJ qui font l’enquête, mais aussi de ne pas exposer les auteurs du crime au grand public, mais aussi… Aux personnes qui ont accès au dossier. Donc potentiellement, on n’en est pas encore là, potentiellement on peut avoir des dossiers judiciaires dans lesquels en fait les noms des auteurs seront caviardés. C’est-à-dire que la partie civile n’aura peut-être pas accès. Alors je ne sais pas comment juridiquement, est-ce que ça peut se justifier, est ce que ça sera vraiment le cas, mais en tout cas, cette disposition légale peut le permettre. Le cadre, la légitime défense, je laisse entièrement Issam en parler. Par contre, je voulais évoquer quand même un truc qui nous paraît important. On voulait évoquer Pascal L'Église, donc on parlait tout à l’heure de l’implication dans ce rouage de l’impunité de la direction des affaires juridiques du ministère de l’intérieur. Et cette une personne qui joue un rôle clé dans cette institution, elle s’appelle Pascale Léglise. C’est une vieille dame qui a son siège depuis des décennies. Je vois d’ailleurs sur le Twitch qu’il y a Kamel Daoudi qui suit attentivement. Kamel Daoudi, c’est donc une personne qui a été assignée à résidence maintenant depuis 13 ans. Il connaît bien Pascal L’Eglise. Vous irez vous renseigner sur ce qu’ils concernent, mais je vois qu' il l'évoque parce que c'était important de rappeler qu’elle joue un rôle. Et cette personne, elle est au conseil d’administration du fonds d’analyse des victimes. On en parlait aussi avant. Cumule des mandats, confusion des genres, je ne sais pas comment on appelle ça. Mais en tout cas, elle joue un rôle fondamental. Et il y a un autre personnage, et c’est à la fin de mon intervention, c'était Laurent Franck-Liénard, qui est un avocat de renom, qui a fait sa mission dans la vie. C’est la protection fonctionnelle des policiers, donc il se targue d’avoir défendu 3000 policiers. 3000 affaires impliquant des policiers et d' avoir sauvé la vie, sauvée des centaines de carrières de policiers Il est quand même assez présomptueux. Et son rôle à lui, c’est très intéressant, parce que dans ce rouage de l’impunité, il a rêvé d'être commissaire, bon il a fini réserviste dans la gendarmerie, ce qui lui va très bien, mais il a eu une vocation d’avocat, il s’est dit « Mon truc dans la vie, c’est d’empêcher les criminels de la police d'être condamnés ». Et donc en fait, il a écrit des livres, et notamment un de ces livres qui s’appelle « Si je me trompe à la force de l’ordre », il défend le port d’armes. Il défend le port d’armes. Il est très critique des armes sub létales, par exemple, pour lui, les armes mutilantes sont critiquables parce qu’il estime que, normalement, si on encadre bien l’usage des armées à feu, il ne devrait pas y avoir besoin des armés sub létales, les policiers n’auraient qu'à utiliser leurs armes. Donc, il est aussi un des acteurs de l'élargissement de la légitime défense parce que pour lui il y a un enjeu de pognon, très clairement, il faut le dire. Et du coup, il dit des choses comme, par exemple, quand il fait des formations aux policiers, 5 minutes, parfait. Il dit, je leur apprends à mettre des mots sur leurs actions. Ça, c’est intéressant. Et il dit, je leur apprends à dire ce qu’attendent les magistrats. Et aussi, il dit que le policier est un chirurgien du tir. Quand il ouvre le feu, il n’a pas le droit de rater sa cible. Il est le conseiller du mouvement des policiers en colère, ce mouvement réactionnaire de la police, qui est incarné par un espèce d’abruti, excusez-moi du terme, il peut peut-être m’attaquer en outrage, qui s’appelle Bruno Attal. Et en fait, il est conseillé donc de ce mouvement des policiers en colère. Il est en faveur de l’armement généralisé de la police municipale, de l’usage de l’armement hors service. Donc, il a été un des promoteurs de cette chose qui a été en fait garantie et qui est désormais acquise par les policiers. Et lui, il se dit un technicien, techniciens du droit, mais aussi technicienne balistique, d’une certaine manière, puisqu’il accompagne les policier dans ce processus qui leur permet d'être parfait devant les juges et d'échapper à la sanction et donc il dit dans son dans sa technicité il dit si on donne un quelqu’un un outil c’est parce que cet outil a une finalité dans l'éducation nationale on appelle un stylo un outil scriptural j’ai jamais entendu ça mais pour moi l’arme est un outils lésionnel donc il a vraiment cette approche et on peut le voir aussi plaidé dans les audiences on a eu cette chance de le voir il est absolument cynique. Il est offensif et il accable les victimes. Mais aussi une chose, quand ça fait partie de sa stratégie judiciaire, il accable ses propres clients. Et ça, c’est extrêmement intéressant parce que ça rentre dans une stratégie qui rentre dans tout ce système d’impunité. Lui, son rôle, c’est de disculper des policiers et des gendarmes. Donc, il est prêt à les réduire à nés en disant vous voyez, mon client est un peu débile. Il n’a pas très bien compris. Il est un peu mal formé. Il a un QI un peu en dessous de la moyenne. C’est des choses qu’il a dites quand même. Mais voilà, il faut le comprendre, on lui donne une arme dans la main, il est mal formé. C’est la faute de la hiérarchie. Et donc, il incrimine la hiérarchie tout en sachant que la hiérarchie ne sera jamais poursuivie, puisqu’on l’a dit juste avant, ça n’arrive jamais en fait. Donc, en fait, il ne prend pas de risque et le ministère de l’Intérieur ne prendrait pas le risque qu’il soit avocat pour tous ces policiers si ça avait une implication de dire ces choses-là, d’incriminer l le ministère de l’Intérieur, la préfecture. C' est parce qu’ils savent bien qu' en fait l’impunité est tellement rodée qu’en fait, lui il est là pour sauver son client, il peut incriminer qui il veut, il peut incriminer le président de la République, ça n’aura pas d’implication. Et c’est extrêmement intéressant de se rendre compte de ça.
C’est-à-dire que les familles de victimes payent pour elles-mêmes pour leurs procédures en tant que victimes, mais l’auteur des tirs, c’est l’institution, c’est le ministère de l’Intérieur qui paye les frais d’avocat. Donc il est payé, c’est pour ça que je vous disais, en fait c'était une histoire de rendement judiciaire lui garantit une manne financière à vie, puisque s’il est l’avocat des policiers à vie il sera payé par le ministère de l’Intérieur à vie. C’est extrêmement intéressant d’avoir… Conscience de ça. Et nous, on est en tant que victime, en tant que proche de victime. On est confronté à ça. C’est important de l’avoir à l’esprit. Et du coup, je laisse Issam sur la légitime défense.
J’ai essayé de l’inviter, maître Liénard, suite à la sortie de son livre, dont vient de parler Yann
Lors d’un banal contrôle routier d’une balle en plein cœur tirée par un policier stagiaire.
Il n’a pas répondu.
Je vais mettre un peu les pieds dans le plat parce qu’aujourd’hui en fait on parle des armes policières mutilantes, mon fils a été tué par balle, ça ne rentre pas dans ce cadre là. Mais c’est aussi pour dire que mise à part le point d’entrée, on a toutes les mêmes histoires, qu’il soit mort ou pas, qu’il soit mutilé ou pas qu’ils soient morts en prison, dans la rue, le séquencement de ce qui se passe après c'était même pour tous. Donc là je vais partir du cas d' usage de l’arme létale, je vais expliquer le cadre légal de l’usage de l’arme en France, explique la légitime défense, ensuite cette loi 435 de 2017 qui change la donne pour les policiers, surtout qui a introduit de la confusion. Je vais aussi parler un peu du code de déontologie de la police, parce que c’est un point qu’on évoque jamais mais qui a une importance importante dans le classement sans suite notamment. Et aussi, je vais également parler ensuite de la présomption de légitime défense dont on veut acter par la loi, mais qui en fait est déjà courte, ce qui s’est passé pour moi, et expliquer comment on arrive au classement sans suite. Donc, pour l’usage de l’arme létale en France, le seul cadre légal d' usage, c’est la légitime défense. Un policier ne peut pas tirer s’il n’est pas en état de légitime défense. Donc pour la légitime défense, déjà le premier point, c’est celui qui invoque l'état de légitime défense qui doit en rapporter la preuve. C' est le fait de base. Il y a cinq conditions qui doivent être réunies pour qu’il y ait légitime défense. Il faut que l’attaque soit injustifiée, il n' y a pas de motif valable de l' attaquer. On doit défendre soi-même ou quelqu’un d’autre. On ne peut pas tuer pour défendre une moto qui vous est volée. La défense, elle doit être immédiate, elle doit être nécessaire et elle doit être proportionnelle. Donc ça, c’est les cinq cas qui conditionnent l’exercice de la légitime défense. Avant 2017, donc les policiers avaient les mêmes droits en matière de légitime défense que nous les citoyens. C'était le même cadre légal. 2017, après… Je ne vais pas revenir sur les tailles, mais après l’affaire Ben Tuncay, après les attentats, les avocats ont fait le forcing pour que la loi change. Et du coup, il y a l’article L435-1 du Code de sécurité intérieure qui change la donne et qui donne des nouvelles conditions pour l’usage de l’arme. Pourtant… Il y a un point important, ce 435 tyriens, dans l’exercice de leur fonction, est revêtu de leur uniforme ou des insignes extérieurs. Un policier en civil, sans marque, ne peut pas invoquer la 435 Tyriens parce que la victime ne sait pas que c’est un policier. Donc ça c' est un point important. Donc, il y a cinq cas qui ont été décrits par la 435 T1, je ne vais pas tous les citer, mais il y en a un, et c’est celui qui est le principal cas où il y à eu des morts en France, c'était lorsqu’ils ne peuvent immobiliser autrement que par l’usage des armes des véhicules, embarcations ou autres moyens de transport dont les conducteurs n’obtempère pas à l’ordre d’arrêt et dont les occupants sont susceptibles. Le mot susceptible est important. De perpétrer dans leur fuite des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celle d’autrui. Donc c’est la perception. C’est la perception. Pourtant, on doit quand même rentrer dans le cadre de la légitime défense. Il faut qu’elle soit nécessaire, proportionnelle, on n’en sort pas. C’est juste des cas supplémentaires qui vont permettre de jouer un peu la présomption de légitime défense, ça c'était pour la partie les cas. Après il y a, pour tous les policiers, un code de déontologie. Ce code dit que le policier ou le gendarme exerce ses fonctions avec probité. La probité c’est la qualité de quelqu’un qui observe parfaitement les règles morales, qui respecte scrupuleusement ses devoirs et les règlements. Pour moi, observer parfaitement la règle morale, ça veut dire ne pas mentir. On a beaucoup parlé de la présomption de légitime défense. En fait, la présomption de la légitime défense, c’est inverser la charge de la preuve. Aujourd’hui, elle n’existe que pour deux cas en France qui sont décrits dans la légitime défense. C’est la nuit dans un lieu habité, une personne repousse une personne entrée par effraction. Donc là, il y a présomption de légitime défense et une personne qui lutte contre le piège fait avec violence. Ce sont les deux seuls cas. Les syndicats poussent, les partis politiques de droite, d’extrême droite, poussent pour que la présomption de légitime défense soit inscrite dans la loi. Je reviens sur la probité. La probité du policier fait que théoriquement, il ne peut pas mentir. Aujourd’hui, 90 % des cas de légitime défense sont classés sans suite, avant de passer devant un juge. Et en fait, c’est la parole des policiers qui est les mains principales retenues pour conclure à la légitime défense. Et en fait, ça, c’est la loi. Et moi, je vais faire un parallèle entre la loi et les faits. En fait, j’ai appelé ça la loi à la preuve des faits, en France, comme la légitime défense est le seul cadre du usage de l’arme, à chaque fois qu’il y a un usage de la l’armes, il y a une qualification en légitime-défense par le syndicat, par l’IGPN, par le parquet, systématiquement. On essaie de faire rentrer le tir dans le cadre de la légitime défense. Ça, c’est le premier postulat. Pour la 435-1, l’uniforme ou le signe extérieur, comme j’y étais l’heure, obligatoire, aujourd’hui c’est en tout cas retenu en enquête préliminaire, même s’il n’y a pas de tenue et même s’il n’y a pas de sigle. On va parler de la 435-1 sur des refus d’obtempérer, alors qu’il y a pas de 435, elle n’est pas applicable quand c’est un baqueux qui casse la vitre de quelqu’un qui part à pleurer et qui manque peut-être dans sa chute, dans son départ de partir rapidement. Insistent sur le devoir de propriété du policier. Aujourd’hui, la parole du policiers est prise comme parole d'évangile, alors qu’il y a de multiples cas où les mensonges sont avérés avec des preuves. Il y a aussi aujourd’hui l’agresseur, donc le policier, c’est lui qui doit prouver la légitime défense et donc c’est le parquet, l’IGPN, qui doit prouver la légitime défense. Mais ce n’est pas ce qui se passe dans les faits. Aujourd’hui, dans quasiment toutes les affaires, la charge est à la victime. On est déjà dans un régime de présomption de légitime défense. Moi, je vais parler de mon fils. C’est moi qui ai dû trouver les témoins. C'était moi qui ai dû trouver des vidéos. C’est moi qui ait dû montrer que les policiers mentaient. Donc on est déjà dans ce régime de la présomption. Alors, je vais parler justement de ce cas pratique. Mon fils est mort d’une balle qui va toucher l’aorte ce 4 août 2021. En fait, il y a eu un tir à bout portant après un refus d’obtempérer. Mon fils a fait une marche arrière. Dans sa marche arrière, il a légèrement heurté un policier. Il a continué sa marche. Il y a un deuxième policier qui arrive, qui court, qui s’approche de lui et qui lui met une balle dans le cœur à moins d’un mètre. La légitime défense avec la loi 435-1 a été invoquée immédiatement. Entre-temps, il y a eu quatre versions policières qui ont été diffusées dans la presse et qui ont été données le soir même. Quatre fausses versions où en fait mon fils avait écrasé quelqu’un, mon fils a renversé le policier qui avait fait un bond de 10 mètres, qu’il a été tué parce qu’ils s’apprêtaient à redémarrer au moment de redémarrer, il s’est fait tuer, que des versions faussent. Ça s' est passé à 19h dans un quartier populaire avec de nombreuses personnes aux fenêtres. Donc en fait il y avait de nombreux témoins qui n’ont pas été entendus par l’IGPN. On a donné le nom, ils ne se sont pas interrogés. Le procureur a explicitement, alors qu’il y a un mort d’homme, refusé la garde à vue et il a demandé, j’ai un procès verbal, il demande à l’IGPN que le tireur soit entendu en dernier, après les témoins et les fonctionnaires. J’ai la preuve dans le premier rapport d’enquête parce que l’infirmière était classique avant d'être ouverte, que les policiers se sont rencontrés, les trois policiers, se rencontraient deux à deux le soir même, avant d'être interrogés par l’IGPN. Le policier blessé n’a que des blessures alléguées. Il n’y a aucun rapport médical qui donne une blessure. Il était en bras de chemise avec un téléphone de la main et il dit qu’il s’est fait rouler une voiture qui faisait deux tonnes sur le tibia qu' il n’avait pas senti, qu’ils se connaissent la tête. Il n’a même pas une égratignure. En fait, tous les témoins disent qu’au moment où mon fils a été tué, lui, il était encore debout à l’abri. Ça, tous les témoins le déclarent. Il n y a pas eu d’enquête de voisinage. Le parquet et les européens ont passé volontairement à la clé d’une vidéo qui démolit la version policière, qui montre que c’est faux. Il y a une banque en face, il y a eu la disparition des vidéos de la banque, ils filmaient potentiellement la scène du crime, ils étaient dans les célébrités, ils ont disparu. Il n’y a plus de vidéo. Ça fait un an aujourd’hui, au mois d’août, la enquête a été fermée, rouverte. Il n’y a pas de difficulté à l’enquête puisqu’en fait tout se jouait dans cette scène-là, il y a des témoins policiers, témoins civils, En fait, ils ne sont toujours pas conclus. Ça fait un an. Et donc… Pour moi, on en arrive à quelque chose qui est important, le procureur a appliqué dès le début la présomption de légitime défense, il a torpillé l’enquête, vraiment. Il a fait tout ce qu’il a pu, pour qu’on n’ait pas à que les témoins soient interrogés, pour que les rapports médicaux mettent du temps à arriver, pour que l’IGPN perdre les pièces à conviction. On a porté plainte contre l’IGPN, et on voulait pas porter plainte de procureur directement parce qu’ils auraient recalé, et ben on a porté plaint de contrôle IGPN à la cour d’appel qui nous a dit en fait l’enquête a été rouverte donc votre plainte contre l’IGPN même s’ils ont fait des il y a eu un tort au début bah en fait tu reprends l' enquête c’est pas grave c'était comme si moi j’avais volé une banque je me fais pincer j’ai beau jouer en l’argent pour tes papiers pas grave Donc l’Etat il bafoue nos droits pour protéger les fonctionnaires, on n’a pas de recours possible contre le procureur par exemple. Je sais qu’il a classé sans suite, sans regarder le dossier, en prenant la conclusion de l’IGPN qui était basée sur la fausse version des policiers. En fait, c’est le bras armé de l’exécutif et on ne peut rien contre lui. Rien. Alors oui, pour moi, la police tue, je le redis, je l’dis encore, la police tuera comment ? En bafouant le droit des victimes, en favorisant les déclarations mensongères, en ne faisant aucune distinction sur un tir accidentel, un tir nécessaire, un tir meurtrier ou un tir de victime défense et en rampant devant les syndicats de police quand même. Ça, il ne faut pas l’oublier. Mais la police tue, mais l'État tue aussi. L'État, il tue comment ? Déjà, il tue en refusant d'écarter l’IGPN des violences policières sur les citoyens. l’IGPN, j’ai pas de problème pour qu’il existe, mais il s’occupe que des affaires de police via police. Aujourd’hui, personne, on dit, on veut abolir l’IGPN. Mais je pense qu' il faut être beaucoup plus précis. On veut abolir l’IGPN dans l’histoire de violences policières avec des citoyens parce que dire qu’on veut abolir l’IGPN Bah eux, ils rebondissent. Si vous, dans l’IGPN connaissez bien les affaires de la police, restez dans vos affaires. On ne veut pas de vous dans les affaires des citoyens. En donnant une promesse au procureur de bafouiller nos droits sous couvert de protection fonctionnelle, c’est comme ça que l'État tue, parce que le procureur, il est à la fois chargé de défendre des policiers et d’instruire notre enquête. C’est incompatible. Et l’Etat ne veut pas renoncer à ce droit. En ne formant pas suffisamment les milliers de policiers envoyés sur le terrain chaque année. Il y a 11 000 stagiaires qui ont été envoyés au terrain avec une formation minimaliste. Ce n’est pas acceptable. Et en fournissant toujours plus d’armes à la police. All right. Je veux finir par quelque chose que je ne comprends pas, parce qu’on est tous dans le même bateau. En fait, on subit tous une violence au départ, mais il y a quand même le clan des mutilés, le clan des tués, le clan de tuer dans la prison. Il n’y a pas de représentation concertée. Il n y a pas un visage unique à présenter, une stratégie unique à présenter devant un État qui est lui très stratégique. Et ça, ce n’est pas normal. Le 4 août 2021, quand mon fils est mort, il n’a pas eu de garde à vue. Et personne m’a dit, mais c’est pas normal qu’il n’y ait pas de garde à vue, il y a un mort d’homme, il doit y avoir garde à vue. Personne n’est venu me le dire. Personne le 15 août 2021, quand il y a eu ces vidéos où on voit les policiers qui on dit qu’il n’y avait pas d’insignes, pas de brassards, mais après ce qui est invoqué c’est la 435-1, ça passera pas au tribunal parce qu’elle s’applique pas, mais il y a personne qui s’est levé, il n' y a pas un collectif d’avocats qui a dit mais non, c'était pas possible, ça marchait pas là, la 436-1 ils n’avaient pas de brassards. Elles ne s' appliquent pas. Le 25 avril 2022, quand il y a eu la magnification des syndicats qui demandaient la présomption légitime de défense, il y avait peut-être 17 personnes en contre-manifestation. Est-ce que c’est normal ? Parce que cette présomption de légitime défense est pour les tuer, pour les mutiler, pour tout le monde. Mais personne n’a réagi. A ce rang encore, la 435-1, elle ne s’applique pas, et en fait personne va dire non elle ne s’appliquent pas. À ce rang il n’y a même pas la légitime défense, puisque pour la légitime défense le premier agresseur c’est celui qui agresse le policier en cassant sa vitre. Et sur la légitime défense on ne peut pas faire de la légitime défense sur de la légitime défense, donc le policiers il peut invoquer ni la légitime défense ni la 436-1. Mais il n’y a personne qui va expliquer ça, il n y a personne… Essayez d’expliquer à la population qu’on est en train de se faire enfumer. Voilà, c’est autant de choses que je ne comprends pas. Comment faire ? Est-ce qu’il faut plus de cohésion entre nous, les familles, pour monter quelque chose ? Est- ce qu' il faut monter des collectifs d’avocats qui soient capables de répondre dès qu’y a un incident, à monter au créneau, à avoir une présence médiatique ? En priorité, on a l’enjeu de la dernière table ronde qui aura lieu juste après. La présence médiatique renforcée aujourd’hui. Mediapart, c’est bien, mais ça… Ne touche qu’une partie de la population. BFM, quand ils cherchent quelqu’un à TF1, ils ne savent pas qui ils vont interroger de notre côté. Ils nous appellent un par un. Est-ce que vous pouvez venir à la télé ? Ils n’ont pas le numéro de téléphone de quelqu’une qui peut appeler, qui peut répondre du tac au tac à ces syndicats qui racontent des conneries. La stratégie à mener, j’ai l’impression qu'à chaque fois qu’il y a une affaire, on redécouvre tout sur le pénal, le tribunal administratif, la Cour des droits de l’homme, il n’y a pas, très juste, il y a pas cette cohésion. Il y a aussi, ce qui me paraît important, la précision dans la dénonciation des actes illégaux de la protection professionnelle. Quand le procureur torpille une enquête, quand les policiers mentent, parce que les policiers ont le droit, c’est un droit, ils ont le droit de mentir en enquête préliminaire, il faut le savoir, c’est un DROIT. Ils ne sont pas sanctionnables. Je ne peux pas porter plainte, j’ai la preuve par témoin et par vidéo que les policiers ont menti. Vu que ce n’est pas arrivé devant un juge, ils ne risquent rien. Et il n’y a personne qui le dit. Personne. Personne Ne. Alors qu’est-ce qu’il faut faire ? Des actions coups de poing ? Moi je suis dans l’interrogation, ça fait bientôt un an. Bientôt un an que je suis face à un mur, que j’escalade petit à petit et je me rends compte que c’est la même chose pour tout le monde. On escalade tous le même mur mais en parallèle. Donc au bout d’un moment, il faudra peut-être qu’on se fasse la courte échelle.
Le mariage très fort, je ne crois pas que ce soit un droit des policiers de mentir mais c’est un usage, en tout cas dans certaines enquêtes.
Avant de prendre les questions comme on l’a fait à chaque intervention précédente, juste un petit rappel de la protection fonctionnelle pour les fonctionnaires. Si on va sur le site service public, l’agent public bénéficie de la protection fonctionnelle si les victimes d’une infraction à l’occasion ou en raison de ses fonctions. Donc normalement, c’est pour les victimes. L’administration doit protéger l’agent, lui apporter une assistance juridique et réparer les préjudices qu’il a subi. La demande de protection fonctionnelle doit être formulée, etc. Ce qui veut dire que l’administration, quand elle accorde la protection fonctionnelle, est déjà une reconnaissance en soi que l' agent est victime. Donc il y a des choses, des questions à se poser là-dessus. Et il faut savoir aussi que quand on est fonctionnaire et qu’on n’est pas policier et qu' on demande la protection fonctionnelle, on peut toujours s’accrocher pour l’avoir. Donc ça veut dire qu’il y a une interprétation très différente comme pour beaucoup d’autres choses sur la protection fonctionnelle pour les fonctionnaires, il y a les policiers et puis il y a les autres.
C’est juste précisé en fait ça c’est le cadre de 2008 et il y a eu un ajout en 2017 qui justement applique le même cadre si l’auteur si le policier est auteur des faits ouais ouais je suis tombé aussi sur le même écueil
Et pour le budget 2022, c’est 17 millions d’euros. Je vais rajouter, de toute façon, ils sont considérés comme victimes, parce qu'à chaque fois, il y a deux enquêtes. Une enquête contre le policier et une enquête contre la victime. Donc ils sont toujours considérées comme victimes de toute façon.
On vérifie, hein ! Tu viens de parler de Stain, et du coup je voudrais juste rajouter que Nordine, qui était au volant et qui s’est bal dans le corps, sa femme qui était derrière en a pris une. A été condamné à deux ans de prison et a indemnisé les policiers qui ont voulu le tuer et donc il a été condamné et mis en prison immédiatement. Dieu merci, l’avocat a fait appel, il a pu sortir, mais il a fait quand même de la prison. Il a été conduit aussi en garde à vue en sortant de l’hôpital donc il y a tout un processus qui est en train de se mettre en place en France quand on parle de criminalisation des victimes. On commence à avoir des paliers très très graves et l’affaire de Stein en est une preuve très concrète.
Juste pour tout nous dire exactement où tu en es dans ta procédure judiciaire, pour ton fils. Que ce soit sur le plan judiciaire ou sur le plan administratif. Et juste une petite précision, on est tout à fait d’accord au niveau du procureur et le classement sans suite. Récemment, théoriquement, il faut savoir qu’on peut faire un recours hiérarchique auprès du procureur général dans les quinze jours qui suivent le classement sans suite par le procureur. Je l’ai fait plusieurs fois, et à chaque fois le procureur général l’a envoyé bouler. Mais sur le principe, parfois, quand il explique qu’on fait le cas 58, il donne des informations, et parfois c’est plutôt intéressant.
En fait, il y a eu un premier classement sans suite le 23 décembre juste avant Noël et la cage, c'était légitime défense. J’ai pas eu d’autre. C’est là avec mon avocat, donc c’est maître Alimi, j’ai changé d’avocat entre temps, et du coup, j’ai pris maître Alimi. On a été voir le procureur et c’est là qu’on s’est aperçu qu’ils ont perdu les vidéos, qu’il n’avait pas lu le dossier, etc. J’en passe parce qu’y a aussi une non-assistance à personne en danger parce que mon fils, on lui a tiré dessus. Ils s’en castraient dans le mur et ils nous regardaient viser de son de sang pendant cinq minutes. Ils n’ont pas appelé les pompiers, c’est une infirmière qui passait par là et qui a donné les premiers secours. Et les pompier ont été appelés par les passants. Donc ça c'était autre chose. Du coup, ils ont rouvert en… Parce qu’on s’est aperçu qu’ils n’avaient pas interrogé les témoins de notre plainte. Ils n’ont pas consulté la vidéo qui montrait que les policiers avaient menti. Donc ils ont ouvert l’enquête en janvier. Depuis qu’il ont ouvert une enquête, rien. Donc nous, on s' est constitué partie civile. Et j’attends le cautionnement pour savoir combien je dois payer pour que ça aille plus loin. Mais dire que ça fait un an où il n’y a pas de… Il n’a pas de difficultés dans la mort de mon fils, puisqu’il est mort par balle, il n’a pas d’auto… Il n’y a de contre-expertise sur la façon dont il est mort, il y a juste les policiers, leurs témoignages, et les témoignages des gens qui étaient là, et les vidéos, il y en a rien d’autre pour statuer. Mais en fait, plus on met du temps à classer sans suite ça va être lointain, plus le témoignage des témoins va être flou. En fait, ils gagnent du temps pour essayer de le discréditer. Après, de l’autre côté, j’ai pris les témoignages, j'étais soumis à huissier, donc il y a déjà, pour graver dans le marbre ce qu’ils se sont déjà dit, mais c’est ça, la stratégie. C’est la stratégies de… On fait pourrir le truc pour qu’il s’est oublié Il y avait un des témoins qui voulait volontairement parler, il était à l’IGPN depuis, il est traumatisé, il ne veut plus parler, il ne veut plus rien faire, il veut récupérer sa vie d’avant. Parce qu’en fait, quand l’IGPN pose des questions, il pose des questions qui arrangent la police. Et donc il le menace, il y a tout ça, ce n’est pas transparent l’IGPN Moi, j’ai le rapport, en fait, de polices, où les légionnaires témoignent, mais c’est hallucinant, c'était rocambolesque. Le plus grand idiot de la Terre voit que c' est un mensonge. C’est en à ce point-là, en fait. Moi, quand ils ont classé sa suite, je me suis dit que j’allais avoir un dossier en béton, mais quand je regarde combien c’est affligeant, c’est incroyable. En fait, ils ont tellement confiance qu' ils peuvent se faire rouler dessus par une voiture, alors qu’il y a plein de témoins, et dire… Je me suis sûrement fait rouler par une voiture qui pesait 2 tonnes, je l’ai pas senti, mais mes collègues m’ont dit qu’y avait des traces de roue sur mon pantalon. C’est ce qui est dit dans le rapport. Voilà où on en est.
Entre deux questions, un hématome, la protection fonctionnelle, effectivement peut aussi être accordé à l’agent public poursuivi en justice. Autant vous dire que ça concerne particulièrement les policiers et que, à tous les coups, c’est surtout eux qui ont droit aussi. Pardon
Alors donc là c’est le temps des questions, c' est l’avant d’un débat, dans quelques minutes la dernière table ronde, c' est comment agir, comment riposter, comment répondre.
Merci pour le témoignage, je ne trouve pas les mots, c’est incroyable que vous puissiez témoigner comme ça, et j’essaie de me mettre à votre place aussi parfois, je trouve cette situation extrêmement violente, je sais pas comment je réagirais, je suis impatiente d'écouter la suite. Est-ce que ce sujet des violences policières, n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt ? Et est-ce qu’il ne faudrait pas, puisque vous parliez de stratégie, est- il qu’il ne faudrait pas s’attaquer justement à la question de la justice, tout simplement ? Et cette question de justice, elle revient sur mes sujets, c’est l’urbanisme, et en urbanisme, mais quand on voit les dossiers qui sont accordés, On peut faire plein de croisements, il n’y a pas de justice. Je veux dire, ils remettent des dossiers qui ne sont pas bons et ils sont validés. Alors, on va embêter un particulier pour une maison individuelle, ou un rehaussement, quelque chose comme ça. Donc voilà, je repose la question, j’ai discuté avec deux, trois personnes tout à l’heure. Est-ce que la question des violences policières, c’est vraiment la question qu’il faut se poser et sur laquelle il faut se battre ? Bien sûr que c’est un sujet, bien sûr qu’il y a des yeux qui ont sauté des mains, des vies fracassées, mais la question de la stratégie, est-ce que ce n’est pas celle-là ? Est-ce qu' il ne faut pas s’attaquer à la justice ? Et je n’ai pas entendu aujourd’hui ce terme à la corruption qui est institutionnalisée partout. Merci.
En fait, sur la justice, il est clair qu’on parle de moins en moins de justice, mais on parle de vérité. Parce qu'à justice, réellement, telle qu’elle existe, on n’y croit pas. Et c’est vrai que quand vous parlez du urbanisme, l’urbanisme actuellement, le grand mot, c' est gentrification. Et personnellement, je connais le Grand Paris et aussi ce qui se passe autour de, enfin en Gironde, et on voit en fait depuis quelques années, depuis quelques décennies, en fait, il y a un projet d’aménagement du territoire et on peut remonter ça à 94, la loi Pasqua, c’est l’aménagement du territoires, il commence là et là, on retrouve après. Toutes les nouvelles lois, les lois LOPSI, toutes ces lois là qui arrivent. Et en fait, ce sont des lois qui ont noyauté la justice. Et la justice, je donne un exemple. Le préfet l’allemand, en fait, il est garant aussi du foncier, et pas garant que du maintien de l’ordre. Et dans cette histoire de foncier dans le Grand Paris, il y a une affaire, en faite, de 38 milliards d’euros et le préfet Lallement, avant d'être préfet, il était directeur de la commission d’attribution des marchés. Et là, il y a une enquête sur des problèmes de favoritisme. Et le fait qu’il devienne préfet devient aussi garant de la direction des affaires judiciaires. Donc, ils se tiennent tous. C’est-à-dire qu’ils sont aux ordres, mais en même temps. Donc, parler de justice quand il y a un système qu’on dit républicain, la police dit souvent, nous sommes la police républicaine, mais où il n’y a plus de démocratie. C’est-à-dire que les lois, ils en font ce qu’ils veulent. Ils font les lois, ils font ce que ils veulent. Le 435-1, il a été voté quasiment à l’unanimité moins six députés. Donc quand vous parlez de justice, en fait, on parle de légalisme. Donc on se pose la question en fait. Se légalise, pour nous, il est illégitime. Le changement de l’OPSI… En fait, ça a amené le pouvoir du foncier. Il est passé du maire. On change de sujet, mais c’est le même. Et on travaille sur ces sujets-là. On les connaît, ces sujets-là, et il est passé de maire au préfet. Et le préfet qui a formé ces préfets depuis des années, c'était Mme Gourault. Madame Gourault, en fait, qui a été au ministère de l’Intérieur pendant des années et on la retrouve au mois de mars, au conseil constitutionnel. Il faut bien comprendre en fait qu’il y a, oui, une stratégie globale en face. Mais nous, en fait, on parle de violence policière parce qu’on nous assigne, c’est-à -dire qu' on n’existe pas avant avant d’avoir subi. Personne ne nous dit ce qu’on a fait avant. Il y a un corporatisme en France qui fait qu’on ne doit parler que des violences policières. Je ne peux pas parler d’urbanisme, de quoi tu te mêles, pourquoi tu parlerais d’Urbanisme toi t’es violence policière. Et c’est comme ça que ça se passe et franchement quand on parle d’unité pour qu’il y ait une meilleure justice, il faut déjà d’abord qu' on se mette d’accord sur ce quoi, de quoi on parle en terme de justice. Et en fait, ce qu’il nous manque, c’est des dénominateurs communs. Pourquoi on fait cette sans borne ? Pourquoi on fait cette sans-borne, à votre avis, pour ici, là, et sans péage, sans prendre le péage ? Et dire pourquoi est-ce qu’on fait cette 100 bornes ? C’est justement pour lancer des questions. C'était pas pour amener un savoir. On n’est pas des experts. On vit les choses. Et ensuite, ensemble, on en discute. On s’en rend compte. Prenez compte, l’assemblée des blessés, c’est des blessées. Des quartiers populaires mais c’est des blessés des manifestations s'était blessé de la zad s'était blessé des des stades et à votre avis de qu’on parle on parle aussi de ce qu’ont été avant mais on est assigné à parler de que de violences policières et c' est vrai que ce serait bien nous on est pour nous qu’il y ait vraiment d’autres discussions qui existent en fait sur ces problèmes de justice parce que là aujourd’hui on se polie des petits propriétaires c' pas le grand propriétaire qu' on se La justice, il n’y a plus de justice, nous sommes dans un système, en fait, moi, je le dis, qui n’est pas du tout démocratique. Quand quelqu’un me dit police républicaine, nous sommes dans une république, nous-sommes tout ça. Le gars, il me cache le fait qu’il ne veut pas dire nous sommes pas en démocratie. Et quand on dit républicain ne veut pas dire démocratie
Comme dirait Pasqua, la démocratie s’arrête là où commence la raison d'État.
Oui, autre chose Malbec, Véronique Malbec par exemple, qui est, nous on met des noms nous, c’est à dire qu’on ne fait pas semblant, il faut rendre célèbre en fait ces petits maillons qui empêchent la démocratie de se développer. Et madame Véronique Malbec était directrice du cabinet du ministère de la justice Il y a encore trois mois, elle vient de passer au Conseil constitutionnel et sa compagne, et elle est la compagne de M. Frédéric Vaud, le directeur général de la police nationale. C’est bien comprendre en fait qu’aller, c’est pour ça que nous on dit, il faut aller chercher le diable dans les détails parce que ce que l’on appelle détails là sont des détails, c’est hyper important. Et de rendre célèbre ces personnes-là, et d’ailleurs la preuve, c'était d’avoir rendu Mme l'église célèbre, l’a fait quitter le conseil d’administration du fonds d’anonymisation, mais elle a mis son adjoint. Pour essayer en fait, moi ce que je veux c’est, en disant ça, c’est vous mettre en colère. Merci.
Mais là on donne juste, par exemple, on donne une solution, c’est l’ENA. Ce n’est pas la question, je veux dire, la question c'était il y a des personnes en place, ces personnes n’ont rien à faire, il y a des conflits d’intérêts, il y a des conflits d’intérêts qu’il faut à tout prix dénoncer. Et nous c' est ce qu’on fait, on fait des veilles législatives, dès veille juridiques, justement pour essayer de trouver en fait ces petits, vous voyez ces petits grains de sable en fait qui nous empêchent de monter une vraie démocratie.
Je vous propose de faire une petite pause le temps d'élargir la table et d'élargir le débat justement pour réfléchir aux stratégies qu’on va pouvoir mettre en place.
Donc, petite pause, et le dernier débat va arriver. Le dernier débit aura pour thème, « Quelle stratégie collective en réponse ? » Donc, je vais changer le titre avec vous. Évidemment, il y avait là aussi encore des témoignages très forts dans cette table ronde-là qu’on vient d'écouter. On est ensemble depuis 8 heures et 27 minutes. Échange qui, vous voyez, glaçant et déprimant sur l'état de notre système. C’est ce que je disais tout à l’heure, c’est-à-dire que tout le monde n’est pas au même niveau de prise de conscience, donc le dernier intervenant semblait dire qu’il fallait sortir du simple, pas le dernier, proposé de nous mettre en colère. D’autres considèrent qu’il faut peut-être s’organiser autrement pour se faire la courte échelle. C’est plutôt mon point. Je pense que les différentes tactiques et points de vue sont tout à fait honorables les uns et les autres, mais ne pas travailler ensemble parce qu’il y a des divergences tactiques la plupart du temps, c’est en fait assez contraignant. Et donc, en effet, voilà, il n’y a pas de… Il n’y a pas de… Comment dirais-je ? C’est très difficile pour des gens qui cherchent des interlocuteurs du côté de la critique de la police d’en trouver assez facilement. Car très vite, il va y avoir des différences tactiques qui se posent. Mais là, ce n’est pas tellement la question du débat de ce jour. Une invitation groupée Malbec et Lienard. Voilà Mais de toute façon, ça dépasse de très, très loin la simple question, si je puis dire, de la police ou du rapport à la police. Là, on voit bien qu’on est dans une société totalement fracturée. Donc la question, elle est là. Est-ce qu' on râle dans son coin et on fait le gauchiste de base à aller chercher les poux dans les cheveux du voisin plutôt que de se concentrer sur le véritable adversaire ? Parce qu’en fait c’est un peu ça qui se pose, mais cela dit, on a là justement une table ronde qui va être évoquée, qui va évoquer les questions des stratégies collectives en réponse avec ACAT France, Amnesty International, l’Assemblée des blessés, Désarmons-les, Index, la Ligue des droits de l’homme, et je rappelle que tout ça c'était une campagne qui s’appelle la Stop-Armes Mutilantes qui est née à Montpellier, qui existe depuis quelques temps, et qui organise depuis maintenant plus de 8 heures ces débats avec tout un tas de gens qui sont venus des quatre coins de France et de Navarre pour venir échanger, apporter des points. On a entendu des victimes, des familles de victimes, des juristes, un économiste. Doucement la décrédibilisation, chercher le pouls, ça a aussi son utilité. Foucault de Valka, oui, ça sent une utilité, mais quand ça se résume à ça, c’est un peu pénible. Et on en a déjà parlé tous les deux, moi je ne suis pas pour les machines à perdre. Donc voilà, là-dessus c'était très clair. Je laisse les gens chercher les poux les uns sur les autres. Enfin moi, mon avis d’urgence de la situation fait qu’il faut vraiment… Enfin voilà, il y a autre chose à foutre que ça, quoi. Voilà, c’est tout. Mais voilà, chercher des pouces, c’est bien quand t’as pas autre chose à faire, tu vois. Mais quand il y a une urgence, bon… Voilà, mais ça, c’est mon point de vue. Un violent à recevoir, écoute, quand tu recevras des attaques prétendues de ton camp, peut-être que tu résonneras différemment, quoi. Voilà. Moi, je crois que… Enfin voilà, je ne crois qu’en l’efficacité sur ces questions-là, quoi. Mais bon, après, chacun fait comme il veut et occupe son temps comme il l’entend, il n’y a aucun souci avec ça. Oh bah dis donc ! Merci Flamboulou pour ton don Absolument, Sentier-Battant, bravo à Armes mutilantes, le travail de préparation est faramineux. Justement, par exemple, voilà un bon exemple, autour de la table, il y a des gens qui ont accepté de parler là publiquement alors qu’il y a des divergences tactiques et moi je trouve ça beaucoup plus intéressant pour tous ceux qui écoutent, qui regardent ça. Je trouve ça plus intéressant que les guéguerres intestines, mais bon, passons à autre chose. C’est du détail, c' est du détail, alors donc la dernière table ronde va se tenir pendant que certains glandent au bord du lac que certains ne lâchent pas le morceau bravo à vous merci merci Flambouflou non mais écoute c’est un plaisir enfin je veux dire voilà la la la journée était trop belle pour pour la manquer s’annoncer trop belle pour la manquer. Quand je dis trop bête, je veux dire par là, trop intéressante et trop pertinente. Il y a eu vraiment des… Là, je repense par exemple à Laurent Theron, son témoignage de tout à l’heure. Il y à eu quelques témoignages très, très forts et je trouve des choses.. Je trouve des choses extrêmement pertinentes qui ont pu être racontées. Dans tous les débats en fait voilà et ce que je trouve bien aussi c’est par exemple le dernier débat là qu’on vient de suivre sur la question de comment la police se défend juridiquement c' est une question qui est très rarement abordée et je trouve que c’est vraiment très très intéressant d'écouter les uns et les autres par rapport par rapport à ça quoi Le débat ne devrait pas tarder, a priori, ce que normalement il aurait dû commencer à 18 heures. Alors, attendez, je change le titre voilà ! Et la difficulté, c’est la quantité astronomique de combats à mener, absolument, c’est la raison pour laquelle je pense que quand on peut identifier, enfin moi j’ai beaucoup aimé justement l’idée d’entraide évoquée à l’instant le père de Souheil sur l’idée de la courte échelle, c’est-à-dire que chacun apporte sa pierre elle édifice. Puisque grosso modo, il y a quand même cette idée de passer derrière, de franchir le mur. Je crois que parmi nos alliés, beaucoup de gens sous-estiment la force de nos adversaires. Je crois qu’un rôle à jouer, que l’effort de chacun doit tendre vers le même objectif. C’est ça. Le même mur, la courte échelle. Oui, Sadruner. Ce qu’il disait, c’est que chacun essaie de gravir le même mur et que plutôt que de le faire chacun de son côté, on devrait se faire la courte échelle Je veux dire, on ne va pas se voiler la face, parmi les collectifs contre les violences policières, etc. Il y a des bisbilles, et à mon sens, ces bisbille font beaucoup plus de mal que n’apportent justement de choses. Et de dire ça, ce n’est pas décrédibiliser le travail des uns et des autres. Non non, Pimiko, absolument pas, chacun fait comme il peut, si tu te bats contre les précarités paysannes et urbaines, il n’y a aucune raison de changer de combat, j’imagine que là aussi il y a besoin de bras, d’idées, d'énergie, d’effervescence, donc non non, bouge pas, bouge, bouche pas, c’est très bien. Et d’ailleurs, ce serait bien que tu viennes en parler, peut-être. Tu avais peut-être déjà suggéré des gens, d’ailleurs, il me semble, non ? Par rapport à ça. Peut-être par rapport à Déméter. Non, après, évidemment, qu’il y ait des discussions franches, il n’y a aucun souci. Il n’a aucun soucis. Mais quand il s’agit d’aller dénigrer le travail de l’autre, bon, là, je trouve ça un peu… Moi, ça ne m’intéresse pas, je ne réponds pas. Moi, je ne réponds pas ! Excuse-moi, alors c'était peut-être autre chose. Donc, on attend le dernier débat. Nous sommes à Montpellier, à la salle Carmagnole très belle salle, où là, a priori, il y a une heure et demie de débat, je vais vous donner les noms des participants qui sont annoncés. ACAD France avec Émilie Schmidt et Éric Mirguet, Amnesty International avec Anne-Sophie Saint-Père, l’Assemblée des blessés, Désarmons-les, indexe la Ligue des Droits de l’Homme, quelle stratégie collective en réponse ? Par exemple, je J ai hâte d’avoir le dernier débat. Nous allons voir. Nous allons voir, moi aussi, j’ai hâte, c'était une journée vraiment dense et superbe. Alors écoutez les amis, j’en profite pour vous dire… C’est quoi la commande ? Alors j’en profite pour vous dire que si vous voulez, si vous pouvez aider au poste en faisant soit des dons, ce qui est le point idéal, des don utip sans contrepartie ou tipee avec contreparties, c’est le moment ou jamais, puisque on va redémarrer la saison prochaine, la saison 4, début septembre, il y aura quelques streams sauvages dans l'été, on a besoin de carburant parce que c’est un boulot de dingue, voilà, et qu’il faut bien régler les questions d’intendance. Voilà, c'était un appel aux dons tout simplement. Donc il y a les dons, il y les abonnements Twitch, donc il y a deux formes d’abonnements, il y a l’abonnement Plein Pot et puis il y à l' abonnement si vous avez Amazon Prime. Vous pouvez vous abonner à une chaîne Twitch par mois, différente, gratuitement. Donc c’est moins d’argent pour la chaîne, mais moins d’argent pour Jeff Bezos, donc c' est pas mal. Et sinon, il y a aussi, pour ceux qui n’ont pas d' argent, qui ne peuvent pas bourses délier, il y a lilo, le moteur de recherche, vous accumulez avec vos recherches des gouttes, ces gouttes vous pouvez les Donner les versez à des ONG, les associations de vos choix, et de plus en plus à des médias ou des médias d’intérêt public, j'étais en train de dire ce que l'Émilie Cheval écrivait, merci, merci à toi, des médias indépendants, excusez-moi, je commence à fatiguer là, donc voilà. Par exemple, sur la question Parce qu’on a senti dans l’après-midi une ligne de fracture extrêmement intéressante autour de la justice. Est-ce que oui ou non il faut aller en justice ? C’est assez compliqué quand même, je trouve, de dire je ne crois pas en la justice, alors que de toute façon en tant que victime vous allez être à un moment donné ou un autre obligé d’en passer par là. Donc c’est très compliqué. Dans le même temps, comme dirait l’autre. On prend tout à fait l’idée, effectivement, de dire que la justice, c’est le légalisme. C’est-à-dire la justice c' est ce qui valide finalement tout le système. Donc la question qui avait été posée tout à l’heure dans la salle était très intéressante de ce point de vue-là. Est-ce que derrière la police, ce n’est pas la justice ? Merci geek des plaines, merci infiniment. Merci pour ton don, merci beaucoup à toi. Donc c’est vrai que, de toute façon, la justice et la police sont intriquées. Qui fait les lois ? Les lois sont discutées et votées par, merci Guigui Des Pleines, merci pour le taf, merci pour le don. Qui fait les lois ? Bah les députés, qui tient la main des députées, leurs collaborateurs, leurs partis, et puis parfois les lobbies, et parmi les lobbys en effet, il y a les syndicats de police, mais de la même manière que par exemple là, aujourd’hui l’opposition gauche qui est à l’Assemblée ne croyait pas aussi conseillé par quelques ONG, par quelques personnes que vous avez peut-être vu cet après-midi. Tout ça est le jeu classique de la démocratie, sauf qu’effectivement les dés sont totalement pipés sur les élections et ainsi de suite. Ça nous emmènerait aujourd’hui ce sont les députés qui écrivent la loi, l’immense problème des député.e.s qui écrivent la loi c’est qu’ils ne connaissent pas la loi. Ce ne sont pas des juristes. Parmi les 89 députées, prononçons-la, du parti fasciste Le Rassemblement National, combien connaissent la loi ? Combien connaissent la loi, je serais très intéressant de voir combien ont ouvert le code civil, le code pénal, etc. Donc là, il y a quelque chose d’assez étonnant quand on voit l’inflation législative, on peut se poser plein de questions par rapport Ah, je ne sors pas de mes gonds ! Alors connaître la loi, c’est par exemple connaître son application. Je trouverais passionnant que, par exemple, la République offre aux députés une semaine d’immersion dans les différentes juridictions, tribunaux administratifs, pénales, civils, des familles, dans les centres de rétention, etc., dans les prisons, dans des lieux de privation, de liberté, et je pense que, à la brigade financière, je pense que ce serait extrêmement intéressant pour les député, mais vraiment, je le dis en toute honnêteté. Quoi ? Je pense que ça leur permettrait d’en savoir beaucoup plus et d’arrêter de nous balancer leurs clichés les uns et les autres. Combien de députés, qui grâce à leur écharpe tricolore peuvent aller dans n’importe quel endroit sans s’annoncer de privation de liberté, peuvent aller voir comment se passe une garde à vue, ils peuvent aller à une prison pour voir comment passent les ils peuvent aller dans l'écran. Pour voir comment se passent les rétentions, combien le font ? Très peu. Déjà rien que ça, ce serait pas mal. Déjà rien que ça, c’est pas mal. Là on attend le dernier débat. Ah, le voilà, justement. Alors on attend le son, voilà, c’est parti les amis ! Dernier débat de la journée avec beaucoup de monde.
Euh, bah tu tourneras sinon.
Absolument, c’est Anne-Sophie en robe noire.
Je vois aussi Chloé Chalot, l’avocate qui était là tout à l’heure,
Je vous remercie.
On va reprendre. Je ne suis pas sûre que ça marche.
On va reprendre si vous le voulez bien. Alors pour une formation finale qui portera sur une réflexion collective, sur justement les stratégies collectives face à tout ce qu’on a pu évoquer aujourd’hui. Alors j’ai oublié de me présenter, mais pour la table ronde, ça sera peut-être plus simple. Moi, je m’appelle Diane, donc si vous voulez tout à l’heure. Et je ferai l’animation avec Bruno du collectif. On va commencer avec Amnesty International qui est représentée par Anne-Sophie Saint-Père. On ira après du côté de l’ACAT France qui n’ont pas fait les interventions dans le cadre de la journée mais qui sont bien présents ce soir pour cette réflexion et pour présenter leur propre forme de lutte aujourd’hui. Donc voilà, je vais laisser la parole parce que c’est surtout eux qu’on a envie d’entendre.
Bonjour, merci pour l’invitation au collectif, à tous ceux et celles qui sont là. Sur Twitch, c’est une longue journée, donc j’espère qu’on va rester tous un petit peu en forme pour cette dernière session.
Eh oui !
Et discuter de solutions constructives. Donc moi je suis chargée de plaidoyer Amnesty International France. Je travaille entre autres choses sur la question des violences policières, mais également du droit de manifester. Amnesty International, l’idée c’est de défendre le fait que toute personne puisse bénéficier des droits humains fondamentaux, notamment ceux garantis par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Alors ça peut paraître un peu déconnecté de la réalité et un peu utopique par rapport à tout ce qu’on a entendu aujourd’hui, moi je ne trouve pas que les droits humains ce soit quelque chose de déconnectés et d’utopique, si on reprend à la base la déclaration des droits de l’homme et du citoyen c’est une réponse aux abus de la monarchie absolue. La déclaration universelle des droits de l’homme c'était un texte qui a été adopté en réponse aux actes de barbarie commis pendant la seconde guerre mondiale. Donc il n’y a rien d’utopique ou de déconnecté de réalité, au contraire ce sont des réponses. À ce qui a pu se passer de plus terrible dans la réalité. C’est pour ça qu’il ne faut pas renoncer à ces textes-là et au fait qu’ils soient mis en œuvre dans tous les pays, dans les pays qui ont signé et ratifié des traités internationaux, notamment la France, qui a signé la Convention européenne des droits de l’homme, le pacte international pour les droits civils et politiques. Alors pourquoi les violences policières sont des questions de droits humains ? Parce que les violences policières ce sont des violations du droit à la vie dans le pire des cas mais également du droit à ne pas subir de traitement inhumain et dégradant, du droit ne pas subir de torture, du droit à ne subir des discriminations et dans certains cas du droit la liberté d’expression, du droit de manifester quand ces violences s’exercent contre des groupes parce qu’ils sont descendus dans la rue pour émettre des revendications. Donc c’est vraiment un sujet au cœur de la question des droits humains, sur lequel on travaille partout dans le monde, pas seulement en France. Si vous aimez la police française, je vous conseille d’aller regarder ce qui se passe au Nigeria. Parce que la police, ce sont des représentants de l'État. L'État a des obligations en matière de droits humains donc les actions de la police doivent respecter les droits humains. Par ailleurs, les agents chargés de l’application des lois ont aussi l’obligation de protéger et faciliter l’exercice des droits humains par toutes et tous. Dans tous les pays, ça c’est en droit international, ça a pas été topique mais encore une fois c'était important. Que dit le droit international sur l’usage de la force ? Les agents chargés de l’application des lois en droit international, je me base sur les principes de base des Nations unies sur l’usage de la Force, ils ont le droit dans certains cas d’utiliser la force, il faut que ce soit légal, encadré par la loi, donc il faut qu’il y ait des textes, il faut que ce soit légitime, pour vous donner un exemple, utiliser la force pour empêcher une violence contre une autre personne, c’est légitime. D’utiliser la force pour se venger, ça n’est pas légitime. Il faut que ce soit nécessaire, c’est-à-dire qu’il faut que d’autres moyens que la force aient été tentés avant de recourir à la force. C’est assez important, notamment dans certains cas où il n’y a vraiment aucune communication avant l’utilisation de la force, et il faut que ça soit proportionné. En droit international, la proportionnalité, ça va être mesurer les effets négatifs de l’usage de la Force par rapport aux effets positifs qu’on essaye d’atteindre. Si par exemple, l’effet positif qu’on essaye d’atteindre, c’est d’arrêter de casser une vitrine, prendre le risque de blesser physiquement une personne, ça va être disproportionné. En revanche, si une personne s’apprête à commettre un meurtre, on peut prendre le risque de la blesser physique parce qu’elle-même risque de porter atteinte de manière grave et imminente à l’avis d’une autre personne. Et un dernier principe en droit international, c’est la question de la responsabilité, puisque s’il n’y a pas de responsabilité pour des violations des droits, ces droits sont inopérants. Donc s’il n’y a pas de responsabilité pour de violations, du droit à ne pas subir.
Excusez-moi, petite erreur de manip au bout de 8 heures et 54 minutes, je vous remets ça, il y en a pour deux secondes, excusez- moi, excuse-moi. C’est ici, je vous le remets, je crois que l’ordi, il rame, je le remet, hop hop, voilà. Merci beaucoup.
Chercher à faire le minimum d’impact et réduire les violences. Donc c’est l’inverse de la guerre. Donc ce n’est pas du tout le même droit qui va s’appuyer. Voilà, excusez-moi. Et du coup, qu’est-ce qu’on fait dans ce contexte-là, Amnesty International ? On travaille dans de très nombreux pays, y compris en France, puisque comme on l’a vu, il y a des sujets d’inquiétude sur des atteintes aux droits humains en France du fait de la police ou de la gendarmerie. C’est prouvé par tout ce qu’on a vu, et par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, la France a été condamnée cinq fois sur ce type de sujet depuis 2017. Et dans un cas, elle a évité une condamnation en versant des indemnités à la famille avant que ça n’aille jusqu'à l’audience. Donc Amnesty International, nous, on a un travail de recherche, de documentation des faits, puis de plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour essayer de changer les pratiques et les législations. Et d’information et de mobilisation du public pour faire pression pour que la France respecte ses obligations en matière de droit international. Dans ces dernières années, en 2005, en 2009 et en 2011, on a sorti 3 rapports sur la question de l’impunité des forces de l’ordre en France pour des cas de violences policières. C'était essentiellement des cas de violences dans les quartiers populaires qui visaient majoritairement des personnes racisées. Et ce n'était pas sur des questions d’armes mutilantes, c'était principalement des questions d’interpellation de conditions en détention, avec l’utilisation de plaques ventrales, de pliage, enfin de techniques d’immobilisation qu’on considère comme extrêmement dangereuses. On a aussi beaucoup travaillé sur la question des violences policières en manifestation. Alors particulièrement avec 2016, le mouvement contre la loi de travail, on a commencé à documenter des cas d’usage excessif de la force. Notamment d’ailleurs le cas de Laurent mais aussi de journalistes et d’autres manifestants qui ont été blessés à cette occasion et puis évidemment avec dans le cadre des manifestations des gilets jaunes alors dans le cadre des manifestations des Gilets jaune on a aussi pas mal travaillé sur les arrestations de manifestants donc c’est pas directement les violences enfin c'était des violences moins visibles puisque c’est le déplacement en garde à vue mais ça dit quelque chose aussi du maintien de l’ordre puisque le fait d’avoir des stratégies d’interpellation Ça va à l’inverse des stratégies de mise à distance entre la police et la foule, puisque la police pour interpeller va au contact de la foule. Donc c’est aussi ce qui a entraîné des changements dans les stratégies de maintien de l’ordre. Du coup, tout ça nous a un peu éloigné la question des armes mutilantes, mais on travaille aussi dessus. Reste que ce qu’on fait, ça va être beaucoup plus large. C’est, on questionne vraiment les stratégie de maintien de lourdes au sens large, la question du respect du droit international. On a des positions sur les armes susceptibles de mutiler, sur les LBD, les grenades de désencerclement, les grenades à effet de souffle. Pour nous, les grenade de désencerclement et les grenades Assourdissantes, explosives, ce sont des armes qui sont intrinsèquement contraires au droit international, puisque leurs effets sont par nature disproportionnés, touchent les personnes de manière indiscriminée, on ne peut pas savoir où va atterrir le plot qui est envoyé par la grenade de désencerclement, et par ailleurs il existe beaucoup d’autres méthodes pour disperser une foule, il y a des grenades lacrymogènes qui vont être beaucoup moins dangereuses pour les personnes. Enfin, il y a aussi des objectifs opérationnels qui sont complètement contradictoires. Si on prend une grenade lacrymogène assourdissante, le lacrymogène vise à disperser les personnes, mais l’effet assourdissant va les désorienter. Donc en fait, on ne veut pas demander à des personnes de se disperser en les désorientant en même temps. Donc on demande l’interdiction de ce type d’armes. Pour le LBD, on a été plus embêtés parce qu’encore une fois, on travaille dans le monde entier. Il y a beaucoup de polices dans le Monde qui utilisent beaucoup les armes à feu. Et si elles pouvaient utiliser le LBD, dans certains cas, on trouverait ça mieux. Reste que, vu la situation et le nombre de blessés extrêmement graves en France, en 2019, on a demandé une suspension de l’usage des lanceurs de balles de défense pour faire un point sur une étude indépendante sur leur impact, leur utilisation, leur fiabilité et envisager de nouvelles règles d’usages, puisque de toute façon… Aujourd’hui elles causent beaucoup trop de blessures, y compris des blessures extrêmement graves. Enfin, ils causent, ce sont des lanceurs. Donc voilà où on en est sur les armes mutilantes. Je vais laisser ma parole à ma collègue de l’ACAT pour ne pas rentrer forcément dans ce qu’on peut faire puisque je pense que c’est l’objet de la discussion après. Mais juste parce que je trouve ça un peu amusant, sachez que j’ai un membre de notre conseil d’administration qui est à Marseille, donc pas si loin que ça, au festival le Delta aujourd’hui en train de défendre notre demande d’interdiction des armes mutilantes dans le cadre de ce festival et ensuite la demande devrait être portée par plein de jeunes dans la région donc ça fait partie des multiples actions qu’on a de mobilisation on travaille beaucoup avec nos groupes locaux avec d’autres organisations des festivals on essaye d'être un peu partout pour porter ces demandes et essayer que ça diffuse au delà des personnes qui ont été directement concernées directement et y compris à l'étranger. Puisqu’on travaille, on est un mouvement international, donc on travaille aussi avec des sections un peu partout dans le monde.
Bonjour à tous, merci pour cette invitation. Je suis Émilie Schmidt et je suis chargée de clé d’emploi au sein de l’A4 France. Je vais essayer de ne pas trop répéter parce que c'était une très belle présentation, très bonne présentation. L’A4 France, c’est tout comme Amnesty, une association de droits humains qui défend les droits humains. Nous, on a une petite spécificité ?
Petit point intéressant dans ce que vient de dire Anne-Sophie Simpere. L’important, c’est que parfois ces prises de position d' Amnesty sont diversement comprises, on va dire ça comme ça, et là elle a un peu glissé la raison, parce qu’Amnesty, c’est international et que donc les positions qu’ils prennent dans un pays peuvent avoir des implications dans un autre pays, ce qui fait que pour eux c'était assez compliqué, donc par exemple le distinguo qu’elle a opéré sur le LBD par rapport aux armes à feu, il s’explique comme ça.
Qui peuvent être qualifiés de traitements inhumains et dégradants, voire même parfois de tortures.
Produit deux rapports, un il n’y a pas assez longtemps, exceptionnel vraiment, sur le matin de l’heure en France.
Je n’ai pas le lien ici, mais vous pourrez le trouver sur leur site.
Du droit international en particulier donc DUDH et CEDH pour demander à ce que nos forces de l’ordre soient plus respectueux et l'état soit plus respectueux de ces engagements internationaux pour qu’il y ait un réel contrôle de nos forces de l’ordre qui aujourd’hui on l’a bien vu n’est pas vraiment effectif quand on voit l’impunité qui ressort de tous ces événements. Tout comme Amnesty, on a plusieurs actions possibles, dont un plaidoyer institutionnel, des rencontres avec des associations, des collectifs. On aimerait pouvoir développer un maximum ce travail inter-asso qui pêche peut-être un petit peu sur ces sujets. Nous, c’est pour ça également qu’on est très heureux d'être présents aujourd’hui et de pouvoir représenter l’ACAT, parce que c'était très bien de pouvoir parler entre nous en tant qu’association, mais c' est également très intéressant d’avoir le point de vue d’associations, de collectifs, de blessés, de victimes, de proches de victime. Donc, c' est pour ça qu' on est là aujourd’hui et merci beaucoup pour cette invitation, encore une fois. Je ne sais pas si tu rajoutais quelque chose. Non, non, je ne fais pas ça. De notre pôle plaidoyer chez A4 France, qui m’accompagne aujourd’hui, voilà. Bon, merci, c’est parfait puisque on est là justement pour décloisonner nos interventions, nos luttes pour que nos collectifs travaillent ensemble et trouvent des solutions.
Merci, Monsieur Bonnet.
M. Arié Alimi a dit qu’il y avait plusieurs angles de lutte et bien peut-être maintenant c’est en faire un faisceau et faire que ce soit efficace ensemble. Donc on a pratiquement toutes les organisations qui sont intervenues dans la journée autour de la table, peut-être la table virtuelle. L’objectif là, c'était que si au fil de la journée des choses vous sont arrivées, enfin vous avez dit tiens ça, ça m’intéresse, j’aimerais bien effectivement discuter un peu plus avec les blessés, d’autres. C’est l’objectif si vous avez des propositions, des pistes ou déjà les modalités que vous utilisez aujourd’hui, comment vous pourriez les élargir à d’autre pour qu’on arrive à cette interdiction de ces armes qui est déjà une première étape qui nous semblait nous accessible pour ensuite envisager autre chose, mais on va faire les choses par étapes. Donc il y a Mélanie. Moi je voudrais perquisitionner un peu le tweet et profiter parce que je pense qu’il y a des élus dans la presse qui doivent regarder. Du coup, vous, messieurs, mesdames, les députés, vous avez le droit de rentrer dans les commissariats et de vous asseoir pour vous assurer que les gardes à vue se passent bien. Vous avez le droit de rentrer dans les prisons et de s’assurer que ça se passe bien. Donc c’est un geste que vous pouvez faire de temps à autre. À l’imprévu, à l’improviste, et dans les craques, pardon, pardon. Oui, tous les lieux d’enfermement. Voilà, donc voilà, je perçois juste ça, est-ce que c’est une solution ? J’en sais rien. Mais messieurs qui avaient parlé d’indemniser les gilets jaunes, les blessés, les mutilés, nous les blessé les mutiler, on vous demande s’il vous plaît de rentrer dans les gardes à vue pour voir comment ça se passe. On vous demande de rentrer dans les camps pour voir comment ça se passe, de rentrer dans les prisons pour voir comment ça se passe, parce que nos frères et nos sœurs sont en train de claquer là dedans.
C’est quoi Mélanie qui perquisitionne au poste ?
Chacune de ce qu’il fait.
Mais c’est pas qu’on a l’impunité de toute chance, nous ?
Tu l’es avec ce que fait le voisin, en fait.
Oui, du coup, je vais parler vite fait de Désarmons-les, on s'était constitué en 2012 avec le premier objectif qui était assez simple, c'était de sensibiliser. Donc, ça fait maintenant des années qu’on le fait, notamment, on avait commencé par une brochure qui a été remise à jour avec les années, donc c’est cette brochure-là sur les armements du maintien de l’ordre, qui s’est déclinée en trois brochures aujourd’hui, une qui est plus une brochures qu’on va dire médique, qui donne un peu on a perçu sur les blessures et les moyens de soigner les blessure et on a fait aussi une brochure sur les conseils pratiques aux blessés à leurs proches. Ça inclut aussi en fait, on l’a intitulé comme ça, mais c’est aussi des conseils pratiques envers les personnes victimes de violence policière de manière générale, dont les proches de personnes assassinées. C’est un peu un guide, un guide. Donc ça, c'était un peu notre premier, notre premier travail et puis on a commencé à faire des interventions publiques. On a fait des vidéos qui présentaient des armements, etc, etc. On a fait pas mal de choses Oui, de conférences comme ici, d’interventions depuis des années. Aujourd’hui, on fait des autocollants. Il y a aussi des autocollants. Donc, c’est un peu sur nous, on est un collectif aussi qu’on s’assume comme un collectif abolitionniste de la police. Donc, en fait, quand on parle de désarmement, c’est un désarmement total jusqu'à la main du policier, jusqu’au policier lui-même. C’est en le désarmant.
Logique policière donc on a un autocollant pour que le piège cesse.
Voilà, donc, on veut tout simplement que les policiers n’aient plus de moyens et c’est en fait notre action est essentiellement propagandiste. Il faut le dire, elle est engagée politiquement. Elle est plutôt radicale, mais parce qu’on a justement, et je pense que nos interventions respectives aujourd’hui ont montré qu’en avait on a traversé un peu toutes les procédures judiciaires. On a traversé les procédures pénales, on a traversé les procédures administratives. On a procédé, on a, on à On s’est confronté au refus d’indemnisation, on s' est confronté à un certain nombre de choses qui font qu’aujourd’hui, en fait, on a un paysage qui se restreint à un paysage politique, de quelles sont les possibilités aujourd’hui pour nous, je vais dire ça plus simplement, c’est de construire un rapport de force, un rapport de force qui permette réellement d’infléchir sur tous les points. Et c' est aussi pour ça que c' es important pour nous aussi de fonctionner avec des ONG, avec des organisations, des associations qui ne sont pas sur la même ligne politique que nous, C’est sûr qu’ils ne sont pas abolitionnistes. Qui ne vont pas forcément assumer les mêmes positions radicales, parce que c’est quand même assez difficile de les assumer dans l’espace public aujourd’hui, parce qu’en fait, tout simplement, on a tous des approches, on a des stratégies qui font qu’on peut échanger, on peut partager ces moyens-là et surtout, on l’a évoqué. Je pense qu’il y a un enjeu de formation qui est aussi important. Comment est-ce qu’on met en place des structures qui permettent de former, de faire des sessions d’une semaine ou un week-end de formation avec des intervenants des différents, des différents pools qui peuvent intervenir sur les différentes questions. Et ça, c’est quelque chose qu’on n’a pas encore mis en place, qu' on pourrait mettre en place. Tu vas en parler, mais il y a la question de la contre-enquête qu' on a quand même pas mal abordée aujourd’hui, qui est aussi un moyen que nous en tant que collectif, avec un collectif annexe, une association qu’en a constitué. On va aborder cette question là des nouveaux moyens de. Pour les familles de victimes, les premiers concernés, de se réapproprier les moyens de l’enquête. Il y a plein de choses qui restent à faire. Là, on pense aussi à faire des modules vidéo, des espèces de capsules vidéo sur les techniques d’immobilisation, sur le permis de tuer. On a déjà fait des capsules vidéos sur les armes, mais il faut faire des capsules qui sont plus interactives, qui font moins de 10 minutes pour pouvoir les transmettre sur les réseaux sociaux. On n’est pas très bon en communication sur les réseaux sociaux, mais c’est aussi, il y a pas mal d’enjeux, il n’y a pas Je voulais juste vite fait dresser un tableau de tous les possibles et je ne sais pas si j’ai oublié des choses, mais en fait, actuellement, vu où on en est, je crois que tous les moyens sont bons, en fait. Tout simplement, tous les millions sont bons pour faire face à ce système-là, ce système de l’impunité qu’on a évoqué tout à l’heure, pour se donner les moyens de résister. Et il y a aussi, pardon, je ne l’ai pas évoqué, mais c’est quand même un des points forts de notre action depuis 2012. C’est qu’en fait, on a pris sur nous de fonctionner avec les familles de victimes, de les accompagner non seulement juridiquement, mais aussi politiquement, psychologiquement. Et ça, c’est un travail de longue haleine avec une constitution d’un pôle d’avocat. Ce n’est pas quelque chose de gagné non plus, mais on fonctionne quand même avec un certain nombre d’avocats, collectifs d' avocats. On a essayé de constituer un pôle de psychologues militants qui interviennent à titre bénévole. Il y a quand même beaucoup de pistes. On n’a pas tout réussi, on a essayé, on à ébauché des choses, il y a des choses qui marchent, il n’y en a d’autres qui ne marchent pas. Mais je pense que l’accompagnement des victimes, et là c’est peut-être un point où moi je vous invite tous, en fait il faut absolument que vous en tant que militants, même si vous n'êtes pas directement concerné par les violences policières, il y a un enjeu à rejoindre les familles dans leur combat, à se mobiliser avec elles pour apporter aussi une dimension plus militante que commémorative. Aux événements et aux actions organisées par les collectifs de famille. Et ça, c’est crucial. C’est une demande que je ne transmets pas à titre personnel, mais qui vient des familles. En fait, il y a un besoin de ne pas être seul. En fait ici, il y a des familles concernées. Il y a la famille de Mohamed Gabsi à Béziers. Ce n’est pas loin. Voir ce dont la famille a besoin pour qu’on ne les oublie pas.
Voilà, merci.
Je vais reprendre la suite, je suis parti de la même bande que Yann. Désarmons-les, ça fait 10 ans que tu l’as dit que ça existe. Quelques mots sur le génie, ce n’est pas pour mettre en avant cette démarche là, on l’a bien parlé aujourd’hui de l’index et de Forensic Architecture, de toute cette, c’est comme une vague, c n'était pas non plus un fantasme sur l’outil numérique qui pourrait résoudre. Tous les trucs qui pourraient faire comprendre à tous ceux qui n’ont pas compris que c’est scandaleux. Mais c'était que ça fait partie. On l’a bien vu aujourd’hui. Vous avez bien compris qu’il y a un problème dans la vérité judiciaire. Elle n’existe pas. Et nous, personnellement, abolitionnistes, on ne croit pas que ça pourra exister dans le système actuel, que la justice, ce qu’on appelle la justice avec un grand J, puisse, dans les affaires qui nous regardent, puisse éclairer les victimes et les familles des victimes. Ça n’existera pas. Pour nous, on n’y croit. En revanche, et c’est pour ça que, d’ailleurs, l’action de la famille de Souheil, et Sam est très importante, parce que, justement, depuis l'été dernier, depuis le mois d’août, vous, votre slogan, c'était pas vérité et justice, c’est vérité pour Souheil,. Vous, vous avez aussi compris que ce sera très difficile de l’avoir, la vérité judiciaire. Mais ce qui vous importe, c’est que vous soyez éclairé et que dans votre combat, vous soyez fier de votre combat. Et donc, cette vérité-là, tu as déjà quasiment..Je te dis tout à l’heure, les faits qui regardent l’histoire de ton fils, les faits, ils sont là, ils sont établis, ils sont déjà établis depuis quelques jours après les événements. Donc les vérités judiciaires, tu ne l’auras jamais. Mais en revanche, ce que tu recherches pour la cohésion de ton esprit, de ton corps et de ta famille, c’est justement que tu puisses toucher ta vérité à toi sur ce qui s’est réellement passé. Donc c'était vrai que le fait d’avoir ces démarches. Pour l’instant, le génie, c’est une association. Au départ, on voulait créer une scop qui est très ambitieux, parce que l’idée, ce n’est pas déjà de créer la structure, mais il faut déjà savoir si on peut mener ces activités donc de contre enquête de manière viable. Pour l’instant, on a travaillé sur une seule affaire, l’affaire de Angelo Garand, tué il y a cinq ans auprès de Blois donc lui, il a été tué par cinq gendarmes du GIGN qui sont venus parce que c'était quelqu’un qui n’a pas regagné la prison. Donc il était sous le coup d’une peine. Il avait une journée de répit et donc il est resté caché pendant six mois. Ils l’ont retrouvé et ils l’ont abattu. Voilà, et donc cette histoire là, elle touche une famille qui, comme toutes les autres, a découvert. Le mensonge, le déni, tout ce qui s’est abattu sur elle et le travail des groupes comme le nôtre, ce n’est pas de révolutionner tout et de faire comprendre à tout le monde que tout ça, c’est dégueulasse, c'était d’arriver à apporter en lien direct avec les personnes touchées, de leur apporter cette vérité-là qui ne sera jamais judiciaire, mais qui apporte et qui est claire et qui, forcément, leur permet de passer le deuil. Et tous ceux et toutes celles qui espéraient dans la justice ne feront jamais leur deuil parce que justement, ils seront toujours face à une espèce de mur, face à un mensonge. Modestement, c’est ce que nous, on essaye de créer. Forcément, ça prend du temps. On fait ça sur notre temps libre. Ça dépend des moyens dont on peut disposer. Tout à l’heure, l’avocat a expliqué qu’une expertise judiciaire était facturée 70 000 euros dans le cadre d’une expertise officielle et que certaines expliquent. Certaines contre-enquêtes sont facturées aux médias qui les achètent, moins de 20 000, parfois même 10 000 seulement. Donc, le rapport d’argent, forcément, on doit prendre en compte pour savoir si c’est viable. Mais ce qui nous motive à nous, c'était donc de ne pas jouer le jeu de la justice qui ne sera jamais réparative et qui sera toujours d’un seul côté. Mais c’est de proposer et ça pour ça qu’on veut travailler avec les victimes en premier. Pour retravailler le dossier, il faut avoir accès au dossier d’instruction et d’avoir des moyens techniques qui sont considérables pour reconstituer les scènes de crime, pour faire ça dans un environnement en 3D, forcément pour voir un peu où sont les objets, comment ça a pu se passer. Et pour l’instant, on en est à cette enquête-là. On a diffusé, on a communiqué des résultats préliminaires le 30 mars, c'était justement pour les 5 ans de la mort d’Angelo. Et là, on travaille en espérant qu’on rendra une enquête définitive avec un film vidéo qui va expliquer un petit peu tout ce qu' on a découvert au courant de l’automne, là, en octobre, novembre. Mais tout ça pour dire aussi que. On peut pas être dans une démarche commerciale, on peut pas être dans un démarches, c’est-à -dire on doit pour l’instant choisir les affaires sur lesquelles on va travailler. On peut être sollicité par des gens qui voulaient nous parler aussi, nous aussi. On a envie. Malheureusement, on n’a pas une force de frappe suffisante pour pouvoir mettre les gens en liste d’attente. Donc, pour l’instant, on préfère justement travailler sur les affaires dont on pense pouvoir apporter quelque chose d’intéressant. On a envie, je ne sais pas si ça se fera, mais en tout cas, on a très envie de travailler sur quelques affaires similaires concernant les grenades. Ça, c’est peut être un truc qu’on pourra arriver à faire justement pour reconstituer des scènes de blessures, des mutilations très graves. Qui se ressemblent pour essayer justement de reconstituer l’effet et pour démonter là encore les mensonges et les versions policières qui se énormément voilà en gros ce que je pourrais dire sur le génie
Très rapidement puisque j’ai déjà eu la parole tout à l’heure à titre individuel en tant qu’avocat évidemment que nous autres avocats on a des choses à faire pour accompagner les personnes dans leur quête de vie.
C’est souvent parce qu’il y a des images vidéo, la reconstitution à partir d’images existantes apporte une force au travail 3D. Au travail 3D.
De ne jamais travailler seul sur un dossier, d'être toujours deux pour échanger, pour pouvoir élaborer, pour voir des choses, parce que, des fois, à une seule personne, on ne voit pas tout, à deux, on est beaucoup plus fort. A beaucoup plus, on en est encore plus fort, donc on a, je pense, tout à gagner à travailler collectivement les dossiers, mettre en commun nos décisions, essayer de faire avancer la jurisprudence ensemble. En tant que syndicat des avocats, on a aussi des choses à faire, et le syndicat des avocats a déjà fait des choses. On a parlé plusieurs fois dans la journée du recours qui avait été fait pour faire interdire le LBD. C’est un recours porté par le SAF. Effectivement, ça a été rejeté par l'État, mais il y a un recours qui est en cours à la Cour européenne des droits de l’homme. La Cour européen des droits de l’homme a déjà refusé une première fois de suspendre l’usage du LBD mais c'était la procédure d’urgence. Le recours pendant, c’est le recours au fond sur l’appréciation. Avec plusieurs avocats, on avait aussi essayé de faire interdire… C’est là que le discours médiatique est intéressant, parce que Christophe Castaner, en janvier, il dit « j’arrête les GLI F4, je les remplace, elles sont trop dangereuses », alors que si moi, plutôt, au Conseil d'État, c'était Mme l’Eglise, à ce moment-là, il ne nous dit absolument pas « ces grenades ne sont pas dangereuse, elles ne peuvent tuer personne, nous les gardons, nous le souhaitons ». Aussi essayer d’utiliser le droit à ce moment-là. Il y a sûrement d’autres choses à imaginer. En tant qu’avocat, on peut représenter des personnes physiques qui se structurent et qui font un recours, elles, collectivement. C’est ce qu’on avait fait au moment des GlI F4. Ce n'était pas un syndicat, c'était plusieurs personnes blessées qui, collectivement, avaient demandé l’interdiction des grenades de Glee-F4 en disant « Nous, on a été mutilé, on souhaite pouvoir continuer à exercer notre droit de manifester et on pense qu' on ne peut plus l’utiliser. » correctement maintenant parce qu’on a peur de mourir en manifestation. C'était ça notre argumentaire. Là c'était plusieurs avocats, plusieurs personnes blessées collectivement et après aussi on peut utiliser les structures, les associations, les syndicats pour faire des recours contre les lois, contre les dispositions, contre le décret. Ça c’est des choses qu' on peut imaginer ensemble. Voilà pour le SAF aujourd’hui.
Je ne vais pas revenir sur ce dont j’ai parlé sur les nécessités de coordination, de collaboration. Je voudrais juste revenir sur un point que j’avais évoqué il y a un certain temps à un colloque sur le mur de la honte. Parce qu’en fait, on remarque quand même que souvent, c’est les mêmes experts qui reviennent à la barre, qui réduisent les mêmes conneries, et en fait, ils ne sont jamais montrés du doigt. Et donc, il faudrait qu'à un moment, on arrive à collectivement retrouver leur nom, faire un site et dire… Voilà ce qu’il a dit à ce moment-là et voilà que c’est une connerie parce qu’en fait ils sont payés par la justice pour faire ces expertises mais ils ont aussi d’autres mandats et il faut leur faire mal, ou ça peut leur faire mal, donc c'était leur portefeuille. Si on voit que c’est des mauvais experts ça va faire mal vis-à-vis de la famille aussi parce que quand il y a le nom d’un expert qui est sur un mur qui dit que c’estun menteur qui bafoue tout, je pense que ça lui fera changer sa façon de faire la prochaine fois. Sur les procureurs aussi, parce qu’en fait à Marseille, l’affaire de Zineb, c'était le procureur qui était dans la rue à côté du policier qui a tiré la grenade et qui l’a dit six mois après, c’est le même qui a instruit le dossier de mon fils. Donc ça, c' est le premier point. Le deuxième point, pour moi, j’ai été contacté il n’y a pas longtemps par un journaliste japonais qui explique par exemple qu’au Japon, Depuis 1945, il y a eu trois… Tire de policiers pour des refus d’obtempérer ou ce genre de choses. Trois, depuis 1945, un policier japonais il préfère mourir que de tirer sur quelqu’un. C’est culturel. Au Japon il y a la peine de mort. En France aussi, en fait, pas officiellement, mais elle existe, le permis de tuer de la 435-1, en plus c’est une peine de mort sans jugement. Et l’exécution en place publique, parce que mon fils, on lui a tiré dessus et on l’a laissé mourir devant tout le monde. Donc ça, c’est quelque chose qui est important, du coup, il va sortir un article parce qu’il voulait connaître l’histoire de Souheil, il l’accompagnait des gens dans le couloir de la mort aux Etats-Unis, j’ai dit « mais Macron, c’est le premier à donner des leçons, à dire dans quel pays il y a la peine de mort, vous faites ce genre de violence, mais je pense qu’il y a aussi un intérêt à communiquer tous ensemble aux médias étrangers pour leur dire voilà ce qui se passe en France, parce que je pense que ça aura beaucoup plus de poids, un journaliste étranger qui fait un article sur la France et ses méthodes vis-à-vis des violences policières qu’en France. Ça viendra plus facilement de l’extérieur que de l’intérieur.
Ce sujet, j’avais eu la main tout à l’heure, c’est exactement ce que je voulais dire. Par exemple, des lacrymaux, je voulais en parler rapidement parce que je suis aussi un peu connu entre guillemets pour ça, parce que j’ai beaucoup travaillé sur les gaz lacrymogènes spécifiquement. Donc c'était une sous-branche. Les armes ont fait un travail génial sur toutes les armes.
Donc là c’est un peu dommage parce que comme souvent, comme souvent la table ronde, la dernière table ronde, c'était qu’est-ce qu’on peut faire, et souvent ça revient à…
Comme si cette question pesait un problème. Je pense que ce qui peut être intéressant c’est d’avoir aussi des experts scientifiques, c’est d’abord d’y avoir la communauté scientifique qui s’intéresse au sujet. Ce que j’ai essayé de faire c’est de mobiliser des chimistes en leur envoyant un dossier scientifique sur le sujet des gaz lacrymogène, en leur disant est-ce que vous savez qu’il y avait ça dedans, est- ce que vous pouvez vous y intéresser, est-ce que vous pouvez relire ce travail-là. Et donc en allant faire un peu pression au niveau du monde scientifique, qui ensuite… S’expriment sur le sujet, s’en inquiètent et arrivent à méditer la chose. Et donc je trouve également que l’approche internationale est essentielle.
Sur la question des gilets jaunes, il est extrêmement clair que dès lors que le Parlement européen, le Conseil de l’Europe, les Nations unies ont commencé à demander des comptes à la France, les choses ont changé. Vous pouvez regarder chronologiquement, c’est très très clair, février 2019.
19 février mars avril 2019
Je pense que les gilet jaunes démarrent en 2018, il va y avoir moins de mutilations après.
Mais la ministre de l’Intérieur est rendue sans lire le dossier. C’est-à-dire que dans la réponse du gouvernement, je vois qu’ils n’ont même pas lu le sommaire, la table des matières du dossier, ils disent qu’il n’y a pas des choses alors qu’elles sont dans la table de matières. Donc, à ce niveau-là, on voit qu’on peut arriver à poser des questions, à se solliciter, à demander. Et finalement, les démarches type amnistie, etc., qui arrivent.
C’est ça, Saint-Salvator, mais bon, c’est fatal, mais ça c’est un problème.
C’est-à-dire que ce qui est dommage, c’est que c'était toujours des questions qu’on met en fin de débat. Tout le monde est épuisé, fatigué, 8 heures, 9 heures de débat. Alors, on en regarde des journalistes.
On peut repérer les journalistes qui s’intéressent à ces thématiques à l'étranger et les contacter et leur dire regardez ce qu’il s’est passé en France. J’ai essayé de faire un petit peu ça, j’ai réussi New York Times qui a parlé par exemple de travail sur les gaz lacrymogène.
Donc du coup moi je vais apporter une solution que je pense possible. Il y a des organisations syndicales qui ont un peu de sous, qui ont de moyens. Ce qui serait vachement bien c’est que ces organisations là se rangent derrière et soutiennent réellement les luttes, les luttes autonomes. C’est pas parce qu’on est autonome qu’ont des clodos, et même si on est clodo on a quand même des revendications et qui valent le coup d'être entendu et mettre les premiers concernés. Au centre des luttes. Peut-être que le conseil scientifique ne fonctionne pas parce que tu n’as pas quelqu’un avec toi qui est malade à cause des gaz lacrymogènes et qui va venir avec toi apporter ce témoignage, en disant, toi tu apportes l’aspect scientifique et tout, mais peut-être qu’une personne qui est maladie et qui a subi dans sa chair, dans son sang, apporterait quelque chose en plus. Je sais pas si t’as posé la question à tout le monde, mais ça vaut le coup. Je crois qu’on oublie souvent les sachants, les pensants, oublie souvent les premiers concernés, et je pense que c’est là où le bas blesse. C’est là où la France Insoumise va chercher des gars du PS et du PC au lieu d’aller chercher des militants, des militants de quartier, des militantes de terrain qui connaissent et qui savent. C' est là où il blesse ! Parce qu' en fait, vous parlez à notre place, et vous parle, voilà, quand je parle à notre placés, que je parle des violences policières, et qu’en fait, vous ne pouvez pas messieurs, dames qui parlaient à nous, vous n’avez pas ce truc-là. Moi, quand j’entends un papa et une maman, eh ben, je suis attentive, mais quand j’entends un syndicaliste me parler de ce papa ou de cette maman je le suis moins. Voilà, peut-être que c’est une solution, c'était de mettre les premiers concernés suffisamment en confiance, travailler, cet accompagnement, ce que disait Yann tout à l’heure. Nous, on est le collectif des mutilés pour l’exemple et on est des mutilés des blessés qui s’occupent de mutiler des blessées. Donc, par moment, on ne va pas bien et pour s’occuper et pour accompagner les autres, il faut être bien. Et c’est compliqué, des fois, de le faire. Alors, heureusement, on a des collectifs comme Des Armons, comme l’Assemblée des blessés. On a créé le réseau d’entraide vérité et justice, qui est, j’espère… En tout cas, il est vecteur d’espoir parce qu’on est des victimes, on est des familles de centres pénitentiaires, de prison, de partout, de toutes ces victimes étatiques. On essaye de se rassembler. Et aujourd’hui, ce serait bien que ces organisations qui ont peut-être un peu plus de moyens, un peu de sous, un plus de trucs, soient derrière nous et nous disent « venez, on va vous aider », mais on ne va pas parler à votre place. On va vous aider. Peut-être que ça peut être une solution. Du coup, je rebondis un peu sur toi et sur l’histoire de la com.
Qui est street medic.
Et par exemple, je n’ai pas de talent particulier mais je peux faire des illustrations, je suis prête à créer des vidéos, des courts-métrages, des cours avec les moyens que je peux en tout cas, enfin je m’adresse évidemment au live évidemment, mais je pense qu’il y a des artistes politiques qui ne sont pas connus, qui sont prêts aussi à aider à relayer les paroles de choses qui ne se sont pas connu. Par exemple moi j’essaye de dessiner dans les procès parce que ça c’est une violence inouïe dans les procès donc personne n’est au courant
Elle fait des très beaux dessins, ça y est, je capte maintenant que c’est elle.
J’aimerais bien relier cette parole-là, j’aimerai bien faire des courts-métrages sur des gens, sur les mutilés, sur des personnes qui sont allées en prison, sur les familles qui sont désespérées parce que personne n’entend parler de leur histoire. Je suis prête par exemple à donner mes contacts de page si jamais vous avez besoin avec le bon moyen que j’ai, que je puisse essayer de faire ce que je peux pour moi, essayer de mon côté et que peut-être des gens soient motivés à qu’on fasse ensemble un truc en tout cas en ce qui concerne com, stickers, affiches, BD, j’en sais rien films, voilà du coup, enfin il n’y a pas que moi, il y a aussi d’autres artistes politiques sûrement mais voilà je prouve que je suis là pour dire voilà si si mon film vous est intéressé bah voilà moi j’aimerais bien en faire d’autre en vrai parce que je n’aimerai pas m’arrêter là
Nous, on va continuer, mais tout à l’heure, ce matin, on avait déjà commencé à brosser, c’est l’occasion de continuer en essayant de sortir des sentiers battus, parce que les appels à l’unité, moi, j’ai l’impression que ça fait 15 ans que j’en entends et que ça se traduit rarement en actes, malheureusement. Et peut-être plutôt que des incantations, penser des campagnes ou des objectifs concrets à obtenir. Du coup, souvent quand je présente un peu les hypothèses qu’on a, je pars de la dimension la plus intime, la plus personnelle, vers la dimension la plus ambitieuse et la plus forte. Du coup voilà, il y a quelques pistes. La première piste, on en a parlé, c’est partir bien entendu des blessés, ça a déjà été dit. Ce qui n’a pas été dit, pas suffisamment, en tout cas c'était que les violences d'État, que ce soit une mutilation ou une mise à mort, fondamentalement, ça isole. Un LBD, ça va frapper un corps, une personne. Une personne qui se fait étouffer ou qui se fais tirer dessus, ça va frapper une famille. Et ensuite, il y a tout un travail de l'État, des médias, etc. Pour isoler ces collectifs ou ces individus. Et on se retrouve tout seul. Je parle en tant que blessé au LBD, on se trouve seul. Et c’est vraiment la propriété de cette arme, par exemple. C’est d’en mutiler un pour en terroriser 100. Et donc, la première chose, ça a été un peu dit par Yann tout à l’heure et par d’autres, casser l’atomisation. Puisque la propriété est d’atomiser, casser, accompagner. C’est tout l’enjeu des mutilés, pour l’exemple de l’Assemblée des blessés. On n’a pas parlé des échanges de conseils, par exemple, d’ordre presque intime, médical. Quand on perd un œil, on ne sait pas, on tombe dans des soins, des choses bizarres. C' est important de pouvoir se dire, les personnes qui ont été blessées, j’ai été blessé en 2007, tout le parcours judiciaire, c’est important de s'échanger des expériences. Parce qu’on ne sait pas dans quoi on tombe, à moins d’avoir fait des études de droit. Donc ça c’est la première chose, casser l’atomisation, ça paraît une évidence mais c'était la première chose. La deuxième dimension, tout ce qui est cop watching, montrer du doigt, tu l’as un peu dit, ouais, franchement afficher ces gens là c’est la base, et il y a quelques exemples, alors en France on déteste le copwatch, on est un pays de non seulement de l’impunité mais de l’opacité, je ne sais pas si vous avez remarqué, les keufs, il n’y a jamais leur nom dans la presse. Une personne accusée de délinquance ou même un blessé, on va balancer son nom dans la presse ou une personne tuée, jamais les flics responsables. C’est quand même étonnant. Donc voilà, ça, la base, ce serait ça d’avoir des fichiers de cop watching. Ils détestent ça, c’est ce qu’ils voulaient interdire au moment de la loi de sécurité globale, l’interdiction de filmer les flics et tout. C’est pour ça que les policiers, d’ailleurs, sont tous cagoulés, n’ont pas de RIO, de matricule, etc. Vraiment mettre à jour et mettre à jour quand un proc, quand un juge classe sans suite. Balancer son nom, balancer sa photo, voilà, ils sont censés, ils rendent la justice au nom du peuple français. C’est ce qui est écrit sur tous les en tête quand vous avez un jugement. Au nom du peuple français. Ils ont des comptes à rendre et donc des exemples très concrets. Au Chili, quand il y a eu le soulèvement qui a commencé en 2019, l'État chilien a réprimé avec une violence absolue. Les carabiniers roses. Ont mutilé des centaines de personnes, il y a eu plusieurs morts dans les premières semaines. Il y a des hackers qui ont craqué toute la base de données de tous les flics du Chili et ils ont fait une map, une carte collaborative directement avec le nom, l’adresse de tous les keufs. Alors ça a fait un petit peu redescendre l’attention, il n’y a pas eu que ça, il y a eu une grève générale. Disons que c’est un pays où là-bas à gauche quand il y à des émeutes, elles ne se désolidarisent pas et elles appellent à la grève, donc du coup ça aide aussi dans le rapport de force. Ils ne font pas de communiqué pour dire que les Black Blocs sont méchants. Au contraire, ils disent qu’on va appeler à la grève générale pour appuyer le mouvement. Mais cette opération de cop watching géante a eu un petit effet. Même chose au Brésil. Il y a des espèces d’unités d'élites militarisées qui interviennent dans les favelas. Et notamment les BOP. Il y à eu des craquages de leur nom, de leur adresse. Au moment de Black Lives Matter aux États-Unis. Aux Etats-Unis, alors, c’est un pays terrible. Mais là-bas, les noms des flics sortent, leur gueule, elle sort, il y a leurs photos. Black Lives Matter, le Derek Chauvin qui a été filmé en train d'étouffer George Floyd, les manifs avaient lieu devant sa maison, autour de sa maison. Voilà, c’est une façon de matérialiser les choses. Ce n’est pas un ennemi invisible, un flic cagoulé qu’on n’a jamais vu nulle part. Et là, avec la lutte aussi pour l’IVG aux États-Unis, les gens, ils vont devant les maisons des juges. C’est autre chose. En France, c’est vraiment l’opacité. On se fait constamment défoncer, mais on ne sait jamais être au marquage. C’est important de casser ça, parce que leur impunité repose là-dessus. Donc, cop watching, autre piste, l’autodéfense. Ça, on ne l’a pas évoqué. Mais en fait, comment on se sent en sécurité dans une manif, c’est quand il y a des pratiques d’autodéfense. Alors, on a parlé des street medic, ça, c' est très important. On a parlé de tout le reste. Il y a des techniques d’auto défense qui se développent en France, dans le monde. On voit à Bogota. Qu’il y a des premières lignes qui protègent les cortèges, on voit des cortèges de tête en France. Ces derniers jours, en Équateur également, des manifestants qui se protègent, je ne sais pas si vous avez suivi, il y a un gros mouvement social en Équateur. Il y a des techniques comme ça, pour se défendre, qui se développent absolument partout. Ce n’est pas forcément des choses qu’on qualifierait de violentes entre guillemets. C’est comment on tient la police en respect. À Hong Kong, ils ont pris de la super glue, collant des briques de forme irrégulière sur un quart de voie. Ça a bloqué les blindés de la police de Hong Kong. Voilà, il n’arrivait pas à avancer. Et c’est des trucs tout bête comme ça. Aveugler les drones. Alors, à Hong Kong aussi, ils ont, je me permets de le dire, je ne risque pas de poursuites, puisque à Hong Kong, apparemment, c'était formidable l’insurrection. Voilà, donc, selon les médias occidentaux, ils ont mis en travers de la route entre deux poteaux une bande de cellophane transparente. Il y a des flics à moto comme la brave, exactement la même chose. Les flics à moto ne voient pas forcément de film transparent en travers de la route. Ça, ça peut entraver. Ça se passe à Hong Kong, je ne dis pas qu’il faut faire pareil à Paris avec la brave. Oui, ça se passait. Mais voilà, il y a des techniques qui se développent, les lasers pour aveugler les policiers qui ont aidé LBD, voilà, des choses comme ça. En fait, il y a une créativité infinie du maquillage pour tromper la reconnaissance faciale. Enfin, voilà. Il y a énormément de possibilités de résistance dont on ne s’empare pas suffisamment..
Vous me mettez dans le lien vers au poste avec Geoffrey Dorne, notre graphiste qui a commis un livre qui s’appelle Hacker Protestataire, qui raconte les différentes méthodes qui sont là racontées par Pierre. Alors cela dit, le film plastique, c’est pas pour faire tomber les motards, c’est pour retenir les politiques.
Il y a plein d’histoires. Quand Castaner a dit que l’hôpital avait été attaqué par des manifestants, c’est grâce aux médias indépendants que tout de suite cette affaire a été cassée. Sinon c'était la version BFM TV et ça passait crème. Steve, le lendemain de l’affaire Steve, enfin, on ne savait pas qu’il y avait une affaire Steve. Au lendemains de la fête de la musique à Nantes, Ouest-France titre "Soirée houleuse au bord de la Loire". Littéralement. Et s’il n’y avait pas eu une entrée volet qui avait sorti des témoignages dès le lendemain, des vidéos, etc., il n’aurait jamais eu d’affaires, on aurait dit que c'était quelqu’un de sous qui était tombé dans la loi. Donc voilà, ces médias ont une importance cruciale, c’est pas pour rien qu’ils veulent les dissoudre et réduire leur audience. Donc le combat culturel, ça passe par soutenir ces médias-là et les développer massivement pour qu’il soit à même d’avoir autant de poids que les médias dominants. C’est-à-dire que le jour même, il y ait des journalistes indés qui soient capables de contrecarrer la version officielle. C’est aussi, ça a été dit, la création. Tout ce qui est fresques, fresques pour Steve, fresque pour Adama, ça embête beaucoup l’Etat et c’est important, ça matérialise les violences policières. Si à Montpellier, à Nantes, à Paris, il y avait des fresques partout à l’endroit où il y a eu des violences, ou même un tag, ici a eu lieu ceci. Ici, un homme a été étouffé par un placage ventral. Voilà. Et à chaque fois que c'était effacé, on vient le remettre. Des choses comme ça, il faut matérialiser ce qui se passe. Ils font en sorte qu’on oublie ce qu’ils ont fait. Il y a beaucoup ça aussi. Des chansons, enfin voilà, des choses qui donnent de la force. Toutes les grandes révolutions passent par des chansons. Le hirako en Algérie, le soulèvement qui a lieu depuis deux ans, c’est des chants de supporters. Les gilets jaunes, il y a eu un chant gilet jaune. Repenser le combat culturel à tous ces niveaux-là, c'était vital au lieu d'être dans la tristesse et la défaite générale. Et enfin, j’en finis par la dernière piste, qui est la plus ambitieuse, du coup, sans prendre aux infrastructures. On a parlé des armes de la police, on a parlé aussi des formations de policiers, mais moi, je m’intéresse aux armes. Il y a des usines Ces armes, elles apparaissent pas spontanément dans les rues, elles ne sont pas tirées comme ça. Il y a des gens qui gagnent de l’argent sur les armes de la police. Il y a des ingénieurs qui les conçoivent. Il y à des usines qui les fabriquent. Il y a des ministères qui valident. En France, on a deux grandes usines qui fabriquent les armées de la Police. Il y en a une dans la Sarthe, Alsetex, qui fabrique toutes les grenades explosives, les balles de LBD et maintenant même les nouveaux LBD qui vont bientôt arriver en circulation. C’est dans la Sarthe, c’est entre Rennes, Nantes et Paris. Et la deuxième qui est dans le Finistère. J’ai plus les grenades là, Nobel sport qui fabrique énormément de grenades lacrymogènes et ce qu’on a d’hier que vous entendez est venu au poste qui bosse sur ces sujets là, c’est que ces usines sont françaises, mais elles produisent dans le monde entier. C’est-à -dire que les armes, les grenades qui sont tirées au Liban ces derniers mois, sont fabriquées en Bretagne. Les grenades qui se sont tirées en Egypte ou au Maghreb, elles se sont faites en France, etc. Et cetera, et cetera en Amérique latine. En Afrique de l’Ouest, là, y compris l’armée tire des grenades de maintien de l’ordre française. Donc qu’est-ce qu’on fait ? En fait, ces usines-là, il faut les bloquer. On peut défiler autant qu' on veut dans les villes, mais tant qu’on ne bloque pas les infrastructures du maintien de l' ordre, on n’arrivera pas à les faire reculer. Donc là, si demain il y a un mouvement de type gilet jaune qui mobilise énormément de munitions, là il y à un vrai enjeu stratégique à aller paralyser ces endroits-là ou à défaut de les paralysés les mettre en lumière. Ces gens-là gagnent de l’argent sur la souffrance, sur la répression. C’est très facile, il faut même juste faire de la communication et dire voilà ça existe, ils sont là. Ça c’est un vrai axe, sachant que oui tout est validé par l'état français. Les formations françaises sont vendues à l'étranger. La police française forme la police colombienne, forme la police afghane etc. Il y a des détachements, là aussi il y a des intérêts financiers. Tout ça c'était vraiment à mon sens un axe et pourquoi pas mixer plusieurs choses. Une free party autour d’une usine d’armement. Un graffiti géant, enfin voilà, on peut imaginer plein de combinaisons comme ça, c’est faisable. Ah oui, et pourquoi je parle de ça ? Parce qu’on l’a fait. On est allé bloquer l’usine dans le Finistère, un an après la mort de Rémi Fraisse, alors on était 300, c’est des usines Seveso, on parle pas d’attaquer ce truc-là. Il suffit d’aller autour de la zone Consos, ça interrompt la production, voilà, juste ça. Juste ça. Et même s’il y a des flics autour, ça visibilise ce qui se passe derrière ces clôtures. Et pour finir sur les infrastructures, il y a également des grands salons comme Milipol et Eurosatory. Alors Macron était à Eurosatory il y à deux semaines, voilà, c’est le grand salon de l’armement militaire. Il y a la version policière, c’est Milipol. C’est la France, Cocorico. Il y à des stands du monde entier qui exposent les nouveaux drones, les nouveaux LBD, les nouveaux capteurs thermiques, etc. Et les dignitaires de tous les régimes du monde viennent faire leurs petites courses. Ça se passe aux portes de Paris. Moi je n’habite pas à Paris, je ne comprends toujours pas pourquoi il n’y a pas un événement international autour de ce salon, c’est tous les ans. Nous ça fait 10 ans qu’on peut visibiliser ce truc là. La personne qui a visité Milipol cette année c'était Éric Zemmour parce qu’il est allé faire le zozo avec un fusil d’assaut dans Milipol. C’est quand même une catastrophe. Voilà, c’est jouable ça aussi. Mais il faut y réfléchir justement. Non, il y a eu des articles de Télérama notamment et d’autres. Réfléchissons-y. C'était à la rentrée prochaine, j’ai plus, c’est en octobre. C’est en octobre, ça peut être la prochaine campagne, on peut partir de ce colloque stop-armes mutilantes en se disant bah voilà, l’objectif c’est Milipol, ou alors l’objectif c’est l’usine d’armement. Voilà, parce que les colloques c' est bien mais il faut en partir avec des pistes concrètes. Et pour conclure, j’apprends qu'à Montpellier, je l’ai dit tout à l’heure, il y aura une école de formation, école des guerres de la police, bah voilà là c' était peut-être plus local mais ça c’est un chantier. Parce que moi j’ai pas envie qu’on reparte de ça avec juste un bilan de c’est terrible on est en train de se faire bousiller la tête par la police c' est pas suffisant moi ça me va pas ça fait dix ans qu' on dit ça voilà qu’est ce qu’on fait est ce qu on lance une campagne maintenant stop armes mutilantes encerclons Milipol voilà par exemple ou encercler les usines d’armement ou au moins visualisons les usine d' armement qui ont des locaux je crois qu’il y en a à Toulouse voilà tu pourras compléter désolé j'étais long mais voilà c' est important de repartir avec des pistes
C’est vraiment ça l'éclectisme de l’Assemblée des blessés. C'était qu’on vient de partout et en fait, on a des idées qui foisonnent. Et justement, chacun a son rôle en fait dans l’assemblée des blessé et le rôle de certains d’entre nous, en fait c’est de créer du lien. Et c'était vrai qu’autour des blessées, on essaie de créer un… Moi, j’appelle ça un info centre, mais il n’y a rien de défini. Parce que justement, l’assemblée des blessés, c’est Laurent qui disait ça, c’est un état d’esprit en fait, ce n’est pas une association. Il n’y a pas, il n’a pas de déclaration préfecture, il y a pas de compte en banque, il a absolument rien. Ce qui fait qu’on peut dire, on peut tout dire. On n’en a vraiment rien à cirer. On peut citer les noms, on peux rendre ses lettres des gars, des saletés et donc, franchement, on n’aurait rien à tirer. Et c’est pour ça qu’on a un peu cette parole libre. Ou libre aussi pour, comme tout à l’heure je vous disais, pour vous énerver, mais aussi pour faire du lien. Et c’est vrai que c' est important du lien, on travaille beaucoup, on œuvre beaucoup, parce que j’en ai marre de ce mot travailler, on œuvre beaucoup avec le réseau d’entraide, vérité et justice, avec des familles. En fait, on a fait en sorte. Vraiment d’assembler, de se faire rencontrer les mutilés pour l’exemple et le réseau, c'était à Amiens. La première marche a été à Amiens. Et en fait, la première des actions à faire, c’est justement d’aller vers l’autre. Parce qu’on ne se connait pas vraiment, d’ailleurs dans le réseaux, il y a des fois des phrases qui piquent parce qu’en fait, on ne se connais pas encore assez. Il y a quand même des mondes qui se côtoient et on apprend à avoir une certaine nuance avec notre épiderme, parce qu'évidemment, quand on est blessé, on est en colère, on n’est hyper épidémique. On peut exploser d’un moment à l’autre. C’est pas facile à gérer pour beaucoup de blessés, beaucoup de familles. Et justement, cette tentative, quand tu parlais du groupe d’entraide Psy. C’est très difficile à monter, je peux vous dire. Ça fait des années qu’on essaie de le faire et on n’abandonne pas. Il est en train de se mettre petit à petit. On prend son temps et je pense que c’est ça. C' est la temporalité, c' est à dire qu’en fait, il faut du temps. Je crois qu’il faut du temps aussi pour ces combats là. Et le problème, c est que des fois, on perd nos fondamentaux et le fondamental, en fait, pour nous, c es vraiment l’unité, c’est-à-dire de se retrouver. De pouvoir parler de nos différences à l’assemblée des blessés. Tout au début, on se posait des questions, je te rappel, c'était l’arme est-elle, l’armée est-ce que l’on dit, l’arme est-il précise ou pas ? C'était des questions qu’on se posaient, on n'était pas d’accord, en fait, on était pas. Et puis, on a trouvé, disons, un terrain d’entente. On n’est pas d’accord sur certains trucs, mais on trouve des terrains d’entente. Et d’ailleurs, tout ce que nous faisons, c’est à l’unanimité. C’est-à-dire qu’on prend le temps, justement, de répondre à des questions et de garder dans la notion de temporalité. Et c’est hyper important parce qu' on veut tout et tout de suite aujourd’hui. En fait, ça se construit. Et la plupart des choses, en fait, en voulant tout et tout de suites, on construit tout simplement des machines à perdre. Parce qu’en fait, on parle de présent agréable. Et puis, en notre avenir, il est. Il part en fumée, quoi, en fait, avec les gaz, avec. Et ce qui est important, en fait, c’est justement, c est aller vers l’autre et vers l autre. C’est celui qu’on ne connaît pas. Et l’importance, là, on est entre militants. Oui, mais l’important, en fait, C'était aussi d’aller voir l’autre, en fait, celui qui ne sent pas concerné, celui qui justement n’a pas la. En fait, qui n’a pas les tenants et les aboutissants, quand on parle de violences policières, il y a très peu de gens qui sont concernés. Il y a un filtre qui est phénoménal, un filtre médiatique, même un filtre culturel. Quand il s’agit des Noirs et des Arabes, ça peut passer, à la limite, c’est acceptable. Comme un… Un syndicaliste policier qui disait « Ouais, bamboula, c’est acceptable. » Et en fait, d’aller vers l’autre, ça permet, en fait de voir en fait que la excuse moi on va enchaîner peut-être sur d’autres trucs d’accord ben enfin voilà c’est surtout en fait le fait de rencontrer des personnes en fait qui n’ont pas l’habitude de se rencontrer
Merci à toi. Donc, oui, on voulait vous présenter au niveau de la campagne Stop Armes Mutilantes. On voulait dire quelques mots et puis voir un peu avec vous ce que vous voulez faire. Donc, j’ai essayé que le temps passe, mais j’essaie de lancer quelques trucs. Donc, Bruno Alonso pour le co-animateur avec Diane, avec d’autres qui sont ici de cette campagne stop armes mutilante, donc on est tout d’abord dire qu’on est très content et satisfait de voir réunir ces différentes organisations collectives, le public qui a pu avoir aujourd’hui ici, qui nous suit sur Internet. Donc, on trouve ça très bien. Très satisfaisant, on avait quelques doutes au départ et bon on trouve ça stimulant quoi donc merci à toutes et tous. Donc nous, comme vous avez pu le savoir, mais j’explique un petit peu pour ceux qui nous connaissent moins, donc on a une campagne qui est spécifique, on est juste là pour demander l’interdiction des armes mutilantes, policières mutilantes, en toutes circonstances, voilà. C’est ce qu’on avait décidé fin 2019 quand un petit groupe plutôt militant. C'était réuni et on avait débattu un petit peu de ces armes-là, de ce qu’il fallait faire et donc on était parti là-dessus, sur Montpellier, en se disant, on va voir si ça prend au-delà. Vous mettez le lien. On n’a pas de statut formel, on est un collectif assez informel, bien que des personnes fassent partie de telle ou telle organisation dans ce collectif-là. Donc qu’est-ce qui nous a amené à cette campagne ? On a vu aujourd’hui qu’y a plusieurs axes possibles de combat, y a plusieurs questions qui se posent, enfin je veux dire y en a plein sur… Ce qui concerne la police, mais au-delà, c’est la justice, etc. Ça, on l’a bien vu. Il nous semblait que cette question des armes policières mutilantes est un angle pertinent et qui peut, qui peut permettre de gagner. Du moins, c’est ce qu’on pensait quand on a lancé ça et on le pense encore, mais on vous laisse réagir par rapport à ça. Tout d’abord parce que c’est ce qu’on a vu aujourd’hui enfin je veux dire les présentations qu’il y a eu bon on lit les choses on a pu voir des choses mais là aujourd’hui tout cet enchaînement qu’ils a eu de témoignages d’analyse dans le difficile merci beaucoup pour qu' il y a déjà qu’est des dégâts humains qui sont indéniables je veux dire personne peut peut contester ces dégâts là donc il y a un levier pour pour sensibiliser la population si tant est qu' on a accès aux médias etc etc bien sûr mais il y a on voit souvent dans ce genre de, je veux dire, de réunion ou d’information, c’est vraiment insupportable. Donc, je pense que là, il y a moyen aussi de cette insupportabilité de la transmettre et de sensibiliser les gens à ce genre des choses. On a aussi vu aujourd’hui que c'était un thème transversal. Donc ça ne touche pas, c’est pas parce qu’on parle d’armes policières mutilantes qu’on touche à un seul truc, mais ça permet de toucher plein de choses, aussi bien à cause des contextes d’emploi, aussi bien, à cause de ce que ça a induit. Comme blessures physiques, psychologiques, comme ce que ça induit sur la conception de la police qui veut marquer les corps, enfin tout un tas de choses qu’on a pu évoquer aujourd’hui. Donc, c’est quelque chose de relativement large, cette question des armes mutilantes. Et on pense que c'était aussi quelque chose qui peut permettre de gagner sur une campagne. Ensuite, c’est des trucs très simples. C’est des armées dont on peut se passer. Elles n’existaient pas avant. Sont beaucoup moins utilisés ailleurs donc on pense que voilà demander leur interdiction n’est pas une aberration puisque il y en a qui font autrement ou qui ont pu faire autrement donc on voit pas pourquoi il faudrait maintenant se poser des questions là dessus c’est des armes dont on doit se passer aussi ça a été dit plusieurs fois pour faire respecter les droits élémentaires de circuler de manifester de se rassembler etc et puis pour faire évoluer société. Donc voilà, donc là je fais bref. Mais c’est ça qui nous a amené à demander, à lancer cette campagne pour l’interdiction de ces armes mutilantes. Et notre idée n'était pas d'être, je dirais, une organisation en plus ou un groupe expert en plus, etc. Nous, ce qu’on souhaitait, c'était s’appuyer justement sur vous, sur tout ce qui est là, essayer de fédérer les initiatives. Il faut voir comment, sous quelle forme, chacun en fonction de ses spécificités, bien sûr. Donc, on cherche pas à avoir un leadership dans cette campagne. On cherche à lancer le truc parce qu’on pense qu’il y a quelque chose à faire, qu’un angle pertinent et qu' on peut gagner en demandant l’interdiction de ses armes. Je dis deux mots sur notre campagne pour présenter très rapidement. Ça a été lancé fin 2019 à Montpellier avec une tribune qui a été signée très largement par tout un tas d’organisations et collectifs locaux sur Montpellier, cette tribune a été aussi signée. Par des individus et on a mis tout ça sur le web, on a un site internet, donc stopper mutilante.org, qui rassemble cette tribune et tout ce qu’on a pu faire un petit peu depuis. On a donc participé à tout ce qui nous semblait être allé dans le sens de cette campagne, à savoir des manifestations pour la défense des retraites, quand on avait bien participé à la marche des mutilés qu’il y avait eu à Montpellier, bien sûr. On a aussi participé à tout, ce qui était contre la loi sécurité globale. Etc. Etc. On a participé à des débats, etc. Donc, c’est bon, on a mené la campagne sur Montpellier. Là, on est vraiment, je dirais, à un moment où il faut qu’on arrive à élargir. Et c' est pour ça que depuis je dirai quelques mois maintenant, on contacte de façon peut être un peu plus insistante les autres organisations au niveau national et les autres collectifs pour essayer de faire en sorte que ça prenne s’il y a intérêt et s' il y a façon ou en tout cas de voir comment on pourrait faire ensemble. Donc je l’aime. Les propositions qu’on fait, donc j’insiste, on pense qu’il peut y avoir une campagne nationale large. C’est pour ça que indépendamment des positions individuelles de chacun ou des organisations dans lesquelles on peut être chacun au sein de cette campagne. On souhaite que ça soit quelque chose d’assez large et c’est pour ça que l’on s’est limité aux armes policières mutilantes en sachant que c'était quelque chose qu' on peut gagner. Donc, nous, on ne parlera pas de quel doit être le maintien de l’ordre, quel doit être le rôle de la police, quelles sont les relations police. Population etc. Pour nous ça sort de la campagne qu’on s’est donnée, qui est l’objet seul de notre collectif si je peux dire, ça ne nous empêche pas de discuter bien sûr et le coloc aujourd’hui nous est allé dans ce sens là. On en est la preuve. Donc comment faire ? Avec un tel dernier débat. Comment faire cette campagne ? Donc nous on souhaiterait, je redis mais c’est pour laisser la place après à vos réactions, qu’elle puisse être portée collectivement. Et donc je le dis encore une fois, on n’a pas vocation à avoir le leadership d’une telle campagne. Merci beaucoup à Hélène. Et si on peut aider à fédérer, on le fera. Et au canard aussi. Si c’est porté par d’autres organisations et si on veut venir en appui ou faire ensemble, ça nous va très bien aussi. Si cette campagne, si c'était un peu trop tôt ou si ça ne peut pas le faire parce que chaque organisation, encore une à ses spécificités, on peut prendre des initiatives ponctuelles. C’est comme le colloque d’aujourd’hui, c’est un coloc, ce n’est pas une action, mais je pense que c'était très bien. Personnellement, on n’a pas discuté entre nous, mais je trouve ça super intéressant ce qui s’est passé aujourd’hui.
C’est des choses qu’on peut faire, alors peut-être pas refaire la même chose. Il peut y avoir des rassemblements, il peut rendre visible cette question sous une forme ou sur une autre. De préférence, on laisserait organiser ça à des amis parisiennes ou parisiens, par exemple, pour donner un peu plus d’ampleur aussi, parce que Montpellier c’est bien, mais je pense qu’il faut aussi, ou ça peut être une autre ville en France, bien sûr, il faut aussi sortir un petit peu de Montpellier en ce qui nous concerne. Donc voilà, donc s’il y a d’autres types d’apparitions publiques, ce qui était proposé tout à l’heure de rendre visible. Alors ça peut être rendu visible ou bloqué. Après, il faut discuter un peu des modalités, mais tout ce qui est effectivement usine de production de ces armes mutilantes ou tout un tas de choses. Les salons de Milipol, je pense que l’an prochain, ça va être 2023. Si j’ai bien compris la périodicité de ces salons. Bon, pourquoi pas ? On peut faire envisager des choses là dessus, discuter entre nous. Et après, il y a autre chose qu’on pourrait envisager. C’est aussi d’avoir du matériel commencé petit, on va dire, le temps qu’on se connaisse, et peut-être avoir du matériel à partager, qu’on peut diffuser aussi chacun dans nos réseaux, chacun à sa façon et qui permettrait peut-être de sensibiliser sur ces questions-là. Bon, je m’arrête là, je vous laisse réagir.
Je vais compléter aussi pour la campagne, on aura la chance aussi d’accueillir à Montpellier cette fameuse école de guerre, voilà, super, on va être le terrain de jeu et d’entraînement de la police nationale, donc c’est Macron qui nous a annoncé la création d’une école à Montpellier, alors ce n’est pas une école pour les militaires, et de pâtes et nos sous. Macron a qualifié ça d'école de guerre, alors qu’il s’agit d’une école de police nationale. On va d’ailleurs avoir la formation de la police nationale puisqu’il est décentralisé et donc on est heureux. La ville accueille avec bonheur ces policiers en formation. Donc il y a peut-être quelque chose à faire effectivement là, ne serait-ce que sur la visibilisation parce qu’on l’a vu tout à l’heure et avec des victimes. Finalement, tant qu’ils n'étaient pas victimes, certains ne connaissaient pas ces armes-là. Donc il y a un enjeu énorme d'éducation, d’information, de visibilisation, de formation à la fois des militants, mais aussi de la population en général.
L'école de guerre, en fait, c’est emprunté au vocable militaire, ça date des romains, c’est très très vieux.
C’est la parole des blessés
Et en fait, c’est l’idée de faire une académie un peu à l’américaine, une académie de police.
Ça va la valoriser, mais aussi la légitimer avec la parole et les choses des scientifiques qui vont venir corroborer en fait, qui font que ce n’est pas du fantasme, c’est important. Je vais faire le parallèle avec l’amiante, les sujets comme l’amiante, on a eu des victoires parce qu’il y a eu des malades, des batailles de victimes de malades, il y a des batailles de médecins, il y a des batailles de scientifiques, de juristes, de syndicalistes. De travailleurs, de famille, et il y a eu des victoires, donc il y a des endroits où on a des victoires et je pense qu’il faut savoir se servir des méthodes qui ont été utilisées pour les prendre aussi et pour savoir se parler. Après on est sur des sujets extrêmement difficiles, mais jusqu’ici, et Bruno l’a dit, on est des collectifs très différents, des organisations très différentes sur Montpellier, on a réussi jusqu' ici à continuer d’avancer ensemble et de produire cette journée. Donc on Alors, on espère qu’on se reverra tous très, très vite. Mais bien sûr. Ce n’est pas des mots de la fin.
Oui, plutôt voilà, c’est des commentaires.
Moi, je trouve que l’excellente idée du camarade d’aller à Milipol et de bloquer le truc, parce que pour le moment, tous les ans, il y a le MAN qui va, le mouvement pour une action non violente. Ils ne sont pas très nombreux et c’est des pacifistes. Nous, on peut peut-être y aller, se donner ce rendez-vous là pour 2023, au moins qu’on ait un point de rendez- vous où on va se retrouver tous.
Et ça, 2023, il me semble que Milipol, c’est tous les deux ans.
Je ne veux pas être dans le cadre, je ne veux plus être dans la chambre. Oui, bonjour. J’avais juste un questionnement personnel à formuler. J’ai entendu par exemple des gens parler de l’atomisation des victimes, du fait qu’on se retrouve seul quand on est victime. Quelqu’un d’autre ?
L'école de guerre, c’est lui.
Qu’on monte le mur en parallèle mais jamais les uns en se donnant la courte échelle, et aussi entendre parler d’une stratégie, clairement, alors je ne veux pas faire la complotiste, il ne s’agit pas de ça du tout, mais il y a effectivement des méthodes autant juridiques, autant dans les médias, dans les syndicats de police, tout ça ça va dans le même sens. Il y a l'épuisement des militants, la fatigue que ça représente de faire tout ça sur notre temps bénévole. Et du coup, la question de la stratégie commune. Comment on fait ? De quels organes, de quels collectifs, de quelles organisations on se dote collectivement pour monter une stratégie ? Et je parle d’une lutte particulière, je ne parle même pas de convergence des luttes, On parle vraiment de la lutte contre les violences policières. Il y a beaucoup de choses qui se font de partout, beaucoup de gens avec plein d’idées. Comment on met ça en commun pour être plus efficace, pour s'épuiser moins, pour être plus fort ? Et ça me paraît compliqué à construire, mais crucial à faire. Voilà, c’est une question ouverte.
Moi, juste pour rebondir un petit peu là-dessus parce que j’avais aussi tiqué sur la question de l’atomisation. Alors à l'échelle de ce que fait Amnésie, on a beaucoup de travail de plaidoyer sur la question des violences policières et on a un vrai problème de déni en face de nous puisqu’elles ne sont pas reconnues et le premier signe de ça, c’est l’absence de statistiques fiables sur ces sujets-là. C’est pour ça que je… Forcément l’atomisation, c’est un problème récurrent qu’on a parce qu' on est aujourd’hui dans l’incapacité, ou en tout cas c' est très difficile et ça demande énormément de travail, de recenser le nombre de personnes tuées, le nombre des personnes blessées, les conditions, les utilisations de telles ou telles armes, le nôme de classements sans suite, le nom de condamnations et pourquoi, parce qu' en plus tout ça est séparé, il y en a qui vont relever du ministère de l’intérieur, d’autres du ministère de la justice et par ailleurs ses statistiques. Soit n’existent pas, soit elles ne nous sont pas transmises, donc voilà quand on parlait d’atomisation, moi je pensais à la première difficulté qu’on a, c’est que pour contrer le déni ou le manque de volonté politique pour nous répondre sur ces sujets-là, il est difficile d’avoir des faits agrégés, et c' est vrai qu' on a une multitude de cas qu’on suit, mais il y a aussi un effet d'épuisement, parce que chaque cas est très lourd, et puis qu’en à aussi prendre le recul pour avoir cette approche systémique qui permet aussi de montrer que c’est un enjeu, il y a de la responsabilité individuelle, évidemment, mais il y à la responsabilités d'émissions qu’on donne à la police de la manière dont on les forme, de ce qu’il leur demande de faire et de la façon dont elles sont ou pas tenues responsables. J’ai pas l’impression qu’il y a quand même beaucoup de gens qu’on connaît déjà ici, on a des remontées de terrain, des témoignages, etc. Mais il y a cette difficulté sur la donnée. Il y a eu des travaux très intéressants faits par des journalistes indépendants, faits par des collectifs. Mais c’est toujours des agrégats de données. On n’arrive pas à avoir un tableau fiable. Donc, je ne sais pas si c' est possible. Mais en tout cas, on trouvera ça extrêmement intéressant.
Je voudrais juste rebondir sur l'épuisement des militants, etc. Je pense qu'à un moment donné, il faudra se poser la question qu’on ne peut pas tout faire en étant militant bénévole et qu’il va falloir trouver une façon de salarier des gens pour qu’ils soient le lien et qu’ils soient la force qui se donne à 100 % sur ces sujets. Sinon, c’est très compliqué en tant que famille, en tant que profession et famille, et on n’arrive pas à gérer tout ça. Tu parlais d’une scop pour pouvoir passer à un cap, et bien il faudrait peut-être qu’on arrive tous ensemble à passer à cap. Je ne suis pas spécialiste des structures légales, sur les fondations, la façon de faire notre subvention, mais j’ai fait un travail avec des gens spécialistes là-dessus pour savoir comment on pourrait créer une structure qui soit capable de collecter des fonds et d’assurer ce noyau central pour les autres. Je pense que sans ça, c’est trop d'émotions, de vie personnelle, de temps qui font que c’est compliqué.
Point crucial, silence de mort. Eh oui, dès qu’il s’agit d’expliquer comment…
C’est le monsieur d’abord.
Comment on va tenir, quelle est l’intendance ?
Et alors, d’abord, c’est…
On n’est pas d’accord, hein, bien sûr, là-dessus.
Je suis psychologue et donc c’est possible de contacter des psychologues pour pouvoir… Voilà, ça c'était la première chose d’hier. Voilà, il y a des psychologues, ils sont là, ils ont aussi des combats et je fais partie de cela, par exemple. Par ailleurs, moi, ce qui m’a… J’aurais beaucoup de choses à dire sur cette journée, mais ce qui me semble quand même, c’est qu’on est dans une société où effectivement l’individualisme prime partout. Et donc, même dans les manifestations, moi, je le vois, j’ai fait des manifestations très jeunes. Je fais des manifestations aujourd’hui. Eh bien, les comportements sont très individualisés dans les manifestations. Ce qui fait que ce n’est pas compliqué pour les forces de l’ordre de nous prendre un par un. Et par exemple, je vais vous donner un seul exemple qui m’a frappé, c’est que moi, quand j’en étais jeune, les manifestations se tenaient… Par les bras, on faisait bloc et on avançait comme ça. Aujourd’hui, chacun, dans la rue, vous avez les gens qui sont un par un. Et quand ils veulent nasser, par exemple, ce n’est pas compliqué parce que tout le monde fout le camp et la personne reste seule entourée, c’est terminé. Donc, je voulais dire, il y a ce problème-là et face à ce problème, je ne sais pas trop comment il faut faire parce que c'était extrêmement compliqué. Mais il me semble qu’une chose que je tire de ma propre expérience, c’est que j’ai participé à une partie des manifestations des Gilets jaunes. À un moment, j’avais eu extrêmement peur, et depuis, j’ai beaucoup de mal à aller de nouveau manifester dans la rue. Mais, par contre, je trouve, et ils sont là, il y a leur journal qui se trouve là, c' est Le Point..
Je trouve vos propositions excellentes, vous avez parlé de conseils mais je pense… Il y a plusieurs journaux intéressants à Napoli, par exemple le point assorti un mode d’emploi de comment se faire enlever du fichier S, c’est très clair, c' est très pratique et je trouve qu’on a besoin de choses comme ça, dans les manifestations Qui on peut appeler au cas où on est arrêté ? Comment faire ? Le point, le truc à la fois, ça permet Personne ne dit rien. C’est le point. Ils pensent aussi à notre protection parce qu’on prend des risques. Ils nous disent comment faire. Et ça aide à aller sur les prochaines manifestations. Et si on ne permet pas ça aux gens, on n’aura personne dans la rue derrière nous. Parce qu’il y a énormément de gens qui ont peur. Je voulais juste donner un petit exemple. Je prends le train pour Paris. J’arrive à Paris. C’est très court. J’arrive à Paris. Il y a un monsieur qui descend, qui est africain, il y en a quatre qui lui tombent dessus, qui le foutent à terre. Qu’est-ce qui s’est passé ? Tout le monde est parti. Et moi, je suis resté, mais je ne savais pas quoi faire. Je suis restée à côté en me disant, qu’est ce que je peux faire ? Alors, le pire, c’est qu’ensuite, ils se sont relevés, ils l’ont laissé partir. Je lui ai demandé ce qu’il s'était passé. Il m’a dit, non, ils ne se sont trompé de personne. Donc, ils l’ont laissé repartir comme ça. Juste, bon, voilà, il ne portera pas plainte. Et moi, je suis reparti. Donc, je veux dire, il y a beaucoup de choses qu’on ne sait pas comment conduire et on a besoin d’informations à ce niveau-là. Merci.
Alors là j’ai plein de trucs qui me sont arrivés dans la tête, ça va être un discours assez confus ce que je vais dire, ça à partir dans tous les sens. Pour vous parler un petit peu, donc on parle, qu’est-ce qu’on peut faire en fait, comment on peut s’organiser, c’est la question que je me pose aussi depuis 6 ans en fait à une réunion qu' on avait eu avec Christian, on avait été voir d’autres camarades qui commençaient aussi à lancer un peu cette idée de s' organiser collectivement. J'étais sidéré et c’est aussi c'était ça aussi je pense qu’aujourd’hui j’ai vu dans certains regards aussi cette prise de conscience à l'époque en fait c’est aussi cette découverte en fait dans les premiers temps de comprendre ce que c’est la police voilà c' est tout d’un coup découvrir ce que c’est la réalité de la police. La justice, effectivement, tu parlais tout à l’heure de la violence policière, des violences, on parle bien sûr de violences judiciaires, de la violence d'État, etc. Mais le premier temps en fait, et nous c’est ça qui nous tient à cœur, c'était un peu de renseigner en fait sur ce que nous on a découvert en fait. Et en fait, on va, on commence, excusez Issam tout à l’heure, le plus compliqué en fait dans un bâtiment, une maison, et le plus long en fait c’est faire les fondations. Une fois que les fondations, ça peut prendre des mois pour un bâtiment à faire des fondations, mais une fois que des fondations elles sont là, en quelques jours, semaines, ça y est, on vous monte cinq, six étages. Mais en fait, on peut, nous, enfin, et justement, avec Aminata, moi, mes premières questions, c'était, mais ça faisait, donc, c’est Aminata Dieng, pardon, qui organisait donc ces rencontres de militants pour monter quelque chose de collectif. Et moi, j’ai décidé qu’en fait, c'était en 2017, ça faisait Déjà, ça faisait, oui, ça faisait déjà 10 ans qu’elle était déjà en lutte et qu’il n’y avait pas eu de procès. Et en fait, ma prise de conscience, elle a commencé là, en fait. C'était de prendre tout d’un coup de réaliser en fait que la violence est telle que l’objectif, et un des camarades, un des militants, m’a dit, mais tu sais, la victoire pour ces familles là, c’est d’avoir un procès quoi. Et aujourd’hui, on en a encore là quoi. Pour nous, ce qui est important, c’est de faire prendre conscience, en fait, de tout ce système, en fait. La police, alors cela fait des mois que vous parliez de la police. On a lu tellement de bouquins, d’analyses, d' expériences qui datent depuis… Pierre, il avait 16 ans, Christian, ça fait 11 ans. Yann, c’est pareil. Il faut passer des jours, des mois, des semaines à vous parlez, à parler de police. Là, je suis dit, c’est pareil. Il n’y a pas de procès, on a vu tous les trucs, il n' y a rien qui va, quoi. C’est un chantier, il est tel, il y a tout à faire. Et avec Aminata Bien, aussi, donc ton frère a été tué dans des conditions, elle le décrit, vous connaissez sans doute son histoire, c’est atroce. Aminata, dans ses discours, décrit en fait ce qui est écrit dans le dossier. Elle ne fait pas de projection mentale, c’est ce qui est décrit, en fait. Son frère a été attaché. Son frère a taché les jambes, ils ont été attachés, ils se sont retrouvés à trois dessus, une demi-heure, il a vomi, il a inhalé son vomi. C’est une histoire, à matin, elle vous le raconte, vous êtes horrifiés. J’arrête ça, tu dis ça.
Non, en fait, on va prolonger, on n’a pas fini, nous. Non, mais tu peux finir
Nous, notre objectif, en fait, on va pouvoir monter des trucs. Avec Ramatan, on avait fait un peu ce brainstorming de dire mais qu’est-ce qu’on veut, quoi. Et on avait brainstormé, on dit bah voilà, il nous faut nos avocats. Alors, il y a des réseaux qui existaient déjà avec l’anti-REP, avec la RACH, les réseaux d’autodéfense juridique collectif. Il nous faut aussi notre communication, c’est-à-dire nos réseaux de médias. Ça existe aussi. Et il faut qu’on coordonne tout ça, quoi, et il nous faut aussi des personnes, comme disait Issam, là, les conneries là, qui ont déblatéré à longueur de journée, là, ben il nous faut contre-attaque. Il nous faut tous nos réseaux, machin, et dire, voilà, ça, c’est des connerie, c'était du bullshit, enfin voilà, il n’y a rien qui va. Et en fait, on avait un peu fait ce brainstorming, ce listing de ce qu’il y avait à faire, et le chantier, il est énorme. Et, en fait la prise de conscience, en fait sur de stopper les armes mutilantes, elle peut pas être détachée, c’est éminemment politique en fait tout ça, qu' en fait, tout ça est lié le système, le système économique, tient par sa police, la justice, enfin voilà, si on est à une, enfin moi je trouve, j’ai fait cette démarche intellectuelle, de détricoter en fait pourquoi ce jour-là j' ai pris une grenade, Et pourquoi, ce jour-là, le frère D’Aminata a pris ? C’est fait tuer, ce jour-là, le fils dit ça, mais toutes ces histoires sont révoltantes, en fait. Et ça ne peut passer que par la prise de conscience collective. Ce changement collectif, ce n’est pas des petits.. On est tellement peu nombreux, quoi, et à se bouger, comme il disait, chacun à un autre tour. Et le chantier, il est énorme, énorme. Il faudrait déjà déterminer où est-ce qu’on veut. Je peux vous dire qu’il y a des familles, on parle de désarmés, il y en a d’autres qui vont nous parler d’abolition de la police, mais il y a des familles, je ne vous dis même pas ce qu’ils veulent leur faire. Qu’est ce que vous attendez de gens à qui on n’aura même pas dit, donné l’ombre, de dire non, mais c’est pas bien ce qui s’est passé là, c'était pas normal. Voilà, il y a une prise de conscience qui commence là, qui doit se répartir avec nos connaissances. Je parlais d’ambassadeurs tout à l’heure. Il faut qu’individuellement, un par un, on aille voir les gars. Non, mais la police, c’est pas ça, la justice. C’est des blagues et ça demande beaucoup d’investissement et de prise de connaissance qui sont énormes, en fait. Mais voilà, le chantier est énorme et il y a beaucoup de choses qui doivent se mettre en place. Et les initiatives aujourd’hui, elles doivent être comme, moi je pense qu’elle m’a dit Pierre, c’est des initiatives comme ça, il faut les surprendre, faut les être créatifs, faut les agacer, faut leur tirer les poils du nez, enfin faut les bouger. Parce que même les médias sont contre nous en vrai.
Merci Laurent, et puis on rappelle ton procès.
On aura vraiment besoin de monde pour ce qu’on sait pas encore ce qu' on va faire mais pour ton procès le 12 13 14 décembre à Paris aux assises de Paris il faut qu' on fout le bordel dans ce truc là et alors on va réfléchir ensemble aux modalités de ce truc-là mais vraiment c’est vraiment bien s’il ya un max de monde qui monte pour les trois jours prenez-vous un hôtel.
On appelle tous les ans de ce qu’on est 13 par jour. Chacun a sa propre reprise de sa façon.
Bon, en tout cas, on appelle et y être, on fera tout pour y être aussi.
On fera tout pour tous y être, dans la mesure de ce qu’on pourra faire aussi. Après ce qu' on vous propose, d’abord on va inviter ceux qui sont encore là parce qu' on n’a toujours pas fini de dire tout ce qu’on avait à dire, à prolonger autour d’un buffet. Et puis on remercie beaucoup ceux qui s’en restaient sur les réseaux. David Dufresne pour la vitrine et l'écho qui est donné à cette petite salle. Et la carmagnole, la petite salle, qui nous a accueillis plutôt sympathiquement et confortablement.
Petite salle mais vaillante.
Ce n’est qu’un début, merci. Oui, alors donc simplement, je voulais vous dire que nous avons ce soir encore un buffet dans les mêmes conditions que ce midi, c’est-à-dire…
Un peu d’organisation, bon allez, au revoir.
L’association qui nous a livré, et on le laisse à prix libre, voilà. Et voilà, à prix libres. Bonsoir.
Voilà donc faut quand même qu’on soit pas trop dans le rouge et il y a une exposition pour ceux qui ne l’ont pas vu sur la salle à gauche. Allez la voir, elle est extrêmement intéressante.
On termine, merci beaucoup aux organisateurs. Donc au collectif Stop Arme Mutilante.
Et puis à la Carmagnole voilà, n’hésitez pas à boire
Moi c’est pas tout à fait fini, moi je voulais juste donner une information importante parce qu’effectivement c'était une journée de coloc, mais qu’on ne va pas rester là-dessus et repartir sans rien faire.
On recadre les gars.
La première chose, c’est de dire que la totalité de la journée a été enregistrée et sera disponible en enregistrement. Dans un premier temps, ça sera sûrement un peu indigeste d’avoir 10 heures d’enregistrement, mais on va essayer de pouvoir le chapitrer, d' en faire quelque chose, de garder une trace de tout ce qui a été échangé et de garder aussi une trace des propositions qui ont été faites, parce qu’il y a des propositions assez concrètes qui ont étés faites. Donc on reste en contact et voilà, on est partant pour suivre.
Je suis désolé, mais j’ai une petite demande personnelle. Je ne sais pas, certains le savent peut-être, mais j'étais condamné ici à Montpellier à huit mois de prison ferme. Absolument. Il y a maintenant deux ans. Je n’ai pas encore la date de l’appel, mais j’aurais vraiment besoin de votre soutien et d'éventuellement faire quelque chose qui ne soit pas axé spécifiquement sur mon procès, mais qui met en lumière les violences policières à l’occasion de ce procès-là. Donc, quand on aura la date, j’informerai, mais ce serait vraiment chouette que j’aie du soutien parce que la dernière audience où j’avais été condamnée, j'étais tout seul. C'était pendant le Covid, certes, mais j'étais tout seul. Il y avait deux personnes de l’anti-REP et de la LDH. Camille Halleux, puisqu’elle était concernée par le dossier aussi. Mais voilà, c’est vraiment important d'être sur la bonne voie.
On passera l’info quand j’aurai la date, oui.
Et anti-rép, ça veut dire anti-répression, pour ceux qui ne savent pas. Donc c’est le collectif, il y avait certains membres dans la salle aujourd’hui qui s’occupent notamment de financer les avocats des prévenus dans le cadre de manifestations. Voilà des images de la Carmagnole de Montpellier, ben voilà c'était terminé. Il n’y a plus de signal, voilà, merci beaucoup aux organisateurs, J’ai envoyé un petit texto un instant, il y a quelques minutes. Aux gens de la Carmagnole en leur disant combien nous étions encore là ce soir, ils étaient bien contents, et pour remercier, féliciter les organisateurs, nous franchement, tout ce qu’on a fait c’est tenir 10 heures, de regarder ensemble avec vous, c'était à Montpellier que tout a été monté, tout a était organisé, une belle réunion dans le sens où il y a des points de vue différents, bravo les Modo, bravos bravo les technos, bravo la team. Bravo la Commu, bravo à vous tous d’avoir été aussi nombreux toute la journée, là ça fait 10 heures et 23 minutes. Je vous cache pas que là je vais aller manger des rillettes, que ça va me faire du bien. Merci Ragben, merci Kwama, merci Pimiko, merci pour les liens que tu as mis, merci Merlink, merci petit Dragon Vert, merci Badass, merci Sentier Battant, Merci Goubernator. J’ai l’impression que j’ai été abandonné par les maudits. J’ai l’impression que j'étais abandonné par les bateaux. Merci Hélène, merci Véronique, on essaiera de retransmettre tout ça. Merci David Pujadas, merci Dawood. Quoi ? Qu’est-ce que tu dis, bouddha ? Ah, mais non, c’est un drone ! Merci, bonsoir tout le monde, bonsoir Valka, bonsoir Nantes, bonsoir Helium, bon soit à tous. Merci à tous ceux qui ont découvert la chaîne, une petite centaine qui se sont mis à la suivre. Merci beaucoup Colette, toujours là. Merci 4Col, merci Latman, merci Inominable, non pas Minable, Merci passeur des songes, vous retrouverez très vite dès demain je pense sur mon site ou sur le Discord tous les liens des intervenants, les mutilés pour l’exemple, l’assemblée des blessés, des armons laits, Amnesty International, ACAT, merci beaucoup Reg Ben, merci encore Hélène, merci pour ton don de tout à l’heure. On va se retrouver je pense mercredi voilà et voilà monsieur On se retrouve mercredi pour le discours d’Élisabeth Borne qui présente la politique générale du gouvernement. À l’heure qu’il est, on ne sait pas s' il sera soumis à un vote ou pas. Et puis après, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, on sera sans doute en été en pente douce. Merci, Sentier Battant. T’as vu, Robin, si tu es là, tu as vu, il faudrait qu’on fasse dans l’overlay, qu’on fasse les icônes. Parce que les émotes là ne passent pas, t’as vu ?
On peut faire ça quand tu veux, il n’y a pas de soucis, il n’y a pas d’urgence. Voilà chers amis, 10h23 de live, dont une petite heure de pause déjeuner. Je vous remercie, merci à vous tous, merci Modo, Euryale Jessie, Olivier, Robin, merci à vous tous, abonnés, donateurs, donatrices, followers, followers.
C’est ça, ajoutez au PC Portal, absolument. Merci Montpellier, absolument.
Merci à eux, merci à vous tous, merci YOLO Monde, allez c’est le moment de se quitter
À lui tous. Bon samedi soir à vous tous. Merci Esprime, absolument très intéressant. On se quitte ou est-ce que certains veulent faire sonner la fanfare ou le bandonéon ? Généralement à la fin comme la sortie de la baisse. Voilà, je pense au bon buffet de Montpellier.
Bien sûr, Daoudi, on se retrouve mercredi, on se retrouve le 19 août, ça c’est les deux dates sûres, entre les deux il y aura des choses, et puis à la rentrée. Merci Alcanar, merci beaucoup.
Ah mais je vais mettre la page crédit, je suis prête. La page crédit. Est-ce qu’elle part ? Eh elle part, génial ! Amis de la police et du café des lives interminables, un grand merci d’avoir suivi le nouvel épisode d’au poste de Deezer. Merci aux incroyables modos de la paix et aux technos, Jessie, Robin et Olivier. Merci à Émile Cheval pour les tasses et mugs maison, Valeurs anarchiste pour le néo connecté, alors là-bas dans les streams Geoffrey Dorne pour les logos, Sophie pour les débuts, Théo Latterner pour les sons, Blast pour le visuel et le partenariat. Je veux vivre avec ça, tous les jours. Gracieusement concocté par J.C. Morful Skank et Scorch.
Merci à Facteur Cheval pour son abonnement, à Echa pour son troisième mois d’abonnement, Maître Bulk, premier mois, Fatsy, sixième mois, Spelling, premier moi, Redrop, premier moi, La Moireau, premier Moi, Pesto Matos, premier Mois, Edd-17, premier mois, Melusine, troisième mois, Séraphine, Seraphin, Seraphin. 1er mois, Zia 1er moi, Jeremia 16e mois, Lowe 2e mois Joker 1er, Valor Anarchist 8e mois Dark 9e, Agathos 6e mois Il était une FOX 1er. Tangoth 6e, Aolim 5e, Todd 1er 4 Kiro 1er Lavin 1er Moutenot 1er Karim 1er Fiscale, quatrième mois. C’est tellement petit, j’ai l’image. Vélomoteur, premier mois. Inomnom, premier moi. Double Cam, premier, Rekim, premier. J’ai refusé de me recourber. Pachy, quatrième moi. Tartroux, treizième moi, là-haut, deuxième. Merci beaucoup pour vos dons. Durdenov et non, pour les abonnements, c’est Durdenov Elion, Donne La Papate, Curio, Petit Dragon,Merci à Jean Feraille et à Téa, il y a d’autres dons qui n’ont pas été comptabilisés, j’espère qu’on va voir. 10H30 de live, c’est joli. Surtout il est très dur. Faire un ami comme ça, c’est assez dur. Mais c'était passionnant. Merci à vous tous. Je vous embrasse. Bravo à ceux qui arrivent. Bravo aux organisateurs de Montpellier. Encore une fois merci pour tout ce qu’on a fait maintenant :
Nous sommes en France, le pays des droits de l’homme, ça ressemble à une vanne.
Beaucoup de nouveaux followers, oui, absolument, bienvenue à eux. Attention, c’est terminé dans une minute. Bon week-end à tous !
Julia, le replay sera disponible tout de suite pour les abonnés, dès ce soir ou demain matin pour les donateurs, et dans une semaine pour les autres.Attention à zéro, je coupe !
