Contre-soirée électorale 2022 !
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Arrêtez, mais c’est chiant ! Barrez-vous ! Allez, barrez-vous, vous vous cassez ! On en a marre, allez ! Putain ! Allez, prenez des pièces, là ! Allez, cassez-vous. Allez, hop ! Putain, les Gitans, on en a marre ! Allez ! Ce n’est pas vrai ! Bonsoir ! Ça va, les gauchiasses ? Menteurs, je sais que vous n’allez pas bien ! Bon, on peut applaudir bien fort la fanfare, la Brass de Pneu, s’il vous plaît ! Ouais, ça, c’est sûr, ça marche, hein. Ça, vous aimez ça, les fanfares, hein ? On est de gauche, on vit dans des yourtes. Bon, merci à vous d'être venus ce soir. C’est gentil, merci d'être venus jusqu’ici. J’ai mes petites fiches. Je vais vous dire, parce que j’ai dû tout réécrire. J’avais prévu un deuxième tour Mélenchon-Poutou. Non, mais parce que, tu sais, on dit : « Les humoristes de France Inter, ils sont orientés… » Bon voilà, ils influencent l'élection et tout, et moi, j’y croyais à fond, tu vois, j'étais hyper content, et en fait non, voilà, pas du tout. D’ailleurs, il y a des mélenchonistes ce soir ? Ne qu’est-ce qu’ils sont agressifs, bordel, ce n’est pas possible ! Il y a des gens qui ont voté Roussel ? Faites pas les malins, faites pas les malins ! Oh non, non, pas de ça ! Il y a du socialiste ? Arrêtez ! Ça y est, ça part déjà en couille, ça part déjà en couille. Bon, alors, je suis ravi d'être là. Je vais vous expliquer un petit peu le principe de la soirée. Alors, avant 20 heures, j’ai fait venir plein d’amis, plein de potes, des amis rigolos, des amis intéressants, des amis rigolos et intéressants. D’ailleurs, j’y ai mis… Il n’y a pas que des amis, parce qu’il y aura également Pablo Mira. C’est bien, il faut de tout. Et à 20 heures, donc, on regarde le résultat en serrant les miches, bien évidemment. Voilà, tous ensemble. Et après, ça part en deuxième partie de soirée où, là, j’accueillerai Salomé Saqué, qui est journaliste à Blast. Et on accueillera… Il y aura des invités politiques. Il y a Sandrine Rousseau qui vient, Olivier Besancenot… Brice Hortefeux… C’est ça. Beaucoup trop de « ouh », c'était pour voir si vous suiviez. [00 :02 :17] D’ailleurs, pour ceux qui ne peuvent pas être là ce soir, on est en direct en ce moment sur Blast. Donc on peut faire du bruit pour ceux qui nous regardent sur Blast, La Cigale ! Voilà, donc ils sont sur leur canap' avec leur tube de Lexomil et leur tee-shirt « Jospin 2002 ». Donc on pense à vous, on pense à vous, les amis. On est également une soirée… On donne les bénéfices à SOS Méditerranée. Voilà, on peut les applaudir aussi. C’est des gens qu’on aime bien. C’est les gens qui grand-remplacent la population française. Et on en a besoin, parce que la population française, elle vote mal, donc on a besoin de nouvelles personnes. Voilà, donc n’hésitez pas à soutenir SOS Méditerranée. Ça s’appelle l’opération « Du seum pour Éric Ciotti ». On a également la chance d’avoir avec nous un dessinateur de presse qui fait de très beaux dessins. Il s’appelle Urbs, qui est dans le fond, qui va dessiner toute la soirée. On peut l’applaudir, Urbs. Voilà ! Alors, Urbs, il a la très grande qualité d'être un dessinateur de presse encore vivant, ce qui se fait quand même assez rare. C’est pour tester un petit peu, d’accord, pas d’humour noir. Il y a des terroristes dans la salle ? Ben oui, a priori. Il y a des gens de la CGT ? Ouais, donc il y a des terroristes, d’accord ? Puisqu’on parle de bouffe, sachez qu’il y a le bar qui reste ouvert. Donc il y a de l’alcool, voilà, je vous vois venir, les punks à chiens, là. Je ne sais pas s’il y a de la 8.6, mais bon, vous trouverez votre bonheur. Vous pouvez vous restaurer, faire des allées et venues, voilà. Je crois que je vous ai tout dit ! Alors là, on va attaquer très, très fort, les amis. Je préfère vous prévenir directement. C’est quelqu’un que vous connaissez. C’est quelqu’un qui est sur France Inter. Il y a des gens qui écoutent France Inter dans la salle ? Donc on est plutôt sur un oui, a priori. Je sentais un peu l’islamo-gauchisme depuis le début. Il était dans l'émission de Nagui, mais qui sommes-nous pour juger ? S’il vous plaît, mesdames et messieurs, faites un triomphe à Frédérick Sigrist !
Bonjour, bonsoir, bonjour… Bonjour, La Cigale, est-ce que vous allez bien ? Ce n’est pas normal. Vous n'êtes pas de gauche ? Non, parce que moi, techniquement, ça fait quinze jours, je ne vous le cache pas, je ne me sens pas super bien. D’un point de vue humain, je suis comme la dignité de Manuel Valls : je suis complètement perdu. Vraiment, complètement perdu. C’est Guillaume qui a insisté pour me faire venir. Il m’a dit : « Non, mais je sais que c’est compliqué en ce moment pour vous, les gauchistes, mais viens quand même, ça va être une fête. » Et j’aurais tendance à dire que c’est ça, le problème de la gauche : c’est que même quand on perd, on fait la fête. Non mais c’est gênant, parce que comment voulez-vous qu’on nous prenne au sérieux ? La droite, c’est pour ça qu’elle nous laisse pas gagner, parce qu'à chaque fois, ils sont là, ils se disent : « Oh, OK, ils vont bosser jusqu'à 75 ans, OK, leurs enfants vont respirer du dioxyde de carbone, mais regardez, ils sont en train de faire leurs unions, leurs marches avec des djembés, des diabolos, Matmatah… Ils sont contents ! » Il faut qu’on arrête de faire ça ! Il faut qu’on arrête. Alors, je ne le cache pas, c’est compliqué d'être de gauche. C’est très facile d'être de droite. C’est plus compliqué d'être de gauche, parce que les partis de gauche, c’est quand même les seuls partis qui, deux minutes après les résultats du premier tour, te demandent de voter pour un mec que tu détestes, alors qu’eux, pendant cinq ans, ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord avec des gens qui pensent comme eux. Oh là là là… Non, parce que moi, je veux bien faire barrage et tout, mais simplement, c’est juste qu’ils l’annoncent trop vite, trop tôt. Je veux dire, moi, j'étais déjà en train d’assimiler les résultats, j'étais comme ça, je disais : « Oh putain, oh putain… », Qu’eux, ils étaient là : « Faut faire barrage ! » Et moi, je disais : « Ouais, enfin, laissez-moi le temps quand même de gérer. » Non, parce que quand même, moi, techniquement, j’ai fait barrage en 2017, j’ai fait barrage aux municipales, j’ai fait barrage aux législatives, j’ai fait barrage aux européennes, je suis un putain de castor, moi ! Je ne suis pas un électeur, je suis une couche Confiance !
Est-ce que vous m’entendez, les amis ?
Ah ! Et je veux dire, ça fait des années que je fais barrage. Il y a 30 % d’extrême droite en France, mon barrage, il pue la merde, en fait ! Non, je ne sais pas, il faut peut-être demander…
Vous m’entendez ou pas ? Oui ? OK, super. Alors, je suis avec la régie.
Non, c'était chaud, c'était chaud !
Moi, quand j’ai vu…
J’ai vu Marine Le Pen et Marine Le Pen, j'étais comme ça devant mon téléviseur et j’ai dit : « Ah non ! Ah non ! Ah non ! Oh non, non, ça suffit les reboots, les remakes ! Batman, Spider-Man, James Bond, merci, là ! » Donc là, j’ai eu un moment de faible, je le cache pas. Quand j’avais vu les résultats, j’ai dit à tout le monde : « C’est bon, cette fois-ci… » Ben, je vote tout de suite Marine Le Pen. « Oh ! Tu votes pour le Rassemblement national ? » Mais heureusement que Marine Le Pen est là pour faire barrage au Rassemblement national ! Parce que vraiment, tous les cinq ans, on se fait une descente d’organes : l’extrême droite progresse jusqu’au moment où elle parle. Et là, même les skinheads, ils sont là, ils se disent : « C’est bon, je vais devenir bouddhiste. » Parce que quand même, elle est incroyable, cette femme. Je veux dire, elle a eu cinq ans pour se préparer au débat du deuxième tour. Parce que faites pas semblant, on savait tous qu’elle allait être au deuxième. Parce qu’on dit : « L’extrême droite est aux portes du pouvoir », il ne faut pas oublier que le chauffeur Uber qui l’a amenée ici s’appelle Emmanuel Macron. Il l’a mise bien pendant cinq ans. Elle était là, à l’arrière : « Ça va, madame ? Vous êtes bien ? Vous avez tout ce qu’il vous faut ? On fait un petit crochet par Karine Le Marchand, hop, voilà, Cyril Hanouna aussi. Vous aimez les chats ? C’est bien. Ah, c’est ce qui explique que vous êtes une spécialiste en immigration, parce que ces bestioles-là, ça veut rentrer, ça veut sortir, tout ça. N’hésitez pas, il y a des bonbons, on a des pastilles Vichy. » Je veux dire… Moi, je n’ai pas oublié Darmanin qui dit : « Oui, je vous trouve un petit peu molle… » Moi, je n’ai pas oublié, moi. Bon, eh ben, pendant cinq ans, on lui a préparé le terrain, tout ça. Et là, il y avait le débat de l’entre-deux-tours. Elle a même dit : « Oh, je me suis isolée pendant deux jours pour le préparer, j’ai étudié Machiavel, je suis prête. » Et elle est venue avec un polycopié. Je pense que même le père, il était devant l'écran, il a fait : « Oh putain, c’est les cons ! » C’est quand même dramatique en tant qu'électeur. Vous vous rendez compte, depuis que je suis en âge de voter, il y a toujours eu un Le Pen. Toujours. Avant, il y avait Jean-Marie, ensuite il y a eu Marine, ensuite la Reine des neiges facho, là, Marion Maréchal-Le Pen. Si tu vois les trois côte à côte, t’as l’impression de voir un transsexuel qui remonte le temps. Argh ! Alors vraiment, vraiment. Et en plus, maintenant, il y a eu Éric Zemmour : 7 %. Alors, je sais que pour vous c’est beaucoup, pour moi c’est peu. Non, parce que quand même, derrière, il y avait Europe 1, CNews, Bolloré, tout ça, des millions d’euros pour 7 %. Mais moi, je suis sûr que le conseiller bancaire de Bolloré, il l’appelle en disant : « Faut arrêter vos placements à la con en politique, hein ! » Ah non, mais c’est une arnaque sans nom. Je veux dire, il vaut mieux qu’il investisse dans les poêles à granulés et, je ne sais pas, les grains de café, mais… Alors évidemment, évidemment, peut-on parler, quand on voit vraiment le score d’Anne Hidalgo ? Elle a fait 1,7 %. C’est-à-dire qu’elle a fait moins que Jean Lassalle, qu’on ne comprend pas. Comment ça se passe quand tu fais moins qu’un gars qu’on ne comprend pas ? Fabien Roussel, moi, Fabien, je le trouve sympathique. Il avait une tête à faire la première partie de Franck Michael, tu sais ? T’as une tête de chanteur pour dames aux cheveux bleus, tu vas dire : « Il est touchant. » Mais c'était quoi son histoire d’apéro Roussel ? Le mec croit vraiment qu’en 2022, ce qui est menacé, c’est le pinard en France ? Excusez-moi, c’est quoi le délire ? Non, non, non ! Je veux dire, le symbole du communisme, c’est la faucille et le marteau, pas la saucisse !
Merci, Euryale.
C'était chelou, c'était chelou. Après, évidemment, il y a… Évidemment, tout ça, tout ça a été orchestré par Emmanuel Macron, voilà, qui risque effectivement d'être de nouveau… On le saura à 20 heures, mais voilà, on va reprendre pour cinq ans. Et je me dis quand même : c’est dingue, quoi. Il y a des gens, après les cinq années qu’on a vécues, qui se sont dit : « Hé ! Oh, mais ça… » Alors moi, je veux dire, il n’y a pas de problème, je comprends les délires sadomasochistes. Non mais moi, c’est vrai, je respecte, hein. Des fois, c’est sympa de se faire accrocher à un radiateur, se faire marcher sur la gueule à coups de talon. Mais je me suis laissé dire que dans ces soirées, il y avait un mot de passe, tu sais, quand ça va trop loin. Parce que moi, vraisemblablement, je n’ai pas le même seuil de tolérance à la douleur qu’un macroniste. Donc vraiment, qu’on me le donne. Et finalement, je me dis qu’Emmanuel Macron, c’est comme le nucléaire : on prolonge parce qu’on sait pas comment en sortir. Voilà. Et en même temps, comme le nucléaire !
Donc voilà, Denis vous salue, il viendra nous parler tout à l’heure. Alors, j’ai l’impression qu’il faut que je coupe le micro, sinon on entend moins le spectacle.
Marlène Schiappa, Gérard Collomb, etc. Enfin bref, tout ça pour dire que ce soir, moi, j’ai vraiment le seum. Mais ce qui est bien, c’est que ce soir, on est ensemble. Donc là, je vais retourner un peu de djembé et je vous souhaite une bonne soirée.
Un triomphe pour Frédérick Sigrist !
Je vous montre la régie.
Merci mon pote, merci Frédo ! Merci. Qu’est-ce qu’il fait comme connerie ? Ah putain. À la base, je voulais prendre Plantu. Finalement, j’ai pris un gars qui avait du talent. Putain, j’aurais pas dû. Bon, merde ! Merci beaucoup à Frédérick Sigrist, merci et adieu !
Tiens, là, il y a Alimi qui est arrivé.
Ben voilà, on aura vécu de bons moments.
Voilà, on fera un débat à 21 heures avec le gugusse, là.
Et il fait un super spectacle sur les super-héros.
Un avocat, oui, de gauche, je ne sais pas.
Vraiment, énormément, énormément. Bon, ça va toujours ? Est-ce que plus la soirée avance, plus… Ou alors ça va, vous êtes confiants ? Qui est confiant, par applaudissements ? Je veux vous entendre. OK, d’accord. Oui, il y a une petite tension. J’avais envie de vous dire : ça va bien se passer.
Non.
Mais l’expression n’est pas de moi, l’expression a été un petit peu galvaudée.
Est-ce que quelqu’un pourrait faire un point d’exclamation dans le chat ?
Figurez-vous… Alors elles, je les aime d’amour !
Parce que je ne le trouve pas dans le clavier Mac.
C’est Patrick Sébastien qui le dirait comme ça. C’est génial, c’est génial. Elles jouent de la trompette avec leur cul, c’est magnifique. Non, alors attendez.
Merci, les amis.
Si on commence comme ça la soirée alors qu’on est à jeun, ça va pas le faire, les amis. Non, je les aime d’amour. Elles ont fait ma première partie parce que j'étais à La Cigale hier et avant-hier. Elles ont fait la première partie et elles ont cartonné. Je vous demande de faire un triomphe à Klaire fait Grr et Odile !
Vous êtes là ! Bonsoir, La Cigale ! Ça va bien mal ! Vous êtes plein, vous êtes debout, toujours debout, comme dit le poète. Alors, elle, c’est Odile Huleux.
Bonsoir.
Et moi, mon nom, c’est Klaire fait Grr et on va faire des chansons pas chantées. Alors, on va bientôt commencer. Mais avant ça, je voulais juste vous dire deux, trois trucs. D’abord, merci d'être venus voir du spectacle vivant, d'être ici, présentes, présents, spectatrices et spectateurs avec nous ce soir et maintenant. Et oui, je sais, deux tournures inclusives en moins de six secondes. Jean-Michel Blanquer se retourne dans sa tombe. Ce n’est peut-être pas plus mal.
Ah, vous non plus, vous l’aimez pas trop !
Mais sérieux, ça fait du bien d'être avec vous, les gens qui sont sur Internet, les gens qui sont là pour de vrai. Ça fait chaud au cœur, surtout en cette soirée où on avait plutôt tendance à avoir chaud au cul. Et puis, avant de commencer, juste plus sérieusement, je voulais profiter de cette soirée pour redire vraiment et sincèrement toute notre solidarité à toutes les personnes qui, ce soir, ont plus que d’habitude peur pour leur sécurité : les personnes LGBT, les personnes immigrées, les personnes racisées, les filles qui veulent juste jouer au foot voilées !
Allez-y ! Merci.
Merci pour elles et eux. Et je voulais vous dire qu’on va continuer de lutter, on va continuer de s’aimer, on continue de danser, on continue de chanter. Pas en ce qui me concerne, donc de pas chanter. Je vous explique : moi, pour continuer dans la vie, j’aime la bière et les spaghettis. Et comme tout le monde, je n’aime pas la guerre, les moules et Jean-Michel Blanquer. Oui, c’est bon, c’est bon. Mais par contre, j’adore quand ça rime. Ce n’est pas spécialement pour la frime, c’est parce que, dans un monde pourri, quand ça rime, je trouve ça plus joli. Tu vois, tu parles d’un nain de jardin, ça rime pas avec grande passion. Mais tu prends Gérald Darmanin, ben ça rime avec démission ! C’est la dernière fois que je peux la faire, donc je la… On espère, on espère. Oui, on l’espère.
Donc, ben nous, ce qu’on fait, c’est tout con : c’est comme un récital de chansons, sauf que, bon ben, je ne chante pas. Par respect pour vous, déjà. Donc c’est des chansons pas chantées, mais ça fonctionne comme un concert, avec du son et des lumières. Enfin, des lumières… Calmons-nous, c’est pas non plus le Puy du Fou. Oui, entre nous, ce n’est pas plus mal, hein. Je préfère de ouf La Cigale ! Allez, on y va ! Ça marche pour toi ? Oui. Alors, le premier morceau, il est né du fait que je traîne pas mal sur Internet. Et sur les réseaux, je vois des gens. Enfin, surtout je vois un Jean, que je connais ni d'Ève ni d’Adam, mais de Facebook, visiblement. Et je vois toute sa vie défiler. Puis le reste, je peux l’imaginer. Et franchement, ça fait pas rêver. Cette chanson, elle s’appelle « Cornichon ». Je ne vous dirai pas son prénom, mais il a mis comme avatar la photo d’un gros saucisson avec une bouteille de pinard. Alors, puisqu’il a l’air à fond sur tout ce qui est produits du terroir, ben pour lui faire plaisir ce soir, on n’a qu'à l’appeler Cornichon. Cornichon, c’est un peu dommage, n’est pas très fort en jardinage. Là où j’aurais semé du muguet, il m’a mis un drapeau français. Cornichon s’est planté, je pense, je ne suis pas certaine que ça pousse. Il aime la page « Je n’ai pas de pétrole mais des idées et de la charcut' ». Il aime la page de Pizza Hut, je m’inquiète pour son cholestérol. Cornichon n’aime personne, à part son vieux caniche, son chien qui perd ses poils mais qui mange du jambon. C’est du chien-chien chrétien, ça, c’est du chien de souche, du chien de chez nous, du chien de nos niches. Cornichon lui caresse la tignasse en chantant : « La mer, c’est dégueulasse, les migrants meurent dedans. » Cornichon, dessous les journaux, donne son avis en capitales. Il aime corriger l’orthographe : « On dit journaux, bande de gauchiasses ! » Mais Cornichon est énervé de voir les trajets d'étrangers pour quitter des pays d’Afrique qui se terminent en Titanic. Cornichon est très contrarié : chacun chez soi pour se noyer et les cochons seront bien gardés. La Méditerranée, c’est chez nous, c’est Saint-Tropez, c’est Intervilles, c’est Brigitte Bardot, c’est Deauville. Non, Cornichon n’est pas super bon en géographie, c’est couillon. Le malaisant est grand. Ben, Méditerranée, c’est nous, c’est la France à Justin Bridou, c’est nos ancêtres les Gaulois et la Française, c’est Claude François et Sardou, c’est Napoléon. Je m’inquiète vachement pour Cornichon. Cornichon n’aime personne, à part son vieux caniche, son chien qui perd ses poils mais qui mange du jambon. C’est du chien-chien chrétien, ça, c’est du chien de souche, du chien de chez nous, du chien de nos niches. Cornichon lui caresse la tignasse en chantant : « La mer, c’est dégueulasse, les migrants meurent dedans. » Cornichon est content de voir, chaque soir dans la télévision, un type qui crachote au micro qu’on peut plus rien dire de facho, et d’autres types qui rient très fort entre deux nouilles dans le slibard : « Pour ou contre la peine de mort ? » Ce n’est pas 1972, et pourtant c’est ça, c’est les news. Le patron de télévision, le saint patron des cornichons qui passe la télé au jambon, le saint patron des charcutiers qui choisit les brochettes de porcs qui passent à la télé. Le patron de télévision, je vous dirai pas son prénom, je n’ai pas la thune pour un procès. Mais je peux vous dire que Cornichon, dedans son joli bol doré, avec son prénom décoré, dedans son bol de l'île de Ré, comme son vieux caniche adoré, Cornichon mange des pâtes. Un jour, quand on enterrera le saint patron des charcutiers, sûrement qu’on y plantera, dedans la terre, juste à côté, juste un petit drapeau français. Et puis moi, si un jour j’y passe et que j’ai que ça à penser, j’emmènerai mon chien y pisser, juste au cas où, voir si ça pousse. Merci, les gars. Merci beaucoup. Par contre, je tiens à présenter officiellement mes excuses à tous les gens qui, avant cette chanson, aimaient bien les cornichons, qui ne regarderont plus jamais leur soirée raclette de la même façon. Sur ce, je voulais vous dire un truc qui n’a rien à voir. Si le bon Dieu existe et qu’il nous a fabriqués, moi, je crois que le bon Dieu, c’est un boucher-charcutier. Parce que moi, il m’a fait le coup des bouchers comme on les aime. Il a dit : « Il y en a un peu plus, je vous le mets quand même ? » Et faire partie des « je vous le mets quand même », ça devrait pas être un problème. Mais tout te dit que ce n’est pas normal, tout te dit que dodue, c’est mal, que les femmes, on les veut sans poils, sans gras, sans odeurs, sans fringales, sinon tu ne seras pas désirée, ou pas désirée par des vrais mâles. Alors tu vois que tu dois l’acheter, cette crème de jour à 200 balles. Moi, j’ai le corps dans le viseur des vendeurs de régimes. Ils nous disent de se regarder dans les contes de Grimm, la princesse engoncée pour rentrer dans un slim. Vous, vous êtes le crapaud, vous n'êtes pas l’héroïne. Et pourtant, vous pourriez, en arrêtant le beurre, vous seriez la princesse au petit pois vapeur. Vous trouveriez enfin votre taille de culotte, vous seriez la princesse aux petits pois-carottes. Vous seriez la princesse et non plus la crapote. Le prochain texte est donc dédié à celles qui ont peut-être existé, mais dont l’histoire, la grande Histoire, l’Histoire de France et de Navarre, n’a pas retenu la tronche ou quoi. Parce qu’en plus d'être des nanas, eh ben peut-être qu’elles ne rentraient pas dans un 36 de chez Zara, ou dans d’autres cases à la noix, dans le moule du patriarcat. Ça s’appelle « Presque Marianne ». Je suis née dans un bout de France, mais je ne suis pas Marianne pour autant, enfin, pas vraiment. Non, je ne suis pas Marianne, je suis sa pote, celle qui lui tient la porte des chiottes, qui lui dépanne une clope. Je suis née dans un bout de France. J’ai une cocarde bleue et blanche, mais ce n’est pas suffisant. Je suis née dans le même pays, je suis née dans un bout de France, mais quand je monte sur la balance, je n’aurai pas mon buste en mairie. Enfin, c’est ce qu’ils m’ont dit. J’ai le corps trop ceci ou pas assez cela. J’ai le corps conjugué à l’imparfait. Tu vois, j’ai le corps en Bescherelle à la page 43. J’ai le corps qui pourtant participe au passé. J’ai le corps qui de près participe au présent. Mais j’ai le corps pourtant trop souvent effacé, trop souvent évincé de celles que l’on voit. Faut croire que j’ai le corps qui ne fait pas le poids. Je suis pucelle à Orléans, j’entends des voix de temps en temps, c’est un peu flippant. Mais je ne suis pas Jeanne d’Arc, je suis sa pote, celle qui lui tient la porte des chiottes, qui lui dépanne une clope. Je suis pucelle et l’autre soir, j’ai entendu des voix dans le noir, vous pouvez me croire. Mais celle qui part pour la conquête, c’est pas moi, c’est ma pote Jeannette, elle avait plus la tête. Il faut comprendre, m’a dit mon père, que pour finir statue de pierre, moi, je coûtais trop cher. J’ai le corps trop ceci ou pas assez cela. J’ai le corps conjugué à l’imparfait. Tu vois, j’ai le corps en Bescherelle à la page 43. J’ai le corps qui pourtant participe au passé. J’ai le corps qui de près participe au présent. Mais j’ai le corps pourtant trop souvent effacé, trop souvent évincé de celles que l’on voit. Faut croire que j’ai le corps qui ne fait pas le poids. Je suis la muse de Léonard, Léonard de Vinci, née en catimini. Je ne suis pas la Joconde, je suis sa pote, celle qui lui tient la porte des chiottes, qui lui dépanne une clope. Je suis la muse de Léonard. Il aime ma petite bouée canard, mais seulement quand on est dans le noir. Je suis de celles que l’on recouvre. Je ne finirai pas au Louvre. Je suis l’ombre, pas la lumière. Il m’a dit : « La toile, ça coûte cher, je n’ai pas le budget pour ton derrière. »J’ai le corps trop ceci ou pas assez cela. J’ai le corps conjugué à l’imparfait, voilà ! J’ai le corps en Bescherelle à la page 43. J’ai le corps dans le viseur des vendeurs, des vautours qui veulent ma peau d’orange, qui veulent la peau de tout le monde. J’ai le corps bien en chair et la chair à pâté pour les chiens, par l’odeur de ma chair alléchés. Vous êtes au chaud ici, dedans mon carquois, toutes celles qui ont le corps à la page 43. Mais y a zéro place pour les chiens, les fâcheux, pour tous ceux qui vous ont mis de l’eau dans les yeux, les chiens qui sur vos larmes se sont enrichis, pour les chiens, les chacals qu'à mon tour je conchie, pour tous les charognards, les vendeurs de complexes. Je lève un doigt ce soir, et ce n’est pas l’index.
Merci beaucoup, Klaire fait Grr et Odile. Un triomphe ! Merci, au revoir ! Merci les meufs ! Merci beaucoup ! Merci beaucoup. Ça va, les intermittents ? Non, mais je parlais à eux. Putain, il y a autant d’intermittents que ça ? Ah, j’adore les intermittents. J’ai un djembé chez moi. Je fume des roulées et tout, je suis comme vous, les intermittents. Bon, vous pouvez retrouver Klaire fait Grr et Odile au Théâtre des Trois-Bornes. C’est un spectacle que je vous conseille vraiment vivement. Si vous n’aimez pas, je vous rembourse la place. Ouais, je me suis peut-être un peu trop engagé, voilà. Bon, vous écrivez à France Inter, qui remboursera la place avec vos impôts. Urbs, s’il est toujours là, qu’est-ce qu’il fait comme connerie ? C’est un peu ça, l’ambiance. Et encore, tu ne les as pas en face, toi, les gens. Moi, je vois la peur, la peur dans leurs yeux. Voilà. Alors, Urbs, je précise aussi, il bosse pour Le Canard enchaîné. Voilà, vous pouvez le retrouver dans Le Canard enchaîné, vous pouvez le retrouver dans Le Monde. Ouais, alors attention, c’est du gros niveau. Vous pouvez le retrouver dans Valeurs actuelles également, bien évidemment. Il faut voir un peu tous les styles. Alors, on m’a dit, je ne sais pas, ça a peut-être augmenté, mais que sur Blast, en ce moment, il y a plus de 12 000 personnes qui sont connectées. Selon les organisateurs, bien évidemment. Mais c’est le chiffre qu’on va donner, donc merci à vous, les amis. Continuez comme ça. Alors, vous avez vu dans cette… C’est vrai qu’on n’a plus besoin d'écrire des trucs, en fait. Valérie Pécresse. Regardez, Valérie Pécresse. Elle nous savate complètement le boulot. Alors, vous avez vu, dans cette soirée, il y a des blagues, il y a des chansons avec des blagues dedans, des chansons pas chantées, mais je voulais également vous faire venir… Allez, les gauchistes ! Je voulais également faire venir d’autres personnes. Alors vous allez me dire : « Oui, pourquoi il n’y a pas les brefs d’Alex Vizorek ? » Non, vous vous en foutez, en fait ! Bon, ben j’enchaîne, j’enchaîne. Non, non, non ! Parce que je vois que c’est assez jeune, donc il n’y a pas les plus de 75 ans, donc on peut passer Vizorek. Alors, mon prochain invité, c’est vraiment un des mecs les plus intelligents que je connaisse. Et j’en connais, moi, des gens intelligents. Je bosse à France Inter, hein. Donc il y a… J’en connais, j’en connais ! Dominique Seux, par exemple, voilà, j’en connais. S’il vous plaît ! Alors, il est intelligent, pourquoi ? Parce qu’il décrypte l’actualité, il décrypte les discours. Peut-être que vous l'écoutez.. Ouais ! On dirait un blind test de gauchistes ! Il a des lunettes rondes. Clément Viktorovitch ! Vous avez trouvé. Mesdames et messieurs, un triomphe pour Clément Viktorovitch ! Bye-bye.
Incroyable ! Ça va, La Cigale ? Merci, merci, merci pour votre enthousiasme, merci pour votre accueil, merci Guillaume pour l’invitation, merci Guillaume pour le traquenard, il faut le dire. Parce que moi, il m’a présenté… Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, je suis analyste du discours, c’est-à-dire que mon métier consiste à me lever le matin en écoutant Éric Zemmour, à déjeuner en écoutant Jean Lassalle et à m’endormir avec la douce voix de Valérie Pécresse. C’est un beau métier, je vous le conseille. Et donc, il m’a invité ce soir pour me demander de parler le seul jour de l’année où les politiques ont l’interdiction d'émettre des discours. C’est évidemment très pratique, mais ce n’est pas grave, parce qu’après tout, j’ai découvert récemment que les mentalistes, désormais, faisaient de l’analyse politique. Pourquoi, alors, les analystes politiques ne pourraient pas faire un peu de mentalisme ? J’ai donc décidé ce soir, avec vous, de lire dans l’avenir et d’essayer de deviner, et même de commenter à l’avance, quels seront les propos tenus ce soir, tout à l’heure, dans les soirées électorales. Je vais commencer par une prédiction facile. On se chauffe tranquillement. J’imagine que ce soir, nous allons beaucoup entendre parler de l’abstention. Vous savez, l’abstention, c’est l’Ikea des soirées électorales : c’est très pratique pour meubler à peu de frais avant 20 heures, quand les résultats ne sont pas présents. Alors, je pense que ce soir, nous allons entendre déplorer, bien sûr, que les Français se soient si peu rendus aux urnes. Sans doute que certaines et certains, des trémolos dans la voix, le regard un peu larmoyant et grave, vont nous dire : « C’est terrible, il y a une baisse du civisme dans notre société. » Alors oui, mais non. Oui, mais non. Alors figurez-vous que c’est un sujet qui a été bien étudié, quand même, l’abstention, par la science politique, par l’analyse des comportements électoraux. Et la recherche en science politique est formelle : une grande part de la variance de l’abstention peut être expliquée par des variables extrinsèques aux électeurs. Bon, je pense que c’est clair, on passe au point suivant. En gros, ce que dit la recherche… Mais c’est des études très sérieuses. La recherche dit que… Vous allez voir, ça va…
Bon, comment ça se passe ici, là ?
La recherche dit que…
Comment ça se passe, les amis ?
Plus les citoyens ont le sentiment que leur vote aura un véritable impact sur les politiques, plus ils votent. Plus les citoyens ont le sentiment que leurs convictions sont bien représentées parmi l'éventail des candidats qui leur est proposé, plus ils votent. C’est tout à fait curieux, tout de même.
Alors là, moi, là, je suis en régie, en fait.
Plus les citoyens ont le sentiment que les candidats sont honnêtes et sincères et, surprise, plus ils votent. Pour résumer, c’est quand ils ont le sentiment que leur vote a du sens.
Bon, je vous dis de…
… que le débat public est de qualité que les citoyens se rendent aux urnes. Dès lors, venir sur un plateau télé pour déplorer l’abstention, c’est exactement comme dire, à la manière de…
Jusqu'à 20 heures.
Brecht : « Le peuple a perdu la confiance… »
Ah, bientôt les résultats ! C’est horrible, ce n’est pas plus horrible. Le son n’est pas bon ?
Et encore, ça n’est pas la moindre des bêtises qu’on risque d’entendre sur ce sujet. Parce que, forcément, dans les heures et les heures de soirée électorale auxquelles on va assister, ou ne pas assister d’ailleurs, il y a bien quelqu’un, sans doute poussé à bout en fin de soirée, un peu épuisé, enfin, sans argument, qui va venir pour dire : « Mais enfin, voter est un droit, c’est vrai, mais c’est aussi un devoir. » Alors ça, c’est intéressant. C’est intéressant, mais c’est faux. C’est pire que faux, c’est idiot. Parce que figurez-vous que le vote, c’est soit un droit, soit un devoir. La définition d’un droit, c’est qu’on a le droit de ne pas l’exercer. Parce qu’un droit qu’on a l’obligation d’exercer, ça porte un nom : ça s’appelle un devoir ! Donc le vote qui est un droit et un devoir, c’est exactement comme…
C’est vraiment un Discord !
Schrödinger, qui est mort et vivant. C’est un concept intéressant, mais dans un monde quantique. Dans notre monde réel, ça n’existe pas. Oui, mais alors attendez ! Parce que je sais que vous êtes intelligents, donc vous allez me dire, intelligemment : « Mais non, Clément, tu n’as pas compris, le vote est un droit politique et un devoir civique. » Vous me direz, il n’y a pas besoin d'être intelligent, il suffit de savoir lire, c’est écrit sur toutes les cartes d'électeur, vous pourrez vérifier. Ça aussi, c’est intéressant. C’est intéressant, mais à nouveau, c’est faux. Parce que le civisme… C’est un devoir civique, donc il faut parler de civisme. Le civisme n’est absolument pas un concept consensuel. La définition du civisme fait l’objet d’une compétition. Le civisme, c’est un concept politique. Certains vous diront qu'être civique, c’est monter au sommet de la montagne, déployer des banderoles et empêcher des migrants de passer. Ça, c’est du civisme. D’autres répondront : « Ah ben non, le civisme, c’est accueillir des réfugiés dans son jardin par solidarité. » Eh bien, de la même manière, certains vous diront : « Être civique, c’est se rendre aux urnes et voter. » Peut-être, pour certains, certaines d’entre vous, d’entre nous, bien sûr. D’autres diront : « Mais non, est-ce que le civisme, ce ne serait pas plutôt prendre part aux luttes et aux mouvements sociaux ? » Peut-être aussi. Les deux phrases sont justes, ensemble. Bref, non, voter n’est pas un devoir. Voter, c’est un droit politique. Un droit politique essentiel, important, qui a fait l’objet de conquêtes, qu'à titre personnel j’exerce, mais c’est un droit politique qu’on est également libre de ne pas exercer. Il porte avec lui le droit de ne pas l’exercer. Mais vous allez me dire que tout ça, c'était quand même des prédictions un peu faciles. Alors je tente autre chose. Je vais partir d’une hypothèse. Je vais partir de l’hypothèse que, dans deux heures, nous n’aurons pas de surprise. Je vais partir de l’hypothèse que les sondages d’abstention… Enfin, les sondages d’intention de vote, le lapsus n’est pas révélateur, que les sondages d’intention de vote ne se sont pas trompés. Alors, pour vous, ce n’est pas du tout rassurant, parce que je dois immédiatement vous confier que je suis un des pires pronostiqueurs politiques de la place de Paris. Donc normalement, c’est le moment où le stress devrait commencer à monter. Bon, donc, admettons que les sondages ne se soient pas trompés. Le vainqueur, que je ne nomme pas parce que j’essaie de respecter le devoir de réserve, le vainqueur va nous dire quelque chose comme : « Écoutez, ce soir, je crois que les choses sont claires. Les Français avaient le choix entre deux projets politiques, des projets très différents. Et au fond, ce soir, ils ont tranché pour l’un de ces projets. » Alors ça, c’est intéressant. Formellement, c’est vrai. Formellement, ce n’est pas faux. Formellement, ce n’est… Mais c’est un peu perfide, quand même. Parce qu’il n’aura échappé à l’esprit de personne, enfin je crois, qu’une partie de ces votes, au moins quelques-uns peut-être, qu’une partie de ces votes exprimés ne sont pas que des votes pour un projet, mais aussi contre un autre, et peut-être surtout contre un autre. Prétendre que les votes en faveur du candidat hypothétiquement désigné comme vainqueur, je prends des précautions, ce n’est pas facile, prétendre que les votes en faveur de ce candidat, donc, seraient des votes en faveur de son projet ? Une partie d’entre eux, peut-être, mais bon, pas tous. Prétendre cela, ce serait tomber dans un sophisme, un raisonnement fallacieux. Ça porte un nom : on appelle ça le sophisme de la fausse dichotomie, qui consiste à réduire une situation complexe à deux options seulement, exclusives l’une de l’autre. Donc, grosso modo, dans cette élection, vous êtes soit pour l’un soit pour l’autre.
Donc, on me dit que le micro était resté ouvert quand je suis parti saluer les amis. Donc, pour ceux qui déboulent, on est à La Cigale, pas loin de Pigalle, à Paris. Le spectacle a commencé à 17 h 30.
Sur le fait que c’est un raisonnement fallacieux, bien sûr. Mais c’est un raisonnement fallacieux qui ne vient pas de nulle part. Figurez-vous que c’est le produit direct et naturel de notre mode de scrutin, notre fameux mode de scrutin uninominal à deux tours, que tout le monde adore, évidemment, l’héritage du général de Gaulle. Eh bien, ce scrutin, il a un intérêt, un intérêt pratique pour les gouvernants : c’est qu’il produit une fiction. C’est une fiction tout à fait commode qui consiste à dire que le président élu aurait le soutien de la majorité absolue des Français, bon, en fait non, des électeurs, mais des Français, et que, de ce fait, il serait légitime à gouverner comme bon lui semble, en leur nom. Alors évidemment, c’est une fiction, parce que tous les Français ne votent pas et parce que certains Français votent contre. Mais c’est une fiction extrêmement commode en ce qu’elle…
Bon, là, il y a des copains de Blast qui me chambrent parce qu’il y a 12 000 personnes sur le live, sur le live YouTube.
C’est une bonne question. Et j’aimerais terminer avec une dernière prédiction, une dernière prédiction qui concerne le camp hypothétiquement vaincu, là encore je prends toutes les pincettes possibles, et ses représentants et représentantes vont sûrement écumer…
Eh oui, Vélo Moteur, absolument !
.. d’un temps de parole tout à fait considérable.
J’en ai marre de voter contre un politique, bordel de merde.
Pour nous expliquer qu’ils ont commencé à le faire, le système, le système…
Bien sûr, Jet.
Il s’est brutalement mis en marche pour leur barrer la route, et que c’est face à cette action terrible, cette réaction du système, qu’ils ont perdu. Alors ça, figurez-vous qu’en rhétorique, ça porte un nom, un nom complexe : ça s’appelle avoir le seum. Merci beaucoup, ce sera tout pour moi. Merci beaucoup.
Un triomphe pour Clément Viktorovitch ! Merci mon pote ! Merci beaucoup !
Alors donc là, je suis dans une petite salle juste attenante à la salle de spectacle. C’est le petit bar de La Cigale où on a installé la régie. Alors, le dessin d' Urbs…
C’est un peu spéciste comme blague, attention, hein, attention, attention.
Rodolphe, qui sera demain matin à 9 heures avec nous.
Que sur Blast, là, on est plus de 14 000. Non mais attends. L’objectif, c’est vraiment de niquer BFMTV, quoi, tu vois, d'être au-dessus. Et je pense qu’on va y arriver.
Ben bien sûr, ben bien sûr qu’on va y arriver. Bon, les amis… Bon, les amis.
Il doit aller sur France info débriefer un petit peu la soirée. Quel métier ! Se retrouver en face de Gabriel Attal, waouh ! Louis Aliot, oh, le rêve ! C’est vraiment un sacerdoce. Bon, vous avez tout pigé à ce qu’il a dit ? Non, parce que moi, je fais le malin, mais… Il y a des profs dans la salle ? Oh, c’est la salle des profs ! La vache ! Des profs de quoi ? Quoi ? Prof de politique ? Tu mens, donc, d’accord. Qu’est-ce qu’il y a d’autre comme prof ? Vas-y, on a un peu le temps. Prof de quoi ? Ah, t’es instit' ? Non, je parlais des vrais profs, là, quand même.
Alors, résultats des Français de l'étranger.
Ah, la France !
Oui, Mortimer, c’est fait exprès.
Qu’est-ce que c’est qu’on a fait, là ?
Ce soir, on prend le café pour autre chose.
Jean-Michel Blanquer, tout particulièrement, ou pas ? Parce que là, il est quand même question qu’il se barre, je pense que… Bon, on verra, on verra. Alors, on me dit qu’on a un appel, on me dit qu’on a un appel vidéo.
C’est vraiment de la merde. Guigui, je viens de comprendre qu’il y avait une soirée de 24… On dirait Au Poste. Je n’ai pas été invité. Je vais checker les mails, quand même. Je n’ai pas été invité.
Allez ! Je ne sais même pas qui c’est. C’est qui ? Ah, c’est lui, Aymeric Lompret, d’accord. Vous le connaissez ? Vous êtes déjà allés le voir en spectacle ? Allez-y avec des vaccins, quand même. C’est un coup à choper le typhus. Bon, alors, mon prochain invité, à mon avis, vous ne le connaissez pas du tout. Mais vraiment pas du tout. Il va débarquer… « Ah, qui c’est, ce mec-là ? Il passe sur une émission qui s’appelle… » Juuuus… Je ne sais pas, t’as dit quoi ? Putain, mais c’est vraiment un blind test, bordel ! Alors vas-y, on va faire le jeu ! Il chante des chansons ! Mesdames et messieurs, un triomphe pour Frédéric Fromet !
Bonsoir. Alors, compte tenu de la victoire imminente de Marine Le Pen, j’ai adapté mon répertoire. Voici une chanson islamophobe où l’on va voir comment on peut finalement s’amuser avec « Allahou Akbar ». Go ! Quand tu me tiens par le menton : Allahou Akbarbichette. Quand tu mesures la pression : Allahou Akbaromètre. Quand tu fais cuire des merguez : Allahou Akbarbecue. Quand ta tondeuse est en grève : Allahou Akbarbabouc. Akbarbichette, Akbaromètre, Akbarbecue, Akbarbabouc. Quand tu fredonnes « L’Aigle noir » : Allahou Akbarbara. Quand tu prends une grosse voix : Allahou Akbaryton. Quand tu t’emmerdes dans la Meuse : Allahou Akbar-le-Duc. Quand tu t’emmerdes à Pigalle : Allahou Akbar à putes. Akbarbara, Akbaryton, Akbar-le-Duc, Akbar à putes. Quand ton prénom est ridicule : Allahou Akbarnabé. Quand tu ne rentres plus dans ton pull : Allahou Akbaraqué. Quand tu fricotes avec Moshé : Allahou Akbar-mitsva. Quand tu te protèges d’un pédophile : Allahou Akbarbelés. Akbarnabé, Akbaraqué, Akbar-mitsva, Akbarbelés. Quand tu t’habilles comme un bébé : Allahou Akbarboteuse. Quand tu t’habilles olé-olé : Allahou Akbarésille. Quand tu es un petit peu drogué : Allahou Akbarbiturique. Quand tu es belge dès le petit-déj' : Allahou Akbarquette de frites. Akbarboteuse, Akbarésille, Akbarbiturique, Akbarquette de frites.
Hé hé, c’est la vieille !
Pour un dieu, tu n’as plus de vie. Allahou Akbar…
Tu es là, tu es là, tu es à Au Poste pour la première fois.
C’est ce que j’y avais…
Mathilde Larrère, pour la première fois, on a un débat à 21 heures. Je vous entends, les gens, très, très fort.
J’ai fait très, très attention. Ça va ? Oui, ça va. Tendu ?
Ah ouais ! Pour les trucs… Oh putain !
Akbar à Paris, Akbar atteint, Akbar-toi de mon chemin.
Il y a des bières si tu veux te…
Merci beaucoup, merci. J’en fais une autre !
Je vous ai montré la régie.
De Marine Le Pen, je voudrais faire un clin d'œil à un chanteur déprimé, Damien Saez. Alors vous allez voir, je vais faire quelque chose un petit peu comme lui, dans son style.
Ça vous intéresse, comment dirais-je, la régie ? J’ai essayé de la faire avec mon téléphone.
À la fin, nous pourrons procéder à un suicide collectif. De toute façon, faut pas rêver, on va tous crever.
Les amis, il y a une idée, c’est d'être cool, là.
Déshumanisé, anesthésié par la télé, peuple de France sodomisé par le système, les financiers. C’est le règne du blé. Combien de temps vas-tu endurer de te faire enculer ? Combien de temps les croix gammées vont-elles prospérer ? Combien de temps vais-je réciter des dizaines de rimes en « é » ? De toute façon, on s’en fout, c’est le refrain ! Il faut bander, faut consommer en mode illimité. Y a pas que la brebis qui fait bêêê. Peuple de France moutonnier, ta petite vie dans le pré, mon palabre fruitier, réveille-toi, le poing levé, et lance tes pavés, sinon je sors un nouveau CD. Je te ferai regretter de pas m’avoir pour l'éternité…
Hé, là, c’est chaleur !
C’est pas mal, mais vous pouvez mieux faire. Imaginez que vous êtes au Bataclan ! La joie de vivre me fait gerber, les rires me font pitié. Je n’ai jamais pu supporter les gazouillis des bébés. Ouais, j’ai bien dit les bébés. Faudrait tous les congeler avec les vieux décérébrés, gaga devant le petit dernier. Vous ne voyez pas qu’on est complet, que la planète va craquer ? Peut-être qu’un jour qui écouterait mon chef-d'œuvre engagé… De toute façon, faut pas rêver, c’est le dixième couplet. J’en suis même pas à la moitié, je peux tenir jusqu’en juillet. C’est du bon de se droguer, mon accord, je vais abréger. Je suis là pour vous éclairer, peuple de France aveuglé. Jamais il ne faut oublier qu'à la guerre, on se fait tuer, dans l’eau on est mouillé, dans la neige on a froid aux pieds, la mort c’est mal pour la santé. De toute façon, faut pas rêver. Public, je sais que t’en as marre, j’arrête de chanter. Merci beaucoup, merci à tous.
Alors, je ne sais pas, La Cigale est pleine. La Cigale est pleine. Les bénéfices de la soirée sont reversés à SOS Méditerranée.
Je savais qu’il ne fallait pas l’inviter ! C’est vrai qu’il a bien senti l’ambiance de la soirée, putain. Ça va toujours ? Même si on va crever ! Merci beaucoup à Frédéric Fromet de m’affronter tous les vendredis dans Par Jupiter ! On peut l’applaudir parce qu’il a le record… Attendez, je vous dis pourquoi avant. Il a un record absolu du nombre de plaintes au CSA. Et vraiment, il a de tout : des islamistes, des cathos intégristes, les pro-corridas… Il tape vraiment très, très large. Il y a même le Collectif Mort aux jeux de mots. C’est moi le président, en fait, c’est pour ça. Bon, ça va bien, vous êtes toujours là ? On s’approche, on s’approche du dénouement, comme on dit. Est-ce qu’il y a des flics en civil dans la salle ? Je veux savoir. Levez la main, les flics ! Je me disais aussi, est-ce que ça fait un peu Fête de l’Huma ? Je me dis, tu sais, il y a peut-être… Et je me dis, en fait, ils doivent passer une bonne soirée. Ils doivent rentrer au commissariat pour se dire : « Non, finalement, vote à gauche, peut-être. » On les radicalise peut-être, on ne sait pas, on sait pas. Bon, alors, cette soirée, en tout cas, elle pue un petit peu le contrôle fiscal, on ne va pas se mentir. Et on se demande toujours, enfin en tout cas moi, et sûrement vous, comment ça se finance, une campagne électorale ? Quelles sont les règles ? Où est-ce que se situe la corruption ? Ailleurs que dans les Hauts-de-Seine, bien évidemment, ça c’est trop facile, c’est un peu une réserve naturelle de corruption. Alors, pour nous expliquer tout ça, je vous demande d’accueillir la présidente d’Anticor, Élise Van Beneden, s’il vous plaît, un triomphe ! À très tard ! Bonsoir, Élise !
Vous n’aurez pas de contrôle fiscal.
T’as pas l’habitude, comme ça, quand tu vas plaider, que les gens t’applaudissent comme ça à ce moment-là ?
Non, pas du tout. Et vous êtes nombreux, en plus !
Est-ce que, dans un premier temps, tu peux nous expliquer qu’est-ce que c’est ?
Merci, Euryale. En effet, Rodolphe sera avec nous demain matin à 9 heures. Il est venu à Paris avec du matériel…
Anticor, c’est une association de bénévoles.
Faire en sorte de pouvoir, comment faire Au Poste demain matin.
C’est non partisan et c’est une association politique, puisque nous, notre truc, c’est de porter plainte contre eux. Bravo ! Notre truc, c’est de porter plainte, notamment contre des élus qui sont soupçonnés de corruption. Et puis voilà, ce qu’on aime bien le dimanche, c’est demander des comptes aux hommes politiques, et eux, ils n’aiment pas trop en rendre.
Ça vous a plu, la sortie dans la salle ?
On est un peu le poil à gratter du gouvernement et on n’y va pas avec le dos de la cuillère, puisque Anticor est intervenu dans de très gros procès, des petits aussi, mais de très, très gros procès. Et on demande aux politiques de rendre des comptes, et puis on leur crée des problèmes parce que, déjà, si jamais ils sont condamnés, ils risquent d’aller en prison, et en plus, déjà, une affaire politico-financière, en fait…
Ouais, je vais essayer de trouver le Wi-Fi, là, attendez.
Oui, bravo ! Du coup, tu parlais… Dans quel type d’affaires on a pu vous voir à l'œuvre, alors ? Tu parlais d’un…
Ouh là là, si je les liste toutes, ça va prendre deux heures et trois heures. Il y a un petit risque de burn-out, quoi. Je vais vous parler de quelques affaires, en tout cas, puisque déjà, est-ce que vous vous souvenez de Sylvie Goulard ?
Plus ou moins !
Elle était quand même ministre, je vous rappelle. Sylvie Goulard a été ministre des Armées. Elle a été mise en cause pour avoir peut-être utilisé ses assistants parlementaires à l’Union européenne pour son parti politique, le MoDem. Et donc elle a perdu le ministère. Mais il a été question qu’elle devienne commissaire européenne, ce qui est un poste très, très important. Mais quand elle s’est présentée devant la Commission européenne, on lui a demandé : « Mais dites donc, pendant tout votre mandat d’eurodéputée, comment ça se fait que vous ayez perçu 13 000 euros par mois d’un think tank, l’Institut Berggruen ? Et pourquoi est-ce que vous avez perçu cet argent ? » Elle a répondu : « J’ai fait des choses, j’ai fait des choses très intéressantes. » Voilà, peut-être que c’est vrai. Alors oui, peut-être que c'était très, très intéressant. On lui demandait un petit peu si elle avait fait beaucoup de choses et, apparemment, elle a participé au moins à un ou deux congrès. Voilà. Et donc nous, Anticor, on aime bien poser des questions. Et là, par exemple, dans le cas de Sylvie Goulard, on a posé une question bête : sachant que, bon, tout le monde le sait, l’argent n’est pas gratuit, eh ben on a demandé quelle était la contrepartie de ces 13 000 euros qui avaient été perçus par Sylvie Goulard chaque mois. C’est beaucoup d’argent, quand même. Et puis on a porté plainte dans l’affaire du secrétaire général de l'Élysée, c’est-à-dire que c'était un des hommes les plus puissants de France. On ne s’est pas arrêtés là, évidemment. On a porté plainte contre Richard Ferrand, qui est le président…
Oh Richard ! Oh, pauvre Richard !
Président de l’Assemblée nationale. On a porté plainte contre Éric Dupond-Moretti, notre actuel ministre de la Justice…
Attends, du coup, on ne sait pas si vous applaudissez la plainte ou Éric Dupond-Moretti, en fait.
Il a besoin de votre soutien parce qu’il a été mis en examen, du coup, en juillet dernier. Et franchement, c’est difficile, quand on est ministre de la Justice, d'être mis en examen. Sérieux. Et puis on a porté plainte contre Bruno Le Maire dans l’affaire Alstom. Voilà, donc on fait beaucoup de plaintes. En gros, on en a 135 en cours en ce moment.
OK. Et comment fonctionne Anticor ? Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Comment vous attaquez en justice ? Il y a une question d’agrément, est-ce que tu peux expliquer ça ?
Ah oui, il y a une question d’agrément et elle est très importante.
Putain, mais virez-le, en fait ! Je regrette à fond, là.
Il y a une question d’agrément qui est très importante. En fait, Anticor a un agrément anticorruption et on a failli le perdre l’année dernière. Ça a fait un petit peu de bruit, je ne sais pas si vous en avez entendu parler. Il va falloir surveiller ça parce que c’est une arme qui est importante. Anticor, on se bat principalement avec le droit, on porte plainte. Et pourquoi on le fait ? Parce qu’en France, il y a… Oui, mon intervention n’est pas drôle, je précise. En France, il y a quelques caractéristiques. On a, par exemple, un procureur de la République qui bénéficie de l’opportunité des poursuites. Ça veut dire qu’il a le droit de classer sans suite une affaire. Il peut, s’il veut, saisir un juge du siège, mais il peut aussi classer sans suite. Et ce même procureur, il est hiérarchiquement soumis au ministère de la Justice, ce qui, grosso modo, veut dire que sa carrière dépend du ministère de la Justice. Donc, en fait, dans les autres affaires, ce n’est pas très important. Si on se fait piquer son sac, le procureur n’a pas trop de problèmes à poursuivre. En revanche, si on porte plainte contre un homme politique puissant, là, peut-être qu’il va réfléchir à deux fois avant de passer le dossier qui concerne M. Bruno Le Maire à un juge d’instruction, sachant que ça pourrait ne pas l’aider dans sa carrière. Il y a une troisième caractéristique, qui est que la corruption, on est tous victimes de la corruption, très clairement, tous collectivement. Déjà parce qu’on paye beaucoup d’impôts. La corruption, ça coûte 120 milliards par an en France. En gros, on paye des impôts aussi pour combler ce coût-là. Et puis on est victimes aussi parce qu’on subit des injustices dans l’accès aux services publics, aux emplois publics et aux marchés publics. Donc voilà, on est tous victimes, mais au regard de la loi, on n’est pas victimes individuellement. Donc il faut une association et il faut un agrément. Et c’est pour ça que cet agrément, il est précieux. Et c’est pour cela qu’on a voulu nous le retirer l’année dernière, parce qu’on a porté plainte contre des personnes qui sont très puissantes.
Bien joué.
Est-ce que tu peux nous expliquer… Je surveille l’heure en même temps. Non, on a un peu le temps, c’est bien. Est-ce que tu peux nous expliquer comment on finance une campagne politique ? Si Valérie Pécresse nous regarde, par exemple, elle peut prendre des notes, walou, voilà. Qu’est-ce qui est autorisé ? Qu’est-ce qui n’est pas autorisé ?
Alors, on finance une partie principalement avec vos sous. Mais c’est ça, c’est juste si on fait un bon score. Mais je vais vous expliquer. En gros, en France, il y a quand même des règles qui existent. Elles sont faites pour tenir la vie politique un tout petit peu à l’abri des pressions de l’argent et du monde des entreprises. Et la règle principale, c’est qu’une personne morale, une société, elle ne peut pas donner à un candidat. Donc, en gros, la règle la plus importante, c’est que les dons ne peuvent venir que de personnes physiques. Il peut y avoir aussi des apports personnels des candidats. Si vous êtes riche, vous pouvez utiliser cinq millions d’euros pour faire campagne. Vous pouvez aussi vendre des trucs. Vous pouvez, par exemple, vendre votre programme électoral, même si c’est un peu choquant. Bon, ça, c'était un petit peu La France insoumise, mais je sais que je ne vais pas avoir beaucoup de succès sur ce sujet. Et puis on peut avoir des prêts auprès des partis politiques ou auprès des banques.
Il y a une histoire de micro-parti aussi. Est-ce que tu peux nous expliquer cette petite astuce ?
Ah oui, ça, c’est une très bonne astuce si vous voulez vous présenter à l'élection présidentielle ou à une autre élection. Vous avez votre parti, mais vous pouvez créer un micro-parti. Alors, c’est vachement à la mode et ça a poussé comme des champignons, puisqu’en 2008, il y en avait 283 et, en 2020, il y en avait 579. Donc une augmentation de…
Beaucoup ! Beaucoup… Il y a des profs de maths ou pas ? Alors ? 112 ! 112, voilà !
104, pas loin ! Et donc, en fait, vous pouvez créer ce micro-parti, les gens peuvent donner à ce micro-parti, et ce micro-parti peut vous donner. C’est pour ça qu’il y en a plein. Donc finalement, on a plein de jolies règles, mais elles ne sont pas si difficiles…
Je n’arrive pas à me connecter au Wi-Fi.
À l'étranger.
Doubler le live, c’est dur.
Je n’ai pas d’exemple, mais on pourra en trouver.
Alors, aujourd’hui, on peut se financer auprès des banques et des partis politiques, mais uniquement dans l’Union européenne. Vous n’avez pas le droit de franchir la limite de l’UE. Donc on fait confiance à nos voisins, mais pas au-delà.
Et alors, dans le cas de la fameuse Marine Le Pen, pourquoi elle a pu se financer en Russie ?
Je suis désolée pour Valérie Pécresse, parce que je sais qu’elle était, du coup, intéressée pour contracter un petit prêt en Russie. Mais en fait, Marine Le Pen, elle a pris ce prêt en 2014 et la loi a été changée.
Vous avez besoin que je montre le son du spectacle ?
C’est ballot, ça. En ce qui concerne les dépenses, est-ce qu’il y a des limites de dépenses ?
Oui, oui, c’est vraiment très restreint, parce que si vous vous présentez au premier tour, vous n’avez le droit de dépenser que 13,7 millions. Donc il faut vraiment se calmer avec les dépenses. Et si vous passez le premier tour, là, vous avez le droit de dépenser 18,3 millions. C’est pas beaucoup. Il faut faire attention à ce qu’on dépense.
OK. Et on a eu des petites dépenses, par exemple dans le cas de Sarkozy, qui a quand même… Vous vous rappelez Nicolas Sarkozy ? C'était le gars de droite avant qu’on sache qu’il y avait encore des gens plus à droite, en fait, qui allaient arriver derrière. Lui, il a vachement dépassé le plafond.
Ben non, pas du tout : 20 millions. En fait, en France, on a une Commission nationale des comptes de campagne qui ne sert pas à grand-chose. Voilà, il faut être honnête, puisqu’en 2012, elle n’avait pas vraiment vu qu’il y avait eu un dépassement de 20 millions d’euros. Elle ne s’en est pas tout à fait rendu compte, ce qui a donné lieu au procès Bygmalion. Et donc cette commission ne voit pas grand-chose. D’ailleurs, on se demande comment ils recrutent. Il est possible qu’ils ne recrutent que des aveugles. All right.
Donc, en fait, il peut gagner, après on peut dire : « Ah, mais en fait, il a triché », et il reste quand même président.
Ah oui, ça, c’est absolument exceptionnel. C’est-à-dire que quand on a une compétition et qu’il y a quelqu’un qui triche, généralement, il est exclu de la compétition. En fait, c’est le cas pour toutes les élections politiques, municipales, législatives, mais pas pour la plus importante, pas pour l'élection présidentielle. Donc, si vous trichez avec vos comptes de campagne pendant votre campagne présidentielle, vous pouvez rester président quand même cinq ans. Donc il faudra peut-être rendre des comptes à la fin du mandat, puisque pendant le mandat, on ne peut pas être… Ça s’appelle l’inviolabilité, vous ne pouvez pas être poursuivi pendant le mandat de président, mais vous pouvez être poursuivi après. Alors généralement, mon expérience, ce qu’on dit, c’est : « Je ne savais pas, je ne savais pas. » Vous pouvez aussi dire, comme Virenque, que ça a été fait « à l’insu de votre plein gré ». Voilà, généralement, c’est la ligne de défense.
Merci Élise, merci beaucoup !
J’ai juste une dernière question. Donc là, vous avez la régie, les invités du débat. Je crois qu’il y a Elsa Faucillon, il y a Mathilde Larrère, il y a Arié Alimi. Peut-être avec du pognon, je ne sais pas. C’est la régie et je vais sortir. Ça ne coupe pas, c’est fluide.
Si vous adhérez, c’est important d'être nombreux, parce que quand on porte une voix, quand on va inviter des gens qui sont puissants, ça légitime vachement ce qu’on fait. Donc l’adhésion à Anticor, c’est 35 euros. Si vous adhérez tous, on va porter plainte contre Darmanin dans deux semaines, si vous voulez.
Et là, est-ce que vous m’entendez ?
Merci beaucoup, on peut applaudir bien fort Élise Van Beneden et Anticor, toute son équipe. Merci beaucoup, Élise ! Franchement, je veux ce tee-shirt-là, c’est les fils… Je le veux. Merci beaucoup, merci Élise. Alors, mon prochain invité, c’est un petit peu particulier. Je vous jure, c’est vrai, c’est sa première fois sur scène. C’est sa première fois. Il s’appelle Hervé. Il est très, très heureux, là, parce qu’il pète les scores ce soir, donc il a déjà des fans, mais c’est sa première fois. Et je l’ai rencontré parce qu’il est sans domicile fixe. Voilà, je l’ai rencontré, il faisait la manche. Il était comme Pécresse, il faisait vraiment la manche. Ça lui est même arrivé de faire la… Vous êtes à Au Poste ! Donc c’est un peu particulier d'être là sur scène aujourd’hui devant vous, ce soir. On boit souvent des coups ensemble, voilà, on s’entend très bien. Et un soir, on était, voilà, un peu saouls. Je lui ai dit : « Mais vas-y, t’as qu'à venir faire une chanson à La Cigale ! » Et il a fait : « Mais carrément ! » Et le lendemain, il m’a dit : « Attends, qu’est-ce que… » Ça rigole. Et du coup, cette fois-là… Alors, il est là, il est accompagné d’une chanteuse qui s’appelle Hélène et qu’on peut applaudir bien fort. Hervé ! Hélène ! Mesdames, messieurs, un triomphe !
Ça va, les bandes de fous, là ? Vous allez bien ? Ils sont chauds ! On ne va pas avoir beaucoup de travail. Merci à tous ceux qui ont fait la première partie. Merci beaucoup. En fait, c’est un honneur d’avoir eu en première partie Frédéric Fromet.
Ouais, OK. Non, non mais c’est cool, c'était bien !
Je me dis que pour une première fois…
On a une petite question, à moins que t’aies envie de présenter un petit peu cette chanson.
On avait une soirée arrosée. On m’a demandé de venir faire une chanson de 24 heures comme un congé d’Yves… Et donc, il y a deux jours, j’ai commencé à apprendre la guitare et ce midi, on a écrit la chanson.
Vous savez tous lutter dans la vie, en général ? Bonne ambiance. Il peut galérer, là. OK, alors je vais vous marquer. Tu luttes, tu luttes… Ouais, OK. Non mais c’est trop, les mains. Bouh ! Bon, merci beaucoup. Et donc, du coup, pour rester dans l’air du temps, on a écrit une chanson un peu, comment dire, éco-anxieuse.
Vous savez tous lutter dans la vie, en général ? Vous luttez ? On est dans une bonne galère, là, hein ? OK, alors du coup, ça fait… Tu luttes, tu, tu…
C’est tendu, je vous le dis. C’est là, Mathias Enthoven, qui est le directeur de… C’est quoi ton titre exact ? Directeur des programmes. Directeur des programmes de Blast, voilà. C’est avec lui qu’il y aura un accord pour Au Poste. C’est lui qui nous a… Voilà, voilà. T’es tendu ou comment ça va ? Ça va, mais après 22 heures, je serai tendu. Parce qu’on le sent, quoi. On continue à monter, il y a… personnes qui nous regardent. Donc c’est bien, je peux trouver.
Ils sont chauds, hein ?
Et il y a plein de personnes dans la salle, il y en a… C'était ça. Là, on est quasiment vingt minutes à faire cette soirée ensemble. Génial, super. Je ne sais pas. Ils sont contents. Je crois qu’ils sont contents, oui. Vas-y, casse-toi. Oui, oui, regarde. Ça, ça va être un plan de documentaire. Regardez le chef. Ça, c’est un chef. Ouais, j’y retourne. Donc ça, c’est ceux avec qui je vais débattre. Ils sont très tendus.
C’est ce moment où on peut se la péter de buter, quand même. On y va ensemble. Pour tout vous dire, ces fauteuils paraissent être l’objet d’une semaine de tractations, parce que j’ai entendu bien ce qu’elle a fait. Je dévoile tout, je suis pour déconstruire. Tu verras des choses à faire et combien d’autres faire le prodo. Parce que rien ne nous assure un azur plus beau. Mettra nos joies entre parenthèses pour ne pas faire le beau. On criera joie à nos vieilles querelles, on rira jaune sous le manteau, puisque nous ne sommes que des comètes et puis…
C'était comment, cette sortie dans la salle ? Est-ce que ça a marché ? Le son était bon, l’image ?
Tu crois qu’il y a une chorée qui se décide ? C’est bon ? J’ai flingué le plafond de verre qui pesait sur nos cerveaux. Je suis mes amours journaliers… C’est quoi cette scène-là ? Si rien ne nous assure…
D’accord, pour le prochain, je saurai quoi faire.
Pour ne pas faire le beau, on criera joie de nos vieilles filles…
Donc le gars que vous avez entendu à la fin, c'était Mathias Enthoven, le directeur des programmes de Blast. C’est lui qui a monté la soirée. Il était super content parce qu’il nous a expliqué qu’il y avait à peu près 1 800 personnes dans La Cigale et 14 ou 15 000, je crois, sur Blast, donc c’est super. Donc il ne faut pas que je sorte de la régie, en fait.
Ce n’est pas encore fini, hein ! Guillaume Meurice m’a octroyé dix minutes, alors…
Attention, là, parce que ce n’est pas formidable, ça déconne ! Voilà, 17 000 sur Blast.
Ce sera le samedi, on me trouvera les yeux bandés.
Alors moi, je ne peux pas aller sur La Libre Belgique au risque de tout faire planter. Donc éventuellement, est-ce que quelqu’un pourrait mettre le lien dans le Discord ?
Pour ne pas faire le beau, on criera joie à nos vieux rêves, on rira jaune sous le manteau, puisque nous ne sommes que des comètes.
D’un accord entre 55 et 58, selon la Belgique.
C’est super !
À 58, ce serait bien que 55. Résultats détaillés, merci beaucoup. Alors, voici, selon quatre enquêtes d’opinion réalisées ce dimanche… Je vais couper, je vais couper deux secondes. Voilà. Alors, selon… Donc là, on est en train de lire La Libre Belgique. Merci beaucoup, SamSam, on en a besoin, on en a besoin. Donc, selon quatre enquêtes d’opinion réalisées ce dimanche par quatre instituts de sondage réputés en France, Macron est crédité de 55 à 58 % des voix, alors que Marine Le Pen recueillerait entre 42 et 45 % des suffrages. On a pris La Libre Belgique et M24. Des sondages réalisés sur Internet auprès de citoyens ayant voté avant 17 heures. Là, j’ai enlevé le son, hein, Robin. Voilà. Donc je vous laisse découvrir ça. Non, non, c’est des sondages, c’est pas du tout des résultats. Les résultats, de toute façon, c’est très simple. Là, il est 18 h 46. 80 % des bureaux de vote ont fermé à 18 heures et 20 %, ce sera à 20 heures. Il faut à peu près une heure et demie pour connaître les votes. Donc ça veut dire : à 18 heures, ça fait 19 h 30. C’est pour ça que les télés reçoivent les résultats vers 19 h 30. C’est peaufiné à 19 h 45. Et en règle générale, les premiers résultats qui traînent… En fait, les premiers résultats qui traînent.C’est le retour régie que vous entendez, c’est le retour régie que vous entendez. En fait, ils sont faits à partir des 200 premiers bulletins de vote. Certains instituts de sondage font ça : ils prennent les 200 premiers bulletins de vote et ils en tirent, en fait, des prévisions. Donc ce ne sont pas du tout les résultats. Les résultats, c’est vraiment… Les résultats, grosso modo, quand on est sûrs et certains, c’est à 21 h 30. Mais à 20 heures, on a grosso modo 80 % des résultats puisqu’on a les résultats des bureaux de vote qui ont fermé à 18 heures. Voilà, ouais, vers 19 heures, 19 h 30, quoi. Donc je le redis : 18 heures, c’est la fermeture de 80 % des bureaux de vote en France métropolitaine. Il faut à peu près une heure, une heure et demie pour comptabiliser tout ça. Donc on a les résultats, enfin, le ministère de l’Intérieur a les résultats vers 19 heures, 19 h 30. Les instituts de sondage font des projections au départ sur les 200 premiers bulletins, puis affinent au fur et à mesure. En fait, ils ont environ 500 personnes dans des bureaux de vote identifiés comme représentatifs. Ensuite, vous avez 20 % des bulletins… Enfin, pas des bureaux de vote, mais 20 % des votants qui peuvent voter jusqu'à 20 heures dans les grandes villes, en fait.
Du coup, comme j’hésite entre les deux, j’ai finalement décidé d’utiliser le mot « criminel ». Alors, j’espère que la soirée vous plaît, les amis ! Et vous savez, j’ai pas peur. Vous savez, moi, ça me paraît insensé de vouloir tous les accueillir, ces migrants criminels. Alors, je vous connais ! Aurélien, si tu peux faire un tweet, parce que j’ai encore perdu le point d’exclamation. Je sais ce que vous allez me dire : « Sophia Aram, quand est-ce qu’elle met des blagues dans ses chroniques ? » Et ensuite… Et ensuite, plus rien à foutre. Et ensuite, je suis sur RMC la saison prochaine, je vous le dis tout de suite. Et ensuite, vous allez me dire : « Attention, Pablo, l’immigration n’est pas un danger, mais une chance pour la France, na na na… » Et moi, à ça, je vous répondrai avec un contre-argument qui tient en seulement trois mots : Natasha St-Pier. Donc non, l’immigration n’est pas une chance pour la France, voilà ! Et quand bien même elle le serait, une chance, l’immigration, je suis désolé, mais l’intégration de ces centaines de milliers de personnes, leur intégration, elle est malheureusement impossible. Parce que, j’ai envie de dire, dès le départ, tous ces demandeurs d’asile, tout ça, dès le départ, quand ils déboulent dans notre pays, ils envoient un très mauvais signal. Parce que quand on débarque chez quelqu’un et qu’on est poli, on n’arrive pas les mains vides ! Une bouteille de champagne ! Une boîte de macarons ! Et pas une bouée de sauvetage ou une étoile de mer achetée à la va-vite dans le duty free de l' Aquarius ! Ce n’est pas la mer à boire que de faire des efforts pour s’intégrer ! Ouais, pas sûr, pas sûr de celle-ci. Pas sûr, pas sûr, je le dis. Et le pire, c’est que ce ne sont pas que des individus qui déboulent dans notre pays comme ça. Mais non, tous ces gens arrivent quand même avec toute une culture qui est, il faut le dire, bien trop différente de la nôtre. Il se trouve que, de leur côté, ces gens-là sont quand même majoritairement de confession musulmane. Nous, on est majoritairement de confession normale. Et c’est vrai, il faut le dire, à cause de l’immigration non contrôlée, l’islam est devenu un problème majeur en France. Et si on veut que l’intégration de tous ces migrants musulmans se fasse parfaitement, écoutez-moi, je crois que ça doit passer par la création d’un islam de France. Un islam français ! C’est-à-dire un islam islamophobe. Si. Alors, tais-toi. Alors, j’imagine bien que certains d’entre vous êtes opposés à l’encadrement de l’islam en France. Il y en a même qui disent, et là ça va beaucoup trop loin pour moi, qu’en France le problème, ce n’est pas les musulmans ou les Arabes, c’est le racisme. C’est peut-être vrai, oui, mais le raciste, lui, au moins, a parfaitement su s’intégrer à la République. Voilà. Prenez ça chez vous, réfléchissez. Je réfléchis. Et oui. Alors, Sandrine Rousseau vient d’arriver, elle est derrière moi. Dont jouissent certains… On se dit que ça va créer des inégalités folles, folles, folles vis-à-vis des Français qui vivent déjà ici, quelque part. C’est nous, les normaux, qu’on est discriminés. Attendez, est-ce que vous trouvez ça normal ? Je pose la question, ne répondez pas. Est-ce que vous trouvez ça normal, par exemple, qu’on ait moins accès que les Noirs ou les… Par contre, j’aime bien ses chaussures orange, très, très opposées. Personne n’en parle ! Et certainement pas toutes les assos du type SOS Méditerranée, là, les pro-migrants. Vous savez ce qu’elles nous disent, quand même, toutes ces assos, pour justifier la vague migratoire ? Écoutez bien : elles nous expliquent que ces migrants veulent simplement survivre. Ah ben voilà ! Ils ne peuvent pas juste vivre. Non, ces messieurs-dames veulent survivre ! Vous voyez, c’est ça le problème avec les gens qui n’ont rien : ils en veulent toujours plus. Alors ? Alors c’est triste. Alors, je dois dire que… Il faut arrêter ! Lila, Lila Dupré, qui est dans le tchat, on s’est rencontrés hier…
Non, non, non, franchement, j’adore, on peut rire de tout et tout, mais franchement là, c’est trop.
Et quoi ? Là, je suis en première, là ! Je n’ai pas passé la deuxième, hein ! Attention !
On est en direct sur Blast, les gens réagissent, on est en train de se faire cartonner. D’ailleurs, on est plus de 20 000 sur Blast en ce moment. Non, non, non, on est en train de se faire éclater, là, ça sent le… Regarde, tu veux que je te montre un commentaire ?
Ah, vas-y, fais voir !
Regarde. C’est quoi ? « Pablo Mira, le meilleur humoriste de sa génération. » C’est ce que j’aurais tweeté si j'étais un fils de pute. Bien évidemment, il est claqué au sol. Arrêtez ! Arrêtez ! Non, c’est chaud. C’est chaud, c’est chaud. Mais oui, mais ça énerve les gens.
Oui, mais non, mais ça, c’est Twitter. Voilà, « fils de pute », c’est une façon de se dire bonjour. Tiens, regarde, puisqu’on parle de ça, j’ai un commentaire sur toi. On y va : « Qui, pour vous, est le plus gros fils de p*** qui se croit comique, et pourquoi Guillaume Meurice ? » Voilà, quelqu’un qui a assisté au concert. Tchao, ça va ?
C’est violent, quand même, ce qu’il se passe.
Enfin, je veux dire, par rapport à ça. Comment c'était ? Comment c'était sur scène ? Allez, parti ! Marine Le Pen pendant le débat d’entre-deux-tours : « Marine Le Pen, miskina, elle n’a rien pour elle ! Elle a une carrure de videur de PMU, une voix de charcutière et le même niveau en géopolitique que Pandi-Panda ! » Bon ben là, ouais, là… Là, il lui met la complète : salade, tomate, oignons, sauce Biggy Burger. Alors, dans la famille Le Pen, attention, tout le monde prend cher. Exemple avec Marion Maréchal, avec une petite balle perdue direction la ville de Lille au passage : « Dommage que Marion Maréchal-Le Pen soit une connasse, parce qu’elle est bien fraîche. C’est du gâchis. Nous, le camp des non-racistes, on se retrouve avec des Martine Aubry, là. » C’est violent. C'était la parole du peuple. C’est violent, c’est de la violence. C’est faux ! À main levée, ce soir, La Cigale, qui trouve que Martine Aubry est plutôt sexy ? Allez-y, levez-la. Ah, François Damiens, je l’adore ! Je l’adore ! Allez, une autre femme blonde à droite qui a pris…
Donc, je vous disais, hier, avec Lila, nous nous sommes rencontrés à la sortie du Salon du livre de Paris, où elle m’a envoyé un petit message me disant qu’elle était là. Comme elle venait de loin, je l’ai attendue, sous une pluie presque battante, auprès d’un manège, le long du Champ-de-Mars. Une rencontre insolite, digne d’Au Poste, une rencontre pour de vrai. Et comme toujours, c’est très, très, très chaleureux. Voilà, je ne sais pas si t’es encore là, mais… C'était super ! Bon, ça tombe bien ! C'était super !
C’est à côté, c’est à côté, ouais.
On est dans le secteur, voilà, c’est trop bien.
S’il y a des femmes célibataires ce soir, allez-y, hein. Il est facile à reconnaître, Francis. Il a un bracelet électronique, sauf qu’il ne le porte pas à la cheville. Allez, on est dans les femmes de droite, on va faire les hommes de droite.
Allons-y. Bon, allons-y.
Le Premier ministre, on y va, c’est parti, allez : « Édouard Philippe me manque trop. Castex, avec sa tête de taupe, j’ai envie de le balayer, cet enculé. » Un peu vénère, le mec. On est sur une personne mi-femme, mi-Maïté. Je vais être honnête : sur Twitter, Édouard Philippe, c'était la seule personne qui était un peu aimée, à égalité avec Jean Lassalle. C'était super, c'était une chouette rencontre. C’est parti, on est parti dans la salle, on y va ! Comme l’autre jour avec le… de Jean Lassalle… Il va essayer de nous le faire en croquis, ça, tout à l’heure. C’est vrai que, niveau anatomie, il a l’air plutôt bien fourni. Elles en ont de la chance, ces chèvres.
C’est chèvrophobe.
Allez, on va passer à la gauche avec les écolos. Douche froide pour eux le 10 avril dernier. En plus, il se trouve que leur espèce est menacée sur Internet. Message d’une violence… Tu n’es pas prêt, Guillaume, on y va : « Les écolos, c’est des fils de pute, je leur chie à la gueule et je pollue pour que leurs gosses meurent d’un cancer des poumons ! » Quand on voit de la violence, on se dit : est-ce que la sixième extinction de masse, qui devrait tous nous anéantir, est-ce que ce ne serait pas une bonne… Mais l’homme politique à gauche qui a suscité le plus de réactions, c’est bien sûr Jean-Luc Mélenchon. Alors : « Jean-Luc, il a peut-être plus de dentifrice depuis 1983. »
Donc, en fait, la régie sert de backstage pour les invités politiques et… Merci, Vincent. Ouais, je sais, ça pique.
Mitigé, c’est mitigé, là, quand même.
Bon allez, on va terminer. On va terminer avec mon préféré, mon bébé, mon millésime, ma plus belle année, celui qui aurait pu être le messie de cette élection et qui, finalement, ne sera que le Stéphane Guivarc’h de la politique. C’est bien sûr Éric Zemmour, aka le Z, aka White Furet, aka Gargamel des Grands Boulevards. Il avait tout pour lui, Éric : un parti, un programme, et puis un fan absolu qui s’appelle Boutade et pour qui il n’y avait pas photo. Regardez : « Oubliez pas que Zemmour vous met tous un chaos technique, même avec son physique de gobelin… » Bon allez, en attendant, Zemmour, qui est K.-O., est-ce qu’il va réussir à remonter sur le ring ? Verdict dans quelques semaines avec les législatives. Je vous laisse là-dessus. Je vous souhaite… N’oubliez pas : aimez-vous les uns les autres !
Applaudissez quand même Pablo Mira !
« Quand même », il a dit.
Merci quand même. C’est un bel espoir, Pablo ! On peut réussir avec un physique comme ça et… C’est beau. Bon, on s’approche doucement, là, les amis ! Quelle heure il est ? J’ai même pas le… Il est 19 heures, putain ! Dans moins d’une heure, on saura si on doit se barrer, en fait, hein. Si on doit… ou se battre, ouais, c’est ça. Ce sera l’un ou l’autre. Moi, j’ai choisi : ça sera Bruxelles, hein ! Je vous le dis tout de suite. Ouais, parce que je connais deux-trois Belges. J’ai un Kangoo break, je pourrai pas emmener tout le monde, je vous le dis. Oui, je connais un peu des Belges, vous savez ça. Ouais, ouais. Je connais notamment une Belge. Peut-être que vous la connaissez aussi. Alors, attendez, on va attendre. Peut-être même qu’elle s’appelle Charline Vanhoenacker.
Et oui, nous aussi, on a des Belges dans notre équipe.
Bonsoir. Bonsoir. Si nous sommes là ce soir, c’est pour célébrer la politique. Et la politique, c’est 24 idées par seconde. La politique, c’est la magie. Vous voyez la gauche ? Hop, elle a disparu ! Oui, la politique, c’est aussi Gérard Majax. Alors, les affaires publiques, c’est parfois le strass…
Je l’ai convoquée, mais elle ne m’a pas répondu.
…et les allocutions de Jean Castex. C’est la poésie d’un avenir bien sombre, c’est l’espoir d’un nouveau boulot pour Manuel Valls, et des heures de discussions passionnantes sur le port du voile, du hijab, de la burqa et du couscous-boulettes à la cantine. Mais la politique, c’est avant tout la passion. C’est mettre l’intérêt du pays au service… de sa personne. C’est mettre la politique au service de personnes. Des personnes ? Je suis désolée, mais à force, je ne sais plus du tout, en fait. Mais c’est pas grave. Allez, bref, mesdames et messieurs, vive la politique ! Et dans la catégorie « meilleur désespoir pour les cinq ans à venir », les nommés sont…
Absolument, une énorme pensée pour Arnaud, que j’ai eu le bonheur de suivre dans une autre vie, quand j'étais rock critique. Trois jours, c'était extraordinaire. Les années 90, 90 ! C’est un battant. Tu imagines ? Et imagine, elle avait fait 33 % en 2017.
Voilà, le nom de la prochaine présidente de la République se trouve dans cette enveloppe. Je peux, je suis belge. Attention, je vais spoiler ! Attendez, laissez-moi savourer un petit peu, parce que les Français qui prennent les Belges au sérieux, c’est une fois tous les cinq ans. J’en profite. Et la France a élu ce soir…
Non, non, non ! On ne peut pas, on n’a pas du tout le droit de faire ça parce que… Ouais, je sais.
Non, parce que, attends, déjà vous nous avez volé la Coupe du monde, tu ne vas pas me voler l’annonce des résultats.
Oh là là ! Vous avez gagné la Coupe du… Oui, vous pouvez la huer si vous avez envie, bien sûr ! Non, en fait, on n’a pas le droit de donner le résultat parce qu’on est en direct sur Blast et sinon c’est 70 000 balles d’amende, tout simplement.
D’accord. Donc, si je comprends bien, c’est pas Bolloré qui avait racheté Blast ?
Non, il ne l’a pas. C’est vraiment le dernier média qu’ils n’ont pas. Donc, si on les plombe, 70 000 balles, c’est leur budget merguez pour cinq ans. Donc on ne peut pas dire qui a gagné. En revanche, on peut dire qui a perdu.
Anne Hidalgo.
Non, il y en a d’autres ! On savait, non, on savait, non. Je suis désolé, je suis désolé. De toute façon, les gens ne sont pas venus pour te voir, comme ça, faire une cérémonie des César. Tu sais, dans l’imaginaire des gens, t’es quoi avant tout ?
C’est ma plastique.
Oui, il y a la plastique, bien sûr, mais il y a aussi la voix, le petit rossignol de la radio publique, c’est sûr ! Mais oui ! Ce que vous aimez avant tout, c’est l’entendre chanter ! Est-ce que vous avez envie de l’entendre chanter ? Est-ce que tu peux faire un petit test de mi-bémol ? Mi-mi-mi, mi-mi… Oh la vache ! Ça me fout les poils immédiatement ! On peut faire revenir Frédéric Fromet ! Allez ! Mesdames et messieurs, Frédéric Fromet, Charline Vanhoenacker !
Alors, puisque cette soirée est au profit de SOS Méditerranée, on a fait une chanson pour défendre les pauvres estivants en vacances à la mer. Bienvenue à tous les estivants, Darla dirladada, y a du soleil et des migrants, Darla dirladada, y en a qui essaient de se baigner, Darla dirladada, alors qu’ils ne savent pas nager, Darla dirladada. Bienvenue en Méditerranée, Darla dirladada, y a du soleil et des noyés, Darla dirladada, d’Afrique et du Moyen-Orient, Darla dirladada, ne manquerait plus qu’ils soient musulmans, Darla dirladada. Faisons la fête, amusons-nous, Darla dirladada, pendant que les pauvres font glou-glou, Darla dirladada, y a du soleil et des migrants, Darla dirladada, au fond de la mer, c’est dégoûtant, Darla dirladada. C’est pas le migrant qui prend la mer, c’est la mer qui prend le migrant. Lui, la mer, elle l’a pris à cause de la guerre qu’il fuit… qu’il… qu’il fuit ! Ah non ! Non, non, non, parce qu’il s’agit d’une fuite ! Donc c’est « fuit » ! La guerre, cette salope, lui, pour rester en vie, il se tire en Europe, mais il a mal choisi, car ici, on le chasse et on pense méchamment que la mer, c’est dégueulasse, les migrants crèvent dedans. Dès que le vent soufflera, tu chavireras, dès que les vents tourneront, nous nous en allerons. Y a du soleil et des migrants, Darla dirladada, certains fuient les bombardements, Darla dirladada, mais ici, on a des fachos, Darla dirladada, qui voudraient couler les bateaux, Darla dirladada. Y a du soleil et des migrants, Darla dirladada, bienvenue en Europistan, Darla dirladada, y a des cons qui trouvent rigolo, Darla dirladada, de leur maintenir la tête sous l’eau, Darla dirladada. On a d’autres problèmes à gérer, Darla dirladada, que d’accueillir des sans-papiers, Darla dirladada, alors on les laisse crever, Darla dirladada, vous avez qu'à choper une bouée, Darla dirladada. Ici, sur les plages en été, Darla dirladada, faut pas venir, on est complets, Darla dirladada, on ne veut pas de gros relous, Darla dirladada, pour piquer nos jobs et nos sous, Darla dirladada. Y a du soleil et des migrants, Darla dirladada. Bon quinquennat quand même, les gens !
Charline Vanhoenacker, Frédéric Fromet ! Du bruit ! Merci beaucoup. Merci les Stone et Charden de l’islamo-gauchisme ! Merci Fred. Charline, je te retiens un peu. T’as été marraine de SOS Méditerranée. Alors, la soirée, on refile les bénéfices de la soirée à cette association. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu ?
Bien sûr. Je pense que, dans cette salle, vous la connaissez. Elle vient en aide aux réfugiés, évidemment, en pleine mer, avec son bateau, l' Ocean Viking. Elle a déjà sauvé 35 000 personnes. Oui ! Depuis février 2016. Une journée en mer coûte 14 000 euros. Donc, pour sauver la vie des réfugiés qui viendront ensuite piquer votre place de parking, voler votre job et votre femme… Donc, si vous voulez vous débarrasser de votre femme et céder votre place de parking, vous pouvez donner à sosmediterranee.fr et, en deux clics, vous tendez la main à ces gens. Puisque ce soir, la France est divisée entre ceux qui tendent la main et ceux qui tendent le bras.
Merci Charline ! Charline Vanhoenacker, un triomphe ! Merci beaucoup. Merci, merci, merci. Ça fait du bien d’entendre Charline chanter, non ? Moi, je la foutrais en playlist France Inter directement. Bon, ça va toujours ? Ça ne va toujours pas ? Attends. On me dit qu’on a un appel téléphonique.
Alors non, ben non, il n’y a rien. Il n’y a rien du tout, là. Les dernières nouvelles que j’ai, c’est le truc France Inter : « Vous ne continuerez pas l’année prochaine. »
Comment il s’appelle déjà ? Je me rappelle même plus. Aymeric Lompret. Ouais, d’accord. Il ira loin. Alors, la prochaine artiste qu’on va recevoir, figurez-vous qu’elle n’a pas voté à gauche au premier tour. Elle n’a pas voté à droite non plus. Elle n’a pas voté du tout. Mais… Oh, le jugement ! Elle n’a pas voté parce qu’elle n’est pas française ! Ça bouge, ça va me permettre de repérer les racistes. Allez, hop là, il est là ! Elle est d’origine lituanienne. Peut-être que vous la connaissez, peut-être que vous l’avez entendue chez nous, à France Inter, dans Par Jupiter !, peut-être que vous l’avez entendue ailleurs. Est-ce qu’elle est prête ? Est-ce que c’est beau, quand même, là ? Quand même, on sent qu’il va se passer quelque chose. Mesdames et messieurs, un tonnerre d’applaudissements pour GiedRé !
Bonsoir ! Bonsoir à tous ! Bonsoir le Web, bonsoir La Cigale, est-ce que ça va ? Bon alors, je suis très contente d'être ici ce soir. Je vous entends depuis les coulisses tout à l’heure, vraiment, vous vous enjaillez comme jamais. Alors que, bon, c’est quand même carrément la grosse déprime. Du coup, j’ai pensé que peut-être ce serait bien que je mette un peu d’amour dans tout ça. Alors n’hésitez pas, si vous avez envie de faire des cœurs avec les doigts, c’est le moment. Si vous préférez faire des anus avec les mains, c’est bienvenu. Vraiment, choisissez l’organe de votre choix, mais ça peut être un peu interactif. T’aimes pas les Noirs, t’aimes pas les pédés, et les Arabes, tu veux tous les brûler. T’aimes pas les clodos, mais t’aimes pas les riches non plus, ni tous ces Chinois qui rachètent les PMU. Et qu’est-ce qu’ils viennent te faire chier, ces écolos à la con ? C’est quand même toi qui décides si tu bouffes de la viande ou non. Heureusement, y a Internet où tu peux tout écrire, parce que partout ailleurs, on peut plus rien dire. Dans l’agro, sur la patate, t’es fâché, tout rouge, tout rouge, tout rouge écarlate. Mais nous, on est là, on est près de toi, gratouille sur ton dos… Tous ces migrants avec leurs sales marmots, de toute façon, c’est tous les mêmes, c’est rien que des terroristes. C’est comme les bonnes femmes, toutes vieilles féministes. De ton temps, c'était différent, elles étaient moins zinzins, elles foutaient pas un procès pour une main au popotin. Et puis toutes ces lesbiennes et ces transsexuels, c’est quoi cette nouvelle mode des poils aux aisselles ? Non, non, toi, tu n’aimes pas les poils aux aisselles. On est près de toi, on va te faire des bisous, des gratouilles sur ton dos, on va t’aimer à foison. Merci ! Merci beaucoup. Merci, merci. Alors, je voulais vraiment remercier Guillaume Meurice de m’avoir invitée ce soir. En vrai, Guillaume, je le connais depuis longtemps, depuis le temps où il faisait des spectacles déguisé en panda, car c’est quelque chose qui est vraiment arrivé. Vous, vous le connaissez en superstar américaine, mais moi, je connais l’homme derrière l’artiste. Et je suis quand même là ce soir, donc je suis vraiment dans la bienveillance. Donc je suis très heureuse qu’il m’ait invitée, je l’en remercie. Et je suis également très heureuse car, cette année, je partage avec lui et les autres mes gobelets à France Inter, où ils me permettent de m’adonner à ma véritable passion, qui est la chanson pour enfants. Donc, je ne sais pas s’il y a des enfants ce soir dans la salle. Bon, il y a en tout cas des menteurs. Mais peut-être qu’il y en a qui nous regardent en direct, donc cette chanson est pour eux. Mais je ne l’ai pas chantée, ça se trouve elle est nulle, attendez. Il était une fois, y a pas du tout longtemps de ça, une armée de scientifiques qui ont écrit des articles. On a lu, on s’est dit : « Ça fait peur, ce qui est écrit. C’est quoi, c’est ça, la Malèque ? » C'était le rapport du GIEC. Ça disait qu’en 2100, y aurait plus La Nouvelle-Orléans, y aurait plus Miami, sans doute plus de New York aussi. Mais 2100, c’est loin, nous, on s’en bat les reins. Pas grave, les océans, on sera morts depuis longtemps. Mais pas toi, pas toi, non, pas toi. Mais nous, on est foufous, on brûle la vie par les deux bouts, C-A-R-P-E D-I-E-M, et tout ça, c’est ton problème, c’est ton problème à toi. Et si tu veux voir Jakarta, eh ben vas-y maintenant. Ah, tu peux pas, t’as que trois ans. Si tu veux pas crever de chaud, va falloir être plus écolo. Parce que nous, on va mourir, mais toi, tu vas grandir. Quand on sera morts et que tu seras grand, il fera 50 degrés dans le monde. Faudra pas venir te plaindre de devoir aller vivre dans l’Inde. Va falloir y mettre du tien, parce que le monde qui vient, on va le quitter bientôt. C’est pas nous qui allons manquer d’eau. Non, c’est toi, c’est toi, oui, c’est toi. Et puis nous, on est foufous, on brûle la vie par les deux bouts, C-A-R-P-E D-I-E-M, et tout ça, c’est ton problème, c’est ton problème à toi. Et sous prétexte que t’y peux rien, je devrais faire pour toi ? Ben non, je ne profiterai pas. Mais toi, tu fais quoi pour nous, à part nous coûter des sous, crier fort dans les transports et te réveiller à six heures ? Et puis si t’es pas content, t’as qu'à écrire aux dirigeants. Mais sans vouloir te décevoir, faut pas que t’y mettes trop d’espoir. Eux, il leur reste au mieux vingt ans pour croquer la vie à pleines dents. Tu sais, il faut les comprendre, ils ont autre chose à défendre que toi, que toi, oui, que toi. Parce qu’eux, ils sont foufous, ils brûlent la vie par les deux bouts, C-A-R-P-E D-I-E-M, et tout ça, c’est ton problème. Merci ! Merci ! Ouais, YOLO, ben ouais, on s’en fout, merci. Bon, alors, je pense que Guillaume, il avait envie de mettre un peu de musique, et c’est cool de mettre un peu de musique dans les soirées comme ça. Peut-être parce qu’il aime bien les procès après les chansons de Frédéric Fromet, je ne sais pas, peut-être. Ou peut-être que c’est parce qu’il aime bien aussi entendre toute une salle chanter en chœur. Tu vois, ça fait vraiment une espèce de communion, comme les Enfoirés sans Mimie Mathy. Donc, est-ce que peut-être on pourrait essayer de faire ça ? Est-ce que tu veux bien chanter avec moi, La Cigale ? C’est vrai ? OK. Alors, mon rêve, ce serait que tu chantes sur les refrains. Donc bon, j’imagine que tu ne le connais pas. Je vais le chanter une première fois et après, quand il va revenir, je te ferai un signe discret, néanmoins visible, du genre… Et ce sera à toi. T’es prêt ? OK, je compte sur vous. Non, ce n’est pas ça, l’air… Le tempo, pardon, c’est ça. Pardon, non mais je me suis emportée. On peut faire croire qu’on écrit des chansons pour l’amour de l’art, par élan, par passion. On aura beau dire qu’on fait de la musique pour donner le sourire, par conviction philosophique. Mais au fond, nous, ce qu’on veut, en vrai, nous, ce qu’on aime, c’est entendre chanter tous ceux qui viennent nous voir sur scène. On peut avoir envie de les entendre chanter le bonheur, mais moi, ce dont j’ai envie, c’est de vous entendre chanter en chœur : « Je mange mon caca et j’aime ça, manger du caca, c’est mon dada, le caca, moi, j’aime ça. » Vous avez retenu ? OK, on se retrouve tout à l’heure. Ceux qui prétendent chanter pour faire bouger les choses, parce qu’ils sont très engagés, très concernés par leur cause, ceux qui répètent un peu trop que l’important, c’est le message, les tripes qu’ils ont mises dans le morceau, les idées fortes qui s’en dégagent, disent ce qu’ils veulent, mais nous, on sait bien que quand ils sont seuls, ils rêvent qu’on chante le refrain. Et je ne les juge pas, j’aime bien quand, avec moi, vous chantez ce refrain : « Je mange mon caca et j’aime ça… » Moi, je pense que vous pouvez vraiment faire mieux ! Merci beaucoup !
Un triomphe pour GiedRé ! Merci ! Merci, merci beaucoup, GiedRé, que vous pouvez retrouver… Quoi ? Ta gueule ! Bon alors… Et oui, t’as pas de micro, donc voilà, je peux t’insulter comme ça. C’est pour ça que Macron, il insulte les gens : il a un micro, en fait. Voilà. GiedRé, que vous pourrez retrouver en tournée. Elle appelle ça des « tournantes », après vous faites ce que vous voulez. Et vous pouvez la retrouver avec un nouvel album dans les bacs ! Oh, il y a des gens des années 80, c’est formidable. Alors, est-ce que ça va toujours ? On approche, on approche. J’entends vos doigts un petit peu grincer. Alors, on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. De ? De seum, il y aura du seum. On sait que les cinq dernières années n’ont pas été vraiment très folichonnes, folichonnes pour les acquis sociaux, pour l'écologie. Pardon de vous le dire.
Monsieur Meurice, vous racontez des carabistouilles.
Qu’est-ce que c’est que ça ?
Ne ripolinez pas la façade sociale. Vous savez parfaitement que je suis votre président, donc un peu de respect, monsieur Meurice J’ai toujours respecté les Français. Je n’ai jamais insulté ces grosses merdes de Gaulois réfractaires.
Attendez… Ah oui, Emmanuel Macron qui est là ! Venez, venez !
Bonsoir à toutes et à tous !
Bon ben, Emmanuel Macron ! Bonsoir !
Bonsoir. C’est bien la première fois que je me fais applaudir par des punks à chiens, monsieur Meurice.
Ne soyez pas insultant avec les gens.
Attendez, je n’ai pas été méprisant du tout, je suis dans la bienveillance.
D’accord.
J’engage toutes celles et ceux qui en douteraient à aller se faire cuire le cul.
Vous venez d'être insultant encore, là, monsieur le Président.
Pourquoi dites-vous ça, mange-merde ? Je trouve que vous avez beaucoup de qualités, monsieur Meurice. Vous n’avez…
N’entrez pas dans les polémiques.
L’heure est grave. Il y a des guerres, des crises, des livres de Marlène Schiappa.
Non mais je sais, oui, oui. C’est une période difficile. Jean Lassalle fait le même score que Pécresse.
Mes chers compatriotes, mon père était berger. Et d’ailleurs, il avait ce genre de ceinture comme vous dans les montagnes.
Votre père avait très mauvais goût.
Ma belle région…
Il s’est endormi, merde.
Qui c’est qu’a pété, là ? Ah pardon, autant pour moi, c’est moi. Monsieur Meurice, vous ne m’avez pas félicitée, voyez-vous, pour ma grossesse.
Ah ben, je n’avais pas vu.
J’ai soufflé dans le ballon hier, voyez-vous, et les gendarmes ont été formels : trois kilos deux cents grammes. À ce niveau-là, ce n’est plus de l’alcoolémie, c’est un bébé, voyez-vous !
Non, non, non, arrêtez ! Non, non, non ! Rendormez-vous, s’il vous plaît, monsieur Lassalle. S’il vous plaît. Arrêtez, je vais vomir ! Retournez dans l’oubli avec les autres politiques, avec tous ceux… Voilà, Arnaud Montebourg, etc.
Salut les islamo-gauchistes ! Oh, gros chat ! Salut Simone, tu vas bien ? Comment vas-tu ? Super, ta coupe de cheveux. Jean-Claude Van Damme avait la même dans Full Contact en 1989. Comment qu’il va, Meurice ?
C’est un peu gênant de vous voir là parce que, depuis la remontada, on n’avait plus de nouvelles de vous, donc c’est bizarre, quoi.
Mais je suis en place, je fais du miel, du miel made in France, croyez-vous ?
Excusez-moi, pour les textes, il y a écrit…
Non, ça c’est vrai, c'était le vrai miel made in France, c’est vrai.
Moi, je veux… C’est plutôt le melon, votre spécialité, quand même.
Oui, mais un melon made in France.
Oui, d’accord, d’accord. Salut, je ne t’avais pas vu ! Non, alors, ne restez pas là parce que là, c’est plein de mélenchonistes. Vous allez les énerver. Vous avez du bol qu’il ne soit pas là, Jean-Luc, parce que sinon…
Comment ça ? Comment ça, il n’y a pas Jean-Luc à l’heure, monsieur ? Oui, monsieur ! Ah, voyez-vous ? Eh ben voilà, monsieur ! Je suis la reine d’Angleterre, c’est ça, monsieur ?
Je ne vous avais pas vu, monsieur Mélenchon, pardon, pardon.
C’est normal, avec les médias ! Salauds de médias à la solde des bourgeois ! Vous vous rendez compte ? 400 000 voix près ! 400 000, c’est moins qu’une ville comme Lyon. C’est pourquoi il faut raser cette ville de bourgeois !
Non, non, non ! C’est peut-être un peu…
Vous n’aimez pas l’humour, monsieur Meurice, c’est ça ? La comédie, c’est moi !
Non, non, non, recommencez pas, attention…
C’est moi, la République française !
Jean Castex, qu’est-ce que vous foutez là ?
Bonjour, bonjour ! Mes chers compatriotes, je suis venu après avoir été voter en Falcon. Bon, je me suis dit que je viendrais faire un détour à La Cigale. Hé ! Donc, le prochain protocole sanitaire, monsieur l’intermittent : les masques FFP2 seront disponibles pour les groupes sanguins B+, possédant un album du Collectif Métissé et trois pins de Bernard Montiel.
Non, non, c’est fini, monsieur Castex. Non, non, c’est fini. De toute façon, en plus, vous allez dégager, vous allez ne pas être renouvelé. Ça va dégager, les Blanquer, les Vidal, les Bachelot, hop, les ministres… Ah merde. Ah bon ? Madame Bachelot, qu’est-ce que vous foutez là aussi, vous ?
Ben, je ne savais pas que j'étais au gouvernement, vous me l’apprenez ?
Mais si ! Vous étiez ministre de la Culture !
Ah bon ? Vous êtes sûr ?
Oui, je suis sûr, évidemment, je suis sûr !
Ah ! C’est pour ça que j’avais un chauffeur pour m’emmener à l’opéra, voilà !
C'était sûrement pour ça. C’est d’ailleurs scandaleux de votre part d’avoir profité à ce point-là.
J’ai rien fait.
C'était ce qu’on vous reprochait : vous avez rien fait, voilà. Ah bon ? ! C’est à cause de ce genre de comportement qu’on a Le Pen au second tour, voilà…
Je ne vous le fais pas dire, monsieur Meurice.
Ah merde, elle m’appelle. Ça fait peur.
Alors les gauchiasses, ça se pisse dessus ? Vous êtes prêts à voir apparaître ma grosse tête sur l'écran ?
Bon, on me revoilà, là, avec ce que j’ai raté, les amis.
Pas vraiment prêts.
Qu’est-ce que j’ai raté ? Donc, il y a Olivier Besancenot qui est arrivé. Tout le monde est là, tous les invités du débat de 20 heures.
Vous n’aimez pas les chats, c’est ça ?
Donc, à 20 heures, on a un débat avec Elsa Faucillon, Sandrine Rousseau, Olivier Besancenot du NPA et une quatrième, Clémence Guetté. Ça, c’est le débat à 20 h 05. C’est Charline Vanhoenacker qui va vous annoncer à 20 heures les résultats. Ce n’est pas même la classe, non ?
Et j’ai dit quoi ?
Vous avez dit « planter les Arabes ».
Vieux réflexe. Je vous assure que vous êtes vraiment flippante. Vraiment, vraiment, vraiment.
De revenir, bande de débiles. Mais ce que dit Marine Le Pen, ce sont des galimatias.
Non, ça ne va pas recommencer ! Non, non. Calmez-vous, le ringard.
Et ensuite, à 21 heures, on aura un autre débat. On a participé avec Arié Alimi, avocat, Mathilde Larrère, historienne, et Priscillia Ludosky, où on va essayer de réfléchir à qu’est-ce qu’on va faire pendant cinq ans.
Bravo, poteau ! Ah ! Attends ! Juste avant de partir, comme dirait Pierre-Emmanuel Barré… Ah ! Oh la vache ! Meurice, quel enculé ! Allez, je vous laisse aller tous vous faire enculer, bande de gauchos !
Merci Pierre-Emmanuel, merci Marc-Antoine ! Vous pouvez le retrouver en tournée et au Déjazet, il va bientôt être au Déjazet, ainsi qu'à la radio. Il est sur RFM et il est même sur Europe 1. Non, il m’avait dit de ne pas le dire, mais arrêtez, personne n'écoute Europe 1. Allez, mes prochaines invitées, elles sont… Attends, qu’est-ce qu’il a fait ? Ah ah ah ah ! Qu’il est bête ! Mes prochaines invitées, elles sont deux. Et alors, c’est leur première mondiale, ce soir, en exclusivité à La Cigale, en direct sur Blast. Alors, on me dit à chaque fois des chiffres. Là, on est plus de 22 000, en tout cas le live tient, à nous regarder. Voilà, faites du bruit pour les gens qui nous regardent ! Yes ! Ils mettent des commentaires et tout, et tout, et tout. Alors, les deux prochaines invitées, elles s’appellent les Paouffes. Et vraiment, ce qu’elles font, c’est pas ouf du tout. Donc je vais vous demander… Tout n’est pas installé, là, si ? Allez. Allez, on va refaire. Je vous demande une ambiance pas ouf.
Merci pour cette ambiance vraiment pas ouf, c’est parfait. Salut, La Cigale ! Vous n'êtes pas trop, trop chauds ? Non ? OK, super. Attendez, parce que les gens sont grands. Forcément, très drôle, c’est au max. Pas grave, je fais avec ça. Voilà. Alors salut, donc nous, on est les Paouffes et on est super contentes de participer à cette soirée spéciale, parce qu’on voulait apporter notre pierre à l'édifice. Et pas n’importe quelle pierre, parce qu’on voudrait aider à l’avancement des femmes dans le droit à être un peu nulles. Oui, merci. Pas trop ouf, pas très ouf, merci. Pour enterrer définitivement le syndrome de l’imposteur. Dans ce monde où se joue la course à l’excellence, où on nous demande de traverser la rue, de se sortir les doigts du cul et de sortir de notre zone de confort, on voudrait vous proposer une pause, une sorte d'éloge à la pouffitude. À la décroissance artistique et intellectuelle. En fait, ce qu’on est en train de vivre, là, c’est un moment écologique. On est en train de dire stop à la performance.
Je t’arrête tout de suite, pardon, on va ne pas avoir le temps pour l'écologie, là. Ah bon ? Non, parce qu’il faut qu’on soit efficaces. Ah bon, mais t’avais dit que justement… Non. Si, mais il ne faut quand même pas que les gens se barrent. Ah ouais, t’avais dit qu’on n’en avait rien à foutre, des gens. Bon, alors, Françoise Giroud, qui était secrétaire d'État à la Condition féminine sous Giscard d’Estaing, disait : « La femme sera vraiment l'égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente. » Elle disait ça en 1983. Donc, en ce soir de 2022, on voulait revenir sur cette phrase parce que, à part Marlène Schiappa et Carla Bruni, qui ont vraiment, vraiment pris cette phrase au sérieux, on trouve qu’il n’y a pas eu trop d’avancées. Donc on va vous donner quelques exemples. Par exemple, le premier exemple. Vous allez voir une liste apparaître tout de suite, ou peut-être tout à l’heure, sur cet écran. Bon ben, écoutez, pendant que cette liste… Vous me dites quand il y a la liste, vous faites… Alors, par exemple, vous faites des cœurs, mais des pas ouf cœurs. Oh ben mince alors ! Alors donc, c’est formidable. On vous avait prévenus que ce n’était pas ouf. C’est bon ? Ce n’est assez pas ouf pour vous ? OK. Alors, comme vous le voyez : Marine, Éric, Nicolas, Jean, Valérie, Emmanuel, Anne, Yannick, Jean-Luc, Philippe, Fabien, Nathalie. Alors voilà bien une liste de noms de gens pas ouf. Voilà, c’est la liste des gens qui étaient candidats et candidates au premier tour de l'élection présidentielle. Donc, quand on voit cette liste, déjà, on a deux indices pour comprendre pourquoi c’est la merde aujourd’hui en France. D’accord ? Alors d’abord, c’est que des prénoms des années 50. Exactement, Odile. Ce qui veut dire que dans vingt ans… Dans vingt ans ! Ça n’apporte pas de solution, moi. C’est pas dans vingt ans, tous ces gens-là auront disparu, d’accord ? Alors qu’ils sont censés nous parler d’avenir. Déjà, y a un problème. Ensuite, deuxième indice : ce ne sont à 90 % que des prénoms d’hommes. Enfin, pas tout à fait, on est plutôt à 36-64, j’ai compté. Oui, Odile, 36-64. Est-ce que c’est 50-50 ? Non, mais t’as dit 90. Oui, mais c’est pas la question. Est-ce que dans 36, il y a 50, et dans 64 ? Donc on n’est pas sur 50-50, tu en es d’accord ? OK. Bon alors, ce qu’on a remarqué avec Odile, quand on est d’accord, c’est qu’un homme, il peut réussir même s’il est un peu nul, un peu mou ou un peu moche. Une femme, si elle est un peu nulle, on va lui reprocher d'être un peu nulle parce que c’est une femme. L’homme, on s’en fout, il a une bite, donc c’est pas grave, alors que la femme… Elle n’a pas de bite. Exactement, Odile. C’est pour ça qu’avec Odile, nous avons milité pour la candidature de Valérie Pécresse. Pour qu’enfin, la présidence de la République revienne à une femme aussi incompétente qu’Emmanuel Macron. En fait, on est les baromètres de l'état d’avancée de l'égalité hommes-femmes en France. C’est pour ça que je l’ai noté, il ne fallait pas l’oublier. Merci pour cette phrase intelligente. Encore un exemple, un dernier exemple pour vous expliquer tout ça. La soirée de ce soir, bon, sur ce plateau, il y a une parité, mais… C’est une parité d’apparat. Parce que, si vous regardez bien, toutes les femmes qui sont passées avant nous ou toutes les femmes qui allons passer après nous, elles sont toutes magnifiques et merveilleuses. Oui, OK. Charline Vanhoenacker. Ben oui ! Et GiedRé ! Klaire fait Grr, même si ce n’est pas vraiment un nom. Alors, c’est normal, c’est normal qu’avec autant de talent sur scène, les femmes ne puissent pas s’identifier et ne puissent pas se dire : « Mais moi aussi, je peux le faire. » Ça paraît inaccessible. Du côté des garçons, ce n’est pas le même problème, excusez-moi. Pablo Mira. Guillaume Meurice. « On ne peut plus rien dire. » Merci, messieurs, on vous a assez vus. De la bouche de Didier Deschamps : « Les chances de survivre… » Ouais ! Pierre-Emmanuel Barré ! Non, alors lui, on avait dit non. Non, on avait dit non. OK. Ah non, il n’est pas là. Ouf. Non, il n’est pas… Je ne le vois pas. Et donc, c’est pour vous dire qu’on a encore du chemin à faire, beaucoup de chemin à faire. Parce qu’en fait, le niveau des filles, il est là, et le niveau des mecs, il est là, et nous, on est là pour équilibrer, comme ça. Pour arriver à une parité de fond. Voilà. Et c’est pour ça qu’on voulait vous proposer quelque chose de pas ouf. Mais, pour vous dire à quel point ce n’était pas facile, ce qu’on est en train de faire, c’est qu’il n’y a même pas de mot dans la langue française pour expliquer ce qu’on fait. Si, il y a « médiocre ». « Médiocre », c’est pas mal. Oui, alors il y a quand même une connotation négative de « médiocre » qui ne me plaît pas. « Insignifiant ». « Insignifiant », non, c’est… Je préfère « pas ouf », tu vois. « Minable ». Non, « pas ouf », c’est mieux quand même. « Merdique ». Alors, on va rester sur « pas ouf », Odile. Non, non, « pas ouf ». Odile, s’il te plaît, on reste sur « pas ouf ». C’est ce qu’on veut, d’accord ? Parce que c’est pas génial, c’est pas nul, c’est pas merdique, c’est pas ouf. Nous, on est pour, on prône un engagement modéré. Et on pense qu’il faut vraiment se bouger, mais tranquille. OK ? Par exemple, l’autre fois, parce que nous, avec Odile, on est très touchées par la cause animale. C’est quelque chose, vraiment, qui nous touche énormément. Et l’autre jour, on a vu une vidéo de L214, on était choquées. Mais tellement choquées, tu te rappelles ? Oui, c'était chez toi. C'était chez moi. Qu’on s’est dit : « Il faut faire quelque chose. » Mais quelque chose de pas ouf. Alors, on a écrit une chanson. On a écrit une chanson et, pour cette chanson, j’ai pas appris la basse. Voici donc notre pamphlet sur le système de domination des animaux humains sur les animaux non humains. Alors, il faut que je me branche. Si je ne me branche pas, ça ne marchera pas. Je suis branchée ? Ouais. Ça ne marche pas sur l’accordeur. Je vous avais prévenus que ce ne serait pas ouf. C’est bien pas ouf ou quoi ? C’est ça. Voilà. Je suis un gros cochon qui aime le saucisson, ce qui fait que je me mange moi-même, mais ce n’est pas un problème. Je suis une vieille poule d'élevage qui aime les omelettes, et même si je suis en cage, je sais, c’est bête. Oh, animal humain, autophage, t’es pas très malin. Animal humain, anthropophage, tu fais un carnage. Trois, quatre… Mais je suis un petit humain qui extermine les miens, tout ça dans le plus grand calme, moi, je trouve ça normal. Oh, animal humain, autophage, t’es pas très malin. Animal humain, anthropophage… Je ne vais pas dire un mot, là. Ça, ça… Attends, c’est à moi. Tu fais un carnage. Merci. Trois, quatre.Voilà, merci. C'était les Paouffes. Merci. On espère que ce n’était vraiment pas ouf. Et on espère que toutes les femmes, ce soir, elles peuvent se dire, en nous voyant : « Moi aussi, je peux le faire. » Vous pouvez le faire ! Vous pouvez le faire !
Merci beaucoup, c'était les Paouffes ! Pour la première fois en exclusivité mondiale ! Merci Julie Duquenoy, Odile Huleux, un triomphe ! Je crois qu’on n’est pas loin, là, on n’est pas loin. Quelle heure il est ? Quelle heure vous avez ? On a le temps d’en caser un dernier ou quoi ? Mais je sais plus qui est-ce qui reste. Non… Ah ouais, ouais, je vois. Ouais, ouais, ouais. Je vois, je vois. Le mec qui était à France Inter avant ? Ouais, d’accord ! Ouais, ouais, je vois. Et vous l’aimez bien ? Je ne comprends pas cet amour que les gens ont pour toi, mais je vous demande quand même de lui faire un triomphe. Il est là, en chair et en blagues : Pierre-Emmanuel Barré !
Ludique, captivant et long, c’est ainsi que je décrirais les sept heures que nous allons passer ensemble. Alors, vous êtes ici pour découvrir un extrait de ma conférence, une rencontre dont tout le monde sortira gagnant : vous vous sentirez plus cultivés, moi je me sentirai plus riche. C’est donnant-donnant, ou win-win, comme disent les gros enculés. Alors… Alors, vous allez le voir, le principe est extrêmement simple : une question qui s’affiche à l'écran. Exemple : « Quel avenir pour la photonique quantique ? » Une réponse dans le public. Ça va être non. Alors, c’est vrai qu’on aurait pu faire plus simple que le principe de question-réponse en ne donnant que les réponses. Exemple : « Pour baiser plus souvent. » Ça sème le trouble, ça sème le trouble, parce que pour cette simple réponse, le panel de questions possibles est extrêmement vaste. On peut penser notamment à… Je vous montre les coulisses. Ou encore : « Pourquoi tu mets du GHB dans les Pom’Potes ? » Rassurez-vous, rassurez-vous, je n’utilise que des Pom’Potes bio. La santé des enfants, c’est une priorité. Très bien, maintenant que c’est clair pour tout le monde, rentrons dans le vif du sujet, rentrons au cœur du savoir. C’est parti. Première question. Bon, le principe de mon passage reposant quand même en grande partie sur ce qui va se passer sur cet écran… C’est fort probable. On s’est réunis pour essayer de construire un spectacle inclusif qui s’adresserait à tous : aux handicapés comme aux valides, aux Français comme aux étrangers, aux jeunes comme aux vieux, aux gens de droite comme aux gens intelligents. Et au bout de cinq minutes… Malheureusement, au bout de cinq minutes, on était tous bourrés et on a oublié pourquoi on s'était réunis. La dernière image que j’ai en tête, c’est quelqu’un qui rentre dans la salle de réunion, qui dit : « Hé, hé, pourquoi les chiottes pour handicapés, ils sont dix fois plus grands que les autres alors qu’ils sont moins nombreux et les trois quarts du temps, ils chient dessus avant d’arriver ? » Toute maigre ! Et juste après, on a commencé à boire. Allez, question suivante. « Comment réussir son entretien d’embauche ? » Eh bien, avant toute chose, il faut séduire le recruteur grâce à un CV de qualité. Prenons ensemble, au hasard, le CV d’un chômeur de longue durée. Pan, l’erreur ! Oh là là là ! Énorme erreur ! Gigantesque erreur. Zoom que je zoome. Pan, l’erreur ! Oh là là là ! Qui rédige un CV en Times New Roman ? Ça révèle une personnalité classique, sans originalité. Ça risque de refroidir le DRH. On privilégiera une police aérienne, enlevée, lisible, comme du Arial ou de l’Helvetica. Là ! Là, on en prend plein les mirettes !
Ça fait plaisir, Jet, ça fait plaisir. Donc vous avez dû voir qui était là, tout se prépare. J’avais coupé le son parce qu'évidemment, il y a des sondages qui arrivent, on ne peut pas les passer.
Un premier de la classe qui respire lentement…
Allez, dans sept minutes.
… pourrait effrayer le recruteur.
Charline va nous les annoncer.
Bon alors, personnellement, je préférais le gros Noir.
Combien on est là, mes amis ?
Je n’embauche pas. Malheureusement, là, il y a un décalage entre le nom et la photo. On se demande si le candidat n’essaierait pas de nous escroquer. Voilà, là, on en est sûrs.
Merci, merci, merci.
Il faut changer l’adresse également, ça ne va plus. « 74 rue Staline-Lénine, tour A, escalier C, deuxième porte à gauche, 93 200 Bobigny, en face du KFC. » Ça, typiquement, ce sont des détails dont le recruteur peut se passer. On va mettre une adresse plus attractive : « Palais de l'Élysée ». Voilà, c’est plus rassurant pour le recruteur. La partie professionnelle, à présent… La partie professionnelle, à présent. Quatre ans et demi… Alors, visiblement, il y a eu un petit couac juste après le brevet des collèges. La seule bonne nouvelle, quand on regarde ce CV, c’est qu’Emmanuel Macron a fait six ans de prison. Ça fait chaud au cœur. Malheureusement, ça n’est pas une information assez catchy pour le DRH. On va donc remplacer Fleury-Mérogis par une autre institution : l’ENA, par exemple. En plus, l’ENA, c’est comme la prison : quand vous en sortez, vous avez appris à enculer le…
Merci, Dominika, merci beaucoup. Là, ça monte en régime.
Expériences… Expériences professionnelles, à présent. Merde, KFC. Alors ça, typiquement, c’est n’importe quoi. On ne sait pas s’il était caissier, manager ou simple client. On remplace, ça saute. Pas le pavé ! Le mec, il a 43 ans, il a bossé plus que sa meuf, dis donc. Centres d’intérêt, à présent : KFC. Qu’il arrête avec ce KFC ! Ça saute, on remplace : piano, tennis, littérature, les promenades sur la plage du Touquet, l’odeur du pubis de Bernard Arnault. Qui ne l’aime pas ? Qui ne l’aime pas ? C’est à la fois fruité et musqué, avec un petit arrière-goût de framboise qui teuf dans la gorge, c’est vraiment délicieux. Tiens, remets-moi le CV en entier, s’il te plaît, Hugo. Eh ben voilà. Voilà un CV qui donne envie. Ça n’est pas grand-chose. Ce sont des petits changements à droite, à gauche, et ça vous permettra de trouver rapidement un poste à haute responsabilité. Excusez-moi, c’est l’heure du gel hydro-alcoolique, vous pouvez rester habillés. C’est devenu un geste du quotidien, comme s’habiller, acheter à manger ou masturber son chien sur une tartine pour le quatre-heures. Quelque chose qu’on fait sans même y penser. En effet, l'épidémie de Covid-19 a eu un impact énorme sur nos vies et soulève de nombreuses questions. Maintenant qu’on se salue tous en se tapant le coude, Philippe Croizon mérite-t-il encore sa carte handicapé ? Sophie Davant est-elle prête pour le monde d’après ? Et bien sûr, bien sûr, la question qu’on se pose tous : « Ma femme a perdu le goût et l’odorat, dois-je continuer à me laver le gland ? » Alors, plutôt que de survoler rapidement plusieurs questions sur le virus, j’ai décidé d’en traiter une seule en profondeur : « Combien de fois peut-on échouer dans la gestion d’une crise sanitaire avant de passer pour un con ? » Et c’est une question qui nous vient d’Emmanuel M., du Touquet. Alors, c’est vrai qu’on peut formuler quelques petits reproches à l’encontre de notre gouvernement depuis janvier 2020. J’en ai fait une petite liste ici : « En France, on ne risque rien. Attention, le virus arrive. On a mis des affichettes dans les aéroports. Regardez, je vais au théâtre avec Brigitte. C’est juste une grippette. Surtout ne sortez pas de chez vous. Allez tous voter. L’hôpital est prêt. Prenez des sacs-poubelle, on n’a pas de blouses. On a des respirateurs. On n’a pas de respirateurs. On a commandé des respirateurs. Zut, ce n’étaient pas les bons respirateurs ! On a plein de masques. Désolé, on a brûlé les masques. Les masques, ça ne sert à rien. Les masques, c’est obligatoire. On va réussir le confinement. On va réussir le déconfinement. Les enfants ne sont pas contagieux. Méfiez-vous des enfants, ils sont extrêmement contagieux. On a rouvert les écoles parce que, finalement, les enfants ne sont pas contagieux. Les soignants ont été remarquables, il faut les récompenser. On va donner une médaille aux soignants. On va aider les étudiants à s’en sortir. On va faire un pass Culture pour les étudiants. Le variant anglais, c’est qu’en Angleterre. Le variant brésilien, c’est qu’au Brésil. Le variant indien, c’est qu’en Inde. Attention, les variants arrivent ! On aura les vaccins à temps. Les vaccins sont en retard. On va lever les brevets sur les vaccins. Non, finalement, on ne va pas lever les brevets sur les vaccins, au cas où nos copains de Sanofi trouvent un vaccin en 2067. On finirait avec des bêtises ! » Merci de m’avoir écouté !
Mesdames et messieurs, Pierre-Emmanuel Barré ! Merci !
Guillaume Meurice !
Un triomphe ! Merci beaucoup. Je crois qu’il est moins deux. Est-ce qu’on peut mettre le duplex ? Voilà. Alors, il reste deux minutes. Ah, c’est Anne-Sophie Lapix sur la 2, c’est une rebelle. Je vais demander à tout le monde de revenir sur scène, les amis. Venez ! Charline, Pablo, GiedRé, les Paouffes. Allez, revenez sur scène. On va regarder.
Là, le Champ-de-Mars, c’est là où Macron attend…
Merci beaucoup d'être là !
… d’assister à sa possible victoire.
Merci les amis, merci beaucoup. Merci. Il y a Frédéric Fromet qui n’a pas de place. Bon, où on en est ? Ouais, il y a un petit suspense, là ! Est-ce que vous serrez les miches ou pas ? Bon ben, qui fait les pronostics ? Après, il y a des gens qui ont voté Le Pen ! Après, il y a des gens qui ont voté Le Pen, certainement, sur scène. Non, je ne veux pas non plus.
Français, un nouveau mandat pour Emmanuel Macron ou une première conquête de l'Élysée pour Marine Le Pen. C’est toujours un moment particulier, intense à vivre, que celui de cette révélation.
Oui, le suspense touche à sa fin. Vous pouvez voir les secondes s'écouler sur notre compte à rebours. Emmanuel Macron sera-t-il le premier président à être réélu depuis l’instauration du quinquennat ? Marine Le Pen sera-t-elle la première femme élue ? Et Marianne va vous annoncer le résultat. Et c’est Emmanuel Macron qui est réélu président de la République avec 58,2 % des voix contre 41,8 % pour Marine Le Pen. Et vous voyez sur ces images l’explosion de joie.
Merci les castors, merci beaucoup ! Merci d’avoir été là, en tout cas. Merci pour la première partie de la soirée. Merci à vous aussi, merci les amis, merci beaucoup. Je vous laisse rejoindre les coulisses, on va enchaîner !
Bonne manif à ceux qui vont manifester. Nous, on va continuer avec les deux débats.
On va enchaîner parce que c’est pas fini, putain ! C’est maintenant que tout commence, vous êtes d’accord ? J’ai l’impression que vous êtes d’accord. Alors, on est toujours sur Blast. Il y a toujours plus de 20 000 personnes qui nous suivent. 25 000 ! D’où sort ce chiffre ? C'était marqué, malin ! Malin, malin. Au suivant ! Voilà, c’est un peu l'état d’esprit. Alors, pour le « comment qu’on va faire maintenant », on va déjà faire une petite analyse. Je voudrais accueillir Serge Faubert. Il est chef du service politique à Blast et il va nous expliquer à quel point on est dans la merde, mais peut-être qu’il a de l’espoir. Serge Faubert, on peut l’applaudir !
Bonsoir à tous. Je me fais un peu l’effet du gars qui va plomber l’ambiance, le croque-mort, là, qui est invité à la fête des mariés.
Donc, je vais changer le titre.
On est plus sérieux sur les chiffres, sans être forcément rasoirs. On n’entend pas ? Voilà, je vais le monter.
Voilà. OK, j’ai changé.
La première leçon de ce scrutin, c’est que le piège qui nous a été tendu par Emmanuel Macron, ce piège, ça fait cinq ans qu’on le voit venir et on n’a pas pu l’empêcher. Il voulait installer un tête-à-tête avec Marine Le Pen.
J’ai changé le titre.
« C’est moi ou l’extrême droite. » Et bien évidemment, on ne va pas choisir l’extrême droite, en tout cas ici.
Voilà, derrière moi, vous voyez passer Sandrine Rousseau et Elsa Faucillon.
Ils sont à la fois dépossédés du débat démocratique, se sentent frustrés et sont amers.
Ah, ils installent les canapés de tout à l’heure. Ils les mettent sur scène pour le débat. Merde, le flotteur…
La droite, vous voyez le train venir, la gauche aussi, et il ne s’est rien passé.
Alors, Sabrina a dit…
Si on regarde quand même les scores… D’accord, on arrive d’où ce soir ? Formidable, très bien.
Elle rappelle le cas 17 %.
… progresse de vraiment dix points.
Il y avait des manifs sauvages de partout pour Le Pen il y a vingt ans.
Ça veut dire que, dans cinq ans, elle peut être à l'Élysée si on ne fait rien. Et la vraie question, c’est qu’on a le sentiment qu’on n’a rien fait pendant cinq ans. Et elle a pris des voix où, ça ? Ça, c’est l’autre point important. Elle a pris, bien sûr, des voix à droite. Je pense aux électeurs d'Éric Ciotti, par exemple, qui ne cachait pas son souhait de ne pas voter pour Emmanuel Macron, et ses électeurs, ceux qui l’ont accompagné à la primaire de la droite.
Peut-être qu’on pourrait faire un sondage ? On pourrait faire…
Il faut se le dire, la détestation d’Emmanuel Macron est telle qu’il y a des gens qui ont préféré la politique du pire. Ce que Jean-Luc Mélenchon appelle les « fâchés pas fachos », il n’a pas tort. Il y a un certain nombre de gens qui en ont tellement ras-le-bol qu’ils sont prêts à toutes les extrémités. Et ça, c’est aussi un problème qui se pose à la gauche et qu’il va falloir qu’elle résolve rapidement. Il ne s’agit pas de le dire, il s’agit de trouver des solutions. La gauche, justement, le problème, c’est quoi ? Il a manqué 420 000 voix à Jean-Luc Mélenchon pour être au deuxième tour. La dernière fois, c'était 600 000 voix. Il y a une progression, incontestablement. Mais le problème, c’est que la gauche, une nouvelle fois, n’est pas au deuxième tour d’une élection présidentielle. Et ça, ça questionne la gauche. Il y a bien sûr la question de la division. Tout le monde dit : « Ah oui, mais alors, si le Parti communiste, si les socialistes, si les Verts, si… » Bien sûr. En 1981, François Mitterrand a gagné et il n’y avait pas de candidat unique de la gauche ! Dans l’histoire de la gauche, il y a eu très rarement, voire jamais, un candidat unique de la gauche. Donc le problème, il vient aussi de la gauche. Moi, mon sentiment, c’est qu’il y a eu, au fil des années, un oubli de ce qui structure vraiment le cœur de la gauche. C’est le fait que la gauche, c’est la lutte des classes. Alors, c’est un gros mot aujourd’hui de dire ça. Quand on dit ça : « Mon Dieu, la lutte des classes, c’est obsolète ! » C’est la réalité. C’est ce qui structure l’histoire de la gauche et ce qui permet, effectivement, de fédérer. Et si aujourd’hui un certain nombre d’ouvriers et d’employés ont fichu le camp vers Marine Le Pen, c’est aussi peut-être pour cette raison, et c’est même beaucoup pour cette raison. C’est-à-dire que, tout à coup, on a décidé… C’est la fameuse note de Terra Nova en 2012 qui dit : « Les ouvriers, ils sont racistes, ils ne nous intéressent plus, on va trouver un nouveau compromis, une nouvelle alliance. » Ben non, parce qu’ils sont partis au Rassemblement national et le problème, c’est qu’ils ne reviennent toujours pas. Donc là, il y a vraiment une question qu’il va falloir résoudre pour toute la gauche. Sinon, on va se retrouver dans une situation pire dans cinq ans, pire. Peut-être que Marine Le Pen ne sera plus là, mais il y aura des successeurs. Il reste Éric Zemmour, il reste d’autres… Alors, si on regarde maintenant la situation à l’issue de cette présidentielle, la France est divisée en trois blocs. On a la gauche à 32 %, avec six candidats en addition, l’extrême droite, Marine Le Pen, Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, et un bloc libéral : les macronistes, une partie des socialistes qui vont se rallier et une partie des Républicains qui, déjà, sont prêts avec leur valise sur le pas de la porte et qui vont se rallier dans les jours prochains, vous verrez ça. Donc, ces gens-là, on se dit : qu’est-ce qu’on fait ? Alors, il y a l’hypothèse des législatives. Et je voudrais vous dire deux mots sur les législatives parce que, d’abord, c’est le débat qui va suivre ensuite. Et il y a un certain nombre de choses à comprendre pour ne pas perdre de temps et essayer, peut-être, de changer les choses ou, en tout cas, de redresser ce résultat de ce soir. D’abord, il y a un mois. Il y a un mois pour se mettre d’accord. Les candidatures doivent être déposées le 20 mai au plus tard. La question, c’est la capacité à trouver un accord entre les différentes forces de gauche autour d’un programme. Jean-Luc Mélenchon dit : « C’est très simple, il y a un programme qui existe, ça s’appelle L’Avenir en commun. Donc il n’y a qu'à prendre celui-là. On peut l’aménager un petit peu, mais prenons celui-là. » Ça tombe bien, en plus… Et puis il y a une bannière qui est identifiée, qui commence à être connue, c’est l’Union populaire. Donc prenons l’Union populaire, prenons L’Avenir en commun. Je sens qu’il y a des partisans de Jean-Luc Mélenchon ici. Je ne me suis pas trompé. Mais il y a quand même un problème, c’est que les autres, les socialistes, les communistes, les Verts, ça va être un petit peu délicat de se rallier à Jean-Luc Mélenchon comme ça, tout simplement. Enfin, il y a un côté humiliation. Il va falloir aménager la transition et faire qu’ils puissent se rallier sans perdre la face. C’est compliqué, la politique, c’est aussi du symbole. Il faut trouver les moyens qu’ils puissent se rallier sans perdre la face, parce que sinon, ils ne viendront pas. Ça, c’est la première question. Au-delà de l’accord politique, maintenant, il y a une question de rapport de force. Si vous voulez une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, il faut trouver 289 députés d’ici deux mois. 289 députés, c’est la majorité plus un. Et quand on regarde les chiffres, on est quand même loin de ce score. Au premier tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans 104 circonscriptions législatives. Sur ces 104, il est majoritaire dans 21 circonscriptions. Majoritaire, ça veut dire au-delà de 50 %. Donc il y a 21 circonscriptions où on peut considérer qu’il y a de fortes chances qu’un député insoumis soit élu. Mais pour les 104 où il est arrivé en tête, ça ne veut pas dire qu’elles sont acquises à l’Union populaire ou qu’elles sont acquises à la gauche. Donc il y a énormément de travail, il y a du pain sur la planche. Il y a un deuxième problème qui va se poser dans les négociations, pour que vous compreniez de quoi il retourne, c’est la clé de répartition des circonscriptions. Pour qu’il y ait un candidat unique, il y a 577 circonscriptions. Ça veut dire qu’il faut que la coalition qui se met en place présente 577 candidats uniques. Le problème, c’est que ces candidats, ils vont venir de différents partis. Et quelle va être la clé de répartition ? Jean-Luc Mélenchon dit : « C’est très simple, on prend les résultats du premier tour de la présidentielle, on fait une règle de trois et on aboutit à un certain nombre de circonscriptions qui seront dévolues au NPA, à Lutte ouvrière, aux écolos, au Parti socialiste, à La France insoumise, au Parti communiste, et on s’arrange comme ça. » Oui, sauf que cette clé de répartition, elle aboutit tout simplement à priver le Parti communiste et le Parti socialiste de toute chance d’avoir un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Et je ne fais juste qu’expliquer les contraintes pour trouver un accord. Je ne suis pas en train de dire : « Il faut qu’ils aient un groupe » ou « pas un groupe ». Ce n’est pas mon problème. Je suis juste en train de vous dire quelles vont être les difficultés. Et puis il y a une troisième difficulté dont on ne vous parle pas souvent, mais qui est une difficulté très importante : c’est l’argent. Le système de financement public des partis en France, il se fonde à la fois sur le nombre d'électeurs que vous avez recueillis dans 50 circonscriptions. C’est-à-dire que, pour avoir du financement public, pour faire vivre un parti politique, en plus des cotisations des adhérents, il faut présenter au minimum 50 candidats, donc dans 50 circonscriptions, et que ces 50 candidats obtiennent 1 %. Et ensuite, les pouvoirs publics, l'État en l’occurrence, donnent 1,42 euro chaque année par électeur. Ça a l’air de rien, mais à la fin, ça fait une somme et ça permet de faire de la politique. Ça, c’est le premier problème qui va se poser. Parce que, si on présente des candidats unis, il va falloir quand même faire une clé de répartition qui permette aux candidats communistes, aux candidats écologistes, etc., de retrouver un peu d’argent pour financer leur parti. Je vous rappelle quand même qu’il y a deux partis qui sont très en difficulté aujourd’hui : c’est le Parti socialiste et les écologistes, qui font en dessous de 5 %. Donc leurs frais de campagne ne seront pas remboursés. Il faut qu’ils trouvent de l’argent. Cet élément va jouer dans la négociation. Et dernier élément, mais qui pèse quand même : un député, ça rapporte 37 000 euros à son parti chaque année. Et cette question-là, elle est déterminante aussi pour faire vivre les partis. Donc voilà, vous avez maintenant la donne : trouver un accord politique, gagner des circonscriptions, résoudre la question de l’argent, et vous avez la clé du scrutin des législatives. Alors, vous allez me dire : « Mais bon, est-ce qu’il y a une possibilité qu’ils aient une majorité de gauche à l’Assemblée nationale ? » Sur le papier, il y a toujours la possibilité. Après, je dirais qu’il y a un trou de souris, mais c’est un trou de souris, vraiment une petite souris, une très petite souris. Enfin, il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre et il n’est pas besoin de réussir pour persévérer. Donc, à vous de travailler.
Serge Faubert, mesdames et messieurs ! Merci beaucoup ! C’est vrai qu’avec une guitare, ça aurait pu le faire, mais je faisais une petite chorégraphie, moi, derrière. Putain, il y a carrément des gens qui se sont assis, quoi ! Ça part en ZAD ! J’aime ça, j’aime ça ! Alors, dans le « qu’est-ce qu’on pourrait faire maintenant ? », est-ce que l’on ne pourrait pas mieux voter ? Est-ce qu’on n’en a pas plein le cul, tous les cinq ans, de voter pour le ou la moins nul ? Alors, on a peut-être une piste, on a peut-être une solution. La prochaine invitée, elle est journaliste et cofondatrice de l’association Mieux Voter. Je vous demande de faire un triomphe à Paloma Moritz !
Bonsoir ! Bonsoir tout le monde, est-ce qu’on m’entend ? OK, c’est bon, on m’entend. Alors, je suis désolée, ce soir, moi non plus, je ne vais pas… Comment ? Vous ne m’entendez pas ? Ah oui. Bonsoir, pardon. Bonsoir, bonsoir. Donc, je suis désolée, moi, ce soir, je ne vais pas faire de blagues non plus, mais pour compenser, je vous propose de vivre ensemble une expérience démocratique et de renverser vos perspectives. Voilà, c’est mon ambitieux projet de la soirée. Donc, pour commencer, j’aimerais faire un petit sondage à main levée, parce que vous m’avez l’air d'être un échantillon super représentatif de la population française. Donc, je vais vous demander de lever la main si vous avez voté au premier tour de l'élection présidentielle. Bravo, très nombreux, à ce que je vois. Bravo à vous. Alors maintenant, je vais vous demander de fermer les yeux et de jouer le jeu, s’il vous plaît. Tout le monde a les yeux fermés ? OK. Deuxième question : qui, parmi vous, a senti que votre vote vous avait donné du pouvoir sur le résultat final ? Relevez la main. Et là, vous êtes nettement moins nombreux. Vous pouvez ouvrir les yeux. Regardez les mains levées : il y en a à peu près une dizaine, alors que je pense qu’une grande majorité de la salle avait levé la main. Et donc, c’est simplement un petit sondage pour montrer, en fait, le paradoxe de notre démocratie représentative. Pendant cette élection présidentielle, beaucoup de personnes ont hésité à aller voter ou y sont allées en traînant les pieds, persuadées que leur voix resterait inaudible. Comment expliquer que ce droit de vote, pour lequel nous nous sommes tant battus, et particulièrement nous, les femmes, soit aujourd’hui dénigré, vidé de son sens, et que les abstentionnistes soient devenus le premier parti de France ? Un électeur sur quatre n’a pas voté le 10 avril, et on peut les comprendre. Mais franchement, est-ce que vous ne pensez pas qu’on peut mieux faire ? Qu’on doit mieux faire ? Et si la question, en fait, n'était pas pourquoi on vote, mais comment ? Est-ce que vous voyez où je veux en venir ? Alors oui, je ne voulais pas le dire tout de suite, mais je suis venue vous parler de mode de scrutin. Alors je sais, ça n’a pas l’air très sexy comme ça, mais c’est en fait essentiel. Face à ce second tour écrit d’avance, on a beaucoup critiqué les sondages, les médias, mais on ne pense jamais à la chose la plus importante, celle qui conditionne tout : les règles du jeu démocratique. Vous vous en êtes peut-être rendu compte, mais notre mode de scrutin actuel n’est pas la meilleure manière de représenter nos opinions. Et pourtant, on l’utilise depuis l'élection de nos délégués de classe au collège. Et on voit bien qu’aujourd’hui ce système s’essouffle, qu’il crée de la frustration, qu’on est tous un peu paumés. Le jour du premier tour, un électeur sur cinq ne savait pas encore pour qui aller voter au moment d’entrer dans l’isoloir. Pourquoi ? Parce que notre système de vote nous force à choisir une seule candidature, alors que, la plupart du temps, on a un avis sur la plupart des candidats. Et surtout, ce vote actuel ne nous permet pas de l’exprimer ou de dire, en fait, ce qu’on pense vraiment, ce qu’il y a derrière notre vote : du dépit, de l’adhésion, un enthousiasme incroyable ou un vote barrage en se pinçant le nez, par exemple. Bref, nous votons mal et personne n’en parle. Notre mode de scrutin crée de la frustration, mais aussi un énorme malaise démocratique. On l’a vécu avec cette élection où des… Je sais, mais je continue ma démonstration quand même. On l’a vécu avec cette élection : il y a des centaines de milliers de personnes qui ont été dans des dilemmes interminables sur le fait de voter utile, par défaut, par conviction. Et si je vous disais qu’il existe un système de vote qui pourrait complètement changer notre façon de faire de la politique et le fonctionnement de notre démocratie, qu’avec ce système, nous n’aurions peut-être pas le même président ce soir ? Ce système, c’est le jugement majoritaire. Je vais refaire un vote à main levée parce que j’adore ça. Qui connaît le jugement majoritaire ? Levez la main. Pas mal, pas mal. OK. Bon, je vais quand même m’expliquer pour les autres. Donc, c’est un mode de scrutin qui a été inventé en 2007 par deux chercheurs au CNRS. Son principe est simple et, pourtant, il change absolument tout. Le jugement majoritaire permet d’exprimer son opinion sur tous les candidats plutôt que de voter seulement pour un candidat. Comment ? En leur attribuant des mentions : « À rejeter », « Insuffisant », « Passable », « Assez bien », « Bien », « Très bien », « Excellent ». Et là où c’est révolutionnaire, c’est que chaque candidat a exactement le même nombre de voix. La personne élue n’est donc pas celle qui aura le plus grand nombre de voix, mais celle qui sera la mieux évaluée par une majorité, en d’autres termes, qui aura la meilleure mention majoritaire. Quand j’ai découvert le jugement majoritaire en 2017, j’ai eu l’impression de voir pour la première fois ce qui était sous mes yeux depuis des années. On considère notre mode de scrutin comme une évidence alors qu’il est tout sauf intuitif. Et surtout, il en existe d’autres, plus démocratiques. En fait, c’est un peu comme si on continuait à s'éclairer à la bougie alors qu’il suffirait d’appuyer sur l’interrupteur pour allumer la lumière. Et donc là, vous vous dites : « OK, c’est bien joli tout ça, mais si on votait à l'élection présidentielle au jugement majoritaire, qu’est-ce que ça changerait très concrètement ? » Eh bien, tout, puisque le jugement majoritaire nous donne une réelle liberté d’expression et peut donc redonner envie de voter à ceux qui se sentent laissés pour compte. Par exemple, une personne qui comptait voter pour un candidat qui a peu de chances de l’emporter pourrait, avec notre système actuel, se dire qu’elle ne va pas se déplacer, persuadée que sa voix ne comptera pas. Alors qu’avec le jugement majoritaire, cette personne pourra s’exprimer pleinement sur tous les candidats et donc avoir plus envie de voter puisque sa voix sera prise en compte. Le jugement majoritaire permet aussi une meilleure photographie de l’opinion puisque, avec les mentions, on peut voir… Donc, le jugement majoritaire permet aussi une meilleure photographie de l’opinion, puisqu’on peut savoir quel est le degré de légitimité accordé à chacun des candidats en fonction de sa mention majoritaire. Ça aurait pu être intéressant, par exemple, pendant ce second tour, d’avoir un vote au jugement majoritaire. Sachant d’ailleurs, et je le rappelle, que les trois quarts des électeurs n’ont pas voté pour Emmanuel Macron au premier tour. Niveau légitimité, on a vu mieux. Et vous savez quoi ? Avec le jugement majoritaire, même le vote blanc, c’est possible. Il suffit de mettre « À rejeter » à tous les candidats. En bref, le vote redevient un pouvoir. Surtout qu’avec ce système, si tous les candidats avaient comme mention « À rejeter » ou « Insuffisant », par exemple, une nouvelle élection pourrait être organisée avec de nouveaux candidats. Alors oui, c’est vrai, le jugement majoritaire est plus exigeant parce qu’il nous demande de nous informer pour nous faire une opinion sur chacune des candidatures. Mais c’est en fait un pari sur notre intelligence, qui nous envoie par là même un message fort et essentiel : « Votre voix compte, et nous allons la compter dans toutes ses nuances. » Parce qu’une opinion, c’est complexe. Pour le débat politique aussi, ça changerait tout. L'élection ne serait plus une course pour arriver en tête, mais plutôt un moment pour convaincre les Français sur des sujets spécifiques. La politique redeviendrait un débat d’idées plutôt qu’une lutte de pouvoir. Ce qui reviendrait, si on est un peu idéaliste comme moi, à voter pour un programme plutôt que pour une personne. Les campagnes électorales seraient aussi totalement différentes et ne se résumeraient plus à toutes ces petites phrases et punchlines qui dénigrent les camps opposés pour leur faire perdre des voix. Les candidatures d’un même bord politique n’auraient plus intérêt à se taper dessus. Coucou la gauche ! Puisque tout le monde aura exactement le même nombre de voix. Bref, si on résume : une plus grande liberté d’expression, moins de guéguerres politiques stériles, un réel pouvoir donné aux électeurs. Alors qu’est-ce qu’on attend pour l’appliquer, pour essayer ce jugement majoritaire ? Bon, si je redescends un tout petit peu sur terre, je sais bien qu’il y a du boulot avant que la prochaine présidentielle se fasse au jugement majoritaire. Mais ce qu’il faut, ici, c’est remettre les modes de scrutin au cœur du débat public. Car le jugement majoritaire est une solution parmi d’autres qui nous apporte une nouvelle expérience démocratique à un moment où nous en avons grandement besoin. Je rappelle ici que près de deux tiers des Français estiment que la démocratie est en danger. Et en réalité, vous tous, autant que vous êtes là dans la salle, vous pouvez être les ambassadeurs de ce nouveau système. Parlez-en, débattez autour de vous et montrez par là que notre démocratie est loin d'être morte si nous sommes capables de nous saisir des idées de notre temps. Car n’oublions pas une chose : il n’y a pas d'état de fait, jamais ! La démocratie est en elle-même un processus d’invention perpétuelle. Une dynamique… La démocratie est en elle-même un processus d’invention perpétuelle, une dynamique qui doit être sans cesse questionnée pour bien fonctionner et qui se définit par sa capacité à se renouveler. Alors rappelez-vous : ce qui compte, ce n’est pas pourquoi on vote, mais comment. Et mieux voter, c’est possible.
Merci beaucoup ! Un triomphe pour Paloma Moritz, s’il vous plaît, La Cigale ! Merci beaucoup, Paloma ! Merci, merci, merci. Ça va, les gauchers, ça ? Putain, mais quel ramassis de feignasses, c’est pas possible ! Alors, on va continuer la soirée avec le « qu’est-ce qu’on fait maintenant ? ». Je vais… Calme-toi ! Je vais accueillir la célèbre Salomé Saqué, de Blast, entre autres. Un triomphe pour Salomé ! Les gens t’aiment, il y a un amour, les gens aiment Salomé Saqué. Alors, explique-nous ce qui va se passer, Salomé. Qui est-ce qu’on va recevoir ?
Eh bien, on va essayer de garder un petit peu espoir. Alors, je sais pas si vous êtes soulagés ou pas d’avoir vu ces 58 % d’Emmanuel Macron. Là, on va essayer de se demander ce qu’on va faire maintenant.
Donc, les amis, Blast a pris le contrôle de la soirée, on va faire les débats. Alors, il y a quinze minutes, vingt minutes de retard. Regardez ça, ils installent ça. En fait, ce canapé, je vous ai montré tout à l’heure, qui était dans les loges. Sinon, la plupart des gens, ils sont debout dans les loges. Est-ce qu’on peut avoir une cohabitation ? Donc, premier débat politique avec Olivier Besancenot, Elsa Faucillon, Sandrine Rousseau et Clémence Guetté. Et ensuite, dans une heure, le débat société. Bon, les amis, demain matin, on se retrouve aussi à 9 heures. Je pense qu’ils veulent aller ailleurs. On se retrouve à 9 heures pour faire le débrief. Je crois que le résultat, c’est 58,2.
Clémence Guetté, coordinatrice du programme de La France insoumise. À ses côtés, Elsa Faucillon. Allez-y !
Comment ça va ? Ça va beaucoup mieux. Alors, je vous laisse avec le débat, les amis. Je n’ose pas trop toucher la bête parce que le PC est en surchauffe. Qu’est-ce qu’il a dit, Mélenchon ?
Ah, fallait te présenter !
Olivier Besancenot, du Nouveau Parti anticapitaliste.
Ce que je ne comprends pas, c’est que le…
Malheureusement, Sandrine Rousseau n’a pas pu venir. On va directement commencer par réagir à ce score. Emmanuel Macron a fait 58 %. Je ne sais pas comment vous êtes. Est-ce que vous êtes soulagés ou pas ? Est-ce que c’est une bonne nouvelle ou pas ? En même temps, je ne vous cache pas que j’avais un peu peur de devoir parler ici du score, peut-être, de l’extrême droite et peut-être d’une présidente d’extrême droite. Donc moi, à titre personnel, je suis plutôt soulagée. En tout cas, Clémence Guetté, comment vous accueillez ce score en tant que représentante de La France insoumise ? Comment vous réagissez ?
Bon, déjà, merci beaucoup pour l’invitation.
Je ne sais pas si vous m’entendez bien.
Oui.
Alors, c’est particulier comme ambiance.
Ouais, ouais.
Les gens sont saouls, hein, donc tu peux dire n’importe quoi.
Bon, donc on est contents d'être là. Évidemment, c’est un moment un peu particulier parce que Macron vient d'être élu. 58 %, malgré tout. Donc ça peut paraître un score très élevé, mais il est très mal élu, ce président. Il a rassemblé, du premier au deuxième tour… Il a rassemblé qu’un tiers d'électeurs qui avaient voté pour lui au premier tour. Donc ça veut dire qu’il y a deux tiers d'électeurs qui se sont mobilisés par défaut pour faire barrage, parce qu’ils avaient peur.
Non, ce n’est pas bon.
Nous, évidemment, n’avons pas donné de consigne de vote parce que ça nous paraissait la peste ou le choléra, ce second tour, et qu’on savait à quel point ça pouvait être compliqué. On avait dit, je vous sens réactifs, on avait dit évidemment : « Pas une voix pour Marine Le Pen », mais on pense que les citoyens et les citoyennes savaient ce qu’il fallait faire. Après, on est maintenant dans cette situation-là. Il a été extrêmement mal élu et on est un peu dans l’indécision de qu’est-ce qu’on va… On va en discuter, évidemment, ce soir. C’est une crise de la représentation politique, c’est une crise de la Ve République. On est à un niveau d’abstention, de bulletins blancs et de bulletins nuls qui est extrêmement élevé. Et donc, ça n’a réglé aucun des problèmes qu’on se posait avant ce second tour et aucune des urgences auxquelles, nous, il nous semblait qu’il fallait répondre et qu’on a martelées pendant la campagne, c’est-à-dire : urgence démocratique, comment on réconcilie le peuple avec le système politique ; écologique, et on sait très bien que ce second tour ne nous apportait aucune solution ; et urgence sociale, puisque Macron a annoncé la couleur et qu’on a bien vu que Marine Le Pen était l’autre candidate des riches, de toute façon. Donc les urgences sont toujours là. Et donc nous, la proposition politique qu’on met sur la table, et j’imagine qu’on va en discuter ce soir, c’est : maintenant, le second tour est passé, on a un troisième tour qui arrive, c’est les élections législatives, c’est les 12 et 19 juin. Il faut qu’on se mobilise, qu’on réussisse à envoyer une majorité d’opposition qui va pouvoir mener le combat à l’Assemblée nationale. Et Jean-Luc Mélenchon Premier ministre.
Merci beaucoup. Alors, j’aimerais préciser juste une toute petite chose. Avant la fin de ce plateau, il y a Guillaume Meurice qui va passer dans la salle parmi vous et qui va peut-être choisir une ou deux personnes qui auraient des questions à poser à nos invités. Donc réfléchissez-y.
Euh, ouais, des questions courtes, hein, que ça parte pas en congrès de la CGT.
J’ai une question, mais avant, je voudrais revenir sur une chose…
Non, non, non.
Mais avant toute chose, j’aimerais qu’on réagisse à ce qu’a dit Clémence Guetté. Donc voilà, La France insoumise dit : « Il faut gagner les élections législatives. » Mais moi, je me souviens du lendemain de l'élection du premier tour où il y avait quand même une sale ambiance à gauche, voire une très, très mauvaise ambiance. Et ça tirait quand même, en tout cas sur les réseaux sociaux, sur les communistes et les Verts, qui seraient responsables du fait que Jean-Luc Mélenchon n’ait pas passé. Alors moi, la question que je me pose ce soir, c’est : est-ce que vous êtes prêts, en tant que représentants des partis de gauche, à vous unir pour les élections législatives ?
Je peux préciser un truc, quand même ?
Rapidement, oui.
Très rapidement, mais juste la présentation qui en est faite : « C’est La France insoumise. » Je veux préciser quand même qu’on a fait une campagne qui était déjà une campagne d'élargissement et de rassemblement, qu’on a fait le Parlement de l’Union populaire, qu’il y a des gens comme Claire Lejeune, Aymeric Caron, plein de gens qui nous ont rejoints pendant cette campagne et qui ont déjà fait campagne avec nous, et plus largement. Donc le mot d’ordre et la façon dont on aime à mener campagne ensemble, c’est « Union populaire », et pas juste « La France insoumise ». Pour nous, c'était assez important, déjà.
Alors, est-ce que tout le monde est d’accord sur ce plateau ? Mélissa Camara, en tant que représentante d’Europe Écologie-Les Verts, est-ce que vous pensez que les deux partis sont prêts à faire des accords ?
Déjà, revenir sur ce résultat. J’avais, comme toi, le ventre noué toute la journée. Je suis, comme beaucoup de Françaises et de Français… Je n’avais pas le luxe de m’abstenir aujourd’hui, avec un père pas français, en tant que femme noire, lesbienne, c'était un peu compliqué d’avoir l’extrême droite au pouvoir. Du coup, on a fait le taf, on s’est sali les mains et maintenant, on se retrouve avec Emmanuel Macron. Emmanuel Macron qui, comme tu l’as dit, a été très mal élu. Emmanuel Macron qui a fait une campagne exécrable. On a été finalement responsables pour lui durant ce second tour. Il a été méprisant, il a reparlé de sa réforme des retraites, il nous a dit qu’il n’y avait pas de vote barrage. Donc maintenant, effectivement, face à ce rouleau compresseur qui s’annonce ultralibéral pour les cinq prochaines années, il va falloir que la gauche se rassemble. Il va falloir que la gauche ne fasse pas les mêmes erreurs qu’il y a cinq ans. Il va falloir que la gauche prenne ses responsabilités. On a dix millions de pauvres dans ce pays, il y a 400 000 pauvres en plus en cinq ans, il y a sept millions de personnes qui ont besoin de l’aide alimentaire pour vivre dans ce pays. Et donc il va vraiment falloir, pour toutes ces personnes, qu’on se rassemble entre différentes sensibilités de gauche et écologistes et qu’on y aille tous ensemble, parce que le GIEC est formel, il nous reste trois ans, on a une explosion des inégalités. Et oui, on est prêts à le faire pour sauver le pays. Aujourd’hui, on a sauvé la République contre les fachos et demain, on va sauver la République contre Emmanuel Macron.
Alors, encore une fois, se pose toujours cette question de l’union. Pendant la campagne, Fabien Roussel, le candidat du Parti communiste, a été particulièrement virulent à l'égard de Jean-Luc Mélenchon. Elsa Faucillon, vous êtes députée communiste. Est-ce que vous pensez qu’une alliance entre ces deux partis est possible pour les élections législatives ?
Bonsoir à toutes et tous. D’abord, je le précise, et je l’ai précisé à Blast en acceptant l’invitation, je ne peux pas dire aujourd’hui que je parle avec un mandat au nom du Parti communiste. Je n’en suis pas la porte-parole. Et donc je parle à titre personnel, en tant que députée communiste. Ça permet de balayer un peu les choses et de ne pas en faire la ligne ou, en tout cas, le mandat du Parti communiste. D’abord, dire que… Voilà. Moi, j’espérais… On peut dire qu’on est soulagés d’avoir évité le pire. Ça signifie pas que j’ai pas totalement conscience que la catastrophe s’annonce et que le soulagement est d’extrêmement courte durée. Et d’ailleurs, c’est même assez difficile de parler de soulagement parce que, forcément, quand on est élue et qu’on a à cœur de rencontrer les habitants et les habitantes de sa circonscription, on sait à quel point ils craignent le mandat qui s’annonce. Ils le craignent parce qu’ils en ont déjà vécu cinq ans, qu’ils en bavent et qu’ils savent, et on sait, qu’on va en baver très, très, très fort. Donc on a un résultat ce soir qui, au-delà du petit soulagement de courte durée, qui est évidemment extrêmement important parce que j’ai extrêmement conscience de ce qu’aurait pu être une élection de Marine Le Pen dans ce pays… J’ai la même lucidité sur ce qu’il va falloir faire face à Emmanuel Macron. D’autant qu’on sait que si rien ne se passe face à ça, c’est-à-dire qu’on considère que, voilà, il y a soulagement, que la République est sauvée, d’une certaine manière, même si la phrase en elle-même est dure à dire, d’abord les gens vont en baver, puis on sait que s’il se passe rien, la fois d’après, on peut se retrouver là dans cinq ans. Je ne sais pas ce qu’on sifflera, mais il y a de grandes chances qu’on siffle l'élection de Marine Le Pen ou d’un autre ou d’une autre d’extrême droite. Parce que les digues, elles ont déjà sauté suffisamment et qu’il y a conscience que ça peut se reproduire, que le scénario mortifère peut se produire, mais qu’en plus, il peut largement se modifier.
Ben, j’y vais, j’y vais, mais ça mérite quand même que, si vous le savez, je vous laisse la parole : vous me dites où en sont les accords.
Les accords, en fait, c’est pour ça que j’ai dit aussi que je n'étais pas la porte-parole du PCF. C'était que… Je dis que moi, je souhaite qu’on ait un accord. Je le dis depuis un moment, d’ailleurs. Je disais déjà qu’il fallait une candidature commune, donc si vous voulez…
Mais on n’a pas de candidature commune. Il y a des partis qui sont en train de se réunir.
Je souhaite qu’on ait un accord parce qu’il y a une exigence aussi, dans la population, extrêmement forte de rassemblement et que c’est la seule manière qu’on évite à peu près la catastrophe dont je viens de vous parler. Après, ce que je peux vous dire, c’est que ça a l’air de plutôt bien se passer, mais que forcément, toute réunion peut faire que ça peut mal se passer. Donc on n’a plus qu'à exiger ensemble que ça se passe le mieux possible.
Alors ce soir, on a décidé d'être optimistes. Donc on va dire qu’on croit à cette union de la gauche et que la gauche va s’unir pour les législatives. Mais j’ai fait le calcul par rapport à l'élection du premier tour et, si on ajoute tous les électeurs dits de gauche, on obtient une trentaine de pourcents. Ça veut dire qu’il y a 70 % des gens qui votent à droite. Donc, comment…
C’est vraiment un échantillon représentatif de la population !
Les socialistes sont comptés à gauche ou à droite, du coup ?
C'était pour ça que j’ai dit une trentaine de pourcents !
Le dessin d' Urbs, Rodolphe, est super !
Olivier Besancenot, pour vous, est-ce qu’on peut vraiment changer les choses aujourd’hui à l’Assemblée nationale ?
À l’Assemblée nationale seulement, non, j’y crois pas. Voilà, je préfère le dire. D’abord, salutations de Philippe Poutou, qui vous embrasse très fort. Voilà. Je suis fier, je suis fier d'être son hologramme ce soir. Voilà. Et parmi les regrets, on regrette qu’il n’y ait pas eu de débat entre candidats. Je pense qu’il en aurait fait transpirer deux, trois. Voilà. Donc, pour répondre à ta question, si c’est une convergence, une alliance unitaire où on respecte les identités des uns et des autres, l’indépendance des uns et des autres, pour faire face au fascisme, parce que c’est ça dont on parle aujourd’hui, et face à une droite libérale qui va être autoritaire, que ce soit dans la rue, dans les urnes, pourquoi pas, bien sûr. Si c’est pour faire la session de rattrapage de la présidentielle, je pense qu’on est mal barrés. Donc, je n’ai pas les mains… Je n’en ai pas. Ce n’est pas moi qui ai la main là-dessus. Nous, on a dit qu’on était disponibles pour discuter de tout ça. Je ré-insiste pour dire que ce ne sera pas simplement qu’au moment des législatives. Quand on parle de troisième tour, si on ne se paye pas de mots, ça veut dire prendre l’engagement, tous et toutes, quelles que soient nos sensibilités, autant qu’on est, de ne pas faire tous les rendez-vous manqués qu’on a faits les cinq dernières années. La leçon politique qu’il faut tirer, c’est que l’extrême droite, depuis des années et des années, elle est complètement décomplexée dans son camp. Il faut qu’on apprenne, j’espère que ce sera un mal pour un bien, à être aussi décomplexés dans notre camp, à nous assumer fièrement. Dire dans ce pays que, quand on est de gauche, quelle que soit notre sensibilité, on arrête de regarder ses pompes, on arrête de s’excuser, on arrête de s’excuser d'être anticapitalistes, d'être antifascistes, d'être antiracistes, d'être écologistes, d'être internationalistes. Et, pour prendre ce seul exemple, d'être antiracistes ! Et il faut l’assumer, maintenant. Par exemple, pardon de le dire, mais là, ça concerne pas que le NPA. Pendant trop longtemps, on a été trop peu nombreux à réclamer la liberté de circulation, d’installation, l’accueil des réfugiés, quels qu’ils soient. Il y a eu 100 000 réfugiés qui venaient d’Ukraine. En 24 heures, Castex, il a dit : « C’est possible. » Donc ça veut dire que, si avant ça ne se faisait pas, ce n’était pas parce que ce n'était pas possible, c’est parce que tu ne voulais pas le faire. Quand il s’agissait de Syriens, quand il s’agissait de Kurdes, quand il s’agissait de Libyens. Donc la régularisation, par exemple, de tous les sans-papiers, j’espère que ce sont des combats qu’on va mener ensemble. Dès qu’ils toucheront aux retraites, il faudra qu’on y soit ensemble. La force est avec vous, voilà !
Encore une fois, je ne veux surtout pas casser l’ambiance. Je suis désolée, il faut qu’on continue, mais nous, on n’a pas eu d’alcool avant d’aller sur scène.
Vous chantez faux, putain !
Vous ne rendez pas les choses faciles, là ! Alors, encore une fois, je suis désolée, je vais faire un petit peu le rabat-joie, mais ce discours-là ne provoque pas des réactions comme les vôtres partout en France.
Vous avez qu'à écouter mes chroniques et vous allez vous en rendre compte.
Vous allez vous en rendre compte ! Exactement ! La question, c’est, pour revenir à quelque chose d’un peu stratégie politique : Clémence Guetté, comment on fait pour résister au Parlement si on n’est pas en majorité ? Est-ce qu’on peut quand même faire pression pour, justement, que se mettent en place, comme l'évoquait Olivier Besancenot, des mesures d’accueil des migrants, des mesures sociales, des mesures écologiques ? Parce que ça ne va pas être au cœur du débat politique, si on en croit ce qu’on a vu jusqu'à présent. Comment vous comptez faire, là, dans les cinq prochaines années, pour lutter, pratiquement ?
Bon, déjà, le truc, c’est qu’on a parlé d’union de la gauche. Moi, je ne veux pas faire croire que, si on a fait des campagnes présidentielles différentes, ce n'était pas aussi pour des raisons politiques. Il y avait des raisons politiques. Et s’il y a un accord, il se fera sur un programme. Ça a été mon rôle pendant la campagne présidentielle, on y a bossé pendant deux ans. Ce n’est pas pour dire qu’en fait on s’en foutait. Donc il y aura un programme et il y a des discussions de fond à avoir et des accords à trouver sur cette base. Parce que ce qu’on doit emmener, OK, c’est les électeurs de gauche qui ont l’air d'être massivement représentés dans la salle, mais c’est aussi des gens qui sont très, très loin du vote et qui se sont déplacés cette fois-ci parce qu’ils y ont cru, parce qu’il y avait un espoir. C’est pour ça qu’on parle d’un bloc populaire. Un bloc populaire, ce n’est pas juste la gauche et l’union de la gauche. Donc ça doit se faire sur des bases programmatiques claires et des choses, des combats qu’on sera prêts à mener ensemble. Et donc, j’en viens au rôle de l’Assemblée nationale. À 15 députés élus, on peut former un groupe. On peut, par exemple, faire une commission d’enquête et traîner des patrons devant une commission de députés qui les interroge et qui les passe à la question. À 58, on peut faire des motions de censure sur tout ce que propose le gouvernement et s’y opposer. À 185, on peut demander des référendums pour que le peuple français puisse s’exprimer sur des sujets extrêmement importants. À 289, on peut gouverner, on aura la majorité et on aura un Premier ministre. Donc on peut faire des choses à l’Assemblée nationale. Je rejoins quand même ce qui a été dit avant : on le disait même quand on avait l’ambition de gagner cette élection présidentielle, il va falloir que ça s’accompagne de mouvements dans la rue. Parce que Macron a annoncé la couleur. Ce qu’il propose, c’est continuer sur l’assurance chômage pour plonger toujours plus de gens dans la précarité. C’est continuer sur la casse du Code du travail, qu’il estime encore trop épais, même s’il a déjà bien fait le ménage. C’est continuer sur tout son projet de destruction sociale. Donc ce sera évidemment au Parlement et aussi dans les mobilisations sociales, qu’il ne faut pas qu’on abandonne. Et on sait qu’on va avoir beaucoup de boulot.
Merci. Elsa Faucillon ?
Si je considère évidemment que tout ne se jouera pas à l’Assemblée nationale, je pense que les négociations qui se passent en ce moment, elles sont importantes aussi sur la question que vient d'évoquer Clémence, c’est-à-dire sur la question programmatique, stratégique : qu’est-ce qu’on raconte ensemble ? Il ne faudrait pas que ces négociations, quelque part, elles soient juste un accord électoral. C’est hyper important parce que, quand même, dans ce qu’elle dit, ça dit aussi la possibilité du nombre de députés. Et pour avoir été députée pendant cinq ans, où il y avait 15 députés dans mon groupe, 17 chez eux et 31 socialistes, je m’autorise à les citer ce soir, franchement, quand on doit batailler, c’est pas beaucoup. On l’a fait sur la réforme des retraites, on n’a pas été mauvais sur cette réforme-là, à très peu, mais on voit bien à quel point il y a besoin d’un mouvement social qui soit adossé à ça pour que ça fonctionne. C’est sûr que quand on est 150, 170, 200, ça change les choses. Mais si on en reste à un accord électoral avec des députés qui, chacun de leur côté, ensuite, retournent dans leurs organisations politiques et mènent leur vie comme avant, eh bien, je crois que les mobilisations populaires, les collectifs qui, jusque-là, ont résisté et qui ont besoin de converger, eh bien, ils n’auront pas cette coalition suffisante pour pouvoir dérouler. Donc, pour moi, il y a quand même… Ne minimisons pas les négociations à juste des chiffres sur un coin de table. C’est chiant et c’est pas très agréable, ça peut paraître de la tambouille, mais, en tout cas, il faut un projet politique à cette coalition et pas juste des nombres de députés.
Merci, Elsa Faucillon. Alors, je vois que ça trépigne devant moi parce qu’il y a Guillaume Meurice dans le public.
Est-ce que mon micro est allumé ? Oui ! Alors, je suis au milieu du peuple de France !
Est-ce qu’autour de toi, il y a des gens qui ont des questions ?
Les gens sont très agressifs. J’ai trouvé quelqu’un avec un tee-shirt « Briseurs de rêves, président ». Non, on a une question ici. Attends, je monte, je monte, je monte. Bonjour, quel est ton prénom ?
Suni.
Suni, je te laisse poser ta question.
Bonsoir. Alors moi, j’ai une question pour l’avenir, parce que pour les législatives, ça me paraît un peu court. Je suis désolé, on va casser l’ambiance. Est-ce que, pour une Union populaire derrière Olivier Besancenot en 2027, ça marcherait ?
C’est bien tenté.
T’as compris ?
Olivier, la question t’est adressée, je crois.
Ah ben Besancenot 2027 ! Déjà, pour commencer, c’est Meurice 2027, voilà.
Oui, mais je ne voulais pas, voilà !
Et j’ai été extrêmement vexé de ne pas avoir été sollicité pour l'équipe gouvernementale.
Mélissa Camara, est-ce que vous voulez répondre à la question qui a été posée sur l’Union populaire ?
Alors, pas spécifiquement sur Besancenot 2027, mais sur les législatives qui arrivent, il y a aussi un enjeu qui mobilisera les gens et, finalement, c’est : qui on envoie ? On voit aujourd’hui qu’on a une Assemblée nationale très blanche, très CSP+, très masculine. Et aussi, notre rôle en tant que mouvement de gauche, écologiste, progressiste, c’est : qui on va envoyer ? On veut des gens des quartiers populaires, on veut des femmes racisées, on veut des LGBT, on veut des précaires, on veut des ouvriers. Et c’est ça aussi : quelle tête on veut qu’ait notre Assemblée nationale ? Et c’est ça qui va mobiliser les gens. Parce que j’habite dans un quartier populaire à Lille-Sud. Quand on fait du porte-à-porte, les gens ne se reconnaissent plus dans la politique. Ils sont un peu désespérés aussi par la désunion. Et si demain on arrive à former une union autour d’un projet de bifurcation, un projet écolo, un projet profondément social, féministe, etc., les gens aussi vont se déplacer. Parce que là, les gens ont été un peu aussi désespérés par cette désunion et cette fatalité qui s’annonçait.
Merci beaucoup. Je pense qu’on a une autre question, là, dans le public.
On a une autre question. Quel est ton prénom ?
Deux questions. Alberto.
Alberto, c’est non. Non, non, non, on ne prend que les prénoms. Non, attends, pas commencé. Non, pardon…
Je peux m’appeler Corinne, s’il faut, il n’y a pas de problème. Alors, je vais être très synthétique. Je suis cubain, je suis né à Cuba, j’y ai vécu jusqu'à mes 12 ans. Donc je sais ce que c’est qu’une dictature, en fait. Et même si elle est de gauche ou de droite, c’est une dictature. Et moi, ce qui me gêne aujourd’hui avec quelqu’un comme Jean-Luc Mélenchon, c’est son accointance avec les dictatures qu’il peut y avoir aujourd’hui en Amérique latine et qu’il érige en modèle. Donc moi, l’union de la gauche, j’ai aucun problème, mais pas pour rétablir une dictature en France. Je l’ai fuie et aujourd’hui, je me bats pour qu’on ne se retrouve pas avec la même chose, ni d’extrême droite, mais non plus avec un Mélenchon. C’est pour ça que tout à l’heure je disais : « Ni Dieu, ni César, ni tribun. »
C’est une opinion qui s’en va !
C’est une opinion qui s’entend, s’il vous plaît.
Comment faire l’union de la gauche en étant démocrate ?
Alors, Clémence Guetté, je vais vous laisser répondre à cette question, s’il vous plaît. Clémence, je vous laisse répondre.
Mais c'était quoi, la question ? C’est : est-ce que Mélenchon est… C'était quoi, la question exactement ?
Comment faire l’union ? Comment faire l’union de la gauche ?
Quelle était la question ? Précisez votre question, jeune homme.
Comment faire l’union de la gauche en étant démocrate, avec les institutions qu’on a aujourd’hui, sans nécessairement avoir à tout chambouler pour établir une Constitution à la vénézuélienne, voilà.
Avancez-vous.
Bon, je m’excuse, je vais essayer de prendre la question au sérieux, du coup, mais honnêtement… Non, non, non ! Attends. Dans notre projet, le point central, le squelette, c'était la VIe République. La VIe, avec une Constituante. Mélenchon, il a dit : « Je serai le dernier président de la Ve. » Malheureusement, ça n’a pas pu avoir lieu avec une majorité de députés.
Donc, nous sommes à La Cigale, à Paris. Ce sont donc les règles du jeu, il y a la parole qui s'échange.
C’est la base avec les gens sur scène. Ensuite, sur comment on discute avec les autres forces, il n’y a aucune volonté hégémonique. Il y a une volonté de travailler sur un projet pour qu’on soit crédibles et que les gens qui vont voter pour nous aux législatives le fassent par adhésion, en ayant envie et en sachant que ça peut changer des choses. Donc c’est ce qu’on s’emploie à faire et, franchement, on y met beaucoup d'énergie.
Signer des autographes, c’est possible, s’il te plaît ?
Je récolte des parrainages pendant cinq ans.
C’est ça !
J’ai compris comment elle faisait, Nathalie Arthaud, en fait. Qu’est-ce qui se passe ? Elle s’y prend bien en amont. Est-ce que t’as une question ?
Je vous avouerai que j’ai pas suivi.
Je m’appelle Nicolas.
Nicolas, quelle est ta question ?
Alors, ma question est très simple. Je me félicite de voir que la question des discriminations est largement portée, on parle de beaucoup de discriminations…
Donc, il y a un petit quart d’heure de retard, donc je pense qu’on va démarrer.
Alors, je pose la question aux personnes qui sont…
Ah, t’es un hors-d'œuvre, quelque chose comme ça ?
… sur scène : est-ce que vous vous êtes positionnés sur la question du spécisme ?
Ah, très bonne question.
Promis, ce n’est pas moi qui l’ai choisi, mais c'était une excellente question. C’est une excellente question.
Donc, le spécisme, est-ce que quelqu’un ici veut répondre particulièrement ? Clémence, vous avez parlé tout le temps, peut-être quelqu’un d’autre ? Olivier Besancenot ? Mélissa Camara ?
Si ça part en sauvage dans Paris, à Rennes, à Montpellier, etc.
Est-ce qu’Europe Écologie-Les Verts est antispéciste ? Je ne sais pas si on peut…
On a encore des progrès à faire. On a une commission Condition animale et c’est quelque chose qu’on a porté durant ces élections présidentielles. Et on a eu d’ailleurs la meilleure note sur la condition animale. Mais oui, c’est quelque chose que l’on porte depuis des années en tant qu'écolos, parce qu’il y a la question du spécisme, mais aussi la question de l’impact carbone qu’a notre consommation de viande, notre trop grande consommation, pour le coup.
S’il vous plaît, un petit peu de calme, on veut parler de véganisme tranquillement. Je vois que Guillaume Meurice est en train de se faire engloutir.
Je cherche des questions. J’ai une question par là.
J’ai trouvé une question. Alors, quel est ton prénom ?
Sonia.
Sonia, vas-y, je te laisse le micro.
Ma question, ce serait plus de savoir, si on a une union de la gauche, est-ce qu’il y a un projet au niveau de l’accessibilité ? L’accessibilité pour les personnes handicapées, notamment pour les personnes en situation de handicap au sens large.
Euh… La question s’adresse à tout le monde. Olivier Besancenot, vous avez une réponse ?
Moi, je ne peux pas répondre sur le programme de ce qui est discuté. Je peux te répondre pour ce qui est du NPA, mais c’est des discussions qui ont été récurrentes dans toutes les réunions publiques. Les questions d’accessibilité, les questions des personnes en situation de handicap, les questions de rémunération de l’AAH, les questions aussi de droit de contrôle démocratique à la fois dans les infrastructures, dans les entreprises, ce qui implique que, dans les comités d’entreprise, il y ait un droit de regard des associations en lien avec les organisations syndicales. Donc il y a tout ça. Maintenant, je vais dire un truc qui est hors sujet, si je peux me permettre, parce qu’on peut faire comme si c'était une réunion…
Merci beaucoup, Tuky.
On a peu de temps. Moi, je voudrais juste lancer un petit message, c’est que, comme je nous connais, je me connais aussi, à partir de ce soir, et qu’il y a quand même un petit mal…
Non, déconne pas, pas de troll ici, on se tient, on s’insurge ici.
« Moi, jamais, je ne l’ai pas fait », etc.
Merci beaucoup pour ton abonnement.
Il faudra prendre conscience de la situation. Si on en est arrivés là et qu’on reste dans cette situation-là, c’est-à-dire… Je ne voudrais pas qu’il y ait un effet d’optique sur le côté électoral qui consiste à croire que le jeu institutionnel classique va tout stabiliser. La situation, elle était bordélique au niveau politique, elle était instable et, pardon de le dire, elle va le rester. On va sortir des élections, vous allez voir, la crise sanitaire va se réinviter, la guerre va se réinviter, la crise écologique aussi, la crise économique aussi, la crise sociale aussi, les contestations ma vie entière.
Oh, merci Curieux, merci beaucoup. On a besoin d’aide, surtout ce soir, je ne vous le cache pas. Je suis dégoûté, là, quand même. Si j’ai bien compris, est-ce que vous pouvez me dire combien Marine Le Pen a fait de voix en plus par rapport à il y a cinq ans ? J’ai cru voir 2 500 000 personnes. Est-ce que c’est bien le cas ? Vous pouvez avoir un chiffre sérieux ?
… ou des meetings comme il y en a pu avoir avec Zemmour, je pensais ne jamais devoir le vivre. Ça veut dire que l’Histoire nous parle. Et quand l’Histoire nous parle, ça vient peut-être nous dire une chose qu’on avait oubliée, c’est que le phénomène de montée de l’extrême droite, de courants néofascistes ou fascistes tout court, c’est jamais un seul programme politique. Ce n’est jamais une seule tête, même celle qu’on n’aime pas. C’est un processus politique au long cours qui s’auto-alimente, où la gauche a couru après la droite.
Oui, merci Gizi. Donc presque… 34,41, ça, OK. Oui, 2,5 millions, c’est ça. C’est énorme, les amis.
Afin de casser, de casser cette émotion politique, ce sens de la vie politique que Manuel Valls, par exemple, a bien compris, si vous voyez ce que je veux dire. Lui, il a compris dans quel sens ça allait. Alors maintenant, moi, je vais faire un aveu : j’ai appris, avec La France insoumise, quelque chose que j’ai sous-estimé, même si je l’avais raconté, c’est que le degré de crise politique est tel que l’accident peut même avoir lieu sur le terrain électoral. C’est vrai, à titre personnel, je l’ai sous-estimé. Maintenant, je voudrais qu’on comprenne que l’accident politique, dans cette crise-là, peut survenir aussi de la rue, et j’espère qu’on l’a aussi compris. Si on en doute, il y aurait dix mille exemples à prendre : les manifestations des quartiers populaires, les mobilisations pour le climat, mais, par exemple, les Gilets jaunes. Je peux le dire avec d’autres, j’imagine, qu’au mois de décembre, au début du mouvement, il y a eu des manifestations quasiment insurrectionnelles autour de l'Élysée, où les gens voulaient aller à l'Élysée. Pas aller au Fouquet’s pour brûler le Fouquet’s, aller à l'Élysée pour voir le roi. Et n’oubliez jamais, parce que ça, ça restera planté dans le décor, ce moment jubilatoire où, moi, j’aurais payé n’importe quelle somme, du moment où l'état-major, ou un responsable de l'état-major, a été voir Emmanuel Macron pour lui dire : « Écoute, ça se passe pas comme prévu. Il y a un plan d'égout pour éventuellement sortir de l'Élysée et un hélicoptère qui t’attend. » Ce plan d’exfiltration, il en dit long, il en dit long sur le degré de crise politique. Donc l’accident, il peut avoir lieu sur le terrain électoral, sur le terrain des luttes. Et j’espère que c’est sur tous ces terrains-là qu’on pourra se retrouver ensemble, tous et toutes ensemble. Pas qu’avec les partis, parce qu’il y a un deuxième plateau avec des associations…
Exactement.
… avec une unité entre la gauche sociale et la gauche politique, sans rapport de subordination. Parce que la politique, ce n’est pas les partis qui s’occupent du sérieux et puis le restant qui s’occupe de la rue, c’est une synthèse entre les deux.
On va parler justement de cette thématique de la mobilisation citoyenne dans le deuxième plateau. Je vais bientôt pouvoir laisser mes invités partir pour en accueillir d’autres. Je vais peut-être prendre une dernière question.
Allez, qui a une dernière question ? Allez, là-bas, bam, je t’ai vu. C’est à combientième de bière ?
Troisième.
Troisième, ça va. Bon, ça devrait aller. Quel est ton prénom ?
Élia.
Élia, on t'écoute.
Du coup, il faut une femme après.
On n’a pas bien respecté la parité.
On prendra des femmes dans le deuxième plateau.
Élia, il n’est pas du tout genré, je peux te promettre. C’est un mec qui est complètement déconstruit. T’es en pleine déconstruction. Ça existe ? Bon, alors, ça sera l’avant-dernière question.
Merci beaucoup. J’ai l’impression qu’au niveau de la reconnaissance dans le milieu politique, par rapport à ça, les citoyens ne se reconnaissent pas du tout…
On ne l’entend pas bien. C’est possible de parler un tout petit peu plus fort, s’il vous plaît ?
Les citoyens ne se reconnaissent pas du tout parce que la politique est beaucoup personnalisée et individualisée. On a des représentants politiques qui sont obligés de voter pour ou contre un président, pas pour un programme du tout. Et qu’est-ce que vous faites concrètement pour aider les gens à s’identifier aux luttes et non pas aux personnalités politiques qui…
Oui. Mais on comprend ce que vous voulez dire, bien sûr. Vous mettez en lumière… En fait, vous mettez en lumière le côté très personnalisé de l'élection présidentielle et des institutions politiques. Je pense que c’est lié à la Ve République.
Il me confirme que c’est ça. C’est le rôle d’une journaliste. Hop, elle a reformulé ta question. Si c'était une vraie journaliste, elle aurait mis la réponse dedans.
Mais ça, c’est tout l'écueil de la Ve, en fait, et du régime présidentiel. Et c’est pour ça qu’il faut totalement changer de régime et changer cette Ve qui est à bout de souffle. Je pense que nos camarades insoumis en parlent. La VIe, c’est quelque chose qu’on porte chez les écolos depuis des années. La proportionnelle, et comment on amène plus de démocratie, et comment on change de régime pour stopper cet ultra-présidentialisme et cette personnalisation.
Merci beaucoup. Je vais vous laisser conclure, Elsa Faucillon, parce qu’on me fait signe qu’il faut se dépêcher à côté.
Je valide évidemment la nécessité d’une VIe République, ce qui ne veut pas dire pour autant que les gens qui ont voté là ne se sont prononcés que sur des hommes ou des femmes. Moi, j’ai le sentiment… Enfin, je suis dans une circonscription, même dans une ville, Gennevilliers, où les gens ont voté à 61 % pour Jean-Luc Mélenchon, ils ont mis la gauche à plus de 70 %, ils ont dit des choses. Ils n’ont pas juste dit : « Tel candidat est merveilleux. » Ils peuvent le dire, d’ailleurs. Mais ils ont aussi dit : « On en a marre. On en a marre qu’on nous stigmatise, on en a marre des multiples formes de domination, on en a marre de ces réformes libérales. » Et dans les projets qu’ils ont soutenus, et dans les hommes et les femmes qu’ils ont portés, ils ont porté aussi ce projet-là. Je suis évidemment pour tout bousculer, mais il ne faut pas non plus totalement limiter ce que sont les aspirations qui ont été portées au travers du vote.
Merci beaucoup, Elsa. C’est le mot de la fin de ce plateau. Je vais laisser… Merci. Je vous laisse partir. Bonne soirée. À présent, je vais donner la parole à ma collègue de Blast, Paloma Moritz, qui est spécialisée dans l'écologie et qui est aussi spécialisée dans le jugement majoritaire. Elle vous en a parlé. Parce que l'écologie, on en a très peu parlé dans cette période, dans cette campagne présidentielle. Je lui laisse la parole.
C’est bien toi ? Ça ne marche pas ?
Parfait, merci beaucoup. Bon, c’est encore moi. Désolée, ça va toujours ? OK. En fait, mon vrai sujet, c’est plutôt l’urgence écologique, donc c’est de ça dont je vais vous parler très rapidement, là, ce soir. En fait, j’ai une confession à vous faire : pendant cette présidentielle, j’ai vraiment eu l’impression de vivre dans une réalité parallèle en écoutant les débats et les chaînes d’information en continu. Pas vous ? 5 % ! C’est la part du temps que les médias ont consacrée à la question climatique, au maximum, pendant la campagne. Pendant une semaine, on est même tombés à 1,2 % ! 1,2 % du temps médiatique ! Notre maison brûle et la présidentielle a regardé ailleurs. Nous faisons face aujourd’hui à l’un des plus grands défis que l’humanité ait jamais affrontés. Et pourtant, ni les journalistes ni les politiques n’en parlent, alors que ce défi menace nos conditions de vie sur cette planète. Et jusqu'à preuve du contraire, la France est sur cette planète. L’enjeu est immense. Pour reprendre les mots du climatologue Robert Vautard, il s’agit aujourd’hui d'éviter l’ingérable et de gérer l’inévitable, tout simplement. Trois ans. C’est le temps qu’il nous reste pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre pour garder une planète vivable. Trois ans. Et ce n’est pas comme si on n’avait pas essayé de les prévenir, de les alerter. C’est la première fois que deux rapports du GIEC sortent pendant une campagne présidentielle. Des rapports qui, par leur contenu, auraient dû provoquer une sorte de sursaut général. Et pourtant, c’est plutôt l’indifférence qui a été générale. Que nous disent les scientifiques ? Deux choses. La première, c’est qu’on peut encore agir pour réduire les risques et nous adapter au mieux pour absorber les chocs à venir. La moitié de l’humanité est menacée par le dérèglement climatique et la France n’est pas une exception. Le futur est déjà là et nous le réalisons un peu plus chaque jour. La deuxième chose que nous disent les scientifiques, c’est que nous savons quoi faire. Nous savons comment le faire et, maintenant, il faut simplement décider de le faire. En plus, le coût de l’inaction… Le coût de l’action, pardon… Le coût de l’inaction est bien supérieur à celui de l’action. Bref, les solutions sont là et on a vraiment tout à y gagner. Alors, qu’est-ce qu’on attend ? Le GIEC, qui n’est clairement pas un repaire de gauchistes, le dit : il va falloir plus de démocratie, plus de justice sociale, d'égalité, de coopération si nous voulons nous en sortir. Mais qui en parle ? Qui reprend ces rapports aujourd’hui ? Deux semaines après la sortie du rapport scientifique le plus alarmant de notre histoire, le débat d’entre-deux-tours a consacré 18 minutes à l'écologie sur 2 h 49. En fait, ce n'était pas vraiment à l'écologie, c'était plutôt à la question énergétique. Et qu’a demandé Gilles Bouleau aux deux candidats pour faire face à l’urgence ? Il leur a demandé deux mesures. Deux mesures. Est-ce que c’est vraiment réaliste ? Comment est-ce qu’on peut leur expliquer aujourd’hui que l'écologie n’est pas une rubrique, un sujet parmi d’autres, mais la condition même de notre survie, le prisme à travers lequel nous devons tout repenser ? C’est un thème qui devrait irriguer chaque sujet et guider les choix politiques, les choix de société, vous ne pensez pas ? L’urgence écologique devrait être sur tous les plateaux, dans tous les débats politiques. Alors pourquoi les journalistes et les politiques n’en parlent pas ? Parce que, bien souvent, les journalistes ne comprennent pas bien l’urgence écologique. Ils ne s’y connaissent pas vraiment et ont peur de s’aventurer sur ce sujet trop complexe en posant des questions. Pour les politiques, c’est un peu pareil. Ils n’ont pas de réelle connaissance sur l’urgence climatique, sont incapables de se projeter dans l’avenir au-delà d’un mandat et sont persuadés que ce n’est pas très payant électoralement d’en parler, puisque cette urgence nous demande de remettre en question le modèle dominant et de renoncer à un certain nombre de choses, mais pour le meilleur. Bref, au milieu de tout ça, nous, pendant ce temps, on attend, on angoisse. Alors oui, évidemment, il faudrait former tous les journalistes, dans toutes les rédactions, sur ces sujets, obliger les politiques à lire les résumés des rapports du GIEC, éduquer les futurs dirigeants. Mais en attendant, il va falloir leur faire comprendre que ce n’est plus possible de fermer les yeux, qu’on a un autre modèle de société à inventer, améliorer nos vies, leur redonner du sens, et qu’on n’a plus une minute à perdre. Alors oui, il va falloir résister encore plus fort, interpeller les journalistes, faire du bruit pour créer des prises de conscience, pousser les politiques à agir par tous les moyens possibles, puisqu’il faut tout faire soi-même. Et pourquoi il faut le faire ? Il faut le faire parce que chaque fraction de degré compte, que chaque espèce sauvée est déjà une victoire. Aucun combat n’est vain face à cette urgence. En tant que journaliste pour Blast, je me bats pour mettre l’urgence écologique au cœur du débat public, vous donner des clés pour comprendre, pour agir. Et ce qui me donne de l’espoir, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à le faire, notamment dans les médias indépendants. Alors, s’il y a une chose que vous pouvez faire dès ce soir, c’est partager tous ces contenus au maximum autour de vous pour ringardiser ceux qui sont aveugles, éveiller les consciences, mettre un pouce bleu et tout faire pour montrer que nous sommes des centaines de milliers à vouloir une autre société, plus juste, plus soutenable, plus vivable. Merci.
On n’a pas le droit de faire de placements de produits. Merci, Paloma ! On peut applaudir bien fort Paloma Moritz, s’il vous plaît ! Elle ne vous avait pas dit… Vous avez cru que Salomé Saqué, elle était partie comme ça, sans vous dire au revoir, comme une malpolie ! Mais c’est parce qu’elle est là, elle est de retour. Salomé, reviens !
Jamais complètement partie. On va commencer une deuxième table ronde, et dernière table ronde. C’est les derniers instants, finalement, de cette soirée, où on va essayer de réfléchir à comment on peut se mobiliser, comment on peut résister pendant ces cinq années autrement que par les urnes. Et pour ce faire, j’ai le plaisir d’accueillir Mathilde Larrère. Je sais pas si vous la connaissez, c’est une historienne. C’est une historienne, elle est spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux et du maintien de l’ordre, et vous allez justement pouvoir nous parler de l’histoire de ces résistances. À ses côtés, il y aura un journaliste qui est quand même maintenant un peu célèbre, c’est David Dufresne. David Dufresne a été un des premiers journalistes à parler des violences policières. Il en a fait le décompte sur son compte Twitter. C’est également le réalisateur d'« Un pays qui se tient sage », qui avait reçu le soutien de la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. À ses côtés, il y aura Arié Alimi, qui est avocat. Arié Alimi, vous êtes… Vous êtes plus là ? Ici, ici, ici !
Ça, c’est les avocats, ça, ils sont tout le temps à l’aise, voilà.
Arié Alimi, vous êtes vraiment un défenseur des libertés publiques, vous êtes membre de la Ligue des droits de l’Homme et vous êtes spécialisé dans les cas, on peut dire, de violences policières. Et enfin, à vos côtés, il y aura une représentante des Gilets jaunes, on peut le dire, je ne sais pas si elle va aimer ce terme, en tout cas une des figures du mouvement des Gilets jaunes…
Florian Philippot !
Non, pardon !
Excusez-moi ! Priscillia Ludosky ! Gérald, je t’ai fait foirer cette présentation !
Et alors, avant qu’on discute un petit peu ensemble de ces moyens de résistance, je vais accueillir mon boss sur scène, Denis Robert, qui vient. Je te passe le micro. Bah oui, il n’a pas de micro.
Non mais merci, c’est une super soirée, hein. Merci, Denis ! Non, je voulais… Eh, Milo, t’aurais pu te saper, Denis, quand même ! T’es un patron maintenant ! Ouais, non, mais je voudrais… Donc, c'était une belle soirée. Je pense qu’on a eu un peu chaud ce soir. Enfin, moi, je savais que… J’avais pronostiqué 58, avec Gattio et tout, on avait fait des paris, j’avais dit 58. Je ne suis pas loin d’avoir gagné mon pari. Simplement, je voudrais d’abord remercier Guillaume et tous les gens qui étaient là, remercier La Cigale qui nous accueille, et vous dire un tout petit mot sur les médias et sur Blast. Si on en est dans cette situation, on peut hiérarchiser les causes et les raisons. De mon point de vue, le problème est beaucoup médiatique. C’est-à-dire que si Le Pen et Zemmour sont arrivés à ce point, c’est parce qu’ils ont Bolloré derrière, qui est une machine à fabriquer de l’extrême droite. Et en face, la majorité des médias ont quand même plutôt fait la promotion de Macron. Et les médias indépendants n’ont jamais eu autant d’importance qu’aujourd’hui. Voilà. Et je vous remercie d'être là. Soutenez Blast, abonnez-vous. Et on est heureux d’avoir organisé cette soirée. Voilà, merci beaucoup.
Merci Denis. Et j’aimerais juste vous dire que ce soir, Blast vient de passer la barre des 500 000 abonnés sur YouTube, et c’est grâce à vous ! Donc merci, vraiment merci de nous soutenir, de nous permettre d’exercer le journalisme de manière aussi indépendante. Pour moi, c’est aussi un moyen de résistance citoyenne, de mener ce qu’on appelle la bataille de l’information. En parlant de batailles, de résistances, j’aimerais commencer par vous, Mathilde Larrère. Vous êtes historienne, vous êtes spécialiste des mouvements de résistance dans l’histoire. Est-ce qu’il y a peut-être un mouvement en particulier duquel on pourrait prendre exemple dans l’histoire, aujourd’hui, selon vous, pour pouvoir résister autrement que dans les urnes ? Ça marche ?
Ça marche ou pas ?
Oui.
Un mouvement pour résister autrement que dans les urnes, sachant que dans les urnes, ça sera déjà pas mal dans quelques semaines. Bien sûr. En fait, de toute façon, je vais juste revenir en juin 1848. Excusez-moi, je vis un peu au XIXe siècle. En février 1848, il y avait une révolution, et en fait, ce qui est sorti des urnes en avril 1848, bon, c'était… ça ressemblait un peu à… C’est-à-dire que c'était de la République, mais très libérale, et qui s’est empressée de détruire les droits sociaux. Ils ont résisté dans la rue, en fait. Ils ont d’abord essayé de négocier, et puis ensuite ils ont résisté dans la rue. Il y avait une barricade, et sur cette barricade, il y avait écrit : « Peuple, n’oublie pas que tu es souverain. » Et ça, je pense qu’il ne faut pas qu’on oublie ça, parce que souverain, c’est pas seulement mettre un bulletin dans l’urne. Souverain, c’est s’organiser. Souverain, c’est rejoindre des groupes qui luttent. Souverain, c’est lire des journaux indépendants. Souverain, c’est faire des assemblées dans des coins. À l'époque, c'étaient des clubs ; ça a été, il y a pas très longtemps, des Gilets jaunes. Souverain, c’est sortir des lieux de pouvoir qui sont les lieux qu’on nous impose et dont on nous exclut. C’est ça, être souverain.
Donc, pour vous, ça passe par une mobilisation dans la rue actuellement ?
Ça passe par un retour de la démocratie directe. Il n’y a aucune raison de se laisser enfermer dans une démocratie représentative qui nous prive de notre souveraineté. C’est notre souveraineté !
Alors, je m’attendais évidemment à ce que vous disiez ça. Est-ce que, parmi vous, il y en a qui sont allés manifester pendant ces cinq ans ? Voilà. Alors, si vous êtes allés manifester, vous avez peut-être fait la connaissance de la police, des flash-balls et de certaines méthodes du maintien de l’ordre. Nous aussi, les journalistes, on en a fait les frais. J’aimerais vous poser la question à vous, Priscillia Ludosky. Aujourd’hui, il est compliqué de manifester sereinement. Quand on y va, je pense que vous avez tous eu cette expérience, on se dit : « Bon, j’espère que je vais rentrer en entier. » Est-ce que c’est vraiment encore aujourd’hui le bon endroit, la rue, pour vous, au vu de la violence qu’on peut subir en tant que manifestants ?
Oui, je… Allô ? Oui ?
Oui, il faut parler fort, je crois.
Mais il marche, il fonctionne bien. Vous m’entendez ?
On peut avoir un peu de retour, s’il vous plaît, les mecs ?
Nous, on ne vous entend pas, on n’entend pas !
Sinon, on ne s’entend pas bien. Merci.
Oui. Non, je pense qu’il faut plusieurs modes d’action. Je pense que c’est la combinaison qui fait la force. Il faut être dans la rue, il faut être aussi au Parlement, il faut aussi être dans les associations, il faut se mobiliser aux côtés des personnes qui se mobilisent vraiment au quotidien, en les soutenant comme on peut les soutenir. Moi, je crois que c’est une combinaison qui fait la force. Il y a eu le mouvement des Gilets jaunes, il y a eu le mouvement climat, et puis il y a eu des associations qui se sont constituées en collectif. Et ça a donné la Convention citoyenne pour le climat, ce qui n’aurait pas été possible si juste une association avait demandé la création de cette assemblée-là. Donc non, en fait, pour moi, il ne faut pas lâcher la rue. Au contraire, la rue, c’est un moyen de se montrer, c’est un moyen de se mobiliser, et certainement pas en allant dans les endroits qui ne font plus écho, comme Bastille-République.
Vous avez documenté ce qui se passait dans la rue pendant les cinq ans du quinquennat d’Emmanuel Macron. On a vu une explosion de la violence pendant le mouvement des Gilets jaunes. Est-ce que vous n’avez pas peur que, maintenant qu’Emmanuel Macron a été réélu à 58 %, qu’il n’a pas, de toute façon, à se faire réélire, il y ait encore une aggravation de ces violences ?
Une aggravation ?
Une aggravation de ces violences dans la rue. Est-ce que c’est, pour vous, le bon endroit pour protester ?
D’abord, bonsoir tout le monde. Malheureusement, Macron, ce soir, a validé la politique qui est la sienne, c’est-à-dire que la France est passée du maintien de l’ordre, grosso modo, à de la répression. Voilà. Alors, il y a la répression physique, que vous avez tous vue, que certains ont subie, les mutilations. Il faut toujours le rappeler : 30 éborgnés, cinq mains arrachées, Zineb Redouane à Marseille, Steve Maia Caniço à Nantes, et d’autres. Et là, je ne parle que du maintien de l’ordre social ou festif, pour la Fête de la musique. Il y a tout le reste de la police. Et on avait vu, il y a un an ou deux, une sorte de fléchissement de la part de Macron dans son discours, très rapidement, très furtivement, à l'été 2019. Et aujourd’hui, on est complètement revenus à ça. Donc, effectivement, aujourd’hui, le ministère de l’Intérieur commande des blindés. Nous avons eu droit, quand même, à deux lois liberticides par an depuis cinq ans. C’est-à-dire qu’on a eu dix lois autour de la question dite de la sécurité. Et donc, évidemment, l’enjeu, à partir de demain, c’est de faire en sorte que ça s’arrête. C’est de faire que ça s’arrête. Voilà.
Et alors, pour faire en sorte que ça s’arrête, il faut se mobiliser. Et vous, Arié Alimi, dans les coulisses, vous me disiez : « Il est peut-être un peu tôt pour se mobiliser au lendemain de l'élection. » Est-ce qu’il faut attendre avant de retourner dans la rue ?
Ah bah non, il ne faut pas attendre. Bonsoir, peuple de gauche ! Non, parce qu’il faut s’assumer, il faut accepter qu’on est de gauche.
Non, moi, je suis journaliste, je suis neutre.
Eh bien, moi, je suis de gauche. Et le grand problème, c’est de savoir comment on se mobilise, mais surtout comment on est ensemble, comment on bosse ensemble. Parce que je vous donne un exemple : pour la dernière manifestation qu’on a organisée avec la Ligue des droits de l’Homme et avec beaucoup de collectifs, ça a été le bordel, l’organisation. Je vous raconte à peine comment on a pu organiser une manifestation. On n'était pas beaucoup dans la rue : 9 000 selon la préfecture, 40 000 selon les organisateurs. Mais pas beaucoup par rapport à 2002. Pour ceux qui s’en souviennent, il y avait un million de personnes dans la rue contre Jean-Marie Le Pen. Comment est-ce qu’on passe d’un million de personnes à 10 000 ou 15 000 personnes dans la rue ? Moi, je pense que, s’il y a un problème, c’est qu’on ne bosse plus ensemble et qu’on ne sait plus pourquoi on bosse ensemble. Donc c’est ça, la question, la vraie question. Parce qu’organiser des mobilisations, travailler ensemble, c’est bien, mais encore faut-il savoir pourquoi on bosse ensemble. Et le paradigme politique, aujourd’hui, on l’a plus véritablement. Est-ce que c’est le socialisme ? Est-ce que c’est le marxisme ? Est-ce que c’est l'éco-socialisme ? Est-ce que c’est l'écoféminisme ? Est-ce que c’est tout ça à la fois ? Est-ce que c’est l’environnement ? Ouais, mais tout ça, ça pourrait être ça. Mais, en fait, on ne sait toujours pas comment on bosse ensemble, ni pourquoi on bosse ensemble. Alors moi, j’ai un mot qui rassemble, finalement, et qu’on a un peu de mal à utiliser quand on est un peu viril. Écoutons. C’est un mot qui réunit la solidarité, qui réunit l'égalité, la fraternité. Ce mot, c’est ce mot qui s’appelle « amour ». Et je crois que ce soir, il faut commencer à apprendre d’abord à s’aimer, mais à s’aimer tous ensemble. C’est-à-dire à travailler ensemble et à accepter nos différences pour travailler vers un idéal commun, qui peut d’abord être l’amour, et puis reconquérir le pouvoir. Oui, David, vas-y, David. Je sais que tu m’aimes, David. Je sais que tu m’aimes, David.
Il y a des gens qui ont des verres de Sonic Youth. Ça a quand même été un lieu punk, ici. Puis celle de Love, c’est bien, mais il faut les deux : il faut l’amour et la confrontation. Et la confrontation !
Sur ma prochaine question… En fait, ça, c’est Louise Michel : « Je n’ai qu’une passion, la révolution. »
C’est ça, c’est sûr !
Justement, ça me permet d’enchaîner sur ma prochaine question. On a vu quand même de nombreuses mobilisations très importantes pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron et moi, en tout cas, j’ai la sensation que ça n’a rien changé politiquement. Alors, la question se pose pour certains : est-ce qu’il ne faut pas aller plus loin qu’une simple manifestation, en passant, par exemple, par des actions de désobéissance civile, comme le fait Extinction Rébellion en ce moment, par exemple ?
J’ai envie de dire que j’ai passé mon temps à désobéir ces cinq dernières années, donc je suis un peu fatiguée, mais c’est reparti pour cinq ans, je crois. Moi, personnellement, vu les résultats, là, ça n’aurait pas été mieux, évidemment, si ça avait été Marine Le Pen, mais là, je n’ai pas de président pendant les cinq prochaines années. Voilà, j’annonce la couleur. Ce n’est pas possible. Et oui, en fait, je pense qu’il faut aller plus loin. Moi, là, je me pose la question personnellement : est-ce qu’il faut aller à l’Assemblée, par exemple, pour continuer à faire des ponts, pour hacker le système de l’intérieur ? Pas pour serrer des mains et claquer la bise aux gens avec qui je ne suis pas d’accord, ce n’est pas ça le but. C’est d’aller plus loin et d’essayer de porter sa voix beaucoup plus loin. Donc oui, je pense, comme tu disais tout à l’heure, c’est ça, il faut essayer de continuer. Je suis d’accord avec ce que disait Arié, c’est-à-dire que l’organisation trans-organisation, elle n’est pas facile. Mais maintenant, on se connaît, parce qu’il a fait au moins un truc de bien, Macron : c’est qu’il nous a réunis. Donc il nous a fait aller dans la rue ensemble, nous mobiliser ensemble, nous organiser ensemble. Maintenant, on se connaît. Maintenant qu’on se connaît, il est temps d’avancer, de s’organiser et de faire en sorte que, là, les mobilisations soient plus puissantes que ce qu’on a connu jusque-là.
En tout cas, pour pouvoir se mobiliser, un des grands acteurs du changement, selon moi, et je fais un peu de la pub pour ma paroisse, mais je pense que c’est l’information, c’est le journalisme. En tout cas, moi, c’est pour ça que j’ai choisi d'être journaliste : pour pouvoir informer le plus justement possible. Et on se rend compte qu’aujourd’hui, c’est de plus en plus compliqué, notamment à cause de la question de la concentration des médias. Je me permets de vous appeler à donner à Blast. On est un média indépendant, on est financés que par des dons. Et aujourd’hui, la plupart des gens ne regardent pas Blast, il faut quand même se rendre à l'évidence. Arié Alimi, vous, vous faites partie d’un collectif qui s’appelle Stop Bolloré et vous luttez justement…
Stop Bolloré, Stop Bolloré. Stop Bolloré, effectivement, il y a beaucoup d’organisations qui en font partie. Et ça fait partie de ces mobilisations qui permettent de réunir les gens.
Au revoir !
Stop Bolloré, ça part d’un constat… Bon, je crois qu’il y a Pierre-Emmanuel Barré qui est rappelé sur la scène.
Il y a un départ, il y a le départ de Pierre-Emmanuel Barré. Il faut qu’on enchaîne. Il y a une ligne, restez concentrés, s’il vous plaît.
On va se reconcentrer deux secondes. Stop Bolloré, ça part d’un constat…
Au revoir, Charline Vanhoenacker ! On va continuer. C’est bon, il n’y a plus personne qui parle.
Stop Bolloré, ça part d’un constat. Ça part du problème de la concentration des médias de manière générale. Comment peut-on convaincre l’opinion publique lorsque les médias principaux diffusent toute la journée des idées racistes, des idées d’extrême droite, des idées homophobes, des idées sexistes, comme sur CNews, et sur d’autres chaînes également ? Et gagner la bataille culturelle qu’on doit mener, parce qu’on doit à nouveau la mener, cette bataille culturelle, si on veut un jour, pas uniquement résister, mais regagner le pouvoir avec nos valeurs et nos idées. Et pour mener cette bataille culturelle, effectivement, il faut lutter contre ces médias qui diffusent ces idées de manière générale. Et pour lutter, il faut arrêter qu’il n’y ait qu’une seule personne qui détienne un grand nombre de médias et de maisons d'édition, comme c’est le cas pour Bolloré ou d’autres encore. Il faut que les médias indépendants comme Blast, Mediapart ou d’autres médias indépendants puissent exister et prendre leur place dans l’opinion publique. C’est pour ça qu’on a créé Stop Bolloré : pour informer le public, pour travailler ensemble. Il faut qu’on apprenne à travailler ensemble et pour mener la bataille culturelle. Vous pouvez nous rejoindre dans Stop Bolloré. Il y a des délégations régionales qui sont en train de se créer. On a été à Montpellier, on a été à Toulouse, on va aller à Roubaix, on va rencontrer la population. Mais, de manière générale, Stop Bolloré, c’est juste un exemple des mobilisations sociales qu’on doit mener tous ensemble, une multitude de mobilisations sociales pour apprendre à travailler ensemble et pour essayer de regagner la bataille culturelle.
Merci. Il y a un autre journaliste à mes côtés sur ce plateau. Moi, j’aimerais avoir votre vision, David Dufresne. Vous, vous avez décidé, en tant que journaliste indépendant, soudainement, de vous mettre à parler sur Twitter de ces violences policières. Pour vous, quelle est la responsabilité individuelle des journalistes dans la période actuelle ?
Alors, individuelle et collective. Là, on a assisté, ces quatorze derniers jours, à une mascarade où, tout d’un coup, comme l’a dit Marine Le Pen, le vendredi elle était fréquentable, le lundi elle ne l'était plus. Tout d’un coup, la plupart des journaux ont rappelé ce qu'était, au fond, le Rassemblement national, alors que pendant cinq ans ils ne l’avaient pas fait, de la même manière qu’avec Macron. Et moi, je leur en veux, mais à un point… Voilà, qui est absolument inimaginable. C’est-à-dire que se racheter une virginité comme ça… Alors, certains journaux, depuis toujours, font ce travail-là, et d’autres, tout d’un coup, se sont rappelés de ça.
Après, il y a aussi des médias qui ne se sont pas du tout rappelés de ça et qui ont juste posé la question : « Marine Le Pen est-elle d’extrême droite ? », sur trois chaînes d’information. Non mais vraiment ! Parce qu’il y a eu deux blocs médiatiques !
Dans l’organisation de la résistance qui doit s’opérer dès demain matin, il y a quand même un regard critique sur les médias. On doit être extrêmement exigeants avec les médias, qu’ils soient mainstream ou indépendants, parce que c’est de ce contre-pouvoir-là, comme des autres, que peut naître quelque chose d’un petit peu vivifiant. C’est-à-dire qu’on ne peut pas attendre trois ans et demi, quatre ans, c’est-à-dire 2026, pour se réveiller. Donc on doit avoir des médias à la hauteur des enjeux. Et il faut être, à mon sens, extrêmement exigeants envers eux. Pour une raison toute bête, c’est que, contrairement à ce qu’ils disent, qu’ils sont neutres, objectifs et tout ça… Je vous parlerai très rapidement de deux études américaines. La première, c’est que Julia Cagé l’a démontré, l’a rappelé dans ses ouvrages : aux États-Unis, dans les États où Fox News avait un taux de pénétration plus élevé qu’ailleurs, le vote Trump a été majoritaire bien plus qu’ailleurs. Tout récemment, des chercheurs ont demandé à des gens qui suivaient Fox News de suivre CNN. En un mois, ils avaient changé majoritairement de point de vue, notamment, par exemple, sur les violences policières. Ce qui veut dire qu’il y a un rôle, au niveau de la bataille des idées, des consciences, absolument essentiel. Donc il faut arrêter de dire, d’accepter le côté : « Non mais nous, on est là, factuels, cinq minutes pour Zemmour, cinq minutes pour Le Pen », et ainsi de suite. Ça n’est plus possible. On doit absolument s’organiser. Pour l’instant, ceux qui s’organisent, effectivement, ce sont les médias indépendants. Voilà. Mais attendez, attendez. Je vous le dis franchement : ils sont indépendants parce que vous mettez la main à la poche.
N’oubliez pas ça.
Parce que, pour être indépendants des groupes de presse, de Bolloré et autres, il faut bien qu’il y ait du carburant. Ah, applaudissez-moi ! J’ai cassé l’ambiance !
Mathilde Larrère, est-ce que vous êtes d’accord avec ce constat sur le rôle des médias dans la mobilisation ?
En fait, je ne vois pas comment on pourrait ne pas être d’accord. Évidemment que c’est hyper important et…
Au regard de l’histoire, est-ce qu’aujourd’hui on a moins de possibilités de s’exprimer dans les médias qu’avant ?
Oui, on en a moins parce que, en plus, tout ce qui est la télé, là, on est un peu coincés. On peut faire des chaînes YouTube, etc., mais ce n’est pas l'équivalent de la télé. Mais cela dit, ça a toujours été le cas. Les médias ont toujours été dans les mains de ceux qui essaient d’imposer leur ordre, et c’est toujours par des contre-médias ou des alter-médias qu’on a un peu troublé cet ordre. Donc ça, c’est évident. Enfin, par exemple, dans la Commune, il y a eu une centaine de journaux produits, et toute révolution s’est accompagnée de la création de journaux qui sont absolument essentiels dans la mobilisation. Donc la question du média est absolument essentielle.
Merci beaucoup. On va bientôt passer aux questions, enfin, tout de suite même, aux questions du public. Bravo à ceux qui sont encore là, parce que je ne sais pas quelle heure il est. On est dimanche soir, 21 h 30, et vous êtes debout à nous écouter parler d’indépendance des médias. Vraiment, merci. Alors, il y a Guillaume Meurice qui est parti se confronter au peuple de France.
Où est-il ? Bonjour, peuple de France ! Allez, il est là ! Qui a une question ? Une question là-bas ! Bam, bam, bam ! Bonjour ! Est-ce que tu es dotée d’un prénom ?
Oui, mais je n’aime pas.
Ah, Marine, OK. Non mais attends, la vraie Marine Le Pen, elle s’appelle même pas Marine. Donc voilà, elle a usurpé ton prénom. Allez, je te laisse le micro.
Le problème que j’ai avec les médias comme Blast, c’est que j’accompagne beaucoup de personnes qui sont éloignées du numérique et, pour elles, elles n’ont jamais accès à ce type d’informations.
On n’entend pas bien. Je crois qu’on n’a pas un bon retour, si je peux me permettre. Désolée, j’ai entendu : « Le problème avec les médias comme Blast… » Je vais m’interrompre. Non, vraiment, je n’ai pas entendu la suite.
Le problème, c’est que ces médias-là ne sont pas accessibles pour les personnes qui n’ont pas accès au numérique.
Effectivement, c’est un problème. Donc oui, effectivement, les personnes qui n’ont pas accès au numérique, oui…
Du coup, c’est une question pour Salomé Saqué, ça !
Je ne m’attendais pas à ce qu’on me pose une question à moi. Moi, j’anime, je ne réponds pas. Il y a Denis Robert. Est-ce que tu veux répondre ? Qu’est-ce que tu répondrais ? Vous avez vu comment j’ai refilé la patate chaude ? Denis, t’es bon ? Très bien. Alors, Mathilde d’abord.
Pendant tout le XIXe siècle, il y avait des journaux qui faisaient l'équivalent de Blast. Et la plupart des gens n’y avaient pas accès parce que le journal, c'était cher, que les gens savaient pas lire. Qu’est-ce qu’ils faisaient ? Ils se rassemblaient dans des cafés, ils faisaient des lectures à voix haute. Eh ben, on peut très bien renouer avec ce genre de trucs.
T’imagines des gens qui liraient tes éditos dans les cafés ? Non, mais je pense… Je n’ai pas la réponse pour les personnes âgées. Encore que mon père a 86 ans.
Ah bon ? J’ai entendu.
Non, mais peut-être qu’il faut effectivement organiser un maillage dans des cafés, dans des bars, comme le faisait Mermet, dans les « Là-bas si j’y suis », ce genre de choses. Mais tout est à réinventer à partir d’aujourd’hui, quoi. Et c’est le premier jour, disons, de la reconquête. Ça va, là ?
Ben du coup, non, là, non.
Il y a aussi la fracture numérique. Et la fracture numérique, c’est le fait que des opérateurs comme Bouygues, SFR, Free, ils ne vont pas s’implanter dans certaines régions de France uniquement parce que ce n’est pas intéressant pour eux, parce qu’il n’y a pas suffisamment de personnes et parce que, finalement, ce n’est pas suffisamment rentable. Et là, c’est une question de pouvoirs publics. Effectivement, on est à Paris, nous, là, on n’a pas ce problème. Mais dans les campagnes ou dans le reste de la France, il y a des territoires qui sont dépourvus d’accès à Internet.
On a une autre question !
Allez, nouvelle question.
Comment tu t’appelles ?
Ativa.
C’est très bien comme prénom.
C’est la suite de ce que vous venez de dire. Vous considérez donc qu’on ne peut pas changer…
Maintenant, comme ça.
Ça marche, là ?
Oui, là, ça marche.
C’est la suite de ce que vous disiez. Ça veut dire qu’on renonce à tous les médias mainstream, que tout le monde…
Sauf France Inter.
Ah, c’est ce que j’allais dire ! Non ! Non mais c’est une vraie question, parce que tout le monde ne va pas se mettre à regarder Blast. Là, on est entre nous, c’est facile.
C’est une très, très bonne question. Et moi, j’aimerais bien y répondre. Et c’est ça qu’il faut qu’on change. Maintenant, c’est la honte d'être antiraciste, c’est la honte de parler de lutte des classes, et c’est ça qui est pas normal. Alors non, mais c’est une très bonne question, parce que cette question des médias, effectivement, nous, on n’est pas là en train de vous dire, même si cet événement est retransmis sur Blast : « Regardez que Blast, c’est le seul média. » Au contraire, on veut conserver aussi une diversité de médias. Et y compris, notamment sur le service public, il y a de très bons contenus. On n’est pas du tout en train de vous dire ce soir : « Ne regardez plus la télévision, c’est terminé. »
Oui, la question…
Attendez, c’est une séance d’autographes, bordel !
Non, ce que je veux dire, c’est que les valeurs qu’on défend là, je ne trouve pas normal que le service public ne les défende pas. Je ne trouve pas non plus normal..Pour ma part, j’ai fait le choix, à titre personnel, d'être sur Blast et aussi, régulièrement, d’intervenir sur des plateaux télévisés quand on me laisse le faire. Et on me laisse le faire. Donc ce n’est pas non plus complètement perdu. Pour parler d'écologie, ma collègue Paloma Moritz fait la même chose. On est nombreux ici à aller aussi à la télévision. On n’est pas du tout en train de vous dire de délaisser certains médias, mais je pense qu’il faut faire monter certaines questions dans des médias dits traditionnels. Et ce n’est pas évident. Et on ne peut pas… Moi, je ne dirige pas la télévision française, donc je ne peux pas le faire.
Je suis totalement d’accord, mais ce que je veux dire, c’est que…
Je veux bien, Salomé, si je peux réagir à la question. On est censés avoir cinq ans pour changer. Franchement, moi, je flippe.
Mais je crois qu’on fait tout ce qu’on peut ici pour pouvoir changer les choses en cinq ans.
Non mais on est d’accord, je ne suis pas en train de vous attaquer. Je suis en train de dire : profitons-en, puisque la soirée est un… On est dans l’après, on est dans l’après, et j’aimerais bien qu’on ressorte en se disant : « Qu’est-ce que je peux faire après ? » Et ne ce qu’on peut faire après, ce n’est pas juste entre soi. Les gens qui vont voter, ils regardent TF1, ils regardent machin, ils regardent bidule.
Priscillia Ludosky voulait réagir.
Ça veut dire que vous êtes tous chauds pour vous mobiliser, là, ce soir. Donc si on vous appelle pour occuper un média comme BFM, CNews… Je dis ça, ce n’est pas par provocation. Je dis ça parce qu’il n’y a pas si longtemps, dans les Outre-mer, il y a eu des mobilisations qui n’ont pas été diffusées ici, pour empêcher le soutien des mobilisations locales. Ce qu’ils ont fait, c’est qu’ils ont occupé le média en disant : « Vous allez parler de ce qui se passe. » C’est comme ça que, notamment, on a entendu parler de certaines mobilisations en 2009, qui avaient commencé, comme le mouvement des Gilets jaunes, par une taxe sur les carburants. Donc, en fait, je pense qu'à la fois, il y a des mobilisations, des actions en justice, qui permettent légalement d’avancer. Il y a Stop Bolloré, par exemple, qui se construit, qui se structure. Mais je pense qu’il y a aussi les mobilisations de terrain. Il ne faut pas hésiter à aller occuper les lieux, sans violence, pour ensuite forcer à ce qu’ils parlent des sujets nécessaires aux gens. Mais surtout, les plaidoyers qu’il faut porter, c’est surtout la déconcentration des médias et le mode de financement, qui doit différer et qui doit être beaucoup plus public.
Moi, je veux aussi vous proposer une mobilisation à venir parce qu’effectivement, les médias indépendants, c’est primordial, mais il y a également le service public de l’audiovisuel.
Oui, tout à fait. Oui, oui, bien sûr.
Fondamental, parce que, d’abord, il est regardé par beaucoup de personnes et qu’il y a encore le respect du pluralisme des médias, même s’il a beaucoup de défauts. Et il se trouve qu’Emmanuel Macron, comme vous le savez, a annoncé qu’il allait supprimer la redevance télé. Et supprimer la redevance télé, ça veut dire prendre le pouvoir sur l’audiovisuel public. Ça veut dire fragiliser l’audiovisuel public et ça veut dire ne plus donner accès à un pluralisme des médias et à la maîtrise par ceux qui font la télé et la radio. Et ça, c’est une des mobilisations futures primordiales et fondamentales dans le cadre de la bataille des idées. Donc, si vous voulez une mobilisation à venir, c’est d’abord se mobiliser. Ça va être compliqué, intellectuellement, psychologiquement, de se mobiliser contre la suppression de la redevance télé, mais il va falloir le faire si on veut gagner cette bataille.
Merci. Bravo ! Il y a une autre question, voire une remarque.
Rebonsoir. Donc moi, c’est Sonia. Alors, j’avais une remarque par rapport, justement, aux médias, on va dire, indépendants, mais plutôt même alternatifs. Ce n’est pas toujours indépendant. Et parfois, il y a un danger : c’est qu’il y a certaines personnes qui vont se renseigner auprès de ce qu’ils croient être des médias plus intelligents et, en fait, au final, on tombe dans des extrémismes. Je pense, je vise clairement Alain Soral et son site Égalité et Réconciliation. Moi, ça me donne envie de vomir, mais il y a vraiment des gens qui boivent, qui se nourrissent que de ça, en fait. J’ai eu le cas proche de moi, malheureusement, et c’est vrai que c'était douloureux de voir que des gens qui sont intelligents tombent aussi dedans. C’est vraiment très, très dur à vivre, honnêtement. C'était ma remarque.
Effectivement, c’est un vrai problème, l’accès à l’information. Et moi, je me permets d’y répondre, même si je suis juste censée animer, parce que ça me touche. Non mais évidemment, la question de l’information. Je pense qu’on a un problème d'éducation à l’information et qu’il faut apprendre, en tant que citoyen… Moi, je ne peux pas vous dire : « Sur Blast, chaque chose qu’on dit, c’est la vérité et c’est la bonne chose. » Il faut être capable d'établir ce jugement par soi-même. Et pour ça, il faut être éduqué à l’information, sur comment on recoupe ses sources. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui n’est pas fait, puisqu’on nous a juste dit : « Écoutez ce qui se dit dans les gros médias », et c'était ça, la bonne information. C’est une vraie problématique contre laquelle on lutte à Blast, et on le voit dans les commentaires. Récemment, on a fait une émission pour expliquer qu’il y avait une guerre en Ukraine et que la Russie commettait des exactions horribles, et il y a des gens qui sont venus nous dire : « Mais non, vous voyez bien que c’est un complot des médias et qu’en réalité Poutine ne fait que sauver l’Ukraine. » Et on est confrontés à ça. Et je pense que c’est aussi notre responsabilité, en tant que médias indépendants qui peuvent toucher un public qui est peut-être parfois hostile aux gros médias, de se dire : on va aussi remettre les choses à leur place quand on le peut. Mais, encore une fois, je pense que ça passe par… C’est vraiment un problème d'éducation. Vous ne pouvez pas faire confiance juste à un seul média. Il faut vous former, à mon sens en tout cas, en tant que citoyen. Priscillia, vous voulez ?
Merci, Salomé. Je voulais juste rajouter quelque chose. Je rejoins le danger je ne sais plus qui est parmi ce gars, pardon.Je rejoins ça. Et en fait, c’est important de se dire que, avant qu’on déroule le tapis rouge à l’extrême droite à la télé mainstream, ils se sont hyper organisés sur le plan numérique. C’est-à-dire qu’ils sont hyper présents. Et c’est-à-dire que, de l’autre côté, il ne faut pas déserter le numérique, au contraire. Donc il y a ce genre de sites-là, mais je pense qu’il faut démultiplier ce truc-là, ou alors amplifier ce qui existe déjà. Donc les soutenir massivement, les médias indépendants qui ne sont pas dans ce discours-là. Parce qu’ils ont envahi le champ médiatique, ils font des journaux, ils font des blogs, il y a des tutos, ils sont sur TikTok. Ils nous ont envahis, quoi, des vrais cafards. Donc je pense qu’il faut lutter contre ça. Merci.
Mathilde, vous vouliez réagir ?
Oui. Non, c’est parce que, Salomé, tu as dit que c'était l'éducation. Mais ouais, il faut aider l'école, putain ! Putain, faut aider les profs ! Parce que qu’est-ce qu’on a morflé ! Mais tous, de la maternelle à l’université, on s’en prend plein la gueule ! Et il faut absolument lutter pour l'école. Et ça, c’est super important aussi. Surtout que… Alors, j’ose espérer que Blanquer va sauter. Mais de tout cœur.
Ouais, ouais, on a le droit, juste un petit peu.
Mais il faut absolument comprendre l’importance, à la fois l’importance de l'école et l’importance des attaques contre l'école. C’est quoi, ça ? Donc voilà, tout à l’heure, quand j’arrivais, il y avait Guillaume qui demandait combien il y en avait, de profs. Il y en avait pas mal. Ben ouais, il faut vraiment défendre l'éducation, l'école publique, l'éducation et la recherche.
Il y a Hervé qui a une question.
Moi, tout ce que j’entends, franchement, ça fait chaud au cœur, ça donne envie, quoi. On se dit : merde, on en prend encore pour cinq ans, finalement. Vous serez d’accord avec moi, hein. Moi, je suis désolé, mais comme vous me voyez là, je suis au ras du sol, moi. Je suis à zéro. Non, non, ça me va. Je suis très bien au ras du sol. C’est parce que c’est comme ça que j’observe le monde. Je vous regarde tous passer au quotidien, etc. Et dans mes carnets, je note tout. Tout ce que je vois, tout ce que j’entends, tout ce que vous vivez. Et ça me fait, mais un mal de chien. Vraiment. J’ai mal pour vous. Je me dis : mais putain, ces gens-là, ils se cassent le cul tous les jours pour vivre, on va dire, correctement. Et tout ça pour ça, pour… Macron ou Le Pen. Et on a eu Macron. Bon ben, écoutez les gars, les filles : cinq ans. Alors moi, je vais vous dire juste une chose. Dans la campagne, on parle très peu du sans-abrisme. On parle peu de ces mômes qui sortent de la DASS, enfin, on appelle ça l' ASE aujourd’hui, et qui se retrouvent dans la rue avec rien du tout, et qui deviennent des SDF, des clochards, des gens comme ça, comme moi. Moi, ça fait vingt-cinq ans que je vis comme ça. Moi, ça va, j’ai de la chance parce que j’y ai réussi avec un certain talent, on va dire, et beaucoup d’obstination à vouloir m’en sortir, mais tout en restant un marginal. Et la société que Macron, là, nous offre, ça va être une société de marginaux. Il va y en avoir de plus en plus dans les rues. Et croyez-moi, la rue, elle tue. Elle tue ! Elle tue ! Elle tue !
On rappelle qu’il y a 300 000 sans-abri à la fin de ce quinquennat, personnes sans domicile fixe, contrairement à tout ce qu’on pense.
Vivre dans la rue, ce n’est pas un choix. Ça peut devenir une habitude, ce qui a été mon cas. Mais mon cas est particulier, parce que j’ai eu la chance de rencontrer des gens comme Guillaume Meurice. On peut l’applaudir ? Et là, tu me lèves, parce que j’en ai marre d'être assis toute la journée dans le public. Voilà, ce n’est pas pour rien, c’est pour prévision. Guillaume m’a offert cette fenêtre ouverte. Pour quelqu’un qui n’a pas de maison, une fenêtre ouverte, c’est quand même pas mal, moi, je trouve. Merci, mon Guillaume. Merci, Guillaume.
Merci, Hervé !
Et Erwan aussi, à la production, qui m’a fait un accueil d’enfer, vraiment. Vous êtes géniaux, La Cigale. Mais n’oubliez pas une chose : quand vous voyez un mec ou une nana dans la rue, là, en bas de chez vous, prenez une minute de votre temps, juste pour discuter avec lui ou avec elle. Merci ! Et franchement, le public, vous êtes merveilleux. Ne changez rien. Excusez-moi d’avoir pris le micro.
Il ne reste pas beaucoup de temps, il nous reste une dizaine de minutes à peine. Alors, on va peut-être pouvoir prendre des dernières questions.
Question ici, s’il y en a encore. Allez, on t'écoute. Oui, il y en a une.
Bonsoir, moi, c’est Yanis. Autant dire que je suis le rap préféré des fachos, parce que voilà, je suis ici…
Bref, euh… T’as de la bière, là !
En fait, je me posais la question, la remarque suivante : moi, je viens de Douai, dans le Nord.
Ouais, les Ch’tis représentent !
Et du coup, je me demandais comment, aussi, de la province, entre guillemets, comment on peut se manifester contre le pouvoir et tout ça, actuellement, dans la rue, quand on n’est pas forcément à Paris. Parce que, OK, les Gilets jaunes, ça a été aussi la force d’un mouvement des provinces, c’est allé à Paris. Mais comment… Enfin, tout le monde ne peut pas aller à Paris, etc. Et même ce soir, tous les gens ne peuvent pas être là.
Les ronds-points !
Oui, les ronds-points, oui, bien sûr, j’en ai vu aussi. C'était partout, on ne pouvait pas les louper. C’est que la mobilisation, même à Douai et autour, dans les patelins à côté, c’est qu’il y a du FN partout. Et moi, ça me fait peur, en fait. C’est ce que je me dis : comment les ronds-points, d’accord, mais ensuite, on fait quoi ?
C’est une très bonne question. Merci beaucoup. Comment on fait entendre sa voix quand on vit dans cette France rurale, quand on vit à des endroits..Oui, allez-y, Arié.
C’est difficile. Ça marche avec le collectif. Encore faut-il pouvoir rejoindre le collectif. Quand on est seul dans son coin, quand on est étudiant, quand on ne connaît pas les organisations, c’est pas évident. Bon, après, je pense que ça ne marche qu’avec le collectif, mais que n’importe qui, je dis bien n’importe qui, peut arriver à créer quelque chose. D’abord, il faut simplement… Vous avez des associations locales comme la Ligue des droits de l’Homme. Vous avez des organisations comme Amnesty. Vous avez des associations dans tous les territoires de France. Vous avez plein d’organisations qui peuvent vous aider à initier des mobilisations. Déjà, commencer à les rejoindre. Vous avez les réseaux sociaux, qui permettent aussi de se structurer. Pendant le mouvement des Gilets jaunes, les Gilets jaunes se sont structurés énormément sur Facebook, un peu sur Twitter, mais surtout sur Facebook. Il y avait des groupes de Gilets jaunes extrêmement importants et ils ont réussi à s’organiser sur les ronds-points, ils ont réussi à s’organiser pour faire des manifestations dans tous les coins de France. Donc vous avez ces outils qui sont à votre disposition. Les syndicats ! Vous avez, bien évidemment, les syndicats. Évidemment, je ne les ai pas oubliés. Mais il faut que les syndicats, comme la CGT et d’autres, comme Solidaires, puissent travailler avec les organisations. Quand je vous dis qu’il y a un moment où il va falloir se poser la question de savoir pourquoi est-ce que tous ne travaillent pas ensemble pour permettre, justement, à tous ceux qui sont dans les régions et ailleurs de pouvoir participer à ces mobilisations… Il y a un moment où on va devoir travailler ensemble. Et voilà un peu tous les outils que vous pouvez utiliser pour, y compris quand vous êtes en région, commencer à participer à ces mobilisations.
Merci. Priscillia Ludosky, vous voulez réagir à ça ? Vous avez quelqu’un… Moi, je trouve ça intéressant. Il y a quelqu’un qui vous dit : « J’habite en zone rurale ou en zone périphérique et les ronds-points des Gilets jaunes, c'était pas assez pour se mobiliser. » Qu’est-ce que vous répondez à ça ?
À cette période-là, il y avait pas mal de modes d’action différents. Il y a eu des associations qui se sont dirigées vers le mouvement des Gilets jaunes et inversement, pour pouvoir mener des actions ensemble. C'étaient des militants dits du climat. Et je rejoins tout ce que Arié a dit, finalement. C’est aller vers les associations, aller vers des collectifs. Il y a les syndicats, mais il y a aussi des manières de se mobiliser à titre individuel pour des causes particulières qui sont simplement peut-être relayées. Alors, je vais pas faire de pub, mais il y a l’ancienne directrice de Change.org qui a écrit un ouvrage qui s’appelle Changer le monde, et elle explique étape par étape comment lancer une mobilisation à l'échelle de son territoire jusqu'à une échelle plus nationale. Et en fait, il y a des méthodes quand même à adopter. Ce n’est pas simple, mais c’est possible. Ça dépend de ce qu’on défend comme cause. Et puis, quand on se lance dans une cause où on a déjà des personnes qui sont mobilisées dessus, il ne faut pas hésiter aussi à aller à leur rencontre et voir comment vous pouvez travailler ensemble. C’est aussi quelque chose qui peut se faire. Merci.
Mathilde ?
Réagir, oui. Non, faut pas oublier que le mouvement ouvrier, il est né à Lyon, c'était la révolte des canuts. La Révolution française, elle est née à Grenoble. Voilà. C’est vrai que Paris a son côté centralisateur un peu à la con, mais il y a plein de choses qui viennent d’ailleurs. On s'était dit qu’on chanterait « Les Canuts », mais on n’est pas obligés. Vous voulez qu’on chante « Les Canuts » ? Vous la connaissez ? Non ? Alors, je commence ! Pour gouverner, il faut avoir manteaux et rubans en sautoir. Nous en tissons pour vous, grands de la terre, mais nous, pauvres canuts, sans drap on nous enterre. C’est nous les canuts, nous sommes tout nus. Pour chanter Veni Creator, il faut avoir chasuble d’or. Nous en tissons pour vous, gens de l'Église, mais nous, pauvres canuts, n’avons pas de chemise. C’est nous les canuts, nous sommes tout nus. Mais notre règne arrivera quand votre règne finira ! Mais notre règne arrivera quand votre règne finira ! Nous tisserons le linceul du vieux monde, car on entend déjà la révolte qui gronde. C’est nous les canuts, nous n’irons plus nus.
Merci beaucoup pour cet intermède musical imprévu. Guillaume Meurice, est-ce qu’on a une dernière question avant de clôturer la soirée ?
Finalement, elle a répondu à la question, donc il n’y a plus de dernière question. Il n’y a pas de dernière question. Allez, si, toi, voilà. Dernière question, dernière. La pression de maboule que tu as ! Tu es la dernière question de la soirée. On t'écoute.
Salut et merci pour cette soirée incroyable. Donc moi, c’est Adrien, Français expatrié en Belgique. Je suis souvent admiratif du travail de fond qui est fait sur les médias indépendants, et ma question, c’est : comment on fait pour avoir des journalistes indépendants qui font un travail de dingue face à des politiques qui ont des arguments fallacieux, qui peuvent dérouler leur argumentaire ? Souvent, on se dit, face à des journalistes qui ne font pas le travail de contradiction : est-ce que vous faites un travail pour vous retrouver face à ces politiques et pouvoir, en fait, contre-argumenter, et qu’on se dise : en fait, ils vont se décrédibiliser face au public, et donc avoir un vote qui va pouvoir ensuite suivre ça ?
Bon, je vais essayer de répondre. Mais d’abord, je voudrais te dire un truc, Mathilde : t’as raté ta carrière, t’es une vraie chanteuse, quoi. Non ? Merci ! Moi, il y a trois ans, j'étais peinard, j'écrivais des livres, j’habite dans une maison à côté de la forêt. Pour moi, c'était insupportable de bouffer avec des amis. Il y avait ce mouvement des Gilets jaunes qui était naissant et il y avait une sorte de bouillonnement intérieur. J’en avais marre d'être un commentateur. Donc j’ai franchi le pas et j’ai absolument changé de vie. Je suis sorti de ma zone de confort pour revenir au combat. Et véritablement, l’information est un combat. Et le projet de Blast est vraiment intéressant parce que, rendez-vous compte, il y a un an, jour pour jour, on n’existait pas. Un an plus tard, on a créé une trentaine d’emplois, dont quatorze CDI, plus des intermittents, plus… On est presque à l'équilibre et on a gagné 500 000 abonnés sur YouTube en un an et 12 000 abonnés payants. Ça veut dire qu’il y a une sorte de mouvement. Et la spécificité de Blast, c’est qu’on est un service public. C’est-à-dire que les gens qui financent Blast et qui s’abonnent le font pour agglomérer autour d’eux, pour rendre l’information publique. C’est-à-dire que toutes les enquêtes qu’on sort, les éditos, les tribunes, les chroniques, les reportages en économie, en écologie, etc., les gens nous financent pour que ce soit public. On est vraiment un média de service public financé par des particuliers. C’est essentiellement les 12 000 personnes qui font ça. J’aimerais, et ce n’est pas une parole en l’air, qu’on puisse créer… Aussi, au niveau des médias, il n’y a plus de chapelle à avoir. Il faut que Reporterre, Arrêt sur images, Le Média et d’autres, qu’on s’unisse, parce qu’unis, on est quand même plus forts que quand on est seuls. Et nous, on a vocation… Moi, je ne suis pas du tout… Comment dire ? Je n’ai pas de destinée à être un chef et tout ça. Moi, je préfère écrire des livres et faire des films que diriger une entreprise, mais je le fais par nécessité. Et là, c’est vrai qu’on a eu chaud. Et c’est ce que j’ai essayé de dire tout à l’heure, c’est ce que plusieurs ont dit : le combat de l’information est essentiel. C’est ce que tu disais sur les stats, etc. Là, on a trop laissé le terrain à CNews, on a trop laissé le terrain. Le service public d’information, l’Agence France-Presse, est devenu une « Agence France-Macron ». Ils n’ont pas arrêté. Moi, je ne suis pas du tout engagé politiquement, j’ai de carte dans aucun parti, mais, en tant que simple observateur, quand même, Mélenchon a fait 21 %, presque 22 %. Et pendant toute la campagne, on lui a donné 12, 13. Il a été complètement minimisé par tous les médias. Et ça joue aussi. Et donc, c’est vrai que, dans les cinq ans qui viennent, et ça démarre demain, il faut que… Mais ça demande aussi aux gens un certain effort, parce que l’information a un coût. Je veux dire, 5 euros par mois, par exemple, c’est l’abonnement à Blast. C’est un… Non mais bon, c’est aussi important, c’est le prix d’un café ou de deux cafés. Donc il faut que les gens se mobilisent autour de ça. Voilà, merci.
Moi, j’aimerais répondre aussi à cette question, parce que c'était une question qui portait aussi sur l’exercice de l’interview politique. Et je sais ce que c’est quand vous êtes devant votre télé et que vous voyez des journalistes interviewer un responsable de parti et que vous vous dites : « Mais putain, il lui pose ça ! Mais enfin, c’est évident que la personne raconte n’importe quoi ! » Moi, je voudrais prendre un tout petit peu, quand même, la défense de mes confrères et de mes consœurs sur cette question. Non, mais vraiment, parce que l’exercice est difficile, l’exercice de l’interview politique. Ils sont surentraînés en face. Et on revient toujours à cette question de la structure économique des médias : pour connaître tous les dossiers qu’eux connaissent, en fait, on est obligés de travailler à plusieurs journalistes là-dessus. C’est impossible de tout connaître, de savoir qu'à chaque fois qu’on vous donne des chiffres, peut-être qu’ils sont faux, peut-être pas. C’est, dans tous les cas, extrêmement difficile, même quand on travaille avec les mains complètement libres, même quand on est dans un média indépendant. Ça demande du temps, ça demande d'être plusieurs, de pouvoir travailler à plusieurs. Et pour ça, il faut tout simplement financer les médias indépendants. Et même en les finançant, on ne sera jamais parfaits en tant que journalistes face à un candidat ou une candidate politique. On laissera peut-être passer des choses parce qu’on est aussi humains et qu’on ne peut pas tout connaître, et ils sont extrêmement entraînés en face. Voilà, j’avais juste envie de défendre un petit peu ma profession, quand même. On va arriver à la fin de cette soirée. Est-ce que mes invités veulent rajouter quelque chose ? Je ne suis pas sûre. Je pense qu’on va… Il va être pile 22 heures, c’est parfait. Je suis parfaitement dans les temps. Priscillia, vous vouliez rajouter ?
J’allais dire : n’hésitez pas à travailler avec les militants pour les questions.
Il faut aussi garder une distance, une indépendance journalistique, y compris avec les mouvements sociaux, les associations. Notre but, c’est de parler d’eux, pas de travailler… pas, comment dire, de relayer tout ce qu’ils disent. Voilà, en tout cas, c’est comme ça que je le conçois. Mais je pense qu’on va arriver à la fin de cette soirée. Est-ce que Guillaume Meurice veut revenir sur cette question ? Oui, bonsoir ! Le public est là !
Merci beaucoup. Merci les amis d'être restés. Je tenais à vous dire que, sur Blast, en ce moment, il y a encore 12 000 personnes qui nous regardent.
Merci à tous ceux qui nous regardent.
Donc merci d’avoir suivi la soirée, merci les amis. On va conclure. Je te laisse remercier.
Est-ce qu’on s’auto-remercie ? Je me lève un petit peu. Est-ce qu’on peut s’auto-remercier ? Moi, je me permets de remercier Guillaume Meurice d’avoir organisé cette soirée ! Merci à toi ! Et Erwan Rodary, qui a participé également. Moi, je voudrais remercier toutes les équipes. Voilà, on s’aime tous. Mais non !
Ça va finir en concert de rock ! L’envahissement du terrain ! Voilà ! Ça, c’est les punks, ça !
J’aimerais remercier toute l'équipe de Blast aussi, qui a travaillé sur cette soirée et que vous ne voyez pas. J’aimerais remercier… Merci, David Dufresne !
C’est parti !
Merci les amis, merci beaucoup !
Je viens là, quand même. J’aimerais remercier Mathias Enthoven, qui a fait venir des canapés à la dernière minute. Merci Mathias ! Et toute l'équipe de Blast, et également l’entreprise Multicam, qui a filmé cette soirée.
Ah oui, oui, on ne les oublie pas. Ils ont bossé toute la journée, ils ont bossé, ils ont posé les caméras et tout.
Exactement. Et merci à tous ceux que j’oublie. Est-ce que j’ai oublié des mots à toi ? Voilà, merci à tout le monde !
T’as personne d’autre à remercier ? Merci les amis. Merci à tout le monde. Je voudrais remercier la technique, notamment Foued et Ben. Merci les mecs d’avoir assuré. Je voudrais qu’on remercie Rodolphe Urbs, qui était au dessin, il a dessiné toute la soirée. Et il a été formidable, merci beaucoup. Merci à tous mes potes artistes et tous ceux qui sont intervenus avant 20 heures. Je vais pas vous refaire la liste, vous les connaissez. Et je voudrais vraiment dire un énorme merci à la personne sans qui rien n’aurait été possible, parce que c’est lui qui a eu l’idée. C’est le producteur de la soirée, le producteur de mon spectacle, Erwan Rodary. On peut l’applaudir bien fort. Merci, mon pote !
Bon courage pour les cinq prochaines années. Tout commence maintenant !
Merci beaucoup. Bonne soirée à tout le monde. Merci, Salomé !
Merci. C’est le rideau qui doit tomber, là !
Merci beaucoup. À la prochaine, les amis !
OK, là, là… Il y a encore des gens, là ? Allô, allô ? Ah merde, je n’entends pas. Je n’ai plus de messages. Voilà. OK, bon les amis, il faut qu’on vous laisse parce qu’il faut ranger le matériel. On se retrouve demain à 9 heures avec Rodolphe. Il parlera cravate. On est 220. Bon, j’espère que le débat vous a plu. Nous, on n’entendait rien, en fait. C’est un peu compliqué. Vous êtes là, on est là. Merci beaucoup. J’ai essayé… Mathilde, elle voulait chanter, moi, je voulais faire du stage diving. Il faut quand même… On s’est bien marrés. Bon les amis, je dois vous laisser parce que là, il faut tout ranger et, pour les gens qui bossent ici, il se fait tous les soirs très tard. Donc voilà. Merci beaucoup à Jesse, à Rial, à Olivier et à Robin. Merci beaucoup. On débriefe… Voilà. Bonne nuit, bonne nuit tout le monde. N’oubliez pas de vous abonner à Blast, de soutenir Blast. Merci, merci, merci les amis. Merci beaucoup, c'était super. Bonne nuit, bonne nuit !
Ah oui, alors là, j’ai autour de moi l'équipe de Multicam. C’est quoi votre Multicam Live ? Voilà. Ils ont été super, ils ont été très accueillants, je les remercie. Allez, je vais vous remontrer leur setup. Ce n’est pas Au Poste, là, vous voyez, là, c'était des pros, quoi. Voilà, voilà. Ils ont été super. Ils m’ont filé le Wi-Fi, le secteur et ainsi de suite. Voilà, je vous embrasse. Je vous dis à demain.
