#FondsMarianne : Sonia Backès AuPoste et devant le Sénat.
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Madame la Ministre, Monsieur le Rapporteur, chers collègues, en attendant quelques arrivées, nous poursuivons notre mission d’information que notre commission a décidé de constituer sur la création du Fonds Marianne.
Rebonjour tout le monde. Après trois heures, trois heures et demie ce matin avec Marlène Schiappa, nous voici maintenant avec celle qui va succéder : Sonia Backès.
Je vous souhaite la bienvenue, Madame Sonia Backès, secrétaire d'État auprès du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, chargée de la Citoyenneté. Nous savons, Madame la Ministre, que vous avez pris vos fonctions bien après le lancement du Fonds Marianne et la sélection des projets. Mais, alors que ceci est encore soumis à un suivi par votre administration, vous avez été témoin d’un certain nombre d’alertes qui ont conduit, entre autres…
Alors, va-t-elle balancer ?
Par ailleurs, vous avez autorité sur le secrétariat général du CIPDR et avez aujourd’hui la responsabilité de l’attribution des crédits du FIPDR. Nous sommes donc particulièrement intéressés à comprendre le suivi que vous faites de ce sujet et les enseignements que vous tirez de l'épisode qui nous occupe aujourd’hui. Avant de vous céder la parole pour un bref propos introductif, si vous le souhaitez, bien sûr, Madame la Ministre, je dois vous rappeler qu’un faux témoignage devant une commission d’enquête est passible de sanctions pénales qui peuvent aller, selon les circonstances, de trois à sept ans d’emprisonnement et de 45 000 à 100 000 euros d’amende. Je vous invite donc à prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité. Levez la main droite et dites : « Je le jure. » Merci, Madame. Je vous laisse donc à présent la parole pour quelques minutes d’introduction. Vous avez le micro ?
Monsieur le Président, vous m’entendez bien ?
C’est mieux.
Monsieur le Président, Monsieur le Rapporteur, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, je vous remercie de m’auditionner aujourd’hui. Effectivement, j’ai pris mes fonctions le 4 juillet dernier, mais je vais vous donner, en propos introductif, quelques éléments de contexte, vus de mon prisme, de l’affaire qui nous intéresse aujourd’hui. Quand j’arrive le 4 juillet, quand je suis nommée, je dispose à ce moment-là de ce qu’on appelle des dossiers ministre, c’est-à-dire que chaque direction remet au ministre, au membre du Gouvernement, un certain nombre d'éléments qui sont portés à sa connaissance. Dans le dossier ministre concernant le secrétariat général du CIPDR, il n’est pas question du Fonds Marianne. C’est un sujet que je ne connais absolument pas puisque, vous le savez peut-être, je viens de Nouvelle-Calédonie et, en Nouvelle-Calédonie, il n’y a pas de sujet de radicalisation. C’est donc vraiment un sujet qui m'était complètement inconnu avant d’arriver. Je prends connaissance, pour la première fois, du sujet dans le courant du mois de septembre. Mon conseiller en communication me transmet un article du magazine Marianne, qui date du 30 juin, donc d’avant ma nomination, faisant état d’une question sur la liste des lauréats qui n’aurait pas été rendue publique. Je demande à ce moment-là, via mon directeur de cabinet, des éléments au secrétaire général du CIPDR, qui nous transmet une première note que nous estimons incomplète et qui est complétée par une seconde note, datée du 12 octobre.
T’as le droit de ne pas répondre, on n’a pas le droit de mentir.
Cette note nous explique, d’une part, la raison pour laquelle la liste des lauréats n’est pas rendue publique, et j’y reviendrai sans doute, et, d’autre part, elle nous fait un point sur l’ensemble des lauréats pour nous dire quel est l'état des lieux. Cette note est globalement très positive, faisant état d’une bonne exécution, globalement, des différentes subventions. Il y a, à ce moment-là, une simple observation qui fait une ligne dans cette note, indiquant qu’il pourrait y avoir un sujet de contenu sur l’une des associations, sur laquelle, j’imagine, on reviendra également : Reconstruire le commun. Je demande à ce moment-là plus d’informations au secrétaire général du CIPDR, qui nous indique qu’il avait vu, effectivement, des contenus à caractère politique, qu’il avait convoqué les responsables de l’association, lesquels avaient dit qu'évidemment cela ne se reproduirait plus, et que l’affaire était donc close. À ce stade, il n’y a pas d’alerte, évidemment, ce sont simplement des questions ou des observations. Ensuite, au mois de décembre, face aux questions insistantes d’un certain nombre de journalistes sur la liste et sur le fait qu’elle n’ait pas été rendue publique, nous décidons de transmettre à un certain nombre de médias, en l’occurrence France 2, Marianne et Mediapart, la liste des lauréats, en échange d’un engagement de ne pas la diffuser, afin de maintenir la sécurité des lauréats qui, on le sait, lorsqu’il s’agit d’islam radical, sont très vite en situation de risque. Au mois de décembre, nous montrons cette liste aux différents médias et nous n’avons plus de nouvelles sur le sujet jusqu’au 22 mars. Le 22 mars, mon cabinet a un échange avec France 2, de mémoire, qui nous dit : « Attention, on a vu un problème sur une association, l’USEPPM, qui, visiblement, n’a pas dépensé correctement la subvention. » Cette alerte est suivie, dès le lendemain, d’un mail des nouveaux dirigeants de l’USEPPM qui nous dit : « Attention, nous, on a constaté un problème dans la manière dont cette subvention était dépensée. » Cette alerte nous inquiète fortement et déclenche ma demande, d’une part, de saisir l’IGA, ce que nous faisons le lendemain, et, d’autre part, de demander au préfet Gravel de saisir la procureure de la République de Paris sur le fondement de l’article 40, concernant cette association.
L’USEPPM, c’est CIFORWIC qui avait pris le contrôle de l’association.
Tout à fait.
Je viens à l’Inspection générale de l’administration.
Quelques jours à la suite de ça, on commence à comprendre qu’il y aurait, là encore une fois sur la base d’un certain nombre d’informations de journalistes, des problèmes de contenu qu’on avait commencé à identifier dans le cadre des premiers questionnements. Je demande donc, le 31 mars, au secrétaire général du CIPDR de faire un travail de fond sur toutes les associations et sur tous les contenus pour regarder quelle est l'étendue de la problématique et si, effectivement, les associations lauréates ont bien dépensé les subventions comme il était prévu. On se rend compte très rapidement qu’il y a un problème de contenu. Le 12 avril, on se rend compte qu’il y a un problème de contenu sur l’association Reconstruire le commun et nous étendons donc la mission de l' IGA à l’ensemble des associations. Je décide également de faire moi-même un article 40 sur cette nouvelle association.
L’article 40, c’est un signalement.
Quand on est fonctionnaire, on doit signaler un délit ou un crime qui a été commis ou qui va être commis.
Je voudrais simplement, avant de répondre à vos questions, vous dire que la politique publique en matière de lutte contre l’islam radical est une politique publique absolument essentielle dans le cadre de la lutte contre le terrorisme menée par le Gouvernement. Très clairement, aujourd’hui, je l’ai dit encore dans le cadre d’une réponse, les éléments de renseignement que nous avons démontrent que le communautarisme, le séparatisme, alimentent la radicalisation, qui elle-même alimente le terrorisme. Là où, auparavant, les prêches les plus violents, les plus dangereux, étaient faits dans les mosquées, ils sont aujourd’hui faits sur les réseaux sociaux. Nous avons donc besoin de cette politique publique. Cette politique publique est menée en partie, bien évidemment, par les services du Gouvernement, mais on sait très bien que les codes de ceux qui sont sur les réseaux sociaux, les méthodes, les réseaux eux-mêmes, sont plus accessibles à un certain nombre de personnes de la société civile, qui sont mieux à même de répondre. D’où l’intérêt de cette politique publique, au sens large. On y reviendra bien évidemment, mais il y a dans ce dossier, de manière maintenant très claire au vu du rapport remis par l' IGA, des erreurs qui ont été commises, des fautes, des manquements, sur lesquels on va revenir. Mais je pense qu’il ne faut pas, pour reprendre l’expression que vous avez utilisée ce matin, jeter le bébé avec l’eau du bain. Il y a, parmi les associations qui ont été lauréates, comme dans d’autres qui travaillent dans le cadre du FIPDR, en partenariat avec le Gouvernement, des associations qui font un travail extraordinaire et qui, depuis la publication de la liste par un organe de presse, sont désormais en situation d’insécurité et menacées. Elles nous ont répondu encore récemment, à la suite d’un certain nombre de sollicitations, qu’elles ne voulaient plus intervenir parce qu’elles sont en danger. Je voudrais simplement attirer votre attention pour que, dans les messages que nous passons collectivement sur ce sujet, nous continuions de soutenir ceux qui font ce travail de contre-discours républicain et de lutte contre l’islam radical. Voilà, Monsieur le Président.
Merci, Madame la Ministre. Ceux qui agissent, il y a donc, sous-entendu, ceux qui n’agissent pas. Notre mission n’a en tout cas pas pour objet de remettre en cause une politique publique, que ce soit celle-ci ou toute autre d’ailleurs, ce n’est pas notre rôle, mais bien de voir comment elle est exécutée dans les meilleures conditions possibles et dans le respect des règles qui sont fixées par ailleurs. J’avais quelques questions un peu générales, mais finalement vous nous avez déjà répondu, ainsi d’ailleurs que votre directeur de cabinet, que je salue à vos côtés, sur ce point, et notamment sur le fait que, ce que je comprends bien d’ailleurs, étant élu de Nouvelle-Calédonie et, à l'époque, ayant finalement peu de liens avec la métropole, sinon des liaisons indirectes, cet objet pouvait vous être inconnu, même si on s’en est étonné lorsque cela nous a été dit, à la fois par le directeur de cabinet et par vous-même. On peut s'étonner, en tout cas, qu’il ne figurât pas, nous y reviendrons, dans la simple continuité de l’action de l'État. C’est un point qui, à mon avis, est tout à fait essentiel. Avez-vous quand même eu des discussions, des contacts avec votre collègue Marlène Schiappa sur ce sujet, que ce soit au moment où vous arrivez ? Elle aurait pu éventuellement, sans vous transmettre un dossier, évoquer ce sujet, ou bien depuis qu’il y a eu un certain nombre de difficultés.
Les dossiers ministres..
Est-ce que vous pourriez nous dire s’il y a eu un échange ou pas, et sur quoi il aurait porté ?
Non, absolument pas de discussion sur ce sujet avant que l’affaire n'éclate. Ensuite, nous avons eu une discussion sur le sujet, dans laquelle je lui ai indiqué qu’il était bon d’attendre les résultats, d’une part de l' IGA, puisque c'était avant les conclusions de la mission de l' IGA, d’autre part de la commission d’enquête, et enfin de la justice, avant de nous exprimer publiquement sur le sujet.
Nous avons eu une réponse de votre voisin qui était assez claire sur le rôle du cabinet, la procédure, avec une position très nette du directeur de cabinet sur le fait qu’il n'était pas anormal que le cabinet soit dans le système de décision sur l’attribution des fonds, ou plus exactement sur leur validation, pour employer un terme plus précis. On voit bien que, dans cette affaire, peut-être parce que c'était aussi le démarrage, le CIPDR avait fonctionné de manière un peu autonome et que, lorsque le poste de ministre délégué a été créé, on est revenu à un cadre plus traditionnel, avec un système de validation qui apparaît. Vous l’avez donc poursuivi. Pouvez-vous nous dire si les événements qui entourent le Fonds Marianne et les questions qui sont posées vous conduisent à tirer quelques conclusions sur la manière d'établir cette relation entre l’administration, le cabinet et vous-même ?
Je pense que le processus tel qu’il est construit, c’est-à-dire avec une administration qui instruit et propose, et le politique qui, finalement, valide, me paraît parfaitement conforme. Je suis, accessoirement, présidente d’une collectivité locale : c’est aussi comme cela que cela se passe dans les collectivités locales. Cela ne me paraît ni dissonant ni dysfonctionnel. Après, la question est de savoir quels sont les contrôles a priori et a posteriori qui sont effectués. Ce que montre le rapport de la mission de l' IGA, c’est que des contrôles ont peut-être manqué, notamment en amont, au moins pour une association, et que les contrôles a posteriori ont révélé un certain nombre de dysfonctionnements. C’est, je pense, sur ce point que nous allons travailler.
Là, c’est un peu le même discours que Schiappa ce matin : on n’a pas assez contrôlé, mais on n’avait pas les moyens
. Il y a à peu près toutes les étapes qui sont signalées. En tout cas, c’est un sujet prégnant, cette question de savoir comment on doit fonctionner. L’exemple qui a été donné, à juste titre, par votre directeur de cabinet, c’est que, quand on reçoit un dossier, on en reçoit toujours, quelles que soient les responsabilités que l’on a, qu’elles soient municipales, départementales, régionales ou ministérielles. On reçoit des dossiers en direct et la règle qui doit effectivement s’appliquer, c’est une règle de transmission à l’administration, sans élément d’appréciation particulier, laisser l’administration travailler et voir ensuite comment on peut avancer. Peut-être que, sur ces pratiques-là, qui paraissent de bon sens et qui, en plus, mettent chacun face à ses responsabilités, il y a peut-être matière à aller plus loin, peut-être en écrivant quelque chose dans ce domaine. Parce que, finalement, du flou sortent parfois des positions particulières. Le 10 octobre 2022, le préfet Gravel vous fait parvenir une note dans laquelle il explique les raisons pour lesquelles la liste des lauréats n’a pas été rendue publique et pour lesquelles une démarche a été engagée afin de ne pas les mentionner dans le document budgétaire sur le soutien de l'État aux associations. Il est fait mention, dans cette note, d’une demande de la presse pour obtenir la liste des lauréats. Pouvez-vous nous rappeler ce contexte et la manière dont cette demande de note est formulée ? Elle répond à quoi ? À une demande de votre part ?
Effectivement, nous sommes sollicités, à ce moment-là, par des médias. Non, pardon, excusez-moi, cela vient en décembre, la demande de la liste. À ce moment-là, nous voyons simplement l’article du 30 juin qui dit que la liste est tenue confidentielle et que cela a l’air de poser problème. C’est à ce moment-là que je demande des informations et, effectivement, le préfet Gravel nous indique que, pour des raisons de sécurité, la liste est gardée confidentielle. Je pense que, finalement, c’est ce qui aurait dû être fait. Elle a finalement été rendue publique. Aujourd’hui, un certain nombre de lauréats nous font part de menaces à leur encontre. Je pense que, dans la mesure où ils sont directement en charge de répondre à des discours qui amènent à une forme de séparatisme, ils sont en danger. La volonté, je crois, du Gouvernement, qui était partagée à l'époque, était de garder cette liste confidentielle.
C’est bien, Monsieur le Rapporteur.
Merci, Madame la Ministre. Merci, Monsieur le Président. Je vais revenir sur un certain nombre de faits chronologiques, comme vous les avez évoqués dans votre propos introductif. Heureusement, j’ai pris des notes, mais je ne suis pas encore un parfait pratiquant de la sténo.
Jean-François Husson, rapporteur de la commission des finances, Les Républicains. Alors que Renan, il est Parti socialiste.
Je voulais d’abord avoir confirmation, et vous l’avez dit au début de votre propos introductif, que, peu de temps après votre nomination, globalement, vous avez reçu une note, avez-vous dit, en septembre… Octobre. Octobre ? Vous voyez, hop ! Dans laquelle était mentionnée, globalement, la bonne exécution des subventions, à part une association, vous l’avez citée, Reconstruire le commun, sur laquelle il y avait des questions portant sur le ou les contenus, et qu’assez rapidement le secrétaire général du CIPDR est intervenu…
La sténo, c’est le greffier, en fait, qui note l’intégralité des échanges.
Vous les avez eus, parce que j’essaie de garder la tête froide par rapport à ce matin. Ça veut dire que c’est chaud, il faut dire. On vous produit une note. Donc c’est le cabinet, je pense.
C’est le SGCIPDR qui produit.
Qui passe au cabinet, qui passe au ministre, le tout dans un temps très court. J’en conclus une première chose : les rouages sont parfaitement huilés. Votre arrivée n’a rien changé. C'était la pratique hier, c’est la pratique aujourd’hui et, je dirais, dans un ministère, ce sera la même pratique demain.
La pratique de quoi ? De transmission du SGCIPDR au cabinet, puis au ministre, je suppose. En tout cas, depuis que je suis là, il n’y a pas d’absence de fluidité.
Donc vous n’avez pas donné de consignes particulières pour remettre en cause le fonctionnement passé ?
Sur le fait de demander une note et qu’elle soit transmise, non. Je ne vois pas pourquoi j’en aurais donné.
Je vais vous dire pourquoi. Oui, parce que l’autre, elle a dit qu’elle n’en avait pas. Comme vous l’avez dit à plusieurs reprises, et comme ce matin, en permanence, votre prédécesseure a expliqué qu’elle n’en avait pas connaissance : c'était le CIPDR, le secrétaire général, c'était le cabinet, mais elle n'était pas là, même si des membres du cabinet venaient du CIPDR auparavant. Voilà. Donc je veux…
OK, je comprends.
Le parallélisme des formes et le bon fonctionnement, cela me paraît assez cohérent. Cela paraît d’autant plus cohérent que vous l’avez dit à plusieurs reprises dans votre propos introductif. Les choses sont donc assez objectives.
Ça passe mieux.
On a parlé de l’USEPPM, qui avait effectivement bénéficié d’une subvention importante et qui ne répondait plus depuis quelque temps déjà, alors que, normalement, historiquement, quand les subventions…
De novembre 2022 à février 2023, il y a eu des relances et il n’y avait plus âme qui vive, en tout cas pas de réponse. Vous avez donc, là encore, été avertie de la situation. Savez-vous à quel moment et par qui ? Je pense que c’est là aussi par le CIPDR.
D’abord, je précise, et je comprends le sens de votre question, que je ne suis évidemment pas informée de tout ce qui se passe à l’intérieur du SGCIPDR. Ce n’est absolument pas mon rôle. Je pense même que ce serait un problème si c'était le cas. Toute la partie administrative du suivi, je ne l’ai absolument pas. En revanche, je suis évidemment informée de ce que fait mon cabinet, qui a des réunions régulières avec le secrétariat général du CIPDR, d’une part pour transmettre l’impulsion politique que je souhaite donner et, d’autre part, pour recueillir de la part du SGCIPDR les éventuelles problématiques qui se poseraient ou les avancées des dossiers qui leur ont été confiés. J’ai effectivement, je pense que cela doit être dans le courant du mois de mars, je n’ai pas la date exacte, une remontée par le SGCIPDR et par mon cabinet du fait que nous avons un souci de transmission de documents par l’USEPPM. C’est ce qui amène la suite, c’est-à-dire la mission confiée à l' IGA et le signalement au titre de l’article 40, parce qu’effectivement ils ne transmettent pas les documents et que nous n’avons aucune réponse de leur part. Et puis cela se termine avec le 23 mars, je ne sais pas si vous l’aviez noté, lorsque les nouveaux responsables de l’association nous disent que, visiblement, il y a un problème.
Voilà, c’est ça. Vous êtes donc plutôt alertée avec les premiers signaux d’alerte en mars 2023. La situation a perduré malgré des relances. Parfait, cela correspond. J’avais noté le 22, il me semblait que c'était quarante-huit heures après, mais on ne va pas chipoter pour un jour.
En fait, le 22, nous avons la presse ; le 23, l’USEPPM ; le 24.
Il n’y a pas de problème.
Finalement, quand la presse pose des questions, ça s’active.
Vous avez des alertes, mais pas au même moment. Est-ce que c'était, selon vous, à chaque fois avant des annonces faites par la presse ou après ? C’est-à-dire que des éléments avaient été communiqués, vous n’en aviez pas forcément connaissance, mais étaient-ils déjà dans le circuit ?
En fait, il y a deux situations différentes. Celle de l’USEPPM, où l’alerte principale vient quand même du mail que nous recevons des nouveaux dirigeants de l’association qui, là, clairement, nous inquiète. Au-delà de la question de la presse, c’est cela qui nous génère la grosse alerte. Sur la question…
Pas besoin de sous-titres : au-delà de la question de la presse…
Puisque c'était réglé, puisqu’il y avait un questionnement dans la note du mois d’octobre sur un problème de contenu. Il s’agissait, je crois, d’un contenu politique contre Éric Zemmour. On a convoqué l’association pour lui dire qu’il n’y avait pas de contenus politiques à produire et les choses ont été recadrées. La vraie problématique vient, là, effectivement, des questions de la presse qui ne citent pas d’association mais qui nous disent simplement : « On a commencé à regarder, sur la base de la liste que vous nous avez montrée. Il semble qu’il y ait des problèmes de contenu. » Cela génère, le 31 mars, de ma part, une demande, via mon cabinet évidemment, au SGCIPDR, de décortiquer tous les contenus. Ils ont donc regardé des heures et des heures de contenus pour nous faire une note qui conduit à la grosse alerte sur la deuxième association, Reconstruire le commun, avec des contenus d’ordre politique qui vont bien au-delà de ce qui avait été observé au mois d’octobre.
Des heures et des heures, je n’y crois pas.
La presse, en partie, et puis le travail de contrôle, d’autre part.
Le travail de contrôle, il intervient après que la presse a contacté le ministère.
L’information est fluide, les signaux d’alerte vous remontent normalement, sans obstacle, et, de la même manière, vous prenez des décisions, vous donnez des directives et elles sont mises en œuvre, sous votre autorité, par le cabinet et, évidemment, par le secrétariat général du CIPDR. Pour moi, en tout cas, cela paraît parfaitement clair, simple et, je le redis, beaucoup plus limpide que ce que nous avons entendu ce matin. Selon les éléments qu’on vous a donnés, nous avons néanmoins une difficulté de présentation de ce qui a été fait par le secrétariat général par rapport à ces contenus. Il y a deux lectures, deux versions, si je puis dire. Si, par hasard, vous n’en avez pas une troisième, cela ne vous aidera pas, mais si vous pouviez privilégier l’une des deux, ce serait bien. Pour bien rappeler le contexte, le préfet Gravel nous a indiqué ici qu’il avait fait diligence dès qu’il avait vu des contenus un peu particuliers, sans exagérer les choses non plus, mettant en cause des personnalités politiques. On peut se demander si, lorsqu’on veut faire la défense des valeurs républicaines, il faut commencer par une agression tous azimuts contre des élus de toutes tendances. Je ne suis pas tout à fait sûr, mais je pense que nous partageons à peu près cette idée. Le préfet Gravel nous a dit : « J’ai fait… »
Donc, allusion aux petites vidéos.
Je lui ai indiqué que c'était l’association Reconstruire le commun. Quand on reçoit l’association, la présidente de l’association ne s’en souvient pas. En tout cas, cela ne l’a pas marquée. Ce n’est pas dit tout d’un coup. Je pense qu’elle s’en souviendrait. Mais elle dit simplement : « J’ai eu une remarque par rapport au fait qu’on ait fait référence au président de la République, Emmanuel Macron, dans une des séquences. » Or, la réalité est que, parmi les séquences, il y a eu une mise en cause portant plutôt sur cela. C’est-à-dire : « Pourquoi utilisez-vous le président de la République ? » D’autre part, lorsqu’il y a ce type de problème dans une association, on pourrait s’attendre à ce que l’administration fasse un écrit. On peut dire oralement qu’il y a un souci, mais on a deux versions sur les contenus mis en avant. L’une n’interdit pas l’autre. On peut parler d’une question sur le président de la République et d’autres sujets. Mais l’association nous dit, en gros : « Ne faites plus cela. » Très bien. Et c’est tout. Surtout, il n’y a pas eu un seul écrit. Une mise en garde, généralement, lorsqu’il y a un problème avec quelqu’un avec lequel on travaille, peut prendre une forme écrite et rester dans le dossier. Est-ce que, dans les notes que vous avez eues, il y avait des éléments particuliers sur ce sujet qui nous permettraient de retenir l’une des deux versions ?
Malheureusement, Monsieur le Président, je ne vais pas pouvoir vous aider parce que cela s’est passé avant que j’arrive et que je n’ai absolument aucun élément, si ce n’est ceux qui sont arrivés après. Je ne peux donc pas trancher ce sujet-là. Je ne sais pas quelle est la version qu’il vous faudra retenir. J’en suis navrée.
Pour l’instant, cela a commencé tranquillement. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il y a bien des relations entre les différentes associations, le cabinet du ministre et la ministre. En tout cas, c’est ce qui arrive avec elle, qui succède à Schiappa. Ce qui veut dire que Marlène Schiappa, ce matin, a essayé de nous faire entendre un petit peu qu’elle n'était au courant de rien.
Réorientez-nous sur la pratique sous votre autorité, en tout cas.
Non, je ne le fais pas parce que je considère que ce n’est pas mon rôle. Ce n’est pas le rôle du ministre. Le rôle du ministre, c’est d’impulser une politique, de l’initier et, effectivement, de faire régulièrement le point avec l’administration qui est en charge du suivi pour savoir si les choses sont faites correctement dans le cadre des objectifs politiques qui ont été fixés. Je vais vous donner un exemple d’une politique publique que je porte : la lutte contre les dérives sectaires. Cette politique a été confiée, là encore, au SGCIPDR, dans le cadre de la Mivilude en particulier. De la même manière, nous avons confié au secrétariat général du CIPDR une politique publique à mettre en œuvre et nous faisons, via mon cabinet, un point régulier avec le SGCIPDR.
Pierre, tu pourras voir le replay. Il est déjà disponible sur auposte.fr.
Il nous arrive, bien évidemment, de recevoir des associations dans le cadre des politiques publiques que nous menons, non pas pour faire le point sur leur action, mais pour voir avec elles quels sont les points qui avancent, que l’on souhaite faire avancer, comment elles le voient et comment elles perçoivent la situation.
Voilà. Donc, globalement, comme vous l’avez dit, mais je veux bien m’en assurer, vous avez des notes qui sont demandées ou envoyées à intervalles réguliers, qui vous font un peu un état de la situation. Vous avez eu, à un moment, une alerte. C’est donc l’administration, le CIPDR, qui reçoit des consignes de la part du ministre ou du cabinet pour veiller à, comment dire, rectifier ce qui, éventuellement, ne fonctionne pas.
Soit des notes, soit des réunions de point, des points réguliers.
Très bien. Je veux revenir un tout petit peu, puisque vous embrassez une nouvelle responsabilité ministérielle. Vous l’avez dit, sur un sujet qui vous est étranger. Vous avouerez que ce n’est pas non plus celui auquel je m’intéresse en premier. En fait, est-ce que les conditions de cet appel à projets vous ont été expliquées ? Est-ce qu'à un moment on vous a expliqué de quelle manière ce dispositif avait été mis en œuvre ? Je rappelle qu’il a quand même été mis en œuvre dans un temps très court, avec une procédure assez lâche, c’est-à-dire avec peu de rigueur en termes de méthode, d’exécution, de contenu, de notation, de transmission de l’information aux associations qui avaient candidaté. Est-ce que, par rapport à cet état de fait, vous avez une remarque ou des souhaits exprimés pour l’avenir ?
Avant les alertes, je n’ai eu aucune connaissance de la manière dont cet appel à projets a été lancé. Bien évidemment, depuis, j’ai lu avec attention le rapport de l' IGA, qui démontre clairement qu’il y a eu des erreurs, voire peut-être des fautes, en tout cas un certain nombre de dysfonctionnements majeurs, qui doivent nous amener à faire évoluer les méthodes. Les autres appels à projets qui ont été lancés par le secrétariat général du CIPDR, notamment les deux appels à projets en matière de lutte contre les dérives sectaires, ont fait l’objet de l’ensemble des contrôles a priori, et les contrôles a posteriori sont en cours.
Dans un délai aussi court, avec des contrôles aussi rapides, ou est-ce que cela s’est fait autrement ?
Je crois que la situation est complètement différente selon les appels à projets. Moi, je ne porte pas de jugement sur ce qui s’est passé avant. La situation et le choc qu’a connus la France à la suite de l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine ont sans doute conduit à des décisions différentes de celles qui concernent la lutte contre les dérives sectaires, qui est une politique publique de long terme et qui ne présente sans doute pas les mêmes urgences. Je ne porte donc aucun jugement sur la manière dont les choses se sont passées. Je crois simplement qu’il y a un certain nombre de conclusions à tirer et d’adaptations à mettre en œuvre, absolument indispensables, à la suite, d’une part, de ce premier rapport de l’IGA, mais aussi du second rapport que nous aurons, ainsi que des conclusions de votre commission, qui nous donneront un cadre nous permettant de faire mieux les prochaines fois.
J’entends ce que vous venez de nous communiquer. Ceci étant, je ne crois pas qu’il y ait une différence aussi importante que celle que vous évoquez au regard de la gravité de l'événement qui a donné lieu à la création du Fonds Marianne. Ce que l’on observe, finalement, dans les premiers éléments portés en audition par l’administration, c’est qu’elle nous dit : normalement, il faut deux à trois mois. Puis il y a une accélération soudaine, dont on n’arrive pas complètement à comprendre qui décide, qui ne décide pas, qui regarde, qui ne regarde pas. Voilà la raison pour laquelle je voulais avoir cet élément. Vous nous avez évoqué le mail du 24 mars, le projet de signalement au sujet des associations du Fonds Marianne. La décision de faire ce signalement, c’est vous qui la prenez ?
C’est moi qui la prends, et mon cabinet qui la met en œuvre.
On a une procédure de contrôle, d’ailleurs, en cours. Vous avez évoqué l’autre association, Reconstruire le commun, qui pourrait donner lieu à une demande de remboursement. Cela nous a été confirmé lors de l’audition en présence des membres de l’association. Cela a été fait au début du mois de mai. Est-ce que vous avez participé à cette décision ? Dans quel sens ? J’imagine que, si vous y avez participé, c'était certainement pour la confirmer. Est-ce que vous n’avez pas le sentiment que cette décision est un peu tardive ? Je veux dire par là qu’elle intervient consécutivement à de nouvelles révélations.
Merci pour vos abonnements, les amis.
Y a-t-il un lien de cause à effet ou absolument pas, au regard des éléments que vous pourriez nous communiquer ?
On ne peut pas effectivement dire qu’il n’y a pas de lien de cause à effet. Clairement, la presse s’est intéressée au sujet. Il n’y a pas que la presse, je l’ai dit pour l’USEPPM. Sur la question des contenus, nous avons demandé, le 31 mars, de regarder l’ensemble des contenus de toutes les associations. C’est sur la base de ce travail-là, qui n’est pas exclusivement celui fait par la presse, que nous avons effectivement été alertés sur un certain nombre de contenus qui n’avaient rien à faire dans l’objectif qui était fixé initialement. Donc, oui, j’ai pris cette décision. Elle a été mise en œuvre compte tenu des éléments qui nous ont été transmis par le secrétariat général du CIPDR, sur la base du visionnage de plusieurs heures de contenus extrêmement lourds, qui ont donné lieu à une identification précise de tous les contenus qui posaient problème, de manière à ce que nous puissions avoir une vision de l’ampleur de la problématique.
Ce qui veut dire que vous considérez qu’une subvention trop importante a été versée et qu’au regard de ce qui a été versé, il est logique de demander un remboursement. D’accord. L' IGA, dans son rapport, préconise ou recommande trois choses : l'émission d’un titre exécutoire d’un peu plus de 127 000 euros, de prendre acte des manquements aux obligations statutaires qui ont été relevés par la mission et, enfin, de compléter la saisine du procureur de la République. Est-ce que vous nous confirmez aujourd’hui vouloir mettre en application les trois recommandations de ce rapport de l' IGA ?
Oui. La première est déjà en cours de mise en œuvre puisque la procédure contradictoire a été initiée par le secrétariat général du CIPDR. Pour ce qui est des poursuites disciplinaires, elles seront mises en œuvre, mais nous attendons le deuxième rapport de manière à avoir une vision globale de la situation. Quant au complément de l’article 40, il relève de l' IGA puisque ce sont eux qui ont la connaissance et la vision globales du sujet. Donc oui, sur les trois préconisations.
Merci. Nous allons poursuivre, assez vite d’ailleurs, puisque votre relation au projet est relativement limitée dans le temps, on va dire cela comme ça. Nous allons plutôt nous tourner vers aujourd’hui, vers les perspectives et les recommandations. Un sujet que nous évoquons est la relation entre l'État et les associations lorsqu’on leur confie une mission tout en leur laissant le soin de la mettre en œuvre. La question est de savoir jusqu’où on va dans ce dispositif. En ce qui vous concerne, c’est plutôt une réflexion prospective que je vous demande. D’une certaine façon, vous aurez demain à poursuivre — vous l’avez dit d’ailleurs, c’est une politique publique, il y a donc des chances qu’elle se poursuive, en tout cas on l’espère. Quand on regarde les choses d’un peu plus près, il y a deux éléments. Le premier, c’est qu’on a souvent monté des projets qui sont, en quelque sorte, de faux projets. Je fais simple : on associe à des montants de subventions d’autres financements, publics ou privés, sur lesquels on n’a d’ailleurs aucune trace. C’est-à-dire que, non seulement nous n’avons pas de réponses négatives, mais nous ne sommes même pas sûrs que des demandes aient été faites. Les fonds demandés ont-ils vraiment été sollicités ? Nous n’en savons rien. On se demande pourquoi cela a été monté ainsi. C'était comme si, après le Fonds Marianne, il y avait l’idée d’un relais par d’autres financements que ceux de l'État. Dans la réalité, en particulier pour les deux gros projets initiés à ce moment-là, il y avait des montants annoncés. Bien sûr, l’une des fautes est de ne pas avoir vérifié, avant de démarrer le projet, qu’il y avait au moins eu des demandes dans ce sens. On ne peut pas toujours tout obtenir avant le démarrage, mais au moins s’assurer que les demandes de financement avaient été formulées. Ce n'était pas le cas. Plus généralement, nous avons toujours cette question lorsque l'État est non seulement le premier financeur, mais, en fait, le financeur unique de beaucoup de projets.
Je ne sais pas si c’est le cas, certains cas…
Quel est alors le lien qui doit s'établir avec l’association ? Quel est le niveau de contrôle qui est possible et acceptable ? Et quelle est, finalement, la zone dans laquelle l’association est libre d’avancer ? Comment les choses peuvent-elles s’articuler ? Vous savez que, lors de nos auditions, cette question est revenue. Elle a été formulée de manière un peu abrupte : « Nous ne sommes pas des sous-traitants du CIPDR. » D’accord, vous n'êtes pas des sous-traitants, mais vous êtes financés intégralement. Comment imaginez-vous les choses ? Cet argent public circule : comment ne pas exercer un contrôle total ? Il faut bien sûr laisser une part de liberté à l’association, mais il faut aussi contrôler, afin de ne pas se retrouver ensuite dans des situations où l’on est amené soit à demander des remboursements, soit à recourir à un article 40, ce qui n’est pas très heureux lorsqu’on a lancé un projet.
Je vais vous répondre tout simplement en prenant l’exemple de la réussite des quinze autres associations. En fait, cette politique publique est capable d'être menée à bien de manière tout à fait correcte. Nous avons fixé un grand objectif, qui était celui de lutter contre les discours relevant de l’islam radical, avec un public principalement constitué de jeunes de 12 à 25 ans. Cet objectif était connu des associations, qui avaient l’obligation de produire des contenus, de faire du contre-discours à destination de ce public. On se rend compte que la plupart des associations, d’une part lauréates du Fonds Marianne, d’autre part celles qui travaillent aujourd’hui avec l'État, notamment dans le cadre du FIPDR, savent très bien ce qu’elles peuvent faire et ce qu’elles doivent faire, tout en n'étant pas des salariés du Gouvernement. C’est toute la difficulté de l’exercice, mais finalement ce n’en est pas réellement une quand on voit la production réalisée par un certain nombre d’associations et, finalement, la réussite de cette mission.
Sur la question de savoir s’il doit y avoir… Réussite ? Il ne faut pas poursuivre quand même, là.
Je ne crois pas. Je crois que cette politique publique, malheureusement, ne peut être menée que par l'État et doit être menée par l'État. En revanche, les services de l'État, tels qu’ils sont construits, ne peuvent pas, à eux seuls, assumer cette mission de contre-discours parce que, bien évidemment, on voit bien que les moyens ont changé, les publics ont changé, ont évolué, et que la société civile et un certain nombre de structures associatives le font mieux. Je pense donc qu’on doit pouvoir continuer, tout en assurant des contrôles a priori plus importants que ce qui a été fait, tout en assurant un contrôle au fur et à mesure et a posteriori. Mais je crois profondément au fait qu’on peut mener cette politique publique sous cette forme-là, en associant la société civile et en vérifiant, évidemment de manière continue, qu’il n’y a pas de dérive en matière de contenu, comme on l’a vu sur une association, et que l’association met bien en œuvre ce pour quoi elle a été subventionnée. Je ne vois pas de difficultés majeures. Je pense qu’il ne faut pas, encore une fois… Il y a eu, là on le voit bien, des erreurs, des dysfonctionnements, mais je ne crois pas que ce soit la politique publique dans son ensemble, ni le fait de s’appuyer sur le tissu associatif, qui soient à revoir.
Je vous entends, Madame la Ministre. Parler de la réussite des quinze autres projets, il faut peut-être le nuancer quand même.
Ah, merci, Reynald.
Vous avez dit « projets », qui sont en réalité des projets d’associations avec lesquelles le CIPDR travaille depuis cinq ans. Donc, après cinq ans de travail avec une structure de l'État, une administration de l'État, il y a une pratique, un discours, une méthode qui se sont affinés au cours du temps. Ces associations réussissent maintenant, ou en tout cas présentent des éléments visibles de travail, de rendu et de relations avec le CIPDR qui sont convenables et correctement menés. Mais la question se pose lorsqu’il s’agit, finalement, de nouveaux projets et de nouvelles structures. C’est là, en fait, que les choses pêchent pour beaucoup. C’est-à-dire que, lorsqu’on travaille avec de nouveaux acteurs, qui plus est portés par des associations soit naissantes, soit très fragiles, la question de la relation doit être extrêmement travaillée. En tout cas, s’il y a une leçon que nous devons tirer de cette expérience, me semble-t-il, c’est qu’effectivement, lorsqu’on a un nouvel acteur, il faut l’accompagner, pour utiliser un vocabulaire moderne. On accompagne tout aujourd’hui.
C’est vrai, regarde, on accompagne même le Sénat. Il y a quelque chose autour de ce sujet.
Les autres associations travaillaient davantage sur la notion de fraternité au sens large. C’est-à-dire : comment construire un discours positif face au discours islamiste que vous évoquez ? Comment faire en sorte que certaines populations n’adhèrent pas à ces discours et comprennent l’intérêt de la vie de la République et de son fonctionnement ? C’est un travail de terrain autant qu’un travail sur les réseaux. Or, le travail sur les réseaux est beaucoup plus complexe parce que l’une des faiblesses du système, c’est l'évaluation. On peut évidemment poursuivre ces politiques, mais encore faut-il savoir les évaluer. Et là, la question de l'évaluation est primordiale. Comment fait-on ? Quand on voit des associations qui travaillent sur le terrain, on a des personnels sur place, des actions menées, on peut aller les voir et on dispose de comptes rendus. Quand on est sur les réseaux sociaux, si l’on a cinquante tweets et deux cents vues, on sait qu’on a tout raté. Mais même si l’on a un million de tweets et des millions de vues, on n’est pas sûrs…
Ce n’est pas faux. Bon, je redonne les chiffres pour ceux qui n'étaient pas là : des vidéos YouTube vues en moyenne deux cents fois, un compte Facebook avec cinq followers…
La politique publique est une chose, mais encore faut-il se donner les moyens d’en mesurer les impacts. On ne peut pas se contenter uniquement du nombre de vues. Si je voulais le dire de manière encore plus directe, je dirais : ne vaut-il pas mieux très peu de vidéos, mais bien faites, très vues, et par les bonnes cibles, si j’ose dire, c’est-à-dire par les publics que l’on souhaite toucher ? Encore faut-il disposer d’un outil permettant cette mesure. Et nous avons vu que cet outil n’est pas si facile à mettre en place.
Bienvenue au Poste ! Ici, c’est l’avant-garde. Nous ne sommes pas très nombreux, mais nous sommes là.
Cela montre beaucoup de faiblesses. Est-ce que vous partagez ce point de vue ?
Oui, Twitch, c'était ça.
C’est beaucoup plus compliqué à évaluer qu’un certain nombre d’autres politiques publiques.
Salut, Cassandre.
Le choix du Gouvernement, c’est d’aller dans…
À droite !
…plusieurs directions dans cette politique publique. On vous a parlé, vous connaissez l’existence de la plateforme PHAROS, vous savez ce qui est fait dans les quartiers de reconquête républicaine. On essaie d’agir sur plusieurs plans. Si l’on prend, par exemple, la question de la laïcité, on voit bien que les messages envoyés par un certain nombre de réseaux diffusant des discours d’islam radical sont : « L'État est islamophobe » et donc « la loi sur la laïcité est islamophobe ». Ce sont les messages qui sont diffusés. Comment fait-on pour répondre à cela ? Il faut que nous arrivions à produire des outils, des contenus, qui permettent de faire passer des messages que nous n’arrivons plus à transmettre à un certain nombre de jeunes, parce qu’ils n'écoutent plus ni leurs enseignants ni, finalement, tout ce qui relève de l'État. C’est là qu’il faut réussir à faire passer des messages avec des codes différents. Effectivement, ce n’est pas juste un film avec écrit « République française », parce que personne ne va le regarder, en tout cas parmi ceux qui pourraient être concernés.
Et encore moins si c’est marqué « Ministère de l’Intérieur ».
Non, moi, je regarde. Quand c’est écrit « Ministère de l’Intérieur », ça me détend vraiment.
Voyons, voyons, c’est quoi cet ostracisme ?
Sur votre intervention initiale, concernant les nouvelles associations : oui, il faut les accompagner, mais non, il ne faut pas les écarter. Je pense que nous avons besoin d’innovation, nous avons besoin de créativité et nous avons besoin de ces nouveaux acteurs qui, peut-être, ont une vision différente des jeunes publics et qui sont capables, peut-être, d’adapter également les contenus à ces jeunes publics.
De manière générale, et toujours pour en tirer des leçons pour la suite, parce que c’est aussi ce que nous souhaitons faire à la fin de notre rapport, nous voudrions vous entendre sur le fait de savoir s’il faudrait mieux préciser les conditions dans lesquelles les associations doivent mener les projets. Est-ce que certaines clauses des conventions d’attribution devraient être revues afin d’exclure certaines pratiques ? Ce que nous avons vu, de manière générale, c’est que tout cela était, comment dire… extrêmement léger. Pour simplifier : on a des associations qui ne sont pas structurées pour obtenir des subventions importantes, qui n’en ont jamais eu ; un système de contrôle défaillant ; un système de mesure des résultats inexistant. Et, à l’arrivée, cela produit ce que cela produit. D’ailleurs, pour les deux associations en question, les situations sont très différentes et les problématiques aussi. Je ne les mets pas du tout sur le même plan. Mais, quand on dit qu’on va demander un remboursement, par exemple, sur quelle base ? Si c’est sur la base de la convention signée, alors que les exigences de celle-ci sont faibles, comment justifier un remboursement sur quelque chose qui n'était pas réellement demandé ? C’est un peu léger.
Mais si, par extraordinaire, cela devait arriver…
Oui, clairement, nous avons des axes d’amélioration. Je pense que mieux on encadre les objectifs fixés aux associations lauréates, mieux le contrôle peut se faire, à la fois en cours d’exécution et a posteriori. Plus on est précis dans les objectifs qui sont fixés, mieux on arrivera, par la suite, à les contrôler. Je crois donc qu’effectivement cette opération va nous amener, avec les deux rapports de la mission de l' IGA, à faire évoluer les procédures de manière évidente.
Merci pour cette réponse. Sur les comités de sélection, j’avais noté, dès ma première conférence de presse sur le sujet, le caractère endogène du comité de sélection, qui m’avait beaucoup gêné. Quand on fait un appel à projets, se retrouver avec trois membres du cabinet et trois membres de l’administration, dont deux membres du cabinet issus de l’administration concernée, cela fait vraiment très endogène, très « entre-soi ». Quand on fait un appel à projets, il n’est peut-être pas mauvais d’avoir à ses côtés une ou deux personnes ayant des compétences différentes, non pas liées directement à l’action menée, mais, par exemple, à l’utilisation des réseaux sociaux. On nous a d’ailleurs dit qu’au CIPDR une seule des deux personnes était réellement qualifiée. Au final, quand on regarde les résultats, quand on voit par exemple des associations qui proposent des vidéos de quinze minutes pour attirer des jeunes de 15 à 22 ans sur YouTube, on est très loin des pratiques des jeunes. Quand on dépasse dix minutes, on peut être sûr qu’ils n’en regardent pas neuf minutes quarante-cinq. Si déjà ils regardent quinze secondes avant de fermer la vidéo, c’est magnifique. On peut donc se dire qu’un peu de connaissance des usages actuels des jeunes n’aurait pas été inutile dans la réflexion. Sur ce caractère…
Ça fait même séparatiste !
…des choses. Ce n’est pas la peine. Est-ce que cela vous paraît finalement tout à fait normal de… J’oriente un peu la réponse, j’ai l’impression, mais bon…
Vous le faites assez souvent, Monsieur le Sénateur, mais c’est sympathique.
Sur les quinze secondes, d’abord…
Vous pensez alors que c’est moi qui ne suis pas bon ? Parce que, moi, je vois que les jeunes, quand ils me regardent, ce n’est rarement qu’une seconde.
Vous rigolez ? On vous a regardé quatre heures ce matin. Là, cela fait une heure, une heure et demie qu’on est là !
Ce que je veux vous dire, c’est que je pense qu’effectivement, dans l’instruction des dossiers et dans les propositions, il doit y avoir les expertises dont vous parlez. C’est-à-dire qu’il doit remonter aux responsables politiques, dans le processus de validation, les éléments de décision indiquant que telle association apporte telle ou telle nouveauté, telle ou telle proposition importante. Les éléments concrets doivent donc être portés à la validation politique. Ensuite, dans le processus, il y a un rôle du politique.
Vous êtes des salauds !
Vous savez, vous êtes devant des élus ici. Nous avons tendance à penser que le politique a un rôle, de manière générale. Nous ne méconnaissons donc pas ce point. Mais, pour autant, lorsqu’on cherche un peu d’innovation, ce n’est pas mauvais de s’entourer d’avis un peu diversifiés.
Moi, je pense que c’est certainement consubstantiel à la rapidité. C’est-à-dire : dépôt de candidature éclair, vingt jours. Je crois que certains ont pensé qu’il fallait aller vite. Et, comme le président Raynal parle d’entre-soi, en plus, au cabinet, il y avait deux ou trois membres qui venaient du CIPDR. En termes d’ouverture, c’est relativement limité. Je nous invite…
Le chat, concentrez-vous !
Vous verrez, par rapport aux auditions auxquelles nous procédons, que l’appel à projets du Fonds Marianne, publié le 20 avril 2021 par le secrétariat général du CIPDR, est toujours en ligne. Vous constaterez qu’au regard des éléments que nous évoquons aujourd’hui, il y a quand même un certain nombre de trous ou de manques.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, l’un des reproches principaux faits au Fonds Marianne, c’est la rapidité avec laquelle il a été monté et les dotations accordées aux associations. Et le caractère endogène du comité de sélection explique évidemment pourquoi des associations à peine créées ont réussi à obtenir de l’argent, alors que d’autres, qui travaillaient depuis longtemps sur ces questions, ont été rejetées, notamment SOS Racisme. Pour cela, il faut revenir à la commission de ce matin, que vous pouvez retrouver sur auposte.fr.
Sur la question de la jeunesse, de la durée, etc., c’est éminemment plus compliqué que de dire : les jeunes, il leur faut quelques secondes, et les vieux.
Le suivi doit être extrêmement précis, c’est cela que je veux dire. Sinon, on en arrive à de l’expérimentation pure. Il en faut un peu, bien sûr, mais il ne faut pas qu'à l’arrivée cela tourne à une dérive. Sur ce point, je pense que nous sommes d’accord.
Je partage votre avis, Monsieur le Président. C’est-à-dire que cela ne peut pas être : « Je vous donne 300 000 euros, débrouillez-vous. Et on se revoit dans un an pour voir si tout va bien.
C’est un peu léger et, en tout cas, cela l’a montré.
D’abord, ce n’est pas « je vous donne ». Ce n’est pas l’argent des ministres ni des ministères. C’est de l’argent public, l’argent du peuple. Il est confié à des responsables pour être attribué à d’autres.
Je ne sais pas.
Votre argent, hein !
En conclusion…
Vous donnez… Non, vous ne donnez rien !
Quelles sont les évolutions que vous envisagez, d’ores et déjà, de prendre en compte, indépendamment même du rapport de l’IGA ? Vous êtes suffisamment bien entourée et vous avez suffisamment de personnes autour de vous, ainsi que votre propre expérience, pour voir comment mieux encadrer les choses. Ce qu’il ne faudrait pas, c’est qu’au prochain appel à projets, si je puis dire, on recommence et que l’on retombe dans le même type d’errements. Ce n’est pas seulement une question d’argent du contribuable.
Effectivement, je pense que, de toute façon, cette affaire nous amènera à un certain nombre d'évolutions dans la manière dont sont accordées les subventions, avec la question des contrôles a priori, qui ont sans doute été insuffisants dans l’affaire dont nous parlons. Je crois que c’est un élément important que vous ayez évoqué la manière dont on accompagne les associations au fur et à mesure, pour voir si, effectivement, dans le cadre du grand objectif de politique publique qui est fixé, les choses vont dans le bon sens, sans être dans un contrôle trop rapproché où les associations deviendraient de simples prestataires du Gouvernement. Mais, en tout cas, il y a effectivement des moyens à donner pour assurer ce contrôle a priori, en cours d’exécution et a posteriori. Cela fait partie du travail que nous devons mener. Au-delà de cela, je le répète très brièvement, je tiens à ce que cette politique publique puisse continuer et qu’elle ne soit pas entachée par les erreurs qui sont constatées, les fautes qui seront sans doute sanctionnées dans les prochaines semaines. Je le répète : cette politique publique est absolument essentielle. On le voit sur la question de la laïcité à l'école, pour ne prendre que cet exemple que je vous ai donné tout à l’heure, où l’on a des réseaux extrêmement puissants qui touchent nos jeunes. Si nous ne sommes pas en capacité d’avoir du contre-discours, ce qu’on appelle, alors c’est peut-être maladroit, du contre-discours républicain, nous ne serons pas en capacité de lutter contre cela. Et ce sont bien ces messages qui génèrent la radicalisation et, derrière, malheureusement, le terrorisme. Donc, vraiment, je pense que cette politique publique doit être poursuivie. Oui, il y a eu, visiblement, des erreurs, mais elles ne doivent pas remettre en cause l’ensemble de cette politique publique. Ensuite, pour finir, je voudrais vous dire que le secrétariat général du CIPDR est une organisation qui a grossi avec le temps, en fonction des problématiques. J’ai missionné, le 3 février dernier, donc totalement en décalage et sans aucun lien avec la question du Fonds Marianne, qui est arrivée après, l’Inspection générale de l’administration afin qu’elle me fasse des propositions en matière de réorganisation du secrétariat général du CIPDR. Effectivement, cette structure s’est développée, avec des missions supplémentaires, comme la question des mineurs de retour de zone, notamment. Nous avons donc besoin de cette réorganisation. Je crois que, dans le cadre de cette réorganisation plus globale, qui, encore une fois, n’est pas uniquement liée au Fonds Marianne, les travaux de l' IGA sur cette réorganisation, ainsi que les travaux de l' IGA sur les questions particulières du Fonds…
Alors, l' IGA, c’est l’Inspection générale de l’administration. Et la phrase d’accusation principale : « contre-discours républicain ».
Je le répète, continuer.
Qu’elle vient d’employer, comme Marlène Schiappa ce matin, tout en disant que c’est maladroit, c'était en fait la grande formule, l’idée maîtresse du projet Fonds Marianne. C'était de proposer un contre-récit à ce que Marlène Schiappa appelait ce matin le « djihadisme d’atmosphère ».
L’un des termes employés était donc celui de « contre-récit républicain », qui est un terme étrange au ministre, ou du moins, comme cela se fait dans l’administration française, sous couvert du directeur de cabinet, sous couvert du directeur d’administration centrale, c’est-à-dire en faisant valider un certain nombre d'éléments. Est-ce qu’aujourd’hui cette pratique est toujours la même ? Est-ce que c’est ainsi que vous validez, par exemple, les subventions ? Parce qu'à la fin, il faut bien un arrêté ministériel pour les accorder. Ou bien est-ce que cela se fait au fil de l’eau, par mail, de manière plus ou moins informelle ? C’est cela que j’aimerais comprendre plus clairement. Ma vieille pratique administrative était un peu différente.
La pratique…
Je voudrais vérifier qu’il n’y a pas d’autres demandes de collègues. Monsieur Boyer ? Daniel Breuiller ? Monsieur Arnaud ? Vous répondrez à l’ensemble, si vous le voulez bien.
Merci, Monsieur le Président. Madame la Ministre, je comprends, et je partage par ailleurs, votre souhait que cette politique publique perdure. Mais selon vous, dispose-t-on aujourd’hui d’une stratégie suffisamment pensée pour la mettre en œuvre ? Par exemple, est-ce que des universités ont travaillé à vos côtés pour réfléchir à la manière de pénétrer les réseaux sociaux ? Est-ce que vous pensez qu’il faut une diversité d’intervenants, d’associations, ou plutôt des acteurs très homogènes ? C’est pour moi une grande interrogation, parce que les valeurs de la République sont un bien commun. Je me suis interrogé sur le fait qu’on choisisse, ou non, certains acteurs. Existe-t-il un vivier ? Est-ce que, pour vous, la diversité des formes d’intervention et des méthodes d’intervention sur Internet est un sujet important ou déjà en cours de réflexion ? En d’autres termes, y a-t-il aujourd’hui des évolutions stratégiques pour intervenir sur les réseaux sociaux ?
Merci, Jessie, pour toutes les informations dans le chat concernant les intervenants. J’ai participé ce matin à l’audition de Madame Schiappa et je sens deux ambiances de travail différentes. Je ne suis pas là pour apprécier l’une ou l’autre, mais elles sont totalement différentes. Ce que je crois comprendre, c’est que vous avez remis un peu d’ordre, ou en tout cas que vous avez la volonté de remettre de l’ordre dans les pratiques au sein de votre ministère. Vous nous avez donné quelques indices et je crois, par bienveillance à l'égard du Parlement, que vous attendez également les recommandations de notre commission d’enquête pour confronter tout cela et construire un dispositif un peu plus cohérent au regard de l’enjeu qui est le nôtre, à savoir répondre aux menaces de déstabilisation de notre modèle républicain. Je crois qu’il serait utile, effectivement, que, dans l’interministérialité, cette inflexion, ce style, davantage en phase avec les objectifs supérieurs de défense des idéaux républicains, soit mieux coordonné afin de tirer les enseignements, au moins, des dysfonctionnements c’est le terme le plus doux que je puisse utiliser constatés sur cette période. Là, cela sent l’intervention pour faire une croix. La question de Jean Bacci sur les aspects d’organisation interne vise à éviter que l’on se retrouve demain dans une situation similaire. Je tiens à redire ici ce que j’ai déjà eu l’occasion de dire dans d’autres hémicycles : le sujet qui nous a conduits à nous réunir au sein de cette commission d’enquête est un sujet sérieux. Il s’agit de la déstabilisation du pacte républicain avec l’assassinat d’un professeur de la République. Je pense que la rigueur que vous nous avez présentée aujourd’hui et le réexamen des pratiques constituent le minimum que nous devons à la mémoire de Samuel Paty et de toutes celles et ceux qui, avec vous, avec nous tous, concourent au respect des valeurs républicaines et de notre modèle d’intégration, lequel exclut, par définition, toutes les logiques de sécession et de séparation républicaine. Je vous remercie.
Donc, pas de question. Ce monsieur cherche juste à honorer sa présence.
Madame la Ministre, à vous pour vos réponses et vos conclusions.
Voilà, faire en sorte qu’ils puissent aller voir les grands électeurs et dire : « T’as vu, je participe à vachement de débats ! »
Dans les interventions de Jérôme Bascher et de notre collègue Jean-Michel, j’ai senti, dans l’audition de ce matin, parfois une forme, je pense, d’irritation lorsque nous avons cherché à replacer le temps des procédures et des validations. J’entends ce que deux de nos collègues viennent de demander et qui, à mon avis, va obtenir, peut-être je me trompe, une réponse positive de votre part, Madame la Ministre, sur ce que j’appelle une méthode de travail, une démarche rigoureuse, qui est une garantie de bonne administration et de sécurité juridique des actes, des décisions politiques puis administratives. Ça, c’est important. Deuxième élément. Je reprends quelques-uns de vos propos. Vous avez parlé, à un moment, du dossier Fonds Marianne, mais vous avez aussi employé, il y a quelques instants, le terme d'« affaire du Fonds Marianne ». Vous avez évoqué le fait que les fautes seront peut-être, certainement, sanctionnées dans les prochaines semaines. Vous avez également dit : « Oui, il y a eu des erreurs, mais il ne faut pas tout jeter. » Les derniers mots ne sont pas tout à fait ceux que vous avez employés, mais c'était l’idée. Je dis cela parce qu’en moins d’une heure, alors que vous avez repris ce dossier, on a, de la part du Gouvernement, dans la continuité républicaine, des réponses qui me paraissent davantage en rapport avec les éléments de notre questionnement et avec ce qui est aujourd’hui sur la place publique. Je le dis parce que cela n’a pas du tout été le cas ce matin. C’est simplement pour poser des éléments objectifs. Il faut comprendre que, pour les élus que nous sommes, chargés d’apprécier les faits et de contrôler l’action du Gouvernement dans ce domaine, ce n’est pas facile. Nous essayons toujours de garder cette ligne. Mais je poserai une dernière question. Finalement, n’avez-vous pas le sentiment qu’il y a un grand décalage entre l’ambition initiale de créer, Jean-Michel Arnaud vient de le rappeler, dans le contexte atroce d’un événement qui a glacé la France et provoqué un sursaut d’unité républicaine, une annonce forte, une ambition forte, un combat pour aller plus loin que ce que l'État constatait ne pas pouvoir faire avec le seul système institutionnel contre les discours séparatistes ou l’islamisme radical, et ce que l’on a obtenu au final ? On a le sentiment c’est pour cela que j’aimerais savoir si vous partagez cette analyse, en tout ou en partie que, par rapport à cette grande ambition, tout cela s’est progressivement amoindri, avec un manque de rigueur qui paraît assez évident, mais aussi avec une faible visibilité de l’action et du bilan, puisqu’il n’y a pas eu de communication. Que le Gouvernement ait cherché à protéger les associations et ceux qui les animent, je le comprends. Mais on engage quand même un peu plus de deux millions d’euros. Sur quatre associations, près de 1,4 million d’euros sont attribués. On voit donc qu’il y a quatre associations majeures, d’autres qui reçoivent moins, mais dont un certain nombre pour ne pas dire un grand nombre sont des partenaires habituels de l'État. La conclusion est donc la suivante : une fois que nous aurons mis au clair ce qui a dysfonctionné, de manière plus ou moins grave, que fait-on aujourd’hui du Fonds Marianne ? Quels enseignements en tire-t-on sur l’ambition initiale ? Est-on au rendez-vous ? Un peu, beaucoup, ou très loin ? C’est aussi important. Il est évidemment essentiel de contrôler la bonne utilisation des sommes, la bonne organisation de la sélection et des choix. Mais, comme cela a été dit par plusieurs d’entre nous, ce qui est à l’origine du Fonds, et qui doit nous placer dans une exigence éthique et de droiture au regard de la mémoire de la victime, nous oblige encore davantage.
Madame la Ministre, une réponse aux quatre interventions et questionnements, ainsi que votre conclusion.
Merci, Monsieur le Président.
Des vidéos vues deux cents fois !
Nous avons un travail extraordinaire qui est réalisé dans les préfectures, notamment avec les CLIR, qui vise progressivement à démanteler les réseaux, lesquels se reconstituent souvent aussi vite qu’on les a démantelés. Avec la loi confortant le respect des principes de la République (CRPR), nous disposons d’outils nouveaux, objectivement assez puissants, notamment des outils financiers, pour retirer les moyens à ceux qui s’en prennent à la République et, en particulier, aux enfants de la République. Cette politique est menée sur un plan beaucoup plus large. J’ai parlé de PHAROS tout à l’heure, qui lutte contre la haine en ligne, sujet majeur. Pour construire cette politique sur les réseaux sociaux, nous travaillons évidemment avec des universitaires. Le SGCIPDR travaille avec eux et les reçoit. J’ai moi-même eu l’occasion d’en recevoir. Nous travaillons également avec l’IHEMI sur ces sujets. Nous développons notamment ce que l’on appelle le prebunking. Le prebunking, c’est faire en sorte que, lorsque quelqu’un recherche par exemple « qu’est-ce que l’abaya ? » sur les réseaux sociaux ou sur Internet, le premier contenu proposé soit un contenu produit par nous, destiné à alerter sur les risques de séparatisme et de radicalisation. Ce n’est qu’un exemple, mais il illustre un travail porté par un certain nombre d’universitaires. Oui, nous travaillons sur ce sujet dans de nombreuses directions, là aussi avec beaucoup d’humilité. Certaines approches fonctionnent, d’autres moins bien selon les publics. Mais je crois que ce n’est pas parce qu’on ne voit pas de résultats immédiats qu’il faut abandonner. Vous parliez tout à l’heure de la difficulté à mesurer l’impact d’une vidéo qui ferait un million de vues sans toucher le bon public. C’est évidemment extrêmement difficile à évaluer. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile à mesurer qu’il faut y renoncer. Je pense qu’il faut continuer dans toutes les directions dont j’ai donné quelques exemples aujourd’hui. Il faut continuer parce qu’au final, nous constatons malgré tout certains résultats. Je l’ai dit : les prêches les plus dangereux ne sont plus aujourd’hui dans les mosquées comme ils l'étaient auparavant. Nous avons quand même évolué. Nous n’avons plus aujourd’hui de prêches extrêmement violents ou extrêmement dangereux…
Oh, frère, il faudrait savoir ! Marlène Schiappa nous a dit ce matin que c'était dans les mosquées et dans les kebabs.
Cela s’est déplacé, cela n’a pas disparu. Tout le travail que nous menons sur la question des financements de ces réseaux est absolument essentiel et, petit à petit, nous déstructurons ce que nous avons en face de nous. Mais c’est une politique publique difficile et je pense qu’il y a besoin, sur ces sujets-là, du soutien de tous, ainsi que du travail des services de renseignement, des préfectures et de l’ensemble des acteurs. Voilà, Monsieur le Président.
Merci, Madame la Ministre, et bonne fin de journée à vous et à vos équipes.
Eh bien, les amis, voilà ! Oui, merci beaucoup. Voilà ce magnifique visuel Twitter que le Sénat nous donne à chaque fois. Qu’est-ce que je fais là ? Voilà, un grand mélange des genres à la fin.On n’est pas sortis du sable, dit le tchat. C’est exactement le problème. Tout d’un coup, tu te dis : OK, ils n’ont rien compris. Elle n’a rien compris. Donc, effectivement, elle n’a pas balancé Schiappa. En tout cas, elle a fait attention à ne pas la balancer. Elle l’a quand même un peu mise en cause sur le fait que, bien sûr, en tant que ministre, elle est au courant de ce qui se passe dans son ministère. Sinon, elle ne serait pas ministre. Donc, évidemment, il y a des relations entre les différentes instances qui travaillent avec son cabinet, lequel travaille avec elle. Au moins, ça, c’est clair. Maintenant, il y a le prebunking. C’est-à-dire que l’on va commencer à mettre des messages d’alerte devant tes recherches. Cela veut dire que l’on va surveiller tes recherches. Nous sommes dans une société qui s’enfonce. C’est quand même du délire. Alors, ce matin, c'était un bel exercice de contre-pouvoir. Très franchement, c’est comme cela que je l’ai vécu, avec quelque chose d’inquiétant : une incompétence totalement incarnée et, d’une certaine manière, décomplexée. Je me demande même si, parfois, elle n'était pas inconsciente de cette incompétence. Parce que surjouer l’incompétence pendant trois heures, trois heures et demie, cela paraît difficile. Sauf à ne pas avoir d’estime de soi. Mais, de ce que l’on sait de Marlène Schiappa, elle a tout de même une certaine estime d’elle-même. Donc, si vous en avez envie, sur auposte.fr, vous pouvez revoir ce moment d’anthologie : ces trois heures de ce matin avec Marlène Schiappa, qui sont allées bien au-delà des défenses habituelles du type « responsable mais pas coupable », « je n'étais pas au courant », etc. Elle a tenu un discours absolument impossible à accepter, dans le sens où elle disait : « C’est un projet extrêmement important, mais je ne m’en suis pas occupée. Je m’en suis occupée au début et à la fin, sur les plateaux télé, mais pas lorsqu’il se passait des choses au ministère. Ah non, je n'étais pas au courant. » Bon… voilà. Alors, « c’est quoi la suite ? », nous demande Yobgi. La suite, c’est que la commission des finances du Sénat doit entendre, je crois, demain..Mais demain matin, il m’est absolument impossible de suivre cela. J’imagine donc qu’il y aura d’autres streamers pour le faire.
Demain matin, logiquement, c’est Mohamed Sirfaoui qui devait être entendu hier matin et qui, comme vous le savez, pour des raisons assez absurdes, une perquisition, n’a pas pu se rendre au Sénat. Ce sera donc lui demain matin. La commission des finances du Sénat rendra son rapport, normalement, début juillet. L' IGA, l’Inspection générale de l’administration, doit rendre un second rapport à la fin du mois de juin. Le premier se focalisait sur une association, le deuxième sera un peu plus large.
Oui, Cassandre, tu peux le faire, c’est à 9 h. Ah oui, ça vaut le coup !
Et surtout, ce qui se passe, c’est l’enquête, c’est l’instruction judiciaire déclenchée par le Parquet national financier, le PNF, qui enquête. C’est celui-là même qui a ouvert l’information judiciaire. Je crois que c’est le juge Tournaire qui est chargé de l’instruction. C’est cela qu’il va falloir suivre. On me demande : « On est payés ? » Eh bien, ça, ça dépend de toi, Femme Louisa. Eh oui ! Ici, les modératrices sont payées, par exemple, grâce à vos dons et à vos abonnements. Sur l’avenir politique de Schiappa, dont on se contrefout très sincèrement, elle a laissé entendre qu’elle ne savait pas si elle exercerait, tôt ou tard, d’autres fonctions ministérielles. Un plaisir, Fun ! Voilà, à peu près ce que l’on peut dire sur l’ensemble de la situation. Évidemment, il y aura une crise politique, c’est très clair. Car, au-delà des péripéties et, à nouveau, je le redis, on se contrefout de Marlène Schiappa, il y a quand même eu l’instrumentalisation de la mort d’un homme, Samuel Paty, dont la famille, je le répète, a demandé à ne pas être associée à cette histoire du Fonds Marianne, considérant que cela ajoutait de l’indignité à sa douleur, pour le dire rapidement. C’est cela, le fond du sujet : toute la mise en place, depuis 2019, du discours officiellement anti-séparatiste, avec la loi contre le séparatisme. Cette même loi qui oblige, par exemple, la moindre association à signer désormais un contrat d’engagement républicain, alors que, dans le même temps, dans les sphères du ministère, dans les étages du ministère de l’Intérieur, on distribue 2,2 millions d’euros sans, de ce que l’on a compris ce matin en tout cas, véritable contrôle ni analyse de ce qui est fait avec cet argent. C’est complètement sidérant.
Et à Toulouse, inauguration d’une place Samuel-Paty ce samedi.
Nous dit Pierre. Pierre, qui est observateur des pratiques policières à Toulouse. Figure-toi, mon cher Pierre, que justement le sénateur Raynal en a parlé tout à l’heure, en disant qu’il se rendrait ce week-end à l’inauguration. Il a d’ailleurs parlé d’une place Samuel-Paty. Voilà. Sans contrôle et donc sans résultats. Les résultats, on les connaît maintenant. Je vais me faire chambrer, mais c’est quand même du délire. On a une association qui touche 300 000 euros pour produire une cinquantaine de tweets en un an, des vidéos YouTube vues au maximum deux cents fois et une page Facebook avec… Comme je l’ai fait ce matin, je le refais : cinq ! Pas cent, pas deux cents, pas cinquante, pas trente, pas vingt, pas dix : cinq ! Voilà. Sept lignes de rapport pour demander 300 000 euros. Franchement, c’est complètement délirant. À la limite, c’est de l’argent foutu par les fenêtres. Mais ce qui nous préoccupe ici, à Au Poste, c’est que cet argent est dépensé tout en étant adossé à un discours qui prétend distribuer des brevets de républicanisme. C’est toute une pensée qui s’est diffusée on va être très polis confuse, confusionniste, du Printemps républicain, des néo-laïques, etc., qui ont absolument tout mélangé et qui, justement, de mon point de vue, n’ont pas rendu hommage à ce qu’ils disent défendre : la République, la laïcité, etc., et encore moins à l’universalisme. D’ailleurs, c’est un peu ce que Raynal a dit ce matin, dans un moment assez tendu, lorsqu’il a lancé à Marlène Schiappa : « Mais où est votre cœur ? » C’est quand même assez incroyable. Voilà, voilà. Qu’est-ce que je voulais dire ? Je raconte une bêtise ? Non. Oui, « islamophobes », mais au-delà de cela, en réalité, c’est l’idée de remettre la question religieuse au centre du débat, que ce soit pour dénoncer une religion ou pour en mettre une autre en avant. De mon point de vue, c’est un problème, quelle que soit la religion. Et oui, Dieu est mort. Enfin, les trois, même. Après, chacun est libre de croire, de pratiquer et de vénérer qui il veut. Comment ça, « ça coupe » ? Mais non, ça ne coupe pas.
Ce n’est même pas laïque, en plus, pour des gens qui se disent néo-laïques. Mais oui, c’est ça, le renversement des valeurs. Alors écoutez, là-dessus, franchement, on a fait plein d’interviews. Allez dans la thématique « Antifa » sur auposte.fr et vous trouverez tout un tas de gens qui décortiquent cette réflexion, cette pensée, parce que c’en est une, même si c’est une pensée qui est, sans jeu de mots, assez diabolique. Notamment parce qu’elle vient en partie de notre camp, de la gauche. C’est évidemment ce qui fait que c’est indémêlable et franchement pénible. Bon, les amis, puisque vous êtes encore quelques-uns, je vais vous montrer le site d’Au Poste. D’abord, si vous voulez vous inscrire pour recevoir l’infolettre d' Au Poste, vous pouvez choisir de recevoir seulement un bulletin aléatoire, au maximum une fois par semaine, ou bien le bulletin « hardcore » : dès qu’il y a un nouvel article, dès qu’il y a une nouvelle émission, hop, vous recevez un e-mail qui vous dit : « Tiens, Marlène Schiappa était au Poste ce matin. »C’est une manière de rester en contact sans passer par la plateforme Twitch, parce que nous bâtissons l’indépendance de demain. Le jour où Twitch s'écroulera, ou ne voudra plus de nous, nous serons toujours là avec auposte.fr. Évidemment, c’est gratuit. Vous allez sur l’infolettre d’Au Poste et vous la recevez par e-mail. Qu’est-ce que je peux vous dire d’autre ? Le site, c’est quoi ? C’est notre refuge, c’est notre QG. Vous voyez, par exemple, dès cet après-midi, on avait mis en ligne l’audition de Marlène Schiappa, que vous pouvez revoir en rediffusion. Regardez cette magnifique vignette réalisée par Euryale. Le principe est simple : à chaque fois que vous arrivez sur une page sauf si vous êtes donateur, auquel cas cette bannière bordeaux n’apparaît plus, on vous propose soit de faire un don pour aider l'équipe et soutenir son travail, soit de cliquer sur « Non, pas maintenant », puis vous poursuivez votre lecture. L’article s’affiche alors avec la vidéo. Tout le monde peut regarder. Non, nous ne sommes pas subventionnés. Aucun argent public. Aucun argent public à Au Poste. Vous pouvez donc retrouver toutes nos émissions sur le site. Petit rappel des statistiques, qui se mettent à jour deux fois par jour : 845 heures d'émissions disponibles, 338 émissions, 280 invités, près de 280 donateurs, 29 379 abonnés sur Twitch bientôt les 30 000, c’est quand même dingue, 2 992 inscrits à la newsletter et 393 abonnés Twitch. Voilà. Oui, l’accès libre, c'était bien. Mars Dev, on a changé le système. Avant, les abonnés avaient un mois d’exclusivité. On a arrêté cela pour passer au système de dons. Quand vous donnez, vous aidez Au Poste, mais surtout vous permettez à ceux qui n’ont pas les moyens d’accéder exactement au même contenu que vous. Il y a une idée de partage, d'échange, de mise en commun. Je vous laisse découvrir toutes les émissions. Si vous débarquez et que vous voulez voir qui nous avons reçu, je peux vous montrer la petite bande-annonce des invités. Attendez..non, il faut que je recommence, là c’est Jacques Rancière Voilà. Qu’est-ce qu’on fait ici ?
On essaie de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant qui met ensemble les mots et les choses, les mots et les images.
Oh, merci Jacques ! « On essaie de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant. » Vous avez fait ma journée !
Il y a des gens qui quittent leur travail parce qu’ils habitent trop loin et que le plein d’essence est devenu trop cher. Il y a des mamies de 80 ans qui continuent à travailler parce que leur retraite est trop faible.
Entre la crise économique qui s’approfondit et les logiques liberticides et autoritaires d’un pouvoir, on voit le malaise partout, des inquiétudes partout, un ras-le-bol, une colère. Cette population carcérale, cela fait des années qu’on en parle. Je ne comprends pas pourquoi, dans un pays qui se pique de tant d’audace et de tant de droits de l’homme, qui se glorifie en permanence de son passé et du siècle des Lumières, on n’entend pas davantage ce discours. L'écologie n’est pas intrinsèquement de gauche, mais elle est historiquement de gauche. Il faut se regarder en face : en France, on assiste à un recul de la lutte antifasciste, de la défense de la démocratie et de notre capacité à nous mobiliser pour cela.
C’est quand même plus agréable de militer chez nous que de l’autre côté. Laisser à la machine le contrôle de l’espace public, c’est un système totalitaire. Ce n’est pas la légalisation qui répondra aux problèmes des jeunes qui n’ont pas d’emploi et se mettent à dealer. Un produit en remplacera un autre. Il faut s’attaquer aux causes profondes.
Manifester, cela reste quelque chose de physique, de courage. La révolution des femmes, notamment, ce n’est pas une révolution qui…
Voilà. Je vous laisse découvrir tout cela sur le site. Tous les invités sont classés ici par ordre alphabétique. Certains sont revenus plusieurs fois. Cela vous donne une idée du nombre d’interviews et d’entretiens que nous avons réalisés. Nous faisons moins de directs à l’Assemblée qu’avant, sauf cas exceptionnels comme aujourd’hui. Nous faisons surtout des entretiens et des interviews. Cela demande beaucoup de préparation : lecture des livres, visionnage des films, etc. Mais c’est ce que nous aimons. Nous faisons aussi des émissions sauvages en manifestation. Voici la page des invités. Il y a également la page intégrale, où vous pouvez retrouver toutes les émissions par ordre antéchronologique de diffusion. Les émissions de juin il y en a déjà cinq, cela fera six avec celle de cet après-midi puis celles de mai, d’avril 2023, de mars, de février, de janvier, de décembre, et ainsi de suite. Vous voyez le bazar.. C’est du délire ! Si vous voulez que tout cela continue, vous pouvez aller sur la page des dons. Je vous rappelle que, si vous êtes imposable, vos dons sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66 %. Par exemple, un don de 5 euros par mois vous revient à 1,70 euro. Un don de 50 euros revient à 17 euros. Un don de 10 euros revient à 3,40 euros. Vous pouvez faire des dons ponctuels ou mensuels, et il va sans dire que les dons mensuels ont notre préférence. Non, ce n’est pas un crédit d’impôt, c’est une réduction d’impôt. Cela ne concerne donc que les personnes qui paient des impôts. En revanche, cela fonctionne aussi pour les personnes morales, c’est-à-dire les associations ou les entreprises : elles bénéficient alors d’une réduction de 60 %. Je suis trop fatigué pour vous expliquer une nouvelle fois pourquoi donner. Mais, en gros, quand vous donnez, vous nous permettez d’exister et de peser ensemble dans le débat public, notamment sur les libertés fondamentales et les libertés publiques. Vous pouvez payer par carte bancaire, par PayPal ou par prélèvement. À quoi servent vos dons ? À préparer et animer les émissions, à rémunérer les journalistes et les pigistes, aux déplacements, à la communication, aux frais courants, à la mise en ligne sur PeerTube notre propre serveur vidéo, pour être sûrs que nos contenus ne disparaissent pas, à la production des versions gratuites en podcast, à l’achat de matériel, au développement de logiciels libres, aux abonnements et aux différents soutiens. Et voici le moment tant attendu.
À Albi, on célèbre Jaurès, son discours à la jeunesse, le courage
C’est une vidéo enregistrée ce week-end. À gauche, Valeur anarchiste porte un tee-shirt noir trouvé dans la boutique d’Au Poste. À droite, veste bleue, chemise bleue, moustache poivre et sel : Edwy Plenel. C'était dimanche à Albi.
Dire la vérité quoi qu’il en coûte. Alors David Dufresne, Dave Duf, Au Poste il dit la vérité, il fait un travail exceptionnel d’intérêt public. Alors abonnez-vous à Au Poste, comme je vais le faire à l’instant.
Et abonnez-vous à Mediapart pour un média libre à prix libre. Merci beaucoup. On s’en est débrouillé ? On s en est dé brouillés, et voilà. Et non, réalisé sans trucage, en toute camaraderie. Bravo, bravo à Valeurs Anarchistes. Bah tiens, Valeurs anarchistes qui est là. Voilà, merci, merci à toi Bruno. Merci évidemment à Plenel Edwy. Voilà, qui effectivement a tenu parole, figurez-vous. Quelques temps plus tard, nous avions un don d’Edwy Plenel. Voilà, j’envoie les crédits, les amis. Je vous dis à dimanche pour une émission sur le langage informatique. Comment le langages informatique est en train d’envahir nos vies et de modifier peut-être notre schéma de pensée. C’est avec… Un psychanalyste, par ailleurs, chroniqueur à Charlie Hebdo, qui sera avec nous dimanche à 11h. Amis de la police et du café, de la tendresse utopiste et des streams sérieusement libres, mille merci d’avoir suivi ces nouvels épisodes d’auposte, je suis mort de chez mort. Fonds Marianne, Sonia Backes,et devant le Sénat, merci aux immenses modos de la P&H, Techno Herian, Jesse Romino-Olivier, merci à la fois l'équipe du site emmené par les pétaradants, Sylvia, Nicolas, Aymeric, Alex et tous les autres. Merci à Axel pour les tasse-maisons, Bruno pour le néon, Geoffrey pour les logos, Sophie pour les débuts, Théo pour le bruitage, Emmanuel pour la régie de sons, JC, Scorch pour les musiques. Pour cette session, la brigade remet… Je suis fatigué là, voilà. Là, c’est tous les… Parce qu’aujourd’hui, on a eu beaucoup de donateurs. C’est les donateurs du jour. Là, aujourd’hui… C'était bien, c'était bien. On est encore loin de récupérer le nombre de donateurs que nous avions abonné. C’était il y a un mois quand on a modifié. Voilà, si vous étiez abonné au poste, c est le moment de basculer. Pour ceux qui n’avaient pris des abonnements récurrents, votre abonnement, de fait, se serait arrêté le 13 juin. N’hésitez pas à basculer dans la force obscure du donateur, on en a besoin. Voilà, voici tous les pseudo qui s’affichent, évidemment ces dons sont anonymisés dans le sens où n’apparaissent que vos pseudo sur nos écrans. J’espère que j’ai tout dit, j’espère qu’il n’y a rien d’oublié, je ne sais pas s’il y a des petites questions dans le tchat, il y en a-t-il ? À moi tout juste, voilà. Merci pour le stream, merci à toi merci Jessie, merci Euryale, regardez les modos qui se remercient, c’est beau. Merci beaucoup, merci, à moi tout juste, voilà, absolument. Oui, t’as raison, c'était il y a un mois, on a basculé du 13, le 13 mai dernier on a basculés, vous étiez à peu près 500 abonnés et pour l’instant vous êtes un tiers de ces 500 à être passé donateur, autant vous dire que c’est un peu, c est un peu un peu compliqué. Voilà, merci beaucoup, je demande Où est-ce qu’on peut éventuellement aider ? Est-ce que tu as une petite idée ? Merci à tous, merci Rascal. On a beaucoup de projets. Je pense que cet été, on va streamer un petit peu, en tout cas début juillet. Ah, ça fait longtemps. Ça fait longtemps, vous pouvez me redonner son nom exact. Je vais dire le pseudo, les amis, n’hésitez pas à suivre la chaîne si vous ne le faites pas. Je vous embrasse et le lieu sûr et certain, c’est au poste. Merci beaucoup. À dimanche.
