Guerre à la gauche, les manœuvres de Bernard Arnault
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Amis du café, amis de la police, amis de Bernard Arnault. Bonjour Le Nouvel Obs. a sorti ce machin et le monsieur qui est en face de moi, Clément Lacombe, pour pas que je t’appelle Bernard,t u n’as pas de relations ? Je suis désolé.
Ni Guy Lacombe.
Ni Guy Lacombe. Alors attention, il faut, il faut… y a une technique. C’est la technique qui nous a appris ça. Il faut poser. Le micro sur le menton. Alors, Clément Lacombe est le coauteur de cette enquête absolument dingo, l’influent Bernard Arnault, qui est sorti, vous sortez quand ?
Il est est sorti jeudi dernier.
Jeudi et Libé en a parlé. Je me trompe ?
Non, J’ai vu passer sur quelques sites le média Libé et effectivement l’Huma. Beaucoup sur les réseaux sociaux également, ont été relayés par pas mal de monde, notamment par les confrères. Le relayer via les réseaux, donc c’est une façon aussi de diffuser un peu le l’info et de prolonger un peu l’impact du des papiers.
Il y a deux, il y a deux papiers sur Bernard Arnault, Arnaud Bernard et donc Clément Lacombe et un des co-auteurs de cette double enquête. Et l’autre est une autrice, une co-auteur très favorablement connue de nos services Clément Vigogne, Logos, Camille, Camille, Clémence. Alors je dois préciser que Clément a une migraine pas possible et moi je suis fatiguée.
Donc on est bien mal barrés.
Et donc Camille ne peut pas être là parce qu’elle est à France-Info ou j’sais pas quoi faire.
Un petit truc quoi.
Elle fait quoi François ?
Elle parle dans le poste Mais et toi t’es au poste.
Et moi je suis ici.
Bah voilà, elle a tort. Elle attend donc qu’on la salue.
Elle est très connue parce qu’elle est venue dans l'émission.
Absolument pour parler de son bouquin.
Elle a eu un prix où elle ne L’a pas encore. On croise les doigts parce qu’elle est en finale du le prix Albert Londres. Voilà. Donc c’est pour un bouquin qui raconte les aventures de David Rachline, le maire de Fréjus.
Voilà.
Et un peu ce que c’est que le RN au quotidien au niveau local. Et elle fait partie des finalistes du prix Albert Londres et on croise les doigts pour elle
Super bouquin qui est quelque part dans cette étagère vorace des invités
Et il y a une deuxième coterie également pour le deuxième papier qui paraît. Et quelqu’un qui sait ce qu’est Violette Lazard, qui est une des grandes enquêtrices de l’Obs. Quelle quantité de scoop à son palmarès et qui a travaillé sur le volet judiciaire.
Sur le volet judiciaire ? On va jouer,je vais raconter tout ça. Il y a de la pub codée en allemand en arrivant, que C’est quoi C.O.D. Ah oui, alors là, il y a un peu de publicité. Alors je vais, je vais, je vais dire d’introduction, on va démarrer la dissolution, a agacé Bernard. La victoire de la gauche a ulcéré Arnaud. On sait, grâce à une enquête du Nouvel Obs paru jeudi dernier, que le président de LVMH a depuis utilisé son pouvoir, ses connexions et sa relation avec Macron pour empêcher l’arrivée de la gauche au pouvoir et la moindre hausse d’impôts. On sait aussi qu’il a échappé dans un des volées à la justice et c’est assez sidérant ce deuxième papier. Quand je vous avais contacté, j’avais d’abord lu le premier. Mais je suis très heureux que tu sois là pour parler également du deuxième, parce que l’argent arrange bien des choses. Clément Lacombe, coauteur de L’incroyable enquête avec Camille Vigogne et avec nous pour nous révéler ses secrets. C’est-à-dire que tous les avocats du Nouvel. Obs se sont dit ça tu ne mets pas ça, tu ne mets pas ça, tu le mets pas. Et moi je vais te dire. Non, je te balance tout et on verra comment on paye les frais de justice. C’est une enquête qui a démarré quand ?
En fait, c’est un papier qui a commencé et on ne peut pas donner un point de départ précis. En fait, ce qui s’est passé, c’est que ça fait longtemps qu’on s’interroge sur Bernard Arnault, forcément, a fortiori depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. Parce qu’en fait, on l’a constaté assez rapidement, il y avait une promiscuité, une proximité assez importante entre Bernard Arnault et le pouvoir. Alors c’est pas nouveau. Vous allez me dire, depuis toujours, les pouvoirs économiques, les pouvoirs politiques sont relativement proches. Il y a eu des patrons très proches des présidents précédents. François Mitterrand était proche par exemple d’un garçon qui s’appelait Jean Riboud, qui était le patron. Du coup, Bergé Chirac, on sait qu’il était proche de François Pinault. Sous Sarkozy, c'était open bar. Et là, sous Macron, c’est.
Vrai que ce n’est pas open bar.
Et il y avait déjà, il y avait déjà Bernard Arnault à cette époque là. Voilà, il faut penser à la fameuse nuit du Fouquet’s où il y avait absolument tout le CAC40 qui était présent. Donc ça racontait cette proximité là. Et là, effectivement, sous sous Macron, on s’est pas mal interrogé sur la proximité avec Garneau. Il y a eu un premier signe qui a été une affaire dont on parle dans le premier papier qui est l’affaire Tiffany et qui a beaucoup posé de questions et. Récemment. En fait, ce qui s’est passé.
On avait la science.
On avait ce truc en tête, on avait plus personne.
Les clients de Bernard Arnault, on sait à peine où c’est l’avenue Montaigne. Donc quand tu nous parles de fierté. Oui.
Bien sûr, mais je ne vais pas faire une énorme digression. Mais si tu veux, je peux revenir plus tard ou si tu veux, maintenant.
On pourra revenir en fait une enquête qui démarre.
En fait, elle démarre formellement ce printemps, quand Bernard Arnault reçoit très exactement le 13 mars 2024, quand Bernard Arnault reçoit la grande croix de la Légion d’honneur. Donc tu ne l’as pas ? Je ne l’ai pas. Elle est réservée à 75 Français en vie. Et c’est ça, il y a la Légion d’honneur. Mais il y a un truc qui est beaucoup plus gros, c’est la grande croix de la Légion d’honneur. Donc c’est la Légion d’honneur plus, plus, plus.
Alors ça, vous racontez par le menu, je ne sais pas, et évidemment je ne vous demande pas vos sources.
Oui, c’est une soirée, c’est une soirée entre proches, entre trois et quatre trolls qui dans ce cas étaient des proches de Bernard, nous ont raconté ça. En fait, c’est vraiment au moment où en fait on s’est dit, et c’est ma consœur Camille qui a vraiment commencé à beaucoup travailler sur ce sujet. A cette époque là, je travaillais sur Rachida Dati, une autre personne qui était présente à cette soirée là. Donc c’est une soirée qui était vraiment spéciale parce que donc elle a été organisée à l’Élysée. C’est donc le président de la République qui a remis cette grande croix de la Légion d’honneur à Bernard Arnault.
Vous êtes un destin français et au fond, une vie à la recherche du temps perdu.
Elle, c’est Proust.
C’est Proust et c’est Macron qui parle de Bernard Arnault. C’est donc le 13 mars.
C’est le sacre républicain de Bernard Arnault. Vraiment, c’est la République qui donne ce qu’elle a de plus important, c’est à dire la grande croix de la Légion d’honneur qui était à l’origine une médaille qui était réservée aux aux très hauts fonctionnaires, aux grands scientifiques ou aux grands militaires, et qu’il a été décerné à un chef d’entreprise. Ce n’est pas le premier chef d’entreprise à la recevoir, mais franchement, ils ne sont vraiment pas nombreux du tout. Mais ce qui est impressionnant ce soir-là, c’est à l’assemblée.
Alors, est ce que tu as en tête les noms des gens ?
Si tu allais à tes notes ? Peut être qu’il va manquer. Mais alors les noms déjà, c’est les proches de la famille de Bernard Arnault, sa femme, ses cinq enfants
Attendez, excusez moi, on parle bien d’un format familial, Ça c’est entre guillemets. C’est quelqu’un de l’entourage de Bernard Arnault qui vous dit que c’est un format familial. Voilà. Dans la famille, il y a du bon, il y a la famille proche et puis il y a la grande famille.
Alors là, il y a une grande famille. Donc, il y a des gens comme lui, c’est à -dire des milliardaires, il y a celui qui est, parce que Bernard Arnault parfois, et l’homme le plus riche du monde, parfois il les bat en ce moment, regardez, il est cinquième, mais ça change tous les jours. Donc il y a Elon Musk que là on voit, dont on entend beaucoup parler en ce moment à cause de la compagnie américaine. Donc le patron de Tesla qui est l’homme le plus riche du monde et qui est présent ce soir-là à cette remise de la Légion d’honneur. Il y a aussi d’autres milliardaires, donc il y a Vincent Bolloré par exemple, il y a Rodolphe Saadé qui est le patron de la CGM, dont on a beaucoup entendu parler ces dernières années, puisque c’est le groupe qui a fait des fortunes au moment du Covid, grâce à ces porte conteneurs. Donc ces bateaux qui sont un peu le sont de la mondialisation, parce que c’est par ces bateaux que passe 80 % du commerce mondial. Donc voilà, ces personnes étaient là, étaient présentes. Il y avait également beaucoup d’hommes et de femmes politiques.
Là, c’est du menu fretin.
Exactement. Dati, de la culture, Anne Hidalgo en tant que maire de Paris, il y avait également Jean-François Copé, Bruno Le Maire.
Mais aussi Gérald.
Darmanin.
Qui va jouer un rôle important.
Bernard Arnault l 'aime beaucoup. Voilà, parce qu’il est déjà de droite, donc ça aide. Et puis également, il vient du Nord, comme Bernard Arnault. Et puis il y a le côté un peu populaire en son sein. C’est un provincial. Et donc ça, Bernard Arnault, il aime bien. Il y a Darmanin effectivement, qui est présent. Et puis y a des grandes stars, il y a Jazzy, il y a Beyoncé, il y a Lallane, il y a le, il y a Jeff Koons, le gars qui vaut très très cher dans l’art contemporain. Enfin voilà, peut être que j’en oublie même peut être mon salaire.
Ce n’est pas très important. Il y a Vincent Bolloré
Il y a Bolloré.
Il y a Alexis Kohler qui se tient à quelques mètres des stars américaines. Dans ce que tu viens de citer, il y a le pianiste Langdon, Il y a une reine de Jordanie.
Rania Al-Yassin de Jordanie. Il y a Thierry Breton qui à l'époque est commissaire européen et qui est un très proche.
Ça, c’est ce monde là, le monde de la haute,évidemment, votre enquête, si elle n'était que là dessus, ce ne serait pas très intéressant.
Même si ça raconterait quelque chose contre une proximité, l’entre soi
. Là où en lisant votre enquête parue jeudi dans le Nouvel Obs, je le redis, ça a percuté. Dans mon esprit, c’est le nom de Musk, parce que ça fait quand même deux milliardaires puisque là, ce dont on va parler maintenant, c’est comment Bernard Arnault tout cet été à manœuvrer pour que la gauche n’ait pas eu Matignon ? On va raconter ça par le par par le par le menu. Et on sait que Musk, aujourd’hui dépense 1 million de dollars par jour dans une loterie pour essayer de rafler le plus possible d’adresse email, etc. qu’il a mis au service X et Y. Et tout ça au service de Trump, ça veut dire Donc là, on a la main dans le sac de milliardaire qui finalement préside aux destinées de deux démocraties là, je trouve que quand même, ça dit quelque chose et je trouvais intéressant qu’on fasse.
Je serai plus prudent sur qui préside aux destinées mais on va en parler.
Voilà, ce sera plus prudent.y a pas de souci pour être libre de ta parole ce soir.
je suis libre de ma parole dans le respect et la déontologie de mon métier bien sûr, et des règles ? Oui, je suis libre de ma parole. Après je suis précautionneux parce que ben voilà, on juge, Il y a ce que je sais parce que j’ai enquêté, j’ai travaillé et tu peux la trouver, je peux l’affirmer, voilà ce que je peux et puis voilà qui sont les règles de notre de notre métier. Donc on travaille là, on travaille sur ces aspects là, on voit beaucoup de monde, on consulte beaucoup de documents où on travaille énormément et il y a plein de portes qu’on essaie d’ouvrir. On regarde et quelquefois c’est vrai, quelquefois c’est pas vrai. Donc notre métier, c’est de douter, mais ensuite c’est d’essayer des choses, de tester des pistes et après de voir ce qui est vrai et ce qui n’est pas vrai je ne peux dire que ce qui est vrai est ce que j’ai pu.
Bien sûr, et ce que j’ai pu prouver. Et c’est tout à ton honneur, à tout, à ton honneur. Mais si je me permets cette question, c’est que sur le papier, on voit deux choses. On voit qu'à un moment donné à d’Hidalgo, d’après vos informations, on a fait dire à Bernard Arnault, propriétaire du journal Le Parisien, qu’on ne voit pas il y a un coussin avec une vieille si tu veux bien me le passer de seconde. C’est une vieille couverture du Parisien 200. Punk attaque la police, ça date de 1986. C’est tout à fait autre chose. Arnault, il possède Le Parisien et semble être Anne Hidalgo, était un petit peu inquiète auprès de lui parce que le Parisien faisait un peu trop de papiers sur son voyage à Tahiti. Et vous écrivez surtout que Monsieur Bernard Arnault est très tatillon sur les articles qui vont un peu loin et il n’hésite pas à décrocher son téléphone. Est ce que par exemple, il a décroché son téléphone depuis jeudi ou avant jeudi ?
Eh bien, je ne sais pas. C’est la force du média dans lequel je travaille. C’est qui ne le sait pas. Donc peut être que oui, peut être que non, je peux pas, là, je ne peux pas l’affirmer. Je peux dire que sur d’autres papiers concernant Bernard Arnault, oui il y a eu des coups téléphone qui ont été passés, mais sur celui-ci, je ne sais pas, je peux pas dire oui, je ne veux pas dire non, puis je ne sais pas. Et si on en avait, je pense qu’on ne le dirait pas. Parce qu’en fait j’ai cette chance de travailler dans une rédaction où on respecte le travail des journalistes et on sait qu’ils font un métier qui peut être compliqué parce qu’effectivement vous pouvez être soumis à beaucoup de pressions, que vous avez l’impression de déjà d’apporter de l’information, de rapporter l’information juste, vérifiée, sourcées, qui parfois peuvent vous valoir des problèmes en justice. Donc il faut pouvoir aussi prouver vos informations devant les tribunaux. Et donc j’ai cette chance là, en l’espèce de ne pas le savoir. Par contre, je te donne un exemple. Je te parlais tout à l’heure que le 13 mars j’avais sorti une couverture sur Dati sur Rachida Dati et je peux le dire aujourd’hui parce que je l’ai, ça a été raconté par la personne, par l’actionnaire de mon journal. Donc il ne donne pas le nom, mais c’est transparent. Elle lui envoyait des textos d’insultes en imaginant bloquer bloquer mon article, mais ça n’a pas été le cas. Je le sais, J’ai même pas su. Moi je l’ai su quand quelques mois plus tard, ça m’est revenu par la bande, par des rumeurs de Paris.j’ai vu que Xavier Niel avait écrit dans son bouquin qu’une ministre avait l' insulté récemment pour essayer de bloquer un papier.
Xavier Niel,
Je crois bien qu’il est actionnaire à titre personnel du Nouvel Obs. C’est un petit. Truc qui sont en train d'être envoyés sur un fond d’indépendance de la presse, comme pour le groupe Le Monde.
Voilà, c’est ça,
Mais bien sûr. Et après moi je peux dire que ce que je ce que je peux, je sais. Mais j’ai cette chance là
Mais est ce que tu peux en dire plus sur l’interventionnisme de Bernard Arnault ou pas ?
Bien sûr, bien sûr, c’est quand on sait qu’il y a eu un problème aux Échos, par exemple, il y a Les Échos. C’est le quotidien économique qui a un quotidien extrêmement puissant, très fort et dont le directeur a été débarqué l’année dernière, le précédent directeur, Nicolas Barré et on ne sait pas trop pourquoi. Donc il y a eu pas mal de rumeurs. Ce qu’on peut dire, c’est que son débarquement a été brutal. Ça, tout le monde en convient, que l’intéressé n'était pas spécialement d’accord. Et pourquoi ? À l’intérieur de la rédaction des Échos, pas mal de gens se sont interrogés. Et notamment on se demandait s’il n’y avait pas une corrélation avec des articles qui avaient été écrits sur Vincent Bolloré. On y revient parce que c'était le moment où Bernard Arnault est en train de négocier le rachat de Paris-Match dans son groupe Bolloré.
On viendra à Bolloré puisque vous aussi vous en parlez. Et visiblement, il exerce une certaine fascination, terme qui est employé sur Bernard Arnault. Alors il est beaucoup question et ça donne le tournis. Je comprends, c’est la migraine. Il est beaucoup question de soirée, d’exposition, de présentation au public, etc. On n’arrive pas trop à savoir si c’est des échanges de bons procédés, mais enfin, ça tombe bien parce qu’après on voit des panneaux géants grands comme des immeubles sur les Champs-Élysées, on voit une quasi une semi. Enfin oui, une privatisation du Pont-Neuf pour un défilé LVMH au pied de la Samaritaine où tu rappelles qui est un grand magasin, très beau par ailleurs, qui a été très bien restauré par ailleurs, et je le reconnais tout à fait. Mais c’est un centre commercial et il va être sa réouverture. Et là vous êtes un peu persifleur, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
On fait une référence à François Fillon,
Voilà, c’est ça. Et tu dis. Imaginerait-on un président de la République inaugurer un centre commercial ? Et effectivement, Macron est venu inaugurer. La nouvelle Samaritaine. Donc il est question de beaucoup de choses. Je laisse les électrices et les électeurs découvrir ces petites choses, ces petites soirées. En fait, il y en a une qui est importante, qui qui déclenche peut être à nouveau votre votre, votre intérêt pour Bernard Arnault. On est à Brégançon, on est au mois d’août cet été,
Barnier n’est pas nommé donc on est au mois d’août. On est au moment où il y a cette fameuse trêve olympique. On est juste après les Jeux Olympiques et c’est vraiment le moment où la France s’interroge sur qui va être, qui va être au gouvernement, qui va être au pouvoir. Donc c’est le moment où Macron a déjà exclu la possibilité de nommer Lucie Castets à Matignon. Mais effectivement, il y a un déjeuner qui a lieu à Brégançon. Donc c’est la résidence d'été des chefs de l’Etat. Il y a trois couples Il y a un déjeuner où il y a trois couples. Il y a le chef de l'État actuel et son épouse Brigitte. Il y a également un couple qui connaît bien les lieux. Enfin pas tant que ça parce qu’il n’est pas, mais c’est l’ex président d’appui de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni qui viennent en voisin depuis qui intègre. Et donc il y a le couple de Bernard Arnault et de Hélène Mercier qui est l'épouse de Bernard Arnault, qui viennent également. Eux ont une résidence, un immense domaine à Saint-Tropez. C’est vraiment pas loin.Et donc là, il y a un déjeuner et forcément on échange. Et les gens que Bernard Arnault évoque la discussion existent forcément sur le politique. Et donc il y a des noms qui sont poussés parce qu’il y a des gens qu’ils aiment bien. Donc il y a deux personnes notamment on les a déjà données, c’est le nom de Gérald Darmanin que Bernard nous aime beaucoup. Et d’ailleurs, en fait, ça semble désormais relever du paléolithique. Mais en septembre 2023, il y avait une rumeur qui n’est pas une rumeur. Il y avait eu une réflexion sur le fait de changer de gouvernement. On n'était pas encore sur Attal. C’est l'époque où il était Premier ministre et la rumeur parisienne donnait Darmanin à Matignon. Et Bernard Arnault était extrêmement heureux de cette issue potentielle. Pourquoi ? Il aime bien Darmanin ? Parce qu’il lui trouve un talent certain. Parce que c’est un gars qui vient du peuple avec des racines. Vous connaissez l’histoire de Darmanin sur sa maman comme femme de ménage à la Banque de France, etc. Et puis le côté un peu racine populaire de Tourcoing, tout en étant un homme de droite modéré d’ordre.
Un modéré.
D’un point de vue, d’un point de vue économique et fiscal. Pour Bernard Arnault. Je ne parle pas au nom de Bernard. Donc voilà, c’est pour ça qu’il aime beaucoup Darmanin. Et puis il y a une autre personne aussi, c’est Thierry Breton. Thierry Breton. Thierry Breton En fait, ils connaissent de très longue date et c’est notamment Breton était central dans le dispositif patrimonial de Bernard Arnault. Si jamais il avait eu, il lui était advenu quoi que ce soit pour que ses enfants soient majeurs. Bernard. Thierry Breton aurait pu être l’homme qui assure la régence. Donc c’est quelqu’un qu’il aime beaucoup, dont il aime les analyses sur la dette publique. Peut-être que Thierry Breton est extrêmement croyant. Répétitif. Il est obsessionnel de la dette publique et des déficits publics, donc quelque chose que forcément, il aime beaucoup. Et puis ça a été un ministre de l'économie droit, donc il est proche de l’entreprise. Donc ça, forcément, il l’aime.
Alors, il y a donc ce dîner avec un ex président de la République et un président de la République en fonction, un des hommes les plus riches du monde, leurs hommes, leurs femmes Et en fait, ce que vous racontez, c’est que depuis le 9 juin, il est furieux.
En gros, faut que vous compreniez les grands patrons, n’aiment pas trop quand ça tangue. En gros, tout ce qui est, tout ce qui n’est pas, tout ce qui agite C’est mauvais pour le business, ça, c’est parce que je pense. Et donc du coup, il est furieux, il est furieux et en fait il est furieux, notamment parce qu’il l’apprend déjà. Il y a une forme de petite blessure narcissique parce qu’il l’apprend au dernier moment et ça, comme tous les on puissants, il aime être initié donc il aime savoir les choses à l’avance. Donc ça, il la prend vraiment. Il y a une demi heure exactement, mais environ une demi heure avant que la dissolution soit annoncée. D’autant plus furieux que la veille, il est au dîner d’État. Il y a un grand dîner, détail qui est donné par Emmanuel Macron en l’honneur de Joe Biden et qui se trouve pile en face des couples Biden et Macron à la table d’honneur. Je vous plante aussi le personnage, c’est-à-dire la puissance et l’importance qu’on lui donne dans le dispositif, dans la page, ce que je qualifierai d’apparat, républicain. Voilà, c’est ça. Et. Et du coup. Donc, oui, ben Arnaud, ce soir-là, il est stupéfait et fou de colère. Il le dit, il le dit. Un homme qui s’appelle Clément, Léonard de Vinci, qui est un communicant, qui est un homme qui était le conseiller en communication d’Emmanuel Macron notamment ces dernières années, jusqu’en 2022, jusqu'à la réélection de 2022 et qui ensuite est repassé dans le privé, donc chez Publicis, et qui travaille pour Bernard Arnault et mais qui est resté proche d’Emmanuel Macron et qui d’ailleurs demandera un détachement de Publicis pour aller travailler à l'Élysée le temps de la campagne des législatives. Donc il appelle et lui dit c’est quoi ces conneries ? Il ne faut surtout pas faire ça, c’est une connerie. Et si ce soir-là, il y a aussi un appel de madame Arnault à Brigitte pour lui dire que c’est une connerie, qu’il ne faut surtout pas faire ça, Bon, ça, ça ne donne pas. Ça a été annoncé. Ça n’empêchera pas Macron d’annoncer à 21 h la dissolution de l’Assemblée nationale. Mais effectivement, Arnault est stupéfait et fou de rage parce qu’il pense que ça va bordéliser le pays et ils auront l’occasion d’en reparler cette fois ci en face à face.
Sans faire de la psychologie de comptoir on sent que dans votre enquête, on sent qu’il y a une blessure narcissique dont on se contrefout par ailleurs. Je ne vois pas le problème, Arnault Mais quelle est l’importance de la blessure narcissique ? C’est bien la peine de faire autant de dîners si c’est pour être au courant juste en même temps qu’un quidam Mais quelle est l’importance de la blessure narcissique par rapport à ses préoccupations financières ?
Ben franchement, je ne peux pas te donner le relais. Qu’est ce qui relève ? Quel pourcentage relèverait de la blessure narcissique et qui sait quel pourcentage relèverait de la peur de l’aborder du pays ? Mais la blessure narcissique, forcément, elle est là. Et peut être que c’est ce qui prime de prime abord. Après, je pense qu’il ne faut pas oublier que ce sont des personnes extrêmement rationnelles. Donc je pense que très vite, ce qui compte pour lui, c’est la ligne de basse et le compte d’exploitation. Et c’est en gros quel impact ça va avoir. Tout cela va avoir sur l’attractivité du pays et donc sur son sur son business à lui.
L’attractivité du pays, c’est aussi par exemple dans certains des rendez vous un peu. Il est un peu en mission commandée. Tu racontes ça très bien, très bien. Comment vit la France exactement ?
Il fait le service après vente de la France, qui raconte aussi d’ailleurs la la et le pouvoir aujourd’hui. C’est à dire que donc il y a une scène peut être on la raconte maintenant, ou c’est aussi une scène qui se passe à la veille des Jeux Olympiques ?
Non ? Alors oui, je me doutais, oui, oui, c’est la clé avec les patrons. Non mais vas-y, après, on y reviendra.
Sur le neuf et le 11 juin.
Le 11.
Je sens que les gens sont passionnés. Marc Endeweld revient dans une dizaine de jours sur l’affaire Boulin avec notre camarade dont le nom m'échappe, Fabrice Arfi. Je
Benoît Collombat
Voilà, les deux reviennent dans quelques jours.
Donc en fait, c’est une scène qui se passe le 25 juillet, donc on est à la veille des Jeux Olympiques et en fait il y a plein de patrons qui sont en France pour plein de patrons mondiaux, pas uniquement des patrons français, mais des patrons mondiaux qui sont présents en France pour les samedis d’ouverture. Tout simplement parce que pour beaucoup de ces grands patrons, leur boite sponsorise. Les Jeux olympiques sont des sponsors des JO, donc ils sont là pour faire des opérations ou relations publiques de RP, pour accueillir leurs clients, etc. Et Macron organise un grand déjeuner à l’Élysée et c’est ce qu’on a appelé à l’Élysée à ce moment-là un mini tsu français de Shoes France. Ces grands sommets où il y a tous les patrons mondiaux qui viennent et où Macron prend la parole pour leur dire regardez tout ce qu’on fait en France, la façon dont on fluidifie le droit social, la façon dont on prend des réformes structurelles qui vont dans le sens du marché, la façon vous avez intérêt à venir investir en France parce que c’est une terre où il fait bon investir, où vous trouverez un environnement, je parle comme eux, là, business friendly. Et donc voilà. Macron, il sait que sa dissolution est très mal passée. Là on sait qu’il y a plus de il y a plus de majorité, que c’est un gros bordel politique. Les législatives sont passées. Et donc il profite de la venue de tous ses grands patrons en France pour les réunir à l’Élysée. Et donc il y a un déjeuner. Macron arrive 2 h à la bourre parce qu’il a un petit problème avec sa montre. Donc comme souvent, il est toujours en retard. Donc ce jour-là, il a eu 2 h à la bourre. Il y a Elon Musk Il y a le gars de Airbnb qui s’appelle Banksy. Il y a le. Gars de Uber et Bernard Arnault est un peu inquiet, il se tourne vers des patrons français et il pose la question. Vous avez des infos ? Castets est vraiment hors jeu parce qu’en fait, on est deux jours après les déclarations de Macron, se disant que deux jours après ce que le nouveau. Est sorti le nom de trois jours après que le Nouveau roman est sorti. Le nom de Lucie Castets et Macron, tout de suite l’avait balayé, notamment au journal télévisé, si mes souvenirs sont bons. Et il y a ce truc C’est un parti.
Et l’autre là, il flippe.
Et oui, forcément.
Le président a 2 h de retard.
Exactement.
Et il se dit merde ! Est ce que c’est quelqu’un qui se tourne vers lui ? C’est quand même sincère.
Bah, elle s’est fait une jolie scène. C’est une jolie scène effectivement, parce qu’elle raconte en gros l’inquiétude et le désarroi. Parce que c’est effectivement ça le travail. Ils n’aiment pas ça. On va y revenir. Mais il y a eu plusieurs épisodes dans sa vie où il a été. Il a été pas mal inquiet ou la gauche l’a pas mal inquiétée.
Absolument.
Et donc ce jour-là, en fait, Macron finit par arriver avec ses 2 h de retard et tient un discours en disant je sais ce que je fais, confiance en moi. Le pays va continuer à être aussi attractif pour les entreprises, c’est important. Ne comptez sur moi pour être certain. Et donc Macron termine de prendre la parole et termine sa prise de parole. Et donc là, c’est Bernard Arnault qui fait le service après, qui à son tour prend la parole et qui fait le service après vente du président de la République. Comme si sa voix finalement portait plus auprès de tous ces personnes qui représentent des centaines de milliards d’euros de dollars plutôt que de chiffre d’affaires de capitalisation boursière. Et ben Arnaud dit Voilà un discours très très pro Macron en mode vous pouvez avoir. Il commence en disant Je sais que j’ai parlé avec beaucoup d’entre vous ces dernières semaines. Je sais que beaucoup sont inquiets, mais vous pouvez faire confiance au président, etc. Alors même qu’il ne cachait pas son inquiétude en aparté, là, quand il prend la parole, c’est en anglais, sans note. Mais de ce qu’on a pu savoir, c'était bien préparé. Donc en gros, c'était pas non plus improvisé. Il y avait un discours très très pro Macron, donc certains diront que c'était un c'était Bernard Arnault le patriote qui a parlé parce que pour lui c’est important de défendre la France. Mais, mais voilà, c’est une scène qui raconte aussi je trouve. Ben voilà où se trouve également le pouvoir absolument beau. On fait le service après vente.
Est ce que là on est au mois de au mois de novembre ? La scène que tu nous racontes là avec délice, si elle date du mois de la fin juillet. est ce que c’est le nombre de semaines qu’il faut pour que des informations comme celles- ci sortent ?
Non, je ne pense pas. Si c’est pour que les informations sortent déjà, faut-il aller les chercher ?
Oui, bien sûr.
Ça peut prendre du temps. Très sincèrement, c’est cette scène-là, la première fois que j’en entends parler. On doit être fin septembre après. Elle ne vous. Elle n’a de sens que si elle est aussi racontée et intégrée à un récit plus global. Rien qu’en sortant l’information, je suis pas sûr que ça aurait beaucoup, beaucoup d'écho, que ça aurait même raconté grand chose. Là, je trouve que dans le récit à raconter des choses.
Absolument, bien sûr.
Ouais, après il y a sans doute plein de choses qui. Moi je suis personne. Des milliards d’infos qu’on n’a pas, qu’on ne sort pas. Mais la première fois que j’entends parler ou est ce que ça doit être fin septembre de cette scène ?
Est ce que parmi ceux, celles et ceux qui vous donnent des informations. Est ce qu’il y a un réflexe ? quelqu’un qui dit un patriote qui participe à un déni démocratique. Point d’interrogation parce que c’est mal. Le sentiment que j’ai. C’est à dire que c’est cet argent qui coule à flot et qui me permet d’avoir accès et qui permet, On va y venir d’essayer d’influer sur la politique d’un pays alors qu’il y a eu des élections libres. Est ce qu’il y a parmi vos informateurs et informatrices des gens ? Je ne demande évidemment rien, juste de la motivation. Il y a des gens qui sont heurtés par ce qui s’est passé ou. Ou non, C’est d’autre chose. C’est d’autres intérêts à vous parler.
Oui, il y a des gens que ça heurte. Il y a plein de gens pour lesquels cette proximité est “normale”. Presque parce qu’il est le représentant d’intérêts puissants, parce que c’est le premier contributeur de l’impôt sur les sociétés en France, parce qu’il emploie 40 000 personnes en France, parce qu’il a multiplié par deux le nombre d’employés de salariés en France ces dix dernières années. Parce que c’est l’homme le plus riche du monde, donc forcément, il peut avoir un rôle. Il touche des gens qui sont difficilement touchables parce qu’il est reçu comme un chef d'État. Où qu’il aille, il y a une proximité. Il connaît Trump depuis 40 ans que quand il va voir Chichi en Chine et bah il est reçu comme un chef d'état. Parce que quand le prince Charles passe à Paris, y en a un qui a une audience privée avec le prince par le pardon. Le roi Charles, désormais, c’est Bernard Arnault. Donc il y a des gens que ça ne heurte pas, que ça ne choque pas. Après, il y a. Il y en a certains pour qui ces doutes, c’est d’autres moments qui vont, qui vont choquer. Par exemple, j’en ai parlé au tout début de l'émission, mais là, cette affaire Tiffany qui n’a pas mal, qui a été pas mal de gens en fait, ça dépend. Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui simplement la proximité heurte et je le vis, je le comprends, je l’entends parfaitement, je l’entends parfaitement. Et c’est pour ça que je pense aussi que c'était important de faire ce papier.
Et c’est pour ça qu' on souligne votre courage et on vous remercie d’avoir sorti, d’avoir sorti tout ça. Tiffany Puis ça fait deux fois que ton parrain vas y, raconte un peu et après on viendra en juin 2 jours après la dissolution,
Tiffany c’est une affaire qui s’est faite. C’est un deal, C’est le rachat d’une boîte américaine qui s’appelle Tiffany. Peut être que vous connaissez, c’est ça ? Tiffany, C’est un joaillier américain, donc je sais plus si c’est sur Parquet Avenue ou la cinquième Avenue à New York. La grande boutique, mais c’est vraiment un truc, une marque extrêmement forte dans le luxe que LVMH, le groupe de Bernard Arnault rachète en 2019. Donc on est juste devant le vide. Donc c’est un truc. Peut être que les sommes vont pas vous dire grand chose, mais c’est un deal à 15 milliards de dollars, ce qui est budget mensuel.
Voilà les gens, ils savent que les donateurs, analystes. Ils savent qu’en début de mois, ils comptent. Ton budget est transparent. Tout à fait. C’est prêt en plus.
Donc, plutôt que de racheter David Dufresne, Bernard Arnault a racheté Tiffany et en fait ce blog, donc c’est le plus gros deal de l’histoire. On a le même âge et arrive le Covid. Et là, Bernard Arnault se dit qu’il a payé très cher cette boîte. Et donc en fait, il se passe un truc étrange sur lequel on n’a pas encore. Ça reste très flou, mais à la fin de l'été 2020, d’un coup, Bernard Arnault casse le deal avec Tiffany en sortant une lettre écrite par Jean-Yves Le Drian, qui était à l'époque ministre des Affaires étrangères d’Emmanuel Macron. Et une lettre qui, pour des raisons étranges de réciprocité, à la suite de barrières douanières édictées par l’administration américaine en mesures de rétorsion, demande à Bernard Arnault de reporter son opération financière et reporter son action. Achat de Tiffany Je ne rentre pas dans les détails techniques et juridiques. C’est une histoire extrêmement complexe, mais toujours est il que ça a beaucoup surpris. Ça a le même sidéré parce que.
Ce qui est sidérant, c’est l’intervention de l’Etat dans ce dossier,
Et encore aujourd’hui, quand vous parlez encore vous parlez de la proximité de l'État d’Emmanuel Macron avec Bernard Arnault et LVMH, c’est quelque chose qui revient tout de suite. C’est il y a eu cette histoire qui fait passe.
Il faut rappeler, pour une fois qu’on peut dire du bien. Il faut rappeler qu’un homme a dit non.
C’est Bruno, le Maire.
Qui lui n’est pas alors, lui ministre des Finances, qui n’a pas voulu intervenir.
Qui n’a pas fait de lettre
Car il y a des juristes très puissants à Bercy, donc qui savent les risques qu’on peut prendre. Peut être que, au ministère des Affaires, au Quai d’Orsay, on n’avait pas d’aussi bons juristes.
Tiffany Alors on t’embrasse et excuse moi, je me permets d’intervenir parce que nous sommes coresponsables, en tant que directeur de publication de ce qui se dit dans le château et donc Tintamarre. Tu es responsable aussi, mais nous aussi. Le Drian La corruption a un nom, Là tu es. Sauf si tu as de quoi aller devant les tribunaux pour prouver ce que tu dis, là, tu es dans la diffamation. Je suis désolé, il faut le dire autrement, on ne peut pas le dire comme ça. Et ça, c’est important de mesurer ce que ce que ce que l’on dit par la suite
il va quand même racheter Tiffany, mais il va économiser un peu moins de 500 millions de dollars. Donc en gros, ça va lui permettre quand même de payer moins cher et donc d'économiser 500 millions de dollars.
Je t’en prie, c'était juste pour. Voilà, pour te dire le tchat, la joie, il est en ébullition et c’est génial. Mais il faut qu’on fasse attention. D’autant plus qu’on verra tout à l’heure que si vous le savez pas, Bernard Arnault ici, il s’intéresse de près à ce qui se dit sur lui.
Oui, le 9 juin.
Alors ? juste un truc que vous racontez pas dans votre enquête. Mais si j’ai bien compris, tous les milliardaires, et singulièrement Bernard Arnault, ont vu leur fortune exploser pendant et après le Quid. Et j’y pense parce que Tiffany c’est juste avant. Donc à la limite, on peut, si on resitue le truc, on peut se dire à l'époque 450 000.
425 millions de dollars,
Si, c’est beaucoup d’argent. Aujourd’hui, ça serait moins d’argent puisqu’il est devenu beaucoup plus riche. Il l'était. Mais comment on explique que les milliardaires se soient fait autant de pognon les uns et les autres.
C’est de la finance, c’est de la transformation. C’est à dire qu’en fait c’est quoi la richesse d’un milliardaire ? C’est quoi la richesse d’un Bernard Arnault, d’un Vincent Bolloré, d’un Rodolphe ? Ça, c’est sa participation au capital d’une entreprise. Donc ben en haut, par exemple, il a 40 8 % de LVMH. Donc quand LVMH vaut 350 millions d’euros, eh ben, la fortune de Bernard Arnault, c’est 48 % de ces 350 milliards d’euros. Ce qui s’est passé, c’est que pendant le Covid, on a eu des politiques monétaires extrêmement fortes de la part des banques centrales qui ont rendu l’argent quasiment gratuit. En fait, en gros, pour soutenir l'économie, ça a été ça et qu’est ce qui s’est passé ? En fait, cet argent, il s’est porté sur des actifs financiers, notamment sur les titres des actions en bourse. Et c’est pour ça qu’on a eu des cours de bourse qui se sont envolés. Et donc parallèlement, la capitalisation boursière, c’est à dire quand vous prenez chaque action de l’entreprise, le prix de cette action et que vous additionnez, ça vous donne ce qu’on appelle une capitalisation boursière. Ça, ça a fortement augmenté et c’est pour ça que les 48 % de demain en haut aujourd’hui sont beaucoup un valent beaucoup plus que ce qu’il valait en 2017, en 2018 ou même il y a 25 ans, lui dira C’est parce que j’ai extrêmement bien géré mon entreprise, parce que je l’ai rendue beaucoup plus. J’ai augmenté le chiffre d’affaires, j’ai vendu beaucoup plus de sacs Vuitton. C’est vrai aussi, mais c’est aussi lié à ça, à ces politiques monétaires.
Où juin nous sommes deux jours après la dissolution, voilà que cet homme qui est assez grand racontez vous, passe par la porte
C’est ça ? C’est la grille du Coq.
Je fais celui qui n’est pas habitué.
Donc, alors que tu franchissais La grille du coq, en fait c’est l’entrée discrète de l'Élysée. Il y a une entrée qui est l’entrée officielle rue du Faubourg Saint Honoré. Les graviers vont marcher, ça fait du bruit et on peut vous voir. Il y a, il y a du monde, on sait, on sait que vous venez. Et puis il y a l’entrée secrète qui est l’entrée de derrière et vous passez par là. Vous arrivez au bout des jardins de l'Élysée. Et en gros, si vous voulez un rendez vous secret discret, et bien c’est par là. Et donc effectivement, ce jour-là, Bernard Arnault vient rendre visite à Emmanuel Macron. Qu’est ce qui se passe ce jour-là ? Eh bien, Bernard Arnault lui dit en gros vous faites une connerie. Je pense que la dissolution, c’est une mauvaise chose pour le pays, c’est pas possible. Et ce jour-là, Emmanuel Macron continue et c’est bon, c’est la première semaine, c’est pas de dissolution. Donc en gros, à l’Élysée, on n’a pas encore percuté le fait qu’on avait fait d'énormes conneries, là Macron continue en mode je vais gagner, je vais gagner, je vais gagner. Sauf que voilà, ils vont se rendre compte au bout de quelques jours que ça ne prend pas et ils vont comprendre que finalement, ils ont fait une connerie, même s’ils l’avouent jamais.
Parce que vous le rappelez, Bernard Arnault, alors il n’est pas exilé fiscal en Belgique. Il a songé à avoir l’aide, mais il ne l’a pas fait. Mais en fait, il a une histoire.
Ouais, bien sûr, il y a une histoire très politique qui en fait. Donc en fait, raconter qu’il est Bernard Arnault, en fait, c’est le petit fils du créateur d’une boîte de BTP d’immobilier dans le Nord. Donc il a. Il a grandi dans le Nord, dans la banlieue lilloise, croit Roubaix, dans un milieu privilégié, bourgeoisie de province, et il a pris les rênes de l’entreprise familiale à 27 ans. Donc il est né en 49. Il y prend les rênes de la boîte On. Française. Il a fait Polytechnique. Enfin, c’est un peu la fierté de la famille. C’est pas écrit dans la biographie officielle, mais y tue un peu son père pour prendre les rênes de la. De la boîte familiale. Et il y a un premier épisode qui est ce que sont les législatives de 78. Donc ça semble très vieux avec les jeunes aujourd’hui, mais c’est à cette époque là, on pense que la gauche va gagner et donc c’est bien. Il prend un peu de champ à ce moment-là et les Chars russes qui étaient en plus tard prêts pour débarquer.
L’alliance socialo communiste !
Exactement. Il faut se souvenir du programme, c’est le SMIC plus 1 %, c’est la cinquième semaine de congés payés, c’est la nationalisation de cinq grands groupes industriels Pechiney, Rhône-Poulenc. Je suis en train d’en oublier mais c’est pas grave, du 37 banque, c’est la hausse de tous les minima, de tous les minima sociaux. Les montants aujourd’hui sont fascinants. On est sur des augmentations de 15 à 20 %, on sait, il y avait l’inflation, etc. Donc c’est aussi notre époque. Mais on arrive avec un programme extrêmement ambitieux à gauche et c’est vrai que c’est le moment où nous partons. Il part et notamment il part aux Etats-Unis, il part en Floride. C’est la légende raconte que c’est à ce moment-là qu’il fait la rencontre. Il va faire la promotion immobilière. La légende raconte que c’est à ce moment-là qu’il va rencontrer Donald Trump et il ne reviendra que trois ans plus tard. Donc lui, il a très peur de la gauche. Et en fait, ce qui est assez paradoxal, c’est que finalement, c’est la gauche qui va lui offrir ce qui va faire sa fortune en fait. Parce qu' il est petit entrepreneur de l’immobilier. Il y a cette boîte familiale, mais son premier coup financier, c’est le rachat d’un groupe qui s’appelle Boussac, qui est l’héritier d’un groupe textile qui est aux mains des frères Vilo depuis une famille. C’est une famille du Nord depuis quelques années qui est en cessation de paiement, qui est vraiment con, qui reprend à la barre du tribunal de commerce avec l’appui du gouvernement de Laurent Fabius, il y avait pas mal de promesses sur le maintien de l’emploi. Et Bernard Arnault n’y va pas du tout. Il va vendre certaines parties du groupe, notamment Peau douce, par exemple les papier toilette, il y va, revendent des pans, ont fermé, d’autres les céder à des boîtes, à des financiers dont on sait qu’ils ne vont pas réussir à sauver ses boîtes. Tout ce qui l’intéressait en fait, c'était Dior parce qu’il y avait une pépite à l’intérieur de Boussac c'était Dior c’est comme ça que Bernard Arnault rentre dans le luxe.
Sa peur de la gauche, sa peur du rouge. C’est ce qu’il sait, ce qu’il angoisse. En juin 2024, il y avait dissolution.
On est pas certain que ça l’angoisse tout de suite. Papa au moment de la dissolution, mais peut être après plutôt début juillet, c’est-à-dire au moment où ou sortie des urnes il y a aucune majorité qui se détache et où effectivement c’est quelque chose qui qui l’angoisse mais qui en fait angoisse beaucoup de monde dans le monde économique. C’est ça, c’est ça qui est et qui est sans doute une des nouveauté de cette élection, c’est que le NFP a fait, fait très peur, a fait très peur par son programme, mais aussi par le fait qu’il soit sorti en tête des urnes, certes sans majorité absolue, mais malgré tout on est des urnes donc en capacité de peser fortement
Ce qui leur fait conduire exactement où ?
Ce qui leur fait peur ? Si le programme fiscal c’est. Alors là, je ne vais plus parler plus globalement du monde économique. Ce qui leur fait peur, c’est le programme fiscal, c’est la dinguerie fiscale. Ça, c’est des proches d’Arnaud qui parle comme ça d’une grille fiscale. Mais c’est ça, si c’est ce discours là, si c’est si c’est pan de hausses d’impôts. Et je pense qu’il y a le Côté fiscal sur les entreprises ou sur les actionnaires, sur les patrons, à la fois la peur sur le oui, sur le sur liesse, mais également sur le sur le capital, c’est à dire potentiellement revenir sur ce qu’on appelle la flat tax qui est l’imposition sur le capital et le capital, et comment vous, par exemple, fiscaliser les dividendes. Oui, c’est ça qui fait peur, c’est la peur que, par exemple, le pacte Dutreil, qui est cette fiscalité spécifique aux groupes familiaux pour la transmission, c’est à dire que vous, vous êtes non pas exonérés, mais c’est les droits de succession sont aménagés, on va dire. C’est une litote tout ce genre de choses
On nous demande les grands patrons, mais pour les grands patrons, là on reste dans la généralité, on a plus peur du NFP que du RN. Alors la réponse ?
Je pense qu’il y a six mois j’aurais pas répondu comme je vais répondre là, mais oui, et ils le disent. Et moi c’est un peu ce qui m’a sidéré ces derniers, ces derniers mois et ces dernières semaines notamment, c’est que je l’entends, Je l’ai beaucoup entendu. C’est-à-dire que le RN, le RN de 2017, c’est-à-dire celui qui prenait la sortie de l’euro de Marine Le Pen avec derrière. Merde, j’ai bouffé son Philippot, voilà Philippot.
Si on connaît nos classiques Philippot, Florian a la migraine.
C’est la merde ou l’allergie, c’est Philippot. Ça les inquiétait beaucoup là en fait. Faut se souvenir des positions économiques du Rassemblement national et notamment du discours qui a été tenu entre la dissolution et le premier tour des élections législatives. C’est-à dire que Cambadélis a dit que finalement, la réforme de la retraite, bon, peut être qu’on va pas y revenir, que la sortie du marché européen de l'électricité, on va pas revenir dessus. Tout ça, c'était des trucs envoyés au notamment au monde économique et patronal. Et c'était une façon également de montrer. On est beaucoup moins dogmatiques que ce qu’on dit. Et en fait, je pense que pour le coup, on n’a aucune estime pour ces gens là de ce qu’on a, de ce qu’on sait. Il ne les a pas rencontrés, contrairement à d’autres grands patrons. Mais il y a une forme de plasticité. On sait que ce sont des gens qui ne sont finalement pas nécessairement dignes de ce qu’ils ont dit. Alors que là, c’est vrai qu’on avait une gauche qui était en pacte avec un programme effectivement très jeune, qui a été. Qui est monté à la va vite en quelque sorte. Ils n’ont pas eu le choix parce que c’est à cause de Macron qu’il a fallu se mettre d’accord sur un programme en cinq jours. Mais je pense que là dessus, ils ont eu, ouais, ils ont eu globalement très peur de ça, c’est à dire de ce côté extrêmement fort structuré face, alors que les rênes, pour le coup, ils sont, ils sont, ils sont plastiques entre guillemets, c’est le mot, c’est le mot qui est souvent employé. La plasticité. C’est-à-dire qu' en gros, ça change, ça évolue, on peut changer les formes. Donc oui, c’est ça, c’est une des grandes nouveautés de ces derniers mois à mon sens, vraiment aussi, c’est la question. Pendant très longtemps, le monde patronal et ils ne voulaient pas recevoir les députés du Rassemblement national. Parce qu’en fait, souvent c’est qu’ils demandent à rencontrer des grands patrons, des choses comme ça. Et là, aujourd’hui, ce n’est plus le cas.
Est ce que tu dirais que c’est le Front national qui est devenu plus plastique.
Ou est ce que c’est l’inverse
Est ce que c’est l’inverse ou est ce que ce sont les deux ?
Je pense que c’est les deux. Parce qu’effectivement, les exemples que je t’ai donné sur la réforme du marché de l'électricité ou la réforme des retraites ont montré que le RN était prêt à faire des renoncements et que si les promesses qu’il faisait en campagne, bah voilà, on s’en foutait, c’est pas grave. Et à l’inverse, il y a une forme de il y a une forme de non habilitation de respectabilité qui a gagné. Et oui, je vais vous le raconter. On ne raconte pas dans le papier parce que ce n'était pas c'était du papier. Mais il y a une organisation qui est très puissante en France qui s’appelle l’AFEP, qui s’appelle qui est l’Association française des entreprises privées, qui a été créée par peur de la gauche, c’est à dire par Ambroise Roux au début des années 80, pour défendre les intérêts des grandes entreprises publiques. Et quand vous demandez à un patron qu’est ce qui est plus puissant, le Medef ou la FEB, tout le monde vous dira c’est le c’est la fête ! Et bien au mois de janvier, à l’AFEP en débat entre grands patrons sur aussi l’endroit où se retrouvent ou parlent les grands patrons. Donc c’est aujourd’hui je ne sais pas combien y en a 1 à 1 centaine à peu près d’entreprises. Donc les 100 plus grandes entreprises de France, c’est l’endroit où on se parle. Et donc il y a eu un débat au mois de janvier sur est ce qu’on est tous sollicité par des des parlementaires RN qui veulent nous rencontrer pour tester des idées, nous écouter, échanger. Qu’est ce qu’on fait ? Est ce qu’on les. Est ce qu’on les reçoit ou est ce qu’on les reçoit pas ? Et donc la décision a été prise de. A partir du moment où c’est eux qui demandent, on les reçoit. Chose qui n'était pas concevable précédemment parce que on considérait que si ils ne faisaient pas partie de l’arc républicain et qu’en gros on n’avait pas à les traiter, désormais on les traite, on ne fait pas la démarche qui est d’aller jusqu'à les solliciter pour défendre nos intérêts, comme ça peut se faire du lobbying entre guillemets classique. Mais si c’est ça marque vraiment une rupture sans savoir qu’une opinion.
Ça veut dire quoi ?
La fête à son Association française des entreprises privées ?
On est pas dans.Ton 15 milliards de budget.T’as vu ça ?
Merci patron.
Merci patron.
En 2016 donc, qui est vraiment un trop malin pour Bernard Arnault parce qu’il s’est senti humilié et pour le coup, il vous envoie Ruffin aux gémonies. Et là, pour le coup, au soir du premier tour des législatives, il est extrêmement heureux parce qu’il s’agit. Voilà, il voit Ruffin en tête. Bref, arrivé 12ᵉ mais en ballotage défavorable face au candidat du RN. Et là, il y a la candidate macroniste qui s’appelle Alban Branlant, qui tout de suite, avec un discours sans équivoque, se désiste. Elle aurait pu rester au second tour parce qu’elle avait atteint le seuil des 12,5 % des inscrits qui vous permet de potentiellement rester au second tour pour une triangulaire, donc là, elle se désiste. Et ce qui en gros va permettre à Ruffin de sauver son poste, son siège de député. Et là, en fait, c’est vrai, Bernard Arnault est très en colère de ce désistement. Il le fait savoir, il le dit à Macron. Bon, là, c’est à l'Élysée. Le discours c’est mais de façon la face qu’elle voulait, on l’a pas. C’est la présidente des jeunes avec Macron. Donc vous savez, c’est nos gauchistes à nous et ils sont, c’est nos jeunes agités du bocal. Mais là, j’extrapole, j’extrapole. Non, mais voici son ressenti.
Cette obsession, voilà ses obsessions Ruffin l’emporte et ça dérange pas tout à fait les affaires de Bernard Arnault. Et c’est là où c’est effectivement intéressant puisqu’on le sait maintenant. Bernard Arnault a utilisé les services d’un dénommé Bernard Squarcini dont tu viens de parler, ancien patron de la DGSI Cette fusion DST, RG voulue par Nicolas Sarkozy qui va avoir plusieurs affaires, dont une qui m’a bien intéressé une obsession.
Un peu obsession aussi, l’affaire dite de Tarnac mais qu’importe. Bernard Squarcini.
Tout le monde a lu le livre de David.
Bernard Squarcini qui va être à la manœuvre dans plein d’histoires pour pour. Pour Bernard Arnault. Alors, Bernard Arnault fait comme tous les grands patrons, c’est-à dire qu’il y a d’anciens flics qui, une fois à la retraite ou un peu avant, se mettent à leur service, etc. Il y a des échanges de coups de fil je pense. Je pense qu’il ne faut pas tout raconter. Mais vous vous racontez. Il ne faut pas raconter ce soir tout ce qu’il y a dans le papier parce qu’il faut inciter des gens qui participent aux chats qui nous écoutent, d’aller lire sur le web, soit d’acheter le Canard.
Mais il y a beaucoup d'échanges téléphoniques avec des gens au parquet, des magistrats, des flics qui sont plus ou moins en fonction, qui donnent du patron un patron à Squarcini qui n’est plus flic depuis très longtemps. Et il se trouve que Squarcini, on en parlera peut-être tout à l’heure, va passer le 13 novembre exactement.
Il est renvoyé devant le tribunal correctionnel justement pour notamment pour pour le travail qu’il a fait pour le compte de LVMH. Et parmi ceux dont il y a effectivement le l’espionnage de Fakir. Enfin, il y a aussi d’autres histoires qu’on raconte dans l’article qui sont liées à l’affaire dite Hermès. C’est une boîte. C’est l’autre grand nom du luxe français que Arnault a essayé de prendre pied. Pas même pas après, puisque ici, il a pris pied de façon. Sous marine. Litote entre. Au début des années 2010 et l’appariement d’un squat va être utilisé pour essayer de chopper des informations sur les procédures judiciaires en cours sur. Qu’est ce qui se passe ? Quel est le magistrat qui a été mis sur le dossier ? On a des échanges assez savoureux dessus avec à la base : Ah bah tiens, il parle de la magistrate comme de la gonzesse, la petite Bilger, parce que cette magistrate s’appelle Charles Bilger.
On a eu l’occasion de comprendre pour ceux qu’il n’avait jamais rencontrés, comment Bernard Squarcini parle avec les révélations de Mediapart tous les jours, les audios où on voit à la fois l’obscurité de la LOPPSI. Oui, c’est ça, de Bernard Squarcini envers l’autre Bernard quand il parle à sa secrétaire.
De secrétaire et puis à l’homme à l'époque, la personne qui est le bras droit de Bernard Arnault qui est un peu son âme noire. Un monsieur qui s’appelle Pierre Godet. Qui est décédé en 2018 exactement et qui était un peu la personne qui accompagnait Bernard Arnault depuis les années 80 et qui a été mêlé à pas mal d’histoires. Parce que c’est aussi là où il y a eu des bastons, des grandes bastons financières, notamment avec François Pinault et.
Alors c’est un régal je vous invite à écouter ça. Bon alors, puisqu’on est là dessus, on reviendra sur le volet politique. Alors moi, j’ai tout appris sur cette affaire qui est votre deuxième grosse enquête sur l’affaire Hermès. Ce qui est très intéressant, c’est comment Bernard Squarcini échappe à la justice d’une certaine manière.
Et donc Là, il est renvoyé.Dans le tribunal, dit Parce qu’il n’est pas Bernard.
. Excusez moi si j’ai ma langue a fourché. Squarcini est renvoyé, ce qui n’est quand même pas très cool de la part de son patron je trouve. Mais Bernard Arnault, lui, a pu échapper à ça. Est ce que tu peux raconter ça ?
Alors il y a deux dossiers. Il y a effectivement le dossier qui est Squarcini, qui est l’utilisation de moyens entre guillemets public à des fins privées. Et la façon dont Bernard Squarcini a utilisé son réseau quand il était à la tête de la série. Puis une fois qu’il est parti, il a des séries qu’il était. Il avait créé sa boîte et LVMH, c’est son principal client. En gros, c’est son premier contrat. De mémoire, il est à 29 000 € par mois et c’est 1000 25 000. Et ça, c’est fini à 45 000 € par mois. Il y a des smileys.
Pour rappeler, c’est ce qui est devenu la DGSI ?
, C’est le renseignement intérieur c’est la fusion DST RG par opposition à des JSA du Bureau des Légendes.
Squarcini, lui, il est débranché. Et c’est à ce moment là qui monte sa boîte de renseignement économique, Voilà, ils font, tout ça. Mais lui, il décroche le gros lot car il bosse pour Arnault.
Il bosse pour Arnaud. Et donc donc il y a cette histoire Hermès qui est une tentative de prise de contrôle d’Hermès, d’entrer au capital d’Hermès par LVMH qui va utiliser des produits financiers extrêmement complexes, ça va pas être une prise de contrôle normale ou en gros vous prenez, vous achetez sur les marchés ? Non, ils utilisent des produits financiers structurés par des grandes banques. Je ne vais pas rentrer dans le détail. On raconte un peu dans le papier, mais sans rentrer trop dans le détail, en restant, je pense j’espère accessible aux lecteurs. Mais si c’est vraiment de l’ingénierie financière et donc tout ça, c’est en sous marin. Et il y a eu il a été condamné par l’Autorité des marchés financiers parce qu’en fait, normalement, vous devez. Pour le bon fonctionnement des marchés financiers, il y a des règles et vous devez déclarer quand vous possédez 5 % du capital, 10 % du capital, 15 % du capital. Et lui, grâce à son mécanisme, il est passé complètement sous ces radars là. Et en gros, d’un coup, du jour au lendemain, hop, il a annoncé hop j’ai 17 % du capital. Et donc ça m' a beaucoup surpris. Et donc ça a posé la question d’un éventuel délit d’initié, d’un éventuel délit de défaut d’information au marché, voire de manipulation de cours. Il a été condamné par l’AMF. Mais parallèlement, il y a eu une enquête judiciaire qui a été une information judiciaire qui a été ouverte. Et là ça a beaucoup bâclé parce que l’AMF, en gros, il a une amende de 8 millions d’euros.
De l 'Autorité des marchés.
Autorité des marchés financiers, 8 millions d’euros, ce n’est pas ton budget, mais bon, c’est ça reste une somme conséquente. Pour Bernard Arnault, 8 millions ce n’est même pas la variation quotidienne du cours de bourse, donc franchement, c’est un pourboire. À moins. Et du coup, il y a par contre, une information judiciaire dans le juge d’instruction qui est nommée, et là ça inquiète beaucoup plus parce qu’en gros, déjà, c’est du pénal. Si vous êtes mis en examen, votre image est quand même salement amoché. On sait que Bernard Arnault, son image, c’est quelque chose d’extrêmement important pour lui. Et effectivement, je vois que Durdenov n’a pas dit bon papier dans Libé sur cette prise de contrôle sous marine par les MH en infiltrant la famille Hermès. Il y a une très très bonne série de mon confrère Laurent Léger qu’il a publié ce weekend, qui est complémentaire des papiers qu’on a faits, qui racontent effectivement d’autres dessous de cette bataille chère à ma sœur. Et cette information judiciaire qui est ouverte. Et là, c’est branle bas de combat, parce qu’en fait on sait qu’on risque gros, que le code monétaire et financier prévoit que si jamais vous avez commis ce délit, vous êtes passibles jusqu'à dix fois le montant de la plus value que vous avez réalisé. Et en l’espèce, la plus value de Bernard Arnault paralysé, c’est au moins 4 000 000 000. Donc vous imaginez ce que ça représente l’amende de 40 milliards, t’imagines. C’est plus que ton budget.
Et donc du coup, quand il s’agit de l’entreprise, enfin des flibustiers de la finance de payer dix fois leur plus value ?
No c’est toujours du potentiel. Et donc du coup, il y a une information. C’est une bagatelle en gros, cette information judiciaire qui est ouverte et là c’est le branle bas de combat. Squarcini essaye d’avoir des infos, donc il appelle le numéro deux du coordinateur national du renseignement pour savoir est ce qu’il a des infos ? Il appelle un magistrat qui est encore en fonction et qui s’apprête à rejoindre le groupe LVMH pour essayer de choper des infos. Et d’ailleurs ces gens là vont lui ramener des informations qui vont lui dire c’est tel magistrat, la gonzesse qui est saisie du dossier. Il y a eu une plainte déposée tel jour par Hermès. Et d’ailleurs les échanges sont savoureux et ils disent que comme elle ne connaît rien au droit boursier, elle a demandé à être saisie. Il a demandé à un autre juge d’instruction et ce sera Renaud Van Ruymbeke. On a parlé de l’affaire Boulin tout à l’heure, mais on reboucle avec l’affaire Boulin parce que c'était la première grande histoire de la grande affaire de Van Ruymbeke. Et voilà. Et donc en gros, il a des informations privilégiées grâce à ses entrées dans les cercles de pouvoir et ça va continuer. Et notamment on ne parle pas dans le papier. Mais effectivement, il y a tout le volet espionnage de François Ruffin, de Fakir, la façon dont ils ont essayé d’infiltrer Fakir pour obtenir des informations de l’intérieur puisque Ruffin, effectivement préparait Merci patron, parce qu’il y faisait des happenings lors des assemblées générales. Donc voilà donc tout ce volet là, en fait, Squarcini va être renvoyé devant le tribunal, va être jugé à partir du mois de novembre, mais pas LVMH
Ils ont signé une J.I P. C’est une convention judiciaire d’intérêt public. Donc, c’est un signe que c’est une contractualisation. En fait, c’est la version entreprise de ce qu’on appelle une sphère PC et le CPC, c’est la reconnaissance des coupables à la police. Vous connaissez ces trucs dans le système pénal américain ? C’est notre adaptation au système.
Et ça, c’est une baguette et demie. Donc si je reprends le chat, puisque si une baguette est à 8 millions, eh bien l’amende, là, qui a été payée pour échapper au point, c’est une baguette 1,25 baguette de 10 millions d’euros. Oui, je vois le bon dans lequel tu évolues, tu sais très bien compter. Et tout ça vous permet de poser la question. C’est donc une question plus forte que la justice. Ça, c’est ce papier dont on est en train de parler, c’est l’affaire Hermès. François Ruffin était venu d’ailleurs en parler au poste lundi, parce qu’il était évidemment ulcéré par le fait que Bernard Arnault puisse échapper à la justice. Mais moi, je crois que c'était éteint. Et en fait, en vous lisant, je découvre que Squarcini va se retrouver devant Le tribunal, à se défendre, ce qui n’est quand même pas terrible pour Arnault.
Non, ce qui est pas terrible.
Forcément, ça doit se dérouler, ça doit les inquiéter parce qu’il sera beaucoup question de duel. MH Bernard Non, mais effectivement, Bernard, enfin, le groupe LVMH, puisque c'était le groupe LVMH en tant que personne morale qui aurait pu être poursuivi, ne sera pas devant le tribunal du fait de cette. Sont de fait de cet un monde qu’ils ont payé. Et d’ailleurs, ce qui est intéressant, c’est que dans le dans le texte qui de cette jeep, il est indiqué que ce texte n'équivaut pas à une reconnaissance de culpabilité. Donc je pense que ça a été très charmant à modifier.
Alors, il y a quelques questions, du tchat, je m’en voudrais de pas de pas les répercuter. Le papier est tellement fort, vos papiers sont tellement denses que on n’aura pas fait le tour. Et tant mieux parce que l’idée c’est aussi de susciter la curiosité, l’intérêt et de ne pas laisser ne pas passer tout ça sous silence. Parce que je trouve que ça en dit très très long sur l'état de notre démocratie. Nous mêmes, c’est cette mainmise par par l’argent. On a une question tout à l’heure, je ne sais pas si elle a été remontée par Pauline qui faisait un rapprochement entre l’Église qui avait mainmise sur la gouvernance des gens. Mais il y avait l'État qui était un contre pouvoir. Et la question était de mémoire. J’ai vu passer en début d'émission quels sont aujourd’hui les contre pouvoirs à Bernard Arnault ? Si c’est toi et tes deux collègues féminines de l’Obs.
Non, non mais en fait, je pense que déjà j’entends déjà le discours d’en face qui serait de dire Regardez, on n’a pas tant de pouvoir que ça. Les noms qui ont été proposés, c’est pas les noms côté à adopter. Vous voyez bien qu’on n’a pas empêché la dissolution, On n’a pas empêché, on n’a pas permis la nomination de Darmanin ou Thierry Breton et on n’a pas peur. Et malgré nos cris d’orfraie, Barnier a décidé d’augmenter les impôts et de faire une contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus. Donc voyez notre influence, finalement, elle n’est pas là. Mais je pense que les garde-fous institutionnels, c’est effectivement une forme de. Ben ouais, c’est ça, le faire savoir, le dire, le raconter. Après, chacun peut tirer les conclusions qu’il souhaite de ce qu’on a écrit. Mais on raconte une proximité, on raconte la façon dont on se parle, la façon dont on défend ses intérêts et les contre pouvoirs. Déjà, c’est à mon sens un lâche. Là, c’est le citoyen qui parle. C’est la bataille des idées, tout simplement. C’est de rappeler pourquoi. Voilà quoi. Ça c’est pourquoi on a 50 7 % du PIB de dépenses publiques. Pourquoi c’est un choix de société, Pourquoi c’est important ? Comment ? Comment l’argent public est utilisé ? Rappeler l’importance du lien social, de la contribution à l’impôt, en quoi c’est essentiel, important. Et voilà, je pense, je pense que je pense que c’est ça le contre pouvoir, c’est simplement essayer de pousser d’autres idées et essayer de penser l’intérêt général. Je pense que c’est important de pousser l’intérêt général. Et ici je sais pas si je suis. Franchement je ne sais pas ce que je veux dire, mais je trouve que je pense que Bernard Arnault, quand il pousse ses idées, pense aussi que c’est dans l’intérêt du pays. Je n’en suis pas certain. C’est une litote, mais c’est pour ça que je pense que le champ des idées est important. Le champ des idées, du débat, de la confrontation d’idées, c’est important.
On voit d’ailleurs dans le papier, quand Michel Barnier est finalement nommé, puisque l’angle de notre discussion, c’est citer les manœuvres de Arnaud par rapport à à la gauche, il a tout fait pour empêcher ce qu’on comprend. Enfin, parce que ce n'était qu’un premier ministre de gauche. On comprend que s’il arrive plus tard dans le jeu, il n’aurait pas eu de poids. En revanche, bon, il a essayé de placer Darmanin, on n’en a pas beaucoup parlé, mais il va, il va défendre maintenant. Bon, ça m’est venu aux oreilles d’ailleurs, et en vain. Et puis il y a Barnier. Et là, en deux mots, il souffle un peu, il est content.
Sauf que ça ne dure pas longtemps
Voilà, voilà t y pas que Barnier parle de justice fiscale et ça c’est un gros mot, mais c’est des mots d’extrême gauche, c’est ça ? Donc c’est pas ça, c’est pas de la bouche de Bernard Arnault, mais c’est des gens qui savent comment ils pensent et qui pensent comme ils disent. Ce langage là. Pour eux, c’est ça. C’est le mec qui m’a fait le plus hurler de rire et qui m’a pris le plus d’assurance. C’est donc parmi les gens qui vous parlent entre guillemets justice fiscale égale extrême gauche égale les ennemis.
Oui, oui, tout à fait. Non mais c’est c’est le cas. Je pense qu' en gros, il faut se souvenir que le dogme du macronisme c'était d’abord que l’on baisse les impôts. Donc c’est pour ça qu’il y a eu la suppression de l’ISF. C’est pour ça qu’il y a eu la création de la flat tax. Pardon, j’utilise un vocable un peu, mais c’est en gros le l’imposition à 30 % sur les revenus du capital, donc bien en deçà de l’imposition sur le travail passé seuil de 2 500 € je pense à peu près. Donc il y a la fiscalité qui est entre guillemets, ce qu’on appelle le politique de l’offre, c’est à dire pro-business. Et effectivement, la question d’augmenter les impôts, de mettre à contribution les les plus riches, de mettre à compter, de créer une taxe exceptionnelle, notamment sur les revenus dingos, post Covid puisqu’il y a des boîtes qui ont gagné énormément d’argent. Donc on a parlé tout à l’heure de la richesse liée aux politiques monétaires
Je vous remercie, parce que c'était vraiment une question que je me posais
Mais, mais là, il y a aussi des gens qui ont gagné beaucoup d’argent, mais pas leur business. Donc on a parlé de ça tout à l’heure. En fait, en gros, le marché, le commerce mondial s'était arrêté, il y a eu une forme de trombone et au moment où ça a repris, eh bien, en fait, les cours mondiaux, tout le monde voulait envoyer des containers à l’autre bout du monde, depuis le port de Shanghaï jusque sur la côte ouest américaine ou de Lagos au Nigeria, jusqu'à le port du Havre donc, du coup, les cours mondiaux ont explosé et lui a gagné énormément d’argent. Il a gagné 40 milliards d’euros en trois ans. Ce qui est complètement fou. Et la question, c’est est ce que ces gens qui bénéficient du qu’Ovide finalement, qui ont bénéficié du Covid qu’ont bénéficié de la du nouveau contexte économique né du covid ou engendré par les confinements successifs et l’arrêt de l'économie mondiale ? Est ce qu’on va pas ? Ben voilà leur leur prendre une partie de ces surprofits entre guillemets. Donc en gros, c'était ça le dogme du macronisme pendant très longtemps, c'était on ne. On a baissé les impôts et ensuite on n’augmente pas les impôts, on n’augmente pas les impôts, n’augmente pas les impôts. Et d’ailleurs. Et quand Michel Barnier arrive et qu’il décide d’augmenter les impôts, ça les a rendus, ça les a rendus. Et d’ailleurs, il y en a un qui qui dans le camp macroniste a dit c’est une connerie d’augmenter les impôts, c’est Gérald Darmanin.
. Alors ouais, sans foi, ni loi, quel attachement peut on attendre de grand patron type Arnault au respect de la démocratie ? Etat de droit dans un contexte géopolitique où beaucoup de scrutins serrés souvent sont contestés, voire remis en cause ? Avant que la ne je vois que tu pire tu réfléchis alors j’en profite pour dire que demain on est dingos à 18 h on sera en direct toute la nuit avec Olivier Azam, des Mutins de Pangée avec Pauline Todesco, de l'équipe d’Au poste, on va montrer, diffuser plein de films grâce aux Mutins de Pangée et entre les films, on discutera et on donnera des infos de ce qui se passe aux Etats Unis. On fait la nuit américaine et le rêve américain va prendre cher au poste. Je vous dis donc demain à partir de 18h jusqu’au petit matin, si on a assez de café, on va faire donc une nuit américaine autour de Donald Trump, Kamala Harris. Donc scrutin serré, on nous annonce, on nous annonce l’enfer sur terre.
Vous risquez d’avoir besoin de beaucoup de café que je suis.pas sûr qu’au petit matin vous ayez les résultats
On n’aura pas les résultats arbre puisqu' on sait déjà que de toute façon Trump sauf s’il est donné gagnant va contester. Voilà exactement donc l'état de droit des grands patrons, l'état de droit
En fait je pense qu’il n’aime pas le bordel. En règle générale, un grand patron aime l’ordre. Le monde économique, il aime l’ordre, personne.n'était heureux du déclenchement des hostilités en Ukraine, ça c’est sûr. Et à part peut être certains vendeurs d’armes et encore chut. Je ne suis pas certain parce que trop proches. Et puis parce que parce qu’on fait ça, ça crée de l’incertitude. Et en fait, c’est des gens qui aiment tout sauf l’incertitude en gros, notamment les boîtes cotées en bourse qui sont vous annoncez tous les ans combien je vais faire. Et le but c’est de s’approcher le plus possible de ce qu’ils ont dit qui ferait tenir leur communication au marché. C’est ça qui est. C’est ça qui est ça qui est important. Je. Doucement. Je. Je ne sais pas. Je. Je le dis très sincèrement. Je ne sais pas. Je pense que pendant longtemps, il y avait ce truc qui était assez ancré dans les dons dans les milieux libéraux, qui était de dire que la paix va passer par la paix et la démocratie passera par là, par le. Par l'État de droit et par et par le par le marché. En gros, le marché va apporter la démocratie et l’exemple chinois nous a montré que c'était pas le cas parce que les. Les réformes de Deng Xiaoping maintenant, c’est il y a 45 ans donc, et le régime n’avait jamais été aussi fermé qu’aujourd’hui. Je pense que beaucoup de gens sont venus de ce truc qui était que beaucoup de patrons sont venus de ce système. Le libre échange et le capitalisme vont amener la démocratie et on peut quand même faire du business dans des environnements fermés après la. Par exemple, si je reprends l’exemple chinois qui est l’exemple si c’est le plus grand pays du monde et c’est tout sauf une démocratie. Toutes les boîtes qui sont en train d’en sortir parce que ça les inquiètent, elles ont peur parce qu’elles, elles comprennent que les dés sont pipés de la concurrence et qu' en gros, si le système politique favorise les entreprises d'état nationales et que du coup ils peuvent plus.
Là tu parles de la Chine comme marché, pas de la Chine comme usine.
Bien sûr.
De ferme mondiale.
Bien sûr, j’en parle comme marché parce qu’en fait aujourd’hui c’est plus la, c’est plus une du monde, c’est devenu une économie d’abord centrée sur sa consommation intérieure,on produit plus tant que ça en Chine pour le reste du monde. Ah oui ! Oui, parce qu’en fait le pays est monté et le pays s’enrichit. Et donc c’est assez dingue ce que je dis, mais c’est qu’il y Le fordisme étant donné l’explosion des chaînes de valeur. C’est comme ça qu’ils disent.
C’est plus c’est ton monde tous les jours. Mais je comprends que tu aies la migraine hein,je compatis.
Non mais c’est pour ça que voilà, il y a pu y avoir des délocalisations, Il est plus, c’est plus si bon marché de produire en Chine pour le reste du monde.
Voilà, il y a quatre gars qui nous demandent le fils Arnaud, DG de Tiffany and Co et sa présence au meeting de Trump. Est ce qu’on sait ce que Macron en pense ?
je ne sais pas ce que Macron pense et ni moi, ni Camille, ni Violette. Je ne pense pas ne savent ce que Macron en pense. Ce qu’on sait, c’est que Trump et Arnaud se connaissent de longue date. Notamment, ils ont inauguré ensemble un site au Texas quand Trump était président. Effectivement la c’est un site américain, ça c’est marron. C’est un site américain qui s’appelle Posca qui a sorti cette information là. La présence du fils Arnaud ou d’Alexandre Arnaud qui est un des vice -présidents de Tiffany qui est le premier fils du deuxième lit de Bernard Arnault.
Mais ça a son importance.
Ouais, parce qu’en gros, ils sont cinq héritiers. Ils ont chacun 20 % de la holding de contrôle. En gros, le rêve d' Arnault, c’est de faire un truc dynastique. Après, il faut que les enfants soient entre eux et je ne veux pas faire de parallélisme avec une série très connue. Mais. Mais ça pose des questions. Donc Alexandre, effectivement, était présent à sept à cette soirée. Ce meeting de Trump, lui, ce site qui faisait partie des sites blacklistés par Bernard Arnault. Il a envoyé un mail aux membres de son comité exécutif en leur demandant de ne pas parler à certains médias, de ne jamais parler à certains médias. Ce site américain en faisait partie parce qu’il y a une journaliste qui est très forte sur le monde du luxe. On l’a vu, le fils Arnault, proche des cabinets des donateurs, est écrit dans le papier. Moi je n’ai pas d’info, si ce n’est que j’ai regardé comme tout le monde, j’ai lu mais c’est pas très surprenant parce qu’il y a cette proximité, tout au moins business de longue date Et donc, je pense qu’il y a un truc qui est aussi une forme qu’on va dire de pragmatisme. Certains diront le cynisme qui est de bah voilà, il faut se préparer à toutes les éventualités. Et en fait, que ce soit Trump ou Kamala, et bien on prépare la suite,
On prépare la suite. A propos de site internet, je repense à une petite anecdote que vous que vous racontez au détour de votre enquête à nouveau concernant Ruffin et à nouveau concernant le film “Merci patron”.
Il y a eu un coup de fil en fait en 2021. “Merci patron” qui est mis sur Netflix et ce qu’on a appris, c’est qu’il y a eu un coup de fil de passer en mode : putain vous faites chier quoi.
Et Netflix a gardé le film. Ce que j’appellerais du micro-management, parce que ça, comme c’est du qui va aller jusqu'à appeler des flics pour dire dis donc, le documentaire, faudrait peut être le mettre sur l'étagère. C’est parce qu’il y a tellement d’argent qu’il y a des gens dans tous les services, quelle que soit la boîte.
Non, je pense qu’il y a ici, je pense qu’il y a une obsession du contrôle. Je pense qu’il y a ce truc là qui est une obsession du contrôle. Il y a un truc qui est effectivement de l’ordre du du contrôle absolu qui est que. Il déteste tout ce qui peut se dire de mal sur lui et il veut savoir. Il veut comprendre, voire il veut maîtriser. Il sait que l’information est centrale, cruciale. On ne l’a pas raconté dans le papier, mais il y a une grande bataille financière pour le contrôle de Gucci. Vous savez, cette marque italienne avec le grand rival de toujours de Bernard Arnault, qui s’appelle François Pinault, qui est aussi un des hommes les plus riches de France qui aujourd’hui est infiniment moins riche que Arnault. Mais qui reste à qui ? Qui a une fortune qui équivaut au budget de David. Il avait fait appel aux services d’une société d’intelligence économique qui s’appelle Crawl pour récupérer des informations sur les dirigeants de Gucci, les montages fiscaux qu’il utilisait, essayer d’obtenir des informations privilégiées. Donc il sait que l’information est une bataille importante. Et d’ailleurs on le voit dans le dossier Squarcini, c’est aussi avoir des infos, c’est essayer de comprendre et contrôler, mais c’est aussi avoir des infos.
Ultime question elle nous vient de citoyens : avoir des infos, contrôler des infos qui sont sur sur soi. Monsieur Lacombe subit il des pressions ?
Non. Oh ! Vous dire que j'étais rassuré et serein. Ce serait mentir. Après, non, je n’ai pas subi de pression, naturellement. Vous êtes journaliste, donc vous savez qu’il faut respecter la déontologie de votre métier. Il faut pouvoir prouver ce que vous écrivez. Si jamais vous êtes poursuivi devant les tribunaux, faire une offre de preuves, ce genre de chose. Donc en fait, si je vous dis je subis une pression ici, celle que je me mets, c’est à dire d'être à la hauteur, de pas être à la hauteur de l’image que je me fais ce métier et de l’importance de ce métier pour le débat public et pour le bon fonctionnement. Alors je vais utiliser des grands mots, mais pour le bon fonctionnement de la démocratie. Ouais, c’est ça, surtout la pression ou la première pression, elle est là. Et de se dire que oui, c’est moins simple de faire ce papier, ses papiers que de faire des papiers sur des sur des des personnes moins puissantes ou sur des des sujets qui drainent moins d’argent ou où vous êtes des personnes influentes Mais en même temps, si on veut être à la hauteur de notre rôle, en tout cas de ce que je pense être notre rôle dans le débat public, ça me. C’est. En tout cas, ça demande seulement du travail et ça demande un respect des règles élémentaires de notre profession qui font que oui, je me suis mis de la pression. Mais d’abord, la pression, c’est moi qui me la suis mise. Pardon, je ne sais pas si j’ai été clair.
C’est très clair.
Après, c’est surtout sa pression, non ? Oui, je vois. Il y a beaucoup de contrôles, beaucoup d’espaces publicitaires dans la presse aussi, C’est vrai, c’est un énorme annonceur. Donc dans un journal comme le mien où je dois pas avoir, moi, je ne me suis même pas posé la question. Parce que si vous commencez à vous poser ce genre de questions, c’est c’est pas possible et c’est la chance. Nous on a quelques pubs mais on est pas très dépendants de la publicité contrairement à d’autres journaux, je cherche. Il y en a et parce que ça fait partie de notre modèle vraiment c’est un truc sur lequel je ne crache pas parce que ça nous permet aussi de financer nos articles, nos enquêtes, il n’y a pas de pub.
non, il n’y a pas de pub. Merci beaucoup !
C’est super, merci !
Ultime question qui est la question rituelle d' Au poste Qu’est ce que nous avons fait pendant 1 h et demie ?
Eh bien, on a discuté, j’ai raconté. J’espère vous avoir dit ce que nous, on avait trouvé, ce qu’on savait de vous avoir dit aussi mes doutes, mes interrogations. Parce qu’en fait, ce métier, c’est surtout ça. Souvent, c’est de douter ou s’interroger. Est ce que j’ai bon ? J' ai répondu aussi franchement que j’ai pu Je ne peux pas vous donner tous les secrets parce que c’est comme ça les secrets.
C’est comme au restaurant.
Mais j’ai l’impression que le plat a été bon puisqu’on nous dit merci.
