Hommages aux résistants d’hier et d’aujourd’hui. Plateau des Glières.
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Ah oui, d’accord. C’est un chien,un canard !
Merci à vous d’avoir participé à la projection de votre film, et moi j’ai vu qu’il y avait beaucoup de choses que j’avais à dire.
C’est moi, je suis content d’avoir vu la vidéo.
Et donc vous avez mis combien de temps pour monter là ? Depuis Torrence, une heure et quart.
Je suis content.
Et ici on est où en fait ? Vous pouvez expliquer aux gens qui nous regardent ?
Nous sommes au plateau des Glières, haut lieu de la résistance. Je connais malheureusement pas l’histoire parce que je suis pas d’ici, je suis des Vosges. Et nous, je viens d’un pays où il y a eu beaucoup de résistants, chez moi. Le mouvement de la piquante pierre, par exemple, est énorme. Il y a aussi de chez moi, on l’appelle ça au fin béret, où en octobre 44, il y a eu 900 morts. C'était le 6e RTM, c’est-à-dire le 6ème régiment marocain. Alors attendez, attendez ! Et là, pourquoi vous êtes là aujourd’hui, ici même ? Mais parce que c’est très personnel. C’est pas bien, c’est vraiment pas bien.
J’espère que c’est la fin
Bonjour tout le monde, est-ce que vous nous entendez ? Nous sommes sur le plateau des Glières, ici le maître ici en rouge, j’ai super aimé. Et donc il va y avoir des prises de parole. Alors Stella Assange, la femme de Julian Assange n’a pas pu venir. Elle a été bloquée à l’aéroport pour des problèmes de passeport. Car comme l’Angleterre ne fait plus partie de l’Europe, son passeport doit non seulement être valide, mais il doit être valide pendant trois mois, ce qui n’est pas le cas, ce qui fait qu’elle a été bloquée. Mais je crois qu’il y aura un message audio. Nous allons avoir une dame de SOS Inceste qui va venir nous parler. Il va y avoir Antoine Boudinet. À Bordeaux en décembre 2018 et d’autres, voilà. Est-ce que l’image est bonne, est-ce le son est bon, les amis ?
Nous sommes sur le plateau des Glières. Alors éventuellement, peut-être Euryale, si de temps en temps, tu peux mettre la fiche Wikipédia haut lieu de la résistance, où s'étaient retrouvé pendant la Deuxième Guerre mondiale des résistants venus d’horizons variés, communistes, militaires, espagnols anarchistes
C’est beau, non ? Oui.
Si tu veux, tu en veux plus.
Vous allez me dire si vous entendez, là, il y a des essais voix. Vous allez dire si, vous entendez. Les essais voix pour l’instant, il n’y en a pas. Gilles, on est où ? Qu’est-ce qui se passe ici ?
On est sur le plateau des Glières haut lieu de la résistance et ce matin c’est paroles de résistance donc c'était des résistants plutôt d’aujourd’hui Alors maintenant on les appelle des lanceurs d’alerte mais nous on faisait déjà les trucs de lanceurs de l’alertes il y a 15 ans en arrière qui prennent la parole sur des sujets qui ont attrait à des motifs de résistances, des motif personnel de résistances qui s’apparente au même motif que pouvaient avoir les résistantes à l'époque sur des questions d’injustice, le droit de l’homme tout ce qu’on entend au niveau des lanceurs d’alerte aujourd’hui, donc ça s’appelle parole de résistance.
C’est ça, notre problème, enfin c’est pas notre problème c'était la loi de la biologie, c’est que les anciens résistants ont quasiment tous disparu, ceux qui sont encore en vie, c' est difficile de venir jusqu’ici, alors on avait Tod Alphandery qui voulait venir mais il est dans sa 100e année, donc c' était un peu délicat, alors il nous pousse tous à continuer, nous on sait que nos parents avant de disparaître, que ce soit Raymond Aubrac, Stéphane Hessel, Walter Basson, enfin. Ils nous disaient toujours surtout de continuer, continuer, et c’est ce qu’on essaie de faire. Après, on est sur une terre de droite avec beaucoup d’hostilité quand à notre rassemblement. Et c' est sûr qu' on est plus fort en légitimité quand les anciens résistants sont là que quand nous on est là. Mais on sait qu’eux on est soutenus, on n’a pas d’autre là, mais en tout cas on a bien entendu le message des ancien résistants à l'époque.
Merci beaucoup. Merci et bravo. Gilles Perret donc, bien connu, défavorablement de nos services. Hélas monsieur, vous êtes en direct. Bah bravo à vous monsieur. Merci, merci à vous. Je dis toujours aux gens qu’on est en direct pour qu’ils ne soient pas surpris. Donc voilà, Gilles, réalisateur de Je veux du soleil, de Boulets femmes bien sûr qui sera diffusée tout à l’heure à Torrence, à 15 heures, voilà. Et donc chaque année, il y a ce rassemblement. La prise de parole le dimanche matin, c’est un peu l'événement, le clou. Le clou du spectacle, on va dire. Et la veille, donc c’est trois jours de rassemblement la veille et l’avant-veille, il y a des débats. Donc hier on a retransmis deux. Il y a beaucoup de stands, voilà. Donc l’année prochaine, si vous n’avez pas quoi faire, en général c'était le week-end de l’ascension. Sachez que le rassemblement des résistants d’hier et d’aujourd’hui vous accueille. Donc il se passe quoi, bonjour en tour évolution, il se passe quoi et on attend les premières prises de parole dans quelques minutes. Nous sommes sur le Plateau des Glières. Voilà donc Euryale, si de temps en temps tu peux éventuellement mettre la fiche Wikipédia pour expliquer où nous sommes Donc haut lieu de la résistance, donc en fait, bon voilà, Gilles vous a expliqué Je vous décrypte un petit peu ce qu’il a dit Tant qu’ils y avait des résistants, on va dire historiques, venus du plateau des Glières ou d’ailleurs
L’organisation pouvait avoir lieu et maintenant que la loi biologique… Ce qui fait qu’un par un, une par une, les résistants et les résistantes disparaissent. Merci beaucoup, arrête, ça s’arrête. Le rassemblement, bonjour. Le rassemblement à plus de mal.
je suis en direct, mais c’est pas grave, je vais filmer comme ça. Excusez-moi les amis, j’ai une petite question en atteendant, je reviens. C’est comme ça ! Attention, c’est en direct, là ! T’es carrément ou pas ? Non ? D’accord. Génial. Super, super. Super, Super. Donc le mémoire du maquis, je ne peux pas vous le montrer parce qu’il est caché. Voilà, il est par là-bas. Donc là, on va juste faire un petit question de… Voilà, le maquis c’est là. Et on retourne au rassemblement dans quelques instants, ne vous inquiétez pas ouais ça, mon sac, alors attends tu sais quoi, si ça t’embête pas je vais prendre un truc de mon sac
C’est ce week-end, on est là. Nous on est là à disposition des gens, c’est pas tout ceci. La batterie elle est pas au fond. Voilà ! Est-ce que tu sais les gens, là ? Chacun nous regarde, regardez les amis, la batterie de rechange Voilà, voilà, et le sac rouge, et l'écoute.
Il n’y a pas une veste à mon nom, ça c’est à moi, ça, c’est à toi. Ok, donc tous les bagages, les invités sont au même endroit.
Ok, super. Merci, je peux prononcer ton prénom ? Claire. Merci Claire, merci. Hop, allez, on y retourne. Merci beaucoup, désolé.
Oh non, bah je t’en prie…
Les aléas du direct, les amis. Donc, bonjour à ceux qui arrivent. Nous sommes au plateau des Glières, au lieu de la résistance, où a lieu chaque année, depuis 15 ans, le rassemblement des résistants d’hier et d’aujourd’hui. Hier, donc, vous avez pu suivre plusieurs débats. Alors, on avait les problèmes de connexion. Bernard Friot, notamment. Un autre débat que j’ai eu avec Olivier Tesquet qui est dans les parages, donc voilà, c’est un rassemblement où il y a beaucoup de débats autour des lanceurs d’alerte, des résistances ici ou là et le dernier jour, le matin, il y à des prises de parole et on va écouter ces prises paroles, donc ça va se passer. Tout à l’heure, il y avait une forêt, c'était là où j’en voulais aller, c’est pour la création de l’humain. Je ne l’apprécie pas. Ils sont là !
C’est pas très beau aussi, c’est sublime.
Ça va bien ? Désolé, je suis au direct. En fait, je suis chez les VIP, là, en fait.
Le propriétaire ou le producteur Peugeot Partner 134 MP EU, pardon, EU 134MP est obligé de le déplacer en urgence. Merci. Merci.
Alors, il y en a un pour la chaire, là, qui est prête. Je sais pas où il le faut exactement. Je commence par là-bas. Oui, on est là.
Et moi aussi, j’ai dû aller faire un autre truc, et du coup j’aimais pas faire quelqu’un de pire. Très bien, très bien, j’suis très bien.
Je me suis dit, si je te crois, c’est ce que je te dis. Mais non, trop tard. Eh ben oui !
Ah non, il fait 8 degrés. Heureusement, il fait beau. Il paraît qu’en 2011, ici, c'était sous la neige, donc voilà, on a du bol.
C’est chaud !
Euh, il y a aussi Monique, Pinson-Charlot et Monsieur qui sont dans les parages. Ils ne prendront pas la parole, ils ont fait un débat hier, et on a bien sympathisé ce matin au café. Donc, tiens, à propos de café. Voici notre café. Bonjour, vous êtes en direct, faites attention à ce que vous dites.
Mais vous pouvez parler ! Heureusement que t'étais en live, parce qu’on était là-bas et on attendait, et on a vu ! Ah c’est vrai ?
Ah c’est vrai ? Ouais, on a vu ton live ! Ah bien, bien, bien !
Ah oui David ! Très bien ! Alors on fait les rabatteurs alors ? Oui ! Bon super ! Merci beaucoup ! Très Bien, Bonjour ! Je t’en prie, je t’emprie !
Je t’en prie.
C’est pas génial !
Ça va, bravo, c’est rien.
Je suis au direct. Vous pouvez parler mais vous êtes en direct. Merci, à vous aussi, merci beaucoup.
J’ai peur, parce que j’ai hésité, parce qu’en fait, t’as une idée où est-ce que tu voulais pas aller, tu penses, manger après, parce-que je voulais te faire plaisir sur ce que tu faisais.
C’est vrai, je vais acheter un DVD, faire comme ça, que tu peux regarder avec l’insta et ça va être super.
Il est rude, il est rude.
Et oui, c’est doucement décommandé, avoir vu autant de potes d’images.
Ça a été dur.
Bon, je crois que c’est informationnel, hein ! On y croit !
Alors là il y a un chien
Oh oui, monsieur. Au soleil, ça rend bien, hein. T’as mal vu, quand même ? Un petit peu, ouais.
Et partisans ouvriers et paysans, c’est la dame. Que ce soit l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.
Téléphonie, camarade C’est la paix, c’est le amour, paix de Grenade ! Et sa hauteur, attention à ton fardeau dynamique ! Nous qui brisons les tabous, divisons nos frères. Il y a des pays où les gens creusent des lits, font des rêves. Si ils nous voient plus, nous on part chez nous, on tue, nous, on crève ! Chacun sait ce qu’il veut C’est un peu c’est quand il passe Ah, mais si tu tombes à la nuit Sors de l’eau, à ta place OK ! Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute. A nous n’a entendu, c’est qui s’ouvre, le pays qu’on enchaîne A nous, n’entend plus, l’un de l’autre n’est qu’en vous sur le plaine Où est Partisan, Où brillez Paysans, C’est l’alarme ! Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.Vous n’avez réclamé la croix de l’univers arme, Ni l’ordre, ni la prière aux agonisants. On sent déjà que cela passe, ce qu’il en sent, L’investissement, c’est tout simplement de vos armes. La mort est brûlée par les yeux des partisans. Vous alliez vos portails sur les bûres de l’en-ville Noir le barbe et de nuit, il sut comme un sang Un fiche qui semblait une tache de sang Nulle ne semblait beaucoup à Français de préférence Les gens allaient sans yeux pour vous le jour du rang Les ailleurs du tourne-feu des bras d Avec victimes sous vos photos, morts pour la France Que l’amour, la la la, vous détruisez, vous éloignez. Vous avez la couleur d’uniforme de givre À la fin février pour vos derniers moments Et c’est alors que l’un de vous dit à l’autre Bonne heure à tous, bonne heure à ceux qui vont survivre Je me serai en droit pour le peuple allemand Adieu la peine et le plaisir, adieu les roses, adieux la vie, adieu la lumière et le vent. Avec toi, sois heureuse et constate-toi… Quand tout sera fini, plus tard on aidera. Un grand soleil qui mêle l’acronyme Que la nature aime et que le Dieu le rend Oh mon amour, mon amphéville, et je te dis de vivre et d’avoir un enfant. Célestino Alfonso, Olga Panchi, Joseph Bosson, Jean-Claude Joannet, Rino Lela Neymar, Thomas Hélèque, Maurice Villiers-Franc, Marta-Coe Fontaine,
Il s'était un des trois quand les fusils pleurent rirent Un des trois qui donnait leur cœur avant le temps Un des trois étrangers et nos frères repoussants, Un des 3 amoureux de lui va en mourir, Un des 2 qui brillait la France en s’abattant. Ouais, t’es chouette avec ton capuchon..
Alors dites-moi si le son est bon pour vous.
Nous sommes tous ensemble, c’est bien d'être tous ensemble. Le rassemblement parole de résistance est de retour aux Glières après deux ans d’annulation forcée. C’est vrai que l’an dernier on était venus ici mais ce n'était pas tout à fait autorisé.
Rires
Vous avez pu venir, je crois. Durant ces 2 années, nous ne pouvons pas dire que les choses se soient améliorées au niveau de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Au niveau de l’égalité, véritables profiteurs de guerre, les plus riches ont vu leur fortune doublée alors même que nous arrivons au seuil des 10 millions de pauvres en France. Au niveau de la liberté, contrôle, surveillance et état d’urgence permanent ont permis de faire adopter des lois liberticides inimaginables il y a seulement quelques années en arrière. Le Président dirige seul le pays, seulement entouré de quelques êtres de camps, avec une assemblée nationale aux ordres. Quant à la fraternité, jamais notre pays n’a été aussi fracturé. Le Président et sa bande ont réussi à monter les jeunes contre les vieux, les travailleurs contre les profiteurs, les pauvres contre les riches, ceux qui réussissent contre ceux qui ne sont rien. La tension et la violence sociale sont à leur compte. La république sociale qui avait été instaurée au sortir de la guerre par les résistants pour installer dans d’autres pays la tranquillité sociale et bien mise à mal. L’arrogance, le mépris et le tous contre tous sont devenus la règle. La planète brûle et tout nous pousse à regarder ailleurs. Les mots sont détournés de leur sens, même l’expression les jours heureux du nom du programme du Conseil national de la résistance. Est employé par un autre président actuel qui est sans doute son plus gros fausse ailleurs. Cela ne l’empêche pas, ici ou ailleurs, de venir honorer la résistance. Honorer les faits d’armes et oublier la pensée politique des résistants, nous en avons tristement l’habitude. Et pourtant, pourtant, au milieu de ce marasme, comme dans les périodes les plus sombres, des têtes se relèvent. Certains disent non. Les envies de partage, de solidarité et de protection de la planète se sont exprimées fortement lors des dernières élections. Donc Euryale si tu peux changer le titre…
Le pays est riche, nous avons les moyens de tous vivre en harmonie, mais cela, comme autant du Conseil National de la Résistance, pour cela, il faut imposer des règles de partage. Cela ne se fera pas seulement dans le consensus, la joie et la bonne humeur. Il faudra batailler pour que les possédants lâchent l’affaire. C’est pour amplifier et alimenter cette envie de mieux vivre que citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui continuent d’organiser paroles de résistance. Nos parents, Stéphane Hessel, Raymond Aubrac, Henri Bouvier, John Berger et Walter Bassan, tous décédés aujourd’hui, nous ont fait la demande de continuer le combat, même après leur disparition. Les anciens résistants, encore en vie, nous envoient des mots de soutien. Nous en avons bien besoin, car plus les années passent, plus nous devons affirmer notre légitimité à être ici. Cette année, comme les années précédentes, on voudrait dépolitiser le plateau. Sous prétexte qu'Éric Zemmour soit venu ici. Mettre les soutiens de Pétain sur le même pied d'égalité que les résistants montre la dérive dans la transmission de notre histoire. Ça montre aussi la dérives extrême-droitières de notre pays. En parlant d’histoire, nous en profitons pour rendre hommage ici à Michel Étierbon, historien, ami, si souvent présent ici et décédé cette année. Il aura consacré sa vie à raconter l’histoire sociale, l’Histoire de ceux de peu trop souvent oubliés des manuels d’Histoires. On lui doit surtout la connaissance d’Ambroise Croizat, bâtisseur de la sécurité sociale, qu’on appelait aussi à l'époque la fille de la résistance. Lire, écouter, s'écouter, voir, échanger, s'éduquer, s'émouvoir, sont les meilleurs outils pour vaincre la résignation, créer de l’espoir. C’est bien dans ce sens que le programme des trois jours de parole de résistance a été conçu et continuera d’exister pour que viennent les jours heureux. Je vous remercie.
Alors, là, j’espère que c’est le meilleur compromis image-son. Et ma chère Euryale, si tu peux changer le titre, c' est quand le titre est changé, faire un tweet à chacun des participants.
Merci beaucoup. Subtil trucage. Ici même, en 2019, aux côtés de Mathieu Bellahsen Fred Zyplox, fondateur de l’association UMAPSI, dénonçait au nom des passions psychiatriques les menaces administratives sur les théories institutionnelles émancipatrices des aliénistes et communautaires. Ces méthodes, pourtant avérées depuis des décennies, sont combattues par la gouvernance hospitalière. Notamment depuis la nuit sécuritaire instaurée par Nicolas Sarkozy en 2008, avec une liquidation méthodique de l’héritage du Conseil National de la Résistance. Acteur engagé du printemps de la silkaterie, 2018-2020, Mathieu Bellahsen et son équipe de soins viennent d’en subir des sanctions arbitraires. Les patients librement hospitalisés de son service ayant été enfermés par la direction administrative sous prétexte de distanciation sanitaire il a saisi le contrôleur des lieux de privation de liberté qui a constaté l’illégalité de la mesure. Quelques mois plus tard, le docteur Bellahsen
Donc Mathieu Bellahsen arrive au micro.
La fin de l’année, avec un collectif de soins comprenant des soignants et patients usagers, psychiatrisés du secteur d’Asnière-sur-Seine en banlieue parisienne, nous mettons face facilement, pas à pas, à un travail de psychothérapie institutionnelle, s’appuyant sur la centralité du droit des patients. En deux mots, la psychothérapie constitutionnelle a émergé au cœur de la catastrophe, de la guerre d’Espagne, des camps d’internement, de seconde guerre mondiale. En partant du postulat, qu’il fallait soigner le milieu de soins. Pour que d’aliénants, celui-ci devienne thérapeutique. La psychiatrie continue d'être hantée dans ses pratiques quotidiennes par les agissements du spectre asilaire, des maltraitances ordinaires qui s’ignorent, dont celle des soignants, des postures bureaucratiques sadiques, assumées au nom du bien des patients et de leurs déraisons, spectres asilaires qui continuent de leur daigner la citoyenneté commune. En 10 ans, nous étions arrivés à des fondements solides mettant la parole, les actes et les gestes des premiers concernés, les patients comme source de l’instituant de nos dispositifs de soins. Nous avions banni les pratiques de contention physique. Les portes de l’unité d’hospitalisation étaient ouvertes malgré les pressions récurrentes des administrateurs de garde et des équipes des autres pôles. Nous nous appuyons sur les rapports toujours positifs à notre égard de la haute autorité de santé et du contrôleur général des lieux de privation de liberté. La créativité et l’inventivité de l'équipe se déployaient. Penser les circulations physiques des patients et psychiques, affronter ensemble les difficultés des soins nécessairement singuliers dues aux personnes prises dans des tourments délirants, suicidaires, abandonniques, psychotiques, était notre quotidien. Les clubs thérapeutiques, espaces de décision et de démocratie directes, prenaient la forme d’associations de loi 1901. L’association et tout et tout du journal la radio sans nom travaillait à des rapports plus horizontaux plus égalitaires entre toutes et tous les liens avec la ville avec les copains du monde culturel le théâtre de jeunes avec les autres collectifs de soins au sein du truc qui est le terrain de rassemblement pour l’utilité des clubs thérapeutiques développer un réseau intense et riche ainsi qu’avec des associations militantes telles que le CRPA ou une MAP-C dont on a parlé Les soignants investis dans ce travail de transformation concrète y a les corps et âmes, au sens propre avec le développement de nombreuses pratiques corporelles et psychothérapiques inventives. Cela n’allait pas sans résistance interne où une partie de soignant se sentait mise en accusation par les patients alors que ceux-ci les interrogeaient de façon légitime sur le pourquoi de tels fonctionnements, sur les postulats arbitraires allant de soins. En 2019 Jusqu'à la manifestation du 14 novembre, nous étions de toutes les luttes pour la psychiatrie publique, pour l’hôpital public, car nous vivions la désertion progressive des bords professionnels et les conditions d’accueil dégradées, voire dégradantes, des patients. Là comme ailleurs, les recrutements se faisaient de plus en plus difficiles, des tensions surajoutées à la vie habituelle des services. Quelques semaines avant le Covid, nous rappelions à l’ensemble de l'équipe que le directeur de l’hôpital, c’est le patient. Et qu’un secteur de psychiatrie n’est pas fait principalement pour les soignants ou pour les administrations, mais bien pour répondre aux besoins des personnes qui s’y soignent. Fort de tout ce travail, le secteur d’Anière était jugé comme à part au sein de l'établissement de Noissel. À part du fait du travail clinique qu’une bonne moitié du service soutenait, des analyses politiques que nous partageons et de nos pratiques liant ces registres avec les droits fondamentaux. En mars 2020, le Covid arrive. Et met un couvercle sur ce moment de crise que nous traversons. Le clivage principal au sein de l'équipe est le suivant. Certaines soutiennent, certains et certaines soutiennent les prises de pouvoir sur les patients, les enfermements, le non-respect de leurs paroles. D’autres, dont nous sommes, ne s’accommodent pas des solidarités professionnelles se faisant contre l’expression des patients et de leur liberté fondamentale. Par la suite, certains des soignants du service rétif aux transformations décidées avec les patients seront les moteurs de la réaction asilaire contre les pratiques émancipatrices. Ils feront une alliance avec la direction de l’hôpital contre les psychiatrisés et contre les soignant soutenant la parole des psychiatrisé du sur-nous nous opposé aux logiques corporatistes-soignantes. En avril 2020… Une unité Covid s’ouvre au sein de l'établissement de Moisselle. Sur le papier, il est expliqué que tout patient entrant reste trois jours « isolé » dans sa chambre le temps d’avoir un test. Pour les Covid positifs, le protocole est « isole » 14 jours. Très tôt, avec les médecins du service, nous nous apercevons que les patients sont isolés, non au sens de la médecine infectieuse mais au sens la psychiatrie, c’est-à-dire enfermés à clé. Nous envoyons un mail à la direction restée sans réponse sur la confusion entre isolement psychiatrique et isolements sanitaires, que je renommerai avec les collègues « confinement sanitaire », pour que le mot « isolement » ne nourrisse pas cette ambiguïté initiale. Les enfermements se poursuivent. Dans la nuit du 7 au 8 mai 2020, cette fois-ci sur l’unité d’Asnière, deux personnes ont de la fièvre, faisant craindre un confinement général de l’Unité, car le 3e cas transforme l’université en cluster. Cette nuit-là les verrous de confort que nous avions obtenu quelques années plus tôt pour que les patients puissent s’enfermer eux-mêmes dans leurs chambres pour avoir leur espace personnel et leur intimité seront renversés en verrous d’enfermement. Aucune enquête administrative n’ayant été diligentée, la lumière ne sera jamais faite sur qui a pris cette décision d' enfermer tous les patients à clé dans leur chambre simple, leur chambre double. Est-ce le directeur de garde ? Le médecin de garde, toujours est-il que les serruriers, eux, ont reçu des ordres et que tous les patients ont été bouclés. Ironie de l’histoire, le lendemain, c’est le 8 mai 2020, fête de la libération. Il y a une autre ironie, c’est que le logo de l’hôpital de Moisselle, c´est exactement le même que le monument. Donc ironie de l’Histoire, dans la nuit du 7 au 8 mai 2020, cette fois-ci, pardon. C’est la fête de la libération jour-là. Une jeune psychiatre de garde, est sollicité par les directions pour aller prescrire les enfermements. Courageuse, elle refuse au nom de sa déontologie et de son éthique. On ne peut enfermer à clé son motif psychiatrique. Elle est menacée d’un signalement à l’Agence régionale de santé pour mise en danger de la vie d’autrui. Elle ne se soumet pas et nous prévient le 9 mai au matin de ce qui s’est passé. Devant la gravité des faits, devant les mails restés sans réponse et après discussion avec certains de mes collègues psychiatres et cadres du service et avec la présidente de la commission médicale d'établissement, nous alertons immédiatement le contrôleur général des lieux de privation de liberté au nom des soignants du service qui pensent que le Covid ne peut pas servir d’argument contre l'état de droit et les libertés fondamentales. Je préviens aussi la direction de l'établissement et les médecins chefs des autres pôles. J’ai créé un signalement au procureur de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale en qualifiant l’effet de séquestration collective qui est quand même passible quand c’est plus de huit jours de 30 ans de prison. Le 11 mai, deux jours plus tard, un patient se jette par la fenêtre d’une des chambres de l’unité Covid. Le 18 mai, l'équipe du contrôleur des libertés fait une visite surprise et saisi les tutelles et la direction de l’hôpital d’une recommandation en urgence. En date du 25 mai, en faisant sienne cette distinction que nous faisions entre le confinement sanitaire et l’isolement psychiatrique. Le contrôleur parle de pratiques illégales. De maltraitance, mise en œuvre dans des conditions indignes, c’est écrit dans la recommandation. Les portes des chambres de l’unité Covid se rouvrent fin mai, avec son lot de traumatismes psychiques pour les patients ayant vécu ces séquestrations. Début mars 2020, nous avons publié avec Rachel Knabel et Lauriane Bellahssen la révolte de la psychiatrie, les ripostes à la catastrophe gestionnaire, et nous avions reçu, dans les semaines qui suivirent, plusieurs infos sur la généralisation de ces pratiques confondant isolement psy et confinement sanitaire. Nous en avons fait part au CGLPL, ayant mené sa propre enquête à Adeline Hazan, qui était à l'époque la contrôleuse des libertés, et son équipe décide de publier le 19 juin 2020 au journal officiel la quatrième recommandation en urgence concernant un établissement public de psychiatrie, donc moi-même. Les médias relayent l’information au niveau national. Alors maintenant, je vais vous parler de la mécanique de la répression et du saccage. Dans le même temps, une lettre anonyme arrive à la direction nous accusant, moi, l’encadrement du pôle et des professionnels partie prenante du travail de psychothérapie institutionnelle, de harcèlement, maltraitance et abus de pouvoir. Les motifs invoqués pour légitimer ces propos sont d’avoir aidé à créer un groupe d’entraide mutuel avec les patients, d' avoir embauché un éducateur sur un poste d’infirmier. Et d’avoir autorisé une psychomotricienne et un psychologue à faire des visites à domicile pendant le premier confinement. D’autres reproches concernent la médecin responsable de l’hôpital de Jours où les anonymes se plaignent de la perte de sens de leur travail au fur et à mesure que les patients étaient plus actifs dans les décisions et dans ce qu’ils voulaient pour leur soin. Je ne prendrais connaissance de cette lettre anonyme que quelques semaines plus le 8 juin 2020. Quand la direction dit d’y entrer une enquête administrative pour faire la lumière sur ces accusations anonymes de délit. Dans le même temps, après la publication de la recommandation au journal officiel, je suis mis à l'écart des groupes sur le droit des patients dont j'étais pilote. Début juillet 2020, la direction me demande des comptes à chaque sortie non autorisée de patients, parlant à tort de fugue. Je passerai sur l’enquête administrative à charge, partielle et partielle qui a duré neuf mois. Et qui a refusé de rencontrer 25 professionnels du secteur qu’il avait demandé, officiellement et à plusieurs reprises. Ces 25 professionnelles étaient moteurs dans ce travail de désaliénation. Je passerai sur le refus de nos droits fondamentaux d'être entendus au titre d’une instruction équitable. Ce refus fait l’objet d’un recours devant le tribunal administratif ainsi qu’au pénal. D’ailleurs, le défenseur des droits s’en est saisi pour instruire une enquête étant donné la gravité des faits et leur répression subie. Rappelons qu’aucune enquête administrative n’a eu lieu sur les privations de liberté. Les médecins ayant enfermé indument ont été remerciés, au sens de félicité. La directrice de l'établissement a vu son nom publié au journal officiel six mois après la recommandation du CGLPL pour une cérémonie d’attribution en préfecture de la médaille de l’ordre du mérite. Continuant ces excès de pouvoir et ces calomnies, en juin 2021, la direction l'établissement. Va plus loin et publie une note de synthèse m’accusant, et c’est écrit noir sur blanc sur ce document, d'épuration des professionnels, de mort de patients et de fugue. Cette note diffamante passe alors les différentes instances de l’hôpital. Le 8 juillet 2021, la directrice prend la décision de me retirer la chefferie de pôle au motif que cela apaisera la situation et apportera une amélioration des conditions des soins pour les patients. L'établissement me dit alors que ce n’est pas une sanction disciplinaire. Ils ont vu le mot ? Les patients écrivent des courriers au tutelle et à la direction, ils ne recevront aucune réponse. Je passe sur la complicité de l’Agence régionale de santé du ministère de la Santé qui refuse aux syndicats une enquête de l’IGAS sur le fonctionnement de cet établissement. Je passe encore sur la complicité des représentants de l’Association de famille de la femme qui a parlé de décente du CGLPL en légitimant les enfermements. Je passe enfin sur la complicité de la CGT locale qui a préféré défendre l’image de l'établissement des professionnels complices, des enfermements et des soignants contre les pratiques institutionnelles du secteur d’Asnières en faisant des alliances malsaines avec la direction. En août 2021, le service d’hospitalisation met la clé sous la porte. Tout le collectif des psychiatres du secteurs part, ainsi que de nombreux soignantes. Les patients hospitalisés sont dispatchés dans d’autres unités. L’unité ne rouvrira que fin octobre 2021, avec 14 lits de moins. Retour à la normale. L’apport du service est de nouveau fermé à clé. Pourquoi se priver d'économie et d’enfermement ? 10 ans de travail détruits en quelques semaines. Pour vous laisser juger les priorités du pouvoir concernant le droit des patients, il y a quelques semaines, à Chinon, Le contrôleur des libertés a écrit un courrier au ministre de la Santé pour témoigner d’un secteur de psychiatrie se passant des contentions physiques, n’ayant que peu recours aux champs d’isolement, travaillant les portes ouvertes et valorisant la parole et les décisions des usagers. Un service comme l'était le nôtre. Qu’a répondu le ministre ? Qu’il soutenait la réorganisation de l’hôpital de Chinon. Même si ces dernières devaient se faire au détriment des bonnes pratiques du secteur de psychiatrie et contre les droits fondamentaux des patients. Dix ans de travail détruit sur l’autel des abus des directions hospitalières, des politiques de santé criminelles et de ces agents exécutants qui refusent de voir les patients comme des sujets de soins et des sujet de droits. Dix ans de travail collectif détruit par des collaborateurs de l’intérieur, des auteurs de lettres anonymes, des soignants qui ont refusé activement la transformation du service dans un sens d’accueil, d’ouverture et d'émancipation en privilégiant les calomnies sur les professionnels engagés. Notre sentiment collectif est une profonde colère du fait de l’injustice vécue, colère aussi d’une scène manquante pour instruire des conflits profonds sur le sens des soins psychiques. Aujourd’hui Les patients avec qui nous sommes encore en contact ont peur de se faire hospitaliser car ils savent que l’arbitraire est de retour, que le non-respect de leurs paroles est fondateur de ce nouveau moment pour le secteur. À ce jour, je vous laisse juger de l'épuration dont il est question. Je dédie cette intervention aux patients du secteur d’Asnière. Et à mes collègues avec qui nous avons construit ce qui restera comme une expérience fondatrice de la psychiatrie d’aujourd’hui dont la répression est à mon sens à la mesure de sa potentialité créatrice et politique et des émergences à venir. Alain, Sylvie, Ourida, Marc, Véronique D, Catherine D, Laurence, Julie, Marie-Laure, Farid, Veyronique S, Benjamin, Magali, Laure, Ahmed, Daouda, Laurent, Nadia, Abdel, Estelle, Amélie, Géraldine, Nawel, Sarah, Fatma, Justine, Aurore, Cora, Mathilde, Zoé, Moutiou, Catherine, Hakim, Patricia, Dimitri, Matilde, Jade, Baptiste, Alfredo, Benjamin Mayder, Alima, Mina, Michel, Manon, Gilles, Samantha, Émilie, Noémie, Sabrina, Maryama et quelques autres. Vive Liba ! La lutte continue !
Merci.
Bonjour à tous ceux qui viennent d’arriver. Nous sommes sur le plateau des Glières en direct. Je vais enlever le micro quelques instants pour mettre la batterie de rechange. Présentation du prochain ou de la prochaine intervenante dans quelques instants.
Stella Maurice est née en Afrique du Sud où elle a passé son diplôme d’avocate. En 2011, elle rencontre une première fois Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, qui deviendra plus tard l’ennemi public numéro un des États-Unis, pour avoir révélé des milliers de documents du gouvernement américain concernant notamment la guerre en Irak ou les écoutes d'États européens. Elle devient une de ses avocates, alors que Julian Assange est réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres. Il y restera de 2012 à 2019, avant d'être arrêté et emprisonné dans une des pires prisons anglaises, sans avoir été jugé et sans avoir accès aux outils pour se défendre. Les États-Unis, où il est condamné à 175 ans de prison, demandent son extradition. Stella Maurice a eu deux enfants, de 3 et 5 ans, avec le plus tristement célèbre des lanceurs d’alerte. Elle se bat au quotidien pour la libération de son mari, symbole international de la liberté de la presse. Stella devait être avec nous, elle s’est faite refouler hier à l’aéroport. Elle en est vraiment désolée. Nous tentons toutefois un direct au téléphone et la traduction sera assurée par son ami.
Alors, les amis de Julien Assange Donc j’appelle des secondes, bonjour et merci.
Ah, on dirait au poste.
Bonne soirée. Je parle en espagnol, donc on traduit en espagnol. C’est en direct, donc tu peux commencer. Et doucement pour que tu puisses traduire.
Ok, let’s go try it. Merci beaucoup de m’avoir indiqué et je suis désolée que je n’ai pas pu être là avec mes amis pour un problème de contrôle de passeport.
Elle vous remercie pour être ici, puis elle s’excuse pour son absence parce qu’il y a eu un empêchement, ça ne dépendait pas d’elle.
Le cas contre Lübeck, il y a 12 ans qu’il s’est mis à l’endroit où nous sommes aujourd’hui. Depuis les révélations sur les guerres de l’Irak et d’Athènes par lesquelles, maintenant, il est accusé.
Alors, justement, depuis le début de Julian Assange, il a révélé justement les informations sur les États-Unis. Et il est jusqu'à maintenant, j’ai ajouté un peu, de faire suivi les fonds d’art. Jusqu'à 2019, j'étais à l’ambassade de l’Équateur et aujourd’hui il est justement emprisonné et il est en attente de lèche tradition.
C’est un peu complexe dans les détails.
Et peut-être c'était un cas justement complexe dans les détails. J’aimerais que tout le monde s’envoie un lien.
Elle veut justement que vous notiez et elle va donner un lien pour que ça serait très important de l'écouter.
Pour pouvoir lire plus sur le cas. Pour pouvoir plus lire sur les sujets. C’est un article très bon sur le livre de Will Steltser qui sortira en novembre, publié par Émission Critique.
C’est un livre qui a été édité par Nils Mersen. Nils Merz est le rapporteur spécial sur la torture. Il était le rapporteur spécial sur les tortures. Donc il a écrit un livre et puis il va être édite par… Pardonne-moi. Pourquoi il n’est pas édité ? Estelle, pourquoi il n’est pas édité ? Je l’ai perdue émission critique. Édition critique. Si vous voulez noter, moi après je peux vous le donner, je pense. Je le donne après, je le donne. Vous pouvez continuer. Et là c’est le short URL, c'était l’application L.A.P. Ah, vous pouvez le donner après. Ah ok, ok. Julian, tu enfreins une peine de 175 ans.
Julian, justement, il affronte une peine de 575 années. Par un processus qui a été initié par l’administration de Donald Trump. Cette procédure a été déclenchée dans le gouvernement de Donald Trump. Le président Obama et l’administration Obama avait décidé de ne pas procéder à Julien par ces publications de Charles Manning sur l’Afghanistan, l’Irak et le Guantanamo. Précédemment, Obama avait décidé de ne pas faire poursuivre Julien pour avoir diffusé cette information au sujet de l’Irak et la situation de Guantanamo. Et effectivement, Obama a pardonné la fuite d’Obama avait justement pardonné Charles Simeynen pour avoir transmis ces informations à Wikileaks. Mais ce processus a commencé par l’administration Trump, précisément parce qu’elle avait une agenda de mettre la presse dans le point d’attaque. Et Donald Trump, il a déclenché justement cette procédure contre Julien parce qu’il voulait justement cibler la presse, justement. Cibler les presses pour qu’elles ne puissent pas l’attaquer lui. Julian n’est accusé d'être un musulman, il est accusé de être un commissaire. Julian n’est pas accusé d'être un lanceur d’alerte mais il est accusé de être un éditeur. C’est une interprétation sans précédent. D’un acte de législation de l’année 1937. C’est la loi contre des espions. il est attaqué justement par la loi des contraintes à l’espionnage, une loi qui a été mise en 1917. Donc c’est une façon de contourner justement qu’il est attaqué comme éditeur. Donc on l’accuse de commettre des actes d’espionnage contre le gouvernement américain. Mais les États-Unis ne sont pas assistés, comme nous le savons. Mais il n’est pas en train d'être accusé comme tel, comme vraiment espionnage. Nous sommes accusés de publier des informations non publiques. Il est en train d'être accusé pour donner des informations au public. C’est l’Australie. Julian elle est australien. N’ont rien à voir avec les États-Unis. Et Naviana Watt avec les États-Unis. Non, il était aux États-Unis quand il s’est commis comme ça. Il n'était pas aux États-Unis quand il a oublié les informations. N’ont pas d’obligation d'être liés à des services. Je vous en prie. l n’a aucune obligation de loyauté vis-à-vis des services des États-Unis. Son devoir professionnel est d’un journaliste et d’une commissaire qui recevra des informations relevant de l’inconsciente publique et à la publique. Son devoir est de publier des informations relevant pour que la société civile soit informée. Et justement, c’est pour ça qu’il a reçu de nombreux prix prévus. Pour avoir fait justement d’avoir informé, il a reçu plusieurs prix journalistiques. Le processus contre lui est de… C’est très dangereux pour la pression en général, justement par cet effet extraterritorial. Et justement, son procès est très dangereux par rapport à la presse au niveau mondial pour le fait justement qu’il se commet au niveau extra-territorial pour quelqu’un qui n’est pas placé aux États-Unis. Et en fait Wikileaks, c’est une publication française, parce qu’elle publie des serveurs d'éducation. Wikileaks, publie aussi des informations de la France, à partir de la France..On va faire un message rapidement. Récemment, on a appris que la RIA, le CIA de Mike Pompeo… Excusez-moi, on a reçu des informations sur la CIA de Mike Pompeo. Que j'étais en train de planifier. J’avais des plans concrets pour tuer Julien. Il avait vraiment planifié l’assassinat de Julian Assange pendant qu’il était dans l’ambassade de l'Équateur. Inconsequible que Reino Unido Acceptant, même considérant, mais il l’a déjà approuvé, de l’extrader au pays qui l’avait plané pour l’assassiner. C’est inconcevable qu’un pays puisse justement renvoyer en train de juger quelqu’un qui va être justement reçu dans un pays qui a planifié sa mort. Mais c’est la situation dans laquelle nous nous trouvons. Nous sommes à l’esprit de la décision de la ministre de l’Intérieur qui décidera dans les prochaines semaines si ça c’est la situation aujourd’hui, donc on est dans l’attente dans les semaines très proches si la ministre de l’Intérieur décide d’extrader à Saint-Jose aux États-Unis. Nous avons l’opportunité de recouvrir la décision si elle signifie cette ordre. On a l’opportunité justement de faire un appel à cette décision si elle dit oui pour les traditions. Et nous espérons que ce cas finira dans le tribunal européen des droits de la Suisse. Et on pense que ces cas vont finir justement à la Cour européenne des droits de l’homme. Avant de terminer. C’est pour cela que le public français et européen s’entend que c’est un cas politique. C’est pour ça que c’est très important que le public français et ainsi que mondial comprenne que ça c'était un cas politique, une persécution politique. Ce n’est pas un cas entre les États-Unis et les États-Unis, c’est un cas qui a des implications pour toute l’Europe. Ce n’est pas un cas entre les États-Unis et le Royaume-Uni, c’est un cas qui a des implications au niveau européen. Et des indications pour notre droit à savoir et la liberté de la presse en Europe et en France. Ça a à voir justement avec le droit à être informé et aussi pour la liberté de la presse. Il n’y a rien de déterminé dans ce cas-là. En fait, nous avons gagné la première instance. Justement, on ne sait pas ce qui va arriver parce qu’on sait déjà que, dans la première instance, on a gagné. C’est un cas très polémique dans les États-Unis et dans le Royaume-Uni. C’est un cas très polémique, soit aux États-Unis comme au Royaume-Uni. Sous l’intérêt de les administrations. Et dans les administrations de ce gouvernement. Il faut maintenir la pression politique et la mobilisation. Pour exprimer le connaissance de ce qui se passe ici. Parce qu’elles comprennent vraiment ce qui est en train d’arriver sur Julian Assange.
Merci, merci beaucoup. Je me permets, juste deux minutes, on a parlé vraiment justement des droits fondamentaux avec l’exposant précédent, et là, les formes de résistance, c’est vraiment, Julian Assange a fait une forme de résistances et je pense que nous devons les soutenir et c' est vraiment ça, la société civile. Compte beaucoup maintenant. On a besoin de la société civile, de toutes les organisations, des journalistes. On a besoins de journalistes et je sais que tout le monde connait des journalistes, connait de la politique au niveau français, local. Et je pense que c’est vraiment extrêmement utile aujourd’hui de pouvoir compter sur vous. Je viens de Chili. Je vis à la frontière, à Genève, et puis, pas pour Julian, mais pour tellement de cas, on a travaillé comme ça. Même depuis Genève on travaille avec le latino, on à des sélections aujourd’hui en Colombie, en octobre il y a des élections au Brésil, et on travaille un réseautage, on compte sur la société civile. Julian Assange compte sur vous. Je suis là et si vous voulez me discuter et que je vous donne des informations et où il faut aller pour écouter et qu’on organise des choses, je suis là. On est là tous pour Julian. Merci beaucoup.
Maintenant, Daniel va rendre hommage à Annette Beaumanoir.
En 2015, Anne Beaumanoir est venue témoigner sur ce plateau de son engagement dès 1941 dans la Résistance. Elle n’avait que 17 ans. Puis, en 2018, elle est de nouveau revenue, pour témoignée cette fois, de son engagement auprès du Front de Libération Nationale, le FLN. Pour moi, c'était insupportable de voir que mon pays faisait subir au peuple algérien Saint-Sur-Jean contre une armée d’occupation. Les mêmes atrocités que celles infligées par les nazis pendant la Deuxième Guerre Mondiale, nous disait-elle. Ces témoignages, vous pouvez les retrouver sur le site internet de CRH. Même si nous avons coutume de dire « Jamais 203 » qui reviendra à la fin et qui est venue spécialement pour la journée.
Elle nous a quittés à l'âge de 98 ans. À la retraite, après une carrière de neurologue,, comme nous avons l’habitude de la prénommer, a pris son bâton de pèlerin, ou plutôt sa petite voiture qu’elle conduisait en trompe, à l’italienne, comme elle aimait le dire, pour témoigner de cette folie qu'était la guerre. Le nationalisme, le racisme et le fondamentalisme religieux sont trois pestes unies pour la même puissance de l’inacceptable", répétait-elle. Petite bonne femme, aux yeux pétillants, à la parole vive, à l'énergie sans pareille, Annette savait qu’activer l’attention de son auditoire, le convaincre de s’engager au nom des valeurs du Conseil national de la résistance. Elle a exhorté les jeunes et les moins jeunes à rester vigilants pour ne pas basculer de nouveau dans la barbarie. Mais son engagement le plus soutenu a été mené auprès des collégiens et des lycéens. Ceux qui ont eu la chance de participer à ces rencontres ne l’oublieront pas. Sa force de conviction inébranlable a certainement semé des graines. Les graines qui pourront sans aucun doute germer. Au cours de ces échanges émergeait régulièrement cette question. Madame, qu’est-ce qui vous nous a le plus marqué dans toutes ces luttes ? Invariablement, elle répondait, ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir sauvé d’une rafle à Paris deux enfants juifs que mes parents ont ensuite cachés chez eux. Ce fait leur a valu d’obtenir tous les trois la distinction de juste parmi les nations. Son fils a décidé de faire graver cette médaille sur le tombeau familial où à naître pose désormais dans sa Bretagne natale. Toute sa vie à noir a rendu sans relâche les valeurs de solidarité, de fraternité, de tolérance et de justice. Toute sa vie, elle a soutenu les initiatives défendant les valeurs et les acquis du CNR, et c’est pourquoi en 2010, elle acceptait la co-présidence d’honneur du Conseil national de la Nouvelle Résistance, CNNR. Annette, en décembre, la dernière fois où nous nous sommes encore longuement parlé, je partageais avec toi un certain découragement, mes doutes, les difficultés rencontrées pour se mobiliser après deux ans de crise sanitaire, les bâtons dans les rues que nommaient-elles les élus et les autorités administratives pour organiser le futur rassemblement. Tu me disais Donc cette année il faut le faire, il ne faut pas capituler, il faut continuer la lutte pour une humanité plus fraternelle et ouverte aux autres, ce qui me semble plus que jamais essentiel. Annette, ton message a été entendu. Nous avons relevé le défi, ce rassemblement, nous l’avons organisé.
Dès 1986, Eva Thomas dénonce l’inceste paternel dont elle était victime à 15 ans. Elle était la première à le faire à visage découvert, ouvrant ainsi un puissant courant de résistance à l’omerta qui régnait jusque-là sur les faits d’incestes, enfin considérés comme un crime. Vous faites alors s’opérer la qualification officielle de ces agressions, puis l’engagement des magistrats, des soignants, des sociologues, des médias et des institutions dans la dénonciation des responsables, la programmation de la vérité et le secours aux enfants victimes. Cette reconnaissance sociétale et cette mobilisation communautaire devaient se révéler d’une efficacité irremplaçable pour libérer les capacités de reconstruction et d'épanouissement individuel, pour réparer des dysfonctionnements familiaux souvent multigénérationnels, et tenter de réhumaniser les liens sociaux. Eva Thomas, qui depuis a publié deux ouvrages de référence et de nombreux articles et interventions télévisées, a en août fondé à Grenoble l’association S.O.S Inceste. Institutrice, rééducatrice, elle avait d’ailleurs commencé dans la Vallée de l' Arve, elle n’a jamais cessé d'œuvrer publiquement au service des enfants abusés, créant même des outils originaux faisant droit à la créativité imaginative. Elle a sûrement une grande résistante d’aujourd’hui.
Donc Eva Thomas du collectif S.O.S Inceste va prendre la parole. Eva Thomas.
Pour une victime d’inceste, c’est parler ou mourir. Parler pour ne pas mourir ! Faire le récit du viol subi est la seule façon d’incarner son histoire, d’en être l’auteur et de retrouver son unité, perdue dans le choc du traumatisme. Il y a presque 40 ans, accéder aux mots de ma vérité a été le fruit d’un long et douloureux parcours dans une société hypocrite qui bâillonnait les victimes d’inceste de multiples façons, aussi bien du côté de la justice, avec une prescription sévère que des soignants, avec la théorie freudienne qui transformait les récits de viols d’incestes en fantasmes des petites filles. Avant d’accéder à l'écriture, j’ai fait des tentatives auprès de thérapeutes qui ne voulaient pas entendre mes paroles, la vérité de mes paroles, et me détournaient de mon chemin. J’ai dû mobiliser toute ma créativité, puiser dans mes ressources, et inventer des moyens de me remettre debout toute seule. En fait, ce fut une vraie séance. J’aimais peindre en état de transe la nuit de grandes formes rouges de deux ou trois mètres qui, une fois accrochées au mur, me renvoyaient une puissante force de vie. Ces contemplations silencieuses de mes œuvres me restituaient toute mon énergie vitale. J’avais trouvé une méthode pour me redresser chaque fois que je sombrais. En 1983, dans le cadre de mon travail de rééducatrice, Aline, une petite fille, m’a dit que son père l’a violée et m’as demandé de l’aide. Elle était en famille d’accueil. Je suis donc allée à la Sauvère de l’Enfance demander qu’on la protège. En face de leur non-réaction, les enfants membres, on ne peut pas les croire, etc., je me suis décidé à écrire mon histoire. J'étais portée par une grande colère. Je voulais comprendre l’attitude hypocrite et lâche de la société du déni face à l’inceste. Pendant 3 ans, j’ai écrit avec la même détermination et à force de chercher des livres, j’ai trouvé le livre de Marie Balmari, L’homme au statut. Je l’ai rencontré, elle a accepté de lire mon manuscrit. J’avais frappé à la bonne porte puisqu’elle avait préféré écouter ses patientes plutôt que la théorie freudienne. Elle m’a encouragé à chercher un éditeur. Quand en 1986 on m’a contacté pour participer au dossier de l'écran J’ai dit que j’avais créé une association, que je voulais briser le silence et donc témoigner à visage découvert. L’association grandissait, nous étions souvent débordés par la quantité d’appels et de courriers. Je me souviens de l’ambiance dynamique et joyeuse de cette période. Quel bonheur de découvrir que nous avions souvent emprunté les mêmes chemins, eu les mêmes mécanismes de survie, que nous parlions avec les mêmes mots. Nous qui avions si souvent été traités de folles et d’hystériques, en fait nous étions normales. Nous avions juste réagi à un important traumatisme avec des mécanismes de survie et des somatisations. De toutes ces rencontres, il émanait une force, une joie, une belle sororité, une belle fierté aussi d'être demeuré vivante. Au téléphone, nous disions, bravo d'être en vie, d’avoir résisté au suicide, vous êtes formidable d' avoir fait tout ce parcours. Au cours des débats de l'époque, presque toujours intitulé l’inceste fantasme réalité j’ai pris conscience de l’importance du vocabulaire utilisé alors je parlais du criminel je demandais d'être entouré d’un représentant de la justice et de la police et je répétais l' inceste c’est pas une maladie c'était un crime brusquement pour le public l’inceste des fantasmes s’effondrait Il ne restait plus que le crime du père violeur et cette réalité violente et sordide. En 1989, coup de tonnerre, le procès de Saint-Mérieux, le père de Claudine l’attaquait en diffamation pour avoir témoigné à visage découvert lors d’une émission sur TF1. Je suis allée au procès de Saint-Mérieux en qualité de témoin pour défendre Claudine. Et rappeler que pour une victime d’inceste, c’est parler ou mourir. Parler pour pulvériser la honte. J’ai vécu cette journée folle où dans un tribunal français, tout était à l’envers. Claudine au banc des accusés et son père violeur, défendu par le procureur de la République au nom du droit français. Je croyais en la justice de mon pays. Comme on croit en Dieu. C'était le piton où j'étais accrochée au-dessus du vide. La foudre s’est abattue sur moi alors que je n'étais que témoin. Nous, les humains, nous sommes essentiellement des êtres de symboles, de paroles, de représentations. Et le viol incestueux vous fait tomber de l’arbre généalogique, sombré dans un vide de sens. C’est d’abord et surtout une blessure identitaire qui peut se guérir par une opération symbolique qui rend à la victime sa place, sa langue, son droit d’exister comme sujet auteur de son histoire. J’ai demandé un changement de prénom et le changement a lu sur moi cette belle efficacité symbolique. Ce fut réellement magique. Je suis sortie de la sidération où m’avait plongé le verdict totalement unique pour Claudine. J’y ai expérimenté dans mon corps l’efficacité symbolique de la loi, qui peut détruire ou reconstruire une victime d’inceste parce que c’est le droit qui institue la vie. Que fait un père qui viole son enfant, si ce n’est d’annuler les liens de filiation ? Il attaque le principe de la vie, l’institution qui fait entrer les humains dans la parole. Il saccage tout ce que les hommes ont lentement élaboré pour s’humaniser, dit Pierre Legendre. La parole est frappée d’une efficience, et un désordre efficace s’installe grouillant tous les repères du langage, de l’espace et du temps. Une errance très spéciale est le lot de toutes les victimes. Ce brouillage des places fait perdre la capacité de penser. On ne sait plus qui est qui. Mais quand la procédure judiciaire fonctionne dans la vérité des faits, quand le père violeur avoue son crime, il permet aux juges de rétablir la limite des générations, de faire le ménage généalogique et de resituer chacun à sa place. La formule du tranchant de la loi prend tout son sens dans les histoires d’inceste. L’institution judiciaire a le pouvoir de trancher dans la confusion mortifère, de séparer des personnes, de les sortir du magma familial. Seul le couteau de la Loi peut réussir cette opération symbolique. Ce qui est à restaurer, c’est la dignité, le sens des limites, le sens de l’interdit protège, la nécessité des règles dans toute vie sociale. Cet aspect sacré du rituel restaure la dignité de l´enfant violé. Le corps d’un enfant, l’innocence d’une enfant. Tout ce qu’il porte d’humanité en devenir est sacré, pour le lui rendre, il faut une véritable cérémonie qui exprime la voie de la société. C’est là que se situe l’irremplaçable de l’institution judiciaire pour résoudre les problèmes d’inceste. Alors, le sens des mots revient, tout ce qui était confondu se sépare, la vie et la mort, la vérité et le mensonge, l’amour et la haine. Le chaos se réorganise et la tête peut à nouveau penser. Pour le coupable, c’est aussi reprendre une place de sujet en endossant la responsabilité pénale de ses actes. Il fait ce qu’il peut faire de plus réparateur pour sa fille. Il la libère de toute culpabilité. Mais qu’en est-il pour la victime quand la justice dérape, qu’elle n’a pas assez d'éléments de preuve, qu’elles classent sans suite ou qu’ils y a prescription ? Des centaines de victimes nous l’ont écrit et répété. Ce qui peut vous sauver, c’est qu’on vous croit. Nul n'échappe à ce grand combat, faire reconnaître sa parole, la partager. C’est dans cette reconnaissance socialisée que le langage « détruire » prend sens. Les victimes d’inceste ont besoin de la loi et d’une reconnaissance sociale de leur histoire pour l’assumer complètement. Aujourd’hui, après Me Too inceste, après tous ces livres témoignages, toutes les découvertes sur le fonctionnement du cerveau et les mécanismes d’amnésie traumatique, et grâce au travail constant de nombreuses associations, nous quittons enfin une culture du déni pour entrer dans une culture d’une vraie protection des enfants. Enfin, nous connaissons les conséquences désastreuses de ces violences subies dans l’enfance et le lent coûteux et nécessaire travail de réparation qui s’ensuit. Aujourd’hui, la Civise, la commission indépendante à ceste et violences sexuelles à laquelle je participe, travaille depuis un an à recueillir les témoignages, à faire le bilan de Tout ce qui dysfonctionne dans les différents ministères concernés, la police, la justice, l'éducation, la santé, pour inventer de nouvelles pratiques professionnelles et offrir une meilleure protection aux enfants d’aujourd’hui. Les enfants sont notre avenir. Les protéger, c’est la responsabilité de tous les citoyens. Je vous remercie.
En 2019, pendant 22 mois de grève contre l’hôtel Ibis Batignolles, Rachel Kéké et ses collègues femmes de chambre ont mené une lutte victorieuse. Profitant de leur méconnaissance du code de travail, leurs employeurs les faisaient travailler à la tâche, ce qui est illégal, sans avoir le droit de boire ou manger sur leur lieu de travail. Rachel Kéké est devenue la figure de cette lutte. Souffrante et en pleine campagne électorale, elle n’a pas pu être parmi nous mais a tenu à nous envoyer un message. Nous l'écoutons.
Bonjour à toutes et à tous, Rachel Kéké, victorieuse femme de chambre et gouvernante de l’hôtel Ibis Batignolles. Nous avons mené une lutte pendant deux mois contre les grands groupes hôteliers accord. Nous avons aussi mené ce combat contre la sous-traitance parce que nous, notre société, est la sous-traitance. Le groupe Accord qui ne s’est pas fait sous traite et dans la sous-traitance, c’est la maltraitance. Dans la sous-traitance il y a le mépris. Dans la sous-traitance, il y a le passe à l'œil, dans la sous-traitance… Ah ! Nous avons 13 collègues qui ont voulu être mutés parce que ce métier qui est tellement dur, qui détruit le corps de la femme, qui abîme le corps. Et malgré ça, on voulait les muter parce que vu qu’ils restent sur son arrêt maladie, le médecin a demandé que ces personnes ne fassent moins de chants. Parce qu’avec les cadences infernales, on fait 30 chants, 40 chants et 50 chants par jour. C’est énorme. Et là quand tu tombes malade, ils ne pensent pas dans l'état de santé, ils veulent te muter, c’est-à-dire des mutations abusives. Mais là, nous avons dit ce que ça va de soi. Et vous, je vous appelle pour vous dire que la butte, elle perd. Nous avons lutté, c'était dur, ce n'était pas facile, c'était très très difficile, ce ne n’est pas facile mais la lutte est paye et comme je l’ai dit, l’union fait la force, on a été solidaires et on allait jusqu’au bout, la CGT est venue briser cette grève là, mais on a tenu dur, on était au départ 34, ils ont pris 10 personnes, après ils ont pris 4 personnes, on a fini à 20, mais avec les 20 personnes, on a ténu tête au groupe accord, on attrapé la caravane du président du groupe Accord Monsieur Sébastien Bazin, on est accrochés à sa cravate jusqu'à la victoire. Voilà, nous avons gagné toute, presque toute nos revendications, 99 % de toute notre revendication. Voilà, d’où je dis, la lutte est paye. Là où il y a le mépris, là où il y a les bas salaires, là où c’est dur. Si on lutte, on peut gagner. Parce que c’est dans la luttes qu’on prend, parce que la lutte c' est une puissance. Moi je vous dis, la lutte c’est un pouvoir pour nous de lutter, pour pouvoir avoir tous nos droits. Je vous remercie. La lutte est paye, ne l’oubliez pas, et je suis candidat au législatif pour apporter cette lutte jusqu’en ensemble national pour que tout ce métier est essentiellement puissant, est visible, soit visible. Voilà. Donc je vous remercie et ne continuez pas.
Alors, c’est Antoine Boudinet du collectif Les Mutilés pour l’Exemple. Euryale si tu peux mettre les deux comptes Twitter
Alors, bonjour tout le monde, comme elle a dit, je m’appelle Antoine Boudinet, j’ai 29 ans, je suis animateur en école maternelle auprès des enfants, donc voilà, le PS scolaire, tout ça, et effectivement je milite contre les violences policières depuis maintenant 4 ans, ce qui est peu au final, quand on regarde le parcours des autres invités, moi je peux difficilement me montrer prétentieux. Surtout qu’en plus, moi personnellement, je n’ai pas vraiment fait le choix de devenir militant. Je devrais dire que ce choix s’est imposé à moi. Le 8 décembre 2018, à l’acte 4 des Gilets jaunes, une Gli F4 tirée par un CRS m’a arraché la main. La Gli f4, c’est la grenade qui a été interdite par Christophe Castaner, je crois que c'était en 2019 ou en 2020. Qui en réalité a été remplacé par une autre grenade, c’est toujours comme ça, c'était dire qu’on interdit jamais réellement une arme, on se contente de la remplacer quand elle pose trop de problèmes, mais pour une charge explosive par exemple qui fait tout autant de dégâts. Et voilà, on peut dire que mon parcours militant a commencé de façon assez explosive pour le coup, et plus sérieusement, vous savez, comme Patrice l’année dernière. Vous savez sûrement que je suis loin d'être le seul mutilé par la police en France. Nous sommes nombreux, trop nombreux. Déjà, un c’est trop, mais là nous sommes des dizaines. Et des yeux crevés, des mains arrachées, des gens édentés, des personnes qui ont le dos fracassé et qui galèrent au quotidien. Donc beaucoup, beaucoup de personnes en souffrance. Alors nous allons chercher à nous rencontrer. Et à partager notre expérience, à partager nos douleurs. Et c’est à travers ce partage que nous est venu l’envie de buter ensemble. On a décidé de fonder un collectif qui s’appelle le collectif des Mutilés pour l’Exemple, en hommage aux Fusillés pour l’Exemple. L’idée c'était de montrer que oui, ils nous ont mutilés, et effectivement la répression, le but c’est de faire peur. Et effectivement la peur ça marche, la peur, ça fonctionne. C’est terrible à dire mais effectivement on a bien vu qu’ils ont réussi à quand même mater une bonne partie de la contestation par des actes de mutilation qui ont été particulièrement odieux quoi pour le coup et donc ouais l’idée du collectif des mutilés par exemple c'était en tout d’offrir un espace. Qui permettaient à toutes ces personnes en souffrance de pouvoir s’exprimer comme un espace en non-mixité entre personnes handicapées et de pouvoir notamment nous entraider et essayer de nous en sortir malgré les méandres de beaucoup de galères. Parce que voilà, être mutilé, c’est pas facile. Alors ouais, je sais, comme ça, ça a l’air génial, mais bon, je vous jure que… C’est pas une sinécure, pour être sérieux deux secondes, c’est vraiment difficile d'être compris par les autres. Quand on n’a pas vécu, c’est assez compliqué. La douleur physique, évidemment, même moi encore aujourd’hui, j’ai ce qu’on appelle les douleurs fantômes, je peux me faire réveiller la nuit parce que ma main qui n’existe plus me fait encore mal, les personnes qui ont les yeux crevés. Qui peuvent avoir des flashes blancs dans un œil qui n’est déjà plus là et qui les rendent plus ou moins fous. Donc ça, là-dessus, effectivement, il y a la douleur physique et après il y a le traumatisme. Effectivement, on a des gens qui ont une telle souffrance psychologique, on est sur des personnes, beaucoup de femmes, excusez moi j’ai un peu du mal, je vais revenir sur mon texte. Beaucoup de douleurs, effectivement, mais beaucoup de problèmes administratifs aussi. Ça n’a pas l’air comme ça, mais effectivement, enfin, moi j’ai réussi à toucher la hache. On a d’autres personnes qui ont les m’arracher, qui n’ont pas touché la hach, on ne sait toujours pas pourquoi. On a des personnes qui, voilà, les allocations ne sont pas obtenues parce que, tout simplement, on a été en manif, enfin on a était blessé en manif. Après, il y a des insultes, le mépris, tellement de haine en fait qu’on se prend la culpabilisation des victimes. On est toujours considéré comme coupable, c’est nous on n’avait qu'à pas être là, on n’avait qu'à pas ramasser la grenade, on avait qu’a pas se mettre dans le champ de tir du policier. Bon voilà, c’est malheureusement c’est le discours habituel auquel on se confronte tous les jours en fait. Et c'était donc le premier but de notre collectif. C’est affronter l’adversité ensemble, essayer de faire corps. Notre deuxième objectif c'était de porter notre colère, de porter nos revendications dans la rue. Bien sûr nous n'étions ni le premier collectif à vouloir lutter contre l'évidence policière, ni même le premier collective de blessés. D’ailleurs on a une pensée pour l’assemblée des blessés qui dure depuis plus de 10 ans pour obtenir justice, ce sont nos prédécesseurs et on reste complètement solidaires avec eux. Et on a aussi une pensée pour tous les collectifs de famille en deuil qui malheureusement sont trop nombreux pour être cités aujourd’hui. Ensemble, nous avons créé un réseau, le réseau d’entraide, vérité et justice. L’idée de ce réseau c’est de regrouper le plus possible de lutte contre les violences policières. Donc les mutilés, les familles en deuil, les personnes incarcérées aussi, qui subissent encore d’autres formes de violence à l’intérieur des prisons, autant de collectifs avec autant de formes violences d'État. Mais un seul réseau toujours avec les mêmes objectifs sans traiter et lutter. La police mutile, la police s’assassine. Au-delà d’un slogan, il y a une réalité. grenade, LBD, plaquage ventrale, clés d'étranglement. Tant de pratiques qui doivent être bannies du maintien de l’ordre. Mais notre combat ne s’arrête pas là. Ce n’est pas seulement les pratiques qui doivent s'être supprimées. Le problème doit être attaqué à sa source. Bien sûr, nous n’oublions pas les policiers qui nous ont mutilés. Ils ne nous porteront pas en paradis, ça c’est sûr. Mais je suis moi-même en procès contre Didier Lallement et Christophe Castaner, avec une instruction toujours en cours. Mais si je suis loin de porter dans mon cœur le CRS qui m’a tiré dessus, j’estime avoir été victime avant tout d’un système. Un système dont les représentants doivent payer. Et c’est d’ailleurs au niveau de ce système que les choses doivent changer. Il nous faut tout reprendre depuis le début. Le combat sera long, peut-être 20. Mais nous sommes déterminés, nous sommes nombreux et nous sommes patients. En nous mutilant, ils ont créé des militants. Qui portent leurs combats jusque dans leur chair. Nous ne lâcherons rien car nous sommes et nous resterons les mutilés pour l’exemple. Merci pour votre attention.
Bravo, bravo !
Alors, les amis, il n’y a plus que 10 % de batterie. Je suis désolé. Si ça coupe, c’est bien involontaire de ma part.
Avec ces témoignages qui nous invitent à la vigilance et à l’engagement pour ne pas trahir ces résistants qui ont payé de leur vie sur ce plateau et tous ceux qui se sont engagés sur l’ensemble du territoire se termine la parole de Résistance 2022. Ceux qui le souhaitent peuvent se rendre au monument, monument qui n’est pas un monument aux morts. Émile Gigliolille, qui a conçu cette sculpture et lancé, en a exprimé ainsi sa destinée. Nous n’avons pas voulu pour le monuments aux morts, mais une œuvre offerte aux vivants, aux vivant d’aujourd’hui et à ceux de demain. Ce monument des Glières est en effet un trait d’union entre les générations, entre les peuples, entre des époques. Il nous appartient à tous, citoyens résistants d’hier et aujourd’hui de le faire vivre. Mais avant de se quitter ou de s'éparpiller dans cette belle nature un petit peu fraîche. Merci de prendre en compte ces quelques informations et recommandations. Tout d’abord, nous vous rappelons que le rassemblement et la résistance n’est possible que grâce à l’aide de nombreux bénévoles, nous les remercions chaleureusement. Mais aussi, comme nous le cessons de le répéter, ce rassemblement ne peut exister sans votre soutien financier. Pour que l’aventure puisse continuer, merci de participer à la collecte qui va démarrer. Merci de votre générosité. Quelques informations pratiques. Dans l’immédiat on aura besoin d’un petit coup de main pour le ramassage des bancs. Je rappelle, au Parnal à 15 heures, projection du film Debout les Femmes en présence de notre réalisateur préféré, Gilles Perret. En dernier lieu, mais qu’on signe pas la moins importante. Nous vous rappelons que par respect pour le lieu, il n’est pas permis de pique-niquer dans un rayon de 500 mètres autour du monument.
Merci à tous d’avoir suivi ce stream. Je vous dis à demain matin.
Merci de ne laisser aucun échec et de respecter les zones fragiles signalées sur le plateau. Encore un grand merci à tous pour votre participation et belle journée.
On va finir en musique comme toujours au poste.
Et ben voilà, les amis, c’est fini. Euryale si éventuellement tu peux isoler cette version, et on l'écoutera demain. Je vous dis à demain, les amis
Voilà, merci à tous, bravo, à vous, je dois vous laisser, il n’y a plus de batterie. A demain les amis, 9 heures pour le bouquin de Geoffrey Dorme, il a répertorié une centaine de nouvelles façons de lutter à travers le monde, à Hong Kong, en France, en Amérique du Sud, en Asie du Sud-Est, magnifique bouquin qui sort ces jours-ci, Geoffrey C’est lui qui fait tous les emotes d’au poste, c’est lui qui a fait le logo d’au poste. Ce n’est pas pour cette raison qu’il est là. Il est là parce que c'était un designer qui vient de faire ce bouquin incroyable, hacker, protester, qui sort ces jours-ci. Il sera là demain à 9 heures. Soyez là, les amis. Ça va être dément. Vous allez voir des trucs complètement déments, je vous assure. Allez, et maintenant le train, on rentre. Ciao ciao !
