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L’affaire Georges Ibrahim Abdallah : le prochain film de Pierre Carles

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Je vais expliquer comment ça marche. Ici, c’est la régie. Ça, ce sont les deux caméras qui te filment, plus celle ci, qui nous filment tous les deux. Et là, tu viens de te mettre un peu trop sur ta droite, sur ta gauche, un petit peu jusqu'à un tout petit point sur ta droite. Donc tu es bien en champ contrechamp traditionnel, classique, académique. Je ne savais pas que ta position était aussi académique. Bonjour Pierre Carles, Bonne année Pierre Carles le redoutable
Pierre Carles
Où il y a longtemps, redoutable plus, très redoutable aujourd’hui, redouté toujours. Oui, ça c’est ça.
David Dufresne
Est-ce que vous vous entendez, chers amis, des uns et des autres ? Oui, on entend c’est parfait, c’est comme ça, c’est la reprise. Et il a fallu un peu chauffer les micros. Nous, nous voilà dans le studio. Je suis très heureux, pas du tout anxieux, bien que je m’attendais à des coups bas de ta part. Là, tu n’enregistre pas,
Pierre Carles
Non, je ne pensais pas être dans un traquenard. Donc non, je n’ai pas pris l’enregistreur. Je n’ai pas de caméra sur moi je vais mettre la bande annonce du film tu viens parce que tu cherches des pépètes pour finir ton prochain film sur Georges Ibrahim Abdallah, le plus vieux prisonnier politique e plus ancien prisonnier à caractère politique même du conflit israélo palestinien. On a découvert récemment qu’il n’y avait pas dans les geôles israéliennes de détenus ayant quasiment 40 ans d’incarcération, comme c’est le cas pour Ibrahim Abdallah. C’est la France qui a le déshonneur d’incarcérer ou de détenir en prison le plus ancien prisonnier de la guerre israélo-palestinienne. Donc Pierre Carles est là le redoutable Pierre Carles, documentariste, producteur farouchement indépendant, membre aujourd’hui de la société civile des auteurs multimédia. C’est-à -dire, pour le dire vite, la SACEM des documentaristes et puis tu viens donc pour nous parler d’un film sur lequel tu travailles depuis cinq ans maintenant. Il y a une cagnotte pour le montage du film, pour les achats de droits. La cagnotte va être donnée de temps en temps dans le tchat. Le principe ici, c’est que donc il y a un tchat, il y a des gens qui posent des questions. Il y a Pauline que je salue, qui remonte les questions les plus importantes, les plus pertinentes, les plus importantes. Et pendant qu’on discute en direct, les gens commentent et il y a la modératrice Euryale Est ce que tu peux nous faire un petit topo sur Georges Ibrahim Abdallah ? Ensuite, je montre les trois minutes de bande annonce du film. De quoi et de quoi il s’agit quand on parle de ce monsieur le plus ancien prisonnier politique de France incarcéré ?
David Dufresne
Oui, Georges Ibrahim Abdallah. Et donc comment le présenter rapidement ?
Pierre Carles
C’est un Libanais, un instituteur libanais qui, dans les années 70, a considéré que c'était anormal que son pays soit envahi par l’armée israélienne avec le soutien des Etats-Unis. Et il a monté un groupe armé pro palestinien. Mais au lieu d’affronter l’armée israélienne qui avait attaqué le sud du Liban, toujours avec l’appui des Etats-Unis, en tout cas avec l’assentiment des Etats-Unis, il a préféré mener des actions de guérilla avec son groupe, comme le font des groupes de guérilleros en Amérique latine ou ailleurs. Donc, il est allé avec son groupe communiste. Ce sont des communistes et ils sont allés en Europe et ils ont commis quelques attentats. Ce groupe s’appelle les FARC, une fraction armée révolutionnaire libanaise. Ils ont notamment assassiné l’attaché militaire de l’ambassade des Etats-Unis à Paris, Charles, crée en 1982, et ils ont également assassiné Yacov Barsimentov, deuxième conseiller à l’ambassade d’Israël, membre du Mossad Ils ont également blessé ou tenté d’assassiner le consul des Etats-Unis à Strasbourg. Il y a eu d’autres attentats de ce type, mais toujours des assassinats ciblés. On n'était pas dans des actions à caractère terroriste. On met une bombe dans la rue et on tue des civils de manière indiscriminée. Et il s’est fait arrêter, lui, en 1984. C’est le seul membre de son groupe où en France en tout cas, qui s’est fait arrêter et il a été condamné en 1987. Il aurait dû normalement être libéré au bout d’une vingtaine d’années pour les faits pour lesquels il a été condamné. Il a donc été condamné pour complicité d’homicide volontaire. En général, dans les années 80, ça valait une vingtaine d’années de détention, 25 au maximum. Et là, on en est à 40 ans et il n’a toujours pas été libéré. On va peut -être, ça c’est sûr. Les raisons pour lesquelles il n’a pas été libéré dans ton émission. Tout ça pour dire que c’est un résistant libanais communiste pro-palestinien qui paye aujourd’hui. On verra pourquoi, mais qui en tout cas n’a pas renié ses engagements de militant de jeunesse. Et c’est aussi ça qui lui coûte cher aujourd’hui. Et il est incarcéré à la prison de la maison. Et nous avons le triste record en France d’avoir le plus ancien prisonnier pour des faits à caractère politique d’Europe et même le plus ancien prisonnier de la guerre israélo-palestinienne qui n’est pas détenu, comme je te le disais juste avant. En Israël, il est détenu en France, le plus ancien prisonnier de la guerre israélo palestinien. Alors quand on s'était croisés, que tu m’as dit tu sais, je prépare un film, je te dis il faudrait que tu viennes en parler au poste. À ce moment-là, il n’y avait pas ce qui est en train de se passer en Palestine. En tout cas, le 7 octobre, c'était avant le sept. Autrement, on va dire, il n’y a pas cette guerre, cette guerre qui s’annonce ce weekend est allée justement au Liban, et nous ramène finalement presque à la situation du début des années, des années quatre. C’est à dire que soudain, cette vieille histoire a un écho aujourd’hui qui est absolument incroyable en fait. Oui, le Liban a été plusieurs fois attaqué par l’armée israélienne parce que les Fedayin les combattants palestiniens chassés de Jordanie au début des années 70 sont venus se réfugier au Liban et ont mené des actions de guérilla contre le contrôle contre Israël, contre la puissance occupante qui a occupé les territoires dits occupés par Israël depuis 1967. Et donc Israël, en retour, a attaqué à plusieurs reprises le Liban en 1978. D’abord ce qu’il a appelé l’opération Litani, puis ensuite en 1182. Ça a débouché sur les massacres de Sabra et Chatilla, que n’a pas commis l’armée israélienne, mais qui ont commis des milices chrétiennes d’extrême droite, affichées aux Israéliens qui étaient des alliés de l’armée israélienne, les phalanges chrétiennes. Et ça continue à différentes reprises, est né entre temps le Hezbollah qui est un groupe de résistants libanais mais chiites. Donc rien à voir avec Abdallah qui lui vient d’une communauté chrétienne du nord du Liban, lui et ses camarades, et qui eux sont des communistes et qui eux étaient liés à un groupe à l’aile gauche, on va dire, de l’OLP, de l’organisation Organisation de libération de la Palestine qui s’appelle le FPLP, le Front populaire de libération de la Palestine. C’est de cette mouvance que vient Georges Ibrahim Abdallah. Rien à voir avec le Hezbollah, mais en tout cas, le Hezbollah ensuite, est devenu la principale force de résistance à l’occupation et aux attaques israéliennes. Et aujourd’hui, on retrouve cette confrontation entre l’armée israélienne et le Hezbollah, qui est située donc au Liban. Voilà où on en est aujourd’hui. Donc effectivement, il y a des risques à nouveau de l’invasion du Liban par l’armée israélienne.
David Dufresne
Donc avec toi, on va parler de résistance, dis tu, On va parler de terrorisme, on va parler d’Israël, on va parler évidemment de cinéma, puisque c’est un film de cinéma. Tu es un auteur de documentaires cinéma et non pas télé. On va parler de financement, on va parler d’information parce qu’en réalité, il y a évidemment, il y a ta patte, à patte. C’est aussi traquer le travail ou le ou le boulot, ou le travail de sape des journalistes. On va avoir un aperçu dans la dans la bande annonce puisque en réalité, Abdallah va être l’objet de ce qu’on appellerait aujourd’hui des fake news, mais en fait des informations distillées par les services de renseignement par l’intérieur voulant semer la confusion, y compris au plus haut sommet de l’État. Les ministres de l’Intérieur qui disent au moment où on va jouer sur le fait qu’ils s’appellent Abdallah, qui les Arabes et pour les gens, tout ça, c’est un peu pareil. Alors que si je le dis, il est de confession chrétienne. En fait, au départ, oui, il se définit pas comme chrétien, il est, il est athée, communiste, marxiste, mais il vient d’une localité du nord du Liban qui s’appelle Kobayat, et c’est là bas qu’est né ce groupe. Les femmes dans cette zone s’appellent la Card, à la frontière syrienne. Ces résistants, ces militants communistes qui ont pris les armes à la fin des années 70, début des années 80. Alors je vais mettre la petite scène. Voilà, ça devrait être celle ci, c’est celle là. Aucune inquiétude. Je vais mettre la bande annonce du film Il faut que tu retournes ton écran pour voir ce que tu vas envoyer à l'écran. Ah, ça me rappelle certains documentaires que tu faisais qui étaient proches du documentaire animalier. Donc oui, oui, oui, j’ai versé dans ce registre là une époque. Mais les animaux, c'étaient des membres des élites françaises, des hommes politiques, des responsables d’information, des gens comme ça, en effet. Et. Et tu commentais avec quelqu’un avec qui tu ne parles plus beaucoup en fait. Ah oui, c’est à l'époque où je travaillais avec Daniel Schneidermann qui ensuite a fait une émission de télévision Arrêt sur image, puis un site internet, et nous avions l’ambition de scruter la vie des élites françaises. Puis après il a voulu, lui, plutôt participer de ces élites à sa manière. Donc effectivement, nous nous sommes séparés et nous n’avons plus fait de chemin ensemble je mets la bande annonce. Ça commence par Véronique Brocard, journaliste à Libération en 1986. Non, ça commence par Macron
Vidéo
La série sanglante d’attentats paraît se poursuivre avec l’explosion il y a un peu plus de 2h d’une bombe au magasin Tati. Cela expose le comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient. Trois témoins formels, selon les enquêteurs, ont cependant reconnu dans le lanceur de bombes Emile Ibrahim Abdallah I troisième frère de Jean.
David Dufresne
En tous les cas, ces attentats de la rue de Rennes n’avaient absolument rien à voir avec Georges Ibrahim Abdallah ou ses frères, mais c'étaient les Iraniens qui étaient derrière..
Pierre Carles
Abdallah va prendre la réclusion criminelle à perpétuité. Mais en réalité, et je voudrais là, y morflent. Pardon pour les attentats dont il est totalement étranger, puisque des attentats sont commis par entre guillemets, ce mot là, Georges Abdallah est évidemment un partisan de la lutte armée, ce qui n’est pas toujours bien compris non plus ici même dans la gauche. Autant effectivement, ces attentats de 86 sont tout à fait étrangers à ça, à son idéologie, à son mode d’action, son organisation. C’est le plus vieux prisonnier politique en France. Et c’est par obéissance aux Américains qu’il y a cette frilosité. C’est les Américains qui font pression sur la justice française pour qu’un condamné libérable ne soit pas libéré. C’est en quelque sorte un pouvoir politique extérieur qui impose ses vues, sa vision. Un pouvoir politique français, c’est ça ? On peut s’en étonner.
David Dufresne
La Présidente Les faits ? Non, répondit Abdallah. La cause des faits. Je suis un combattant arabe, pas un criminel. Donc qui est en fabrication, qui est en train d'être fabriqué. C’est ça ce qu’on a, ce qu’on a assemblé, là, ce qu’on a monté là. Alors on a vu donc d’abord une scène que je trouve très étrange. Je vais remonter, je vais retourner d'écran. Et après tu parles de la scène avec Emmanuel Macron, et Macron à Beyrouth, qui dit il faut qu’il signe, donc on comprend qu’il s’agit d’Abdallah. Mais il doit signer quoi ?
Pierre Carles
Alors il faut qu’il signe sa demande de libération conditionnelle, lui ou son avocat. Pourquoi ? Ça paraît une évidence qu’il faut que le détenu signe. Mais à neuf reprises, Abdallah avait demandé une libération conditionnelle et elle lui avait été refusée, et notamment la dernière fois en janvier 2013, parce que le ministre de l’Intérieur de l'époque, Manuel Valls, a saboté volontairement Georges Ibrahim Abdallah. Et donc c’est humiliant pour lui de signer. Pourquoi C’est humiliant ? Parce qu’il faut qu’il fasse ce qu’on appelle le parcours national d'évaluation. Les détenus. Longue peine. Ils doivent aller à la prison de Fresnes. On leur fait passer une batterie de tests psychologiques comme si c'était des grands malades, comme si c'était. Alors certains le sont. Il y a des tueurs d’enfants violeurs d’enfants qui sont des grands malades et qui heureusement, passent cette batterie de tests. Mais pour des politiques, les Basques, Abdallah, les Corses, on leur fait également passer cette batterie tests
David Dufresne
J’ai quelques unes des questions qu’on leur pose, tu vois ? A ces détenus aux longues peines, Pierre est venu avec un sac rempli de documents archives m’a dit Qu’est ce que tu sais ? Tu me connais old school, j’ai les originaux, j’ai les papiers sous, j’ai sous le coussin, j’ai quelques journaux, mais ça on en reparlera.
Pierre Carles
Oui, donc les questions qu’on pose à ces détenus longue peine lorsqu’ils demandent leur libération, c’est des questions du type c’est la juge de l’application des peines qui demande à un psychiatre ou un psychologue de décrire la personnalité de Monsieur Abdallah, voir s’il a pris conscience de la gravité des faits pour lequel il a été condamné et s’il peut accéder à un sentiment de culpabilité. Le type, c’est un résistant quand même il a pris les armes pour défendre son pays qui était envahi par une puissance étrangère et on lui demande est ce qu’il a accédé à un sentiment de culpabilité ? Est ce qu’il est susceptible de présenter une dangerosité psychiatrique et ou criminologique en milieu libre ? Et s’il existe un risque avéré de récidive ? Le risque avéré de récidive, c’est de résister à nouveau à l’occupation de son pays par une puissance étrangère. Est ce qu’il pourrait tomber dans cela ? Voilà, c’est ça signez
David Dufresne
En gros, signez, c’est vous allez vous soumettre à cette batterie de tests qui est hyper humiliante pour un détenu politique et c’est ça ce que dit Macron avec ce geste de la main lorsqu’il est à Beyrouth après l’explosion du port de Beyrouth, alors le tchat réagit déjà et on te remercie Monsieur. Merci Monsieur Pierre-Carles de commettre ce genre de film, si tu veux bien et on va arriver jusqu'à aujourd’hui. Et pourquoi tu fais ce film ?
Pierre Carles
Nous sommes donc en 1982 et la Fraction Armée révolutionnaire libanaise Haifa Airelle Farrell, dont Georges Ibrahim Abdallah est considéré comme le chef en France, va revendiquer donc ces deux assassinats. Tu précise toi ciblé car pour toi des assassinats ciblés ça n’est pas du terrorisme. Ce n’est pas moi qui dit cela, c’est l’histoire. Dans l’histoire, il y a des gens qui commettent des actions pour terroriser la population. Ça c’est du terrorisme à l'évidence. Et d’autres personnes et d’autres groupes armés qui commettent des assassinats ciblés ou qui s’en prennent à des militaires. J’ai fait mon dernier film, là, qui, pas encore sorti, est un film sur l’histoire de la guérilla des FARC en Colombie. Donc je connais bien l’histoire de la lutte armée, notamment latino américaine. C’est un groupe de résistants, des paysans qui ont pris les armes contre les gros propriétaires, qui les oppriment, qui leur envoient des milices paramilitaires pour les assassiner. Ces paysans sans terre ici sont montés un maquis d’autodéfense et ils sont allés tuer des militaires, des policiers, des paramilitaires, voire quelques gros propriétaires. Mais c’est de la résistance. À l'évidence, ils ne sont pas allés terroriser la population colombienne. Ils n’avaient aucun intérêt à terroriser la population colombienne. Ils avaient intérêt à terroriser leur adversaire direct. Donc oui, la résistance, la lutte armée ne prend pas forcément la forme du terrorisme. Mais aujourd’hui, on a l’impression en lisant les médias que lutte armée égale terrorisme. Non, dans l’histoire, il y a eu tout un tas de groupes de guérilleros. Il y a beaucoup de choses qui deviennent terrorisme, l'écologie, la défense de. Les écoutes terroristes, ce qui est totalement délirant La lutte armée, les militants pro-palestiniens radicaux prenant les armes, on les a appelés pendant très longtemps. Les fedayin on les appelait les fedayin. C’est un terme qui a disparu du vocabulaire journalistique fédéral. Ça veut dire combattant palestinien. On a on utilise très peu le terme guérilleros, alors que la guérilla, c’est une lutte non conventionnelle. C’est à dire qu’on ne va pas affronter l’armée parce qu’on va se faire massacrer, parce qu’on n’est pas nombreux, parce qu’on n’a pas une aviation pour bombarder l’adversaire. Donc on utilise des armes non conventionnelles. La surprise d’attaquer l’ennemi là où il ne s’y attend pas, c’est ce qu’a fait le groupe de George et Abdallah. Ils ont attaqué Israël et les Etats-Unis là où on s’y attendait. Pas en Europe, au moment où il menait une guerre contre son pays, le Liban, et ils avaient envahi le sud du Liban, bombardé Beyrouth, l’armée israélienne avec l’appui des Etats-Unis ou du moins l’assentiment des Etats-Unis. Donc ils ont mené une guerre non conventionnelle. Ce groupe, ce petit groupuscule armé qui s’appelait les FAR, la Fraction Armée révolutionnaire libanaise, groupe communiste proche du FPLP marxiste, donc l’aile gauche de l’OLP, de l’Organisation de libération de la Palestine. Et ils sont allés mener une lutte, conduire des assassinats ciblés sur le sol européen. C’est de la lutte armée, on va dire classé entre guillemets classique. Et de là à l’assimiler, à faire l’amalgame avec le terrorisme. C’est ça le problème, c’est qu’aujourd’hui Abdallah a cette étiquette terroriste. On verra pourquoi ils vont lui attribuer les attentats qu’il n’avait pas commis, lui et son groupe. Mais on y viendra plus tard. On y va un peu plus tard, en 84, il est arrêté et il est incarcéré. On retrouve dans une de ses planques, je crois, des armes qui ont servi à ces deux assassinats. La date exacte de son arrestation est le 24 octobre 984. Je ne crois pas qu’il ait revendiqué avoir participé à ces assassinats, mais il ne se désolidarise pas de ceux qui l’ont fait. Voilà. Lors de son procès en février 87, il a dit grosso modo, je n’ai pas le texte exact en tête, mais il a dit grosso modo, je ne sais pas. Vous n’avez aucune preuve contre moi pour m’attribuer la responsabilité de ces assassinats, mais. C’eût été un honneur pour moi de les pratiquer, de les conduire, de les faire assassiner, d’attaquer les Etats-Unis et Israël, comme l’ont fait les gens des fractions armées révolutionnaires libanaises. Ça, c’est quand même une stratégie de défense assez suicidaire de dire je l’ai pas fait, mais j’aurais bien aimé le faire.
David Dufresne
C’est assez courageux et c’est ce qui l’a peut être envoyé très longtemps aussi en prison. Citadelle de Je te construirai te demande pourquoi cibler particulièrement la France.
Pierre Carles
En fait ce n’est pas la France, donc ce n’est pas la France, non. Donc les femmes sont venues sur le sol européen. En Italie il y avait une implantation en Italie, il y avait aussi des caches en Espagne, il y a eu des actions menées en Italie. Donc ce n'était pas là, mais pas conduite contre les Italiens, non conduite contre les Français, non conduite contre les Espagnols, conduite contre les diplomates et militaires américains et israéliens en poste sur le sol européen. Il se passe en 85 86 surtout une série d’attentats en France.
David Dufresne
Alors là, pour le coup des attentats, ce qu’on appelait à l'époque attentats aveugles, c’est à dire des bombes qui sont posées et qui vont tuer un certain nombre de gens, notamment on se souvient de Tati, rue de Rennes à Paris en 85, 86 et six, revendiqué par le comité de soutien avec les prisonniers politiques arabes du Proche-Orient. Est ce que le CSP a treize morts, 250 blessés plus le kidnapping d’un fonctionnaire français en Libye pour les billets au Liban, au Liban, pardon, au Liban, Tripoli, Liban ? Oui, et il faut se souvenir.
Pierre Carles
Ces attentats de 86, c’est vraiment la terreur, c’est vraiment l’horreur, c’est l’horreur en plein Paris, etc. Et ils revendiquent. Les gens qui ont fait ces attentats revendiquent la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Et il y a alors qui n’a absolument rien à faire avec ces attentats. Et là se noue tout le tout, le problème, toute la manipulation. En effet, comme tu l’as raconté, il y a une série, une vague d’attentats qui démarre fin 85 et qui s’achève en septembre 86 en France, qui sont des attentats liés au contentieux franco iranien. Pour recontextualiser un peu l’Iran qui en 1979, il y a eu une révolution en Iran qui n'était pas une révolution islamique au départ, qui était une révolution. Il y avait tout un tas de groupes d’opposants au Shah d’Iran, au monarque, au dictateur de l'époque et donc au 79, à cette révolution. Et ensuite c’est le régime des mollahs qui prend le pouvoir et qui écarte les communistes, qui écarte les autres groupes qui ont contesté le pouvoir du Shah d’Iran. Et ils réclament plusieurs choses : ils réclament le remboursement de l’argent investi par la monarchie iranienne dans le nucléaire français, par l'État iranien. Dans le nucléaire français, il y avait de grosses sommes qui avaient été investies par le Shah d’Iran. Ils disent ça nous revient, remboursez nous ! La France dit qu' il n’y a pas continuité de l'État entre la monarchie et la République islamique. Donc non, on ne répond pas à votre demande, on vous rend pas l’argent. Bon. Et deuxième chose, plus grave peut être, c’est qu’il y a une guerre sanglante à ce moment-là entre l’Irak dirigé par Saddam Hussein et l’Iran à l’initiative de l’Irak, c’est l’Irak et attaquer l’Iran. Et la France soutient l’armée irakienne, soutient le régime de Saddam Hussein et lui livre de l’armement. Donc l’Iran, pour ces deux raisons là au moins, se sent agressé par la France. Mais au lieu d’attaquer la France, ils n’en ont pas les moyens. Au lieu de déclarer la guerre à la France, ils demandent à des groupes chiites, notamment au Hezbollah qui vient de naître au Liban, de commettre des attentats en France. Donc il y a une série, une vague d’attentats qui sont commises par des membres du Hezbollah pour le compte de l’Iran qui se sent agressé par la France. Et donc ce comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes qui, comment dire, qui ? Qui déclare avoir commis ces attentats réclame effectivement. Mais c’est de la diversion. On réclame la libération de trois détenus un Arménien, un militant arménien de la salade et l’Armée secrète de libération de l’Arménie, un militant pro iranien qui s’appelle Anis Naccache, qui a commis un attentat contre le dernier premier ministre du Shah d’Iran, qui a essayé de le tuer à Paris, en région parisienne. Shapour Bakhtiar. Il a raté, mais il a été interpellé. Il a été arrêté. Il est en prison en France et Georges Ibrahim Abdallah, qui est détenu à cette époque depuis un an, un an et demi. Mais Abdallah n’a rien à voir dans cette histoire. Ses frères non plus, son clan non plus, son groupe non plus. Ils n’ont absolument, mais vraiment, absolument rien à voir avec ces attentats. Ils n’y sont liés d’aucune manière. Mais la police judiciaire se fait intoxiquer par ses sources ou s’auto intoxique. Et puis surtout, le ministre délégué à la sécurité de l'époque qui s’appelle Robert Pandraud, Il y a un duo qui dirige le ministre de l’Intérieur à l'époque, c’est Charles Pasqua. Robert PANDRAUD décide que ça les arrange finalement d’attribuer aux pouvoirs politiques. Ça les arrange finalement d’attribuer ces attentats à Georges Ibrahim Abdallah. Ils sont là. D’ailleurs, Robert PANDRAUD va le dire quelques années plus tard dans un livre La décennie Mitterrand de Pierre Favier, il va dire On ne savait pas qui c'était, mais finalement ça ne faisait pas du bien. Mais ça ne faisait pas de mal de les attribuer. Et donc ils ont intoxiqué la presse de l'époque. Là, pour le coup, c’est terroriste. Ce sont des attentats terroristes, ce sont des bombes dans les rues de Paris, c’est la rue draine une bombe dans une poubelle devant le magasin Tati qui explose, qui fait plusieurs morts et des dizaines de blessés. Les hélicoptères qui atterrissent. On a encore ces images peut-être en tête. Pour ce qui est de ma génération, les hélicoptères qui atterrissent au centre de Paris Et pour tout te dire, j’arrive à Paris en juillet 86 et c’est vrai que j'étais passionné de guerre. C'étaient des scènes de guerre en plein Paris, à la Samaritaine, tu vois, on disait aux gens vous n’allez plus dans les bois, dans les grands magasins. Enfin bref, il y avait quand même un climat. Il y a eu des attentats quasiment tous les jours. En septembre 86, c'était la panique et la DST a vite compris que c'était l’Iran. Oui, voilà, la PJ s’enferre sur la source Abdallah Il serait sans doute là dedans. Et le problème c’est qu’il y a un journal qui s’appelle Le Monde qui va défendre mordicus cette thèse des attentats commis par le clan Abdallah ou en tout cas commandités par Georges Ibrahim Abdallah pour obtenir sa libération et le Monde à l'époque, il faut se souvenir que c'était le quotidien de référence. C’est à dire que quand t’avais une information elle paraissait dans le Monde à 14 h 30
David Dufresne
À l'époque on se dit..il faut se souvenir qu'à l'époque, il y avait des journaux qui tiraient à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. En France, on était à 200, 300, 400 000 exemplaires pour certains quotidiens, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Et ils ont rattrapé avec le numérique. Mais ils n’ont pas la même influence aujourd’hui.
Pierre Carles
Le journal, le sommaire du journal télévisé ou des grands sites internet n’est pas lié à la Une du Monde comme ça l'était à l'époque. Donc Le Monde titrait le clan Abdallah. Responsable des attentats et les documents. Voilà. Par exemple, quand Le Monde titrait à la Une. Le gouvernement aurait obtenu une trêve avec le clan Abdallah, sous entendu l’autre sous entendu le clan Abdallah et responsable de ces attentats puisque le gouvernement aurait obtenu il y a un conditionnel mais octobre 1990. Mais c’est un faux conditionnel et un faux conditionnel parce que le soir même, un journaliste du Monde va aller sur le plateau de TF1, le journal télévisé le plus regardé de France, pour dire là, c’est plus du conditionnel. Le gouvernement a obtenu une trêve avec le clan Abdallah via la Syrie. Voilà en gros ce qui est dit ce jour-là. Tous les autres journaux suivent. Quand le monde dit quelque chose à cette époque, les autres suivent. Donc Libération, Le Figaro, le quotidien de Paris, les télés, les radios. Il n’y a pas Internet à l'époque. On est, on est en 86, il n’y a pas Internet, donc les médias mainstream, c’est ça. C’est le quotidien qui a encore beaucoup de pouvoir à l'époque en version papier, la télévision avec TF1, qui est la première chaîne d’Europe, le journal télévisé de TF1 est le plus important d’Europe. 50 % de spectateurs, un Français sur deux quasiment, regardent TF1 le soir. Et vous avez un journaliste du Monde qui vient expliquer que oui, oui, ce sont les d’Abdallah et on a des informations. Pourquoi ? Parce qu’ils se sont fait intoxiquer. Ce sont les Abdallah qui ont fait quoi ? Qui a fait quoi ? Abdallah ils sont censés être à l’origine de cette vague d’attentats et on a donc par exemple tiens, Libération intoxiqué par Le Monde 1786 Comment se débarrasser d’Abdallah ? Il faut s’en débarrasser puisqu’il est responsable de ces attentats. Il est à l’origine de ces attentats. C’est en tout cas la version de la fake news de l'époque. Ça va très loin parce qu'à un moment donné, des avis de recherche sont publiés dans la presse avec 1 million de récompense. Ce sont des Francs à l'époque, ne sont pas des euros pour réclamer les frères Abdallah Robert et Maurice Abdallah qui sont affichés dans tous les commissariats. Le bureau de poste de France est à gauche, Maurice. Et voilà donc on dit ces gens là sont affichés partout, ce sont l’ennemi public numéro un et les Abdellah, c’est égal terroriste à ce moment là, ce sont eux qui ont commis cette vague d’attentats. Là, c’est ça. C’est L’EXPRESS qui était un journal assez influent à l'époque, un hebdomadaire qui parle de l’itinéraire, se créer de Georges Ibrahim Abdallah. Le mot terroriste est utilisé systématiquement dans les articles. Ce sont des terroristes, ce sont des terroristes, ce sont des terroristes.
David Dufresne
On en vient ensuite au procès de Georges Ibrahim Abdallah qui a lieu dans ce contexte là quelques mois plus tard, en février 87, donc à peine quelques semaines après ces attentats. Je vois ce qu’on dit dans la bande annonce qu’on a vu dans le teaser qu’on a, qu’on a vu, il y a Alain Marsaud qui dit, qui juge antiterroriste, le juge antiterroriste, qui bat, qui démonte. En fait, c’est cette manipulation, cette machination. La grande question est ce que ces journalistes, à ce moment-là, sont sincères, sont trompés et racontent sincèrement ce qu’ils pensent être la vérité ? Ou est ce que tu penses qu’il y a autre chose ? Non, les journalistes se sont fait intoxiquer par leurs sources. Le problème c’est que Le Monde et on va citer son nom, c’est Plenel. Qui est le journaliste qui sera là après-demain à ta place et j’espère que tu lui poseras des questions sur cette affaire. Et bien évidemment, je ne sais pas si t’as une question à lui poser, je mettrai la vidéo. J’aimerais bien savoir. Il veut ne pas me répondre devant la caméra ? En tout cas, j’aimerais bien savoir comment il s’est fait intoxiquer par ses sources.
Pierre Carles
Voilà, sachant que c'était les mêmes sources que l’affaire du Rainbow Warrior qui avait lieu. Donc l’attentat commis par les services secrets français contre un navire écologiste, le Rainbow Warrior qui se battait contre les essais nucléaires français en Polynésie. Une campagne et ce bateau a été coulé par les services secrets français et de Plenel et certains de ses confrères avaient révélé qui étaient les auteurs de ces attentats. L'équipe qui avait été à l’origine de la DST, ça s’appelait à l'époque la DJs dont savait notre nom. Je sais plus. En tout cas, l'équipe de renseignement qui avait été à l’origine des services secrets, qui avait été l’origine de cet attentat mortel qui avait coûté la vie à un photographe portugais dans mes souvenirs. Donc avec les mêmes sources, il est persuadé, Edwy Plenel, que ce sont les frères Abdallah qui sont à l’origine de ces attentats. On peut se tromper, mais d’abord, on ne doit avoir qu’une seule source et bien le savoir. Quand on est journaliste, on doit croiser des sources, donc on ne doit pas se fier qu'à une seule source. Et puis on ne s’en fait pas. Une fois qu’on s’est planté, qu’on s’en est rendu compte, on continue pas par orgueil. Et c’est un peu le problème dans cette histoire de continuer de défendre la thèse d’Abdallah. Si bien que cette thèse Abdallah, elle est défendue par le Monde alors qu’on arrive au procès en 87 et le quotidien de référence, le journaliste le plus influent, le journal le plus influent de France continue de défendre la thèse de la culpabilité des frères Abdallah en 87, début 87, alors que ça y est, les autres journaux ont compris. Libération a compris que c'était l’Iran qui était derrière tout cela et que ça n’avait rien à voir avec les frères Abdallah. Mais le monde continue de s’enferrer dans un scénario là. Et au moment du procès de février 87, Abdallah, officiellement, est jugé et condamné que pour les attentats ciblés commis par les FARL en 1982 et en réalité. Mais en réalité, dans la tête des juges antiterroristes, dans la tête de la presse en tête des médias, il est aussi responsable de cette vague d’attentats terroristes. Donc c’est le plus grand terroriste de l'époque, Abdallah dans la tête et il va prendre perpète et il va surtout ne pas être considéré comme un résistant. Il va être considéré comme un terroriste lors de ce procès. D’autant plus que si mes souvenirs sont bons, la seule chose qu’on puisse établir c’est des faux papiers, non ? Donc il y a eu deux procès. Abdallah Il y a un premier procès à Lyon en 86 devant un tribunal correctionnel où là, effectivement, il est condamné à quatre ans de prison, quatre ans de prison pour détention de faux papiers. Il a un faux passeport, un vrai faux passeport algérien. Il a un autre faux passeport lors de son arrestation. Il a des faux papiers comme les clandestins ont des faux papiers, ce qui est tout à fait entre guillemets normal. Et il a un port d’armes illégal également qui lui est attribué. Il découvre des armes et bien entendu, comme tout combattant guérillero, il y a des armes non déclarées. Donc c’est pour ces raisons là qu’il est condamné. En 1984 86 premier procès à Lyon, juillet 86 et ensuite lorsqu’il est devant une cour spéciale d’assises. C’est la première cour d’ailleurs qui est constituée uniquement de magistrats antiterroristes. Il n’y a pas de jurés populaires dans cette cour. C’est la première fois, aujourd’hui dans l’histoire contemporaine en tout cas. Les attentats du Bataclan n’ont pas été jugés par des jurés populaires, mais par des magistrats antiterroristes. Et quand il est en 87, il va être condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, ce qui à l'époque vaut la période de sûreté de quinze ans. Dire quand on est condamné en 87 à perpète, on a un minimum de quinze ans de prison à faire. Mais on peut demander sa libération à ce qu’on appelle la peine incompressible, y compris si moi à l'époque, elle était de quinze ans. Et on peut ensuite demander sa libération au bout de quinze ans. Ce qui va être le cas d’Abdallah. Il va commencer à demander sa libération à partir un peu plus tard, à 17 ans. Son avocat, Jacques Vergès, va commencer à faire des premières demandes de libération à 17-18 ans en 2001, à mon souvenir en 2001. Et à partir de là, toutes ses demandes de libération conditionnelle vont être refusées et on verra pourquoi. Ce n’est pas une histoire de fake news, c’est une histoire d’intervention et d’ingérence des Etats-Unis d’Amérique dans le dossier judiciaire. Abdallah.
David Dufresne
Il y a notamment Yves Bonnet. Je ne sais pas si tu l’as dans ton film, mais qui, en 2011, c’est l’ancien directeur de la DST, c’est-à -dire le contre-espionnage français. Il déclare cette injustice. Donc concernant l’incarcération de Georges Ibrahim Abdallah, cette injustice a assez duré. Elle a même dépassé les limites du raisonnable. Plus rien ne justifie son incarcération. Qu’on le mette dans un avion et qu’on le renvoie et qu’on le renvoie chez lui, au Liban, où les autorités sont disposées à l’accueillir.
Pierre Carles
La France, dit-il, a subi tout au long de cette affaire d'énormes pressions diplomatiques pour que celui qui a assassiné non pas des diplomates, mais en réalité un agent de la CIA et un membre du Mossad, reste en prison.
David Dufresne
Il était le directeur de la DST dans les années 80. Et il le fait pour de bonnes et mauvaises raisons. Dans cette déclaration, il se sent coupable à ce moment-là, parce que Abdallah est depuis trop longtemps en prison et entre autres à cause de lui qui a été un de ceux qui ont procédé à son arrestation.
Pierre Carles
Mais il le fait aussi parce qu’il a été trompé. C’est une histoire un peu compliquée, mais les frères Abdallah qui n’ont pas commis j’ai dit une bêtise. Tout à l’heure, on a parlé de Tripoli, Libye, tu te souviens ? En fait, ça n’a rien à voir avec le CSP. Avec les attentats iraniens. Ça, c’est qu'à un moment donné, les frères Abdallah, le groupe d’Abdallah pour essayer de faire sortir leurs camarades de prison en France, ont pris en otage un fonctionnaire français qui était en poste au nord du Liban, à Tripoli, non pas Libye, mais Tripoli, nord du Liban, donc qui s’appelle Sidney Perrault et qui est le fils de l'écrivain Gilles Perrault dont on parlait tout à l’heure. Et donc Sidney est séquestré par ce groupe, les FARC, et qui réclame un échange avec Georges Ibrahim Abdallah. Et lorsque l'échange est sur le point de se faire, on découvre à Paris, rue Lacroix, une planque des Farrell où se trouve l’arme qui a tué Yacov Barsimentov, deuxième conseiller à l’ambassade d’Israël agent du Mossad en poste à Paris et Charles serait l’attaché militaire de l' Ambassade des Etats-Unis à Paris. Donc cette arme est retrouvée. On ne trouve pas les empreintes sur l’arme, mais on trouve sur une bouteille de blanco, un correcteur. On trouve les empreintes de Georges Abdallah et je crois que l’appartement est aussi. On trouve un lien entre la location de l’appartement et George Ibrahim Abdallah.
David Dufresne
Donc à ce moment-là, l'échange qui doit s’opérer entre le détenu français à Tripoli, au Liban, et Georges Ibrahim Abdallah, qui était en prison en France, échoue. Et le directeur de la DST du contre-espionnage que tu viens de citer, Yves Bonnet, s'était engagé auprès des autorités algériennes qui avaient servi d’intermédiaire pour que l'échange ait bien lieu.
Pierre Carles
Donc il avait dit : Je donne la parole de la France, moi, le directeur de la DST, pour que on trouve un moyen de libérer Abdallah qui avait été condamné à quatre ans de prison à l'époque pour détention de faux papiers et pour illégale d’armes. Donc il va sortir prochainement et en échange vous relâchez Sidney Perrault son groupe et les Algériens se portent garant et il ne peut pas tenir sa promesse. Parce que lors de la découverte de cette planque avec l’arme qui a tué par ci, ben c’est fini. C’est pas quatre ans, il ne va pas, il va à présent passer, il va partir devant une cour spéciale d’assises et non plus devant un tribunal correctionnel. Donc il n’est plus possible de le libérer. Et donc Yves Bonnet se retrouve comme un couillon face à ses interlocuteurs algériens. Il leur dit mais je ne peux pas faire ce que j’avais promis. Donc il l’avait très mauvaise et en même temps, il sait bien que c’est anormal que Georges Ibrahim Abdallah soit en prison plus de 20 25 ans, ce qui était vraiment à l'époque. Même aujourd’hui, je ne sais pas si tu as vu, mais on a eu dernièrement, il y a eu la libération conditionnelle de Pierre Alessandrini, Pierre Alessandrini. Il a été condamné pour l’assassinat du préfet Erignac en Corse. Il a été arrêté en 99. Il vient d'être libéré. Donc il a 24 ans. 24 ans de prison, c’est le maximum pour des politiques, même pour des gens qui auraient assassiné un préfet en 20 ans sur le territoire français au bout de 24 ans, c’est une très longue peine. Passé quinze ans, on rentre dans de très longues peines passées. Quinze ans, donc 40 ans, n’en parlons pas, C’est délirant 40 ans. Certains avocats parlent de peine de mort lente ou de guillotine sèche. Les bagnards, à l'époque du bagne, ils disaient qu’on n’a aucune chance de sortir, on est condamné à la guillotine sèche, on ne coupe pas la tête, on nous laisse crever à petit feu. C’est ce qui est en train d’arriver à Abdallah. Il est dans une des durées de détention. Il a 72 ans, Il est en détention, ce qui est totalement délirant en Europe. Aux Etats-Unis, il y a des prisonniers à caractère politique qui resteront en prison à vie parce que c’est admis culturellement, culturellement, je ne sais pas. Mais en tout cas, le système répressif américain fonctionne comme ça en Europe. On n’a pas le droit d'être en prison sans espoir de libération. On n’a pas le droit et c’est interdit par les conventions européennes. Et Abdallah, malheureusement, se retrouve dans un an dans cette situation. Alors on comprend. Voilà, je pense qu’on a résumé à peu près l’histoire, le projet de ton film, c’est-à -dire qu’il manque un point important. En attendant, mettons, c’est d’accord, je lis Etats-Unis, tu viens, tu viens de dire voilà, il est en prison et il reste en prison. Alors que des gens dont on pourrait dire que c’est pas forcément des camarades genre Alain Marsaud qui est dans ton film, je te soupçonne de le filmer un peu mal pour eux. Tu sais très bien que la contre plongée avec le ventre. Enfin bon bref, voilà. Enfin écoute, c’est toujours très intéressant que des gens qui ne sont pas des camarades arrivent à dire ce genre de propos.
David Dufresne
Grosso modo, est ce que tu peux nous rappeler, Est ce qu’Alain Marsaud dit qui il est ?
Pierre Carles
Alain Marsaud est un juge anti-terroriste lui aussi, qui ensuite est devenu un député de droite. Je ne sais pas s’il était dans le parti de Chirac ou quelque chose comme ça. Et Alain Marsaud, qui a eu, qui a cru un moment donné à la culpabilité d’Abdallah et de ses frères dans l’affaire des attentats commandité par l’Iran, qu’il y a cru. Puis après il s’est rendu compte que ça n’avait rien à voir avec les faits. Abdallah qui n’est pas considéré comme un gauchiste qui n’est pas quelqu’un de non répressif, je trouve que ce n’est quand même pas normal qu’il soit encore en prison. Donc c’est quand même le monde à l’envers, que ce soient des gens de droite. Bonnet Et je crois que Yves Bonnet aujourd’hui est conseiller régional, Front national ou Rassemblement National. Ce sont ces gens là qui disent ce n’est pas possible que ce type là soit encore en prison. Oui, c’est le monde à l’envers, que ce soit des et ce sont des gens de gauche ou supposément de gauche qui. Ce qui œuvre en revanche, pour qu’ils restent en prison, des gens comme Manuel Valls, des gens comme Jean-Jacques Urvoas qui a été ministre de la Justice de François Hollande, ce sont ces gens là, au contraire, qui disent Non, non, c’est très bien qu’ils soient incarcérés encore aujourd’hui.
David Dufresne
Clip Pauline Clip. C’est un message de service. Non, non, je veux regarder ta montre. Ah non, pas du tout. Attendu par Léa Salamé ? Pas encore. On en parlera de Léa Salamé Oui, bien sûr ça aussi, on pourra en parler.
Pierre Carles
Donc je continue. Il est en taule depuis très longtemps, tu viens de l’expliquer et en fait tu mènes l’enquête. Donc là, on comprend qu’il y a deux obsessions chez toi qui se rejoignent dans un seul sujet, c’est à dire la lutte armée, puisque tu as déjà commis deux films sur le sujet, puisque tu en as fait un sur Action directe, un sur les FARC qui va sortir dans une Vienne nous parler et celui ci. Et on a l’histoire de la manipulation de la presse, manipulation de l’opinion par la presse et de la presse par les services. Donc là, évidemment, c'était Marotte t’es content, t’es dans ton pays ? Content, je ne suis pas content. Je préférerais que ça ne soit pas passé comme ça et que Abdallah ne soit pas en prison aujourd’hui, bien entendu, bien entendu, on comprend pourquoi tu arrives là. Il fait sens par rapport à ce sont des sujets que je maîtrise un peu la lutte armée. J’ai effectivement, comme tu dis, j’ai fait un film sur Action directe. D’ailleurs j’avais rencontré à l'époque en prison Georges Abdallah sans connaître son histoire, en allant visiter Jean-Marc Rouillan, un des membres d’Action directe à la prison de la maison. Et j’ai travaillé sur l’histoire de la guerre. Il y a des FARC qui ont été longtemps traitées de narco terroristes. Eux aussi, ils ont eu cette stigmatisation par les médias pendant très longtemps. Les FARC, c'étaient les affreux narco terroristes. Ce n'était pas des rebelles, c'était plus des insurgés, ce n’était pas des guérilleros, c'était des narco terroristes. Et c’est cette étiquette leur a collé qui on leur a collé. Ils ont eu beaucoup de mal, ils n’ont toujours pas réussi d’ailleurs à s’en défaire. Et c’est la même chose pour eux. Pour Abdallah et puis la critique des médias. Effectivement, j’ai fait plusieurs films de critique des médias. On l’a fait parce que tu disais mais il y a toujours une équipe derrière. Oui, bien sûr. Là, par exemple, pour le film sur Abdallah, il y a des jeunes journalistes qui ont été formidables, qui ont fait un boulot formidable pour m’assister sur l’enquête. Je ne donne pas forcément leurs noms parce que ça peut leur causer des problèmes. Et leur prénom Comment ça ? Salamé Donc non, non, non, ce n’est pas Léa je peux donner son nom, Léa, Gasquet et d’autres Nina et d’autres qui ont qui ont travaillé sur eux. Donc c’est un travail collectif et on ne peut pas faire ça tout seul. Alors il y a un troisième levier, on va dire dans ce film, dans cette histoire, dans cette enquête que tu mènes avec ton équipe, c’est la diplomatie et les pressions de pays à pays.
David Dufresne
Et de ce que j’ai compris en lisant des papiers sur l’affaire, sur ton film, etc. C’est qu’en réalité, Georges Ibrahim, s’il est en taule aujourd’hui encore, c’est parce qu’il a une pression très forte, notamment des Etats-Unis, à une époque d’Hillary Clinton, pour lancer le nom le plus le plus célèbre quand elle était secrétaire d'État, je ne sais plus quoi. On est sûr de ça. Et pourquoi les Américains sont à ce point revanchard ?
Pierre Carles
Parce que le groupe d’Abdallah a tué l’un des leurs, un de ses fonctionnaires. Est ce que c’est ça la raison ou est ce qu’il y a autre chose ? Oui, je pense que c’est la raison principale, c’est le fait qu’il est tué, assassiné. L’attaché militaire américain, ce n’est pas n’importe qui. L’attaché militaire américain à Paris, surtout à l’ambassade de France des Etats-Unis en France. Alors ça a joué jusqu’en 2013, l’ingérence des Etats-Unis. Elle a joué essentiellement sur les gouvernements, on va dire, de 2001 à 2013, avec un avocat qui a eu un rôle très spécial dans cette affaire, qui est décédé il y a peu. Ces éléments qui défendaient la partie civile américaine,
David Dufresne
Bien sûr. C’est ce qu’on a vu dans le film récemment, le procès Goldman, si c’est bien sûr, mais de Cédric Kahn qui est héroïque, qui est héros et qui dans le film parle et l’acteur est très bon, qui joue, mais qui ? L’héroïsme. Oui, il est totalement héroïsé par le film. On peut avoir une vision un peu différente de Goldman aujourd’hui parce que c’est quand même le type qui aura, qui aura œuvré, manœuvré pour que quelqu’un reste en prison près de 40 ans. Mais les Américains qui sont portés participent souvent pour ceux qui nous suivent et qu’ils ne connaîtraient pas. C'était l’avocat de gauche quoi. Le grand avocat, L’image en tout cas, qui l’a lu pendant très longtemps. En 90, les Américains sont intervenus à plusieurs reprises pour intervenir. C' est une chose, je ne sais pas si Cuba ou la Corée du Nord pourrait aussi faire pression sur la justice française. Mais le problème, c’est qu’ils ont trouvé des interlocuteurs en France qui ont. Œuvrer dans leur sens. C’est ça le problème. Que ce soit dans le monde politique ou même dans le monde judiciaire des magistrats. Là, par exemple, dans des documents qui ont été déclassifiés, rendus publics par Wikipédia, on apprend que l’ambassadeur Craig Roberts Stapleton était l’ambassadeur des États-Unis en France de 2005 à 2009. On apprend qu’en 2007, il écrit à Jean-Marie Bennet, qui est chef de cabinet du ministre de la Justice de l'époque qui s’appelait Pascal Clément. C'était la fin de la présidence de Jacques Chirac, alors que Dominique de Villepin était Premier ministre et le ministre de la Justice, le garde des Sceaux s’appelait Pascal Clément. Donc on apprend que l’ambassadeur des Etats-Unis a reçu une lettre de Jean-Marie Bennet, le chef de cabinet du ministre de la Justice, nous informant que le procureur général avait reçu des instructions pour s’opposer catégoriquement à la demande de libération conditionnelle d’Abdallah, c’est-à -dire Wikipédia.
David Dufresne
Mais Pimiko dans le chat te demande si tu ne veux pas parler de Wikileaks.
Pierre Carles
Pardon, je me suis trompé, c’est Wikileaks. C’est. Exactement. Et donc, l’ambassadeur des Etats-Unis a répondu par écrit le 26 avril 2007 en exprimant sa gratitude et a demandé que le ministre de la Justice, Pascal Clément, informe son successeur qui sera un successeur puisque c’est Rachida Dati qui va prendre le relais. Lorsque Sarkozy va arriver au pouvoir, c’est Rachida Dati qui va se retrouver Garde des Sceaux. Donc Informe a demandé que le ministre de la Justice informe son successeur de l’importance de l’affaire et l’ambassade s’efforcera d’obtenir le même engagement de la part de la nouvelle administration française. La décision finale sera prise par un système judiciaire indépendant. Il concède que le système judiciaire français est censé être indépendant, mais le soutien du gouvernement français est vital pour notre affaire, sachant que le procureur général peut faire appel si Abdallah obtient une libération conditionnelle en première instance. Tout ça pour dire que ça, c’est ce sont des télégrammes des câbles diplomatiques américains qui ont été révélés, dévoilés par Wikileaks, pardon, et Jean-Marie Bonnet. Aujourd’hui, on a interviewé une des journalistes qui a travaillé avec moi, l’interviewer, et il est procureur général près la cour d’appel à Montpellier. Il trouve ça normal que les Etats-Unis fassent pression sur la France. Alors si ça n’avait pas eu d’incidence, pourquoi pas finalement. Mais sauf que si ça a une incidence, y a que ça a été relâché cette demande américaine. Et Abdallah, à plusieurs reprises, a vu des pressions américaines empêcher sa libération. Et la dernière, la plus flagrante, c’est en janvier 2013 où là, en première instance et en appel, il est jugé libéral par le tribunal, libérable par le tribunal de l’application des peines par le TAP qui juge si un détenu peut sortir ou pas. Et le ministre de l’Intérieur doit signer un arrêté d’expulsion pour qu’il reparte au Liban parce qu’il n’a pas la nationalité française. Il est libanais, il n’a pas le droit de résider sur le sol français. Et qu’est ce qui se passe ? Volontairement, le ministre de l'époque, Manuel Valls. Refuse de signer cet arrêté d’expulsion alors qu’il a signé des arrêtés d’expulsion à l'époque Valls. C'était plutôt son genre de virer des déçus. C’est son qu’il était sorti là bas. Non parce que les Etats-Unis ne veulent pas. Bon, et la ministre de la Justice de l'époque, qui n’avait pas la même position, qui s’appelait Christiane Taubira, qui s’appelle toujours Christiane Taubira, refuse d’aller au front, c’est à dire de dire non, ce n’est pas possible, Moi je ne souhaite pas d’ingérence. C’est le discours qu’elle tenait à l'époque. Je ne veux pas qu’il y ait une ingérence dans les affaires judiciaires de ce pays et qu’il n’y ait pas d’instructions données au parquet Mais là, l’exécutif, en l’occurrence le ministre de l’Intérieur, bloque, sabote la Libération et elle ne dit rien. François Hollande qui ministre, qui est ministre, qui à l'époque président de la République dit rien, mais on sait que c’est un atlantiste aussi. C’est quelqu’un qui regardait du côté des Etats-Unis, qui était amoureux des Etats-Unis. François Hollande Pour la petite histoire, quelques mois à peine plus tard, en juillet 2013, donc là, on était en janvier 2013. En juillet 2013, je ne sais pas si tu t’en souviens. Les États-Unis pensent que dans l’avion du président bolivien Evo Morales, qui revient de Russie, où il y avait un sommet du gaz et qui retourne à La Paz et qui doit retraverser l’Atlantique et passer au dessus Histoire français, il y aurait le lanceur d’alerte étasunien Edward Snowden, qui s’est réfugié en Russie, sans quoi il serait en prison à vie aux États-Unis. Et la France bloque son espace aérien sur injonction des États-Unis. La France n’a pas de souveraineté. Aux États-Unis, dans ces années-là, dans les années Hollande, dans les années Sarkozy, on est comme ça devant les États-Unis. Et Hollande, c’est censé être quelqu’un de gauche, c’est ça ? Ce qui est terrible dans cette histoire, c’est que ce sont des gens de droite qui réclament la libération de ce militant communiste libanais pro-palestinien. Et ce sont des gens de haut niveau au nom de l'État de droit, au nom de l'État de droit, simplement en disant revenons à des choses normales. Et ce sont des gens soi-disant de gauche, des François Hollande, dès Manuel Valls, des Jean-Jacques Urvoas. Parce que ça, on va en parler aussi. Jean-Jacques Urvoas, c’est Jean-Jacques Urvoas. Il va succéder à Christiane Taubira comme ministre de la Justice, toujours sous François Hollande, et il vient dans l'émission de Léa Salamé.
David Dufresne
On y vient. Léa Salamé est une journaliste connue, influente franco libanaise. Elle connaît l’affaire Abdallah. Elle est franco libanaise. Elle sait ce que c’est que l’affaire Abdallah et elle reçoit Jean-Jacques Urvoas en 2016 dans son émission sur France Inter. Les attentats du Bataclan ont eu lieu quelques mois plus tôt. Il y a une surenchère répressive, sécuritaire à ce moment-là, et notamment une Nathalie Kosciusko-Morizet élue de droite à l’Assemblée parlementaire, qui dit la gauche de manière très démago. La gauche libère les terroristes, elle les remet dans la nature. Il faut qu’ils restent en prison à vie, il faut qu’ils restent en prison plus longtemps. Et là, il va encore plus loin dans l'émission de Léa Salamé, le ministre, entre guillemets socialistes de la Justice, il dit Non non, mais la prison à vie existe en France. La preuve ? Georges Ibrahim Abdallah. Il prend comme exemple Abdallah comme quelqu’un qui ne sera jamais libéré. Il n’a pas le droit de dire cela. C’est interdit par les conventions européennes. Léa Salamé ne moufte pas. Elle connaît l’histoire d’Abdallah et elle ne moufte pas. Pour elle, Dans le climat ultra sécuritaire de l'époque, ça passe. C’est très bien. Oui, c’est parfait, vous savez. Elle dit Bah mais attendez, d’abord, vous êtes quelqu’un de gauche, donc vous ne devriez pas tenir ce genre de propos si vous êtes de gauche. Et deuxièmement, c’est interdit par les conventions européennes. C’est interdit ce que vous dites. On n’a pas le droit d'être en prison à vie sans espoir de libération. C’est interdit. Et en plus elle aurait dû dire ce n’est pas un terroriste Abdallah puisqu’elle sait qu’il y a Abdallah, ce n’est pas un terroriste. Donc voilà à quel point la presse française, à l'époque de la fake news 86 a été défaillante et a collé cette étiquette terroriste dont pâtit encore aujourd’hui Abdallah. Et encore aujourd’hui, on a des gens comme Léa Salamé qui continuent de ne pas faire leur boulot dans cette affaire. Dans l'émission le 17 neuf de Nicolas Demorand, il y a Salamé. Vous avez quelqu’un comme Claude Askolovitch ? Une des rares fois où un journal a dit ce n’est pas normal qu’il soit en prison, on va lui donner la parole. C’est l’humanité qui a fait ça. C'était en 2019 ou 2020. L’Humanité a donné la parole à Abdallah. La seule fois où Claude Askolovitch, dans sa revue de presse sur France Inter, qui est la plus regardée les plus écoutée de France en radio, parle d’Abdallah. C’est de manière négative en disant Regardez, la gauche est devenue folle, elle défend un terroriste en claquant le journal l’Humanité. Voilà. Donc, là encore, on est dans l'émission de Léa Salamé qui ne dit rien. C’est terrible, quoi. La presse française mainstream est totalement défaillante dans cette affaire parce que aveuglé par ce qualificatif terroriste. Il y a pas mal de questions dans le tchat qui aimeraient te demander de préciser. Il y a notamment Roland de préciser l’intérêt des Etats-Unis dans cette affaire. Les Etats-Unis, je considère quand même que c’est eux qui décident, hein ? On voit ce qui se passe aujourd’hui dans la guerre israélo-palestinienne, ce qui décide si on arrête ou pas, c’est eux qui décident. Et l’Europe qui considère l’Europe comme un vassal, comme des pays vassaux, donc vassaux ou vassal, vassal, vassaux. Je crois que les Etats-Unis en sont encore à cela car je connais mieux l’influence. Comment dire que je connais mieux la politique des Etats-Unis en Amérique latine. Pour eux, la Colombie par exemple, c’est un pays qui décide de ce qui va se faire en lutte contre la guérilla. Donc les Américains ont toujours une politique impérialiste et pour eux, il n’est pas normal qu’ils ne puissent pas influer sur la politique française ou même la justice française, ça va de soi pour eux. Le problème, ce n’est pas qu’ils fassent pression, qu’ils fassent pression, à la limite, pourquoi pas. Mais Cuba aussi pourrait faire pression pour faire libérer je ne sais qui ou pour faire rester en prison ou je ne sais qui. Mais sauf qu’ils n’ont aucune influence, ils n’ont aucun poids. En revanche, les Etats-Unis trouvent des oreilles attentives dans l’exécutif français. Et c’est ça le problème. Que ce soit François Hollande, que ce soit Manuel Valls, que ce soit. Alors, avec Macron, les choses sont un peu différentes avec Macron parce que Macron n’est pas aussi pro atlantiste pro étasunien que ne l'était Sarkozy ou que ne l'étaient les gouvernements de François Hollande, François Hollande et certains membres de son gouvernement. Mais là c’est pour une autre raison, c’est que la trouille de gracier parce qu’il a le droit de grâce, il peut gracier s’il le souhaite. Emmanuel Macron. Il est tout à fait informé de l’histoire. Emmanuel Macron Il a été à plusieurs reprises. Il a été lors de son premier voyage officiel en Tunisie. Le comité de soutien l’a interpellé.
David Dufresne
Alors ça, c’est une scène dans un autre film « Le Fedina », voilà ce que vous pouvez trouver chez les copains d’ici, Les Mutins de Pangée que j’ai regardé, qui est un film plus, pas un film d’investigation comme le tien ou d’enquête, Voilà comment cette histoire, à travers la famille, notamment les frères de Georges Ibrahim Abdallah, évolue au fil des ans. Et on voit en effet la venue de Macron en Tunisie qui semble à ce moment là Si au début de qui comprend rien,, il demande de quoi il s’agit. Or, dans ton film, on voit quelques années plus tard qu’il sait très bien de quoi il s’agit puisqu’il répond Il faut ici expliquer pourquoi. Il faudrait qu’ici, grosso modo, des aveux déguisés
Pierre Carles
Donc Macron, il est au courant, Il n'était pas au courant au début de son premier mandat, on le voit dans le film. Flying, tu as raison, il ne comprend pas beaucoup de quoi il parle. Ces gens-là qui m’interpellent sur la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Et là il y a un conseiller ou un ou un membre de la délégation tunisienne qui vient le voir et qui lui explique Abdallah qui lui fait une petite leçon d’histoire. Un an plus tard, il est informé et récemment encore, au début de son deuxième mandat, il a été interpellé par les membres du comité de soutien lors d’une visite dans les Hautes Pyrénées, pas loin de la prison de la maison, qui l’ont informé. Il a demandé à ce que son chef de cabinet soit contacté. Donc il est tout à fait au courant. Le staff de Macron, son conseiller sécurité, sa conseillère justice, son chef de cabinet connaissent parfaitement l’affaire, L’affaire Abdallah et les autorités libanaises. Le Premier ministre libanais Mikati a déjà demandé à l'époque de Fillon, donc il y a déjà plus de onze ans, a déjà demandé la libération d’Abdallah. Les Libanais la demandent pour eux, ça va de soi. Abdallah n’a plus rien à faire en prison, pour le gouvernement libanais. Mais il y a cette étiquette terroriste qui fout la trouille. Je pense au président de la République. Il se dit que si je gracie un terroriste, ce que n’est pas Abdallah, si je gracie un terroriste, l’extrême droite va me tomber sur la tête. Le Rassemblement national, la droite et on va s’en prendre plein la gueule. Donc il y a aucun courage politique, il n’y a pas de courage politique Macron et donc il ne va pas prendre de décision. Et là ce n’est pas les États-Unis qui lui disent de faire cela, c’est simplement un manque de courage politique me semble t il. Ça c’est mon hypothèse. Mais, mais, mais déjà de pouvoir faire le distinguo entre un guérillero, un terroriste
David Dufresne
Ce que tu fais là depuis plus d’une heure déjà, c’est de pouvoir faire ça. C’est quasiment devenu un luxe parce que partout on va t’expliquer que c’est un terroriste, ni plus ni moins, et que c’est effectivement aujourd’hui, ce sont les deux nouvelles figures du diable pédophile et terroriste.
Pierre Carles
Mais bien sûr ! Et pour faire ce genre d’enquête, il faut être très indépendant. Il faut être très indépendant. Je crois qu’en ce moment, il y a un article, je livre un petit scoop, il y a un article qui a été écrit. Je pense que c’est une double page, mais en tout cas il y a une page, il y a une page qui a été produite par le monde qui a été. Il y a une enquête qui a été faite par Le Monde sur l’affaire Abdallah depuis les attentats. Elle devait sortir au moment du début de la 40ᵉ année d’incarcération d’Abdallah, donc le 24 octobre 2023. Il y a eu entre-temps le retour de la guerre israélo-palestinienne à partir du 7 octobre 2023. Et l’article est au marbre. Il ne sort pas. Si parler d’une injustice commise à l'égard d’un militant, d’un guérillero pro-palestinien, ce n’est peut être pas le moment. Là aussi, manque de courage, manque de courage. Donc il y a des enquêtes qui ont, qui ont démarré. Il y a eu des tentatives de raconter l’affaire Abdallah dans la grande presse, mais pour l’instant manque de courage et une injustice commise à l'égard de quelqu’un qui est considéré comme ou qui est qualifié de terroriste. Donc une injustice commise à l'égard de quelqu’un qui a l'étiquette terroriste. On se dit que le public n' est pas prêt à accepter ça. Quoi qu’on dépense de l’argent, qu’on mette des moyens d’enquête importants pour cela. Mais est ce que je dis bien aucun ? Est ce que c’est des grands médias d’investigation français ? Il n’y en a pas tant que ça. Il y a la cellule d’investigation de Radio France, il y a Mediapart, il y a Le Monde qui a les moyens, le Figaro qui a les moyens de faire des gros enquête sérieuse, d’aller voir Hillary Clinton pour savoir qu’est ce qui s’est passé lorsqu’elle a discuté du Cap Dallas avec Fabius en 2013. Eux, ils ont les moyens de faire ça. Moi, je n’ai pas les moyens d’aller aux Etats-Unis et d’enquêter sur le versant américain, mais j’en oublie quelques uns. L’Agence première ligne, l’agence première ligne, c’est elle qui produit Cash Investigation. Élise Lucet Ces gens là, ils ont les moyens de faire une enquête là dessus. C’est un peu tout ce qu’il dit. En tout cas, ces gens là, dans les tactiques d’intervention, ici, en tout cas, en tout cas, ces gens là, ces gens là ont les moyens de faire de l’investigation costaud. Donc, oui, ont les moyens de faire de l’investigation costaud, sérieuse, sur cette affaire qui est une affaire géopolitique, qui est une affaire de fake news, qui est une affaire de détention totalement hors normes. Exceptionnellement donc, ils ne le font pas, ils ne le font pas parce qu’ils se disent public va pas suivre, économiquement, ça ne va pas être rentable. Il y a d’autres raisons probablement pour lesquelles Mediapart ne veut pas faire cette enquête. Tu poseras peut être la question à Plenel dans deux jours pourquoi il n’y a pas d’enquête sur Mediapart sur cette affaire ? Ils ont écrit un article en 2012 ou 2013 je crois, un article de Michel de Léon. Mais ce n’est pas une enquête, c’est un article où il n’est pas question de la fake news de 86. Donc voilà. Donc il y a un gros souci dans la presse d’investigation française avec cette histoire. Elle est taboue, c’est une histoire taboue. Alors que si on. Alors si on dit je t’apporte une enquête dans lesquelles il y a une ingérence d’une puissance étrangère sur la politique française ou sur l’exécutif et le système judiciaire, ou il y a une fake news d’une ampleur d’une ampleur incroyable. C’est à dire qu’elle est tellement puissante que les Français sont sondés par rapport au fait qu’Abdallah ait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Et bien sûr qu’ils sont d’accord puisque la presse leur a dit que c'était le plus grand terroriste des années 80. Le 24 mars, juste après son procès, juste après son procès. C’est marrant parce qu’au-dessus, il y a un truc. Maître Matsuri était un agent de la DGST.
David Dufresne
Alors ça, on ne va pas parler, on ne va pas parler de ça. Il y a ce rebondissement, c’est-à -dire que des avocats, il y avait un des avocats d’Abdallah travaillait avec les services secrets, il travaillait avec la DST ou la DGCCRF, je sais plus, la DGST. Cependant, c’est quand même incroyable, ça aurait dû valoir la nullité de la procédure, ça aurait dit voilà, on a lutté la procédure, le fait que l’avocat soit déloyal vis à vis de son client, rien. C’est passé comme une lettre à la poste. Donc tout ça pour dire qu’avec tous ces éléments là, Netflix fait une série
Pierre Carles
Normalement, Netflix doit faire une série avec tous ces éléments là, les Etats-Unis, le Liban, la France, Israël, Fake news, etc. Rien, rien, rien. Parce qu’une injustice commise à l'égard de quelqu’un étiqueté à tort terroriste, ce n’est pas bien, ce n’est pas bon.
David Dufresne
Donc tu as dit tout à l’heure que tu n’avais pas les moyens d’aller aux États-Unis pour interviewer Hillary Clinton. Euh les amis. Vous qui nous écoutez exceptionnellement, ne donnez pas à la Poste mais donnez à Pierre. Il y a une cagnotte pour le film pour racheter les droits d' archives et pour peut-être aller à Washington.
Pierre Carles
On va revenir sur les dossiers qui nécessitent par rapport à la cagnotte. Donc je précise juste que j’ai compris. En fait, on a commencé ce film pour le cinéma, il est pour le cinéma. A priori, il n’ira pas à la télé, il y a peu de chances qu’il aille à la télé. Aucun de mes films n’est allé à la télé ces dernières années, même depuis le début. D’ailleurs. Pourquoi je dis ces dernières années, je ne sais pas pourquoi depuis 25 ans, mais pour l’achever, il nous manque. On a quelques financements. On a déjà eu un premier appel à Don qui avait permis de démarrer l’enquête. Là, on en refait un. Il s’agit de payer la fin du montage. Le tournage est quasiment terminé, Je n’avais pas 12 000 €. Nous pouvons acheter les droits des archives et reprendre le montage du film avec 23 000 €. Nous achevons le montage en entamant la postproduction mixage étalonnage. Avec 30 000 €, nous finissons la postproduction et nous pourrons commencer à préparer la sortie en salles. Voilà les paliers Et donc à 200 000 €, tu vas à Washington, on va à Washington en Concorde. Et même si on aura du mal, il faut peut-être leur mettre pour toi, juste pour ça. Voilà, il nous manque un peu d’argent pour finir le film. Il est déjà tourné, ce qui est déjà pas mal quand même. On a 20000 pour le jet de nous, on a déjà réussi à le tourner, c’est déjà pas mal, même s’il manque encore deux ou trois petites choses. Le montage est déjà entamé, il y a des archives importantes à acheter. On a trouvé de formidables archives de l’avocat Jacques Vergès qui sont inédites, qu’on va essayer d’acheter et on espère donc, de manière très indépendante, arriver à faire ce film que le système médiatique français et le système télévisuel n’arrivent pas à faire et n’a pas envie de faire. Et on espère le faire. On va le faire pour le cinéma parce que c’est encore un des rares lieux d’indépendance éditoriale.
David Dufresne
Alors il y a Impérial Box qui nous dit ici que Mediapart a parlé de l’affaire il y a peu de temps, précisant les incohérences, de l’affaire, notamment 86. Et Blast a fait une excellente vidéo également.
Pierre Carles
Oui, absolument. Blast d’ailleurs, c’est une de mes collaboratrices, Clara Menée, qui a fait cette vidéo. Donc c’est quelqu’un avec qui je travaille et je l’encourage à faire cette. Et c’est Denis Robert aussi qui l’a encouragé à faire ce reportage d’une vingtaine de minutes. Donc ce n’est pas l’enquête de 2 h qui a lieu dans le film, mais c’est un très bon boulot. Qu’a fait Clara qui l’a ramené, qui est une jeune journaliste très volontaire et engagée. En ce qui concerne Mediapart, non, Mediapart n’a pas fait l’enquête qu’on peut attendre de Mediapart, c’est-à -dire quand il y a parfois une enquête, c’est costaud quoi. L’enquête sur la fake news en 86 n’a toujours pas été faite. Même le site Arrêt sur image Daniel Schneidermann, qui connaît très bien l’histoire, connaît très bien l’histoire. Il a été en couple à un moment donné avec Chloé Delaume, qui est une écrivaine et qui est la nièce de Georges Ibrahim Abdallah. Chloé Delaume, l'écrivaine, qui était donc la compagne à une époque où lui, le compagnon de Chloé Delaume, Daniel Schneidermann, il connaît très bien. Ils ont écrit un livre ensemble où il est beaucoup question de Georges Abdallah. Il n’a jamais documenté Arrêt sur image, n’a jamais documenté l’affectif de 1986. Il y a vraiment un problème avec cette fake news. Alors pourquoi il y a un problème ? Parce que peut être qu’il y a des journalistes encore influents aujourd’hui qui sont qui ont trempé dans cette fake news, qui ont été à l’origine de cette fake news et on a peut être pas envie d’aller les chercher, on a peut être pas envie de documenter ce qu’ils ont fait. Il y a par exemple l’actuel on va donner des noms. L’actuel président du Prix Albert Londres. Hervé Bruzini fait partie de ceux qui ont trempé, de ceux qui ont participé à cette fake news. Alors lui, il a accepté un entretien dans notre film et y fait un début d’autocritique. Mais les journalistes ont du mal avec l’auto critique. Véronique Brocard, de Libération, qui a aussi participé à cette fake news On va la voir, on la voit accepter de dire on n’a pas été bon, on a déconné et je crois qu’elle le dit aussi. Et l’autocritique, ce n’est pas notre fort.
David Dufresne
Mais cette fake news est d’une ampleur incroyable. Quand vous verrez, quand quelqu’un fera sérieusement le travail ou quand vous verrez le film, quand il sera fini, vous verrez qu’on a quand même raconté un nombre de conneries énormes sur Georges Ibrahim Abdallah en 1986 sur lui et ses frères. J’allais y venir. Est ce que, au fond, cette histoire que tu débutes, que tu veux que tu racontes ? Est ce que ce n’est pas aussi notre défaite ? En tout cas, la tienne finalement ? Ça fait 25 ans. 30 ans que tu travailles en partie sur le monde médiatique, que tu travailles sur la lutte armée. Et aujourd’hui, j’ai l’impression que tu es encore plus inaudible qu’il y a 25 ou 30 ans où tu pouvais quand même accéder à quelques médias de masse, comme on les appelait à l'époque mainstream aujourd’hui. Est ce que. Est ce qu’il n’y a pas aussi dans notre façon de faire quelque chose qui a raté son coche ?
Pierre Carles
Probablement non. Mais le système médiatique au sens large du terme intègre Internet, les réseaux. Et capable de se régénérer en permanence. Et même quand on prouve qu’il y a des sujets tabous. Il y a des enquêtes non réalisées. Ils arrivent toujours à faire croire que Mais non, c’est fini, ça c’est fini ça. Des gens nous disent Mais Netflix, Netflix va le faire. Je suis allé voir Netflix, ils sont dans le film, ils ont Netflix, ils sont Ben oui, mais bien sûr, on leur dit tiens, si on amène un truc comme ça, on va voir ce qu’ils font. Ça m'étonnerait qu’une multinationale américaine produise un film avec un parti pris pro-palestinien en disant qu’en gros, ce type là, il a peut être son groupe. Des raisons légitimes de pratiquer la lutte armée à ce moment-là, dans les années 80 contre des diplomates et militaires américains israéliens, ça m'étonnerait. Ça m'étonnerait qu’ils s’offusquent d’une incarcération hors norme comme celle de George Ibrahim Abdallah. Alors qu’aux Etats-Unis, qu’un type meurt en prison, ça pose aucun problème quand il n’est pas condamné à mort. Donc on va voir, ce sera intéressant de voir la réaction de Netflix par rapport aux projets qu’on leur a présentés. Pour l’instant, on n’a pas eu de réponse, mais en tout cas, il y a toujours dans ce système là une capacité de dire non. Mais c’est vrai, à l'époque on ne parlait pas de ça, mais aujourd’hui on pourrait parler, on peut parler de tout. Alors ce n’est pas tout à fait faux, hein, parce que la profusion des nouveaux médias fait qu’on a remplacé l’expression n’est pas de moi. On a remplacé le Ferme ta gueule par Cause toujours Je ne sais plus qui avait eu cette formule que je trouve tout à fait pertinente. Donc là on est dans le constat que c'était Coluche. Peut être. En tout cas, on est plutôt dans cette ère-là. Aujourd’hui, on est plus dans la censure, la démocratie. Je crois à la démocratie. On va peut être. En tout cas, on n’est plus dans la censure traditionnelle classique, mais elle subsiste quand même. Sur l’affaire Abdallah. On est dans le ferme ta gueule, on n’est pas encore dans le camp de toujours. Donc il y a. Il y a aussi parfois des bugs dans le système. Et mon boulot, moi c’est entre vous et le tien aussi je pense, c’est de mettre les gens face à leurs contradictions. Que des gens qui tiennent des grands discours. On te parle de la France, patrie des droits de l’homme, on est dans cette affaire, sûrement pas la patrie des droits de l’homme, au contraire. Sur Netflix, je ne sais pas, mais l’avantage, je trouve de la machine de divertissement américaine, c’est qu’elle est capable, au nom d’une bonne histoire, de créer de la critique sociale. Je pense qu’il y a dans certaines séries, par exemple, par exemple Breaking Bad, c’est vraiment une critique sociale du système de santé, c’est à dire qu’un prof en devant en vienne à devenir laborantin de drogue parce qu’il ne peut pas payer ses frais de santé, c’est quand même quelque chose. De critique sociale très forte. Oui, mais là, tu parles de fiction en matière documentaire élémentaire, en matière documentaire, il y a quand même ce contrat passé avec le spectateur dans le documentaire. Tout ce que je vais vous raconter est vrai et si c’est faux, par exemple, dans ce film, vont être mis en cause tout un tas de personnes.
David Dufresne
Jean-Louis Barrault Oui, la dictature, c’est ferme ta gueule. La démocratie, c’est cause toujours c’est Jean-Louis Barrault d’après Sentier Battant que nous saluons. Merci pour cette précision qui est le plus ancien assigné de France, assigné à résidence en France : Kamel Daoudi
Pierre Carles
D’accord. Je sais plus ce que je voulais dire. J’ai perdu le fil de mon intervention. Mais oui, des gens vont être mis en cause. Documentaire, Fiction, Documentaire, fiction. Des gens vont être mis en cause dans ce film. Des magistrats, des responsables de l’information, des hommes politiques, des. Si c’est faux, ce que je raconte. Ils ont tout à fait le droit de dire c’est diffamatoire, c’est bidon ce qu’on raconte. Car son enquête, son enquête. De lui, son équipe est bidon, donc il m’attaque. Or, une fiction ne peut pas faire ça. Dans une fiction, on dit que c’est librement adapté, extérieur. Là non, là, on est obligé quand même d'être très précis, d'être, de sourcer, d’avoir des sources inattaquables et de dire non, non, ça s’est passé comme ça quoi. Et ça, c’est la différence avec une fiction, un documentaire. Qui s’engage quand même beaucoup plus. De ce point de vue là, et si les gens mis en cause qui sont vivants, ne sont pas des êtres de fiction qui sont encore pour certains très influents ? Considèrent que leur honneur a été mis en cause. Ils attaquent. Là, je serais curieux de voir ce qu’ils vont faire. Je serais curieux de voir ce que va faire Léa Salamé. Je serais curieux de voir ce que vont faire ces gens là. Quoi ? Pire, Angelo ne me tacle. Petite précision David, c’est vrai que Mr Carl n’est pas très audible dans les médias mainstream, mais il est très connu sur les divers internets. On parlait encore de Pierre hier sur le stream de Denys. Si c’est le cas, c’est le top pour toi sur Twitch. Voilà un bisou à Pierre-Carles et bravo ! J’avais lu Pierre Bourdieu et c’est à Pierre Carles et bravo encore pour toute son œuvre. Donc voilà, merci, merci, mais restons un tout petit peu. Est ce qui t’arrive de temps en temps de faire un peu d’introspection et de rétrospective en disant Tiens ! Moi finalement, je m’en sors pas mal parce que je mène mon œuvre et puis je reste dans une forme d’intelligence, mais je suis de plus en plus corné et de plus en plus marginalisé. M Tu as. Tu as raison, mais est ce que ça t’emmerde ou est ce que tu en fais ton. Tu préférerais effectivement que ton travail ait plus d’impact et plus d’influence, plus d’effet qui permet la libération d’Abdallah ? Enfin, c’est ça ce qu’on va viser comme objectif, c’est de faire en sorte que s’il n’est pas sorti au moment où le film lui sera visible en salle de cinéma, ça fasse bouger les lignes. On a toujours cet espoir. Après, est ce que c’est une utopie ? Est ce que c’est naïf ? Rien. Sinon, si on se disait que nos actions en tant que réalisateur, journaliste n’ont pas d’effet. Donc je pense qu’il y a quand même toujours l’illusion. C’est peut être naïf de ma part de penser qu’on va faire évoluer les choses et on ne les fait pas forcément évoluer sur le moment. Je ne sais pas moi j’ai fait un film sur le sociologue Pierre Bourdieu il y a une vingtaine d’années. Je pense qu’il y a tout un tas de personnes qui ont pris connaissance de l'œuvre de Bourdieu et sa grille d’analyse qui me paraît toujours très pertinente aujourd’hui. Ce n’est pas qu'à moi qu’elle paraît toujours très pertinente aujourd’hui. En effet, Marianne, on fait sa une aujourd’hui, cette semaine. Donc je pense que le film, même si sur le moment il a été vu que par personne, je suis pour un sport de combat, de sociologie, un sport de combat. Il a été vu par 100 000 personnes, ce qui est beaucoup pour un documentaire, mais ce qui est rien par rapport à une émission de télévision ou même à certaines émissions d’internet. Euh. Mais il a fait son chemin quoi, il a, il a diffusé, il a diffusé, voilà. Et c’est un peu ça notre boulot aussi, c’est diffuser des sons de cloche qu’on entend peu, des discours dissidents, hérétiques, non orthodoxes. C’est ça notre boulot, c’est de faire, de faire en sorte que ces choses là se diffusent. Mais est ce que tu n’as pas l’impression qu’il y a un rétrécissement par rapport à il y a 25 ans ? Il y a un système en tout cas qui a une capacité de régénération très, très forte sur la critique des médias. Moi et quelques autres camarades avons tenté une critique radicale des médias, Bourdieu avec ses bouquins, Patrick Champagne, notre sociologue qui vient de mourir, qui avait fondé l’association Acrimed Action critique, médias qui disent toujours Gilles Baldassare avec son film Les nouveaux chiens de garde, Serge Halimi, etc, etc. On a, on a développé, on a fait un petit journal qui s’appelait Pour lire, pas lu et qui ensuite est devenu le plan B qui était un journal très offensif. Et voilà, il reste un héritage. C’est la fameuse carte qui possède les médias que publie régulièrement Le Monde diplomatique, le journal Le Monde Diplomatique, mais que j’ai traité hier. Mais la critique des médias a été, comment dire, régénérée. Je dis une connerie. Cette critique radicale des médias a été, mais a été occultée, en tout cas dans l’espace public, par une critique soft, une critique anecdotique quotidienne, par exemple, l’autre abruti. J’ai entendu Yann Barthes que ces gens là, très imbus d’eux mêmes, pensant être les plus grands subversifs de la planète, continuent de dire c’est eux qui sont sur le devant de la scène, qui ont de l’audience, et ils ont développé une critique soft qui remet pas en cause le système médiatique, qui le critique à la marge, de manière très anecdotique, très soft. Donc c’est ça, nous on continue, mais il y a un système en face, il y a des. Capacité de régénération, de déplacements très forts. Et ça peut être on l’a un peu sous-estimé, mais voilà, on ne peut pas le supprimer.
David Dufresne
Plenel sera à ta place mercredi, demain ce sera Claire Sécail C’est une chercheuse qui travaille sur Hanouna et qui a sorti un petit bouquin. J’ai entendu dire qu’il y a certains bouquins qui, pour le coup, tapent vraiment dans les dents les fondements du système populiste d’Hanouna. Passionnant. Je crois que j’en ai reçu deux exemplaires. Je vais t’en filer un Elle sera là demain. Je reviens sur l’actualité. Ibrahim Abdallah Il y a dans le chat des gens qui ont demandé s’il y avait des pétitions. Et puisque toi tu as cité l'équipe avec laquelle tu travailles, je tiens à citer et à remercier Pauline Todesco, avec qui je travaille, qui m’a aidé à préparer cette émission et qui a retrouvé quelques noms de gens qui soutiennent Georges Ibrahim Abdallah qui demande sa libération.
Pierre Carles
Alors il y a quelques LFI des députés dont Sylvie Ferrer qui, quand elle a visité je crois, en prison. Il y a eu dans la presse locale des articles disant "Mais pourquoi ce député va le visiter ? " Il y a le réalisateur Robert Guédiguian, il y a notamment Chomsky, il y a Tardi, il y a Annie Ernaux, il y a Angela Davis, mais il y aussi des partis très minoritaires Lutte Ouvrière, NPA, Révolution permanente, le PC et puis la Ligue des droits de l’homme et d’autres encore. Il y a un grand rassemblement tous les ans devant la prison de l’ADMD. Il y a le mouvement t’exagères là, il y a un millier de personnes. La dernière fois, Non, la dernière fois, la manifestation a été interdite et finalement autorisée au dernier moment. Mais il y a un an et quelques mois, il y avait un millier de personnes qui étaient présentes devant la prison. J’ai oublié de citer dans les gens qui m’aident aussi à faire des films très indépendants, ma productrice Annie Gonzalez et sur ce film qui a produit aussi le film sur la guerre, il y a des FARC et sur ce film là, une monteuse, Florence Jacquet, vachement engagée. Heureusement, il y a des gens qui s’engagent sur ce genre de projet. Mais il y a un comité de soutien qui est très actif à Bordeaux, à Toulouse, à Marseille, à Paris, à Nantes, à Bagnolet, dans le nord de la France, il y a des municipalités communistes qui ont fait de Georges Ibrahim Abdallah leur citoyen d’honneur, notamment celle de Grenay dans l’ancien bassin houiller, une municipalité communiste qui le défend depuis longtemps.
David Dufresne
Et qu’est ce qui amène ces gens à soutenir non pas cette cause perdue, mais cette cause ancienne ?
Pierre Carles
Finalement, ça fait 40 ans qu’il est incarcéré, 40 ans. Alors il est surtout défendu depuis le comité de soutien et surtout depuis 2006 2005. À partir du moment où on a commencé à considérer que sa détention était hors norme. Qu’elle dépassait les 25 ans qu’elle dépassait en 2007, on était encore à combien à 23 ans ? Quelque chose comme ça ? Et donc, c’est à partir de ce moment là qu’il y a eu un mouvement qui au départ était aussi défendait la sortie ou réclamer la sortie des prisonniers d’Action directe qui avaient dépassé les 20 ans d’incarcération Nathalie Mélenchon, Jean-Marc Rouillan, Régis les Chairs, Georges Cipriani qui ont fini par sortir. Et puis une partie de ce comité de soutien à Action directe s’est reportée sur Georges Abdallah. Il y a aussi des Basques qui sont encore en prison depuis plus de 25 ans en France. Et voilà, il y a eu un mouvement par solidarité à l'égard du camarade de camarade communiste. Parce que tous ces gens là, il faut quand même s’en souvenir, sont des gens qui sont des communistes qui veulent une société. Moins de justice, plus de justice sociale, moins de domination. C’est quand même ça qui les fait se battre ?
David Dufresne
Alors il y a Alfred qui nous dit qu'à Tarbes aussi il y a un comité. Bien sûr, même si on n’est pas beaucoup à Toulouse, il y a toujours un comité à chaque comité de soutien, à chaque manifestation. À Toulouse, c’est le copain valeur anarchiste et l’homme qui a fait ce néon derrière qui nous le qui nous le qui nous le dit. Je te pose quelques questions rapides, sans jeu de mots, je te libère. Raphaël te demande pourquoi Arte et France cinq ne pourraient pas être intéressés par un tel film. Alors pour ce qui concerne Arte, nous avons envoyé le dossier.
Pierre Carles
On attend une réponse, on va voir s’ils sont décidés à produire pour la télévision cette enquête. Donc on va voir, on est en contact avec les gens d’Arte. Il me semble que la télévision en ce moment, ce qu’elle fait, c’est plutôt produire des films sur des faits divers qui font diversion, comme disait Bourdieu. Alors ça, ils adorent. Alors on va avoir l’affaire. Agnès Leroux : Il y a un téléfilm, il y a une heure, il y a eu un documentaire et une série documentaire qui était assez bien foutue. On connaît le réalisateur, ce serait Milner, on le connaît, mais il ne faut pas non plus être naïf. Le fait divers est là pour faire diversion quand on parle du fait divers et si on ne parle pas du social en total désaccord avec cette phrase de Bourdieu, elle est tout à fait pertinente et c’est très bien, mais je ne veux pas l’admettre. Donc je ne sais pas pourquoi tu es d’accord avec cette phrase. Non, pour une bonne idée alors. Parce que je pense que certains faits divers vont au cœur de la pâte humaine et que donc en réalité, c’est d’humanité dont on parle. Donc c’est extrêmement important. Moi j’ai été fait divers, notamment à Libé, toi, et je pense que le fait divers peut avoir des vertus presque humanistes en fait, de s’intéresser à ça, vraiment. Mais je comprends très bien ce que veut dire Bourdieu, c’est on prend ces choses là pour ne pas parler d’autre chose. Là dessus, je suis d’accord. Si ça se contente par cette citation de Bourdieu et même c’est pire que ça, puisqu’on sait qu’aujourd’hui on légifère vraiment de plus en plus avec des faits divers, c’est à dire que ce sont des prétextes à construire une société, alors que je pense que certains faits divers peuvent vraiment beaucoup nous apprendre sur nous mêmes. Et c’est pour ça que cette phrase de Bourdieu est souvent répétée. Dans nos cénacles, elle m'énerve parce je pense que si il y a des faits divers qui peuvent l'être, ça ne remet pas en cause le fait qu' un journaliste puisse de manière intelligente et politique même couvrir des faits divers. Par exemple l’affaire du violeur de Sambre, l’affaire du violeur en série, ça raconte quelque chose de la non-prise en compte des violences par les héros des viols et des viols. Il est venu nous en parler. Voilà, donc là on est dans la politique, mais c’est exceptionnel, c’est exceptionnel. En général, l’usage que fait la télévision ou les grands médias, des faits divers, c’est plutôt de la diversion, c’est plutôt pour ne pas parler d’autre chose. Mais les gens n’en ont pas forcément conscience. Ce ne sont pas les agents sociaux, comme dirait Bourdieu, n’en ont pas forcément conscience. Les journalistes qui écrivent même s’ils peuvent écrire des choses très intéressantes. Donc voilà, on va voir si je pense qu’ils en ont conscience ici. Je pense que l’idée de deux, ça fait une histoire, ça dévitalise, dépolitise le fait divers pour n’en garder que l’aspect effectivement dramatique. Et après il y a aussi le fait de s’intéresser plutôt à de l’histoire révolue. Alors effectivement, on va faire une série sur les Brigades rouges comme le fait Arte va diffuser la série de Marco Bellocchio, On va parler de choses passées, révolues, anciennes. Mais l’histoire contemporaine, Abdallah s’inscrit dans l’histoire de la guerre israélo-palestinienne qui est quelque chose de tout à fait actuel. Ça, c’est plus compliqué pour la télévision de traiter de l’histoire contemporaine. Avec des partis pris forts. Voilà, ça c’est plus compliqué. Et elle ne le fait pas, elle ne le fait pas.
David Dufresne
Est ce qu’il existe une pétition ? Je ne sais pas si t’as répondu à cette question. Je l’ai posée tout à l’heure. Est ce qu’il y a voilà des gens qui nous écoutent, c’est Labelline notamment, par rapport à Macron. Existe-t-il une pétition pour demander à Macron la grâce de ce prisonnier ?
Pierre Carles
Je ne crois pas qu’il y ait une pétition envoyée à Macron. En revanche, ce qui est dommage, mais là encore, c’est que pourquoi Macron ne peut pas politiquement le gracier ? C’est à cause de cette étiquette terroriste ? Moi je m’attendais et j’ai fait la proposition à certains journalistes qui ont participé à la fake news de 1986. J’aurais dit mais pourquoi vous n’écrivez pas à Macron en disant bon, y a un type qui est en prison aujourd’hui, C’est en grande partie à cause des bêtises qu’on a involontairement raconté en 86. Ça, ça aurait de l’effet que ces journalistes là Hervé Bruzini, Edwy Plenel, Frédérique Lanteri, faites entrer l’accusé qui a participé aussi de cette pas dans Faites entrer l’accusé ou ils ont jamais traité l’affaire Abdallah Mais dans ce qu’elle écrivait à l'époque dans le Quotidien de Paris, ils ont participé de cette fake news sans le vouloir, volontairement intoxiqués par leurs sources s’ils écrivaient à Macron. Ces gens qui sont encore influents aujourd’hui, qui ne sont pas des gens à la retraite. S’ils écrivaient à Macron en disant bon, on a fait une connerie, ça serait pas mal de la réparer. Vous avez une possibilité de la réparer cette Gracie Abdallah Mais le problème c’est qu’il faut déjà accepter l’autocritique, accepter de faire cette démarche et ils ne le font pas quoi. Mais c’est ça. Ce qui serait à mon avis plus efficace, c’est que des journalistes qui ont involontairement. Participer de cette fake news et de cette étiquette infamante terroriste écrite au président de la République parce qu’ils ont accès au président de la République. Un citoyen lambda peut écrire une pétition, Je pense que ça se passera, ça se perdra dans les limbes des pétitions.
David Dufresne
Baklavas Pistache te demande où est ce qu’on peut trouver les autres films de Pierre Carles.
Pierre Carles
Alors ils sont tous en V.O. D Donc on peut les trouver sur le site de CP Production Les Mutins de Pangée aussi je pense les ont sur leur site, ils n’ont pas celui sur Action directe. Non parce qu’il n’est jamais sorti en salles. C’est un film qui a fait l’objet de beaucoup de projections débats. Les comités de soutien l’ont beaucoup utilisé. Toi, tu l’avais vu parce que tu m’avais contacté une première fois. Je me souviens. Pour l’histoire de Tarnac, c’est vrai. Oui. Tu voulais savoir pourquoi Julien Coupat apparaissait dans un plan du film ?
David Dufresne
Oh la vache bonne mémoire en effet, c’est bien ça Une histoire antiterroriste aussi ? Ah ben oui, on ne se refait pas. Il avait été aussi accusé à tort de terrorisme. Ah oui, c’est vrai. Donc ni vieux, ni traître, on doit le trouver. Il doit être quelque part sur YouTube je l’ai revu hier, effectivement. Mais il est pour moi, il est inachevé, sérieux. Donc je cherche ta réponse, mais c'était une réponse très bonne alors t’avais pas voulu me donner le fin fond de l’histoire
Pierre Carles
Et le fait est simple, c’est que Julien Coupat était là. On ne savait pas qui c'était à l'époque, Julien Coupat Et il y a eu un plan qui a été fait sur le public au moment d’un débat avec les gens d’Action directe, il y avait Joey, LeBron, Eliott Ness et d’autres, et ils apparaissent, mais on ne savait pas. En le mettant dans le film, les monteurs ne savaient pas que c'était lui. Voilà. Et des gens ont pensé qu’on l’avait fait pour le montrer du doigt. Enfin, il y avait tout un tas de conneries qui avaient été racontées à l'époque. Mais j’ai fini sur l’autisme, J’ai fini sur X on dirait. Sur X. On dirait qu’il n’y a toujours pas de film d’enquête important qui a été fait sur ce groupe là. Quoi ? Ça reste à faire. Et ce film-là était insuffisant. Il était suffisant pour déjà raconter une petite partie de l’histoire. Niveau nitrate, il a beaucoup été utilisé par les comités de soutien pour réclamer la libération de Rouillant, Milligan, Cyprien et compagnie. Mais il n’est pas, à mon avis, ce n’est pas un bon film sur l’histoire d’Action directe. Voilà, donc c’est. Bonjour messieurs, je découvre la question en la lisant et merci pour cela et c’est passionnant. Une question pour Pierre Carles comment arrivez vous, au delà des dons, à financer vos films d’intérêt public depuis tant d’années ?
David Dufresne
C’est NH RD, RN Alors ça, ça sent la préfecture de police ou le fisc ? Je déconne.
Pierre Carles
Alors j’ai eu la chance d’avoir un premier film qui a très bien marché en salle de cinéma, qui s’appelle Pas vu, pas pris, qui est sorti en 1998, qui a fait plus de 170 000 entrées, ce qui est beaucoup pour un documentaire et qui a généré ce qu’on appelle du fonds de soutien automatique du CNC. C’est un peu technique, mais dans le système français, quand on achète un billet de cinéma, une part de l’argent part dans un fonds qui va être attribué ensuite aux producteurs productrices qui veulent produire le film suivant du même réalisateur. Et c’est automatique. C’est qu’il n’y a pas à dire ce qu’on va faire, c’est automatique. Si vous avez fait 170 000 entrées sur votre film précédent, on va vous donner automatiquement. Imaginons que ce soit 1 € par billet. On va vous donner 170 000 entrées pour le film suivant. Donc quand on fait des entrées de manière commerciale, presque. Et mes premiers films ont très bien marché, que ce soit la sociologie, sport de combat, attention danger, travail, Donc on pouvait déclencher le financement du film suivant juste avec ce fonds de soutien. Et là où le système est très malin, malin est intéressant, c’est que même les films américains envoient de l’argent dans ce fonds, mais ils n’en profitent pas parce que pour en profiter, il faut faire un film avec des techniciens français. Il y a des conditions nationales et des conditions sociales et il faut que le film soit en langue française. Donc l’avatar va contribuer à ce fonds. Sur chaque billet d’avatar, il va y avoir une partie du 400 mais Avatar ne va pas en profiter, ce qui est très bien. Moi je suis tout à fait d’accord avec ce système protectionniste qui fait qu’il y a qui avait possibilité de produire, de commencer à produire le film suivant avec des financements liés aux entrées du film précédent. Après on a fait moins d’entrées sur nos derniers films, donc il y a eu quelques financements institutionnels et régionaux. Par exemple, nous, on n’est pas à Paris, on est en région. Occitanie. La région Occitanie soutient les gens qui travaillent sur place. Ils s’en fichent de savoir ce qu’on fait comme film. C’est simplement qu’on bosse sur place, qu’on dépense de l’argent sur place, qu’on fait travailler des techniciens locaux. Donc il y a des financements institutionnels auxquels on a accès et puis des appels à dons qui ont été parfois assez importants. On a financé un film en 2016 avec ma camarade Nina Faure, on est allé en Équateur filmer le président de l'époque et sa politique progressiste mais contestée pour un film s’appelle On revient de loin, mais il a été quasiment financé en très grande partie par un appel à don qui a très bien marché. Les gens voulaient savoir ce qui se passait en Équateur à ce moment-là et ils ont financé notre voyage et une grande partie de la production de ce film. Voilà comment on se débrouille. C’est après on fait des films qui sont sous-financés, donc on les fait avec des moyens qui ne sont pas les moyens normaux pour des longs métrages en tout cas. Mais on n’est pas les seuls dans ce cas là, on ne va pas se plaindre. Le tout, c’est d’arriver à ne pas avoir de regrets sur les films qu’on fait. Par exemple, le film sur la guérilla des FARC. Alors là, j’ai eu un financement, on a eu un financement un peu particulier qui s’appelle l’avance sur recettes du CNC, qui est un gros financement institutionnel et qui nous a permis de tourner pendant dix ans. Avec Annie Gonzalez, productrice, on a réussi. Elle a réussi à m’envoyer pendant dix ans en Colombie, à Cuba, filmer les guérilleros et guerrières des FARC. Et en arrivant à la fin de la production de ce film, il ne faut pas avoir de regrets. Il faut dire est ce qu’on a pu faire ce qu’on voulait faire ? On a pu faire ce qu’on voulait faire. Ce qui est emmerdant, c’est quand on commence des films qu’on ne peut pas terminer parce qu’on manque de moyens. On n’a pas pu aller jusqu’au bout du projet initial. Jusqu'à présent, c’est toujours débrouillé avec un niveau à l’aise avec mes collaborateurs collaboratrices pour arriver à aller jusqu’au bout de ce qu’on pouvait vouloir faire.
David Dufresne
Alors il se trouve qu’aujourd’hui, tu as rejoint la SCAM. Je parlais de la SCAM tout à l’heure, société d’auteurs, multimédia, documentaristes. Et donc là il y a quelque chose d’assez intriguant pour moi puisque c’est une institution. C’est à dire si c’est le lieu qui recueille les droits d’auteur des documentaristes, qui les redistribue aux documentaristes et qui essaye de peser dans les dents la chronologie des médias dans l'économie. Ce que tu es en train de dire, là. Mais enfin, c’est quand même, c’est quand même l’institution. Qu’est ce que tu fous là dedans en fait ? Est ce que. Est ce que tu sais ce qu’ils ont cru ? Ils ont pensé dire j’imagine, un documentaire interne.
Pierre Carles
Si je le fais, je ne vais pas le dire. Mais ils ont, malheureusement ou heureusement, ils ont créé un poste avec un PULL en disant Voyez, je ne peux pas avoir de caméra, en fait, tu l’enlèves. Et puis il y a des boutons, c’est ça qui sont forts parce que tu n’arrives pas à savoir lequel, hein ? A Oui, oui, d’un trait. Et en fait, c’est le bouton pour bien jouer. Elle est là, mais elle bouge trop. Mais effectivement, il y a certaines personnes à la SCAM qui ont pensé que je venais faire un film en interne, en caméra cachée etc. Non, ils ont créé un poste d’administrateur pour le cinéma documentaire qui n’existait pas. Ce que j’ai fait, je ne l’ai pas dit, mais l’audiovisuel c’est la télé, voilà, c’est la non-fiction. Tout ce qui est non-fiction dans le domaine aussi du son, de l’audiovisuel, du cinéma, des images fixes. Qu’est ce qu’il y a encore ? Les cris en font une fiction. Bref, ils gèrent les droits d’auteur, ils distribuent. Et il s’avère qu’ils ont créé un poste d’administrateur. Il fallait avoir fait plusieurs longs métrages pour y postuler à ce moment-là. C'était après le Quid. Je n’avais pas grand chose à faire. J’ai postulé et puis j’ai été élu. Je n’ai pas été coopté. C’est très important parce qu’il y a beaucoup de gens qui sont cooptés aussi dans certaines commissions. Moi, j’ai été élu et donc je me suis retrouvé administrateur de la SCAM. Mes positions sont un peu minoritaires au sein de cette institution on va dire. J’ai parfois quelques conflits ou quelques discussions houleuses avec mes camarades. Ce n’est pas le terme camarade avec mes collègues, mes collègues, mais les autres administrateurs administratifs, surtout les administratrices d’ailleurs. C’est une société où il n’y a pas de problème de parité. C’est notre ancien ministre. Il y a, je crois, 18 femmes et cinq hommes. Donc, je suis un des hommes et des administrateurs de cette société et j’essaie de faire bouger les choses à petite échelle. Je suis ultra minoritaire dans ce truc là. Je ne sais pas si j’y resterai longtemps, ça m'étonnerait.
David Dufresne
Et est ce qu’il y a par exemple des choses qui t’ont quitté, qui t’ont fait changer d’avis, qui t’ont surprise en bien en disant Ah tiens, je ne pensais pas. Je pensais que le système était pourri, mais je ne pensais pas qu’il y avait telle ou telle chose ici ou là.
Pierre Carles
Non ce que j’ai pu constater en étant là dedans Il y a un grand entre soi, malheureusement parisien et culturel, c’est à dire des gens qui ont à peu près les mêmes profs, beaucoup de gens qui ont à peu près les mêmes profils, qui se rend compte beaucoup à Paris, où il y a des cercles de sociabilité très importants dans le milieu de l’audiovisuel, ça se reflète dans les prix, C’est ça. Ce que j’essaie de faire bouger, c’est de faire en sorte que les prix soient. Qu’on n’ait pas toujours le même type de film qui n’est pas une survalorisation des films sur les artistes, ce qui a été assez longtemps le cas, qui a un peu plus de, on va dire, de souci de documenter le monde social. Ce n’est pas le premier réflexe, on va dire, de beaucoup de gens à la SCAM ce souci là. Et aussi parce que les télévisions qui produisent les documentaires n’ont pas ce souci là non plus de documenter le monde social. Il y a un gros problème aujourd’hui à la télévision française, c’est celui de la représentation de la société française. Il y a eu un rapport de l’art comme l’art, comme c’est le CNC actuel, c’est ça. Ils ont simplement regardé la télé pendant je sais plus de quelques semaines, ils ont regardé où classer qui étaient les gens représentés. Alors aujourd’hui, en un rapport qui était rendu au Parlement il y a un an je crois, mais aujourd’hui, on va dire en 20 ans, actuellement la période actuelle, il y a une surreprésentation des CSP+ sur les écrans, donc des catégories sociales, professionnelles supérieures, surreprésentation des habitants des centres villes historiques. Les grandes métropoles, on les sur représente toujours dans le documentaire sous représentation des gens habitant dans les quartiers périphériques, des jeunes, des vieux surreprésentation de certaines catégories d'âge. Et même, il y a encore 38 % de femmes sur les écrans. C’est incroyable. Il y a encore 38 % de femmes sur les écrans de télévision aujourd’hui. Et alors ? Le paradoxe, c’est que la fiction, finalement, représente mieux les plus fidèles à la représentation des Français, des catégories socioprofessionnelles, des femmes hommes. Et que le documentaire, c’est quand même, je trouve ça pas possible. Ce n’est pas possible que le documentaire, le reportage, l’information représentent moins bien la société française que la fiction. Donc voilà, j’essaye là dedans de faire bouger les choses.
David Dufresne
C’est cet embourgeoisement on va dire. Tu lui expliques comment ? Par l’entre soi dont tu viens dit Il y a un entre soi, il y a différentes raisons
Pierre Carles
On ne va pas rentrer là-dedans si on peut rentrer là-dedans, là. Ah non, c’est si tu veux bien, on va le prendre là dedans, non ? Donc non, mais si tu veux. Mais j’ai écrit des choses pas très gentilles sur pas sur la SCAM mais sur les prix attribués par la SCAM dans un article qui parut sur le site de Marianne. Donc si vous tapez Pierre Carles Marianne, vous allez trouver ce que je pense de certaines choses relatives à la SCAM. Assez critique ce que j’ai raconté, mais je ne vais pas. Voilà, je parle juste, ça me semble accessoire par rapport à l’histoire, ça me semble anecdotique. Il y a Morgane Cox qui te demande que pense t il ? Pense t il faire un film sur les parents maires protecteurs qui sont punis par la justice pour avoir porté la voix de leurs enfants victimes de violences ? Ou alors ça c’est un sujet que je ne connais pas, donc je ne vais pas botter en touche. Mais je ne peux pas moi, aller sur tous les terrains, je vais sur les terrains où je me sens un peu compétent la critique des médias, la critique du salariat. J’ai fait deux films avec Stéphane Gogue et Christophe Caillot. Attention, danger, travail, vous l’aimerez. Fœtale, pas la décroissance, Les histoires de décroissance. On a été un peu les premiers à aborder ces questions avec vous. Voilà, il y a des sujets sur lesquels je me sens compétent, je me sens costaud et d’autres sur lequel je me sens incompétent. Donc ça demanderait des années, des années ou des mois de travail pour arriver à trouver, à être un minimum compétent là dessus. J’ai encore des films, d’autres films à finir, ce n’est pas ça qui est ma priorité aujourd’hui, désolé.
David Dufresne
Tout un pan du cinéma du réel est absent des festivals de cinéma. Tribune par Pierre Carles le 2 juin 2022 par Euryale. Si c’est bien, t’as vu ça ? Il est partagé alors je ne sais pas du tout de quoi il s’agit. Pierre Carles parle-t-il encore avec Karl Zéro ? Qui était cette personne qui a complètement disparu ? Ah non, il n’y a pas dix ans. Je. Ça, c’est une plaisanterie. Je crois qu’il est dans les idées, dans les faits divers qui font diversion. Tiens, il fait un bouquin, il fait un petit journal qui sort en kiosques encore, qui s’appelle je ne sais pas, je ne sais pas trop qui s’appelle Bruno, mais ça mérite pas qu’on parle de Karl Zéro Et je ne savais pas que tu l’avais côtoyé. Ah mais oui, donc pas vu, pas pris. Canal+ ne veut pas produire des reportages documentaires.
Pierre Carles
Moi, je vais le faire. Et bien sûr, il a fait comme les autres ont donné. Il s’est couché parce que la direction de Canal+, là où il travaillait à l'époque, lui a demandé de se coucher. Classique, classique. Mais quand vous êtes à la télévision, vous travaillez beaucoup d’argent, vous avez gagné beaucoup d’argent et vous bossez à la télévision comme Carles Zéro est arrivé. Mais tu t’es obligé de te coucher tôt. Tu ne vas pas ou alors tu te suicides professionnellement. Donc tous ces gens là qui la jouent impertinents, Ils savent très bien où s’arrêter.
David Dufresne
Je vais terminer avec deux questions la question rituelle à la toute fin, mais juste avant, je voudrais vraiment te demander comment en 2024, tu te sens par rapport à cette question là dont tu viens de parler déconstruire le terrorisme et la lutte armée ? Je précise ma question aujourd’hui, en 2024, en France,, la question de la lutte armée semble totalement révolue et n’est plus abordée pour tout un tas de raisons et qui est en tout cas le choix des armes n’est plus porté sur celui là. Pourquoi ça te semble important de continuer à réfléchir sur cette question là, quitte à puiser dans le passé, ce qui est une hypocrisie incroyable ?
Pierre Carles
Là, on va faire rentrer Méline et Missak Manouchian au Panthéon en février, qui est un résistant communiste, les deux étaient des résistants communistes. Et c’est l’histoire, la résistance, en fait, qui est derrière tout ça ? Ce n’est pas l’histoire de la lutte armée, c’est une des formes que prend la résistance. La lutte armée peut prendre d’autres formes, mais elle prend d’autres formes. Avec le soulèvement de la terre. C’est une histoire de résistance aussi, l’histoire du soulèvement de la terre
David Dufresne
Ils ont laissé leur badge l’autre jour sur le coussin d’accord de la Terre.
Pierre Carles
Ils étaient là, c’est ça ?
David Dufresne
Regarde le coussin. Tu sais pourquoi ? Parce que quand tu fais une tache de café, elle est masquée. D’accord. Bon, sinon, merci, c’est par rapport à la lutte contre les méga bassines et la gestion industrielle de l’eau.
Pierre Carles
Donc oui, l’histoire que je raconte Il y a un problème là aussi. On adore la résistance quand c’est du passé révolu. Alors là, les films sur l’histoire, la Seconde Guerre mondiale, il va y en avoir 200 à la télévision, mais comme si c'était arrêté. La résistance après la Seconde Guerre mondiale. Non, la résistance, ça continue sous différentes formes et encore aujourd’hui, ça peut prendre la forme de la lutte armée. Et d’ailleurs, c’est totalement délirant ce qui s’est passé après le 7 octobre où des gens ont dit que les Palestiniens n'étaient pas des résistants dans la bande de Gaza, ben oui, c’est des résistants, ils peuvent pratiquer des actions terroristes, c’est pas incompatible. On peut conjoncturellement être terroriste tout en ayant des pratiques de résistants et en étant des résistants. Donc la résistance qui est une situation où un opprimé répond à une situation d’oppression, c’est une histoire universelle et elle est stigmatisée, je sais pas comment on dit ça, on veut faire croire que c’est une histoire révolue, passé, alors que non, c’est quelque chose qui bouge encore et c’est quelque chose qui faut raconter. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille appeler à la lutte armée. Moi c’est pas ça mon propos, c’est simplement de rappeler que ça a existé il n’y a pas encore très longtemps. Et encore aujourd’hui, il y a un bad trip balkanique qui me tacle en disant que l’extrême droite s’arme pas mal quand même. Sur la question de la lutte armée, c’est vrai qu’elle vient de l’extrême droite, il y a régulièrement des arrestations de gens lourdement armés en France dont ils ont, eux qui ont pris cette option là. Bien sûr, la lutte armée peut être aussi commise par des gens d’extrême droite, mais ce n’est pas tout à fait la même chose, parce que l’oppression est ce que sont des opprimés, les gens d’extrême droite qui pratiquent les gens d’assassins. À ma connaissance, ceux qui faisaient partie du GUD, je ne sais pas si on ne va pas dire que c’est de la lutte armée peut être, c’en est pas, mais en tout cas, il y a beaucoup de gens d’extrême droite qui font, qui en tout cas se projettent dans la lutte armée mais qui ne sont pas des opprimés. C’est toute la différence.
David Dufresne
Question rituelle, question de fin Monsieur Pierre Carles. Qu’est ce qu’on a fait pendant presque 2 h ?
Pierre Carles
Qu’est ce qu’on a fait pendant presque 2 h ? J’ai un peu discuté avec toi. On se connaît peu finalement. On s’est croisés comme ça deux ou trois fois, écoute, j'étais content de discuter avec toi. Qu’est ce qu’on a fait ? Je ne sais pas si on aurait eu une discussion différente si on avait été hors présence des caméras et de ma petite caméra bouton. Là où tu penses que j’ai une caméra bouton. Mais non, écoute, je ne sais pas quoi dire. On a essayé de faire entendre peut être des choses peu entendues. On a essayé de faire passer d’autres sons de cloche que les sons de cloche dominants. On a essayé de tenir des propos libres. Voilà ce qu’on a essayé de faire. L’a-t-on réussi ? Je n’en sais rien.
David Dufresne
Merci beaucoup trop court, nous dit Satrape. Vous rigolez les amis ? Merci à tous les deux et à toute l'équipe et à toutes les équipes. On pourrait même dire c’est Patrick, c’est Bad trip Balkany. Alors merci pour cette discussion dite épiscopale. Monsieur Carles, c’est top d’analyser le live ainsi. Merci de votre présence au poste. Merci. Tenir des propos. Merci Pierre Carles pour cette franchise et cette humilité. Merci à tous les deux, à l'équipe. Voilà une belle allocution. Merci au poste. Merci à Pierre. Au top, comme toujours. Laisser quelqu’un de 40 ans dans une prison, c’est inhumain, nous dit Orazio. Faudra revenir, nous dit Ronan, quand le film va sortir. On attend le film avec impatience, nous dit Alfred.
Pierre Carles
Merci à toi. Merci beaucoup.

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