L’affaire Georges Ibrahim Abdallah (qui n’en finit pas)
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Amis des crèves du mois d’avril, des grosses crèves, amis du café, amis de la justice, notre invité est chez lui, et donc nous allons pouvoir, je pense, l’interviewer dans quelques instants. J’espère que vous allez bien, tous et toutes. Notre invité, c’est Jean-Louis Chalanset il a repris le dossier Abdallah en 2013 et ne l’a plus lâché. Jean-Louis Chalanset, avocat au barreau de Paris depuis 1980 et l’homme qui a obtenu ce que 12 années de procédures n’avaient pas réussi à produire. La libération de Georges-Ibrahim Abdallah après 41 ans de détention. Alors que je crois qu’il y a un raid, c’est ça, d’Ost Politik ? Ah oui, le Covid, peut-être ? Oh bon sang, t’as peut-être raison, dis donc, Ost, bonjour à toi, merci pour ton raid, merci infiniment, et bien je le prends comme un double soutien de ta part, merci, ou alors c’est toi qui est dedans ? En tout cas, revenons à beaucoup plus grave, Abdallah, Georges Ibrahim Abdallah. Il a donc été libéré en 2025, peut-être que vous en souvenez, mais figurez-vous que alors que sort demain le film documentaire de Pierre Carles consacré à la longue détention de Georges Ibrahim Abdallah et du rôle des services secrets, des américains, des médias. Alors le film sort demain, le 8 avril, c’est un film Auposte et je vous le conseille ardemment. Eh bien, figurez-vous que le 1er avril, il y a quelques jours, mauvais poisson, la Cour de cassation a annulé la libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah, jugeant que la procédure était irrégulière. Une décision qui reste théorique puisque Georges-Ibrahim Abdallah est désormais au Liban. Alors justement, on va voir comment ça se passe pour lui, vu les bombardements israéliens au Liban. L’homme de robe, donc Jean-Louis Chalanset, est convoqué au poste la veille de la sortie du film “l’Affaire Abdallah” de Pierre Carles. Je vois que Monsieur Jean-Louis Chalanset a tourné sa camera, bonjour Maître, attention Maître. Est-ce que vous m’entendez Maître ? Alors, vous m´entendez mais moi je ne vous entends pas je crois. Allez-y. Ah si ça devrait aller allo bonjour Maître !
Oui bonjour.
Quel bonheur de vous voir, j’allais dire en chair et en os. Ça fait tellement d’années que je vous vois de temps en temps dans les actualités télévisées à essayer de ferrailler avec la justice et vous voici au poste. Comment allez-vous ?
Très bien, merci, mais dites-moi, posez-moi les questions sur la libération de Georges et sur d’autres, d’ailleurs, puisque, comme vous le savez, j’ai défendu beaucoup de militants condamnés également à perpétuité qu’ont tous été libérés dans le passé.
Et oui, vous n'êtes pas mauvais comme avocat, on peut le dire. C’est pas à vous de le dire Maître, mais viola alors, l’idée, je sais pas si vous m’avez entendu présenter l'émission, l’idée c’est de revenir sur évidemment la libération, puis la décision de la Cour de cassation le 1er avril et aussi évidemment on va mettre quelques petits extraits du film de Pierre Carles dans lequel vous tenez votre rôle. On vous voit souvent ferrailler et donc l’idée c’est de parler de ce film qui sort demain. La première chose, c’est d’abord est-ce que vous avez des nouvelles de, vous l’appelez Georges, est- ce qu’on doit l' appeler Georges Ibrahim, est ce qu' on doit l' appeler Georges Ibrahim Abdallah ?
Le plus court, c’est Georges Abdallah.
Comment va-t-il ? Est-ce que vous avez des nouvelles ?
Oui, j’ai des nouvelles il y a quelques jours, il va bien, enfin aussi bien qu’on puisse aller dans un pays en guerre où il est évidemment une cible pour les Israéliens.
Absolument.
Il a encore fait une déclaration publique dans une manifestation il y a quatre ou cinq jours à Beyrouth.
Je vais vous faire parler juste une petite seconde de la décision de la Cour de cassation, c’est technique mais j’ai l’impression que ça en dit long sur l’acharnement judiciaire. Donc en gros, il est libéré en 2025 finalement, après je crois 41 années de détention, c’est ça ?
Presque 40 ans et 10 mois.
40 ans et 10 mois, faisant de lui le plus vieux prisonnier politique d’Europe.
D’Europe puisque les seules peines plus longues pour des militants politiques, c’est aux États-Unis. Même en Israël, le plus vieux prisonnier palestinien avait fait 39 ans de prison.
Il est libéré plus exactement, il est expulsé, c’est-à-dire la condition.
Juridiquement il n’est pas expulsé. Toute la difficulté est là, il quitte volontairement le territoire français accompagné de trois policiers.
Volontairement accompagné de 3 policiers, expliquez-moi ! C'était des policiers qui voulaient partir en goguette ?
Oui ça c'était le policier si vous voulez c’est pour assurer sa protection dans l’avion libanais mais enfin c’est n’importe quoi mais voilà
Bon, très bien. Et alors, la Cour de cassation a décidé, a dit que sa libération, puisque c'était une libération conditionnelle, qui avait été accordée, n'était pas bonne et qu’en fait, il n’aurait pas dû être libéré et expulsé de France.
Je vous explique, c’est un peu compliqué, mais en un mot, il y a un texte, une loi Dati une vieille loi Dati qui dit que pour les condamnés à la perpétuité, pour être bénéficier de la libération conditionnelle, ils doivent faire une période d’un an en semi-liberté ou en bracelet électronique, sauf s’ils ont une obligation de quitter le territoire français. Georges Abdallah est le seul militant, enfin, prisonnier condamné pour « terrorisme » qui n’a pas bénéficié d’une interdiction du territoire, puisque c’est un vieux texte pour lequel il était condamné. Il n’y a plus aucun prisonnier condamné pour les mêmes faits qui n’a pas une interdiction du territoire français.
Hum !
ils prennent ces arguties pour refuser sa libération en disant qu’il n’a pas fait un an de semi-liberté ou de bracelet électronique en France. Ce que d’une part il ne veut pas faire et que surtout le gouvernement ne veut pas, puisque leur grande angoisse en juillet, c’est qu’il reste même deux heures libres sur le territoire français. Donc évidemment c' est une hypocrisie totale, c' est un formalisme. Surtout qu' il renvoie devant une autre cour d’appel, autrement composée. Ce n’est pas définitif si vous voulez, il y aura une audience. Alors, ce qu’on peut dire, c’est que lorsque les bombes américaines font des morts au Liban en Palestine et ailleurs, la Cour de cassation trouve rien de mieux en pleine guerre de dire qu’il ne doit pas être libéré. Ce qui est une argutie complètement stupide et qui n’a pas vraiment de conséquences juridiques dans la mesure où il n’y a pas de convention d’extradition pour les nationaux entre le Liban et la France.
Je vous propose qu’on regarde la bande-annonce, elle dure 1 minute 29, le temps pour vous peut-être de régler la caméra un tout petit peu, c’est-à-dire parce qu’en on voit pas le haut de… Voilà, mais tout va bien, voilà, là vous êtes parfait. Même sans robe, vous êtes parfait. Voilà, là c’est bon le cadrage. J’envoie la bande annonce et on se retrouve dans 1 minute 29. Je rappelle l’affaire Abdallah de l' ami Pierre-Carles, ça sort partout en France dans quelques salles, demain, mercredi 8 avril.
Effectivement, c’est un cas unique. Je suis à Paris. Donc il n’y a aucun chef d’inculpation sérieux contre Abdallah. Aucun des chefs d’inculpation retenu contre lui n’est sérieux. Il est en prison pour les actions en 1982, mais pas pour les attentats terroristes de 1986 et en fait après, on a appris que c'était plutôt des attentats qui étaient organisés par des forces pro-Iraniennes. Georges Ibrahim Abdallah, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Et comment ne pas se poser des questions ? Vous n’avez jamais douté de ce que la politique..Mais si, bien sûr, on a écrit des bêtises quand même, hein ! En règle générale, au bout de 15 ans, on peut demander une libération conditionnelle. Il y a plusieurs demandes à nouveau de régulation, toutes rejetées. Les américains voient en Abdallah un terroriste extrêmement dangereux. Un pouvoir politique extérieur qui impose ses vues. Mais la France est un pays indépendant. Ah bah oui ! Abdallah, Georges Abdallah C’est la treizième manifestation devant sa prison. On espère que c’est la dernière.
Voilà, c’est du Pierre-Carles pur jus avec le rôle des médias. Je vois que dans le tchat, on s’en prend à Edwy Plenel. Il en est question dans le film. Edwy Plenel était venu au poste et s' en était expliqué. Mais d’abord, Maître Chalanset, peut-on reprendre au tout début cette affaire, en quelques mots ? Comme si c'était la première fois que vous la racontez.
Au tout début, il a été arrêté pour détention de faux-papiers à Lyon. Ensuite, de façon inopportune, on a découvert des armes qui ont servi à l’assassinat de diplomates israéliens et américains. On lui a attribué non pas les meurtres puisqu’il a été condamné pour complicité. Et ensuite, on lui a fourni, enfin, on l’a fourni. Il a eu un avocat qui travaillait pour les services de police, son premier avocats. Ensuite, il a désigné Jacques Vergès, qui a défendu avec Masurier, l’avocat des services secrets Abdallah. Les preuves ont été apportées par les États-Unis, par intermédiaires de l' avocat qu’ils avaient choisi, Georges Kiejman. La CIA et le FBI ont produit les preuves au procès et il y a eu des pressions américaines tout au long de la procédure pour qu’il soit condamné à perpétuité. Et alors que le procureur avait demandé 10 ans de prison, il était condamné à perpétuité et à l'époque, il n’y a pas d’appel possible devant une cour d’assise et ensuite, des demandes depuis 1999, il est libérable. De nombreuses demandes, environ 10 ont été présentées. Lui, la première a été acceptée, mais sur appel du procureur, la Cour de Pau a infirmé, ensuite réforme judiciaire c’est centralisée à Paris par les juges antiterroristes qui sont évidemment plus malléables que la juridiction régionale. Et un refus total, parce qu’il n’y a pas de repentir, parce que ses idées n’avaient pas changé. Et juridiquement, parce qu’il n' avait pas d’arrêté d’expulsions de la part du ministre de l’Intérieur, qui même lorsque le tribunal a estimé qu’il devaient être libéré, Manuel Valls a refusé avec l’accord de François Hollande, on le dit, on voit très bien dans le film, Hollande finalement, à l’honnêteté…
On verra l’extrait tout à l’heure, parce que Pierre m’a fourni trois extraits, donc on regardera l’extrait avec François Hollande et Manuel Valls.
Et Hollande effectivement dit il y a des pressions extérieures américaines qui ont été permanentes. C’est-à-dire que la dernière fois que j’ai plaidé, ou l’avant dernière fois, il y avait encore une lettre du gouvernement des États-Unis d’Amérique transmise par leur avocat au juge en disant ne le libérez pas. Donc ça c’est des pressions effectivement et la lâcheté des dirigeants français qui ont toujours refusé de froisser les intérêts américains et israéliens.
Alors, vous n’avez pas parlé de la fraction armée révolutionnaire libanaise, donc ça c’est quand même important, Georges, Ibrahim, Abdallah.
Les fractions armées révolutionnaires libanaises. Georges était un militant libanais marxiste d’origine chrétienne, je vous parle de ça parce qu’on a dit à une époque qu’il s'était converti à l’islam, ce qui est totalement ridicule pour rejoindre les islamistes.
C’est pour ça que je vous ai demandé comment on doit l’appeler, est-ce qu’on doit l’appeler Georges ou est-ce qu' on doit l' appeler Ibrahim parce qu'évidemment ça n’a pas l’air, c’est ça.
Celui qu’il l’utilise,c’est Georges.
D’accord, d’accord.
Personne ne l’appelle Ibrahim, tout le monde l’appelle Georges, et donc il a été blessé lorsqu’il s’est opposé à la première invasion israélienne du Liban en 1978, il a rejoint les rangs du FPLP, Front Populaire de Libération de la Palestine, seule organisation aujourd’hui marxiste de résistance à l’occupation, et ensuite son organisation dont il était membre a décidé de porter la résistance à à la suite de l’invasion israélienne appuyée par les Américains, de porter la résistance à cette occupation à l’extérieur du Liban, c’est-à-dire en Europe, contre les intérêts américains et israéliens. C’est exactement les termes que j’ai évoqués devant toutes les juridictions qui me regardent toujours avec des yeux ronds. Si vous voulez, lorsqu’on parle de résistance, pour quelqu’un pour ou à partir du moment où il y a emploi des armes de la part d’une opposition, c'était plus de la résistance, c’est du terrorisme. C’est pour ça que j’ai rappelé, et c’est ce que je dis à Georges dans le film, la citation de de Gaulle qui dit bien qu’il s’agit d’une résistance du peuple palestinien et des Libanais à l’occupation.
En 1982, les FARL dont il est considéré comme un des chefs, peut-être que vous contestez ça.
Les FARL, c’est un tout petit groupe. J’avais dénombré plus de 15 militants si vous voulez.
Oui, d’accord.
Il était l’un des dirigeants des FARL.
Donc, ce sont eux qui ont revendiqué l’assassinat du lieutenant-colonel Charles Ray, attaché militaire américain à Paris, et de Yakov Barsemantov, diplomate israélien, membre du Mossad. Lui, il n’est pas, vous venez de le rappeler, il est pas condamné pour ses morts, mais pour complicité. Néanmoins, et c’est son droit, il va toujours s’associer à ces actes-là. C’est-à-dire que lui, il n’y a pas de repentir, il y a pas dénonciation des petits copains, etc. On est bien d’accord.
Il estime que ces actes sont légitimes dans le cadre de la résistance.
Et le 24 octobre 1984, il est arrêté et il est emprisonné, c’est à partir de là que démarre ce qu’on pourrait appeler l’affaire Abdallah, qui est retracée par le film. Le tchat nous dit que le nom de Mitterrand ne sort pas.
Parce qu'à l'époque, c'était la cohabitation, quand il a été arrêté, en tout cas quand il était condamné, et donc c’est les ministres Pasqua et Pandraud qui sont responsables du mensonge d'État, qui a consisté à dire que c'était la famille Abdallah et Abdallah qui était responsable des attentats de 1986.
Alors ça, c’est très important, mais il faut quand même rappeler, en 1986, Paris est dans le sang, il y a une vague d’attentats absolument incroyables, des attentats toutes les semaines, on est d’accord ?
Oui, tout à fait.
Hum…
Rue de Rennes, Tati
Rue de Rennes, Tati, voilà pour ceux qui se souviendraient de ça. Lui, il est en prison, mais en fait, il va y avoir un tour de passe-passe. On va dire qu’il est lié à ces attentats, c’est ça ?
Par ses frères. C’est-à-dire que Pasqua et Pandraud qui l’ont reconnu après en disant qu’on n’a aucune piste, donc on a laissé faire en disons que c'était, on a induit que ça pouvait être la famille Abdallah, donc les frères Abdallah qui avaient pris un avion privé pour faire Beyrouth via Vienne qui en 24 heures pouvaient être au Liban dans la montagne faire l’attentat et revenir. Enfin des choses tout à fait délirantes qui aujourd’hui on sait que c’est faux puisque d’abord on a arrêté celui qui a posé la bombe de la rue de Rennes qui n’a rien à voir avec Abdallah, ni avec un militant révolutionnaire. A priori, il y a la demande de l’Iran ou d’un attentat fait par des islamistes, et voilà. Donc il y a un mensonge d'État propagé et repris, notamment par le Monde, et tous les autres journaux pensant que l’information du Monde était valable, ont repris en cœur sans aucune vérification, ce qui fait que ça fait les premières pages des journaux, l’affaire Abdallah, comment se débarrasser d’Abdallah, responsable des attentats, etc.
Voilà, et donc là, évidemment, ça fait le sel de l’ami Pierre-Carles, qui passe une bonne partie de son film, à rappeler l’implication, plus ou moins volontaire des journalistes. Certains reconnaissent s'être trompés comme Véronique Brocard de Libération qu’on a vue dans la bande annonce. D’autres comme Hervé Brusini qui ne veulent pas tout à fait reconnaître, qui disent « bah oui on s’est interrogé », ben enfin bon voilà. Ça en dit long quand même sur le monde médiatique. Quel regard vous portez-vous là-dessus par rapport à cette affaire ? Est-ce qu’il ne prête pas un peu trop de pouvoir au monde médiatique par exemple ?
Le pouvoir, finalement, c’est simplement qu’ils ne reprennent pas les informations et qu’en France, si vous voulez, la plupart des journaux appartiennent à des vendeurs d’armes, enfin à une époque ou une autre. Donc, oui, des intérêts privés qui sont les ennemis de logique de ce que peut être un George Abdallah. Donc, évidemment, ils se sont jetés sur l’occasion. Pour dire, voilà, on a une piste sans aucune vérification, si vous voulez. C’est un tel délire, lorsqu’on voit ce qui est très bien retranscrit dans le film, c’est les documents d’archives de comment les frères Abdallah ont pu faire les attentats en quelques heures et revenir au Liban. C'était totalement délirant et d’ailleurs, ce qui a passé sous silence aussi, c'était le rôle de Pandraud et Pasqua, qui, certes, on reconnu, mais Pandraud a même dit un jour au directeur de la CIA : Vous voulez abattre Abdallah, il n’y a aucun souci. Si vous voulez, on le libère et on vous dit où il est, pour vous dire un peu l'état d’esprit de ses sous-ministres ou ministres de l’intérieur de l'époque, de vous. C’est pour ça que Mitterrand n’apparaît pas, parce que finalement, au moment de la condamnation, il est certes président, mais lorsqu’il y a les premières demandes de libération, évidemment, il n’est plus président.
Mais vous qui défendez, on l’a dit, de longue date, des prisonniers politiques, des militants de luttes armées, vous avez défendu Action Directe par exemple, on a quand même, au début des années 80, ce qu’on appelait la Doctrine Mitterrand, c’est-à-dire un regard pour le e coup politique sur ces agissements en disant ça n’est pas que délictuel, ça n’est pas que criminel, il y a une charge politique, on peut discuter de choses et d’autres, ce qui est aujourd’hui tout à fait inaudible, mais en fait quand on regarde l’affaire Abdallah, on a l’impression que pour lui ça ne marchait pas cette histoire là.
Non, ça fait longtemps que ça ne marche pas, non seulement pour lui, mais même pour les autres, s’il vous plaît. Mitterrand, il a fait une loi d’amnistie en 1981, extrêmement généreuse, qui fait qu’aucun militant, même ceux poursuivis pour des actes dits de sang, n’est resté en prison. Tout le monde a été libéré en 1981. Bon, ça, c’est extrêmement clair. De même, en ce qui concerne les militants italiens, dont certains que j’ai défendus, à l'époque de Mitterrand, il n’y avait pas d’extradition. Et les extraditions ont commencé à se poser avec Sarkozy bien sûr et même avec Chirac et sous Macron c'était encore pire puisque Macron lui il a même estimé il y a deux ans lorsqu’on est revenu sur des vieilles affaires pour une extradition qu' il fallait bien trouver une solution après les décisions de la cour d’appel pour qu il retourne en Italie, c’est-à-dire que lui il est prêt à violer tout droit, pour simplement plaire aux dirigeants italiens, quoi qu’ils en soit Pour Georges Abdallah, c’est vrai que je me suis heurté à une difficulté parce que finalement pour les militants d’Action directe, ils ont été libérés, condamnés exactement aux mêmes peines, perpétuité pour des faits d’assassinats de complicité. Ils ont été libérés à 22, 23, 24 ou 25 années selon les cas. Pour George Abdallah quand j’ai pris sa défense après le décès de Jacques Vergès, je pensais vraiment que ça serait un petit peu pareil. Et là je me souhaitais à ce que je n’ai pas tout de suite appréhendé, savoir que c'était un terroriste arabe pour les juges. Alors qu’il soit chrétien, marxiste, ça atténue un petit peu les choses, mais pas tant que ça. Il est arabe et il est terroriste pour eux. Et il voulait absolument pas prendre la responsabilité de libérer ce qu’ils appellent un terroriste. Alors ils l’ont fait pour Action Directe, mais pour Action directe, c’est vrai qu’on avait des partis civiles qui étaient la famille de Georges Besse ou la famille du général Audran, qui étaient beaucoup moins acharnés et qui s’opposaient pas vraiment aux libérations, à la différence d’un État comme les États-Unis.
Je vous propose qu’on regarde un deuxième extrait du film qui sort demain sur les relations France-Iran. J’espère que le son va se réactiver, j’envoie.
Les Iraniens nous avaient déclaré la guerre, mais personne ne le savait et personne ne le comprenait. Moi, le premier. Il y avait le contentieux Eurodif. Nous devions de l’argent aux Iraniens qu’on ne remboursait pas. Le Shah nous avait prêté de l’argent pour installer des systèmes d'énergie nucléaire. On n’a pas rendu l’argent. La France n’abonnerait. Nous avons prêté à Saddam Hussein l’Irakien. En guerre contre l’Iran, nous avons prêté, plutôt nous avons déshabillé notre aéronavale pour lui prêter des avions super étendards armés de missiles exocets pour aller taper les Iraniens. Et comme les Iraniens m’ont dit, vous êtes venu frapper, frapper et montrer les photos, vous êtes dû frapper nos hôpitaux avec vos avions super étendard, etc. Vous vous rendez compte ? Bon, même si c'était pas forcément ça, mais enfin Donc, nous avions déclaré la guerre..On commence à entendre parler d’Abdallah, le Canard enchaîné, commence à dire des choses, là commence l’histoire d’Abdallah. Abdallah, lui, il est en prison, Georges Ibrahim Abdallah. Il est en prison pour les actions menées par les FARL en 1982, mais pas pour les attentats terroristes de 1986. L’ombre des FARL, oui oui, non mais ça il y en a plein les journaux tous les jours, tous les jours, c'était pas forcément, on a écrit des bêtises quand même.
On a écrit des bêtises quand même, quand on regarde le film comme je l’ai fait avant-hier pour une deuxième fois, pour préparer cet entretien, je me suis dit mais combien ça résonne avec l’actualité ? De quoi on parle ? On parle du Liban et on parle d’Israël évidemment, on parle de l’Iran, on parle de l’Irak, est-ce que vous êtes d’accord avec cette vision des choses ?
Sur le Liban, c’est certain puisque c'était avant tout un militant libanais engagé, comme toute la gauche libanaise à l'époque, pour la libération du peuple palestinien. Donc c’est évidemment extrêmement lié, son combat est celui-ci, et il est resté pendant toutes ces années en prison. Vous savez, Georges, quand vous allez le voir, que ce soit son avocat ou des visiteurs, il vous paraît de la situation au Moyen-Orient pendant une heure et demie déjà, puisqu’il était au courant de tous les détails beaucoup plus que nous puisqu’il correspondait avec le Liban tous les jours et qu’il est sorti et qu’il est rentré en tant que militant communiste tel qu’il se définit. Donc évidemment, c’est lié à l’actualité.
Est-ce que ça donne un argument pour aller voir le film par exemple ?
Intéressant si vous voulez c’est d’abord de voir le traitement de l’information aux années 80 avec cette source policière, avec ce scandale d'état qui consiste à avoir un avocat qui travaille pour les services secrets, ce qui est quand même rarissime dans l’histoire, même unique à ma connaissance dans l’histoire judiciaire française, et avec un avocate qui avait été ministre de Mitterrand des Etats-Unis, qui d’ailleurs dans un de ses livres, le dernier livre qu’il a écrit il a dit que Georges Abdallah devait être libéré. C’est ce que j’ai d’ailleurs rappelé à son associé qui défend toujours les États-Unis en disant « mais votre mentor, lui, a dit qu’il va être libéré, donc vous pouvez toujours vous dire qu’ils vont être en prison. » Ça fait une petite contradiction.
On a vu dans l’extrait un dénommé Alain Marceau, tout le monde ne se souvient pas de ce grand homme mais ça fait partie des coups de force du film parce que Alain Marceau on ne s’attend pas à ce qu’il soit du côté de Georges Ibrahim Abdallah d’une certaine manière, rappeler qui il était et ce qu' il dit au fond
En fait, il y a eu un vide juridique entre l’arrivée de Mitterrand 1981 et donc disparition de la Cour de sureté de l'État qui avait été instaurée par De Gaulle pour juger les félons d’Algérie et ensuite les militants d’extrême-gauche, cour militaires, et en 1986, sous Mitterrand, on a instauré une loi anti-terroriste avec des nouveaux textes et Marceau fut le premier procureur, chef de la section anti-terroriste.Donc, c'était vraiment l’ennemi de tous les militants. Il était de droite, d’ailleurs. Il était député ensuite RPR, je crois, de Limoges, si je me trompe pas. Mais, quoi qu’il en soit, c’est vrai qu' il a pris une position dans le film assez courageuse lorsqu’il évoque l’impérialisme judiciaire américain. Ce n’est pas tout à fait. Alors, si vous voulez, ce sont aussi des susceptibilités entre magistrats, entre Brugière et lui, par exemple. Brugière étant totalement inféodé aux États-Unis, il le reconnaît d’ailleurs dans le film
Oui, on va le voir, on va voir un extrait.
Et Marceau, mais c’est vrai que quand nous on a connu, enfin moi ça, parce que je défends des militant depuis 1982 je crois, premier militant que j’ai défendu, Marceau si vous voulez c'était vraiment l’ennemi, tout avocat qui défendait un militant, il était acharné si vous voulez.
C’est ça, c’est que ça laisse pas un goût amer de voir que d’une certaine manière la vérité à laquelle vous croyez jaillit 20,30 ans plus tard par ceux-là même qui ont œuvré pour qu’elles n’apparaisse pas, c’est-à-dire que Alain Marceau et d’autres, qui là on pourrait parler aussi d’Yves Bonnet, l’ancien patron des services, est-ce que ça laisse pas un goût amer malgré tout ?
Ça laisse un goût amer, oui et non, dans la mesure où ces hommes, lorsqu’ils sont au pouvoir, sont des ennemis de ceux que je défends et font tout pour qu’ils restent en prison. Et lorsqu’il n’ont plus de fonction, ils redeviennent presque nets, on va dire ça comme ça. Donc c’est simplement l'évolution des hommes,si vous voulez. Ils obéissent à un pouvoir qui va à tout prix mettre hors de nuit ceux qu’il considère comme ses ennemis.
On va parler des pressions américaines, là aussi ça résonne avec l’actualité, ça va se passer en 2007, mais d’abord en 1999 c’est le moment où Georges Ibrahim Abdallah devient libérable. Il va y avoir dix demandes de remise en liberté conditionnelle, vous allez en déposer neuf je crois,c’est bien ça ? Ou les dix ?
Moi non, mais en tout, oui, entre Vergès et moi, oui. C’est ça en tout, ouais.
Elles restent lettre morte, ces demandes de remise en liberté, pourquoi ?
La première d’ailleurs a été accueillie par le tribunal de Tarbes, si je ne me trompe pas, mais la Cour de Pau a dit non, et ensuite elles ont toutes été refusées, et les arguments invoqués avant les arguments juridiques, c'était absence de repentir, n’a pas changé d’idée, etc. Et j’ai toujours rappelé devant toutes les juridictions qu’il n’y avait pas de repentir, ce n'était pas une notion juridique mais une notion morale, et qu'évidemment on ne pouvait pas demander à un militant politique qui était emprisonné. Parce qu’il a les mêmes idées, de considérer que c’est un risque de récidive. Mais même Georges, une des dernières fois, je reprends une des motivations, c'était de dire qu’ils pouvait causer des troubles au Liban s’il était libéré. Et ça c'était en pleine guerre, je ne sais plus quel bombardement israélien, on disait que sa libération pourrait entraîner des troubles alors que le pays était bombardé. Donc vous comprenez un peu le niveau quelquefois d’inculture des juges, faut tout de même le dire. Quelquefois on peut leur parler de Sabra et Chatila, là ils regardent avec des yeux ronds, il faut leur expliquer ce que c’est. C’est le pourquoi, si vous voulez, il est la pression des États-Unis, la pression non dite des Israéliens, en tout cas c'était ce que Hollande a dit, même s’il ne le dit pas dans le passage que vous allez diffuser. Il est bien certain qu’il voulait pas froisser. Alors, m’a-t-on dit le CRIF, enfin le CRIF ça représente 20 000 personnes,ça ne représente pas grand-chose, et puis de toute façon, les attentats n’ont pas été commis contre la communauté juive ce n’est pas des attentats antisémites ou islamistes, mais tout à fait politiques contre un agent des services secrets israéliens.
Nous avons vu une silhouette passer derrière vous, je vous le disais juste, dans les couleurs d’auposte orange, merci infiniment pour ce petit détail. Je vous propose encore un deuxième extrait, il nous en reste deux. Là on est en 2007, vous parliez tout à l’heure de Jean-Louis Bruguière, je pense que c’est dans celui-ci qu’il va y avoir l’espèce de défense un peu compliquée par Bruguière. Pouvez-vous rappeler qui était Jean-Louis Bruguière ?
Jean-Louis Bruguière, c’est un juge d’instruction qui était d’abord en province et qui, ensuite, est arrivé à Paris et qu’on a nommé, à la fois qu’il n’y avait pas de section anti-terroristes, qu’a commencé à instruire des affaires où il y avait des militants et ensuite on lui a donné le titre de chef des juges anti- terroristes en quelque sorte. Écoutez, c’est quelqu’un qui a toujours rêvé d’avoir d’autres postes que magistrats, qui pensait que Sarkozy allait nommer le directeur de la DST, il ne l’a nommé à rien du tout, même pour ses services rendus, si vous voulez, à la droite. Il s’est présenté aux législatives à l'époque du RPR, où je ne sais plus quel parti il a été battu. Et donc c’est un juge, si vous voulez qui n’a que ses souvenirs pour lui, qui pense qu’il était très important, alors que c'était simplement on va dire un serviteur servile de l'état que l’on employait.
Ça a été quand même une grande star dans les… Je me demande si c'était pas l’UMP, mais peut-être RPR. Ouais, c' est possible. Mais disons que ça a été une grande grande star de l’antiterrorisme, on va dire.
Oui, c’est ça. On le surnommait l’Amiral, si vous voulez, parce qu’un jour il est parti sur un bateau pour la Libye, enfin c'était n’importe quoi. Il aimait ça, mais bon. Il avait surtout un côté tout à fait, il était toujours armé sur lui, alors il nous sortait son flingue, si vous voulez avant que les instructions commencent, je disais vous pouvez ranger ça, c’est pas la peine, donc il le rangeait et surtout il avait la particularité de détester les femmes qui étaient poursuivies et des militants de la lutte armée. Les femmes ça ne passait pas si elles voulaient avoir une arme sur elles et s’en servir éventuellement grâce aux groupes italiens, français, espagnols. J’ai défendu beaucoup de gens dont il instruisait les affaires, notamment italiens espagnols et français, et ça il ne le supportait vraiment pas.
Pourquoi ? Les femmes n’ont pas le droit d'être armées ?
Il faut lui demander à lui.
Oui, bien sûr.
Mais manifestement, si vous voulez, une femme, pour lui, ça ne pouvait pas avoir une arme et donc il les détestait. Je me rappelle d’une militante qui était mutique devant lui et au bout d’un quart d’heure, il disait dehors, maintenant ça suffit parce qu’elle ne répondait à aucune question parce c'était son droit, si vous voulez. Elle regardait le plafond et donc ça le mettait hors de lui et il avait cette détestation. Et si elle était jolie, encore plus, si vous voulez.Vous voyez le type d’individu qu’il était à l'époque, en tout cas.
Alors, allons-y, 3ème extrait, j’espère que je ne me trompe pas, oui, je pense que, attendez une petite seconde, non, c’est l’extrait 2 que je dois mettre, alors attendez, excusez-moi, je vais le chercher, il est là, il et là, voilà, c’est celui-ci, bah oui, c´est bien lui, Bruguière, Jean-Louis.
Deux minutes. Vous ne croyez pas qu’il y a d’ingérence des Etats-Unis ; Non, ils peuvent tout faire, non mais le problème, c’est parce qu’on a ingérence ou ingérence. Lorsque, est-ce que, je veux dire, moi je défend pas, est ce que le fait pour un homme politique, ou des hommes politiques de dire, parlant dans un contexte, nous souhaiterions que, nous voudrions que pour telle et telle raison, est ce que c'était de l’ingérence ? Je ne pense pas que c’est de l’ingérence. Ah bah eux, ils envoient des notes, après la justice française y reçoit ces notes, et ça passe par le quai d’Orsay, par tout ce que vous voulez, et puis après on dit, bah non, on va le libérer. Mais la France, c’est un pays indépendant.
Voilà, la France est un pays indépendant, ah bah oui, autre extrait, donc Pierre Cales a réussi à faire parler tous ces gens-là mais au-delà de ma question tout à l’heure sur l’amertume, qu’est-ce que vous retenez de tous ces points de vue qui reconnaissent plus ou moins qu’il y a eu manipulation ? Rapport à votre travail depuis depuis depuis toujours ça bon évidemment vous allez me dire ça me donne raison c’est bien ça.
C’est sûr, ça donne raison à tous ceux qui l’ont défendu et aux militants qui, depuis 20 ans, dont certains, quotidiennement, l’avaient au téléphone et le défendait. Parce que c’est vrai qu’on n’en parlait plus beaucoup il y a 20 ans de Georges Abdallah, si vous voulez. Il n’y avait pas de comité de soutien, on ne savait à peine.Donc, qu’est-ce que je peux dire de ces gens, comme je vous l’ai dit, lorsqu’ils sont à la retraite, ils deviennent plus honnêtes, c’est tout.
Mais est-ce que ça ne donne pas une vision un petit peu simple du monde, où il y aurait d’un côté les libérateurs et de l’autre côté les manœuvriers ? Ou est- ce que c’est comme ça ?
Non, non, ce n’est pas comme ça, si vous voulez, vous avez une justice qui est au service, même si elle se dit indépendante. Alors après, vous aurez des décisions qui reflètent l’indépendance de la justice. Les juges qui ont libéré Abdallah, que ce soit en première instance ou en appel, sont relativement indépendants, puisque le parquet s’est toujours opposé, le procureur qui est aux ordres, lui, de l’exécutif. Donc, s’il vous voulez ils peuvent aussi faire preuve d’une certaine indépendance en se disant ça suffit. Ça fait des années qu’il y a des juges, qui disent ça suffît. Vous trouvez une solution à cette libération. Mais vous avez le pouvoir de l’État et de ses serviteurs, qui est extrêmement puissant. Et puis, maintenant, si vous voulez vous mettre le mot terroriste, emploi de la violence autre que celle qui est légitime. Et dans ce cas-là, on vous classe immédiatement comme quelqu’un qui finalement doit mourir en prison ou être condamné à mort alors que la peine de mort n’existe plus. Comme disait Badinter sur une question à l’Assemblée nationale sur la peine de mort, les députés de droite voulant qu’il y ait une perpétuité réelle, il a dit on ne remplace pas un supplice par un autre supplice mais ça ne les intéresse pas du tout. Ceux d’aujourd’hui ils veulent que les gens meurent en prison lorsqu’ils sont considérés comme des ennemis déclarés comme Georges Ibrahim Abdallah.
Oui, il y a quand même un point énigmatique dans l’affaire Abdallah, c’est que vous venez de le dire, à un moment donné, il n’y avait plus grand monde pour s’intéresser à son sort, donc de faire de lui un cas d’espèce pour prévenir finalement les autres, tous les autres qui seraient tentés par la lutte armée par exemple, ou par la résistance armée, en fait là, ça ne marche pas vraiment puisque à un certain moment donné il y avait vraiment le creux de la vague où il ne peut pas vraiment servir de modèle ou d’anti modèle.
Ce n’est même pas une question anti-modèle, même si Jean-Jacques Urvoas, qui a été garde des Sceaux quelques mois à l’Assemblée, a dit « Regardez, la perpétuité réelle existe en France, regardez le cas Abdallah », c'était il y a 5 ou 6 ans je crois. Bon, mais ça c’est des arguties politiques, politiciennes si vous voulez, ça n’a pas d’intérêt, mais c’est vrai. Ce qui est exemplaire dans l’affaire Abdallah, en dehors du traitement judiciaire, en dehors de l’opposition du pays le plus puissant du monde à sa libération, c’est aussi que c'était un militant qui a toujours été debout du premier au dernier jour. Et qu’il est sorti, comme vous l’avez vu et comme on le voit un petit peu dans le film, ces images totalement hallucinantes où il arrive à Beyrouth. Il faut imaginer quand même que le 25 juillet, il est à Lannemezan dans sa prison et qu'à 3 heures du matin, je lui avais dit, moi je l’ai vu le 24 la veille, vous pouvez être libéré à partir de minuit. 3 heures du matin, 7 voitures de policiers du RAID et le préfet viennent le chercher pour l’emmener dans un avion militaire, ce qui est tout à fait délirant, alors qu’il suffisait de le mettre dans l’avion pour Roissy, où il a pris le vol pour Beyrouth. Donc traitement exceptionnel considéré comme tel par l'État et par les États. Parce que c’est devenu aussi un symbole de résistance en prison, et un exemple pour tous les prisonniers. Enfin bon, il se trouve qu’il n’est pas dans une prison israélienne et que les conditions sont moins dures d’une prison française que dans les prisons où on peut être torturé ou affamé comme en Israël.
Et il arrive à Beyrouth et on voit qu’il est acclamé tel un héros tout de même.
Oui, il est acclamé parce que tout le monde sait au Liban, sauf l’extrême droite libanaise, les descendants des phalanges, qui sont des fascistes et qui ne le traitent même pas de Libanais, ils estiment qu’il est palestinien, ce qui est évidemment un peu ridicule, puisqu’il évidemment est Libanais d’origine et toute sa famille dans son village de Kobayat. Mais oui, parce que c’est un résistant qui revient au pays et que quel que soit les gens, quand je suis allé au Liban, avant qu’ils soient libérés, pour sa libération, Ils parlaient à des gens de droite, de gauche. Ils estimaient qu’ils devaient être libérés et qu’il devait revenir au pays. Donc il est considéré comme un résistant par la quasi-intégralité du peuple libanais.
Alors nous avons, nous avons vu les gens des services, nous avons vu les gens de la justice, nous avons vu les médias et il nous reste à regarder très rapidement le dernier extrait que nous offre Pierre-Carles et sa fanfare qui concerne justement François Hollande, vous en parliez tout à l’heure puisque l’affaire Abdallah, d’une certaine manière, c’est à peu près tous les quinquennats et les septennats depuis les années 80, donc c'était quand même assez incroyable on le disait tout à l’heure presque 41 ans de détention, et donc vous allez voir François Hollande qui dédicace, dans une séance de dédicaces, et qui se fait gentiment questionner, interpeller par une par une lectrice, mais avant ça il y a le dénommé Manuel Valls et on revient juste après Maître pour en parler. Une erreur s’est produite…tiens, qu’est-ce qui se passe ? Attention ! Voilà, c’est parti !
Est-ce que ce n’est pas une ingérence des Américains dans les affaires françaises ? Moi je n’ai jamais eu le sentiment de subir la moindre pression de la part de Laurent Fabius qui lui-même aurait subi une pression amicale mais forte de la part de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton. C’est magnifique. Merci beaucoup. Merci à vous, et je voulais vous dire, moi je m'étais pas mal investie au moment de la libération de Jacqueline Sauvège que vous l’avez graciée, mais pendant le même mandat, il y avait eu un prisonnier qui n’avait pas été gracié par contre et cela nous avait un petit peu, enfin ça avait étonné du monde, c'était Georges Ibrahim Abdallah, l'étendant de le ministre de l’immigration. Oui voilà, et c’est justement, moi, je travaille un peu sur cette histoire. Parce qu’il avait souhaité qu’ils soient libérés et ça posait des problèmes précédents parce qu' il avait quand même commis des actes terroristes. Oui, mais c’est vrai que la justice l’avait rendue libérable, il me semble, au moment de votre présidence et que Christiane Taubira avait demandé un arbitrage. Vous n’aurez plus du bas ce qu’il avait… Oui, le juge de l’application des peines 'avait rendu libérable et c'était Manuel Valls qui n’avait pas.. Oui, et puis les pays étrangers aussi étaient très réticents. C'était quel pays ? Tous les pays qui avaient eu à connaître des actes de terrorisme, je ne crois pas seulement des Israéliens, mais dans la région. Même si ça remontait à très loin, parce que les actes terroristes d’Abdallah sont au début des années 80. Oui, c’est ça. Mais il y avait eu aussi ce mail d’Hillary Clinton à Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, qui demandait d’intervenir pour éviter la libération aussi. Je ne sais pas si ça avait joué dans l’arbitrage, ça.. Oui, ça a rejoué des unités aussi hostiles, etc.
Voilà, scène d’anthologie, je vois que le tchat traite Hollande d’anguille mais quand même il prend deux minutes pour répondre, il y a quelque chose d'étonnant.
C’est le seul qui répond et qui prend un peu de temps et qui a l’honnêteté quand même de dire mais vous savez, il y avait des pressions internationales, des pays puissants, d’autres choses, des intérêts, etc.
On appellerait ça des aveux.
En tout cas, il reconnaît, mais moi je m’en rappelle très bien parce qu’il y avait un député socialiste, le seul, dans le Nord, qui est allé voir Georges et qui est venu me voir ensuite et qui m’a dit écoutez, moi je connais bien Hollande, je vais essayer de lui en parler, si vous voulez le rencontrer, pourquoi, pour essayer de le convaincre, écoutez si c’est, si c’est obligé, pourquoi pas, mais enfin bon, si je peux m’y en passer, je m’en passerai. Et de toute façon, il n’y a pas eu de rencontre puisque le députée a discuté et Hollande lui a dit ah non vous savez, oui j’aimerais bien, mais non, il y a les ailes, donc, je savais ce qu’il allait dire, mais je ne pensais pas qu’ils le diraient en public, si vous voulez. C’est ça qui est quand même extraordinaire de la part d’un ancien président de la République. Et par contre, Valls, si je vous l’ai, est tout à fait ignoble dans ce qu’il dit, en disant, lui, de toute façon, c'était clair, sinon il aurait été libéré en 2013. Les juges avaient dit d’accord s’il y a un arrêté d’expulsion c’est ce que j'évoquais tout à l’heure.
Alors il y a une autre scène qu’on ne va pas montrer mais qui est extraordinaire d’hypocrisie, Laurent Fabius.
Ah oui, non, ça, c’est…
C’est rien que pour cette scène pour aller voir le film, de toute façon il faut aller voir le film. Film qui a été refuse, si j’en crois le dossier de presse, par Arte, par France Télé et par Netflix et donc Pierre Carles se retrouve là où il faut en fait au cinéma qui reste encore un espace de liberté.
Tout à fait. C’est vrai que moi je vais quelques fois à des séances pour des débats éventuels. Il y a toujours des débats avec des questions intéressantes. Enfin, le seul que j’ai fait pour l’instant avec Pierre Carles ou sans Pierre Carles, parce que c’est assez complexe. Non pas sur le point juridique, je ne rentre pas dans les détails, mais sur le principe si vous voulez. Bien sûr de l’opposition des États-Unis, de la falsification avec cette histoire d’attentat. Il faut quand même imaginer que la dernière fois que j’ai plaidé contre Kiejman représentant les États-Unis en 2015 ou 2016. Il a ressorti en plaidant le mensonge des attentats de la rue de Rennes. Je lui ai dit, mais vous savez très bien que c’est faux de toute façon, donc arrêtez de colporter ça, c'était publiquement faux, on le sait maintenant mais ce n’est pas grave.
C’est à dire que vous, votre profession vous permet de mentir quand même.
Nous, on ment pas on présente la vérité de notre client.
C’est ça, comme c’est bien dit ! Comme c'était bien dit, Maître ! C’est parfait, je voulais juste terminer avec vous sur le fait qu’il y a tout un tas de gens comme Guediguian, comme Chomsky, comme Tardy, comme Annie Ernaux, comme Angela Davis, LFI, il y a Danièle Obono, Sylvie Ferrer, il y a eu la Ligue des Droits de l’Homme, il a eu France-Palestine Solidarité, l’Union Juive-Française pour la paix, le PC, Révolution Permanente, le NPA, Lutte Ouvrière et d’autres qui ont milité ou qui ont pris position pour votre client pendant un certain nombre d’années. À quoi servent réellement ces soutiens ?
Alors, d’accord, je vais vous dire très franchement qu’il y a 3-4 ans, il n’y avait que les groupes d’extrême-gauche. Il n’avait pas l'équivalent de LFI et autres qui ne soutenaient pas, ni le Parti communiste.
Parce que vous mettez pas LFI à l’extrême gauche, vous. C’est une blague, c’est une blague. C'était une blague de conseil d'état, vous voyez ?
J’ai bien compris,oui, s’il vous plaît. Moi, je me rappelle encore de Chassaigne qui dirigeait les députés communistes, qui est venu me voir il y a trois ans ou quatre ans en hésitant. Oui, on lui a parlé d’Abdallah, mais il voulait me voir avant d’aller le voir pour savoir, vous voyez, ils étaient tous très frileux. Ça fait que trois, quatre ans que les partis qui ont des députés, on va dire ça comme ça, ont pris fait et cause de gauche, ont pris fait, et cause, enfin pas les socialistes. J’avais une liste de 70 députés, 72 je crois, qui ont signé il y a deux ans ou trois ans pour Georges Abdallah. Il y avait principalement des LFI, quelques PS, quelques Verts et un centriste un modem qui est toujours original parce que c’est les Amitiés franco-libanaises. Mais qui est honnête dans son soutien. Donc, s’il vous plaît, les partis dits de gouvernement, entre guillemets, ça ne fait pas très longtemps, voilà. Et même les soutiens, les organisations palestiniennes, genre la FPS, ils ont mis aussi du temps, ils voulaient absolument me voir avant de soutenir, voilà, c’est plus à la demande de leur base qu’ils ont soutenu que spontanément. Non, pour vous expliquer que la différence entre un militant de lutte armée, qu’il soit libanais ou pas et des militants dit légalistes. Donc les soutiens ne sont pas les mêmes et ceux-ci ont été tardifs Mais il y a très peu d’intellectuels finalement qui ont signé pour lui. Pour Jean-Marc Rouillan, il avait été réuni beaucoup plus de signatures intellectuels que pour Georges Ibrahim Abdallah. Encore une fois, ces étiquettes terroristes arabes, ça leur fait peur de soutenir.
Mais ce que je voulais vous demander, c'était l’intérêt pour un avocat, pour un détenu, une détenue, une avocate d’avoir des comités de soutien. Parce que il est de bon ton aujourd’hui de dire que tout ça s'émousse, tout ça perd un peu de sa force. On voit quelques drapeaux au pied d’une prison, mais finalement, ça ne va pas très loin. Qu’est-ce que vous en pensez, vous ?
Non, non, pour lui, ça a été très utile. Elle fait sortir de l’oubli. D’abord, il était 200, après 400, après 500, après 1000. La dernière manifestation de toute la prison, je crois qu’ils étaient 2 ou 3 000, si vous voulez. Donc, ça prenait de plus en plus d’importance. Et je crois que pour les prisonniers, même les prisonnier qui ne sont pas concernés, mais qui sont dans la même prison, le fait qu’il y ait des soutiens de gens qui veulent une libération, c’est un peu théorique, certes, pour les autres qui ne sont pas concernés, mais ça leur fait aussi du bien et pour le militant emprisonné il sait que c’est utile qui est ce type de manifestation ne serait-ce que pour la cohérence des comités de soutien. Vous savez les comités de soutien quand on est avocat c'était très particulier parce que quelquefois on estime que ça peut desservir selon les propos qui sont tenus publiquement et donc on fait toujours très attention. Notamment après le 7 octobre c’est extrêmement difficile puisque le but des juges, 'était de nous faire croire, pour certains d’entre eux, que Georges était, en tant que terroriste était favorable aux actions du 7 octobre alors qu’il s'était pas prononcé en la matière et qu' il n’y a pas lieu de se prononcer lui sur les actions commises à Gaza, à partir de Gaza pardon.
Je vais vous saluer, je vous remercie beaucoup d’avoir pris le temps de venir nous voir ce matin, c'était un plaisir. Merci et je voulais vous demander quelles sont les suites à attendre de ce qui se passe ou est-ce que, je veux dire, la décision, la Cour de cassation n’est que théorique, on ne va pas envoyer des militaires français…
Non, de toute façon, ils ont qu'à déjà extrader Carlos Ghosn, qui est Libanais, réfugié au Liban, s’il vous plaît, et encore lui, la deux autres nationalités, ce qui n’est pas le cas de Georges. Mais c’est vrai que le gouvernement actuel libanais n’apporte pas…
C’est pas sport ça maître, c’est pas sport de votre part. Mais bon c' est drôle mais c' est pas sport.
Non mais si vous voulez, d’abord c’est renvoyé devant une autre cour d’appel. Donc je vais plaider à nouveau pour Georges et je vais leur dire mais qu'à cela ne tienne que le gouvernement français donne donc un visa à Georges pour qu’il revienne en France. Jamais ils ne donneront de visa, tout le monde le sait. Donc c'était vraiment peut-être pour faire plaisir aux États-Unis, peut-être pour faire plaisir à eux-mêmes parce qu' ils avaient rendu la même décision il y a 10 ans sur le fait qu' il fallait absolument une semi-liberté alors que ça a été contrecarré juridiquement depuis. Je ne sais pas le sens exact de la décision. En tout cas, la France pourra quand même ça dire aux États-Unis, vous voyez, nous, on est contre sa libération. C’est le genre d’arguties de faibles, si vous voulez, de celui qui veut toujours faire le beau devant Trump. Encore que Trump, si voulez, en tant que tel, les États-unis, depuis qu’ils sont diriges par Trump, n’est pas intervenu pour Abdallah. C'était toujours sous Biden, les dernières déclarations des États-Unis. Je crois qu’ils s’en fichent complètement. Enfin, ça n’existe pas pour lui, si voulez. Donc voilà ce qu’on peut dire. Donc je suis optimiste et ça sera amusant même à limite de plaider devant la cour. Pour dire « Comment voulez-vous ? Il a été libéré, il est parti, vous voulez quoi ? » maintenant qu’il revienne en France pour faire une semi-liberté sur le territoire français, qu’ils soit libre, de faire les manifs, ce qu' il veut en France. Enfin c’est ridicule, si vous voulez tout le monde sait que c’est ridicule et la Cour de cassation elle-même.
Merci beaucoup Maître, c'était un plaisir de converser avec vous et j’espère à bientôt.
Au revoir merci.
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