La Censure ou le Chaos. En direct des coulisses de l’assemblée nationale. 5h live imprenable.
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Bonjour le tchat ! Alors ? Je fais des réglages. Bonjour le tchat. J’ai pas le tchat. Comment je peux faire ? Euryale, est-ce que tu vois ? OK, bonjour. Bonjour Euryale, merci beaucoup. Nous y sommes. Voilà, nous y sommes. Bonjour à tous. J’essaie d’ouvrir le tchat sur mon téléphone, ne bougez pas. Attendez, j’ouvre d’abord le tchat. Donc on est à l’Assemblée nationale, nous sommes aux Quatre-Colonnes. Bonjour Mésange, bonjour tout le monde. Et oui, petite surprise, j’en avais même pas parlé à l’équipe : nous allons essayer de faire un documentaire animalier aujourd’hui, en direct de la salle des Quatre-Colonnes de l’Assemblée nationale. Alors… Là, il faut que je coupe le son ici. Ne bougez pas, ne bougez pas. Pour la transmission, je ne suis pas sûr de pouvoir faire mieux. Voilà, l Assemblée nationale, cinq heures de live imprenable. Le tchat uniquement, ouais, voilà. OK, je vous suis, je vous vois dans le tchat. Le son est saccadé ? Alors, il faut être plus précis. « Saccadé », ça veut dire quoi ? Est-ce que ça veut dire que c’est le micro qui déconne, ou la transmission, ou le live ? C’est modifié. Vous allez me dire si c’est mieux comme ça ? Est-ce que c’est mieux, là ? Est-ce que c’est mieux ici ? Alors, je continue à parler. J’ai fait un réglage, j’ai enlevé l’écho. Est-ce qu’en enlevant la suppression de l’écho, est-ce que c’est mieux pour vous ? Euryale, est-ce que le son est meilleur ? Alors, ce serait quand même emmerdant parce que j’ai beaucoup de réseau. OK, alors je peux peut-être essayer… Ma voix est plus lointaine, mais vous comprenez ce que je dis, d’accord ? Là, pour l’instant, on essaie de régler le son et on verra pour l’image après. Je peux peut-être passer sur le wifi du, comment dirais-je, de l’Assemblée nationale, mais ce n’est pas dit que ce soit meilleur. Donc nous avons CNN qui est là, il y a toutes les télés du monde. Selon un certain nombre de journalistes qui viennent ici tout le temps, ils n’ont quasiment jamais vu autant de monde. Donc là, en fait, on est dans la salle des… Bon son ? OK, merci beaucoup. Donc là, en fait, on est dans la salle des Pas-Perdus et la salle des Quatre-Colonnes. Là, voici… où viennent les députés, etc. Alors là, c’est bon, la qualité s’arrange. Est-ce que la qualité de l’image est meilleure aussi ou pas ? Alors, il y avait peut-être trop d’interférences avec les téloches, là, à côté ? On va voir. Images, son, c’est bon ? Super, super. Alors voilà, donc nous sommes aux Quatre-Colonnes. On va les compter : un, deux, trois, quatre. Extraordinaire ! Ah, mais c’était bon tout à l’heure ? Alors, je vais essayer de faire… un petit truc. L’image que j’ai pour vous, elle est bonne, là. Alors, attrape bien. Il faut que je coupe le son, par contre, sinon vous allez entendre en double, et ça, ce n’est pas bon. Donc écoutez, là, on est sur le réseau téléphone, donc on est un peu à la merci de… Alors, nous sommes donc dans la salle des Quatre-Colonnes, à l’Assemblée nationale. Vous voyez un certain nombre de bipèdes, de sexe masculin et de sexe féminin. Certains sont journalistes, en effet. Voilà, donc là, nous sommes dans la salle des Quatre-Colonnes. Je filmerai le deuxième téléphone que j’ai pris pour filmer les débats. Ça va bien ?
C’est à 16 heures. Alors, il y a un tas de gens qui me disent bonjour, je ne sais pas qui c’est, en fait. Je vais regarder. Alors, c’est quoi, là ? Qu’est-ce qui se passe, là ?
Alors donc, la séance démarre à 16 heures. Nous devrions voir à ce moment-là, à 16 heures, Éric Coquerel, qui doit lire la motion de censure déposée par la gauche. Ensuite, ce sera la lecture de la motion de censure déposée par le Rassemblement national. Je n’ai pas le nom de l’oratrice ou de l’orateur. Ensuite, c’est Michel Barnier qui va se défendre. Et ensuite, les neuf chefs de groupe, et ensuite le vote à 20 heures. Donc on est là pour au moins quatre heures en live. Merci à nous tous… Attendez, j’essaie de lire le live. Merci à vous tous, merci Yann, merci Maître Bel. Alors, nous sommes donc en direct de l’Assemblée nationale, dans la salle des Quatre-Colonnes. Là-bas, c’est l’hémicycle, accessible uniquement avec l’accès restreint. Donc j’ai pris un autre téléphone pour me filmer, pour écouter les débats. Parce que, figurez-vous, grande stupeur pour nous, documentaristes animaliers, c’est qu’il n’y a pas de télévision dans cette salle. Donc je ne sais pas comment les journalistes savent ce qui se dit dans l’hémicycle pendant qu’ils sont ici. Et là, il y a tellement de caméras, c’est quasiment du jamais-vu. Absolument… connexion. Alors rassurez-vous, j’ai repéré la buvette des journalistes où il y a du café. Donc l’idée, chers amis, c’est de passer du temps ensemble. Donc vous pouvez regarder, comment dirais-je… Attends, je vais peut-être éteindre l’autre micro en attendant. Peut-être que vous entendrez mieux sans le…Est-ce que c’est mieux pour vous, là ? Est-ce que c’est mieux ou pas ? Voilà. Donc n’hésitez pas à regarder le live sur un autre onglet, le live de l’Assemblée nationale, c’est le mieux. Parce qu’en fait, là, j’ai enlevé l’autre micro, l’autre micro qui est ici. Soyez les bienvenus sur auposte.fr. Donc petite surprise de la journée, on s’est déplacés. Je me suis dit : on va se marrer plus en étant vraiment sur place.
Bonjour.
Bonjour. Je suis en direct, tu peux m’expliquer ? Attends une seconde. Vas-y, l’autre jour, tu l’avais perdu. Alors raconte-moi le métier : qu’est-ce qu’il faut qu’on filme ?
Alors là, moi, ça fait quinze ans que je fais ce métier, bientôt quatorze… Je n’ai jamais de ma vie vu autant de journalistes. Ce qui est intéressant, c’est que, bon, il y en a beaucoup de Français, mais ce qui est intéressant, c’est que dans la salle, là-bas, t’as le monde entier. Moi, si t’as vu, t’as des Espagnols, des Coréens, des Hongrois, des Italiens. Donc ce qui est intéressant, déjà, c’est le côté mondovision. Et il y a un autre truc très important, c’est que c’est vraiment une journée historique dans l’histoire de la Ve République. On parle beaucoup de 1962, on dit : « Oui, il y a eu 130 motions de censure. » En 1962, Pompidou est tombé, sauf que de Gaulle l’a renommé. Sauf que là, Michel Barnier, je le vois mal être renommé. Donc vraiment, on vit un moment. C’est vrai, c’est vraiment ça. Je te laisse bosser et je te réchauffe… Attends, je te le remets, là.
Je te le remets là ou pas ? Vas-y, vas-y. Tu ne connais pas ces vieux machins-là ? Ah ouais ! Petit élastique, voilà. Allez ! Fantastique ! Ciao !
J’adore ce que vous avez dit, frère ! Ciao !
Alors les amis, est-ce que vous l’avez entendu ou pas ? Est-ce que vous avez entendu Laroutoutou ? On ne l’avait pas reconnu. Mais voyons, c’est Laroutourou ! « Salut à toi, l’Assemblée, salut à toi, la gendarmerie, sac à dos qui est parlementaire, salut à toi… » Suivez la chaîne, les amis. Suivez-nous sur YouTube, suivez-nous sur Twitch, suivez-nous sur Mastodon, suivez-nous sur Bluesky. Nous restons encore quelques jours sur Twitter, mais nous allons nous séparer de Twitter le 20 janvier. On a fait une émission là-dessus, on va y revenir dans les jours qui viennent. Voilà. Alors, let’s go ! L’idée, c’est de quitter X collectivement le 20 janvier, jour de l’investiture de Trump. Pourquoi ? Parce que Musk devient le numéro 2 des États-Unis.
Au revoir.
Phénoménal, inouï. Et il faut sortir de cette bulle dont l’algorithme, par son entremise, favorise plus que jamais les idées d’extrême droite. Et donc, on ne veut plus nourrir la bête, on ne peut plus jouer à ça. Donc on va ailleurs. Au Poste a fait le choix depuis très longtemps de Mastodon et de Bluesky ces derniers temps. N’hésitez pas à nous suivre sur ces réseaux-là. Voilà. Alors, je vais demander à Karim. Karim ? Karim, je peux te poser une petite question ? Et si je te filme pas ? Alors Karim, tu es photographe indépendant. Je ne te filme pas. Comme tous les photographes, tu refuses d’être photographié, mais ça, c’est votre truc à vous.
Je ne refuse pas, je préfère éviter. Ce n’est pas pareil.
Alors dis-moi, toi qui viens souvent ici…
Oui.
T’as déjà vu ça ou pas ? Autant de monde ?
Oui, lors de la dernière dissolution, je ne sais plus, mais j’ai déjà vu autant de monde.
Autant de monde, mais ce n’est pas souvent, quand même ?
Non, c’est quand il y a des événements comme ça.
D’après toi, qu’est-ce qui va se passer dans cette salle, cet après-midi, ce soir ?
J’en sais strictement rien, et je suis vraiment sincère avec toi, je ne sais pas. Qu’est-ce que tu veux dire, ce qui va se passer ? Il y a des journalistes ici, c’est la salle des Quatre-Colonnes, c’est là où les journalistes recueillent les paroles de certains hommes politiques, les confidences, discutent, rigolent, attendent…
Mais on est d’accord que…
Il y a juste plus de monde que d’habitude, c’est tout. Mais c’est toujours comme ça, c’est-à-dire des types qui vont, qui viennent, qui ont l’air d’attendre un bus…
Mais on est d’accord que les députés ne sont absolument pas obligés de sortir par cette salle, par cette porte. S’ils le font, c’est qu’ils veulent être interviewés. Ils ont d’autres possibilités de s’échapper.
Alors oui. Encore, là encore, je vais te répondre vraiment sincèrement. Alors peut-être que je me trompe, mais parfois, les députés, ils ne sont pas uniquement dans l’optique de : « Si je passe là, je vais tomber sur les journalistes. » Parfois, ils sont là, ils sont en train de résoudre un problème au téléphone, comme tout un chacun, tu vois. Et ils passent par là et, tout d’un coup, il y a un journaliste qui leur tombe dessus. Parfois, il y en a qui passent, qui vont se cogner contre des potes, contre des colonnes. Ils sont dans leur téléphone. Donc ce n’est pas uniquement… Il y a ceux qui ont envie de parler et il y a ceux qui n’ont pas envie de parler. De toute façon, c’est comme toujours : si le type n’a pas envie de parler, il regarde ses chaussures et il trace. Mais c’est vrai que…Alors, je peux juste te raconter une chose, vraiment, c’est de la tambouille, mais les photographes ont beaucoup moins de succès que les télévisions. C’est-à-dire que si tu veux arrêter un député pour prendre une photo, il faut vraiment qu’il soit gentil, parce qu’il sait qu’il n’a rien à gagner avec toi. Il n’est pas sûr que tu le prennes, il n’est pas sûr d’avoir son nom sous la photo dans le journal local. Alors que quand ils parlent avec une télévision ou un micro, ils savent qu’ils vont pouvoir délivrer un message.
Voilà, ça, c’était une anecdote sans aucun intérêt. Alors, voici Serge Faubert, qui est en direct. Il y a Le Média derrière. Ça va bien ? Ah bah voilà !
Ah bah voilà, tiens, il y en a plein, là, tout d’un coup. Attends, moi j’aime bien aussi. Alors vas-y, montre. Ouais, mais toi, Pure Politique. Bon alors, Monsieur Faubert, là, c’est ton jour.
C’est un peu ton jour. Tous les 62 ans, il y a une motion de censure qui passe.
Donc c’est ton grand jour, ça fait 61 ans et quelques mois que tu attends… Est-ce que tu peux nous dire, en deux mots, les enjeux réels de ça ? Parce que ça, c’est le cirque, on est d’accord. Et derrière le cirque, il y a quoi ?
Moi, je pense qu’il y a un élément qu’on ne voit pas, c’est que finalement cette conjonction des deux motions, enfin plus exactement des deux forces qui vont voter la motion de censure, réintroduit du parlementarisme. C’est-à-dire que jusqu’à présent, c’était une possibilité qui était offerte aux partis politiques et tout le monde savait que les motions de censure ne passaient pas. Et là, tout à coup, le Parlement réaffirme son autorité sur le présidentialisme. Alors, c’est un contexte bien particulier, mais quand même, quand même, il se passe quelque chose dans la vie institutionnelle du pays. Indépendamment, ensuite, de tout ce qui va suivre politiquement, c’est une autre histoire. Mais dans la pratique parlementaire, c’est une vraie rupture.
Voilà. Est-ce que tu as déjà vu autant de monde ici ou pas ? Tu viens tout le temps, toi.
C’est un peu ma deuxième maison. C’est rare de voir autant de gens et autant de journalistes étrangers, surtout. Ce qui m’a frappé, ils étaient tous en train de faire leur plateau devant la Garde républicaine tout à l’heure, ce qui était assez amusant parce que…
Le coup d’État est décrété, tu veux dire ? C’est ça que CNN a annoncé ?
Non, on n’est pas en Corée, monsieur, on est en France.
Ah d’accord, c’est la Garde républicaine.
Et je le dis tout net : le président ne déclenchera pas l’article 16 à son retour, voilà, donc…
Vous qui êtes si bien informé, pensez-vous que Monsieur Macron va revenir ? Et si la France est encore là à son retour, est-ce que son petit…
Après, il y a la course aux petits chevaux. On parle beaucoup de Sébastien Lecornu, ça revient. En même temps, ça peut être le lièvre qui court devant pour faire passer quelqu’un d’autre derrière. Il y a plusieurs possibilités. Un Premier ministre du Nouveau Front populaire, moi, je n’y crois pas parce que je pense qu’ils font une espèce de blocage. Même de leur point de vue, c’est idiot. Emmanuel Macron aurait intérêt à cramer la carte du Nouveau Front populaire : « Je nomme un Premier ministre ou une Première ministre issu du Nouveau Front populaire et je fais la démonstration que j’avais raison, c’était pas viable. » Bon, peut-être que le Nouveau Front populaire peut réussir, par ailleurs.
On se rappelle que c’était l’excuse, le prétexte de Macron, qui était de dire : « À la première loi, si je nomme un Premier ministre NFP, il va sauter, il y aura la censure. » Or, c’est ce qui va se passer, là, avec Barnier.
Mais il faut rappeler surtout que la dissolution, c’était pour éviter la censure sur le budget. Beau résultat que voilà ! Si on déroule le film, on s’aperçoit qu’il nous a expliqué que, le lendemain des européennes, il dissolvait pour éviter absolument la censure. Et on a la censure, on a une conjonction historique de l’aile droite et de l’aile gauche de l’hémicycle qui votent la même motion de censure. Et on a… Il faut faire attention : le Parlement est en train de retrouver ses prérogatives. La Ve République a eu tendance à installer une présidentialisation du régime et là, on a tout à coup une espèce de dynamique, depuis quatre mois, où les parlementaires s’emparent de leurs prérogatives. Et c’est ça qui est intéressant.
On me dit que Macron fait tout ça pour aider la presse indépendante, pour avoir plus d’audience, parce que le chaos profite à la presse indépendante, on me dit. Est-ce que vous confirmez, Monsieur Faubert Serge ?
Moi, je constate une demande d’explications, ça, c’est très clair. Je vois que, dans les commentaires qui accompagnent les sujets qu’on diffuse sur Pure Politique, on a vraiment une espèce de curiosité. On dirait que les gens découvrent des mécanismes parlementaires qu’ils ne connaissaient pas et ont envie de comprendre ce qui se passe, quel est l’enjeu derrière, où est-ce qu’on va, qu’est-ce qui peut se passer, est-ce que ça va être le chaos ? Non, ça ne va pas être le chaos. Il va y avoir un temps de latence, mais un certain nombre de mécanismes garantissent de toute manière que les fonctionnaires seront payés et que la tour Eiffel restera à sa place. Donc il n’y aura pas les chars russes à Paris et tout ira bien. Et de toute façon, à partir du moment où il y aura un Premier ministre nommé, celui-ci aura toute latitude pour recommencer et élaborer un nouveau budget. Il n’a pas de…
Ultime question, c’est un point technique. Pourquoi toutes les caméras sont postées là, sur cette allée ? C’est quoi, l’idée ? Qu’est-ce qu’ils veulent choper, là ?
En sortant tout à l’heure, vers 19 h 30, les différents responsables des groupes politiques vont sortir et vont faire des déclarations. Et donc, c’est là que les places sont chères. Moi, j’ai positionné mon caméraman avec le pied depuis 13 heures. Il occupe la place et…
Ah ouais, d’accord.
Et encore, on était en retard. Moi, je pense que j’aurais dû venir vers 11 heures et poser le trépied de la caméra pour être vraiment bien dans l’axe. C’est une bataille de tous les instants. Mais si tu veux, tu es au premier rang de la tribune, donc si tu veux cadrer proprement, avoir une bonne lumière, pouvoir déplier la perche de son, etc., et recueillir les différentes réactions, il est indispensable, vraiment, de se positionner au plus près.
Toutes choses qu’Au Poste ne fait pas. Nous, on arrive en retard et on filme le bazar, et on filme le contrechamp. Merci Serge, à tout à l’heure. Merci beaucoup. Ciao. Alors là, j’ai mon micro, je vous le dis, vous pouvez me parler, il n’y a aucun souci. C’est juste pour… Mais vous, vous êtes députée ?
Non.
Non ?
C’est ça.
C’est ça ?
Oui.
Eh bien, vous ne voulez pas le faire maintenant, là ? Vite fait, là, on est en direct. Alors allez-y, allez-y. Alors excusez-moi, je connais votre visage, mais…
Gabrielle Cathala. Je suis députée du Val-d’Oise, de La France insoumise.
De La France insoumise. Excusez-moi, mais pourquoi vous êtes là ? Ça a commencé ?
Non, je suis là pour voter la motion de censure, mais cet après-midi, il y avait le projet de loi de fin de gestion, dont on a moins parlé. Mais c’est un projet de loi qui permet d’avaliser, enfin de valider, les économies, l’austérité qui a été faite par décret tout au long de l’année et donc qui valide les annulations, ce qu’on appelle des annulations de crédits. Donc là, il y avait dans ce projet de loi 6,5 milliards d’économies sur les services publics faites tout au long de l’année qui étaient validées. Donc on est le seul groupe qui va ouvertement voter contre pour pas que ce texte passe. Et une fois qu’on aura terminé cette discussion, on va passer à la motion de censure, avec Éric Coquerel, notre président de la commission des finances, qui va défendre pour La France insoumise la motion de censure pendant dix minutes, avant que tous les groupes passent. Et il faut savoir que ça va être très, très long parce qu’en fonction de la taille de notre groupe, on a un temps de parole différent. Et par exemple, les groupes de la majorité, de la minorité présidentielle, ont des temps de parole plus grands que les autres. Donc ils peuvent peut-être parler une demi-heure tout à l’heure. Donc il y en a pour plus de deux heures de discours avant qu’on vote chacun dans les urnes qui sont là, dans les salons.
Mais là, la séance n’a pas démarré, en fait ?
Là, la séance sur la motion n’a pas démarré. D’abord, il faut qu’on vote contre le projet de loi de fin de gestion.
D’accord.
Et puis après, la séance va être interrompue normalement, puisque quand le gouvernement tombe, s’il tombe comme on l’espère tout à l’heure vers la fin de l’après-midi, le gouvernement ne peut plus… Enfin, Barnier est censé présenter sa démission à Macron, qui est censé l’accepter. Et ensuite, le gouvernement sera démissionnaire, donc il est censé… il ne peut plus siéger au banc en séance. Parce qu’en séance, ensuite, il y a le gouvernement qui donne toujours des avis sur des textes. Donc ça va faire tomber tout l’ordre du jour. À part que nous, on attend qu’un gouvernement du Nouveau Front populaire soit enfin nommé pour qu’on présente notre propre budget avant la fin de l’année. Mais sinon, ils vont prétendre qu’il y a urgence, etc., et donc ils vont toujours siéger au banc pour la loi de finances et pour ce qu’on appelle une loi spéciale, même s’il tombe, si Macron ne nomme pas de nouveau gouvernement.
C’est zéro budget, vous dites ?
Être assis au banc, c’est… En séance, il y a les rapporteurs sur les textes et il y a le gouvernement qui est assis en bas et qui donne un avis sur le texte.
Alors, vous vouliez me parler d’un projet, mais d’abord, juste pour terminer là-dessus. Deux choses. Les fachos, ils vont voter avec vous ?
Oui.
Alors, qu’est-ce qu’on fait de ça ?
Ça, ce n’est pas grave, ils font ce qu’ils veulent. Nous, on veut que le gouvernement tombe. Notre motion, on l’a déposée en premier, avec plus de députés, et c’est la motion de censure, donc, qui va passer avec le texte qui va avec. Et s’ils veulent voter, tant mieux, parce que nous, ce qu’on veut, c’est que le gouvernement tombe.
Alors, j’ai lu que dans votre motion, dans le texte, il y a des attaques au RN, notamment sur ses obsessions concernant l’immigration. Il y en a plusieurs comme ça ou… ?
Il me semble qu’il y a un paragraphe là-dessus, sur la lutte contre l’extrême droite. Mais vous savez, là, c’est un contre-feu organisé par Michel Barnier, qui en est venu même à publier le texte, comme d’autres députés du socle commun qui essayent de supplier l’extrême droite de ne pas voter la motion. En réalité, jamais personne, dans les faits, ne s’intéresse au texte des motions. Depuis deux ans, là, on a eu 24 49.3 avec Élisabeth Borne sur tous les projets de loi de financement de la Sécu, la loi de finances, les retraites, et à chaque fois, le texte visait aussi l’extrême droite et jamais personne ne s’y intéressait. Ce qui compte, c’est la motion en tant que telle, c’est de faire tomber le gouvernement.
J’ai vu que Mélenchon était passé. Mélenchon, il a le droit d’être ici ? Qu’est-ce qu’il fout ?
Jean-Luc Mélenchon, comme tous les anciens députés, a le droit de venir voir la séance, puisque dans les tribunes de la séance, il y a des places pour des invités, les vétérans. Il y a les places pour les invités de l’après-midi et il y a toujours une place pour les députés. Et au-dessus, il y aura les places pour la presse. Chaque organisme de presse a sa place réservée. Et donc Jean-Luc Mélenchon, évidemment, qui a fondé La France insoumise et qui est le président de l’Institut La Boétie, est là aujourd’hui parce que c’est un grand moment politique. Ça n’était pas arrivé depuis 1962 qu’un gouvernement tombe. Donc forcément…
Il s’était déguisé ?
Non, non, lui, oui, pas nous deux.
Ah non, moi, je n’étais pas né en 62.
Ah oui, c’est ça, c’est incroyable.
Mais évidemment, c’est un jour historique. Même moi, je trouve ça… En tant que députée, j’ai été élue le 7 juillet. C’est un moment qu’il faut savourer, de faire tomber un gouvernement qui est illégitime depuis plusieurs mois. Un gouvernement qui voulait supprimer 4 000 postes d’enseignants. Un Premier ministre qui est issu d’un parti qui a fait 6 % dans les urnes. Un gouvernement qui tient juste grâce à l’extrême droite et qui, encore il y a quelques jours, faisait des concessions sur l’aide médicale d’État pour draguer Madame Le Pen. C’est, pour tous les députés qui ont voté cette censure, un grand moment aujourd’hui.
Alors, vous vouliez… Vous avez fait le jeu des Quatre-Colonnes, je vous ai dit : « Il y a un mec, là, d’Au Poste », vous m’avez…
Je voulais vous parler du budget de la justice.
Alors, vous voulez qu’on en parle maintenant ou pas ?
Oui, si vous voulez.
Allez-y, allez-y. Le budget de la justice.
Le budget de la justice, c’est un budget… On a beaucoup parlé de… Parce que, vous savez, le gouvernement Barnier a préparé 60 milliards d’économies, dont 40 milliards sur les services publics. Et on a beaucoup parlé, ce qui est très important, des 4 000 postes d’enseignants supprimés, des 2 milliards en moins sur l’écologie, des 400 millions en moins sur les Outre-mer, de toutes ces coupes budgétaires qui étaient prévues. Et on a moins parlé du budget de la justice, qui est pourtant un service public essentiel dont on attend beaucoup. Et là, il s’avère que, pour la justice, une loi de programmation avait été votée. Et par rapport à cette loi de programmation, il était prévu 500 millions, donc un demi-milliard, en moins par rapport à la loi de programmation votée il y a à peine un an. Et donc ça veut dire des magistrats en moins, des greffiers en moins, des contractuels en moins par rapport à ce qui avait été prévu. Didier Migaud, qui est le ministre, qui attend d’être nommé au Conseil constitutionnel après la censure, a assuré que la trajectoire de la loi de programmation serait mise en œuvre. Donc il a abondé le budget, comme on dit, de 250 millions, mais ça fait toujours 250 millions qui manquent, alors même que l’aide juridictionnelle n’a pas été revalorisée. Il y a des tribunaux, il y a certaines affaires sur lesquelles il faut attendre deux ans. Par exemple, un viol, entre le moment où on dépose plainte et le moment où on obtient réparation, où le procès est terminé lorsqu’il a lieu, c’est plus de deux ans et demi de procédure. Pareil pour les divorces : en moyenne, dans le tribunal de Pontoise, qui est dans le département où je suis élue, le Val-d’Oise, on attend plus de neuf mois pour avoir une réponse. Et ça, c’est une société qui ne peut pas fonctionner. Et c’était relativement inaperçu aussi, le fait qu’au début, en août, la prime Ségur, qui existe pour les agents médicaux depuis le Covid, a été étendue au secteur associatif médico-social. Donc elle a été étendue notamment à ce qu’on appelle des CIDFF, c’est-à-dire les centres d’information sur les droits des femmes et des familles, en août, sans que les budgets de ces associations-là ne soient augmentés par l’État, sans que l’État compense cette augmentation. Et on a eu enfin une réponse la semaine dernière, mais ça faisait encore des associations des droits des femmes qui allaient mettre la clé sous la porte. Et ces associations-là sont financées par le ministère de la Justice. Voilà. Et bien sûr, le budget de la justice reste un budget carcéral, puisque, vous le connaissez, il y a le plan des 15 000 places de prison qui est devenu le plan de 18 000. Donc la moitié du budget de la justice, en réalité, c’est de l’immobilier. C’est pour financer la construction de places de prison et le personnel qui va avec. Alors que nous, ce qu’on attend, c’est un mécanisme de régulation carcérale, c’est le fait de réduire certaines peines, c’est le fait, par exemple, de légaliser le cannabis aussi, un certain nombre de mesures pour qu’il y ait moins de détenus et que les magistrats soient moins encouragés à incarcérer. Et on a gagné, preuve qu’on peut faire des majorités dans cette Assemblée, on a, en commission des finances, un très grand nombre d’amendements sur la justice. On a gagné, par exemple, l’expérimentation du mécanisme de régulation carcérale. On a gagné la création de 600 postes de magistrats spécialisés sur les violences sexistes et sexuelles. On a un amendement sur une meilleure formation des magistrats, pareil sur les VSS. On a le fait que l’aide juridictionnelle soit possible pour les femmes victimes de violences dès le dépôt de plainte et que cette aide juridictionnelle soit revalorisée à 60 euros. Ça veut dire qu’un avocat est payé 60 euros pour une demi-heure de travail. En gros, là, actuellement, c’est moins de 40, ce qui est insuffisant, et donc les avocats ne rentrent pas dans leurs frais. Et tout ça a été balayé par le gouvernement, puisque le budget a été rejeté, et le ministre compte le balayer dans la version finale du budget, sauf s’ils sont censurés tout à l’heure et que nous, nous pouvons présenter notre propre budget.
Donc là, vous nous parlez de tout ça pour nous alerter sur les intentions, mais qui, a priori, vont tomber. Mais plus profondément, est-ce que ça signifie qu’on peut s’attaquer à la justice dans un pays comme la France parce qu’au fond, ça n’est plus une priorité, la justice ? C’est-à-dire que ça l’a été, et qu’aujourd’hui le seul discours qui marche est le discours martial, c’est le discours sécuritaire, c’est le discours flic : il y a plus de bagnoles, il y a plus d’armes…
Oui. Le budget du ministère de l’Intérieur, lui, a été conservé. Et le budget de la justice, lui, même quand il a été présenté comme un budget qui augmente, en réalité, avec l’inflation, il baissait. Et le budget, même lorsqu’il a été augmenté l’année dernière, n’a jamais rattrapé la stagnation et l’inflation depuis des années. En effet, la justice, c’est juste un moyen de parler, de vivre sur les… d’attiser les peurs des gens, etc. On pourrait parler de répression des mineurs. Par exemple, il n’y a plus de moyens pour la PJJ. Il y a 500 postes qui ont été supprimés cet été. Là, on avait redéposé les amendements pour que ces postes soient recréés. Ils ont été adoptés. Mais pareil, le gouvernement s’en moque. Et il n’y a pas de moyens pour les éducateurs spécialisés. Les juges disent eux-mêmes, les juges des enfants, rendre des décisions fictives, c’est-à-dire rendre ce qu’on appelle une ordonnance de placement. Bon, en fait, ensuite, il n’y a aucun endroit où placer l’enfant. On a aussi cette commission d’enquête, en ce moment à l’Assemblée, sur les défaillances de l’aide sociale à l’enfance en France, après les différents scandales, les enfants morts à l’hôtel, seuls, etc. Et donc la justice, oui, elle tient actuellement que grâce au bon vouloir, au courage et au dévouement des professionnels : les magistrats, les greffiers, les agents administratifs, les vacataires, les gens qui sont juristes assistants, qui font des dizaines d’heures supplémentaires, qui parfois font des audiences jusqu’à une heure du matin. Un juge des enfants, par exemple, va avoir 800 dossiers, 800 enfants à s’occuper, au lieu d’en avoir la moitié pour que la justice fonctionne correctement. C’est le Syndicat de la magistrature qui a fait cette étude-là. Il manque en France 522 juges des enfants pour qu’ils puissent rendre leurs décisions dans les temps et qu’ils puissent rendre de bonnes décisions, et qu’ils puissent avoir un nombre d’enfants soutenable à suivre. Et 522 juges manquants, c’est énorme. Sachant que les juges des enfants, on va toujours parler de la répression, alors qu’en réalité, les affaires pénales, c’est que 30 % de leur quotidien, et le reste, c’est des mesures éducatives. Et c’est ça qui devrait primer pour les mineurs. C’étaient les principes de l’ordonnance de 45.
Il y a Hélène dans le tchat qui dit : « C’est tellement chouette, les députés bien au courant de leur métier. » Alors, est-ce un métier, député ?
Ce n’est pas un métier, c’est une vocation, un mandat.
Qui connaissent bien leurs dossiers, on va dire. On vous remercie aussi pour la collecte alimentaire donnée au Secours populaire.
Ah oui, c’est vrai.
C’est quoi, cette affaire ?
Alors, c’était qu’on essaye de se rendre utiles, puisque le but, c’est qu’au-delà de l’Assemblée et, bien sûr, de tout ce qu’on a à faire ici, on essaye de faire des collectes. Nous, on en a fait une à la rentrée, on a fait une collecte pour les fournitures. Là, j’ai fait une collecte alimentaire et je l’ai remise au Secours populaire du Val-d’Oise, qui est là où je suis élue. Et ils nous ont remerciés. Donc je l’ai faite dans les supermarchés de ma circonscription et ils nous ont remerciés en nous disant que les besoins n’avaient jamais été aussi… Et c’est le cas, puisque les besoins, que ce soit le Secours populaire, les Restos du Cœur, les banques alimentaires, n’ont jamais été aussi grands depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron. On est à 11 millions de pauvres maintenant, selon l’Insee, en comptant les Outre-mer, puisqu’avant les Outre-mer n’étaient pas comptés. C’était pour ça que le chiffre était totalement faux. Et pareil, les distributions des Restos du Cœur ont augmenté de plus de 20 % depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, alors que les dons ont baissé, puisque les gens faisaient des dons pour éviter notamment… baisser leur ISF. Depuis que l’ISF n’existe plus, il y a moins de dons. Et au-delà, les associations ont aussi besoin de retraités. Et c’est un des arguments aussi pour la retraite, plutôt que 64 ans, à 62 ans, voire 60 ans surtout, avec quarante annuités. Parce qu’au Secours populaire, j’ai pu constater que l’association ne tient que grâce à des retraités, et que des retraités âgés de plus de 62 ans. Et c’est ça aussi le préjudice de la réforme qu’on a essayé d’abroger la semaine dernière et qu’ils ont bloquée. C’est d’ailleurs un motif de censure aujourd’hui. Merci beaucoup.
Alors, à tout à l’heure peut-être. Et si Monsieur Bernalicis est dans les parages…
Alors, je ne l’ai pas vu, mais je crois que c’est les anciens en ce moment.
Dites-lui qu’il peut revenir dans le tchat, ça fait longtemps qu’on ne l’a pas vu dans le tchat d’Au Poste, en direct depuis l’hémicycle.
Vous allez le chercher. Bonjour. Oui. Merci beaucoup. Ça va ? Oui. Alors…
Hop, hop ! Je range mon petit micro. Ah oui ! Tiens, tu peux me le tenir juste une seconde ? Excuse-moi, c’est le temps de sortir la batterie. Oh là là ! C’est…
C’est ça !
C’est Le Média qui tient la caméra le temps que je mette la batterie de secours.
Merci.
Merci beaucoup. Merci beaucoup. Bonjour Lisa, tout le monde te reconnaît !
Coucou !
Encore une toute petite seconde… Voilà. J’espère que c’était bon. C’est lourd, en fait. À la fin de la journée, c’est dur. Voilà, super. C’était beau, la collaboration entre les médias. Est-ce que vous entendez Lisa ? C’est juste pour voir, parce que le micro est un petit peu loin. Dis-moi, tu viens souvent, toi, ici ?
Là, on est là depuis lundi. Et sinon, on vient très, très souvent, on suit l’action politique, vous savez.
Bon alors là, petite journée, grosse journée…
D’habitude, il y a un banc au milieu. Du coup, on fait des pauses, on s’assoit, etc. Là, on nous a enlevé le banc parce qu’il y a trop de monde. Je suis triste de nos habitudes perdues. Mais là, il n’y a plus beaucoup de chaînes. On se sent dans un rangement de comptes en tomates, et c’est comme ça qu’on se fait choper pour une interview. Mais normalement, il y a un banc en plein milieu de la salle, parce qu’on est beaucoup moins que ça, normalement.
Normalement.
En plein milieu, vraiment. Il est vers là.
Donc vous vous asseyez, et là, ils ont enlevé le banc.
Oui, parce qu’il y a trop de monde. Donc du coup, on ne peut pas faire notre pause d’habitude. Normalement, là, c’est un moment un peu de creux parce que tout le monde est dans l’Assemblée, il n’y a pas de suspension de séance ou quelque chose comme ça. Ou alors je ne sais pas où on en est, parce que l’écran est très loin. D’habitude, on voit l’écran, pareil.
Alors attends, explique-moi, Lisa : comment on fait pour savoir ce qui se passe, vu qu’il n’y a pas un seul écran ?
Là, je donne mes petits tips, je donne les petits tips secrets. Parce que moi, je regarde… Normalement, on voit un petit peu l’écran, on l’entend. Mais quand on ne sait pas vraiment ce qui se passe, moi, je vais sur le Twitter de LCP, quand je suis trop loin de l’écran pour savoir ce qui se passe.
Ah, sur LCP !
LCP, c’est un peu la maison mère. C’est chez eux, ici. C’est un petit peu nos parents.
Eux, ils sont en bas, non ?
Ils sont en bas. Et là, ils ont une grosse cam ici pour les interviews et les duplex. Ils en ont une autre dans la meute, on appelle ça.
Ah, ça, vous appelez ça « la meute » ?
Oui, là où il y a tout le monde réuni, c’est la meute, voilà. Ils ont une autre caméra là-bas pour les duplex. C’est chez eux, quoi.
Lisa Lap, qui présente en particulier la très bonne émission L’Instant Porcher.
C’est gentil, oui, entre autres.
Il n’est pas trop chiant ?
Non, franchement, il est gentil.
Il est gentil, Porcher ?
Oui, oui. En plus, je le vois qu’une fois par semaine, donc ça va.
Ah voilà !
S’il y a un problème, tu m’appelles.
On rigole bien. J’ai failli tomber.
Alors ça, ça s’appelle « la meute ». Normalement, il y a un banc. Toi, tu vas regarder la chaîne sur Twitter.
Voilà. Mais sinon, il y a l’écran. Mais là, je sais pas où on en est, je vois pas.
Il n’y a pas de cible ?
Il y a une télé tout au fond, en dessous de l’horloge.
Bon, je vais aller voir. Mais s’il n’y a pas le son, on peut se serrer.
Pour voir où ça en est, est-ce qu’on est en séance ou pas. Là, je vais regarder où on en est. Mais normalement, la séance, elle reprend à 16 h 30, si je me trompe pas. Il est 27. Et du coup, ça va être la cohue parce que tous les députés vont rentrer dans l’hémicycle. Et donc, du coup, ils passent tous dans les couloirs, là. Et là, c’est le moment où on dit : « S’il vous plaît, monsieur, est-ce que vous pouvez répondre à ces questions ? », machin.
Mais là, ils vont rentrer, donc ils vont pas avoir le temps de discuter.
Des fois, on arrive à en arrêter certains. Ou alors, il y en a qui aiment parler, donc qui s’arrêtent au niveau de la meute et ils parlent. Ça dépend.
Et alors, dis-moi, j’ai l’impression que je vois quelques regards un peu hautains, un peu en dessous…
Les médias indés s’incrustent à l’Assemblée nationale ?
Oui, c’est ça.
Non, nous, on est toujours très bien accueillis. On a toujours quelques regards, mais c’est normal. Mais on s’entend bien avec plein de journalistes. On nous porte le micro, des fois, quand on galère, on prend le micro de l’autre. Donc non, en vrai, il n’y a pas trop de drama à l’Assemblée nationale. C’est plus entre les députés qu’entre les journalistes.
Et dernier point : à part la buvette des journalistes, où est-ce que je peux avoir du café, ici ?
À la buvette des journalistes.
C’est ça.
Il n’est pas mauvais. Leur chocolat chaud est super bon. Les employés de la buvette des journalistes sont adorables.
Il y avait une dame tout à l’heure, elle était impayable.
La dame, elle est trop gentille. Et par contre, on n’a le droit de le boire qu’à la buvette. On a le droit d’avoir de l’eau ici, mais pas de café, pas de Coca ou d’autres sodas.
Et la drogue, c’est dans l’hémicycle, par contre.
La drogue, voilà. Ça, c’est les secrets de l’Assemblée nationale.
OK, super. À tout à l’heure, Lisa, merci beaucoup. Super. Alors, allons vérifier. Nous sommes en direct des Quatre-Colonnes pour un documentaire animalier où nous étudions la meute. La meute, c’est ici. Ça, c’était la meute. Alors, voyons voir s’il y a une télévision. Ah oui, en effet, il y a une télévision !
Ah oui. Ah oui, il y a une télévision, oui. Personne la regarde. Regardez, c’est marrant. Il y a des sacs. Bonjour, vous êtes en direct de… du dernier de la meute. Ouh ! Allez-y, allez-y. Non, je ne filme pas la télé, Monsieur Théo, je filme l’habitus de la meute des journalistes parlementaires. Est-ce que vous m’entendez quand je parle doucement comme ça ou pas ? Magnifique micro orange, excusez-moi, j’adore le orange. Ah, c’est la ZDF ! Oh la vache ! Un jour, j’aurai ça. Magnifique. Ah bon, le son est faible ? Alors attendez, je vais essayer de voir…
Attendez, je vais essayer de voir… Audio. Est-ce que c’est mieux comme ça ? Un, deux, un, deux, un…
Alors, je ne touche pas au volume. OK, je vais faire une petite… Donc, en fait, ils n’écoutent pas, c’est juste pour savoir quand est-ce que les députés vont sortir. Ah, merci Théo. Ah oui, mais attends, non, là, j’ai deux micros et j’en ai un vers moi. Voilà, excusez-moi. Non, non, j’avais deux micros. Je peux peut-être faire un dernier truc. Alors, à partir de maintenant, je monte ma main. Je vais faire un… Voilà. Est-ce que là, à partir de maintenant, c’est mieux ? Est-ce que c’est mieux ou pas ?
Voilà, nous, nous étudions la meute. OK, merci beaucoup.
Merci Didier. Donc, je suis le tchat de YouTube et de… Ils sont tous à gauche.
Un, deux, un, deux.
Ah ! Tous sont à droite, alors. Merde ! Attendez, je vais changer.
OK, c’est là.
Voilà, là, j’ai changé. Ça devrait être revenu. Donc il ne faut pas que je mette le son stéréo.
OK, merci. OK, super. Donc nous sommes à Au Poste, nous sommes en direct de l’Assemblée nationale.
Lui, il fait son live aussi. Regarde. C’était un live pour TF1 ?
Non, c’est mon petit Instagram.
C’est bon, c’était grand.
Il y a combien de gens sur toute la… ?
Là, c’est David Dufresne.
Au Poste, Dav Duf, auposte.fr.
Ça fait longtemps, hein !
Il y a des gens que j’ai pas vus depuis vingt-cinq ans. Alors là, j’ai le retour image, donc ça, c’est bon, j’arrive à voir. En fait, je pense que c’est quand je me déplace que ça pose des petits problèmes. Mais l’important, c’est qu’on retrouve le signal après. Alors, ce que je vous propose, si vous voulez être confortables, c’est que vous ouvrez un onglet et vous allez directement sur le site de l’Assemblée nationale. Vous pouvez suivre les débats. Moi, je vais essayer de, comment dirais-je, de filmer un téléphone quand ce sera vraiment les moments importants. Voilà. Merci beaucoup. Est-ce que je peux vous dire un petit truc ? Si quelqu’un pouvait noter… Euryale, si tu pouvais noter : écho désactivé. En fait, non, tout désactivé : écho, stéréo, résolution, gain. Écho, stéréo, résolution, gain, tout désactivé. Visiblement, c’est mieux. Alors, nous sommes dans la salle des Quatre-Colonnes. Comme vous pouvez le voir, il y a une horloge qui est à l’heure. Ici, il y a un thermomètre. C’est le thermomètre de la République. Allons voir. Il y a écrit « chaleur », je ne sais pas si vous voyez bien. Il est à 22 degrés, « chaleur ». Et on risque d’aller sur la gauche, comme de juste, et on pourrait aller jusqu’à 30 ou 40 degrés : « extrême chaleur », à ce moment-là. Merci, Vaite, pour le retour sur le son. Ça, c’est quand on sera très, très riches. Vous voyez ça ? C’est un sac à dos avec plusieurs clés 5G. Bon, ça, c’est quand on sera riches. Ça assure une connexion permanente. Il doit y avoir cinq, dix clés 4G différentes sur tous les réseaux, donc quand il y a un réseau qui tombe, voilà. Vous noterez que c’est la dame qui le porte. Alors, je range mon petit micro. Alors, je vais aller dans l’autre salle. Si l’image freeze, je reviens. L’autre salle, c’est la salle des Pas-Perdus. Très belle salle, beaucoup plus grande. Et là se sont installés les plateaux télé. Voici la…
Bonjour.
Bonjour, pardon. Et là, vous avez toutes les télés du monde entier, ou presque. C’est un public annoncé.
Je vais vous montrer…
Ils avaient six minutes tout à l’heure, sans nous. Ils ne sont plus là ? Ils sont déçus ou quoi ? La télévision espagnole, la TVE. Au revoir.
Ah, c’est le bazar. Alors, nous rejoignons la meute. Nous rejoignons la meute. Alors, comme il y a une suspension de séance, voyons voir la meute. C’est la meute. Il y a des oiseaux dans la meute. C’est joli, ça !
Ça, c’est drôle, hein.
Ça, c’est une image que j’aime bien, tu vois.
Je vais essayer de vous montrer un peu plus…
L’envers du décor.
Bienvenue à ceux qui nous rejoignent. Vous êtes à Au Poste, là-haut. Nous sommes arrivés à 14 heures, petite salade à la buvette des journalistes, pas dégueu d’ailleurs, et puis depuis 15 h 30, 15 h 45, on est en direct. Le débat n’a pas commencé. On ne voulait pas rater ce moment historique : la censure ou le chaos. Là, visiblement, le téléphone se recharge, ça devrait aller. Ah bah alors, attendez, parce que tout à l’heure, vous m’avez dit que le son était beau. Donc moi, je veux bien refaire un réglage, mais c’est parce que je parle pas fort. Bonjour.
Alors, vous voulez que je fasse encore un petit test ? Attendez, alors je vais refaire un truc. Peace, quoi ! Euh, oui, mais alors attendez. Le son est bon, le son est beau. OK, merci Théo. Mais il est faible, c’est ça ? OK. Moi, je vois de la lumière, j’y vais.
On n’entend pas, on n’entend pas.
Ah, lui, c’est un peu franchouille. Ça va ? Ah bah, mes belles, elles vont toutes tomber. Voici deux maquilleuses de télévision. Alors, la séance va reprendre, c’est bien ça ? Je comprends rien, excusez-moi. Ah non, ils se préparent, tous les micros. Nous sommes donc en direct de la meute. La meute étant le nom que s’est auto-attribué la presse. La meute, c’est donc cette presse qui attend aux Quatre-Colonnes. Voici le plan des micros. Alors, j’adore cette image. Je suis comme toi, j’essaie d’enlever les têtes. Voilà, ça, c’est complètement fou. C’est beau. On dirait des hirondelles. Je vous rappelle que nous faisons le premier documentaire animalier politique en direct, politico-médiatique en direct. Voici les flamants noirs qui sont de sortie. Il y a donc une suspension. Donc tout le monde attend. Tout le monde attend. Les bêtes féroces se libèrent de l’arène. Personne n’a le film ? Qu’est-ce qu’ils foutent ? C’est triste. T’as un ancien ministre, mais personne n’a le film.
OK.
Alors, attendez, je vais essayer de voir si on peut suivre les débats. On va voir si on peut suivre les débats quelque part, pardon. Voilà, je vais faire un autre système. Alors, je ne verrai plus le tchat, par contre, ou très mal. Attendez. Voilà. Alors, on va voir si Lisa est en train de regarder… Tu regardes l’Assemblée, là, ou pas ?
Je l’avais tout à l’heure !
Ah, là, j’ai du réseau, là ? Ah ben, tu sais, Au Poste, nous, on a un peu nos entrées, quoi. Non, j’ai du réseau, enfin, je crois. Bonjour, bonjour tout le monde. Alors, je vais essayer de filmer. Je vais essayer de filmer l’Assemblée. Attention donc, les amis, là, j’ai plus le tchat. Je vais le voir, mais pas très bien. OK. Alors, alors… Vidéo Assemblée. Ah non, mais là, ça devient sport. OK.
Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues.
T’as l’air, hein ? T’as l’air, t’as le…
Monsieur le Premier ministre, nous faisons aujourd’hui l’histoire.
Attendez, c’est…
Aucun gouvernement n’a été censuré depuis Georges Pompidou, en 1962. Et moi, parce que j’ai l’honneur de porter cette motion de censure… Vous voyez dans cette introduction ni de quoi adoucir votre déception. Simplement, je veux dire toute l’importance et la solennité de ce moment.
Ça va, là, ou pas ?
J’apprécie tout le sérieux et l’enjeu de ce jour.
Est-ce que vous entendez le…
Je sens une responsabilité d’autant plus grande qu’à l’inverse de Georges Pompidou, la majorité de nos concitoyens n’est ni derrière votre gouvernement, ni encore moins derrière le président qui vous a nommé à cette place.
Et là, c’est bon.
La majorité du peuple…
C’est des travaux à l’Assemblée.
Parce que vous n’avez jamais su déjouer la malédiction que nous a transmise le vrai responsable de cette situation : Emmanuel Macron.
Ce n’est pas l’addiction, c’est l’illégitimité.
Votre illégitimité absolue devant le suffrage universel. Vous qui êtes issu de la force politique parlementaire qui a eu le plus mauvais résultat aux élections législatives. L’illégitimité de la coalition qui était censée vous porter. Et plus encore, l’illégitimité du programme économique et social puissamment rejeté par les Françaises et les Français en juillet 2024. Ce même programme que vous aurez vainement tenté de perpétuer, puisque telle était la mission pour laquelle vous aviez été choisi, vous, minoritaire, par un président lui aussi minoritaire. Votre échec était annoncé et il fut finalement puissant. En témoigne le budget de la Sécurité sociale transformé par les amendements du Nouveau Front populaire qui ont été adoptés contre votre gré. Mais vous avez esquivé son adoption en jouant la montre, car elle est la dernière arme des gouvernements faibles. Par ailleurs, le débat sur le budget de l’État, déserté par vos troupes, a eu lieu en présence de seulement vingt à trente députés de votre socle présumé commun, qui s’est révélé un dernier bataillon en déroute. Ce socle fissuré fut incapable d’éviter l’adoption des amendements de justice fiscale et sociale portés par le NFP. Un budget transformé contre lequel votre seule parade fut ici non la montre, mais l’appui du Rassemblement national. Cette illégitimité provoque votre chute aussi, car vous n’avez pas tenu vos engagements. Vous disiez que vous respecteriez le Parlement après le record de 49.3 déclenchés par les gouvernements précédents pour expédier une politique déjà minoritaire. Nous ne vous avions pas cru, d’où notre motion de censure en octobre. La suite a montré que nous avions eu raison. Vous avez montré que les seuls compromis que vous étiez prêts à admettre étaient ceux négociés avec vous-même. Vous n’avez même pas esquissé le moindre mouvement en faveur des amendements adoptés dans cette chambre. Ni dans le budget de la Sécurité sociale, où pourtant nous réglions une grande partie des déficits des comptes sociaux en faisant, par exemple, cotiser les dividendes. Ni dans celui de l’État, où nous apportions 56 milliards d’euros en revenant sur les cadeaux fiscaux faits continûment aux ultrariches et aux très grandes entreprises depuis 2017. Or, ces recettes supplémentaires permettaient d’éviter d’augmenter les taxes sur l’électricité ou de pénaliser le pouvoir d’achat des actifs et des retraités. Ces recettes permettaient aussi de réduire le déficit en dessous de 3 %, ce qui libérait directement des marges de manœuvre pour investir dans l’écologie, l’éducation, la santé. Voilà le résultat que vous avez évacué d’un revers de main.
Ce résultat adopté grâce au NFP.
S’avérerait pourtant largement préférable à la sueur et aux larmes que vous promettez aux Français, au détriment de l’activité économique et de la bifurcation écologique. Vous avez finalement tenté des compromis, mais avec l’extrême droite. Ce Rassemblement national que vous avez privilégié en violation du barrage républicain qui s’est exprimé majoritairement en juillet dernier. Ce barrage dont vous auriez, a minima, Monsieur le Premier ministre, dû être le garant. Mais cette compromission n’empêchera pas votre chute. Vous chuterez de surcroît dans le déshonneur, puisque vous étiez même prêt à remettre en question l’aide médicale d’État. Jusqu’au bout, vous-même ou vos ministres, comme Monsieur Retailleau hier aux questions au Gouvernement, aurez invoqué des valeurs communes avec l’extrême droite afin d’éviter que ses députés ne votent la censure. Cette aspiration au front réactionnaire est une insulte vis-à-vis de tous les électeurs qui ont permis à vos maigres soutiens de siéger encore dans cette chambre pour faire barrage. Vous vous inscrivez ainsi dans cette tendance qui voit, dans beaucoup d’autres pays, les partisans du néolibéralisme et du marché s’accorder avec l’extrême droite, s’approprier ses idées et mettre en œuvre son programme. Illégitime, vous l’êtes aussi parce que vous avez refusé d’entendre, après le puissant mouvement social de 2023, l’écrasante majorité qui veut l’abrogation de la réforme des retraites. Cette volonté qui s’est exprimée de nouveau en juin dans les urnes. Comme le refus des Français du traité constitutionnel européen en 2005, vous avez aujourd’hui considéré que le peuple avait tort, puisque vous estimez avoir toujours naturellement raison.
C’est fini !
Cette illégitimité remonte à ce passage en force contre la population exigé par le président de la République. Hier, par le 49.3 du gouvernement Borne, aujourd’hui par l’obstruction parlementaire organisée par votre gouvernement pour éviter l’abrogation. Ce mépris explique le crépuscule qui tombe sur l’avenir politique du président et, dans l’immédiat, sur le vôtre. Comme certains de mes collègues ici l’ont fait, je vais vous raconter, chers collègues, mon rapport personnel à l’âge de départ à la retraite. Marcel Mercier était mon grand-père maternel, ouvrier chez Michelin, dans la banlieue parisienne. Il part à la retraite en 1969, à l’âge de 65 ans. Il rejoint son pays natal, le pays roannais, mais il meurt six mois après. En 1981, la gauche arrive au pouvoir et abaisse l’âge de la retraite à 60 ans. Or, je n’ai jamais pu m’ôter de l’esprit le fait que mon grand-père aurait eu le droit de vivre heureux au moins cinq années supplémentaires. Ces histoires-là, chers collègues, nous les partageons par millions en France. Et nous sommes beaucoup à penser que la question n’est pas de travailler jusqu’à l’épuisement, mais bien le droit à profiter en bonne santé de ces années de vieillesse. Ce choix, il appartient aux travailleuses et aux travailleurs. Et ils disent qu’ils aspirent à un meilleur partage de la valeur plutôt que de travailler deux années de plus. Voilà ce que vous n’avez pas compris, car les salariés estiment, par exemple, que deux ans de vie valent largement 0,15 % de cotisation en plus pendant sept ans. Ainsi, nous pourrions garantir l’équilibre du régime. Or, à cette préférence, vous n’avez rien d’autre à opposer que les éléments de langage du Medef et des fonds de pension désireux de mettre la main sur ce pactole. Ce serait, Monsieur le Premier ministre, une raison déjà suffisante pour vous censurer. Enfin, arrêtez ce mauvais coup porté au pays qui consiste à dire : « Après moi, le déluge. » Le chaos est déjà là. Il est politique, économique et social. Ce n’est pas la politique économique que nous voulons qui explique les chiffres catastrophiques du déficit, les plans de licenciements massifs, le chômage qui remonte, l’incapacité à faire face aux besoins en matière d’investissement écologique. C’est votre politique économique et fiscale, qui a consisté à appauvrir le pays au bénéfice des ultrariches et du capital, et pour le plus grand malheur du reste du pays. C’est pourquoi la censure populaire se fait chaque jour plus vive : celle des agriculteurs…
T’as vu ?
…des salariés d’Auchan, des soignants et, demain, des enseignants. Votre navire prend l’eau, la colère monte. Cette politique échoue ici et partout en Europe. Il est donc vital de rompre avec elle. Le chaos est déjà là et il n’interviendra pas avec votre chute. Si le budget de la Sécurité sociale n’est pas adopté, on appliquera celui en cours. Les cartes Vitale fonctionneront toujours et les retraites seront même indexées sur l’inflation, ce qui bénéficie aux retraités. Sans compter que rien n’empêchera un gouvernement de déposer un nouveau budget de la Sécurité sociale. Et après votre chute, il y aura tôt ou tard un budget pour l’État. Arrêtez de faire croire que la lumière s’éteindra. La loi spéciale évitera tout shutdown. Elle permettra de passer la fin de l’année en décalant de quelques semaines l’examen du budget pour 2025. Et contrairement à votre propagande, cela ne fera pas payer d’impôts de plus aux Français, puisque cette loi n’aura pas vocation à durer plus de quelques semaines. Il existe une meilleure solution qui respecterait le suffrage universel : nommer un gouvernement NFP qui pourrait avantageusement amender le budget, qui reviendra le 18 décembre à l’Assemblée. Il pourrait reprendre tous les amendements qui avaient trouvé une majorité ici même. Il lui restera alors deux semaines pour essayer de faire passer la partie recettes avant le 20 décembre, comme la loi l’y oblige. Mais il semble que le chef de l’État ne veuille toujours pas de cette solution, qui contredit les fondements de sa politique au service de la finance. Voilà pourquoi se posera à nouveau et rapidement la question de la sortie de cette impasse. Cette sortie de crise passera par le suffrage populaire. Elle ne pourra qu’en juillet et doit concerner le responsable de tout ce chaos. J’ai nommé le président de la République. Aujourd’hui, nous votons la censure de votre gouvernement et, plus que tout, nous sonnons le glas d’un mandat, celui du président. Collègues, notre main n’a pas à trembler. Je vous incite à censurer ce gouvernement. En ce jour, ouvrons un avenir, la promesse d’une aube après le crépuscule.
Merci beaucoup. La parole…
La parole est à présent à Madame la présidente Marine Le Pen, pour le Rassemblement national.
Merci beaucoup.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, chers collègues. Allez, s’il vous plaît, s’il vous plaît. Nous voilà arrivés au moment de vérité. Un moment parlementaire inédit depuis 1962, qui va sceller selon toute vraisemblance la fin d’un gouvernement éphémère, un gouvernement de circonstance et finalement d’apparence. Monsieur le Premier ministre, dès votre nomination à Matignon, le Rassemblement national avait fait un choix responsable, transparent et loyal : vous prendre au mot lorsque vous vous disiez prêt à construire un texte garantissant, je vous cite, « des dépenses maîtrisées ».
On baisse un peu, là, on baisse. Selon Le Monde, que j’ai lu à midi, Marine Le Pen a décidé de voter la censure parce qu’elle est très, très, très énervée. Vous savez par quoi elle est très énervée ?
…lors des dernières élections, mais un bâtisseur sincère, conscient des souffrances du pays, capable d’appréhender les nouveaux équilibres politiques et de rendre enfin la parole à ces millions de Français ignorés comme effacés de l’esprit des gouvernants.
En fait, elle est très, très énervée des délibérés… des délibérés… Pas des délibérés, pardon, excusez-moi, du réquisitoire, du réquisitoire qui a été formulé à son encontre, c’est-à-dire peine de prison et d’inéligibilité. On aura la réponse le 31 mars avec la décision de justice, mais visiblement, c’est ça qui la rend vénère. Et ce qui veut dire que la séparation des pouvoirs, c’est pas trop son truc.
…que la contingence, le sectarisme et le dogmatisme lui ont interdit la moindre concession qui aurait évité ce dénouement.
Et donc là, on est quand même dans une démarche assez trumpienne de sa part. Les amis, n’hésitez pas à partager le live, là, partout où vous pouvez. Il n’y a qu’ici que vous verrez l’histoire s’écrire comme ça.
…des consultations et des compromis, en somme le respect de la volonté du peuple français en matière migratoire, sécuritaire ou fiscale, ou en matière de construction européenne, et ce malgré les résultats sans appel des élections de juin et juillet derniers. Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que ce budget s’inscrive dans la continuité des cinquante derniers qui l’ont précédé : des budgets de déficit chronique et de gaspillage, qui ont porté notre dette à un niveau jamais atteint, 3 300 milliards, dont la facture est invariablement présentée aux Français, sommés d’éponger ces errements. Depuis cinquante ans, la France a perdu le contrôle de ses finances publiques. Elle s’est rendue prisonnière de ses budgets qui obèrent désormais son avenir, celui de nos enfants et même de nos petits-enfants. Ils n’ont pas seulement découragé le travail, mais la création de richesses, pas seulement la volonté… Ce système ne saccage pas seulement la France, il prend en otage les Français, et singulièrement les plus vulnérables : les retraités modestes, les personnes malades, les travailleurs pauvres, les Français considérés comme trop riches pour être aidés, mais pas assez riches pour échapper au matraquage fiscal. Ces Français qui se posent tous une unique question : où va l’argent ?
Oh ! Ah bah…
Je l’adore !
Ah ouais, là, là, c’est pas terrible. « Où va l’argent ? Où va l’argent ? » On saura le 31 mars où va l’argent.
Cinq choix politiques clairs : rendre du pouvoir d’achat aux Français…
Oh, l’argent !
…de contrôler, réduire la spéculation et la fraude, dégraisser l’État et le recentrer sur ses missions régaliennes, stopper les dépenses contraires à la volonté populaire. Vous avez refusé jusqu’au bout de retenir ne serait-ce qu’une partie raisonnable mais essentielle de ces mesures, pourtant détaillées et chiffrées. Vous n’avez apporté qu’une seule réponse : l’impôt, l’impôt, toujours l’impôt. 40 milliards d’impôts nouveaux, dont 20 milliards pour les entreprises.
C’est bon !
Ce n’est pas le Rassemblement national qui a qualifié votre budget de récessif, ce sont les milieux économiques. Vous avez même refusé de soutenir l’indexation des retraites sur l’inflation, mesure qui, il y a quelques mois, était un marqueur, voire une ligne rouge du soi-disant socle commun. En fait, les seules lignes rouges qui ont été abandonnées depuis trois mois, ce sont finalement celles de vos députés. Je voudrais rafraîchir ici, d’ailleurs, la mémoire de certains d’entre eux, car ils semblent comme frappés d’amnésie générale.
Bon, objectivement, c’est moins bon que Coquerel, quand même.
…nous affirmait…
C’est pas à la hauteur de l’histoire, là !
…à hauteur de l’inflation, ou qu’il n’y aurait aucune augmentation d’impôts pour les Français. Le tout a été admirablement résumé par l’une de vos députées, devenue depuis ministre de votre gouvernement : « Hausse d’impôts, diminution des retraites, aggravation du déficit public. » Ça, pour le coup, on l’a dit très vite au président de la République, c’est le déclenchement de la censure. Mais le budget que nous rejetons aujourd’hui ne fait pas que renier vos promesses. Il ne comporte ni cap ni vision. C’est un budget technocratique qui continue à dévaler la pente en se gardant bien de toucher au totem qu’est l’immigration hors contrôle, en s’abstenant de s’attaquer à la vie chère en métropole comme en Outre-mer, en refusant de s’attaquer aux causes plutôt que de parler des conséquences de la vertigineuse glissade sécuritaire et criminelle que connaît le pays.
Oh, n’importe quoi.
Permettez-moi de m’arrêter un instant sur les Outre-mer.
Non, pas ça. C’est quoi ?
Manifestement, vous n’avez pas pris la mesure de leur désespoir. Crise sociale due à la vie chère, accès à l’eau potable, insécurité et immigration clandestine : sur tout cela, vous n’avez rien entrepris. Le budget que nous rejetons aujourd’hui apparaît clairement comme le contraire d’une politique pensée et pesée. Il n’est qu’une comptabilité froide, issue de logiques bureaucratiques, de choix d’habitude ou de routine dépensière, sans se soucier des postes et des personnes. En ayant à l’esprit que le mandat que nous ont confié nos électeurs est le sens de l’intérêt national, nous avions éclairé le chemin qui mène aux compromis avec trois balises : immigration, pouvoir d’achat, sécurité. Ces balises, le gouvernement n’a pas voulu les voir, comme s’il était pour lui déshonorant de chercher, en ces circonstances, les voies de la conciliation nationale. Les petits pas qu’il a timidement et très tardivement tentés ne peuvent s’appeler des concessions. Ce sont des miettes. Je le déplore, mais c’est ainsi. Alors, à ceux qui me croient animée de l’intention de choisir, par un vote de censure, la politique du pire, je veux leur dire que la politique du pire serait de ne pas censurer un tel budget, un tel gouvernement, un tel effondrement. La France aura un budget car, comme nous l’avons rappelé, nos institutions nous permettront de voter au plus tôt, avec un nouveau gouvernement, des lois de finances pour 2025. Et d’ici là, une loi spéciale que nous voterons, évidemment, permettra à l’État de continuer à percevoir l’impôt et d’exécuter les dépenses publiques indispensables à la continuité de la vie nationale. En revanche, nous lui évitons la prolongation des tragiques erreurs économiques et fiscales du passé. Nous permettons, par notre défense de l’intérêt national, à rebours de quarante ans de politiques économiques toxiques dont vous êtes le continuateur, d’éviter le chaos. Que l’on soit juste : la dissolution, nous la devons à la rupture profonde et ancienne entre la volonté du peuple et les réalisations de leurs dirigeants. La censure est la conséquence non seulement des manœuvres électorales des élections législatives qui ont privé la France d’une majorité de gouvernement…
Ah non, non, pas du tout. Ce qui s’est passé, c’est qu’on vous a repoussés. Non, non. Vous racontez n’importe quoi, Le Pen fille.
Enfin, la situation de notre pays, nous la devons aussi à un président qui s’est ingénié sans discontinuer à déconstruire tout ce qu’il pouvait : le Quai d’Orsay, la préfectorale, la police judiciaire, le droit à la retraite, l’assurance chômage, la SNCF, la souveraineté nationale, les fleurons de notre industrie, et cette liste n’est pas exhaustive.
Non, la police judiciaire, c’est pas une industrie. Ça pourrait le devenir avec vous, mais ça ne l’est pas.
Clé de voûte de l’édifice institutionnel français, parce qu’une logique constitutionnelle le commande. En attendant que le peuple reprenne la parole et la main, c’est au chef de l’État et à lui seul qu’il appartiendra de sortir le pays de cette pathétique ornière. Je le dis ici, j’ai trop de respect pour la fonction suprême, de déférence à l’égard de nos institutions, de révérence vis-à-vis du suffrage universel, pour participer à une quelconque entreprise, même parlementaire, de demande de destitution. Je laisse cela aux Che Guevara de carnaval, qui sans nul doute se reconnaîtront. C’est à l’intéressé lui-même de conclure s’il est en mesure de rester ou pas. C’est à sa conscience de lui commander s’il peut sacrifier l’action publique et le sort de la France à son orgueil. C’est à sa raison de déterminer s’il peut ignorer l’évidence d’une défiance populaire massive et, dans son cas, je crois, définitive. S’il décide de rester, il sera contraint de constater qu’il est le président d’une République qui n’est plus tout à fait, par sa faute, la Cinquième. Il devra se résoudre, enfin, au respect de l’Assemblée nationale élue, au respect des citoyens sans exception et, évidemment, au respect des logiques démocratiques. Alors, mes chers collègues, aujourd’hui où la censure nous apparaît comme une nécessité pour mettre fin au chaos, pour éviter aux Français un budget dangereux, injuste et punitif qui, de surcroît, aggrave les déficits, les institutions nous contraignent à mêler nos voix à celles de l’extrême gauche. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous le faisons, tant les idées de l’extrême gauche et de la gauche extrémisée sont dévastatrices pour l’unité, la sécurité et la prospérité du pays, et tant leur comportement est terriblement éloigné de l’idéal français et du respect de nos institutions. Ces institutions nous contraignent aujourd’hui à utiliser le NFP comme un simple outil pour éviter l’application d’un budget toxique.
Alors, elle se garde bien de dire que la motion en question cartonne son parti.
En juin dernier, nous, nous ne les envisagerons jamais comme des alliés. Les Français n’oublieront pas que si tant de députés insoumis siègent sur ces bancs, c’est grâce au désistement des candidats macronistes et LR. Si tant de députés macronistes et LR siègent sur ces bancs, c’est grâce au désistement de candidats insoumis. N’est-ce pas, Monsieur Wauquiez ? Quoi qu’il advienne, le Rassemblement national se tiendra prêt pour ouvrir au pays la voie du redressement qui l’attend. C’est la vocation même de la France, d’ailleurs, de renouer avec le sursaut et la grandeur. Je veux dire à ceux qui souffrent et qui désespèrent que le temps n’est plus très loin avant que ne se profile la grande alternance, cette grande alternance que nous appelons de nos vœux et qui sera synonyme, pour tous les Français, de délivrance. Ce jour viendra bientôt, peut-être très vite. Ce sera là le véritable choc d’espérance qu’attend la France. Je vous remercie.
Alors, comme vous pouvez le voir, alors que tous les fumeurs s’approchent de moi parce que le cendrier est là, quand Le Pen a parlé, la nuit est tombée. Je répète : quand Le Pen a parlé, la nuit est tombée. Radio Londres.
La parole est à présent à Monsieur le président Boris Vallaud, pour le groupe Socialistes et apparentés.
Alors, on va voir si c’est encore bien d’aller ailleurs, autrement. Et donc, nous retournons dans la salle des…
Quatre-Colonnes.
Pardon, merci. Là, il fait meilleur. Il fait meilleur parce qu’il y a un peu de son. Je vais poser le micro.
Vous n’êtes entré en dialogue avec l’opposition de la gauche et des écologistes, ni n’avez donné suite à aucune de nos propositions, que ce soit à l’occasion du débat parlementaire que vous avez déserté, ni à la suite des courriers que nous vous avons adressés et de mes récentes réponses, ni lors de notre récente entrevue à votre invitation. Pourtant, lors de cette entrevue, vous avez eu cette confidence saisissante : « Je connais vos propositions. Certaines sont intéressantes. Mais je ne peux pas prendre le risque de fracturer mon socle commun. » Toute votre énergie était donc consacrée à apaiser les ambitions de Monsieur Attal, à contenter Monsieur Wauquiez, à vous assurer de la bienveillance de Madame Le Pen. Je comprends que c’est d’abord entre eux et avec eux qu’il vous a fallu trouver des compromis.
Cette motion de censure…
C’est d’abord votre échec, l’échec de la méthode Barnier. Elle n’aura été en définitive qu’un bruit qui court. Mais il y a plus grave. Le 7 juillet dernier, des femmes et des hommes, unis dans l’idéal d’une République laïque, sociale, fraternelle, épris de justice et de démocratie, comme à chaque fois que l’histoire l’exige, se sont retrouvés pour défendre l’essentiel et empêcher l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Les députés, vous, chers collègues, élus par les lois démocratiques de ce front républicain, n’étaient tenus que par une seule promesse, une seule loyauté, un seul engagement : ne rien céder à l’extrême droite. Pourtant, Monsieur le Premier ministre, c’est avec le seul Rassemblement national que vous avez engagé des discussions qui, loin de se borner aux questions budgétaires, cèdent aux plus viles obsessions de l’extrême droite : une nouvelle loi immigration après la débâcle politique et morale de l’an dernier, et une réforme de l’aide médicale d’État. Pendant des semaines, et hier soir encore à la télévision, vous vous êtes enfermé dans un tête-à-tête humiliant avec elle. Avec ce Premier ministre, il est manifestement devenu plus convenable de parler avec l’extrême droite qu’avec la gauche. Et nous ne pouvons nous résoudre à cela, comme nous ne pouvons nous résoudre à la trahison du front républicain, qui justifie à elle seule cette motion de censure. Et je m’adresse à vous, collègues du socle commun. N’êtes-vous vraiment pour rien dans ce qui se joue ? Cette censure ne sanctionne-t-elle pas aussi la vôtre ? La censure de votre désertion, la censure de votre silence, la censure de votre défense obstinée de ce que les électeurs ont rejeté. Vous n’avez été définitivement que dans la défense du bilan, tout le bilan, rien que le bilan d’Emmanuel Macron. Cette motion de censure, ceux qui la déposent prennent en effet la responsabilité d’affirmer leur capacité de gouverner.
Et là, est-ce que vous m’entendez ? Je viens de couper le micro. Est-ce que vous m’entendiez, là ? Je pense que vous m’entendez et je vais remettre la télé.
Des présidents de groupe du Nouveau Front populaire auxquels vous n’avez jamais répondu. Nous nous faisions déjà les garants d’une nouvelle méthode et de la recherche de majorités texte par texte. Certains redoutent le changement d’alliance. Je les rassure : nous plaidons pour un changement de méthode. Un chemin de dialogue et d’action concrète avec les seules forces républicaines. Ce chemin que le Premier ministre n’a pas trouvé. C’est le contrat, je le dis, qui nous lie à nos électeurs, qui espèrent de la gauche un changement dans leur vie. Je pense aux chômeurs, aux sacrifiés des plans sociaux qui viennent, aux agriculteurs, aux artisans, aux travailleurs précaires. Je pense aux jeunes, aux familles en grande difficulté accablées par votre budget, aux fonctionnaires, aux enseignants, aux soignants dont les conditions de travail vont se dégrader, à tous ces Français modestes de l’Hexagone et des Outre-mer qui peinent à envisager l’avenir, écrasés par le poids du quotidien, aux classes populaires qui ont conscience de leurs intérêts, qui ne peuvent se payer le luxe d’attendre la délivrance d’une hypothétique nouvelle élection, qui savent qu’un pas en avant vaut mieux que mille programmes et préfèrent l’action, même imparfaite, au verbe s’il est impuissant. Un Premier ministre de gauche conduisant la politique de la Nation, en cohérence avec la volonté de changement des électeurs qui nous ont fait confiance, et une Assemblée qui cherche des compromis et les majorités les plus larges autour de quelques priorités pour répondre à l’urgence et aux attentes des Français. C’est cela que nous appelons un accord de non-censure pour gouverner sans 49.3. Nous pouvons convenir ensemble, tous présidents de groupe ayant bénéficié du front républicain, d’un accord de méthode pour y parvenir. C’est une construction politique difficile, je le sais, mais c’est la seule possible et raisonnable devant nous. Mes chers collègues, le pouvoir n’est plus à l’Élysée. Le pouvoir n’est plus à Matignon. Le pouvoir est ici, à l’Assemblée nationale. Et ceux qui, comme moi, définitivement croient au Parlement, à ceux qui espèrent du réveil démocratique, à ceux qui espèrent d’une Sixième République, je le dis : la voici. Oui, nous pouvons changer de budget, changer de Premier ministre et changer la vie, et trouver un chemin pour cela. Je crois dans le génie de la démocratie, mais elle a besoin de démocrates sincères, de républicains ardents. Elle a besoin de parlementaires adultes. Chers collègues du bloc central qui vocifèrent, je le dis avec gravité : cette censure est un appel au sursaut moral. La majorité de compromis que vous avez voulue s’est transformée en un sinistre gouvernement de connivence avec l’extrême droite, qui vous submerge et qui désormais vous achève. À tout républicain authentique, le prix à payer est devenu beaucoup trop élevé. Le choix qui est devant vous est désormais clair. Préférez-vous négocier avec une gauche au pouvoir que certains jugent imparfaite, mais avec laquelle vous partagez la plupart des combats républicains ? Ou continuez-vous à courber l’échine aux injonctions de Madame Le Pen ? Que préférez-vous : la laisse et le bâton du Rassemblement national ou la responsabilité républicaine, au prix de négociations parlementaires exigeantes ? Nous vous demandons d’être à la hauteur de la France et d’entendre les aspirations à la fraternité du pays. Chers collègues, la stabilité, ce n’est pas de continuer de livrer le gouvernement au maître chanteur de l’extrême droite. Le bon sens, ce n’est pas de régler la crise budgétaire en poursuivant la politique qui l’a mise en cause. Cette motion de censure n’est pas une fin en soi. Notre responsabilité est de présenter une issue et des solutions. Je l’ai dit, les socialistes y prendront leur part. Nous pouvons, sur cette base, nous retrouver dès demain. Cette motion de censure n’est pas non plus un outil qui vise à la déstabilisation et au chaos institutionnel. Cette motion de censure, c’est pour retrouver le chemin du progrès et du dialogue républicain, pour donner à la France un budget juste. Et aux Français, cette motion, c’est pour gouverner sans plus jamais négocier avec l’extrême droite. C’est pour donner un gouvernement stable à la France, un gouvernement qui a besoin de légitimité pour exercer son autorité et ne pourra la trouver que dans cette Assemblée. Pour que vive la France et la République, dans la fidélité au meilleur de son histoire. Merci beaucoup !
Merci beaucoup. La parole est à présent à Monsieur le président Laurent Wauquiez, pour le groupe Droite républicaine, pour une durée de quinze minutes.
Ah non, quinze minutes ! Ah non, c’est pas possible, quinze minutes… Alors, nous sommes en direct de l’Assemblée nationale, dans la salle des Quatre-Colonnes, où ça s’est bien, bien assagi. Je remets la téloche.
Face à une motion de censure, il dénonçait « la passion de tout renverser », « le mauvais génie d’autrefois », disait-il, qui hantait à nouveau l’hémicycle. Ici même, alors, le 5 octobre 1962, un gouvernement, pour la première et jusque-là la dernière fois de la Ve République, tombait avec une coalition des contraires, celle de l’extrême gauche et de l’extrême droite. Je me souviens encore des propos sur les bancs de la gauche lorsque j’évoquais, il y a deux mois, cette réalité, et vous disiez : « Nous, jamais avec le Rassemblement national. » Et je me souviens des propos que l’on entendait, Madame Le Pen, sur vos rangs, où vous disiez : « Jamais avec La France insoumise. » Eh bien, nous y voilà. Nous y voilà. Vous faites semblant ici de vous injurier les uns les autres et vous vous apprêtez juste à voter les uns avec les autres. Vous vous apprêtez à voter ensemble.
Oh, oh ! Pardon. Je suis trop loin. La phrase, c’était « crépuscule avant l’aurore » ou « l’aube » ?
Dites-moi vite. C’est important que vous le preniez en considération aujourd’hui. Oui, on le fait. Vous le savez, je l’ai souhaité. Mais nous, on a toujours dit, nous, La France insoumise, de présenter un gouvernement NFP. Et dans ce cadre-là, on s’était entendus sur le nom de Lucie Castets, il n’y a pas de raison pour que ça change. Et si nos partenaires estiment qu’il faut changer et qu’à nouveau revient l’idée que ça peut être un responsable politique des formations, on se dit qu’on a autant de responsables politiques, y compris à La France insoumise, qui sont capables de le faire. Mais j’ai… Comment ? Oh bah, regardez. Bah oui. Si c’est pas Lucie Castets, ça peut.Les députés de La France insoumise, nous sommes quelques-uns à avoir porté manifestement des responsabilités. Mais je crois, y compris depuis l’Arabie saoudite, que ce n’était pas l’objectif d’Emmanuel Macron. Donc je pense qu’il va falloir continuer à pousser. Là, c’est une première étape très importante, décisive, qui va se passer tout à l’heure. Il va falloir continuer à pousser jusqu’à ce que, de nouveau, les citoyens soient appelés à revenir aux urnes pour arriver à régler définitivement cette question.
Les amis, je fais ce que je peux pour le son. Il faut qu’il y ait qu’une seule personne qui me dise, parce que sinon je m’y perds, dans la question de faire mieux. Là, vous devez m’entendre. Avec ou sans la bonnette, je pense qu’il n’y a pas de différence, donc je vais garder la bonnette. Alors, qu’est-ce qu’on… Robin, est-ce que tu es là, Robin ? Robin et Théo, est-ce que vous êtes dans le tchat ? Alors, le son est faible, même en test. Alors attends, est-ce que là, il est faible, là, maintenant, ou pas ? Alors non, non, je ne pense pas qu’il est coupé. Non, non, il n’est pas… Attends, là, je parle dedans. Maintenant, puisque c’était le micro qui était à côté de la télé tout à l’heure. Alors attends, on va essayer de faire des essais. J’ai coupé mon micro et j’ai pris l’autre micro, celui qui était tendu vers Coquerel. L’autre, il est accroché à mon… Vous entendez faiblement ? C’est parfait, merci Théo. Pardon. Donc là, Théo, tu dis « c’est parfait », donc ça veut dire que j’étais trop loin de Coquerel. Je vais essayer une petite chose, si vous voulez bien. Est-ce que c’est plus fort à partir de maintenant ? J’essaie de parler de la même manière. Est-ce que c’est plus fort, maintenant ? Là, l’image est peut-être trompeuse, mais il était à un mètre cinquante, deux mètres. Alors, c’est pas faible, d’accord. Et là, est-ce que c’est plus fort ou pas ? Est-ce que c’est plus fort, là, ou pas ? Je vais baisser un tout petit peu. Non, c’est pareil ? OK. Alors, je vais faire un truc. Je vais aller ici. Et là, est-ce que c’est plus fort ici ? Alors ici, est-ce que c’est plus fort ou pas ? Un, deux, un, deux, un, deux. Là, c’est pareil. OK, pas de différence. Il n’y a pas de différence. Alors, settings, audio. Et là, est-ce que c’est plus fort ? Et là, est-ce que c’est plus fort pour vous ? Un, deux, un, deux, un, deux. Là, c’est plus fort pour vous ? Oui ? Ah. OK. Oui, là, c’était bien. Vous ne le quittez pas, il va revenir à peu près là. Il va revenir, il va revenir. OK, bon bah OK. Maintenant, je vais allumer mon micro. Tac, tac, tac. C’est là. Voilà, là, j’ai rallumé mon micro. J’ai rallumé le mien. Voilà, là, je l’ai sur moi. Attends, tu peux me tenir ça deux secondes, s’il te plaît ? On a échangé. Ah non ! Bien joué ! Merci beaucoup. Oui, j’ai activé l’écho. Il faut l’activer ou le désactiver ? Là, j’ai activé echo cancellation. Toi, tu trouves que c’est moins bon ? Et à la prochaine, au revoir. OK, alors attends. Alors là, je demande à Robin et à Théo de dire, à partir de… À zéro, je vais enlever l’écho. Trois, deux, un. Voilà, là, j’ai enlevé l’écho. Est-ce que c’est mieux ? Je voudrais savoir ce que c’est, l’écho… Ah non, ce n’est pas la suppression de bruit, parce que ça, c’était juste en dessous et je ne peux pas l’utiliser. Le son devient très faible. Alors je remets. Voilà, je viens de remettre. OK. Maintenant, je vais activer le auto gain control. Auto gain control. Ça y est, c’est activé. Donc je vous explique que mon micro, c’est comme un micro-cravate, il est accroché vraiment au niveau du menton, donc il est très près de moi. Évidemment, en fonction de si je lève la tête ou je la baisse… Oui, c’est bizarre. Est-ce que je garde l’auto gain ou pas ? Est-ce qu’il y a une différence avec l’auto gain ? Un, deux, un, deux, un, deux, un, deux. Attendez, je regarde un autre truc, là. Ouais. Alors, je l’enlève. OK, j’enlève l’auto gain. Ah bah d’accord, là, vous n’êtes pas d’accord les uns avec les autres. Par contre, j’ai monté un peu le gain dans le RØDE, dans le transmetteur, dans le récepteur RØDE, j’ai monté le gain. Alors, on va rester comme ça. OK. Je vais à nouveau enlever l’écho et on va se décider. Donc soit comme ça… Mais ce qui est évident, c’est que je ne veux pas choper les gens ici, parce que d’une part, je suis derrière, donc eux, ils parlent avec les rangs. Alors, j’enlève l’écho maintenant. Je désactive l’écho. Alors, est-ce que c’est mieux ou vous avez vraiment perdu en gain ? Donc là, il y a le micro-perche, on va dire, qui est tourné vers la salle, et il y a mon micro personnel. C’est la même chose ? Bon, OK. OK, alors on reste comme ça. Non, Barnier n’a pas encore parlé. OK, donc là, quand tu dis : « Non, franchement, c’est pas mal », Théo, tu veux dire peut-être que c’est maintenant. Donc tout est désactivé, en fait, et le gain est au max dans le… Je ne sais pas comment je pourrais faire. Je ne sais pas comment je pourrais faire. OK, je ne changerai rien en réglage. Alors, on va aller. Là, j’imagine que vous ne l’entendez pas, Cyrielle Chatelain.
La censure d’un gouvernement sans soutien populaire, sans majorité parlementaire et sans dialogue avec nous, avec son opposition républicaine, est inéluctable. Après un gouvernement qui est allé à l’encontre du vote des Français en méprisant l’Assemblée, nous souhaitons un gouvernement qui mette en œuvre le changement politique attendu, voulu par les Français. Ainsi, nous voulons qu’il soit légitime que la gauche et les écologistes, forts de leur programme du Nouveau Front populaire, se concentrent sur les priorités face aux défis auxquels nous devons collectivement faire face : la constitution d’un budget augmentant les ressources de l’État, des mesures efficaces et immédiates contre le réchauffement climatique et une conférence pour l’augmentation des salaires et l’arrêt des licenciements boursiers. Car si, après la censure, le pays ne sera pas paralysé, il entrera dans une période incertaine dans laquelle il n’est pas souhaitable que les gouvernements tombent les uns après les autres. Pour cela, il faut profondément changer nos habitudes, car si votre gouvernement tombe, la composition de l’Assemblée nationale restera inchangée. Tout d’abord, le groupe Écologiste et Social défend la primauté de la décision collective, du débat public et du travail parlementaire que les membres de la coalition gouvernementale ont fui pendant des mois. Il faut en finir avec l’approche verticale du pouvoir, qui est aujourd’hui mise en échec. Le prochain gouvernement devra s’engager à ne pas utiliser le 49.3. C’est la garantie du débat parlementaire et c’est la seule garantie pour qu’un gouvernement ne soit pas censuré. Ensuite, il faut mettre les choses dans le bon ordre. J’entends l’ensemble des obsessions médiatiques, politiques, autour de quelle serait la personne qui, demain, gouvernera la France. Mais en fait, on prend les choses à l’envers. Pour les écologistes, pour le groupe Écologiste et Social, la question, c’est : pourquoi voulons-nous gouverner ? Cela doit être déterminant. C’est cette question, la question des politiques menées, qui doit être prédominante. C’est dans cet état d’esprit que nous avons proposé onze mesures prioritaires dans une feuille de route gouvernementale de gauche et écologiste afin de répondre aux urgences et aux préoccupations des Français. Car la première condition de la stabilité, c’est la clarté du projet qui réunit un gouvernement et sa coalition, pour mettre un terme au triste spectacle d’une coalition gouvernementale qui se contredit continuellement. Mais aussi, chers collègues de la coalition présidentielle, pour vous mettre face à vos responsabilités. En fait, préférez-vous continuer à sabrer dans l’AME avec l’extrême droite ou souhaitez-vous mettre un plan pour l’hôpital public ? Est-ce que vous préférez les fake news à la Bolloré ou enfin agir contre la concentration des médias ? Vous préférez la remise en cause de l’État de droit à la mise en place de la police de proximité ? Monsieur le Premier ministre, après votre censure, il nous reviendra, à l’Assemblée nationale, de construire un budget qui vienne réparer ce que vous et vos prédécesseurs avez cassé, qui vienne combler le trou budgétaire que vous avez créé. Vous pouvez rester aveuglé par votre dogmatisme du zéro nouvel impôt, mais dans ce cas, effectivement, il sera difficile d’obtenir un budget, puisque c’est bien le trou que vous avez fait qui, aujourd’hui, nous amène au déficit insoutenable. Le Rassemblement national sera incapable de porter des solutions. Contribution des plus riches : ils refusent de revenir sur la politique de l’offre qui creuse notre déficit. Leur seule solution, c’est de jeter… Aujourd’hui, nous avons, nous, les écologistes, le courage d’assumer un changement de politique budgétaire qui mette à contribution les héritages dorés, les hauts patrimoines et qui fasse de la question du bonus-malus écologique une constante et de la contribution des pollueurs une nécessité. Nous saurons proposer un budget parce que, oui, nous avons les idées et les propositions, parce que nous avons aussi le courage de venir les défendre dans cette Assemblée et de créer les majorités nécessaires à les faire adopter. Monsieur le Premier ministre, vous censurer aujourd’hui, ce n’est pas être sans gouvernement. Mais c’est donner à la France la possibilité d’avoir un gouvernement qui mette en œuvre les politiques que les Français méritent, une politique qui les respecte et qui répond à leurs besoins et à leurs attentes.
Merci beaucoup. La parole est à présent à Monsieur le président Marc Fesneau, pour le groupe Les Démocrates.
Vous l’entendez, le gars de la radio, ou pas ?
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, chers collègues, je n’ai nulle intention, en ces moments de crise si grave, de participer à un énième échange caricatural et théâtral, quand les Françaises et les Français s’inquiètent ou s’interrogent légitimement sur leur avenir et celui de leur pays. Je n’ai pas davantage l’intention, par des invectives, de creuser un peu plus le fossé entre ceux qui, dans cette Assemblée, devraient se comprendre, se parler et échanger pour bâtir au service du pays. Je n’ai juste l’intention que de dire ce que je vois de la vérité du moment et de notre devoir.
Monsieur le Premier ministre…
Dans ma réponse à votre discours de politique générale, je soulignais la principale vérité du résultat des urnes…
Bon, trop tard, il arrive.
Ça va ? Ah, il veut dire bonjour. Ça va bien ?
C’est bon !
Mais là, tu viens d’arriver ! Tu viens d’arriver ?
Ça fait trois heures !
Je me suis invitée.
Nous n’avions qu’un impératif, celui du dialogue, et peut-être encore plus celui de l’humilité et du sens de l’intérêt général. Et les Français nous ont demandé de nous extraire des contingences politiques et partisanes pour travailler ensemble sur l’essentiel et à leur service. Et c’est le choix que nous avons fait.
Bon, j’ai pris le micro. Je vais aller voir Danièle Obono, c’est sport. Elle partait avec le micro ou quoi ?
Voilà, Danièle.
Bon anniversaire !
OK, tu voulais pas que je mette ça ?
OK ! Ah là là !
T’as attrapé qui au vol, là ? OK.
Moi, je suis surtout là pour faire un documentaire… Danièle m’a demandé..Voilà. Elle m’a dit…
J’ai vu une caméra sympathique, il n’y en a pas beaucoup, là, dans le coin.
Dans la meute. C’est ça, dans la meute. Alors attends, est-ce qu’on nous entend, là, ou pas ? Est-ce que vous entendez Danièle ? Le son est revenu. Donc oui, je te disais, parce que Danièle m’a dit : « Quitte à attraper… » Et en fait, Danièle, moi, je suis là pour faire un documentaire animalier sur le monde médiatico-politique, donc dès que je tiens.Voilà des animaux qui viennent de passer. C’est le moment.
Oui, ce n’est pas tous les jours ni toutes les motions de censure qu’on a l’opportunité de pouvoir faire tomber un gouvernement aussi illégitime et impopulaire, donc ça vaut le coup d’être venue.
Oui.
Pour une fois. Et en plus sur la question de la Sécurité sociale, parce que c’est quand même un 49.3 qui a été posé sur le budget de la Sécurité sociale, où il prévoyait à nouveau de réduire les moyens du plus grand nombre, où les classes populaires et les classes moyennes devaient payer tous les cadeaux aux riches, et ça devait se répercuter ensuite sur les médicaments, sur l’hôpital, etc. Donc ça, en plus, par rapport à ce budget, c’est d’autant plus important. Et donc on attend avec impatience que se finissent les discours, qu’on puisse aller voter et qu’on puisse se débarrasser de Barnier. Et on se concentrera sur l’après.
Mais alors, qu’est-ce qui se passe exactement, là ? Vous allez voir ça va gagner, la censure va être effective. Qu’est-ce qui se passe concrètement ?
Concrètement, pas grand-chose. Nous, les débats s’arrêtent à l’Assemblée puisqu’il n’y a plus de gouvernement qui puisse siéger. Normalement, il n’y a plus de… En fait, officiellement, il est censé présenter sa démission parce qu’il n’a plus la confiance de l’Assemblée. La motion est sûre. Donc il va rentrer chez lui, il va faire ses bagages, il va envoyer sa lettre à Macron et Macron va l’accepter, normalement. Mais bon, on n’est jamais à l’abri de mauvaises surprises de la part d’Emmanuel Macron. Vous savez, il est bien capable de refuser la démission de Barnier, mais il nous enfoncerait encore plus dans la crise. Mais normalement, il devrait accepter la démission de Barnier.
On me dit que vous profiteriez du fait qu’il soit à l’étranger pour aller prendre l’Élysée ce soir.
Écoutez, s’il y a des gens qui sont par là et qui veulent accélérer le mouvement, qui suis-je, moi, pour m’y opposer ? Mais en vrai, je pense que venir demain à la mobilisation des enseignants de l’Éducation nationale, venir en nombre. La grève va être importante. Ce sera encore mieux parce qu’il y aura beaucoup de monde dans la rue, il y aura des travailleurs. Et je crois que ce sera un bon signal pour lui dire de se dépêcher. Soit il se soumet aux urnes, c’est-à-dire qu’il appelle à Matignon Lucie Castets et le Nouveau Front populaire pour construire un gouvernement, soit il se démet. Et s’il ne veut pas se démettre, c’est-à-dire démissionner, on va le pousser vers la sortie. Donc je dirais : rendez-vous demain à la manifestation. Il y en a partout dans le pays et la grève va être importante dans l’Éducation nationale, et ce sera le meilleur moment pour lancer un hiver qu’on espère bien chaud.
Le fait que les fachos vont voter votre motion de censure, toi qui es en première ligne dans le combat contre eux, qu’est-ce que ça te fait ?
Écoutez, ils sont élus, ils sont là. La plupart du temps, ils ne servent qu’à alimenter encore plus les obsessions xénophobes et racistes de la Macronie, ils en rajoutent toujours des couches. Et sinon, ils votent, comme ils l’ont fait sur le budget, contre la justice fiscale et sociale. Et pour le coup, là, ils se rendent bien compte qu’on risque de voir la vérité de leur positionnement, qui est toujours du côté du capital, qui est du côté des riches, et ils sont obligés de voter cette motion de censure. Voilà, ça, c’est pas nous qui faisons les règles. S’il ne tenait qu’à nous, il n’y en aurait pas un seul qui siégerait en ce moment. Si la droite avait fait ce qu’il fallait, il y en aurait beaucoup moins qui siégeraient, parce que je rappelle que ce sont les électeurs et les électrices du Nouveau Front populaire qui ont fait l’essentiel du barrage, la jeunesse de ce pays, les milieux populaires dans ce pays, pendant que la droite anciennement républicaine ne choisissait pas ou votait pour l’extrême droite au deuxième tour. Mais bon, on a fait le boulot et ils sont obligés de se raccrocher à notre motion de censure. Mais c’est vrai que ce n’est que partie remise, d’une certaine manière, parce qu’à la fin, comme nous on dit, ça va se jouer entre eux et nous. Et ça va pas se jouer qu’à l’Assemblée. C’est pour ça qu’on a besoin que le rapport de force se construise aussi en dehors, dans la rue, dans les mobilisations, dans les grèves. Parce que, vous savez, dans ces moments-là, on voit aussi de quel côté ils sont. On le rappelait pendant le mouvement de la réforme des retraites : ils n’étaient pas dans la rue et même ils ont soutenu la répression parce qu’il fallait quand même que le calme revienne et qu’il fallait quand même que le capital soit pas trop effrayé. Et c’est précisément, du coup, à ce niveau-là que se joue la différence. Donc nous, on fait la bataille, on tire la tranchée. À l’Assemblée, ils sont obligés de suivre parce que sinon ça les afficherait trop. Mais il faut qu’il y ait cette mobilisation, il faut qu’il y ait ce soutien aux grèves, parce que c’est là que se fait la différence et c’est là qu’on voit la vérité des prix par rapport aux fascistes, et c’est là que nous, on a aussi le rapport de force pour les dégager d’autant plus. Donc voilà, il y a du boulot pour tout le monde et des rendez-vous de lutte à la fois contre la Macronie, mais aussi contre les fascistes.
Alors, on est dans la salle des Quatre-Colonnes, il y a des journalistes qui sont énervés. Ah ben, c’était CNews, comme par hasard, ils sont énervés. C’est marrant, hein ? Donc là, on est dans la salle des Quatre-Colonnes. Donc je vais céder au truc politicien. Est-ce que tu aimes le carnaval ?
Parce que j’aime le carnaval ? Oui, c’est une tradition subversive.
Parce que vous avez été traités de « Che Guevara de carnaval » par Marine Le Pen il y a quelques instants. Je ne sais pas si tu l’as écoutée. Vous ne l’écoutez pas quand elle parle. Oui, oui, elle vous a traités de « Che Guevara de carnaval ».
Eh bien moi, je trouve que, malgré elle, elle nous a complimentés. Parce que vous savez que le carnaval, ça a une tradition, justement, de renversement du pouvoir, et c’est une manière, en fait, pour le peuple de se saisir de tous les symboles du pouvoir et de les retourner. Et donc, écoutez… Soyons carnavalesques, renversons le monarque présidentiel et faisons la révolution, comme l’a montré Che Guevara. Moi, je trouve que c’est pas mal, en fait, comme description. Elle ne devait pas se rendre compte de ce à quoi elle renvoyait. Et ça ne m’étonne pas des fascistes, mais prenons-la au mot. Allons-y.
Super. Maurice, dans le tchat, te dit : « Basée. » Voilà. Merci le tchat. Merci à toi. À bientôt, à tout à l’heure peut-être. Voilà, les amis, on fait ce qu’on peut. J’ai été un peu bousculé par une jeune femme de CNews.
Alors, la deuxième partie de l’entretien, ça devait aller, non ? OK. N’hésitez pas à partager le tchat, les amis. N’hésitez pas… le tchat… le live. Suivez-nous, suivez-nous, on en a besoin, sur YouTube, sur Mastodon, sur Bluesky, sur Twitch et sur auposte.fr. Lisa ? Ah, Lisa va se moucher. Très bien. Alors, comment j’ai eu l’accréditation ? J’espérais, il était quand même temps qu’on me pose la question. Je cache le nom du…
C’est compliqué de ne pas se toucher dans un nombre de caméras.
Dis-moi, vous n’avez pas d’assistants dans les médias ? Café et eau, il n’y a pas d’assistants ? Ah bon ? Vous vous auto-exploitez ?
Bah oui, on va chercher nous-mêmes, quand même.
Ah ouais. Bon, mais est-ce qu’il y a un distributeur de flotte ici ? Parce que moi, je suis en rade.
Ah, c’est à l’étage.
Mais au bureau des journalistes, tu sais, t’as juste à monter les escaliers, c’est à trente secondes.
Bon ben, je vais y aller, je vais y aller.
En fait, je peux te faire visiter les parties journalistes, nous, on n’a que ça à faire.
Voilà, oui, oui. C’est ce qu’on fait. Et t’as pas une perche son en rab ? T’es pas venu avec deux perches ? Merde ! Mais non, parce que toi, t’en as besoin.
Ah oui, c’est trop !
Moi, je suis en live ?
C’est toi qui es en live.
Nous, c’est 100 % live, 100 % libre. On n’est pas comme d’autres à faire des émissions en plateau avec des économistes. Bonjour, monsieur, alors que ça fait une demi-heure qu’on s’est déjà vus. À tout à l’heure. Merci. Toi aussi. Non, juste, ce que j’ai fait, c’est que j’ai rajouté le gain qui avait disparu. Je te réponds à toi, Robin, excuse-moi. J’ai rajouté le gain, qui n’était pas au dernier cran, sur le RØDE. Alors, je vais me chercher un petit café, vous êtes d’accord ? Non, un café, non, mais de l’eau. Alors, il va y avoir peut-être des problèmes d’image quand je vais passer du côté des télés, parce que là, il y a beaucoup d’interférences avec tous les émetteurs Pardon. On va regarder. Ah non, mais ça. Ils sont là, ils voient. On ne sait plus où aller. Pardon, excuse-moi. Voilà Alors, j’espère que ça va pas couper. J’espère que ça ne va pas couper. Oui, j’ai vu Vallaud, mais vous avez une question pour Vallaud ? Si vous avez une question, on y va. Alors là, on va au bureau de la presse. Très bel escalier, très bel ascenseur. Ah merde.
Comment vas-tu ?
Attention, je suis en direct. Pour la police. Je fais un documentaire animalier sur le monde politico-médiatique. Qu’est-ce que t’en penses, de tout ça ? Tu commentes ou pas ? Attention, t’es en direct. T’es bien ? T’es plus content ? Euh, tu… Qu’est-ce que tu fous ? C’est plus fort. Je pense qu’on s’est connus il y a très, très longtemps. Tu parlais du punk. T’étais spécialiste du punk, ça n’a pas changé. Allez ! Courage à toi ! Je ne sais pas s’il m’avait reconnu. C’est Monsieur qui s’occupait de la culture à i-Télé il y a une trentaine d’années et je crois qu’il n’a pas… qu’il n’a pas pu quitter la chaîne, et le revoilà. Bonjour. Voilà. Bonjour. Excusez-moi. Attention, je suis en direct. On t’embrasse. Ça va ? Je voulais juste te saluer. Tu deviens loin. Salut.
Non… Ah si, si ! Ah ben si ! Mais oui, mais oui, bien sûr !
Ça va bien ? Vous travaillez pour qui, vous, maintenant ?
LCP.
France Info.
France Info, LCP ?
Non, non, non.
Ah si, si. Non, toi, France Info ?
Non, moi, LCP.
Toi, LCP. Bon, et alors ?
Non, non, c’est plutôt. Non, non, vraiment, c’est plutôt Benjamin, là.
Non mais vous, vous êtes tout le temps pour réussir…
Non, pas du tout. Je suis venu voir ce moment très particulier.
Ah, parce que monsieur a une carte de presse, alors monsieur se dit : « Tiens, il y a un spectacle, alors j’y vais. »
Alors j’y vais. Non, alors figure-toi que pas du tout. J’ai pris une place en tribune, et donc absolument pas…
Parce qu’il n’y a jamais eu autant de journalistes à l’Assemblée, là. On attend de savoir ce qui va…
Et Jean-Luc Mélenchon était en tribune, d’ailleurs. Il vient de s’installer. Il regarde, un peu en surplomb, d’ailleurs.
Un peu en surplomb ?
Je ne sais pas. Non, mais là, il respectait les consignes que tout le monde, d’ailleurs, suit.
Bon, en tout cas, vous avez l’air en forme.
Très bien, très bien, ça va.
Ça va. Dans deux, trois heures… Bon ben, à tout à l’heure.
À tout à l’heure.
Oui, pareil. Tu parles. Allez, à bientôt. À tout à l’heure ! Alors, je me remets là. Donc là, je vois des gens que je n’ai pas vus depuis vingt-cinq ans, les amis. Parce qu’avant, je les voyais bien, je les voyais, ces gens-là, mais bon. Voilà. Non, Mélenchon n’était pas en tribune, Mélenchon ! Thibault, Benton. Thibault, Benton, Place de la Toile ? Ah ben oui, bien sûr ! Ben bien sûr ! Incroyable. Oh la vache. Regardez Lisa, elle est d’attaque. Alors oui, Jean c’était le dernier, même un autre millénaire. Voilà, l’accréditation, elle est là. L’accréditation, elle est là. Et donc, de quoi s’agit-il ? D’une invitation. Donc j’ai demandé à un député. J’ai demandé un rendez-vous avec le député. Le député m’a donné rendez-vous et il m’a dit : « Vas-y. » Et donc je me suis un peu perdu pour trouver la salle. Voilà comment on a eu l’accréditation. Tout bête, hein ? Donc, chers amis, si vous nous rejoignez, vous êtes à Au Poste. Je parle un peu plus fort parce que là, il y a un peu de volume. Vous êtes dans un documentaire animalier médiatico-politique, le premier du genre en direct, puisqu’il y a de cela une trentaine d’années, Daniel Schneidermann et Pierre Carles, quand ils étaient amis, faisaient ce genre de choses, mais ce n’était pas en direct. Et là, nous sommes donc en direct dans un documentaire animalier qui essaie de comprendre les habitus de ces drôles de personnages de pouvoir et de pouvoir, voilà. Le vote, ce sera vers 20 h 30. Donc là, c’est des gens, vous voyez, c’est des gens dits télé. Donc il y en a qui ont bien tourné, enfin bien tourné que d’autres, qui sont à France Info ou à LCP, et puis d’autres, eh ben, qui sont à CNews, voilà. Alors, n’hésitez pas à partager le live, à suivre la chaîne un petit mot pour Au Poste ? Un petit mot ou pas ? Alors, peut-être par là ? Alors, comment ça va ?
Ça va très bien. Ça va comme un jour historique. C’est vrai ? Il y a du monde à l’Assemblée, vous avez vu, dans les couloirs. D’habitude, il y a moins de monde.
Ouais, ouais, ouais. C’est rare qu’on ait autant de journalistes, franchement. Et je pense que tout le monde a conscience qu’on est en train de vivre un moment historique. Et en même temps, nous, on n’est pas si surpris, parce que ça fait depuis juillet qu’on dit que, de toute façon, il n’y a pas de monde dans lequel le gouvernement Barnier pouvait tenir. Il est illégitime, il est assis sur aucune majorité. Marine Le Pen lui a donné un sursis parce que, voilà, évidemment, pour paraître raisonnable ou que sais-je, mais bon, on a bien vu son inutilité et là, le gouvernement tombe.
Excuse-moi, mais rappelle-moi ta circo.
Je suis dans la 16e circonscription de Paris, donc c’est le 19e arrondissement de Paris.
D’accord. Est-ce que tu as eu le temps de te balader dans ta circonscription, en dehors de placement personnel, je veux dire ? Est-ce que tu as fait un peu de politique ?
Alors, je ne cache pas que ce n’est pas simple en ce moment, entre l’examen du budget, notre niche parlementaire où je portais en plus un texte. Mais quand même, on sent bien sur le terrain qu’il y a une exaspération de Macron. D’ailleurs, c’est aussi quelque chose d’impressionnant, c’est que depuis le mois d’août, on a mis la question de la destitution d’Emmanuel Macron dans le paysage. À ce moment-là, tout le monde nous dit que ce n’est pas le sujet. Là, on n’a même pas besoin de faire une campagne « Macron démission ». Il y a 63 % des Français qui se disent pour. Et il y a des gens comme Copé ou comme de Courson qui disent : « Bah ouais, à un moment, c’est lui le blocage, il doit dégager. » Donc on sent quand même cette ambiance dégagiste dans le pays. Puis il y a des mobilisations. Demain, évidemment, je serai aux côtés des fonctionnaires, mais là, il y a beaucoup de mobilisations. Il y a les fonctionnaires, il y a les agriculteurs, il y a les taxis, il y a les plans sociaux, parce qu’on a des dizaines de milliers de personnes, ou même des centaines de milliers, qui peuvent se retrouver à la rue avec les plans sociaux. On sent cette ambiance-là.
Renan, dans le tchat, te demande si tu seras à la messe pour Barnier à Notre-Dame avec Trump.
Alors, pour tout vous dire, je n’y serai pas. J’ai pas particulièrement envie d’être avec Trump et je ne goûte pas forcément les messes, même si j’ai compris que c’était moins une messe que s’il y avait eu le pape. Mais en revanche, j’ai assez hâte quand même d’aller voir Notre-Dame parce que je trouve que, en réalité, c’est quand même le fruit d’un travail très, très impressionnant de tous les ouvriers qui ont bossé comme des dingues pour restaurer ce bien commun qu’est Notre-Dame. Donc voilà, j’ai quand même un peu envie d’y aller.
Est-ce que, Sarah, le fait que les voix des fachos vont s’additionner aux vôtres tout à l’heure, comment tu vis ça ?
En réalité, ce n’est pas tellement un sujet. Je pense que, dans la séquence, tout le monde a montré, tout le monde aura vu notre constance. Nous, on a déposé une motion de censure dès la nomination de Michel Barnier. On a dit que c’est le Nouveau Front populaire qui arrive en tête, Michel Barnier est illégitime, on censure. À ce moment-là, en fait, c’était surtout Marine Le Pen.
Attends, tu vas où, toi ?
Surtout Marine Le Pen, elle a fait la démonstration pendant tout ce temps-là de son inutilité profonde, parce qu’elle a refusé de censurer le gouvernement. Elle a fait mine qu’elle allait pouvoir obtenir des choses. Donc, du coup, le gouvernement s’est un peu déshonoré quand même en essayant de lâcher des trucs, en parlant de loi immigration, de réformer l’AME, enfin de diminuer l’AME. Et au final, je crois que c’est surtout Marine Le Pen qui a été inaudible là-dedans, parce qu’en fait, après plusieurs mois, elle se rend compte qu’au bout d’un moment, ça devient intenable vis-à-vis des Français de continuer à soutenir le gouvernement Barnier. C’est elle qui se rend à une espèce d’évidence, mais qui n’est pas l’évidence d’un accord avec nous. C’est juste l’évidence de la situation du pays. C’est que c’est le NFP qui a gagné, en fait. Et donc c’est pas Barnier qui a gagné et c’est pas Barnier le gouvernement. Je rappelle juste un truc aussi sur le RN. C’est quand même… Je rappelle que nous, on avait gagné des milliards et des milliards, notamment en allant chercher dans les poches des plus riches, des milliardaires, en allant chercher dans les profits des grandes entreprises. Et que, quand on a gagné ces amendements-là, au bout du bout, on avait une copie de budget qui était tout à fait acceptable. On redescendait en dessous des 3 % de déficit, on avait 75 milliards, et c’est Marine Le Pen qui a voté avec les macronistes contre notre budget amendé. Donc voilà, elle aura montré toute sa duplicité dans la période.
Pourquoi vous n’appuyez pas plus sur les cahiers de doléances des Gilets jaunes, dont Michel Barnier avait dit qu’il allait les ouvrir ? Quand on écoute la documentariste qui a fait le film sur les cahiers de doléances, on se rend compte que les aspirations sont quand même plus proches de notre camp. La question, par exemple, prétendue de l’immigration, etc., n’apparaît pas. La sécurité, beaucoup moins.
Nous, d’ailleurs, on s’en est appuyés. Nous, notre programme a toujours été constitué des revendications des mouvements sociaux. Et au moment, justement, des Gilets jaunes et des doléances des Gilets jaunes, on le soulignait, on expliquait que, justement, c’était quand même un indicateur fort que ce n’était pas l’immigration, le principal questionnement des Français. Et d’ailleurs, on avait noté notamment une des revendications qui était peut-être la plus, disons, emblématique des Gilets jaunes, qui était le RIC, qui était quand même quelque chose que l’on portait et qu’on a même remis… Enfin, en fait, on le portait, mais on l’a reclarifié dans notre programme. Donc, à l’issue justement des Gilets jaunes, on a bien clarifié que ce qu’on voulait, c’était le RIC avec la dimension révocatoire, constituante, etc. Et donc ça, c’est des choses qu’on continue à porter. Et quand on porte la destitution d’Emmanuel Macron, ce qu’il y a derrière, c’est l’idée de la Sixième République aussi et de la Constituante. On doit destituer d’abord pour passer à la phase constituante, et je pense qu’il faut porter le mot d’ordre de la Sixième République.
Je crois que c’est Boris Vallaud qui a dit que la Sixième arrivait là.
Oui.
C’est ce que tu crois ? Et comment on pourrait faire pour changer de République, pour profiter de ce moment, pour dire : « On passe à autre chose » ? Comment nous, les citoyens, on pourrait agir, par exemple ?
Je pense que ça peut être un mot d’ordre de mobilisation aussi, et que ça doit être quelque chose qui est ajouté à toutes les revendications actuelles. Je pense, en tout cas, que c’est un débouché à tout le blocage. Là, ce qu’on est en train de voir, c’est un blocage politique et institutionnel qui est quand même lié beaucoup à la Ve République.
Oui, mais justement, pourquoi vous n’en profitez pas pour porter la question de la Sixième République, là, maintenant ?
Alors, on pourrait peut-être le faire davantage encore. Mais pour le coup, c’est plutôt quelque chose… Quand, à un moment, on mentionne le point de blocage que constitue le président et qu’il faut tourner la page… Et nous, on a toujours été pour un passage à la Sixième République qui ne soit pas fait par les parlementaires, ou encore moins par le gouvernement ou par le président, mais qui soit fait par une Constituante. Et en fait, c’est bien l’idée qu’à un moment, il faut pouvoir convoquer cette Constituante. Et dans notre programme, ça a toujours été, et ce sera toujours, un des premiers… En général, c’est le premier chapitre du programme, qui fait : voilà, en fait, sur la question démocratique, la première chose qu’il faut faire en arrivant au pouvoir, c’est convoquer le processus constituant. Parce qu’en fait, c’est un grand moment de mobilisation populaire et c’est un grand moment, justement, où on se prépare à se refixer les règles du jeu. Et on en a vraiment besoin dans le pays.
Super. Merci beaucoup. Non, juste une chose, puisque nous sommes aux Quatre-Colonnes et je vais… Ah non, t’es pressée ?
Non.
Merci. Donc je vais céder à l’ambiance, comment on appelle ça ? Politicienne. Qu’est-ce que tu penses du carnaval ?
Quel carnaval ?
Ah ben voilà. Donc toi aussi, tu n’as pas écouté Marine Le Pen. Vous n’écoutez jamais Marine Le Pen.
Si, si, bien sûr.
Elle vous a traités…
Ah oui, ben si, j’ai répliqué. Mais alors, je ne sais pas si ça va être au compte rendu.
Ah non ?
J’ai dit que je préférais des « Che Guevara de carnaval » à des « nazis d’Halloween ». Bon voilà, c’était la formule que j’avais trouvée sur le moment. Je ne sais pas si ce sera au compte rendu. Malheureusement, parfois, on a de très bons mots qui ne sont pas au compte rendu. Et après, il y a des choses au compte rendu plus problématiques, alors qu’en plus, ce n’était pas toujours ce qu’on avait dit. Bon. Mais oui, alors, le carnaval… Elle est bien en peine. De toute façon, pour Marine Le Pen, c’est compliqué, parce que l’objectif de Marine Le Pen, c’était d’opérer la fusion des droites. Et là, elle se retrouve, en fait, à quand même devoir répondre à l’aspiration dégagiste du pays et se dire : en fait, ce n’est pas possible de continuer à soutenir un gouvernement comme ça, qui ne génère rien. Et donc, du coup, en censurant ce gouvernement, elle sait qu’elle perd tout un pan de responsabilité, d’honorabilité. Et c’est assez délicieux de la voir se faire taper dessus par Wauquiez, Retailleau, etc. Wauquiez, évidemment, il voit tout ce qu’il perd parce qu’il se dit : voilà, elle… Mais finalement, avec cette censure, elle n’y arrivera pas. Donc ça la met plutôt en difficulté, ça la met face à ses contradictions. Oh, je veux pas rester ! Je voulais venir parler de Madame…
Oh, oh ! Il y a France 2 ! T’as changé, toi, t’as changé ! Mais t’as changé !
Ah ouais, c’est ça.
Tu deviens présidente, tu ne parles plus aux indés.
Oh la vache !
Ah ! C’est carrément le journal de 20 heures ! Ah là là là ! Ah ouais ! Ah, quel bazar !
Bon, en tout cas, évidemment, c’est très bien d’être là. Ça fait plaisir de voir un peu de médias populaires.
Populaire, je ne sais pas, mais… Ah oui, absolument, c’est très beau. Merci beaucoup. Merci Sarah, à plus tard, merci. Il est à France 2. Elle fait son papier en direct. Avouez qu’il n’y a qu’à Au Poste que vous voyez ça, quand même, hein ? Oui, vous ne l’entendez pas, mais vous voyez… Voilà, il lit son papier, il est complètement habité. Et il marche sur lui-même. Il se balance. Il vit son texte. Voilà. Et voilà, et c’est fini, et il s’en va. Super. Ah non, là, il est relancé ! Il est relancé par le studio, ah non ! Et voilà. C’est beau, moi je dis, c’est beau, c’est Au Poste. On a eu deux bonnes répliques sur le carnaval, de Danièle Obono et de Sarah Legrain. Tiens, j’ai soif. J’ai soif, moi. Non mais je ne peux pas, parce que tout à l’heure, quand j’ai voulu aller voir, j’avais l’impression que ça coupait. Bon, attendez, je retente. Je retente. Je re-tente. Alors, on va avoir un… On va avoir, comment ? Un peu de coupure. Un peu d’image, de son. Bon, alors j’essaie de trouver quelqu’un qui pourrait garder le truc, le temps de, attendez, on y va. Alors là, on passe la salle des Pas-Perdus avec toutes les télés. Ça, c’est les plateaux télé. Pardon. Pardon.
Ça va, tu t’en sors ?
Oui. Pardon. Bonjour monsieur, ça va bien ? Bonjour monsieur, ça va bien ? Je suis en direct, pardon.
Bye !
Alors, si ça coupe… Le bar de la presse. Merci. Alors, nous sommes au bar de la buvette de la presse. Le Gaulois, Le Matin, La Justice… Donc, bar de la presse, Au Poste. On se prend un petit café, un petit coca ? Non, un petit café… Ah non, mais… on attend vos dons. On attend vos dons. Il nous faut des dons ! Donc nous sommes en direct depuis 15 h 30 pour ce documentaire animalier médiatico-politique et historique. Documentaire animalier en direct, où nous voyons évoluer les êtres humains munis souvent de caméras, de micros.
Comment ?
Oui, je fais la queue, oui. Je vous en prie. Flotte et un café. C’est pas la cantine, c’est la buvette de la presse, voyons. Alors, si vous découvrez Au Poste, suivez Au Poste. Tiens, regarde, il y a Rémy Buisine là-bas. Il y a Rémy Buisine là-bas, vous le voyez, là ? Tout au fond. Vous le voyez ou pas ? Il est assis au fond. Tiens, il fait coucou. Voilà, c’est lui, vous voyez ? C’est lui ! Il fait coucou ! Incroyable, incroyable. Salut Jean Ferraille. Bonjour Rémy ! Voilà. Non, ça, c’est cool de voir… C’est un peu ma vie qui défile, là. C’est des copains des années différentes, c’est assez rigolo. Ben non, il n’y a pas que des journalistes, là. Oh là. C’est le cadeau. Bonjour, rebonjour. Allez-y, allez-y. Allez-y, allez, pitié, allez, pitié. Il n’en peut plus. Des nazis d’Halloween. Non, non, nous sommes… Ah, il faudra voir le replay, Mésange. Donc j’attends que le serveur revienne, parce que là, il n’en peut plus. Je me bois un petit café vite fait, je prends de la flotte et on y va. Et on y retourne. Donc là, nous aussi je vous en prie.
Ah, c’est vrai ?
Bon, alors un petit café, s’il vous plaît. Un expresso et une bouteille d’eau. Merci. Donc on essaie de réaliser…
Merci, monsieur.
Merci, monsieur. Combien je vous dois ? Ah, ce n’est pas cher, ici ! C’est tout, à mon avis. Merci monsieur, bon courage.
Bon, je suis en direct, Rémy, voilà. Recoiffe-toi, s’il te plaît.
Oui, j’ai vu.
Je voudrais boire un petit café avec plaisir avec toi. Comment ça va ?
Ça va, et toi ?
C’est de la limonade, moi.
Ben, c’est pas grave.
Moi, c’est le café. Ah, pas tant. Non, mais c’est un jour historique. Comment ça va, alors ?
Bon, alors on attend tous la même chose.
C’est-à-dire ?
La censure.
Mais j’ai entendu dire que peut-être ce serait toi que Macron aurait appelé pour la dernière interview.
Ah non, il n’y aurait pas…
À son retour ! À son retour, à son retour.
Bonsoir, bonsoir.
Il veut pas ?
Bon, on verra après. Après, on essaye, mais bon, tu sais, il y a quarante médias qui demandent. Et après, est-ce qu’il y a une proposition qu’il peut faire ou pas, on verra. Mais non, pour l’instant, je pense qu’il n’y a pas de prise de parole prévue parce que, bah, il faut nommer un nouveau Premier ministre d’abord. Puis c’est pas évident, parce que quand tu vois comment l’hémicycle est composé, c’est compliqué, quoi. C’est-à-dire de réussir à trouver un Premier ministre qui, à la fois, ne se fait pas censurer par les deux groupes, NFP, RN, et en même temps aussi parce que… Le risque, c’est que si tu prends trop à droite, trop à gauche, pour le bloc du centre, enfin en tout cas le bloc macroniste, tu te retrouves en difficulté. Donc là, on sait pas. Mais non, en tout cas, il n’y a pas d’interview prévue. Mais là, on fait le taf comme tout le monde, on essaie de faire les réactions dans une meute exceptionnelle, parce que je sais pas combien de journalistes. C’est pour ça qu’on a ramené une perche qu’on n’a jamais d’habitude.
Ah bah voilà ! Ah bah voilà ! Eh ben nous, non. Moi, j’en ai pas, de perche, tu vois.
Bah en fait, on s’est dit qu’on prenait une perche aujourd’hui parce que…
Ah la vache ! C’est ça qu’il me faut ! C’est un javelot ! Là, tu sais, avec ça, moi, je suis prêt pour les Jeux olympiques, pour faire un lancer du javelot en 2028.
On va faire comme ça. Non mais t’es obligé parce qu’aujourd’hui, si t’as pas ça, t’es en difficulté, là.
Ah bah oui, je te le confirme. Donc là, vous êtes là pour des réactions. Mais alors maintenant, vous êtes plusieurs, en fait. Après, c’est vrai qu’on voit beaucoup… Mais il y a plein de gens, vous êtes plus. Je t’ai connu, tu étais tout seul, hein.
Oui ! Ah, ah… Mais il y a plein de gens. Parce qu’après, sur la politique, c’est vrai qu’on voit beaucoup moins, mais par exemple, tu vois, sur la Fashion Week, il y en a qui vont plus sur ça, il y en a qui sont sur les émissions culturelles, d’autres sur le sport… C’est un peu tout-terrain, quoi. Mais en réalité, t’as plein de gens, hein.
Et vous ouvrez souvent vos Quatre-Colonnes ou pas ?
On vient sur les grands moments.
Bravo !
J’imagine comme toi aussi, je pense.
Ah non, moi, ça fait dix ans que je ne suis pas venu.
Ah oui. Oui, quand je veux dire, il y a moins de monde, hein. Non, en fait, on n’a pas les mêmes contraintes qu’une chaîne d’info qui doit être là tous les jours pour justement alimenter son antenne. Là, on peut événementialiser un peu plus les choses. Puis en plus, quand on a un public qui est assez jeune, il s’intéresse à la politique de façon assez intermittente. Tu vois, ils vont s’intéresser à la politique quand il y a un gros conflit social. Le dernier, ça a été la réforme des retraites. Ils vont s’intéresser quand il y a les législatives. Tu l’as vu, quand on a vu place de la République l’âge des personnes qu’il y avait, c’était 25 ans. C’est quand il y a des temps forts de la politique. Et aujourd’hui, c’en est un, parce que c’est la première fois depuis 1962, la deuxième fois dans l’histoire de la Ve République. J’en parlais avec ma mère hier, elle avait 14 ans lors de la première motion de censure. Elle s’en souvient parce qu’à l’époque…
Alors que toi, t’as 17 ans aujourd’hui.
Je suis en convention de stage, là, et voilà, je vais passer la semaine prochaine.
Ah super ! Génial ! Alors justement, j’allais lui donner la parole. Alors, euh… Mais alors, rassurez-moi, jeune homme, vous n’êtes pas formé par Rémy Buisine ? Vous avez eu une vraie formation avant de travailler avec lui ? Parce que ça doit être horrible.
C’est lui, le mentor.
C’est lui, le mentor.
Le mentor.
C’est pas comme terme…
C’est ça, bien sûr. C’est lui qui le traîne de force, là, aux Quatre-Colonnes.
Il voulait pas venir. On a été le chercher chez lui ce matin.
C’est vrai ? Bon, et dites-moi, la jeune garde, c’est sur quel réseau que vous trafiquez le plus en ce moment ?
Ah bah, euh, c’est…
Non, parlons boutique, s’il te plaît.
Comment ?
Parlons boutique. C’est TikTok, c’est…
C’est TikTok, c’est…
TikTok, ça marche.
Ben oui, TikTok, Instagram.
Insta aussi. Après, c’est dur de créer des communautés parce que… parce qu’il y a beaucoup de monde dessus. Mais en réalité, sur TikTok, il y a moyen. Sur Instagram aussi…
Ah ça, tu fais des lives, Insta ?
En live, non. Mais des posts. Non, en live, là où l’audience est encore là, c’est encore sur Facebook et sur TikTok. Sur le live. Après, Facebook, ça s’éteint aussi. C’est encore de l’envergure parce qu’il y a pas mal de gens qui vont encore… mais c’est moins qu’avant.
On se retrouve à 20 h 30, alors ?
À peu près. Non, ça va être long. Puis après, il y a toutes les réactions, tout ça. On sait que Michel Barnier va faire venir tous ses ministres au moment du vote, à l’extérieur de la séance.
C’est-à-dire, à l’extérieur… Moi, j’ai cru qu’ils voulaient prendre l’Assemblée. Qu’ils voulaient aller dans le jardin et reprendre la soirée, genre le Capitole.
Non, là, il va se faire sentir, là.
Bon, amusez-vous bien. On se promet de ne pas se marcher dessus tout à l’heure.
Non, jamais.
Non, jamais, jamais.
Pas avec les vieux, c’est ça que tu voulais dire ?
Si, si, si, Rémy, j’ai bien vu, j’ai bien vu.
Non, respecte tout le monde. Non mais ce que je voulais dire, c’est vrai qu’il faut le dire : t’as vraiment des gens du monde entier. Enfin, t’as montré la salle en bas, là. C’est visuel de fou, c’est dingue.
Oui, oui, c’est dingue. À tout à l’heure, les gars. Amusez-vous bien, ciao ! Et oui, alors, tout le monde t’embrasse. Enfin, tu connais tout ça. Bonsoir. Oui, oui. Attends, regarde, tu vois ? Ah non, c’était plus haut. Hop, hop, hop. Ah non, alors, attends… « Articule, Rémy ! » Arrêtez, vous êtes pas sympas. Euh, merde, c’était où ? Attends, attends, ça va arriver. Il y a beaucoup de… « Des bisous », voilà. Des cœurs, voilà, c’est ici.
C’est gentil. À bientôt !
À bientôt, Rémy. Des bisous, des cœurs, voilà. Barnier va faire une grosse manif, ça va être normal. À tout à l’heure. Ici, la salle de presse. Nous voyons un monsieur de Mediapart qui est ici, Mathieu Deslandes. C’est plutôt ici la presse intelligente, la presse écrite. Silence monacal. Là, nous sommes dans un endroit où il y a peu de réseau, donc l’image est moyenne. Mais vous voyez, Journalisticus pressus à l’œuvre. Ils utilisent tout de même beaucoup, beaucoup de son. Chez Au Poste, nous ne sommes pas maqués avec Mediapart et, par ailleurs, Mediapart est puissamment indépendant. Et deux, deux, six, six… un café…
Alors, mais on se connaît déjà, non ? On s’est déjà vus.
Comment ?
C’était pour le micro ?
Tu l’as acheté ?
Et alors, ça marche ? Ah bah super, je t’embête plus. Ah oui, oui, je me souviens.
Je sais, j’étais en train de parler de ma chanson.
Donc, nous sommes dans la salle des Quatre-Colonnes, nous nous sommes retournés, alors… Barnier n’a pas la langue de bois. Barnier, honnêtement, il est très honnête. Bon, vous voulez aller écouter Attal ? On va écouter Attal, tiens. Excusez-moi.
C’est plus fort que vous, c’est votre nature. Vous cherchez à rejeter sur d’autres la responsabilité que vous prenez, seuls, de faire tomber le gouvernement de la France. Auriez-vous déjà la censure honteuse ? Est-ce pour cela que, matin, midi et soir, vous courez les plateaux de télévision pour vous évertuer à faire croire que ça ne serait pas vous les responsables et que, même si les quatre groupes du socle…
Non, non, la censure va passer, puisque Marine Le Pen a dit que son groupe votait la censure.
Alors, mesdames et messieurs les députés lepénistes, assumez votre décision. Assumez le désordre. Assumez l’alliance avec LFI. Assumez l’instabilité. Assumez l’affaiblissement de la France. Assumez vos responsabilités.
Madame Le Pen, je vous ai écoutée attentivement dans une tentative désespérée de vous exonérer de vos responsabilités. Vous avez essayé de dresser la liste des engagements que nous avions pris avant la dissolution ou pendant la campagne et qui ne sont pas tenus dans ce budget.
Voilà, excusez-moi, j’avais un petit souci de câble.
Oui, nous avons dû faire des efforts.
Allez, je vous laisse avec Attal, je me repose deux minutes.
Oui, nous avons accepté certains projets avec lesquels nous n’étions pas d’accord. Je vous le confirme, précisément pour aider le Premier ministre et aider le pays à garder des institutions stables. Mais je vais vous dire, madame Le Pen, ça ne m’étonne pas que ça vous choque. Vous êtes incapables du moindre compromis. Comment être ouvert au compromis quand on est fasciné par les régimes dictatoriaux ? Comment être ouvert au compromis avec d’autres groupes que le sien quand on est incapable d’être d’accord avec soi-même sur l’Europe, sur l’euro, sur la retraite, sur les binationaux, sur l’économie de notre pays ? Votre seule constance, c’est l’irresponsabilité à tous les étages. Nous, nous avons fait des compromis pour aider le gouvernement et nous l’assumons. Car les députés de mon groupe, ils savent où ils habitent. Les députés de mon groupe, ils ne font pas tomber un gouvernement à la première contrariété. Les députés de mon groupe, ils savent faire des compromis, ils sont responsables, ils sont respectueux, ils ne précipiteront jamais notre pays dans l’inconnu. Chers collègues, ouvrons les yeux sur le monde dans lequel nous vivons. La France a besoin de stabilité et le monde a besoin d’une France stable. Le Proche-Orient semble s’embraser chaque jour un peu plus et la France n’aurait pas de gouvernement stable. L’Ukraine cumule les difficultés et nous savons combien une victoire de la Russie déstabiliserait le monde.
Donc, nous sommes à l’Assemblée, dans la salle des Quatre-Colonnes, et l’idée, c’est de vivre ensemble ce moment historique, de profiter du tchat pour discuter, pour échanger. C’est un bon moment. Généralement, c’est pour nous retrouver au chaud, là, c’est plus pour célébrer le chaos qui vient.
Donald Trump promet une politique économique agressive et la France n’aurait pas de gouvernement stable. L’Union européenne négocie toujours l’accord sur le Mercosur que nous sommes parvenus, avec les gouvernements précédents, à empêcher. Et la France n’aurait pas de gouvernement stable. Qui va le dire à nos agriculteurs et aux Français ?
Je ne sais pas si vous m’entendez quand je parle en même temps que Gabi.
Qui va le dire à nos pêcheurs qui attendent en ce moment la négociation des quotas de pêche à Bruxelles et qui ont un besoin vital, oui, vital, que la France ait un gouvernement pour défendre leurs intérêts ? Le monde change, le monde bouge, tout devient d’un côté à la fois plus menaçant, mais aussi..
Le sac d’ Obono a failli me rendre…
Dans ce contexte, l’Europe et la France devraient-elles s’effacer ou, au contraire, s’affirmer ? Les bouleversements du monde modifient profondément la vie des familles et des travailleurs. Et notre classe politique, elle, voudrait garder ses vieilles habitudes et ses confrontations artificielles ?
Vas-y, vas-y.
Bien sûr, tout n’a pas été parfait, mais là n’est plus l’essentiel, car aujourd’hui nous avons un choix à faire. Car au moment de choisir le destin de notre pays, dans quelques instants, nous tous, députés, nous aurons le même choix à faire, la même décision à prendre. De quel côté de l’histoire voulons-nous être ? Voulons-nous être du côté de ceux qui affaiblissent la France, qui déstabilisent les plus fragiles, qui menacent nos entreprises ? Ou voulons-nous être du côté de ceux qui se retroussent les manches ? Nous, nous ne serons jamais du côté de ceux qui veulent affaiblir la France. Jamais ! Nous ne serons jamais dans le camp du désordre des lepénistes et des mélenchonistes. Jamais ! Car oui, dans le camp du désastre, il n’y a pas seulement le Rassemblement national.
Ce camp du désordre, vous le partagez avec l’extrême gauche. Alors, attendez, attendez, attendez.
Hurlement après hurlement, l’alliance de la gauche emmenée par Jean-Luc Mélenchon ne poursuit qu’un seul projet : tout piétiner, tout gâcher et tout taxer. Et puis, il y a ceux, je le crois profondément, pour qui il est important de se ressaisir. Je pense à ceux qui, il n’y a pas si longtemps, gouvernaient encore la France. Ceux qui, je le crois sincèrement, comptent dans leurs rangs des élus sincères, convaincus que la laïcité n’est pas un gros mot, que la compétitivité est nécessaire et que la stabilité est indispensable. Ceux qui, depuis le congrès d’Épinay, unissaient la gauche autour de l’ordre républicain et ne se soumettaient pas, contrairement à aujourd’hui, à celle de l’extrême gauche. À ceux-là, nous le disons : on peut s’opposer sans tout gâcher, on peut s’opposer sans censurer. C’est à ceux-là que nous disons : affranchissez-vous. Nous, nous préférons voir le courage de ces quelques députés de gauche, de ces députés indépendants, qui ont refusé de signer et d’apporter leur voix à la motion de censure signée par Jean-Luc Mélenchon. Nous préférons toujours voir la responsabilité des voix au sein de la gauche et des députés indépendants, certes encore trop rares, mais qui existent, qui se sont élevés pour dénoncer la politique du pire.
Oh, il y a beaucoup plus de bruit que tout à l’heure.
Et le plus tôt sera le mieux. La gauche républicaine, la gauche de gouvernement, celle qui a eu l’honneur de donner par deux fois un président à la France, que cette gauche-là se ressaisisse et se mette avec nous autour de la table, enfin, pour agir vraiment pour les Français. Chers collègues socialistes, au début de cette séance, M. Mélenchon était dans les tribunes pour assister à nos débats. Il a écouté religieusement l’orateur de La France insoumise, il a écouté religieusement Mme Le Pen.
Il s’est levé et est parti au moment où Boris Vallaud a pris la parole.
Voilà, mesdames et messieurs, l’heure est venue de dire quel avenir nous voulons pour notre pays. L’heure est venue de mettre de côté ce qui nous divise. L’heure est venue, pour l’ensemble des députés de notre pays, de se hisser à la hauteur du moment et à la hauteur de leurs responsabilités. L’heure est venue de dire si nous préférons que les années qui viennent se confondent avec les crises, les censures, les divisions, ou si nous voulons, au contraire, que les années qui viennent soient des années de stabilité, de réconciliation et de sérénité. J’en appelle à toutes les bonnes volontés, d’où qu’elles viennent, pour qu’elles s’unissent enfin. Non pour effacer nos différences, mais pour défendre ce que nous avons de plus et les Français…
Merci les raiders, merci à vous On est dans la salle des Quatre-Colonnes, à l’Assemblée, depuis 15 h 30.
Ce n’est jamais renoncer, jamais capituler, mais parfois savoir c’est toujours croire dans cet esprit tricolore qui mêle l’audace et.
Donc, salle des Quatre-Colonnes de l’Assemblée.
Je le dis, mesdames et messieurs les députés, il n’est pas trop tard pour le sursaut, pour montrer qu’un autre chemin est possible, pour démontrer aux Français que nous avons entendu leur besoin de stabilité, leur quête de sérénité.
Nous essayons depuis 15 h 30 de faire un documentaire animalier en direct concernant le monde étrange et savoureux médiatico-politique parisien. Merci beaucoup. Ah non, ce n’est absolument pas normal, le monde, c’est même plutôt inédit. Alors, je vous rappelle que les journalistes eux-mêmes, nous avons appris ça en début d’après-midi, les journalistes eux-mêmes appellent cet endroit « la meute ». La meute ! Et il s’agit d’arriver le plus tôt possible pour avoir sa caméra la mieux placée possible.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, chers collègues, quand je suis entrée la première fois à l’Assemblée nationale, j’ai senti le poids de la responsabilité sur mes épaules. Ça fait quand même longtemps qu’on est debout, là !
Donc voilà, j’ai retiré le micro de la télévision parce qu’il y en a un peu marre. Il est 19 heures. Là, ce sont donc les présidents de groupe qui causent les uns après les autres. Allez, je vous fais une petite démo de la pièce. Voilà, ici, c’est les Quatre-Colonnes. Voilà, les quatre colonnes. La fameuse salle des Quatre-Colonnes où se retrouve la meute. La meute, ce sont les caméras, les appareils photo, les micros, les journalistes. Ici, Quatre-Colonnes, où se trouve toute la presse. Donc là, c’est pour avoir les réactions, on va dire. Donc c’est plutôt la presse audiovisuelle. La salle qui est à côté, qui est ici, c’est la salle des Pas-Perdus, qui est aujourd’hui totalement investie par les télés du monde entier. Malheureusement, quand je passe là-bas, il y a trop d’interférences avec les émetteurs des caméras, ce qui fait que l’image n’est pas hyper bonne. Mais je peux vous dire, il y a la télévision italienne, espagnole, CNN, des Japonais, etc. Pour ma part, les deux téléphones que j’utilise sont en train de se recharger et, a priori, les micros, ça va un petit peu mieux. Voilà. Donc, selon toute logique, Michel Barnier parle à la fin pour défendre son bout de gras. Ensuite, il y aura… Ah tiens, je vais me mettre contre le mur. Ensuite, je pense qu’il y aura une suspension. Et le vote est attendu vers 20 heures, mais comme on a démarré avec trente, quarante minutes de retard, ce sera 20 h 30, 21 heures. N’hésitez pas à partager le live auprès de vos copains. C’est donc un documentaire animalier en direct, médiatico-politique, que vous offre Au Poste. Si vous ne connaissez pas Au Poste, sachez que c’est une chaîne, une chaîne 100 % live, 100 % libre, avec la plupart du temps des entretiens, des invités et, de temps en temps, des lives sauvages comme celui-ci, où on essaie de faire un pas de côté, où on essaye d’être dans les cortèges ou, là, comme ici, on essaie de montrer le hors-champ, le contrechamp. Alors, si vous entendez parler de Mélenchon, c’est qu’il assiste au débat dans les rangs des vétérans, on va dire, des anciens députés qui ont leur place, comme normalement le public et comme la presse. Voilà. Ce qui fait dire à Attal, visiblement, que c’était Mélenchon qui tirait les ficelles. J’en profite, puisqu’on est au mois de décembre, pour vous dire que notre façon de vivre, de payer nos salaires, nos cotisations, nos moyens techniques, ce sont les dons. Et les dons sont défiscalisés. C’est-à-dire que si vous faites un don, admettons, de 100 euros, eh bien il vous coûte, si vous êtes imposable, 34 euros. Et donc je me permets de vous en parler d’autant plus maintenant que c’est valable jusqu’au 31 décembre. Voilà, c’est valable ce mois-ci. Enfin, c’est valable tout le temps, mais là, c’est le dernier mois. Donc, si jamais, à Noël, vous n’avez pas de pognon arrivé par la cheminée, vous pouvez rendre Au Poste plus fort. Et à propos de Noël, on a nos mugs, nos tee-shirts, nos conneries, nos oreillers que nous envie le monde entier, qui sont disponibles sur la boutique. Si vous voulez recevoir les trucs avant Noël, il faut commander avant le 13 décembre. Je l’ai déjà fait, le Père Noël. Je l’ai fait l’année dernière, j’avais acheté un costume orange. Alors là, il y a une standing ovation. C’est quoi ? C’est Barnier, c’est ça ? Oui, c’est ça. Je vais aller mettre le micro. À plus. Attends, on va faire autrement. On va faire autrement. Attends, attends, attends. Oh pardon. Oh pardon, oui. Moi aussi. Hélène, tu peux poser le micro juste au pied.
En tout cas, moins de bruit sans doute, plus d’écoute et plus de respect. Le respect que j’ai moi-même exprimé en vous écoutant et depuis que je suis Premier ministre, avec la même constance. Il y a deux jours, j’avais donc engagé la responsabilité de mon gouvernement sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. J’ai pris, mesdames et messieurs les députés, cette décision après avoir fait preuve d’écoute, de respect, en effet, de dialogue, ce qui a conduit le gouvernement à améliorer quasiment chaque jour son texte. Et je reconnais qu’il n’était pas parfait, que nous n’avons pas tout bien fait au départ, améliorer ce texte sur plusieurs points importants, comme les retraites, les allègements de charges, le remboursement des médicaments, et sans parler d’autres points qui se trouvent, je pense à la taxe sur l’électricité, dans le projet de loi de finances qu’il vous reste à examiner par ailleurs. C’est d’ailleurs dans le même esprit de travail patient qu’a été conduit le travail sur la loi de fin de gestion 2024 et qui a été adoptée tout à l’heure par votre Assemblée. J’en remercie chacun des députés qui l’ont votée, comme j’en remercie le Sénat. Mesdames et messieurs les députés, cette méthode a, me semble-t-il, porté ses fruits. Après de très nombreuses heures de travail parlementaire, le PLFSS a fait l’objet d’un accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire, ce qui est la première fois depuis quatorze ans. Et je veux dire simplement à Stella Dupont, qui vient de s’exprimer, et que je remercie, qu’il n’y a pas eu de contournement, franchement, de l’Assemblée par le Sénat ou réciproquement. Nous avons travaillé avec les deux chambres et avec la même attention. Nous avons laissé les députés… Ce texte ainsi amélioré répond à l’urgence de réduire notre dette budgétaire, en regardant en face, en regardant en face la réalité de nos comptes publics. 3 228 milliards d’euros de dette. 60 milliards… Ne m’obligez pas à revenir trente ans en arrière. Ils applaudissent leur propre cheminement. 60 milliards d’intérêts ! Voilà ce que les Français, nous, allons devoir payer chaque année. 60 milliards d’intérêts, c’est davantage que le budget de notre défense ou de notre enseignement supérieur. Et sans doute encore davantage demain si nous ne faisions rien. Madame la Présidente, mesdames et messieurs les députés, voilà la réalité. On peut dire tout ce qu’on veut, c’est la réalité. J’ai essayé de l’affronter, l’ensemble du gouvernement que je remercie, en vous présentant des textes financiers difficiles. Ce n’est pas par plaisir que j’ai présenté quasiment que des mesures difficiles dans ce budget. J’aurais préféré distribuer de l’argent, même si nous ne l’avons pas, pour faciliter les choses et les discussions. Cette réalité, elle reste là. Et écoutez-moi bien : elle ne disparaîtra pas par l’enchantement d’une motion de censure.
Écoutez-moi bien et souvenez-vous : dans quelque temps, cette réalité-là, elle se rappellera à tout gouvernement, quel qu’il soit. Et, Madame Le Pen, elle se rappellera à tout gouvernement, quel qu’il soit, parce qu’il s’agit de notre souveraineté. Sans doute, sans doute dois-je dire ici que, quand je vois vos propositions aujourd’hui, hier, nous n’avons pas la même idée de la souveraineté ni du patriotisme. J’ai entendu parler tout à l’heure d’austérité. Qui peut croire que le budget qui est présenté est un budget d’austérité, alors que les dépenses de la Sécurité sociale sont en augmentation de 2,7 % ? J’entends ceux qui voudraient faire plus ou différemment, mais comment nous reprocher de prendre enfin des mesures pour alléger le fardeau financier qui pèse et qui va peser sur nos enfants, sur le dos desquels nous tirons des chèques en bois ou en blanc ? J’entends dire que c’est un budget par défaut, mais comment ne pas voir que ce budget traduit, au contraire, des choix affirmés pour répondre autant que nous le pouvons, aussi bien que nous le pouvons, aux attentes des Français que vous représentez, Mesdames et Messieurs les députés, qu’il s’agisse des Français de l’Hexagone, des Outre-mer ou des Français, trois millions d’entre eux, qui vivent à l’étranger. Avec ce budget, nous soutenons les agriculteurs à travers la réforme attendue du mode de calcul de leur retraite et des dispositifs d’exonération de cotisations sociales. Avec ce budget, nous améliorons l’accès des patients à la santé, par exemple en augmentant les effectifs en soins critiques, en réanimation, en néonatologie. Nous facilitons l’accès aux soins palliatifs, dont le renforcement est nécessaire indépendamment des débats qui ont été engagés sur la fin de vie. Avec ce budget, nous faisons de la santé mentale une grande cause nationale pour 2025, et c’est une priorité qui devra durer au-delà, évidemment, de l’année 2025. Nous améliorons concrètement la prise en charge des femmes victimes de violences. Nous renforçons l’attractivité des métiers de l’hôpital en rémunérant mieux les professionnels, notamment les internes et les médecins, ainsi que les astreintes, et en réformant le métier d’infirmier. Nous améliorons le financement de l’autonomie à travers un fonds exceptionnel de 100 millions d’euros pour les EHPAD, un soutien de 200 millions d’euros aux départements pour l’allocation personnalisée d’autonomie et la prestation de compensation du handicap. Et enfin, nous donnons les moyens de mieux lutter contre la fraude, notamment à travers la sécurisation de la carte Vitale et la simplification des échanges de données entre l’Assurance maladie et les complémentaires. Voilà quelques exemples. Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, ce sont les avancées de ce projet de loi. Nous l’avions préparé en quinze jours, et je redis une dernière fois, sans doute, que jamais un gouvernement depuis 1958 n’avait eu seulement quinze jours, cette contrainte, pour préparer un budget. Il n’était donc pas parfait, je l’ai moi-même dit, et il a été sérieusement amélioré par beaucoup de vos amendements, souvent pris dans tous les groupes. Et le résultat, qui a fait l’objet de cet accord en commission mixte paritaire, permet de trouver un équilibre entre quatre éléments essentiels, d’ailleurs, que Laurent Marcangeli a soulignés tout à l’heure : l’amélioration de l’efficacité de notre système social, le soutien à notre hôpital et aux professionnels de santé pour un meilleur accès à la santé, la protection des plus fragiles, tout en veillant à préserver nos finances publiques. Pour parvenir à cet équilibre, je veux redire sur ce texte mes remerciements sincères à votre président de commission, Frédéric Valletoux, et à votre rapporteur, Yannick Neuder. Mais aussi, je le redis, parce que vous avez travaillé ensemble avec la Haute Assemblée, au président Philippe Mouiller et à la rapporteure générale Élisabeth Doineau. J’associe à ces remerciements, si vous me permettez, les membres de mon gouvernement qui ont travaillé avec vous sur ce texte, en particulier Laurent Saint-Martin.
C’est beau, un gouvernement qui va à l’abattoir. Ils s’applaudissent les uns les autres avant de monter sur l’échafaud.
Votre ministre, qui le mérite et qui mérite les applaudissements, naturellement Nathalie Delattre, la ministre chargée des Relations avec le Parlement, Geneviève Darrieussecq, la ministre de la Santé, le ministre des Solidarités, Paul Christophe, et la ministre du Travail et de l’Emploi, Astrid Panosyan-Bouvet, pour ne citer que ceux qui ont été mobilisés jour et nuit avec vous pour travailler sur ce compromis entre le Sénat et l’Assemblée, dans un gouvernement qui a été de bout en bout solidaire. Ce texte, qui représente à mes yeux, et je le dis sans prétention, je crois, un bon compromis, le meilleur compromis possible, il est maintenant temps de le mettre en œuvre. C’est ce qui m’a conduit à engager la responsabilité du gouvernement. Plusieurs partis d’opposition ont donc choisi de déposer des motions de censure sur lesquelles vous êtes amenés à vous prononcer en toute connaissance de cause. Oui, je le dis à nouveau à Gabriel Attal, et je l’ai dit hier en répondant à Marine Le Pen, tout n’est pas parfait dans ce budget. Je connais beaucoup de raisons et de difficultés qui assaillent notre pays. Les inquiétudes de beaucoup de territoires où des usines peuvent et vont fermer.
Jérémie, n’hésite pas à suivre la chaîne sur YouTube.
Les hommes et les femmes et les territoires. Je sais les inquiétudes. Sans parler de tout ce qui nous entoure, Mesdames et Messieurs. Je recommande de ne pas sous-estimer aussi bien la guerre en Ukraine que ce qui se passe au Proche-Orient et ce qui peut se passer entre l’Amérique et la Chine. Ce dont je suis sûr, ce que j’aurais dit avec gravité devant vous, c’est que cette motion de censure, au moment où vous vous apprêtez sans doute, dans cette conjonction des contraires, à l’approuver, cette motion de censure rendra tout plus grave et plus difficile. Ça, j’en suis sûr. Laurent Wauquiez, que je remercie sincèrement de son appui et de sa confiance, vous a invités à bien mesurer les conséquences de ce vote. Et c’est ce que je souhaite dire à mon tour, si vous me le permettez. J’entendais tout à l’heure le président Marc Fesneau citer un homme que j’ai toujours respecté depuis mon adolescence, Pierre Mendès France, qui disait aussi, Marc Fesneau, de ne jamais sacrifier l’avenir au présent. Ne jamais sacrifier l’avenir au présent. Je recommande aussi, au moment de voter, que vous ayez cette phrase et cette recommandation en tête. En cas de censure, les avancées du PLFSS que je viens de rappeler seraient abandonnées. Nous savons tous ici que les conséquences de ce vote vont bien au-delà de ce qui est contenu dans ce PLFSS, puisque l’action du gouvernement serait interrompue. Et je pense à tous les efforts que nous avons avec ténacité engagés, tout ce gouvernement, depuis quelque deux mois, pour la sécurité, pour ce qui est de l’immigration irrégulière, pour une écologie humaniste et concrète, pour l’éducation, pour encourager le bénévolat. Je pourrais citer chacun des ministres qui a été formidable de solidarité et de détermination. Et je ne voudrais pas énumérer toutes les actions que nous avons engagées. Mais ce que je sais, Mesdames et Messieurs, après des mois de transition, l’été, beaucoup d’attentes, c’est que l’État s’est remis en route, l’État s’est remis en marche, que les fonctionnaires ont été motivés et déterminés dans l’action quotidienne sur des projets concrets que je vous avais indiqués ici même au moment de présenter la déclaration de politique générale. Une censure du gouvernement en ce mois de décembre signifierait que le budget de la nation ne pourrait vraisemblablement pas être adopté avant la fin de l’année, qu’il y aurait de lourdes conséquences d’urgence. Et cela aurait de lourdes conséquences de trois ordres. D’abord, une perte de pouvoir d’achat pour les Français. Nous avions fait le choix de protéger les Français…
C’est les Quatre-Colonnes.
En l’absence de ce budget, le barème de l’impôt sur le revenu ne pourrait pas prendre en compte l’inflation. En conséquence…
Il y a des gens qui arrivent, là. C’est quoi, ça ? C’est le Capitole ? C’est le Capitole ? Vous m’expliquerez.
En conséquence, près de 18 millions de foyers verraient leur impôt augmenter.
Là, il va falloir investir dans un escabeau.
Ensuite, une mesure très attendue ne trouverait pas de financement.
Là, on fait le choix de donner des moyens pour la cyclique. Le mec, il arrive six heures après les autres, il met son escabeau, il a le meilleur… Il est fort, il est fort ! Bravo !
Nous avons voulu apporter une réponse sérieuse aux préoccupations et inquiétudes après une crise très grave…
Si je me mettais à LCP, peut-être… Je vais faire un direct, si vous ne bougez pas. Ah, voici celle-là.
…qui sont multipliées par le dérèglement climatique.
Vous pouvez vous regarder de ce côté, s’il vous plaît ? Vous me dites.Je vais essayer de voir où est la caméra. Excusez-moi. France Info, parce que vous étiez habité tout à l’heure Mais c’est Élie ! Élie de France Info. À plus !
En l’absence de budget, les mesures attendues, très attendues, pour leur retraite et leurs cotisations sociales ne seraient pas financées. Puisque j’évoque l’agriculture, je veux redire à cette tribune…
Je regarde. 1 500 % ? Oui. 1 500 %. C’est pas mal. Alors, attends, j’arrive pas à remettre le micro. Voilà. Voilà. Alors, euh… Donc je pense que c’est fait, ça va marcher dans pas longtemps. Enfin…
Mesdames et Messieurs…
Je suis en direct. Ça va ?
Ça va bien.
Euh, excusez-moi. Je veux dire, il y a un point presse après ? Il y a quelque chose ou pas ? Ce sera ici ou…
Aux Quatre-Colonnes.
Aux Quatre-Colonnes. Super. Mathilde Panot, quand est-ce qu’elle vient à Au Poste ?
Je me doute qu’il y a autre chose, il y a d’autres priorités.
Oui, c’est super. À tout à l’heure.
…la position de décisions d’embauche et d’investissement qui ne seraient pas prises.
La première ou la dernière ?
Il y a tout juste neuf semaines, neuf semaines, je me tenais devant vous pour vous dire que les Français ne nous pardonneraient pas l’immobilisme, que notre République est fragile…
Donc Mathilde Panot viendra à gauche, je ne sais pas si vous avez entendu.
…que nos citoyens et nos compatriotes nous demandent de dépasser nos divisions pour agir dans l’intérêt supérieur du pays…
Est-ce que vous regardez LCP en même temps, là, pour voir.
Depuis, j’ai été et je suis déterminé à agir pour construire plutôt que pour détruire, et à être pendant cette période à l’écoute de tous ceux qui m’ont dit être de bonne volonté pour le bien du pays. Mesdames et Messieurs les députés, je ne me résous pas à l’idée que la déstabilisation institutionnelle puisse être l’objectif d’une majorité de députés, au moment où notre pays traverse une crise profonde, économique, financière et civique. Je sais pouvoir compter sur les membres du socle parlementaire, et chacun de ses présidents s’est exprimé, qui ont accompagné l’action et qui accompagnent l’action du gouvernement depuis trois mois, sur d’autres députés aussi, indépendants, non-inscrits, comme Charles de Courson l’a rappelé. Je m’adresse aussi aux groupes d’opposition…
Je vais chercher l’autre… Je vais le répéter. Je vais aller chercher l’autre…
Peut-être la dernière aussi, Madame la Présidente. C’est votre choix…
Je vais aller chercher le micro, je pense. Et pour l’instant, il y a plus que deux minutes. À la tâche… Je vais aller chercher le micro. De toute façon, on s’en fout, là. C’est bon, on a compris.
…à ce vote grave et important. Donc j’espère que chacun a bien en tête les mots de Saint-Exupéry, qui écrivait : « Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous », en tant qu’élu de la nation.
Alors, vous me dites pour LCP. Là, j’ai récupéré le micro. Il y a sûrement un petit bonheur d’escabeau, tu veux que je lui demande ? Il n’a pas l’air…
Excusez-moi, je peux vous poser une question très rapide ? C’est combien d’années de métier pour l’idée de l’escabeau ?
Oh, quel dommage ! Vous filmez tout le monde !
Ah, ils sont marrants, ces mecs ! Ils ne veulent pas être filmés, mais ils veulent pas me dire. Eh ouais, mon pote. Ça me fait marrer de retourner les choses. Oh, tiens ! Tu vas bien ?
Et toi ?
L’homme sans qui… Attends, viens direct, là, pardon. L’homme sans qui l’affaire du Burger King ne serait jamais sortie. Voilà. C’était en 2018, c’était il y a un peu plus de six ans.
C’est ça.
Tu es appelé à témoigner, non ? Tu es appelé à témoigner ou pas ?
Je serai à l’audience en tant que victime. Lorsque j’ai filmé, j’ai été interpellé par un policier qui m’a donné un coup de pied dans le tibia. J’ai déposé plainte et je suis donc dans la procédure.
Écoute, à chaque fois, je me trompe de prénom… Nicolas, voilà, putain, je l’ai… C’est David.
Oui, voilà, c’est ça.
Qui avait donc filmé les images tragiques du Burger King. C’était l’acte III des Gilets jaunes, c’était ça, le 1er décembre 2018. Et tu as une date de l’audience ou pas ?
Alors non. L’enquête est bouclée et les trucs suivent normalement. Il n’y a aucune date fixée pour le procès, mais la procédure a beaucoup avancé, voilà.
Bon, à tout à l’heure ! Alors, là, on devrait être sur LCP et je pense qu’après, on va être sur LCI. Laurent de… presse, je ne sais plus comment ça va. Donc, nous sommes en direct des Quatre-Colonnes, à l’Assemblée nationale. Il est 7 h 35, 19 h 35. Nous sommes en direct pour ce premier documentaire animalier de l’histoire des stream punks. Documentaire animalier qui met en valeur, en vedette, on peut le dire, l’Homo journalisticus politicus au moment d’une crise de régime. Sadrunner Nicolas est à Angoulême, c’est Donnelapapatte. Les amis, vous regardez LCI, s’il vous plaît ? LCI. Ah non, ce n’est pas ici, c’est TVA. Je ne connais pas TVA.
Non, TVA, c’est une chaîne canadienne.
C’est marrant. Serge Faubert, regardez, Serge Faubert, là, il vit son instant. Alors, en effet, ici, les journalistes appellent ça « la meute ». Hop, je range mon câble. Alors, quel est le premier animal à sortir et à surgir dans la meute ? Mâle ou femelle ? Nous allons voir dans quelques instants. Alors, on aura un problème de son, je suis désolé. Je vais peut-être couper mon micro en le tendant. Ça va être chaud, on se prépare. Ah non mais moi, il me faut une perche comme ça ! Alors évidemment, je ne peux pas lire vos commentaires quand j’ai la caméra. Merci. C’est quoi, ça ? Pour toi, ça ne change rien. On va refaire. On se pose. Merci à Nick, sur YouTube, merci à toi. Je ne sais pas si vous avez entendu : le vote Il y a quarante minutes pour voter. Pour voter. Et donc là, il y a une scène qui a rarement vu une telle affluence, la salle des Quatre-Colonnes. Et l’autre salle, juste à côté, des Pas-Perdus, où les télés étrangères, notamment, se sont installées pour les duplex. Là, toutes les caméras que vous voyez, c’est des caméras qui sont parfois là depuis ce matin, depuis midi, pour avoir la meilleure place possible. Donc là, tout le monde revient. Bonjour. Je pense que les normes de sécurité ne sont pas respectées, je tiens à vous le dire.
Merci.
Je resserre la perche au maximum. Voilà. Attendez, je vais regarder un truc pour la caméra. Non, ce n’est pas ça. Bien, d’accord. Pardon, pardon, pardon. Qu’est-ce qu’il y a ? Ah, qu’est-ce qui se passe ? Je reviens, je reviens.
Au revoir.
Je reviens, je ne sais pas ce qui se passe. Ah merde, qu’est-ce qui se passe ? Voilà, le retour, désolé. Désolé. OK, excusez-moi, excusez-moi pour la petite interruption. Est-ce que c’est bon, niveau son ? L’image… Est-ce que c’est mieux pour vous ? C’est toi qui interviewes, là, c’est moi ? Et voilà. Et là, je suis repassé à mon stéréo. Bonne nuit. Merci Philippe, d’ailleurs. Ça va, ça va. Nous avons attiré le rouge, vous gardez tout… Que, finalement, la politique devait être un art oratoire. Qu’est-ce qu’il faut de plus ? Robin, est-ce que tu peux me dire ce qu’il en était ? Ça va ?
Ouais, ne t’inquiète pas.
Ah cool. Parce qu’à chaque fois, tu sais, je suis à hauteur de ton épaule, à hauteur de ton oreille. Si je suis prévenu, c’est bon.
Ouais, ouais. Vraiment.
Bon alors, je vais aller ailleurs. Si vous n’entendez pas, ça ne sert à rien que je reste là.
Le mandat que j’ai, c’est d’arrêter la… C’est-à-dire que là, on a participé à tout le travail sur le budget. Le budget est issu des débats… Non, mais je vous le redis, parce que j’ai l’impression que c’est un point qui est complètement passé. En fait, nous nous engageons…
Est-ce que je vous en prie, s’il vous plaît ?
L’idée, c’est de ne pas passer… Donc, évidemment, les facteurs ne seront pas les nôtres. C’est parce que Michel Barnier vient de faire le 49.3. La tension est extérieure au 49.3. S’il nous empêche de ne pas faire le 49.3, il n’y a pas de tension.
Sandrine ? Bonjour Sandrine, c’est Au Poste.
Oui.
Quoi, c’est pas bien ou quoi ? Ah, t’es déçue ?
Non, non, non.
Juste une petite chose. La première fois qu’on s’est vus, tu as dit que tu étais une députée punk. Est-ce que ce soir, on vit un moment punk ?
Ah oui, on vit un moment très punk. On vit un moment important dans notre démocratie. C’est la contestation de l’accaparement du pouvoir. C’est quelque chose de très important, un moment très important qu’on est en train de vivre.
Même s’il faut en passer avec les voix des fachos ?
En fait, c’est à eux… On ne le choisit pas. Moi, je ne les ai pas appelés, jamais je ne les ai appelés. Et en fait, c’est un fait politique : l’accaparement du pouvoir par la Macronie n’a pas de majorité aujourd’hui dans l’hémicycle. À tout à l’heure !
Merci. Est-ce que nos sons étaient meilleurs, là, ou pas ? Alors attends, je vais regarder ce qui se passe. Audio. Un, deux, un, deux, un, deux. Normalement, c’est bon. Attends, c’était parce que je suis passé en mono ? Non, je ne suis pas en mono. Là, c’est bon. OK, alors… Je refais ça. OK. Alors ? OK. Vous regardez comme moi. OK. Et là, ils sont en direct là-haut, quoi. Il faut que je me retourne dans ces cas-là. OK, vous ne bougez pas, je vais essayer de mettre l’autocollant qui va bien. Je tourne la caméra. Salut ! Ça va ?
Oui, ça va.
Oui. T’inquiète pas !
J’ai fait le parlementaire, moi, tu sais.
Oh ! Ah oui, là !
Là ! Non, non, je parle plus, moi. Je suis directrice de la rédaction.
Non ! Oh la vache !
Oh la vache !
N’est-ce pas, n’est-ce pas ? Ah bah dis donc ! Regarde, je fais le coup pour essayer de pirater La Chaîne parlementaire, mais il y a une ancienne de télé que j’ai pas vue depuis vingt-cinq ans. Ah bah ça, c’est marrant, alors ! Éternelfugace, qu’est-ce que tu veux dire ? Oui, tu as accès aux directs. Tous les directs sont sur le site auposte.fr. En fait, c’est la version PeerTube de nos lives, et après ils sont en replay sur YouTube et sur auposte.fr. Voilà. Oh, il y a trop de monde, là, il y a trop de monde. Alors, alors, alors… Nous sommes toujours en direct pour notre documentaire animalier. Notre documentaire animalier sur le monde… Pardon, excusez-moi… médiatico-politique. Ah, il y a un monde, c’est du délire ! C’est un délire, le monde qu’il y Vous préférez les duplex avec France Info que les directs avec Au Poste ?
C’est pas vrai.
Très bien.
C’est pas vrai, mais on est en direct en ce moment sur Match & Pitch aussi.
Ah, c’est vrai ?
On est en direct partout.
Attention, il y a une question de… C’est pas des camarades. Même le caméraman, il est en treillis militaire. Ah, il tourne la tête ! Il ne faut pas avoir honte de son métier. Je ne sais pas, il faudrait demander à Ricardo ce que c’est que ça. Puisque là, c’est le… c’est le média Frontières, le média d’extrême droite.
D’extrême droite ? Non.
Vous n’êtes pas d’extrême droite ?
Je peux savoir qui vous êtes ?
David Dufresne.
Ouais ?
Ouais.
Et pourquoi vous dites qu’on est d’extrême droite ?
C’est-à-dire ?
Non !
Vous n’assumez pas ?
C’est quoi ? Vous êtes en direct ?
Il suffit de vous lire, monsieur !
Bon, c’est quoi le signe ?
Vous avez le droit.
L’extrême droite, par exemple, c’est…
On peut vous emmener en diffamation ? Allez-y, allez-y. Ah bah, il n’y a pas de souci, on gagnera sans problème.
D’accord, OK. C’est quoi, l’extrême droite ?
L’extrême droite, c’est la préférence nationale.
La préférence nationale ?
Ah oui, bien sûr, certainement, monsieur.
Oui, ah oui.
Ah non, ça ne se résume pas à ça, mais c’est…
Ce ne serait pas l’antiparlementarisme, comme Jean-Luc Mélenchon ? Ce ne serait pas l’antisémitisme de LFI ? Ce ne serait pas la révolution permanente de LFI ? Ce ne serait pas les groupuscules violents de LFI ? Ce n’est pas ça, les signes de l’extrême droite, vous êtes sûr ?
Ah non, ça, ce n’est pas l’extrême droite. Vous considérez sans doute que c’est l’extrême gauche, mais ce n’est pas de l’extrême droite.
Mais non, pas du tout ! Trouvez-moi une seule définition de l’extrême droite qui corresponde à notre ligne.
Allez demander au Conseil d’État. Non, non, je ne perds pas le mot. Le Conseil d’État a considéré qu’on pouvait appeler le Rassemblement national toujours d’extrême droite, au prétexte même…
Vous êtes ultragauche, monsieur.
Il n’y a aucun problème. Vous êtes de droite, moi, j’ai aucun problème.
Je ne suis pas de droite, moi.
Ah bon ? Vous êtes où ?
Ben moi, je suis tout seul, moi.
Vous êtes tout seul.
Moi, je suis pire. C’est vrai que vous n’avez pas un discours de gauche pour nous dire qu’on est des…
Ah non, mais je ne vous ai pas dit que je n’étais pas de gauche. Je n’appartiens à aucun parti.
Donc, en tenant ce discours, en attentant à la liberté de la presse, en attentant à vos confrères…
Ah mais moi, vous n’êtes pas mon confrère, vous êtes…
Ah non ! Vous savez, je vous demande de me respecter, moi je suis sûr, vous êtes mon…
Ah mais moi, vous n’êtes pas mon confrère. Ça va être super, votre copain, là, qui filme. Moi, je l’ai filmé parce que je te disais…
Vous rigolez ou quoi ? C’est un lieu public, ici, monsieur !
Vous êtes journaliste, c’est un lieu public, monsieur.
Mais c’est pas votre confrère ?
Vous êtes journaliste.
Je suis vraiment journaliste. Vous nous dites qu’on est d’extrême droite…
Vous êtes d’extrême droite ?
Exactement. Vous me connaissez, moi, particulièrement ?
Je vous ai déjà vu, mais…
Vous connaissez mon parcours ?
Non, non, non.
Alors, sans même connaître mon parcours, vous m’expliquez…
Ben oui, j’ai vu le logo de votre média, de Frontières.
C’est un média de droite.
Si vous voulez, mais pour moi, il est d’extrême droite. Ça pose aucun problème. La préférence nationale, c’est l’extrême droite. Mais c’est le Conseil d’État qui considère qu’on peut appeler…
Rappelez-nous un peu qui constitue le Conseil d’État, s’il vous plaît.
Des anciens ministres, des anciens Premiers ministres, etc. Mais pourquoi vous défendez le Rassemblement national ?
Moi, je défends personne. Je ne suis pas comme vous, je suis pas idéologisé comme vous.
Ah bon, d’accord. Vous êtes tout ça… Mais je fais ce que je veux, monsieur, et je ne vous ai pas insulté.
Ah bah si !
Si vous le considérez, c’est pas bien grave.
D’abord parce que je ne suis pas l’un des leurs, vous ne savez pas ce que moi… et que vous ne savez pas le définir.
Très bien, très bien.
Merci à vos auditeurs, ils ont vu à quel point vous vous êtes montré méchant.
Alors monsieur, là, vous venez de diffamer, vous le savez, ça ?
Par contre, on est en train de travailler…
Moi aussi, je travaille, monsieur. Non mais ça va, pardon. Calmez-vous ! Calmez-vous ! Assumez ce que vous êtes !
Si on se prépare à l’ultragauche, on va pas passer sur l’Assemblée nationale, pas plus que sur l’extrême droite. D’accord, merci.
Mais monsieur, vous n’êtes pas au pouvoir encore ! Vous n’êtes pas encore au pouvoir ! Calmez-vous ! Ah ! Je viens de m’engueuler avec un gars de Frontières. Tu connais ce média, Frontières ? Oh, c’est pas grave, c’est pas grave !
Alors ?
Alors, on se voit après ? C’est ça que tu dis ?
J’ai cinq minutes.
Bon, super ! Comment ça va ?
Ça va, et toi ?
Au fond de toi, est-ce qu’il y a une crainte ?
Aujourd’hui, c’est une très belle nouvelle, une très bonne nouvelle. Ce gouvernement tombe et donc les Françaises et les Français ne subiront pas un budget cruel et injuste, où il y a notamment une hausse des taxes sur l’électricité, où il y a par ailleurs une baisse des pensions de retraite, où il y a des taxes sur les apprentis, quand même, qui ne gagnent même pas 1 000 euros par mois. Voilà. Donc on va éviter les 4 000 suppressions de postes d’enseignants, on va éviter une forte baisse des moyens pour les hôpitaux publics. Donc que tout le monde se dise que nous avons la possibilité de sortir du chaos politique et économique dans lequel nous a mis le président Macron.
Mais de tout ça, il pourrait sortir des choses magnifiques, mais il pourrait aussi sortir une espèce de triomphe des pires idées, non ? Tu ne crois pas à ça ?
Je pense que les électrices et les électeurs ont voté, vous le savez, en majorité relative pour le Nouveau Front populaire au mois de juillet. Nous avons 193 députés, nous sommes la première force de l’Assemblée nationale, avec un programme de rupture que les Français veulent. Ils veulent rompre avec la politique macroniste. Et d’ailleurs, vous savez aussi, le barrage républicain s’est aussi fortement exprimé au mois de juillet contre le Rassemblement national. Voilà. Donc aujourd’hui, au contraire, je crois que nous pouvons montrer d’abord, notre solidité, notre cohérence au sein du Nouveau Front populaire et le fait que nous portons une possibilité de rupture avec cette politique qui est vraiment une politique de désastre pour les Français.
À tout à l’heure, peut-être. Merci, merci Aurélie. Ah, il m’a énervé, le gars de Frontières, là. J’ai pas dit « facho », j’ai dit « extrême droite ». Ah pardon, il a une séide… Voilà, c’est tout. En tout cas, il a vite, vite défendu le RN, c’était quand même assez rigolo. Et donc, il y a son copain qui s’est mis tout d’un coup à filmer. Donc ça va sans doute se retrouver sur leurs petits réseaux. Donc oui, c’était comment, le rendu ? Je me… Monsieur Coquerel, vous avez deux minutes ou tu n’as pas le temps ? Comment ça va ?
Et toi, comment vas-tu ? J’ai pas longtemps.
Tu as parlé de… « crépuscule », « aube », c’est ça ? Non, qu’est-ce que tu as dit ?
C’était peut-être la promesse de l’aube après le crépuscule.
Et ça veut dire quoi exactement ?
Le crépuscule pour M. Barnier, certes, mais aussi pour M. Macron. Espérer qu’il y ait un espoir, ça commence par censurer le gouvernement Barnier, en attendant de censurer, là on l’a censuré de manière symbolique, M. Macron, de le censurer définitivement.
Est-ce qu’il n’y aurait pas l’occasion, là, d’évoquer la Sixième République ? Tu ne l’as pas fait, par exemple, dans le discours ?
Non, je ne l’ai pas fait, mais je n’avais pas prévu de faire un discours. Tu ne peux pas tout faire.
Oh la vache ! Il y a une niche, dis donc ! Oh la vache !
Non, bien sûr. On choisit des angles, et l’angle, c’était très clairement. Mais bien évidemment, plus que jamais, c’est une fin de régime, et plus que jamais il faut changer de République, il faut finir avec ça.
Et là… Vas-y, vas-y. Non, comme on est… Oui, une autre fois. À bientôt Éric. Merci. Et voilà. Là, là, là ! OK, attends, je regarde. Ouais, ouais. Si, si, c’est activé. Non, mais ce qu’il y a, c’est que Coquerel parle très doucement. Non, non, tout est activé, d’accord.
Parce que je devrais y aller assez rapidement pour soutenir le gouvernement, mais qu’ensuite, je devais me remettre au travail pour travailler.
Et là, vous l’entendiez ou pas ? Et là, vous l’entendiez ou pas ? Alors, nous sommes… Il est 20 h 20. J’ai soif. Donc est passé un fantôme du lepénisme, Bruno Gollnisch, en qualité d’ancien député. C’était en 1986, si mes souvenirs sont bons. Là, ça fait bizarre, quand même. Ça fait bizarre. C’est pas non plus… Donc, écoutez, désolé de ne pas pouvoir vous fournir un son meilleur, mais là, il y a tellement de monde que sans perche au son, il n’y a rien de possible. On va aller regarder le résultat à la téloche, je pense que c’est le mieux. Pardon, excusez-moi. Excusez-moi. Merci Valentina. C’est la première fois que j’en ai parlé à des gens qui m’ont dit que ce n’était pas possible. Et ce n’était pas possible de faire ça. Non, mais l’autre qui me traite de confrère, ça va pas, non.
C’est la première fois que j’ai fait ça. Je ne sais pas si c’est pour ça que je suis en train de faire ça, mais c’était pour ça qu’on a fait ça. Ce n’était pas pour ça, c’était pour ça.
Allez.
Je ne sais pas. 15 h 30… Là, je suis mort. Non, non, je prends des trucs, comme ça. Ah ! Ah ! Ah ! Attention. Attention, attention. Oh, les jeunes, c’est ça.
Mes chers collègues, la séance est reprise. Voici le résultat du scrutin. Majorité requise pour l’adoption de la motion de censure : 288. Pour l’adoption : 331. La majorité requise étant atteinte, la première motion de censure est adoptée et il n’y a pas lieu de mettre aux voix la seconde motion. Les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 sont donc considérées comme rejetées. En raison de l’adoption de la motion de censure et conformément à l’article 50 de la Constitution, le Premier ministre doit remettre au Président de la République la démission du gouvernement. Les travaux de l’Assemblée nationale sont ajournés. La séance est levée.
OK. Are you ready ? C’est parti ! Bon, là, je vous laisse vous battre, moi j’ai passé l’âge, c’est bon. Donc là, il y a Mathilde Panot.
Et c’est par notre motion, déposée par La France insoumise, que ce gouvernement a été renversé. Pas par celle du Rassemblement national, qui, comme d’habitude, n’aura servi absolument à rien, si ce n’est à nous faire perdre deux mois, puisque nous avions annoncé dès le départ, lorsque ce gouvernement illégitime avait été nommé, une motion de censure que le Rassemblement national avait refusé de voter. Aujourd’hui est un jour historique. Pour la seconde fois dans la Ve République et pour la première fois depuis soixante-deux années, le gouvernement est renversé. Nous avons donc, en quelques mois, le premier président de la République désavoué par une dissolution dans l’histoire de la Ve République et le gouvernement parmi les plus éphémères de toute l’histoire de cette Ve République. Aujourd’hui est un jour historique qui porte un signal puissant pour l’ensemble du pays. Et ce signal est le suivant : le seul souverain en République et en démocratie, c’est le peuple. Le seul souverain, c’est ce peuple qui, à tout moment, peut décider que nous pouvons changer le cours de l’histoire. Alors, le gouvernement Barnier a tenté d’échapper à la censure en choisissant le déshonneur. Il aura eu et le déshonneur et la censure. Aucun mensonge n’est venu à bout de cette censure, notamment pour nous expliquer qu’après cette censure, il y aurait un hiver nucléaire qui s’abattrait sur la France, une pluie de sauterelles, des rivières de sang. Non, ce n’est pas vrai qu’au 1er janvier les cartes Vitale s’arrêtent. Oui, il est vrai qu’avec ce budget que nous avons fait tomber, les pensions des retraités seront indexées immédiatement au 1er janvier. Oui, c’est vrai, et nous l’avons démontré dans le débat parlementaire, qu’un nouveau budget est possible. Et le chaos, ce n’est pas nous. C’est Emmanuel Macron qui, depuis sept ans, a appauvri l’immense majorité sociale du pays, qui, depuis sept ans, a détruit ou, à tout le moins, abîmé les services publics, notamment l’Éducation nationale et les hôpitaux, qui, depuis sept ans, a amené à une saignée sociale que nous voyons actuellement avec un nombre record de plans de licenciements qui s’abattent sur les salariés. La censure populaire, pas celle juste institutionnelle, arrive. Elle s’est exprimée hier avec les taxis, avec les agriculteurs, avec les Gilets jaunes. Demain, avec l’ensemble des fonctionnaires du service public, avec des enseignants qui seront dans la rue et nous serons à leurs côtés. Alors aujourd’hui, par la censure de ce gouvernement, c’est toute la politique d’Emmanuel Macron qui est battue. Celle qui a été battue trois fois dans les urnes depuis le 9 juin. Celle qu’on s’obstine à vouloir faire payer au peuple et aux services publics. C’est celle qui doit maintenant s’arrêter. Et pour sortir de l’impasse dans laquelle a placé le pays le président de la République, du bien et du mal, nous demandons maintenant à Emmanuel Macron de s’en aller. Ce n’est d’ailleurs pas que La France insoumise qui pense que c’est inéluctable. Ce sont 63 % des Français qui pensent eux-mêmes que, si le gouvernement Barnier est tombé… C’est aussi des personnalités comme Charles de Courson, comme Hervé Morin, comme Jean-François Copé, ou même le président de l’Association des maires de France, David Lisnard, qui pensent, eux aussi, qu’il est inévitable que le président s’en aille. Aujourd’hui, nous avons défendu la démocratie, celle qui a été bafouée en 2005, celle qui a été bafouée en 2023 lors de l’adoption par force de la réforme des retraites à 64 ans, celle bafouée en 2024, puisque non respectée à l’issue du résultat des élections législatives. Nous sommes prêts à gouverner sur un programme de rupture. Et maintenant… Et nous voulons montrer à tout moment, et nous démontrerons, qu’un autre monde est toujours possible et que le seul souverain de notre pays reste le peuple, et lui seul. Nous avons toujours dit que les gens ont une légitimité sur ma vie, mais nous ne voulons pas faire semblant de ne pas voir que, par exemple, les partis socialistes ne soutiennent plus… Et je vais vous dire, nous sommes dans un tel moment. J’ai entendu l’entourage de M. Macron qui disait qu’il voulait nommer un autre Premier ministre dans les vingt-quatre heures prochaines, tout en s’attendant à un certain nombre de crises politiques très fortement prévisibles. Eh bien, je vais vous dire : il ne reste qu’une solution pour sortir de l’impasse. Et cette solution, ce sont des élections présidentielles anticipées, pour que le peuple puisse redésigner par les urnes le chemin qu’il veut faire prendre à notre pays. Merci à vous.
C’est lui, David.
T’as pas ton casque ?
Non !
Là, mais pas aujourd’hui. Voilà les amis. Alors attendez, parce que là, j’ai plus du tout le… j’ai plus le tchat en retour. Je vais l’avoir à nouveau dans quelques instants. Il faut que je recharge le téléphone. Merci à vous tous, merci de suivre ce live. On est là depuis 3 heures de l’après-midi. Alors, Mathilde Panot, j’espère que vous l’avez entendue. Je pense que oui, parce qu’elle a la voix qui porte. Et donc, voilà. Merci à vous tous. Donc on est aux Quatre-Colonnes. Je vous le dis, je peux pas faire ça tous les jours. Voilà, j’ai décidé ça au débotté hier. Je me suis dit : tiens, si on allait suivre ce moment historique sur place ? Donc là, vous avez compris, Barnier doit présenter sa démission. L’Assemblée suspend ses travaux dans la mesure où il n’y a plus de gouvernement, donc il n’y a plus d’interlocuteur pour les… Et donc on arrive, on arrive dans un… dans un moment… Macron va devoir trouver un autre ministre, un autre Premier ministre, etc. Donc là, on en a pour quelques jours. Voilà. Alors je suis désolé parce que j’ai juste le dernier message du tchat. Donc là, comme il y en a beaucoup, je n’arrive pas à tout suivre. Je vais faire un plan plus large. Donc ici, vous avez les télés étrangères. Je ne reste pas trop longtemps parce que je crois que là, ça ne marche pas trop bien dans cette salle. Alors, on a plein de rendez-vous la semaine prochaine, et notamment un qui me touche énormément : c’est lundi matin avec Rami Abou Jamous, je crois. Oui, je crois que c’est ça, qui a sorti un livre extraordinaire sur Gaza. C’est un journaliste palestinien qui vit à Gaza. Il sera en duplex à 9 heures lundi matin à Au Poste. Je suis en train de lire son livre et je suis absolument bouleversé par ce que je lis de lui. Je suis désolé si j’écorche son nom. Je n’ai pas le bouquin dans ma besace. Merci à vous tous, à vous… James. Voilà, c’est ça. Pardon, pardon, pardon. Voilà, voilà, c’est ça, c’est ça ! Vous voulez qu’on reste un petit peu ou on laisse tomber ? On laisse tomber et on va se reposer un petit peu, peut-être ? On aura lundi soir une émission avec Mathilde Larrère, du Passé faisons table rase. On aura plusieurs émissions dans le courant de la semaine prochaine. Voilà. Nous serons aussi avec Sylvie Laurent, l’historienne américaniste. On avait déjà reçu… Un petit retour à chaud. Non mais en fait, pour tout vous dire, vous en avez plus vu que moi, parce que moi, quand j’ai la caméra en perche… Je peux vous dire que c’est du jamais-vu, autant de caméras, de micros, de journalistes ici, dans cette salle des Quatre-Colonnes. Merci beaucoup à vous tous et à vous toutes d’avoir été là. Si vous voulez soutenir Au Poste, le meilleur moyen, c’est de faire un don. Surtout si maintenant il va falloir payer des frais d’avocat, si l’autre nous attaque, là. Voilà. Merci à vous tous. On va attendre d’être à cinq heures de live et puis on va décrocher. On va décrocher. Merci à toi, merci Euryale, bien sûr, merci Makkez sur YouTube, merci Éternel Fugace Alors, l’opération Hello Quitte X va démarrer vraiment, je pense, ce week-end et la semaine prochaine. Merci Aonim. Rendez-vous lundi, 9 heures, avec Rami Abou Jamous pour son livre et pour ce qu’il est en train de vivre avec son fils, avec sa femme, avec ses enfants. Désolé, encore une fois, que je n’aie pas eu la possibilité d’avoir un meilleur son. Il aurait fallu avoir une perche. Il va falloir avoir une perche, et on l’apprend. Donc voilà, vous avez pu visiter la salle des Quatre-Colonnes, la salle des Pas-Perdus, la buvette de la presse, la salle de la presse écrite. Voilà, on s’est bien marrés. Je trouvais chouette qu’on soit physiquement présents à ce moment-là plutôt que de le regarder sur machin, Public Sénat ou La Chaîne parlementaire. Bon bah, attendez, j’ai à nouveau le tchat, là. Attendez, je vais pouvoir vous lire, je vais pouvoir remonter parce que… Hop. Voir s’il y a des questions. Non, ce n’est pas celui-là que je voulais regarder. Alors, hop ! Alors, regardez, voilà ton sandwich. Alors, qu’est-ce qui se passe, là ? À très bientôt ! Ah oui, voilà, ça va être bon. Oui, oui, ça, c’est des sacs avec différentes clés 4 ou 5G. Tu as dix ou quinze clés. Merci Hélène pour tes gentils mots. Dans l’histoire, exactement, c’est cette idée et le moment de la censure, absolument. Merci Valère, Alain, Christophe. Merci à vous tous. Un, deux, trois, quatre. Qu’est-ce qui se passe ? Bon, je pense qu’on a fait le tour. Merci à vous tous. Je vais vous faire un dernier petit plan pour finir dans la nuit. On va finir. Et voilà, nous allons finir dans la nuit. Nous sommes dans les jardins de l’Assemblée nationale. Et voilà. Et voilà, ici. Merci Tizino, merci Ronan. Voici la salle des Quatre-Colonnes. Ma chère Euryale, je te laisse raider qui tu veux. Merci à tous. N’hésitez pas à suivre la chaîne sur YouTube, sur Twitch, partout où vous voulez, partout où vous pouvez. Merci beaucoup, Mésange. Comment dire ? Euryale, je te laisse raider et je coupe. Voilà. Merci à vous tous. Ainsi s’achève la Centième République. Merci, merci Robin, merci Euryale, merci Robin pour votre soutien sans faille, et Euryale pour la modo, qui a maintenant sa carte de presse. Viva ! Voici la Garde républicaine qui vient nous accueillir. Bravo Euryale ! Dès qu’on a raidé, tu me le dis dans le tchat.
