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Le condamné Julien Le Guet en direct et retour sur les coulisses de la victoire contre C9M

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Transcription de l’émission

00:07:55Audio
Qu’avons-nous fait au poste ? Elle est bien ta question, c’est à toi de me le dire. C’est bien qu’il y ait des lieux de débats intellectuels et qu’ils ne soient pas trop institutionnels, c’est encore meilleur. Nous avons examiné des possibles. J’essaie de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant qui met ensemble les mots et les choses, les mots… La riposte c’est vous ! Suivez la chaîne, activez la cloche, donnez auposte !
00:09:42David Dufresne
Allo, allo, est-ce que ça marche ? Il est 7h03, salut les déters, vous êtes bien sur France Déter, amis du café ? Eh ouais ! Eh ouais, eh ouais, nouvelle caméra ! BAM BAM amis de la police, amis des libertés, bienvenue sur France Déter la matinale d’Auposte. C’est l’heure il est 7h04, comme chaque lundi matin Auposte tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique politique du moment France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne la météo, la météo des luttes et la météo des nuages, explore le passé, trie le présent, c’est en direct, c’est fait maison, c´est fait avec du cœur, avec de l’amour, avec Euryale avec Théophile, avec Robin, avec Olivier, avec Nayan, avec tout le monde, merci à toutes et à tous d'être ici. On a un sacré programme que je vais vous annoncer dans quelques instants. Au menu, au menu de ce lundi à 7h30, un dénommé Alexis Baudelin, bien connu de nos services, c’est un avocat. Jeudi dernier, il était à l’audience de référé liberté pour soutenir la requête de la contre-manifestation Antifa, et il a assisté à l’audience de référé liberté des néo-nazis, le C9M. Il va nous raconter les coulisses et le rôle et le rôle semble-t-il et oui et oui de l’enquête d’auposte publié la semaine dernière dans l’interdiction de la manif des nazis pas de nazis à Paris et nulle part ailleurs c’est la grande victoire du grand peuple de gauche qui s'était levé savourons nos victoires à 8h10. Alors là, ce n’est pas une victoire. C’est Julien. Julien Leguet, qui sera avec nous Julien Leguet camarade de jeu, d’auposte, c’est le porte-parole de Bassines Non merci. Il reviendra à 8h10 sur sa condamnation à six mois de prison ferme la semaine dernière, peine aménagée en assignation à résidence avec bracelet électronique. Il était jugé par la Cour d’appel de Poitiers, pour participation à un groupement en vue de la préparation d’une manifestation de menaces et dégradations, vol d’une pelle à grains et dégradations légères par inscription à un tag dans le cas des manifestations contre les méga bassines d’octobre 2022 à Sainte Soline. Le choc est grand, la colère encore plus, et Julien a accepté de se lever tôt pour vous et pour nous. Ce matin, il sera là vers 8h10, sans oublier évidemment la météo des luttes, notre revue de presse Antifa, les convocations de la semaine, Radiopolice la revue presse de la maison, Poulaga. N’oubliez pas que nous avons un Discord qui est à votre disposition pour discuter d’auposte pour discuter de France Déter Nous avons aussi un formulaire pour nous aider à concevoir la météo des luttes. N’hésitez surtout pas à le consulter et à le remplir moi ça m’aide beaucoup pour les préparations à part ça comment allez-vous comment allez vous les uns et les autres avant de commencer par la main courante d’aujourd’hui. Racontez-moi, racontez-moi. Alors là aujourd’hui il se passe beaucoup de choses. La première. C’est donc que j’ai changé la caméra, finalement j’ai pris la caméra qu’on a pour les invités. Là elle est un peu en biais, mais enfin ça n’a pas l’air d'être un problème pour vous, c'était assez bizarre. Alors elle est en automatique, ce qui fait que de temps en temps il y a des petits ajustements, mais je pense que je pense ce n’est pas trop mal. Donc ça c’est la première chose. Deuxième chose, je vais essayer de faire l'émission sans casque aujourd’hui, peut-être pas tout mais voilà, donc vous me direz si jamais il y a de l'écho des larsen en forme pour retourner à l’usine, nous dit Renan, bienvenue, bienvenue mon cher Renan ça fait longtemps. Vol d’une pelle à grains, nous dit Emilecheval, au Moyen-Âge c'était passible du pilori et je voulais aussi vous dire qu’il va y avoir aujourd’hui une nouveauté. Une nouveauté qui va peut-être chagriner les aupostiens des premières heures. La nouveauté, c’est Théophile. Théophile qui est en régie à distance pour faire des petits réglages avant les interviews pour les visios. C’est une idée, je crois, à me souvenir de Claude, qui m’a écrit la semaine dernière en me proposant, en disant, est-ce que tu veux pas que je t’aide, etc. Et la Théophile, qui est dans l'équipe depuis le mois de janvier, alors je peux vous dire que lui carbure, eh bien, à partir d’aujourd’hui, Théophile va être en régie pour essayer de caler un petit peu les invités avant qu’ils ne surgissent sur la scène. J’ai tout à fait oublié plein de gens, et notamment Rolland, que je vois ici. Rolland, l’homme des verbatims, sur le site auposte.media Bonjour Florence, Florence de Melle. Si je m’abuse, tu es la Florence qui m’avait hébergé quand j'étais venu ; il y a une légère latence, synchro, image, son, ah ah ah, ça c’est embêtant ça, c’est 'embêtant, elle est légère-légère Bon, il va falloir essayer de régler ça, parce que normalement on n’a pas ça. Enfin bon, bref. Voilà, donc ça, ce sont les nouveautés du jour. Alors la scène duo 1, voilà.
00:16:27David Dufresne
Alors, revue de presse, la revue, à moins que vous vouliez la mettre… Non, je vous la donnerai après. Voilà, je la donnerais après. Alors, comment la Russie capture, emprisonne et torture des milliers et civils ukrainiens ? C’est la une du monde, et comment vous dire, c’est assez tragique à lire, je l’ai lu rapidement ce matin. Je vous laisse découvrir, on fait un rapide tour d’horizon de la presse. L’Humanité ! Alors l’Humanité qui a changé sa une entre hier soir et ce matin, c’est bien la peine de se lever tôt. Se coucher tard, je veux dire, pour lire la presse, pour pouvoir vous en parler au mieux, ce n’est pas grave, je repère l’article dont je voulais vous parler. Attention les amis ! Alors, s’il y a des amis communistes dans le tchat, je les salue évidemment, mais si ce sont des amis, dites-lui, dites-lui à Roussel qu’il arrête, qu’il arrête ! Présidentielle 2027, Fabien Roussel se dit disponible et souhaite une candidature communiste dès septembre. Eh bien Fabien Roussel, on se moque de ta disponibilité. On va être très clair, c’est terminé, t’as déjà fait un ou deux tours, c'était mauvais. Et voilà. Non, ça ne va pas. Autant les communistes, l’Humanité, tout ça. Avec plaisir, autant Fabien Roussel, impossible. Je ne sais pas ce que vous en pensez. Alors qu’ils arrêtent au pluriel, nous dit Dadadoc Dada, que je salue. Eh ben, je ne vous cache pas. Je ne vous casse pas. J’ai tenté de lancer un petit débat d’ailleurs dans le Discord d’auposte. Je vous cache que je suis un peu fatigué de la course aux petits chevaux, ce genre de phrase. Je suis disponible. Je pense que la meilleure réponse, c’est dire, reste chez toi, quoi. Quels qu’ils soient, on s’en fout qu’il soit disponible ou pas. On n’a pas besoin de ça on s’en fout. Et moi, je défends une idée. Non, on va attendre, on va attendre. J’essaie de caler, j’essaie de caler une interview. Et bon, voilà, par rapport à la campagne. Mais pour rester là-dessus, je suis très découragé. Et je me demande ce que auposte peut faire pendant cette campagne qui a déjà démarré. La preuve, c’est qu’il y a des loustics, genre Roussel, qui nous expliquent qu’ils sont disponibles. Le nombre de candidats, elle est quand même absolument incroyable. Jamie Foxx me demande, ce sont des paroles pour le format des médias mainstream, nous dit Michel. Oui mais juste, oui tu as raison, tu as tout à fait raison. Et c’est ça qui me décourage, c’est qu’en fait je me suis rendu compte hier, en préparant la semaine qui est très lourde, grosse, grosse semaine au poste, on a six émissions, je me suis rendre compte que, ça y est, on était déjà pollué par cette campagne, et voilà. Et je ne sais pas comment, comment auposte peut rendre compte, prendre part à la bataille, doit-on le faire, et comment, vraiment n’hésitez pas à venir sur le Discord pour nous dire ce que, ce que vous en pensez. Défends mon idée, J.B. Fox, c’est celle dont je t’en avais déjà parlé ? Bon, ok, ok. Allez, je vous la donne. Allez, je vous la donne, mais vous citez vos sources si vous en parlez. À mon sens. La seule façon, si on veut jouer la partie, si on dit, ben allez, on y va, on va aux élections, etc. Pour moi, la seule façon éventuellement de passer, c’est que Mélenchon dise, je suis candidat. Mais voici mon équipe, voici ma ministre, ma première ministre, voici mon ministre de la culture, voici mon ministre de la défense, voici celui de l’Éducation Nationale ou celle de l’Éducation Nationale, etc. C’est-à-dire de diluer les critiques qui sont portés sur lui, sur sa personne, etc., sur un programme. Parlons de programme, bordel de merde ! Et voilà, mais l’idée de nous dire, je suis disponible, comme dit Roussel, où je me vois bien brasant, etc. L’homme est la femme présidentielle ? Pardon, bonjour le lapsus, l’homme et la femme provo… Providence de providence providentielle voilà providentiel c’est fini arrêtez on s’en fout on ne vous attend pas on ne vous attend donc providentielle merci donc voilà moi je défends cette idée là si on dit que on veut partir sur qu’on s’emmerde pas avec leurs histoires là Olivier Faure et Ruffin avec ses déclarations insupportables bon Allez, allez, tout ça est disqualifié, au revoir, s’il y a un coup à jouer, c’est d’une certaine manière, une façon de dire, voilà, l’union elle est là. Ce n’est pas l’union des partis, c’est l’union autour d’un programme. Voilà, voilà mon idée, je ne sais pas ce que vous en pensez. En tout cas c’est là-dessus que moi je compte taper quoi, Je reprends la presse voilà. Voilà, ben ça par exemple, ça ne m’intéresse pas. En pré-campagne, Gabriel Attal peine à rassembler son camp. Ça ne m’intéresse pas. En revanche, le travail de Mediapart sur le procès Kadhafi Ça, ça, enfin pas Kadhafi, Sarkozy Kadhafi ça, c’est du bon, ça c' est du costaud, ça c est de l'énorme, ça s est du bravo, mille, deux mille fois. Libération, programme de dépistage du cancer du poumon détecté tôt. Il a toutes les chances de pouvoir être guéri. C’est la une de Libération. Alors, papiers, par exemple, que je n’ai pas envie de lire, de Thomas Legrand, la droite un peu barbante mais reposante d’Édouard Philippe. Bon, ben voilà. C’est-à-dire qu’eux-mêmes n’y croient pas, c’est barbant, eux-mèmes le disent, vous voyez ? Bon. France Info, hantavirus, les dernières évacuations du bateau, prévues lundi après-midi, on est dans la une. Bras de fer avec Claude Guéant, colère des victimes, le parcours d’obstacles de Nicolas Sarkozy en appel. Ah les joies du titre, les joies du titre. Politis, une bonne solution, l’auto-gestion. L'économiste Guillaume Etchevin s’emploie à montrer qu’une sortie démocratique du capitalisme est possible. Les entreprises et toute l'économie seraient prises en main par les travailleurs eux-mêmes, au nom de l’intérêt de toutes et de tous. C’est la une de Politis, aujourd’hui dimanche. Euh, lundi, qu’est-ce que je raconte, dimanche ? Parce qu’hier, c'était déjà ça. C'était déjà ça et je vous rappelle que Euryale vous met dans le tchat, tous les liens, tous ces liens que vous retrouverez tout à l’heure après l'émission sur le site auposte.media qui est vraiment notre lieu, allez-y, inscrivez-vous, et si vous le pouvez, soutenez auposte Il y a une bonne raison à cela, abonnez-vous. Il y a une bonne raison à cela, je vais vous la donner tout de suite, en plus de cette d’habitude, c’est que ce mois-ci le moment des dépôts d’aides de demandes d’aide à la presse demandes d’aides à la presse et comme je vous l’avais annoncé quand on a relancé les abonnements au poste.média à partir de 2 euros 5 euros par mois 10 et ainsi de suite vous choisissez ce que vous voulez vous avez quelques petites choses en plus sachant que les contenus sont disponibles en tout temps à tout moment pour tout le monde, et le principe c’est la mutualisation, c' est à dire que ceux qui peuvent financer, financent pour ceux qui ne peuvent pas. Bref, tout ça pour dire que le mois de mai est le mois de l' abonnement, pourquoi ? Parce que dans les demandes d’aide à la presse, les aides sont bonifiées avec le nombre d' abonnés. Plus il y a d’abonnés plus les aides sont multipliées, les aides à la presse. Donc l’année dernière on avait eu… Donc en gros quand vous faites un abonnement là, en ce moment, il compte double quasiment, il compte doubles pour auposte. Donc vous savez ce que vous avez à faire. Alors je sais, je sais 7h19 du matin, c’est un peu tôt pour sortir sa carte bancaire, etc. Vous pouvez faire ça dans la journée, etc, mais faites-le bordel de merde, faites-les ! Parce que là, ça craint du boudin.
00:26:03David Dufresne
Bien, alors, Reporterre un hydrologue coincé dans l’horreur à Gaza, abandonné par la France, papiers poignants, alors qu’un contrat à la Sorbonne, Paris, attend Ashraf Mustafa Ce professeur palestinien reste bloqué à Gaza. La France a exclu les Gazaouis de son programme d’aide aux chercheurs en danger et prétend ne rien pouvoir faire. Alors, à propos de Palestine, à propose d’Israël, je suis en train de lire le livre de Michel Feher, qui est philosophe, bien que d’un autre service, qui sera mercredi matin au poste. Et vraiment, c’est extraordinaire. Ça s’intitule « Redevenir juif », ça paraît à la Découverte, c’est paru la semaine dernière, et Michel sera avec nous en direct, comme toujours, mercredi matin à 9h sur la question israélienne. Bon Pote, taxer les super profits, une mission vraiment impossible pose le site de médias alternatifs. « Bonjour, est-ce que le montant de chaque abonnement compte aussi pour l’aide à la presse, nous dit Lili ? » Alors, ça tombe bien, je suis en train de remplir le dossier, c’est une tannée. Oui, d’une certaine manière, puisqu’en fait on doit déclarer le nombre d’abonnés et le prix moyen de l’abonnement. Voilà, donc en effet, ça compte. Maintenant, je le rappelle, si par exemple vous êtes imposable, vous ne pouvez panacher, faire un abonnement, un petit abonnement et un don récurrent ou exceptionnel qui, lui, est défiscalisable à hauteur de 66 %. Voilà, ça pour nous, c’est l’idéal, pour ceux qui peuvent donner un peu d’argent. S’abonner pour avoir du meilleur contenu, ça vaut la peine,merci beaucoup. Alors que je vois pour la première fois dans l’histoire d’auposte que donc nous avons un invité qui est dans les loges. D’ailleurs j’ai l’impression qu’il est presque déjà là c’est un avocat. Et normalement, oui il loge de la tête, si tout va bien, il y a le dénommé Théophile qui doit être aussi en régie pour la première. Oui, il est en régie. Oh la vache, les amis, si vous saviez, comme je suis heureux. Donc, il est en train de lui envoyer des petits messages dans le tchat. Et donc là, effectivement, on se droitise. C’est-à-dire que là, on devient très très pro. Et donc logiquement, il n’y aura pas de problème. Et là, c’est la première fois en cinq ans, il fallait y penser. Théophile est là. Et ils sont en train de parler. C'était assez perturbant pour moi, mais c'était super. Voilà, ils sont, ils sont en régie allez, on continue.
00:29:04David Dufresne
On continue la sauce contre-attaque, nos copains de Lyon, n’importe quoi ! De Nantes. La critique sociale et écologiste interdite, le néo-nazisme encouragé c’est à la une, un millionnaire amateur de safari en Afrique meurt lors d’une partie de chasse, les retours sur Guernica. Et retour sur les bulldozers, rouage essentiel de la machine génocidaire israélienne. C’est la une de contre-attaque médias nantais. StreetPress n’attend le coach sportif qui bouscule la prise en charge du handicap. C’est la une de StreetPress, on verra tout à l’heure dans notre revue de presse spéciale extrême droite des enquêtes de StreetPress. Arrêt sur image, arrêt sur images, à inviter notre extraordinaire Nora Bouazzouni Alors attendez, je vais voir si ça marche, attendez 3, 4…
00:30:16Audio
Bonsoir Nora Bouazzouni, soyez la bienvenue, vous êtes journaliste indépendante, animatrice de l'émission Bouffe de là, sur le Média Auposte.
00:30:26David Dufresne
Eh bien, si je ne m’abuse, nos copains d’Arrêt sur images n’ont pas eu la même élégance et n’ont pas souligné le travail extraordinaire avec deux émissions mensuelles de Nora sur auposte. Mais qu’importe, l'émission est absolument passionnante, Masterpoulet analyse d’une grande hypocrisie française, c’est la une de Arrêt Sur Images avec donc Nora Bouazzouni Les Jours, les jours, le scandale en droit majeur, des mineurs non accompagnés, ils arrivent seuls en France après un parcours migratoire traumatisant, et les départements les présument menteurs sur leur âge, même quand ils ont des papiers. C’est un reportage co-signé Lucile Meunier et Romane Meunier, qui est également photographe. Frustration, faut-il en finir avec les sondages, entretiens avec Hugo Touzé. Alors j’ai l’impression que ce monsieur a sorti un bouton, parce que je le vois un peu partout, il va falloir qu’on se penche un petit peu sur lui. Frustration magazine Avec une interview d’Amandine Gay et je vois qu’un dénommé Rob Grahams, Rob Graahams qui est co-rédacteur en chef, je crois, de frustration, et bien Rob sera le deuxième invité de Nayan. Nayan, vous savez, c’est notre réalisateur, et Nayan à partir de demain à 9h, je serai à sa place, je réaliserai une émission que lui va animer qui s’appelle Silence Plato, émission sur le cinéma, et Rob Grahams a justement sorti un livre sur le cinéma bourgeois, pour le dire assez rapidement, et il se sera son deuxième invité, tandis que le premier, demain à 9h, est un invité un doctorant autour du cinéma italien, cinéma de résistance au fascisme. Alternatives économiques Tesla court-circuite les syndicats européens, c’est le focus d’Alternatives économique. Basta ! Manifestation du C9M. Comment des groupes néonazis ou identitaires profitent des dons défiscalisés ? On se rappelle que Éric Coquerel avait commencé à sonner la sonnette d’alarme par rapport à ça. Ça me permet de préciser quelques petites choses. Je vous ai parlé tout à l’heure de dons aux postes et je vous ai dit qu’ils pouvaient être défiscalisables. Eh bien, ils le sont au nom de l’intérêt général et de l’intérêt public. C’est à ce titre-là qu’ils le sont puisque nous sommes un média reconnu en tant que tel, médias généralistes qui œuvrent pour le débat public et donc c’est à ce titre-là qu’on peut vous proposer la défiscalisation. Concernant, par exemple, un groupe comme Némésis, on a beaucoup de mal à comprendre l’intérêt général et public d’un tel regroupement. Et c’est la raison pour laquelle certains sont en train de se poser la question de savoir d’où d’où ça sort cette histoire de dons défiscalisés pour quelques groupes d’extrême droite, voire nazis. Le portail des médias indépendants de Basta, je vous le montre comme d’habitude, n’hésitez pas à vous inscrire, à le suivre, c’est probablement le meilleur endroit pour commencer sa journée. Et comme toujours, je passe vite puisque nous sommes lundi matin et qu’eux ne travaillent pas le week-end, donc là une date de vendredi. Paf, paf, et puis, eh bien, le graffiti ou le sticker de la semaine, je prends le dernier qui est arrivé sur le compte BlueSky Radical Graffiti, et bien, très joli sticker. Eat The Rich, ça nous fait la matinée.
00:34:43Audio
C’est un bon café, et c’est chaud !
00:34:49David Dufresne
Alors, notre invité semble prêt, alors, c’est moi qui ne le suis pas, une petite seconde Alexis, j’arrive, je prépare l’affaire, voilà, là ici, voilà attention, alors attention, attention, invité numéro un, Alexis Baudelin
00:35:15Audio
C’est le café de M. Martinaud. C'était celui-là. C'était le café du M.Martinaud, c'était le café M.Martinaud !
00:35:27David Dufresne
Alors, une petite seconde oui ça devrait être celle-ci. Ah ah ah, hop, hop. Alors là, il y a un problème. Attendez, attendez. Alors, il y a un petit souci. Pourquoi je n’ai pas… Évidemment, il fallait qu’il y ait un problème. Alors Alexis Baudelin, je te vois, je vais t’entendre dans pas longtemps, mais je n’arrive pas à te mettre. Pourquoi je n’arrive pas à te mettre ici ? Alors, attendez une petite seconde. Ah voilà, ça y est, c’est bon. Pardon, pardon, pardon. Oh, génial, génial. Alexis, Alexis, attention, une petite seconde. Ça devrait aller. Bonjour Alexis. Tu ne m’entends pas ? Alexis, tu ne m’entends pas ?
00:36:50Alexis Baudelin
Si, si, ça y est, je t’entends David.
00:36:54David Dufresne
Fantastique, c’est extraordinaire. Pardon, pardon pour ma joie étrange, mais là, si tu veux, on essaie de se professionnaliser. Oh, il y a, on dirait qu’il y a un écho là, non ? C’est bon.
00:37:06Alexis Baudelin
Toi t’as pas d'écho ? Non, de mon côté j’ai pas d' écho, après j’en ai… Attends, je vais couper, parce que tu regardes sur YouTube, je ne sais pas si ça a une influence. Est-ce que là il y a un écho toujours ou pas ?
00:37:18David Dufresne
Non, c’est parfait, on me dit, c’est parfait. Alexis Baudelin, pardon, j’ai écorché ton nom tout à l’heure. Tu es un jeune avocat, bien connu de nos services. Tu étais déjà venu au poste avec le camarade Ritchy Thibault. Et tu toujours d’ailleurs son avocat.
00:37:38Alexis Baudelin
Oui toujours et d’ailleurs je tiens à préciser que Ritchy a été aussi interpellé ce week-end et qu’il est déféré aujourd’hui au tribunal, vraisemblablement ce sera pour une ordonnance pénale donc on pourrait y revenir sur une histoire d’outrage à l'égard d’un commissaire bien connu à Paris sur la place parisienne.
00:37:57David Dufresne
Voilà, parce que j’ai vu des images de son arrestation, c'était hier après-midi, c’est ça ?
00:38:06Alexis Baudelin
C'était samedi, c'était le 9 mai, vers justement Port Royal, là où devait dérouler la manifestation du C9M.
00:38:16David Dufresne
D’accord. Alors, tu es l’avocat, je le disais tout à l’heure, tu as défendu les camarades antifas qui ont vu leurs manifestations interdites par la préfecture de police de Paris. Donc tu as soutenu la requête de la contre-manifestation antifasciste et tu as assisté à l’audience du référé Liberté des nazis du C9M et tu vas nous raconter les coulisses et le rôle, semble-t-il, qu’aurait pu jouer l’enquête de Ricardo Parreira publiée avec fierté par auposte. Mais d’abord, donc ça c'était jeudi dernier, est-ce que tu peux nous rappeler comment fonctionne le dépôt de demandes d’autorisation de manifester qui les reçoit.
00:39:10Alexis Baudelin
Oui, alors je tiens à préciser tout de suite, s’agissant du référé qui a été déposé devant le tribunal administratif de Paris, j'étais aux côtés de ma consœur Aïnoha Pascual et donc nous étions deux avocats, avocates, à défendre les intérêts de plusieurs associations, collectifs, syndicats qui avaient déposés cette déclaration de contre-manifestation antifasciste. Donc oui, pour rappeler brièvement…
00:39:35David Dufresne
Monsieur est élégant
00:39:39Alexis Baudelin
Tout à fait, par contre fraternité, c’est tout à fait normal. Donc pour rappeler un peu les règles, une manifestation n’a pas à obtenir une autorisation pour manifester, le principe est celui de la liberté de manifester. Cependant, toute manifestation organisée sur le territoire doit faire l’objet d’une déclaration préalable à l’autorité compétente. Dans la plupart des communes, c’est le maire de la commune qui est l’autorité auprès de laquelle il faut déposer une déclaration. À Paris et dans certaines grosses métropoles, l’autorité compétente et le préfet de police. Donc là, les déclarations de manifestations se font 15 jours avant la tenue de la manifestation auprès de la préfecture de police de Paris. Et donc, la préfecture de police de Paris remet un récépissé et débute une phase éventuellement de discussion avec cette autorité. De savoir si la manifestation pourra bien se tenir, si des normes de sécurité seront bien mises en œuvre, et si tout cela n’a pas vocation à causer un trouble grave à l’ordre public. Et si jamais effectivement les conditions n'étaient pas réunies, la préfecture de police de Paris a la possibilité d’indiquer aux déclarants que la manif va être interdite et donc de rendre un arrêté d’interdiction de manifestation. Donc c’est ce qui s’est passé pour les manifestations autour du 9 mai, que ce soit le rassemblement, le village anti-fasciste qui s est tenu place du Panthéon le 8 mai, mais aussi la manifestation du comité du 9 Mai, la manifestation néonazie du comite du 9 mai et la contre-manifestation antifasciste qui devait se dérouler le samedi 9 mai. L’ensemble de ces événements ont été interdits par arrêtés du préfet de police de Paris et ce sont l’ensemble des ces arrêtés d’interdiction qui ont fait l’objet de recours par la voie d’un référé de liberté devant le tribunal administratif de Paris.
00:41:45David Dufresne
Alors, là, on arrive au cœur de ta venue, nous sommes jeudi, il est où ce tribunal administratif, est-ce que c’est public, qui peut s’y rendre, comment on sait que c’est à telle heure et pas à telles heures ?
00:41:59Alexis Baudelin
Oui, alors l’une des spécificités du droit français, de la procédure française, c’est que nous avons une distinction entre les juridictions judiciaires et les juridictions administratives. Donc pour faire simple, le juge judiciaire, le juge civil, c’est celui que l’on rencontre dans notre litige de particuliers ou en matière pénale, si on fait l’objet de poursuites pénales, c’est devant la juridiction judiciaire, le tribunal correctionnel, cour d’assise par exemple. Là, comme le litige, cet arrêté d’interdiction est un acte administratif, on se retrouve devant la juridiction administrative, qui a vocation à traiter justement les litiges entre l’administration et les administrés, et donc la juridiction suprême et bien sûr le conseil d'État, en dessous de cette juridiction suprême, il y a des cours administratives d’appels et des tribunaux administratifs. Là. Juridiction, donc il y avait vocation à traiter ce référé Liberté, à examiner la contestation des arrêtés d’interdiction. C’est le tribunal administratif de Paris. Ce tribunal se trouve dans le quartier de Saint-Paul, à proximité de l’hôtel de ville. Et donc c’est une juridiction comme une autre, on va dire, où les audiences sont publiques, où tout le monde peut venir voir ce qui se passe. Mais voilà, ce sont des contentieux d’ordre administratif, donc c’est un peu particulier. La différence notable, par exemple, c’est que les juges administratifs ne portent pas de robes comme les jugent judiciaires. Ce sont bien souvent, on ressemble un peu à des fonctionnaires, donc des personnes en costume cravate.
00:43:36David Dufresne
Ouais, c’est ça, ça perd un peu de son théâtre et de sa comédie humaine, hein, bon.
00:43:42Alexis Baudelin
Il y a un côté sérieux qui est un peu étrange.
00:43:45David Dufresne
Voilà, c’est ça. Alors, on va aborder deux points. D’abord, la contre-manifestation que tu défends, et puis ensuite, la manifestation du C9M qui va être interdite doublement, d’abord par la Préfecture de police de Paris, qui va se faire valider par le tribunal administratif. On va y venir. Mais il y a une question du tchat qui demande. D’ailleurs, le fait que ce soit déposé, la contre-manifestation par autant de groupes, ça doit bien emmerder la Préfecture de police de Paris. ?
00:44:17Alexis Baudelin
Oui, alors il y avait bien évidemment un poids important du fait que cette contre-manifestation anti-fasciste était soutenue tant par des syndicats, que ce soit Solidaires, la CNT, également des associations comme des associations de sans-papiers, diverses associations antiracistes, anti-racistes. Et donc, ça donnait un poids et un gage de sérieux important qui créait aussi une difficulté pour la préfecture s’agissant de l’idée de l’interdire. On a remarqué effectivement qu’entre l’année dernière où la préfecture prétextait, quand la contre-manifestation a été interdite, non pas du manque de sérieux, mais des risques de troubles du fait que des collectifs étaient à l’initiative de cette contre-Manifestation n’avaient pas prévu un service d’ordre suffisant, il y avait un risque très sérieux de confrontations parce que les parcours se croisaient. Là, comme ça a été aussi déposé par des syndicats qui ont apporté des garanties de sécurité, de mise en place de services d’ordres, les arguments de la préfecture pour interdire étaient beaucoup plus souples que ceux de l’année dernière et ça, c'était aussi intéressant à voir.
00:45:43David Dufresne
Néanmoins, le tribunal administratif va valider cette première décision de la préfecture de police qui entendait interdire et la contre-manifestation. Donc il y avait trois événements, il y a deux événements qui ont été interdits. L’un qui a été autorisé, c’est le village antifasciste qui a rencontré un certain succès. Pourquoi finalement le tribunal administratif a empêché les honnêtes citoyens ? Qui se lèvent et qui sont courageux, et vraiment je les salue tous, pourquoi le tribunal administratif a donné suite aux arguments de la Préfecture de police ? En disant, bah oui, il faut interdire cette manif.
00:46:26Alexis Baudelin
Oui, alors en fait ça s’inscrit, alors il faut le comprendre, dans le cadre aussi de l’interdiction du C9M, donc là justement il faut remonter à il y a un an quand la contre-manifestation a été organisée pour la première fois. Il y a un an, l’idée des contre-manifestants était justement d’aller manifester exactement sur le même parcours que celui du C9M, donc au départ de Port-Royal, à proximité de Montparnasse. L’année dernière, ça avait été interdit justement parce que les parcours étaient strictement similaires, donc les contre-manifestants antifascistes étaient forcément amenés à se rencontrer. Et l’année dernière, le service d’ordre était considéré, donc le nombre de personnes qui avaient vocation à assurer la sécurité du cortège était considéré comme insuffisant. Donc, cette année, cela a été corrigé, on a tiré des conséquences et des leçons de l’ordonnance du tribunal administratif de l’année dernière. Et donc cette année, les contre-manifestants antifascistes ont proposé un nouveau parcours. Qui soit à proximité de celui du C9M, de l’ordre du symbolique, fait en sorte qu’effectivement de ne pas laisser la place dans ce quartier-là aux néonazis et aux fascistes. Donc il y avait toute une symbolique à défiler dans le même quartier sans que ce soit le même parcours. Donc ça, c'était la première correction par rapport à l’année dernière et la deuxième correction, c'était justement par l’ajout de ces nombreux syndicats et collectifs, c'était la possibilité d’avoir un service d’ordre supplémentaire et donc de pallier les risques de débordement. Ces éléments n’ont, hélas, pas suffi parce que ce qu’a retenu le tribunal administratif c’est de dire que la préfecture de police de Paris présentait toujours un risque de confrontation entre ce qu’ils appellent des militants antagonistes. Et donc la préfecture avait fait une proposition d’un parcours alternatif qui était très éloigné du parcours, du trajet du C9M. Ce parcours alternatif aux abords, justement, de la place de Panthéon n’a pas été accepté par les déclarants parce qu’on perdait effectivement toute la symbolique d'être présent et d’effacer le passage du C9M dans le quartier de Montparnasse. Ce parcours alternatif a été refusé, donc le tribunal administratif a considéré que de part, encore une fois, la proximité et en dépit de la démonstration que nous avions faite, que les différents cortèges n’avaient pas vocation à se rencontrer, le tribunal administratif a considéré que ces cortèges demeurent du moins trop près l’un de l’autre et donc qu’il y avait un risque de confrontation inévitable compte tenu des horaires de ces rassemblements.
00:49:31David Dufresne
Mais on est bien d’accord, l’idée de cette contre-manifestation était avant tout de faire en sorte que la manifestation, celle du C9M, n’ait pas lieu. Donc, d’une certaine manière, c’est une petite défaite qui n’est pas si amère que ça, puisque l’objectif principal a été réussi.
00:49:53Alexis Baudelin
Évidemment, justement, ça a été tout l’objet des discussions entre nous, entre les militants, quel était notre objectif, et donc l’objectif premier a toujours été celui de faire en sorte que le C9M ne puisse pas défiler. Et donc parce que, je l’ai dit, il y avait cette proposition de la préfecture d’un parcours alternatif, mais accepter ce parcours alternatif c'était prendre le risque qu’il y ait en fait une conciliation et de qu’en fait la manifestation anti-fasciste se déroulent loin des yeux et que celle du C9M puisse continuer à se dérouler justement dans ce quartier de Montparnasse. C’est ce pourquoi en fait on a refusé ce parcours alternatif et qu’on a maintenu devant le tribunal le fait que nous avions défilé à cet endroit et que donc des risques de trouble à l’ordre public, nous les contestions et nous savions qu’ils existaient, parce que ce qu’on espérait effectivement c’est qu'à la fin même si nous on se faisait interdire, notre objectif était celui que la manifestation du C9M se fasse également interdire. Et voilà, c’est pourquoi on a opté pour cette stratégie qui était un peu, quelque peu sacrificielle, mais qui avait, donc sur un plan juridique, mais qui voilà, in fine, nous a permis d’obtenir cette interdiction du C9M, bien sûr.
00:51:10David Dufresne
Ça c’est la première audience et est-ce que vous avez la décision tout de suite ou comment ça se passe ?
00:51:19Alexis Baudelin
Alors il faut dire que la journée a été particulièrement longue ce jeudi. On était convoqué à midi et l’audience a été décalée à 15 heures. Et nous n’avons reçu la décision que le lendemain à 9 heures, enfin le lendemain matin. Vendredi matin. Le vendredi, exactement. Il y a uniquement le village antifasciste Place du Panthéon qui, lui, a reçu sa décision, qui levait l’interdiction dès le jeudi soir. Donc ça a pris pas mal de retard et ça nous a mis un peu sous pression et dans l’attente de savoir ce qui allait se passer cette année. Voilà, et donc on a eu des réponses effectivement uniquement le lendemain. Mais habituellement, alors habituellement les décisions de référé Liberté interviennent dans les quelques heures qui suivent l’audience. Là, c’est pour dire à quel point le sujet était sérieux. D’autant plus, je tiens à préciser, habituellement une audience de référé liberté. Ça se passe devant un juge unique, là en l’occurrence c'était une collégiale, c’est-à-dire qu’il y avait trois juges de ventre administratif qui examinaient justement l’ensemble de ces recours. C’est pour dire à quel point l’affaire était traitée avec beaucoup de sérieux de la part de la juridiction administrative que c'était un sujet assez sensible.
00:52:41David Dufresne
Là-dessus arrive la deuxième audience, donc vous c’est 15 heures, la deuxième audience, celle du C9M, a lieu à quelle heure et qu’est-ce qui se passe ?
00:52:55Alexis Baudelin
Alors du coup, celle du C9M était prévue pour 16 heures, mais évidemment, comme nous étions à midi et qu’on a commencé à 15 heures, ça a pris beaucoup de retard, donc là, l’heure…
00:53:04David Dufresne
Ha ! ! ! Ces gauchistes !
00:53:05Alexis Baudelin
Voilà, c’est ça. Effectivement, on a même bloqué. On a bloqué l’audience de tribunal administratif. Ah bah bravo ! Voilà, ils s’impatientaient. On l’a bien senti. Et donc, ils sont intervenus effectivement après nous. Donc, sur les coups de 18h, 18h30. L’audience pour le C9M a duré une heure à peu près. Et alors, fait assez notable aussi dans cette audience du C9M. Donc, ils contestent leur propre arrêté d’interdiction. Côté de la préfecture, il y avait une intervention volontaire de plusieurs associations antiracistes et antifascistes qui venaient, alors c’est ça qui est assez incroyable dans cette affaire, qui viennent effectivement au soutien de l’interdiction de la Préfecture de police de Paris.
00:53:53David Dufresne
On va parler de cet aspect philosophique un peu compliqué, nous, les défenseurs des libertés, mais restons, si vous voulez bien, restons sur les faits, sur le déroulé de l’audience. Ça me passionne.
00:54:07Alexis Baudelin
Alors cette audience qui a commencé aussi pour le C9M avec retard, ça a été effectivement assez intéressant à voir parce que comment le C-9M allait se défendre de tous les griefs qui lui étaient exposés par rapport à ce qui s’y passait l’année dernière et alors ça a été assez intéressant puisqu’il y a eu cette volonté de balayer d’un revers de main justement l’ensemble de ces griefs en disant que c'était des fantasmes de la Préfecture et des gauchistes que de croire que cette manifestation était une manifestation fasciste et néonazie. Et donc le conseil, l’avocat de la déclarante du C9M, de la manifestation du C9M, a repris l’ensemble des points qui étaient soulevés dans l’arrêté d’interdiction et à tenter de les balayer un par un. Ce qui nous intéresse, c'était justement tous les sujets de la symbolique que portait cette manifestation. Donc l’avocat en question a commencé par rappeler que c’est une manifestation uniquement en hommage à l’un des leurs, à Sébastien Deyzieux qui est mort il y a 30 ans de ça. À l’occasion aussi d’une manifestation, et qui expliquait que ça se voulait une marche silencieuse avec uniquement une banderole Sébastien Deyzieux des gens qui marchaient en rang silencieusement pour rendre cet hommage, ce n'était rien de plus que cela. Alors bien sûr, ça nous a fait doucement rire de dire que ce n'était que cela Après, il s’est senti le besoin de venir expliciter chacun des symboles qu’on pouvait retrouver. Alors, il y a eu d’abord le sujet de, alors qu’ils avaient garanti que personne ne serait masqué, il y avait eu le sujet pourquoi l’année dernière des personnes s'étaient masquées. Et le C9M expliquait que c'était en raison de la présence de journalistes qui venaient.
00:56:21David Dufresne
Oui. Bien sûr.
00:56:23Alexis Baudelin
On cherchait à les identifier et ensuite les afficher sur la place publique. Donc c'était en quelque sorte une façon de se protéger de la présence des journalistes, de la raison de ces masques et également des éventuels parapluies qui pouvaient être déployés à certains moments. Mais en tout cas, ils ont essayé d’apporter la garantie que cette année ça ne se reproduirait pas et que c’est le fait de quelques personnes uniquement, ça n'était pas du tout des consignes du C9M. Donc voilà, déjà sur le sujet des personnes cagoulées masquées, ensuite sur le sujet des symboles qui peuvent être arborés. C’est pareil, encore une fois, il a essayé de se moquer de ce qu’on pouvait avancer là-dessus, disant que les quelques tatouages, il fallait que les journalistes aillent chercher derrière le coude de telle ou telle personne, une croix gammée ou quoi, et donc voilà, c'était vraiment une volonté affichée. Des photojournalistes, enfin des pseudo-reporters qui pouvaient être sur place, je cite, d’aller chercher en gros la petite bête, mais encore une fois que ce n'était pas la petite bête.
00:57:31David Dufresne
Qui est immonde ?
00:57:36Alexis Baudelin
On le rappelle que la croix gammée sur le coude, encore une fois, c'était quelque chose de très à la marge, ça ne représentait pas du tout l’ensemble de la manifestation. Pour ce qui concerne les saluts nazis, ça n’avait pas eu lieu pendant le cortège, mais lors d’une commémoration dans la cour de l’immeuble où Sébastien Deyzieux aurait chuté du toit et donc c’est pareil, ces saluts nazis, c'était des épiphénomènes et les personnes qui d’ailleurs avaient été poursuivies ont été relaxées. Alors je précise au passage, relaxées pour des raisons procédurales et de caractérisation de l’infraction, ce qui ne remettait pas du tout en cause le fait qu’il y avait bien eu des saluts nazis dans cette cour d’immeuble. Donc c’est-à-dire, encore une fois, voilà, ça n’a pas eu lieu pendant la manifestation. Et pour ce qu’il y ait des symboles, donc les signes arborés sur certains drapeaux, sur certaines banderoles, alors là on a eu le droit à une sorte de cours d’histoire, le conseil du C9M l’air de dire que la préfecture de police de Paris s'était arrêtée au XXème siècle dans son histoire et oubliait toute l’histoire de l’humanité, donc on nous expliquait en fait que ce sont des runes qui étaient présentées. C'étaient des runes vikings ou celtiques qui étaient effectivement des runes qui étaient utilisées pour rendre hommage aux morts et ce n'était rien de plus que cela que des runes vikings ou celtes. Alors ça c’est quand même assez cocasse, pour ce qui est des tambours. On a dit mais quand même ces tambours ce sont des tambours qui étaient utilisés par les jeunesses hitlériennes.
00:59:20David Dufresne
Alors les tambours qu’on a vu apparaître l’année dernière en plein Paris et qui faisaient effectivement absolument froid dans le dos puisqu' ils reprennent l’iconographie des jeunesses hitlériennes et donc là, réponse ?
00:59:36Alexis Baudelin
Et donc la réponse, alors pareil, tout aussi cocasse, de dire mais non, ce ne sont pas du tout des tambours nazis, ce sont des tambours lance que naît du XVIIe siècle, pareil. La vigueur et la joie de vivre des personnes qui les arborent. Dissimuler les symboles, dissimulé tout cela, de faire en sorte qu’aux yeux du public ça ne soit pas parlant, mais pour les initiés les messages soient parfaitement compris. C’est ce qu’on appelle en quelque sorte un abri, c’est vraiment cela qui était appliqué. Et là on a eu pendant cette audience cette même démonstration de dire que tout cela était relevé purement du fantasme qu’on faisait complètement fausse route. Alors vraisemblablement, cet argumentaire-là n’a pas convaincu… On a eu de la chance cette année, effectivement, le tribunal extractif n’as pas été convaincu par cet argumentaire, et dans sa décision qui confirmait l’interdiction de la manifestation, relevait que les signes arborés à l’occasion de la manifestation l’année dernière étaient de façon non équivoque. Des symboles néonazis, et donc de ce fait là, il y avait un trouble grave à l’ordre public immatériel. C’est-à-dire que le trouble à l’ordre public peut être à la fois matériel, le risque de dégradation ou de violence, mais ça peut être aussi immatérielle par les messages qui sont véhiculés et qui sont considérés comme des abus de droit, des messages qui ne peuvent pas rentrer dans le cadre de la liberté d’expression.
01:01:25David Dufresne
Alors, voilà que nous titrons comme d’autres victoires le vendredi quand on apprend que la manifestation nazie est interdite. Et on le voit sur le compte Instagram tenu d’ailleurs par Théophile, que je salue. On voit une réponse d’un dénommé Alexis Avocat, qui me semble être toi, où tu dis et je peux garantir que le travail de Ricardo Parreira et l’enquête au poste ont largement servi, notamment dans l’argumentaire de la préfecture, devant le tribunal administratif. Alors, un, joie, deux, fierté, trois, oh merde, nous voilà auxiliaires de la Préfecture de police si on avait su que ça nous arriverait tôt ou tard, mais je me dis, mais qu’est-ce qu’il veut dire par là ? Alors, je t’appelle, je te cite à comparaître ce matin pour te demander, qu’est-ce que ça veut dire que cette histoire, que notre travail est singulièrement celui de Ricardo, aurait servi à la manifestation de la vérité ? Parce que c’est de ça dont on parle.
01:02:34Alexis Baudelin
Oui, effectivement, moi aussi, ça m’a fait beaucoup rire, cette histoire. C’est que moi, quand je préparais avec ma consœur Aïnoha Pascual, quand on préparait notre référé liberté pour le soutien de la contre-manifestation antifasciste, j’avais bien évidemment vu, parce que je suis ce qui se passe aux postes et des intervenants, mais aussi des publications. Et j’avais vu effectivement cette enquête de Ricardo Parreira et je m’en suis moi-même servi abondamment pour notre référé liberté pour montrer que le trouble à l’ordre public ne venait pas des antifascistes mais bien du C9M depuis le départ. Donc j’ai repris effectivement la critique qui avait été faite de ce qui s'était passé l’année dernière et voilà les éléments, les arguments de Ricardo Parreira
01:03:25David Dufresne
Voilà, parce que juste pour ceux qui n’auraient pas lu son enquête, ce qu’on avait décidé avec Ricardo, c’est qu' on allait prendre les arguments de l’année dernière pour les réfuter, en disant, voilà, la préfecture ne fait pas son boulot, on va l’aider à le faire. Sébastien Présent, ça renvoie à des cris Mussoliniens, etc. C’est-à-dire qu’on débarquait, on va dire, on détaille on décrypte, Ricardo décrypte tout ce qui démontre que le hasard n’y est pour rien dans ces histoires-là et que les tambours c est, bien les tambours nazis, ce n’est pas des trucs de vikings ou je ne sais quoi. Donc c'était ça, c’est une sorte d’enquête où on était y est, voilà.
01:04:13Alexis Baudelin
Exactement, c’est ça. Et donc moi je me sers de cela pour notre référé et arrive donc le jour de l’audience et alors il faut savoir que les référés liberté, on est dans des procédures d’urgence, donc tout se fait en urgence, on reçoit les pièces adverses un peu à la dernière minute et bien souvent la préfecture, c’est une demi-heure avant la tenue d’audience qu’on reçoit son mémoire en défense et ses éventuels éléments. Donc je suis au tribunal administratif à ce moment-là. Et on reçoit donc les pièces de la préfecture. Et là, ce que je découvre parmi les pièces dans son mémoire et dans les pièces qui nous sont produites, justement, des documents de contexte, ce qui s’appelle notamment, il y a une note blanche qui vient expliquer le contexte de ces manifestations et en quoi elles sont génératrices de troubles à l’ordre public. Et ce qui est assez formidable, c’est que justement, dans ce qui est considéré comme trouble à l’ordre public, enfin le gros problème de ce week-end, ce n’était non pas les manifestations antifascistes, mais la manifestation du C9M. Et donc il y a des pages et des pages de documents produits par la préfecture qui viennent expliquer en quoi la manifestation de C9 M va causer, a causé par le passé et va causer encore un trouble, un trouble à l’ordre publique. Et quand on regarde dans le détail…
01:05:37David Dufresne
Ah non, il se trouve qu’on peut le regarder dans le détail, parce que nous nous sommes procurés ce document. C’est assez simple, puisqu’il a été produit à l’audience, il est donc public. Voilà, la note, alors c’est vraiment une note blanche, enfin vraiment à l’ancienne quoi, il n’y a même pas écrit préfecture de police, si, un petit peu sur le côté. Élément concernant la manifestation du 9 mai 2026, dite du comité du 9 Mai C9M, et effectivement, il y a un certain nombre de pages. Qu’est-ce que tu ressens à la lecture de cette note ?
01:06:14Alexis Baudelin
C’est là où effectivement, je me dis, mais en fait, on a fait exactement le même travail. Moi, dans, enfin, Aïnoha et moi, dans notre référé liberté, on a développé des arguments contre le C9M. On a dit, regardez dans le détail les symboles qui sont exposés. Ce sont des symboles néonazis. Donc, il y a tout un historique derrière cela. Les tambours, ce sont des références aux tambours des jeunesses hitlériennes. Et donc, on l’a détaillé. Et la préfecture de police a fait exactement la même chose. Et je me dis que ça ne peut pas, peut-être qu’une, ça ne peut pas être qu' une coïncidence, à mon avis la préfecture de police de Paris, quand elle a eu besoin justement d’aller, enfin de développer son argumentaire pour expliquer en quoi la manifestation du C9M était une manifestation néonazie et qu’il y avait des références explicites au nazisme ou au fascisme, je pense qu’elle est aussi allée faire ses recherches sur internet comme nous et elle a sans doute, elle est qui faisait exactement ce travail-là et c’est vrai que dans la façon dont les éléments sont présentés les uns après les autres, voilà, on n’a que peu de doute sur le fait que oui, la préfecture s’est inspirée du travail de recherche d’autres personnes et notamment de militants et de personnes à gauche.
01:07:34David Dufresne
Oui, effectivement, il y a quelques détails. Où à mon avis il n’y a que Ricardo pour aller les trouver et qu’on retrouve dans cette note la loyauté et la fraternité oblige de dire qu’il y a un travail formidable qui est réalisé par d’autres organes de presse et notamment Libération qui l’année dernière avait sorti ces images absolument incroyables de saluts nazis après la manifestation, il y a effectivement tout un travail d’une certaine presse qui d’ailleurs visiblement a beaucoup chauffé ce week-end dans les boucles de télégrammes et autres des fachos où très clairement il est dit que les médias sont main dans la main avec la police contre ces gentils personnes.
01:08:27Alexis Baudelin
Exactement. Mais donc voilà, c’est vraiment ces références-là qui étaient des références assez fouillées. Par exemple, le fait qu’il y ait des références à 14-88 ou 14-14-18, donc le chiffre 14 représentant, étant une référence, à une phrase notamment de David Lane, « nous voulons préserver l’existence de notre peuple et l’avenir des enfants blancs », enfin, ou le 8-8 qui fait référence à Hitler. Voilà, ce sont des éléments qui ont été référencés dans votre enquête et qui sont repris dans ces arguments de la Préfecture. Et ça a été développé aussi lors de l’audience pour dire par rapport à ce que je disais tout à l’heure, la défense, entre guillemets la défense du C9M, qui était de dire, il n’y avait que des fantasmes et que par rapport aux références vikings ou celtiques, la Préfecture a dit, il faut arrêter de se moquer du monde.
01:09:24David Dufresne
Alors, la seule chose Alexis, c’est que, et contrairement à ce que dit l’autre chat, la préfecture de Paris n’est pas abonnée au poste et ne donne pas au postes sous couverture. En tout cas, je ne le crois pas. Une chose qui est étonnante, c’est que le travail qu’a fait Ricardo aurait pu être fait depuis 29 ans par la préfecture de police de Paris. Pourquoi, selon toi, ça n’avait pas été fait ? Pourquoi selon toi la préfecture a pendant des années laissé cette manifestation qui devenait au fur et à mesure, et ça Riccardo le montre très bien dans son enquête, devenait une vitrine internationale du néonazisme mondial, on pourrait dire, avec des nazis américains, des allemands, etc., etc. Pourquoi la préfecture s’est sentie obligée, cette année, de faire un travail minimum qu’elle fait ? Alors elle, pour le coup, contre les gauchis. Alors là, de manière très argumentée, très détaillée, on voit très bien que pendant des années, il y a eu un deux poids deux mesures. Il y avait beaucoup plus d’explications, de justifications par la préfecture de police de Paris pour interdire l’année dernière la contre-manif, que pour essayer de donner des arguments un peu étayés pour interdire la manif. Pourquoi, d’après toi, cette année, il y a eu un changement ?
01:10:42Alexis Baudelin
C’est mon avis personnel, mais je pense qu’il ne doit pas être loin de cette vérité. C'était le fait de la pression populaire, c’est le fait du peuple de Paris, du peuple de gauche, antifasciste, qui devenait justement trop forte, qui était scandalisé. On a vu les images de l’année dernière de ce qui s'était passé, et ça avait d’influencer une grande partie de la population qu’on puisse laisser défiler ainsi. Des personnes ouvertement néo-nazis et fascistes dans les rues de Paris. Et donc il y a eu une forte mobilisation, déjà l’année dernière, mais encore plus cette année, pour dire « nous ne laisserons pas une nouvelle fois défiler des fascistes et des néo nazis dans Paris ». Et donc cette mobilisation-là, je pense, a mis la pression sur la préfecture de police de Paris pour qu’elle fasse son travail de façon plus sérieuse et quand il s’agissait effectivement d’interdire la manifestation du C9M qu’il y ait des vrais arguments qui soient utilisés, voilà, je pense très sincèrement que c’est la mobilisation populaire qui a permis de pousser, enfin qui a contraint en fait la préfecture à agir ainsi et à arrêter de fermer les yeux. Vraiment, il y a ça, j’en ai aucun doute, d’une part de ce point de vue-là de tout le travail d’enquête, de dénonciation de ce qu'était le C9M Et de l’autre aussi c'était de dire, quoi qu’il arrive, nous antifascistes, si le C9M est amené encore une fois à défiler, nous serons présents et nous serons présents massivement. Ça a été le message qui a été porté pendant des semaines par des collectifs antifascistes. Et voilà, cette pression à mon avis a pesé, a permis d’aboutir à un tel succès. Ce pourquoi la manifestation du C9M est interdite au-delà de son aspect, de sa symbolique, c’est aussi parce que oui, on avait clairement dit que si on laissait encore une fois défiler, il y aurait effectivement des troubles. Il y aurait des troubles parce qu’on s’opposerait physiquement à eux dans l’espace public, on ne les laisserait pas défiler.
01:12:58David Dufresne
Tu fais très bien de rappeler, évidemment, qu'à l’origine de tout ça, il y a des gens qui se sont levés. Il y a la Horde, il y a les antifas du 20e arrondissement, il y à la marche des solidarités. Il y a un certain nombre de syndicats, de collectifs. On peut retrouver assez facilement tous les gens qui ont été derrière. Et d’ailleurs, je voudrais ton point de vue par rapport à ça. Est-ce que tu trouves que cette mobilisation victorieuse à des choses à nous apprendre sur les luttes que nous devons mener ici ou là. Est-ce qu’il y a eu quelque chose de particulier par exemple ?
01:13:35Alexis Baudelin
Bien sûr, mais ça a été vraiment une preuve éclatante de ce que peut faire la mobilisation et quand on se mobilise en nombre et qu’on utilise toutes les armes à notre disposition, donc pas seulement juridique, je pense que l’action juridiques n’aurait pas suffi, n’auraient pas eu un tel succès s’il n’y avait pas derrière aussi une mobilisation physique des personnes pour faire en sorte pour eux. Alerter l’opinion, pour alerter les habitants de Paris, pour mobiliser au-delà même de Paris, dans toute la France, en vivant ce week-end, les fascistes ont prévu de défiler dans Paris, nous les empêcherons de faire, et donc c’est vraiment l'œuvre de toutes et tous, et cette détermination-là qui nous a permis un tel succès, et ça, ça doit être remarqué, ça doit être remercié. Clairement, on peut se dire que ce n’est pas impossible quand on décide collectivement d’agir pour la défense de nos principes, de ces valeurs antifascistes, antiracistes, féministes, pour l'émancipation des peuples, si on se donne les moyens de le faire, on peut aboutir à de grandes victoires.
01:14:52David Dufresne
Alors, deux derniers points, le premier c’est un point d’actualité. On sait qu’il y a eu des interpellations, on sait qu’il y a des gardes à vue, mais on ne sait pas exactement de qui et où ça en est. Est-ce que toi en tant qu’avocat, tu as quelques clients parmi ceux qui ont été en garde à vue ou est-ce qu’il n’y a que des fachos dans ta clientèle ? Tu n’en as pas, est- ce que tu en sais un peu plus ?
01:15:20Alexis Baudelin
Alors là-dessus, oui, il y a eu des interpellations tant le samedi que le dimanche, je pense on a vu sur les réseaux sociaux, il a eu justement un coup d'éclat de certains collectifs antifascistes et féministes qui eux sont parvenus à surgir sur l’avenue près de Montparnasse et à défiler pour justement marquer le coup et dire « Paris est antifasciste les nazis ne défileront pas à cet endroit, c’est nous qui avons défilé. Donc je sais qu’il y a eu, il y avait une très forte présence policière dans tout Paris ce week-end et qu’il y a eu beaucoup de contrôles d’identité, de contraventions pour participation à une manifestation interdite qui ont été mises et il y a eu aussi des interpellations souvent sur le motif de participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. Alors on sait qu’il y a effectivement des membres du C9M qui ont été interpellés, qui ont été trouvés en marge de l’endroit où devaient se rassembler les antifascistes initialement près de Saint-Michel et donc ces membres des C9M auraient été interpelés parce qu’ils avaient sur eux justement des armes de type couteau, gants coquets. Voilà, il a l’air de dire qu’ils étaient vraiment prêts à en découdre. Ça c’est du côté du C9M, je sais qu’il y a eu des interpellations à sujets, et côté antifasciste, il y a eu aussi des interpellations de personnes justement qui étaient dans l’espace public, comme je l’ai dit, avec l’infraction de participation en groupement, qui est un peu une infraction pour tout, qui sert habituellement à interpeller les gauchistes quand ils manifestent hors cadre légal. En ce moment, enfin, ce week-end, il y avait des gardes à vue, je sais que la plupart ont été levés, il en reste, à mon avis, quelques-unes et il y aurait peut-être effectivement des personnes qui compris, enfin du moins pour les informations que j’ai du côté antifasciste, des personnes qu’ils seraient déférées au tribunal entre aujourd’hui et demain. Pas nécessairement pour des procédures de type comparution immédiate, mais voilà, il pourrait y avoir des sortes de rappels à la loi ou éventuellement des convocations mais là-dessus, là, je n’ai pas beaucoup plus d’informations. En tout cas voilà, il y a eu effectivement des interpellations et ça a été noté aussi par les photoreporteurs, les journalistes qui étaient présents sur place, très forte présence policière qui ciblait aussi particulièrement le peuple de gauche
01:17:58David Dufresne
On arrive au dernier point, il y a d’ailleurs des journalistes qui ont chopé des amendes alors qu’ils faisaient leur boulot des amende parce qu’ils n’avaient pas, selon les policiers, à être là, alors que si. Donc il y aura aussi des choses à soulever par rapport à ça. On en arrive à la question philosophique. Qui est celle de la liberté, la liberté de manifester qui est chère à nos cœurs, qu’on nous défend depuis toujours, de génération en génération, qu’est-ce qui fait, là, maître, que nous pouvons dire, et bien, la liberté de manifester, elle s’arrête à un moment, et elle s’arrête notamment au C9M. Est-ce que l’argument c’est pas de liberté pour les ennemis de la Liberté ? Est- ce que tu entends le fait qu’on nous désigne comme liberticides, qu’est-ce que tu réponds à ça ?
01:18:56Alexis Baudelin
Alors là-dessus, d’un point de vue, oui, je vais avoir cette tendance à considérer qu’il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la liberté, mais si on veut s’en tenir à quelque chose de plus juridique et si ce n’est consensuel en tout cas qui est considéré comme les valeurs des droits de l’homme, je fais référence en fait à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Convention européenne. Des droits de l’homme, donc qui a été justement fondé, créé au lendemain de la seconde guerre mondiale et pour dire au nazisme et au fascisme, plus jamais ça, faisant en sorte que les libertés et les droits fondamentaux de chacun soient inscrits dans le marbre et respectés. Et donc, cette cour aux peines des droites de l’homme, le sujet de la liberté d’expression et bien évidemment évoqué dans la Commence européenne du droit d’homme, articles 10 et 11, donc si on lit à la fois la liberté de réunion et la liberté d’expression, articles 10-11 de la CEDH, la question se posait, mais jusqu’où va cette liberté ? Est-ce qu’elle est absolue ? Est- ce que c’est à dire que si on donne, on confère la liberté d’expression à tout le monde, alors une personne pourrait très bien exprimer une opinion qui soit justement dans le sens d’une destruction de la liberté d’expression, telle que peut l'être la conception qu’en ont les néonazis et les fascistes, où est-ce qu’il doit y avoir un garde-fou. Et en fait, la Convention européenne des droits de l’homme est claire là-dessus. Il y a un autre article, si je ne me trompe pas, c’est le 17, qui explique que ces libertés ne peuvent être utilisées de façon abusive, de sorte Voilà par une utilisation abusive, elles en viendraient être détruites. Et c’est clairement en cela que ça vise des situations comme on l’a eue ce week-end, où ce sont effectivement des militants néo-nazis et fascistes qui voulaient se prévaloir de cette liberté-là, mais dans un sens, de par leur idéologie, qui est celle d’une destruction de cette liberté. C’est là où je rejoins plutôt cette position un peu légaliste qui est de dire qu’il y a un garde-fou à cela et quand il y a une atteinte, un risque d’atteinte justement à cet ordre public immatériel qui est celui de, mais pas celui de l'État, celui de de l’autorité telle qu’on le voit, mais qui est un ordre de public de sens, d’intérêt général, de sens de protection de nos valeurs, de nos principes. Voilà, c’est là-dessus que je rejoins effectivement cette idée que oui, la liberté d’expression peut s’arrêter, pour certains et certaines, quand justement ces personnes ont prévu de l’utiliser au fond de sa propre destruction.
01:21:54David Dufresne
Le tchat qui honore notre slogan « On n’est pas chez les cons » nous dit, c’est Thémorophile, le paradoxe de la tolérance de Karl Popper qui nous rappelle que ce paradoxe de la tolérance stipule qu’une société tolérante doit être intolérante envers l’intolérance elle-même sous peine de voir sa propre tolérance détruite par ceux qui en abusent. Et donc si je comprends bien, ce paradoxe, il est inscrit dans le marbre.
01:22:25Alexis Baudelin
Tout à fait, il ne faut pas que je dise de bêtises, mais je crois que c’est l’article 17 de la CEDH sur l’abus de droit, donc le fait qu’on ne peut pas se prévaloir des libertés qui sont prévues dans la Convention européenne des droits de l’homme si cet usage a vocation à détruire ces mêmes libertés. Et donc, parce que l’idéologie fasciste et néonazie porte en elle justement des valeurs profondément liberticides, attentatoires à ces libertés universelles, on a cette idée que ça serait considéré comme des abus et donc c’est protégé au titre de l’attentat qu’on ne voit pas, on ne pourra pas s’en fleurir justement sur son entretien.
01:23:14David Dufresne
Maître, c'était un plaisir que de discuter avec toi, de te voir dans ta tenue de tribunal administratif, si j’ai bien compris, donc sans robe. Mais c’est vrai, c’est moins impressionnant, quoi. Tout de suite, salut ! Voilà, et je vois que notre prochain invité, Julien Leguet, qui, lui, a eu des mauvaises nouvelles du côté de la justice, puisque c’est le porte-parole de Bassines non merci. Condamné à six mois ferme, il est dans les parages. Merci beaucoup, Alexis. N’hésite pas à nous tenir au courant de la suite des événements. Et bravo, bravo à toi et au tien. Voilà, à tous ceux qui œuvraient.
01:23:56Alexis Baudelin
Mon soutien à Julien Leguet également.
01:23:58David Dufresne
Bon, super, on va lui transmettre. Merci beaucoup. Bonne journée. Alors, Julien Leguet n’est pas loin d'être pas loin, voilà. Excusez-moi, les enfants, mais là, il faut absolument que je me fasse un café. Ah oui, pareil, faut pas que je lise les enfants, pardon. Voilà, j’espère que cet entretien au débotté. Alors moi, je n’ai plus Julien. Théophile me dit que c’est bon, mais Julien n’est plus à l'écran. Il faudrait qu’il se reconnecte. Mais je l’ai vu plusieurs fois. Voilà, j' espère que cet entretien avec Alexis Baudelin vous a plu. On va mettre un petit peu de… attends, qu’est ce que je pourrais mettre là ? Attends, c’est quoi cette histoire, là ? Hop, ben voilà ! David Dufresne. Alors lui, il est formidable, David Dufresne, David. Merci Pascal Praud, alors qu’est-ce qui se passe ? Voilà, ça va faire un petit peu de bruit, j’en suis absolument… Non, je ne le vois pas dans la salle d’attente. Il n’est plus là. Ah, tu me dis qu’il est là, mais alors attend, alors attend là. Alors attendez, excusez-moi, on a un petit truc technique à régler parce que je pense qu’il est dans une autre salle d’attente, attends bouge pas, bouge pas, les amis, attendez, une petite seconde, Julien Leguet est dans les parages, il arrive, ne bougez pas, ne bouger pas, je vais mettre la scène pause quelques instants, ce sera très court, le temps de faire ça le mieux possible.
01:26:22Audio
Qu’avons-nous fait au poste ? On m’a donné la parole, c’est essentiel, on ne nous donne pas la parole. Nous c'était toutes les victimes, en général. Des conférences et puis à un moment donné, un moment de vérité. J’espère que ce matin, nous avons fait en sorte de ne plus être seuls sur cette question. On a pris un temps long, et le temps long à mon sens c’est une arme contre le pouvoir. J’allais dire qu’on a respiré, tout simplement. C’est un temps extrêmement précieux, dans ses flux d’informations, c’est important de pouvoir prendre le temps. On a éclairé quelque chose qu’on ne veut pas voir.
01:27:15David Dufresne
Hop, hop, hop ! J’ai du mal moi, j’ai des mal avec une technologie aussi nickel et puis surtout je suis absolument étonné que le camarade Julien Leguet soit debout à cette heure-ci. Alors là, je dois vous le dire, je suis un peu étonnée, mais alors attends. Tac, là je l’ai, mais vous vous l’avez pas, comment ça se fait en tant que réalisateur ?Ah là là là, c’est compliqué, c’est compliqué Je ne vois plus Julien. Pourquoi ? Alors, mon cher Théophile, je vois que tu m’empêches d'être co-réalisateur. Tu ne m’acceptes pas comme co-réalisateur. Il va falloir qu’on regarde ça tranquillement après l'émission pour voir comment on peut arranger ça. Voilà, Julien est là, mais j’arrive pas à le mettre. Bouge pas Julien. Attends une seconde voilà ! Allo Je te vois, mais l’image est un peu figée. Allô, allô ! En attendant que Julien arrive à se connecter, je vous dis que je vous annonce qu’on aura la météo des luttes dans quelques instants. Est- ce que ce serait possible pour toi de te reconnecter sans la vidéo ? Alors là, on va essayer de faire à l’ancienne, Théophile, est-ce que tu peux te débrancher et Julien, est ce qu’il peut se connecter ? Juste pour voir ce que ça donne. Désolé. Mais on a l’habitude, on va y arriver ne vous inquiétez pas. Pas de panique. Donc, on attend. Julien. Là ça devrait être pas mal. Attends, bouge pas Julien, je commence à te voir, voilà. Allô, super, ça y est, tu es là. Oh pardon Julien. Julien Leguet, héros du peuple. Bonjour Julien comment vas-tu ?
01:31:48Julien Leguet
Eh ben couci couça, mais toujours le moral est déter, c’est pas qu’il arrive.
01:31:54David Dufresne
C’est là où, c’est là où moi je dis chapeau, moi je t’entends très bien, tu m’entend ou pas ? Moi je t’entends très bien, ah super, super. Mon cher Julien, merci beaucoup d'être venu au poste ce matin. On ne va pas faire de jeu de mots comme on a l’habitude parce que toi tu sors d’une mauvaise nouvelle. Je rappelle que tu es le porte-parole du mouvement contre les bassines, que tu as accepté de te lever tôt ce matin et d’enfiler ton plus beau sweatshirt, celui marqué écoterroriste. On va revenir avec toi sur ta condamnation en appel à six mois de prison ferme. Penne aménagée en assignation résidence avec bracelet électronique. Tu étais jugé la semaine dernière par la cour d’appel de Poitiers pour participation en groupement en vue de préparation de violence. Menace de dégradation, vol d’une pelle à grains, dégradations légères par inscription à tag, dans le cas des manifestations contre les méga bassines d’octobre 2022 à Sainte-Soline. Le choc est grand, la colère encore plus, et tu es toujours déter. Est-ce que tu peux nous dire comment tu as vécu ce moment ? Tu étais là pour entendre la décision ? A Poitiers la connexion n’est vraiment pas bonne. Alors je vois que c’est quand même très bizarre parce que je vois que passe dans le tchat un appel à la cagnotte pour Julien Leguet, qui a été ouverte sitôt après la décision. Mon cher Julien, je ne sais pas ce qui se passe. Attends, je vais réessayer ici. Voilà ! Bon, on va essayer de se reconnecter. Je suis désolé les uns et les autres. Voilà, là, il y a Julien. Théo, est-ce que tu pourrais demander à Julien de se reconnecter et toi, Théo de ne pas te connecter dans la régie. On fera des réglages après l'émission pour voir comment on peut faire, parce que ce serait top. Là, il faudrait vraiment que Julien puisse se connecter. Éventuellement, s’il veut, il peut le faire sans caméra. Ce n’est pas grave. Est-ce que tu peux lui dire ça ? Ce serait vraiment l’idéal. Excusez-moi, je suis en train d’essayer de me reconnecter avec Julien. En attendant, je vais vous mettre. Voilà, là je vous ai mis la cagnotte pour Julien Leguet. J’espère qu’il va pouvoir se reconnecter. Alors, je retire ceci, je fais ma petite tambouille, voilà. Voilà, c’est bon. Alors attends, là je pense, j’espère, j’espère qu’on devrait y arriver. Allô Julien, est-ce que tu m’entends ?
01:37:40Julien Leguet
Je vous entends très bien depuis tout à l’heure.
01:37:42David Dufresne
Ah c’est super, voilà, on t’entend, on, on entend, on t’entend, merci, merci beaucoup, voilà là c’est bon, là c’est bon on touche plus à rien. Merci Julien, pardon, pardon. Alors, voilà, la question c'était, tu es sur place, raconte-nous comment tu vis, cette audience, comment tu réagis au prononcé de la décision ?
Julien Leguet
01 :38 :15] Déjà il faut se rendre compte ce que c’est d’un rendu d’audience. C’est des verdicts qui sont donnés souvent de manière très expéditive et avant moi il y avait une dizaine de verdicts, notamment par pas mal de personnes menacées d' OQTF, et là tu vois que c’est très expéditif, ils sont soit pas là, soit leurs avocats sont pas là et ça envoie, il y a eu dix dossiers comme ça avant le lien. Et quand ça a été mon tour d’entendre le verdict, j’ai vite compris que ça ne se passait pas si bien que ça. Puisque dans un premier temps, la juge annonçait un certain nombre de relaxes dont je bénéficiais, notamment sur les aspects de dégradation mineure et de tag. Là-dessus, je suis relaxé par rapport notamment au tag qui avait été écrit devant la gendarmerie de New York le 1er mai. Pour ça, j’avais mis 200 blessés et Darmanin en prison. Ça, je l’ai acquitté faute d'éléments probants. Et ensuite j’ai compris que la peine initiale, enfin la sanction concernant les affaires de dégradation à une menace n'était pas celle qui avait été prononcée en première instance. En première instance, j’avais près de 20 000 euros de réparation financière, divers et variés, envers la COP de l’eau, qui est la société privée qui construit les bassines chez nous, Et ben en fait était assorti à cette peine de 20 000 euros. Six mois de rétention avec bracelet ce qui très clairement est à assimiler à une peine de prison ferme. Et ça, très clairement, je suis vraiment tombé des nues parce qu’il n’y en avait jamais été question, en tout cas sur cette affaire. Et puis surtout, ça ne faisait pas partie du tout des réquisitions de la procureur de mois avant. C’est une piste qui n’avait pas du tout été évoquée. Voilà, donc j’en ai témoigné dans la surprise, choqué, même scandalisé de cette décision.
01:40:12David Dufresne
Alors, tu arrives à faire une blague en sortant du palais de justice. Est-ce que cette blague, tu la sors par désespoir ? Ou parce que tu es un homme de bon goût et que tu aimes bien les bonnes vannes ? On peut raconter la vanne.
01:40:40Julien Leguet
Oui, en sortant du tribunal et en prenant conscience que mes libertés vont être très franchement atteintes, contraintes si je dois avoir un bracelet électronique, j’espère que ce sera le même que celui de Sarkozy, d’autant que la même journée, on apprenait que dû à son grand âge, il ne serait pas à nouveau soumis à ce bracelet électronique. Et je rappelle que quand Sarko a été contraint, c'était un bracelet électronique à géométrie variable qui lui a permis d’aller au théâtre, d’aller au resto, d’aller même aux Bahamas je crois, si mes renseignements sont bons. Donc si c’est le même dispositif, je m’en accommoderai bien volontiers.
01:41:20David Dufresne
En fait, en faisant… Non, vas-y, vas-y.
01:41:25Julien Leguet
Non mais vas-y t’avais une réflexion
01:41:27David Dufresne
Non, non, non mais en faisant ça évidemment tu places la décision là où elle doit être, c’est-à-dire sur le terrain politique. Cette vanne explique bien le… Voilà, on est dans une justice de classe.
01:41:48Julien Leguet
Oui, justice de classe, deux poids, deux mesures. C’est ça, pas le même traitement selon où vous serez puissant ou misérable. Il y a plein de réflexions. Ce sentiment deux poids, deux mesures et d’injustice, il a été renforcé également par le fait que le même jour, on apprenait que les responsables de la coordination rurale qui avaient mis à sac les locaux d’office français de la biodiversité dans la Creuse, qui avaient menacé les fonctionnaires qui bossaient dans cet établissement-là, ben eux étaient relaxés parce que l'État avait décidé d’abord donner les poursuites. Donc oui, oui, on en est là, quoi. Et là, je me suis pris vraiment fort dans la gueule. On en est à cette étape-là. On en a à ce niveau de… Je ne sais pas si je peux parler de compromissions entre la justice et le pouvoir sur ce dossier là je me refuse vraiment à rentrer dans un truc de « justice pourrie », etc. N’empêche que celle-ci, elle questionne fort, et elles questionnent autant plus fort que pour justifier sa décision, la présidente du jury, dans son jugement écrit, me cite comme quelqu’un de violent potentiellement, de pouvant faire tout et n’importe quoi pour parvenir à ses fins, en fait plus grave encore que la décision elle-même. C’est que j’ai l’impression que les opérations de manipulation de l’opinion publique à la Darmanin et en nous mettant justement ce type d'écoterroristes, c’est pour ça que je poursuis toujours ce suite, pour dire mais c’est vraiment, c’est ridicule quoi. En fait, c n’est pas si ridicule que ça dans le sens où ça prend, y compris chez des juges qui sont pourtant formés, informés. Et on aurait normalement une sorte de sens critique et d'être capable de regarder ça avec ce que c’est, en fait, juste une opération de manipulation. Excuse-moi, je me lève et tout ça est un petit peu encore embrouillé.
01:43:53David Dufresne
Non mais c’est parfait, on a le temps et encore une fois je te remercie de t'être levé tôt et je vais dire la vérité. Donc je te dis, ouais ça sera à 8 heures, alors après je t’envoie un truc un peu automatique où il y a écrit que ça va durer 10 minutes. Et là tu m’en vois un petit bon, 10 minutes, genre je vais pas me lever pour 10 minutes et je dis non tu n’inquiète pas, il y en aura pour une demi-heure tranquillement.
01:44:17Julien Leguet
C'était dix minutes, je me serais levé tout autant. Bon, ça doit… À huit heures, je pense que je ne suis pas un pionnier, ça va.
01:44:27David Dufresne
Alors, je sais bien, je dois dire aussi que là, tu parles avec une maîtrise de ta parole, un contrôle de ta parole parce qu’en fait, il y a d’autres rendez-vous judiciaires qui t’attendent. Donc évidemment, ta parole est, voilà, je pense que tu l’apaises. Et donc, il faut bien comprendre les sous-titres et les sous-entendus dans ce que tu peux dire. Alors, si tu veux bien, on va revenir sur ce qui t'était reproché. Alors, il y avait la grande fête du 2 octobre 2022 à Sainte-Soline où là, entre autres choses, on t’a accusé du vol d’une pelle à grain. Alors, est-ce que tu as été reconnu coupable de ça ou pas ?
01:45:20Julien Leguet
Alors il faut repréciser que cette pelle à grains elle appartenait à Ocealia et que Ocealia c’est un des principales coopératives agricoles, méga coopérative agricole du territoire qui pousse assez largement à la roue pour que les bassines se construisent. C’est pas n’importe quelle entreprise et donc il avait été inscrit un tag sur un panneau au bord de la coopérative où Il a été marqué que Ocealia était signataire du protocole. Construction des bassines et donc un complice des bassines et il y avait cette pelle à grain en effet que j’avais trouvé sur site pensant que ça appartenait à des camarades quoi et avec laquelle je m'étais baladé, pelle a grain qui était cassé en deux. Donc en m’en saisissant, je n’avais absolument pas conscience de commettre une infraction si lourde qu’un procureur puisse juger que c'était suffisamment signifiant pour mobiliser tous ses collègues et tous ses attirants et ses enquêteurs hyper-pointus, etc. Et donc oui, oui, sur cette affaire du tag et de la pelle à grains, ça n’a pas donné de suite, ça ne m’a pas donné lieu à des sanctions, ça a été considéré comme des dégradations mineures et donc je ne suis pas tout à fait absous de ma grande responsabilité sur cette affaire d'État. Néanmoins, ce n’est pas ça qui a alourdi la décision de justice.
01:46:45David Dufresne
Il y avait aussi ce jour-là l’inscription marqueur effaçable sur un panneau de la coopérative Ocealia, celle-là même dont tu viens de parler, inscription qui disait « Ocealia, complice des bassines, signataire du protocole ».
01:47:02Julien Leguet
Tout à fait. C'était en effet quand on fait un tag, quand on s’exprime à l’oral, quand on fait une affiche, etc. C’est dans le champ de l’expression politique et donc ça nous paraissait en effet tout à fait important de rappeler l’implication de ces grands groupes et de ces grandes coopératives dans ces projets de bassine parce que très souvent dans nos argumentaires on dénonce le fait que c’est l’agro-industrie qui a la manœuvre. Alors, c’est quoi l' agro-industrie ? Il y a un certain nombre de bénéficiaires des bassines qui font « nous, on n’est pas si gros, ce n’est pas nous l’agro-industrie. » En fait, s’ils ne sont pas l’agro-industrie, ils en sont au moins les laquais, au moins, les serviteurs ou les esclaves. En tout cas, ils sont bien asservis par ces organismes-là. Ça nous paraît toujours aussi important de dénoncer, finalement, qui sont les bénéficiaires principaux de ces chantiers de bassine. Et pour le coup, là, j’aurais envie de faire le pont avec la décision qui m’a finalement conduit à cette sanction lourde. Comme tu l’as évoqué, c’est sur les questions des dégradations qui ont été commises lors de la manif de Sainte Soline 1, le 29 octobre. 2022 ? 2022, oui. Et puis c'était concernant également les menaces qui auraient été proférées à l’encontre à la fois des bénéficiaires, des bassines, des dirigeants eux-mêmes et puis à la fois à l’encontre des entreprises qui allaient bénéficier de ces chantiers et en effet en amont du démarrage du chantier de Sainte-Soline, parce que je le rappelle, moi je ne suis qu’un porte-parole d’un collectif. C’est qu’une des voies qui s’exprime dans les médias ou par rapport à ce collectif. Nous avions décidé que si le chantier démarrait, nous porterions à connaissance de l’ensemble des citoyens et citoyennes, les bénéficiaires des bassines et ce qu’on savait également des entreprises qui avaient obtenu les appels d’offres. En l’occurrence, sur ce chantier-là, l’un des gros billets va à l’entreprise Charpentier qui est une entreprise de BTP très active en Vendée et qui a déjà à son actif de la construction de nombreuses bassines et comme je l’ai rappelé devant la juridiction, devant l’heure de l’audience, c’est en aucun cas une menace, c’est juste rendre public des informations. Qui aurait dû être donné publiquement, puisque la règle en France reste quand même celle-là, c’est que quand on bénéficie d’argent public, et je rappelle que sur les projets de bassine, c'était l’ordre de 70 % de l’argent qui est donné par différents organismes, notamment par l’Agence de l’eau, l’obligation c’est que le nom des bénéficiaires, et ça paraît tout à fait logique, soit rendu public. Et c’est clair que ça me scandalise d’autant plus d'être condamné pour des menaces, pour avoir rendu publique une information qu’en fait la préfecture était dans l’obligation de donner ou la COP de l’eau était dans l’obligation de donner. Et l’obligation de la donner, ce n’est même pas moi qui le dis, c’est qu’il y a eu plusieurs recours devant la commission d’accès aux documents administratifs qui disaient expressément au préfet que non, ce ne sont pas optionnels. Les citoyennes et citoyens, les élus du territoire et autres devaient avoir connaissance des bénéficiaires de ces ouvrages.
01:50:23David Dufresne
Précisément, tu l’as rappelé, c’est important, c’est là-dessus que tombe la décision des six mois fermes. C’est sur ta participation à ce groupement. Il y a aussi des gradations d’un tuyau d’irrigation, me semble-t-il. Et en fait, ce qu’on comprend à la lecture du jugement, c’est que la cour retient en fait ta seule présence en tant que porte-parole, puisqu’il n’y a pas d’autre élément que celui-ci pour te condamner. C’est-à-dire que c’est le porte-parole. Qui est condamné. Je me trompe ou pas ? Clairement.
01:51:00Julien Leguet
Très clairement, et donc c’est un petit peu aujourd’hui la logique implacable de la justice qui dit que si on est considéré s’il y a suffisamment d'éléments pour attester que vous avez participé à un attroupement, à un groupement dans lequel des dégradations ont été commises, que vous les ayez commises ou pas, vous en êtes responsable juridiquement pénalement. La juge, elle n’a eu aucun problème à admettre le fait que lors de la manif de Sainte-Soline 1, je n'étais pas dans le cortège qui a fait tomber les grilles. Je le rappelle, j'étais dans le cortège blanc qui était le cortège qui avait les modalités d’accès à la bassine des plus pacifiques, on avançait, les mains levées, sans aucun geste, etc. Moi précisément, ce jour-là, dans le cortège blanc, ce n’est même pas ma fonction, c’est la fonction que je me suis donné ce jour-là. Durant le cortège, parce que je n'étais pas du tout associé à tous les aspects d’encadrement, de manif, de déploiement, de consigne lors du cortège. Donc j’avais pris l’initiative de devancer à chaque fois le cortège blanc pour aller au-devant des forces de l’ordre qui étaient disposées à chaque en rang sur les routes et qui nous empêchaient de franchir ces routes et d’aller vers la bassine à chaque qu’on était trop près et ils nous arrosaient comme ils l’ont fait à Sainte Soline 2. Largement de gaz lacrymo, moi pour éviter les lâcher de lacrymo, j’allais au-devant des flics pour demander à voir les gradés et leur préciser que nous étions pacifiques, qu’on n’avait aucune animosité à leur rencontre, que dans le cortège il y avait des élus, il y avait des enfants, il y avait des personnes âgées. De manière à en fait leur faire se rendre compte que tout tir auquel ils allaient procéder ne se justifiait pas. Que la question de la légitime défense, elle ne serait jamais imputable vu notre comportement et vu la distance à laquelle ils commençaient à nous arroser. Dès qu’on était à moins de 50 mètres, les pluies de lacrymaux tombaient et un jour, il faudrait m’expliquer quel danger on représente pour des forces de l’ordre quand on est à 50 m de leur personne. Oui, c’est cette logique implacable qui dit que si on en trouve un sur les 30 000 et qu’il y a des réparations, les réparations peuvent être imputées à celui-là.
01:53:18David Dufresne
Peux-tu nous rappeler ta condamnation en termes d’amende, ça s'élève à combien ?
01:53:26Julien Leguet
En tout et pour tout, ça représente un peu plus de 20 000 euros, dans le détail, on me fait porter le chapeau pour la dégradation des 123 grilles de chantier qui sont tombées lors de cette manif et ça, ça présente un budget de près de 11 000 euros et puis en première instance, la COP de l’eau avait réclamé 5000 euros et 2500 euros. Titre des frais de justice engagés et également au titre des dommages et intérêts et du préjudice moral. Et comme j’avais fait appel de cette décision et que ça a enclenché un nouveau frais de justice, il y a 1500 euros supplémentaires qui se sont rajoutés à cette douloureuse.
01:54:08David Dufresne
Alors, à propos de douloureuses et de chapeaux, il y a un chapeau qui tourne sur une collecte pour toi. Alors, je ne sais pas exactement ce que dit la loi par rapport à ça. Est-ce qu’on a le droit de collecter de l’argent pour payer ces amendes ? Je crois qu' on ne sait pas trop.
01:54:27Julien Leguet
C’est très très délicat, il y a une subtilité sur le plan juridique. Alors déjà je vais préciser qu'à l’heure qu’il est, a priori, il y a deux cagnottes qui ont été ouvertes. Il y en a une qui existe depuis longtemps, qui est sur Hello Asso, et dont on peut retrouver les coordonnées sur le site des soulèvements, le site de Bassines non Merci, c’est la caisse de lutte, et qui permet notamment l’accompagnement sur le c’est bon. Le plan juridique, le fait qu’on puisse avoir des camarades qui nous accompagnent lors des procès, après on charge des frais de déplacement, ce genre de choses quoi. Et puis il y a d’autres camarades, qui ont pris l’initiative de faire une cagnotte qui est là pour le coup, mais plus spécifiquement dédiée, et qui va être notamment, qui va permettre le fait que là pendant Moi, je ne vais pas pouvoir bosser. Jusqu’alors, j'étais également titulaire du RSA et que l’hypothèse que le RSA soit sucré parce que je vais devoir changer de domicile, enfin je vous épargne les détails. C’est une hypothèse qui est assez probable et dont je voudrais m’affranchir. Mais là, j’avoue qu'à l’heure qui vient, je suis dans le flou plus absolu parce que quand il y a ce type de décision, ça signifie que par la suite, assez rapidement, je devrais passer devant le juge d’application des peines. Et ce sera une journée importante puisqu’il va à la fois devoir décider quel est le logement de rattachement, quel est les périmètres, la longueur de la laisse finalement, puis aujourd’hui ce n’est pas au poste, leur mot d’ordre c’est de me mettre à la niche, à la maison, en tôle, enfin oui c’est, et également les possibilités de sortie qui casseront les possibilités de la carte.
01:56:21David Dufresne
Avant que tu continues, je voulais dire que je montre donc cette deuxième cagnotte. Qui en fait n’est pas faite pour payer ton amende, puisque ça, il y a un petit doute, on va dire, mais pour souvenir en fait à ta perte de revenu qui était déjà maigre, puisque tu es au RSA, et donc cette cagnotte, elle est là, elle était ce matin à 1 895, elle est à 1 925 maintenant, ce serait bien les amis qu’on dépasse les 2 000 au minimum, là, pendant l’entretien. Moi, je veux bien faire la valise ou téléachat, je ne sais pas quoi, Aidez Julien Le Guet Aidez-le ! Aidez-le, merde alors ! Voilà, donc on est à 1925, moi je reste bloqué, tant qu’on n’est pas à 2000, on tient l’antenne, voilà. Il ne faut peut-être pas dire ça parce que les gens vont avoir envie de t’entendre pendant des heures et des heures. Bref, pourquoi le RSA a sauté, je ne sais pas bien si j’ai bien compris. Alors, en fait, Julien ne le sait pas.
01:57:18Julien Leguet
C’est une hypothèse et typiquement c’est le genre de truc que je ne vais pas détailler ici.
01:57:22David Dufresne
Oui, bien sûr, bien sûr.
01:57:24Julien Leguet
C’est un petit peu trop du ressort de l’intime et des billes sur lesquelles on n’est pas encore tout à fait au point. La loi, ce qu’on a compris aujourd’hui, c’est qu’on ne peut pas lancer une cagnotte pour payer des amendes à une personne qui en est condamnée. Et il y a quand même ce précédent assez hallucinant de ce flic qui bute Nahel. Et il y a une cagnotte de soutien qui est enclenchée et le gars qui récupère un million d’euros. Et là, pour l’instant, je n’ai vu aucune autorité tiquer là-dessus. Absolument. Il est insupportable et évidemment qu’il faut bien mettre encore les événements au regard des uns des autres. Donc oui, là, je suis dans une situation et ça, je t’avoue que franchement, c’est un truc qui m’est aussi assez insupportable, quoi, des espèces d’organisation d’un Julien Thon, etc. À votre bon cœur, monsieur et dame, ce n’est vraiment pas mon truc. Moi, ça m’embête tout le temps que des sous de la lutte, elles aillent en direction finalement à terme de la Cop de l’eau. Mais n’empêche que là, je suis dans une situation où je dois faire attention.
01:58:39David Dufresne
C’est pour ça qu’on le fait pour toi, parce qu' on comprend bien que tu sois gêné de le faire, et ne sois pas gêné qu’il le fasse pour toi. Justement, quelqu’un demande la Cop de l’eau, c’est quoi comme structure ?
01:58:54Julien Leguet
D’ailleurs, le fait même que moi je reprenne cet appellation-là, c’est déjà une victoire pour eux, donc il faut vraiment qu’on s’en tête à parler de la société anonyme coopérative de l’eau 79, puisque là, pour le coup, ça dit beaucoup plus la réalité de ce qu’a cette structure-là qui est donc une société privée, qui regroupe l’ensemble des irrigants du territoire des Deux-Sèvres et du bassin versant de la Sèvre-Niortaise. Pour conduire la construction des méga bassines sur ce territoire-là. Il y a d’autres structures sur les eaux de bassins versants. C’est à chaque fois un montage juridique un peu différent qui est testé. Et donc là en l’occurrence, c’est une société de droits privés présidée par les plus gros irrigants du territoire et qui monte les dossiers pour aller chercher des subventions, tantôt à l’Europe, tantôt l’Agence de l’eau, tantôt la région ou auprès de l'État. C’est une structure quand même très très particulière parce qu' en fait c’est une structure dans laquelle dès lors que t’es irrigant, tu n’as pas le choix d’y adhérer. D’ailleurs, ça c’est complètement à dénoncer, il y a à peu près 200 fermes irrigantes sur notre territoire et la moitié dont on sait d’avance qu’elles ne bénéficieront pas des bassines. Et néanmoins, l'état leur a dit, ce n’est pas compliqué, si vous voulez néanmoins continuer à puiser dans le milieu, dans les nappes ou dans les rivières avec les volumes qui vous sont attribués, vous devez contribuer à l’effort collectif de mise en place et de financement des bassines et donc voilà ce qu'était cette société coopérative anonyme de l’eau, c’est le pilote des bassines, le porteur des bassine et je profité qu’on est sur ce sujet-là pour annoncer que pour celles et ceux qui n’auraient pas vu l’info, cette société coopérative de l’eau, cette société anonymes, elle est en quasi faillite, elle rencontre aujourd’hui de très grandes difficultés à boucler ses budgets. Notamment du fait qu’avec l’augmentation conséquente du prix d'électricité, la promesse qui avait été fausse irrigant de leur vendre un mètre cube d’eau autour de 20 centimes le mètre cube n’est pas tenue et aujourd’hui l’eau sortie de bassine est plutôt à 35 centimes de mètres cube. Et si c’est des chiffres qui ne nous parlent pas nécessairement, parce que je rappelle qu’en France, quand on est simple citoyenne, citoyen, on va payer le mètre cube d’eau entre 2 euros et 4 euros. Déjà, ça signifie qu’on paye l’eau 10 fois plus chère que ceux qui en sont les plus gros consommateurs. Même à 35 centimes, les volumes d’eau utilisés par ces fermes sont tellement importants que ça impacte largement leur trésorerie. Et que pour les plus fragiles des fermes connectées aux bassines, en fait, ils se retrouvent en situation de rupture de paiement. Il y a un certain nombre de fermes aujourd’hui qui sont adhérentes à la Cop de l’Eau et qui sont poursuivies par la Cop de l’Eau pour payer leurs douloureuses conséquences. Il y des dettes qui s’accumulent de part et d’autre. Et donc, c’est ce qui fait qu'à l’heure actuelle, c’est l’actualité chaude de la lutte bassine en Deux Sèvres, c’est le fait d’empêcher et de lutter pour que le conseil départemental qui a été sollicité par l'État ne soit pas l’organisme public qui vienne mettre un gros morceau de scotch dans les fuites béantes de la COP de l’eau. Il est question aujourd’hui que le conseil départemental rentre dans la gouvernance ou va reprendre la cop de l’eau et ses activités pour à terme en réalité faire en sorte que toutes les pertes et toutes les pertes d’exploitation soient prises en charge par des deniers publics et non plus par les seuls irrigants eux-mêmes.
02:02:31David Dufresne
Mon cher Julien, je te laisse respirer une seconde. Je mets Didier Lallement parce que j’ai une bonne nouvelle.
02:02:37Julien Leguet
Merci.
02:02:42David Dufresne
Voilà, la bonne nouvelle c’est que nous avons franchi les 2000 balles, nous sommes à 2520 balles. Merci Didier. Didier, Didier Lallement non, pas pour rien. Voilà, voilà, alors on continue, allez, allez on va à 3000, allez qui dit mieux ? Allez on va 3000. Écoute, si ça te donne un peu de baume au cœur, c’est bien. Il y a un truc que tu n’as pas dit et qui est quand même extraordinaire, c’est que la veille de ta condamnation, le tribunal administratif a ordonné, si mes infos sont bonnes, la destruction de cinq bassines jugées illégales en Charente-Maritime après 20 ans de contentieux. Je rappelle que la bassine de Sainte-Soline contre laquelle vous vous battez Et on rappelle, parce qu'évidemment, c’est toujours très gênant, tu es visible, mais en réalité, vous êtes des centaines, vous êtes de milliers à vous battre et tu es la face visible, la vitrine légale, on va dire, de la lutte. Et bien, la bassine de Sainte-Soline, elle est désormais elle-même inexploitable puisque sa construction, sauf erreur de ma part, a été jugée illégale. Donc comment, là, on peut faire un peu de politique. Comment tu vis ça ? C’est-à-dire que tu es condamné pour t'être battu contre des bassines qui, en fait, s’avèrent illégales, sont désignées comme illégales par la justice.
02:04:14Julien Leguet
Alors plusieurs choses, en effet il y a une très bonne nouvelle la veille de mon procès puisque devant la cour du tribunal administratif de Poitiers, les cinq bassines dites de la ZAD des Roches, donc c’est des bassines qui ont été construites à partir de 2007 dans le nord-est de la Charente-Maritime au bord du marais Poitevin sur les communes de Cram-Chaban, La Grève-sur-le-Mignon.. Donc, comme tu le disais, ces bassines, elles ont été construites et tout de suite attaquées notamment par une association héroïque qui s’appelle Nature Environnement 17 et très rapidement ça a soulevé le fait que l’exploitation de ces bassines, elles posaient problème, elles n'étaient pas faites dans les clous, les impacts sur les milieux n’avaient pas été mesurés à leur juste valeur et donc c’est ce qui fait que très rapidement ces bassines ont été exploitées illégalement. Soit avec des passe droits accordés par l’État qui ne faisaient même pas les contrôles de vérifier si elles étaient remplies ou pas, soit des préfets qui au coup par coup allaient accorder des dérogations. Et donc on est dans une nouvelle étape sur ces bassines qui sont classées illégales depuis un moment. À tel point qu’en novembre 2021, quand le chantier de bassine à Mosée avait commencé, il y avait eu une manif où on est allé vers une bassine de Cram-Chaban, celle-ci avait été débâchée collectivement. Et là pour le coup, les suites juridiques de cette action de débâche collective d’une bassine illégale, elles n’avaient donné qu’une peine attribuée à Nicolas Giraud, qui était président ou porte-parole de la Confédération Paysanne Nationale qui s'était vu condamné à payer un euro symbolique et puis tu rappelles l’illégalité de la bassine de Sainte-Soline, cette illégalités elle est l’essuie d’une décision de la Cour d’appel administrative de Bordeaux du 18 décembre 2024 où le tribunal a considéré que concernant l’outarde un peu tiers qui c’est un oiseau emblématique de nos territoires et de la lutte. Et qui est présent sur Sainte-Soline n’avait pas été pris en compte alors qu’on est sur une espèce qui est largement en voie de disparition et qui fait l’objet d’un plan national d’action, de sauvegarde, et que les options études d’impact et mesures compensatoires n'étaient pas optionnelles, elles devaient faire partie intégrante du dossier. Et là encore, la société anonyme de l’eau était défaillante. Mais effrayante, dans les deux dossiers que je cite là, en réalité, c’est l'État et le service de l'État qui sont défaillants. C’est qu’ils ont des instructions, il y a des manières de faire ces dossiers, et ils accordent par incompétence ou par complicité des passes droit qui font que les irrigants s’enferment dans ces projets-là et que rétroactivement, il y a tout un tas de ces projets qui sont illégaux. Et je t’avoue que là dans tous les procès que je subis et que j’ai à subir, je pensais que cet élément majeur qui fait qu’on emprunte à des ouvrages illégaux devrait rentrer dans la décision. Je t’avoue qu’avant cette flopée de procès, on aura peut-être l’occasion d'évoquer ma tournée quasi internationale des tribunaux de France d’ici la fin de l'émission. J’ai trois procès qui m’attendent.
02:07:32David Dufresne
Alors, le 21 mai à Paris, tu as un procès pour diffamation suite à la plainte de l’ex-préfète de chez toi Emmanuelle Dubée. Elle te reproche de l’avoir qualifié publiquement d’assassin, le 30 mars 2023 quelques jours après Sainte-Soline, alors que deux manifestants étaient entre la vie et la mort, qui étaient dans le coma. On en a reçu un. Il n’y a pas très longtemps, puisqu’on est venu à Melle.
02:08:05Julien Leguet
Serge et Mika, oui.
02:08:06David Dufresne
Serge et Mika, voilà, on a reçu Mika quand nous sommes venus vous voir à Melle l’autre jour. Donc ça, c’est le 21 mai procès en diffamation, c’est bien ça ?
02:08:18Julien Leguet
Oui tout à fait, et là je passerai je crois à 14 heures et d’ores et déjà il y a un certain nombre d’organisations alliées, camarades qui ont relégué un appel à rassemblement dès midi devant le tribunal, le très grand tribunal en forme d’escalier de Paris, le tribunal qui est porte de cliché, donc oui le résumé des affaires il est celui là et là concrètement je défendrai le fait que ce jour-là, j’ai pu qualifier cette préfète avec ces termes-là. Je suis toujours profondément choqué, je ne suis pas le seul largement à ce qu’ont été les conditions du maintien de l’ordre, mais le terme est vraiment tellement inadéquat. Et les armes qui ont été utilisées à Sainte-Soline 2 et leurs conséquences dans la caboche pour les dizaines de milliers de personnes qui étaient présents ou qui ont eu vent de cet événement. Donc j’expliquerai pourquoi au titre de la libre expression, au titre du combat politique il est juste de pouvoir utiliser ce genre de termes. Et donc ça c’est le 21 mai et puis ça va se poursuivre le 27 mai, retour à Poitiers. Et là c’est le jugement pour l’organisation de la manif de Sainte-Soline 2 et je vais comparaître aux côtés de Nicolas Giraud, déjà mentionné, et également de cet autre camarade de la Confédération Paysanne des Deux Sèvres, Benoît Jonet, et puis également je comparaitrai avec Benoît Feuillu l’un des porte-parole des soulèvements de la Terre. En premier instant sur cette affaire-là, moi j’ai pris 6 mois sur 6, Benoît Feuillu a pris 3 mois. Puis ensuite les camarades de la conf ont pris des amendes et on est un certain nombre également à avoir été pénalisés par des interdictions de territoire soit pour Sainte-Soline et Mosée pour ma part soit pour l’ensemble du département des Deux-Sèvres pour Nicolas Giraud et Benoît Feuillu. Et si on veut être complet sur cette tournée
02:10:30David Dufresne
le 29 juin.
Julien Leguet [
02 :10 :32] Je serai à nouveau devant la cour d’appel de Poitiers concernant toujours ce tag du 1er mai où là je viens d'être acquitté parce que pour la dégradation la juge de Poitiers a considéré que comme le juge il n’y avait pas d'élément suffisamment probant pour m’appuyer l'écriture de ce tag et du coup je suis poursuivi en appel pour la diffamation que représentait le message. En tout cas pour laquelle le juge a considéré que ça représentait de la diffamation. Et là c’est le colonel Vestieu qui était le numéro un de la gendarmerie qui me poursuit pour diffamation et là encore j’avais été relaxé en première instance pour ces faits de diffamation
02:11:19David Dufresne
Le tag pour Serge et les deux cents blessés de Sainte-Soline, Dubée, Vestieu et Darmanin en prison. Tu avais effectivement obtenu la relaxe, mais alors, il y a quelque chose que je ne m’explique pas, c’est que normalement la justice ne juge pas deux fois pour le même fait. Est-ce que c’est parce que là c’est quelqu’un d’autre qui porte plainte que tu as un nouveau jugement ou pas ?
02:11:47Julien Leguet
Sur ce fait là, sur ce tag-là, de toute façon c’est ubuesque c'était ubuesque à la base. C’est déjà ubuesque qu’un procureur daigne mettre le nez dans ce type de plainte, quand tu sais que le tag en question, il était réalisé à la craie pulvérisée, la craie de chantier, que ça part à la première pluie, et d’ailleurs deux heures après sa réalisation, le tag était enlevé. Donc là on peut se poser vraiment la question de la pertinence de M. Vestieu à donner de telles suites puisque finalement grâce à sa plainte, son nom est maintenant connu de centaines de personnes qui savent le rôle qu’il a joué, il était bien à la manœuvre, il est bien de ceux qui ont fait des choix stratégiques, politiques, qui ont sollicité les instances nationales pour dire ben là il nous faut tel et tel matos, il nous fallait tant d’escadrons, il nous fallait tant de canons à eau, enfin c’est eux qui ont fait la liste au Père Noël. J’imagine, pour le coup, je ne suis pas dans la céréale et je n'étais pas au poste de commandement, et donc je ne sais pas préciser les responsabilités des unes et des autres, qui est du ressort de l’opération ou en tout cas de l’application, qui est impliquée dans les décisions stratégiques. Moi, j’aimerais beaucoup que dans les années qui viennent, ces personnes-là soient en effet convoquées, et quand tu vois la violence des images et le nombre de procédures illégales de tirs tendus que tu te rends compte également que ces tirs tendus ils sont donnés, ils sont sur ordre, on entend des gradés, proférer des tendus enfin je crois qu’on est nombreux à avoir vu les images.
02:13:26David Dufresne
Bien sûr.
02:13:27Julien Leguet
Je veux te dire qu'à l’heure actuelle, il y a bien cette enquête administrative et cette enquête qui a été relancée suite à finalement au classement sans suite de la plainte émise par les neuf camarades grièvement blessés à Sainte-Soline et leurs proches, donc il y a une nouvelle enquête qui est ouverte. Mais oui, là encore, on parlait de deux poids, deux mesures. Et c’est vrai que moi, c’est ce que je trouve fondamentalement gravissime aujourd’hui, ce qui se passe dans ces affaires-là, c' c est que quand il est question de vie humaine et d’atteinte aux vies humaines, ben là, le justice, elle est très lente, voire elle est tétanisée. Elle ne fait pas son boulot, en tout cas, elle n’est pas interpellée pour faire ce boulot et en l’occurrence sur des faits de dégradation. Et puis il y a encore des dégradations vraisemblablement mineures. Les 123 grilles, c’est la Cop de l’eau qui dit qu’elles ont été dégradées. Dans quelle mesure la réparation, ça n’a pas été simplement de les remettre debout une fois qu’on est parti. Donc oui, cette différence de traitement, elle est insupportable et je pense que c'était un des éléments forts qui fait que je sens depuis le verdict de mercredi un soutien. Je reçois énormément de messages de soutien d’un peu partout en France, de nombreuses organisations, parce que c’est juste un signe d’enlisement que notre société est en train d’opérer aujourd’hui, très clairement.
02:14:59David Dufresne
Mon cher Julien, merci beaucoup d’avoir pris le temps de venir. Petit breaking news, on le fait à la BFM. Je crois que nous sommes à 2000, enfin vous êtes, ils sont à 2750 balles collectées. Incroyable. Voilà, merci à tous, le panier moyen est à 54 euros et le plus élevé est à 500 balles, bravo ! Voilà, et c’est organisé par Florence, que je remercie, et Esther. Voilà, il y a deux cagnottes, il y a celle-ci pour aider directement Julien et puis il y en a celle pour aider la cause, plus généralement par Bassines non-merci, voilà.
02:15:41Julien Leguet
Et peut-être David avant qu’on se quitte, il y a quand même un élément heureux, si je peux le dire, je ne pense pas que ce soit, mais tu as raison, là je commence, d’ailleurs c’est le piège parce que quand on me donne ces peines-là, c' est clair que l’objectif politique c’est de me réduire au silence et que par ce biais-là, de la même manière que la violence policière à Sainte-Soline, C’est dans l’espoir qu’en fait ça nous a vacciné à vie. Le fait de continuer à s’exprimer, à manifester, etc. Et donc, le lendemain de mon verdict, le premier message que j’ouvre en ouvrant mon téléphone, c’est une journaliste d’Ici Poitou qui me demande si je connais l’amicale des débâcheurs du Poitou Charente, qui venaient de revendiquer et d’envoyer à un certain nombre de médias. Un communiqué de revendication du débâchage de deux bassines en Poitou-Charente. Une bassine qui ne se situe pas très loin de Melle, qui se situait à Lusseray et qui a été construite en 2009. C’est une bassine portée par une organisation, une société d'économie mixte qui s’appelle la CAEDS, c’est la compagnie d’aménagement de l’eau des Deux Sèvres. Et là pour le coup c’est une société d'économie mixte dans laquelle le département a déjà 65 % départ et qui exploite cinq bassines, et bien cette bassine de Lusseray a été mise hors d'état de nuire et cette bassine de Lusseray en 2017 elle nous avait déjà très fortement alerté, pour nous elle avait symbolisé justement l’impact des bassines puisque lors de son premier remplissage alors qu’on était en période de pluviométrie importante, son remplissages avait généré la sécheresse hivernale du petit ruisseau qui passait à proximité, qui est un affluent de la Boutonne. Donc tous ces guignols qui disent que les bassines, leur remplissage n’a pas d’impact parce qu’ils prennent l’eau entre eau, l’eau qui part à la mer, etc. Bah déjà, l’eau qui part la mer c’est pas de l’eau gaspillée, c’est de l’eau qui rentre dans le cycle de l’eau et qui va être profitable notamment à tous les gens qui travaillent au bord de la mer qui font de la mytiliculture, de l ostréiculture. C’est évidemment profitable à toute la faune et la flore qui vont avoir besoin d’apporter d’autres qualités. Pour que le milieu fonctionne correctement, des camarades ont ciblé cette bassine et l’autre bassine qui a été détruite dans la même vague et je rappelle que c’est la 24e et 25 e bassine qui sont mises hors d'état de nuire. Cette fois-ci c' est une bassine qui appartient à Pampr’oeuf qui est une entreprise qui fait des poules industrielles, qui fait la production d'œufs industriels. Et cette structure bénéficie déjà aujourd’hui de trois bassines et cette même structure a un projet d’extension de son poulailler pour un poulailler de 150 000 poules donc des poules qui seraient nourries aux maïs qui pousserait avec l’arrosage des bassines et je trouve que ces dégradations tombent le lendemain de mon jugement même si le communiqué ne stipule pas, je ne sais même pas si les gens qui ont fait ça avaient en tête cet agent judiciaire, elle montre bien que vous pouvez couper une tête, ce n’est pas ça qui empêchera le mouvement d'être très fort, ce n’est pas ce qui empêchera que des gens résistent en commettant ce type d’acte de résistance, et voire même, moi c’est vraiment mon analyse, c'était que plus je suis opprimé, plus l'État est violent vis-à-vis des manifestants qui luttent pour le bien commun, et plus en réaction, et je trouve que c’est une réaction salvatrice, il y a des dizaines de milliers de personnes qui s’offusquent de cette situation, et ça montre un petit peu l’inadéquation et l’inefficacité de leur dispositif.
02:19:56David Dufresne
Merci Julien, ta parole est forte, te dis le tchat. Total soutien à Julien Leguet, on est bien d’accord les uns et les autres qu'à travers Julien, c’est toute la lutte. Merci Mediapart pour les images d’ailleurs, il y avait aussi Libération, qui avait sorti les images et les paroles des gendarmes mobiles qui étaient à l'œuvre lors de Sainte Soline 2. Ah oui, quelqu’un te demande, mais là c'était plus pour te remercier de la destruction morale pour Julien et du temps de lutte en moins, pour l’exemple. Force à toi, Julien, et merci. Voilà, il y a beaucoup de mots d’encouragement. La répression n’empêchera pas la lutte. Force à moi, Julien, merci, force à vous. Dernière question, est-ce que vous allez aller en cassation, ou c’est trop tôt pour le dire ?
02:20:48Julien Leguet
C’est trop tôt pour le dire, mais je peux néanmoins te faire un petit peu des réflexions qu’on se pose autour de ça, parce que c’est une manière assez générale sur ce type d’affaires. J’ai tendance à vouloir aller en cassation systématiquement. Ne serait-ce que parce que la porte d’entrée est obligatoire, si on veut solliciter les instances européennes, la Cour européenne des droits de l’État, et que très concrètement… Il faut avoir épuisé tout recours
02:21:17David Dufresne
Il faut avoir épuisé tous les recours en France.
02:21:21Julien Leguet
Et donc c’est ce qui fait que sur la décision qui était tombée au mois de mars sur l’organisation de Sainte-Soline 1, où pour le coup j’ai écopé 3 mois de prison avec sursis, on est 3 des 4 co-inculpés à aller en cassation. Et je ne présage pas de la décision de Sainte Soline 2, mais certainement aussi elle était du même acabit. Et je crains qu’elle soit du même acabit, on suivra cette même logique. Là, je t’avoue que sur une peine qui est exécutoire, sur le fait que les six mois, en fait, je vais les faire, les six mois chez moi. Et la cassation, ce n’est évidemment pas avant un an. Donc, qu’est-ce que je vais gagner à la faire, à aller en cassation ? La peine, j’aurais subie et là encore, un des facteurs limitants, c’est les pépettes d’aller en cassation, c’est de 4 à 8 000 euros, parfois jusqu'à 10 000 euros pour avoir des avocats spécialisés. Moi, comme j’ai dit tout à l’heure, l’argent de la lutte qui aille dans ces trucs-là, ça me chiffonne quand même tout le temps. Bien sûr. Et ce que je vais explorer avec mon avocat justement, c’est que j’avais déjà lu qu’il y avait quelques exceptions et on pouvait aller en CEDH, parfois en faisant l’impasse sur l'étape cassation, donc si c’est la voie, s’il y a des voies qui vont dans ce sens-là, la cassation. Je pense que je m'économiserai sur ce coup-là. Et puis, si ce n’est pas le cas, ben en effet, il faut encore qu’on discute avec les camarades qui m’entourent sur le plan de la légale pour qu’on prenne ce choix stratégique là, quoi, voilà. Et puisque tu me file un peu la parole, J’ai envie de paraphraser Daniel Balavoine, non je ne suis pas un héros et j’aimerais aussi qu’avec les camarades on fasse gaffe à ces appellations là en fait.
02:23:23David Dufresne
Bien sûr, bien sûr.
02:23:25Julien Leguet
Citoyen parmi les autres, il se trouve que je suis à une place un peu stratégique en effet de porte-parole et je l’assume et je sais en l’apprenant ce à quoi ça expose, mais l’héroïsation etc. C’est un truc dont il faut se méfier de la même manière que, et c'était un petit peu le piège avec tous ces recours, évidemment que ça renforce de la personnification de la lutte et fort heureusement que notre lutte ne tient pas à quelques individus, au contraire et puis ce n’est pas plus courageux de porter la parole et de s’exposer comme je le fais, et ce n'était pas plus vertueux où il n’y a pas de hiérarchie dans les postes qu’on occupe, que d'être ceux qui m’accompagnent dans le soin, ou qui accompagnent les victimes des violences policières dans le soin, ou que les camarades qui sont dans les légale team, etc. D’autant qu’aujourd’hui, on se rend bien compte quand même. Que les poursuites juridiques, elles sont susceptibles de toucher tout le monde. On a des copains qui ont été convoqués parce qu’ils étaient partis de la cantine. On a les copains qui ont été suivis avec des balises GPS parce qu’il brassait du matériel pour faire une installation de village et de campement. Donc, voilà, il faut juste qu’on ait cette vigilance-là. Oui, je suis exposé, oui, en ce moment, c’est moi qui morfle. Mais non, je ne suis pas un héros. Je suis juste un humain qui se bat pour le vivant, mais je sais que fort heureusement on est des dizaines de milliers à se battre pour ça.
02:24:51David Dufresne
Absolument, mon cher Julien, mais de là, à citer devant moi Daniel Balavoine, là, il y a un vrai problème, là tu t’exposes, là c’est grave, c’est grave ce que vous voulez faire. La prochaine fois, je te vois près de Michel Sardou. Oh purée, ce n’est pas possible, c’est pas possible. Bon allez, bon courage, merci beaucoup, beaucoup, bon courage à toi, bonjour aux Mellois et aux Melloises, autour de toi, ce petit café là, je ne sais pas si on peut dire son nom, tellement sympathique.
02:25:22Julien Leguet
Café du boulevard…
02:25:25David Dufresne
Comment vous l’appelez ? Le boulevard d’ailleurs, comment vous l’appelez le boulevard ? Voilà, qui est super le boulevard, c’est ça, c’est super. Tous les héros ne portent pas de cap, absolument. Merci beaucoup Julien, bon courage à toi et tu es le bienvenu. Tu reviens quand tu veux, on peut refaire une émission en bonne et due forme, mais Daniel Balavoine, t’oublies. S’il te plait ! Bonne journée à toi, bon courage !
02:25:52Julien Leguet
Salut à tous un grand merci.
02:25:55David Dufresne
Merci beaucoup. Voilà, camarade, ça fait plaisir. Allez, je n’ai pas voulu l’embêter, mais on est à 2865 euros. C’est quand même bien. Attends, je vérifie si ce n’est pas un peu plus même. Non c’est ça, 2065 euros, ah ben il nous fait un cœur là, il est en régie, il fait un cœur comme ça, voilà. Mais moi je n’ai pas la référence sur Balavoine. Alors, on ne va pas commencer un débat sur Balavoine, s’il vous plaît. Balavoine, un problème ? Ah oui, ça oui. Je crois que Nora Bouazzouni sera bientôt là, me semble-t-il. Ah non, ce n’est pas Nora, c’est Hélène Assekour recevra, je crois, les auteurs des Assoiffeurs. le livre, je vois que Julien hoche la tête, livre qui a l’air passionnant sur la question de l’eau, la bataille de l’eau, je rappelle que derrière l’eau il y a la vie, c’est très simple, sans eau il n’y a pas de vie. Donc quand on se bat pour une meilleure gestion de l’eau, pour une gestion équitable de l’eau, on se bat quand même pour l’essence même de la vie. D’où l’importance du travail, de la lutte de Bassine-Non-Merci et la raison de la présence de Julien avec nous. Alors, il est 9h21. En règle générale, on arrête la matinale à 9h. Mais aujourd’hui, nos deux comparutions ont été longues, donc je voudrais quand même terminer la matinée avec la météo des luttes. Comment on appelle ça ? D’ici Londres, les nouvelles des fachos et un petit peu de radio police. Donc, restez là. Là, on va faire quoi ? On va faire la météo des luttes. Je vais me faire un petit café. Attention, j’envoie le jingle.
02:28:21Audio
Et si je meurs, je suis un partisan ou je m’en fous
02:29:19David Dufresne
Voilà, c’est la météo des luttes. Alors attends la vidéo ? Attends, attends, attends. Attends là, la météo des luttes. Pourquoi je n’ai pas l’image ? Bougez pas, bougez. Je sais pourquoi. Ça y est, j’ai la carte. Tandis que la cafetière arrête son petit bruit, c’est la météo des luttes tendance. Cette semaine, Toulouse concentre trois rendez-vous, militants en milieu de semaine, Iran, économie sociale et solidaire réemploi, avant que le week-end ne vire pride et anti-répressions avec le festival Matraque dans l’Anjou en point d’orgue. Surveiller jusqu’au 6 juin, la pride des banlieues à la Courneuve. On démarre aujourd’hui même le 11 mai à Châtellerault, la confédération paysanne de la Vienne invite agriculteurs et citoyens à débattre autour du film la guerre des prix. Sous pression constante à la baisse des prix, peut-on encore vivre dignement de son travail, maintenir et transmettre ses fermes, proposer une alimentation de qualité. Un débat qui relie les enjeux syndicaux agricoles, pouvoir d’achat et souveraineté alimentaire. Ça se passe à Châtellerault, aujourd’hui même. Attends, attends, à Châtellerault c’est pas loin de Poitiers, c’est au nord de Poitiers, ici, attends. Ouais, c’est là, voilà ensuite, à Toulouse, mardi, demain, mardi 12 mai à Toulouse, l'économie sociale et solidaire sauvera-t-elle le mot ? Débat public sur l'Économie Sociale et Solidaire, appelé également ESS, alternative crédible ou amortisseur du capitalisme, format réunion publique dans une ville où les coopératives et structures militantes foisonnent. À Morgues dans le Cher, le 13 mai. Club de lecture militant rencontre, mensuel d'éducation populaire en milieu rural dans le Berry. Format simple, ancré dans le territoire. À Toulouse à nouveau, on retourne à Toulouse, je vais dézoomer la carte. On retourne à Toulouse hop, ici, la bonne ville de Toulouse. Alors là, il y a plein d'événements. Donc le 13 mai à 19h, cantine et projection, soutien au collectif Roja, c’est en Iran, c'était à 19 heures, cantines prix libre, à 21 heures le film Un simple accident, magnifique film de Jafar Panahi, le collectif Roja est féministe, anticapitaliste, iranien, kurde, afghan, basé à Paris, contexte, insurrection de décembre 2025 réprimée dans le sang, 30 000 tués estimés puis guerre israélo-américaine depuis le 28 février 2026 qui renforce paradoxalement le régime. 3646 détentions, exécution qui continue. Femme vie liberté, ni Shah, ni Mollah. Crèvent tous les états le 13 mai à 19h à Toulouse. A Toulouse le même jour, 6ème édition de la fête du réemploi, la fête de la récup, ateliers pratiques, échanges, convivialités militantes autour de l'économie circulaire. Restez avec nous parce qu’on va tout à l’heure parler aussi d’Auposte et des suites à donner dans le Lot. Alors le lot, c’est ici. Acier dans le Lot. Le festival planté là, ce sont les 10 ans. Festival de cirque contemporain planté en territoire rural lotois depuis une décennie. Programmation exigeante, dans des espaces non dédiés, 50 bénévoles, rencontre artistes habitants, un pari culturel et territorial tenu. La France qui lutte, c’est la France Déter elle est aussi à Lille. Le vendredi 15 mai, la moulinette soirée stand-up antifasciste collectif broie avec Colin, Moana, Rumi Pinata, Wahwam, Akshar, Yass et Guillaume Boissy. Arrivez tôt pour les places, bar, végé frites sur réservation, soutien au chapeau, prévoir des espèces. S’il vous plaît pas de carte bancaire. Dans le 49, ici à Juvardeil, vendredi, de vendredi à dimanche, Festival Matraque. Festival anti-répression, c’est sur la base de loisirs de 2001. Trois jours de concert, deux tables rondes, deux prises de parole en soutien aux victimes de violences policières, une cinquantaine d’artistes, cantines prix libres, camping, entrées libres… Bon, avec un petit tarif indicatif à 15 balles. Voilà, c’est le Matraque Festival et l’excédent ira à la caisse de solidarité. Alors ensuite, génial cette météo des luttes. Merci beaucoup pour cette petite remarque dans le tchat. Alors c’est très important parce que moi je vais chercher les infos tout seul comme un grand le samedi. Et le dimanche, généralement, j’essaie de geler le samedi en fin de journée pour pouvoir vous la présenter le lundi. Mais soyez sympa, aidez-nous. On a un formulaire, vous remplissez, c’est anonyme. Vous remplissez. Ce qui est très important, c’est de mettre un lien pour qu’on puisse aller vérifier les informations. Pour nous aider à vous proposer le plus de choses possibles. La Roche sur Yon samedi, place Napoléon, Marche des Fiertés, LGBTQIA+, de Vendée. Alors évidemment, ce jour-là, le 16 mai, il y en a un peu partout en France. J’ai pris la Roche sur Yon tout à fait par hasard, hop, la météo des luttes, c’est ici. La Roche-sur-Yon, ici. Voilà. Village associatif dès 10 h organisé par le centre LGBTQIA+ de Vendée, sous le signe de la lutte contre les LGBTphobies, notamment, euh, ben ça, je sais pas ce que c’est, bref, il y a Sud, éducation, il y a Solidaire dans le cortège, Drag Show, Concert Graffiti, After, à l’abri 19h30. Paris opère la chaise, mais là c' est plus tard, mais comme les parisiens faut toujours les prévenir à l’avance que ces gens-là ils sont indécrottables, Je vous préviens, le 30 mai, on vous attend à la place des Fêtes, dans le 20e arrondissement, au métro Place des Fêtes. Pourquoi ? Car il y a la montée au mur des Fédérés, comme chaque année, à 11h, cortège vers 14h30, jusqu’au cimetière du Père Lachaise, allocution devant le mur, organisée par les amis de la Commune de Paris. La Commune n’est pas morte ! Montée au Mur des Fédérés le 30. Enfin, le samedi 6 juin, la pride des banlieues démarre, alors là aussi il y a une cagnotte, la pride des banlieues, marche des fiertés LGBTQIA+, ancrée dans les quartiers populaires, défend les droits des personnes LGBTQIA+. Issus des banlieues, là où la double discrimination sociale et homophobe frappe le plus fort, rendez-vous annuel militant, merci aux camarades qui a signalé cette petite manifestation, qui aura donc lieu à la Courneuve le samedi 6 juin. Voilà, quand dites-vous chers amis ?
02:36:55Audio
Je suis arrivé, j’ai fait le cacou là comme ça, jai rationalisé, mutualisé, supprimé, bon, alors on a fait ce qu’on a pu. Visiblement la police de projection que j’avais proposé, bah ça ne vaut pas un clou, ça fait monter les tensions dans le pays, ça aide pas à lutter contre la délinquance. Alors c’est sûr que électoralement ça fait voter à droite.
02:37:18David Dufresne
Que pensez-vous de cette petite matinale ? Les amis, n’oubliez pas que nous avons besoin de votre soutien. Et votre soutient, ça peut être de partager les émissions, ça peut-être de venir sur le Discord, et bien sûr, ça peut être sonnant et trébuchant en vous abonnant sur le site Auposte en lâchant des subs. Mais vraiment le mieux, le mieux c’est au poste point média. Qu’est ce que vous voulez ? Vous voulez Radiopolice ou vous voulez Ici Londres ? Vous voulez la police ou les fachos ? Ne me dites pas que ce sont les mêmes. Vous avez trop mauvais esprit ici. Qu' est ce que vous voulez ? Trop bien comme toujours la matinale, merci beaucoup, les deux, nous dit Jimmy Fox, les keufs, nous dit Marine Merci pour cette matinale, merci Le Gueuloir, je t’en prie, je t’en prie, c’est un plaisir, si, si. Alors là, on part sur les trois heures. Vous savez que sur France Inter, pour une matinale de trois heures, ils sont 100, je sais pas, je ne sais pas comment on fait, nous. Bref, alors, les keufs, les keufs. Attends, on va déjà trouver le petit jingle. Attends, une seconde, où est-ce qu’il est le jingle des keufs ?
02:38:41Audio
Assurez-vous madame Bourdelle c’est français, c’est la police française.
02:38:51David Dufresne
Alors, petite décision du Conseil d'État qui date de la semaine dernière. Identification, un petit peu plus que la semaine dernière, pardon, qui date du 29 avril 2026. Identification individuelle des policiers et des gendarmes. Le Conseil de l'État en juin demande au ministre de l’Intérieur d’achever, avant la fin de l’année, tu m’entends Nuñez ? Avant la fin d’année, la mise en œuvre des mesures engagées. Saisi par deux associations, le Conseil d’État enjoint aujourd’hui le ministre de l’Intérieur de mettre en œuvre sans délai toutes les mesures annoncées pour garantir que le numéro d’identification individuelle, le fameux RIO, soit effectivement porté par les gendarmes et les policiers. Le mot important c’est effectivement, effectivement portée. Il lui enjoint également de commander et distribuer les nouveaux équipements sur lequel le numéro d’identification est écrit avec des caractères plus grands plus lisible avant le 31 décembre 2026. Voici donc une information du Conseil d'État que vous n’avez pas dû entendre beaucoup, donc vous n’avez pas dû entendre beaucoup parler. Les policiers et les gendarmes sont tenus au respect d’une obligation d’identification individuelle en application du Code de la sécurité intérieure. Cette obligation se traduit par le port d’un numéro d’identification à ce chiffre inscrit sur un bandeau affiché sur l’uniforme appelé RIO pour les policiers. En octobre 2023, saisie notamment par la Ligue des droits de l’homme, le Conseil d’État, statuant en assemblée, constate que cette obligation était insuffisamment respectée par les policiers et les gendarmes et avait enjoué en ministre de l’Intérieur, d’une part, de prendre les mesures nécessaires pour en assurer le respect et d’autre part de modifier les caractéristiques de l’identifiant individuel pour le rendre plus visible. Saisis cette fois pour se prononcer sur l’exécution de cette décision en 2023, le Conseil d'État juge aujourd’hui que si les mesures envisagées par le gouvernement sont de nature à répondre à l’injonction prononcée, il reste nécessaire d’assurer leur mise en œuvre effective. C’est à retrouver sur le site du Conseil d'État une décision de la fin avril 2026.
02:41:13Audio
– Un autre café ? – Oui. Cette fois, non, je peux en avoir un café, cette fois.
02:41:22David Dufresne
Pendant ce temps, Laurent Nuñez, nous apprend le monde dans un article publié le 5 mai, défend son projet de loi Riposte. Alors je n’aime pas trop ce nom. Riposte Auposte ça peut distraire les esprits distraits devant une commission des lois du Sénat perplexe, plusieurs sénateurs de droite comme de gauche se seront interrogés mardi dernier sur la viabilité juridique et la cohérence de certaines propositions de ce texte, visant à répondre à une série hétérogène de questions de sécurité qui devrait être examinée par le Parlement avant la fin du mois de mai. Parmi les mesures, il y a effectivement un certain nombre de choses. Il y a notamment la répression contre les consommateurs de protoxyde d’azote. Il y a également la répression contre les organisateurs des rassemblements musicaux illégaux. Il y a le recours à la vidéo surveillance algorithmique, etc. Il y a l’extension des contrôles dans une bande de 40 km près des frontières, sans réquisition de l’autorité judiciaire. Bon bref, un millefeuille sécuritaire. Et au Sénat, on a dit à Laurent Nuñez, on est perplexe. Lolo, on est perplexe, c’est un peu le bordel, ton projet de loi. Nous verrons ce qu’en dira l’Assemblée dans quelques semaines. On essaiera de suivre ça de près.
02:43:09Audio
C’est parce qu’il me retient de lui foutre la bécane dans la gueule. Le règlement Belmond, tout simplement le règlement.
02:43:18David Dufresne
Alors, avant de vous faire la revue de presse, spécial fasco, je vous donne les convocations de la semaine et je peux vous dire qu’il y a du lourd, il y a de gros puisque tout à l’heure à 18h j’aurai le bonheur de recevoir Tristan Cabello qui est un universitaire franco-américain qui a publié un livre sur.. mince tout d’un coup son m'échappe merde je veux pas me tromper Voilà Zohran Mamdani qui est donc ce jeune socialiste, c’est comme ça qu’il s’annonce, de 34 ans qui a été élu maire de New York et nous allons voir avec Tristan comment cette élection pourrait être un laboratoire pour la gauche, comment la gauche a pris New York. Alors parfois, Tristan a un peu tendance à prendre ses rêves pour des réalités. On verra avec lui si c’est tout à fait transposable. En tout cas, il y a beaucoup d’enseignements à tirer de la campagne en question. Ce sera tout à l’heure à 18h, en duplex, depuis New York, avec Tristan. C’est pour tout à 18h. Demain, c’est le grand début de Nayan, maintenant je peux dire son nom, Chowdhury, Nayan qui sera donc animateur, agitateur d’Auposte pour une nouvelle émission, un nouveau rendez-vous, un rendez- vous culturel, un rendez-vous cinéma, puisqu’il va animer Silence Plato ce sera tous les mois, une émission par mois par Nayan il reçoit demain matin Mathieu Combe qui est doctorant. Autour du cinéma italien, 40 ans de cinéma politique face au pouvoir, c’est demain matin à 9h, venez, venez encourager le sémillant Nayan. À 18h, mardi, extrême droite, déclaration de guerre culturelle, nous serons avec trois invités qui auront beaucoup de choses à nous apprendre. Alors il y a d’abord Vincent, donc c’est sûr la question de comment l’extrême droite mène sa bataille culturelle dont on vous parle un peu partout. Mais là on va vraiment rentrer dans les détails. Alors il aura Vincent Moisselin, il est membre du Conseil économique social et environnemental. Il représente également plus de 400 structures culturelles en France et il va nous expliquer comment l’extrême droite est en train de s’immiscer dans les décisions des collectivités locales notamment, mais pas seulement, aussi dans les théâtres privés, etc. Lui, il va venir nous parler, Vincent, surtout du spectacle vivant. Nous serons aussi avec Sophie Noël, elle a étudié, elle est sociologue, elle a étudié depuis une vingtaine d’années, le monde de l'édition, et notamment le monde de l'édition indépendante, avec elle, nous parlerons de la bataille du livre. Enfin, Alexis Lévrier, historien des médias, nous fait le bonheur et le plaisir de venir demain pour parler de la bataille autour des médias, un Extrêmorama de haute facture. Demain à 18 heures, demain, demain mardi à 18h. Mercredi, je vous en parlais tout à l’heure, Michel Feher vient pour son livre « Redevenir juif », avec une thèse qui dérange, avec un livre remarquable que j’ai là dans ma besace, que je vais terminer de lire. Comme toujours, nous lisons intégralement les livres de nos invités et vraiment, je vous assure, venez mercredi matin à 9h, écoutez bien ce philosophe. Alors lui, c’est un vrai philosophe, ce n’est pas comme d’autres là qu’on voit un peu partout, lui, c’est un vrai, c’est un vrai philosophe. C’est vraiment puissant, puissant. On le reçoit mercredi matin et mercredi à 18 heures. Michael Pauron de la Maison Afrique 21 recevra Jean-Jacques Lumumba lanceur d’alerte, s’il en est, contre la corruption en Afrique. Il a été dirigeant dans le plus grand établissement bancaire de la République démocratique du Congo, de 2012 à 2016. Il est aujourd’hui l’un des lanceurs d’alerte les plus connus du continent africain. Jean-Jacques Lumumba, qui est également le petit neveu du grand Patrice Lumumba qui avait été assassiné. Et ça, c’est mercredi à 18h. Ben voilà, ben ça c’est au poste. Franchement, qu’est-ce que vous dites de ça ? Qu’est-ce que vous dîtes de ce programme ? Alors, je vous le rappelle, si vous n'étiez pas là à 7 heures du matin, ce mois-ci, vos abonnements comptent double, car ce mois-ci, c’est le moment où on fait notre déclaration de demande d’aide à la presse au nom du pluralisme de la presse, et comme je l’expliquais ce matin, les abonnés, les aides sont indexées au nombre d’abonnés. Voilà, l’année dernière nous n’avions pas d’abonnés, nous n’avions que des donateurs, donc nous n 'avions pas eu de bonification à l’aide à la presse. Cette année, grâce à vous, grâce à ceux qui s’abonnent sur auposte.media, et bien, on va avoir accès à ce petit bonus et on ne va pas dire non, on ne va pas dire non. Donc voilà, n’hésitez pas, si vous pouvez, à vous abonner, même à prendre un petit abonnement. On en a besoin et je vous dis ce mois-ci, ça compte d’une certaine manière, ça compte double pour nous. Hop hop hop hop, au pas de course, au pas de courses, on y va on y est, on est là, allez hop. Au poste festival, Mediapart et Nostre mar, au poste sera le 6 juin au festival Mediapart au Fort d’Aubervilliers, alors attention, cette année vu l’affluence qu’il y a au festival, il est toujours gratuit, mais il est sur inscription. Donc n’hésitez pas à vous inscrire et comme chaque année, Mediapart à la gentillesse d’offrir un petit espace aux médias indépendants, dont au poste, et nous y serons, ce sera le 6 juin et le 11 nous serons à Perpignan, au poste partout, dans le cadre du festival Nostre mar. Alors, pour deux raisons, la première, une conférence, débat, liberté d’informer, un combat démocratique avec l’ami Mathieu Mollard de StreetPress et Maïté Thorez du média perpignanais Made in Perpignan, et le deuxième, c’est parce que je fais un petit débat sur un petit bouquin. Bon voilà, ce sera le lendemain où la veille je sais pas, enfin le 10 ou 12 juin.
02:50:56Audio
Je suis désolée, est-ce qu’on pourra couper cette partie ? Je n’ai vraiment pas compris cette question. Parce que ce n’est pas possible.
02:51:06David Dufresne
Chers amis, c’est l’heure maintenant de la rubrique que vous attendez tous et toutes.
02:51:26Audio
Ici, Londres Les Français parlent aux Français. Les sanglots longs des violons de l’automne je répète. Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone Radio Paris est allemande. La fortune vient en dormant, heureux qui, comme Ulysse a fait un long voyage. De Marie-Thérèse à Marie-Louise, un ami viendra ce soir.
02:52:42David Dufresne
C’est l’heure donc, d’ici Londres, la revue de presse autour de l’extrême droite. Bardella, le parquet européen et le media trading payé par l’Union européenne. Le 7 mai, le Parquet européen a ouvert une enquête pour suspicion de fraude aux fonds de l’Union Européenne autour des formations médias dont aurait bénéficié le jeune Bardella Jordan pendant la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2022. L’affaire remonte un article du canal enchaîné à une plainte de l’association AC, anti-corruption, déposée en décembre 2025. Un formateur en média trading payé sur l’enveloppe budgétaire du Parlement européen mise à disposition des élus RN. Député, aurait été détourné de sa mission pour préparer Bardella à la présidentielle française. En clair, des fonds publics européens auraient servi à la campagne de l’extrême droite française. Le RN conteste, Bardella dépose plainte pour dénonciation calomnieuse contre l’association, contre-offensive classique le parquet européen n’a pas commenté, les investigations sont en cours. StreetPress, je vous en parlais dans la revue de presse de 7 heures, des néo-fascistes tabassent des clients dans un bar parisien, la caméra a tout filmé et les images sont tombées dans les mains innocentes de nos camarades de StreetPress. Ça dégénère. Gabriel Loustau, leader des Hussards et fils d’Axel Loustau ancien cadre du GUD pendant très longtemps proche de Marine Le Pen, assène un coup de tête avant que plusieurs de ses comparses se ruent sur les victimes. Ça s’est passé dans la nuit du 17 au 18 avril dans un bar du 15e arrondissement. Gabriel Loustau et présumé innocent des plaintes ont été déposés. Le Média Frontières, celui qui se fait passer pour Auposte, le Média Frontières un média d’extrême droite qui recrute dans les viviers du RN, alors pour l’allusion sur auposte, je pense que Euryale va vous remettre le petit article qui va bien. Mais en gros, l’année dernière, aux Amfis de LFI, les mecs de Frontières allaient interviewer les gens avec un tract d’Auposte à la main en se faisant passer pour nous, les gros malins. On n’a toujours pas porté plainte, on a 7 ans pour le faire, mais ça arrivera. Et bien, en tout cas, StreetPress, à nouveau, aura enquêté sur ce média d’extrême droite qui recrute dans les viviers du RN. Passionnante enquête publiée le 20 avril dernier par nos copains de StreetPress. Ne me dites pas que vous n’avez pas entendu parler de ça. Après la dissolution, Jordan Bardella, entre deux média trainings, proposait à Cyril Hanouna, écoutez bien, la tête de l’Arcom en cas de victoire. C’est absolument extraordinaire, c’est absolument extraordinaire. Alors qu’il se voyait à Matignon, l'été 2024, le président du RN a proposé à son ami animateur de prendre la présidence du gendarme de l’audiovisuel selon les informations de Mediapart. Cyril Hanouna assure aujourd’hui que l’offre n'était pas sérieuse. Oui, pas plus aujourd’hui qu'à l'époque. Enfin, elle a quand même eu lieu. Enfin, je voulais vous signaler cet article du Monde au Rassemblement national « Les nouveaux maires ciblent l’Europe, la culture et les syndicats. » Ils y vont plus franchement. C’est un article que je vous invite à lire avant notre Extrêmorama de demain soir 18h qui sera précisément consacré aux questions de culture et d’extrême droite.
02:56:44Audio
Tu parles à moi ? Tu parles de moi ? T’es en train de me parler à moi ? Mais qui est-ce que tu parles ? Tu parles de moi ? Je suis le seul ici. Who the fuck do you think you’re talking ?
02:57:09David Dufresne
Merci beaucoup ! Optimistik. En plus de mes dons récurrents, j’ai pris le plus petit abonnement pour vous permettre d’avoir des aides longue vie aux postes. Merci beaucoup à toi Optimistik. Voilà, il est 9h51 donc on a dépassé 51 minutes. Mais j’ai bien compris, vous voudriez qu’on discute un petit peu en fin d'émission, que je ne claque pas la porte une fois que s’est terminé. Donc c’est le moment ou jamais, moi je vais me prendre un petit café. C’est le moment où jamais, si vous avez envie rapidement là on va dire jusqu'à 10 heures le petit débriefe de la matinée et je vous disais pour lancer un peu la discussion. La discussion qu’on est en train de mener dans l'équipe, une équipe de dingues, la discussion qu’on est en train de mener dans l'équipe. Il y a Euryale, il y a Nayan, il y a Théophile. Parmi les animateurs, il y a Mathilde Larrère, Nora Bouazzouni, Nicolas Lebourg, Marc Endeweld, Hélène Assekour dans l'équipe du site, il y a Alexis, il a Rolland, il y a le studio Etamine. Et il y avait les héros de toujours, Olivier, Robin, Muriel, Veuvechyco, Pimiko, Nicolas et d’autres. Voilà, comme ça, j’ai fait le petit générique. Ouais, bon, on ne va pas se mentir, on a un petit souci. Depuis quelques mois, les audiences sur YouTube on ne sait pas pourquoi. On ne sait pas pourquoi, alors on a tenté des petites choses la semaine dernière qui ont été assez catastrophiques, qui consistaient à retirer le live pour remettre la vidéo. Là, YouTube n’a pas apprécié. A priori, cette semaine, on va faire quelque chose dont je vais vous parler, mais voilà. Alors, en soi, l’audience, on s’en contrefout. Seulement il y a des invités qui eux ne s’en contre foutent pas et donc quand il voit que on a des vidéos qui font même pas dix mille vues il se dit est-ce que ça vaut le coup d’aller se faire cuisiner auposte est- ce que c’est YouTube qui fait le ménage on ne sait pas, shadowban j’ai l’impression. L’algorithme, il y a peut-être de ça, oui, bien sûr. La matinale plus posée, on voit que tu assois mieux le séquençage. C’est à dire qu’en fait, le fait de me dire je ne vais pas me cantonner à deux heures, on fera le temps que ça faille, c’est moins speed, de fait. N’est-ce pas le cas de beaucoup d'émissions politiques, nous dit Florent ? Je ne sais pas, je sais pas. Alors, il y a quelque chose qui est net, c’est qu’on avait changé notre façon de faire, il y a maintenant un an de ça à peu près, où on avait commencé à faire les lives à la fois sur Twitch et sur YouTube. Or, YouTube n’est pas tout à fait une plateforme qui favorise les lives. Donc, ce qu’on fait, c’est que là, il y a le live. Ensuite, après le live, Euryale attend quelques heures que YouTube veuille bien qu’on remonte. C’est-à-dire simplement, on enlève le temps d’attente et la vidéo vit sa petite vie. Mais il semblerait que l’algorithme de YouTube n’apprécie pas ça. YouTube est vraiment fait pour les vidéos et d’ailleurs, l’usage, peut-être qu’on peut faire un sondage. Quand vous allez sur YouTube, comment faites-vous pour trouver les vidéos ? Alors, ce qu’il y a de sûr, c’est que nous, c'était toujours pareil, leur système, c’est que l’algo attire l’algo c’est-à-dire que plus tu as du succès et plus tu es recommandé, moins tu en as et moins tu es recommandée. Voilà. Donc là, on est en train de tomber un peu dans ce trou noir. Alors, si je vais par exemple, ici. Attends, bouge pas. Me voici voilà donc aujourd’hui ce matin on fait le live bah vous le voyez on fait le live et sur Twitch et sur YouTube à priori ce soir et toute cette semaine on va revenir à ce qu’on faisait avant c’est à dire le live uniquement sur Twitch est le replay sur YouTube puisque a priori alors dites-moi si c'était le cas pour vous et peut-être et peut-être que qu’on peut faire le sondage, vous, quand vous allez sur YouTube par exemple, est-ce que vous allez sur la page d’accueil ou est- ce que vous avez sur la page vidéo ? Parce que si vous allez sur la page vidéo, en effet, on a peu de vidéos sauf les nouvelles vidéos faites par Théophile qui sont des extraits, les best-of de la semaine, mais on n’a pas les grandes émissions. Donc les grandes émissions les directs, on va dire, n’apparaissent que si on va sur la page d’accueil. Et là, probablement, ce n’est pas vraiment raccord avec l’usage. Je vais sur la page d’accueil. Très bien. Alors, je vois, je suis abonné. Pourtant, l’algo ne me propose jamais les vidéos, nous dit Valdenwood. Alors, le principe, c’est que si tu n’as pas cliqué, il ne te les proposera pas. Perso, je vais dans vidéo, mais c’est un problème avec YouTube, nous dit Salvagraph. Moi, j’ai une notif que Auposte est en direct. Oui mais là, alors attendez, parce que là c’est des gens qui répondent sur Twitch. Superbe vidéo par ailleurs, nous dit MarineTher, absolument, merci à Théophile. Alors, ma contribution au débat ne va pas être très positive. Mais moi, je m’en fiche un peu de YouTube. Je vais direct sur mon fil d’abonnement. Si je vois mon fil YouTube que Auposte a publié une vidéo, je vais pour voir le replay ou sur Spotify pour le podcast. Je choisis toujours vidéo, nous dit Medbell. Je suis abonné premium YouTube. Est-ce que ça fait une différence ? Oui, je pense que oui. La veille du live, on reçoit la notif. Alors ça c'était, Joë, ça c'était quand on annonçait les lives sur YouTube. Ce qu’on ne fait plus maintenant. Parce qu' on ne peut pas tout faire. On est obligé, cette semaine, on va tenter de revenir à l’ancien système qui serait les lives uniquement sur Twitch et les replays sur YouTube, en sachant qu’en réalité, notre QG, c’est le site auposte.media. Voilà, Sorcière dit je suis le live sur Twitch et les replays sur YouTube. Est-ce qu’il y a une bonne audience ?. Alors là, je n’ai pas le chiffre, mais là, par exemple, sur YouTube, tu vois, on est 220. Donc, en réalité, notre QG, et surtout, on a 300. Voilà, Sorcière dit je suis le live sur Twitch, à l’heure où on se parle, je crois. Sur Twitch, on doit être à peu près ça mais là par exemple, sur YouTube, tu vois, on est 220, en réalité, notre QG est sur 300. Nous disons que, ah oui, Clément Viktorovitch dit aussi que les vues de YouTube baissent, alors, je crois, est-ce qu’il y a une bonne audience en gros, on ne sait pas. Dites-moi, après on s' arrête à 10 heures, est-ce que vous pouvez me dire s’il y a une désynchronisation entre le son et la musique et l’image. Voilà, on n’a rien entendu beaucoup plus confortable pour moi. Bien dommage, plus de directs sur YouTube. Bah ouais, bah ouais, je sais, ouais, je sais. Ouais, je le sais. Sur Twitch, super, génial. Je n’ai rien remarqué. Est-ce que sur YouTube, vous pouvez me dire ? Alors, merci pour le sondage, ma chère Euryale alors, les vidéos, vous cliquez sur Vidéo à 40 %. Là où YouTube m’amène à 27 %, sur la page d’accueil, 20 %, direct 13 %. Donc là, le sondage laisse plutôt entendre dire que vous allez sur Vidéos, c’est à dire vous allez sur les replays. On va on va, on va tenter. Sur YouTube, l’algorithme favorise les lives et VOD avec un bon taux de clics, une bonne durée de visionnage et de l’interaction. J’aime, commentaire, partage. Je pense que le problème vient du manque de commentaire sur YouTube. Salut Sentierbattant on a eu une belle matinale. Je ne sais pas si tu étais là. Je ne sais pas si t'étais là. Bon, en tout cas, on va tenter ça, on va tenter ça. Amis Youtubeurs, si vraiment, vraiment c’est la fin du monde, venez dans le Discord, venaient en parler avec nous. Voilà. Sinon, on reviendra. Non, je me suis réveillé un peu tard. Eh bien, le replay est pour toi. Non, pas de live sur Tik Tok, pas de lives sur Tik Tok. Bon camarades, je crois qu’il est temps de savoir arrêter un stream. On va quand même se faire un petit plaisir. Qu’est-ce qu’on pourrait se faire comme plaisir ? Bah, le classique, quoi.
03:08:34Audio
Ça a commencé ? Ben oui ça a commencé. L'émission a commencé ! Ben on est à l’antenne depuis 5 minutes !
03:08:45David Dufresne
Non, les commentaires sous la vidéo, les commentaires sous la vidéo. Et en fait, vous verrez les statistiques de YouTube, c’est tout, absolument tout. Quel âge vous avez ?où est-ce que vous vous connectez, évidemment, etc. quels sont vos usages, enfin bon, c’est épouvantable, mais en fait c’est tellement précis que c’est confus donc moi je ne regarde pas, on a regardé un peu, ça veut tout dire dans tous les sens quoi. La cagnotte pour Julien, attends, je vais essayer de la remettre pour voir où est-ce qu’on en est. La cagnotte pour Julien est à 2890. Voilà, il y a eu 1000 balles pendant la matinale. Et ben c’est cool. Eh ben, c’est cool. Merci à vous tous et à vous toutes. On se retrouve à 18 heures pour parler de l’arrivée de la gauche à New York. Après 100 jours, Zohran Mamdani va-t-il réussir son pari sur les trois grandes promesses électorales ? Les crèches universelles et gratuites, c’est réussi. Les bus gratuits, ça ne l’est pas encore. Et les loyers gelés, c’est mal parti. Mais néanmoins, il y a beaucoup de choses à tirer de cette campagne électorale, de cette victoire, de celui dont Donald Trump affublé par ce quolibet il l’appelle mon petit communiste. J’avoue que ça m’a fait rire, j’avouais que ça allait faire rire. Merci à vous tous, à vous toutes chers amis, si vous êtes paumés, vous allez sur auposte.media. Il y aura toujours l'émission en direct à ce moment-là et en replay également. Merci encore. Je vous dis tout à l’heure 18 heures. Oui, donc la page crédit. J’ai perdu la page crédit, tiens, j’ai plus la page crédit ici. OK, ce n’est pas grave. Hop, trois, quatre, à tout à l’heure !
03:11:36Audio
On m’a donné la parole, c’est essentiel, on ne nous donne pas la parole. Nous, c’est toutes les victimes, en général. Des confidences et puis, à un moment donné, un moment de vérité. J’espère que ce matin, nous avons fait en sorte de ne plus être seuls sur cette question. On a pris un temps long et le temps long, à mon sens, c’est une arme contre le pouvoir. J’allais dire qu’on a respiré, tout simplement. C’est un temps extrêmement précieux, dans ses flux d’informations, c’est important de pouvoir prendre le temps. On a éclairé quelque chose qu’on ne veut pas voir. Ce n’est pas mal, déjà, d’en discuter. Faire tomber un petit peu les masques aussi et les préjugés on a parlé de sujets dont je n’avais pas forcément eu l’occasion de parler.

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