« Le cyberharcèlement, c’est la Terreur ». Débat avec Marion Séclin et Diane Richard (#NousToutes)
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Bonjour, Bonjour cher public parisien, Bonsoir Marion, ça va bien ?
Bonsoir, ça va.
Bonsoir Diane il faut dire la vérité, Marion avait dit mais pourquoi il y a un mec de 50 ans qui veut faire un truc sur ce film là ? Généralement, ces mecs là, ils ne s’intéressent pas trop à ça. C’est vrai ou pas ?
Je dis ça, parce que je me disais que je voulais juste vérifier les intentions. Parce que si c’est pour m’inviter, pour me piéger et ensuite me dire Ah, on t’a bien eue, t’as perdu. Ça m’intéressait très peu, je n’ai pas pris la peine de regarder. Donc si jamais vous le prenez mal parce que c’est quelqu’un de formidable, je suis désolée. Je dis juste de base, là, mon premier réflexe de personne flippée, c’est de dire pourquoi ?
Mais moi je trouve ça très très très légitime. Diane que vous vous êtes posée la question, alors on se tutoie à votre demande ? Oui, parce que moi je ne sais pas trop. D’accord, donc on se tutoie. Et toi, tu as eu la même interrogation ou pas ?
Alors moi j’ai fait une confiance aveugle à Mélanie parce que je ne connaissais absolument pas. Voilà, je me suis dit bon, on n’a pas l’habitude de parler énormément avec des hommes dans les mouvements féministes. Donc j’ai fait confiance et on s’est dit que ça allait être bien.
Alors Mélanie si vous la voyez par la caméra d’en haut, Mélanie, c’est celle qui va s’occuper des débats autour du film « Je vous salue salope » qui sort le 4 octobre que j’ai vu et que j’ai trouvé super. La maison de production La Ruelle Production nous a fourni beaucoup trop d’extraits. Donc je n’ai gardé que quatre ou cinq extraits qu’on va regarder c’est un film qui raconte en partie ton histoire, en partie ce que tu es, ce que tu as vécu. Donc on a le temps. Je ne sais pas si Mélanie vous a prévenu, mais c’est des émissions qui sont très longues ici on va montrer des extraits. Il y a déjà eu des émissions sur le film où c’est le tout début de la promo ?
Çà commence. J’ai été e à Prague déjà, où j’ai découvert que le tchèque était une langue où les gens avaient très peu de mouvements de voix et où les questions qu’en fait il est en train de me dire mais c’est de la merde chez vous quand vous existez et je ne sais même pas à quel moment. Et en fait ce n’est pas le cas. Mais c’est la seule fois où j’ai eu l’occasion de pouvoir faire de la promo et je suis très contente que ça commence enfin parce que j’ai l’impression que ça fait 5 ans c'était avant le Covid qu’on l’a tourné. Et quand je revois, je me dis qui est cet enfant ? Mais qui est cette petite fille tellement mignonne. Et je suis très fière parce que le film est dans son intégralité quelque chose de très très intéressant et de très beau. Et surtout, toutes les personnes qui ont été interrogées et suivies ont une expertise en plus de leur expérience et ça, je trouve ça fascinant.
Diane, tu as vu le film ?
Eh oui, j’ai vu le film ! Et enfin, le film est vraiment très très fort. Enfin, ce qui est dingue je trouve, c’est quand on sait et on connait tout ça par cœur, soit parce qu’on a vécu pour certaines personnes, soit parce qu’on en entend parler tout le temps. Mais à chaque fois, en fait, à chaque fois on se dit c’est dingue, à chaque fois on est surprise de la même façon et on se dit ça reste toujours totalement incompréhensible je trouve, le film montre bien ça quand même.
Alors je vais mettre la bande annonce. Mais d’abord, je dois quand même remercier ces parisiens et ces parisiennes qui ont fait l’effort de se déplacer parce que c’est le public le plus difficile. Donc merci à vous toutes et à vous tous d'être là. Je remercie évidemment ce qui est le tiers lieu qui nous accueille et que je prends pour le Palais des Congrès. Sur deux continents, quatre femmes sont victimes de cyberviolences extrêmes. Marion Seclin, comédienne et youtubeuse française. Et ça, c'était il y a quatre ans.C'était juste study. Je suis sûre que c’est vrai. Mais je suis allée sur ta chaîne. Il n’y a pas eu de vidéos depuis deux ans. Oui, parce que comme plein de gens, j’ai un projet, un métier pour gagner de l’argent. Ce n’est pas YouTube. Est ce que je suis une femme ? Donc c’est compliqué de faire gagner sa vie. Ouais, ouais. Ben oui, c’est compliqué. C’est plus que j’aime bien les trucs qui me rémunèrent et YouTube n’est pas particulièrement mon meilleur ami parce que ils ont tendance à un petit peu courber l'échine face à tous les sujets où tu parles de féminisme, il y a peut être ça va piquer, on sait, on sait pas, donc on va plutôt pas mettre d’annonces.Donc je ne suis pas Cyprien mais ce n’est pas nouveau du coup je fais pas trop de vidéos sur YouTube effectivement, parce que ça me plaît plus tant et que je peux le faire sur Instagram et que j’adore filmer en vertical. Peu importe, j’aime bien avoir un endroit où je peux raconter des choses et me sentir un peu plus libre. Sur YouTube, j'étais un peu persona non grata parce que c’est sur YouTube que j’ai commencé à être harcelée et je me suis dit c’est pas l' endroit qui m’inspire beaucoup de bienveillance et de joie, je suis youtubeuse créatrice de contenus. J’imagine qu'à l'époque on disait Youtubeuse parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’autres plateformes. Donc c’est pour ça que dans le pitch, j’ai encore écrit Youtubeuse.
Je vois que Chanel qui travaille avec toi prend des notes Mélanie est donc Youtubeuse. Vous allez l’enlever de la promo puisque en fait tu es comédienne, scénariste. Et voilà. Il y a aussi Laura Baldini, présidente du Parlement italien. On va en parler de la représentante démocrate américaine du Vermont, ainsi que Laurence Gratton, jeune enseignante québécoise abandonnée par les forces de l’ordre, la classe politique et les géants du web qui engrangent des milliards avec la haine. Elle décide de se battre et de ne plus se taire. Je vais mettre la bande annonce.
Alors pour une fois, ce n’est pas un bug d’au poste. Le bip que vous venez d’entendre, c’est tout le long du film. C’est agaçant. Et puis en fait, on se met peu à peu dans votre peau en réalité. C’est-à -dire qu’il y a, constamment à l'écran des messageries, des notifications, des messages les plus dégueulasses les uns que les autres. Et en fait, ça nous met complètement dans la peau des victimes et c’est assez sidérant comme procédé. Je n’ai malheureusement pas vu ce film au cinéma puisqu’il sort le 4 octobre et j’imagine qu’au cinéma, ça doit être très impressionnant d’avoir ces messages là. Vous, quand vous l’avez vu, par rapport à votre expérience, qu’est ce que vous avez ressenti ?
Quand tu dis vous, tu veux dire moi, mais c’est pour être sûr parce que je ne pourrais pas parler au nom de toutes les autres. Bah quand je l’ai vu aussi bien en fait, c'était aussi impressionnant au cinéma, c'était plus impressionnant de le vivre. Je ne vais pas te mentir. Et en montant les notifications du coup, ça, ça se présente de cette manière, c’est plus quelque chose de présent où tu laisses venir. En fait, on est obligé pour raconter l’espèce d’horreur, que c’est de le signifier par des bruits ou par des mots, par des sons pour montrer aux gens ce que c’est. Mais en fait, même pas besoin d’avoir les sons, les vibrations, les petites modifications pour juste dire que t’ouvres n’importe lequel des réseaux et étonnamment des gens qui veulent que tu décèdes été là, ok. C'était très surprenant en fait que tant de gens d’un coup décide que si tu croises de viol ou si tu croises de tu es dis moi je viens d’un monde un peu à la con où je me dis je je pense que quand t’es pas d’accord, je ne regarde pas ce que je fais. Et puis faire comme moi je ne regarde pas les choses qui m'énervent. Et là, d’un coup, c’est tellement ça qui est avant le côté agaçant. Et du coup, ce qui est nécessaire, c’est que comme on n’arrête pas de te répéter que c’est dans ce n’est pas dans la vraie vie, t’es obligé de le signifier par des sons, des choses qui sont audibles dans la vraie vie des gens pour leur dire voilà, c’est ça. Parce que finalement, le plus dur, presque dans ce harcèlement, c’est qu’il y a une énorme partie pour faire reconnaître aux gens qui ne le vivent pas que c’est vraiment quelque chose de difficile. Je pense que si je n’avais pas dû dire à et aux trois quarts des personnes autour de moi que j’avais des raisons de trouver ça difficile, ça aurait été un petit peu. Je ne dis pas plus simple, mais c’est toujours ça qui est difficile, tu sais, C’est ce côté Il faut que j’arrive à vous convaincre que c’est une réalité et qu’elle est violente. Parce que je croise des gens tous les jours à qui je je souffre et qui font. Ah bon ? Pas vraiment. Ce n’est pas la vraie vie. C’est tout aussi difficile de vivre ça. Donc ces petits bruits, ces messages, ces vibrations. C’est une manière de dire regarde.
Mais j’ai complètement oublié de dire Diane Richard, tu fais partie de Nous toutes, pas d’inquiétude, tout le monde sait. Mais il fallait quand même, par loyauté que je le dise au public qui est là. Par exemple, toi, cette mécanique des notifications, comme dit le tchat, est ce que ça t’a frappé ? Parce qu’au début, pour tout dire, j’ai pensé à des films de Fincher en me disant bon, ça date un peu les messages et sms qu’on met à l'écran,Sauf qu’en réalité, là c’est tout à fait autre chose, puisque c’est le propos même du côté massif et insupportable qui est répété. Donc c’est très judicieux. Mais au départ, j’ai été un peu agacé par ça. Toi tu l’as vécue comment cette mécanique là ?
Déjà, quand on est, quand on est militantes, les notifications, c’est un gros sujet parce que souvent on est dans on est dans plein de groupes. Laurence Diamant a même fait une blague sur les groupes WhatsApp. Dans son spectacle, il dit C’est courageuse meuf de nous toutes qui sont dans 10 000 groupes WhatsApp et c’est vraiment ça. Donc déjà, on a des notifications en permanence et il y a toujours cette petite peur avec une notification, même quand on sait qu’on est que dans des groupes bienveillants. Enfin voilà, on est, on est chez nous, on est dans nos groupes, Il y a toujours quand même une petite appréhension. Je pense qu’il y a des notifications qu’on n’a pas envie de voir qui arrive. Nous, on a mis en place beaucoup de règles pour prendre un groupe WhatsApp, pour se protéger nous mêmes. Parce que vraiment le bien être militant, il faut en parler. C’est un énorme sujet par exemple, puisque les horaires de déconnexion de se dire on n’envoie pas deux messages sur des groupes avant avant 8 h et demie, le matin après le soir pour se protéger un petit peu et certaines règles de base, ce n’est pas comme ça. Qu’est ce qu’on peut dire dans les groupes ?
Je n’avais pas de groupe j'étais toute seule. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles ça a été difficile d’en parler. Je l’ai fait, je n’avais pas de groupe, donc je n’avais pas de notifications. Et 8 h et demie très tôt le matin, moi j’aurais dit j’aurais 14 h.
Mais c’est ça. Je pense que la différence fait une énorme différence dans les conséquences qu’on a pour le cyberharcèlement. C’est quand on est toute seule comme toi, quand on se fait à son propre contenu et quand on est dans des groupes. Et quand tu es dans un groupe, on peut se protéger comme ça on peut nous emmener sur les groupes. Nous on ne fait pas de témoignage, de violence par exemple pour ne pas être exposées directement à des trucs trop durs. Il y a toujours cette petite peur en tout cas, j’allais dire des notifications si on est actif sur Tweeter ou des choses comme ça avant, on va voir un truc qu’on a. Bien sûr, on n’a pas envie de voir, mais quand on est dans un groupe, on reste protégé en quelque sorte parce qu’on se fond dans le groupe et donc nous a noté le cyberharcèlement qu’on a, ça va être du harcèlement contre nous tout le temps, contre le compte Insta par exemple. Donc celles qui vont bien ici vont se prendre en pleine face, c’est celles qui gèrent le compte Insta. Évidemment, elles sont hyper exposées, c’est très dur, mais elle reste cachée entre guillemets. Derrière ce collectif et derrière ce nom, il y a une focalisation. Elles savent que ce n’est pas contre elles directement, même si on peut se le. On peut le prendre évidemment comme comme pour soi-même, mais ce n’est pas c’est par son nom. Par exemple, on ne va pas voir nos noms généralement qui vont circuler comme toi et on ne va pas voir son nom en dessous des vidéos. Donc ça c’est quand même une grande barrière qui qui peut minimiser ça et qu’on n’a pas du tout. Bien sûr, quand on porte en fait son propre contenu en son propre nom.
Est ce que par exemple, vous avez, comme certaines ONG, Amnesty et autres, des conseils psychologiques pour tenir ? Est ce que toi tu en as eu aussi à un moment donné ? Pour faire face à l’adversité ?
Oui. Alors nous on s'échange un petit peu des informations, des conseils, on développe un petit peu des documents qui donnent un peu de pistes pour se protéger. Donc il y a ces règles sur les groupes WhatsApp. Ce qu’on peut dire par dire, les horaires de déconnexion, les choses comme ça. Comment ? Comment ne pas se faire déborder ? Comment ne pas finir en burnout en fait ? Est ce que le burnout militant, c’est. C’est quand même un gros sujet. Et voilà. Après je dirais que le principal, quand on est dans un collectif, c’est ouais, c’est d’essayer, ce n’est pas toujours facile, mais d’essayer de se souvenir qu’on est. Qu’on est un groupe, quoi qu’on soit. Que quand on attaque le groupe, on n’est pas attaqué en son nom propre. Mais ça du coup, ce n’est pas vraiment un conseil qui va te qui va t’aider beaucoup. J’y vais cette fois ci parce que tu as mis un peu en place comme.
En fait, c'était tellement nouveau et c'était tellement jamais discuté nulle part que j’ai rien mis en place, si ce n’est de faire semblant que ça allait. Tellement de gens qui me suivaient que je ne voyais même pas ça. Et c’est une erreur énorme. Mais de toute façon, il n’y a pas de bonne solution. En fait, il n’y a pas de. Il n’y a pas de solutions pour vivre ça, que tu sois seul ou accompagné. Le fait est que les personnes qui me soutenaient au début ont été elles-mêmes mises en danger. Parce que les personnes qui te harcèlent et qui veulent que tu descendes et te violer, elles sont beaucoup plus déterminées, tu sais, à aller jusqu’au bout. Du coup, les rares personnes qui me disaient ouais, je suis d’accord, elles se faisaient aussi harceler. Du coup, je me suis retrouvée toute seule. Et ça, ça voulait ne pas dire que je n’étais pas soutenue dans la tête de plein de personnes. Sauf que dans la réalité, j'étais pas du tout soutenu et je savais pas du tout vers qui me tourner parce qu’il y avait pas encore de collectifs féministes, Il y avait pas encore vraiment d’endroit où je pouvais dire hey help ! Et la meilleure solution que j’ai trouvée, c'était de faire semblant que c'était super et qu’il n’y avait pas de souci. Ce n'était pas une bonne solution. En même temps, je pense que si j’avais été vulnérable, ça n’aurait pas été une bonne solution. En fait, le problème c’est de nous faire croire qu’il y a une bonne solution, c’est de nous faire croire qu’il ne faut pas leur répondre. Il ne faut pas les nourrir et en même temps, quand on ne les nourrit pas, en fait on a juste envie d’aller les jeter chez eux. C’est vrai en fait, à un moment où on est tellement en colère que moi j’ai réfléchi à tout un tas de tortures possibles et imaginables parce que ça me soulageait. Mais c'était la seule chose que mon cerveau était capable de faire, de dire tiens, quand est ce que je pourrais faire en sorte qu’il en chie toute leur vie ? Et à un moment, c'était la seule chose, la seule pensée qui me soulageait. Et je pense qu’il n’y a pas de bonne solution, parce que c’est quelque chose de tellement violent que quoi qu’on fasse. Il y a derrière une offensive et une attaque qui est constante et la plupart des personnes. Le problème c’est que pensent qu’elles peuvent te donner un conseil en te disant tu devrais faire leur réponse. Pas franchement leur donne pas d’importance. Ah oui d’accord, je n’avais pas pensé à ça, désolée. Et c’est en fait, c’est le meilleur conseil que je peux te donner quand tu dis ça, c’est de vraiment écouter les conseils de personne, mais vraiment même pas ce conseil c’est il ne faut surtout pas écouter les conseils.
C’est déjà un conseil, mais ne pas écouter surtout des conseils.
Non mais oui, c’en est un. C’est pour ça que je te dis on t'écoute même pas celui ci, c’est juste c’est trop finger. En fait, tu fais ce dont tu as besoin. Si t’as besoin de lire tous les commentaires pour tous les ressentir et taper dans tes dents. Si t’as besoin de répéter encore et encore, de ressasser à quel point ça te blesse et que c’est injuste. Et en fait, personne n’a la solution. Et aujourd’hui personne n’apporte aucune solution. Donc pour moi, une solution qui pourrait soulager, ce serait d’aller chez eux avec des crans d’arrêt et. Et en vrai je. Mais je ne m’en serais même pas voulu. Particulièrement parce que face à l'énorme dose de violence que j’ai subie, je pense qu' un ou deux reins, franchement, c’est que dalle quoi. Mais le fait est qu’on me dira non mais la violence, tu ne réponds pas à la violence par la violence ? Bah si en fait. Parce que du coup en plus on te demande d'être la plus intelligente de répondre par la violence. Donc en fait tu fais que subir, subir, subir, tu ne réponds pas, tu les ignores, tu fais croire que tu les ignore. Qu’est ce que ça fait au fond de toi ? Ça fait grandir exactement la même haine qui les pousse à agir de. Il n’y a pas de je n’ai pas de solution, si ce n’est que c’est difficile pour l'être humain de se trouver impuissant et de ne pas avoir les mots face à la souffrance d’autrui. Et donc il se dit forcément. Ce serait trop violent. Qu’est ce que tu racontes ? Que ce soit la vérité. Donc ce que je vais faire, c’est que je vais te donner un conseil qui sera nul à chier, mais je vais te le donner parce que je ne sais pas me taire et je ne sais pas te dire que je suis impuissante. Du coup, je vais y penser. Enfin je veux dire, c’est les heures. Ah bon ? Je ne m’en doutais pas. Et à partir de ce moment-là, en tant que personne qui donne des conseils, tu te fais. C’est bon, j’avais. J’ai réussi. Trop bien. Et en fait, y' a rien de pire que d’essayer de t’expliquer comment tu devrais prendre les choses. Le fait est qu’on n’est pas tous les mêmes humains, On n’est pas toutes les mêmes humaines, On va pas tous et toutes prendre les choses de la même manière et tant qu’il n’y a pas de solution, ben. Faut taper dans des oreillers autant que possible et crier autant que possible. Et faut pleurer autant que possible. Il faut leur répondre si t’as envie de pas leur répondre, si t’as pas envie, il y a pas. Personne ne sait. Mais on a absolument besoin de te dire j’ai la solution, on a besoin. L’humain ne sait pas dire je suis impuissant et impuissant face à ça. Et ça me sidère tellement que si j’accepte que le monde est aussi horrible que tu le décris, ça veut dire que je vis dans ce monde là, C’est non. Je préfère dire par je ne sais pas que je vais faire une balade en forêt.
Mais alors du coup, est ce que ce que vous avez préparé faut que je tourne tout dans l’autre sens ? Mais ça n’a aucune espèce d’importance. Dans le film, il y a donc quatre itinéraires. Certains sont finis mieux que d’autres. Certains sont victorieux, d’autres au contraire, c’est des défaites, on pourrait dire. Mais là je laisse les spectateurs et les spectatrices découvrir ça dans le. Dans le film, il y a une question qui est posée à un moment donné je crois que tu y es. Tu apparais aussi dans cette séquence là qui fait suite à ce que tu viens de dire, qui est la question du volume et de la durée du volume. Donc en ce qui te concerne, toi, c'était 40 000 messages suite à une vidéo. Tu peux peut-être le raconter, mais je mets l’extrait.
C'était 40 000. Au bout de quelques mois, j’ai arrêté de compter. Je pense que c’est un petit peu plus. C’est juste que 40 000. C'était tellement étonnant que je me suis dit je vais arrêter de compter. Mais 40 000 c'était. J’ai fait ma vidéo en fin d’année 2016 en genre en juin. Juillet août, c'était 40 000. J’ai fait. Allez, j’arrête de compter, c’est chiant. Du coup, je pense que c’est un, deux, trois de plus pendant deux ans. A peu près. Après, il y a eu. Et hormis tout, je ne sais pas si vous avez entendu parler de Me Too
Je mets juste extrait vite fait qui explique les tout débuts. Voilà, ça dure 47 secondes. Ou tu racontes comment ça s’est passé pour toiC’est vraiment quand je suis dans la rue, c’est quand il pleut.Est ce que je déteste encore plus quand je suis dans la rue ?C’est de me faire emmerder. Je parle bien de harcèlement de rue.Et là. Si j’avais pu prédire ça.J’ai arrêté de compter assez vite le nombre de messages que j’ai reçus.Je me suis arrêtée au chiffre de 48 000 insultes, menaces de mort et menaces de viol.
Donc ça c’est fin 2016 J’ai vu sur le Wikipédia que c’est Raptor Dissident qui envoie la charge et ses lieutenants. Faut juste rappeler que même si on en parlera peut-être tout à l’heure, le film ne donne pas la parole aux agresseurs mais uniquement aux victimes.
J’ai jamais trop voulu lui donner une quelconque tribune pour quoi que ce soit avant. Je sais à quel point il y a quelque chose d’un peu sadique quand tu commences à savoir qui crache sur qui. Et du coup, jeu, je ne lui ai donné aucun jeu. J’ai même cité son nom dans la plupart de mes interviews ou de mes de mes interventions. Parce qu' en fait, le problème c’est que ça a été plus violent avec lui. Mais ça avait commencé avant, parce que déjà c'était agaçant parce que j’avais ce que j’avais l’air de dire. Donc c'était déjà présent. Après, il a envoyé des personnes dessus en fait, il a fait ce truc à la con qui est de parler beaucoup d’un truc qui l’agace, qui fait que ça fait beaucoup de publicité et qui les a beaucoup agacées. C’est que je n’ai pas arrêté de travailler comme si il m’avait fait de la pub. Je vais aussi arrêter de souffrir, mais j’avais envie de leur dire merci.
Donc les dates sont importantes. Si 2016 et Me Too arrive en 2017, c'était la question que je voulais vous poser à toutes les deux. C’est est ce que toi Me Too quand tu le vois arriver alors que tu es en plein cœur, tu subis ces assauts là ? Est ce que. Qu’est ce que ça te fait ? Et toi Diane 2017, tu es où ? Tu vois ça arriver ? Qu’est ce que ça te fait ? Tu veux en parler ?
J’ai beaucoup parlé ces derniers temps.
Si vous avez des questions, levez la main, je vous donne le micro. Je vois que le tchat est très sage. Diane, tu étais où en 2012 2017 ?
J suis arrivée dans le militantisme un petit peu après, donc moi en 2017, je suis née aux États-Unis, je faisais mes études, j'étais assez loin de tout ça. Enfin du coup j’ai vu, j’ai vu Me Too aux États-Unis, sachant qu’il y avait un président qui s’appelait, il s’appelait Donald Trump et du coup, enfin, l’ambiance était assez différente. Donc j’ai observé aussi ce qui se passait en France d’un peu plus loin. L’ambiance n'était pas du tout la même en France. Enfin, il y a eu un rejet assez immédiat d’attitudes dans la société, avec la liberté d’importuner. Enfin tout ça, on s’en souvient, de Catherine Deneuve, c’est ça, avec la tribune publiée dans Le Monde. Et je ne sais pas si vous connaissez un livre qui s’appelle La culture du viol à la française de Valérie Robert, mais ça explique quand même tout ça. Et comment ? Enfin, pourquoi est ce que cette idée qu’on avait de la tradition française, de la galanterie à la française, etc. Comment est-ce que ça a conduit à un rejet assez immédiat des mythos ? Et c’est en réaction à ça aussi que que bien que nous toutes, c’est lancé par exemple. Oui, et donc aux Etats-Unis, c’est assez différent. C’est assez intéressant, je trouvais, d’observer la différence entre les deux puisque là c'était pour le coup vraiment institutionnalisé. Enfin, c’est au niveau de l'État que la culture du viol était complètement décomplexée, avec un président qui disait des choses comme il faut saisir les femmes par la chatte, c’est juste comme ça quoi. Et en fait ça va vraiment. Ça a vraiment permis plus de choses. Enfin, il y a un discours qui est devenu acceptable qu’il n'était pas avant aux Etats-Unis, mais ensuite, je pense que je pense qu’en fait ça s’est propagé partout et que ça vaut pour tout. Ça vaut pour l’antiféminisme, ça vaut aussi pour le racisme, pour la transphobie. Je pense qu’on le voit énormément aujourd’hui. Beaucoup de choses sont allées dans les deux sens. Je pense que de manière générale, la société c’est beaucoup plus polarisé, mais il y a plus de mise sous. Ça a permis une émergence des mouvements féministes et d’autres mouvements militants qui est vraiment super. Mais, il y a eu une énorme réaction aussi. On parle souvent du backlash. Je pense que c’est mécanique. C’est toujours comme ça quand on avance dans un sens, on recule.
Entre autres Diane, si je puis me permettre, on parle d’un film québécois. J’ai vécu sept ans au Québec et ils sont très attachés à la langue française. Donc backlash, non. Retour de bâton ou ressac comme dit le dossier de presse. Le ressac de MeToo, j’aime beaucoup ça.
C’est très poétique.
C’est beau.
Je l’ai dit,
Ce n’est pas bien, mais retour de bâton, moi j’aime bien.
Un retour de bâton. Backlash, ça fait référence à un livre de Suzanne Felicity. C’est pour ça qu’on utilise souvent ce mot. Mais on va dire ressac, j’aime beaucoup ça.
Ce n’est pas un bâton, c’est vraiment une catapulte, un retour de bâton. C’est mignon un petit retour de bâton. C’est d’une violence. Ce n’est pas juste un retour de bâton.
Je disais par rapport à Me Too si tu veux ou il y a eu une libération tout d’un coup de la parole et le retour de bâton, c’est une libération dans l’autre sens.
Oui mais c’est pour ça que je pense que c’est juste important de ne pas dire bâton parce que ça a l’air sympa ça. Tu peux le casser, lancer un chien, il te le ramène en vrai, ce n’est pas un bâton, c’est un retour de poutre si tu veux. Ben voilà, appelez ça le retour de poutre.
Ce sera le titre de l'émission en rediffusion. Poutre.
C’est ma biographie.
Et ouais, je profite juste pour rebondir sur un truc que t’as dit Me Too ce n’est pas une libération de la parole parce qu’on entend ce terme tout le temps, partout et je pense que c’est vraiment important. Enfin moi j’essaie de le dire à chaque fois que j’entends ce terme, parce que c’est un réflexe qu’on a forcément vu qu’on l’entend dans les médias tout le temps. Mais la parole, elle était libérée depuis toujours en fait. Et les femmes ont toujours parlé et ont toujours expliqué ces choses là. C’est juste qu’on ne les écoute pas. Et là, comme il y a eu un mouvement de masse qui a été permis aussi grâce aux réseaux sociaux, et voilà, et le hashtag et tout qui fait que on a pris conscience de l’ampleur de tout ça, on a pris conscience du fait que les femmes parlaient et on s’est enfin mis un peu à les écouter et encore et encore. On s’est mis à les à les entendre plutôt et automatiquement remettre en cause leur parole après. Ah parce que. Parce que dès qu’une femme en fait, n’importe quelle personne qui n’est pas un homme blanc, six hétéros généralement dit quelque chose ou dit qu’il est qu’elle est victime de quelque chose ou accuse une personne, c’est S’il y a une présomption de mensonge, c’est directement On va se demander en quoi est ce qu’elle ment pas, Est ce qu’elle ment ? Mais comment est ce qu’elle ment ? Pourquoi il y a toujours une raison ? Voilà, c’est ça, c’est si elle fait ça pour l’argent, c’est ça pour l’argent. Il y a eu un hashtag il y a pas très longtemps. On ne porte pas plainte pour l’argent. Je sais pas si c’est quelques hashtags là il y a quelques mois, parce qu’il y avait tellement de gens qui n’auraient pas dû dire elle porte plainte pour l’argent alors que vraiment. Enfin, vous savez combien ça coûte de porter plainte ou de se défendre contre les violences. Enfin, il y a les frais de justice. Se payer une avocate même si on a l’aide juridictionnelle, enfin ce n’est pas donné à tout le monde. Tous les frais de justice, généralement ça dure, ça dure hyper longtemps et généralement la procédure finit par être classée sans suite. Donc en fait c’est pour 20 hommes les frais de justice. Et puis il y a toute votre construction, votre guérison, enfin les frais de psy, de médecin peut-être. C’est hyper cher, vraiment. Donc il faut sortir cette idée de la tête qu’on va gagner de l’argent. Il y a quelques personnes qui peuvent être remboursées et encore. Enfin les sommes ne sont vraiment pas très élevées. Il y a il n’y a pas beaucoup de personnes à qui ça arrive et même si ça arrive, en fait c’est Adèle Haenel je crois qui disait même si, même si à la fin j’ai 40 zéro zéro zéro, est ce que ça va me racheter une enfance et une famille ? Donc on ne fait vraiment pas ça pour l’argent.
Sur le site de nous tout est très bien foutu et c’est pour ça que je me suis permis de te poser des questions sur les notifications dans le film, parce que je trouve que vous avez la grammaire des réseaux sociaux, Avec le décompte des films. Donc on en est à 95 aujourd’hui, 95 femmes en France ont perdu la vie cette année pour l’instant. Et il y a un chiffre je crois justement sur les suites judiciaires qui sont qui sont très très très très mauvaises pour les, pour, les, pour les victimes. Et je redonne les quelques chiffres que vous donnez et va mettre dans le tchat. Le lien Une femme sur deux en France a déjà subi une violence sexuelle. Selon l’ONU, 73 % des utilisatrices d’Internet ont subi une forme de cyberviolence à l'échelle mondiale. Les femmes sont 27 fois plus susceptibles d'être harcelées en ligne. Et encore, c’est une étude de 2015. Et enfin, 54 % des femmes qui ont été personnellement victimes de cyberviolences connaissaient l’agresseur. Dans le film, on voit d’ailleurs d’autres cas qui sont plus faciles, sont plus ciblés que le tien 40 000 menaces et d’autres, c’est un gars qui vient les pourchasser pour ça.
Ça je pense c’est hyper important parce qu’on a cette idée que le cyberharcèlement c’est forcément des gens qu’on ne connaît pas, peut être des bottes ou des trolls. Enfin, on parle souvent des trolles, c’est les trolls et du coup ça, ça ça rend le truc moins important aussi, comme tu disais tout à l’heure sur. Bon, ça va, ce n’est pas dans la vraie vie et tout ça, c’est juste des gens qui font chier sur internet. Mais voilà. Alors que. Les cyberviolences, c’est des violences, ce n’est pas moins grave que les violences dans la vraie vie, même si Internet c’est la vraie vie. Et tout comme le fait que les violences physiques et sexuelles se produisent en grande majorité par des personnes qu’on connait, des proches ou dans le couple, alors qu’on continue à avoir cette idée que le viol c’est la nuit dans un parking, un mec avec un couteau alors que 95 ou 96 % des violences sexuelles sont dans le couple ou en tout cas par des proches. Bah les cyberviolences c’est pareil. On a l’impression que c’est une meute sur Twitter, alors que non, la majorité c’est soit pas une personne juste individuelle comme on voit dans le film avec la prof ou finalement.
C’est la prof, l’enseignante.
Une enseignante québécoise.
Qui a su, qui savait qui était son agresseur puisque l’agresseur. Au Canada, c’est comme ça. Il y a le diplôme de fin d’année où il y a la photo de classe et on voit très bien le gars qui est au milieu des quatre femmes qu' il harcèle, dont cette professeure Laure Gratton,
Et donc donc vraiment la fin, même si ces cas là sont spectaculaires, peut être comme le tien, la majorité des choses se passe dans le couple ou par des gens qu’on connaît et et ça c’est totalement minimisé. Donc c’est hyper important de rappeler ça et très souvent ça même, même juste être dans un couple ou par le conjoint, ou juste comme ça. Vous vous rappelez de l’affaire quatre ? Pour le coup, c'était assez médiatisé et malheureusement on n’a pas énormément parlé de la partie violence psychologique et harcèlement parce qu’il a été condamné pour pas pour des violences physiques. Mais bon, on a dit quand même, mais c'était dans le jugement. Je pense qu’il a envoyé des sms répétés, que c'était du harcèlement et pour le coup c’est dans un couple ou un ex couple et ça en fait un. C’est tellement courant, c’est tellement courant. C’est bien les mecs qui se sentent autorisés à envoyer des centaines de SMS par jour.
Au delà de ça, j’ai beaucoup de personnes qui ont eu honte de me dire à moi que ben déjà sous un post quelconque, sur n’importe quel réseau, il y a eu quelqu’un qui connaissait pas vraiment, qui a commenté quelque chose de très désobligeant, voire d’un peu insultant, et les personnes ont eu honte de me dire que ça les avait impacté comme si. Enfin, c’est ce que j’avais pu vivre. C'était la réalité impactée par un seul commentaire. C’est comme si on faisait la course. Et je me souviens de Je vous aurais toujours de la première fois que j’ai commencé sur YouTube du tout premier commentaire que j’ai reçu qui était purement gratuit et méchant et et je me suis dit mais il y a un être humain derrière ça qui s’est dit qu' il allait écrire ça et me l’envoyer. Et en fait ce choc là, tout le monde le vit tout le temps. Mais voilà, suite à des harcèlements comme le mien, on se dit c’est rien, ça va, c’est normal, c’est sur internet, ce n’est pas important, ce n’est pas la vraie vie. Mais en fait, tant qu’on donnera un tout petit peu de valeur à cet impact là, que ça au bout de la première personne. Parce que moi, vraiment, les premiers commentaires violents que je prenais me lavaient un peu, mais c'était juste. Je prenais conscience qu’un individu avait cherché à me nuire en écrivant ce truc là. Et ça c’est un peu c’est fort quand on n’a pas forcément comme métier de faire des trucs sur internet, de prendre la parole sur internet. Quand t’as juste fait un petit post sur Facebook et qu’il y a un pote de ta tante qui a dit on est vraiment une vieille merde et tu te dis je pense ça n’est pas normal. Et le fait de juste se dire bah c’est normal, c’est non, ce n’est pas normal, c’est un individu derrière. Donc peu importe qu’il y en ait un, le premier touche, si on s’habitue aux autres, ça ne fonctionne pas, ça reste de la violence. Et tant qu’on n’aura pas accepté l’idée que il faut donner un peu de crédit à ça, tout ce qu’on vit individuellement, qu’on fasse des trucs sur internet ou pas, qu’on ait juste fait un petit post sur Facebook, une vidéo qui nous a fait rire ou peu importe, tant qu’on minimise ce truc là, l’impact que ça peut avoir. Ben effectivement, ça va venir des personnes qu’on connaît, avec qui on est amis, qu’on pourrait appeler pour dire ce n’est pas ton problème, mais on le fait pas parce qu’on se dit c’est vrai, y a pire, ce n’est pas grave, c’est comme ça qu’on est élevé, c’est comme ça qu’on fait tout le temps, pis on ne répond pas à la violence par la violence. Donc en fait on se tait, puis on est la plus intelligente, alors on se tait et du coup c’est encore une fois rangé sous le tapis des trucs qui sont extrêmement violents. Parce qu'à partir du premier commentaire, ça n’est pas normal.
Est ce que la salle veut réagir ? Oui, c’est un monsieur qui prend la parole comme par hasard, bien d’un homme,
Bon, je vous ai écouté attentivement. Moi ce que je ne comprends pas, c’est que vous n'évoquez ni le problème des données privées ni le fait que vous voulez peut-être voler vos données. Donc si vous avez dit vous auriez un contrôle sur vos données sur les commentaires, modérez vous même. Donc si vous n’aviez pas utilisé Facebook mais fait un post qui faisait référence à vos données depuis Facebook, vous gardez le contrôle sur tout. Vous pouvez l’arrêter ou. Le modérer ? Vous pouvez avoir une gestion complète. Et puis vous n’invoquez pas non plus la responsabilité des algorithmes. Est ce que tout est fait pour que ça s’accélère ? Et c’est à partir du moment où vous avez un certain nombre de posts par minute, vous êtes promu automatiquement à partir d’un certain moment où il y a des mots clés violents, vous êtes promu. Donc vous n’invoquez pas la responsabilité des algorithmes. Donc là, dans la responsabilité de Facebook, c’est Méta.
C’est c’est super, On dirait une utopie dans laquelle quand tu dis à Facebook que ce n’est pas normal, il te dit j’avoue, ce n’est pas normal, je supprime. On est dans un monde où justement ça fait, ça fait vraiment, ça génère de l’intérêt. Donc Facebook ne fait rien. De plus, le fait de ne serait ce que dire à n’importe quel moteur je vais interdire ce mot là, ce mot là, ce mot là, en fait, il te met les commentaires et tu les lis que tu n’autorise pas qu’ils soient publiés, tu les lis été un individu et tu lis les commentaires. Donc que je lis tous les commentaires qui menacent de viol et que je dise je refuse, je refuse, je refuse, je refuse, je lis ces commentaires là. Du coup, les outils aujourd’hui mis à notre disposition sont des outils qui ne nous empêchent pas d'être confrontés à ce qui se passe. Et à chaque fois qu’on va dire aux gens venez, on interdit, ils disent attendez ! Enfin je veux dire, on ne peut pas attaquer quelqu’un pour suivre quelqu’un pour un crime qu’il n’a pas commis. Donc on te dit attends d'être harcelé, attends d'être menacé de mort, de viol, Là tu pourras te plaindre. Sauf que le problème, c’est que c’est littéralement l’impact de ces commentaires qui fait que ça détruit un individu. Donc je. A ce moment là, quand tu sais que tu partages ton opinion sur les réseaux, tu t’attends pas à te dire Bon, comme je vais peut être me faire harceler, je vais peut être réfléchir à deux fois. Moi je j’ai juste sur poster une vidéo et je me suis retrouvée responsable d’avoir tous ces commentaires là, d’avoir dû écrire les mots clés, d’avoir dû réfléchir à toutes les orthographes possibles et imaginables parce que évidemment, ils ont de la suite dans les idées, hein, Je veux dire, ils n’ont que ça à foutre, du coup ils écrivent pas une insulte comme tu l'écris normalement, ils écrivent avec plein de lettres, avec des accents, des arobases, des O, des F1 et donc en disant alors attends, c’est une pute, Comment est ce qu’ils pourraient bien écrire ? Et tu n’as rien de ça ? Non parce qu’en fait il existe toutes les solutions qui existent aujourd’hui pour soit disant empêcher que ce soit visible. Ça n’empêche pas que ce soit visible par toi, personne qui est attaqué et par Eugénie, je me suis jamais dit tiens je vais embaucher quelqu’un car je roule sur sur l’argent, l’argent d’ailleurs des fausses attaques de viols en face. A priori, on gagne vachement de thunes du coup. Ça n’a jamais été une option possible de me dire que j’allais déléguer ce truc là. Et encore une fois, je ne sais pas si il y a un salaire qui est suffisant pour dédommager quelqu’un qui va devoir lire ça et réfléchir à toutes les orthographes possibles et imaginables, toutes les insultes, toutes les menaces de mort et de viol qu’on pourrait m’envoyer avec toutes les orthographes possibles du monde. En fait, c’est encore une fois, c’est dire j’existe dans l’espace public. Bon bah c’est bien de ma faute, donc comme je sais à quoi m’attendre, je vais essayer de prévoir. Mais moi j’ai pas prévu parce que je me suis pas dit que ça allait générer ça, que je me suis juste dit ah les gens pas d’accord, ils sont pas d’accord et puis c’est tout. Ça n’a pas été le cas. J’ai pas pu en fait, c'était pas un ouragan qu’on m’avait annoncé. Et encore une fois, si on me l’avait annoncé, je l’aurais dit donc. Et donc quoi ? Je n’ai pas le droit de parler et aucun outil n’est mis à notre disposition. Alors ça, un téton téton de femme, Autant te dire que c’est automatique, ça disparaît. Mais bon, est ce que les insultes sexistes c’est vraiment des insultes ? Aujourd’hui encore, c’est des débats dans la Commission européenne, à l’Assemblée nationale. C’est encore des débats aujourd’hui parce qu’on se dit mais attendez, on a quand même mis des outils à votre disposition. Un super dossier, vraiment super !
Alors pour répondre à Monsieur. Dans le film, il y a une scène extrêmement intéressante où justement une des quatre protagonistes qui est députée italienne va dire qu’elle va réussir à faire adopter une loi par rapport au cyberharcèlement. Et en fait un dossier, une de ses surprises et de ses indignations, c’est en fait de découvrir que Facebook se place au dessus, au dessus des lois et notamment des lois italiennes, en disant Ce qui est un problème pour vous n’en est pas un pour Facebook qui est ultra extraordinaire. C’est-à -dire qu’au dessus de tous les pays, de toutes les législations. Donc en creux, ça pose effectivement la question des logiciels libres, etc. Et l’idée est de retrouver les outils. Mais cela dit, je comprends la question. Mais ce qui est sidérant dans le film, c’est de voir. Je crois qu’un policier a dit ça Ben vous avez qu'à fermer votre compte, que quitter les réseaux sociaux. Et c’est-à -dire que la réponse quand même qui est donnée, c’est fuyez. Et bien non, ce n’est pas ce que toi tu dis.
Mais ce que je veux dire c’est que la réponse qui est donnée, c’est l'équivalent dans dans la vie physique, celle que les gens comprennent d’eux. Vous vous faites emmerder dans la rue, sortez pas et encore une fois, t’es victime. Tu fais un truc qui semble vraiment inoffensif parce qu’au pire tu parles aux gens à qui tu parles et où ton discours résonne. Et si les gens ne sont pas intéressés, ils partent et on te dit va t’en, mais sors pas. Plutôt que de chialer, de te faire emmerder dans la rue. Et donc toi, t’es là en train de dire ok qu’en tant que victime, c’est encore à moi d’aller faire un effort pour essayer d'éviter un truc qui est inévitable. Et le problème c’est que moi j’ai pas fait ce métier au hasard. Je veux dire, si je tu me dis de pas être dans un endroit, j’y suis. Bon, à un niveau de santé mentale, c’est compliqué, mais je sais que c’est justement pour ça que j’ai commencé à prendre la parole. C’est pour ça qu’on m’attaque. Qu’est ce que t'étais en train de dire ? T’es en train de donner de l’eau à mon moulin, donc je vais rester à cet endroit là et j’ai aucune raison de partir. Mais ça coûte énormément.
Tout est fait pour, pour dissuader les femmes d'être dans l’espace public, que ce soit l’espace virtuel d’Internet ou l’espace public de la rue. Donc c’est exactement la même chose et c’est pour ça qu’il faut arrêter. De distinguer violence, cyberviolence d’un côté, violence dans la vraie vie encore une fois, d’un autre sens, c’est vraiment la même chose, c’est les mêmes mécanismes, C’est c’est de faire, c’est de faire peur aux femmes, aux personnes LGBT, en leur disant attention, vous savez ce qui vous attend. Si vous faites ça, vous savez ce qui vous attend. Si vous sortez tard dans la rue, vous savez ce qui vous attend si vous prenez la parole sur Internet. Donc ne le faites pas. Et d’ailleurs il y a énormément de femmes qui du coup ne le font pas. C’est la conséquence très concrète de ça, c’est qu’il y a énormément de femmes qui s’autocensurent, qui ne vont même pas penser à s’exprimer publiquement ou qui le font, qui commencent à se prendre du harcèlement et qui du coup arrêtent. Et ça, c’est une réaction logique, c’est de la protection. Mais oui, donc. De manière générale, on met toujours la responsabilité sur les personnes qui en sont victimes. Tu n’avais qu'à pas faire ça. Et le truc, c’est que c’est vu comme un phénomène inévitable. C’est vraiment le cyberharcèlement et aussi le harcèlement dans la rue. Mais en tout cas le cyberharcèlement, c’est vu comme normal. T’es une femme, tu t’exprimes publiquement, sache que c’est ça qui va t’arriver. Il n’y a même pas de question, c’est ça qui va t’arriver. Est ce que tu es capable de l’encaisser ou pas ? Parce que c’est quand même pas encaissé, y a rien à faire, c’est juste ça va t’arriver. Donc soit tu ne prends pas le risque, soit tu prends le risque et après du coup ben c’est tant pis pour toi si tu te plains pas quoi. Donc la responsabilité et finalement voilà, elle est toujours sur les personnes qui subissent et ça c’est pareil. C’est quand on vous dit quand vous allez porter plainte au commissariat, on vous dit : comment vous étiez habillée juste comme ça, c’est toujours la même chose. Donc il faudrait commencer par remettre la responsabilité sur les personnes qui sont vraiment responsables. Donc oui, il y a les algorithmes, mais enfin, plus que juste les réseaux sociaux, ce n’est pas un truc qu’on peut forcément résoudre juste en modérant ou en changeant les algorithmes tout ce qu’il y a. Il y a plein d'études aussi qui ont montré qu’en fait tout est fait dans les réseaux sociaux pour promouvoir les contenus d’extrême droite. C’est juste que ça marche mieux. C’est que quand il tourne sur ça, les réseaux sociaux, ça fait plus de clics. Et enfin, c’est comme ça qu’il marche. Donc c’est le modèle qui est complètement à revoir. Et de dire va donc de dire des choses comme : il faut juste modérer, il faut supprimer les commentaires qui ne vont pas, il faut mettre des mots clés et tout. Déjà ça, ça fait peser la responsabilité sur les personnes qui le subissent et surtout, finalement, ça ne règle rien parce que du coup, ça, éventuellement ça va régler un truc au niveau individuel, mais ce n’est pas possible de gérer le problème comme ça, il faut le gérer à un niveau beaucoup plus macro. Et donc donc au niveau des états, des lois, des plaintes et revient à l' envoyeur.
Oui, mais surtout, surtout, et ça c’est la même chose pour tous, ce n’est pas spécifique aux cyberviolences, mais c’est ce qu’il ne faut pas juste agir. Il ne faut pas juste agir après la répression. Punir les coupables et tous c’est bien, mais et c’est important. Mais, mais voilà enfin dans quel monde on est pour se dire en fait c’est normal que si une femme s’exprime sur les réseaux sociaux, on va aller la menacer. En gros, ce que je veux dire, c’est que c’est la prévention. Le plus important, c’est d’agir en amont. C’est de ne même pas avoir cette idée que ce serait normal de faire ça. Donc donc, l'éducation dans la vraie vie, tout ça. Il y a on a l'éducation à Internet, bien sûr, et de comment on est censé utiliser les réseaux sociaux et tout ça parce que ça, ça n’existe absolument pas. C’est la jungle, quoi. Enfin, tout le monde pense que si vraiment il n’y a pas de droit, il n’y a pas d'éducation à tout ça.
C’est la partie formation de “Nous toutes” qui parle.
Oui, exactement,
C’est un de vos départements formation.
Ben oui, enfin Nous toutes, à la base c’est vrai, c’est c’est censé être un mouvement d'éducation populaire, donc ça veut dire de sensibiliser les gens à la lutte contre les violences. Donc le premier truc qu’on on explique quand on fait une sensibilisation sur sur les violences sexuelles, c’est les mécanismes des violences. Donc en gros, comment c’est comment marchent les violences, comment ça se produit ? Donc est ce que vous les connaissez ? La dévalorisation, l’isolement, l’inversion de la culpabilité afin d’assurer l’agresseur qui assure son impunité ? Et ça, en fait, c’est exactement les mêmes mécanismes, que ce soit des violences physiques, sexuelles, psychologiques ou cyberviolences. Ça fonctionne de la même façon et c’est pour ça, encore une fois, que ça serait bien de voir tout ça sous le même prisme pour. Pour trouver des solutions à tout ça. Ne pas séparer en gros les cyberviolences des autres violences. Est ce que ça veut dire.
Alors justement, il y a un extrait que nous propose la production, que je remercie une nouvelle fois, qui est un extrait qui dure deux minutes 28, c’est le moment où justement la cyberviolence devient de la violence virtuelle comme tu dis, ou physique tout simplement. Vie réelle. Et c’est une scène assez effroyable et ça concerne il faut que je vous traduise parce que là c’est double peine, c’est une femme noire. Donc évidemment il y a le racisme. En plus, elle est une députée du Vermont qui est a priori l'état le plus progressiste des États-Unis, Bernie Sanders. Mais il y a un gars complètement dingue qui la menace.
Diane, tu peux nous parler de nous toutes ? Je disais il y a de la formation, il y a tout un travail de veille statistique. Vous vous êtes associés avec plusieurs organismes comme Le parapluie je crois, ou je ne sais plus quoi.Cette fédération parapluie rouge. Oui, voilà, produire des statistiques fiables sur les violences faites aux femmes en France, c’est ça ?
Oui. Alors ça c’est ce dont tu parles, c’est c’est l’inter orga, ce qu’on a appelé l’inter orga féminicide qui a été lancé en, qui a commencé à prendre forme en janvier 2022. L’idée de base, c'était en fait nous auto relayait le décompte des féminicides produit par un autre collectif depuis sa création en 2018. Et donc début 2022, Ça faisait un moment qu’on y pensait. On s’est dit que ce collectif qu’on relayait ne faisait le décompte des féminicides uniquement que dans le couple ou ou l’ex couple, donc uniquement dans le cadre du conjoint ou de l’ex conjoint. Sauf qu’en vrai, les féminicides, c’est quand même beaucoup plus large que ça. C’est vrai que la majorité des féminicides se produisent dans le cadre conjugal du viol conjugal. Même pas juste parce que oui, familial. Et ça justement ce n’était pas décompté. Mais la majorité des féminicides, ça va être au moment de la séparation. Typiquement, la femme veut s’en aller, voilà. Et puis le femme et l’homme n’accepte pas sa volonté de partir, tout simplement. Et c’est à ce moment-là que ça se produit. Mais, on s’est dit que ça serait bien quand même de compter tous les autres féminicides qui se produisent. Donc ça peut être, ça peut être dans la famille, voilà, ça peut être ça peut être le frère, ça peut être le père, ça peut être la mère, enfin le fils qui tue sa mère, tout ça. Et après ça peut être, ça peut être des féminicides transphobes, des femmes et ou des travailleuses du sexe et et ça, c’est hyper important qu’on le prenne en compte parce que parce qu’on n’en parle pas, enfin globalement. Et du coup c’est très dur, c’est très dur de faire ça d'éveil parce que justement la presse, généralement, n’en parle pas. C’est pour ça qu’il a fallu qu’on s’associe avec des collectifs qui travaillent vraiment sur le terrain et qui ont du coup des informations qui ne viennent pas forcément de la presse pour qu’on puisse. Enfin, l’idée, c'était de visibiliser ça, c’est de dire Bien, les féminicides de femmes trans, enfin, c’est un féminicide. C’est un transphobe. Mais enfin, avec cette motivation supplémentaire du coup qui est la transphobie généralement.
Et donc il y a tout l’historique de vos données, ça remonte à quelques années, notamment sur les sur les sur les femmes qui sont tuées, 120, 125, 130, enfin ça dépend des années, etc. Est ce que vous avez le sentiment que les choses avancent par rapport à ça, où finalement il y a une forme d’habitude, une fois, une fois l’effet de choc d’il y a quelques années qui est de dire vous vous rendez compte qu’il y a une femme tous les trois jours qui meurt sous les coups de son mari, son ex-mari et ou qu’importe. Et est ce qu’il y a comme il y a pu y avoir pour les violences policières par exemple, à un moment donné, une forme d’habitude pas d’accoutumance, mais d’habitude en disant pas là ça fait partie, ça ne sert plus à grand chose, ça ne ça n'éveille plus tellement les consciences que de dire aujourd’hui c'était hier. Le 95ᵉ féminicide en France. C’est peut-être moins relié qu’il y a deux ou trois ans. Est ce que vous ressentez ça ou pas ? Et encore, pour les violences policières, je pense qu’on en parle énormément en ce moment.
Oui, et c’est super parce que c’est bien. On en a parlé pas mal aux Etats-Unis de Black Lives Matter il y a quelques temps, mais en France ce n’était pas vraiment un sujet. Donc là on en parle un peu plus. C’est bien, mais oui, totalement, totalement. On s’habitue et on s’habitue aussi parce que c’est à peu près les mêmes chiffres tous les ans. Ouais, ça ne baisse pas, ça continue comme ça. Donc c’est bon, voilà. Oui, il y a 50 féminicides par an, c’est un fait inévitable et on dirait que c’est inévitable. Donc parfois, de redire quelques chiffres plus que. C'était c'était quand ? C'était l’année dernière. On a fait une action au moment du 100ᵉ film. Il y a toujours une action un peu chaque fois pour essayer de dire attention à ça fait quand même ça. On l’est déjà cette année. On a fait ça l’année dernière et la violence des commentaires qu’on s’est pris, soit les gens sur l’action qui voyaient ça, qui disaient des trucs horribles, soit les commentaires sur les réseaux sociaux. Mais on a entendu des choses comme des injustices.
Est ce que vous analysez, toi, Marion et toi, Diane ? Est ce que vous vous analysez ce que je pourrais appeler la panique virile ? Parce que finalement, ces gars qui réagissent comme ça, ils sont paniqués, en fait, ils ont peur de perdre quelque chose.
Non, c’est une évidence. En fait, quand tu combats un système qui est littéralement en accord avec ce que tu crois, est ce que tu penses que le gouvernement est en accord avec ce que tu crois ? Est ce que tu penses que globalement t’as aucun risque ? Parce que même les plus radicales des féministes et les plus misandres n’ont aucun impact dans ta vie et que tu prends le temps de faire ces vidéos. Parfois ça fait pitié. C’est envie de leur dire oh la la, t’as peur de moi Doudou ? Genre moi je suis vraiment personne, je ne serai pas demain ministre, je vais rien faire, juste je vais dire des trucs. Sauf que le problème c’est que c’est un peu une sorte de leurre tu sais. Donc on se rassure de ça en se disant genre j’avoue, ça fait pitié parce que si était si certain que je ne minimise pas le danger. Je ne dis pas que je le minimise, je dis juste que bien sûr, on le voit et je me dis moi dans ma vie, j’ai jamais passé aucune seconde à essayer de déconstruire leur discours. Je n’ai pas le temps, j’ai vraiment d’autres choses à faire bien sûr. Et donc je préfère représenter autre chose que juste dire je vais regarder une vidéo d’un mec qui regarde une vidéo de moi et je vais dire pourquoi il passe 54 minutes à essayer d’expliquer pourquoi est ce qu’on a tort en long, en large et en travers. Au moment où mon nom était vraiment en tendance sur YouTube, j’avais vraiment des gens qui venaient chercher des trucs que tu sais. Alors quand ces deux là font un puzzle et je vais vous dire pourquoi est ce que son puzzle est raté ? Ok, très cool parce que mettre Marion Seclin dans son titre, c’est déjà ouf. Et je me dis juste bien sûr que ça fait pitié. Et en fait surtout, je me dis si t’es si certain que ton modèle il est, il est hégémonique, il est indiscutable et qu’en plus tout dans l’humanité te confirme que c’est que t’as raison, que c’est bien de penser ce que tu penses. Ben pourquoi tu viens t’attaquer à moi ? Genre Mais le problème c’est qu’ils le font et que. Toi dans ta tête, tu es la meilleure. Mais pourquoi tu fais ça ? Genre si moi je ne fais même pas ça alors que t’es censé représenter le pouvoir. Je m’attaque même pas à toi, je m’attaque à rien, je m’attaque à des symboles, je m’attaque à des images, je m’attaque à des mots. Et t’as l’impression que capitalisme, c’est à leurs pères patriarcats, à leur père. Et qu'à chaque fois que tu dis un de ces mots là, ils sont là pour rien. Et oui, en fait on peut se rassurer en se disant ça fait pitié, mais il y a des jours où moi j’ai envie vraiment genre d’aller mettre des petits coups de tête dans le nez. Là où ça fait bien mal. Non, mais parce que je ne sais pas, j’ai compris le temps comme ça. C’est donc encore une fois, c’est juste pour quelle raison ? Quelle énergie du père ? C'était si certain que tout va bien dans ton quotidien et que j’ai tellement tort. Rien de ce que je dis n’impacte ton quotidien. Pourquoi perdre ce temps là ? Et en fait, c’est le truc éternel de dire fait, tu vois bien, c’est parce que c’est dès 12 h dans leur cave qui avance. Et encore une fois, ce n’est pas des heures qui sortent à la pleine lune dans les garages, c’est littéralement. La plupart des mecs sont aujourd’hui des consommateurs de ce qui se passe sur Internet. Et d’ailleurs ça a été un énorme choc chez mes collègues de YouTube qui se sont dit bah ce n’est pas des vrais gens qui t’insultent, c’est des mecs qui vivent à la pleine lune, qui sont probablement des mecs bizarres quand ils se rendent compte que c'était leur communauté, ils ont fait. Alors on va plus trop travailler avec toi parce que ça nous embête un peu. Parce qu’en fait, c’est littéralement tout le monde C’est tout..
Tu as eu des gens avec qui tu travaillais, qui t’ont dit on va arrêter de travailler parce que ce n’est pas bon pour la boîte, ce n’est pas bon pour eux.
Ils l’ont pas dit, t’imagines ? Sinon ça voudrait dire qu’ils auraient du courage et tout ? Non ils l’ont pas dit, mais sous entendu, ils ont observé en fait le phénomène de partout où j’apparaissais. Que ce soit une reprise de Taylor Swift au ukulélé inoffensive et ou un sketch sur Studio Bagel, j’avais des gens qui avaient. Ils avaient mis des notifications pour venir systématiquement à la seconde où je postais quelque chose ou quelque chose avec mon nom dedans, mais me défoncer dans les commentaires. Et j’avais du coup des camarades chez bégueules qui disaient "oh non ! Oh non, la vidéo, elle ne marche pas parce que. Et on leur disait non, t’inquiète pas, c’est juste ce qu’il y a dedans. T’inquiète, ce n’est pas toi le problème, mais toi c’est super et c’est ouf ! Et ils continuaient leur vie et moi j'étais là. Cool, cool, très sympa ils avaient vraiment ce truc. Ils ne savaient pas à quel point. Et après il se rendait compte que c'était globalement la plupart de leur communauté, c’est à dire des petits mecs qui se sentaient tout permis, des mecs qui sentent tout permis et ils se disaient je ne sais pas trop prendre parti parce qu’après je vais perdre des abonnés et je ne veux pas perdre des abonnés, vraiment. Donc oui, j’ai eu des marques qui m’ont dit tu as des casseroles, alors non, des casseroles. Si j’ai fait une erreur, là, j’ai juste dit un truc qui en plus s’est avéré 22 ans après. Assez juste puisque soutenue par le mouvement MeToo. J'étais là. Ah ben voilà, c’est ce que je disais déjà. Je le disais avant, j'étais sûre, c'était, c'était vrai et c'était vrai. C'était juste que ce fût risqué de dire la même chose que moi. Et euh, un truc hyper frustrant aussi dans les médias qui ont complètement ignoré le truc. Et au moment où c’est arrivé à une autre journaliste, ils ont dit comme on le sait bien, l’exemple de Marion, c’est là, j'étais là et vous le savez bien, vraiment. Le savez-vous seulement ? Parce que, à priori, quand j'étais juste Youtubeuse et que j'étais. Ce n'était pas vrai ce que je vivais et c'était ridicule. Vous n’en parlez pas. Et là, d’un coup, vous avez envie d’utiliser ça comme exemple, mais maintenant c’est mort et t’avais ce truc hyper frustrant en fait. J’avais beau le dire, j’avais beau le répéter, il n’y avait pas de moment où ça parlait aux oreilles de quiconque. Et aujourd’hui encore, il faut sortir ce genre de film et il faut avoir ce genre de débat pour dire que ce n’est pas normal et qu’il faut le faire avec le sourire. Parce que si on le fait en étant un petit peu en colère, ce n’est pas cool. Et en fait, si on le fait, on est un petit peu violentes par la violence et en fait on a perdu juste on a perdu. Ce n’est pas moi qui te dis que j’ai perdu mon jeu, c’est que j’ai gagné. Et donc me dire que ces mecs là, ils se sentent tellement agressés par mon existence qu’ils veulent me répondre, me fait me dire d’accord, ils sont inquiets, mais ce n’est pas de moi qu’il faut être inquiet, c’est de la génération à venir parce que moi je suis trop âgée pour eux pour pour faire quoi que ce soit de plus violent que ça.
Dans le film justement, il y a alors dont tu parlais à l’instant, l’enseignante qui essaye d’apprendre aux enfants comment, comment utiliser les réseaux sociaux à utiliser très justement tout à leur faire des réseaux sociaux. Voilà, il n’y a pas de. Il n’y a pas de pédagogie à tout ça, comme il n’y a jamais eu de pédagogie à l’image, par exemple à la télévision. Donc il n’y aura sans doute pas ça. Et il y a évidemment une nécessité. Je vais, je ne vais pas tarder à prendre des questions du parce qu’il va nous rester une petite demi heure et de la salle, si vous avez des idées, des questions, j’espère. Alors, il y a Pauline qui a rejoint l'équipe d' Au poste. Voilà. Et en fait, elle avait préparé plein de questions. Et donc il va falloir les poser et on va se lancer dans le bain. Et j’aurai un extrait que j’ai trouvé particulièrement intéressant sur l’histoire des agressions faites aux femmes et de la prise de parole par les femmes et notamment les suffragettes. Je vais mettre des extraits dans quelques instants, mais bon, la salle là….
Euh oui, bien en fait, j’en profite parce que vous parliez d' un peu de l'éducation aux réseaux sociaux on va dire. Et en fait, je ne pense pas être vraiment de la génération suivante par rapport à Marion, mais je suis peut-être un poil plus jeune. Et moi, je sais que quand j'étais un homme, même depuis l'école primaire, il y en avait. Alors c'était peut être pas forcément réseaux sociaux, mais internet en général, il a commencé ont commencé à comprendre qu’il y avait cet espace un peu particulier. Donc on a eu une forme d'éducation à Internet. Mais. Mais ça va vachement rejoindre ce que vous disiez sur le fait de responsabiliser les victimes. En fait, c'était c'était vraiment ce truc. Ok, alors. Enfin, à l'époque, il y avait un peu Facebook comme réseau social, donc Facebook, normalement c’est interdit avant treize ans. Donc c’est pour vous protéger. Bon, surtout, vous ne mettez pas des photos de vous où on vous reconnaît sur internet. Surtout, vous n’utilisez pas votre vrai nom. Et en fait, chez vous, il y avait vraiment j’ai vraiment pas souvenir qu’il y avait. Tous les dangers d’internet c'était orienté, surtout si vous faites ça. Il y a un risque qu’on vous retrouve dans la vraie vie. Et il y avait rien sur le fait que même sans qu’on te pourchasse dans la vraie vie, il peut y avoir un impact et puis y avoir un danger. Donc en fait, je me demandais si vous là, vous auriez enfin vous auriez des idées ou des conseils sur comment on peut enseigner, parce qu’en fait, c’est évident que là, les jeunes générations y grandissent vraiment avec plein de réseaux sociaux. Et enfin et donc y compris des jeunes filles, ce qu’on. Poser ce genre de violence potentiellement de plus en plus jeune, etc. Donc selon vous, comment le renseignent ? Je n’ai pas envie de dire à se protéger de ça parce que c’est à elle de se protéger. Mais comment les prépare-t-on ? Sans vouloir les exposer par avance à de la violence.
C’est malheureusement le souci, c’est qu’en fait ce n’est pas à elle d'être préparée à quoi que ce soit. Et ce serait super si j’avais une ministre qui m’a dit ça un jour parce que du coup, c’est grâce à ma super expérience. J’ai été invitée par une ministre qui m’a dit que c’est foutu pour foutu et qu’on ne ferait pas mieux quand même d'éduquer les filles. Et j'étais là, C’est grave, on a vraiment que ça à foutre en plus. Vraiment, on aimerait bien.
Et le nom de la ministre, s’il vous plaît ?
Non mais justement, je ne vais pas l’attaquer parce que là.
Je n’ai pas à l’attaquer, c’est juste pour savoir.
Non mais parce qu’elle sait.
Quand c'était depuis 2016.
On va le savoir maintenant
Je ne le dis pas parce qu’en fait ce n’est même pas de sa faute. Elle même, elle était là elle, faisait ce qu’elle pouvait, avec ce qu’elle avait et elle était en train de se dire bah le plus facile ça reste quand même de parler aux meufs. Parce qu’en fait, quand on parle aux mecs qui sont là eux même pas moi et pas tous les hommes étaient là à temps. On s’en fout que pas tous les hommes, juste assez d’hommes pour que ça nous pousse à nous faire chier. Et du coup, elle était vraiment en train de dire je serais désemparée si je devais m’atteler à l'éducation des garçons et dire aux garçons vous êtes le putain de problème. Et c’est vraiment un genre trop difficile. D’ailleurs, on appelle ça les violences faites aux femmes qui viennent d’où ? La violence de qui ? C’est quoi ? C’est l’inverse qui nous est faite juste parce que voilà, on était là, on existait et bam, la violence nous est faite. Non, on ne veut pas dire les mots, on ne veut pas montrer les personnes, on ne veut pas dire que c’est les hommes parce que les hommes vont dire non, ce n’est pas tous les hommes. Et je suis là la la putain mais qu’est ce qu’on les prend avec des pincettes pour essayer de faire attention alors que c’est nos vies en fait qui sont en danger. Et encore une fois, ce n’est pas grave. Franchement, un ou des suicides de plus, ça ne fera pas la différence. Un ou deux meurtres de plus, ça ne fera pas la différence. Seulement si tu rigoles c’est que dalle et on s’en fout. En fait, on est dispensable. On est un débat aujourd’hui dans toutes les institutions, donc il y a quelque chose de hyper frustrant dans le fait que même le ministre soit là de sa génération et qu’il dise c’est plus facile de vous dire à vous, genre buvez pas trop comme ça, vous vous ne retrouvez pas dans cette situation là, soyez pas sur internet, mettez pas des jupes, existez pas. Si vous avez un vagin, restez chez vous et vous avez les seins chauds. Et t’es là en train de dire bon bah d’accord, c’est votre solution. Bien sûr que moi aussi c’est plus facile. Je sais que quand je m’adresse aux personnes, j’aimerais te dire que je m’adresse aux hommes qui se disent mais c’est vous, c’est choquant, c’est fou, J’ai de l’empathie pour cette personne qui est un humain. Non, c’est vraiment à 78 % des femmes à qui je m’adresse, qui elles mêmes deviennent encore plus ou en colère ou conscientes et encore plus en train de se dire putain mais faut absolument que j’informe mon entourage, c’est l’entourage qui fait oh franchement, au milieu du poulet des frites, tu ne penses pas qu’il vaudrait mieux qu’on en parle ? Après, le dessert était là. Non, c’est ma survie. Et en fait, on est tout le temps désolé parce on est parce qu’on a à cœur en fait de je ne sais pas de de faire en sorte que la personne en face elle comprend de manière sensible ce qu’on vit et on est juste en train de répéter et c’est chiant parce qu’on meurt et les gens en face sont là. Mon ego est plus important que ce que toi tu vis. Et le terrorisme est ce qu’on peut appeler ça du terrorisme ? C’est la définition du dictionnaire, c’est on ne sait pas quand ça va nous tomber dessus, ça va nous tomber dessus à un moment, on ne sait pas trop quand où pourquoi. Peu importe ce qu’on porte, peu importe où on est, ça va arriver qu’on soit chez soi, considéré. Déjà que la violence qu’on vit en ligne n’est pas grave tant qu’elle n’est pas dans la vraie vie, c’est faux. C’est à dire que moi je n’ai pas attendu d'être confrontée et d'être attaquée physiquement pour considérer que ce que je vivais était violent. Mais bon, on me demande souvent alors c’est quoi le pire ? Est ce que quelqu’un t’a par exemple cassé les genoux ? Non mais ce n’était pas nécessaire, Vraiment. Et en fait, ces idées redondantes que le monde d’internet n’est pas le monde, en fait, c’est vraiment juste un espace public.
On va répondre à la question quand même parce que toi t’as pas répondu le nom d’un ministre. Je comprends, tu protège rien mais t’as pas répondu
Je ne veux pas, Mais d’autres femmes qui sont elles-mêmes un peu là. Je ne sais pas quoi faire. Mais encore une fois, si tu demandes à des gens qui ne connaissent pas ce monde de légiférer ce monde aujourd’hui, quotidiennement, quand l’assemblée me dit on aimerait bien avoir ton avis, je suis là, vous savez déjà était sur internet. Faire du contenu, Non, vous le connaissez de loin. Comment vous pouvez oser essayer de défendre quoi que ce soit ? Encore une fois, ce truc que je n’arrête pas de répéter, c’est comment tu mets à la disposition des individus qui sont harcelés, des outils pour pas qu’ils lisent ces commentaires violents. Parce que c’est ça en fait, c’est c’est le choc que ça a produit. Et si on me dit qu'à un moment, quand on a porté plainte après qu’on ait reçu la requête, c’est trop de données, Ça veut dire que déjà elle est allée porter plainte, elle a trouvé un policier ou une policière qui l’a entendue et qui a pris sa plainte sans lui dire que. Je puis, c’est déjà deux choses qui sont complètement fausses et justes. Le monde n’est pas formaté pour que ça fonctionne. Donc la ministre, la pauvre, c’est nul. La mienne aussi. Mais il n’y a pas de solution. Bien sûr, c’est plus facile d’aller dire aux filles Bon, va faire un monde magique dans lequel on s'éloignerait de cette violence. En fait. Quand les femmes se sentent menacées par les hommes, elles s’en éloignent. Quand les hommes se sentent menacés par des familles, par des femmes, ils les attaquent. J’ai été attaquée par des hommes qui pourtant se prétendaient vouloir me tuer, me dire Tu n’existes pas, je suis là. C’est franchement beaucoup d'énergie pour juste quelqu’un que vous devriez ignorer. Moi, je vous évite quand je me sens menacée. Pourquoi vous venez me pourchasser ? Et c’est là, c’est la grosse différence. J’aimerais te dire qu’il y a une solution et que. Mais non, à part filer un taser à toutes les filles, franchement je ne vois pas.
Ah non mais ça c’est notre idée !
Non mais j’aimerais bien te dire que non. Moi non plus je ne suis pas pour la violence physique, mais il y a un moment où j’ai envie. Nous on crève quoi. Et on ne dit pas la violence. Non mais bien sûr, je n’encourage pas la violence, c’est juste. On est censé ne pas parler de cette violence là parce que ce n’est pas visible et dire c’est la norme, c’est comme ça.
Bon alors il y a plusieurs questions. Diane, est-ce que tu voulais répondre à la question sur l’apprentissage et la protection ?
Oui, juste vite fait. Il y a cette pancarte qu’on voit souvent en manif Protégez vos filles qui est barrée avec marqué éduquer vos garçons. Et c’est vraiment ça, On ne devrait jamais être préparé à où s’habituer à un truc comme ça. Enfin tout va ensemble. Il n’y a pas, il y a mieux, mais pas forcément d'éducation spécifique aux cyberviolences. Enfin, oui, il faudrait une éducation bien sûr à Internet et aux réseaux sociaux. Mais le fond du problème, il est toujours le même, c’est la culture du viol. C’est le fait que globalement, les hommes ne considèrent pas les femmes comme des êtres humains. Voilà, c’est tout c’est ça. et toute la charge est toujours mise sur les personnes qui en sont victimes. Que ce soit donc, comme on disait tout à l’heure, ne sortez pas vous exprimer. Mais aussi ici, allez y, vous êtes courageuses, vous pouvez le faire. Donc voilà, quand on disait libération de la parole tout à l’heure, combien de fois on entend de la part du gouvernement c’est super la libération de la parole. On est trop contents que les femmes parlent enfin alors qu’elles ont toujours parlé. Mais on ne se pose pas la question de, OK, on les encourage à parler, on les encourage à sortir, à s’exprimer sur internet et ensuite il n’y a pas de prise en charge après. Donc on dit aux femmes : Allez porter plainte, vous êtes victimes de violences, allez porter plainte. Très bien. Mais ensuite ? Enfin, c’est complètement irresponsable d’aller encourager des gens, des femmes à aller porter plainte ou à s’exprimer librement sur Internet, ce qui devrait être la base, mais ensuite, rien. Si l’accueil dans les commissariats n’est pas fait, ne change pas, ce n’est pas amélioré. Ben nous, l’enquête qu’on a faite avec nous toutes en 2021 sur les sur les prises en charge dans les commissariats, il y avait 65 % de personnes qui disaient qu’elle avait été mal accueillie, soit par des questions qu’on ne devrait pas avoir à répondre, soit par des refus de prendre des plaintes, ce qui est illégal. Enfin, tant qu’on ne fait rien contre ça en fait, ce n’est pas la peine d’aller encourager les femmes à porter plainte parce que c’est encore pire en fait. Après, on est victime de violences institutionnelles et c’est encore pire après. Si on dit aux femmes, allez vous exprimer librement sur internet, vous avez le droit, c’est super, mais en fait, tant qu’on ne fait rien, faut lutter contre la cyberviolence, ça va être encore pire. Après, quand on dit là, je pense, quand on parle de violence contre les enfants, en ce. Vous l’avez peut être vu, il y a la campagne du gouvernement sur enfin il faut encourager les enfants à parler et tout et ok, c’est super. Sauf que ben on sait qu’une fois qu’ils parlent les enfants en fait, ben on les écoute pas. C’est même encore pire que des femmes qui parlent. C’est enfin les enfants, on croit direct on dit quoi ? On va dire que c’est la maman qui l’a influencé. Donc en fait juste, il y a tant de choses à changer, mais déjà juste pointer les vrais responsables comme tu dis. Donc on va arrêter de dire les violences faites aux femmes, tout ça on va dire les violences masculines, on va désigner les coupables. Et une fois qu’on a saisi le problème et qu’on comprend vraiment d’où ça vient et que et que ça vient, du fait que la vie des hommes et des femmes n’a pas la même valeur. Une fois qu’on a compris ça, peut être qu’on peut s’attaquer un peu au fond du problème et et commencer à éduquer nos enfants de la même façon, parce que c’est quand même pas normal qu’il y ait des enfants en bas âge qui commencent déjà à penser qu’il y a des trucs pour filles et des trucs pour garçons et que et qu’ils vont pas avoir les mêmes choses à faire dans la vie quoi. Enfin, c’est quand même absurde. C’est quand même absurde que voilà, dès qu’on a trois ans, on est déjà complètement formaté comme ça.
Et puis c’est super de changer les lois de fond pour réussir à faire en sorte que les lois soient efficaces, il faut réussir à les porter plainte. C’est littéralement les lois, C’est super, mais on s’en cache en fait. Parce que globalement, quand on est un individu attaqué, ce genre de choses, on a besoin d’une aide directe. Si on n’arrive même pas à aller jusqu'à porter plainte, c’est sympa les lois. Et puis bien sûr, on n’arrête pas de répéter, mais en fait, les réseaux, c’est comme des planètes qui seraient en dehors de la planète et elles auraient leurs propres lois. Et on aura beau leur dire il faut que vous vous imposez des choses et on a un gouvernement qui fait ça, pas la priorité tout de suite, c’est d’autres trucs qui sont plus importants. Du coup, qu’est ce qu’on va faire ? Comment ? Comment voulez-vous qu’on fasse ?
Je pose des questions et notamment je donne la parole Mais je voudrais répondre à Jean Gérald Darmanin. L’Inestimable Gérald Darmanin a proposé le guichet électronique justement en disant que les policiers ne sont pas tout à fait capables de recevoir, de recueillir la parole des femmes et donc on va le faire, elles vont pouvoir porter plainte en ligne. J’ai lu différentes organisations féministes qui expliquaient que ça n'était pas du tout la solution, qu’il fallait justement savoir recueillir la parole et que ce n'était pas du tout de faire ça de manière derrière un guichet électronique. C'était une catastrophe. Est ce que vous, de toutes, vous avez répondu, Vous avez réfléchi à ça par rapport au fait que les femmes sont mal accueillies dans les commissariats ? Tu disais 63 %, je crois et d’après votre enquête pour 100 celles qui ont répondu, celles qui disent après, il y a, il y a aussi toutes celles qui n’osent pas porter plainte parce qu’elles savent que non, elles savent que ça va être n’importe quoi. La réponse du guichet électronique, par exemple, est ce que vous avez entendu parler de ça ? Et qu’est ce que vous en pensez ?
Moi j’ai moi j’ai voté comme ça, donc je me dis que a priori, ça a une certaine valeur. Qu’est ce que je vois ? Non, pas électronique, bien sûr, mais en fait, l’intelligence artificielle est faite par des hommes pour des hommes avec des hommes. Du coup, c’est vraiment une super solution. Du coup, la machine, elle va nous répondre littéralement la même chose qu’un homme. On vous dira très bien, ça va quelle idée !
C’est ça la thèse. Pourquoi ? Le problème c’est qu’on sait que les gens ne sont pas formés. Donc est ce qu’on pense qu’un guichet sera mieux formé ? Enfin. Quand on va porter plainte, on a envie de se retrouver face à une personne humaine avec qui on va pouvoir parler, qui va nous apporter une réponse individualisée et pas complètement standardisée. Enfin, c’est comme quand vous appelez, vous essayez d’appeler votre opérateur téléphone et vous avez un robot au bout de la ligne et vous pensez bien que c’est impossible. On peut répondre que oui, non ? Tapez un, deux ou trois. Enfin déjà pour des choses simples comme changer son forfait téléphonique, c’est impossible.
Donc vraiment, pour porter plainte on m’a dit mais t’as qu'à porter plainte en ligne, tu penses que tu peux porter plainte pour cyberharcèlement en ligne ? Mais non, ce serait trop rigolo. Et moi j'étais là, alors j’ai eu le droit à plein de trucs que je ne vis pas et je me disais en plus voilà, je pourrais poser une main courante contre X. C’est vraiment la solution à mes problèmes parce qu’on est sur 40 000 personnes que je ne connais pas. Donc une main courante contre X sur un truc en plus qui n’est même pas dans la liste, je me dis comment c’est possible qu’ils ont réussi à faire Hadopi et qu’ils ont réussi à dire ça t’a volé un film, t’a volé un film, toi t’as volé une musique, Je suis allé en prison. Et qui fait ça ? Et même si ce n’est pas utile, c’est un peu de dissuasion quand même. Ça existe, mais tu peux écrire le mot sale pute 45 fois, il se passe rien, tu ne recevras jamais de mail. Excusez moi, on a vu que vous avez écrit beaucoup le mot sale pute. On se disait peut être faudrait que vous arrêtiez de le faire ou alors on va vous envoyer une deuxième lettre juste encore une fois, c’est c’est super parce que la culture c’est financier et les pauvres, ils valent aux riches et pauvres. Mais là, en fait, il n' y a pas d’histoire d’argent. T’imagines un Hadopi qui venait dire aux gens t’as beaucoup écrit ce mot là, C’est un peu inquiétant. Donc à moins que tu réussisses à me prouver que c’est pour des raisons pédagogiques, j’aimerais te demander pourquoi est-ce que tu dis que tu vas violer des gens ? Et encore une fois, c’est con, mais c’est une manière de dire ça n’empêche jamais les gens de rien faire, mais c’est juste une manière de dire on te voit, on te voit, tu n’as pas peur, on s’en fout, on te voit et à un moment tu vas payer 100 €. Ouais, mais 200 € en 120. Si j’avais 800 € à chaque personne qui m’avait si bien harcelé, et bien on n’aurait pas juste des voitures de police comme dans le futur, on aurait des batmobile de police. Enfin. Je comprends pas pourquoi personne ne fait rien, C’est parce que ça ne rapporte pas trop en fait d’arrêter le sexisme. Ce n’est pas intéressant. Et nous à côté de ça, on se fait un max de thunes en accusant à tort des gens.
Ouais, mais juste juste pour finir le truc c’est qu' en fait, le gouvernement n’arrête pas de trouver des excuses afin de nous envoyer des petits trucs où on se dit bon, on va leur donner ça comme ça, ça va les calmer. Pendant trois mois, les féministes étaient énervées. Puis après on trouvera un autre truc. Donc à un moment, on a eu des guichets différenciés. Enfin genre si vous êtes victimes de violences, il faut aller sur la ligne orange, les lignes bleues pour bien stigmatiser les gens. En amont, il y avait des casques de réalité virtuelle. Je prends ça comme ça. Enfin des lunettes comme ça, vous pouvez expérimenter comment c’est d'être dans la peau d’une femme victime de violences conjugales. L’horreur. Mais enfin voilà, on nous donne tout le temps des petites gouttes comme ça, en nous disant que ça va les calmer pendant un petit temps. Mais on ne savait jamais au fond du problème. Parce que comme tu dis, finalement, ça ne rapporte pas beaucoup d’argent. Alors qu’en fait en fait, c’est juste pour préciser que ce n’est pas vrai. Enfin, il y a des études qui ont été faites sur ça. Tout ce que coûtent les violences masculines à la société. Je ne connais plus ce chiffre là en tête, mais y avait un rapport de la Fondation des femmes. Mais c’est énorme, oui. Et la virilité, de manière générale, Le coût de la virilité, c’est un livre qui ne sortirait pas longtemps. Enfin, en fait de juste, ce que demandent les associations féministes, c’est 2 milliards pour lutter contre les violences. C’est probablement un peu sous-estimé. Là, j’ai vu une autre estimation il y a pas longtemps, c’est plutôt d'être entre trois et cinq. Globalement, ça reste très très inférieur à plein d’autres investissements. Que fait l'État ? Voilà. Voilà, l’enjeu n’est pas très compliqué à trouver. Mais surtout, enfin, si on se dit on a d’autres priorités, c’est parentales, etc. En fait, si. Clairement, c’est très rentable. En tout cas, le gouvernement n’arrête pas de faire que des opérations de communication. Clairement la grande cause du quinquennat, etc. Plutôt que de s’adresser au fond du problème,oui, je n’avais pas tous les ans.
J’avais une question donc je remonte un petit peu sur des sujets d’avant. C'était sur le cyberharcèlement. Donc vous, ce qui vous est arrivé, ça date de 2016. Est ce que depuis ça s’est accentué ou est ce que ça s’est modifié, notamment avec la multiplication des réseaux sociaux ? Comment a évolué le cyberharcèlement, où est ce que ça s’est amplifié ? Tout à l’heure, vous disiez que si on s’imagine que ça va être des trolls,des inconnus qui vont se mettre en ordre de marche et harceler. Est ce que ça, c’est aussi des profils professionnalisés ? Voilà comment ça a évolué. Comment pourriez-vous le caractériser ?
Ça a toujours été très organisé. C’est à dire que vraiment j’ai trouvé, pas moi personnellement, mais des personnes que vous avez envoyé de l’autre côté de la ligne de front Des lignes directrices de comment me harceler Du coup, quel type de constructeur il fallait avoir, quel type de pseudo il fallait mettre dedans, combien de gens il fallait suivre, quel genre de hashtags il fallait essayer de mettre en avant, etc. Aujourd’hui a encore un nombre incalculable de sujets me concernant sur les forums privés cet effet et ça c’est un peut arriver pendant mis tout parce que c’est un peu. Effectivement, si la plupart des hommes ont fait elles ont l’air et de beaucoup à dire la même chose jusqu'à ce qui sont assez à l’aise pour dire franchement ça m'étonnerait vu son physique et ils n’ont fait vraiment du coup jusqu'à ce qu’on soit vraiment ridiculiser alors que pour 100 ont été une majorité a partagé ce truc là. Et puis en fait ça revient toujours aider. J’ai sorti que à chaque fois que j’ai fait un nombre de vue étonnant, c’est parce que littéralement je n’ai été montré qu’il y a des gens qui me haïssent. Et je me suis dit pour aujourd’hui, il y a des algorithmes qui sont littéralement fait pour que c’est justement parce que ça, ça irrite les gens que ça fasse des vues. Et je me suis dit la dernière fois que j’avais fait un succès pour une raison cool, c'était Wow ! 1827 Comme j’avais été dans un marché public pour vendre une potion pour les cheveux, ça n’existe plus en fait. Le succès, parce que c’est apprécié ce que tu fais aujourd’hui, Le succès, c’est parce que justement c’est décrié. J’ai essayé de faire un truc un peu provocateur pour voir à quel point y avait encore des gens qui étaient coincés en 2016. Et quand je dis provocateur encore une fois, ce serait m’accuser d’avoir fait quelque chose de mal alors qu’en fait j’ai juste dit j’ai été super harcelé et regardé et en fait ça a vraiment mis beaucoup en colère des gens, mais même des enfants de quatorze ans, je suis là. Mais je n' étais pas là en fait. Et je n'étais pas là en 2016 pour que tu sois énervé. Qu’est ce qui se passe ? Et littéralement, c’est C’est intarissable. Et quand ce n’est pas parce que j’ai dit le mot capitaliste, c’est parce que je me suis enlaidie avec le féminisme. C’est juste, c’est en fait c’est deux. Il n’y a pas d'évolution particulièrement encourageante, il n’y a pas de mixité, c’est toujours des hommes. Ça, c’est ça. Encore une fois, je sais que je serre les fesses en le disant parce que je sais très bien que je vais recevoir des trucs. Je m’en fous de ça. Tous les hommes, c’est juste des hommes. Faire semblant qu’il y a eu une ou deux meufs une fois de temps en temps perdus dans la foule, ça serait encore une fois faire semblant que le problème ne vient pas des mecs. Et je pense que non, il n’y a pas eu vraiment d'évolution. J’aimerais. Est ce que les réseaux me protègent ? Non. Est ce que YouTube a dit Mais nous ce n’est pas pareil. C’est parce qu’en fait, aux États-Unis, le sexisme c’est une opinion, ce n’est pas un délit. Oui, et ils ont tous fait ce truc là de dire Ah, nous on va tourner des planètes en dehors de votre de votre espace temps et on peut dire ce qu’on veut. Du coup, c’est un peu à mes risques et périls. Et aujourd’hui, je me suis rendu compte beaucoup que, en fait, leur répondre, c'était aussi me confronter au fait que c'était bête et les confronter au fait que c'était bête et que. Ben en fait, j’avais plus trop envie justement d’ignorer, de laisser sur le côté. C’est vraiment le conseil qu’on donne toujours, c’est mais on s’en fout. Non, non, je ne m’en fous pas. Il y a des jours où je ne m’en fous pas. Il y a des jours où j’ai envie de leur dire de quoi a peur et en fait, ça suffit pour les faire taire un petit temps. Et surtout, ça suffit pour envoyer aux autres meufs le message que j’ai que j’ai pris. Je n’ai pas peur alors que j’ai peur, je m’en fous. Je veux juste plus jamais peur de laisser ce truc là arriver. Et c’est la seule solution que j’ai trouvée. C’est encore une fois me dire que ce n’est pas grave, je me ferai violence et que ça en vaudra la peine. En espérant que Squeezie dise quelque chose juste quelques semaines après. Parce que dès qu’il y a un truc tu sais, c’est fou. Mais non, ça n’a rien fait, ça n’a rien changé. On continue à me poser les mêmes questions sur les mêmes sujets en me disant et alors ? Est ce que vous ne pensez pas que ça s’est amélioré ? Non, ne s’est pas amélioré dans l’espace public parce qu’Internet est un espace public. Je pensais plus que la réponse allait être. Ça a empiré avec la multiplication des réseaux sociaux. Non. Encore une fois, c’est resté assez assez stable et ça ne va pas empirer avec la multiplication. Je ne saurais pas expliquer pourquoi juste une fois de temps en temps. Il y a des gens que ça réveille qui sont en colère. Visait-elle vraiment l’aide ? Car les féministes. Et juste je reçois quelques messages pour me rappeler que je suis laide car je suis féministe et je me dis c’est j’avais oublié merci et je sais jamais vraiment ce qui réveille qui. Et en l’occurrence. Empirer. C’est juste que dans l'éducation civique ou en technologie, j’ai vraiment. Je mélange ces deux matières parce qu’il y en a une où j’ai appris les présidents de la cinquième République et l’autre j’ai appris à faire un porte clé lumineux et je me dis un mélange des deux, ce serait genre super parce qu’en fait on apprend le civisme. Ce n’est pas comme si sur internet on était là. Non ? Je ne sais pas quoi faire, c’est un clavier, je ne sais pas comment être poli. Si tu sais comment être poli, tu sais comment est une personne civique. Je ne sais pas pourquoi on ne dit pas aux enfants c’est la même chose et pourquoi on essaye de dire c’est un monde magique. Le monde de Narnia quand tu passes là, non, c’est vraiment la même chose. Et c’est genre Corentin une insulte, pas la boulangère. Je n’insulte pas les gens sur internet, c’est comme ça. Mais tu sais, on fait ne pas trop attaquer les gens avant qu’ils fassent le délit, donc on va attendre vraiment qu’ils aient tous menacé de mort et de viol et là on verra ce qu’on peut faire. Rien.
Alors je vais prendre deux deux questions dans la salle, mais je voudrais lire Talma dans le tchat. Bonsoir, j’ai 46 ans et je n’ai jamais trouvé d’autre solution face à la violence des hommes que d'être en mesure d'être plus violent qu’eux grâce aux sports de combat. Je ne dis pas que c’est la solution, mais c’est la mienne.
Bien on approuve.
Non mais parce que, en fait, ça va deux minutes de vouloir nous demander toujours d'être plus intelligentes. Et en fait non, on est on sera plus intelligent quand on aura l'égalité. Mais déjà pour le moment, on n’a pas l'égalité. On verra. C’est juste que cette violence morale qu’on subit tout le temps, qui est de toute façon invisible face à la violence physique, ce qu’on nous dit qu’on peut, on ne peut souffrir que si c’est visible. Il y a un moment où juste et encore une fois, je sais pas moi, moi je suis fatiguée, j’ai pas le temps, j’ai dépassé 30 ans, tu te rends compte ? Mais vraiment, je dois mettre de l’anti rides. Du coup ce n’est pas moi qui vais le faire. La génération d’après, elle a vachement moins de temps, vraiment. Et à un moment. Je n’encourage pas cette violence là, Je dis juste que je n’encourage pas non plus l’autre violence. Et ça va, ça va faire comme ça a toujours fait dans les révolutions.
C’est-à -dire ?
Ben je ne sais pas. Tu sais, le 14 juillet, on est là. Ouais, c’est trop cool. On a guillotiné des rois.
Non, un seul.
Ok.
On a le droit de gérer ton côté YouTube là.
Non mais non, mais je dis juste que on est toujours là à dire non mais la violence c’est non quand t’es une femme. Et globalement, on fête le 14 juillet et outre une crucifixion du gars aux cheveux mi longs et t’as un truc où t’es là ? Ok, donc vous, vous avez le droit d'être violent, c’est ok. Ça s’excuse, ça s’explique. C’est sûrement une bonne explication. Et nous, si on dit à un moment on va s'énerver et je n’aimerais pas être à l’autre bout de mont de rien du tout parce que moi je ne vais pas le faire. J’aimerais pas être à l’autre bout de ce qu’utilisent d’autres générations parce que ça va pas être possible que ce soit éternellement cet acharnement là et qu’on dise pas de problème, allez, pas de souci, on va prendre des pincettes pour vous expliquer pourquoi c’est pas cool et va pas falloir s'étonner jusque là, va falloir s'étonner.
Et puis aussi, on n’arrête pas de dire on n’arrête pas de dire. Les féministes ne sont pas violentes, Il n’y a jamais eu de féminisme violent et maintenant on trouve tout violent, hein ? Les collages dans la rue, c’est violent parce que voilà, ça, ça, ça heurte quelques personnes, ça s’appelle leur petit cœur fragile. Mais enfin. Il y a eu des féministes violentes. Les suffragettes ont posé des bombes, incendié des locaux. Et puis, il y a un moment, il y a peut-être aussi ça qui marche aussi. Mon coin, le moment où. Ou les mecs qui viennent, qui essaient de violer. Voilà. Enfin, je pense que ça dissuadera assez vite aussi quand on voit ce que ça a fait à force de dire des féministes qui ne sont pas violentes. En plus c’est essentialise en quoi ? C’est c’est ? Ce sont des femmes qui sont incapables de violence tout ça. Et donc finalement on ne peut pas, on peut faire ce qu’on veut quoi.
Alors question de Pauline : par exemple, pour Marion, tout à l’heure, vous avez dit c’est au tout début, vous expliquiez qu’en fait vous étiez complètement seule parce que c'était pas encore vous expliquez le moment où il y avait vraiment comme maintenant les collectifs forts et que c’est ça qui avait été dur aussi. Est ce que depuis vous avez ou rejoint ou songez à rejoindre qui ? Un collectif qui a un groupe, qui que ce soit et que ça vous fait du bien, que vous encouragez à le faire ou pas ?
Non, j’ai songé à la fin. J’ai fait une thérapie et qui est encore en cours et je n’ai pas eu la sensation que c'était possible que je trouve dans un collectif. Je ne sais pas. C’est comme si j’avais vécu ce truc là. Ça avait été un genre figé dans le temps comme un truc. Et puis ensuite les gens s'étaient dit bon bah c’est terminé et maintenant, genre on va tous et toutes lutter contre mais. Se révèle bon, peu importe, ce n’est plus d’actualité. Et je ne dis pas que je n’ai pas été contactée pour être, mais c’est juste que j’ai appris toute seule à faire ce truc de moi. Je soutiendrai toujours toutes les femmes, tout de même Élisabeth Badinter. Oui, je le dis, là, pas de problème. Mais j’ai du temps quand c’est pour des ministres qui sont un peu paumés, qui ne savent pas comment faire. Et j’ai du temps quand c’est pour d’autres, ça promet. Ben une ministre.
Une ministre qui va chercher ça ?
Mais une une ministre, ça va avec des paumées et un petit peu âgées, enfin je veux dire.
C’est s'échapper, il n’y a pas d’excuse.
J’ai passé tellement de temps à la défendre, la pauvre. Alors qu’en fait je gère vraiment. Je n’ai pas envie, mais juste mais. Mais ça m’agace qu’on puisse l’attaquer si facilement alors qu’il y a des gens tellement pire que ça.
Mais en tout cas juste. J’ai vu une solidarité dans les nouvelles féministes qui se sont exprimées sur les réseaux. Mais en fait, on m’a beaucoup intégré à des discussions justement sur le cyberharcèlement. Et moi je sais, ce n’est pas mon métier, personne ne me paye pour ça, c’est chiant. Et quelque chose derrière un peu frustrant, c’est que c’est utile. Quand je vais m’adresser à une classe de personnes un peu un peu jeune qui sont en train de faire leurs études, Mais c’est difficile quand c’est juste pour être dans un groupe de comment on fait pour passer à l’offensive. Moi je suis là. Oh je ne sais pas, je n’ai pas la solution et vraiment l’avoir vécu, ça fait qu’un jour sur deux je suis là. Ouais la foudre et je suis juste en train de chialer sous ma couette. Je n’ai pas la solution. Dans les collectifs je n’ai pas envie que ce soit quelque chose je pense que je ne me suis pas rapprochée de ça parce que déjà j’ai un syndrome du vilain petit canard. Je me disais personne ne m’aime. Tout le monde me déteste et personne ne va me soutenir. Et en fait, le fait est que je n’ai pas envie d'être dans un groupe où on a des traces, de l’insulte, où on a des traces de ce qui s’est passé. Mais où du coup j’ai cette sensation que c’est la seule. Je suis le seul sujet dont on va parler. Euh. Du coup j’ai des amis qui travaillent dans le bâtiment et on ne parle pas de ça. C’est cool. Et quand on a besoin de parler de ça, on parle de ça et en même temps il n’y a pas vraiment besoin d’en parler parce qu’il n’y a pas grand chose à faire. Mais je trouve tous les collectifs super et je suis vraiment genre là la dernière à aller essayer de publiquement dire du mal d’une autre femme parce que ça n’a aucun intérêt et que surtout on en prend toutes individuellement tellement dans la gueule et surtout quand on est désemparé. En tant que femme, on se dit tiens, c’est facile de s’attaquer à une femme et nous même on se met à se dire bah c’est facile, du coup on va faire ça. Et moi ça me rend triste et ça me désespère. Et du coup je me dis que mon collectif est juste dans ma tête. Il y a un syndicat avec toutes les femmes, c’est dans ma tête et on est toutes solidaires et c’est super. C’est dans ma tête encore une fois, mais ça me rassure.
C’est un super syndicat qui s’appelle la sororité je crois.
Mais en vrai, ça aurait été où ? Genre on se site quand on se vole les idées les unes des autres et on se soutient vraiment même si on a des petites, des petits points d’idées sur lesquelles on n’est pas d’accord parce qu’en fait on se bat pour le même truc.
J’avais une autre question
Merci pour le micro, moi j’avais j’avais une question plus une réflexion qui m’avait été plus ou moins donnée par Danycaligula de la chaîne Dani d’ailleurs, qui avait été vendu à l'époque et qui avait subi beaucoup de cyberharcèlement au cours d’un live. Il avait fait la réflexion que le cyber harcèlement, c’est aussi une pratique et méthodes militantes des deux côtés de droite et de gauche et qu’elle est utilisée peut être pas forcément à ma mission et même par égale, mais qu’elle est utilisée. Et ce qui m’avait surpris parce que moi, j’ai toujours été dans la condamnation de cette pratique, parce que, enfin, pour des raisons que je n’expliquerai pas forcément, parce qu’elles sont plutôt évidentes. Mais dans le cas de Dani, il y avait cette idée que le cyberharcèlement était simplement dans la condamnation et dans la posture morale. Ce n'était pas forcément ce qui était efficace et que c'était aussi une certaine manière de réduire notre capacité d’expression et d’amusement dans la conflictualité, dans l’autre, dans la conflictualité avec l’autre camp. Entre autres. Et je me suis fait une réflexion qui m’a surpris, qui m’a beaucoup interrogée et je me suis demandé "Qu’est ce que toi, Marion et toi, Diane, vous vous en pensez de cette idée là ?
Oui, c’est effectivement utilisé et en fait, après avoir changé d’opinion sur le fait que les femmes étaient des gens. Non, On le voit donc mon cyberharcèlement n’a pas servi du tout à me faire changer d’opinion. De la même manière que le cyberharcèlement ne sert jamais et que surtout, plus tu vas cyberharceler quelqu’un, plus on en fait une victime de cyberharcèlement. C’est ce qui est dramatique, c’est que là où les hommes vont créer un cyberharcèlement. Oui, y a rien qui va leur arriver. Là où les femmes le font, c’est que la loi ne leur répondra pas. Et je ne suis pas en train de dire que ce soit un truc à encourager. Je suis absolument contre. Je pense que le mieux, dans toute situation dans lequel tu tu es victime de quelque chose, c’est de ne surtout pas faire de ces agresseurs des victimes d’autre chose. Mais encore une fois, aujourd’hui, tu es en train de me dire en gros j’ai une fourchette pour te battre et eux ils ont leurs 700 épées, Je ne supporte absolument pas et je ne soutiens pas le fait d’utiliser les mêmes armes, celles contre lesquelles on se bat. Mais encore une fois, nous devons être plus intelligentes dans un système où on est défavorisé. Et ce serait génial si vous réussissiez à me dire alors attends, je pose mon émotion de côté, tous mes traumatismes, ce n’est pas grave, on a envie de mourir. Allez hop zou ! Et je vais essayer d'être plus intelligente que les personnes qui m’attaquent. J’entends bien sûr, mais encore une fois, c’est ne pas comprendre l’effort que ça peut demander, ne pas comprendre la tension que ça peut demander, c’est. C’est encore une fois nous demander de faire plus d’efforts malgré la souffrance. Parce que bien sûr, bien sûr, ce serait si facile, si juste. On se disait bon, on n’est pas harcelés, on ne va pas subir les autres. Mais alors qu’est ce qu’on peut bien faire ? Parce qu’on ne peut pas porter plainte pour ne pas dire ça veut pas dire ça veut pas dire ça. Encore une fois, aujourd’hui, je ne blâme personne d’utiliser les armes qu’elles utilisent. J’ai mon opinion. Bien sûr que ça ne résout rien. Bien sûr que c’est. C’est dangereux. Mais encore une fois, venir nous donner des conseils, c’est super. Ce serait cool qu’on en ait un qui soit efficace une fois.
Et aussi je pensais à un argument assez classique pour encore une fois minimiser le cyberharcèlement des femmes, c’est de dire oui, mais les hommes aussi. Oui, ça se produit toujours quand on a une personnalité publique, politique. L’autre jour, je parlais avec un mec qui me disait que quand que dès qu’on est en politique, dès qu’on est un peu connu, on se prend du cyberharcèlement, autant les femmes que les hommes. En gros, ils essayaient de minimiser le cyberharcèlement que subissait Sandrine Rousseau notamment. Et évidemment, oui, on ne va pas dire que les hommes en politique reçoivent sûrement beaucoup de messages. Enfin, je n’en sais rien, mais sûrement. Oui, je pense que dès que c’est une personnalité publique, tu tapes beaucoup d’interpellations, de messages, tout ça plus ou moins agréable. Mais. Mais il y a quand même une différence fondamentale qu’on a toujours entre eux. Est ce que c’est un. Est ce que c’est un homme ou est ce que c’est une femme ? Dès que c’est une femme, les messages sont toujours genrés. C’est de la sexualisation. Les messages ne sont absolument pas les mêmes. Et les insultes ne sont pas les mêmes quoi, même quand il y a des insultes des deux côtés. Ce n’est pas la même chose de de balancer des insultes sexistes ou de dire de faim, des menaces de viol. Enfin, il n’y a jamais de menaces de viol contre les hommes. Ce n’est absolument pas la même chose. Et. Le cyberharcèlement n’est jamais et jamais acceptable. Enfin, il faut y faire attention et surtout ce n’est pas utile, ça ne marche jamais comme tu dis, ça va juste poser les gens en situation de victime, donc c’est complètement contre. Donc déjà ça ne va pas marcher et puis ce n’est pas acceptable. Enfin, peu importe à quel point on déteste une personne, il n’y a aucune raison pour la cyber. Nous faisons toujours attention à ne pas appeler au cyberharcèlement. Donc il peut y avoir une ligne délicate entre les deux. Parce que, en fait, le cyberharcèlement est tellement devenu un réflexe pour tout le monde, surtout quand c’est des femmes que directe d’aider qu’on va dire condamner les idées d’une personne c’est ok, on va aller la cyber, on va aller lui envoyer plein de messages et on va même pas prendre la peine de débat sur le terrain des idées, on va juste aller l’insulter, lui parler de son physique et voilà. Donc il y a certains mécanismes qu’on peut mettre en place pour se faire un petit peu attention à ça. Par exemple quand on fait un tweet, pas forcément taguer les gens directement, mais juste de ça ne marche pas à 100 %. Mais voilà, c’est un peu des barrières pour que, pour minimiser le réflexe que peuvent avoir certaines personnes d’aller envoyer un message désagréable, c’est ne pas forcément taguer la personne par exemple. Généralement, nous on essaye de taguer les hommes, pas de taguer les femmes. Bon, c’est simpliste, ce n’est pas forcément ça, mais vu qu’on sait que le cyberharcèlement est beaucoup plus rapide et automatique à l’encontre des femmes en tout cas, d’essayer de ne pas encourager ça ou de dire faites attention, enfin réfléchissez avant d’envoyer un message. Le truc c’est qu’avec les réseaux sociaux, c’est tellement facile de mettre un message en commentaire et tout ça c’est immédiat quoi. On ne va pas y réfléchir.
Ça, c’est un truc que j’ai dit dans une conférence que j’ai faite où j’ai avant de savoir ce que ça représentait le cyberharcèlement aussi, participer à des cyberharcèlement. Alors bon, j’avais 32 abonnés, mais peu importe, c'était absolument condamnable et ça n'était pas juste. Et en fait, la vraie question, ce n’est pas de se demander si on va être victime, c’est à quel moment on va participer à ce truc là. On a toujours tendance à se dire "Je m’inquiète que d'être victime de ce truc là, à quel moment tu participes ? Et je ne je n’encourage absolument pas ça du tout. Mais quand tu parles de Dany Caligula qui s’est aussi pris du cyberharcèlement, je ne sais pas comment t’expliquer que c’est incomparable. Je ne suis pas en train d’essayer. En fait, si on est dans un monde où on essaye de m’expliquer que. Est ce que c’est comparable en termes de durée, en terme de violence, en terme de tout ça ? Genre. Il m’a soutenu assez longtemps après et je ne dirais pas genre ça s’est passé vrai soutien aussi bien sûr, sauf qu' il m’a soutenu publiquement, pas intimement. Les gens qui m’ont dit que j'étais un humain, je n'étais pas une personne sur internet, je n'étais pas petit à petit logos. J’ai. Ce qui est difficile dans ces moments-là, c’est de créer de la connexion avec d’autres humains. C’est que c’est super que les gens te soutiennent publiquement, mais on s’en fout du public. Ce que tu as besoin dans ces moments là, c’est d’un soutien moral, qui soit humain. C’est un câlin, tu vois. Et encore une fois, je ne dirai pas c’est incomparable. Doux peut-il parler ? Non. Je sais à quel point c’est violent. Je sais à quel point. Je ne dis pas ça pour être méchante, mais quand t’es une meuf, t’as l’habitude. Depuis que tu existes sur internet, tu te prends des trucs violents. Et quand les mecs sont vachement plus fragiles parce qu’ils n’ont jamais rien pris. Et du coup, des qui se prennent un truc pas forcément, c’est beaucoup plus un cataclysme. Et encore une fois, ce n’est vraiment pas pour être méchant, c’est juste ce que j’observe. Je ne nie pas qu’autrui puisse avoir vécu des choses hyper violentes, mais. Je. Quelles sont les solutions ? Juste avaler. Aujourd’hui. Je ne peux pas reprocher aux meufs d’avoir été assez suiveuses pour faire la même chose et en même temps si, Mais je ne peux rien dire parce que c'était quoi leur solution ? Juste de faire ? C'était. Tu te rends compte de la frustration de n’avoir aucune arme ? Et le fait d’avoir perdu. Du coup. Bah oui, effectivement, les trucs à notre portée, c’est ce genre de choses qui sont tout aussi bêtes. Mais encore une fois, avant de nous demander d'être plus intelligentes, va falloir nous donner les mêmes armes. Et là, là, on montrera qu’on est plus intelligentes. Pour le moment, c’est vraiment très très douloureux.
Après, juste pour préciser, je paraphrase un peu son idée parce qu' en tant que telle, je peux et surtout je ne souhaitais pas forcément faire une comparaison entre ton vécu et celui ci.
Bien sûr que je n’irais pas te lancer des petits cailloux tout à l’heure. T’inquiète, je ne l’ai pas pris comme ça. Je disais juste que bien sûr, des hommes aussi se prennent des cyberharcèlement et je ne le nie pas. C’est juste que c’est c’est toujours hyper incomparable, ne serait ce que par la violence des commentaires qu’on reçoit quoi. Notre intégrité physique est mise en jeu et c’est un truc qu’effectivement les hommes prennent moins. Les menaces de viol, je pense que ça a un impact assez particulier. Bref, ce n’est pas pour dire que c'était c'était inutile et que ça ne servait à rien, c'était juste pour dire. J’entends. Mais aujourd’hui, dans cette espèce de désespoir qu’on peut avoir et de ce désert d’aide que l'État ne nous offre pas un mot juste taxe qu’on a.
Normalement, on devait arrêter à 10 h. Donc il nous reste une petite vingtaine de minutes on va dire. Donc je n’ai pas oublié que vous vouliez reprendre la parole. Dans le film, il y a une scène qui une séquence de deux minutes, deux minutes 30, qui revient sur l’histoire du harcèlement des femmes faites par les mecs, j’ai compris. Donc le harcèlement masculin, c’est très juste. Tout est dans les mots. Donc je dirais plus violence faite aux femmes, mais violence masculine nous sommes au début du XXᵉ siècle, les suffragettes.
On a des traces de l’insulte depuis l’antiquité. Évidemment, ce sont des traces écrites. Sans doute que l’insulte de rue existait. À l'époque, mais ça, évidemment. On n’a pas n’a pas de documents. C’est quand il y a la révolution industrielle au 19ᵉ, comme on a des femmes qui vont en effet des ouvrières, serveuses, etc. vont aller dans les rues. Et c’est à ce moment-là qu' on a les premières traces de harcèlement sexiste. C’est quand les femmes ont commencé à sortir dans l’espace public qu’elles ont été insultées. C’est les premiers. Mouvements d'émancipation, c’est les premières suffragettes, c’est les demandes de droit de vote. Et alors il y a une prise en compte à ce moment-là. De ce qu’on peut appeler déjà le harcèlement. Sexiste. Et puis aujourd’hui, on a la viralité. L’insulte s’est adaptée à la technologie. On parle en fait avec le numérique de violence augmentée à l'égard des femmes. En 2015 L’ONU a fait paraître une étude qui montrait que les phénomènes de harcèlement et de violence sur le net, c'étaient majoritairement les femmes et les jeunes femmes qui étaient victimes De cela A quoi sert l’insulte, finalement aux femmes ? C’est peut être à dire en fait, tu me déranges quand tu es dans l’espace public, en fait, pourquoi tu es là ? Ces femmes.Là vont être d’autant plus. Insultées. Surtout si elles prennent la parole publiquement, si elles se cachent, si elles ne disent rien, elles vont être préservées. Mais en même temps, du coup, elles ont le droit à la parole, la liberté d’expression qui disparaît pour elles.
Donc on fait aussi cette émission pour ceux qui nous regardent, les 500 personnes qui sont dans le chat et ceux qui sont là qu' ils fassent pression sur leur petit cinéma de quartier cinéma d’auteur. Parce que pour faire venir des films comme ça, il faut dire : j’ai vu un truc, j’aimerais bien que le film soit projeté. Voilà, si on a, on a une responsabilité par rapport à ça. C’est pour ça que je vais montrer cet extrait, parce que voilà, le film donne une amplitude au sujet. Donc voilà, je voulais vous dire ça parce que des films comme ça, des films d’auteur, c’est des films qui sont difficiles à distribuer. Tout se joue les premiers jours. Le film sort le 4 octobre et donc n’hésitez pas à demander à votre cinéma le titre pose problème à certaines salles, On va dire ça comme ça, sans rentrer dans les détails
Vous allez rire. C’est des autrices, c’est des femmes, ça parle des femmes, enfin c’est quand même ça va intéresser qui nous répondent les personnes du coup. Et plus on est à dire ça va nous intéresser et j’amènerai quelques amis qui amèneront des avis aussi. Et puis de fil en aiguille, si ça pouvait ne pas juste être diffusé à Montréal, ça ferait plaisir. Juste parce que c’est un film qui permet d’avoir des ouvertures, des pistes, non pas en disant à chaque individu que tu es responsable, il faut que tu fasses le futur. Juste pour dire en fait ce n’est pas c’est négatif dans un film, on ne va pas en rigoler, mais il y a des choses qui sont faisables et juste il faut qu’on les fasse parce que sinon vraiment ça va se faire à coup de cran d’arrêt. Et moi même je n’ai pas envie, ça me fatigue déjà d’avance. Du coup je pense que c’est important de le voir et encore une fois, il subit le double standard. Du fait qu’il est majoritaire mais plutôt incarné et porté par des femmes.
Zoulou 2000 nous dit à Lyon Cinéma Lumière Bellecour. Demain soir, le film sera projeté et met dans le tchat, la liste des projections qui sont prévues. Voilà, vous vouliez dire quelque chose ?
Euh oui, enfin j’avais une autre question parce que vous bossez surtout pour Marion en l’occurrence, parce que vous avez parlé du fait que vous êtes comédienne et c’est pas votre métier d'être une victime de cyberharcèlement et qu’effectivement, en général, les personnes publiques qui prennent la parole pour moi notamment, mais pas uniquement les violences sexistes, enfin je veux dire de Lionel aussi, je pense qu’elles n’avaient pas forcément prévu de devenir, de devenir actrice et qu’elles n’avaient pas prévu de devenir que ça devienne quasiment son métier d'être, d'être une femme qui dénonce des violences, des violences qu’elle a subies. Et en même temps, du coup, vous avez fait ce film qui parle de ça dans lequel vous êtes à cause des violences, enfin peut parler pour parler des violences que vous avez subies. Du coup, est-ce que vous avez eu ? Est ce que vous avez peur en faisant ce film, de vous enfermer dans ce dans ce truc là ? Dans ce. Dans ce rôle de victime de cyberharcèlement ?
Si j’avais dû m’enfermer dans ce rôle de victime de cyberharcèlement, ça se serait passé en 2016. Je pense que ce n’est plus trop le moment en fait. Là aussi, si en 2023, on se dit Ah, c’est terminé, je fais d’autres choses, j’ai toujours fait d’autres choses. J’ai pas honte d’avoir été victime de ça et je n’ai surtout pas honte de pouvoir en parler et de pouvoir faire en sorte d’en parler là où c’est utile. Parce que j’en ai beaucoup parlé dans des endroits où c'était inutile, c’est à dire dans des médias qui voulaient beaucoup, juste pouvoir dire ah et on a plein de vues, on a plein de rageux dans les commentaires, mais on va pas du tout les gérer, on va passer à autre chose. Et en fait, je. Me faire croire que je touche l’argent du lobby féministe, ce qui est faux. Mais je sais que quiconque veut me réduire à ça, c’est faisable. Quiconque veut juste se donner la peine de voir que je fais plein d’autres choses, c’est aussi faisable. Je ne contrôle pas ce que les gens voient de moi. Je ne contrôle pas le moment où je vais leur parler, où je vais les toucher. Je ne peux rien faire si ce n’est juste continuer à être. J’ai fait cela à quatre ans. C'était avant le vide, quand je croyais encore qu’il y avait un futur qui peut être était brillant. C’est peut trop le cas aujourd’hui, mais. Je vais, si ça peut, servir à quelque chose, à quoi que ce soit. Encore une fois, ça aura, ça aura valu la peine. Moi, je continue à faire ce que j’ai à faire. Encore une fois, si les gens veulent me mettre dans ce truc. Mais c’est la meuf qui est victime de son métier, non ? Je fais plein d’autres choses. Je. Enfin, ça m’intéresse plus d’essayer de diriger le. Tu sais, le narratif des gens, juste moi je vais faire ma vie et je serai. Je suis toujours aussi fier d’avoir participé à ça et effectivement ce n’est pas une performance, j’ai juste partagé mon expérience. Si ça sert à quelque chose, c’est cool. Si ça peut faire 1/10 de ce que fait Squeezie, c’est cool. C’est juste que je me dis que j’aurais bien aimé ne pas avoir souffert autant, pour rien du tout.
Il y a plein de choses qui ont été dites, alors j’ai un peu cumulé des choses dans la tête, mais juste pour réagir. Effectivement, la personne qui parlait de la séance ou la Séance demain à Lyon, c’est avec Nous toutes Je voulais, je voulais les remercier.
Et là c’est Mélanie Simon Franza celle qui sourit
Et donc on fait effectivement plein de séances. Il y a des gens effectivement et des cinémas que le titre peut les gêner.Mais il y en a aussi, ça ne les gêne pas du tout. Par exemple, on vient de caler ça aujourd’hui, donc on n’a pas communiqué dessus. Je suis contente de le dire. On fait une séance à Strasbourg au cinéma Vox le samedi, le vendredi 6 octobre. Je vous salue en présence du collectif Dis bonjour sale pute Et je trouve ça super en fait là le mec il s’est dit on va le faire, on va bien communiquer. Ça va être compliqué sur les réseaux sociaux de faire valider.
Je pense qu’on va faire un clip,
Pour rebondir sur ce qui a été dit plutôt sur l'éducation et sur ces ministres justement qui ne sont pas armés ou quoi que ce soit ou que sais-je. Déjà, il y a une première chose, c’est que la lutte en soi contre le cyberharcèlement, ça n’arrive pas. Mais alors là en plus, c’est le cyberviolences faites aux femmes. Et cette violence masculine là, c’est encore pire. D’autant plus que les statistiques manquent énormément. Finalement, il y a très très peu d’organismes non seulement qui font des statistiques, il y a un peu nous tous, il y a féministe contre le cyberharcèlement, il y a un peu le sens clair, mais en a très peu et elles sont très mal financées. Mais là, je ne sais pas si vous avez vu, parce qu'évidemment c’est une petite info qui est passée, mais toute petite. La semaine dernière, un des grands potes de David, Gabriel Attal, a dit bah ouais, je balance des trucs moi aussi. Il a proposé une petite mesure contre le cyberharcèlement qui va être super efficace si elle est mise en application. Et en plus, je ne sais pas comment c’est d’interdire l’utilisation des réseaux sociaux et des téléphones portables aux enfants soupçonnés de pratiquer du cyberharcèlement entre 8 H et 18 h. Voilà. Bien sûr, c'était pile le moment où vraiment c'était dramatique pour moi. Pendant deux ans, entre 8 h et 18 h sur des enfants parce qu’en dehors de ça, ils sont super sympas ceux là. Et puis, étant soupçonné d’avoir pratiqué le cyberharcèlement plus de Et les jeux vidéos ? En fait, on dirait qu’ils ont un manuel de deux phrases toutes faites genre c’est les jeux vidéos qui rendent violent, c’est le frigo qui rend froids les produits et ils choisissent au hasard dans leurs manuels. Par qui vivent-ils dans le monde ? Je pense que non. Je pense que quand on parle d’intelligence artificielle, je dirais de bêtise artificielle, mais que vraiment ces gens vivent dans ce monde là, pas dans le monde dans lequel on vit. Et quand t’es suspectée d’avoir été une cyberharceleuse. Moi je suis suspectée de l’avoir été parce que tout le monde peut l'être. Donc qu’est ce que tu vas faire ? Tu vas me dire les huit redditions, c’est une honte ! Franchement, j’ai honte, c’est mon pays et tout. Je sais, c’est ridicule. J’ai passé des heures à l’assemblée à essayer de dire bah en fait ce n’est pas la solution de passer vraiment des lois à la con, là, ça sert à rien. Et ils sont là. Merci d'être venus jusqu'à l’apporter ici et voilà le résultat.
Mais il y a eu une tentative de réponse justement de l' italienne dans le film. Moi, je suis allée en discuter justement avec Facebook et Facebook me répond ben oui, mais attendez, si on commence, on doit voir en particulier avec chaque pays, chaque pays Légifère d’une manière différente, ça va être compliqué. La réponse à ça, pas directement à elle, mais à ce phénomène là, ça a été cette loi qui est passée à échelle Européenne, qui s’appelle le DSA. Le directive Services Act s’est passé le 25 août et c’est une loi sur le cyberharcèlement Qui Demande aux GAFA au départ, qui demande aux GAFA des applications et qui ont plus de 45 millions d’utilisateurs actifs par mois, de mettre en place des mesures pour lutter contre le cyberharcèlement, c’est d’employer Plus de personnes Dédiées véritablement à ça et d’intégrer dans leurs équipes ce qu’ils appellent je ne sais plus quelle appellation c’est. C’est un peu des gens de confiance qui viennent d’associations des choses comme ça. Et voilà, il faut que tu aies fait genre 18 ans d'études La Commission européenne m’a invitée pour que je dise c’est super et je dis là, c’est nul. Ah non, elle est chiante, barrez vous vraiment. Genre c’est nul. Encore une fois, c’est un niveau où tu ne penses pas à cette nana qui n’a absolument aucune ressource, qui n’habite pas dans une ville, qui ne sait pas où trouver sur internet, qui est juste victime de quelque chose de violent. C’est encore une fois c’est trop bien, Viens, on s’en occupe jamais loin de cette personne comme ça va se tu ? Après ça fait des news sur Brut, mais en fait ces gens sont fous. Il se passe ça.
Non mais oui, pardon, je dis juste que c’est encore une fois c’est on en combien de morts ? Donc combien d’adolescents sont morts ? En fait, on se dira c’est chaud ces trucs là qu’ils essayent de mettre en place. Ils sont extrêmement loin des utilisateurs et des utilisatrices principalement. Encore une fois, on dirait des adultes qui disent on va, on va vous mettre un code pour utiliser la PlayStation. D’accord ? Vraiment, interdire les choses aux jeunes, ça a toujours été vraiment très utile pour les empêcher de faire ces choses là. Et surtout, c’est encore une fois un truc de déresponsabilisation et qui est totalement inutile. Et je passe ma vie à dire et si vous mettiez des outils à la portée des gens ? Et on me dit attendez pas non plus de dire la Chine, moi je suis là, mais je personne demande d’imposer une idéologie. On dit que l’insulte, la menace de mort et la menace de viol sont interdits. Du coup, quel que soit le camp de la personne qui dit ça, on l’interdit et on s’en va. Non, on ne va pas non plus accuser quelqu’un avant qu’il ait commis le crime. Et du coup je suis là donc, donc on va vraiment enterrer les adolescents. Ok, c’est infernal, c’est fatiguant et c’est inexplicable parce qu’ils ont toujours un super argument et ils viennent toujours te comparer à la Chine comme si tu étais en train d’essayer d’imposer une idéologie de la. Non, je veux juste interdire le truc interdit. J’avoue c’est abusé, t’es juste triste et tu te dis bon bah je ne sais pas ce qui va se passer. Je suis vraiment. J’aimerais te donner l’espoir et tout ça va être super. Non, juste non. Ça peut être super. Le monde est nul, désolée et puis juste pour finir sur ce truc de déesse, parce que c’est quand ils ont dit oui, engager plus au niveau des GAFA. Au niveau des applications qui utilisent plus de 45 millions d’utilisateurs par mois.Quasiment le lendemain, Elon Musk a licencié tout le monde en fait. Et donc à un moment donné, il y a eu une espèce de je ne vais pas dire, une vague, parce que ce truc est passé complètement à la trappe, ce truc je suis allée le voir parce qu’on s’occupe de ce film, sinon je n’y serais pas allé et je n’avais pas d’infos. Et sur des dessins avec des gens qui demandaient des trucs très concrets mais qui marchent sur n’importe quelle loi qui est mise en place et par ailleurs sur tout ce qui concerne les viols, harcèlements, agressions sexuelles. Oui, il y a des lois, elles existent pour condamner ça. Quid de l’application de ces lois ? Quid de la prise en charge des plaintes ? Quid de ces choses là ? Et comment, à un moment donné, on peut vérifier derrière que ça a bien été mis en place ? Et donc, qu’est ce qui s’est passé ? Par exemple, TikTok a fait un communiqué qui disait juste qu’on le fait. Voilà, c’est comme ça que ça s’est passé et Twitter a dit plus haut dessus Nous aussi on le fait. Mais on ne sait pas ce qu’ils font. On n’a pas de rapport là-dessus. Il n’y a pas. Il n’y a pas de données en fait. Et après, quand on dit Il n’y a pas de données, quand les gens leur reprochent de ne pas fournir de note, ils disent que ce truc qui a été clairement évoqué tout à l’heure ah mais c’est trop grand Internet, c’est trop grand, je peux pas, il y a des trucs partout et trop c’est trop, c’est pas possible quoi. Donc c’est pour ça qu’il n’y a pas vraiment de réponse en fait à cette lutte là.
Alors je suis obligé de mettre un terme à l'émission.C’est grâce à Mélanie Simon Franza que ce débat a pu avoir lieu ce soir. Donc un immense merci. On s’est connus pour “Un pays qui se tient sage”.
Oui, en fait ce n’est pas vraiment une question. C’est comme on est filmé, il y a des gens qui écoutent et de petites réflexions que j’ai eu au cours de tout ce que vous avez dit ce soir, il y a des gens que ça intéresse et qui écoutent et qui écoutent. Donc la première chose, c’est quand j’ai regardé le film. Et forcément, quand vous écoutez aussi, il y a quelque chose qui m’a beaucoup marqué, c’est que j’ai encore entendu, il n’y a pas si longtemps, sur un plateau, un homme expliquait à Iris Bray que le viol était, je résume, un problème lié à la pulsion sexuelle Elle va revenir. Eh bien tout simplement, quand on voit le film, je trouve que l’exemple du harcèlement, c’est l’exemple le plus frappant et sans discussion qu’on puisse donner à quelqu’un. Qui peut encore croire que le viol a quelque chose à voir avec le sexe et a quelque chose à voir avec la pulsion sexuelle ? Parce que quand on menace des femmes de mort et qu’on les menace de viol en même temps, il n’y a même pas besoin d’expliquer à quel point le viol c’est de la destruction, c’est de l’ordre de l’annulation de la personne, ça n’a rien à voir et on pourrait faire tellement de discours, mais je trouve que ça au moins, il y a plein d’autres choses. Mais moi, en tant que femme, en tant que féministe, c’est ça qui a été très fort pendant le film, c’est Je me suis dit voilà, s’il y a encore quelqu’un comme ce monsieur très bête qui croyait ça et d’autres. Vraiment. Comprenez que quand on dit à une femme tout ce que vous ces femmes ont vécu dont vous dans le film de recevoir ce message. Ça n’a rien à voir avec la pulsion sexuelle, ça n’a rien à voir que le sexe. Et ça, ça m’a énormément marqué et je tenais à le dire. Ce n’est pas une question, mais je tenais à le dire. Et la deuxième chose, c’est à propos de la note ça aussi, et vous êtes revenus dessus. Pareil, s’il y a des gens que ça écoute, qui écoutent et que ça peut intéresser pour eux ou pour d’autres. Donc oui, on n’a pas envie d’entendre tout le monde. Et je vais prendre l’exemple très figuratif qu’a donné une Instagram féministe qui s’appelle patriarcat, qui donne l’exemple de l’araignée qui vous pique la tête, donc vous vous faites piquer. Ça fait très très très très très très mal par une araignée. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois. Et vous vous souvenez de sa douleur ? Ça vous fait mal et chaque fois vous allez, vous allez avoir peur et vous vous allez fuir. Vous allez dire mais j’ai peur des araignées, C’est vraiment, c’est c’est dangereux quoi. Est ce que vous envisageriez que quelqu’un en face vous dise Mais non. Mais, mais n’aie pas peur des araignées. Enfin, s’il y en a quelques-unes. Oui, mais moi, quelques-unes m’ont fait souffrir. Je ne vois pas pourquoi je n’aurais pas peur de toutes maintenant en fait. Et si ce n’est pas moi qui ne doit pas avoir peur de toute, ce n’est pas moi qui doit accepter qui mais qui soit Ok, c’est à vous de faire en sorte que je ne sois pas piquée et que j’ai pas été piquée avant que je serais pas piquée après. C’est vraiment un exemple parlant. Voilà, c’est deux choses qui m’ont qui m’ont marqué quand j’ai vu le film et quand je vous ai écouté. Ce ne sont pas des questions mais je trouve ça important d’en parler.
Merci ! Oui c’est vraiment super et oui c’est super important. Et. Et pour rajouter sur le deuxième point, quand on ne dit pas tous les hommes, ce n’est pas tous les hommes quoi. Pas tous les hommes ne sont des violeurs. Ok super, mais le viol ce n’est pas ce n’est pas un truc isolé comme tu dis, ce n’est pas ça n’a rien à voir avec le sexe. Enfin ce n’est pas un individu dans un parking comme disait tout à l’heure, c’est les violences et c’est un continuum. C’est une ligne qui part, de la blague sexiste qui part de juste la petite remarque désobligeante. Ça part de quand on nous dit non mais t’as pas d’humour, c’est juste une blague. Enfin ça parle de ça, c’est c’est la main aux fesses dans le métro, c’est tous les petits trucs où on se dit bon, ce n’est pas si grave, c’est juste une fois, mais en fait, dès qu’on tolère une étape, on tolère l'étape du dessus et on tolère l'étape du dessus. Et c’est comme ça que se construit la culture du viol. C’est comme ça que tout ça, ça devient tolérable. Et que si la blague sexiste n’a rien à voir avec le sexe, le viol n’a rien à voir avec le sexe parce que c’est il n’y a pas de différence de nature en fait, il y a juste une différence de degré. Tu ne dis pas tous les hommes Bah ! Voilà bien. Tous les hommes n’ont peut être pas frappé une femme ou violé une femme ou été violent psychologiquement pendant une longue période, mais. Mais en fait, tous les hommes et beaucoup de femmes aussi. Mais parce que toute la société a intériorisé un certain niveau de sexisme, de misogynie, de dévalorisation des femmes, de penser qu’ils ont moins de valeur que leur vie a moins de valeur donc. Ça sert à rien de dire à tous les hommes, parce que dans tous les cas, même s’il y a une différence de degrés.
Non, je suis juste un peu fatiguée parce que je me dis que c’est pas parce que j’ai pas dormi, c’est parce que je me dis on est encore en train d'être désolée et on a hyper peur. Diane comme moi de dire les hommes parce qu’on sait très bien ce qu’on va se prendre dans la gueule. Parce qu’aujourd’hui on a encore peur, parce qu’on est encore de cette génération, on sait ce qui nous attend. Donc on dit faut pas avoir peur de tous les hommes. Mais comme tu sais, j’en suis dit, j’ai un type qui m’a invitée et me dit tu t’attendais à quoi ? Attends, il faut que je me méfie sans avoir peur de tous les hommes, ce n’est pas possible. En fait, tous les messages sont contradictoires. Les hommes eux mêmes sont prêts à parler de leurs congénères en disant attends, mais faut se méfier quand même vers les autres, ok, les autres, juste aujourd’hui, ça me fatigue de devoir encore dire on est désolée, on sait que ce n’est pas tout, ça n’a pas une logique tendancielle, c’est juste le continent majoritaire et du coup ça nous facilite la vie de pouvoir dire les hommes. Parce qu’en fait on en a marre de devoir dire à certains hommes. Ne nous excusons plus en fait. Le problème c’est qu’en fait, quand on est puni juste derrière pour avoir dit ce genre de choses à un moment, tu sais, on se dit oups, j’ai plus parlé et ça fonctionne. Au bout d’un moment, juste moi dans mon genre, je continuerai à le dire et à chaque fois que ça prend chez un mec, là, tu vas faire quoi ? Rien. Ils ne vont rien faire. Mais c’est, on est encore désolées de le dire. On est encore là à dire oui. Alors si on vous explique pourquoi on le dit, parce qu’en fait on est désolées pour vos égos individuels, mais en même temps, encore une fois, genre on meurt, c’est ça le résultat de protéger vos egos. Donc faites chier juste si vous n'êtes pas capable d’entendre que c’est les hommes et que c’est la violence des hommes qui est faite sur les femmes et que vous avez absolument envie de me sortir les quatre, c’est que en prison, bien faites le mais tout seul chez vous. Moi j’ai plus le temps. En fait, je ne suis pas représentante de toutes les féministes. Je suis très contente qu’il y ait toutes les féministes, qu’on ne soit pas d’accord, qu’on soit d’accord, qui est toutes les autres femmes ? Mais juste arrêtez de me faire chier pour juste vos petits ego qui sont si fragiles que en fait, si vous avez peur, ben je peux rien pour vous. Juste retour de bâton comme on appelle ça. Mais non, même sur un petit bateau, on va faire un petit retour de bâton alors que nous on reçoit des poudres. C’est juste l’injustice totale. Mais je sais comme c’est fatigant en plus de devoir tirer un nom. Mais enfin, ce n’est pas exactement ce qu’on veut dire. Je voudrais vous expliquer, voudrais vous dire qu’on vous aime. Parce que oui, on peut, on vous aime. C’est ça le pire cohabiter avec vous. On a envie de cohabiter avec vous, mais vous ne faites pas d’efforts, ce n’est pas vous, ce n’est pas tous les hommes, mais c’est majoritairement les hommes. Mais bordel, c’est le monde dans lequel on vit ou c’est les hommes qui dirigent ? Donc qu’est ce qu’on fait ? On continue à être poli, gentil, à porter des Louboutins. Ce n'était pas une réponse. Ce n'était pas un mot de la fin d’une phrase. Mais celle-ci c’est le mot de la fin.
Non mais vas-y !
Non mais juste moi je ne disais pas ça pour dire qu’on était désolé de leur dire c’est vraiment arrêter de le dire. Et je parle comme non mais perso je ne suis pas du tout désolé de dire ça et surtout que ce n’est même pas la question de leur expliquer que c’est tous ou pas tous. Parce qu’en fait ce n’est pas ça le truc. C’est surtout que quand tu dis ça, ça déplace le débat, ça donne l’impression qu’il faudrait faire une stat de ceux qui sont gentils et de ceux qui sont méchants, et qu'à partir d’un certain niveau, on pourrait arrêter de le dire. Ce n’est pas du tout ça. La question en fait, c’est que quand vous ne nous dites pas tous les garçons, vous parlez de vous et en plus même pas en vous posant en tant que victime et en vous posant en tant que non agresseur alors que nous on vous parle des victimes qu’on est et de celles qui le sont. Donc en fait on vous parle de victime et vous nous dites oui mais ce n’est pas nous les agresseurs. Enfin quelqu’un qui vient de se faire poignarder, tu le dis pas, mais ce n’est pas moi qui l’a fait qui les fait. Tu dis viens, on va aux urgences. Donc en fait ce n’est même pas c’est même pas une question de oui mais il y en a certains, ils le sont pas, non même en fait vous le dites quand même pas parce que on ne parle pas de vous en fait, c’est juste ça. Si on ne parlait pas de vous, vous n’auriez pas besoin de dire que ça ne vous concerne pas. Et encore une fois, c’est bizarre que dans mon entourage, j’ai 100 % de femmes qui ont déjà vécu de la plus petite agression sexuelle à la pire et au pire multiplier et que j’ai que des mecs qui sont pas eux, c’est pas eux. OK, cette statistique n’existe pas. Donc c’est juste le même homme qui est venu toutes nous agresser de multiples fois dans toutes les régions de France. Et ça, encore une fois, c’est juste quand on dénonce quelque chose qui est violent à l’encontre des femmes, on s’en cache. Que l’individu en face de nous dise excuse moi, tu peux m’exclure du groupe parce que moi je ne suis pas de ces gens, je m’en fiche. Juste il y a des choses plus graves en fait, c’est la vie de gens en jeu.
Surtout tous ces mecs qui ne disent pas tous les hommes, moi je l’ai pas fait. Ils sont du coup ils sont pour un pour pour laver l’honneur de la gente masculine. C’est bien beau de dire moi je l’ai pas fait, tous les hommes ne sont pas comme ça. Moi je suis bien ok, mais quand il y a, quand il y a ton pote qui va dire un truc sexiste à une femme, bah tu fermes ta gueule dans ce cas là. Dans ce cas là, ça ne sert à rien de dire non à tous les hommes. Ce n’est pas comme si on avait des médailles dans les poches, c’est pour dire
De toute façon, quand bien même personne n’attendait notre validation, personne ne l’attend après. Mais en même temps, ils sont là et moi pas moi. Alors excuse moi, j’avais dit un très grand bravo et juste là, peu importe en fait. Tu continueras à vivre ta vie en m’ignorant et en considérant ma vie comme inférieure. Donc pourquoi c’est un besoin que je sais ? C’est fatiguant. Tu veux qu’on soit encore en train d’en parler alors que juste on dirait on peut juste exister tranquille. Et j’en attendais exister, c’est-à -dire ?
Qu’est ce qu’on a fait au poste ce soir ? En 2 h, ce sera ma dernière question. Qu’est ce qu’on a fait ? Qu’est ce que vous avez fait ?
Moi j’ai vidé tout ce que j’avais de seum en moi sur ce sujet et encore, il en reste beaucoup, mais je le garde pour une autre fois.
C’est le mot de la fin. La pression ?
Enfin moi je voudrais juste dire que si vous avez retenu une chose de ce soir, je pense, parce qu’on a dit beaucoup, c’est désolé, je vais casser l’ambiance parce que c’est pas une blague, Mais c’est de ça ne pas séparer et d’arrêter de hiérarchiser les violences, d’arrêter de se dire Internet, ce n’est pas la vraie vie, c’est moins grave parce que c’est derrière un écran, parce que c’est pas physique. Et je voudrais juste dire aussi parce que c’est un sujet auquel je tiens beaucoup, c’est que enfin, la hiérarchisation des violences, c’est partout. Ce n’est pas juste les cyberviolences et le reste, c’est même dans le reste. Là aussi on hiérarchise. Donc on va dire par exemple les violences physiques, c’est plus grave que les violences psychologiques. Et en fait, c’est la même question pour les femmes. Le cyberharcèlement, c’est aussi des violences psychologiques en quelque sorte, pas par l’impact que ça a sur sur les gens, sur les personnes qui en sont victimes on n’arrête pas de minimiser, de hiérarchiser comme ça les violences sexuelles. C’est pire les coups sont pires que les violences physiques, qui sont pires que les violences. Les genres psychologiques sont pires que les violences en ligne. Donc on arrête tout ça. C’est les mêmes mécanismes pour tout qui s’appliquent à différentes choses, mais ça reste les mêmes mécanismes qui sont mis en œuvre par les agresseurs, voilà, un truc hyper important, je pense, c’est de comprendre que la violence psychologique en fait, c’est la base de tout, c’est dès qu’il y a des violences, qu’elle soit conjugale, sexuelle ou cyberviolences, ça commence généralement par des violences psychologiques et c’est celles qui sont là depuis le début. Généralement, quand on parle de violences conjugales, c’est des violences psychologiques. Quand on parle de cyberviolences, c’est les violences psychologiques. Donc il n’y a pas une violence qui est plus importante ou plus petite qu’une autre. C’est les mêmes mécanismes. Si vous voulez retenir juste une chose.
Yolo vous dit dans le tchat : Marion, tu déchires.Merci pour le temps, pour le témoignage. Merci Diane et Marion on rappelle Le titre du film et le nom de réalisatrice « Je vous salue salope ! » Réalisé par Léa Clermont Dion et Guylaine Maroist.
