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« Les FTP-MOI dans la résistance ». Au Poste Ciné Mutins Club #6

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour je fais un petit un petit essai de micro en régie.
Olivier Azam
Alors c’est comme ça en famille ?
David Dufresne
Est ce que vous m’entendez là ? Je ne parle pas fort, mais normalement ça fait 2h et demie qu’on est là avec Frank. Viens, viens montrer aux aupostiens et aux aupostiennes. Viens, montre-toi ! Voilà Frank Kelly qui est notre nouveau partenaire en stream au poste. Là, on est en direct. C’est avec Frank qu’on fait le son au micro. Parfait c’est Frank qui sera aux caméras et c’est avec lui qu’on va de plus en plus essayer de faire des soirées comme ça. Voilà bonsoir Frank.
Olivier Azam
Mais comme je ne suis pas habitué, je ne suis pas du tout devant la caméra. Donc merci, mais je vais retourner derrière ma caméra.
David Dufresne
A priori, on a trouvé le problème qu’on avait eu l’autre jour à la librairie Utopia et on organise dans quelques jours un gros raout avec les gens d’extinctions Rébellion pour les 100 ans de Total. Donc là, on a 1234 caméras, une cinquième qui filme le public, Merci à Franck et merci aux donatrices et aux donateurs qui nous permettent de rétribuer modestement mais de rétribuer Frank. Voilà, la salle est en train de se remplir. On attend un peu. Les invités sont là, le film est prêt. Donc aujourd’hui, on va vous allez avoir le son du film directement, donc vous aurez un bon son et on va filmer l'écran. Mais à priori, ça devrait être de bonne qualité. Pour la rediffusion sur auposte.fr, il n’y aura pas de film. Il faudra, si vous voulez le voir, aller sur des mutants de Pangée pour le louer. Donc en direct on montre le film et pour les replay, les rediffusions sont uniquement sur notre site au poste point fr ou je vous conseille ceux qui sont sur Twitter, ceux qui sont sur Facebook, ceux qui sont sur YouTube d’aller faire un tour. Je vous rappelle que le tchat est modéré par Euryale à la fois sur. Twitch et sur YouTube. On essaye aussi Facebook. On essaye aussi Twitter. Voilà, vous pouvez nous rejoindre sur auposte.fr. On existe depuis trois ans. Voilà, on attend encore et encore du monde qui arrive et on va faire une petite présentation très rapide de Mourad Laffitte qui est un des deux réalisateurs du film, de l’historienne Annie Lacroix-Riz qui est déjà là, d’Olivier Azam que vous connaissez des Mutins de Pangée. Et ensuite on garde le film et après le débat, Annie, ça, ça va être pour vous ce micro orange. Vous avez l’air de bien aimer l’orange.
Annie Lacroix-Riz C'
est les couleurs d’automne. 
David Dufresne
C’est les couleurs d’Auposte.
Olivier Azam
C’est la même couleur.
David Dufresne
Et voici Mourad Laffitte.
Annie Lacroix-Riz
Voilà, c’est parti. 
David Dufresne
Alors finalement, on avait dit qu’on présenterait deux bouts. Et puis tout le monde s’est assis. Il faut, il faut, Il faut prendre le micro. On l’a fait. On a fait une petite répétition. Vous n’entendez rien. Ah là ! Vous entendez bien ou pas ? Toujours pas.
Annie Lacroix-Riz
Pourtant, le micro est impressionnant pourtant. 
David Dufresne
Oui, c’est des gros, mais c’est des gros micros. Oui. Non. C’est bon ou ce n’est pas bon ? C’est bon. Super doux Super ! Merci à toutes et à tous d'être venus. C’est très agréable de voir autant d'étudiants du soir pour prendre des cours du soir des jeunes étudiants. Très bien. On fera valider vos expériences professionnelles. Bien entendu, il n’y a aucun problème. Je suis très heureux de vous accueillir avec mon compère et complice et partenaire Olivier Azam des Mutins de Pangée Vous êtes ici à Césure, c’est à dire en fait un tiers lieu. Le temps qu’il y ait des travaux, vous ne risquez rien. Mais sachez qu’il y a beaucoup d’amiante autour de nous. Mais vous ne risquez rien. Pas le temps du film et du débat, le temps des travaux. Les étudiants ont été placés dans un autre campus à Nation. Ils reviendront et en attendant, le lieu est occupé, hélas en toute légalité, par des gens comme nous et par également des bohémiens, des artisans, des artistes, des danseurs, des associations pour les migrants. C’est ici leur lieu, donc nous organisons avec Olivier Azam tous les premiers jeudis de chaque mois, un ciné club.
Olivier Azam
Tous les agressés s’en vont.
David Dufresne
Oui, on a un public difficile ce soir, je le sens. Je sens qu’on a un public très difficile et ça s’agace très vite. Olivier, je te laisse présenter nos deux invités qui viennent de loin.
Olivier Azam
Bon alors d’abord Annie Lacroix-Riz, qui est historienne, professeur émérite à l’université Paris sept, je ne me trompe pas, qui a publié quand même un certain nombre de livres que je ne vais pas citer parce qu’il y en a tellement, mais peut être déjà pas beaucoup quand même, sur la race, sur la sur l’occupation, sur la collaboration, sur le patronat, sur la collaboration et même sur la résistance. Et c’est pour ça que ce soir on t’a invitée et aussi beaucoup sur l’après guerre. Sur le plan Marshall, ton dernier livre est passionnant, donc je rappelle quand même que vous pouvez écouter le podcast des Mutins où tu nous as donné une interview très précise sur les accords du cinéma Après, voilà un petit bout sur un tout petit bout de ton livre qui est un très gros livre, très documenté.
Annie Lacroix-Riz
Le petit bout des accords Blum. 
Olivier Azam
Voilà, c’est passionnant, c’est Annie Lacroix-Riz une historienne qui travaille dans les archives. Ça, paraît une banalité de dire ça.
Annie Lacroix-Riz
Mais ça devrait être bon. 
Olivier Azam
Ça devrait être banal, mais ça ne l’est pas. Et ces livres sont toujours très souriants. Moi, je suis toujours très admiratif du nombre de pages, de citations, de sources, Donc ça donne quand même, ça donne quand même des livres qui sont importants pour les autres historiens aussi. Et donc en fait, là, ce soir, on vous a invité tous les deux parce que tu as fait, Mourad, un film que vous connaissez, et parce que tu as fait un film qu’on va diffuser, soit qui s’appelle.
David Dufresne
Comme moi, plutôt presse écrite et pourtant réalisateur. Il oublie de prendre le micro quand il te parle ce soir.
Olivier Azam
Et en plus elle est dans enfin j’espère elle m’a dit à un moment donné un accord de principe, mais elle est en théorie dans le prochain film que je fais sur Lyon en disant ça, c’est les réalisateurs qui parlent déjà dans le prochain film qui est en cours de tournage et Léon Landini qu’elle connaît, je suppose. Alors, ce qui est fou, ce que pour te présenter, c’est difficile de présenter Mourad parce que nous, on te connaît depuis longtemps. T’as fait plein de films, beaucoup sur dans le monde syndical, sur l’histoire aussi sociale et évidemment l’histoire des luttes. Tu es un ouvrier du livre qui fait des films avant d'être cinéaste, qui fait du film. Et tu me distribues entre autres, on distribue ses films.
David Dufresne
Excusez les, c’est le moment placement de produit.
Olivier Azam
Je suis content que quand on montre ton film parce que le film qu’on va montrer ce soir, il y a des voix qu’on entendra plus parce que vous, certains sont décédés et ça fait partie de la mémoire qu’il faut conserver parce qu’il n’y en a pas tant que ça des films sur ces sujets là. Même si l’actualité nous a ramenés à cette histoire qui était presque enterrée, oubliée. Alors peut être en introduction, je sais qu'à. Mais si j’appuie sur le bouton, elle va parler pendant 1h et demie et va détailler juste pour introduire, parce qu’après on aura beaucoup de temps et calibre pour écouter, mais juste pour introduire le film. Est ce que tu peux nous dire deux mots de comment et pourquoi vous avez fait ce film avec Laurence ? Alors tout d’abord, ce film, on l’a coréalisé à deux. Moi je l’avais écrit il y a des années, il y a à peu près 30 35 ans que je travaillais sur le monde de la Résistance. Mais ça n’a rien à voir avec cette professeur émérite pour qui j’ai beaucoup de respect, avec qui on s'était retrouvé oublié, je crois. Et puis, on était quelques jeunes. Ce film, il est un peu en réaction. À l'époque, c'était le CNPF ou le Medef. Il y avait un monsieur qui s’appelait Denis Kessler, qui était vice -président, qui avait dit qu’il faut dépoussiérer le programme du Conseil national de la Résistance. Et il y a à peu près 25 ans de ça, j’ai rencontré un monsieur qui s’appelait Léon Landini. J’ai eu une réunion, un meeting politique et ce monsieur que je ne connaissais pas, il avait Pierre Penchard, Léon Landini et j’ai pris les noms qu’il s’excusait pour ceux qui ne sont plus là et qui sont partis. Et Léon avait dit cette phrase magnifique. Je pense qu’elle est encore dans le film. Le programme du Conseil national de la Résistance n’a été écrit qu’avec de l’encre. Il a été écrit avec le sang de mes camarades. Et cette phrase, elle est restée sur le chemin du retour. J’ai gambergé, j’ai convergé. J’avais noté cette petite phrase du passé. On te l’a déjà dit et j’avais noté cette phrase pour moi. Elle m’avait interpellé et donc on avait décidé de faire ce film en réaction à au programme du CNR. Parce que ce qui en découle quand même, on s’approche l’objet du débat, ce film, ce film, leur action en particulier dans la résistance, que ce soit les FTP principalement, on leur doit tout, on leur doit cette carte verte qu’on a qui s’appelle la carte Vitale. Alors je n’aime pas le mot parce qu’avant je suis attaché à la sémantique. En tant qu’ancien journaliste, ça s’appelait sécurité sociale, sécurité. On a envie de prendre quelqu’un dans ses bras. Il y a ce petit mot social. Ce qui est aujourd’hui, c’est une caisse d’assurance primaire maladie. On a aujourd’hui la maladie. Il faut fouiller la sémantique, les mots ont leur sens. Et donc voilà, ça nous a donné envie de faire ce film et on l’a réalisé. Et je vais conclure sur une chose. Olivier merci pour ce que vous faites et merci d’avoir organisé un peu ce je dirais, cette réaction dans une période qui trouble, qui était pénible, où il y a une grande paresse intellectuelle et même chez des gens de gauche et certains progressistes. Merci David aussi.
David Dufresne
Ah, j’ai eu peur.
Olivier Azam
Et merci Annie d'être présente. Si je dis ça, c’est parce que, à titre personnel, je suis très attaché aux symboles qu’il y a. Alors j’ai boycotté la cérémonie officielle pour de multiples raisons. La première, c’est que j’ai un camarade qui a 96 ans, qui s’appelle Léon Landini, qui n’avait pas été invité, qu’on a invité. Ensuite, ce monsieur a piétiné 20 98 ans, il a ri, il a attendu sous un parapluie. Monsieur Macron, je ne crois pas. En 40 ou 30 minutes, ça a été. J’ai trouvé ça vraiment d’une indécence. On a oublié Madeleine Rufo Ça, moi, ça m’a posé. Et puis j’avais envie de croiser les descendants d’idéologies de Gonthier. Charles Maurras Si je me corrige, si je me trompe Pierre Drieu La Rochelle et tous ces gens pour moi que je mets dans la case peste brune, je n’avais pas envie de les croiser. Et par contre, quelques jours plus tard, le hasard a fait que j’ai pu aller faire une visite intimiste avec une amie et c'était très agréable parce qu’on était quasiment presque seuls dans le Panthéon et j’ai voulu aller voir Germaine Tillion, l’ethnologue Jean Moulin. Ses grandes jambes et je peux vous assurer que ça pique. Ça pique les yeux parce qu’on est obligé de passer devant les maréchaux d’Empire. On passe devant des colonialistes, on passe devant des militaires, on passe devant tous ces gens pour pouvoir arriver. Puis on a fait l’expo Missak Manouchian, l’expo qu’il faut aller voir. Mais c’est quand même violent de traverser tout ça. Merci de le faire. Parce qu’on est à quoi ? On est à 500 mètres du Panthéon à vol d’oiseau.
David Dufresne
On a prévu une petite action après.
Olivier Azam
Non, mais sur le plan symbolique, moi sur le plan symbolique.
David Dufresne
Non
Olivier Azam
Mais je sais que le film a été projeté 24 fois dans toute la France au mois de février et honnêtement sur Paris très peu et je suis content que ce soit ici, juste à côté. Voilà, j’ai fini.
David Dufresne
Merci beaucoup. On va lancer le film et on se retrouve donc juste après pour le pour le débat. Merci encore à vous toutes et à vous tous d'être, d'être là. Ça fait chaud au cœur. A tout à l’heure, après le film.
Annie Lacroix-Riz
On l’a vu. 
Olivier Azam
Pourquoi participer aujourd’hui à un énième film documentaire ? Alors là, c’est une question qui est très intéressante. Je considère que ces événements et le témoignage sur ces événements ne m’appartiennent pas et par conséquent, je me sens obligé de les raconter. Ma chère Méline, dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après 12 H à 15 h.
David Dufresne
Figurez vous que le film a recommencé. Voilà, Mourad, c’est pour toi son éducation. Que se passe-t-il ? Bonjour, je crois qu’on vous entend. Ce n’est pas grave, ce n’est pas grave. Merci à toutes et à tous d'être, d'être encore là. Je. Je vais donner la parole dans quelques instants à Olivier qui va mener de main de maître comme il sait le faire ce débat. Je voulais juste vous dire que le débat est actuellement retransmis sur la chaîne auposte.fr, qu’il y a une petite caméra qui est là, qui filme la plèbe. Mais ne vous inquiétez pas, car avec ces projecteurs de cinéma qui viennent, on ne vous reconnaît pas. Voilà. Donc de toute façon, il n’y aura pas de reconnaissance faciale. Voilà vous concernant. Donc on est tranquille pour l’opération qui est prévue après ce débat. Donc au Panthéon, mon cher Olivier.
Olivier Azam
Surtout, personne n’aura son quart d’heure de gloire.
David Dufresne
On verra, on verra. Je te laisse la parole et je distribuerai le micro dans le public évidemment. Et le tchat pour Mourad et Annie.
Olivier Azam
Alors voilà, j’espère quand même avoir des amis. Comment ça va se passer ? C’est qu’on va parler. Puis de temps en temps, il y a des questions qui arrivent sur ce qu’il appelle le tchat. Je vous appelle.
David Dufresne
Mais après il y a le chat le truc qui s’appelle le tchat.
Olivier Azam
Et donc on donnera la parole aussi à la salle On va voir, on va le savoir. Mais moi, la première question que je voulais poser à Annie c'était quand même Ce qui nous réunit aussi ce soir, c’est quand même la commémoration de cette histoire et surtout l’entrée au panthéon des Manouchian qui a quand même été un moment. C’est un moment quand même à la fois fort paradoxal et fou puisque ça vient de la part de quelqu’un qui s’appelle Emmanuel Macron. Alors qu’est ce qu’on a tous les deux ? J’ai envie de vous poser la question quelle a été votre réaction sur ce sur ce moment.
Annie Lacroix-Riz
Aussi, c’est une seconde tentative de s’approprier l’histoire et de lui donner en large partie un sens différent de ce qu’on devrait lui donner, puisque finalement ça s’inscrit dans la même les mêmes attentes politiques que l’opération qui a été réalisée par le président Sarkozy en 2007 avec la tentative de s’approprier Guy Moquet. Et c’est très intéressant d’ailleurs. Moi je tiens à dire à quel point je suis sensible à la qualité du film et surtout compte tenu de ce qui circule depuis, depuis des décennies, finalement, depuis la deuxième guerre mondiale et parce que pour l’affaire Guy Moquet, il s’agissait de rendre hommage à un petit jeune homme dans lequel tout le monde se serait reconnu, en retirant d’ailleurs de la lecture de sa lettre un passage absolument essentiel qui est celui où il dit à son père Prosper Moquet et du communiste, un des une des victimes des déportations en Algérie, puisque son père a été. Comme énormément dirigeant du Parti communiste arrêté, ils ont tous été arrêtés entre 1939 et 1940. Il faut savoir que les communistes sont dans les prisons avant l’arrivée des Allemands et que l’essentiel de leurs effectifs est arrêté à ce moment là sur la base de l’interdiction du Parti communiste par décret le 26 septembre 1940, décret en vertu duquel, il faut le préciser, sont encore arrêtés les communistes à l'été 1944. C’est-à-dire. D’ailleurs, je trouve que c’est quelque chose de très intéressant sur la thèse ou la filiation entre eux, sur la thèse selon laquelle les partis communistes auraient été pro nazis entre le 23 août 1939 et le 22 juin 1941, et se serait brutalement converti à la Résistance dans la période suivante. Donc là, on avait quelque chose qui était essentiel à mon avis. 
Annie Lacroix-Riz
Et je m'étais dit avant le jeune homme sympathique, mais le jeune homme sympathique qui avait écrit à son père qu’il il avait tout fait pour suivre son exemple et par conséquent, évidemment, qui revendique, qui revendique son identité et son combat communiste. Il faut signaler aussi d’ailleurs que cette première opération a donné lieu à quelque chose qui est très caractéristique de ce que j’appelle l’historiographie dominante, c’est à dire une opération à partir de 2009 qui, sous l'égide de Jean-Marc Berlier et d’un de ces deux auxiliaires, Monsieur Lièvre, a publié un ouvrage sur Guy Moquet qui a eu une couverture de presse énorme, y compris dans le monde, selon lequel Guy Moquet n’a pas été arrêté en octobre 1940 pour résistance à l’occupant, mais pour complicité avec le nazisme. Vous voyez d’ailleurs à quel point ça devient absurde puisqu’on a officiellement une police et une administration qui sont, je dirais, qui se jettent dans la collaboration à corps perdu, qu’on est en octobre 1940 et on ne voit pas pourquoi. Les policiers français arrêteraient un partisan de la collaboration avec l’Allemagne. Alors c'était d’une première opération. Il y en a eu une autre, je pense d’ailleurs évidemment, je ne suis, je suis historien et même si je fais, même si je fais de la politique, je ne parle pas de. L’expert politique. Mais il est certain que c’est une opération qui tient beaucoup à un souci de faire plaisir à la gauche votante du deuxième tour des deuxième tour, puisque cette élection se joue sans cesse au deuxième tour, où le candidat en question est présenté comme le meilleur barrage au Front national et au Rassemblement national. Maintenant sur les œufs, sur les intentions d’abord, il faut remarquer qu' il était historiquement, objectivement, absolument scandaleux que la résistance communiste n’eût pas été n’eût pas fait son entrée au Panthéon avant cette date. Parce que ça provoque beaucoup de colère dans les milieux historiques qui préfèrent les colloques de Sciences-Po à la fréquentation des archives. Mais il ne fait aucun doute j’y ai consacré une grande partie d’un ouvrage qui s’appelle La non épuration en France de 1943 aux années 50. Il ne fait absolument aucun doute que la résistance intérieure en France est une résistance à majorité écrasante communiste. Je dirais que moi qui ne suis pas une adepte de l’histoire quantitative ou pas une experte, j’ai été très frappé quand j’ai travaillé sur les archives de la préfecture de police par un petit problème : le petit problème quantitatif suivant qui arrêtait on ? Qui est la police française arrêtée ? Elle continuait. Elle a arrêté quand les Allemands sont arrivés. Les communistes et les rapports bimensuels envoyés aux militaires défaits. Le sabre in Frankreich, c’est à dire au commandement militaire allemand, donc deux fois par mois, étaient envoyés des rapports très précis en français, toujours traduits en allemand d’ailleurs, qui faisaient la recension des gens déjà sous les verrous et des nouvelles arrestations. Et. Dans ces documents. Libres, les policiers ne reprochaient bien entendu pas aux communistes d'être pro nazi. Ils continuaient à arrêter des militants communistes et ces militants communistes qu’il fallait frapper. A partir de 1941, c’est Darlan qu’ils exigent. On pourrait augmenter les peines planchers et les peines maximales de telle sorte qu’on ait. On les garde en prison pour n’importe quel délit, au moins dix ans. Enfin, vous voyez. Et donc il y a une collaboration totale. Et quels éléments quantitatifs ? De dix 940 à 19 144 ? Qu’est ce qu’on appelle la résilience ? Ce qu’on appelle la résistance gaulliste, c’est la résistance non communiste. Il faut bien dire d’ailleurs que c’est vrai des gaullistes initiaux, elle est assez faible. Je parle de la résistance. Il reste à définir ce que c’est que la résistance. Ça fait une page, deux pages au maximum. Ce qui concerne les communistes fait de 12 à 16 pages. Par conséquent, on avec les seuls documents qui sont particulièrement intéressants sur un aspect abordé par le film sur la traque. On a avec ces documents la preuve, je dirais, la preuve quantitative que la cible principale de la police est la cible communiste. 
David Dufresne
Et vous savez que vous avez épuisé votre temps de parole de tout le débat.
Je l’arrête, je l’arrête. Mais, mais, mais il faut le dire, parce que le film met considérablement l’accent sur quelque chose d’important, de décisif même. C’est que c’est l’appareil policier français qui a arrêté les communistes qui le faisaient depuis 1939 et qui a arrêté les communistes. Pas une police à peu près la même qu’on a ici, une police qui est la même avec ses chefs. Il se trouve que travaillant sur l’entre deux guerres, dans les années 30, je les ai identifiés, ces chefs, c’est-à -dire ces gens qui faisaient la traque aux communistes. Je dirais qu’ils avaient commencé à faire la traque au Parti socialiste d’avant quatorze. Vous avez tous entendu parler du carnet B ? Et bien le carnet B, il a continué après 1914, il est devenu un carnet essentiellement consacré à partir de la scission aux militants communistes et les policiers. Les bons dont il est question dans le film, c’est-à -dire ces brigades de C Brigade spéciale étaient spécialisées auparavant. Et moi j’ai montré par exemple dans l’ouvrage de Munich à Vichy comment ces policiers, particulièrement câlines dans les années 1930, deviennent les grands policiers de la chasse, de la traque, de la collaboration imminente avec l’ennemi. Il faut le dire, l’ennemi n’a pas de force en France. Les Allemands, ils sont nombreux en allemand sur le front russe, mais ils ne sont pas nombreux. Chez nous, ils ont 26 divisions. Ils ont une police ridicule. Elle fait deux ou 3000. Deux ou 3000 personnes de toutes forces réunies. Et d’ailleurs Run, le second de ce qu’on appelle la Gestapo, qu’ils zippo SD la police de sécurité. Ils surveillent. Politicaille le dit. Ils passent l’occupation à se plaindre de la faiblesse de ses effectifs. Donc qui a fourni les effectifs exclusivement à la police française et qui les connaît ? Ça a été très bien dit, on vous dit qu’on les connaît d’avant guerre. Ben je pense bien qu’on les connaît d’avant guerre. C’est sur cette base qu’on les a tous cueillis à partir de 39, hein ? Je le répète, l’essentiel est déjà en prison. C’est là que la police, notamment la police de Pucheu, va aller cueillir les militants qui sont là depuis 39 ou depuis 40 et jusqu’en octobre 41, datent des premiers. Les premiers attentats contre les soldats allemands. C’est là que vont être pris les militants communistes et toute la suite du mémo. C’est à dire qu’on n’insistera jamais assez sur le lien entre l’avant guerre et la guerre. Moi, j’ai eu la chance d’avoir un éditeur qui, à un moment, après que j’ai rédigé le choix de la défaite, qui est un très gros livre, qui va être encore plus gros d’ailleurs, parce qu’il va paraître en poche, mais encore plus énorme qu’avant. Vous m’excuserez pas cher, mais c' est long, hein. Et donc j’ai fait l’ouvrage suivant de Munich à Vichy, parce que mon éditeur m’a demandé de faire le point sur une question. Il m’a dit Écoutez, vos collègues disent sans arrêt que Daladier a une politique anticommuniste, mais que c'était parce qu’il était patriote et que, au fond, si les communistes ont fait l’objet d’une répression avant guerre, c’est à cause du pacte germano soviétique. Est ce qu’il y a une césure, comme le disent tous vos collègues ? Ou est ce qu’il n’y a pas de césure ? Et j’ai fait un ouvrage qui a démontré qu’il n’y avait pas de césure, c’est-à -dire qu’il n’y a ni années 30 avec. 
David Dufresne
Je dois vous dire que, selon Eugène de Briggs dans le tchat, Edwy Plenel a trouvé en vous une concurrente à ces tunnels légendaires. Bravo !
Annie Lacroix-Riz
C’est inutile. Je ne sais pas si Plenel peut me battre. 
David Dufresne
J’aurais dû écouter la raison. Oui, c’est ça, C’est vous. Vous l’avez battue dedans, c’est ça ? Vous l’avez peut être invité ou pas attendu ? Non, non, non.
Olivier Azam
Je suis en train de me coucher.
David Dufresne
J’ai repris la parole. Je la garde une seconde pour m’adresser à Mourad. Juste ici, il faut, il faut, Il faut que tu que tu parles. On parlera de la forme du documentaire tout à l’heure. Mais je reviens à la question initiale, celle d’Olivier, celle qui faisait qu’au départ on pensait avoir une très bonne idée en faisant une contre programmation. Il y a eu quand même une forme de contre programmation plus importante qu’on ne le pensait par rapport à la cérémonie. Mais je vais volontairement provocateur. Dans ton film, il y a Stéphane Hessel qui nous dit eh bien le CNR envoie à Londres son programme et on comprend que De Gaulle est obligé de composer. Et donc il y a une forme d'œcuménisme. Pourquoi Manu Emmanuel Macron ne pourrait pas être œcuménique ? Pourquoi sa façon de dire eh bien entre ici, euh Manouchian et toi, et toi et les tiens ? Est ce que ça ne pourrait pas être une forme d'œcuménisme ou est ce que c’est uniquement de la récupération dégueulasse.
Olivier Azam
Et uniquement de la récupération ? Il faut faire un petit peu d’histoire. Il y a le magnifique discours de Malraux On aime ou on n’aime pas. Malraux Moi, je suis un fervent défenseur, donc j’ai des origines kabyles. On a souffert, nous, la culture, les Kabyles, on n’est pas con, on sait ce que c’est que défendre la culture. Et bon, moi Malraux, la mise en place des théâtres et de ce qu’il est des maisons de la culture, chapeau, respect et son discours est magnifique. A aucun moment on n'évoque là les communistes et bien sûr Moulin. Alors que Moulin, quand il a arrêté à Caluire, il n’est pas tout seul. Il y a le Docteur et il y a le Docteur. Enfin, ils sont quand même assez nombreux. Je passe tout de suite. Le parallèle avec Sarkozy est très intéressant parce que je me suis posé exactement la même question et il s’avère que hasard ou coïncidence, en 2007, je suivais Nicolas Sarkozy à Paris dans le cadre de la campagne. J’avais été viré du QG par Dati, je ne pouvais plus suivre Dati, j'étais derrière Sarkozy, c'était plus facile. Il est élu en 2007.
David Dufresne
Je savais que c'était un homme de goût.
Olivier Azam
, Il a vraiment marqué. Il vient d'être élu, il met en place. Donc le gouvernement, c’est Fillon. Premier truc qui faisait un jogging avec Fillon dans le bois de Boulogne. Et en plus je suis comme un con. Et ensuite, deuxième erreur et c’est là qu’on s’aperçoit que la crasse qu’il peut y avoir chez la purée, la merde qu’il peut y avoir dans certains cerveaux, il se rend dans la cascade du Bois de Boulogne où effectivement il y a eu 35 fusillés. Mais bon, un tout petit peu d’histoire, on sait que c’est Chateaubriand. Si on veut rendre hommage à Guy Moquet, on va à Chateaubriand. Nous, les ouvriers du livre, tous les ans, on commémore Chateaubriand parce que pour nous, c’est ça, c’est très important. Donc il le fait. Alors Macron, juste avant de parler de Macron, j’ai quand même une pensée pour ces milliers d’hommes, de femmes d’abord au FTP et ensuite dans une période beaucoup plus contemporaine 2000 22 021, 2022, 2023 jusqu'à aujourd’hui, qui sont morts dans le désert du Sahel, qui sont morts dans le désert algérien, libyen, Lampedusa, détroit de Gibraltar. Ces gens qui n’iront jamais au Panthéon, non pas en tant que grand homme ou grande femme, ne serait ce que comme visiteur. Et pour moi, le paradoxe, c’est ce qui m’a. Ce qui m’a questionné, c’est on fait entrer des gens, on fait rentrer au Panthéon un couple, on fait rentrer les 23 à travers ça c’est fait les 200 FTP de la région parisienne, mais plus globalement tous les autres bataillons. Je pense à Marin Marseille, je pense aux FTP de Grenoble, je vais à Toulouse, Toulouse, la 35ᵉ brigade, Marcel Langer, Il y a tout ça et il y a tous ces gens,.
David Dufresne
Macron comme Sarkozy.
Olivier Azam
Donc on honore la résistance en faisant entrer un couple d’apatride au Panthéon. Et on a cette loi scélérate avec le débat sur l’immigration.
David Dufresne
Bien sûr.
Olivier Azam
Est qui nous renvoie Daladier, qui nous renvoie aux heures les plus sombres de l’histoire, la dénaturalisation de la décennie. Tu me dis si je me trompe, c’est Daladier qui dénaturalise.
Annie Lacroix-Riz
Alors c’est les lois à partir de mai 1938. 
Olivier Azam
Oui, c’est ça.
Annie Lacroix-Riz
Mais il y a une série de lois sur les étrangers qui sont inouïes, inouïes, dont j’ai fait la recension de Munich à Vichy. Salut. Sinon. C’est aujourd’hui. C’est aujourd’hui. C’est les Juifs, mais c’est la même chose. C’est exactement la même chose. Et ce qu’on ne sait plus. 
David Dufresne
Comment vous expliquer comment vous avez ressenti tous les deux dans votre chair et dans votre expertise ? Les deux. La présence de Le Pen, Marine de par delà Jordan de Chenu, Sébastien. A cette cérémonie. Qu’est ce que cela nous dit de l'époque et qu’est ce qui fait que cela a été rendu possible, cette chose là ?
Olivier Azam
On voit ce qui pose un problème, c’est d’abord qu’on légitime au nom des. Et alors je ne sais plus comment on les appelle, on a trouvé une formule qui est magnifique, c’est les corps constitués. Ils font partie des corps constitués qu'à ce titre. A ce titre, c’est les corps comme élus ou comme corps constitués. Mais en même temps, ce qui pose problème, c’est Les héritiers quand même de Gonthier. Je l’ai dit tout à l’heure, c’est Aussaresses et les exactions qu’il a eu en Algérie qu’il y a eu partout. Mora, c’est d’Alger, c’est toutes ces crapules. Et c’est pour ça que je n’ai pas pu y aller. Mais moi, ce qui me dérange, c’est quand on les légitime. Pas les voir entrer au Panthéon. Mais même, je crois qu’ils n’ont pas d’amour propre ni de dignité. Moi, en tant qu’homme, enfin en tant qu’homme progressiste, Demain le monocle, là, il décède. Je ne me rendrai même pas à ses obsèques, Je ne cracherai pas sur un mort. Mais je ne sais pas. Il y a des endroits où on n’a pas à aller. Leur présence était indécente. Au nom de. Enfin, je ne vais pas reprendre quand même. Elle a quand même baigné et je ne veux pas la dédouaner. Mais même si son père, à la limite, a laissé son père, d’accord, mais il est quand même allé à Vienne, à la danse. Et quand on prend ses amis du GUD. Elle a quand même baigné là- dedans depuis qu’elle est toute petite.
David Dufresne
Non mais surtout, surtout, Elle a encore récemment deux trois ans, dit qu’elle, elle prenait l’héritage global du parti. À aucun moment il n’y a eu de problèmes très longtemps. De toute façon, même pour moi, s’il y avait une fracture entre elle et le parti, de toute façon, j’avais l’ADN. On peut faire effectivement une transfusion sanguine, mais on fait une transfusion d’ADN. Moi, ces gens-là, si vous voulez un jour les transformer en antifascistes, il va falloir m’expliquer comment est ce qu’un crocodile on le transforme en végétarien, celui qui est capable. Écoutez, je fais amende honorable.
David Dufresne
Et pour vous, Annie, comment avez-vous ressenti ça ?
Annie Lacroix-Riz
Moi, la situation actuelle me fait beaucoup penser à un autre poème d’Aragon qui est qui date de l’année suivante de 56. Et c’est ainsi que les hommes vivent. Et c’est-à -dire c’est le monde à l’envers. On prenait les loups pour des chiens, on prenait les chiens pour des loups et n’importe qui racontait n’importe quoi. Je voudrais rappeler à quel point ça n’est possible que parce que la discipline historique a fait l’objet d’une mise en pièce, parce qu’on cherche les preuves de ce que le Front national est directement issu des milieux collaborationnistes, de la période d’occupation et même des milieux collaborationnistes d’avant. Je veux dire, il suffit de se rendre aux archives de la préfecture de police, ce que j’ai fait et de voir le dossier du Front national. Bon, que dire ? C’est un humanisme, comme toute union nationale est quelque chose d’extrêmement préoccupant. Et il y a, et il n’y a aucuns exemples historiques français ou étrangers d’union nationale qui ont abouti à autre chose que la marginalisation des forces qui se réclament du progrès. Par conséquent, on verra tout. On a déjà beaucoup vu, mais je. 
David Dufresne
Juste un truc.
Annie Lacroix-Riz
Je pense qu’on verra tout. 
David Dufresne
Je ne suis pas sûr, mais Sentier battant dans le chat confirme que le fameux poème d’Aragon dont vous citez a été repris dans le discours de Macron.
Annie Lacroix-Riz
Pour qu’on l’aime, pourquoi ne pas s’en servir ? 
David Dufresne
Mais vous, vous voulez prendre la parole, surtout juste reprendre.
Olivier Azam
Ce texte, c’est quand même l’histoire d’un soldat de la guerre quatorze. Il faut quand même se remettre dans le contexte et c’est ainsi que les hommes vivent. C’est. J’avais juste un point sur lequel je voulais rebondir, c’est avec qu’attendre de ces gens là. Et elle a parlé de références historiques. Annie Il a fait un très bon film sur Zinn avec un certain Daniel M.
David Dufresne
Euh, on peut encore citer les noms des copains.
Olivier Azam
Daniel Mermet les dénonce. Alors il y a une phrase de Howard Zinn qui est magnifique Tu me corriges tant que les lapins n’auront pas d’historiens, c’est les chasseurs qui écriront l’histoire. Je te corrige parce que c’est une phrase de Daniel Mermet qui a pompé. On a pompé ensemble et pompé à qui on a pompé à un proverbe africain.
David Dufresne
Bon pour moi c’est là, c’est mon association.
Olivier Azam
C’est donc on a mis sur l’affiche. Alors du coup tout le monde pense que c’est sûr qu’il y a des excès, mais ça va plus très bien. Ça aurait pu très bien.
David Dufresne
En fait, c’est très bien, C’est très.
Olivier Azam
Bien ce que je dis. Tu vois, moi j’aurais appris quelque chose dans les archives du forum, j’aurais appris quelque chose ce soir.
David Dufresne
Oui, oui, c’est un proverbe africain utilisé comme un slogan. Terre pour vendre aux voisins si on veut. Mais c’est très bien d’avoir ce discours très.
Olivier Azam
Bien fait quand même. Au moins on aura appris quelque chose ce soir. Mais en fait c’est la phrase est tout à fait valable pour ce que tu racontes, c’est ça ? Mais, mais alors il y a un autre aspect dans ce que vous dites, c’est aussi l’aspect CNR. Parce que ce qu’on voit bien dans le film, c’est quand même comment tout ça a permis le programme du CNR qui est détricoté depuis quand même un certain.
David Dufresne
Conseil national de la Résistance.
Annie Lacroix-Riz
Je voudrais faire une remarque sur ce programme du CNR parce que j’ai ma collègue, il y a glandait il y a un moment que voilà, l’avenir est assuré. L’avenir n'était pas du tout assuré. Parce que qui peut penser que les conflits, les conflits sociaux, les conflits de classe, terme qui est devenu absolument tabou ? Qui peut penser que les conflits de classe ont été abolis par une période aussi épouvantable que l’occupation ? Naturellement pas. Et par conséquent, en réalité, ce programme du CNR du 15 mars 1944, qui est volontiers présenté comme l’image du consensus, ça se fait beaucoup dans l’histoire, dans l’historiographie peu férue d’archives, ça ne correspond pas du tout à ça. Je dirais que si on veut chercher. Ici, si on veut éviter l'érudition, il y a quelque chose qui fait parfaitement comprendre le phénomène. C’est le film de Gilles Perret. 
Olivier Azam
Qui s’appelle "Les jours heureux".
Annie Lacroix-Riz
Les jours heureux et qui montre très bien comment le programme du CNR a été finalement ratifié au bout du fusil. C’est-à -dire que Pierre Villon a été cité par d’autres responsables communistes. Pierre Vion a en quelque sorte, avec le programme du CNR mis en place, ce qui était le programme social de la CGT, euh de l’ex CGT. Voilà. Et comme l’a très bien dit un de mes collègues dont le nom m'échappe, là, celui qui a beaucoup travaillé, un Lyonnais qui a travaillé sur la résistance avec beaucoup de bon sens dans le film de Gilles Perret. Ben oui, on ne pouvait pas faire autrement. C’est-à -dire qu’il y avait la résistance et traversée par des fractures qui sont les fractures antérieures et qui ne se sont pas du tout apaisées avec la guerre. Je voudrais donner un exemple, la manière dont Moulin a été liquidé. Moi, j’ai entendu dire cette année que le mystère demeurait entier. Je suis désolé. Dans l’ouvrage La non épuration, le mystère, je l’ai eu, je l’ai expédié en quelques, en quelques dizaines de pages. Les chefs de combat ont passé des accords avec Barbie, Barbie, le Boucher de Lyon, parce que tous ces messieurs étaient très inquiets de l'évolution des choses. La radicalisation. Vous imaginez que les lendemains de la victoire soviétique de Stalingrad ont beaucoup agité le landerneau et par conséquent, il a été passé un accord ? Je suis formel et les archives sont formelles, les archives judiciaires sont formelles. A été passé un accord explicite entre Barbie dans les premiers mois de 1943. On sauve les vôtres. Un combat. C’est à dire en l’occurrence à Henri Fresnay et à Bénouville. On sauve les vôtres et on fait ce qu’on veut avec les communistes. Et c’est dans ce cadre que Delestre et Moulin ont été arrêtés dans des conditions que j’expose, qui sont exposées par les archives. Et c’est aussi dans ces conditions très claires que finalement, comme l’avait très bien montré d’ailleurs Péan. Dans son ouvrage sur “Vie et mort de Jean Moulin”. 
Olivier Azam
On trouve le lampiste hardi.
Annie Lacroix-Riz
Voilà et Hardi a été un des organisateurs de la traque de la traque de Jean Moulin et l’affaire René Hardy est un faux. Reconnu comme tel. Écoutez moi, j’ai une autorité suprême reconnue comme telle par le procureur général de Paris qui livre sur le procès de 1947, je dirais, des conclusions définitives. Donc en fait, c’est le pistolet sur la tempe qui, à un moment donné, compte tenu du rapport des forces dans la résistance active, eh bien voilà, se passe ce compromis que naturellement, les forces signataires ne sont pas également décidées à appliquer. Et ça, c’est tout le problème de l’après-guerre. Comment ça s’est organisé à partir de la Libération, à partir de 1944. 
Olivier Azam
Et donc pendant, pendant toutes ces années, il y a quand même une réécriture permanente ? Oui, mais qui me semble à son apogée avec cette entrée au Panthéon où on a quand même quelqu’un comme Macron qui fait partie de ceux qui détricotent toutes ces avancées sociales. Mais il faut continuer en 2024. Olivier à la réécrire. Il y avait une question tout à l’heure qui était intéressante de David et qui rejoint tout à fait, et on est vraiment dans le contexte de David à un moment parle du CNR et parle de De Gaulle. Mais il ne faut pas se leurrer, De Gaulle sait qu’il a une résistance qui est très forte. Résistance communiste. Quand on prend le Front populaire, j’ai plus de chiffres mais je crois que c’est 6 millions entre les 2 millions de communistes. La CGT, la CGT, la CGT.
Annie Lacroix-Riz
Et après la Libération ? 
Olivier Azam
Mais déjà avant, il y avait une pensée très forte. On gagne ? Non mais non. Mais après, à la Libération, il y a une ferveur populaire.
Annie Lacroix-Riz
Oui, mais avant la libération, là il faut, il faut, il faut discuter sur. 
Olivier Azam
Les épaules de De Gaulle, il faut se mettre à sa place. Il y dirige Londres. Il a bon, il sait que ça va durer un an ou deux, le patronat. Parce que De Gaulle, on oublie quand même que c’est l’avocat des 200 familles.
Annie Lacroix-Riz
Mais de Gaulle, un De Gaulle est un personnage passionnant parce que c’est un personnage absolument original, c’est à dire que c’est le seul homme de salle, le seul homme politique de sa classe, le seul qui ait, qui ait été à la fois classique parce que c’est un représentant de la bourgeoisie et d’ailleurs qui s’appuie sur la bourgeoisie, à peu près personne ne le sait. Mais enfin, son gouvernement, son premier gouvernement du 19 juin 1943, son Haut Comité français de libération nationale, il a pour secrétaire aux Finances Couve de Murville, qui a été le deuxième personnage de l'État vichyste aux finances et sans la signature duquel aucun accord franco allemand d’importance sur les sociétés mixtes, sur les cessions de capital, sur les grandes opérations commerciales, aucun accord n’aurait pu être signé plus une série d’autres. Ils n'étaient pas tous aussi impliqués dans Vichy que Couve de Murville. Mais on a quelque chose qui est tout à fait conforme à ce qui va se produire. C’est-à -dire que la grande bourgeoisie déteste de Gaulle, mais comment elle va faire ? Elle n’a pas le choix, elle n’a pas le choix. Et on le voit très bien d’ailleurs dans les négociations de De Gaulle avec les Anglais et les Américains. De Gaulle déteste les communistes autant que les Anglais, les Américains, mais il passe son temps fin 43 à dire aux Anglais, aux Américains vous êtes bien mignons et surtout aux Américains, bien sûr, parce que Roosevelt veut éliminer De Gaulle dans tous les sens du terme. Avec Giraud, il a écrit avec eux, avec Giraud, puis avant il y en a eu 100 et on a eu dix, enfin j’exagère, cinq chefs militaires sur lesquels les Américains se sont appuyés. Donc de Gaulle leur dit Mais écoutez, arrêtez de me faire la guerre comme ça ! Qui est-ce qui, en France, est seul capable de lutter contre le Parti communiste ? Il n’y a que moi. L’originalité de De Gaulle ? Moi, c’est ce qui fait que je suis ce personnage depuis ma thèse d’État qui remonte aux calendes ou aux vieilles lunes. C’est qu’il est le seul de sa catégorie à avoir résisté à la colonisation américaine. 
Olivier Azam
Et comme tu dis, c’est le seul gaulliste.
Annie Lacroix-Riz
Voilà, c’est à peu près le seul gaulliste parce que j’ai failli tomber de l'échelle quand je me suis aperçu qu’il avait comploté contre lui-même, le général Catroux. 
Olivier Azam
Donc il faut être honnête, sans lui, on aurait l'âme gars droit.
David Dufresne
Alors excusez.
Olivier Azam
Moi, il faut bien que je laisse un peu s’embourber.
David Dufresne
Si vous voulez bien messieurs, il y a un gaulliste. Dans la salle qui veut où là qui va vous interpeller.
Olivier Azam
Je voudrais poser une question que j’ai posée à Hélène Tenenbaum. Je crois que c’est son surnom. L’Ancien résistant de 98 ans qui vient de faire un.
Annie Lacroix-Riz
Livre à Léon Landini. 
Olivier Azam
Non.
Annie Lacroix-Riz
À Monsieur Birenbaum. 
Olivier Azam
Birenbaum, c’est ça ? Je vais poser la question à la librairie du du 14ᵉ ou du 15ᵉ arrondissement.
Olivier Azam
Le constat, c’est que les Juifs, et on voit les Arméniens de terrain au travers du mot oui, mais notamment les Juifs ont résisté, ont fait face à l’occupant en France et ont fait face à l’occupant et au génocide dont les juifs étaient. Comment ont été les objets durant la guerre ou persécutions ? Ils ont fait face au travers du Parti communiste en entrant au Parti communiste principalement. Il y a eu une petite résistance juive armée dans le Sud je crois, mais qui n’a pas eu une importance nationale. Les Juifs ont pu faire face aux persécutions et aux Allemands et à l’occupation en étant au Parti communiste et à la jeunesse communiste. On parle beaucoup à Birenbaum. Voilà, je lui ai posé la question, il était d’accord. Et même si je crois que c’est une question de génération aussi parce que son fils était contre. Par contre, à savoir pourquoi est ce qu’on ne fait pas ? Alors qui ici ? Qui ? Je ne sais pas. On ne fait pas la demande que le Parti communiste et la jeunesse communiste de 40 à 44 soient classés juste parmi les nations, ce qui est ce qui demande à avoir avec Yad Vashem, etc. Mais à l’heure actuelle, cette qualification là est très importante dans les débats, dans les débats publics, dans les débats universitaires, dans les débats institutionnels. Et je ne vois pas pourquoi la jeunesse communiste et le Parti communiste n’auraient pas cette qualification là qui, à l’heure actuelle, face aux offensives telles que celle de Stéphane Courtois et compagnie, serait très importante ? Alors, qui peut faire ça ? Je n’en sais rien, mais je pense qu’il faut le faire. Voilà.
David Dufresne
Bien sûr. Donc la question c’est qui peut faire ça ? Si j’ai bien compris, est ce que quelqu’un d’autre veut prendre le Yad Vashem ?
Olivier Azam
C’est les seuls qui sont habilités à reconnaître.
Annie Lacroix-Riz
Qu’il y ait peu de chances. 
Olivier Azam
Il y a peu de chances. Et c’est l’occasion de dire aussi que dans toutes les campagnes nazies de l'époque, il faut le dire, les campagnes anti judéo-bolchéviques, je sais pas, c’est quelque chose qui paraît très loin maintenant, quand on voit les rapports politiques qui peuvent s’installer aujourd’hui en France. Mais le rapport judéo-bolchevique a dit est ce que tu veux dire quelque chose ?
Annie Lacroix-Riz
Donc on comprend très bien la surreprésentation étrangère dans la résistance active. D’une part parce que le communisme est très ouvrier avant guerre, très ouvrier, presque exclusivement ouvrier. Qu’est ce qu’il y a au Parti communiste des ouvriers et un certain nombre d’intellectuels ? Il n’y a pas grand chose en dehors. Il se trouve qu’il y a parmi eux des intellectuels prestigieux et même une résistance ouvrière, enfin une composition ouvrière. Et ce qui est un autre aspect, une caractéristique du Parti communiste, qui lui a valu d’ailleurs beaucoup d’ennuis, c’est que sur la base évidemment de la transformation des partis socialistes en parti communiste, il y avait une structure nationale, mais il y avait une structure nationale avec condamnation de toutes les pratiques qui avaient pu mener à l’approbation de la guerre anti-impérialiste, de la guerre impérialiste de quatorze, c’est à dire un changement de paradigme à peu près sur tout et en particulier. Enfin, notamment sur les guerres coloniales. Et sur tout encouragement à l’impérialisme. Ça crée des obligations nouvelles. Sachant que la composition de la classe ouvrière française est très fortement étrangère, où de plus en plus fortement étrangère à partir des années 1898 190, on sait qu’on importe beaucoup de main d'œuvre étrangère et je dirais que la caractéristique sociologique et politique, une des caractéristiques les plus importantes du PCF, c’est précisément d’avoir fait place à cette composante étrangère qui n'était, qui n'était reconnue par personne. Parce que dans les années 30, pendant la crise, que font la CFTC et la CGT des Confédérés ? Elle se contente de dire qu’elles défendent le travail national. Mais elles ne disent rien. Finalement, elle approuve ou ne désapprouve pas les mesures épouvantables prises contre les immigrés. Parce que les dizaines de milliers de Polonais que le Comité des Houillères a fait venir, et en plus dans une structure qui rapportait beaucoup d’argent à Henri Perry. MOF le chef du Comité des Houillères a organisé une importation massive de travailleurs de mineurs polonais, dont une partie énorme a été repoussée ensuite dans les années 30. Et puis, on le sait, dans les années 20, sont arrivées les vagues des. Des persécutés et des persécutés d’Europe centrale, tous frappés par une politique antisémite systématique. La Hongrie, la Pologne, la Roumanie. L’Est enfin une partie. Et ça, c’est encore une résistance. Enfin, c’est encore une composition juive ouvrière. Ce n’est pas des capitalistes qui viennent en France. Plus les Italiens chassés par le fascisme et chassés par la misère et antifascistes, plus les Espagnols dont une partie est là avant même la guerre d’Espagne, et dont une partie considérable sera fournie, vous le savez, par. La défaite de la République à laquelle la France républicaine a tant contribué, tout comme la Grande-Bretagne démocratique et les Etats-Unis démocratiques. On a beaucoup d'études là-dessus. Bon, Et donc, quelle est la ligne du Parti communiste ? C’est qu’il n’y a pas deux classes ouvrières, il y en a une et tout est orienté. Et c’est l’origine des FTP-MOI le moule, la main d'œuvre immigrée. Elle se constitue dans le cadre de la CGT à partir de 23, date de fondation de la CGT. Elle s’organise vraiment dans la deuxième moitié des années 20. Et puis on l’appelle moi dans les années 30 parce que main d'œuvre immigrée, alors que la campagne est extrêmement violente contre les étrangers, se déchaîne. C’est pas pour après. Ce n’est pas très diplomatique, ça mouille, on ne sait pas exactement ce que ça veut dire. Donc. Ces éléments sont bien entendu des fers de lance. Ils ont trouvé dans ce parti communiste une protection, les groupes de langue, etc. Ils ne rêvent évidemment que d’en découdre avec le fascisme. Ils sont des victimes du fascisme et par conséquent, on comprend bien cette représentation. Ils nous inondent. Ils n’ont à perdre que leurs jeunes y sont. Ils sont tous persécutés. Avant, bien sûr, bien avant 38. Mais par la série de lois Daladier de mai. À ce qu’on appelle le Munich intérieur, c’est effrayant. C’est cette répression et par conséquent la. Bien sûr, on les retrouve, on les retrouve massivement. Mais est ce que de là on peut. Alors, est ce que ce que l’on peut déduire que finalement une sorte de décision miraculeuse disant que les communistes qui ont finalement accueilli tous ceux qui se battaient parce que c’est comme ça que ça s’est passé chez les cheminots, c’est très. C’est très clair. Les cheminots ? Ou non, qui ont résisté ? Les cheminots, dont il faut signaler la contribution énorme à la lutte contre l’appareil de guerre allemand. Parce que ce n’est pas les bombardements américains qui ont fait 75 000 morts qui ont touché l’appareil industriel allemand. Ce sont les sabotages d’usines et les rails de trains, les déraillements de trains et qu’il a fait ça, évidemment, les groupes FTP et FTP, moi et puis les cheminots. Et vous savez ce que disaient les responsables des. Un haut fonctionnaire qui a fait un rapport extraordinaire en novembre 43 sur les cheminots. Ils disaient que ce n’est pas compliqué. De toute façon, les cheminots sont bien obligés d’aller chez les communistes, il y a qu’ils se battent. Et ils disaient que c' était très intelligent. Après la libération, les choses se décanter. Chacun retournera vers ses sympathies antérieures. Et c’est comme ça que les cheminots qui ont été un des fers de lance de la résistance ouvrière, eh bien voilà. Oui, de 41, 40 à 44, ils se sont regroupés dans le Parti communiste, puis après les divisions sont revenus. Il n’y a pas de miracle, il ne faut pas. Il n’existe pas de période historique qui fasse fondre les conflits sociaux et de ce qu’on a oublié parce qu’on ne fait plus d’histoire sociale. 
Olivier Azam
Alors, il y a une question dans la salle.
Spectateur
Oui, d’abord, je voulais remercier Je suis d’autant plus un peu ému parce qu’il y a déjà une quarantaine d’années, auprès de mes étudiants, j’avais introduit justement L’affiche rouge parce que j’avais un module que j’avais introduit. Ça s’appelait sociolinguistique de l’immigration dans le cadre de ce que j’ai enseigné ici. Et j'étais et on parlait et peu de personne savait ce que c'était que l’affiche rouge. Peu de personnes savaient. Je pense que je pourrai vous dire que vraiment il y avait beaucoup. Voilà. Donc ça c’est. Je vous remercie parce que c’est dans ces lieux aussi. Donc voilà, il y a des choses intéressantes. Alors, il y a une autre question que je voudrais vous poser, c’est par rapport, bien sûr qu’on a parlé de toute l’immigration qui est, enfin qui était très, très présente, et il y avait des femmes à la veille du départ. C’est très important aussi, mais il y a eu quelque chose d’invisible, C’est aussi bien qu’on en parle, c’est ce sont les colonisés. Il y a des personnes qui étaient des prisonniers qui ont été, qui se sont échappés et il s’avère que j’ai deux oncles qui étaient résistants et algériens et qui participaient bien sûr aux embuscades et dont un était cheminot. Et je. Ma question c’est comment faire pour retrouver dans les archives ? Parce qu’il s’avère qu’ils sont morts quelque chose pour remonter à toutes ces personnes qui parce que vous avez parlé de la collaboration avant guerre, pendant la guerre. Et il y a l’après guerre, parce que ce qui s’est passé, il s’avère que l’oncle qui résidait à Paris s’est retrouvé en 61 au moment où il y a eu les grands d’octobre 61 dans la préfecture de police, alors qu’il avait été lui-même. Résistant, donc il y a quelque chose d’un petit peu. Bon, je me demande comment faire pour rendre un peu plus visible aussi cette résistance. 
Annie Lacroix-Riz
Mais vous savez bien que la visibilité c’est aujourd’hui, comme ça a toujours été d’ailleurs, la visibilité rendue, permis, permise par les médias. Par conséquent, je pense que nous avons tous raison. Ceux qui font de l’histoire et ceux et celles qui la diffusent. Nous avons tous raison de nous battre pour qu’il existe une vérité historique. Mais il faut être modeste et voir le rapport des forces. Ce travail ne bénéficie actuellement et depuis des décennies, d’aucune visibilité. Aucune. Qu’est ce qui reste pour faire connaître l’histoire ? Il reste à fréquenter les archives et les archives. C’est une tâche très longue, très ingrate. Surtout qu’on n’est pas récompensé par la médiatisation. Par conséquent, si on veut retrouver ce que vous souhaitez retrouver, il faut aller dans les fonds FC qui font aller dans les fonds divers qui tapissent les sources que j’indique dans mes livres. Et là vous trouverez de manière générale, y compris d’ailleurs de manière locale. Je pense en particulier à la série F12. Vous trouverez des tas d'éléments sur la résistance des cheminots, la résistance générale, voire la résistance locale. C’est le plan, je me trompe ? D’ailleurs, je ne sais pas, ce n’est pas F12, c’est les archives d’administration dont l’intitulé m'échappe. Et puis il faut aller regarder les archives locales. Vous avez dans les archives locales un lot très important d’archives policières et il est impossible, en dépit de ce que beaucoup de mes collègues ont raconté sur les archives de police dans lesquelles j’irais farfouiller, on ne sait pas comment on trucide éventuellement leur sens ou où les documents. Il faut aller chercher dans ces documents de quoi connaître la situation à Lyon, la situation à Toulouse. Voilà. Mais vous vous imaginez quel travail ça suppose, quel travail ça suppose dans les thèses ? 
David Dufresne
Quand vous parlez des archives à Paris, il y a la préfecture de police qui a ses archives. Pourtant je crois.
Annie Lacroix-Riz
Qu’il y a les Archives nationales. Avec la série F7, il y a la série, ça y est, j’ai retrouvé le nom. Il y a la série F qui est la série d’administration générale. Il y a, il y a une. 
David Dufresne
Kyrielle et ça c’est ouvert à tout le monde l.
Annie Lacroix-Riz
Faut bien sûr. 
David Dufresne
mais il y a des exemples.
Annie Lacroix-Riz
Ça n’a longtemps pas été ouvert à tout le monde, mais on a connu d’ailleurs, à la faveur de certains scandales de publications, je pense notamment à l’ouvrage de Sonia Combes qui s’appelait Archive Interdite et qui a vraiment fait trembler le landerneau, parce que cette première édition a montré qu’il y avait des historiens privilégiés qui avaient accès aux sources parce que on était très tranquilles sur l’utilisation qu’on en ferait et puis que les autres temps on faisait ça dure, hein. Alors voilà, il y a eu des grands cris aux Archives nationales, il y a eu grand cri de Monsieur Henri Rousseau qui a traité Sonia Combes de simple bibliothécaire. Il a oublié qu’elle avait quand même soutenu une thèse d’histoire. Et puis ça a progressé. Mais il faut que vous le sachiez, les archives de la Deuxième Guerre mondiale n’ont été ouvertes qu'à partir des années 90. Moi, j’ai eu accès avec d’autres, mais à la faveur d’un colloque de privilégiés au début des années 80. En 83, j’ai eu accès à un fonds extraordinaire qui m’a fait découvrir la collaboration économique qu'étaient les fonds bancaires. Alors j’avais déjà vu beaucoup de choses dans ma thèse d'État, mais là, j’aurais dû, j’aurais pu tomber de ma chaise. 
David Dufresne
Alors, il y a deux questions dans la salle, il y a madame et ensuite y aura monsieur. Je vais vous tendre le micro. Allez-y, madame. Donc Madame est exaspérée tout à l’heure, je ne sais pas pourquoi.
Spectatrice
Merci Annie, Merci à vous pour cette soirée, surtout dans ces locaux qui ont été nos locaux, pour certains d'étudiants etc. Et qui aujourd’hui j’ai peut être mal compris mais vont être privatisés ou pas. Enfin j’en sais rien mais bon. Bref, passons. Alors moi je réagis parce que je n’ai pas du tout pleuré à l’entrée de Manouchian et j’ai plutôt été très agacé. Parce que j’en ai marre de cette entre ces entreprises de détournement de l’histoire par l’utilisation de l’affect dans une société où aujourd’hui tout est fait pour justement détourner justement la lutte des gens qu’on appelle les terroristes ou les gens qui résistent par exemple. Nous sommes dans une société où en même temps on nous parle du devoir de mémoire et on coupe les crédits en enseignements de l’histoire et enseignements de tout ce qui pourrait être animé. Tu vas pouvoir nous parler de ça. Qu’est ce qui se passe aujourd’hui au niveau de l’enseignement de l’histoire où quand on ouvre un livre d’histoire, on voit sur la même, sur les mêmes pages, Staline et Hitler comme totalitaires ? Bon alors moi je suis un petit peu choqué parce qu’il y a des jeunes qui voient Auschwitz, ils prennent des selfie, on leur demande après s’ils ont bien compris ce qui se passait, dans quel contexte politique ça se passait et qu’est ce qui se passe pour que ça recommence plus. Là, rien du tout. Donc les posters qu’on fait aujourd’hui chez Guevara sur les tees shirt, je veux bien, mais qu’est ce qu’on a autour de ça comme analyse pour pas que ça recommence ? Il n’y en a pas. Et justement, j’avais été choqué par rapport à ce qui s’est passé sur Guy Moquet parce que non seulement Wikileaks, mais en plus on détourne les discours et. 
Annie Lacroix-Riz C'
est de bonne guerre, on détourne complètement ce qui peut être dit. Alors moi, je me pose une question aujourd’hui, c’est que Isaac est m'éliminer. Est ce qu’il ne serait pas en taule ? 
Spectateur
Est ce que les camélidés aujourd’hui, on les laisserait librement exprimer ce qu’ils ont à exprimer ? Est ce qu’aujourd’hui, quand on est interdit de manifester, quand on veut manifester pour la Palestine, on peut dire qu’on défend aujourd’hui au niveau du pays des gens qui ont été en résistance. 
Annie Lacroix-Riz C'
est ce que je disais tout à l’heure. On constate une ressemblance très frappante entre la conjoncture politique des années 30 et notamment et en particulier la fin des années 30 et notre conjoncture politique. Moi, ça fait un peu. Ça fait 20 ans que je l'écris parce que parce que la similitude me frappe. Et que et que c’est récusé puisqu’il a fallu attendre dix ans de plus pour que dans tel ouvrage sur 1938, on découvre l’Amérique et qu’on se dise que la conjoncture ressemblait à celle de 1938. Le problème, c’est qu’en effet, la discipline historique a fait l’objet d’une tâche comparable à la, je dirais à la casse de toutes les disciplines. C’est-à -dire que l’histoire n’a pas suivi un autre cours que les mathématiques et le français. Et que des analyses ont été faites. Je pense en particulier à un petit bouquin qui a eu un écho très faible parce qu’il a été publié dans une édition du SNESUP de mes collègues professeurs du secondaire Gisèle Jamet et Joëlle Fontaine, sur les consignes du ministère de l'Éducation qui montrait comment l’histoire avait été sacrifiée. Et j’ai moi même fait un petit bouquin qui s’appelait L’histoire sous en sous influence, puis ensuite toujours sous influence, et qui montre comment on peut dire à une population qu’on lui fait faire de l’histoire quasi quotidiennement. Regarder le nombre d'émissions historiques à la télévision, c’est monstrueux. Et en fait. Faire une bande d’ignorants puisque de l'école du primaire à l'âge adulte, finalement, la quasi-totalité des Français sont privés d’accès à l’histoire. Donc vous pouvez faire, il y a. 
Olivier Azam
Plus que ça. Il y a aujourd’hui aussi une dynamique d’extrême droite, j’allais dire, qui s’empare de l’histoire et qui en fait autre chose, notamment. On a l’exemple du Puy du Fou qui est le plus médiatisé. Mais là récemment, il y a un musée d’histoire sous la défense. Il y a un article dans l’Huma d’hier où je ne sais pas si vous avez suivi ça, ou alors c’est carrément du. Là, il y a une réécriture de l’histoire par l’extrême droite dans des lieux comme ça ou finalement privé, hein, mais dans lequel ils s’accaparent. Alors c’est ici, c’est la cité, la cité de l’histoire, ça s’appelle. C’est ça, à côté de chez vous, pas très loin de chez vous. Franck Ferrand C’est la cité de l’histoire. Alors là, c’est des trucs avec la société Ama Clio Productions, c’est des attractions qui montre douze siècles d’histoire en voyage laborieux, dit l’Huma, contre courant d’idées pour résister. Ils arrivent à faire des endroits touristiques comme ça. Malheureusement, on n’a pas les moyens ni la dynamique à gauche de faire de faire le Puy du Fou avec. Ils l’ont fait avec talent. Il ne faut pas, Il ne faut pas les mépriser sur leur côté spectacle. Ils sont bons en nature. Mais je veux dire, on n’a pas l'équivalent pour raconter l’histoire autrement. Alors là, on n’a quand même pas, je veux dire, ce n’est pas seulement l’ignorance, c’est que dans ce vide que tu décris, il y a aussi l’extrême droite qui s’engouffre dans ce vide et elle réécrit.
Annie Lacroix-Riz
Mais c’est logique. Moi dans la non épuration, je cite cette remarque tellement intelligente de comment de Jankélévitch qui dit en 48 dans un dans un article qui a été publié. Dans une revue. Comme le nom de la revue Machin, mais qui explique comment. Finalement, bientôt les résistants. Seraient les moutons noirs désignés et comment il faudrait bientôt s’excuser d'être résistants. Et vous savez qu’il y a une filiation complète entre la désignation du terrorisme sous l’Occupation. Vous savez que les terroristes, c’est ceux qui se battent contre les Allemands. Toute résistance a été qualifiée de terroriste. Je ne peux pas dire que l’actualité me démente. Et par conséquent, quand vous quand vous avez concurrentiel un effondrement des structures scolaires, parce que c’est à ça qu’on a assisté depuis plusieurs décennies et qui est manifestée par le caractère désastreux de nos manuels d’histoire, moi je dis les choses comme elles sont. Je n’ai jamais réussi à donner une leçon d’histoire à mes petits enfants en utilisant un mythe contemporain. Et j’ai été professeur du secondaire à une époque où on avait des manuels d’histoire contemporaine qui se donnaient. On ne peut pas dire que c'étaient des manuels subversifs, hein. Mais la collection Bouillon 1999 183 a été donnée. Aux privilégiés qui avaient accès au lycée général, je dirais une formation que n’ont plus aujourd’hui nos étudiants. Il faut le savoir. Voilà. Et dans ces conditions, je dirais que tout est possible quand vous passez plus de 40 ans. Officiellement, je ne parle pas d’avant. À réhabiliter. Finalement, à habiliter le Front National, puisque ça a commencé à l'époque de Mitterrand. Vous faites. Vous faites ce qui était prévu par Jankélévitch. Dans les temps modernes, j’ai retrouvé le nom de la revue, c’est-à -dire que vous tissez exactement la toile qui, dans un contexte de crise, produira les mêmes effets que dans la crise précédente. Nous avons une crise systémique qui dure depuis des décennies. Elle s’accompagne d’une réhabilitation de plus en plus nette des idées d’extrême droite, c’est à dire de finalement ce qui a conduit les Français. A faire comme si il n’y avait pas de risque de guerre et à accueillir. Je parle de l’Etat français, les Allemands comme des bienfaiteurs après avoir longuement préparé cette étape et l'étape de la dictature. Voilà, quand vous travaillez pendant des années, de très longues années sur des archives croisées françaises et étrangères, et que la réponse qu’on vous fait, c’est que vous faites n’importe quoi parce que vous ne faites pas usage des archives et que de l’autre côté, on vous explique que tout va bien. Voilà, on a une filiation entre ce qui s’est passé avant guerre, ce qui s’est passé pendant ce qui s’est passé après, c’est à dire de fait, la réhabilitation de Vichy, elle a pris officiellement du temps. Elle a été préparée par toute une série de travaux historiques. Elle a trouvé des éditeurs particulièrement réceptifs, beaucoup qui ne sont pas officiellement des éditeurs d’extrême droite. Pensez à la Maison Tallandier, pensez à pire. Ça s’est fait gentiment mignonne ment afin qu’avec des gens qui venaient vous expliquer que la cagoule ça n’existait pas, que c'était un parfum noir et vaporeux très vite, etc. Mais voilà, on y est surtout dans un contexte de crise. Quand vous avez préparé les choses et les choses ont été préparées. Voilà, vous aboutissez à cette confusion mentale extraordinaire qui ne fait que des ennemis jurés de l’immigration. Vous voyez, c’est dommage parce que c’est moi. 
David Dufresne
Mais regardez.
Annie Lacroix-Riz
Je leur retourne le couteau, et le peuple ?
David Dufresne
Le peuple réclame la parole. En l’espèce, monsieur, le temps que vous trouviez votre page. Je voulais simplement vous présenter les excuses de Mourad Laffitte, un des deux coréalisateurs du film que vous avez vu. Il a dû partir pour des raisons personnelles, précipitamment. Et donc voilà, il vous présente ses excuses. Et ça m’embête parce que j’avais plein de messages très laudateurs du Tchad à son encontre. Donc je lui enverrai par email. Là, je passe la parole à Monsieur.
Spectateur
C’est une toute petite question. C’est juste. Mais comme vous avez parlé des archives aussi, je me suis dit que j’allais quand même il y a un moment dans le film où il y a une carte d’un des policiers et c’est flouté. Et je me demandais du coup pourquoi le nom de la photo avait été utilisé. 
David Dufresne
Mourad n’est pas là pour répondre, mais peut être que je pourrais. Pour prolonger votre question. Peut-être Annie, vous le savez ? On voit plusieurs régimes d’images, si je puis dire. Dans le film, il y a des photographies qui semblent être du moment. Et puis il y a des films dont on a l’impression que ce sont plutôt des reconstitutions faites après guerre, notamment tout ce qui est déraillement. J’ai longtemps entendu dire que les résistants ne se filmaient pas, évidemment pour des raisons. Il y avait autre chose à faire. Est ce que c’est exact ou pas ? Est ce que. Est ce que c’est de la mise en scène après coup pour dire On voit par exemple dans le film, à un moment donné, le maniement d’une grenade effectivement, qui semble être un peu posée et qui semble être un peu jouée. Est ce que. Est ce que vous en savez plus sur l’iconographie ?
Annie Lacroix-Riz
C’est vrai. Quand on a le sentiment, on a l’impression que finalement, ce qu’on sait de la bataille du rail, c’est la bataille du rail de René Clément. C’est ça la reconstitution. Bon, mais si vous voulez, on a autre chose. Moi, il se trouve que je ne suis pas très iconographique parce que je suis je suis papier d’archives. Et est ce que vous ne trouvez pas sur les images parce qu’il y a peu de chances qu’il y ait énormément de clichés sur ces questions ? Mais vous trouvez dans les archives de police, dans les archives préfectorales, dans les archives administratives, vous trouvez tout par le menu. Et j’ai donné par exemple, j’ai donné l’exemple dans une interview qui est en consultation libre, qui a été publiée le 19 février de cette année. Juste avant la panthéonisation, j’ai donné une interview à Aude Lancelin sur ces questions. Elle est longue cette interview. Ça revient à peu près à un article et j’y montre notamment quelque chose qui éclaire très bien le film, c’est-à -dire la préoccupation des Allemands exprimée par Abetz en 1941. En octobre 1941, juste après les premiers attentats, et expliquant qu’il faut absolument que la résistance passe pour une résistance exclusivement étrangère et surtout juive et étrangère. Et c’est. C’est une espèce de symbole. C’est un vrai plaisir à lire d’ailleurs, parce qu’il y est expliqué, même quand il est avéré que ce sont des Français. Et vous savez qu’il y a des Français non juifs et qu’il y a des non-juifs dans. Dans les 23, il y a presque pareil. Écoutez, ils sont 23. Il y en a onze qui ne sont pas juifs. Au moins onze qui ne sont pas juifs et même davantage qui ne sont pas eux, qui ne sont pas arméniens. Voilà, mais qu’il faut absolument mettre dans la tête des Français, que ça n’est pas du tout une résistance qui manifeste une opposition aux Allemands avec lesquels les Français sont tout à fait d’accord que c’est simplement la manifestation de ce qui apparaît bien dans le film. 
Olivier Azam
Ou dans le film Roi de la bienpensance.
Annie Lacroix-Riz
C’est-à -dire le commentaire de L’affiche rouge. 
Olivier Azam
Perso, j’ai apporté la photo là bas, je ne sais pas si ça illustre ce qui est en train de dire, ce que je ne sais pas. Photo ?
Annie Lacroix-Riz
Non, la photo ? Non. La photo que je voulais montrer, c’est une photo qui est éclairante sur aujourd’hui. 
Olivier Azam
On peut la voir.
Annie Lacroix-Riz
Ah oui, si on peut. Si on. 
David Dufresne
sait laquelle.
Annie Lacroix-Riz
Alors c’est celle de Gringoire. Regardez là, elle est extraordinaire. 
David Dufresne
Alors non, non, parce que c’est là, en fait.
Olivier Azam
C’est là. Bas.
Olivier Azam
Il l’avant sur l'écran pour reprendre le livre.
Annie Lacroix-Riz
Alors, c’est une photo qui montre des bras. Je tends des choses belles. Vous voyez ? Alors des mains, je tends des poubelles. Oui, c'était sûr. Sur la sur la France. Juifs. Allemands. Communistes. Antifascistes. Anarchistes. Français. Populaires. Le Front populaire. 
Annie Lacroix-Riz
Et le commentaire ? C’est le dépotoir de l’Europe.
Olivier Azam
Bon, très bien trouvé.
David Dufresne
On va y aller de nouveau.
Annie Lacroix-Riz
Vous voulez regarder ? 
Olivier Azam
On va leur montrer à la caméra. Parce qu’en allant voir sur le les sites que c’est compliqué parce que c’est pour les gens qui sont derrière leur écran internet. Ah bon ? Mais vous, on ne peut pas la projeter ici. C’est le problème d’Internet.
Annie Lacroix-Riz
Mais quand vous regardez, quand vous regardez ce qui concerne la persécution des étrangers, c’est aujourd’hui. Ce sont les étrangers obligés d’aller pointer tous les jours ou toutes les semaines, ou de faire la queue pour prolonger leurs papiers. Moi, je le sais comme ma famille, hein ? Tout ceci reproduit. 
David Dufresne
Vraiment ce document là, Il est à l'écran. Il a été publié. Par Gringoire, alors par.
David Dufresne
. C’est un journal.
Annie Lacroix-Riz
Gringoire, c’est un hebdomadaire. C’est l’hebdomadaire le plus lu en France dans l’entre deux guerres. Collabo avant guerre, collabo pendant, n’en parlons pas. 
David Dufresne
C’est un des plus divers.
Annie Lacroix-Riz
Mais oui, c’est dégueulasse c’est le premier hebdomadaire. Par son nombre de lecteurs, ça dépasse largement le million. Donc il faut voir que cette pourriture je suis partout qui est d’avant guerre aussi. Il y a un gars qui saute et qui et qui se partage entre le financement patronal et le financement allemand. Parce que le financement italien ou allemand du fascisme français a été considérable et attesté par les archives. Je vous prie de croire d’ailleurs qu’il faut lire les archives étrangères pour savoir ce que sont les vrais rapports franco -allemands, les archives allemandes pour savoir ce que sont les vrais, les vrais rapports franco -allemands. Vous tombez de l'échelle Et donc cette littérature a inondé les Français pendant des années et vous savez sur quoi comptaient les Allemands avant guerre ? Ils l’avaient écrit noir sur blanc, Hitler et les siens considéraient que la France était une cible remarquable parce que la France était un pays raciste et violemment antisémite. Robert Paxton et son collaborateur avaient fait en 1980 un très bon ouvrage qui s’appelait. Les Juifs sous Vichy. Excellent ! Excellent ! Il montrait. Ce qu’il était. La persécution des Juifs ? L’antisémitisme ? Non, pas du tout. Seulement d’ailleurs, depuis l’affaire Dreyfus, depuis la crise de 1874 qui s'était traduite en France comme ailleurs, par une violente poussée d’antisémitisme, sous l’effet, bien entendu. Non pas spontané mais organisé, de la presse et notamment de la presse patronale. Parce que, on l’a encore aujourd’hui, on découvre l’Amérique. Il paraît que la presse est sous la coupe du grand patronat. Pourquoi ces neuf ? Hein ? Si vous regardez l’entre deux guerres, il n’est question que de ça. Et par conséquent. On a un racisme d’un pays colonial. Vous connaissez un pays colonial qui n’est pas raciste ? Tous les pays colonisés sont racistes. C’est le cas de tout l’Occident collectif, pardon, colonisateur, pardon, sont racistes. Donc Hitler et les siens pensaient que le racisme et notamment l’antisémitisme étaient tellement fort en France que ce serait un plaisir que de s’y installer. Et c’est comme ça. L’Ambassadeur à Paris a été chargé depuis le début des années 30, donc avant même les hitlériens, de venir pourrir la France. Vous savez ce que disaient les Ukrainiens très justement. Vous tuez un pays de l’intérieur de telle sorte que l’envahisseur arrive. Le pays est cuit et les Allemands y ont consacré une guerre culturelle considérable. Évidemment, quand vous faites des comparaisons avec l’après-guerre sur la guerre culturelle réalisée par d’autres puissances, vous faites hurler les historiens bien pensants. Mais la réalité, c’est cette réalité là. Et par conséquent, là encore, il faut qu’on soit conscient du fait que, voilà, il est possible, parce qu’il paraît encore des choses en ce sens. Il est possible de s’informer, mais compte tenu de l’incitation à s’informer, que ce sera toujours dans des conditions extrêmement inégales, une alouette et encore un cheval. 
Olivier Azam
Mais au fond, au fond, on se retrouve avec une période de guerre pendant laquelle l’occupant passe son temps à dire que la résistance, ce sont des étrangers et des communistes. Et on passe toutes les années d’après guerre à maintenant à nous expliquer que finalement ce n'était ni des communistes ni des étrangers.
Annie Lacroix-Riz
Les résistants oui non mais non, ça je dirais que c’est un petit moment très court. C’est quand même un petit moment très court puisque ça se passe sur fond de chasse aux étrangers, tout à fait comparable à celle de l’avant guerre. 
Olivier Azam
Et alors je crois qu’on arrive au bout de notre soirée.
David Dufresne
Alors voilà, 23 h
Olivier Azam
Il y a quand même peut-être des gens qui ont parlé quelque part, qui ont des questions là-dessus ou non ?
David Dufresne
Il y avait surtout des gens qui m’ont engueulé en disant Ah enfin ce sont les hommes qui font les plantes vertes. Laissez Annie parler..
Olivier Azam
Nous, nous sommes des plantes vertes professionnelles, mais ça ne veut pas dire que notre métier, nous, c’est notre métier de personne.
David Dufresne
Donc il n’y a pas que nous. Il y avait, il y avait plutôt des observations. Allons dans le sens de ce qui a été et.
Annie Lacroix-Riz
Je recommande à tous les spectateurs d’aller regarder cette interview parce qu’elle est accompagnée, dorée évidemment, de références et qui, il faut bien le dire, compte tenu de ce qui nous est diffusé quotidiennement, la réalité est presque et presque indicible ou insupportable. Mais c’est la réalité des sources. 
Olivier Azam
En tout cas, on remercie énormément Annie d'être venue jusque-là. Je sais que c’est un peu souffrant en plus. Donc merci pour l’effort. On remercie. Malheureusement, Mourad a dû partir précipitamment, alors il a bon. Il a dû partir pour des raisons personnelles extérieures à lui, mais il a fallu qu’il parte. En tout cas, merci à lui aussi et pour nous avoir aussi permis de diffuser le film, parce que ça aussi, c’est très remarquable. Et pour finir, peut-être. Au poste Point fr.
Olivier Azam
Voilà, vous savez que vous pourrez. Alors moi je fais aussi la pub pour les mutants puisque je suis là aussi, bien sûr les Mutins. Vous pourrez voir revoir les films de Mourad d’ailleurs sur les Mutins parce que c’est le seul endroit où vous pouvez les voir en vrai aux dés. Vous avez aussi de bonnes idées sur ce sujet là. Il y a quand même moi quand même, je suis un peu plus content que vous de cette affaire de Manouchian, parce que ça a quand même permis quand même de parler, de parler de choses, même si on sait qu’il y a une grosse manipulation.
Annie Lacroix-Riz
Tu as raison mais le problème de cette mise en avant, c’est qu’elle dure une semaine ou un mois. Qu’elle ne s’appuie sur aucune connaissance en profondeur des phénomènes et que par conséquent, elle a l’effet d’un parfum qui pour le coup s'évapore très vite. C’est oui, tant mieux. Comment comprendre qu’avec une avec une surreprésentation communiste tel on est attendu 2024 pour faire rentrer deux communistes au Panthéon, C’est une aberration. Quand vous pensez qu’une militante et déportée comme Marie-Claude Vaillant-Couturier n’a pas été placée au Panthéon et je pourrais en citer des kyrielles. 
Olivier Azam
Et peut être aussi rappeler qu’il y a eu cette affaire de Léon Landini qui a duré et qui a duré un temps, très longtemps.
Annie Lacroix-Riz
Certes, mais tant mieux. Mais tu as raison. 
Annie Lacroix-Riz
Tout petit, tout petit, tout petit gain est un gain. Mais je pense qu' il ne faut pas exagérer l’importance parce que malheureusement, ça ne va pas du tout rénover la formation historique des enfants, elle est catastrophique, elle ne fait que se dégrader. 
Olivier Azam
Donc le boulot c’est dans vos mains, c’est oppose, oppose. Alors c’est surtout le travail d’Annie, ses bouquins et ton travail de recherche.
David Dufresne
Et alors ? Il n’y a pas de petit gain, vient de dire Annie. Donc je te laisse faire
Olivier Azam
Je dois, je dois faire la retape habituelle, il y a plus personne, mais vous savez qu’en partant vous pouvez laisser de l’argent à prix libre puisqu' on a toujours choisi de faire des prix libres pour ses soirées, pour participer à tout. Et en fait on n’a pas dit ce n’est pas grave, mais si vous êtes derrière votre écran, profitez en pour faire un don à poste parce que finalement c’est comme ça qui peuvent vous aider à pour poser et faire. Et en tout cas merci à Dieu.
Annie Lacroix-Riz
Merci beaucoup et merci pour. Voilà pour cet effort de contribution à la connaissance de l’histoire, enfin pour cette contribution à la connaissance de l’histoire. 
David Dufresne
Attendez Annie, et j’ai pour vous une question à 1 million d’euros êtes vous favorable à pas à la panthéonisation de Fabien Roussel ou là où il y a des crimes ?
Olivier Azam
C’est un piège, C’est un piège. J’aime bien.
Annie Lacroix-Riz
Je ne réponds pas aux plaisanteries. 
David Dufresne
Merci beaucoup. Merci à Franck qui a réalisé de main de maître ce live. Le son c’est les mêmes micros que l’autre jour les amis. On ne comprend pas le fantôme des micros, on se retrouve très vite. Merci. Je sens que la question de la sortie sur Fabien Roussel va nous occuper un tout petit peu. A très bientôt. Merci à vous tous,voici que le générique est parti. Merci beaucoup !
Audio
Tous savaient depuis longtemps dès le début. Certains tentaient d’informer, d’alerter. L’homme de 1962 est. Particulièrement inconscient sur le résultat de ses actes vis-à -vis de l'équilibre de. L’homme lui-même. Pourrait bien être responsable de certaines dégradations climatiques. Fin des années 60, début des années 70, première alerte sur les dangers de la pollution. La biosphère peut éliminer les déchets de la nature, pas ceux de l’industrie. Elle ne peut rien contre les fumées, les produits chimiques, les détergents, les insecticides, les ordures. Il faut dire un mot du rapport qui a été rédigé par un organisme dont vous avez peut-être entendu parler, qui s’appelle le Club de Rome. L’idée centrale du rapport est que, contrairement à ce que l’on a pu penser jusqu'à présent, la Terre est limitée. Eh bien, la pollution industrielle dégage des quantités de produits chimiques de toute nature, dont une énorme quantité de gaz carbonique. De 1996 a été l’année des anomalies climatiques plus un degré depuis 1920. C’est largement suffisant pour chambouler le climat de la terre et la tendance accentue. Absolument que les émissions globales soient stabilisées. Et d’ici 2015 2020, c’est tout de suite or, qu’est ce qu’on est en train de faire ? Tout le contraire. Jamais dans nos émissions, on n’en voit aussi rapidement qu’au cours des dix dernières années. D’après les chercheurs, au rythme actuel de nos émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique dépasserait les trois degrés en 2100. Les sommets se sont enchaînés entre espoirs, promesses, déception. C'était bien, bien avant l’accord de Paris et avant les COP. C’est le sommet de la Terre au Brésil. Nous sommes en 1992, en. 160 pays représentés au sommet de Rio en 92. Ils ne sont qu’une centaine aujourd’hui à Berlin. Tout l’enjeu de la Conférence mondiale qui vient de s’ouvrir ce matin à Kyoto, au Japon. Le flop du sommet de Johannesburg accord à l’arraché ces dernières heures. Tout l’enjeu de la conférence de Copenhague, c’est justement de limiter les émissions des gaz à effet de serre et notamment du plus célèbre d’entre eux, le CO2. Je commence donc ce journal par l'épilogue d’un sommet qui devait être celui de toutes les décisions concrètes et qui finalement n'être que celui des promesses, une nouvelle fois. Le 18ᵉ sommet et on en attend pas grand chose, 50 ans après la première conférence de l’ONU sur l’environnement, la ville de Stockholm, en Suède, accueille un nouveau sommet contre le changement climatique. ] Les rapports se sont succédés de plus en plus documentés, de plus en plus alarmants, de plus en plus désarmants. Depuis plus de 20 ans, depuis le deuxième rapport du GIEC en 1995. 

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