Les raisons de l'(agri)colère. Débat avec la confédération paysanne
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Je propose à Thomas de nous rejoindre s’il veut bien, peut être au milieu. Je vous propose, parce que c’est quand même le but de créer des ponts. Je ne sais pas si vous vous connaissez ou pas du tout. Et donc Thomas Gibert
Oui c est ça.
Alors oui, je te donne le micro. Alors il est maraîcher, tu es maraîcher du côté du Limousin.
Je suis maraîcher sur une ferme collective au sud de la Haute-Vienne et je suis secrétaire national de la Confédération paysanne en charge des dossiers Action, Mobilisation, Sécurité sociale, de l’alimentation et d’autres dossiers aussi. Mais je pense que c’est cela peut être qui sera intéressant à développer.
Tu connaissais le PEPS, c’est riposte alimentaire ou pas du tout ? Non, pas du tout.
Si, si, je connaissais. Je venais de loin quoi.
Et ça va ? Tu n’es pas euh. Je ne te piège pas. T’es entre les deux.
Sais c’est quoi la question ?
Il n’y a pas de questions. Mais ça va. Tu te sens à l’aise là ? Alors juste pour t’expliquer le dispositif ici.
Plus près, comme ça. Voilà.
Ah merde, ça me fait penser qu’il aurait fallu que je fasse une photo de vous deux d’abord
J’ai un peu de temps ou pas ? Ou je suis très pris.
Cnews a quelle heure.
Ouais, c’est un peu ça en ce moment. Je ne sais pas, je crois que j’ai un truc vers 13 h
Pas super donc juste pour créer des liens entre les deux actions. Donc la Joconde dont tu parlais, la banderole de l’autre, est ce que tu penses que ça, ça vous aide ou est ce que tu penses que ça pollue le combat ?
Moi je pense qu’on ne peut pas parler d’agriculture sans parler d’alimentation déjà. Ce n’est pas vraiment nos modes d’action à la Confédération paysanne, mais on comprend que, au vu de la situation, il faille quand même réussir à orienter le débat public un peu vers des questions un peu plus larges. Et notamment la question de la sécurité sociale de l’alimentation est une réponse aux 10 millions de personnes qui sont dans une précarité alimentaire en France aujourd’hui. Donc aujourd’hui, moi je ne peux pas dire que je ne sais pas si ça sert ou pas, parce que là, ils jouent quand même des choses importantes en termes de d’essayer de SMO de se mobiliser aussi ensemble en tant que paysans et paysannes, d’avoir des revendications communes, peut être aussi avec d’autres syndicats, etc. Pour pouvoir réussir à mettre un coup sur le mal premier absolu selon nous, qui est le libre échange. Donc en fait, on a la Confédération paysanne, on est toujours dans une tension, on est toujours à chercher la ligne de crête entre. Les revendications paysannes et les revendications de la société civile. Et du. Coup. Si je peux, je ne sais pas quelle stratégie aujourd’hui dans l’actualité et bonne, peut être que c’est les deux en parallèle. Moi j’ai l’impression que c’est un peu ça qu’il faut se battre un peu sur tous les fronts et que justement à la Conf, on est un peu là pour faire cette jonction là, pour dire d’un côté aux paysans attendez, si on fait augmenter les prix, ça va être compliqué au niveau au niveau des citoyens et des citoyennes pour avoir accès à une alimentation de qualité et de l’autre côté, du côté citoyens et citoyennes. Attendez aussi si les paysans et paysannes y mettent des pesticides et compagnie, ce n’est pas pour le plaisir. Ils le font parce qu’ils sont sur un marché international et que s’ils ne le font pas, ça augmente leurs coûts de production et du coup ils sont et ça va réduire leurs marges et du coup ils seront dans une précarité encore pire que celle d’aujourd’hui. Donc il y a vraiment, je ne sais pas si aujourd’hui qui est dans quelle, dans quelle phase. Peut être qu’il faut qu’on pousse de toute façon contre le contre, le néolibéralisme, etc. D’ailleurs on le ressent bien dans les blocages, etc. Et les revendications, elles commencent à converger un peu. J’ai l’impression qu’on parle quand même de moins en moins de normes, parce qu’en fait les normes ce n’est pas vraiment le problème, on le sait bien. Le problème c’est, c’est la compétition, c’est la spéculation des matières premières agricoles. Et du coup, aujourd’hui. Voilà, je m’arrêterai là.
Est ce que. Est ce que vous voulez interpeller ou discuter, dialoguer avec Thomas ?
Non mais est ce que ce que tu dis est très juste ? Je pense qu’il y a besoin d’agir, de se parler.
Alors moi j’en profite pour faire des petits réglages techniques, mais si vous êtes à la maison.
Il y a besoin déjà de se parler. Entre notre mouvement, la Confédération paysanne.
Tu penses à quoi comme malentendu ?
Ben c’est ce qu’on disait par exemple sur les sur la question des normes environnementales, évidemment. Enfin, c’est ce que je disais tout à l’heure. Évidemment que dans ce contexte là, le contexte de libre échange, un contexte de subvention. Qui encourage le. Productivisme, évidemment que dans ce contexte là, ajouté des normes agricoles qui en plus, engendrent des situations complètement kafkaïennes, où on a des labels dans tous les sens, on ne sait plus trop où aller. Évidemment que ce système là, dans ce système là, ce n’est pas possible, ça fonctionne pas, se créer une schizophrénie qui n’est pas gérable. Donc nous. Il y a une. Il y a un dialogue à avoir pour lever les malentendus et pour sans doute se rendre compte qu’on est d’accord sur beaucoup de choses, en fait. Et de toute façon, la question de qu’est ce qu’on produit ? Comment on le produit ? C’est une question. Il est temps que tous les citoyens, toutes les citoyennes se mettent autour de la table pour répondre à cette question, à la fois les producteurs, les consommateurs. Et ce n’est pas l’idée. C’est particulièrement le cas.
Des trois gros syndicats agricoles. FNSEA Coordination rurale et la Conf Confédération paysanne. La Confédération paysanne est la plus et la plus à même de discuter. Il y a. Vous êtes sur ? Sur ces questions là, je veux dire non, c’est plutôt avec les autres qu’il faudrait dialoguer, non ?
On aimerait bien, mais. Oui, moi je pense que je pense effectivement qu’il y a un peu.
Si on dit vas y, vas y.
Parce que là, je vois qu’il y a un agriculteur sur une petite exploitation 100 % indirecte et se pose la question à chaque fois du dilemme entre l’accessibilité de sa nourriture et. Et en gros le prix estimé pour la vente. Et pour qui ? Parce que là, il se rend compte que ses clients ne sont que des bourgeois et compagnie. Les réflexions de la sécurité sociale de l’alimentation ont démarré à la Confédération paysanne justement, un peu à partir de ce constat là. Nous, à la Conf, on a eu il y a un moment donné, on a pas mal porté le fait que les circuits courts, ça allait être la solution géniale pour généraliser une agriculture paysanne et compagnie. Et en fait, on s’est vite rendu compte que nos clients, moi je suis personnellement en circuit court et effectivement nos clients, c’est que des classes moyennes supérieures, il n’y a pas, il n’y a personne, il n’y a pas de classes populaires à cause.
Du prix ?
À cause du prix. Ouais, en fait il faut se rendre compte qu’il y a une agriculture paysanne, elle est plus chère à produire parce que. Dans l’agriculture conventionnelle, on ne prend pas en compte les externalités négatives. Tout ce qui est pollution HTVA et qui ne sont pas compris dans le coût, le coût. Du produit. Et du coup on s’est payé, on s’est dit en fait, à chaque fois on réfléchit du côté de l’offre, de la production. Toutes nos politiques, au départ, on a toujours dit il faut qu’on réfléchisse, On voudrait que produire comme ça et parce que c’est important pour l’environnement. Et là on a les réflexions qu’il y a eu à la Conf, c'était on va plutôt prendre le chemin inverse et réfléchir par rapport à la demande. Et en fait, nous, on s’est rendu compte que les classes populaires, elle aimerait bien avoir une alim. Si on leur pose la question, ils voudraient bien avoir une alimentation de qualité en bio qui exploite pas les paysans et paysannes qui. Le problème c’est c’est une question d’accessibilité et pour ça il faut une redistribution massive de la richesse et. Et du coup, c’est là qu’on a entamé les réflexions avec Bernard Friot et compagnie sur une réflexion d’un cinquième volet de la Sécurité sociale et pour socialiser l’alimentation. En fait, c’est une revendication qui est absolument malade. C’est comme en sortie de 45, on sort la sécurité sociale de la santé. Je ne sais pas si vous avez eu le temps de vous développer.
Oui, ça a été développé.
Mais là ce qu’on propose, c’est sortir de la précarité alimentaire. Est ce qu’il n’existe plus de précarité alimentaire dans le pays et que ce soit structurel quoi, Et que comme aujourd’hui, ça ne pourrait nous semble impensable que la santé soit payable, soit ne soit pas accessible ? Bon, il y a eu des détricotage. On peut dire ce qu’on veut, mais y’a quand même une base solide de la sécurité sociale, de la santé qui existe aujourd’hui. Ce serait pareil pour la question de l’alimentation, qui est quand même une question de base pour les citoyens.
Et messieurs, est-ce que je vous libère ou vous avez une question brûlante.
Et pas forcément une question brûlante ? Mais voilà, je veux redire le sens de notre action. Nous, c'était justement une action de soutien justement, et en particulier au travail de la Confédération paysanne qui nous semble essentiel. Je veux dire, je pense que ça a été pour beaucoup de militants écologistes et surtout des militants de l'écologie sociale, un grand soulagement quand vous avez décidé de rejoindre le mouvement et d’y porter des revendications qui ne sont pas celles de la FNSEA et de l’agrobusiness syndiquées pour nous. Voilà, vous pointez le libre échange. Il est évident que à quoi servent les normes environnementales ? À quoi servent même les promesses de normes environnementales ? Parce qu’on n’en a jamais fait une seule. Être conscient de ça quand en réalité, ceux qui fixent la loi. Ce sont les traités de libre échange parce qu’on cite celui avec la Nouvelle-Zélande. Il y en avait avant, mais il y a le Mercosur, il y a le TAFTA, le CETA et un nombre d’acronymes énormes. Et en fait, ces accords de libre échange, ils fixent un monde au dessus des États, au dessus même de l’Union européenne et tout ça qui sont les cours internationales où les entreprises peuvent réellement décider et imposer leurs décisions aux États en termes de réglementation. C’est quelque chose qu’on a vu par exemple. Je donne un exemple précis qui est celui de l’interdiction du tabac en Australie et de tous les. Réglementations sur les cigarettes. Marlboro, je crois, avait gagné son procès contre un État en imposant que c'était une atteinte à la concurrence. Donc en réalité, qu’est ce qu’on attaque quand on attaque le libre échange ? On attaque une minorité d’ultra riches qui fixe la loi au- dessus de toutes les populations du monde. Voilà, c’est vraiment ça le combat. C’est un combat de classe, c’est un combat de classe. Et ce combat de classe, il se mène à tous les échelons de notre planète, y compris dans nos villages. Et dans ce mouvement social actuel et pour nous, il y a quelque chose d’essentiel parce que les paysans, ce sont les premiers travailleurs de l'écologie. Aujourd’hui, ce sont l'échelon de base, on va dire, de la transformation écologique dont on a tous besoin pour échapper à ce que le capitalisme industriel nous donne comme horizon. Donc construire avec eux, c’est un choix, un choix de survie autant qu’un choix de bonheur. Pour dire les choses comme ça. Et après on construit un réseau, un éco syndicaliste en parallèle de notre organisation.Parce qu’on considère qu’il y a d’autres secteurs essentiels à l'écologie, notamment dans le monde des déchets, où on a été très fortement en soutien pendant la grève des retraites et d’autres avec qui on doit construire ce monde du travail, de l'écologie qui doit être valorisé et qui doit être respecté et qui doit être mis au cœur de la construction de demain.
Alors Thomas veut réagir. Après je prends une photo de vous deux et je reste avec Thomas.
Je pense qu’on est à un moment de la mobilisation. Il faut faire gaffe à ce qu’on dit quand on dit là on est sur un mouvement qui vient de la base. Oui, voilà, ce qui bloque, c’est vraiment la base. Il n’y a pas vraiment de responsables syndicaux. Et quand on dit la FNCA, machin je pense qu’il faut plutôt cibler les responsables de la FNSEA. Les intérêts que portent les responsables de la FNCA sont je pense et très éloignés de la base et du coup il ne faut pas mépriser ceux qui adhèrent à la FNCA et qui du coup n’ont pas forcément les revendications des notables. Je pense notamment à Arnaud Rousseau aujourd’hui qui est en plus président de la FNCA. Il est. Il est président du groupe industriel Avril et donc.
Vient le troisième ou quatrième groupe.
Oui, voilà le mot. Et donc lui, ce n’est pas un paysan. Lui c’est un argument âgé. Il a une ferme de 700 hectares et il a bâti sa fortune sur la spéculation des matières premières agricoles. Donc effectivement, c’est ses intérêts à lui. Perso, ça va être sur le maintien de ce dogme libéral du maintien du libre échange. Et en plus de ça, le problème, c’est que le gouvernement aujourd’hui, il se tourne exclusivement vers les responsables de la FNSEA et c’est pour ça aujourd’hui qu’on a, on n’obtient. Aucune. Solution concrète sur le revenu. Parce que, en fait, si jamais ils remettent en cause le libre échange et qu’est ce qu’on a eu encore hier matin. Comme Gabriel Attal hier matin, c'était on aurait autorisé les néonicotinoïdes, donc pesticides assez dangereux pour l’environnement. Mais ça sert à qui ? Ça sert à l’agro industrie ou ça sert aux. Paysans, aux paysannes ? Pour nous, à la question des normes, il y a une question des normes. Ce n’est pas genre il faut des normes ou il en faut pas, il faut. Pour moi il faut des normes. Mais le gros problème aujourd’hui, c’est que l’immense majorité de ces normes sont au service de l’agro industrie et du libéralisme alors qu’elles devraient être au service des paysans et des paysannes.
On va faire le point sur l'état des troupes, je vous libère, messieurs
Alors oui,
Alors Il y a tellement de questions. Je voudrais être sûr de partir sur de bonnes bases.
Ça va.
On reprend pour ceux qui arrivent, on fait une spéciale crise agricole et ce soir à 20h. Tout à fait autre chose, mais néanmoins essentiel Le Pen et la torture en Algérie avec un film à 20 h de René Vautier. L’autre détaille avec des témoignages édifiants sur Le Pen, tortionnaire en Algérie, et ensuite l’historien Fabrice Rice, ce petit qui vient pour son livre Le Pen et la torture, où il a recueilli tous les documents, les témoignages cartographiés, la ville d’Alger où Le Pen a pendant deux mois et demi, servi l’armée française d’une manière terrifiante. Et on en parlera tout à l’heure. Voilà. Voilà, voilà. Et demain matin, on sera avec Olivier Bertrand pour un super bouquin sur les rixes. Et je me demande si dans la folie douce de la semaine, on n'écoutait pas le discours général d' Attali demain soir, demain après 12 h, on verra
Tu connaissais Au poste ou pas ?
Thomas Ouais, je connaissais,
Bon, merci beaucoup d’avoir pris le temps de venir ce matin parce que je sais que vous êtes vachement sollicités. La Confédération paysanne, dans les années 90, c’est bien ça ? 87 Ouais. Bon alors le coup d'éclat, c’est le démontage du Mac Do à Millau par José Bové.
Alors avant ça, si tu veux, tu veux qu’on parte là dessus sur la liste ?
Tu peux, on t’attend là.
Ouais, c’est vrai, c’est cool. L’histoire de la Conf, c’est le regroupement de plusieurs mouvements de gauche paysanne. Oui, et peut être que le premier coup d'éclat, on pourrait être un peu un des coups d'éclat. Enfin, ce n’est pas vraiment un coup d'éclat. C'était un peu dans les prémices de la Confédération paysanne, c'était plutôt la lutte. Contre. L’extension du camp militaire sur le Larzac de 71 à 81 qui a un peu été un mouvement un peu fondateur dans la gauche paysanne puisque c’est avec. Donc il y avait à la tête de ce mouvement Bernard Lambert qui du coup avait fait un discours qui disait que nous ne serons plus jamais des Versaillais. Donc ça, pour nous, ça a été un peu un acte fondateur de la classe, la classe paysanne qui se reconnaît comme non des exploitants agricoles, mais comme des travailleurs et travailleuses de la terre. L’historique après oui, création 87 après avant le MacDo. En fait, il y a plutôt eu les luttes contre les OGM avec premier fauchage en 97 et les 40 premiers fauchages qu’on ne sait pas faire. Souvent on a. On ne le sait pas forcément, mais c’est la Confédération paysanne et des paysans et des paysannes de la Confédération paysanne qui ont fait les 40 premiers fauchages contre les OGM et qui a ensuite été rejoint par les faucheurs volontaires et qui ont pu mettre en avant la question des OGM et compagnie. E
Sur les OGM par exemple, tout à l’heure, Merlin disait c’est en train de revenir par la petite porte.
C’est vrai, ouais, quand on l’a, on est, on est mobilisés à fond. J'étais encore à une action à Bruxelles vendredi dernier pour dénoncer justement le fait qu’ils veulent changer la réglementation pour faire passer les NGT, les nouvelles techniques génomiques en faisant croire que ce ne sont pas des OGM. Alors qu’en fait, quand on y regarde un peu plus près, au niveau technique, c’est exactement la même chose. Sauf qu’en fait ils ont construit un discours narratif tout autour en disant mais en fait c’est exactement la même chose.
Que dès que ça s’appelle.
Les GT, les nouvelles techniques génomiques, les NGT qui sont en fait des OGM qui sont des OGM est fait d’une manière différente. Et en fait ils ont construit un discours narratif autour de ça en disant oui, c’est exactement la même chose qui se passe dans la nature. Alors que quand on y regarde si c’est des OGM et du coup c’est vraiment essayer de faire passer la réglementation sur le mensonge quoi. Donc en disant. On sait, on ne fait que répliquer ce que fait la nature. Et alors qu’on est sur exactement les mêmes questions sur la sur le brevetage du vivant qui va empêcher notre autonomie, notamment sur la question des semences, puisque du coup ça pose la question de ce qu’elle veut, comment on peut réutiliser nos semences et compagnie et comment on Est protégé, comment on ne se fait pas attaquer aussi par agro-industrie pour réutilisation de semences.
Je fais un petit point de l'état des lieux concernant les forces en présence. La FNSEA est arrivé en tête des dernières élections des chambres d’agriculture en 2019 avec 55 % des suffrages. Elle représente 212 000 adhérents. La Coordination rurale, c’est 15 000 membres. C’est 20 % des voix qui prônent des actions plutôt violentes. Il y a un très bon article dans Mediapart intitulé Anti écolo anti FNSEA à la Coordination rurale, le syndicat qui attise la colère agricole. Certains membres de la Coordination rurale sont étiquetés d’extrême droite. Et enfin, il y a la Confédération paysanne. Vous êtes un peu moins nombreux, vous êtes 10 000 membres, mais vous pesez autant que vous êtes. Vous avez recueilli 19,28 %. En gros, 20 % comme la Coordination rurale. Et le reste, c’est la FNSEA. Vous êtes pour un revenu digne pour tous les paysans et les paysannes et vous voulez rompre avec le libre échange ? La FNSEA On en entend beaucoup parler. La Coordination rurale sans son exposition médiatique. C’est avec cette. Avec cette colère, comment toi, tu qualifierais ces gens là ?
La Coordination rurale, c’est compliqué à définir parce que c’est un mouvement très disparate, avec des revendications différentes en fonction des territoires.
Oui.
Et donc je ne ferais aucune généralité sur la coordination rurale, parce qu’il peut très bien y avoir effectivement des tendances plutôt réactionnaires, comme des tendances qui sont assez proches des revendications qu’on peut avoir. Et je ne sais pas, je n’ai pas envie de taper dessus. Là, on est plutôt dans un moment où il faut qu’on rassemble. D’ailleurs, c’est ce que je dis dans l’article de Mediapart absolument.
Où tu apparais très modéré,
Exact, Oui, mais en fait c’est une question de moment et de stratégie. On l’a, on n’est pas rentré.
Après, c’est ça ?
On est peut être sur un moment où il faut réfléchir à quels sont nos points de convergence par rapport au libre échange et comment on peut réussir à taper fort sur cette question là. Quoi ?
Alors bon. Néanmoins, on a une FNSEA qui est quand même libérale, très libérale, plutôt à droite, plutôt conservatrice, une coordination rurale qui est encore à droite de cette droite là, c’est à dire qu’on a en gros le monde agricole est à l’image de la société française, c’est à dire c’est comme, ça pèse plutôt à droite et là, dans la crise. Il y a plusieurs revendications qui ont l’air parfois antagonistes. Quelles sont vos revendications et comment vous pouvez faire pour être en accord avec les autres qui ne poussent pas forcément dans le même sens ?
Ben moi j’ai l’impression que c’est pendant une.., comme un moment pendant une mobilisation. En fait, c’est. Ce qu’on avait vu pendant les gilets jaunes. C'était aussi que le fait de se rassembler, de faire des actions communes, de se retrouver ensemble, c'était des moments de politisation très fort.
Bien sûr.
Et donc je pense que toujours pareil, il ne faut pas enfermer les gens dans des cases et que là on est dans une dans un moment où les paysans et paysannes peuvent prendre conscience de prennent conscience de la merde dans laquelle on les a mis depuis tant et tant d’années. Et du coup oui, si ils sont plutôt à droite, mais je pense qu’il peut y avoir des points forts. C’est toujours la même chose.
Par exemple dans les blocages, tu as assisté à quelles discussions comme ça ? Épiphanique qui guide révélatrice entre. Est ce que c’est entre paysans et paysannes ou est ce que c’est avec des gens qui sont venus vous voir ? C’est quoi la fluidité ?
Euh pour être très honnête, moi je suis resté sur Paris parce que c’est là où, en situation de crise, on a une cellule de crise pour gérer un peu la situation et que j’ai pas pu aller sur les points de blocage et compagnie. En revanche, j’ai passé énormément de temps dans les salles d’attente des chaînes d’info en continu, donc j’ai bouffé de l’interview.
Tu as été reçu comment là bas par rapport à ici ?
En vrai, je. Suis plutôt bien reçu parce qu’en fait le mouvement est et tellement suis. Il y a quatre 20 10 %, je crois, d’opinions favorables au mouvement. Donc en fait, à l'époque où quand on allait sur les chaînes d’info télé, c'était écoterroriste et compagnie, mais là non. L’Asie à 90 % de personnes, qui est derrière ce mouvement là ? Donc j’ai le droit à un petit café pareil. Et bien non, en vrai c’est assez étonnant. Et même. Même certains présentateurs de BFM me disent en coulisse Allez y, il faut y aller quoi ?
Mais faut y aller pour moi parce que ça fait de belles images et ça fait du bruit.
Non parce que je pense qu’ils sont. Ils se rendent compte que le libre échange est allé beaucoup trop loin. J’ai l’impression que tout le monde est à un point à se dire ce n’est pas possible. Notre profession, qui est aussi essentielle dans la société, est si peu rémunérée. Je veux dire, on n’est pas. Quand on parle revenus, j’ai l’impression que ça ne parle pas vraiment, mais on parle de revenus, des revenus qui sont en dessous de la moitié du Smic horaire, voire du quart du Smic horaire. C’est absolument banal dans le monde paysan et c’est ça qu’il faut se rendre compte. C’est aussi que nous, on est dans une précarité depuis tellement longtemps et tellement cachée dans nos dents dans les campagnes. Parce qu’en plus de ça, le libéralisme c’est surtout, c’est aussi un vaste plan social silencieux. Dans les années 80, on était encore 1 million de paysans et de paysans. Aujourd’hui, on n’est plus que 380 000. Donc, qu’est ce que c’est ? C’est des services publics en moins, des écoles qui ferment. Et c’est aussi le fait qu’on soit beaucoup moins nombreux et nombreux pour défendre nos intérêts. Et je ne sais plus où je voulais en venir, mais je suis parti.
Tout va bien, J’adore quand on déambule. 18 %, c’est le chiffre qui revient d’entre vous. Les paysans. 18. Vous vivez sous le seuil de pauvreté 18 %.
Tu veux que je réagisse à ça ? Ben oui, oui, oui, c’est la question de base. C’est la question du revenu. C’est la question de la rémunération. C’est quoi ? Quelles sont les principales questions pour nous ? Pour le revenu, c’est le prix. Le prix. Il faut que nos productions soient payées au prix, à un prix qui nous permette de nous rémunérer.
Pardonne moi. Là, tu parles de toute l’agriculture, je parle de toute la grille pour moi. Dis-moi si je me goure. Le citadin arrive avec ses gros sabots. Il y a le bio et puis il y a agro-industrie. Je dirais comme ça. Ou alors il y a l’agriculture raisonnée, le bio qui serait plutôt des petites exploitations qui crèvent la dalle. Et puis il y a l’agroalimentaire qui crève la dalle, mais pour des raisons différentes, je me goure.
Et beaucoup de choses à dire le bio, les circuits courts. Oui, c’est des marchés de niche d’accord, qui permettent de ressortir de la valeur ajoutée et qui du coup permettent à pas mal de paysans et paysannes de pratiquer, de produire en agriculture paysanne, donc de produire de manière qui fait attention et qui répond aux enjeux de la société en terme environnemental et social. Mais en fait, sur ces questions de filières, que ce soit la bio, mais on peut, on peut aussi parler des, des AOP et compagnie, c’est un peu la même, la même idée. On est sur une question, on est sur une question de niche et du coup par définition, une niche économique, elle n’est pas extensible à l’infini. Parce que va se poser la question au bout d’un moment de l’accessibilité de cette alimentation pour la question de prix, parce que forcément, du coup, le marché de niche, on peut réussir à avoir un prix plus élevé, mais au bout d’un moment, les classes moyennes supérieures, elles, auront toute une alimentation de qualité. Mais après, il se pose la question de tout le reste des classes populaires, des 10 millions de personnes dans une précarité alimentaire, de toutes ces personnes qui ne choisissent pas leur alimentation. En fait, les gens y choisissent. Ils prennent une alimentation industrielle parce que parce qu’en fait ils n’ont pas le choix. Quand on regarde le budget des ménages depuis les années 70, la part qui est dédiée à l’alimentation et la part qui est dédiée au logement. Elle évolue de manière inversement proportionnelle, on a privilégié le revenu du capital en fait, sur le logement, sur l’investissement immobilier qui est un peu un des premiers, un des premiers investissements du capital comparativement à la rémunération du travail paysan. Et du coup, si ce n’est pas une question de responsabilité individuelle, puisque quand on regarde la courbe liée aux transports et aux loisirs dans le budget des ménages, toujours depuis les années 70, elles restent stables. Donc ce n’est pas une question de responsabilité individuelle, c’est une question de choix politique qui a été fait et la question des circuits courts, des filières. C’est hyper donneur de leçons en fait. Sous souvent on. Entend ou même en fait tu peux manger bio si tu manges moins de viande et que tu manges des légumes. Mais en fait si c’est les gens, ils décident, il faut qu’ils décident ce qu’ils veulent manger. C’est pour ça que nous on met en avant la démocratie alimentaire aussi. La démocratie alimentaire, c’est une notion qui est hyper importante. C’est hyper méprisant de dire ouais, tu ne manges pas de viande, tu manges des légumes bio. Et la démocratie alimentaire, elle doit être centrale. Et c’est pour ça que dans le projet de sécurité sociale de l’alimentation, c’est des citoyens et des citoyennes qui décident de ce qu’ils veulent manger la décision, elle prend la décision, la vraie décision démocratique. Elle se prend aussi de manière pleine et consciente. Et c’est pour ça que nous, on pense. Que. Ce qui décide de ce que sera l’alimentation de demain dans un cadre de sécurité sociale, de l’alimentation, ils auront, ils auront le temps et ils seront rémunérés pour pouvoir se former à la question de l’alimentation, tout comme la Convention citoyenne pour le climat. En fait, c’est la même, même revendication.
Alors on reste. Après on parlera de l’agrobusiness. Donc les agriculteurs, les paysans et paysannes circuits courts, bio, dans quel état sont-ils ? Parce que je lis des choses un peu contradictoires. Certains disent qu’en fait on s’est fait avoir et on va revenir à une industrie, à un bonjour et à une agriculture industrielle. Parce qu’en fait, on ne s’en sort pas. Donc en réalité, le marché de niche est déjà à sa limite, c’est ça ?
C’est exactement ça qui se passe. On est là du fait qu’on est sur un marché de niche et qu’il n’est pas extensible à l’infini. À partir du moment où l’offre et la demande se croisent, il y a crise et du coup il y a surproduction. En bio, il y a la demande de chute parce qu’il y a, il y a. On est dans un moment inquiétant et du coup l’alimentation est le premier, le premier budget qui trinque en cas de crise, d’inquiétude, etc. Et du coup, si c’est en ça qu’il faut des changements systémiques du système économique pour pouvoir espérer une généralisation de l’agriculture paysanne, moi je ne parle pas d’agriculture biologique Je parle de l’agriculture paysanne. L’Agriculture bio peut avoir des dérives au niveau industriel et compagnie l’Agriculture paysanne, c’est un projet politique systémique, large et plutôt révolutionnaire.
Parce que je l’ai fait venir et qu’il y a, me semble t il, deux possibilités quand même pour cette agriculture paysanne, il y aurait d’un côté. Inciter ou forcer les écoles, les cantines scolaires. Et ça, évidemment, le bienfait serait extraordinaire pour les enfants en pleine croissance. Donc visiblement, les villes écologiques disent qu’elles, elles le font à Lyon, etc. Que les cantines servent des aliments, circuits courts ou bio. Ça, ce serait une première façon d’ouvrir la niche. Et la deuxième, ce serait. Mais là t’as l’air de pas être tout à fait d’accord que l’industrie s’empare du bio et fourguent plus de bio et donc mécaniquement un bio qui serait un peu moins cher puisqu' il serait sur des plus grandes quantités. Parce que est-ce que ça marche ou ça marche pas ? Les deux solutions.
La restauration collective bien sûr, il faut, il faut quand il faut, qu’il y ait plus de bio local. Oui, il faut, il faut en tout cas dans le cahier des charges de la restauration collective, soit pris en compte des normes environnementales et sociales. Ça, c’est clair et net. Après croire que agro-industrie va se réformer d’elle même, d’un bon sentiment. Moi je n’ai pas confiance aux investisseurs. Je pense que tant qu’il y a l’intérêt capitaliste, il n’y aura pas l’intérêt du bien commun. Je pense qu’une réelle politique agricole se fait par de la politique et non pas en laissant libre cours.
Bien sûr que non, mais je veux dire sans avoir aucune confiance, simplement pour des raisons de profits, que l’industrie pourrait avoir intérêt à vendre un peu plus de bio. Moi j’ai le sentiment que dans les supermarchés, il y a plus de bio qu’avant quand même.
Non mais ça y est, il y a déjà le rayon bio là, et en fait le rayon bio. Ça y est, le marché est là, il est déjà, il a augmenté et maintenant on est sur la phase plafond et bientôt, enfin voilà, on va rester à ce niveau là. Mais la situation climatique actuelle, sociale, environnementale, nécessite une généralisation de l’agriculture paysanne et est toujours ce qu’aller dans un marché de niche, comme ça on restera à ce plafond de verre en fait c’est ça que c’est se cantonner au rayon bio du supermarché, c’est pas suffisant. Nous, ce qu’il faut, c’est que tout le monde puisse s’alimenter de manière correcte avec une alimentation de qualité.
Twisted te demande si les marchés publics sont soumis à un appel d’offres. Est ce qu’il faudrait légiférer pour les forcer à faire plus d’appels d’offres ?
Oui. Bien sûr. C’est une revendication qu’on porte depuis longtemps. En fait, c’est toujours ce dogme. De la libre concurrence et compagnie. Et du coup, on est dans l’incapacité de mettre des mesures qui imposent le fait que l’alimentation des cantines proviennent de pays à l’autre bout du monde ou soit pas ultra transformée par les multinationales de la restauration et compagnie. Donc oui, ça pour moi c’est du bon sens, mais je trouve ça juste hallucinant que ce ne soit pas le cas.
Je suis consommateur, je n’ai pas la chance de vivre dans le sud du Limousin et je n’ai pas forcément d’AMAP. Je n’ai pas forcément de circuits courts. Si je vais dans un supermarché, qu’est ce que je peux faire pour que. Des gens comme toi s’en sortent un peu plus. Est ce que par exemple, quand il y a écrit que c’est du circuit court, que c’est le juste prix, que le lait est payé au juste prix à l’agriculteur, ces produits existent. Est ce que ça c’est bidon ? Est ce que le choix est dans la mesure du possible de ne pas aller dans les supermarchés ? Ou est ce que dans les supermarchés il y a des. Il y a des moyens d’esquiver les saloperies.
Je pense qu’il y a plein de petites, de petites initiatives type oui, c’est qui le patron et compagnie qui cherche à travailler sur les marges à la prix et compagnie qui vont dans le bon sens.
Ok, un truc genre c’est qui le patron ? C’est sérieux.
Ça va dans le bon sens dans le sens où c’est des citoyens qui prennent en main. La question, D’accord, donc ça va dans le bon sens, mais encore une fois, ce n’est que des pansements au mal profond qui est le système capitaliste dans sa globalité et le libre échange. Donc pour moi, en tant que citoyens et citoyennes, ce qu’il faut faire c’est des mots, c’est travailler un mouvement social de masse pour pouvoir peser dans le rapport de force, pour pouvoir avoir des changements systémiques. Et en fait de ça, il faut qu’on se le fout dans le crâne. Oui, on a besoin de nos initiatives locales vive. Donc effectivement, moi personnellement, je pense qu’il faut éviter les supermarchés et plutôt essayer d’aider les paysans et paysannes qui font le taf sur le terrain et d’acheter les produits sur les marchés de plein vent, dans les magasins de producteurs, dans certaines Biocoop et compagnie. Mais il ne faut pas croire que c’est comme ça qu’on va faire, qu’on va changer les choses.
. Alors allons y, allons y à la racine, n’est ce pas ? Soyons radicaux à la racine. C’est quoi ? Qu’est ce qu’il faudrait ? Imaginons, les citoyens se lèvent en masse et donc on se tourne vers vous et on vous dit les gars, qu’est ce qu’il faut qu’on fasse les gars et les filles ? Qu’est ce qu’on doit faire ? Qu’est ce qui pour toi, pour la Confédération paysanne, serait cette révolution systémique en œuvre déjà ?
Peut être qu’on ne sait pas. Je dis je dis ça, mais peut être qu’on est à une fenêtre où il faut se poser la question.
Absolument, oui.
Pour moi donc, nous, il y a quelques revendications qui sont qui, qui peuvent être communes avec beaucoup de gens et qui sont primordiales les traités de libre échange.Nous on dit qu’il faut stopper l’ensemble des traités de libre échange. Tout ce qui est Mercosur, on en a déjà parlé tout à l’heure. Ça amplifie toujours la compétitivité
Aussi, par ordre, le premier truc, donc libre échange, le deuxième va nous ramener.
Toujours sur le libre échange.
Le libre échange. De ce que j’ai compris, dis-moi si je me trompe. Si ça a permis en fait à l’agriculture française de vendre des produits très chers, genre le vin, des choses comme ça à l'étranger et en échange de quoi on a apporté des trucs qui n'étaient pas très rentables. C'était ça, un peu dans les années 70
Alors il y a eu un peu de tout, il y a eu ça, il y a eu aussi on exporte des Rafales et on fait importer de la viande bovine d’Amérique du Sud. Il y a eu aussi l’accord avec la Nouvelle-Zélande qui vient du milieu de la problématique du Rainbow Warrior à l'époque. Le fait qu’il y ait eu l’histoire autour du Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande a fait que la négociation sur la viande ovine. Donc c’est pour ça qu’aujourd’hui on apporte énormément de bien de viande ovine, de mouton, de Nouvelle-Zélande parce qu’il y a eu un incident diplomatique et que du coup il y a eu un rapport de force et que du coup on l’a perdu face à la Nouvelle-Zélande. Donc en fait on est sur des trucs qui sont complètement aberrants. Et du coup, à cause de cette histoire complètement délirante, on se retrouve. Avec l’année qui était là il y a un mois à ta place, si ça avait ça des moutons de Nouvelle-Zélande dans nos assiettes de l’autre bout de la terre. Donc en termes de logique et donc en fait c’est aussi ça, c’est remettre du sens à la politique agricole. Le libéralisme c’est toujours la question du profit de quelques uns et compagnie. Et du coup là l’idée c’est d’essayer de faire des politiques qui vont vraiment dans le sens de la société et pas des trucs qui ont aucun sens ou même au niveau agronomique. Enfin je veux dire aujourd’hui on a des plaines céréalières qui sont fertilisées avec des engrais azotés qui proviennent du gaz russe. On a en Bretagne énormément d'élevage industriel qui sont nourris avec du soja OGM qui provient d’Amérique du Sud. Cet élevage industriel, il va produire énormément d’azote qui vont faire des marées vertes là, des algues vertes sur les côtes bretonnes et du coup il y a une surproduction d’azote. D’un côté on importe de l’azote dans les plaines céréalières, il y a des soja OGM du Brésil du coup qui sont exportés. En fait, il n’y a aucune cohérence agronomique dans le système alimentaire mondial aujourd’hui. Et en fait, il faudrait réfléchir à grande échelle. Et en fait, c’est le principe de la souveraineté alimentaire, la grande revendication qui vient de la Via Campesina, qui n’a rien à voir avec ce que dit la FNSEA ou le gouvernement sur la souveraineté alimentaire. Le nom souveraineté alimentaire, si ça a été réfléchi par un mouvement paysan mondial auquel nous on adhère, qui est la ce qui est la Via Campesina et qui donc qui promeut le fait, le droit des peuples à produire leur alimentation et à qu’elle soit choisie et qu’elle soit et que ce soit sur leur territoire et non pas.
La souveraineté alimentaire ? Versus TF1 et bottillons, c’est quoi ?
C’est plutôt. Comment on sécurise l’approvisionnement de l’alimentation française. En faisant bien gaffe aux négociations de traités de libre échange pour pouvoir assurer des droits, pour pouvoir assurer l’approvisionnement en alimentation. Toujours en lien avec le libre échange alors que y a aucune réflexion sur le fait de produire sa propre alimentation sur le territoire quoi.
Ah mince, la question est passée, je la retrouve pas un sur deux sur le libre échange, mais attends.
Ce n’est pas ça arrêter le libre échange, mais on le trouve où notre acier. Nos puces électroniques, nos téléphones, notre uranium ? On fait des cadenas et on peut passer à ça ?
Oui, vas y, vas y ! Je vois que tu regardes beaucoup le tchat.
Ouais mais je n’arrive pas trop à lire.
Donc c’est..
Le Traité de libre Échange. Oui. Les traités de libre échange,c’est, je pense, toujours en la défaveur de la société deuxième proposition on n’est pas contre le commerce, on sait qu’il faut qu’il y ait des échanges à l’international, mais on pense qu’il faut le réguler. Donc il faut des outils de régulation. Nous, on propose les prix minimum d’entrée. Qu’est ce que c’est ? Les prix minimum d’entrée ? C’est aucune production n’entre sur le pays en dessous du coût de production.
Coût de production du pays national à la frontière, il n’y a aucune production des autres pays qui ont des tomates espagnoles produites à un coût plus bas que ce qu’un paysan français pourrait faire. On ne les prend pas.
Du coup, c’est une mesure protectionniste, mais qui n’est pas sur le renfermement sur nous même dans le sens où elle est en solidarité avec les paysans et paysannes au niveau international. Donc ça, c’est très important dans un moment comme aujourd’hui où justement il y a des forces réactionnaires qui, qui pensent protectionnisme avec barrières douanières, avec des douanes, etc. Comment on appelle ça des taxations aux frontières, bref qui du coup, c’est une proposition qui peut nous différencier de réflexions plutôt réactionnaires. Je m’explique. Donc on souhaite une souveraineté alimentaire, on souhaite relocaliser la production en France. Aujourd’hui on importe 40 % des légumes et 60 % des fruits. En France, on met en place les prix minimum d’entrée. Donc aucune production ne rentre sous le coût de production, aucune production ne rentre sous le coût de production nationale.
Thomas Pardonnez moi. Est ce que l’agriculture française pourrait produire les 40 % de légumes, les 60 % de fruits dont tu parles ou pas ? Par ailleurs, mais bien sûr.
C'était le cas il y a quelques années en fait.
D’accord. ça donne raison. Plutôt protectionniste.
Et d’ailleurs, les prix minimum d’entrée viennent de la commission fruits et légumes de la Confédération paysanne. La proposition politique, parce que c’est justement une production qui a subi le plus fort les traités de libre échange au niveau européen.
Taxes à l’importation, audits de ce que tu cherchais tout à l’heure, le terrain.
Non, ce n’est pas ça. Droits de douane. Du coup. Je ne sais plus où j’en étais. Oui, des fruits et légumes.
Tu parlais des du volume de fruits et légumes importés de l'étranger.
Et du coup on apporte énormément. Donc on importe énormément. Donc le but de notre politique de prix minimum d’entrée, c’est de relocaliser la production de fruits et légumes en France. Imaginons pour comme exemple. Après, elle pourra s’adapter à d’autres productions. Mais là, l’idée c’est de. Donc on augmente le prix du marché français puisque du coup agro-industrie. Et alors du coup, on n’est plus en concurrence sur le marché international avec des productions qui sont. En dessous du coût de production. D’accord. Donc ça, ça règle la question de la compétitivité prix minimum d’entrée. Je reviendrai sur le contexte international. Deuxième solution il faut des prix minimum garanti obligatoire. Donc on oblige, on tord le bras, agro-industrie, on tend le bras, la grande distribution, on les oblige à acheter nos productions au dessus, nos coûts de production minimum, prix minimum garanti. Et du coup, là, on arrive enfin à un prix décent qui peut nous permettre d’avoir un revenu suffisant pour vivre. Sur la question du coût des bénéfices, des bénéfices, du prix d’entrée à l’international, ça fait que. Les paysans, par exemple espagnols, qui produisaient énormément de légumes. Vont quand même continuer à. Faire du commerce avec la France et du coup, ça va permettre. Soit. Donc aux travailleurs qui passent par exemple vers Almeria et compagnie, on est prêt ou on est proche de situations d’esclavagisme, de traitement des salariés. Donc l’idée c’est de permettre aux travailleurs et travailleuses de la terre de là bas de pouvoir inverser un peu le rapport de force, d’avoir un peu plus de poids dans le rapport de force en disant Attendez maintenant, les légumes que vous envoyez en France, vous les envoyez vachement plus chers qu’avant. Donc on veut avoir de meilleures conditions sociales et peut-être de meilleures conditions environnementales. En plus de ça, ceux qui travaillent pour éviter les pays exportateurs, pour éviter des grosses pertes de marché plutôt que de garder leur qualité plutôt que de rester sur la même qualité, ils vont augmenter en qualité. Normes sociales et environnementales pour pouvoir être plus compétitifs sur le marché français. Je ne sais pas si je suis très clair. Et du coup, l’idée, c’est plutôt que de niveler toujours vers le bas les normes sociales et environnementales, chose que fait à chaque fois les traités de libre échange, chose que fait à chaque fois le libéralisme. Là, on va niveler vers le haut les conditions sociales et environnementales par des effets économiques assez simples. Et en plus de ça, les prix minimum d’entrée, c’est très simple à mettre en place comparativement aux clauses miroirs ou quoi qui sont proposées dans les traités de libre échange qui sont une espèce d’usine à gaz administrative. Nous en fait, c’est très simple sur facture limite on peut on, mais si ça provient de tel pays, c’est payé à ce prix là et donc il y a pas forcément besoin de remettre des barrières douanières partout, etc. C’est juste une chose très simple à mettre en place sur les factures.
Alors on reviendra sur les revendications. Tout à l’heure, on a parlé de l’agriculture paysanne, donc telle que tu l’appelle bio, circuits courts. Et il y a les autres, les autres agriculteurs qui travaillent finalement pour l’agro business, ou alors par exemple Lactalis, le lait, le beurre, le président. Un lait qui est acheté en dessous du prix de production quasiment. Ou qu’est ce que vous entendez pouvoir faire à l’aube de la mobilisation actuelle ? Comment vous pourriez penser, vous les paysans, nous les citoyens, pour que l’agrobusiness perde son monopole ?
Mais moi je pense. Que ceux qui sont en agriculture conventionnelle n’y travaillent pas pour l’agro-industrie, ils en sont dépendants et du coup je pense. Qu’il. Est temps que tout le monde se rende compte de la supercherie. En fait, toute cette histoire elle profite qu'à quelques-uns et que du coup l’idée c’est qu’on réussisse.
Vous avez parmi vos revendications l’instauration de prix garantis sur les produits agricoles. Je viens de le dire, la mise en place de prix minimum d’entrée sur le territoire national. Tu viens de le dire, mais vous avez d’autres choses. Vous avez par exemple l’accompagnement économique à la transition agroécologique à la hauteur des enjeux. Priorité à l’installation face à l’agrandissement, arrêt de l’artificialisation des terres agricoles.
Ouais, carrément.
Le café, on peut.
C’est vrai que c’est intense quand c’est long comme ça.
BFM Ouais, ouais. C’est vrai que sur BFM Business, c’est intense, mais c’est court.
Il y a quelqu’un, il y a quelqu’un qui a dit ouais mais sur BFM, vous êtes reçus tard le soir,
Pas forcément, non. Samedi, j'étais en journée. Hier soir, j’ai été un peu tard mais. Mais non, en ce moment en fait ils ont besoin. De nous, ils ont besoin de temps alors que nous on n’a jamais été sur BFM. Depuis tellement longtemps. Bon bref. Et du coup là, c’est chouette.
C'était donc ça, oui, les revendications,
à chaque fois.
On a bien sûr, bien sûr la technique, l’accompagnement économique à la transition agroécologique à la hauteur des enjeux.
Oui, oui, oui.
Voilà, priorité à l’installation face à l’agrandissement, arrêt de l’artificialisation des terres agricoles.
Euh oui, bien sûr, Tout ça doit être accompagné de politiques fortes sur la question de l’installation et plus particulièrement la question du foncier. À qui ? La question de savoir qui a le droit de produire sur le sol, sur les terres est une question cruciale de l’organisation politique de l’agriculture ? Bien sûr. Et c’est comment sont régis les ordres de priorité. Et une question essentielle aujourd’hui. On a eu notamment un suite au CNR de 1945, une chose absolument fantastique qui est le bail, le bail, le bail rural et du coup qui nous qui nous confère une. On a grosso modo tous les droits, surtout quand on est locataire de terres agricoles. Quand on est locataire de foncier, on a on a pratiquement tous les droits sur nos sur, on a le droit de faire tout ce qu’on veut sur le terrain et le propriétaire a très peu de poids sur le devenir de ces de ses terres.. Il ne peut pas casser non plus ce bail facilement. C’est vraiment très contraignant pour pouvoir casser un bail. Donc on est très sécurisés sur la location de notre foncier.
Et dès que dès qu’une terre s'échange, les affaires peuvent arriver. Alors il y a d’autres histoires que la SAFER, mais en gros les terres agricoles sont plutôt sauvegardées. C’est ça l’idée.
L’idée c’est que les propriétaires ne décident pas de ne peuvent pas virer un déjà un paysan de son foncier. Je pense qu’une chose importante c’est de savoir. Du coup, un moment de transfert de foncier. Comment faire pour que au moins ce transfert de foncier, ça aille plutôt à des installations plutôt qu'à des agrandissements qui en gros, la grosse question parce qu’aujourd’hui, les aides, les aides de la PAC, elles sont majoritairement ciblées sur les aides liées à la surface. Donc plus on a de surfaces, plus on a d’aides. Et du coup, dans cette logique là..
Ce qu’on appelle l’aide à l’hectare.
C’est l’aide à l’hectare. Alors que nous, on est plutôt sur une revendication d’aide à l’actif, d’aides et l’aide à l’hectare. Elle est du coup elle, elle encourage énormément l’agrandissement. Et du coup il y a un peu la course à l’agrandissement et du coup il y a un peu des systèmes qui se sont montés pour que le transfert du foncier se fait un peu en bisbille, qu’on n’ait pas l’information qui soit claire au moment des transferts du foncier, qu’il n’y ait pas de réelle régulation du foncier et que du coup ce soit très compliqué à trouver du terrain malgré le fait que dans les aujourd’hui on est vraiment, on a une libération du foncier hyper importante parce qu’il y a la génération du baby boom qui est en train de partir à la retraite, donc c’est énormément de terres agricoles qui vont être à la disposition. Et pourtant on a les porteurs et porteuses de projet qui galèrent à trouver du foncier. Et alors qu’est ce qui se passe ?
Il y a aussi qu’est ce qui se passe ?
Il y a la question de la financiarisation de l’agriculture qui arrive et du coup, il y a des systèmes de contournement des mécanismes de régulation du foncier qui se font par ailleurs, ça devient un peu technique, mais en vrai, c’est des questions qui sont hyper importantes. Je n’arrive plus du tout à lire le tchat là.
Non mais je lis plus,
Donc il y a un contournement des systèmes de régulation du foncier par des grandes sociétés. Donc il y a toujours dans le sens de la financiarisation de l’agriculture. Il y a des grandes sociétés qui vont être des holdings, qui vont avoir plein de petites sociétés et qui vont réussir à en fait bouffer des petites fermes petit à petit par différents mécanismes. Juridique et compagnie qui vont en fait squeezer la SAFER et squeezé la régulation qu’elle est censée faire la SAFER du coup. Il y a énormément de foncier qui partent vers des méga fermes qui sont de plus en plus grandes, qui arrivent à plusieurs milliers d’hectares. Là dans la Vienne, il y en a une qui a été vendue en Haute-Vienne. En ce moment, il y en a une qui est en vente de 1200 hectares. Et en fait, il y a un mécanisme de transfert de parts qui fait que, à la base, on n’était même pas au courant. Qui est qui est ce transfert de foncier d’une ferme à une giga ferme. Et aujourd’hui il y a, il y a eu, la loi s’en passe. Tout ce qui a été mis en place pour justement tenter de réguler ce mécanisme là, mais qui malheureusement ne va pas au bout des choses puisqu’elle ne permet en gros rien d’autre. Que. De donner l’information qu’il y a un transfert de parts. Mais elle ne permet pas d’interdire ce transfert de parts.
Mais quand vous demandez de privilégier l’installation plutôt que l’agrandissement, ça veut dire que vous avez confiance dans le fait que des jeunes agriculteurs, et paysannes voudraient s’installer. Or, j’avais l’impression que ce n'était pas forcément un secteur qui était très, très recherché.
En vrai, là, on revient à la question du revenu.
Oui.
En fait, il y a une nécessité absolue à ce qu’il y ait une installation massive de paysans et de paysans. Notre revendication historique est 1 million de paysans et paysannes. Quand on refait les calculs pour généraliser l’agriculture paysanne, ce serait plutôt 2,5 millions de paysans et paysannes. Mais les enjeux y sont. Ils sont énormes. C’est un quart un tiers des émissions de gaz à effet de serre qui proviennent du système alimentaire agro-industriel mondial. Donc, quand on prend tout ce qui est déforestation, emballage, transport, ça peut monter même jusqu'à 50 %. Donc en fait, la problématique majeure environnementale, c’est l’alimentation. Donc de base, il faut qu’il y ait une installation massive de paysans et paysannes dans les campagnes. Le problème, c’est la question du revenu qui veut bosser 80 heures pour à peine un SMIC ? Des militants. Des gens hyper passionnés, mais on ne va pas faire une installation massive. Donc il faut des politiques qui soutiennent le revenu. Absolument. Là. Pour moi, la question est là, c’est le revenu
Quand vous êtes pour prendre l’arrêt de l’artificialisation des terres agricoles. Je vais être franc, je ne sais pas de quoi il s’agit.
En gros, en France, en France, il y a l'équivalent d’un département qui est artificialisé tous les dix ans. La surface d’un département est artificialisée tous les dix ans. C’est quoi ? C’est des parkings de supermarché, c’est des aéroports, des machins. Donc aujourd’hui, il faut bien se rendre compte que le foncier agricole, la terre agricole, c’est quand même un patrimoine qui est quand même un peu stratégique à garder en terme de souveraineté alimentaire, en terme de questions environnementales et compagnie, et que du coup, une des priorités absolues, effectivement, c’est d’arrêter cette bétonisation à outrance. Et c’est aussi de là d’où venait tout ce qui était mouvement de la ZAD et tout ce qui tout le travail qui a, qui a fait aussi les soulèvements de la terre autour de la question du foncier. C’est toutes ces questions là. Un métier d’homme et on voit le côté BFM dans les Pubs
Vous alertez vos collègues sur ce que vous appelez le mirage de la suppression des normes et le mirage du complément de revenu par la production d'énergie. Alors là, tout est dit dans le terme. Mais est ce que tu peux préciser, c’est à dire qu’il y a une partie des paysans et des paysannes qui se disent bah je vais produire, je vais faire du solaire ou je ne sais quoi.
Mais il y a deux questions. Je fais d’abord les normes et après on fait l'énergie.
Mais si on suit très bien les normes.
Les normes, les normes.
Parce que là il y a bataille avec les autres syndicats.
Pas forcément.
Je te trouve bien diplomate
Je pense qu’aujourd’hui, la problématique des normes, ce n’est pas qu’il y ait des normes parce que les normes, elles peuvent effectivement nous protéger. Il y a des normes type les normes contre les OGM qui ont permis une interdiction des OGM qui permettent notre domination sur les semences, c’est quelque chose d'énorme. Mais le problème, grand problème aujourd’hui, c’est que les normes sont au service de l’agro-industrie. Elles sont au service du libéralisme et pas au service des paysans et des paysannes. Et ça, je pense que ça, je pense que tout le monde peut l’entendre. Hé ! Et il y a ces questions des normes et qui est aussi souvent confondue avec une question de simplification administrative. Effectivement, nous on bouffe quand même pas mal d’administratif et je pense qu’il y a un travail à faire sur la simplification administrative, ça, on est d’accord sur cette question là, mais c’est deux choses différentes, parce que souvent, les gens, ils disent souvent ce qu’on entend sur les barrages ou quoi, c’est on en peut plus remplir des papiers, on en peut plus des normes, mais c’est pas la même, c’est pas la même question en fait, les normes ça peut être à notre service et du coup je pense qu’il faut militer pour des normes qui nous protègent et qui nous permettent de travailler, de faire notre métier convenablement.
Quelles normes, par exemple, pourrez vous protéger ?
Ce que je disais, la norme sur les OGM, après il ne m’en vient pas forcément comme ça d’autres, mais. Les normes sur le sanitaire en ce moment qui sont sur des maladies type MHD ou la grippe aviaire sont des normes qui sont pour permettre toujours l’exportation de nos productions à l'étranger. Parce que si c’est dans les clauses du libre échange qu’il faut que ces productions soient indemnes de ces maladies, alors qu’en fait elles n’ont pas forcément d’impact sur la santé humaine. Et du coup, on a des normes qui sont complètement ahurissantes de sanitaires, de où il faut mettre ses pieds dans un pédiluve avant de rentrer dans une porcherie qui ne sont absolument pas adaptées à un élevage paysan qui pourtant serait une solution par rapport à la question sanitaire et à la question des maladies, des maladies. Mais ça c’est une autre histoire assez longue que je ne vais pas forcément développer je pense. Mais, et peut être qu’on pourrait repartir sur la question de l'énergie.
Là, parce qu’il y avait, il y avait des normes, voilà, c’est ça. Et il y avait aussi ce que vous appelez le mirage du complément de revenu avec la production d'énergie, d'énergies propres.
Ça, pour le coup, c’est une question importante, très importante et qui nous différencie des autres syndicats, notamment de la Coordination rurale et même des autres syndicats, quoique je croie que les gens sont plutôt sur une ligne.
Déjà c’est les jeunes agriculteurs de la. FNSEA
En gros. On est encore sur une histoire de pansement, mais pire que ça, c’est un pansement qui est empoisonné quoi. On nous fait croire, notamment dans les régions d'élevage. Par exemple, moi je viens du Limousin, en Haute-Vienne. Il y a énormément d’entreprises de photovoltaïque au sol qui viennent notamment dans les régions assez d'élevages assez pauvres où justement les éleveurs et éleveuses galèrent économiquement pour leur proposer d’installer des panneaux, des panneaux solaires et de mettre des moutons en dessous. L’idée en fait, c’est tellement rentable que en gros, il y a une rémunération de 3 000 € et par hectare en agricole, c’est absolument gigantesque. Sachant que pour le paysan, pour le paysan. Qui accepte ça.
3 000 € par an par an.
Donc il faut savoir que les projets moyens, c’est entre 30 et 30 hectares et je pense que ça peut monter, je crois que ça peut monter à une centaine d’hectares. Donc on passe d’un revenu. À. Un quart, la moitié d’un SMIC horaire, un quart d’un SMIC horaire à 30 hectares, soit trois. Zéro 0 € 90 € par an. Enfin, impossible de dire non. Donc nous, forcément, on ne jette pas la pierre à ceux qui l’acceptent. Parce qu’en fait, on est tellement dans la précarité que. Mais quand on y réfléchit après derrière. Par rapport à la société ? Qu’est ce qu’on obtient ? On a une baisse de production agricole parce que nous, on pense. Que, au bout d’un moment. Pourquoi on continuerait à mettre des moutons en dessous ? Là, on a une rémunération de 90 000 balles parents qui tombent comme ça. On pense qu’effectivement, les premières années, il y aura peut-être des moutons en dessus, mais au bout d’un moment, il n’y aura plus. Il n’y aurait aucun intérêt à mettre des moutons parce que déjà le cadre de travail, il est quand même assez hardcore de devoir travailler sous des panneaux photovoltaïques Et en plus c’est déjà le cas. On a déjà vu des serres photovoltaïques qui ont été mises en place il y a quelques années et qui aujourd’hui, depuis plusieurs années sont complètement vides. Parce qu’en fait il n’y a plus d’intérêt à faire une agriculture en dessous. Donc nous, ce qu’on dit, ce qu’on dit, c’est qu’il y a un problème au niveau de la souveraineté alimentaire, puisque là, en fait, c’est juste des mécanismes financiers pour faire du fric qui n’a rien à voir avec une volonté de produire une alimentation pour tous.
Alors c’est plus que ça parce que c’est faire du fric, mais c’est aussi produire une énergie propre. Le solaire c’est propre.
Après le solaire, nous on est ok avec le solaire sur les bâtiments, on est ok sur le sur la production de solaire, de panneaux photovoltaïques, sur les friches industrielles, on est ok sur les milliers de parking bétonnées qui y sont, qui ne sont absolument pas couverts. En fait on dit qu’il y a des solutions pour faire de l'énergie qui sont autres que celle- ci. Sauf qu’en fait, elles sont un peu moins rentables, pas beaucoup moins rentables, un peu moins rentables pour les entreprises de panneaux photovoltaïques. Et du coup, eux, ils s’engouffrent à fond dans l’agriculture. Parce qu’effectivement quand t’as un champ vide, t’as plus qu'à mettre des IPN au sol, on fout les panneaux et c’est hyper simple. Alors que quand t’es quand t’es en ville, c’est un peu plus galère. En plus y aller. Et ça, c’est pour la question de la faute du photovoltaïque au sol, il y a une deuxième question par rapport à l'énergie, c’est la question de l'élevage. Heu, la question de la méthanisation par la méthanisation, qu’est ce que c’est ? C’est on fout de la matière organique dans un gros méthaniseur, et ça produit du méthane. Le problème de ça, c’est de la méthanisation, c’est la taille pour être rentable, il y a besoin que les méthaniseurs soient de tailles industrielles, donc vraiment gigantesques. Et du coup, pour que ça fonctionne, il y a nécessité d’avoir des apports de matière organique permanents et en masse. Et du coup il y a un gros problème. Donc c’est toujours dans la région d'élevage que ça vient, parce qu’au départ ils disent c’est pour valoriser le fumier des vaches, mais en fait on se rend compte que petit à petit, c’est plus pour revaloriser le fumier des vaches, mais plutôt on va mettre du maïs dedans, on va mettre de l’herbe. Chez nous, il y a eu un méthaniseur, ils ont ciblé 1000 hectares d’herbe pour un méthaniseur, ça a été catastrophique. En plus, il y a eu de la pollution liée à ça. Il y a eu des vaches qui ont crevé derrière et ça a été assez catastrophique. Mais en fait, ce que je veux dire par là, c’est que. On remplace la production alimentaire par de la production d'énergie, on remplace le métier de paysan qui a vocation à nourrir En fait, on a transformé un métier Donc là on est en reste là. C’est une question qui est hyper importante.
C’est presque une question de civilisation.
Carrément. Et en vrai et en vrai dans nos régions, moi. Je pense que c’est en train de tuer l'élevage. C’est en train de tuer on va remplacer l'élevage par de la production d'énergie. Alors que l'élevage, elle, a des bienfaits. Nous, dans notre région, on a des terres plutôt pauvres.Et du coup, on a eu un signe. C’est une région qui est très préservée, c’est qui est très bocagée. Il y a encore plein de haies, c’est magnifique. Il y a plein de prairies vertes avec des vaches. Il y a une biodiversité malade. C’est un système hyper cohérent environnementalement parlant. En fait, on produit de la viande, une alimentation. On produit de la viande, donc une alimentation de manière hyper cohérente environnementale parlant, puisqu’on préserve un paysage bocager avec tous les bienfaits qu’il y a en termes de biodiversité, en termes de captation du carbone sur les prairies permanentes, en termes de captation du carbone dans les haies, en termes de stockage. De l’eau. Dans les sols et compagnie. Et du coup, là, on. Va, plutôt on va, on va détruire tout ce qui reste d’une agriculture qui dure, qui est, qui est franchement hyper cohérente par de par de l'énergie, parce que la rentabilité économique. Fait que. C’est plus intéressant de faire de l'énergie plutôt que de l’alimentation.
Il y a Euryale qui te demande si on ne peut pas produire de l'énergie et faire de l'élevage ? Il y a d’autres disent ça va favoriser les grandes exploitations. Qu’est ce que tu réponds à ça ?
Bien le problème, c’est qu’aujourd’hui, les entreprises qui montent ces projets d’agro énergie n’ont en tête que le rapport, la rentabilité économique et pas le bien de la société. Donc je doute de la possibilité de la capacité de ces entreprises à faire le bien. C’est toujours pareil. Je pense que il n’y a pas de il y a, c’est des entreprises privées dont la vocation première est d'être rentable et pas du tout de s’ancrer dans une société et de répondre à vos enjeux. Donc non, je ne pense pas que peut être que si jamais il y a une redéfinition rentière de notre société, peut être qu’on pourrait réfléchir à des solutions comme ça mais dans le cadre actuel, je pense qu’il faut se battre et être ferme là dessus.
Je vais venir aux annonces d’Attali le 26 janvier. Tu vas me dire est ce que vous, la Confédération paysanne qui est salué et encouragé à longueur de temps dans le tchat, donc c’est top. Est ce que ce que vous en pensez ? Et j’ai une toute petite question : tu parlais tout à l’heure de paperasse, de l’administration. Il y a quelque chose qui, me semble-t il, ne ressort jamais. Est ce que c’est mon billet précédent ou dès que les libertés sont attaquées, je jauge, je m'énerve. Mais vous êtes extrêmement contrôlés, il y a des satellites de l’Union européenne, il y a des drones. Vous êtes extrêmement fliqués, me semble-t-il. Alors, est ce que c’est que pour les grosses exploitations ou c’est aussi pour les plus petites ? Qu’est ce que les agriculteurs ont à dire de ça ?
Ben c’est un peu ce que je disais sur la simplification administrative. Oui, on est très contrôlés après tout, on est très contrôlés. Et essayer, moi, c’est une question épineuse le contrôle. Il faut des contrôles parce qu’on a besoin qu’on a besoin que l’agriculture réponde, réponde aux enjeux sociétaux. Mais en même temps, il y a aujourd’hui les contrôles de la manière dont. Parfois sont faits. En fait, ce n’est pas les contrôles dans la manière, c’est plutôt le système qui est présenté, notamment par la gestion satellite, les photos satellites et compagnie. Mais non, on doit aller dans le champ pour prendre une photo, pour prouver qu’on a mis telle culture à tel moment,
Et ça c’est je pense que ça peut l'être par le satellite en fait.
Voilà, je pense que ça aussi, là, j’ai fait.
Tu prends une photo de ton champ, c’est vérifié par la couleur du satellite et là on est vraiment sûr que tu as vraiment fait tel truc.
C’est ça ?
En vrai, on participe à une espèce de Big Brother qui est hyper flippant et qui met la position du paysan et des paysannes. Ben ouais, clairement. C’est terrible je pense qu’il faut réfléchir concrètement à comment faire des contrôles de manière sûre. Et d’ailleurs on a des liens avec des syndicats de salariés, je pense à Sud Rural où j’ai participé au Congrès il n’y a pas longtemps, avec des contrôleurs qui ont bien conscience de ces questions et qui, je pense, sont en sous effectif, ont des problèmes. En fait, c’est comme partout, les contrôles, ils se passent mal parce que si tu ne mets pas les sous pour qu’il soit bien fait, il va. Il peut y avoir des cas, des catastrophes et c’est ce qui est arrivé avec des histoires comme les histoires avec Jérôme, la Ronce et compagnie. Mais ça je ne reviendrai pas forcément dessus parce que je ne suis pas un de ce que je maîtrise.
Qui a reçu trois balles.
Voilà.
Mais deux gendarmes.
Ce que je pense à la Confédération paysanne, c’est qu’il faut des contrôles, mais il faut mettre des moyens pour que ces contrôles soient faits de fait, de manière humaine et dans de meilleures conditions.
Je vais donc prendre quelques questions du tchat avant les questions du tchat parce que je sens que t’as besoin de café. Je dis ça parce que. Alors je vais vite, je vais t’en faire un. Je vais. Je vais reprendre les annonces d' Attal La simplification des réglementations sur les zones humides et tourbières. Passage de 14 à 1 seule et unique réglementation pour les et agricoles. Si tu m’arrête quand tu penses qu’il y a sujet à tacler, à discuter.
Le café, la serre, le café, la simplification, la mise en pause des réglementations des zones humides et tourbières, le passage de 14 à 1 seule et unique réglementation pour les et agricoles, le passage de l’Office français de la biodiversité sous la tutelle du préfet. Je les ai toutes. Et puis peut être tu pourras faire une réflexion philosophique et générale : réduction du délai de 9 à 2 mois pour une demande de curage, accélération des procédures en cas de recours, délai de recours contre des projets agricoles, raccourci à deux mois. C’est dire que bon, on a compris par la pratique création d’une présomption d’urgence, contrôle administratif unique pour les exploitants, sortie de l’obligation légale de débroussaillement. Ça, c’est ce qui a été annoncé il y a quelques jours. Il y a d’autres annonces qui doivent être faites aujourd’hui, demain, etc. Quand vous avez reçu, vous, la Confédération paysanne, ces annonces, qu’est ce que vous avez ressenti ? Moi, je vais faire un petit déplacement latéral, j’allais dire un bon petit café et je te laisse répondre. Et si jamais y a un souci. D’inspiration, tu peux te tourner vers le chat. Mais d’abord Attal, les solutions qui ont été posées et je me fais aussi un café. Il y a une fronde importante sur les questions des normes environnementales. Je pense que ça a été beaucoup soulevé dans le mouvement. Au début. Alors il y a plein de choses dedans et c’est assez compliqué de faire une réponse instantanée comme ça.
Oui, oui, mais c’est un point important.
Ouais, ouais, c’est ça, c’est super important. Et d’ailleurs nous. Aussi un peu, parce. Que vraiment, la chose qu’on craint. C’est vraiment la chose qu’on craint dans ce mouvement là, c’est qu’on perde énormément de choses sur les normes environnementales et qu’au final, on n’arrive pas à gagner. Sur la question du libre échange. En gros, dans la stratégie, là, on met en avant beaucoup la question du libre échange libre et revenu pris, parce qu’on pense que c’est là. Le cœur. De la problématique. Et c’est vrai que. Du coup. On est moins sur les questions des normes environnementales qui sont pourtant hyper importantes parce que pour nous c’est des normes qui sont au service des paysans et des paysannes. Quand on dit. Si on enlève les zones humides dont on. Cure, les murs, les fossés. En fait, si ce n’est pas des rats, c’est des réponses qui vont être dont on va se mordre les doigts plus tard. En fait, mettre sous le tapis la question environnementale, si c’est très populiste dans le sens où aujourd’hui ça répond peut-être à une problématique, mais en fait demain. On va avoir besoin des haies parce que les haies, c’est quand même ça qui fait qu’il y a du carbone qui va se mettre dans le sol, y a de l’eau qui va stocker dans le sol et du coup c’est un manque de vision à long terme. C’est une vision très courtermiste. Je rejoins Dracondeux sur le sujet, sur le côté et j’essaie de tchater, mais c’est vachement bien.
C’est bien quand il y a un peu de carburant.
Merci beaucoup ! Et du coup, ouais. Je ne sais plus trop où aller.
C'était sur les normes. Et votre crainte,
Notre crainte c’est qu’on ait un retour en arrière. Mais en même temps. On a envie de participer au mouvement parce que si ça s’trouve, on peut donner un gros coup au libre échange. Donc on est un peu le cul entre deux chaises. Les normes environnementales. Pas si on gagne sur le libre échange. Après, en vrai, les questions de normes, elles seront même plus problématiques puisque on aura un revenu et du coup ce sera beaucoup plus facile de mettre en place des normes environnementales puisqu’on sera payé pour notre travail. Donc on va. Aujourd’hui, le problème des normes environnementales, c’est qu’elles ne sont pas. Acceptées. Par les paysans et paysannes parce qu’elles sont contraignantes. Elles demandent plus de travail et elles ne sont pas adaptées. Elles sont adaptées à une production industrielle et du coup elles ne sont pas adaptées à une production de l’agriculture paysanne. Donc là je m’emmêle un peu mais du coup. Je pense que toute la question c’est si on a un revenu, on pourra vachement plus facilement accepter des normes environnementales. Alors que là, pour l’instant, vu qu’on n’a pas de revenu, effectivement les normes environnementales sont remises en question.
Alors je vais poser des questions du tchat Toi tu es maraîcher dans la Haute-Vienne du côté de Limoges, là par exemple, ou prendre le temps de tes obligations de la Confédération paysanne en tant que membre du secrétariat national qui s’occupe de l’exploitation,
Alors, moi, j’ai la chance d'être sur une exploitation collective. Après, c’est les autres qui bossent. Je salue mes collègues qui sont en train de récolter ce matin là ils sont aux poireaux. Après, c’est préparation commandée, légumes de stockage, courges, oignons, patates, navets, navets, betteraves et compagnie. Et après on a un système à la Coop où on a soit des indemnités journalières, soit on nous paie un salarié pour nous remplacer sur la ferme. Et moi j’ai fait le choix d’avoir un salarié pour me remplacer, pour éviter que ça pèse sur le collectif. Et du coup je suis rémunéré par ma ferme et le salarié est payé par la Confédération paysanne.
Il y a Céline qui nous parle de carottes. Alors c’est pour ça que le gouvernement préfère supprimer des normes que de s’attaquer aux super marges ou au traité de libre échange. Je suis pessimiste sur une suppression des accords de libre échange.
Ben moi j’ai envie d’y croire parce qu’en fait. En faite si on n’y arrive pas, c’est trop la merde. Et en fait pas sûr qu’on est un mouvement social de cette ampleur là avant extrêmement longtemps. Et au vu des enjeux environnementaux et sociaux et compagnie, je pense qu’il faut tout donner. Voilà, donc enlevons notre pessimisme et là allons-y, on met, on met le paquet quoi. Parce qu’en vrai, en vrai, il n’y a pas le choix.
Alors je prends des questions.. Attends, comment on gauchisant notre grosse boule de nerfs ? Des idées en particulier ? Un soutien particulier à tenter d’obtenir ? Disposez-vous de nouveaux outils ? En cherchez vous aussi ? C’est à dire en gros, comment, l’intelligence ? Comment les forces de gauche peuvent gagner ?
Ben moi je pense qu’il est temps que les syndicats de salariés prennent part à ce mouvement de contestation. Il est temps qu’on tire les revendications aussi vers les questions d’alimentation et que les forces de gauche soutiennent ce mouvement là. Parce qu’en fait. On est, on est enfin voilà, c’est des précaires, À chaque fois on les cible. Ouais, c’est des gens de droite machin, en fait, c’est des précaires, donc c'était de gauche. Tu soutiens quoi ? Tu ne vas pas faire la fine bouche ou quoi ? Et oui, il y a des messages qui sont peut être à côté de la plaque, contradictoires, mais c’est la même chose que pour les Gilets jaunes. Au bout d’un moment, on ne va pas faire notre mépris de classe et on y va. Du coup, je pense qu’il faut qu’on ait un travail de convergence pour pouvoir soutenir ça.
Mais quand tu vois par exemple un Bardella ou une Le Pen qui se trimbale sur les ronds points, sur les barrages qui sont acclamés alors que le discours est exactement inverse aux actes puisque ça a été ressorti, un des députés RN à Bruxelles, à Strasbourg votent pour le libre échange et ensuite viennent sur les barrages, le libre échange, sur les traités de libre échange qui sont la cause, comment expliquer ?
C’est une raison de plus pour que la crise faut que la gauche s’empare de ça. Parce qu’effectivement, sur le terrain, qu’est ce que c’est qu’au départ ça a été majoritairement des représentants du Rassemblement national Heureusement, ça y est, il y a Ruffin qui se bouge et compagnie. Mais là, il y a un taf. Parce que la gauche elle est aussi sur le sur le terrain.
Après est ce que tu crois que la gauche ne se bouge pas en estimant que vous n'êtes pas, vous les agriculteurs à un électorat captif et que vous comme vous votez à droite ? Est ce que tu penses que c’est ça ? Est ce que tu penses que la gauche est aujourd’hui plutôt urbaine ? Et donc il y a une méconnaissance de la réalité rurale ?
Ouais, je pense que si un peu de tout ça, On la voyait un peu la. Il y a un peu de deux stratégies qui s’affrontent. J’ai l’impression alors qu’elle devrait être complémentaire pour moi, mais j’ai l’impression que la gauche le revendique. Après je m'éloigne peut être de moi, de ma représentation syndicale, de mon mandat.
Citadellejeteconstruirait, te demande :quel est ton regard sur l'étendue européenne du mouvement et plus généralement sur la dimension internationale. Alors elle n’est pas internationaliste non plus, mais elle est internationale.
C’est en ça que j’ai envie de croire que c’est un mouvement important puisqu’il est Il est européen, donc ça arrive quand même super rarement car il y a déjà un mouvement paysan de masse surgisse, mais alors un mouvement paysan de masse européen, c’est inédit. Du coup, s’il y a un moment où il faut qu’on réussisse à taper sur le libre échange, c’est bien maintenant. Et nous on fait, on a, on a des organes, une organisation européenne qui est là aussi à la Coordination européenne Via Campesina et notre organisation mondiale qui est La Via Campesina, qui en ce moment même a son siège international à Bagnolet dans nos locaux. C’est un moment aussi important où la Confédération paysanne a pris la coordination de ce mouvement mondial qui est quand même le plus grand mouvement social mondial tout autour, tout confondu, et que plusieurs millions d’adhérents et d’adhérents.
Comment ?
La Via Campesina l’a bien compris. Il y a un mouvement mondial pour ce mouvement qui prône la souveraineté alimentaire. C’est eux qui ont pondu la définition de la souveraineté alimentaire qui est pour une agriculture paysanne. Voilà, et qui travaille sur énormément de.
Questions en ce moment où, comme à l’Union européenne, il y a ces tournants. C’est ça ?
Et oui, ce n’est pas nous les chefs du tout par contre on héberge. Dans nos locaux, la coordinatrice vient de la Confédération paysanne. La coordinatrice internationale vient de la coupe de la Confédération paysanne d’hier.
Mouvement mondial à Bagnolet. Ça le fait grave, nous dit encore un autre. Il y a Bad Trip balkanique qui, malgré son pseudonyme, est un ouvrier agricole. Il aimerait se syndiquer. La Confédération paysanne me tente, mais j’ai des scrupules à être encartée dans un syndicat d’exploitants et non de salariés. Quels sont les syndicats de salariés agricoles qui existent ?
Il est paysan ou salarié ? Je n’ai pas compris.
Il est ouvrier agricole.
Oui, malheureusement Il ne pourra pas adhérer à la Confédération paysanne parce que statutairement, on est un syndicat d’exploitants, d’exploitants agricoles, même si le mot est terrible et compliqué. Mais voilà, c’est le temps des statistiques. Et du coup, pour les éleveurs, pour les ouvriers agricoles, il y a toute la gamme CGT, CFDT, CNT si tu veux. Voilà. Donc il y a, il y a largement le choix. Et après effectivement, il y a les amis de la Confédération paysanne qui sont une association qui a été créée parce que justement on a toujours eu une stratégie d’alliance avec la société civile et donc on a monté une association qui s’appelle Les Amis de la Confédération paysanne, que tout le monde peut rejoindre pour notamment nous aider à porter notre projet politique et aussi qui parfois s’organise pour. Faire des récoltes de fonds pour aussi tous les procès. Qu’on. A sur la tronche parce que souvent on fait des. On a une particularité de faire des actions directes qui mènent à des procès et du coup à des amendes et compagnie quoi.
Ça me fait penser, vous étiez plutôt derrière les soulèvements de la Terre et les regroupements contre les méga bassines dans les dans les Deux-Sèvres dont vous aviez appelé à manifester ? Non ?
Ouais. Alors le passé sur la question de l’eau. La question des méga bassines a été presque initiée par la Confédération il y a près de quinze ans. Une première manif, c'était il y a une quinzaine d’années. La question de l’eau, ça a toujours été pour nous très important parce que c’est une ressource qui est limitée et que la question absolument cruciale dans Ce n’est pas des méga bassines ou pas des bassines, c’est comment on gère la ressource en eau, comment on la partage et comment on priorise l’accès à cette eau. Donc pour nous, il y a des questions urgentes à se poser. Plafonnement, plafonnement de l’usage de l’eau pour une meilleure répartition, pour un meilleur partage et pour prioriser les productions plutôt qui vont produire une alimentation, qui vont nourrir les citoyens et citoyennes français ou localement, plutôt que des productions qui vont plutôt aller vers l’exportation. En fait, c’est juste des questions très logiques, mais encore une fois, il faut juste réfléchir de manière un peu globale pour pouvoir. Je voudrais bien savoir l’heure.
Mais Citadelle te demande quelle est la typologie des exploitations regroupées par la Confédération paysanne : élevage, maraîchage, surface moyenne la plus élevée, le plus petite revenu moyen
Moi, je ne veux pas faire de typologie. En fait, dans la Confédération paysanne, on a de l'élevage, on a du maraîchage, on a des apiculteurs et on est des paysans.
. Par exemple, il y a des apiculteurs de la Conf qui sont allés dans un supermarché, qui ont montré les miels.
Ah oui, c'était à l’appel des trois Confédération paysanne de l’ex Limousin.
La question de l’apiculture, du miel. Elle est hyper prégnante, notamment sur le libre échange. Parce qu’effectivement. On fait rentrer du miel. Il me semble. Moins de 2 € le kilo. Je crois que le coût de production il est à 6 € le kilo grand minimum voire huit. Quand ils vendent en vente dit en vente directe. En bio. On est plutôt sur quinze 18 je crois. Il y a une question de concurrence qui est énorme sur la question et en plus de ça, s’ajoute à ça des fraudes sur la qualité du miel importés et des fraudes sur la provenance du miel dans les rayons du supermarché, donc le miel. Il y a vraiment une question qui est qui est vraiment touché par l’UE, par le libéralisme, un peu comme les fruits et légumes et c’est pour ça que c’est des commissions au sein de la Confédération paysanne qui s’emparent vraiment de la question libérale et de notre proposition des prix minimum d’entrée et compagnie.
Deux petites questions et après je vais te laisser sur des méga bassines. Parce qu'évidemment il y a eu cette répression qu’on connait tous et toutes. Quel est ton point de vue par rapport aux deux poids deux mesures qui prévaut jusqu'à ce matin ? Je ne sais pas ce qu’il en sera cet après 12h avec tout ça, mais de la part de Darmanin Comment vous expliquez ça ?
Moi je trouve ça complètement hallucinant. C’est un mépris de ce que peut représenter une Convergence de gauche
Je pense aussi.
Je pense que la question c’est aussi que là on est sur un mouvement qui a420 10 % de désapprobation de l’opinion publique, que là aussi je pense qu’il envoie les coups de matraque et les gazeuses et compagnie, ça ne va pas, ça ne va pas vraiment le faire. Au niveau médiatique, je pense qu’il y a un rapport de force aussi par rapport à ça. Je pense que c’est ça qui est, alors que ça a été super simple de taper sur les écolos gauchiasses, alors que là on est sur quelque chose que tout le monde soutient.
Alors j’ai eu le plaisir de déjeuner avec un ancien gendarme qui était venu auposte il y a deux ou trois mois et il y a quelques jours et je lui ai demandé et lui il avait une explication très technique. Il avait évidemment celle là que tu viens de qui vient de donner et qui est probablement prioritaire, mais il expliquait qu’il y avait quand même un maillage entre les agriculteurs et notamment les grosses exploitations et les gendarmes, puisque c'était souvent des notables du coin, parfois les maires de la ville, parfois des élus, et que le fait qu’ils se connaissent crée une autre relation à ces mouvements là, est ce que ça, c’est quelque chose que tu as en tête ou pas du tout ?
Je n’avais jamais réfléchi sous cet angle là.
C’est technique mais ce n’est pas intéressant. C’est un ancien gendarme démissionnaire qui a raconté ça. Dernière question. Qu’est ce que les citoyens peuvent faire là, dans les heures et dans les jours qui viennent pour soutenir le mouvement ?
Ben moi je pense qu’il faut qu’on s’organise pour. Pour pouvoir appuyer le mouvement d’une manière ou d’une autre. On va essayer de faire, je pense, une rencontre dans la semaine à la Bourse du travail. Donc on va peser. Voilà, on va essayer d’organiser ça un peu aujourd’hui pour pouvoir à Paris pour pouvoir se préparer après en fait, et réfléchir ensemble. Là je pense qu’on a besoin de réfléchir ensemble et vite pour pouvoir être là et profiter de cette fenêtre qui avant qu’elle ne se referme. Les fenêtres, elles sont toujours courtes l’histoire politique et du coup, il ne faut pas qu’on la rate.
Ultime question qui est une question rituelle d’Auposte qu’est ce que nous avons fait depuis ce matin ici ?
Ah, je ne me souvenais pas que tu poses une question comme ça. Qu’est ce qu’on a fait depuis ce matin ? On a fait un rapide tour du projet politique de la Confédération paysanne et de la situation actuelle, j’ai l’impression mais effectivement, à chaque fois on effleure à peine le sujet.
Ah mais c’est toi qui es court
Ouais non mais c’est parce que je ne suis pas capable moi aussi ! Enfin, c’est le projet de la Conf. Il est tellement riche, tellement énorme. Enfin, il faut se renseigner, on a ça sur notre site internet. Je vois qu’il est partagé. On a toutes nos revendications, toutes nos pages thématiques sur les propositions politiques qui émanent à chaque fois des commissions où c’est des paysans et des paysannes qui travaillent dans les commissions. C’est vraiment notre particularité aussi à nous, à la Conf, c’est que c’est vraiment les paysans qui proposent les projets, les positionnements qui sont validés par notre organe décideur, le comité national.
Merci beaucoup à toi pour ta venue, merci, merci Thomas. Énorme respect nous dit grostapis. Merci à toi dit Mister Coltrane. C'était très intéressant Et maintenant tu fais le tour des médias ?
Oui c’est ça. Merci pour tous les messages, c’est vachement sympa.
