Lycées, universités : état des lieux
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J’entends des bruits de pas. Serait-ce Manès ? Bon, je ne sais pas exactement.. Tu es à l'écran pour l’instant, Ritchy. Alors on va t’entendre dans deux secondes. Voilà. Ah, ça y est ! Et voici notre invité. Alors, attends que je vais accueillir Monsieur tu vas bien ?
C’est dans le bon timing.
Vous pouvez poser vos affaires ici. Voilà, le micro est là. Alors il faut juste mettre là où il y a tout ça en fait. Il y a une caméra. Alors vous pouvez vous rapprocher un peu une qui filme Ritchy et ces deux là qui vous filment, vous, plus celle là qui filme tout le monde. Et c’est parti en ego. Vous êtes parti. Voilà, c’est ça.
Donc là, on vous entend.
On vous entend.
Bon, super ! Eh bien, bien le bonsoir les amis du poste, Très heureux de vos postes, très heureux de vous retrouver pour ce quatrième numéro de la Barricade. On va la tenir encore avec opiniâtreté ce soir et ça fait vachement plaisir de vous retrouver. Comme d’habitude, on vous salue toutes et tous. Et alors ? Ce soir, c’est difficile parce qu’il y a. Il y a David qui avait pris la main et c’est toujours compliqué de dire, comment dirais-je, de reprendre après lui. Parce que vous savez, il est jeune, il est, il a plein d'énergie. Mais bon, on va lui prouver que la jeunesse, on a aussi pas mal. Non, je plaisante. Donc ce soir, on est là pour faire un état des lieux dans nos lycées, dans nos facs, pour parler de la situation tant sur le plan des organisations de jeunesse que vous représentez, mais également sur la situation plus globale. Il y a tout le monde qui nous salue, salue la jeunesse, nous dit anime pas de bêtises, je t’aime, je tiens tes conseils David, je lis les pseudos maintenant Oralisation qui nous dit bonsoir ici, Bonsoir Emmy, bonsoir Manu, Donc vous l’avez vu je suis avec Elie Marc qui est donc secrétaire fédéral de l’Union étudiante. Bonsoir, très heureux de te recevoir. Il faut dire qu’on avait prévu de recevoir Schmid, qui était également un membre de l’Union, est identique malheureusement à un empêchement, mais tu la remplaces ce soir et c’est très bien ainsi et très heureux de te recevoir. Et on est avec le camarade Manès Nadel qui est vice -président du SL, l’Union syndicale lycéenne.
Bonsoir.
Comment ça va ?
Ça va, ça va, ça va.
Vous êtes heureux d'être au poste ?
Bah oui, toujours.
Bon, mais super ! Déjà pour commencer, peut-être en B. Vous vous présentez tous les deux en quelques mots. Enfin du moins, je vais vous inviter à vous présenter. Émettre une pièce. Une question pour te dire est ce que toi, le syndicalisme c’est depuis combien de temps ? Comment est-ce que ça a commencé ? Si aujourd’hui tu es quand même responsable fédéral donc c’est pas rien. Tu me disais tout à l’heure que ça prenait pas mal de temps, mais ça a commencé comment c’est arrivé au syndicalisme étudiant ?
Alors ça a commencé il y a quand même un peu longtemps. J’ai commencé en 2017, donc sur ma première année de fac et notamment, j’ai rejoint vraiment par hasard le syndicalisme. Je. Je ne savais pas vraiment ce que je faisais là, mais du coup, d’année en année, j’ai forcément apprécié ce que je faisais. Et j’ai pris aussi du grade dans mon organisation. Ce qui fait qu’aujourd’hui je suis au niveau national. Mais. Mais du coup ça dure depuis 2017 et j’espère prendre ma retraite un jour, mais pour le moment, du coup je reste là.
Eh bien en parlant de retraite, ma nièce, il faut dire que pour nombre d’entre nous, on a découvert pendant cette mobilisation contre la réforme des retraites, tu as occupé les barricades, si je puis dire. Ainsi, pour faire un petit clin d'œil à notre à notre émission. Et est ce que tu pourrais nous dire comment t’es arrivé au syndicalisme étudiant ? Donc à l'époque, c'était la voie lycéenne aux lycéens que Comment est ce que ça s’est passé ? Non. Ben moi j’habitais à Tours et quand je suis rentré en seconde, on a créé à l'époque avec Tristan Neveu.Je le salue. Je ne sais pas si on a créé une fédération justement à Tours, au moment où la voie lycienne était un peu pas créée, mais en tout cas était un peu en dynamique si on peut dire ça comme ça. Et puis ensuite, moi j’ai bougé à Paris et il y a eu beaucoup la mobilisation contre la réforme des retraites où il y avait effectivement, bah c’est une période, les gens qui rentrent aujourd’hui dans le militantisme, je sais pas s' ils l’ont connu ou non, ce n’est pas si longtemps que ça, mais c’est quand même une période où le pays était vraiment en tension et je passe chaque jeudi ou chaque mardi, ça dépendait. Il y avait des mobilisations qui étaient vraiment fortes et au fur et à mesure, de plus en plus de lycées ont été bloqués. Et du coup, c’est à cette période là qu’après les gens ne sont plus connus.
Mais c'était assez incroyable effectivement. Bon, et moi j’aimerais vous faire un petit point sur vos deux organisations après vous avoir présenté tous les deux. Donc Émilie, toi tu es donc secrétaire fédéral de l’Union étudiante site pour nous dire qu’est ce que c’est que l’Union étudiante. Il s’avère que moi, selon ce que j’ai dit, bavarde et mauvaise, bah c’est une organisation syndicale assez nouvelle, récente, qui est née justement dans la foulée du mouvement contre la réforme des retraites. Une alliance, une fusion entre l’alternance syndicale alternative. Il y a plusieurs sections départementales de l’UNEF. C’est aussi une nouvelle étape dans le syndicalisme étudiant. Pourquoi avoir fait tourner la page de l’UNEF ? Est ce que tu peux nous en parler un petit peu ? Est ce que c’est.
Déjà peut être pour le contexte ? Moi du coup, je viens de l’alternative. En gros, on a créé l’Union étudiante justement en fait. A la fin, on va dire milieu de fin mai, de la réforme des retraites, notamment parce que, en fait, dans la réforme des retraites, on a quand même énormément de jeunes qui se sont mobilisés. Il y a beaucoup de jeunes qui ont fait partie des des manifs sauvages con qui se sont vraiment emparés de cette question là. Et pour le coup, en gros, nous, du côté de l’alternative, on restait un petit syndicat, mais on n’avait pas du tout, on n'était pas connu comme l’UNEF, même si on était passé devant eux en terme électoral on va dire. On avait beaucoup de sections qui étaient construites, mais clairement pas partout sur le territoire. Et du côté de l’UNEF, il y avait des sections qui elles étaient construites, qui voulaient se mobiliser, etc. Et le truc c’est que nous on avait pas la force pour appeler l’ensemble des étudiants à se mobiliser sur la réforme des retraites. L’UNEF a fait le choix de ne pas appeler forcément à se mobiliser, mais vraiment à rentrer dans la mobilisation, notamment parce qu’il y en avait plus, je crois, à la créativité, etc. Mais du coup, en fait, on a fait le constat qu’aujourd’hui il fallait justement passer au modèle supérieur, dire Bah, il faut construire le syndicalisme étudiant et pour ça on va créer une nouvelle structure. Donc on s’est créé en avril 2023 et aujourd’hui on est le premier syndicat étudiant en France, électoralement parlant, mais aussi en termes d’implantation.
Oui, on l’a vu d’ailleurs avec les élections du CROUS. C’est ça être la première organisation il me semble, avec une soixantaine de sièges 64 exactement.
Mais du coup, ouais, c’est des élections qui se font partout en France en même temps.
Du coup, outre le changement de d’organisation, il y a un changement de méthode aussi.
Bah en gros, nous ce qu’on pense, c’est qu’aujourd’hui la jeunesse a besoin de radicalité. Pour ça, il faut pouvoir porter des messages clairs, coordonnées, des mobilisations, etc. Notamment si on fait un petit point historique. Moi je suis rentré du camp en 2017. En 2018, donc dès ma première année de fac, il y avait le mouvement contre la loi ou hors la loi orientation et réussite des étudiants, mais qui a mis en place Parcours et notamment c’est la première fois que le mouvement étudiant perdait sur la question de la sélection à la fac, parce qu’il y avait aucune coordination justement du mouvement étudiant. Tu avais des facs qui se mobilisent, c'était un gros mouvement, mais vu que personne ne se mobilise en même temps, bah en fait on a perdu. Et depuis ce temps-là, justement à l’alternatif qui s’est créé. Mais justement, nous on est là pour dire ok, on a un syndicat qui est vraiment structuré localement, qui va vraiment permettre aux étudiants de syndiqués, de faire des choses sur le territoire, etc. Mais en parallèle de ça, on a des mots d’ordre qui vont vraiment être radicaux et qui vont permettre justement de mettre un barrage au gouvernement qu’on a actuellement.
Alors du côté des lycéens, il y aussi pas mal de nouveautés médias, tu vas nous en parler toi ? Tu es donc actuellement vice -président de la SL, l’Union Syndicale Lycéenne qui a eu son congrès fondateur à Bobigny entre le 24 et le 25 février. Si je ne dis pas de bêtises, si mes informations sont bonnes, elles sont très bonnes. Et alors ? C’est l’Union syndicale lycéenne. C’est un peu un regroupement de différentes forces du monde syndical lycéen. Entre d’anciens membres de la fidèle voie lycéenne dont tu étais le président, si je dis pas de bêtises, secrétaire national, secrétaire national et un ensemble de syndicats lycéens de différentes régions notamment. En Bretagne. Ouais, c’est ça, si j’ai bien compris. Et du coup, c’est quoi la nouvelle donne ? Pourquoi cette dimension unitaire ? Ouais non, mais en tout cas, la dimension unitaire a toujours été présente, même au moment de la voix lycéenne qui était un peu aussi la renaissance de ce qu'était l’UNEF avant. Mais c’est vrai que le syndicalisme lycéen en tant que tel a connu quand même une phase d’effondrement. On peut dire ça comme ça, un moment de l’avenir de l’affaire avenir lycéen où Jean-Michel Blanquer, du coup, a arrêté les financements à tous les syndicats, lycéens et les différents syndicats, du coup avaient plus de financement et l’UNEF a été placée sous redressement judiciaire. Après ça, il y a eu la voie lycienne qui s’est créée et d’autres. Eh oui, bah l’USL est née comme l’Union étudiante, un peu après la mobilisation de la réforme des retraites, même un peu plus après quand même. Et effectivement, comme tu l’as dit avec des syndicats locaux qui s'étaient formé justement un peu en dehors des cadres nationaux au moment où le syndicat unitaire n'était pas en très bonne posture. Et du coup ça a été une volonté qui s’est construite en plusieurs mois de vraiment réunir du coup la voie lycienne, la totalité de la voie lycienne, la fédération indépendante et démocratique lycéenne qui a connu des litiges en interne et tout un tas de forces locales au niveau lycéen. Donc l’Union Pirate lycéenne qui est un peu aussi la branche lycéenne d’un syndicat qui fait partie de l’Union étudiante. Qui est l’Union Pirate et c’est un peu le cas aussi dans d’autres, dans d’autres endroits. Et du coup, ça nous permet vraiment à ce congrès d’avoir une vraie dynamique lycéenne qui est représentée parce qu’on a eu plus de 120 lycéens délégués de chaque département qui sont venus dans ce congrès, ce qui n’avait jamais été vu depuis plusieurs à plusieurs années. On n’a pas encore, comme l’Union étudiante, une forme de consécration officielle par des élections. Déjà parce que le système éducatif lycéen est très compliqué et se fait avec plein de strates qui empêchent qu’il y ait une vraie démocratie lycéenne. Mais. Mais en tout cas, on est vraiment là, dans une bonne dynamique syndicale et c’est vraiment réjouissant pour tous les gens qui ont un peu les mains dans le truc depuis plusieurs mois. A Superbe ! En parlant des organisations de jeunesse, on a quelqu’un dans le tchat qui nous pose une question Ces citadelles, je te construirai qui nous demande comment se financent les syndicats lycéens sachant qu'à priori les adhérents sont mineurs ? Et d’ailleurs on peut élargir aussi la question aux syndicats étudiants. Quelle est votre indépendance ? Votre fonctionnement sur le plan budgétaire commence à se. Comment ça se passe ? Comment vous arrivez à exister ?
Rémi Oui, donc j’allais dire pour les lycéens, ils commencent par les étudiants. Il y a un syndicaliste, ils demandent beaucoup aux syndicats étudiants, mais en gros, comparés aux syndicats lycéens, pour le coup, nous on a encore des financements du ministère de L’enseignement supérieur. En gros, c’est enfin c’est des calculs qui sont super compliqués, etc. Mais c’est par rapport à notre représentativité dans deux conseils le CNESER qui est en gros le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche et le CNews qui est le Conseil national des œuvres universitaires et scolaires. Et du coup, en gros, selon le nombre de sièges que t’as dans pardon que tu as justement dedans dans ces instances et le nombre de personnes qui ont voté pour toi dans ces instances, tu vas avoir une subvention. Et puis après, vu qu’on est des associations parce que les syndicats étudiants et lycéens n’existent pas vu qu’on n’est pas d’une branche, d’une branche, pardon travail etc. Mais du coup on fait forcément beaucoup de demandes de subventions sur les projets qu’on va mener, que ce soit les distributions alimentaires, que ce soit aussi. Bah par exemple, là en ce moment, c’est le mois de mars, c’est le mois de l'égalité chez nous, donc des campagnes qui sont sur justement les questions des discriminations et autres. Et donc on va faire des appels à projets justement pour choper des subventions et pouvoir mener à bien notre activité syndicale. Mais du coup, on a très peu d’adhésions parce que les adhésions sont à 2 € chez nous vu que les étudiants sont précaires. Donc c’est vraiment des financements associatifs vis à vis justement des collectivités.
Moi Et alors on a compris que chez les lycéens c'était beaucoup plus compliqué. Est ce que humaniste, tu pourrais nous donner quelques infos ? Ouais non. Bah en fait c’est simple, avant ça se faisait pas comme les syndicats étudiants avec de l’argent public. Donc effectivement c’est plus le cas, ce qui a vraiment changé notre manière de faire et et aujourd’hui on est financé du coup uniquement par nos adhésions qui pour le coup, là comme c’est une nouvelle organisation, il faut le temps de remettre en place un système un peu unifié etc mais qui en gros sont autour de 5 € et qui permettent du coup auparavant d’avoir déjà une certaine ressource financière. Et puis en plus, il y a des demandes, effectivement, des financements pour le coup, des syndicats étudiants en partie et surtout des syndicats professionnels qui nous aident quand il faut commander du matériel ou alors directement nous font des virements et des locaux où sont prêts des locaux. Mais en fait ça se fait aussi beaucoup au niveau local. C’est à dire que par exemple sur un truc vraiment pratique, mais l’impression de tracts qui est l’un des trucs, les fondamentaux on va dire, c’est pas comme certains syndicats qui ont eux mêmes qui achètent des imprimantes, de ne pas fabriquer le matériel et nous, bah par exemple, comme on a des bons liens, que ce soit avec les syndicats étudiants ou avec les syndicats enseignants au niveau local, eh bien c’est en fait à chaque fois la cellule, que ce soit de la FSU ou de n’importe quel syndicat qui va prêter au niveau local de quoi, de quoi fonctionner. On fonctionne beaucoup comme ça. Et après, sur les campagnes, les événements nationaux, ouais, ça se fait avec des donations des autres syndicats. Donc effectivement, c’est un modèle qui est plus compliqué. Mais quand je vois par exemple le dernier congrès, si les gens veulent aller voir les photos, c’est possible. Ce qu’on a réussi à réaliser, c’est à dire de faire venir énormément de personnes, de payer tous les frais, etc. Bah avec la masse financière qu’on a, c’est vraiment c’est pas facile quand on arrive à le faire, on est on est contents et mieux en témoignant. Bon mais génial ! Alors une dernière question sur la question de vos organisations etc. Et ensuite on va parler du vif du sujet. Quoi que c’est intrinsèquement lié sur la question du poids, la marge de manœuvre qui est la vôtre au sein justement des deux institutions lycéennes universitaires. Euh bah on peut commencer cette fois ci par parler lycéen. Comment ? Comment ça se passe Comment ça se passe, manifestant que vous avez votre place dans les instances représentatives ? J’ai cru comprendre que non. Comme tu nous l’a indiqué, quelle est la marge de manœuvre d’un syndicat lycéen aujourd’hui dans le champ de l'éducation nationale ? Ouais bah nous on se réfère à une doctrine qui est un peu traditionnelle, qui est un pied dans la rue, un pied dans les instances. Du coup, pour ce qui est des instances au niveau local, on est assez représentés, même si ce n’est pas facile, mais en tout cas on a quand même un maillage local qui est assez ancré, qui nous permet quand même d’avoir des informations quand il va y avoir des choses qui se font dans les lycées, etc. Et au niveau national du coup on est pas élus dans l’instance nationale qui est le Conseil supérieur de l'éducation, mais il y a justement l’union étudiante qui nous prête un siège de suppléance, qui nous permet d’assister aux réunions, etc. Et de quand même avoir des informations privilégiées entre guillemets. Et après, ce qui est le plus important, c’est clairement l’action syndicale. Là dessus, tout le monde a vu que la mobilisation syndicale durant la réforme des retraites était très forte, que la mobilisation des lycéens l'était et c'était en partie importante du fait des syndicats lycéens de l'époque. Et là, effectivement, pour nous, c’est le grand enjeu en fait de montrer qu’on est capable de mobiliser justement sur le terrain les lycéens, les lycéennes. Et ça, pour le coup, ça va se faire dans les semaines, les mois à venir. Il y a eu une bonne, une bonne dynamique. Déjà le 1ᵉʳ février, il y a eu des grèves assez massives d’enseignants qui ont été suivis d’un début de mouvement lycéen avec des blocus, etc. Ce qui a abouti à la démission de la ministre que tout le monde connaît maintenant. Et la médaille olympique de la connerie n’en fait ses vacances. Et. Et du coup du coup voilà, c’est un peu long mais on va revenir sur tout ça mélangé et du coup est mis du côté des syndicats étudiants, en l’occurrence de l’Union étudiante. Il y a une marge de manœuvre sur le plan des instances qui est plus importante, notamment au niveau des conseils d’administration des groupes. Est ce que tu vas nous en parler ?
Ok, je vais essayer de faire ça moi. Enfin pas barbant, mais en gros, ce qu’il faut comprendre, c’est que pour le coup, les universités, il y a quand même ce côté un peu démocratique qui existe vraiment. Ça dépend des universités, forcément, c’est un peu compliqué parce que depuis des années en fait, les modèles d’universités vont changer et donc on n’est plus sur quelque chose qui va être uniforme de partout en France, mais en gros, dans la plupart des universités, on va avoir du coup deux instances qui sont vraiment en train, qui existent, ça va être le conseil d’administration et la commission de formation universitaire dans lequel, du coup, bah, les étudiants vont se présenter. Aujourd’hui, on est deuxième force si on prend justement ces résultats là, ces résultats là qui se font tous les deux ans, mais où en gros, on a des élections, mais tout le temps, tout le temps, c’est horrible. Mais du coup, on a ces élections là en parallèle de ça, on a les élections au CA du CROUS qui sont pour le coup une fois tous les deux ans partout en France en même temps, c’est là où on a gagné du coup il y a moins d’un mois et après derrière, on va aussi avoir des choses qui se font au niveau national, donc le CNU. Et pour le coup, les syndicats étudiants sont bien plus écoutés que les syndicats lycéens notamment parce qu’en gros on a le rapport de force pour le faire. Il y a des lois qui ont été passées dans les années 60 qui font que la démocratie étudiante a commencé en mai 68.
C’est ça. Et donc forcément, on est bien plus écoutés. Après, tout va dépendre aussi de l’université quand on parle du niveau local, de l’université dans laquelle on est, forcément, il y a des universités avec des présidents de droite, c’est beaucoup plus compliqué. Il y a des universités avec des présidents de gauche où ça se passe super bien, mais. Mais du coup, on a vraiment un maillage territorial avec plein d'élus locaux de partout, etc. Et on a vraiment moyen de faire changer les choses. La seule question c’est justement de réussir à organiser tout ça. Et c’est aussi un peu pour ça qu’on crée l’union étudiante, pour faire en sorte d’avoir un vrai maillage territorial et des vraies formations pour tout le monde, pour faire en sorte que les droits étudiants puissent être conservés, voire en gagner de nouveaux.
Très bien. Alors avant deux, moi qui voulais tout de suite entrer dans le vif du sujet sur l'état des lieux de la situation dans les lycées, les facs, les projets de réforme, les attaques du gouvernement. On a juste une autre question du chat d’avant qui me paraît aussi pertinente. Encore une fois citée, je te construirai qui demande combien de membres avez-vous au sein de chacune de vos organisations, pour combien de syndiqués ? Ce qui paraît aussi intéressant qui pourrait nous donner une idée de l'état des forces en présence dans vos organisations, MAN. J’ai une organisation assez récente. Ouais. Bah du coup, comme je l’ai dit, il n’y a pas de système d’adhésion uniquement qui.
Permet d’avoir vraiment Le truc. Mais non, on est autour de 3500 lycéens et lycéennes qui sont militants à L’UCL et pour le coup, moi ça me paraît pas énorme comme ça. Et de fait c’est pas non plus énorme, mais ça fait quand même réparti sur le territoire une certaine force de frappe puisqu’on sait que ensuite, il va y avoir autour des gens qui vont se rajouter quand il va falloir se mobiliser par exemple et euh. Et voilà. Et après ? Du coup, d’un point de vue représentativité, comme les élections ne sont pas directes, c’est compliqué de savoir.
Eh bien c’est un peu la même chose, c’est que nous c’est difficile d’avoir un chiffre exact parce que du coup il n’y a pas de système d’adhésion national, surtout au niveau local. Mais en gros, aujourd’hui, on estime à 30 000 le nombre d’adhérents sur le territoire français, à savoir que ça va varier selon les villes notamment. On a des. Enfin, on a des sections où il y a. 2000 503 000 adhérents sur des facs qui représentent 20 000 personnes là ou sur des facs qui sont plus beaucoup plus grosses, on va avoir moins d’adhérents, donc c’est un peu compliqué. Mais du coup, en terme de militants, on estime à 10 000 le nombre de militants sur la France. C’est des estimations, forcément, on n’a pas les chiffres exacts, mais c’est sur 3 millions d'étudiants aujourd’hui, ça représente très peu par rapport à des chiffres qu’on a pu connaître dans le syndicalisme étudiant. Mais c’est dans les années 60-70 où le syndicalisme, c’est ça qui faisait tout dans la vie étudiante, là où aujourd’hui il y a vraiment eu un éclatement du syndicalisme étudiant et du pouvoir. Dire qu’on a 30000 adhérents, c’est déjà énorme.
En tout cas, c’est très intéressant. C’est les informations que vous nous apportez tous les deux en tant qu’acteurs des organisations, des organisations syndicales de jeunesse. Et c’est très important pour nous parce que ça suscite la curiosité des camarades, des amis qui nous écoutent sur ce post. Mais on pourra d’ailleurs y revenir tout au long de l'émission, mais juste avant. Si David ne fait pas trop le bazar.
en Mai mais juste avant faire revenir sur les projets de réforme du gouvernement, ils sont nombreux concernant l'éducation nationale et l’enseignement supérieur. Vous interrogez sur le regard du maître en lui le regard que vous portez sur ses différents projets de réforme avant toute chose. Mais il y a un premier sujet qui me semble majeur, que je voudrais évoquer avec vous parce que l’on vit une période d’austérité absolue de la part du gouvernement où il y a des coupes budgétaires à n’en plus finir. Il y a une coupe budgétaire de plus de 10 milliards d’euros qui a été annoncée au mois de février 1 nouvelle qui est déjà annoncée pour 2025, ce qui a été annoncé l’heure en commission des finances et qui c’est les coupes budgétaires qui touchent particulièrement l’enseignement supérieur et l'éducation nationale, et en l’occurrence la situation, elle est désastreuse. Moi qui suis étudiant, par exemple à Paris, cité par cette université annonce une coupe budgétaire pour le budget de 2024 de 30 millions d’euros, ce qui est assez conséquent, soit 20 % du budget actuel. Est ce que tu pourrais nous faire un point justement sur cette situation d’austérité dans les facs ? Voilà, nous nous faisons un petit topo et votre analyse avec l’union étudiante sur cette situation.
Ok, alors pareil, toujours me dire si je commence à me perdre un peu. Mais en gros, ce qu’il faut comprendre aujourd’hui, c’est que depuis les années 2000, on a une grosse vague justement de précarisation et de privatisation des universités notamment. En gros, les universités doivent être de plus en plus indépendantes de l'État. Les coupes budgétaires qu’ont à être touchées un peu les universités, mais pas tant que ça. Le seul truc, c’est qu’elles sont sous-financées. Elles n’ont pas assez de thunes pour faire tout ce qu’elles ont à faire. Notamment, on pense à l’année dernière je crois, ou il y a deux ans on avait des facs qui avaient fermé pendant l’hiver et même maintenant ça continue faute de chauffage et du coup ils avaient dit non mais on va faire des économies d'énergie du coup, on va faire une semaine de vacances supplémentaires, mais du coup c’est au détriment des étudiants. Et pour le coup, en gros, ces coupes budgétaires, elles ne sont pas surprenantes non plus parce que justement l’Etat a annoncé qu’il y aurait 10 millions, 10 milliards d'économies qui devaient être faites parce que ça a été promis à l’Europe, forcément, fallait couper quelque part. Bien évidemment qu’on va aller couper dans l'éducation et l’enseignement supérieur parce que ce n’est pas des priorités du gouvernement. Sauf qu’aujourd’hui, ce qui vaut, ce qu’il faut avoir en tête, c’est que la jeunesse et les précaires, que ce soit les lycéens, mais comme les étudiants, les étudiants, on l’a vu depuis le qu’Ovide, les fils alimentaires, enfin, au distribution alimentaire, on l’a vu aussi avec par exemple les luttes sur le repas, 1 € qu’on avait réussi à avoir mais qu’en fait on a plus, etc, etc. Et là, par exemple, à la rentrée, il y a eu un gros scandale vis-à -vis du logement où le groupe n’a pas réussi. Enfin c’est pas le gros, c’est le gouvernement qui n’a pas donné. Ah c’est une crise pour justement construire les résidences que le gouvernement avait promis. On a des étudiants du coup qui ne sont pas. On a par exemple sur Paris je crois, c’est un logement pour 90 étudiants à peu près ou 60.
J’ai vraiment mis en lien avec le. On va revenir sur cette question du logement, mais juste avant, parce que cette situation-là d’austérité, elle concerne aussi les lycées. Elle a des effets directs pour les conditions d'étude des lycéens, des lycéennes et on l’a vu là dans l’actualité, avec la situation au lycée de Cachan, notamment dans le Val de Marne où les conditions d'études sont déplorables pour ces plus de 2000 élèves. Un des plus grands lycées d’Ile de France, on le voit aussi en Seine-Saint-Denis, avec des vidéos qui apparaissent de plus en plus nombreuses sur les réseaux sociaux où on voit des rongeurs se balader dans les lycées. Est ce que tu pourrais nous parler de cette situation ? Oui, il y a une coupe budgétaire sur les lycées qui est assez impressionnante et du coup je voudrais nuancer ce que tu dis sur l’austérité. Oui, un plan d’austérité, mais par contre pour le CES NU là, il y a de l’argent, donc on voit que ce n’est pas un souci de on a besoin de faire de l’austérité. C’est une décision politique qui consiste à enlever de l’argent dans les lycées. Donc nous, là dessus, nos différents chevaux de bataille, c’est qu' il y a effectivement, d’une part le bâti qui provoque vraiment pour le coût des. Révolte si on peut appeler ça comme ça au niveau lycéen, parce qu’il faut se figurer ce que c’est. Heureusement, ce n’est pas tous les lycées, mais quand on est dans un lycée et que c’est pas chauffé, qu’on a de l’amiante qui tombe du toit ou qu’on a des sanitaires qui sont dans un état horrible, c’est vraiment quelque chose qui est, qui est d’un point de vue hygiénique et d’un point de vue de conditions d'étude inacceptables. Et les lycéens de Cachan ont bien raison de se mobiliser, là. Je crois que c’est une question de bataille pour le coup. Et effectivement. Alors ça. On voit d’ailleurs que quand on fait des mouvements lycéens au niveau local, dans le lycée, quand on se mobilise avec les professeurs, on arrive à obtenir des victoires, on arrive à obtenir des rénovations de lycées. Donc il ne faut vraiment pas. Moi j’encourage tous les lycéens qui sont dans ces conditions là à organiser des mouvements au niveau local, parce que c’est vraiment nécessaire face à l’ampleur du désastre sanitaire aujourd’hui, notamment sur l’amiante où je crois que c’est 30 % des lycées qui pourraient avoir un risque qu’il y ait de l’amiante et qu’on identifie pas. Après, il y a évidemment les conditions d'études au niveau plus large, déjà sur les professeurs, mais de moins en moins de professeurs, énormément de profs qui ne peuvent pas être remplacés, je veux pas dire qui sont absents ou quoi, mais parce que c’est pas le cas. Mais en tout cas, le problème vient de là. Il vient du fait qu’on s’est d’argent pour embaucher des profs et que les profs on les paye pas assez bien pour le travail, que c’est vraiment pas facile. Et du coup, ça c’est un énorme problème pour les lycéens parce qu’il ne faut pas croire, mais quand on a des enseignants de spécialités qui ne sont pas tenus sur six mois ou sur toute une année et ça existe, il y a vraiment des cas comme ça, c’est extrêmement compliqué et on ne peut pas être au même niveau que les autres élèves et ça crée une situation d’inégalité scolaire qui est vraiment très, très forte. Donc il y a d’une part ça aussi, et après sur la situation budgétaire pour les lycéens, c’est aussi la cantine qui a augmenté avec le comité et qui fait que aujourd’hui y a de plus en plus de lycéens qui peuvent pas manger à la cantine de 12h qui soit doivent rentrer chez eux, manger des trucs moins chers, mais en tout cas qui qui sont de ce fait exclus socialement de ce lieu qui est la cantine et qui surtout ne peuvent pas subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Et là-dessus, il n’y a pas de dispositif suffisant. Et nous on est pour la gratuité des cantines. Et dernièrement, je terminerai là-dessus, il y a aussi un enjeu sur tous les coûts de la vie scolaire, que ce soit acheter les fournitures scolaires, que ce soit assurée tout simplement le fait d’aller en cours, je ne sais pas. Par exemple en Ile de France, pas avec le net. Il y a souvent des lycéens qui sont dans des lycées très éloignés de là où ils sont et donc ils ont besoin de prendre le métro et souvent ils n’ont pas les moyens pour payer les moyens de transport qui sont nécessaires. Donc il y a toutes ces questions-là, ce qui fait qu’il y a une précarité, vraiment, c’est-à -dire une fragilité financière qui s’est installée sur les lycéens. Alors, évidemment, les lycéens sont plus dépendants de leurs parents, mais de ce fait, ils n’ont pas forcément. En tout cas, ils ont un peu moins de problèmes. On va dire que les étudiants qui eux, pour le coup, sont dans des situations encore plus compliquées au niveau global. Mais ça reste vraiment des conditions qui se sont dégradées ces dernières années. Il faut vraiment se mobiliser là-dessus. Et c’est vrai que un est mis cette situation de précarité de la jeunesse des lycéens et en l’occurrence des étudiants. Elle est particulièrement visible en ce qui concerne les étudiants du moins elle a été visibiliser à l'époque notamment du qu’Ovide et des différents confinements avec ses et ses fils l’immense défi de distribution alimentaire. Ça a suscité beaucoup d’indignation. Face à cela, le gouvernement également à partager ses bons sentiments en la matière. En l’occurrence, force est de constater, il me semble qu’il n’y ait eu aucune avancée malgré vos nombreuses revendications en termes de lutte contre la précarité dans le monde étudiant.
Mais en gros, il y a enfin, il y a eu très peu d’avancées. C’est souvent justement des effets d’annonce, notamment si on prend le logement. En gros, au début du quinquennat, c'était on construira 60 000 logements, c'était Vidal à l'époque qui était ministre. Ensuite. Ensuite, en gros, il y a eu que, enfin il y a eu une petite partie qui a été construite, etc. Au moment où c’est Retailleau qui devient ministre. Donc la ministre actuelle, c’est non, mais on va construire 30 zéro zéro zéro logement. Et en fait c’est juste, ils font des effets d’annonce à chaque fois qu’il y a un problème, etc. Mais derrière ils ne le tiennent pas. Notamment, on pense par exemple à la réforme des bourses. En gros, l’année dernière c'était le gros sujet pendant la réforme des retraites de dire bon bah nous on était en négociations pour une réforme des bourses ou bien nous on demande forcément le revenu étudiant, mais ou on dit justement qu’en fait les étudiants sont précaires. Aujourd’hui on a un seuil de pauvreté qui est à 1 158 €. En fait, ce serait normal que de faire en sorte que notre jeunesse et de quoi vivre et donc et en revenus étudiant à hauteur de ce seuil de pauvreté là pour ne pas avoir à travailler, On fait les raisons, enfin on pose nos revendications, on essaye de construire quelque chose. L’annonce sur la réforme des bourses arrive justement. Au lendemain du plus grand jour de mobilisation des étudiants, donc autour de Mars. Et en fait le truc c’est que bah en fait, on nous a juste augmenté un tout petit peu les bourses, même pas à hauteur de l’inflation, on a augmenté à hauteur de 30 € pour les. Mais enfin, ça n’aide pas. Et globalement, on nous a dit mais vous allez voir, on gèle les loyers, chose qui arrive depuis 2020. Sauf qu’en fait ils ont augmenté les charges à côté, donc ça ne nous aide même pas.
Il y a même. Une annonce du gouvernement annonçant cette année une augmentation de trois 3,5 %.
Je vais faire attention parce que c’est 3,5 de loyer, mais il y a aussi les charges et donc on a par exemple. Enfin, c’est le pire exemple que j’aie pour le moment en tête. Mais à Grenoble, il y a une résidence, c’est 47 % d’augmentation. Est ce qu’ils augmentent les charges à balles à côté ? Mais vous n’inquiétez pas, c’est 3,5 % sur le loyer. Sauf que les logements CROUS sont à. Le loyer plus les charges qui sont qui sont impayés.
Donc on va revenir prendre le temps d’en venir sur ce mépris des conditions de vie de la jeunesse. Et justement à ce sujet, il y a Cyprien. 666 Si je dis pas de bêtises, qui dans le tchat nous met un témoignage concernant le sujet qu’on a évoqué précédemment sur les conditions d'études délétères qui nous dit c’est comme ça quasi partout à Rennes deux, c’est un enfer, Il y a tout qui tombe en rade, des trous, des fuites, des ampoules qui marchent, pas du bruit, pas de prise électrique, genre une prise pour 18 personnes à l’abus des travaux en permanence pour colmater, etc. Et c’est vrai que ça, c’est un témoignage très éloquent en l’occurrence, qui nous parle de la situation d’une université. Mais enfin, selon vous, sur le plan politique, au delà de constater ce phénomène, de quoi est-il le nom ? De quoi cette réalité est-elle le nom d’un mépris des étudiants de la part des étudiants, des conditions de vie étudiante, de l'éducation ? Ben peut être que non. Oui, clairement, c’est du mépris, c’est du on pourrait dire du manque de considération. Mais en fait c’est surtout que voilà, ils sont complètement déconnectés, ils n’ont pas conscience. Quand je dis ils, c’est les gens qui nous gouvernent en fait, ils n’ont pas conscience de la réalité de ce que c’est. Il n’y a qu'à voir qu’effectivement quand ces enfants, ils sont dans le privé toute leur scolarité et que je pense que les enfants de ces amis c’est le cas aussi, évidemment, eux ils ne savent pas en fait quelle est la réalité de l’enseignement public aujourd’hui. Et l’enseignement public, c’est là où il y a quand même la grande majorité des lycéens, des lycéens et ils vont faire des réformes qui en fait, sont complètement décorrélé de ce qu’est la réalité de l’enseignement en fait. Par exemple, sur Parcours Up, ils ont fait la réforme en s’inspirant d’un modèle anglais qui était tout neuf aussi. Ce modèle anglais là n’a pas du tout fonctionné, ils l’ont fait sans aucun recul et depuis que c’est fait, ils n’arrêtent pas de faire des petites modifications qui parfois vont dans notre sens. Mais en fait, comme ils n’ont pas les retours, ils ne sont pas d’accord avec les organisations syndicales qui ne sont pas d’accord avec elle, ils écoutent ceux qu’ils créent eux-mêmes pour pouvoir discuter avec eux. Et en fait, bah ils n’ont pas conscience des réalités du terrain. Et pareil pour les lycées professionnels. Ils font une réforme qui est celle demandée par le Medef en gros, c’est à dire en fait qui met en entreprise juste les lycéens professionnels. Cette réforme a été rejetée très largement et elle a été appliquée sans vote de l’Assemblée nationale. En fait, quand il n’y a plus aucune démocratie sociale, il n’y a plus aucune démocratie, même à l’Assemblée, puisque cette réforme n’a même pas été discutée. En fait, évidemment, il n’y a pas d'écoute et il n’y a pas de considération. Ce qui est hyper frappant avec tout ça, c’est le décalage entre les discours, notamment Macron qui n’a de cesse, et Attal d’ailleurs également de dire que l'éducation est une priorité nationale. Et en parallèle, voilà une baisse constante des moyens. Alors on va revenir sur ces nombreux sujets. Il y a aussi de nombreuses réformes, voilà. Mais c’est surtout les effets d’annonce et j’aimerais qu’on les décrypte et qu’on prenne le temps d’en décrypter quelques- unes d’entre elles. On va peut être commencer sur les histoires de sélection de Parcours Up, parce que c’est quand même un sujet majeur ces dernières années, la sélection qui s’accélère à l’université avec la plateforme en master aussi, mais qui touche et qui frappe essentiellement avec Parcours Up. Les lycéens qui, pour beaucoup d’entre eux, se retrouvent sans affectation. Ici, c’est un phénomène majeur. Il y a des données en la matière. Est ce que tu pourrais nous aussi citer certaines d’entre elles ? Oui, Alors c’est compliqué d’avoir des données parce que même les données sur les affectations, en fait, on ne peut pas vraiment les suivre parce que, en fait, ils nous forcent à mettre dix vœux. Mais le neuvième, il n’a rien à voir avec le premier. Donc on peut très bien être accepté dans quelque chose qu’en fait on ne voulait pas à la base. Donc en termes de chiffres, c’est compliqué de savoir. Ce qu’on sait, c’est qu'à l’issue de la première phase en général de Parcours Up, ça augmente chaque année. Mais l’année dernière, c'était quatre 20 000 lycéens, il n’y avait aucune affectation et ensuite on les perd un peu. Mais on suppose qu’il y a quand même des milliers, voire des dizaines de milliers de lycéens, édition qui à la fin de ces phases là, n’ont pas en fait de proposition d’aller à l’université ou ailleurs. Et souvent ceux qui ont les moyens, peut-être, vont se payer une université privée, une université, une école, mais ceux qui n’ont pas les moyens y vont aller travailler, tout simplement. Et donc effectivement, Parcours Up, c’est une plateforme qui on le sait et aujourd’hui, enfin je veux dire, je pense que tout le monde est d’accord là-dessus, tous ceux qui connaissent des gens dans leur entourage, qui ont eu à vivre cet enfer, savent que c’est en terme de stress, en termes de conditions, quelque chose qui n’est absolument pas acceptable et qu’il faut enlever de toute urgence. Il faut installer un nouveau système plus égalitaire. Mais c’est un dernier instant. Mais j’ai vu passer une étude en janvier plus fait référence exacte mais qui mettait en exergue qu’effectivement au moment des vœux Parcours de la formulation des vœux Parcours Up, il y avait une explosion des consultations pour les professionnels de la santé, chez les psychologues notamment, bien sûr, mais c’est un enjeu de stress qui est majeur. Parce que OK, on a supprimé des épreuves, des épreuves de bac, mais en fait déjà on en a mis d’autres à la place et en plus de ça, on a mis un contrôle continu qui est juste dégueulasse. Ça fait quand on est stressé sur deux ans en continu, avec une pression en général des professeurs, des personnels de l'établissement qui est très forte et une sélection qui se fait de manière complètement inégalitaire. Mais c’est-à -dire que moi, l’année dernière, j’ai connu des gens qui avaient des moyennes assez basses, mais qui ont été envoyés dans des filières qui n’ont pas choisi, que ce soit des filières technologiques ou alors des filières de spécialité qu’ils n’ont pas choisies. Et ça, c’est absolument pas acceptable. Et au fil du temps, on a quand même une sélection qui s’opère non seulement pour aller pour entrer à l’université, ça tout le monde le voit en fait.
Il y a eu pendant dix ans. En gros, je crois que c’est une université qui a ouvert en disant à moyens constants sans créer d’universités, en gros l'équivalent d’une université. Il me semble que c'était ça le chiffre, en gros, qu’il y a beaucoup plus d'étudiants et qu’on aurait pas de concret, pas de poste, qu’on n’aurait pas les moyens de les accueillir. Et du coup, juste une si on doit parler dans les termes de marché qu’ils utilisent, il y a une demande qui est beaucoup plus forte que l’offre et du coup il crée un moyen complètement inégalitaire, complètement qu’on ne connaît pas. C’est comme du loto en fait de sélectionner les lycéennes et les lycéens et c’est ah.
Non, non, mais quand même.
Et d’ailleurs ça fait que dès le dès le collège aussi, en temps de bruit plus vague. Oui, voilà, ce que je voulais dire, c’est qu’en fait, on ne peut pas découler de toute la nouvelle manière d’organiser le second degré. Par conséquent, et c’est en cohérence avec le nouveau bac, le nouveau lycée qui a été mis en place par Jean-Michel Blanquer, ça c’est cohérent et que du coup, la sélection, elle se fait à la sortie du collège, elle se fait en seconde et elle se fait en fait à un troisième stade qui est pour aller à l’université. Et alors ? C’est vrai que. Et du coup, juste pour un pour reprendre, c’est les conséquences de Parcours Up. On les voit dans les facs avec beaucoup d'étudiants qui du coup ne sont pas affectés dans des classes, dans des filières qui étaient les leurs. Premier vœux, le premier choix et donc qui abandonnent forcément parce que ça ne leur convient pas, alors ça ne leur plaît pas. Et ensuite, avec une sélection des places de licence qui sont de plus en plus nombreuses à fermer, les masters, n’en parlons même pas avec une plateforme dont j’aimerais que tu nous parles aussi tout à l’heure, qui est mon master. Alors je te laisse la parole. J’ai vu que tu voulais peut-être.
Je voulais réagir justement sur le message qui va commencer à disparaître, sur les grands médias, sur justement le fait que bah on donne pour le coup des financements à l’enseignement supérieur privé alors que justement dans l’enseignement supérieur public il a clairement pas assez pour justement se développer etc. Je crois que si je ne me trompe pas, il faudrait trois universités pour justement accueillir toutes les personnes aujourd’hui. Mais en gros, en fait, ce qu’il faut aussi avoir en tête, c’est que par exemple sur Parcours Up aujourd’hui, il y a des formations privées qui sont certifiées par l'État pour donner des diplômes, etc. Mais qui notamment hier, enfin au début de Parcours Up, etc qui étaient déjà dessus mais qui ne disaient pas qu’il y avait des frais d’inscription et du coup c'était bon, j’ai été pris trop bien.Ah ok, 10 000 € l’année, Super ! Et en gros, en fait aujourd’hui, le gouvernement c’est son but. Oui, c’est de privatiser l’enseignement supérieur, de privatiser l'éducation parce que c’est les logiques dans lesquelles on est, C’est des logiques néolibérales dans lesquelles on est et c’est logique que ce ne soit pas que sur justement l’ensemble de la société, mais pas l’enseignement supérieur ou l'éducation. Bien évidemment qu’on va aller monétiser tout ce qu’on peut et et aujourd’hui justement, on a une privatisation de l’enseignement supérieur avec d’un côté l’enseignement supérieur privé qui va être financé par l'État, mais aussi justement l’enseignement supérieur public qui va devoir aller chercher des financements privés pour pouvoir fonctionner. Et. Et pour le coup, ça on le retrouve dans Parcours Up, on le retrouve aussi dans mon master. Et pour le coup, bah en fait, cette logique de sélection, elle va aussi avec cette privatisation parce que vu que le public a plus de thunes pour fonctionner normalement etc. On va fermer des places mais on ne va pas forcément en ouvrir. Là où les étudiants veulent aller, on va en ouvrir dans des secteurs qui vont être lucratifs, c’est à dire des filières qui vont être d’excellence, là où bon, bah forcément, on va pouvoir avoir un métier d’avenir finalement, mais un métier d’avenir qui a été choisi justement par les patrons. Et on le voit par exemple, c’est à Clermont-Ferrand, il y a littéralement des filières qui sont financées par C’est une super marque de pneus qui du coup en fait financé une filière, maïs pour former sur des diplômes qui vont être avec une date de péremption et tu dois y retourner et tu dois payer forcément ta formation.
Il va prendre le temps de s’attarder justement sur cette visite promiscuités entre le monde du privé et la privatisation, disons le clairement du monde de l'éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Mais peut être que pour introduire ça, il faut dire que sous Macron il y a une proximité absolue. Entre le monde privé et la question de l’enseignement et de l'éducation. Et quand on regarde notamment les ministres de l'éducation nationale, la tête concerne un peu plus Manès. On remarque que de Jean-Michel Blanquer à Thales, en passant par Papandréou et Castéra, ce sont tous des ministres qui ont des liens avec l’enseignement privé, l'école alsacienne notamment. C’est vrai que c’est assez révélateur, si je puis me permettre de le dire ainsi, du regard que porte le gouvernement et Macron sur l’Education Nationale. Oui, c’est un enjeu de classe en fait de classes sociales, c’est à dire aujourd’hui la haute bourgeoisie dont sont issus tous ces ministres, les enfants de la haute bourgeoisie. Ils vont dans le privé. En fait, c’est même devenu une évidence, alors que ça ne l'était pas forcément avant d’ailleurs, ou des castrats qui disaient qu’elle-même est allée dans le public. Comme c'était un argument, alors que je ne sais pas, il y a 50 ans. Mais elle par exemple, va mettre ses enfants dans le privé et c’est une évidence pour elle. Donc effectivement, cet enjeu dont je parlais de déconnexion, et effectivement du fait qu’aujourd’hui tous les gens qui nous parlent d’enseignement supérieur, tous les gens qui nous parlent de second degré, envoient leurs enfants dans des écoles privées et que nous, nos dirigeants, jamais ils vont à l’université, jamais ils font, ils parlent de recherche, ils méprisent d’ailleurs le champ de la recherche universitaire. Mais est ce que eux, ils savent ce que c’est que la recherche ? Non, ils ne savent pas. Ils n’ont pas fait de thèse, ils n’ont pas fait de trucs comme ça, ils sont tout de suite allés dans des organismes plus technocratiques. Et donc il y a vraiment non seulement une méconnaissance, mais juste un isolement de classe en fait, par rapport à ce qu’est aujourd’hui le monde de l’enseignement. Et alors du coup, je le disais, c’est vrai qu’il y a, voilà une volonté de privatiser l’enseignement de l'éducation nationale et l’enseignement supérieur. Et on le voit très concrètement, tu le tu l'évoquer, et j’aimerais qu’on revienne là-dessus avec la réforme de l’enseignement professionnel où effectivement on voit que l’enseignement professionnel est de plus en plus considéré, comme par le gouvernement, comme un peu l’antichambre du monde professionnel où en gros on diminue de plus en plus les les cours dits théoriques, les cours de français, les cours d’histoire, les cours de langues étrangères au profit de la formation dans le monde de l’entreprise qui prend le pas sur la place et le rôle des lycées et sur le rôle de l'Éducation Nationale avec des périodes de stages de plus en plus longues, etc. Et pareil à la fac. Et je vous laisserai la parole l’une et l’autre tout à l’heure à ce sujet, où on voit qu’effectivement, notamment avec la question de l’autonomisation des universités, il y a de plus en plus de places qui sont données dans les conseils d’administration aux entreprises et d’ailleurs dans les critères d'évaluation aussi, les CTS, etc. Dans les facs, on voit qu’il y a un lexique qui est de plus en plus, enfin, comment dirais-je, vous tâcherez et tâcherons, on va dire on prépare des futurs travailleurs, des futurs professionnels. Est-ce que la fac n’est plus là ? Uniquement les lycées pour former, pour émanciper, pour apporter des connaissances, mais juste pour préparer de la main d'œuvre ? Et est ce que vous pourriez revenir donc sur ce constat à la fois dans les dans les lycées puis dans les dans les universités où c’est clairement l’objet de la réforme du lycée professionnel qui est passée récemment ? En fait, il existe aujourd’hui une différence entre apprentissage et apprentissage technique en lycée professionnel, mais qui en fait va devenir au fil du temps artificiel, au fil des réformes qui font. Parce qu’en fait c’est une logique longue et des gouvernements de gauche comme de droite entre dans la même logique de OK, il faut très vite spécialiser, il faut très vite mettre les gens dans un métier pour qu’ils y restent toute leur vie. Et donc il faut augmenter les périodes de stage, baisser les périodes de cours en fait simplement. Et ça évidemment, nous on s’y oppose déjà d’un point de vue idéologique. C’est à dire que dans le monde dans lequel on vit, où des centaines de métiers vont petit à petit être modifiés, être remplacés, on a besoin d’enseignements techniques précis, on a besoin de vraies compétences pour assurer la transition écologique dont on a besoin.Et ce n’est pas en spécialisant au maximum les gens dans un métier qu’on va assurer des travailleurs formés, des ouvriers en France formés. Il faut des métiers manuels, on va en avoir besoin et on a besoin de gens qui soient qualifiés. Et c’est ce que demandent les gens qui sont dans ces lycées-là, en fait. Et donc il ne faut absolument pas mépriser comme ils le font l’enseignement professionnel, parce que c’est vraiment une filière qui est très importante. Et c’est de même d’ailleurs pour l’enseignement technologique, mais, mais en l’occurrence, eux, leur but c’est juste en fait de donner du temps aux entreprises. D’ailleurs, il y a beaucoup de témoignages de lycéens, de lycéens en lycée professionnel qui témoignent du fait que dans certaines entreprises, les périodes de stage ne sont pas du tout contrôlées. On leur donne juste des tâches sans les rémunérer et ils n’apprennent pas vraiment. Alors ça dépend évidemment des cas. Mais en l’occurrence, cette réforme du lycée professionnel ne va absolument pas dans le bon sens. Et d’ailleurs tout le monde l’a dénoncé, même les syndicats dits proches du gouvernement, même la FAGE, même des très forte mobilisation. Oui, malheureusement, elle n’a pas abouti et elle a été fractionnée dans le temps parce que cette réforme, en fait, a été faite dans la manière dont elle a été mise en application pour qu’il n’y ait pas de mobilisation. C’est-à -dire qu’ils ont étalé ça sur deux ans avec à chaque fois des annonces qui se faisaient petit à petit et pas de vote à l’Assemblée nationale. Ce qui a fait que oui, il y a eu des mobilisations massives mais vraiment massives, des enseignants de lycée professionnel, des élèves de lycée professionnel aussi, mais qui malheureusement n' ont pas abouti du fait que eux ont choisi une méthode d’application qui est faite pour qu’on n’arrive pas à les contrer. En fait, et je n’en parle pas, mais aucune, aucune concertation, ça c’est l’habitude. Et donc effectivement, cette réforme là est passée et c’est une priorité dès qu’il y aura un mouvement social lycéen et on y travaille tous les jours, il va falloir, dans les premières revendications, dès qu’on commencera à être écoutés, qu’on pousse pour qu’il y ait des négociations sur la table sur cette réforme du lycée professionnel avec les organisations représentatives qui savent en fait quelle est la réalité de ce qui se passe dans le lycée professionnel. Et de même pour les lycées généraux technologiques où on a des problématiques similaires. Mais en tout cas, pour revenir sur cette question de l’intégration du travail, oui, le but de nos gouvernants, quand ils font ce genre de réformes, c’est de mettre les lycéens, les lycéennes directement en entreprise, au travail, pour qu’ils y restent le plus longtemps possible et qui soient non pas former en tant que citoyen, mais en tant que en tant que main d'œuvre du patronat et mis en œuvre. C’est bien que cette logique managériale, si je puis dire, continue dans les dans les facs et notamment avec l’acte deux annoncé par Macron de l’autonomisation des universités.
peut être découpé en deux. Ce qu’il faut comprendre aussi, c’est que cette logique là de deux stages et d’alternance au niveau du lycée professionnel, on le retrouve aussi aujourd’hui à l’université, notamment avec une multiplication des alternances au niveau du lycée, du lycée, au niveau de la licence mais aussi du master avec pour le coup Macron qui dit on doit mettre beaucoup plus d’alternance dans l’enseignement supérieur. Les entreprises bien évidemment sont très bien rémunérées pour justement prendre des alternants, y vont avoir des aides vraiment qui vont leur permettre de l’avoir enfin très peu cher. Donc c’est de la main d'œuvre presque gratuite pour eux et. Et donc c’est une logique qu’on va aussi retrouver dans l’enseignement supérieur.
Et c’est avec un mépris total du champ de la recherche aussi par exemple, notamment.
Et est ce qu’il faut comprendre ce que tu disais tout à l’heure sur le fait que on retrouvait justement un vocabulaire maintenant à l’université justement, qui était plus c’est c’est la connaissance, c’est on va dire la lumière que d'être à l’université. Aujourd’hui, on a des modalités de contrôle des connaissances et des compétences. Et les compétences, c’est juste quelque chose qui est fait pour justement permettre une lisibilité pour les entreprises de ce à quoi correspond ce qui a été enseigné au niveau de l’université pour justement dire si oui ou non ça coach les cages, les cases. Justement du travail qu’on va vouloir faire, etc. Mais sur la question justement de l’acte deux de l’autonomie aujourd’hui, bon bah ça reste quelque chose de flou, ça a été dit, il faut passer à l’acte deux de l’autonomie des universités, donc pour le coup on l’invente pas, ça arrive. Mais aujourd’hui on essaye en fait justement de voir ce qu’il va y avoir à l’intérieur. Ça fait plusieurs années qu’on alerte sur la question de la hausse des frais d’inscription. On a déjà eu la hausse des frais d’inscription pour les étudiants qui ne sont pas d’Europe, qui du coup ont vu leurs frais d’inscription multiplié par dix. Et pour le coup, on sait que ça va être un des. Enfin, une des choses qui va se retrouver justement dans l’acte deux de l’autonomie, parce que les universités vont de plus en plus devoir chercher leur propre financement, le financement privé bien évidemment, mais aussi le fait que, à un moment, et Macron l’a dit, on ne peut pas continuer dans un pays où les études n’ont aucun coût et notamment en fait, c’est aujourd’hui, on a un gouvernement qui va théoriser l’enseignement supérieur comme un investissement sur soi même pour avoir un meilleur métier, etc. Sauf que c’est pas c’est pas ça. Aujourd’hui, notre société.
Sentierbattant nous dit que ça va être à l’américaine.
C’est ça, mais c’est littéralement ce qui est en train de se passer. On a une américanisation de l'éducation, notamment la réforme du bac, c’est littéralement ça. Mais. Mais du coup, aujourd’hui, on a un gouvernement qui théorise vraiment cet investissement sur soi-même, etc. Alors que non, l’université, l’enseignement supérieur, ça doit être quelque chose qui est ouvert à toutes et tous, qui est gratuit, et notamment parce que ce n’est pas un investissement sur soi même pour avoir un meilleur métier. C’est que c’est littéralement un investissement de la société sur sa jeunesse pour pouvoir progresser. Et plus on va avoir une jeunesse qui va être, qui va être qualifiée, qui va être en capacité justement d’aller innover et qui va être en capacité d’aller justement faire face à des défis comme la question du réchauffement climatique, Plus on aura une enfin un pays qui qui en s’agrandissant, etc. Et pour le coup, on a deux visions qui s’opposent celle de la néo libéralisation et du fait qu’on a un individualisme qui va être de plus en plus exacerbé et celle d’un investissement de la société sur sa jeunesse pour que cette jeunesse justement s'émancipe. Qu’elle soit en capacité d’aller faire face à tous ces défis.
Tu me fais une très belle transition. Est ce qu’il y a un sujet qu’on a survolé tout à l’heure mais sur lequel j’aimerais revenir ? Ce Celui qui, dans la même logique que la question de la précarité sur la question de la gratuité de l’enseignement. On dit souvent en France oui, le lycée, l'éducation nationale, l’université, c’est gratuit, c’est accessible à tous. Or, il y a la problématique majeure de la précarité qui a été soulevée, mais aussi et qui est dans la même logique, celle des frais d'études d’apprentissage ou dans les lycées puis dans les facs, n’en parlons pas en avons parlé tout à l’heure, mais c’est que dans les lycées, il y a un vrai, un vrai tabou, du moins un vrai a priori qui consiste à dire oui et bah vous venez au lycée, c’est gratuit. Alors qu’en réalité le lieu et le lycée est quand même vecteur et révélateur de tout un tas de d’inégalités sociales qui ont un impact sur les conditions d'études des lycées. Est-ce que tu pourrais nous en parler ? Oui. Alors en soi, le lycée c’est comme l’université, c’est à dire que oui, c’est gratuit, mais évidemment il y a énormément de coûts qui s’y ajoutent. J’ai déjà parlé de la cantine, des fournitures scolaires, etc. Et effectivement, ce n’est pas gratuit il faut dire. De plus, mais en tout cas il y a énormément de coûts. Alors ce n’est pas comme les écoles privées ou le lycée privé d’ailleurs, on va vraiment devoir payer pour le coût très cher. Mais. Mais le lycée est intrinsèquement reproduit. Les inégalités sociales de la société par tout un tas de biais sociologiques qui ont évidemment été étudiés, démontrés depuis plein d’années. Il faut d’ailleurs qu’on ait un discours là-dessus, même si on n’en parle pas beaucoup. Il faut aussi qu’on change aussi beaucoup des pratiques pédagogiques qui sont dans le lycée, parce que c’est aussi ça qui reproduit. Les inégalités sociales sont des devoirs notamment. Oui, évidemment, mais bien sûr complètement. Sur la question du fait qu’il y ait des devoirs maison, des travaux à faire à la maison, que aussi pas mal des formats en fait des épreuves se font d’une manière de laquelle ça va favoriser les dominants, par exemple sur la dissertation ou ce genre d’exercices qui sont très valorisés, notamment en première lors du bac de français. C’est quelque chose qui va faire appel aux compétences de personnes qui ont un capital culturel élevé et qui du coup vont avoir beaucoup plus de facilités en fait. Donc ne serait-ce que ces biais sociologiques là, en sortant des choses dont on a déjà parlé, pour le coup, des coûts vraiment matériels directs, il y a vraiment. Oui, complètement. Et c’est vrai que du coup, bon, c’est encore plus révélateur avec la fac et c’est important pour moi il me semble de dire et d’y revenir où effectivement il y a énormément d'étudiants y sont hyper nombreux, j’en connais qui en connais sûrement, mais également qui abandonnent leurs études faute de moyens de subsistance parce que en plus de leurs études, il accumule un voire plusieurs taf très précaire et donc ils n’ont pas le temps de se focaliser et de concentrer sur leurs études. Parce qu’effectivement il y a des véritables carences majeures en termes de logement. Tu en parlais tout à l’heure, j’ai un peu interrompu sur le Cross Fit, tu pourrais y revenir.
Mais peut-être pour poser un peu le décor entre guillemets. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que les études supérieures, techniquement oui, on est sur de la quasi gratuité parce que les frais d’inscription c’est 300 et j’ai vraiment un problème avec les chiffres, donc je vais arrondir, mais c’est 300 et KL qu’on a là, c’est vrai que c’est 100 €. Bon, on est à 400 € de frais d’inscription, ce n’est pas si grave que ça, etc. Sauf que derrière, bah en fait la plupart des étudiants, ils n’habitent pas à côté de leur université, les universités de proximité aujourd’hui. Bah malheureusement, vu qu’il y a une compétition entre les universités, ça donne un peu moins envie. C’est celle qui ont le moins de financement, donc moins de vie étudiante, moins de choses justement en termes de filières, en termes d’ouverture,. Donc forcément, on va déménager, potentiellement aller dans une grande ville si on a les moyens, sinon, bah on va rester dans son université. Mais du coup, si je déménage dans une grande ville, bah faut que j’aille payer un loyer. Aujourd’hui, on a justement des loyers qu’on va exploser et je vous invite à en regarder un. Pour le coup, notre enquête sur le logement a été faite pendant le premier semestre. Mais. Mais en gros, on a des loyers qui ont complètement explosé dans le privé comme on va en parler sur le dos, on a des courses à faire pareil. Il y a quand même une certaine inflation. Je pense que tout le monde l’a ressenti quand on doit aller faire des courses. Et pour le coup, bah moi je sais que je le ressens, mais puissance 12 000 parce que j’ai commencé à payer mes courses quand j’avais 18 ans en 2007, j’ai toujours vécu justement dans un appartement étudiant etc. Ben je peux clairement presque plus me nourrir et pour le coup, moi j’ai travaillé à côté à côté de mes études, 15h semaine etc etc. Et même ça c’est difficile. A l'époque ça allait, je pouvais quand même sortir etc. Aujourd’hui je ne suis même pas en capacité de le faire. Mais. Mais en parallèle de ça s'écoula qui sont assez classiques. Tu les prends en compte, t’as forcément les transports. Aujourd’hui c’est quand même 40 € par exemple, quand t’es étudiant à Paris, c’est que 50 % du passer à la TV. Mais t’as t’as aussi forcément des frais selon les filières dans lesquelles tu es tué. T’as des gros frais, vraiment que tu vas devoir payer notamment. Je pense par exemple aux archi. Si c’est vraiment des frais, mais tu dois faire des maquettes. C’est plein de cartons à acheter, etc. Mais c’est je crois, 500 € par an. Tu vas avoir aussi forcément tout le matériel informatique parce qu’on est quand même dans une génération qui va prendre ses notes sur ordinateur, etc. Mais tu ne peux pas avoir un ordinateur qui pourrit et en gros, en fait, tous ces frais là, tu vas les accumuler. Mais en fait, la bourse maximale c’est 600 € par mois. Tu ne peux pas faire grand chose avec 100 balles.
Le prix d’un loyer en région parisienne pour un étudiant.
C’est ça et ça. Et pour le coup, faut se rendre compte de ce que c’est. Donc forcément, on a un étudiant sur deux qui va travailler. Bien évidemment, ça va être les étudiants précaires parce que même ceux qui sont boursiers, ça ne permet pas une subsistance normale. Aujourd’hui, c’est ce que je disais, le seuil de pauvreté, il est à 1 158 € par mois. La bourse est à la moitié et donc. Et donc on a vraiment une précarité, métier qui est pavé par des années et des années de sous-investissement. Et surtout aujourd’hui peut être pour un peu parler aussi de comment est ce qu’on est perçu, c’est que aujourd’hui on a beaucoup de vieilles personnes, on va dire, qui vont nous dire Oui, mais moi je travaillais à côté de mes études, j’ai bien réussi. Ouais, mais nous on arrivait bien à survivre. C’est bon, tu bouffes des pâtes, qu’est-ce.
Que veux-tu ? Tu leur réponds.
Les gens vont te dire déjà boomer, même si déjà ça fait de moi une bosse. Mais ce que deux, ça me met déjà ça. Et en fait le truc c’est que déjà il y avait très peu d'étudiants qui devaient travailler à côté des études. On était sur des chiffres qui étaient vraiment pas ceux d’aujourd’hui, avec un salaire justement qui permettait une subsistance à l'époque, là où bah aujourd’hui en fait, tu ne peux clairement pas survivre même avec un salaire de 15 h par semaine, etc. Et surtout, ça cause justement le fait d'échouer au niveau des études parce que c’est vraiment recommandé, t’as des études etc. Ce n’est pas plus de 10 h par semaine ma nièce, tu reviens ? Ouais non mais en fait carrément. C’est à dire qu’il faut qu’on arrive à porter un discours selon lequel en fait, c’est pas normal, ça devrait pas être banalisé comme ça l’est aujourd’hui de dire aux étudiants qui sont dans des conditions dégueulasses qu’il faut juste qu’ils travaillent. Et parce qu’en fait, le fait de travailler, c’est le premier facteur d'échec des études supérieures en fait. Donc ça crée une inégalité qui est monstre. Et tous ces gens-là qui vont valoriser dans une espèce de discours libéral le fait de travailler en faisant ses études et qui vont dire là, si y a des gens qui sont dans ce discours-là, qui, je suis, pas sûr que ça fasse de David Dufresne, mais, mais qui écoutent comment traduire, vont dire Ah ouais, les gauchistes, ils se plaignent. Moi, je travaille pendant mes études où il faut travailler pendant ses études et on parle de fournitures scolaires, de cantine, etc. Mais en fait, comme l’a dit EMI, tous ces tous ces prix-là qui augmentent tous en même temps avec l’inflation qui n’est pas le fait de la guerre en Ukraine ou quoi, qui est une entreprise délibérée, des patrons qui ont décidé de profiter de ça pour augmenter les prix, qui n’ont connu aucune réprobation de la part des pouvoirs publics qui juste vont s’endetter encore plus pour donner quelques chèques par ci par là. En fait, aujourd’hui, il y a une entreprise qui consiste à appauvrir toute la population et particulièrement les étudiants, la jeunesse qui est très précarisée. Et il y a un discours qui va avec, qui vise à dire qu’en fait oui, bah c’est comme ça, il faut travailler, etc. Mais quand le travail ne paye plus assez, même le travail étudiant, c’est plus possible de vivre. Et face à ça, il faut s’organiser.Mais c’est pas que du coup ça pose un enjeu, disons le philosophe philosophique majeur, à savoir qu’est-ce que le travail ? C’est à dire qu’en fait c’est ça nous amène à nous interroger là- dessus. C’est à dire que finalement, ce que étudier au lycée comme à l’université, c’est pas déjà du travail en tant que tel, et ça ne mériterait pas par exemple des cotisations à part entière et la considération que le fait d'étudier, c’est une plus-value énorme, hors norme. Et tu parlais tout à l’heure de la formation des étudiants face aux défis et aux périls qui nous guettent. Si il n’y a pas aussi cet enjeu là à poser sur la table, peut-être même avant pour équilibrer un peu le temps de parole. Sinon je vais me faire engueuler pour ça. Non mais c’est quand même beaucoup matière à développer sur la question des étudiants. Du coup, la question c’est la question. Ce serait de dire quel regard porté sur le travail et sur le temps d'étude, oui ou non ? Moi je suis d’accord avec ça. Le fait de militer associatif, le fait de s’engager, le fait évidemment d'étudier, etc. C’est une forme de travail, ça c’est tout le discours de Bernard Friot et tout que je partage. Et après en fait, même si on considère pas que c’est du travail en tant que tel parce que c’est pas la même chose quand même d’aller à l’usine ou d'être cariste que de que d'étudier, que d'étudier quoi que ce soit, ce n’est pas pareil. On ne peut pas dire non plus que c’est du travail dans ce sens là, effectivement, il faut qu’on valorise la formation et de toute façon c’est une nécessité absolue. On parle aujourd’hui d’un monde où effectivement, si on doit arrêter d’utiliser des pesticides, il va nous falloir beaucoup, beaucoup plus d’agriculteurs et d' agricultrices si on veut vraiment construire. Ce ne sont pas des pales d'éoliennes ou je prends des exemples comme ça mais qui sont vraiment concrets. Mais en fait, il faut qu’on s’organise collectivement, il faut qu’on collectivité toute une partie des champs économiques de la société parce qu’en fait on va en avoir besoin et les entreprises privées ne nous permettent pas de le faire actuellement. Et on n’arrive pas en fait à garantir un avenir viable sur dix ans. Il faut vraiment qu’on accentue sur la formation. Qu’on rende effectivement des procédures plus faciles et qu’on puisse permettre aux gens de se rendre utiles à la société. Aujourd’hui, il y a énormément de métiers pour lesquels on va avoir de la formation, mais qui en fait peut-être on dit c’est des métiers d’avenir, mais est ce qu’on a besoin de comptables ? Est ce qu’on a besoin d’autant de gens qui vont faire du télémarketing ? Ou de tant de gens qui vont s’intoxiquer avec ? Ça m’a fait je ne sais pas quoi. On n’a pas besoin de ça en fait. Donc il faut non seulement qu’on change de manière de voir les choses, mais que très clairement, on change de manière de fonctionner profondément. Mais c’est quand même fâcheux de dire que ces métiers là sont inutiles du signe ou on ne tolère pas trop ce genre de discours estival. Je voulais. Blague à part, c’est vrai que sur la chaîne nationale, sur cette question, c’est assez intéressant aussi. Deux Tu en penses quoi ? La position de l’Union étudiante sur le fait d'étudier comment on peut considérer ça ou on le considère comme tel.
Bah déjà, petite parenthèse histoire, mais faut savoir que le syndicalisme étudiant, il trouve sa fondation dans la charte de Grenoble. Je suis grenobloise, j’aime beaucoup la cité mais. Mais la charte de Grenoble a dit assez simplement que l'étudiant est un jeune travailleur intellectuel, c’est-à -dire que parle.
C’est intéressant.
Par le fait même d'étudier. En fait, tu vas faire une production, tu vas vraiment produire quelque chose, c’est-à -dire du savoir. En gros, c’est déjà dire que rien que le fait d'étudier, c’est un travail en soi, parce que déjà tu te formes pour ça un jeune travailleur en formation. Mais du coup en gros, en fait les études c’est justement cette période-là de la vie où tu vas te former pour passer à l'âge, on va dire adulte, où tu vas avoir un travail, etc. etc. Mais en fait le truc c’est qu’on n’a jamais sanctuarisé ça aujourd’hui.
Est ce que c’est un vrai cauchemar pour la bourgeoisie que de dire qu’ils vont passer leur vie sur des bancs d'école ou à la fin mai
Mais ce qui n’est pas ce que c’est la misère. En fait, ce qu’il faut comprendre, c’est que pour le coup, l’enseignement supérieur, on l’a théorisé comme le fait justement d’aller se qualifier pour justement avoir un meilleur métier, une meilleure grille de salaire, ça va avec ça. Et justement, à une époque, ça avait vraiment une valeur. Quand t’avais un master, t’avais une meilleure grille salariale, quand tu travaillais, t’avais plus d’avancement, etc. Quand tu rentrais sur le marché de l’emploi, aujourd’hui, ça existe même plus. Mais en gros, en fait, la phase où tu vas faire tes études, donc quand tu sors du lycée, on va dire la scolarité obligatoire et où justement tu vas avoir toute une période d’insertion professionnelle et de formation. C’est la jeunesse, c’est le moment où justement tu te cherches, tu découvres, tu vas faire des études. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, on a justement théorisé le fait que tu finissais ton travail justement. Tu devenais vieux, tu n'étais plus en capacité de travailler, mais fallait quand même te mettre sous protection sociale, c’est-à -dire de dire que la société était quand même reconnaissante d’avoir travaillé autant de temps. T’es plus en capacité de travailler, mais du coup, on va te donner la retraite. La jeunesse aujourd’hui n’est même pas reconnue justement comme cet âge à part entière de la vie où tu vas te former justement pour avoir un meilleur métier, etc. Et en gros, on a justement cette faille spatio temporelle qui fait qu’on ne reconnaît pas la jeunesse comme un vrai âge de la vie, ce qui fait qu’on n’a pas le droit du tout aux protections sociales que ça devrait amener, que ce soit en terme de santé, en terme de protection des risques, etc. Mais en plus de ça, on se retrouve à justement juste dire c’est juste un passage à vide ou c’est un peu compliqué, sauf que c’est pas le cas. Même l’insertion professionnelle, si t’arrives à finir tes études dans les temps on va dire normalement c’est 22 23 ans à la fin d’un master.
Ce n’est pas syndicaliste, c’est ça.
Mais c’est perdurer. Mais du coup, en fait, l'âge moyen d’insertion professionnelle, c’est 27 ans. Donc en gros, c’est même pas parce que t’as réussi à faire tes études etc que tu vas vraiment s’insérer professionnellement, mais aujourd’hui en fait à même une requalification du travail en général, parce qu’on va qualifier le fait d’avoir des missions en intérim comme vraiment du travail, là où on va même pas qualifier le fait d’avoir des études pour s’améliorer et gagner en connaissances comme du travail. Donc aujourd’hui, en fait, on a juste des repères qui ont été complètement foutus par terre, par justement une néo libéralisation du marché du travail. Mais pour le coup, c’est un vrai combat qu’il faut mener que de reconnaître la période de la jeunesse comme une période à part entière. Lui reconnaître justement des droits et surtout dire bah oui, en fait quand t’es étudiante et un jeune travailleur intellectuel en formation, tu produis quand même du savoir, tu produis quelque chose pour ta société et vu que tu te forme, tu vas aussi permettre de mieux produire. Une fois que tu seras sur le marché de l’emploi.
Ma nature, tu veux, tu rêves ? Ouais, mais je trouve que c’est là que prend vraiment tout son sens. Le terme de précarité qui en fait désigne justement une forme de fragilité sociale et économique du fait qu’effectivement il y a toute cette période où on va rentrer dans le marché du travail, comme on dit, qui est de plus en plus tardif. C’est bien puisqu’on a le fact-checking, il n’y a pas ça sur. Et. Et du coup, c’est vrai qu’on est dans une vraie précarité. C’est à dire que ok, peut être si on est je sais pas en alternance, on va s’insérer plus tôt, mais ensuite on va être dans une phase un peu où c’est pas stable. On a toujours peur que par exemple si on est en intérim, que le mois d’après on n’ait pas du tout le même salaire. Et ça, ça a été de plus en plus augmenté. Et le fait d'être dans cette période-là, on va dire après, ok, mais je prends du retard sur mes cotisations, quand est ce que je vais pouvoir partir à la retraite ? Et c’est vraiment une précarité générale qui s’installe sur le monde du travail dès le dès le plus jeune âge. Il y a d’ailleurs les syndicats professionnels mobilisent de plus en plus ceux sur ces thématiques-là d’ailleurs, et c’est vraiment il faut qu’on arrive à parler de ça. Et il y a vraiment un enjeu là dessus. Et c’est vrai que c’est gens, c’est hyper intéressant. Est-ce que c’est un débat qu’on. Bon, pas souvent cette question en fait, qu’on pourrait formuler comme la dialectique du temps de travail et du temps d'étude, et comment on porte une lecture là-dessus et comment on redéfinit les deux, et comment on met en lien les deux. Et ça me paraît hyper intéressant. Et puis c’est peut être un sujet que pourra explorer Manès, notamment en tant que directeur du Journal de l’Unité lycéenne. Là, un petit élément biographique supplémentaire. Mais non. Et c’est très intéressant ce débat-là, parce que c’est vrai qu’on est aussi sur une bataille de l’imaginaire, il me semble, et j’aimerais peut être vous faire réagir là-dessus. C’est à dire qu’aujourd’hui ceux qui sont au pouvoir, ce sont de véritables ogres qui dévorent le temps et qui veulent réduire infiniment le temps d'étude. Et face à ça se pose une bataille évidente qui est de dire non. Ce temps-là, il faut le sanctuariser et il faut le préserver. Je suis désolé parce que moi je choisis des questions et des réponses à la fois. C’est peut-être un peu saoul pour vous, mais la question est vite répandue. Bon alors si ici vous n’avez rien à ajouter là-dessus, mais il y a quand même un gros bloc. Du coup je l’ai mis un peu à la fin de ces projets de réforme est quand même vachement important et sur lequel le gouvernement insiste et en fait vraiment un cheval de bataille immense. Ces derniers temps, c’est le Bloc un peu sécuritaire, réactionnaire avec les questions centrales du SNJ, donc service national universel obligatoire et du port de l’uniforme qui tend à être généralisé. On est à la rentrée 2026. Et là on va commencer par Manès, parce qu’en tant que lycéen est directement concerné. Quelle lecture ! Déjà, de manière générale, tu portes sur ces réformes. Tout à l’heure, tu disais que finalement, ce n'était pas une question d’austérité générale parce que le gouvernement justement, peut mettre des milliards de milliards sur le PC nu. Ouais. Alors sur le 2 milliards, en fait, on fait des estimations de généralisation. On n’en est pas trop en capacité de savoir, parce que sur les infrastructures, il y a une grosse incertitude et sans doute que ça coûterait beaucoup, beaucoup plus. Mais effectivement, là ok, on est entre nous, on parle, je suis vraiment fondamentaux et de sujets qui touchent en fait à l’argent, simplement que l'état ne met pas. Mais le débat public aujourd’hui autour de l'éducation, il est sclérosé par toutes ces questions sur l’uniforme, l’abaya, le port du voile et toutes ces questions-là qui vont autour et qui en fait nous empêchent de parler des vrais sujets et non pas que ce soit seulement une diversion parce que ça reste une entreprise de discrimination massive, en l’occurrence des musulmans, ou en tout cas des personnes identifiées comme telles sur l abaya.Et on entre dans une espèce de narratif où l'école est au centre entre guillemets. C’est ce qu’on lit partout à l'école, au centre des préoccupations d’Emmanuel Macron, mais qu'à l'école, ce qui est au centre, ce n’est pas justement toutes ces questions-là qu’on pose de qualification, de meilleure formation des élèves, des jeunes. Ça, ça, il s’en fout, ça y fait rien pour ça ou dégrade ça justement, mais pas par ignorance du sujet. Ce qui l’intéresse, c’est non seulement d’avoir un bon, un bon plan de com. Gabriel Attal n’a rien fait en cinq six mois pour le second degré, pour le premier degré, pour l'éducation nationale. Mais quand on pose la question, quand on dit qu’il arrive enfin, on dit ah bah non, il a interdit la Baya. Super, il a fait un décret pour interdire une robe. C’est vraiment une belle mesure et pour le coup, il y a rien qui est fait et on masque ça par des politiques sur oui le c’est nu, l’uniforme on va parler justement. Avant il y avait eu le crop top etc. Alors soit c’est trop long, soit c’est trop court. Mais en tout cas, il y a un juste milieu qui est difficile à trouver. Oui, et toujours sur les femmes en l’occurrence. Alors l’uniforme, ça touchera tout le monde, ça va bien gommer les différences, même si en réalité ça ne va rien faire du tout. C’est effectivement, comme tu l’as dit, un projet réactionnaire. Je pense que tout le monde peut le voir. Et après il y a une grande entreprise qui est faite sur les réseaux sociaux à travers des gens qui vont aussi promouvoir ça et qui vont promouvoir toute cette culture de toute cette culture réactionnaire. En fait de l’uniforme, elle seins nus et à chaque fois ils vont trouver une faille pour 31 partenariat pour qu’ils fassent bien la promo auprès de certains jeunes du SNJ.
Ou de l’uniforme. Avec Gaby, c'était un peu longtemps mais me voilà Et en l’occurrence, ça va créer toute une forme de génération aujourd’hui qui, autour de ces discours réactionnaires au temps aussi de la montée de l’extrême droite, je ne sais pas si on en parle, mais c’est quand même assez important. Mais ça participe de ça aussi. Une toute une génération en fait, quand on observe les tendances un peu générales chez les lycéens, les lycées, on observe que oui, c’est plutôt assez à gauche par rapport au reste de la population, plutôt progressiste, etc. On a plutôt effectivement des personnes féminisées qui ont plutôt tendance. A aller vers la gauche, dans des discours féministes justement, et plutôt des jeunes hommes. Je ne sais pas si on peut dire sans frustré ou quoi, mais en tout cas qui se radicalise à l’extrême droite sur un penchant anti woke si on peut dire ça comme ça et qui face dans toute une sphère sur internet, se radicaliser dans des discours comme ça et qui pour le coup et en cohérence avec ce que fait le gouvernement et ce que cherche le gouvernement, c’est non seulement de pierre de plaire évidemment à leur électorat qui sont les vieux et les plus riches. Je crois que c’est Julia Cagé, Thomas Piketty que c'était qui disait que c'était l'électorat le plus bourgeois qu’on a jamais vu et. Et en plus c’est effectivement de viser cette jeunesse là qui pour le coup, ok va dans leur sens, qui est assez minoritaire et qui se radicalise à l’extrême droite en fait. Et il y a un super son de gris, James qui vient de sortir. J’avais envie de placer ce qui s’appelle Je ne plaisante pas et à l’intérieur duquel il dit Voilà, enfin il y a tout un tas de problèmes. Les jeunes n’ont pas bougé, ils font la queue devant le Crous et pendant ce temps-là, l’obsession du gouvernement, c’est de, je cite mesurer la taille des jupes. Et c’est vrai que c’est un peu une image qui revient sur ce qui vient. Ah, c’est à dire que le gouvernement met une espèce de voile avec ces questions de abaya, de crop top sur les vrais problèmes et en ciblant, tu le disais, particulièrement les femmes.
Mais enfin globalement, on est sur la technique de la diversion. Je ne sais plus. J’ai vu une vidéo sur Tac aujourd’hui, mais en gros je crois c’est le chat écrasé ou un truc en blanc. Mais c’est vraiment une technique en politique qui est utilisée, c’est de dire qu’on a des problèmes, on existe, on le sait tous, on les observe au quotidien, mais on va aller faire diversion en parlant de quelque chose d’autre et. Et pour le coup, aujourd’hui justement, on va beaucoup plus utiliser les personnes féminisés comme justement les personnes qui vont justement être victimes de ces discours là, etc. Que ce soit sur la Baya, que ce soit sur les crop top et autres, c’est beaucoup plus au niveau du lycée, mais ça existe aussi au niveau de l’université, notamment à l’université. Pour le coup, il y a le droit au port du voile, mais ça reste quand même quelque chose qui arrive à stigmatiser à des moments. Et presque aujourd’hui, on va détourner l’attention des réels problèmes, c’est à dire les manques de financement, les manques de moyens, le fait que bah en fait l’ascenseur social dans notre pays, enfin il a existé à un moment, mais clairement c’est plus du tout le cas. Globalement, en fait, on détourne l’attention, le fait qu’aujourd’hui, on ne fasse rien en fait pour la population et notamment les enfants, la population qui va être de classe moyenne, classe basse, etc. On va détourner l’attention. C’est du pain et des jeux. Aujourd’hui, le pain c’est le fait de temps en temps de nous dire mais ne vous inquiétez pas, on va quand même augmenter le smic etc. Et des jeux, c’est BFM.
Et les jeux mais aujourd’hui, notamment sur les JO. Enfin, faut quand même revenir sur le fait qu’on vire des étudiants de chez eux.
Ils auraient des places pour aller regarder les jeux et.
Quand on arrive et en plus Je suis sûr qu’ils vont regarder le cricket, ça va être franc, fantastique mais. Mais en fait c’est ça le truc, c’est qu’aujourd’hui on se fout de la jeunesse, on veut la mettre au pas. Ça a été dit plusieurs fois dans le tchat, le fait de vouloir en faire une main d'œuvre malléable, mais c’est même pas ça. C’est juste qu’on veut juste faire en sorte qu’elle ferme sa gueule et que. Et qu' en fait elle n’aille pas justement dans la rue pour porter des revendications, pour porter justement un progrès de notre société. Et par ça on va justement la précariser, l’empêcher d’aller faire des études et justement lui enlever des enseignements d’ouverture des anciens comme le français.
Tout ça c’est bien une vision très gauchiste des choses, mais certains nous diront que l’uniforme, a contrario, vise à gommer les inégalités, etc. A discipliner ? Qu’est ce que tu réponds à ces arguments-là, notamment sur la question de l’uniforme va gommer les inégalités et c’est donc oui, c’est un débat sans fin, on n’est juste pas d’accord. Mais c’est une évidence quand même que l’uniforme ne gomme pas les inégalités. Il ne les cache peut-être même pas d’ailleurs. Parce que moi je vois ma grand-mère qui m’expliquait qu'à l'époque où elle y avait l’uniforme rouge, c'était le tablier où justement on jouait du coup sur le petit collier, la petite montre qui va faire qu’on va quand même réussir à se différencier. Les baskets aussi. Mais du coup, en fait non, voilà la blouse. Mais en fait non, ça va rien, ça va rien changer l’uniforme et c’est en surface qu’on essaye de faire des annonces comme ça. Mais après effectivement, c’est bien joué entre guillemets parce que c’est comme le nul, c’est comme je disais, ça va toucher une certaine partie des lycéens qui aspirent à avoir. Je ne sais pas si on peut appeler ça de l’ordre, mais en tout cas une domestication des corps qui est forte quoi. Mais euh. Mais sinon je pense qu’en vrai les gens voient bien que c’est superficiel, ce n’est pas c’est comme j’ai fait, j’ai fait tout un débat sur le nu, sur le crayon, sur les voir, ça c'était vraiment long et. Et en fait ces gens là voient les choses en surface. L’uniforme, ça gomme les inégalités, le fait qu’on a un circuit thématique pendant le salut sur l'égalité, ça. Il y a de l'égalité dans la société, mais ça, c’est en surface. C’est des belles valeurs, mais au final, ça ne fait rien. Nous, ce qu’on recherche ici, c’est vraiment à changer les choses, la transformer, la société, les conditions qu’on a, ce n’est pas juste changer l’habillage entre guillemets. Mais c’est vrai qu’outre l’heure, vous l’avez très bien évoqué tous les deux, la dimension, enfin la volonté de mettre au pas la jeunesse. Il me semble qu’il y a aussi un autre enjeu derrière ces notions de service national universel, en fait une nouvelle mouture du service militaire, ni plus ni moins, etc. Ce port de l’uniforme, ce retour en arrière que nous pensions révolu. Il y a ou il y a aussi, il me semble, et c’est de plus en plus étayé avec les déclarations successives de Macron concernant le conflit russo ukrainien, une dimension belliqueuse. J’entends parler d’une véritable frénésie belliqueuse et où on enjoint les jeunes à la discipline, à la militarisation de la société, avec l’extrême droite également, et où là, il y a une atmosphère hyper belliqueuse où on veut que les jeunes. Voilà, c’est ça les occurrences de plus en plus nombreuses à la notion de réarmement démographique, civique. S’il n’y a pas quelque chose d’inquiétant aussi de cet ordre là sur la question de la militarisation, avec les différents conflits qui prolifèrent également un peu partout dans le monde.
Mais pour moi, en fait, aujourd’hui, oui, on est enfin arrivé à un tournant, on va dire en français. Le capitalisme est arrivé à bout de souffle. C’est pas qu’en France vers quoi on se tourne ? Vers l’extrême droite, l’extrême droite qui du coup forcément va être beaucoup plus prompte sur les questions justement de guerre. Mais en gros, en fait aujourd’hui on a justement tout un tout, un vocabulaire, tout un vocabulaire qui va être de plus en plus utilisé, qui va être belliqueux et notamment on va avoir de plus en plus justement cette idée que oui, il faut remettre un service militaire qui ne s’appelle pas comme ça, que oui, il faut aller réarmer démographiquement, mais parce que notre société et notre société seraient en danger. Et en fait, on a une régression de la pensée sur ces questions-là avec justement, certes, on a le vote de l’IVG qui s’est fait du coup la semaine dernière je ne sais plus quelle journée. Non, c'était littéralement le lundi de mai. Mais du coup en gros, en fait, même si on nous donne des avancées pour nous faire croire que non mais ne vous inquiétez pas, on n’est pas sur cette pente dangereuse là. Bien sûr que si, on a la loi asile immigration qui est passée quand même en décembre, tu ne vas pas nous faire oublier le fait qu’on est une régression justement vis à vis de ces questions-là. Et pour le coup, pour moi en fait c’est juste l’arbre qui cache la forêt, le fait de nous laisser avoir on va dire l’IVG parce que Macron a été bien gentil de nous laisser justement l’inscrire dans la constitution. Mais aujourd’hui on a justement une pente glissante vers l’extrême droite, que ce soit au niveau des médias, que ce soit au niveau même des discours du gouvernement. Et, pour le coup, nous, on est inquiet dans la jeunesse. Mais aujourd’hui, enfin, littéralement, en janvier, au niveau de l’Union étudiante, on faisait une campagne sur la question de l’extrême droite. Notre liste aux crews partout en France, c'était Union étudiante contre la précarité et contre l’extrême droite. Mais parce qu’aujourd’hui il c’est à un réel danger que la jeunesse elle en a conscience et qu’on ne peut pas laisser passer ça. Parce que justement on a de plus en plus d’occurrences d’une extrême droitisation et il faut vraiment faire attention à ça parce que l’histoire a tendance à se répéter, tout ça tout ça. Mais c’est surtout, on pense beaucoup à 2027 quand on fait, quand on est jeune, parce que c’est notre avenir qui est sûr.
Alors bien on va en parler un avant. Je vous informe que nous sommes actifs. Nous subissons actuellement un raid. Si je ne dis pas de bêtise, c’est ça David t as vu je progresse.
En promet et c’est extraordinaire. Mais ce qui est génial, c’est que vous êtes de plus en plus concentrés sur le tchat plein tous les trois. J’adore ! Qu’est ce que je voulais dire ? Donc oui, oui, nous avons, nous avons les copains de Valeurs Anarchistes qui viennent d’arriver sur le tchat. Il est 21 h 21.
À l’heure actuelle. Puis il y a Valeurs anarchistes. Mais que va dire l’anarchiste ?
C’est en fait son prénom, c’est Bruno et en fait, il est au dessus de vous, Emy et Manès parce que c’est lui qui a fait le petit néon qui est derrière vous, là, voilà, c’est lui qui a fait ça et il est raide. Voilà donc bonjour à lui.
La même chose avec l’union étudiante.
Et les amis, ça fait plaisir et plaisir de vous voir. Alors juste une question ensuite on va rebondir sur la question des cendres de cassée sur une autre pierre importante, mais on va en prendre. Parler aussi évidemment sur la question de l’imaginaire qu’on va évoquer en fin d'émission qui peut être celui de la jeunesse. Une question est ce que Macron selon toi, le fait, le binôme Macron Attal ? A-t-il l’idée de faire de la jeunesse de la chair à canon ou on en est pas encore là à de la chair à canon vis à vis des conflits ? Oui, d’accord, Non, mais il y a clairement un vocable qui est clairement militaire et qui est clairement guerrier on va dire. Mais ça c’est pas la première fois. Emmanuel Macron, avide, avide, habille une sorte de vide de la pensée par un habillage de oui militaire. Même pendant le comique disait nous sommes en guerre. De fait, on n'était pas vraiment en guerre. La guerre, c’est un peu. Différent de ça. Mais effectivement, il y a aujourd’hui dans le monde une montée en tension pour l’instant régionale, que ce soit sur le front ukrainien ou alors dans ce qui se passe à Gaza, en Palestine. La preuve qu’on en parle par ailleurs. Mais il y a en tout cas un appel à des imaginaires guerriers qui est clairement là, qui je pense, est surtout du registre de l’extrême droitisation du langage et qui invite surtout à louer du langage et des idées, évidemment, mais qui invite surtout à nous faire entrer dans ce cercle, dans ce cercle-là. Et je pense que, évidemment, ce que dit Emmanuel Macron depuis plusieurs, plusieurs jours désormais est non seulement très contradictoire, c’est-à -dire que, enfin, on n’y voit pas clair du tout sur quelles sont ses ambitions. Un coup il nous dit qu’il faut sur la question de l’envoi militaire, qu’il faut laisser une ambiguïté, puis ensuite il dit non, il n’y a pas d’ambiguïté, on ne va pas envoyer. mais finalement si hier à l’Assemblée nationale, le secrétaire d’État aux Relations internationales, qui portait un discours clair, fort et un discours que la jeunesse attend sur ce qu’il se passe à Gaza. Et je ne sais pas, c'était une semaine avant Monsieur Séjourné qui allait tranquillement rencontrer, serrer la main au criminel de guerre qui est Benjamin Netanyahou. Donc il y a clairement un confusionnisme ambiant sur ces questions-là et qui alimente aussi un vocabulaire guerrier. Et même quand il s’agit encore une fois, on en revient au corps des femmes en fait, c’est à dire de réarmement, réarmement, armement démographique, c’est à dire en fait, le corps des femmes est une arme, donc c’est un vrai sujet à part entière sur et qui concerne pleinement la jeunesse, notamment face à la vitalisation médiatique d’un personnage d’un sinistre personnage comme Jordan Bardella qui j’allais faire une vanne pourrie, Peut-être que je la ferais tout à l’heure. Mais, mais, mais face à face à ça, il y a un enjeu majeur pour les organismes, les organisations de jeunesse que de se mobiliser contre l’extrême droite avec la construction d’un front antifasciste. Et il me semble qu’en suivant ce que vous faites de ce que font vos deux organisations, c’est un sujet majeur dans les combats qui sont les vôtres. Et peut être que pour en même temps évoquer la situation à Gaza, en Palestine. Plus globalement, je dirais qu’il y a quelque chose dans cette extrême droite, et il y a une véritable connivence d’ailleurs avec la majorité actuelle, qui est de l’ordre du mépris de la vie humaine. On l’a vu avec la loi immigration il y a, il y a des vies qui valent moins que d’autres. On le voit également avec la manière dont le conflit est lu, dans la manière dont cette extrême droite et une certaine partie du pouvoir regardent la situation en cours au Proche-Orient et en Palestine. Face à ça, quel peut être le rôle des organisations de jeunesse dans cette bataille contre l’extrême droite omniprésente ?
Aujourd’hui, en fait, c’est ce que je disais. Il y a quand même une conscience globale que cette extrême droite, c’est un vrai danger et qu’on n’est pas justement à juste dire oh regardez les, allez-y, ils sont là-bas, très loin, etc. C’est que littéralement, c’est à nos portes. On a des syndicats étudiants qui sont d’extrême droite, qui se présentent aux élections, qui arrivent à faire des sièges aussi parce qu’on a une montée aussi d’extrême droite, pas même dans la jeunesse, et qu’aujourd’hui il faut lutter contre ça parce que sinon, justement, on risque de faire basculer le pays dans avec un gouvernement d’extrême droite, mais vraiment officiellement, etc etc. Donc pour le coup, le rôle des syndicats là-dedans, c’est d’informer et pas d’informer juste en disant ouh là là, mais vraiment en fait, en faisant en sorte de faire un vrai travail pédagogique notamment. On travaille nos deux organisations avec d’autres organisations à la création d’un collectif.
Ce n’est pas une passe qui passe, mais là il va y avoir du travail à la création d’un collectif justement, qui veut faire front contre l’extrême droite parce qu' aujourd’hui, c’est un vrai risque et on ne peut pas attendre justement que les partis politiques ou je ne sais qui se réveillent et même enfin pour le coup, que tout le monde se réveille sur cette question-là parce que c’est un réel risque, que la jeunesse en est consciente et que pour le coup, il faut juste s’organiser face à ça, que ce soit intellectuellement mais aussi justement, littéralement sur nos lieux d'études, etc. Et s’organiser face à l’extrême droite qui est un réel danger et on va dire justement pour les idées mais aussi pour nous-mêmes. Parce qu’aujourd’hui, nous syndicalistes, les personnes qui sont syndiquées chez nous se font agresser. On a quelqu’un qui a été menacé de mort à Nantes, on a quelqu’un d’autre qui a été suivi jusqu'à chez elle par plusieurs personnes qui ont essayé de s’introduire chez elle alors qu’elle y était. On a vraiment des vrais risques physiques pour nos militants. Et donc pour le coup, ce n’est pas juste une idée qui est l’extrême droite ou on a souvenir de ce qui a pu se passer dans les années 40, mais c’est littéralement en train d’arriver aujourd’hui, c’est violent et il faut pouvoir s’armer face à ça.
Pour revenir justement dans le chat, il y a quelqu’un ? Le pseudo c’est anonyme, je sais pas si on prononce comme ça qui nous dit ah justement, comment expliquez-vous la montée de l’extrême droite chez les jeunes aussi ? Donc c’est une question à laquelle tu pourrais peut-être nous donner des bribes de réponses, mais également. Voilà pour la question initiale comment ? Voilà, en tant qu’organisation syndicale, notamment lycéenne, en lutte contre l’extrême droite. Oui. Alors comment l’extrême droite monte ? Si je la raconte, ce serait plus simple. Mais oui, il y a déjà tout un pan idéologique, c’est à dire de logique d’extrême gauche, qui se sont imprégnés vraiment de la société et qui font qu’aujourd’hui il y a une majorité de gens qui commencent à adhérer, en fait, à ces thèses là. Et aussi du fait de la dégradation des conditions de vie globale de la population. Et l’extrême droite, elle les regarde en face, si je peux dire ça comme ça. C’est à dire que ce n’est pas comme Macron qui lui bomba les problèmes, il fait comme s’il n’existait pas. Je ne suis pas dans l’humanité. Récemment il a dit oui, moi j’ai mis le SMIC à 1 400 €. Non, en fait il y a juste le SMIC. C’est juste ajusté au niveau de l’inflation que tu n’as pas compris. Voilà, c’est ça. Mais en l’occurrence, ils sont, ils sont, ils voient les problèmes et ils disent oui, mais à chaque fois il y a une solution. Et même maintenant, même sur la thématique du féminisme, ils ont leur penchant pour eux. Oui, oui, effectivement, les femmes sont en danger. C’est de la faute des populations immigrées. C’est-à -dire ? C’est un nouveau discours qui s’installe et qui vise à continuer dans cette logique. En gros, tous les problèmes c’est la faute en général des étrangers, des immigrés et tout un tas de féminisme pour pas pour pas dire les noirs et les arabes en gros. Et aujourd’hui l’extrême droite est en expansion, que ce soit dans les lycées et bien sûr dans d’autres champs de société encore plus forts. Et il faut absolument se prémunir face à ça. Enfin je veux dire, l’extrême droite ne défend pas nos intérêts et elle va même essayer de nous empêcher de les défendre. C’est-à -dire que quand les lycéens vont vraiment se mobiliser pour défendre leurs intérêts, il ne suffit pas de dire non, non. Alors regardez, les Français ne sont pas avec nous, ce n’est même pas ça. Ils attaquent, ils attaquent nos blocus, ils attaquent nos piquets de grève quand on essaye de défendre nos droits, nos intérêts. Donc aujourd’hui, il y a effectivement le Front national qui fait le travail médiatiquement avec des figures comme Jordan Bardella qui fait le travail électoralement. Et il y a ensuite des groupuscules qui s’organisent partout en France.
Pour empêcher ceux qui sont encore idéologiquement majoritaires chez les lycéens, les lycéens, les étudiants, les étudiantes de se mobiliser et défendre leurs intérêts. Et pour embrayer sur ce que tu disais, sur ce qu’il se passe à l’international et le lien que tu y vois complètement. En fait, ces gens-là n’en ont rien à faire de la valeur des vies humaines, ils en ont rien à faire. Il y a des gens qui meurent en Méditerranée parce que ce qui les intéresse, c’est leur identité nationale, leurs racines, etc. Et aujourd’hui, je pense que là-dessus, ça va, ça va amener des personnes à se désintéresser de l’extrême droite. Il suffit d’avoir un tant soit peu d’humanité pour voir que, quand il se passe ce qu’il se passe à Gaza et que l’extrême droite est complice, soutient la réaction israélienne au 7 octobre, qui est devenue une offensive majeure qui est devenue un risque imminent de nettoyage ethnique. Qui dit que ces gens, en fait, n’en ont rien à faire de la valeur des vies humaines et ils veulent juste prospérer sur les ruines du capitalisme, comme l’a dit Emmy. Et donc c’est nous aussi notre rôle de se servir de ces causes universelles, de dire que face à ce qui se passe à Gaza, il faut se mobiliser. Et d’ailleurs, il y a une manifestation samedi à 14 h, il y en aura partout en France à ce moment-là. Il faut se mobiliser contre l’extrême droite et il faut se mobiliser contre ce que fait cette idéologie qui déshumanise, qui en gros, transforme des personnes qui sont juste des individus semblables et qui les transforment en. Comme l’a dit un ministre israélien en animaux humains, cette déshumanisation à chaque fois d’une partie de la population, elle conduit au pire et elle conduit à ce qui se passe aujourd’hui dans la bande de Gaza où un massacre est en train d'être commis. Et non seulement l’extrême droite le soutient, l’appuie et le gouvernement s’y oppose dans les mots, mais ne fait rien. En fait, il suffirait de faire un embargo sur les armes et il suffirait que les Etats-Unis subissent une pression qui les pousse à arrêter de livrer des armes à Israël. Il faut bien que les gens comprennent. Si les Etats-Unis arrêtent de livrer des armes en trois jours, il n’y a plus d’offensive israélienne à Gaza. Et nos gouvernants, finalement, pourraient tout faire en sorte pour reconnaître un État palestinien, pour faire en sorte que les Etats-Unis ne livrent plus d’armes et ne font absolument rien et encore pire, soutiennent cette idéologie qui tue des centaines de personnes par jour dans la bande de Gaza. La hiérarchisation des vies est quelque chose qui est assez éloquent, c’est-à -dire que l’indignation. Enfin, ce matin, je crois qu’il y avait également un pavé sur le front français à France-Inter si je dis pas de bêtise, qui était dans une interview politique et qui dit ah non, mais le soutien inconditionnel, c'était au début, mais maintenant qu’il y a 40000 morts et j’ai trouvé ça assez éloquent. C’est à dire qu’il faut attendre qu’il y ait des dizaines de milliers de morts avant de considérer à sa juste valeur, à leur juste valeur, la vie des Palestiniens, des Palestiniens. Et c’est là où, sur le plan international, sur le plan national avec la loi immigration, il y a quelque chose de l’ordre de l'égale dignité humaine, de l'égale dignité de la vie des gens Face à cette hiérarchisation absolue. Et c’est peut être là où on peut faire une passerelle, une passerelle, c’est la fatigue et on est mis sur une situation telle que tu aies un mot à dire.
Mais globalement, en fait, moi, ce qui est, ce qui m’intéresse justement quand on observe ce qui se passe, c’est que la jeunesse, elle est mobilisée pour Gaza, mais dans tous les pays. Enfin. Notamment, c'était assez impressionnant, surtout sur la période novembre-décembre. Et ça continue encore, mais avec plein de villes dans le monde où on a des images de milliers, voire de centaines de milliers de personnes qui se réunissent justement pour dire stop, faites un cessez le feu, etc. etc. Et pour le coup, c’est juste les gouvernants qui continuent à s’entêter à vouloir justement vraiment soit armés, soit armés justement Israël, soit juste dire dehors on détourne les yeux, ce n’est pas si grave, Alors que justement c’est ce qu’on disait, c’est le premier génocide qu’on voit sur les écrans au XXIᵉ siècle. Bah pour le coup, la jeunesse, elle est vraiment mobilisée sur cette question-là. Je trouve d’ailleurs qu’on n’a pas énormément joué notre rôle au début de la mobilisation, justement sur cette question-là, parce qu’on a mis du temps à réagir, mais parce que, en tant que syndicat étudiant, en tant que syndicat lycéen, on s’attend à ce que t’aies des grosses organisations. Et en fait, la réaction de partout en France a été extrêmement tardive à dire mais en fait autant le 7 octobre, oui, il faut, il faut condamner, pas de souci. Mais par contre, il y a quand même quelque chose qui est en train de se renverser où on utilise cet événement pour massacrer des personnes. Et pour le coup, la réaction a été très longue. Mais. Mais enfin, la population en général n’est pas pour une guerre.
Il y a quand même un acquis majeur il me semble. Si on relativise entre guillemets l’acquisition dans la jeunesse d’une véritable conscience anticoloniale et du duo mobilisation autour de la situation en cours en Palestine. Alors bon, peut-être pour revenir à des choses qui sont pas moins graves, mais il y a beaucoup de gravité dans le sujet. Mais vous, concernant l’extrême droite, vous, vous avez pensé quoi de la blonde sur la blonde ? De la bière sur Marion Maréchal au salon de l’agriculture ? Et j’ai vu un mec qui criait à côté Ah bah Macron, un type comme ça en plus. En même temps, c’est possible avec les images qui ont fait beaucoup de bruit. Et puis j’ai vu que ça, pour le coup, ça a beaucoup parlé à la jeunesse.
Mais moi ce qui me fait rire, c’est qu’il y a en France j’utilise, ils utilisent les questions de féminisme pour dire non, mais quand même, c’est une agression qui est sexiste. Non, justement.
C’est comme ça qu’on combat l’extrême droite à l’extrême droite. C’est une responsable politique.
Après, moi j’ai envie de dire ok, vous pouvez le penser, ce n’est pas mon cas. Franchement, tu combats l’extrême droite comme tu veux, mais surtout de dire c’est parce que c’est une meuf qu’on lui a versé de la bière dessus avec justement la blonde sur la blonde, etc. Mais non, c’est juste la meuf, elle est d’extrême droite en fait. Ce n’est pas parce que c’est une meuf qu’elle a été attaquée et parce que littéralement, elles répondent des idées qui sont nauséabondes. Et il y a que ça qui paraît il y avait une vidéo. Je fais le parallèle, mais il y avait une vidéo, une vidéo de ta discussion-là qui se faisait harceler sur une sur un truc au bar, etc. Et tu avais des gens qui étaient là. Ouais, si elle avait eu un mec à côté, ça ne se serait pas passé. Mais en fait non. Genre tu y vas jusqu’au bout. Eh oui, j’avoue, j’ai peut-être pas la corpulence pour aller dire à un mec qui fait deux fois ma taille casse toi, t’es d’extrême droite, va te faire foutre. Mais pour le coup, en fait non, c’est pas parce que c’est des femmes qu’elles sont visées, c’est parce qu’elles répondent des idées qui sont nauséabondes et qu’on ne veut pas de ces personnes-là dans notre société aussi simple que ça. Donc pour le coup, moi c’est ça, ma réaction c’est que tu utilises les méthodes que tu veux, ce n’est pas à moi de juger, mais quoi qu’il arrive, combat l’extrême droite.
Je vais poser une petite question, alors Monsieur Manès Nadel, responsable syndical de jeunesse, condamnez-vous cette attaque ignominieuse ? Non mais j’ai déjà un camarade qui rêve de tout ce matin ne me mettait pas dans la danse avec Gwen, c’est ça ?
Non, moi je ne suis pas pour agresser personne honnêtement. Enfin en tout cas, moi je le ferais pas, j’irais pas. Si je crois que la discussion je ne vais pas, je ne vais pas l’agresser si je croise Marion Maréchal Le Pen moi, là il faut quand même le vouloir, je le ferais pas non plus. Puis en plus, il doit avoir un service d’ordre un peu louche, donc je me méfierai quand même. Mais non. Après il y a effectivement un enjeu sur l’instrumentalisation médiatique de tout ce qui se passe. C’est-à -dire que des militants de gauche depuis plusieurs mois se font agresser, ne font pas brûler leur maison et on en parle pas. Y a pas eu de passage dans les grands médias sur un militant notamment. Elle est fixe et a fait brûler sa maison, brûlé sa maison. On parle de ça quand même. Et ensuite on a des militants de l’Union étudiante, puis de lui à celle qui ont été visés par l’extrême droite. Mais on a communiqué là-dessus ensuite, clairement dans toute la boucle sur Telegram. Oui, oui, clairement coordonnées personnelles des étudiants et des syndicalistes. Mais nous, aujourd’hui, on n’en parle pas. Mais ça devient de plus en plus risqué de s’engager dans les organisations aux militants et l'État ne fait absolument rien face à ça. Donc il faut quand même se rendre compte qu’aujourd’hui on me demande de condamner telle ou telle agression. Et c'était Marine Le Pen qui disait que les responsables d’extrême gauche y sont jamais inquiétés, c’est ça ? Bien sûr, évidemment, le. La gauche se fait complètement noyautée par l’extrême droite dès qu’il se passe quelque chose. Et nous, on est les victimes et il faut qu’on tienne. Il faut continuer parce que sinon on tient plus. Les gens vont avoir peur à l’extrême droite, on aura gagné. Donc nous, on doit continuer à s’organiser, on doit continuer à militer et on doit sécuriser nos organisations face à ce danger-là qui est imminent. Vous avez vu, j’ai réussi à me sortir de la question facile.
C’est très bien Et alors il y a c’est vrai qu’il y a nécessité d'établir un plan de bataille sur cette base, sur cette question de la lutte contre l’extrême droite et l’antifascisme, sur la question de l’antifascisme et notamment sur le plan de la bataille culturelle. Faire face aux outils maîtrisés par l’extrême droite sur les réseaux sociaux, qui véhicule un narratif, qui véhicule des discours, qui véhicule une culture de l’extrême droite. Aujourd’hui, l’impression maîtrise mieux Gramsci que la, la, la, la gauche et le monde syndical. Et c’est un peu alarmant. Se dire que face à ça, il y a, il me semble, un vrai combat à faire pour, tu le disais tout à l’heure, informer la jeunesse, faire une contre bataille d’information, de contre information, quelle forme ça peut prendre ? Est-ce que vous vous en êtes ou sans faire trop de spoile comme le disait tout à l’heure sur ce travail dans vos organisations.
Pour le coup notamment, j’en parlais tout à l’heure, nous on théorise le fait que peu importe l’action qu’on fait en tant que syndicat, c’est dans un sens aussi lutter contre l’extrême droite, parce que justement notre rôle, c’est de défendre les droits des étudiants. C’est le fait de bas aussi, justement participer à la bataille culturelle dans le sens où j’en parlais tout à l’heure, on fait un mois de l'égalité. Le mois de l'égalité, c’est assez simple, c’est juste dire ok, ce mois-ci, on va faire des actions sur la question des discriminations, que ce soit dans le SR, mais pas qu’on va faire des conférences sur ces questions-là, sur le féminisme, sur l’antiracisme, sur les LGBTQ+, mais aussi sur les questions de validisme. Parce que forcément, il y a des choses encore à faire dans le SR, mais il y a aussi des choses à faire dans notre société. Et l’université, justement, c’est un lieu de savoir. C’est aussi là où on forme justement les personnes qui vont arriver sur le marché du travail et autres. Ce sont les personnes aussi qui vont enfin quand dans une école, souvent après tu vas être un décideur, etc. Bah en fait autant former dès maintenant à toutes ces questions là. Et du coup on le dit justement, on va les banaliser, on ne le fera que le 8 mars. Et merci Aurore. Déjà parce que le 8 mars c’est la grève féministe et que tout le monde doit se mettre à l’arrêt, mais surtout que pour le coup, il y a énormément de progrès encore à faire dans notre société. On a constitutionnalisé, constitutionnalisé l’IVG. Il ne faut pas s’arrêter là. Il y a encore énormément de combats à mener sur l'égalité salariale, sur d’autres choses. Eh bien justement, autant en parler dans les universités, faire des conférences, etc. etc.
Manès, sur la question de la bataille culturelle et de l’information, de la jeunesse, de la politisation de la jeunesse, il s’avère que je disais tout à l’heure que j’anime un journal de lycéen Unité lycéenne. Je ne dis pas de bêtises que tu pourrais nous expliquer le sens de cette démarche et en quoi justement elle s’inscrit dans ce processus.
Oui, ça s’inscrit complètement là-dedans. Il y a plusieurs moyens évidemment de politiser, comme on dit, la jeunesse, ou en tout cas de nous faire parler en fait de ce qu’on fait et d’essayer de faire avancer cette bataille culturelle là. Et je pense qu’il y a beaucoup de choses qui en font partie. Ce qu’on fait maintenant, ça en fait partie. Quand nos camarades ou moi même on essaye de faire des diktats, quand on essaye de communiquer différemment, ça participe aussi de ça. Et il y a aussi un travail théorique qui se fait. Et nous, avec l’Union syndicale, ça a été quelque chose d’assez important, c’est à dire non seulement d’avoir des bases théoriques qui sont concrètes, c’est à dire notamment dans une unité lycéenne qu’on avait lancée l’année dernière et qui a continué à être alimenté, les articles, aussi tout simplement de nous, nos textes fondateurs qu’on a discuté avec nos adhérents. Et c’est quand même un moyen aussi de se former à ces questions-là et du coup, on continue ça non seulement du coup, en tant que vice -président, c’est un peu aussi de ma compétence d' organiser des formations, d’organiser tout un tas de choses en fait, pour non seulement former nos militants et répandre nos idées dans la société. Et ça, on va continuer à le faire. Et justement, tu parlais du congrès qu’on avait fait, mais c’est un moment très important pour ça. On va faire des formations sur le contenu, l’extrême droite, le féminisme justement, c’est émis et on continue. Et de toute façon c’est comme ça qu’il faut le faire. En quelques mots, il tourne autour de quelques principes. Moi j’avais une notion d’antagonisme, de collectivisme. Non, en fait oui. Nous on a tout à l’heure il y avait un article sur comment parler anarchiste, mais maintenant on a quatre valeurs qu’on a mis sur notre logo, en tout cas dans nos mots d’ordre. C’est ça qu’on essaye d’afficher qui est la nouveauté vraiment de l’Union syndicale lycéenne. De ce point de vue-là, c’est attention, écologiste, féministe, antifasciste, collectiviste. En fait, c’est simple féministe évidemment, parce que aujourd’hui, la jeunesse est féministe, elle s’engage dans les luttes LGBTQ. Il n y a plus vraiment ces pensées-là. En tout cas, elles sont insérées. C’est les lycéennes, les lycéens et tout le monde est aujourd’hui quasiment conscient de l'énorme inégalité et de l'énorme aussi discrimination qui se fait envers les personnes qui ont qui n’auraient pas la bonne orientation sexuelle ou la bonne identité de genre. Mais voilà, écologistes, parce que c’est évidemment le grand défi de notre siècle aujourd’hui. Ça aussi, c’est idéologiquement, pour le coup, qui s’est vraiment imprégné des lycéens, des lycéens. Et c’est ce qu’on va rejoindre d’ailleurs. L’extrême droite ne peut plus se passer de la question. Que ce soit du féminisme avec leur espèce de genre. C’est le féminisme, ils appellent ça comme ça. Et ensuite pour l'écologie, en disant on est dans un réalisme un peu abstrait. Donc ça c’est les deux, vraiment les deux choses qui en fait, nous, quand on va concrètement parler avec des lycéennes, des lycéens qui ne sont pas déjà sensibilisés, c’est des premières choses, on va parler, c’est ça, parce qu’aujourd’hui, tout le monde est d’accord là dessus. Et ensuite Antifascistes On en a parlé parce qu’il y a une nécessité vraiment de s’organiser, de répondre concrètement face à la montée de l’extrême droite et enfin sur le collectivisme soviétique. Ah non, c’est pas dans c’est non, Non mais pour le coup, ça a été une vraie réflexion.Alors du moment où il était question de progressisme etc. Et on a fait en sorte que ce soit collectivisme, ça veut dire plusieurs choses. Déjà quand on est en fait on est intersectionnelle et on est. Il y a une convergence des luttes qu’on espère et une convergence aussi de toutes ces causes-là qui sont multiples et qui ne sont plus seulement l'économie. Comme c'était bien à l’ancienne, où il faut tout collectiviser, ça, s’arrêter là, non. Toutes ces causes-là, en fait, elles s’agrègent entre elles et nous. Ce qu’on espère, c’est de les faire avancer ensemble. Donc c’est aussi ça notre pensée collectiviste entre guillemets. Et en plus, c’est l’idée qu’il y a des biens collectifs, des biens communs aujourd’hui, qu’il s’agit non seulement de conserver, c’est à dire l'école publique, tout un tas de choses et aussi des biens qu’il va falloir collectiviser en fait. C’est à dire qu’aujourd’hui il va falloir qu’on collectivise de nouveau des entreprises, des usines face au réchauffement climatique. Donc ça englobe aussi ça, puisqu’on voit bien aujourd’hui la manière dont s’est organisée la société. Nous, on veut la changer par l'éducation parce qu’on pense que c’est comme ça en fait, que les gens vont changer et vont finalement changer les choses simplement.
Mais la première arme, elle en possède. C'était moi quand j’avais l’adresse sur la carte, il y avait, il y a marqué cette citation en particulier. Et donc la pensée collectiviste de logiciel, elle s’articule autour de tout ça, elle rassemble un peu tout ça. Elle fait en sorte en tout cas qu’on puisse avancer dans cette convergence des luttes qu’on appelle de nos vœux. Et là, ça me paraissait important de faire un petit point là-dessus pour dire qu’il y a véritablement un contre imaginaire qui est, qui est bien sûr à développer, à étayer, mais.
Excuse-moi Ritchy, mais là on a un raid de 302 personnes.
Donc, mais on faisait le grand Remplacement.
Alors j’ai tressailli. Je te laisse dire où on en est, tu sais quoi ? On peut aller les voir dans cette ambiance.
Alors bonsoir à toutes et à tous chers amis, Vous êtes sur Le Post Alors là, on a deux détenus qui se tiennent bien sages. Manès Nadel de l’USN. L’Union syndicale lycéenne vous a vu, ils sont hyper sages et Emmy Marc de l’Union étudiante, donc deux organisations majeures de jeunesse, le premier syndicat étudiant et la première organisation syndicale lycéenne. Et on discute. On fait un état des lieux sur la situation des lycées, des facs, des universités. Donc autant dire qu’il y a des choses hyper intéressantes. Et depuis maintenant plus d’une heure et demie 1 h 40, on a discuté de sélection dans les lycées, dès le collège, à l’université Parcours, en master de la précarité étudiante du CROUS, hausse du taux d’accès au logement, de la non gratuité de l'école, du temps de travail, bref deux sujets extrêmement passionnants.Et pour celles et ceux qui le souhaitent et qui n’ont pas suivi des débuts, vous pourrez évidemment aller suivre. Revoir du moins en rediffusion sur le site de Au poste, l’ensemble du live. Il assure qu’il y a des choses qui me semblent hyper intéressantes, qui ont été dites. Mais sinon, bienvenue à vous ! Il y a David qui te tend de l’eau, elle aussi vitale et ça c’est un autre sujet majeur. Et donc c’est vrai que moi, il y a des questions qui me viennent, qui sont assez importantes, c’est sûr, importantes, c’est sur celle des prochaines échéances en termes de mobilisation, et vous allez pouvoir nous faire un topo. Il me semble tous les deux d'être émis pour commencer avec cette date qui arrive très vite, celle du 8 mars. Vendredi, cette Journée mondiale internationale de lutte pour le droit des femmes et des femmes pour les droits des femmes, c’est qu’elle s’inscrit dans un contexte assez particulier cette année, avec la constitutionnalisation de l’IVG qui est un peu le, disons-le, la bonne nouvelle en France, mais qui est à mettre en parallèle avec une politique rétrograde à l’international et dans un certain nombre d'États aux États-Unis, en Europe, etc. Sur les droits des femmes, en tant que représentante d’organisations de jeunesse étudiantes. Comment allez-vous vous mobiliser, vous saisir de cette journée du 8 mars ?
Mais il y a une parenthèse que je fais, c’est quand on est en vacances scolaires et du coup c’est beaucoup plus compliqué. Mais si on sort justement de cette parenthèse là qui fait qu’on a tout le nord de la France qui serait en vacances justement le 8 mars, pour nous, le 8 mars, bah forcément, c’est un peu la date qui revient chaque année, etc. Mais justement, on ne veut pas le visualiser comme cette date qui revient chaque année où forcément faut se mobiliser cette année notamment. En fait, il y a des vrais changements qui se sont passés. Notamment, on a des syndicats qui habituellement ne signent pas l’appel à la grève du huit qui cette année, comment ?
Comme clinicien.
Alors je ne veux pas me tromper parce qu’elle nous nomme.Eh oui, nous on l’appelle Mais non mais les syndicats, c’est la CFDT je crois, qui appellent pour la première fois et il y en a un autre. Mais vu que j’ai une très mauvaise mémoire, il y en a un.
Vrai travail pour le coup qui s’est fait, mais là-dessus.
Mais du coup il y a cette question de la grève féministe sur le lieu de travail, etc. Mais il y a aussi la question aussi juste de la grève. Forcément, quand on est lycéen, quand on est étudiant, on n’a pas le droit de grève, c’est aussi pour ça qu’on n’est pas des syndicats blablabla. Mais en fait oui, on peut faire quand même grève notamment. En fait, on peut inciter nos profs, on peut inciter toutes les personnes qui travaillent à l’université, qui travaillent dans les lycées à vraiment faire une grève féministe pour lui. Et en plus de ça, même nous on doit justement marquer le coup, dire vraiment. Mais en fait aujourd’hui, il n’y a presque aucune avancée.Oui c’est bien, on a la liberté de l’IVG, mais ça, ça ne veut pas dire que c’est un droit, ça ne veut pas dire qu’il va y avoir plus de moyens qui sont mis sur cette question-là en parallèle de ça. Bah oui, tu le disais, le contexte international est horrible. Moi je suis attentif parce que j’ai fait des études d’anglais, donc je suis encore plus attentif à ce qui peut se passer outre-mer. Mais. Mais pour le coup, enfin, t’as des femmes qui qui ont subi des choses horribles, qui ne peuvent même pas avorter et même par exemple on parle d’inceste aussi etc. T’as des états où tu peux plus rien faire et tu vas même être condamnée de prison si ? Si justement, tu es un médecin qui a aidé et qui a juste informé sur ces droits-là. Et. Et en parallèle de ça, j’ai vu, il y a par exemple un père qui a empoisonné littéralement quelqu’un pour qu’elle ait plus d’enfants et il a pris, je crois, huit mois de prison, mais même pas ferme. Mais du coup, ce qui montre bien qu’il y a un double standard. Et. Et aujourd’hui, les droits des femmes qui continuent de reculer notamment on parle de Gaza à Gaza, c’est principalement des femmes et des enfants.
Et il y a un appel d’ailleurs des femmes Gazaouis de Palestine, c’est ça ?
Aujourd’hui, en fait, les femmes dans le monde, il y a quand même une régression des droits avec en parallèle cette extrême droitisation justement. On fait la boucle. Mais du coup, il y a des raisons de se mobiliser le 8 mars, parce que ce n’est pas juste une question de personne féminisée, c’est l’entièreté de notre société qui régresse quand on fait ça. Et enfin c’est des choses sur lesquelles il faut se battre. Et pour le coup, enfin, il y a que des raisons de se battre le 8 mars et en dehors de ça. Donc pour le coup, nous on sera de la bataille. Lui, Hessel aussi. Et il y a que ça à faire parce qu’il y a des choses à faire bouger.
C’est pourquoi le c’est important le 8 mars, dans ce contexte là si particulier, de tenir la barricade féministe ? Oui, déjà parce que c’est une cause qui touche de plus en plus et c’est très bien. Nous, pour le coup, il me semble qu’il n’y a plus ou assez. Il y a peut-être encore une zone qui est en vacances scolaires, mais on appelle en tout cas à se mobiliser. Et je retire ce qu’a dit ami au nom. On a fait un post en tout cas qui résume un peu tout, tout ce qu’on va faire pour pour cette journée du 8 mars évidemment. Faut dire aussi qu’il n’y a pas, il n’y a pas que le 8 mars en fait où il faut être féministe. Et de toute façon, la cause féministe, elle revient dès qu’on se mobilise, nous, ou de façon différente dès qu’on se mobilise. Il y a plusieurs mots d’ordre en tête et qui peuvent être assez différents du point de vue de la mobilisation que j’ai évoquée au début. Nous, notre stratégie, elle est très claire. Il y a une colère qui est, qui s’est cristallisée de toute façon depuis assez longtemps. Et il y a, du point de vue des lycées, une tension qui est là. Tu parlais de Cachan notamment, on va soutenir, on soutient déjà les mobilisations d’une part des enseignants qui appellent à une grande journée le 19 mars, qu’on va appuyer, qu’on va essayer de transformer en reconductible dans les lycées. Et d’ici là, on a une stratégie qui va consister à être sur les blocus, à assister aux assemblées générales des personnels de l’Éducation nationale et de se mobiliser parce qu’il y a de quoi faire. Il y a un contexte qui est favorable à ce genre de mobilisation et il faut que les lycéens sortent dans la rue. Justement, j’allais y venir, mais tu m’as devancé, man. C’est est tout à fait bon pour donner des bonnes nouvelles aux nombreuses personnes du wagon Makino qui nous regardent là en ce moment sur pause. Des supports d’enseignement, donc sur les différentes plateformes pour vous donner des bonnes nouvelles. Effectivement, il y a un contexte d’effervescence politique dans la jeunesse, chez les lycéens, chez les étudiants. Il y a une date qui commence à cristalliser une certaine mobilisation, c’est celle qui vient de dire du 19 mars, avec un appel dense d’un certain nombre de d’organisations politiques, de syndicales d’abord, de jeunesse donc le Sahel, l’Union étudiante, la fidèle l’UNEF, mais aussi des organisations de jeunesse politiques, les jeunes insoumis, les jeunes communistes, les jeunes écologistes, Pep’s jeunes, tout un tas d’organisations de jeunesse, syndicales et politiques autour de mots d’ordre offensif allant de la lutte contre le SAMU, contre l’uniforme, contre la sélection, pour des investissements massifs dans l'éducation. Alors donc, deux questions. Il va commencer à y répondre. Pour vous et vous comptez construire concrètement cette mobilisation Et vous pouvez nous faire un petit point sur les avancées en la matière dont peut être émis comme menace. On vient d’en parler un petit peu et on sait qui pourra compléter.
L’avantage, c’est qu’il y a que des choses à rajouter dans cet appel, parce que l’appel est quand même sorti avant l’annonce des 3,5 d’augmentation sur les Crous et encore,du coup, enfin, c’est en avant-première, on vous le dit, il y a plus que 3,5 % d’augmentation et pour le coup, on va faire des communications sur le sujet parce que c’est scandaleux. Mais en gros, en fait nous le but c’est justement d’aller informer sur ça parce que c'était compliqué quand on a eu justement l’annonce des coupes budgétaires sur le hasard, fallait quand même aller expliquer exactement à quoi ça correspondait et. Et pour le coup, bah le 3,5 % sur les logements, ça tu le vois très bien ce que donc notre but c’est d’aller justement organiser en cité, euh principalement de dire en fait, pour le coup, vous allez être touchés en priorité. C’est en train d'être voté parce que les Crous commencent littéralement demain et jusqu'à jusqu’au 24 je crois. Mais du coup, tous les groupes de France vont voter cette augmentation et nous on va essayer justement de se mobiliser déjà sur cette question-là, c’est dire. Pour le coup, il faut s’organiser, on va faire des tournées d’amphi, des tournées de TD pour les personnes qui ont fait du syndicalisme étudiant, vous savez, mais, Mais du coup, forcément, on va être de tout, enfin sur tous les terrains pour essayer de mobiliser la jeunesse. Il y a cette date-là qui nous laisse le temps de la construire et pour le coup, c’est notre objectif, c’est de faire en sorte de mettre la jeunesse dans la rue. Ce 19, ce 19 mars, puisqu' à un moment, il faut dire stop, sinon on va continuer à avoir des annonces qui vont être horribles.
Offensif mais nécessaire. Il s’avère que le 19 mars est la veille du 20 mars. Pensez-vous que ça sera le début du printemps ? Oui, bien sûr. Mais le dire, là, c’est le début. Quoique, je dirais que le JDD Valeurs actuelles trouve des choses à redire. Mais bon, je dis ça parce que c’est le début officiel du printemps. Est-ce que ce serait là annonciateur d’un printemps des peuples, de la jeunesse, Printemps des peuples premiers, de la mobilisation ? Oui ? Non, Mais déjà le le autour du 20 mars, l’année dernière, c'était le pic de la mobilisation lycéenne. C'était plus de 400 lycées bloqués autour du 23 mars, c’est-à -dire après le 49 trois. Évidemment, je ne vais pas mentir aux gens en disant que là c’est pareil. On a on repart dans une mobilisation énorme. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Il y a des embryons de mobilisation qu’il faut soutenir et après nous, c’est notre rôle en fait. Et ça va être pour le coup un vrai test pour l’union étudiante. Pour lui, essayer d’organiser concrètement la mobilisation dans la jeunesse parce qu’il y a matière en fait. Donc on peut le faire et on va, on va s’atteler à le faire. Alors, après, c’est que je vous explique, c’est simple, un Nous, on va, concrètement, on va imprimer nationalement des tracts sur ces sujets là, sur le sujets qui touchent des lycéennes, des lycéens, sur leurs conditions concrètes d'études, on va les diffuser au maximum et ensuite au 19 mars, on essayera un maximum de débrayer dans les lycées, d’organiser des blocus. Je ne sais pas si je dois vous expliquer. Alors vous arrivez à 6 h, vous prenez les poubelles, vous essayez d’arriver, vous voulez, mais c’est tout. Ouais non mais voilà, vous arrivez assez tôt pour pas qu’il y ait déjà administration, puis ensuite petit à petit ça se remplit, etc. Rappelle de sacrés souvenirs.
Oui, je me souviens en Gironde, dans un tout petit lycée d’où je viens, une fois la grande. Et d’ailleurs on salue les potes s’il y en a qui nous regardent, eh bien on avait fait un blocus et au début et puis c’est pour encourager. Allez les camarades, n’hésitez pas ! Mais je n'étais pas nombreux, on était trois.
. La meilleure s’est levée à 6h, on allait dire quelques palettes et une finale était plus d’une centaine. Donc ayez foi et espoir si je puis dire ainsi. Ça, ça peut marcher. Bon, ceci dit, j’ai une autre question. Cette fois-ci, je m'éloigne. Je suis un peu provocateur des prérogatives qui sont les vôtres en tant qu’organisation syndicale de jeunesse, mais néanmoins il me semble qu’il ne faut pas l’occulter. On est à quelques mois et ça arrive de vous enlever d’une échéance les élections européennes où on a Jordan Bardella, à 30 %, qui est le premier et qui est vraiment le chef de file de cette échéance qui est présenté comme tel à travers les sondages. Alors, c’est vrai qu’habituellement la tradition syndicale veut que les organisations syndicales ne se mêlent pas de ce registre de l’ordre électoral. Est-ce que vous portez malgré tout un regard en la matière et notamment une inquiétude concernant les sondages qui sont fait concernant la participation des jeunes à cette échéance ? Plutôt à l’extrême droite pour le coup ?
Déjà, je vais quand même faire une petite blague de contexte, mais ça me fait rire parce que j’ai l’impression de me retrouver sur leur congrès. Est-ce que j'étais intervenante sur une des tables rondes ? Vous avez justement tous les partis jeunes qui étaient là, plus moi qui était le seul syndicat et vraiment, ils ont commencé à vouloir cette amitié là une foi présentés.
Et moi j’étais au milieu en disant : Laissez-moi tranquille.
C’est pour ça que c’est vraiment pertinent d'évoquer le sujet.
En fait, nous, pour le coup, on a quand même une action syndicale à mener sur ces élections. Déjà, c’est de dire que voter à gauche, si. Vous plaît. Mais en parallèle de ça, en fait, pour le coup, il y a quelque chose qui s’appelle l’inscription sur les listes électorales. Les étudiants, justement, très souvent, vont être inscrits chez leurs parents. Il y a un vrai enjeu, notamment vis-à -vis de la participation des jeunes, que de faire en sorte qu’ils soient inscrits là où ils habitent, notamment pendant la période de juin. Donc, ça, c’est une première chose. Et notamment nous, on réfléchit à comment est-ce qu’on fait justement pour informer sur ce que sont les élections européennes, les conséquences concrètes que ça peut avoir sur le quotidien. Informer aussi sur justement. Enfin, je sais qu’on l’avait fait pour les présidentielles dans certaines universités, mais dire c’est quoi la différence entre la droite et la gauche ? Parce qu’aujourd’hui justement, il y a quand même un floutage qui a été mis en place, où tu te retrouves avec un échiquier politique qui est, qui est vraiment retourné avec des gens qui vont me dire Mais c’est vous les fascistes ? Oui mais non, c’est une ligne, Mais en gros c’est notre rôle justement que d’informer sur ce qu’est le vote et d’aller justement former pédagogiquement, amener la pédagogie dans ce qu’est le vote et les conséquences que ça peut avoir. Notamment, il y a des études qui montrent que la jeunesse vote quand elle voit un enjeu au vote, pas pour justement soutenir un parti ou quoi que ce soit. Il faut qu’elle sache pourquoi son vote est important et donc dans ces cas-là, il va se déplacer aujourd’hui. Nous, notre rôle de syndicat, sans prendre parti pour un parti, c’est de dire justement bah pour le coup, il y a un vrai enjeu de participation de la jeunesse et on a notre rôle à jouer.
Donc vous allez faire un travail, notamment sur la question de l’inscription sur les listes électorales, qui est possible jusqu’au 2 ou 3 mai. Si c’est ça, la bêtise manifeste. Donc elle nous apprenait et elle nous dévoile des informations concernant les coulisses de ce congrès fondateur du SL. En faisant d’une pierre II coups, quelle est la position du coude de l’USN, notamment sur les relations entre le monde syndical et le monde des partisans, le monde des partis politiques ? Et voilà ! Sur la question des européennes, sachant qu'évidemment les lycéens sont pour bon nombre d’entre eux exclus du droit de vote hormis certains élèves de terminale. Est-ce que tu peux nous donner le point de vue de ton organisation à ce sujet ? Non, la question du lien entre monde syndical et politique s’est toujours posée et encore plus quand il s’agit de syndicats étudiants et lycéens. Tout le monde sait bien que, historiquement, il y a toujours eu des liens plus ou moins forts entre des organisations politiques et syndicales, quelles qu’elles soient. Après, on ne va pas se voiler la face, moi j’ai un avis sur les élections européennes. Tout le monde, tout le monde a un avis, mais en fait c’est juste pas notre rôle. Et je pense pour le coup que les élections européennes ne vont rien changer à la vie des gens. Donc en fait de toute façon nous les lycéens n’avons pas le droit de vote, on milite pour le droit de vote à seize ans tant qu’il n’y en a pas. De toute façon on ne va pas mobiliser les gens qui peuvent pas voter et je pense que notre travail de tous les jours pousse les gens en fait à se faire un avis ensuite sur la politique et que déjà de ce faite là on fait un travail qui est politique en soi. Et donc ensuite du point de vue de nos relations avec les organisations politiques. Nous, on est unioniste d’un point de vue syndical, on naît d’une unité, on revendique encore l’unité et on déplore d’ailleurs qui est plus l’intersyndicale à laquelle on participait avant. Et c’est de même pour la gauche politique. On voit bien qu’on a des divisions. Non, ce n’est pas la question. On n’est pas des syndicats professionnels, donc on n’a pas à se réclamer de la charte d’Amiens. Et ouais, mais, mais voilà. Et en l’occurrence non, dans notre propre charte qu’on a éditée, etc. Donc là-dessus, c’est pas un, c’est pas un sujet, mais après il faut quand même dire qu’il ne faut pas non plus totalement abolir la distinction qu’on a avec les forces politiques. Parce que je pense que de une, ça nous permet d'être audibles auprès des lycéennes, des lycéens, c’est à dire que moi je ne me ramène pas en disant je suis de tel parti en fait, c’est déjà ça, ça aide à conscientiser les gens.Et d’autre part, on a quand même besoin d’indépendance parce qu’on a besoin en fait de prendre notre propre décision. Et on sait bien qu’on peut être d’accord sur la plupart des thèmes avec un parti ou un autre, mais s’il y a un moment où on n’est pas d’accord, on a notre liberté de le dire. Et honnêtement, aujourd’hui, à aucun moment il y a aucune force où je suis à 100 % d’accord avec. Et donc après, quand je serais majeur, je ferais mes choix pour voter. Mais. Mais moi ce que j’ai envie c’est qu’en fait les gens se mobilisent, qui est vraiment un mouvement social dans ce pays. Et pour ça, je pense que pour le coup, il faut que les forces de gauche soient toutes unies. Et là-dessus, nous, on y travaille tous les jours pour qu’il y ait des initiatives unitaires. Alors, venez, je vais essayer de faire un petit instant de danse promo pour vous dire, mais on reviendra très vite vers vous avec l'équipe au poste. Mais le mois prochain, le mois d’avril, justement, à quelques semaines de cette date, de cette échéance, on fera une émission spéciale de la barricade sur les élections européennes avec les représentants jeunes des différents mouvements politiques de gauche présents lors de cette échéance. Et donc vous serez bien évidemment conviés car ce sera un événement public, mais on reviendra vers vous très prochainement pour vous donner plus d’informations. Peut-être que David va m’engueuler parce qu’il ne fallait peut-être pas que j’en parle maintenant, non ?
Est ce que je t’ai déjà engueulé ? Non mais je plaisante là, il n y a aucun problème. Maintenant, tu peux même me donner la date.
C’est le 16 avril.
Voilà. Et nous avons déjà plusieurs accords d’invités. Tu peux les donner si tu les as en tête.
Klaus Riedel Pour le Parti socialiste, qui est candidat sur la liste du Parti socialiste place publique avec Raphaël Glucksmann, on sait que ça va faire réagir en. Nora Aurélien Lecoq pour la France insoumise, qui est animatrice des jeunes insoumis, en aura également. Mr Amine Kissaki, élevé des écologistes, qui est un jeune militant des quartiers populaires à Marseille qui sera présent en aura Salmane seulement j’ai oublié le nom, je m' excuse mais on doit le retrouver du NPA qui fut un des porte-parole de la campagne du NPA. On aura quelqu’un également du Parti communiste. On attend la confirmation étant donné que Monsieur Léon Deffontaines ne pourra malheureusement pas être présent.
C’est Selma Lahbib, militante au NPA et candidate sur la liste européenne.
Donc de toute manière, on reviendra très vite vers vous pour vous annoncer ça dans le détail. Mais alors dès que l'émission touchait à sa fin, en tout cas avec nos invités, parce qu’ensuite, comme David l’a dit, on fera un petit point tout à l’heure sur un petit sujet. Voilà la garde à vue. Retour sur les geôles en étant chez eux au poste. Mais alors juste avant, parce que je crois que ma nièce, tu vas devoir, vous allez le voir nounou et nous quitter dans pas longtemps si je dis pas de bêtises. Une dernière question qu’on a l’habitude de poser sur Au poste à nos invités et aux camarades qu’on reçoit dans la barricade, c’est de savoir comment vous décrivez ce que l’on vient de faire là, en 2 h 01 peu plus de 2 h, comment vous l’avez ressenti, comment vous l’a vécu, que qu’est-ce que l’on vient de faire selon vous, durant ces 2h et demie ?
Pour une fois j’aurais bien aimé que. Est ce qu’ils vont bien ? Je réfléchis. Ça charge. En fait, moi je trouve ça intéressant, c’est que aujourd’hui, il y a très peu d’espaces justement, d’expression où on va vraiment pouvoir parler et ne pas s’arrêter parce qu’il y a un timing. Même quand nous on fait nos, nos événements nationaux, etc. Forcément, c'était 1 h et demie, mais tu as plein d’intervenants parce que quand même, pour montrer etc. etc. Il y a très peu d’espace où justement on peut parler à des personnes extérieures à nos organisations, où on peut vraiment aller explorer plein de sujets. Et notamment on s’est pas arrêté aux portes des lycées et aux portes de l’université en disant c’est juste ces sujets là parce que vous êtes syndicaliste, lycéen ou vous êtes syndicaliste, étudiant et c’est tout. Mais en fait ce n’est pas notre rôle. On est justement des syndicalistes, étudiants et lycéens, mais on est surtout des mouvements de jeunesse. Donc ça veut dire qu’on a un avis sur la société, etc. Et du coup c’est forcément très intéressant de pouvoir parler de tout ça. Moi j’aime bien l’exercice en tout cas. Mais du coup, j’avoue peut être plus tôt dans la journée que je pourrais aller me coucher parce que j’ai des grosses journées..
Mais en tout cas, beaucoup de questions sont pleines de convictions,en vrai bien c’est calme, on peut parler. Il y a le chat, il y a David Dufresne qui prend des photos, c’est un espace qui est intéressant. Vous avez déjà invité deux fois la salle en quelques mois, donc il y a encore d’autres gens de la vaisselle, Je parle des femmes, enfin comme vous voulez, n’hésitez pas à le faire. Et puis à bientôt, mais avec grand plaisir en tout cas
Alors là, on improvise. Je vous remercie tous les deux. Ritchy, Je vais te laisser les commandes, tu vas être tout seul le temps que je raccompagne nos invités et ensuite on se retrouve tous les deux pour parler de ta garde à vue..
Beaucoup de commentaires et de remerciements dans le chat. Donc vraiment, c’est un grand plaisir ou même des suggestions en terme d’inviter de jeunes activistes militants qui ne sont pas forcément mis en lumière, visibiliser et dont vous trouvez qu’ils font et qu’ils font un travail important. Mais n’hésitez pas à nous faire remonter et nous ne manquerons pas effectivement bien de le dire, de donner suite à tout cela. Militer, c’est la meilleure façon d’aller vers les autres, totalement épuisés. C’est d’une richesse immense. Mon histoire que je racontais à David la première fois que j'étais venu ici à la fin du premier numéro de la Barricade. Mais moi, si. Aujourd’hui j’ai acquis cette conscience politique. C’est ce goût pour la culture, pour l’information, pour le journalisme. C’est notamment dû à la lutte. C’est essentiellement dû à mon expérience avec les gilets jaunes. Et donc effectivement, la lutte, elle libère. Puis vous avez les camarades qui gèrent le shadow post ou qui disent que y’a un QG de la communauté des opposés tienne le comico avec le lien pour lequel accéder. Il doit y avoir des discussions super intéressantes, mais on dirait que vous, vous êtes une jeunesse qui se tient sage parce que vous n’êtes pas très bavards. Un derrière le Tchad. Moi qui pensais qu’avec le raid il y avait tout à l’heure de valeur anarchiste, ça allait être le souk, le bazar. Non, je plaisante, mais vous êtes, vous êtes bien discipliné. Quelqu’un qui nous dit que le rythme est bon et le contenu encourageant. Nous l’Algérien, le comico est là pour alimenter le débat. Bomber Super ! Euh. Je pense que le public de Twitch n’est pas tout jeune mais pourtant ça ne veut rien dire. Bas c’est vrai que moi c’est David et pourtant Dieu sait qu’il n’est pas de ma génération qui m’a initié à Twitch. Donc c’est peut être que la jeunesse a bien plus à voir avec l’esprit qu’avec la biologie, j’ai envie de dire. Dans la mesure où comme quoi parfois il y a des stéréotypes sur les réseaux, sur Twitter qui nous montre qu’en réalité les jeunes sont un peu plus, un peu moins à la page que les plus anciens.Non, non, mais après la voilà la vieillesse, Qu’est-ce que c’est ? Vous avez un mec comme Attal qui est vendu qu’on nous vend comme le plus jeune premier ministre de la cinquième République, mais qui a qui sur le plan des idées et est un mec extrêmement rétrograde, réactionnaire, éthique, idéal qui donne l’impression d'être un vieux notable tout droit sorti du 19ᵉ ou du XXᵉ siècle. Donc. Comme quoi, finalement, il faut peut-être nuancer cette question de la jeunesse. David ne devrait plus trop tarder. Il a raccompagné nos invités et ensuite on pourra faire un petit point sur ce qui s’est passé. Donc le 24 février au salon de l’agriculture, si ça vous intéresse bien évidemment. C’est en tout cas quelque chose d’assez important parce que c’est juste ubuesque au sens littéral du terme. C’est vrai que quand David m’a proposé de venir animer l'émission sur la barricade, j’ai tout de suite dit oui. Et quand je suis arrivé ici, dans ce petit studio, j’ai adoré l’atmosphère et l’imaginaire. L’idée de caricaturer et de tourner en dérision les processus de coercition, de surveillance. J’ai trouvé ça hyper marrant, hyper subversif et hyper intéressant et je trouve ça fantastique cet imaginaire-là. Voilà, autour du thème de l’enfermement, enfin du poste de police dans lequel on nous enferme mais dans lequel ici on se libère. Ben voilà David qui arrive. J’espère que j’ai pas dit trop de conneries en ton absence, mais normalement ça devrait le faire.
Si au contraire, j’espère qu’il en a dit plein.
C’est le règne de l’impertinence.
Alors je reprends un micro. Ce que je propose, peut-être que tu pourrais commenter la vidéo.
. On peut faire.
On en remet depuis le début. On est au salon de l’agriculture qui vient d’ouvrir ses portes après des heures de retard. Ritchy venait de faire un bon mot qu’il a déjà fait ailleurs en disant qu'à lui tout seul, Macron avait semé le trouble à l’ordre public puisque sa présence avait, comme vous le savez tous, fait retarder l’ouverture officielle du Salon de l’agriculture. Et au moment où il va passer, on est au stand, on est dans le hall. Là est dans le hall principal où il y a des animaux. Et au moment où Macron va passer, voici que Ritchy va surgir
Les anciens participants du programme de lutte contre le sida.Et ça, je crois Là, c’est mon. Téléphone, Monsieur, Monsieur le téléphone, Monsieur, je vous téléphone. Je suis désolé, je ne sais pas comment on appelle en première.Non mais monsieur, je suis journaliste, je suis journaliste, je suis.Journaliste. Photo téléphone Oui, Non, il n’y a pas de souci de santé. Mais attendez, je vous pose votre téléphone et je vous montre ma. Carte de presse.Son téléphone d’abord. Vous n’avez pas le droit de m’empêcher de filmer. Je suis journaliste, monsieur, il ne faut pas déconner, il faudrait une photo. Ce n’est pas légal. Je. Sais maintenant qu’au début on vient me renvoyer la personne parce que ce n’est pas gentil. Je parle. Avec le temps, on vient s’adresser à chaque personne parce que c’est considéré comme un opposant politique.Vous appelez ça une démocratie, un événement public où on ne va pas approcher le président de la République ? Mais pour qui vous vous prenez ? Vous êtes dans ma zone 400, vous savez comment on appelle ça la démocratie ? 500 personnes, 500 personnes à part, c’est un monarque. Et il faut qu’il sache que dans l’histoire de France, on fait tomber la tête des monarques et ça va très mal finir. Toutes les armées de CRS du monde ne suffiront pas à éteindre la couleur, la colère. Vous êtes des marionnettistes, on vous utilise, vous n’avez aucune conscience, rien pour vos enfants. Chute, chute ? Non. Il a répondu oui, mais il travaille, c’est normal, il travaille. Ah ouais, c’est fait avec ses fils qui travaillent, C’est des traîtres. Et ce n’est pas que moi, c’est même avant ça, il y a le temps. En ce moment, le. Français est plus reconnu. On lui a trouvé des moments pertinents. Il y a toujours eu des moments où Napoléon a compris, par exemple.Ce qu'était en 1941 d’Allemagne. De nos jours, ça vient d’ici, C’est. Là que je pense qu'à Paris, il y a toujours eu une France qui a collaboré à ce pays. Il y a toujours eu une France qui s’est couchée devant. Devant l’oppression, il y a des paysans qui veulent exprimer leur colère et leur salon de l’agriculture. Mais non, pas le salon. Ce n’est pas le salon de l’agriculture de Monsieur Macron, c’est le salon de l’agriculture des paysans et des paysannes. Oh, c’est ce que je voulais dire, bien sûr, Mais à quoi bon mener la France dans la guerre ? Il faut voir comment on va y avoir la volonté populaire, voyez-vous, ce n’est pas le cas. Pas du tout une relation de conviction et allez-y avec la caméra. Voilà, voilà. C’est ça la politique. Oui, Macron est derrière Macron et Barnier. N’oublie jamais que nous sommes arrivés à la révolution française. Le pays qui fait tomber la tête des monarques.Doucement, tout doucement. Oh ! Qu’est-ce que c’est que ça ? Oh oui, Il a juste dit que c'était Ça ne va pas ou quoi ? Alexandre Ce n’est pas grave, hein ? Oh, et toi tu vas au président de la République, toi ?
Mais on va on va dire un point là-dessus, mais déjà pour recontextualiser. Donc voilà, en ce 24 février, je le disais tout à l’heure, samedi 24 février, Macron débarque, il sème le trouble et le chaos. Parce que bien sûr, ce gars-là, je vois qu’il se déplace bien. Il suscite une colère immense. Alors habituellement, il arrive, par le biais de ses multiples effectifs, en coordination avec les différentes préfectures du pays, à refouler la colère. On l’avait vu avec les casseroles, l’aide, etc. Et le déploiement massif de forces de l’ordre qui confisquent les casseroles. À chacun son déplacement, qui étaient considérés comme des armes de destruction massive à en croire le degré de répression.
Et alors, non c'était des dispositifs portatifs, des sonores portatifs.
Des dispositifs assez Orwellien quoi. Et donc tout ça. C’est vrai que là, pour le coup, au Salon de l’agriculture, mais de par le fait que les paysans, les paysans étaient chez eux, c'était beaucoup plus compliqué pour lui que de gérer, de canaliser, de se mettre en scène. Et il a fallu que Monsieur nièce qui s’est déplacé au salon qui était face à moi d’ailleurs à un moment soit présent sur le salon lui-même, il avait déplacé les effectifs de l’EDF au PC salon l’agriculture Voilà circulation avec une armada de CRS et de flics. Il y avait des Bacchus en civil, il y avait des gens, des renseignements, il y avait des gens de la CSP, des gendarmes mobiles, enfin plus de au bas mot, plus de 500 forces de l’ordre qui étaient présents pour l’entourer. Et donc moi, j’avais la ferme intention d’aller l’interpeller. Et je veux expliquer ma démarche parce que je l’ai fait aussi avec Édouard Philippe, dans un tout autre contexte, à la Fête de l’Humanité. Vous savez, moi je fais des activités journalistiques ici, je suppose, dans un autre média, Quartier général avec qui a été fondé par Aude Lancelin et moi, j’ai une manière de lire le journalisme qui dit que le journalisme, parfois, ce n’est pas juste avoir un micro à la main et poser des questions ou écrire un petit papier.Mais c’est aussi là le devoir de faire savoir et donc faire savoir. Ça peut se décliner sous de multiples formes et ma déclinaison à moi, c’est parfois de prendre le micro quand on ne me le donne pas ou d’imposer avec ma voix qui porte effectivement une information que l’on veut occulter ou que beaucoup occultent. Et c’est la raison pour laquelle, au Salon de l’agriculture, j’ai profité de sa présence, de la présence de certaines caméras, du fait qu’il y ait du public pour m’approcher le plus de lui. Alors, c'était très difficile parce que, comme vous l’avez vu sur la vidéo, la première fois que j’ai tenté de l’approcher, je me trouvais pas très loin de lui. Eh bien on est venu très violemment m’interpeller. Donc ça, c’est des images que vous voyez. Au début, il y avait mon ami à nous, on a vu La Luciole Média qui est un média que j’ai cofondé, qui était là pour filmer tout ça et ça a été assez précieux d’ailleurs, ils lui ont saisi son téléphone alors que c'était totalement illégal. Il a une carte de presse donc heureusement, il avait sa GoPro qui a pu filmer la scène.Et donc il y a un Monsieur Munier avec ses compères m’a pointé du doigt en disant de me d' évacuer du lieu. C’est la première fois où on me refoule assez violemment. Et donc moi, au bout d’un moment, je m’aperçois que je ne pourrais pas m’approcher plus et que Sylvain d’essayer de m’approcher davantage. Je me suis mis et c’est ce que vous voyez. La suite dans les images un peu en hauteur, je me dis Monsieur, je vais monter sur une rambarde. Et là j’ai crié le plus fort possible éborgner Macron. Les bordures. Je vais péter deux fois pour que ce soit audible et j’insiste sur ça, je vais vous expliquer pourquoi. Et alors ça, Pourquoi ? Parce que pour moi, c'était un devoir sur le plan de ma citoyenneté, sur le plan journalistique, que de rappeler une vérité factuelle du temps présent, à savoir que Édouard Philippe, qu’Emmanuel Macron, que Castaner ont joué un rôle majeur dans la répression sanglante et terrible le mouvement des gilets jaunes et qu’ils ont ordonné. On se souvient notamment d’Édouard Philippe de Macron qui, au soir du 16 mars, libère le préfet de police de Paris de l'époque en disant qu’il n’avait pas fait suffisamment usage du LBD 40 qui crève des yeux. Eh bien moi, il me semble un devoir que de rappeler que ces gens-là sont des éborgnés. C’est une vérité factuelle sur le plan du temps présent. Ensuite, je lui ai dit N’oublie jamais que nous sommes dans le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber la tête des monarques. Et en ce qui concerne cette partie-là de mon interpellation, eh bien moi, il s’avère que je suis étudiant en deuxième année d’histoire et c’est une interpellation historique.
Eh bien, parce qu’il me semble très important et bien d’avoir à l’esprit que ton activisme, tes activités médiatiques. Bon, un peu de sommeil. d’accord, tu as 19 ans donc c’est facile de faire des nuits blanches et tout
Il s’avère que comme je bosse moi j’ai une dispense de TD. Malgré tout, je vais à la fac et cela me donne un certain nombre de cours. Et puis je récupère aussi tous les cours auxquels je peux pas assister.
Oh, il y a Jérôme qui est là. Jérôme Rodrigues, mon Ritchy, toujours une pensée pour les mutilés des gilets jaunes ?
Mais mon tonton, j’ai quelqu’un que pour qui j’ai beaucoup d’estime et je sais que parfois il m’engueule gentiment parce qu’il m’a vu assez jeune à quatorze ans, il m’a donné beaucoup de conseils et il me dit souvent de faire gaffe et il a bien raison. Mais c’est vrai que voilà, même si on peut avoir des divergences sur tout un tas trucs et il sait à quel point c’est important pour moi à chaque fois de le rappeler ça. Parce que moi, quand j'étais gamin, à quatorze ans lieu durant le mouvement des gilets jaunes, j’ai vraiment été choqué au sens littéral du terme. Quand je me retrouvais en manifestation, mes parents m’accompagnaient parce qu’ils étaient extrêmement ok, alors que ce n'était pas forcément leur combat de voir du sang au sens propre des papilles des mamies. Je m’en souviens encore, j'étais à Bordeaux à l'époque. Se faire tabasser et voir les images sur les réseaux sociaux. J'étais sur Facebook à l'époque, j'étais un des rares jeunes à être présent sur les réseaux. Heu sur Facebook. C’est un truc vieux normalement. Et je voyais ces images ensanglantées, ces visages, ce sang couler. Si, si, je veux dire, c’est un handicap à vie, c’est traumatisant, c’est des séquelles, des sévices psychologiques, c’est une impossibilité de se reconstruire. Et pour moi, c’est vachement fondamental que de leur rappeler cette vérité-là. Et tu étais jeune, Fais gaffe, reste indépendant. Mais t’as bien raison tonton, et j’y veille, sache le. Même si parfois on peut te croire que non. Mais je vis et je suis vigilant. Mais alors du coup, pour eux, pour faire la suite de L’histoire, Voilà.
Donc ce qui se passe, c’est qu’ils viennent m’arrêter là en lisant, ils savent très bien qui je suis
Alors juste sur l’histoire de l’histoire, tu t’es expliqué dans un tweet où tu dis on a coupé la tête et tu donnes, On A fait tomber la Tête, on a fait tomber la thèse importante et tu donnes trois noms. Or il y en a qu’un seul qui a été guillotiné. Tout le monde le connaît. Les deux autres que tu citais ne l'étaient pas et donc ça a été repris au vol sur cette question là.
Alors, ce qui est assez marrant, c’est qu’il y a eu cette vidéo que j’ai faite après mes 50 heures de vol. Enfin, je vais y revenir.
Oui, bien sûr.
j’ai mis sur Twitter et où je dis effectivement, on est dans le pays qui fait tomber la tête des monarques, celle de Louis XVI, mais aussi celle de Charles X et celle de Louis-Philippe. Et alors là, les macronistes et les fachos en tout genre qui ont fait semblant de pas comprendre ont voulu me faire passer pour un ignare en faisant une note. Vous avez sur X, maintenant vous pouvez faire des notes. Et alors là, ils mettent une note avec 1 à 1 référence débile qui va pas une référence universitaire en disant mais c’est faux, on a fait tomber en France seulement la tête de Louis XVI a été coupée, mais pas celle des autres monarques. Or moi je n’ai jamais dit couper la tête des monarques. J’ai dit faire tomber la tête des monarques parce que quiconque ouvre un dictionnaire d’expression française, vous tapez sur Google si vous voulez le faire ou sur un autre moteur de recherche faire tomber la tête, faire tomber la tête. Tapez cette expression et vous verrez qu’elle renvoie dans son sens figuré, car elle a un sens figuré au fait de contraindre à l’abdication, à la destitution d’une autorité, d’un chef d'état ou d’un monarque, qu’il soit présidentiel ou pas. Et donc en l’occurrence, effectivement, Louis XVI, on lui a coupé la tête au sens littéral, on lui a fait tomber la tête au sens littéral. Il a été guillotiné le 21 janvier 1793, mais Charles X le 2 mai 1830, durant la révolution des Trois Glorieuses, dont je pourrais vous faire un peu le récit, cette révolution qui avait une dimension très populaire, eh bien, a contraint Charles X à l’abdication, qui d’ailleurs a fui à l'étranger. Et ça, c’est une caractéristique commune de tous les monarques qui sont lâches et qui fuient. Souvenons-nous de Macron qui allume le soir son hélicoptère dans la cour le 1ᵉʳ décembre, alors que les gilets jaunes se trouvent à quelques centaines de mètres de l'Élysée. Et ensuite Louis-Philippe pour vous prouver que voilà, je suis pas un ignare contrairement à ce que vous voulez faire croire. Le 24 février 1848, il est contraint à l’abdication lui aussi, et lui aussi il fuit à l'étranger. Et donc, en ce sens-là, le peuple de Paris les a fait tomber.Eux qui étaient à la tête du pouvoir. Car il faut aussi entendre la tête du pouvoir
Nous avons Euryale qui fixait comme toujours Wiktionnaire, locution verbale français faire tomber des têtes au sens figuré, destituer des personnes de leurs fonctions. Voilà. CQFD. Monsieur, vous allez bien en France ? Alors tu peux continuer.
Alors ce qui se passe, c’est que pour avoir énoncé cette vérité qu’on peut qualifier de journalistique sur le fait qu’il fallait que ce soit un éborgné, bref, c’est une vérité factuelle, tout simplement, et pour ensuite avoir été qualifié pour avoir rappelé cette vérité historique que je viens d'énoncer on est dans le pays, la Révolution française à Macron et on est un pays qui fait tomber la tête des monarques. Eh bien je me suis retrouvé au poste alors pas ici parce qu’ici c’est fun, mais dans le vrai, il y a les flics, mais on y. Il n’a même pas à leur donner. Il m’attrape très violemment. En fait, il m'étrangle littéralement parce qu’ils ont une phobie. Lorsque ma grande dépression est celle du bruit, du bruit qui est dissonant à sa politique. Et ils m’ont vraiment, littéralement étouffé pour pas que j’exprime ne serait-ce qu’un petit bruit. Et donc ensuite, ils m’ont plaqué dans les toilettes. Ils m’ont éloigné le plus possible et ils ont fait tomber par terre. J’ai failli les perdre à ce moment-là. Et Dieu sait que pour ceux qui sont myope, c’est un handicap, un véritable handicap. Et donc. Et donc voilà, ils me prennent très violemment, ils me menottent comme si j'étais un véritable danger à cinq six et ensuite ils me posent à l’extérieur. Et là, au moment de remplir ma fiche d’interpellation, les fiches mob comme on dit, les fiches de mise à disposition MAD dans le lexique de ces gens-là, de ces êtres coercitifs et répressifs. Eh bien en gros, ils ne savent même pas ce que j’ai dit. Ils me disent qu’on a eu l’ordre de vous arrêter, monsieur Thibault, mais on ne sait pas ce que vous avez dit. Donc il faut que vous nous disiez ce que vous avez dit. Et donc ça s’est vu. Est-ce que c’est pour vous dire que c’est une arrestation qui est vraiment politique et qu’on me reproche ? Et donc qu’est ce qu’on met sur la file, juste pour terminer là-dessus, d’interpellations en mai, troubles à l’ordre public alors ? Et ensuite on met outrage à agent dépositaire de l’autorité publique.Mais c’est ballot parce que déjà le trouble à l’ordre public, il n’est pas de mon fait, il est du fait de Macron et ça c’est factuel. C’est Macron qui a généré un trouble à l’ordre public et non pas ma présence. C’est sa détestation qui était visible et non pas la mienne. Les puissants ne me connaissaient pas. Voilà, ça prouve cela. Et ensuite, sur le qualificatif de trouble à l’ordre public de deux ou trois outrage à agent dépositaire de l’autorité publique. Il faut savoir que Macron n’est pas un agent dépositaire de l’autorité publique. C’est un agent qui n’est même pas un agent ministériel, c’est un élu. Et par ailleurs, le l’outrage au chef de l'État qui existait jusqu'à peu a été cassé par une jurisprudence. Enfin bref. Donc ça ne tenait pas la route. Et arrivé au poste, il abandonne donc automatiquement les de nos troubles à l’ordre public parce que ça ne tient pas. Il requalifie l’outrage pour permettre de prendre en considération Macron, parce qu’il y a une nouvelle formulation juridique que je ne connais pas par cœur mais qui prend en compte les faits d’outrage pour le président de République. Ce n’est pas un outrage au chef de l'État, mais c’est un outrage aux élus et Macron la qualité d'élu. Et donc ensuite, au bout des dix premières heures de garde à vue, avant de voir mon avocat Maître Alexis Bodin de l’EGALIM, eh bien ils me font une supplétif, c’est à dire un garde à vue supplétive, c’est à dire qui me met un motif supplémentaire et le motif se défend.
Puisque tu as un peu avalé le nom de ton avocat, je pense que tu peux calmement.
Ok, mais donc avant de voir mon avocat, Maître Alexis Baudelin qui a un compte Twitter Euryale si tu veux le retrouver, qui fait un travail fabuleux, qui me et qui m’assiste à de nombreuses reprises dans les multiples fois où la préfecture ordonne de me de me faire, de me faire arrêter et tentant de respirer un peu. Bon allez, je vais y aller un peu plus calmement. Merci pour le conseil que tu m’as répété de nombreuses fois. Mais en gros, ce qui se passe, c’est que cette garde à vue supplétive. Et donc on me dit bon, mais Monsieur Thibault, c’est pas de l’eau qu’il lui faut, c’est un tank. Pour vous finir et après on échange tous. Mais pour cette garde à vue supplétive, on m' a menacé de mort et moi j’ai trouvé ça ubuesque même si je m’y attendais, Si on a discuté avant avec pas mal de camarades et. Et donc ils me disent bon, menaces de mort envers le président de la République et bon, je suis auditionné, machin bidule truc, je vois Alexis, on se dit bon ben ça nous étonnerait que vous ayez une prolongation parce qu’Alexis, il leur fit de superbes observations qu’il joint à l’audition où il dit que bah ça tient pas la route, que j’ai simplement fait usage de ma liberté d’expression. Il cite des différences de jurisprudence, notamment de la CEDH, de la Cour européenne des droits de l’homme. Et donc on se dit que ça ne tient pas la route. L’OPJ lui-même se dit bon, ça ne va pas aller bien loin.
Et en réalité, pendant le discours officiel Et c’est vrai que quand on fait plus de dix gardes à vue, ça devient courant. Mais en réalité, allez, pas forcément, ça ne va pas être la tension parce que la familiarisation, c’est le début du piège Et alors ?
Ce qui se passe, c’est que donc, au bout, au terme, enfin pendant ce temps-là, il y a la vidéo qui tourne pas mal sur les réseaux sociaux et donc ça prend une dimension politique. Et il y a une plainte du cabinet de Macron qui d’ailleurs n’est pas bien ficelé sur le plan juridique parce qu’il n’y a pas de délégation de signature. C’est son directeur de cabinet qui le fait en son nom en disant que Monsieur Macron, j’ai tenu des propos particulièrement outrés, outrageux, outrageants et violents, menaçants à l'égard du président d’un public et qu’il souhaitait porter plainte. Donc, c’est son directeur de cabinet, Patrice Faure, il me semble, qui fait la plainte. Il n’y a pas de délégation de signature, donc ça ne tient pas la route. Mais ceci est un dit. Donc comme il y a cette plainte, ça leur permet de prolonger la garde à vue donc 48 h.
Les conditions de garde à vue étaient emmenées dans le. Commissariat du 13ᵉ Il est à Paris. Il y commence au commissariat par rapport à d’autres.
Écoute un commissaire. Il en sait beaucoup. Ce qui est, ce qu’est la garde à vue, c’est toujours très dur, c’est toujours très éprouvant. Ce n’est pas plus difficile pour moi que pour les autres. Mais en gros, ce qui se passe, c’est que comme beaucoup de gens qui sont gardés à vue, à la lumière en permanence, qui est une lumière blanche très agressive, qui est pointée sur toi nuit et jour pendant 48 h dans quasi impossible de dormir, une odeur et je vais dire très crûment de pisse qui est abominable dans les dans les geôles. Donc impossible de bouffer de familiarité rend dégueulasse au sens propre leur truc de leur bouffe. Elle est dégueulasse. Le matin, il m’emmène à une briquette de jus de fruit et je la vois. Il me dit Madame, bizarre quand même bizarre. Et là je m’aperçois qu’elle est périmée de 20 jours. Donc bref, voilà, les conditions sont ce qu’elles sont mais sont pas pire pour moi que pour les autres, bien sûr, indispensables, mais c’est important de le.
C’est juste de le dire.
Et c’est vrai qu’il faut les raconter pour ceux qui connaissent pas.Et comme le disent les priver de liberté. Enfin t’as pas la notion du temps, enfin en indique rien. Enfin bref, très dur. Et donc moi j’ai fait 24 h jusqu’alors avec des classements sans suite, systématiquement parce que ça tenait pas la route dans les différents de garde à vue que j’ai pu faire au cours de l’année 2023, Plus de 150 heures de privation en toute liberté. Et bien là, on m’a prolongé pour la première fois. Et donc, arrivé au bout de 40 6 h de garde à vue, on m’annonce ma fin de garde à vue. Et là, en me fers au, je suis déféré au tribunal de Clichy de grande instance. Et donc là, on me fait attendre dans les geôles aussi quelques heures. Je vois Alexis, je vois Baudelin donc mon avocat de l'égalité, je vois une enquêtrice sociale qui me pose tout un tas de questions Que faites-vous dans la vie ? Avez-vous des troubles psychiques ? Consommez-vous des stupéfiants, machin, bidule truc ? Et donc on pose ces questions-là. Ensuite, on voit la procureure qui me dit Monsieur Thibault, je vous informe que vous allez passer au tribunal le 9 août 2024 à 13 h 30 dans la 10ᵉ chambre correctionnelle, Tribunal de Paris. Si je ne dis pas de bêtises pour des faits de menaces de mort contre le président de République. Bon, là je note déjà qu’il y a un truc assez intéressant, c’est qu’il abandonne les faits d’outrage et moi je m’en réjouis. Alors même si ça constitue pas une jurisprudence parce que c’est pas une décision de justice, mais c’est-à -dire qu’il y a. On se dirige peut être vers une reconnaissance de la vérité factuelle, contemporaine et historique du rôle joué par Macron et toutes ces ordures qu’est celui des bordures. Ce sont effectivement des éborgnés et moi je n’aurai de cesse de le dire Et dites-le les amis. Qualifier ainsi, appeler, qualifier les bornes ailleurs et la justice ne met pas fin. Le procureur ne décide pas de poursuivre là-dessus, ça ne tient pas la route. Mais malgré tout, lors du procès avec Alexis Baudelin et d’autres camarades avocats qui seront peut-être là parce qu’on aura peut-être une défense collective qui aura lieu au mois d’août. Donc, je vais revenir. On va quand même insister là-dessus parce que c'était le début de mon propos.
Alors, tu vas vite, on respire un peu. Je répète pour faire un peu de pédagogie au départ, tu es poursuivi, entre autres choses, sur outrage et l’outrage. Si en fait, telle que vous, vous, vous l’avez compris, c'était le fait que tu te sois adressé à Macron en le traitant d’héborgneur. Or ce qualificatif d’outrage est retiré, ne figure pas dans la plainte finale, la poursuite finale. Donc, d’une certaine manière, ce que toi et ton avocat vous voulez démontrer, c’est que on peut dire de Macron qu’il est un éborgné, ça n’est plus un outrage total.
Et ça l’a jamais été d’ailleurs, même si on a voulu poursuivre des gens en la matière. Et c’est la raison pour laquelle le 9 août, même si dans la convocation au tribunal que j’ai accusé, il n’est pas notifié, ma citation est déformée dans la citation, il ajoute l’expression couper la tête alors que je n’ai jamais dit ça parce qu’il fallait bien une raison pour poursuivre et ensuite il retire le qualificatif des bordures, donc il déforme mes propos. Sauf que dans l’enquête qui a été faite par les PJ du 13ᵉ, les officiers de police judiciaire du 13ᵉ arrondissement, eh bien ils ont mis sous scellés la vidéo de la Luciole où il y a la phrase exacte que j’ai prononcée. Donc ils l’ont mis sous scellés, donc ils sont un peu eux-mêmes pris au piège. Et il s’avère qu’effectivement, j’ai dit le éborgné n’oublie jamais qu’on est dans le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber la tête des monarques. Voilà mes propos, il n y a pas eu d’autres propos et donc ça ce sera l’objet aussi de le rappeler le 9 août. Parce que le parti c’est ça. Le procès est politique.
Le procès aura lieu en tout cas la date du 9 août,
Dans la 10ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris, à partir de 13 h 30. Et donc le procureur Le parquet veut là un procès qui est politique. Et donc nous, nous allons lui donner un procès politique. Vraiment, il fait Mais pardon, m’expliquer à ce sujet juste avant pour dire que le procureur a également demandé mon placement sous contrôle judiciaire. Et là on. perçoit véritablement la dimension politique. C’est à dire qu’avec dans ce cas, le placement sous contrôle judiciaire est quelque chose de très intéressant. C’est l’interdiction pendant six mois de manifester et je ne vois pas le rapport. Toute personne de bonne foi ne peut pas avoir de rapport à établir de rapport entre les faits qui me sont reprochés et des faits de menace de mort et le fait de manifester. Et c’est là où on voit que le parquet voulait me conduire. Reconduire au silence pendant six mois pour ne plus entendre parler de moi, pour ne plus me voir en manif.Et avec une obligation de pointer au commissariat de la Goutte d’Or dans mon quartier, une fois par semaine, etc. etc. Et donc finalement, première victoire. Bon, la première victoire, c’est l’abandon de ces faits d’outrage pour le qualificatif des bordures. On s’en réjouit. Le deuxième. Deuxième victoire, parce que moi je vois ça comme des victoires. C’est le fait de deux d’avoir cassé ce contrôle judiciaire parce qu’après avoir passé devant le procureur, il faut que la juge des libertés et de la détention valident ou pas, infirment ou affirme le contrôle judiciaire. Et donc on l’a fait casser avec mon avocat Alexis, bien que je remercie parce que ça ne tenait pas la route et le juge de la juge des libertés a considéré que ma situation ne justifiait pas un placement sous contrôle judiciaire. Donc, pour revenir à ce procès, j’ai joué avec Alexis Baudelin avec beaucoup de camarades, que c’est un procès politique. Macron a déposé plainte, alors nous espérons qu’il ne viendra pas. On le sait et c’est un pleutre. Mais on espère qu’il va se faire représenter dans les parties civiles par des conseils juridiques. Enfin, en d’autres termes un avocat ou des avocats et ici une IP, Il serait bien de ne pas le faire. Donc ce qu’on va faire avec mes avocats, c’est qu’on va le faire citer par un huissier de justice pour qu’il soit obligé de venir ou du moins d'être représenté. Et parce que Macron a une immunité effectivement au vu de sa qualité. Néanmoins, il peut quand même venir aux audiences ou être représenté. Donc on va le faire cité. Bon, ça va coûter un peu de pognon, mais on va se débrouiller avec un huissier et ce que nous on veut vraiment faire un procès politique. Pour ça qu’il y a Jérôme qui est là, l’entend et je te le propose en direct. Nous, on peut faire citer des gens pendant ce procès. Donc même si le procureur, le parquet et le président de la Chambre juge que ça n’a pas de rapport, ils sont obligés de le noter. La greffière ou le greffier est obligé de le retranscrire. Et nous, on va faire citer beaucoup de gens, on va faire citer une personne éborgnée. Et si Jérôme tu es, tu es d’accord, tu peux, tu pourras venir et on pourra te de faire citer au tribunal et tu pourras dire haut et fort devant le tribunal qu’effectivement Macron c’est un éborgné en donnant, en donnant un exemple précis. Voilà, on va faire ça et on pourra le faire pour d’autres personnes éborgné. On va faire citer également et là je vais le proposer, mais je l’annonce aussi en direct prochainement à ma camarade, à notre amie Ludivine Bantigny, d'être citée. Pour revenir sur la vérité historique concernant en tant qu’historien et en tant qu' historienne, pourquoi pas une philosophe aussi spécialisée sur ces questions-là ? Donc on va vraiment en faire un procès politique. Enfin, c’est déjà un procès politique, mais nous on veut, on veut vraiment occuper la bataille en la matière et puis revendiquer effectivement ça comme un acte politique. Donc on organisera aussi un rassemblement. Devant le moment, c’est compliqué parce qu’ils nous ont foutu ça fichu ça en pleine période des J.O. Mais malgré tout, on va se débrouiller, on fera des tribunes, on va faire un rassemblement le jour J et on va prendre tout un tas d’initiatives. Parce que ce n’est pas juste, ce n’est pas mon procès. C’est un procès qui illustre les dérives du macronisme, la dimension autoritaire et fascisante du macronisme qui interdit le nombre de personnes sous Macron sous l'ère Macron, la depuis son premier quinquennat. Ils ont été poursuivis pour avoir dit maquereau, ordure ou Macron comme maquereau, navire Macron, virus ou maquereau navire. Euh son dernier truc du genre. C’est juste aberrant et inquiétant. Et en réalité c’est ça qui se joue, c’est quelque chose de l’ordre de la liberté d’expression et c’est pour ça que ça nous concerne tous Je parle beaucoup..
Il y a eu deux trois questions. Il y a Jérôme déjà, je ne sais pas comment et ça c’est génial parce que moi je n’avais pas prévenu Jérôme Voilà, ça fait un certain nombre de temps qu’on ne s’est pas vus, donc je ne sais pas comment Jérôme a déboulé ce soir pile au moment du débat. Mais c’est quand même extraordinaire parce qu'évidemment, quand on parle de t’as vu ça sur Twitter ? Super ! Quand on parle de ses borniers et des borniers, Jérôme apparaît évidemment, on se souvient tous de ce qui lui est arrivé place de la Bastille. Si, si, mes informations sont exactes. La procédure est toujours en cours me semble-t-il -il. Jérôme, tu pourras peut-être confirmer. Donc c’est absolument incroyable que Jérôme fasse irruption comme il sait faire là. Non mais par contre j’ai remis à balancer. Il dit que il dit que et il dit que tu aurais vu deux fois.
Oui alors.
Parfois deux fois, trois fois. Ben oui, et je n’en ai pas dans ces conditions-là.
Alors je vais vous expliquer.
Que là tu l’as vu, mais lui, il t’a pas vu.
Non mais c’est ça ! Enfin en tout cas, il a eu connaissance de mes propos puisqu’il a fait un dépôt de plainte par le biais de son directeur de cabinet. Mais c’est vrai que moi j’ai remis la raison de Sony, je lâche jamais l’affaire que moi. Y a un truc que je veux que je théorise dans ce qui se passe un bien grand mot mais que je dis, c’est que pour moi ces gens-là, il faut les traquer et je le dis vraiment. C’est à dire qu’aujourd’hui, et ils font tout pour s’isoler, ils font tout pour cacher, dissimuler la vérité, ils sélectionnent, ils font une mise en spectacle qui sélectionne les personnes qui ont le droit de venir les interpeller, etc. Ils font un tri malgré tout. Moi, j'étais de mon côté, tu vois, du voyageur révolté qui va partout, tu vois ? Et bien le contestataire gitan comme dirait un poète que j’apprécie beaucoup, et bien en gros, je vais les traquer. Et je ne lâche rien. Alors j’ai tenté des dizaines de fois, mais Macron. J’avais pu l’interpeller quand j’avais seize ans. J'étais invité par l’UNICEF car j'étais. Je suis un des porte-parole du collectif École pour tous, un collectif qui lutte pour l’accès à l'école de tous les enfants en France. Et je faisais une intervention pour le 30ᵉ ou le 20ᵉ anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’enfant qui était organisée à Paris. J'étais invité et donc dans ce cadre-là. Bon, mon intervention était circonscrite à une thématique particulière, celle de la jeunesse, de l’accès à l'école. Mais j’en ai profité à la fin pour aller l’interpeller et lui parler de Voilà du non-accès à l'école de la question. Il y avait Jacques Toubon qui est à côté d’ailleurs, je m’en souviens, et c'était dans la période où il y avait un jeune qui s'était immolé aussi à Lyon et donc je l’avais interpellé à ce sujet. Mais vous savez, la première fois que tu le vois, si il y a quelque chose de l’ordre du plateau mature, j’y joue le roi Thomas Sturges, enfin le corps du roi. Il y a quelque chose de très impartial, de très impressionnant, surtout quand on a quinze seize ans. Le mysticisme du corps du roi, du chef et donc en ce sens, c'était cette image. Et voilà, j’y suis allé, je n’ai pas hésité à lui taper dessus, mais c’est tout comme j’avais quand même, je n'étais pas très offensif, disons-le ainsi, comme assez impressionné. La deuxième fois, c’est l’an dernier, au mois de janvier, visite au début janvier, inauguration du Salon de l’agriculture. Le dispositif était beaucoup moins. Euh Ouais, ouais, c'était un peu ça. Jérôme et les dispositifs étaient un peu moins puissants. Et donc que cette année. Et donc ce qui se passe, c’est que je veux ça en agriculture, je me dis bon, c’est l’aubaine parce qu’il y a quelques failles dans le dispositif et je n'étais pas trop connu à ce moment-là. Et donc j’arrive à l’approcher et lui serrer la main pour le garder le plus longtemps possible. Et là je lui dis vous êtes un casseur vicieux. Il y avait beaucoup la rhétorique de dire les manifestants c’est des casseurs et à ce moment-là, il y a des vidéos qui sont sur en ligne. Si vous êtes un casseur, vous cassez le dos des gens, vous cassez la vie des gens, on les condamne. On a travaillé deux ans et là j’avais monté en intensité, si je puis dire, par rapport à la première fois. Et donc là, disons que c’est la troisième fois que c’est la bonne. On dit jamais deux fois sans trois. C'était au salon Agriculture, donc le 24 février où là je n’ai pas mâché mes mots et je me suis dit ça sert à rien d’interpeller ce gars-là en lui posant des questions, faut pas lui poser des questions, il faut simplement énoncer qu’un jour oui, on le fera tomber, on fera tomber son régime parce que c’est une nécessité vitale sur le plan écologique, sur le plan social et sur le plan démocratique. Donc voilà mon parti pris et il faisait bien effectivement de le rappeler.
Une toute petite question. Une des raisons pour lesquelles tu es là, c’est que je t’avais repéré notamment à la Fête de l’Humanité quand tu es monté sur la scène principale pour prendre le micro d’Édouard Philippe, où tu as tenu à peu près des propos similaires en disant Il a du sang sur les mains, il n’a rien à faire ici et ou le service d’ordre du parti. Exfiltré manu militari de la scène, on te cogne un peu mais finalement te libère. Et sauf erreur de ma part, il n’y a pas eu de poursuites de la part ni d’Édouard Philippe, ni de Roussel, bien que tu aies sacrément saboté leur spectacle. Ils n'étaient pas d’un très bon goût, il faut le reconnaître. Bon, comment tu expliques ces différences de décalage, ce décalage entre dans ces réactions ?
Bon, déjà, il faut dire comment dirais-je à la fête de l’Huma ? Bah effectivement, ça me paraissait indispensable, surtout dans cette fête qui est quand même censée être synonyme de lutte. Voilà des gens qui galèrent, etc. De ne pas accepter que ce type vienne là pavaner. Et pourquoi je suis monté sur scène ? Est-ce qu'à vrai dire, si Fabien Roussel était un digne opposant et avait l’intention de lui parler de ce qu’il avait fait pendant le mouvement des gilets jaunes ? Édouard Philippe je n’aurais guère eu besoin de le faire. Or, je ne suis pas madame Irma. Mais ayant bien observé Fabien Roussel, je savais pertinemment qu’il allait, qu’il n’allait pas en parler. Et d’ailleurs, même après mon intervention, il n’y a pas parlé de cette période-là. Et donc tu vois, pour le coup, j'étais assez talentueux en termes d’anticipation, disons-le ainsi. Et donc en ce sens, je me suis dit il ne va pas le faire, Les gens ont peur de la répression, moi je n’en ai rien à foutre. Parce que bien juger un tel degré de rage contre ce système et je suis conscient d’avoir beaucoup plus à gagner qu'à perdre. Et de par mon histoire personnelle, ce n’est pas forcément l’objet, mais j’ai une rage profonde contre ces gens-là et donc je les traque même en me confrontant à la répression que vous connaissez. Et donc là, je monte sur scène de facto parce qu’on ne va pas me donner le micro, il faut l’arracher, il faut le prendre d’autorité. Et du coup je lui dis, je lui dis où il a sévi ce type-là. Pendant que les gilets jaunes, c’est un éborgné, il n’a rien à faire ici. Et donc là, ils viennent très violemment me prendre le serrer le serviteur de l’humanité, me dégager à l’arrière et en gros hésiter. J’avais plusieurs bleus sur le corps, etc. Il m’avait fait signer et donc là, il s'était assis et il avait peur. Quand il s’en est aperçu de la connerie qu’il y avait que leur petit soldat avait fait, il dit putain merde, ça la fout mal, comme pour la fête de l’Humanité. Et d’ailleurs ça n’a pas manqué, les gens les ont pas mal apostrophés et donc des potes qui étaient là, le rendez. Mais on va porter plainte etc. Et donc de ce fait là, ça les a vachement calmé. Bon, et c’est le service d’ordre de la Fête de l’Huma. Et donc ils n’avaient pas intérêt à s’afficher en donnant une voix, en faisant une procédure là-dessus. Édouard Philippe veut tout de suite remettre sur le tel parce qu’il a l’ambition de se présenter à la présidentielle. Et la dernière chose qu’il veut, c’est remettre au goût du jour, si je puis dire, mettre en exergue en lumière ce qui est le rôle qu’il a joué durant le bon équilibre au niveau du culte, le mettre sous le tapis, si je puis dire, cette vérité qui dérange. Et donc, s’il avait porté plainte à 27 ans, ça n’aurait rajouté une couche. Moi, ce qui m’a fait beaucoup plaisir suite à cette action-là, c’est pas juste que les médias ont dit Ritchy Thibault a fait ceci, a interpellé Édouard Philippe, c’est que beaucoup de journalistes, pour le coup, ont très bien fait leur travail, notamment le journaliste du Parisien qui a énoncé les faits mais qui, en plus d'énoncer les faits, a rappelé précisément en donnant les chiffres, la répression du mouvement des gilets jaunes. Et là, je me suis dit que mon objectif était atteint. Ne pas oublier est ce que ce type-là a fait ? Donc, donc voilà. Et ensuite la différence de traitement, mais c’est qu’en fait ce n'était pas le service de sécurité de la Fête de l’Huma qui était là aussi en agriculture, c'était la préfecture de police de Paris, même préfecture de police de Paris qui surveille de près Jérôme qui qui me surveille en me citant par exemple dans ses notes de renseignement qu’il était même publié dans La presse. Et donc là, ils m’avaient à l'œil et ils sont venus me chercher. Et ça fait maintenant un bail. Depuis mon arrivée à Paris, depuis quasiment deux ans, au moment où je suis arrivé à Paris pour faire mes études, ils m’arrêtent assez systématiquement dès qu’ils le peuvent, avec des motifs totalement fallacieux qui tiennent pas la route. Et donc à chaque fois, bien sûr, ils n’arrivent pas à poursuivre. Et là, cette fois ci ce sont dit, il y a peut-être moyen de le poursuivre. En réalité, on va leur montrer dès la première, la première heure, dès la première chambre, que ça ne va pas marcher. On va tout faire pour obtenir la relaxe. Mais s’il faut aller en appel ou s’il faut aller jusqu'à la CEDH, on ira jusqu’au bout.
Une dernière question quand on est en garde à vue comme c'était ton cas, est ce qu’on pense à ce qui est en train de se dire ? Est ce qu’on imagine les copains qui s’organisent ou pas ? Est-ce que ça a de l’importance ? Est-ce que tu as senti, par exemple, par les questions des flics ou autres, que ta garde à vue n'était pas passée inaperçue ? C’est le moins qu’on puisse dire ? Qu’il y avait des gens qui ont relayés les images, etc. Ou est ce qu’on n’est pas là-dedans du tout ? On pense à tout à fait autre chose et c’est après coup qu’on réalise qu’il s’est passé quelque chose.
Ce qui est marrant, c’est que l’officier de police judiciaire, à un moment, il me dit c’est ça que vous savez, vous êtes bien seul dans cette démarche. Moi je dis vous savez, ce qui m’aide à tenir ? C’est le fait qu’il y ait des camarades qui, je le sais et qui sont là pour me soutenir au moment même où vous me parliez. Non, non mais y a personne, Vous êtes seul et si tu vois le mec qui veut vraiment t’enterrer quoi alors que ce n’était pas vrai, Si c’est les deux. Dans mon avocat, Alexis Baudelin, donc de la victime, était venu me le dire, il y avait des camarades qui étaient là, notamment Djamel Baba de notre ami qui à chaque fois est là devant les commissariats, devant les tribunaux et qui fait un travail énorme pour donner de l’information, pour donner des nouvelles, des camarades qui sont enfermés dans les geôles et poursuivis par le pouvoir. Et donc, pourquoi je vous dis tout ça ? Parce que c’est vrai que c’est très dur d'être enfermé. Jérôme Il le disait tout à l’heure, il en a l’expérience, c’est privé de sa liberté, c’est extrêmement humiliant, c’est hyper dur, vraiment, c’est psychologiquement, c’est violent, ça pue à la lumière, tu dors pas. Voilà. Je ne veux pas pleurer dans les chaumières, mais c’est difficile, faut dire. Et du coup, tu n’as pas la notion du temps. Le temps passe très lentement. Et là, Alexis qui vient me voir pendant mon audition et il me dit parce qu’il a un téléphone, mon avocat mais il me dire ici il y a un tel, il y a David, y a Jérôme, il y a les insurgés, il y a de la voltige, il y a la luciole, il y a tous les gens avec qui tu bosses, qui te soutiennent énormément. Et là tu entends ça. Effectivement, si tu retournes dans ta geôle, c’est tout aussi difficile, mais néanmoins ça t’aide à tenir. Et psychologiquement, c’est un soutien immense. Je dis bien les camarades, ils sont là. Alors peut être que parce que pour X ou Y raison, parce qu’ils ont déjà subi la répression dans leur chair, ils ne peuvent pas faire ce que j’ai fait une en moi, ils participent au processus collectif. On visualise le message qui a été passé et ça c’est hyper touchant. Et effectivement ça donne de la force cette solidarité et je sais que je vais pouvoir compter sur elle jusqu’au bout et qu’on en aura besoin tout du long. Notamment une fouille, parce qu’il ne faut pas que ce procès, ils ont fait exprès de le mettre en plein été durant les JO parce qu’ils veulent invisibiliser. Mais il ne faut pas le laisser passer à la trappe. Il faut quand même qu’on soit là pour le relayer, qu’on soit nombreux, qu’il y ait des personnes qui viennent, qui soient citées, on va tout faire pour. Donc voilà, si ici il y a un enjeu collectif.
Super ! Jérôme, conseiller judiciaire deux, précise qu’il faudrait que ton avocat repousse plus loin.
Voilà, il faut qu’on y réfléchisse parce qu’il y a plein d’enjeux. Mais on va réfléchir de cette façon. Vous tiendra au courant. On vous tiendra au courant au fur et à mesure. En tout cas. Bon, en tout cas, Jérôme a peut être qu’un de ces quatre on fera un truc ensemble aussi. C’est un grand plaisir.
Tu es et tu seras le bienvenu, dans le monde Orange. Le mois prochain, donc, il y aura le 16 avril ce grand raout, Ce sera dans l’amphi, donc c’est public, c’est gratos, tu seras, tu vas animer. Donc un grand débat autour des européennes et de la jeunesse. On a invité tous les partis de gauche ou apparentés d qui furent de gauche. Je veux dire, on part du PS jusqu’au NPA, on attend juste la confirmation du PC, mais sinon elle sera là, le PS sera là, le NPA sera là et les Verts seront là. Donc on attend le PC parce que la révolution permanente, ils n’ont pas de temps pour le moment, ils n’ont pas annoncé de liste. Il y a une liste qui est annoncée, on rattrapera le coup. Je pense que ce sera, ce sera jouable. Mais pour le moment ils n’ont pas annoncé de liste et donc l’idée c’est d’avoir un homme bon. Les personnalités qui sont à l’extrême droite de l'échiquier, on les entend déjà pas mal et l’idée là c’est de d’essayer de comprendre aussi pour tous ces jeunes notamment qui se disent ouais mais moi tu vois, j’ai ma parenté à la gauche de l'échiquier. Mais pourquoi ils sont 36 à faire des listes alors qu’en réalité les urgences qui les concernent et qui nous concernent sont les mêmes sur le plan écologique, face à l’extrême droite, etc. Et donc l’idée c’est justement de mettre en lumière les dix clés distinctes, les divergences qui existent, profondes, entre ces différents mouvements de gauche qui partent chacun avec leurs chapelles et leurs obédiences lors de cette échéance. Et donc ça s’annonce hyper intéressant et c’est la raison pour laquelle on vous invite toutes et tous à venir. Ce sera un amphi, donc public et ce sera vachement intéressant je l’espère. Vous pourrez également nous envoyer des questions ou même à la fin, peut-être qu’on laissera un temps pour en poser enfin en s’organisera, le tchat sera présent et puis le public sera présent. Donc voilà, c’est ça va être intéressant. C’est dans le cinquième arrondissement. On va s’arrêter ici, je vais mettre les crédits. Allez, on vous embrasse.
