Municipales 2026 : Aurélie Trouvé et Vincent Tiberj
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Amis du café, amis, citoyens, citoyennes, aupostiens, aupostiennes, bonjour, nous sommes le 18 mars 2026. Vous êtes sur France Déter. Il est 7h46 et nous fêtons nos 5 ans. Pam pam pam pam Pam pam Bonjour ! Bonjour là-dedans ! Bonjour la France de gauche ! Comment ça va ? Réveillez-vous, il est 7h42 ! Ah là là là qu’est ce qu’il fait ce machin il part tout seul. Comment allez-vous les uns et les autres j’ai sous les yeux pour des raisons techniques que le chat de Twitch ce matin je n’ai pas le chat de YouTube mais je sais que Euryale est dans les parages et elle le regarde elle le surveille comme le lait sur le feu comment allez- vous bonjour Rolland bonjour sentierbattant bonjour donc bonjour Toulouse bonjour Aurillac bonjour La poésie, bonjour, Coco le Rache, bonjour Train de nuit, et bien Train de nuit vous êtes bientôt arrivé à bord à destination. Good morning, Paname ! Bonjour, Galane, bonjour, belle Hélène, bonjour, Sipn Une, bonjour. Alors cette nuit, à propos de Good morning Vietnam, Good morning Iran et ainsi de suite, j’ai vu qu’il y avait un grand, grand ponte du renseignement qui démissionne, là qui a démissionné en disant, ça va pas du tout ce que fait Trump, ça n’a pas du tout bonjour ! Eh oui ! Bonjour Rolland, bonjour à toi qui fait partie de l'équipe d’auposte qui ne chôme pas. Bonjour, exaltation,aujourd’hui, nous avons le plaisir de recevoir Aurélie Trouvé, députée LFI de Seine-Saint-Denis, et Vincent Tiberj, grand politiste s’il en est. Tous les deux sont, on pourrait dire, des habitués d’auposte. L’idée ce matin, ce mercredi, c’est d’essayer de réfléchir à la carte électorale puisque ça y est, les résultats du premier tour sont bien tombés. On va pouvoir les analyser évidemment grâce à Vincent Tiberj dans quelques instants, il devrait arriver vers 8h, et Aurélie Trouvé, je vous fais un aveu, à l’heure qu’elle est sur France Info, elle arrête à 7h55, et les gars de Radio France, ils ont obligation de lui trouver un petit endroit tranquille, alors je pense qu’elle va aller au café, pour faire notre entretien du matin. Demain, nous aurons François Bonnet du fond de la presse libre, qui sera avec nous, le fond de la presse libre est cette association qui collecte de l’argent et qui la reverse à des médias indépendants et libres. Et qui lance une campagne contre CNews, François Bonnet qui est également un des anciens fondateurs de Mediapart, un camarade de jeu et il sera là donc demain. J’essaie aussi d’inviter des gens de la culture d’ici vendredi, ainsi que des élus ou des candidats ou des responsables politiques. Je ne peux pas encore vous dire quels sont ceux qui viendront jeudi vendredi mais c’est en train de se préciser. Comment allez-vous ? Comment allez-vous ? Oui, Joe Kent, c’est ça. Merci, Sentier Battant. C’est lui qui a démissionné, absolument. C' est lui. Alors, un petit peu de musique en attendant. En fond sonore. J’ouvre la régie pour voir si Vincent est là. Non, il n’est pas encore là. Comment ça va depuis hier, comment ça va depuis dimanche ? Vous connaissez un petit peu les faits saillants d’hier, d’un côté l’extrême droite, la plus extrême Sarah Knafo se retire pour laisser l’extrême-droite, qui se voudrait modérer, Rachida Dati tandis qu'à Marseille, Sébastien Delogu s’est retiré pour faire barrage au Rassemblement National et faire en sorte qu’il n’y ait qu’une seule liste de gauche en tête de Marseille et pour éviter évidemment le RN ; Bagayoko, je cherche à le joindre, voilà. Et bien sûr,choix de ses bijoux, nous dit Al-Ghaltan. Je pense que ça concerne Rachida Dati Oui, oui, absolument. Delogu gagne des points dans les cœurs à gauche, probablement. Est-ce que ce ne serait pas mieux que Chikirou se retire, dit Valtina ? La question, on pourrait même la poser différemment, pourquoi elle ne se retire pas ? Pourquoi ce qui est valable à Marseille n’est pas valable à Paris ? Personnellement, j’ai du mal à comprendre. Les sénatoriales,oui, alors je tiens à vous dire parce que j’aurai reçu quelques emails de gens disant, ouais, pourquoi il n’y a pas de communistes au poste ? Tout simplement parce que je n’arrive pas à caler leur venue, mais des invitations ont été lancées et bien évidemment ont leur place ici la gauche, la gauche plurielle, ou la gauche dans sa pluralité. Pourquoi vous dites qu’elle a raison, Dites-nous pourquoi vous pensez qu’il y a raison Sophia Chikirou de ne pas se retirer. On essaie dans la mesure de nos petits moyens et de notre grand cœur d’inviter la gauche, la gauche sérieuse quand même, hein, voilà. Voilà, alors je ne vous dis pas, parce que je ne veux pas forcer la main, il y a des noms qui circulent dans le tchat. Je ne vous dis pas forcément à qui j’essaie de joindre pour ne pas forcer la main. Mais voilà, il y a quelques noms, qui circulent dans le chat, qui ont été contactés, quoi, voilà. Est-ce que Ramonazarate est toujours là ? Est- ce qu’elle a vu le petit dessin magnifique qu’il m’a envoyé ? Alors vous ne le voyez pas bien, parce qu' il y a trop de lumière, mais là vous avez le vrai orange, et voilà. auposte 5 ans. Cela fait 5 ans que la petite équipe d’auposte essaie de mettre du trouble dans l’ordre médiatique dominant et je dois dire qu’en ce moment, ça marche pas mal. Grâce à vous, vous êtes nombreux et nombreuses, tous les matins depuis lundi. Vous êtes de plus en plus nombreux à vous inscrire et même à vous abonner au site auposte.média, qui est notre QG, notre base de vie, lieu de travail, tout ce que vous voulez, c’est-à-dire qu’au poste, ça n’est pas une chaîne parmi d’autres qui dépendraient des algorithmes de YouTube ou de Twitch. Non, non, non. C’est un média à part entière qui utilise les canaux de diffusion type Twitch, type YouTube ou notre propre serveur Peertube. Mais pour nous, c’est extrêmement, Dati n’est pas à l’extrême droite ou alors le PS soutient l’extrême-droite à l’Assemblée nationale. Oui je savais bien qu’en disant ça, je savais bien qu' en disant ça, elle n’est pas stricto sensu d’extrême droite bien entendu, maintenant elle accueillera avec plaisir les voix de Sarah Knafo et je peux vous dire que le programme de Sarah Knafo c'était quand même quelque chose quoi, rien que pour parler des libertés publiques et des libertés individuelles, c’est complètement délirant le programme de Sarah. De mémoire, installation d’intelligence artificielle sur les lampadaires pour les caméras de surveillance. J’entendais hier sur France Inter un débat très intéressant sur le fait qu’il y avait des gens qui se rendaient compte aujourd’hui que les caméras de surveillance étaient utilisées ou détournées, on va dire, dans les guerres comme en Ukraine, comme en Iran pour les bombardements, pour cibler tel ou tel quartier, tel ou telle bâtiment, et que les réseaux de vidéosurveillance servent aussi à ça donc, il y a des gens qui étaient malheureusement étaient favorables aux caméras de surveillance et commencent à se dire ah c’est quand même un peu emmerdant cette histoire. Oui, elle n’a pas fait d’alliance avec Knafo, tu as raison elle n’a pas fait d’alliance avec Knafo. Alors, je crois que voilà, je crois que nous avons notre premier invité. Oh là là, très belle bibliothèque derrière lui. Vincent, est-ce que tu es prêt ? Si tu l’es, un petit signe de tête et ça va me permettre de te mettre à l'écran. C’est la caméra numéro 2 bonjour, est-ce que tu m’entends ?
Je t’entends toujours.
Ah, c’est formidable ! Bonjour Vincent, c’est vendu avec les problèmes techniques au poste, c’est garanti 100 % sans IA, avec nos petites mains. Quelle est cette belle bibliothèque derrière toi, mon cher politiste préféré ou presque ?
Je pense que tu en as d’autres, mais c’est ma bibliothèque familiale de bande dessinée.
Ah c’est ça, c'était ça, bon alors je disais…
Tu as une partie des jeux, bon voilà.
Quel jeu ? A quel jeu joues-tu joues ?
En ce moment, Acropolis est mon préféré en ce moment.
Très bien. Monsieur boit du café ou du thé ? Alors monsieur peut rester, merci, merci beaucoup. Comme je le disais, tu es l’auteur, entre autres, de Droitisation Française, Mythes et Réalité, paru aux PUF, aux mêmes PUF que tu avais publié il y a quelques années, Citoyens qui viennent, Comment le renouvellement générationnel transforme la politique en France. Et l’idée, c’est qu’on discute là avec les millions d’aupostiens et d’aupostiennes qui sont dans le tchat, je ne sais pas si tu vois le tchat, n’hésite surtout pas à répondre directement. Et Aurélie Trouvé, députée LFI, rejoindra normalement à 8h15 quand elle sera sortie de Radio France, où elle a une petite interview avec une petite radio qui monte, France Info et après les choses sérieuses démarrent pour elle, à 8h15, elle sera avec nous. Première chose Vincent, quel est pour toi l’effet saillant de l'élection de dimanche dernier du premier tour ?
Alors, le premier fait à garder en tête, c’est que des municipales, ça reste pour beaucoup de gens des municipales avec des enjeux locaux qui n’ont pas forcément grand chose à voir avec la manière dont on voit la politique par en haut et ses acteurs, ses acteur nationaux il faut bien, bien se souvenir qu’il se passe des choses, par exemple, autour des panneaux solaires, autour des questions des méga bassines, autour des projets d’aménagement, autour éventuellement des cancers pédiatriques. On a appris ça ce matin sur Inter, une radio intéressante.Voilà, donc ça c’est l’essentiel des municipales et le deuxième point à bien avoir en tête c'était qu’effectivement on constate quand même un très fort décalage, à mon sens, entre le débat politique national, ce qui se passe sur la scène médiatique centrale et la manière dont les gens continuent à voter, que ce soit notamment pour certains partis de gauche ou pour d’autres listes.
La distorsion, je m’en voudrais de t’empêcher de boire du café, prends ton temps, prends une petite gorgée si besoin.
Mais on voit, tu vois, un des trucs intéressants. Est vu comme le premier parti de France, il est vu comme le favori de la prochaine présidentielle et on constate combien d’abord ce parti a du mal à s’implanter, grosso modo quelques centaines de listes et puis peut-être qu’il réussira effectivement à gagner quelques mairies mais on sera très très très loin de l’impact qu’ils peuvent avoir dans les élections nationales et surtout très très long de l’impact qu' il a aujourd’hui sur la définition de l’agenda et de ce dont parlent. Sur la question d’immigration, d’insécurité. Quelque part, ces élections, elles nous racontent aussi combien cet agenda, cette manière de voir la société, ne se retrouve pas nécessairement dans la préoccupation des individus, des citoyens.
Alors, restons là-dessus, donc, sur le vote RN. Est-ce qu’il n’y a pas quand même une habitude qui nous fait penser ce que tu es en train de dire ? C’est-à-dire que quand même, ils ont raflé 6 villes au premier tour. Hénin -Beaumont, 25 000 habitants, Marignane, 34 000, Hayange, 16 000, Beaucaire 16000, Fréjus, 60 000, et surtout Perpignan, 122 000 habitants. Là je parle des habitants avec des scores qui sont quand même époustouflants d’une certaine manière, 77 % à Hénin Beaumont pareil à Marignane avec des mairies dont la presse sérieuse n’a cessé de nous expliquer à raison combien leur gestion était calamiteuse, la peste que ces gens-là sont réélus très très haut la main. Donc est-ce que à ton tour tu n’as pas une vision un peu distordue ?
Déjà, il faut bien avoir en tête qu’il y a quand même plus de villes qui ont été gagnées et par des divers droites, voire même des LR, ou du PS, voire même des communistes. Et puis quand on met Perpignan en avant, on pourrait aussi mettre Saint-Denis en avant. Saint-Denis,c’est plus d’habitants que Perpignan. Donc il faut se souvenir qu’en fait, c’est un ensemble de localités et balancer une ville, ça suffit pas pour mettre en place une tendance. Je suis tout à fait d’accord sur le fait que, non seulement un certain nombre de mes RN ont été réélus, c’est indubitable, mais certains ont été réélus en plus en étant critiqués sur leur gestion, en étant critiques sur même leur probité pour certains. Et donc ça interroge, mais ça montre d’abord et avant tout que le vote RN dès lors qu’il est ancré, ce n’est pas un vote de mauvaise humeur. C’est-à-dire que les électeurs RN sont des électeurs qui pensent qu’effectivement, le RN va changer la vie, et c’est probablement une partie de son succès actuel que d'être crédible sur cette dimension-là. De dire qu’on va reprendre en main notre politique, notre cité, etc. Le « on est chez nous », quelque part, ça renvoie à ça. Donc il faut vraiment prendre au sérieux ce vote-là, et puis surtout, il faut aussi avoir en tête que derrière ça nous raconte aussi comment une partie des classes moyennes, des classes aisées, ont basculé vers le RN, ce que j’expliquais notamment dans le bouquin sur l’extrême droitisation des électeurs conservateurs, et de fait, désormais, c’est OK. Et on peut revoir ça, par exemple, avec les scores Info à Paris, ce n’est pas partout, mais par contre, ça se retrouve souvent dans des quartiers qui ne sont pas n’importe lesquels. Notamment les quartiers huppés, type 16ème arrondissement.
Oui, elle fait plus de 22 %, je crois, c’est considérable. Il y a un exemple de ce réalignement de la bourgeoisie vers l’extrême droite, me semble-t-il, qui est la ville de Nice, par exemple. Et là, ça, c’est un point très, très important puisque c'était une de tes thèses de ton travail, de ton livre sur la droitisation, on t'écoute avec plaisir.
Oui, de fait Nice en plus, on se retrouve quand même dans une situation où Christian Estrosi n’est pas non plus un gentil centriste, il a un passif. Et donc ce qui est intéressant dans l’histoire de Nice, c’est qu’elle nous montre effectivement d’abord une tentative d’union des droits de part en haut, qui se réalise, mais qui se réalise pour l’instant uniquement à Nice. Il n’y a que finalement très tôt de listes qui se sont construites avec le RN et d’autres partis de droite, contrairement à ce qu’a essayé de faire passer Jordan Bardella à 20h05 dimanche dernier. Mais surtout, ça montre combien tu as une forme de convergence à la fois d’un RN qui se responsabilise ou en tout cas qui essaye de cocher des cases de respectabilité, notamment sur la question. De plus en plus de l'économie, de la bonne gestion et des parties de droite qui s’en rapprochent notamment sur les questions dites régaliennes et là on voit combien c’est un piège en tout cas pour ces parties de droites, c' est un piège parce que de fait ça ne fait pas baisser le rassemblement national, au contraire ça le légitime, ça le met en force et c’est quelque chose qu’on retrouve dans d’autres pays. J’entends notamment la Suède, le Danemark et on assiste un peu à dire un truc un peu similaire aujourd’hui au Royaume-Uni avec le référendum parti. Donc il se passe des choses.
Alors attention à ta main droite là qui, je ne sais pas, elle bouge le petit micro.
C'était que je remettais l’alimentation de l’ordinateur. Très bien. Je n’aurais pas voulu que notre conversation s’arrête.
Ah non, surtout pas, elle ne fait que commencer. Est-ce qu’il y a dans le tchat beaucoup de questions qui se rapportent à la médiatisation ? Alors certains me demandent comment expliquer la médiatisation de Sarah Knafo, l’importance qu’elle a pris sur les plateaux télé, et d’autres extrêmement intéressants qui te demandes si les maires RN n’ont pas d’autant plus de légitimité que leurs villes sont plus ou moins scrutées médiatiquement, mises en avant dans le débat public, et que si elle l'était moins, peut-être qu’ils auraient moins d'électeurs, sur cet effet médiatique ?
Alors, l’effet médiatique, il est essentiel et ça devrait interroger. De plus en plus, je pense qu’il faudrait faire. Il faudrait que les journalistes s’emparent collectivement de ce qui se passe dans le traitement du rassemblement national. Tu le fais,Sylvain Bourdon le fait et je pense que, effectivement, il y a un travail, il y un travail explicatif à mener pour comprendre pourquoi une candidate parisienne d’un petit parti se retrouve à être autant médiatisée. Alors, bien sûr, c’est parce qu’elle est très bonne en communication, mais il n’empêche qu’un candidat sur TF1 pendant 10 minutes, c’est quand même énorme donc, ça interroge d’abord et avant tout le choix de la rédaction qui lui a donné cet espace. Alors, ça nous raconte aussi un truc assez classique qu’on retrouve dans les rédactions parisiennes, de penser que Paris c' est la France et que tout le monde est intéressé par Paris, ce qui n’est pas forcément vrai. On voit bien que le choix des angles, le choix de personnalités qu’on met en avant, la manière dont on en parle, la manière dont on porte la contradiction, devrait quand même interroger. Et en l’occurrence, ça a permis à Reconquête d’exister dans une campagne où, de fait, ils ont été en très très grande difficulté pour avoir des listes et leurs résultats sont quand même extrêmement désormais. Alors bien sûr, Il y a Sarah Knafo, il y a la robe jaune qui cache la morne plaine, mais il y à un moment, on devrait quand même s’interroger, c’est le côté Potemkine.
Oui, d’autant plus étrange que quand même, il me semble quand elle est passée à TF1, ce dont tu parles à l’instant, en fait, chute d’audience immédiate. C’est-à-dire qu’elle n’a pas non plus accroché des masses. Mais sur l’autre, sur l’effet de cadrage des villes dans les médias, est-ce que tu penses que ça peut jouer sur la notoriété des maires ? Que ce soit en bien ou en mal, en gros, vous parlez de nous, on est au centre du débat, donc c’est bon. Est-ce que tu penses que c'était exact ?
Il y a ça, il y a aussi le fait que, très clairement, ces maires sont aussi élus par des gens qui sont d’accord avec eux. Enfin voilà, il ne faut pas se leurrer, des gens, qui sont alignés en termes de valeurs, en termes de priorités, qui pensent vraiment que l’immigration c’est un sujet, l’insécurité c' est un sujet et qui, du coup, sont en plus, c’est ça qui est un des trucs les plus intéressants, c’est que quand on réfléchit en termes d’insécurité dans les villes comme Perpignan, l’insécurité n’a pas baissé, a priori. Et pourtant, ça ne sera pas considéré comme un problème pour eux. En fait, effectivement, il y a un truc qui renvoie à la manière dont on traite effectivement le sujet. Alors, notamment parce que sans doute qu’il se joue aussi quelque chose sur la capacité à analyser, la capacité à porter des problèmes et on voit bien qu’il y a des jeux de pouvoirs face à la presse locale et c’est très compliqué pour certains de réussir à exister, on se souvient des pressions justement autour de journalistes locaux de la Voix du Nord qui faisaient un gros boulot sur le rassemblement national et qui s’en prenaient plein la tête et qui n'étaient pas forcément toujours soutenu globalement, y compris par la profession. Donc on est dans un moment où il faut effectivement regarder de près ces communes, mais il faut y aller longtemps, il ne faut pas débarquer avec une caméra et deux micros et repartir par le TGV le soir même.
Bien sûr
Voilà, et je pense qu’en plus, tu vois, ça pose la question, effectivement, de comment tu traites le territoire, comment tu traites la diversité de la société française et de l’espace français. Et on le voit bien, il y a eu plusieurs études notamment sur les reportages des JT, mais tu te rends compte que les reportages des JT sont quand même d’abord et avant tout centrés sur Paris, y compris quand il s’agit de traiter de sujets qui pourraient être tournés n’importe où. On voit également combien, effectivement, quand un journaliste parisien débarque souvent, il essaye d’appliquer son cadrage donc, on est dans un truc qu’on ne voit pas forcément l’ensemble de la société et ça aboutit à des effets médiatiques assez troublants, je me souviens, par exemple, de Crepol. Grosso modo, il y a eu le récit dominant d’une forme de francocide, donc un assassinat d’un français parce qu’il est Français, c'était le terme que voulait mettre en place Éric Zemmour, ça tombait bien, on était pile poil dedans en fait, on se rend compte, et notamment du côté des localiers, que c'étaient finalement les journalistes locaux, que ce n'était pas du tout cette histoire, que c'était plus compliqué qu’une bande de jeunes, de « cailleras » entre guillemets, qui débarquent d’un quartier pour troubler une fête de voyage. C’est à la fois des incidents qu’on retrouve très très régulièrement et ce n’est pas le cadrage de ces news qui permet d’expliquer ce qui s’est passé. Et donc on est dans quelque chose d’assez compliqué qui, effectivement, posent un vrai, vrai, vrai souci sur le traitement de l’information et la manière dont, quelque part, certains acteurs, notamment de ces médias centraux, réussissent à imposer le récit.
Alors, il y a beaucoup de questions, donc j’espère que ça prendra un petit peu de temps. Et il y a notamment une question qui revient, qui est lancinante, qui n’est pas sur l’extrême-droite mais j’imagine qu’on y reviendra tout à l’heure, qui est sur l’abstention. Beaucoup de d’aupostiens et d’aupostiennes voudraient connaître ton éclairage sur la participation. Donc là, j’ai récupéré une infographie de Libération que j’ai mise à nos couleurs. C’est le premier et le second tour des municipales depuis 1965. Je ne sais pas si tu vois le graphique. Alors, on va oublier 2020, parce que c'était une élection très particulière, c’est le confinement. Que nous disent ces deux courbes, la rouge et la blanche, premier et second tour ? Et que nous dit l’abstention ? Parce que c’est un gros travail que tu as mené là-dessus.
D’abord, il faudrait bien avoir en tête que la participation varie énormément en fonction des types d'élections. C’est-à-dire que là, on voit 57 % de participation, on pourrait dire, là, c’est terrible.
Attends Vincent excuse-moi, je fais mon BFM, attention, une seconde, tac à tac, ah non elle vient de couper, mince, elle vient de couper, Aurélie Trouvé t’es là, mince alors, bon, je la remets.
Je ne pensais pas être sûr il faut bien avoir en tête que, en fait, ce 57 %, on voit le verre à moitié vide, on voit la progression de la base de l’abstention, mais ça dépend en fait beaucoup des élections. Souvenons-nous qu’en 2024, on a eu un niveau de participation extrêmement fort au moment des législatives, et notamment alors même que la campagne a été courte, alors même qu’on aurait pu s’attendre à pire, tout ça, tout ça, tu remontes à plus de 65 % à un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1997.
Vincent, voici notre invitée, notre seconde invitée qui vient d’arriver. Attends, je vais aller à fond, 3 à 4. Rappelons alors que ça n’a pas marché. Allo Oui, tu m’entends ? On t’entend, il est 8h17, vous êtes sur France Déter avec Aurélie Trouvé, députée LFI de Seine-Saint-Denis et Vincent Tiberj, politiste s’il en est, auteur d’un fabuleux livre en 2024 intitulé… Oh là là, c’est quoi déjà le titre, rappelle-moi !
La droitisation, mythes et réalité
La droitisation, mythes et réalité, alors Vincent, on va revenir tranquillement sur l’abstention, mais d’abord le direct, Aurélie Trouvé, comment ça s’est passé ton interview à France Info ?
Bonjour, ça va, je vais plus dérouler, il n’y a pas de problème, je suis un peu fatiguée parce que j'étais porte à porte encore hier soir à Bondy parce qu’on espère gagner la ville à la droite et on va gagner, j’espère, donc voilà, c’est un peu de fatigue parce que je n’ai pas beaucoup dormi.
Alors on va pas te garder trop longtemps, mais quand tu dis j’ai pu dérouler, ça veut dire qu’on t’a pas coupé la parole toutes les deux secondes parce qu' on parlait avec Vincent à l’instant de la médiatisation. C’est ça que ça veut dire dérouler, c’est comme ça que vous parlez entre vous ? Ouais là j’y ai pu déroulé, bon au poste c'était bon, on peut dérouler, là on peut pas dérouter, comment ça se passe ?
Bah après moi c’est sûr que tu vois les trucs tu peux pas remplacer une plus de 30 secondes. En tout cas, moi, j’ai du mal avec ça parce que j’aie besoin de dérouler un raisonnement pour que les gens puissent comprendre, voilà, et donc là, pour une fois, j’avoue, j’ai l’impression d’avoir eu un peu de temps, même si parfois les questions sont quand même assez étranges, du genre, mais alors, comment ça, vous dites, font anti-fascisme, mais alors est-ce que vous voulez aussi combattre la droite ? Ben oui, en effet aussi.
Cela dit, la question peut-être se pose et Vincent n’hésite pas à intervenir, où commence le fascisme maintenant ?
Voilà, ça c’est une bonne question.
Je veux dire, ce n’est pas de notre faute si on fait un front antifasciste, c' est que le fascisme, il gagne un peu, beaucoup, beaucoup de gens, non ?
Attends, c’est à moi la question ou c’est à Vincent ?
C’est à vous deux.
La question m’a été posée sur BFM hier matin parce que je suis obligée de faire un certain nombre de gardes à vue médiatiques en période municipale oblige. La question a été posé parce qu’ils étaient là, vous vous rendez compte dans votre front anti-fasciste, non seulement vous mettriez le RN mais ça se trouve vous allez même mettre la droite. On a un problème aujourd’hui, c’est que la droite reprend toutes les idées d’extrême droite et même la macronie puisque quand vous avez un ministre de l’Intérieur qui veut proposer une loi de présomption de légitime défense des policiers, ce n’est ni plus ni moins que la proposition de Jean-Marie Le Pen des années 2000. Donc, on a une contagion des idées d’extrême droite, jusqu'à tout l’arc macroniste. Donc, en fait, ce n’est pas l’arc anti-fasciste, le front anti-fasciste. Il va assez loin dans l’arc politique parce que jusqu'à la macronie, il y a parfois des idées inspirées en tout cas des fascistes.
Vincent, cette question-là, est-ce que tu penses qu’elle ressort dans les résultats ? La question de l’antifascisme, les médias ont beaucoup évoqué la mort de Quentin Deranque comme un tournant, et notamment vis-à-vis de LFI, qui doit constamment se justifier d'être de côté. Voilà, est-ce que de ce que tu vois, de ce que tu analyses des résultats, est ce que tu penses que ça a vraiment un effet. Cette question du fascisme et de l’antifascisme, c’est loin derrière certaines préoccupations.
Ça a eu un effet médiatique, c’est-à-dire que la mort de Quentin Deranque ça a fait du temps d’antenne, ça a créé des indignations, ça à créé une minute de silence. Et puis progressivement, un petit peu, progressivement comme pour Crépol on s’est rendu compte que les choses étaient probablement un peu plus compliquées que Quentin Deranque n'était pas le jeune catholique humanitaire dont on nous parlait régulièrement, qu’il avait effectivement un passif. Et on se rend compte également que derrière ces questions de violences et ben c’est en fait des ça se retrouve régulièrement l’ensemble de vidéos qu’a sorti Mediapart hier de ce point de vue là est assez intéressant pour montrer qu’effectivement cette confrontation entre antifa et fasciste se retrouve très très régulièrement et que donc c'était c' est effectivement violent ça existe et c’est ce que disaient notamment les journalistes spécialistes de ces questions sur Lyon mais quoi qu’il en soit Ça a fait du temps d’antenne, ça a mis en accusation LFI. Le résultat a quand même été que ça n’a pas vraiment fait baisser les scores de LFI, voire au contraire dans un certain nombre de villes, vraisemblablement, qui a eu possiblement un effet de rassemblement autour des candidatures et des listes de la France Insoumise. Parce que, effectivement, ça allait loin dans cette forme de confusionnisme dont parlaient des gens comme Philippe Corcuff ou d’autres. En gros, voilà arriver à faire de Quentin Deranque une sorte de Charlie Kirk qui meurt pour ses idées, retrouver cette forme de mise en martyr, c'était quand même le signe, et notamment du côté des macronistes, d’une difficulté à comprendre ce qui se passe, à voir ce que c’est que ce rapport à la violence, ce que ce sont que ces mouvements d’ultra-droite, voilà, ce ne sont pas des gentils identitaires.
Le chat s’inquiète que je t’ai coupé la parole par rapport à l’abstention, mais tout simplement parce que nous allons reparler de l’abstention tout à l’heure. Mais d’abord, restons sur cette question-là. Aurélie, toi qui fais du porte à porte jusqu'à pas d’heure. Est-ce que ces questions-là sont abordées par les gens chez qui vous allez donner la bonne parole ?
Moi, je suis élue en Seine-Saint-Denis. Donc, je fais campagne en Seine-Sainte-Dénis avec tous mes camarades. Je suis d’ailleurs dans cinq villes. Moi, j’avoue, on ne me parle jamais de ça, en fait. Là où je vais faire du porte à porte dans les quartiers populaires, je suis désolée, mais en vérité, ça me rend d’ailleurs assez optimiste. C’est-à-dire que la diabolisation, la diffamation de la France insoumise, les tentatives, y compris par le Parti Socialiste, de nous mettre dans la case antisémite et autres, moi j’observe que ça n’a pas pris, sauf peut-être dans des quartiers un peu plus CSP+, Mais bon, voilà, je trouve que, en tout cas, au contraire, ça nourrit une indignation parce qu’il y a plein de gens qui ont compris qu’en fait, il y avait une tentative d’enfoncer la principale force de gauche et particulièrement la France insoumise. Donc bref, moi, en tous cas, dans les quartiers populaires, ce n’est pas ça le souci. Effectivement, notre souci, c’est surtout l’abstention. Et puis, j’avoue, aussi, à mon avis l'émergence et je suis d’ailleurs assez surprise que les médias, en tout cas les bons médias indépendants ne l’aient pas encore tout à fait relevé. Nous on a aussi l'émergence de listes dans les quartiers populaires dites ni gauche ni droite, mais en fait droite avec des pratiques clairement clientélistes qui là par contre voilà je pense sont un réel sourcil et du coup de ce point de vue là d’ailleurs je pense la France insoumise est le seul véritable rempart contre ça
Alors Aurélie, alors là tu nous donnes l’occasion, au poste, d'être le premier bon média indépendant à révéler cette histoire-là. Dans quelle liste tu parles ? Dans quelle ville ? Quels sont les projets portés par ces listes ? Et on demandera à Vincent ce qu’il en pense. Profitons-en !
C’est typiquement le cas par exemple, deux qui étaient là à Noisy-le-Sec qui est un candidat de droite qui joue sur ces pratiques-là, mais c’est par exemple aussi le cas de tous les réseaux de l’UDI Lagarde qui a repris du… Alors ça c'était sous différentes formes en fait, tu vois, par exemple les réseau Lagarde qui est le maire qui a été réélu à Drancy, qui est maire absolument horrible du point de vue des pratiques et qui s’appuie sur des réseaux clientélistes et qui irrigue par exemple jusqu'à Bobigny ou à Noisy-le-Sec parce qu’il a été par ailleurs maire de Bobigny, ou en tout cas maître caché de Bobigny qui risque jusqu'à Noisy-le-Sec. Et par exemple à Bobigny et Noisy-le-Sec je dis qu' il faut maintenant une immense mobilisation parce que cette droite cachée risque de l’emporter avec des soi-disant listes citoyennes. Donc on est en train de se battre avec des listes de vraies gauches rassemblées. Mais ce n’est vraiment pas évident, donc dans les quartiers populaires, là, moi, je vous avoue, c’est surtout ma préoccupation, loin du bruit médiatique d’attaques, de diffamation de la LFI, alors qu’en réalité, nous sommes à un rempart d'égalité des droits pour toutes et tous partout.
On avait reçu Nassirah El-Moadem, il y a quelques jours, qui a enquêté pendant six ans sur le Blanc Mesnil. Alors le maire a une étiquette, mais tu penses par exemple à ce genre de maire ?
Exactement, alors je te dis, après, ces de différentes formes, à Bondy c’est pareil tu vois bon j’espère qu’on va gagner mais il y a des listes qui ont émergé comme ça mais par exemple à Bondy on a un excellent candidat et une liste qui s’est vraiment ancrée dans les quartiers populaires avec Mehmet Ozguner là on peut gagner quand il y à eu un immense travail fait dans les quartiers populaire mais malgré ce travail parfois ça suffit pas donc voilà ça c’est un travail qui va falloir qu' on fasse en tout cas nous je sais pas qui peut le faire à part nous je t’avoue Non, non, non. Voilà, c’est dans les forces politiques, c’est des réseaux à mon avis qu’avaient avant aussi les communistes mais qui se sont nettement affaiblis et des réseau qu’ils cette fois-ci, par exemple tu vois sur le logement, ces listes-là elles vont voir des gens, elles leur disent bon bah moi si je suis élue je te mettrai en priorité pour avoir un logement social plus digne tu vois, nous on n’arrive pas à ça, nous ce qu’on dit c’est qu' on développera le logement social et on fera en sorte que tout le monde ait une égalité critère juste pour accéder à ce logement social qui sera d’ailleurs beaucoup plus important et toi c’est un peu plus compliqué à dire et à expliquer quoi et quand tu si tu expliques à quelqu’un maintenant en fait tu seras prioritaire avant tout le monde si tu fais le travail et que tu conviens 50 personnes autour de toi tu vois ce que je veux dire c'était pas la même pratique Et voilà, c’est notre enjeu, loin du grand bruit médiatique.
J’ai l’impression que Radio France t’a laissé un petit studio, non ? C’est pas dans un bar là ? Ils sont sympas, ils sont solidaires. Vincent, sur ce thème là de la crypto droite, on pourrait dire de cette ni droite ni gauche bien de droite, mais caché, qu’est-ce que tu en retires ?
Alors moi je pense que c’est effectivement un élément essentiel et notamment un élèvent d'égalité. Parce que quand on regarde le vote des zones urbaines sensibles, on voit que justement elles peuvent se mobiliser pour des élections nationales et pas être présentes pour des élections locales là où pourtant elle s'écarte pour avoir un impact déterminant. Donc l’enjeu de la participation est effectivement essentiel. Ce que raconte Aurélie en fait c’est un truc qu’on connaît effectivement depuis pas mal de temps en sociologie urbaine. C’est quelque chose, ces réseaux clientélistes, ça existe en fait depuis les années 80-90 avec effectivement ces formes d’implantation, de rétribution, de logique de réseau et ça marche dans les deux sens, c’est-à-dire qu’on a effectivement des candidats qui vont la jouer sur la clientèle. On se souvient que ça se passait notamment autour d’assos
Exactement
Oui, c'était même un peu très très visible, et puis en face, t’as aussi des entrepreneurs qui essaient du coup de monnayer leur réseau, de montrer leur voie. Et on voit effectivement combien cette manière de gérer aboutit en plus à des positionnements politiques très très bizarres de la part de certains candidats de droite qui nationalement m’expliquent que le communautarisme c’est le danger et qui, de fait, jouent les communautés les unes contre les autres dans ces villes noires.
Promettent des écoles musulmanes sur les marchés et vont taper sur les musulmans sur CNews par exemple.
À ce genre de truc quoi et on voit bien combien derrière ça pose des questions en termes de services publics locaux, ça pose les questions en terme d'égalité dans l'école, ça pose des question effectivement en terme d’accès au logement, ça posent des questions en terme de présence des services public dans ces quartiers et donc c’est effectivement essentiel et on voir combien en plus ça ne mobilise pas et au contraire ça antagonise ces quartiers qui du coup préfèrent quelque part, développer en interne des réseaux de solidarité, des associations pour s’en tirer, mais du coup ne prennent pas la place qu’ils devraient prendre dans les débats locaux et dans les municipalités. On va voir effectivement, parce que je pense que c’est un des enjeux essentiels pour le second tour, de voir qui l’emporte effectivement, cette manière de faire clientélaire ou d’autres types de listes.
Alors, à propos de… vas-y Aurélie !
Non, juste pour rebondir sur ce que dit Vincent, en fait, je disais ça en off aux journalistes de France Info, je disais, mais en fait le principal rempart, ce n’est pas que je veux, mais le principal repart aujourd’hui que j’observe à ces logiques clientélistes et communautaristes, en fait c’est la France Insoumise. C’est ça qui est dingue.
Ah, il y a un petit problème de connexion.
Sur les plateaux télé, c’est nous faire accuser de communautarisme alors que moi, sur le terrain, je vois que nous sommes les principaux pour s’emparer de ça dans les quartiers.
Alors Aurélie, on a compris mais malheureusement ça coupe un peu. Est-ce que tu pourrais te reconnecter ? Mais parce que c’est vraiment un point important sur lequel je voulais justement qu’on aille. Donc est-ce que tu peux te reconnecter, parce que là il y a eu un petit souci ? Oui, oui, on va la laisser dérouler. Ça me permet de te demander, Vincent, tu as hier donné tes analyses à Libération et précisément sur le vote dit des quartiers, quels sont les enseignements que toi tu retires en attendant qu’Aurélie revienne ?
Si on revient à la question de l’abstention, d’abord il faut bien se souvenir que si l' abstentionnisme monte c’est notamment parce qu’on remet en question le vote et surtout on remet en question ce système de démocratie représentative. Le vote, ça fonctionnait bien quand on avait des électeurs qui étaient dans la remise de soi. Voilà, et c’est plus la même histoire aujourd’hui, les gens se laissent plus faire et ils sont plus durs à mobiliser, et notamment dans les quartiers, en grande partie, parce que cette idée d’aller toquer aux portes à une semaine des élections en n’ayant jamais été présent avant, ça pose un vrai souci. Il faut se souvenir que si on reprend les quartiers, du coup, comme Aurélie est revenue, je vais pouvoir refaire un truc. Si on reprend les quartiers, le travail de Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen montrait que, par exemple, à Saint-Denis, c'était les cités qui votent plus dans les années 70-80 que le reste du territoire donc effectivement, mais pourquoi les cités votaient ?. Parce qu’il y avait des militants politiques qui étaient présents, qui vivaient avec les habitants, qui étaient des habitants. Donc on les connaissait, on leur met confiance en deux. Alors qu’on se retrouve aujourd’hui dans des situations où tu as des partis qui débarquent, qui n’ont aucune connexion avec ces quartiers, qui grosso modo s’en désintéressent très très longtemps et qui demandent des voix. Ben non, ça ne marche pas comme ça. Ces citoyens effectivement ne sont pas dupes de ce côté, je veux être élu et je veux faire carrière et ça, ça fait crever effectivement, ça fait, ça a fait crevé le lien politique et surtout ça aboutit à des distorsions de participation de dingues qui font que effectivement, si on n’y fait pas attention, le vote ça va devenir un truc d'élite économique, de classe sociale supérieure et de boomer.
Tu as évoqué une notion, la remise de soi, c’est quoi exactement ?
La remise de soi, c'était un truc qui fonctionnait effectivement très bien dans les années 60, 70, cette idée que les citoyens se sentaient pas au niveau pour prendre leur responsabilité. Ils disent non mais il faut avoir fait des études, il faut bien parler, les politiques c’est des gens qui réfléchissent, tout ça tout ça, et donc on s’en remettait à eux du soin de choisir pour nous c' est quelque chose qui marche encore très très bien, dans des conceptions du chef, du sauveur suprême, du César, du tribun, tout, ça tout, et alors même alors même que de plus en plus de citoyens sont parfaitement capables de s’informer, sont parfaitement capables d’aller chercher le truc qui leur permet de comprendre les choses, de réfléchir par eux-mêmes, etc. Et c’est là où on voit qu’il y a un décalage entre certains responsables politiques qui continuent à penser que les citoyens ne sont pas au niveau et des citoyens qui du coup leur disent « non, ça ne va pas se passer comme ça ».
Aurélie, nous on t’a retrouvée.
Pour répondre à ce que dit Vincent, d’ailleurs si à Saint-Denis ou même à Bondy on fait ces scores-là, c’est parce que justement dans la liste et même les personnes qui mènent la liste, sont des gens qui ont travaillé, qui sont parfois issus et en tout cas qui travaillent de longue date avec ces quartiers populaires et dans ces quartier populaires et avec les associations. Voilà c’est clair que je suis d’accord avec Vincent, ça ne peut pas être. On arrive comme des fleurs venues des quartiers pavillonnaires pour vous expliquer la vie. Et donc, c'était aussi tout le travail que nous faisons avec la France Insoumise, c’est que les listes ressemblent aussi aux habitants.
Alors là-dessus, Vincent, tu notais, en tout cas c'était dans ton interview, la diversification des candidats. Alors que je crois qu’Aurélie est chassée du studio, mais peut-être qu’elle va trouver un meilleur endroit de connexion. Est-ce que tu peux rentrer dans les détails sur ce plan-là, Vincent ?
Sur la diversification des candidats, je pense que ce n’est pas moi qui le disais mais je pense que c’est effectivement un enjeu essentiel aujourd’hui. On voit bien que la carrière politique est devenue une carrière professionnelle et donc du coup dès lors qu’elle est une carrière de professionnels, tu t'éloignes de la réalité du terrain et de la diversité des populations. Grosso modo, ceux qui veulent faire carrière en politique, ce n’est pas n’importe qui. C’est souvent des mecs, c’est des diplômés, des cadres, des professions intellectuelles supérieures, etc. Ce qui en soi est tout à fait OK. Le souci, c’est que dès lors que tu n’as pas un lien direct avec la diversité de la population, que tu ne n’a pas un lien direct avec ce que c’est que la vie au quotidien, quand t’es employé, ouvrier, quand t’es sur des horaires atypiques, si tu ne fais pas l’effort en fait, tu n’en tiens pas compte et tu imposes un discours typiquement, tu peux très bien te retrouver en commentateur des grandes gueules. Et ce n’est pas ça, en fait la société donc, effectivement, avoir dans des listes des gens qui viennent de milieux différents, des gens qui sont des militants associatifs, notamment dans les villes de banlieue, c’est essentiel d’avoir des militant associatif qui sont implantés dans les quartiers parce que eux-mêmes vont pouvoir comprendre ce que c' est, comme c'était important d' avoir des syndicalistes. Parce que ces syndicalistes savent grosso modo ce que c’est que le monde du travail. Donc il y a effectivement une nécessité de rouvrir, mais de ré ouvrir en termes de genre, en terme de classe sociale, en terme d’origine, ne serait-ce que pour contrecarrer un discours qui voudrait que le rassemblement national, ça soit le parti du peuple, le parti des classes populaires. N’oublions pas qu’effectivement il y a des ouvriers qui votent RN, mais les ouvriers qui votent effectivement votent majoritairement RN, près d’un ouvrier sur deux et ça s’est encore retrouvé au moment des municipales qui ne votent pas. Ce qui fait que les ouvriers qui votent RN, c’est un quart de la classe ouvrière. Et donc ça devrait nous interroger. C’est-à-dire que ce que racontent ces chiffres de l’abstention parmi les employés, parmi des ouvriers, c’est un rejet de l’ensemble de la classe politique RN compris.
Alors, justement, j’ai remis le graphique sur la participation et donc l’abstention. Donc, une fois encore, le plus grand parti, c’est le parti de l' abstention. Mais tu sembles dire qu’il y a différentes formes d’abstraction. Il y a de plus en plus de votants intermittents. Il y a la notion de Bourdieu dont tu nous parlais tout à l’heure, de remise de soi et là, aujourd’hui, on serait passé, si j’ai bien compris, de la remise de soi à la remise en cause des partis. En gros, vous ne servez à rien, ça ne sert à rien de voter, tous pareils, tous pourris. Ce genre de choses, qu’est-ce qu’il y a d’autre comme élément pour comprendre ces abstentions ?
D’abord, une partie de l’histoire, quand tu regardes, et c’est bien d’avoir mis ce graphique pour remonter dans le temps, grosso modo quand tu voyais des niveaux de participation à 70 % et autres, on considérait que l’explication de l’abstention, c'était ce qu’on appelait de l 'abstentionnisme sociologique', mais c'était un euphémisme pour dire qu’il y a des malades, des gens qui ne peuvent pas se déplacer. Mais en fait, ceux qui ne votent pas, c’est les moins intégrés, les moins compétents, les aliénés quelque part. Donc, considérer que les abstentionnistes, c'était des absents, ils avaient tort et on les passait par perte et profit. À mesure qu’on se rapproche de nous, tu vois bien combien ça progresse. Alors, ce n’est pas les élections qui suscitent le plus d’abstention, c’est les régionales, c’est les européennes. Mais on voit bien qu’effectivement, c’est plus la même chose, c’est parce que parmi les abstentionnistes, t’as désormais des abstentionnistes qui envoient un message, qui considèrent que voter, ça ne suffit plus, qui exercent derrière d’autres. Ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas des citoyens, ça veut pas qu’il se referme. Il ne faut vraiment pas penser que c'était des gens qui ne pensent qu'à leur gueule, qui n’ont rien à faire de la société. Non, pour beaucoup d’entre eux, ils vont être citoyens ailleurs, autrement, par les réseaux associatifs, par la pétition, par les réseaux bêtement de type salle des fêtes, organisation de maraudes. Parce que là ils ont pensé que la citoyenneté ça passe par là, mais pas nécessairement par le vote ; c’est comme ça que tu peux comprendre pourquoi t’as de plus en plus de diplômés qui ne votent pas, ou en tout cas qui votent de manière intermittente, que t’a de moins en moins d’employés et d’ouvriers qui votent de manière systématique. Ce qui n’est pas le cas par exemple des retraités CSP moins, qui eux continuent à voter très fortement, donc, l’histoire derrière, c’est de comprendre ce qui se joue là. Et ce qui se joue là, c’est notamment effectivement que les votes, ça va se chercher. Et surtout, ça doit retravailler notre modèle démocratique. C’est-à-dire que très souvent, on met la responsabilité sur les abstentionnistes, il faudrait mettre la responsabilité sur les responsables politiques. La manière dont on fait la démocratie. Il y a des pays, et je pense à la Suède, au Danemark, aux pays scandinaves, où tu as toujours le même niveau de participation qu’avant. Notamment parce que c’est un autre modèle démocratique, un modèle démocratique qui est beaucoup plus inclusif, beaucoup plus horizontal, qui prend beaucoup plus les citoyens sérieux ; alors même qu’en France, on est dans une espèce de modèle qui reste très très élitiste, très très surplombant, très vertical.
Alors il y a une abstention qui touche particulièrement la gauche, qui est, et c’est relevé par le chat, ceux qui ne vont plus voter utile, ne vont pas faire Front Républicain, enfin le vrai, à l’ancienne, celui qui existe depuis un siècle, le Front Républicain, bien de chez nous, bien à gauche, mais qui disent que non, c' est terminé, on ne va pas les reprendre. Il y a évidemment aussi le rejet du PS par une grande grande partie des gens de gauche. Là, est-ce qu’on a une vision particulière, des vues particulières sur cette abstention qui grandit ?
Tout à fait. Alors, les choses vont être différentes. Tu parles du Front Républicain. Les choses sont différentes quand, en gros, en face de toi, tu as un candidat macronisme ou tu as un candidat rassemblement national. En gros, Marseille, c’est pas Bordeaux ou Marseille, c’est pas Paris. Et donc, effectivement, il y a un truc important qui est qu’on a beaucoup demandé à des citoyens, notamment à gauche, de voter pour faire barrage en 2017. En 2022, en 2024, et à chaque fois on voit bien un des soucis du vote qui est que si tu votes contre Marine Le Pen et donc tu mets un bulletin à Emmanuel Macron, c’est transformé par le système en soutien à Emmanuel Macron, tu vois bien combien tout ça, ça agace les plus politisés de ces citoyens et qui se disent non mais c’est pas possible, ce n’est pas possible, et de fait, on aurait d’autres manières de si on comptait les voix différemment, si on faisait des référendums, vraisemblablement, les choses seraient différentes aussi. Et donc, effectivement, le PS a beaucoup profité de ça, en disant, c’est les mieux placés, il faut voter utile. Et un des éléments qui amène quand même à l'état des forces où on en est aujourd’hui, où le rassemblement national est aussi haut, c' est notamment l'écroulement du positionnement ou de proximité partisane envers le PS, du côté des électeurs dès le premier mandat de François Hollande. On est quand même aujourd’hui dans une situation où on parle des lecteurs PS, des lecteurs insoumis, etc. T’as près de 45 % des répondants dans certaines enquêtes qui se disent désormais sans parti et qui doit interroger l’intégralité de la place politique et les partis de gauche.
Pardonne-moi de te couper, mais Aurélie est en liberté. Aurélie a quitté la maison ronde, la maison de la radio, pour retrouver la rue, là où on s’est connu d’ailleurs, chère Aurélie
C’est France Télé, ce n’est même pas Radio France.
Ah c’est France Télé, oh la vache ! Ah ouais, voilà, t’es au cœur de l’audiovisuel public, ouille ouille ! Ah ouais, c’est la petite entrée ! Bien, bien, super !
Exactement.
Alors nous parlions plutôt de l’abstention, mais je pense que ce serait utile et précieux que tu reviennes sur ce que tu disais concernant ta façon d’entrevoir le communautarisme en disant, ben on nous accuse, vous, le LFI, de communautariste alors que vous seriez le rempart contre le communautarisme. Mais on ne t’a pas très très bien entendu, donc si tu veux, et bien déroule vas-y !
En fait, ce que nous, on propose, c’est l'égalité des droits. Donc c' est l' égalité des droits, quelle que soit son appartenance à une communauté imaginée ou pas d’ailleurs, parce que certains s’y sentent et d’autres pas. Et l'égalité des critères, l' égalité des politiques. Donc c’est à peu près l’inverse du communautarisme. Et aujourd’hui, il a poussé dans un grand nombre de quartiers, quels qu’ils soient, justement des pratiques clientélistes et communautaristes qu’on combat précisément, qu' on combat sur le terrain et qu’il doit combattre encore davantage, parce que le problème, particulièrement dans les quartiers populaires, c’est que les gens sont dégoûtés d’une certaine forme de politique et particulièrement d’une gauche qu’on leur présente comme la gauche, à savoir notamment le Parti Socialiste qui a quand même dirigé un grand nombre de mairies, qui ne leur a pas rendu du tout la vie la plus facile dans un grand nombre de cas donc voilà, aujourd’hui on a tous travail à faire en disant bah la gauche c’est l'égalité des droits, et l'égalité des droit elle peut vous amener beaucoup, enfin une vie bien meilleure, même si en fait vous pensiez avoir la gauche au pouvoir dans votre ville, ce qui n'était pas vraiment le cas, je sais pas si je suis claire, bon. Donc on a cette difficulté par ailleurs de se distinguer d’une dite gauche qui n’a pas servi les intérêts des quartiers populaires dans un grand nombre de cas.
Et qu’est-ce que ça vous fait les uns aux autres, parce qu’on vous voit, on vous regarde sur les plateaux télé, à la radio, etc. Ou ça va plus loin que ça ? C’est à dire qu' on vous soupçonne de nourrir une sorte d’antisémitisme des quartiers, de tabler sur les religions, je te pose la question, non pas parce que j’y crois, mais parce que je veux comprendre comment vous, vous pouvez réagir à ça et est-ce que vous avez une part de responsabilité là-dedans ?
Non mais d’abord, on est ramené à ça dans les gardes à vue médiatiques. Mais en réalité, quand je suis sur le terrain et dès que je vais sur le terrain, si tu veux, ça nous ramène aux réalités. En fait, neuf personnes sur dix sur les marchés ou en porte à porte ou en traction ne me parlent pas de ça. Ils me parlent de leur problème de logement, du fait en Seine-Saint-Denis qu’ils se sont encore heurtés. Ils ont subi les OQTF alors qu’ils sont là depuis des années, qu' ils bossent ou pas d’ailleurs. Ils ont leur famille et tout, c’est ça la préoccupation des gens. Donc voilà, j’ai envie de te dire, quand t’es ancré dans le terrain et que tu discutes avec les gens, de toute façon tu sais que tout ça est évidemment monté pour plomber la principale force de gauche qui monte dans ce pays. Voilà, donc je veux dire, il faut juste être solide dans ses convictions et un peu lucide sur la situation.
Sur cette question-là Vincent, tu penses qu’elle porte ou là aussi c’est le cadrage médiatique dont on parlait tout à l’heure et que finalement il ne faut pas lui accorder plus de poids qu’il n’en a ? Non mais arrêtez, on ne fait pas du BFM ou du CNews, vous êtes marrant,ce n’est pas parce que les questions sont les mêmes que le lieu de discussion apporte les mêmes réponses, voyons.
Je vais dire des choses assez caches derrière, il y a quand même, c’est effectivement plus dans la tête, dans la tête de beaucoup de journalistes, ils pensent qu’il y a un vote musulman et qu' il y a de l’antisémitisme chez les musulmans et donc du coup, quand LFI parle des quartiers, c' est nécessairement parce que c’est des musulmans et que ces musulmans sont nécessairement antisémites. Et en fait, c’est faux de plein de façons, d’abord l’antisémitisme, oui il peut y avoir un antisémitismes dans les quartiers, et on le montre à la CNCDH avec les travaux de Nonna Mayer notamment, ça existe, ce n’est pas la forme dominante de l’antisémitisme, la forme dominant de l’antisémitisme ça reste l’antisémitisme qu’on connaît bien, qui est associé notamment aux électeurs d’extrême droite, premièrement. Deuxièmement, quand tu regardes effectivement le comportement des Français d’origine immigrée, notamment d’origine maghrébine ou africaine, tu vois effectivement qu’il y a un alignement plus souvent sur la gauche. Mais cet alignement sur la gauche, il est d’abord et avant tout non pas le produit d’une confession religieuse, mais le produit des discriminations. C’est en fait un mécanisme qu’on connaît bien, qu' on a vu aux États-Unis, qui permet de comprendre ce qui se passe avec les Afro-Américains. Et en fait, on voit que c’est la visibilité qui crée des discrimination, et ces discriminations entraînent à rebours un réalignement sur le camp qui, grosso modo, d’abords, on reconnait que la France est diverse et le camp qui reconnaît qu’il peut y avoir un problème notamment avec certaines interventions policières et donc l’enjeu là c’est un enjeu de reconnaissance et d’un enjeux de citoyenneté mais donc en fait ce que certains médias appellent le vote musulman c'était d’abord avant tout un vote qui renvoie à l'égalité qui renvoie au fait d'être traité. De manière décente, de manière digne, quelle que soit ton origine et ta couleur de peau. Et donc quelque part, tu vois combien ce discours-là est un discours qui légitime des demandes parfaitement légitimes de la part de concitoyens qui, parce qu’ils sont racistes, parce qu’ils sont discriminés, voudraient que ça change.
Oui, je suis complètement d’accord avec ce que dit Vincent Pied. Je te dis une phrase que j’ai souvent entendue, par exemple au marché de Bondy Nord. Quand je discute avec les gens, je dis que moi je suis de la France Insoumise, je suis votre député, etc. Ils me disent « Ah vous êtes avec Jean-Luc Mélenchon, Mélenchon nous redonne de la dignité ». C’est la phrase que je l’ai le plus entendue. Et derrière, ce n’est pas le mélange sionisme ou c’est simplement qu’ils ont une grande figure politique dont ils ont l’impression, et à juste titre, qu’en fait, elle combat pied à pied les discriminations dont ils sont victimes, et ça rejoint complètement ce que dit Vincent Tiberj et c’est ce qui fait l’adéquation aujourd’hui effectivement d’un vote de personnes racisées particulièrement pour la France Insoumise, c' est parce qu’il y a eu pied à pied une bagarre contre les idées racistes et qu’elles soient plus ou moins cachées d’ailleurs, mais aussi parce que dans nos figures politiques, et c' est important, et moi je ne vois pas où est le problème de le dire, dans nos figures politiques, dans nos cadres militants, il y a aussi beaucoup de personnes racisées, comme il y à beaucoup de femmes, comme il ya beaucoup de jeunes, voilà, et il y a la diversité de ce que nous on appelle la Nouvelle France. Et tu vois tout à l’heure, j'étais à la Matinale de France Info, elle me dit, mais alors votre concept de Nouvelle France, ce serait pas un concept communautariste ? Je lui dis, bah vous avez rien compris au concept en fait. Parce que ce concept c’est justement la cohésion du peuple, c’est justement ce qui efface les divisions qui fait que tout le monde se sente partie prenante de la société et de la vie de la société.
Mais est-ce que, par exemple, les lynchages médiatiques que subissent Alou Diarra ou Bagayoko depuis dimanche, etc. Alors c’est médiatique, mais en fait ça se surfe sur une chose, c' est tout simplement le racisme. Donc on revient toujours quand même à cette question-là, et donc en dehors du porte-à-porte, comment faire en sorte que votre combat ne soit pas constamment pollué par ces questions-là.
On va rester ferme, mais c’est clair que constamment, je suis désolée, mais dès qu’on a une figure politique racisée, elle est suspectée de communautarisme, voire suspectée d’antisémitisme. Ça, c’est insupportable. Et ce que dit Vincent Tiberj est juste. En fait, il y a une sorte d'équation immonde qui est faite, qui est quartier populaire égale musulman, égale antisémite. Et je le dis, c’est aussi comme ça que la droite dure a eu la peau de haute figure politique de gauche radicale ailleurs en France. Ailleurs qu’en France, pardon, pas ailleurs en France, mais ailleurs qu' en France. C’est contre ça qu’on doit se battre, mais moi la seule réponse que je peux apporter et que je vois, c’est qu’il ne faut jamais rien lâcher en fait, il faut dénoncer partout tous les propos, les amalgames racistes qu’ils peuvent y avoir, et particulièrement oui c' est vrai, dès qu' on a un cadre politique racisé qui émerge, il a son attaque médiatique ça c’est clair
Alors, vous portez une responsabilité énorme, vous êtes en train de devenir comme le parti communiste de demain. Je parle dans les quartiers, c’est une banlieue rouge peut-être qui va revenir et c' est formidable, mais quels sont les gages que vous donnez pour ne pas trahir ? Car tu le sais mieux que moi Aurélie, que tu dois aussi faire face à ce soupçon. Qui n’est pas infondée d’une gauche qui vient chercher des voies et qui les trahit aussitôt. Je ne parle pas de LFI, je parle de la gauche en règle générale, sur les 50 dernières années on va dire, y compris le PC, le PS, etc. Vous êtes forcément suspecté. Ah je vois que Vincent lève le poing. Je suis désolé. Tu dois partir, c’est ça ? Ouais. Ah merci beaucoup Vincent, c'était un plaisir. Merci infiniment à toi.
Bon, bonne interview à tous les deux, au revoir !
Merci beaucoup, merci encore. Alors on aurait dit oui, sur cette question là, quels sont les gages que vous donnez pour dire bah non, on ne fera pas comme les autres.
C’est génial parce que ça choque d’autres responsables politiques ou les médias. C'était devenu hallucinant de s’en tenir à son programme. Mais déjà, c’est une culture qu’il y a dans la France Insoumise. C' est à dire qu’on est accroché par une chose, c' est le programme. Et on n’en déroge pas et je peux vous dire qu’y compris quand certains en dérogent bah ils sont rattrapés voilà et donc on a aussi un mouvement, une structure qui fait que ben en fait voilà personne ne peut ne peut déroger au programme ça c’est déjà quand même un premier point Et puis le deuxième point, c’est aussi notre partie démocratique du programme. Par exemple, pour les municipales, on s’engage à ce qu’il y ait dès le départ et dès les premiers jours, la mise en place du référendum d’initiative citoyenne possible. C’est quand même une sacrée force de rappel. Quand vous avez 7 % des habitants qui veulent un référendum, ils l’ont. Et puis la possibilité de révoquer les maires en cours de mandat. C'était quand même des sacrées forces de rappels qu’on met en œuvre dès les 1ers jours. Et puis, oui, on a une structure de mouvement qui fait aussi qu’on a une cohérence nationale. C’est-à-dire que nous, d’ailleurs, vous l’avez vu, on n’a pas fait des combines locales selon les configurations. On a eu la même ligne dans toute la France. Par exemple, quand on a dit, voilà ce que c’est le front anti-fasciste, ça sera les fusions techniques dans tel cas, ce sera des fusions programmatiques dans l’autre, on tendra la main, nous, dans tel case et pas d’autre. On a suivi les mêmes règles partout en France et ça, c' est quand même aussi le meilleur moyen de ne pas avoir des baronnies locales qui appliquent les règles qu’ils veulent en fonction de leurs propres intérêts, de se faire réélire, par exemple ou d’en profiter pour servir une certaine catégorie de la population et pas une autre.
François te demande quelle est la différence entre fusion technique, fusion programmatique, fusion autonome, fusion fusionnelle, fusion 1, fusion 2 fusion 3 ?
Fusion possible !
Ah ! Très bien !
La fusion programmatique, c’est quand on arrive à se mettre d’accord sur le programme. C’est donc plutôt en général avec des communistes ou des écologistes pour être clair. Et donc dans ce cas-là, on va faire partie de la majorité municipale. Ça veut dire aussi des heures de discussion sur chaque ligne du programme, un accord qui est signé en disant mettre en œuvre et public, on mettra en œuvre telles et telles mesures ensemble. Et donc ce sera la même majorité municipale, avec partage de l’exécutif municipal, des adjoints, etc. Fusion technique, c’est quand nous avons des différences de programmes et que nous voulons une fusion pour battre la droite et l’extrême droite. Donc nous avons quand même un dénominateur commun qui est de gauche, notamment nous exigeons qu’il n’y ait pas de candidat par exemple qui soit issu d’une manière ou d’une autre de la Macronie ou de la droite, ce qui arrive souvent au Parti Socialiste. Donc on a quand même des critères de base, des principes évidemment de gauche, mais il y a des différences dans le programme. Et donc dans ce cas-là, fusion technique, c’est-à-dire à la juste représentativité en fonction des différentes forces politiques dans la liste,ensuite, nous, on ne sera pas parti de la majorité municipale par contre. On gardera notre liberté de vote en fonction de chaque point de notre programme. Si c’est pour, par exemple, couper dans les budgets de la municipalité pour avoir moins de personnel, on votera contre.
Est-ce que tu as encore deux, trois minutes ou pas, ou peut-être..Alors, là on va maintenant aborder un peu les autres villes, les grandes villes on va dire, Lille, Marseille, Toulouse et Paris. Eh bien on nous dit, comment on va faire à Paris, je suis dégoûté. Donc, je suppose qu’il s’agit du maintien de Sophia Chikirou. Qu’est-ce-que vous dites à la tête de LFI par rapport à ça ? Pourquoi à Marseille Sébastien Delogu se retire, pourquoi à Paris Chikirou ne se retire pas ?
À Marseille, d’abord il y a l’extrême droite, et l’extrême-droite fait la différence avec toutes les autres forces politiques. Nous, on considère qu’on ne peut pas banaliser l’extrême-droite, que c’est une force politique à part qui porte des idées clairement racistes, antisémites, homophobes, sexistes, etc. Donc quand il y à un très grave danger comme ça, eh bien Sébastien Delogu, en l’occurrence c'était les Insoumis, ont pris les responsabilités devant l’irresponsabilité du maire socialiste Benoît Payan, qui par ailleurs se met quand même en danger, même si on a avec un grand dévouement pour le peuple français et les Marseillais même si l’on s’est retiré. Mais Benoît Payan ce sera quand même dur parce qu’en réalité les électeurs, les dizaines de milliers de Marseillaise qui se sont déplacés pour Sébastien Delogu et les idées insoumises, ce n’est pas sûr qu’il se déplacent pour Benoît Payan. Donc en plus il fait peser un immense risque pour les marseillais et les marseillaises pour vraiment un comportement sectaire, dangereux, voilà. Et ensuite, je le dis, les municipales, ça fonctionne comment ? C’est que quand vous faites 10 %, et bien, si vous passez au deuxième tour, pourquoi ? Parce qu’on considère, c' est un principe démocratique, que si vous faites au moins 10 % des votes, alors vos idées doivent être présentées d’une manière ou d' une autre dans le conseil municipal. Et c’est normal, c' est un principe démocratique extrêmement sain. Donc il est hors de question que par irresponsabilité au calcul politicien du parti socialiste, on, par contre, on renie ce principe démocratique quand il n' y a pas de risque d’extrême droite. Donc à Paris, la responsabilité, si la droite gagne, elle sera entièrement sur Emmanuel Grégoire. Je rappelle par ailleurs qu’il a fait uniquement un calcul politicien de congrès du Parti Socialiste. Parce qu’en réalité Emmanuel Grégoire, c’est l’allié de François Hollande. Et en fait, il joue une ligne de fracturation de la gauche, d’exclusion de la France Insoumise, qui est pourtant la principale force de gauche à l’Assemblée nationale et dans ce pays, d’exclusion de La France Insoumise et en réalité d’Alliance avec la Macronie. Parce qu' Emmanuel Grégoire, je vous rappelle qu’il a voté des deux mains Il n’a pas voté la censure et en réalité, c’est une forme de vote du budget caché puisque quand vous ne votez pas la censure, ça veut dire que vous faites passer le budget. Donc il a changé d’alliance. Contrairement aux communistes, aux écologistes et aux insoumis, il a maintenu la monarchie par le refus de vote de la censure. Il est clairement par ailleurs dans le clan hollandiste et par calcul politicien de congrès, il met effectivement en danger les parisiennes et les parisiens avec le risque de droite, effectivement. Donc moi je le dis très tranquillement il faut voter Insoumis ce dimanche si vous voulez les idées d’une gauche radicale au Conseil municipal et on ne peut pas accepter un tel chantage sectaire, politicien et dangereux.
Alors, le tchat est partagé par rapport à ce que tu dis. Il y a des elfistes parisiens qui disent qu’ils votent quand même Grégoire parce qu’il ont trop peur de Dati, d’autres qui souscrivent à ce que tu as ce que ce que, ce que que tu dit. Et je voudrais m’excuser. Je crois que j’ai écorché le nom de Sophia Chikirou. Voilà donc toutes mes excuses auprès d’elle. Moi, je trouve quand même que tu es très technique là. C’est-à-dire que quand même Dati, c' est ok, ce n’est pas l’extrême droite. Décomplexée, mais c’est quand même une droite dure, une droite inégalitaire, une droite qui fait que dans son arrondissement, il n’y a pas de logements sociaux par exemple.
Mais c’est quand même incroyable que maintenant la responsabilité en incombe aux insoumis. C’est dingue ! Il faut savoir que la tradition historique de la gauche, ça a toujours été la fusion des listes, le rassemblement face à la droite, d’accord. Le rassemblements, je ne parle pas de l’exclusion et des oukases, je parle du rassemblement. Et moi, tu le sais, j’ai écrit le bloc arc-en-ciel, j’ai toujours prôné ce rassemblement quand c' était possible parce qu’on s’entend sur un programme ou même sur une fusion, même si les programmes divergent, tant que c’est pour battre la droite. Et je suis très scandalisée, indignée par ce que vient de faire Grégoire. Voilà, et il ne faudrait pas que la responsabilité nous soit mise sur nous. C’est quand même hallucinant. Il veut effacer d’un trait de plume les dizaines de milliers de voix, les jeunes, les femmes, les gens issus des quartiers populaires qui sont allés voter pour les idées insoumises. Franchement, pour des calculs de congrès du PS, pourquoi n’a-t-il pas fait comme la numéro 2 du PS à Nantes ? Ou à Metz ou dans tant d’autres villes où les responsables socialistes cette fois-ci ont choisi la fusion des listes parce que c’est un allié de la Macronie. Et qui jouent le congrès du PS et sur le dos des parisiennes et parisiens. Alors c’est un peu fort de café que maintenant la balle soit renvoyée à la France Insoumise, je le dis sincèrement, enfin moi je veux bien, parfois on n’est pas tout parfait la France insoumise, parfois on a aussi nos propres défauts, mais franchement là c'était quand même fort de café que ça nous soit renvoyée dans la tête quoi, juste qu’on devrait tous être choqués par ce qui vient de se passer et de ce qu’a encore fait le Parti Socialiste à Paris.
Alors là, je peux te dire que le fort de café est très bien servi dans le tchat. Alors là tu as renversé le don pas la tasse, mais le tchat. Juste une petite question technique. Il y a à Paris, donc une ville avec comme à Lyon, comme à Marseille, avec des arrondissements, donc des mairies d’arrondissements où là, il y a, je crois, bien des élus LFI déjà qui vont siéger dans les arrondissements. Mais là, on est d’accord, ce dont on parle, c’est l’hôtel de ville. C’est la mairie des mairies, c' est bien ça. Est-ce que ça veut dire que tu considères que c' est là que ça se joue dans la mairie des maires, plus que dans les mairies d’arrondissement, c' est à dire qu' il faut pousser LFI jusque là haut quitte à faire gagner la droite !
Mais ce n’est pas qui t’as fait, tu vois, rien que la question, ça ne va pas. En fait, poser cette question à Grégoire, est-ce que ça veut dire Emmanuel Grégoire que tu es prêt à faire gagner la droite …
A bien sûr !
Et qui a rompu la tradition de la gauche, ce n’est pas nous. Et on ne peut pas accepter aujourd’hui, pour des principes démocratiques, on ne peut pas accepter ce qui vient d'être fait. C’est une question de principe. Et tu le sais, nous, la France Insoumise, on ne transige pas sur ces principes, on l’avait annoncé. On avait dit qu’il y a un grave danger d’extrême-droite.
Bien sûr.
Responsabilité, on l’a pris à Marseille. Je le répète, Benoît Payan prend le risque de faire gagner l’extrême droite parce qu’il n’a pas fait la fusion avec Sébastien Delogu, on n’est pas sûr que tout le monde se mobilise là-bas. D’accord ? Par contre on ne peut pas accepter systématiquement le désistement parce que ça rompt avec une tradition historique de la gauche et nous ne voulons pas rentrer là-dedans à cause d’un parti socialiste et de calcul d’alliance avec les macronistes. C’est pas possible ça. Je vous assure parce qu’après le précédent, il est énorme et pas seulement pour ces élections municipales.
Alors parlons maintenant de Lille, la tête de liste écolo a choisi de rejoindre le PS alors que sur les colistiers, 26 étaient pour une union avec LFI, 24 avec le PS, finalement il a passé outre et il a rejoint le PS à Lille, réaction ?.
La réaction, c’est que j’observe que chez les Verts, leurs grandes leçons de démocratie, c’est à géométrie variable puisque il y a eu un vote des Verts de la Liste et des Vert locaux à Lille en faveur d’une alliance avec la candidate de la France Insoumise puisque ils étaient à peu près touche-touche avec la candidate insoumise et la candidate du Parti Socialiste. En plus avec des socialistes qui l’ont fait à l’envers avec les Verts, enfin qui leur ont fait voir de toutes les couleurs justement depuis des années.
Bien joué, bien joué !
C’est ce qui fait d’ailleurs que les Verts locaux ont voté en grande majorité pour être avec les Insoumis et le National est passé outre le vote des locaux. Donc voilà, qu’on ne se prenne plus jamais une seule leçon de démocratie de la part des Verts..
Émile Cheval dans le tchat te dit quel dommage d’avoir sauvé les socialistes avec le nouveau Front Populaire. Tu étais une des chevilles ouvrières du nouveau Front Populaire, on t’avait beaucoup vu à ce moment-là. Est-ce que vous regrettez d' avoir repêché le PS ?
Moi, non, parce que c’est pareil, on ne peut pas regretter. C’est une question de principe, à l'époque, nous étions d’accord sur un programme et ça nous a permis d'être la première force. Politique à l’Assemblée nationale, c’est pas rien, d’accord, et on aurait même pu peut-être, imaginons, avoir une majorité absolue, ça aurait changé considérablement la vie des gens, donc voilà, c'était ça qui nous importait, par ailleurs c'était sur un programme, donc maintenant les socialistes effectivement encore une fois trahi leurs engagements, mais bon, on peut pas, dès le départ, dire, de toute façon ils vont encore trahir, donc ne faisons rien, donc on avait cette possibilité de changer la vie des gens, par un programme radical de gauche, on l’avait emporté, c'était quasiment le programme insoumis avec quelques petites modifications, enfin bref c’est grosso modo le programme du nouveau Front Populaire, donc nous comme on est vraiment sur le programme, le programme et le programme on s’est dit bon allons-y comme ça, ce qui nous importait c'était le programme. On a même été, c’est vrai, on a été peut-être trop gentil, quoique sur les en tout cas c’est vrai que les socialistes ont été très bien servis à l'époque pour être clairs. Voilà, mais c’est sûr que maintenant, on voit bien qu’il y a une fracture, effectivement. Parce qu' il y a ce reniement d’engagement et c’est pas à nous, tu vois, on peut pas réfléchir en se disant oui, ils nous ont trahis, nous, en fait le problème c’est qu’ils ont trahi leurs électeurs, surtout et nos électeurs. Et là, moi, ce que je sens surtout, parce que nous on sonde en fait, c' est surtout ça. Et ce dont on se rend compte, c' est surtout que nos électeurs ne veulent plus voter pour le Parti Socialiste, n’en peuvent plus. Donc c’est surtout ça notre problème, je pense qu’une nouvelle alliance devient très difficile. Ne serait-ce que parce que notre base ne suivrait pas en fait. Il y a eu trop de renoncements à des engagements de base. Jusqu’au blocage des prix, dernièrement. Il y a trois semaines, Olivier Faure a dit : "Je suis contre le blocage des prix". C’est une des premières mesures du nouveau Front populaire. C'était quand même dingue pour nous vendre un chèque énergie qu’a fait Macron il y a quelques années, qui a coûté des dizaines de milliards et qui est allé directement dans les poches de Total et compagnie. Vraiment, je pensais ne plus être déçue par le particularisme, mais on finit quand même par être déçus. Ils n’ont toujours pas moins que ce qu’on pensait dans le reniement.
Alors ça c’est fait. Dernier exemple, après je te libère parce que t’as une campagne à mener.
D’ailleurs, je vais aller aider à Bobigny, ce n’est pas ma circo, mais on a le gros risque justement, enfin on a un risque que la droite l’emporte. D’ailleurs je le dis, si jamais il y en a qui sont en Seine-Saint-Denis ou dans le coin, venez aider à Bondy dans plein d’endroits où on peut gagner et dans plein d’endroits aussi, il ne faut pas que la droite gagne alors qu’il y avait des maires de gauche.
Dernière ville, la ville rose, Toulouse, est-ce que c’est le bon exemple, donc, selon toi, selon LFI association, l’Union ?
Bah, bien sûr ! Je suis très heureuse d’ailleurs parce que je pense que François Piquemal a une vraie chance à Toulouse. Je rappelle quand même d’où vient François Piquemal, c’est un militant. En fait, on est arrivés ensemble à la France Insoumise il y a quatre ans. On était, lui et moi, militants associatifs. Moi, j'étais responsable d’attaque, lui, il était militant pour le droit au logement. Et je me réjouis aussi de voir des gens comme ça qui viennent de ce milieu, de ces luttes, et en l’occurrence des luttes pour un logement juste, digne, accessible. Voilà, il est possible d' arriver ainsi aux responsabilités et bon, la France Insoumise permet ça aussi, c’est-à-dire à des gens qui sont vraiment issus des luttes, issus de quartiers populaires, des femmes, des jeunes, d’arriver aux responsabilités de nous faire confiance avec un point commun en tout cas à chaque fois qui est le programme. Et je le dis, en fait, moi ce qui fait que dans la France Insoumise, je me sens raccord. C’est parce que le programme est le pilier central. C’est ça qui empêche toutes les dérives, les reniements, etc. C' est le programme que le programme. Alors je sais que ça fait un petit peu comme ça, mais c' est notre rempart à toutes les dérives qu’on a pu connaître, par exemple, aux partis socialistes, je pense.
Ultime question, tu as parlé de ton militantisme il y a 4 ans, c'était à cette occasion que nous nous étions côtoyés puisque nous étions ensemble dans la coordination nationale contre la loi sécurité globale, donc c’est pas rien, tu étais comme tu es là, c’est à dire extrêmement actif, pleine d'énergie, etc. 4 ans plus tard, est-ce que, je vais pas te demander si tu es heureuse d'être là où tu es, parce que ça se voit que tu l’es, mais est-il qu’il y a quelque chose que tu regrettes, que tu pouvais faire avant dans le milieu associatif attaque par exemple ou des coordinations nationales que tu ne peux plus faire aujourd’hui est-ce que c’est parce que c est par exemple par rapport à la parole est- ce que c est par rapport au programme que tu dois appliquer puisque si tu n’es pas toujours d’accord avec voilà est ce qu’il y a un petit truc qui grince.
Il y a une chose, en tout cas j’ai un peu cette nostalgie mais je ne peux plus le faire parce qu’il y a une autonomie du mouvement social, c’est que je pense que j’avais un rôle important, en tout cas, j'étais parmi les personnes, je pense, parce que j'étais présidente d’Attac qui jouaient un rôle, je penses, dans la coordination des mouvements sociaux, des luttes sociales. Par ailleurs, ça me passionnait, c’est quelque chose que j’ai adoré faire et que je pensais extrêmement utile. Bon, je mène le combat politique autrement, mais j’avoue que parfois j’ai un peu, pas la nostalgie, mais c'était en tout cas une utilité que j’avais et que je n’ai plus aujourd’hui, mais que j’en ai une autre quelque part. Je pense, j’espère en tout cas.
Merci beaucoup Aurélie Trouvé, députée de Saint-Sainte-Denis et LFI qui part donc à Bobigny faire du porte-à-porte. Faites gaffe les gens ! Quelle journée, quelle journée merci beaucoup vraiment d’avoir pris le temps de t'être connectée de 10 façons différentes. Et c'était un plaisir. Et le chat te salue et te remercie. Merci Aurélie, te dit le tchat.
Il reste quelques jours, donc pour tout le monde. J’imagine qu’il y en a plein qui sont dans le mouvement social et il faut continuer à lutter de plein de façons. Mais là, c’est vrai qu’on a besoin aussi de force pour les jours qui restent parce qu’une ville à droite, l’extrême droite, encore pire, ça craint. Et on a besoin de villes vraiment de gauche.
Merci Aurélie, bravo, courage, à bientôt, merci, bonne journée à toi, merci beaucoup. Voilà les amis, je vais me chercher un petit café, j’arrive dans 20 secondes, même pas, il y a quelqu’un qui m’est très cher, qui a laissé une petite tasse là derrière cette porte, je la vais chercher, et j’y arrive, on fait un petit débriefe si vous voulez, pendant quelques minutes. Merci beaucoup, à tout de suite, et bien chers amis, alors je ne sais pas si Sentierbattant est toujours dans les parages. Kamel, est-ce que tu es toujours là ? Si oui, j’aimerais bien discuter avec toi, sinon on le fera une prochaine fois. Donc demain on va continuer, on va faire une autre matinale, France Déter la matinale du lundi que nous faisons maintenant tous les jours, au moins jusqu'à vendredi. « Éruption solidaire », c’est un autre pseudo ou quoi ? Voilà, je voudrais juste m’assurer. Donne-moi ta vie, Éruption solidaire, comme ça, oui je suis là, d’accord, ok, super, pendant la sainte semaine. Oui, non, alors Kamel, écoute, je suis désolé, j’ai vu passer un moment dans le tchat que tu t'étais senti insulté par la question du vote musulman, alors d’abord si c’est le cas, l’idée c'était vraiment pas du tout ni t’insulter toi, ni ceux qui se sont sentis insulter, c’était vraiment pas le genre de la maison, mais après, comment vous dire ? Moi je pense qu’il y a des questions qu’on doit poser. Parce qu’ici, il y a le temps, il y a le lieu d’accueil si je puis dire, il y a les chats, voilà il y à des débats qui traversent la gauche et ces débats, si nous ne les menons pas, alors à ce moment là, on laisse ces news seules poser des questions. Or, ce qui compte ce n’est pas les questions, c’est les réponses, c’est le temps de répondre, c’est la possibilité de répondre. Et ça, ça me navre un peu parce que de temps en je ne dis pas que c’est ton cas à toi là-dessus mais ça me navre un peu là dès lors qu’on fait de la politique, dès lors que on invite quelqu’un de LFI, dès qu’il y a une question pique ça y est on est Cnews mais les gars arrêtez c’est pas possible c' est pas c' est pas possible je t' ai vu très énervé ce matin mais je suis désolé je je suis absolument désolé c' n’est pas la question qui compte c’est la tonalité éventuellement l’intonation de la question C’est le lieu de répondre. Pourquoi, d’après vous, auriez-vous trouvé 40 minutes pour répondre au poste ? Parce qu’elle sait qu’il a le temps de le faire, voilà, sans être interrompue. Il y a aussi des questions imposées par CNews, absolument, on est tous navrés de ça, évidemment. Mais faire en sorte que ces questions-là ne se posent pas, c’est pas vrai. Et ensuite, quand Aurélie dit, bah écoutez, quand je fais du porte à porte, voilà ce que j’entends. Moi, ça me plaît, ça me plaît d’entendre ça. Et en plus, voilà, la question n’est pas faite pour piéger, bien sûr. C’est des explications qu’on demande, c’est pas des justifications,voilà. Et là, je trouve que, faisons gaffe, faisons gaffe parce que la Pravda c’est pas bon quoi. Voilà, la question c’est le cadrage. Là tu te trompes, les questions qui ne laissent pas le temps de réponse, c’est le cadrage, les questions qu’il laisse le temps répondre, y compris de dire ta question elle est pourrie, à mon moment d’honneur Aurélie elle m’a dit ça, et ben c’est ça le cadrage ! Merci Gredin Sévère, je sais qu’on fait du bon boulot avec les moyens qu’il y a, parce que c’est quand même dingue ce que l’on arrive à faire. Ce qu’on arrive à faire et on y arrive parce qu' on est porté par le chat, ni plus ni moins. Si vous étiez pas là, moi, je ferais sans doute autre chose, quoi. Je veux dire, c’est donc c' est central.Alors Théo dit, je suis d’accord que c’est précieux de poser de bonnes fois des questions qui ne le sont d’habitude de mauvais soi. Après, on peut reconnaître qu’il y a un petit travail de cadrage de précaution à prendre dans la question. Là, là, là je pense que là, je pense à Théo que tu. Bah écoute, explique moi ce qu’il faut, ce qu’il faudrait faire alors. Voilà, on nous dit, à force d’entendre que les filles sont des gauchistes, des extrémistes, ça fait du bien d' entendre des questions qui ressentent le débat, comme qu’est-ce qui nous dit que vous n’allez pas trahir vos électeurs vous aussi. ÉternelFugace, je suis tout à fait d’accord avec toi, toutes les questions sont légitimes, seules les réponses et non-réponses. Une discussion, ce n’est pas un interrogatoire. JojoLafrite Mille, bravo pour ce pseudo ! Moi, je suis arabe, ça ne me dérange pas qu’on parle des arabes, sauf sur ces news. Olivier Azam, tu as raison, on n’est pas chez les cons et si on pose des questions, faut pas me lire. Léo Écolo dit Dave Duf a pris la précaution en disant qu’il ne cautionne pas à 100 % la question, j’ai l’impression. Il me semble que oui. Non mais après, et c’est de l’impro hein, c'était en direct, je vous le rappelle, c’est en direct. On est le seul média indé à être toujours en direct, parce que moi je crois vraiment en la vérité du direct, je crois non pas dans les soucis de connexion, mais là tu vois qu’Aurélie Trouvé soit dans les locaux de France Télé, elle sort pour venir nous parler, je pense que c’est signifiant, je crois que là on voit ce que c’est que le militantisme, c'était quelqu’un qui est capable d’aller sur une grosse chaîne d’informations. FranceTv.info et de venir ensuite ici à l’avant-garde avec la même fougue, la même joie, je pense que ça dit des choses. Voilà, donc c’est pour ça que nous, on fait tout en direct et en direct, il peut y avoir effectivement des maladresses, des conneries, etc. Mais sur la question des questions, là, j’avoue, je ne me crisse pas. Je ne me crispés pas parce qu' il y a bien 10 secondes de latence. Non non, A l’air libre, c’est pas en direct. A l’air libre, c’est en règle générale en condition du direct, mais c’est pas en direct il y a parfois des directs, mais non ! Non, non, non c’est pas en direct. Alors l’ADN du direct d’auposte elle vient de Twitch, tout simplement. Là, toutes les chaînes Twitch, elles, sont en live, mais je peux vous dire que c' est une charge mentale assez élevée quand même que de faire des entretiens en direct, d’essayer de connecter les gens, des tatati tatata, voilà. Donc moi, je suis tout à fait d’accord pour qu’on discute sereinement la preuve, on est en train de le faire et si vous voulez venir sur le Discord pour en parler voilà et pareil pour Euryale, quand je dis le direct, il n’y a pas que le direct il y a aussi, non à chaque fois il y aussi ça c’est à dire le chat c' est extraordinaire C’est extraordinaire de pouvoir avoir vos retours en direct qui parfois contrebalancent notre travail et le renforcent d’une certaine manière, moi c’est ça qui me plaît, bon, je sais même plus.Charge mentale et beaucoup de préparation. Mais surtout, comment dirais-je, moi j’invite les militants LFI qui ne supportent pas la critique de s’interroger. Je pense que, d’abord ce qui est assez amusant c’est que les invités et les C’est parti ! Ne pensent pas forcément ça et donc être plus royaliste que le roi c’est pas toujours très bon et je pense que si LFI veut gagner, si la gauche de gauche veut gagner elle doit aussi être capable de recevoir ce que j’appelle de la critique solidaire, voilà, c' est ça. Non, alors je n’ai pas d’invité PS, nous avons eu des écolo, je cherche, j’ai lancé des pistes pour avoir des représentants communistes mais le PS, on a eu très très peu d' invités PS, c’est pas faute de ne pas vouloir, c’est qu’on n’a pas les contacts et que je pense qu’ils sont sur un vieux schéma, ces gens là. Ils n’ont pas compris que l’avant-garde, c’est plus libération quoi, ils arrêtent avec ça. Ça fait longtemps quand même qu’on leur dit. C’est important de pouvoir s’engueuler dans le vestiaire nous dit Théo, absolument. La difficulté, c’est que là pour le coup le vestiaire, si tu veux, il est public. Or normalement le vestiaire justement c'était un lieu clos, mais on peut dire aussi que des médias comme auposte, c’est un vestiaire, ce n’est pas non plus, voilà, le stade il est après. Dans ce cas, la question sur le vote musulman était l’occasion de démonter le fantasme des chaînes oligarques. Chloé Ridel est venue, c’est l’une des rares Magic Planner nous dit Chloé Ridel est venue au poste. Très sincèrement elle était très sympa, c’est pas la meilleure émission qu’on ait faite. Peut-être de ma faute, peut-être la sienne, mais il n’y a pas eu de rencontres. Voilà, et moi ce que j’aime auposte, ce n’est pas de faire des interviews, c’est des rencontres. Et là il n’y a pas eu ça, il y avait une forme de professionnalisme de sa part. Bon, et je crois qu’elle avait été aussi un peu marquée par la teneur de certaines réactions dans le tchat. Oui techno voilà on va dire ça mais je je quand je dis ça je je je dis pas je je bâche pas d’abord ça je trouve ça ça se fait pas de bâcher en l’absence des gens non non je dis juste que moi j’avais pas trouvé le la bonne la bonne formule ? Non je sais je sais non non mais c’est pour ça je suis très heureux parce que j’avais peur que tu sois parti pour tes occupations, tes obligations administratives on va pas en dire plus mon cher Kamel et je voulais vraiment voilà te dire que si tu t’es senti insulté je te présente mes excuses parce que c'était pas du tout l’idée L’idée c’est d’essayer d’amener de l’intelligence collective, parfois voilà il peut y avoir des moments où je table trop là-dessus et je vais trop directement, mais surtout voilà, je vous assure, les commentaires par exemple sur YouTube parfois, donc on invite des gens de LFI, on est anti-LFI, on invite pas des gens de LFI on est anti-LFI, bon c'était quand même, moi ça me fait marrer quoi ! Tu vois mais on a des émissions à préparer donc aidons nous à être meilleurs avec des questions par exemple dans le dans le chat quoi et là par exemple bon je sais pas combien on est parce que notre petite application maison Elle marche pas fort là ce matin, mais là en ce moment, par exemple, c’est particulièrement difficile parce que c' est formidable, le chat foisonne, mais t’imagine, entre les questions que je dois poser, les problèmes techniques, les trucs, les machins donc vous avez un peu oublié le petit Q de questions. qui nous aident, enfin qui m’aident beaucoup, parce que ça me permet de filtrer, de n’avoir que les questions. Non, ce n’est pas entendu avec Ost, enfin je veux dire sur l’histoire de la programmation, Ost nous a fait très gentiment l’honneur d’un raid hier matin et à l’occasion de ce raid on nous a appris que Kamel a écrit, je ne me suis pas senti insulté par toi mais par tout le débat odieux qu’il y a eu sur les masses médias. Ah pardon ! Pardon ! Mais justement, alors si c’est ça, alors on est raccord, et donc je t’explique, pour moi, poser cette question, c’est justement désarmer la question. Voilà, c' est ça le truc. Alors justement, il y a Aurélie Trouvé qui me demande de le revoir pour qu’elle puisse s’envoyer sur les réseaux sociaux.Envoyez-lui, on va lui envoyer. Écoutez, en tout cas, c’est exténuant, mais c' est un bonheur de participer, comment dirais-je, de participer modestement ensemble à l'élaboration d’un débat public, d' un débat politique. Au départ, auposte avait été créé il y a cinq ans uniquement des débats au long cours avec des chercheurs, des chercheuses, des historiens, des historiennes. Petit à petit, on vient quand même, dans des moments d’actualité brûlante, on vient sur l’actualité, ça fait du bien, mais on a aussi plein d'émissions qui sont, on garde notre cap. Et justement, là, je voulais vous montrer les émissions à venir, tac à tac, donc demain matin, jusqu'à vendredi, chaque matin vers 7h30 matinale France Déter pour essayer de parler des élections. Là je suis sur le site au poste.média, où vous voyez le petit gars là-haut qui s’agite avec quelques secondes de décalage puisque maintenant vous pouvez suivre le live directement depuis auposte.media. Bref, tout ça pour vous dire. On reçoit demain soir un dénommé Canet, Jean-Pierre, bien connu de nos services, journaliste de son état, il avait écrit un bouquin, une enquête sur Vincent Bolloré. Il nous revient avec l’ultra-Droite, les terroristes d’ultra-droite. Son documentaire a été programmé il y a un mois et il avait été déprogrammé par Arte à la suite à la mort de Quentin Deranque. Et à nouveau, à l’antenne, Jean-Pierre viendra nous parler de cette histoire d’Arte qui a bien cafouillé quand même, et bien sûr de son travail d’enquête sur le terrorisme d’ultra-droite qui tue. Le 20 no passaran avec Pierre Salmon et Mercedes Yusta-Rodrigo qui viennent parler à Mathilde Larrère de leur fabuleux bouquin sur la guerre d’Espagne il y a 90 ans. No pasaran ce sera donc le 20 à 8 heures du matin. Disons qu’elle a dit 8 heures, elle a dit également de Feu et de Cendres le 24, mardi 24, nous serons avec Émilien Houard-Vial, politiste qui s’est spécialisée dans le vote et dans la vie de la droite et de ce qu’il en reste, avec Sylvain Crépon, un des meilleurs observateurs du Rassemblement National et du Front National, Marion-Jacquet Vaillant qui connaît ces questions-là sur le bout des doigts et Nicolas Lebourg, mon complice historien, cet Extrêmorama, ce sera le 24 à 18h. Le 25 à 18 heures, c’est le retour de qui va faire la vaisselle avec Nora Bouazzouni qui a invité trois personnes autour de la question du féminisme à l’aune du validisme, handi Féminisme, Pensez le féminisme à l’aune du validisme, il y aura Mathéa Boudinet, Céline Extenso, Célia Boucher et Nora Bouazzouni, voilà. Et par ailleurs, il y a la vignette est faite mais pas encore le petit texte, figurez-vous que nous allons descendre à Melle donc dans les Deux Sèvres, la semaine prochaine pour fêter les trois ans si je puis dire, célébrer les trois ans de Sainte-Soline, une émission spéciale avec les Soulèvements de la terre, on va faire ça dans un petit café de Melle ce sera en direct et en public, je vous en dirai plus bientôt, n’hésitez pas à suivre nos convocations, vous allez sur le site auposte.média et vous avez ici soyez alertés avant chaque émission vous avez votre calendrier qui est disponible pour vos agendas, Google, Apple et tous les machins. Donc ça c’est la première chose, vous pouvez, c'était très très très important, vous pouvez vous inscrire au newsletter de auposte, c’est ici que ça se passe, vous pouvez aller sur le canapé, je vous invite à aller sur les canapés, il y a un petit easter eag ici au niveau du coussin, je vais vous laisser découvrir. Et puis et puis bien sûr bien sûr vous pouvez soutenir et il le faut auposte.media vous avez maintenant deux possibilités de le faire enfin il y en a plus que ça puisque vous pouvez toujours faire des subs sur Twitch, mais sachez que Jeff Bezos est très heureux. C’est lui qui prend 50 % de com, si vous faites des subs sur Twitch. C'était la même chose sur YouTube. Donc, les autres possibilités, ce sont celles-ci. Soit vous êtes imposable. Ou que vous avez beaucoup d’argent, vous pouvez faire un don qui est défiscalisable à hauteur de 66 %, c’est à dire que si vous faites un don par exemple de 10 euros, il vous coûte en réalité 3,40 €. Ça c' est le schéma sur lequel nous étions depuis maintenant 4 ans, mais vous pouvez dorénavant vous abonner. Je rappelle notre principe, il n’y a plus d’alerte des sub, alors les alertes, c’est pas nous qui les faisons, donc l’abonnement, que ce soit des dons ou des abonnements, ce que ce que vous faites c’est qu’en fait vous financez au poste et vous permettez au Poste d'être accessible en tout temps par tout le monde, par ceux qui peuvent comme par ceux qu’ils ne peuvent pas débourser le moindre centime. Voilà, c' est la mutualisation. Quand on s’abonne en fait, on s' abonne et on permet à tout le monde de s' abonner Donc, enfin, pardon, pas d' abonnés, mais de pouvoir regarder au poste. L’avantage d'être donateur, c’est que vous avez une déduction fiscale, voilà, je vous l’ai dit. Et l’avantage d'être abonné, d’abord, pour nous, il y a un petit peu moins de frais bancaires, ça, c’est le premier point, et pour les abonnés vous allez pouvoir voter pour vos émissions préférées, c' est-à -dire les mettre en avant sur la home. Par exemple, ça se passe ici. Voilà, le choix des abonnés, c’est ici. Ça c’est grâce à vos à vos votes vous allez pouvoir choisir votre player préféré alors je peux pas le faire en direct mais quand vous êtes abonné vous pouvez dire moi je ne veux regarder au post que sur YouTube que sur Peertube et autres vous allez pouvoir avoir extraordinaire un avatar abonné sur le discord vous allez bientôt pouvoir recevoir une newsletter dédiée qui sera une newsletter un peu plus un peu plus éditoriale on va dire, ou plus sera à apparition aléatoire, donc voilà, vous avez la possibilité d’avoir tout ça, mais ça n’enlève rien à personne, c’est ça le point, voilà. Merci à vous tous, on se retrouve donc demain pour une nouvelle émission autour des municipales. J’ai déjà calé un invité, un motard, un des fondateurs de Mediapart, un dénommé François Bonnet à la tête du Fonds pour une presse libre et qui a lancé une campagne pour expulser CNews de la TNT. On parlera de ça puisque l’idée, c’est aussi d’inviter des personnalités de la société civile. On les avait invitées pas mal lundi. Il y avait le collectif Le Revers, il y avait Greenpeace, il y avait Victoires Populaires. Donc demain, il aura le Fonds pour la presse libre et je suis en train d’essayer de caler des invités politiques, mais je vous dis pas comme c’est gratiné d’essayer d’avoir des invités. Il est maintenant 9h42, nous sommes toujours le 18 mars 2026 Merci beaucoup à vous toutes et à vous tous. Gloire, gloire à Euryale, toujours là, toujours présente. Je vous dis donc à demain sur le coup dès 7h30 pour la matinale et 18 heures pour notre émission avec Jean-Pierre Canet. Bonne journée à toutes et à tous. Amusez-vous bien, portez-vous bien et voilà, et voilà. Ça, l'énergie elle est là, c’est le café quoi, c' est le café, c' est le chat, c' est le site qui me régale, vraiment le site me régale voilà, et bien merci, au boulot, comme dit Florent, au boulot ! ! Tac à tac, tac à tac. La page crédits est prête salut à tous. Merci beaucoup, je vous embrasse, à demain.