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Municipales 2026 : la gauche unie ? Comment, pour qui, pourquoi ?

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Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Bonjour, amis du café, amis de la police, amis de la politique, amis des gauches de gauche, amis de l'écologie, écologistes, amis des débats, bienvenue, vous êtes sur France Déter, il est 7 heures et 1 minute. Nous avions commencé la semaine avec notre matinale du lundi. Cette matinale de lundis est devenue matinale du mardi, du mercredi et maintenant du jeudi. Nous étions avec deux invités lundi 2, le mardi 3, le mercredi aujourd’hui, ils seront 4. On est des mabouls. On est les mabouls. Vous êtes au poste. Bonjour, comment ça va ? Dites-nous la météo dans le chat, la météo qu’il fait chez vous. Est-ce qu’ils fait beau temps ? Est-il qu’il y a des éclaircies pour dimanche ? Est-ce que la France va se réveiller sous un soleil magnifique, ou au contraire sous du brun. Bonjour à tous. Bonjour Rolland. Bonjour Karim. Bonjour le petit Vapophile. Bonjour Trognon. Bonjour Cedus. J’ai lu, je crois que c’est personne qui disait on ne parle jamais des maires qui ont été élus au premier tour. Eh bien, on va on va le faire. On va le fait un petit peu ce matin, probablement. Qu’est ce que je voulais vous dire ? Merci à celles et ceux qui se sont abonnés hier. Quelques dizaines, une petite dizaine je dirais plutôt, bon il faudrait une petite centaine pour être francs, mais merci en tout cas à ceux qui ont fait le geste de nous soutenir et de nous aider. Alors aujourd’hui nous allons recevoir des sommités du monde politique, mais nous allons les recevoir différemment puisque ces personnes vont avoir le temps de discuter à peu près une demi-heure chacune puisque aujourd’hui on change de dispositif, on va avoir un invité après l’autre, à la fois pour des raisons techniques mais aussi pour tester si c’est pas plus intéressant de rester quand même dans la discussion, dans le face-à-face. Il y aura Cyrielle Chatelain dans quelques instants, qui est l’une des figures les plus discrètes de la gauche parlementaire actuelle et les plus efficaces. Elle préside le groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale. À 7h30, François Briançon, socialiste, c’est lui qui fait union avec François Piquemal C’est les deux François à Toulouse, qui fait donc la fusion avec François Piquemal de LFI il sera là François Briançon à 7h30. A 8 heures, ça n’est pas un homme ou une femme politique, c’est le patron du Fonds pour la presse libre, François Bonnet, car comme nous l’avions fait lundi, on donne la parole à la société civile et le Fonds Pour une Presse Libre qui aide les médias indépendants à lancer une campagne contre Bolloré, qui est assez à la fois rigolote à travers un livre et très sérieuse à travers l’ARCOM, la TNT, etc. On en parlera avec lui à 8h, et enfin à 8 h 30, Fabien Gay, sénateur communiste, il sera avec nous pour terminer cette matinale de ce jeudi. Je voudrais juste, avant de donner la parole là dans une seconde à Cyrielle Chatelain, vous lire, vous lire un e-mail que j’ai reçu hier, que nous avons reçu, hier. Salut à toute l'équipe, juste un petit mail de solidarité critique, vous savez c’est le terme que j’emploie tout le temps dès que j interroge des politiciens, bah justement, juste petit mail de solidarité critique, comme le dit le taulier, je trouve que la place réservée aux insoumis dans les matinales est un peu trop prête pour des rentes, que je ne sois bien clair, je ne suis pas anti LFI, je n’aime pas Mélenchon qui pour moi est devenu un problème pour la gauche, mais je trouve dégueulasse le traitement réservé à LFI. Pour cette raison, je les soutiens même si je suis en désaccord avec la stratégie de bruit de fureur, Je suis d’ailleurs pas mal content des résultats de LFI aux municipales, notamment après leur classement honteux à l’extrême-gauche, et puis ça fait tellement la nique à cette classe médiatico-bourgeoise, Je déteste les socialistes, et je n’ai pas envie de les voir au poste, mais il faut toujours un mais ! La sur-représentation des insoumis parmi les invités politiques donne un petit côté copinage et partisan aux postes qui ne cadrent pas totalement avec le fait d'être un média indépendant. Bon, j’adore votre travail, je donne régulièrement, donc prenez ceci comme un conseil d’ami. Bon courage pour cette semaine chargée, Romain ! Eh bien j’ai répondu à Romain, bravo pour ce rappel à l’ordre, bravo, pour cette solidarité critique, et ben il n’y a pas un seul LFI, ce matin ! Et ouais, c’est comme ça. Merci beaucoup à Romain d’avoir pris le temps de nous écrire ceci. Alors que je fais venir Cyrielle Chatelain, bonjour Cyrielle, est-ce que vous allez bien ? Est-ce-que ça va bien ?
00:05:07Cyrielle Chatelain
Bonjour, ça va bien, et vous ?
00:05:09David Dufresne
Ça va très bien. Vous êtes, je peux vous demander sans être trop précis, où est-ce que vous êtes là ? Vous êtes chez vous ? Vous êtes dans un bureau ? Vous vous êtes dans train ?
00:05:18Cyrielle Chatelain
Je suis chez moi en Isère.
00:05:21David Dufresne
En Isère, avec vous, on va évidemment parler de Grenoble. Comment je peux vous présenter, vous avez 38 ans, vous présidez depuis 2022 le groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale, un groupe que vous avez transformé d’une certaine manière en carrefour de la gauche non insoumise en accueillant au passage, alors comment vous les appelez-vous ?
00:05:45Cyrielle Chatelain
Insurgés.
00:05:47David Dufresne
Les insurgés, Jules Valès reviens avec nous, vous avez été élu sous la Nupes maintenant le NFP et vous avez bondi sur votre téléphone hier quand je vous ai proposé de venir hier, vous m’avez dit je viendrai avec beaucoup de motivation, quelque chose comme ça, pourquoi vous voulez venir au poste ? Avec un tel entrain.
00:06:19Cyrielle Chatelain
Bah puisque la dernière fois que j'étais venue, déjà c'était intéressant effectivement. C'était un moment compliqué, il me semble qu’on venait de s’abstenir, première abstention sur le PLFSS. Donc ça avait été énergique comme débat mais extrêmement intéressant. Donc voilà, moi je trouve que les espaces de discussions à la fois libres mais où on se challenge, où il y a du vrai débat, c’est intéressant.
00:06:49David Dufresne
Alors, je vois que le tchat est déjà sur des charbons ardents. Première question, quelles sont pour vous les faits saillants du premier tour ? Quelles sont les leçons que vous retirez, vous et vos amis écologistes ?
00:07:08Cyrielle Chatelain
Alors premier fait saillant c’est quand même l’abstention parce que mais enfin on compare par rapport à 2020 mais en vrai par rapport a 2014 on a une participation qui est en berne sur une élection la participation restait importante pour élire des équipes dans lesquelles les français continuent à leur confiance ils ont pas la même image que les députés pour le moment donc comme l' abstention reste un élément d’inquiétude On ne sait pas encore pourquoi, mais des personnes parlaient des maires élus au premier tour. Effectivement, il y a quand même de nombreuses communes où les maires sont élus au premier, parce qu’il n’y a qu’une seule liste. Donc, c’est vrai que ce que je ne sais pas encore, c’est est-ce que l’abstention globale est baissée, parce que dans des communes, il n’y a en fait pas d’enjeux, donc je ne vais pas faire ma procuration. Il n’a qu’une seule liste si je vais moins aller voter. Ou est- ce que globalement, il y a un désinvestissement de cette élection ? En tout cas, moi ce que je peux voir dans ma circo, c’est quand même qu’on continue à avoir un même gaffe, c’est à-dire que les quartiers populaires ont moins voté que les autres quartiers. Et donc on continue à avoir en enjeu parce que ça biaise quand même, et je ne suis pas sûre que les résultats seraient tout à fait les mêmes si les quartiers populaires venaient voter.
00:08:27David Dufresne
Alors sur les communes, notamment les petites communes il y a le changement de scrutin qui peut aussi expliquer puisque dans les villages on pouvait panacher, on pouvait rayer. Et là, c’est terminé. Donc effectivement, il y avait un côté, c’est la publicité ou rien quoi, voilà. Et je rassure le tchat, bien sûr que demain il y aura un ou deux invités LFI. Les amis, on partage la parole, on discute, voilà, et ici c'était un endroit de paix et de débat. Alors, Cyrielle vous êtes en Isère donc vous n'êtes pas loin de Grenoble ?
00:09:12Cyrielle Chatelain
J’y étais hier soir pour le meeting de soutien à Laurence Ruffin.
00:09:15David Dufresne
Voilà, comment se fait-il que votre maire qui portait vos couleurs vertes ait autant déconné ? Je veux dire, ça ne marche pas du tout ! Qu’est-ce qui s’est passé ?
00:09:29Cyrielle Chatelain
Alors c’est notre futur maire, Laurence n’a pas encore été élue, elle le sera dimanche. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je pense qu’il y a beaucoup d'élections dans les grandes villes qui se sont quasiment transformées en duels, que ça soit Paris, Marseille, Lyon. À Grenoble les sondages étaient plutôt bons, le total gauche est bon, on est à 59 %. Et donc je pense que comme dans d’autres villes où il n’y avait pas de duel, je pense à Nantes par exemple, c’est normal, le premier tour, les gens sont allés voter pour la liste de gauche la plus proche de leurs idées. Et ça fait qu’on est juste derrière Carignon. Je pense qu'à Grenoble, on s’est dit, Carignon, ce n’est pas possible, il n y a pas de danger. Donc maintenant on le voit, le danger est là, même avec ces 59 % de gauche, dire qu’il faut aller voter dimanche, sinon effectivement une ville à gauche se retrouvera avec un maire de droite condamné et qui en janvier défilé encore avec l’extrême-droite derrière la banderole du syndicat Alliance.
00:10:37David Dufresne
Alors là, vous parlez donc d’Alain Carignon, candidat soutenu par les Républicains qui a réussi à arriver en tête avec 27,04 % des voix et qui a donc devancé Laurence Ruffin, votre candidate, qui est à 26,33..
00:10:58Cyrielle Chatelain
Vous pouvez être plus à peu près.
00:11:01David Dufresne
Mais ne faisons pas de langue de bois, Piolle a été maire je crois 12 ans et est-ce que le fait que vous ne soyez pas arrivés en tête signifie que la capacité des Verts a gouverner une grande ville et notamment à rassurer les gens à gauche qui n’ont pas supporté que vous ayez à plusieurs reprises euh… Pas voté pour la motion de censure
00:11:34Cyrielle Chatelain
J ai toujours voté les motions de censure.
00:11:37David Dufresne
Non, les motions oui mais la loi dont vous parlez à l’instant, la FPPLS.
00:11:42Cyrielle Chatelain
Projet de loi de finance à la sécurité sociale, même si je ne suis pas sûre que c'était l'élément déterminant du vote aux municipales.
00:11:51David Dufresne
Là, si je vois le tchat, les Verts en prennent un peu pour leur grade
00:11:58Cyrielle Chatelain
Oui, je ne suis pas étonnée. Bonjour le tchat, c’est Jean-Claude ; Caen la dernière fois, mais c’est normal, c est logique, que ça dise quelque chose de l’image des Verts au global. Oui, sans doute, il faudra qu’on regarde, là on est encore dans la campagne, on a plusieurs villes où on est dans la bataille en plein, et moi j’espère qu’on aura un maximum de victoires à gauche. Mais sur Grenoble spécifiquement, parce que Grenoble, on a gagné, Eric Piolle a gagné en 2014, il a été réélu en 2020.
00:12:33David Dufresne
Ça ? Oui.
00:12:34Cyrielle Chatelain
Le fait de montrer qu’on pouvait gouverner une ville, qu’on pouvait la garder, elle a été faite. La question, c’est est-ce qu’il arrive à avoir une transition ? Donc c’est Laurence, nouvelle équipe, a renouvelé à 85 %. Par contre, ce que je pense est vrai, c est que pendant 12 ans on a gouverné avec les Insoumis. Cette fois-ci, dans les discussions, les Insoumis, représentés par Allan Brunon, ont une liste. Et Grenoble est une ville à gauche, très à gauche. Moi, j’en suis plutôt contente, je m’y sens bien. Et donc Allan Brunon fait un bon score, mais ce que moi je trouve intéressant c’est que, et d’ailleurs on a la fusion au second tour, c’est que ça va aussi dans l'équilibre municipal être intéressant. C’est-à-dire qu’on va avoir je pense qu' on va être challenge, enfin qu’il y aura une exigence d’avoir des politiques à gauche et sans doute dans les premières politiques enfin voilà quand on prend une ville on peut pas tout faire d’un coup, il y a eu beaucoup de choses ont été faites sur du centre-ville. Il y a eu des rénovations urbaines faites sur le sud de la ville de Grenoble, qui est plus populaire, mais sans doute qu’il y a encore plus de choses à faire dans cet endroit qui, pendant des décennies, avait été délaissé. Donc on a encore du pain sur la planche.
00:13:53David Dufresne
Marion Lovato vous dit, la pratique du pouvoir a été décevante à Grenoble, manque de transparence, sans compter les magouilles avec E.Martin, même sans parler du national, ça ne donnait pas envie.
00:14:09Cyrielle Chatelain
Non mais il y a des choses sans doute qu’on déçut dans… toujours avec quand on fait une promesse et puis d’un coup on a l’exercice du pouvoir. Il y a ce qui s’est passé avec LFI et qui oui je pense qu’il y a d’autres personnes qui ressentent la même chose. Après dans les choses qu’ont joué je pense en faveur de Laurence, de l'équipe, c’est qu’un, il y a quand même des choses qui ont bougé, premièrement. Deuxièmement, Eric peut avoir des défauts, non ?
00:14:45David Dufresne
Mais c’est marrant cette façon maintenant d’appeler les hommes et les femmes politiques par leur prénom. Laurence, Éric. Alors ça c'était parce que vous parlez de vos copains
00:14:54Cyrielle Chatelain
Éric Piolle, Laurence Ruffin, enfin, ce n’est pas que des hommes politiques, c’est des gens que je vois quasiment tous les jours.
00:15:00David Dufresne
Non, mais il y a quand même une tendance à prénommer la politique comme si on voulait chercher une forme de proximité. Ça traverse tous les partis. Marine, Tondelier ou Marine Le Pen. Vous voyez, il y a un truc qui est assez curieux. Mais bon voilà, c’est un petit détail.
00:15:18Cyrielle Chatelain
Mais à l’inverse, c’est ce qu’il faut, mais c’est une vraie question. À la fois, est-ce que c’est chercher une proximité ou est- ce que c est cacher la proximité existante ? En vrai, qu’une élue écolo à Grenoble soit appelée Éric Piolle-Éric et Laurence Ruffin-Laurence, c' n’est pas illogique. Mais je peux faire Éric Piolle pour une recherche de moins d’engagement émotionnel. Je ne sais pas si on a beaucoup, mais… Donc Eric Piolle avait dit qu’il ne faisait que deux mandats, il n’a fait que deux mandats et il a fait quelque chose qui est typiquement, que moi je n’ai pas vu beaucoup, j’ai vu des personnes arrêtées alors qu’ils étaient élus. Je n’en ai pas vu beaucoup arrêtés et pas se mettre devant la photo et donner leur avis tous les jours. Et ça, il ne l’a pas fait. Non, mais c’est moi, des transitions, on n’y a vécu pas forcément beaucoup comme ça. Dire de savoir, alors que pendant 12 ans, on a été maire, on a était dans la lumière, etc. Savoir être là. Mais se mettre en retrait, savoir soutenir, mais accepter les choix de la nouvelle équipe, ce n’est pas assez simple. Donc on pourrait rediscuter plus longuement de ce qui a été fait et ce qui n’a pas été fait. Là, c’est effectivement comme une nouvelle équipe et on espère qu’elle fera mieux. Donc dans la continuité en termes de valeur, mais on va essayer de faire mieux parce qu’on peut toujours s’améliorer.
00:16:42David Dufresne
Florent vous demande, les maires verts se sont fait lourdement harcelés dès après leur élection, il y a 6 ans, par les médias. Ces derniers mois, c'était au tour de la France Insoumise de prendre cher. Pensez-vous que ceci a bénéficié aux verts ou que cela a été sans incidence ? L’acharnement médiatique contre LFI, finalement, vous a-t-il bénéficié ?
00:17:06Cyrielle Chatelain
Alors, non, je ne le pense pas, et peut-être pour mettre un bémol. Alors, oui, c'était dans les médias, mais ce n’est pas arrivé tout seul. Moi, je pense que, comme pour les écologies, juste après leur élection et ce qui se passe, c’est nourri à l'époque par les macronistes qui venaient de voir beaucoup de villes basculer. Et donc, quand on regarde, c'était des polémiques locales, mais toujours soutenues ou alimentées, y compris par des figures nationales des macroniste. Donc c’est des choses qui sont orchestrées c’est de la bataille politique et de la même manière aujourd’hui. On voit bien que c’est la suite d’un récit qu’ont posé les macronistes et qui prennent aujourd’hui la droite et l’extrême droite. Donc c'était profondément une stratégie politique. Je ne pense pas qu’elle nous ait bénéficié pour une simple raison, c’est que la France Insoumise est le parti le plus attaqué de manière la plus violente. Mais globalement, c’est un outil aujourd’hui, c’est une stratégie qui est utilisée contre toute la gauche. Je le dis parce qu’en fait penser que s'éloigner, certains ont la tentation de la France Insoumise, en se disant, je vais éviter finalement ces attaques, ça ne marche pas. Par exemple, Rachida Dati, elle fait France Info avant le premier tour, elle dit la liste d’Emmanuel Grégoire d’extrême gauche parce qu’il y a Danielle Simonet de toute façon, cette stratégie-là, c’est pour empêcher tout débat politique, parce que si vous disqualifiez votre adversaire, si d’un coup il est anti-républicain, s’il est écoterroriste, eh ben on n’a plus à débattre.
00:18:41David Dufresne
Passons à Lille. Alors là, qu’est-ce que vous avez fait encore ?
00:18:47Cyrielle Chatelain
Je rappelle les faits non, oui. Je ne sais pas, c'était notre meilleur moment. Comment ? Je dis, je ne sais pas c’est notre meilleur moment.
00:18:56David Dufresne
Vous savez que ça ne l'était pas, non ? On est d’accord ?
00:19:01Cyrielle Chatelain
Non, mais effectivement, il y a eu un vote militant qui était un vote souhaité par Stéphane Baly un vote indicatif qui a donné à deux voix plus une orientation pour aller avec la France Insoumise est in fine, l’alliance se fait avec le Parti Socialiste. Ça ne peut que donner une impression compliquée.
00:19:27David Dufresne
Ah oui, alors une impression compliquée, ça veut dire la démocratie interne, tant-tant, c’est ça que ça veut dire, je veux dire quand même…
00:19:35Cyrielle Chatelain
Oui, le principe de vote indicatif est toujours compliqué.
00:19:40David Dufresne
Oui ça !
00:19:41Cyrielle Chatelain
On n’a pas de vote, on n’en a pas de votes. Mais aujourd’hui, ce que je peux vous dire, c’est qu'à un moment, on est encore à deux jours. Il reste deux jours de campagne. Je ne vais pas là aller contredire la personne qui était tête de liste, qui a fait un choix, qui est en campagne, qui n’est pas arrivée en tête, dans un vote qui était très serré.
00:20:03David Dufresne
Non, non, euh, bien sûr, Cyrielle
00:20:05Cyrielle Chatelain
Le bilan, ça viendra après.
00:20:07David Dufresne
Et votre langage corporel, votre rire et votre embarras répondent pour vous, il n’y a pas de souci. Mais il y avait une autre réponse qui était possible et qu’a eu Sandrine Rousseau ici-même il y a deux jours. Elle était très colère par rapport à ce qui s'était passé. Alors est-ce que c’est par vos responsabilités, c'était dit, elle a à peu près les mêmes, qui font que vous mettez un peu d’huile dans le rouage cassé de la démocratie interne ?
00:20:38Cyrielle Chatelain
Moi, j’aime beaucoup Sandrine et j’apprécie énormément cette capacité qu’elle a effectivement. Je cherche un mot, mais c’est d'être toujours ou on a la même personne en dehors de l'écran, face à l’écran. Je pense qu'à un moment, on n’a pas les mêmes caractères. J’ai un petit côté, je l’avoue, j’ai mon petit côté bon soldat, en élection, de partie. Je suis présidente de groupe, l’objectif aussi c’est de faire en sorte qu’on arrive à faire vivre des gens qui font des choix différents. C’est le choix qui a été fait, de toute façon il ne peut pas être défait. C'était le choix. Si on est à deux voix, c'était que les débats étaient virulents. Et que dans tous les cas, il y a des gens qui auraient été le sentiment d'être déçus. Après, effectivement, deux voix, c’est toujours deux voix.
00:21:41David Dufresne
Alors, je vois que François Briançon de Toulouse est arrivé en régie. Vous lui dites bonjour, ben attendez, vous allez pouvoir lui dire bonjour directement.
00:21:54François Briançon
Bonjour, bonjour.
00:21:54David Dufresne
Alors, est-ce que vous vous connaissez, vous êtes déjà rencontré à gauche ? Cyrielle Chatelain, donc chef du groupe écologiste à l’Assemblée nationale. François Briançon à droite, mais on ne l’en voulait pas, c’est comme ça. Parti socialiste, excusez-moi, c’est comme ça. Donc là, on termine l’entretien avec Cyrielle et après on parlera de Toulouse. D’ailleurs, c´est quoi la position puisque François Briançon vous êtes le candidat socialiste qui a fait union tout de suite, dans la nuit du dimanche à lundi avec François Piquemal, donc on va parler de tout ça, qu’est-ce que vous avez fait vous les écolos ? Ah ben non, en fait c'était une liste écologiste, PS et compagnie quoi, c’est ça ?
00:22:38Cyrielle Chatelain
Tout à fait.
00:22:41David Dufresne
Et alors ?
00:22:43Cyrielle Chatelain
Donc on a tous fait union.
00:22:44David Dufresne
Vous avez tous fait l’union, alors voilà, ça c’est bien, ça, c’est bien. Alors, Cyrielle, pour terminer, il y a deux villes que j’aimerais qu’on aborde, c est Bordeaux et c est Poitiers. Que se passe-t-il à Bordeaux et à Poitiers, de votre côté ?
00:23:04Cyrielle Chatelain
Alors Bordeaux, on a le candidat écologiste qui est en tête mais dans un deuxième tour compliqué puisqu’on a deux candidats de droite qui ont fait des scores très élevés et que l’un s’est retiré. Et la France Insoumise n’a pas fait que 10 %. Donc on est dans un chemin, moi je pense qu’il y a un chemin pour que Pierre Hurmic gagne la ville qui va vraiment dépendre de la mobilisation des électeurs. Poitiers, pour être franche, j’ai moins suivi. Il me semble qu’on est en alliance avec la France Insoumise.
00:23:38David Dufresne
Absolument.
00:23:40Cyrielle Chatelain
Léonore Moncond’huy est en tête et je pense qu’elle va gagner.
00:23:45David Dufresne
La France Insoumise est représentée par Bertrand Gae, ou Gé, je ne sais pas comment on prononce, voilà. Dernière question, il est 7h24, on a encore un petit peu de temps, mais je pense que ça peut vous rejoindre tous les deux. Cyrielle, vous vous occupez de la commission d’enquête sur la souveraineté numérique, me semble-t-il à l’Assemblée ? Et j’aimerais savoir tous les deux ce que vous avez vécu par rapport au numérique dans cette campagne. Est-ce que le numérique, alors je sais que ce n’est pas l’objet exact de la Commission, puisque c’est la souveraineté numérique mais je trouve intéressant que les partis s’intéressent à ce genre de questions. Qu’est-ce-que vous pourriez me dire sur la part numérique des enjeux politiques, de la politique elle-même, d’une campagne comme celle à laquelle on assiste ?
00:24:44Cyrielle Chatelain
Peut-être dire qu’effectivement il y a déjà eu, pourquoi est-ce qu’on ne fait pas les réseaux sociaux leur impact sur la démocratie, il y a déjà eu plusieurs enquêtes dessus. Donc là on essaye de parler de choses dont on ne parle pas, les infrastructures, les algorithmes de manière générale, des plateformes, mais pas que des réseaux sociaux. Sur les réseaux sociaux on a une étude qui est sortie il y à quelques jours, qui a été fausse aux Etats-Unis, mais à mon avis on peut reparler de la campagne dans quelques instants en France, mais je pense que c’est les mêmes mécanismes. Une enquête qui prend des personnes qui sont sur X. Il y a ceux qui voient les tweets de manière chronologique et il y a ce qui voie des tweets via l’algorithme. Sur les personnes qui voies les tweets via l’algorithme, c’est sur une durée de 7 semaines, on voit qu’une partie d’entre eux, je crois que c'était entre 5 et 7 %, modifie leur position pour aller sur des positions plus réactionnaires. Et 5 à 7 % c’est ce qui fait basculer une élection. Donc on voit bien que ça a une influence très forte parce que ça filtre et ça montre des personnes très conservatrices, parce que c’est un impact sur les personnes que vous suivez. Et ce qui est inquiétant, c'était qu’au-delà de cette semaine, les gens continuent à rester sur ces positions-là parce qu’ils sont abonnés à des comptes qui continuent à diffuser des fake news et des contenus biaisés. Ça, c’est la première chose. Et on voit la même chose en France. On voit que Sarah Knafo a été survalorisée par l’algorithme et la plateforme. Donc, très clairement, mon message je pense que le tchat est déjà très au courant, mais les Big Tech sont aujourd’hui des acteurs politiques. Ce ne sont plus seulement des acteurs économiques, ce sont des acteurs politiques et pour la très grande majorité d’entre eux, leur projet, c’est l’accession de l’extrême droite au pouvoir, puisqu’ils ont un projet anti-État, anti-démocratie. Ils sont persuadés que le monde serait mieux géré s’il était géré par des chefs d’entreprise donc oui, aujourd’hui, on a des réseaux qui vont être en soutien de candidats d’extrême droite et réactionnaires
00:26:44David Dufresne
Alors François, vous êtes chef d’entreprise, je crois, mais je ne crois pas que c'était une attaque qui vous était destinée, mais est-ce que vous, par exemple, sur la campagne, vous avez senti des vents contraires venus des réseaux, ou est-que sur une campagne locale, ça a peu d’incidence, finalement ?
00:27:11François Briançon
Alors, sur la campagne, le numérique a été un outil du quotidien. Aujourd’hui, c’est un outils de propagande électorale comme un autre. Quelle est l’appréciation de sa puissance ? Moi, j’ai quand même l’impression que c'était un écosystème assez consanguin dans lequel on parle malgré tout beaucoup à des convaincus. C’est vrai que sur la première partie de la campagne on n’avait pas senti le fait que c'était un lieu aussi d’attaque très violente. Mais non, on le sent, par contre, depuis dimanche. On a, et moi particulièrement, très ciblé par tout un tas de personnes qui ne sont pas de Toulouse, qui sont de manière assez évidente et d’extrême droite, qui essaient de jouer un jeu. Je ne suis pas sûr que ça impressionne quiconque et que ça va se réellement bouger les forces. Par contre, dans une première partie de campagne électorale, c’est un outil de diffusion d’informations qui aujourd’hui est indispensable.
00:28:06David Dufresne
Question du tchat à vous deux, pensez-vous que les alliances municipales que vous nouez, que certains d’entre vous nouent, d’autres non, on en parlera avec François tout à l’heure, est-ce que vous pensez que ça va avoir une incidence sur les appareils nationaux de vos partis respectifs, c’est-à-dire que le fait qu’il y ait des cogestions de villes très importantes, si tant est que vos listes gagnent, est-ce que vous pensez que ça va avoir une incidence, c’est-à-dire que ça va vous tirer vers la gauche de gauche, vers LFI ou pas ? Est-ce c'était une crainte pour vous ou un souhait ? Comment vous envisagez ça ?
00:28:47François Briançon
Moi, je l’espère, en fait, ce qui se passe à Toulouse, mais ce qui se passe aussi dans un certain nombre de villes, ça montre que la place du parti socialiste, elle est au sein de la gauche. C’est le combat qu’on mène avec Olivier Faure et qu’il va poursuivre. Donc, c’est vrai que si ça passe par des victoires municipales, ça viendra conforter cette stratégie par rapport à une stratégie qu’ils continuent à penser de façon un peu nostalgique voire un peu idéologique que le Parti Socialiste doit être seul à incarner la gauche. Moi, je ne le pense pas et je pense qu’effectivement, de ce point de vue là, les victoires éventuelles de dimanche, qu’on souhaite tous, viendront conforter cette vision des choses.
00:29:31David Dufresne
Cyrielle, je crois que vous avez des obligations. Je vous laisse répondre à cette question, et vaquer à vos occupations.
00:29:37Cyrielle Chatelain
C’est ça, je suis totalement d’accord, bon courage à Toulouse et j’espère aussi que ça mettra un terme à l’idée des gauches irréconciliables. Voilà, on n’en a pas et je suis exactement sur une ligne. J’espère que ça aura un impact et que ça montrera qu’on peut travailler plus, y compris au niveau national avec la France insoumise.
00:29:53David Dufresne
Merci beaucoup d’avoir pris le temps de venir, Cyrielle, ce matin et d’avoir répondu au débotté aussi vite comme François Briançon hier à mon invitation. Bonne journée à vous. Merci beaucoup, Cyrielle. Alors, François Briançon, attendez, j’ai un petit souci de connexion, voilà. Vous êtes le personnage central le plus commenté en ce moment, votre union hyper rapide dans la nuit avec François Piquemal fait l’objet de beaucoup de commentaires. Alors d’abord, racontez-nous comment ça s’est passé. On a eu déjà quelques informations parce que Hadrien Clouet, député LFI, était au poste il y a quelques jours, il nous a un peu raconté, mais moi je voudrais vérifier mes informations, comment ça c’est passée cette union, dans quel café, quel coin de table, qu’est-ce que vous avez discuté ?
00:30:54François Briançon
Écoutez, ça s’est passé de façon tout à fait classique, c’est malgré tout un exercice assez habituel quand on fait de la politique de se dire qu’il faut que les forces de gauche en présence sur un premier tour créent les conditions du rassemblement pour gagner au second. Donc ça n’a rien de nouveau, ça n’a rien d’original, ça ne n’ait rien d’unique et d’ailleurs, c’est quelque chose que l’on a fait à toutes les élections municipales à Toulouse, ça c'était passé de la façon assez classique, c’est-à-dire que chacun a regardé ces résultats, moi je les ai analysés dans un premier temps avec le conseil politique de ma campagne électorale et puis nous avons rencontré à partir de minuit la liste de François Piquemal à Toulouse de Maine et puis, nous avons construit cette alliance au fil de notre discussion.
00:31:43David Dufresne
Alors, l’accord porte sur quoi exactement ? Alors, je crois savoir qu’il y a distribution des rôles. Si vous gagnez ce que l’on vous souhaite, dimanche, François Piquemal LFI, serait maire de Toulouse et vous, vous seriez le patron de l’agglo, c’est ça ?
00:32:01François Briançon
De la métropole.
00:32:01David Dufresne
De la métropole.
00:32:02François Briançon
D’un accord équilibré puisque lorsqu’il y a une victoire électorale à Toulouse la majorité se situe aux alentours de cinquante-deux postes qui sont assurés et donc nous avons une répartition équilibrée qui correspond au résultat du premier tour vingt-huit pour la liste de François Piquemal vingt quatre pour la mienne ce qui est quasi euh je dirais un score égal ce qui veut dire que personne aura la majorité au sein de cette future majorité municipale et puis dans le cas de cette majorité nous avons décidé effectivement que je serais le candidat de la ville de Toulouse et donc par la loi électorale, le président de la métropole donc la répartition s’est effectivement fait comme ça.
00:32:53David Dufresne
Alors Toulouse vit une croissance assez folle, portée notamment, je crois, par Airbus, par l’aéronautique. Et donc on me dit qu’en fait, des deux, celui qui aurait le plus de pouvoir, c’est vous, si vous étiez élu.
00:33:11François Briançon
Non, non, non. La métropole, c’est par définition un lieu de construction collective dans lequel on construit avec les maires des communes. 36 communes plus Toulouse et 37 communes de la métropole, donc c'était un lieu construction. C’est un lieu où devant les dossiers, les majorités politiques ne s’expriment pas de la même façon que dans un hémicycle traditionnel comme à l’Assemblée nationale, une région ou une commune. Donc ce lieu de construction, c’est un lieu qui est un peu dépossédé du débat politique. C’est un débat qui est relativement technique, qui est sur les politiques publiques, même s’il y a des choix de valeurs qui peuvent être faits. Donc c’est un lieu par définition de consensus, de construction plus qu’un lieu de pouvoir.
00:33:59David Dufresne
Quand vous parlez de discussion de valeurs, quelles sont les valeurs que vous partagez avec LFI ? Là vous avez dû réécrire, j’imagine, une sorte de projet commun face au maire sortant, qui est arrivé en tête, on le rappelle, mais que vous pouvez pâtre si on additionne vos voix. C’est quoi votre projet commun ? C'était quoi vos valeurs communes et celles qui ne sont pas communes avec LFI ?
00:34:23François Briançon
Moi, les valeurs communes que j’ai avec le reste de la gauche, ce sont les valeurs républicaines. C’est-à-dire les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité, le fait que l’on doit vivre ensemble, le fait qu’on peut créer une société qui est une société de solidarité, une société du progrès. Moi, je crois beaucoup à l'égale des chances, je crois à la laïcité, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme. Ces valeurs, j’ai vérifié, ça a été le premier point de la discussion, si je les partageais avec François Piquemal. Nous avons écrit ensemble un texte d’engagement qui, sur des valeurs qui sont discutées actuellement au sein de la gauche, notamment le rapport à l’antisémitisme, nous étions sur la même longueur d’onde et la même volonté de combattre ce mal et effectivement toutes les ambiguïtés entre lui et moi ont été levées. Ce qui n’empêche pas que je reste, moi, à titre personnel, comme beaucoup, très en colère contre les amalgames que veut faire, par exemple, Mélenchon. Mais je fais la part des choses entre ces positions à lui et celles qui sont exprimées localement par l'électorat et par les personnes avec qui, comme François, je construis cette alliance.
00:35:33David Dufresne
Donc vous faites comme votre patron, Olivier Faure, vous séparez le Mélenchon du reste en disant ils ne sont pas tous comme lui, c’est ça votre discours ?
00:35:47François Briançon
Oui, tout à fait.
00:35:49David Dufresne
Mais vous vous basez sur quoi pour dire ça ?
00:35:52François Briançon
Les discussions que j’ai pu avoir avec François Piquemal et le texte d’engagement que l’on a signé, aujourd’hui à Toulouse, c’est une date un peu particulière puisque c'était le 19 mars. Le 19 mars, c’est le jour où nous commémorons les attentats islamistes terroristes de l'école Ozar-Hatorah., le massacre d’enfants qui a eu lieu dans cet établissement scolaire. Donc c’est un jour un peu particulier et François va aujourd’hui produire un texte. Dans lequel il va donner sa vision des choses sur ce débat, d’abord sur ce tragique souvenir et puis sur la vision dont il voit aujourd’hui le combat sur l’antisémitisme et je me suis aperçu qu’en dialoguant avec lui, on était sur la même longueur d’onde
00:36:39David Dufresne
Alors, je ne pensais pas qu’on irait tout de suite sur la question de l’antisémitisme, je voulais aller plus sur les questions locales, on va dire, mais restons là-dessus, puisque vous avez été obligé, hier, de répondre à Gedj qui n’apprécie pas votre alliance avec LFI. Et vous lui avez répondu, à Toulouse, aucun socialiste ne perd son arme, cher Jérôme Gedj, nous voulons juste mieux accompagner ceux qui vivent mal, trouver un médecin, accéder à un logement, plus de pouvoir d’achat, proposer la cantine, un goûter gratuit aux enfants, pour cela il faut battre la droite. Comment on fait pour tenir les deux bouts ?
00:37:25François Briançon
Moi, je me suis exprimé par rapport. À l’interview qu’a donné sur une télé hier matin Jérôme, d’abord Jérôme est un ami, c’est quelqu’un que j’apprécie à titre personnel avec qui j’ai une longue histoire politique et donc je voulais lui dire fais attention moi je ne rentre pas, je ne juge pas son combat politique et les valeurs qu’il défend et la façon dont il les défend mais je voulais le ramener à la réalité et la réalité c'était quoi ? C’est que c’était une élection municipale, pardon, changer la vie des gens. Il est question de santé, il est question de logement, il question d'éducation, il est question de sécurité, de transport. Donc j’ai voulu le ramener à ce que nous voulons tout simplement faire, c’est à dire essayer d’améliorer le quotidien des toulousaines et les toulousains. Le slogan de ma liste au premier tour, c'était “vivre mieux”. Et c’est ça qu’on veut porter dans cette élection et je voulais lui rappeler qu’une élection municipale, c'était tout simplement ça.
00:38:27David Dufresne
Vous pensez que dans une ville comme Toulouse, le vote est purement local ? Vous ne pensez pas qu’il y a des messages qui sont envoyés ? Toulouse ville rose et rouge, dont une partie de la population en a marre de voir la droite gouverner, c’est peut-être aussi un message national qui est envoyé, non ? Vous ne pensez pas ?
00:38:51François Briançon
Oui, bien sûr, on est dans une ville où la dimension de la politique nationale est importante. Vous savez, à Toulouse, il y a 6 000 nouveaux habitants par an qui arrivent. 12 000 à l'échelle de la métropole. Et le visage de Toulouse, c’est celui d’une carte postale. La ville où on vit bien, où il fait toujours beau, la croissance économique liée notamment à l’aérospatiale et au spatial. Mais derrière la carte postale il y a un revers, le revers c’est qu’il y a des toulousains qui vivent mal aujourd’hui et qui ont besoin de politiques solidaires dont Toulouse a les moyens de les mener. La droite elle tourne le dos à toutes les solutions de solidarité, de transition écologique, de transport, parce qu’en fait c'était un pouvoir qui sait de se préserver et qui a le sentiment d'être propriétaire de la ville. Donc la dimension politique elle est présente dans cette élection bien sûr.
00:39:48David Dufresne
Carole Delga qui est donc la présidente socialiste de la région Occitanie qui fait partie de ceux qui tapent le plus depuis le PS contre LFI, vous êtes entrés dans une configuration dont on ne connaît pas les engagements précis ni le programme. Il y a le PRG qui vous a tourné le dos, il y a Place Publique qui a suspendu un de ces candidats qui avait suivi votre fusion. Qu’est-ce que vous répondez à ces prises d’opposition ? Est-ce-que ça veut dire que ça vous oblige à clarifier la vôtre ? Ça veut dire la leur est précisément très claire, qu’est-ce que vous répondez à ça ?
00:40:28François Briançon
D’abord, ces positions, je les connaissais, je ne les ai pas découvert dimanche soir. Moi, le PRG, je savais quelle était sa position sur le second tour et la position de Carole. Je la connais également. Elle l’a largement défendue, exprimée. C’est son choix, ce n’est pas le mien. Moi, je prends mes responsabilités. La tête de liste, c'était moi, ce qui n'était pas elle donc moi, j’ai pris mes responsabilités en conscience. Mais je vais vous dire, dans le cas inverse, j’aurais été en tête du premier tour. J’aurais fait la même chose. J’aurai entamé dans tous les cas un dialogue avec la France Insoumise. Parce que moi, je crois que la gauche, c’est le rassemblement. C’est à dire qu’il n’y a pas de victoire contre la droite. Lorsque la gauche est divisée, on l’a toujours vu à tout niveau d'élections. Et donc aujourd’hui, il faut que la gauche au plan local comme au plan national, elle se reparle. Il faut qu’elle arrête avec les faux procès d’un côté comme de l’autre. Il faut qu’elles débattent. Il y a effectivement des divergences. Moi, j’ai des divergences avec François Piquemal. Moi, je suis par exemple favorable à la LGV. Lui, il est contre. Mais ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas travailler ensemble, ce n’est pas pour ça que l’on ne peut pas débattre, ce ne sont pas pour cela qu’il ne peut pas discuter. Et donc moi je trouve que les socialistes qui prônent c’est nous ou c’est rien, ils s’isolent, ils n'écrivent pas les conditions de la victoire et quelque part ils sont en train d’empêcher ce qui est quand même fondamental. C’est à dire la façon dont on se met aujourd’hui en position de combat contre le rassemblement national. Si demain la ville de Toulouse dimanche bascule à gauche dans le camp de la gauche de l'écologie, dans le cas de citoyen. C’est un point d’appui supplémentaire pour empêcher Bardella ou Marine Le Pen d’arriver au pouvoir. Et si par malheur l’extrême droite est arrivée au pouvoir, quoi de mieux qu’une grande ville comme Toulouse pour être à la fois un refuge et à la tête du combat qu’il faudra mener contre un pouvoir national dirigé par l’Extrême-droite. Je pense que la gauche doit prendre ses responsabilités et savoir faire en termes de divergences, avoir l’intelligence de ne pas tomber dans les caricatures inutiles. Comme c’est la définition même d’une caricature excessive par définition, c'était une des conditions du rassemblement. Et moi je n’y tombe pas dans ce genre de débat.
00:42:37David Dufresne
Alors il y a une question de Skalpeg dans le tchat, pourquoi rester dans un parti de droite quand on se dit de gauche ? Donc le parti de droite c’est le PS ? Vous avez bien compris. Vous avez compris, est-ce que vous êtes d’accord avec ça ?
00:42:53François Briançon
Le Parti socialiste ce n’est pas un parti de droite c’est un parti de gauche et qui en plus a retrouvé grâce au tout le travail que fait Olivier Faure sa place au sein de la gauche. C’est aussi un parti qui porte une histoire, une histoire qui est faite de succès à gauche qui encore aujourd’hui change durablement la vie des gens. Mais c’est aussi un parti qui à des moments de son histoire a déçu, même d’une et qu’il a payé très cher d’ailleurs électoralement ces dernières années donc la place du Parti Socialiste.
00:43:30David Dufresne
Est-ce que vous ne croyez pas que là vous êtes aveuglé par la belle histoire ancienne du Parti Socialiste qui n’a plus beaucoup de socialisme en lui quand même ? Je parle de ceux qui, parmi vos amis, sont en train de vous attaquer, je parle de Delga, je parle de Gedj, etc.
00:43:53François Briançon
Oui, mais c’est leur choix, moi tout ça m’impressionne pas, le parti social c'était un parti qui porte une gauche qui est une gauche effectivement plus modérée que la gauche radicale, mais ces deux gauches elles ont toujours existé, mais qu’est-ce qui a fait les victoires des années passées, que ce soit celle de Mitterrand, que ça qui est une gauche, alors certaines disent de responsabilité, je n’aime pas le mot parce que ça voudrait dire que l’autre n’y serait pas. C’est-à-dire une gauche plus social-démocrate avec une gauche radicale. Et moi je me sens très à l’aise dans cette famille de la gauche social-démocrate, c’est pas du tout un sujet pour moi. Mais par contre je pense que les deux gauches doivent travailler ensemble.
00:44:34David Dufresne
Question qui vous est posée également par le tchat, vous êtes socialiste, vous vous dites socialiste quel projet de socialisation portez-vous ? Alors à Toulouse on va dire, et puis éventuellement vu que vous êtes maintenant dans la lumière nationale peut-être qu’est-ce que si vous étiez au pouvoir quelles seraient les mesures socialistes au sens socialiste du terme que vous pourriez prendre ou que vous aimeriez prendre à Toulouse si vous êtes élu dimanche ?
00:45:05François Briançon
Alors, le projet de socialisation important, qui me semble la base de tout, c’est de rendre le pouvoir à Toulouse. On s’aperçoit que le pouvoir, il est confisqué par une partie des Toulousains qui vont bien, pas tous, et qui considèrent que la ville, elle leur appartient. Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, par exemple, il a un micro parti qui est financé. Ça a été révélé par vos confrères de Mediapart par 30 promoteurs qui font l’appui et le beau temps sur Toulouse. Hier, on a eu un appel de 250 personnalités Toulousaine, c’est le gotha du Toulouse qui va bien et qui veut défendre ses intérêts et ses privilèges. Donc moi ce que je crois que la base c'était de rendre le pouvoir, c’est-à-dire de créer les conditions. Que tout fonctionne. Vous savez à Toulouse par exemple, lorsqu’on n’est pas d’accord avec le maire et qu’on est un dirigeant associatif, et bien on est exclu des processus de discussion de démocratie locale. Et puis aujourd’hui c’est un maire qui est soutenu très ouvertement par Bardella qui appelle à voter pour lui, par les équipes de Zemmour localement qui appellent à voter. Donc moi je pense que ça c'était très important d’abord rendre le pouvoir et puis la seconde chose à laquelle moi je crois profondément, c’est, je le disais tout à l’heure, à la fois l'égalité des chances et les projets de redistribution. Aujourd’hui à Toulouse, il y a des gens qui vivent mal. Moi j’habite dans le centre-ville de Toulouse, le soir quand je promène mon chien, celui qui m’a agressé, je m’en excuse, en début de réunion.
00:46:28David Dufresne
Alors, vous savez, le tchat, voudrait voir votre chien, je tiens à vous le dire.
00:46:33François Briançon
Il est reparti.
00:46:35David Dufresne
Et ils plaignent le chien parce qu’ils pensent que votre chien, vous voyant habillé, pensait que vous alliez le promener. Je vous dis ce qui se passe quand même dans le tchat. Voilà, alors si vous l’avez, bon, montrez votre chien.
00:46:51François Briançon
Et donc les projets on voit des personnes âgées, des gens dont on voit qu’ils ont travaillé toute leur vie dans le centre-ville de Toulouse, qui sont en train de faire les poubelles tout simplement parce qu’il doit choisir entre se loger, se chauffer en période d’hiver ou se nourrir. Et donc moi je crois à l’idée de redistribution. Je pense que Toulouse est une ville qui a de la puissance économique et qui peut porter des politiques redistributives. Par exemple, à Toulouse, les personnes qui sont en-dessous du seuil de pauvreté, elles payent la cantine scolaire, donc il y a quelque chose qui ne va pas. Ce que je veux porter à l'échelle nationale comme à l'échelle locale, moi je m’inscris, même si je suis membre du bureau national du PS, dans un projet local, c’est ces politiques de redistribution.
00:47:44David Dufresne
S’il nous montre son chien, tout est pardonné, le PS est re de gauche, vous jouez gros là ? Allez-y, allez-y on vous attend, voilà. Et ouais, ça c’est au poste les amis, n’hésitez pas à poser des questions dans le tchat que j’essaie de répercuter. Alors, justement, vous parliez des inégalités au sein de Toulouse, est-ce qu’il n’y a pas un petit paradoxe ? Toulouse donc est en pleine croissance, est déjà la quatrième ville de France, je crois, pourrait bientôt être la troisième, mais sa richesse est en partie liée, me semble-t-il, à l’armement ? À l’industrie militaire, ce n’est pas terrible d’avoir de l’argent public qui émane de cette industrie.
00:49:05François Briançon
Alors d’abord Toulouse est la troisième ville de France, ça n’a pas été officialisé par l’Insee mais on est effectivement passés devant Lyon, on est à 510-515 000 habitants mais les processus de validation de l' INSEE ne sont pas encore déterminés mais tout le monde le dit on est la 3e ville de France.
00:49:28David Dufresne
Paris, Marseille, Toulouse, devant Lyon.
00:49:34François Briançon
La puissance économique de Toulouse est très liée effectivement à l’aéronautique et au spatial. Spatial essentiellement civil par contre, c’est vrai que le commandement aéronautique est essentiellement civil, c'était vrai que les commandements spatiales de la défense s’est installé depuis quelques temps à Toulouse, mais le gros de l’activité je dirais qui est lié au secteur aéronautique et spatial est une activité civile. Pour autant, c’est une activité qu’il faut à la fois. Et je souhaiterais qu'à Toulouse, on puisse inventer l’avion des 52 prochaines années et le développer à Toulouse parce que c’est une incontestable réussite économique. Mais pour autant, on a tout un tas de secteurs d’activité qui aujourd’hui peuvent être largement développés, la santé par exemple, le monde de l'économie sociale est solidaire. Vous parliez tout à l’heure de souveraineté numérique, moi j’avais porté. Dans ma campagne électorale, l’idée que Toulouse devienne la capitale européenne de la souveraineté numérique, parce qu’on en a le potentiel, on a les chercheurs, les entreprises, les start-ups, les talents nécessaires pour ça, et puis c’est un combat de valeur contre les GAFAM qu’on peut porter également. Donc le potentiel économique de Toulouse il est effectivement aéronautique et spatial, mais il a besoin d'être à la fois accompagné sur ce volet-là, mais très développé et diversifié aujourd’hui.
00:51:00David Dufresne
Alors, on revient à Toulouse dans la vie politique locale, il y a Jean-Philippe sur YouTube qui vous suggère de dire les termes employés par Moudenc, donc le maire actuel, pour vous qualifier, pour qualifier LFI, afin que les insoumis du tchat se rendent bien compte que cette alliance est absolument nécessaire. Est-ce que vous pouvez parler du maire dont on m’a envoyé une espèce de bilan de ces accointances avec l’extrême droite qui étaient bien au-delà de ce que j’avais imaginé ? C’est des gens de François Piquemal qui m’ont envoyé ça cette nuit avec une collection de tweets de prise de position. Est- ce que vous voulez nous dire les attaques ou les accointances avec l’extrême droite du maire actuel de Toulouse ?
00:51:48François Briançon
Oui, le maire actuel, je vais être très clair, il n’est pas d’extrême droite, mais c’est pire que ça. C’est le jardinier qui est en train d’arroser le terreau et les plantes sur lesquelles l’extrême droite pousse. C'était à dire qu’il a mené une campagne électorale alignée sur les prises de position de Ciotti dans le meilleur des cas, très à droite, avec la sécurité, avec un thème qu’il a développé qui s’appelle la protection de l’identité toulousaine. Par exemple, en conseil municipal, quand nous demandons que la ville de Toulouse mène, comme ça se fait dans toutes les grandes villes, une campagne d’information sur le droit à l’avortement, Jean-Luc Moudenc qui vous répond, ce n’est pas le boulot de la ville, c’est le boulot de l'État. Et parallèlement, il n’hésite pas à mener une campagne d’informations sur tel ou tel type de cancer, et c’est nécessaire. Donc, il ne fait jamais d’erreur par rapport au racisme national. C’est-à-dire que je ne l’accuse pas d’extrême droite, mais il est toujours dans la non-confrontation, dans le non-accompagnement. Le plus grave, c’est que lorsque vous avez des élections où le Front National est au second tour, c’est arrivé aux dernières élections législatives, contre des personnalités, je pense par exemple à Jacques Auberti, un candidat socialiste qui a été élu sur une circonscription proche de Toulouse, qui est le président de l’association des maires du département, le président d’une interco, un monsieur très respecté, modéré, socialiste, plus ce qu’il dirait, face à l’extrême droite, il n’appelle pas à voter. C’est à dire qu’il est toujours dans cette forme de caresse incessante vis-à-vis de l’extrême droite. Je ne dis pas que c’est quelqu’un d’extrême droite, mais je pense que c’est pire en fait. Le fait de ne pas mener le combat contre l’extrême-droite, c'était finalement pire pour lui.
00:53:30David Dufresne
Il nous reste encore cinq petites minutes, si c’est toujours bon pour vous. Le tchat m’invite à vous parler, et j’avais prévu, du logement. Alors à Toulouse, c’est particulièrement compliqué, mais c’est un peu vrai un peu partout en France. Donc votre réponse va intéresser, je pense, tout le monde. Tout le monde n’a pas envie forcément d’emménager à Toulouse, donc de s’intéresser au logement moi j’aimerais bien, j’adore Toulouse, boulevard d’Arcole, tout ça, machin, bon bref. Le logement, quel est l'état du logement à Toulouse très clairement et qu’est-ce que vous pourriez faire si vous étiez au pouvoir dimanche soir ?
00:54:16François Briançon
C’est le problème numéro un à Toulouse, c’est d'être vrai aussi dans d’autres grandes villes, c'était-à-dire qu’aujourd’hui, vous avez de vraies difficultés pour vous loger, des logements qui sont indignes et puis une population qui, faute de solution, sort de Toulouse. D’abord, il y a nécessité de mener une grande politique de construction de logement modérés portés par la force publique et les bailleurs sociaux, dont la chiffrait à minimum 15 000 logements sur la ville de Toulouse. Les listes d’attente en termes de logement social ou un loyer accompagné, c’est plus de 60 000 personnes. Donc il y a un vrai souci d’accessibilité, vrai soucis d’accessibilité chez les jeunes, vrai soucies d’acceptabilité pour les familles. Donc construction, première solution. La seconde, c’est qu’il faut impérativement sortir du parcours locatif des gens qui ont envie d'être propriétaires mais qui n’y arrivent pas parce que le prix d’achat est trop élevé et les banques ne jouent pas le jeu. Donc on a un dispositif qui existe. Qui s’appelle le bail réel solidaire qui vous permet en fait d’acheter l’appartement sans acheter le foncier. Et donc du coup le prix global baisse et là aussi on avait affiché des objectifs de 7 500 créations sur le mandat. Et puis il y a deux autres soucis sur lesquels il faut intervenir, c’est le logement insalubre, indigne ou celui qui est soumis aux passoires thermiques ou bouilloires thermiques donc il y a 30 000 logements qui sont concernés sur lequel il faut aller faire des travaux et puis en fait il y a un engagement commun qu’on avait pris d’ailleurs avec François Piquemal et qui est bien sûr conservé au second tour c’est faire en sorte et ce sera notre premier sujet que plus enfant plus aucun enfant pardon ne dorme à la rue à Toulouse c'était plus de 350 enfants qui dorment dans la rue et là Toulouse aussi est une ville qui a moyen de faire preuve de solidarité pour qu’on arrête de voir des enfants qui dorment dans la rue d’un autre ville.
00:56:11David Dufresne
Je vous rappelle que Macron avait dit la même chose, et malheureusement, il y a plus d’enfants dans les rues la nuit que quand il est arrivé au pouvoir. Qu’est-ce que concrètement un maire peut faire ?
00:56:25François Briançon
C'était parfait et vous finissez par faire un parallèle avec Macron, je vais partir.
00:56:28David Dufresne
Mais non, ne partez pas, ne partez pas, je vous dis ça pour vous dire, alors qu’est-ce que vous pouvez faire pour ne pas être Macron ?
00:56:38François Briançon
D’abord, nous on a un processus de création de ce qu’on appelle de logement passerelle d’urgence sur lequel on peut intervenir. On va secouer l'État de façon très forte et si l’État ne prend pas ses responsabilités, on les prendra y compris par la réquisition de logements s’il le faut.
00:56:51David Dufresne
Vous avez parlé de passoires thermiques ou de bouilloires thermiques, il se trouve que à Toulouse, comme le dit le tchat, c’est le sud sans la mer, mais tellement autre chose que ça. Bon bref, il y a la question climatique qui se pose à Toulouse. Là aussi, qu’est-ce que peut faire une équipe municipale concrètement par rapport à ça ? Soit le logement, les transports et ainsi de suite.
00:57:18François Briançon
Elle peut faire beaucoup de choses, à Toulouse on parle de 40 nuits tropicales dans les prochaines années, c’est énorme donc il va y avoir à l'échelle 2050 le changement climatique il est devant nous donc on ne va pas l’arrêter donc il faut maintenant l’accompagner, la ville n’est pas du tout en situation. Donc, il y a les besoins qu’on peut faire à titre individuel. C’est la rénovation des logements. Il y a une mesure complètement imbécile qu’a pris le maire de Toulouse qu’ont va stopper. C'était que lui, il a décidé de faire payer le prix de l’eau plus cher l'été et moins cher l’hiver, c’est à dire au moment où les gens ont besoin de prendre plus de douches, notamment ceux qui ont des métiers difficiles. L’eau leur coûte plus cher. Donc ça, on va arrêter avec cette ineptie. Et puis, on a un grand projet qu' on appelait le projet de l étoile verte qu’il s’agit à requalifier l’ensemble de Toulouse pour la mettre dans un dispositif fraîcheur doux et l’adapter à ce que seront les moyens de transport et l adapter au canicule qui arrive devant nous. Donc c’est une transformation complète de la ville qui ne s’est pas du tout préparée aux changements climatiques qu’on veut porter.
00:58:19David Dufresne
Oui et donc on en revient à l’aéronautique, comment là aussi on mène les deux bouts, on soutient l’aéronautique qui est quand même vecteur de pollution monstrueuse et on se préoccupe du climat.
00:58:37François Briançon
Oui d’abord le pari d’un avion qui est moins carboné, c’est un pari industriel qu’on peut réussir et moi je pense que ce pari industriel il doit être réussi à Toulouse mais il faut parallèlement aussi développer les autres modes de transport. C’est pour ça d’ailleurs que moi à titre personnel, ce n’est pas la position de François Piquemal, je suis favorable à la LGV. Et puis on a un grand projet qui est un projet de RER métropolitain aujourd’hui vous avez énormément de voitures qui rentrent dans Toulouse parce qu’elles n’ont pas d’autres solutions. Et donc, comme ça se fait dans notre grande ville, il faut qu’on ait un RER qui permet de capter les voitures à 50 kilomètres de façon à les raccorder à notre réseau de transport en commun qu’il faut lui-même développé. Donc, sur tous ces sujets, Toulouse est très en retard. Il y a énormément de travail à faire. C’est pour ça que je vous disais que derrière la carte au sol que vous savez apprécier de notre ville il y a un travail immense parce que tout le monde aujourd’hui n’est pas en situation d’affronter les défis les défies qui se posent à lui et le véritable enjeu de cette élection municipale c’est ça à la fois réparer les petits dysfonctionnements du quotidien qui sont très importants et notamment en matière de pouvoir d’achat et à la foi ne plus tourner le dos de LFI et de les affronter réellement
00:59:48David Dufresne
Jean-Philippe rebondit, Toulouse ce n’est pas le sud sans la mer, c’est la ville espagnole le plus au nord. Définition. Bah écoutez, il est 8h, est-ce que vous voulez ajouter quelque chose par rapport aux enjeux qui ont lieu à la fois localement et nationalement ? Parce que c’est évident que si vous raflez la 3e ville de France avec une liste d’union, ça peut modifier beaucoup de choses pour pour 2027 par exemple.
01:00:23François Briançon
Oui, alors d’abord, l’enjeu, ça modifie beaucoup de choses dans la vie quotidienne des toulousaines et les toulousains. Mais effectivement, c’est aussi un signal de montrer que lorsque la gauche est unie, elle réussit et donc, si on peut à la fois envoyer ce message local et national très fort, et bien, on en sera effectivement très heureux. Mais pour ça, il faut que tous les toulousains et les toulousaines qui croient au progrès, qui croit au changement, qui sont de gauche, mais même ceux qui pensent que voilà, notre pays doit maintenant évoluer vers autre chose que le destin funeste de l’arrivée du Rassemblement national au pouvoir, ils se mobilisent dimanche. C’est ça le message essentiel.
01:01:03David Dufresne
Juste, quand même, une ultime question parce que je m’en voudrais de ne pas l’avoir abordé. Vous avez dit à deux reprises que vous étiez pour la ligne à grande vitesse, donc pour le train, voilà. On n’a pas parlé de l’A69. L’A 69, c’est quoi pour vous ? C’est bien ? Ce n’est pas bien ?
01:01:20François Briançon
L’A69, je pense que c’est la définition des difficultés qu’un autre pays. C’est-à-dire d’abord un désengagement de l'État. Parce que si on avait refait la route nationale et donné de l’impact à la ligne de train existence, on ne se poserait pas la question de l’A69. Et je pense que c’est un projet qui est aujourd’hui effectivement décalé, déphasé par rapport aux réalités et aux besoins. Après, c'était un projet qui n’est pas un projet toulousain, c'était un projet qui n’est pas financé par la métropole ou la ville de Toulouse et c’est un projet qui est en cours.
01:01:51David Dufresne
Merci à M. Briançon d’avoir eu le courage de venir se frotter au tchat et espérons qu’il représente une frange du PS qui va aller grandissant. Ce sera enfin un retour à la normale, etc. Etc. Etc. Voilà, bonne et mais alors le tchat vous dit au travail. C’est-à-dire qu’il s’agit pas de faire le beau et puis après rien. Non, non, au travail ! Voilà, merci beaucoup en tout cas d’avoir pris une demi-heure de bon matin, salutations à votre chien et puis bon courage pour la suite !
01:02:23François Briançon
Merci, au revoir.
01:02:23David Dufresne
Merci beaucoup, merci beaucoup. Et voilà qu’un autre François va arriver en scène, attention, il s’appelle François Bonnet, attention le voici, François Bonnet Alors je vois que ton micro est un petit peu loin, mais on va se débrouiller, on va voir comment on peut faire. Non, il n’est pas du tout pro Delga, François Briançon. Alors, je t’explique, François Bonnet, c’est le patron du Fonds pour la presse libre nous étions là avec le candidat PS qui a fait union à Toulouse, François Briançon, mais je sais que tu suis toujours l’actualité, donc tu vois tout ça, quoi. Comment ça va François Bonnet ?
01:03:11François Bonnet
Moyen parce que franchement, il n’y a franchement pas de quoi se réjouir. La séquence à laquelle on vient d’assister concernant le maire de Saint-Denis nous dit quand même ce qu’est ce pays avec un racisme de masse et des médias qui ont perdu la tête et qui relaient aujourd’hui dans des médiats de masse BFM, par exemple CNews, on n’en parle même pas. Enfin, on en parlera tout à l’heure, peut-être un racisme évident. En 2008, on se félicitait tous de l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. En ricanant un peu sur nos amis américains qui avaient dû attendre aussi longtemps pour élire une personne noire à la Présidence, là, il y a un maire enfin à Saint-Denis issu de la diversité et qui est noir, et la première réaction en particulier des les médias dominants. C’est une avalanche de sous-entendus racistes, d’accusations invraisemblables et on en est là. C’est quoi ce pays ? On vit où ? Donc voilà, ça va moyennement parce que je trouve que ces dernières semaines de campagne où on a vu un racisme effarant, jamais vu, dont on était victime. Des centaines de candidats issus de la diversité, qu’ils soient de droite ou de gauche d’ailleurs, parce que là on ne fait plus l’ultra. Quand il s’agit d’injures racistes et de propos immondes, voilà, on sort d’une séquence de ce type et il n’y a franchement pas de quoi se réjouir et et surtout pas de quoi se réjouir. D’une absence de réaction politique au sommet de l'État.
01:05:08David Dufresne
Alors, je te présente, François Bonnet, tu es un des fondateurs d’un petit média d’investigation appelé Mediapart, je crois, quelque chose comme ça, et aujourd’hui tu es à la tête du fond de la presse libre. Alors je dis, tu as la tête, tu avais rien, non, je ne suis pas à la tête, c’est quoi ta fonction exacte, si c’est ça ?
01:05:31François Bonnet
Oui, je suis officiellement président du Fonds pour une presse libre. C’est une toute petite structure, une structure à but non lucratif, un peu comme une fondation. Il y a deux salariés, c’est vraiment très petit. Notre mission première, c’est d’aider la presse indépendante par des aides financières, et par exemple cette année, on va pouvoir distribuer 600 000 euros d’aide financière. Je pense à 25 médias, donc c’est un acteur de ce qu’on appelle cette galaxie de la presse indépendante de médias très divers et voilà ce qui nous occupe principalement.
01:06:19David Dufresne
Alors voilà, l’idée de t’inviter ce matin, c'était de parler de la presse indépendante, de la société civile, d’autant que vous avez provoqué mardi une réunion avec un certain nombre d’ONG, d’associations, etc. Quel regard portes-tu sur le rôle de la Presse Indépendantes dans ces élections, et on va dire jusqu’en 2027 ? Se coupent ! Est-ce qu’on ne se fourvoie pas un peu en pensant qu’on est plus influents que nous ne le sommes vraiment, même cumulés, par exemple ?
01:06:57François Bonnet
Non, je crois qu’il y a une influence et qu’une influence qui grandit, ça c’est la bonne nouvelle. Et je ne pense pas qu’on s’accorde un rôle plus important qu’ils n’aient. Il y a des médias indépendants, il y en a plusieurs qui ont aujourd’hui quand même de véritables publics, des publics importants. Il n’y a pas que Mediapart, qui est le gros leader aujourd’hui avec 260 000 abonnés. 25 millions de pages vues par mois, donc c’est le troisième quotidien d’information générale dans ce pays, après Le Monde et le Figaro. Mais il n’y a pas que Mediapart, il y a beaucoup de sites comme Reporterre, de sites d’informations locales comme MarsActu, Médiacité, il y a Vert, il y a Au Poste, il a Arrêt sur-images, bon voilà, j’en oublie, et pardon pour ceux que j’oublie. Avec des publics qui sont très mobilisés, très investis. Je pense que c’est la presse indépendante qui a réussi à créer la relation la plus forte avec ces différents publics. Et on le voit déjà par les modèles économiques, il n’y a pas de publicité sur ces médias, il n’y a pratiquement pas d’aide publique. Donc c'était des médias qui sont d’abord financés par leurs lectrices et leurs lecteurs. Ou ceux ou celles qui les regardent. Quand on voit des vidéos par exemple faites par Blast, dont c’est 400, 500, 600, 700 000 vues, c’est une grosse audience télévisée. Donc non, je pense qu’il y a une influence. Je trouve que moi, ça fait un peu prétentieux de dire ça, mais étant maintenant observateur et le fonds pour une presse libre Donc Une bonne tour d’observation de ces médias, je trouve que globalement c’est des médias qui ont énormément progressé en termes de qualité d’information, de diversité d’informations, d’innovation sur les formats, d'énormes progrès justement dans la construction de nos relations avec nos publics, parce qu’un journal sans lectrices et sans lecteurs, ça ne sert à rien. Donc, on se démène et tout le monde se démène un maximum pour intensifier ces relations et pour engager ces électrices et ces électeurs ou celles et ceux qui les regardent par les médias modernes. Donc ça c’est plutôt, moi je trouve que c'était extrêmement positif. Le problème, c’est qu’en parallèle, il y a un effondrement éthique professionnel des médias mainstream, des gros médias de masse, et en particulier audiovisuels et télévisés, et ce n’est pas seulement les médias qu’on voit sur BFM, on voit comment LCI est en train de s’installer, quand il s’agit de parler de la France, comme vraiment la chaîne de la droite radicale, si on est vraiment dans la version Retailleau. Donc il n’y a pas que C news, C news a diffusé, a contaminé l’ensemble du paysage, comme l’avait fait d’une certaine manière Fox News aux États-Unis il y a 10 ans d’années. Et le problème auquel on est confronté, c’est qu’on est maintenant, je dirais, dans… Deux mondes parallèles, d’un côté les médias indépendants, de l’autre côté les médias mainstream, qu’on n’est évidemment pas à l'échelle, à la puissance de ces médias mainstreams et qu’il devient de plus en plus difficile, je dirais, de se croiser. La preuve, c’est que sur ces médias Mainstream, les médias indépendants ne sont pour ainsi dire jamais invités. La preuve, c’est quand il a même cité, ni même citée. Ou même citer, du reste, j'écoutais tout à l’heure France Info sur l’histoire vraiment immonde de Bally Bagayoko donc élu maire de Saint-Denis dimanche. Donc il y avait un papier un peu de décryptage sur France Infos qui reprenait ce qu’on publiait hier, par exemple Arrêt sur images, Checknews de Libération et Mediapart sur comment cette fausse information, la ville des Noirs a été diffusé jusqu’aux plus gros médias, France Info et BFM TV compris. Bon, ce papier, il reprenait finalement très exactement ce qu’avait fait Arrêt sur images Mediapart et Checknews, c’est-à-dire la généalogie, l’histoire précise de ce fake news installé par l’extrême droite des dimanche soir. Est-ce que France Info aurait eu ne serait-ce-que la correction de citer Arrêt sur images, Checknews ou Libération, ou Mediapart, non pas un mot, c’est un papier qui est pompé, qui est fait sur de la doc, et rien, donc on voit bien, enfin c'était une illustration jusqu'à la caricature de comment ces mondes sont devenus étanches. Or, on est censé faire quand même le même mot, la même profession, avec ces mêmes règles déontologiques, éthiques, professionnelles. Et ça, ça ne fonctionne plus. Et donc, on ne peut plus être aujourd’hui solidaires des journalistes. Ce n’est pas possible. On ne peut pas être solidaires d’un Denis Tugdual patron de Valeurs Actuelles, qui sur BFM lundi matin interroge Bally Bagayoko en lui disant, en fait, vous avez dealé avec les narcotrafics, les amis du narcotrafic dans les cités de Saint-Denis pour obliger ces quartiers à aller voter pour vous. C’est ça, la phrase de Denis Tugdual. Et on laisse passer ça ! Bon, donc, c’est simplement effarant. C'était quand même un effondrement professionnel et un effondrement du débat public sur lequel, pour le coup, la presse indépendante ne peut pas véritablement passer.
01:13:30David Dufresne
Alors vous, vous essayez avec le Fonds de la Presse Libre, enfin ce n’est pas que vous essayiez, c’est que vous vous aidez un certain nombre de médias qui ne sont pas toujours les mêmes. Cette année, vous avez partagé en deux vos projets, il y a le projet général, on va dire généralement les médias indépendants pour des projets divers et variés qui peuvent être éditoriaux, qui peuvent industrielle et puis vous avez lancé une campagne pour soutenir l’investigation sur l’extrême droite. Comment ça vous est venu ? Quel résultat ça donne ?
01:14:11François Bonnet
Ça nous est venu de ce qui s’est produit aux législatives de 2024. C’est la presse indépendante qui commence à sortir ce que Jordan Bardella va appeler les brebis galeuses de son propre parti, c’est-à-dire l’avalanche de candidatures racistes, antisémites, homophobes, etc. C’est la presse indépendante qui commence à sortir la galerie des horreurs des candidats du rassemblement national, c’est StreetPress qui fait un boulot formidable, qui est relayé et complété par Mediapart mais par beaucoup d’autres et qui a un impact fort puisque beaucoup de journaux régionaux et des France 3 régions reprennent ces infos et s’y mettent leur tour. Et c’est cet aliment là qui fait quand même basculer la campagne de l’entre-deux-tours. Si on se souvient au soir du premier tour, Bardella est déjà premier ministre. Deux jours plus tard, quand la galerie des horreurs commence à être exposée, il perd pied et il ouvre complètement sa campagne. C’est ça qui nous a donné l’idée, qu’on traînait un peu dans un coin de notre tête, mais qu’il n’arrivait pas à formuler, de dire mais en fait voilà, on continue à manquer de beaucoup d’informations sur le rassemblement national, sur l’organisation de ce parti, sur ses liens avec toute la droite, en particulier tradi et intra, ses liens avec les milieux d’affaires, son fonctionnement, sa manière de recruter des militants. Donc il faut enquêter, il faut produire encore et toujours plus d’information. Bon, on a fait une première saison l’an dernier qui a donné lieu à 45 enquêtes, c’est beaucoup, c’est même énorme et ce qu’on a trouvé c'était que ces 45 enquête étaient formidables dans leur diversité, il y avait plein d’infos nouvelles, de scoop, par exemple comment Sterin finançait la grande université catholique de l’ouest. Comment le président de la fédération de chasse du département de l’Ain était un militant identitaire. Grosse enquête de rue 89 Lyon sur les groupes, les groupuscules ultra violents d’extrême droite et identitaire à Lyon, avec cette question qui était très intéressante depuis dix ans, Pourquoi une telle impunité face à ces violences politiques de l’extrême droite ? Donc, on comprend l’affaire Quentin de Rente en relisant ces enquêtes parce que là, on a 10, 15 ans de background extrêmement documenté et enquêté sur comment ces groupuscules identitaires avaient pignon sur rue à Lyon et c'était leur territoire. C'était super, il y a des papiers qui sont très divers, qui sont super intéressants, beaucoup d’enquêtes locales. Et donc on a décidé de remettre le couvert pour parler un peu gouvernement. Donc c’est vrai que cet appel à projet ce n’est pas ton genre ! Il a donné de 200 000 euros, ce qui va permettre de financer à nouveau, je crois qu’on finance de mémoire 11 médias et collectifs de journalistes. Et ce que ça va donner à nouveau entre 30 et 40 ans.
01:17:58David Dufresne
À propos des médias indépendants, il y a une question du tchat concernant Jean-Luc Mélenchon et LFI qui avaient fait il y a quelques jours une conférence de presse réservée justement aux médias indépendants. En ta qualité de président du Fonds de la Presse Libre, qu’est-ce que tu penses de cette position ? Est-ce-que tu estimes que c’est une marque de reconnaissance du travail des médias-indépendant ? Au contraire, tu trouves qu’un parti politique n’a pas à trier les journalistes qui doivent, qui peuvent venir assister à ces conférences de presses ?
01:18:31François Bonnet
Alors, nous, on n'était pas au courant de cette initiative, on n’a pas été invités, mais ce n’est pas grave, on n’est pas un média, c'était un problème. Dans ce que j’ai vu de cette conférence de presse, j’y ai pas tout vu, mais j’en ai vu une large partie, ce n’est pas les médias indépendants qui étaient invités. C'était les producteurs de contenu sur le web. Un média indépendant, ça a une définition précise. D’abord, c’est un média qui est reconnu. Comme service de presse en ligne, qui est reconnu par un numéro d’enregistrement, ce qu’on appelle le numéro CTPAP. Et il y a des critères pour ça, c’est par exemple d’employé des journalistes professionnels, c’est de produire de l’information originale, c’est de produire une information qui est régulièrement renouvelée. Donc on n’est pas reconnu si facilement que ça comme média. On a tous demandé, David, la commission paritaire des publications et agences de presse. Pourquoi cette reconnaissance officielle ? Parce que ça ouvre l’accès à des allègements fiscaux, c’est le TVA à taux super réduit de 2,1, et un accès à ce qu’il souhaite à des aides publiques. C’est une commission paritaire qui regroupe la profession, employeurs, syndicats, salariés, représentants de l'État, et qui dit d’une certaine manière qui est un média et qui ne l’est pas. Dans la conférence de presse de Mélenchon que j’ai vue, et de toute façon il fait ce qu’il veut, c’est son droit, je veux dire un chef de parti a le droit d’inviter qui lui veut à une conférence. Ça va, en démocratie il n’y a pas de quoi s’offusquer qu’ils fassent une conférence de presses réservée. Non pas des médias indépendants mais des producteurs de contenu sur le web et des influenceurs. Donc là on est dans une autre catégorie je dirais on n’est pas vraiment dans le journalisme, je parle pas du journalisme officiel, mais on n est pas dans un enjeu de production d’information ou très marginalement, on est dans un Enjeu plus d’analyse, de commentaire, d’engagement etc etc Il y a toujours eu une presse d’opinion, et heureusement, à condition qu’elle soit pour privés et non publics, il y a une presse d’opinion en France, aujourd’hui elle passe beaucoup par les producteurs de contenus et les influenceuses ou les influenceurs.
01:21:16David Dufresne
Alors je dois rectifier. C’est moi qui ai fait une association d’idées, j’ai parlé de médias indépendants, mais en fait, effectivement, c’était les nouveaux médias. Dans lequel on trouve des médias indépendants, là le tchat évoque Blast, le média qui était à cette réunion et d’autres gens dont tu viens de parler. Donc voilà, c’est moi qui ai mal engagé le truc, voilà, donc s’est rectifié par toi et par le t chat.C’est la beauté du tchat. Vincent Tiberj que tu connais, politiste qui analyse les cartes électorales et la pensée des Français, on va dire depuis 50 ans, était au poste l’autre jour et pour lui le fait saillant, c'était que la réalité médiatique, celle dont on a parlé tout à l’heure, celle des grands groupes ne se superpose pas à la réalité du pays dans les votes. Par exemple, le RN n’est pas aussi important qu’il n’ait pas la même place dans les urnes que sur les différentes chaînes de plateaux télé dont on parlait à l’instant. Qu’est-ce que tu penses de ça ? Tu partages ce constat ?
01:22:19François Bonnet
Sur l’analyse des municipales, je pense que c’est difficile d'être aussi affirmatif. Pourquoi ? Parce qu’il y a une large partie du RN qu’on n’a pas vu lors de ces municipales. Parce que le RN présentait finalement assez peu de listes, qu’ils avaient beaucoup de candidats sur des listes sans étiquette, et que donc la mesure du vote RN dans ces municipales est très difficile à faire. Moi je te prends un exemple parce que c’est un département que je connais bien, il a sa voix. Je vis une petite partie de l’année dans une ville en Maurienne qui s’appelle Saint Jean-de-Maurienne, il y a deux listes dont une liste étiquetée RN et puis une liste, j’allais dire, divers droites et centre mais pas version Retailleau ou plutôt Modem. La liste Modem fait 60 % des voix et télés au premier tour mais la liste RN fait 40 % des voix en étant étiquetée RN. Et je vois dans un certain nombre de villages, beaucoup plus petits, de quelques milliers d’habitants, qu’il n’y a pas de liste RN, mais sur ces listes, il y a des personnes qui ne sont pas militants RN, mais dont on sait très clairement quel vote depuis longtemps est RN et qui sont candidats et candidates. Donc je pense qu’une partie du vote RN a été masqué simplement par la difficulté de ce parti à avoir une assise militante sérieuse et à être en capacité de présenter des listes complètes et sous-étiquettes. Donc ça on ne le voit pas et je pense quand même que dans les zones rurales, dans la France des bourgs, des toutes petites villes, etc., il y a une présence du RN qui demeure extrêmement important. Alors, il nous reste encore… pardon David, ce qui me frappe quand même, et ça c’est là où c’est une responsabilité des médias mainstream absolument incroyable, c' est que beaucoup des médias de la presse indépendante ont raconté par le menu les innombrables agressions racistes dont ont été victimes des candidats encore une fois ou de gauche ou de droite lors de ces municipales. Mais je veux dire, il suffit ! D’avoir une tête d’arabe ou d'être noir pour se taper des avalanches de commentaires racistes et d’attaques ciblées contre sa personne. Et je renvoie, je vous permets de renvoyer, pardon, mais parce que je trouve que c’est une super émission, à l'émission A l’air Libre de Mediapart.
01:25:03David Dufresne
Alors on se refait pas Mediapart, t’as quitté Mediapart, c’est pour ça que je te pose pas de questions sur Mediapart parce que tu n’y as plus de…
01:25:09François Bonnet
Je te renvoie à tes émissions précédentes, tu en as très peu certainement aussi, qui fait parler des candidats comme ça, qui ont été victimes d' avalanches de charges racistes, et qui toutes disent, pour celles et ceux qui ont une expérience politique, donc des candidatures précédentes qui toutes disent, on n’a jamais vu ça, jamais Jamais ! Donc ça veut dire qu’il y a aujourd’hui une parole qui est totalement décomplexée, qui est complètement libérée. Et ça c’est quoi ? C’est, je pense d’abord, ou en très large partie, la responsabilité des médias mainstream. Et je veux dire à ce sujet, puisque je, peut-être, m’as-tu invité aussi pour ça,.
01:26:00David Dufresne
Vous avez vu le roublard ? Attendez, et bon, et maintenant je peux vous le dire, comme ça il va pouvoir agresser. Il a été mon chef il y a 30 ans ce garçon à Libération, puis après à Mediapart. Je peux vous dire, je connais l’asticot. Regardez comment il arrive là genre, t’as pas posé la bonne question, alors je vais le faire pour toi, Alors Cnews, c’est ça ?
01:26:19François Bonnet
Voilà, je veux juste dire que le FPL publie aujourd’hui un petit livre de combat dont le titre, c’est le procès Bolloré, les médias de la haine devant le tribunal. Alors on reprend en partie un procès qu’on avait fait lors d’une réunion publique le 30 septembre dernier. Tu as été présent, David
01:26:44David Dufresne
Absolument.
01:26:46François Bonnet
Mais ça a été largement réédité, il y a une très facile édite, les contributions des témoins qui avaient été convoqués à ce procès ont été reprises, qu’on peut retravailler, etc. Donc c’est sous la forme d’une audience judiciaire, c’est le récit d’une audience judiciaire de ce procès des médias de l'âme. Et pour ceux que ça intéresse, on fait d’ailleurs une réunion publique ce soir. À 18h30 au TLM à Paris 105 Rue Curial où on présente rapidement le livre et ensuite on fait un débat sur comment sortir ces news de la TNT. Je rappelle que la TNT ce sont des fréquences télévisées publiques qui sont données en concession à des opérateurs privés, moyennant le respect d’un cahier des charges. Et il se trouve que l'État, via l’ARCOM, a, il y a un an, renouvelé l’autorisation de diffusion de CNews, moyennant, ça c’est ce qu’il disait officiellement, un cahier des charges renforcés, pour visser un peu les choses et éviter les dérapages racistes et antisémites permanents. Et évidemment rien ne se passe, CNews est toujours, je dirais, le tout à l'égout de fake news et de propagande d’extrême droite qu’il a été et donc il devient urgent de réfléchir sur comment sortir des fréquences publiques une chaîne d’opinion et de propagande et de désinformation.
01:28:30David Dufresne
Est-ce que tu es d’accord avec les critiques qui sont faites aux médias indépendants, dont aux postes, d'être finalement chacun dans son coin, d’être incapable de s’unir et finalement de faire masse ? Par rapport à des gens comme Bolloré, des forces de l’argent, qu’est-ce que tu penses de ça, toi ? Est-ce-que tu pensais que les médias indépendants devraient s’unir alors que M. Fabien Gay, patron de l’Humanité qui doit venir, aura 5 minutes de retard, ce qui veut dire que si tu veux rester un petit peu plus, tu peux, François. Mais voilà, sur cette question-là, l’union fait la force ou l’Union ne fait pas la pluralité des opinions ?
01:29:15François Bonnet
Alors moi j’ai un peu varié sur cette question parce que pendant très longtemps je défendais la diversité de la presse.
01:29:26David Dufresne
Alors là c’est absolument incroyable, c'était la première fois que j’entendais François Bonnet dire qu’il avait changé d’avis. Est-ce que tu peux te reconnecter François parce que là ça a… Est- ce que tu peux te reconnecté, excuse-moi ? Là il y a une petite coupure, au moment où tu faisais une autocritique. Est-ce que tu m’entends ? Là c’est bon, ouais, à nouveau, ouais, tu m’entends ? Oui, c’est bon. Là, là encore, c’est mieux. Pas vraiment, non. En fait si tu te reconnectais ce serait ce serait mieux si tu peux te reconnecter ah non là c’est bon attend Ce que tu m’entends là, c’est mieux ? Non, ce n’est pas mieux. Est-ce que tu peux te reconnecter ou pas ? Voilà les amis, les aléas du direct, troisième invité. Alors là, il est, il essaie de se reconnecter, voilà, il va se reconnecter dans cinq minutes. Ah bah Fabien Gay sera là bon, bravo, là on t’entend
01:30:57François Bonnet
Je poursuis ?
01:30:57David Dufresne
Non, reprends ce moment délicieux, d’autocritique, ce qui est rarissime chez toi, et tu as dit, j’ai changé, alors on t'écoute à partir de là !
01:31:09François Bonnet
Il n’y a que les idiots qui ne changent pas quand même. Donc moi, j’ai un peu évolué, parce que pendant des années, j’ai défendu que, de ce point de vue, la diversité de la presse indépendante, c'était très bien, parce que ça permettait à chacun d'être ce qu’il est parce que cela permettait des innovations éditoriales plus grandes, parce que, ça permettais de s’adresser à des publics beaucoup plus divers. Je pense que là, on a basculé dans un autre moment depuis un an. C’est un combo entre l'élection de Trump et la montée en puissance de l’extrême droite. Tu m’as perdu à nouveau ? Non, c’est bon là, c’est bon. Non, non, c´est bon, on t’a retrouvé. Donc je pense que là on est dans un moment différent lié à quand même la très forte probabilité de l’accession au pouvoir de l’extrême droite et à l’effondrement du paysage médiatique des grands médias mainstream et je trouve que l’urgence aujourd’hui c’est de réfléchir à comment serait-il possible d’aller sur le terrain des médias de masse et on est chacun dans notre petite boutique on est tous très contents dans nos petites boutiques. Très contents, c’est très difficile aussi, il ne faut pas se raconter d’histoires.
01:32:31David Dufresne
Le petit commerce, c’est plus que c'était. Non, c’est dur, je pense que c’est dur.
01:32:37François Bonnet
C’est très dur, et on se dit franchement, en plus il y a quand même plein de qualités, plein d’originalités, plein d’informations originales, diverses, etc. C' est là que ça se passe, c’est dans la presse indépendante, c' est la que les nouveaux champs d’informations sont explorés, etc Et donc l’enjeu, moi je trouve aujourd’hui, c est comment serait-il possible de s’installer dans un vrai face-à-face avec ces médias mainstream à partir du moment où l’audiovisuel public est en train de déraper. En train d'être aussi la cible de toutes les forces qui haïssent le journalisme. Droite radicale extrême droite, etc. À partir de ce moment-là, comment on peut faire pour se réunir, je dirais sans se diluer et sans fusionner que chacun reste soi-même, mais est-ce que ce n’est pas le moment de construire un étage supérieur qui puisse faire entendre s’installer en media de masse, voilà. Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire…et oui, ça veut dire quoi ? Je ne sais pas, ça veut dire, est-ce que c’est essayer de décrocher une chaîne TNT ? Est-ce qu’il s’est lancé une grande radio diffusée sur toute la France ? Est- ce que c est lancée, ce qui me semble peut-être le plus en phase avec nos publics, etc. De lancer une grande plateforme web qui serait, je dirais, tout à la fois télé web.Réseaux sociaux massifs, presse écrite, etc. Ce qu’autorise le web aujourd’hui dans la richesse des outils qu’il propose. Le web, c’est quand même le lieu du journalisme de qualité. Donc oui, oui, parce qu’on entend aujourd’hui, il y a une mission sénatoriale aujourd’hui, je le signale, parce qu on voit bien le décrochage complet du monde politique. Il y a une mission sénatoriale aujourd’hui qui dis s’intéresser aux zones grises de l’information, c’est-à-dire l’information sur le web. Mais quoi l’info sur le Web ? Je rappelle que les médias sur le Web sont bien évidemment et heureusement soumis au droit de la presse. On a tous des procédures judiciaires, des procès en diffamation, etc. Et c'était tout à fait normal. Donc on vit dans le même cadre réglementaire que, je dirais, les médiats non-web. Donc le Sénat n’a toujours pas compris ça et donc fait une mission d’information pour comprendre ce qui se passe. Ça fait jamais que 30 ans que tout ça existe et que toi-même David t’as été un des premiers à investir à internet comme lieu d’informations. Donc la question, je pense, qui nous est posée, c’est au-delà de notre richesse et de notre diversité, c’est comment on fait pour créer une sorte de lieu commun. Une maison commune, si je puis dire, de l’information indépendante, qui soit même de rivaliser frontalement avec, franchement, cette horreur que sont devenues le système médiatique et si j’ai juste une minute, je voudrais dire quelque chose parce que, à mon avis, ça passe complètement sous la trappe. Il y a le problème, c’est news de sa propagande, raciste, de sa désinformation, etc. Il y a la façon dont ces mousses contaminent l’ensemble du système audiovisuel. Mais quand même, ce qu’on constate chez nos chers collègues, pas tous, pas toutes, évidemment, heureusement, mais chez bon nombre de journalistes vedettes, c’est quoi ? C’est très clairement des positions de classe. Je veux dire, tout ça revient très largement dès la défense d’une élite. Aujourd’hui se sent menacé dans ses positions sociales, dans sa puissance d’influence, dans sa puissance économique et est prêt à tout pour défendre ses positions et interdire à de nouvelles catégories, à de nouvelle population d’accéder à une juste représentation et à une représentation à la hauteur de leurs compétences. Je veux dire, le racisme larvé qui s’exprime encore une fois depuis dimanche soir. Bally Bagayoko, qui par ailleurs était un des hauts cadres dirigeants de la RATP, donc ce n’est pas n’importe qui, après on peut être d’accord, pas d’accords, mais ça c’est autre chose. C’est vraiment ça, non vous ne rentrerez pas dans nos lieux de pouvoir, on ne veut pas de vous, parce que c'était les mêmes ressorts qui ont organisé l’offensive contre le soi-disant Wokisme, en particulier dans l’université. C'était quand même d’empêcher à toute une série de nouveaux, de jeunes chercheurs, ils issus, ou chercheuses, issus des milieux de la diversité, issu des quartiers populaires, qui avaient fait tout ce parcours méritocratique républicain, d’accéder aux positions qu’ils étaient en droit de revendiquer et d’avoir. C'était une partie de l’offensive woke c’est ça. Donc, on est aussi dans une guerre sociale. Dont le racisme est le carburant et je pense que face à ça on doit s’unir.
01:38:31David Dufresne
Alors qui pourrait unir les forces alors que Fabien Gay essaye de se connecter au poste ? Et ce serait bien qu’il puisse le faire, comme ça on pourrait évoquer la commission sénatoriale dont tu parlais à l’instant avec lui, puisqu’il est sénateur PC. Qui pourrait faire cette union des médias indépendants ? Cette union des médias de gauche à l’effort de l’union de la gauche, est-ce que ça peut être le FPL ? Il y a la Maison des Médias Libres qui est un projet porté par Olivier Legrain, il en est question dans le tchat qui aujourd’hui vit un moment un peu compliqué, puisqu' Olivier Legrain a été mis en cause pour des violences sexistes et sexuelles révélées par Mediapart, qui pour le coup a fait son travail de journal indépendant, tout en expliquant son embarras d’une certaine manière mais voilà le métier avant tout il y a Mathieu Pigasse aussi qui semble avoir un peu d’argent est-ce que comment ça peut s’organiser ces médias médias indépendants alors que je vois que Fabien Gay est arrivé Fabien je vais me permettre de te mettre à l'écran avec François Bonnet vous devez vous connaître, François Bonnet c’est le patron c’est le patron du Fonds pour une presse libre. On termine l’entretien avec François Bonnet et après ce sera avec toi Fabien Gay.
01:40:01Fabien Gay
Je vous laisse finir.
01:40:01David Dufresne
Ah non non mais on a besoin de discuter, surtout que François il a un truc à te dire sur une commission sénatoriale qu’il n’apprécie pas qui pourrait unir les médias indépendants, les fédérer faire cette espèce de super chaîne ou de super site unitaire ? Qui pourrait faire ça ?
01:40:29François Bonnet
Écoute moi je sais pas il faut que ça vienne des médias ça peut pas être le fonds pour une presse libre on est une structure beaucoup trop petite pour reporter un tel projet c’est pas possible il faut associer des gens venus de l’audiovisuel et c’est pas ça qui manque puisque il y a quand même beaucoup de gens de l audiovisuel qui souffrent beaucoup actuellement de l effondrement ce que je disais de ces médias mainstream audiovisuels déluge raciste qui est en train de s’y installer, et encore une fois l’exemple du nouveau maire de Saint-Denis en est une illustration parfaite, tellement elle est scandaleuse, donc je pense qu’il faut que ça vienne des médias, il faut que quelques médias prennent l’initiative en s’associant, je dirais, avec d’autres professionnels venus, je crois, de la télévision, sur des questions de production, etc. Même s’il y a des sites qui savent faire ça comme Blast ou comme Off-Investigation.C’est un gros projet qui va coûter beaucoup d’argent. Je pense que de l’argent peut être disponible pour ça parce qu’il y a une série d’investisseurs J’y me sur-éveille ! On le voit très bien, depuis un an, toute une série d’acteurs qui étaient inaccessibles à la presse indépendante commencent à s’inquiéter de la probable arrivée de l’extrême droite au couloir et se disent, bon, au secours, et là, il faut qu’on construise des dispositifs, en particulier sur l’enjeu de l’information. Je pense qu’il est peut-être possible de trouver de l’argent et ça c’est des projets, on le sait, si on a cette ambition là, c'était des projets à 8, 10 millions ou plus, mais là on compte vraiment en millions d’euros, c’est de l’argent qui peut être retrouvé. Mais il faut évidemment qu’une telle initiative, elle émane de médias indépendants, qu’ils soient prêts tout en restant eux-mêmes. À franchir cette étape et s’investir dans une maison commune qui permette de créer un média de masse qui soit une sorte de fédération des médias indépendants et qui puisse tenir tête en particulier aux chaînes d’information. On ne peut pas laisser LCI qui est une chaîne qui est en train de devenir une chaîne de la droite radicale, CNews qui est une chaîne d’extrême droite et des informations. Merci. Et BFMTV qui est évidemment contaminé comme les FranceInfo. Donc il faut qu’une autre voie émerge dans cette catégorie de médias. Voilà et je pense que la presse indépendante a les ressources professionnelles et de qualité pour le faire. L’enjeu c’est l’information, ce n’est pas l’opinion, c’est d’offrir des champs d’information qui sont aujourd’hui ignorés par les médias mainstream. Et je termine juste un petit exemple, dix secondes. La jeune femme, candidate de LFI à Strasbourg, qui se fait agresser par un militant de droite ou d’extrême droite, qui lui brandit sous la gorge un couteau en lui disant « je vais t'égorger ». Cette jeune femme, elle n’a jamais eu accès aux médias de masse. Elle n’a jamais fait une radio. Elle n n’a jamais une télé. Imaginons l’inverse.
01:44:19David Dufresne
Fabien, est-ce que tu veux réagir à ce qu’appelle de ses vœux François Bonnet sur la constitution d’un média indépendant, en tout cas d’une pointe de rencontre ? Je rappelle que le Média avait tenté de décrocher un canal TNT et il ne l’a pas eu pour des raisons financières. C'était quand même ça, parce qu’il ne pouvait pas payer, je crois, les 3 millions d’euros par an de frais techniques. Ce n’était pas sur la grille de programme et au contraire on sentait que l’Arcom aurait bien aimé pour donner un peu de gage de pluralité. Oh dans les questions il y avait quand même non ?
01:44:57Fabien Gay
Je ne sais rien.
01:44:58David Dufresne
Pour avoir regardé, bon tu sentais qu’il y avait une forme de blip, il s'était attendu, on va dire, voilà. Mais par contre, le couperet financier est tombé. Fabien, qu’est-ce que toi tu penses de ça, à la fois avant ta qualité de sénateur et de patron de l’humanité ?
01:45:18Fabien Gay
Bonjour à toutes et tous, non mais moi c’est une question qui m’intéresse grandement, notamment plus que, bon moi ça fait maintenant 4 ans et demi que je suis à la tête de l’Humanité, directeur bénévole, je le redis, donc moi j’agis en plusieurs sens. D’abord développer le journal l’Humanité, qui reste le quotidien de Jaurès, journal communiste ouvert à l’ensemble des forces de progrès social et écologique. Nous avons réussi notre transformation numérique puisque maintenant nous avons une matinale, un plateau, un studio, nous avons une chaîne Twitch qui marche plutôt bien, on a développé beaucoup les canaux vidéos.
01:46:00David Dufresne
Communiste mais concurrent quand même ça Je dis communiste, mais concurrent, quand même, parce que là tu viens d’annoncer que vous avez votre propre chaine Twitch ou vous avez une matinale
01:46:12Fabien Gay
Non, non, mais je blague !
01:46:14David Dufresne
Je blague Fabien.
01:46:17Fabien Gay
Mon premier travail, entre guillemets, est de développer le journal et nous y arrivons plutôt bien et moi je n’ai pas de concurrents, je n’ai que des confrères et des consœurs et je pense qu’il y a de l’espace pour tout le monde et que ce n’est pas en étant tous petits et tous diminués que nous y arriverons, mais c’est en faisant grossir et développer l’ensemble de nos lectorats respectifs que nous arriverons à unir. Donc ça, c’est mon premier travail. Et on arrive plutôt à bien le faire. On va encore être à l'équilibre pour le seul journal de la presse quotidienne nationale indépendant des puissances de l’argent, je pense que c’est plutôt bien, tout en remboursant nos dettes, puisque nous avons un plan de continuation sur 10 ans, et nous allons même dans les prochaines semaines annoncer notre passage en wet-first, donc nous continuons à nous développer et de l’autre côté, depuis le début, je dis que dans la bataille médiatique, et la bataille culturelle idéologique face à la montée de l’extrême-droite, l’humanité et d’autres ne peuvent pas y arriver seuls. Et qu’il y a besoin de mener une batailles idéologique qui passe en partie par la bataille médiatique pour évidemment aboutir à faire d’abord reculer l’Extrême droite et à voir ouvrir un chemin en tout cas de gauche de progrès social écologique. Donc, on a fait plusieurs gestes, mais d’autres aussi le font. On a par exemple été un démonteur lors de 2024 et de l’annonce de la dissolution et de l’arrivée probable de l’extrême droite, avec beaucoup d’autres, on a fait deux belles soirées place de la République, les équipes de la fête se sont mises à disposition de cela.
01:48:04David Dufresne
Absolument, la fête de l’humanité.
01:48:07Fabien Gay
Et avec d’autres…
01:48:10David Dufresne
Non mais il y a le savoir-faire des gens de la fête de l’Humanité qui a été déterminant quand même, ça on peut le dire.
01:48:16Fabien Gay
On a fait le village des médias indépendants à la fête de l’Humanité depuis deux ans, je pense qu’il est aussi en partie. Le Fonds fait des choses aussi avec Mediapart, avec d’autres. Bon, on vient de faire quelque chose avec Mathieu Pigasse, Blast et StreetPress front commun contre l’extrême droite, quelque chose qui marche très bien, puisqu’on a été obligé, après 50 000 numéros édités, d’en retirer 30 000. Moi je l’ai dit d’entrer, je souhaite qu’on l’ouvre. Si on fait un deuxième numéro à d’autres rédactions et qu’on élargisse ce mouvement
01:48:52David Dufresne
Donc c’est un journal papier pour préciser.
01:48:55Fabien Gay
Fédérer évidemment le maximum. Et ensuite je l’ai dit et je l’ai annoncé il y a trois ans, tout le monde m’a pris pour un dingue, y compris dans ma propre maison. Moi je pense qu’il y a deux choses et deux champs que nous devrions investiguer. Le premier peut-être seul avec l’humanité mais un journal du dimanche, parce que je pense que la bataille politique elle se focalise à partir du dimanche et des interviews du dimanche dans la presse. Notamment maintenant le JDD, on sait qu’il a basculé à l’extrême droite, la tribune a pris l’ex-place du JDD c’est-à-dire macroniste ou proche du pouvoir et puis le parisien est ce qu’il est. C’est à dire que le lecteur et la lectrice de gauche n’a pas de journal le dimanche. Et donc ça c’est un problème parce que l’interview de ministres ou de responsables politiques dans les grands quotidiens nationaux du 7e jour, imprime. Le débat politico-médiatique du lundi, mardi et mercredi. Et la deuxième chose, c’est que, évidemment, la télé n’est plus ce qu’elle était. Et d’ailleurs, on le voit, ce que fait AuPoste ou d’autres. Le problème, c’est que les chaînes d’information continuent et, tu viens d’en parler, aujourd’hui impriment le débat politico-médiatique à partir de thématiques liées fortement aux droites coalisées ou à l’extrême droite et c’est insupportable, je dirais. Donc, si nous n’avons pas une chaîne d’informations indépendante, mais gauche de progrès social et écologique, qui puisse contrecarrer cette bataille idéologique féroce que même LCI, évidemment BFM aujourd’hui qui court après eux. Je mets les services publics de côté, parce qu’on a besoin d’un service public fort et de qualité. Et d’ailleurs, l’extrême droite, elle attaque férocement le service public pour le privatiser, pour le livrer aux appétits financiers et donc aux idées libérales, voire pire. Et donc, oui, il faut s’unir. Moi, lorsque le Média avait concouru il y a un an et demi, pardonnez-moi la date, ils étaient venus me voir, je leur avais dit que s''ils y arrivaient, je voulais bien contribuer modestement et humblement avec d’autres à réussir ce pari. Ils n’ont pas réussi pour des aspects financiers. Donc moi, j’ai annoncé il y a trois ans que je voulais le faire. Avec d’autre, pas tout seul, et ni en direction d’ailleurs. Mais il faut le faire, alors on a estimé, c’est 30 millions d’euros, pas une petite bagatelle, pour aller chercher ça. Ça demandera des investissements à mon avis lourds. Il ne faut pas faire une chaîne. Une sous chaîne cheap, il faut faire une chaîne d’information qui porte du contenu et qui donne la parole à d’autres, d’abord, qui impose dans le débat politico-médiatique d’autre thématiques, question sociale, question écologique, etc., mais ces 40 millions d’euros, je le dis modestement, nous seuls, nous ne les savons pas, mais je pense qu’il faut travailler à unir tout ça. Je suis assez, plutôt favorable, d’autant plus que je l’ai proposé déjà il y a trois ans.
01:52:18David Dufresne
Alors je voudrais juste donner la parole une dernière fois à François et pour le libérer, il se trouve Fabien que tu es, en dehors d'être directeur bénévole de l’humanité, tu es sénateur
01:52:34Fabien Gay
Oui tout le monde le sait !
01:52:37David Dufresne
Mais tu n’es pas sénateur bénévole, ça n’existe pas ça !
01:52:39Fabien Gay
Non, tout le monde le sait, je suis sénateur communiste.
01:52:43David Dufresne
Voilà, c’est le sénateur communiste, oui, absolument, et donc là, dans les municipales, se joue, on en parlera tout à l’heure, la préfiguration du Sénat dans quelques temps, voilà, c’est quand même ça qui se joue parce que les municipale, c’est quoi ? C’est 30 % des sénateurs qui vont être élus.
01:53:02Fabien Gay
Non, ça c'était avant, maintenant c’est 50 % tous les 3 ans, donc en septembre 2026, la moitié des départements sont renouvelables Donc ici quelques mois, dans 5 mois.
01:53:13David Dufresne
Et donc François était colère contre une commission sénatoriale sur l’information en ligne.
01:53:25Fabien Gay
Oui, je découvrais qu'était lancée une mission d’information à pouvoir de commission d’enquête coprésidée par la sénatrice socialiste Sylvie Robert et Laurent Lafont qui est le président de la commission des affaires culturelles. L’intitulé de cette commission, c’est « Les zones grises de l’information ». Sur en gros comment réguler le numérique sur les questions d’information et je rappelais juste que la presse numérique évolue dans le même cadre réglementaire que la presse papier ou audiovisuel. Il y a un droit de la presse qui, heureusement, s’applique intégralement à la presse numérique aujourd’hui quand on est reconnu comme média avec l’enregistrement CPPAP. Donc on a l’impression que le Sénat découvre qu’il y a de l’information sur le web, ce qui existe depuis bientôt 30 ans, et il n’y a pas d’autre chose à faire que d’aller vouloir réguler des médias numériques qui sont aujourd’hui régulés et évolués dans un cadre législatif et réglementaire, et encore une fois, heureusement. Donc il ferait mieux, je trouve, de s’occuper du fonctionnement de l’ARCOM qui laisse quotidiennement déverser un torrent de haine et de désinformations sur CNews que d’aller s’intéresser à ces soi-disant zones grises de l’information. Sauf à parler des entreprises de désinformations, des influenceurs, mais ça c’est autre chose. Alors Fabien Euryale modératrice, a retrouvé.
01:55:13Fabien Gay
On va le chercher en fait.
01:55:14David Dufresne
Oui, ben voilà, c’est pour ça. Je voyais bien que tu cherchais et écoute visiblement, tu découvres. Je sais qu’il y a deux cantines au Sénat, je trouve ça s’est dessiné. Début des travaux le 14 janvier 2026, François Bonnet il sait ce qu’il dit. Donc voilà, les autres crises de l’information, comment réguler, les médias d’information en ligne et je pense que nous apprenons tous l’existence de cette mission d’informations. Échéance syndicative des travaux, 2ème trimestre 2026. Voilà, c'était pas du tout pour te piéger Fabien visiblement tu n'étais pas au courant donc voilà.
01:55:55Fabien Gay
Vous savez qu’au Sénat, il existe en même temps à peu près, il y a les grosses commissions d’enquête, donc c’est un par gros, il ya les missions d’information, il en a 6 ou 7 en même temps dans chaque commission, donc il y en a huit commissions, puis ensuite il y a les délégations où il y à en général cinq ou six missions d information en même temps j’en fais moi-même une sur la location de gérance de Carrefour en ce moment, dont personne n’entend parler puisque c’est des travaux en petit comité. Donc ça fait à peu près une centaine de travaux à même temps.
01:56:30David Dufresne
Oui, bien sûr.
01:56:31Fabien Gay
Donc voilà, je le découvre, en plus je ne suis pas membre de la commission de la culture au Sénat, mais dans la commission des affaires économiques, je regarderai, je m’en enseignerai sur cette question, bien sûr. Bon, impeccable. Connaissant Sylvie Robert, je dis ça, qui est très attaché au pluralisme de la presse, de l’information, Je ne pense pas que c’est cette question qu’elle vise, est-ce que c’est la désinformation ? En ligne les ingérences potentielles électorales dont Trump a évidemment parlé dans son document de sécurité intérieure, je pense que c’est plutôt ces questions-là, mais voilà, à ce stade-là comme je n’ai pas plus d’informations, je regarderai.
01:57:21David Dufresne
Mon cher François, je te salue pour rester avec Fabien, merci beaucoup d’avoir pris le temps et ton sérieux état bonne humeur pour venir ce matin au poste nous parler du front pour une presse libre et de la sortie aujourd’hui même de l'édition papier du vrai faux procès Bolloré que vous aviez fait. Merci beaucoup François, bonne journée à toi. Oui Fabien, merci aussi, il est 8h58, je ne sais pas si tu as encore un petit peu de temps, on y va. Alors, les enjeux sénatoriales, l’enjeu sénatorial on l’a un petit peut évoqué à l’instant, qu’est-ce que tu peux nous dire ? Imaginons les millions de gens qui nous écoutent, qui participent dans le tchat, ils sont abstentionnistes pour la moitié. Qu’est ce qu’ils loupent par rapport au Sénat ? En n’allant pas voter.
01:58:22Fabien Gay
Non mais d’abord, ils loupent pour leurs conseils municipaux, c’est d’abord la première chose. Moi je pense que dans la quête du pouvoir de l’extrême droite d’ici 15 mois, dont moi je ne me résous pas, je pense l’affaire n’est pas inéluctable malgré tout ce qu’on nous assène toute la journée, y compris par des sondages qui donnent le très grand favori Bardella ou Madame Le Pen si elle n’es pas empêchée par la justice. Donc, là-dessus, l’extrême droite, pour le deuxième tour, veut faire un carton plein dans un certain nombre de villes moyennes, voire de grandes villes. Je rappelle que le risque reste réel à Marseille, ce qui serait un drame absolu pour d’abord les populations. Donc moi je pense que je suis, vous le savez, un fervent défenseur de l’Union de la gauche sur du contenu de transformation sociale et écologique, non pas sur le plus petit dénominateur commun, et la commune reste d’abord le territoire de démocratie réelle, où on peut avoir accès à son maire et aux équipes municipales le plus facilement possible, et où on peu développer des politiques de progrès qui répondent aux besoins humains, des services publics de proximité, en donnant les moyens Aux associations culturelles, sportives et autres de pouvoir rayonner. Donc, dimanche, où que nous soyons, s’il n’a pas été réglé au premier tour chez Il faut se déplacer et donner de la force à la gauche. Après la conséquence du vote c’est qu'évidemment ces équipes municipales vont faire partie d’un collège de grands électeurs et grand électrices qui eux-mêmes vont choisir évidemment les prochains sénateurs et sénatrices moitié d’ici le mois de septembre 2026. Le gros enjeu, vraisemblablement, je le dis ça, il faudra attendre le deuxième tour, monsieur Dufresne, très vraisemblablement, la droite risque de rester majoritaire au Sénat. D’ailleurs, dans sa longue histoire de plus de 150 ans, elle n’a basculé que pendant 3 ans à gauche, entre 2011 et 2014. Donc vraisemblablement elle va rester à droite, peut-être le groupe majoritaire va perdre un peu. Le grand risque, c’est que pour la première fois, un groupe du Rassemblement National puisse se constituer, puisqu’ils sont aujourd’hui 3 ou 4, ça dépend si on inclut M. Ravier qui est d’extrême droite, mais est-ce qu’il fera partie du groupe Rassemblement National très vraisemblablement. Donc il leur manque aujourd’hui 6 à 7 sénateurs et sénatrices et il y a des départements où ils pourraient faire leur entrée. Donc ça, évidemment, ça serait un changement profond. Pour l’institution et ça veut dire qu’ils auraient, pour la première fois, un groupe puissant à l’Assemblée nationale, ils sont de près de 140, dans des scrutins majoritaires à deux tours, au suffrage universel direct, puis ils pourraient avoir un groupe de 10, 11, 12 sénatrices et sénateurs au suffrage universel indirect. Donc ça, c’est un gros problème. Évidemment, c’est tout l’enjeu autour de cette question. Et j’espère que nous renforcerons le camp de la gauche, évidemment le groupe communiste dont je fais partie, mais aussi évidemment le groupé écologiste et socialiste.
02:02:08David Dufresne
Je voudrais maintenant aborder le travail de l’Humanité, et notamment de Thomas Lemahieu, bien connu de nos services et très favorablement connu, c’est par lui et donc par ton journal qu’a été révélée la galaxie Sterin qu’ont été révélé les projets de Sterin. Qu’est-ce que, à tes yeux, quelle menace représente vraiment Sterin ? Et pourquoi pour vous, c’est un sujet majeur que vous traitez régulièrement ?
02:02:47Fabien Gay
Bon d’abord, vous l’avez rappelé, c’est nous qui avons révélé le projet Périclès qui veut en réalité, c’est-à-dire Sterin met son argent au service de la conquête du pouvoir de l’extrême droite. Donc il le place dans différents domaines, d’abord pour former les futurs élus. Je crois qu’il a soutenu ou formé plus de mille candidats très proches de rassemblement national ou sans étiquette dans les petites villes mais qui portent les idées d’extrême droite. Il met son argent au service de l'écriture d’un nouveau récit, par exemple dans ce qu’on appelle dans l’Allier les Murmures de la Cité. C’est des spectacles au même titre que le Puy du Fou. De donner une vision extrêmement étroite de ce qu’est l’histoire de notre pays. Il met son argent dans différentes structures économiques et politiques pour gagner de l’influence et faire gagner les idées d’extrêmement. Donc, on a été les premiers à révéler des documents. Ce projet, avec une puissance financière assez forte, il faut le dire. Donc nous, on ne fait pas une fixette sur Sterin. On l’a découvert et on suit le dossier. Par exemple, cet été, on a été aussi ceux qui ont révélé que derrière le label les plus belles fêtes de France, il y avait aussi Sterin et d’ailleurs dans mon coin, dans le Pays Basque et dans les Landes, un certain nombre de villes ou de comités des fêtes qui avaient adhéré à ce label les la plus belle fête de France. Découvrant qu’il le finançait, avait décidé de se retirer. Donc tant mieux c’est un combat évidemment idéologique que l’on mène, mais plus largement, nous combattons les idées d’extrême droite. Nous sommes un journal anti-fasciste depuis sa création. De progrès social, écologique, antiraciste, féministe, fait que nous sommes un journal antifasciste. D’ailleurs, là aussi nos travaux, notamment sur Némésis, nous avons fait une révélation sur leur lien avec des groupuscules d’extrême droite, très conservateurs, nous a valu une furie extrêmement forte de l’ensemble de la fachosphère. Moi-même, je suis comme directeur, menacé à peu près tous les jours, mais ce n’est pas bien grave. Mais en tout cas, on est sous le feu de la rampe.
02:05:29David Dufresne
Je rappelle, je rappelle de mémoire là.
02:05:32Fabien Gay
En procès par les Murmures de la cité le 6 mai prochain à Montluçon on pour nos révélations. Donc j’y répondrai avec fierté. J’irai à la barre pour défendre notre quotidien. Le travail c’est encore Thomas Lemahieu dont tu parlais tout à l’heure. Je serais très fier d’y aller. Bon on voit bien que l’extrême droite met dans son collimateur notamment l’humanité, pas que l’ensemble de la presse indépendante est de gauche. En tout cas, toute celle est ceux qui ne sont pas soumis au pouvoir de l’argent et qui leur servent la soupe toute la journée. Mais comme nous sommes le journal de Jaurès, le journal communiste, nous sommes en première ligne, mais nous sommes assez fiers du travail que nous effectuons tous les jours sur cette question.
02:06:18David Dufresne
Alors de mémoire, les révélations faites par l’Humanité sur Némésis, c'était des échanges, des textos entre Némésis et WhatsApp, entre Némésis et des milices et notamment avec cette idée de mettre des filles en appât pour appâter des gauchos et pour pouvoir aller les massacrer, grosso modo, c'était quand même ça, la teneur ?
02:06:46Fabien Gay
La teneur des échanges c'était de faire des guets-apens pour attraper des militants antifascistes ou de gauche.
02:06:54David Dufresne
Alors, néanmoins, est-ce que vous ne surestimez pas, est ce qu’on ne surestime pas Sterin ? J’ai lu quelques analyses rapides sur le scrutin du premier tour, il semblerait que justement, les quelques candidats qui seraient passés par les laboratoires de formation de Sterin, n’auraient pas eu de très très bons résultats, donc l’argent ne fait pas non plus forcément tout. Heureusement n’est-ce pas, sinon on ne serait pas là, mais qu’est ce que tu penses de ça, est-ce qu’il n’y a pas un effet de loupe qui grossit de la même manière que Vincent Tiberj, le politiste, nous expliquait que le vote des élections ne se superposait pas au plateau télé, que la réalité réelle et la réalité médiatique n'étaient pas la même, donc est- ce que crier au loup sur Bolloré sur Sterin, c’est pas aussi parfois les renforcer.
02:07:56Fabien Gay
Non, moi je suis en désaccord avec ça, je sais, on a un débat à gauche, par exemple François Ruffin ou d’autres posent la question de fâché pas facho, un certain nombre de camarades pensent qu’il ne faut pas parler de cette question parce que parler de cette questions les renforce, moi, je ne crois pas à ça. Moi je pense qu’il faut combattre les idées racistes, xénophobes, antisémites, rétrogrades, rances, de division, parce qu’elles gangrènent la société. Et ne pas mener ce combat, c’est nous désarmer nous-mêmes et c’est faire que nous allons être submergés comme un certain nombre d’autres pays sont submergé. Pardon mais la France n’est pas un pays isolé. Regardons bien l’alliance des fascistes néoconservateurs qui se déploient partout dans le monde. Alors, je ne tire pas des traits d'égalité, mais entre Trump et Meloni, entre Milei et Orban et beaucoup d’autres, on voit bien que cette alliance extrêmement puissante déferle d’abord sur un climat de guerre généralisée, de peur, où l'étranger est le responsable de tous les maux. Où il faut faire la guerre aux chômeurs, aux jeunes, aux femmes, aux homosexuels. Et en France, c’est l’extrême droite dans sa globalité. D’ailleurs, pas que le Rassemblement national c’est Reconquête aujourd’hui. Regardons le score que Mme Knafo a fait en faisant une campagne TikTok poussée par les médias, atteignant les 10 %, se retirant et probablement en essayant de pousser la victoire de Rachida Dati à Paris, c’est ce terrain, mais je l’ai dit à l’heure, ce terrain en soi, c’est ce terrain aux côtés de Bolloré, aux côté de beaucoup d’autres. Et donc il faut regarder cette emprise extrêmement forte. Alors bien sûr, il y a des étendards, ce que fait Bolloré aujourd’hui dans le monde de l’information, parce qu’on parle souvent de CNews, mais c'était aussi quand même le JDD européen. Et tout le reste, dans le monde de l'édition, ils possèdent les Relay dans les gares et les aéroports, regardez les livres mis en avant, donc dans la bataille culturelle, tous les livres mis en avant dans les gares et les aéroports. Et donc ça, ça crée un climat, ça gagne la société, ils imposent des thématiques, toujours les mêmes, autour de l’insécurité qui lie à l’immigration, qui lie à l’islam, qui lie aux musulmans. Regardons le déchaînement, pardon, de la victoire de Bally Bakayoko dans mon département à Saint-Denis où il a cette célèbre phrase de Darius Rochebin, face à Darius Rochebin, de Jean Marcenac qui est un poète et résistant français de Saint-Denis Il lui dit vous êtes maintenant le nouveau maire de la ville des rois morts et lui répond : et du peuple vivant parce que la phrase de Jean Marcenac c’est la ville des roi morts est du peuple vivant et il y a une désinformation qui commence à tourner à partir de la fachosphère sur les réseaux sociaux où il dit oh il aurait dit la ville des Noirs et il y a des gens sur des plateaux de télévision pardon le dire mais Apolline de Malherbe grand journaliste qui a une audience extrêmement forte et qui dit alors monsieur Bakayoko vous avez dit la ville des noirs il a répondu avec force et dignité d’ailleurs à ça. Bon donc tout ceci est insupportable et si on voit pas que ça gangrène la société je pense qu’on se met une poutre dans l’œil donc je pense qu’il faut combattre ces idées et en même temps ça ne suffira pas il faut évidemment proposer un chemin d’espoir sur des questions sociales, écologiques, que la gauche travaille sur l’ensemble de ces questions pour redonner envie de voter pour elle mais voilà je ne crois pas que c’est en évitant le problème qu’on la pèsera.
02:12:21David Dufresne
Fabien, dernière question, je reviens aux élections.
02:12:27Fabien Gay
Mais c’est parfait, c’est un débat qu’il nous faut mener avec l’ensemble des militantes et des militants de gauche sur cette question. Voilà, je le dis parce que moi je viens d’une ville, je suis en campagne en ce moment, c'était pour ça que ce matin j'étais très tôt, je vais repartir là de suite en campagne face à une coalition d’un sénateur LR dont le directeur de cabinet et conseiller départemental aujourd’hui est devenu secrétaire général adjoint du groupe de Sarah Knafo où siègent les néonazis de l’AFD et propose maintenant qu’ils soient conseillers municipaux et peut-être de même maire, pardon, que demain une alliance des droites et l’extrême-droite puisse diriger une ville comme le Blanc-Ménil, aujourd’hui une grande ville du département de la Seine-Saint-Denis, est insupportable. Et donc ce n’est pas en se cachant qu’on va régler le problème. D’ailleurs, on a réuni trois listes de gauche dans un front divers dans un front républicain, citoyen, pour l’affronter dimanche. Moi, je suis de ceux-là, de ceux qui veulent unir, pour ne pas laisser ici, dans ma ville, comme partout dans le pays et partout dans le monde, l’extrême droite diriger.
02:13:41David Dufresne
Merci beaucoup, mon cher Fabien, donc tu repars. Ce n’est pas fini ? Ah ben non ! Ah ben je peux continuer, c’est pour toi. Allez, on repart au marché, allez 5 minutes. Allez, 5 minutes, donc là tu parlais du Blanc- Mesnil, c’est bien ça ? Nous avons reçu Nassira El Moadem il y a quelques jours pour son livre sur le Blanc-Mesnil. Oui, je voulais te demander, enfin c’est plutôt le chat qui voulait te demander ta position, ton point de vue sur ce qui se passe à Paris, donc le maintien de Sofia Chikirou, ce qui ce passe à Marseille, voilà, quelle est ton analyse sur tout ça ?
02:14:32Fabien Gay
Moi je suis, je le redis, je suis pour l’unité de notre camp social, extrêmement large et je pense que un peu partout nous tombons dans le piège de la division. Je vois bien ce qui est à l'œuvre aujourd’hui, c’est-à-dire une inversion complète des valeurs. Les antiracistes maintenant sont pointés du doigt comme les racistes. Et tout ce qui pousse à nous diviser de la part de la droite et de l’extrême droite fait qu’ils veulent rendre la gauche, en réalité, l’impossibilité d’unir la gauche. Donc il faut bien analyser cela. Donc malheureusement, bon, je vois que dans un certain nombre d’endroits, dans mon département, j’ai soutenu les candidats communistes partout. Comme à Issy et au Blanc-Mesnil, on a réussi à faire l’unité de la gauche et parfois on était avec la France Insoumise parfois avec le Parti Socialiste et Europe Écologie les Verts.
02:15:31David Dufresne
Oui on t’entend mais l’image a disparu.
02:15:34Fabien Gay
Alors c’est bizarre, pardon.
02:15:38David Dufresne
Non, non, on a tout entendu.
02:15:48Fabien Gay
Et donc, je pense que parfois dans des premiers tours, il arrive que nous partions chacun de notre côté. Mais au deuxième tour, le camp de la gauche, et ça a toujours été, elle doit se rassembler face aux droites et à l’extrême droite, partout. Et en général, et toujours, c’est celui qui arrive devant et qui doit tendre la partout. C’est ce qui est la logique de la gauche depuis le XIXe et XXe siècle, c’est comme ça qu’on a toujours agi lorsque les communistes étaient devant, ils tendaient la main aux socialistes et inversement, bref, c’est ça, je vois bien que du coup, dans un certain nombre d’endroits, ça réussit quand même, tant mieux, et tant mieux parce que t'évoques deux endroits où ça ne réussit pas, mais il faut le dire, dans beaucoup d’endroits c'était le cas, et c’est tant mieux. Je vois qu'à Marseille, à Paris, ça n’a pas pu le faire. Donc, évidemment, à Marseille, il faut donner extrêmement de la force à Benoît Payan pour battre l’extrême droite et je trouve, je ne le connais pas. Donc, en plus que Sébastien Delogu a eu l’honneur de se retirer en disant bon, si l’unité n’est pas possible, bon, il faut battre de l’extrême-droite. Donc là, évidemment je donne de la force à Benoît Payan ! Il faut qu’il reste maire avec son équipe du Printemps marseillais qui rassemble des écologistes, des socialistes, des amis et camarades communistes, des citoyens et citoyennes très engagés pour leur ville. Et franchement, si Marseille venait à tomber dans les mains de l’extrême droite, ce serait une catastrophe parce que Marseille, c’est comme Saint-Denis, c’est la ville cosmopolite, c est la ville ouverte sur la Méditerranée, c est celle qui nous lie à l’ensemble des peuples de la Méditerranée et de partout dans le monde. Elle est dans son ADN, même moi qui suis d’origine bordelaise, donc moi qui est entre les Girondins et l’Olympique de Marseille, on connaissait, évidemment, mais au-delà de la blague, Marseille doit rester…
02:17:58David Dufresne
Ah non, c’est sérieux le football.
02:18:00Fabien Gay
Je ne suis pas gauche, je suis sans aucun doute.
02:18:02David Dufresne
Mais sur Paris ?
02:18:04Fabien Gay
Et Paris.
02:18:05David Dufresne
Sur Paris, je te trouve bien politicien, là, quand même.
02:18:09Fabien Gay
Ah non, mais attends, je n’ai pas dit un mot encore, pardon d’avoir un raisonnement qui est, j’en viens sur Paris maintenant,
02:18:17David Dufresne
Alors Paris, j’ai cru que tu avais passé Paris par pertes et profits pour te focaliser sur Marseille.Alors très bien, Paris, Grégoire.
02:18:26Fabien Gay
Je n’élude jamais aucun sujet, donc j’ai aucun problème, mais c’est vrai que j ai des fois des raisonnements un peu longs. Donc Marseille, c’est fait. Donc je reviens sur Paris maintenant. Oui, effectivement, là aussi, je me redis, je pense que celui qui était devant, comme ailleurs, aurait dû tendre la main. Il a pas fait. Je vois qu'à Marseille, du coup, évidemment, Delogu s’est retiré. Et donc là, effectivement chaque voix qui va diviser va favoriser Dati. Parce que Dati a réussi le rassemblement avec Bournazel alors qu’ils l’ont expliqué pendant des mois, des mois qu’il ne le ferait pas. Et il faut voir que Sarah Knafo a décidé de se retirer pour faire barrage à la gauche. Donc là, dans le trio maintenant qui reste entre eux Emmanuel Grégoire, pardonnez-moi, c’est Rachida Dati, le seul qui peut battre Rachida Dati est Emmanuel Grégoire. Donc là, pareil que mon premier tour puisqu’il rassemble les écologistes, les socialistes et les communistes, donc mon ami et camarade sénateur Yann Brossat il faut donner de la force évidemment extrêmement fort à Emmanuel Grégoire parce que là encore, ça serait évidemment, je ne mets pas Rachida Dati, pardon, je fais différence même si je la combats politiquement, beaucoup de différences avec le Rassemblement national. Rachida Dati à la tête de Paris, bon, ça serait une catastrophe aussi. Donc effectivement, il faut donner de la force à Emmanuel Grégoire, il ne faut pas éparpiller les voix. Mais je regrette, si c’est ta question, que la main tendue n’ait pas été prise et qu’on n’a pas réussi à faire le rassemblement là. Maintenant, il est acté, il reste trois jours de campagne et donc il faut que la gauche conserve Paris.
02:20:14David Dufresne
Mais ton ami et sénateur, Yann Brossat, qu’est-ce qu’il a pu faire ou ne pas faire auprès d’Emmanuel Grégoire ? Qu’est ce que tu pourrais nous dire pour justement…
02:20:23Fabien Gay
Je ne l’ai pas eu depuis.
02:20:25David Dufresne
C’est ballot !
02:20:26Fabien Gay
Non mais Yann est pareil, c’est un rassembleur dans son arrondissement, je sais qu’il prône ces questions-là. Bon voilà après, je n'étais pas dans les négociations à Paris qui ont conduit à ce choix-là, je regardais comme tout le monde, je le dis, je le regrette, mais maintenant la question c'était de conserver Paris à gauche, et il faut le faire.
02:20:54David Dufresne
Mais alors, conserver Paris à gauche, est-ce que par exemple, techniquement, légalement, c’est possible que finalement Grégoire revienne sur sa décision, ou là c'était trop tard, que Emmanuel Grégoire revienne sur sa décision en disant « allez hop, LFI, revenez parce que là on a chaud aux fesses ».
02:21:11Fabien Gay
Puisque toutes les listes de partout en France ont été déposées en préfecture avant mardi 18 heures, donc il n’est plus possible de ce que j’en maîtrise, mais je suis quasi sûr.
02:21:25David Dufresne
De fusionner ?
02:21:26Fabien Gay
De fusionner, non,
02:21:27David Dufresne
C’est terminé.
02:21:30Fabien Gay
C’était ouvert de dimanche soir du résultat des élections à mardi 18 heures pour toutes les villes.
02:21:35David Dufresne
C’est bien ça.
02:21:36Fabien Gay
Partout en France. La seule question qui pourrait être posée, mais elle ne le fera pas, moi je n’appelle pas, je ne demande rien, je dis la seule chose qui pourrait de fait, c’est que une candidate ne dépose pas de bulletins et donc voilà, mais elle ne fera pas puisqu’elle ne sait même plus. Donc la question maintenant, elle est réglée, c’est qu’il y aura une triangulaire, j’ai vu qu’il y avait un débat hier sur BFM TV avec les trois candidats et candidates à la mairie de Paris, donc la fusion elle n’est pas possible ni à Paris ni partout ailleurs, d’ailleurs où elle n’a pas été réalisée. Après, dans la réforme PLM, telle qu’elle est, il y a le troisième tour, vous savez, pour élire le maire de Paris. Donc chacun aura des élus au Conseil de Paris, parce qu'à Paris, Marseille et Lyon, vous votez pour votre maire et une liste, et vous votez par maire d’arrondissement et donc ceux qui seront élus à la mairie, suivant les résultats des uns et des autres, lui aura peut-être un troisième tour. Il peut avoir, ce n’est pas plus compliqué parce que c'était plus le cadre d’une quadrangulaire, je crois, mais je ne sais pas si ça peut le faire dans une cadre de triangulaire mais il est possible qu’il y ait un troisième tour si les résultat sont de troisième série et donc les voix de madame Chikirou devront aller à Emmanuel Grégoire pour le faire hier, maire de Paris.
02:23:09David Dufresne
Est-ce que ton raisonnement sur Marseille en disant Sébastien Delogu a, non pas sauvé son honneur mais a eu l’honneur, c’est ce que tu as dit je crois, de se retirer ?
02:23:21Fabien Gay
Je trouve qu’il a eu de la responsabilité.
02:23:27David Dufresne
Mais ce qui est valable à Marseille ne l’est pas à Paris parce que tu considères que Dati, ce n’est pas l’extrême droite. C’est ça la différence pour toi.
02:23:36Fabien Gay
Non, je n’ai pas dit ça. Je ne mets pas dans le même plan, pardon, mais je pense que dans le moment politique dans lequel nous sommes, dire que tout le monde est à l’extrême droite n’est pas un raisonnement valable. Donc il y a l’extrême-droite et il y a la droite. Et je combats les deux. Mais pardon, madame Dati, je la classe à droite. Et je ne dis pas qu’elle est d’extrême-droite Je suis en désaccord avec elle sur… Beaucoup de sujets. Si ce n’est la totalité des sujets, nous n’avons pas le même projet politique. Bref, beaucoup de choses. Mais je ne dis pas vous savez, j’essaye humblement de ne pas donner de consignes. Je regarde, j’apprécie, je débat, mais je n’aime pas me poser des oukases
02:24:37David Dufresne
Oui, on t’entend, c’est l’image qui a sauté, mais on t’entend.
02:24:42Fabien Gay
Pardon, j’essaye.
02:24:44David Dufresne
Ah voilà, c’est l’image est revenue, impeccable.
02:24:46Fabien Gay
De ma tablette, je m’en excuse pour celles et ceux qui nous écoutent. Et donc, je pense que Sébastien Delogu a pris ses responsabilités, je lui le dis et c’est tout à son honneur, et je n’ai rien à dire, moi, sur est-ce que Madame Chikirou aurait dû ou pas se retirer, ce n’est pas ma question. Je pense qu’il aurait dû y avoir l’unité et je regrette qu’il n’ait pas eu lieu.
02:25:10David Dufresne
Alors il y a plusieurs personnes dans le tchat qui parlent des propos de Rachida Dati sur les immigrés. Pendant que tu répondais, je cherchais dans le Monde qui faisait un petit compte rendu cette phrase. Moi je ne l’ai pas entendu, donc je ne peux pas la répercuter. Je ne sais pas si toi Fabien tu as regardé le débat hier.
02:25:28Fabien Gay
Non, non, pardon, j'étais en campagne au Blanc-Ménil, je suis désolé, je n’ai pas regardé tout le débat sur BFM, j’ai vu qu’il avait eu lieu, non mais effectivement après Madame Dati contient des gens problématiques sur sa liste, les propos qui ont été tenus par Max Guazzini sur les réseaux sociaux sont des propos racistes.
02:25:51David Dufresne
C’est lui qui compare les musulmans à des chiens, c’est ça.
02:25:55Fabien Gay
Ouais, voilà, tout à fait, où la victoire de Zohra Mandani en disant « Ah là là, après, que vont penser les victimes du 11 septembre ? » ou quelque chose en comparant sa victoire avec l’attaque terroriste du 11 Septembre, ça, évidemment, ce sont des attaques racistes.Non, mais je redis que dans le moment politique dans lequel nous sommes, il ne faut jamais caricaturer le débat je combats Madame Dati, ce n’est pas les propos qu’elle a tenus hier soir, donc pardon, je me répète.
02:26:22David Dufresne
Oui, oui.
02:26:23Fabien Gay
On n’est pas entendu, si elle a dit des choses inacceptables, c’est des choses inacceptables. Voilà, je condamne tous propos racistes, antisémites, xénophobes, d’où qu’ils viennent. Voilà je le dis assez clairement. Mais je pense que nous avons besoin, nous à gauche, de rester dans le raisonnement toujours. Il y a l’extrême droite, il y a la droite, il y à là-dedans je mets évidemment Emmanuel Macron et son camp, mais si nous Disons que tout ce qui n’est pas nous est d’extrême droite, nous-mêmes nous caricaturons les choses et je pense que nous n’arriverons pas à la clarifier. Par contre, oui, je regarde bien le glissement depuis 15 ans d’une partie de la droite républicaine qui glisse vers l’extrême droite et je le constate. Et d’ailleurs, je l’ai dénoncé aussi au Sénat. Par exemple, il y a eu des textes qui ont été votés, où j’ai pu m’exprimer, où j’ai dit que j’avais honte une fois du Sénat parce que sur un texte interdisant les mariages de personnes en situation irrégulière, je suis persuadé que même il y a dix ans, ce texte ne serait pas passé. Et donc, je ne regrette qu’une partie de la droite. D’ailleurs, il a qu'à voir l'évolution d'Éric Ciotti, dont une partie de droite, il y à deux ans, a condamné le fait qu’il parte avec l’extrême droite, et je vois qu’en réalité, un certain nombre de son camp continue à faire, y compris des alliances avec l’extrême droite. Donc, pareil, je ne me voile pas les yeux. Et je vois bien ce glissement-là, mais il faut essayer de rester sensé. Je ne connais pas les propos de Mme Dati qu’elle a tenus hier soir, donc je ne m’exprimerai pas là-dessus, mais effectivement, peut-être que stratégiquement, si on ne sait strictement rien, elle a intérêt d’aller rechercher les voix de madame Knafo qui lui a laissé un boulevard pour battre Emmanuel Grégoire très vraisemblablement. Donc elle essaie de tenir un bout avec M. Bournazel, c’est-à-dire au centre, et d’aller chercher en partie l'électorat de Mme Knafo.
02:28:25David Dufresne
Ultime question, justement.
02:28:28Fabien Gay
J’aurais joué le jeu !
02:28:30David Dufresne
Ah mais tu es parfait, tu es parfait, non non, c’est parfait, c' est parfait, c est moi qui suis un peu claqué au bout de 2h43 si tu veux, mais non non c' était parfait, mais ça fait 2h 43 que t’es là ? Ah oui, ah oui, on a démarré 7 heures monsieur ! Alors nous on est la gauche de gauche qui se lève tôt ! Voilà, oui oui bien sûr, je voudrais juste ton regard de communiste sur l'électorat de Sarah Knafo dans le 16e arrondissement, plus de 22 % des voix pour cette dame. La sociologie là, c’est quoi ton regard juste sur ce point-là, extraordinaire
02:29:09Fabien Gay
C’est ce que j'étais en train de développer, justement, c’est que je pense qu’une grande partie de l'électorat de droite traditionnelle a glissé vers l’extrême droite. Pareil, là aussi, il faudrait prendre du temps pour décortiquer les choses parce qu’on m’a souvent dit, notamment dans le Bassin minier que l’électorat communiste avait basculé pour l’électorat de Marine Le Pen. En partie, on peut toujours trouver un électeur ou quelques-uns communistes par des coups de colère, etc. Mais en réalité, le réel, c’est que quand on regarde les études, l'électorat communiste s’est déplacé vers l’abstention et c'était un électorat de droite des classes populaires qui a toujours existé, y compris quand le parti communiste était à 25 % dans le pays. Moi, mes parents étaient militants syndicaux et communistes dans leur entreprise métallos. Il y avait une CGT forte, un parti fort, mais à côté de ça, il y a une classe ouvrière de droite qui votait déjà à droite. Et c'était vrai partout. Sinon, quand la classe ouvrière était massive dans le pays, le Parti communiste aurait dû prendre le pouvoir à peu près partout. Ce qui n'était pas le cas quand même. Regardons bien, il y à un électorat des classes populaires de droite qui s’est déplacé en réalité vers l’extrême-droite. Et là une partie de la bourgeoisie. De droite, elle a basculé vers l’extrême droite, parce qu’il y a une alliance entre le capital et l’Extrême-Droite. Moi je suis, il faut regarder ça de près, parce que l’on parlait de Bolloré, mais ça c’est la phase émergée de l’iceberg. Et notamment chez les grands capitaines d’industrie, un certain nombre se préparent à l’arrivée de l’extrême-droite et ont déjà acquis que, en réalité, il valait mieux, c’est la célèbre phrase, pardon, on revient dans les années 30, Il faut être clair que le Front Populaire, c’est ça le réel, et donc cette bourgeoisie-là c'était extrême droitisée, et dans le 16ème, c’est clairement ça. On va plutôt vers un vote Reconquête et Knafo, plus qu’un vote pour Mariani et le Rassemblement National parce que ça a plus brillé. Bon, il y a l’effet, mais eux ont déjà basculé et renouvelleront leur vote au niveau national. On l’a déjà vu et ça s’accélère donc ça revient en partie à ce qu’on disait tout à l’heure, ne pas regarder ces phénomènes ou faire l’autruche. Ne changera pas, il faut analyser ces faits nous-mêmes pour pouvoir mieux les combattre. Il faut d’abord mieux les identifier et il faut savoir les nommer.
02:32:03David Dufresne
Ultime question, quel est ce tableau qu’on a vu tout à l’heure quand tu as recadré ta tablette ?
02:32:15Fabien Gay
Ce tableau je vais vous le décrocher
02:32:19David Dufresne
Vous êtes Au poste les amis, il est 9h33, nous sommes le 19 mars 2026, Fabien Gay nous fait la déco maison.
02:32:29Fabien Gay
Donc Wangari Muta Maathai qui est militante Kényane, et féministe, pacifiste et écologiste. Donc voilà, elle fait partie avec beaucoup d’autres tableaux évidemment chez moi, des forces de progrès, des femmes et hommes inspirantes. J’en ai beaucoup ici. Allez, je vais vous montrer le deuxième, ça c’est Salah Hamouri que je ne vous présente plus. J’ai été un des premiers à le visiter en prison en 2009 et j’y suis retourné deux fois, et ça c’est Ernest Pignon-Ernest celui-là qui avait fait à la fête de l’Humanité et j’ai le sixième sur soixante. J’avais fait, voilà, bon, allez, je ne vais pas vous faire tout le tour.
02:33:24David Dufresne
Non, non, un prochain live, mais c’est super, merci beaucoup, on te demande juste qui avait fait le premier tableau de la militante.
02:33:37Fabien Gay
Lima, Lia
02:33:43David Dufresne
Alors, l’appartement témoin de monsieur Fabien Gay…
02:33:47Fabien Gay
T’es chez moi et c’est le mien. Ça, c'était : J'écris ton nom, Liberté.Bon allez, c’est bon, j’arrête.
02:33:54David Dufresne
Non, c’est très beau ! Non, non, c’est très beau, attends, tu peux le remontrer ?
02:34:09Fabien Gay
Très joli ! C’est donc au Blanc-Mesnil, voilà, et puis après, bon, non, après c’est des photos,
02:34:18David Dufresne
C'était des trucs militants ou pas ? Mais c’est un petit peu ce que je devinais et je trouve que ça donne un éclairage à tout ce que tu nous as dit. Je veux dire, voilà, tu es entouré de ça sur tes murs.
02:34:28Fabien Gay
C’est ce que nous sommes avec ma femme et mes enfants. La liberté, la paix, l’internationalisme, on l’a au cœur, on le fait vivre au quotidien, dans ses valeurs, et auprès de nos enfants. Ça transpire sur les murs.
02:34:46David Dufresne
Est-ce que c’est déclaré à la haute autorité ? Ah oui, c'était vrai que, comment il s’appelait, Claude Guéant il avait eu un problème avec ça, tu sais, il y avait un tableau.
02:34:53Fabien Gay
Alors bon, ça, je l’ai acheté à la fête, ça je l’ai achetée à la fête.
02:35:02David Dufresne
Tout va bien, tout va bien Fabien, c'était une blague !
02:35:05Fabien Gay
J'écris ton nom Liberté, ça doit être quelque chose qu’on avait eu à un congrès du parti, je crois, à l’ensemble des participants du parti. Non, je n’ai pas de Picasso à 8 millions d’euros, tout le monde le voit bien que ce sont plutôt des posters, donc voilà. Non, mais ça dit quelque chose de qui on est, mais c’est ce qui est normal. Bon après voilà, et l’autre mur, c’est la photo des enfants, et leur mur, pour qu’ils s’expriment. Bon, c’est bon.
02:35:38David Dufresne
Merci beaucoup Fabien pour ta bonne humeur, ta participation, ton exposition et tes expositions d’analyse.
02:35:48Fabien Gay
Allez, on fera la prochaine fois, non, il en reste un peu.
02:35:55David Dufresne
À bientôt, à bientôt ! Merci Fabien, merci beaucoup. Voilà les amis, c'était France Déter Bon, on est porté par, comme en 2024, par l'énergie de l’instant. Je vois bien, je vois bien dans le tchat que vous aimez beaucoup ces matinales, mais c’est épuisant à faire. Je vous assure parce qu’après là, il faut aller préparer. Il y a des invités qu’on arrive à avoir facilement, à convier facilement. D’autres moins, on n’a pas forcément toujours les contacts. Je suis très étonné de voir que certains partis n’ont pas compris que le débat se jouait ailleurs également que chez les médias dominants ou importants. Ou ce que moi j’appelle plutôt conventionnel et convenu, voilà donc je peux souffler je peux souffler Florent mais pas si longtemps parce que si on veut faire une matinale demain matin il faut faut pas que je tarde trop pour faire chauffer le téléphone mais voilà non tout ça pour vous dire que par exemple c’est pas quelque chose qu’on pourrait faire toute l’année. On pourrait s’organiser pour le faire, mais pourquoi ça ne fonctionnerait pas ? Tout simplement parce que c’est le jeu de la politique. Dès lors qu’on est en campagne électorale, on vous répond très vite. Dès l’heure qu’on n’est plus en campagne électorale, c’est beaucoup plus difficile d’inviter, de joindre, de contacter finalement des hommes ou des femmes politiques. Donc là, on est porté par la politique, Alors après effectivement on pourrait se dire, tient, est-ce qu’une matinale plus fréquente que celle du lundi matin pourrait être intéressante à faire, mais à ce moment-là, ça voudrait dire qu’il y aurait moins d'émissions au long cours qui sont quand même notre ADN, quoi, voilà. Alors n’hésitez pas, n’hésitez pas à nous soutenir d’une manière ou d’un autre. Je vous rappelle qu’on a un site.Alors, ah oui, en plus, à 18 heures, je sais qu’ils n’ont pas oublié de vous le dire, à 18h, il y a Jean-Pierre Canet. Bah tiens, je vais essayer de vous mettre la bande-annonce. Jean-Pierre Canet qui va venir nous parler de son documentaire sur les menaces d’ultra-droite. 18 heures et il faut quand même attendre parce que c’est ultra à droite et donc je voulais vous dire que pour nous aider vous avez plusieurs possibilités la droite, oui hop, je vais mettre la bande annonce, voilà, je vous la mets dans deux secondes. Pour nous aider, il y a plusieurs possibilités. La plus intéressante dorénavant pour nous, enfin il y en a deux, c’est soit le don qui existe depuis maintenant quatre ans, si vous êtes imposable vous pouvez choisir cette solution parce que Le don est déductible de vos impôts, si vous faites un don de 100 € il vous coûte en réalité 34 €, 10 €, 3,40 €, et ainsi de suite. Donc ça c’est le classique et depuis maintenant un mois, un petit peu moins, avec notre nouveau site, on a remis en place les abonnements. Et vous pouvez prendre des abonnements sur poste, ça commence à 2 €. Tout le monde a accès à la même chose, qu’on soit abonnés ou pas. Qu’on prenne un abonnement solidaire ou pas. En revanche, les abonnés ont entre guillemets des services en plus. Ils peuvent voter pour leurs émissions préférées qui sont mises en avant sur la home du site. Ils peuvent choisir leur lecteur, leur player, YouTube, Peertube ou l’audio. Ils vont recevoir une info-lettre dédiée aux abonnés qui sera une info lettre éditoriale. Et puis il y a des petites choses, d’autres petits avantages, les programmes eux restent disponibles. Tout et à tous en tout temps et gratuitement et en fait quand vous vous abonnez quand vous faites un don et bien en réalité ce que vous faites c’est que vous financez la production de tout ça et vous financez la gratuité de cette production pour la consultation. Voilà, merci, merci à vous tous, je vais vous mettre maintenant la bande annonce, alors attends, où est-ce que c’est, tac-a-tac, tac, tac ! C'était ici, la bande-annonce de ce documentaire en deux parties de Jean-Pierre Canet, qui sera avec nous. On dirait qu’on n’a pas le son ah ! non, ce n’est pas normal ah bah je suis désolé. Bon bah écoutez, vous pouvez aller voir sur le site d’Arte, la bande annonce. Vous pouvez même aller voir les deux épisodes de la série. C’est sur la menace d’ultra droite, les terroristes, les tueurs de l’ultra droite, cette menace que l’on cache, que l’on oublie. Le documentaire devait être diffusé au mois de février et il a été repoussé, il est maintenant en ligne mais il a été repoussé suite à la mort de Quentin Deranque et Arte avait considéré que ce n’était pas le moment de parler de la violence d’extrême droite. Bon, toujours est-il que le documentaire est là nous aurons les deux auteurs, tout à l’heure à 18 heures sur auposte pour nous parler de leur travail et de leur enquête qui je peux vous le dire fait bien flipper. Voilà les amis ! On se retrouve donc à 18h et on se retrouve demain pour la dernière matinale de la semaine vendredi à 7h ou 7h30 en fonction du nombre d’invités que j’aurais réussi à caler. Vraiment soutenez nous, aidez nous à porter souffler, souffler dans les voiles d’auposte et on embarque tout le monde sur le bateau, sur le cargo, voilà. Je vous embrasse, je vous dis à tout à l’heure, 18h, merci encore à toutes et à tous et un merci particulier à Euryale, toujours là, incroyable Euryale et à Théophile également. Théophile qui s’occupe maintenant des réseaux sociaux d’Auposte et il fait ça de main de maître, et je tenais vraiment à le remercier et à le féliciter, à tout-à-l’heure 18h. Salut les amis, les camarades, les aupostiens.

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