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Nanterre, Nahel, émeutes, Réseaux sociaux : stream et café de messe

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Transcription de l’émission

00:21:15David Dufresne
Là, ça marche ! Amis du café de messe, bonjour ! Il est 11h12, nous sommes dimanche comme chaque dimanche matin, au et au poste. Comment allez-vous ? J’ai tout bousculé la programmation d’aujourd’hui parce que j’imagine que vous êtes en partie là pour ça parce que ce matin même, au réveil, je lis le Monde, je vois une phrase complètement dingue..À propos d’accalmie des émeutes entre la nuit de samedi à dimanche, phrase qui dit est-ce dû à l’effet d’un contrôle accru sur les réseaux sociaux ? Alors là quand je vois ça je me dis que se passe-t-il ? Et j’ai mené, c’est pas vraiment une enquête, j''ai juste passé un petit coup de fil, je vais vous en parler tranquillement dans quelques instants, un petit cou de fil ça faisait bien, désolé ! Que je ne l’avais pas fait, allô Place Beauvau c’est quoi ce communiqué que vous avez fait ? Bon, je vais vous en parler, un communiqué qui prétendait, qui est un faux en réalité, et qui prétendait que les quartiers avaient vu cette mi, leur accès à internet coupé, ce qui ne semblerait pas être le cas, on va en parler tranquillement ensemble, on va faire le point sur les événements, sur les soulèvements des quartiers. Puisqu’il faut l’appeler comme ça, me semble-t-il. Je rappelle à tous ceux qui arrivent, bonjour à tous, je vais vous saluer, je vous rappelle que les RG eux-mêmes, en 2005, je me suis très très bien sorti du rapport de synthèse que j’avais récupéré pour un bouquin, les RG évoquent le soulèvement des quartiers populaires. Ça a d’ailleurs coûté sa tête au chef des RG par Nicolas Sarkozy, c'était donc en 2006, et ça a été une des raisons de la précipitation de la création à l'époque de la DCRI, qui est aujourd’hui la DGSI, où l’idée de Sarkozy était de squeezer les renseignements, de faire DST, RG, ne faire plus qu’un seul groupe. On sait ce que ça donnera un an plus tard, l’affaire dite de Tarnac, etc. Voilà, bonjour à vous tous, bonjour ! Ah oui, attends, je vais m’occuper de ça. je vais envoyer un champs vide en sous-titre, normalement ça devrait être ça, c’est ça ? Non ? Comment ça se fait ?, c’est pas grave, je vais faire un titre. N’importe quoi, c’est pas grave. Je prends pas le tchat encore parce que j’ai pas la fenêtre ouverte mais je vais le prendre dans un instant. Attendez une petite seconde, une petite seconde. Je vais prendre un tchat. Et donc, voilà c'était intéressant de voir qu’en 2005 les services de renseignement n’avaient pas enlevé le caractère politique aux émeutes. Et ça il faut toujours l’avoir en tête politique, au sens vie dans la question de la cité voilà ok alors que se passe-t-il faut-il croire place bobo sur parole dit Jérôme bien sûr que non personne sur parole mais disons que la parole d’un préposé du CICOP donc c’est lui que j’ai eu ce matin et d’ailleurs le communiqué en question je vais vous montrer il est bien fait parce que c'était le bon numéro le CICop c’et le service de renseignement de renseignements enfin d’une certaine manière, mais du service de presse, de la police nationale et du ministère de l’intérieur. Moi, je les appelle, monsieur je ne sais pas, ou madame je ne le sais pas. En général, ils ne le servent pas, etc., donc moi, j’avais arrêté de les appeler. Mais disons que sur une chose aussi simple, aussi factuelle que est-ce que ce communiqué émane de vos services, si on te dit non, Bah oui, sinon, ou alors il y a gros gros mensonge et là ça irait quand même, ça se verrait très vite et ce serait pas bien malin, voilà, je vais vous le mettre, le communiqué. Le communiqué il est là, en fait c’est un faux, donc à toutes les voitures là qui arrivent, bonjour à tout le monde, bonjour au Modo, bonjour à Jesse, bonjour à tout le monde à Euryale, Exaltation Medbel, François, à Jérôme, à tout le monde, voilà, voilà. Vous êtes les bienvenus ici, je chante juste, excusez-moi, je me précipite, je chante juste, voilà mon setting est prêt. Donc, on va parler tranquillement ensemble des événements qui secouent la France, qui révèlent aussi beaucoup de gens, bonjour Loulou, qui révèlent aussi l’extrême nervosité, pour rester très euphémistique, l’extrême-nervosité notamment du monde politique par rapport à ça. On ne se transforme pas ici en B-News, C-News BFM ou je ne sais quoi alternatif. Ce n’est pas le propos ici, ce n’est pas de commenter à chaud des faits, c’est d’essayer d’apporter un petit peu de réflexion. Tout ça en donnant la parole à différentes personnes et d’ailleurs mardi, mardi au poste va inviter, a invité et il sera là lundi matin, mardi matin pardon, Alain Berthaud qui est depuis 2007 un anthropologue qui recense tout ce qu’il peut trouver d'émeutes dans le monde entier et il élabore une réflexion par rapport à ça, ce sera mardi matin à 9 heures au post, il y a un invité au poste sur la même question, celle des émeutes, c’est à dire quels sont leurs portées sociale, économique, politique et non pas uniquement délictuelle voire criminelle, car c'était un tout, les émeute c'était un tout et si on ne veut pas comprendre ce tout, et bien on est mal barré. Bravo Jessie, oh Jesse a pris les commandes ! J’y suis allée après les commandes, bravo ! Donc vous pouvez trouver ça sur le site d’Oposte, je vous en parlerai un peu plus tranquillement. Ce matin je voulais justement parler plus exactement des émeutes, mais il y a eu tout commence, je vais vous le raconter tel que je l’ai vécu en fait, voilà, tout commence par cet article, par cet article, alors attendez je vais essayer de le retrouver du monde. Alors, à la réunion, ça… C’est extrêmement important de voir ce qui se passe dans les territoires d’outre-mer car ce sont en règle générale des laboratoires du maintien de l’ordre. Ce titre-là, nous organiserons en septembre un des tout premiers débats publics d’oposte à Paris avec Elsa Darlin et Mathieu Rigouste sur leur livre « Guadeloupe 67 » où des manifestations ont été réprimées dans le sang en Guadeloup. Donc c’est extrêmement important, par exemple les véhicules blindés que nous voyons aujourd’hui de la BRI, de la gendarmerie qui se déploie, c'était jusqu’ici rarissime. La dernière fois qu’on avait vu ça, c'était, me semble-t-il, le 8 décembre 2018 lors de l’acte 4 des Gilets jaunes, et c'était une démonstration de force, une démo pour montrer ces muscles, etc. On a revu des véhicules de ce type-là. En juillet 2022, je crois, je parle vraiment de mémoire du côté de Beaumont-sur-Oise pour la marche en mémoires à Adama Traoré. Et puis là, vous le voyez maintenant, ça y est, c’est parti, c’est parti. La BRI, le RAID, les véhicules blindés légers de la gendarmerie, c' est-à-dire du matériel militaire. Matériel militaire c’est pas autre chose que ça voilà donc c' est pour ça que j'évoquais ça mais attendez je vais essayer de retrouver l’article différemment parce que je l’ai ici… Je vous raconte les choses, voilà, c’est celui-là, c’est cet article-là. Ce matin, il est 6h21, le Monde publie, après quatre nuits de fièvre, une accalmie relative dans plusieurs villes de France. Le ministre de l’Intérieur fait état de 719 arrestations dans la nuit, plus calme selon Gérald Darmanin, ce qui montre bien d’ailleurs qu’il n’y a pas de relations de cause et effet entre les chiffres qui sont donnés par le ministère de l’Intérieur et la réalité est puisque les autres jours… Où manifestement il y avait plus d'émeutes, il y a eu moins d’interpellations. Là il y a plus d’interpellation et on nous dit qu’il y a moins d'émeute, bon, pas bien. Tout ça pour dire que ces chiffres-là ne parlent que d’eux-mêmes en réalité. Bref, regardez l’attaque du chapitre de l’article du Monde. S, le signe d’un début de lassitude, point d’interrogation. La conséquence du dispositif policier renforcé avec l’engagement d’une unité d’Intervention et de blindés, bien en parler, point d' interrogation. De l’appel à la responsabilité des parents des moteurs lancés par le gouvernement, point interrogation De peine de prison prononcée ces derniers jours en comparution immédiate, point interrogation Tout ça, à parler blindé, en 2005, vous pouvez ressortir les articles, c’est exactement les mêmes. Mais là, nouvelle phrase, l’effet d’un contrôle accru des réseaux sociaux, point d’interrogation, un apaisement temporaire avant le retour de la tempête, etc. Je lis cette phrase, c'était mon premier café, et là je me dis, mais ça veut dire quoi ? Contrôle accru des réseaux sociaux. Oh là, il y a beaucoup de… Attendez, je vais mettre le tchat peut-être différemment et là après on sera bon, on sera bons, on sera bon. Voilà, voilà, là je vais être bien, là, je vais être bien. Merci d'être aussi nombreux et nombreuses. Ah oui, oui, des cafés, moi je m’en prends tout le temps. Donc je me dis tiens qu’est-ce qui se passe et je vois passer, peut-être comme certains d’entre vous, sur Twitter ce communiqué, je m’empresse de vous dire qu’il est faux, je vais vous expliquer comment je le sais, mais je vous le lis quand même. Donc le communiqué il a les atouts d’un communiqué de la DGPN, le téléphone qui est en bas, le mail qui est en bas, L’adresse qui est en bas à droite, tout ça, le logo, l’en-tête, tout ça, c’est du sérieux. Le reste, à la fois dans la façon de le dire et dans ce qui est dit, ça sentait un peu le fake. Sécurité renforcée suite aux émeutes le 2 juillet 2023. Nouvelle mesure en vigueur pour prévenir les troubles à l’ordre public. Le ministère de l’Intérieur tient à informer la population des mesures exceptionnelles mises en place. Le ministre de l’Intérieur ne s’adresse jamais à la population de cette manière-là. Les communiqués de presse, c’est plutôt destiné au relais d’opinion et singulièrement aux journalistes. Enfin, passons. Mise en place pour assurer la sécurité et la tranquillité publique dans le contexte des récentes émeutes. Généralement, c’est un petit peu plus, un petit plus plus, euh… Circonstancié, plus précis que ça. Dans le cadre de notre engagement à maintenir l’ordre et la stabilité dans les zones affectées, des mesures supplémentaires ont été décidées afin de prévenir toute forme de violence et de perturbation. À partir du 3 juillet, donc ce serait à partir d’aujourd’hui, et pour une période déterminée, Ah, on te dit déterminé, mais on ne te dit pas quelle est cette période. Donc ça, là aussi, ça sent le truc pas bien précis, quoi. Des restrictions temporaires seront appliquées à l’accès Internet dans certains quartiers spécifiques pendant les heures nocturnes. Et là ! Le truc qui est terrible, c’est que vu l’ambiance dans laquelle on est depuis des mois et des années, dans ces coups de boutoirs qui sont faits régulièrement aux libertés individuelles, publiques et fondamentales, dont nous essayons au poste de modestement, sur lesquels on essaye au postes de, avec nos petits moyens, de réfléchir, de contrer cette tendance. Grosso modo de démocrature, c’est-à-dire pas tout à fait, non mais justement Lille tu vas comprendre, l’info, ce communiqué est info, mais ce qui est intéressant c’est que pourquoi il a tourné ? Parce qu' il a en lui quelque chose de Roubaisien, pour paraphraser Johnny. En ce sens que l’idée de dire « tiens, si on allait réduire l’accès à Internet à certaines parties de la population, c’est de l’ordre de l’imaginable ». C’est là où les fake news sont les plus redoutables, dès lors qu’elles sont évidemment plausibles. C'était plausible, mais je m’empresse à vous le dire. Oui, je sais que si j' ai bien essayé de faire une blague. C’est ça qu’il est en fait préoccupant, c’est de se dire merde, Merci beaucoup merci beaucoup. On a besoin de soutien pour les mois qui viennent. Ces restrictions visent à prévenir l’utilisation abusive des réseaux sociaux et des plateformes en ligne pour coordonner des actions illégales et incitées à la violence. Il est important de noter que ces restrictions ne sont pas mises en place pour restreindre les libertés fondamentales des citoyens, mais plutôt dans le but de préserver leur sécurité, ainsi que celle de leurs biens. Là, je me dis, les mecs, ils font de la provoque. Quand bien même, on nous répète, C’est-à-dire la fin des années 70, la première des libertés, c’est la sécurité. Rappelons que ce n’est pas du tout le message des révolutionnaires de 1789 qui plaçait la liberté au-dessus de tout et qui ne parlait pas de sécurité mais de sûreté. Et la sûreté, c'était notamment face à l'État, face au pouvoir, quand il parlait de sûreté, c'était ça. Voilà, donc trois siècles plus tard, ça devient cette phrase qu’on… Je ne sais pas qui a fait ça, celui qui a fait ça, je ne sais plus si c’est des Russes. Ou si c’est des arts des choix mais c' est bien foutu, de ce point de vue là c' est bien foutu parce que d’une certaine manière là aussi ça reprend un peu maladroitement l’arrêt torique dans laquelle on est aujourd’hui, on vous surveille pour que vous soyez libres, c’est quand même ce que Laurent Nunez dit quand il dit moi j’envoie des drones c’est pour vous permettre de manifester, donc l’inversement des paroles… Pas de la pensée, elle est à l'œuvre tout le temps. Donc là, d’une certaine manière, ce communiqué, qui est bidon, reprend cette idée-là. Alors, non mais Merloc, j’ai commencé par expliquer que pourquoi moi j’utilisais le terme de soulèvement, bien sûr, bien sûr. GG Gamma, bonjour David, je pense que si tu refais des facts checks, ce serait bien de mettre un gros fake sur l’image pour éviter que quelqu’un puisse reprendre l’image de ton tweet et la diffuser. Écoute, moi je ne suis pas le gardien des consciences, je comprends ce que tu veux dire, mais moi j’aime bien les documents bruts, mais je comprends ce que veut dire. Je continue, je vais essayer de vous répondre. Alors effectivement, là où le truc qui cogne, c’est que dans le même temps, Elon Musk a réduit Twitter. On va en parler, cette nuit. Or, de ce que je comprends, le soulèvement, les émeutes se propagent. Surtout par snap, tiktok, c’est pas tellement Twitter, Twitter c'était plutôt le débat, c'était plutôt l’alerte mais disons que c'était plutôt d’autres réseaux sociaux. Mais il se trouve que le hasard a voulu que cette nuit, Musk qui cherche des ronds a voulu réduire l’accès à tout le monde. En tout cas à tous ceux qui ne payent pas d’abonnement, son réseau social. Ce qui fait qu’on a un parallèle entre ce communiqué et Twitter, et les twittos dont je suis, qui sont dit qu’est-ce qui se passe depuis ce matin, il y a des bugs sur Twitter et puis je vois ce fou communiqué. Et évidemment les atouts d’un bon communiqué etc. Twitter compile les vidéos absolument. Bon voilà, Twitter est plus un réseau il y a un article du Monde qu’on pourra lire, si ça vous intéresse. Ce n’est pas qu’une histoire de thunes, ils ont été des DOS. Oui, tu as raison. Alors, on reste, si vous voulez, bien sur le communiqué. Et après, on va déborder un petit peu. Mais vous allez voir qu’il y a un fond de vérité dans ce communiqué révélé par là-bas, si j’y suis. Je vous en parle dans deux. De plus, les mesures ne toucheront pas les services essentiels tels que les hôpitaux, les services d’urgence, les infrastructures critiques. Là, ça devient un peu compliqué de demander à un opérateur, dis donc, tu me vises ça, mais pas ça, etc. Je ne sais pas s’ils ont tous les numéros d’IP, etc., mais bon, voilà. De plus, nous tenons à rassurer la population que les services téléphoniques qui permettent de joindre les proches ou de contacter les équipes médicales en cas de besoin, fonctionnent normalement. Les opérateurs de téléphonie mobile FX continueront d’assurer leur… Service sans interruption afin de garantir la disponibilité de communication essentielle à tout moment. Voilà ce communiqué qui apparaît. Si ça vous intéresse, je vais vous mettre l’adresse du fil, il est là, je vous le mets dans le chat. Selon le service de presse de la police nationale que je viens de joindre. Donc en fait ce que j’ai fait, c’est que j’ai appelé allo Place-Beauvau. Cette fois il m’a répondu. Alors la voix blanche de celui qui me répond. Oui, qu’est-ce que vous voulez monsieur Dufresne ? Bah je voudrais savoir si vous avez vraiment écrit ce communiqué ? Non. C’est un fake news. C'était comme ça qu’on m’as répondu… Bon, c’est pas nous. Je lui dis mais comment ça c’est pas vous… Mais vous êtes quand même au courant. Oui, on a repéré ce communiqué, mais c’est pas de vous, etc. Et ça s’arrête là. Il me dit, mais est-ce que vous allez faire un article ? Je lui dis, ah bah oui, je vais faire un tweet, quoi. Voilà. Donc là, je pense que s’il est remonté directement au service du ministère, vous savez que chaque matin, le ministre reçoit… Et là, à mon avis, c’est en temps réel, mais chaque matin, le ministre reçoit, depuis maintenant, les gilets jaunes à peu près, reçoit une revue de presse, réseaux sociaux. C’est-à-dire que, bon voilà. Et il y a certains tweets, certains comptes Twitter qui sont mis en avant en disant, attention, alertes, si Rémy Buzyn est là, par exemple, bon, voilà. Il y a un travail de renseignement qui est fait, de veille qui est faite, etc. Voilà.. Si à la limite, si vous avez des liens à mettre, vous pouvez peut-être les mettre en réponse à mon trade, on va essayer de voir ça. Donc il me dit, c’est bidon, voilà, donc on se quitte. On convient qu’en effet les formulations ne sont pas les formulations habituelles. Alors je sais que là dans le tchat, certains disent oui mais de toute façon c'était simple de le savoir, Darmanin l’a pas relu ni le site du ministère de l’Intérieur. Attention, Darmanin ne relaie pas tous les communiqués, parce que déjà qu’il en fait beaucoup de tweets, il les met pas tous, et pareil ils ne sont pas tous sur le site. Un certain nombre de communiqués de presse, c’est le cas de celui-ci, sont en fait envoyés à la presse et ne sont pas nécessairement mis sur le site du médecin d’intérieur. Donc ça ne suffit pas de dire qu’ils ne l’ont pas retweeté ou récupéré. Oui, tout le monde ment, mais dans ces moments de bascule, il me semble important qu’on essaye les uns et les autres, Quelle que soit sa perspective, d’essayer d’avoir le discours honnêtement le plus, comment dirais-je, intellectuellement honnête. Voilà. On ne va pas se baser sur des conneries. Maintenant, si effectivement le gouvernement commence à faire ce genre de choses, vous pensez bien qu’on sera là. Mais voilà que ça se complique, c’est que là-bas, si j’y suis, à révéler, À réveiller ! Alors, je vais me couper deux secondes parce que justement, grâce à vous, grâce à vos abonnements, à vos dons et tout ça, il faut juste que je trouve… Merde ! Comment vais-je faire ? Ah si si, je sais comment je vais le faire. Bougez pas. Je sais. Donc j’ai abonné au poste juste avant l'émission mais il faut que je retrouve le mot de passe que je suis par ailleurs. Attendez, une toute petite seconde, je reviens avec le mot de passe pour aller lire l’article de là-bas, si j’y suis. Allez, je vous le mets plein pot, je vais vous le lire parce que là, je n’ai qu’une petite partie de l' article. Le 1er juillet, le site de Daniel Mermet, là- bas si j’suis, révèle ceci. Allez, je vous le mets. Voilà. Le gouvernement a fait une étrange demande hier soir, vendredi 30 juin, aux opérateurs de télécommunication. Il leur a demandé s’il leur était techniquement possible d’empêcher certains quartiers de se connecter à Internet en 4G ou en 5G. Voilà peut-être la source du mal. Je récupère le mot de passe pour aller lire l’article. Je vous laisse deux petites secondes. Je suis désolé, tout ça est très précipité. On essaie de faire mieux Alors voilà, de revoilà, en plus, j’en ai profité pour aller me chercher un petit café. Un petit café, I love postes, une petite tasse, enfin elle est énorme, en fait elle est énorme. Alors, je rentre, j’arrive les amis, je me connecte, c’est fait, c’est fait c' est fait, on va pouvoir lire l’article en entier, ça y est c’est fait. Voilà, donc j’en profite pour vous dire qu’en effet, grâce à vos dons, nous pouvons souscrire à des abonnements, parce que l’idée c’est que si on veut avoir une information de qualité, une information indépendante, autonome, il faut soutenir. Donc voilà, c'était une espèce de cercle vertueux. Nous ne lisons pas de papiers auxquels nous n’avons pas accès. Cette de cette manière là donc voilà 1er juillet donc moi j’avais lu que le voilà il est là le papier regardez c’est Anaelle verso qui nous écrit ceci donc pour ceux qui arrivent nous sommes en train de debunker un faux communiqué qui est prêté au ministère de l’intérieur qui aurait décrété qu’il allait couper ou faire couper l’accès internet la nuit dans les certains quartier. Fake news, you are fake news. Maintenant l’idée est en gerbe et c’est ça qui est important et c’est ça qui est préoccupant et c’est pour ça qu’on en parle au poste. Le gouvernement a fait une étrange demande hier soir vendredi 30 juin aux opérateurs de télécommunication. Il leur a demandé… Je vais vous mettre le lien… Dans le tchat, voilà. Je vous rappelle que tous ces liens, vous les retrouverez dans le journal sur auposte.fr Le gouvernement a fait une étrange demande hier, donc hier c'était vendredi. Par rapport à la date du papier. Il leur a demandé s’il leur était techniquement possible d’empêcher certains quartiers de se connecter à internet en 4G ou en 5G. Le gouvernement a interrogé les opérateurs de télécoms Orange, Bouygues, SFR, Free, leur demandant s’ils étaient techniquement possibles de couper la data mobile 4G, 5G sur certains quartiers en France, les quartiers les plus chauds, après la mort de Naël. L’idée qui vient du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. C’est d’empêcher les personnes mobilisées dans ces quartiers de se connecter à internet en extérieur afin qu’elles ne puissent plus communiquer par les réseaux sociaux exceptés en Wifi. Contacté, le ministère de l’Intérieur n’a pas confirmé cette information. Si la demande du ministre était mise en place, ce serait une première en France. En retour, les opérateurs de télécommunication au Osito font savoir au gouvernement que couper l’accès au data via la 4G ou la 5G était techniquement irréalisable ce soir, mais faisable par la suite. Mais faisable par la suite. En fait, pourquoi la 4G et la 5G ? Parce que c’est le signe de la mobilité, la boxe éventuellement tu peux transmettre depuis ta fenêtre, mais de fait tu es fugué. Bonjour Pimiko Alors Tiasmo, là ce que je lis c’est l’abat si j’y suis, qui ne cite pas sa source, mais là bas si j’suis, c'était un journal sérieux, voilà. Contactez le ministre, voilà, excusez-moi, mais fais ça par la suite. Ils ont cependant tenu, ils, les opérateurs de télécommunication, ont cependant tenus à préciser qu’il ne serait sans doute plus possible d’appeler les secours en cas d’urgence, Donc voyez que par rapport aux faux communiqués, là il y a une contradiction, que la plateforme très haut débit de la police, de la gendarmerie PC Storm ne fonctionnerait pas, ce serait ballot. Alors là, pour le coup, ce serait balot. Que sur le plan juridique, c’est illégal, sauf si l'état d’urgence est décrété. Et peut-être, et pour être en parfaite légalité, la loi sur l'État d’Urgence devrait être modifiée. Pour le moment, l’Élysée renonce à faire appliquer cette mesure, mais Gérald Darmanin fait pression. Si la situation se tend, les souhaits du ministre de l’Intérieur pourraient bien se réaliser. Voici donc ce qu'écrivait le journal « Plus près des jetables que des notables » et des portables, là-bas, si j’y suis, j’ai rajouté. Mort de Nahel, Darmanin veut couper les réseaux. Il a été publié il y a deux jours, le 1er juillet. Voilà, donc là nous avons à peu près les informations qui sont connues de tous et je vous rappelle que ce qui m’a mis un peu la puce à l’oreille, c’est cette phrase Sibylline qui évoque un contrôle accru des réseaux sociaux. Alors est-ce qu’il s’agit d’une surveillance accrue, ça ou ? Il n’y a aucun doute là-dessus. Est-ce qu’il s’agit… Oui, pardon, on est le 2 juillet, oui, qu’on fonde tout, parce il parle de la date du 3 juillets, pardon. Voilà les amis. Alors, concernant Twitter, si jamais tu peux mettre de côté dans l’application située les questions avec ou plus exactement les liens qui pourraient nous donner des informations, tout à l’heure quelqu’un a mis un lien de Numerama, ce serait bien qu’on aille voir. Donc à l’heure qu’il est, je n’ai pas d’autres informations que celles-ci, je voudrais juste rappeler un point extrêmement important. En 2005, il se trouve que moi j’habitais en Seine-Saint-Denis, que je travaillais dans une chaîne d’information et que j'étais écartelé entre ce que je voyais dans mon quartier et ce que la télé pouvait raconter. Bon, je vous raconterai ça un autre jour. Mais ce qui est très intéressant, c’est que début novembre, donc rappelons-nous les émeutes. 2005, ça démarre le 27 octobre 2005 à la mort de Zyed Bouna et des blessures gravissimes de mutine, le troisième, les brûlures, voilà c'était ça que je cherchais, et il va y avoir très vite, il y a quelques chaînes d’information à l'époque, il y en a deux, il y a ITL, il Y a LCI, il a Franc info, il y a la presse qui commence sur le web à faire un peu de live. Et le gouvernement de l'époque, emmené par Dominique de Villepin, qui va demander à Chirac de le décréter, une des choses que le gouvernement arrivera à faire, c’est qu’il n’y ait plus de ce qu’ils appelaient le « hit parade » des quartiers, soir après soir, sur TF1, sur France 2, etc. Ils avaient obtenu ça. Donc je rappelle qu’il y a maintenant presque 20 ans … Il n’y avait quasiment pas de… Enfin il y avait des téléphones mais il n' y en avait pas… Les téléphones n'étaient pas munis de… Ni de vidéos, ni de photos, ni d’appareils, c'était vraiment très sommaire. Ça n’a pas empêché un soulèvement de 3 semaines national. 80 départements sur 100 touchés. Quelque chose d’extraordinaire. En étendue, en densité et en durée. Donc ce que je veux dire c’est que les uns et les autres qui tapent sur les réseaux sociaux en disant c’est ça qui crée la colère, non, ce qui crée la colère c' est la misère, c' sont les relations police population, c' est la non écoute, c’est aussi pour certains la joie à le faire, voilà c est tout ça, c n’est pas alors que sur une vidéo plus participer au plaisir c’est possible mais c’est pas les raisons de la colère enfin franchement oui c’est les jeux vidéo non bien sûr que non voilà donc ça c' est extrêmement important alors Twitter ce qui s' est passé par rapport à ce ce communiqué Ce qui s’est passé, je vois que Valca dit attention, un faux communiqué circule sur une mesure de coupure d’accès à internet et risque de faire perdre de l'énergie précieuse à plein de gens. Pour l’heure, il n’y a aucune source officielle. Sachez que les brouilleurs existent et sont déjà utilisés. Voilà, ça c’est un rappel de bon sens. En effet, les services de police peuvent localement utiliser des brouilleurs, peuvent localement utiliser des valises qui permettent de capter les téléphones. Des valises, des Msi Catchers qui se font en fait passer pour des antennes relais et ça permet de savoir qui est en train de communiquer avec qui, quel numéro avec qui etc. Ça peut se déployer assez facilement. Voilà, oui bien sûr et dans les années 1789 etc, etc. Donc oui oui en effet à l'époque on mettait le feu, la faute sur les jeux vidéo dans les 80 c'était la fosse aux films violents etc. C’est-à-dire que c’est toujours une façon d'éviter la réflexion globale qui est absolument nécessaire de rejeter la faute, soit sur des outils, soit sur de la culture, etc. Alors, concernant… Concernant les réseaux sociaux, on pourra lire tout à l’heure, si vous voulez. C’est à cause de la presse 1789. Bah non, justement, la presse va voir et clore la presse, même si effectivement, il y a déjà des clubs de pensée, etc., il y en a quelques journaux, mais une des grandes, grandes avancées de la Révolution française, c’est évidemment la consécration de la liberté d’informer. Absolument. Liberté d’informer qui aujourd’hui est quand même pas mal mise à mal.
01:00:25David Dufresne
Merci à tous d'être aussi nombreux et nombreuses, je reprends le fil de notre conversation dans une seconde, le temps de tweeter que nous sommes en direct. Il faut quand même que tout ça serve. Voilà, si vous voulez partager le lien parvenir du monde, voici l’annonce. Voilà, voici l’annonce, n’hésitez pas. Alors, je voulais vous dire, alors, je voulais aussi vous citer le courrier international car Courrier International fait un tout petit résumé qui est très intéressant. Sur Musk, parce que vous savez que cette nuit, en fait, depuis hier, il y a eu tout un tas de décisions, on pourrait dire contradictoires de la part de Twitter, et évidemment ça rentre en ligne de compte avec le communiqué débunké, j’essaie de retrouver… Voilà, c’est ici. International. Pendant que vous dormiez, émeute en France, Twitter, Pays-Bas Israël et donc voilà, je vais tout de suite sur le passage Twitter. Elon Musk restreint la lecture des tweets. Le propriétaire de Twitter a justifié ce changement radical par des préoccupations liées à l’aspiration de données et à la manipulation du système, notamment par des intelligences artificielles. Les comptes vérifiés sont limités à 6000 publications visibles par jour, les comptes non vérifiés à 600 et les nouveaux comptes non vérifiés à 300. Plus tard ! Ces limites seront portées respectivement à 10 000, 1 000 et 500. Suite à cette décision, les plaintes d’utilisateurs dominaient les trending topics avec des hashtags comme Twitter Down, RIP Twitter, etc. Donc, au moment même où il y a ce faux communiqué qui nous dit que l’État a mis en place l’idée de couper Internet à une 4G, 5G data mobile à certains quartiers. Pendant les émeutes, la nuit, communiquer qu’ils s’avèrent faux, selon les gens du ministère de l’Intérieur que j’ai au téléphone. On apprend par, donc, les copains de la base JSW que l’idée est en germe, puisque c’est Darmanin qui en aurait parlé vendredi soir aux opérateurs de Télécoms, qui leur ont dit c'était pas possible pour l’instant, ça pourrait l'être, mais pas tout de suite. Et, au même moment, pour une toute autre raison… Voici que Musk restreint, pour des raisons étranges, tantôt économiques, tantôt techniques, à restreindre l’accès à Twitter. Et donc, ces deux événements, dans leur parallélisme, font que ça se passe. Pourquoi ? Par ailleurs, effectivement, Serviez a raison, visiblement, Twitter, c’est Otto Dedeos. C’est-à-dire qu’il s’est envoyé lui-même ses propres requêtes, donc il s’est mis lui-même par terre. Voilà, c’est ça, Tène a raison. Des raisons pécuniaires et idéologiques. Voilà, je pense que de toute façon, c’est vraiment à l’image de Musk. Sauf qu’ils se trouvent que Musk, si mes souvenirs sont bons, une des premières choses qu’il a faites en arrivant. Sur Twitter, c’est qu’il a viré un grand nombre de développeurs. Non, c’est Twitter mondial, ce n’est pas que Twitter français. Moi je pense que oui, oui, à tort, le raccourci a été fait à tort. Je le pense. On verra, on verra ce que les heures vont nous révéler, les heures qui viennent vont nous révéler. Mais bon, voilà, je pense que le ou les auteurs ou les autrices du faux communiqué ont surfé sur ça. Alors, Aonim, que penses-tu de la réelle restriction de liberté de déplacement à Toulouse depuis trois jours, le métro est fermé le soir uniquement dans les stations qui desservent les quartiers à la demande de la préfecture ? Ben là, on est effectivement dans des restrictions de liberté d’autant plus choquantes qu’elles sont discriminatoires. Et ça, qui est par ailleurs extrêmement choquant. Donc de toute façon, ici, les fidèles du poste le savent. Mois après mois, on est quand même dans une logique de restriction des libertés. Alors aujourd’hui, c’est un pouvoir qui est délégué en fait aux préfets. Darmanin avait reçu les préfets, avait fait des visios avec les préfet tous les jours et il leur demande de faire ça, ce qui permet à l’État de ne pas encore décréter l'état d’urgence parce que ça révélerait certaines choses de ce qu’il est. La presse étrangère et vend debout contre En tout cas, la presse étrangère de qualité, qu’elle soit de gauche ou de droite, ne comprend absolument pas ce qui est en train de se passer en France, la Presse étrangère, et notamment sur la question de la restriction des libertés. Donc tout à l’heure, on parlait de démocrature, la démocrature on n’est pas tout à fait dans une dictature, je pense que ça c'était quand même assez clair, la preuve, on peut se parler là, mais on n' est plus vraiment dans une démocratie, ou en tout cas on est dans une démocratie extrêmement abîmée. Et c’est évidemment dans les moments de crise que l’on voit les failles ou les forces, ou les deux. Que l’on voit l'état de la démocratie. Non, non, mais Zato, il ne faut pas se leurrer, alors en France Twitter est assez important, bien plus que dans d’autres pays, Twitter est vraiment une espèce de fil d’annonce, de dépêche pour beaucoup de gens, pour tout ce qu’on appelle les décideurs, les politiques, les journalistes, etc., donc effectivement c’est important, mais la France, dans l’océan mondial ? Twitter, c’est peanuts. Il ne va pas s’amuser à… Je peux me gourer mais… Marcelle, l’ONU a demandé il y a deux jours à la France de réfléchir à ce qu’elle était en train de faire. Et alors là c’est fou parce que comme toujours maintenant, les bots et les trolls macronistes t’attaquent en te disant mais c' est faux, c' n’est pas l' ONU, c' s' est le Haut Commissariat aux droits humains. Ben oui, mais enfin ça fait partie de l’ONU, voilà, c’est l' ONU. La Ligue des Droits de l’Homme, elle travaille là-dessus aussi, tout le monde travaille et la France, effectivement, astrologie, tu as raison, a répondu, il n’y a pas de racisme systémique dans la police. Alors Khosof, oui, alors effectivement, oui peut-être qu’on pourrait… Alors, parce que j’ai effectivement un compte Mastodon depuis longtemps, mais là c’est vrai que j’envoie des tweets plus facilement parce que, bah voilà, il y a 150 000 followers, là où sur Mastodon il y en a 8 000. C’est toujours pareil, c' est da v duf, sur Mastodon comme sur Twitter. Après Mastodon les usages font que d’envoyer tes tweets automatiquement sur Mastodon c’est pas très très bien perçu quoi, voilà. Charlevin, est-ce que je peux parler de la mort d’Angoulême ? Alors c’est Mediapart qui a révélé en effet qu’il y a quelques semaines, je vais essayer de trouver l’article, il y a quelques semaines, d’un jeune homme. Il y a quinze jours, voilà, 15 jours avant Nahel, Aoussen, 19 ans, a été tué par la police à Angoulême dans une indifférence quasi générale, ce jeune Guinéen de 19 ans était tué par la police le 14 juin dernier, alors qu’il partait travailler, ses proches qui ont déposé plainte remettent en cause la version policière et demandent de justice pour lui et pour Naël. C’est un papier de Mediapart qui a été David Perrotin, voilà. Effectivement, il n’y a pas de vidéo. Évidemment, c’est l’altruisme aujourd’hui de le dire, mais vidéo, pas vidéo, ça change tout. Et même quand il y a une vidéo, ça ne change pas toujours. Rappelez-vous qu’il s’est trouvé tout un tas de policiers pour expliquer, pour justifier les coups reçus par Michel Zecler. On en a vu aussi défendre le policier. D’aujourd’hui en détention provisoire, qui a exécuté Nahel. Oh oui, c’est une exécution, je veux dire. Effectivement, il y a une cagnotte qui circule pour le policier. 500 000 € auraient été déjà récoltés pour assurer la défense du policier. Depuis le dernier stream, il y a eu aussi ce qui est intéressant parce que c'était juste après notre rendez-vous. Conversation avec Anthony Cahier c’est le porte-parole de la CGT Police et Anthony Caillet avait le jeudi de mémoire donc c'était une conversation de deux heures que je vous invite à aller écouter c’est sur le site auposte.fr c’est gratuit puisque ici il n’y a pas de produit c’est gratuit grâce à vos dons et à vos subs tous les Les centaines d’heures d’entretien sont disponibles pour tous et partout. Je vous ferai un petit tour du site tout à l’heure. En bref, Anthony Caillé et ceux qui ont posé la question de l’extrême droite dans la police considéraient que l’Alliance ne pouvait pas être considérée comme d’extrême droite. Je ne suis pas d’accord avec lui, mais la question n’est pas d’accord ou non avec les invités, la question est de savoir ce que les uns et les autres pensent et d’essayer de dresser des pistes. De construire des ponts comme l’avait dit le tchat etc. D’essayer de voir des points intellectuels de réflexion, essayer de s’informer le mieux possible pour ensuite avoir des analyses axées libres, exactement sorcière tu as raison, axées libre plutôt que gratuites. Et donc patatras, quelques minutes plus tard, L’actualité lui donnait tort. Dire puisque il y a eu ce fameux communiqué de l’UNSA police et d’Alliance, je pense que c’est important qu’on revienne un petit peu. Je vais essayer de vous le trouver. Il va être par là Voilà, ce communiqué qui n’est pas une fake news. C’est pour ça que c’est complètement débile d’inventer des comiques parce que déjà les vrais sont assez occupants. Alliance. Donc Alliance, pour la petite histoire, c’est un syndicat qui existe depuis un certain temps et qui avait été propulsé par Nicolas Sarkozy en son temps, donc dans les années 2005, 2006, 2007, 2008, pour, enfin 2005 à 2007, je ne sais exactement, pour justement donc syndicat de droite, de droite toute Mais à l'époque de droite, on va dire, voilà. Syndicat, Alliance, c’est les gardiens de la paix. Ce n’est pas les officiers de police ni les commissaires, c’est les autres. Ce syndicat avait été propulsé par Sarkozy, notamment contre les syndicats dits de gauche, tels que Unsa Police. 20 ans plus tard, ces deux syndicats ont fait alliance pour se retrouver dans ce qu’on appelle le Bloc syndical. Et je vous montrerai tout à l’heure, on va le faire maintenant, c’est comme ça c' est mieux, on sait de quoi on parle. Le Bloc Syndical, composé notamment d’Alliances Police Nationale et de l’Union de sa Police, a recueilli en décembre dernier. Voici le résultat des élections professionnelles. Résultat 2002, vous voyez que le Bloc syndical est là. C’est lui qui a recueilli la majorité écrasante des voix, 49,45 % des voix. Donc le comique que je vais vous lire, ou que vous avez peut-être lu, c’est 49, 45 % des voies sachant que le taux de participation est soviétique, il est de 77 %. Nulle part dans la fonction publique, il y a un tel taux de syndicalisation et de participation aux élections. Voilà donc ça c’est quand même extrêmement important, la CGT Police Anthony Caillet qu’on avait reçu c'était 1,93 %. Comico du 30 juin. Maintenant ça suffit. Passe à ces hordes sauvages. Il n’y a aucun guillemets qui pourrait atténuer rien. Passe à cette horde sauvage. Demander le cas ne suffit plus. Il faut l’imposer en gras. Rétablir l’ordre républicain et mettre les interpellés hors d'état de nuire doivent être les seuls signaux politiques à donner. Passe à de telles exactions. La famille de la police doit être solidaire. Très intéressant cette idée de famille police. Alors ordre sauvage. On sait bien qu' il n’y a pas besoin d’appuyer pour comprendre le côté immonde du terme. En revanche, la famille police, c’est intéressant, parce que ça veut dire qu’elle se voit comme un clan, comme une mafia. Oui, la Famille de la Police. La famille polie doit être solidaire. Nos collègues, comme la majorité des citoyens, n’en peuvent plus de subir le diktat de ces minorités violentes. Leur n’est pas à l’action syndicale, mais au combat contre ces « nuisibles ». Alors là, il y a un guillemets, et c’est presque plus grave. Car à ce moment-là, il y un guillemets, c' est qu’il désigne quelque chose de particulier. Et « nuisible », c' était le terme qu’employaient les nazis concernant les juifs. Non, c’est pas la famille Poulaga, c’est la maison poulaga, le vrai terme. Quand tu dis, il me semble, enfin moi j’en étais resté à ça si tu veux. Se soumettre, capituler et leur faire plaisir en déposant les armes ne sont pas les solutions au regard de la gravité de la situation. Alors, là le sous-texte, c’est que ces policiers considèrent que d'être à distance Et finalement, de laisser… La sous-pape de la cocaïne minute vers son travail, c’est-à-dire de laisser les gens qui se soulèvent, les émeutiers, appelez-les comme vous le voulez, s’en prendre à des biens publics, à des biens physiques, et rester à distance pour éviter la confrontation, pour évité les blessés, pour évite les morts, et grosso modo le maintien de l’ordre et pratiquer..Donc en Europe, pour ces policiers-là, c’est pas bon, il faut aller à la confrontation. Non, je ne sais pas d’où vient ce terme. Tous les moyens doivent être mis en place pour réinstaurer au plus vite l'état de droit.Alors là, ce qui est intéressant, c’est que… L'état de droit, c’est quoi ? Et il agit au nom de quoi ? C’est toujours la même question, mais ça, ça s’arrête toujours. Vous voyez, dans les… C'était ce que j’ai dit aux gens de BFM qui voulaient m’inviter, j’aurais dit non, moi je viens pas. Moi je viens par, moi, je veux parler de politique. Je veux parler du fond des choses. Et vous allez m’arrêter en disant non, non, est-ce que vous condamnez les violences ? C’et pas la question. La question c’est pourquoi il y a des violences. Quelles sont les raisons de ces violences ? Je vous le redis, mardi nous serons avec Alain Bertho à 9h au poste qui est un anthropologue qui depuis 2007 recense toutes les émeutes dans le monde entier. Alors Zato, il faudrait que tu envoies ton lien à Jesse en DM, s’il te plaît, si tu veux bien. Voilà, et par ailleurs, un état de droit qui génère une société injuste… Est-ce que c’est défendable ? Est- ce que c' est attaquable ? Alors, une fois rétabli l'état de droit, nous savons déjà que nous revivrons cette chienli que nous subissons depuis des décennies. Ce qui est intéressant dans ce discours syndical, c’est que c'était toujours le même. Ça fait effectivement 20, 30 ans. On pourrait ressortir les communiqués d’Alliance en 2005, ils sont moins haineux, mais le fond est le même, or ce que moi je reproche aux syndicats de police, majoritaires, c’est de ne jamais réfléchir au sens de leur travail. Ils ne parlent que de moyens, que de missions, mais jamais quel est le sens de leur travail. À quoi ils servent, à quoi ils ne servent pas. Est-ce qu’il y aurait moyen de faire différemment ? Jamais. C’est toujours plus, toujours plus toujours plus. Merci beaucoup Sentier Battant qui nous fait un petit peu d'étymologie concernant le mot nuisible si j’ai bien compris. Alors bon, le terme chiant lit. Pour ces raisons, Alliance Police Nationale et UNSA Police prendront leur responsabilité et préviennent dès à présent le gouvernement. Quelle issue ? Nous serons dans l’action et sans mesure concrète de protection juridique du policier. Alors le policier, c’est très intéressant. C’est la première fois que je vois des policiers avec un P majuscule, c' est-à -dire une essentialisation du métier. Alors là, c' est très intéressant parce que jusqu' ici on nous expliquait "Ah non, mais attendez ! Vous connaissez le principe de la pomme pourrie, il y a des pommes pourries mais tout le panier n’est pas pourri. En règle générale, quand il y a une pomme, les autres pourrissent vite. De toute façon c’est un bon truc, pas une bonne image. Mais disons qu’il y avait cette idée de dire non non mais il y avait des goûts distincts à faire. Moi j’ai toujours pensé que c'était difficile de dire les policiers dans leur ensemble, mais en revanche, de parler de la police, parce qu’elle est une institution, ça n'était pas essentialiser les choses, c’est mettre des mots précis sur la situation. On peut parler de LA police et critiquer LA police parce que ça a un sens. Là, dans ce communiqué, on nous explique qu’il y aurait… un policier avec un P majuscule qui représenterait tous les policiers. Donc là, c’est carrément, c’est très étrange, cette bascule, en nous disant donc, on est là, nous les flics, mais s’il n’y a pas de mesure concrète de protection juridique du policier, c' est à dire, vous avez mis, parce que le truc est là. Vous avez mis la justice amie en détention, un de leurs collègues. Je vous avais raconté que Lienard, un des deux avocats spécialisés dans la défense des flics, avait expliqué que, en 31 ans de métier, c'était la première fois qu’il voyait un policier être mis en détention dans une affaire de violence policière. Moment même où il est présenté au juge. Intéressant, on a tous compris qu’effectivement il y avait l’idée d’acheter la paix sociale parce que ça se voyait trop, là ça se voyait trop. Et bien ces syndicats n’ont pas supporté ça, donc ils parlent de protection juridique du policier, quel qu’il soit, quoi qu’ils aient fait etc. Sous-entendu, bon vous ne les mettez pas en cause parce que les syndicats de police sont toujours très rapides à réclamer la présomption d’innocence. Ce en quoi je suis d’accord, mais à ce moment-là, pour tous. Pour tous et pour toutes. Et on ne commence pas à salir les victimes. Parce que là, on fait des présomptions de culpabilité. Ça ne va pas. Ça ne va pas. Excusez-moi, je m'énerve. De réponse pénale adaptée, de moyens conséquents à porter, les policiers jugeront de la hauteur de la considération portée. Alors là, c’est une petite menace. Bon, OK, on va faire le boulot là, dans les quartiers. Mais attendez, quand ce sera fini… On va avoir des revendications et vous avez intérêt à vous y tenir. Car regardez bien en grain, aujourd’hui les policiers sont en combat car nous sommes en guerre. Demain nous serons en résistance et le gouvernement devra en prendre conscience. Devant une telle énormité. La centrale une sa police a fait bon attendez on va se calmer et alliance appartient je crois à la cgc comme ça je n’ai pas vu Pourquoi Edwitam ? Qu’est-ce qui est à vomir avec celui que moi ? En quoi mes propos sont à vomir ? Alors le syndic, pardon, le communique a été beaucoup… A été beaucoup signalé à Farros en tant que tel, les journalistes de préfecture se sont reliés pour expliquer que finalement ce communiqué n'était qu’un reflet de l’exaspération policière. Alors, cfc, sgc, voilà c’est ça, merci beaucoup Chalfuque, merci. La justice passera, y compris pour la gauche qui cautionne la violence et le chaos. De quoi tu parles ? Sois plus précis. Je pense que tu t’es perdu. De quoi tu parla ? Qui est armé et appelle au chaos ? C’est nous, là, ici. On essaie de mettre un peu d’intelligence collective, de débat, de discussion. On n’est pas forcément d’accord les uns les autres. On peut même changer, parfois, de point de vue. C’est la beauté du dissensus. Voilà où est le problème. Moi, j’ai une très, très haute opinion de l’idée de justice. Très, très, haute. Et là aussi, c’est toujours compliqué. Effectivement, attaquer un Nike, c’est de la violence. Péter une vitre, c´est de de la délinquance. Mais ça n’est pas que ça. C’est aussi un geste. C' est aussi une façon de dire des choses. On en parlera encore une fois mardi. Et la violence de Nike c' est quoi ? Qui pendant des années a fait travailler des enfants, etc. La violence, c’est pas uniquement la vidéo, quoi. C’est par uniquement physique, la violence symbolique. Alors, je sais, j’avais fait un débat avec Tavaillot, le philosophe à Assis ce soir. Il remettait en cause l’idée de violence symboliques, élaborée entre autres par Bourdieu. Effectivement, c’est commode quand tu ne veux plus discuter des choses Écoute ! Et des raisons sous-jacentes, c’est facile. Vous allez au-delà du spectacle. Ouais ouais lol. Data nous dit que ce communiqué est, vu de l’international, très très problématique dans les pays voisins, cela a créé de l’interrogation et même, dans certains cas, de la dé condamnation et la violence du capitalisme, nous dit Ekadam. Absolument, c’est ça la question. Ah oui, t’es ridicule. T’es grotesque. J’arrivais juste à mettre une pièce dans la machine e, il partait en bruyant. Voilà. Alors, il y a la violence institutionnelle, après, bon voilà, il y a beaucoup de chose c’est pas tout noir ou tout blanc, ici, il n’y a pas… Il y a El Goz, quoi, c'était pas ça. Il y a, par exemple, sur la question de la police, la mère de Naël a dit qu’elle n’en voulait pas à la police mais au policier qui avait tiré. D’autres… Demandent réclament l’abolition de la police d’autres encore attaquent des commissariats d’autre encore défendent la police le rôle d’auposte aussi modeste nous sommes en termes de moyens etc c’est d’essayer de réfléchir à tout ça quoi Non, non, c'était vraiment au ras des pâquerettes, c'était vraiment aux ras des pâquerettes. Il était contre la… Bah voilà, pour lui ça n’existait pas, enfin bon c’est assez rigolo quoi. Moi j’aime bien les gens… Les gens qui pètent aux tortues, ça me fait toujours rigoler quoi. Je me trouvais grotesque. C’est tout, c’est pas grave. Je parle d’exécution parce que parce qu’il y a il y a il y a le son. Il y a les phrases qui sont prononcées avant. Alors, pour ceux qui arrivent sur poste là ce matin, je voulais donc vous dire qu’on est parti du débunk de ce communiqué. Là, ici. Ce communiqué est un faux, selon les services du ministère de l’Intérieur que j’ai joint, ce communiqué qui tourne beaucoup et qui laisse entendre que les opérateurs de télécoms auraient accepté de couper la 4G, la 5G et d’empêcher les data mobiles pour aller très vite dans certains quartiers, certains soirs. Ce communiqué est un faux, ça n’est pas ce qui s’est passé. En revanche, là-bas, si j’y suis, on a lu l’article. Là-bas si j’suis a révélé hier que, en effet, l’idée était en germe et que c'était notamment une demande de Darmanin qui aurait rencontré les opérateurs de Télécoms en fin de vendredi. Je résume ma centrée, vous pouvez regarder le replay si vous voulez, tout ça. Et donc, opérateurs qui disent que ça n’est pas possible dans l'État techniquement, parce que ça bloquerait trop de choses, y compris le PC Storm, le grand serveur de la police nationale, mais que ce serait possible techniquement dans les jours qui viennent, mais que pour cela il faudrait se mettre en conformité avec la loi, c’est-à-dire… 1. Déclarer l'état d’urgence, 2. Modifier les modalités de l’État d’urgence, donc ça fait beaucoup. Et dans le même temps, pour tous ceux qui sont sur Twitter, il se trouve qu'à l’autre bout du monde, pour d’autres raisons, Musk a notamment, soit pour cacher un bug, soit, pour rentabiliser son affaire, a limité Twitter. Donc les deux ont fait que… Bon, voilà. Mais les deux événements ont fait qu’il y avait matière de discussion pour tout ça. J’espère que nous aurons, non je ne dis pas parce que ce n’est pas correct de dire qui j’ai invité, sans avoir de réponse, mais on essaiera d'être au plus près de l’enquête dans les jours qui viennent, et là aussi encore d’essayer d’apporter recul soit plus précis me demande le dit et d’abord bonjour le dit s’il te plaît et par ailleurs j’ai été précis fallait venir avant mais en gros l’idée c’est que si tu as un compte certifié c'était si tu a payé tu as une accès plus important tu peux voir plus de tweets que si tu n’as pas payé voilà Effectivement, il y a un témoignage de la troisième personne dans la voiture, nous dit Manu. Ce témoignage en substance, la voiture conduite par Nahel, dit que Nahel aurait d’abord reçu des coups de crosse. Ces coups de crosse l’auraient rendu inconscient. À ce moment-là, son pied aurait lâché le frein. Et que la voiture, alors, est-ce qu’elle est en automatique ou est- ce que c’est stop-and-go, je ne sais pas, mais la voiture aurait démarré. Vous savez sur la vidéo on voit la voiture qui démarre deux fois, et si faux départ plus le départ ne serait pas dû à une volonté de Nahel. Donc là on ajoute… On ajoute de l’horreur. Voilà. Là je ne suis pas du tout dans le secret des dieux, je suis comme vous, je n’ai pour l’instant accès qu'à ce que la presse ou la communication dit. Après on a dans cette affaire des choses récurrentes comme le fait qu’en retournant au commissariat, en racontant les choses, c’est une autre vérité qui n’est pas la vérité, qui a été racontée. Et donc là pose la question. De l'écriture en faux public et on comprend bien que dans le tchat qui parle de du retour de l' état de droit de la république etc on comprends bien que le contrat social est rompu quand les gens qui sont censés qui sont dépositaires de l autorité publique parce que c’est ça le terme de policier c’est dépositaire de l’autorité publiques quand ces gens mentent pour se défendre le contrat sociale est rompue de contre-association. J’essaie de récupérer quelques liens que vous mettez danns le tchat. Rouchka a priori, il y avait des PV de constatation. C’est fou à chaque fois qu’il y a une vidéo, les PV sont faux, mais quand il n’y a pas de vidéo, c’est comment, point d’interrogation. Bah voilà, voilà où on en est. Voilà où on est, je trouve que c'était une question légitime. Ça ne veut pas dire que tous les PV sont faux. Mais ça veut dire qu' il y a suspicion dès lors qu’on est dans des questions de violence policière, il y a suspicion. Alors, j’essaie de voir… Dans vos questions. J’avais lu un article du Monde sur la propagation des images sur TikTok, Snap et tout ça. Est-ce que ça vous intéresserait que je le lise ? Merci beaucoup pour ton abonnement. Merci beaucoup pour vos subs, merci beaucoup pour votre soutien, vos dons. Alors, euh… Ça vous dirait l’article en question ou pas ? Oui, avec plaisir. J’ai regardé récemment ton doc sur les émeutes de 2005, rien n’a changé en fait. Et si, il y a beaucoup, beaucoup, de changements. Là, je trouve que c’est trop tôt pour faire des comparaisons, sincèrement. Mais par contre, là où tu as mille fois raison, c' est qu’il y a des permanences. À la limite, on pourrait regarder la moitié du doc ensemble, si vous voulez. Ça s’intitule « Quand la France s’embrase » ou sinon on fera ça dans la semaine peut-être ? On va rester au plus près des événements. Allez, on y va ! Morts de Nahel. Avec les réseaux sociaux des émeutes en direct par Olivier Clairouin, Samuel Laurent, Florian Reynaud, un article qui a été publié le 30 juin et qui a été modifié hier. Snapchat, Telegram, TikTok ont été des moteurs importants dans la diffusion de vidéos montrant l’ampleur des émeutes qui, depuis la mort d’un adolescent tué par un policier à Nanterre mardi, embrassent de nombreuses agglomérations. Une médiathèque en flammes à Marseille, un magasin d’articles pillés à Aubervilliers ou encore un véhicule blindé de la brigade de recherche et d’intervention dans les rues de Nanterre. Les violences urbaines qui ont eu lieu dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 dans plusieurs agglomérations françaises, 3 jours après la mort de Nahel M, tué par un policier, ont été massivement documentées sur les réseaux sociaux.
01:44:56Audio
Les murs ! Attention les frères ! Tout s’effondre à l’intérieur. Ouais ouais… On s'écarte ! C’est quoi l’histoire ?
01:46:16David Dufresne
Voilà, pardon pour le saut de son. Comme la veille, vidéo d’incendie et de dégradation déferlée sur Twitter, Snapchat, TikTok, Telegram. Au point d’amener, vendredi, le Président de la République, Emmanuel Macron, a appelé les grandes plateformes à retirer les contenus les plus sensibles, tout en leur demandant de collaborer pour identifier ceux qui utilisent ces réseaux sociaux pour appeler au désordre ou pour exacerber la violence. Donc là, on est pile dans le thème qu’on a abordé depuis ce matin. La circulation de diffusion des vidéos est assez souvent la même. Elle provient en grande majorité de Snapchat, réseau très populaire chez les plus jeunes. Ainsi, 81 % des 8-19 ans y possèdent un compte, selon une étude au direct E-Enfance 2021. L’application permet l’ajout de divers éléments aux images, notamment le nom de la ville. À la façon d’un tag, bon c’est le monde qui écrit. Les jeunes qui les postent oublient rarement cette coquetterie affichant fièrement Greenie, La Grande Borne ou Nanterre. Une manière de contextualiser un contenu mais aussi sans doute d’afficher son appartenance territoriale. Difficile à ce stade de parler de compétition ou de concurrence dans la manière dont chaque bande mène son émeute, mais la fierté de voir ça citer engagé est souvent mise en avant dans les vidéos. Donc, non, ils ne parlaient pas des communiqués d’alliance. L’idée de rivalité entre quartier, entre cités était, en 2005, une idée qui était très, très souvent mise en avant par la police, par un certain nombre de journalistes, etc. En disant, c’est une histoire de rivalités, là encore, pour enlever un autre sens à ça. Et je suis stupide. Reste que la conception de Snapchat, faite essentiellement de comptes privés auxquels il faut s’abonner pour en voir le contenu, limite la viralité des séquences. Et si la Snap Map, une carte qui permet d’afficher des stories selon leur zone géographique, donne bien un aperçu de ce qui est diffusé dans certaines villes, cette fonctionnalité ne concerne que les vidéos publiques. Le rôle clé des comptes agrégateurs. Si ces comptes finissent par se répandre en ligne, c’est surtout grâce à certains comptes clés qui se chargent d’agréger les vidéos issues des comptes privés pour proposer une sorte de sélection du meilleur des images des meutes. Parce qu’ils collectent des centaines d’images et de vidéos diffusées tout au long de la nuit, il n’est pas rare de voir les auteurs avouer leur fatigue au bout de longues heures passées à scruter les réseaux sociaux. Ces comptes se trouvent sur Snapchat, mais aussi surtout sur la messagerie Telegram. Baptisée que la rue info, c’est pas des lol ou encore la rue en 4K, des chaînes récupèrent les contenus et les diffusent à des audiences qui peuvent atteindre des centaines de milliers de personnes. Très souvent, elles ajoutent à des vidéos trouvées ailleurs dans un watermark, c' est-à -dire un texte en filigrane pour faire leur autopromotion. Ce ne sont souvent ces contenus que l’on retrouve ensuite sur des réseaux sociaux à la pyramide d'âge plus avancée. Comme Twitter ou Facebook. Je diffuse mes vidéos en fonction de ce qu’on m’envoie en message direct, en vérifiant bien sûr les sources, explique au Monde un administrateur de Que La Rue Info qui ajoute que trois personnes animent ce canal de diffusion suivi par près de 400 000 abonnés. Il y a Cookie Cookie qui nous dit, je me permets de rajouter, Snapchat a longtemps eu une image de réseau social sécurisé car relativement anonyme, pour ce qui est du deal, 90 % du commerce de proximité était là dessus avant l’avènement de Telegram. Et oui, et oui, endogène, dans de rire, je me suis senti insulté en tant qu’utilisateur de Twitter à la pyramide d'âge avancée. Si ça me concerne, ce n’est pas faux. Alors, le créateur de la chaîne Info, lui de 20 000 abonnés, affirme de son côté que de nombreuses séquences sont directement envoyées depuis le terrain par des internautes, avec pour objectif, tout en reprenant les images des médias, de partager ce qu’il se passe réellement. Et en prime une potentielle consécration à être repris par les médias traditionnels eux-mêmes. Ça me fait penser que Clément Lanot et Rémy Buisine sont assez énervés, tous les deux, à raison par l’utilisation tombe mal c’est le Figaro, par l’utilisation, la réappropriation de leur travail par le Figaro. Voilà en gros le Figaro illustre certains de ses papiers par des vidéos qui ont été faites par Rémy Buisine et Clément Lanot, journalistes professionnels, sans le raccord et sans être payés. Sur Snapchat, si certaines vidéos portent le message pour Noël, beaucoup d’autres affichent des smiley rigolards. Par exemple, le pillage du magasin Nike d’A Paris dans la nuit de jeudi à vendredi s’est fait sous l'écrit de joie de dizaines de jeunes rassemblés devant avant de devenir un motif de blague à répétition sur d’autre réseau. De façon générale, alors que les émeutes aboutissent à la destruction de bâtiments publics, les vidéos les plus virales comportent souvent un élément comique ou absurde, comme celle d’un jeune homme assis sur une chaise et se faisant couper les cheveux, alors que retentissent autour de lui les cris et les explosions de feux d’artifice. Je trouvais même que cette scène avait quelque chose de sparkly, quoi. Il y avait un côté Do the right thing dans cette scène, c’est con, il n’y a pas ce lien là, mais je ne sais pas si vous l’avez vu. Mais c’est vrai que c'était un moment assez incroyable, vraiment un moment de place de village, poétique, absolument poétique. Parce qu'à se demander s’il n'était pas posé, parce que c'était réalisé, on va dire. Ces images, on les retrouve bien souvent sur un autre canal très fréquenté des plus jeunes, TikTok, où le hashtag émeute a dépassé les 150 millions de vues. Moins utilisés pour le temps réel, l’application chinoise permet toutefois des vidéos plus travaillées avec par exemple un morceau de rap en fond sonore, le morceaux prêt à partir des rappeurs SCH et NIO, et dont les paroles font référence à l’embrasement de 2005, revient par exemple très fréquemment depuis le début des événements. La recherche du buzz conduit… Aussi à certaines mises en scène, et il est souvent difficile de faire la part des choses entre de vraies vidéos et de fausses informations. Plusieurs images montraient ainsi des jeunes armés de fusils, qui n'étaient en réalité que des modèles de carabines à plomb à la dangerosité toute relative. Tout à leur recherche de notoriété, les comptes de rediffusion d’images ne prennent pas toujours la peine de vérifier ce qu’ils publient. C’est ainsi qu’une vidéo montrant qu’un policier râpé au sol par des émeutiers a énormément circulé alors qu’il s’agit en réalité d’images extraites d’un clip musical. La recherche du buzz ça vaut pour tout le monde, les professionnels, les amateurs, les semi pro, les semi amateurs et évidemment c’est un sérieux problème et c' est très difficile de résister à l’appel du buzz. Mais ça vaut pour CNews comme pour le petit compte TikTok du coin, de mon point de vue. Sauf que CNews n’a pas justement l’excuse de la jeunesse ou de l’amateurisme. Alors, avéré ou non, massivement partagé, ces images sont aussi récupérées par certains acteurs avec pour objectifs politiques parfois très assumés. C’est par exemple le cas de plusieurs canaux d’information russophones ou pro-Kremlin qui relaient vendredi des vidéos d’affrontements ou de véhicules incendiés, l’un d’entre eux affirmant que la France pourrait décréter la loi martiale. Le site RN identifié comme étant expédié de la récente opération de désinformation a de son côté publié la veille, image à l’appui, un article titré Les Français passent à la Révolution. Le texte reprochait également à Emmanuel Macron d’avoir passé la soirée de mercredi à un concert d' Elton John à Paris, un élément de langage relayé dans la nuit par d’autres chaînes, Telegram ou Kremlin. Très présente et très organisée sur les réseaux sociaux. L’extrême droite n’est pas en reste. Le site français de souche. Navire amiral de la fachosphère est aujourd’hui sous le contrôle de Damien Rieux, ex-dirigeant de Génération Identitaire, devenu l’un des cadres du Parti d'Éric Zemmour, reconquête, qui s'était largement rétamé aux élections législatives, publie des dizaines de contenus autour des émeutes jusqu'à créer une carte interactive pour mieux les localiser. Usant aux mêmes sources, canaux Telegram ou Snapchat, les militants de la droite extrême semblent partagés. Entre la dénonciation des dégradations et une forme de jubilation devant un événement qu’il fantasme depuis longtemps, qui est celui de la séparation, du séparatisme. Voilà. Préparez-vous, prévenez ainsi le compte Canal Nation jeudi soir dans un message assorti de vidéos des meutes assurant que la guerre civile-raciale avait commencé. Voilà, c'était le Papier du Monde. C'était le Papier du Monde. Perse Forge, quelle excuse de quoi ? Ah ok, ok. Excuse-moi. Voilà les amis. J’essaie de voir… Parce que là, il est quand même 12h49. Absolument florent, c’est flippant ces silos, chaque groupe voit les événements selon sa grille de lecture et selon son agenda. C’est effectivement un souci, c’est le souci. Alors l’ORTF c'était un autre souci à ce moment où la France entière se réunissait autour d’un poste de télévision et discutait en partant de ce que le poste de télévision racontait. Là-dessus arrivent les radios périphériques et en 68 notamment une radio comme Europe 1 Et le chemin parcouru, une radio comme Repin, va être surnommé Radio Barricade, parce qu’Europe 1 va transmettre en direct depuis la rue Gay-Lussac, depuis le boulevard Saint-Michel, etc., va aller dans les cafés et diffuser en direct ce qui se passe et c’est vraiment le début de l’information en temps réel et à ce moment-là, on a plusieurs sources, on à l’ORTF d’un côté, les radios périphériques de l’autre, etc. Aujourd’hui on n’a quasiment plus même s’il ne faut pas se leurrer parce que on a quand même, c’est-à -dire que la télévision reste massive. Le journal de TF1 de France 2 c'était quand même massif c' est beaucoup plus important que Twitter et autres. Ce que nous pouvons faire les uns et les autres c’est en étant sur Twitter, en étant sur Twitch, on peut servir d’aiguillon et parfois influer sur Qui serait a priori collectif. Par exemple, là, je suis sûr que le communiqué, l’idée que ce soit un fait, que ça va être repris. J’en suis certain, que, voilà. Donc, en effet, l'éparpillement des canaux d’informations porte en lui-même ses limites, ses limités de discussion, de départ, de connaissances. Mais ce que l’on peut dire, c’est que c'était ce qu’on fait là ce matin, vous êtes super nombreux et je vous en remercie, c’est d’avoir quand même des poches de résistance, de réflexion, tout le monde n’est pas forcément d’accord, le dissensus peut tout à fait s’exprimer. Mais il y a quand même cette idée de contre-information, je parle du côté gauche, je dis bien contre-informations, je n’en parle pas un autre terme, où je pense qu’il y a une façon de rééquilibrer le rapport de force. Car aujourd’hui, la presse, aux mains de milliardaires, la presse..On voit les médias publics, on voit bien les grandes manœuvres à l'œuvre France Inter en ce moment. Tout ça, c’est quand même une vision de droite, libérale, ultralibérale. D’ordre maintenu, quitte à ce qu’il soit injuste, sans autres réflexions. Mais il y a quand même de plus en plus des médias indépendants qui poussent et dont la parole commence parfois de temps en temps à percer. Donc c’est pour ça que je vous invite à soutenir la presse indépendante de votre choix. Évidemment on ne peut pas s’abonner à tout, mais il y a quand même de belles offres. Donc soutenez la presse indépendante.Voilà. Le contre-pouvoir, il est aussi là, il est aussi là. Il est là aussi. Merci beaucoup Joss Hussain, bonjour, j'écoute depuis le début ce matin et je me dis qu’heureusement tu es là et que tu continues de mettre à venir ce début de vacances estivales parce que sinon il n’y a plus grand monde parmi les streamers qui parlent d’actu, de politique, reste toi et Hugo au perchoir, merci pour ça. Alors d’abord, au poste c’est pas que moi, il y a vraiment une équipe derrière, je profite que vous soyez nombreux pour vous montrer quelle est l'équipe. Qui m’aide, d’un point de vue éditorial. Tout seul. Mais pour le reste, encore que non, parce que le tchat, la modération du tchat, ça fait partie du travail éditorial. Je vais vous mettre la photo des modos qui sont là. Il y a les modos et il y a ceux qui m’aident techniquement Robin, Euryale, Olivier, Jessie, Sylvia, Nicolas. Sans ces six-là, il n’y aurait pas de auposte. Sans les 400 donateurs, il n’y aurait pas de poste. Sans vous tous dans le tchat, il n’y aurait pas de post. Ce que je veux dire c’est qu’il ne faut pas se méprendre, au poste ce n’est pas le fruit d’une seule personne, pas du tout, c' est le fruit comme il dirait chez Unsa et Allianz la famille, la famille au post, voilà. Si il y avait un poste sans nous il nous dit, Sadrunner c’est celui qui est à gauche, en haut à gauche Robin, avec qui nous allons travailler une refonte totale graphique du stream cet été. Qu’est-ce que tu veux dire Cookie ? Le discours méritocratique individuel a bien fait son office. Merci Karim. Non mais il y a quand même.Bon par exemple sur les questions policières, franchement, moi je les suis depuis 30 ans, c’est depuis les Gilets jaunes, il y’a quand même une différence. Voilà, il y a quand même une différence. Oh attendez, si, attendez si, si. Je ne résiste pas à l’idée de… Alors attendez où est-ce que j’ai vu ça ? Ouais je crois que je l’ai retweeté. Vous ne bougez pas Alors ça, ça m’a fait vibrer quand même, c'était hier soir, écoutez bien.
02:05:45Audio
La République, c’est à vous.
02:05:46Audio
Donc c’est le maire De Trappes interviewé….
02:05:59Audio
Bon, je demande au président de la France, c’est important, il doit pouvoir parler de la question des violences policières et ouvrir un cycle de discussion avec la population. Je vous permets de vous reprendre sur l’expression violences-policières, qui est un système, mais qui a priori n’est pas qu’avec violence communiste par les policiers, de quoi je vais savoir. Ça met le mot de la fin et on s’arrête. Je demande au Président de la République…
02:06:18Audio
Donc le mot d’ordre de Fogiel est bien passé, on ne dit pas violence policière. Ah vous n’entendez pas ? Attendez, comment ça se fait ? Bougez pas, je vous remets. Vous devriez normalement.
02:06:41Audio
Moi je demande au président de la République des signaux, c’est important, il doit pouvoir parler de la question des violences policières et ouvrir un cycle de discussion avec la population. Je me permets de vous reprendre sur l’expression violence policière, qui est un systématisme et qui a priori n’est pas qu’avec violence communiste par les policiers, en tout cas je vous laisse savoir. Ça met le mot de la fin et on s’arrête. Moi je demande au Président de la République des signaux, c’est important, il doit pouvoir parler de question dès violence policières, et ouvrir un cycle discussion avec la population. Je me permets de vous reprendre sur l’expression violence policière qui vient systématiquement et qui a priori n’est pas qu’avec violence communiste par les policiers, en tout cas je vous laisse savoir, ça met le mot de la fin et on s’en va.
02:07:14David Dufresne
Voilà, je pense que cette fois-ci, vous avez entendu le message. Il est très clair. Il est… Très clair ! Alors chers amis, si vous voulez, je peux vous mettre le film « Quand la France s’embrase », mais moi je dois aller voir si je dois faire la tambouille ou pas, comment ça se passe là, parce qu’on est dans les mêmes dimanches. Je voulais vous dire, demain matin à 9h, nous serons avec Sébastien Bourdon, qui est l’auteur de ce livre « Une vue de lutte plutôt qu’une minute de silence », consacré au mouvement Antifa. Soyez là demain matin à 9h si vous ne suivez pas la chaîne. C’est mal ! Suivez la chaîne, activez les notifications. Vous recevrez, alors je ne comprends rien à Twitch, il n’envoie que la moitié des notifications. L’idéal, si vous voulez être au courant de ce que fait auposte, c’est de vous inscrire sur la mailing list. Je vais essayer de vous mettre, je crois que la commande c' est Lettre. C’est ça. Voilà, non, c’est pas ça, attends, c est passé ou c' est pas passé ? Ah non mais attends, j’ai été trop bas là. Oui voilà, c es ça, merci Jess. Voilà, ne ratez rien de la vie d’auposte, recevez toutes nos annonces souples et discrètes, inscrivez-vous à notre newsletter. En fait il en existe deux newsletters, il y a la newsletter tous les dix jours, alors cet été ça va être un peu plus calme, et il y en a une à chaque nouvel article, nouvelle émission, on vous envoie un email une fois que c’est en replay, ça c' est le meilleur moyen de rester en contact, d’autant plus que on ne sait jamais ce qui peut arriver avec Twitch, du jour au lendemain on devait disparaître, sachez que nous en fait on existe Toi, ce sera des spaghettis. Alors, demain matin, Sébastien enquête sur les antifas. Ça sort chez Le Seuil dans la collection Don Quichotte. Le soulèvement des quartiers. Ce qu’il dit et ce qu’on ne dit pas, ce sera avec Alain Bertho depuis 2007, je vous le disais, recense. C’est un anthropologue. Il recense les émeutes dans le monde entier. Et on discutera avec lui de ce qu’il faut ressentir, repenser, penser des soulèvements, des émeutes, etc. Ça c’est mardi matin, j’ai lancé d’autres invitations, j’espère que j’aurai des accords autour de ça, je vous en dirai un peu plus oui oui il a il a un site ceci il est là Voilà, Alain Bertho, anthropologue du présent, donc ça c’est mardi matin, voilà, ça c’est mardi-matin. Hasard de la vie fait que nous avions prévu, nous avions prévu et nous allons le maintenir, ce sera au mois d’octobre, Clichy sous bois 2005 autour du film Kinder Holpen Leader, Alors, imprononçable. Le court-métrage de Virgile Vernier dure moins de 30 minutes et il est bouleversant à partir des archives brutes du journal télévisé de TF1. Virgile revient sur l’embrasement de l’automne 2005 survenu après la mort dans un transfert EDF de Zyed Benna et Bouna Traoré, poursuivi par la police à Clichy-sous-bois-Seine-Sainte-Denis, expurgé des voix off et des journalistes. Le film rend hommage au silence et au bruit de la ville. On regardera le film ensemble et ensuite on débattra avec son réalisateur. Ça c’est prévu, c'était daté ici depuis deux mois déjà. Ce sera le 27 octobre. Entre temps, il y aura eu des centaines d'émissions, n’en doutons pas. Et notamment, pour ceux qui sont du côté de Limoges, le 13 et 14 août en public, nous allons faire des émissions. Autour de… Avec des débats, notamment avec Diaty Diallo, que nous avions reçu ici, qui justement avait écrit un magnifique premier roman sur les émeutes, elle sera avec nous, nous allons aussi discuter avec un historien de la police, nous allons discuter, avec le biographe de Jean-Patrick Manchette, etc. Voilà les amis, est-ce que vous voulez que je vous mette en partie le film Quand la France s’embrase, qui était de 2007, c’est mon premier film, si vous voulez je peux vous le mettre, sinon on se quitte là-dessus, c’est comme vous voulez. Et on fait un DR, on fera un truc tu le sais. Le temps que vous décidiez, je vous fais un petit tour d’horizon du site. 880 heures d'émissions, 352 émissions, 295 invités, 378 donateurs. Le but c’est 1000. Si on pouvait être au moins 400, 400, 450 avant de partir en vacances, ça serait pas mal. Vous êtes 394 abonnés Twitch et vous êtes 2455 inscrits à la peau lettre. Ah non, à Ténin non, ça surtout pas, ça, surtout pas. Et donc vous retrouvez sur la home toutes les émissions, les dernières émissions. Vous avez ensuite tous les rendez-vous à venir, les rendez vous, les convocations à venir. Vous pouvez aussi les retrouver sur votre… Vous pouvez vous inscrire pour les retrouver sur vos calendriers Google et tout ça. Voilà, par exemple. Voici donc, ça c’est la Home. Vous pouvez retrouver les émissions. Par les invités, ici vous avez la liste, oh bah tiens, il y a longtemps qu’on n’a pas mis ça, allez je vous le mets, comme ça je peux faire un petit point familier, voilà, c’est Jacques Rancière qui va nous parler dans quelques instants et d’autres, c'était 4 minutes, c’est un peu pourri ici, nous sommes en direct, il y a des gens qui vous écoutent, il y a plein de gens qui commentent, il a des gens qui vous posent des questions alors je reprends mes esprits voici un best-of de nos invités pour ceux qui ne nous connaissent pas au poste vous allez voir ce que ça donne car ici en règle générale il y a des invités par semaine. Quel nom donneriez-vous à ce que l’on fait ici ? C’est-à -dire, nous sommes en direct, il y a des gens qui vous écoutent, il y à plein de gens qui commentent, il y a des gens qui vous posent des questions. Qu’est-ce qu’on fait ici ?
02:15:08Audio
On essaye de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant qui met ensemble les mots et les choses, les mots, les images.
02:15:16David Dufresne
Merci Jacques, on essaie de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant. Vous avez fait mon année là !
02:15:23Audio
Il y a des gens qui lâchent leur travail parce qu’ils habitent trop loin de leur travail et que le plan d’essence est trop cher. Il y à des mamies qui ont 80 ans qui continuent à travailler parce que leur retraite est trop faible. Entre la crise économique qui s’approfondit et les logiques liberticides et autoritaires d’un pouvoir, du coup on voit le malaise partout, des inquiétudes partout, et un ras-le-bol, une colère. Cette population carcérale, ça fait des années, c’est vrai, qu’on en parle. Je ne comprends pas pourquoi, dans un pays qui se pique de tant d’audace et de tant de droits de l’homme et qui se glorifie en permanence de son passé glorieux, de son siècle des Lumières, on n’entend pas ce discours. L'écologie, elle n’est pas intrinsèquement de gauche. Mais elle est historiquement de gauche. Il faut se regarder en face, on a en France un recul de la lutte anti-fasciste, de la défense de la démocratie et de notre capacité à se mobiliser pour ça. C’est quand même plus agréable de militer chez nous que de l’autre côté, quoi. Laissez à la machine le contrôle de l’espace public. C’est un système totalitaire. Ce n’est pas la légalisation qui va répondre à ces problèmes de jeunes qui n’ont pas d’emploi et qui se mettent à dealer. Un produit en remplace un autre, donc il faut quand même s’attaquer aux causes profondes. Manifester ça, c’est quelque chose de physique, de courageux. La révolution des femmes, notamment, ce n’est pas une révolution qui fait l’unanimité. Vous imaginez bien, après 5000 ans de patriarcat. Avançons sur le débat. Moi je dis qu’un policier n’a pas le droit de fracasser quelqu’un, qu’il n’ait pas le droit de déborder quelqu’un. Il n’est pas normal que le policier ne soit pas poursuivi, il n’y a pas le normal que la justice permette l’impunité. En France, il y a toujours un grand respect, parfois une déférence vis-à-vis de la parole de l’autorité. Voilà, il y a le double tranchant. Un, on a donné plus de pauvres entreprises et deux, du même coup, on s’est donné une nouvelle excuse pour dire qu’on n’a pas assez d’argent pour faire tout le reste, pour aider les gens, pour les services publics, etc. Je ne suis pas contre le cabinet privé, je tiens encore à le préciser, mais pas sur des missions aussi importantes et de nature stratégique et de nature politique. Ce n’est pas possible. L'échec du journalisme a produit Macron et produit aussi Zemmour. Les émissions de télé, il faut le savoir, ce qui compte, c’est vraiment quel est le dispositif qui est proposé et pour quel message et quel public. Mais je m’amuse souvent à penser qu’on a une téléréalité pour les extraterrestres. Austérité budgétaire, concurrence libre et non faussée et du coup j’ai envie de dire contrôle social à tous les étages. Ça demande du courage de pardonner et on a tendance à croire que se raconter, encore une fois, montrer ces pages sombres, c’est contre l’État, c’est contre… Mais non, bien au contraire, en fait, c’est pour essayer de comprendre et pour essayer d’apaiser les choses. Si on n’en parle pas, on ne pensera pas aux plaies. Tout ce qui n’est pas interdit ne peut être empêché. Et je pense que les gens sont beaucoup moins dupes de ce qu’on leur raconte que ce qu' on dit. Les réponses politiques aux problèmes qui se posent aujourd’hui ne doivent pas être des réponses individuelles, elles doivent être collectives. Un problème collectif, réponse collective. Il y a quand même un paquet de mecs de ma génération qui ont tendance à laisser le politique à la porte de la chambre à coucher. Le pognon de dingue existe, l’argent magique finalement on arrive à le créer et après à savoir vers quoi il est tourné et principalement il va financer à ce jour une transformation de l'état de providence français pour aller financer principalement des grands groupes. Le pire vient parfois de la bêtise plutôt que de la malveillance. On comprend pas où on en est maintenant, si on ne comprend pas tout ce par quoi on est passé. Il faut la lepénisation pour qu’il y ait la mémorisation derrière. Aujourd’hui, la reconnaissance spatiale est possible en France et elle est utilisée des milliers de fois par jour.
02:19:10Audio
Au poste, tout simplement. Macron, que penses-tu de la politique de Macron ? Excellente réponse, merci beaucoup, c'était super il n’y a rien qui me fait plus peur que l’esprit de sérieux, donc c’est bien quand il y a un peu de déconne au milieu. Il t’explique sincèrement que baisser les APL, ça va être bénéfique pour tout le monde, y compris pour les gens à qui tu baisses les APL.
02:19:33Audio
C’est le meilleur poste de France, on peut le dire, quand on t’invite au poste, celui-là n’a pas d’argent.
02:19:38Audio
C’est rare quand même que j’ai deux heures de discussion avec des gens qui posent des questions. Votre média a un sens et pour moi et pour beaucoup de monde.
02:20:54David Dufresne
Ah merde, je recommence, je le recommence pour la troisième fois, merci, pardon, pardon. Dans le tchat, quelqu’un disait, ah mais il n’y a que des députés, non, non il n’y a pas que des député, loin de là, vous avez ici la liste des 295 invités, bientôt 300, que vous pouvez retrouver, derrière chaque nom, il y a le nombre d'émissions auxquelles les invités ont participé. Voyez que la liste s’allonge, mais vraiment vitesse grand V, voilà, je vais jusqu'à la fin. Et voilà ! Nous avons aussi une bibliothèque idéale des invités, c’est-à-dire que si vous voulez retrouver le titre d’un ouvrage d’une de nos invités classé par thématique, vous le retrouvez ici. À propos de thématiques, vous les avez toutes ici. Antifa, capitalisme, culture, environnement, féminisme, histoire. Toujours un peu plus long, l’histoire. Internet, Justice, Liberté, Média, Police, Politique, Société, etc. Et enfin, une autre façon de faire, c’est d’aller regarder l’intégrale, c' est-à-dire toutes les émissions qui sont classées par ordre chronologique. Les émissions du mois de juin, les émission du mois mai et ainsi de suite. Voilà. Voilà le boulot de dingue. Il est 13h12. Appel à toutes les voitures alors donc tout ça tout ça s’est rendu possible grâce à vous les donateurs et les donatrices il y a une page qui vous explique à quoi servent vos dons les modératrices qui sont qui sont payées tu veux me poser une question c’est ça ? Les modératrices qui sont payées sur le régime de… Comment ça s’appelle ? Sur le convention collective, c’est ça le terme que cherchaient des journalistes. Pourquoi donner dons récurrents avec 66 % de réduction d’impôts ? Voilà, si vous êtes imposable, sachez que si vous faites un don au poste, en fait, 66 % vous sont remboursés. C’est-à-dire que vous devenez des Bernard Arnaud de la riposte. C' est-à dire que si vous donnez, par exemple, tous les mois 10 euros au post, ça vous coûte réellement si vous est imposable 3,40 euros. Si vous n'êtes pas imposable. Ça veut dire que vous n' avez pas d’argent. Voilà vous faites beaucoup d’utilisation fiscale, enfin cette probabilité quand même très rare est très très très faible. Si vous n’avez pas d’argent, ce n’est pas la peine de donner au poste, gardez votre argent. Voilà, si vous en avez, sachez que vous pouvez avoir 66 % de réduction d’impôts. Donc, si vous faites un don de 5 euros, ça vous coûte 1,70 €. Si vous faites 1 don de 10 balles, ça coûte le prix de 2 cafés, 3,40 € par mois. Vous pouvez faire des dons mensuels, vous pouvez faire des dons ponctuels. Les dons manuels vous pouvez les ajuster à tout moment. Vous pouvez les suspendre, vous pourrez les annuler. Et qu’est-ce que vous faites en faisant ça ? Eh bien vous permettez à tous de rendre l’accès libre à tout le monde. C’est-à -dire que tout le monde peut voir les lives gratuitement et voir les replays gratuitement. Et au fond, qu' est-ce-que vous faites ? Qu’est ce que vous aidez ? Eh bien, vous nourrissez le débat public sur les libertés en général. Ici. Il me semble qu’on a bien fait ce matin, en étant en plus de 1000 à certains moments, presque 1200, donc c’est quand même assez génial. Ça n’est pas une réduction d’impôts sur un nouvel abonnement non renouvelable. Alors Manu, avant nous avions un système d’abonnement, ce système d’abonnements a été annulé au mois de mai, il n’y a plus du tout de système d 'abonnement parce que pour nous c'était une année de gestion Il fallait faire les factures, il y avait des problèmes d’accessions etc. Donc on a tout simplifié, aujourd’hui le seul revenu possible pour un poste c’est les dons et les subs. Les subs, par exemple, s’il y a 500 subs dans le mois, c’est une facture que Twitch nous envoie. Les dons, c' est la même chose parce que les dons sont gérés par la plateforme J’aime l’info, qui est une plateforme d’utilité publique. C' est en ça qu’on peut accéder à la déduction fiscale parce que nous-mêmes, nous avons un agrément de sociétés de presse en ligne. Et tout ça fait qu' on peut vous offrir ça. Il y a une condition, c’est que le don n’est pas de contrepartie. Sinon, il n’y a pas de déduction fiscale, il n’y a pas de contreparties. La seule contrepartie, c’est la satisfaction des uns et des autres, des uns et des autres, de filer un coup de main au poste à partager, à rendre ça possible. Alors, qu’est-ce que je voulais vous dire d’autre ? Bon, il y a un petit truc La déduction des impôts, c’est aussi valable Oui, alors donc, on a arrêté les abonnements pour faire les dons. Et chaque don que vous faites, dès lors que vous pouvez faire des dons anonymes, ils sont quand même déductibles de l' impôt. Au moment de faire, je vous montre. Là, si par exemple vous décidez de faire un don de 5 euros par mois, vous faites ça. Et ici, vous pouvez cocher, si vous le souhaitez, un don anonyme. Néanmoins, si on veut recevoir votre déduction fiscale, il faut votre prénom, votre don de famille et votre adresse pour le reçu fiscal. Si vous ne voulez pas faire de don anonymes, de toute façon, nous, jamais nous affichons votre nom de famille, encore moins votre adresse. C’est dans les crédits, ce sont vos logins que nous mettons simplement, vos pseudonymes finalement. Donc si vous voulez que votre nom apparaisse dans les crédits, votre pseudonyme apparaît dans les crédits, il faut simplement avoir un compte sur auposte.fr, ouvrir un compte, gratuit, et utiliser la même adresse que pour le don. Voilà. C’est évidemment pas de fichier bien sûr qu’il y a eu une émission sur le retrait de l’agrément d’Anticor. Attendez. Après je reviendrai là. Voilà. C'était le 27 juin. Nous étions avec Élise van Beneden, qui est la présidente d’Anticor. Une heure et demie, deux heures d’entretien avec elle. C’est le pseudo du courriel qui apparaît pour moi, d’accord. Oui, c’est ça. Voilà, tu pourras aller voir l'émission, tu peux l’avoir dès maintenant. Alors, je vous mets quand la France s’embrase, si vous voulez mais avant, une petite blagounette réalisée sans trucage.
02:29:02Audio
On est ici à Albi, on célèbre Jaurès, son discours à la jeunesse, le courage de dire la vérité, quoi qu’il en coûte. Alors David Dufresne, Dave Duf, au poste, dit la vérité, il fait un travail exceptionnel d’intérêt public. Alors adonnez-vous au poste, comme je vais le faire à l’instant. Et abonnez-vous à Mediapart pour un média libre à prix libre. Merci beaucoup.
02:29:32David Dufresne
Vous en avez fait, vous voyez ? Et voilà, c’est Valeur anarchistes qui a chopé Edwy Plenel dans le Tarn, c'était la semaine dernière, il y a des jours, quoi, voilà, voilà. Pourquoi ils ont perdu leur accréditation ? De qui parlez-vous ? De François. Je ne sais plus. Alors hop, je vais vous chercher le film « Quand la France s’embrase », c’est le premier film que j’ai réalisé, avec Christophe Bouquet. Nous sommes en 2007, c’est-à-dire deux ans après les émeutes de 2005, le soulèvement des émeutes. Je vous parlais tout à l’heure du rapport, des renseignements généraux, vous allez voir que je le montre dans ce film, ce rapport qui parlait de soulèvements populaires des quartiers. C'était juste dans la foulée, c'était en novembre 2005. Le documentaire, il va être réalisé avec Christophe Bouquet que je salue. Il va être réalisé avec Christophe Bouquet et l’idée du documentaire c'était d’essayer de comparer comment les flics avaient réagi pendant les émeutes et pendant, rappelez-vous, le CPE. C’est-à-dire comment, face à deux jeunesses, la police, la même police, va opérer d’un les étudiants. Le film, évidemment, est daté, il a un peu moins de 15 ans, 17 ans, bref, quelque chose comme ça, mais vous allez voir qu’il y a des permanences avec aujourd’hui, notamment sur les mensonges médiatiques, sur la discussion qui pouvait être menée. Ah oui, pardon, excusez-moi, c'était une question pour Anticor, oui, oui. Alors effectivement, excuse-moi. J’ai cru que vous parliez d’autre chose. En gros, Anticor a perdu parce que deux de ses anciens membres ont attaqué, non pas Anticor, mais l'État, en disant que l’agrément avait été mal formulé par les équipes de Jean Castex en 2021. Le tribunal administratif… Je parle de mémoire, a dit qu’en effet ça avait été mal rédigé et donc à ce moment-là ils ont été ils ont vu leur agrément sucré et mais tout ça Élise en parle en long, en large et en travers. Voilà, Jessie, est-ce que tu peux me dire si tu tiens encore le coup pour la modération ? Le film dure 70 minutes. Alors vous allez voir, pour ceux qui ont vu Quand la France s’embrase, pardon, Un Pays qui se tient Sage, c’est vraiment une réflexion, là, on est dans le documentaire, c'était avec un regard d’auteur, ici on va être plus dans un documentaire parce qu’il y a quand même un point de vue, vous allez le voir, mais super Jess, génial. Déjà, c’est pour France 2, ce n’est pas pour le cinéma. Donc en termes d'écriture, on est dans quelque chose de plus balaise. Mais je dois dire que je l’avais revu il y a un an ou deux et j’avais quand même été étonné. Il a fallu batailler, mais j’ai quand même été étonnée que France 2 accepte de coproduire un tel document. Par exemple, aujourd’hui, je pense que ça n’arriverait pas. Voilà, donc je vous remets le film, bonjour Théo. Vladomancien, tu peux voir le film Un pays qui se tient sage, tu peux le voir notamment chez les mutins de Pangée les amis, je vous l’envoie, je vais le mettre plein écran. Et on se retrouve juste après.
02:34:49Audio
Ils ont mis un camion sur la route carrément Ah ouais, c’est pas un terrain couillé là. Oh y a en a un ! Qu’est-ce qui s’est passé ici ? Y a que de gros… Jusqu’ici Merde, des CRS Eh, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? Pour le monde entier, la France est le pays des manifestations monstres, des émeutes géantes, des grèves générales. C’est un fait. De gauche comme de droite, aucun pouvoir n’a échappé à cette rue qui se fait champ de bataille, champ politique. Ça, c’est le devoir de l'État. Pourquoi cette flambée de violence ? Comment surgissent-elles ? Comment l'État réagit ? Entre l’automne 2005 et le printemps 2006, deux grandes crises ont secoué la France. À elles seules, les émeutes des banlieues et la crise du CPE résument 50 ans de désordre et de maintien de l’ordre. 27 octobre 2005, Clichy-sous-bois, Seine-Saint-Denis, 17h20. Tout commence par un match de foot, 10 adolescents reviennent. Je suis apparue Je suis au bureau et je passe au service d’information. À 18h, je suis chez moi. On va sans doute aller au ministère de l’Intérieur. Au même instant, la police est appelée pour le cambriolage supposé d’une baraque de chantier. Les jeunes courent, le groupe se disperse, 3 empruntent ce chemin, Zyed, Bouna et Mutine, au coin de la rue des sirènes. Il y a un appel qui est donné pour des jeunes qui rentrent sur ce cabanon et dont on peut penser qu’ils cherchent à dérober des objets.Procureur de la République de Bobigny. En réalité, aucun objet n’a été dérobé. Les adolescents n’ont pas leurs papiers sur eux, ils craignent la nuit au poste. Pour certains, c’est le ramadan. Ils ont promis de rentrer avant le coucher du soleil. On est dans le quartier, bon, ça intervient, vous avez des gamins, c’est des gamin, les trois quarts, des gamines qui fuient de tous les côtés. Philippe Loro, directeur central de la Sécurité publique, grand patron des BAC et de tous les policiers en tenue de France. Comme ils ont eu une peur permanente de ce qu’ils représentent, de ce que représente le policier et tout, ils vont au premier endroit et ils rentrent dans un truc qui n’est pas protégé. Les sept autres adolescents du groupe interpellés sont relâchés. Au quartier, ils racontent. Une rumeur s’installe. Lui, il est parti de son côté et les trois autres sont partis de l’autre côté et il a bien vu que la police était derrière eux. Derrière les trois zones. Ils m’ont laissé pour les procédés. Ils l’ont laissé parce qu’il était tout seul et ils sont partis vers les trois zones. Toutes les émeutes locales sont parties d’une histoire avec la police, légitime ou pas légitime, peu importe. C’est l’affaire d’une cité. Bruno Lafargue dirige les renseignements généraux à Paris et en proche banlieue. On a affaire à un processus au départ qui est tout à fait normal. Alors, d’une communication radio, il y en a un qui dit, ils ont dû rentrer dans le transformateur, mais qu’ils ne les voient pas, bon, et il y a un opérateur radio qui est là et qui dit de toute façon s’ils sont rentrés dans le transformateur bonne chance pour eux, on va sûrement les retrouver en mauvais état. Deux morts, un blessé grave, dans le transformateur, c’est l’arc électrique. C’est la mort pour Zyed et Bouna, les brûlures pour Moitié et la panne générale pour tous. Sans le savoir, tout Clichy sous bois vit le drame par procuration. Le maire à court. D’abord, il y a beaucoup de policiers. On est parti avec l’idée d’un accident et on est très surpris de voir autant de policiers et de policiers que je ne connais pas. C’est-à-dire des policiers qui sont venus de toute la Seine-Saint-Denis profitant un peu d’un certain flottement. Je suis rentré et effectivement je me suis approché des cadavres. Il y a des clichés du quartier qui se sont recoupés mais qui ont été tenus à l'écart qui sont au bout de la rue et je m’aperçois qu’il y a quelques personnes. Qui se trouvent être en fait les parents et la famille des deux victimes. Les familles sont effondrées mais au sens propre. C’est-à-dire qu’elles s’effondrent par terre de douleur, de chagrin. Et je sens monter la colère. Il y a même un des membres de cette famille qui tape sur un capot de voiture comme ça en disant si c’est ça la France. Les renseignements généraux de Bobigny nous ont envoyé un message en nous disant immédiatement qu’ils s’attendaient à des répercussions sur Clichy-sous-bois Un jeune homme du quartier rentre du travail, réflexe caméra, sous ses yeux, une mécanique va s’emballer, la mécanique de l'émeute, un quartier s’embrase, la police rétorque et puis d’ordinaire, on oublie. Il va être content, le maire. Sauf que cette fois-ci, le pays entier va être saisi. Ces images sont rares, elles sont tournées du point de vue de la rue. Ça arrive assez fréquemment qu’un jeune meurt dans des conditions où les rumeurs mettent sur le compte de la police le fait que ces jeunes soient morts. Qu’est-ce qui s’est passé ? J’ai senti une police qui avait le sentiment d’une situation grave. Il ne s’agit pas d’arriver et d’emmener n’importe qui n’importe comment. Pierre marchant dans la cour, il va commander toutes les compagnies de CRS stationnées en Seine-Saint-Denis. Il faut connaître le terrain, il faut savoir quel risque se présente, quel type de population est en face, s’il y a une hostilité, s’il n’y a pas d’hostilité. Dans les premiers jours, nous avions du mal un peu à cerner, si vous voulez. Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, son éminence grise en matière de police. En fait, nous avions affaire à des opérations de guérilla urbaine, d’une certaine façon. Au nom de la commune de Clichy Sous Bois. Le deuxième jour, les clichés se mobilisent. Parle et ne comprend pas. Que s’est-il passé ? Deux versions s’opposent. Celle de Martin l’aurait scalpée et la version des ministres. La communication va jouer un rôle-clé dans l’affaire, on sort du fait d’hiver, on entre dans l’affaire d'État. Et en même temps que je reçois dans ce bureau-même ses familles, mes collaborateurs me disent que le Premier ministre d’une part et le ministre de l’Intérieur ont eux leur version, mais qui n’a rien à voir. Les jeunes essayaient d'échapper à la police, mais il n'était pas à ce moment-là, d’après ce qui m’est indiqué dans le rapport écrit que j’ai reçu, poursuivi physiquement. Par la police. Je décide à 11h30, je m’en s’en vais encore, de faire une conférence de presse dans la salle du conseil municipal où je demande une enquête transparente, indépendante. Monsieur Sarkozy est à Metz, mais j’ai son directeur de cabinet et je lui dis que je vais demander une enquête et il me dit vous avez tout à fait raison et d’ailleurs le ministre veut vous recevoir. Monsieur Sarkozy, dans son bureau à 18 heures justement, en convient. Il dit effectivement qu’il doit y avoir une enquête, se contredisant un petit peu avec lui, mais moi je lui explique qu’on ne peut pas avoir de retour au camp tant qu' on n’aura pas dit ces choses-là et que je pense que c’est à lui de les dire parce que quand je le dis moi c'était une chose, donc le ministre de l’Intérieur le dit, il est tout à fait d’accord avec moi et quand on sort de son bureau, il va devant des caméras pour dire je redonne une enquête, etc. Mais il est 18 heures, 19 heures, c' est très peu repris à la télévision. Trop peu repris. Le soir, les échauffourée repartent à deux heures du rang. La colère Clychyssoise est encore locale. L’homme tient toujours sa caméra, les jeunes leur projectile et les CRS leur flash ball, une arme qui tire des balles caoutchoucs faites pour neutraliser et impressionner. Dans le bureau du ministre de l’Intérieur. Là, j’avais été informé d’un certain nombre d’effectifs de police qui seraient présents dès le début de la nuit. Or, je ne sais pas trop pourquoi, ces effectifs n'étaient pas présents. Ils ne sont venus que très très tard et là, j’avoue qu’encore aujourd’hui, je n’arrive pas à comprendre pourquoi des ordres qui avaient été donnés en haut-lieu, puisqu’il s’agissait des ordre de mise de l’intérieur lui-même, n’ont pas été respectés. J’ai même assisté à des CRS qui sont venu jusqu'à la caserne des pompiers, qui servaient un peu d'état-major et qui sont repartis parce qu' en fait, ce n'était pas la bonne compagnie de CRS, qui devait être là. Vu les événements, ma première impression était plutôt une impression de cafouillage. Et là, l'évidence, c’est qu’il faut monter en puissance, il faut tenir. Et puis la tension baisse, la colère se contient, la troisième nuit passe, 100 heures. On s'était recueillis au pied de l’immeuble de Buna. Samir Mihi, un ami de Bouna, voisin de Zyed, va bientôt devenir personnage public. Disons que vous écoutez plus que vous n’essayez de parler, vous essayez de comprendre, mais c’est vrai que c'était pas évident de prendre la parole dans ces cas-là. La justice va faire son travail, dit-on. Le train-train quotidien revient. Reste un climat tendu. Dans la soirée du 30 octobre 2005, un tir lacrymogène atteint la mosquée Bilal, en plein ramadan. Pour les musulmans, cette nuit-là porte un nom, la nuit du destin. Un portable filme la scène. Les images se propagent. Cette lacrymogène est le nouvel effet déclencheur. L’unité qui était à côté, je la connais très bien, c’est la CRS 9 de Rennes. Et donc j'étais à proximité du commandant, j’ai moi-même mené l’enquête interne en la matière.. Je pleurais à cause des gaz lacrymogènes. Je confirme que c’est bien une grenade lacrymogène qui vient d’une… Enfin, qui est en dotation dans les compagnies d’intervention qui étaient sur place en Seine-Saint-Denis. C’est lui-là. Ce qui ne veut pas dire que c’est un tir qui a été fait par un policier. Ça, c' est l' enquête qui le dira. L’affaire de la mosquée, nous l’avons vécue comme un gigantesque malentendu. Une enquête très précise a été faite, il est clair qu’il n’y a pas eu de volonté d’envoyer une grenade lacrymogène dans la mosquée. Cela étant, la situation était dramatique, dans les situations dramatiques, on n’arrive pas toujours à se comprendre. J’ai réussi à fermer la deuxième porte ! Et ils ont vu que celle-là a été fermée, ils ont tué sur l’autre. Les grenades, dans certains cas, lacrymogène en tous les cas, sont, pour certaines, à bon aléatoire. C’est ce type de grenades qui, lorsqu’elles arrivent sur le terrain, partent dans tous les sens. Qu’est-ce qui s’est passé ? On a poussé les douilles parce qu’il n’y avait pas que les gaz qui étaient à l’intérieur, les douilles aussi étaient à l’intérieur. Donc qu’est ce qui s' est passé ? J’en sais rien. Si, à ce moment-là, très rapidement, on avait dit, on regrette, etc., et dit, eh bien, lorsqu’un lieu de culte est agressé, quelles que soient les circonstances, c’est la République tout entière qu’on agresse, mais quand on ne dit rien, c’est la porte ouverte à toutes les explications, à tous les fantasmes. C’est un petit peu dire, on peut lancer une bombe lacrymogène en direction d’un lieu de culte tant qu’elle tombe devant, ensuite, si elle va à l’intérieur, ce n’est pas trop de notre faute. C'était ce déséquilibre que les jeunes n’arrivent pas à comprendre. C’est la goutte d’eau qui fait des remarques de vase quoi, il y a un sentiment d' humiliation, moi j’en ai parlé longuement, le soir même dans cette mosquée, j’ai dû faire face à une colère ! Ils ont touché la mosquée ! Et rentrez chez vous les jeunes ! Laissez-le faire 3 nœuds ! Laissez-nous le temps de leur parler, s’il vous-plaît ! Cette affaire de la mosquée, alors certains ont dit que les islamistes étaient derrière. Bon, on n’a recueilli aucun élément tangible nous permettant de mettre au compte des islamiste telle ou telle émeute. Eux ils sont restés vraiment très très en retrait de cette affaire. Malgré elle, Clichy-sous-Bois redevient le centre de la France. Et la France regarde la télé. L'émeute du quartier devient enjeu national. Monsieur le maire, est-ce que ça veut dire que vous vous préparez à une nouvelle nuit de violence ? Je le crains, je ne le souhaite pas du tout, bien entendu, parce que je crois que les habitants se sont exprimés, tout le monde est désolé de tout ça. On peut revoir les images où on voit des gaz lacrymogènes dans la mosquée, on peut les revoir ces images-là ? Samir j’ai fait sa connaissance sur un plateau. Mais quand le ministre de l’Intérieur se permet de dire que ce gaz lacrymogène est une dotation de la police, c’est-à-dire que c'était une propriété de la Police, mais on ne sait pas si c'était un policier qui a tiré, il y a un problème. C’est vrai que cette phrase me semblait tellement énorme et ridicule que je voulais répondre par une phrase tout aussi énorme et tout aussi ridicule et c' est là où je dis que… Que les pierres qui ont été lancées sont bien des dons des jeunes, mais je ne sais pas si ce sont les jeunes qui les ont lancés. C’est comme ça qu’on a fait connaissance, en disant pas tout à fait la même chose, mais effectivement pour l’un comme pour l’autre, là on a pu affirmer des choses qui ont surpris, semble-t-il, pas mal la société française. Venez, venez, venez, on repart ! On a tué, on a tué ! Pour l’heure, c’est encore une spirale locale, une contamination concentrique. De proche en proche, de bouche à oreille, d’amis en copains de collège, de footballeurs en voisins. On se croise. On s’appelle… On se retrouve et à ce moment-là, on se dit qu’il faut qu’on se prépare à ce que la vague arrive jusqu'à chez nous. Ce qui est assez étonnant d’ailleurs, c’est qu' on a pu passer ça d’est en ouest, de commune en commune. Six jours après le début des événements, la police va commettre une sérieuse erreur d’appréciation. Cela se passe à Saint-Denis, le 2 novembre 2005, au stade de France. 800 policiers sont réquisitionnés pour le match à risque Lille-Manchester. Ce soir-là, la région parisienne va connaître son pic de violence. L’affaire est restée confidentielle. Elle est d’envergure. Le fait qu’il y ait un deuxième événement qui a été risqué en termes d’ordre public et qui a mobilisé la présence de très nombreux policiers, c’est traduit effectivement par les policiers qui étaient au stade de France, qui n'étaient pas ailleurs. Et ça, je pense qu’on ne peut s’empêcher de faire la liaison entre les épisodes de violences urbaines et la tenue de ce match au stade de France.
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Cela n’est pas tolérable. Rien ne justifie de telles violences. Rien de justifie une telle dégradation. Le gouvernement assurera l’ordre public. Il le fera avec la fermeté nécessaire. C’est la tâche difficile de Nicolas Sarkozy. À cet instant précis, Dominique de Villepin désigne son ministre de l’Intérieur. C’est un classique du genre. Le désordre qui s’installe déclenche toujours une crise politique. Doutons plus que le ministre de tutelle est dans la tourmente. Deux jours avant la mort de Zyed et Bouna, il a fait une visite nocturne en banlieue parisienne. Elle a laissé des traces. Nicolas Sarkozy annonce son plan anti-violence urbaine. Il est simple, c’est un choix policier, un choix politique. Ces restes qui étaient affectés à l’ordre public, aux manifestations, vont maintenant être affectés… À Argenteuil, il est venu détailler sa vision du maintien de l’ordre dans la France des années 2000. Il n’y aura pas de débat. Une phrase va tout changer. Effectivement, c’est ce soir-là que le ministre a prononcé le mot « racaille ». Une dame d’origine maghrébine, visiblement d’ailleurs, à sa fenêtre, dit « Monsieur Sarkozy, il faut nous débarrasser de ces racailles ». Et le ministre lui répond « Hein ? ».
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Vous en avez assez, hein ? Vous avez assez de cette bande de racailles ? On va s' en débarrasser. Bonne soirée, hein ! En cette fin octobre 2005, le mot résonne à Argenteuil, comme ailleurs. Bientôt, il va ricocher, dans les rues, à la radio, à l’atelier. Ces mots tournent en boucle. Des excuses de sa part, parce qu' on ne traite pas un groupe de jeunes, de racailles, de différents quartiers, n’importe quel quartier, alors qu’on ne les connaît pas. Le terme « nettoyer » au marché, c’est un terme qui s’impose. C’est mieux de le royer, on n’est pas des animaux ! On nettoie les trafics ! Bonsoir, bonsoir. C’est les propos de Sarkozy aussi. Arrête, arrête ça suffit, ça suffit, faut arrêter, faut être plus intelligent que ça.
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Le ministre d’Intérieur se trouve à son tour pris à son propre piège et pris dans le piège des maux. Les mots qu’il utilise sont des mots d’affrontement, sont des mots guerriers, sont des mot de guerre qui sont adressés à une partie de la jeunesse de ce pays. Soit il reconnaît la faute, ou en tout cas il pense qu' il y a faute possible, soit il tient bon parce qu’ils considèrent qu’on est dans le discours de la guerre, qu' on a face à nous des ennemis et que face à des ennemis, on ne reconnaît pas avoir tort. Je crains qu’il ait été, pendant tous ces jours-là, traversé par ce double sentiment. La gravité de la situation atteint Matignon. Dominique de Villepin veut s’imposer. Il exige de son intérieur de ministre qu’il affiche un visage d’ouverture. La rivalité entre les deux hommes a des incidences directes sur la gestion de la crise. Je reçois un coup de fil du préfet de la Seine-Saint-Denis, pour me dire qu’il faudrait que vous alliez placer vos vœux ce soir avec des jeunes. Alors moi, cette commande me paraît un peu étonnante parce que je ne sais pas ce que c’est que des jeunes, moi. Je ne sais ce que sont que des gens. Alors on comprend que ce sont plutôt des médiateurs que le ministre veut voir. Et là, c'était un choc de culture. L’ambiance était au dialogue, je dirais. Le climat était assez tendu puisqu’on ne voulait pas forcément croire ce qu’on racontait, ce qu' on avait vécu ces derniers jours, le comportement des forces de l’ordre. Les induisant pourquoi les jeunes font ça, qu’est-ce qu’il leur prend, etc. Et les médiateurs s'étonnent de leur étonnement.
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Bon, c’est vrai qu’il y a des difficultés de compréhension entre les jeunes et pas seulement la police d’ailleurs. Je crois malheureusement, je l’ai bien observé à cette occasion, que c'était entre eux et le reste du monde. En France, pour se révolter ou pour manifester un mécontentement, c’est aller dans la rue. Mai 68, ça a arraché les pavés pour les jeter sur les forces de l’ordre. Donc c'était pas typique des jeunes issus de l’immigration ou des jeunes noirs ou des jeunes arabes. C’est une tradition française. Quand on parle d’intégration et d’assimilation de la France, moi je trouve que ces jeunes ont plutôt bien assimilé les traditions françaises. Et à un moment donné, Nicolas Sarkozy s’en va.
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Le ministre de l’Intérieur nous a laissé discuter, dialoguer directement et négocier aussi directement avec les différents chefs de la sécurité du département. On a demandé s’ils pouvaient se positionner un peu plus en retrait du cœur de vie du quartier, c’est ce qui a été fait et le calme est revenu progressivement. Ce soir-là, pour Clichy, le dialogue a suffi. Mais pour le reste du pays, trop tard. Cette incompréhension, ce monde contre monde, ce choc des cultures remonte à loin. Depuis Vaulx-en-Velin, en 1979, les émeutes urbaines sont bien une histoire française. Elles rappellent qu’une crise profonde atteint la France depuis 30 ans. Personne ne l’a résolu. Le désordre est entier, la violence fatale. Et pourtant. Par leur portée, ces émeutes semblent surprendre le pouvoir. S’il faut faire descendre l’armée ou quelque chose comme ça, il va falloir trouver une solution. L’embrasement devient national, le désarroi total. Bientôt, 11 000 voitures vont brûler. Près de 300 édifices seront touchés. 18 régions sur 22 sont atteintes. Autre fait occulté de ces émeutes, elles gagnent même les zones rurales. La première tête, la première masse, la pire ! Attention, attention, ça caillasse là ! Comment faire ? Les forces de l’ordre ont deux options, soit à contenir les assauts par leur seule présence, soit aller à l’affrontement. Pour l’heure, c’est plutôt la retenue qui prédomine. Quand on dit on n’intervient pas, c’est faux. L’intervention a lieu, mais elle n’a pas lieu forcément dans les conditions qui sont attendues par les médias ou le public. Nous avons des connaissances techniques en la matière, nous savons à quel moment il faut intervenir et comment il faut y intervenir. C’est-à-dire que le fait de ne pas intervenir, c’est quand même une forme d’interventions. Au onzième jour, tout le monde se tourne vers l’Élysée. C’est un classique des crises nationales. Une des charges premières d’un président est de savoir parler au pays au bon moment. Dans la cour de l’Élysée, Jacques Chirac s’avance. Le dernier mot doit revenir à la loi, la république est tout à fait déterminée par nature à être plus forte que ceux qui veulent semer la violence ou la peur. Deux minutes et quatre secondes comme ça, comme absentes, comme déconnectées, comme un de Gaulle en 68 ou un Mitterrand en 84 lors des manifestations pour l'école libre. Coup pour rien. La parole présidentielle n’a rien changé. À Matignon, on récupère le dossier, on improvise dans l’urgence une table ronde. Et on reçoit un coup de fil comme quoi on est convoqué à Matignon pour une réunion des maires. Alors je me dis c’est intéressant, on va me donner des pistes, m’aider. Le premier ministre arrive et nous dit, écoutez, en résumé, mais ça a duré deux minutes son intervention. Nous ne comprenons pas pourquoi et nous ne savons pas comment l’arrêter. Là, je me suis dit qu’on était dans la mouise parce qu' on était déjà seuls et là où on était reçus au plus haut niveau de l'État, on n’avait pas l’impression qu’il allait l'être moins après. On est sorti de là, je vais le dire autrement, en se disant que ça n’a pas servi à grand chose. Et on a le sentiment que c'était plutôt pour la presse qu’on a fait ça, en disant voilà, le premier ministre a rencontré les maires de banlieue, point. J’ai vu l'état. En tout cas, c’est le sentiment que j’en garde, s’effondrer pendant quelques jours sous la pression d’un certain nombre de types qui crament des voitures. On n’a pas le visage clair des personnes qui cassent, on ne sait pas. C’est une ombre qui agit dans la nuit, et elle se cache par lâcheté. Elle ne veut pas se montrer, dire que c’est moi, général elle ne s’exprime que par l’avion. Début novembre, Nicolas Sarkozy doit occuper le terrain. Il faut rassurer. Il active alors son PC de crise nationale, le centre opérationnel Beauvau, sont présents tous les grands patrons. CRS, RG, PJ, Sécurité publique et même, les premiers temps, DST. Tous les jours, nous regardons un petit peu la courbe au niveau de l'évolution des incidents qui se produisent et nous attendons qu’une chose, c’est naturellement que ça baisse de manière extrêmement forte. Il est clair qu’il y a eu plus de 1300 voitures qui ont été incendiées. Je ne vous cache pas que l’ambiance n'était peut-être pas excellente et on se posait des questions.
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Il faut à la fois répondre à l’immédiat et il faut réfléchir et très franchement on a le temps de réfléchir. Fréquence des réunions de par jour matin et soir objectif regrouper les informations et affiner de nouvelles stratégies
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L’une de nos hantises, évidemment, c'était l’incident grave, et notamment la mort d’homme, et les consignes, l’encadrement, l’idée de manœuvre des unités ont toujours eu cette préoccupation à l’esprit. Même le maintien de l’ordre, ça n’est pas du réflexe, ça n’est pas de la démultiplication réelle de ce qu’on fait à l’entraînement, c’est précédé d’une réflexion importante et de nature politique. Au lieu, ce temps nécessaire accroît la nervosité. Nicolas Sarkozy est contesté, Dominique de Villepin inquiet.
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Notre méthode, c’est la méthode du milieu fermé. Donc, c’est celle qu’on utilise pour le terrorisme, c' est à dire que nous, on a plusieurs sources de renseignements. On a d’abord les surveillances et les filatures. Autrement, on à les interceptions de sécurité, les écoutes téléphoniques. On utilise également les informateurs. Nous, on appelle ça les sources humaines. Et puis, on entre dans le cadre des bonnes relations que l’on a avec différents acteurs. On a des contacts. Avec différentes personnes qui, elles, nous donnent des renseignements sur l'état d’esprit des jeunes, la façon dont ça bouge.
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De quelle nature est la menace ? S’agit-il d’une volonté de déstabilisation de l'État ? D’une prise de pouvoir par la rue ? Qui sont ces ombres qui font foule, qui font émeute ? Nicolas Sarkozy avance son hypothèse. Ce à quoi nous avons insisté dans le département de la Seine-Saint-Denis cette nuit n’avait rien de spontané, était parfaitement organisé. Et ils sont où tous les petits connards qu’ont fait ça ? Le nombre d'émeutiers surprend, mais aussi leurs cibles. Sans porte-voix, sans revendications claires, sans figure ni stratégie, les émeutiers ne constituent pas un mouvement. Si ça avait été la révolution, les jeunes, qu’est-ce qu’ils auraient fait ? Ils auraient été dans les quartiers riches, dans les centres-villes, se livrer à des pillages ou autres. En fait, où se sont produits les événements ? Ils se sont produits dans les quartiers difficiles puisqu’il s’agissait de montrer que c'était eux les meilleurs dans leur quartier. Donc si on faisait brûler des voitures dans le centre-ville, ça ne servait à rien, c’est pas productif. Il y a donc comme une logique folle dans les objectifs. On s’en prend aux écoles, aux crèches et aux maternelles surtout, bien plus qu’au collège ou au lycée. La raison est territoriale et tactique. Les lycées sont souvent loin, les écoles sont toutes proches. Il y a un peu plus de 60 % des jeunes qui ont été interpellés, qui n'étaient pas connus. Et dont on sait aujourd’hui qu’ils étaient souvent en situation de décrochage scolaire, voire d’absentéisme, qu’il développait souvent des problématiques certaines dans leur rapport avec l’institution, et qu' ils n’avaient pas fait l’objet de signalement, alors que pour une bonne partie d’entre eux, on pense qu’on aurait dû en faire. L’attaque Les entrepôts obéissent à des modes opératoires plus raisonnés qu’il n’y paraît. À l'écart des villes, moins surveillés, ils sont faciles à saccager et servent à leur tour d’exutoires commodes. On le sait de par certaines écoutes téléphoniques dans certaines affaires, on sait que certains incendies relativement importants contre des entreprises ont été allumés par des gens qui disaient se plaindre de refus de stage lorsqu’ils avaient sollicité ces entreprises. J’ai eu une promesse en bouche dans une grande boîte à Roissy. Et je suis parti récupérer mon badge, on m’a refusé mon badge. Pourquoi ? Parce que j’ai fait une connerie qui date d’il y a quatre ans de ça. J’avais des larmes aux yeux, j’aurais dit mais comment ça vous me refusez mon badge alors que j’ai une promesse en bouche, ça peut changer une vie. Dans un rapport inédit, le parquet de Paris se demandera un an plus tard comment penser qu’il s’agit d’un hasard, comment ne pas faire un lien entre ces lieux d’enseignement, de culture et d’emploi, tous trois vecteurs de promotion sociale.
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Le moment où le désespoir ou l’absence de perspectives d’avenir et la difficulté du quotidien devient tel, et ça n’excuse rien, que les gens se mettent à faire n’importe quoi pour, pendant quelques heures, quelques jours, se donner le sentiment de retrouver la maîtrise de leur propre vie. Les jeunes ont dit, ils ont expliqué que c'était purement ludique. Ils ont fait ça pour s’habiller. Il y avait aussi la violence comme mode de mise en scène où on a eu effectivement ce phénomène qui était assez généralisé où les jeunes auteurs d’infraction se mettaient en scène devant les véhicules qui brûlaient en se faisant prendre en photo avec les téléphones portables.
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Chaque soir au journal télévisé, c’est un rituel. Des voitures en flammes et des chiffres en flèches, des images comme des slogans incertains, des indices de la colère comme le nombre de grèves renseignent sur le social. Fascination du feu, puissance des images, écran de fumée, tout concours à entretenir l’idée fausse d’un mouvement structuré, unifié, synchronisé. D’ailleurs, on voyait que, pendant le journal de 20h, les choses se calmaient. Ils allaient regarder la télé, puis ça recommençait derrière. C’est la fin de la semaine dernière. C'était encore plus grand que la semaine précédente.
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Les télés du monde entier affluent, c’est le grand cirque jusqu’au jour où CNN se trompe et met Toulouse à Strasbourg, Lyon à Limoges et Cannes à Perpignan, comme si vraiment la France était toute retournée. Pour les renseignements généraux s’en est trop. Après une semaine d'émeutes, une note propose de mettre un frein à cette surmédiatisation. Certaines chaînes de télévision s’exécutent, des radios en bruyant. Ces émeutes sont inédites dans leur étendue, leur durée, leur nature, et maintenant dans leur intensité. Mon fils, il a perdu sa mère, pourquoi il a la même droite, il est handicapé ? Son fils de 21 ans a voulu ramasser une grenade, elle a explosé.
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À Sevran, Ile-de-France, un bus s’est incendié en plein jour. Une femme handicapée et sauvée in extremis. À l’hôpital, au service des grands brûlés, son voisin est mutine, le survivant du transformateur EDF de Clichy sous bois. Par une petite porte dérobée, la politique s’y glisse. Mme Chirac d’ailleurs est venue voir Emorine et cette personne âgée elle a lancé un appel. Emorine est couverte de pansements et dans sa chambre stérile à danser un appel à l’arrêt des violences. Les gens pourraient brûler toute la France, ça ne ferait pas revenir à mes copains, ça sert à rien, la vieille dame qui est là saignée pour rien.
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Les termes iront à 19h40. Moi-même, sur le terrain, je ne comprenais pas tout à fait ce qui se passait. Et j’ai vu la première ligne tomber, les gars pleins de sang. Et c’est là que j’ai compris que ce n'était plus simplement des cocktails motifs ou des projectiles, mais qu’on nous tirait dessus. On voit un tireur avec un fusil à longue portée, sans doute un fusil de chasse, nous tirer dessus. Les journalistes et par images se doivent se trouver à hauteur de notre dispositif. Et la prise de vue se fait donc vers l’individu qui semble s’enfuir vers l’intérieur de la cité avec l’arme longue à la main.
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La une de Paris-Match, la visite à l’hôpital le soir même de Nicolas Sarkozy. La dramatisation est à son comble. La sidération, alors, s’abat sur un pays qui se fait face, qui doute. De part et d’autre, la fatigue se fait sentir. C’est aussi l’heure des premières bavures policières. À la sortie du commissariat de la Courneuve, cette scène. Le jeune homme en blanc est rattrapé par un policier. Jeté à terre, il est roué de coups par deux d’entre eux sous les yeux de leurs collègues. L' IGPS, la police des polices, a vu ces images. Elle a immédiatement mis les huit fonctionnaires en garde à vue.
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Une scène qui en rappelle d’autres. Comme le passage à tabac de Rodney King, prélude aux émeutes de Los Angeles en 1992. Souvenirs que Dominique de Villepin livrera lui-même sur CNN. Beaucoup de gens ont aussi dit que les riots dans les ghettos, Je ne suis pas sûr que vous puissiez les appeler des riots. C’est très différent de la situation que vous avez connue en 1992, en L.A. Par exemple. A ce moment, il y avait 54 personnes qui sont mortes. Il y a eu 2000 personnes blessées en France. Pendant deux semaines d’arrêt, personne n’a mort en France
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Les soirées de feu se succèdent, tout le monde s’adapte. Les émeutiers aux policiers, les policiers aux émeutiers. Et ces deux hommes s'évitent du regard. Nicolas Sarkozy-vacille Et si les choix stratégiques étaient mauvais ? Et si la gestion de l’ordre n'était pas seulement qu’une technique, une intelligence des mouvements de foule ? Au ministère de l’Intérieur, on se dit maintenant prêt. Le plan anti-violence urbaine annoncé à Argenteuil avant les émeutes est désormais opérationnel. La police va changer de tactique. Les CRS vont agir par petits groupes et non plus en grande compagnie. Nicolas Sarkozy assume, la mise en scène est soignée. Donc je vous demande à certaines d’autres choses. C’est sa dernière carte. Première chose, je vous demande d’interpeller les émotions. On change notre dispositif, c’est-à-dire qu’en fait on le fait évoluer, parce qu’on souhaite naturellement procéder à des interpellations. Et comme eux ne sont pas plus bêtes naturellement que nous, de leur côté ils s’adaptent également pour éviter d'être trop interpellés. Le jeu est assez simple. Soit les banques gagnent, soit la République l’emporte. L’alternative, elle est dans ce choix. C’est la force légale de la République ou c’est le force brutale des bandes. Ça sera donc la force légale
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Dans toutes les directions départementales de la police, on sort les cartes en trois dimensions. Sur celles-ci sont numérisées les bâtiments, les rues, les édifices et même les points de regroupement et de manœuvre possibles. Prendre de la hauteur, contrôler le ciel. Début novembre 2005, l’idée de surveillance par hélicoptère est suggérée dans cette note interne au ministère de l’Intérieur. C’est une première. C’est une décision lourde, des hélicoptères qui étaient capables, munis de phares, de suivre des petits groupes très mobiles et de permettre l’interpellation par les unités au sol. Quand vous êtes sur le terrain, vous avez une vue aveugle en quelque sorte. Vous avez un environnement de 2-300 mètres, mais vous ne savez pas ce qui s’y passe. Derrière une tour. Et à la fois vous rassurez vos personnels et également vous créez une insécurité chez le délinquant ou chez les gens, chez les jeunes qui sont en tout cas présents sur les quartiers, sur les toits. C’est vrai qu’on a l’impression d'être coupable de quelque chose, d'être en temps de guerre. Entre les émeutiers, la police et les politiques, surgit un quatrième acteur, la population. Comme en 68, comme en 95, comme dans tous les grands moments de crise sous la Ve République. Au bout d’un moment, on a vu venir des jeunes adultes de 25-35 ans qui ont grandi dans ces quartiers, qui sont descendus et qui ont dit « maintenant ça suffit ». Maintenant ils ont passé le message, le message il est passé, il faut qu’ils s’arrêtent quoi, c’est bon, à l’obolle quoi. Si ça fait réveiller, franchement, si c’est la seule solution pour se faire écouter, pour aider les jeunes de ces quartiers à s’en sortir, ben ça ne m’importe pas. Tant pis pour ma voiture, j’en achèterais une autre. Et ce que je peux retenir, c’est une espèce d’ambiguïté de la population. C’est-à-dire qu’en même temps, il y a une condamnation, évidemment, des violences. Donc, ils ont été les victimes, ils ont été, leur voiture a brûlé, etc. Donc, il y a une condamnation, mais en même temps une explication, en disant, oui, mais si on n'était pas dans cette situation, peut-être que ces violences-là n’auraient pas eu lieu. Les jeunes qui étaient autour disaient qu’ils ont raison de faire ça parce qu’on est malheureux, il y a un mal-être chez nous. Ces délinquants étaient en quelque sorte un peu les bras armés, c'était ça, un peu le bras armé de leur insatisfaction. Des gens ont voulu se révolter, d’autres ont voulu apaiser. Il y avait aussi des parents qui étaient dans la rue par curiosité, donc il y avait de tout. SORTIR POUR PARLER pour s’en sortir, c’est comme une façon de se réapproprier le territoire. Et si du chaos émergeait une nouvelle attitude, il n’y aurait pas de milices, non, mais des veillées de fortune entre voisins. On n’est pas là pour faire du gardiennage, on n’est pas du tout là pour un comité de vigile. On est là tout simplement pour occuper une soirée, montrer que cet équipement y vit, qu’il sert à des gens et que du coup il y a du monde dedans. C’est bon, il y a quelqu’un. Dans certaines villes, les maires tentent de récupérer le mouvement en créant des comités de veille citoyenne censés ramener l’ordre.Mais Dominique de Villepin n’y croit pas, il décide d’abattre l’arme ultime de l’escalade guerrière. Le Conseil des ministres a adopté ce matin un décret sur la base de la loi de 1955 autorisant les préfets, sous l’autorité du ministre d'État, ministre de l’Intérieur, à mettre en œuvre des mesures de couvre-feu. Dominique de Villepin a gagné. Il a battu son ministre de l’Intérieur en termes d’images. En réalité, la bataille des émeutes était déjà finie. En haut lieu, on savait que les incidents très sérieux étaient à la baisse, que la décrue était amorcée. Couvre-feu, cache-misère. Il faudra plusieurs mois pour que les langues se délient et racontent la mise en scène du retour à l’ordre. L'état d’urgence, vous en souvenez, est intervenu très tard dans la gestion de la crise et c'était heureux d’ailleurs, à ce moment-là ça ne nous semblait plus nécessaire. C’est s’adresser aux gens qui vivent dans les quartiers où ça se passe bien et qui voyaient ça à la télé pour leur dire, vous voyez, nous on est des gens plus durs encore que Nicolas Sarkozy. Tout ça est éliminatoire. A Clichy, je pense, peut-être parce qu’effectivement le calme est revenu, mais on trouve ça inutile et dangereux même. Parce que là encore, attention, on manipule un texte de loi qui a des références historiques. Le couvre-feu n’avait pas été mis depuis la guerre d’Algérie, donc ça a été utile. Ça n’a pas été une idée.
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Trois semaines après les premiers affrontements, le retour à la normale est enfin annoncé. Le maître étalon, c’est le nombre de voitures incendiées par nuit. La société française considère qu’une centaine de véhicules brûlés, c' est la norme. A la mi-novembre 2005, la normale est atteinte. Qu’est-ce qu’on entend par retour à la normale ? Il n’y a pas véritablement de normes. C’est un effet de masse et une question de volume. La normale, c’est la fin de ces événements. Pour moi, c’est ça, retour à la normale et non pas à la vie normale puisque dans ces quartiers, la vie n’a rien de normal. Qu’est-ce qui s’est passé de plus grave dans les 20 dernières années en France que ce qu’on a vécu en novembre-décembre 2005 ? Qu’est-ce qu’il concerne plus l’ensemble de la population française que la façon dont on a organisé la vie sociale, la vie urbaine, dans notre pays ? C’est une crise de sens, une crise. De repères. C’est une crise d’identité. On sait aujourd’hui, et cette analyse-là a été confirmée par une note de la direction centrale des renseignements généraux, qu’on n’est pas face à une insurrection qui aurait été fomentée par des délinquants de banlieue. On sait que cette explication est tout à fait insuffisante pour fomenter le phénomène.
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Ainsi, la direction centrale des renseignements généraux adressait un rapport de huit pages intitulé « Crise des banlieues, violence urbaine ou insurrection des cités ». On y lit ceci. La France a connu une forme d’insurrection non organisée avec l'émergence dans le temps et l’espace, d’une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme. Il y avait deux types d'émeutes, il y avait, c’est vrai, des desperados et puis il y avait une espèce d’aspiration comme magnétique dans le frisson de l'émeute. En total qu’on
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En contradiction avec leur ministre de tutelle, les RG ajoutent « Aucune manipulation n’a été décelée permettant d’accréditer la thèse d’un soulèvement généralisé et organisé Vous avez deux regards sur les banlieues. Le regard que j’essaye d’imposer, qui est un regard complexe, donc difficile à expliquer. En disant qu’il y a à la fois des atouts, il y a de l'énergie, puis il y a des inégalités, etc. Et puis il y a un regard simpliste, je le dis, extrêmement simpliste qui résume les banlieues à des choses qui existent, qui sont la délinquance. Alors dans un cas, le traitement est politique. Dans l’autre cas, il est policier.
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Le directeur central des renseignements généraux sera remercié quelque temps plus tard. Les émeutes sont finies, une page est tournée. Ou presque. Comment répondre à la crise des banlieues qui a agité la France pendant trois semaines, pendant les mois de novembre et décembre ? Après l’action de fermeté, les arrestations, voici le volet social.
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Janvier 2006, Dominique de Villepin lance ce qu’il appelle la bataille pour l’emploi. Sa loi pour l'égalité des chances est une réponse directe, dit-il, aux émeutes de banlieue. Elle prévoit la création du contrat première embauche, un contrat à durée indéterminée, assorti d’une période d’essai de deux ans. Le Premier ministre croit à une formalité. Le 9 février, il est à la tribune de l’Assemblée nationale. Il veut aller vite. Il n’y aura pas de débat. En application de l’article 49, alinéa 3 de la Constitution, après délibération du Conseil des ministres, j’ai l’honneur, monsieur le Président, d’engager la responsabilité du gouvernement, je dis bien la responsabilité du gouvernement sur le vote de l’ensemble du projet de loi pour l'égalité des chances.
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La France doit bientôt vivre une nouvelle crise. Cette fois, celle-ci est classique, presque codifiée, culturelle. Syndicat et jeunesse contre l'État. Ce que le jeu parlementaire ne peut obtenir, c’est à la rue de le gagner. Un archétype de la Ve République. La veille de l’annonce du CPE, je reçois un coup de fil de Matignon. Ce que je leur ai dit, c’est que ce n'était pas en bon lieu que cette fois les voitures brûlaient, mais que ce sera en centre-ville. Il fallait qu’ils prennent la mesure d’une mobilisation qui prendrait de l’ampleur sur cette question. Dès le départ, c’est devenu une affaire où on a senti que les choses allaient s’envenimer. Pierre Mur, directeur de l’Ordre public à Paris, dirige 5000 hommes. Une affaire difficile. Tout le monde me disait c’est… Le prochain mouvement social. Les premières manifestations que nous accueillons avec beaucoup de regret. Et un petit peu d’accablement. Les manifestations lycéennes ou estudiantines sont toujours regardées avec beaucoup d’intérêt, de force, et parce qu’on veut éviter des incidents, parce que c’est la jeunesse française, on veut éviter ça. Tout va commencer ici à l’université de Rennes 2, bastion des sciences humaines et de la contestation depuis les années 70. C’est à tout le monde d’occuper tous les Mc Donnald ! Le maximum de personnes possibles descendent aussi ! Ce seront les premiers à les employer sous les contrats CPE, je vous le rappelle !
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Début février, la Faculté de Rennes 2 vote la grève et appelle à la mobilisation générale de la jeunesse, le mouvement est lancé. On est venu me prévenir que les étudiants déménageaient les salles de classe, sortaient les chaises et les tables, bon on savait ce que ça voulait dire, ça voulait dire qu’ils allaient bloquer les issues et effectivement ça a été fait. Le vote pour la grève nous en a fallu au moins une. Bruno Julliard, président de l' UNEF, principal syndicat étudiant. Pour que ce soit l'étoile que les autres universités prennent en exemple et les suivent. La fronde anti-CPE touche Toulouse, Grenoble, Poitiers. Là, on brûle des voitures en carton. Clin d'œil aux émeutiers de novembre, mais clin d'œil seulement. Ce que ces derniers n’ont pas fait, les étudiants le feront, s’organiser pour prendre la rue. Une coordination nationale étudiante se constitue. Elle se méfie des syndicats traditionnels qui tentent, eux, de piloter le mouvement. Les premières facs parisiennes sont bloquées à leur tour. C'étaient des gens qui avaient l’expérience de l’organisation. Delphine Bouenel, étudiante à Paris, deviendra l’une des porte-paroles de la Coordination nationale étudiantes. Une expérience militante, une expérience syndicale ou politique. C'était l’apprentissage de ce que c’est un mouvement, comment est-ce qu’on se mobilise, comment est ce qu’il crée une AG, comment est qu’elle mène une AG. Ça a une apparence de désordre alors que c’est très organisé derrière. Tous ceux qui sont pour la continuation d’une mobilisation contre ce CPE qui va mettre tout le monde par terre, alors il faut voter pour le blocage à durée indéterminée. Ce classique de l’agitation étudiante a une règle de base. Chaque semaine, tout le monde dans la rue. Il faut se compter, puis doubler la mise la semaine suivante. La logique de la pression est rodée. Le cap du million dans la rue est franchi le 7 mars. Invisible pendant les émeutes, la gauche réapparaît. Contrairement à celle des banlieues, la forme de ce mouvement est fédératrice. Dans ces cas-là, toute opposition s’en empare pour affronter le pouvoir. Dans la rue, on chante, à l’assemblée, on s’empoigne. Parfait miroir d’un pays qui aime se regarder dans la contestation. Votre politique a une apparence, l’ordre et l’inflexibilité, mais elle a une réalité, la flexibilité et le désordre. Monsieur Ayrault ! La peur n’est pas une politique. L’illusion n’est pas une politique. Pendant que la province mène le combat, à Paris, la préfecture de police surveille la mobilisation. Cette préfecture est un lieu unique au monde. Autonome, puissante, elle est un État dans l'État. On a une section qui s’occupe des phénomènes sociaux. On a des contacts avec les organisations syndicales et là on ne vient pas masquer, on leur dit voilà, on est des renseignements généraux. Quand on parle par contre des éléments violents, c’est le problème de sections beaucoup plus spécialisées qui elles vont travailler en milieu fermé et qui vont suivre les mouvements d’extrême gauche lorsqu’ils sont à potentialité violente pour suivre les éléments violents. Avant une manifestation, le préfet va nous demander combien il va y avoir de manifestants, est-ce qu’il y aura des incidents et comment les incidents vont survenir. Donc il faut lui décrire en quelque sorte à l’avance le scénario.
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Et malgré tout ce dispositif, une faille. Au cœur de Paris, la Sorbonne. Le 8 mars 2006, elle est occupée. Le mouvement bascule. Une fois qu’on avait pris la Sorbonne, une fois que la Sorbonne était à nous, on avait tout gagné. D’abord parce que c’est un nom qui est connu dans la France entière, dans le monde entier, et parce qu’il y a eu Mets 68 et les images, les images de l’occupation de la Sorbonne en Mets 78. Cette espèce de mémoire collective, un peu arrangée, un peu glorifiée, dont on ne garde finalement que les bons souvenirs. Donc, très vite, des barricades, des tables, des chaises, des tables, des chaises. Cinquante étudiants sont déterminés. C'était pas vraiment prévu. Tom, étudiant à Paris 1, sera l’un des premiers à occuper la Sorbonne. On n’avait pas vraiment de nourriture, on n’avait pas vraiment de couverture. je suis vraiment sur la ligne de trois strates, les étudiants, militants, anti CPE, élus de syndicats qui avaient une attitude tout à fait de contestation institutionnelle. Au-dessus, il y avait des militants politiques plus durs. On a retrouvé pas mal de souvenirs de Jeanne, qui est un grand moment de la contestation altermondialiste. Et puis encore au-delà, les révolutionnaires professionnels, et ceux-là, ils étaient vraiment violents.
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Chaque jour, une fête de plus est occupée en France on tient bon. Son président ne procède pas à l'évacuation. C’est une tradition française, celle de la franchise universitaire qui remonte au Moyen Âge et complique le jeu du pouvoir. Comme les églises ou les ambassades, les lieux de savoir sont des sanctuaires. Je crois encore, disons, à la possibilité de réguler les conflits dans l’université par la négociation, sans intervention policière, qui en plus ici aurait été catastrophique. Ils imaginaient un escadron de police contre 7000 étudiants à l’intérieur du campus, mais c'était détruire le campus.
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À Paris, la Sorbonne devient point de fixation. On s’y retrouve après les âgés, après les manifs. On se dispute la paternité de l’occupation. Depuis des décennies, tout ce qui fait les grands mouvements de jeunesse se cristallise qui contrôle la Sorbonne croit contrôler le mouvement. Le 11 mars, dans la soirée, le pouvoir tranche. Il s’agit d’une grande décision politique, une décision de police. Pour le gouvernement, la sorbonne n’est pas arène d’eux. Il n’y aura pas ici de franchise universitaire. C’est une question de rapport de force. Entre l’ordre et le désordre, mais aussi entre un Villepin qui décide et un Sarkozy qui se méfie. Comme si leur rivalité totale les poussait à rejouer la scène des années. L'évacuation s’est décidée entre le ministre de l’Intérieur, qui d’ailleurs, je le précise, était dans un avion qui l’a ramené d’autre nerf, mais qui était doté du téléphone, heureusement, et puis le Premier ministre.
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Dans ces jeux de couloirs se joue le contrôle de l’ordre dans la capitale entre le ministre de l’intérieur et la préfecture de police jugée trop proche de l’Élysée. Qui pilote l'évacuation de la Sorbonne croit prendre une option pour la suite. À minuit, le préfet exécute les ordres, il chapeaute les opérations. Mais les consignes sont toujours les mêmes. Pierre Mutz, préfet de police de Paris. Ça ne veut pas dire pas de violence. Pas de violence ! Faites au mieux, faites en sorte que demain matin la sorbonne soit évacuée. La seule question, c’est de savoir si Majority of John ici, L’envie de se battre avec les CRS ou si Majority of John, envie de sentir facilement tirant ! Des barricades avaient été confectionnées et ils étaient eux derrière, ils nous attendaient avec des extincteurs. On allait se faire prendre, donc autant jouer le tout pour le tout. J’avais pris un mégaphone. On va vous laisser sortir ! Passer un certain nombre de messages, leur dire qu’il n’y aurait pas d’interpellation. C’est à rien d'écouter ce qu’il se dit, les choses ne se décident pas là réellement. Par contre les choses peuvent influer dans un sens où ça divise de notre côté, c’est certain. Sitôt l'évacuation terminée, le gouvernement va prendre une décision capitale qui n’avait jamais été prise, pas même en 1968. La préfecture de police boucle totalement le quartier de la Sorbonne à l’aide de barques pont, prévues à l’origine pour bloquer les accès à la Seine en cas de troubles graves. Quartier sanctuarisé, zone interdite, la rue est plus que jamais un espace politique. Ça a contribué à durcir l’image du gouvernement dans sa volonté de répression et sa volonté de refus du dialogue. On sent bien qu'à ce moment-là, la question du maintien de l’ordre, ça devient un des éléments clés quant au dénouement de la crise du CPE. Mais on arrivait à un tel point de défiance et de tension sociale que la violence était devenue naturellement une issue possible. Il y a un message qui doit passer et même si c’est malheureux de casser, il y a un message qu’il doit passer donc forcément c' est comme ça quoi. Ce n’est pas moi qui lance des trucs, mais en même temps je ne peux pas dénigrer les gens qui lancent des trucs sur les flics dans la mesure où ce qu’on a de la part de l’État est bien plus grave qu’un simple petit pavé de ça. D’un certain point de vue, c'était aussi de la pression sur le gouvernement. Parce que lorsqu’il y a des scènes de violence, les forces de police ne peuvent pas rien faire. Quand la France s’embrase, c’est aussi cela. La mémoire et l’héritage. Le frisson de la rue, les clichés qui défilent et l’ivresse qui remplit les consciences collectives. C’est la rue Monsieur le Prince, 1986, la loi de Vaquet, le peloton des voltigeurs et la mort d’un étudiant, Malik Oussekine, frappé par deux policiers. Un jeune homme de 22 ans, Malik Oussekine, ces initiales se confondent avec celles du maintien de l’ordre. Dès le début du mouvement anti CPE, la hantise de la bavure va mettre tout le monde sous pression. Ne devait pas les gérer. Ça paraît évident dans l’affaire de 1986, la responsabilité des forces de l’ordre avait été engagée. On ne peut pas se permettre d’avoir naturellement encore un mort, un jeune dans une affaire de cette nature.
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L’histoire du maintien de l’ordre est jalonnée d'événements un peu difficiles, un peu compliqués. Malheureusement, il y a eu cet événement, c’est sûr, mais c'était un tournant en fait. Ça nous a souvent freiné pour intervenir sur des manifestants qui se comportaient de façon violente. Il faut à tout prix éviter ce genre de choses. Mais on n’est jamais à l’abri d’un problème qui peut se poser au cours des manifestations. Vous savez, c’est comme quand vous roulez en voiture, vous avez toujours un risque.
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Ancienne doctrine, nouvelle gestion de crise, la mémoire collective a transformé les méthodes policières. Ainsi, l’actuelle tenue ultra-défensive des CRS remonte à 94, à Rennes déjà, quand des marins-pêcheurs ont utilisé contre eux des harpons, des fusées lancées à marre, et que le parlement de Bretagne fut incendié. De cette date, l’uniforme a changé, il s’est militarisé. Aujourd’hui le maintien de l’ordre est conçu, non pas pour disperser violemment avec le risque que cela peut avoir les manifestations. Philippe Lamy chargé des questions de sécurité à la mairie de Paris, présent à tous les rassemblements. On n’est plus comme en 68 ou après 68, où on utilisait des moyens lourds pour casser la manifestation et la disperser. Aujourd’hui on essaie de contenir et de maîtriser la violence. Avec ce paradoxe d’ailleurs, c’est qu' à partir du moment où les forces de l’ordre sont de plus en plus protégées, on a une violence des manifestants qui augmente en intensité. Il va de soi que je soutiens totalement et sans réserve l’action conduite par le Premier Ministre et par le gouvernement français.
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Le 16 mars, nouveau rendez-vous national et nouveau succès pour les étudiants. Mais à Paris, la dispersion se déroule mal. On assiste au premier phénomène de dépouille. Violence aux personnes, violence aux biens, violence avec la police. Une manifestation, c’est aussi quelque chose de très symbolique et de très codé, je veux dire. Il y a un code à respecter entre d’un côté les organisateurs et de l’autre côté ceux qui sont chargés du maintien de la loi.
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Le tournant du mouvement se joue sur ses quelques mètres carrés, au carrefour Sèvres-Babylone. Cette fois-ci, on a des groupes qui ne respectent même pas ce code. Ils attaquent la police, mais en même temps, ils attaquent les manifestants. Et c’est là qu’on le remarque, les premiers jeunes venant de citer. Puisque certains de mes collaborateurs qui sont sur la manifestation sur le secteur des violences urbaines me disent, il y a des jeunes de Montreuil qui sont présents.
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Dans les messages que nous faisions passer, on essayait aussi d’appuyer là où ça fait mal. Lorsque j’ai Sarkozy au téléphone la première fois, c’est le premier message que je lui dis. C’est que attention, qui dit augmentation de la violence, dit automatiquement grand risque de bavure. Au ministère de l’Intérieur, on craint plus que tout une alliance des casseurs. Ceux dits de banlieue et ceux politiques. Alliance qui ne viendra pas. Comme lors des émeutes, la police va alors changer de tactique. Ne plus se contenter d’encadrer. Et comme lors des émeutes, elle va passer aux interpellations. Mais tout a changé. Les lieux, les stratégies, les publics et les cibles. Lourdes risques. Vous savez, la France, c’est peut-être à cause de cette tradition de désordre public, a une habitude qui est de faire face, de faire en sorte que les forces de police repousse, disperse, bon, ça donne lieu en fait… À des affrontements. La solution a été de mettre en place des dispositifs de policiers en civil dont la culture est complètement différente de la culture des unités de maintien d’ordre.
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Quand vous avez une foule de 100 000 personnes, une unité prise à partie sur un point très particulier ou sur un très précis de la manifestation. Si elle procède de manière autonome et d’elle-même d’initiative à une manœuvre, c’est un peu l’effet papillon, cette manœuvre peut avoir une influence sur l’ensemble de la manifestation et déstabiliser globalement le dispositif mis en place. Les unités qui ont été utilisées un peu partout ont une culture différente. Ce sont des unités des bacs, des unités de police judiciaire, dont l’objectif c’est d’aller à la fois faire du chiffre parce qu’on se qu’en leur demande, on fait du chiffres et il faut qu' on arrête des délinquants. Le barrage couvre, le groupe sort, va au sein de la manifestation chercher les auteurs de délit, souvent de lancer le projectile, et se rabattent très rapidement après, derrière la ligne qui se referme. Et donc, on a vu ces scènes un peu contradictoires, où on avait d’un côté des unités en uniforme qui cherchaient à protéger et à contenir la manifestation et à éviter qu’elle dégénère, et de l’autre côté des unités qui cherchait à tirer des manifestants, avec parfois un mélange des genres, avec des badges des organisations, avec des badge de la LCR, de la CGT, du Parti Communiste, Il y avait parfois d’ailleurs un mélange de badges qui était un peu curieux. Là c'était un peu en quelque sorte à eux seuls, c’est à la gauche plurielle. Et là on a effectivement, il y a un problème de dysfonctionnement. Quand on décide à la fin d’interpeller les jeunes qui restent, c'étaient des lycéens, des étudiants qui étaient restés tout bêtement là. Les vraies bandes qui avaient opéré, elles étaient reparties, je veux dire. Eux, ils savent ce que c’est que d’aller s’affronter avec la police dans les banlieues. Donc quand ils ont vu que ça y est, c'était fini de jouer, eh ben ils ont pris le métro, ils sont partis.
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18 mars. C’est la manifestation du samedi celle où l’on va en famille. Ça aurait dû être tranquille. C’est pourtant l’heure du drame. L’heure de la bavure, tant redoutée, qui peut tout court-circuiter et contraindre le gouvernement à démissionner. En fin de journée, les gendarmes gardent la place de la Nation à Paris. C' est l’effet papillon. La foule se retourne contre eux. Un homme s'écroule. Alcool, coups policiers, piétinement, fatigue. Cyril Ferez tombe dans le coma. Il est membre du syndicat Sud. L’histoire est connue. Pourtant, elle a mis près de 36 heures à être rendue publique. Pendant ces longues heures, la vie de Cyril Ferez était en jeu. L’avenir du gouvernement aussi. S’il s’est fait pas bien sûr. Là encore, il a été évité de justesse. De justesse.
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Ils avaient tué quelqu’un ! Reculez, messieurs, reculez ! Et à ce moment-là, c’est black-out total sur les informations. Il y a eu au prix d’information qui est sorti sur son état, sur le lieu où il était, y compris sa famille n’a pas été informée. Mais il faut voir quand vous gérez une manifestation, vous ne faites pas un communiqué pour dire qu’il y a un blessé. Vous vous occupez d’abord de soigner le blessé, puis d’essayer de comprendre. Je pense que là, il y a une volonté, alors à quel niveau, évidemment, je n’en sais rien, de faire en sorte que l’information ne sorte pas. Vous savez, il faut mettre un peu de bon sens dans les choses. Le ministère de l’Intérieur, quand il y a une manifestation, on ne va pas faire un communiqué triomphal pour dire on craint qu’il y ait un blessé, on ne sait pas dans quelles conditions ça s’est passé. Quand les médecins disaient qu’il se réservait le diagnostic vital, c’est qu'à ce moment-là, il y avait une crainte que Cyril ne s’en sorte pas. C’est le fait que ce soit un syndicaliste qui a un peu donné un sens particulier à l’information.
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Et à ce moment-là, il y a commencé à y avoir des policiers qui sont intervenus sur les ondes, etc. Pour dire que de toute façon, il n’y avait aucune responsabilité de la police, qu’il avait plusieurs grammes d’alcool dans le sang et que, bon, donc il y avait une certaine bataille de la communication, si j’ose dire.
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La question se règle place Beauvau. Une délégation du syndicat de Cyril Ferez est reçue. Sur instruction du ministre, il n’y aura plus de déclarations malveillantes à son sujet. Le pépin est éloigné. Combien de gouvernements ont sauté dans des situations similaires ? Jacques Chirac le sait. Il est premier ministre en 1986, lors de la loi Devaquet. Il rate la présidentielle deux ans plus tard. Ce type de crise impose ses perdants. Le gouvernement de Dominique de Villepin doit fléchir. L’homme de Matignon, qui joue son avenir, reçoit les organisations syndicales. Il se dit prêt à améliorer sa loi, pas à la retirer. C’est une première étape.
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Il n’a plus d’espace. Tenir encore un peu, ou capituler tout de suite, l’homme est seul. Il mise tout sur la décrue. Le 23 mars, tout est maintenant en place pour la déflagration. À Paris, le rassemblement se termine aux Invalides. La France des JT découvre des scènes de violence extrême. Vols de portables, lynchages, images pétrifiées. C’est un cas d'école. Le désordre en point Paris précipite toute la suite. À cet instant précis, quels furent les choix de la police, des organisateurs ? Quel fut l’impact du syndrome Malik Oussekine sur le ministère de l’Intérieur ? Le pouvoir avait-il choisi le pourrissement ? Tout s’est noué quelques jours plus tôt entre la Préfecture et les organisateurs. Une réunion discrète a lieu dans le bureau du préfet pour régler les détails, discuter du trajet. Cette fois, pas de choc des cultures comme lors des émeutes, mais des désaccords. C’est assis autour d’une table avec des plans de Paris hyper détaillés, hyper grands derrière nous pour voir exactement le parcours nous n'étions pas tranquilles, cette manifestation était mal organisée par les organisateurs. Le service d’ordre était souvent insignifiant, quelquefois plein de bonne volonté mais complètement dépassé par les événements. Je connais bien vos envies de manifester, moi aussi j’ai des enfants jeunes qui ont envie de changer un peu les choses mais vous comprenez bien que nous de notre côté il faut que tout soit dans l’ordre, que ce ne soit pas dangereux ni pour vous parce qu’il y a les casseurs qui risquent de venir mettre la pagaille dans votre manifestation.
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Dans l’adversité, nous sommes organisés. Le manifestant ne l’est pas. Il est organisé dans la phase pacifique, dans la phrase normale de la manifestation. À partir du moment où il y a une résistance, où il y a quelque chose qui vient contrevenir au déroulement normal de la manifestation, là, c’est une somme d’individualité. Ce n’est plus une unité. Nous, quelles que soient les circonstances, et surtout quand ça se passe mal, nous demeurons unis.
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La plupart des forces se mettent en place, d’abord empêcher toute traversée en direction de la rive droite. Responsable de l’Ordre public Rive Gauche à Paris, était aux commandes lors de la manifestation des invalides. On ne franchit pas la rive droite parce que la rive droite, c’est les Champs-Élysées. Le palais de l'Élysée. Pour ce qui concerne la poche des Invalides, on s’attendait à des incidents, on a dit attention, on aura des jeunes de cités. Je crois qu’on avait dû fixer à peu près à 2000 le nombre de jeunes, ou 1500, ou à 2000, le nombre des jeunes cités et là, on voit..
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On a une nébuleuse de voyous qui n’ont pas d’animation politique, qui ont uniquement une animation acquisitive. Donc, au fur et à mesure qu’on récupérait des forces, on venait les réimplanter. Entre le moment où on nous dit, bon, vous intervenez. Et le début de l’intervention qui s'écoule une dizaine de minutes.C’est la merde là-bas !
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C’est du vol organisé, donc vous reculez. Faut chuter, c’est repartir ! Ces débordements ne sont pas une première. Ce qui saisit, c’est leur intensité. Une intensité voisine de celle des émeutes de l’automne, sauf que la comparaison s’arrête là. En novembre 2005, pas de scène de pillage. Pas d’affrontement entre Jean Dumas. On a peut-être pu retrouver certains jeunes qui étaient apparus dans le cas des violences urbaines, mais ce n’est pas le cas de tous. Une friction entre populations, c’est des événements qui amènent la peur dans un mouvement social. Ça part aussi, de ma part, d’une erreur d’analyse, tout simplement, parce qu’on a pensé que l’esplanade des Invalides, c'était des espaces verts, qu’il n’y avait pas grand-chose à piller, pas de magasin, et donc on n’a pas anticipé le fait que sur les Invalide-mêmes, il pouvait se passer des choses entre eux. Passé. C'était prévisible, mais entre prévisible et géré, c’est un autre problème. La possibilité de l’instrumentalisation de la violence ou de l’insécurité dans les cortèges ou dans les universités, très tôt, on m’a mis en garde contre ça, en me disant attention, le gouvernement utilisera cette possibilité là. Non, écoutez, c’est trop facile d’avoir des considérations générales. C’est vraiment sur le terrain que ces affaires là se gèrent. Ça n’est pas devant un poste de télévision, dans un salon ou dans son bureau. Nous avons des policiers qui sont des gens compétents, expérimentés, responsables. Bon, je dis pas qu’il ne peut pas y avoir parfois une erreur d’appréciation. C' est extrêmement difficile, bien entendu. Mais que n’aurait-on pas dit si une intervention intempestive avait provoqué une émeute, aurait provoqué une bataille rangée ?
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La majorité lâche Dominique de Villepin. Il a perdu. Son adversaire tient sa revanche sur les émeutes de l’automne. En coulisses, Nicolas Sarkozy négocie le retour à l’ordre avec les syndicats, seuls capables de canaliser les manifestations. Il en profite pour leur faire passer un message. Il leur dit son hostilité au CPE. Le désordre frontal de la rue pulvérise l’ordre feutré des ministères. Les jours du CPE sont comptés.
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Sarkozy a pris l’initiative de contacter les services d’ordre des organisations syndicales. Les organisations syndicales en ont discuté entre elles. On ne voulait pas que soit utilisé le fait que les services d’ordre n’auraient pas voulu être dans une posture de dialogue, y compris avec le ministre de l’Intérieur, même si on n'était pas dû.
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Je crois pas que lui était. Grandement compétent pour organiser la manifestation dans ces détails. En revanche, il a pu après faire une déclaration pour dire qu’il avait discuté avec l’ensemble des syndicats au moment où il n’y avait aucune discussion entre le gouvernement et les syndicats.
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Le 28 mars, 2 à 3 millions de personnes descendent dans la rue, partout en France. Du jamais vu depuis les grandes grèves de 1995. À Paris, en fin de manifestation, le ministre de l’Intérieur fait une brève incursion. Ils s’affichent, satisfaits, le retournement est complet. Depuis plusieurs semaines, des dérogations, des appréhensions, des critiques. Les manifestations ont servi de prétexte à des actes de violence et 'est pourquoi j’ai décidé de promulguer cette loi. Et puis alors quand il nous a dit, je promulgue, mais ça ne s’applique pas. Oui, bien sûr. Qu’est-ce que tu racontes ? C’est quoi cette blague ?
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L’allocution présidentielle a peine terminé et c’est une magnifique balade qui s'ébranle dans les rues de Paris. Ces mots d’ordre, médias partout, info nulle part, tous à l’Élysée, et surtout Paris debout, réveille-toi. Quelques vitrines sont brisées, certes, mais c’est la joyeuse Cavalcade dans Paris. 6 heures de marche, 30 km dans la nuit, tour d’honneur de ceux qui vont bientôt gagner. Bonsoir à tous, merci de votre attention. Voici les titres de l’actualité de ce lundi. Et d’abord le dénouement de la crise du CPE. Le contrat première embauche est supprimé.
03:50:56Audio
Le 10 avril 2006, c’est terminé. La France vient de vivre deux crises majeures en moins de six mois. Elle se réconcilie avec elle-même, tant bien que mal. Comme un murmure, cette gêne. Les services d’ordre des syndicats, des syndicats étudiants, font des services d’ordre hyper compact autour des cortèges. Et si t’es pas dedans, tu peux circuler qu' entre les cortèges. Et donc moi j’ai cette image des gars qui sont dans une manifestation et qui sont entre des cortèges avec cette image de relégation à l’extérieur de la mobilisation qui n’est pas sans rappeler la relégation des quartiers dans lesquels ils habitent. Et qu’on ne s’est pas posé plus longtemps la question de comment, même à moyen terme, on intègre tout ça dans une dynamique commune et on crée de la cohésion sociale si on considère qu’il y a des choses communes à mettre en avant, en l’occurrence l’avenir d’une jeunesse. Et que ne pas aller au bout, c’est aussi insulter notre propre avenir, c' est-à-dire se résigner à l’idée qu' on ne pourra plus vivre ensemble. Finalement tout le monde a envie de conclure un peu rapidement sur ce qui s’est passé à la fois aux Invalides, à la foi quand on a resserré les services d’ordre pour empêcher, entre guillemets, les mecs de banlieue, parce qu’il y avait quand même plein de lycéens de banlieue qui manifestent, donc la stigmatisation est allée à fond sur cette logique-là.
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C’est cela la France. Un pays où parfois la rue gagne politiquement, mais perd policière ment. Ce sont les émeutes de 2005, la crise du CPE de 2006, qui se croisent sans se regarder. Des moments de crise extrême, jamais tout à fait résolus, jamais terminés. Parce que la résolution des conflits par l’ordre n’efface jamais totalement les raisons du désordre.
03:53:35David Dufresne
Voilà les amis, j’espère que vous m’entendez. Dites-moi si vous m´entendez, ouais ? super. Merci à vous tous, tout ça n'était pas prévu. Donc c’est un film ancien qui date de 2007, c'était mon premier doc, mon premier documentaire. Évidemment, ça a quand même vieilli par moment. Donc j’espère que ça vous a plu, je vais reprendre des questions ou des remarques que vous avez faites le long de la diffusion qui ont été relevées par Jessie, mais je vous laisse d’abord oui, non, non. Ancien, voilà, Manif-Balade, aujourd’hui, je dirais Manif Sauvage, par exemple. Mais bon, ça, c’est un détail. Et donc, en effet, il y a une permanence entre 86, 2005, aujourd’hui. Donc, voilà. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. Sachant qu’on a démarré ce matin à 11h sur tout à fait autre chose, enfin pas tout à fais, mais sur le débunk d’un communiqué qui circule sur Twitter et qui est faux, qui émane… Le nom de la voix off, c’est Christophe Nick. Le texte est de moi, mais la voix of, c’est Christoph Nick, qui était le producteur. Ah, est-ce que je peux augmenter mon son ? Est-ce-que je peux augmente mon son, oui, oui je devrais pouvoir. Est-ce que c’est mieux là ? Voilà, là est-ce-que c' est mieux ? pour information, Claude Guéant accepte de nous recevoir, alors qu’en fait, on est en pleine campagne électorale pour 2007. C’est mon premier, donc, c’est dans le QG de campagne à l'époque de l' UMP, vous savez aujourd’hui il y a beaucoup d’affaires autour du financement de Nicolas Sarkozy, c’est pile à ce moment-là. Alors évidemment on n’a pas vu passer les mallettes, mais c'était dans ce lieu-là, visiblement. Voilà, tu as été choqué d’entendre révoquer « Vaux en Vélins » en 79, choqué dans quel sens c’estparce que je pense que c'était absolument essentiel d’avoir en tête l’histoire, la géographie de tout ça. Donc, on voit des permanences, c’est-à-dire que l’ennemi intérieur, c’est l'étranger, la télévision joue le rôle qu’aujourd’hui on prête aux réseaux sociaux, etc. Encore qu’il y a quand même des différences, la télévison choisit ses images, les réseaux sociaux diffusent tout, donc il y a des grandes grandes différences. Alors le documentaire a été diffusé juste après la présidentielle puisqu’en fait on était… Bah si tu veux, le montage c'était juste après mais je salue le fait qu'à l'époque..Bienvenue les raideurs, à l' époque oui c’est au siège de l' UMP. Oui c'était le siège de l' UMP mais je ne sais plus, le siège de campagne. Ah non j’ai pas vu j’ai pas vu que tu as été passé Merci le foyer, bienvenue, bienvenu ici, ici vous êtes au poste, où l’on parle depuis deux ans de liberté publique fondamentale, individuelle, de police, de justice, de sociologie, d’histoire, d’environnement, etc, etc. Alors, donc le documentaire a été diffusé juste après, mais bon par exemple, il y a plein de messages infras dans le documentaires. Par exemple, je reprends le slogan Il y a cette histoire de la Courneuve, les policiers qui tapent pendant les émeutes de 2005 un gars qui sort du commissariat de la Courneuve. Cette image avait été filmée par France 2, elle avait été bloquée par la directrice de l’information de l'époque qui avait attendu de montrer les images à l’IGS et l’invitation de Nicolas Sarkozy. Pour les diffuser. Autrement dit, au moment où on diffusait le mal, on diffusaient aussi l’antidote en disant « Ah, mais vous inquiétez pas, l’IGS est en quête. » Or, après, on n’avait pas le droit d’utiliser cette phrase, enfin ce passage, et là, il y a eu une d’âpres discussion, on va dire ça comme ça, entre le département documentaire de France 2 et la direction de l’information. Voilà. Voilà, ça reste d’actualité, toujours les mêmes discours culpabilisants, les mêmes réflexes, etc. La phrase de conclusion du documentaire est top. Allez, bah oui, merci, merci. Non, je pense qu’aujourd’hui, une chaîne comme France 2 ne diffusera pas dans deux ans un documentaire comme ça, voilà. De la même manière qu’un pays qui se tient sage, par exemple, n’est pas passé sur Arte ou France Télévisions, ça ne passe plus. Donc, on va te faire des documentaires génériques sur le maintien de l’ordre, mais sans trop mettre en cause le pouvoir en place. Alors aujourd’hui, Lieutenant Caverne, si c’est bien ça, ou Hit Cavernes, je ne sais pas, en effet, elle a par exemple l’utilisation, la démonstration, l’utilisation démonstrative de blindés, de services, IGPN, bonjour de l’absence, Raid, GIGN, BRI à des fins de maintien de l’ordre, c’est évidemment de la communication, vous avez tous vu ces images, c’est une façon de donner au maintien de l’ordre une coloration militaire et c'était absolument effroyable. Là par exemple, par rapport à 2005 effectivement c' est nouveau. Non, je ne prépare pas d’autres documentaires, je prépare d’autres choses, mais pas un documentaire. Lieutenant, c’est ça,, merci. Alors, quelques questions. Plus exactement, le tribunal de Nanterre, on nous dit grand silence, a condamné mardi 22 novembre, je pense que c'était 22 novembre 2022, l’ancien ministre Claude Guéant a 18 mois d’emprisonnement dont 12 assorti d’un sursis probatoire. À l’issue d’une procédure, M. Guéant est jugé pour risque au cri de frais concernant sa campagne législative en 2012. Donc en effet, un certain nombre de représentants de l’ordre assis à la vie qui sont dans ce documentaire. Nicolas Sarkozy qui a aujourd’hui un brasier électronique, Claude Guéant qui a fait plusieurs fois de la prison. Jean-Christophe Lagarde, que vous voyez, qui est soupçonné d’avoir fomenté une cabale contre Raquel Garrido et Alexis Corbière avec ce journaliste du Point qui avait relaté des accusations fausses d’emploi illégal du nœud sans papier, c’est vrai que ça tombe mal. Attendez-moi ! C’est vraiment intéressant pour donner de la perspective par rapport aux événements actuels. Merci Boubardor. Par exemple, un des reproches que je ferai aujourd’hui à mon film, c’est qu’il est un peu trop axé sur la rivalité Sarkozy /Villepin. Par exemple ça aujourd’hui, même si c'était intéressant historiquement, c'était un peu plus appuyé honnêtement. Mais en préparant à déjeuner, j'écoutais ce passage où vous voyez la rivalité entre De Villepin et Sarkozy. Ce qui est notable, c’est que là, il n’y a pas de rivalité. Aujourd’hui, Véran, Darmanin et Macron parlent de la même voix. Là, je parle d’un point de vue de l'État, du gouvernement et de l'État. Là où, en 2005 et 2006, il y avait aussi un sous-texte politicien, on pourrait dire. Ce qui a calmé les émeutes, entre autres choses, à Lichan, c’est qu’elles ont duré trois semaines. Il faut se rappeler que la météo était très très clémente, puisque les émeutes démarrent le 27 octobre 2005 et se terminent… Vers le 20 novembre, quelque chose comme ça, un petit peu avant et tout le mois de novembre il fait très beau, très beau. Il fait très chaud, il fait très chaud et ça évidemment ça a une importance considérable quoi. Donc il y a l’altitude, la fatigue, des choses comme ça. C’est assez difficile de donner une explication mais ça a duré quand même très très très longtemps. Alors, pour ceux que ça intéresse, mardi matin, nous aurons Alain Bertho, anthropologue, qui recense depuis 2007 toutes les émeutes dans le monde, donc nous allons parler avec lui de ça. Il y a un autre invité dans la semaine qui devrait venir, un sociologue des émeutes qui devrait venir dans le courant de la semaine au poste. Donc si vous ne suivez pas la chaîne, n’hésitez pas à le faire, à activer les notifications. Si vous voulez apprendre, enfin voilà, être au courant de tout ce qu’on fabrique, et bien c’est une chose à faire, à suivre la chaîne. La deuxième chose, peut-être même, je dirais, la première, ce serait de vous inscrire à la mail list d’auposte, vous recevez par email les annonces des émissions à venir, toutes les prochaines convocations que vous pouvez aussi retrouver, merci Jess, que vous pouvez retrouver sur le site auposte.fr je vais vous les mettre dans deux secondes Auguste Soleil, sur les différends, je trouve que c’est un peu tôt. Admettons que, par exemple, les émeutes s’arrêteraient demain ou après-demain, bon ben déjà, ça n’a rien à voir en termes d’intensité. Il faut toujours rappeler l’intensité, la durée des émeutes de 2005, du soudainement de 2005. C’est trois semaines. Trois semaines, c'était 18 régions sur 22. C'était 80 départements sur 100. C’est quelque chose de massif de quotidien de … De ce point de vue là, on n’en est pas là, c’est-à-dire que de ce point de vue-là, le grand mouvement de portée sociale, à mon sens équivalent, c'était les Gilets jaunes. Donc on va voir, alors qu’il est, on va voir. Là, on voit des choses qui se remettent en place. C’est un discours politico-médiatique qui est, vous l’avez vu, qui est à peu près le même. Les mots ne sont pas toujours les mêmes, mais l’analyse ou le semblant l’analyse est le même. Ensuite, évidemment, il y a des différences d’armes. D’un côté, il y a des tirs d’artifices qu’on voyait peu en 2005, et de l’autre, il a tout ce que l’on sait, les LBD, etc. Mais par exemple, quand on vous dit que c’est une première qui a eu des tires à balles réelles, Ces derniers jours, vous avez vu dans le documentaire, pas du tout, à Grigny, il y avait déjà eu des tirs à balles réelles. En 2007, des émeutes extrêmement fortes à Villiers-le-Bel notent des tirs à balles réelles de la part des émeutiers. Et c’est d’ailleurs à ce moment-là que l’usage du flash ball devenu LBD va être généralisé dans les quartiers et puis maintenant partout. À quel point 2005 a politisé les violences policières, l’antiracisme ? Je dirais qu’il me semble qu’en 2005, il y a encore une culture diffuse de ce que sont les violences policières. Les combats sont locaux. Aujourd’hui, il y a des porte-paroles, des associations, des collectifs, des comités. Il y a des avocats, il y à des juristes, il y a des sociologues, il y a beaucoup plus de monde pour contrebalancer le discours médiatique, il me semble, il ne me semble. Après, est-ce que ça va créer une génération ? Là, on n’en sait rien, 14h59, dimanche 2 juillet, on en sait strictement rien. Alors pour ce qui est du 17 octobre 61, on en a plusieurs fois parlé au poste, on avait même fait un stream sauvage, on avait suivi la manifestation des 50 ans de la marche commémorative du 17 Octobre 1961. Oui, Icon Of, tu as bien compris de quoi je voulais parler, absolument. Voilà les amis, donc demain on fait un petit pas de côté et encore et encore. C'était prévu de longue date, on sera avec Sébastien Bourdon. Sébastien Bourdon est un journaliste indépendant, notamment pour Mediapart où il avait révélé la présence de néo-nazis chez les militaires. Sébastien vient de publier un livre sur les antifas. Une enquête sur les Antifa, une vie de lutte plutôt qu’une minute de silence où il raconte les mouvements Antifa de l’intérieur, les parcours des uns, les motivations des autres, les ruptures tactiques, les convergences stratégiques, l’histoire du mouvement et ses perspectives au moment même où le sale brin se répand dans le pays. Journaliste indépendant Sébastien Bourdon travaille régulièrement pour Mediapart, il y a notamment une série d’enquêtes sur la présence des Néo-Nazis dans l’armée française. Ça, c’est demain matin 9h. Et c’est la raison pour laquelle je vais bientôt vous quitter, parce qu’il faut que je termine la lecture stylo en main de son ouvrage. Mardi matin, Alain Bertho sera là le soulèvement des quartiers, ce qu’ils disent et ce qu’on ne dit pas. Depuis 2007, l’anthropologue Alain Berthot recense les émeutes de par le monde, phénomène désormais mondial, qui va bien au-delà des événements ponctuels. Les meutes contiennent une charge politique qu’on vient d’analyser. Quand commence une révolte ? Quand se transforme-t-elle en soulèvements ? Quelles sont les forces en présence ? Que veulent-elles ? Que disent-elles ? Nous serons donc avec Alain Bertho mardi matin. D’autres rendez-vous sont prévus. Je vous invite à aller sur le site auposte.fr où vous retrouverez tout ça sur auposte.fr c’est notre QG, c' est notre abri, c' est notre jardin secret. Vous y retrouvez toutes les vidéos de Post depuis 2021. C’est presque 1000 heures de stream, en sachant que ce sont principalement des entretiens, des interviews avec des sociologues, des historiennes, des avocats, des musiciens, des écrivains, des policiers repentis, des écoterroristes, tout un tas de gens très variés. Voilà les derniers chiffres, 880 heures d'émissions, 352 émissions, 295 invités. Vous êtes 379 donateurs, je le disais tout à l’heure, avant de partir en vacances ça serait cool qu’on soit au moins 400-450 donateurs. Même si vous donnez 1 euro, 5 euros par mois, c’est top, vous pouvez faire des dons récurrents ou ponctuels et pour ceux qui sont imposables, sachez que vos dons sont déductibles des impôts. Autrement dit, si vous faites un don au poste de 5 euros, il ne vous coûte même pas le prix d’un café, 1,70 euros. Et il me permet de salarier les modératrices comme Jessie qui depuis ce matin 11 heures veille sur le tchat, ajouter des liens, etc. Pour qu’aux postes existent il faut du carburant et ce carburant profite à tout le monde puisque toutes les émissions sont en accès libre pour tout le monde voilà c’est un cercle vertueux vous êtes 394 abonnés twitch 2459 inscrits à l’info lettre etc etc et donc vous retrouvez sur le site toutes nos vidéos celle ci sera disponible alors comme elle va être longue je suis obligé de la compresser ça prend un peu de temps mais dans l’après-midi l'émission de ce matin d’aujourd’hui et sera là On compte sur vous, alors je reviens deux secondes sur l’histoire. Voilà, la fake news de la nuit, c'était donc l’objet au départ de notre… Alors je vais à Moutier les 13 et 14 août, c’est-à-dire dans le Limousin, pour deux jours pour le festival Les Écrits d’Août, où on va interviewer tout un tas de gens, dont Diaty Diallo, que nous avions déjà reçu au poste, et qui avait… Ah bah tiens, j’ai plus les titres, attends, voilà, j'étais jaloux. Et d’autres qui seront avec nous, mais là vous pouvez aller voir ça sur le site. Donc ce matin, voici ce communiqué qui traîne sur Twitter, communiqué du ministère de l’intérieur, enfin estampillé ministère du ministère de l’intérieur. Intrigué, j’ai fait allo place Beauvau et pour une fois ils m’ont répondu et ils m’ont affirmé que ce communiquait qui dit que le ministère de l’Intérieur avait fait en sorte que les réseaux sociaux et que les connexions Internet dans les quartiers la nuit soient empêchés, que ce communiqué était un faux. Voilà, nous avons donc parlé de ça, mais je vous renvoie à l'émission que je vais mettre en ligne dans quelques instants. Et le communiqué d’une alliance n’est pas un faux, nous en avons également. C’est quoi les boobs ? J’ai pas compris, c’est les boobs ? C'était quoi ça ? Merci à vous tous, si vous voulez nous soutenir, suivez la chaîne, adonnez-vous, faites des dons, ça c’est le meilleur truc de très très loin. Vous pouvez aussi lâcher vos subs, pour ceux qui ont une pensée pour Jeff Bezos, vous pouvez partager au maximum, tous les articles sont partageables en un clic sur les réseaux. Et on a besoin de se faire connaître pour ouvrir un petit peu la base, la base voilà Ah bon ? Des nichons dans le film ? Non ça m'étonnerait, ça m'étonnerait. Alors Valeur anarchiste tu veux tu lances ton stream c’est ça ? Veux-tu lancer ton stream ? Alors, Valeurs Anarchistes, lance ton stream, on va le raider, lance ton stream dès que t’es prêt tu me le dis, Valeur Anarchiste, c’est l’homme du néon, attendez je vais vous montrer, l’homme du Néon, voyez le néon tu es là, c’est un néo connecté, quand quelqu’un lâche un sub, normalement il clignote, vous pouvez aussi utiliser quelques commandes gratuites, et voilà la commande police, Pimiko bravo ! bravo. Et bien c’est Valeur Anarchiste Bruno, ferronnier de son état, qui nous avait fait ce cadeau magnifique. Ce gros néon est en acier, avec une petite guirlande. La moindre des choses c'était de remercier non mais on a une communauté de dingues, génial ! C’est absolument génial. J’envoie les crédits, 7 kilos, c’est ça. Valeur Anarchiste, tu es prêt ? Tu as lancé ton live ? De mon côté, je vous remercie, amis de la police, du café, de la tendresse utopiste, des streams sérieusement libres, mille merci d’avoir suivi ce nouvel épisode d’au poste, Nanterre, Nahel émeute, réseaux sociaux, stream et café de messe. Merci aux immenses modos de la paix. Euryale Jessie, Robin, Olivier, merci à la folle équipe du site auposte.fr emmené par les pétaradants, Sylvia, Nicolas, Eymerik, Alex et tous les autres. Merci à Axelle pour les tasse-maisons, Bruno pour les néons, Geoffrey pour les logos, Sophie pour ses débuts, Théo pour les bruitages, Emmanuel pour le son, JC et Scorch pour les musiques. S’affichent maintenant les noms des donateurs du jour. Il y a donc trois donateurs anonymes. 4 donateurs anonymes et les autres noms s’affichent Udo, Pathog et Glooby Bug. Merci à vous 7, il en faudrait plus, mais c’est 7 là, bravo ! Et voici que s' affichent le nom des donateurs. Voilà, et puis alors oui, oui, il y a aussi des gens qui ont fait des subs. Merci beaucoup à vous, à ceux qui ont offert des subs, à ce qu’ils en ont pris. Aonim, Vladaf, Suzy B, Udo, Vanhoff, Esbire Okan Potos, Valsnop, Kanar Citron, Gwell Dalshmi, Solim3, Karineo, Drabel, Gloire, Nadsax, Flav Overtwerke, Jeremia, Nostalgique, Manuscript, The Free Beat Back, Kikis, Samoth, Spiky, Veldoh, et Jean-Massier ? Il est là Jean Massiet ou c’est un truc automatique ? Alors, merci à vous tous d’avoir suivi ce nouvel épisode d’auposte. Nous on bosse comme des dingues, on est en train d’essayer de bosser sur le meilleur référencement du site et des nouvelles fonctionnalités pour la rentrée. Sans vos soutiens, auposte ne tiendrait pas par vos dons, vous rendez les rues d’internet plus sûres et contribuez au salaire de l'équipe, animation, modération. Ce stream libre à prix libre, reverse une partie de vos dons, aux développeurs indépendants qui permettent que ce foutoir existe, OVS pour la diffusion, Ninja pour les visios. Grâce à vos dons on s’abonne aussi à tout ce que la France compte de presse indépendante ce matin. Nous nous sommes abonnés à là-bas si j’y suis puisque là- bas si j’y suis avait des informations importantes autour de la place Beauvau du ministère de l’intérieur des opérateurs de télécoms je vous laisse découvrir tout ça dans la rediffusion je vais envoyer le raid Valeuranarchiste, c’est en un seul mot. Il n’y a pas de complication particulière, on est d’accord ? Est-ce qu’il est là ? Est-il là ou pas ? Est-ce qu’il est là ? ! Envoi plutôt le chichi ! Ah oui c’est ça ! Voilà, c' est ça ! Je me dis bien, agro-anarchiste, d’accord ! Voilà ! Allez-y, vous allez voir un jeune streamer, qui n’en veut ! Moi je vous retrouve demain à 9 heures, merci aux modos, bravo Jessie, je t’embrasse ! Ah oui oui oui, pour ceux qui sont à Paname ! Oh là là, j’avais complètement oublié ! Demain, demain à la Maroquinerie. Concerts de soutien pour Julian Assange, nous sommes partenaires, Jessie sera pour faire des photos, demain 19h, La Maroquinerie, Arthur H, d’autres artistes, des prises de paroles pour Julian Assange, vous pouvez retrouver ça sur le site, et maintenant, je raide !

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