New York comme laboratoire : ce que la victoire de Mamdani dit à la gauche mondiale
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On essaye de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant qui met ensemble les mots et les choses, les mots les images.Parfois, face à la complexité des choses, il faut prendre le temps de s'écouter, de discuter. On a créé des liens, entre nous. On a échangé, on a réfléchi ensemble. J’espère qu’on a partagé aussi et on a essayé de se comprendre. Un moment de partage et de transmission et peut-être d’un hymne affectueux et fraternel comme un antidote contre le découragement.On a simplement vécu notre humanité. Si nous sommes là aujourd’hui, c’est pour éviter le pire demain.
La police, bonsoir, il est 18h04, j’espère que vous allez bien, amis de l’Amérique, de l’autre Amérique, de celle qu’on croyait mais qu’on aime peut-être encore un petit peu, enfin vous allez voir, eh bien soyez les bienvenus pour cette émission spéciale autour de Zohran Mamdani. Qui est Mamdani ? C’est ce petit communiste préféré de Donald Trump. Une plongée dans sa campagne, une foultitude de questions. Sa victoire est-elle transposable ici ? C’est maintenant, c’est avec son biographe Tristan Cabello, qui est heureux homme quelque part. Je ne sais pas où est-ce qu’il vit exactement à New York. Enfin, on va voir ça avec lui, mais il est en duplex. Bonjour Tristan, vous m’entendez ?
Bonjour ! Très bien !
Impeccable, impeccable. C’est plus facile d’avoir un duplex avec vous à New York qu’avec Melle, ce matin on avait des petits problèmes. Quand je dis New York, vous êtes bien New York ?
Oui, oui, je suis à New York, oui j’habite à Harlem.
Ah, l’aime très bien dans le nord de Manhattan ! Le 4 novembre 2025, un socialiste de 34 ans a terrassé le candidat démocrate à la mairie. Il est devenu le premier maire ouvertement socialiste de New York et le plus jeune maire depuis 1892, le premier par ailleurs de confession musulmane à ce poste. Il s’agit donc de Zohran Mamdani dont vous avez écrit, on pourrait dire à la fois la biographie, le carnet de campagne de son élection. Il a gagné avec un programme sobre : gel des loyers, transports gratuits, crèches universelles et en faisant de Gaza son levier de mobilisation. 100 jours après, le gel délai n’est pas sorti, les transports gratuits non plus, seules les crèches gratuites pour tous, et c’est par rien aux États-Unis, sont sorties de terre. Vous allez nous expliquer tout ça, vous êtes historien à l’université de John Hopkins, vous êtes typiquement la cible de l’administration Trump, vous êtes le wokiste. C’est moi qui suis caricatural ou c’est Trump ?
Ouais, les deux quoi, je crois.
Je vais faire quelques petits réglages techniques, mais je continue et je termine ma présentation. Vous êtes historien, vos recherches concentrent sur trois domaines interconnectés, la culture politique américaine, l’histoire des minorités et la culture populaire. Est-ce bien ça ?
Ouais, c’est ça.
Alors, je vais vous demander de discuter un tout petit peu le temps que j’envoie des petits trucs techniques. Expliquez-nous ce qui vous a pris à prendre vos rêves pour des réalités et à penser que Monsieur Zohran Mamdani était un laboratoire pour la gauche puisque c’est le sous-titre de votre ouvrage.
Oui, ce laboratoire pour la gauche, ça vient vraiment de très très loin aux Etats-Unis. Disons que cette gauche de Zohran Mamdani, elle n’est pas née avec Zohran Mamdani, elle est née il y a bien des années, elle est née, la gauche récente, disons, elle est née avec Bernie Sanders. Bernie Sanders qui met sur le devant de la scène Cette idée du socialisme démocratique est une idée qui est tout à fait folle aux Etats-Unis, encore en 2016, lorsqu’il arrive sur la scène nationale. Et donc Bernie Sanders fait deux campagnes, deux campagnes des primaires, qu’il perd, mais il perd ces campagnes parce que le Parti démocrate se met vraiment sur son chemin et essaye de le stopper. Et donc, il y a toute une génération qui est née avec ces deux campagnes-là, ces deux compagnes de Bernie Sanders, la génération woke toute une générations de socialistes de ce qu’on appelait le squad finalement aux États-Unis, c’est-à-dire tous ces députés, ces sénateurs qui s’identifient comme à la gauche du Parti démocrate et Zohran Mamdani, finalement, c'était la première grande victoire. Disons, la victoire appuyée visible de cette gauche américaine dans une grande ville. C’est la première fois qu’un politicien qui se dit déjà socialiste-démocrate, mais en plus de ça qui prenait finalement le parti démocrate par sa gauche. Et qui surtout a été élu en dehors du parti démocrate puisque Zohran Mamdani ce n’est pas un démocrate à la base, il a fait partie de la primaire démocrate mais il n'était pas démocrate, il est ce qu’on appelle un « démocratique socialiste » aux États-Unis, ça c'était la première fois. Que ça arrivait aux États-Unis, et donc c'était très important. Alors un laboratoire pour la gauche, pourquoi ? Pas parce que ça donne un modèle pour d’autres campagnes, mais surtout parce que c’est la victoire la plus visible de la gauche américaine dans les 15 dernières années.
Alors, entendons-nous, parce que là, Tristan, il faut être sérieux. Par socialisme, je ne sais pas depuis combien de temps vous n’avez pas foutu les pieds en France, mais par socialisme s’il s’agit du Parti Socialiste, le mot gauche, ici en tout cas, on ne l’accole pas vraiment, voyez ? Et alors, le terme socialiste pour avoir vécu en Amérique du Nord, je sais qu’il est très très chargé. C’est-à-dire, c’est des rouges, quoi, c’est les communistes, enfin c'était quand même ça. La réalité c’est quoi ? Si vous pouviez nous dire par rapport à la France, quand vous allez parler de socialisme à la Zohran Mamdani, de quoi s’agit-il exactement ?
Oui, ça c’est une bonne question. C’est-à-dire que le socialisme aux Etats-Unis, il faut savoir que c' est un mouvement qui est à la gauche du parti démocrate, donc à la gauche de la gauche institutionnelle. Alors c’est vrai que d’un point de vue français, on pourrait finalement rapprocher ça d’une gauche genre LFI, genre la France Insoumise, c’est la gauche de la gauche institutionnelle type partis socialistes. Mais il faut faire une énorme différence, je pense, avec les tactiques et la stratégie de cette gauche-là. C’est le programme de Zohran Mamdani puisque le centre de gravité de la vie politique américaine s’est vraiment beaucoup déporté vers la droite ces dernières années. Le programme de Zohran Mamdani c’est finalement, et vous l’avez dit en introduction, c' est finalement un programme qui est très modéré. C’est un programme social-démocrate assez classique, le gel des loyers, vous l’avez mentionné. Bon, c’est finalement Hollande qui le fait en France. Les crèches universelles, c'était quelque chose que même la droite ne remettrait pas en cause en France, donc il y a vraiment cette idée de gauche de rupture, c’est ça qu’on appelle le socialisme aux États-Unis. C’est la gauche de rupture, mais en même temps, c’est un programme qui, comparé au programme de la gauche du rupture en France, est tout à fait modéré parce que voilà, on est aux États-Unis que le programme, que le welfare, donc ce qu’on appelle des allocations familiales, des allocation sociales, ne sont pas aussi développés qu’en France, qu’il faut les développer et c' est ça que Zohran Mamdani essaie de mettre en route modestement à New York.
Alors, on va éplucher votre livre. Vous allez voir, je l’ai bien écorné un peu partout. Il y a des spécificités new-yorkaises qui sont extrêmement importantes. Le fait notamment qu’il y ait, on peut dire, c’est vraiment la ville occidentale d’immigration par excellence. Et là-dessus évidemment il a surfé parce que lui-même est à la croisée des continents et des pays. Il faut rappeler quelles sont ses origines. Alors par ailleurs bourgeoise, ça je l’ai appris, je ne savais pas qui il était le fils. Donc tout ça il faut nous le dire.
Ouais, ouais, alors Zohran Mamdani c’est un fils de la bourgeoisie, ce qu’on appelle ici la bourgeoisie post-coloniale. C’est-à-dire que son père est un professeur d’université, il est anthropologue à Columbia, mais il est né en Ouganda, c’est un Indien d’Ouganda qui a été chassé d' Ouganda dans les années 70 qui s’est exilé en Angleterre et qui est revenu par la suite en Ouganda et qui a fait une longue carrière universitaire. L’Afrique du Sud, et puis enfin à Columbia où il arrive à la fin des années 90 sa mère est une cinéaste, Mira Nair, elle est très connue aux États-Unis, elle a fait beaucoup de films, des films très mainstream avec Walt Disney, des films un peu plus d’auteur. Elle a eu à Denzel Washington par exemple dans ses films. C’est quelqu’un qui est très connue ici aux États Unis et Zohran Mamdani c’est leur fils. Zohran Mamdani naît en Ouganda, ensuite il suit son père et sa mère en Afrique du Sud. Et puis à l'âge de 9 ans, il arrive à Harlem, à deux pas de chez moi. Pour vivre près du campus de Columbia, où son père a eu un poste. Zohran fait toute sa scolarité ici à New York, dans des postes d'écoles, un lycée public dans lequel on rentre sur un concours qui s’appelle Bronx High. Puis ensuite, il fait ses études dans le nord-est des États-Unis, dans un petit collège qui s’appelle Boding College, qui est très réputé là aussi. Après ses études universitaires, il a fait une très brève carrière de rappeur. Oui, j’ai vu ça ! Fantastique ! Oui, oui. Il fait une brève carrière de rappeur en Ouganda, il retourne en Ouganda pendant deux ans et puis après il revient aux Etats-Unis et là il s’engage en politique. Alors il fait deux campagnes d’abord où il est directeur de campagne à Bearish. Bearish c’est un quartier de Brooklyn qui était un ancien quartier conservateur italien et puis qui s’est transformé dans les dix dernières années qui est devenu beaucoup plus musulman, beaucoup plus arabe, beaucoup de palestiniens ont déménagé dans ce quartier. Il a fait deux compagnes là-bas, deux campagnes de primaire qui sont des échecs totaux. Il est directeur de campagne, mais ça ne marche pas très bien. Ils n’ont pas beaucoup d’argent. Il fait enfin une troisième campagne. C’est une campagne qui est très importante à New York. C’est la campagne de Tiffany Cabán pour devenir avocat général. Tiffany Cabán fait une campagne décarcérale. Elle est soutenue par tout le monde, toute la gauche américaine, Bernie Sanders, Elizabeth Warren, etc. Elle perd de très peu, elle perd à 60 voix et l’année d’après, Zohran Mamdani décide de se présenter avec un tout petit parti qui s’appelle le Democratic Socialist of America, le DSA. C’est un parti qui est à la gauche du parti démocrate ici aux États-Unis. Et il gagne une élection pour être député de l'État de New York, puisque tous les États ont leur assemblé aux États-Unis, il y a des sénateurs et des députés d'États, lui il est député d'État, il fait un mandat de 4 ans et puis il se lance dans la campagne pour la mairie de New-York en 2024.
Vous êtes absolument parfait et je dois dire que les moyens d’auposte sont colossaux puisque c’est un soleil magnifique d’Harlem qui s’abat sur vous. On n’a pas lésiné sur les moyens. En effet, il y avait aussi un petit peu de bruit. C'était ma machine à café à un moment donné qui s’est lancée, mais tout va très très bien. Alors, vous avez parlé des Palestiniens, on va en parler tout à l’heure parce que ça va jouer dans la campagne de Mamdani. Mais d’abord, j’aimerais vous faire rappeler, puisque vous le faites dans votre ouvrage, avec lequel d’ailleurs je tiens à dire que vous avez eu le bon goût d’avoir une couverture orange qui est toujours très bonne pour revenir auposte. Vous nous rappelez que New York a vraiment ses spécificités par rapport au reste des Etats-Unis. Et notamment, vous nous rappeliez que c’est de là que va partir le mouvement Occupy Wall Street. Le mouvement Black Lives Matter ne part pas de New York, mais enfin, à une sérieuse résonance. Donc on est bien d’accord, on ne parle pas des Etat-Unis d’Amérique ce soir. Là, nous parlons d’une petite ville qui s’appelle New York, quand même très particulière.
On est d’accord ? Moi, je pense que New York est une avant-garde sociale aux États-Unis. C’est-à-dire que ça concentre toutes les inégalités, tous les paradoxes et tous les problèmes des États-Unis. Et ce que l’on voit dans les 100 dernières années, finalement, dans l’histoire américaine, c' est que ce qui commence à New York fini par essaimer dans le reste des États-Unis, et puis ensuite à l’international. Vous en avez parlé, Occupy Wall Street, c’est le mouvement peut-être le plus pertinent des quinze dernières années, qui commence à New York, mais qui après essaime partout dans les États-Unis. Il y a eu même des expériences Nuit debout faisait partie un peu de ce mouvement en France. Black Lives c’est exactement la même chose et plus récemment aussi les campements pour la Palestine qui ont commencé à Columbia et qui après se sont reproduits partout dans les Etats-Unis et au-delà des États Unis. Alors moi je prends vraiment New York pas comme une exception. C'était beaucoup la propagande du parti démocrate le jour de l'élection de Zohran Mamdani. C’est-à-dire qu’il fallait dire, voilà, c’est un socialiste démocrate, il ne nous représente pas vraiment, c’est une exception, ça ne peut pas marcher ailleurs. J’espère qu’on en reparlera peut-être un peu plus tard, mais en fait on voit que ça marche ailleurs et de voir en fait New York comme une avant-garde sociale des États-Unis. C’est-à-dire un point de cristallisation. Où toutes les inégalités, tous les paradoxes, toutes les conflits américains convergent. C’est comme ça que j’entends New York, c’est-à-dire vraiment comme un laboratoire pour le reste des États-Unis et pas simplement comme une exception.
Alors, si je vous lis, quand il arrive dans la course, il est à 1 % dans les sondages. Bon, voilà, on va voir la partie communication qui est assez redoutable de la part de son équipe. Mais vous vous abordez page 62, vous appelez ça le pari impossible, et malgré tout, vous nous mettez la puce à l’oreille, j’allais dire vous nous mettez un petit peu en garde parce qu’en fait il y a pour l'état de New York il y a deux deux schémas, deux mécanismes électoraux qui sont particuliers et qui sont d’ailleurs très qui me semble en tout cas à la lecture très juste et assez intéressant à étudier je ne vous fais pas l’affront de vous rappeler quels sont ces deux mécanisme électoral mais par contre si vous pouviez nous les expliquer.
Oui, oui. Ça, c’est très important. C’est que les institutions à New York peuvent faire émerger un mouvement de gauche, contrairement aux institutions nationales où là, c’est beaucoup plus difficile de faire émerger un mouvement en dehors des deux parties. Ces deux institutions dont vous parlez, c’est premièrement le vote par choix. À la primaire, c’est-à-dire qu'à la primaires de New York pour le maire de New York, on ne vote pas du tout pour un seul candidat. On classe toute une série de candidats, c’est- à-dire nos candidats préférés, et ça, ça a un grand avantage, c' est que ça permet de voter pour un camp. C’est-à-dire que le parti démocrate, chacun sait, est divisé entre deux grandes ailes. Finalement une aile plutôt centriste, puis une aile plutôt de gauche, que Zohran Mamdani ou Bernie Sanders représentent. Et donc, ce que cela permet de faire à la primaire, c’est de voter pour son camp. Donc, si on est de gauche… Vote pour tous les candidats de gauche, et si on est plutôt centristes, on vote pour tous les candidats centristes, et ce qui fait que automatiquement, on n’est pas obligé d'éliminer des candidats, on est pas obligés de voter contre des gens finalement. Donc, on vote vraiment pour un programme.
C’est-à-dire qu’en fait on peut biffer les noms, on peut choisir les gens qu’on veut élire, c’est bien ça ?
Voilà, c’est-à-dire que si moi je trouve qu’il y a quatre candidats de gauche et que mon préféré c'était Zohran Mamdani alors je vais mettre Zohran Mamdani en premier puis je vais les trois autres ensuite, mais je ne vais pas classer les candidats qui sont des candidats centristes.
Donc ça, c’est le système qui existait dans les communes de moins de 1000 habitants en France. Dans tous les villages, on pouvait faire ça, on pouvait biffer tel ou tel nom parce que le voisin, on n’avait pas envie. Mais il se trouve que là, c’est la plus grande ville des États-Unis, je crois, New York à ce système-là. Donc ça permet une forme d'équité, d' équilibre possible entre les candidats. Et il y a un deuxième mécanisme.
Le deuxième mécanisme, c’est que les campagnes aux États-Unis coûtent beaucoup d’argent, c’est des millions de dollars. Souvent, le problème des petits candidats, c’est qu’ils n’ont pas les fonds pour faire ces campagnes. Et là, ce qui s’est passé à New York, c’est qu’il y a un système très intéressant, c’est que tous les petits dons… Donc, je crois que ce n’est pas au-dessus de 200 $, pas au dessus de 200 $, sont matchés par la ville, par les détails.
Voilà, vous nous dites 250 dollars dans votre livre. Pour chaque don de moins de 250 dollars, la ville verse 8 fois la somme.
Oui, il faut la somme, oui, il fait vraiment des grosses sommes et ce qui fait que Zohran Mamdani, vers deux mois après avoir commencé sa campagne, avait déjà atteint les plafonds. Donc, il avait beaucoup d’argent pour faire sa campagne grâce à des dons privés mais qui étaient matchés par la mairie. Il a pu faire campagne comme ça face à des gens qui, devant lui son concurrent le plus proche, avaient des grands partis, des grands donateurs qui donnaient des millions de dollars. Donc il a pu faire une très bonne campagne avec beaucoup de moyens grâce aussi à des fonds publics.
Alors, une question qui évidemment nous importe ici beaucoup au poste, c’est la question de la police. Et on sait qu’elle est centrale aux Etats-Unis. Alors, il va y avoir dans sa campagne, il va y avoir un discours modéré, on va dire, alors qu’au départ, il est plutôt du côté de ceux qui disent qu’il faut définancer, il faut donner moins d’argent à la police. Il ne va pas jusqu'à dire qu’il faut la désarmer. Mais enfin, il est un peu critique. Et puis, finalement, il arrive avec autre chose. Cette autre chose, c’est l’idée d’un département communautaire qui est rattaché à la mairie plus qu'à la police, à la police municipale. Est-ce que vous pouvez nous en dire deux mots ?
Alors ça, c’est typique de Zohran Mamdani. C’est-à-dire que, bien évidemment, quand il était beaucoup plus jeune, il a fait partie des manifestations Black Lives, il a fait partie de plusieurs groupes de solidarité pour la Palestine. Il a toujours été de ceux qui disaient, il faut dépendre de la police, définancer la police. Alors là, il donne l’impression de mettre de l’eau dans son vin pendant la campagne puisqu’il dit « nous, nous n’allons pas définancer la police ». Par contre, ce que nous allons faire, c’est nous allons créer un nouveau département dans la mairie, dans l’administration du maire, qui n’aura rien à voir avec la police, mais qui sera un département de sécurité communautaire, sécurité publique. Ce sera donc un département où il y aura des psychologues, des travailleurs sociaux, des assistantes sociales. Pour répondre à toutes les urgences de la rue de New York. Voilà, il y a des gens qui sont sans domicile fixe, qui sont en problème d’addiction, qui sont au problème de santé mentale, où la police ne peut pas vraiment répondre à leurs problèmes. Et donc lui, il dit qu’il faut mettre plus d’argent dans ses équipes sociales. Alors, on a beaucoup dit durant la campagne qu’ils avaient fait marche arrière. En disant finalement qu' il est toujours pour financer la police. Or il fait exactement ce qu’il avait dit il y a quelques années, c’est-à-dire définancer la police puisque tout l’argent qu’ils vont mettre dans ce département de la sécurité communautaire, il l’appelle, c’est de l' argent qu' il prendra à la police donc il y aura très clairement des fonds. Qui vont être alloués à ce département et qui vont être pris du département de la police. Dans les faits, il dit bien évidemment, je ne définance pas la police, mais c’est en fait ce qu’il fait. C’est en fait, ce qu' il fait dans les faits, quand on regarde le budget, il y a moins d’argent pour la police cette année et il y aura plus d’argent pour ce nouveau département bien sûr qui vient d'être créé.
Voilà, il a cette expression au moment donné, que vous donnez dans votre ouvrage. Il définance la police pour refinancer le peuple. C’est à peu près ça, je crois.
C’est exactement ce qu’il dit, c’est-à-dire remettre de l’argent dans le peuple. En tout cas, tous les gens qui sont revenus à New York voient bien que les problèmes qu’il y a dans la rue de New York, que ce soit avec les sans-abri, que ça soit avec les problèmes d’addiction, les problèmes de santé mentale, ce n’est pas nécessairement des problèmes que la police peut régler. Lui, ce qu’ils veulent ouvrir, c’est des salles d’accompagnement par exemple des métros et plus de gens qui vont intervenir des services sociaux dans les rues de New York et pas simplement la police. Donc en effet, il dit que non, il ne va pas définancer la police, mais dans les faits, c’est un peu ce qu’il fait quand même.
Comment ça se passe ? Là on fait un petit saut dans l’actualité, on va revenir dans votre ouvrage qui, je le rappelle, est sorti très très vite après l'élection de Zohran. On l’appelle comme ça là-bas, en tout cas ces affiches, là voilà, je vous montre une, jouait beaucoup sur son prénom. Sur la question policière qui nous occupe à l’instant, les critiques sont comment par rapport à ça aujourd’hui ? Est-ce qu’on lui tombe à avoir raccourci en disant « vous n’aimez pas l’ordre, vous n’aimez pas la police, etc. » ou est-ce que finalement les critiqués laissent faire ?
Je crois qu’il a toute une coalition derrière lui qui est très clairement anti-police et donc c’est une coalition qui le suit, qui n’est pas une coalition aux dociles qu’on le dit. Et donc c’est une coalition qui a vraiment les yeux ouverts. C’est-à-dire les gens qui ont voté pour lui suivent ce qu’il fait chaque jour. Et bon, alors le rappel à l’ordre sur les réseaux sociaux ou alors dans la vraie vie. Et donc pour la question de la police, il a l’appui de sa coalition. Il faut dire qu'à New York, avec l’arrivée de Donald Trump, on a quand même un déferlement d’uniformes dans les rues, la guerre nationale quelquefois. Donc ce mouvement de définancer la police dans une ville comme New York est assez et ce qu’il veut faire avec le département de la sécurité communautaire, c’est quelque chose qui est vraiment très apprécié et même j’ai envie de dire au-delà de sa coalition.
Alors, autre point qui pourrait être contre intuitif, la ville de New York est, je crois, après Tel Aviv, celle qui compte le plus de Juifs dans le monde. Zohran Mamdani va pourtant, alors je ne confonds pas les Juifs et Israël, je ne confonds, mais en tout cas, il va avoir tout du long de sa campagne un discours extrêmement clair par rapport à la guerre israélo-palestinienne. Il pourrait se dire, je vais avoir contre moi toute une communauté qui, en fait, ce n’est pas ce qui va se passer. Et donc là, c’est un point aussi important parce que là, il y a une forme de courage politique qui est à saluer. C’est-à-dire qu’on comprend au détour de quelques lignes de votre ouvrage que, bon, c’est tout sauf gagné quand il se lance dans la bataille, et notamment sur cette question-là.
Oui, mais il sent quelque chose que je crois on avait tous un peu senti en 2024 au moment où Kamala Harris perd l'élection présidentielle. On a tous senti, les gens de gauche aux États-Unis, que Kamala Harris avait perdu cette élection pas parce qu’il y avait une grande appétence pour Donald Trump, mais parce qu' il y avait une grande désaffection par rapport à sa candidature on parle de Kamala Harris. C’est-à-dire que les deux candidats ont perdu des voix. Il se trouve que Kamala Harris en a perdu beaucoup plus que Donald Trump. On a perdu pourquoi ? Elle en a perdu et ça maintenant le parti démocrate l’accepte et le dit très clairement à cause de la position sur Gaza, c’est-à-dire le soutien inconditionnel à Israël. Et donc ce que fait Zohran Mamdani dès le lendemain de l'élection de Donald Trump, c' est qu’il va dans les quartiers immigrés, racisés de New York, dans le Bronx, dans le Queens. Et il va demander aux gens, mais pourquoi vous avez voté pour Donald Trump, parce qu’il faut quand même dire que même Donald Trump a augmenté, pas en nombre de voix, mais en pourcentage. Donc il y a des quartiers qui ont vu des grandes augmentations sur le vote de Donald Trump. Et c’est des quartiers qui étaient plutôt des quartiers immigrés, racisés. Donc il va dans ses quartiers et il demande pourquoi vous avez voté pour lui et les gens lui disent deux choses. Ils lui disent, le coût de la vie ça va plus du tout, on n’arrive plus à s’en sortir. Et ils lui disent deuxièmement, et surtout nous, on en peut plus de voir nos frères et nos sœurs se faire massacrer à Gaza. Et donc là Zohran Mamdani, il sent quelque chose, mais ça c’est quelque chose qu’on avait vraiment tous senti, c'était qu’il y a une énorme désaffection, un énorme dégoût de la politique du parti démocrate et du soutien inconditionnel de l’Israël, c'était ce que Kamala Harris et Joe Biden avaient mis en avant. Le maire de New York n’a aucun pouvoir sur la politique internationale des États-Unis, mais lui, il fait une campagne qui est très pro-palestinienne, mais il ne met pas ce sujet en avant tout le temps. Lui, il répond à ces questions quand on lui les pose pour essayer de le piéger, bien évidemment. Puisqu’on se dit, puisque sous le parti démocrate, il y a une forte communauté juive à New York qui pourraient être effrayés de ces positions pro-palestiniennes. Or, ce que l’on voit, c’est que la diaspora juive à New-York, c’est une diaspora qui est aussi très segmentée. Mais ce que l' on voit, finalement, c est que les juifs de New- York ont voté de la même manière que les autres religions, les autres ethnies à New York, les afro-américains, les latinos, etc. C’est-à-dire que, en dessous de 55 ans, on votait pour Zohran Mamdani Au-dessus de 55 ans en général, c'était beaucoup plus contrasté. Même les Juifs de New York ont voté en masse pour Zohran Mamdani On voit bien qu’il y a un énorme changement chez les Américains jusqu'à encore il y a quelques mois. Il y a des sondages qui mesurent comme ça depuis 30 ans la solidarité envers Israël et la solidarité envers les Palestiniens exprimés par l’Amérique. On a vu que jusqu’il y a trois semaines, normalement, les Américains avaient plus de solidarité, plus d’empathie pour les Israéliens que pour les Palestiniens. Et là, ça vient de changer. Les Américain ont plus d’empathie, de solidarité pour les Palestine que pour les israéliens. Donc, il y a vraiment un changement énorme et le Parti démocrate doit y faire face. En tout cas, Zohran Mamdani a trouvé un moyen d’y faire face, Encore une fois, ce n'était pas du tout le sujet qu’ils voulaient mettre au centre de la campagne. On l’a mis pour essayer de le piéger, mais ça a marché je crois en sa faveur.
Alors, effectivement, vous expliquez comment le rouleau compresseur médiatique, mais aussi de ses petits copains démocrates, vont essayer de lui semer des embûches. Alors il va y avoir évidemment la qualification affamante d’antisémitisme. Il va y avoir beaucoup de questions très agressives sur les plateaux de télé. Et en fait, il a une technique qui est celle du calme, de la zénitude. Ce gars, il à l’air très zen. Racontez-nous, racontez-nous ça. Il y a par exemple, je crois que c’est vous qui racontez ça dans votre bouquin, une dame qui le voit, elle est en train de prendre un vélo électrique, enfin un vélo de location, c' est ça. Je ne sais pas quoi raconter cette anecdote.
Il y a des gens de Vélib qui sont disponibles, ils s’appellent les City Bikes ici, et donc il y a une dame qui lui crie fort dans la rue et puis c’est filmé par les caméras des médias, tu es un communiste, et puis lui il répond, alors en anglais ça sonne bien mieux, mais il dit, non ça se prononce cycliste.
Allez-y en anglais, dites-nous en anglais maintenant. Parce qu’on a les gros moyens. Alors ça fait quoi en anglais ?
Mais c’est cycliste, tu vois, c'était ça, parce que, parce qu’il y a ces deux styles-là, bon, ouais.
Oui, c’est ça !
Ouais c’est très important, c’est aussi que Zohran Mamdani dans toutes les interviews qu’il a faites dans les médias, il était très souriant et très calme. Et pourtant Dieu sait qu’il en a vu, on l’a traité d’islamiste d’antisémite. Bon, c'était vraiment très, c'était une campagne assez hardcore. Bon, il n’avait aussi pas le choix, parce que Zohran Mamdani c’est un homme immigré, racisés, musulman. S’il avait exprimé une quelconque colère, un quelconque énervement, ça ne passerait pas dans les médias. Il n’avait vraiment pas le choix que de sourire tout le temps. C'était aussi un sourire qui était tout à fait authentique. À la fin de la campagne, on voyait qu’il se forçait, mais tout du long de la campagne on voit que c’est quelqu’un qui est assez joyeux. Mais c'était sa politique, c'était de rester calme. C’est encore sa politique maintenant, il reste calme et surtout il reste dans une une forme de politique qui évite le conflit frontal. Il n’est pas en conflit frontal avec les démocrates, ni même avec Donald Trump, ni avec les républicains ou alors avec la gouverneure de New York. C’est quelqu’un qui cherche le compromis et qui n’a pas dans une forme conflictualité qu’on aurait peut-être attendu d’un candidat de gauche de rupture.
Josleto nous dit dans le tchat chez nous en France, c’est Bally Bagayoko qui garde son calme remarquablement bien. Oui, c’est vrai que je le dis d’autant plus qu’hier je suis tombé par hasard sur un débat sur LCI. Eh oui, eh oui, je me sacrifie entre Bally Bagayoko et Jean-Michel Aphatie et c'était incroyable et effectivement il gardait son sourire, son calme. On va venir au fond parce que ce qui est intéressant, c’est qu’aujourd’hui Zohran Mamdani a les clés de la ville de New York. On va voir ce qu’il peut faire et ce qu il fait ou ce qu’il ne peut pas faire mais néanmoins je fais un détour par la page, je vais la retrouver, la page 103 C’est le chapitre l’offensive visuelle, car c’est vrai qu’il est arrivé par ici en partie par les couleurs qui ne doivent absolument rien au hasard. Il va avoir une équipe de campagne et on vous sent un poil fasciné par ça. Vous nous donnez à longueur de temps le nombre de vidéos qui ont été faites, le nombre des vues, le truc, le machin. Et à un moment donné, je ne vous cache pas, je suis un peu gêné, je me dis, c’est un paquet de lessive ou quoi ? Mais alors d’abord, le graphisme peut-être, d’où vient-il, ces couleurs d’où viennent-elles, tout ça n’est pas dû au hasard loin de là.
Oui, bien sûr. C’est le contraire d’un paquet de lessive. Ils ont fait une campagne visuelle qui était en grand raccord avec leur programme politique. Ça, c’est très important. Toutes les vidéos étaient des vidéos politiques. Alors, les couleurs, c’est le bleu de l'équipe de basketball de New York. C’est la carte jaune du subway de New-York, la métro card, donc voilà, il fallait comme ça rappeler. Dans l’esprit des gens, que Zohran Mamdani avec son nom Zohran qui était écrit un peu comme dans un film de Bollywood, et puis lui qui portait cette tunique sud-asiatique, faisait partie du paysage du paysage new-yorkais, tout était fait pour cette affiche.
Voilà, je ne sais pas si vous voyez, mais je mets l’ancienne carte de métro de New York, la carte métro. Il y a évidemment les taxis, le jaune des taxis. Bah tiens, juste pour le plaisir.
Vous parlez de moi ? Tu parles de moi ?
Ah merde, pourquoi ça… Ah bah, il se remet tout le temps, je suis désolé, il va falloir attendre. Voilà, c’est bon, excusez-moi. C'était donc Robert De Niro dans le rôle de Travis Michael dans Taxi Driver. Voilà, excuse-moi, je vous ai dit, ce soir on a des gros gros moyens. On a même De Niro avec nous. Il y a le chandail, comme on dit au Québec, le maillot des… Je ne connais même plus le nom de l'équipe. C’est les Nets. Voilà. Oui, voilà. Voilà, et donc j’ai trouvé cet article dont Euryale a mis le lien dans le chat où on voit qu’en fait, il y a déjà, le lettrage a déjà un petit peu servi pour Bernie Sanders quelque temps avant. Bon, voilà, alors effectivement…
Tout ça, c’est la même équipe de com. C’est-à-dire que les gens qui travaillent avec Bernie Sanders ont aussi travaillé avec Zohran Mamdani. C'était la même équipe de graphisme qui fait toutes les campagnes de la gauche américaine. Donc, il y a eu une certaine uniformité dans la direction artistique.
Alors dans votre dans votre ouvrage vous semblez dire quand même que c’est plus que central cette histoire visuelle, cette histoire de réseaux sociaux d’autant qu’en face le démocrate qui est une espèce de Jean Tibéri sur le retour avec plein d’affaires, J’espère que vous avez la référence les uns et les autres. Bon effectivement là c'était Tibéri socialiste on va dire. Bon bref… Au départ, il a énormément de chances parce qu’il est très connu, etc. Alors lui, il à une communication vraiment ringarde, et Mamdani, lui, arrive avec une communication fleurie, joyeuse, etc… Vous, vous accordez beaucoup d’importance. Néanmoins, vous êtes historien, vous pratiquez donc l’essence sociale, donc il y a quelque chose de scientifique. Comment on peut tout à fait graduer l’importance de la communication dans une campagne comme celle-ci ?
Oui, ça c’est une bonne question. C’est-à-dire que disons que là, comme vous l’avez dit, ce qui est très important, c' est de le mettre en regard de la communication qu’il y avait en face de lui. Et la communication qui avait en place de lui c'était le fameux Andrew Cuomo, donc Andrew Cuomo qui est peut-être le Jean Tibéri de New York, mais c' était vraiment quelqu’un de… C’est quelqu’un de… C’est une grande dynastie les Cuomo, ils sont très connus à New York. Le père était gouverneur, lui aussi a été gouverneur. Son frère est journaliste, c’est des gens qui sont très connus mais il ne sait pas faire campagne. Il n’a pas su faire campagne, il était complètement hors sol. Il fait une déclaration de campagne sur Facebook où il parle pendant 40 minutes, ça n’a aucun sens. En face de lui, il y avait cette campagne qui était très dynamique, très léchée, très bien produite. Je pense que c’est important parce que cette campagne visuelle a été fondamentalement politique. C’est ce que j’essaie de montrer dans le livre, c'était qu’ils ont montré le New York tel qu’il le voulait. On a dit aussi que par exemple, quelqu’un comme Sarah Knafo en France avait un peu volé. Cette direction artistique avec le thème de la ville heureuse. Elle n’avait pas très bien compris comment Zohran Mamdani l’avait théorisé. Parce que lui, le but, c'était vraiment de montrer. Qu’on était une gauche heureuse. C’est-à-dire qu' on était contents d'être ensemble. Alors il le montrait, il montrait Zohran à la Bodega du coin, il montrait Zohran faisant du vélo avec des vélibs de New York, etc. C’était montrer vraiment un candidat qui était intégré dans la fabrique de New-York et qui voulait aussi la changer. Le but, c'était vraiment de faire une campagne positive. En face, on avait un candidat qui mobilisait la peur de l’immigré, de la crise économique, etc. Lui disait exactement le contraire, il y a des moyens, on peut faire beaucoup de choses, et puis surtout, il nous disait, nous, on est heureux de vivre ensemble. Et moi, j’habite à New York depuis quatre ans, donc je n’ai pas vécu les autres campagnes présidentielles. Et beaucoup de vieux New-Yorkais me disaient, mais en fait, nous, on n’avait jamais vécu ça. On n’a jamais vécu une campagne où on avait un candidat qui nous parlait de ce que l’on vivait, nous à New-York, c’est-à-dire les classes moyennes, les classes populaires. C’est toujours des candidats qui parlaient finalement aux quartiers financiers et aux grands quartiers économiques du sud de Manhattan. Là non, Zohran lui, faisait partie du Queens, il allait à Brooklyn, il allait dans des quartiers moins riches par exemple dans le nord de Manhattan, il faisait un peu campagne partout, puis ça se répondait, le physique répondait au numérique. Le numérique répondait aux physiques. On voyait ces mêmes couleurs toute la journée un peu partout. Et ça, ça a créé vraiment… Vraiment une forme de… On voyait que cette campagne faisait un peu partie de nous. Les gens se sont sentis vraiment respectés.
Surtout qu’aux États-Unis, depuis maintenant un siècle, les campagnes électorales sont rouges et bleues, quelles que soient les parties, avec des étoiles. Enfin, c’est toujours pareil. Là, évidemment, ça tranchait un peu. Alors, la première, on va dire qu’il y a trois grandes directives qu’ils vont donner à son programme. Je l’ai dit d’entrée, il y a une promesse qui est tenue. C’est celle qui concerne la garde d’enfants, puisque son idée, c'était de dire, les crèches, la garde des enfants doit être accessible, gratuite. Pour tous, pour les enfants de deux ans et moins, je crois. Et il va effectivement trouver le milliard, il va sécuriser un peu plus de un milliard je crois, pour pouvoir faire en sorte qu'à partir du mois de septembre de cette année, tous les New-Yorkais et New-Yorkaises pourront faire garder leurs enfants gratuitement, sachant que parfois les crèches peuvent, des crèches un peu chic, ça va jusqu'à 2000 dollars par mois, c’est ça.
C’est très très cher aux Etats-Unis, même 2000 dollars je pense que c’est le plateau plutôt bas. Ah ouais, ah ben d’accord. Ça peut coûter vraiment beaucoup beaucoup d’argent. La plupart des gens ne peuvent pas se permettre. Donc ça s’est fait en effet, donc il a sécurisé un deal avec la gouverneure de New York, la gouverneure de l'État et c’est d’ailleurs, les crèches vont être universelles pour tout l’État de New-York, pas seulement pour la ville de New York. Et donc comme vous l’avez dit, l’année prochaine ça commence pour les enfants à partir de deux ans et puis chaque année jusqu'à la fin du mandat, il y aura une de plus pour les enfants de New York.
Et d’où vient le pognon ?
C'était le grand problème de Zohran Mamdani On lui disait tout le temps « tu ne peux pas faire ces promesses parce qu’il faut que les fonds soient libérés par la gouverneure. Or, la gouverneure rentre en campagne pour sa réélection. » En novembre, elle échappe à la primaire et c’est simplement la gouverneure qui a choisi d’allouer des fonds pour ses crèches universelles. C’est le gouverneur de New York qui a décidé de libérer ces fonds pour tout l'État.
Donc une dénommée Kathy Hochul comment dit-on ?
Euh, ok.
Ok, d’accord, j'étais pas… Elle, elle est de quel bord ?
Après elle est démocrate mais elle est plutôt démocrate, une démocrate de droite quoi, voilà, centriste quoi.
Ségolène Royal. Bien. Alors, elle a, par exemple, refusé les bus gratuits. Elle a dit non, l'État de New York, c’est ça, ne va pas financer la deuxième promesse de Zohran Mamdani, qui est des bus gratuits pour les New-Yorkais. Ça, elle l’a dit, non, non. Moi, je refuse d’augmenter les impôts sur les riches, puisque c'était ça sa proposition, me semble-t-il.
Alors, elle vient de changer d’avis. C’est ça avec aussi Kathy Hochul c’est que la campagne de Zohran Mamdani nous montre que Kathy Hochul déjà deux semaines avant l'élection, elle disait c'était moi qui ai l’argent, c’est moi qui a l’agent, donc il faut faire très attention, il peut faire toutes les promesses qu’il veut, c’est moi qui décide à la fin. Elle disait ça encore deux semaines, avant l'élection. Deux semaines après l'élection, elle décide déjà de faire des crèches universelles. Là, on est à peine, on a un peu plus de 100 jours après l'élection, en effet, il y a encore un mois, elle disait, on va pas faire les bus gratuits. Là, elle vient de publier le brouillon de budget, le premier budget pour l’année prochaine. Donc ça commencera en septembre, ça sera voté en septembre. Et là, attention, les bus gratuits sont dans le budget. Donc ils vont parler, ils vont commencer à en parler en septembre pour voter ce budget. Donc ça veut dire que cette gouverneure, elle bouge dans le sens de Zohran Mamdani sur à peu près tous les sujets sur lesquels elle avait dit juste, il faut vraiment le voir, c'était une semaine avant son élection, elle disait mais moi je vais dire non à tout. Donc ça sert à rien de, bon elle avait fini par le soutenir. Mais en tout cas, elle avait dit, il faut faire attention, c’est moi qui ai l’argent, c’est moi qui décide à la fin. Donc là, les bus gratuits, ce n’est pas encore fait, loin de là. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que l'équivalent de la RATP à New York est contrôlé, enfin le financement est contrôlé par l'État de New York, donc par la fameuse Kathy Hochul Et Kathy Hochul qui avait dit que jusqu'à présent, on ne va pas faire les bus gratuit, là elle vient de mettre une proposition qui va être délibérée cet été au mois de septembre à l’Assemblée de New-York pour faire les buses gratuits à New- York. Donc c’est sur la table, elle change d’avis, alors rien n’est gagné. Mais en tout cas c’est sur la table et ça va être discuté par le congrès de New York. Il faut savoir que tous ces gens vont être en réélection aussi dans pas très longtemps. Donc il voit aussi que Mamdani emporte toute une partie de la jeunesse derrière lui. Et puis Mamdani il est très bon, on en parlait juste avant, il est bon sur les réseaux sociaux, il très bon sur toutes les vidéos qu’il fait et Mamdani utilise vidéo justement pour expliquer qui s’obstine à s’opposer à ces mesures qui rendraient la vie des New-Yorkais un peu plus facile. Et donc il l’a fait je crois récemment sur les bus gratuits. En tout cas, Kathy Hochul vient de céder modestement, rien n’est encore gagné, mais en tout cas elle a mis cette mesure à la délibération de l’Assemblée de New York et ça va avoir lieu en été ou en septembre.
Alors, la troisième promesse, c'était celle du gel des loyers et là, alors peut-être que ça a changé et patatras, je ne suis pas au courant, mais a priori, il y a un vote qui doit être fait au mois de juin, il faut d’abord nous expliquer ce mécanisme de quels loyers on parle, quand on parle de gel des loyers, parce qu’il ne s’agit pas non plus nationalisé les loyers à New York, y compris ceux de la Trump Tower. Mais alors, comment ça fonctionne ? Combien de loyers pourraient être impactés et pourquoi ça bloque justement ?
C’est des loyers qui sont complètement dans le parc privé qui sont possédés par des acteurs privés mais c’est des loyers qui sont encadrés et donc chaque année c’est la mairie ou c' est plutôt un comité de ce qu’on appelle le rent guidelines board donc le comité du loyer qui décide de l’augmentation des loyer chaque année alors ça dépend du bail que l’on a si un bail de 2 ans ça peut être jusqu'à 4 %, si on a un bail d’un an ça peut être jusqu à 2 %. Et dernièrement dans les quatre dernières années, c’est-à-dire dans l’administration démocrate qui a précédé Zohran Mamdani, chaque année le loyer était augmenté au maximum. Et donc voilà, c'était un vrai problème. Ça, ça concerne seulement 900 000 unités, je crois 900 000 appartements. Il faut savoir qu’il y a environ 8 millions d’appartements à New York et que la plupart d’ailleurs sont vraiment tout est dérégulé. C’est-à-dire que les propriétaires peuvent doubler le loyer d’année en année. Il n’y a aucun problème s’ils le veulent. Tout est complètement dérégulé donc là il y a 900 000 unités, 900 000 appartements qui ont des loyers encadrés. Et là aussi, vous avez raison, jusqu'à deux jours là on nous disait, mais cette idée n’allait pas marcher puisque les gens qui sont sur le comité des loyers, ce sont des gens qui n'étaient pas très pro-Mamdani. Alors, ça a changé parce qu’il y en a un ou deux qui ont posé leur démission et qui ont été remplacés par des gens un peu plus pro- Mamdani, en tout cas, ceux qui ont été mis sur la table se sont rencontrés pour faire un pré-vote. Et ce qui est sur la table, c’est donc le gel des loyers pour l’instant, seulement pour des contrats d’occasions de deux ans. Donc tous les gens qui ont des contrats de location de deux ans devraient avoir un gel des loyers l’année prochaine, ça sera au vote au mois de juin. Et même il dit qu’il veut pousser, bien évidemment, sur aussi les contrats de location d’un an. Mais là encore, c’est des choses qui bougent au jour le jour. Et encore une semaine, on disait que c'était totalement impossible. Et puis juste là, il y a 48 heures, je crois, le comité a dit qu' ils avaient à l’agenda un vote pour ne pas augmenter le loyer sur les contrats de location de deux ans. Donc ça va peut-être arriver en juin.
Alors Tristan, je suis bien embêté parce que moi je voulais commencer à vous titiller en vous disant mais franchement vous peignez tout en orange, en bleu, en jaune, Zohran Mamdani c’est le Spider-Man de la gauche, il va nous sauver, et là, vous avez quand même l’air de dire que, ouais, sur les trois trucs, il y en a un, c' est fait, il y a un ça va être possible, et le troisième aussi. Donc ça donne raison à votre optimisme. Mais alors, quand même, à un moment donné, vous nous parlez de la Gauche, et notamment de la gauche française, et bien évidemment, on vous écoute et on vous lit avec cette idée derrière la tête, C’est-à-dire, est-ce que New York est un laboratoire, c’est ce que vous écrivez page 160 ? L’international Mamdani, vous dites en France que l'écho de son élection a été immédiat. La France Insoumise, les écologistes et le Parti Socialiste ont salué un signal encourageant venu de l’Atlantique. Marine Tondelier y a vu une inspiration pour la gauche qui ne renonce ni à ses valeurs, ni à la gouverner pour changer la vie des gens. Mathilde Panot a rappelé que seule une gauche de rupture peut battre l’extrême droite. Olivier Faure s’est dit parfaitement en phase avec le programme de Mamdani. Comment cette victoire peut-elle influencer la gauche mondiale ? Alors vous n’y répondez pas tout à fait, même si votre éditeur, le très bon éditeur textuel, nous a appâtés avec ce sous-titre à laboratoire pour la gauche. À partir de tout ce que vous venez de nous dire, pensez-vous vraiment qu’il y a des leçons à tirer alors que les situations sont tellement différentes entre New York et le reste du monde, et New York, le reste des États-Unis me semble-t-il, New York est la France. On a parlé tout à l’heure de comment on peut voter, vous venez nous expliquer qui a les cordons de la bourse, etc. Néanmoins, quelles leçons on peut tirer ?
Je crois qu’il y a plein de leçons à tirer de cette victoire de Zohran Mamdani et qui peut vraiment s’adapter. Je n’en fais pas un modèle pour le reste de la gauche mondiale. Mais en tout cas, il y a je crois qu’il y a vraiment trois leçons à tirer de cette campagne. La première, c’est d’avoir un véritable programme qui réponde aux besoins de la population. Je pense que ça, on ne l’a pas vraiment répété assez lorsque l’on parlait de Zohran Mamdani C’est à dire qu’on a beaucoup parlé bien évidemment du fait que c'était le premier maire musulman, du fait que la campagne sur la réseau sociaux était très bonne, du faite qu' il a vraiment emmené grande partie de la jeunesse a écrit, c'était le programme finalement. À la fin, c’est un programme qui répondait vraiment aux besoins des gens. Quand vous parlez, quand on habite à New York, vous savez, vous allez dans tous les dîners avec des amis, la première question qu’on vous pose c’est : tu payes combien de loyer toi ? C’est à dire que les gens avant même de vous demander votre prénom vous posent cette question
Oui d’ailleurs Tristan, tu payes combien ton loyer ? Non non non non !
Beaucoup trop en tout cas
Ah, tu restes français, tu n’oses pas parler d’argent, tu restes un peu français, c’est bien, c’est bien. Continue ! Excusez-moi pour ce tutoiement tout d’un coup très très très américain.
C'était très important de parler de ça, parce que c’est ce dont les gens parlent et c'était vraiment la préoccupation centrale et puis tout le reste. On est dans une ville où vous allez de Uptown à Brooklyn, c’est comme si vous alliez de Paris à Lille des fois, ça met deux heures. Donc c'était vraiment des préoccupations centrales dans la vie des gens et en face de ça, mais il n’y avait absolument rien. C’est-à-dire qu’il n’avait aucun programme, il n’y avait aucune idée nouvelle pour vraiment changer la vie. Je crois que le programme est extrêmement important. Deuxièmement, Mamdani a fait campagne, a fait voter des gens qui n’avaient jamais voté auparavant. Il a fait voter des communautés entières qui n’allaient pas voter. Alors à New York, les sud-asiatiques, ces communautés-là qu’ils connaissaient très bien parce que ce n’est pas en sonde, ils étaient complètement ignorés aussi bien par le parti démocrate régulier, centriste, que par le Parti Républicain. Donc lui, il les a fait voter, il a fait en sorte de leur parler de leur vie sans faire une campagne communautariste parce que finalement, il n’y avait pas un programme spécial pour les communautés sud-asiatiques. Le programme était le même pour tout le monde, c'était le jet déployé, les transports etc. Il a fait vraiment en sorte de les faire venir à lui.
Sauf que de fait, en ayant un programme social, il s’adressait à ce qu’on appelle aux États-Unis toutes les minorités finalement.
Oui, mais pas que, parce que vraiment, si on met tous les gens des classes moyennes aux États-Unis, ils ont des problèmes de loyer, et donc, voilà, je ne pense pas que c’est une campagne communautaire. C'était vraiment une campagne très solidaire sur vraiment des axes transversaux. Et puis la troisième idée qui, je crois, était très importante pour Zohran, c'était la centralité de Gaza. Ça, c’est quelque chose qui ne pouvait absolument rien changer. Ce n’est pas quelqu’un qui aura quelconque pouvoir dans la politique internationale. Mais ça, c’est le nouveau marqueur, en tout cas aux États-Unis, et moi je pense dans beaucoup d’autres pays, d’une certaine forme d'éthique. C’est-à-dire, c’est un nouveau, on appelle ça le litmus test aux États Unis, le test ultime. De la gauche américaine, d’ailleurs c’est aussi le test à droite, c’est-à-dire que alors que tout le monde ne voulait pas qu’il en parle, lui il en a parlé et il a été très clair sur ce qu’ils pensaient. Et ça, alors bien évidemment, je le redis, il n’a aucun pouvoir dans la politique internationale des États-Unis, mais ça, ça lui a donné une vraie épaisseur. C’est-à-dire que les gens se sont dit, là, on a quelqu’un qui ne va pas plier. Qui sera toujours en phase avec ses idées, parce qu’il avait beaucoup à perdre à défendre ses idées sur ce sujet-là. Et puis il l’a fait avec calme, avec brio, et ça, ça a été très important et je crois que c’est vraiment un thème qu’on ne doit pas sous-estimer, même dans des campagnes locales.
Mais alors, sur les leçons que l’on pourrait tirer, notamment en France par exemple, quelle serait-elle ?
C’est ces trois leçons-là, un programme, faire en sorte de faire voter des gens qui ne votent jamais et puis d'être assez au clair sur les sujets internationaux. Après, il y a plein de choses un peu plus pratiques à mettre en œuvre. Il y avait par exemple dans son équipe, une équipe qui était très jeune. C’est une équipe, la directrice de campagne, on ne la connaissait pas, personne ne la connaissait à New York. C'était quelqu’un qui n’avait jamais fait de campagnes, c’est rien qui faisait pas du tout parti des cercles démocrates usuels, habituels. Ça c'était très nouveau, je pense que la campagne sur les réseaux sociaux, comme je l’ai dit auparavant, ils ont créé quelque chose, ils ont une nouvelle image, ils ont créé quelque chose de nouveau, c’est une campagne qui s’apparente à une campagne d’un groupe pop. C'était reconnaissable mais c'était en effet aussi très politique. Et puis surtout, ce qui est vraiment très important, il faut toujours se rappeler que Zohran a fait campagne contre le Parti démocrate. Zohran a fait campagne contre la gauche institutionnelle, la gauche de droite, cette gauche qui ne change plus du tout la vie des gens, et il l’a fait de manière vraiment très frontale. C’est-à-dire que non seulement il s’est vraiment attaqué à eux, mais même dans son discours de victoire, il dit, le parti démocrate, vous savez, c’est un parti, il faut ouvrir un livre d’histoire pour se rappeler de la dernière fois où ils ont eu une bonne idée. Et ça, ça peut marcher quand même pour beaucoup de partis politiques de gauche institutionnelle au niveau mondial, et ça marche en France aussi, et lui était vraiment en grande opposition par rapport à ça. Lui, il s’est vraiment mis, et c’est quelque chose qu’on avait vraiment mis très… Alors la comparaison avec la France ne marche pas vraiment, mais cette gauche socialiste comme on l’appelle aux États-Unis. Il s’est vraiment inscrit dans cette tradition-là et je dois dire que, moi qui étudie l’histoire de la gauche aux États-Unis, c’est quelque chose qu’on n’avait pas vu depuis très longtemps. Quand il s'était présenté à son discours de victoire, sa première citation c'était une citation de Eugène Debs, qui est un candidat socialiste qui s’est présenté à toutes les élections socialistes au début du siècle aux États Unis, peut-être seule candidature socialiste que l’on a eu aux États-Unis depuis un siècle. Lui, il cite ça. Les grandes figures de la gauche américaine, et ces figures de la gauche américaine, il faut bien le dire, ne faisaient pas partie du Parti démocrate.
Plusieurs questions d’un tchat. Alors j’espère que je ne répercute pas quelque chose de faux, mais c’est Velv qui vous demande. Bonjour, merci beaucoup pour cet entretien. À quoi Zohran Mamdani faisait-il référence lorsqu’il déclarait que alors vous allez me dire si cette déclaration est exacte, et si elle est exacte à ce moment-là, qu’est-ce qu’elle signifie ? Il aurait déclaré en août 2023, la botte de la police de New York est sur votre gorge, ses lacets ont été noués par Tsahal.
Il fait référence à quelque chose qui est assez connu. Il n’y a pas de discussion là-dessus. C’est que la NYPD, la police de New York, fait souvent des entraînements avec Tsahal, souvent en Israël, mais ce n’est pas le cas que de la NYPD, c’est le cas de beaucoup. De police locale aux Etats-Unis. C’est le cas de à LA, c’est le cas de la police d’Atlanta aussi, je crois de Chicago. Donc il y a des partenariats comme ça qui sont faits entre Tsahal et les polices américaines. Et donc il y a des polices américaines, des polices locales américaines vont suivre des formations en Israël qui y sont organisées.
Sanseverina, vous demande, y a-t-il des démocrates style printemps républicains qui accusent Mamdani d'être communautariste ?
Ah oui, il n’y a que ça aux Etats-Unis. Les plus grandes attaques que Zohran Mamdani a dû faire face, c’est vraiment des attaques qui venaient du parti démocrate, qui le traitaient à leur tour d’islamistes, d’antisémites. Et donc oui, c’est quelque chose qui est très très répandu dans le parti de la branche réactionnaire du parti démocrate qui est dominante dans le Parti démocrate. Il faut rappeler que vraiment ils ont tout fait aussi le Parti démocrate pour, disons, cacher cette victoire, le jour de la victoire. Le jour de la victoire, il y avait deux autres victoires qui étaient attribuées au parti démocrate. C'était la gouverneure de Virginie et la gouverneure du New Jersey qui sont des démocrates centristes. Tout le parti démocrate sur les plateaux télévision nous a dit, bon il faut vraiment regarder de ce côté-là. C’est de ce côté-là qu’il faut regarder, c’est ces victoires-là dont il faut parler. Il ne faut surtout pas parler de la d’amis à New York. Donc oui, les grandes critiques auxquelles il a dû faire passer venaient vraiment de cette partie plutôt réactionnaire du Parti démocrate.
Mamdani, au départ, on sent, quand on lit votre ouvrage, que les médias, les networks américains le regardent avec un peu de mépris, et puis au fur et à mesure qu’il monte, il devient ce qu’on appellerait un bon client. Aujourd’hui, au bout de 130 jours de règne, à la mairie de New York, comment sont les médias avec lui ? Est-ce qu’ils sont toujours le bon client de l'élection ? Parce que comme il est encore populaire, ces médias sont plutôt suiveurs avec lui, ou est-ce que déjà on sent un durcissement qu’on pourrait connaître ici par exemple ?
Lui, il a toujours été bon client. C’est quelqu’un qui avait fait très peu de télévision avant cette élection. Il s’est révélé être très très bon en débat et dans les interviews, en plateaux, etc. Donc c’est quelque chose qui est assez bon à la télévision. Je ne pense pas que vraiment le New York Times ou les chaînes par exemple plutôt disons de gauche institutionnelle genre MSNBC Elles n’y ont fait aucun cadeau.
Ah non mais c’est dingue, ce que vous racontez du New York Times, c'était complètement dingue. Là vous parliez tout à l’heure, on parlait de comment on peut voter. C’est le New York Times qui disait, lui il faut carrément pas qu’il y ait son nom dans la liste, c’est eux non ?
Oui, voilà. C’est-à-dire que le New York Times donne son avis sur qui il faut voter son endossement. Ici, c’est commun. Ils le font pour tous les maires. Et eux, on dit très clairement qu’il ne faut pas voter pour Zohran Mamdani Il faut absolument ne pas le classer. Donc, ils l’ont complètement effacé du jeu politique. Et puis, il continue là. Il n’y a pas une semaine, il n’a pas un article complètement fou du New York sur Zohran Mamdani. Il le déteste, c’est très clair. Mais les autres médias, disons plutôt libéraux comme on dit ici, donc plutôt de gauche centriste type MSNBC qui est un peu la chaîne progressiste, bon là aussi c'était très difficile pour lui. Mais pour répondre à votre question, je trouve que Zohran Mamdani a un petit problème dans sa communication, c’est-à-dire que, comme j’espère l’avoir montré un petit peu, il fait beaucoup de choses à New York. Ça marche assez bien. Il y a des problèmes, il y a quelques petits problèmes, mais ça marche quand même assez bien pour ce qui est de l’avancement du programme. Il a beaucoup de mal à communiquer sur ça. Ici, il a tout un network, un réseau de chaînes locales, de médias locaux et puis bien sûr, les réseaux sociaux, etc. Donc là, ça marche vraiment, les gens de New York, les habitants de New-York ce que Zohran Mamdani fait, c’est très difficile pour lui de faire sa communication en dehors de New York. Et puis même à l’international, ce que je vois de ce qui revient de France par exemple ou d’autres pays francophones, c’est à dire, on nous dit que son programme n’est pas mis en œuvre, mais finalement, quand on regarde dans les détails, ça a assez bien marché et on n’en est qu’au mois de juin, ça fera six mois. Et moi je me dis, ils vont devoir inventer un nouveau programme pour les quatre prochaines années. Non, ça marche bien, mais il y a un énorme problème, ça passe pas le mur du son, c’est-à-dire que les américains ne savent pas ce qu’ils font, et puis les gens en dehors des États-Unis non plus.
Le tchat rend également hommage aux très nombreux bénévoles qui ont travaillé pendant la campagne. D’ailleurs, c’est absolument ahurissant le nombre de portes frappées dans les portes à portes. Et Florent Calvez, vous ne pouvez pas imaginer que c'était le Times. Ils pensaient que c'était le New York Post. Non, non, on ne parle même pas du New York Post, c’est le New-York Times. Donc c'était encore pire. Bien sûr. En gros, et d’ailleurs, je crois que c’est ce que vous dites sur la fin, en gros, Zohran Mamdani, dans ce qu’il est, dans peut-être ses méthodes, il y a un côté LFI. En réalité, dans sa politique, il y a plutôt un côté PS, on dirait. C’est ce vous dites, voilà.
Moi ce que je dis c’est que le programme de Zohran Mamdani adapté en France, bon ça ne sera pas un programme de rupture, je veux dire dans le cadre mon délai ça existe déjà.
Mais on voit quand même qu’il fait face à des vents contraires qui sont un peu les mêmes que ceux auxquels LFI, par exemple, doit faire face. Bon, Tristan, il faut parler d’un dernier problème. Mais qu’est-ce qu’il a avec Trump ? Il n’arrête pas de le voir, en tout cas il l’a vu deux ou trois fois en quatre mois. Ils ont développé une relation plutôt inattendue, toute américaine. Là, pour le coup, il y a quand même quelque chose de pas entendable pour nous, les Français. Semble-t-il qu’ils échangent même des textos. Et j’ai lu, alors ça ce n’est pas dans votre livre, mais j’ai lu que Trump disait de Zohran Mamdani « mon petit communiste », c’est ça, il l’appelle comme ça. Il y a beaucoup d’affection de la part de Trump pour Mamdani. Alors notamment, ça je crois que vous le raconter parce qu’il a un projet immobilier colossal, donc ça l’immobilier à New York, Trump, il aime bien, mais expliquez-nous comment ils peuvent se rencontrer et d’une certaine manière pactiser. Je voyais un site socialiste de gauche radicale qui accusait Mamdani d'être le démocrate préféré du président fasciste et de lui fournir des services, donc c’est une critique rude.
Oui, et ça nous a tous un peu surpris parce qu’on oublie très vite, parce qu’avec Trump, il se passe quelque chose tous les jours, mais on oublie très vite déjà que juste une semaine encore avant l'élection de Zohran Mamdani, Trump a donné son soutien à son concurrent, à Cuomo. Trump a appelé à voter pour Cuomo, et puis quelques jours avant son élection, Trump disait, mais de toute façon si Mamdani est élu on va couper les fonds fédéraux et puis surtout on va envoyer la garde nationale parce que voilà ça sera le chaos etc. Bon alors il y a eu deux rencontres une rencontre qui a été télévisée une rencontres qui n’a pas été télévisée et puis et puis il se trouve on sait que qu’ils échangent apparemment des textes message assez souvent. Par exemple, Zohran Mamdani lui a demandé de libérer une jeune fille qui avait été arrêtée par l’ICE. Bon, alors, moi, je comprends tout à fait le site de gauche, c’est choquant de voir cet élu de gauche de rupture serrer la main du président fasciste des États-Unis. Bon, c’est très choquant. Je rappellerai quand même deux choses. C’est que Zohran Mamdani va dans le bureau ovale et quand on lui demande « est-ce que vous pensez que le président Trump est un fasciste ? » Trump le regarde et dit, mais il répond oui, ne t’embête pas à peu ça, répond oui si tu penses oui. Et Zohran Mamdani dit oui, je le pense. Dans le bureau ovale, deuxièmement, ça c’est incroyable, et deuxièmement Zohran Mamdani est aussi le seul qui a dit dans le bureau ovale qu’il y avait le seul politicien qui avait un génocide à Gaza. Sur le fascisme. Il le redit d’ailleurs. Il l’a redit récemment dans une interview je crois à MSNAR. Il dit oui, je pense en effet que Donald Trump est un président fasciste. Très peu de gens le disent aux Etats-Unis. Il faut quand même le rappeler et il le dit très clairement.
Ah, si, il y a un certain nombre d’anciens collaborateurs de Trump qui le disent.
Oui, mais le dire dans le bureau ovale, devant lui, ça j’avoue, j’ai…
C’est fort, c’est fort et donc, là, c’est la culture rap qui revient tout d’un coup.
Ce qui est vraiment important, c’est que Mamdani obtient à chaque fois des choses. Quand il va voir Trump, c’est-à-dire non seulement les fonds fédéraux, le fait que la guerre nationale ne vienne pas, et moi j’ai l’impression, tous les commentateurs en fait nous ont dit le lendemain de cette rencontre, mais regardez moi ça, il tombe dans le piège de Trump, il se fait manipuler pour lui, Trump a besoin de remonter dans les sondages et donc il sait que Zohran Mamdani est populaire, que ça va lui donner peut-être quelques points de plus, etc. Bon on peut faire exactement la lecture inverse, on peut se dire que c’est peut-être Zohran Mamdani qui manipule Trump pour faire avancer son agenda. Sa plateforme, son programme, moi je crois que c’est ce qui se passe, c' est-à -dire que Zohran Mamdani le dit toujours. Il veut être jugé simplement à une chose, à la réalisation de son programme. C’est pour ça qu’il s’occupe très peu pour l’instant, et moi c’est un des reproches que j’aurais à lui faire, il s’occupe très peu de politique nationale, il ne s’inquiète très peu ce qui va se passer pour les midterms, quand on lui pose des questions sur l’avenir du parti démocrate, il dit « j’y ai pas pensé ». Il est là pour mettre en œuvre son programme, quoi qu’il en coûte si j’ose dire, même si ça veut dire rencontrer Trump plusieurs fois, et c’est quelqu’un qui reste assez à l'écart finalement de la politique nationale.
Petite remarque du tchat et peut-être qu’on pourra conclure là-dessus. Il y a Harry qui nous dit, il se garantit, Mamdani, il se garantit de pouvoir appliquer sa politique pour sa ville. Personnellement, je trouve ça brillant. Et il y a l’EFX qui dit, Mamdani, c’est tout ce que Trump rêverait d'être, populaire parmi les New-Yorkais venant du milieu de la haute culture à laquelle Trump n’a jamais accédé.
Oui, et puis aussi, il faut quand même rappeler quelque chose, c’est que Mamdani en a un peu parlé. Il y a eu très peu de choses qui ont été dites de ce meeting, mais il faut savoir que Mamdani vient du Queen’s. C’est un des arrondissements un peu plus populaires que Manhattan, disons. Il faut savoir que Donald Trump vient du Queens aussi. Il est vraiment étonné par sa connaissance très détaillée du Queens, ils ont parlé longtemps de l’enfance de Donald Trump dans le Queens et des quartiers dans lesquels il vivait. Donc voilà, c’est deux New-Yorkais et puis surtout, ils en ont chacun à gagner l’un à l’autre. Il ne faudrait pas croire que c'était simplement Trump qui manipule Mamdani, je ne crois pas que c’est le cas du tout, je crois que Mamdani est un politicien très stratégique, très stratège et qui est là pour faire son programme et qui est prêt à même à rencontrer Trump pour pouvoir mettre en place ces mesures.
Donc je disais au tout début, et on peut s’arrêter là si vous voulez, je disais que vous êtes, oui, parce qu’au prix de la New York Minute, ça coûte cher cet entretien. Vous pouvez définir la New-York Minute, j’adore ça.
Mais c’est quoi la niormise, je ne sais même pas ce que c'était.
Ah c’est vrai ? Ah bah c'était les New-Yorkais qui disent ça. À New York, une minute dure 45 secondes. Ah ouais, non…
Ah vous ne connaissez pas ? Ça vient des Beastie Boys. Alors c’est pas le coin, c'était pas grave, excusez-moi. Vous enseignez à New York minute. Vous enseignez à la John Hopkins University. Est-ce que vous pouvez nous dire si, ce qu’il en est, des pressions de l’administration Trump sur les universités et notamment les sciences sociales, est-ce-que par exemple votre département a subi des pressions, qu’est-ce qu’il en est exactement de ça ?
Il n’y a pas eu vraiment de pression mais le vrai problème c’est qu’il y a une forme d’autocensure. De la part de beaucoup de collègues, et ça c’est très très difficile, c'était très difficile à vivre. Ce que l’on voit, c’est que des gens qui étaient très finalement intégrés beaucoup, comme on dit ici, qui parlaient beaucoup de politiques, qui intervenaient sur les plateaux télévision dans la presse, etc. Comment ça se taire ? C’est vrai qu’on le voit et moi je le vois chez beaucoup de collègues. Il n’y a pas de pression institutionnelle, mais il y a quand même une grande peur de parler. Ça commence un peu à changer, j’ai quand même vu un petit basculement, il faut le noter autour des problèmes qu’il y a eu avec ICE. Quand il y a eu ces deux morts à Minneapolis, les gens ont commencé à reparler, à reprendre la parole dans les médias et puis dans la presse. Mais c’est vrai que ce que l’on voit quand même beaucoup, alors ce n’est pas une censure institutionnelle, c' est plus une autocensure de peur d'être retrouvée, de peur tout simplement et puis surtout ce que on voit, c est quand même très important, c’est une désaffection totale. Des étudiants internationaux. C’est-à-dire que les étudiants internationaux ne veulent plus venir dans les universités américaines. Il faut savoir que ça c’est un très grand problème parce qu’il y a vraiment beaucoup d’universités américaines qui comptent beaucoup non seulement pour financer leurs universités mais aussi pour le rayonnement national et international sur ces étudiants internationaux là je crois que dans l’université il y a une baisse de 30 % 40 % les étudiant ne plus dans ces universités. Ça, c’est vraiment un énorme problème parce que voilà, on compte beaucoup sur ces étudiants pour plein de choses et voilà donc le rayonnement de ces universités. Il peut être moindre maintenant à cause de trams. Bon, alors il faudrait voir ce qui se passe dans quelques mois avec les midterms. En tout cas, nous, on sent bien un changement de climat, disons, pour les universités aux États-Unis.
Merci beaucoup, Tristan Cabello. Vous êtes donc l’auteur de cet ouvrage à la couverture orange, La victoire de Zohran Mamdani à New York, un laboratoire pour la gauche. Quelle heure est-il à New-York ? Faites-nous rêver. J’ai entendu quelques sirènes tout à l’heure. Quelle est l’heure ? 13H29. 13H29. Bon et bien bon lunch. Merci beaucoup, c'était un plaisir et on vous dit à très bientôt. Merci Tristan, vous dit Unexpected, Optimistik, merci Tristan pour votre exposé. Merci pour ce bel entretien et bonne soirée. Florent vous dit merci, many thanks. Voilà, merci beaucoup, à très bientôt et courage, courage dans cette Amérique où c’est l’enfer. Merci beaucoup.
Merci et à bientôt.
À bientôt, au revoir. Voilà, camarades, petit entretien avec Tristan Cabello. J’espère que ça vous a plu tiens, là, je peux enlever mon casque parce que je ne l'écoute plus. Est-ce que vous voulez qu’on reste quelques instants, comme je vous disais ce matin ? Bon, alors déjà je ne dois pas faire d’entretien le soir des matinales. C’est-à-dire le lundi soir. Parce que moi, je suis rincé de chez rincé. Je ne sais pas si ça s’est senti, mais je suis mort. Je suis mort de fatigue. Je me suis dit à 5 heures pour la matinale, on remet ça le soir. Bon, bref. Il faut passer aux écouteurs. Ouais, c’est possible, c’est possible ! Voilà, alors toutes mes excuses si vous avez senti quelques moments de flottement. Comme vous avez vu, et bien, on n'était pas en live sur YouTube. On essaie de revenir à l’ancienne méthode qui consisterait à faire les lives sur notre site via Twitch et sur Twitch, et ensuite de mettre le replay et dans les replays on mettrai pas par exemple ce petit moment d'échange qu’on aurait ce qui ferait qu’il y aurait un petit un petit changement entre ceux qui assistent et participent au live et ceux qui regardent les replay Avez-vous des petites questions, des petites remarques ?
Oh mon dieu, c’est le meilleur café que j’ai jamais mangé.
Alors, quel moment de latence entre le live et le replay, entre le direct et la rediffusion ? Ça marche aussi bien ? Eh bien en fait, quelques minutes. Quelques minutes, le temps pour Euryale de virer la partie en attente, de mettre une petite vidéo d’appel au suivi de la chaîne et au don, et puis éventuellement à la fin aussi. Voilà, ça prend une heure ou deux peut-être, voilà. Je dis quelques minutes parce que, en fait, soit on privilégie le site, c’est-à-dire les liens qu’on met sous toutes les vidéos, etc., l'édition, voilà, ça prend un peu de temps. Alors, quand un live est sur YouTube, ça prend encore plus de temps de le corriger parce que là il faut attendre 24 heures que YouTube nous donne l’autorisation d’aller trifouiller la vidéo. Voilà vous êtes tellement efficace l'équipe. Ah ben ça c’est vrai qu’on a une équipe de dingue. On a une équipe de dingue. Voilà. Donc l’idée c’est ça, visiblement on n’est pas les seuls à subir une baisse d’audience. Comme je vous le disais ce matin, on ne cherche pas l’audience, malheureusement on a des invités. On a des gens qui nous aident à caler les invités, des attachés de presse, des éditeurs, des producteurs, qui eux sont un peu plus regardants sur les chiffres. Donc voilà, si on pouvait remonter un peu ce serait pas mal. Et puis on peut monter un peu et faire venir aussi quelques nouveaux abonnés, car je vous le rappelle, nous avons besoin d’abonnés sur auposte.media. Par contre c’est nul, qu’est-ce qui est nul ? J’ai pas compris. J’avais pas compris ce qui était nul. Sur quoi j'étais. Oui, et je vous rappelle qu’au mois de mai, vos abonnements comptent double d’une certaine manière, puisque nous faisons notre demande d’aide à la presse, au nom du pluralisme de la presse, et que les sites d’information, comme au poste, qui ont un système d’abonnés, voient leur subvention bonifiée par le nombre d’abonnés. Donc, n’hésitez pas à nous soutenir, ça commence à 2 euros par mois ou 5 euros, vous faites comme vous voulez. Florent, je te répondrai dès que j’aurai le temps, j’ai bien reçu ton e-mail. Donc, merci Sanseverina, effectivement, merci de t’abonner, n’hésite pas à le faire. Demain matin, à cette heure-ci, il y aura Nayan dans ses grands débuts pour Silence Plato. Nouvelle émission de cinéma et Nayan va recevoir un doctorant qui, ensemble, ils vont nous parler du cinéma italien qui depuis 40 ans résiste à Berlusconi, résiste au fascisme, résiste à Meloni. Donc ça c’est demain à 9 heures. Demain à 18 heures, le même thème d’une certaine manière mais cette fois-ci en France. L’extrême droite et la bataille culturelle, c’est notre émission Extrêmorama. Notre émission copiée, mais jamais égalée, par d’autres sites Internet que nous faisons depuis maintenant presque trois ans, je crois, avec Nicolas Lebourg. Nous aurons trois invités, l’un spécialisé dans le spectacle vivant, producteur de spectacle vivant, une sociologue sur l'édition et Alexis Lévrier, historien des médias. Nous allons ensemble parler des enjeux économiques, idéologiques, culturels évidemment, autour de la bataille culturelle, c’est Extrêmorama, notre émission mensuelle sur l’extrême droite. Enfin, on en fait d’autres, c’est un peu notre truc quoi, mais disons que c'était notre rendez-vous mensuel avec l’historien extraordinaire Nicolas Lebourg. Camille dit je vais me réabonner, j’ai changé de carte bleue il y a deux mois et mon abonnement était suspendu. Désolée pour ça les camarades, mais je t’en prie, je t’en prie. Bon, bon repos, j’avais lu bonne riposte. Allo mec ! Comment ça ? Comment ça Cnews ?
David Dufresne, alors lui il est formidable, David Dufresne.
Abonnez-vous ! Qu’est-ce qu’on a d’autre ? Mercredi matin, Michel Feher, philosophe avec son livre, Redevenir Juif, que je suis en train de terminer, qui est un missile. Très très très très bon livre. Nous serons avec Michel, bien connu de nos services, mercredi à 9h. Et le soir, à 18h, les copains d’Afrique 21 recevront dans leur émission, là aussi, mensuelle, un lanceur d’alerte, je crois que c’est Jean-Jacques. Attendez, je vais vérifier tout de suite ça, convocation,où est-ce que je suis là ? C’est bien ça. Jean-Jacques Lumumba, le petit-neveu de Patrice Lumumba qui fut assassiné dans les années 60, ils viendront nous parler de la corruption en Afrique et ça c’est donc mercredi à 18h. Donc là, cette semaine, on est aux taquets. Je regarde là, au poste, environ 200 personnes est-ce que c’est pas là-dessus que les attachés de presse devraient changer plutôt que les vidéos YouTube ? Oui, bien sûr, bien sur. Mais si tu veux, c' est lassant d'être obligé d’expliquer. Voilà, voilà, voilà. Ah, merci beaucoup la baguette marxiste, merci pour ton abonnement. Voilà, venez aussi sur le Discord pour discuter de comment vous voyez Auposte à partir de la rentrée de septembre et de janvier. Qu’est-ce qu’on doit faire par rapport à la campagne présidentielle ? Est-ce que l’on est présent ? Si oui, comment ? Est- ce qu' on doit l’ignorer complètement ? Est-ce qu’on doit faire une matinale tous les jours, et que ça, le temps de la campagne ? Est- ce qu' on doit être sur le terrain ? Voilà, qu’est-ce que vous avez envie ? N’hésitez pas, participez à la discussion. On a besoin de tout ça. Chers amis, Il faut savoir finir un stream, d’autant que demain, demain, c’est la grande première de Nayan soyez là, à 9h, soyez présents, présentes, il faut aider la jeunesse, des trucs en vivant comme à Césure. Oui, mais sauf que les rencontres, c’est cher à faire, c’est cher à produire, moi, par exemple, j’avais bien aimé quand on est allé à Melle. J’aime bien quand on sort de Paris pour ce genre de choses, voilà. Grève nationale ce 12 mai en Belgique. Ah oui, c'était bien, la journée, ah ouais, tu m'étonnes, le live de 12 heures entre les deux tours, là, c'était mortel. Ah non, c'était génial. C'était génial ! C'était génial, chers amis, il faut savoir terminer un stream. Merci à toutes et à tous, je suis heureux si cette émission vous a plu. Je vous dis à demain, en ce qui me concerne, à 18h, mais au poste, à 9h. Bon appétit, bonjour chez vous, amusez-vous bien et on cartonne tout ce qu’on peut.
Et maintenant, la question rituelle. Qu’est-ce qu’on peut faire pour peser sur la situation ? Que faire ? Faites de la politique pas pour les postures, en essayant de déchiffrer nos besoins à tous, nos besoins collectifs, pas pour sa chapelle. Je pense qu’on a besoin de faire de la politique pour les autres. Se rappeler qu’on est majoritaire et peut-être qu' on ne se félicite pas assez de l'être, qu’on ne se rassemble pas assez. Continuer à se rappeler qu’on est très nombreux et que malgré ce qu’une petite fenêtre médiatique nous montre, le monde est très différent de ce qui se passe sur Cnews. On essaye de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant qui met ensemble les mots et les choses, les mots les images. On a créé des liens, entre nous. On a échangé, on a réfléchi ensemble.
