Pas de nazis dans Paris + FreeParty contre tout répressif + Bolloré
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Amis, amis du café, amis des micros qui marchent. Non, si, c’est quoi ? C’est la caméra qui ne marche plus. C’est celle-là, 3-4. Bonjour, bonjour, amis de la police, amis des matinales, amis de France Déter. Bonjour, c’est parti, 3, 4. Bam, bam, bam bam bam Alors attendez, attendez. Pourquoi vous entendez en double ? Ha ha, purée, c’est pas vrai. Attends, attends, deux secondes, deux petites secondes. Alors si je fais ça par exemple, si je fais ça, est-ce que vous entendez encore en double ou pas ? Trois, quatre, tac à tac, est-ce-que là vous entendez encore en double ? Tiens, c’est marrant ça ! Non, là c’est bon, alors attendez, j’ai des petits trucs à régler. C’est pas grave, c' est pas grave. Comme chaque lundi matin,auposte tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant France Déter accueille des invités tient, des revues de presse particulières donne le temps des nuages et des luttes explore le passé. Alors aujourd’hui, la météo des luttes, elle est longue, elle longue,et trie le présent. C' est en direct, comme toujours sur auposte, c’est fait maison, comme toujours sur auposte Préparez le café ! Dans 20 minutes, nous allons recevoir Oshka des antifas du 20e arrondissement de Paris et Mariama Sidibé du collectif des Sans Papiers 75, deux des organisatrices du rassemblement « Pas de nazis dans Paris, pas de nazis dans Paris ». On est navrés d'être obligé de le répéter. Nazis, pas Paris, Paris, non nazi. Ces organisateurs vont faire trois jours de lutte contre les fachos, car vous le savez, il y a la manifestation néonazie du 9 mai qui se profile, nous en parlerons avec elles : trois rassemblements contre la parade nazie du C9M. À 8h, Frédéric Hocquard,ex-Monsieur nuits à Paris, ex adjoint à la mairie de Paris, ci devant délégué général de Bourges 2028, capitale européenne, il vient nous parler de la free party de ce week-end qui a eu lieu pas loin de chez lui et du tout répressif que veut mettre en place la droite. À 8h30, les grandes manœuvres de Bolloré, avec la sociologue Gisèle Sapiro, directrice d'étude à l' EHESS et directrice de recherche au CNRS, pour revenir sur les grandes manœuvres de Bolloré à un an de la présidentielle. Comment allez-vous les uns et les autres ? Racontez-nous votre week-end du 1er mai, le temps que je règle toutes les scènes. Ah ouais, il y a aussi des bonnes nouvelles je vais vous la mettre dans deux secondes. La bonne nouvelle, c’est celle-ci. Alors là, je change de caméra. Je mets celle-là ici. Il ne devrait pas y avoir d'écho, voilà, la bonne nouvelle c' est celle- ci : Charles Alloncle, le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public visé par une plainte pour prise illégale d’intérêt. Capitaine Flam me dit, première manif, trop bizarre, ah bon ? Première manif ? Mais à quel âge ? Selon les informations du Monde, le député ciotiste est visé par une plainte déposée contre X samedi 2 mai devant le parquet national financier, faisant suite à leur révélation sur l’envoi de questions de Lagardère News à des membres de la commission la société contrôlée par Vincent Bolloré est elle aussi ciblée. A 50 ans, première manif, mais c’est magnifique, c'était un reset magnifique. Bravo ! Bien joué, Captain Flam, c'était où cette manifestation ? Tu peux nous dire une petite ville, un village, une grande capitale préfectorale ? Dis-nous, dis-nous. Alors, moi pendant ce temps, je corrige mes petites bêtises de sons, on va faire la petite revue de presse dans un instant. Je termine mes petits réglages. Comme ça, ça enlève un peu de speed à la matinale, parce qu’on m’a dit, oui,la matinale c’est super, mais c’est super speed, c’est super speed. Qu’est ce que tu fais ? Pourquoi c’est si speed ? Alors on calme le jeu. Là, je change les caméras,bon, là, on devrait être pas trop mal, vous me direz.
Alors, donc ça c'était la une du Monde, le Monde qui revient évidemment sur l’annonce de « Faites mieux Jean-Luc, faites mieux Mélenchon, faites-mieux, faites – mieux » quatrième fois, sur une ligne « Toujours plus anti-système » écrit Le Monde. Anti-système entre guillemets, en dépit de l'émergence de figures, de plusieurs figures au sein de la France Insoumise et de sa promesse de laisser la place après 2022, le leader populiste, oh la vache ! a annoncé sa candidature dimanche sur TF1. Bah et donc, pour une annonce objective façon le Monde, ça se pose là quand même. Bon, ça vous a fait quoi qu’ils disent qu’il voulait revenir ? Qu’est-ce que ça vous a fait ? C’est non pas la Une de l’humanité, mais l’Humanité choisit de donner le témoignage de Raphaël Primé, élu PCF un avait le visage tuméfié, l’autre l'épaule déboîtée. L'élu PC Raphaël Primé, raconte son kidnapping et la violence de l’armée israélienne. Mediapart, alors là Mediapart, je sais pas, j’avoue je suis un peu étonné par cette Une de Mediapart d’hier soir. La grosse investigation : Sophie La Girafe un mensonge made in China. Une enquête de la répression des fraudes est en cours ; Sophie La Girafe n’est pas française. Elle est fabriquée en Chine. Bon, je sais pas quoi faire de cette information, très sincèrement. Comme vous tous, probablement, Sophie La Girafe c’est quelque chose. Et de là, ce que ce soit la une, je sais pas. Ça me dégoûte, nous dit Matraux Chaton à propos de Mélenchon, du bien, nous dit Kingovitch, Doug Scorpio, c’est bon, les éléments de langage sont en mode, sont en place, Sentierbattant, le Monde, faites mieux. Un monument de l’enfance, Sophie nous dit, Samo, absolument. Ce n’est pas comme si on avait les fachos aux portes du pouvoir, absolument. Alors oui, j’ai vu que Mélenchon avait fait une interview à notre bon copain Rémy Buisine, de Brut. Donc si je comprends bien, que ce soit l'Élysée ou Mélenchon le canal privilégié pour s’adresser à la jeune génération, c’est Brut, c’est le même. Intéressant. Ça va être la baston, pendant un an, nous dit Samo. Jujube nous dit très bien pour Mélenchon. Écoutez moi je suis effondré, pas par l’annonce de Mélenchon elle participe au climat, au climat politique que je trouve désastreux, absolument pas à la hauteur, et je suis inquiet, et je suis inquiet. Mélenchon peut venir ici s’il veut faire des interviews longues et détaillées. Il est le bienvenu. Non, non pas la hauteur. Non, vraiment pas la hauteur. Je veux dire, les jeunes pousses sont comme les vieilles pousses. C’est-à-dire que c’est quand même la conquête du pouvoir qui les guide je voudrais pouvoir peut-être faire une émission ensemble là-dessus à cœur ouvert on va dire de réflexions collectives. Je pense que la gauche dans son ensemble est vraiment, vraiment nullissime quoi. Oui, oui, ça parle de Ruffin, de Tondelier, de Mélenchon, de tous, absolument de tous. Depuis 19h57, tu es inquiet, c’est vrai. Il y a quand même dans son programme, La Sixième République, Capitaine Flam non mais bien sûr, bien sûr. Mais on avait, on avait interviewé Besancenot là-dessus. Besancenot, il est également pour la sixième république, sauf qu’il ne veut pas être à la tête de cette république. Et je trouve que l’idée de la sixième république portée par Mélenchon est une excellente idée. Maintenant, le problème, c’est qu’on nous vend le président avec la sixième république… C’est pas ça ? C’est d’abord la structure et après on voit les gens, quoi ? A droite c’est bon c' est absolument consternant c’est à dire mais bon c est leur problème cet effet de répétition de à non plus finir de mensonges répétés ressassés on parlera tout à l’heure de la rave partie du côté de bourges etc et du discours sécuritaire absolument confondant mais je voilà je suis désolé je trouve qu'à gauche ça va pas Non, mais reconnaissez qu’il y a un petit paradoxe à se présenter quatre fois et à dire qu’on veut changer de république. C’est un petit peu paradoxal. C'était un petit pas paradoxal, mais comment vous dire ? Là, je m’y prends mal parce que je veux pas en faire une affaire de personne. Je veux vraiment en faire un affaire d’idées. Et de stratégies de conquête du pouvoir, je trouve qu’on repart dans les sempiternelles mêmes recettes. Par exemple, l’envoi de vidéos juste après l’annonce de Mélenchon avec exactement la même phrase par tous les élus et les filles, je suis désolé, c’est pas moderne quoi, c’est pas sérieux. Ce n’est pas sérieux, ce n’est pas sérieux, voilà. Occupons le terrain des idées et pas le terrain médiatique. C’est ça que je veux dire. Bon, je ne voulais pas vous flinguer le moral, je voulais pas vous flinguer le moral. Donc, Sophie, Sophie, la girafe n’est pas Sophie la girafe. Alors bon, alors voilà, Mélenchon, c’est la une de Libération de "faites mieux" à une quatrième candidature à la présidentielle. Comment Mélenchon a tout fait pour ne pas être remplacé ? Encore une fois, c'était intéressant ces questions là. Mais le fond et les fachos sont aux portes du pouvoir. Donc qu’est-ce qu’on fait ? Moi c’est la seule question qui m’intéresse. Les journalistes, vous êtes tous trop anti Mélenchon, ça fatigue. C’est pas le propos, sincèrement, c’est quoi un GA ? On va voir un GA David, c’est quoi, un GA ? Ah, un groupe d’action ! Ah, mais j’ai beaucoup de respect pour les groupes d’actions. L’autre jour, je suis allé faire un débat qui était organisé par un groupe d' actions et dans une petite ville bretonne, c'était super, c'était sensationnel. Absolument, ouais ouais, absolument, absolument. Alors, là, une de Libération, celle-ci. Donald Trump annonce un déblocage du détroit d’Ormuz, l’Iran met en garde contre toute interférence américaine. C’est la une de France Info, Politis réfugié afghan : je veux vivre la liberté, vivre comme un être humain normal, c’est l’une de Politis. Alors que je vois que nos premiers invités commencent à arriver et que j’ai eu beaucoup de retard, ce qui veut dire, non pas pour nos invités parce qu’on a prévu dans cinq minutes, donc c’est parfait, mais dans le conducteur, donc ça va être une matinale qui va être assez longue, je tiens à vous le dire parce que je vous ai préparé plein de choses et on va pas passer outre quoi, voilà. Il n’y a plus de son. Ah, Jean-Philippe Fleury ne dit pas sûr que les fachos sont aux portes du pouvoir. Eh ben écoute, explique-moi. Explique- moi. Alors, donc la une de reporter, la pompe à chaleur, vote-elle le coup ? Les quatre choses à savoir avant d’investir, Bon pote, faut-il verdir la guerre ou la combattre ? C’est la une des Bon pote médias indépendant financé par ces lecteurs comme auposte.media à l’assaut du ciel, Contre-attaque, informe, crée, riposte nos camarades. Sur le flanc gauche et le flanc ouest, puisqu’ils sont à Nantes, la Une, la critique sociale et écologiste interdite le néonazisme encouragé. Nous verrons que nous avons publié hier sur auposte une formidable enquête de Ricardo Parreira que je vous lirai peut-être tout à l’heure. Sur comment la préfecture de police de Paris est tout à fait clémente en ce qui concerne les défilés néo-nazis. La une du portail des médias indépendants par Basta, je vous la présente, avec toujours cette réserve, que le lundi, elle n’est pas tout à fait à jour puisque ces gens-là, et ils ont pire raison, ne travaillent pas le week-end, ce qui n’a pas d’autre chambre. Enfin bon voilà, donc c’est mis à jour. Le lundi dans la journée mais je vous montre quand même ce portail des médias indépendants parce que c’est probablement votre carrefour d’informations le plus adéquates. C’est Basta qui le fait et donc là la une en plus est celle de jeudi puisque vendredi c'était le 1er mai mais vraiment je vous invite à aller les voir. Qu’est ce que j’ai d’autres en magasin ? Je suis street reporter, il a tiré sur mon fils, pourquoi l’enquête a ignoré la haine du tireur ? C'était à Espaly-Saint-Marcel. StreetPress a envoyé des enquêteurs sur place. L’enquête a vite occulté le contexte raciste de l’affaire malgré les menaces proférées, les insultes racistes proférées par le retraité sur un groupe d’enfants. Je pense que vous avez vu la vidéo. Arrêt sur image, qui revient sur Grasset, nous en parlerons tout à l’heure avec notre invité sociologue Gisèle Sapiro, ce sera à 8h30. Les jours, l’IA en studio, compagnon de la chanson, nettoyer des pistes, générer des samples, remplacer une voix, l’intelligence artificielle a pénétré les studios d’enregistrement, gros gros tabou dans la profession. Les jours, ce média qui monte, qui monte, qui n’arrête pas de monter. Frustration, il y a une nouvelle étape de la lutte des classes. Alternative économique, comment l’Union européenne maintient les étrangers dans l’irrégularité ? Et le graffiti de Radical Graffiti, le graffiti du jour sur le compte BlueSky de Radical Graffiti, allez hop, je vous prends le dernier, les paramilitaires, out ! Pas de nazis dans Paris, mais une manifestation du 9 mai à 14h, il y a plusieurs choses.
Il y a une manifestation qui va avoir lieu le samedi, il va y avoir une réunion dimanche, une autre vendredi, le 8 mai, Place du Panthéon, village antifasciste de 14h à 19h, pas de nazi dans Paris. C’est le village dont on va parler dans quelques instants, le temps que nos invités arrivent à se connecter. Le programme complet, le voici. Le 8 mai, place du Panthéon, 3ème édition du village antifasciste, place du Panthéon à Paris. Le 9 mai, manifestation contre la parade nazie du C9M, ça se passera Place Saint-Michel, et le 10 mai, de 14h à 20h, village de commémoration de l’abolition de l’esclavage, place de la Nation à Paris. Alors désolé pour tous ceux qui ne sont pas sur Paris. On ne fait pas du parisianisme en faisant ça, ces gens-là vont manifester pour tout le monde, pour les parisiens comme pour les autres. Là on est évidemment traversé par tout à fait autre chose que des considérations géographiques. Le triptyque est très bien, absolument Thimorophile, je suis tout à fait d’accord avec toi. Et donc on attend normalement Mariama Sidibé du collectif des Sans Papiers de Paris et Oshka des Antifas du 20ème. Il faut savoir que vendredi place du Panthéon, au programme des tables rondes thématiques pour débattre, échanger, s’organiser collectivement, mais aussi des concerts, une buvette, une cantine. Tout l’après-midi, un grand nombre de tables de presse, de collectifs et d’organisations représentant différents aspects de l’antifascisme, de l’antiracisme et de l’anticolonialisme. Donc ça, c’est vendredi de 14h à 19h place du Panthéon. Samedi. Place Saint-Michel. Journée de… Alors là, effectivement, j’ai deux petites choses différentes. Attends, attends, attends. Non, c’est ça, samedi, Place Saint-Michel, c’est la manifestation contre la parade nazie du C9M. Alors on va voir si les autorités autorisent cette manifestation, cette contre-manifestation. Vous vous rappelez que l’année dernière cette contre-manifestation avait été interdite par le tribunal administratif de Paris à la demande de la préfecture de police de Paris. On reviendra tout à l’heure sur le double jeu, pour le dire très gentiment, le double jeu de la Préfecture de police de Paris qui d’un côté autorise les nazis et interdit une partie des manifestations anti-nazies. L’année dernière, donc, cette manifestation avait été interdite. À l’heure qu’il est, elle ne l’est pas pour ce samedi 9 mai à 14 heures à Paris Place Saint-Michel. Et le 10 mai, journée de commémoration de l’abolition de la traite et de l’esclavage colonial et d’hommage à Maryse Condé, initiée par le comité d’organisation du 10 mai. Voilà, là vous avez le programme, alors que je crois que Oshka est arrivée à se connecter. Alors attendez, attendez, ne bougez pas une petite seconde. Vous allez être à l'écran dans quelques instants. Est-ce qu’on vous entend là ? Allo ?
Désolée pour ça quelques soucis ce matin de wifi.
Mais comment ça se fait ? Mais comment on va terrasser la bête brune si on n’a pas une intendance correcte ? Ben voyons !
C’est comme cette histoire. Ah ouais. C'était encore plus difficile, beaucoup plus facile.
Alors, merci beaucoup d’avoir pris le temps de descendre et d’aller dans un petit café pour participer à France Déter Moi, je suis ravi de vous voir. On s’est croisé, en tout cas des gens de votre collectif, on s’est croisé au festival des médias indépendants le week-end dernier. Vous êtes venue avec votre tract. J’ai dit, ah ben ça, il faut venir à France Déter, vous vous êtes réunis et vous avez dit, on y va. Alors, racontez-moi d’abord si, là j’ai fait l’annonce du programme, si tout est maintenu ou si vous êtes sous le coup de menace d’interdiction ou d' interdiction tout court ?
Alors, ça, on ne pourra pas avoir la réponse avant, je pense, quelques jours avant la manifestation, parce qu’en général, la préfecture, elle, ne donne pas sa réponse rapidement, donc on ne peut pas savoir encore, enfin je ne peux pas vous dire là si c’est aujourd’hui, si c’est déplacé, si ce n’est interdit, et je fais la même chose pour le défilé néonazi, par contre, ce qu’on va dire, c’est que on va négocier avec la préfecture et qu' on n’acceptera pas leurs manifestations nazies, elles conditionnent l’existence de nos manifestations, qui elles, elles sont antiracistes, antifascistes, syndicales, féministes et écologistes, et que ce ne sera pas acceptable que leur manifestation soit autorisée et prioritaire sur la nôtre et que si on décide tous de manifester..
Parce que là, en fait, vous faites allusion à la décision de l’année dernière qui vous avait justement interdit, au prétexte que vous étiez les fauteurs de troubles, pour aller très rapidement et qu’il fallait, là je le dis en me moquant, qu’ils fallait quand même gentiment laisser les nazis défiler quoi, en paix. C'était un peu ça, le sens.
Alors là on n’a pas le même trajet que l’année dernière qui est déclaré, mais effectivement il y a quand même des chances qu’ils nous disent qu’on se trouve trop proche de les nazis et qu’il faut être, on se déplace mais nous on dit que c’est aux nazis de pas défiler et pas de me déplacer.
Voilà. Donc, alors, on est d’accord, vous avez déposé tout ça, toutes ces demandes. Vous attendez d’abord ce que la préfecture va décider. Si elle décidait de vous frapper d’interdiction l’un ou l’autre de vos rassemblements, à ce moment-là, vous alliez au tribunal administratif et en référé, c’est-à-dire très rapidement, pour essayer d’obtenir gain de cause. Mais admettons, admettons que tout se passe bien et tout est organisé. Quel jour dois-je venir si je ne peux pas venir aux trois jours ? Je choisis quel jour, je choisis quelle festivité ?
Alors moi je suis peut-être un petit peu biaisée par le fait que je suis très investie dans l’organisation de la manifestation, mais je pense qu’il y a un jour où il faut se mobiliser sur des dates antifascistes et le jour où les nazis défilent dans Paris, et que c’est bien s’il y a bien un jour ou l’heure est à l’action, c' est celui-là. Et donc moi je dirais que je voudrais venir le 9 mai à 14 heures pour une manifestation passive, pour battre l’extrême droite et reprendre la rue.
Alors en fait, c’est un rassemblement, vous n’allez pas défiler ou vous allez déposer un trajet ?
On a déposé Saint-Michel /Denfert-Rochereau.
En termes de sécurité, est-ce que vous avez pris des mesures, est ce qu’on peut en parler ? Qu’est ce que vous pouvez garantir éventuellement pour ceux qui tout à l’heure on avait dans le chat quelqu’un qui a fait sa première manif du 1er mai à 50 ans. Donc il y a un gisement en fait de manifestants possibles, de gens qui n’ont jamais manifesté. Voilà, qu’est-ce que vous pouvez leur conseiller, leur dire, parce qu'évidemment, c’est pas anodin que d’aller marcher contre les nazis.
Alors, déjà, ce qui est sûr, c’est que puisqu’on est un cadre monétaire, la discrétisation, c’est qu’il y a énormément d’organisations, pour des organisations syndicales par exemple, il y a des organisations qui sont pas habituées à faire des services de l’ordre, et qui savent comment on s’appuie sur les modifications juridiques et évidemment, on va faire tout contre cette manifestation. En plus, puisque là on parle de l’hypothèse et la magnification est autorisée par la Russie, et grâce à l’autre on aura aussi un remerciement de la rue. Mais si on n’est pas généralement au millimètre, je pense, on serait à éviter une confrontation directe avec l’endroit dans la rue. Par ailleurs, l’idée de cette invitation, c’est d'être la plus massive possible et la plus large possible. On a aussi des camarades dans nos rangs qui sont extrêmement vulnérables face à la police, face à l’extrême droite, et donc on fera en sorte que tout le monde puisse défiler en sécurité, excepté les risques inhérents à toutes ces manifestations qui ne sont pas complètement empêcher, mais de manière vulnérable, on va faire en sorte que ce ne soit pas une manifestation plus dangereuse qu’une autre.
Qu’est-ce que vous attendez de cette manifestation, et de ces trois rassemblements, on va dire, de ces 3… D’ailleurs le triptyque a été salué pendant que vous alliez chercher un meilleur wifi, le fait de faire ça sur 3 jours était salué dans le tchat, qu’est ce que vous attendez ?
Alors, ce qu’on attend, c’est de vraiment reprendre la rue à l’extrême droite et casser leur confiance pour les affaiblir, en fait. Ce qu’il faut, ce que l’on pense là, avec cette manifestation, enfin, je parle de la manifestation en premier parce que je pense que c' est centrale, puisqu' en fait, à mon avis, l’occupation des trois jours du quartier Latin, c' était une manière d’occuper la rue en réponse à la présence de l' extrême-droite. Et donc, là-dedans, dans cette stratégie de reprendre la rue, la manifestation, à mon avis, c’est l'élément de l’ontarien. Et à mon sens, on doit faire une manifestation parce que déjà, on n’a pas le choix que le danger fasciste nous arrive droit dessus et qu’il va falloir qu’on commence vraiment à réagir. Aussi parce qu’en fait, on peut le faire. Là, on a vu ces derniers mois quand même que quand on décidait de s’organiser contre l’extrême-droite, ben en fait on était hyper puissants, on était super forts et en fait, nous pouvions gagner. C'était passé le 8 mars, quand on a dissuadé Némésis de venir. C’est ce qu’il s’est passé le 8 mars et le 14 mars à l’appel de la Marche des Solidarités, on était 150 000 dans toute la France et partout dans le monde, en fait, on voit que les réponses face au fascisme, elles grandissent, que ce soit aux États-Unis avec le Nothing’s Day du 28 mars, mais aussi à Londres. En fait, c’est qu’on est capable de mettre en mouvement une grande partie de notre camp contre l’extrême-droite et quand on décide de le faire, pas les plus fortes et c’est pour ça qu’on décide de faire une manifestation et c'était pour ça que l’on a décidé de faire de cette date, une date importante de l’antifascisme parisien au moins. Et aussi parce qu' on pense que l’antifascisme qui sera victorieux, c'était un antifasciste de masse, et qu’en fait les victoires qu’il compte, c'était celles qui nous renforcent et qui sont gagnées par la mise en mouvement d’une grande partie de notre camp. Et qu’eux on essaye de s'écarter un petit peu d’un antifascisme de faux d'éclats, pour un peu trop plus clair, même si on pense que toutes les actions sont bonnes à prendre, face au danger fasciste donc c’est pour ça, la manifestation, c'était pour ça les trois jours, qu’on est capables de faire quelque chose de très bien.
Alors, le tchat qui a l’air de vous soutenir évidemment n’en est pas moins un petit peu à la fois dans sa grande sagacité, n' en est pas un petit moins moqueur, il dit ah, mais alors le 20ème, c’est le 5ème référence donc à votre appartenance aux antifas du 20ème arrondissement. En fait, là, vous faites tout dans le quartier latin, le quartier puisque vous allez être dans le 5e arrondissement. Voulez-vous répondre au chenapan qui vous a dit ça sur le chat ?
Oui, alors effectivement nous de base on a un collectif antifasciste de quartier du 20e, mais si on a décidé de faire un antifascisme de quartiers, c’est parce qu’on pense que l’encourage local c'était important politiquement, parce que c'étaient les espaces avec lesquels on connaît mieux, c'était les personnes avec qui on regroupe au quotidien, c'était nos voisins, c'était nos voisines, et c'était aussi l’espace qui politiquement peut être le plus riche. Et dans lesquels les réseaux qu’on peut occuper autour de nous de s’intéresser et de résistance peuvent être les plus faciles à monter. Par contre, ça ne veut pas dire qu’ils sont des militants provinciaux et que si ils s’achètent à défiler leur pièce d’effet, on va dire non, c’est le 19ème, on va chez nous, et nous on pense que le 19e. Je pense qu’il y a quelque chose qui nous inspire beaucoup ici, c’est vraiment l’idée d’avoir des comités antifascistes de quartier qui permettent la résistance au quotidien et empêcher l’implantation d’extra-droites dans nos quartiers, mais par ailleurs, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas tout se mettre en mouvement. Pour empêcher les nazis de prendre Paris de manière générale. En ce qui est le cas, dans la construction de la date du 9 mai, on a des comités de quartier pour construire cette date, qui sont mis en place dans le 15e, dans le 12e, dans le 18e, le 19e et le 20e. Tous ces comités locaux font un travail de terrain au quotidien, ils construisent la date au niveau de leur quartier, mais il y a aussi ça qui se passe au niveau des facs, au niveau beaucoup de villes en Ile-de-France, et on construit localement, quoi ! De manière, au niveau de la ville, qui se mobilise de manière la plus forte possible. C’est en fait, ça qui permet de construire par le bas en fait.
Le tchat vous dit c’est la bonne strat, la bonne stratégie qui est dit ici ma chère Oshka je vais être obligé d'écourter parce que malheureusement le le son n’est pas très bon mais le message est passé je ne sais pas si vous voyez à l'écran il y a le programme du week-end 8 mai place du Panthéon troisième édition du village anti-fasciste de panthéon avec des tables de presse avec des débats etc le 9 mai à 14 heures place Saint-Michel Manifestation donc, vous en avez parlée, dont vous êtes l’une des co-organisatrices contre la parade nazie du C9M, dont on va parler dans quelques instants, et le 10 mai, Place de la Nation, village de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Est-ce que vous pouvez nous dire, pour terminer en deux mots, quels sont les collectifs qui appellent et qui travaillent d’arrache-pied pour ce beau programme ? Il y a notamment les sans-papiers, le collectif des sans- papiers, mais Mariama n’a pas pu se se connecter ce matin. Qui y a d’autres parmi vous ? Et enfin, comment on vous suit ? Comment on est au courant de ce qui se passe ? Où est-ce qu’il faut aller vendredi, samedi, dimanche ? À vous !
Effectivement, ce n’est pas exactement les mêmes organisations qui organisent le week-end dans sa majorité et la manifestation. Mais en tout cas, sur la manifestation, je peux vous dire qu’effectivement, il y a la marge de solidarité, une plateforme qui regroupe des collectifs de sans-papiers en France, mais aussi diverses organisations politiques et antifascistes, qui regroupent une organisation absolument centrale, une licence dans la luce contre le fascisme et le racisme aujourd’hui. On a aussi, pour ne citer que les gros noms, parce que je pense qu’il y a à peu près une quarantaine d’organisations dans la manifestation, mais il y a Solidaire, il y en a la CNT, il il y a le NPR, on se capitalise, il y a l’Illuminati Struggle, il y à nous toutes les soulèvements de la terre, beaucoup de biographies parisiennes. Les féministes révolutionnaires, les transversalistes, enfin je ne vais pas vous faire le lien tout en tout mais en gros les grosses organisations parisiennes sont présentes et on aura également, pour nous suivre la week, les réseaux sociaux on a un compte Instagram qui s’appelle Manif Antifa à 9 mai il y a toutes les informations sur la Manif spécifiquement village antifasciste Paris on se concerne les 3 jours de week-end et puis pour les antifascistes du 20ème c’est Antifa Paris20 sur Instagram
La vraie gauche, que, nous dit Samo dans le tchat, merci infiniment de vous être prêtés au jeu, de vous être levés tôt, d'être descendus au café, ça c’est beau quoi, ça, c' est beau, ça donne la patate, merci.
Merci à vous et désolée pour tous les problèmes de communication.
Il n’y a pas de problème, le message est passé, c’est l’essentiel. À très bientôt et merci et puis n’hésitez pas à nous tenir au courant pour ce qui se passe. Voilà, merci beaucoup. Voilà, chers amis, c'était un petit peu sport, cet entretien, mais vous avez compris ce qui compte, ce qui compte, c' est de passer le message, donc vous pouvez aller voir leur compte Instagram, Euryale dans quelques instants va mettre, elle a déjà mis les liens dans le tchat et je vous rappelle qu’après chaque émission, rendez-vous sur auposte.media pour les replays avec, agrémenté de tous les lien évoqués lors de l'émission. Tandis que je vois notre prochaine invitée s’installer confortablement dans son bureau, Bien qu’il soit tôt, m’a-t-il dit hier, on va parler avec Frédéric Hocquard dans à peu près cinq minutes, donc tu as le temps d’aller te faire un petit café, mon cher Frédéric, si jamais tu veux le faire, mais sinon on se retrouve dans cinq minutes.
Je voulais juste dire que nous avons, nous avons publié, et j’en suis très nous avons publié hier une grosse enquête du camarade Ricardo Parreira alors attends hop hop hop je vais vous la mettre ici ici du haut du haut À quel bazar aujourd’hui, là voici cette enquête. Marche néonazie du C9M, le dossier que la préfecture n’a pas fait. C’est une enquête redoutable de l’ami Ricardo. Chaque année, les néonazis du comité du 9 mai défilent à Paris. Chaque année, la préfecture de police produit un dossier trop creux pour convaincre le juge des référés d’interdire la parade. Dans sa grande bonté, auposte a décidé d’effectuer son travail, celui de la préfecture de police, et de documenter ce que le tribunal administratif de Paris n’a ni su ni pu juger avec la rigueur que la situation commande. Et voici donc le travail de Ricardo. Il a repris les arrêtés, les ordonnances du tribunal administratif. Le tribunal administratif qui dit à la préfecture, dites donc, c’est bien gentil, vous voulez qu’on interdise des manifestations, mais vous ne nous donnez pas les éléments pour le faire. Je vous le dis très rapidement. Une forme d’auto-sabotage. Très bien. Eh bien, Ricardo reprend 4 extraits et contre-argumente, ça se passe sur notre site. Évidemment, comme il sait faire, Ricardo documente. À coups de photos, de copies d'écran, etc. Je vous laisse découvrir son formidable travail et voilà où je voulais en venir. Pendant que le tribunal administratif disait ne pas pouvoir interdire la manifestation faute d'éléments, éléments que auposte apportent à la connaissance de tous et de toutes, y compris de la préfecture de police de Paris, Et bien, le même tribunal, lui, tout d’un coup s’est retrouvé avec beaucoup d’informations pour pouvoir interdire l’année dernière les rassemblements anti-fa. Le même jour, dans une seconde ordonnance distincte, écrit Ricardo Parreira, le Tribunal illustratif examinait cette fois les motifs d’interdiction d’une contre-manifestation anti-fasciste. Sur ce dossier-là, la préfecture avait soudainement retrouvé le sens du détail, avançant cette fois une série d'éléments précis et circonstanciés. La préfecture cite le collectif antifasciste Paris 20, dont nous avons à l’instant entendu l’une des membres, accusée d’encourager à la création de brigades d’autodéfense ou urgence Palestine, présenté comme appelant à mener l’intifada en France. La préfecture étant même capable de remonter jusqu'à 2013 en évoquant la mort de Clément Méric. Abreuvé de détails, le juge des référés désigne alors aisément les militants anti-fascistes comme les porteurs de troubles à l’ordre public. Il rejette l’appel des contre-manifestations antifascistes. Alors, la tolérance abyssal au néonazisme, donc vous pouvez retrouver tout le dossier de Ricardo, sachez aussi qu’il y a certaines photos… Et nous en sommes très fiers, et pourquoi je le dis ? Parce que ça fait partie de vos dons et surtout de vos abonnements. Ça nous permet de payer des enquêtes comme celle-ci qui sont longues. Ça nous permet de payer les photographes comme celui-ci qui avait photographié la manifestation l’année dernière. Voilà, c’est pour vous dire que vos sous sont bien dépensés. Alors, je terminerai avec ce petit texte de Ricardo qui, je pense, explique pourquoi il a fait cette enquête et je vous livre ça à votre sagacité, parce qu’il pourrait y avoir quelque chose de paradoxal dans le fait de dire que la police fait mal son travail. Évidemment, on rigole quand on dit ça, évidemment, c’est une figure de style, mais pas uniquement. Pas uniquement, et c’est justement ce que Ricardo veut nous dire. Ce qui apparaît particulièrement problématique tient à une série de choix révélateurs d’un angle mort persistant. Pendant que des militants néonazis sont autorisés à occuper l’espace public avec une visibilité assumée, les citoyens qui constituent de facto les cibles de ces idéologies haineuses sont eux renvoyés aux marges du débat. Réduire la question à un exercice de pure liberté d’expression et de manifester serait une erreur. Vous savez combien ici on défend cette idée-là de pure libertés d’expressions et de manifestations. Mais ce serait en l’espèce une erreur et une erreur qui ne serait pas anodine. Nous ne sommes pas, écrit Ricardo, dans une société théorique. Nous sommes dans une société traversée par un racisme systémique, une extrême droite partisane en plein ascension. Et par des groupuscules qui appellent ouvertement à l’expulsion des étrangers, ce qu’ils appellera la remigration, et prennent pour cible les Français racisés, les personnes LGBT, et assument des positions antisémites. Dans ce contexte, la mise en balance des libertés ne doit pas se réduire à un simple exercice de style. Autoriser quelques centaines de militants radicaux à paradis produit chez des milliers de personnes un sentiment d’insécurité et de peur renforcé par la conviction, de plus en plus difficile à contester que les institutions ne veulent pas ou ne peuvent pas agir. Voilà, texte de Ricardo Parreira, vous pourrez retrouver cette enquête et la partager, n’hésitez pas, sur le site de auposte, c’est en ligne depuis hier et on est très fiers de pouvoir vous proposer ce genre d’enquête et de papier sur le site. Alors que notre invité réapparaît, je vais bientôt le mettre. L’antenne attention Frédéric au quart vous allez bientôt être à l' antenne alors hop hop voilà Frédéric est-ce que est- ce que tu m’entends Frédéric Très bien, bonjour Frédéric, Frédéric Hocquard comment ça va monsieur, monsieur Hocquard ?
Ça va, il est un peu tôt, mais bon, comme je te disais hier, les convocations au poste, c’est toujours tôt.
Alors, tu es l’ex-Monsieur Nuit à Paris, c’est-à-dire que ton travail a consisté pendant des années à voir si on pouvait faire la fête à Paris. Tu étais adjoint à la mairesse de Paris, Anne Hidalgo. Tu es ci-devant délégué général de Bourges 2028, qui est donc le sceau de la ville pour capitale européenne en 2028. Et tu viens nous parler de la free party de ce week-end. Est-ce que cette présentation est exacte ?
Tout à fait. Et puis, au-delà de la free party, de tout le débat qu’il y a actuellement sur les conditions de durcissement des Free Parties, tout le débat qu’ils ont eu au Parlement aussi, et puis, bon, bref, tous ces sujets, quoi.
Ça fait des années qu’il y a des appels pour dire que Paris est une ville morte la nuit. On va parler des free parties, mais tu es d’accord avec ça ou pas ? Moi je suis d’accord avec ça, mais toi t’es pas d’accord avec ça.
Bah non, après Paris a changé, la fête n’est plus la même à Pigalle, n’es-ce pas, cher David ? Mais les lieux de fête se sont déplacés, ils sont peut-être aussi un peu métropolisés, parce que maintenant il y a des lieux aussi, et c’est tant mieux, à Montreuil, à Pantin, à Saint-Denis, c'était pas le cas il y à quelques années, mais quand on regarde le nombre de clubs, le nombre de fêtes, on a même des soirs, c' est le site de dure vie. Qui les avaient comptabilisés il y a quelque temps, c'était l’année dernière, ils comptaient plus de 80 événements sur une seule soirée dans Paris. Donc non, non, il y a un renouveau de la vie nocturne depuis quelques années. Après ça prend des formes différentes, ça c’est vrai, c'était plus la même chose qu’il y a dix ou quinze ans. Il y a des sujets qui sont des sujets aussi d’accès, il ne faut pas les nier parce que parfois c’est cher. Même si je remarque que depuis quelque temps, face justement au fait qu’on veut rendre l’accès à la fête un peu plus gratuit, en tout cas moins cher, il y a de plus en plus de lieux ou de bars qui font… L’accès libre. C’est-à-dire qu’il faut faire la queue, il y a beaucoup de monde qui attend, mais il y a des lieux qui commencent quand même à se développer de cette manière-là. Donc non, moi je trouve que la fête, elle est dans une phase très forte à Paris. Moi, un des sujets que j’ai quand même quand j'étais adjoint à la vie nocturne, c'était toutes les questions de régulation, justement, de la fête dans l’espace public, avec le voisinage, avec toutes ces questions-là !
Alors, es-tu d’accord avec cette petite phrase que je prends à une tribune qui a été publiée dans Télérama, il y a quelques jours, tribune signée par des teufeurs convaincus, danser est un acte de liberté, le défendre est un pacte politique. Qu’est-ce que c’est ce que tu viens faire ce matin au poste ? Faire un acte politique, on parle là de la free party qui a lieu encore en ce moment sur un terrain militaire désaffecté dans ton coin, du côté de Bourges. Les chiffres varient évidemment entre 17 000 teufeurs et plus de 40 000 non pas les organisateurs mais enfin des participants puisqu’il n’y a pas d’organisateurs. Est-ce que tu es d’accord avec cette idée-là ? Danser est un acte de liberté, le défendre est un pacte politique.
Oui, parce que j’ai signé cette tribune, donc en général, quand je signe une tribune je suis d’accord avec ce qu’il y a dedans. Oui, bien sûr, évidemment que la fête c’est un acte politique. Ça l’a toujours été d’ailleurs. On oublie, quand on parle du 14 juillet par exemple, notre fête nationale. Au départ le 14 juillet c'était un acte politique, c'était la fête de la fédération en 1790 où, c’est pas encore la République mais la convention veut fêter justement la prise de la Bastille. Donc la fête en France particulièrement c’est un acte politique.Le carnaval, tous les carnavals dans le Nord, c’est le moment où le fou devient roi et le roi devient fou. On inverse les choses, on renverse justement l’ordre établi, l’occasion d’une journée, l’occasion d’un week-end. Donc la fête, bien sûr, c’est un acte politique. Et aujourd’hui, quand on voit la question des free parties, quand l’on voit la question de ces jeunes qui veulent faire la fêtes, moi je pense que c’est surtout un acte politique parce que ça veut dire qu’on est dans une société où les gens ont envie de créer à travers la fête, grâce à la fête. Un acte collectif, gratuit en plus, puisque les free parties sont gratuites, de bienveillance, d'être ensemble, de décompresser, d’oublier un peu, que ce soit les barrières sociales, les dominations tout genre, les dominations de genre, dominations sociales et dominations économiques. C’est ça le geste de la fête aujourd’hui, c’est ce qui est beau dans la fête, et moi je trouve que quand on est dans une société où les gens aiment faire pas faite, c’est plutôt une société qui va bien en réalité. On voit votre intervention, les personnes qui étaient revenues avant et vous avez rappelé toutes les difficultés, la montée du racisme, la violence dans une société. Voir qu’il y a plein de gens, qu’il y a 40 000 personnes qui se réunissent, qui viennent de toute la France. Si on parle de la free party à Bourges, vous regardez les reportages dans toute la France, on a envie de décompresser un week-end et de faire la teuf. Simplement on a marché, des kilomètres, on a pris le train, on a pris les voitures. Franchement, c’est bien, je veux dire, c’est plus sympa que des gens qui défilent cagoulés en criant « mort au voisin », je ne sais pas, je trouve que c'était une société plus sympa quand même.
Est-ce que je te montre cette photo ? Alors je ne sais pas si tu as l'écran, mais je peux te la décrire, c’est un homme. Il est ministre de l’Intérieur, il a un casque un peu comme le mien, il est dans un hélicoptère de la gendarmerie. C’est Laurent Nunez qui arrive en fanfare hier, pas loin des teuffeurs. Et la question c'était, attaquer la danse est-il un acte politique ?
Moi je trouve que, et ça va peut-être être un peu paradoxal, les forces de l’ordre, je vois la photo dans l’hélicoptère de la gendarmerie, les forces d’ordre ont bien réagi par rapport à cette teuf. C’est-à-dire que depuis des mois, voire des années, dès qu’il y a une fête, y compris une fête illégale, tout de suite il y a une intervention brutale de la police. Ça a donné d’ailleurs des choses terribles, il ne faut pas oublier la mort de Steve Maia Caniço à Nantes.
2019, absolument.
En 2019, il y a eu une charge de police, il a fui, il est tombé dans l’eau et il s’est noyé. Cette fois-ci, ça s' est bien passé. C’est-à-dire que les forces de l’ordre ont encadré, il y a eu des services aussi des pompiers, qui ont encaissé pendant tout un week-end. Et ce que je ne comprends pas, c’est tout le discours qu’il a pour le coup, est un discours politique. Notamment le débat qu' il y avait à l’Assemblée nationale avec cette proposition de loi, la fameuse proposition de Laetitia Saint-Paul, la proposition 11.33 qui vise à criminaliser les Free Parties. Moi, je pense que ça s’est bien passé. Les organisateurs ont montré au contraire que c'était des gens qui étaient des gens responsables. On a très peu de problèmes sanitaires, très peu de problèmes de prise en charge hospitalière, par exemple. Je suis sûr qu’ils vont nettoyer le champ derrière et que ça va être rendu dans l'état du mieux possible. Moi, Je trouve qu’on devrait faire ce qui s’est passé dans les années 2000, c’est-à-dire mettre des terrains. Il y a plein d’anciens aéroports, aérodromes qui aujourd’hui sont abandonnés, enfin qui ne servent plus, justement pour pouvoir mettre des terrains à disposition pour organiser la fête. C’est ça le vrai sujet. Or quand le ministre de l’Intérieur vient en disant on va durcir la loi pour empêcher ce type de choses, qu’est ce qu’il va faire ? Comme le disent les gens qui font la teuf, on n’empêche pas les gens de danser. Donc on n’empêchera pas les gens de vouloir se dire bah ce week-end on va danser, on va faire la fête dans un champ. Et ce qui va se produire, c’est que on va avoir des événements de plus en plus clandestins. Alors à la place d’avoir 10-15 mille personnes, on en aura 500 d’un côté, 1000 de l’autre. Les conditions vont se dégrader. C’est l’inverse qu’il faudrait faire. C' est justement au contraire dire que les gens ont envie de faire la fête, c' est positif dans une société quand les jeunes ont envie de faire La Fête. Il faut se le dire, voilà, c' est bien. Quand ils ont envie de faire une fête qui est une fête gratuite en plus, c’est important à une époque où les tickets d’entrée dans les festivals sont de plus en plus chers. Alors donc mettez des terrains à disposition.
Alors Frédéric, gratuit, mais payant quand même, puisque si l’entrée est gratuite, la sortie peut s’avérer coûteuse avec une amende de 135 euros, je crois, puisque ça a verbalisé à tour de bras, il y a eu à peu près 600 amendes, pour deux raisons, pénétration sur un terrain militaire et attroupement illégal. Bon, donc tu salues le côté pacifique des forces de l’ordre, Voilà où nous en sommes aujourd’hui, c’est-à-dire que quand l’exception, c’est- à-dire celle-ci, on est obligé de dire, bah tiens ça s’est bien passé pour une fois, bon voilà, ça c'était le premier point, mais le deuxième point quand même, c' est verbalisation à tour de bras et ça nous amène justement au SMS que tu m’as envoyé hier et qui est la raison de ta présence ce matin, merci beaucoup d'être là, c' est que effectivement il y a un durcissement et ça m’avait échappé et c' était le 10 avril, Une proposition de loi, tu viens d’en parler, adoptée par les députés qui prévoit une peine allant jusqu'à 6 mois de prison et 30.000 euros d’amende pour les organisateurs, 1500 euros d’amende, pour les participants, donc non plus 135, mais 1 300, contre le fait de contribuer de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement d’une free party non déclarée ou interdite. Le texte a été soutenu par la droite, l’extrême droite, le centre, le groupe Horizon, qui était d’ailleurs l’auteur de cette proposition. La gauche aussi est opposée, notamment LFI et des élus socialistes. Où est-ce qu’on en est, puisque je crois que cette loi maintenant doit aller au Sénat.
D’abord je précise, toute la gauche s’y est opposée, c’est rare parce que des fois la gauche se divise mais toute la gauche, les socialistes, les écologistes, les insoumis, ont fait bloc par rapport à ça et je trouve ça bien parce que c'était pas toujours le cas.
Alors ici on ne dit pas tellement que le socialiste est de gauche, mais je ne voudrais pas te fâcher avec tes amis.
J’ai dit tout ce qui est dans l'émissaire qui siège à gauche, on va dire ça.
Ah, voilà !
Sur le plan géographique, après, sur le plan politique, on aura d’autres discussions. Mais tous ceux qui, sur plan géographique, siègent à gauche dans l’hémicycle, se définissent comme étant dans l’opposition, ont voté contre et ça, c’est quand même à noter, je trouve, c’est important, parce que, effectivement, ce n’est pas toujours le cas. Je pense que c'était important pour ça. Et, encore une fois, ça s’est bien passé ce week-end. À quoi ça sert de dire qu’on va mettre quoi ? Le DJ, on va le mettre en prison ? C’est-à-dire qu’avec cette nouvelle loi, ce qui s'était passé ce week-end n’aurait pas pu se passer. C’est-à-dire qu’ils auraient pris non pas 135 euros d’amende, mais je ne sais plus combien, 1500 je ne crois pas à personne.
Ah c’est ça. 3 000 encadrés.
Pour mettre le DJ en prison. C’est-à-dire la personne qui fait la musique, on va le mettre en prison puisqu’il est considéré comme un organisateur. On en arrive à ça, c’est à dire que ce qu’on renvoie du point de vue de l’ordre social, de l’ordre judiciaire, de l’ordre politique vis-à vis de la jeunesse qui veut faire la fête, c’est interdit, on met le DJ dans la prison et vous risquez jusqu'à 30 000 euros d’amende ou 6 mois de prison si vous organisez ça, vous avez mis de la musique dans un chant. Alors ce n'était pas autorisé, mais le délit, c’est celui-là. C’est ça l'échelle du délit et la graduation des délits qu’on veut renvoyer comme image dans ce pays. Franchement, c’est grave. Enfin, je veux dire, moi, je trouve ça choquant, qu’il y ait des débits qui soient fortement condamnés. Tout à fait, on a besoin d’une justice dans un pays, mais est-ce que c' est ça le sujet ? Et En plus, encore une fois, c’est peut-être l’exception qui confirme la règle, mais ça s’est bien passé ce week-end. Ça s' est bien passé, donc qu’est-ce qu’on attend justement pour dire comme ça se passe bien, on va mettre les conditions pour faire en sorte qu' on organise le vivre ensemble. C’est ça notre sujet et là, au contraire, on nous dit non, comme ça s' est bien passé, on va faire en sorte que ça se ne passe pas bien la prochaine fois. Moi, j’ai regardé, je vous incite à lire, parce qu' un média, le journal qui a fait le meilleur compte rendu de ce qui s’est passé, c’est le Berry République.
J’ai regardé votre votre compte Instagram hier et effectivement vous saluez le journal local, c’est tout à votre honneur mais là je me suis dit, il veut les avoir dans la poche pour son projet Bourges 2028. Et là voilà que tu les déformes, mais c'était très bien. Alors qu’est-ce qu’ils ont fait ces gens là ?
Et bien ils sont allés sur place, ils ont fait plein de reportages, ils ont interviewé des teufeurs et ça raconte la réalité de ce qu’il y avait. C’est eux, ils racontent la réalité de toute la France qui vient, plein de gens qui viennent de partout. Ils disent, ah ben là, il y a des Bretons qui sont venus, il y en a même, ils l’ont mis un peu en exergue, il y a des gens qui sont venus de Guyane, qui expliquent qu’ils sont venus de Guyane exprès pour cette free party. Bon, ça fait un peu cher le bilan carbone, mais c’est un autre sujet. Et dont le béret républicain, il y a la mer puisqu’on parle de Cornusse. Cornusse, c’est le village sur lequel a été organisé la free party. Elle va interviewer la maire de Cornusse et je cite juste ce qu’elle dit ce matin dans le Berry républicain. Elle dit, la maire de Cornusse, elle dit, on n’entendait pas la musique, les habitants se sont adaptés à cette situation inédite, le climat était serein. C’est ça que disent les élus, la maire de Cornusse. Elle dit pas c'était horrible, c'était affreux c’est ça qu’elle dit. C’est ça qu’il faut écouter, qu' il faut entendre. Quand on organise et qu’on règle la situation au niveau local entre les gens, ça se passe bien. Donc c’est moi, mon sujet, c'était de dire aujourd’hui, on n’a pas besoin d’une loi qui va venir empêcher que les choses se passent bien. Quand on est avec des organisateurs et les organisateurs de Free Party, ça fait 30 ans qu’ils font ça. Voilà, donc ce n’est pas nouveau cette affaire. On ne découvre pas que les jeunes ont envie de faire la fête. Les Free Party c' est un phénomène qui date des années 90. Ce n’est pas un phénomène qui date des années 2020 et bien quand il y a ça les choses peuvent s’organiser donc aujourd’hui il faut mettre en place la possibilité que les choses se passent bien on n’a pas besoin d’une loi plus répressive au contraire on a besoin justement de pouvoir mieux organiser les choses c’est vrai qu’ils ont été sur un terrain militaire alors tu dis que c'était un terrain qui était un terrain des affectés c' est pas vrai il est utilisé et il peut y Ils ont trouvé deux vieux obus de la guerre de 14, ce n’est pas des munitions récentes. Mettons des terrains qui sont des terrains à disposition, il y en a encore une fois dans ce pays il y a une vingtaine d’aéroports désaffectés il y en a plein c’est ce qui s’est fait dans les années 2000 le ministre de l’intérieur qui avait organisé dans les années 2000 alors je sais que il n’est pas de mon bord ni du tien c'était Sarkozy à l'époque même il avait mis en place des dispositifs pour plaisanter les organisateurs à organiser les Sarkovals donc si Sarkozy avait été capable de le faire Ah bah, d’autres gens peuvent être capables de le faire quand même. Ce n’est pas ma tasse de thé, bien sûr.
Non, bien sûr, bien sûr, t’as beau être… Bon, non, non je déconne, grâce à toi, je mets à l'écran la une du Berry républicain, très belle une avec une prise probablement d’un drone où on voit l'étendue et avec ce joli titre, fini de rêver dans le sens où ça s’arrête aujourd’hui, c’est ça a priori.
La plupart des participants sont des gens qui travaillent, faut pas croire que lundi ils bossent. C'était un week-end prolongé avec le 1er mai, ils ont profité du 1er mai comme quoi il faut que le 1er mai continue d'être férié.
Ah oui, absolument, le tchat nous rappelle que la fête de l’Humanité est bien organisée sur une ancienne base aérienne militaire, c’est vrai, absolument. Oui, c’est vrai. On voit les traces. Absolument. Pour terminer, faisons un tout petit peu de politique. Qu’est-ce qui, d’après toi, gêne Horizon qui a porté cette loi, toute la droite et une partie d’extrême-droite qui l’a votée ? Est-ce que c' est la gratuité ? C’est -à -dire le fait que des milliers de gens, plusieurs dizaines de milliers de personnes ce week-end se sont réunies gratuitement. Cette idée de ne pas passer par le commerce ou la marchandisation, est-ce que c’est l’idée de la pure liberté, de prendre un terrain qui n’est pas utilisé, d’aller y danser ? Qu’est-ce qui est subversif au point d’exciter la droite, selon toi ?
D’abord, c’est la droite, mais elle prend les pas, comme souvent, de l’extrême droite. Moi, j’ai été auditionné par Laetitia Saint-Paul. Lætitia St-Paul, c’est la députée qui a fait cette proposition de loi. Et elle m’a auditionné, parce qu’avec d’autres, on a fait une tribune qui est parue dans Libération, pour s’opposer à cette loi, donc on a eu une audition. Et la première chose qu’elle m’a dit, c', elle m’a dit, oui, mais vous comprenez, il y a une vraie pression de l’extrême droite pour rétablir l’ordre et pour faire en sorte que ce type de choses n’ait pas lieu. C’est le premier argument qu’elle m’a donné, avant de dire ça crée du désordre, c’est gratuit, ces choses comme ça et tout. C'était la pression de l’extrême droite. Et je pense qu’une partie de la droite aujourd’hui est sous la pressions de l’extrême droite et donc à des injonctions qui sont des injonctions de l´extrême droite. Ça c'était le premier sujet, le premier problème à mon sens. Et puis la deuxième chose c’est que c’est une fête libre. Et la fête libre, que ce soit pas simplement parce qu’elles est gratuite, mais aussi parce que la fête c’est l’abolition de la norme, la fête, c' est le moment aussi où on oublie le sens, où on oublie la norme, on oublie ce qui pèse pour vous dans l’organisation sociale. Ça, ça fait peur, un certain nombre de gens qui disent « ah bon, mais alors, sur quoi ça débouche, qu’est-ce qui se passe ? » Je crois qu’il y a aujourd’hui l’idée de dire que, bon, la faite, il faudrait la canaliser, mais si la fête, elle n’est pas canalisée, et bien, cette fête, comme elle remet en cause l’ordre établi d’une certaine manière, comme elle renverse les choses, elle est dangereuse. Je crois qu’aujourd’hui, il y a ce rapport-là par rapport à la fête, parce que c’est quelque chose qu’on ne contrôle pas, on ne sait pas ce qui peut en sortir, c' est quelque chose dans lequel on invente une autre société, dans lequel l’on conteste l’ordre Social. Cette fête-là, elle fait peur. Je l’ai vu dans tous les débats, tous les sujets qu’il y a eu et tout le combat que j’ai mené quand j'étais à Paris pour pouvoir développer la fête à Paris. Souvent, on avait cette chose-là. Je pense que c’est ça dont on a peur aujourd’hui. Parce qu’elle est libre, parce qu' elle cherche pendant un temps, pas toute l’année, mais pendant un moment à abolir la norme, cette fête fait peur et c' est pour ça qu'à un moment donné, on dit qu' il ne faut pas, il faut bien respecter la règle, les demandes, les machins et ceci et cela.
Paradoxalement, et je terminerai peut-être là-dessus avant que tu nous dises un tout petit mot sur Bourges 2028, paradoxalement est-ce qu’il n’y a pas quelque chose intellectuellement stimulant ? Avoir les questions culturelles revenir sur le devant, d’un côté Sterin avec le pognon qui met dans le Canon français par exemple, et à l’autre bout du spectre, bah justement, les raves party, et qu'à nouveau, on va parler de Bolloré dans une dizaine de minutes, disons qu’est-ce qu’il n’y a pas quelque chose de stimulant pour quelqu’un qui vient de la culture comme toi, de voir que finalement il y a un débat intellectuel qui revient. De une certaine manière, est-ce que c’est pas mieux d’avoir la droite contre soi plutôt que Sarko avec soi pour faire référence à ton truc de tout à l’heure.Vous avez une minute
Il y a un combat culturel. Il y a un combat culturel de toute manière la free party et Sterin avec le Canon français, alors c’est deux fêtes mais elles n’ont rien à voir. Elles ne racontent pas la même chose de ce point de vue là. Il ne faut pas non plus dire « toute fête est bien ». Encore une fois, la fête, c' est un combat culturel, c' est un moment où ça dit des choses, ça raconte et ça porte des choses. C’est peut-être aussi pour ça qu’elle fait peur à un moment donné. Mais moi ce qui m’intéresse et ce que je trouve intéressant en ce moment, c’est que tout ce qui est événementiel et festif revient au cœur du débat culturel. Et ça c' est intéressant parce que là-dessus, il y a quelque chose qui est aussi de l’ordre du partage. Faut lire le texte de Jean-Jacques Rousseau à la lettre de Jean Jacques Rousseau à D’Alembert dans lequel il explique la fonction sociale de la fête. Et la fonction sociale de la fête avec le côté chez Rousseau très égalitariste, bref, je vais pas faire un cours de philosophie. C’est vachement intéressant parce que ça revient là aussi à la base de ce qu’est la fête sur le plan philosophique. Et aujourd’hui le fait d’avoir cette question-là et de pouvoir la défendre dans son développement, sur les formes qu’elle peut défendre, oui ça c’est intéressant et ça je pense que encore une fois c'était un combat politique. Moi je ne défend pas la fête parce que je suis un fêtard ou que j’adore me coucher à 5 heures du matin. Ce n’est pas ça le sujet. Je défends la fête comme objet social et comme objet d'émancipation. Les gens qui font la fête sont des gens qui s'émancipent à travers la fête on s'émancipe. Plein de gens le disent, c’est une expérience festive.
Dernière question, enfin là aussi, excuse-moi, il y a le tchat qui t’en pose une. Est-ce que tu t’opposes au Canon français qui viendra à Bourges le 30 août ?
Je ne savais pas que le Canon français venait à Bourges le 30 août. Je ne suis pas maire de Bourges ni quoi que ce soit. Je n’en sais rien, je ne sais pas. Je trouve que les trucs du canon français… En plus, il y a eu quelques débordements. J’ai vu ce qui s’est passé à Caen, où il y avait un truc du canon Français, où il y a eu des propos racistes qui se sont tenus.
Oui, Emma Fourreau était à ta place lundi dernier, voilà. Alors, très bien, dernière question, puisque tu es le délégué général de Bourges 2028, de quoi s’agit-il ? Est-ce qu’il faut déjà réserver notre camping, notre hôtel, nos chambres d’hôtes ?
Tout à fait. 23 janvier 2028, c’est le week-end d’ouverture, il sera organisé et autorisé celui-là, il ne sera pas sur la base militaire du Havre, mais donc 22-23 janvier, ça va être tout un certain nombre de choses pendant l’année, des aspects festifs, évidemment des grandes expositions, il faut se rappeler Marseille en 2013 ou Lille en 2004, et ça avait été toute une année culturelle là pour le coup, avec encore une fois des moments des grandes expositions, des temps forts et un week-end d’ouverture 22 et 23 janvier 2028.
Merci pour ta bonne humeur, Frédéric. Merci pour tes propos, merci d'être venu et merci pour le Berry républicain qu’il m’a fait plaisir de montrer sa Une tout à l’heure. Bonne journée à toi et à très vite. Je t’en prie à très, très vite, merci Frédéric. À bientôt merci, merci beaucoup. Alors, je vois que Gisèle Sapiro est déjà prête. On va prendre encore quelques minutes pour la recevoir, avec elle, nous allons parler de Bolloré.
Nous allons parler de Bolloré, mais d’abord, mais d’abord, c’est une matinale. Donc, il paraît que je suis obligé de, comment, de faire la météo. Alors, la météo, la Météo des Jours, attends, où est-ce que c’est ? Tac à tac, tac à tac… Où est-que ? Voila ! Météo du jour, bonjour, alors à Bourges, à Bourges il fait 14 degrés, à Tours il fait 16 degrés, à Cherbourg il fait 14 degré, à Brest il fait quatorze degré, à Strasbourg il fais 21 degré. C’est l’heure pour vous de nous dire dans le tchat, votre météo, que ouvrez la fenêtre et dites-nous s’il est pollué, s' il est Alors il faut nous dire, ouh, voilà, donc ça c'était la météo du matin et cet après-midi il pleut partout, alors comme ça c’est parfait, c’est réglé, il pleut partout, il fait gris, rentré à Paris, il nous dit James, beau temps vers Guingamp, actuellement, on nous dit Mirojis, Chambéry, il fait gris. Arras, brouillard, cible couverte, 13 degrés au Canigou dans le 66, un temps breton dans le midi nous dit Rolland, holà, holà Rolland, attention Rolland, Rolland notre biographe, celui qui rédige les biographies, celui qu’il s’occupe de tous les verbatims après les émissions puisque maintenant sur le site d’auposte vous avez toute la retranscription de tous nos entretiens, de toutes nos émissions et bien c’est à Rolland, le breton du sud, que vous le devez ! Gris à Fougère, Mérignac près de Bordeaux, il pleut et 16 degrés. Temps couvert et pluvieux à Clermont-Ferrand, où je me déplace exceptionnellement aujourd’hui, nous dit Sentierbattant, oh vive la liberté d’aller et venir, mon cher Sentierbattant. Gris, pluie à Poitiers, Vallée de la Drôme sous la pluie, nous dit Émile Cheval, c’est la dame de ces magnifiques tasses d’auposte. Alors, nous ferons la météo des luttes après l’entretien, la matinale va être un peu plus longue que prévu. Et juste avant de recevoir Gisèle Sapporo pour sa tribune publiée dans Le Monde concernant les grandes manœuvres de Bolloré.
Je voudrais vous parler de ce film « La corde au cou » Gus Van Sant, qui sort cette semaine, c’est la bande-annonce de la semaine, « La corde au cou ». Ceci est l’histoire vraie de Tony Kiritis, un homme ruiné à cause d’un emprunt à Indianapolis le 8 février 1977. Il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel ou simplement une victime qui réclame justice ? C’est le moment de la bande-annonce. Je vais la chercher, la voici, la voilà. Hop, et après, on y va !
Attends, attends, attends. Pour qu’ils soient des gens communs. Donne-le au goût d’un rêve américain, et l'écraser. J’ai hâte de toi, Tony. Je suis un homme qui lutte pour tout ce qu’il possède, sir. Et je ne vais pas être intimidé, ni annulé par n’importe qui.I want a written agreement. I want my debt forgiven. I want an apology. t je veux sortir d' ici comme un homme libre
Alors, je me rends compte que le film est sorti déjà il y a quelques jours. Excusez-moi, je pensais qu’il sortait la semaine prochaine. Et je vois que dans le tchat, certains disent que c’est une merveille. James, par exemple, nous dit une merveille ce film. Gisèle Sapiro et non pas Sapporo, comme j’ai dit tout à l’heure bêtement. Gisèle Sapiro, pardon d’avoir écorché votre nom. Et avec nous dans quelques instants. Attention, j’envoie le petit jingle de la comparution. C’est notre troisième comparution, Il est 8h31, c’est absolument incroyable, nous avons rattrapé notre retard et nous allons parler de Bolloré, du monde de l'édition et des grandes manœuvres. A tout de suite dans quelques secondes.
T’es en train de me parler ? T’es en train de me parler à moi ? Mais qui est-ce que tu parles ? Tu parles de moi ? Je suis le seul ici. Who the fuck do you think you’re talking to me ?
Bonjour Gisèle Sapiro, vous êtes directrice d'étude de l’EHSS, vous êtes directrice de recherche au CNRS, vous avez publié en 2024 Qu’est-ce qu’un auteur mondial paru chez Gallimard et vous avez publié cette semaine, en fin de semaine, une tribune dans le Monde qui m’a plu affaire Grasset La stratégie de Vincent Bolloré consiste..dites-moi la suite.
Je ne connais pas par cœur le titre.
Consiste à conquérir les médias et l'édition pour en faire des instruments de propagande. Merci beaucoup. Voilà, merci.
C’est pas nous qui décidons des titres, comme vous savez.
Ah bon ? Pour les tribunes non plus ?
C’est une citation.
C' est une citation, absolument. Alors, vous vous prenez donc la parole pour nous dire que ce qui s’est passé autour de l’Affaire Grasset est moins un symptôme de brutalité capitaliste qu’un acte idéologique. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi vous distinguez les deux ? Et est-ce important finalement de distinguer ces deux points-là ?
D’abord, il faut comprendre que c’est une brutalité capitaliste parce que c’est le fait de déplacer des gens comme des pions, de licencier des salariés du jour au lendemain. Alors en France, ce n’est pas possible du jour aux lendemains grâce aux lois du travail, mais c'était le cas depuis 25 ans dans l'édition étasunienne, par exemple. En prenant exemple sur d’autres secteurs, on connaît les plans de restructuration pour faire des économies, donc en France il y a le délai. Mais il y a eu un précédent par exemple chez Hofton Mifflin chez Harcourt aux Etats-Unis, la grande éditrice Drinka Villaine, qui était l'éditrice de nombre de prix Nobel de littérature grâce à Szymborska, à Saramago, a été licenciée en 2009 et puis elle a été embauchée après une pétition de huit de ses auteurs, de ses grands auteures. Elle avait 80 ans à ce moment-là. Alors, il y a des précédents, mais ici ce n’est pas de simple raison d’argent parce qu’Olivier Nora a été licencié non pas à cause d’un bilan soi-disant pas assez performant comme l’avance Bolloré dans le JDD, mais en raison de son refus de publier un roman de Nicolas Diat, donc Nicolas Diat c’est un auteur catholique réactionnaire. L'éditeur de Jordan Bardella, il a déjà publié une dizaine de titres chez Fayard qui appartient aussi au même groupe de Bolloré, et alors c’est la prérogative du directeur de la maison d'édition, Grasset, et de son comité de lecture de refuser un manuscrit qui ne correspond pas aux critères ni au catalogue de la Maison. Alors là c'était le refus, pas tant sur le plan idéologique puisque Grasset publie une grande palette d'écrivains. Qui va de la gauche, qui va de Virginie Despentes jusqu'à la droite, parce qu'à Bruckner, il y a d’autres auteurs de droite, et d’ailleurs plus de droite que de gauche, mais en fait, là, Bolloré voulait imposer sa ligne idéologique chez Grasset également, et en fait le refus de Nora de se soumettre était inacceptable. Donc en fait il applique des méthodes capitalistes pour obtenir des objectifs idéologiques au mépris de l’autonomie éditoriale et des règles du jeu propres à ce secteur qui consiste donc à confier aux professionnels que sont les éditeurs et aux pères, aux autres écrivains qui souvent composent des comités de lecture, le soin de juger et de décider ce qui se publie.
Alors vous avez, on vient de le comprendre, vous étudiez beaucoup le monde de l'édition aux Etats-Unis, en tout cas les manœuvres qu’il y a pu y avoir là-bas il y a une vingtaine d’années, à vous entendre, à vous lire, en fait ce qui est en train d’arriver ici est arrivé un petit peu aux Etats-Unis et quel incident ça a sur la pensée, sur la publication pour les lecteurs ?
Oui, il y avait un livre d’André Schiffrin de 1999 intitulé « L'édition sans éditeur » qui décrivait ses mécanismes, c'était un grand éditeur franco-américain qui est malheureusement décédé depuis, et justement au moment où ça arrivait, c'était au moment du rachat du Seuil en France, il y a eu ce débat, qu’est-ce qui va se passer ? Alors, ce qui a été dénoncé par beaucoup d'éditeurs, c’est tout d’abord, il y a plusieurs risques. Mais d’abord, c’est le risque de la standardisation de la production et donc de la pensée. Pourquoi une standardisation de la production ? Il faut qu’on explique un peu comment ça se passe. Donc, la concentration est due au rachat et à la revente des maisons, donc des groupes qui investissent dans l'édition parce que c'était un secteur relativement stable et donc rentable. Donc pour des raisons de pur profit. Et ça donne aux actionnaires un pouvoir, donc Bolloré a racheté Hachette qui était déjà un gros conglomérat qui appartenait à Lagardère, il a dû revendre à cause de ça Editis qu’il possédait avant parce qu' il y a des lois européennes anti-trust. Voilà, donc les actionnaires eux ils sont intéressés par le profit, ils font monter les attentes et du coup les maisons rachetées sont obligées de miser sur des livres qui rapportent plus et donc, souvent, tout d’un coup, on commence à calculer titre par titre. Parce que dans l'édition, par le passé, il y avait le principe qu’on appelle de la péréquation. C’est-à-dire, je pouvais avoir un livre qui vendait beaucoup et qui aidait à soutenir des publications plus difficiles, plus risquées, des romans expérimentaux, des traductions de langues autres que l’anglais, qui touchent un public plus restreint. Grâce à ces livres qui rapportaient du profit. Et donc un éditeur était prêt à publier à perte quand il croyait dans un livre. Et ça, ça garantissait une plus grande diversité éditoriale et aussi un renouvellement plutôt que de se reposer sur des schémas narratifs déjà établis par exemple. Alors cette marge de manœuvre tend à disparaître avec l’exigence de rentabilité titre par titre. Qui s’impose donc pour satisfaire les attentes financières. Parce que l'éditeur qui est soumis à un bilan financier, il se sait sur un siège éjectable et donc il va hésiter à prendre des risques. Est-ce que Beckett serait publié aujourd’hui ? Déjà à l'époque, au début des années 50, son premier manuscrit avait été refusé par tous les éditeurs jusqu'à ce que Jérôme Lindon aux éditions de minuit décide de le publier et on sait combien il a renouvelé la littérature française et il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1969. Donc premier risque standardisation, puis une tendance à focaliser l’attention sur les best-sellers au détriment des autres titres pour maximiser les profits. Et il y a des livres qu’on peut dire mornés. Et en fait, la concentration des chaînes de librairie a renforcé ce phénomène. Alors aux États-Unis justement, il y avait les grandes concentrations de Barnes & Noble, notamment. Alors Barnes & Nobles, qu’est-ce qu’ils faisaient ? Ils concentraient sur les livres qui vendaient le plus et les éditeurs, les grands groupes, imposent des best-sellers. Ils achetaient des places en vitrine, des endroits stratégiques. Ou déplacent à côté de la caisse, ce qui fait que ça tue complètement la concurrence, donc ça tue la diversité. Et puis, il y avait aussi le refus de livres qui étaient supposés non rentables. Alors, il avait, j’utilise la notion de prophétie autoréalisatrice. On disait que, par exemple, les traductions ne marchaient pas et donc, on traduisait plus aux États-Unis. Et il y a une histoire célèbre que me racontait un éditeur. Barnes & Noble, la chaîne de librairie, avait refusé 2666 de Roberto Bolaño en disant c’est une traduction, ça ne va pas se vendre. Ce qui veut dire que dans les 12 000 points de vente… De Barnes & Noble, il n’y aura pas de livre, il y a très très peu d'éditeurs indépendants aux Etats-Unis, il en a autant que dans la France, enfin tous les États-Unis, c’est 300 environ. Alors son éditeur, il se trouve, était assez puissant, pour l’imposer et finalement il a vendu quand même 400 000 exemplaires, contrairement à ce qui était et profitiser. Et puis l'édition repose sur le long terme, on construit en fait de futures classiques et les livres de fond rapportent beaucoup, l'édition c’est parfois plus de 50 % des revenus de la maison d'éditions et finance les livres présents. Mais si on est dans une logique de court terme de rachat et de vente, en fait la construction à long terme n’intéresse pas les actionnaires, parce qu’ils veulent des profits immédiats, ils s’en fichent que la maison, que tel livre va être dans 20 ans puisque eux… En fait ce qui les intéresse c’est maintenant et dans cinq ans ils vont revendre cette maison donc ça conduit aussi à négliger le fond qui en fait doit être le fond du catalogue qui doit être constamment en fait entretenu et remis en valeur au profit des best-sellers
Alors la question est, en quoi Bolloré diffère de ses prédécesseurs ou de ses concurrents actuels ? En quoi il diffère d’un Lagardère, d’une Hachette, je pensais aussi à Hersant éventuellement, même si Hersant ne faisait pas des bouquins, mais de la presse. Qu’est-ce que Bolloré annonce de neuf par rapport à ses prédécesseurs ?
Quand Louis Hachette a lancé sa librairie en 1826, ce n'était pas un projet idéologique, c'était un libraire qui voulait aussi être enseignant, qui devient un livre d'éditeurs scolaires, il crée un réseau de librairies. Alors il y avait des éditeurs politiques, avec une ligne bien claire, il y en a toujours, et ça n’est pas du tout un problème, au contraire, ça fait partie de la diversité éditoriale. Fayard, d’ailleurs dans les années 30, maintenant Fayard appartient à Hachette, dans les années 30, c'était un éditeur de livres d’extrême droite. Mais c’est une petite maison avec une identité claire, et même avec cette ligne idéologique, Fayard restait un vrai éditeur, il ne mettait pas sa maison au service d’un projet idéologique ou politique, comme ça a été le cas avec le lancement de biographies de Bardella par Fayard, à 150 000 exemplaires, c'était du jamais vu dans l'édition française. Donc là, c’est une opération de propagande. Alors dans les années 30, il y avait aussi des manias qui voulaient contrôler la presse, qui voulait imposer une ligne d’extrême droite, et on a vu d’ailleurs à quoi ça menait l’instauration du régime autoritaire de Vichy. Alors Hersant, oui, il a fait des tentatives semblables avec les médias, mais je pense qu’il y avait plus de résistance, plus de garde-fou, ça n’a pas aussi bien marché. Alors ce qu’on pourrait citer, c’est Rupert Murdoch dans le monde anglophone, lui il a plus de succès, il utilise son groupe de presse pour son agenda libertarien et eurosceptique mais en France dans l'édition c' est nouveau, il y a aussi le précédent Berlusconi en Italie avec Mondadori. Alors loué à cette groupe, le nouveau nom du groupe, c’est aujourd’hui le premier groupe d'édition en France, c’est le troisième au monde. Si la commission européenne avait autorisé Bolloré à acheter Hachette en conservant Éditis, il aurait un quasi monopole idéologique. Mais même s’il a été obligé de renoncer à Editis, Hachette, avec le réseau des Relay en gare, l'édition scolaire, l'édition jeunesse, enfin pas toutes mais bon. Partie importante, et puis aussi le contrôle de plus de 80 % de l'édition scolaire en Afrique, parce que c’est un héritage de la colonisation. Donc avec tout ça, c' est une véritable machine de guerre de propagande qui est entre ses mains. Et si vous regardez le catalogue de Fayard depuis deux ans, c' est Jordan Bardella, Philippe de Villiers,Zemmour, Marion Maréchal-Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, il y a aussi la journaliste. Propagandiste, pro russe Xenia Fedorova, c’est un vrai programme.
Dans votre tribune que je remets à l'écran, vous… Vous appelez, vous évoquez la notion de capital symbolique et là ça me fait évidemment penser à Bourdieu. Bourdieu qui lui-même avait publié quelques… peut-être pas des ouvrages, mais en tout cas quelques articles, ou peut- être des ouvrage, je ne sais plus. Sur le monde de l'édition, qu’est-ce qu’il dirait Bourdieu aujourd’hui de ce qui se passe ? Dans mon souvenir, Bourdieu expliquait à l'époque, vous allez me dire si je me trompe, que le monde de l'édition était le symbole même du capitalisme où la matière première, l’ouvrier, l'écrivain était surexploité de toute la chaîne, c'était le plus exploité. Peut-être que je raccourcis trop, vous me direz, et qu’est-ce que d’après vous, comment sa pensée pourrait nous éclairer aujourd’hui, sur ce qui est en train de se passer ?
Alors il y a deux articles importants sur l'édition de 1977 où il parle de comment l'éditeur fabrique la valeur symbolique du livre en fabriquant aussi la croyance dans l'œuvre, donc c’est restituer tout le rôle de la chaîne du livre dans la production justement de cette symbolique qu’ils distinguent du capital économique parce que c’est ça s’accumulent selon des modalités spécifiques, en fait, c’est tout le crédit qu’on accorde à une personne, à une entreprise ou à un produit. En raison de sa bonne répétition, de son renom, de son prestige. Et ça peut être complètement dissocié de la valeur économique, parce qu’on sait très bien que Beckett, au départ, ça ne se vendait pas à beaucoup d’exemplaires, mais c'était très prisé par le petit milieu des amateurs de littérature et des connaisseurs. Par contre, les baisses de salaires qui se vendent, qui rapportent énormément d’argent, sont plutôt méprisées par ces connaisseurs, souvent. Donc on voit que ça peut être dissocié, mais il y a aussi la question que Bourdieu analyse de la conversion du capital symbolique en capital économique. Et c’est là-dessus que reposent en fait les industries culturelles et tout le monde de l’art, pas seulement les industries. Par exemple, on ne pourrait pas expliquer pourquoi un tableau d’art contemporain, un tableau, même pas un tableau, une installation où le prix de ces œuvres soit aussi élevé s’il n’y avait pas cette magie de la conversion du capital symbolique en capital économique. Mais ça, ça demande du temps, ça repose sur le long terme et c’est ce qu’il expliquait et c’est pour ça que dans l'édition il y a deux principes, la rotation courte et la rotation longue, lente qui passe justement par… le jugement des spécialistes, les prix, la classicisation, ce qui fait que Proust continue à se vendre aujourd’hui, c’est justement tout ce processus de classicisation qui s’est opéré et ça continue à rapporter, donc c' est devenu du capital économique et c' est pourquoi la valeur du fonds d’un éditeur doté de capital symbolique, Prenons Gallimard, est bien supérieure à ce que ça rapporte. Parce qu’elle implique tout le travail accumulé de fabrication de la valeur symbolique des œuvres. Donc c’est le travail des éditeurs, des attachés de prêt, des services commerciaux, etc. Qui implique des savoir-faire spécifiques. Son deuxième article, il était intitulé « Une révolution conservatrice dans l'édition », donc c'était une référence, en fait, à ce qui se passe dans l’Allemagne des années 30, la révolution « conservatrices », et c'était malheureusement prémonitoire cette notion puisque là il parlait du fait qu’il y avait une sorte de justement de perte des acquis de l'édition au sens où les éditeurs avec les concentrations se reposent de plus en plus sur leurs acquis donc là c'était le risque de standardisation que j'évoquais, il prenait moins de risques à lancer des nouveaux auteurs plus expérimentaux, mais là il visait Gallimard par exemple. Gallimard se reposait trop sur ses acquis et évidemment quand ce terme de cette notion de révolution conservatrice, on voit bien qu’aujourd’hui c’est toute la dimension idéologique qui est à l’œuvre avec la mobilisation de l'édition comme des machines de guerre, de propagande et l’investissement sur l'édition, c’est aussi une manière de tuer les espaces pour une pensée autre.
Qu’est-ce que vous pensez de la critique qui est faite aux auteurs et autrices que vous ? Vous saluez dans leurs réactions qui ont démissionné, on pourrait dire, qui ont dit « terminé, je ne bosse pas pour Bolloré ». Il y a une critique qui monte, qui consiste à dire que cette réaction allait être tardive, que ces gens-là s'étaient accommodés finalement du pire pendant des années.
Évidemment, on peut dire ça, mais en même temps, voilà, c’est des auteurs, ils publient dans une maison d'édition, les conditions de l'édition, ce n’est pas les auteures qui les choisissent. Il y avait dans les 68, en Allemagne, un projet de cogestion des maisons d'édition par les auteurs, il y avait d’ailleurs le seuil, il y a eu une participation de certains auteurs. Mais sinon les auteurs aujourd’hui n’ont pas de pouvoirs décisionnaires, ils ont des pouvoirs quand ils sont au comité de lecture sur qu’est-ce qui va se publier, mais sur les rachats personne leur demande leur avis. Après, ce départ, il existait déjà de manière plus discrète chez Fayard. De 70 auteurs emmenés par Jean-Yves Mollier, on est moins visibles, donc il y a moins de médiatisation parce que là ce sont des auteures très connues mais ils utilisent leur capital symbolique justement pour cette cause et c’est un phénomène quand même inédit dans son ampleur et dans son retentissement médiatique. En fait il dit l’attachement des auteurs à la personne de leurs éditeurs, c’est une sorte d’hommage si vous voulez, il dit qu’un livre c' est une œuvre collective qui se fabrique avec des professionnels compétents, qui les conseillent, qui réécrivent, qui valorisent l’œuvre, qui aident à choisir le titre, et ça dit les éditeurs ne sont pas interchangeables, là c’est un acte de manifestation, une sorte de reconnaissance du travail d’Olivier Nora qui est donc licencié du jour au lendemain de manière brutale, voilà donc évidemment on peut toujours dire qu’on aurait pu s’en apercevoir plus tôt mais bon, la question n’est pas là, la question c’est qu’est-ce qu’ont fait maintenant en fait.
Et alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Et là vous évoquez le collectif Désarmer Bolloré. Alors je ne sais pas si c'était plutôt Débordé Bolloré, puisqu’il y a deux collectifs. Débordé, Bolloré étant une..Voilà, donc en tout cas le Débordé Bolloré, c’est donc un collectif informel d’un certain nombre d'éditeurs indépendants principalement qui ont publié un livre intitulé Déborder Bolloré. Il y a aussi des éditeurs indépendants qui commencent à faire, non pas jeu-égal, mais enfin qui commencent à creuser un petit peu leur place. Est-ce que vous voyez dans ces mouvements-là une alternative se dessiner.
Desarmer Bolloré, c’est le regroupement d’associations, Attac, les Soulèvements de la terre, Action justice climat. Ils font des actions, des happenings. Ils distribuent, par exemple, des marque-pages anti-Bolloré. Ils en ont distribué 450 000, je crois, qui sont imaginés par des graphistes bénévoles. Il y a des messages de vedettes comme Aya Nakamura. Voilà, ce sont des actions très importantes pour sensibiliser le public qui ne connaît pas forcément les rouages de l'édition. Le public qui connaît les auteurs, il va vouloir le dernier livre de Virginie Despentes ou le dernier livre d’un tel ou d’une telle, et donc il ne sait pas ce qui se passe forcément. Alors c’est pour ça que c'était important que la presse en parle. Et il y a aussi des librairies militantes qui ont rejoint ce collectif et qui ont réduit ou arrêté de vendre des titres à chèques, mais là aussi c’est très difficile, parce que si leur clientèle vient à leur demande tel livre de chez Fayard… Ils vont devoir expliquer qu’ils boycottent et donc on ne peut pas, c’est compliqué de défendre la diversité éditoriale tout en boycottant un éditeur. Voilà, donc on est pris dans ce genre de double bind et les éditeurs indépendants, effectivement, ils se sont aussi réunis et c'était extrêmement important. Ils ont un rôle capital à jouer, ils le jouent déjà, même si c’est David contre Goliath, ils jouent avec le soutien de libraires Indépendants. Et il faut les aider à mieux valoriser en fait cette production alternative qui existe en France, qui est beaucoup plus visible que dans des pays comme les États-Unis. Aux États-Unis, ces livres n’arrivent même pas en librairie, ils n’existent que par les ventes en ligne. Heureusement Internet a sauvé, il y a des aspects quand même positifs, à sauver ces petits éditeurs. En Angleterre, on les appelle les Radical Publishers, c’est des tout petits éditeurs aussi comme ça, mais ils sont face à des géants. En Allemagne, je ne sais même pas s’ils sont encore, enfin il y en a quelques-uns, mais voilà, donc oui, il faut absolument les soutenir. Il y a aussi d’autres groupes en face quand même, il y a le groupe Gallimard, enfin Madrigal, il y a le groupe La Martinière, il a édité, ce que Bolloré a lâché, qui malgré tout constituer des contre-pouvoirs face aux visées impérialistes de Bollоré.
Ultime question Gisèle, et merci beaucoup de votre présence ce matin. Qu’est-ce que vous répondez aux critiques, là aussi, qui disent que nous, nous les gens de gauche, nous voulons contrôler la pensée, que nous ne supportons pas, alors je ne parle même pas de la réussite capitaliste de telle ou telle, mais que c’est à eux de jouer, c' est à eux d’imposer leurs idées, que nous nous les aurions imposées pendant 20 ou 30 ans et que nous refusons de laisser la place. Qu’est-ce que vous répondez à cette critique qui n’est plus sourde du tout, mais qui est « ça vous fait marrer, c’est cool » ? Qu’est-ce vous répondez ? Donnez-nous des arguments.
Ça me fait rire parce que si les idées de gauche étaient dominantes, on n’en serait pas là quand même. Et puis l’autre chose c’est que ranger les auteurs Grasset à gauche alors que quand même, bon on a Virginie Despentes, on en a deux trois qu’ils ont à gauche, mais enfin c'était pas une maison réputée pour défendre des idées du gauche. D’ailleurs elle n’a pas forcément d’agenda idéologique, mais en tout cas c'était certainement pas la gauche ni l’extrême gauche. D’ailleurs on s’est étonnés, plein de gens se sont étonné de voir que ces auteurs se sont rassemblés malgré leur divergence idéologique et aussi esthétique et autres. Donc il y avait une vraie diversité chez Grasset.
N'échappez pas à la question !
J'échappe pas, donc la question aussi c’est quelle gauche, parce que politiquement quand même la gauche est dans un état déplorable. Alors intellectuellement, oui, il y a une gauche intellectuelle de haut niveau en France, aussi bien en littérature que dans les sciences humaines. D’ailleurs, ils se définissent pas de manière première par leur engagement politique, et ce n’est certainement pas au service d’un parti, ni au service d’une idéologie. C’est une gauche qui défend un certain nombre de valeurs, des valeurs comme les droits humains, des droits des femmes, des étrangers, des travailleurs, et ça ce sont des droits qui ont été acquis, qui sont protégés par la loi, et c’est ce que l’extrême droite essaie de remettre en cause. Mais ça, ce sont des valeurs on pourrait dire d’une certaine manière universel et ça n’est pas le programme d’un parti politique, d’ailleurs elles sont très mal défendues, y compris par certains partis qui se disent de gauche. Il faut rappeler aussi qu’autrefois il y avait une droite intellectuelle en France, avant la Deuxième Guerre mondiale, qui avait un certain panache, on peut citer Maurice Barrès. Ou même l'équipe d’Action Française qui était très lue par tous les auteurs et les penseurs de gauche. Alors la compromission de nombre de ses représentants tout ça dans la collaboration, évidemment à la collaboration avec l’Allemagne nazie, a discrédité pour longtemps cette extrême droite. Mais donc il y a eu en France, une tradition d’extrême droite littéraire que certains d’ailleurs essayent de remettre au goût du jour, je pense que c’est l’expérience de la Deuxième Guerre qui a contribué à les discréditer pour longtemps. Donc je pense, voilà, la droite, elle existe en France, elle se porte très très bien, la gauche n’essaye pas du tout de l’empêcher d’exister et donc je ne vois pas en quoi on peut dire que la gauche veut contrôler la pensée, je ne sais même pas de quelle gauche on parle.
Merci beaucoup d'être venue dans France Déter, la matinale d’auposte. Merci pour votre tribune et je vais vous lire avec plaisir parce que je pense que vous allez refaire d’autres interventions, vu le big bang dans lequel nous sommes actuellement.
Malheureusement, je crains aussi. Merci en tout cas d’avoir été là à votre invitation.
Je vous en prie, merci beaucoup, c'était un plaisir, à très bientôt. Voilà les camarades d’ auposte, tiens, il est 8h59, il faut que je me fasse un café. Alors je me fais un café, il y aura du bruit. Et on va avoir la météo des luttes, les convocations et un petit Ici Londres, ça vous va ? Alors désolé pour les petits déboires techniques du tout début de cette matinale, mais que voulez-vous, ce sont les aléas du direct. Donc on va continuer pendant que la machine se prépare. Alors la météo des luttes, il faut que j’aille chercher la carte. Profitez de ce petit laps de temps pour dire dans le tchat ce que vous pensez de cette matinale. J’ai essayé, vous avez vu, j’ai essayé de ne pas enchaîner tout de suite les invités comme les autres semaines mais de placer des petites pauses entre ou en tout cas d’autres thèmes. Est-ce que c'était ce que vous vouliez ? Vous aviez un peu émis cette demande là l’autre jour. Pour la matinale, il faut passer en intraveineuse, c’est-à-dire l’article de Ricardo ?, je l’ai déjà lu. Ici Paris ? Non, non, Radio Paris ? Ça va être autre chose. C’est les bisbilles entre Bardella et Le Pen. Super comme ça les petites pauses merci beaucoup merci beaucoup alors vous je sais que ça vous fait marrer les trucs techniques les problèmes techniques mais moi vous savez je transpire ouf oh la vache je transpire J’aime bien les intermèdes avec les invités. Super, super. Tiens, à propos d’intermède :
Ça a commencé ? Oui, ça a commencé. L'émission a commencé ! On est à l’antenne depuis cinq minutes !
Eh bien voilà, alors on est à l’antenne depuis cinq minutes, il te l’a dit Pascal Praud bon, allez, le café arrive. Parce que votre histoire de merde, plus la fatigue, c’est pour ça que je crois que j’ai besoin d’un petit remontant. Je vais demander un petit café. C’est bon ça, il est temps. Voilà, merci, merci beaucoup. Alors, la météo des luttes, la scène de duo, j’enlève la caméra. Là, voici la météo des luttes. Attention, météo des luttes, qui dit météo, dit jingle.
Bella Ciao, Bella Ciao Bella Ciao ciao ciao
Et voilà la météo des luttes tendance le week-end du 8-9 mai s’impose comme le pic de la semaine. Paris devient le terrain d’un bras de fer anti-fasciste face à la marche annuelle du C9M en région. L’agenda tient sur l'écologie militante, la paysannerie sous pression et l'éducation populaire. Poitiers, Non là c'était Châtellerault dis donc. Je ne t’ai pas loin. Poitiers. C’est des débats demain. Projection du documentaire Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2, de Olivier Azam et de Daniel Mermet, nos camarades. Séance suivie d’un débat en présence du réalisateur et journaliste Daniel Mermet. Suite du premier volet, le film renoue avec la méthode Zinn :rendre l’histoire depuis celles et ceux qui la font, pas depuis ceux qui la gouvernent. Mercredi 6 mai à Paris, rencontre à la Brèche, la librairie, la Brèche, avec Ludivine Bantigny l’historienne bien connue de nos services, qui est invitée pour une rencontre publique dans le cadre des rendez-vous militants de la librairie. Bantigny, spécialiste des révolutions et des mobilisations sociales du XXe siècle, autrice notamment de la France à l’heure du monde, et 68 de Grand Soleil dans les carrefours, va échanger avec le public, s’est organisé par le NPA. ! Ah les gars, bien, mercredi toujours, mais cette fois-ci à Rennes, alors Rennes Rennes ici Rennes. Je ne sais pas si vous voyez bien ma petite carte là. Causerie, béton, constructeur du capitalisme, destructeur du vivant en France, 80 % du bâti. Tu vois, je vais mettre un peu de musique en fond, voilà. 80 % du bâti est en béton, matériau dominant depuis un siècle et en expansion continue. La Causerie interroge ses ravages environnementaux, extraction, CO2, imperméabilisation des sols, ses liens avec la rentabilité immobilière et les résistances possibles. Format court et participatif, c’est mercredi à Rennes. Ramonville, le jeudi 17, du jeudi 7, pardon, au samedi 9. Ramonville, c’est par où ? C’est par là, je crois, non ? Voilà, Ramonville, c’est dans le sud-ouest, 13 au Sud Festival de l’assainissement écologique pour les 20 ans, du réseau assainissement écologique. Trois jours festifs et militants autour des toilettes sèches. Eh ouais, ça existe ! Et moi je vous dis, là vous allez partir au boulot où je ne sais quoi, où vous promenez et vous dire mais c’est incroyable tous ces agitateurs et agitatrices de France et de Navarre, tous ces domaines absolument incroyables. Même les toilettes sèches ont droit à un festival, 3 jours festifs et militants autour des toilettes sèches, de la phytoépuration. Des alternatives à l’assainissement conventionnel. Le vendredi 8 mai, jour des grands publics, village associatif, table ronde nationale, concours de la plus belle toilette sèche et projection du documentaire "Holy shit ! "il y a qu’au poste pour vous parler de ça, bien sûr ! Alors vendredi, on en a parlé tout à l’heure avec Oshka, mais je vous le redonne. Vous pourrez en replay mais on dit Ramon, ah on dit pas Ramone, ah ouais pardon pardon pardon, ça va trop loin nous dit Emilecheval dans le tchat, non non non c’est bien la plus belle toilette sèche moi je trouve ça absolument formidable, voilà, alors vendredi 8 mai, donc week-end anti-fasciste qui démarre à Paris Troisième édition du village antifasciste Place du Panthéon dans le cadre d’un week-end de résistance face à la manif néonazie du C9M. Le village rassemble syndicats, collectifs antifascistes, organisations politiques pour construire une riposte unitaire face à la montée des extrêmes droites. Au programme table ronde, stands, concerts, cantines assurés par la coopérative de Ménilmontant à Paris. Le lendemain, le 9 mai à 14h, manifestation anti-fa, anti-raciste et anti-colonial, départ Place Saint-Michel. Direction Denfert-Rochereau, nous a appelé, nous à appris tout à l’heure Oshka, à l’appel d’un front large incluant la marches des solidarités, les sans papiers du 75, le collectif antifasciste du 20ème, etc. Le 10 mai, journée mémorielle pour les 20 ans de la journée nationale d’abolition de la traite des êtres humains, place de la nation à Paris de 14h à 20h. Strasbourg ! le 9 mai, donc samedi, journée de soutien en convoi de l’eau alsacien qui aura lieu les 23 et 25 mai pour le week-end de la Pentecôte. Ce convoi rassemble chaque année militants et militantes, riverains et riveraines, pour défendre les cours d’eau, les zones humides, les usages collectifs. La journée vise à financer les inscriptions pour ne pas laisser le coût à la charge des participants. Ça se passe donc samedi 9 mai, le même jour à Gap, conférence de monnaie libre et protection des données numériques. Présentation de la monnaie libre, le G1, le D, G1. Pair à Pair, fondé sur un dividende universel et des échanges de souveraineté numérique, la cryptographie et les alternatives aux infrastructures contrôlées par les États et les GAFAM. A Gap, samedi à Châtellerault, le 11 mai, Ciné Débat, la guerre des prix organisée par la Confédération Paysanne de la Vienne. Agriculteurs et citoyens sont invités à débattre. Sous pression constante à la baisse des prix, peut-on vivre dignement de l’agriculture, transmettre ses terres, proposer une alimentation de qualité face aux logiques de la grande distribution des industriels. C’est intéressant parce que quand je vous lis tous ces messages je me dis mais c’est marrant parce que au poste on a certaines émissions tout à l’heure, je parlais du béton, on a eu une émission là-dessus. Ce dont je viens de vous parler renvoie évidemment à l'émission au rendez-vous mensuel de Nora Bouazzouni auposte, Bouffe de là. Bobigny le 16 mai, bilan collectif 2016-2026 Don’t stop the party, 10 ans après le mouvement contre la loi travail, journée publique pour faire le bilan de la décennie, quels enseignements, comment retrouver la capacité d’initiative et l’esprit de débordement organisé avec le Crotal, le collectif de ravitaillement des outils techniques autogérés pour les luttes. Il me reste encore de petites choses dans la Sarthe à Juvardel dimanche 17 mai. Matrac festival, alors Matrac, M-A-T-R-A C-K, c’est bon, Matrack c' est validé, on valide, Festival militant en Sarthe en solidarité avec les personnes judiciarisées pour des faits de lutte et contre la répression d'État. Visant les mouvements sociaux, ce sera le 17 mai. Et enfin, ce rendez-vous Boxe pour la Palestine qui nous a été envoyé directement sur notre petit formulaire. Merci infiniment de nous aider à remplir cet agenda des luttes, cette météo des luttes. Donc c’est une collecte solidaire Boxe Pour la Palestine, Le sport autrement, club de boxe thai associatif prolétaire, 280 membres sans subvention, coach bénévole, soirée de soutien à Boycott Israël, pour la Palestine, BDS Loire pour la Palestine et donc ça a lieu le 30 mai à Saint-Étienne. Je vais essayer de vous agrandir le truc. Voilà. Je crois qu’on a fait le tour de la météo des luttes, les acronymes au top. Alors attention attention attention qu’est-ce que je pourrais vous mettre là non c’est pas ça que je veux faire mince bah si si pardon.
C'était ça alors petit message à caractère promotionnel avant de passer aux convocations de la semaine soutenez nous soutenez au poste soutenez vous soutenez nous soutenez vous en nous soutenant soutenez-nous en vous soutenant soutenez Et vous ? Je dis plus ! Abonnez-vous, bordel de merde, abonnez vous ! Si vous voulez qu’on puisse conforter notre place de petits médias insolents, eh bien on a besoin d’abonnés. Pour l’instant, le bilan est pas mal. Mais en fait, beaucoup d’abonnés sont d' anciens donateurs. Donc vous êtes passés de l’un à l’autre. Alors c’est super parce qu' on a un peu moins de frais sur les abonnements que sur les dons. Mais néanmoins, il faudrait qu’on élargisse un tout petit peu. Voilà, je ne vous fais pas l’article. Sachez que si vous êtes imposable, vous pouvez toujours faire des dons puisqu’ils sont défiscalisables à hauteur de 66 % au nom du pluralisme de la presse et de l’intérêt général. Mais si vous ne l'êtes pas ou si ça ne vous intéresse pas… Vous pouvez vous abonner, les abonnements en moyenne c’est 5-10 € par mois, mais il y a des abonnements à 2 € et on a besoin vraiment d’un maximum d’abonnés pour pouvoir pour pouvoir un peu augmenté les gens qui travaillent, je pense notamment à Théophile, notre crieur sur les réseaux sociaux qui abat un travail dingue et qui est en train de de développer le compte Instagram d’auposte de manière vertigineuse et vraiment c’est super. Mais là il bosse comme 4 et il n’est pas payé comme 4. Donc voilà, pour renforcer auposte, et bien on a besoin de vous renforcez auposte. C’est aussi pouvoir apporter d’autres fonctionnalités. Je vous rappelle que si vous êtes abonnés au site auposte.media vous avez des petites choses en plus. Mais personne n’a en moins, c’est-à dire que nos émissions sont toujours et resteront toujours libres et disponibles à tout moment en replay. Ça on y tient énormément, on est sur le système de la mutualisation. Ceux qui peuvent payent pour ceux qui ne peuvent pas, voilà. Mais néanmoins, si vous êtes abonné, bah vous pouvez avoir des petites friandises. Je vous laisse, je vous laisse… Après mon don de 5 milliards, j’entendais, mais 60 % dieu mon comptable m’a dit que je ne suis pas imposable, c’est ballot. On a besoin d’au poste et de tous les autres qui nous font du bien au moral. Le replay n’est pas disponible sur Twitch ? Non, parce que précisément on ne veut pas vous inciter à faire des subs. Alors si ça vous arrange de faire des subs, l’avantage des subs c’est que vous pouvez réserver les replays à vos abonnés. Pour les replays, vous allez sur le site et si vous êtes abonné, vous pouvez choisir votre plateforme de diffusion préférée, notre propre serveur Peertube, garanti sans pub, sans mouchard, sans rien, ou YouTube, alors nous on ne monétise aucune vidéo mais YouTube, parfois notamment sur les shorts, nous empêche d’enlever des pubs et il y a un peu de pubs. Mais vous pouvez choisir la plateforme YouTube si vous préférez. Voilà, ça fait partie des fonctionnalités que vous pouvez avoir quand vous êtes abonné. Le site est accessible pour tout le monde, tout le temps, avec toutes les émissions, et même plus que ça. Plus que ça, puisque après chaque émission, comme je vous le disais, je vais prendre par exemple celle-ci. Alors normalement, il n’y a pas de son, donc ça devrait aller. Ouais, là, j’ai enlevé le son. Si vous regardez, vous avez… alors déjà, quand vous êtes abonné, vous pouvez voter pour les émissions qui sont mises en avant en home. Vous avez le travail de Rolland, dont je vous parlais tout à l’heure, toute la transcription de l'émission qui est disponible. Et vous avez le travail extraordinaire de Euryale, où vous avez toutes les sources, tous les liens, toutes les références évoquées pendant l'émission. Voilà donc là, vous avez un appareil critique, à mon avis, imbattable. Bonjour du bureau, bonjour Chris, bonjour Chris, bienvenu sur auposte, le média qui sabote le lieu de travail de ceux qui regardent.
Voilà, alors les convocations c’est ici et donc demain à 18h nous allons jouer à Fachorama avec Nathan, un des auteurs du jeu qui appartient à la Horde et Nora justement dont je parlais tout à l’heure, nous serons donc trois autour de la table plus le tchat, nous allons jouer à ce jeu des sept familles qui a quelques subtilités, chaque carte représente un faf. Avec sa catégorie, son type et sept familles seulement. Voilà, Fachorama a fortement déplu à certains syndicats de police, jusqu’au ministre de l’Intérieur même. Ce soir, c’est-à-dire plutôt demain soir, on jouera avec l’un des concepteurs du jeu des sept familles. Donc ça s’appelle Fachorama, soyez présents à donc on va dire à 18h, de 18h à 20h, demain pour une petite séance quoi, voilà. 3, 4…
Ici, les Français parlent aux Français. Vous pouvez écouter d’abord quelques messages personnels, les sanglots longs et violons de l’automne. Je répète, les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone Radio Paris-Ment, Radio Paris Ment, Radio-Paris est allemand. Radio Paris, Ment, radio Paris Ment. Radio Paris est allemande. La fortune vient en dormant. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage. De Marie-Thérèse à Marie-Louise. Un ami viendra ce soir.
Alors chers amis, c’est l’heure d’ici Londres, la rubrique des aupostiens qui parlent aux aupostiens, notre revue de presse antifa, mais voilà-t-il pas que Libération ne veut pas reconnaître mon abonnement, enfin plutôt notre abonnement puisque ça fait aussi partie des dépenses que nous faisons au poste. Nous nous abonnons à beaucoup de titres, des titres comme Le Monde Libé, mais aussi énormément de titres de la presse indépendante, c’est notre façon de les soutenir et notamment quand on fait les revues de presse parce que je voulais vous lire cet article, une revanche de classe croisée au RN, la ligne populiste de Le Pen brouillée par la stratégie droite pipeau.Malheureusement, je n’arrive pas à me connecter, le mot de passe n’est pas reconnu par Libération donc ce sera peut-être pour un autre jour. Malgré les dénégations écrites et les délibérations des deux têtes du RN en meeting à Macron ce vendredi. Le parti peine à masquer ses divergences, une illustration des tensions alors que deux lignes cohabitent dans l’attente de la décision concernant l’inéligibilité de la patronne Le Pen Marine, fille de. Je trouvais intéressant de vous lire ce papier, je suis désolé, je ne vais pas pouvoir parce que je n’ai pas accès au mot de passe. Je vais régler tout ça juste après l'émission pour que ça ne se renouvelle pas. Mais c’est un article qui est assez intéressant à suivre parce que ça commence à chauffer entre les deux. Alors évidemment, on peut dire que c’est un peu navrant d’en être à espérer que ça chauffe fort, d’autant qu’il savait y faire, au RN, on se souvient du félon Bruno Mégret, des scissions, etc. Mais moi je prends tout ce qui se passe, tout ce qu’y passe, je le prends. Ici, Le Monde, alors là je crois que je l’ai, même chose, on va pouvoir le lire Le Monde, Marine Le Pen et Jordan Bardella s’offrent un dernier pas de deux avant le coup pré-judiciaire lors du meeting du 1er mai du RN à Mâcon par Corentin Lesueur, publié le 1er Mai 2026 à 20h32, modifié le 2 mai à 8h56. Je vous le lis, ça vous intéresse ? Ah non, non, moi je ne pense pas que ce soit une mise en scène, non, je pense que Marine Le Pen ne supporte pas de voir le blanc bec lui rafler le poste. Alors, ma chère Euryale, le titre, tu l’as dans notre note. Marine Le Pen et Bardella s’offrent un dernier pas de deux avant le coup pré-judiciaire lors du meeting du 1er mai du RN. C’est noté à 8h55 ici Londres dans nos notes. Eh oui parce que vous savez pas ce qu’on fait le dimanche, avec Euryale j’ai un dimanche bien rempli et elle il y a un dimanche bien rempli. Elle récupère tous les liens que je mets dans nos notes etc. Bon alors ça vous dit qu' on lise l’affaire. Oui, oui, oui bien sûr que oui. Pour fêter le 1er mai et Jeanne d’Arc. Alors, je pense que vous avez vu le… Attendez, je vais quand même vous le mettre parce que ça c’est quand même bon. C’est comme très très bon. Je vais vous mettre un truc parce que c'était quand même excellent. Quand même des moments, on se marre bien. On se marre bien. Alors, hop hop hop. Attends, j’essaie de vous retrouver ceci. J’essaie de vous retrouver. Voilà Jordan Bardella, qui tweetait hier ou avant-hier. Lorsque tout semblait perdu, Jeanne d’Arc a refusé de renoncer. Et là, et là, l’allusion, la ref : “Comme elle, rallumons une flamme, celle de la nation qui refuse de s'éteindre”. C’est pas possible, c’est pas possible,, c’est pas possible,. Bon, voilà, je voulais quand même vous le montrer, à propos :
Indépendante animatrice de l'émission Bouffe de la sur le média au poste bonsoir Nora Bouazzouni soyez la bienvenue vous êtes journaliste indépendante, animatrice de l' émission Bouffe-de-la sur le média Auposte.
La classe, hein ! La classe ! La classe la classe ! Bon, c’est pas tout ça, on a un article à lire. On a un article à lire, ah merde, je viens de le fermer. Attends, bouge pas, bouge pas toi, tac, tac. Voilà, l’article est ici. Oui, elle a été, elle à été super. Absolument, Nora, la boss, absolument. Alors, pour fêter le 1er mai et Jeanne d’Arc, le parti a organisé son dernier meeting avant l’arrêt de la Cour d’appel de Paris le 7 juillet, qui scellera le sort judiciaire et politique de Marine Le Pen. 7 juillet, donc c’est dans deux mois, hein, dans deux mois on est au courant, juin-juillet c'était ça un 1er Mai et tout ce qu’il y a depuis normal au Rassemblement National, en apparence. Marine Le Pen a déposé le matin une gerbe au pied de la statue de Jeanne d’Arc à l'île de Sein.Côte d’or l’occasion de réhabiliter publiquement René Lioret, présent à ses côtés lors de l’hommage cette année. Le député de la circonscription avait été identifié parmi le troupeau des brebis galeuses investies par le Parti de l’extrême-droite aux élections législatives de 2024 pour des publications sur Facebook à caractère raciste hostile à la vaccination contre le Covid-19. Comme tout 1er mai, les deux têtes d’affiches du parti ont aussi tenu un meeting dans l’après-midi pour fêter la nation et la France au travail. Plusieurs milliers de convaincus ont garni cette année le palais des sports pour montrer la capacité du RN à séduire en dehors de ses zones de force, le nord-est, et le pourtour méditerranéen. Marine Le Pen a donc convoqué sur scène Jeanne d’Arc, celle qui n’a pas renoncé à louer l’identité sociale et économique de la France et réclamer que la protection sociale devienne nationale et non mondiale. Conformément à son programme discriminatoire poursuit Le Monde Bardella Jordan a, comme partout il s’exprime, décrit les alentours avec ces paysages qui racontent la France des récits inédits des efforts, l’eurodéputé qui s’y connaît en effort, a dépeint un pays en proie à une rupture démographique, un basculement inédit à l'échelle de l’histoire et menacé par un choc dangereux des communautés. La France n’est pas un hôtel, dit-il, ni un guichet social, dit-il. Elle n’a pas vocation à subventionner la natalité d’autres peuples sur son propre territoire, a martelé le président du RN, de quoi susciter un énième, "on est chez nous", de la foule, des classiques du répertoire frontiste en somme. Alors pour la France du travail, cruelle photo, très jolie par ailleurs, où on voit personne au travail. Je veux dire, il n’y a personne sur l’estrade Bardella n'était pas là. C’est un peu comme à Bruxelles, il est pas là ! Il va arriver bien sûr. Très belle photo. Une photo signée Bruno Amsellem de l’Agence Divergence pour le Monde. Alors, les dirigeants du RN auraient bien aimé que cette journée ne soit qu’un 1er mai comme un autre. Elle restera cependant comme le dernier pas de deux, forcé de son « binôme » en attendant l'échéance redoutée. L’arrêt de la Cour d’appel de Paris-Dieu, 7 juillet, dans l’affaire des assistants parlementaires du Front National, FN, devenu RN en 2018, coup pré-judiciaire et politique pour Marine Le Pen. Dans les travées du palais des sports de Mâcon, comme à chaque réunion publique depuis de nombreux mois, des sympathisants n’ont pas attendu la justice pour trancher. Trois jeunes portent fièrement un maillot de l'équipe de France floqué Bardella 27. Une dame n’a toujours pas digéré les trois défaites présidentielles de Marine Le Pen. Et quand Fabien Duc, 53 ans et électeur du FN puis du RN, réclame un grand changement, il vise aussi son propre parti. Le cadre dans les transports ne serait même, entre guillemets, pas déçu que la députée du Pas-de-Calais soit condamnée, empêchée. Au contraire, ouvrez les guillemets. Ça voudrait dire que Jordan Bardella serait notre candidat. Il a plus de chance qu’elle de gagner. Et j’aime sa façon de parler du tac au tac. Fermez les guillemets. Les rires nerveux sont de moi. Sur scène, les deux non, parce que sa façon de parler, du tac-au-tac, alors si précisément, il n’y a pas de place pour l’improvisation chez ce bonhomme, chez quelqu’un, c’est bien chez lui, quoi. Alors lui, alors lui dès que tu sors de la leçon, à apprendre par cœur, c’est la catastrophe, quand même sur scène, reprise du monde. Sur scène. Les deux potentiels candidats à l'Élysée ont fait comme si de rien n'était, comme si tout ne dépendait pas du 7 juillet, et surtout comme si rien ne différenciait véritablement les deux chefs du RN. Une gageure depuis qu’il lui a succédé à la tête du mouvement, à l’automne 2022, Bardella, Jordan s’est trop bien distingué de son aînée pour balayer désormais les doutes sur leur prétendu symbiose. Bon, c’est toujours cruel une photo prise en plein sommeil, on dirait un bâillement quand même très jolie photo. Plusieurs faits, des derniers jours, ont un peu plus déchiré la feuille de papier de cigarette, entre guillemets, qui était censée les séparer sur le fond. Total Énergies a dévoilé des bénéfices records le 29 avril, dopés par la flambée des prix des hydrocarbures et la guerre au Moyen-Orient. Marine Le Pen juge normal que la multinationale française soit soumise à une taxation exceptionnelle sur leurs profits. Monsieur Bardella pense, monsieur, parce que ça c’est le monde, il continue à faire Monsieur, Madame, Bon, Monsieur Bardella pense que c’est pas la priorité. Bardella. La veille, Marine Le Pen avait aussi, dans un entretien à l’Agence France-Presse, déclaré préférer affronter un candidat du bloc central au deuxième tour de la présidentielle, citant l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, incarnation à ses yeux de l’extinction du clivage droite-gauche. Une manière de battre en brèche la stratégie de son dauphin. Soucieux de se poser en représentant des électeurs de droite sincères face à la gauche pour celui qui, sous prétexte d'élargir le socle électoral du RN, a moult fois pris ses distances avec le programme étatiste et avec les stratégies du ni gauche ni droite de Marine Le Pen pour séduire les milieux économiques. Les nuances étaient assumées quand leurs ambitions pour 2027 était distincte,l’Élysée, à lui, elle Matignon. Maintenant que les deux sont susceptibles de concourir à l'élection suprême, elle perturbe l’harmonie du parti et la nature de sa future campagne présidentielle. Marine Le Pen comptait profiter de son dernier meeting avant le coup pré-judiciaire pour clarifier leur vision économique et sociale. Elle voulait préciser sa philosophie de l'économie. Le public a eu droit à un périlleux jeu d'équilibre où la chef des députés RN a encensé travailleurs et chefs d’entreprise et glorifié un état protecteur et stratège à condition qu’il ne produise aucune norme susceptible d’entraver la liberté d' entreprendre. La confusion a ensuite laissé apparaître une évolution très nette sur le volet social, quasiment une révolution dans le logiciel de la fille de Jean-Marie Le Pen. Petite blaguounette du tchat, elle va finir par regretter Philippot c’est possible. Trois fois, la triple candidate à la présidentielle a tancé l’assistanat pour illustrer sa dénonciation de la fraude. La nécessité, la nécessaire solidarité dit-elle à laquelle je crois profondément et que je défends avec la plus grande détermination parce qu’elle est naturelle, n’a rien à voir avec l’adhésion malsaine à un assistanat, endémique, entretenu et encouragé, a-t-elle développé ? Bon, ben ça, vous expliquerez ça devant le juge le 7 juillet. Parce qu’en termes d’assistanat, vous vous y connaissez, jeu de mots, assistanat-assistant. Vous validez ? Bon, très bien. Jamais Marine Le Pen n’avait accepté de faire sien un terme qu’elle considérait comme discriminant à l'égard des catégories populaires. Si vous voulez trouver des différences entre Jordan et moi, libre à vous. Glissait-elle avant ce meeting où elle a donc gommé cette différence, quitte à renier un discours défendu depuis deux décennies ? Jordan Bardella ne s’est pas risqué à la moindre clarification. Le député européen s' est contenté de parsemer son discours de propositions traditionnelles du RN et de faire huer Emmanuel Macron et leurs principaux adversaires pour 2027, Mélenchon, Philippe, Attal, Retailleau. Tant que la justice n’est pas passée, elle développe la vision. Lui se contente de la déclinaison. Pour être le chantre du déclin, il dit bon lui. A défaut d’offrir une parfaite communion publique, le RN travaille à limiter les frictions en coulisses : réunions en séminaires présidentiels à la mi-avril. Les deux élus ont décidé que le directeur de campagne, le responsable de la communication, l'équipe chargée des meetings et le trésorier ne dépendraient pas de l’identité du candidat. Le programme lui attendra, tout juste c’est-on que le binôme envisage en cas de victoire à la présidentielle un référendum contre les migrations en même temps que le premier tour des élections législatives et que ce projet de loi constitutionnelle sera débarrassé de la mesure polémique et discriminante à l'égard des bis-nationaux pourtant présents dans l’inversion du programme actuel. Ni l’un ni l’autre ne veut être coincé dans un projet tranché à justifier Marine Le Pen, soucieuse d’y prendre sa part, qu’importe son sort. Je ne risque pas la peine de mort, dit-elle. Humainement, j’existerai encore après le 7 juillet et peut-être même politiquement à-t-elle tenté de dédramatiser. Je pourrais peut-être même faire encore quelques meetings. Corentin Lesueur envoyé spécial du Monde à Mâcon. C'était donc la lecture du matin, du lundi matin.
Qu’est-ce que tu le veux ? Le café de Monsieur Martinaud. Ben c’est celui-là. C’est le café de monsieur Martinaud, c' est le café de monsieur Martinaud !
Voilà, chers aupostiennes, chères aupostiens, il est 9h38, l’heure de tranquillement se quitter. On se retrouvera demain à 18h en direct pour le jeu Fachorama. Est-ce que vous avez des petites questions, des petites remarques sur la matinale de ce matin, sur l’actualité ? Est- ce que vous voudriez qu’on discute encore quelques minutes ? Si oui, c’est à vous !
Si oui, c’est à vous. David Dufresne, alors lui il est formidable. Écrivain sans lecteur, réalisateur sans spectateur, 10 ans à Libération, il a même été candidat à Paris aux législatives pour un parti qui s’appelait le Parti pirate, que je ne connaissais pas. Ça s’est passé en 2012, il avait fait un pour cent. David Dufresne. David Dufresne
Ah, c’est en boucle. C’est embêtant. Une fois, ça va voilà. Très bon rythme ce matin. Formidable pirate. Merci beaucoup. C'était super. J’en veux tous les jours. Oui, David, va voir le Discord. Il y a un appel des collectifs antifa oui, mais on en a fait, on en en a fait beaucoup ce matin Absolument. Absolument, on en a fait beaucoup. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux. N’hésitez pas à suivre la chaîne sur Twitch ou sur YouTube. Et surtout, surtout, n’hésitez pas à venir vous abonner sur auposte.media. C’est notre carburant, 95 % de nos revenus proviennent de vos dons et de vos abonnements. L’avantage d'être donateur, c’est la déduction fiscale. L' avantage d'être abonné, c’est de pouvoir voter pour vos émissions préférées, les mettre en avant. Choisir votre player, youtube, peertube ou podcast. Vous êtes de plus en plus nombreux à écouter en fait en podcast au poste. Ce qui ravit un certain Glaudioman qui est celui qui met en ligne toutes les émissions en podcast. Et vous allez aussi très bientôt recevoir une newsletter dédiée, une newsletter éditoriale que j’aurai le plaisir de rédiger régulièrement, voilà, pour les abonnés. Qu’est-ce que je peux vous dire d’autre que sans l'équipe auposte on n’existerait pas, Euryale, Nayan Théophile. Les animateurs, animatrices, agitateurs, agitatrices, Mathilde Larrère, Nora Bouazzouni, Nicolas Lebourg, Marc Endeweld, Hélène Assekour, l'équipe du site, Alexis au graphisme, Rolland pour tout ce qui est éditorial, et Etamin Studio pour le développement. Et les héros de toujours, Olivier, Robin, Muriel, Veuvechyco, Pimiko, Donnelapapate, voilà, merci à vous tous, à eux tous, à elles toutes, on y va, merci, à vous, on réfléchit à une deuxième matinale par semaine, peut-être à la rentrée, moi surtout, je suis perdu, je ne sais pas comment comment au poste peut être pertinent pendant la campagne électorale. Si vous avez des idées, n’hésitez pas à venir en parler sur le Discord, parce qu’il faudrait qu’on voit. Est-ce qu' il faut qu' on fasse plus de matinales, est-ce que l’on doit faire plus de reportages, est-qu’on doit renouveler les entretiens longs, si oui, avec qui ? Voilà, n’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez, attention, allez pour terminer, qu’est-ce qu’on pourrait faire pour terminer, tiens ça ça fait plaisir, 3, 4 merci les amis, à demain, 18h.
