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Pour un Front Populaire transféministe

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Transcription de l’émission

Pauline Todesco
Nous voulons allumer des contre-feux aux discours transphobes et aux attaques contre une communauté devenue cible privilégiée de la droite et de l’extrême droite. Nous avons aujourd’hui deux invités. Le deuxième court, vole vers nous en ce moment et la première ou la deuxième du coup est Lexie Agresti. Bonjour Lexie,
Lexie Agresti
Bonjour, merci pour cette invitation.
Pauline Todesco
Et merci de dire merci. Lexie, vous êtes diplômée en histoire de l’art et sociologie de l’art. Militante fondatrice du compte Instagram agressive Leah Trend et autrice du livre qui est juste ici. Une histoire de genre guide pour comprendre et défendre la transidentité aux éditions Marabout. C’est ça ? Je présenterai Morgan dès qu’il arrive. Donc avec Morgan et avec les collectifs Du pain et des roses et les invertis vous êtes tous deux à l’origine d’une tribune publiée dans Politis, cosignée par 800 personnalités ou corps ou organisations politiques, associatives et syndicales. Vous appeliez à la mobilisation, le 5 mai dernier pour faire face à la campagne politique transphobe qui essaie de gangréner le pays ces derniers mois. Alors que SOS Homophobie alerte dans son dernier rapport sur une augmentation de 120 % des attaques transphobes par rapport à 2023, alors qu’en avril est paru un livre transphobie et complotiste transmédia salué par Marion Maréchal, la presse de droite et d’extrême droite. Et alors que LR vient de faire voter le 28 mai dernier au Sénat la proposition de loi la plus transphobe que ce pays n’ait jamais connue, comme le disent les associations féministes et féministes. Pour finir cette introduction, je voulais citer des mots de MORGAN. J’espère que ça va le faire arriver. Qui dit à ceux qui pensent que la question du genre ne les intéresse pas ? Le genre régit le monde. Tant que vous ne l’aurez pas compris, vous resterez captifs de ceux qui gagnent à ce que vous ne vous y intéressiez pas.
Lexie Agresti
Voilà Morgan, comme toujours très pertinent, précis et juste. On espère qu’il arrive très vite. Oui, effectivement, pour. En attendant, on a effectivement initié cette riposte Trans et féministe face à un contexte qui a jamais été aussi frontalement transphobe dans le pays, mais plus largement face à une initiative et à une organisation qu’on peut véritablement dire de mondialisée de la transphobie. Vous disiez que c'était le projet le plus transphobie en France. En fait, c’est le plus transphobe à l'échelle de l’Union européenne, alors même qu’on a déjà des lois qui ont été validées, qui sont en application dans des pays comme la Hongrie, comme le Royaume-Uni, qui fait plus partie de l’Union européenne, mais quand même qui sont d’une violence absolue et dont on a rapidement compris que le but était d’effacer notre communauté de la vie publique. Et on a réussi à faire à faire mieux ou pire selon les points de vue. Donc oui, on avait besoin de pouvoir reprendre un peu d’existence publique et une possibilité de répondre parce qu’elles nous sont absolument inexistantes. En fait, dans les médias mainstream où la parole et la présence Trans est soit du divertissement, soit du pathos, pas du fait divers. Donc on a effectivement tenté d’organiser quelque chose, on a fait une manifestation qui a largement dépassé ce qu’on espérait, le cinq parce qu’on pensait faire quelque chose à Paris. On a ensuite contacté quelques collectifs dans des grandes villes de France et on a eu une mobilisation à l'échelle de tout le pays et de la Belgique jusqu'à Saint-Denis. Mais là, à La Réunion, effectivement, on ne s’attendait pas à ça. Ça va aussi continuer à vivre puisqu’il y a eu des séries de mobilisations encore jusqu' au 18, selon les dates et différents collectifs locaux. Et c’est en fait les organisations Trans n’avaient jamais réussi à le faire donc c’est un bon signe. Je crois aussi que c'était peut-être le signe avant-coureur de notre capacité à nous organiser face à une actualité encore plus actuelle liée aux législatives. Donc je crois qu’on a réussi à faire du positif avec du négatif et que c’est bon signe quand il y a de l’espoir.
Pauline Todesco
Oui, il y a une dynamique depuis quelques semaines. Au-delà, je veux parler de la communauté trans. Bien sûr, je pense qu’il faut vite apprendre à savoir faire. Union, barricades, alliances, force tout ça en même temps
Lexie Agresti
Et ça a été, et ça a été inédit à l'échelle de nos collectifs et associations trans et féministes. Et ça l’est, et ça l’est dans une ampleur encore plus inédite en termes de convergence des identités, des luttes et des revendications avec ce nouveau Front populaire. Donc, on arrive quand même à des trucs.
Pauline Todesco
est ce que, en attendant Morgan, vous pouvez. Prendre ce petit temps là pour peut-être que vous expliquez ce que votre travail fait sur les réseaux ? Euh. Qu’est en quoi consiste ce travail de créatrice de contenus sur Instagram ?
Lexie Agresti
Ah moi j’y suis venue, J’y suis venue avec l’idée de d’abord, partager des témoignages est quelque chose qui était très individualisé. Le compte va bientôt avoir six ans. Je l’ai créé face à l’expérience de la transphobie dans mon milieu universitaire et professionnel, je pensais être très immunisée de ces violences. Je suis spécialisée en histoire de l’art, en anthropologie sur les questions de multiculturalisme en Iran, les arts de l’islam. Donc je pensais que c'était forcément des laboratoires de recherche qui seraient très curieux en fait, des questions de diversité et donc face à cette à des messages ouvertement transphobes dans des groupes de parole, à des expériences de discrimination avec les administrations et certains profs, j’ai eu besoin de le montrer. En plus, en dehors de ça, à un moment d’une transition où j’ai gagné en confiance dans ma vie personnelle, dans mon identité, dans mon quotidien, on regagne de l’espoir et on fait face dans toutes les sphères du quotidien, à ces violences, à ces volontés de rejet. Donc au début, ça a été vraiment l’idée de montrer les messages de transphobie que je pouvais recevoir. Et face à la convergence des témoignages qui disaient bah moi aussi, moi aussi c’est les mêmes mots, c’est les mêmes formulations, c’est les mêmes idées. Elle a eu l’idée d’utiliser mon expérience en anthropologie de recherche pour en tirer des faits, pour en tirer des données, pour en tirer des analyses. Et c’est comme ça que le format tel qu’il est aujourd’hui existé. Et c’est quelque chose qui accompagne un travail sur le terrain avec les associations comme ce qu’on a pu faire à l’occasion du 5 mai et un travail de conférencière principalement en université et de formatrice avec les entreprises Dans le privé. J’essaye de ne pas juste utiliser, ne pas juste être. Sur les réseaux sociaux. C’est un outil. Et comme le besoin de formation, de de, d'éducation, de déconstruction de tout ce sur quoi repose la transphobie, il doit être fait dans toutes les sphères de notre société. J’essaye aussi.
Pauline Todesco
Partir d’Instagram et du coup vous êtes sortis d’Instagram pour faire un livre aussi.
Lexie Agresti
Donc bon bah du coup…
Pauline Todesco
Morgan devrait arriver d’une nuit à l’autre. Mais comme après on va vraiment parler d’actualité de la loi LR, j’aimerais vraiment qu’on attende Morgan pour pouvoir vous entendre en même temps tous les deux dessus et pour pas qu’ils ne sachent pas qu’est ce qu’on a déjà dit aussi, si vous voulez peut-être présenter votre livre, qu’est ce qu’il amène de plus par rapport à la littérature déjà existante ou quelle a été votre démarche, etc.
Lexie Agresti
Car c’est un livre qui a maintenant quand même quelques années et en fait on est venu me chercher. J’ai eu cette chance car c’est vraiment mon éditrice chez Marabout que je fais vraiment éditrice chez Marabout. C’est mon éditrice chez Marabout qui est vraiment qui m’a contactée pour chercher à proposer quelque chose qui garde l’identité et le ton pédagogue de ce que j’essaye de faire sur Instagram, mais qui permet aussi d’avoir de le rendre accessible à un format plus traditionnel qu’est le format du livre. Moi, c’est quelque chose qui m’a tout de suite forcément parlé en étant chercheuse le livre, le format papier. Je sais aussi que j’ai beaucoup de proches dans ma famille, des personnes qui n’ont pas accès aux réseaux sociaux et qui ne veulent pas particulièrement avoir accès aux réseaux sociaux. Donc c'était aussi une façon de proposer des réflexions qu’on attribue à des sphères très fermées, très isolées de la société, sur les réseaux entre jeunes, et de le proposer dans un format quand même plus institutionnel, plus traditionnel. M. J’ai essayé de le rendre accessible aux personnes concernées, aux personnes qui les accompagnent et je continue de vivre. Il est passé en poche, donc c’est manifestement qu’il trouve un écho.
Pauline Todesco
Et merci et nous venons à vous de Bruxelles car c’était une Rock star du coup.
Lexie Agresti
Bonjour !
Morgan Noam
Bonjour à tous ! Excusez-moi du retard, je suis vraiment désolé.
Pauline Todesco
Pas de soucis, on est très content et content de vous recevoir. Alors on a présenté Lexie. On a présenté un petit peu ce qu’on allait se dire pendant cette émission et je ne vous ai pas présenté pour pouvoir le faire quand vous serez là. Donc il y a votre livre. Donc, MORGAN, vous êtes thérapeute, activiste, formateur sur les questions de diversité, vulgarisateur sur les questions de genre, sur les réseaux et auteur du livre….
Morgan Noam
Ceci n’est pas un livre sur le genre.
Pauline Todesco
Il est sorti en avril aux éditions Les Insolentes. Si vous voulez le montrer à la caméra qui est là.
Morgan Noam
Ça va. Extrêmement chaud. J’ai beaucoup couru et je suis ravi d'être là.
Pauline Todesco
Ok, super donc en introduction, je ne vais pas la refermer. On posait comme premier pilier de la conversation. La fameuse loi. La proposition de loi LR donc comme je l’expliquais à Alexis, on va passer un petit peu de temps dessus pour vraiment voir ensemble à quel point pourquoi elle pose problème, les enjeux de cette loi. Parce que je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas au courant qu’il y a cette loi, tout simplement. Et de deux qui, si elles en ont ou elles en ont entendu parler peut-être, ne sont pas censées être intéressées à quel point elle est dangereuse. Et c’est sur ça qu’on va revenir ensemble, si vous voulez bien. Ma première question est toute simple pouvez-vous nous expliquer quel est le contenu de cette proposition de loi portée par LR des trois articles ? De quoi parle-t-on ? Aussi, si vous voulez, vous pouvez commencer.
Lexie Agresti
Allez, on se complètera.
Morgan Noam
Alors avant de parler des articles en eux-mêmes, je pense qu’il est important de revenir un an en arrière. Début 2023, où il y a Jacqueline Eustache Brinio une sénatrice LR qui se lance dans un groupe d'études sur ce qu’elle appelle la trans identification des mineurs. En gros, c’est la faire vulgairement. C’est comment finalement, les mineurs sont contaminés par les réseaux sociaux, ce qui expliquerait l’explosion de cas de demande de transition pour les personnes qui ne sont pas majeures. Et donc elle s’est réunie avec quelques-uns de quelques membres de son parti. Et au-delà de ça, elle a aussi fait appel à des figures notoirement anti tronches, comme Caroline alias HF et Céline Masson, qui sont les deux présidentes de l’Observatoire de la Petite Sirène, qui est un observatoire qui est là pour. On pour mettre une énorme épine dans le pied aux parents, pour les parents et les enfants ? Un trend qui vient empêcher finalement l’accompagnement trans affirmatif de ces jeunes-là et qui vient les inciter à subir des thérapies de conversion déguisées à peine déguisées finalement. Et donc, avec tout ce beau monde-là, elle a, elle s’est réunie pour pouvoir étudier ce fameux phénomène.
Pauline Todesco
Et est-ce que vous pouvez expliquer pour ceux qui ne savent pas, qu’est-ce qu’une thérapie de conversion ? Et on rappelle qu’elles sont interdites depuis la loi du 31 janvier 2022. Mais du coup, qu’est-ce que c’est ? Parce que si on part dans une application…
Lexie Agresti
Officiellement interdite, effectivement, on sait aujourd’hui, on sait dans les facs que la loi est pas appliquée en français encore enseignée et que, chose qui continue d’exister, les thérapies de conversion thérapie avec des énormes guillemets, c’est un ensemble de pratiques pseudo médicales qui repose sur l’idée qu'être LGBTQ+, toutes les identités de ce sigle sont fondamentalement une maladie, soit une maladie mentale, soit une maladie qui reposerait sur une contamination physique et que ça peut être guéri plus que ça, que ça doit être guéri. La plupart des thérapies de conversion sont organisées, sont aux mains de groupes religieux, toutes religions confondues, même si on sait que selon les territoires, on a d’une variante. Aux États-Unis, par exemple, c’est majoritairement les groupes conservateurs et les groupes des mouvements évangélistes. On sait qu’en Europe, on a aussi des groupes à la fois juifs, à la fois musulmans et de ces différentes mouvances chrétiennes. Les pratiques de thérapie de conversion impliquent un isolement des enfants, souvent à la demande des parents. On est vraiment dans le cliché des camps dans la forêt où on va regrouper des enfants et leur imposer un emploi du temps qui va complètement les priver de sommeil, qui va leur imposer une confusion sensorielle. On les prive de nourriture, on leur impose un reconditionnement mental avec des affirmations, les forcent à une exposition à de la pornographie hétérosexuelle. On a aussi la pratique des électrochocs, des stéroïdes, des séances de consultation, de thérapie psychiatrique et psychologique. C’est vraiment un ensemble de pratiques. On a encore du mal à avoir une transparence sur comment ça s’organise concrètement. Il y avait un très bon reportage d’Arte sur des survivants, des témoignages de survivants face à ces pratiques en Europe, notamment en Pologne où c’est très présent. Il y a aussi l’association Rien à guérir qui partage des témoignages sur les réseaux sociaux. Qui est française ? C’est quelque chose d’encore extrêmement réel et qui démontre que les identités LGBTQ+ sont encore cicatrisées. On parle beaucoup de la psychiatrie. C’est quelque chose qui est acté officiellement par l’OMS. Dans les faits, dans la façon dont on perçoit les identités socialement, on est très loin de ça et ça a des conséquences concrètes. Les thérapies de conversion ont des conséquences à la fois physiques et psychiatriques. On sait qu’il y a des survivants, mais il y a, à cause de thérapies, de pratiques comme du waterboarding, finissent tétraplégique, notamment le waterboarding. C’est une pratique de torture qui consiste à simuler de la noyade. On met un linge sur le visage et on balance de l’eau sur le visage et la personne s'étouffe. Et on sait que dans certaines pratiques, notamment au Royaume-Uni, le waterboarding est pratiqué. On a du mal à comprendre comment ça fait comprendre qu’on est hétérosexuel ou cisgenre. Mais apparemment il y a un lien. Et de fait, c’est un ensemble en fait de tortures qui tendent à être interdites de plus en plus à l'échelle des états, même si par exemple, le Royaume-Uni a encore beaucoup de mal aussi à faire appliquer la loi, même si c’est officiellement interdit en France, c’est officiellement interdit. La Suisse a refusé à plusieurs reprises de faire interdire ces pratiques.
Pauline Todesco
Mais en France, ça existe bien sûr.
Lexie Agresti
Officiellement, maintenant que la loi est passée, ça ne doit plus exister. Existe. D’accord.
Pauline Todesco
Et du coup c’est le problème qu’on a avec cette loi. Alors ça sert à faire référence à l’article trois par rapport au tapis de conversion. Mais donc alors MORGAN, est-ce que vous voulez nous dire en quoi consistent ces trois articles pour qu’on travaille dessus, à avoir tout, tout ce qui ne va pas là-dedans.
Morgan Noam
Bien sûr. Alors en juste en 20 secondes, je termine la chronologie. Donc s’il y a eu. Voilà, donc il y a eu ce groupe-là qui s’est réuni et qui a pondu plus de 300 pages de rapport. Un rapport, absolument. C’est vraiment un pamphlet idéologique totalement anti-France. Parce qu’on a les chiffres. Je crois qu’il y a moins si je ne dis pas de bêtises, il y a moins de 10 % de personnes concernées qui ont été interrogées.
Lexie Agresti
En tout cas, il y a Cannelle, deux associations trans et transgenres et deux associations qui accompagnent les personnes trans qui ont été consultées. En termes d’individus, on a une association de parents, de personnes trans grandir trans. Ce qui a été consulté, c’est vraiment ultra minoritaire.
Pauline Todesco
Et dont le témoignage de la présidente a été complètement, complètement tronqué et mensonger. Et plusieurs personnes dont un chirurgien qui suit des personnes trans depuis des années. On a testé à quel point c'était, comme il l’a dit, d’une grande malhonnêteté. Donc c’est à dire que c'était complètement, c'était complètement à charge,
Morgan Noam
A partir du moment où les témoignages n’allaient pas dans leur sens, n’allait pas prouver finalement ce qu’ils essayaient de prouver. Eh bien, très clairement, les témoignages étaient soit tronqués, soit il y avait des petites phrases qui étaient sorties de leur contexte pour leur faire dire autre chose. Mais en tout cas, il y a eu vraiment de la malhonnêteté intellectuelle sur la rédaction de ce rapport-là. Et donc, avec ce rapport-là, ils se sont basés sur ces 300 pages pour pouvoir du coup faire cette proposition de loi avec trois articles principaux. Donc le premier article, c’est interdire tout bonnement, euh, oui.
Lexie Agresti
Dans la première version. Dans la première version effectivement, qui a été proposée au Sénat, le texte a été, a été revu et corrigé après pour pouvoir être voté. Il était tellement discriminatoire que la première version qu’ils ont proposée en se basant sur leur rapport qui n’est même pas un rapport sénatorial, c’est un rapport de groupe, c’est un rapport de partie. Personne dans les autres groupes qui forment le Sénat n’a été consulté. C’est complètement une initiative personnelle et qui ne respectait pas les protocoles de consultation des groupes de travail au Sénat.
Pauline Todesco
La rédaction finale a été déléguée aux deux objectifs cycles quatre, dont vous parliez tout à l’heure.
Lexie Agresti
Elle a été déléguée même en amont, en fait, de la rédaction de la proposition de loi. En fait, quand madame Stage Briot a lancé son groupe de travail personnel, tout était déjà fait. Ce qui fait comprendre à quel point les consultations étaient en fait une mascarade et que l’obligation de consulter des personnes de forme, la pluralité des opinions était une obligation, une contrainte pour elle, avec laquelle il fallait faire, mais sans pouvoir vraiment, sans vraiment puiser dans les idées. Le texte a donc été modifié pour être présenté au Sénat, sinon il pouvait juste pas être voté, C'était impossible. Et dans la version finale, il s’agissait plus d’interdire complètement, mais de contraindre les transitions.
Morgan Noam
Bah voilà, y avait une contrainte. Donc pour une politique, mon corps est une contrainte à ce qu’il n’y ait pas la possibilité pour les mineurs de s’engager dans une transition médicale. Alors sachant que ce qui est intéressant, c’est qu'à la fois il visait les bloqueurs de puberté.
Pauline Todesco
On va expliquer ce que c’est juste après.
Morgan Noam
Les bloqueurs de puberté, mais aussi les opérations de changement de sexe comme ils appelaient ça. Sauf qu’on le sait, mais apparemment eux n’ont pas suffisamment bien fait leur travail pour le savoir. On ne perd pas les enfants. Et donc du coup, c’est une interdiction qui est dans le vent parce que c’est des opérations qui tout bonnement n’existent pas. Donc ça c’est vraiment l’article un où il y a une nécessité de contraindre et codifier l’accompagnement médical des mineurs et donc de leur couper l’accès à tout ça. L’article deux, c’est un article qui vient punir à la fois d’une amende et d’une peine de prison. Toutes les personnes qui vont accompagner ces mineurs-là. Donc sur le texte, c’est stipulé que ce sont donc les médecins a priori. Mais on peut imaginer, si on voit un peu plus loin, que potentiellement, c’est aussi les parents qui décident d’accompagner leur enfant qui pourrait à la suite de cela, pouvoir être puni par la loi. Et enfin, la troisième, c’est effectivement cette stratégie nationale de psychiatrisation de ces identités.
Lexie Agresti
Oui, une stratégie qui vise à imposer un diagnostic de transidentité. Comment j’utilise ce terme-là ? Ce n’est pas celui qui sera utilisé parce que c’est pas celui que la psychiatrie a eu l’habitude d’utiliser dans nos cas. C’est une mesure qui jusque-là a été petit à petit repoussée, repoussée, repoussée jusqu'à être abolie. Aujourd’hui les plus utiles. Il est plus nécessaire d’avoir un diagnostic quelconque pour pouvoir entamer une transition. Non seulement cette idée de ce diagnostic va redevenir nécessaire avec cette proposition de loi, mais en plus de ça, il y a tout un tas de mesures qui font partie de cet article trois, et notamment une grande stratégie autour de la réforme de la pédopsychiatrie en France, qui n’a aucun rapport avec les transitions de genre. Aucun. D’ailleurs, quand on regarde le vote et les discussions à la commission de vote au Sénat de cette proposition de loi qui a eu lieu avant la validation, tout le monde était d’accord dans cet hémicycle pour dire que l’ajout de cette volonté de réformer la pédopsychiatrie en France n’avait aucun rapport, mais que c'était la bonne occasion de le proposer et de l’ajouter comme ça, parce qu’on voudrait quand même pouvoir, sachant que dans les différentes, ces différentes stratégies de réforme, il y a la réforme d’accès aux centres de suivi médicaux et psy sur le territoire. Mais il y a aussi d’autres mesures liées en fait à la psychiatrisation d’autres questions que la transidentité, qui s’inspire complètement de stratégies de contrôle, de contrainte, d’eugénisme sur les différentes neuro atypiques sur le modèle américain. De toute façon, tout le texte, absolument tout, a été pensé sur le modèle américain.
Pauline Todesco
Alors je vais vous citer, puisque vous venez de parler d’eugénisme, et comme ça, ça me permettra d’enchaîner. Vous avez déclaré que la transphobie est un eugénisme. La transphobie est un projet politique. La transphobie est un pilier des violences patriarcales. La transphobie est un délit. Et ce projet de loi est transphobe. Je trouvais que c'était bien dit donc. Donc voilà. Donc il y a plusieurs choses à expliquer dans ces articles de proposition de loi. Donc on va revenir dessus point par point, si vous voulez bien. La première chose, c’est qu’est-ce que sont ces bloqueurs de puberté ? Je sais, vous n’avez fait qu’expliquer sur vos réseaux, mais les gens répètent sur le chat n’ont pas forcément vu tous vos contenus qui étaient très pertinents sur le sujet. Donc on va commencer avec ça et après on parlera de transition, puisque donc l’idée c’est d’interdire de transitionner. Avec cet amalgame, on reviendra dessus de ce que veut dire transitionner ? Et l’amalgame avec la transition médicale, ça me vient juste après. Donc première idée, fausse idée les bloqueurs seraient dangereux. Qui veut commencer ?
Lexie Agresti
S’ils étaient dangereux, ils ne seraient pas prescrits à des enfants non trans, Des enfants cisgenres depuis maintenant plus d’un demi-siècle. Ce sont des traitements qui sont utilisés et qui ont été développés sans jamais prendre en compte les personnes trans et nos besoins, et des traitements qui sont mis en place pour des raisons à la fois médicales mais aussi esthétiques. Pour suspendre temporairement une puberté, soit parce qu’elle est précoce, soit parce que les effets sont considérés comme trop intenses. Donc, par exemple, deux cas concrets, un cas qui relève de l’utilité médicale, une enfant de neuf ans va commencer à avoir ses règles. C’est beaucoup trop tôt, notamment en termes de développement osseux, en termes de développement et d'équilibre hormonal. Il faut attendre au moins treize ans. On va lui prescrire ces bloqueurs de puberté avec des hormones croisées pendant quatre ans en attendant que le moment soit considéré comme pertinent et sans risque médical pour lui laisser vivre sa puberté biologique. Le deuxième cas, c’est par exemple une adolescente de quinze ans qui a commencé une puberté et qui va grandir très vite et qui va peut-être, je ne sais pas, un mètre 84, un mètre 85. On va estimer qu’elle est trop grande pour une fille et on va du coup lui prescrire ses bloqueurs pour empêcher qu’elle continue de grandir. On a deux cas de figure et c’est prescrit de façon très courante pour ces deux cas de figure. On a un cas d’utilité médicale et on a un cas qui relève des injonctions et des normes de genre les critères de beauté. On pourrait aussi citer le fait de développer une pilosité trop importante, mais on peut aussi à l’inverse prescrire des stimulants à des stimulants hormonaux, par exemple quand un garçon va être trop petit et ça fait partie des mêmes, des mêmes traitements en fait. On a une cinquantaine d’années de recul dans l’usage de ces traitements. Personne ne les trouve dangereux. On les trouve même utiles, voire nécessaires. On les prescrit dans ces cas de figure là, en accord avec les parents, mais sans jamais considérer la nécessité d’obtenir un consentement éclairé de la part des enfants à qui on va les prescrire. Et il se trouve qu’au fil du temps, psychiatres, endocrinologues, parents et enfants en transe ont témoigné d’une volonté de pouvoir transitionner jeune et qu’on a commencé à leur prescrire ces mêmes traitements et qu’on a. On a ici aussi un vrai recul sur l'évolution de comment on a prescrit ces traitements. D’abord avec les mêmes dosages que pour des enfants cisgenre. A dire que pour une petite fille trans, on allait prescrire les mêmes dosages qu’on prescrivait à une petite fille cisgenre.
Pauline Todesco
Peut être pour les personnes qui ne sont pas familiers du terme cisgenre.
Lexie Agresti
Encore, je l’ai dit, c’est quelqu’un qui n’est pas trans.
Pauline Todesco
Pourquoi ? Si vous voulez le coller
Lexie Agresti
, il faut le coller. J’espère que du coup c'était le son était bon, hésitez pas à dire, dans le fond,
Pauline Todesco
je pense qu’on l’aurait dit, mais au cas où.
Lexie Agresti
Très bien. Il se trouve que ces premiers, ces premiers, ces premiers protocoles, on a su ajuster les dosages pour qu’il corresponde mieux, pour qu’il soit plus doux, pour que ça ne soit pas trop brutal sur le corps des enfants. Donc on a un vrai recul et on sait qu’aujourd’hui aussi, il y a plusieurs études, notamment le récent Trans Survey de 2023 aux États-Unis, qui rappelle que les effets physiques et psychologiques sont majoritairement écrasants, positifs pour les personnes qui les reçoivent. On en a fait, on les a diabolisés et on veut les interdire. En fait, ça n’a. Ça instrumentalise des raisons médicales, des raisons scientifiques, des raisons sociales qui en fait ne tiennent pas debout. Aujourd’hui, ces bloqueurs ne sont dangereux pour personne. On parle d’un scandale sanitaire parce qu’on les prescrit à des enfants en France. S’il devait y avoir un scandale sanitaire parce que les bloqueurs sont dangereux, ils auraient déjà été déclenchés avec les enfants cisgenre à qui on prescrit.
Pauline Todesco
Alors ma question suivante, c’est par rapport justement au fait que c’est cette idée de scandale sanitaire née et soutenue plutôt par l’idéologie des patrons. Ça c’est leur propos. Mais anti. Donc si vous voulez MORGAN, vous pouvez du coup enchaîner là-dessus. Donc cette idée. Donc encore une fois, on prend les et les préjugés, je fais comme ça. La transidentité serait une mode et c’est à ce titre de mode. Donc quand je dis mode, c’est cette idée de boom qu’il y aurait eu des mots, des transitions chez les mineurs et que ce serait à ce titre qu’il faudrait à tout prix faire une loi pour.
Lexie Agresti
Voilà.
Pauline Todesco
empêche les enfants de se leurrer sur qui ils sont et qui elles sont. Et donc, vous deux, quand le 5 mai, on racontait au début de la manifestation du 5 mai, vous preniez la parole place de la République, vous avez fait un discours tous les deux qui était très touchant. Vous expliquez qu’enfant, vous, vous, vous n’aviez eu besoin ni de personne pour savoir qui vous étiez. Donc si vous voulez parler là-dessus et sur les deux mots.
Lexie Agresti
Bien sûr.
,
Alors je laisserais Lexie enchaîner avec la mode, parce que historienne, elle va nous raconter d’où ça vient, pourquoi, comment. Mais voilà, si je peux embrayer par rapport au discours et par rapport à ce qu’on disait, Une comparaison qu’on aime bien faire, qui en général parle assez bien à tout le monde, c’est la comparaison avec les gauchers, la comparaison avec les gauchers. C’est à dire que ben voilà, au siècle dernier, c'était très mal vu finalement d'écrire de la main gauche et donc on attribuait aux enfants gauchers vraiment tous les maux. On disait que c'était possédé par le diable, que voilà, c'était une perversion que d'écrire de la main gauche. Et donc du coup, ce que faisaient les instituteurs et les institutrices, c’est qu’ils empêchaient, ces enfants-là, d'écrire de la main gauche en les forçant à écrire de la main droite. Et à partir du moment où les gens se sont un peu détendus et où finalement on s’est rendu compte que les gauchers, voilà, étaient tout à fait tout à fait normaux et qu’il n’y avait rien de grave. En tout cas, écrire de la main gauche. On a vu un boom des enfants qui se déclarent gauchers et ce n’était absolument pas expliqué et explicable par un certain lobby des gauchers qui aurait converti tout le monde finalement à cette écriture particulière, ni aux réseaux sociaux qui n’existaient pas, ni aux films sur les gauchers qui auraient convertit les foules. Non, pas du tout. C’est simplement qu'à partir du moment où on a cessé finalement de blâmer quelque chose d’absolument naturel, eh bien les enfants se sont mis et les enfants et les adultes d’ailleurs, se sont mis à basculer, à se réapproprier une attitude, une nature qui était la leur. Et donc c’est un peu la même chose finalement avec les personnes trans. Pendant très longtemps et encore aujourd’hui finalement, avec cette loi là où on les a fait passer pour des personnes qui souffraient d’une pathologie psychiatrique, pour des personnes perverses, pour des personnes dangereuses, instables. Et là, depuis 2015, notamment avec ce que le Time a appelé le Transgender Tipping Punch. Donc finalement c’est le point de bascule de la visibilité trans où on a commencé véritablement à en parler, avec notamment Laverne Cox dans Rangers de New Black et de plus en plus finalement, d’actrices trans qui devenaient des personnages publics. Finalement, à partir de ce moment-là, bah voilà, la parole s’est libérée aussi sur le sujet. Alors la parole s’est libérée. Peut-être qu’on y reviendra tout à l’heure, mais ça ne sous-entend pas que les personnes trans sont davantage en sécurité. Mais en tout cas, on entendait plus parler. Ce qui fait qu’on s’est aperçu que là, dans les dernières, dans les dernières années, il y a eu en effet de plus en plus d’enfants qui demandaient à être accompagnés, notamment médicalement, pour pouvoir faire leur transition. Ce que les antis trans réactionnaires ont considéré comme un scandale sanitaire, comme quelque chose d’absolument alarmant et qui finalement a été assez concomitant avec l’arrivée des réseaux sociaux et ont donc fait une un lien, un lien absolument absurde qui est que les personnes trans visibles sur les réseaux sociaux incitent les jeunes à devenir trans voir parce que j’aime beaucoup aller dans une conférences transphobie et donc du coup je sens un peu une passion étrange. Mais en tout cas, j’entends à chaque fois le même argument qui nous compare. Donc, nous les personnes trans visibles sur les réseaux, à des recruteurs djihadistes. Voilà. Et donc oui, bah c’est parce que ça, ils ne le disent pas, ils ne le disent pas malheureusement en public, ils le disent dans les conférences privées, etc dans lesquelles il faut s’inscrire. Mais en tout cas, apparemment on serait là pour dire aux enfants mais si vous n’allez pas bien. C’est parce que vous êtes des personnes trans et on vous conseille d’ailleurs de couper les ponts avec vos parents qui ne vous comprendront jamais et bien évidemment de rejoindre la secte transgenrisme pour pouvoir aller mieux. Bien évidemment, ça c’est un fantasme des théoriciens anti trans qui n’existent pas. Par contre. Et c’est important de le préciser. Ces personnes-là, dont font partie Céline Masson et Caroline HF s’incrustent dans les groupes Facebook de parents pour pouvoir aller recruter des parents en leur disant "Venez, on va pouvoir vous aider". Et très clairement recrutées pour pouvoir les amener dans des thérapies de conversion. Je digresse. Je n'étais pas en train de dire ça. Du coup voilà, il y a eu cette impression de boom tout à coup de phénomène de mode qui arrive. Alors que c’est simplement que les enfants ou les adultes, les jeunes adultes, peu importe. En tout cas, les personnes trans avaient pour une fois la possibilité de pouvoir se dire est ce que pouvoir se dire c’est compliqué de se penser quand on ne voit pas du même ailleurs ? Euh pour le coup, si je parle de mon expérience personnelle, la première personne trans que j’ai vu moi, c’est Erwan dans Secret Story un, ce qui remonte à très longtemps. Et encore, ce n'était pas une représentation politisée. Voilà, c'était vraiment très scandaleux. Ouh là, une personne trans. Et là, aujourd’hui, je suis extrêmement heureux que la jeune génération plus justement avoir des modèles sur les réseaux sociaux. Et c’est parce que justement ça existe dans les séries, dans les films, sur les réseaux que les enfants trans ne se disent pas attirants. Ça a l’air cool. Si j’essayais, mais simplement ah bah peut être que ce dont cette personne parle, c’est ce que moi je ressens. Et du coup, je vais avoir la possibilité de comprendre, de trouver des personnes qui vivent la même chose que moi, de mettre des mots sur ma situation et de pouvoir demander un accompagnement tout simplement plus rapidement.
Lexie Agresti
Absolument l’idée de la mode est instrumentalisée pour justifier l’idée que de fait, ça ne serait pas une réalité. On ne parle pas d’identité, on ne parle pas d’un phénomène humain à part dont on ne parle pas. C’est vraiment quelque chose qui est instrumentalisé et qui repose sur un constat, c’est que pour beaucoup de gens, c’est nouveau. Pour la majorité de la population. C’est nouveau. Mais en fait, ce n’est pas parce qu’une personne n’a jamais entendu parler. Je ne sais pas de quoi. A quoi je pourrais le comparer. Ce n’est pas parce que quelqu’un ne vous connaît pas et ne comprend pas les règles de grammaire du coréen que ça ne veut pas dire que le coréen existait déjà avant que la personne apprenne les règles de grammaire du coréen. Le fait d’instrumentaliser cette idée, en fait, elle cache la réalité elle-même archéologique, anthropologique, qui est que des formes de transidentité, on en a des traces sur tous les continents et depuis, au moins, si on s’en réfère et si on prend le code des habits comme première trace archéologique depuis environ 1789 avant Jésus-Christ, ce qui remonte et que des formes anciennes de transidentité qui étaient intégrées dans des structures, dans des structures sociales de façon très valorisées, très comprises, elles existent encore, et les sociétés natives américaines et sociétés polynésiennes, et plus largement dans tout le bassin Pacifique, on peut citer Hawaï, on peut citer Tahiti, on peut citer les îles Salomon, les îles Marquises, la Nouvelle-Zélande. Ce n’est pas des sociétés qui se sont qui ont disparu ou qui ont arrêté. Elles ont depuis longtemps. Elles ont bien avant la colonisation, une intégration de structures de genre qui dépasse les deux genres et qui intègrent des formes de transidentité de façon valorisée. On avait par exemple dans plusieurs sociétés natives américaines des activités artisanales attribuées spécifiquement aux personnes trans. Je pense par exemple à la vannerie, le fait de faire des paniers, pas des blagues. Le tissage de tissus utilisant des rituels spirituels, des fonctions spirituelles, notamment en Polynésie où il y a un lien avec les esprits à Tahiti et à Hawaï. Ce lien avec les esprits faisait aussi que des personnes d’un troisième genre avaient une vraie présence auprès des rois. Ce n’est pas quelque chose qui a complètement disparu, mais c’est quelque chose qui a été rendu, qui a été diabolisé par les efforts de colonisation au XIXᵉ siècle, parce que la société occidentale prend conscience d’une présence et d’une diversité de genres. Elle théorise une opposition à ça pour légitimer de façon pseudo scientifique et politique son modèle majoritaire qui est le modèle binaire et qu’elle modèle sis hétéro normé. Dans le livre de Morgan, il y a tout un passage où justement il cite le sexe, là qui a appuyé cette volonté de diaboliser tout ce qui dépassait et tout ce qui entrait dans le spectre des transidentités en expliquant que le summum de la civilisation, la civilisation la plus sophistiquée, c’est une civilisation qui renforce la binarité de sexe et de genre.
Morgan Noam
Il me semble que la citation, c’est qu’on reconnaît à quel point une population est civilisée à la manière dont on est capable de distinguer les hommes et les femmes de cette population.
Lexie Agresti
Le fait même qu’au XIXᵉ siècle on ait un gus qui utilise sa crade, sa Streets crade, sa science crade pour pondre ce texte alors même que l’Europe essaie de justifier la colonisation sur tous les continents, ça montre bien qu’on avait une présence qui remettait ça en cause. Donc l’idée de mode ?
Pauline Todesco
Non, puisque vous avez parlé de ce que j’avais prévu pour plus tard, mais on va le faire maintenant. J’avais prévu de vous proposer plus tard, Alexis, de lire un passage de votre livre qui est là. Mais puisque vous venez de parler de sis l’hétéro normativité, je trouverais ça chouette qu’il arrive maintenant. Alors c’est page 153. Voilà, vous expliquez la construction de la sis normativité et comment elle génère la transphobie et après on reviendra aux œufs, à la loi.
Lexie Agresti
Et parce que la sis normativité a été construite et a été transmise comme telle que la transphobie existe. La sis identité comme norme systémique est incompatible avec l’idée d’une société inclusive. Il y a là une dynamique de cause. Conséquence l’amas de normes et d’attentes autour de la sis identité exclut en conséquence logique la possibilité de transidentité dans un système qui attend de son stéréotype de la féminité de porter la vie, qui a théorisé l’instinct maternel comme un réflexe de femme qui a instauré la division, qui a instauré une division genrée créant une charge mentale spécifique aux femmes. L’idée d’un homme ou d’une femme née avec un pénis devient littéralement incompréhensible. Pourtant, il ne s’agit pas que d’une question de diversité des combinaisons genre biologie. C’est cette incompréhension fondamentale due à l’ensemble culturel qui est le nôtre, qui crée la peur et la haine et qui fait de la transphobie un système.
Pauline Todesco
Et alors je pense de compléter avec une autre citation vous, mais qui n’est pas dans le livre qui était dans un de vos nombreux post Instagram où vous dites les chromosomes, les questions hormonales d’organes sont infiniment plus nuancées que deux catégories x y avec un pénis plein de testostérone x x avec vagin, vulve, utérus et œstrogènes. Six d' entre elles se taxent de toute façon d'œuvrer ou de ne pas être de vraies femmes, de vraies ou de pas de vrais hommes.
Lexie Agresti
Voilà.
Pauline Todesco
Je trouve ça bien de passer par la biologie parce que c’est souvent un argument des transphobes de dire vous vous appuyez sur. Je cite un ressenti et en gros la biologie nous dit quelque chose. Et là ce qu’on est en train de dire, c’est que la biologie nous dit qu’il n’y a pas deux catégories, il n’y a pas de façon d'être.
Lexie Agresti
Ou en tout cas qu’elles sont beaucoup plus fluides. Et cette idée que tout est beaucoup plus fluide et que de toute façon on instrumentalise ses normes et ses non normes entre personnes cisgenre. Il y a eu un exemple assez récent qui était lors de l'élection de la dernière Miss France, qui est une jeune femme très menue avec des cheveux courts. Dès le lendemain, on l’accusa d'être trans parce qu’elle n'était pas assez féminine, parce qu’elle n’avait pas assez des gros seins, parce qu’elle voulait avoir les cheveux courts.
Morgan Noam
Juste Est ce qu’on a dit Graffiti ? Tu peux nous dire les termes que tu ne comprends pas, histoire qu’on puisse les définir, histoire que tout le monde soit au même niveau de compréhension ? Merci beaucoup.
Pauline Todesco
Oui, on reviendra dessus dès qu’après on n’a pas de site hétéro normativité. C’est bien. C’est ce que vous lisiez comme passage. C’est bien le système qui privilégie et pose comme norme le fait d'être six et le fait d'être hétéro. Donc le fait de ne pas être trans et le fait d'être hétéro ou Cisgenre,
Lexie Agresti
C’est en un seul mot et avec le c’est, c’est le fait de ne pas être trans. C’est la majorité des gens. Et quand on parle de six hétéro normativité, c’est l’ensemble des idées, des comportements, des traits physiques et des attentes qui sont liées à l’hétérosexualité, au fait d'être six, superposés et qui composent, qui composent la société.
Morgan Noam
Et qui valorisent surtout ces identités en dépit des autres.
Pauline Todesco
Alors le rapport sénatorial est demandé.
Lexie Agresti
Donc ce n’est pas un rapport sénatorial.
Pauline Todesco
Oui
Lexie Agresti
Moi, depuis que je l’ai appris, je tiens à ça. Alors on écoute le rapport LR. Le rapport, vraiment ? Un rapport des Républicains.
Pauline Todesco
Le rapport LR Oui, puisqu’il n’a pas été rédigé par le Sénat, mais par des…
Lexie Agresti
Associations, et même pas dans les normes de rédaction.
Pauline Todesco
Le rapport LR demande l’interdiction, donc on en a parlé vite fait, des chirurgies sexuelles. Donc, comme on l’a dit, c’est une fausse information. Mais euh, euh. MORGAN, vous en parliez dans un post. Voilà, je vous ai. Je vous ai stalké, vous avez vu ? Elles sont déjà interdites en fait pour les mineurs. Euh non, Oui non, elles sont déjà interdites. Interdites sauf, je vous cite, les opérations de réassignation sexuelle pour les enfants inter sexes dans le cadre de la standardisation de leurs organes génitaux réalisés sans besoin médical et sans consentement. C’est un sujet très ignoré. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui ne savent pas ce qu’est une personne inter sexe, donc ça vous aide pour l’expliquer. Et qu’est-ce que sont ces opérations de réassignation sexuelle aussi ? C’est à vous.
Morgan Noam
C’est à moi ! C’est parti ! Alors du coup, les personnes inter sexes, c’est vrai qu’on en parle peu, mais là on parlait de la biologie, on disait que ce n’était finalement pas si binaire que ça, et les personnes inter sexes en sont vraiment la preuve vivante. Donc les personnes inter sexes, ce sont des individus qui sont nés avec des caractéristiques qui ne sont pas typiquement féminines ou typiquement masculines. C’est à dire qu’on ne parvient pas à générer dans les cases extrêmement figées et fixes de ce qu’on pourrait appeler les mâles et les femelles. On parle davantage de mâle et de femelle pour les animaux que pour les humains. Mais en tout cas, voilà ou il y a des caractéristiques qui font que c’est compliqué de pouvoir définir un genre à la naissance ou plus tard. C’est ces variations. Elles sont plus d’une quarantaine, elles sont plus d’une quarantaine. Elles peuvent, elles peuvent être repérées dans différents endroits. Ça peut être au niveau par exemple chromosomique. On peut avoir des variations chromosomiques, on peut avoir également des variations hormonales, on peut avoir des variations. Gonades dit qu’on peut avoir des variations au niveau des caractéristiques sexuelles secondaires et donc tout ça, finalement, ça représente une quarantaine de variations et c’est des variations qui sont des variations naturelles du développement sexuel humain. C’est à dire que ce ne sont pas des pathologies, ce n’est pas grave, c’est simplement voilà une variation naturelle. Et donc ces personnes-là, les chiffres officiels, disent que c’est ça représente 1,7 % des naissances, 1,7 % des naissances. Ça peut paraître pas grand-chose, mais en réalité, quand on le compare, 1,7 %, c’est autant de personnes russes sur Terre et autant de personnes russes. Et pour autant, on ne part pas du principe que la personne russe ou russe n’existe pas. C’est pourtant ce qu’on fait avec les personnes inter sexes. Pourquoi ? C’est ce qu’on fait avec la personne inter sexe ? Parce qu’en France, lorsqu’un bébé naît, on est obligé d’aller le déclarer à l'état civil, de sexe masculin ou de sexe féminin. Et du coup, lorsqu’un bébé naît et que le médecin constate une variation du développement sexuel, donc en général, s’il peut constater à la naissance, c’est que ça se situe au niveau des organes génitaux. Il va y avoir un petit problème parce que du coup on ne va pas savoir dans quelle case le ranger ? Et donc, pour pouvoir pallier ce problème-là, la plupart des médecins proposent d’encourager fortement les parents à bien opérer leur enfant. C’est deux opérations qui se font dans les premières semaines, les premiers mois de la vie d’un enfant. Donc bien évidemment sans la possibilité d’un consentement éclairé de l’enfant. Et d’autant plus que les parents, souvent, on leur présente ça comme une pathologie, comme une anomalie, comme quelque chose à corriger. Et du coup, face à l’autorité de la blouse blanche, vont se dire voilà, si mon enfant a une anomalie, il va falloir que pour sa santé, pour son bien, je puisse la corriger sans du tout avoir des informations claires, nettes et surtout et surtout véridiques sur ce que sont véritablement les insertions des intersexués. Il est d’ailleurs dans beaucoup de cas on ne nomme pas l’inter sexuation, on parle d’une anomalie, on parle d’une pathologie, on ne parle pas d’inter sexuation et surtout on ne dit pas aux parents que les enfants auraient la possibilité de se développer sans qu’il y ait d’intervention faite sur leur corps. Ces interventions-là, il faut savoir que c’est fait sur des tout petits corps. Donc c’est des interventions avec nécessité d’avoir une précision chirurgicale assez incroyable. Et c’est pour ça que les conséquences de ces opérations-là, elles sont dramatiques. Elles sont dramatiques dans un premier temps au niveau physique, parce que ça peut entraîner tout un tas de complications au niveau urinaire ou des dysfonctions sexuelles par exemple, au niveau névralgique aussi neurologique, et aussi des complications psychiques. Parce que de fait, la plupart des enfants inter sexes, c’est ce que disent les associations en tout cas, grandissent dans l’ignorance et sans savoir que ce sont des personnes inter sexes, beaucoup ont des difficultés à avoir accès à leur dossier médical, sachant que le dossier médical c’est un droit en France de pouvoir le consulter, de pouvoir y avoir accès. Et ces enfants-là se trouvent avoir de la peine à y aller, à les avoir ou à les obtenir, mais avec des pages arrachées sur les procédures du coup qui ont été faites sur leur corps. Et donc du coup, bah forcément, ces personnes-là, on ne pense pas la société pour elles, on ne pense pas, on ne. Et elles, elles sont totalement absentes de la grille de lecture de la majorité des personnes qui du coup laissent faire ces mutiler. Sans aucun souci. Il faut rappeler que justement on parlait de thérapie de conversion à tout à l’heure, qu’en 2022, quand on a proposé d’interdire les thérapies de conversion, on a également proposé d’interdire ces mutilations sur les enfants inter sexes. Cet amendement n’a pas été retenu. Et donc du coup, aujourd’hui, en 2024, cela existe encore. Les mutilations sur les hommes, sur les bébés inter sexes.
Lexie Agresti
Et déjà quand en 2017-2018, je ne sais plus quand la loi bioéthique était discutée, rédigée avant qu’elle soit votée, c'était aussi un amendement qui avait été proposé à côté de la loi bioéthique. Et déjà là, l’Assemblée n’avait pas voulu le voter.
Pauline Todesco
Et c’est là qu’on a en partie, mais pas seulement, parce qu’on va continuer, on a encore plein de choses à avoir, mais en quoi cette loi n’est évidemment pas. Donc là je parle de la loi LR, évidemment pas une loi qui est là pour protéger les enfants, puisque l’exemple des enfants inter sexes nous prouve bien que si on ne va pas dire interdiction. Opération. Alors en l’occurrence, comme on a dit, il n’y en a pas sur les enfants, mais dans l’idée où il y en aurait si l’idée était de les interdire pour les protéger, elle viserait en priorité les enfants inter sexes qui les subissent déjà et non pas des bloqueurs de puberté qui, comme on l’a dit, sont à la fois réversibles, sans danger. Et ça, on y viendra plus tard. Essentiel pour les pour certains. Pour ce qui est des enfants. Mais on y est, on y viendra après, vous voulez dire ?
Lexie Agresti
Eh oui ! A la veille du vote, la veille du vote au Sénat, on était plusieurs associations. Personne. On a été reçus au Sénat sur l’invitation Diane Broussaille et Mélanie Vogel pour discuter et pour un peu, éclaircir tout ça. Vous êtes imbroglio de fausses informations. Et il y avait Sébastien Chevalier, qui est le représentant ou le directeur, je ne sais plus. Des questions LGBT chez Amnesty International France et qui a fait un point sur le fait que le rapport et le texte de loi. Va contre eux. Je crois que c’est douze libertés individuelles : le droit d’accéder à des soins médicaux, le droit à l’identification, le droit au respect de la dignité de l'être et le droit aussi à la reconnaissance de l’intérêt supérieur de l’enfant. Je suppose qu’ils ont fait un post ou quelque chose sur cette question sur un listing de tous les droits et qui était complètement bafoué par ce texte.
Morgan Noam
Oui et juste rajouté parce que ce que tu disais est intéressant, à savoir que si on se préoccupait en effet du bien-être des enfants, on s’occuperait des enfants inter sexes et non pas des enfants trans. En tout cas pour leur interdire quoi que ce soit.
Lexie Agresti
Oui.
Morgan Noam
Oui, bien sûr, c’est comme ça que je l’ai entendu. Mais ça s’explique de manière très claire. C’est à dire qu’opérer les enfants inter sexes, c’est les faire correspondre au schéma binaire patriarcal de la répartition et de la hiérarchisation des sexes. Les enfants trans viennent mettre un coup de pied dans la fourmilière justement de ceux de ce système patriarcal. Et c’est très clairement pour ça que du coup, il y a deux poids deux mesures sur la protection des enfants par ces députés.
Pauline Todesco
Donc dans votre livre Morgan, vous prenez le temps d’expliquer longuement ce qui est disponible ou non en termes de transition pour les mineurs. Avant d’aller plus loin, je pense que c’est intéressant qu’on pointe l’amalgame qui est celui des débuts de ceux et celles qui mènent l’offensive transphobie, mais aussi des personnes qui sont ignorantes sur le sujet et qui ne sont pas forcément transphobes, mais simplement n’ont pas la connaissance là-dessus. Les amalgames autour du mot transition parce qu’il y en a trois types. Mais en général, quand on dit transition, que ce soit dans le rapport LR ou quand on peut entendre des gens parler, ils ne pensent qu'à la transition médicale. Donc, est ce que vous pouvez nous expliquer ces trois types de transition et qu’est ce qui est possible pour un mineur, puisqu’on a vu que les chirurgies. Non, mais qu’est ce qui est possible, bien sûr.
Morgan Noam
Donc, en effet, comme cela a été dit à trois types de transition, il faut savoir qu’il n’y a pas toutes les personnes trans qui passent par ces trois types de transition, et en tout cas que l’identité trans, ce n’est pas légitime en fonction du nombre de d'étapes qu’on fait dans toutes ces transitions-là. Donc il y a la première, celle en général par laquelle toutes les personnes trans passent, qui est la transition sociale. Alors, la transition sociale, qu’est-ce que c’est ? C’est dire au monde déclarez au monde un autre genre. Et ça, ça passe par plusieurs choses. Donc ça peut passer par exemple, par moi. Voilà, dorénavant, j’aimerais que tu puisses m’appeler comme ça. J’aimerais que tu puisses me générer de cette manière-là. Donc changer de prénom, changer de pronom, ça peut aussi passer par un bain. Changement de garde-robe, ça peut aussi passer par un tour chez le coiffeur, tout simplement pour pouvoir faire comprendre au reste du monde notre identité et cesser finalement de prétendre qu' on est en accord avec le genre qui nous a été assigné à la naissance. Donc voilà, ça c’est la transition sociale que certaines personnes trans se décident de s’arrêter à la transition sociale et c’est ok. Certaines décident de passer à la transition médicale, sachant que dans la transition médicale y a plusieurs étapes aussi. En général, la première étape de cette transition médicale, c’est l’accès aux hormones et pour pouvoir avoir accès aux hormones aujourd’hui. Alors même si officiellement la France a reconnu que la transidentité n'était plus une pathologie psychiatrique, aujourd’hui la plupart des équipes dites officielles, donc, c’est à dire dans le public, dans les hôpitaux publics, demandent à ce qu’on ait un suivi de minimum deux ans, un suivi psychiatrique de minimum deux ans pour pouvoir valider votre entrée dans le protocole médical. Donc il y a ce suivi psychiatrique qui, de fait, normalement, légalement, n’est pas obligatoire. C’est important de le rappeler, qui ensuite donne accès à la possibilité de prendre un traitement hormonal substitutif. C’est un traitement du coup qui peut prendre plusieurs, plusieurs, plusieurs formes. Et soit il y a la possibilité d'être satisfait par les effets finalement de ce traitement hormonal substitutif et donc de s’arrêter là, soit on a la volonté de pouvoir accentuer les effets de ce traitement hormonal et donc du coup on passe par diverses chirurgies. Donc ça, c’est globalement, sans rentrer dans les détails, la transition médicale. Et ensuite il y a ce qu’on appelle la transition juridique, administrative, qui consiste à mettre finalement en accord notre genre avec nos papiers d’identité. Donc, vulgairement, remplacer le petit homme par le petit assure que ce soit aussi bien notre carte d’identité, votre passeport, votre carte vitale, etc. Tous les documents qui attestent de notre identité. Donc ça c’est les trois différents parcours qui existent pour les mineurs. Alors dans la plupart des cas, les mineurs ne font aucune transition sociale. Dans la plupart des cas, on va simplement accompagner son enfant à explorer son genre. Ce n’est même pas dans un premier temps et c’est important vraiment de le poser ici. C’est que dans un premier temps, il ne s’agit que d’une exploration, c’est à dire qu’on va l’accompagner à explorer son rapport aux genres, son rapport au monde et tout simplement ne pas le contraindre à son assignation de naissance et pouvoir lui permettre d’aller explorer d’autres expressions de genres, d’autres manières d'être au monde.
Pauline Todesco
Ça peut être, même si ça peut sembler simple, qu’est ce qu’on appelle l’assignation de genre ? Et je viens de le faire. Le mot que vous venez de dire est l’expression de genre qui n’est pas la même chose que l’identité de genre..
Lexie Agresti
Mais pour les femmes et l’identité, l’expression de genre, c’est le moment fondateur de tout le genre dans la société et tout le monde y passe. C’est ce moment où, quand un nouveau-né est après l’accouchement, on observe ses organes génitaux et on déclare si on voit un pénis, ce que c’est un garçon, si on voit une vulve, que c’est une petite fille. Ça, c’est l’assignation de genre à la naissance. Et c’est déjà un moment qui est un peu confus parce que c’est quelque chose qui est extrêmement limité et limité, et qu’on pose ces boîtes qui ont déjà engendré des conséquences, mais qui peut ne pas correspondre à tout parce qu’on attend en fait tout un ensemble de caractères. Si on observe tel organe génital, en fait on s’attend à toute la smala. C’est peut-être assez de dire ça. Tout l’ensemble, je ne sais pas, est de facteurs biologiques qui vont avec alors qu’on peut déjà avoir un enfant inter sexe. L’expression de genre, c’est l’ensemble des facteurs sociaux comportement, vêtements, coupe de cheveux, utilisation d’un genre dans le milieu, dans le langage. Les pronoms par exemple, qui vont assigner une personne à un genre ou un autre genre. Je dis que pour deux, parce qu’on vit dans une société qui est construite sur la binarité de genre, ces deux données ne se superposent pas pour la majorité des gens. Une personne qui a été assignée femme à la naissance aura une expression de genre qui va être considérée comme féminine pour les personnes trans. En fait, il y a énormément de chevauchements, il y a des moments de dépassement, il y a des moments de fluidité. Et de toute façon, on est sur une superposition qui est construite sur des injonctions, des normes, mais qui ne va pas de soi naturellement, qui varie dans le temps. Le fait que, par exemple, certaines couleurs soient considérées comme masculines, que certains types de vêtements. On a habillé les enfants en robe jusqu'à huit ans au moins jusqu’au XIXᵉ siècle. Donc c’est vraiment quelque chose qui est, qui est en fait très. Beaucoup moins réel. C’est quelque chose qui est construit, qui est artificiel.
Pauline Todesco
Et donc ça, c’est l’expression de genre. L’identité de genre, c’est le fait.
Lexie Agresti
Et l’identité de genre, c’est le genre vécu et affirmé par une personne et qui en fait est renforcée et qui est facilitée dans le quotidien par l’expression de genre et qui parfois va contre l’assignation de genre.
Pauline Todesco
Voilà, donc on peut avoir une identité de genre qui est la même que son expression de genre ou pas. Et par exemple.
Lexie Agresti
J’ai été assignée garçon à la naissance. C’est mon assignation de genre. Mon identité de genre, c’est d'être une femme trans et j’ai une expression de genre qui est considérée comme féminine parce qu’elle va dans tous les critères. J’aime bien porter des robes, j’aime porter les couleurs qu’on va assigner à la féminité et j’ai tendance à me comporter de façon plus. Discrète et délicate, ce sont des qualités qu’on attribue à la féminité. Et trois données, ils doivent être corrélés l’une de l’autre.
Pauline Todesco
Je pense que c'était bien de faire un point. Morgan voulait dire quelque chose ?
Morgan Noam
Sinon on reprend finalement sur cette question de parcours des mineurs. Donc du coup, là, la plupart des mineurs, je leur dis parce que la répétition, c’est toujours bien. La plupart des mineurs se contentent de cette transition sociale. Où va y avoir un accompagnement dans l’exploration ? Potentiellement. Essayer des prénoms, voilà, essayer des prénoms, essayer de se faire générer autrement, qui peut soit se restreindre au cercle familial, soit potentiellement si les parents, l’enfant le sentent et l'école et un peu informé sur ces questions potentiellement aussi peut se faire à l'école. Donc c’est à dire simplement par exemple changer de prénom sur la liste d’appel, ce genre de choses qui n’implique en réalité pas grand-chose. Donc ça c’est la plupart des enfants se cantonnent à ça, mais certains enfants trans se font accompagner médicalement. Alors je dis certains enfants, pourquoi ? Parce qu’il y en a certains qui n’en ressent pas le besoin, d’autres qui au vu finalement du peu d'équipes spécialisées qui existent, sont en file d’attente en liste d’attente et du coup n’ont pas la possibilité de se faire accompagner parce qu’il n’y a pas suffisamment de médecins formés à ces questions-là. Voilà. Donc il y a plusieurs possibilités, en tout cas, qui expliquent qu’un enfant ne soit pas dans un parcours médical, mais en tout cas, quand il y a un parcours médical avant la puberté, on ne fait rien. C’est à dire qu’il y a simplement un accompagnement à la fois de l’enfant de manière individuelle, mais aussi de la cellule familiale, pour pouvoir accompagner finalement tous ces questionnements et aider aussi les parents à mieux accompagner leur enfant. Et donc, jusqu'à la puberté, il n’y a rien. Et à partir de la puberté, il y a la possibilité. Il y a en tout cas une discussion qui s’ouvre sur la possibilité de prendre ou non des bloqueurs de puberté. Ça, ça va dépendre encore une fois de l’enfant, puisque c’est aussi et de l’enfant et des parents parce qu’on rappelle que rien, rien, rien n’est fait sans l’accord des deux représentants légaux. Donc ce n’est pas un enfant qui tout à coup se pointe dans le bureau d’un médecin et dit je veux des hormones. Eh oui, bien sûr, ça n’existe pas, ça ne se passe pas comme ça.
Morgan Noam
Parce que le médecin, ce n’est pas qu’un médecin, c’est à dire qu’il y a un collège de médecins, donc avec des psychiatres, des endocrinologues, des chirurgiens, urologie, gynéco, etc. qui entourent finalement l’enfant pour pouvoir lui permettre de prendre une décision avec un consentement libre et éclairé, en lui ayant expliqué véritablement les tenants et les aboutissants des bloqueurs de puberté pour que voilà la famille puisse prendre la décision. Et donc, à partir de la puberté, plus exactement du stade de tanneur, il y a la possibilité donc à partir du développement des caractéristiques sexuelles secondaires, il y a la possibilité donc de prendre des bloqueurs de puberté, des bloqueurs de puberté comme la dyslexie, qui sont là pour mettre une pause sur le développement pubertaire, mais absolument pas pour mettre un stop. C’est à dire qu'à partir du moment où on arrête le traitement, la puberté reprend comme si de rien n'était. Donc il y a cette possibilité là à partir du moment de la puberté. Et si on voit que l’identité est stable pendant plusieurs années, après la prise de bloqueurs de puberté, on va avoir la possibilité encore une fois, avec le concours des parents et des médecins qui accompagnent l’enfant, de proposer un micro dosage en hormone. Quand je dis un micro dosage en hormone, c’est à dire que ça n’a strictement rien à voir avec les doses que les adultes prennent, c’est tout simplement pour pouvoir permettre à l’enfant déjà de pouvoir continuer sa croissance, de pouvoir continuer son développement tout simplement. Et puis aussi de ne pas se sentir trop en décalage avec ses camarades qui pour le coup, à son âge, ont déjà bien commencé la puberté. Et pour qu’elle puisse prendre le train en marche, Il.
Lexie Agresti
Il y a aussi une question purement scientifique, c’est qu’on ne peut pas prescrire de bloqueurs de puberté sans un minimum d’hormones croisées. C’est juste impossible. C’est en fait amener la personne qui compte. Mais pareil pour des adultes. Et pareil pour les enfants cisgenres à qui on les prescrit à un déficit hormonal complet. Et en termes de santé physique et mentale, c’est absolument désastreux. Il y a très peu de choses aussi graves que ça. Donc en fait c’est de toute façon une nécessité.
Pauline Todesco
Alors dans ce qui est, ce qui, on va dire, draine la pensée transphobie, il y a, comme on disait, on l’a bien décortiqué, cette idée de boom des transitions, mais ça se couple avec une idée de boom des transitions. Alors je vais juste faire un petit point dessus avec quelques chiffres et après ? Et après on s’en parle. Donc la transition, c’est donc l’inverse d’une transition, encore une fois sans aucune mention de quel. Des transitions parlant, c’est comme si tout était la même chose. Bon. Et donc l’idée de transition, c’est ce serait l’idée que. Donc là on parle des mineurs puisque la loi est claire concernant les mineurs. Ce serait l’idée qu’une personne commencerait à entamer pour un mineur, commencerait à entamer un processus de transition. Et puis en fait non, il ou elle s’est complètement trompée et il veut transitionner et c’est une catastrophe. Et alors ? C’est pour ça qu’il faut faire cette loi. Donc je donne juste quelques chiffres, pas beaucoup, j’en donne trois et après je vous donne la parole. Donc le premier c'était c’est juste par rapport quand on parlait du boom, des transitions, pour vraiment comme ça, c’est clair. Le psychiatre Jean Chambry explique dans un article sur Mediapart qu’après je cite une augmentation des demandes des mineurs, quelque chose s’est stabilisé correspondant au pourcentage de la population qui vit la transidentité, à peu près 1 %. Et donc il donne l’exemple des gauchers qu’on donnait tout à l’heure. Donc ça c’est pour arrêter avec cette histoire de bonne des transitions. Effectivement, comme vous l’expliquez, à partir du moment où la société le condamne moins, les personnes peuvent dire qu’elles le sont. Et d’ailleurs c’est bien là où on voit que ça n’a pas de sens de penser comme ça, puisque oui, il y a plus d’enfants qu’avant qui le disent, mais il y a des personnes qui ont 40 50 ans et qui aujourd’hui le disent. Alors, est ce qu’elles ont été intoxiquées au réseau à l'âge adulte ou est ce qu’elles se sont retenues de lire toute leur vie ? Voilà. Et donc je donne deux chiffres que MORGAN vous dites, vous citez dans le livre cette fois sur l’idée de transition et donc on va en parler en moyenne cinq ans après leur transition sociale. Donc encore une fois, transition sociale, ça veut dire se faire générer correctement, c’est-à -dire le bon pronom et le bon prénom. Après la transition sociale, 97,5 % des jeunes trans s’identifient encore comme trans après la transition sociale. Pour les autres, les démarches sont totalement réversibles. Donc on parle des bloqueurs de puberté, etc. Une étude récente néerlandaise publiée, publiée dans The Lancet, un bar ayant suivi des jeunes trans jusqu'à leur vingtaine, a conclu que 98 % de celles et ceux qui avaient reçu des inhibiteurs, donc des bloqueurs, continuent leur parcours de transition. Et donc là où je voulais vous entendre. C’est donc pourquoi il faut relativiser cette histoire de transition et surtout pourquoi c’est important de corréler l’idée de transition et l’idée que les personnes qui des transitions seraient ne seraient plus trans.
Lexie Agresti
Il faut le décourager parce que la majorité des transitions ou des transitions en utilise les deux. Les deux termes aujourd’hui ne sont pas liés à un regret. C’est même la minorité de la minorité. On parle de 1 % des personnes qui entament des démarches de transition, des transitions. Donc on est vraiment sur très peu de gens. La majorité des personnes qui se retrouvent dans cette situation de rejet des transitions, je veux dire des transitions pour simplifier, le sont en fait par des facteurs qui sont hors de leur volonté propre. On parle d’un manque d’accès à des soins parce que plus spécialisés, ce qui permet de renouveler ses ordonnances. On parle de ne plus avoir les moyens matériels de financer une transition. En France, on a des remboursements, mais c’est loin d'être le cas partout dans le monde. Et de fait, comme la majorité des études sur la question sont faites aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, on parle, on doit prendre en compte le facteur coût financier des transitions et beaucoup de personnes se retrouvent à ne plus pouvoir se payer les soins de transition. Et de fait, être en suspension dans une étude qui est faite sur ce qui a été fait sur le phénomène, Il y a aussi dans la prise en compte des transitions, des cas de personnes qui arrêteraient de faire leur transition dans les hôpitaux publics et qui passeraient dans le privé. Ça s’est compté comme une des transitions, alors qu’en fait c’est pas du tout un arrêt des soins. Il y a aussi la majorité des personnes qui sont en fait dans une situation de pression sociale qui les pousse à arrêter leur transition, à inverser le processus. Et il y a des personnes qui décident qu’une un point de transition médicale finalement n’est pas nécessaire ou ne leur correspond pas, qui continue quand même à s’identifier comme personnes trans. Donc on est dans un ensemble de facteurs qui montrent que la situation est extrêmement complexe et que les cas de regrets et de personnes qui ne sont pas trans sont en fait ultra minoritaires. Ça ne veut pas dire pour autant qu’il ne faille pas les écouter. Il est très important et je pense que c’est un enjeu de notre communauté. Une fois qu’elle sera moins dans l’urgence de la survie à apporter, c’est que ces personnes qui en fait ne sont pas trans et qui ont accédé à des soins qui finalement leur font vivre des situations de mal être après coup, doivent être entendues et on doit pouvoir anticiper ces situations. On doit pouvoir l’anticiper sans jamais interdire aux personnes trans d’accéder à ces soins qui, elles, leur sauveront la vie. Parce que ça, c’est aussi quelque chose qui a été chiffré, qui a été montré plusieurs fois. On nous pose toujours la question comme si c'était à caca. Est ce qu’on a vraiment des informations qui nous permettent de dire que ça vous est utile ? Oui, l’accès à des transitions sociales dans l’adolescence, donc juste le bon prénom, le bon pronom réduit de plus de 96 %, les risques de suicide à l'âge adulte, L’accès à des hormonothérapie qui en plus sont continués par l'écrasante majorité des gens permet de réduire les taux de suicide à l'âge adulte et plus de 90 % des personnes. Je ne sais plus si c’est 95 ou 97 % des personnes qui prennent des hormones estiment avoir une meilleure qualité de vie grâce aux entretiens quatorze 94 estime avoir une meilleure qualité de vie grâce à ces hormones. Donc, quand on met en comparaison le bénéfice et la présence d’un regret vrai qui doit pouvoir être évité mais qui est une ultra minorité, l’instrumentalisation va contre l’intérêt des personnes, va contre la santé des personnes et leur et les volontés de contrainte leur promet. Une dégradation de la santé, ce qui est déjà en soi négatif. Mais en plus de ça, avec des conséquences qui sont le suicide. D’ailleurs, c’est toujours ce à quoi nous ramènent les personnes trans ce suicide des personnes trans, ce suicide. Oui, mais ce qu’on veut nous promettre comme avenir social, c’est de nous de nous faire augmenter ces taux de suicide. Pardon, j'étais un peu en colère
Morgan Noam
Je voulais juste réagir à une question qui était un peu plus haute qui demandait si est ce que finalement le fait d’imaginer le concept d’identité de genre comme quelque chose de fluide et non pas comme quelque chose de figé, ça faisait relativiser justement cette question de transition et de transition. Et en effet, aujourd’hui, c’est vrai que l’humain est rassuré par les certitudes et l’identité de genre en est une. On ne l’a pas présenté comme ça, en tout cas depuis toujours. On aurait un M ou un sur notre carte d’identité et ce serait quelque chose de fixe et ce serait quelque chose. En tout cas, la seule chose à laquelle on pourrait se raccrocher vraiment. Et donc du coup, les personnes trans viennent, viennent un peu mettre un coup de pied dans cette fourmilière-là. Sauf que, en réalité, au contraire de la manière dont on nous l’a présenté, les notions à la fois de genre mais aussi de sexualité, de sexualité, d’orientation sexuelle sont des notions à vraiment envisager comme des notions mouvantes, fluides et vivantes. Et donc, en effet, ces questions de transition et de transition, c’est pour ça que nous, on a davantage tendance à parler de transition, parce que finalement c’est simplement ton identité, genre qui évolue à travers le temps et en fait on met quelque chose de grave dessus alors que ce n’est pas grave, c’est juste une évolution. Enfin ne serait-ce que même quand on n’est pas une personne trans, quand on est une personne. Si je pense que toutes les personnes qui nous écoutent aujourd’hui peuvent se dire que par exemple, ben vous n’avez pas été la même femme ou le même homme à trois ans, à quinze ans, à 30 ans, à 40 ans, et que de fait, l’identité de genre, elle fluctue et ce n’est pas du tout la même chose. Et pour autant, ça, ça ne vient absolument pas invalider la personne que vous étiez à trois ans, à quinze ans, à 30 ans. C’est juste que c’est fluide et c’est mouvant et c’est vivant, tout simplement.
Pauline Todesco
Alors Morgan me fait une transition parfaite pour le point.
Lexie Agresti
On est très forts en transition.
Pauline Todesco
Oui, mais là c’est de la divination là. Donc oui, par rapport à un passage que j’ai relevé de votre livre, j’ai mis un petit post-it. Donc j’introduis juste une seconde, vous ne dites pas dans le livre sur une émission vidéo à laquelle vous aviez participé sur les réseaux où vous dites Morgan, nous ne sommes pas nés dans le mauvais corps. Est-ce que vous vous souvenez de la suite de la phrase ?
Morgan Noam
Je me souviens de l'émission, on était ensemble, c'était étiquette sur France Télé, mais je ne me souviens pas
Pauline Todesco
Nous ne sommes pas nés dans le mauvais corps, nous sommes nés dans une mauvaise société.
Morgan Noam
En effet. Voilà, tout à fait.
Pauline Todesco
Donc, et je maintiens ma déclaration.
Pauline Todesco
Je ne vous dis pas que ça a été fait un test. Et donc vous ? Là où je voulais en venir, c’est que donc il y a un passage dans les deux Morgan qui en parle très bien je trouve. Donc là j’allais venir là-dessus, mais c’est quelque chose sur lequel vous insistez tous les deux, et notamment dans cette émission que vous aviez faite, vous insistez sur le changement de regard essentiel à avoir sur les personnes trans de la part des personnes, peut-être de la part des personnes trans elle-même qui perçoit souvent les personnes trans seulement dans un vécu tragique du corps, comme si elles étaient en souffrance. C’est parce qu’elles n’aiment pas leur corps. Et comme si cette détestation était comment dire ? Par défaut, oui, inhérente au fait d'être trans et non pas inhérente au fait de vivre dans notre société. Et donc je vous ai mis des petits marqueurs sur le passage et puis après on pourra s’en parler.
Morgan Noam
Alors c’est une vision terriblement ethno centrée que de penser que s'éloigner de ces normes arbitraires équivaut forcément à de la souffrance. La dysphorie, c’est l’intériorisation de la monstruosité présente dans le regard de l’autre. Les personnes trans ne sont pas malheureuses par défaut ou enclines à souffrir plus que les personnes. Six pourtant. C’est à la fois représentatif de ce qu’en disent la plupart des médias. Et l’une des conditions sine qua none pour obtenir le sésame qui permet d’entamer son parcours médical en les enjoignant à formuler un problème dans congruence identitaire. Les psychiatres leur font porter le poids et la responsabilité de leur souffrance. C’est à la fois profondément injuste et foncièrement incorrect. Je maintiens aussi cette déclaration.
Lexie Agresti
Moi je voudrais revenir sur ce qui a été dit sur cette idée qu’on nous, on nous renvoie toujours à cette idée d’une souffrance inhérente au fait d'être plus que ça. En plus, avec tout le développement de la visibilité des personnes trans qui s’est beaucoup opérée sans nous écouter, sans nous faire parler, il y a des idées, des visions et des schémas qui se sont imposés dans l’esprit des personnes non trans sur ce qu’on est et des attentes sur comment on peut être une bonne personne trans et la bonne personne trans. C’est la seule qui peut être un peu tolérée dans la société et on attend de nous qu’on souffre. On ne supporte pas une personne qui ne souffre pas. Il y a une vraie. Moi je trouve qu’il y a quelque chose en termes de. Culturel, anthropologique, à l'échelle de l’Europe où on a, on a construit une martyrologie de la personne trans sur des choses de très de très chrétien. L’idée que la personne trans devient acceptable et rejoint la société et peut rejoindre les personnes normales et normales. Mais c’est souvent comme ça qu’on parle des personnes qui, si elle a assez souffert, qu’elle a assez montré qu’elle a souffert, qu’elle a assez supporté la souffrance. Et je trouve que ce qui cristallise beaucoup, c’est à quel point pendant des années, on a parlé de transidentité dans les médias mainstream exclusivement. Quand il y avait des morts, on ne parlait pas de nos parcours, on ne voulait pas en parler, de nos parcours, on ne montrait pas la communauté, on ne parlait pas de joie, on parlait des suicides et on parlait des meurtres. Et c'était là qu’on pouvait. On avait accès à la personne trans et on laissait la personne trans exister dans l’espace public. Et c’est encore quelque chose de très ancré. On attend de nous qu’on s’ouvre.
Pauline Todesco
Tant qu’il y a une prévalence dans un couple, dans la communauté trans des idéations suicidaires qui sont à 81 % et des tentatives au moins une fois dans la vie de suicide à 42 %. Le problème c’est l’inversion entre causes et conséquences. C’est exactement ça. Pourquoi voulez-vous ça ?
Morgan Noam
Oui ? Alors c’est vrai que les personnes trans sont-elles un des groupes sociaux qui a tendance à le plus attenter à leur vie ? Et dire qu’on est sept virgule 7,6 fois plus de risque d’attenter à notre vie que les personnes cisgenre. Et ça, ce n’est pas parce qu’on est là à dire que c’est pas l’identité trans qui fait que c’est pas parce qu’on déteste tellement notre corps que du coup ça devient insupportable. Non. C’est parce que, comme on le disait en introduction de cette partie, c’est parce qu’on vit dans une société qui a des normes et des normes extrêmement rigides. On attend des hommes et des femmes et surtout la nécessité de ne pas transgresser ces normes-là. Et alors ? Bon, quand on transgresse déjà, quand on est une femme cisgenre qui transgresse un peu les normes de la féminité, et encore plus quand on est un homme qui transgresse les normes de la virilité. Mais imaginez juste quand on est une personne assignée, femme qui du coup vient transgresser son assignation pour pouvoir devenir et être reconnue comme qu’iel. Là, c’est vraiment le blasphème suprême. Et donc du coup, cette souffrance-là, elle est née Parce que de fait, la société n’est pas pensée pour les personnes qui ne sont pas en accord avec leur genre. Elle n’est pas pensée parce que la société est. Assez obsessionnel du genre. C’est à dire que le jour, c’est vraiment la première chose qu’on remarque chez quelqu’un avant même de savoir si cette personne est grande, rousse, blonde, si elle est mince, si elle est grosse. Un an, c’est le genre pour pouvoir être en capacité ensuite de dire bonjour madame, bonjour Monsieur. Et donc cette constante nécessité de devoir se conformer finalement à ce qu’on attend d’un homme et ce qu’on attend d’une femme, c’est ça fait partie de cette souffrance-là. Et aussi, bien évidemment, tout le récit absolument mensonger et alarmiste que l’on fait de nos identités, de nos vies, de nos expériences, de nos histoires, qui fait que. Qui ne fait qu’augmenter la transphobie et qui nous fait passer pour effectivement des personnes souffrant d’une pathologie psychiatrique comme des personnes perverses, des personnes en marge, des personnes dangereuses, pas fréquentables. Et donc forcément, cette mise au ban, cette mise en marge de la société, ça influe sur notre manière d'être au monde, notre manière de relationner avec les autres. Mais surtout, ça, ça influe sur notre manière de nous percevoir. C’est à dire que si on ne cesse de répéter aussi bien aux infos sur les réseaux, dans les films, dans les séries, à quel point dans un premier temps, on devrait avoir honte de nos corps, à quel point on devrait souffrir de notre image corporelle, à quel point voilà on serait, il y aurait quelque chose de mal de manière inhérente dans l’identité trans. Forcément, au bout d’un long temps, au bout d’un moment qu’on sait relâcher, relâcher, rabâcher, on finit par quitter tous ces messages-là à les faire. Voilà ce qui est, ce qui donne de la transphobie. Rejeter ce qui fait qu’on en vient à..en fait, la société nous apprend à nous détester, nous apprend à détester les personnes trans. C’est à dire que ce n’est pas inhérent finalement, cet homme, cette dysphorie qu’on peut ressentir, on ressent ça très clairement parce que le regard cisgenre de la société nous fait comprendre que notre schéma corporel, que nos identités, que notre manière d'être au monde n’est pas correct, n’est pas correct, voire elle est dangereuse.
Pauline Todesco
Et après il faut qu’on avance. Mais peut-être expliquer brièvement le terme dysphorie parce que vous venez de l’employer, même si en fait vous l’avez, enfin vous l’avez expliqué, mais sans dire que c'était ce mot-là, dysphorie. Et ce qui est super intéressant, c’est juste pour finir là-dessus, c’est que dans le passage après vous parler de ce que se serait peut-être chouette au lieu de se demander si on est en dysphorie de genre, donc qu’on va expliquer, se demander si on est en euphorie de genre et sinon, comment y parvenir ? Ne pas partir de la souffrance mais de partir de ce qui nous fait du bien en fait.
Lexie Agresti
Le terme de dysphorie, c’est un terme qui est utilisé dans le milieu médical et qui est qui désigne un sentiment de mal être lié à un décalage. Il est construit sur la même racine que, par exemple dissonance, l’idée de sons discordants qui ne vont pas dans le même sens et qui ne sont pas harmonieux. Dans le cas des personnes trans, on parle de dysphorie de genre. C’est un mal être profond qui est lié à un sentiment de désaccord fondamental entre notre identité de genre assigné et la nôtre. Donc on revient à cette idée d’identité, de genre et d’assignation à la naissance. Ça peut être généralement la dysphorie de genre, elle est vécue par moment de crise. Ce n’est pas un état constant, linéaire et absolu. Ce sont des moments de pic qui vont être déclenchés par des interactions sociales, par un regard de soi et qui vont avoir, comme ça va se traduire par plein de façons, plein de choses différentes. Il peut y avoir des douleurs fantômes, il peut y avoir des états dépressifs, des pensées suicidaires, il peut y avoir une difficulté à socialiser et du coup un isolement, ça passe vraiment par plein de choses et ça peut être ce n’est pas quelque chose qui est. Ça a longtemps été diagnostiqué. J’ai commencé mon parcours par un diagnostic de dysphorie de genre. Ça change avec le temps. La transition permet de le faire complètement disparaître, de l’alléger. Et il y a différentes rigueurs sociales qui peuvent encore continuer Les anglicismes sont partout dans notre vie mentale. Des déclencheurs, des déclencheurs, des déclencheurs qui peuvent amener des moments, des états dysphoriques. Mais par exemple, c’est un terme qui est aussi utilisé pour l'état de mal être et de sentiment de dépersonnalisation qu’on peut ressentir quand on est en SPM ou quand on vit d’endométriose et que ça entraîne son propre syndrome prémenstruel, ou quand on se dit que pour les personnes qui ont de l’endométriose.
Morgan Noam
Et juste rajouter une phrase par rapport à ça. En effet, dans mon livre, je. Comment dire. Je plaide justement pour qu’on en mette un peu de côté la dysphorie parce que, en réalité, toutes les personnes trans ne ressentent pas de dette, c’est un fait. Par contre, toutes les personnes trans connaissent le sentiment d’euphorie. J’ai le sentiment de sentir le moment précis où tout est aligné, où le regard qui est posé sur moi est juste, ou la manière dont on se réfère à moi, la manière dont on, dont on me regarde, dont on me prénomme est ajustée. Et ça toutes les personnes transposées.
Lexie Agresti
La façon dont on se regarde et le sentiment d'épanouissement plus profond à se voir soi-même être comme et qui on veut être et se sentir aligné. Et ça, c’est aussi quelque chose que toutes les personnes cisgenres vivent aussi à un moment.
Morgan Noam
Exactement, faites l’expérience de votre phobie genre même si vous êtes sis.
Pauline Todesco
Et c’est là qu’on voit que Morgan a écrit son livre, parce que c’est presque mot pour mot ce qui est écrit. Ce sentiment d'être aligné, je me souviens, c’est pratiquement la phrase Bon ok. Donc on a, on a décortiqué pourquoi cette loi était dangereuse pour les mineurs trans ? Parce que vivre une puberté dans un corps qui se développe de la façon qui n’est pas celle que l’enfant voudrait souhaite, c’est qu’il ou elle veut avoir, peut avoir les conséquences dont on a parlé. Par exemple d’idéation suicidaire qui encore une fois, ne sont pas liés au fait d'être enceinte mais au regard posé sur l’enfant par la société. Mais là où on va aller plus loin, c’est que vous avez alertés tous deux et beaucoup d’associations, enfin vous deux, parce que c’est vous deux, mais nombre de personnes sur le fait que attaquer les droits des enfants, ce n’est qu’une première étape, une porte d’entrée avant d’attaquer les adultes. Vous avez parlé de ce qui s’est passé en Hongrie, en Italie. Est-ce que vous pouvez nous en parler ? Qu’est ce qui s’est passé là-bas ? Qu’est ce qu’on peut craindre ici ?
Lexie Agresti
Alors en Hongrie, en Italie, effectivement, en Russie, au Royaume-Uni, ce qui va se passer au Canada, ce qui est déjà en cours aux États-Unis, on a en fait, à un moment, là, en France, qui arrive, qui n’est pas nouveau, ce n’est pas la première tentative, ce n’est pas les premières discussions sur ce qu’est être trans, sur ce que devrait être trans, sur les personnes trans. On devrait pouvoir transitionner plus ou moins facilement. C’est en fait une étape en France d’un assaut mondialisé transphobe qui. Est en fait très documenté et très clair et dont on parle depuis au moins six ans maintenant et dont on parlait déjà avant la proposition de loi telle qu’elle existe aujourd’hui. Alors il faut aussi dire qu’elle, avec la dissolution, elle ne passera pas, elle ne passera pas à l’assemblée. Donc voilà. Mais bon, c’est autre chose.
Pauline Todesco
Par-là, je précise que, évidemment, on va parler des législatives et de la dissolution.
Pauline Todesco
Après que le Sénat ait bien voulu la voter. mais à la fin, voilà, qu’est ce qu’on fait ? On y va ? Ah là voilà, on pose les bases et puis on passe à la proposition de loi telle que le Sénat. La votée est telle que les républicains l’ont pensé est entièrement une reprise d’idée de lit, de légitimation, de justification et de volonté qui existe ailleurs. Le fait d’utiliser les enfants comme un premier, comme un premier levier, effectivement, comme une première étape, ça a été vu aux Etats-Unis et on a vu par exemple au Texas, on a vu au Tennessee, dans l’Alabama, qui sont les trois États qui ont les législations les plus transphobes dans le pays, que ça suit. Ce qui suit toujours, c’est 25 ans, 25, 26. Et d’ailleurs et d’ailleurs et d’ailleurs ce n’est pas exactement dans le projet de loi, mais dans le dossier des Républicains, dans le truc qui n’est pas un rapport sénatorial, dans le rapport des Républicains.
Pauline Todesco
C’est un torchon.
Lexie Agresti
Il est dans le torchon des Républicains. Il est dit mot pour mot qu’il est recommandé d’interdire toute forme de transition, tout acte médical avant 25 ans. Et ça, c’est déjà en place aux Etats-Unis. On voit comment ils s’y prennent ici près de la même façon, les étapes après qui vont toujours plus loin dans la transphobie, on les voit en Hongrie, on les voit en Russie, on les voit aux Etats-Unis. C’est l’interdiction même de pouvoir changer administrativement son genre à l'état civil et son prénom. C’est actuellement déjà le cas en Hongrie, ce qui empêche les personnes trans d’exister dans leur transidentité. Ça, nous, ça nous ramène à notre assignation de naissance. C’est ensuite l’impossibilité et la punition quand on utilise et quand on revendique qu’on est une personne trans, même si on ne peut pas transitionner. Ça c’est le cas en Russie et c’est le fait même de ne pas pouvoir choisir les vêtements avec lequel on s’habille, avec des nouvelles lois sur le travestissement. C’est ce qui existe aux États-Unis, qui reprend complètement des lois du XIXᵉ siècle qui empêchent de choisir des vêtements qui ne sont pas considérés comme en adéquation avec l’assignation de naissance. Une personne qui, sur sa carte d’identité, aura un homme, n’a pas le droit de porter une jupe, n’a pas droit de porter une robe, ce qui est un foutoir légal, social, culturel. Incroyable parce que ça voudrait dire que le pantalon, on est d’accord que culturellement ça a toujours été considéré comme un vêtement masculin. Si on veut appliquer cette loi jusqu’au bout, si on veut en faire autre chose que juste un prétexte à de la transphobie, on doit empêcher des femmes cisgenres de porter un pantalon.
Lexie Agresti
Ça va être joli. Oui mais enfin c’est vraiment des lois qui sont là que pour justifier d’empêcher l’existence publique, sociale, légale des personnes trans. C’est tout. Rien d’autre. Et on en a assez. On assiste à un moment de ces parcours de transphobie qui existent en France. Il ne faut pas être naïf. On ne peut plus être naïf sur dire noir. Mais ils sont juste inquiets. Ils veulent juste être sûrs. Quand on y est, on prend des précautions, on empêche les dérives. Non, non, C’est une étape qui a déjà été appliquée, qui a amené à d’autres choses. Elle sera. Si elle est appliquée en France, elle amènera d’autres choses en France aussi. Ce n’est pas parce qu’on est le pays des Lumières et on l’a entendu qu’on ne sera pas hors de ça. D’autant plus que les personnes qui ont été consultés pour mettre en place le torchon et le projet de loi sont des personnes qui se revendiquent d’une filiation avec la pensée transphobie américaine. Au Royaume-Uni, par exemple, Caroline HF et Céline Masson, qui sont donc à la tête de l’Observatoire La Petite Sirène, sont en solidarité et sont. On dit plusieurs fois qu’elles étaient aussi dans la même mouvance que madame Cass, qui est une pédopsychiatre britannique qui a remis au gouvernement britannique a un rapport qui s’appelle le rapport CAF qui interdit aujourd’hui les transitions exactement de la même façon aux personnes trans au Royaume-Uni. On est dans une filiation absolue. Elle ne repose pas sur les mêmes choses ou aux États-Unis, ça repose beaucoup sur à la fois de la science, mais surtout des lois, des questions religieuses. Au Royaume-Uni, on fait reposer sa queue sur des questions de santé publique. En France, on fait ça, on fait reposer ça sur l’universalité de la République française, sur les dérives des minorités. Dans la République française, on n’a pas la même racine idéologique, on a les mêmes volontés, les mêmes textes, les mêmes justifications, la même transphobie.
Pauline Todesco
Je vous donne la parole, mais juste si je peux rebondir là-dessus parce que vous disiez On n’a plus le temps pour la naïveté, qui était quelque chose que vous disiez aussi avec ferveur place de la République le 5 mai, c’est juste pour eux, comment dire ? Compléter dans les messageries privées de l’un des, l’une des associations transphobes qui a été auditionné, qui s’appelle Hippo Mauny. Ben oui, tout le monde a fait ses devoirs. Dans les messageries privées, on peut lire. Alors je vais citer Si nous nous attaquons aux jeunes adultes de front et pour commencer, nous ne nous serons pas entendable une minute. Et pour gagner en audience, nous ne pouvons pas nous permettre de dire que nous voulons interdire les transitions des adultes. Donc c'était pour rebondir. Et effectivement, pour les personnes qui pourraient, malgré ce que vous dites, croire encore que vous êtes naïfs et vous êtes naïfs et nous sommes tous naïfs. Non, non, c’est. C’est un projet affirmé, assumé en interne. Évidemment, ce n’est pas quelque chose qu’ils peuvent se permettre de dire. Et dernière chose, les auteurs de la proposition de loi. Donc là, je ne parle pas, ni pour moi, ni pour ces collectifs. Pas sur les adultes, mais sur le fait que le but est vraiment d’empêcher les mineurs trans d’exister dans leur transidentité. Non seulement tout ce qu’on a dit, mais dans le rapport, il est écrit qu’ils souhaiteraient aller jusqu'à supprimer ce qui s’appelle la circulaire Blanquer. Pour une fois qu’on ne parle pas ou mal de qui permet une transition sociale. Donc encore une fois pouvoir genré correctement de dire il ou elle est donnée le bon prénom des mineurs à l'école. Donc on imagine la souffrance d’un enfant qui est par exemple une petite fille et qui toute la journée se fait appeler l’Ill et Song et son prénom de garçon. Euh. La circulaire Blanquer permettait avec l’autorisation parentale de dire bon, vous générer correctement l’enfant et puis c’est tout. Le rapport dit non, ça aussi faudrait arrêter.
Lexie Agresti
Pas que la circulaire Blanquer c’est souvent. C’est souvent là-dessus qu’on focalise la circulaire. Blanquer permettait aussi, notamment à l’université de plus facilement et rappelait en fait aux administrations de fac qu’une personne peut avoir sur sa carte étudiante le prénom qu’elle veut, pas le prénom de sa carte d’identité. Donc ça, ici encore, en fait, ça dépasse strictement les enfants. C’est aussi des adultes parce qu’on a le cas d'étudiantes étudiantes à la fac qui vont être impactées si on répudie la circulaire Blanquer. Jean-Michel. Jamais dans nos cartes ? Oui.
Morgan Noam
Je ne sais pas si tu l’as dit par rapport aux conséquences éventuelles de deux passages de cette loi par rapport aux espaces publics.
Lexie Agresti
Mais en fait ça va avec. Ça va avec la loi, avec les lois sur le travestissement, effectivement, il y a aussi des lois d’interdiction aux États-Unis, y en a qui sont déjà passé ou on interdit aux personnes trans d’accéder à certains espaces publics liés à leur genre. Vestiaires, toilettes, vestiaires, certains espaces, cabinets médicaux.
Morgan Noam
Mais surtout ce qui est, ce qui est, ce qui est gravissime, déjà c’est gravissime pour les personnes trans, mais ça donne lieu du coup à des dérives, forcément. Parce qu’on ne peut pas dire qu’une personne trans en la regardant ou non. Et donc du coup, en fait il y a des dénonciations. Il y a d’ailleurs un commentaire, une sorte de DAP, de collabo qui s’est ouverte aux Etats-Unis, une application de signalement en fait de personnes trans dans l’espace public, vous en avez la possibilité. Et donc il y a eu énormément, mais des signalements en masse, bien évidemment, sans la possibilité de vérifier cette DAP et absolument inutile. Mais en tout cas, il y a beaucoup de personnes ici qui se sont fait prendre à partie, notamment dans des toilettes publiques qui. Voilà où des personnes disaient ah mais toi tu es trans ce tu n’as rien à faire dans ces toilettes-là qui se sont fait violentées mais violentées vraiment, qui se sont fait violenter physiquement, qui se sont fait sortir par des vigiles. Et donc vraiment, ça montre l’absurdité de cette loi un qui part du principe qu’on pourrait reconnaître d’un simple coup d'œil une personne comme ça. Et puis surtout, et puis surtout, qu’il y ait une loi qui, de manière, au prétexte de protéger les femmes, soit finalement un dogme selon elles, qui viendrait infiltrer les toilettes de femmes pour pouvoir les agresser. On rappelle encore une fois que les agresseurs n’ont pas besoin et surtout n’ont pas le courage des femmes trans pour endurer toute cette transition là pour simplement arriver à leur fin. Ils n’ont vraiment pas besoin de mettre une robe pour pouvoir agresser les femmes.
Lexie Agresti
Comme une stratégie à long terme.
On harcèle un comité.
Lexie Agresti
On en est là.
Pauline Todesco
Alors Morgan, là je vous disais oui, alors là vous avez fait. Convoquer la directrice non parce que je vais rebondir sur un post que vous avez fait. J’en parlais avant l'émission avec Lexie qui était particulièrement intéressante et donc on va en parler si vous êtes d’accord.
Lexie Agresti
Je ne sais pas, d’autres confrères, on voit si vous allez voter.
Pauline Todesco
On voit à quel point la transphobie est devenue un outil de campagne pour le camp réactionnaire qui cherche à créer un énième un énième ennemi intérieur pour diviser les opprimés entre eux. C’est par exemple Macron qui déclare il y a quelques jours à propos du programme du NFP, le nouveau Front populaire. Je cite Il y a des choses oui. Donc oui. Donc, à propos du programme, il y a des choses complètement ubuesques, comme par exemple aller changer de sexe en mairie. Alors on reviendra après sur la déjudiciarisation, etc. On en viendra. Mais par rapport à Macron. MORGAN, vous avez fait il y a quelques semaines un post où vous demandiez quel est le point commun entre Emmanuel Macron et les féministes transphobes ? Arrêtez ! Super ce post, les féministes transphobes et les suprémacistes blancs. Pourquoi les LGBT, LGBT ou phobie sont l’outil de premier choix pour le ralliement fasciste ? Vous avez deux minutes.
Morgan Noam
Vous avez 4 heures.
Pauline Todesco
Alors pourquoi ?
Lexie Agresti
Pourquoi ?
Morgan Noam
Alors en effet, il y a une volonté. Alors on en parlait. Je suis quand même fière de ce que j’ai raconté dans cette vidéo, mais je vais encore répéter
Lexie Agresti
Ce n’est pas grave.
Morgan Noam
Il y a de fait, mais on en parlait tout à l’heure. Il y a de fait un lien entre la colonisation, les transidentités et les politiques autoritaires réactionnaires qu’on connaît aujourd’hui. Comme on le disait tout à l’heure. La binarité telle qu’elle est imposée, telle qu’elle existe aujourd’hui, prend ses sources de l'époque coloniale, en tout cas des premières colonisations. Parce que rappelons que les colonisations, ça existe encore. Euh. Donc du coup voilà. Et donc à partir de ce moment-là, il faut partir vraiment du principe que le genre tel qu’on le connaît de manière européenne aujourd’hui, c’est un genre qui a été imposé parce que il y a cette histoire de suprématie blanche, c’est à dire que comme on le disait, on citait ce gus, euh ce gus sexologue, euh je sais même plus comment.
Lexie Agresti
Je sais tout ça tout ça. J’adore qu’on n’ait même pas le temps de retenir son nom.
Morgan Noam
Non, effectivement, il ne nous intéresse pas, mais en gros voilà, il disait qu' on reconnaissait la grandeur d’une nation, d’une civilisation, à la manière dont il était possible de distinguer les hommes des femmes. Et il partait du principe que chez les Européens, ça c'était vraiment possible, que il y avait les femmes distinguées d’un côté, les hommes distingués de l’autre, mais que par exemple chez des hommes, chez des populations racisées, chez des populations africaines notamment lors de la colonisation, c'était comme les femmes travaillent au même titre que les hommes. Du coup, on a une impossibilité de distinguer. Et de fait, il y a toute une histoire de femmes noires qui sont considérées comme. Très masculine. Bon bref, je m'égare. Mais donc du coup, il y a eu cette nécessité de mettre au pas à la fois les femmes racisées et les femmes blanches en disant aux femmes blanches si vous ne voulez pas ressembler à ces sauvages que sont ces femmes colonisées, eh bien il va être nécessaire de vous distinguer et donc de ne pas travailler, donc de rester à la maison. Tout ce qui est la domestication des femmes, sa part aussi. De là, entre autres, c’est justement pour pouvoir être des femmes blanches, bien distinguer des esclaves. Il fallait ne pas travailler et remplir son devoir de femme, à savoir celui d’enfanter, de s’occuper de la maison, du foyer, etc. etc. Donc ça, c’est le rapport avec la suprématie blanche. Ensuite, le rapport avec Macron. Je ne sais même plus ce que je disais.
Pauline Todesco
Vous parliez en tout cas vous parliez que dans les...comment dire que ce qui était à la racine de ces oppressions, à chaque fois, c'était la peur du grand remplacement ?
Lexie Agresti
Oui, et c'était ça qui était un peu trop fort. Et donc Morgan a vraiment posé ici la base de ce qui fait pourquoi aujourd’hui la transphobie. Et dans son prolongement aussi les discriminations contre les personnes non-binaires, parce que ça va avec, est utilisé par les mouvements fascistes, les mouvements fascistes et les mouvements de droite plus conservateurs qui ne sont pas encore franchisés. Mais ça ne saurait tarder. Réaffirme une structure de genre et une structure sociale occidentale qui fait cette distinction. Celle-là exactement telle que Morgan vient de la décrire. Il suffit de voir sur ici, suffit de revenir à par exemple. Les pamphlets, le brûlot. Ensuite, j’oublie son nom. Il vient d'être condamné en Suisse et vient d'être condamné en Suisse pour homophobie.
Pauline Todesco
Il est Suisse.
Lexie Agresti
Non,classico classique. Si quelqu’un parle de Soral, Merci
Lexie Agresti
Alain Soral qui est c’est ça ? Il y avait Dieudonné, donc à quel point Alain Soral a construit sa carrière de réactionnaire sur l’idée, au péril de la féminisation, qu’Éric Zemmour a repris largement, largement, largement la féminisation de l’homme occidental, de l’homme blanc. En fait, ça revient exactement à ça, ce sur quoi se construit les discours de peur, de panique, de menace des fascistes, c’est l’idée d’une inversion et d’un flou de la structure de binarité ultra affirmée. Et c’est indirectement exactement ce que Macron, ce avec quoi Macron joue quand il affirme que pouvoir facilement changer de mention de genre, c’est ubuesque.
Pauline Todesco
Mais lui il dit de sexe.
Lexie Agresti
Oui bien oui, mais moi je mélange. J’utilise le vrai terme parce que je ne suis pas média. Oui, mais je dirais seulement. Non, mais c’est vrai.
Lexie Agresti
C’est vrai. En fait, Macron reprend cette panique fasciste de possibilité de facilement féminiser l’homme. Parce que c’est toujours les risques. Parce qu’au moment où on vit dans le patriarcat, tout est très patriarcal. Donc en fait c’est ça et ça montre aussi que c’est ultra, c’est un vrai, un vrai baromètre de la fascisation des mouvements de droite et de centre et en même temps d'à quel point la question du genre est restée une constante dans les enjeux d’une politique qui n’est que patriarcale.
Morgan Noam
On le voit notamment quand on a les déclarations de Zemmour qui parlent de crise de la virilité qu’il est nécessaire de revaloriser, de recruter Des Rebeu. C’est ça les hommes. Et que vraiment là, il y a plus que des hommes, songea Voilà de gauche tout ça très faible, c’est une vraie fin. Le genre est un vrai et un vrai sujet dans la politique. Et en effet, cette histoire de grand remplacement, il y a cette histoire de grand remplacement qu’on connaît, de grand remplacement des populations musulmanes qui vont venir. Voilà un grand remplacement ou même des populations racisées tout court qui vont venir remplacer notamment avec toutes ces questions, toutes ces questions de natalité aussi de grand remplacement, que c’est les hommes racisés qui vont venir enfanter les femmes blanches et du coup remplacer la population. Oh là, mon Dieu ! Et donc ça, cette rhétorique, cette rhétorique, elle est reprise pour les personnes trans où on viendrait finalement grand remplacer. Et c’est notamment grand remplacer les femmes en très clairement, euh, toutes ces femmes, toutes ces militantes, toutes ces militantes qu’on ne citera pas mais qui en tout cas voilà, se disent que les femmes trans sont là pour grand. Remplacer les femmes, c’est ça découle en tout cas des mêmes théories ubuesques pour le coup vraiment fasciste, de cette peur finalement du grand remplacement de l'étranger, des pertes de repères.
Lexie Agresti
D’ailleurs dans les mouvements. Dit féministe transphobe. On parle aussi de colonisation de la féminité.
Pauline Todesco
Ça me fait une transition. Donc je finis là-dessus en citant parce que c'était très bien dit. Donc des phrases de quand vous avez fait la vidéo…
Morgan Noam
Oui, parce que je ne m’en souviens pas.
Pauline Todesco
Non mais oui, mais parce que c'était. Voilà pour compléter l’actu là-dessus. Donc les discours anti-France ne sont qu’un copier-coller flemmard des discours réactionnaires contre les homosexuels, les juifs, les communistes et le processus de diabolisation est le même. Sous couvert d’une protection de l’enfance se cache une phobie de l’extinction du grand remplacement. La phobie d’extinction est une peur existentielle paranoïaque, fabriquée de toute pièce, qui présente les opposants politiques comme profondément dangereux et menaçant la survie de leur groupe social, voire de la civilisation toute entière. La race aryenne par la race juive, les Français de souche par les personnes migrantes. Les vraies femmes biologiques par les femmes trans. Si une personne naît avec un utérus et des ovaires, peut échapper à l’appel de la maternité. Et si une personne née sans ovaires peut être une femme, le projet des suprémacistes blancs s’effondre complètement.
Morgan Noam
Je maintiens.
Pauline Todesco
On en vient donc aux féministes transphobes et aux dangers de ce genre de loi et de l’offensive transphobie en général pour les droits des femmes. Donc, comme vous deux et nombre d’associations, etc. Ont alerté. Alors au-delà du fait que, après les mineurs, on va parler des adultes, mais qu’au-delà des personnes trans, les offensives transphobes sont toujours annonciateurs de bouleversements antiféministes. Et j’aimerais citer un auteur, Talma Destin, qui est auteur et journaliste trans et qui dit dans un épisode du podcast Les couilles sur la table C’est impossible de considérer les féministes anti trans comme féministes, puisque l’objet même du féminisme, c’est de dire que la position d’homme ou la position de femme n’est pas une destinée biologique, n’est pas une assignation qui viendrait déterminer qu’on a dans le monde le rôle qu’on a dans le monde et la façon dont on nous perçoit. Donc voilà, Est ce que vous pouvez nous parler de ce qui peut se profiler pour les droits des femmes en général et en fait les droits reproductifs, les droits des femmes au-delà des personnes trans ?
Lexie Agresti
Il y a une phrase que je pense énormément depuis longtemps sur tout ça et que je me suis jusque-là toujours retenue de prononcer et excusez-moi aussi, c’est que ce projet de loi transphobie dont on ne parle que comme un projet de loi transphobie, il est déjà tel quel. Un projet de loi qui va contre les droits des femmes parce que, sans le généraliser, il s’en prend déjà aux femmes. Il va déjà empêcher des femmes d’exister en tant que femmes et de s'épanouir dans leur féminité. Des femmes comme moi, bien souvent, ça on ne l’a pas dit tel quel et ça ne l’a pas été. Et ça n’a pas été utilisé comme argument, parce que je crois qu’il y a quand même encore une certaine froideur à ce que ce qui est spécifique aux personnes trans soit déjà féministe, alors que c’est le cas que nos revendications en termes de droit à disposer de son corps pour faire une transition, pour faire un univers univoque et une interruption, ce sont les mêmes. Elles vont dans le même sens. Mais on a encore très besoin de dire que d’un côté il y a les droits des femmes dans lesquelles il y a les femmes trans quand même. Et de l’autre côté, il y a les droits pour les trans où il y a les femmes trans aussi, c’est la même chose, il y a une interpénétration, il y a une superposition. Et jusque-là, moi je me suis toujours un peu retenue de dire Mais en fait, en vous opposant, en militant contre ce projet de loi, vous vous opposez déjà à un projet de loi qui va contre les droits des femmes. Bon, c'était mon exclu. Bon alors vous en faites ce que vous voulez. Plus largement, on observe effectivement qu’il y a un temps on a bien, je crois, on a bien établi que le procédé de radicalisation est d’aller vers l’avant dans la transphobie, mais il se fait par étapes, il se fait étape par étape, il est clair, il est graduel. On l’a vu, il est déjà appliqué. Ça, on a ça, ça a systématiquement été en parallèle de la même attaque et de la même restriction contre les droits des femmes majoritairement cisgenres en général, si on veut. En tout cas, les droits reproductifs, les premières discussions et les premiers votes pour interdire les transitions sont concomitant à la révocation de Rose versus Wild. Aux États-Unis, le droit fédéral d’accéder à l’IVG et de disposer de son corps. Les différentes étapes en termes d'âge à aller vers les 25 ans interdisent le droit. Enfin, les questions de travestissement d’accès aux espaces publics, c’est des étapes de pierre Empires qui vont avec les différentes étapes de quand on restera, comment on restreint l’accès à l’IVG aux États-Unis, à qui on le restreint et. Et on voit aussi que les États où le droit à l’interdiction de l’IVG le plus restrictif Alabama, Tennessee, Texas, ce sont les mêmes où les lois sont les plus transphobes et où les personnes trans ont le moins le droit d’exister en tant que personne trans. Cette échelle, ces deux échelles, elles vont toujours ensemble. Elles vont aussi avec les discussions pour restreindre les droits aux personnes, aux couples homoparentaux. En Italie, ça a été l’un des premiers trucs que j’ai dit à mes Georgiens. Mais le nier a voulu mettre en place aux Etats-Unis. Le premier truc qui a été dit après Rousseau versus Wilde, c’est qu’on va réfléchir à interdire l’adoption et le mariage pour les couples de même genre. En France, pour l’instant, on n’a pas cette graduation qui va ensemble. De toute façon, vu le chaos politique en ce moment, a priori, on est un brin protégé pour le moment.
Pauline Todesco
Vous n’allez pas dire…
Lexie Agresti
Non, absolument pas. Mais disons que ça ne sera pas les priorités dans l’agenda politique. En revanche, ce à quoi on a assisté, c’est que quand, dans la dernière campagne présidentielle, Valérie Pécresse disait qu’il fallait absolument préserver les enfants des transitions, Éric Zemmour nous comparait à des expériences nazies. Macron disait qu’il ne fallait pas parler de personnes LGBT à l'école. Quand on est dans un contexte où Macron a fait les déclarations ubuesques qu’il a faites. On a aussi eu dans le même temps des attaques contre le planning familial. On a aussi eu des attaques et de la remise en question du droit à l’IVG, ce qui a amené à ce demi-succès symbolique de liberté de constitution, de constitutionnalisation de la liberté. On n’a pas les mêmes étapes. Enfin, on n’a pas encore la même officialisation, la même législation, on a quand même les mêmes au moins discussions et attaques. C’est indissociable. Et quand on va dans les pays où c’est le plus comme la Russie, la classification des personnes LGBT en Russie comme terroriste, comme agent de l’extérieur, comme et toutes les interdictions de transition entières, elles ont aussi été avec le fait que Poutine dans la foulée, il a annoncé qu’il voulait faire interdire les IVG même dans les cliniques privées.
Morgan Noam
Et puis revenir sur ce que tu disais tout à l’heure, à savoir que, en effet, ces féministes transphobes qui partent du principe qu’il est nécessaire de remettre la biologie au cœur de la discussion. C’est vraiment bafouer 70 ans de féminisme en fait, ne serait-ce que si on parle de l’un des écrits, en tout cas français, fondateur de Des mouvements féministes Simone de Beauvoir, Deuxième sexe On n’avait pas femme, on le devient et qu’elle nous ramène finalement à une condition de mère qu’elle. Et puis surtout, c’est vraiment aussi se tirer une balle dans le pied et du coup avoir aucune espèce de connaissance de la pluralité des vécus des femmes cisgenre, à savoir une femme cisgenre stérile. Du coup, ce n’est pas une femme. Une femme cisgenre, ça passerait. Une femme cisgenre qui a une apparence de telle ou telle manière, ce n’est pas une femme. En tout cas, il y a une vraie méconnaissance très clairement de l’histoire du féminisme et de l’histoire de l'émancipation des femmes à vouloir à tout prix se baser sur la biologie pour définir l’identité.
Lexie Agresti
Dans la citation de Talma Destin tout à l’heure, l’expression de destinée sociale, c’est littéralement la suite de la citation de Simone de Beauvoir On s’arrête toujours sur la première partie. Elle dit littéralement Après il n’y a pas de destinée sociale à être femme.
Pauline Todesco
Mais oui, c’est ça. Si moi, en tant que femme cisgenre, je n’ai pas de destinée biologique, je peux enfanter, ne pas enfanter tout ce que je veux, il n’y a plus d’arguments derrière. Bon allez, il faut, il faut qu’on parle d’aujourd’hui. Mais voilà, pendant la mobilisation du 4 et 5 mai a rassemblé 25 000 personnes. On en parle au début de l'émission, avant l’arrivée de la Rock star dans 50 Lille de Saint-Denis jusqu'à Liège, en Belgique, et a été, selon Sacha Yaro Kaya, militante au collectif Du Pain et des roses, l’une des plus réussies dans l’histoire du mouvement trans en France. À l’occasion, comme je l’ai rappelé à plusieurs reprises, vous avez pris la parole tous deux à Place de la République et Morgan, par exemple, vous disiez : Nous devons nous assurer que l’horizon ne soit plus la survie mais l'épanouissement. Se mobiliser contre est important. Se mobiliser est essentiel. Alors pourquoi et pourquoi faut-il se mobiliser aujourd’hui ? Quelles sont les doléances que vous aurez demain auprès du nouveau Front Populaire quand il sera au pouvoir ? Et s’il faut jouer le programme du nouveau Front populaire sur les droits des personnes LGBTQ+ et trans. Donc s’il faut un rappel, je peux donner les notes.
Lexie Agresti
Déjà, je pense que la première chose à dire, c’est que le nouveau Front Populaire est le seul à proposer un programme LGBTQ. Il y a plus qui réfléchissent aux besoins et aux droits des personnes trans. C’est le seul quand on s’intéresse et quand on veut que des proches, des personnes qu’on aime, qui sont LGBTQ, il y a plus un avenir d'épanouissement. Il n’y a qu’une seule possibilité politique aujourd’hui, c’est de voter pour le nouveau Front populaire. Il n’y en a pas d’autre en face de nous. On a la grosse force à réussir à démanteler. C’est le Rassemblement national qui n’a au mieux. Si dans le meilleur des cas, s’est abstenu de voter des lois. Mais qui s’est abstenu de voter des lois qui permettaient d’accéder à des droits ? Le mieux qu’ils ont pu faire, c’est ça. C’est-à-dire. Nous, on ne peut pas vous permettre, mais on ne votera pas contre, on va s’abstenir. Qui, dans le pire des cas, a voté contre ces lois et en a proposé d’autres. On parle du de la proposition de loi qui a été votée au Sénat juste après, dans la foulée de cette proposition de loi au Sénat, parce que le parcours législatif d’une loi fait qu’il y a Sénat et assemblée, parce qu’on voulait s’assurer de pouvoir couvrir la transphobie dans toutes nos institutions, le Rassemblement national à l’Assemblée nationale, le Rassemblement national à l’Assemblée nationale a déposé à l’Assemblée le même texte de loi. Le premier article, je suis le même. Ils ont copié collé pour s’assurer que si le Sénat votait contre à l’Assemblée, on pourrait encore avoir des recours pour assurer de la transphobie dans nos institutions. Quand on écoute les déclarations de Macron, on se rend compte aussi que quand on voit la trahison qu’a été son quinquennat sur les droits des femmes, on ne sait pas où elle est passée.
Pauline Todesco
Moi j’ai quelque chose à dire. Il a dit grande cause, ça s’interprète.
Lexie Agresti
La jurisprudence Macron.
Pauline Todesco
Dans le sens où on comprend ce que veut dire. Mais peut être que lui, il comprenait grande cause à ne pas défendre.
Lexie Agresti
Comme une cause à abattre, grande cause de l’avenir lointain. Plus tard.
Pauline Todesco
On cause contre pour lutter contre.
Lexie Agresti
La grande cause des féministes. Ha mais non mais c’est nous !
Pauline Todesco
On a interprété.
Lexie Agresti
Oui, on a mal interprété, on a cru.
Pauline Todesco
Par exemple le RN, sa grande cause, c’est les personnes immigrées.
Lexie Agresti
Oui, pour les exploités, voici ce que je veux dire ou les expulser.
Pauline Todesco
Donc nous, on était sa grande cause
Lexie Agresti
Une décennie de naïveté. C’est triste, mais en face de ça, on pourrait se dire qu’on ne veut pas les extrêmes. Macron, c’est la voie du milieu, il sera raisonnable. Moi, c’est ce qu’on me dit encore tous les jours ces temps-ci. Les quinquennats de Macron ont été marqués en termes de droits LGBT par de l’hypocrisie de façade, des mesures symboliques. On nous a annoncé l’ouverture de nouveaux centres LGBT. On attend encore. Ils ne sont pas, ils ne sont toujours pas livrés. On a créé ce poste de commissaire de surveillance. Je ne suis pas exactement contre les discriminations aux droits LGBT. On ne sait pas qui est cette personne. Ils ont été prendre quelqu’un comme ça. Il y a un nouveau soi-même.
Pauline Todesco
Un mec du siècle dernier.
Lexie Agresti
T’as un salaire en plus, tu as un salaire en plus, on ne sait pas ce qu’il fait, on n’a pas de rapport, rien. On a une ministre de l'égalité qui est censée avoir ses dossiers, qui reçoit-elle ? Les militants transphobes, les mêmes qui sont reçus pour rédiger le rapport des Républicains à l’Assemblée. Au Sénat, rien n’a été fait pour les personnes transgenres, ni pour les personnes LGBT au sens large. Si on remonte un peu plus loin encore pendant la pandémie, pendant les confinements, on a quand même eu une Élisabeth Morano qui refusait de permettre des nuits d’hébergement pour les jeunes LGBT qui fuyaient des familles en confinement, qui a été violente, qui était LGBT phobe. Rien n’a été fait pour les personnes LGBT, rien. Les personnes trans ont été exclues de la loi PMA. On n’a toujours pas de filiation égale, même pour les couples de même genre ou c’est encore des processus d’adoption extrêmement complexes ?
Morgan Noam
On a voulu les avancées des thérapies.
Lexie Agresti
On a voulu les évincer des thérapies de conversion. Rien n’a été fait pour alléger personne. Oui, ça a été oui, ça.
Pauline Todesco
Parce que le texte original, c’est nul.
Lexie Agresti
Oui.
Pauline Todesco
C’est vrai, je crois. Contraindre une Femme. Non, nul ne peut contraindre une personne à continuer une grossesse. Bon, voilà. Mais le texte final, c’est le droit à la femme de recourir à une IVG. Et donc avec ce que ça a, juste qu’on se le dise. J’avais demandé les doléances. Vous me dites que je. Déjà je croyais qu’il. Était nécessaire déjà de. Avant de dire ce que c’est que ce qui est nécessaire, pourquoi est-ce qu’il y a que d’une seule façon qu’on pourra espérer au moins avoir ? Les discussions sur Ni Macro, ni en aucun autre mouvement de droite n’est envisageable ? Si on veut de nouveaux droits pour les personnes LGBT et de nouveaux droits pour les personnes, pour les féministes, de nouveaux droits pour les femmes ? Oui, les urgences. Ce qui est intéressant, c’est qu’on était quand même à un moment de bascule où des droits qu’on demandait à des sujets qu’on demandait depuis très longtemps commençaient, ça y est et allaient être amenés. On parle par exemple du projet qui avait été porté par Andy Kerbrat, j’oublie toujours car Bapt et Mélanie Vogel pour simplifier le changement de mention de genre à l'état civil et non pas le changement de sexe. Macron, c’est de ça qu’il veut parler en fait, c’est une de nos revendications. Plus largement, on veut que les parcours de transition soient basés sur le principe d’autodétermination et de fait simplifier dans ce sens plus avoir à pas avoir à payer, ne plus avoir à se justifier sur des critères psychiatriques, ne plus avoir à passer par des protocoles trop longs et qui laissent la décision finale à des gens qui ne sont pas formés à ce que sont les transidentité et sur des critères d’appréciation qui sont souvent esthétiques. C’est ce qui est le cas aujourd’hui. On a facilité le changement de prénom, c’est bien, il faut encore changer, faciliter le changement à l'état civil, ça. Aujourd’hui, une personne qui veut avoir la petite lettre qui correspond doit passer devant un juge après avoir déposé une requête au tribunal judiciaire, soit de son département, soit de son département de naissance. C’est des processus qui peuvent prendre jusqu'à deux ans en région, qui sont très tributaires de preuves qui devraient plus être demandées, qui sont plus légales, mais qu’on nous demande encore, à savoir des photos d’avant, après des. Ce fameux diagnostic de transidentité de dysphorie de genre alors que ce n’est plus nécessaire. Et c’est un juge qui n’a jamais été formé à. Ce sont les transidentités. Est-ce que ce sont les transitions ? Qui va regarder ces preuves et en fait estimer si on est assez trans et si on a assez bien transitionné ? Ce n’est absolument pas légitime. D’autres possibilités existent en Belgique, en Argentine, aux Pays-Bas. C’est fait en déclaratif, à la mairie. Il n’y a pas de dérive, ça marche très bien. Ce n’est pas ubuesque, ça fonctionne pour tout le monde. On veut la même chose, on veut qu’il y ait des moments de formation. Dans les écoles pour que les jeunes se sentent moins isolés. Pour que l'éducation sexuelle soit effectivement appliquée, mais qu’en plus elle couvre tout. Toutes les identités et tous les modes de relation pour que la santé physique et mentale de tout le monde soient protégés. On veut des formations auprès des administrations, on veut des aides, des formations dans le privé, on veut des chartes de protection contre les discriminations et pour assurer qu’il n' y a pas de discrimination à l’embauche. On veut une égalité des salaires parce qu’on rappelle que, selon Forbes, ce n’est pas la source la plus tendance de parti pris. Que selon Forbes, l'écart salarial d’une personne, si c’est d’une personne, est plus important que d’un homme, si c’est d’une femme. Si on veut que les définitions de ce qui est transphobe d’après la loi soient claire, nettes et précises, et pas le gloubiboulga de discrimination à l’identité de genre qui a un flou qui laisse le choix quand on va porter plainte et quand on est enfin reçu devant un tribunal après une agression, je trouve que ce n’est pas si transphobe que ça. Vous avez été un peu trop sensible alors qu’on a eu trois côtes cassées et des traumatismes. On veut des définitions claires. Tant que la société n’est pas écartée, c’est réalisé. On veut des punitions claires aussi. On veut la mise en place d’une justice restaurative. On veut que nos plaintes soient prises. On veut. On veut que dans nos transitions médicales, elles soient cicatrisées. On veut aussi que la question du consentement soit vraie, claire, nette et précise. Parce que, encore dans nos transitions, les endocrinologues, les psychiatres, les médecins font un peu comme ils veulent. Et moi, quand j’ai commencé ma transition, mon endocrinologue ne m’a pas parlé de la congélation de mes gamètes, je n’ai pas eu le choix. Si je pouvais avoir des enfants plus tard ou pas, on n’a pas respecté mon consentement là-dessus. On ne m’a pas informé qu’il fallait un encadrement. On parle toujours d’encadrement des transitions. Il faut encadrer les gens qui, en cas de non transition par des personnes concernées, par des personnes qui savent ce que c’est qu'être trans. Il faut aussi qu’on nous accuse d'être au service de Big Pharma et des lobbies pharmaceutiques. On veut au contraire que les remboursements soient pleins et entiers et soient indépendants du bon vouloir des labos. Parce qu’aujourd’hui, comme il n’y a pas de charte nationale et d’encadrement national sur les hormones, ce sont les labos en fait qui ont le choix de mettre à disposition des hormones sur le marché. Non, on veut plus de ça. On veut que les enfants soient reconnus et protégés. On parle toujours du droit de la protection de l’enfance, mais ça en fait partie.
Pauline Todesco
Et l’accès à la PMA ?
Lexie Agresti
L’accès à la PMA pour tout le monde sans distinction, l’accès à l’adoption parce qu’il y a un vrai flou. Et dans les faits, aujourd’hui, les personnes qui demandent des dossiers d’adoption et les dossiers sont tous perdus. Les statuts parentaux, parce que ce n’est pas juste qu’on ne peut pas faire de PMA, on n’a pas de statut parental, sauf si on abandonne nos droits parentaux, puis on fait un processus d’adoption pour être reconnu comme parent du genre de notre genre.
Pauline Todesco
Morgan, est-ce que vous avez d’autres dossiers ? Sinon, c’est le temps des enquêtes.
Lexie Agresti
Je suis très en colère.
Pauline Todesco
Et moi j’ajouterais simplement sur la question de la déjudiciarisation du changement de genre à l'état civil qu’avant 2016, il était nécessaire pour les personnes trans de se faire stériliser pour obtenir son changement d'état. Je ne sais pas si on peut imaginer ce que ça signifie en termes d’attente.
Morgan Noam
Alors oui, je l’ai fait parce que je l’ai fait avant, je l’ai fait en 2012 et pour le coup, oui, j’ai été obligée de me faire stériliser pour pouvoir obtenir mon changement de papiers, sinon ce n’était pas recevable par le tribunal en l'état.
Pauline Todesco
Et la déjudiciarisation est déjà accessible. Je fais une rapide de pays au Danemark depuis 2014, à Malte aussi depuis 2014, en Irlande, en Irlande depuis 2015, en Belgique depuis 2017, au Luxembourg depuis 2018, en Suisse depuis 2021, en Allemagne depuis avril et en Islande, en Espagne, en Norvège, au Portugal à partir de quinze seize ans. Donc avant la majorité.
Lexie Agresti
On laissera Mr Macron aller dire à tous ces pays qu’ils sont libres.
Pauline Todesco
Donc est ce qu’il y a d’autres doléances ? Sinon ce sont les doléances des questions ?
Morgan Noam
Alors une micro phrase. Mais ça c’est dans un monde utopique, on en est loin. Mais je pense que c’est important aussi parfois de rêver un petit peu plus. Et d’ailleurs, la Belgique, le fait de juste supprimer la mention de genre en fait supprimer la mention de genre parce qu’on le rappelle historiquement en France en tout cas, on inscrit le sexe à l'état civil depuis le code Napoléon, donc depuis le début du XIXᵉ siècle. Et ça avait un but précis, à savoir recenser les hommes en âge de faire leur service militaire. Aujourd’hui, ça n’a donc plus aucune espèce d’utilité. Et donc supprimer cette mention de genre, et puis surtout faire en sorte d’abolir le genre et abolir le genre, ce n’est pas empêcher les gens d'être des hommes ou des femmes, c’est simplement faire en sorte que le genre ne soit plus un critère de hiérarchisation de l’espèce humaine.
Lexie Agresti
Ça n’est plus nécessaire puisque quand il sera ministre, tout le monde fera son insigne, peu importe son genre.
Pauline Todesco
Alors un petit bout, une chaîne, le premier influenceur français qui fait notamment de la muscu de base mais qui est très politisé ces derniers temps, plutôt à droite. Voilà. Pour ceux qui ne connaissent pas.
Lexie Agresti
Je crois que globalement la revendication de fond en fait on est, on est obligé d'être, d'être réalistes par rapport à ce que sont les normes de genre aujourd’hui. Mais la finalité c’est d’abolir en fait le genre.
Pauline Todesco
Alors les questions. Alors d’abord, attends une petite seconde. Oui, les questions. Je pense qu’on entend. Alors, ma chère Pauline, il ne s’agit pas de doléances, mais il s’agit au contraire de questions offensives. Alors il y en a plein. Non, non, il y en a plein. Alors, dans le désordre, comme une source vous demande "Et la police dans tout ça ? " Aujourd’hui, y a-t-il un risque de fichage des personnes LGBTQI + ? Et je me permets d’ajouter qu’il y a eu pas mal de questions sur eux de cet ordre-là. Sur Faut-il avoir peur du 8 juillet ?
Morgan Noam
Oui.
Lexie Agresti
Un risque, ça existe déjà, il y a déjà. En fait, c’est lié un peu à ce projet de loi aussi, c’est que, dans les. Non seulement il y a un registre qui a été créé déjà auprès des encadrements en hôpitaux publics pour ça, pour inscrire les personnes qui, dans les hôpitaux publics, entament des transitions auprès de psychiatres. On est déjà dans un registre, c’est déjà le cas. Mais en plus de ça, l’encadrement et les lois, les propositions des Républicains Hebdo ne faisaient que le faciliter et le multiplier et lui faire prendre une ampleur nationale. C’est aussi pour ça que la question du petit. La mention de genre. Il y a tout un débat sur est ce qu’on met une mention de genre neutre ? Et en fait c’est qu’une façon de dire tant qu’on n’a pas une société qui n’est pas transphobe, c’est une façon de faciliter le marquage, le ciblage, le suivi des personnes qui auront ce marqueur qui en fait la demande. Donc en fait ça existe déjà, c’est un risque et on ne sait pas comment c’est utilisé et on ne sait pas pourquoi ils veulent l’avoir si facilement sous la main.
Pauline Todesco
Deuxième question est ce que les invités ont une chaîne, un blog, un média ou on peut les suivre ? C’est une question de PIB. Alors attention, certaines personnes arrivent. On l’a dit au tout début, c’est vrai, on l’a, on le redit.
Morgan Noam
Alors nous sommes en effet présents sur les réseaux sociaux et Alexis et moi, Alexis, sous le nom d’agressivité tirée du bas Tranche.
Pauline Todesco
Il faut reconnaître, ce n’est pas évident comme nom.
Lexie Agresti
Je sais, je sais, je regrette. Je ne regrette pas. Je sais que je n’ai pas été un oui, je ne me suis pas vendu au mieux.
Pauline Todesco
Mais maintenant, c’est très connu. Souvent dans certains cercles comme ce nom là et les gens n’ont pas forcément votre nom, mais ils connaissent aussi le nom du réseau.
Morgan Noam
Et moi du coup, sur mon nom, mes deux prénoms, à savoir Morgan et Vendôme. Voilà, vous nous trouvez sur Instagram. Et puis surtout, c’est important. Vous pouvez retrouver nos ouvrages, l’ouvrage de Lexie, Une histoire de genre et mon ouvrage. Ceci n’est pas un livre sur le genre qui sont des livres qui parlent de transidentité, mais surtout pas que.
Pauline Todesco
Question de béotien vous demande Citadellejeteconstruirai. Combien de personnes trans compte la France ?
Lexie Agresti
Les estimations sont nombreuses, variées, on a des fourchettes. En gros, la fourchette qu’on voit de plus en plus, c’est entre zéro trois 1,72 %, le chiffre qui est le plus souvent admis. On entend de plus en plus. En fait, on entend de plus en plus aussi. Zéro sept Généralement, on arrondit à 1 %. Moi ce que j’aimerais savoir, c’est pourquoi tout le monde veut toujours savoir cette information.
Pauline Todesco
Alors je ne sais pas si Citadelle je te conseille toujours là, mais voilà, site situé là, tu peux répondre.
Lexie Agresti
J’ai toujours l’impression que ça fait partie de ces questions qui piquent, qui nourrissent un peu ce truc dont vous êtes si peu nombreux. Alors pourquoi vous nous faites ? J’allais dire un gros mot. C’est un peu comme quand on pose toujours à une femme la question mais du coup, c’est quoi une femme ? Mais bon.
Pauline Todesco
Pensez-vous que la transphobie est comme le racisme, un outil de domination des populations en divisant les différents groupes ? Question de Morgan Photography.
Morgan Noam
Du coup, je me permets de répondre.
Lexie Agresti
Le même prénom
Morgan Noam
Et bien oui, tout à fait, c’est la même chose parce que de fait, l’origine et la suprématie blanche qui est un moyen de hiérarchiser ce qui est blanc de ce qui ne l’est pas, et donc de pathologiser, de rendre les identités perverses, marginales, voire d’interroger l’intelligence des personnes qui ne sont pas blanches, qui ne sont pas cisgenre, qui ne sont pas hétérosexuelles. Et donc bien évidemment que la transphobie et le racisme, on peut faire énormément de ponts puisque l’oppresseur est le même, à savoir les suprémacistes blancs.
Pauline Todesco
Alors il y avait des réponses. Je vous ai peut-être lu concernant la question précédente, il y a ou qui vous explique. Si je veux savoir le nombre de trans, c’est pour me sentir entourée de personnes trans, personnes trans. Et comme une source vous dit sans les ordres de grandeur et des statistiques, c’est compliqué de faire des sciences sociales.
Lexie Agresti
La plupart des personnes qui demandent ça ne font pas de sciences sociales et ne vont pas faire de sciences sociales avec la réponse qu’on va leur fournir.
Morgan Noam
Mais en tout cas, sache que tu es entourée et qu’on est là.
Pauline Todesco
Et avec des comptes comme les vôtres et avec tous ceux qui existent aujourd’hui. C’est vrai que quand vous étiez plus jeune, vous n’aviez pas accès à ces communautés et il faut savoir que s’il n’y a pas eu énormément de personnes trans en France, les communautés existent et le soutien impossible et si vous voulez à la fin de l'émission pourraient donner des noms d’associations etc. Enfin, il y a que les questions, mais après.
Pauline Todesco
Ça a été effectivement de demander des conseils d’association ou des lectures ou de choses comme ça. Veuve Chicot, vous vous demandez si les luttes féministes au sens large sont-elles alliées ou invisibilisées pour les luttes, pour les droits des personnes ?
Morgan Noam
Alors réponse courte et ensuite je te laisserai rebondir. Réponse courte. J’ai l’impression qu’on a davantage l’impression que ce sont les luttes trans, ce qui invisibilise les luttes féministes. Mais moi alors c’est mon opinion qui n’engage que moi je trouve personnellement, puisque l’un des combats féministes principaux reste quand même la libre disposition de son corps et l’auto détermination de son identité en dépit de sa biologie. Pour moi, l’acte de transition est l’acte le plus féministe qui soit.
Lexie Agresti
J’ai l’impression en termes de volonté, de positionnement et d’attitude, que les luttes féministes, les associations, les structures sont devenues majoritairement alliées. Vraiment ? On parle souvent des quelques anciennes féministes qui sont devenues des transphobes. Elles sont ultra minoritaires. Mais y a eu un shift. Moi, quand j’ai eu un basculement, moi quand j’ai commencé le compte et que je les ai dénoncés pour la première fois il y a cinq ans, disons, je recevais des messages de militantes féministes très connues. On ne dira pas non, ça sert à rien, c’est pas l’enjeu. Pour me dire qu’il ne fallait pas que je divisais, que ce n'était pas l’enjeu, qu’on allait commencer par les droits pour les femmes. Si c’est qu’après on reviendra vers nous. Mais littéralement tel quel. C'était les mots et j'étais vraiment. Voilà, je venais foutre la merde. Pardon. On a le droit de dire des conneries. Je ne sais pas moi je ne veux pas que tweete celle que j’aime. Bisous enfin voilà, c’est ce qu’on nous disait et il y a vraiment eu un changement complet d’attitude. Et aujourd’hui je crois que majoritairement le féminisme est acquis. Ça ne veut pas dire qu’en termes d’actions concrètes et de réflexes de pensée, les femmes trans sont toujours dans la place où elles seraient pertinentes d’en avoir. Il y a plein de questions, notamment la question des violences sexuelles où on oublie tout le temps les femmes trans encore. Mais je crois que ça a changé de On ne veut pas vous faire de la place parce que vous, ça nous empêchera d’en avoir. Ah ouais, mais ça nous gêne un peu en termes d’image, parce que bon, la femme trans, c’est quand même la femme vulgaire. La femme ceci Ah c’est. Aujourd’hui, c’est vraiment devenu un impensé et un oubli de bonne foi. Ça a changé et ça va continuer de changer, j’en suis certaine.
Pauline Todesco
Pardon, le mouvement Terre Feu vous demande Le mouvement Terre est-il à droite sur l'échiquier politique ou se retrouve-t-il aussi à gauche ?
Morgan Noam
Réponse très courte, au début, elle faisait semblant d'être à gauche.
Lexie Agresti
Et ensuite et ensuite…
Morgan Noam
C’est assez incroyable à quel point leur racisme se dévoile. Et du coup, comme elles ne font même plus semblant d'être totalement d’extrême droite.
Pauline Todesco
Il y a une décomplexion totale et des retweets entre Marion Maréchal. Et c’est assez dur.
Morgan Noam
D’ailleurs. Bien sûr ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de transphobie.
Pauline Todesco
Même dans les mouvements antiracistes ?
Lexie Agresti
Dans les mouvements de gauche,oui.
Morgan Noam
Le mouvement terre reste, mais ce n’est pas de l’ordre de l’organisation dans la famille politique.
Pauline Todesco
Et je dis juste une phrase quand tout à l’heure vous disiez à propos de ces anciennes féministes qui disaient à une époque donc moins maintenant, vous vous divisez, on s’en occupera après. C’est exactement la même rhétorique que nous, femmes et personnes LGBTQI A+ On entend depuis toujours à propos des luttes sociales ça va être On abat le capitalisme d’abord et puis on vous donnera des droits après. Donc en fait, elle dit féministe. Mais c’est exactement cette rhétorique qu’on a toujours entendue. Il y a des choses importantes, voix après, mais le après, on ne s’en occupera jamais. Donc si on dit pareil aux personnes trans, c’est ajouté qu’il n’y a plus. En fait, c’est une façon de dire que ça ne sera pas à l’ordre du jour. Moi, j’ai fini.
David Dufresne
Très bien ma chère Pauline. Alors parole au peuple, peuple du Tchat DW4 D2 vous demande est ce qu’il existe aussi des prescriptions d’hormones pour palier à une puberté qui à l’inverse serait trop peu présente ou ça n’a pas de sens ?
Lexie Agresti
Oui, mais alors après il faut aussi savoir que les traitements de substitution hormonale, comprenons-nous, ce sont les mêmes qui sont prescrits en cas de déficit hormonal pour tout le monde. Parce que les hormones, tout le monde en a et tout le monde a les deux mêmes d’ailleurs on le rappelle, et qu’un déficit hormonal, c’est souvent Moi j’ai souvenir, j’ai deux sœurs aînées et j’ai souvenir que ma maman était toujours très inquiète des déficits hormonaux chez mes sœurs et qu’elle leur disait régulièrement Tu sais, tu devrais faire un petit check up, attention ! Mais en fait, les déficits hormonaux, même d'œstrogènes, existent chez les hommes et c’est dramatique. Les effets que ça a sur la santé physique et mentale. Donc tout le monde devrait faire un petit peu de temps en temps et tout le monde devrait pouvoir pallier.
David Dufresne
Alors il y a des questions qui nous amènent au Brésil, notamment Charles qui vous demande comment les transsexuels et plus généralement les LGBTQI plus, ont vécu et résisté au mandat Bolsonaro.
Pauline Todesco
Mais là je pense que tu peux être un petit peu petit précis en vocabulaire.
Morgan Noam
En 2024, on ne dit plus transsexuelle en France. En France, effectivement, dans l’Est, dans les langues latines, effectivement, on dit beaucoup transsexuel.
David Dufresne
Oui, alors juste une autre histoire. Là, il y a pas mal de gens qui réagissent dans le chat en disant ah non, pas ça, c’est des épées transgenres. Mais alors pourquoi ? Mais quelle est l’importance de ce point de vocabulaire ? J’imagine que pour vous elle est conséquente et presque vous expliquer. Bien sûr, c’est important de ne plus dire transsexuel de votre point de vue ?
Morgan Noam
Parce que ça nous ramène finalement à une histoire de la médecine qui pathologies ses identités. Donc au début du XXᵉ siècle ou on a commencé. Parce que bon, à la base, très rapidement à la base on mettait ou on mettait dans le même panier le travestissement, l’homosexualité et les transidentités. Et en donné, il y a des médecins qui se sont un peu penchés sur la question et qui vont du coup différencier toutes ces identités et ces pratiques-là. Et donc du coup, qui ont nommé finalement les personnes trans qui ont nommé la pathologie apparemment dont souffraient les personnes trans comme la pathologie du transsexualisme. Donc le transsexualisme, c’est la pathologie qui a été inventée pour pouvoir mettre en marge les personnes trans. Et donc a découlé de ce terme là le terme donc des patients qui souffraient de transsexualisme, à savoir transsexuel. Donc l’idée c’est que transsexuel, ça renvoie à quelque chose d’extrêmement pathologisation, ça renvoie aussi. On dit transsexuel comme on dit homosexuel. Encore une fois, ici, c’est une question d’identité, de genre et pas de sexualité. Et donc c’est important de bien distinguer les deux.
Lexie Agresti
L’autre distinction, c’est aussi qu’après on a longtemps dit transgenre avant une chirurgie génitale transsexuelle, quand il y a eu chirurgie génitale. Mais on a bien vu que les transitions sont des parcours extrêmement multiples, complexes, et que les chirurgies génitales, on est une minorité, minorité, minorité, minorité, et que de fait, est ce que c’est une distinction linguistique qui est pertinente ? Est ce qu’elle permet ? Est ce qu’elle regroupe toutes les personnes trans dont on veut parler quand on utilise ce terme ?
Pauline Todesco
Je suis allée stigmatiser à la fois les personnes qui auraient fait chirurgie ou pas de dire je désigne cette personne d’après son statut génital.
Morgan Noam
Mais par contre, et ça c’est important de le noter, certaines personnes trans au même titre que le terme queer, au même titre que le terme pédé ou gouine, se sont réapproprié le terme de transsexuel ou le terme de travesti justement comme un terme. C’est là la stratégie du discours en retour, donc de Michel Foucault qui dit que pour faire en sorte que l’insulte ou que le mot en tout cas violent vienne moins nous toucher, on se réapproprie pour pouvoir faire communauté, pour pouvoir en faire un symbole de fierté. Aujourd’hui, transsexuel est travesti, c’est repris par la communauté. En ce sens-là, ce qui ne sous-entend pas que les personnes qui ne sont pas trans peuvent le dire.
Pauline Todesco
Alors je vous remercie, mais en aucun cas posons la question. La question c’est pour la piqûre de rappel. Mais cela dit, vous n’avez pas répondu à ce débat.
Lexie Agresti
Je commençais déjà par bien poser vos questions avant de nous faire la situation actuelle. Est ce qu’on peut avoir la question ?
David Dufresne
La question c'était de mémoire. Quelle fut la réaction par rapport au Brésil de Bolsonaro ? Et est-ce que vous, vous savez, est-ce que vous êtes au courant de ce qui se passe en Hongrie, en Italie ?
Lexie Agresti
Il y a un super documentaire spécifiquement là-dessus qui s’appelle Coco City, qui est sorti il y a quelques mois, un mois et demi, quelque chose comme ça, qui justement plateforme, je ne sais pas.
Pauline Todesco
C'était pour le trouver.
Lexie Agresti
Mais Coco aussi, t’y as toi qui justement suit des communautés trans au Brésil je crois. Dans ce contexte, il y a aussi il y en avait un autre Ah ce n’est pas color ganda ? Il y a plusieurs documentaires sur cette question-là. Les communautés trans, notamment au Brésil, se sont vraiment restructurées. C’est autour du noyau de la famille. Choisit-on vraiment aussi de s’engager en politique ? Je pense à Linda Quebrada, qui est la première élue trans au Brésil, qui s’est engagée un peu avant l'élection de Bolsonaro et face à la montée de ce fascisme au Brésil. Donc il y a vraiment la réorganisation associative, la manifestation, le principe de commande de communes. Je sais qu’il y a eu beaucoup de communes transes qui se sont fondées autour d’un anarchisme économique au Brésil et il y a l’engagement politique de personnes concernées directement. Faut savoir que de toute façon, historiquement, les personnes trans et les communautés trans sont souvent un peu en première ligne des luttes sociales face aux actions réactionnaires. C’est ce qu’on avait vu avec le mouvement. Le moment historique qui est considéré comme fondateur. Avec Stonewall, ça a été principalement des personnes trans et racisées qui se sont vraiment rassemblées pour ensuite, après les émeutes elles-mêmes organisées, les associations qui ont mené la lutte pour les nouveaux droits dans les années 70-80. Donc c’est vraiment en première ligne.
Pauline Todesco
Alors on était sur cette question.
Lexie Agresti
C’est exactement ça en fait, où ça a coupé l’influence des mouvements évangélistes transphobes américains ? Elle est prise pour revenir sur la synthétiquement, à la fois dans le fait que c’est leurs idées et leurs textes qui sont repris dans ce que font les Républicains. Mais en plus de ça, on avait appris que le principal mouvement évangéliste américain était reçu par madame Jacqueline Eustache Brinio au Sénat courant juin.Donc elle est certainement, elle est certainement de plus en plus prégnante pour ce qui est des autres, des autres mouvements religieux. L’un des gros problèmes, c’est qu’on est quand même un fonctionnement où, au-delà de différents courants du christianisme, et même encore, les mouvements protestants évangélistes en France, ils ne sont pas si visibles et transparents que ça. On est dans un fonctionnement en communauté et on a très peu de traitement de l’information et de communication sur ce qui existe. Donc je ne peux pas dire que ça, il n’y a pas de mouvement transphobie dans les cercles juifs musulmans, peut-être même bouddhistes, qui sait. Mais en fait c’est con, pour le coup, on en sait, on n’en sait rien quoi. Faut dire aussi que ceux qui osent être ouvertement transphobie, c’est que c’est que les chrétiens.
Morgan Noam
C’est vrai. Mais oui, juste revenir sur l’origine car de fait, les mouvements conservateurs Vatican sont à l’origine de la théorie du genre. Donc de fait, ils ne peuvent pas être nos alliés parce qu’eux, ils partent du principe que justement le genre, cette notion de genre, serait responsable de la chute de nos civilisations. Donc à partir de là, on part un peu mal.
Pauline Todesco
Est ce que tu avais d’autres questions ?
David Dufresne
Euh none t d’ailleurs le tchat te dit merci d’avoir repris la question. Je crois que c’est le moment de savoir terminer un stream chargé.
Pauline Todesco
Alors avant d’arrêter, j’ai ma question rituelle. Lexie, votre compte s’appelle Agressive les transes. Et dans un post sur votre compte, vous expliquez l’avoir créé parce que vous étiez en colère. Donc vous êtes ici au bon endroit pour exprimer vos colères. Et donc je vous pose la question à tous les deux que fait-on de nos colères ?
Lexie Agresti
C’est une si vaste et importante question. Je crois que la première chose, en tout cas, c’est ce qui m’a aidé, moi, on reconnaît qu’elles peuvent être extrêmement saines, constructives et positives.
Morgan Noam
C’est bon, c’est mon tour ?
Lexie Agresti
Tu es en colère aussi ?
Morgan Noam
Pas du tout, jamais. Alors j’ai un rapport très particulier à la colère. En plus, en tant que thérapeute, je reçois beaucoup de gens en colère de manière légitime. Et pour le coup, un conseil que je leur donne. En tout cas, la manière dont je l’aide, dont je les accompagne, c’est vraiment d’accepter la colère de ne pas aller contre. C’est-à -dire qu’on a tendance, surtout les personnes minorisées à faire en sorte. Quand je ne dis personnes minorisées, c’est important de préciser les femmes, les minorités de genre, les personnes LGBT racisées de classes populaires, etc. etc. On a tendance, à partir du principe que quand c’est un homme blanc, fils hétéro qui est en colère, il affirme son autorité, il affirme ses opinions avec beaucoup de ferveur. Quand c’est une personne minorisée qui s’exprime avec de la colère, tout à coup-là c’est hystérique et du coup on n’a pas le droit d'être en colère alors que très clairement on a pas mal de raisons de l'être. Et la colère, c’est vraiment un sentiment qui est légitime et c’est surtout un sentiment qui est là pour nous avertir. La colère, on a tendance, à partir du principe que c’est une émotion négative. Non, pas du tout. La colère, c’est une émotion positive qui est notre alliée. C’est-à -dire que la colère, on la ressent en général quand il y a une injustice qui se passe, que ce soit à notre endroit ou que ce soit à l’endroit de notre communauté ou d’une situation dont on est témoin. Si on ressent de la colère, c’est qu’on sait intimement, profondément, que ce qui se passe n’est pas ajusté. Et donc, écoutez, votre colère parce qu’elle vous veut du bien, est là pour vous protéger et pour faire en sorte que ces rapports de domination et de soumission cessent.
Pauline Todesco
C’est parfait comme mot de la fin. Donc on va on va. On va vous remercier tous les deux. Moi personnellement, ce fut un réel plaisir de converser avec vous et de vous recevoir. Je vous remercie encore tous les deux d'être venus. Je remercie le chat donc, à qui on va dire au revoir.C’est le dernier Bonjour Colère de la saison. Merci Lexie et Morgan, Quel live ! Merci pour ce stream incroyable ! Grand merci à vous deux. Merci pour vos éclaircissements et si on a pu vous donner envie, c’est ce que vous dites tous les deux à la fin de vos livres,
Morgan Noam
On a envie de vous donner faim. Voilà, on n’est pas rassasié. Votre appétit que vous pouvez vous même. Voilà, on plante des pieds et ensuite, si on vous a donné faim, si vous avez de l’appétit, vous allez chercher par vous-même ce qu’il existe plein, plein de ressources sur ces sujets merveilleusement bien réalisés.
Pauline Todesco
Ouh là, il y a trop de cœurs ! ! !
Lexie Agresti
Mais si c’est le dernier de la saison, il y a une bonne nouvelle. Fait qu’on a tout le temps pour aller voter Nouveau Front populaire.
Morgan Noam
Votez Nouveau Front populaire. On n’a pas le choix. Que vous soyez de France, que vous soyez patron, partez du principe que les seules personnes qui en ont quelque chose à foutre de vous, de vos existences, de vos vies, de vos proches, ce sont les. Les représentants du nouveau Front populaire. Et partez aussi du principe qu’on ne vote pas pour notre candidat préféré, qu’on vote pour la personne qu’on veut allez challenger dans un ring. On ne veut pas aller challenger le RN dans un ring, on va aller challenger les représentants.
Lexie Agresti
Et le vote est déjà ouvert pour les premiers français à l'étranger. Je ne sais pas dans quelle circonscription, mais du coup, si vous avez des amis expatriés, des amis binationaux ou quoi qui sont dans des circonscriptions à l'étranger, rappelez-leur que ça y est, c’est ouvert.
Pauline Todesco
Voilà votez pour le Front Populaire.

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