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Pourquoi et comment quitter X Débat en direct et en public

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Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Paris Bordeaux-le-Mans. Magali, où est Magali ? Bonjour tout le monde. Bonjour, bonjour. Nous sommes en direct de la Silicon Valley. D’une certaine manière. Magali, viens, viens, rentre en piste. Magali Payen avec qui je vais avoir le bonheur de co-présenter cette soirée. Est-ce que ton micro est allumé ? Je ne pense pas. Non, ben voilà. C’est la Silicon-Valley du pauvre. Alors, voilà. Robin, je te laisse faire les petits réglages. Bonjour à tous. Bonsoir. Merci beaucoup d'être ici. Ça va durer longtemps. N’hésitez pas à vous asseoir si vous le souhaitez boire un petit coup, si vous souhaitez dans la cantine qui est au-dessus pour les gens qui sont par millions, par millions sur le tchat. Et bien, vous êtes à la maison, donc vous faites comme vous voulez, évidemment, le tchat qui sera diffusé ici. Voilà, 5 sur 5. Salut, camarades. Bonsoir, les humains. Il y a tout un tas de gens qu’on va présenter au fur et à mesure. À la technique, il y a Franck, il y a Nayan à la caméra, il y à Benjamin à la régie, il fait tout ça. Il y a Tommy à la caisse, il y a déjà un premier volet d’invités. Ma chère Magali, je n’ai pas le conducteur sous les yeux, je te passe la parole.
00:01:20Magali Payen
Eh bien donc, nous serons ensemble jusqu'à 22h30 avec des gens formidables tels que Alice Barbe de l’Académie des Futurs Leaders, Benjamin Sonntag ici présent, co-fondateur de la Quadrature du Net, Grégory Fabre, Nothing to Hide, où est-il Grégory ? Lève la main, voilà. Benoît Piedalu, de la Quadrature, du Net également, qui est ici la liste est un peu longue, hein ? Sandrine Rousseau, Olivier Faure, qu’on ne présente plus, Frédéric Petit du Modem, Anne Hidalgo en vidéo Victoire Tuaillon, journaliste, David Chavalarias du CNRS, Laëtitia Eïdo, comédienne, Jean-François Julliard de Greenpeace, qui est là dans la salle, ici. Voilà, super. Arié Alimi, avocat de la Ligue des droits de l’homme. Je continue parce que tu n’as pas tout sous les yeux ?
00:02:07David Dufresne
Non, vas-y continue, parce qu’on avait pas dit qu' on faisait comme ça, alors vas- y continue. Arié Alimi donc, avocat et vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme. Zineb Ajaraam, je ne sais pas si elle est arrivée, point encore de la fédération sportive gymnastique du travail.
00:02:23David Dufresne
Vous connaissiez ça ? Créé en 1934, Fédération antifasciste du sport. Eh bien ouais, 200 000 licenciés. Eh ouais, eh ouais, je vois qu’il y a des sportifs dans la salle.
00:02:37Magali Payen
Isabelle Jourdan de l’assistance publique de l’hôpital de Paris Carine Fouteau
00:02:42David Dufresne
Présidente de Mediapart
00:02:44Magali Payen
Anthony Miège
00:02:46David Dufresne
Directeur de communication de l’EHESS.
00:02:49Magali Payen
Loup-Espargillière rédacteur en chef de Vert
00:02:52David Dufresne
Cécile Duflot, ensuite il y a tellement d’appels à la mobilisation, Pablo Aiquel qui est ici secrétaire général du syndicat national des journalistes CGT.
00:03:06Magali Payen
Et Gabriel Mazoli des Amis de la Terre.
00:03:09David Dufresne
Voilà et puis peut-être des petites surprises et puis vous dans le public il y a donc un petit micro ici, il faut vraiment le prendre d’assaut, c’est ça l’idée, on a dit aux invités qu’ils avaient dix minutes, on leur a pas dit que c'était avec vous, donc moi vous verrez j’ai des petits panneaux qui sont prêts pour faire la police, bon voilà, du temps, mais vraiment l’idée c' est qu’il y ait un échange puisque l’enjeu on rigole là mais l' enjeu Il est majeur, c’est quand même un enjeu démocratique mondial qui est en train de se jouer. Il se trouve que quand le collectif est né, on va revenir sur l’historique, on n'était pas si nombreux que ça à s’intéresser à ça. Aujourd’hui, ça fait la une cet après-midi du Monde. C’est-à-dire que tout le monde a quand même compris qu’il y avait un enjeu, cet enjeu démocratique, ce sera le fil rouge de la soirée. Et donc, qui dit démocratie ? Paroles directes, que ce soit dans le tchat ou que ce soit au micro et puis il y a un deuxième volet de la soirée qui va être un volet mobilisation, c’est-à-dire qu’on va ponctuer la soirée de différents moments pour vous accompagner au passage à l’action. Comment ça, il y a un ange qui passe dans le ciel. Ce n’est pas possible. Un enjeu passe dans l’enjeu, un enjeu, ah oui, pardon, pardon il y a un gars de Mastodon qui est là. Renaud, non, c’est toi Grégory ici ? T’es de Mastodon aussi ? Ah, voilà, voilà. Non, non. Il y a un monsieur de Mastodon, qui est ici. C' est quand même assez extraordinaire. Donc on va lui donner la parole. Voilà, à mon avis, le conducteur qu’on a fait, on va évidemment le dérégler. On commence par quoi ?
00:04:47Magali Payen
Par une petite présentation de X aujourd’hui, anciennement Twitter.
00:04:52David Dufresne
Alors vas-y.
00:04:53Magali Payen
Et bien il faut savoir que dès son arrivée, Elon Musk a demandé aux ingénieurs de changer l’algorithme de recommandation de manière à ce que ces messages et ceux des partisans de Donald Trump soient mis spécifiquement en avant auprès de ses utilisateurs. Ça vous le savez certainement déjà.
00:05:09David Dufresne
Du haut de ses 200 millions d’abonnés. Les messages politiques pro-Trump de Musk ont amassé plus de… Allez, 1 milliard, 5 milliards, 10 milliards, 17 milliards, 27 milliards de vues pendant la campagne ? 17, ah, il y a des gens sérieux, les autres près non pas 27 milliards, mais 17 milliards de vues cumulées lors de la campagne de Trump, soit plus de deux fois le nombre de vues de l’ensemble des publicités politiques sur X, sur la même période.
00:05:48Magali Payen
Sur X, la survie de toute dissidence est soumise au bon vouloir d’Elon Musk. Dès son arrivée, plusieurs comptes d’influenceurs, de journalistes, d’opposants politiques ont été fermés sans préavis pour crimes de lèse majesté vis-à-vis de Musk
00:06:03David Dufresne
Certains avaient même plus de 2,3 millions d’abonnés. Pourquoi X est dangereux pour la démocratie ? Selon la faq du collectif Hello Quitte X, qu’on va s’empresser de vous présenter tout à l’heure, et bien tout simplement parce que X amplifie l’hostilité des échanges entre utilisateurs. Par conception, les algorithmes de recommandation de X mènent à une décohésion sociale et portent atteinte à la santé mentale de ses utilisateurs, le terme santé mentale, vous le verrez, est employé. Par la maire de Paris, qu’on a eu le bonheur de rencontrer hier, on est prêt à tout quand même pour la cause, et X laisse les discours de haine et les opérations de manipulation d’opinion proliférer, faute de modération. On a appris hier qu’il n’y avait pas que X qui avait décidé d’arrêter la modération, donc l’enjeu là, si vous voulez, en fait, cette soirée, elle est extraordinaire. Je pense à Zuckerberg.
00:07:00Magali Payen
X renforce également l’entre-soi puisque ces algorithmes renforcent certaines chambres d'écho et modulent la perception que leurs membres ont du reste du réseau. C’est une machine à fragmenter l’opinion.
00:07:14David Dufresne
Quant à Elon Musk, il est né le 28 juin 1971 à Pretoria. Il est entrepreneur, chef d’entreprise, homme politique, milliardaire sud-africain, canadien et américain. Alors là, il va bientôt perdre une nationalité puisque le Canada et l’Amérique vont au bras. Bref, il est cofondateur et président directeur général de la société astronautique Space X, qui doit beaucoup de ses contrats à l’argent fédéral, mais passons. Il est directeur général de la Société automobile Tesla.
00:07:40Magali Payen
Et Donora Link, qui va jouer un rôle dans la guerre cognitive à venir.
00:07:45David Dufresne
En 2022, il nous rachète, cet enfoiré, il nous rachète pour 44 milliards. On vaut quand même un peu de pognon.
00:07:57Magali Payen
Et il dit la liberté d’expression est le fondement d’une démocratie fonctionnelle et Twitter est la place publique numérique où sont débattues les questions vitales pour l’avenir de l’humanité
00:08:09David Dufresne
J’espère que même mes pires critiques resteront sur Twitter car c’est ça que signifie la liberté d’expression. Ce chantage, on va évidemment en parler et on va expliquer pourquoi le collectif Hello Quitte X considère qu’il ne faut pas le subir et qu' il faut aller dans des alternatives.
00:08:31Magali Payen
Le 20 janvier, il sera à la tête du département de l’Efficacité Gouvernementale et cette structure opérera en dehors du gouvernement fédéral pour sabrer les services publics et faire économiser plusieurs millions de milliards, plusieurs milliers de milliards pardon au gouvernement.
00:08:52David Dufresne
Comme vous le savez, il a pris position là très très récemment en Europe avec l’AFD au moment même où on se parle, où dans quelques minutes il nous fait concurrence puisqu’il doit faire une interview avec la leadeuse de l’AFD, l’extrême droite allemande, sur Twitter. Donc c’est dire l’implication politique du bonhomme, ce n’est pas simplement des structures, c' est aussi une vision du monde qu’il développe. Vous êtes au courant évidemment de ce qu’il a fait en Angleterre, où il soutient l’extrême droite la plus extrême et où on voit des enjeux arriver entre l’Union européenne et Musk autour de la modération, etc., et de son côté de l’implication du politique. Il fallait rappeler tout ça pour qu’on soit bien d’accord. Entrez, venez vous asseoir, il reste parce que tout à l’heure, il n’y aura plus de place. Donc si vous voulez vous asseoir, il y a des petites chaises là. Voilà, c’est les enjeux du soir.
00:09:59Magali Payen
On peut maintenant accueillir sur scène les autres membres du collectif.
00:10:03David Dufresne
Quelques-uns parce que c’est un collectif, c’est une résistance, c’est un maquis. Certains ne veulent pas apparaître publiquement. Alors Monsieur Sonntag Benjamin, non mais il faut monter là, il faut, faut, il faut monter, cofondateur de la Quadrature du Net.
00:10:18Magali Payen
Alice Barbe ici présente de l’Académie des Future Leaders.
00:10:22David Dufresne
Voilà alors ça vous allez m’expliquer ce que c’est que les futurs leaders
00:10:36Magali Payen
Benoît, de la Quadrature du net et David Chavalarias arrivera tout à l’heure pour faire un super exposé.
00:10:47David Dufresne
Alors, qui veut démarrer sur l’origine, en réalité non pas du collectif Hello quitte x, car figurez-vous qu'à l’inverse des trotskistes, et bien c’est une réunion, ce n’est pas une scission, ce sont deux collectifs concurrents, salement concurrents qui ont décidé de faire la paix, c'était au mois de décembre. J’ai l’impression qu’il y a quand même plus de membres du vrai collectif.
00:11:15Gregory Fabre
Le premier, c’est des copains, moi je suis administrateur d’une association qui s’appelle Nothing To Hide, c’est des copains de la quadrature du net qui était là, y avait aussi Dav Duf, on s’appelait au départ, on avait cette idée là, d’essayer de mobiliser les gens pour qu’ils parlent de Twitter, on s’appelait Arié bien sûr, et on s’appelait Escape x, et puis on a entendu parler d’un autre collectif qui s’appelait Hello Quitte X notamment monté par David Chavalarias qui va venir tout à l’heure, qui est un type du CNRS qui connaît bien les réseaux sociaux et qui a écrit, qui est mathématicien, qui a écrit sur leur fonctionnement. Et donc, en fait, on s’est trouvé très simplement à discuter avec eux et on se dit, on va s’associer, on se fonder ensemble, on va créer un seul collectif. Et ça fait deux mois qu’on bosse ensemble. On a gardé leur nom parce que hello quitte x, je pense que c’est un assez bon nom.
00:12:02David Dufresne
Mettez-vous dans la lumière,Non mais ça c’est le site, c’est le site tout le monde peut y aller. Non mais mettez vous dans la lumière, sinon on ne vous voit pas.
00:12:17Gregory Fabre
Et voilà ça fait deux mois qu’on bosse ensemble, qu’on fait des sites internet, qu on essaie de mobiliser des gens, qu ont parle aux médias, qu l’on essaie de parler aux politiques, qu on lance des messages, qu’on essaie de mobiliser des gens pour que les gens s’en aillent enfin de ce réseau social abjecte qui est devenu Twitter.
00:12:36David Dufresne
Quels sont les moyens du collectif ?
00:12:42Benjamin Sonntag
Les moyens, au début, c’est nous et nos petits bras, tous ceux qui ont fait partie du collectif, puis qui nous ont rejoint ensuite parce qu’on a démarré à 5, 6, 8, et puis maintenant on est plutôt une trentaine à faire des tas de trucs, notamment une boucle de mobilisation. Après, on a des gens qui nous donnent quelques sous, qui nous en ont permis de très… Ça a été beaucoup trop rapide. C'était très très vite. On a pu embaucher deux personnes pendant deux mois, si j’ai bien compris, qui nous aident pour tout ce qui est mobilisation citoyenne, pour aider à ce que plein de gens puissent, au quotidien, avoir des choses à faire. Dans les réseaux sociaux de la mobilisation et on est aussi maintenant, si vous voulez faire un petit don c’est possible aussi sur le site depuis ce soir. Voilà, donc on a quelques financements d’amis et de proches qui nous ont aidé à démarrer un peu la pompe à avoir de la mobilisation. Parce que faire que les situations se mobilisent, c'était toujours bien, on a plein de bénévoles qui nous aident. Mais avec deux permanents pendant ces deux mois, ça permet que ces permanents en journée à des moments, enfin ils sont près à tout moment à se faire que les gens qui ont envie de nous aider, ils aient des trucs à faire en fait. Et c’est idiot mais ça aide énormément, ça fait un fois 10 tout de suite sur l’activité. Donc voilà, et puis sinon le boulot c'était des groupes signal et puis on est sur internet et puis on fait de la com quoi, essentiellement. Et on essaie de convaincre comme ce soit. Est-ce que tu veux ajouter quelque chose Magali ?
00:14:02Magali Payen
Il y a possibilité de faire des dons sur le site depuis ce soir mais pendant la soirée si vous avez envie d’aider on va aussi vous partager un kit de mobilisation qui sera également sur le site. Vous avez aussi la possibilité de devenir bénévole en allant voir par exemple Colline avec le pull vert tout au fond, qui est une super campagneur de la campagne, ou en allant sur Instagram et où il y a un petit lien pour unboarder les bénévoles.
00:14:29David Dufresne
Et voilà. Alors unboarder, ça veut dire embarquer.
00:14:33Fabre Grégory
Ce que je peux dire, c’est qu’on essaie de faire partir les gens, donc on a plusieurs médias qui ont déjà annoncé qu’ils allaient partir, et des personnalités qui ont annoncé qu’il allait partir. Certains l’ont fait grâce à nous, certains pas du tout, certains ont décidé de rejoindre le collectif, certains gardent, continuent leur coin, c’est très bien. Mais voilà, ce qu’ont on fait beaucoup, c’est qu’on essaie de convaincre les gens, une fois qu’ils sont partis, qu' ils l’annoncent. Et donc sur notre site, il y a la liste de tous les gens qui sont partis, les médias, les organisations et les personnalités.
00:15:06Magali Payen
Mais surtout, il y a un outil. Voilà, c’est ça. Et ça, c’est super important. C’est la grosse différence de cette campagne, c’est l’outil, effectivement, qu’on crée le collectif hello quitte X et le CNRS.
00:15:17Benoît Piédallu
Je voulais ajouter que c’est important aussi de voir que c' est vraiment un amorcement. De la quadrature du net qui s’avance.On a amorcé la pompe. L’idée, c’est que justement, la presse qui sait, la presse quotidienne régionale qui est partie, donc Ouest France, par exemple, au début, les premières administrations diverses et variées ou personnes connues qu’on dit qu’ils quittent ce réseau-là ont commencé à amorcer la pompe, nous ça nous a un peu conforté aussi dans cette campagne-là, de se dire que on n'était pas tout seul à penser que c'était important de le quitter, de trouver des alternatives. Et au fur et à mesure qu’on a avancé, on a contacté un certain nombre de médias qu’ont dit qu’ils commencent à y réfléchir, des associations, tout un tas de gens qui se sont dit, si les premiers sont partis, peut-être que nous c’est intéressant, il y a des gens qui se seraient intéressants de partir aussi, il y a des gens qui se mobilisent, enfin l’idée c'était vraiment d’amorcer la pompe et d’arriver à déplacer le maximum de population vers le nouveau réseau pour dire qu’en fait Twitter X n’a plus d’intérêt. Il n’y a plus d’intérêt à y rester parce que finalement suffisamment de personnes seront passées de l’autre côté et vraiment c’est cette question de masse critique, de déplacement de masse critiques qui est important et c' est aussi ce qu’on veut faire avec cette campagne, c' est de faire un maximum de communication pour que les gens finissent par se dire que la masse critique elle est là et c’est ça qui est aussi important d’arriver dans le cadre de cette communication. Ce n’est peut-être pas nous qui allons toucher directement toutes les personnes qui vont nécessiter ce déplacement de population, mais par contre la communication, si les gens communiquent autour d’eux pour dire moi je suis parti, c’est bon, c’est fini, on va entraîner, on va avoir un effet d’entraînement sur tout le monde.
00:16:59Magali Payen
La plateforme, elle sert à plus que ça, c’est-à-dire que cette plateforme en fait, elle va permettre à toutes les personnes d’embarquer leur communauté sur Mastodon et BlueSky, à savoir de répliquer leur communauté et que les connexions entre les followers et les followers se refassent. Donc en fait elle vont permettre de dupliquer le tissu social et ça, ça fait toute la différence parce que la plupart du temps les gens n’ont pas envie de quitter X pour se retrouver tout seul sur Blue Sky. Là, ils ne seront pas tout seuls parce qu’en fait tout de suite ils vont retrouver leur famille, leurs copains.
00:17:33Gregory Fabre
Oui, non, c’est juste un logiciel qui a été développé. Il y avait déjà des initiatives qui avaient été prises par des gens un peu partout dans le monde. Mais là, c’est un truc extrêmement sérieux qui a été développé par une petite équipe avec l'équipe et des gens du CNRS pour en fait faire un logiciel qui permet vraiment de que ça marche et qu’on puisse changer de réseau social. Voilà, donc là, il n’est plus en bêta. Il y a déjà plus de 1000 personnes qui ont, je crois, plus de 1000 Orgas et personnes qui ont commencé à l’utiliser. Et en fait, comme ça prend la liste de tous leurs réseaux sociaux, il y a plus d’un million de personnes qui sont déjà enregistrées sur la plateforme. En fait, la plate-forme, elle enregistre l’ancien login Twitter et le nouveau login sur soi Mastodon, soit Blue Sky. Ce qui fait que si quelqu’un arrive ensuite et que la personne est déjà passée par eux, et que ce compte est déjà passé par les plateformes, automatiquement ça va reconnecter la personne. Qui utilise le logiciel à une grosse partie de sa communauté. Et ensuite, ça va continuer avec le temps, c’est-à-dire qu'à mesure que les gens vont migrer, la plateforme va continuer de reconnecter les gens à leurs anciens réseaux sociaux à mesure que leurs ancien contacts migre. On en parlera peut-être un petit peu plus tout à l’heure, mais c'était juste pour dire que c'était un truc très sérieux qui marche, qui n’est plus en bêta et qui est absolument fondamental pour réussir la transition.
00:18:51David Dufresne
Et on essaiera peut-être dans la soirée de faire une petite démo. Il y a maintenant comme sujet… Toi, tu voulais parler de quoi déjà ?
00:19:01Benjamin Sonntag
La confidentialité des données. La confidentialité des données, approche-toi, met-toi à jour. Il y a un truc à rappeler, c’est sur les réseaux sociaux qu’on connaît, donc les réseau sociaux traditionnels, donc Twitter, Instagram, Facebook, TikTok, ce sont des réseaux commerciaux, d’entreprises, capitalistes, donc c'était des entreprises, et donc leur modèle de données, leur modèle économique, c’est la publicité aujourd’hui. On peut payer un petit abonnement à Twitter, mais enfin c’est pas ça qui paye l’infrastructure de Twitter. On ne peut pas payer à Facebook un abonnement en tant qu’utilisateur. Parce qu’en fait, chez Facebook, sur Instagram, sur Twitter, on n’est pas le client, on est le produit. C’est un peu bizarre si on ne connaît pas le modèle, mais quand on y réfléchit, on EST le produit, c’est-à-dire que le client de ces plateformes, c’est le publicitaire. La plupart du temps. Et donc en fait, ces plateformes ne sont pas des réseaux sociaux, ce sont des régies publicitaires. Qui se servent de leurs produits d’appels, réseaux sociaux, de nous, les petits cochons qui vont être mangés ? Pour aller vendre la publicité en fait. C’est ça leur modèle économique, il faut le rappeler. Et à partir de là, la confidentialité des données des publicitaires est bien assurée. Mais alors les nôtres pas du tout. Parce que leur modèle économique, c’est justement de nous vendre aux publicitaires, donc de vendre toutes les données qu’ils peuvent obtenir sur nous aux publicitaires. Donc je continue, le modèle économique d’un Twitter, c' est de savoir que Benjamin, il est ingénieur, gérant d’entreprise, parisien, en fait maintenant il habite dans l’Est, ça on est au courant, et ils savent tout ça. Parce qu’en fait, ils nous suivent avec notre adresse IP, ils nous suivent avec les choses qu’on suit sur ces réseaux sociaux, les choses que l’on like sur ses réseaux. À partir de là, ils font un profil sur nous qui est extrêmement détaillé. Et à partir de là, aucun problème. Ils nous vendent au plus offrant et il y a des enchères en temps réel pour nous vendre. Donc en fait, la confidentialité qu' on a sur ces réseaux sociaux, c’est zéro. C’est aussi pour ça qu’avec Hello Quitte X, on invite à quitter ces réseaux sociaux qui nous vendent aux plus offrants pour essayer de trouver des mieux-disant. Aujourd’hui, on a retenu pour l’instant Blue Sky et Mastodon. Personnellement, j’ai une beaucoup plus grosse préférence pour Mastodon qui a l’avantage d’avoir un modèle économique la plupart du temps basé sur des petites structures, soit associatives, soit des collectifs d’individus qui se mettent ensemble pour avoir leur petit Mastodon à eux, qui peut évidemment causer avec les autres on nous en parlera peut-être tout à l’heure, Renaud. Et donc voilà, ça, c’est les modèles économiques de ces plateformes et pour moi, il est dangereux et néfaste. Il prend en otage notre cognition parce que c’est ça le but et donc bah barrons-nous quoi !
00:21:30David Dufresne
Petite précision avant de vous barrer, si vous voulez chatter, c’est sur auposte.fr, c’est là qu’il y a le chat. Si vous regardez sur, on est prêt, sur le compte Instagram, vous pouvez discuter entre vous, mais le chat n’est pas modéré. Pareil sur YouTube, voilà. Si vous voulez vraiment discuter dans le chat et qu’on remonte vos questions, allez sur auposte.fr. Alice, je crois que c'était à toi et Magali voulait te présenter.
00:22:00Alice Barbe
Ok.
00:22:01David Dufresne
Ah mais moi je ne sais pas ce que c’est que l’académie des futurs leaders, alors c'était quoi ?
00:22:07Alice Barbe
C’est une école de formation qui accompagne des personnes comme les supers organisateurs qui sont avec nous ce soir comme Coline au pull vert à se former en politique, à résister contre les tendances populistes, autoritaristes et antidémocratiques, et s’engager en politique. Et ça marche. On a formé jusqu'à présent, il y a des intervenants de l’académie qui sont dans la salle aussi. Et on a formé 43 personnes via des promos et là, on a des programmes en ligne de à peu près 1500 personnes qui se forment à protéger la démocratie. Et évidemment, la tech fait partie de ça. Moi, je vois ça un petit peu comme un mouvement de résistance. Et c’est pour ça que je suis très contente d'être là ce soir avec vous. Je suis très content d’être ici. Ça fait malheureusement un petit moment que dans les écosystèmes, on se pose la question de comment on peut s’organiser, comment on peut créer un mouvement de résistance. J’aimerais… Faire un petit pas de côté sur ce sujet là parce qu’on parle quand même du mec le plus riche du monde et ça fait, il est le plus dangereux, un des plus dangereux, enfin dans une Europe, une France qui est entourée de dictateurs sanguinaires, Trump qui est arrivé au pouvoir dans beaucoup beaucoup beaucoup de groupes, notamment d’entrepreneurs par exemple, moi j’ai pu lire des trucs du style, ah bah c’est super, les cryptos vont monter. Oui et des gens qui sont pourtant plutôt engagés pour protéger la démocratie, pour la république, pour les droits humains. Je ne sais pas si vous êtes déjà allés à Vivatec. Moi, j’ai eu le plaisir de faire une conférence sur la démocratie, l’intelligence artificielle, il y a deux ans. Au même moment, Elon Musk arrivait et il y avait des milliers de personnes qui l’accueillent en disant « I love you, fais moi un câlin » et qui, je pense, étaient prêts à se faire mal physiquement pour pouvoir le toucher. Et on vit dans ce monde-là. Et je suis très heureuse de parler ce soir de nos petits copains libertariens parce que la menace vient très clairement de l’homme le plus riche du monde qui se retrouve ministre de l’Homme politique le plus puissant du monde ministre dont la vocation d’Elon Musk quand même son poste ça va être de réduire l’impact de l état ou plutôt même peut-être de détruire l'état et la fonction de l et l'état de droit en général. Mais il ne faut pas oublier qu’en France, on a aussi nos petits ultra libertariens qui prospèrent sans forcément qu’on le sache. Il y a eu un rapport formidable qui est sorti cette année par l’Observatoire des multinationales qui détaille un peu ces réseaux, notamment le réseau Atlas, qui est une organisation américaine qui est très flippante, très très flippante, qui finance depuis des dizaines d’années. Des centaines de think tanks d'écoles, d’organisations à travers le monde qui se vantent d’avoir fait élire Thatcher notamment et qui en France financent des organisations comme l’IFRAP. Vous verrez peut-être un jour en mettant BFM, pas forcément cnews en plus, en mettant des chaînes d’infos en continu, des pseudo-experts, des pseudo chercheurs qui travaillent à l’Ifrap et dont l’agenda est uniquement de réduire au maximum le rôle d'État. J’ai que deux minutes encore, mince, j’avais prévu beaucoup plus. Donc je vais zapper direct, mais à Pierre-Édouard Sterin, qui est mon meilleur copain. Pierre-Edouard, vous en avez peut-être entendu parler, c’est le premier Business angel français. Il a mis un milliard d’euros au service d’une idéologie d’extrême droite ultra-libertarienne. Il finance des écoles comme l’Institut de formation politique. Il a voulu mettre la main notamment sur Bayard récemment, au même moment où Bolloré était en train de racheter l'école supérieure de journalisme de Paris. Ils ont des influenceurs, ils financent des influenceurs. En France, il y a 45 influenceurs d’extrême droite qui dépassent le million de vues par mois. Magali, je sais que tu as beaucoup de travail là-dessus pour accompagner les influenceurs qui vont protéger la démocratie. Il y a des écoles, il y a des influenceurs, il y a des techniques, il y a des techniques de mobilisation, il y des entreprises, il y a tout un panorama. Je ne vais pas revenir sur les médias, mais on a cet écosystème en France. Moi, ce qui m’interroge, pour conclure sur mon hyper court speech, ce qui m' interroge beaucoup c’est que Musk a récemment financé l’extrême droite anglaise. Il a récemment financé l’AFD, l’Extrême Droite allemande. Il ne peut pas financer l’externe droite française parce que nous avons des lois. On ne peut pas financer un parti politique à plus de 7 500 euros par personne et par an, hors campagne présidentielle. Mais c’est anecdotique. Ma question, sachant que Eric Zemmour et sa compagne Sarah Knafo sont invités à l’investiture de Trump aujourd’hui, c'était quel va être le cheval de Troie ? Qui va permettre à Elon Musk de déverser des millions en France pour pouvoir financer ces mouvements, cette bataille métapolitique. Et comment on va pouvoir faire ? Parce qu’ils ont des millions, nous, on est des millions. Ça fait un peu David contre Goliath. J’aime bien. Mais quand je vois.. Oui, c’est ça. Mais quand je vois la mobilisation, quand je vois les 18 000 notifications sur Signal de tous les bénévoles, de toutes les personnes qui sont engagées de ce combat-là et de toutes ces personnes peut-être qui nous écoutent, Je me dis que quand même, on a peut-être un espoir face à eux.
00:27:15David Dufresne
Merci beaucoup. Allez-y, bien sûr. Chauffons-nous. On doit passer à la suite. La suite, c’est oui merci on se retrouve dans la soirée. Vous pouvez vaquer vos occupations. Là, tu veux donc faire un truc, un appel ?
00:27:33Magali Payen
Eh oui, premier petit moment en mobilisation de la soirée les gars !
00:27:36David Dufresne
Et ensuite, Sandrine Rousseau qui est là, va venir discuter avec la salle.
00:27:42Magali Payen
Donc là, on va vous proposer pendant 3 minutes avec le QR code qui va s’afficher derrière moi et le lien qui va apparaître dans le tchat de faire votre toute première action. Donc si vous êtes en ligne, n’hésitez pas à cliquer sur le lien. Et la proposition, ça va être de prendre une bonne résolution pour 2025.
00:28:04David Dufresne
Si jamais vous n’avez pas un super zoom, que vous n’avez pas peur d'être filmé de dos, Venez ! Mais non, c’est plus drôle qu’un peu de vie, non ? Oui, Benjamin, il dit il suffit de taper. Vous pouvez aussi le taper. Une réponse de développeur 1-0, 1-1-0. Bon d’accord, alors tapis, tapis.
00:28:28Magali Payen
Comme vous voulez, welcome. En tout cas, cette première action, elle a pour objectif de signer votre bonne résolution 2025, qui est de quitter X. Et donc quitter x, ça ne veut pas forcément dire supprimer son compte. Il y a un peu 50 shades of quit X, 50 nuances de rupture avec X. Et donc vous pouvez par exemple désinstaller votre application sur votre téléphone. Vous pouvez par exemple geler votre compte, arrêter de publier dessus. Ou alors publier une fois par mois et tout ça, ça remontera dans les data que Elon Musk suit et l’idée c’est, comme quand vous allez à la salle de sport, d’arrêter d’aller dans cette salle de sport là mais de commencer à fréquenter les nouvelles salles de sport que sont Blue Sky et Mastodon. Et donc j’espère que vous êtes tous sur votre téléphone pour faire cette première action, je ne vous vois pas avec votre téléphone alors… L’idée, c' est donc de signer, de laisser votre mail et en laissant votre mail, on pourra par la suite. Vous guider dans les suites de cette campagne qui est passionnante. Il y a des dingueries tous les jours donc on s’amuse beaucoup. C’est David contre Goliath mais c’est très rigolo de notre côté. Donc vraiment laissez votre mail, on en a besoin pour la suite. Et si vous êtes très rapide, sur le tchat on vous propose deux autres Call to Action. Et donc sur le tchat vous pouvez également télécharger le kit de mobilisation qui vous propose plein d’autres choses à faire. Ce soir et par la suite, donc n’hésitez pas à télécharger ce kit de mobilisation et on vous met déjà un premier post à partager en story sur Instagram ou sur les autres réseaux sociaux. Qui l’a fait là dans la salle ? Alors levez la main ceux qui l’ont fait ! Ah ouais ouais ouais ouais ! Il reste 30 secondes ! Non mais les autres c’est parce que vous aviez déjà laissé votre mail en vrai ! C’est ça ? Hein ? Oui, il y en a qui hésitent un peu. Ok, on va passer à la suite.
00:30:30David Dufresne
Super, alors justement, j’allais chercher Sandrine Rousseau qui est ici, voilà, il faudrait peut-être un micro pour… Merci beaucoup. Alors, bonjour Sandrine-Rousseau, vous êtes bien connue de nos services, vous êtes déjà venue au poste à plusieurs reprises, on a parlé de beaucoup de choses mais jamais vraiment de Twitter, de X. Alors bon, c’est une soirée pour quitter X.
00:31:01Sandrine-Rousseau
J’avais compris.
00:31:04David Dufresne
Et tu vas quitter X quand ?
00:31:06Sandrine-Rousseau
C’est ça ta première question ?
00:31:08David Dufresne
C’est ça la première question. Et comme tu ne vas pas quitter X, puisque je connais ta réponse, pourquoi ?
00:31:14Sandrine-Rousseau
Bonjour à tous et toutes, alors je ne peux pas répondre à ta question parce que je suis en très grande hésitation là-dessus, donc je ne sais pas encore répondre et peut-être que ce soir… Cette soirée pour toi. Voilà, peut-être que ce soit. Bon, pourquoi j’ai des hésitations, je le pose quand même, c’est que… Déjà, le cyberharcèlement d’extrême droite sur X, il était préalable au fait que Trump…Oh, le lapsus ! Que Musk que Musk prenne le réseau. Moi, quand j’ai commencé, quand je suis revenue en politique, dans la primaire des écologie, j’a subi un harcèlement extrême, d’extrême droite, où on est allé chercher dans mon équipe les personnes trans, on les a découpées, on les a mises à la une, on a fait un faux compte, qui s’appelle Sardine Rousseau qui a plus de followers que moi. Pendant la primaire, je rappelle que j’avais pas le badge de certification, et donc on savait pas. Parce qu’ils avaient repris exactement la même photo et le même bandeau, donc on ne savait pas lequel des deux, si c'était mon compte ou le compte falsifié qui publiait. À l'époque, j’avais demandé, mais par lettre, par courrier, par téléphone, par Twitter, de toutes les manières possibles, à ce que Twitter certifie mon compte pour qu’on puisse faire la différence, parce que j’estimais que c’est un sujet démocratique dans la mesure où c'était une primaire pour la présidentielle et que ce compte Sardine-ruisseau me faisait vraiment beaucoup de mal. J’estimais que c'était un enjeu démocratique important de certifier mon compte pour que les gens puissent faire véritablement la différence. Parce que moi je rencontrais des gens qui me disaient mais t’as vraiment dit ça, alors qu’en fait c’est Sardine Ruisseau qui avait publié ça. À l'époque, non seulement je n’ai jamais eu de réponse de Twitter et Elon Musk n'était pas propriétaire de Twitter, mais en plus, à force de demandes, le directeur de Twitter France m’a répondu de manière indirecte, puisqu’un jour il a liké un poste bien dégueulasse, et donc c'était sa réponse à ma demande de protéger une candidate à la primaire pour la présidentielle. Mais je le dis parce que ce n'était pas complètement anodin, c’est-à-dire que moi j’ai perdu à 2000 voix à la primaire, et en fait ce harcèlement sur Twitter a Je pense qu’il y a eu un effet, lequel c’est difficile de l’estimer, mais quand même Twitter n’a pas respecté la démocratie de ce point de vue-là, c’est-à-dire qu’il n’as pas protégé la candidate que j'étais à la primaire d’un parti politique français pour la présidentielle. Donc pour moi, la question de l’extrême-droite, la question du harcèlement, elle est préalable à Musk. Et elle s’est amplifiée sous Musk, mais elle est prioritaire. Et alors que j’ai subi ce cyber-harcèlement, j’avais fait une promesse un peu publique. De ne jamais quitter ce réseau parce que j’estimais que ça n'était pas aux féministes, ça n'était pas à la femme politique, ça n’était pas aux femmes de gauche de quitter le réseau. Et j’en voulais pour preuve que toutes les figures un peu féministe qui se sont succédées, de Alice Cofin, desCaroline De Haas, des Rocaya Dialo, des, je sais pas, Lorraine Bastié, enfin, toutes à un moment on arrêté ou on ralentit Twitter parce qu’elles étaient tellement harcelées que ça n'était plus possible. Et certaines ont complètement quitté Twitter. De fait, ça enlève une parole féministe sur ces réseaux-là. Et c’est une vraie question. C’est-à-dire que ça ne se résout pas, à mon avis, de manière très simple, juste comme ça. Et là, actuellement, alors donc Musk a repris, on est dans la présidentielle américaine. La question que je me pose, parce que je regardais encore, il y a des tweets que j’ai fait récemment qui ont été repris par la presse. Donc ça veut dire que, si je quitte Twitter ce soir…
00:35:12David Dufresne
C’est pas mal. Si, je quitte Twitter ce soir. Non, non, j’ai pas la place sur Twitter. Je quitte Twitter ce soir ! Ah, je suis désolé. Ah, il manque le si ! Eh ben voilà, une bonne soirée. Voilà, super, c’est réussi.
00:35:28Sandrine-Rousseau
Si je quitte Twitter ce soir, ça veut dire que je perdrai quand même en visibilité et en parole politique, en impact de la parole politique. Ce qui est quand même un sujet, c’est-à-dire au nom de quoi, c’est à la gauche, aux féministes, aux antiracistes, aux personnalités qui portent un projet radical de quitter ce réseau et du coup de s’affaiblir dans le débat politique. Voilà, c’est une question que moi j’ai envie de vous poser, que j’aie aussi beaucoup envie de poser à la presse française. Parce qu’alors qu’il y a d’autres pays où la presse a quitté Twitter. Et donc là, ça aurait du sens qu’on quitte tous, à ce moment-là, Twitter. Mais en France, ce mouvement-là n’a pas eu lieu dans la presse de manière massive, en tous les cas. Tous les grands médias sont, encore majoritairement, massivement sur Twitter. Et donc, c’est se priver d’un lieu d’interaction et d’un lieu de communication. Donc voilà, je pense qu’il y a un appel à faire à la presse, il y a appel à le faire aux leaders, si tous les leaders de gauche quittent, moi je veux bien quitter, mais ça m’embête toujours d'être la seule et la première à le faire, là en l’occurrence.
00:36:40David Dufresne
Alors, à le faire là, en l’occurrence, donc j’ai bien entendu Sandrine Rousseau, quitte Twitter, très bien. Qui veut faire comme si on était sur Twitter et faire un commentaire immédiatement au micro et répondre à Sandrine, si vous voulez le faire vraiment, venez le faire. Olivier Faure, parce qu’on a voulu ouvrir cette soirée dans une forme d’œcuménisme politique. Donc j’ai appelé Olivier Faure qui n’a pas pu faire de vidéo mais qui m’a donné son accord pour restituer ce qu’il m’a dit et ça ça répond en partie à ce que tu as dit. Il dit, à force de quitter les lieux où les gens qui ne pensent pas comme nous, où sont les gens qu’ils ne pensent pas comme vous, on ne s’adresse plus qu'à nous-mêmes. Il cite l’exemple de CNews et du refus du Parti socialiste de ne pas s’y rendre lors de la campagne européenne.
00:37:34Sandrine-Rousseau
On a fait le même choix, nous, chez les écologistes. Donc, déjà, on va commencer.
00:37:39David Dufresne
Commencez pas ! Faites l’union, gardez l’union s’il vous plaît. Oui, oui, ben si c’est le sujet, par ailleurs. Bon, pas de ce soir mais de tous les jours. Ma religion n’est pas faite, a-t-il dit, ou alors il faudrait que les partis quittent collectivement X. Donc il dit exactement la même chose que toi. Donc au lieu d’aller à Matignon, pourquoi vous n'êtes pas tous ici en vous disant on va quitter X ? Anne Hidalgo qu’on verra tout à l’heure en vidéo, elle, elle a fait ce choix il y a un an, elle ne le regrette absolument pas, vous allez voir pourquoi, et elle, Elle parle de santé mentale. Elle dit qu’en fait, c'était une question pour elle de santé mentale. Et je, je, j’ai quand même envie de te poser cette question-là. Quand on lit ce que tu subis, est-ce que d’abord tu lis ? Est-ce-que c’est toi ? Est- ce-que ce sont des gens qui travaillent avec toi, qui lisent pour toi ? Et comment on fait, à la fois pour ne pas être atteint, et deuxièmement ? Pour ne pas être là à perdre du temps à longueur de journée, parce que c’est attendu.
00:38:41Sandrine-Rousseau
Alors c’est moi qui est Twitter, c' est moi qui le lis, c' est moi qui poste, j’assume aussi les conneries qui sont mises de fois donc ça c' est moi aussi. Pourquoi c’est moi ? Parce que pendant la primaire précisément et compte tenu du harcèlement, la personne qui s’occupait de mon compte Twitter à ce moment-là a fait un burn-out assez grave lié directement au harcèlement et donc je ne veux pas exposer mes collègues à cette violence. Je l’assume moi parce que c’est moi qui fais le choix politique, voilà. D'être dans cette arène, mais je ne veux pas le faire subir à mes collègues. Sur la question de la santé mentale, c’est pour ça que ma position bouge un peu, c est que là on m’a envoyé un message anonyme, alors je ne sais pas ce qu’il vaut et je vais saisir la justice pour vérifier ça, mais où on me dit que c'était un message anonymes qui me fait des captures d'écran et des liens, disant que la personne qui est un fiché S d’extrême-droite qui a déjà fait de la prison pour violence ce qui, compte tenu de son obsession pour moi, me met quand même dans une position un peu délicate. Mais encore une fois, si vous voulez, politiquement je veux bien le faire, évidemment je comprends l’enjeu politique de le faire. La question que je pose, et je pense qu’il faut l’entendre c’est l’affaiblissement que ça génère de partir, est-ce que c’est à nous de le subir de manière individuelle ? Est-ce ce que ce sont des décisions individuelles ou est- ce que c’est une décision de la gauche qu’elle doit prendre ensemble ? Et si nous étions 10 ou 15 à dire, nous quittons Twitter aujourd’hui, je pense que cela aurait beaucoup plus d’impact que juste un, puis un, puis un et encore une fois, je pense, que sans un départ aussi des médias, on n’y arrivera difficilement.
00:40:29David Dufresne
J’ai une petite idée imagine tu dis si je quitte Twitter là maintenant vous me suivez et si tu as 15 députés c’est bon tu le fais ou pas ?
00:40:39Sandrine-Rousseau
Allez, vas-y, vas-y ! Mais non, toi ! Toi ! Vas-y, fais-le ! Non, mais montre-moi les députés d’abord ! Ah mais non !
00:40:44David Dufresne
Ah mais non, non, je te dis, tu racontes où tu es, tu dis, ouais, un appel à l’action. Ok, alors, chers députés de gauche. Non, mais sur Twitter.
00:40:55Sandrine-Rousseau
Ah bah je le fais ce soir, oui ça d’accord. Oui, maintenant ! Maintenant tu veux que je le fasse ce soir ? Bah ouais !
00:40:58David Dufresne
Tant qu’il y a à faire. Voilà. Parce que y en a qui n’ont pas eu le courage de venir, quand même, ce soir, et toi, oui. Non, mais attends, réfléchis bien, réfléchis bien parce que bon… Mais moi, je trouve que ça a de la gueule.
00:41:15Sandrine-Rousseau
Chers députés, de gauche et écologistes, ça va ça ?
00:41:20David Dufresne
Alors il y a un député du Modem qui est là, qui va venir aussi. Chers collègues, chers collègues, soyons à l’Assemblée, chers collègues. Madame la présidente, chère collègue. Après ce sera à vous monsieur.
00:41:38Sandrine-Rousseau
Qui me suit si je quitte Twitter ? Je pose ça comme question. Voilà, exactement.
00:41:42Chavalarias David
Voilà, alors vas-y, alors, vas-Y.
00:41:46Sandrine-Rousseau
Vas-y, call to action Moi j’ai fini mon travail..
00:41:47Audio
Sandrine, dans la foulée, je suis là. Je suis aussi écolo, je suis élu à Paris et je vais faire passer un vœu pour que la mairie de Paris quitte X aussi. Je ne doute pas, je pense que c’est extrêmement intéressant. Parce qu’il y a vraiment une urgence, comme tu le dis, que le départ soit collectif, comme ça, on donne rendez-vous aux médias. On va attendre les médias, si on part tous, ils iront nous écouter là où on est tous. De la même façon que tu viens d’essayer de faire un coup là pour enclencher quelque chose à l’assemblée. N’hésite pas à utiliser tes réseaux pour convaincre nos collègues, notamment du GEP Groupe Écologiste de Paris de suivre la proposition que je l’ai formulée. Merci.
00:42:36David Dufresne
Un combat après l’autre. C’est le même, on quitte X.
00:42:41Magali Payen
Je voudrais juste compléter Sandrine, en fait, on considère que tu quittes X à partir du moment où tu gèles ton compte et tu peux le conserver mais ne plus le publier. Ça y est, j’ai posté.
00:42:55David Dufresne
Je te fais confiance, c’est juste pour voir, t’as fait une photo ou pas ? T’as pas fait de photo ? « Chers députés, chers collègues, qui suit si je quitte Twitter avec Hello Quitte x ? » Wouah, il y a 14 secondes ! Fantastique ! Est-ce que vous avez d’autres questions ou interpellations ? Et ensuite on donnera la parole à monsieur Petit qui vient d’Allemagne, qui est député Modem des Français. De Pologne, d’Allemagne et… Oui, il y en a sept, vous les direz… Seize ? Oh la vache ! Allemagne, Europe centrale et Balkans. Allemagne, Europe centrale et Balkans. Super. Donc s’il y a d’autres questions, allons-y.
00:43:39Magali Payen
Ouais, non, je le redis, parce que c’est vraiment important pour les personnalités, les gros orgas. Vous pouvez conserver votre compte, et juste ne plus publier dessus. Comme ça, vous avez la garantie qu’il n’est pas récupéré par quelqu’un d’autre. Parce que si vous le supprimez, il y a un risque que quelqu’une d’autres, dans un mois, récupère votre identité. Et donc, si vous ne le supprimez pas, vous pouvez conserver votre bonne identité sur X, et changer de salle de sport.
00:44:04David Dufresne
Ah, les mains se lèvent. Ah là, là, ça va pas du tout. Je sais qu’on est au poste, mais tout de même…
00:44:13Louise
Il me semble, je ne suis pas sûr, mais il me semble qu’il faut quand même publier dessus je crois au moins une fois par mois. C’est possible de faire un petit truc par mois ?
00:44:20Fabre Gregory
Mais tout peut changer en fait
00:44:21Audio
Est-ce que je crois qu’il faut couper un truc, non ? C’est pas bon, ok. Non !
00:44:26Fabre Gregory
Non, non, pas du tout. Clairement pas, clairement pas.
00:44:31Audio
J’ai quitté X il y a pas longtemps que ça, donc j’ai eu un demande, on me dit est-ce que je voulais garder tout votre données, donc moi j’y ai gardé tout mes données sur X, sur mon ordinateur et tout, donc quand j’en ai enlevé, ils m’ont plus rien demandé.
00:44:50David Dufresne
Merci beaucoup. Alors Sandrine, est-ce que tu veux ajouter quelque chose ? Ah non, il y a Renaud. Alors lui, il va te… Tu es sur Mastodon ? Oui. Bah voilà, c’est lui.
00:45:00Sandrine Rousseau
Oui, mais je peux pas tout faire non plus, donc je suis sur Blue Sky, j’essaye de tenir Blue Sky.
00:45:06Renaud
Et c’est pas forcément mon point, donc je suis Renaud, je suis le directeur technique du projet Mastodon, nous on est une petite structure à but non lucratif, on est un association en Allemagne, donc on a très peu de moyens et moi avec mes petits bras en France, étant en français, j’essaye de faire bouger aussi non seulement les politiques et je salue tous les écologistes qui ont rejoint Mastodon dans les derniers mois ou dans les deux derniers moi, avec Eric Piolle et d’autres, c'était vraiment sympa de voir ça chez nous mais il y a aussi quelque chose où je me heurte à un mur qui aide à faire bouger les médias J’ai essayé de contacter France Télévisions, j’ai essayé de contacter Radio France, j’essayais de contacter le service de communication du gouvernement, j’essaie d’expliquer, il y a des questions de souveraineté nationale de la communication, qu’est-ce qui se passe si un jour Elon Musk décide qu’Emmanuel Macron tweet autre chose, que le gouvernement, des comptes officiels n’ont plus le droit de poster ? Qu’est ce qui se passe dans toutes ces questions-là ? Il y a de vraies questions et je heurte à des murs partout. Et c’est bien de vouloir quitter X en tant que femme politique, en tant qu’homme politique, en tant que personnalité. Mais il y a aussi une vraie question sur les institutions. Et pour le moment, mon expérience, c’est que personne ne veut le faire. Et tant que les ministères continueront de poster leurs communiqués de presse sur X, les journalistes seront sur X. Et oui, les politiques doivent bouger, mais les organisations doivent bouger. Et c' est un besoin que nous, en tant que militants sur le terrain, personne ne nous entend. Donc, c' est peut-être aussi une voie à porter, par vous, mais aussi par le collectif et le critique de ces compagnies. Comment est-ce qu’on va parler de ces choses-là ? Pourquoi le service public parle encore sur un réseau qui est détenu par un néo-fasciste libertarien américain. Il y a une vraie question derrière ça.
00:46:41David Dufresne
Merci beaucoup.
00:46:43Sandrine Rousseau
Je dois dire que dès la création de Mastodon, j’ai un compte Mastodon. J’ai été, je pense, la première à arriver sur Mastodon. Bon, après, je ne le fais pas complètement vivre, mais j’y suis. Donc il suffit que je réactive mon compte.
00:46:57David Dufresne
Merci beaucoup, est-ce que tu as ajouté quelque chose, sinon tu peux rester avec nous et sinon on doit passer à la suite. Ben c’est pas mal. Fuck Elon Musk. La future présidente de la République, de la 6ème, quand vous serez au point. Merci beaucoup Sandrine, c'était super et je vous jure que ce n'était pas du tout préparé. Pas du tout, pas du tout. Alors monsieur, entrez, entrez, entrez sur scène. Est-ce que vous voulez vous asseoir ou ?
00:47:31Frédéric Petit
Je ne suis pas invalide, je vais réussir à rester debout et ça fera plaisir à mon kiné. À votre kiné ? Non, j’ai été opéré il y a quinze jours.
00:47:37David Dufresne
Il est sur Twitter, votre kiné, ou comment ça se passe ? Je n’en sais absolument rien. Ah, moi je m’intéresse quand même. Vous êtes monsieur Frédéric Petit, vous êtes député Modem, des Français établis à l'étranger, Allemagne, Europe Centrale, Balkans. Vous arrivez directement d’Allemagne par le train. D’ailleurs, ce train était un petit peu en retard, ce qui vous a permis de suivre le live. Vous allez me dire si vous êtes demandé ce que vous faisiez ici. Vous êtes ingénieur et député Modem de la 7ème circonscription. Et vous hésitez, vous m’avez dit au téléphone, j’hésite.
00:48:11Frédéric Petit
Je me pose des questions mais je vais d’abord reprendre ce que vous avez dit si vous dites que je suis ingénieur faut dire aussi que j’ai été travailleur social ma carrière a été coupé en deux donc j'étais travailleur social puis à 36 ans je suis devenu ingénieur mais j’en ai d’abords été travailleurs social ce qui quand même ce qui fait partie un peu de ma vie et de ce que je fais vous étiez travailleur sociale ou dans le quartier dans la zup de Borny à metz j'étaisfondateur des centres sociaux de Borny pour ceux qui connaissent messe déjà l’est Déjà à l’Est. Je suis né à Marseille, moi. Alors, voilà, je ne me sens pas du tout perdu. D’abord, c’est pas parce qu’au Modem, on croit pas trop à la différence droite-gauche qu’on est pas, quand on se sent mal à l’est quand je viens ici. Voilà, je suis député de tous les Français, moi, pas uniquement des Français de ma circonscription. Et la particularité, donc j’ai écouté les débats depuis que vous avez démarré. La particularité de ce que je vais essayer de présenter dans ma position par rapport à Twitter, je suis pas mal sur Twitter, je suis à 15 000 et je suis assez écouté parce que je dis, par ce je dis dans ma fonction, je me suis aussi à la commission des affaires étrangères, Cracovia moi j’ai eu des ukrainiennes à la maison, je connais cette région depuis très longtemps. Je suis quelqu’un qui n’est pas un professionnel de la politique. Je suis arrivé en politique parce que le modem, au lieu de perdre pendant 15 ans, tout d’un coup, on a gagné, donc il fallait bien qu’il y en ait qui aillent. Et j’ai découvert ce travail des réseaux sociaux, ce travail de la visibilité politique. Donc, ce que j’amène comme spécificité, je crois qu’en réfléchissant, en venant ici, ce qui me retient de quitter Twitter, ce n’est pas de ne pas aller sur Blue Sky, sur Mastodon, etc. Je suis ravi de voir ce qui se passe là-bas. Moi, c’est le cœur de ce qu’on travaille, c' est le cœur, moi, de la démocratie. Vous savez, le Modem a eu 100 ans en 2024, je ne peux plus le dire depuis qu’une semaine, Marc Sannier, qui était un des pères fondateurs des démocrates en France, le Parti démocrate en France a été créé en 1924, Marc Sanney, on a tous une MJC, Marc Sannie, chez soi, on ne sait plus qui c' est, Marx en y disait, la démocratie, c’est d’abord et avant tout des citoyens éclairés et responsables, éclairés et responsables. Ce n’est pas les institutions, elles peuvent être différentes d’un pays à l’autre, le mode d'élection, etc., mais la démocratie, c’est des citoyens, des citoyens qui sont éclairés et responsables. Et moi, je considère qu'être citoyen aujourd’hui en 2024 et quand je vois mes filles, c' est plus compliqué que quand j’avais leur âge. Aujourd’hui, comprendre le monde, comprendre ce qui se passe, c’est plus compliqué, ça demande plus de devoirs à la maison, ça demande un travail beaucoup plus conséquent. Donc, évidemment, c’est beaucoup plus facile de détruire et d’agresser la cognition, comme ça a été dit plus tôt, je ne sais plus si j'étais déjà là ou pas, mais quelqu’un l’a dit tout à l’heure. C’est évidemment qu’on est en fragilité de cognition quand il faut comprendre qu’est-ce que c' est Poutine, qu' est-ce-que c’est l’histoire d’Ukraine. On a un président de la République qui dit que la Crimée a été russe jusqu’en 1954. La Crimée russe en 1954, c' est une grosse connerie, c' est une grosse connerie. La Crimée a été russe autant que l’Algérie a été française. Historiquement c’est des faits ça et ben ça le citoyen qui sait pas ça et aujourd’hui il va pas le savoir non seulement parce qu’il faut qu’ils fassent l’effort d’aller le chercher mais en plus parce qu' il va avoir il va y avoir des connards comme Musk et comme des gens qui vont avoir envie
00:51:45David Dufresne
Dites donc, vous êtes vachement en famille, les députés. Connards, fucks. Et alors ? C’est bien.
00:51:51Frédéric Petit
Mais moi, je reste en français, je le signe. Non, non, mais voilà, je dis, ça, c’est le fond de ce qu’on doit faire. Alors, mon rôle de député, c’est quoi ? Si je me considère le députés de tous les Français, je suis le député des Français qui votent rassemblement national. Je suis aussi le députer qui sont racistes. Je me suis fait nasser avec des gilets jaunes. Je n’ai pas peur de ça. J’ai une expérience qui a fait que dans ma vie, j’ai passé 15 ans un peu au charmant, donc je sais ce que ça veut dire. Et je crois que c’est le rôle. Donc quitter Twitter quand on est une grosse organisation en disant je ne veux plus rentrer là-dedans, sur les institutions, la remarque qui vient d'être faite, que je ne m'étais jamais faite est intéressante, la remarques sur les ministères, etc. Mais moi, ce qui m’intéresse, ce qui me intéresse, c’est de ne pas perdre le match par forfait. Évidemment que Musk est plus fort que moi sur Twitter, puisqu’il maîtrise les algorithmes que je fais pas. Évidemment, je sens bien qu’il y a des trucs bizarres qui se passent sur mon Twitter en ce moment. Depuis qu’il est arrivé, évidemment, mais moi je ne vais pas ne pas jouer le match. Mon rôle c’est d’aller le perdre le match s’il faut le perdre. Tant qu’il y aura un citoyen français sur Twitter, parce qu’y en a qui vont pas partir ce soir, et y en a qu’ils vont rester, et y en a dont Musk va faire qu' ils vont rester parce qu’il va les mettre dans des bulles, eh ben moi, je considère que… J’ai dit ça un jour en rigolant, j’ai dis que crever les bulles c’est peut-être aussi mon job. Aller crever des bulls, voilà, ça m’arrive. Vous savez, comme j’aie une circonscription un peu bizarre, tout le monde a bien compris que je suis un député de… Je suis élu par des Français, mais des Français qui habitent. Depuis très longtemps, qui ne sont plus expatriés, qui habitent en Allemagne, en Europe centrale et dans les Balkans. Vous-même, vous vivez en Pologne ? J’habite à Cracovie. J’ai été opéré à Cracovie, il n’y a qu’un jour.
00:53:48David Dufresne
Est-ce que Twitter a la même importance, notamment médiatique, puisque, semble-t-il, il y a une pression sur les politiques ?
00:53:56Frédéric Petit
Mais moi, j’ai beaucoup apprécié ce qu’a dit le rappel qu'à fait Sandrine sur, je crois que ce que Musk, le problème qu’on a avec Musk n’est pas le même problème qu' on a depuis toujours avec les réseaux sociaux. Il y a deux problèmes différents. Là, ce que je viens de dire, c’est un problème général avec le réseau social trafiqué, un réseau réseau social trafiquant, réseau social, etc. Je crois qu’on est, moi, je compare plus Musk à Ivan Ijevili. Ou à des gens comme ça, je crois qu’on est de nouveau, la démocratie est de nouveau en face d’une ploutocratie. Il y a des gens qui disent que je suis triste, puisque je peux me payer ce que je veux, eh ben je vais me payer l’opinion publique et la politique. Je vais me le payer, voilà. Et il n’y a pas que Musk, moi je connais très très bien des élus de la république. Qui ont considéré que le but de leur carrière est qu’ils avaient fait fortune et qu’il en dit maintenant, maintenant je suis au moment où il faut que je devienne député, je deviens sénateur, point barre. Et ils le sont devenus. Par exemple, un de vos amis. La différence, je voudrais finir là, c’est la différence, la différence elle est là. Crevez les bulles, ne pas abandonner le match avant de l’avoir joué, même si on va le perdre. C’est comme ça, c’est mon job. Et donc c’est un peu différent avec la grande institution qui dit ben moi je communique j’ai pas besoin de communiquer sur Twitter moi j’aie besoin que sur Twitter les gens qui vont rester sur Twitter et qui sont persuadés que la terre est plate ou que je suis un payé par l'état profond pour je sais pas faire quoi etc. Oui mais c’est ça que je prends tous les jours, c’est ça je prends tous les jours voilà alors je préserve ma santé je réponds pas toujours je répond de manière économe mais. Je pense que je dois rester là, comme je dois resté auprès et essayer de m’expliquer avec ceux qui me disent que j’ai voté la légalisation du viol en dessous de 16 ans, par exemple. J’ai eu ça, moi. Parce que c’est ce que Russia Today avait dit il y a quatre ans quand on a pris la loi sur la protection de l’enfance. Donc ça, je considère que c’est mon job. C’est ça qui me retient d’en partir. Par contre, là où je suis, et ravi d'être là, c' est que je crois que là, il y a du réveil citoyen. Et c’est ça, la vraie, ce qui va nous sauver. Moi, je ne serai plus là pour le voir, mais ce qui nous sauve sur le fond, la démocratie, elle gagne toujours à la fin. On ne sait pas combien de temps ça dure, mais ce qu’il va nous sauver sur le front, c' est ça. C’est le fait qu' il y a du réveil citoyen, il va y avoir Blue Sky, il va avoir Mastodonte. C' est Mastodon, oui. Voilà, il va y avoir un certain nombre de choses et puis il y aura d’autres formes. Il va y avoir peut-être des gens qui vont reprendre des bouquins, Il y a des moments où il faut s’informer de manière longue et pas en 240 signes.
00:56:41David Dufresne
2 minutes, 2 minutes oui Alors donc, j’ai deux questions. Deux questions, je réponds vite maintenant. Voilà, premier point. J’ai dit tout ce que j’avais à dire. Bon, j’imagine que c’est votre ami François Bayrou. Est-il obligé de faire un tweet de 280 signes pour parler, par exemple, de Le Pen ? Est-ce qu’il n’aurait pas pu faire un communiqué un peu plus nuancé, un peu construit ? Je veux dire par là, parce que c’est le tchat qu’ils a suggéré tout à l’heure pendant que Sandrine Rousseau parlait. Est- ce que les politiques ne devraient pas simplement publier un communiqué et ne pas alimenter, en dehors de ça, Twitter. Et deuxième point très important, est-ce que vous pensez, même si vous êtes député à l’Assemblée, est- ce que vous pensiez que l’Union européenne peut jouer ce rôle de garde-fou parce que vous parlez des citoyens qui se mobilisent, mais s’il n’y a pas de répercussions politiques, ça ne servirait pas à grand-chose. Est-ce-que vous pensez que l’Union Européenne pourrait jouer ce rôle et faire en sorte qu’il y ait un exode massif pour éviter que tout le monde perde du temps sur un réseau néo-fasciste.
00:57:45Frédéric Petit
Je ne sais pas si l’exode est la solution, ce qui est pervers en ce moment, c’est qu’on a un néo-fasciste qui décuple ce qu’il pense, donc c' est ça qui est dangereux, après on peut aussi lui faire accepter les règles de ses propres règles. Oui, l’Union européenne doit légiférer, je rappelle quelque chose dans beaucoup de réunions publiques où je parle de citoyenneté, vous savez, entre l’invention de l’imprimerie et la loi sur la liberté de la presse, il y a quatre siècles. Et entre les deux, c’est pas beau, hein. Entre les deux c'était un prématuré, c’est l’Église qui dit ou la la, il faut pas que… C’est moi qui… L’Église, pendant des siècles, a décidé de ce qu’on avait le droit d’imprimer ou pas. C’est l’Église qui décidait. Et puis après, il y en a eu d’autres qui ont décidé, mais… Donc ça a pris quatre siècles à ce qu’on ait une loi, et elle ne s’appelait pas loi pour empêcher quelqu’un d’primer, elle s’appelait loi sur la liberté de la presse. OK ? Et elle a été… Elle a pris 4 siècles. Bon, j’espère qu’on prendra pas 4 siècle nous, mais évidemment il va falloir qu' on légifère. Et l’Union Européenne a commencé à légiférer. On peut déjà faire pas mal de choses en appliquant cette législation. Moi, ça m’est arrivé de porter plainte pour un tweet. Les gens vous regardent et vous disent à quoi ça sert. Ça sert à dire que le droit, il est là. La première question, c'était François Bayrou. C’est d’une manière plus générale. Oui, évidemment. Je commence par faire un communiqué de presse quand j’ai quelque chose à dire.
00:59:04David Dufresne
Ce qui vous permet de dire j’existe, mais de communiquer ensuite ailleurs, de détailler ailleurs et de ne pas débattre.
00:59:07Frédéric Petit
Et de ne pas débattre. Après, vous l’avez tous dit, Sandrine l’a dit, un peu après, il y a le problème. Là où on est un peu coincé aujourd’hui, c’est du côté des médias. Effectivement, si je fais un communiqué de presse et qu’il n’y a pas un journaliste qui sait que je l’ai fait, c' est embêtant.
00:59:23David Dufresne
Comment avant.
00:59:25Frédéric Petit
Avant, j'étais pas là, moi, donc ça va. Je veux dire, moi j’ai découvert ça là-dedans. Donc, je pense qu’on est dans des espaces publics, des nouvelles formes d’espaces publics virtuels. Quand l’humanité a découvert qu’il pouvait y avoir des espaces publics… Il a fallu inventer le code de la route, le code des établissements publics et maintenant, il va falloir inventer les codes de ces espaces virtuels pour savoir ce qu’y fait. Vous ne pouvez pas reprocher à quelqu’un qui considère qu’ils représentent l’ensemble des citoyens français, Quelles que soient leurs opinions, et quelles qu’elles soient leurs débilités, quelles soient leurs intelligences, d'être là où les Français sont. Je suis là où les Français sont, donc je vais y rester pour ça un certain temps. Mais je suis très accompagnateur et très enthousiaste J’ai migré sur Blue Sky, et de tout ce qui pourra le remplacer, de tout qui va s’inventer, grâce aux jeunes qui sont très habiles aujourd’hui pour inventer des tas de nouvelles choses.
01:00:27David Dufresne
Est-ce qu’il y a quelqu’un qui voudrait prendre la parole Alors il faut se mettre ici.
01:00:34Audio
Oui, bonsoir. Je vais aller un peu plus loin que ce qu’a dit David tout à l’heure par rapport à Twitter. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il me semble qu’on a interdit en France Russia Today. Même Trump lui-même dit que quelque part Twitter est un média. N’est-ce pas aussi le rôle de l’Union européenne par rapport notamment à ce que fait Twitter en Angleterre, en Allemagne, qui pourrait même apparenter une forme d’ingérence, de quitter, d’interdire ? Twitter du coup en France, est-ce que dans ce genre de cas vous-même vous serez favorables s’il doit y avoir un vote sur ce sujet-là ? Je suis quelqu’un, je suis un député qui bosse, moi si vous me provoquez comme ça on passe 3 heures, donc voilà. Je vous explique rapidement la différence entre Russia Today et Twitter. Russia Today, on est encore très très proche de ce qu’on légifère avec 1881. Puisque Russia Today c’est un éditeur qui est automatiquement responsable de ce qui est écrit, puisqu’il signe tout, etc. Twitter, c’est un peu plus compliqué et c’est ça qu’on a beaucoup réfléchi. Je vous rappelle que c'était le MoDem qui a porté la loi sur les droits voisins en 2017. C’est parce qu’il y a des gens qui s’y intéressent depuis très très longtemps chez nous. Et c’est ça, le problème c' est ça. Le problème c' est comment ? Et c' est ça que Musk refuse. Musk refuse qu' on lui applique le fait, la responsabilité sur quelque chose qu' il édite, mais qu il dit, moi j'édite pas, je ne fais rien. Ce sont les gens qui parlent, c' est la liberté. Voilà, et en 1881, c’est la responsabilité de ce qu’on a appelé le rédacteur en chef et l’accord qui a fini la négociation de la société en 1881 pour arriver à quelque chose sur la liberté de la presse, c’est de dire, écoutez, d’accord, chacun pourra dire ce qu’on veut, on n’a plus le droit de censurer les journaux parce que je suis le roi ou le président de la République, mais par contre, chaque journal doit nous dire qui est derrière et c' est obligatoire que ça soit imprimé. Et c' c' ce transfert-là qu' on n arrive pas à faire parce que dans le cadre de Roshatoude, en Ukraine, qui avait dit que j’avais voté la légalisation du viol en 16 ans, dans Roshatsoude c’est quand même plus facile, parce que c'était plus direct, le lien entre l'éditeur et le contenu. Mais si vous dites, quand vous savez très bien que Twitter a longtemps été la dernière plateforme, maintenant c’était en train de se briser, cette résistance, ça a été la seule plateforme qui n’a pas voulu appliquer la nouvelle règle, et il disait, si je fais ça, ce qu’ils ont fait, Ce sont des censures ! Il a traité Facebook de censeur, parce qu’on a demandé à Facebook de vérifier, et évidemment c’est plus compliqué qu’en 1881, puisque ça se passe en un cinquantième de seconde. Donc il faut que tu trouves un moyen pour modérer ton truc en un cinquantième de secondes, mais c'était ton problème, ce n’est pas celui du législateur. Et c' est ça la différence.
01:03:22David Dufresne
Je dois malheureusement interrompre. Merci beaucoup d'être venu, d’avoir fait le déplacement jusqu’ici. Merci. C’est les couleurs de la démocratie. Ah ouais alors on n’a pas fait exprès.
01:03:38Audio
C’est les couleurs de la démocratie, c'était d’abord les couleurs de Maïdan et après les couleurs des démocrates français.
01:03:44David Dufresne
Du Daï Lama aussi, de la paix, de Harley Davidson, enfin il y a tout un tas de trucs possibles. Merci beaucoup encore. La régie me prévient qu’il y a un déferlement de haine sous le tweet de Sandrine Rousseau. Je viens de regarder 375 commentaires, 77 retweets, CQFD. Ah ça je sais pas faire, envoyer du log, je sais ce que ça veut dire.
01:04:10Magali Payen
Et bah du coup on a besoin d’une Love Army pour contrebalancer la Hate Army. Donc si vous êtes sur tout, si ceux qui sont sur X, ceux qui sont encore sur X. Envoyez du love en commentaire à Sandrine, mettez-lui des likes et ne likez pas les messages des trolls, mais mettez des messages positifs sans liker les autres.
01:04:30David Dufresne
Alors, nous allons passer à la vidéo d’Anne Hidalgo. Anne Hidalgo, qui nous a reçus hier dans les salons de la mer. Nous étions tous les deux avec Nayan, que j’ai salué tout à l’heure, qui est en régie. Alors, vous allez entendre deux petits bruits. Le bruit du métro, car figurez-vous qu’en dessous, il y a deux lignes de métro et un petit intimement, un petit cliquetis. Ce n’est pas auposte. Ce n’est pas un problème de son d’ auposte. En fait, c’est vachement surfé, l’illustre, parce que ça fait du bruit. Vous allez peut-être entendre ce petit bruit-là. C'était cette minute où elle témoigne de pourquoi, en novembre 2023, donc il y a plus d’un an, plus d’un an elle avait décidé de quitter X et d’en faire une tribune. Benjamin, est-ce que toi, tu es prêt ? Attends une seconde. On y va. Il y a un peu plus d’un an, vous avez décidé d'écrire dans le Monde, pour rester fidèle à mes convictions et à mon engagement, « Je quitte aujourd’hui X ». C'était bien avant la vague d’exode que l’on vit actuellement, qui vous avait conseillé pour faire ça ?
01:06:06Anne Hidalgo
Je me suis conseillée toute seule de sortir de X et j’ai partagé avec mon équipe qui était d’accord, qui a vraiment plus qu’accompagné ma décision parce que X était devenu un égout, la haine, tout ça a été déversé, j’en étais la victime. Je voyais bien puisque j’avais un million cinq cent mille followers, j'étais arrivée une des premières sur Twitter. Dans les années 2006-2007 et donc j’avais un million cinq cent mille followers. Et donc je voyais bien qu’il y avait des groupes, des attaques, des convergences d’attaques, des choses horribles qui venaient et souvent des gens d’ailleurs qui profitaient du fait que j’ai un million 500 mille followers pour venir fighter, comme on dit, m’insulter. Et certainement se servir du nombre de followers qu’il y avait pour se faire leur propre publicité. Et puis des groupes très organisés. Je me suis dit, c’est une question qu’on s'était posée, peut-être que ça va être plus difficile de communiquer, de se faire entendre, mais c' est un risque à prendre parce que là on est en train de détruire la démocratie et moi j’ai pas du tout envie d'être complice de cela. J’avais lu aussi les ingénieurs du CAO, parce que tout ça, j’ai été candidate à la présidentielle. Ça a été pour moi une expérience de voir, dans cette élection présidentielle en 2022, comment se déchaînait, s’organisait, ses faiseurs de haine, pour empêcher justement les idées progressistes ou écologistes ou féministes. Ne puissent prospérer. Quel en est le coût exact en termes de visibilité ? Quel est le résultat exact de votre fuite ? En fait, je n’ai pas souffert du tout, du tout en termes de visibilité depuis ma sortie de ce réseau nauséabond. Je n’y vois que des avantages aussi, je vais vous dire, en terme de… Je vais utiliser ce mot de santé mentale. Voilà, comme vous êtes sur un réseau où c’est la toxicité qui domine, c' est comme avec une personne toxique, vous allez être tiré vers le bas, vous allez tirer vers le bas parce qu' en fait, tout ce qui émane de cette toxicité, c est vous affaiblir, vous empêcher d'être vous-même, de dire ce que vous pensez, de vous intimider, de vous impressionner. Et puis là, tout d’un coup, vous n'êtes plus là-dedans, c à dire que tout de vous avez un espace de temps aussi. Qui se libèrent et avec une forme, je ne veux pas dire d’apaisement, ce n’est pas le terme du tout qui convient, mais une liberté, une liberté que vous retrouvez parce que vous vous la donnez, en fait elle dépend que de vous, qui va vous permettre d’approfondir, de lire.
01:09:17David Dufresne
Rapidement deux petits points, il se trouve que vous avez évidemment une position de pouvoir et donc de visibilité plus que certaine. Qu’est ce que vous diriez à ceux qui n’ont pas cette position, qui sont quand même plus nombreux, qui ne sont pas maire de Paris et qui peuvent avoir peur de lâcher La proie pour l’ombre….
01:09:33Anne Hidalgo
En fait je pense qu’il faut pas avoir peur de prendre sa liberté parce que ce n’est pas une liberté que d'être obligé d'être sur twitter ou sur x pardon et de se dire si je sors de ce réseau là je n’existerai plus en fait vous existez Je pense que si les politiques laissaient de côté les clics et les claques pour retrouver le terrain, la rue, les gens, les réunions publiques, même à trois, même à dix, même à quinze personnes, pour pouvoir échanger et remettre l’enjeu de ce qu’est la politique, qui est quelque chose de très noble. Alors que tous ces réseaux ridiculisent la politique, la rendent toxique, la rendent vraiment détestable. Si on ne reprend pas ce chemin-là de la démocratie par la rencontre directe avec les citoyens, dans tous les lieux où c’est possible, alors on va avoir des très très graves soucis. Mais si on le fait, et si on le fait assez massivement, alors on peut gagner.
01:10:53David Dufresne
Vos camarades, et ceux qui ne sont pas vos camarades, mais qui sont dans le champ politique, qu’est-ce que vous leur dites ? Qu’est ce qu’ils vous ont dit quand vous avez quitté Twitter ? Et qu’est-ce-que vous leur dîtes aujourd’hui ? En fait, juste avant l’entretien, vous m’avez dit, il faut qu’on s’y mette tous. Est-ce qu’ils vont s’y mettre, vos camarades de jeu ?
01:11:04Anne Hidalgo
D’abord il faut s’y mettre tous, c’est clair. Qu’est-ce qu’on m’a dit ? Beaucoup m’ont dit ouais mais tu comprends, toi t’es déjà connu donc c’est plus compliqué pour nous qu’il ne le sommes pas. Bon, ok. Si on veut quand même exister un peu, vu que les médias mainstream sont encore dans, je dirais, cette dépendance à la toxicité de X, on est obligé d’y être un peu. Moi je pense qu’on est obligé de rien, voilà, et qu’ils ont plutôt intérêt à en sortir.
01:11:39David Dufresne
Vous avez parlé de santé mentale, c’est un mot très fort J’aimerais juste que vous soyez peut-être un peu plus précise et je vous lance peut-être par une question. Est-ce que quand vous avez arrêté votre compte, vous avez eu un petit moment de blessure narcissique, de vide, en vous disant « je n’ai plus de likes, je n’ai plus de retweets », est-ce qu’il y a cette phase-là ou pas ?
01:11:57Anne Hidalgo
Pas du tout, parce que je savais que… Non, non, moi, j’ai pas du tout eu cela. C'était plutôt même un soulagement parce que ça faisait un moment quand même que je voyais ce qui se passait sur ces réseaux-là. Le manque de distance aussi que prenaient des journalistes, des journaux mainstream qui me disaient, mais quand même, vous êtes attaqués. Ah oui, vous voyez pas d’où viennent les attaques. Il a fallu leur mettre sous les yeux les ingénieurs du chaos pour que certains finissent par comprendre qu’il y avait des choses orchestrées quand même et que le sort des femmes de gauche, écologistes, humanistes, féministes, partout sur la planète, étaient à peu près traitées de la même façon, c’est-à-dire avec du harcèlement, avec de la volonté de détruire.
01:12:47David Dufresne
C’est bon, le temps de latence est terminé. Alors nous avons un général maintenant, enfin on m’a dit qu’il fallait que je le présente comme ça, enfin secrétaire général du Conseil national du numérique, monsieur Jean Cattan qui n'était pas prévu. Ça a un intérêt intéressant. Venez monsieur, venez monsieur. Bonjour, bonjour Jean. C’est quoi ce conseil national ?
01:13:12Jean Cattan
C’est une instance consultative indépendante qui a été créée maintenant il y a beaucoup plus qu’une dizaine d’années mais qui aujourd’hui prend une position très ferme justement sur la question.
01:13:19David Dufresne
Indépendante, attendez. C’est quoi ? La quadrature du net en plus propre ou c’est un truc qui émane de Matignon ?
01:13:27Jean Cattan
Non, non, non. C’est complètement indépendant pour ce qu’il y a des membres, ça c’est très clair, ils sont bénévoles, ils n’ont pas de carte de ministère ou quoi que ce soit. D’accord. Moi après, je suis un fonctionnaire, un agent de la fonction publique, mais en très bonne intelligence avec les membres etc, on arrive à avoir des positions quand même très fermes sur ces questions là. Comme tout simplement de décider de quitter Twitter, d’aller quasiment exclusivement sur Mastodon, et on est un petit peu obligé aujourd’hui sur LinkedIn, mais c'était un peu à regret. Et de se dire qu’il y a toute une démarche à impulser depuis l’État. Et c’est aussi en réaction par rapport à l'échange qu’y avait tout à l’heure. De se dire que depuis l’État, on a vraiment une capacité à agir, et je suis tout à fait en accord avec ce qui a été dit depuis la communauté Mastodon, justement pour dire combien est-ce que dans l'État, mais aussi en dehors de l'état, on a toute la capacité de déployer des suites logicielles qui sont tout à fait adaptées à des relations sociales apaisées, comme le décrivait Mme la Maire.
01:14:21David Dufresne
D’ailleurs le chat sans flammes en disant je ne m’attendais pas à être en accord avec madame Hidalgo, il y a plusieurs messages comme ceci.
01:14:31Jean Cattan
J’en profite, si jamais il y a un appel à la communauté aussi, il est très difficile pour nous d’avoir une page Wikipédia à jour, si vous avez envie.
01:14:40David Dufresne
Alors il faut envoyer du love !
01:14:41Jean Cattan
Et du Love Wiki, c’est ça ? Pas le successeur de Tarah Grimm ou Bernard Benhamou, non, non, mais beaucoup au contraire sur l’idée avec certaines personnes justement mentionnées de se dire que c'était dans un écosystème libre, ouvert, décentralisé, distribué, que l’on pourra trouver vraiment les clés de notre indépendance, les clé de notre autonomie. Et finalement, c’est quelque chose qui est beaucoup plus à notre portée en termes de moyens aussi. Je ne crois pas tellement à titre personnel au plan qui nous dit d’investir 800 milliards par an, c’est ça, dans la compétitivité pour jouer le jeu des superpuissances en fait. Je ne pense pas qu’il y ait de modèle européen qui puisse s’asseoir sur l’extraction des données, sur la marchandisation de l’attention. On trouvera d’autres relations sociales en défendant un modèle qui est vraiment proprement européen.
01:15:23David Dufresne
Euryale, modératrice en chef, me demande de rappeler votre prénom. Jean. C’est bien ça.
01:15:30Jean Cattan
Exactement.
01:15:31David Dufresne
Donc, vous en êtes où exactement par rapport aux réflexions qui sont menées ici ? On voit que pour l’instant, il y a beaucoup d’hésitations des hommes et des femmes politiques. Dans l’oreille, Benoît me disait très intelligemment Non, c’est Greg, parce que comme ils sont très intelligents tous les deux, je les confonds. Greg me disait, il faudrait quand même dire aux gens qui veulent rester, notamment aux progressistes, qui veulent résister, pour tenir parce que ce serait la démocratie, et qu’en réalité, une des raisons, tu vas me dire si tu es d’accord avec ça, une des raison du rachat de Twitter par Musk, c’est en fait d’invisibilité, ce qu’on appelle shadowban, ces comptes-là, qui pensent toujours exister, mais qui existent beaucoup moins en réalité qu’avant, qui sont beaucoup moins vus, et qui, en revanche, là, on a en ce moment même, me semble-t-il, la preuve par les faits. Comme dirait les autres, avec ce qui se passe pour Sandrine Rousseau. C’est-à-dire qu’il y a plus de haine que de débat à travers un tweet.
01:16:37Jean Cattan
Exactement, et je dirais même plus que c’est la parole collective finalement qui est invisibilisée, et j’irais même au-delà du cas de X et géré sur le cas de Linkedin qu’on va devoir se poser la question à un moment donné. À partir de quand est-ce qu' on accepte que la parole publique par exemple d’une institution publique soit dévalorisée sur un réseau qui vous incite en permanence à investir, investir, investir du cash pour être vu autant que d’autres, à avoir un narratif finalement, puisque c'était ça dont il s’agit, un narratif qui est ultra personnalisant, ultra individualiste qui ne pensent pas du tout à la chose collective. Ça, ce sont des vrais problèmes qu’il nous faut mettre sur la table. Aujourd’hui, je pense que toute personne dans une institution publique doit se poser la question de savoir ce qu’elle perd vraiment. Et je ne suis pas sûr que les quelques milliers de vues, finalement, que l’on va perdre sur un tweet ou quoi que ce soit, soient considérables par rapport à ce que l’on proposait ailleurs comme nouvelle relation sociale aux citoyens, parce qu' il faut le rappeler, quand même. La configuration en type de discussion que permet Mastodon est quand même immensément profitable. Le fait de pouvoir avoir différents cercles, finalement, de publicité de nos pouets est particulièrement intéressant dans une certaine mesure pour avoir une discussion qui est plus ou moins intime, plus ou moins calibrée et finalement plus ou moins publique. Et ça, je pense que c’est particulièrement important pour le lien entre l’État et les citoyens. Il y a d’autres relations à tisser on n’est pas obligé au scroll infini et à la recherche de performance.
01:18:00David Dufresne
Je suis désolé mais il y a beaucoup d’invités. En plus il y a des saboteurs et ce jeu, j’adore, il n’y a pas de souci. Il y a Godzby qui nous dit, il fut un temps, c'était les blogs, les forums, peut-être revenir penser à d’autres modes.
01:18:12Jean Cattan
Mais la syndication, enfin je veux dire aujourd’hui on peut prendre, c’est ça l’avantage de Mastodon aujourd’hui, si vous voulez c'était nous offrir cette capacité à penser un mode de décentralisation et de syndication qui est complètement autre que celui qui est centralisé et dépendant d’une décision personnelle. Et donc alors peut-être qu’il y a des nouveaux mondes à créer, mais sur la base d’un autonomie de publication et finalement de fédération.
01:18:33David Dufresne
Merci beaucoup Jean. Est-ce que Victoire est là ou pas ? Ah oui, bah oui, bien sûr. Voilà. Merci beaucoup, Jean. Je suis désolé, j’ai le mauvais rôle. Ah, je suis content. Ouais, salut, moi aussi. Bonjour, bonjour. Magali, tu voulais la présenter ? Tu ne veux plus travailler ? Tu es juste là, en train de regarder s’il y a des retweets ? Non, mais je veux dire, là, quoi.
01:18:58Magali Payen
Mais Victoire, personne ne la présente plus, tout le monde la connaît. Je sais pas, non, mais je peux me présenter. Meilleur podcast de France, le cœur sur la table, les couilles sur la table, la révolution romantique, bah merde David !
01:19:10David Dufresne
Eh ben voilà, il faut présenter tout ça !
01:19:13Magali Payen
Journaliste, podcasteuse,
01:19:15Victoire Tuaillon
Bonsoir. Salut, enchantée et merci de m’avoir invitée. Oui, donc moi je suis journaliste, diplômée d’une école de journalisme depuis maintenant 15 ans maintenant, où c'était vraiment obligatoire d’avoir un compte Twitter. C'était très important qu’on passe beaucoup de temps sur Twitter, qu’on soigne ce réseau, qu’ils publient beaucoup dessus. Et donc je suis très triste de quitter ce réseau parce que j’y ai été quotidiennement pendant 15 ans. Voilà. Ça fait 10 ans, ouais, au moins. Voilà, et ça me… Ça me désole, mais après y avoir bien réfléchi, je pense que c’est la seule chose à faire pour toutes les raisons qui ont été évoquées. Peut-être, si vous voulez, je peux vous parler un peu plus de ce que ça a été, le Twitter féministe, de pourquoi c'était important. Déjà, il y a un événement qui est évident, c' est que MeToo, en fait, sans Twitter, ça n’existe pas. En 2017, les hashtags MeToo sont sur Facebook et sur Twitter. Moi je me rappelle de nuit entière, d’heure, de journée entière à lire les témoignages sur hashtag MeToo et ensuite ça s’est reproduit avec d’autres phénomènes, avec d’autres moments de dénonciation des violences sexistes et sexuelles MeToo inceste, paye ton utérus, balance ton porc, etc etc, le MeToo gay, enfin ça a été très très important non seulement pour être informé, pour savoir qu’on était pas seul mais aussi comme journaliste, pour trouver des témoignages pour permettre aux personnes de se mettre en relation les unes avec les autres, notamment quand un agresseur a été dénoncé et ça permettait de trouver d’autres victimes. Bref, de toute façon, je pense que si on prend cette question à très de sérieux, c’est parce que Twitter a été pour plein de raisons un outil très important d’information, de mise en relation, de démocratie justement, et de résistance et d'éducation. Moi je me suis éduquée sur Twitter, évidemment, comme beaucoup de féministes.
01:21:11David Dufresne
Mais à quel moment tu as senti que la neutralité que Twitter autorisée permettait, que ce soit pour les violences sexistes et sexuelles, que ce soient les violences policières, que ce sont les morts au travail, etc., que des débats puissent surgir de la société civile dans le champ public et politique, à quel point tu as ressenti que, en fait, cette possibilité ne fonctionnait plus, n'était plus…
01:21:33Victoire Tuaillon
On réalisait depuis le début que Twitter a toujours été un espace hostile pour les femmes et les minorités, en particulier pour les personnes engagées, pour les féministes. Un autre scandale qui a révélé Twitter, même si c’est dans le microcosme français, c'était celui de la Ligue du LoL, où c'était quand même une bande de garçons qui terrorisaient, humilient et empêchaient, et silenciaient en fait, des femmes et des minorités de s’exprimer. Et donc moi, par exemple, j’ai un tout petit compte. 30 000 ou quelque chose comme ça, followers sur Twitter. J’ai jamais beaucoup investi, mais j’ai aussi jamais beaucoup pris la parole parce qu’en fait, j’ai horreur de me prendre des raclées. C’est vraiment… Je m’en relève beaucoup moins facilement que d’autres. Donc de toute façon, j’ai toujours vu que c'était un endroit où on était moqués, où tu ne peux pas dire un mot de travers parce que sinon, tout le monde te tombe dessus et tout ça. Donc ça n’a jamais été un endroit agréable ni safe, en réalité. C’est un endroit qui est profondément hostile. Évidemment, ça s’est aggravé ces dernières années. Avec l’arrivée de Musk, évidemment, quand les comptes vérifiés… J’imagine que vous avez déjà retracé cette chronologie-là, mais il y a eu quand même la phase où les comptes vérifiés sont devenus achetables, en fait. Ensuite, il y avait la phase où plus vous faisiez d’engagement et plus vous étiez rémunérés. Donc ça, c’est vraiment un appel direct à la production de haine, puisqu’on sait que ce qui va produire le plus d’engagements c'était des discours de haine. On sait que vous pouvez maintenant gagner de l’argent en produisant, on continue. Des messages transphobes. Voilà, ça fait un revenu en fait. Très concrètement, les émeutes raciales en Angleterre cet été ont été déclenchées parce que des rumeurs concernant l’identité du tueur de ces trois jeunes filles ont été encouragées et poussées par l’algorithme de Twitter. C’est parti d’une fake news en fait donc ça a des conséquences super réelles. Un autre exemple c’est quand où je me suis dit bon vraiment là ça ça craint et ça Twitter ne permet même plus de remplir ce rôle à d'éducation de vulgarisation de mise en l’asso des féministes ça a été quand des mots comme viol ont commencé à être à avoir pour conséquence d'être shadow ban si on les utilisait c'était la même chose pour Instagram donc aujourd’hui en fait on n’a pas de réseau social mainstream où on peut parler des sujets qui nous tiennent à cœur notamment de violences sexuelles si on fait des postes que ce soit sur X ou sur Instagram avec le mot « viole » ou « inceste » ou sexe, on échappe au ban en fait, ce qui fait que les gens doivent recourir à des stratagèmes ridicules genre écrire « viol » avec un rond violet ou que ça, mais qu’on ne peut même pas s’exprimer sur ces sujets-là. Une affaire emblématique, c'était celle où la twittos Mélusine avait twitté en 2021, « Comment faire pour que les hommes cessent de violer ? » Et son compte a été suspendu. Donc on s’est toutes mis à écrire cette phrase qui me paraît quand même une question importante. Je veux dire, le viol est un fléau, énormément de personnes en sont victimes. Comment faire pour que les hommes cessent de violer ? C’est une question qui était interdite, par exemple. Là, on voit que les comptes d’Andrew Tate n’avaient aucun problème.
01:24:45Magali Payen
Qui, qui est Andrew Tate ? Ah pardon !
01:24:48Victoire Tuaillon
Alors, Andrew Tate, c’est un masculiniste suivi par des centaines de milliers de personnes qui pensent qu’il faut réduire les femmes en esclavage et qui a lui-même été condamné, enfin, en tout cas arrêté en Roumanie, notamment pour trafic d'êtres humains, proxénétisme, mais qui continue à pouvoir s’exprimer sur différents réseaux sociaux. Il a été déplateformé de YouTube et de Facebook, mais bon, il va sans doute pouvoir revenir, je sais pas où est-ce qu’il en est maintenant, mais sur Twitter, ça n’a jamais posé problème, évidemment, puisque ses vues sont alignées avec celles de masques.
01:25:17David Dufresne
Au téléphone, tu me disais… T’as encore beaucoup de choses à dire ? Non, je t’en prie, je te l’implique. Parce qu’on a un quart d’heure de retard. Je suis déçu, désolé. Au téléphone tu faisais un point qui me semblait important sur la personnalité de Musk mascu suprême, chef des mascus. Oui, revendiqué. Revendiqué, et que donc, ce que tu dis là, ce que t'écris là, qui était déjà à l'œuvre, si je puis dire comme ça, tu penses que ça ne peut qu’empirer en fait.
01:25:47Victoire Tuaillon
Je ne prends pas grand risque en disant que ça ne va pas s’améliorer. Ça m’interroge aussi sur la façon, la structure même de ce réseau social encourage déjà avant même son arrivée les contenus misogynes et plein d'études sérieuses ont montré que les contenus de droite étaient déjà bien plus poussés par les algorithmes, juste par la structure. Donc je me dis peut-être que c’est aussi parce que ça a été codé par des mecs, comme plein de choses. Peut-être… Voilà ce ton très moqueur, cette façon de briller sans cesse, ce combat en fait qui avait tout ça. Il y avait aussi quelque chose de très masculin là-dedans et de très viriliste en réalité, qui ne peut pas favoriser d’autres voies. Et donc je m’interroge sur le bon réseau social donc j’ai bien créé, j’y ai fait la bonne élève, j’ai tout fait comme on m’a dit. J’ai créé le compte Blue Sky, le compte Mastodon, même un compte sur Thread. J’ai aussi une newsletter maintenant qui est sur Substack, qui est encore un autre réseau social.
01:26:48David Dufresne
Alors donne les noms des comptes et tout ça.
01:26:49Victoire Tuaillon
Ah oui, c’est toujours mon nom, Victoire Tuaillon, voilà. Non d’accord. C’est pas pris.
01:26:54David Dufresne
C’est ici.
01:26:55Victoire Tuaillon
Non, normalement, oui c’est vrai que, non, c'était cool. Non, je me pose aussi la question de garder quand même un compte pour surveiller ce qui s’est dit, parce que comme journaliste on a besoin de surveiller ces contenus-là. Moi ça m’intéresse comme féministe de surveillé quelles sont les nouvelles dingueries masculinistes, voilà, parce-que vraiment le machisme a une créativité sans limite, donc c' est intéressant de voir aussi. Et puis une question très technique, moi j’avais fait énormément de signet, voilà, ces 15 dernières années, vous savez, des marque-pages qui me servaient à avoir des idées de sujets, et en fait tout ça, ça disparaît aussi quand on s’en va, quoi. Donc je me demande comment est-ce qu’on peut les exporter.
01:27:37Fabre Gregory
Pour nos développeurs. Mais comme on a déjà dit avant dans la soirée, tu peux aussi geler ton compte et revenir dans le concours.
01:27:46David Dufresne
C’est comme la cigarette si tu re fumes
01:27:48Victoire Tuaillon
Comme la cigarette.
01:27:49David Dufresne
Ah non moi je crois que c’est pas bon cette affaire, enfin il y a débat dans le dans le collectif sur cette question là, voilà.
01:27:56Victoire Tuaillon
Et je pense comme Anne Hidalgo aussi que ça va me faire beaucoup de bien la santé mentale de quitter ça aussi parce que je me suis aperçue que j’avais une petite voix intérieure qui est celle des haters de Twitter. Ce qui veut dire que chaque truc que je pense, j’ai des gens perchés sur mes épaules qui sont les haters de Twitter qui me disent que je suis sotte, bête, nulle, que ça ne sert à rien, que je je suis grosse, moche, etc. Parce que c’est ce qu’on reçoit tous les jours comme message en fait, si on s’exprime dessus, que telle idée est nulle. Mais d’ailleurs des petites voix qui sont autant celles des personnes haineuses dans les camps d’enfance que dans notre camp, puisque c'était aussi un lieu où exercer sa pureté militante, où se faire des procès d’intention les unes avec les autres, donc c’est sûr que ne plus lire ça quotidiennement me fait du bien.
01:28:41David Dufresne
Ouais. Je ne veux pas faire le gars. Vas-y.
01:28:43Victoire Tuaillon
Non mais moi je voudrais quand même souligner que la prise de parole de victoire ce soir elle est quand même super importante parce que Twitter est un réseau très admissible non pas seulement pour les féministes mais pour les femmes et pour toutes les minorités et on l’a vu quand même depuis les élections il y a plus 4 900 % sur la phrase Your body my choice Ton corps mon choix Et donc, on sait en fait à quel point ça a été dur pour les femmes d’obtenir tous ces droits dans le passé, à quel points ces droites sont fragiles, donc on a eu de la chance récemment en France de consolider ça dans la constitution française, je parle de l’avortement, mais là il y a quand même des choses importantes qui se jouent. Voilà, donc merci.
01:29:21David Dufresne
Merci beaucoup, merci à toi, vraiment, et pour l’ensemble de ton œuvre !
01:29:26Victoire Tuaillon
Merci à toi pour l’engagement de ton œuvre, et à vous tous !
01:29:31David Dufresne
Eh bien, un dénommé Chavalarias David, il est là. David ? Oui. Ok. C’est un problème dans le collectif. Ah d’accord. On a le même prénom. Davduf et Dacha. Dacha, voilà. Alors, il va faire une petite présentation. Il a sept minutes. Je n’ai pas entendu. Il a 7 minutes pour faire une petite synthèse des dangers de Twitter pour des réseaux sociaux compatibles avec des démocraties fonctionnelles. Et oui, monsieur et directeur de recherche au CNRS, donc évidemment l’intitulé, il est comme ça, mais après, vous allez voir, il va vous capter tout de suite.
01:30:13Chavalarias David
J’espère que c’est hyper facile à utiliser la plateforme Hello Quitte x, c'était vraiment incroyable, c’est super bien.
01:30:19David Dufresne
Alors ça pour les campagnes, il faudrait dire face caméra. Vraiment, c’est hyper facile à utiliser, cette plateforme, ça prend 15 minutes, grand max. Tout est super bien expliqué, faites-le, voilà, ce n’est pas très difficile. Et bravo à celles et ceux qui l’ont programmé, vraiment.
01:30:36Chavalarias David
Merci beaucoup David. Super, merci. La scène est à toi. Très bonne introduction. Alors avant d’aller sur les raisons d' hello quitte X et puis les caractéristiques de Musk justement, je voulais vous montrer un petit peu la plateforme. Donc ça c’est ce que vous avez à la fin, une fois que que vous avez fait toute l’opération. Donc vous vous êtes connecté, vous avez associé votre compte X avec soit un compte BlueSky, soit un Et ça, vous pouvez le faire depuis votre téléphone, ça prend vraiment une minute. C’est juste vous rentrez vos logins et c’est associé. Et cette première étape est hyper importante parce que ça veut dire que même si vous n’avez pas mis votre archive X, on sait qui vous êtes d’un côté ou d’autre. Et donc, les personnes qui voudront être reconnectées à, par exemple, vous sur X, on pourra leur dire, tiens, en fait, c' est celui-là et on pourra les reconnecter à votre place. Donc déjà, si vous faites cette première étape depuis votre téléphone, ça ne prend même pas une minute et vous assurez que vous pourrez être connectés quand les gens vous chercheront. Mais ensuite, il y a la deuxième, qui est juste l’import de votre archive. Et ça, ça prend, pareil, encore deux, trois minutes. Et ensuite, à la fin, vous êtes prêts pour le grand voyage. Et le 20 janvier, ce qui va se passer, c’est que l’on va activer la plateforme qui va se mettre à reconnecter tout le monde pour votre compte. Donc, il va falloir venir sur la plate-forme, dire je suis d’accord pour être reconnecté. On ne peut pas vous reconnecter sans votre autorisation. Mais à partir du 20 janvier, on va commencer à reconstruire le tissu social sur Blue Sky et Mastodon de manière automatique. Et donc vous allez pouvoir transporter votre communauté de followers d’un côté de l’autre et puis plus tard aussi on permettra d’importer aussi des tweets mais pour des temps de développement on est allé à l’essentiel. Alors ça c’est pour la plateforme comme on n’a pas beaucoup de temps, je ne vous ferai pas une démo de la plate-forme mais au moins que vous voyez et puis j’en profite encore une fois pour féliciter tous les développeurs et beaucoup sont des bénévoles on a travaillé jour et nuit pour que ça sorte assez rapidement. Alors maintenant très rapidement quelques dysfonctionnements de X alors Je n’irai pas jusqu’au bout puisque on n’a que six minutes maintenant, juste pour vous donner quelques exemples. Et donc déjà, pour choisir un bon réseau social, j’insiste vraiment, ce qu’il faut, c’est que vous soyez libre de bouger vos données, que vous soyez libre de transporter votre audience ailleurs, que vous soit libre de choisir comment on vous alimente un information et X ne vous offre aucun détroit. Donc, c’est pour ça que l’on conseille d’aller et de sortir de X. En plus de tout ce que je vais vous dire, c’est que vous allez aller vers des espaces où vous êtes plus libres et où tout ce qu’on va vous raconter là, finalement, ça sera au moins atténué, voire inexistant. Alors, ce sont les deux réseaux qu’on vous recommandé, je ne reviens pas dessus, vous avez dû en parler. Ça, c’est le transfert qu' on vous montre. Et donc, maintenant, on arrive à la question de X et de l’impact sur la démocratie. Très concrètement, X permet de passer de cet état-là à cet état-là. C’est-à-dire du premier jour de la présidence Trump au dernier jour, et donc de créer des émeutes, des bouleversements, du harcèlement, etc. Il faut voir qu’il y ait une grande contagion. Alors, ce n’est pas évidemment que les réseaux sociaux, mais ils y ont contribué dans beaucoup de pays. On a des régimes autocratiques qui sont en train de se mettre en place, populistes, fascistes, etc., et donc là, on est avec un gros problème. On a perdu les États-Unis. Donc ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’aux Etats-Unis, notamment, Trump a gagné en grande partie grâce à X, et même si on ne peut pas le prouver, comme on pourrait prouver que le tabac cause le cancer, il y a des chiffres qui ne trompent pas. Elon Musk, à l’avant, a acheté en fait les données de 500 millions de personnes, dont 100 millions d’Américains, dont 32 millions d’Américain utilisateurs réguliers de X. Et donc quand vous avez ça sous la main, vous pouvez adapter vos algorithmes, vos extras pour faire du brain washing. Et l'écart qu’il devait avoir pour gagner l'élection, ça a été 2,3 millions. Donc en fait, en gros, l’emprise sur l'Électorat américain, c’est dix fois plus que ce qu’ils avaient besoin pour remporter l'élection. Donc on pourra en reparler, mais on voit bien que là, et ça c'était la même chose dans beaucoup de pays, l' emprise de X est bien supérieure que la marge que les candidats ont pour gagner ou perdre une élection. Et c' est là qu' il y a un problème. Parce que donc on a l’alliance de la politique avec la technologie. Et si on regarde de quoi X est le nom, il faut savoir que Elon Musk lui-même est un grand conspirationniste. On ne peut pas faire la liste là parce que ça c’est trop long, mais il a lancé un certain nombre de théories de conspirationnistes ou les a relayées à ces 200 millions d’abonnés. Il faut savoir que X par construction amplifie la toxicité, c’est- à dire que ce que vous voyez sur votre fil d’actualité n’est pas un reflet de ce qui se passe autour de vous et de ce à quoi vous êtes abonné. En fait, votre fil de l’actualité vous montre une toute petite partie de ce à quoi vous êtes abonné. Et cette petite partie est enrichie en contenu toxique, c’est-à-dire harcèlement, attaque personnelle, sujets polémiques, etc. Ça, c'était une mesure que l’on a faite au CNRS. On a montré qu’il y avait plus de 50 % en moyenne de contenu toxique dans ce que vous voyez. Donc, en fait, on vous montre le pire de votre environnement social. Et ça, ça a une conséquence. C’est que sur le moyen terme, les personnes les plus influentes deviennent les personnes toxiques. C'était plutôt l’inverse. Les personnes toxiques deviennent les personnes plus influentes, c’est- à-dire que… X concentre le pouvoir social entre les mains des individus les plus toxiques. Donc ça veut dire que c’est bien de vouloir rester sur X pour faire de l'évangélisation. Mais en fait vous êtes invisibilisés et vous êtes dans une course où vous ne maîtrisez ni les vents ni les courants. C’est Musk qui maîtrise tout ça et donc il fait ce qu’il veut. X a arrêté la lutte contre les informations et même il commence à taper sur les scientifiques. Musk est en croisade contre la personne qui a coordonné la réponse Covid aux États-Unis. Il lui a carrément vraiment mis une cible dans le dos, littéralement, et il aime tellement peu la modération qu’il a mis en pâture l’ancien chef de la modération de Twitter à ses fans, qui a dû déménager parce qu’ils se retrouvaient à la fin avec des gens qui voulaient lui faire la peau en bas de chez lui. Musk a racheté au nom de la liberté d’expression pour éventuellement en rediscuter, mais évidemment c’est une grosse hypocrisie puisqu’une des premières choses qu' il a faites c'était de bannir des comptes de journalistes. Il a aussi banni le compte d’un des principaux opposants à Erdogan en Turquie en pleine élection sur la demande d' Erdogan. Donc vous imaginez, c’est-à-dire que vous mettez l’opinion publique en 3ème main d’un réseau, qui du jour au lendemain peut décider d’interférer dans une élection en fermant le compte des principaux opposants. Et il a également, par exemple, un exemple parmi d’autres, fermé le compte qui venait de faire une grosse levée de fond pour Kamala Harris. Donc ça veut dire que si vous êtes sur X, vous êtes à la merci de ce genre de comportement, vous ne maîtrisez plus rien. Il faut savoir que si vous êtes sur X, votre compte ne vous appartient pas. Il y a en ce moment un litige très connu, qui a fait beaucoup de bruit avec The Onion, qui est un journal satirique aux États-Unis, qui à acheté Infowar, qui est une entreprise de conspirationnistes qui s’est fait condamner pour avoir blagué sur un massacre d’enfants. Et Elon Musk a réclamé le compte X de Infowar les nouveaux propriétaires. Et Elon a dit non, non, je ne vous donne pas le compte de Infowar parce que c’est ma propriété. Et si vous lisez les conditions d’utilisation de X, il est écrit que vous ne possédez pas votre compte et que tous les contenus que vous partagez avec X, X en fait ce qu’il veut, c’est-à-dire qu’ils les distribuent ou pas, il les modifie avant de les distribuer ou pas et s’il ferme votre boîte, vous n’avez rien à dire. Ça, c'était les conditions de l’utilisation. Musk fait du chantage commercial, il a menacé, par exemple, NPR, qui est une grande régie, un grand média américain, de donner son compte à quelqu’un d’autre s’ils ne reprennent pas ses tweets, parce que NPR avait dit qu' il quittait Twitter. Il a aussi poursuivi des publicitaires qui avaient décidé d’arrêter de faire de la publicité sur X. Donc ça c’est tout simplement du chantage et des méthodes mafieuses. Certains disent transactionnelles mais on peut dire mafieux directement. Il faut savoir que lors de la première migration vers Mastodon, Elon Musk a tout simplement censuré la mention de Mastodon. Il a fermé le compte de l’instance Mastodon X sur X et il a censuré le compte Mastodon. Donc en fait vous êtes sur un média qui tout simplement, quand il ne veut pas que vous voyiez une information, notamment une information qui pourrait vous être utile et prendre une décision, eh bien, il vous coupe l’information. C’est pour ça que c’est très dangereux de rester sur X parce que, en fait, vous êtes dans un environnement complètement manipulé. Il a aussi Musk lui-même fait la promotion d’usurpation d’identité, notamment en diffusant des deep fakes de Kamala Harris, donc sans dire que c'était des deep fake évidemment. Et là on en vient au cœur du sujet. Il va modifier l’algorithmique de X pour que dans les files d’actualité qui sont vraiment la première source d’information des utilisateurs sur X, on voit en priorité des contenus qui sont alignés avec sa propre idéologie, voire ses propres contenus. Il a demandé à ses ingénieurs Une fois qu’il était vexé que Joe Biden ait un tweet qui était plus performant que ses propres tweets, en pleine nuit, à deux heures du matin, il a demandé à ses ingénieurs, maintenant il faut qu’on voit mes tweets en priorité. Et ces ingénieurs, comme c'était la nuit, se sont trompés. Là, le lendemain, on n’avait que des tweets de Musk dans le For You. Ils sont revenus un petit peu en arrière, mais maintenant vous avez toujours deux trois tweets de Musk dans le for you, même si vous n'êtes pas abonné à Musk. Alors si vous voulez savoir qu’est-ce qu’ils ont comme idéologie, parce qu’a priori, bon, s’ils voulaient par exemple, je ne sais pas, lutter contre le réchauffement climatique, pourquoi pas avoir plus de tweets de Musk ? Ça, c’est un tweet original de Musk qui a fait 178 millions de vues. En plus d'être complètement misogyne, il faut savoir que le lait, c' est le symbole suprémaciste blanc, c est un symbole. Et donc là, il dit clairement avec mes tweets, je vais gaver les utilisateurs de Twitter. Donc, tous ceux qui pensent qu’ils vont essayer d’arriver à, en gros, faire entendre leur opinion, etc. Et convaincre les autres. Non, en fait, les gens sont exposés à ce genre de choses et donc, il faut juste quitter X. Elon Musk, quand il a racheté Twitter, elle a fait ce genre de tweets. Donc là, ce qu’il dit, c’est en gros, avant les pigeons voyageurs vous apportent l’information, maintenant c’est moi qui vais vous apporter les informations. Sauf que cette image-là, c’est un image d’un soldat nazi de la Deuxième Guerre Mondiale. Peut-être un hasard. Maintenant, si on regarde les comptes qu’ils ont rétabli sur X après avoir banni des comptes de journalistes, on voit qu’y a beaucoup de comptes néonazis. Trouviez ce genre de contenu avant que nous on le signale en tant que Hello Kitty X, donc ça c’est une vidéo d’Hitler avec quelqu’un qui dit que Hitler en fait finalement c'était quelqu’une très bien et qu’il a, merci, il a protégé la culture allemande et les gens qui se font ce genre de contenus, on l’a mentionné tout à l’heure, sont monétisés, des gens gagnent de l’argent en faisant du contenu nazi sur X. Et quand il y a des problèmes entre nazis et non nazis, Elon Musk prend le parti des nazis, ici vous avez un groupe de chercheurs qui a révélé l’identité d’un compte qui faisait des cartoons nazis sur Twitter. Ce compte-là s’est plein et Elon Musk a fermé le compte des gens qui ont révélé une identité et pas le compte nazi. Ça c’est Twitter, c'était Musk et il a aussi fait la promotion par contre d’une interview d’Un Révisionniste par Tucker Carlson. On pourrait aller très loin, je mentionne aussi qu’il est une grande proximité avec Vladimir Poutine. Poutine dit que Elon Musk est très intelligent. Elon Musk lui dit qu’il a souvent Poutine au téléphone. Il a relaté ce genre de contenu qui est en fait un contenu sorti tout droit des fermes à troll de Poutine. Ça veut dire que la propagande du Kremlin a réussi le coup de force de faire en sorte que l’homme le plus riche du monde et le plus influent sur Twitter promeuvent ses contenus. Et il a interagi plus d’une soixante fois avec Tenet, qui est l'équivalent de Richard Oudet. Un média à la main de Poutine. Donc il a interagi avec les satellites Starlink en défaveur de l’Ukraine et en faveur de la Russie, bon on s’en passe parce qu’il y aurait trop de choses à dire, et il interagit aussi avec des lobbies du Kremlin. Maintenant, ça ne vous a pas échappé que depuis quelques temps, il commence à s’attaquer à l’Europe. Ça faisait longtemps qu' il avait pris l’Italie fasciste comme sa base d’atterrissage en Europe. Mais ça fait aussi longtemps qu’il interagit avec cette jeune femme qui est à l’AFD et c’est cette jeune femme qu' il a introduite à l AFD et qui fait que maintenant il dit que l' AfD est le seul espoir pour l’Allemagne. On a parlé tout à l’heure des émeutes au Royaume-Uni qu’ils ont amplifié, notamment, là en ce moment, il est en croisade pour que Robinson, qui a notamment diffusé cette fausse information et qui a provoqué les émeute, sorte de prison et il a même demandé de dissoudre le parlement aux États-Unis. Et il s’apprête à financer l’extrême-droite, donc à Prairie. Aux dernières nouvelles, il a trouvé qu’il y a quelqu’un encore plus à droite pour le financer. Voilà. Il s’attaque directement aux médias. Les journalistes et les médias traditionnels et les scientifiques sont l’ennemi personnel de Musk. Je vais m’arrêter. Et juste pour vous dire qu' il implémente très exactement la stratégie de Steve Bannon qui disait « Nos ennemis, ce ne sont pas les démocrates, nos ennemis, ce sont les médias. » Et la manière de traiter avec eux, c’est d’inonder la zone de merde. Donc ce qui s’est passé, c’est que Elon Musk a racheté Twitter, il l’a inondé de merde et la question maintenant c'était est-ce qu’on reste dans la merde ou est- ce qu' on sort. Donc la réponse avec Hello Kitty, c’est on va vous aider à sortir, mais pas tout nu, on va nous aider à sorti avec vos amis, avec votre réseau, ça va vous prendre 5 minutes et vous allez retourner sur des réseaux plus sains, donc soit Blue Sky, soit Mastodon, on vous recommande même de prendre les deux. Parce que ça vous permettra de choisir et en plus vous avez des petites applications qui permettent de faire le bridge entre les deux. Donc comme ça vous n’avez même pas à choisir. Vous créez un compte de chaque côté et c’est bon. Voilà.
01:44:26David Dufresne
Bravo ! J’aurais une petite question David, Oui allez-y, allez-y. Ah voilà, il faut se mettre comme ça, vous allez être tout de suite envoyé à la Musk Company.
01:44:39Rebecca
Rebecca, enchantée. Enchantée ! J’ai pas du tout Twitter, je ne m’y connais pas spécialement en micro-blogging et autres, j’ai juste quelques petites questions. Donc, c’est un peu le lien entre ce qu’a dit Victoire et ce qu’a dit David, le David d’achat, du coup. Donc, apparemment, j’imagine que Mastodon et Blue Sky sont des structures vertueuses. Mais qu’est-ce qu’on a comme garantie que ça reste bien le cas ? Qu’on ne finisse pas dans cinq ans à se dire Hello quitte X Blue Sky ou Mastodon. Dans le sens où, enfin… Oui, enfin, est-ce que du coup, des gens du collectif Hello quitte x vont, par exemple, peut-être intégrer Mastodon ou Blue Sky ou faire une charte ensemble, ou enfin… Déjà, de la préparation en question. On a déjà pas mal d’abonnés, je pense, à ces deux structures. Du coup, aussi, qu’est-ce qu’il y a, du coup après, en contrepartie ?
01:45:29Chavalarias David
Alors c’est une très bonne question. Alors il y a plein de garanties qui vont faire que c' est complètement différent d'être sur Blue Sky ou Mastodon par rapport à un X. Et on a des questions fréquentes sur le site et notamment il y a une question fréquente là-dessus. Mais je la résume très rapidement. La première, c' est que ces deux infrastructures, ces deux plateformes ont été conçues pour atténuer tout ce qui est harcèlement. Donc il y plein de dispositifs pour atténuer le harcèlement et surtout, c' est des plateformes qui sont décentralisées. Donc en gros, en passant de X à Blue Sky et Mastodon, c’est un petit peu comme si on passait avant des anciens opérateurs téléphoniques où on était bloqués sur notre hébergeur téléphonique on pouvait pas aller ailleurs et puis si on vous a augmenté les prix bah soit vous perdez votre numéro de téléphone et tous vos contacts soit vous vous payez à l’heure actuelle où vous pouvez changer simplement d’hébergeurs vous gardez votre numéro vous allez chez quelqu’un qui en gros est une meilleure politique là les systèmes décentralisés type blue sky mastodon c’est exactement ça c'était que mastodon vous avez plus de 1000 serveurs blue sky pour l’instant vous n’en avez qu’un mais il est prévu qu’il y en ait plusieurs Et donc, si un jour, par exemple, quelqu’un qui est sur l’instance moderne, l’instant où vous avez atterri, soit Blue Sky ou Mastodon, d’une manière qui vous déplaît, par exemple, je ne sais pas, qui va bannir tout ce qu’on a dit tout à l’heure par rapport à X. Eh bien, casse la tienne. Vous pouvez dire OK, moi, je me casse. Mais en un clic, vous partez non seulement avec vos données, mais aussi avec votre communauté et c’est redirigé. Donc, en fait, ce que l’on fait maintenant, c’est que là, on implémente ce qu' on appelle la portabilité. Qui n’a pas été implémentée par X parce qu’elle veut garder les utilisateurs captifs. Donc nous on l’implémente une fois pour toutes vers des réseaux qui eux sont ouverts et qui implémentent cette portabilité. Et donc en fait, quand vous êtes de ce côté-là, c’est beaucoup plus difficile, si vous voulez, d’imposer des choses aux utilisateurs parce que dès que votre politique de modération est pourrie, et bien un utilisateur va dire ok, ben moi je prends un autre hébergeur et c’est tout et je ne perds rien. Donc ça c' est une première chose. Je vais peut-être m’arrêter là, mais en tout cas, c’est vraiment la principale chose, en plus de plein d’autres choses dont on pourrait parler qui permettent de mieux se protéger. C’est que vous êtes dans des espaces où vous avez plus de liberté et comme vous avez plus de liberté, vous êtes moins manipulable. Et si à un moment donné, vous apercevez que vous êtes manipulé ou qu’il y a des choses qui sont faites à votre rencontre, eh bien, vous pouvez partir, mais avec votre communauté. Parce que ce qui retient les gens sur Twitter, c' est qu’ils ne veulent pas perdre leur communauté. Donc nous, on s’arrange pour qu' ils ne perdent pas leur communauté Et une fois que vous serez de l’autre côté, vous serez libre de naviguer où vous voudrez.
01:47:53David Dufresne
Alors il y a le tchat qui tousse un tout petit peu en disant je pense à Éternel Fugace qui dit Blue Sky, OK, Blue Sky a un seul serveur, est-ce bien un protocole ouvert ? Donc là on rentre dans des questions un peu techniques, on va dire que tu me dis si je me trompe, qu’au nom du collectif on laisse comme on dit au Québec la chance aux coureurs c’est-à-dire que Blue Sky a une feuille de route vertueuse. On ne sait pas s’il va la mener, on ne sait pas s' il va la baner. On peut avoir quelques je suis ici des diplomates, réserves Voilà, de par le financement de Blue Sky, mais à l’heure qu’il est, Blue Sky est sans commune mesure plus intéressant que X ou que Twitter. Donc voilà. Et après, il y a l’autre alternative qu’on promotionne qui est Mastodon, voilà..
01:48:41Chavalarias David
Et surtout, que ce soit BlueSky ou Mastodon, on est sur des protocoles. C’est-à-dire que c’est des gens qui se sont mis d’accord sur ce qu’est ce que c'était publier un message, qu'était le partager. Et après, il y a plein d’acteurs qui vont proposer des choses. Donc, il va y avoir d’autres choses proposées par-dessus Mastоdon, d’autre chose proposée par- dessus Blue Sky. Il y a des gens qui s’organisent pour proposer d’autres instances Blue SKy. En ce moment, il n’y en a qu’une, mais bientôt, il en aura plusieurs. Donc on est vraiment, on change complètement de paradigme là. Maintenant, c’est vrai que pour le moment, BlueSky, c’est un seul serveur, mais bon. Voilà, comme tu as dit, nous on a préféré se passer sur les gens qui proposaient des protocoles avec ce genre de bonnes pratiques.
01:49:15David Dufresne
Merci beaucoup David et bravo pour tout ce que tu fais. Alors j’appelle maintenant Jean-François Julliard, directeur général d’une petite association appelée Greenpeace France depuis 2012, c’est bien ça ? C’est ça. Le 22 novembre, votre modeste association a publié ce tweet. Face à un algorithme qui promeut les propos les plus extrêmes, la course au clash et le cyberharcèlement, nous faisons le choix de partir. Jean-François, tu n’as pas de chance, parce que ça a déjà été évoqué largement, donc donne-nous d’autres raisons pour lesquelles il faudrait quitter.
01:50:01Jean-François Julliard
Oui en fait c’est vrai qu’il y a beaucoup de choses qui ont été qui ont été dites non mais chez chez nous très clairement le choix s’est fait rapidement parce qu’y avait une question de valeur Greenpeace essaie de porter au delà des sujets liés à la protection de l’environnement qui est le cœur de la mission de Greenpeace on essaie aussi de porter un certain nombre de valeurs sur la tolérance l’ouverture au monde la solidarité l’entraide etc et on ne s’y reconnaissait plus du tout ça a déjà été dit par plusieurs intervenants mais on a on a adoré Twitter à une époque ça C'était un outil extrêmement important pour notre travail de campagne à Greenpeace, mais on ne s’y retrouvait plus du tout. Et surtout, ce qui a été le déclic aussi, c’est qu'à un moment donné, on s’est dit, parce qu’on a entendu tous les arguments, et qui ont été réduits aussi ce soir par certains ou certaines, il ne faut pas quitter l’arène, il faut rester dans le débat et tout, mais à un moment on s’est dit que ça ne valait plus la peine de tenter de jouer ce débat parce que les règles étaient complètement biaisées. C’est-à-dire que nous, on est… Et à Greenpeace, on touche à des sujets qui sont très clivants, comme on dit. On adore le débat, on adore la controverse, et on adore être contredit par un certain nombre de personnes, mais à condition que les règles du jeu soient claires et respectées par tout le monde. Et là, on s’est dit qu'à un moment donné, c’est plus possible, on n’a plus la main du tout sur ce qu’on essaie de dire, on ne peut plus se faire entendre. Donc ça ne vaut plus du tout la peine de rester sur X dans ces conditions-là. Donc on a rapidement fait le choix de se dire qu’on allait quitter X. Pourquoi ? Pour plein d’autres réseaux, parce qu' on est sur d’autres réseaux. Mais l’idée, ce n'était pas de se le dire, on quitte X pour aller ici ou ailleurs, c'était on quitte X avant tout. Et on a d' autres espaces pour se faire entendre. Maintenant, ce qui est important… C’est que ce mouvement, il soit massif, d’où l’intérêt de votre démarche et de ce projet-là, parce que c’est vrai qu’on a besoin d’espace de débats, on a besoin de l’espace où on puisse continuer, nous, dans notre travail, à interpeller notamment les responsables politiques, mais pas qu’eux. Et c' est essentiel que les responsables politiques, notamment, fassent ces démarches-là aussi et s’empressent de quitter X. Donc voilà.
01:52:11David Dufresne
Après, avant de donner la parole éventuellement aux gens d’Europe, pas éventuellement, assurément, si vous voulez prendre la parole, il y a deux questions. Greenpeace est une organisation internationale. J’avais ouï dire qu’une organisation comme la vôtre ne pouvait pas prendre de telles décisions, quitter un réseau comme celui-ci seul. Le bureau français devait en référer au bureau américain d’ailleurs.
01:52:36Jean-François Julliard
Néerlandais. Le siège de Greenpeace, c’est aux Pays-Bas. Ah ouais ? Depuis quand ? Oh ça fait pouf ! Mais pas depuis toujours. C'était à Londres avant. Non, ça a été créé au Canada, ça n’a jamais été américain Greenpeace. Ah bon ? Non, non, ça a été créé au Canada. L’histoire c'était que Greenpeace est née à Vancouver en 71. Ensuite, le siège a été à Londres pendant très longtemps, je ne sais plus jusqu'à quelle année, mais au début des années 2000, le choix était fait de s’installer au PAYs-BAS.
01:52:58David Dufresne
Donc, première question, est-ce que vous avez dû en référer au bureau international en Hollande ou pas ? Comment des organisations du même type que la vôtre, je pense à Amnesty ou d’autres, peuvent prendre des décisions comme celle-là, qui sont très fortes ?
01:53:17Jean-François Julliard
Non, nous on a un siège effectivement aux Pays-Bas, donc Greenpeace International existe aux PAYS-BAS et c’est une entité propre, mais on a des réseaux assez décentralisés, c'était-à-dire que très clairement sur cette question-là, on s’est concerté dans les différents bureaux de Greenpeace, parce qu’on est présent un peu partout dans le monde, et on s’est dit, est-ce qu' on est capable de quitter, la question n’a pas été de dire est-qu’on quitte X ou pas, la question était, est ce qu’ont le fait tous ensemble, ou est- ce qu on le fait séparément ? Et finalement… On s’est rendu compte que c'était compliqué de le faire tous ensemble parce que tous les bureaux de Greenpeace dans les différents pays ne sont pas forcément prêts au même moment à quitter X mais en revanche on s’est dit qu’on s’accordait la possibilité de le faire chacun son rythme, chacun son moment et on a été les premiers nous Greenpeace en France à le faire mais les allemands, donc Greenpeace Allemagne qui est le plus gros bureau de tous les Greenpeace dans le monde l’a fait quelques semaines après et là Greenpeace Pays-Bas Greenpeace Suisse et d’autres sont en train de se préparer à le faire, donc ça va se faire peu à peu. Mais non, non, on n’a pas, on a pas dû, ça n’as pas été plus compliqué que ça.
01:54:24David Dufresne
Deuxième point, avant d'être à Greenpeace, tu étais secrétaire général de reporters sans frontières. Il y a donc un éléphant dans la pièce, c’est les médias, dont on nous dit d’un côté que Musk veut les mettre à terre et de l’autre côté, on nous explique que nous, là, je parle des hommes et des femmes politiques qui sont venus eux tout à l’heure, il y en aura d’autres après, on ne peut pas vivre sans Twitter parce que c'était là que les journalistes politiques, notamment son. Comment toi, le regard que tu peux porter puisque ça a été ton travail de réfléchir au journalisme ?
01:55:02Jean-François Julliard
Oui moi je crois que c’est prendre le débat à l’envers de se dire il faut attendre que les médias quittent X pour nous même quitter X. Je pense que c’est en quittant X que les médias vont nous suivre quelque part et c’est ce que les responsables politiques devraient se dire aujourd’hui. J’ai entendu Sandrine Rousseau tout à l’heure dire ça, il faut que les médias me suivent mais les médias vont la suivre. Si elle part, si elle quitte X et qu’elle va ailleurs, les médias vont continuer à suivre et à s’intéresser à ses propos. Donc je pense qu’on n’a pas à attendre que les médias fassent ce mouvement pour le faire, c’est l’inverse. C’est dire qu'à un moment donné si un certain nombre de sources d’informations, que ce soit les responsables politiques, les organisations de la société civile, des personnalités diverses et variées, s’en vont de X, les médias vont les suivre pour aller chercher les infos. Il n’y a pas de doute là-dessus. Les journalistes n’ont pas vocation à rester sur X pour toute la vie. Et puis les journalistes peuvent être à la fois sur X et sur d’autres réseaux et c’est ce qu’ils font d’ailleurs depuis toujours. Donc je pense que c' est un faux débat. Les médias, c’est autre chose. Vont aller chercher les infos là où ils ont besoin d’aller les chercher et d’ailleurs les médias qui ont quitté X n’ont pas dit qu’ils allaient arrêter de suivre ce qui se passe sur X pour chercher des informations, ils vont arrêter sur X mais ils vont continuer à aller chercher des infos et à récupérer des info un peu partout.
01:56:19David Dufresne
Impeccable, impeccable. Des questions, des remarques ? Des dons à Greenpeace, à hello quitte X ? Non ? C’est bon ? Oui ? Ah, ah, ah.
01:56:27Jean-François Julliard
Alors une petite question qui reflète pas forcément la pensée mais je trouve que je me la pose un petit peu je dis l'écologie notamment sur les réseaux sociaux subi harcèlement fake news etc et est ce que quelque part l' écologie même plus largement un discours à gauche est pas des fois trop gentil ou se laisse trop faire et est-ce que utiliser ces mêmes méthodes dans un sens et les retourner contre bah tous ces discours là ça serait pas une solution je veux dire Si l'écologie se fait harceler, est-ce que ce n’est pas notre rôle ? Enfin, notre rôle. Est-ce qu’on ne doit pas harceler les pollueurs ? Est- ce qu' on ne doit pas avoir quelque part… Ce n' est pas le reflet de ma pensée, mais est- ce que vous me sentez dans un sens, la gauche et même l' écologie et le monde associatif ne sont pas trop gentils et ne veulent pas toujours jouer selon les règles ? Je vais faire juste un petit sujet. Les soulèvements de la Terre, par exemple, est une association qui a parfois des limites. Mais est- c que quand les règnes sont biaisées, vous l’avez dit pour X, on peut même se demander le monde politique n’est pas biaisé sur le discours écologique, est-ce qu'à un moment, il faudrait pas jouer sans accepter les règles du jeu et être même un petit peu à la limite, voire… Voilà. Limite voir. Oui mais rapidement, c’est exactement ce qu’on fait à Greenpeace depuis sa création. Greenpeace fait partie des associations qui assument de pratiquer la désobéissance civile, donc de se mettre en dehors des règles légales et des lois quand ça nous paraît nécessaire et on a des procès dans plein de pays. Nous en France il y a des activistes qui sont poursuivis pour s'être introduit dans les centrales nucléaires pour avoir manifesté devant le siège de Total énergie ou d’autres situations comme celle-là. Donc on utilise ces moyens-là, donc j’ai pas l’impression qu’on soit trop gentil, après on veut rester dans les valeurs qu’ont prôné, qu’ils promeut. Donc, on ne va pas se mettre à harceler nos harceleurs. Ça c’est clair, c' est un peu la limite de la chose. En revanche, utiliser d’autres modes d’action qui sont plus sur le terrain aussi que les réseaux sociaux. Ça c’est clair, c' est complémentaire et nous on va continuer d'être sur le terrain parce que c’est aussi essentiel à notre travail et à faire avancer nos messages.
01:58:42David Dufresne
Merci beaucoup Jean-François. Donc, en avant pour le soulèvement du cloud, c’est le chat qui le dit. Alors Magali, là il y a plusieurs choses. Il y a Laetitia, il y à Arié Alimi et il y a une mobilisation. Alors qu’est-ce que tu veux faire ? C’est toi qui choisis.
01:58:57Fabre Grégory
Non, on ne choisit rien du tout, on choisit d'être en retard.
01:59:00David Dufresne
Ah non, pas du tout. C’est une catastrophe. Alors, Arié Alimi, Benjamin il est où ? il est où là ? Ah bah voilà, il est sur son téléphone, donc ça marche pas.
01:59:09Fabre Grégory
Moi, je voudrais juste annoncer deux bonnes nouvelles, c’est que bon pote vient d’annoncer qu’il quittait X. Wouh ! Merci mon pote, bravo ! Voilà, deuxième bonne nouvelle, la Commission Européenne nous suit sur le live. Autre bonne nouvelle.
01:59:27David Dufresne
Allez ! Le peuple en action !
01:59:29Fabre Grégory
Et pour te laisser réfléchir, Dave Duf et ne pas perdre de temps, je vais inviter sur scène une comédienne très talentueuse du nom de Laetitia. Laëtitia Eïdo, qui est comédienne. Française.
01:59:43Laëtitia Eïdo
Bonjour.
01:59:44Fabre Grégory
Qui joue à l’international, qui a joué dans plus de dix langues, qui est notamment une des actrices principales de la série Soda sur Netflix, qui a été une très grande série à succès, et qui est dans le prochain film de Terence Malik, Qu’on verra probablement au prochain Festival de Cannes, figurez-vous. Merci d’accueillir Laetitia.
02:00:06Laëtitia Eïdo
Bonjour. Alors, au début, quand Magali m’a dit, viens parler, j’ai dit, qu’est-ce que je fais là ? Et après, en raccrochant, parce que je leur ai dit non, je me suis dit, si, si. J’ai compris pourquoi c’est si important, finalement, en tant qu’acteur, aussi, de quitter X et de créer un peu un appel d’air comme ça pour faire bouger aussi nos communautés, nos followers. Donc, je vais parler un petit peu de mon point de vue d’actrice et un peu aussi de mon point de vue de citoyenne. J’ai pris des notes parce que vous m’impressionnez. Donc voilà, il faut savoir qu’en tant qu’acteur et actrice, Twitter, X, notamment à l'étranger, peut avoir un poids et une importance capitale derrière nos carrières, surtout en Angleterre, ce que j’ignorais avant de travailler là-bas. Mais en réalité, si on n’a pas de compte X et qu' on ne l’alimente pas en Angle, par exemple, on n’existe pas en tant qu’auteur. Donc les directeurs de casting entraînent les acteurs à publier leurs démos, publier leur tout. Publier, publier, publier, il faut être présent. Et si on n’est pas présent en Angleterre, vraiment ça ne fonctionne pas, ce qui est beaucoup moins le cas en France. Et donc ce que tu nous suggères, c’est d’aller harceler gentiment les agents et les producteurs de cinéma pour les embarquer dans ce grand mouvement en Angleterre ? Parce que si on n’a pas une popularité suffisante en Angleterre sur X, juste on n' est pas pris en fait. Les producteurs ne nous prennent pas. Nous, c’est plus sur Instagram que c' est très, très fort ce truc là. Nous, vraiment la France, c' est ça. Et donc ça peut paraître difficile de quitter X parce que finalement, on a mis des années à construire cette communauté, etc. Mais c’est le moyen, c’est notre moyen aujourd’hui d’informer les professionnels de notre actualité. Et malgré tout, il va falloir lâcher ça. Non, parce que tu le retrouves sur Mastodon et BlueSky grâce à la super plateforme. Et donc nous, on note qu’on va devoir harceler gentiment. Voilà. C’est plus difficile pour des gens qui ont moins de popularité que Mme Hidalgo par exemple de X parce que c’est pas difficile pour elle puisqu’elle n’a pas besoin de ça pour soi-disant être présente. A une époque où on vivait sans ça, la presse relayait même des blogs, des flux RSS, il n’y avait pas que… Instagram etc et puis aujourd’hui on est on est réduit à ces canaux qui sont possédés par les mêmes et Oui donc j’ai lu que Facebook elle est aussi supprimé les fact checks donc je pense que finalement il y a une certaine enfin je trouve qu’il y a une tyrannie en fait sur Twitter qui n’est pas la même qu’ailleurs c’est un détail mais je sais pas si vous savez qu’en Angleterre notamment aussi aux états unis si on ne publie pas ses pronoms sur Twitter donc c’est pareil, on est carrément shadow ban, mais pas shadow ban par Twitter, mais par la profession. Et ça je le comprends dans une certaine mesure parce qu’en fait c'était très important de soutenir ces communautés là, ces minorités, etc. On n’est pas tous hétéro-cis, etc., mais que ça devienne une raison d'être complètement exclu, ça n’existe que sur Twitter. Donc Twitter est quand même à part, il y a vraiment une tyrannie par rapport à ça. Et j’avais envie de parler des raids ou des shitstorms qu’on peut se prendre sur Twitter. Moi, personnellement, c’est monté très haut jusqu'à un niveau politique impliquant des hommes politiques à l'étranger et en France, etc. Tu veux dire quoi ? J’ai pas envie de préciser. Non, c’est-à-dire que moi, j’ai été prise dans un tourment comme ça politique et une espèce de boycott. Et ça ne s’est passé que sur Twitter Et quel a été le rôle de ces hommes politiques ? De me boycotter, de dire voilà on ne travaille plus avec elle, on l’interdit d’entrer à certains endroits, à certains pays. Donc en fait ça c’est Twitter et ça fait tellement peur, enfin en tout cas vraiment je ne m’attendais pas à ça. Et il faut savoir, vous le savez sûrement, que Twitter a été désigné dans son algorithme pour favoriser la conflictualité des échanges. C’est quand même beau, pour l’entretenir et la permettre. Je trouve ça fou, et sous couvert de laisser la liberté d’expression, comme le dit Elon Musk, finalement, ça laisse des personnes insultées, discriminées, c’est hostile, et même les conditions d’utilisation sont en faveur de ça. Donc voilà, Twitter. Et ça ne fait pas du tout avancer le débat démocratique de se prendre ça dans la tête. Ça fait juste alimenter la machine infernale au détriment de notre santé mentale. Ça, moi, j’en veux plus. Et qu’est-ce que je me suis noté d’autre ? Oui, qu’on a une responsabilité, que partir, en fait, c’est un engagement politique, c' est amener les gens avec nous, enfin, si on est écouté, il faut faire ça. Et j’avais juste envie de finir avec une petite référence, je sais pas si vous l’avez, le techno-féodalisme de Yanis Varoufakis qui est l’ancien ministre de l'économie grecque. Qui théorise à quel point en étant usagé, et surtout je trouve beaucoup les influenceurs, les acteurs, tous ces gens qui venant alimenter la machine d’image, de vidéo gratuitement parce que finalement, qu’est-ce qu’on fait ? On est des petits ouvriers comme ça qui alimentons cette machine infernale et on est nous-mêmes une sorte de produit. Bon ça, on le sait, mais en tant qu’acteur, on est un peu des produits. Mais à ce point-là, on travaille pour Musk, on travaille pour Trump. Et donc c’est un petit peu comme, pourquoi techno-féodalisme ? C’est ce qu’on a l’impression d’alimenter les seigneurs, qui sont Musk et voilà, et qu' on paye notre dîme avec notre travail et on est la valeur, enfin, on se fait exploiter en fait, il faut le dire, voilà. Donc, et tout ça en plus pour le dernier argument qui, moi, m’a vraiment perturbé ces dernières années. C’est qu’en fait, si on n’est pas dans la ligne idéologique, enfin, on va vers ça, si l’on n’a pas dans la ligne idéologique de Musc et de Trump, et de ceux qui sont derrière, ou devant, je ne sais pas, en tout cas, je veux dire, on dépend de leur ligne idéologique et ça devient du dictator ship numérique. Et donc, moi, il y a plein de postes qui n’allaient pas dans une certaine direction, qui n’ont pas été vus pendant des mois, jusqu'à ce que je m’en rende compte, parce que j’avais mis, comme l’a dit tout à l’heure… Bonne nuit. Violette, qu’est-ce que j’ai dit ? Violette. Victoire. Victoire ! Oui, mais voilà, j’avais dit que je paniquais un peu, donc c’est normal. Voilà, je me faisais plus liker, et en fait j'étais shadow banned, mais officiellement. C’est-à -dire qu'à un moment, j’ai cherché, j’ai contacté des gens, etc. Sur Twitter, et en fait j'étais shadow ba comme plein de gens. Mais on a pu vivre sans Twitter, et on pourra vivre sans lui. C'était bien mieux. Et j’ai envie de dire que oui, Mastodon, merci, Blue Sky, etc., et qu' il faut qu’on crée… Des réseaux où on puisse s’exprimer dans le respect d’une société dont on a envie. Et si on se pose un peu la question, est-ce que je reste peut-être Twitter, c’est pas si grave. Moi je pense que c'était effectivement pas l’idée de quitter Twitter qui est important, mais c’est ce qu’on va construire derrière, donc y a plus qu'à. Merci.
02:07:14David Dufresne
Merci beaucoup, merci beaucoup, le tchat te propose, on se lève et on se casse, ça vaut pour tout ça ? Ça va bien !
02:07:25Magali Payen
Et avec le bras.
02:07:26David Dufresne
Merci.
02:07:27Magali Payen
Alors David, on fait quoi ?
02:07:31David Dufresne
Là, Ça va tourner à la déroute. Les invités veulent quitter la soirée. Ils disent, non, mais… Si t’as pas besoin de moi, je peux y aller. Donc là, il faut qu’on accélère. Merci à tous ceux qui sont là dans le tchat. Il faut qu’on récupère la petite demi-heure. Nous sommes en retard. Je vais te lancer faire l’appel à mobilisation, mais je voudrais d’abord dire, qu’est-ce que tu fais ? Qu’est ce que tu fais ? Tu montres tout !
02:07:59Magali Payen
On fait d’abord l’appel à mobilisation.
02:08:00David Dufresne
Je voudrais d’abord dire qu’il va y avoir Arié Alimi dans l’heure qui suit, Zineb Ajaraam de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, Isabelle Jourdan de l’Assistance Publique hopitaux de Paris, nous aurons aussi un garçon de l' HESS, voilà le directeur de la communication, il est là-bas, Anthony Miège, Carine Fouteau, présidente de Mediapart et Cécile Duflot et Pablo Aiquel de SNJ CGT et enfin Gabriel, ainsi qu’une vidéo qui vient de nous parvenir à l’instant même, c’est du délire cette affaire de Salomé Saqué.
02:08:35Magali Payen
On fait quoi ? On reste. Qu’est-ce qu’on fait ? Voilà.
02:08:41David Dufresne
Merci !
02:08:42Magali Payen
Et de la mob, il l’a pas dit, mais de la mob. On va beaucoup rigoler. Alors vas-y, à toi. Alors ouais, alors une petite action de mobilisation tout de suite, ça prend une minute. Vous pouvez sortir vos téléphones de votre poche.
02:08:52David Dufresne
Un minute !
02:08:53Magali Payen
Vous pouvez même vous lever comme ça, ça vous dégourdit un petit peu, donc vous pouvez vous lever de vos chaises si vous avez envie. Hop ! Même si vous n’avez pas envie.
02:08:58David Dufresne
Il y a la Commission européenne qui vous regarde, la Commission européenne vous regarde. Faites pression, levez le point, lever le téléphone, allez-y !
02:09:07Magali Payen
Voilà et vous pouvez faire l’action qui est ici. L’action c’est une action pour vous proposer de changer votre photo de profil sur X ou sur les autres réseaux sociaux pour lancer un mouvement de photos de profils avec un jeu kit X. Et donc ça prend absolument 30 secondes. Je suis contente que ça vous ait réveillé, que vous ayez pu vous dégourdir. N’hésitez pas d’ailleurs pendant la suite du live si vous avez envie de continuer à vous lever et de vous dégourdir et sachez que sur le compte Instagram d’Hello Kitty, nous avons répertorié en story pour vous ce soir tous les call to action de la soirée, tous les appels à mobilisation de la soirée. Donc si vous en avez raté, vous pouvez les retrouver en story sur l’Instagram de hello Kitty et sur le kit de mobilisation que vous trouverez sur le site demain. Voilà, j’ai fini.
02:09:56David Dufresne
Oh, génial, tu as le professionnalisme, bravo. Tu as fait l’Académie des Futurs, je sais pas quoi, leaders ? Non, non, non mais je ne suis pas futur leader, je suis ancien leader. Alors, Arié Alimi, c’est donc le vice-président. Eh oui, cet avocat monte. C’est le vice -président de la Ligue des Droits de l’Homme. Il était derrière un collectif Stop Bolloré, il était derrière une autre collectif dont certains ici dans cette salle faisaient également partie. De la loi contre la sécurité globale, et il va nous expliquer pourquoi la LDC, la Ligue des droits de l’homme, a décidé de quitter X. Ça dure une heure. Non, parce que d’habitude, ils parlent longtemps. Ça dure une minute trente, voilà. Et bon, vous verrez, il est loin, parce qu’il plaît d’une affaire à l’autre bout du monde. Donc, on en voit la vidéo. Voilà.
02:10:58Arié Alimi
Bonjour, je m’appelle Arié Alimi, je suis avocat au barreau de Paris et je suis également vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme. La Ligue de Droits De L’Homme s’est engagée dès le début dans la création du collectif hello quitte X parce qu’elle a pris conscience alors même qu’elles disposaient d’un compte important sur X-Twitter que depuis que Elon Musk avait décidé d’en faire un outil de propagande d’extrême droite, cette plateforme ne permettait plus le pluralisme et invisible. Les voies progressistes, les voix de défense des libertés et des droits humains. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de participer à ce collectif et à tous les plaidoyers visant à créer un départ massif. Éventuellement, si possible, le 20 janvier prochain date hautement symbolique celle de l’investiture de Donald Trump alors que Elon Musk participe à ce gouvernement d’extrême droite américain. Et nous espérons qu’il y ait un basculement massif vers d’autres plateformes, que ce soit Blue Sky et Mastodon. Ça n’implique pas forcément de supprimer son compte sur Twitter, parce que c’est compliqué, parce qu' il faut continuer à regarder ce qui s’y passe, parce qu il y a évidemment un certain nombre d’inquiétudes, notamment sur la question de savoir si l’on abandonne la plateforme, cette rue numérique à l’extrême droite. Nous pensons que la solidarité est un départ massif permettra de créer une nouvelle rue numérique et nous y appelons de nouveaux. Merci à vous et à très vite pour le 20 janvier.
02:12:38David Dufresne
Voilà, à la vache, on était raccord, c’est absolument incroyable, absolument incroyable. Zineb ? C’est vous, vous êtes là Zineb Ajaraam, alors moi j’ai découvert votre fédération, je vous le dis franchement, ça arrive, mais je l’adore,je cherche un micro également pour vous, il est sur la table, vous voyez, il aime pas partager ses micros, c’est un problème, je vais vous en prie. Vous êtes représentante de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, créée en 1934, au sein du mouvement sportif ouvrier et dans la lutte contre le fascisme.
02:13:13Zineb Ajaraam
Du coup, on est une belle fédération de gauche et X nous déteste, donc on a décidé de partir finalement. J’avais remarqué qu’on est une fédération antifasciste qui fête ses 90 ans en mille pour un sport populaire inclusif dans une approche non discriminatoire. Et j’en passe. Pardon, là c’est bon ? Ouais. Comme ça ? Ouais.
02:13:33David Dufresne
Le Meurice, il dit que c’est ça, c'était comme ça.
02:13:37Zineb Ajaraam
Et du coup, à partir du moment où on a commencé à faire des appels à manifestation, notamment contre la réforme des retraites, marcher contre l’extrême droite, on a fait la Pride aussi l’année dernière, que des contenus qui ne sont pas du tout intéressants pour l’algorithme. On a pris la décision il y a quelques mois, bien avant la création du collectif de Kit et X, nous avons publié un communiqué de presse, notamment à cause des contenus pornographiques, on n’en parle pas assez, nous avons une politique aussi de VSS, de violence et harcèlement sexiste et sexuel. Il est très important de rester à corps avec nos valeurs. Les personnes queers, notamment la communauté LBTQIA+, souffrent énormément des algorithmes de Musk, notamment qui est un grand transphobe et qui a même enterré son enfant au lieu d’admettre que, voilà, il lui a signé un genre à la naissance. Mais ça, c’est un autre débat. On est passé du coup à une petite communauté, mais on traitait pas mal avec les médias, les partenaires, les institutionnels. Et on s’est dit qu’il y a une ligne rouge à ne pas dépasser. On sait très bien ce qu’on fait sur les réseaux sociaux. On suit la communauté. Mais quelle est la limite finalement ? On est en train d’essayer d’avoir des débats avec des algorithmes qui ne nous favorisent pas du tout. Pour les personnes qui disent effectivement à quel moment on va sortir d’un média parce qu’on n’aura plus la main sur le débat, on n’en a déjà pas la main. On est en train de plaidoyer comme des algorithmes de mauvaise foi. On a des angles morts de débats, ce qu’on appelle des angles morts, de crypto-fasciste si je me permets, c’est un terme que je viens d’apprendre, que j’aime beaucoup. Et finalement on s’est dit il est temps de sortir, on a rejoint le collectif parce qu’un mouvement… Une mobilisation générale a plus de poids finalement et on doit donner exemple pour moi. On est dans une dynamique associative et civile où on doit donner l’exemple. Si on tolère certains contenus, quel est le mythe par la suite ? On voit bien que Zuckerberg il y a trois jours a annoncé qu’il allait avoir la même politique, très clairement, on est des produits comme disait la collègue tout à l’heure, on est les produits mais à quel moment on est le reflet de notre communauté et à quel moments on expose notre communauté à des dangers, à du harcèlement et j’en passe. J’ai découvert un chiffre très intéressant aujourd’hui en essayant peut-être… Il est devant. Il est devant, merci. La LGBT Nation, c’est un média international qui milite pour l’inclusion pour les personnes queer, a publié du coup un rapport suivant le rapport de transparence, entre guillemets, de X. En 2024, le nombre de comptes suspendus était de 2000 après que Musk ait racheté. Il était de 11 millions en 2021, donc… À quel moment on tolère aussi de côtoyer certaines, et c’est des faux comptes, donc on a décidé en fait de geler comme vous dîtes si bien. Pas vraiment geler mais juste désactiver, on a rendu le compte privé de sorte à ce qu’on ait des demandes pour nous suivre qu’en refusent dans tous les cas. On a annoncé notre migration sur Blue Sky en attendant et ça nous permet aussi d’avoir de nouveaux réflexes. Quelle est la limite d’investiture d’un réseau social, à quel point on reste, à quels moments on sort. Quitte à reprendre une communication beaucoup plus traditionnelle, c'était assez radicale d’une certaine façon. Mais je pense qu’il faut porter ses valeurs dans sa communication. On ne va pas sur CNews parce que le débat est biaisé dans tous les cas. Le débat est tout autant polarisé sur Twitter. On a l’extrême droite qui est la norme, c’est à dire l’homme blanc. Si c'était ça on allait et tous les autres. Musk a réussi le challenge de faire passer Kamala Harris pour une woke. Tout ça parce que voilà, elle n’est pas blanche et c' est une femme. Donc voilà, moi, c' est notre. J’espère que j’ai été rapide.
02:16:54David Dufresne
Vous avez été tellement rapide que j’ai plein de questions, on a du temps. Je ne connaissais pas la Fédération, mais c’est mon ignorance parce qu’en fait vous avez plusieurs centaines de milliers d’adhérents.
02:17:05Zineb Ajaraam
On a 250 000 adhérents.
02:17:07David Dufresne
J’avais dit plusieurs centaines, mais 250 000 bravo, vous êtes dans presque tous les départements.
02:17:13Zineb Ajaraam
88 comités métropolitains et outre-mer.
02:17:16David Dufresne
Est-ce qu’il y en a qui ont toussé quand vous avez dit « c’est fini Twitter » ?
02:17:19Zineb Ajaraam
Non pas spécialement, on a des comités décentralisés qui ont leur propre réalité de communication. Nous avons des valeurs communes, on à des éléments de langage commun, des initiatives communes. Effectivement on a un projet fédéral commun mais la plupart ne sont pas forcément sur X. On a plus su des clubs qui quittent X et qui nous ont demandé à quel moment vous quittez X. J’avais déjà lancé l’idée il y a un an quand j’ai vu que Musk, voilà, on n’avait plus forcément de riche de portée, on n’avait plus d’engagement, ça ne servait à rien et en parler de charge mentale. Moi j’ai repris les mains sur les réseaux sociaux, je suis responsable du poil communication et je voyais bien tout le contenu pornographique au point où quand j'étais dans les transports je baissais la luminosité, c'était insupportable. Je pensais qu’on allait prendre pour une grosse perverse en fait, mais ça m’inquiétait surtout comment on donnait une image de la femme sans parler du fait qu'à un moment on a hésité parce que X, Twitter en tout cas, avait cette particularité de pouvoir créer un compte anonyme. Et pour les personnes queer, notamment les personnes transgenres qui veulent militer, souhaitent garder leur anonyme. Donc c'était aussi une question de les orienter un peu plus vers un réseau où on pouvait discuter de façon beaucoup plus sécurisée on va dire.
02:18:27David Dufresne
Zineb, il y a des gens qui nous demandent quel est le compte de Blue Sky de la Fédération Sportive Gymnique du Travail et vous, c’est quoi les acronymes ?
02:18:38Zineb Ajaraam
Oui, on a beaucoup d’acronymes à la fin.
02:18:39David Dufresne
Voilà, alors donc c’est…
02:18:41Zineb Ajaraam
C’est la CGT officielle, mais vous pouvez taper Fédération Sportive Et Gymnique du Travail et vous allez nous trouver.
02:18:47David Dufresne
Est-ce que quelqu’un dans cette salle a une question pour Zineb, qui est considérée comme top, c'était là où vous ne la voyez plus, mais elle est top, et c’est écrit là, une question. Vous êtes top.
02:18:59Zineb Ajaraam
Très bien. Merci à vous. Le jeu est payé.
02:19:01David Dufresne
Merci beaucoup, bravo, merci d’avoir attendu. Nous allons maintenant accueillir Isabelle Jourdan, c’est ça, l’assistance publique hôpitaux de paris alors vous vous c’est quand même assez dingue parce que Vous êtes quand même une institution, on est d’accord, ça doit être lourd à gérer cette affaire. Et tac, vous décidez de partir, et tac vous y arrivez. Alors expliquez aux autres institutions comment faire.
02:19:37Zineb Ajaraam
Alors, la décision a été prise un dimanche. Pas mal. je crois que c’est assez simple. Les motivations sont les mêmes que toutes celles qui ont été exprimées jusqu'à maintenant. Sauf qu’on est une institution publique, effectivement, avec 38 hôpitaux en Île-de-France. Et voilà, ça n’a pas, ça a de l’impact dans notre environnement. En fait, vous voulez que je m’avance ?
02:20:05David Dufresne
Avancez un petit peu, oui, oui. Le ministre de la Santé qui est entraîné, on vous voit bien.
02:20:11Zineb Ajaraam
Et on en a beaucoup en ce moment.
02:20:13David Dufresne
Merci ça !
02:20:15Zineb Ajaraam
Donc, effectivement, la décision a été prise et surtout, on s’est dit, si on la prend, c’est pour la mettre en œuvre tout de suite. C’est-à-dire, ce n’est pas pour se dire, on attend, on réfléchit, on pèse le pour le contre. En fait, on l’a prise pour les mêmes raisons que tout le monde. On publie beaucoup d’informations scientifiques, médicales et l’Effet Med. Sont vraiment extrêmement répandues sur Twitter, sur X. Et il y a beaucoup de debunkers de fake-made. Il y a des médecins et des scientifiques qui font le taf là-dessus. Mais pour nous, ça veut dire aussi que les conditions dans lesquelles on publie, on cautionne d’une certaine manière en tant qu’institution en étant sur X. Donc après, on peut très bien se passer dix, en fait. La vérité, c’est que ce n’est pas notre première source de publication, ce n’est pas la première source d’information pour les médias particulièrement. Ceux qui avaient vraiment de l’intérêt pour nous suivre, nous ont suivi sur Blue Sky. On publie sur notre site, on publie directement nos communiqués. Donc en fait, c’est un relais pour nous. On n’a pas été particulièrement attaqué, donc on n’avait pas non plus… On n’a pas subi particulièrement d’attaques de la part du réseau ou de twittos. Bon, oui, on a des commentaires désagréables, mais bon, ça, ce n’est pas très grave. Mais c’est surtout une posture et une décision institutionnelle de se dire, on sort et les 38 comptes des 38 hôpitaux sont sortis en même temps et ont rouvert sur Blue Sky. On a fait ça de manière assez coordonnée. On s’est aussi coordonnés. Un dimanche encore ? Non, un mardi. Quelques jours après, on a quand même le temps de s’organiser et d’ouvrir les comptes surtout. On n’a pas supprimé nos comptes, on les a suspendus, ils sont gelés, on a récupéré toutes nos archives et on a rouvert donc sur Blue Sky les CHU donc les centres hospitalo-universitaires, il y en a 32 en France qui sont les gros hôpitaux en fait régionaux. Certains nous ont suivis immédiatement. Très vite, dans les jours qui ont suivi. D’autres ont pesé le pour, le contre, n’ont pas complètement décidé. C’est pas non plus un mouvement coordonné, organisé au niveau de tous les CHU de France. On aura simplement informé qu’on le faisait et on a dit à chacun prenez votre décision, mais nous on n’attendra pas de savoir si les 32 CHU sont partants pour partir.
02:22:59David Dufresne
Est-ce qu’il y a eu une discussion avec le ministère de tutelle ? Est- ce qu' il y a des discussions sur ces cas-ci ou pas ?
02:23:07Zineb Ajaraam
En fait, la décision a été prise. Notre directeur a certainement fait le message qu’il fallait pour informer la tutelle qui est le ministère de la Santé pour dire, ben voilà, on a pris cette décision. Après, ce n’est pas non plus parmi la somme des décisions qu’on prend dans un hôpital comme comme l’assistance publique, parce qu’en fait, on à 38 hôpitaux, mais on est qu’un seul CHU. Je pense que c'était. Je ne dirais pas anecdotique, parce que dans l’univers de ceux qui s’intéressent effectivement à la santé, à l’information médicale, à l' information scientifique, ce n’est pas neutre. En revanche, on a demandé l’autorisation à personne.
02:23:45David Dufresne
Et ultime question, je vérifie quand même, effectivement, c'était le 3 décembre, c'était un mardi, c’est le jour où vous avez l’APHP se retire du réseau social X et rejoint le bouclier. Donc, vous pouvez rester parce que c’est solide ce que vous racontez. Est-ce que les journalistes qui avaient l’habitude de s’abreuver à votre compte, parce que, c’est une commodité, c’est une facilité, plus simple que d’appeler pour savoir ce qui se passe. On fera la critique des médias dans d’autres émissions. Est-ce que vous avez perdu ce lien-là en n'étant plus sur Twitter ?
02:24:20Zineb Ajaraam
Non, je dirais que non, alors on a perdu, évidemment, on avait 82 000 abonnés, ce qui n’est pas énorme en fait, enfin sur le compte principal, je ne fais pas la somme de tous nos comptes, on n’en a plus que 1000 et quelques, donc évidemment la chute est brutale, mais ce n'était pas comme ça que les journalistes travaillaient avec nous. En fait, quand on a vraiment une information importante, on a un communiqué de presse, qu’elle soit scientifique, médicale ou institutionnel. On est très très très sollicité par téléphone évidemment, en direct, aucun ne s’est plaint et un certain nombre sont passés sur Blue Sky pour continuer à nous suivre.
02:24:58David Dufresne
Pas mal. Merci beaucoup. Merci d’avoir attendu, merci beaucoup. Alors, le VJ, il est là le VJ, non il est parti. Benjamin ? Voilà. C’est également mon hébergeur. Bon bref. Alors, Benjamin, si tu veux bien, on pourrait mettre Salomé Saqué, la petite vidéo. Et ensuite, je ne sais plus…
02:25:25Magali Payen
Appelle à la mob !
02:25:27David Dufresne
Ah oui ! Appel à la mob, mais alors d’abord, peut-être Salomé, parce que sinon ça fait deux…
02:25:43Salomé Saqué
Bonjour, ou plutôt bonsoir. On m’a demandé de faire une vidéo sur ma vie après Twitter, puisque j’ai quitté X en novembre, après l'élection de Donald Trump. Ça faisait déjà un petit moment que j’y pensais, puisqu’il y avait quand même beaucoup beaucoup de haine qui se cristallisait autour de ma personne sur ce réseau, et je peux témoigner du fait qu’on vit très bien sans Twitter. Alors oui, j’ai perdu un peu en visibilité, c’est certain, c'était sûr, mais j' ai gagné en santé mentale. Puisque déjà je me fais quand même moins agressif, même si ça continue tout de même, et surtout je passe moins de temps sur cette application qui est quand même assez anxiogène puisqu’elle est quand-même remplie de conflictualités violentes et surtout de personnalités d’extrême droite en fait. Donc je suis moins au contact de propos d’externe, ça ne fait pas que je vis dans une bulle et que je suis complètement déconnectée de tout ce qui se passe dans la société française, de ne pas voir ça tous les jours. Je pense que ça va participer à améliorer ma santé mentale, donc moi je recommande quand même globalement cette expérience et surtout je suis assez satisfaite sur le plan personnel de me dire que je ne participe plus à faire fonctionner un réseau qui est aujourd’hui façonné par et pour l’extrême droite et que j’essaie de participer et créer autre chose ailleurs même si c’est très très loin d'être parfait, on témoigne tout de même la la récente décision de Mark Zuckerberg de ce qui est un peu à certaines exigences de l’extrême-droite aux Etats-Unis. Donc on verra ce que ça donne, mais en tout cas, je continue malgré tout à recommander cette décision, si vous avez envie de la prendre, de partir de ce réseau social.
02:27:29David Dufresne
Merci beaucoup Salomé Saqué qui a fait cette vidéo juste après une longue conférence de rédaction à Blast puisqu’il y a des journalistes à Blast, j’avais oublié de le préciser.
02:27:38Magali Payen
Alors, on va enchaîner avec une mobilisation tout de suite, chers amis, je vais vous proposer qu’on interpelle en masse des députés. Des députés qu' on a sélectionnés parce qu’ils ont pris la parole au sujet de X en disant que X, c'était pas bien mais ils sont toujours dessus et ils postent toujours beaucoup dessus. Donc on a choisi ces contes-ci, François Hollande, Thierry Breton, Bayrou, Nathalie Loiseau, Manon Aubry, Marie Toussaint, Damien Carême, Aurore Laluc, Olivier Faure. Et donc, vous pouvez copier-coller le message qui est dans le tchat. Mais pour ceux qui sont dans la salle, je vous suggère d’aller sur le tchat, voilà. Ou bien d’utiliser ce QR code magnifique. Et donc d’aller sur X, si vous avez X, pour leur écrire un message que vous copiez-collez. Sinon Insta, c’est pas grave. Insta sur lequel vous êtes..Vous pouvez copier-coller ce message et l’envoyer, idéalement sur X, sinon sur d’autres réseaux sociaux pour qu’ils embarquent avec nous. On peut avoir des très bonnes surprises, ça va très très vite toute cette affaire. Voilà, alors ce sera aussi sur notre story Instagram et je vais redonner la parole à notre Dave Duf préféré.
02:28:54David Dufresne
Oui mais pas préféré longtemps, car figure-toi que dans l'équipe il y a des gens qui n’ont pas tellement aimé cette mobilisation.
02:29:01Magali Payen
Quoi donc ?.
02:29:03David Dufresne
Oui, transparence, en disant, est-ce qu’on n’est pas en train de faire du harcèlement ? Réponse ?
02:29:09Magali Payen
Bah réponse, c’est de la discussion et quand je veux dire… On ne dit pas des choses méchantes, on fait de la proposition, de l’interpellation, mais ce n’est pas des insultes, ce n’est pas de menaces. Et c'était très bien tourné, tu remarqueras, il y a des formules de politesse.
02:29:27David Dufresne
Oui, enfin, il peut y avoir des interpellations qui se passent bien, ça ne veut pas dire que… Oui, on peut être, vous voyez… C’est un peu de pression populaire, mais bon… C'était juste pour te dire, voilà, il y a eu un petit débat…
02:29:40Magali Payen
C’est bien, les débats, c’est la démocratie. Eh ben voilà. Profitons-en !
02:29:43David Dufresne
Alors maintenant, merci beaucoup Magali, à tout de suite démocratie, sciences sociales. c’est quoi ? École des hautes études, c’est ça ? En sciences sociales. Oh, attends, un micro d’abord. Je le tutoie, je ne sais pas pourquoi. Il n’y a pas de problème. Tu es donc directeur de communication de l’EU, ah tu veux t’asseoir ? Non pas du tout, pardon. Aucun invité l’a fait ? Non, non, non. Attention, je sais bien que le champ social, ouais, on réfléchit, On se pose pour réfléchir, c’est ça. Allons-y. Vous allez quitter X en fait ? Vous n’avez pas encore quitté ?
02:30:25Anthony Miège
On l’a annoncé aujourd’hui, merci pour l’invitation et bonsoir à tous et bravo pour le mouvement, l'émission. On l’a annoncée justement aujourd’hui avec David Chavalarias qui est membre d’un centre dont le HESS, l'école des hautes études en sciences sociales et tutelles, justement. Et on l' a annoncé donc ce jour qu’on quitterait X à partir du 20 janvier par rapport aux mêmes raisons qui ont été évoquées et il y a même plein plein de raisons qu’il pourrait encore nourrir, une réflexion qui a été… Peut-être un peu plus longues au sein de notre institution, je pourrais y revenir, et surtout Ah oui oui oui, ça veut dire quoi ? Pourquoi un peu trop long ? Je peux vous raconter un petit peu les coulisses ? Ah oui, oui.
02:31:02David Dufresne
Ah oui oui, on passe au renvoi. Ah comme toi il avait raison.
02:31:05Anthony Miège
En tout cas, on va sortir aussi, mais j’aime bien l’expression de David, tout à l’heure, l’autre David, qui était de ne pas sortir tout nu. Et le symbole du 20 janvier, on l’avait déjà en ligne de mire, mais le fait d’avoir vu paraître Hello Kitty X, le mouvement qu’on soutient, en tout cas volontiers, nous a permis aussi de nous dire que là, ça a quelque part servi à quelque chose. On a salué les premières institutions d’enseignement supérieur qui sont sorties. Je pense à Rennes, qui est sortie dès septembre 2023, on avait trouvé ça remarquable. Rennes 2, je présume ? J’ai pas le détail, mais l’Université de Rennes en tout cas. Et en l’occurrence, il y avait une vraie démarche de leur part, une vraie prise de risque aussi à ce moment-là. Et nous, vis-à-vis de la communauté de chercheurs, je pense que tu es allé me demander pourquoi on a eu ce temps de réflexion. Parce qu’on est aussi en soins sociaux et qu' on prend le temps de réfléchir évidemment et de faire facile. Mais la réflexivité, c’est aussi ça. C’est de voir aussi comment les choses vont se mettre en place. Bien sûr, il y a eu les mêmes sentiments de se dire que ce n’est pas Meuse qui allait y faire beaucoup de bien.
02:32:10David Dufresne
Quels étaient les arguments qui étaient les plus forts pour vous empêcher de prendre la décision ?
02:32:16Anthony Miège
La communauté était assez divisée, la communauté des chercheurs et chercheuses déjà, au sein de la gouvernance aussi, nous au sein même du pôle de communication, rester pour peut-être mieux les contrer, on a le droit de rêver, on à le droit d'être naïf aussi un peu et d’y croire, parce qu’on a encore beaucoup d’espoir, on est là pour ça aussi, mais partir sinon parce que de toute façon c’est foutu, c'était peine perdue. Allons tous ensemble ailleurs. Peut-être que l’argument le plus concret, solide à ce moment-là était aussi se dire. Mastodon, Blue Sky, tous les autres, quoi, personne, rien, en fait, on fait quoi, on bouge pas. On a quand même eu cette sensation, et dans les débats qu’il y a pu avoir au sein de la communauté, l’idée de se dire, pour les chaînes d’influence en continu, à une époque un peu plus lointaine désormais, on a pu parfois, les communautés scientifiques ont pu parfois les bouder, les quitter, et on n’avait pas tout à fait envie de faire tout de suite la même erreur. Après, cette année de réflexion, on a vu aussi une partie de la communauté de chercheurs très mobilisée. Sur Twitter très présents, les jeunes aussi beaucoup, est-ce qu’on quitte les jeunes communautés qui contribuent comme notre compte, j’espère, de l' HESS à promouvoir les sciences sociales et là je parle que de l' HESS mais il y a tous les centres de recherche, j’ai mentionné le cas mais il en a plein, on en a quarante à l' HESS qui eux aussi ont eu cette réflexion, des débats au sein des bureaux scientifiques à se dire est- ce que voilà, est ce qu' on y reste pour mieux les contrer ? Est-ce qu’on s’en va pour peut-être aller promouvoir la bonne parole, en tout cas la réflexion, la controverse, on ne parle pas de polémique, nous on parle évidemment de la controverse scientifique et je crois que ça a été très bien dit tout à l’heure, quand on a compris aussi que l’algorithme et la plateforme étaient désormais tournés en direction de la conflictualité, nous on ne veut pas de ça, nous, on veut du débat, on veut pouvoir le promouvoir et il y a plein de désaccords au sein même de l' HESS entre les communautés et c’est très bien. Par contre, il n’y avait plus de possibilités de parler. Il y a aussi de la santé mentale, oui, on fait de la com, oui c’est nos métiers, mais il y a des équipes derrière, je pense à tous ceux qui ont parlé avant, qui subissent et qui doivent modérer tout ça. Et bien sûr, il y aussi, quant au gré des partenariats qu’on a pu construire, on a vu les flots arriver, les flots de haine, et on s’est dit que là ça n’avait plus aucune utilité de service public. Je pense à HP HP qui a fait cette superbe démarche coordonnée. Je les salue, parce que c'était important et ce n’est pas forcément si évident que ça pour des institutions. D’enseignement supérieur. Et pour conclure, dans les institutions publiques, nous, l’enseignement supérieur, il y a aussi cet enjeu de se dire, est-ce que si on n’y reste, on ne devrait pas changer aussi de ligne éditoriale, après tout, puisque les algorithmes et les règles du jeu sont bien calibrés. Est-ce qu’on peut aller aboyer un petit peu, Scoop, on est une institution d’enseignement public, un grand établissement, certes avec sa réputation, ses différents marquages. Néanmoins, aller changer la ligne d'édito et se mettre à aboyer, c'était peut-être pas tout à fait ce que nous on peut faire. On a pu vouloir encourager aussi les chercheuses et les chercheurs à un moment donné avant l’arrivée de Musk sur cette plateforme-là. Et très vite aussi on a reculé pour les préserver eux, puisque la violence dépasse aussi la plateforme et eux aussi parfois ont pu se sentir harcelés, attaqués. Et voilà, il a fallu qu’on prenne des décisions pour les protéger, les accompagner dans ces démarches-là… Donc là, on quitte le vin pour aller sur Blue Sky, après des réflexions, après avoir regardé ce qui a été dit aussi sur la plateforme Blue Sky qui semble intéressante. On va voir aussi, pour en dire comme c’est compliqué de se dire qu’on va aller sur cette plateforme là, on quitte, je termine là-dessus, le premier réseau social qu’on avait investi et au gré de abonnés par abonnés, on était quand même arrivés à nos 50 000 abonnés. C'était l’une de nos plus grosses plateformes. On perd un cinquième de nos publics. C’est compliqué à assumer et à accepter pour aller sur une plateforme en plus où les statistiques, les leviers pour voir si ça fonctionne, si ça plaît, ne sont pas encore tout à fait au point mais voilà, on se laisse notre chance, on laisse la chance aux plateformes aussi.
02:36:10David Dufresne
Merci beaucoup Anthony, des questions, des remarques, des applaudissements !
02:36:18Anthony Miège
Avec plaisir. Merci.
02:36:18David Dufresne
Merci beaucoup, merci beaucoup. Nous allons regarder, si il veut bien revenir, nous allons regarder une vidéo de deux minutes trente-huit. Ah non monsieur, vous ne devriez pas partir. Non. Non monsieur, vous ne devriez pas aller aux toilettes. 2 minutes 38 sur les milliardaires, entre autres choses, c’est Cécile Duflot qui parle ès-qualité de secrétaire général, je crois, en tout cas on l’a mis dans le synthèse, excusez-moi, j’ai un petit trou de Oxfam France et 2 minutes 38, elle explique la position d’Oxfam par rapport à Twitter. Wait, excusez-moi.
02:37:11Cécile Duflot
Je suis Cécile Duflot et je suis la directrice générale d’Oxfam France. Je ne peux pas être avec vous ce soir et je le regrette parce que je suis à Lille. Mais je voulais quand même vous passer ce message au nom d’Oxfam France, qui est, comme vous le savez, une organisation très engagée dans la lutte contre les inégalités et de longue date, nous savons à quel point l’aggravation des inégalités et notamment la concentration des richesses aux mains des milliardaires fragilise la cohésion sociale et aggrave les inégalités. Ce que nous savons maintenant, c’est que c’est aussi de plus en plus un danger pour la démocratie, tout simplement par l’usage qu’ils font des médias qu’ils achètent. Et évidemment, ce qui se passe avec X et avec Elon Musk, et j’allais dire l’apogée de ce qu’on pouvait imaginer, c'était la mise au pas et la mise aux services d’un projet dévastateur à nos yeux, qu’est celui d’Elon Musk, d’une outil qui était un outil de partage et de mise en réseau. Donc nous faisons partie de l’initiative Hello Quitte X et j’en profite pour remercier ces initiateurs, ces animateurs et tous ceux qui la font vivre chaque jour parce que c’est très utile. Et nous ferons partie du mouvement le 20 janvier, nous investirons évidemment Mastodon et Blue Sky. Mais ce qui me paraît le plus important à dire, c' est à quel point on a besoin de ces initiatives communes parce que chaque organisation peut avoir des réflexions individuelles sur sa présence. Dans telle ou telle média, est-ce qu’il faut y aller ou pas, sur tel ou tel réseau social, et ce qui se passe autour de META va encore accélérer cette réflexion. Et donc c’est beaucoup plus simple, beaucoup plus utile et surtout beaucoup plus efficace de le faire en commun, de partager ces réflexions, d'être dans un collectif qui permet de croiser les approches, de se soutenir mutuellement, de s’interroger aussi. Et donc voilà pourquoi il nous semble très bien que cette démarche-là ne se fasse pas de façon. Isolés par une réflexion de chacune et chacun d’entre nous ou d’organisations, mais bien dans un cadre collectif. Donc merci à tous ceux qui s’engagent dans l’initiative Hello quitte x et j’invite toutes les organisations à le faire le plus largement possible. Et puis rendez-vous le 20 janvier, surtout pour la suite, parce que même si nous vivons douloureusement la fin d’un réseau social qui avait quand même apporté plein de choses très diverses, et en tout cas pour des organisations comme la nôtre, une puissance, une force de frappe, une capacité à parler directement à la population qui était précieuse, on va devoir se réinventer et puis aussi réinventer les manières de faire entrer en réseau les uns et les autres et c’est un défi qui est un déficit démocratique et un défi passionnant.
02:39:49Chavalarias David
Alors, vous l’attendiez ou pas, c’est le dernier appel à mobilisation de la soirée, messieurs-dames. Et donc, je vais vous inviter une nouvelle fois, une dernière fois, à aller sur ce QR code. Et alors, l’idée, ça va être de préparer votre déménagement. C’est-à-dire d’uploader, de télécharger vos données depuis votre compte X pour ceux qui en ont un. Et ceux qui n’avaient pas X, ne vous inquiétez pas, on a un autre call to action pour vous. Donc pour ceux qui ont X, je vous laisse commencer, sortir votre téléphone, tout ça tout ça. Ceux qui n’ont pas X sortez votre téléphone aussi et continuez à tagger les députés de tout à l’heure. Ou bien de faire les autres Call to Action que vous trouverez en story, n’est-ce pas ?
02:40:39David Dufresne
En tout cas, il y a 6000 personnes sur X qui nous suivent.
02:40:42Chavalarias David
C’est pas vrai ! Alors bon, c’est génial ça !
02:40:46David Dufresne
T’as vu les vieux ils se bougent un peu ou quoi ?
02:40:48Chavalarias David
On va pouvoir faire un super beau déménagement ! Bon alors c’est très simple, franchement ça prend 2 minutes pour télécharger vos données de X. Tout est expliqué super bien sur le site internet mais je vous le dis quand même pour vous laisser le temps de le faire au passage donc je meubles un peu en attendant de déménager. Donc l’idée c'était d’aller sur votre compte, aller dans réglage, puis réglages et confidentialité, puis vous cliquez sur lapsus de 22h30, vous cliquez sur mon compte, puis téléchargez mon archive. C’est très important que vous fassiez maintenant, messieurs, dames, et que vous n’attendiez pas le 20 janvier, parce que ça va prendre à peu près 24 à 48 heures pour que X vous envoie vos données par e-mail, ou pas. Il y a certaines personnes qui ne les reçoivent même pas et qui doivent recommencer. Oui, il y en a qui se marrent au 1er rang. Voilà, écoutez, je suis vraiment ravie que plein de gens dans la salle, mais surtout sur le live, aient commencé leur déménagement, n’est-ce pas ? Et je voudrais quand même faire une autre réponse à ce que David me disait tout à l’heure. Est-ce du harcèlement de taguer des députés, sur X et sur les autres réseaux sociaux ? Eh bien, je rappelle quand même que ces députées ont été élues grâce à vous, grâce à nous. Et que donc en tant qu'élus de la population, ils nous doivent des comptes et que en ce moment nous sommes dans une crise de la démocratie représentative et que nous avions besoin de recréer de la conversation en dehors des moments d'élections, en dehors de ces périodes de vote et que les interpellés sur les réseaux sociaux, ça leur rappelle qu’effectivement ils travaillent pour nous. Voilà, donc n’hésitez pas à le faire encore une fois avec les formules de politesse. Je vous remercie.
02:42:35Chavalarias David
Et j’ajoute juste une chose par rapport à, justement, les questions des données de votre archive X. On a des questions fréquentes sur le site qui sont en cinq langues. Et notamment, il y en a une qui vous explique qu’est-ce qu’il y a dans cette archive X. C’est à dire que nous, on vous prend juste un tout petit fichier avec la liste des identifiants, followers etc. Mais il y a énormément d’autres choses et je vous conseille d’aller lire cette chose-là. Comme ça, vous comprendrez ce que X, c’est sur vous et si vous avez envie de lui laisser toutes ces données. Voilà, et il y a plein d’autres questions fréquentes, évidemment, qui sont tout aussi intéressantes. Donc, question fréquente sur le site. Et si vous connaissez des Allemands, vous leur renvoyez en Allemand. Si vous connaissiez des Espagnols, vous les renvoyez en Espagnol, etc.
02:43:12David Dufresne
Alors j’ai vu passer dans le tchat, attend David tu peux peut-être rester une seconde, alors c’est une question très particulière, c’est quelqu’un qui serait chez Free, et qui a l’impression qu’il y a des frais pour aller chercher ses données. Qui auraient des frais pour aller chercher…
02:43:26Chavalarias David
Non, non, il n’y a pas de frais, Twitter ne vous fait pas de frais. Après, si vous avez une collection intérieure nette payante, quel que soit ce que vous faites, vous payez, mais c’est affiché comme un autre. C’est un fichier comme un autre, oui, tout à fait. Par contre, il peut être très gros.
02:43:44David Dufresne
Qui a téléchargé ici ces données ?. Combien de gigas ? Oui. Plusieurs dizaines de gigas. Des vidéos, ok. Ça, il aurait fallu répondre à la fin parce que j’avais 10 gigas, j'étais assez fier, mais si c’est plusieurs dizaines, là je suis battu.
02:44:16Audio
J’ai dû les mettre sur un cloud parce que c’est quasiment deux ans de travail, je suis journaliste, donc c'était quasiment 2 ans de travail de terrain, de vidéo, que j’ai du tout re-télécharger, tout remettre sur un cloud loin, mais j’avais même pas de place assez sur mon ordi pour tout télécharger d’un seul coup quoi. Mais par contre j'étais large de la matière pour faire un film sur tout ce que j’ai fait en 3 ans
02:44:35David Dufresne
Donc c’est l’occasion et Musk aussi.
02:44:37Audio
Et Musk aussi, mais j’espère que je le ferai avant lui.
02:44:43Audio
Et une chose que je vous conseille d’aller regarder, c’est un fichier qui s’appelle Direct Message et vous avez tous les messages directs qui ne sont pas cryptés et donc vous pouvez imaginer que tous les hommes politiques et les journalistes etc. Depuis 2006 ont échangé des messages direct qui sont maintenant dans les chants, dans les mains de Elon Musk.
02:45:00David Dufresne
Voilà, l’insurgé qui est dans le tchat, ah comment ? Ah bah oui c’est ça, c'était ça, je me disais bien, raconte ce que t’as tweeté. Euh, tweeté putain, ce que tu as laissé dans le tchat. Bah, t’as pris une décision non ?
02:45:18Audio
Ah oui, du coup pour mon média, l' insurgé.fr, abonnez-vous, j’ai pris une décision qui est, alors je réfléchissais, je venais aussi ce soir aussi pour ça. Est-ce que je quittais X ou pas ? J’ai eu beaucoup de réflexions, j’ai décidé du coup pendant l'émission de le faire, donc j’aimais des trucs sur mes réseaux à moi en disant je me casse. Le 20 janvier je mets mon compte en privé, et l’Insurgé avec un 2E à la fin, parce que je suis féministe aussi un petit peu, ça m’arrive. Et voilà, c’est un média indépendant. Bref, ça posait beaucoup de questions pour moi, mais Twitter c'était un des points sur lesquels vraiment j'étais concentrée en ce moment. C'était de me barrer de Twitter, de X, et du coup je l’ai fait. Après bon, il y a d’autres plateformes, il y a d’autres problèmes, mais au moins X déjà c’est fait, ça fait une emmerde en moins, et on peut se concentrer sur d' autre chose quoi. Et merci pour tout ça, parce que j’avais beaucoup de réflexion à propos de tout ça.
02:46:06Magali Payen
On peut l’applaudir très fort, allez !
02:46:09David Dufresne
Alors voilà, Pablo, peux-tu venir, peux- tu venir ici ? Est-ce que là, ça tourne un peu réunion d’alcoolique anonyme, c’est-à-dire, ça fait combien de jours que tu tiens ? Donc toi, ça n’a pas l’air, mais ce gars-là, c'était le roi des journalistes. C’est le syndicat national des journalistes. La CGT, donc vous n'êtes pas majoritaires. Non, deuxièmes. Et par contre, vous êtes les deux, vous êtes les premiers à avoir quitté X. C’est ça, tout à fait. Vas-y, tu as vu, j’ai fait ta pub. Lance-toi. Donc pourquoi, pourquoi on a quitté ? T’es journaliste, tu peux le faire toi, tu peux tout faire là.
02:46:47Pablo Aiquel
Disons que moi je suis secrétaire général depuis juste le mois de juin mais j'étais déjà secrétaire général à juin depuis 5-6 ans, il se trouve que j'étais le community manager et je gérais le compte Twitter du syndicat depuis plusieurs années et moi-même personnellement j’ai été sur Twitter depuis très longtemps, je dirais pas comme un hidalgo depuis 2006-2007, ça fait beaucoup mais je pense que… Au moins depuis 2009-2010 sur des comptes pro et peut-être 2011 comptes perso. Donc c’est vrai que ça faisait une dizaine d’années comme victoire, que c'était un espace où on allait tous les jours, on avait l’habitude, moi j’avais plus ou moins abandonné Facebook et j’ai jamais mis les pieds sur Instagram juste on a eu une habitude, on est là, et je trouvais que c'était très journaliste, très médiatique et politique. C’est vrai qu’on avait pris nos habitudes, on avait fait passer, après on n’a pas les mêmes chiffres que des influenceurs, mais on avait passé le compte de 1500 à 9000 par exemple, en quelques années. Et quitter, c’est pas si facile que ça. On faisait partie des mouvements dont tu as parlé avec Arié sur la loi Sécurité globale et Stop Bolloré et d’autres, et on se retrouvait à peu près à Noël, là en décembre, il y a un mois, à faire partie des initiateurs de ce mouvement, tu as parlé d’Escape X, je t’ai déjà dans la boucle sur Escape X, et ils ont préféré Hello Quitte X personnellement je préfère toujours le nom Escape x, je dois être un des derniers à avoir voté pour ça.
02:48:39David Dufresne
Ça va la CGT, c’est bon, on n’a pas le temps, il y a une révélation à faire.
02:48:43Pablo Aiquel
Mais voilà, on avait plein plein de questions et David, Benjamin et les autres ont très vite répondu à toutes nos interrogations. Moi je trouvais ça assez époustouflant et clair et du coup j’expliquais ça aux autres.
02:48:58David Dufresne
Vous êtes donc à la tête d’un syndicat national de journalistes. Vous avez entendu dire ce soir qu’il y a quand même des gens qui disent que c’est la faute de vos adhérents. Pas forcément, mais enfin, des copains de vos adhérents qui sont journalistes à la machine à café. Qu’est-ce que tu réponds à ça, sur le fait que, finalement, Twitter a attrapé les journalistes et c'était comme un tue mouche et les gens restent là en disant… Avoir un peu d'écho, ce n’est pas tant par Twitter, mais c’est là où sont les journalistes. Qu’est-ce qu’un syndicat peut faire par rapport à ça ?
02:49:32Pablo Aiquel
Ce n’est pas faux la réaction aujourd’hui des journalistes comme des politiques avec qui j'échange également, c’est la même. C’est quand je parle avec des politiques et je leur dis quand est-ce que vous allez quitter, il me dit les tiens quand est-ce qu’ils quittent. Parce que si on est là aussi, c’est parce qu’il y a beaucoup de journalistes politiques, etc., ils nous écoutent, etc. Je dirais que moi je ne suis pas journaliste politique, je suis journaliste dirigeant syndical. Européens aussi, au comité directeur de la fédération européenne des journalistes. Vous avez vu que la présidente, la croate Maja Seve a été aussi une des premières à quitter. La fédération européenne a annoncé quitter le 20 janvier et je pense qu’on a une mission d'être aiguillant et de dire aux gens, concrètement, Elon Musk est en train de tuer les médias, vous l’avez dit, David l’a dit tout à l’heure, c’est ils veulent remplacer les médias par des espaces non modérés, etc., et ça va l’encontre de la démocratie, donc il faut qu’on prenne un pas en arrière et qu' on dise stop, là il y a trop de merde, comme il a dit, et il faut qu´on aille vers des espaces que nous maîtrisons mieux, et je pense qu´au contraire il y´a quand même pas mal de médias qui l´ont fait, des médias à l’international et en France aussi, il y a plusieurs médias, qui ont dit stop, on s´en va, le GARDIAN à Londres et quelques autres, je pense que.Ouest France, premier quotidien, un des premiers quotidiens régionaux. Pour les médias, c’est un canal comme un autre. Et un des arguments que j’avais trouvé excellents, c'était que ce n’est pas parce que vous avez un gros chiffre que vous aviez une telle audience. L’algorithme fait que ce chiffre-là, il est faux. Regardez exactement combien de fois vos tweets sont vus. Et là, on a vu combien l’impact des tweets et faibles, là je viens regarder les tweets de Maïa ces derniers mois, c’est lui où il annonce qu’il quitte Twitter et son tweet le plus regardé parce qu' il y a eu beaucoup de réactions, etc. Mais tous les autres sont un dixième ou même un centième de ça.
02:51:43David Dufresne
Le tchat nous rappelle un devoir. La CFDT a quitté X il y a quelques semaines. Je crois que c’est d’ailleurs dans la liste des médias et des organisations qui ont quitté X qui se trouve sur le site d’Hello quitte x. Tu viens de parler de médias qui ont quitté X. Il se trouve que nous avons une petite vidéo de Carine Fouteau qui est la présidente de Mediapart. Est-ce que tu veux dire quelque chose avant qu’on l'écoute ?
02:52:12Pablo Aiquel
Non, c’est super intéressant de l'écouter parce qu’en plus, on en avait discuté dans notre comité de pilotage. Au départ, Mediapart se posait la question. Il disait peut-être, on ne quittera pas. Et il y a eu une réaction, des réflexions, des échanges. Et finalement, ils ont décidé collectivement de quitter. Donc, ça va être très, très intéressant.
02:52:31David Dufresne
Alors voilà, et Carine va vous expliquer dans une vidéo qu’elle a faite spécialement pour ce soir pourquoi Mediapart et comment Mediapart a pris sa décision. Je crois qu’elles redonnent le nombre de followers, c'était plus de un million trois cent mille, quelque chose comme ça, donc c’est quand même conséquent. Ça me permet, parce que je ne voudrais pas l’oublier, de glisser un petit mot qui m’a été donné par LFI, parce qu’on voulait inviter des gens de LFI dans les marchés œcuméniques de cette soirée. Il y a un député qui a dû se désister pour des raisons tout à fait sérieuses. Voilà, il n’y a pas de problème avec ça. Mais je voulais quand même vous dire par rapport à ça que LFI est un peu sur la même position que le PS ou les Verts, dont on a entendu tout à l’heure, une forme d’hésitation. Mais ce que j’ai appris de l’intérieur, on va dire, c’est que certains députés LFI ont remarqué que même s’ils avaient.. Je rebondis à ce que tu viens de dire. Même si vous avez… Beaucoup moins de gens qui les suivaient sur Blue Sky, parce que pendant ce temps, c’est Blue Sky. En fait, ils avaient autant d’audiences que ces derniers mois sur X. C’est-à-dire que, c’est ce que tu disais tout à l’heure, la différence entre le nombre de followers et l’audience véritable, le shadow banning, si on peut appeler ça comme ça, le fait qu’on est écarté et qu’il y a une forme d’illusion à croire qu' on perd 200 000, 300 000 followers, parce que là-dedans, il y a beaucoup de bots. Là-dedans, il y a beaucoup de trolls, là-dedans, il y a énormément de comptes inactifs depuis des années. Il y a des gens qui ont suivi Hello quitte x qui ont fait tout ça. Donc voilà, je voulais dire tout ça, et je pense que Karine va aussi un petit peu en parler. Merci Pablo, c'était un plaisir comme toujours. À bientôt. Ce rouge te va si bien. Alors, Carine Fouteau, présidente et directrice de Mediapart, est partie. Vous allez voir, ils ont de beaux moyens, dit Mediapart.
02:54:39Carine Fouteau
Bonsoir à toutes et à tous, je vous présente mes meilleurs vœux pour cette année 2025 qui s’annonce chaotique mais j’espère aussi combative. Alors, je suis là pour vous expliquer que Mediapart a décidé de quitter X le 20 janvier 2025. C’est la date de l’investiture de Donald Trump à la Maison Blanche. Alors pour nous, ça s’est imposé de quitter X parce que X n’est pas un réseau social, n’est plus en tout cas un réseaux social comme les autres. Et ce pour plusieurs raisons. La première, c’est que ce réseau est devenu un réseau social d’extrême droite, dont la mission, dont l’objectif est de tuer la liberté d’informer et le journalisme. Et donc, en restant sur X on nourrit l’algorithme d’Elon Musk et donc on nourrit, on alimente la machine qui est conçue pour nous détruire. La deuxième raison c’est que Elon Musk est non seulement d’extrême droite, mais aussi au pouvoir, à la maison blanche désormais, à la tête de l’une des puissances, de la puissance mondiale la plus importante sur les questions militaires, sur les questions économiques. Et donc pour nous, c’est inconcevable de rester dans les mains de cette puissance au service de l’extrême droite. Troisième raison, c’est qu’en restant sur X, d’une certaine manière, qu’on le veuille ou non, on légitime cet espace et on considère à Mediapart qu' on a une responsabilité à l'égard de nos lecteurs, de nos électrices, de nos abonnés sur les réseaux sociaux. Et finalement, en restant sûr X On les fait venir, on les encourage à s’y retrouver, à échanger, et donc on les expose à la désinformation, on les expose au pillage de leurs données, on les expose au harcèlement en ligne, et pour nous, c’est inacceptable. La mission de Mediapart, c’est de s’adresser toujours au plus grand nombre, de s’adresser à toutes et à tous, absolument sans exception, y compris potentiellement à des électeurs de l’extrême droite. Et on est plus que jamais du côté de l’adversité, on est prêt à argumenter, à nous affronter, à des personnes évidemment qui pensent différemment de nous. Mais aujourd’hui, X est comme une prison qui nous enferme et on refuse de nous inscrire dans ce cadre qui est celui qui est organisé par l’extrême droite. La stratégie de Mediapart, c’est d’inviter tous nos abonnés à nous suivre, à venir avec nous. On abandonne absolument personne. Tout le monde vient avec nous sur les autres réseaux sociaux. Il y en a plein qui existent. On pense évidemment notamment à Mastodon, à Blue Sky, à Insta, à LinkedIn, enfin voilà le nombre de réseaux sociaux qui existent. Infini, d’ailleurs le paysage a beaucoup changé au début de Mediapart, X était quasiment en monopole, c’est plus du tout le cas aujourd’hui, et donc ce qu’on fait c' est qu' on renforce notre présence, et on multiplie, on démultiplie notre présences sur tous ces autres réseaux sociaux, et on invite tout le monde à venir avec nous. Et évidemment pour que ça fonctionne, ce départ, pour que cela ait de l’impact, il faut que le mouvement soit massif, il faut que Mediapart entraîne dans son sillage tout un tas d’autres médias et d’acteurs de la société civile, c’est important que chacun… Prennent ces responsabilités à un moment comme celui-ci. Vous savez qu'à Mediapart, le combat contre l’extrême droite fait partie de notre ADN. Donc là, c’est le moment de dire, oui, on peut agir, il n’y a pas de fatalité. Ben oui, on y était avant, ben on n’est plus maintenant. On a les outils, on peut agir. On peut faire quelque chose. Donc faisons-le et faisons le ensemble parce que c' est comme ça que les combats se gagnent si on les mène tous ensemble d’un commun accord et avec beaucoup d'énergie et de combativité.
02:58:45Magali Payen
Voilà, je pense qu’elle a plié le game en termes d’argumentaire. Ceux qui n'étaient pas encore convaincus, je pense, le sont maintenant, j’espère. Et alors, on va inviter sur scène l’avant-dernier intervenant.
02:58:54David Dufresne
Tu n’as aucun respect pour les sirènes de police. Pas de respect pour le sirène de police des eaux ?
02:59:01Magali Payen
Alors on accueille sur scène Gabriel Mazzolini, porte-parole des Amis de la Terre. On l’applaudit bien fort s’il vous plaît. Bonsoir. Wow.
02:59:09David Dufresne
Tu es l’avant-dernier intervenant.
02:59:12Gabriel Mazzolini
Oui.
02:59:13Magali Payen
Quelle détermination, franchement, je vous admire.
02:59:16Gabriel Mazzolini
Oui.Après, moi je suis venu de Montreuil, là il m’a fallu 45 minutes, je reviens, etc, je suis venu pour vous parce que je déteste le Musk X, bien évidemment, mais c’est particulièrement une admiration pour le public.
02:59:27David Dufresne
Et tu as une histoire quand même avec les réseaux sociaux, non ?
02:59:33Gabriel Mazzolini
Alors moi, personnellement, sur X, j’avais pas un compte de ouf. Alors moi je fais partie des amis de la Terre, c’est l' ONG. Sur X, notre compte, il est pas un nom plus phénoménal. On était à 60 000 followers. On est sorti le 18 décembre, officiellement. Enfin, le compte existe encore, si vous allez le voir. Et pour nous, c'était quand même un réseau qui était très important à l'époque parce que nous, on travaille sur la question du changement climatique. On dénonce les banques, les multinationales qui détruisent la planète tout bonnement et tout simplement. Et donc c’est un discours qui est fondé essentiellement sur la science et sur des faits scientifiques. Et du coup avoir un réseau social dans lequel on peut parler entre geeks de questions d' importation de gaz, énergie fossile, extractivisme, etc. Et avoir du coup le relais des journalistes, c'était hyper important pour nous. Mais depuis que l’algorithme fait en sorte que les fake news sont plus fortes en termes d’impact que les faits scientifiques eux-mêmes, à un moment donné, on y perd royalement et donc la décision était assez naturelle, on avait déjà à peu près abandonné les réseaux depuis un moment, de toute façon on voyait bien que les résultats n'étaient plus là et puis de toute façons il y a cette question de la rentabilité politique aujourd’hui sur les réseau comme X ou même sur TikTok etc, c’est beaucoup plus rentable d’envoyer du bad buzz d' envoyer une fake news et potentiellement après réparer l'épaule cassée et essayer de réparer l’erreur que de dire la vérité donc en quelque sorte c'était assez naturel de sortir. L’histoire dont je me souviens, une histoire heureuse de X, c’est un peu une morale sur comment on devrait pouvoir utiliser les réseaux sociaux, y compris aujourd’hui, je me rapproche comme ça ? Vas-y, voilà, voilà.
03:01:05David Dufresne
Voilà, voilà, c’est bon, t’as vu ?
03:01:06Gabriel Mazzolini
C’est bon, ça fait bronzer. En hiver ça fait du bien les UV. En fait c’est en 2016, c'était Nuit Debout, qui était une phase quand même de mobilisation très très intense, dans laquelle les deux outils principaux de mobilisations, c'étaient clairement Twitter et Facebook. C'était là que ça se passait, et même pour les Gilets Jaunes vous l’avez vu, c’était Facebook qui était le moteur de la mobilisation. Et à l'époque on avait une squad sur les réseaux sociaux, qui était magnifique, qui était Le Media Center de Nuit Debout. Et c'était des camarades qui avaient été formés par le mouvement du KINCEM et donc en Espagne, les Indignés Espagnols, qui avaient développé toute une théorie sur l’utilisation, le hacking on va dire des algorithmes, et l' utilisation, la création de communautés en ligne. Et en fait, c’est ça qui avait fait en grande partie, je pense, le succès de Nuit debout à ce moment-là, qui avait rassemblé des centaines de personnes, c'était cette capacité à s’organiser, à utiliser un outil qui est en fait un outils privé d’une entreprise capitaliste au service d’un grande mobilisation pour l’intérêt général. Et je pense qu'à un moment donné, il faut aussi qu’on se dise, bien évidemment on va sortir de Twitter, je ne sais pas ce qui va se passer par rapport à Facebook, mais à un moment donné il va falloir arrêter de reculer quoi. C’est-à-dire qu’il va falloir qu' on prenne en main un de ces réseaux sociaux type Blue Sky ou Mastodon etc. Et qu’on profite encore de la malléabilité de l’algorithme actuel pour créer des communautés de militants, de militantes qui soient capables de porter des messages politiques de façon coordonnée et de gagner cette bataille là, cette partie de la bataille culturelle pour pouvoir avancer quoi. Voilà alors j’ai un problème oui dites c’est toi qui a fait ce tweet ou pas non pas du tout
03:02:39David Dufresne
Comment ça pas du tout ? Alors c’est pas moi !
03:02:40Gabriel Mazzolini
C’est pas moi qui gère la communication, je m’occupe des mobilisations. Alors je prends pour toute l’association.
03:02:46David Dufresne
La lutte pour la justice sociale et le climat se joue ailleurs.
03:02:53Gabriel Mazzolini
Par ailleurs, nous, c’est essentiellement Instagram maintenant qu’on investit énormément. On a continué sur Facebook, mais pareil, du coup, c’est un réseau qui a perdu énormément en impact pour nous, en capacité. On pense à investir TikTok et, bien évidemment, il y a quelques camarades qui ont commencé à ouvrir des comptes sur Mastodon et on vient d’ouvrir notre compte BlueSky, donc voilà, on se rate, je pense, au taquet là-dessus. Si on parle de réseaux sociaux, ça se joue aussi dans la rue, bien évidement. Ah, voilà ! Oui, par ailleurs, disons-le, enfin je veux dire, ça c’est… La communication, c’est 10 % de l’activité de mobilisation d’une ONG. Je tiens à préciser, pour nous, ce qui compte le plus, d’autant plus maintenant, avec la montée du climato-scepticisme, on a des sondages maintenant qui mettent le climato-scepticisme à hauteur de 37 %, c' est-à-dire qu’il y a 37 % des Français qui estiment que le changement climatique n’est pas le fait de l’activité humaine, alors qu’on vient de voir encore récemment tout ce qui s’est passé à Mayotte ou là, en Californie. Et bien tout ça, c’est une stratégie de l’extrême droite et tout ça est accéléré par des entreprises comme X, etc. Donc pour nous, ce ne sera pas de toute manière suffisant d’investir ces plans-là de la bataille culturelle, mais il faut continuer, il faut reprendre la rue, notamment sur les questions climatiques et sociales. Il faut continuer à désobéir, mener des actions désobéissantes, bloquer et enclencher un rapport de force avec des entreprises qui sont en train de tout simplement détruire la vie sur terre, la vie humaine, parce que la nature s’en remettra parfaitement. Alors que les riches, eux, pourront se bunkeriser et survivre tant qu’ils le voudront. Donc c’est aussi une question de survie pour nous.
03:04:26David Dufresne
Merci, c'était parfait.
03:04:27Magali Payen
C'était parfait, c’est mieux que parfait. Arrête, arrête, merci. J’ai pas ce micro pour réagir, au revoir.
03:04:32Gary
Ils étaient partis des premiers quand même, les amis de la Terre, donc franchement, ils ont ouvert la voie.
03:04:38David Dufresne
C’est Gary, du journal Le Chiffon, tu l’as avec toi, j’imagine. Le mec, il a chopé tous les gens qui sortaient, et là, il y a des milliers de personnes, il n’a même pas son journal.
03:04:48Gary
Non mais remarque, moi je sais même pas si j’ai parlé j’ai l’impression de m'être présenté et tout quoi, n’importe quoi.
03:04:55David Dufresne
Allez, alors Gary à toi. Attends, donc Gary tu es le dernier, tu es là pour dire que tu es en désaccord total avec ce que nous on.
03:05:03Gary
Je vais être un peu un cheveu sur la soupe mais un petit cheveu sur la soupe mais voilà on va voir Oh la convaincu regarde ça On va débattre ensuite non pas convaincus vraiment
03:05:13David Dufresne
Alors vas-y, en fait tu vas nous lire l'éditorial en exclusivité du prochain numéro, c’est ça ?
03:05:20Gary
Alors, je vais le tenir, c’est bien, je t’en remercie. Voilà, bon, vous êtes encore là, en forme, j’espère. Je vais un peu vous achever, je le crains, parce que je vais lire un extrait d'éditorial qu’on va publier dans notre prochain numéro. Donc ça s’appelle Le Chiffon, qui est un journal trimestriel d’enquête, d’investigation, de reportage Paris-Île-de-France. On veut faire un travail de fond dans la région pour se documenter de façon alternative Donc, cet éditorial s’appelle « Pour l’instant, il ne faut pas seulement quitter X, mais refonder des communautés politiques hors réseau », à l’heure où messieurs Trump et Musk s’apprêtent à entrer en fonction. Il est important de déserter X pour contenir leurs forces de frappe et privilégier des canaux de communication digitale qui ne se retournent pas compte leurs utilisateurs. Ceci dit, en tant que journaliste… Membres du syndicat de la presse papier. Je vous en dirai un mot après. Il nous paraît indispensable de dépasser l’apparente alternative existant entre une musko sphère empoisonnée et un ciel bleu, blue sky, dont l’air serait plus respirable. Il est plus que temps de dresser un bilan de l’expérience mondiale des réseaux qu’il ne faut plus appeler sociaux, mais plus sobrement numérique. Proposer une critique radicale de ce que toutes ces agora virtuelles ont en commun et de s’interroger sur le rapport au monde qu’elles impliquent toutes. Nous trouvons dans leur fonctionnement une caractéristique essentielle du capitalisme déjà pointé par Marx et les tenants de la critique de la valeur. Comme le travail, lorsqu’il est réduit à une simple quantité d’heures et ceux que le travailleur produit des jouets ou des bombes, la qualité d’un message peut disparaître derrière une quantité abstraite. En l’occurrence, sur les réseaux, la qualité d’un message est réduite à une abstraite de réactions. Peu importe que ces réactions soient pâmées ou haineuses, lapidaires ou argumentées, car leurs caractéristiques pèsent moins que leurs nombres. À cette loi du volume maximum de réactions, les gros réseaux adjoignent encore des règles léonines, obscures et rétroactives, qui érigent en droits quasiment naturels le vol de confidentialité, l’espionnage des comportements en ligne, l’enregistrement d’informations personnelles, le fichage des internautes. Le vol et le recel de données. Il y en a plus ces principes de fonctionnement, comme l’utilisation massive des réseaux, bouleversent nos rapports au monde, aux autres et à l’existence. Depuis l’internaute Lambda cherchant à exister quantitativement sur la toile jusqu’aux communicants professionnels, journalistes inclus, déchiffrant les nouveautés algorithmiques par souci d’audimat, tout le monde est devenu producteur de contenu dans la prédatrice économie de l’attention numérique. À quels mouvements de fond assiste-t-on ? Le texte n’en finit plus de céder la place à l’image. Or, comme la pensée s’incarne avant tout dans le verbe, les représentations collectives deviennent de plus en plus schématiques. L’image, elle-même, est de plus en plus dynamique, multimédia, et les messages sont de plus en plus brefs, à mesure que le rythme de production-publication accélère. La concurrence grandissante pour le temps de cerveau des influençables mène fatalement à une production accrue de messages. Il faut publier plus, plus vite. C’est-à-dire, au fond, publier n’importe quoi pour occuper le cyberespace. Dans ces conditions acceptées par la masse, les logiciels de génération automatique de textes, d’images et ou de sons, la fameuse IA, ne sont pas seulement une aubaine pour les community managers, ils sont la suite nécessaire et logique du productivisme. Et la presse porte une part de responsabilité dans cette fuite en avant, à l’instar du Monde, qui a signé début 2024 un échange de bons procédés avec Open AI, l’entreprise américaine cofondée par Musk en 2015, qui opère le fameux Tchat GPT. Et tant pis si les rédactions s’automatisent. Tant pis si le langage se monétise travers l’imitation machinique de jeux de données. Tant pis si la pensée autonome et le style deviennent denrées rares. Tant puis si l’augmentation exponentielle du flux d’information enlève un peu plus à chaque message sa gravité. Tant pis si un tel déluge devient impossible à modérer. Disons-le, Internet ne sera jamais une voie numérique, comme continue de le penser une contributrice de Mediapart dans un article de mi-décembre. Pas plus qu’un réseau où tout le monde peut s’exprimer publiquement au même moment et selon des règles plus ou moins toxiques, ne peut être une place de village. L’espace-temps qu’on y trouve n’a plus rien à voir avec celui du monde physique, réel, charnel, sensible, en un mot humain. Oui, les gros réseaux sont antisociaux par nature, ce qui ne fait pas pour autant de ceux qui se veulent propres ou alternatifs. Mastodon, BlueSky, etc. Des réseaux véritablement sociaux, parce qu’ils contribuent tous à vider l’espace physique commun, les lieux de rencontre, d'échanges et de débats, sans lesquels une société digne de ce nom ne peut exister. Et qu’on soit réunis ce soir physiquement par auposte chaîne internet ne change rien de fondamental à l’affaire. Alors que faire pour toucher ceux, jeunes et moins jeunes, qui ne communiquent plus via les réseaux ? Eh bien, d’abord, marteler que ces réseaux procurent des ersatz de liens sociaux qui ne peuvent remplacer les interactions de chair et d’os. Rappeler à quel point les écrans sont abrutissants, une pensée pour les travaux de Michel Desmurget et de Sabine Duflo, et que l’autonomie intellectuelle, politique, affective, sociale ne vient pas avec l’hétéronomie digitale. Que notre sentiment d’impuissance provient aussi de la délocalisation du numérique partout qui fait disparaître les bureaux de poste, le visage des services publics ou les mains des soignants. Face à la déshumanisation, il faut donc plus d’humains et face au sans-contact, nous proposons d’aller chercher les gens tant bien que mal dans la rue, sur les murs, dans les transports en commun, sur des ronds-points, devant les stades et les supermarchés. Vaste programme, certes. Mais comment prétendre réinvestir le monde sensible en alimentant des pratiques et des infrastructures numériques dévorantes ? Selon nous, il n’y a d’alterner consumérisme conséquent que celui qui passe par une rupture franche avec la méga-machine informatique, par la dénonciation constante du mythe de la dématérialisation, par le ralentissement généralisé, seul à même de nourrir la réflexion plutôt que les réflexes. Voilà pourquoi nous n’appelons pas seulement à quitter X pour rejoindre un alter-Twitter que seraient Blue Sky et Mastodon. Nous ne trouverons pas nos chaînes de plomb pour des chaînes d’argent. Le 20 janvier, nous quittons les réseaux tout simplement. Et appelons à ce que nos consœurs et confrères fassent de même. Vous ne trouverez plus sur nos très léthargiques comptes X, Facebook et Instagram qu’un court texte informant les internautes que nous n’y sommes plus. Et pourquoi ? Que le chiffon se limite volontairement à une adresse mail, une infolettre invitant à sortir de la bulle et un site internet répertoriant nos points de vente. Ce n’est pas un étalage de vertu face à nos confrères qui continuent de batailler sur les réseaux contre le décervelage et pour informer le plus grand nombre. Nous n’avons pas non plus la prétention d’avoir raison. Simplement, nous choisissons d’incarner un espoir, peut-être pas si fou. Celui de tenter de redonner au monde sa texture, sa poésie, son poids, ses peines et ses joies avec de l’encre et du papier.
03:13:55Magali Payen
Merci Gary, merci. On peut l’applaudir très fort. Je trouve que finalement, comme cheveu dans la soupe, tu étais plutôt comestible, n’est-ce pas ? Et c'était un rappel nécessaire sur les réseaux asociaux, donc merci de ce rappel et comme dirait Dave Duf, il faut savoir terminer un live.
03:14:14David Dufresne
Alors non, ce n’est pas un live, il y a un dénommé Macron démission, c’est qui ce monsieur ? Random, c’est un random sur Mastodon, qui nous dit, je suis en train de mater le Téléthon Hello Quitte X Ça n’est donc pas un live ? Un Téléthon, ça ne s’arrête pas. Rires Tant que tout le monde n’est pas sur Mastodon et BlueSky. Bien sûr, on va arrêter le live. Renaud de Mastodon me faisait part à l’instant même d’une information capitale. Blue Sky a levé 200 millions, c’est ça ?
03:14:59Renaud
C’est pas exactement quand même, ils ont relevé de l’argent alors qu’ils la payent il y a trois mois. Voilà.
03:15:03David Dufresne
Ils avaient déjà eu 15 millions et ils ont aujourd’hui même à nouveau beaucoup de millions. Et donc, ce sera évidemment un débat qu’il faudra mener plus tard sur pourquoi ce réseau, comment va-t-il ? David, tu veux venir ?
03:15:15Renaud
Ta vie te veut nous dire quelque chose dans l’oreillette.
03:15:18Magali Payen
Non, c’est juste pour, avant de partir, vous donner l'état de l’application actuelle pour qu’on prenne date pour la prochaine fois. Donc actuellement, on a réussi à importer 4 589 503 millions de dollars.
03:15:34Chavalarias David
On a fait du x5 ! Et donc, on espère que le 20 janvier, il y en aura 10 fois plus, ou on verra, hein ? N’oubliez pas de vous connecter, déjà, associer vos comptes et puis après, mettre vos archives. Voilà. Formidable. On peut l’applaudir. Et merci. Et merci aux développeurs
03:15:55David Dufresne
Alors voilà, notamment Fanny et d’autres, il faut les citer.
03:15:57Chavalarias David
Il y a plusieurs développeurs, il y a Fanny qui est donc au CNRS dans l’institut d’HIs thème Complexe, et puis il y à des développeur qui sont venus via Data for Good, qu’on remercie aussi, qui sont des développeurs bénévoles. Il y à Cédric, David et Olivier, je crois que j’en oublie pas, mais je pense que j' en oublie un, s’il y a deux David. Et voilà, on les remercie vraiment beaucoup parce que sans eux, toute cette plateforme de migration ne pourrait pas exister.
03:16:32David Dufresne
Merci infiniment David, merci infiniment Magali, on est prêts, merci Benjamin de la coordination du net, il y avait aussi Benoît, il avait aussi Greg de No Sanctuary mais qui est parti, et ici il est là-bas, merci à tous les gens du collectif, venez Fred. Franck, pardon, vient aussi, Nayan vient aussi et puis vous aussi, et puis le chiffon, tu vas voir ce que c’est qu’un poste en public, du charnel, du machin, allez, montez tous sur scène s’il vous plaît, allez s’ils vous plaît, qui a fait les photos là ?
03:17:10Fabre Gregory
Ouais les photos, venez sur scène, venez tous sur scène
03:17:13David Dufresne
Allez, on vient tous sur scène. S’il vous plaît, là-bas, là. Allez, hop, tout le monde sur scène
03:17:18Fabre Gregory
Colline ! Colline, notre superbe campagne alors ? Allez, allez. Colline ? Allez, Nayan ! Déborah ? trop peur. on fait une petite photo, mais après, j’ai un dernier truc à dire. Je ne m’arrête jamais. Je vais aller cacher David derrière.
03:17:54Chavalarias David
Non, non, c’est juste, continuez à nous rejoindre, parce que la next step, ça va être de harceler avec bienveillance des stars du X. Et le prochain rendez-vous, c’est le 20 janvier ?
03:18:07Fabre Gregory
Non, il y en aura avant. Il y en a aura avant, bien sûr. On va faire des visios pour être ensemble. Vraiment, inscrivez-vous à la newsletter parce qu’on va faire des sessions de déménagement ensemble avant le 20 janvier, parce que c’est beaucoup plus sympa de se démener à plusieurs.
03:18:25David Dufresne
Voilà, c’est une façon de se cacher le Chiffon ! Vous voulez pas venir ? Ah, voilà, super ! Madame, Madame en orange, vous seriez bien orange là, c’est les couleurs d’auposte. Merci beaucoup à vous tous. Merci infiniment à Euryale qui était dans la modération, qui a mis tous les liens. Merci aussi à Robin qui était à la technique à distance. Merci à Nayan. Voilà, il faut savoir arrêter un stream, c’est vrai, c’est un vrai Téléthon.

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