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Poutou : « Oui, les milliardaires sont des voleurs ; oui, on veut faire tomber le macronisme »

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis, amis du café, amis de la police, Amis des parachutes, Amis des parachutistes. Bonjour, merci, Merci à toutes et à tous, Monsieur Poutou, Philippe est quelque part dans le sud de la France, on ne dira pas où il a été parachuté. Bonjour.
Philippe Poutou
Bonjour !
David Dufresne
C’est vous le parachuté ?
Philippe Poutou
je crois, pas un des parachutés. Je crois que je ne suis pas le seul. Ça a l’air d'être une pratique assez régulière et fréquente.
David Dufresne
C’est ça de travailler avec des gens qui veulent gouverner.
Philippe Poutou
Oui, on découvre des nouvelles pratiques.
David Dufresne
Et alors ? C’est comment les nouvelles pratiques ?
Philippe Poutou
Ben là, si on doit parler du parachutage, on peut en parler avant en tout cas. D’abord, dans la circonscription, on en parle beaucoup, mais du côté de l’extrême droite et de la droite qui font leur campagne quasiment uniquement là dessus, à la fois contre le parachutage et en plus. Malheureusement pour eux, c’est le parachutage d’un gauchiste, d’un affreux gauchiste languissant, obsédé par ça et font toute leur campagne quasiment là dessus. Mais voilà. Ceci dit, en dehors de leur campagne à eux, c’est vrai que pour nous ce n’était pas confortable parce qu’on n’a pas décidé ça en ans, ça a été une décision prise comme ça se passe normalement visiblement, C’est à dire les états majors se sont partagés les circonscriptions, ce sont les quatre un gros partis, les Verts, le PC clarifié, le Parti socialiste qui se sont répartis 20 points. Ça, tout le monde le sait et visiblement ils se sont entendus pour que nous soyons, en tout cas en soi, dans le quota de la FI. Donc c’est la fic à Capri car prêts à décider à la fois certainement le nombre de circonscriptions qu’ils étaient capables de nous laisser et l’endroit où ça pouvait se passer. Voilà donc comme la fille est hyper sympa et nous envie à un seul endroit, on n’avait pas deux, c'était un seul et le seul endroit qui nous proposait, c'était un endroit perdant entre guillemets. En fait, on n’a pas beaucoup de chances de s’en sortir. Voilà donc après plusieurs propositions qui n'étaient pas meilleures, on a finalement accepté la dernière qui était au bout du bout du bout. Le vendredi après 12h, Bounty commence donné. On a une décision qui n'était pas simple à prendre parce que l’histoire du parachutage ce n’est pas tellement le parachutage en lui-même, c’est surtout qu’on n’avait pas envie de poser problème à des équipes militantes locales. On n’avait pas envie de s’opposer et d’arriver par une décision d’en haut. Voilà, ça nous déplaisait profondément. Je ne savais pas trop où c’est qu’on mettait les pieds, donc on était gênés par ça. Mais en même temps, comme c'était la dernière proposition derrière, il n’y avait plus rien et qu’on tenait absolument à faire partie de cette bataille dans le nouveau Front populaire. Et voilà, on pensait que Albert fallait qu’il reçoive de cette manière là, parce que c'était aussi ça. Voilà, c’est une conviction qui fallait être dans la bataille unitaire contre l’extrême droite et tout faire pour l’empêcher. Donc du coup, on avait accepté, mais on est maintenant très rassurés puisqu’en fait on a lancé la campagne, on s’est retrouvé dans une équipe de l’ensemble de la gauche.Toutes, tous et toutes les équipes militantes sont représentées : le Parti socialiste, le Parti communiste, les Verts, la FI et donc l’ALBA. Et on est en plus avec autour des syndicalistes. Voilà. Et en tout cas il y a une campagne qu’avec A bien démarré sur de très bonnes bases et au départ, même si c’est un peu crispé sur cette histoire de parachutage évidemment parce que c’est pas toujours pour les équipes militantes auxquelles c’est pas toujours le plus agréable, mais le fait d’avoir eu, on va dire, quelqu’un qui était connu nationalement et qui avait une sorte de quand même une petite popularité. Et même s’il est radical, anticapitaliste ou gauchiste, n’empêche que, en fait, tout le milieu de gauche s’est retrouvé plutôt très content de m’accueillir et d’accueillir des camarades du RPR. Et donc du coup, voilà, on va démarrer une campagne sur ces bases
David Dufresne
Si tu permets que je te pose une question quand même, et plus exactement, si tu veux bien mon cher Philippe, si tu veux bien, c’est un commentaire de Glaudioman qui est un des acteurs de l’ombre d’auposte qui demande Bonjour Philippe Poutou, la cuisine, est ce que c’est la charte graphique imposée par François Ruffin ?
Philippe Poutou
Ah ouais ? Eh bien non mais c' est vrai, Je passe sa question dans les vidéos, c’est qu’on est obligé de montrer un bout de chez soi. Voilà. Parce que là, je suis chez moi. Et ouais.
David Dufresne
Ce n’est pas l’hôtel Ibis du Front Populaire.
Philippe Poutou
Enfin, je suis à Bordeaux juste aujourd’hui pour repartir demain matin. Voilà. Donc c'était juste un aller retour et j’ai pu faire la manif d’ailleurs à Bordeaux contre l’extrême droite, ça m’a permis de faire ça. Mais. Mais oui ! Donc du coup Ségo est un peu renvoyée, mais comme la lumière n’est pas terrible, vous ne voyez pas tout comme un monsieur. Oui certes, moi ça ne fait pas, mais ce n’est pas du tout volontaire.
David Dufresne
Ça fait Ruffin ou Ruffin parce qu’il y a un micro-ondes de bourgeois.
Philippe Poutou
Un vieux micro-ondes, un vieux micro-ondes. J’allais, j’allais dire pourrie, J’exagère, il passe bien encore, mais il est très vieux et les enterrements, il en rénove je pense. Mais je ne vais pas vendre sa cuisine. Mais bon, bonne qualité, je pense que ça reste très modeste. Je peux vous montrer ce qu’il y a à la fenêtre, mais bon.
David Dufresne
Ne t’emmerdes pas ! Écoute, franchement, c’est un plaisir de pouvoir converser avec toi. Ce n’est pas la première fois. Tu es la dernière fois que tu es venu. Tu es venu avec. Avec Julien et Béatrice je crois, pour un petit candidat face aux grands médias Libertalia 2023. Oh ! Qu’est ce que c’est que ça ?
Philippe Poutou
Voilà attends, je n’arrive pas.
David Dufresne
Il y en a une qui se fait attendre. On fait coucou tous les deux en même temps. Bon écoute, je voulais te présenter un tout petit peu dans un des deux sites dont tu as le secret. Le candidat Front populaire écrit depuis mon parachutage à Carcassonne. Attention, rien à voir avec le troisième RPIMA de la même ville. Il ne s’agit pas d’une mission impossible mais pas loin. Avec toi, on va parler du programme du nouveau Front populaire Désespoir et des soupçons que suscite cette nouvelle alliance et de la énième campagne médiatique hargneuse à ton encontre. Comment se fait-il qu’un gars aussi sympathique que toi suscite à ce point ? Les mitraillettes, la grosse Bertha des télévisions ? Parce que sitôt. Ta candidature annoncée, ça a été le feu roulant.
Philippe Poutou
Ben oui, va apprendre un peu habitué et moi aussi je suis un peu habitué, mais c’est un peu normal quelque part, parce que on voit bien que c’est clivant, C’est à dire là on le voit dans la campagne aussi, il y a une très grosse sympathie du côté de la population, beaucoup de discussions assez fraternelles. C’est chaleureux, moi, moi et puis les camarades, une partie. Du coup, toute l'équipe est bien identifiée comme des militants de base qui sont sincères, qui sont dévoués et en même temps qui sont très critiques du système et très en colère contre ce qu’on est en train de vivre. Donc ça, ça facilite vachement les relations. Et puis du coup, ça nous donne une image très sympathique parce que mine de rien, quand même, les idées de la révolte ou les idées radicales, elles sont. Elles ont leur popularité aussi, même si ça ne se voit pas électoralement, même si malheureusement ça ne se voit pas réglé au quotidien dans la société puisqu’il y a beaucoup de résignation et un sentiment de grosse impuissance par rapport à tout ce qui se passe. Mais voilà donc il y a ça. Et de l’autre côté, bah ouais, on voit bien l’agressivité et la grande hostilité qu’il peut y avoir du côté des politiciens de droite et d’extrême droite essentiellement. Et puis on voit aussi dans les médias à quel point les médias ont intégré tout ça aussi, et comment ils relaient en permanence toutes les saloperies de ces politiciens-là, toutes les insultes, les insinuations, les mensonges. Enfin voilà. Donc du coup, bah oui, on a été bien servi en arrivant à Carcassonne et dans la première circo de l’Aude où on a vu toutes ces attaques qui se sont accumulées. Et puis là, j’ai vu dernièrement la presse locale, elle relaie évidemment. Ils sont allés chercher le représentant d’Alliance, un syndicat pas très gauchiste de la police, mais qui ressort encore une fois de la campagne. Je suis un homme dangereux et si j'étais député, ça serait la police se mettrait à trembler. Et ici, le Front populaire, nouveau Front populaire, était majoritaire. Ce serait un gros danger pour plein de gens et pour les policiers notamment. Voilà. Donc on a. On a quand même un gros délire, là, qui, on ne sait pas trop, ça fonctionne un petit peu, mais pas tant que ça quand même.
David Dufresne
On sent quand même que t’as envie d'être, de te faire élire et ça nous fait tous plaisir. Très franchement, je te le dis parce que je ne t’ai jamais dit entendu dire pas très gauchiste pour parler d’alliance à ce jeu là, Monsieur a mis un petit peu d’eau dans son coin.
Philippe Poutou
C’est ça l’opportunisme, c’est quand t’es quand t’as quand t’as envie d’avoir un poste. T’es gentil avec tout le monde, hein ?
David Dufresne
Alors tu as qui face à toi ? Le tchat te demande est ce que tu es le seul candidat de gauche sur la circo ? Et d’autres personnes te demandent est il exact que c’est LFI qui t’a laissé la place ? Est ce que tu sais ce que tu as dit tout à l’heure ? Ce n’est pas le ce n’est pas le PS, ce n’est pas les Verts, c’est sur le quota, LFI ?
Philippe Poutou
Voilà bien des façons. Il y avait un accord national qui répartissait les circonscriptions entre les quatre grands partis de ce bloc des gauches. Et alors après, il y avait d’autres petites organisations, dont nous là bas, qui avaient montré qu’on était signataire des dispositifs, y compris du programme. Et là, on ne sait pas comment ils se sont répartis, ces petites organisations là. Mais en tout cas, le FI a visiblement pris la responsabilité de s’occuper de nous. Voilà. Et donc ils ont décidé, c’est de manière certainement très arbitraire. Ils ont décidé que le NPA aurait une seule circonscription et serait effectivement, c’est la logique, qui a décidé de nous mettre à cet endroit là. Mais alors on imagine bien, avec l’accord de tout le monde, parce qu’on avait eu la seule déclaration qu’on a pu voir ou entendre dans les médias, c’est celle d’Olivier Faure qui lui admettait la légitimité pour Lambert de faire partie du dispositif et d’avoir au moins une candidature. Donc on sait qu’on avait au moins, en tout cas, l’accord du Parti socialiste. Du coup, on peut supposer que quand, malgré notre radicalité, on a globalement un accord de l’ensemble des organisations, en tout cas localement et à la base, on a réellement toutes les équipes militantes de toutes les forces de gauche. Et ça, c’est super ça.
David Dufresne
Est ce que face à toi, tu as un député sortant qui est de la pire boutique puisque c’est le RN ? On est bien d’accord ?
Philippe Poutou
Oui, donc la pire boutique
Philippe Poutou
Ouais, et c’est la pire espèce de cette boutique là avant de casser, c’est presque une caricature ou c’est en lui même un genre de caricature du facho, de raciste, misogyne, anti écolo, ça va, il a, il a vraiment. Mais en plus de ça, il y a un côté bête. Et c’est ce que je disais au début. Et en bas, il obsédait Fly pour le coup. Il est obsédé par la candidature du nouveau Front populaire, mais en plus il est obsédé par moi. Il n’arrête pas d’attaquer, plutôt Podemos. Et en fait, on ne sait pas si ça peut quelque part, s’il s’inquiète, on ne sait pas ou si c’est tout simplement parce que voilà, il est comme ça et que dès qu’il voit un bozo arriver, il n’arrête pas de l’attaquer. Pas recevable en tout cas, ça fait une campagne bizarre de son côté et qui est très fidèle à ce qu’est le rassemblement national quoi. Pas un parti raciste et un parti dangereux parce que agressif, parce qu’il est là, parce que menteur en plus, manipulateur. Bah voilà, il y a et on voit, il disait faille capable de dire n’importe quoi à Baba Brazza. Il y a des contrôles de position contre les violences policières. On a dit et j’ai dit que la police tuait. Et donc du coup ça devient pour lui quelqu’un qui souhaite la mort des policiers, qui applaudit quand des policiers sont tués dans des attentats terroristes par exemple. Et donc eux, ils ne s’embêtent pas. À quoi ça va baisser un peu le même raisonnement qu’ils ont sur la question du soutien au peuple palestinien, c’est parce qu’on soutient le peuple palestinien, du coup on est anti israélien et donc antisémite. Voilà, Donc pour eux c’est ça, c’est vraiment ce glissement, c’est tranquille, c’est relayé par les médias sans problème. Enfin voilà. Donc du coup, on a affaire à ce type de campagne là.
David Dufresne
Tu as aussi, on va revenir sur le sur le garçon en question,
David Dufresne
Un qui avait parlé d’humiliation dans son dans un communiqué quand il a entendu ta nomination, il y a le député, l’ancien député socialiste et ancien maire de Carcassonne, Perez qui est passé chez Chai Renaissance. Il y a aussi quelqu’un de chez Lutte Ouvrière, il y a quelqu’un chez Reconquêtes et il y a quelqu’un du rassemblement. Et alors je devrais dire leur nom en fait un gars de rat. Pardon pour la lutte ouvrière. Fabrice Copine est pour reconquête lors d’Elie Amalric pour un rassemblement éco-citoyen. Alors pour être sérieux, deux secondes c’est gagnable ou ce n’est pas du tout gagnable ?
Philippe Poutou
Mieux. C’est difficile à dire. Nous, on n’est pas habitués à parler comme ça. On a tellement l’habitude de perdre, on a tellement intégré la défaite. Je parle d’une perte que quand ce n’est pas trop bien.
David Dufresne
Sur des malentendus, tu pourrais gagner. C’est ça qu’il veut dire ?
Philippe Poutou
Oui, peut être que c’est plus grave qu’attendu parce qu’en fait ils se de plus ensemble en même temps. Il y a, on voit bien plutôt une dynamique nationale. Après c’est vrai qu’en deux semaines on se demande comment en fait on pourrait réellement inverser le rapport de force électoral. Ça paraît mission impossible, mais j’en parle même au niveau national. Or, on voit d’ailleurs même les sondages où, même si le nouveau Front Populaire a plutôt tendance à monter et devenir la deuxième force, ce qui est déjà pas mal. Mais on reste derrière le rassembleur national, donc on ne sait pas trop ce qui est possible ou pas. Et on peut imaginer que les sondages sont peut être pas en capacité de mesurer exactement l'évolution de ce qui se passe en ce moment, parce qu’il y a quelque chose qui se passe et les choses bougent et on peut espérer donc que ça aille jusqu'à le fait que cette colonne de gauche puisse gagner. Mais donc il y a ça, c’est nationalement. Mais bon, ça paraît déjà une mission très compliquée et localement, évidemment, ça paraît une mission encore plus compliquée puisque malheureusement, même si ce sont des terres de gauche historiquement lourdes sur les trois circonscriptions, puis même un peu autour dans ce coin, l’Occitanie, c’est celle des terres de gauche et y compris même dans le milieu rural, c’est un milieu rural de combat. Avant, il y avait la grève des vignerons en 2007. Il y a toute une histoire comme ça. Et puis jusqu'à très récemment, c’est élitaire, de gauche à part en tout cas de terre socialiste. Même PC aussi, mais socialiste. Et c’est récemment que l’extrême droite a pris, a pris des postes et notamment les trois députations sur les trois circonscriptions en 2022. Donc voilà. Mais bon, c’est récent, mais en même temps ça sert, on sent que c’est installé, mais comme sur tout le territoire d’ailleurs, ou en tout cas sur une bonne partie du territoire. Et ça, ça rend la chose très difficile en fait. Parce qu’on se demande comment en deux semaines, on pourrait ressusciter un espoir, redonner de la confiance, de l’envie, pas l’envie. Elle existe, mais c’est tellement mélangé à de la résignation. Eh bien, ras le bol ! Il y a ce sentiment d'être abandonné. C’est le cas pour les gens qui vivent en ville, à Carcassonne, avec beaucoup de chômage, de précarité. Mais c’est aussi le cas dans les villages, dans les zones rurales où les viticulteurs et autres agriculteurs sont en souffrance. Donc en fait, ce social, cette colère qui existe contre des conditions de vie qui sont très dures, joint au fait que la gauche a malheureusement souvent renié ses idées et trahi tout ça, et puis que tout le monde a fait un peu n’importe quoi quand ils sont arrivés au pouvoir. C’est difficile aujourd’hui de faire en sorte que les gens, les Iroquois, tout ça quoi. Et là, la gauche, elle arrive, alors elle fait son bloc et puis elle vient à changer tout ça. Ce n’est pas si simple que ça de convaincre en fait. Ils peuvent se dire oui d’accord, la gauche nous a fait le coup dix fois. Donc voilà, c’est difficile et en deux semaines c’est on ne sait pas comment on va s’en sortir. Mais ce qui est sûr, c’est que là on sent qu’il se passe quelque chose. Les équipes militantes relèvent la tête, il y a de l’espoir qui revient. Et puis on voit que les discussions aussi, elles ont lieu. Bon, voilà. En tout cas, nous, à l’issue de cette première semaine, en positif, vachement. Et les discussions qu’on peut avoir les militantes du nouveau Front populaire dans les autres circonscriptions, c’est à peu près la même chose qui se passe quand il y a. On a le sentiment qu’il y a au moins quelque chose qui se passe. Pour la première fois depuis longtemps, on a un petit espoir de pouvoir bousculer les événements et de changer la donne. Donc voilà, et c’est ça qui rend possible.
David Dufresne
Donc qu’est ce que je vois, Philippe ? Qu’est ce qui remonte du terrain en termes de, de souffrances, d’espoir de quoi les gens te parlent à la fois les militants, mais ceux que tu rencontres dans le porte à porte, dans le tractage, etc. Il y a de quoi les gens te parlent.
Philippe Poutou
Déjà, le premier truc qui vient, c’est la précarité, la difficulté d’avoir un emploi et en lien avec des services publics qui n’existent plus. Et l’emploi, c’est par exemple l’absence de transports. Donc en fait, dès qu’on sort des agglomérations, des grosses agglomérations, là où je vis à Bordeaux, où là on a les transports en commun, même si c’est cher, les transports existent, il y a toujours la possibilité, au moins tant qu’on vit et on travaille dans des grosses agglo, on peut se déplacer et donc du coup avoir un boulot ou trouver un boulot plus facilement ou en tout cas avec moins de difficultés. Mais là, du côté de Carcassonne, autour de Carcassonne, quand on est dans des villages pas loin, s’il n’y a pas de transports en commun et c’est le cas, ou en tout cas il y en a très peu, et même si on n’a pas de bagnoles, voilà. Donc du coup, il y a ce lien entre emploi et mobilité et donc là, ça c’est assez flagrant. Après c’est bon, ben voilà, globalement c’est la précarité, les bas salaires et puis le sentiment d'être écrasé, de pas avoir, de ne pas, voilà. Et puis tout va avec. Après c’est les difficultés de la vie quotidienne. Là, on a fait les quartiers populaires autour de Carcassonne. Eh bien c’est aussi le sentiment que le racisme est plus visible, il y a plus de violence verbale. Voilà donc en fait cette société qui devient de plus en plus dure à tout point de vue. Et ça, ça ressort. Et après, quand on discute avec des viticulteurs ou des maraîchers, qu’ils soient bio ou pas bio parce qu’après on a aussi des fois dans le bio, plus de militantisme en tout cas une conscience politique peut être un peu plus, un peu plus militante, on va dire plus de gauche. Mais quel que soit donc le domaine de la tactique du secteur agricole, on a aussi la même crainte et le même sentiment d'être mis à l'écart, quoi. Et il y a même plus d’espoir. Ils sont tous en train de galérer, ils sortent des salaires dérisoires, ils ne savent pas comment ils vont durer. En fait, c’est cette précarité actuelle et dans la suite qu’on va parler en fait. Moi je pense que ce qu’on discute là, même si chaque région, à part sa particularité, on retrouve à peu près les mêmes, les mêmes sentiments, les mêmes discussions dans des tas d’autres endroits en fait. Et c’est vrai que c’est en fait, il n’y a pas du tout confiance dans la suite.
David Dufresne
Est ce que c’est l’abandon abusif des campagnes, par exemple ? On en entend un peu parler quand même dans les et dans les médias dominants, mais sur l’idée que il y a un ressenti de déclassement et que ceux qui sont gagnants c’est le RN. Est ce que toi c’est ce que tu ressens sur le terrain ?
Philippe Poutou
Ben oui, c’est ce qu’on dit souvent, c’est la formule et non, après ce n’est pas si le mot elle est très juste, mais comme le sentiment d’abandon, d'être délaissé et de compter pour rien en fait. Et donc ça c’est très partagé. Encore une fois, c’est à la fois dans les villes et dans les campagnes. Et c’est les mêmes, des fois c’est les mêmes mots qui ressortent. Et est ce qu’ils ont cette vision qu’en fait ils ont été abandonnés par tout le monde ? Et alors le plus terrible, c’est qu'évidemment ils ont le sentiment qu’ils sont aussi abandonnés, qu’ils ont été abandonnés par la gauche. Ce qui n’est pas faux puisque la gauche est passée plusieurs fois au pouvoir. Quand je parle de la gauche au niveau du gouvernement. Mais on pourrait aussi discuter de la gauche dans les villes, dans les collectivités locales, au niveau, dans une région ou d’un département. C’est donc à ce sentiment qu’ils n’ont jamais été soutenus, que rien n’ait été fait pour eux, pour toutes ces personnes ou ces populations qui sont aujourd’hui les plus fragilisés, les plus bagués. Et en fait, ça fait du monde ça, ce n’est pas juste un petit bout de la population, ça touche de plus en plus de gens, c’est assez rare. Et celles et ceux qui sont aujourd’hui touchés par ce sentiment d’abandon immédiat, craignent pour la suite. En fait, ils pensent pour demain parce qu’ils voient bien que tout est compliqué. Donc en fait, on se retrouve à discuter avec des gens au départ, comme dans nos bac y qui croient, qui croient plus en rien. Mais ça on le sait en fait, parce que les gens votent plus ou de moins en moins et voilà. Et donc c’est ça, c’est pas évident, mais ceci dit, c’est encore une fois assez difficile à mesurer ce qui se passe en ce moment, parce que est ce qu’on a raison d’y croire ? Est ce qu’on a raison de penser ? Moi je fais partie de ceux qui pensent que quand va t il se passer quelque chose qui va être, qui va marquer, peut être un changement de période ? Voilà, on se dit que Macron il fait n’importe quoi. Et la dernière dinguerie de Macron, peut être qu’elle provoque un électrochoc en nous mettant la perspective d’une extrême droite potentielle au pouvoir dans deux semaines. En fait ça nous, ça nous. Ça, ça a créé un truc dans ce type de réaction, de sursaut. Et à partir de ce sursaut là, plus que la question du regroupement des blocs de gauche, parce qu’on sait que dans le Bloc de gauche aujourd’hui, il y a dans le mouvement populaire, il y a un aspect électoraliste, en fait, en avait évidemment, c’est à dire on se resserre pour pouvoir sauver le poste et avoir le plus de députés possible. Mais derrière ça, il peut se passer quelque chose de beaucoup plus important, c’est de remettre les idées en marche. Ça fait chier dire ça comme ça, parce que lorsqu’on est l’inverse, voilà. Donc on va plus dire ça vaut cette expression là, mais de remettre en dynamique des équipes militantes, y compris des équipes militantes, comme on envoie, nous, du PC ou du PS. Qui font peut être partie de ces équipes ont pu avaler des couleuvres depuis des années et qui se sont résignés à une sorte de réalisme où finalement la gauche ne pouvait pas tout faire et tout ça. Et là, il y a quelque chose qui est en train de se passer. Et il y a aussi une grosse satisfaction de se retrouver ensemble. Mais les militants écolos socialo PC, les gauchos comme nous, avec les syndicalistes, avec les associations, ce sur Carcassonne, c’est super chouette. On voit même le réseau socialiste qui il se remet au travail et qui est très lié à des associations dans les quartiers, aux centres sociaux, il y a plein de choses qui se passent, qui se remettent en marche et c’est ça qui peut être en tout cas notre ami qui est la principale force qui gagne, qui peut être déterminante pour la suite, etc. En fait, on retrouve un peu de confiance en nous et on a et on retrouve suffisamment de détermination pour travailler ensemble, pour coopérer, pour construire ensemble. Et ça, ce serait quand même super chouette pour la suite.
David Dufresne
Quand il y a mon pote te demande Philippe, comment fais tu pour toujours y croire ? On n’a jamais été aussi près du précipice ? Même après t’es presque en train de nous dire on est quasiment dans une situation prérévolutionnaire, vous allez voir, la gauche va l’emporter.
Philippe Poutou
Quand je dis ça, c’est une époque de pensée
David Dufresne
On va faire des bandeaux comme sur les chaînes d’info. Dis-moi ce que je dois écrire. Non, ce n’est pas ça. Tu ne crois pas ça
Philippe Poutou
En avant, non puis en plus, je ne sais même pas. Est ce qu’on reconnaîtrait une parole de révolutionnaire ? Je ne sais même pas si on saurait ça. Je ne sais pas, je n’analyse pas.
David Dufresne
Non mais là tu laisses entendre dire que la gauche est en train de se retrouver. Là, on a quand même l’impression que c’est la réaction qui est en dynamique pour employer ton terme. Voilà. Donc est ce que c’est ton optimisme bien connu, quasi proverbial ? Ou est ce que c’est ce que tu sais, ce que tu ressens ?
Philippe Poutou
Ben oui, mais un peu on peut. Il y a tout qui se mélange dans la tête ou qui se met en même temps dans la tête. C’est à dire que évidemment, on est plutôt autant ainsi dans une situation de grosse inquiétude avec une menace qui est quand même la plus probable malheureusement aujourd’hui, c’est que le RN soit en position de prendre pouvoir, en tout cas veut être premier ministre et de diriger le gouvernement. Et avec les déclarations en plus, parce qu’en fait ils se lâchent complètement. L'élection n’est pas passée qu’on a déjà des déclarations, que ce soit de Tanguy ou du cas notre député ou elle est notre responsable du RN ou Bardella qui commencent à annoncer ce qu’ils vont, ce qu’ils auront envie de faire, à s’occuper des gauchos, s’occuper des migrants évidemment, on va voir, il y a aucun suspense si l’extrême droite arrive et c’est pour ça que nous on dit il faut surtout pas essayer, On n’a pas du tout envie de tester quoi que ce soit de ce côté là. Donc oui, la menace est réelle et on a peur dans la peur. Et il n’y a pas que les jeunes ou les moins jeunes des quartiers populaires arabes noirs qui peuvent avoir peur. C’est que tout le monde a intérêt à avoir peur parce qu’il y a un danger qui est réel, une menace mortelle même. Parce qu’une fois qu’ils arrivent au pouvoir, comme certains disent, on ne sait pas quand c’est qu’ils vont repartir. Donc il n’y a pas à jouer avec ça. Lorsque c’est quand même ça qui domine la période, est ce que je dis ou ce qu’on essaie nous, de mesurer actuellement, c’est que dans cette période là, il y a aussi un potentiel. Mais comme on l’avait vu avec la bataille des retraites il y a un an, en fait, il y a des choses qui sont possibles maintenant. Cette chose possible, elle existe, elle apparaît à un moment donné, et puis malheureusement, souvent, hop, ça s'éteint et on ne sait pas à quel moment ce potentiel révolutionnaire si on peut dire, Mais même un potentiel populaire de colère, de révolte qui sera en capacité d’exercer une pression telle comme on qu’on changerait la donne du point de vue des politiques en place. Mais voilà, on sait que ça existe, on sait que ça, là et là, il y a quelque chose qui prend un peu forme, mais jusqu’où ça peut aller ? Ça, on n’en sait rien. Nous, on va faire partie de celles et ceux qui militons le plus possible pour que ces structures d'équipe de campagne qui sont en place aujourd’hui demeurent après l'élection d’une part, et en plus réaffirme de manière beaucoup plus en confiance un projet radical dans le sens radical, pas au sens impair forcément, mais au sens que déjà de revendiquer des augmentations de salaire, une retraite à 60 ans, des services publics, des moyens dans l’hôpital et dans l'école, déjà ça c’est radical vu l’ambiance à on a vu, ils ont même peur pour eux, c’est déjà ça. Et c’est plus que leur volume qui arrive, c’est carrément aller le danger bolchevique face à face. C’est assez révélateur de la situation. Dire dès qu’on parle un petit peu d’avantages sociaux ou de progrès social, ça devient très radical maintenant.Mais ceci dit, c’est hyper bien de le remettre en avant et de retrouver des militants et militantes qui se disent ben oui, on va on va s’accrocher et on va défendre des augmentations de salaires, des services publics, l’abrogation de la loi sur la retraite, l’abrogation de la loi raciste de Darmanin, la remise en cause des articles de la loi sécurité globale. Voilà, il y a quelque chose qui va se dire on ne sait pas jusqu’où ça ira, mais si ça se construit et si et si peu, on se sentira forts. Plus on se sentira en confiance, plus on revendiquera des choses radicales ou en tout cas très claires. Et donc on revendique une remise en cause du système et de l’ordre capitaliste.
David Dufresne
Alors il y a une particularité quand même, c’est que tu te présentes, si j’ai bien compris, dans la circonscription de Trèbes où le colonel Beltrame avait été tué. Est ce que ça. Se fait là ? A-t-il une. Rend la donne t il une coloration particulière à ta campagne ? Par rapport à tes déclarations sur la police.
Philippe Poutou
Oui, tout à fait. C’est ce que je disais au début, c’est qu’en fait. Bon, évidemment, j’arrive avec moi dans mon image, enfin plus que mon image, parce que la police tue. Et puis bon, on va ressortir. En fait, ils connaissent par cœur mon compte Twitter ou celui du vampire et ils savent en ressortir ce qu’il faut au bon moment quoi. Et ils font un travail extraordinaire et je pense qu’ils connaissent mieux notre programme que le leur en fait. Et c’est dans ces photos là. Et donc effectivement. Donc là, dès le départ, tête départ et ce n’est pas que l’extrême mode Luxembourg s’en est servi, la droite aussi macronienne s’en est servi. Mais que ce soit localement ou nationalement, parce que Rachida Dati, Dupont-Moretti, Ciotti sont sortis ça et là, ils ont ressorti le tweet où il y avait eu suite à la mort de Nahel, je crois. Oui ou non ? Et bah non, du temps.
Philippe Poutou
Quand il y a eu l’attaque d’un commissariat.
David Dufresne
On va appeler le RN local, Ils vont nous dire tout de suite où.
Philippe Poutou
Ils vont nous dire. C’est vrai que c’est le début.
David Dufresne
Nombre de commentaires.
Philippe Poutou
Et qui tiennent les archives nickel quoi. Ils savent tout ce qu’on fait, tout ce qu’on dit. Et là, effectivement, ils s’en sont servis et ils ont dit mais c’est dingue parce que c’est tellement outrancier, c’est tellement manipulateur et on y croit peut être un peu aussi, mais le fait est d’où on ne sait pas, on était embêtés effectivement comment on répond à ça. Et donc ce qu’ils ont dit, c’est qu' à partir du moment où on dit la police tu es derrière, c’est qu’on est pour que des policiers soient ah oui, la police, tu es on en plus pour le désarmement de la police. Donc en fait on est pour que des policiers soient tués. Alors tu es parti on par des terroristes parce que pour l’instant c’est des réalités. C’est arrivé et notamment à Trèbes avec le colonel Beltrame qui avait à l'époque. C’est vrai qu’en plus c’est une histoire très particulière. Il a pris la place d’une personne qui était otage et c’est lui qui va être tué par un terroriste. Donc voilà, donc ça a été un traumatisme d’entrée dans la commune et dans la région. Nous on arrive, on a jamais évidemment applaudi quoi que ce soit parce qu’on est ce qu’on a applaudi la mort de Belgrade. C’est complètement dingue. Ils disent que. Et que quand on découvre le désarroi de la police derrière, ça voudrait dire tout ça. Et donc y charge là dessus et s’est excusé.Comment on répond à ça ? Et donc, et c’est là où ils disent candidement de la honte, c’est une provocation. Vous avez vu les couteaux dans cet endroit-là, traumatisé par le traumatisme ? C’est une réalité, mais nous on n’y est pour rien. Et puis on n’est pas pro terroriste, ou tellement pas. Et il n’y a rien qu’il y a aucun élément qui pourrait aller dans ce sens avait eu cette merde avec rien. Et donc ils jouent aussi sur malheureusement des gens qui sont désemparés et traumatisés. Et ils essaient mais on ne sait pas si ça marche vraiment parce que nous campons quand même depuis une semaine en fait, on entend leurs déclarations, on entend les médias qui sont pas gênés de travers de relayer ce genre de discours à la con. Mais par contre dans la rue, sur le fait, le marché de Lézignan-Corbières, pas loin de Trèbes, des camarades sont allés à Trèbes coller des affiches. Ce weekend, on y est. On va faire le meeting pas loin de Trèbes. En fait, on n’a aucun retour agressif, personne ne vient le choper. Personne. Nos affiches, elles restent. Il n’y a pas d’insultes. Bon après on sait que les équipes RN arrachent nos affiches et qui peuvent dire on n’a pas, on a, Il y a. C’est pour ça qu’on ne sait pas trop ce qui a vraiment profondément ancré dans la tête des gens. Mais nous, on peut penser quand même qu’aujourd’hui c’est eux qui s’affolent, c’est eux qui sentent ça, mais ce n’est pas une réalité très large en fait. Et donc au début, on s’inquiétait un petit peu effectivement, mais là je crois qu’on est plutôt rassurés en fait. Voilà, il y a un climat qui est difficile parce que les gens y croient plus en rien et puis sont plutôt confrontés à la misère et à l'état de souffrance sociale. On comprend ça, on voit ça, mais ce n’est pas ça qui les rend hostiles envers nous quoi. Voilà. Après, ils peuvent ne pas croire au fait que le nouveau Front Populaire puisse être une solution pour eux, ça c’est une chose, mais on ne pense pas que l’ensemble de la population, elle est ça dans la tête, cette sorte de sentiment que nous, on serait des horribles personnages quoi.
David Dufresne
A contrario, est ce qu’il y a des rencontres, des répliques, des questions, des interjections qui te surprennent dans ta campagne ? Est ce que. Est ce que tu apprends des choses ? Dans les préoccupations des arbres.
Philippe Poutou
Ce qui est fabuleux. Moi je trouve, moi militant d’un parti gauchiste très radical, c’est Voilà, ça c’est un truc qu’on est en train de vivre, qu’un peu exceptionnel, exceptionnel, c'était d’arriver à faire une campagne avec l’ensemble de la gauche et donc avec des gens qu’on peut considérer, ou des gens ou des partis du bord qu’on peut considérer comme réformistes et puis avec qui on n’est pas censés faire grand chose. D’ailleurs, c’est le point de vue de Lutte Ouvrière par exemple, ou c’est le point de vue de camarades, y compris de nos anciens camarades du MPR qui aujourd’hui considèrent qu’on fait n’importe quoi, qu’on se fourvoie dans le faux, dans le réformisme et que pour avoir éventuellement des postes, on est prêt à faire n’importe quoi avec, donc des gens avec qui on devrait rien faire. Et nous, on apprend, on avait envie, on était profondément unitaire et on considère depuis un bon moment qu’il faut au contraire, en toute indépendance les uns par rapport aux autres, mais d’apprendre à travailler ensemble parce qu’on est dans des formes d’urgence. Avec le danger de l’extrême droite, on est dans un danger immédiat. Mais en fait, le danger existe depuis quand même assez longtemps. Donc voilà. Donc ça, on avait ça en tête, mais là, la pratique qu’on a aujourd’hui dans la circo de l’Aude, en fait, on est en train de mener à bien. Moi je passe des supers moments et voir les camarades du PS, je dis camarade, mais je n’ai pas honte de le dire. Les camarades du PS, des camarades du PCF, de la FI ou des Verts réfléchissent ensemble à réfléchir à quoi faire, comment faire avec des pratiques. Ils ont leurs pratiques qui ne sont pas exactement les mêmes, liées à des pratiques. Certains membres d’un parti comme le PS ou le ou le PC, mais aussi des partis qui sont liés à plein de cas de corruption, de pots de vin. Et par des pratiques militantes de la façon de militer. La façon de baver sur la façon d’aller voir les autres, la façon de s’y prendre, comment, comment faire du porte à porte, tout ça c’est des choses. Nous, on sait distribuer des tracts, évidemment, mais ce n’est pas facile. On peut le distribuer de manière différente, on peut aborder les gens de manière différente et c’est.
David Dufresne
Un des limites. Un militant PS qui distribue un tract et un militant hyper anticapitaliste qui est distribué des tracts, c’est quoi la différence d’approche ?
Philippe Poutou
Mais on n’a pas le temps. Et puis je ne suis pas un bon papier, je sais pas imiter, mais bon. Mais sérieusement. Et il y a quelque chose au fond, On est content de ces réunions là parce qu’on a un bon, c’est vrai que ça aide, On a on a un objectif qui nous rassemble, c’est celui donc, évidemment de à la fois d’abattre le macronisme et de et d’empêcher le rêve d’arriver au pouvoir. Donc ça, ça aide. Mais en plus on a l’impression qu’on est en train de se dire mais en fait on pourrait militer ensemble, ça veut pas dire que les partis fusionnent, ça veut pas dire que du coup il n’y aurait qu’un seul parti avec Olivier Faure en tête ou Mélenchon en tête. C’est pas ça que ça veut dire, mais ça veut dire qu’on pourrait très bien, là par contre, réfléchir sur une pratique militante qui met en avant l’importance de bien, mettre en place des structures permanentes où les militants et les militants de gauche se retrouvent et à la fois contre le Front national, enfin contre les règles, mais aussi pour la défense de service public. C’est des choses qui n’existent pas. Il y a des collectifs, certes qui existent, mais c’est des choses très temporaires ou très sur un sujet, et on pense qu’on pourrait mettre en place des structures. Et là, la campagne, elle nous permet peut-être d’envisager ça, de commencer à voir que c’est possible. En fait, il y a quelque chose qui, quand, concrètement on pourrait réussir et il y a vraiment la satisfaction de militer ensemble. En tout cas, c’est ce que nous, on ressent par après. Je sais bien que des révolutionnaires ou des super révolutionnaires qui vont nous dire qu’on est en train de dériver dangereusement vers le réformisme et qu’on oublie toute idée anticapitaliste, ça on aura toujours cette critique là. Et là, franchement, je trouve que c’est très plaisant. Et ça, ça donne aussi un peu confiance pour la suite aussi.
David Dufresne
Alors, puisque tu l’as dit avec juste raison, il nous reste 20 minutes, nous n’avons pas le temps, nous n’avons pas le temps pour la gaudriole. Quelles seraient les mesures du programme Nouveau Front populaire que Poutou, c’est-à-dire Philippe Poutou, j’imagine, qui a le plus envie de défendre une question de 20 et 1 h 24 posée par Comment ? Source : Quelle est dans le programme, dans votre contrat de législature, le point qui te semble le plus défendable et que j’ajouterais le moins défendable ?
Philippe Poutou
T’as lu le programme juste avant de répondre à ça ? C’est sur l’idée du programme. Moi je trouve que c’est très bien que ce programme là, qu’il soit là. Alors il a été vite. Visiblement on est pour rien dans le programme en fait un, on n’a pas été mêlé à la discussion, on ne l’a pas invité. Bon, ce n’est pas grave, je sais que tout le monde me dit ça, tous ceux qui viennent postent le programme. Je ne suis pas responsable, je n’étais pas dans les autres.
Philippe Poutou
Bon
David Dufresne
h oui, que vous vous y soyez pas avant, Si. Je te crois. Il y a.
Philippe Poutou
Les écolos et puis et puis le quatre de dire et finalement Tondelier et Faure. Voilà. Donc c’est tout le temps comme ça, pas partout. On n’est pas dans, on n’est pas dans le programme. Mais par contre nous, le programme, il nous va bien. Alors ça fait bizarre de dire ça parce qu’en fait, évidemment, le programme, on pense qu’il faut aller beaucoup plus loin, aller beaucoup plus sur la rupture et beaucoup plus sur la confrontation avec les capitalistes, notamment l’idée de l’expropriation, la socialisation. On va voir ça, Ça y est pas dans le programme tel qu’il est, il nous va dans le sens où de fait, même juste parler d’une augmentation du SMIC de 200 €. Vous parlez de la prorogation de la loi sur les retraites, de la dernière attaque sur les retraites. Vous parlez de l’abrogation de la loi Darmanin ou des discutaient des services publics, des moyens à donner à l’hôpital, à l'école. Pas tout, tout ce qui restait ou même les mètres cubes, les mégawatts gratuits, les premiers mégawatts gratuits pour les. Pour les personnes, l’idée d’une dette d'énergie et d’eau gratuite pour la population. Tout ça, c’est rien. Ça, c’est déjà une rupture avec les politiques ultra libérales qu’on subit depuis des années. Et rien que ça, c’est de remise en cause du système. Là, on le voit d’ailleurs avec la réaction de tous les autres et notamment de Attal et compagnie qui font n’importe quoi depuis qu’ils sont au pouvoir, qui ils sont même pas capables de gérer une dette ou de gérer un budget et qui vont faire la leçon et qui s’affole presque, qui font les affolés, qui vont dire maintenant mais ce programme, il est complètement irréaliste, c’est infaisable et il faut des économistes de gauche, des gens pour dire mais si, regardez les chiffres. Et en fait, c’est très révélateur de la situation dans laquelle on est. En fait, on est tellement imprégné de libéralisme de ce type, cette phrase de Thatcher car si connu, il y a une seule solution il y a que comme ça machin et du coup tout le temps va tout. Toute autre politique donc Monsieur.
David Dufresne
Poutou non.
Philippe Poutou
Non, idéalisme et tout ça. Du coup.
David Dufresne
Non, l’alternative.
Philippe Poutou
Ce n’est pas internet, il je ne parle pas anglais.
David Dufresne
Donc voilà ce je disais, ça va pas mal.
Philippe Poutou
La fraude alternative. Ah ! Et même si c’est dans une semaine, ça veut dire que j’aurai bien à parler occitan. Parce que là, on a rencontré des camarades qui défendent, qui défendent la langue occitane. Et c’est très intéressant aussi de discuter de ce droit de parler sa langue, sa langue régionale. Donc voilà, ça c’est autre chose, mais euh, mais sinon. Donc le programme, je pense qu’il a une fonction politique est très importante, c’est remettre devant quelque chose qu’on a un peu oublié, c’est à dire qu’en fait il y a une y a un système à remettre en cause et c’est lié complètement à la montée de l’extrême droite, c’est qu’en fait c’est l'élection. Elle se nourrit de la misère, de la crise et d’un système qui part en dérive. Et la façon d’y répondre, ce n’est pas juste une question morale, ce n’est pas juste un sale raciste. Vous voulez ça xénophobe ou les sales misogynes ? C’est aussi de discuter de comment on peut répondre, quand, comment assurer en fait que les gens vivent décemment. Et donc c’est la question du salaire, c’est la question du revenu. Et donc la question qui était, qui nous était posée, c'était qui m'étais posée, c'était qu’est ce que je pense que le plus important s’en va ? Tout est important. Mais c’est sûr que la question du salaire, la question se pose. Pas maintenant, mais tout à tout ce qu’il y a. Ce que je dis là, c’est ce que je retiens d’ailleurs, parce qu’il y a 150 points. Et en fait, ce que ce que moi je retiens, c’est ce qui m’apparaît à la fois les services publics, la santé, l'éducation, des moyens, des recrutements. C’est la question du revenu. Et revenu, ce n’est pas juste un salaire, c’est les minima sociales face à ce qu’on appelle les minima sociaux. Et c’est aussi parce qu’on parle du salaire pour les et pour les salariés. Mais toutes les personnes qui ne sont pas salariées, qui sont dans du travail indépendant, ou les commerçants, les exploitants agricoles, les petits surtout, on en est aux petits à chaque fois qu’il y a des revenus garantis en fait. Et donc c’est ces questions là qu’on pense, qui sont centrales. Et derrière, évidemment, c’est la c’est la question de la redistribution des richesses. Ce n’est pas forcément dit comme ça dans le programme, mais on sait très bien que la question de la réalité, du réalisme d’un programme, c’est les moyens pour faire ça, les moyens pour faire ça. On sait qu’il existe, on sait qui sont dans la poche du milliardaire, on sait que ces milliardaires là, ces fortunes disant c’est du vol, du vol légal. Peut être parce que le capitalisme, il légalise ce genre de vol. Ben ça veut dire qu’il faut reprendre ces richesses là sous la forme d’une fiscalité. Qui lui permet de sans retenue distribuée et sous la forme de tas de taxes. Et puis certainement aussi de ça, ça se discute certainement par la suite quand on sera beaucoup plus fort. C’est la question de la socialisation de secteurs entiers de l'économie : l'énergie, la santé. Voilà, il y a des tas de choses à discuter derrière, mais ce programme là, il permet d'être une amorce d’un début. Enfin, en tout cas, on espère à tous les coups, dans trois semaines, qu’on est mort. Laissons monter là et on discute plus de rien. Mais bon, là, en attendant, on est en plein situation où on peut espérer quelque chose quand même.
David Dufresne
Alors figure toi, toi le parachuté, ça va te parler. Nous subissons un raid amical de chez l’ex, que je salue et que je remercie. Soyez les bienvenus. Il nous reste un quart d’heure avec Monsieur Poutou Philippe qui est donc candidat Front populaire du côté de Carcassonne. Alors heu. Puisqu’il nous reste un quart d’heure, je vais te prendre plein de commentaires et de questions sur le tchat. Et alors ? D’abord, il y a un message. Je sais, c’est Joe Dalton, c’est Joe Dalton qui me demande de te dire qu’il t’aime. Je ne sais pas quoi faire de cette expression, mais sache-le. John Clafouti jeune clafouti en faisant du porte à porte en zone rurale, je trouve la question très pertinente. Les gens font souvent mention de leur sentiment d’insécurité ou pas. Est ce que c’est aussi un thème qui revient dans ma circo et que leur répond tu ? Tu nous a parlé tout à l’heure de tes rencontres avec les gens, longuement. Il ne nous a pas parlé de l’insécurité. Est ce que c’est une question qui arrive sur la table ?
Philippe Poutou
Ben là, pour l’instant en tout cas. L'édition qu’on a eue que j’ai eue et que les retours qu’on a, non, ça n’y est pas du tout. Et pourtant on est dans un endroit très marqué par la présence de l’extrême droite et très forte par la parole de l’extrême droite très forte et pas que l’extrême droite. Et puis on voit bien aussi comment les médias sont dans ces logiques là, mais nous non. Dans les discussions, aucune. Et en fait, mais là, vraiment, ça revient à ce que je disais, je crois tout à l’heure, c’est de l’insécurité qui est frappante, c’est celle de cette chose là, c’est ça, c’est une forme d’insécurité, c’est le fait de ne pas sentir que ça va le faire quoi. Et il y a l’absence de revenus ou des revenus très faibles. Et après ? En conséquence, la difficulté de se loger se Carcassonne ou autour de Carcassonne, c’est un peu le problème qu’il y a dans un endroit, c’est que comme c’est une ville touristique où on veut fabriquer de plus en plus de va développer le tourisme, mais derrière ça a des conséquences avec Airbnb. Et puis donc de plus en plus de difficultés pour trouver du logement pour les gens les plus modestes. Donc voilà, c’est ça, c’est cette forme d’insécurité là. Et l’autre, l’insécurité, c’est aussi le fait que y a plus de services publics, ou en tout cas de moins en moins, et notamment de services publics de santé. Ce n’est pas que l’hôpital, ce sont aussi les généralistes qui manquent sur le territoire, mais ça c’est vrai dans l’Aude, c’est vrai dans pas mal de territoires. Donc c’est cette insécurité là qui est, qui est une réalité. Et après il y a une forme d’insécurité qui est réelle, C’est dans les quartiers populaires, notamment du côté des Arabes et des Noirs, où là ils disent que le ils sentent le racisme de plus en plus fort. Et là c’est une forme d’insécurité aussi. Alors après, évidemment, on sait que dans les quartiers populaires de Carcassonne, comme dans beaucoup de quartiers populaires, beaucoup de quartiers où il y a la misère, il y a aussi les trafics de drogue et donc ça existe. On sait et ça crée des tensions effectivement, entre les habitants et les réseaux de trafics. Donc là aussi, c’est vrai, on a mal, ça a été abordé, mais ce n’est pas ça qui vient en premier quoi. Ça fait partie du paysage, c’est sûr, ça fait partie des difficultés pour les gens, ça fait partie d’une peur aussi pour les gens, de cette peur que tout ça, ça devient vraiment quelque chose qui se généralise. Donc il y a tout ça, c’est sûr, mais c’est quand même lié ou en tout cas c’est à l’origine, c’est vraiment cette société de misère qui est en train de s’imposer à une majorité de gens. Et ça c’est la fin. Je pense que c’est la question la plus centrale.
David Dufresne
Alors, il y a beaucoup de gens, par exemple à l’instant sorcière qui dit que l’insécurité c’est Bolloré. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens dans le tchat qui évoquent le rôle de la télévision. La télé fait nourrir une insécurité fantasmée dans leur imaginaire. Je le vois dans mon village nous dit et sentir. Est ce que la question médiatique t’a été déposée ? Et ce que je veux dire quand tu réponds aux gens, est ce que certains te disent sincèrement Ah oui, mais moi ce que j’ai vu à la télé, ce n’est pas ce que vous racontez, monsieur Poutou. Autrement dit, est ce que sur le terrain, tu te bats contre le rouleau compresseur médiatique ou pas ?
Philippe Poutou
Ben un petit peu quand même, parce que Mais à un petit peu parce que, comment dire moi. Sauf s’il y a un décalage énorme entre ce qu’ils entendent, par exemple de l’extérieur, on lit les médias même sur leur candidature, on lit les médias et on voit les réactions des macroniens, du facho. On voit donc la candidature dissidente qui vient de Delga, qui est l’aile droite du PS aujourd’hui, mais qui en position quand même de pouvoir dans la région. Donc si on lit, si on se contente d’avoir un aperçu de la situation à travers ça, et donc les médias qui relaient tout ça, en fait, il y a un gros décalage avec une réalité, une réalité à la fois militante, donc de la campagne qu’on est en train de mener, et puis une réalité de ce qui est dans la tête des gens en fait, même si on sait encore une fois que, aujourd’hui, dans la conscience collective, on est quand même loin. De se comment dire de cette perspective politique de combat social et tout ça, on en est loin. Parce qu’encore une fois, ce qui domine, c’est la résignation. Donc on a ce décalage là. Et par rapport à la question que tu posais ou qui était posée dans le tien, je ne sais pas comment en fait, on est, on ne peut pas tout analyser non plus ou moins. En tout cas, je ne peux pas tout analyser comme ça. Aujourd’hui, on a le sentiment que des choses peuvent bouger, mais comme c’est ancré depuis très longtemps. Donc en fait, on sait qu’on sait que rien n’est simple, qu’en est confronté à des préjugés qui existent, on est confronté à des, à des sortes de confusions qu’il peut y avoir à dire des fois avec une sous estimation évidemment du danger du rêve des fois, y compris même du côté des quartiers populaires ou du côté de jeunes arabes ou blacks passés. C’est là qu’on renvoie tout ça et on essaie d’agir et de convaincre. Voilà, on est, on est là dedans. Quand il y a tout, il y a tout ça. Enfin voilà le côté négatif et le côté positif. Et puis on essaie de réagir au mieux à cette situation.
David Dufresne
Comment ? Monsieur Poutou répond aux attaques qui considèrent que la présence du NPA et de LFI justifient de qualifier le nouveau Front populaire d’extrême gauche et donc de créer un effet repoussoir pour une partie de l'électorat ?
Philippe Poutou
Comment vous attaquer ? Ouais, là ce qui est assez marquant, c’est que, en fait, les mêmes qui diabolisent le Front National ou le RN, ou les idées d’extrême droite depuis très longtemps, c’est toute une panoplie politique et aussi tout un milieu médiatique. C’est les mêmes qui font ça et ils en viennent à diaboliser la gauche et à. Et nous, Du coup, on devient un peu le point d’achoppement de cette diabolisation là en fait. Parce qu’il y a le débat, parce qu’il y a un mordant. Poutou, parce qu’il y a Raphaël Arnault, le militant antifa de Lyon. Donc du coup, ça devient ce qui permet à cette droite et à tous ces réactionnaires ce qui leur permet de diaboliser la gauche. Il y a Mélenchon aussi qui sert à diaboliser. C' est tout simplement la fille qui sert à diaboliser. Et c’est encore on voit bien tout ça, on voit bien comment tout est fait pour briser ça, pour dénigrer et pour faire en sorte que la population, une bonne partie de la population ne puisse pas adhérer à ça puisque ça devient un attelage hyper dangereux en fait. Et on a vu que la menace, c’est plus l’extrême droite. En fait, la menace, c’est ce bloc des gauches et notamment les gauchos qui s’occupent jusqu'à influencer le bloc des boss. Donc ça c’est le contexte, on voit bien et on comprend bien que bien voilà, ça c’est la situation dans laquelle on se retrouve, c’est que les possédants, on ne sait pas s’ils ont peur. Est ce que Bolloré a peur de ce qui se passe aujourd’hui ? Est ce qu’il pense qu'à un moment donné il va y avoir un réveil de la gauche ? On ne sait pas. On peut imaginer quand même que ces gens-là, ils sont tellement contents de leur système, sont tellement à l’aise, ils font leurs affaires, ils sont tous décomplexés, ils sortent tout leur mépris social, leur arrogance sociale, leur haine de classe. Et ils sont tellement tranquilles dans tout ça. Et donc les médias, ça va avec tout ça aussi que peut être que là il y a une situation et peut être qu’ils en veulent à Macron, on ne sait pas. Mais que Macron, à force de faire des conneries, à force d'être con comme il est derrière, ça peut provoquer des choses et ça peut provoquer une colère sociale. Et c’est ça qui peuvent avoir peur. Et donc ça c’est la peur peut être potentielle qu'à un moment donné, hier, comme les gilets jaunes il y a quelques années ou la bataille des retraites, ils n’ont pas oublié ça. Et j’espère qu’ils ne sont pas oubliés dans tout ça, faut pas qu’on oublie ce qu’on fait à la population, à la capacité à un moment donné d’agir et peut être de faire trembler les possédants. Et donc là, derrière cet attelage du bloc des gauches où ils voient que dedans il y a des gauchos peut-être qui se disent hou là, c’est un peu dangereux pour nous là. Et puis s’il faut rediscuter de l’augmentation des salaires ici pour discuter de la retraite à 60 ans, s’il faut discuter des services publics qui doivent se développer, ça devient dangereux pour les affaires. Donc on peut penser qu’il y mesure quelque part un vrai problème politique et donc il cartonne. Et peu importe les arguments, peu importe et aucun scrupule, aucun gens y vont taper dessus et le plus fort possible. Et c’est vrai qu’après le nom de Poutou, le nom de Raphaël Arnaud, ça leur sert de moyen pour monter leur regard, regardez, c’est horrible tout ça, on est là dedans. Alors comment on s’en sort ? C’est ça la question. En fait, ce n’était pas le constat. C'était comment sans ça on ne sait rien. On s’en sort comme on peut en fait. Mais on essaye d'être offensif. Mais je pense qu’il faut être offensif. Je dis ça parce que ça fait un peu court comme réponse, mais je pense que face à une parole de droite et d’extrême droite décomplexée, il faudrait que nous apprenions aussi à être décomplexés. Et ça ne veut pas dire qu’il faut qu’on insulte. Ça ne servira à rien de traiter de connard le facho du coin, même si on le pense bête. Mais par contre, décomplexé à gauche, ça voudrait dire oser affirmer que oui, effectivement, ça prend un système, on s’en prend aux possédants. Oui, on pense que les milliardaires sont des voleurs. Oui, on pense que Macron et compagnie, il faut qu’il soit éjecté, il faut que. Il faut faire tomber le macronisme, faire tomber toutes les politiques autoritaires, faire tomber toutes les politiques libérales et puis parler de loi, d’aller très loin. Il faut partager les richesses, il faut socialiser, il faut développer les services publics, il faut de la démocratie par en bas, partout dans les quartiers populaires. Il faut faire cela. Donc, je pense que c’est ça, on a besoin de tout oser affirmer ça et de ne pas être gêné par ces histoires de réalisme ou de chiffres. C’est quoi aussi comment vous payez ça ? En fait, quand on voit Bruno Le Maire, on a un président qui ne vit rien et on n’a pas de complexe à faire. Certes, on se dit mais oui, mais bien sûr qu’on va se démerder. Et en plus, que ce soit dans les hôpitaux, dans les écoles et tout ça, on sait très bien que la compétence, elle est là, elle est collective, on sait très bien ce qu’il faudrait faire et comment le faire. Après la question de l’argent. Sans déconner, on sait très bien où ça va. Grâce à Challenges, tous les ans, il y a un classement des 500 A, les 500 plus grosses fortunes et en fait un challenge. Tous les ans, ils nous disent que c’est là qu’est l’argent, c’est là qu’il faut aller le chercher.
David Dufresne
Là c’est moins court, mais c’est complet. C’est bien comme réponse. Je pense que Pauline qui est à l’autre bout, je pense qu’on prendra cette réponse comme un teaser pour amener les gens à t'écouter dans la longueur. Il nous reste, il nous reste deux trois minutes parce que demain tu te lèves tôt pour aller acheter chez le challenger, nous dit sa femme. Est ce que. Est ce que Hollande joue l’inverse ? Mais finalement une forme d’instrumentalisation dont vous vous seriez l’aile gauche radicale ? Et lui elle ? Je ne sais pas comment tu peux l’appeler.
Philippe Poutou
Voilà l’aile droite L’aile droite de la gauche, si elle existe. J’ai fait un duplex avec BFM il y a quelques jours et le présentateur sur le plateau. Il me demande ça et me dit Mais alors ça veut dire que peut être vous ferez des meetings avec François Hollande par exemple ?
David Dufresne
On est en train de me dire qu’on pose les mêmes questions qu'à BFM. Là je crois qu’on va être qualifié direct. Là, je crois qu’on est obligé d’arrêter tout de suite l'émission. Bien joué ! Bien joué Poutou. Ah ouais, le coup.
Philippe Poutou
Et j’en ai marre. Là, on est fatigué. Il fait froid et pas tout à fait pareil. Et ce n’était pas le même état d’esprit. Mais qui pose cette question là ? Et le gars de BFM, c’est sûr et certain. En fait, c’est me mettre mal à l’aise ou chercher une idée, une phrase qui pourrait s’accumuler à toutes les autres phrases. Parce qu’il y a quand même pas mal de soucis aussi dans ce blog d’ego. Bon voilà. Et moi j’avais répondu Mais on pense à nous, on le pense en fait, on s’en fout pour l’instant de ça, on s’en fout complètement. C’est-à-dire que Hollande est là, il est là, on ne va pas faire chier, on ne va pas. Il n’y a même pas de candidature dissidente. D’ailleurs, un contre l’ordre, ça aurait pu, hein. Mais bon, là le problème c’est que, en fait, y a un dispositif qui a comme objectif de virer, d’empêcher l’extrême droite de virer Macron, après tout. C’est ce que dit fort, il le dit, il le dit correctement. Tout est dit. Ceux qui. Olivier Faure, le secrétaire comme secrétaire du PS, de tous celles et ceux qui veulent ce qui ont cet objectif là, on y va ensemble. Ça, ça ne nous pose aucun problème. En ayant conscience, évidemment qu’on a de la droite et une aile très à droite parce qu’il y a Hollande, mais aussi l’ancien ministre de la Santé, Aurélien Rousseau. Ça c’est des aberrations en fait, parce qu’en fait ils n’ont rien à voir avec ce programme là. D’ailleurs ça fait sourire. Comment Hollande peut-il soutenir un programme alors qu’il a fait l’inverse pendant cinq ans, hein ? Donc c’est vrai que c’est quand même assez cocasse comme truc. Mais bon, nous on a un objectif, on veut le réaliser. Après, on sait que si on y arrive, on sera en meilleure position pour régler des comptes dans la gauche et pour essayer de discuter de quelle gauche on pourrait reconstruire. Et c’est évident qu’on ne peut pas reconstruire une gauche à la Hollande, ça c’est sûr. On voudrait qu’on soit une gauche beaucoup plus radicale, anticapitaliste. Après, voilà, on nous annonçait la taille qu’on a, donc on sait qu’on ne va pas y arriver comme ça en deux jours. Mais n’empêche que c’est des débats qu’on pense qu’il y aura au sein de cette gauche là et. Et on pense que surtout la gauche ce n’est pas juste une gauche à l’Assemblée nationale, c’est comment on peut reconstruire une gauche militante par en bas, en lien avec les mouvements sociaux et avec les luttes. Et nous, c’est ça ce qu’on a envie de faire. Et on sait que là, Hollande il ne nous embêtera pas dans les réunions
David Dufresne
Allez sur les 22 h et demie qui, comment, comment ? Comment tu gardes la patate ? On était cet après 12 h à la manif. Très belle manif, très joyeuse, dansante féministe et queer. On a rencontré d’ailleurs On a vu le camion NPA anticapitaliste avec une militante avec des lunettes extraordinaires. Bref, hein ? Et certains dans le chat se disaient mais comment peut-on être joyeux ? Comment on peut continuer à rigoler, à avoir ce ton détendu qu’on a là ce soir, alors qu’en fait on est face à un péril, le plus grand des périls. Qu’est ce que tu réponds à ça ? Sur le fait d’avoir malgré tout de la joie, de l’engouement, une forme de galvanisation ? Euh, c’est quoi le fait que la gauche ait réussi un truc dingue d’unité, même si elle est, on le comprend, un peu de façade, c’est quoi ?
Philippe Poutou
On le dit souvent, mais là c’est vrai, dans ce drame, c’est vrai, c’est un peu particulier. Dans cet épisode de campagne électorale, mais c’est vrai dans des combats en fait. Bon, là, ça fait toujours bizarre de dire qu’on est dans une élection, est ce que c’est une forme de lutte ? Ben oui, quelque part, c’est une forme de lutte on est sur une campagne électorale, mais on est en combat. Un combat militant, un combat politique. Et c’est comme quand on se bat contre les méga bassines, on se bat contre cela. Il y a du côté carcassonnais une lutte contre un projet de golf scandaleux et aberrant d’un point de vue environnemental. Et tous ces combats là, en fait, ça suscite toujours ce côté un peu vous n’avez pas des papas joyeux, mais même des fois oui, parce qu' en fait, on entend des contents de se battre, on est content d’emmerder les possédants, on est contents d’emmerder tous ceux qui nous méprisent à longueur d’année quand on relève la tête. Mais c’est vrai. Mais même quand on n’a aucune chance de gagner, elle nous a fort. On s’est battu pendant treize ans pour empêcher Ford de fermer l’usine et on a fini par perdre, évidemment parce que malheureusement, c’est comme dans le football, à la fin, c’est la banque qui gagne, mais à la fin, c’est les patrons qui ne gagnent pas. Bon. Mais ceci dit, quand on se bat, en fait, ce qui est secondaire, c’est est ce qu’on a une chance de gagner ou pas ? Alors on se bat par dignité, on se bat parce qu’on ne veut pas se laisser faire. On se bat parce qu’il n’y a pas de raison de se faire exploiter pendant des années. Et puis abandonner de nous foutre à la porte, à quoi donc ? Et où on a envie d’un projet à la con, genre Amazon à faire tout ce qui peut se passer en ce moment. Donc on relève la tête qu’on se bat et qu’on trouve, même si on n’est pas trop nombreux. Il y a quelque chose de tant de fierté, un sentiment qu’on a une dignité et qu’on fait ce qu’il faut faire en fait. Et ça crée toujours un peu de joie. Et heureusement qu’on est là et que là, on parle du hareng qui n’est pas encore au pouvoir et qui pourrait arriver. Mais bon, on peut imaginer que les combats aujourd’hui, dans certains pays où la vie est beaucoup plus dure, les combats des féministes. En Pologne ou avant tout, je cite comme ça, mais il y a plein de voyants. On peut imaginer que même celui là, se passe souvent dans la bonne humeur parce que parce que la résistance à ça et ça crée du plaisir aussi. Donc je pense qu’on peut garder, tant qu’il y en a qui dit ça, c’est que c’est glissade en quête de la lutte et de la vivre. Voilà, c’est pas faire la galette, ce n’est pas faire un mec cultivé qui sort des grandes phrases mais ouais, ça existe pas, c’est. Et maintenant on est là et franchement et là bon là y a un nous on fait ça super, on est super content avec nos camarades de la gauche à sur Carcassonne et les villages autour. Mais là j'étais à la manif à Bordeaux comme tu dis, la manif était très chouette à Bordeaux en 3000 4000 ans c’est pas hyper musical, hyper dansant, hyper dynamique et voilà, c’est ce plaisir là qu’on a encore des autocollants partout. On est en impôts chez nous pendant la manif, on fait ce qu’on veut dans la rue avec les flics qui sont derrière les pays, ils ne disent rien. Ben voilà. Donc c’est il y a quand même, il y a quand même des choses très plaisantes aujourd’hui et on espère en tout cas que ça contribuera à renforcer notre combat en général et qu’on arrivera à un moment donné à éclater, à changer les choses profondément comme en bonne. En tout cas, on a cet espoir là.
David Dufresne
Merci beaucoup. Tu nous donnes de la force, Poutou te dis Lomig Je suis d’accord, nous dit Charlot. Ceux qui luttent sont ceux qui vivent, nous dit là il y a Nicolas. La révolution doit être joyeuse, nous dit Claudie. C’est court, mais voilà, c’est normal, tu es en pleine campagne, c’est déjà extraordinaire. Tu nous as accordé 1 h. Merci infiniment, Philippe. Et puis, qu’est ce qui peut se passer ? Tu peux être en triangulaire
Philippe Poutou
Oui, je pense qu’avant tout est possible, Jean-Michel l’a dit, mais il n’y a pas de sondage, on ne sait pas. Mais quand même, qu’on soit éliminé du premier tour, ça peut être possible, on sait pas du tout. Tout le monde dit autour que non, à priori on a quand même une forte probabilité d'être au second tour. Mais le second tour, oui, ça peut être une triangulaire, ça peut être macronien, extrême droite et nous voilà. On verra. Mais. Mais bon, ce qui est bien, c’est que comme on n’est pas favori, c’est comme dans tous les sports, si on gagne, si on fait l’exploit, ça sera super chouette pour nous. L’idée serait si on pouvait enlever un boisé. C’est comme à l’Eurovision, un one point c’est un pouvoir, le verbe pouvoir. Et en ajouter un au bloc de gauche, ça nous ferait plaisir ça, dans le sens où on contribuerait à se rapprocher d’une victoire potentielle donc voilà.
David Dufresne
Donc, si je comprends bien, l’information du soir, c’est Philippe Poutou, lecteur de Challenges et fan de l’Eurovision Chavez Philippe, t’as changé, permets moi de te le dire.
Philippe Poutou
C’est le problème du carriérisme en politique.
David Dufresne
On va t’en parler mon brave monsieur. Merci. Merci beaucoup Philippe.
Philippe Poutou
Merci à toi.

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