Présidentielle : le syndicat Alliance auditionne droite et extrême-droite
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Alors attention, nous revoilà, nous revoilà, nous revoilà. Le programme, hop, hop, hop, OK. Amis de la police, amis de l’observation de la police, amies de la critique de la police, amis des abonnements, amis des particules, merci à vous tous d'être là. N’hésitez pas à rameuter la foule, car nous serons bien plus nombreux ici que sur le compte Twitter d’Alliance pour regarder ça. Ah, c’est sûr ! Alors, live streaming… Ouh, il y a de la musique. Je ne sais pas si c’est de la musique libre de droits, je ne sais pas si ça sort des saisies ou pas, cette affaire, donc il faut quand même qu’on fasse gaffe. Vous avez reçu un émoticône niveau 3 du train de la hype. Super, merci beaucoup, merci à vous tous. Bienvenue, bienvenue Au Poste. C’est à un stream sauvage auquel vous allez assister et participer surtout, maintenant, puisqu’en règle générale, Au Poste, c’est du lundi au jeudi à 9 heures du matin. On était avec Marc Endeweld tout à l’heure pour son livre L’Emprise, paru au Seuil. Et là, évidemment, on ne pouvait pas rater ce spectacle. Alliance qui fait donc son grand oral et qui reçoit Valérie Pécresse, Gérald Darmanin, Éric Zemmour, Marine Le Pen. Voilà, ça doit démarrer normalement. Ça aurait dû démarrer il y a deux minutes. À 13 h 22, pas de blague ! Et voilà, c’est parti. Alliance, syndicat né en 1995.
Nous adressions directement un courrier aux présidentiables, mais cette année, nous avons décidé d’innover, donc de le faire sous ce nouveau format, le format d’un grand oral. Je vous informe par ailleurs que, dès à présent, cet événement est retransmis en direct sur les réseaux sociaux, sur le Facebook Alliance Police Nationale, mais aussi sur Alliance TV, que nous sommes fiers de lancer officiellement demain.
Il est Au Poste.
Plusieurs chaînes de télévision également retransmettront en direct cet événement, et vous avez la présence de journalistes qui vont couvrir les échanges pendant toute la journée.
Alors, au vu de la situation sanitaire, je vous informe bien évidemment que tout a été mis en œuvre pour vous assurer une sécurité maximum. Vous avez reçu tous du gel hydroalcoolique à votre arrivée.
Est-ce que le son est bon, les amis ?
… d’avoir le masque tout au long des échanges, même lorsque vous poserez vos questions, et les micros seront désinfectés après chaque utilisation.
Est-ce que le son est bon ? Est-ce que je peux monter un peu, en fait ?
Le moyen pour nous aujourd’hui de parler de sécurité. Donc, vous l’avez vu, le film BAC Nord, je pense que vous l’aviez déjà vu auparavant.
Et Cédric Jimenez, le réalisateur, n'était pas content.
Et nous, et ceux qui en parlent en le connaissant que trop bien, puisque le vivent au quotidien, eh bien, ce film fait l’objet de cette nomination aux César 2022. Alors, comment va se dérouler ce grand oral ? Je vais vous l’expliquer brièvement. D’abord, vous aurez notre secrétaire général, Fabien Vanhemelryck, qui va prendre la parole pendant quelques minutes. Ensuite, nous recevrons l’un après l’autre les quatre candidats qui ont répondu favorablement à notre invitation, à savoir madame Valérie Pécresse pour le parti Les Républicains, monsieur Gérald Darmanin pour représenter la majorité présidentielle et le parti La République en marche. Nous recevrons ensuite monsieur Éric Zemmour pour le parti Reconquête et enfin madame Marine Le Pen pour le Rassemblement national.
Merci beaucoup, merci beaucoup.
La présence d’autres candidats que nous avions invités… Nous avions invité à venir, face à vous, discuter sécurité, je pense à madame Anne Hidalgo, à monsieur Fabien Roussel, à monsieur Yannick Jadot ou encore à madame Christiane Taubira, qui avaient été invités à venir donc s’exprimer et échanger dans le cadre d’un discours démocratique ouvert. Voilà donc, en tout cas, pour ceux qui seront là, non pas d’un discours, justement, d’un débat : ils auront 15 minutes, 15 minutes précises, pour vous faire un discours libre sur leur programme, sur le thème de la sécurité. S’ensuivront ensuite des questions et réponses. Plusieurs d’entre vous poseront des questions à chaque candidat, cinq questions maximum par candidat, pour une durée totale de 25 minutes. Et nous sommes à cheval sur le timing. Pendant cet échange, je vous le rappelle, on vous l’avait dit, mais le but, c’est de respecter le temps de parole de chacun, dans un souci de respect, mais aussi d'équité.
N’hésitez pas à propager la bonne nouvelle que nous sommes 400 et que nous allons décrypter en direct. Nous, nous sommes à cheval sur le décryptage.
… la salle, toujours dans le respect des mesures sanitaires en vigueur et des gestes barrières.
Anne Hidalgo a été invitée, elle a décliné l’invitation.
Je vais sans tarder laisser la parole à Fabien Vanhemelryck, le secrétaire général d’Alliance Police Nationale, qui va poser la question que beaucoup d’entre nous se posent : comment éradiquer la délinquance dans les quartiers ? Je vous demande de l’attendre et de l’applaudir chaleureusement à son arrivée.
Alors, donc là, nous sommes dans un cinéma à Paris, qui est le Club de l'Étoile. C’est un cinéma qui est utilisé pour faire les avant-premières, en fait, de tous les films. Ça peut être des films documentaires, ça peut être des films de fiction, etc. Donc, ce qui explique la raison pour laquelle ils sont là, c’est qu’effectivement, la centaine de… Ah non, mais il met de la musique, là, je peux pas laisser ça. Obligé de baisser, là, je suis désolé. Donc, la centaine de représentants départementaux et régionaux d’Alliance ont vu là, à l’instant, le film de Cédric Jimenez. Donc Jimenez, qui n’est pas très content, quand même. Il n'était pas très, très content de ce qu’il appelle la récupération de son film. J’essaie de vous retrouver ça. Je vais vous retrouver le lien. Il est là. Voilà. BAC Nord, projeté lors d’un grand oral sur la sécurité : son réalisateur n’a pas été prévenu. Le film, déjà cité par Marine Le Pen, Éric Zemmour ou Valérie Pécresse pour défendre leurs thèses sécuritaires, est diffusé lors d’une rencontre à l’initiative du syndicat de police. Voilà, Cédric Jimenez qui évoque une « malheureuse récupération politique ». On a déjà évoqué très souvent… Je remets ça, ça démarre, ça démarrera. Voilà. Donc lui, Fabien…
Le film vous a rendus en pleine forme !
Voilà, donc lui, c’est celui qui a dit…
Je reviendrai, juste avant le petit discours, sur ce que disait Amandine. Rassurez-vous, il y aura un seul discours, celui-ci. La clôture, ce sera juste un remerciement, parce que trop de discours…
Donc, à propos de discours, donc c’est lui qui avait lancé, au pied de l’Assemblée nationale : « Le problème de la police, c’est la justice. »
À propos, ils ont considéré que les candidats à plus de 2 % pratiquent le police bashing, espérant faire plaisir à leur électorat. Ces attaques haineuses et systématiques contre nos collègues ne doivent pas être considérées comme des anecdotes politiciennes, mais comme de réels outrages attaquant la profession, la République. Chers collègues, la sécurité, contrairement à ce qu’on peut dire, n’appartient pas à un parti politique. Oui, chers collègues, nous avons besoin de soutien et d’une remise en cause complète du système. Oui, chers collègues, nos responsables doivent se réveiller et stopper cette hémorragie d’insécurité pour nos concitoyens, nos proches, mais aussi pour nous-mêmes. Des peines minimales doivent être mises en place. Elles ne sont pas, contrairement à leurs détracteurs, anticonstitutionnelles : tout dépend comment elles sont concrétisées. La sanction doit être immédiate, forte et efficace, sans aménagement de peine. Arrêtons, s’il vous plaît, arrêtons de bichonner les délinquants au détriment des victimes. Je vais vous prendre deux exemples. Un dealer, un dealer qui pourrit un quartier mérite dix ans de prison. Qu’il les fasse, qu’il y reste, et pendant dix ans, ce quartier sera privé de ses nuisibles et surtout, il évitera de susciter des vocations chez les jeunes de ce même quartier. Deuxième exemple : l’agresseur d’un policier risque de trois à cinq ans selon le Code pénal. Comment accepter aujourd’hui que la justice puisse le sanctionner d’une peine moyenne ferme de cinq à six mois, au lieu des trois à cinq ans escomptés ? Ce petit message s’adresse à monsieur le garde des Sceaux. Le président vous a donné, dans son discours lors de la clôture du Beauvau de la sécurité…
Donc là, c’est toujours les mêmes choses. Alors, pour répondre, Alliance se dit majoritaire. C’est toujours très, très compliqué.
… c’est le président de la République. Cela fait déjà plus de quatre mois.
S’ils ne sont pas majoritaires, ils ne sont plus loin de l'être chez les policiers en tenue, gardiens de la paix. C’est une partie des CRS.
De quoi vont accoucher vos États généraux de la justice, qui sont encore repoussés ? Et que devient notre observatoire de la réponse pénale, où vous nous avez dit qu’il était mis en place dès le début de l’année ? Monsieur le garde des Sceaux, vous avez un devoir de transparence. Que ce constat se fasse au grand jour, car les citoyens attendent de connaître votre vérité. Mais soyons objectifs. C’est ce qui fait notre force et notre crédibilité. Notre ADN, c’est quoi ? C’est de dire les choses, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Notre ADN, c’est de faire.
Au départ, à Lyon, c’est une création de Sarkozy, au milieu des années 90, pour démolir les syndicats dits de gauche de la police.
Notamment notre ministre de l’Intérieur. Après quand même en avoir épuisé deux, lui semble plus endurant que les deux précédents.
Alors, Burger, dans le tchat, me dit : « Désolé, je suis [inaudible] et je ne peux pas supporter d’entendre ses avis. » Alors, c’est assez intéressant ce que tu dis parce qu’en effet, les représentants nationaux…
Je ne vais pas faire la liste, mais en effet, le matériel…
Pour certains, je ne connais pas le pedigree, pour employer le terme, de ce monsieur. Certains n’ont pas vu le terrain depuis 10, 15, 20, 30 ans. Donc je pense que c’est de ça dont tu veux parler, Burger.
Normalement, si tout va bien, en cours. Cette réforme, d’ailleurs, se doit d'être ambitieuse, digne de celle présentée par Alliance Police Nationale et UNSA Police, dont je salue la présence d’Olivier Varlet, son secrétaire général, ici présent, et Thierry Clair, son secrétaire général adjoint. J’en profite pour saluer nos amis partenaires omniprésents, Patrice Ribeiro de Synergie-Officiers, Olivier Boisteaux, Mathieu Valet du SCPN.
Donc, c’est les commissaires. Donc, en fait, là, il vous a fait l’organigramme. Tout ça, c'était la même tendance, c'était la même famille, sauf qu’il y a, pour les gardiens de la paix, c’est Alliance ; pour les officiers, c’est Synergie. Qu’on comprenne bien. Le SCPN, c’est pour les commissaires.
Alors, imaginez-vous le policier confronté à la dureté, à l’usure du terrain, aux violences et à la misère de celui-ci. Le policier, et vous le savez mieux que moi, assume son rôle avec passion et abnégation. Le flic consacre toute sa vie à son métier, trop souvent au détriment de sa vie privée.
Alors, un point qui est important, c’est qu’Alliance a compris, peut-être avant les autres syndicats, la force des réseaux sociaux, etc. Et donc là, ce qu’il crée aujourd’hui, c’est un coup médiatique assez fort, ce qu’ils fabriquent là.
On pourrait poser la question au garde des Sceaux, encore une fois. Alors, est-il normal de dire à ses enfants de cacher que sa mère ou son père est policier ? Être flic, administratif, technique ou scientifique, c’est vivre cela aussi. Nous sommes fiers, et j’en suis sûr que vous l'êtes, fiers. Nous sommes fiers d'être policiers. Nous sommes fiers de pouvoir les défendre au sein de notre organisation syndicale. Nous sommes forts de notre métier et nous ne laisserons pas tous ces bien-pensants nous piétiner. Et aujourd’hui, comme on a une aura comme ne jamais, autant en profiter pour passer les bons messages. Et aujourd’hui, devant vous, mesdames et messieurs les candidats…
Ne perdez jamais de vue qu’il n’y a pas de fracture police-population quand 75 % de la population aime sa police et 82 % des Français souhaitent la prison pour les agresseurs de policiers. Spéciale dédicace encore au garde des Sceaux : moins d’un Français sur deux accorde sa confiance en sa justice, il ferait mieux de s’en imprégner. Alors, en effet, nous assumons pleinement la fracture avec les délinquants, les auteurs d’infractions, de crimes ou de délits. Je finirai, et j’espère ne pas avoir été trop long, je finirai par rendre hommage à tous nos collègues décédés, blessés dans l’exercice de leurs fonctions, à tous les collègues, malheureusement, ayant mis fin à leurs jours, véritable fléau qu’il faut éradiquer, et à tous ceux qui, au quotidien, au péril de leur vie, assurent la sécurité de nos concitoyens. Merci encore d'être là et maintenant, place aux candidats.
Alors ça, c’est une vraie question. On a eu le discours très classique du syndicat Alliance, donc voilà.
Vous savez qu’on essaie de faire les choses sérieusement. Mme Pécresse, que je vois au fond de la salle, à ma gauche, va rentrer et je lui laisse la parole. Merci d'être venue, Mme Pécresse. À vous de jouer. 15 minutes, je vous rappelle les règles du jeu, je suis obligé : 15 minutes pour, évidemment, développer votre vision de la sécurité, la politique sécuritaire, et 25 minutes pour répondre aux questions. En tout cas, merci beaucoup d'être présente. Merci.
Je vous remercie.
Franchement, j’ai jamais vu ça.
Merci, monsieur le secrétaire général. Je salue aussi les secrétaires généraux des autres syndicats de policiers qui sont dans la salle. Mesdames et messieurs, dans BAC Nord, à un moment, Greg pose la question : « Comment en est-on arrivé là ? » Et je crois que c’est la question que nous nous posons tous ce matin. Comment en est-on arrivé à voir, dans notre pays, toutes les figures d’autorité bafouées ? Il y a les policiers, il y a aussi les élus, il y a les pompiers, les gendarmes, il y a les médecins, les professeurs. Voilà, toutes les figures d’autorité, aujourd’hui, sont attaquées dans notre pays. Alors, on voit aussi que les policiers sont en première ligne de ces attaques. Ils sont en première ligne des attaques terroristes, ils sont en première ligne des attaques de caïds. Ils sont en première ligne et, aujourd’hui, on n’hésite pas même à mettre leur portrait dans les cages d’escalier, mettre leur adresse, mettre le portrait de leurs enfants. Alors, être menacé, ça fait partie du risque que subissent tous les policiers, mais être menacé dans sa famille, c’est autre chose. Et moi, je n’oublie pas, parce que je suis élue des Yvelines, vous le savez, je n’oublie pas le choc qu’a été l’assassinat de Magnanville, de Magnanville, avec monsieur… pardon, avec Jessica Schneider, avec monsieur Salvaing, qui ont été attaqués chez eux, assassinés devant leur enfant de trois ans. Alors, comment est-on arrivé à une telle violence ?
Moi, je crois, je ne voudrais pas être désobligeant, mais il se trouve que, dans l’affaire…
On est aujourd’hui à un moment…
Dans le double assassinat épouvantable de Magnanville, il se trouve que l’enquête a démontré que le tueur avait eu, à un moment donné, à sa disposition un fichier d’un syndicat de police. Je vous laisse rechercher lequel.
Et que c’est peut-être ce fichier qui lui aurait permis d’avoir l’adresse des policiers.
Je veux vous dire merci, vous dire merci à tous. Et Magnanville, il ne faut absolument pas sous-estimer le traumatisme légitime au sein de la police.
C’est pour ça qu’ils y reviennent souvent.
J’allais dire, de toute la nation. Merci de votre engagement, merci de votre dévouement sans faille. Je connais les exigences de votre métier d’honneur. Je sais aussi les risques du métier. Encore hier soir, un policier de la BAC grièvement blessé lors d’un contrôle routier pour une voiture volée. Je sais aussi le stress, la dépression, les risques, ce qu’on appelle les risques psychosociaux, que vous subissez. Douze suicides depuis le début du mois de janvier, c’est un chiffre dont on ne parle pas, mais c’est un chiffre dont, moi, je veux parler. Parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il y a un accompagnement à mener, il y a des choses à faire en matière de santé au travail, en matière de gestion du stress, pour soulager les policiers face aux violences du quotidien qu’ils doivent affronter. Et puis il y a aussi la paperasse, la bureaucratie qui vous écrase et qui vous empêche parfois, souvent, de faire votre métier comme vous aimeriez le faire, qui vous empêche d’aller jusqu’au bout de vos enquêtes, qui nous empêche d'élucider un certain nombre d’affaires que vous aimeriez avoir la possibilité d'élucider. Alors, c’est vrai que toutes ces pesanteurs, toute cette dureté de votre métier, elle use les caractères les mieux trempés, parce que vous avez en général des caractères bien trempés. Et moi, je voudrais aujourd’hui rendre hommage, rendre hommage à tous vos collègues, à tous vos collègues qui sont tombés, qui sont tombés dans l’exercice de leur mission, à tous ceux qui ont été blessés. Et je pense à leurs familles, je pense à leurs proches, je pense à leurs frères d’armes. Et puis je voudrais aussi avoir une pensée pour tous ceux qui ont mis fin à leurs jours. Alors moi, je serai toujours à vos côtés. Présidente de la République, je serai à vos côtés. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que jamais je ne dirai qu’il y a des violences policières dans la société. Parce qu’admettre qu’il y a, utiliser ce terme de « violences policières », c’est admettre qu’il y a une violence systémique de la police. Et ça, c’est faux. Et on ne peut pas, parce qu’il y a des erreurs individuelles ou des fautes individuellement commises, jeter l’opprobre sur tout un corps de métier. Un président de la République ne devrait jamais dire ça.
Bonjour les amis !
Et je vais vous dire autre chose.
Formule sur formule.
L’autorité, ça ne se choisit pas à moitié. Ça ne se choisit pas un jour sur deux. On ne peut pas, un jour sur deux, venir dire aux forces de l’ordre qu’elles font un travail formidable et, le lendemain, dire qu’elles commettent des violences policières. On ne peut pas, un jour sur deux, venir décorer des policiers pour leur bravoure et, le lendemain, dire qu’on les soupçonne de racisme. Voilà, ça n’est pas possible. Voilà, je serai indéfectiblement en soutien des forces de l’ordre. Un président, une présidente de la République, elle doit soutenir ceux qui sont ses bras armés contre le crime, contre les infractions, contre les trafics, contre les délinquants, contre le terrorisme. Alors, le sujet, c’est que nous avons aujourd’hui un jeu de rôle. Nous avons un jeu de rôle qui est classique, qui est un jeu de rôle auquel nous avons été souvent habitués par les gouvernements de gauche, c’est que l’Intérieur tient des discours…
Frédéric Péchenard a été très longtemps le grand patron de la police.
On a un ministre de l’Intérieur qui dénonce l’ensauvagement de la société…
Serviteur de Nicolas Sarkozy, pareil.
… un ministre de la Justice qui fait une circulaire en expliquant qu’il faut incarcérer moins parce qu’il n’y a pas assez de places de prison. Alors, ce jeu de ping-pong entre le ministère de la Justice et le ministère de l’Intérieur, il doit cesser. Et maintenant, il faut qu’on trace un sillon droit. Il faut qu’on trace un sillon droit et il faut que justice et police, qui sont finalement les deux pieds d’une politique de sécurité, les deux maillons de la chaîne d’autorité, travaillent la main dans la main, qu’ils soient tous les deux aussi solides l’un que l’autre. Alors oui, moi, je veux vous protéger. Vous protéger, je l’ai dit dans les mots, en vous donnant mon soutien indéfectible ; vous protéger dans les actes. Nous allons faire, si j’arrive à la présidence de la République, une grande loi de programmation des moyens de la police et de la justice. Alors, je sais que le gouvernement vous en a promis une en mars. À trois semaines des élections, c’est un peu facile d’essayer de réparer toutes les défaillances d’un quinquennat à trois semaines des élections. Bien évidemment, tout ce qui sera fait de bien dans cette loi, je le maintiendrai. Mais il faut aller plus loin. Moi, ce que je pense, c’est qu’il faut absolument qu’on ait une loi, un plan Orsec pour la justice. Parce que vous l’avez dit, vous l’avez dit dans votre manifestation le jour où vous êtes venus devant l’Assemblée nationale : aujourd’hui, le problème, c’est la sanction. Je dis la sanction plutôt que la justice parce qu’en réalité, on a une justice qui est noyée. On a des magistrats qui sont noyés sous les affaires, on a des magistrats qui n’arrivent plus à juger vite, qui n’arrivent plus à juger efficacement, et des peines qui ne sont pas exécutées.
Mais ça, c’est assez classique.
On a un gouvernement qui reste très imprégné par cette culture de l’excuse qu’on connaît bien et qui fait que…
Donc là, elle coche, on aurait dû faire un bingo.
Quand il s’agit de sanctionner les délinquants et de les mettre hors d'état de nuire, il n’y a plus personne. Et moi, c’est ça que je n’accepte pas, cette espèce de double jeu. Ça s’appelle le « en même temps ». Ben moi, le « en même temps », avec moi, ce sera terminé. Terminé. Alors, ça veut dire quoi ? Ben ça veut dire que je vous protégerai avec cette loi de programmation. Je vous donnerai les équipements les plus modernes, parce que la vérité, c'était la paupérisation de la police. On a recruté, c’est vrai. Et je sais que certains d’entre vous reprochent au gouvernement auquel j’ai participé d’avoir diminué les effectifs, mais je vous renvoie au rapport de la Cour des comptes qui viennent de sortir. Sous Sarkozy, il y a eu moins d’effectifs et plus de policiers sur le terrain. Aujourd’hui, avec l’inflation des procédures pénales qu’on vous a infligées, il y a plus de policiers qui ont été recrutés sur tous ces derniers temps, il y a moins de personnes sur le terrain, et le sujet, c’est surtout votre paupérisation.
Je vais vous mettre le lien sur le rapport de la Cour des comptes.
Il se trouve, mais j’en parlerai tout à l’heure, que moi, je suis venue, dans ma région, au secours des policiers, notamment à la demande d’Alliance, pour pallier les carences d’un État défaillant. Quand vous voyez une voiture de police en Île-de-France sur laquelle il y a marqué « Région Île-de-France »…
C’est la région. Parce que, justement, si ça vous intéresse, donc la Cour des comptes, le rapport de la Cour des comptes qu’elle vient d'évoquer, je vous ai mis le lien vers l’article du Monde.
Les moyens technologiques pour enquêter, les moyens pour poursuivre les délinquants, avec des véhicules qui soient dignes. Ça, c’est important. Ensuite, il y a la question du floutage des visages. Moi, je souhaite que vos visages soient systématiquement floutés. Je souhaite désormais qu’on vous protège et qu’on protège vos familles. La légitime défense, ça fait des années que je plaide, avec Thibault de Montbrial, qui est un de mes proches…
Et l’avocat des policiers.
… pour que l’excuse de saisissement, c’est-à-dire la surprise, soit prise en compte par les juges pour examiner la proportionnalité de la légitime défense des policiers. Pourquoi ? Parce que j’ai eu maints témoignages de policiers et de policières qui n’avaient pas osé sortir leurs armes parce qu’ils étaient face à des personnes non armées, mais qui se sont retrouvés dans le coma, qui se sont retrouvés à l’hôpital très grièvement blessés parce que, en réalité, la violence de l’attaque peut être abominable. Et donc, on a besoin aujourd’hui que vous soyez confortés dans la possibilité de vous défendre si vous êtes attaqués par des gens qui sont ultra-violents, même s’ils ne sont pas toujours armés. Alors, par ailleurs, je souhaite une sanction exemplaire. Il faut un électrochoc d’autorité dans ce pays. Il faut des sanctions exemplaires. Quand on touche à un policier, c’est un an de prison ferme, peine plancher, et on ne peut pas y déroger. Et là, je peux vous dire, ça va ramener le calme. Ça va ramener le calme dans les cités. Peine plancher : un an de prison ferme automatique si on touche à un policier, un gendarme, une figure d’autorité. Vous protéger, mais aussi, et c’est très important, ramener l’ordre. Ramener l’ordre dans le pays. Alors, pour ramener l’ordre, eh bien, il va falloir effectivement mettre en place…
C’est marrant comme un discours…
… pour faire l’impunité zéro…
… où il n’y a pas d’ambiance.
Plan Orsec pour la justice, donc je vous en ai parlé. Plan Orsec pour la justice, c’est quoi ? Ce n’est pas une augmentation de 8 % du budget comme cette année, c’est une augmentation de 50 % du budget de la justice dans les cinq prochaines années, avec l’ouverture d’un tour extérieur auquel je souhaite qu’un certain nombre de spécialistes de la police, de la sécurité, puissent participer. Je souhaite qu’un certain nombre de membres de la police puissent devenir magistrats, puissent devenir greffiers, puissent venir au soutien de cette autorité judiciaire qui a besoin de talents. Donc, nous allons mettre en place ces budgets. L’objectif de l’impunité zéro, c’est quoi ? C’est généraliser les comparutions immédiates en cas de flagrant délit, c’est aller vite. C’est aussi pouvoir avoir des sanctions dans les six mois pour tous les délits de la vie quotidienne. C’est l’exécution des peines aussi. 445 jours pour un travail d’intérêt général ! C’est normal qu’on ait de nouveaux barbares qui, de plus en plus jeunes, vous défient, parce que « qui casse paie », c’est un beau principe, enfin, ce n’est jamais le cas. Donc moi, je mobiliserai toutes les collectivités pour que les travaux d’intérêt général puissent être réalisés le plus rapidement possible. Et puis on ira chercher les amendes, on tapera les délinquants au portefeuille, et puis on mettra en place, et ça il le faut, une juridiction nationale anticriminalité organisée. Parce qu’on sait bien qu’aujourd’hui, c’est aussi par l’argent qu’on démantèlera les réseaux mafieux et la voyoucratie.
Alors ce n’est pas qu’elle est insupportable, c’est qu’elle est totalement injuste.
Remettre de l’ordre, c’est aussi remettre de l’ordre à nos frontières. Vous allez me dire : « Elle va nous parler d’immigration, quel rapport ? » Si, il y a un rapport. Il y a un lien entre immigration et terrorisme, on le connaît. Il y a aussi un lien entre immigration et délinquance, entre intégration ratée et délinquance aussi, dans des quartiers qui sont aujourd’hui devenus des quartiers d’enfermement. Vous venez de voir le film qui l’illustre le mieux. Donc, le sujet aujourd’hui, c’est de reprendre le contrôle de nos frontières. Alors, c’est le premier signe, à mon sens, d’une puissance et d’une souveraineté.
Je vais essayer de garder mon calme.
Je sais que le président de la République candidat, ce matin, parle des frontières, mais il vient de dire qu’il ne croyait pas aux quotas migratoires. Moi, j’y crois, aux quotas migratoires. Parce que je crois que c’est la meilleure façon de reprendre le contrôle. C’est quoi, un quota migratoire ? C’est la possibilité que nous aurons de dire : zéro visa pour les pays qui ne reprennent pas leurs clandestins. C’est comme ça qu’on reprend le contrôle. Et de la même façon, il faudra des frontières physiques aux portes de l’Europe. Donc moi, je le dis : reprendre le contrôle de l’immigration, c’est déjà un premier pas vers plus de sécurité. On a 27 % des détenus dans nos prisons qui sont étrangers. Ils iront purger leur peine de prison dans leur pays d’origine. On fera des accords avec eux. Et l’idée, c’est que ces réseaux mafieux internationaux, on puisse les démanteler avec des outils nouveaux. Ensuite, il y a la question de la reconquête des territoires. Nous avons des quartiers ghettos. Ça fait des années que je suis mobilisée pour dire qu’il faut éradiquer les ghettos. Pour les éradiquer, il faut avoir le courage de dire qu’il va falloir détruire et reconstruire. Et reconstruire des quartiers où il y a de la vraie mixité sociale, avec un plafond anti-ghetto : pas plus de 30 % de logements sociaux dans un quartier. S’il y a plus de 30 % de logements sociaux, ça devient un quartier d’enfermement. Il faut une stratégie de peuplement, il faut que les classes moyennes soient majoritaires dans tous les quartiers de France. Et comme ça, on y remettra de la sécurité, comme ça, on y mettra de l’ascenseur social. Mixité, sécurité, réussite : c’est comme ça qu’on fait un quartier calme et tranquille. Aujourd’hui, il faudra éradiquer ces zones de non-droit qui deviennent aussi, très souvent, des zones de non-France, où la République ne pénètre plus. Et moi, je serai dure avec le crime et dure avec les criminels. J’ai parlé d’aller récupérer le Kärcher. Je serai dure avec les criminels, mais je serai aussi protectrice avec tous les habitants de ces quartiers qui, eux, demandent à ce que la République revienne chez eux. Alors, il faudra aussi s’attaquer au terrorisme islamiste, qui est un véritable totalitarisme. Pourquoi je vous ai parlé de Magnanville, de Jean-Baptiste Salvaing, de Jessica Schneider ? Mais j’ai aussi vécu très douloureusement la mort de Stéphanie Monfermé à Rambouillet, la mort de Xavier Jugelé à Paris, l’attaque de la préfecture de police. Enfin voilà, je suis la présidente de la région qui a été la plus frappée par le terrorisme islamiste depuis des années, et je sais que les policiers sont en première…
C’est indigne !
Ce sont les premières cibles, avec nos militaires de l’opération Sentinelle. Donc là, sur la question du terrorisme islamiste, la question est simple : c’est la surveillance des mosquées. C’est, pour les prêcheurs de haine, la prison ou l’expulsion. Et là, il faut être implacable. Et ça, ça se fera avec le renseignement territorial. Mais là-dessus, il faudra être d’une main de fer. Ensuite, dernier sujet, pardon, la violence des manifestations, si je peux conclure. La violence des manifestations. On ne peut plus accepter que vous soyez la cible de violences impunies dans les manifestations. J’aurai l’occasion de répondre à une question là-dessus, mais ça n’est plus…
Ah, donc les questions sont préparées, en fait ? Super. Ça fait quand même deux fois qu’elle nous explique qu’elle va parler après.
Pour vous protéger. Alors, juste pour conclure, je dirais qu’aujourd’hui, tous les candidats qui vont venir vous voir vont vous faire des déclarations d’amour. Tous, ils vont vous dire qu’ils aiment la police. Moi, je ne fais pas que des déclarations. Moi, j’ai une particularité : moi, je donne des preuves d’amour. Et c’est peut-être la différence avec tous les autres candidats. Moi, j’ai donné des preuves d’amour. J’ai rénové vos commissariats. J’ai équipé les policiers. Je les ai protégés. Je leur ai donné la gratuité dans les transports pour qu’ils puissent circuler. Je leur ai donné des masques quand personne ne voulait leur en donner. Et je leur donne des logements parce que je considère qu’ils sont en première ligne et qu’on doit leur donner des conditions de vie dignes pour que leur exercice se fasse dans des conditions sereines. Moi, je ne fais pas que dire. Moi, je fais. Je prouve. Et j’ai donné des preuves d’amour et je continuerai à en donner.
Donc, applaudissements.
Merci, madame Pécresse. On va passer aux questions maintenant, sur le thème de l’ordre public, par Pascal.
Bon, écoutez, c'était affligeant, mais éloquent.
Je suis Pascal Courtimans, donc je suis délégué régional adjoint des CRS, Alliance Police Nationale, pour la région Île-de-France. Depuis 2016, nous connaissons des manifestations ultra-violentes, comme la loi Travail, les Gilets jaunes, la réforme des retraites, les manifestations anti-vaccin, qui ont engendré des troubles à l’ordre public importants. On déplore plus de 2 000 blessés dans les rangs de la police et des millions d’euros de dégâts au domaine public. Devant tant de désordres, à notre sens, les services de police sont démunis de moyens législatifs pour écarter des individus particulièrement violents. Madame, à l’instar de l’Allemagne, seriez-vous prête à adopter un dispositif légal mettant en place un système d’arrestation administrative préventive dans le cadre de nos missions de maintien de l’ordre ? De même, seriez-vous prête à instaurer une disposition administrative d’interdiction de manifestation ou de participation à un rassemblement à l’encontre d’individus ayant des pratiques violentes ?
Alors d’abord, c’est évident que c’est un choc, à chaque manifestation, à chaque manifestation qui dégénère, c’est un choc de voir à quel point nos policiers se retrouvent, là encore, sous le feu de la violence. Moi, il se trouve que j’ai une petite expérience de ces manifestations ultra-violentes puisque, vous le savez, j’ai fait la réforme des universités en 2010 et j’ai eu, pendant neuf mois, les mêmes black blocs contre moi dans les universités. J’ai eu 70 évacuations de facs qui se sont déroulées dans des conditions très violentes.
Bienvenue J.-B. Perrin, bienvenue.
On n’a que trop attendu et maintenant, ça suffit. Donc oui, il faut aller vers une action administrative pour empêcher de manifester les ultra-violents. On a déjà un outil, c’est les jugements d’interdiction de manifester qui ont frappé un grand nombre de black blocs qui ont troublé l’ordre public ces derniers mois, ces dernières années. On a cet outil. Maintenant, il faut que les préfets puissent, sur la base de ces condamnations, prononcer les interdictions administratives de manifester. Alors, comment ça se manifestera ? Moi, ce que je propose, c’est qu’on fasse une obligation de pointage pour tous ces voyous qui sont interdits de manifester, ces ultras. Il faut qu’ils aient une obligation de pointage une heure ou deux heures avant la manifestation. Et s’ils ne viennent pas, on va les chercher, voilà. Effectivement, il faut qu’on les arrête avant qu’ils manifestent. Et puis, il faut que ce soit double peine s’ils enfreignent, évidemment, leur interdiction de manifester. Ça ressemble un peu à ce qu’on a fait pour les interdictions de stade pour les hooligans, en réalité.
Nous allons maintenant passer à la question sur le thème de la réponse pénale.
On ne se moque pas des problèmes techniques, ça nous arrive aussi.
Encore une fois, il y avait une grande confusion dans la réponse de Valérie Pécresse. Le Code pénal prévoit des peines minimales et des peines maximales. Nous constatons de plus en plus que le policier est agressé, il subit des outrages, des agressions violentes. Vous avez parlé, dans votre discours, d’un an ferme concernant des outrages ou des agressions. Qu’envisagez-vous de faire si vous êtes élue sur ces peines minimales, sachant notre position, et, de manière générale, sur les missions de service public, sur les agents qui représentent les missions de service public ?
Moi, je veux protéger tous ceux qui exercent des missions d’autorité, mais aussi ceux qui exercent des missions de service public et qui se retrouvent, eux aussi, sous le coup de la violence. J’ai été complètement bouleversée, comme vous tous, par l’assassinat de Samuel Paty. Donc on voit bien que toutes les personnes qui exercent des missions de service public sont aujourd’hui menacées. Donc, je l’ai dit : un an de prison ferme dès la première gifle, dès la première… dès la première agression. Un an de prison ferme et avec une mise sous écrou immédiate. Quand le président de la République est giflé, c’est comparution immédiate, écrou immédiat. Il n’y a pas que le président qui représente l’autorité de la nation en France. Il y a aussi tous les policiers.
Oui, c’est le bureau des pleurs, absolument.
Et par ailleurs, il va falloir aussi travailler, pour que les sanctions soient plus efficaces et qu’elles soient prononcées le plus rapidement possible, à la simplification de la procédure pénale. Et ça, je sais que vous êtes favorables à cette simplification pour pouvoir mieux travailler. Donc un seul cadre d’enquête, pas deux, pour pouvoir avoir plus de pouvoirs, pour pouvoir mener vos enquêtes.
Merci beaucoup. Nous allons passer maintenant à la question sur la protection du policier, par Sébastien.
Sébastien Soulet, secrétaire départemental Alliance. Nous, on aimerait savoir… C’est l’identité des fonctionnaires de police. Vous l’avez un peu abordé, c'était déjà sur le floutage des fonctionnaires, mais il y a aussi l’anonymisation des procédures et d’autres mesures dont vous allez parler dans votre programme ?
Alors moi, je suis, je l’ai dit, pour l’obligation systématique de floutage des visages des policiers. C’est pas acceptable que vos visages apparaissent sur les réseaux sociaux, c’est pas acceptable que vous soyez jetés en pâture. Par ailleurs, je pense qu’on peut aller plus loin, comme vous le proposez et le suggérez, dans l’anonymisation des procédures. On le fait déjà dans le cadre du terrorisme. Je pense qu’il faut le faire aussi pour les affaires de criminalité organisée et de trafic de stupéfiants, parce qu’il s’agit de réseaux qui sont ultra-violents. J’ajoute qu’on sait bien que tout ça fonctionne parfois la main dans la main. Donc, on a besoin aujourd’hui, vraiment, de pouvoir vous protéger en anonymisant les procédures. Par ailleurs, je pense qu’il faut vous donner des moyens supplémentaires d’action. J’ai parlé des technologies les plus récentes et les plus performantes. Alors, je me suis beaucoup battue pour que les drones puissent avoir un cadre d’emploi, parce que je pense que ce sont des outils qui sont très précieux, très utiles, notamment pour contrôler les rassemblements de foule, notamment en matière d’intervention de nuit, pour éclairer des scènes de crime, etc. Donc, il faut une vraie doctrine d’emploi des drones. Il faut aussi une vraie doctrine d’emploi de l’intelligence artificielle. Vous allez avoir à exercer le maintien de l’ordre dans des conditions de plus en plus difficiles et les vidéo-patrouilles vous aident énormément.
Ça, c’est intéressant, hein. C’est-à-dire qu’elle anticipe la dureté de la confrontation pour pouvoir repérer les troubles avant même qu’ils se produisent.
Vous aider aussi à vous projeter, à pouvoir embarquer des centres de supervision dans des voitures de police. Donc, il faut pour ça moderniser…
Une bonne remarque de Chris : c’est marrant parce que ce sont les premiers à se plaindre d'être impuissants face à l’anonymat des réseaux sociaux je dis relatif, d’ailleurs — mais qui veulent eux-mêmes jouir de ce pouvoir d’impunité dans les rues.
C’est important, les caméras GoPro, parce qu’on sait très bien que, dès que vous filmez, eh bien, tout de suite, la charge de la preuve n’est plus contre vous, mais elle est avec vous. Et donc, ça vous protège, bien évidemment. Voilà ce que je voulais dire. Alors, évidemment, sur la protection des policiers, il y a aussi toute la chaîne pénale des sanctions que je n’ai pas mentionnée dans mon discours, mais je veux durcir toutes les sanctions. Je veux une majorité pénale…
Il y a 15 minutes de discours et ensuite, il y a cinq questions-réponses qui sont préparées à l’avance.
C’est que c'était 20 000 places de prison. C’est mon métier de construire, elles ne sortiront pas de terre avant deux ou trois ans. Donc le sujet, c’est : comment est-ce qu’on fait aujourd’hui, alors qu’on a une circulaire du garde des Sceaux qui dit qu’il ne faut plus écrouer parce qu’il n’y a plus de places ? Eh bien moi, je crois qu’on peut faire des prisons provisoires, des centres de détention, en réalité, avec des bâtiments désaffectés, avec des Algeco dans les cours de prison, qu’on fasse feu de tout bois. Et qu’on utilise la pénitentiaire pour garder des détenus sous bracelet électronique dans les centres de détention. L’objectif, c’est de les éloigner de leur quartier. L’objectif, c’est de les sortir des lieux où ils continuent de pratiquer leurs trafics en toute impunité. Parce qu’en fait, on sait bien que le bracelet électronique, dans les quartiers, c’est devenu un peu la Légion d’honneur des voyous, au grand dam des victimes, mais aussi au grand dam des policiers qui font leur boulot, arrêtent, font condamner et voient la peine aménagée. C’est inacceptable. Nous, on rétablira les courtes peines de prison.
Merci. Nous allons passer maintenant au thème de la retraite du policier, par Julien. Si tu peux nous préciser ton affectation administrative également, s’il te plaît.
Bonjour, madame Pécresse. Je suis affecté au commissariat de Villeneuve-Saint-Georges. J’en profite d’ailleurs pour saluer l’ensemble des collègues du Val-de-Marne, et notamment ceux de la BAC territoriale, dont certains ont été blessés en intervention très récemment à Champigny-sur-Marne. Alors, ma question est la suivante : comme vous le savez, plusieurs réformes des retraites ont impacté celles des policiers. Donc je voulais savoir comment envisagez-vous de préserver cette catégorie active des policiers ainsi que leur statut spécial, au regard vraiment de la difficulté du métier ? Il doit être…
Bonjour depuis Twitch, Ugo Bernalicis.
Et concernant la retraite, moi, je suis favorable mais c’est pour ça que j’ai un autre métier, donc ça s’appliquera aussi aux policiers. Je suis favorable à la libéralisation totale du cumul emploi-retraite. Pourquoi ? Parce qu’on a besoin des policiers retraités. On en a besoin, comme on a besoin de faire appel aussi aux juges retraités, comme on aura besoin de faire appel aux professeurs retraités. Si on veut redresser nos services publics, tous les jeunes retraités qui ont l’expérience, qui ont leur métier dans les mains, doivent pouvoir continuer à œuvrer. Notamment dans la sécurité privée, où les besoins sont immenses et où, moi, je préfère voir embaucher des anciens policiers pour former notamment les plus jeunes et pour organiser le métier. Donc, les besoins sont immenses, et c’est pour ça que je libéraliserai le cumul emploi-retraite.
Merci. Enfin, dernière question sur le thème du pouvoir d’achat, par Emmanuelle.
Je vous rappelle que vous pouvez jouer avec le néon dans le tchat. Il y a des commandes secrètes, à vous de les trouver.
Représentante Alliance Police Nationale sur la région Sud, Marseille plus précisément, en fonction sur les circonscriptions de Vitrolles-Marignane. Donc, ma question est relative au pouvoir d’achat. Dans le cadre de la future loi d’orientation et de programmation pour le ministère de l’Intérieur, des déclarations ont été faites et un budget supplémentaire de 15 milliards d’euros a été annoncé. Comptez-vous respecter ou améliorer le montant et le calendrier de cette future loi afin d’augmenter le pouvoir d’achat et le déroulement de carrière des policiers, ainsi que des personnels administratifs, techniques et scientifiques ?
Moi, j’attends de voir ce qu’il y aura dans cette loi parce que j’ai compris qu’elle était à horizon 2030. Si elle est à horizon 2030, elle n’engage pas grand monde parmi les candidats qui sont en lice. Donc, je vais voir ce qui est dedans. Bien évidemment, s’il y a des avancées, on les maintiendra, si je suis élue, et on ne reviendra pas dessus. Moi, ce que je souhaite, c’est poser la question du paiement des heures supplémentaires. Voilà. Moi, je suis la candidate du pouvoir d’achat dans cette campagne, et je souhaite que les heures supplémentaires soient intégralement payées. Aujourd’hui, vous savez, seules les CRS y ont droit. Je connais le coût que cela représente et je pense que ça n’est que justice. On a besoin de policiers qui soient motivés, y compris motivés pour faire des heures supplémentaires, et il faut que ces heures supplémentaires soient payées. Par ailleurs, je l’ai dit, je souhaite que les policiers fassent partie des travailleurs de première ligne prioritaires dans les logements sociaux. Pourquoi ? Parce qu’on a besoin de vous, et puis on a besoin aussi de vous donner des conditions de vie dignes. Alors, logements sociaux, pas forcément dans la ville où on travaille, voilà. Logements sociaux, peut-être dans un autre territoire, voilà… Ensuite, je souhaite la fusion des grades de gardiens…
Donc là, on voit bien qu’elle lit sa fiche, puisque donc on a compris que les questions ont été données avant. Les questions ont été données avant ?
La possibilité de devenir magistrat s’il reprend ses études et s’il a besoin, envie, de passer dans un poste judiciaire. Je mettrai fin, je le dis, à la réforme de la DGPN parce que j’estime qu’elle n’est pas opportune en ces temps difficiles. Je crois qu’il faut un moratoire, parce que je m’inquiète, dans cette réforme, du volet investigation. Et j’ai peur que les enquêtes passent à la trappe. Et aujourd’hui, tout le monde le sait, et y compris les juges nous le disent, on a besoin que les policiers puissent avoir plus de temps pour faire leur travail d’enquêteur. Et je sais que si vous avez rejoint la police, c’est aussi pour pouvoir avoir ce moment d’enquête qui est tellement important aussi dans votre mission. Et je voudrais dire aussi, sur les conditions de travail, que je veux un plan de prévention des suicides. On parle de bien-être au travail, on parle de santé au travail dans tous les métiers. Il n’est pas normal qu’on n’en parle pas sans tabou dans la police. Moi, vous le savez peut-être, je suis une petite-fille de psychiatre. Les questions de santé mentale ne doivent jamais être taboues. Quand on a… comment dire… quand on ressent un début de burn-out, il faut le dire, il ne faut pas avoir peur. Et il faut qu’aujourd’hui, on ait beaucoup plus de dispositifs de prévention, parce que ça brise des vies et parce que ça brise aussi des équipes qui se sentent totalement coupables. Donc je pense qu’il faut qu’on ait ce plan de prévention et je le mettrai en œuvre.
Merci beaucoup. Je vous remets un questionnaire d’Alliance Police Nationale avec différentes questions. On aimerait que vous y répondiez prochainement et je vous laisse le mot de la fin.
Le mot de la fin, c’est de vous dire que je veux rétablir l’ordre. Je veux que la peur change de camp. Je veux redonner aux policiers la noblesse de leur métier et je veux aussi qu’en face de vous, vous ayez des gens qui aient la crainte de la police. Et pour avoir la crainte de la police, il faut savoir que, quand on s’attaque à un policier, on sera sanctionné. Il faut savoir que la nation sera toujours derrière les policiers quand ils seront attaqués. Et il faut que le président de la République vous soutienne indéfectiblement. Moi, je vous soutiendrai indéfectiblement, comme je l’ai fait à la région. J’ajoute que l'État, qui n’est pas très content que je protège les commissariats, que je mette des sas dans les commissariats pour protéger la police nationale, comme je le fais à Champigny ou à Sarcelles, qui n’est pas content que j'équipe les policiers de voitures neuves, qui n’est pas très content que je vous donne des équipements, vient de me faire un recours, un recours gracieux, pour que le bouclier de sécurité que nous avons mis en place avec Frédéric Péchenard depuis six ans, six ans après que j’ai commencé à m’intéresser à la sécurité, l'État me demande aujourd’hui de tout arrêter. Je vous le dis, je ne l’arrêterai pas. Et si l'État me traîne en justice en me disant que je n’ai pas le droit de financer la police, que je n’ai plus le droit de financer la gendarmerie.
Ce ne sont pas les prérogatives de la région, c’est tout.
Je les attends. Je considère que ma mission, en tant que présidente de région, c'était aussi de m’intéresser à la sécurité et à la tranquillité, comme ma mission, en tant que présidente de la République, ce sera de garantir le retour à l’ordre dans le pays et la sécurité de chaque Français. Merci.
Alors, il faut comprendre, Alliance, c’est quand même ce syndicat qui avait lancé la manifestation l’année dernière, qui avait donc fait pression sur le législateur. Et là, ils font pression sur le politique, qui s’y plie, là. Vraiment, qu’est-ce qui se passe ?
C’est bon ? Est-ce qu’il se parle ? Madame Pécresse, je vous remercie d'être venue. Sachez que ça touche mes collègues ici présents.
Ça fait réunion un peu de communion, un peu, là.
La chaîne Alliance TV… Donc tous les fonctionnaires de police sur l’ensemble du territoire ont pu voir notamment votre vision de la police, de la sécurité.
Merci Chris, merci beaucoup, on en a besoin.
Merci d’avoir eu le courage de venir. C’est important pour nous, sachez-le. Beaucoup ont refusé, ce que nous regrettons. En tout cas, ça montre aujourd’hui que la police, pour vous, c'était important.
Non, non, non. Ça ne veut pas dire ça.
Merci à vous d'être présente aujourd’hui. Voilà, je vous remercie.
Non, ça veut dire qu’elle se prête à ce jeu-là, c’est son droit. Mais ça ne veut pas dire que les autres n’ont pas envie de réfléchir à la police ou d’impulser des choses sur la police, quoi. C’est vraiment une vision du monde : vous êtes avec nous ou contre nous. L’invitation, il faut toujours savoir qui l’annonce, où est-ce qu’elle se transforme. Alors, nous avons donc là… Il y a déjà des gens qui enlèvent des masques. Donc là, on attend le prochain. Alors, on coupe le son parce que je ne sais pas ce qu’ils ont fait avec les droits. Voilà, c’est ce que je vous disais. Voilà, Alliance, là, c'était le petit clip de campagne. Création d’Alliance en 1995. Alliance, Synergie, c’est des syndicats qui vont être créés pour, en gros, casser l’hégémonie. À l'époque, les syndicats de police étaient majoritairement classés à gauche.
Pas de point Godwin, s’il vous plaît, pas de point Godwin, s’il vous plaît. Là, on l’a vu, c'était donc au mois de mai dernier, devant l’Assemblée… avril, j’ai dit ? Bon…
J’ai choisi d'être représenté par Alliance PATS…
Donc ça, ce sont des clips qu’on avait vus à la manifestation des policiers. « Notre délégué vous aide au quotidien. » Le 19 mai 2021. C’est ça.
Mon délégué Alliance me suit dans ma carrière, me donne tous les renseignements dont j’ai besoin.
De plus, Alliance a des avantages, permet de faire bénéficier de pas mal de réductions, ce qui contribue à augmenter le pouvoir d’achat.
Ça a toujours soutenu une revendication.
PATS, c’est donc personnels administratifs, techniques et scientifiques. Voilà. Évidemment, Alliance, là, fait un gros, gros coup. Et donc, qu’est-ce que c'était que ça ? Il y en a plus pour Leclerc maintenant ? Ils sont dingues ? Qu’est-ce que… qu’est-ce que c’est que ça ? Mais ils sont dingues ! Mais ça ne va pas, non ? Ah bah attends, gros ! Ah je rigole, mais à quoi ? Oui, c’est l’appli pour le CE, c’est extraordinaire. Oh, oh ! Puisqu’il faut du placement de produit. Bon, OK, donc c’est l’appli pour la CE. OK, super. Alors, je ne sais pas, c’est quand même dément, c’est quand même dément. Alliance Avantages.
Il y a 19 mois, à Montpellier, on créait Option Nuit. On pensait qu’avec un peu de bonne volonté, beaucoup de courage…
Bon, un syndicat, c’est un syndicat, mais là, euh… Ce que nous voyons, ce que nous voyons à l'œuvre, c’est la politisation de la police. Voilà, c’est ça qu’on est en train de voir, c’est ça que l’on est en train de voir et de ressentir.
On vous l’avait promis, on a réussi à faire tripler l’ITM, à avoir du matériel que personne, avant, n’a pu avoir pour vous.
Et d’une certaine manière, il y a une forme de privatisation, là aussi, du discours politique, une captation du discours politique. « Reconnaissez-nous, le boulot est gâché. » C’est juste énorme, ce qui est en train de se passer. Le plus gênant, c’est la soumission du politique à ça. Et, à titre personnel, c’est ce que moi je viens quantifier, évaluer ce matin. Et je vous remercie d'être là parce que vous ne pourrez pas le faire tout seul. C’est cette soumission, cet échange. Je pense que c'était important qu’on regarde ça, qu’on évalue jusqu’où ça peut aller. Alors Alliance, merci beaucoup pour le sub Alliance, c’est… Oh merde ! Oh merde, oh les salauds ! Alors, ce n’est pas sport, vous avez vu ? Vous avez vu ce qu’ils ont fait ? C'était une émission, c'était sur… sur France 5, je crois. D’ailleurs, je ne l’ai pas vu. Comment il s’appelle ? Je ne sais plus comment il s’appelle. Donc, Alliance soit plus près de vous. Il faut dire que les syndicats de police, vu les scores soviétiques, c’est complètement dingue. Les syndicats de police, ceux qui sont majoritaires, c’est des grosses parts de gâteau, des grosses, grosses parts de gâteau.
« Jusqu’où peut aller ce qui est de la soumission ? C’est effrayant », nous dit là Lilou. Alors, Darmanin n’est pas candidat. Darmanin, c’est le représentant du candidat putatif. Alors moi, j’aimerais bien aller me chercher un petit café. Quelle heure est-il ? 12 h 24.
L’ordre de passage, normalement, à 12 h 30, c’est Darmanin, donc on a encore cinq minutes. Si ça ne vous dérange pas, les amis, moi, je vais aller me chercher un petit café, je vous laisse ce son. Ah, c’est bon. checke the micro, Alors, et bien, Gérald Darmanin c’est le ministre, c’est l’employeur de ces messieurs. Darmanin, Gérald. Alors, c’est un petit cinéma à Paris. En règle générale, c’est là où il y a les avant-premières de presse.
On a eu quelques problèmes techniques. Vous faites bien d’arriver deuxième parce que, la première, il y a eu quelques soucis, on va dire, de micro. Merci d'être là. Je ne vais pas vous appeler « monsieur le ministre » aujourd’hui parce qu’en dehors du fait que vous soyez notre ministre — et pour l’instant, en tout cas, nous en sommes satisfaits…
Pourvu que ça dure.
Vous êtes évidemment le représentant de la majorité présidentielle, vous êtes donc le représentant du gouvernement et donc du parti politique qui le représente, à savoir La République en marche. Voilà, donc je suis obligé de faire un peu monsieur Loyal, mais après ça sera un peu plus agréable pour vous parce que vous aurez madame Loyal. Attention, vous avez le chronomètre devant vous, il est assez gros. Vous n’avez qu’une bonne quinzaine de minutes face à la télé pour exprimer votre vision et je sais que vous allez largement les combler. Et ensuite, on passera aux questions dans la salle. Si je peux me permettre, dans la salle, quand vous posez les questions, prenez bien le micro, proche évidemment de votre bouche, donnez votre qualité au sein de l’organisation.
Alors, si je peux me permettre, les amis du tchat, n’hésitez pas à relayer le tweet que je viens de lancer.
Mais vous êtes, et nous sommes tous, fonctionnaires de police avant tout. Voilà, je vous remercie. Merci, monsieur le ministre, et à tout à l’heure.
Alors, monsieur le ministre, vous avez un meilleur micro et c’est tant mieux. C'était un peu le message qui vient d'être adressé.
Les amis, je vais me chercher un kawa et je reviens.
À l’occasion d’un contrôle d’identité, deux policiers en tenue furent abattus à Paris, avenue Trudaine. Émotion et colère saisirent tout le corps policier. Le vendredi 3 juin au matin, une cérémonie en l’honneur des deux policiers tués fut organisée dans la cour de la préfecture de police. À la fin de la cérémonie, le ministre de l’Intérieur fut conspué. Après leur départ, un cortège d’un millier de policiers se forma spontanément. Sans autorisation officielle, et dès qu’il fut arrivé devant le ministère de la Justice, la Marseillaise fut entonnée et le slogan repris. Puis les manifestants, autoproclamés « policiers en colère », se dispersèrent en se donnant rendez-vous pour d’autres manifestations. Mesdames, messieurs, ces écrits évoquent l’assassinat de deux policiers, de deux de vos collègues, le 31 mai 1983, c’est-à-dire… pardon de cette impertinence, à peu près au moment où je suis né, à peu près au moment où le président de la République est né. Cela fait donc au moins depuis 40 ans que les policiers expriment leur colère, que la violence les touche. Cela fait au moins depuis 40 ans que tous les maux de la société, l’urbanisme, la mauvaise intégration, la faillite de l’autorité parentale, la faillite de l'école, la faillite parfois de la santé, et notamment de la santé mentale, touchent tous nos concitoyens et touchent en premier les policiers. Ça fait 40 ans. Et nous essayons de régler ces problèmes qui sont enkystés depuis bien longtemps dans la société française. Le métier de policier, c’est un métier difficile. C’est effectivement un métier pas comme les autres. Et moi, je veux vous dire que les sept cérémonies de deuil que j’ai eu à présider comme ministre de l’Intérieur depuis quasiment deux ans marquent l’humilité avec laquelle j’essaye désormais d’exercer mes fonctions politiques. Vous êtes des urgentistes. Vous intervenez dans des situations quand tout va mal et vous essayez de faire ce qui est possible face à la misère, face à la violence, face à toutes les difficultés que nous avons évoquées. Mais la réalité des policiers, puisque c’est le titre du syndicat Alliance qui m’invite, et je vous en remercie aujourd’hui, pour parler au nom d’Emmanuel Macron, la réalité des policiers, ce ne sont pas des grandes phrases de matamore qui vont la changer. C’est du concret et du pragmatique, si j’ose dire, comme un maire qui essaye peu à peu de changer sa ville, avec difficulté, qui voit la saleté, la délinquance, l’urbanisme moche, la politique de peuplement, le manque d’emploi, mais qui trouve plein d’espoir et plein de courage et qui essaye, peu à peu, avec force et courage, de tout changer. Et du concret, je voudrais vous le dire ici quelques instants, sinon je manquerais à mes devoirs. Et puis j’imagine que les concurrents du président de la République ne l’ont pas rappelé, ce qui est dommage. Il y en a eu, par Emmanuel Macron, depuis cinq ans. Il fallait plus d’effectifs dans la police nationale : 1 900 policiers de plus recrutés pour les renseignements territoriaux, pour la DGSI, que je ne veux pas oublier aujourd’hui, dont je sais qu’une partie est adhérente de vos syndicats et qui, discrètement, font un travail très important pour la République. Des policiers en plus dans les commissariats : 21 % de plus en cinq ans à Lille, 34 % de plus à Compiègne, 45 % de policiers en plus à Creil, 40 % de plus à Draguignan, 18 % à Montbéliard. Au mois d’avril 2022, pas une circonscription de police de France n’aura moins de policiers qu’en 2017. Ils en auront tous plus, au moins quelques unités, voire quelques dizaines, quelques centaines, comme à Marseille, comme à Lyon, comme à Lille. Il fallait plus de monde chez les CRS : 300 recrutés en cinq ans et le rétablissement à quatre sections de la plupart des unités de forces mobiles. Il fallait de nouveaux commissariats à Tourcoing, à Châtellerault, à Saint-André de La Réunion, à Fort-de-France. Des commissariats ont été construits pendant le quinquennat et aujourd’hui, les policiers les voient dans de nouveaux locaux. On a un peu quitté Pinot simple flic pour arriver dans des commissariats plus modernes. Mais il y en a beaucoup d’autres : le commissariat de Nice, qui attend depuis un siècle sa rénovation ; le commissariat de Marseille, les deux commissariats de Marseille d’ailleurs ; le commissariat de Périgueux, où j'étais hier, dont les moyens budgétisés sont là et les constructions sont en train de commencer. Il fallait de nouveaux véhicules. Je pourrais vous dire que deux tiers de vos parcs automobiles ont été changés, mais je préfère vous dire qu’on préfère vous voir en 5008 qu’en Kangoo. C’est quand même une plus grande fierté pour la police nationale. Je veux dire aux motards de la police nationale, qui font un métier dangereux : la nouvelle BMW arrive, elle a été demandée par eux. Et je veux dire à chacune et à chacun d’entre vous que les téléphones individuels, les caméras qui fonctionnent pendant tout le temps de la brigade, mais aussi les vêtements ignifugés qui ont tant manqué à vos collègues de Viry-Châtillon, sont désormais au rendez-vous des équipements commandés et octroyés par les crédits du président de la République. La formation : quatre mois supplémentaires pour tous les nouveaux gardiens de la paix, qui désormais feront douze mois d'école à partir du mois de mai. La formation continue pour vous, qui a trop souvent été reniée : 50 % de plus à partir de cette année. Et puis la gratuité des transports, je le dis au syndicat Alliance qui le demandait depuis sa création, c’est-à-dire que ce n’est pas très nouveau, si on me le permet, qui a été accordée. Emmanuel Macron l’a fait, concrètement et discrètement, peut-être trop discrètement. 10 milliards d’augmentation du budget en cinq ans du ministère de l’Intérieur. Alors, c’est comme en amour, parfois, me semble-t-il : pour la police, les actes comptent plus que les paroles.
C’est le même discours que Valérie Pécresse. Il n’y a pas d’amour, mais il y a des preuves d’amour.
Elles ne font pas le bonheur, mais ça y contribue quand même un petit peu. Alors, une fois qu’on a ce matériel, qu’on a ces effectifs, qu’on a un peu plus d’argent, tout ça, c’est pour une politique publique. Pourquoi faire ? Vous savez ce que nous vous demandons de faire dans tous les quartiers, dans toutes les villes de la République. Le triptyque est assez simple : la lutte contre la drogue, qui pourrit la vie d’une très grande partie de la population française ; la protection des femmes et des enfants ; la lutte contre le terrorisme. Et ne laissons pas dire que rien ne se fait, que les policiers ne rentrent plus dans les quartiers, qu’il y a des quartiers où il n’y a pas de policiers qui rentrent. C’est méconnaître votre travail et vous insulter, vous et vos collègues. Il y a des quartiers où c’est plus difficile. Je sais, j’en viens et je dirige une ville où il y a des quartiers difficiles. Mais vous rentrez partout et vous avez des résultats : 450 tonnes de saisies de cannabis en un quinquennat, 400 000 interventions l’année dernière pour protéger les femmes des violences conjugales et 37 attentats terroristes déjoués par les services de la police nationale. Et à ce moment précis, je veux avoir un mot, une pensée particulière pour les personnels techniques, administratifs et scientifiques qui font partie de la communauté de la police nationale et qui ont, eux aussi, été des cibles durant ce quinquennat du terrorisme islamiste. Alors, vous connaissez nos priorités, elles ne vont pas changer : lutte contre la drogue, lutte contre le terrorisme, protection des femmes et des enfants. Mais quelles sont les priorités des autres, à part des phrases chocs et quelques réponses creuses dans le quotidien du policier ? Vous savez, il n’y a pas de baguette magique et la délinquance, elle ne se règle pas, vous le savez mieux que personne, à coups de décrets ou à coups de discours. Et où mènent les propos simplistes de ceux qui, manifestement, ne sont que des polémistes du « y a qu'à, faut qu’on » ? À part flatter les colères légitimes, à part mettre en danger les policiers et à part décrier et détruire l’institution républicaine qu’est la police nationale ? Finalement, c’est américaniser la société que de vouloir répondre à l’ensauvagement, que j’ai pu dénoncer, par la violence débridée. En effet, c’est américaniser la société que d’imaginer des Guantánamo, proposition délirante qui n’a aucune espèce de chance de prospérer.
Oui, il attaque Pécresse un peu, là.
C’est insulter la police française que de dire qu’il faut envoyer l’armée dans les quartiers. C’est une méconnaissance totale du travail de policier, du travail d’investigation. Et finalement, c’est aussi une insulte aux quartiers de la République. À part américaniser la société par démagogie, à quoi cela sert-il au lendemain de l'élection présidentielle ? Vous savez ce qui risque de se passer si la société est chauffée à blanc et que, malheureusement, ces propositions délirantes voient le jour. Ceux qui seront en première ligne, ce seront les policiers, c’est vous. Et là, il n’y aura pas toujours les polémistes et les candidats d’extrême pour pouvoir être à vos côtés quand l’opinion publique demandera des comptes et quand le policier à qui on aura demandé de faire ce genre de choses…
Ah, il y a une petite erreur, là. On a un message qui a été supprimé d’Univers, qui avait raison : Darmanin tient un discours moins à droite que Valérie Pécresse.
Sous prétexte que c'était difficile de lutter contre la drogue… J’ai un scoop : c’est difficile de lutter contre la drogue. Vous vous rendez compte, depuis très longtemps. C’est même un scoop de dire que c’est difficile de lutter contre l’insécurité routière. C’est difficile de lutter contre les violences conjugales, contre les viols sur les mineurs. C’est difficile de faire le travail de policier, en fait. C’est difficile. C’est difficile de gouverner. C’est même difficile d'être président de la République. Et sous prétexte que c’est difficile, alors il faut capituler ? Il faut dire : finalement, légalisons ? C’est-à-dire que vos collègues qui sont morts en opération je pense à Éric Masson, il est mort pour rien, alors qu’il luttait contre un point de deal, contre des délinquants qui vendaient de la merde à des gamins ? La femme qui élève seule ses deux gamins dans une tour HLM de Tourcoing, qui dit à ses gamins de ne pas consommer du cannabis parce qu'à 14 ans, ça va l’empêcher d’aller à l'école, ça va l’empêcher d’avoir une vie digne, de ne pas faire le chouf, de ne pas croire que l’argent est facile. Il faut lutter contre tous les paradis artificiels, l’alcool bien sûr, mais la drogue. Sous prétexte que c’est difficile, alors on ne donne pas les moyens, on n’est pas devant vous, on ne vous protège pas, mais on dit : on légalise.Quelle drôle de conception de l’autorité. Alors, vous savez, le président de la République, je crois, le jour où, j’espère, il sera candidat, il n’a pas un rôle facile parce qu’il sera quasiment le seul candidat d’un parti de gouvernement, un parti qui accepte les responsabilités. Et c’est difficile d’accepter les responsabilités. Il y a effectivement un État de droit. Il y a effectivement des frontières qu’on doit protéger. Il y a effectivement des actes de délinquance qu’on peut difficilement appréhender. Et il y a un état de violence dans la société qui revient de loin, vous le savez. Et on ne peut pas tout changer en quelques instants et en quelques formules magiques. Mais le but d’un dirigeant politique, ce n’est pas de flatter les bas instincts. C’est simplement d'être parmi vous. Et je veux ici, cher Fabien, avoir une pensée particulière pour tous vos collègues qui se sont suicidés. Parce que le malaise dans la police nationale ou dans la gendarmerie, c’est un malaise, même si souvent il vient d’affaires personnelles, qui est le fait aussi de vos conditions de travail, des insultes que vous recevez médiatiquement et du manque de soutien d’une partie de vos dirigeants. Et la hiérarchie policière, votre ministre, a un devoir d'écoute supplémentaire. Et on ne fait pas tout bien, tout n’est pas parfait, il y a encore beaucoup de choses à faire. Et je veux dire que chaque drame personnel, chaque policier qui connaît ces drames personnels, c’est bien sûr à chaque fois un échec pour nous tous. Je veux vous dire que depuis le Beauvau de la sécurité, qui a continué à faire ce qu’avaient fait Gérard Collomb, Christophe Castaner, Laurent Nuñez, Marlène Schiappa et moi-même aujourd’hui, nous avons essayé d’avoir un projet pour demain. Pour la police de demain, pas simplement pour la police d’aujourd’hui. On essaye, avec les voitures, les commissariats, avec les effectifs, d’y répondre. Mais quel est le problème de demain ? C’est le travail du ministre de l’Intérieur et du président de la République de ne pas simplement dénoncer, mais de réfléchir à demain. Comme Clemenceau a créé la police judiciaire et comme le préfet Lépine a mis des numéros de téléphone et des téléphones dans les commissariats, il nous appartient de créer cette police de demain pour que vos collègues, vous-mêmes et tous les futurs gardiens de la paix, tous les policiers adjoints qui prennent l’uniforme en vous regardant, se disent qu’ils vont travailler dans une belle administration moderne, que les Français aiment. Demain, ce sera le cyber. 50 % de la délinquance sera cyber. Les points de deal, ce seront des cryptomonnaies. Les escroqueries des entreprises se feront sur le dark web. Les commandes de viols d’enfants en direct, vous savez, se font déjà sur Internet. Et la police sera cyber. Et c’est à vous de le faire, et c’est ce qu’on fera. Le deuxième sujet, c’est évidemment l’ordre public. Nous recréons, comme on a déjà commencé à le faire avec les CRS, onze unités de forces mobiles qui ont été tant supprimées et qui nous ont tant manqué pendant les manifs des Gilets jaunes, qui vous ont particulièrement touchés, avec 7 000 policiers et gendarmes blessés. Le policier du quotidien, les nuiteux, on a été les premiers à créer la prime que vous demandez, à leur reconnaître un statut, un métier difficile. Les baqueux, les gens de Police secours, les gens de la police de la voie publique, on les voit tout le temps, mais on n’en parle jamais, et toujours on parle des services spécialisés. C’est eux qu’on veut essayer d’aider dans le prochain quinquennat, encore plus qu’on ne l’a fait dans celui-ci. On y reviendra dans les questions, très certainement. Le statut qu’on donne à la police technique et scientifique…
Bon alors, pour ceux qui arrivent, on a compris avec Valérie Pécresse, qui précède…
L’investigation : il manque 5 000 OPJ, vous le savez bien…L' OPJ passé dès l'école.
Elle a vendu la mèche, en fait, les questions. Après le petit discours liminaire de 15 minutes…
qui prévoit qu’on attende trois ans avant d'être OPJ, comme s’il y avait une insulte…
Il fallait avoir un peu d’expérience pour être policier…
Alors que tout le monde veut être magistrat ou fonctionnaire sans attendre une qualification particulière de temps. C’est un projet pour la police nationale. Nous sommes cyber. Alors, je vais vous dire la vérité : je suis fier de parler au nom du président de la République, de vous dire ce qu’on a fait, qui n’est pas parfait, mais qui est, je crois, sans précédent, d’avoir du matériel parce qu’il fallait le faire, d’avoir plus d’effectifs, du travail que vous faites tous les jours et du projet que l’on porte et que j’ai l’honneur de porter pour le président de la République.
Alors, Chastanet : « C’est vrai que là, on s’ennuie beaucoup plus qu’avec Pécresse. »
Sans tambour ni trompette, parce que, discrètement, je l’ai vu faire, appeler les veuves de vos collègues, débloquer des moyens quand tout le monde nous les refusait, y compris à Bercy, et être au rendez-vous lorsque les grands arbitrages étaient au rendez-vous, il n’a pas la main qui tremble. Je suis prêt à vos questions, cher Fabien.
La périmétrie, ça semble être un peu plus élevé.
Merci, monsieur Darmanin. Nous allons passer aux questions. La première question sur le thème de l’ordre public, par Joan.
Bonjour, monsieur le ministre. Joan Carreiro, délégué national CRS, affecté à la direction centrale des CRS et auparavant plus de dix ans à la CRS 15 de Béthune. Depuis 2016, nous connaissons des manifestations ultra-violentes, comme la loi Travail, les Gilets jaunes, la réforme des retraites, les manifestations anti-vaccin, qui ont engendré des troubles à l’ordre public importants. On déplore plus de 2 000 blessés dans les rangs de la police et des millions d’euros de dégâts au domaine public. Devant tant de désordres, à notre sens, les services de police sont démunis de moyens législatifs pour écarter des individus particulièrement violents. Monsieur le ministre, à l’instar de l’Allemagne, seriez-vous prêt à adopter un dispositif légal…
J’ai l’impression que ce sont les mêmes questions. Cette question a déjà été posée. On va avoir les mêmes questions pour…
De même, seriez-vous prêt à instaurer une disposition administrative d’interdiction de manifestation ou de participation à un rassemblement à l’encontre d’individus ayant des pratiques violentes ?
Merci. Merci, monsieur. Merci à tous les CRS et à tous ceux qui sont là. D’abord, ça existe en partie déjà, vous le savez. L’interdiction, elle est judiciaire. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, un juge, quand le préfet fait bien son travail je suis sûr qu’ils font tous bien leur travail, dit : telle personne, on a le renseignement grâce au RT, qui va venir dans la manifestation, et le juge a le droit de prendre, et il le prend. Mais votre question est encore plus large que ça, puisque vous parlez d’une interdiction administrative prise directement par le préfet ou l’autorité civile. On l’a proposé. Et pour vous montrer que rien n’est politicien dans la situation du président de la République pour protéger nos concitoyens et les policiers, c'était une proposition de loi de M. Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, qu’on appelait « anti-casseurs », qui a été reprise par mon prédécesseur Christophe Castaner, que je veux saluer. Et nous avons proposé cette interdiction administrative de manifester. Elle a été censurée par le Conseil constitutionnel. Donc nous retravaillons aujourd’hui, puisqu’on a compris ce que nous demandait le Conseil constitutionnel, qu’on doit évidemment respecter, nous retravaillons aujourd’hui à cette interdiction de paraître dans des manifestations, prise par l’autorité civile sur la base de renseignements de la police nationale. C’est très important pour lutter contre le black bloc, par exemple, qui ont fait tant de mal à la police nationale, aux gendarmes mobiles et puis, de manière générale, à la France. Le deuxième sujet que j’aurais évoqué, c’est aussi les moyens. Vous savez bien que l’une des difficultés, j’en parlais sur la création des onze unités de forces mobiles, c’est qu’il manque des unités de forces mobiles. Quinze ont été supprimées dans la police comme dans les gendarmes mobiles, et par ailleurs c'était trois sections et non pas quatre. Donc on a remonté aux quatre sections. On va recréer onze unités de forces mobiles, avec ce qui m’a déjà été proposé et qu’on a fait pendant ce quinquennat. J’ai créé la CRS 8, qui permet d’intervenir parfois très rapidement en complément de ce que font les unités CRS. On a besoin de plus de personnes. Donc ces unités, on les créera très vite, parce qu’il faut aussi se préparer aux Jeux olympiques de 2024. Donc c’est dès l’année 2022-2023 qu’on recrée ces unités de forces mobiles. Et puis des moyens technologiques, puisqu’enfin on va pouvoir faire voler des drones qui vous permettent de nous donner des informations. Donc vous avez raison sur l’interdiction de paraître. Elle existe en partie. On a essayé une première fois avec le soutien des LR, on le réessayera une deuxième fois. Et les moyens, à mon avis, c’est aussi très important pour vous. On vous doit beaucoup de jours de congé, souvent aux CRS, parce que vous êtes beaucoup utilisés, et donc on vous doit aussi ces légitimes retours à vos familles.
Merci beaucoup. Nous allons passer maintenant à la question sur le thème de la réponse pénale.
Yohann Marat.
Bonjour, monsieur le ministre. Je suis Yohann Marat, secrétaire régional Alliance Paris. Je suis brigadier-chef affecté à la circonscription de Créteil. Monsieur le ministre, les statistiques portant sur l'évolution de la délinquance indiquent une tendance à la hausse des violences à l’encontre des policiers. Ce constat concerne le périmètre des infractions allant de l’outrage aux violences aggravées. Tout en sachant que vous connaissez nos positions sur les peines minimales et au regard du contexte actuel, qu’envisagez-vous, pour améliorer significativement la réponse pénale et la répression des auteurs de ces faits ?
Vous avez parfaitement raison, monsieur. Depuis quinze ans, il y a une augmentation générale des attaques contre les personnes dépositaires de l’autorité publique, les policiers et les gendarmes en premier, mais c’est également le cas des élus, vous le savez, parfois même des pompiers. C’est un constat et on doit combattre ce constat qui correspond, me semble-t-il, à une crise générale de l’autorité dans notre pays. Mais le policier, il n’y a pas de raison qu’il subisse seulement la société, il faut qu’on le protège. Avec le garde des Sceaux, à la demande du président, on a pris déjà trois dispositions législatives qui sont, depuis quelques mois, en application et dont les juges et les procureurs se saisissent en ce moment même. D’abord, l’article 24. On en reparlera peut-être tout à l’heure si vous avez une question, mais je constate que j'étais bien seul, à la demande du président de la République…
Donc l’article 24, faut-il le rappeler ? Elle était aux abonnés absents, elle a dit que ça ne servait à rien.
C’est celui qui entendait empêcher la diffusion d’images de policiers, des images de policiers, sous prétexte qu’il y aurait une intention malveillante à le faire.
Une intention malveillante à le faire. Mais en tout cas, il ne défendait pas les mêmes intérêts lorsqu’il s’est tapé…
Les manifestations ont été parfois très lourdes pour les policiers également. La protection des policiers. Deuxièmement, la loi séparatisme. Nous avons mis exactement ce que vous dites, monsieur. Il y a une peine aggravée, qui n’existait pas auparavant, de cinq ans d’emprisonnement pour tous ceux qui révèlent, menacent l’identité de quelqu’un dépositaire de l’autorité publique, donc un policier évidemment, ou sa famille. Moi, j’ai été particulièrement choqué de voir des photos de mariage, comme c'était le cas de vos collègues de la PJ, lorsque je me suis rendu à leurs côtés, parce qu’on avait cassé leurs réseaux sociaux et qu’on publiait ces photos. Aujourd’hui, ces faits sont punis de cinq ans d’emprisonnement. Et le troisième sujet, c’est un sujet qui me semble très important : c’est la fin des remises de peine automatiques, désormais. Personne n’en parle jamais, mais c'était une de vos revendications quand je suis devenu ministre de l’Intérieur. Votre syndicat et d’autres m’ont dit : « Mais nous, on ne veut pas de remise de peine automatique quand on attaque un policier ou un gendarme. » C’est fait. La loi a été promulguée depuis six mois. C'était le garde des Sceaux, d’ailleurs, qui l’a portée. Il n’y a plus de remises de peine automatiques quand quelqu’un est condamné parce qu’il a agressé un policier, parce qu’il a menacé un policier. Donc ensuite, il faut qu’on protège mieux les policiers et les gendarmes, indépendamment de ça. J’ai entendu tout à l’heure une candidate il m’arrive de prendre un petit peu de temps à regarder la télé, je voudrais lui rappeler que la caméra embarquée sur les…
C’est fait, c’est voté, on le met en place.
Je voudrais rappeler aussi que la caméra-piéton, non seulement elle vous permet de pouvoir utiliser ça lorsque vous êtes menacés, mieux condamner la personne, que la preuve soit irréfutable malheureusement, il faut parfois des preuves irréfutables, mais à partir du moment où vous pouvez regarder les images, ce qui vous est interdit aujourd’hui, sur votre tablette NEO, sur votre téléphone NEO qui sera désormais individuel à partir du mois d’avril, vous pourrez transmettre en Bluetooth de votre caméra-piéton directement sur votre téléphone, ainsi faire d’ailleurs votre rapport, normalement sans vous tromper, sans vous dire : « C’est que des souvenirs. » Et les images ne sont pas qu'à la disposition de l’IGPN ou de la justice, elles seront à votre disposition, ne serait-ce que pour bien caractériser la menace, pour bien caractériser l’insulte, pour caractériser malheureusement le coup et pouvoir le démontrer au juge immédiatement. Donc il y a à la fois une réponse pénale qui, je crois, est déjà, depuis quelques mois loi séparatisme, article 24, largement adoptée et publiée. Maintenant, il faut qu’on l’applique, et c’est ce que font les magistrats aujourd’hui. Je le sais, je l’ai constaté encore très récemment dans une affaire discrète, il y a quelques jours. Et le deuxième sujet, c’est évidemment des moyens technologiques qui permettent de donner la preuve de vos agressions. Parce que malheureusement, ça, c’est un regret que je peux avoir : la parole du policier ne vaut parfois pas toujours la parole de l’OPJ, on va dire ça comme ça. Donc les preuves numériques qu’on vous a données, avec le matériel qu’on vous a donné, permettront de mieux condamner également.
Attention, attention aux oreilles. Très bien, très bien.
Non, non, non. Je n’étais pas inquiet, mais je regarde la salle. Alors, on leur a demandé…
J’ai eu l’impression d'être neutre vis-à-vis de tous les candidats, même si vous êtes — j’allais dire superposé aujourd’hui. Vous n'êtes pas candidat, mais vous représentez peut-être le futur candidat du parti politique concerné. Et je regarde évidemment attentivement la salle, qui reste parfois, autant avec vous d’ailleurs qu’avec votre prédécesseure, dubitative. Vous avez bien compris la question, si je peux me permettre d’insister, parce que vous êtes ministre de l’Intérieur et je sais que les messages… Et je vous fais confiance sur le sujet, en toute sincérité. Je sais que les messages, vous les faites passer en plus haut lieu, et notamment au président de la République. Bien entendu, on ne met pas en cause ce que vous avez dit. Ce qui nous pose problème, si vous permettez, c’est qu’on veut être sûrs, nous, qu’il y ait une réelle peine quand on agresse un policier. Parce qu’en effet, tout est mis en œuvre pour prouver le fait qu’il y ait eu l’agression, tout est mis en œuvre pour que le juge puisse s’exprimer dans ce sens et mettre en place une peine, mais encore faut-il et force est de constater que, malheureusement, souvent, la peine infligée, si je peux me permettre de parler ainsi, est faible, voire nulle. Et c’est ça qui nous pose question aujourd’hui. J’en ai fait part, évidemment, à votre, entre guillemets, parti politique. Et c’est pour ça que les collègues, si vous étiez peut-être interloqué ou contrarié par rapport à nos visages, nous, ce qu’on souhaiterait vous avez bien compris, et je suis sûr que vous pensez comme nous sur le sujet, quand on agresse un policier, on doit être sévèrement sanctionné. Donc on doit être sûrs qu’il soit sanctionné et qu’on arrête cette malheureuse clémence à répétition. Voilà, je me permets de le dire, d’intervenir, et vraiment sans vous offenser.
Je comprends très bien, mais, sans vous offenser, monsieur le secrétaire général… Un philosophe a dit, qui n'était pas de mon bord ni de mon sens, je crois qu’on peut le dire : « Le meilleur exemple de la façon de convaincre, c’est de donner des exemples. » Moi, je me doutais un petit peu qu’une question allait se poser, et je m’intéresse, je l’ai dit aux chefs et à chacun d’entre vous, à chacune des histoires qui me sont remontées. Vous savez, je vous disais, à l’Intérieur, on dit qu’il est mieux informé, et je vois tous les jours les policiers, la dizaine de policiers agressés chaque jour. Je vais prendre un exemple, puisque vous parliez du 94. J’en ai quelques autres, je pourrais les faire, mais le temps est imparti. À Bonneuil-en-France, dans le 95, pas très loin de chez vous, le 23 décembre 2021, il y a un mois, ça m’avait particulièrement choqué, même si l’automobiliste qui a percuté, en insultant, un policier ne l’a pas blessé avec gravité.
Jack Bava, dans le tchat, nous dit : « Avocat, je n’ai quasiment jamais vu de relaxe sur des outrages alors que tout repose sur des PV, il plane. »
Il a été présenté après sa garde à vue au procureur de la République. Le procureur a demandé l'écrou avec une comparution immédiate de cette personne à dix-huit mois d’emprisonnement.
Il pique un petit peu le ministre. Non, ça serait peut-être un peu droitiser le discours.
Il m’a dit, monsieur le secrétaire général, parce qu’il n’y avait pas la loi qui avait été votée comme telle, le juge applique la loi, qui ne vous paraissait pas à la hauteur de l’agression. Mais là, un policier qui n’a pas été blessé avec gravité, sur un refus d’obtempérer, alors que la personne n’a pas de casier judiciaire et que, par ailleurs, elle est très jeune : garde à vue, écrou, dix-huit mois d’emprisonnement. Je ne pense pas qu’on puisse dire que la justice, dans ce cas précis, était laxiste. J’ai une dizaine de cas du mois de décembre que je peux largement évoquer avec vous. Je voudrais d’ailleurs avoir une pensée pour le policier de Montpellier qui, cette nuit, a été blessé et dont je sais que tous les moyens sont mis pour retrouver les auteurs. Il y a déjà une interpellation qui a été faite ce matin.
Merci. Nous allons passer à la question suivante sur la protection du policier, par Sullivan.
Bonjour, monsieur le ministre. Je me présente, je suis délégué Alliance Police Nationale sur le secteur région Sud, Marseille, et affecté à la sûreté départementale, et anciennement à la brigade des stups, plus précisément. Donc ma question : quelles mesures concrètes envisagez-vous pour protéger l’identité des policiers ? Donc on a parlé de l’anonymisation, du floutage, et également les mesures que vous avez dans votre programme, que vous nous présentez.
Alors d’abord, je voudrais dire, encore une fois, regardant la télévision, je suis étonné des gens qui ne connaissent pas toujours bien les choses, puisqu’on vous a dit : « L’anonymisation, c’est possible que dans le cas du terrorisme. » Non, c’est désormais possible pour tous les sujets. Vous pouvez le faire, vous le savez bien, sur l’ensemble de la procédure. Il y a un petit problème sur la procédure pénale numérique puisqu’il vous faut imprimer…
C’est un petit tacle à Pécresse.
Il faut parfois imprimer le document pour pouvoir anonymiser. Alors bien sûr, il faut demander à son chef de circonscription. Mais si les choses sont bien faites, et parfois je demande des choses dans chacun des commissariats, dans mes visites parfois impromptues, je constate que tous les OPJ, lorsqu’ils sont OPJ et qu’ils veulent anonymiser leurs procédures, ils sont déjà inscrits sur la liste qu’a validée le procureur de la République. L’anonymisation, sur le Code de procédure pénale, l’article 15, me semble-t-il, alinéa 4, prévoit déjà l’anonymisation de toutes les procédures, terrorisme et pas simplement, évidemment stups et évidemment toutes autres procédures pour les policiers. Ensuite, la question que vous posez, c’est la question de l’identification du policier, pas simplement l’anonymisation de la procédure. L’identification du policier, aujourd’hui, je crois qu’elle est très largement combattue. Je l’ai dit, peut-être que j’ai un peu répondu à la question auparavant, mais je voudrais vous lire les articles de loi quand même, parce que sinon on aura l’impression que les choses ne sont pas faites, et qui ont été votés par le Parlement après un combat assez difficile, il y a neuf mois maintenant, et six mois pour la loi séparatisme. Vous avez, dans le fameux article dit « Samuel Paty », dans lequel les policiers sont évidemment concernés : « Le fait de révéler, de diffuser ou de transmettre, par quelque moyen que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser aux fins de l’exposer ou d’exposer les membres de sa famille à un risque » est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Lorsque les faits sont commis au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique, chargée d’une mission de service public, évidemment comme les policiers, alors les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 euros d’amende. La loi est entrée en vigueur depuis le 26 août 2021. Avouez que ça fait sept mois. Donc il est normal que ça ne soit pas descendu dans tous les jugements puisque, entre la garde à vue, les enquêtes, les procédures et les condamnations, vous savez bien que le temps de la justice, malheureusement, par manque de moyens, est souvent lent. Mais désormais, le procureur de la République, qui par ailleurs, je le dis au secrétaire général d’Alliance, a une infraction spécifique qui n’existait pas auparavant pour les policiers, dans un observatoire pénal que nous avons d’ailleurs publié ce matin, demandé par le syndicat Alliance, qui attend depuis, me semble-t-il… J’ai retrouvé des tracts de votre organisation d’il y a quatorze ans qui évoquaient déjà l’observatoire de la réponse pénale, accordé par le président de la République, permet de répondre à la diffusion de l’identité d’une personne. Il y a eu aussi, dans l’article 24… On dit souvent : « Il a été censuré, la loi Sécurité globale. » Il n’a pas été censuré, l’article 24 de la Sécurité globale. L’article 24 de la Sécurité globale, il prévoyait notamment, ce qui avait été demandé par vos collègues, je me rappelle, de Dunkerque et du Nord de la France, notamment parce qu’ils luttaient contre les passeurs de migrants, des sites comme Copwatch, où il y avait les photos des policiers et parfois leur identification, leur adresse, avec qui ils étaient mariés, et qu’on ne pouvait pas faire fermer ou réprimer. L’article 24, depuis le 25 mars 2019, permet… Je me suis trompé, là, c’est l’article…
Sur l’anonymisation.
L’article 24, depuis le 27 mai 2021, donc là, ça fait également dix mois : « Le fait de procéder ou de faire procéder à un traitement de données à caractère personnel relatives à des fonctionnaires ou à des personnes chargées d’une mission de service public en raison de leur qualité », c’est évidemment la police nationale et les gendarmes qui sont concernés, « est puni de cinq ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende ». Évidemment, ça fait huit ou neuf mois que ces articles ont été publiés au Journal officiel et qu’ils sont désormais à la main des procureurs de la République et des magistrats. Ça ne correspond pas au temps des condamnations. Et vous savez bien que, pour élaborer un texte de loi, on a vu comment ça s’est passé, l’article 24. Je voudrais saluer d’ailleurs M. Fauvergue et Mme Thourot, qui ont porté cette proposition de loi avec laquelle on a beaucoup travaillé. Il faut un certain temps. C’est vrai que le temps de la politique et le temps des responsabilités est parfois un peu long. Je suis le premier à le regretter. Mais en tout cas, les moyens d’anonymisation, ils existent déjà. Les moyens, désormais, de poursuivre les gens qui vous identifient, vous et vos familles, sont désormais largement consacrés et, à coup sûr, les procureurs de la République et les magistrats appliqueront la loi.
Je vous remercie. Nous allons maintenant passer à la question sur le thème de la retraite, par Morgane.
Elle est déjà stressée ?
Bonjour. Bonjour, madame. Bonjour, monsieur le ministre. Je me prénomme Morgane. Je suis déléguée Alliance Police Nationale dans les Hauts-de-Seine et je suis affectée à la direction de l’ordre public et de la circulation à Paris. Ma question est la suivante : comme vous le savez, plusieurs réformes des retraites ont modifié celles des policiers. Comment envisagez-vous de préserver la catégorie active des policiers ainsi que leur statut spécial ?
Alors madame, métier particulier, retraite particulière. C’est tout à fait évident. Et parce que vous risquez votre vie, comme d’autres évidemment, mais vous principalement, vous avez le droit de partir plus tôt. Et si vous ne croyez pas simplement au discours, vous verrez déjà que la réforme des retraites, qui n’a pas pu être faite du fait du Covid, qui avait été portée par Jean-Paul Delevoye à la demande du président de la République, prévoyait déjà le maintien absolu de la catégorie active de la police nationale et le départ en retraite à 57 ans. Donc le texte écrit, proposé par le président de la République, pour lequel on a été au Parlement, qui a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, prévoyait déjà la consécration de la retraite des policiers en catégorie active. Alors évidemment, il y aura demain une autre réforme des retraites. Vous avez entendu, quelles que soient les personnes, je constate d’ailleurs que les gens ne sont pas extrêmement clairs avec vous. Moi, je voudrais être clair avec vous. D’abord, effectivement, on gardera la catégorie active. Ensuite, il faudra même améliorer votre retraite puisque je comprends que, pour un gardien de la paix, c’est à peu près 30 % de ses revenus qui sont des primes et seulement la moitié de ses primes sont soumises à cotisation et donc à retraite. Donc, en gros, il y a un quart de votre rémunération normale, que vous considérez, vous, comme étant à la fin du mois payée, et c’est bien légitime, qui n’est déjà pas très élevée, qui ne compte pas pour votre retraite. Et c’est une injustice puisque une grande partie des gardiens de la paix, sauf s’ils passent des concours pour devenir officier ou commissaire, mais une grande partie des gardiens de la paix, du coup, quand ils partent en retraite, ils perdent grosso modo un quart, au moins, de leur pouvoir d’achat, plus la dégressivité de toute personne qui part en retraite. Et donc, nous corrigerons cette difficulté par la réforme des retraites, juste, à qui on demandera, pour d’autres personnes dans la société, vous le savez, de travailler plus. Après, le président de la République, il proposera la réforme qu’il voudra dans sa campagne électorale, très certainement. Mais je veux vous dire que, un, la catégorie active sera gardée, que, deux, elle était déjà dans le projet de retraite qu’on avait proposé au Parlement, arrêté à cause du Covid. Donc c’est une première preuve de notre bonne foi. Et trois, qu’on corrigera le quart des primes de votre rémunération qui ne comptent pas dans le statut de votre retraite. Et donc, avec Emmanuel Macron, les policiers auront plus de retraite puisqu’on calculera, comme beaucoup de fonctionnaires, l’intégralité de leurs primes dans le montant général des retraites.
Merci beaucoup. Enfin, nous allons passer à la dernière question sur le thème du pouvoir d’achat, par Noura.
Bonjour, monsieur le ministre. Je me prénomme Noura. Je suis représentante du bureau Alliance Police Nationale Paris. Je suis affectée à la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne, sur la commune de Paris. Dans le cadre de la future loi d’orientation et de programmation pour le ministère de l’Intérieur, des déclarations ont été faites et un budget supplémentaire de 15 milliards d’euros a été annoncé. Comptez-vous respecter ou améliorer le montant et le calendrier de cette future loi afin d’augmenter le pouvoir d’achat et le déroulement de carrière des policiers, ainsi que des personnels administratifs, techniques et scientifiques ?
C’est une grande loi qui intéresse la police nationale, bien évidemment, qui intéresse toute la France, qui sera déposée en Conseil des ministres le 16 mars prochain, madame. Et elle vient directement du travail qu’on a essayé de faire, évidemment, mais par ailleurs des contributions dans le cadre du Beauvau de la sécurité, qui n’a pas servi à rien. Mais la loi pourrait venir avant l'élection présidentielle, on ne sait pas ce qui se passera demain. Donc ce que j’ai proposé à vos syndicats, à la demande du président de la République, c’est de signer un protocole social dont, en fait, peu de choses dépendent de la loi, mais beaucoup de nos décisions réglementaires ou des instructions que je peux donner à l’administration de la police nationale. Et donc j’ai proposé qu’avant le début de la campagne, pour qu’il n’y ait pas de problème, le président de la République m’ayant autorisé à le faire, de négocier avec les syndicats de police, quels qu’ils soient, officiers, commissaires, gardiens de la paix et évidemment personnels administratifs, techniques et scientifiques, ce protocole que vous m’avez demandé, que les syndicats m’ont demandé. Concrètement, ça va être comment ? D’abord, c’est 15 milliards d’augmentation sur cinq ans. Je rappellerai que, sur cinq ans, on a eu 10 milliards. Donc 15 milliards sur cinq ans, c’est quelque chose d’atteignable pour le ministère de l’Intérieur, pour le budget de la France, mais c’est sans précédent. Encore une fois, j’ai déjà dit, les yeux dans les yeux, à tout le monde que plus de la moitié de cet argent, c'était pour le matériel, l’immobilier et le technologique. Ce n’est pas simplement pour une augmentation générale des salaires. Je vous mentirais si je vous le disais. Mais on peut évidemment regarder, là où on pense tous qu’il y a de l’injustice sociale, comment on revalorise tel ou tel métier. Alors ça veut dire quoi ? La prime des nuiteux, que j’ai créée à la demande du président de la République et que, cette année, ils commencent à toucher. On propose de la tripler pendant le quinquennat, sous les cinq ans. C’est-à-dire qu’on va faire des paliers chaque année parce qu’on veut que des gens de la nuit puissent être encouragés à faire la nuit. Beaucoup d’entre vous, parfois, me disent : « On est peu d’effectifs la nuit. » Mais c’est aussi parce que, vous savez bien, vos collègues, parfois, ils ne choisissent pas la nuit. Et la rémunération ne fait pas tout. Bien évidemment, une question de santé, une question de matériel, une question d'éloignement, une question de vie de famille. Mais il y a aussi une question de rémunération. Donc d’abord, on proposera dans le protocole le triplement de la prime des nuiteux. Ensuite, je trouve qu’il y a un problème important qui est celui de Police secours et, de manière générale, de la police de la voie publique, qui a longtemps été oubliée, qui est finalement la seule qui ne touche pas vraiment de primes spécialisées, alors que c’est la police qui répond au 17 et qui, d’ailleurs, subit le plus, je ne veux pas faire de concurrence, les désagréments de la vie quotidienne, voire, je pense à votre camarade Dumont, par exemple, connaît la mort dans une intervention qui apparaît toute bête. Et donc j’ai proposé que nous acceptions la proposition des syndicats des gardiens de la paix, qui est l’avancement, et permettre une augmentation, évidemment, en accélérant cet avancement avec une fusion des grades. Et par ailleurs, que Police secours connaisse grosso modo 100 euros de plus par mois pour faire un treizième mois, si je vais être concret, dans les discussions sociales, pour que tous les policiers de voie publique puissent avoir ce treizième mois et qu’on puisse dire : « Police secours, quand vous sortez d'école, ça, c’est la noblesse de la police. » Et donc une rémunération qui correspond évidemment au travail qu’on demande aux policiers. Encore une fois, comme c’est sur cinq ans, chacun comprendra que c’est l’avantage d’une loi de programmation : ça permet de savoir où on va. Troisièmement, on a un sujet pour les OPJ. Les OPJ, c’est nous qui avons augmenté la prime. Aujourd’hui, elle est à 1 290 euros, je crois. Évidemment, ce n’est pas énorme, mais ça ne permet pas l’idée de dire : « Tiens, je vais passer dans l’investigation. » On propose de continuer à l’augmenter, mais avec des efforts. Donc j’ai fait cartographier les postes OPJ, ça, c’est déjà fait. J’ai retiré la prime à partir de cette année à ceux qui sont OPJ mais qui ne sont pas devant des enquêtes. Par exemple, vos collègues OPJ-ORT, avouez que ce n’est pas une bonne organisation de la police nationale que des gens qui ne font pas des enquêtes judiciaires aient le droit de le faire. Mais pourquoi ils touchent la prime OPJ ? En revanche, avec cet argent, plus l’argent qu’on a rajouté, on propose d’augmenter à 1 500 euros la prime OPJ et, de manière générale, on en discute évidemment avec vos syndicats, de dire que la filière investigation, c’est aussi une filière qui est regardée en premier pour les avancements et pour les mutations. Pour les personnels techniques, administratifs et scientifiques, c’est à peu près deux choses différentes, malgré tout, même s’il y a des syndicats qui les représentent tous. Il y a la police technique et scientifique, dont on va largement améliorer le travail, d’ailleurs en supprimant un tas de formalismes, comme les réquisitions avec les services de police, mais je passe vite sur ce point. On va lui créer un vrai, véritable statut de police technique et scientifique, qui est une belle vitrine de la police nationale et qui permet. Alors les experts à Tourcoing, les experts à Chantilly, les experts à Sens, je pense qu’il faut qu’on en parle plus parce qu’il y a plein de gens qui ont envie d’aider la police nationale et qui ont envie de connaître une police qui vous permet de résoudre désormais quasiment 50 % des crimes et des délits quand tout le monde travaille bien. Je regarde à Marseille, monsieur, dans les règlements de comptes. Avant les moyens qu’on a tous mis, vous faites un travail formidable à Marseille, on le sait tous, contre les stups, c'était 30 % des homicides qui connaissaient une résolution. Aujourd’hui, c’est quasiment 60 % de résolution. On sait tous que c’est en grande partie grâce à la police technique et scientifique. Nos camarades de Champigny-sur-Marne ont été agressés par des mortiers. Avec un tout petit bout d’ADN, ils ont réussi à retrouver les personnes qui avaient fait nuitamment ces agressions contre les policiers. Et donc on leur propose un vrai statut qu’on est en train de discuter aujourd’hui. Et pour les personnels administratifs, qui étaient grosso modo les seuls à ne pas connaître de primes spécifiques, on propose évidemment la création de cette prime, en contrepartie évidemment de demandes d’efforts. Et vous avez vu que l’une des grandes propositions, je n’ai pas le temps de tout détailler ici, mais du président de la République, c’est, pour aider la filière investigation, créer des assistants d’enquête, comme il y a des greffiers auprès des magistrats, pour libérer l’investigation des tâches de formalisme : appeler l’avocat, consulter le dossier, appeler le médecin, écrire directement le rapport. Dans un cabinet de juge d’instruction, c’est le personnel administratif, le greffier, qui tape, et le juge se concentre.
Bienvenue, bienvenue, bienvenue au raid. Pardon. Grâce aux personnes administratives qu’on va augmenter..Alors, c’est un stream très particulier auquel vous assistez. Bienvenue, installez-vous. Ici, nous sommes les amis des libertés, libertés publiques, fondamentales, individuelles et ainsi de suite, et on s’occupe de la police. Et donc nous retransmettons depuis tout à l’heure le grand oral organisé par Alliance Police Nationale, syndicat majoritaire chez les gardiens de la paix et représentatif aussi chez les CRS. Vous êtes inquiets, vous êtes très contents. Valérie Pécresse, dans un discours très véhément, est passée en premier. Et là, on assiste au discours de Gérald Darmanin, beaucoup plus de paperasse, beaucoup plus soft.
Nous, ce n’est pas ça, de la démagogie. On supprimera l’avocat présent à la première…
Beaucoup plus technocrate, on va dire. Et ensuite, il y aura Marine Zemmour, puis Le Pen.
Le travail, c’est de pouvoir procéder, de pouvoir faire des appels.
Le principe, c’est qu’ils font chacun un discours de quinze minutes et ensuite il y a des questions-réponses. Ces questions-réponses, on a compris qu’elles avaient été préparées, ce sont les mêmes pour les candidats. Et donc là, Darmanin est en train de terminer son allocution. Et donc, on… Je vous ferai un petit résumé, si vous voulez, tout à l’heure, de ce qu’a dit Valérie Pécresse. Vous êtes les bienvenus. Merci à vous tous.
Monsieur Darmanin, nous vous remettons un questionnaire.
Merci beaucoup.
Liste non exhaustive concernant les drones comme la formation.
Alors nous sommes en fait… Merci beaucoup pour le raid, c’est génial.
Je vous laisse le mot de la fin avec les minutes qu’il vous reste, si vous le voulez bien.
Si je peux la poser ?
Il n’y aura pas d’autres questions. Vous n'êtes pas obligé d’aller jusqu’aux sept minutes, vous avez le mot de la fin.
C’est une organisation autoritaire, Alliance, en fait !
Vous êtes en train de parler ?
Non !
Non, on essaie d'être justes et équitables.
Si je faisais comme ça avec eux, ça serait compliqué.
Parfois, vous l'êtes, sachez-le. Non, mais il n’y a aucun souci. Il faut être justes et équitables. Donc, si vous le permettez, on fait le mot de la fin et après je reprendrai la parole quelques secondes. Merci.
Non, évidemment. D’abord, je ne vais pas utiliser ces sept minutes. Je voulais simplement vous dire en quelques mots, parce que c’est une situation délicate pour moi, parce que je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle, que je soutiens Emmanuel Macron, que je soutiens sa majorité, qui, comme vous, n’a pas eu de chance pendant ce quinquennat : le Covid. Vous avez d’abord beaucoup souffert personnellement, dans vos familles.
Alors, effectivement, je dois vous dire… Donc, au départ, là, vous assistez à une première historique. Il n’est jamais arrivé dans l’histoire de la Ve République, ni des autres, qu’un syndicat de police auditionne des candidats. Évidemment, Darmanin n’est pas candidat, il est le représentant du candidat putatif Emmanuel Macron, c’est à ce titre-là.
La crise du Covid, elle a percuté aussi le travail que peut faire un président de la République et un gouvernement.
Donc là, il sort un discours qu’on a entendu très longuement, très souvent dans le Beauvau de la sécurité qu’on avait suivi. Donc là, comme vous venez d’arriver, je vous précise les choses. On est dans un cinéma à Paris. A été diffusé le film BAC Nord, film qui est revendiqué par Marine Le Pen, par Éric Zemmour et par Valérie Pécresse, moins par Darmanin. Et ensuite, il va y avoir donc ces auditions. Ont été invités Anne Hidalgo, Fabien Roussel et d’autres. Non, Poutou n’a pas été invité. Poutou n’a pas été invité car ils ont considéré uniquement les candidats qui étaient au-dessus de 2, 3 %. Et Jean-Luc Mélenchon, lui, il n’avait pas été invité, il n’avait pas été convié parce que le syndicat considère qu’il est trop anti-police.
En communion avec ce que vous pouvez vivre dans ces difficultés, même si, évidemment, je ne suis pas dans les voitures de police à trois heures du matin dans les quartiers. Je voudrais vous dire qu’on vous aime. Je veux dire que le président de la République vous aime. Je sais que les policiers sont aussi des affectifs et ils ont bien raison de l'être, parce qu’il faut aimer son métier et il faut aimer les gens pour faire votre métier et pour avoir le courage de se lever le matin ou de se coucher après tout ce que l’on a vu. Mais je veux aussi vous dire que le rôle du ministre de l’Intérieur, le rôle du président de la République, ce n’est pas de dire oui à tout. Et je pense que vous l’avez constaté. Et je veux aussi vous dire que le rôle du président de la République et du ministre de l’Intérieur n’est pas de hurler avec les loups ou de commenter avec les commentateurs. C’est d’essayer concrètement, et c’est toujours difficile quand vous prenez des responsabilités, vous le voyez, concrètement d’améliorer le quotidien. Encore une fois, on ne fait pas tout bien. Je suis persuadé que c’est nous qui pourrons faire le mieux, que les preuves d’amour ont été données, qu’on a encore beaucoup à faire et qu’il faut encore un quinquennat pour le président de la République pour transformer profondément, non seulement…
Oh ! Il vient de le dire ! il vient de le dire ! Applaudissements ! Il vient de dire qu’il faut encore un quinquennat au président de la République !
Faites attention, parce que si vous laissez votre portable, on va s’en occuper. Trêve de plaisanterie, je voulais vous remercier sincèrement d'être venu. Nous voulions aussi vous remercier. Votre présence montre que vous aimez les policiers, mais ça, on n’en doutait pas. Sachez que c'était important à nos yeux que le parti La République en marche soit représenté. Par votre intermédiaire, vous connaissez les sujets, c’est encore mieux. Ça n’a pas toujours été facile parce qu’on a dépassé le cadre du ministère de l’Intérieur et vous avez bien compris qu’il y a d’autres sujets. Et je ne reviendrai pas dessus, mais la réponse pénale, qui nous est très importante dans le futur. Voilà. J’en profite, parce que vous êtes avant tout le ministre de l’Intérieur. Je ne sais pas si vous le saviez, mais il y avait Synergie-Officiers qui étaient présent dans la salle, le Syndicat indépendant des commissaires présent dans la salle et nos amis de l' UNSA Police présents dans la salle. Ça, c’est pour tous ceux qui disent qu’on est seuls, clivants, etc. Et puis la personne que vous avez évoquée, je ne citerai pas son nom, ça lui fait un peu trop de publicité. Mais nous sommes d’accord et c’est pour cette raison que nous ne l’avons pas invitée aujourd’hui. En tout cas, merci d’avoir eu le courage d'être venu aujourd’hui.
Donc, il s’agit de Jean-Luc Mélenchon. Donc, petit mot d’amour, puisque c’est une séance de câlinothérapie à laquelle nous assistons depuis tout à l’heure. Petit mot d’amour à ceux qui nous… Alors attention, là, c’est le clip d’Alliance. Petit mot d’amour à ceux qui nous rejoignent. Donc voilà, Au Poste, c’est tous les jours, du lundi au jeudi à 9 heures. Ça, ce sont les clips. Ce sont les streams déclarés en préfecture. Et nous faisons des streams sauvages comme celui-ci, voilà. Et en général, on parle de police, de libertés, de la gauche, de la droite, de l’extrême droitisation de la société, de punk rock, de bande dessinée. N’hésitez pas à suivre la chaîne.
J’interpelle notamment le président de la République, où on lui demande d'être reçus, peut-être, parce que lui aussi, il faut qu’il exprime sa considération et son respect envers les policiers. Lui aussi, j’ai envie qu’il parle un petit peu plus des policiers et dise qu’il est avec eux et derrière eux. Le problème de la police, c’est la justice !
N’oublions pas, n’oublions pas… Alors donc là, nous assistons donc à… Alors vous allez voir, c’est pour ceux qui arrivent, vous allez le voir. Restez là parce que c'était assez tordant, cette affaire. Euh… Donc c’est le petit clip en attendant que le troisième invité, et le troisième invité, je crois, Éric Zemmour, arrive. Non, non, ce n’est pas un gag. En fait, cette vidéo, ils l’avaient en partie diffusée lors de la manifestation du mois de mai 2021. Ah, ils ont coupé avant Parce que tout à l’heure, on a eu droit à des… Alors voilà, Zemmour, Éric. Alors nous allons voir l’applaudissement. C’est du délire, c’est du délire, les amis. Donc ce à quoi on assiste, c’est à la soumission du politique devant la police et certains de ses représentants. Et c’est comme ça que nous regardons les choses. C’est-à-dire que si nous sommes là, c’est pour voir jusqu’où ça va. Alors c’est parti pour Éric Zemmour.
Monsieur Zemmour, merci d'être présent. Au nom d’Alliance Police Nationale, je vous remercie d’avoir eu le courage de vous exprimer devant l’ensemble des policiers. Sachez que c’est retransmis, mieux que moi, sur toutes les télés. C’est retransmis sur la chaîne Alliance TV et donc sur YouTube.
Et Au Poste !
Je vais faire un petit peu l’arbitre, si je peux me permettre. Quarante-cinq minutes : quinze minutes pour exposer un petit peu votre vision, votre vision et la politique sécuritaire que vous aimeriez mettre en place, et ensuite vingt-cinq minutes pour répondre à des questions parmi, si je peux me permettre l’expression, les flics dans la salle. Voilà, je vous remercie. Et après, ça sera Amandine.
On peut se permettre l’expression.
Bonjour à vous. D’abord, je voulais vous dire que je suis toujours content d'être parmi les flics, comme on dit. Partout où je passe, à Marseille, à Cannes, dans le Nord, à l’Est, je prévois toujours des réunions avec des syndicalistes policiers. Je discute sur leur situation et sur la situation en général. Et à chaque fois, nous tombons d’accord, évidemment. Je sens cette proximité intellectuelle et idéologique. Je dirais, en vérité, j’ai commencé ma carrière politique parmi vous. Le 19 mai 2021, j'étais à la manifestation.
On s’en souvient.
Pour défendre la police après une agression. Et je me souviens de l’accueil chaleureux que j’y ai reçu. Je n’ai pas oublié. Je n’ai pas oublié non plus les mots de Jean-Paul, vous savez, le brigadier qui avait été lâchement agressé et qui disait : « La peur doit changer de camp. » Je n’ai pas oublié non plus les mots de votre secrétaire général qui disait : « Le problème de la police, c’est la justice. » Je dirais même… Moi, j’irais même plus loin. Évidemment, le problème de la police, c’est une justice laxiste. Mais je pense qu’il faut encore élargir cela. Je pense que vous êtes aux premières loges d’un combat de civilisation. C’est-à-dire que vous n’avez pas seulement à faire face à des délinquants. Vous êtes aux premières loges d’un conflit de civilisations qui s’est étendu sur notre sol. Il y a deux civilisations sur notre sol et elles ne peuvent pas, malheureusement, coexister pacifiquement. Il faut qu’il y ait une civilisation qui s’impose à tous et c’est la nôtre qui doit s’imposer à tous. Vous êtes donc agressés en permanence car vous représentez l'État, et comme vous représentez l'État, vous représentez la France. Et derrière vous, c’est l'État et la France que l’on attaque. Donc ce n’est pas un hasard. C’est pour cela qu’il faut absolument, impérativement, vous soutenir et vous donner les moyens de vous protéger et de vous défendre et de…
Donc là, on est vraiment dans la même lignée que Pécresse ce matin, en plus modéré en termes de tonalité.
Ils ne sont pas seulement des délinquants. Toutes les analyses ont prouvé qu’il y avait un continuum entre les délinquants du quotidien et ceux qui finissaient par être djihadistes au Bataclan et ailleurs. Tout ça, ce sont les mêmes personnes. Ils viennent des mêmes origines, des mêmes quartiers, ils ont le même parcours sociologique. Je dirais que les uns font le djihad et que les autres font le djihad du quotidien. Mais c’est la même chose, c’est le même enjeu. Et donc, pour cela, nous devons vous donner des moyens et, pour cela, nous devons vous soutenir. Je pense que ma politique s’appuiera sur deux fondements. Premièrement, vous donner les moyens et soutenir la police. Deuxièmement, redonner les moyens à la justice d'être ferme et efficace. Pour la police, c’est simple. Vous connaissez le diagnostic mieux que quiconque. Vous êtes sans cesse agressés. J’ai vu encore aujourd’hui ce policier à Montpellier qui a été traîné par un conducteur qui refusait un contrôle. Pour vous, c’est quotidien. On a l’exemple de Viry-Châtillon, quand vous avez été attaqués à coups de mortier. Les attaques à coups de mortier sont quasi quotidiennes dans certains quartiers. Je sais que vous avez vu le film BAC Nord avant cette réunion, donc, comme je l’ai vu moi aussi, je n’ai pas besoin de vous en dire plus. Vous êtes agressés de toutes…
La deuxième chose, c’est que vous n’avez pas le temps, en vérité…
Il y a quand même quelque chose d’assez extraordinaire à ce que des candidats à la présidentielle… Fiction inspirée du réel, pour nous expliquer comment est-ce qu’eux-mêmes changent le réel…
En vérité, la fin du XXe siècle, les années 98, 99, qui ont, sous la pression de la Cour européenne des droits de l’homme, aggravé, accéléré, accentué les pressions pour la défense des gens qui étaient incriminés au détriment de votre travail. Troisième chose, vous avez des moyens de plus en plus faibles. Vos commissariats sont vétustes, vous n’avez pas le temps de vous entraîner, vous n’avez même pas assez de cartouches, de munitions, pour vous entraîner suffisamment. Enfin, dernier, je ne dirais pas le moindre, dernier élément : vous n'êtes pas soutenus. On se souvient de Christophe Castaner, qui était prêt à mettre un genou à terre pour s’excuser des soi-disant violences policières. Vous vous souvenez de ce même Castaner, qui décidément cumulait, qui avait dit que la manifestation des…
… était autorisée en plein confinement parce que l'émotion primait sur la règle juridique. Je pense qu’en 1 500 ans d’histoire, on n’a jamais vu en France un ministre de l’Intérieur dire une telle stupidité. Et enfin, le mieux pour la fin : le président de la République lui-même qui, dans une interview à Brut, parle de violences policières. Je vous rappelle ma position, que j’avais énoncée à l'époque : il n’y a pas de violences policières. Les policiers ont, selon la grande phrase de Max Weber, le monopole de la violence légitime. Donc il y a des violences faites aux policiers, oui, et qui se multiplient. Mais un président de la République ne doit pas parler de violences policières, sous peine de saper la légitimité de son pouvoir et de son autorité. À partir de là, mes propositions sont assez simples. D’abord, ce que j’appelle, et ce que le droit suisse, puisque c’est à lui que je l’ai emprunté, appelle la défense excusable, qui vaut pour les policiers et pour tous les citoyens. En deux mots, vous savez tous que la légitime défense est soumise à des conditions. Pour la défense excusable, le juge appréciera si la peur légitime, excusable, a excusé justement une attaque, une agression, en dehors du principe de proportionnalité. En clair, on assouplit la règle de la légitime défense pour tout le monde et, en particulier, pour les policiers. À cette mesure, je rajoute, j’en ai beaucoup parlé avec les policiers que j’ai rencontrés dans les villes que je vous ai citées tout à l’heure, je rajoute le principe de présomption de légitime défense. C’est-à-dire que là, ça ne concerne que les policiers. On estimera que les policiers ont toujours une présomption de légitime défense. C’est-à-dire que ce ne sera plus aux policiers de prouver leur innocence, mais ce sera aux parquets, aux juges, de prouver la culpabilité du policier. Et ça permettra, vous avez bien compris, de renverser la charge de la preuve et donc de vous éviter les procédures absolument humiliantes qui font qu’aujourd’hui, quand un policier est agressé par des racailles, il n’ose sortir son arme, il n’ose se défendre, parce qu’il se dit : « Si jamais je fais quoi que ce soit, je vais aller au trou, je vais aller en garde à vue, je vais perdre tout, etc. Ça va être terrible. » Et du coup, on voit toujours ces policiers agressés. Et évidemment, les racailles en tirent un profit immense. C’est-à-dire que ce sont les policiers qui ont peur et non pas ceux qui les agressent. À part ces deux mesures…
Évidemment, il faudra une loi de programmation sur cinq ans. J’ai vu qu’Emmanuel Macron en avait parlé en 2017, qu’il en reparle en 2022. Donc il faudrait bien la faire. Par ailleurs, j’ai dit tout à l’heure que votre temps était surchargé de travail, de paperasse. Je pense qu’il faut donc revenir à des procédures beaucoup plus simples, beaucoup plus simplifiées, où il n’y a pas l’avocat à tous les instants, où les droits de la défense n’encombrent pas exagérément vos enquêtes. Par exemple, je propose de supprimer le juge des libertés. Je pense qu’il a un rôle néfaste dans toutes ces procédures. Je pense aussi que nous devons rapprocher le plus possible les procédures classiques…
Nous avions reçu Sarah Massoud et elle nous avait expliqué, au sein du Syndicat de la magistrature, l’importance de la police…
Pour une justice ferme et efficace, je pense qu’il faut simplement prendre des mesures fondamentales. La première, évidemment : on sait aujourd’hui que nombre de juges, même qui ne sont pas idéologiquement soumis à la doxa du Syndicat de la magistrature, ne peuvent pas condamner la plupart des délinquants et des condamnés parce qu’il n’y a pas de places de prison. Pour régler cette question lancinante depuis vingt ans, je propose deux mesures. La première : construire 10 000 places de prison. Je sais que depuis vingt ans, tout le monde vous promet ça et que personne ne le tient. Emmanuel Macron avait promis 15 000 places, on en est à 2 000. Mais moi, j’ajoute une autre mesure, qui est l’expulsion des 15 000 délinquants étrangers qui n’ont rien à faire dans nos prisons, qui nous coûtent cher et qui n’ont rien à faire chez nous. Il y a 25 % d'étrangers dans les prisons françaises. Sur 60 000 prisonniers, je vous laisse faire le calcul, ça libérerait 15 000 places. Par ailleurs, je demande une justice beaucoup plus ferme. C’est-à-dire que je rétablis les peines planchers, les fameuses peines planchers. Qu’est-ce que ça veut dire ? Vous le savez très bien. C’est-à-dire que les juges devront absolument instaurer des peines minimales, qu’ils ne pourront pas donc accumuler les libérations et les mesures alternatives. Par ailleurs, je suis favorable à ce qu’on revienne sur toutes les législations qui ont multiplié les réductions de peine, que ce soit la loi Perben, la loi Dati, la loi Taubira et la loi Belloubet. Toutes ces lois n’ont eu qu’un but : réduire les emprisonnements et réduire les peines. Je supprimerai toutes ces lois et je rétablirai une vraie… mesure avec des peines qui seront vraiment exécutées. Ensuite, par ailleurs, je rétablirai une vraie perpétuité. C’est-à-dire que je n’admettrai pas que Salah Abdeslam sorte de prison dans quelques années. Par ailleurs, je pense que nous devrons régler la question de la délinquance des mineurs. Vous savez tous ici que vous les arrêtez et ils ressortent libres dans l’heure. Nous prendrons deux mesures. La première : réduire cette fameuse clause de minorité de 16 à 13 ans. Et par ailleurs, nous expulserons tous les mineurs isolés qui ne sont, comme je le dis souvent, pour la plupart, ni mineurs ni isolés. Cette mesure sera prise le plus rapidement possible.
Il connaît par cœur, Zemmour, son texte. Bon, il répète ce qu’il répète depuis longtemps. Merci Kalindine, merci beaucoup. On a besoin de carburant. C’est pour ça qu’il est sans notes, c’est parce qu’en fait il répète ce qu’il a dit depuis des années et des années.
Intoxiqués par l’idéologie laxiste héritée du Syndicat de la magistrature des années 60-70, nous mêlerons, je pense que l’idéal sera à 50-50, dans les effectifs de magistrats, ceux qui sortiront de l'École de la magistrature et ceux qui viendront d’autres professions, comme les policiers, les gendarmes ou des avocats.
Ah, les juges ! Les policiers vont devenir juges.
Comme ça, les choses sont dites. Le climat changera. C’est-à-dire que je pense que l’important, c’est que vous ne soyez plus agressés. L’important, c’est que vous puissiez vous défendre. L’important, c’est que vous puissiez rétablir la paix et que, effectivement, la peur change de camp. Je serai le candidat de la paix parce qu’avec moi, la peur changera de camp. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur Zemmour. Nous allons commencer par la première question sur le thème de l’ordre public, par Jean-Marie.
C'était court. Donc les candidats ont cinq questions. Ce sont toujours les mêmes, posées par d’autres personnes, mais ce sont les mêmes.
Elles ont été données aux candidats, manifestement, qui ont préparé leurs réponses.
Depuis 2016, nous connaissons des manifestations ultra-violentes comme la loi Travail, les Gilets jaunes, la réforme des retraites, les manifestations anti-vaccin. On déplore plus de 2 000 blessés dans les rangs de la police et des millions d’euros de dégâts au domaine public. Devant tant de désordres, à notre sens, les services de police sont démunis de moyens…
Je ne conteste pas le chiffre. Alors, je ne conteste pas le chiffre de 2 000 policiers, encore que « blessés », encore qu’il serait intéressant de savoir quelle est la gravité des blessures, etc. Je rappelle juste que ce chiffre-là, c’est le même depuis 2019.
Il n’a jamais été étayé, malgré les demandes répétées de certains.
… dans le cadre de nos missions de maintien de l’ordre. De même, seriez-vous prêt à instaurer une disposition administrative d’interdiction de manifestation ou de participation à un rassemblement à l’encontre d’individus ayant des pratiques violentes ?
Chers messieurs, effectivement, ça me choque beaucoup de voir, depuis des années, la moindre manifestation s’achever par des violences inouïes, des dégâts, des destructions, des pillages. Ce sont des scènes de guérilla, en vérité. J’ai en souvenir, évidemment, comme tout le monde, la scène de saccage de l’Arc de Triomphe, qui m’a évidemment le plus choqué. Mais après tout, on peut légitimement aussi être choqué par la destruction du moindre commerce, de la moindre devanture, qui est non moins scandaleuse.
Lors de son meeting à Cannes, qu’on avait retransmis, il avait dit à son auditoire : « Vous qui n’avez jamais brisé de vitrine… »
L’extrême gauche, dite Antifa, menaçait tous les commerçants qui voulaient me rencontrer et détruisait la devanture du restaurant qui m’avait accueilli. Je n’ai pas vu, d’ailleurs, à cette occasion, le préfet faire diligence pour me protéger et pour protéger les gens qui me recevaient, mais c’est une autre histoire. Je pense que tout cela est absolument indigne, scandaleux, et que l’impunité de ces racailles d’extrême gauche, qu’elles s’appellent Antifa, qu’elles s’appellent black blocs ou que sais-je, doit cesser. Je pense qu’il y a une responsabilité directe des gouvernements dans cette impunité. Je pense évidemment que vous avez les moyens de les arrêter, de les connaître, de les arrêter même préventivement. Vous avez raison. Sinon, il faudra vous les donner. Quand je pense qu’on a réglé ainsi la délinquance dans les stades… Je me souviens, moi qui allais voir des matchs de foot quand j'étais gamin, j’ai vu cette dégradation et j’ai vu aussi comment on l’avait traitée. Il n’y a aucune raison qu’on ne traite pas les antifas et les autres black blocs et les autres racailles…
Il dit toujours ça comme ça.
Par ailleurs, je pense que, je le répète, il manque une volonté politique pour faire cesser ces scandaleuses dégradations et ces scandaleuses violences. Donc oui, quand je serai président, la volonté politique, je peux vous l’assurer, sera à l’ordre du jour pour régler toutes ces questions.
Merci beaucoup. Nous allons passer à la question suivante.
J’ai l’impression qu’il a une mauvaise nouvelle en tête, il n’est pas de bonne humeur.
Ce n’est pas bon, ce n’est pas bon. Ça serait mieux parce qu’on ne t’entende pas.
Bonjour, monsieur Zemmour. Je me nomme David Leroux, je suis le secrétaire régional adjoint Alliance Police en région Occitanie.
Quelques kilomètres de Montpellier, et je voudrais également avoir une pensée très forte pour notre collègue de Montpellier. Nous sommes donc dans un cinéma de Paris, cinéma qui organise de manière régulière des avant-premières pour la presse, qui fait un petit peu des débats comme ça. Et donc, le syndicat Alliance a fait une projection de BAC Nord à 9 heures du matin, et ensuite il a invité donc Pécresse, qu’on a vue, Darmanin, qu’on a vu… Zemmour, et tout à l’heure Le Pen.
En sachant que vous connaissez nos positions sur les peines minimales et au regard du contexte actuel…
Et ça repasse encore à David avec un problème de micro.
… et la répression des auteurs de ces faits. Vous l’avez en partie effleuré, mais en attendant, sur les peines planchers, si vous pouvez développer un tout petit peu plus : comparution immédiate, mandat de dépôt, pas de répression…
Je crois vous avoir répondu. Effectivement, vous avez raison. C’est un fait majeur. Il y avait, en 1996, 28 000 outrages et agressions aux forces de l’ordre. Il y en a, en 2019, 66 000. C’est une explosion phénoménale. Je vous l’ai dit, il faut bien comprendre que cette histoire s’inscrit, que votre sort et ces agressions s’inscrivent dans un contexte historique, civilisationnel. Vous êtes aux premières loges d’un combat de civilisation. C’est pour ça qu’on vous agresse. C’est derrière vous l'État et la France qu’on agresse. Il faut donc que l'État et la France se défendent. On n’est plus au temps d’une simple délinquance. Elle existe évidemment, les moteurs sont toujours les mêmes.
Donc là, le chantage classique : vous êtes contre la police, vous êtes donc contre la République, puisque la police est républicaine et la police est nationale. C’est un peu court, monsieur Zemmour.
Et je crois avoir répondu à votre question. Mais effectivement, je pense d’abord, parce que, si vous voulez, la mère de toutes les batailles, il faut bien comprendre que la mère de toutes les batailles, c’est l’immigration. C’est-à-dire que l’important n’est pas, comme dit M. Macron, comme a dû le redire M. Darmanin ou Mme Pécresse, le sujet n’est pas de mettre plus de policiers dans la rue. Il est de mettre moins de délinquants dans la rue. Et pour mettre moins de délinquants dans la rue, il faut arrêter l’immigration. L’immigration est la mère, la nourrice de toute cette délinquance. Donc, si on est à l’immigration zéro, on aura une délinquance qui va être éradiquée.
Il reste 61 jours, ça va aller.
Inéluctablement. C’est ça, la première réponse fondamentale. Et je pense que je suis là le seul à la donner et je suis le seul à être déterminé pour régler cette question. Après, il y aura évidemment, je vous l’ai dit, des mesures qui seront prises. Je vous les répète. D’abord, dans la même lignée de ce que je viens de vous dire…
Effectivement, Flexi, c’est ça, c’est un disque. Il est bon.
Je rajouterai la déchéance de nationalité pour tous les binationaux délinquants ou criminels, qui viendront s’ajouter aux délinquants expulsés. Par ailleurs, pour les mineurs, je vous l’ai dit aussi, je supprimerai, au-delà de la condition de minorité…
Quand tout ça n’est pas constitutionnel, je vous le rappelle.
Je pense que vous devez prendre des mesures très fermes, qui sont implacables. Après, je vous l’ai dit : peines planchers, peines minimales, vous l’avez compris, vraie perpétuité, pas de remise de peine. Je pense qu’avec cet attirail, nous engageons, à la hauteur de l’enjeu, le vrai combat pour la paix et la sécurité et la tranquillité des Français. Et grâce à vous.
Merci beaucoup. Nous allons passer à la troisième question sur la protection du policier, par Éric.
Bien sûr, il s’en fout de la Constitution.
Bonjour, monsieur Zemmour. Éric Maroc, je suis le secrétaire régional du syndicat Alliance en Nouvelle-Aquitaine. Je suis affecté à Bordeaux, en brigade de sûreté urbaine. Quelles mesures concrètes envisagez-vous pour protéger l’identité des policiers et donc celle de leur famille, comme par exemple le floutage, l’anonymisation ou d’autres mesures inscrites dans votre programme ?
Chers messieurs, il faut s’arrêter une minute sur cette question avant de vous répondre. C’est-à-dire que vous voyez l’incroyable évolution. Auparavant, moi, quand j'étais enfant, tout le monde était content d’avoir un policier dans son immeuble parce que ça voulait dire que c'était une garantie de tranquillité et de sécurité. Moi, j’ai connu, et pourtant je n’ai pas vécu sous Louis XIV, mais j’ai connu, en banlieue parisienne, ma mère ne fermait jamais sa porte à clé. La question, c’est le floutage des policiers. Je vous dis ça parce qu’il faut bien, il faut toujours mesurer avant de se précipiter sur les mesures, les réponses, etc.
Merci Gercéval, merci à toi.
Il faut comprendre l'évolution pour bien apprécier et pour refuser ce qu’on nous fait vivre demander le floutage, l’anonymisation, oui, ça sera indispensable dans un premier temps, mais ça veut dire déjà que nous avons perdu une bataille. Ça veut dire qu’un policier doit se cacher. Mais où sommes-nous ? Dans quel pays vivons-nous ? Qui a peur de qui ? Donc je pense que oui, nous prendrons ces mesures de sauvegarde, oui, nous le ferons pour protéger les policiers à court terme, mais moi, je considérerai que c’est une défaite. Et je considérerai que nous avons gagné la bataille quand nous n’aurons plus besoin de ces mesures. Et je peux vous dire que ça ira plus vite qu’on ne le pense.
Oui, mauvais, il est mauvais.
Simplement, il faudra être ferme, déterminé et ne plus avoir peur de son ombre, ni des médias, ni des juges. Encore une fois, je pense que je suis le seul candidat dans ce cas-là.
Aïe, aïe la petite moue à la fin, en dit long.
Donc, je rappelle l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme : « La garantie des droits de l’homme nécessite l’instauration d’une force publique au service de tous et non de l’intérêt particulier de ceux qui l’emploient », ce qui explique que les policiers ont des comptes à rendre. Car ils sont au service de tous et non de leur intérêt.
Je vous écoute.
Ma question est la suivante. Merci et au revoir. Comme vous le savez, plusieurs réformes des retraites ont modifié celles des policiers. Comment envisagez-vous de préserver la catégorie active des policiers ainsi que leur statut spécial ?
J’ai vu qu’effectivement Emmanuel Macron voulait supprimer votre régime spécial. Moi, j’ai une méthode assez simple : je ne suis pas contre les statuts spéciaux. J'étais contre la réforme de grande simplification, de mettre tout le monde sous le même régime. Je pense que si, bien sûr, on n’est pas obligé de garder tous les régimes spéciaux, je ne suis pas contre le principe. Il y a des situations différentes qui impliquent des solutions différentes. Par ailleurs, je pense qu’il n’est pas, pour l’instant, nécessaire de vous promettre des embauches supplémentaires. Je pense qu’il vaut mieux, un, vous payer mieux, et deux, vous permettre de plus travailler sur le terrain en réduisant les contraintes…
La question, c’est sur les retraites. La paperasse dont j’ai parlé… Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe.
Pour la retraite, donc, je pense qu’il n’est pas nécessaire, pour l’instant, de changer votre régime.
Nous en venons à la dernière question sur le thème du pouvoir d’achat.
Il est très, très mauvais.
Bonjour, monsieur Zemmour.
Je vous remercie.
Je m’appelle Émilie, je suis représentante Alliance de la région Auvergne-Rhône-Alpes, brigadier-chef et OPJ affectée à la CSP de Lyon. Dans le cadre de la future loi d’orientation et de programmation…
Une question sur cinq est posée par une femme.
Des déclarations ont été faites et un budget supplémentaire de 15 milliards d’euros a été annoncé. Comptez-vous respecter ou améliorer le montant et le calendrier de cette future loi afin d’augmenter le pouvoir d’achat et le déroulement de carrière des policiers, des policiers adjoints, ainsi que des personnels administratifs, scientifiques et techniques ?
Je pense que c’est un cadre qui me paraît convenable. Je dirais qu’il faut non seulement améliorer le pouvoir d’achat des policiers, mais ça, c’est comme tous les Français, il y a effectivement des choses à faire, mais aussi et surtout améliorer les équipements. Je pense vraiment que vous êtes sous-équipés. Je le disais tout à l’heure, on me parlait de ces voitures électriques…
Dungbedo, je suis d’accord. Zemmour, il casse l’ambiance. Ça avait démarré avec Pécresse sur les chapeaux de roue, un peu tonitruante. Discours plus à droite encore que celui de Zemmour. Je ne pense que Zemmour… Là, je pense qu’il est ailleurs, dans sa tête. Darmanin était tout à l’heure, genre : « Je suis au-dessus de tout ça. » Marine Le Pen, qui vient de trouver du pognon, 10 millions prêtés par une banque hongroise…
Nous allons vous remettre un dossier avec différentes questions, liste non exhaustive concernant les DROM-COM, la formation, la police judiciaire, etc., et pour lesquelles nous aimerions une réponse ultérieure. Merci.
Merci à toi, merci beaucoup.
Oh là, je suis largement en avance. Je veux bien prendre d’autres questions, si vous voulez.
Malheureusement, on a prévu que cinq questions parce que, vous savez, dans un souci d'équité, il faut éviter de fâcher les autres candidats. Par contre, évidemment, vous faites comme tous les autres candidats, vous finissez bien avant le timing, donc prenez votre temps. Les autres auront été à peu près sur le même timing que vous.
Écoutez, je pense que je vous ai dit l’essentiel. Je tiens à vous répéter deux choses. La première : on a changé d'époque. On a changé d'époque, vous le savez mieux que personne. Nous sommes engagés dans un conflit de civilisation et vous êtes en première ligne. Vous êtes en première ligne et vous, vous savez ce qui se passe vraiment. Les autres Français, parfois, ils subissent les agressions que vous subissez au quotidien. Ils subissent, eux, de temps en temps, et c’est déjà trop, les agressions que vous subissez tout le temps. En vérité, nous avons changé d'ère, c’est que vous êtes devenus la cible…
Merci beaucoup, Coiffure de droite.
… alors que vous étiez auparavant…
Oui, je pense qu’on peut faire sonner l’accordéon et la fanfare parce que le disque est rayé, et on peut faire notre musique.
Les gouvernants ne mesurent pas le changement vertigineux que cela signifie. Nous vivons dans une espèce de guérilla et vous êtes les premières cibles de la guérilla. Alors évidemment, vous entendrez les médias, tous les professionnels des excuses, dire que c’est parce que vous êtes injustes, vous êtes violents, vous êtes ceci, vous êtes cela. Ma réponse est assez simple : dans ce cas-là, les pompiers qui sont agressés doivent être également horribles, et les médecins qui sont agressés doivent exercer des violences absolument indignes sur tous les gens qui les agressent. Tout ça n’est pas sérieux. Évidemment, la première, vraiment la première politique que nous devons suivre, c’est que vous redeveniez les chasseurs et non plus les gibiers. Et je vous le répète : la mère de toutes les batailles, c’est l’immigration. C’est…
L’immigration provoque des décennies c’est dingue. S’il n’a pas son discours préparé dix minutes, qu’il répète, il répète et ça ne cesse d’exploser.
Depuis, on a, je crois, depuis les années 60, un quadruplement des crimes et délits. Un quadruplement. C’est évidemment lié. Donc la première politique à suivre, c’est la politique que je propose d’immigration zéro et que je suis le seul à proposer. Ensuite, comme je vous l’ai dit, c’est vous redonner les moyens d'être tout simplement ceux qui maintiennent l’ordre et non pas ceux qui subissent un ordre étranger. C’est très frappant dans le film BAC Nord que vous avez, je crois, visionné avant nos prestations réciproques. On voit bien qu’il y a aujourd’hui en France, là en l’occurrence dans les quartiers nord de Marseille, mais on aurait pu faire ce film partout en France, en vérité, il y a des enclaves étrangères qui sont, comment dire, exercées par une autre police qui n’est pas la vôtre et qui est celle des caïds de la drogue et autres. On dit toujours que ce sont des zones de non-droit et que ce sont les territoires perdus de la République. C’est faux. Ce ne sont pas des zones de non-droit, il y a un autre droit, un autre droit qui est celui de ces enclaves étrangères, un mélange d’islam du quotidien et de violence des caïds de la drogue. Et ce ne sont pas des territoires perdus de la République, ce sont des territoires perdus de la France, car ce sont des enclaves étrangères. Je vous rappelle la fin de ce discours, c’est toujours : « Vive la République et surtout vive la France. » C’est pour ça que vous êtes agressés en permanence par une espèce de guérilla. Donc je pense que c’est cela que nous devons d’abord faire avec vous : reconquérir ces zones et ces enclaves étrangères.
Eh bien merci, merci Curieux238.
Et je compte sur vous, comme vous pourrez compter sur moi. Merci beaucoup.
Je vous remercie.
Dix minutes, il répète, il répète et ça ne cesse d’exploser. Faut avoir le moral pour regarder ça.
Monsieur Zemmour, avant de partir, en tant que secrétaire général, je voulais vous remercier de votre présence au nom de tous les policiers dans la salle, au nom des policiers sur le terrain. J’aime bien le répéter parce que, malgré tout, un collègue sur deux, aujourd’hui, quasiment, est à Alliance Police Nationale. Donc c’est important de le souligner de temps en temps. En tout cas, merci pour votre exposé. Merci d’avoir été présent, contrairement à d’autres. Et je vous souhaite bonne continuation.
Merci à vous et à bientôt.
Alors, je vous remets un questionnaire. Voilà. OK, merci beaucoup.
Alors, attendez, attendez. Et il y en a un peu marre de leur truc, là. C’est à nouveau celui-là ? Ah non. Attendez. Hop, hop, hop. Ça a commencé ? Oui, ça a commencé. L'émission a commencé ! On est à l’antenne depuis cinq minutes ! Oh merde. Quoi ? Les flics ? Non. Si. Merde. On a déjà vu trois fois leurs clips, on va se faire plaisir, on met d’autres choses.
Je choisis la pilule bleue, tout s’arrête, et si je choisis la pilule rouge…
Merci beaucoup, beaucoup aux donateurs à l’instant. Curieux, je vais essayer de retrouver vos noms. Je vous rappelle, je vous rappelle que… Curieux, Postkicat, On appelait ça le Web et Jibus, merci beaucoup pour vos dons. Je vous rappelle, ou je vous apprends si vous découvrez Au Poste, qu’ici, nous avons la chance depuis hier de salarier une des modératrices, Euryale, et Jessie, l’autre modératrice, est également rétribuée, défrayée, on va dire. Donc vos dons nous servent à préparer les émissions, nous servent à payer la modération, à acheter du matériel, etc., etc. Donc voilà, merci beaucoup, beaucoup pour vos dons, on en a vraiment besoin. J’en parlerai à la fin du stream. Modératrice et assistante de production, puisqu’en effet maintenant Euryale est assistante de production. Ta-ti-ta-ta. Alors les publicités ! Les publicités, là ! Ça, c’est du délire ! Attendez, je vous mets le son. Écoutez bien. Allez, publicité ! Je vais vous citer du CE d’Alliance Police Nationale. Les mecs, ils s’offrent un truc incroyable : Alliance Avantages, pour aller faire… On touche rien là-dessus. Darty, c’est l'élu… ce sont les nouveaux partenaires d’Au Poste. Les jeunes ! Le délire ! Et… les déménagements, le déménagement ! Et puis du Futuroscope, bien sûr ! Venez Au Poste, vous voyagerez ! Astérix ! Mickey, Disneyland, allez-y ! Roulez jeunesse ! Vendu, vendu ! Villages Nature, on y va ! Oh yeah ! Par des collègues, pour les collègues ! Au Poste ! Le seul stream qui vous sauve ! Oh la vache !
Il y a 19 mois, mon petit, on créait l’option de vie. On pensait qu’avec un peu de bonne volonté, beaucoup de courage, on pourrait faire avancer les choses. Force était de constater, quelques mois plus tard, que ça avançait, mais pas assez vite à l’occasion…
Alors, un petit peu gouré, je me suis gouré. Quatre fois on voit le clip, donc on va mettre autre chose. Alors, par exemple, on a ça :
Au bout de 30 avertissements, on peut faire un blâme, et au bout de 30 blâmes, on passe devant un conseil de discipline, on peut être dégradé. Arrêtez comme ça.
Je vous rassure. Écoutez, laissez la police faire son travail. Dès que j’aurai de plus amples informations, croyez bien que vous en serez les premiers informés.
C’est des gens qui n’ont pas plus de conscience que ça, moi, ça me révolte ! Saloperie ! Ouais, je te foutrais tout ça en prison, moi ! Parfaitement ! Pas de pitié, allez en prison ! Voyou ! Anarchiste ! Mauvais Français !
Oh ! Regardez, regardez ! Je suis dans leur clip ! Mais ça ne va pas ! Hé ! Ça ne va pas ? Il est pas… il est… il n’est pas aux normes ! Arrête, je connais ton discours, je pense que tout ça, pour toi, c’est l’ennemi. Tu as de rares endroits au monde où tu peux te promener dans les bâtiments aux normes, avec des gens aux normes, en tout cas, aux produits aux normes. C’est ta connerie, elle n’est pas honorable ! Les démis, c’est les nerfs ! Ça fait combien de temps ? Deux heures et… deux heures cinquante-cinq. Allez, vous voulez ? Ugo Bernalicis était tout à l’heure dans le tchat, et l’autre jour, il y a déjà quelque temps, il était venu nous faire une petite démonstration. Quand je suis arrivé, j’ai fait le casse-cou, là, comme ça, j’ai rationalisé, mutualisé, supprimé. Bon, alors on a fait ce qu’on a pu. Visiblement, la police de projection que j’avais pensée… Ah, je vais m’excuser, moi, monsieur Bernalicis, mais voici donc la quatrième prestation, avec Le Pen Marine. Roulez, roulez jeunesse. C’est quoi cette musique-là ? Stop, stop, stop. Alors, il ne faut pas se tromper de dossier. Ce n’est pas comme le débat du deuxième tour.
Madame Le Pen, bonjour.
Bonjour !
Merci d'être présente parmi nous. Je vais me permettre, en tant que secrétaire général, de faire, on va dire, le petit arbitre au départ pour vous donner un petit peu les consignes et que vos concurrents ne soient pas offusqués. Donc vous avez environ une quinzaine de minutes pour vous exprimer.
Ah bah tout à l’heure, les autres, ils avaient quinze minutes.
Donnez-nous votre vision de la police et la politique sécuritaire que vous souhaiteriez mettre en place. Et ensuite, nous passerons aux questions à travers la salle. Donc il y a le même nombre de questions pour tout le monde. Ce sont des collègues qui sont représentants syndicaux de notre organisation, mais aussi affectés dans des services différents, dans tous les coins de la France. Je me tais. Merci encore d'être là. Et à vous. Merci.
Merci, mesdames et messieurs, chers amis policiers. Permettez-moi d’abord de saluer…
Je savais que c'était toi, Francis, je t’embrasse.
Cette nuit à Montpellier dans l’exercice de ses fonctions. L'élection présidentielle est l’heure, pour le pays, des grands débats et des grands choix. Vous qui êtes en première ligne face à l’insécurité, qui vivez au quotidien la dégradation de la situation et parfois le naufrage de certains quartiers, vous savez mieux que quiconque vers quels abîmes peut dévaler notre société. J’ai présenté hier, dans le cadre d’une conférence de presse, mon projet pour la sécurité dans notre pays. Mais aujourd’hui, je répondrai bien sûr à vos questions et j'évoquerai tout à l’heure un certain nombre de lignes sur la sécurité. Mais aujourd’hui, je voudrais vous parler de vous. Je n’aurai pas la prétention de vous dépeindre le tableau, comme professionnels de la sécurité publique au contact du terrain. Vous le connaissez, et vous le connaissez mieux que personne. Vous savez comme moi que cette situation n’est pourtant pas irrémédiable, pour peu que les décisions politiques que vous attendez, que vous êtes en droit d’attendre d’ailleurs, soient prises. Une chose est sûre : il n’est pas possible de demander à notre police, aussi dévouée soit-elle, de tout résoudre. Les conséquences du laxisme judiciaire, le délitement de l'école, les conflits familiaux, les problèmes sociaux, les problèmes psychiatriques, et j’en passe. Si vous y êtes souvent contraints, c’est parce que d’autres institutions républicaines autour de vous ont fléchi et même parfois ont sombré. Dans certains quartiers, vous êtes les seuls et les derniers à représenter l'État, à incarner la République, à faire appliquer la loi française. Vous le faites avec un courage, un sens du devoir et souvent du sacrifice qui forcent l’admiration. Et dans la difficulté quotidienne, il y a souvent ce sentiment d’abandon qui vous habite parce que les hiérarchies politiques ou administratives vous dissuadent d’agir, préfèrent ne pas donner d’instructions claires pour mieux vous lâcher en cas de problème, tournent la tête et parfois vous accablent quand vous auriez besoin d'être épaulés et soutenus.
Pas câblés, c’est pas les cons dans le tchat. Épaulés.
Les fondements de leur métier, sur la distorsion entre ce qui a motivé leur engagement lorsqu’ils ont embrassé la profession et les conditions réelles de son exercice. L'épouvantable taux de suicide dans vos rangs, comme le nombre de départs volontaires de l’institution, témoignent de manière cruelle de ce phénomène, le burn-out, c’est-à-dire ce décalage qui existe entre l’idée que vous pouviez vous faire du métier et la réalité. C’est là quelque chose auquel il faut nous attaquer sans davantage tarder. Et puis, au quotidien, se posent bien souvent, vous le savez, vous le vivez, les conditions dans lesquelles vous exercez. Les conditions matérielles, avec des véhicules parfois hors d'état, des locaux indignes, des équipements peu adaptés. J’ai vu des dizaines de commissariats dans cette situation. Les conditions juridiques, avec des procédures tatillonnes, chronophages et finalement épuisantes, dont vous avez le sentiment qu’elles entravent plus qu’elles ne protègent. Je suis bien placée pour le savoir, pour avoir été avocate pendant un certain nombre d’années. Les conditions morales, mises chaque jour à l'épreuve quand une certaine presse peu scrupuleuse de la vérité, un candidat d’extrême gauche sur un plateau face à un de vos collègues de la BAC, jusqu'à l’actuel chef de l'État, prennent le parti de diffamer la police nationale en évoquant des violences policières. Sachez-le, moi, je suis avec vous. Trop de ministres se sont succédé avec le souci de la communication, mais sans doctrine claire sur la sécurité, sur la police et sur l’exercice de ses missions. Je redonnerai du sens à votre mission, à votre vocation. Avec moi, les objectifs seront clairs, les ordres sans ambiguïté, le soutien sans faille. Ce sont des questions sur lesquelles nous avons beaucoup travaillé, en liaison avec de nombreux policiers. Ma vision à l'égard de la police et de ses membres repose sur deux piliers : sécuriser l’exercice de la profession, sécuriser votre vie professionnelle et familiale. Sécuriser l’exercice, tout d’abord, avant la mission, pendant la mission et après la mission. Avant la mission, ça porte sur la qualité des moyens : les locaux, avec un plan de rénovation complet des commissariats ; des véhicules en nombre et en qualité, dont l’aménagement intérieur sera conçu avec des policiers ; les matériels modernes et efficients ; des séances de tir plus soutenues ; la remise à niveau permanente des moyens informatiques ; des stages de formation plus adaptés, notamment pour la gestion des situations difficiles comme les techniques d’interpellation…
Donc le discours, le discours des quatre, est quand même le même. Ça va pas bien, mais il faut continuer comme ça. Il n’y a jamais de remise en question, même pas en cause, évidemment, mais de remise en question des doctrines, des méthodes. Jamais, jamais. Plus de moyens, plus de moyens. Et le soutien des fonctionnaires qui interviennent. Évidemment, si BAC Nord, c’est l’alpha et l’oméga du programme politique des candidats, c’est un vrai problème.
… et la falsification statistique, le caviardage des rapports de terrain et un effet trompeur d’optique. Ce n’est ni honnête ni efficace. En matière de sécurité, je vous fais confiance, à vous, professionnels. Il est inutile et dangereux de se payer de mots et encore plus de chiffres, surtout lorsqu’ils sont artificiellement gonflés pour servir une communication strictement politicienne. Pendant la mission, votre tâche doit être facilitée par l’allègement des procédures inutiles, le déblayage de la paperasse et la fluidification des relations, notamment avec les parquets. Les magistrats doivent être encouragés à venir en stage dans les commissariats, notamment en zones sensibles. Cela pourrait être extrêmement pédagogique. Les outrages à votre égard, qui sont des outrages à votre fonction et donc à l'État, doivent être systématiquement réprimés par des procédures accélérées. Je ne suis d’ailleurs pas hostile aux caméras GoPro ou dashcams sur les véhicules, tant je sais qu’elles démontrent, lors des incidents, votre comportement irréprochable, pour peu qu’elles fonctionnent. Nous devons, à l'égard des fonctionnaires obligés de réagir pour protéger leur vie ou celle de leurs collègues, établir une présomption de…
Donc le discours ce matin concernant les caméras de police, qui n’est pas toujours celui-ci, mais le discours des quatre candidats ou représentants des candidats, c’est de dire que les caméras sont là pour protéger la police. Pas du tout pour pacifier ou protéger…
Vous devez être protégés en tant que personnes par une culture des débriefings, le principe de traçabilité des interventions difficiles, le soutien dans les procédures judiciaires, notamment par l’anonymisation des plaintes et une prise en charge juridictionnelle. En cas de mise en cause médiatique de policiers, les vidéos doivent être rendues publiques par le ministère de l’Intérieur pour les disculper immédiatement. Vos rapports, fruits d’efforts considérables…
Ah, ça marche dans ce sens-là, alors, par contre.
… dénaturés dans le seul but de ne pas déplaire en haut lieu ou je ne sais quel ministre. Au-delà, c’est toute l’institution policière qui doit être défendue au quotidien, car rien n’est plus corrosif pour l'État que le bruit de fond infamant qui a été, je le crois, trop souvent toléré. Les menaces de violence contre l’institution ou l’un de ses membres doivent être sanctionnées systématiquement. Il faut poursuivre sévèrement les signalements mensongers, la diffamation et les messages de haine contre la police.
De quoi ça ?
Cela peut concerner les paroles de chansons, les atteintes à la vie privée de policiers, les tags menaçants comme le doxing par les blocs d’extrême gauche, ces dénonciations numériques personnelles pour vous mettre en danger. Sécuriser l’exercice de la profession, disais-je, mais aussi sécuriser votre parcours professionnel et votre vie familiale. Je veux alléger vos soucis personnels par une grande politique sociale en votre faveur. Il faut augmenter le budget social de la police, vous donner accès à une mutuelle très accessible mais très efficiente, avec une prise en charge par l'État des surcoûts des blessures professionnelles. Il faut ouvrir une part des logements sociaux à la police, notamment pour rompre l’isolement des policiers, accompagner les personnels mutés loin de chez eux ou mieux protéger vos familles. Il faut veiller à limiter les rappels de service et sacraliser certains jours de repos, notamment les événements familiaux particuliers. Le suivi médical et professionnel doit être mieux assuré par une meilleure reconnaissance et gestion des stress post-traumatiques. Il nous faut mettre un plan anti-suicide en place, efficace, avec le concours des organisations syndicales pour appuyer une sensibilisation générale, suivi, entraide, détection des signes avant-coureurs, visite médicale spécialisée, mise à l’abri ou réorientation vers d’autres administrations des personnels fragilisés. Je n’ignore pas que votre institution est une belle et grande maison, une belle et grande famille. Et nous devons veiller à maintenir la convivialité entre vous, une fraternité de corps, l’empathie de la hiérarchie, le tutorat pour les jeunes entrants favorisant…
Ah ouais, c’est la première fois. En règle générale, ce qui se passait, c'était les vœux des syndicats de police, chaque année en début d’année, qui auditionnent le ministre de l’Intérieur, mais les candidats…
… les éléments positifs de vos carrières par des marques de considération qui me semblent normales : une lettre, une prime, une distinction. Il faut notamment prévoir une accélération de carrière pour les personnels affectés dans les zones difficiles. On y apprend plus vite, on s’y épuise davantage.
On fera un petit débrief tout à l’heure de toutes les déclarations des uns et des autres. On va faire durer le plaisir.
Je voudrais vous dire, pour résumer, que je ne détache pas une politique pénale efficace d’une attention toute particulière aux conditions d’exercice.
C’est difficile à dire. Déjà, on pourrait se demander : est-ce qu’ils vont faire ça avec les professeurs ?
Vous êtes, par votre fonction, par vos compétences, des serviteurs de l'État. De cet État, je veux restaurer les fonctions, les moyens et l’autorité, parce que c’est la condition de l’harmonie sociale et du maintien du lien national. La sécurité est la première de mes priorités. Sans elle, il n’y aura plus de vie sociale, plus de vie économique, plus de liberté d’aller et venir, plus de dignité pour les plus vulnérables. Vous êtes les défenseurs de cette éminente cause. Les recrutements actuels dans la police ne sont qu’un modeste rattrapage, vous le savez, alors que la population a crû de plus de 4 millions de personnes depuis 2007 et que la délinquance augmente année après année. Je ferai donc voter une loi de programmation pour la sécurité et la justice de 7,5 milliards d’euros sur cinq ans, qui permettra de créer 7 000 postes de policiers et gendarmes, 3 000 postes de personnels administratifs pour vous permettre d'être davantage sur le terrain. Je n’attendrai pas 2030 pour renforcer le nombre de policiers affectés à des missions opérationnelles. Afin de rejoindre la moyenne européenne, j’engagerai le doublement du nombre de magistrats, tout en diversifiant leur mode de recrutement, en y intégrant notamment d’anciens policiers. Parce qu’il est des tâches qui ne relèvent pas de vos interventions et par souci de complémentarité des missions, les communes de plus de 10 000 habitants devront se doter d’une police municipale. En matière pénale, j’instaurerai le principe de la certitude des poursuites, des sanctions et des peines, avec le recours aux peines courtes dès la première infraction grave, même pour les mineurs, pour lesquels trop souvent l’impunité pénale devient une impunité morale. Je remplacerai l’opportunité des poursuites par la légalité des poursuites, comme ça se fait dans un certain nombre de pays en Europe. Les étrangers et les clandestins délinquants seront systématiquement reconduits chez eux. Ma logique, vous l’avez compris, est de rompre avec la récidive et le sentiment exaspérant et légitime que vous avez d’avoir affaire toujours aux mêmes.
Il faudrait qu’on parle des poursuites à Bruxelles concernant les attachés parlementaires du Front national, du Rassemblement national.
Sans vous, il n’est plus de loi, sauf celle de la jungle.
Ça va barder quand ça va arriver devant les tribunaux.
Sans vous, il n’est plus de sérénité sociale. Parce qu’il me faut conclure, je tiens à vous faire part de mon admiration…
Ça va barder, hein.
… et même de ma gratitude. À vous témoigner ma confiance. À vous assurer que, lorsque je serai chef de l'État, vous pourrez compter sur mon soutien total. Je serai la présidente de l’autorité retrouvée et respectée. Ma main ne tremblera pas. Mesdames et messieurs, je vous remercie de votre attention et je suis bien entendu à votre disposition pour répondre plus précisément à l’ensemble de vos questions.
Merci beaucoup, madame Le Pen. Nous allons commencer sur l’ordre public, par Olivier.
Celle-là, c’est celle qui nous intéresse le plus.
Madame Le Pen, Olivier Candille. Je suis le délégué régional des CRS de la région Occitanie. Je suis affecté à la CRS numéro 26 de Toulouse. Depuis 2016, nous connaissons des manifestations ultra-violentes, comme la loi Travail, les Gilets jaunes, la réforme des retraites, les manifestations anti-vax, qui ont engendré des troubles…
On les connaît par cœur, la question, quatre fois, cinq fois.
On déplore plus de 2 000 blessés dans les rangs de la police et des millions d’euros…
Et en face, est-ce qu’on peut lui dire les chiffres ? On va juste rappeler : cinq mains arrachées, Zineb Redouane, Steve Maia Caniço…
… des individus particulièrement violents. Madame, à l’instar de l’Allemagne…
Oui, euh… Oui, oui, ils ont répondu aux mêmes questions.
… mettant en place un système d’arrestation administrative préventive dans le cadre de nos missions de maintien de l’ordre. De même, seriez-vous prête à instaurer une disposition administrative d’interdiction de manifestation ou de participation à un rassemblement à l’encontre d’individus ayant des pratiques violentes ?
Merci beaucoup. Merci beaucoup de votre question. Vous savez que le droit de manifester est dans notre Constitution et que, par conséquent, cette loi suprême nous oblige. Il n’en demeure pas moins que, et j’en ai d’ailleurs aussi souvent été victime, se constituent aujourd’hui des groupements qui viennent, en réalité, perturber avec énormément de violence, à votre égard, mais également avec des destructions massives…
Destructions massives.
… des mouvements type black blocs contre lesquels absolument rien n’a été fait, et ça dure depuis des années.
Il y a des bombardes de monde.
Toutes les manifestations sociales, de quelque nature que ce soit, toutes manifestations d’ailleurs, quelles qu’elles soient, sont aujourd’hui perturbées par deux types, précisément, ou quasiment systématiquement : les black blocs d’un côté, et puis les voyous classiques débarquant de banlieue à la fin des manifestations pour aller faire leurs courses. Il existe déjà, vous savez, un dispositif juridique : des interdictions administratives de stade prises par le préfet pour prévenir, par exemple, des troubles à l’ordre public, etc., et des mesures individuelles de contrôle administratif, qui sont les MICAS, qui sont des mesures administratives appliquées à des individus qui sont connus ou soupçonnés de liens avec le terrorisme. Moi, ce que je pense, c’est que d’abord, il faut dissoudre les organisations type black blocs. On nous explique que non, c’est mouvant. Non, ce n’est pas si mouvant que ça. D’ailleurs, vous les connaissez. Quand vous les arrêtez, sûrement vous les reconnaissez aussi parce que ce sont toujours les mêmes. Et croyez-moi que nos services de renseignement savent précisément qui ils sont, où ils habitent, quelles sont leurs mensurations, à quelle heure ils sont nés et de quel signe ils sont.
La mensuration de leur mère, qu’est-ce que c'était que ça ?
Donc on sait tout sur eux. Voilà, ça c’est une réalité. Et on peut très bien envisager d'élargir les MICAS, précisément à des fichés S qui appartiennent à des mouvances qui sont considérées comme des mouvances violentes. Donc ça, c’est quelque chose que l’on peut mettre en œuvre et qui permettra, évidemment, d’entraîner des interdictions de présence dans les manifestations, donc des interdictions de manifestation, qu’elles soient d’ailleurs administratives ou qu’elles soient même judiciaires, parce qu’on peut aussi demander aux parquets de réclamer les interdictions judiciaires de présence dans les manifestations. C’est toujours à temps, ce n’est jamais à vie, en tant que peines complémentaires. Mais encore une fois, je m'étonne, je me permets de m'étonner devant vous, qu’il n’y ait eu aucune dissolution qui ait été engagée de ces groupements qui, pourtant, font de la violence leur mode d’action, l’assument. Leurs affiches expriment leur volonté de violence, leurs photos expriment des volontés d’agression à l'égard des forces de l’ordre, quand ce ne sont pas d’ailleurs carrément des appels au meurtre. Eh bien, que rien ne soit fait contre ces groupuscules extrémistes m’apparaît assez irréel, je ne vous le cache pas. Donc c’est un des dossiers que j’ouvrirai lorsque je serai élue.
Alors, je vous mets dans le tchat l’article auquel je faisais allusion : « L’enquête exclusive de la police qui accuse Marine Le Pen ». Témoignages, expertise informatique, un rapport de police dévoile un système centralisé dont Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, était l’organisatrice et bénéficiaire. Ça se passait… C'était révélé par le journal le JDD. Voilà, c’est juste pour vous dire. Ce n’est pas le plus gauchiste des hebdomadaires, hein !
Tout en sachant que vous connaissez nos positions sur les peines minimales et au regard du contexte actuel, qu’envisagez-vous pour améliorer significativement la réponse pénale et la répression des auteurs de ces faits ? Par ailleurs, au-delà de nous, nous pourrions cibler toutes les personnes assurant une mission de service public.
Oui. La réalité, c’est que là, on…
Ah, c’est pas moi, c’est pas le micro, c’est pas moi. Ah, allô, allô. Allô, allô.
C’est la première réponse pénale. La deuxième réponse pénale, c’est l’alternative à une poursuite, donc, en fait, l’alternative à une sanction. Et donc, on s’aperçoit que les vraies réponses pénales sont infimes. Vous le constatez tous les jours dans l’exercice de votre mission. Il y a un fossé entre la peine encourue et la peine prononcée, et un fossé entre la peine prononcée et la peine qui est exécutée. C’est ça, en réalité, le gap. C’est là où est le problème, qui est un problème fondamental. Et c’est ça, je pense, qui contribue à vous donner le sentiment que, bien souvent, vous travaillez pour rien, alors que le travail que vous faites, vous le faites. C’est donc effectivement derrière que, par toute une série d’idéologies, notamment du Syndicat de la magistrature, moi, j’ose le dire très tranquillement, eh bien, par idéologie, on a considéré que la prison devait être évitée à tout prix puisque, évidemment, le délinquant…
Le Syndicat de la magistrature, dont nous avons eu l’honneur de recevoir sa porte-parole de l'époque. C’est là où je vous dis que… Dans le deuxième numéro d’Au Poste, ça semble très, très loin, c'était le 1er mars 2021, il y a 200 streams de ça.
L’opportunité des poursuites, le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est subjectif. La légalité des poursuites : il y a un délit, il y a un crime, il y a une poursuite. Voilà.
Et très intéressant, c’est qu’aucun des candidats, par exemple, qui tous ont parlé de la justice, aucun n’a parlé de la tribune qui est signée, alors de la gauche jusqu'à la droite, de la magistrature, par rapport aux moyens de la justice.
Aux policiers, bien sûr qu’il faut que l’on renforce considérablement la sévérité. Alors c’est d’abord les peines planchers. Moi, j’ai entendu avec étonnement le ministre de l’Intérieur nous dire que les peines planchers étaient anticonstitutionnelles. Je pense qu’il a la mémoire courte parce qu’en l’occurrence, elles ont été mises en œuvre sous Nicolas Sarkozy et elles ont été jugées tout à fait constitutionnelles pour une raison simple : ce n’est pas parce qu’il y a une peine maximale que la peine maximale est prononcée. Ce n’est pas parce qu’il y a une peine minimale qu’obligatoirement la peine minimale est prononcée. En revanche, si le juge veut aller en dessous de la peine minimale, alors il va falloir qu’il nous explique pourquoi. C’est ça, en réalité, qui rend constitutionnelle cette mesure. Mais je souhaite également qu’il n’y ait pas, de manière générale, d’alternative à un certain nombre de peines. Et je pense notamment aux atteintes à l’intégrité physique. Je crois qu’on est vraiment dans une dérive dans notre société où, aujourd’hui, pour un oui ou pour un non, eh bien, on peut attenter à l’intégrité physique de nos compatriotes, allant d’ailleurs presque jusqu'à la tentative d’homicide. On a vu les chiffres des tentatives et des homicides qui augmentent. Je crois que l’on atteint des records depuis trois ans. Donc il faut vraiment briser cette forme de dérive qui consiste à attenter physiquement à nos compatriotes et, a fortiori, à vous. Donc, à partir du moment où il y aura des peines, ces peines, quand elles seront la conséquence d’une atteinte physique à un policier ou à un gendarme, ne pourront plus être aménagées. Et c’est six mois, six mois, donc on fera six mois. Croyez-moi que ça dissuadera quelques-uns. Parce que, pardon de le dire, j’ai l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, mais je vois l’idéologie qui a été à l'œuvre depuis des années dans notre pays. Il est quand même bon de rappeler un certain nombre de choses. La dissuasion, ça fonctionne. On a essayé beaucoup de choses. Moi, je suggère, dans le cadre du prochain quinquennat, d’essayer la sanction. Parce que, comme ça fait très longtemps qu’on ne l’a pas essayée, je suis absolument convaincue que la sanction fonctionnera. Parce qu’après tout, ça fonctionne pour les honnêtes gens avec leur permis de conduire quand ils ne mettent pas la ceinture. Il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas pour les délinquants ou les criminels, pour l’intégralité des autres délits ou des autres crimes.
C’est quand même le royaume de la tautologie, ce matin… enfin, aujourd’hui.
Donc, de manière générale, l’augmentation idéologique des réductions de peine possibles, des libérations automatiques, des alternatives de toute nature à la prison seront considérablement limitées. Et ça, je pense que c’est aussi ce que vous attendez parce qu’encore une fois, arrêter des gens et puis s’apercevoir que la première réponse pénale qui est apportée, c’est le non-lieu, c’est l’absence de poursuite, ce n’est pas possible pour vous. Surtout quand, encore une fois, vous les arrêtez à nouveau le lendemain, surlendemain, surlendemain, etc. On connaît évidemment, vous et moi, tout ça absolument par cœur. Donc, je suis très attachée…
Et dire qu’elle a été avocate.
… à ce que soit rétablie…
Et dire qu’elle a été…
… qu’une personne doit être, entre guillemets…
Tautologie Et dire qu’elle a été avocate.
Toute atteinte à un policier doit être condamnée avec une très grande fermeté. Et ça, c’est aussi les consignes qu’on donne au parquet ou qu’on ne donne pas. Parce qu’il y a quand même une politique pénale. Moi, je suis désolée de le dire quand on nous explique : « Ah oui, mais les juges sont indépendants. » Bien sûr, les juges sont indépendants, et c’est bien qu’ils le soient, évidemment, on est dans une démocratie. Mais le parquet, lui, n’est pas indépendant. Voilà. Par conséquent, le parquet reçoit des instructions, des consignes qui visent à renforcer la politique pénale qui a été choisie, qui a été choisie par les Français. Et il va falloir se réhabituer à ça. Parce que c’est comme ça que ça va fonctionner demain, en tout cas si je suis élue.
Merci beaucoup. On va continuer par la troisième question sur la protection du policier, par Hervé.
Alors, je vous mets l’article. Il y a quelqu’un qui me demande quand est-ce qu’elle a été avocate. Un papier de L’Express. Elle a défendu des militants du Front national, mais elle a défendu des sans-papiers.
Oui, parfait. Bonjour, madame Le Pen. Je me nomme Hervé Silia, je suis secrétaire régional adjoint d’Alliance Police Nationale pour la région Sud, affecté à la circonscription de Toulon. Quelles mesures concrètes envisagez-vous pour protéger l’identité des policiers, comme par exemple le floutage, l’anonymisation des procédures ou d’autres mesures inscrites dans votre programme ?
Bon, évidemment, on a tous en mémoire le drame de Magnanville, mais pas seulement. Moi, j’ai en mémoire toutes ces femmes de policiers que je rencontre quand je traverse toute la France et qui viennent me dire qu’elles se cachent, il faut dire les choses. Je l’ai exprimé sur un plateau de télévision, elles se cachent. Certaines m’ont raconté qu’elles ne font même plus sécher l’uniforme de leur mari dans le jardin, de peur d'être victimes, elles aussi, de représailles…
La femme de….
Vos enfants soient victimes d’insultes, de menaces. Cette situation est un élément pour moi en même temps très révélateur, très inquiétant et que je n’accepterai évidemment pas. Si on ajoute à ça les tags insultant les policiers nominativement, parfois avec leur numéro de téléphone, ou bien la chasse aux policiers sur les réseaux sociaux, je crois qu’il est du devoir des politiques de vous protéger. Et évidemment, je vous l’ai dit tout à l’heure, mais je pense que l’anonymisation des procédures doit bien sûr être la règle. Mais, à mon avis, il faut aller plus loin. Et moi, je propose d'étendre l’article L. 4123-9 du Code de la défense aux policiers nationaux, mais aussi municipaux. Donc cette protection, elle bénéficie aujourd’hui aux militaires et elle permet de ne pas faire figurer la profession dans les fichiers des opérateurs téléphoniques, des bailleurs ou de tout autre prestataire. Je sais que ça a été une demande et je sais que le gouvernement vous l’a refusée. Pourtant, je considère que c’est une mesure de bon sens et je ne comprends pas bien pourquoi…
C’est simple, c’est un service public.
Il n’a pas répondu à cette demande.
C’est un service public, et être policier, donc public, c’est-à-dire qu’on ne se cache pas.
Les députés du Rassemblement national ont voté pour le floutage, tout en sachant que, de toute façon, cet article serait censuré par le Conseil constitutionnel car il avait été particulièrement mal rédigé. Ce qui a été le cas, puisque le Conseil constitutionnel l’a censuré. Donc je pense qu’il faut, dans le cadre de la loi de programmation sécurité-justice, une disposition de ce type qui soit introduite, mais après avoir fait les consultations juridiques appropriées, histoire qu’elle soit efficiente, parce que sinon ça ne sert strictement à rien. Donc, vous voyez bien quel est l'état d’esprit qui est le mien : la protection fonctionnelle, l’anonymisation des procédures, le fait de pouvoir éviter que votre statut de policier puisse être connu de tous dans les actes de la vie quotidienne. Tout cela me tient évidemment beaucoup à cœur parce que je sais qu’il y a vous et puis il y a derrière vos familles, et que bien souvent la pression pour elles est au moins aussi forte, ou en tout cas au moins aussi mal vécue, que celle qui pèse sur vous. Et il n’est pas question qu’en France, au XXIe siècle, une femme de policier ait peur qu’on apprenne qu’elle est femme de policier ou qu’un enfant de policier ait peur qu’on apprenne qu’il est fils ou fille de policier.
Merci beaucoup. On va enchaîner avec la quatrième question sur le thème de la retraite du policier, question posée par Christophe.
Christophe Gonzalès, je suis le secrétaire régional pour Alliance Police Nationale pour la Seine-et-Marne. Nous avons subi de nombreuses réformes liées à nos retraites. Si vous devenez présidente de la République, quelles seront vos mesures et vos engagements afin de garder notre…
Ça va parce qu’on est nombreux, on se tient au chaud. Il y a de très bons arguments échangés dans le tchat, donc ça va.
Un régime spécial ?
Les régimes spéciaux des retraites, qui sont si souvent mis en cause… Il est de bon ton, je ne sais pas, il y a des modes comme ça en politique, de remettre en cause les régimes spéciaux. Et à chaque fois, je lève le doigt en disant : « Mais, oups, donc on l’applique aussi aux policiers, la suppression du régime spécial ? »
Ce sont des représentants syndicaux, donc j’imagine que c’est sur leur temps de mandat syndical, ils sont là.
Je suis pour la préservation des régimes spéciaux et particulièrement, il faut bien le dire, du vôtre. Parce que je pense que la mission qui est la vôtre est une mission qui est difficile. C’est une mission difficile physiquement, mais c’est aussi évidemment une mission difficile…
D’accord, il faut tenir, il faudra aller jusqu’au bout.
J’ai vu qu’il y avait eu pas mal de changements et que ça devenait…
Je vois que Le Monde est en train de résumer un peu les choses. Je vous offrirai la lecture, si vous voulez, tout à l’heure.
Difficile de savoir quand vous allez pouvoir partir et quel sera le montant de votre pension. Je sais d’ailleurs que les syndicats vous apportent une aide précieuse en termes de conseils pour pouvoir savoir, avoir une visibilité. Je trouve insensé que vous n’ayez en réalité aucune visibilité parce que le système des bonifications, c’est un système qui est devenu très complexe, qui diminue en réalité avec les années d’exercice. Enfin, tout ça n’a pas de sens. La pénibilité que vous vivez doit être évidemment prise en considération. Je l’ai dit : pénibilité physique, mais aussi pénibilité psychologique. La violence, la souffrance, l’injustice, le danger, ce sont vos quotidiens. Je suis désolée de vous dire que ce n’est pas le même travail qu'être avocat. Voilà. En tout cas, j’aimerais pouvoir dire à tous ceux qui nous écoutent et qui n’ont pas pris conscience de ça que ce n’est pas le même travail qu'être comptable, qu'être avocat ou tant d’autres professions. Quand j’entends des candidats à la présidentielle nous parler de la retraite à 64 ans, voire même à 67 ans, je ne sais pas où est-ce qu’on va s’arrêter, d’ailleurs, il y a une sorte d’inflation, là. Je me dis que cette position n’est pas tenable. Elle n’est pas tenable de manière générale, elle est encore moins tenable pour vous. Et donc, évidemment, je considère que votre système doit être spécial, doit être maintenu.
Ça pédale dans la semoule, là. Ça pédale.
Ça restera ma position. Vous aurez un traitement particulier parce que vous avez un métier qui est particulier.
Merci beaucoup. Nous allons terminer avec une cinquième question sur le thème du pouvoir d’achat, posée par Frédéric.
Bonjour, madame Le Pen. Je me présente, Frédéric. Je suis représentant Alliance Police Nationale pour la région des Yvelines, affecté à la brigade des réseaux franciliens. Ma question : dans le cadre de la future loi d’orientation et de programmation pour le ministère de l’Intérieur, des déclarations ont été faites et un budget supplémentaire de 15 milliards d’euros a été annoncé. Comptez-vous respecter ou améliorer le montant et le calendrier de cette future loi afin d’augmenter le pouvoir d’achat et le déroulement de carrière des policiers, ainsi que des personnels administratifs, techniques et scientifiques ? Merci.
Merci. Alors, le déroulement de carrière, on y vient. Moi, je suis désolée, mais je vois beaucoup de Beauvau, beaucoup de sommets, de discussions. Ce que je sais, c’est qu’on est à la fin du quinquennat, là, et que je n’ai rien vu qui permette que vous viviez mieux, ni vous, ni d’ailleurs l’ensemble de nos compatriotes. Vous savez, j’ai fait du pouvoir d’achat une des priorités de mon mandat, si je suis élue, et j’ai énormément de mesures qui visent…
C’est marrant parce que les autres, c’est « quand je serai élu », et elle, c’est « si je suis élue ». Oui, Roussel a été invité, il a décliné. Hidalgo, pareil. Ils ont tous compris que ceux qui étaient allés à la manif des flics, ça leur a coûté un petit peu cher. Donc là, ils se sont dit : « On ne va pas aller dans ce traquenard. »
La réindexation des retraites, la suppression de l’impôt sur le revenu pour les jeunes de moins de 30 ans, la gratuité dans les transports durant les heures creuses pour les 18-25 ans. Voilà des choses qui pourraient d’ailleurs bénéficier à vos jeunes collègues. Mais je pense que le problème du pouvoir d’achat se pose particulièrement pour les jeunes fonctionnaires qui débutent dans la vie active et qui sont, en général, mutés loin de chez eux et ne trouvent pas à se loger correctement. C’est la raison pour laquelle, d’ici probablement deux semaines, je serai amenée à rendre public mon projet sur le logement. Je peux déjà vous indiquer une chose, c’est que le logement social sera réservé prioritairement aux Français. C’est un choix, je l’assume. Je considère que ces logements sociaux, nous les avons payés, nous, nos parents, nos grands-parents, et qu’il est parfaitement naturel que les Français aient une priorité d’accès à ces logements sociaux. Dans le cadre de ces priorités, il y aura, si je puis me permettre, quelques super-priorités. Quelques super-priorités à destination d’un certain nombre de nos policiers…
Les inspirations, c’est insupportable.
… à destination d’un certain nombre de soignants. Quand je vous parle de logement social, vous imaginez le logement tel que vous le connaissez, dans lequel, parfois, vous intervenez. On va changer ça, parce que l’objectif, c’est aussi de changer ça. C’est-à-dire que les logements sociaux, qui, pendant des années, ont été des endroits où il faisait bon vivre, où, dans certaines provinces, il fait encore bon vivre, aujourd’hui sont devenus les lieux d’un communautarisme exacerbé, les lieux d’une délinquance qui s’exprime en toute impunité. Ce n’est pas normal. Ce n'était pas normal qu’on ait laissé faire cela. Et donc, quand je parle de logement social, je parle de logements sociaux qui seront des logements sociaux très agréables, très sécurisés, très, comment dire, agréables à vivre, et dans lesquels les policiers, notamment, les familles pourront trouver légitimement une place de manière prioritaire. Moi, j’ai pas envie… Évidemment, l’idée, c’est d’installer les policiers dans des quartiers dans lesquels ils n’ont aucun risque, et leurs enfants non plus. Donc vous voyez que, dans le fléchage des logements sociaux qu’on mettra à disposition des policiers, évidemment, on tiendra compte du fait que les enfants puissent être scolarisés en toute sécurité et que vous ne soyez pas pris à partie par les personnes que vous avez arrêtées…
C’est du séparatisme dur !
… quand vous allez faire vos courses au supermarché. Donc logement, scolarisation des enfants, emploi du conjoint, temps passé dans les transports en commun, l’ensemble de ces contraintes pèsent sur votre quotidien et j’y apporterai, en l’espèce, des solutions concrètes.
Merci beaucoup. Les questions sont terminées. On va vous remettre un dossier avec plusieurs questions, une liste non exhaustive qui parle des DROM-COM, de la formation, de l’appui judiciaire, etc., et pour lesquelles nous aimerions que vous répondiez comme les autres candidats.
D’accord. Je ferai ça avec grand plaisir.
Il vous reste, si vous voulez, presque quinze minutes. Donc à vous le mot de la fin.
Plus ça a été, plus ils ont fait court.
Vous avez compris quelle est, encore une fois, ma préoccupation. Ma préoccupation n’est pas quelques éléments, mais c’est surtout… Excusez-moi. C’est de voir avec vous la manière dont vous pouvez reprendre plaisir à votre métier parce que je sais que vous l’aimez. Je le sais. Je veux que vous le fassiez en ayant la certitude d'être soutenus. Je ne veux plus entendre un policier, les larmes aux yeux, m’expliquer qu’il a été braqué par un criminel et qu’il n’a même pas osé sortir son arme pour se défendre, tellement il a peur d'être mis en cause, tellement il a peur de sa hiérarchie, alors que, me disait-il, il avait deux petites filles de deux et quatre ans. Il m’a dit : « En fait, je me rends compte qu’on est tellement, nous sommes tellement peu soutenus, que j’ai, ce jour-là, risqué ma vie de peur de la pression qui est mise sur nous. » Moi, j’ai confiance en vous. J’ai confiance en vous parce que, encore une fois, comme avocate, je ne l’ai pas été très longtemps, mais enfin suffisamment longtemps pour savoir que vous faites très correctement votre travail, que vous le faites avec dignité, que vous le faites avec conscience, que souvent vous le faites avec patriotisme. Et ce n’est pas une insulte. Je suis désolée. En tout cas, ça ne le sera plus. Que vous aimez votre pays et que c'était la raison pour laquelle vous avez envie d’offrir à la population française des conditions qui soient des conditions de vie sécurisées. L’espace public ne peut pas devenir un espace d’angoisse, un espace anxiogène. C’est ce qui est en train de se passer pour nombre de la population française. C’est ce qui est en train de se passer notamment pour nos jeunes, qui aujourd’hui, majoritairement, considèrent l’espace public comme un espace d’inquiétude. Enfin, nous avons tous été jeunes et très jeunes, et jamais nous n’avons ressenti cela. Jamais nous n’avons eu ce sentiment que, quand on allait dans l’espace public, dans la rue, eh bien, nous pourrions nourrir une inquiétude. Aujourd’hui, c’est quasiment un sentiment répandu chez chacun. Ce n’est pas possible. Et ce n’est pas de votre faute. Voilà, ça n’est pas de votre faute. Vous faites au mieux avec ce qu’on vous permet de faire. Vous n’avez pas les ordres, je le dis souvent. Et ça, c’est la responsabilité des politiques. Les politiques doivent donner les ordres et les instructions. Mais ils ne peuvent pas ne pas donner les ordres et vous reprocher après d'être moins efficaces que vous devriez l'être. La hiérarchie policière doit vous soutenir. La société vous soutient. Mais il faut aussi qu’un certain nombre de magistrats, et notamment les magistrats du Syndicat de la magistrature… Moi, je n’englobe pas l’intégralité des magistrats. J’en connais qui, aussi, aimeraient bien faire leur travail, croyez-moi, et qui ne peuvent pas le faire aujourd’hui. Mais il y en a un certain nombre qui, pour des raisons idéologiques, encore une fois, s’opposent à vous, mettent en cause votre…
C’est marrant parce que l’idéologie, c’est toujours les autres.
… travail que vous avez pu faire et finissent par faire en sorte de…
Parce que là, cet accord existe depuis quatre heures, il n’y a pas d’idéologie.
… d'éviter que des délinquants et des criminels pourrissent la vie de nos compatriotes. Et donc, il faut que les lois soient ainsi faites que même les magistrats du Syndicat de la magistrature ne puissent plus déroger aux instructions qui sont données de la politique pénale. Et c’est le cas, d’ailleurs, des peines planchers. L’intérêt des peines planchers, c’est ça. C’est qu’on donne aussi un signal très clair que, quand il s’agit d’atteintes à l’intégrité physique de policiers, nous considérons que c’est si grave que la moindre des choses, c’est au moins une peine qui soit minimale. Encore une fois, ils ont la possibilité d’aller en dessous. Il faudra qu’ils nous expliquent et qu’ils s’expliquent d’ailleurs publiquement pourquoi, puisque, par définition, vous le savez, les jugements sont publics. Mais il faut aussi qu’on crée des places de prison parce que beaucoup de magistrats, on en a un célèbre ici…
J’imagine Euryale, là, est en train de se dire : « Tiens, comment je vais faire la vignette ? » Elle va devoir mettre la vignette avec Zemmour, Le Pen, Pécresse…
… et il le fera encore plus demain si je suis élue. Beaucoup de magistrats expriment le fait qu’ils n’osent même plus prononcer des peines de prison parce qu’en réalité, ils savent que la peine ne sera pas appliquée et que, plutôt que d'être déconsidérés, plutôt que de perdre leur crédit à condamner à une peine qui ne sera pas exécutée, ils préfèrent ne pas condamner à une peine, sachant qu’elle ne sera pas exécutée. Est-ce que vous savez qu’il y a des magistrats qui, chaque jour, reçoivent un mail de la prison d'à côté en disant : « Voilà, on a aujourd’hui douze matelas par terre. » Voilà, ça, c’est le nom de code. Ça veut dire : « Allez-y mollo sur les peines de prison parce que, de toute façon, on est surchargés. » Et ça fait trente ans que ça dure. Trente ans. Et personne n’a jamais pris à bras-le-corps ce problème-là. Donc vous voyez que c’est l’intégralité de la chaîne pénale qu’il faut remettre sur ses pieds. C’est l’intégralité de la chaîne pénale à qui il faut redonner des objectifs qui soient des objectifs clairs. C’est chaque maillon de la chaîne pénale, y compris le maillon politique, qui doit aussi assumer ses responsabilités. Et je pense que la construction de places de prison fait partie, évidemment, de la responsabilité première qui est celle d’un gouvernement, parce que sinon, c’est l’ensemble de la chaîne pénale qui est dans l’incapacité de pouvoir exercer son métier et mettre hors d'état de nuire les délinquants et les criminels. Parce qu’il s’agit quand même de ça : mettre hors d'état de nuire les délinquants et les criminels. Moi, je me suis promenée pas mal dans les pays européens parce que, vous savez, quand on reste en France, on finit par s’habituer, en fait. On finit par se dire : « Bon, ça doit être comme ça partout. » On s’habitue. Quand on va dans d’autres pays, on s’aperçoit que le niveau d’insécurité est sans commune mesure, plus faible qu’en France, qu’on peut se balader à deux heures du matin dans la rue, y compris quand on est une femme, habillée comme on veut, qu’on peut se balader dans la rue avec des bijoux sans être agressée. Mais il y a une chose qui est sûre, c’est que, dans l’immense majorité des pays que j’ai visités et où l’insécurité est à un niveau, il n’y a jamais zéro insécurité, bien sûr, vous le savez, mais est à un niveau, entre guillemets, acceptable, ce sont des pays qui maîtrisent leur immigration. Donc je l’ai dit, j’ai été une des premières à le dire, nous avons été d’ailleurs poursuivis devant la justice pour l’avoir dit, il y a évidemment un lien direct entre l’immigration massive et l’insécurité, notamment de rue. Je l’ai dit, je le redis : 95 % de l’insécurité de rue est la conséquence d'étrangers ou de personnes d’origine étrangère. Vous le savez, vous y êtes dans la rue, c’est vous qui, en réalité, êtes confrontés à cette difficulté. Donc c’est évident aussi que la première des choses à faire, c’est de régler le problème de l’immigration clandestine et même, accessoirement, le problème de l’immigration légale, dont les critères aujourd’hui sont des critères qui sont manifestement trop larges. Ça passe par l’expulsion des clandestins. Ça passe par l’expulsion, évidemment, des étrangers qui ont commis un crime ou un délit, parce que moi, j’avoue que conserver sur le territoire quelqu’un…
Jaden nous dit dans le tchat : « Aucun lien entre immigration et précarité, entre précarité et violences, bien entendu. »
… la logique veut qu’il reparte de là où il est venu. Ça me paraît évident, mais ça n’est pas paru évident aux gouvernements qui se sont succédé, puisque ça n’a jamais été mis en place. Il y a quand même 25 % des places de prison qui sont occupées par des étrangers. On a besoin de ces 25 % de places de prison. Donc ça veut dire que…
C’est terrible, quand même, ce maniement des chiffres dans les pays étrangers, sans jamais les contextualiser.
Des accords avec certains pays, comme le Danemark l’a fait.
Les chiffres, c’est vraiment des slogans.
Et qui permettent de purger leur peine à un certain nombre de délinquants ou de criminels dans le cadre d’un accord bilatéral avec les pays dont ils sont originaires. Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Je pense que c’est une solution pour dégager des places de prison dont nous avons besoin, encore une fois, pour rétablir l’ordre dans notre pays. J’ai rédigé un référendum sur l’immigration, avec une partie qui est constitutionnelle. C’est un projet de loi très complet dans lequel il y a tous les moyens de reprendre la main, en réalité, pour pouvoir décider quoi ? Bah, décider simplement qui entre, qui se maintient, qui sort. Et pour quelle raison ? Et sur quels critères ? On n’a pas été assez exigeants dans ce domaine. Bien sûr, on peut accorder le droit à des étrangers de venir, mais il faut leur expliquer quelles sont les règles du jeu et quelles seront les exigences qui sont les nôtres. Aujourd’hui, il n’y a rien de tout ça. Il n’y a pas de règles. C’est limite si on ne s’excuse pas de demander à quelqu’un qui a commis un crime de bien vouloir rentrer dans son pays d’origine. Donc il faut également, encore une fois, inverser cette situation. Et l’intérêt de ce référendum, c’est que ce seront les Français qui s’exprimeront. C’est la force du peuple français qui s’exprimera au travers de ce vote sur le référendum. Et croyez-moi que, quand on aura en main les règles pour maîtriser l’immigration, quand on aura fait voter la loi que Jean-Paul Garraud a rédigée de lutte contre l’islamisme, qui est une loi, là encore, elle est prête à être votée, elle est extrêmement précise, elle est extrêmement dure, je le dis et je l’assume. L’idéologie islamiste est une idéologie qui est en train d’attaquer nos libertés individuelles, les valeurs de notre Constitution, notre mode de vie, nos mœurs, nos codes et, évidemment, notre sécurité physique au travers de son expression la plus meurtrière, qui est le terrorisme.
C’est bien ce que je pensais. Jean-Paul Garraud, dont elle parle, c’est un député UMP qui s’est rapproché du Rassemblement national en 2018 pour être élu député européen sur sa liste.
… les discours, les propos, le recrutement.
Absolument. Celui qui porterait la loi dont elle parle.
… absolument partout. Toutes les expressions de cet islamisme seront poursuivies et ceux qui s’en font les porteurs, les diffuseurs, les recruteurs seront expulsés parce que, sinon, on ne retrouvera pas la paix sociale. Et je ne confonds pas, vous le savez, je l’ai déjà dit, l’islam, qui est une religion, et l’islamisme, qui est une idéologie. Mais quand je vois que certains s'étonnent de ce qu’on a vu sur M6, de ce qui se passe à Roubaix, certains font mine de s’en étonner. Demain, il n’y aura pas un Roubaix, il n’y en a déjà pas qu’un d’ailleurs, il y en aura cent, mille, dix mille, cent mille quartiers, villes, qui seront ainsi pris en main par les islamistes.
Il y a à peu près 100 000 villes…
Je connais le lien, bien sûr, entre la délinquance, l’hybridation, comme dirait Xavier Raufer, l’hybridation entre l’islamisme et..
Le grand copain d’Alain Bauer.
Mais je ne le veux pas, tout simplement, comme Française. Je ne le veux pas pour mes enfants. Je pense que tout cela, vous comprenez, a une cohérence, c’est un tout, en fait. Maîtriser la politique d’immigration, rétablir la sécurité, redonner du pouvoir et des moyens aux policiers…
C’est lourd, on nous dit, c’est la CRA.
Absolument. Et les moyens également à nos magistrats, construire des places de prison,lutter contre l’islamisme, tout cela est un tout. Il s’appelle le bon sens. Certains pays ne l’ont pas perdu. Aujourd’hui, je crois très sincèrement que nous l’avons perdu, ce bon sens. Il faut juste le retrouver. Qu’on ne me dise pas que ce n’est pas possible. Qu’on ne me dise pas qu’on a tout essayé. C’est faux, vous le savez, on n’a rien essayé. La réalité, c’est qu’ils n’ont rien essayé. Ça me permet d'être très optimiste devant vous. C’est parce qu’on n’a rien essayé que, lorsqu’on va mettre en place une vraie politique cohérente et de bon sens, alors nous aurons à l'évidence les résultats que nous attendons. Je ne dis pas que ça va être un chemin de pétales de roses, je ne vais pas vous raconter ça. Ce sera peut-être un chemin de verre pilé. Eh bien, moi, je suis prête à traverser ce chemin de verre pilé. Je suis sûre que vous aussi, vous êtes prêts à traverser ce chemin de verre pilé, pour peu que, comme moi, vous ayez le sentiment qu’au bout de ce chemin de verre pilé, il y aura pour nos compatriotes, pour notre pays, à nouveau la prospérité, la sécurité et la défense d’une identité qui nous est tous très chère. Merci beaucoup, mesdames et messieurs, de m’avoir écoutée si longuement.
Madame Le Pen, je voulais vous remercier, au nom évidemment des policiers dans la salle, d’avoir été présente. C’est très important pour nous aujourd’hui. Donc ça nous a permis de découvrir ce que vous souhaitiez mettre en place si, toutefois, vous étiez présidente dans le futur. Je vous remercie aussi au nom de tous les policiers qui ont pu vous écouter par les réseaux sociaux, parce que les réseaux sociaux, c'était en direct et Alliance TV a très, très bien fonctionné.
Ah, très, très bien !
Sans parler des retransmissions sur les télévisions et donc les chaînes d’information.
Sur Au Poste, c’est un carton d’audience.
Merci d’avoir été là. Merci pour ces explications et, qui sait, à bientôt. Au revoir.
Merci, merci à vous. Et qui sait, à bientôt !
Rassurez-vous, madame Bourdelle, c’est français, c’est la police française.
Le mot de la fin doit revenir au secrétaire général. On est fatigués, les amis. Pour ceux qui arrivent, ça fait quatre heures qu’on se tape ça, quand même, c’est un peu dur. Quatre discours, pas tout à fait.
Je tiens à vous remercier, vraiment, le plus sincèrement possible. Vous remercier parce qu’on a été très disciplinés, on a eu ce devoir de neutralité qui nous a permis que les uns et les autres puissent s’exprimer. On a eu l’intelligence d’esprit de ne pas exprimer nos opinions personnelles, d'écouter tout le monde. Dommage, encore une fois, pour ceux qui ne sont pas venus parce que, s’ils avaient eu peur d'être sifflés ou quoi, ils auraient pu venir, on les aurait tous écoutés parce que nous sommes éduqués. Donc voilà, en tout cas, je vous remercie. Bon retour à toutes et à tous. À bientôt pour de nouvelles aventures. Et vous remercierez tous les collègues sur le terrain qui ont pu regarder aussi sur Alliance TV la retransmission, et dites-leur qu’on sera là et toujours là.
Aujourd’hui, grosse, grosse hausse de la criminalité. Pendant quatre heures, tous les flics ont regardé, dans le comico, Alliance TV.
Sans vouloir faire de l’antinazisme primaire, je dois dire que je donnerais pas ma fille à un militant du Parti national-socialiste.
T’as raison, papa.
C’est dur, les amis. Un peu de musique, je vais mettre un peu de musique. Moi, je ne vous cache pas que je vais avoir besoin de ça, là. Je vais prendre… je vais aller me chercher un petit peu de… Attendez, regardez, regardez… Ils nous disent merci, ils nous disent merci… Ils nous disaient merci. Je vous cache pas qu’il faut que j’aille me faire un petit, petit peu de café. Je vous propose une petite pause de… une minute, une minute, une minute. Et on fait un petit débrief, et puis après, dodo, quoi. Emote only, pause modo, bien sûr. Bien sûr, Euryale. Bien sûr, Euryale. On se retrouve dans une petite minute, si vous voulez bien. Merci. Allez-y, n’hésitez pas à suivre la chaîne. On n’est pas loin des 14 000 followers, là. C’est bien, c’est très bien. Moi, j’adore la pub. Quelle pub tu veux ? La pub, tu veux ? Le mojo, c’est quoi le mojo ? Un peu de mème, un peu de détente, c’est notre réponse. Voilà. Donc, celui en couleur, celui qui est en couleur. Alors, chers amis, je fais une petite pause. On se retrouve dans une minute et on fait le débrief avant l'émission de demain à 9 heures, qui sera consacrée à la prison, avec les gens de L’Envolée et des Éditions du Bout de la ville. Je vous propose une petite pause et on se retrouve dans une minute.
Ne parlez pas de répression, de violence policière. Ces mots sont inacceptables dans un État de droit.
Quand j’entends le mot « violence policière », moi, personnellement, je m'étouffe.
Monsieur le préfet de police, rien n’est plus destructeur que le sentiment d’impuissance et d’injustice. Je vous demande donc une impunité zéro.
Voilà une classe qui se tient sage.
On a en tête de se battre pour ces 151 enfants qui ont été mis à genoux ce jour-là.
Ici, ils ont fait leur boulot, ça c’est sûr, mais ça s’est très bien passé.
OK, les amis ! J’avais le casque comme ça. Alors, je vais enlever le… je vais enlever le… C’est ici, voilà. Alors, chers amis, quel est votre bilan, votre bilan d'étape de la journée ? Merci beaucoup… Quel est notre bilan d'étape, chers amis ? Quel est votre bilan d'étape ? Alors, Veuve Chyco, il y a toujours deux modératrices, Euryale et Jessie, plus Olivier et Robin, qui sont, eux, à la technique. Et Veuve Chyco, ça fait longtemps qu’on ne t’a pas vu, donc il y en a du nouveau puisque maintenant, donc, comme tu le sais, depuis presque toujours, il y avait une petite rétribution pour les modératrices, et aujourd’hui il y a un CDD pour Euryale, une rétribution un peu, un peu supérieure pour Jessie. Voilà. « Je vais pleurer, arrivé trop tard pour faire un bilan, juste vu Le Pen. » Dépôt de bilan, dépôt de bilan. « Je me sens moins… » J’ai bien fait de me lever. C’est particulièrement dur d’arriver dans la dernière ligne droite de Le Pen. Ben quoi : « Merci de faire ça ensemble, car seul c'était impossible. Merci pour ça, David, le tchat et l'équipe. » Et l'équipe. « J’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas eu la version de Mélenchon. Certains propos dits… font froid dans le dos. » Papy Gandalf : « Pas de surprise a priori. La droite et l’extrême droite sont là où il est prévu qu’elles soient. » « Bilan : la bagarre. Très difficile à digérer », nous dit Valère anarchiste. « Mais en tout cas, faut pas que la droite passe. » Ça ne va pas être facile, ça va pas être facile. Alors : « Au final, c'était long et inintéressant dans le fond, mais ça révèle pas mal de choses sur la manière de penser de chacun, d’analyser la société, ses problèmes, ses solutions. Rien de nouveau au soleil, mais intéressant. » Euh… « Alors, c’est moi ou Zemmour les a pratiquement consacrés… » Discours trop similaires, nous dit Agatos. En effet. Donc là, on a en gros une vision, une vision droitière de la police, autoritaire, qui veut grosso modo garantir encore plus de droits, moins de devoirs. Qui veut plus ou moins s’affranchir du devoir de rendre compte, notamment de rendre compte à la justice, de rendre compte au peuple, puisque, d’une certaine manière, empêcher le filmage est une chose. Sur l’anonymisation, c’est différent. Sur l’anonymisation, c’est un peu différent. Mais bon, voilà, il y a cette idée-là. Et puis il y a l’idée dont je parlais à un moment donné, c'était assez frappant dans les quatre discours, c’est que, à part Darmanin, évidemment, qui veut faire un bilan positif de son mandat, en gros, le discours, c’est de dire : « Ça va très mal », et les solutions données : « Il faut faire pire. Il faut faire plus. » Voilà. Donc attention, Clyde Wee, parce qu’ici il y a des… il y a des gens qui nous regardent à l’autre bout du monde, donc les horaires ne sont pas les mêmes pour les uns et pour les autres. Donc ça, c’est quand même très, très frappant. C’est quand même très, très frappant, cette idée qu’il n’y a aucune remise en cause, remise en perspective, ne parlons même pas de cause. Le contrôle de la police par la police, personne n’en a parlé. Voilà. Il a été question, il y a un nouveau truc, là. Conférence de presse. Ah, ils vont peut-être faire une conférence à Lyon. On va voir ce qu’ils disent. Donc bon, voilà. Ah, attendez, je vais vous mettre en réel.. Ce n’est pas qu’on en reprend pour deux heures, là ? On est en train de préparer des trucs ? Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe ? Vous n’aurez pas dit ? Il y a le débrief. « Bon bah moi, je l’ai bien joué et je pense que le candidat, il a bien joué. » Alors, attendez. Place au direct ! Là, c’est en direct ! Merci beaucoup pour ton don, merci beaucoup.
Les présidentiables et éventuellement un futur candidat puissent nous donner aujourd’hui… Je vais pas dire qui je préfère, parce que je pense que ça sera la question, donc je vais tout de suite la couper, parce que mon rôle, ce n’est pas de dire qui, moi, je préfère personnellement. Qui, moi, je préfère personnellement ? Mon rôle à moi, c'était d’avoir un devoir de neutralité. Ce qui est important, c’est que les questions étaient toutes les mêmes. Non, on ne va pas faire de ça. Tout le monde a pu s’apercevoir, et c’est le constat, et je pense que vous l’avez fait mieux que moi, c’est que… C'était le côté flic, quoi. Il y a des points communs qui sont à tout le monde, parce que je crois que tout le monde l’a évoqué, différemment certes, mais ils ont tous des témoignages concordants. Et même si certains ne vont pas aussi loin, peut-être, que ce que nous souhaiterions, en tout cas, tout le monde peut reconnaître qu’aujourd’hui, il n’y a pas un sentiment d’impunité, mais une impunité. C’est débordant, elle n’est pas ciblée que dans… sur l’ensemble du territoire. Et aujourd’hui, le constat est clair et tout le monde l’a reconnu, y compris le gouvernement en place, qui a dit que tout n’avait pas été fait, mais qu’il y avait encore beaucoup de choses à faire, mais qu’il reconnaissait qu’il y avait malgré tout des soucis, et notamment de plus en plus d’agressions envers les forces de l’ordre. Ensuite, il y a quelque chose d’intéressant pour nous, vous le savez très bien, c’est la réforme des retraites. La réforme des retraites, j’espère que ce n’est pas juste un discours politique et que l’heureux ou l’heureuse élue tiendra ses paroles, mais on saura les lui rappeler le cas échéant. La réforme de la retraite : personne ne devait toucher au statut spécial du policier. Tout le monde comprend que le policier a un métier difficile, pénible, dangereux et qu’il mérite une retraite « anticipée », en tout cas partir plus jeune, parce que courir après le bandit, comme on dit si bien, après 60 ans, 62, 63 ans, il faut arrêter de dire tout et n’importe quoi. Il faut être vraiment sur le terrain constamment pour comprendre que c’est impossible et que ce métier est usant, fatigant, avec les horaires atypiques qu’on connaît notamment. Pour le reste, je pense que c’est aux policiers maintenant de voir. Ils ont pu voir une partie de l'échiquier politique. L’autre partie, je le rajoute encore là, mais je l’ai dit au tout début, je ne peux que regretter qu’elle ne soit pas venue. Certains vont trouver des prétextes en disant que nous sommes un syndicat de droite, nous sommes à un congrès de droite, etc. Je les invite à surtout ne pas dire qu’ils n'étaient pas invités. Parce que, bien entendu, nous avons gardé les mails, nous avons gardé leurs réponses et leurs SMS, et donc nous pourrons leur répondre que certains, nous avons même essayé de les inviter à plusieurs reprises.
Oh la vache !
Je terminerai par M. Mélenchon, mais trop parler de lui, c’est lui faire énormément trop de publicité. On insiste, on persiste, on signe : on ne l’a pas invité parce qu’aujourd’hui, ce débat s’est passé de manière responsable, en toute intelligence d’esprit, et peut-être qu’en attisant, comme il le fait à longueur de temps, la haine vis-à-vis des flics et en pratiquant la désinformation de manière constante, on n’aurait pas pu arriver à un si bel événement. Donc les policiers étaient sur les réseaux sociaux, étaient devant leur télé, parce que c'était retransmis en direct sur certaines chaînes, étaient dans la salle pour leurs représentants. Ils se donneront un avis personnel de qui ils pourront voter demain.
C’est un détail, mais ça montre combien les syndicats sont en train de dépasser l’institution policière, y compris dans la maîtrise audiovisuelle. Regardez, c’est tout l’après-match, on a l’impression que c'était le PSG.
Alors, ils ont fait, si je peux me permettre…
Je ne sais pas, j’ai l’impression que c'était retransmis sur les autres chaînes.
C’est difficile parce que là, il n’y avait pas de question sur le sujet. Je crois que, dans chaque discours, ils l’ont évoqué malgré tout. Et dans chaque discours, on a même parlé, malheureusement, mais par pudeur je préfère éviter de l'évoquer quand même, on a parlé du suicide, qu’il fallait éradiquer le fléau. On l’a dit dès le départ, nous, ça a été repris dans certains discours. Le bien-être, bien entendu, c’est important. Mais le bien-être, il passe comment ? Aussi par une certaine sérénité. Et aujourd’hui, je peux vous dire que le collègue sur le terrain, la sérénité, il est loin de l’avoir avec tout ce qui se passe et la violence qu’il subit à longueur de temps. Donc, en effet, le bien-être au travail, c’est important. Les conditions de travail, bien entendu, nous sommes des syndicalistes et nous défendons ces conditions de travail. Mais le bien-être, il ne passera que par un respect, une considération de l’effectif de police de manière générale, et donc par une certaine sérénité, et ne plus avoir la peur au ventre pour aller au travail et pouvoir exercer sa mission, c’est-à-dire protéger et servir. En interne, il passe par là. Et aujourd’hui, c’est pour ça qu’on a peut-être un contexte sécuritaire. Mais si on a un contexte sécuritaire et si tous ces candidats ont des mesures plus ou moins sécuritaires, c’est qu’il y a un réel problème sur la voie publique, il y a un réel problème pour nos concitoyens et, à travers nos concitoyens, sans encore les policiers.
C’est un très gros syndicat dans la mesure où il représente les gardiens de la paix, qui est le corps le plus grand. Voilà, petite question. On n’entend pas la question.
Le réalisateur du film, que je ne prononce pas justement parce que je ne suis pas là pour faire de la pub sur le film… Le film était là pour relater les conditions difficiles de travail du policier. Et ce qui se passe à Marseille peut malheureusement, et se passe malheureusement ailleurs et sur plein d’endroits. Donc, pour faire vite, je ne vais pas répondre au réalisateur parce que je ne vais pas faire de mon post-meeting à longueur de temps. Le film, il a été autorisé, sinon, bien entendu, on n’aurait pas pu le mettre. Le réalisateur a le droit de penser ça, ça s’appelle la démocratie. Et c’est pour ça que même nos opposants auraient pu venir à partir du moment où c'était constructif. Sachez que, s’il a été diffusé, nous avons été autorisés à le diffuser. Voilà. On est un syndicat responsable, nous sommes des policiers avant tout, avant d'être des syndicalistes, et nous n’allons pas contre la loi. C’est-à-dire qu'à partir du moment où, si on nous avait interdit de le faire, on ne le ferait pas. Mais depuis quand on pourrait interdire une certaine liberté d’expression que tout le monde prône et nous, policiers, nous n’aurions pas le droit de regarder un film ? Le film, c’est marqué noir sur blanc dès le début du film, en sous-titrage, c’est marqué noir sur blanc que c'était inspiré de faits réels. Tout le monde sait que…
Comment ? Inspiré de faits réels.
Tout le monde sait que ces faits réels reflètent malheureusement je vous invite à y aller demain dans les quartiers Nord et vous verrez, moi j’y étais, vous verrez que ça reflète malheureusement la vérité. Donc, et en plus, pour tout vous dire, les effectifs de la BAC Nord, parce que vous le savez, étaient dans la salle et peuvent témoigner que, même si c’est un film, parce que ça doit être romancé et puis forcément il y a de la fiction derrière ce film, parce que ça reste un film, sinon on faisait un documentaire, c’est des faits réels. Ce qu’ont vécu mes collègues de la BAC Nord, j’invite personne à le vivre. Et en aucun cas on cautionne, comme on a pu nous dire des fois, des agissements autres que des agissements déontologiques. Mais ce film, l’idée, c’est quand vous pénétrez dans un quartier aujourd’hui, quel que soit l’endroit en France, on subit la foudre, la dangerosité, l’impunité et l’insécurité pour les policiers et les concitoyens.
Donc on prend le film parce qu’il raconte la réalité, mais c’est quand même pas un vrai film parce que c’est quand même une fiction, donc c’est pas vraiment la réalité. Bon, tout ça est très compliqué. Jimenez ne leur a pas empêché de montrer le film puisque, effectivement, ce film, il a un visa d’exploitation, n’importe qui peut le prendre et le regarder. Il leur a reproché, un peu tard selon moi, mais bon, il leur a reproché d’en faire une récupération politique. Merci beaucoup Curieux, qui offre cinq abonnements à la chaîne, et merci à Jeanne Azam. Merci beaucoup pour son don tout à l’heure.
Je vous laisse, ça vous fait du bien. Merci beaucoup, merci beaucoup.
Merci beaucoup, Curieux238, pour tes abonnements. Si Robin est dans les parages, j’aurais une petite question. Robin, es-tu là ? Robin, es-tu là ? Une petite question technique. Alors, je rappelle, rapidos, ça fait donc maintenant quatre heures. Quatre heures. Ça a commencé ? Oui, ça a commencé. L'émission a commencé ! On est à l’antenne depuis cinq minutes. Pour aller vous résumer la situation, nous avons donc vu, dans l’ordre, Valérie Pécresse, qui était peut-être la plus énervée des quatre, qui était la plus, si je puis dire comme ça, survoltée et qui, en fait, voulait donner des gages à la police, à la droite et à l’extrême droite. Elle établit un lien très clair entre immigration et terrorisme, entre immigration et délinquance. Elle veut des quotas obligatoires, pardon, des quotas migratoires, excusez-moi. Elle a dit : « Tous les candidats vont faire des déclarations, moi, je donne des preuves d’amour. J’ai rénové vos commissariats, j’ai équipé les policiers, je leur ai donné la gratuité dans les transports, je leur ai donné des masques et je leur donne des logements. Je donne des preuves d’amour et je continuerai à le faire. » Elle a également demandé des peines planchers d’un an de prison ferme en cas d’agression des forces de l’ordre et une hausse du budget de la justice de 50 % sur cinq ans. Elle a demandé à ce qu’on ne parle pas de violences policières. Elle dit qu’on ne peut pas, un jour sur deux, féliciter les policiers, les décorer et, le lendemain, voire le surlendemain, les soupçonner de racisme ou dire qu’il y a des violences policières. Elle récuse ce terme. Elle tient donc un discours indéfectible aux forces de l’ordre. Ça, c'était au tout début, c’est le matin. Un peu nerveuse, conquérante, pourrait-on dire. C’est un peu comme ça que je l’ai vue. Alors, il a été question des voitures. Il a été question de voitures et, en même temps, la voiture, c’est l’outil de travail, donc ce n’était pas… Je veux dire, chacun d’entre nous, nous avons des interrogations sur nos outils de travail, donc ce n’est pas… Après, le truc qui est complètement fou, c’est Darmanin, je crois, qui a dit : « Une 5008, c’est mieux que les Kangoo. » Enfin bref, voilà. Alors… « Un président de la République qui aime la police et qui est au rendez-vous. » Qui a dit ça ? C’est Gérald Darmanin. Qui a dit ça à propos d’Emmanuel Macron. D’ailleurs, il a lâché le morceau. Il a dit qu’il fallait un autre quinquennat à Macron pour finir le travail. Alors, concernant la proposition de Ciotti, Gérald Darmanin a expliqué que le Guantánamo à la française, c'était une réponse délirante. Il a qualifié d’insulte et de méconnaissance de la réalité du travail policier quand certains candidats prévoyaient d’envoyer l’armée dans les quartiers. Il a réévoqué le renfort des 10 milliards, 10 milliards d’euros du budget de la justice sur cinq ans. Il a également parlé des deux tiers du parc, pour faire plaisir à Pierre, à Petite Cuillère, il a parlé des deux tiers du parc automobile qui a été renouvelé, des téléphones individuels, des caméras, des uniformes, etc. Et il a dit aux policiers : « Vous êtes des urgentistes », le ministre de l’Intérieur, lors de son grand oral. Alors, dans le ton, j’ai trouvé qu’il a… Et les nouvelles BMW arrivent. Effectivement, il a dit ça pour les motards, des BMW. Tant que c’est pas des japonaises, moi, ça me va, mais bon, là, c'était vraiment une discussion de connaisseurs. Je vais… Attendez, je vais remettre la musique un moment. S’il regarde et qu’il voit ça, qu’est-ce que c’est ? Là, le président de la République. Si on coupe, on aura les syndicats sur le dos, de toute façon. Darmanin, en contraste avec Pécresse, m’a semblé être celui qui jouait un peu les rassembleurs, celui qui jouait les connaisseurs, les responsables, etc. On l’a vu plus nerveux. Donc, par rapport à Pécresse, c'était très clair, il a joué ce que Macron va sans doute.c’est-à-dire la carte de la raison, la carte du centre droit, de la droite, on va dire, face à l’excitation d’extrême droite. C'était un peu comme ça que je l’ai perçu. « Le cercle de la raison », nous dit Reg Bain. Exactement. C'était à peu près comme ça qu’il s’en est sorti. Alors ensuite, on a eu… on a eu Zemmour. Ah, Zemmour, très mauvais. Franchement, déçu par Zemmour. Il a mal joué. Il n’avait pas de notes, mais il regardait ses chaussures, le rictus… Franchement, j’ai eu l’impression que le gars avait une très, très mauvaise nouvelle en tête. J’ai aucune information, mais il semblait très préoccupé. Vous avez été très durs, vous avez parlé de disque rayé dans le tchat. Effectivement, il était totalement, le mec, mais en boucle. Il est même pas un 33 tours, c’est un 45 tours. Ça tournait, ça tournait, ça tournait. C'était assez fou. Donc avec, on le connaît, mais là, ici comme ailleurs, dès qu’il ne sait pas quoi dire, c’est l’immigration. Alors, il était en croisade, enfin, c'était toujours le même discours. Donc il voudrait passer de la légitime défense à la défense excusable. Il a essayé de commencer par nous dire que les policiers avaient le monopole de la violence physique, de la violence légitime. On n’a pas le temps aujourd’hui de contester ça, on le fait suffisamment dans les émissions régulièrement, parce que c’est un truisme. C’est pas du tout ce qu’a dit Max Weber. Max Weber ne parlait pas des policiers, mais de l'État. Et voilà. Donc Zemmour a promis d’assouplir les règles de légitime défense pour se rapprocher du modèle dit de « défense excusable » qu’il avait déjà annoncé à Cannes l’autre jour, vous vous rappelez, quand on l’avait vu. Dans ce système, le juge appréciera si la peur justifie de réagir à une agression hors du principe de proportionnalité. Ça veut dire : les flingues sont de sortie, allez-y ! Et il ajouterait un principe de présomption pour les policiers pour lequel, en cas de suspicion d’usage démesuré de la force, ce ne serait plus au policier de prouver son innocence, mais au parquet de prouver sa culpabilité. Donc là, c’est vraiment impunité officielle, je veux dire. Donc on y était, quoi, voilà. Il veut supprimer le juge des libertés. Il veut supprimer le juge des libertés, qu’il considère beaucoup trop puissant. Il voudrait mettre fin aux mesures alternatives à l’emprisonnement. Pas gentil pour Sarkozy. Bon, je ne répète pas les saloperies sur les raccourcis sur les migrations, etc., et la délinquance. Et il voudrait revoir le recrutement des magistrats. Alors là, génial. Là, c’est absolument génial. À cause de ce qu’il a appelé « l’intoxication du Syndicat de la magistrature ». Le garçon, il propose qu’il y ait moitié… dans les magistrats, moitié qui sortiraient de l'École de la magistrature et l’autre moitié formée d’avocats, je sais pas quoi, de policiers. Il aimerait que des policiers deviennent juges. Tous les principes, tous les principes c’est l’extrême droite. Ça, c’est l’extrême droite. Je te jure, absolument. Enfin, Marine Le Pen, on pourrait dire que Marine Le Pen, elle arrive avec un discours plus rodé. C’est la plus habituée, très clairement, la plus habituée à ce genre de réunion. Darmanin aussi. Darmanin, très à l’aise. Pécresse, un peu excitée. Et Zemmour, c'était entre le gars qui se croyait à la télé tout seul et ce n'était pas au point. Alors, juste rapidement, pour les mesures de Marine Le Pen. Les quatre ont fait des déclarations d’amour. Ils ont dit combien ils aimaient la police, etc. Donc, ce qu’elle voudrait, c’est sécuriser l’exercice de la profession et le parcours professionnel des policiers. Donc remise à niveau permanente des moyens informatiques, gratuité d’accès aux salles de sport et aux piscines proches de chez eux, des policiers. Sécuriser leur parcours professionnel. Elle souhaite aussi lancer une grande politique sociale avec des logements sociaux qui leur seraient réservés. Il y avait des journalistes dans la salle, absolument. Il y avait des journalistes dans la salle, mais qui n'étaient pas autorisés à poser des questions. Chaque candidat avait droit à cinq questions qui étaient toujours les mêmes. Alors, dénonciation du caviardage des chiffres par le gouvernement, en gros, pour plaire au ministre, qui lui-même veut plaire au Premier ministre, qui lui-même veut plaire au président de la République. Selon Marine Le Pen, si on suit son raisonnement, on n’aurait pas les vrais et bons chiffres. Donc elle parle de falsification des chiffres pour servir à la communication du gouvernement. Alors, toute atteinte à un policier sera condamnée avec une très grande fermeté. Elle aussi, présomption de légitime défense renforcée. Elle voudrait que l’institution policière soit derrière, encore plus derrière chaque policier en cas de procédure. Et voilà, grosso modo, c'était ça. C'était à peu près, grosso modo, le petit résumé. Voilà. Des casernes, mais un peu ça. Chers amis, on a eu deux heures ce matin passionnantes avec Marc Endeweld pour son livre L’Emprise. Là, on vient de se taper 4 h 20. Je pense que les modos sont sur les rotules, moi aussi. Est-ce que vous voulez nous dire des petites choses dans le tchat ? Merci beaucoup, Before merci à vous, merci à vous tous. « Peu de femmes dans les rangs de spectateurs. Les femmes représentent quel pourcentage des effectifs ? » Je ne l’ai pas, mais ça s’est beaucoup, beaucoup féminisé depuis vingt ans, la police. Là, honnêtement, ce qu’on a vu, ce n'était pas représentatif du corps policier. Euh… Donc on voit bien que, quand même, les syndicats sont tenus, quoi, par les gars. « Bonne sieste. » Merci beaucoup, je vous en prie. On fait quoi maintenant ? Alors, c'était bien lourd. On fait quoi maintenant ? Personnellement, je vais me reposer un peu, je ne vous le cache pas. Et ensuite, je vais me plonger dans un petit bouquin. Je vais vous le montrer. Je vais le montrer dans deux secondes. Attendez, n’oubliez pas. « Les communistes ne sont pas des gens comme nous. Ils renversent les monarchies, ils bafouent les libertés et ils mangent les enfants. Certains même ne vont pas à la messe. » Ah oui, vous avez entendu le café qui s’est renversé ! Hop ! Ça, c’est le programme de demain. Je vous en parle dans quelques instants. Merci Petite Cuillère. « À moi jeudi, juste merci à David et à son équipe. Merci aux camarades pour le soutien moral. » Merci à vous tous. Merci, merci beaucoup d'être là, d'être nombreux, de créer, de créer de l’intelligence collective, de la discussion. On avait, on avait au début du tchat, au début, deux fidèles du Poste qui sont policiers, mais qui ne sont pas restés parce qu’ils étaient eux-mêmes par le discours, et notamment par le fait que les représentants syndicaux, disaient-ils, finalement n’avaient de flics que le nom. C’est un reproche que j’entends souvent de la part de certains policiers de terrain concernant les syndicats de police, en disant : en fait, ils représentent une vision politique des choses qui existe, mais qui n’est pas unique. Et donc il y a une distorsion, en réalité, de ce à quoi on a assisté. Merci beaucoup Shadows, qui nous dit merci, et Shuzuko aussi. Merci. Les modos, dit Veuve Chyco. « Force à vous », dit Clint Eastwood. « Merci pour votre taf. » Et Vigilance, big up. Nathla Jital : « Merci à tous, puissiez-vous retrouver la pétille. » « C'était représentatif des idées du niveau dereprésentativité », absolument, nous dit Ramon. « Merci l'équipe, bonne sieste. Bon après-midi à tous. » Alors bon, écoutez, on va se mettre un conseil bibliographique sur la sociologie des forces de l’ordre. Là, comme ça, j’en ai pas. Là, comme ça, j’en ai pas. Là, comme ça, j’en ai pas, mais je peux essayer de trouver ça. Je peux trouver ça dans le jour qui vient. Alors, la petite scène, il faut que je fasse la lecture quand même là, c’est quand même un peu délirant. Je ne sais pas combien on a fait d'émissions depuis le début de l’année. On est censés en faire quatre par semaine et on en a une par jour. Où est-ce que c’est ? Bon, je vais aller ici. Tac. Don. Au Poste, Au Poste. Dons ou soutiens ? Comment aider Au Poste ? Pour un stream libre, après, libre, il faut du carburant. Voici comment aider concrètement l'équipe d’Au Poste. Alors, pour nous soutenir, vous avez le don sur uTip. La commission est de 5 %, c’est de loin la solution la plus efficace pour nous aider. Le don récurrent, carrément idéal, même modique, 1 euro par mois. Tout don compte et ça prend moins d’une minute. Il y a aussi la boutique Au Poste. J’ai rajouté les tee-shirts et les sweat-shirts « Police on my back » dans le dos, pour être raccord avec le slogan « Police on my back », enfin la chanson. Et donc Pierre n’est pas là, mais ça y est, ils sont là, ils y sont, là. Et l’abonnement Twitch, 3,90 euros mensuels, moins la commission de 30 % d’Amazon, propriétaire de la plateforme. Vous bénéficiez d’un stream sans pub, d’un tchat d’avatars exclusifs. Pour nous, c’est une garantie d'être correctement référencés sur Twitch. Merci. Oui, on a déjà invité Mathieu Rigouste, absolument. On a déjà invité Mathieu il y a déjà un certain temps. Oui, sociologie de la police, merci Gardien de la paix : Jules, Jacques de Maillard et Fabien Jobard. Jules, est-ce que vous avez écouté les représentants syndicaux de votre travail ? Oui, non. Alors demain, demain matin, 9 heures, nous recevons les auteurs de cet ouvrage, les responsables de cet ouvrage : La peine de mort n’a jamais été abolie. Dits et écrits de prison, choisis par L’Envolée depuis 1981. Des prisonniers et des prisonnières troublent la fête. C’est paru aux éditions du Bout de la ville et de L’Envolée. Voilà, c’est ici. C'était ici. Ils seront là demain à 9 heures, Pierre et Floréal. Merci Euryale Ah non, c’est Jessie. Merci Jessie, qui a mis le lien dans le tchat. Alors les amis, c’est l’heure, c’est l’heure de se quitter. Voilà, il faut aller se reposer. Amis de la police et du café et de la tendresse utopiste, un grand merci d’avoir suivi ce nouvel épisode d’Au Poste. Merci aux incroyables modos de la paix et à la techno, Euryale, Jessie, Robin et Olivier. Merci à Geoffrey pour les logos, Sophie pour les débuts, Blast pour le visuel, à Théo la Terreur pour les sons, musique gracieusement offerte et concoctée par JC, MorfulSkank et Skorch. Vous pouvez acheter leur musique, certains d’entre eux, vous avez les liens dans le tchat. Et voici la liste des abonnés du jour. Merci beaucoup à Hottar, merci beaucoup à Zargyl Kili, à Dream, à S-Flag, à Kimi Ronso, à Damien Seromfi pour le cinquième mois, Francis Mizio, oh là là ! Remontent les souvenirs, à Yurlit, à Gingerware, à Gromf, à Seydandi, à Hélène. Ah, Vietkines ! Oh, depuis Twitch, il s’est abonné. Ah non, il a été abonné, c’est ça. Adrinozor, Baron Fou, Truonvel, Urgence, Isaramel, Hubert Diaz. Euh, ça va être Nomad, Techmoiler, Mom, Tink, Jette Dose, Sonnerre, Valérie, Valéry Kéval et Samkabeb. Et merci à Curieux238, qui a offert quinze subs, Ruffeur de Droit aussi, SerumPie aussi, Chris aussi, Partie Tecton aussi, et là, c’est la liste des nouveaux citoyens…
Merci pour les cheers, en effet, merci beaucoup. Alors, je veux qu’il y ait plein de mecs… Alors donc, je voulais vous dire : demain, les ranks seront mis à zéro. C’est comme ça. Ça a été décidé par la Commune libre d’Au Poste. Et donc demain, on redémarre, sauf pour les donateurs et barbouzes, qui seront toujours, qui resteront, qui auront toujours le grade suprême. On reset, on reset les classements parce que ça fait presque un an que c’est comme ça et que là, il y a plein, plein, plein de nouveaux, afin de rééquilibrer les choses. Donc je rappelle qu’il faut faire quoi pour être au générique ? Veuve Chyco, il faut soit s’abonner, soit donner. Ou alors là, c’est le nom des gens qui suivent la chaîne. Mais Pécresse, Darmanin, Zemmour, Le Pen, ça fait lourd. À la fin, on est morts. Voilà, c’est la fatigue, c’est la fatigue, absolument. Grégoire Chamayou, est-ce que je le connais ? De lecture uniquement. Donc demain, vous savez, voilà, les points Twitch, en fait, grosso modo, plus vous regardez une chaîne, plus vous avez une fidélité qui ne sert strictement à rien, sauf qu’on peut les transformer en déclenchement de sons, d' emotes ou de choses comme ça. Et nous, on les a transformés depuis le début en rangs de la police. Et donc, comme là il y a beaucoup de gens nouveaux, on a décidé de remettre à jour tout ça. Donc ça sera fait. Je vais faire dodo, oui, oui, j’ai compris, j’ai compris. Merci beaucoup à vous tous. Non, ça n’a pas été enregistré avec Fabien Jobard parce que, figurez-vous que c'était assez étrange, c’est un festival du son et de la radio et il y avait des gros, gros problèmes de son. Chers amis, je vous dis à demain, 9 heures. N’oubliez pas, pour ceux qui découvrent Au Poste, c’est tous les jours de 9 heures à 11 heures à peu près, plus les streams sauvages.
Et donc là, on n’est plus dans la nécessité des circonstances, on n’est plus dans l’arbitrage pondéré entre la dignité et la nécessité. Non, on est dans la cruauté.
