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Sainte-Soline, 1 an après. Récits, témoignages + plainte collective contre Darmanin

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Transcription de l’émission

Intervenante
Bonjour à tous, merci à tous d'être venus aussi nombreux, merci et nombreuses, merci beaucoup aux intervenantes d'être ici, et d’être venus d’aussi loin pour participer à cette table ronde qui vise à rétablir le récit et les témoignages de ce qu’ont réellement été cette mobilisation de Sainte-Soline. Je vous fais juste des petits rappels techniques, c’est que de ce côté, il y a une prise d’image en direct et en rediffusion pour les médias de BLM et pour auposte. Par ailleurs, en parallèle de cette table ronde et toute la journée, je vous rappelle qu’on a une table de signature de la plainte collective contre Gérald Darmanin pour tous les mensonges qu’il a dit et en particulier ceux dits devant la commission d’enquête parlementaire qui ont été sortis sous servir. Je vous rappelle aussi que si la table ronde annoncée était sur les violences policières, on a une ambition quand même un peu plus raisonnable. Ce sera de parler des violences policières avec la répression des mouvements écologistes, et le cas particulier de Sainte-Soline. Pour ça, on a donc trois entrées de réflexion. La première, c’est sur le décryptage de ce qu’a été cette mobilisation. La deuxième est une ouverture un peu large sur la répression à l'égard des différents milieux écolos. Et la troisième, ça concerne plus particulièrement les réponses que nous militants on propose à ces violences qu’on subit du coup, on va juste commencer par la présentation des intervenants et intervenantes.
Lucie
Moi, c’est Lucie, je suis lectrice.
Margot
Margot, lectrice…
Chalot Chloé
Chloé Chalot, je suis avocate.
Intervenante: Est
-ce que vous pouvez rappeler aussi où est-ce que vous étiez au moment de Sainte-Soline et quel est votre lien avec Sainte-Soline ou alors votre rôle ici lors de cette table ronde aussi ?
Chalot Chloé
Alors moi j'étais avocate le jour de la Sainte-Soline, le 25 mars 2023, j’ai été à même, je n’étais pas loin d’ici, et depuis j’accompagne les blessés dans leurs procédures judiciaires.
Roblin Gwendal
Gwendal Roblin, sociologue à l’Université de Poitiers. J’ai coécrit avec le continent collectif du LOriot l’ouvrage Avoir 20 ans à Sainte-Soline, aux éditions Les Disputes, à Sainte Soline, j’ai été à la manifestation.
Hélène
Hélène, j'étais à la manifestation à Sainte-Soline et je fais partie des 73 personnes qui ont saisi collectivement la défenseuse des droits.
Jean Baptiste
Jean-Baptiste, j'étais là aussi sur la manifestation en tant que médic, je fais aussi partie du collectif des 73.
Louis Marie
Louis-Marie, je suis membre de la LDH et de l’Observatoire Poitou-Charente des Libertés Publiques. J'étais présent comme observateur, moi, à Sainte-Soline.
Étienne Douat
Etienne Douaz, j'étais présent aussi à Sainte-Soline, sociologue et auteur avec le Boidard et quelques autres du collectif “Avoir 20 ans à Sainte Soline”.
Romarin
Je m’appelle Romarin, je fais partie des soulèvements de la Terre et je suis aussi obligé à plein de temps contre l’A69, j’ai été dans les manifs aussi.
Najete
Je m’appelle Najete, j'étais sur la grande base arrière soins qui a été mise en place pour encadrer, entourer les manifestants de Sainte-Soline et j'étais plus particulièrement sur la base arrière juridique de la mobilisation.
Daniel Ibanez
Daniel Ibanez, je suis un citoyen obéissant aux règles de la République et je n'étais pas la Sainte-Soline. Alors j’ai essayé de me rattraper en invitant Julien Leguet, Tom Avril et toute la bande aux rencontres annuelles des lanceurs d’alertes qui ont eu lieu en novembre dernier.
Intervenante
Du coup, pour les prises de paroles, il y aura aussi un moment de question à la fin. Pendant la table ronde, si jamais vous avez des questions, ce qui va se passer, c’est que Marco, qui est là-bas, va prendre vos questions à l'écrit, il a des feuilles et des stylos. Il vous suffira de lever la main quand la question viendra et il les récupérera ensuite, on les lira et on passera la parole aux intervenants et intervenantes pour pouvoir y répondre. On va d’abord commencer avec Gwendal et Étienne pour la présentation d’Avoir 20 ans à Sainte-Soline et ensuite avec Louis-Marie pour la présentation de la mobilisation et Nico.
Louis Marie
Oui, bon, et alors, comme je vous le disais, je suis membre de la LDH et de l’Observatoire Poitou Charente en liberté publique, j’ai été présent avec bien d’autres comme observateurs à Sainte-Soline. Alors si on est présent aujourd’hui, c’est évidemment pour témoigner de ce qu’on a vu pendant ces trois jours de mobilisation contre les médias vaccinés. Mais avant de parler du rapport et de ses principales conclusions, j’aimerais revenir deux minutes sur ce qu’est un observatoire et la méthodologie des observations. Parce que si, depuis Sainte-Soline, les observateurs sont un petit peu mieux identifiés, on a pu le vérifier, nous, pendant les manifestations contre la réforme des retraites, on ne sait pas toujours comment ça fonctionne. Donc, c’est important, c’est même essentiel pour comprendre la robustesse du travail mené par les observatoires. Alors, un travail robuste et étayé par des observations de terrain, qu’il est bien difficile de venir contester par les autorités, et c' est bien pourquoi, aussitôt le rapport paru, la LDH a été la cible des attaques de Darmanin. Donc, quand on parle des observatoires de la LDH, de quoi on parle, et bien les observateurs des libertés publiques sont des collectifs de bénévoles qui documentent les pratiques policières, le maintien de l’ordre, pendant les manifestations mais aussi pendant les expulsions de lieux de vie de personnes exilées par exemple ou de squats. Ou même sur des lieux d’occupation comme sur le chantier de l’A69 avec les écureuils pour cette autoroute en construction entre Castres et Toulouse que nos camarades de l’observatoire toulousain d’ailleurs ont largement documenté. Donc les observatoires sont nés à l’initiative de la LDH mais souvent avec d’autres organisations, avec le SAF, le syndicat des avocats de France pour Paris et Bordeaux et bien d’autres. Avec le MRAP pour le 93, l’A4 à Angers, la Fondation Copernic à Toulouse. Notre rôle en tant qu’observateur, c’est de nous assurer que l'État respecte les libertés publiques et le droit de manifester. L’objectif d’un observatoire, en fait, c’est de documenter les pratiques policières, le maintien de l’ordre. D’alerter si c’est nécessaire et d’alimenter le débat public en produisant des rapports avec des données concrètes et des analyses solides. Les observations sont réalisées suivant une méthodologie qui répond à des principes qui sont définis dans la charte des observatoires parmi lesquels on trouve la confidentialité des données collectées et ce qu’on appelle la neutralité comportementale, c’est-à-dire la non-participation à la manifestation, le fait d'être vraiment identifié à côté des manifestants et de ne pas prendre part à ça, aux mobilisations, voilà. Sur le terrain, une équipe d’observateurs, c’est trois personnes. Une personne qui prend des notes vocales en décrivant tout ce qui se déroule sur le terrain. Une personne, qui prend les images, photos et vidéos enfin, une troisième, qui assure la sécurité du groupe. Et ce qui permet aux deux premières personnes de se concentrer sur ce qu’elles ont à faire, sans s’occuper de leur propre sécurité, ce qui était quand même très important. Alors ces données d’observation ensuite, photos, vidéos, sont organisées dans ce qu’on appelle un minutier. Le format de ce minutier, c’est un tableau sur lequel on va pouvoir indiquer ligne par ligne l’heure exacte, le lieu où on se trouve, qu’est-ce qui se passe sur le terrain et mettre en correspondance les photos et les vidéos. Alors minuter parce que quelquefois le maintien de l’ordre, et bien on le documente minute par minute. Donc ces minutiers très précis, en fait, ils viennent ensuite nourrir des rapports d’observations qui nous permettent de documenter ces pratiques policières, d’analyser le contexte et d'évaluer la nécessité et la proportionnalité de l’usage de la force, s’il y a usage de la Force. Voilà. Alors pour ce qui est de Sainte-Soline, nous étions 22 membres d’Observatoires venus d’un peu partout. Il y avait l’Observatoire du 93, c’est-à-dire Seine-Sainte-Denis, l’observatoire parisien, l’observatoire Girondin, l’observatoire Toulousain et l’observateur Poitou-Charente, tout juste créé pour accueillir tout le monde. C'était l’occasion d’un premier inter-observatoire, hein, Sainte-Soligne pour nous. Dix-huit observateurs et observatrices étaient présents sur le terrain, répartis dans cinq équipes. Et Amel, on a constitué ce qu’on a appelé un back-office avec notamment trois avocats de la LDH qui étaient présents. Alors le rapport de l’Observatoire, Sainte-Soline empêchait l’accès à la bassine quel qu’en soit le coût humain. Est encore disponible sur le site de la LIH Nationale et pour celles et ceux que ça intéresse je vous encourage à télécharger c’est un document PDF on en a des versions papier ici mais c'était un document pdf de 164 pages Mais l’avantage de le tirer chargé c’est qu’on peut le consulter et les liens qui sont dans ce rapport sont des liens actifs qui peuvent renvoyer vers les jurisprudences du Conseil d'État, vers le rapport de l’IGGN, de la gendarmerie ou de la préfecture. Alors, les conclusions de ce rapport, basées sur les observations des différentes équipes sur le terrain, mettent largement en cause la version officielle présentée par les autorités et on a écrit dans le rapport qui s’est livrée de manière alarmante à une réécriture des événements. Donc si on est là aujourd’hui, c’est aussi pour rappeler ce qui a été documenté sur place. Alors, je ne vais pas parler beaucoup plus longtemps, je vais simplement vous donner les points saillants, cinq points payants sur cette manifestation. Le rapport lui le documente les trois jours, ça commence le vendredi avec les contrôles routiers bien au-delà du département des Deux-Sèvres, avec l’arrivée des tracteurs, il va jusqu’au dimanche à Melle mais je vais simplement faire un focus sur cette manifestation et on peut dire les cinq points vraiment saillants. Alors, un premier point saillant c’est l’engagement de la force sans sommation. À l’encontre des cortèges, en l’absence d’hostilité de leur part. Le premier contact avec le PM2I, c’est le peloton motorisé d’intervention et d’Interpellation, ces gendarmes qui sont montés sur le COAD. Il a lieu, avec le cortège bleu, à 12h35 et à 1,4 km de la Bastille. On est très très loin encore du chantier et du dispositif des forces de l’ordre. Oui, je vais aller vite. Donc, engagement de la force sommation, tirs massifs et parfois tendus de grenades sur l’ensemble des manifestants, grenades lacrymogènes, grenades assourdissantes, grenades explosives type JM2L, avec des dispositifs de propulsion à retard pour les envoyer à 50, 100 et 200 mètres. 5 000 grenades, maintenant tout le monde le sait, un tirant moins de 2 heures. On rappelle dans le rapport que 5 000 grenades, c’est 20 fois plus que le soir de la mort de Rémi Fraisse l’usage de LBD depuis les quads en mouvement, ce qui est strictement interdit. Protection des blessés et mise en défaut plusieurs fois par des tirs de grenades, notamment sur la chaîne humaine formée par les élus pour les protéger. Et enfin, entraves aux secours pour les blessés les plus graves. Donc je vais m’arrêter là, parce qu’on me fait signe que j’en ai fini. Mais il faudra qu' on revienne sur deux moments importants, qui sont le gazage des blessés et l’entrave aux secours pour Serge, pour mesurer l'écart qu’il y a entre ce qu’on a pu observer sur place et ce qui en est dit dans les rapports de la gendarmerie et de la préfecture.
Étienne Douat
Bonjour, donc on s’est présenté tout à l’heure, je redis avec Gwendal et quatre autres camarades nous avons donc pris l’initiative de cet ouvrage Avoir 20 ans à Sainte-Céline dont je vais essayer en quelques minutes de dire un peu les grandes lignes, puis Gwendal tu compléteras avec une focale sur quelques portraits qui comptent sur l’ouvrage Donc moi je vais surtout vous donner une petite idée de la dynamique, de l'énergie du type de mobilisation au carrefour de l’université et de la lutte politique qui s’est déployée pour construire cet ouvrage. En principe, en sociologie, donc nous, on est en sociologie et universitaire de la situation, on ne fait pas trop de travail de ce type-là, dans l’urgence médiatique, politique. On a des formes de temporalité qui sont beaucoup plus longues, parfois trop d’ailleurs. Quand on est entré de Sainte-Soline on a eu du mal à se remettre au boulot, à nos études habituelles, à reprendre l’agenda universitaire, nos études académiques, il ne faut pas mépriser, mais qui sont parfois très loin des enjeux qui nous réunissent aujourd’hui. Et donc on a eu de mal à reprendre le cours normal de nos existences, avec le sentiment d’avoir vécu, bien sûr, le piège qui a été largement et heureusement décrit, le piège militaire, le piège policier, le piège dans lequel on est, qui nous a été tendu à Sainte-Soline. Et puis il y a eu un deuxième traquenard, qu’on a très mal vécu aussi, une deuxième violence qui est la violence du récit. Ou une histoire confisquée, en tout cas dans les premières heures qui ont suivi samedi après-midi, samedi 25, le week-end du 25, 26. On a eu un récit qui nous a violentés, qui a fait monter une colère assez puissante. Et alors nous avons voulu, nous avec nos outils de sociologues, avec nos ressources, qui sont celles de l’enquête, qui sont celles de l'écriture, qui est celle du regroupement, on a voulu contribuer à désarmer, si on peut dire, ce récit médiatique et reconstruire un récit polyphonique avec différentes sensibilités, différentes expériences de Sainte-Soline, différents parcours aussi qui ont pu conduire à Sainte-Soline. L'énergie, la dynamique du livre, elle se situe ici d’abord restituer Sainte- Soline, rétablir des faits, regrouper des portraits, des témoignages, des situations et sortir finalement d’une vision très homogénéisatrice qui a pu produire un certain nombre de médias, en tout cas dominants bien évidemment, une vision homogénéisatrice, notamment de la jeunesse qui globalement s’est retrouvée séparée en deux types de catégories, les enragés, les violents, les radicalisés, puis les autres, la jeunesse qui est considérée comme très naïve, apathique, rêveuse ou anxieuse, donc une des contributions en se centrant sur les jeunes qui ont participé à Sainte-Soline c'était de déconstruire ces idées reçues sur la jeunesse et de montrer comment l'épisode de Sainte-Soline était un épisode, un contexte de formation et de transformation de soi, comment nos dispositions militantes, nos aspirations, nos manières d’envisager la lutte, nos manières de visage l’existence, avaient pu être retravaillées dans ce contexte dont nous avons vite compris qu’il était puissamment socialisateur, possiblement transformateur, qui frédate à la fois à l'échelle des parcours individuels, des trajectoires, des individus, mais aussi à une autre échelle, celle d’une échelle plus globale, qu’il y aurait un avant et un après, que l’agenda médiatique avait été percuté, que des questions qu’on croyait confidentielles, pro-techniques, réservées à quelques-uns pouvaient être partagées, pouvait déranger l’agenda politique et médiatique. Donc c’est à ça qu’on a voulu contribuer dans ce récitC’est réinscrire Sainte-Soline dans une histoire des luttes qui peut se lire par le haut de la manière dont les problèmes sociaux, celui de l’eau, celui des biens publics, se déplacent, s’imposent, se diffusent, et par le bas, au niveau des trajectoires, au niveau du parcours, dans toute leur différence. Parce qu’une des ambitions de notre livre, c’est de montrer à quel point ce qui peut conduire à Sainte-Soline et les effets de Sainte-Soline peuvent être très différents d’une personne à l’autre, avec, malgré tout, des sentiments partagés, des horizons les horizons communs.Alors, je vais peut-être insister sur ce qui fait fil rouge dans le loup rage, que j’ai commencé à évoquer de manière peut- être insuffisamment précise. Le fil rouge, avec nos armes de la sociologie dans ce livre, c’est de prendre Sainte-Soline comme un moment de socialisation. C’est-à-dire faire tout ce que les médias dominants détestent, c’est-à-dire réinscrire dans des histoires incorporées ce que Sainte-Soline a pu nous faire. Donc sortir de l’image comme ça, de l’idée que… Il y a des manifestants qui surgissent comme ça, un peu nulle part, sans histoire, sans histoire incorporée, sans parcours professionnels, sans souffrance, sans formation. Nous ce qu’on a voulu, au contraire, c’est réinscrire tous ces jeunes et moins jeunes qui étaient à Sainte-Denis-les-Lynes, on a soumettre plutôt sur les jeunes, de de comprendre ce qu’ils avaient conduit à Sainte-Soline en fonction de ce qu’ils avaient éprouvé avant, des expériences militantes.Ça peut être les gilets jaunes, ça peut être Nuit debout, ça peut le fait d’avoir une ferme, de se lancer dans l’agriculture, d'être soumis à la violence que l’on connaît quand on veut faire de l' agriculture autrement. Ça peut-être des parcours universitaires, des formes de précarité. Il y a différentes conjugaisons d’expériences qui mènent à Sainte-Soline, et c’est ça que dans les différents portraits, dans l’ouvrage, vous pourrez découvrir loin des clichés sur le militant ou la militante type de Sainte-Domingue, tel que certains médias en puissent le décrire. L’hypothèse, et je vais finir là-dessus, c’est effectivement que Sainte-Soline au niveau de la manière d’organiser des luttes, de réfléchir aux luttes et de se poser des questions sur les combats à venir, Sainte- Soline a fait date dans les parcours. C’est ce que révèlent les personnes qui le témoignent dans le livre. On n’envisage plus tout à fait de la même manière sa participation aux luttes. Après Sainte-Soline, quand je dis Sainte- Soline, c’est au sens large de l'épisode avec Sainte- Soline des préparations des coulisses en amont de plusieurs mois, ce n’est pas Sainte Soline en mars 2023, mais après Sainte- Soline effectivement, c’est ce que nous donnent à voir les personnes qui nous ont livré leurs témoignages.On envisage parfois des bifurcations dans l’existence, on envisage des modes de consommation, des modes de production qui vont pouvoir évoluer. Et on envisage aussi différentes façons de participer à la lutte, ça je crois que c’est important et c'était je pense au témoignage de Marcel dans l’ouvrage, il y a de manière légitime des formes de participation dans les bases arrières, dans les cantines, dans la préparation, dans les actions de formation qui se sont imposées et c' est heureux comme des formules légitimes de participation. Ce qui n'était pas forcément aussi évident dans les années précédentes, moi quand j’ai commencé à militer dans les années 90, ce n' était pas forcément des questions qui étaient légitimement posées. La question du soin, et je finirai là-dessus parce qu’elle est importante, la question du soin et la question de la solidarité, elles sont à mon avis, à notre avis, dans nos analyses, c’est ce qui affleure assez souvent aussi dans les témoignages centrales, comment être à la fois dans des formes d’exigence, de radicalité par rapport aux luttes dans lesquelles on s’engage, tout en maintenant, cette idée du soin, du care, c’est-à-dire faire attention à la participation de l’autre, aux dispositions physiques des unes et des autres qui sont sur le terrain avec nous, comment imaginer des formes plurielles de participation, comment prendre soin des sensibilités, des corps qui sont différents, des parcours, des sensibilités aussi qui peuvent varier. Ça c’est et je suis loin, on est loin de pouvoir épuiser, mais les lectures vont peut-être donner quelques éléments de précision, Mais on est loin d'épuiser tous les témoignages de cet orage, mais voilà quelques éléments, disons, du fil rouge.
Roblin Gwendal
Oui, alors la question de la répression, en fait, elle traverse tout l’ouvrage puisque ceux qui sont allés à Sainte-Hélène savent à quel point c’est un fait marquant. Là, je voulais revenir ici sur le témoignage de Capucine et le portrait de Laura qui, tous les deux, mais sous des angles différents, disent quelque chose de cette répression. Capucine a une vingtaine d’années, elle est observatrice pour la ligue des droits de l’homme, et donc elle représente justement en tant qu’observateur, comme on vous l’a dit, pour la LDH et pour rendre compte de l’usage de la répression, enfin, du cas de ce que tu dis écrit par les forces de l’ordre. Et donc son témoignage est intéressant dans la mesure où il saisit en fait la stupeur et la sidération qu’ils ont traversée. Malgré son habitude des manifestations parisiennes, puisqu’elle vient de Paris, qui sont durement réprimées, qu’elle a déjà observées en tant que l’observatrice. Elle rappelle qu’il y a 5000 grenades qui ont été tirées, et ce qui est intéressant, c’est qu’elles reviennent sur quelque chose sur lequel on est un peu habitué maintenant, c’est sur l’usage du gaz lacrymogène, mais qui en fait est loin d'être anodin et qui présente énormément de conséquences sur les personnes. Donc là, je l’incite, elle nous dit qu’outre les dommages psychologiques l’usage du gaz lacrymogène peut entraîner des brûlures, des hémorragies, mais aussi la nécrose des tissus de l’appareil digestif et respiratoire, voire à être à très haute dose la mort. Et ça, c’est sans compter les effets des détonations très douloureux pouvant entraîner des lésions auditives irréversibles. Je ne reviendrai pas sur les effets destructeurs des grenades GENL et GM2L qui ont été conçus pour m’utiliser et dont on vous a déjà parlé et sur lesquels on reviendra sans doute. Son témoignage sur la violence et sur l'état de sidération qui rencontre aussi des éléments, en tout cas des témoignages qu’on a retrouvés dans les portraits, notamment je pense à Amélie et Louise qui nous racontent qu’en fait, cette sidération qu’elles ont vécue, c’est en fait un mécanisme de défense psychique face à un événement traumatique en fait, tellement la violence a été intense.Et, alors je ne détaillerai pas plus, mais il faut peut-être analyser la violence et ce qui semble être oublié parfois par les discours médiatiques mais les analyser à l’aune de ce qu’elle fait sur les gens en fait et les conséquences qu’il y a eu en fait ont été passées sous silence et se controversé en fait il permet de de le porter en fait ce qui s’est passé de ne pas l’oublier ni l’invisibilité et je vais finir rapidement sur le portrait de Laura qui en fait loin des caricatures en fait montre comment elle est tiraillée en fait entre sa nécessité de changer le monde et sa peur viscérale en fait de la police Et c’est des tire-aimants internes qu’on a pu saisir à travers les portraits sur un temps long d'échange avec l’outil sociologique de l’entretien qu' on a mobilisé, qui ne la caractérise pas qu’elle mais aussi tous ceux qu’ont interrogé. Laura, elle est militante anti-fasciste d’une vingtaine d’années et en fait elle est profondément marquée par l'épisode des Gilets jaunes, peut-être comme beaucoup d’ailleurs, qui était présent à Sainte-Soline. En fait, elle a rencontré la violence policière, comme beaucoup, pendant l'épisode des Gilets jaunes, et s’en est suivi, en fait, un traumatisme des forces de l’ordre, en faite, qui lui ont fait progressivement perdre le chemin des manifestations. Et en fait,Sainte-Soline, alors elle y est retournée, et ça a réactivé des questions qui l’ont traversée durant l’épisode des gilets jaunes, notamment, voilà, elle dit jusqu’où on est prêt à aller, en fête, cette lutte, en fait, est-ce qu’on est prêt à avoir des morts C’est une question qui était réactivée, je pense aussi, suite à ce qui s’est passé à Sainte-Soline et à la répression qu’ont on a tous vécu. Pour autant, en fait, elle, qui avait perdu le chemin des manifestations, elle s'était dit, quand elle a appris le rendez-vous, elle a dit, je ne peux pas ne pas y aller.Et en fait, sa position, elle aussi, entre sa terreur vis-à-vis de la police et ce qu’elle décrit comme étant cette sensation du pavé qui gratte sous le pied. Et en fait, ça rappelle aussi que c’est des moments d'émotions qui sont puissants, où en fait il y a une violence qu’on subit, mais aussi en fait c'était aussi des moments profondément exaltants en fait où il y avait toute une solidarité collective qui se met en œuvre, qu' on a peut-être eu tendance à masquer en fait au travers des discours médiatiques, mais c'étaient des moments aussi de joie, des moments festifs, En fait ces cortèges, ils étaient habités par un esprit de fête avec des fanfares, il y a eu des moments à mail aussi ou sur tout le week-end en fait, il n’y a pas eu que deux heures de manifestation. Et en fait ça rejoint les discours qu’on a pu rassembler au travers des autres portraits où en fait la répression n’entraîne pas cette dissuasion, et je terminerai là-dessus, mais en fait criminaliser les manifestants à hauteur de terroristes, ça permet de légitimer la violence et la répression qui sont des forces de l’ordre et qui devraient être proportionnelles à cette figure de terroriste, d'écoterroriste et donc d’une violence assez incroyable. Et donc c’est pour ça, c'était un jeu de contre-discours auquel on entend contribuer aux côtés de la LDH et de toutes les personnes ici présentes aujourd’hui. C’est de réhabiliter en fait ce discours confisqué et de donner à voir ce qui a été vécu par les gens qui étaient au plus près. Voilà, je vous remercie.
Intervenant
Le pouvoir exige des corps tristes. Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu’il peut la dominer. La joie, par conséquent, est résistance parce qu’elle n’abandonne pas. La joie, en tant que puissance de vie, nous emmène dans des endroits où la tristesse ne nous mènerait pas. C’est de l’euse qu’ils disent. La parole est à madame Marie-Claude Pelletier. Cet après-midi du 25 mars 2023, dans les plaines et terres rouges de Sainte-Soline, le pouvoir a voulu faire taire notre joie. Il a voulu que le bruit des grenades couvrent nos champs, que la peur nous envahisse et nous réduise au silence, que nos corps gonflés d’un même élan saignent sur les blés. 5000 explosions en moins de deux heures. Toutes les deux secondes, ils ont tenté de nous tuer, et pas seulement symboliquement. Sans doute qu'à leurs yeux nous ne sommes que de la mauvaise graine, soyons-en fiers, nous sommes les Adventistes, des pionnières, celles qui préparent l’arrivée de la forêt. De ça, ils ne parleront jamais. Cette énergie collective, ces échanges. C’est empuissancement, c’est l’humanité que nous savons développer le commun de nos vies. Un an après Sainte-Soline, des camarades subissent les mêmes violences. Mais il est toujours là, ce feu qui nous anime à lutter à corps et à cris contre les projets suicidaires. Et il est temps de faire la lumière sur les violences que nous subissons, de continuer à écrire notre version des faits, notre histoire. Ils ont semé la terreur, ils récoltent la colère. Nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à nous lever. Et comme dit le proverbe, ils ont voulu nous enterrer. Ils ne savaient pas que nous étions des graines. Et je vais ouvrir un premier angle d’attaque sur cette table ronde autour du décryptage des violences d'État qui sont liées à la manifestation de Sainte-Soline 2. Du coup Jean-Baptiste est-ce que tu peux venir ? Je vais vous laisser la place. Jean-Baptiste, Hélène, Najat, Louis-Marie, Chloé. Juste pour petit rappel on parlait de soins tout à l’heure. Il y a un espace qui est prévu ici. N’hésitez pas si vous avez besoin d’un petit temps tranquille et de soins. Voilà. Margot et Lucie. Un petit temps de lecture, justement, d’avoir 20 ans à Sainte-Soline.
Intervenante
Je vais voir le témoignage d’Alex, 20 ans, gravement blessé à Sainte-Soline. Nous avançons, le nez et la gorge irrités par les lacrymaux malgré les masques, dans un champ de guerre survolé par nos champs. Le cortège jaune a ouvert une brèche. Nous concevons. Entre la fumée, la poussière, le bruit et la foule, nous ne savons plus où nous sommes, ce qui se passe autour de nous. Pour mieux voir, nous sommes montés sur une piste surélevée, et me voilà au sol, le visage plein de sang. La grenade explose au niveau de mes pieds, quelques secondes plus tard. Le 25 mars dernier, comme beaucoup trop d’autres personnes, j’ai été gravement blessée par la main de l’État. Cela fait un peu plus de sept mois. Aujourd’hui, je vais bien, mais ce genre d'événement laisse des traces. J’ai eu l’occasion d'échanger avec beaucoup de personnes présentes ce jour-là, et cela m’a permis de prendre conscience de l’ampleur des dégâts. Paradoxalement, je n’en avais pas pris la mesure. Je ne suis restée finalement que très peu de temps sur place. Ensuite, je me souviens d’avoir eu froid, d’avoir senti en touchant l’intérieur de ma bouche avec ma langue que plus rien n’y était en ordre, d’avant été transporté par mes amis et d’en avoir entendu parler.Je me souviens de cette personne qui me rappelait simplement d’ouvrir les yeux pour ne pas partir, avec une douceur incroyable qui m’aurait fait sourire si j’en étais capable. Je ne saisissais plus grand chose à ce moment-là et je ne saurais dire si c'était en médic ou en pompier, mais ce petit lien est resté gravé. Et puis, un peu plus tard, il y a eu aussi cet homme, un gendarme, à côté de moi dans l’hélicoptère. Son visage était fermé, mais ses yeux me fixaient et trahissaient une confusion. Comme s’ils ne savaient pas quoi penser, comme s’il ne savait pas très bien si ce qu’il voyait était réel. Forcé de regarder quelque chose qu’ils ne voulaient pas voir et qu’il ne parvenait finalement plus à lâcher des yeux. Et moi, je ne sais pas si j'étais vraiment capable de penser. Je crois que je me contentais de faire un constat assez froidement. Cet homme, à côté de moi, devait sûrement être le collègue et peut-être même l’ami du responsable de ce qu’il avait sous les yeux. Toute ma rage n’est pas directement dirigée vers les flics, mais plutôt vers leur supérieur et un système qui normalise et accentue la violence, criminalise nos résistances et fabriqué par ces rouages une main d'œuvre prête à tout pour défendre un ordre établi qui ne leur profite pas beaucoup plus qu'à la majorité d’entre nous. Comment peuvent-ils se contenter d’obéir, encore et toujours ? A chaque fois que je vois un flic, je déborde d’envie d’aller lui poser mille questions. Plus tard, dans la salle où j’attendais, une machine faisait des bipes irréguliers et cela m’a rendu folle, comme si toute l’angoisse et la douleur du moment s’exprimaient par ces bipes. Je n’avais aucune idée de ce à quoi je ressemblais. Je cherchais mes dents avec la langue, je ne sentais plus rien. J’avais surtout le goût du sang. J’avais l’image des gueules cassées vues dans les manuels d’histoire et dans certains films. Je me suis dit, dans une forme d’acceptation, que désormais c'était à ça que je ressemblerais. Après l’opération, on le réveille. La douleur, les pansements partout, les mâchoires collées et la médecine légale. Je crois que j’ai d’abord sorti mes mains des draps et j’aimais bouger les pieds comme pour me rassurer et me dire « ça va, ce n’est que ça ». Et puis je pouvais ouvrir l'œil droit sous mon pansement. Tout allait pour le mieux, mais les soignantes sont entrées dans ma chambre et m’ont dit que les flics étaient là et qu’ils devaient venir prendre toutes mes affaires. J’ai fondu en larmes. C’est la première fois que je pleurais au moins consciemment, c'était violent. Alors j’ai refusé qu’ils entrent et ce sont les soignantes qui leur ont tout donné, y compris mon portable. Aujourd’hui, je me dis que j’aurais dû les laisser rentrer, pour qu’ils me voient telle que j'étais, abîmée au nom du maintien de l’ordre, pour qu’ils voient ce que leur collègue avait fait. La réalité, sous leurs yeux, est incontournable et palpable. Malgré toute la violence que j’ai subie, tout cela me donne encore de la force. C’est là-bas qu’il fallait être, et j’espère que je serai encore là où il faudra quand il faudra face au mur, y a-t-il d’autres choix ?
Intervenant
Ces violences, il nous faut les décrypter, et ça va être ce premier temps-là. On essaiera de passer sur le schéma du maintien de l’ordre qui avait été mis en place, sur les armes employées, sur la disproportion de la répression, sur l’absence des secours, et de faire aussi le bilan de cette répression. Sur le schéma du maintien de l’ordre qui a été mis en place et qui a provoqué cette violence.
Lucie
Déjà, il faut savoir que cette violence a été préparée, pas seulement du point de vue du schéma de l’un de cinq blocs en soi, mais aussi en termes de propagande, et ça depuis plusieurs mois en avance, puisque déjà, après la première manifestation qui avait lieu à Sainte-Soline le 29 octobre 2022, c’est là que Gérald Darmanin avait ensuite dit « écoterroriste » pour parler des manifestants. Donc déjà, à partir de là, on pouvait craindre qu’il y avait une violence extrême qui allait pouvoir être légitimée, puisqu’il y avait tout le mouvement contre les bâtiments et même probablement tout le mouvement écolo derrière qui était finalisé. Et ça s’est poursuivi jusqu'à la veille de la manifestation où là encore Gérald Darmanin avait dit nous verrons des images extrêmement dures parce qu’il y a une très grande mobilisation de l’extrême gauche et de ceux qui veulent s’en prendre aux gendarmes et peut-être tuer des gendarmes et tuer les institutions. Donc il y avait vraiment la désignation d’un ennemi, de personnes qui voulaient tuer, assassiner comme des terroristes et que, à ce titre-là, ça légitimait en avance toute la répression qui allait pouvoir se déployer pendant la manifestation. Ensuite, sur le schéma du 25 de l’ordre en soi, il y a un choix qui a été fait pour cette manifestation, contrairement d’ailleurs à la précédente, qui était de laisser venir les manifestants jusqu'à la bassine.En fait, les gendarmes étaient positionnés, donc en termes de moyens, déjà c'était des moyens énormes, je crois qu’il y avait une mafélicoptère, il avait 3 200 gendarmes, donc 3 000 qui étaient au niveau de la bassines, et ils étaient positionné de sorte à laisser venir des manifestants et empêcher vraiment l’accès à la bassina. Comme un petit sortant. Et donc en plus c'était dans une position où il n’y avait pas de manœuvre vraiment possible pour eux, pas comme on peut voir en ville dans les manifestations, ils peuvent avancer, reculer de 200 mètres, 300 mètres. Là ils ne pouvaient pas parce qu’ils étaient en bas de la bassine et qu’en dessous, juste derrière eux, il y avait des grilles. Ils ne pouvaient pas remonter le bassin. C'était un petit peu compliqué pour eux de manœuvrer et donc ils étaient là vraiment pour tenir, tenir jusqu’au bout, c’est le titre, d’ailleurs, « Quoi qu’il en coûte protéger la bassines, Quoi qu’il en coûte, c’est le titre du rapport de la LDH. C'était vraiment ça qui était voulu. C’est quoi qu’ils en coûtent. Les gendarmes n’avaient pas vraiment d’autres choix, en fait, puisque c'était comme ça qu'était pensé le dispositif, empêcher absolument qu’y ait des manifestants qui puissent entrer dans la bassine avec aussi un nombre de munitions quasi illimitées, puisqu’il y a eu 5000 grenades qui ont été lancées en deux heures. Et ça c’est un choix qui a été fait, un choix de maintien de l’ordre, il était possible de faire autrement, de faire d’autres choix.
Jean Baptiste
Juste pour dire aussi que, moi quand je suis arrivé, je connais bien les lieux, et quand je me suis arrivé j’ai vu aussi que le peloton de moto il avait été mis en retrait, et l’image qui s’est imposée à moi à ce moment là, c'était encore peut-être plus d’un kilomètre, c'était Alésia quoi, On avait la caméra humaine qui entourait l’opinion et les renforts derrière qui arrivaient dans notre dos forcément. Et ça, quand on connait un peu l’histoire, on sait que le piège est tendu avant d’arriver.
Intervenant
Chloé sur les armes employées.
Chalot Chloé
Oui, sur la question des armes qui ont été employées ce jour-là, c’est une question un peu technique, mais qui révèle quand même des enjeux assez intéressants sur lesquels il faut se pencher. Déjà, sur les catégories d’armes qui ont été utilisées, sur la terminologie qu’on utilise pour dessiner ces armes, c'était des armées dites à létalité réduite. C’est un espèce de euphémisme que l'État utilise pour parler de ces armées qui ne sont pas comme les armes à feu, des armés qui provoqueraient immédiatement dans l’imaginaire des blessures très graves et la mort, mais c'étaient des armures dont on sait qu’elles peuvent mutiler gravement, dont on sait à l’avance qu’elles peuvent me tuer et évidemment que l’État le savait ce jour-là lorsqu’il a décidé de les utiliser à Sainte-Soline. Je vais vous lister rapidement les armes qui ont été utilisées ce jour-là. Il y avait des grenades de désencerclement. 89, les chiffres, c’est les chiffres officiels. C’est le chiffre du rapport qui a été mis en ligne sur le site de la préfecture des Deux Cerf. Quelques jours après, dans la maîtrise de l’opération de communication. Donc des grenades d’encerclement. Et c'était ce chiffre-là qui est le plus impressionnant. 5015, grenades lacrymogènes. Dans ces 5015 grenades lacrymogènes, la préfecture ne distingue pas, la gendarmerie ne distingue pas, ce qui relève des lacrymogènes classiques et ce qui relie des fameuses GM2L. Il y a d’autres articles ou d’autres déclarations de Gérald Darmanin qui parlent de 260 GM 2 l, mais ce n’est pas des chiffres officiels qui résultent du rapport. Et ce n’est pas neutre de ne pas signifier combien de GM2 L ont été utilisés ce jour-là, de loyer dans le flot de toutes les grenades lacrymogènes classiques. Parce que la grenade de GM2L, c’est la descendante de la GLI F4, qui est elle-même la descendante de la grenade offensive, qui est la grenade qui a tué Rémi Fraisse à Sivens. Après Sivens on décide d’arrêter les grenades offensives, ont décidé de continuer avec les grenades GLI-F4. Les grenades GLI F4 ensuite, elles mutilent à la ZAd de Notre-Dame-des-Landes, elles mutilent bure, elles mutent les gilets jaunes, elles mettent en danger la vie des gens. L'État le sait, l'État le sait très bien, malheureusement, tristement, parce que l’employé de l’usine qui fabrique les grenades GLF4 est décédé. Des recours sont faits contre cette grenade.Cette grenade est néanmoins maintenue sous le schéma d’opération de maintien de l’ordre. Elle est maintenue chaque semaine et projetée contre les gilets jaunes. On fait des demandes officielles pour interdire cette grenade et elle est finalement substituée. La GM2M vient la substituer, c’est Christophe Castaner qui l’annonce de mémoire en janvier 2020 dans une opération de communication. Qu’il veut tirer à son profit en disant, on a conscience de la dangerosité de cet arme, on arrête. Donc simplement que les stocks étaient écoulés, c'était prévu depuis longtemps. Ils avaient prévu de le faire, mais à ce moment-là, ils enrobent l’opération de communication. Donc c’est une arme la GM2L qui prend la suite de la GLE F4, qui ne contient pas de TNT comme la GLE F4 mais qui a quand même une composition pyrotechnique et qui a des effets qui sont absolument similaires. Et malheureusement, l’histoire a pu le démontrer. C’est aussi une arme qui est classée dans la catégorie des armes de guerre. Tout à l’heure en introduction vous parliez de la plainte pour les mensonges de Gérald Darmanin. C'était un autre mensonge de dire qu’il n’y a pas eu d’arme de guerre utilisée à Sainte-Soline puisque la GM2L est une arme catégorique à 2 et que c’est une arme de guerre Donc voilà, c’est important aussi d’avoir ces éléments de compréhension sur ces armes-là pour comprendre tout ce qui est derrière et notamment la conscience de l’utilité de ces armées et des multiples mutilations qu’elles peuvent produire. Il y avait aussi des grenades à SSR, je passe un peu rapidement, et il y avait évidemment aussi des tirs de LBD. Dont on a beaucoup parlé, puisqu’il y a notamment eu des tirs qui ont été faits depuis l'équad. Et que dans l’opération de communication qui prend en cours les jours suivants, Gérald Darmanin dit qu’il n’y a pas eu de tir de LBD depuis. C’est faux puisque la gendarmerie nationale demande à l’IGN de faire une enquête sur ces tirs de Lbd depuis l'égard et que cette enquête est très rapide et très diligente. J’ai vérifié les dates ce matin, elle a été vendue le 27 mars. Et quand le directeur de la gendarmerie nationale demande cette enquête le 27 mars, il demande à ce qu’elle soit faite pour le 31 mars. Donc c’est extrêmement rapide, l’enquête est rendue au début du mois d’avril, il y a une communication qui est faite au ministre de l’Intérieur, et dans les jours suivants, toutes ces conclusions sont envoyées à la presse, et donc on a de grands articles de presse qui nous disent que les tirs étaient légitimes et les tires de LBD depuis les croates sont blanchis. L’IGAS dit qu’il n’y avait pas de difficulté. Alors l’IGM dit qu’il n’y a pas de difficulté parce que ces tirs auraient été commis dans un contexte de légitime défense. Ces tirs ont surtout été réalisés dans une méconnaissance totale du protocole puisque un tir de LPD doit être fait de façon statique pour pouvoir viser à peu près correctement si tant est qu’il soit possible de tirer et de viser correctement avec cette arme. Ce n'était évidemment pas le cas. Et qu’on enrobe tout ça avec la confusion du moment, ça serait la faute des manifestants, ça serait de la situation sur place qui était tellement dramatique qu' on n’a pas eu le choix Non, ce ne sont pas des tirs spontanés qui sont faits pour répondre immédiatement à une situation qui dégénère, parce que c’est LBD, il ne monte pas sur les couettes tout seul. À un moment donné, on met entre les mains de personnes des armes, en sachant très bien que ça ne correspond absolument pas au protocole d’usage, et ça s’est délibéré et connu avant. Je crois que je n’ai plus de temps, j’avais prévu de vous parler des produits marqueurs codants, mais peut-être qu’on pourra, on y a encore un peu de temps ? Qui prend le temps. Merci, merci pour cette minute. Ce n’est pas une arme, les produits marqueurs, mais ça a été utilisé à Sainte-Soline et c’est important, parce que ça a été interdit depuis. Ça a été utilisé à Sainte-Soline en dehors de tout cadre légal, a été projeté sur la foule en produit, en dehors de tout cadre légal sans information précise alors qu' il tient quand même à l’intégrité des personnes. Et pour ceux qui ont pu avoir des contrôles d’identité à la suite de la manifestation le lendemain, vous avez peut-être subi des petits examens avec une lumière UV ont vérifié sur vous si vous aviez des traces de ce produit. Donc il y a deux personnes qui ont été arrêtées sur ce fondement. Il y a un très bon podcast des Pieds sur Terre qui raconte que je vous invite à écouter si ce n’a pas déjà été fait. Donc ce jour-là, ça a été utilisé dans une phase d’expérimentation en dehors de tout cadre, on n’avait pas d’informations. Heureusement, l’enquête a été classée sans suite ultérieurement, heureusement, il n’y a pas eu de poursuites, et encore plus heureusement vraisemblablement, c’est une pratique qui est suspendue pour l’instant, mais ça a été expérimenté à Sainte-Soline. En tout cas, c’est le discours, moi j’ai pas trace d’utilisation depuis dans des opérations.
Louis Marie
L’Observateur parisien nous disait là-dessus que les deux ministères, celui de la Justice et de l’Intérieur, ne sont pas d’accord. Il y en a un qui dit non, non, on arrête, et l’autre qui dit c’est en suspens, simplement.
Chalot Chloé
En tout cas dans le dernier rapport parlementaire, rassemblement l’usage est suspendu pour l’instant. J’imagine dans l’attente de présenter un cadre qui permettra de faire ça en toute légalité. Voilà.
Louis Marie
Juste pour ajouter qu’on ne l’a pas documenté nous puisqu’on n'était pas présent en tant qu’observateur à Sainte-Soline 1, même si parmi nous il y avait des gens qui de façon citoyenne participaient à cette manifestation. Sur Sainte- Soline 1 il est déjà utilisé ce PMC là, mais il est de couleur jaune parce qu’il est en essai. Et à Sainte Soline 2 après il est utilisé de façon déployée là, sans en avertir personne.
Intervenant
Tu peux le donner à Hélène, on a donc des gendarmes à qui on a dit, on n’a tenu le discours que sans doute des collègues à eux vont être tués, puisqu’on parle, qu’on met autour d’un trou qui vont être entourés des manifestants qu' on sait qu’ils vont être nombreux, et ces gendarmes, on leur donne les armes. Illimité, des armes de guerre, évidemment, évidemment qu’il va y avoir violence. Hélène, est-ce que tu peux nous parler de cette disproportion de la répression ?
Hélène
Oui, il y a violence et du coup il y a et c’est le moment où je vais parler de blessés, donc je vous préviens, ça va être un peu difficile à entendre. Nous, les données qu’on a, c’est nos données à nous de la saison, donc les personnes qui ont témoigné pour cette saison à la défenseur des droits. On a aussi des données médicales, on a aussi les données d'équipes de soutien émotionnel et psychologique. Et comme il y avait aussi une canonne de soutiens financière pour les baissiers qui a été mis en place, nous on transmit des données anonymisées bien sûr, mais du coup ça nous permet d’avoir aussi d’autres personnes qui ne nous ont pas directement contacté. Donc on arrive à avoir, on peut pas avoir de bilan exhaustif complet de toutes les blessures, c’est impossible. Il y a des gens qui sont placés par les médias, qui n’ont pas témoigné, donc on ne sait pas forcément qu’ils existent. Mais on arrive quand même à avoir un certain nombre de données qui permet d'établir qu’il y a énormément plus de blessés que ce qui a été annoncé tout de suite après par la préfecture. Je crois qu’il y avait annoncé 6 ou 7 blessés. Évidemment, nous on arrive à au moins 200 blessés en tout cas. Donc, je vais un petit peu détailler parce que je pense que c’est important de se rendre compte de quoi on parle. Donc, on a eu deux victimes avec le pronostic vital qui a été engagé pour l’un pendant quelques jours, pour l’autre pendant plusieurs semaines. Il s’agit de Yannick et Serge. Il y a eu une victime avec de multiples fractures au visage, Alix, dont on a vu le témoignage tout à l’heure. Il y a eu une victime avec un fracas au soleil au pied, c’est-à-dire des os complètement fracassés au niveau du pied, qui ont à un moment engagé son pronostic fonctionnel. Il y a eu deux victimes qui ont perdu un œil, à Sainte-Soline, on en parle assez peu, mais il y a deux personnes qui ont été ébranlées. Il y à une victime, qui a eu le nez arraché. Au moins, ce qu’on a recensé, c'était au moins cinq fractures, au moins une quinzaine de plaies délabrantes, peut-être que JB parlera un petit peu de ce que c’est tout à l’heure, avec pour certaines des éclats incrustés, voilà, aussi des dizaines de plaies hématomes et brûlures, des dizaine de chocs acoustiques avec pour certains des pertes irrémédiables d’audition, pas totale mais partielle. Donc en tout, il y a au moins 200 personnes blessées et donc au moins 36 hospitalisations. Et puis il y a aussi les atteintes psychologiques, donc ça elles sont vraiment très importantes et c’est important pour nous au sein de la saison de la défenseur des droits d’en parler parce qu’au départ on avait fait un petit peu la distinction entre les blessés et les témoins, mais en fait beaucoup de témoin rapportent aussi des blessures psychologique et qui montent parfois un impact important. Donc je peux vous lire quelques extraits de témoignage qu’on a reçus. Plusieurs nuits d’insomnie où je me réveille avec les mêmes acouphènes et sensations d'étourdissement quand une grenade explose juste à côté. Le moindre bruit me fait sursauter, la moindre voiture de police me terrorise. J’ai mis des semaines, dont trois en arrêt de travail, des boîtes de Xanax et quelques séances de psy, à retrouver une vie à peu près normale. Donc c’est des blessures psychologiques qui ont un impact important sur la vie des personnes, donc il y a eu des arrêts de travail et des personnes qui vont toujours pas bien d’ailleurs, donc ça c'était important de ne pas le minimiser, parce que même des personnes qui n’ont pas forcément eu de blessures psychologique ont été gravement atteintes. Et ça, c’est dû au fait, à la violence extrême que les personnes ont vécu, ont vu. Dans la saison, on a vraiment beaucoup de gens qui partent de scènes de guerre quand elles ont vécu ce qu’elles ont vu, au point qu’il y en a plusieurs qui ont eu peur de mourir. Donc, une des données aussi qu’on peut avoir dans la saisine, c’est qu’on voit que la force, elle est utilisée de manière totalement disproportionnée et indiscriminée. Ça, c’est important parce que dans le cadre de la saisine de la Défenseur des Droits, c’est par rapport à la déontologie des forces de l’ordre. On ne peut pas utiliser la force n’importe comment, notamment il faut que ce soit proportionné. Et là, on voit que ça n’a pas été le cas, que tout le monde dans la manifestation a été touché. La violence a touché vraiment l’intégralité des personnes, quelles que soient, notamment leur distance vis-à-vis des forces d’ordre on a eu des blessures graves, y compris de personnes qui étaient loin de la bassine, par exemple une personne à 100 mètres de la bassine. Elle reçoit un éclat de grenade dans le coude avec un éclat qui reste, fiché dans son coude, avec une fissure. Une autre, de la bassine, reçoit un éclat dans l'œil. Heureusement, il n’a pas perdu son œil, mais en fait il a eu une blessure irrémédiable à l'œil. Il ne peut plus fermer la pupille, en fait, et donc du coup il est obligé d’avoir une sensibilité particulière à la lumière, c’est un handicap permanent qui leur a toute sa vie. Donc 150 mètres de bassine pour cette personne, à 200 mètres on a des personnes qui ont perdu l’audition. Donc même des gens qui étaient très loin, qui n’avaient vraiment absolument rien à voir avec les affrontements, ont été touchés. Ce qui veut pas dire bien sûr que les gens qui avaient quelque chose à voir avec les confrontations méritait ce qui leur arrivait, mais en tout cas dans le cadre de l’usage proportionnés et discriminés, on n’est pas du tout dans les coups de ce que prévoit la loi. On a eu aussi une attaque de couette sur les blessés, on y reviendra plus tard. Et puis des usages non réglementaires des armes, des gens qui ont été touchés directement à la tête. Voilà, aussi, on a des gens, qui se protègent parce qu’ils voient un projectile, une grenade arrive sur eux, qui sont blessés aux bras, on à des personnes qui prennent des grenades dans la tête, et donc ça, c’est typiquement des tirs qui sont non réglementaires, puisque les grenades lacrymogènes, elles sont censées s’ouvrir en l’air et ensuite relâcher des palais et pas arriver directement sur les personnes.
Jean-Baptiste
Jean-Baptiste. Alors, j’ai terminé comme je l’ai dit, juste sur les différents aspects de la disproportion. D’abord, moi, je suis dans le même cortège et on n’est pas encore arrivé sur le site de la bassine qu’il y a déjà des tirs dans la direction de ce cortège-là. Assez rapidement alors qu' une bonne partie de ce cortège là est à distance et moi je suis plutôt en retrait pour un peu évaluer ce qui se passe vu la confusion qui règne déjà il y a des personnes comme tu as pu le préciser qui présente des plaies délabrantes donc là il ya des grenades explosives avec des charges explosives même s’il n’y a plus qu’ils étaient dedans. Une plaie délabrante c’est une plaie d’impact c’est-à-dire qu’il y a un trou à l’entrée et en fait à l’intérieur, la diffusion de… Du corps étranger vient parcourir d’une manière un peu aléatoire les chères et vient créer des lésions internes plus importantes que l’impact.Donc assez rapidement, moi, j’ai plusieurs blessés avec ce type de blessure qu’il faut rappeler au médecin. Moi je m'étais préparé, compte tenu du discours qui vous a été rappelé, à la violence. Mon choix d'être médecin sur ce type de manifestation est motivé par l’aggravation des politiques de répression dans le maintien de l’ordre. Et du coup, je me préparais un peu à la violence de ce qui s’est passé, pas assez… Immédiatement et pas avec ce temps intensifiant. Rapidement, moi, c’est pareil, je suis sollicité par d’autres médiums pour prendre le relais sur la blessure d’Alix. Elle a pu le dire, il y a le témoignage de ces deux blocs qui l’ont pris en charge initialement. Elle était à ce moment-là plutôt éloignée. Elle a pris un tir direct d’une grenade qui explose au niveau du visage. Au cours de l'évacuation, nous on est interrompu dans l'évacuation par l’intervention des quads. Pour pouvoir passer, l’extraire et l’emmener dans un endroit où on pourra s’intensifier et on y reviendra plus tard au secours.Moi, à un moment donné, je me défais de toutes mes protections. Je traverse une loge de gaz, je sors les mains levées, sans aucune protection, avec quelque chose qui montre que je suis médecin. J’ai un sac de secourisme sur lui, j’ai un brassard blanc qui dit qu’il n’y a qu’une médecine. Je suis quand même mis en joue par plusieurs kinases, enfin, sur les quoi dire, des binômes de journalistes, je suis mis en joues. Et les gars me disent d’arrêter, de m’arrêter, mais je ne les menace pas, j’ai les bras en l’air, enfin voilà, rien qui justifie quoi. Bon, je vais revenir aussi sur l’attaque psychique. La notion de psychotrauma est née de la notion d’indépendance. De l'état psychique dans lequel certains soldats reviennent de la guerre. C’est une des avancées de la psychiatrie dans la trésorerie. Les faits de cette nécessité d’accompagner des personnes qui sont dans cet état séquellaire au niveau psychique. Quand le cerveau est soumis à un stress tellement aigu que ça devient dangereux pour sa propre préservation de rester conscient, il passe en pilote automatique. Là, il se produit une effraction traumatique qui fait que la mémoire m’est plus accessible en fait à la conscience, et en fait là, sur Sainte-Soline, on n’a pas forcément.énormément de retours, mais on a quand même plusieurs témoignages, on en a lu quelques-uns, il y en a d’autres, de gens qui subissent ce type de blessures psychiques. Ce qu’il faut savoir, c’est que dans un contexte d’attaque terroriste, par exemple, les autorités, elles vont mettre en place des cellules psychologiques. Pour une prise en charge la plus rapide et immédiate de ce type de traumatisme-là parce qu’on sait qu’il y a des impacts majeurs individuels à la fois psychiques et sociaux mais aussi du coup en termes de santé publique quand il y a les événements avec les traumatismes du psychotrauma et là c’est ces mêmes autorités qui vont générer le psychotronic sans rien prévoir.Donc voilà, sur la disproportion de la répression, il y a des blessures majeures, qui sont des blessures de guerre, c’est-à-dire que même certains des blessés qui sont arrivés à l’hôpital de New York, par exemple, l’Hôpital de New-York a sollicité les services de santé des armées pour se faire expliquer la prise en charge des blessés. Ça oublie bien à quel point la violence, elle a été extrême, parce qu’en fait un médecin civil ne sait pas quoi faire face aux blessures. Et puis il y a toute la dimension traumatique, donc blesser les corps et marquer les esprits pour vous faire reculer, n’y arriveront pas. Merci beaucoup, merci à vous.
Intervenant
La LDH, elle voulait revenir sur deux moments.
Louis Marie
Oui, je le disais tout à l’heure, c’est pour mesurer l'écart entre les observations faites par les différentes équipes et ce qui en est dit dans les rapports officiels de la gendarmerie de la préfecture. Vous allez voir, c’est très très étonnant. Alors là, je vais prendre mes notes parce que tout à-l’heure j’ai pu parler un peu plus comme ça, de façon plus générale peuvent se le permettre devant la représentation nationale ou devant les commissions notées parlementaires,. Donc nous, on essaie de ne pas dire de métis, donc on se concentre sur les notes qu’on a. Le PM2I, c’est le peloton motorisé d’intervention et d’Interposition, ce sont ces gendarmes sur les quads, là. Donc je parle du gazage des blessés, ça ne va pas durer très longtemps, mais vous allez comprendre très vite. Le discours et comment le rapport de l’inter observatoire vient contrer ce discours officiel. Alors le PM2I intervient sur le champ du Fougerou, c’est noté comme ça sur la carte, entre 13h41 et 14h03. À 13h53, une chaîne humaine composée de manifestants calmes et d'élus identifiables grâce à leur écharpe tricolore. Je ne sais pas si Benoît Luteau est là encore, mais enfin bon, il y avait plein d'élus avec leur échappe, etc. Alors elle se forme pour protéger des personnes blessées dont deux blessés graves ne pouvant se déplacer. Malgré tout, les gendarmes du PM2I montaient sur leur quand, ils font le tour, ils prennent à revers les manifestants, et ils tirent de manière indiscriminée et généralisée sur toute la zone, en visant les blessés, les élus, les manifestants qui les protégèrent. Une équipe d’observateurs parfaitement identifiables et du journaliste à côté d’eux ont été également visés par des tirs. On a des grand-âmes, nous, qui tombent à 5 mètres, donc c’est vraiment très approchant. Alors on le rappelle dans le rapport, tirer sur des personnes blessées au sens de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, ça s’appelle un traitement inhumain et dégradant. Alors le problème que l’on a avec ce moment, c’est l’absence de documentation dans les rapports officiels. Aucune mention de cet événement dans le Rapport de la préfecture. Et le rapport de la gendarmerie ne fait même ne pas apparaître la chronologie de l’intervention du PM2I, du poteau motorisé, entre 13h41 et 14h03, alors que toutes les autres interventions bien plus brèves sont entrées dans le rapport. Vous voyez le décalage énorme. Alors, je ne l’ai pas dit tout à l’heure, ou peut-être j’ai dit et je l’ai oublié, mais la LDH a été la cible des attaques de Darmanin. Aussitôt le rapport paru, c’est bien parce qu’il est difficile de venir nous contester ce rapport point par point sur les observations qui sont faites. Cinq équipes sur place, cinq minutes qui viennent corroborer tout ce qui est dit dans ce rapport. Alors, plutôt que de venir contrôler, argumenter, etc. Eh bien comme pour les lanceurs d’alerte ça a été rappelé, eh bien il s’agit de tenter de discréditer celles et ceux qui mettent à mal le discours officiel. Alors, voilà pour le gazage des blessés, je pourrais aller un petit peu plus loin, parce que Marine Tondelier qui est élu aussi, qui est sur place, interpelle la préfète, et la préfête, elle s’emmène complètement les pinceaux dans deux tweets, elle confond les moments, elle parle de la fin des heures, de l’arrivée des pompiers, alors qu’elle n’y est pas du tout, d’accord ? Et en plus, alors là c’est encore plus grave, elle fait la… Elle fait mention d’une agression contre les gendarmes par des engins incendiaires à ce moment-là. Et c’est pour ça qu’ils grenadent et c'était pour ça. Les équipes sur place ne constatent l’utilisation d’aucun engin incendié à ce point-là Alors voyez, ça c’est le premier écart sur le gazage des blessés. Sur l’entrave au secours, pour Serge qui a été beaucoup contesté aussi, mais celle-ci elle est bien documentée dans le rapport, les faits interviennent dans la période dite de trêve, on a appelé ça comme ça, entre 14h08 et 15h08. Sur ce point, la version officielle est fausse et incohérente. Dans le rapport de la gendarmerie, la trêve est indiquée à partir de 14h20. Et dans le rapport de la préfecture des Deux Mers, elle est indiquée à partir de 14h30. Encore, vous voyez le décalage énorme et ça va être important pour la prise en charge. Je sais que les parents de Serge sont présents et qu’il y a eu une plainte qui a été déposée par rapport à ça. Ils pourront au moins s’appuyer sur l’effet observé par les différentes équipes. Dès 14h11, le Samu est contacté à propos de Serge et indique ne pas pouvoir intervenir, ce qui continue d'être le cas au fil des appels durant toute l’heure. Les observateurs ont pu vérifier directement sur le terrain que le SAMU puis les pompiers ne pouvaient pas parvenir jusqu’aux personnes blessées. Et je vous ai parlé du back-office avec les avocats de la LDH présents, Les avocats de la HASH ont le SAMUI au téléphone. On a l’enregistrement complet du SAMU et il est disponible sur le rapport et puis vous pouvez le lire intégralement. Et je voulais simplement une phrase. On n’a pas eu l’autorisation de toutes les institutions sur place, pour l’instant on est sous leurs commandements. Alors, s’il y a pas d’entraves au secours, j’aimerais qu’on m’explique moi, pour contester ces temps de travaux au secours, les autorités ont invoqué des heurts dans la zone et on a bien vu que nous, on a documenté qu'à ce moment-là, c’est la trêve et c'était tout à fait calme. Serge se trouve à plus de 200 mètres de la bassine et du dispositif des forces de l’ordre et les manifestants sont à plus des 400 mètres, de Serge, et ils sont rassemblés pour un pique-nique, ils reprennent des forces.Alors, ils ont pris aussi les autorités et ils ont pris appui sur le fait que des médecins militaires avaient été dépêchés auprès de Serge. Il a été pris en charge, etc. Là encore, le rapport de la gendarmerie met l’avocat en charge à 14h37. Nous, Amel, le BAC Office, ont prévenu les équipes d’observateurs d’aller auprès de Serge, donc ils sont déjà sur place à ce moment-là. Pour pouvoir documenter ça. C'était toute l’utilité de ce back office. Et donc, le rapport de gendarmerie, mai 14h37, les médecins interviennent et prennent en charge le blessé. Les observateurs ont pu constater leur arrivée sur place à 14h57. Il y a 20 minutes d'écart, ça n’a l’air de rien entre les deux rapports, mais c’est énorme. Le premier diagnostic du médic est confirmé par les médecins-gendarmes, là, 46 minutes après le premier appel au secours.Et pour Serge, ça s’accumule, le samu arrive sur zone à 15h05, mais il faut attendre 16h02 pour que l’ambulance emmène Serge. Et contrairement à ce qui est affirmé dans le rapport de la gendarmerie, oui, je vais aller vite, voilà. Les médecins militaires ont pu accéder sans heurts aux blessés. Vous savez que ça c'était un argument qui a été utilisé, ils ont été pris à partie, etc. Alors ça c’est Benoît Journet qui pourrait en parler le mieux de la Confédération Paysanne parce qu’il en parle dans le film. Mais selon des témoins, les médecins ont même enlevé leur casque pendant tout le temps où ils étaient sur zone, où ils étaient avec Serge. Et ils ont été visés au moment de leur départ par quelques jets de pierre parce qu’il y avait quelques manifestants qui s'étaient rapprochés mais ça a été bien vite calmé par Bono Jeté, par d’autres qui étaient sur place, voilà. Et puis, et moi je vais m’arrêter là et puis je laisserai peut-être la parole à Chloé pour parler de la zone d’exclusion. Voilà. Et donc, les autorités invoquent aussi une, il faut le faire quand même, une localisation incertaine et imprécise des blessés. On a neuf hélicoptères, avec un hélicoptère qui est en permanence au-dessus de la manifestation, avec des moyens de surveillance quand même assez incroyables, et que, à chaque fois qu’il y a des blessés, les données GPS ont été transmises au samedi. Voilà. Alors, je pourrais parler de la zone d’exclusion, mais je crois que Chloé vous en parlera, qui a aussi invoqué par la préfète, mais à posteriori. Comme ils sont en métier avec ces entraves au secours, ils inventent des trucs au fur et à mesure et ils invoquent cette zone d’exclusion qui ferait que le blessé.Alors je te passe la parole tout de suite que le blessé ne pouvait pas être..Voilà, parce qu’il était dans cette zone d’exclusion, les secours ne pouvaient pas arriver. Il y a une circulaire de 2003, effectivement, qui parle de cette zone de l’exclusion. Mais cette circulaire, de 2003 elle s’applique à des attentats terroristes, mettant en œuvre des matières radioactives. Vous voyez ce qu’ils vont chercher, non ? Il y est précisé, s’agissant du secours aux personnes blessées que le traitement d’une détresse vitale prime sur la décontamination radiologique et qu’un des objectifs prioritaires en zone d’exclusion est d’extraire les victimes de la zone d’exclusion et de les conduire au point de rassemblement.
Intervenant
On continue de décrypter, de tous les points de vue et de tous les angles d’attaque qui s’est passé, l'État donc annonce bien en amont qu’il va y avoir de la violence, qu’ils vont y avoir des morts, il met tout en œuvre pour ça, ça se passe et pourtant il n’y a rien qui est prévu en terme de secours. Cette absence de secours, est-ce qu’on peut dire qu’elle est préméditée ?
Jean Baptiste
Je vais vraiment me dispenser de répondre à la question parce que moi j’ai un conseil de l’ordre d’un qui pourrait. En tout cas, moi, ce que je peux être, c’est très factuel. À partir du moment où je prends le relais des deux premiers binômes pour la prise en charge d’Alix, son état fait que je suis préoccupé et dans des conditions qui ne me permettent pas d'évaluer correctement ce qui m’en est de cette blessure et potentiellement une hémorragie qui pourrait être trop dangereuse pour attendre. Du coup, nous en amont, les médicaments, avec l’organisation, on avait quand même anticipé un certain nombre de difficultés et il y avait un régulateur médical. C’est-à-dire que pour saturer d’appels aux 15 le SAMU, on a une ligne dédiée à l’interne. Quand j’appelle, Serge a déjà été blessé et du coup le régulateur est trop occupé par sa situation à lui, pour pouvoir répondre à mes besoins et à ceux d’Alex. Du coup je retourne vers le 15. J’ai un premier appel vers le 15 le médecin régulateur… Alors d’abord il faut que je me batte avec l’agent de régulation médicale, quand vous appelez le 15, il y a d’abords un soignant qui n’est pas médecins qui vous répond et il vous passe ou non le médecin derrière donc il faut je négocie avec ce personnel pour pouvoir parler au médecin c’est normal surtout que je m’y présente moi j'étais médic mais je suis médecin donc, je me présente en tant que médecin, quand j’en ai. Le médecin que j’ai au téléphone reconnaît la nécessité d’un transport médical heureux, pour Alix, mais le conditionne au fait qu’on n’expose pas les pompiers ou les ambulanciers à des risques pour eux-mêmes, ce dont je peux être convaincu. Malgré la difficulté de la transporter, on décide donc de la sortir du champ et de l’amener sur une route goudronnée à distance du lieu de la manifestation avec là une difficulté à faire ce trajet là du fait de l’intervention de la brigade motorisée, je n’ai pas la crosse d’huile. Une fois que je suis sur la route avec le brancard, je passe un deuxième appel. Donc là, plutôt aux pompiers, parce que c'était un peu ce qu’on avait convenu avec le médecin du service, et qu’une fois que j'étais à l’abri, je pouvais solliciter les pompiers. Donc les pompiers me disaient, ok, on vient, mais on n’arrive pas à vous localiser. La petite précision en termes de géo localisation, avec les téléphones portables aujourd’hui, une force de l’ordre, qui en plus, grâce à la loi de programmation militaire de 2017, se substitue aux fournisseurs de réseaux sur ce type de manifestations là, elle vous localise à 3 mètres. J’ai un numéro de téléphone, il y a plein de gens qui ont condamné un téléphone. Moi je ne reçois jamais le SMS des banquiers, mais il y en a au cours du mois qui le reçoit. La géolocalisation, c’est un argument que je ne peux pas entendre. Vu qu’il ne se passe rien, je finis par appeler le 15. Là, entre-temps, miraculeusement, il y a un poste médical avancé qui s’est organisé sur la commune de Plus, c’est là, pas très loin. Et le médecin de ce poste médical me dit qu’il ne va rien lui envoyer comme secours à cause des affrontements qui ont lieu à côté de moi. Il n’est pas sur le terrain, et moi je vois bien que je suis à 800 mètres, peut-être 600 mètres seulement, mais je pense que quand je suis à 800m du moindre affrontement. Bon, il n’y a pas encore eu l’attaque de la brigade contre les blessés. Donc là, je ne comprends pas bien. Moins de 5 minutes après, il y a donc le médecin de lits dans la présence, qui était signalé tout à l’heure, qui est en ligne avec la préfecture. Elle me passe quelqu’un en me disant que c’est le médecin chef de la gendarmerie, donc je ne connais pas cette âme, qui ne se présente pas. Moi, je me présente, je refais état de la situation, l’indication du transport médical pour Alix est confirmée. Et cette personne me dit que l’ambulance a été commandée. Au moins, naïvement, avec le stress, je me dis que si l’ambulance a été commandée, elle va arriver. Elle arrive plus d’une heure après et personne, à aucun moment, aucun des professionnels, médecin, pompier m’a dit que j'étais dans une zone d’exclusions. Je découvre l’existence de cette zone d’exclusion alors que je témoigne devant l’IGM. Dans le cadre de la moquette. Donc je ne répondrai pas à la question, mais je me la pose grandement.
Chalot Chloé
Pour rebondir sur quelque chose que tu as dit tout à l’heure, sur ton sentiment en arrivant à Sainte-Soline et sur ce à quoi toi tu t'étais attendu, moi en tant qu’avocate je m'étais entendu à une journée importante Il y avait des arrêtés préfectoraux très larges, donc je pensais que j’allais avoir une activité juridique et judiciaires danses, que j’allais intervenir sur des contrôles d’identité, sur des gardes à vue, sur les interpellations. Je ne m'étais pas préparée humainement à autant de violences et je ne pensais pas que c'était celle-ci de mes spécialités qui allait être mobilisée ce jour-là. Et ça m’a fait écho tout à l’heure à ce que tu disais. On arrive parfois avec des certitudes. Je crois qu’on a tous été déstabilisés par cette journée. Vous avez déjà dit tous les deux beaucoup de choses sur l’intervention des secours, préméditée, pas préméditée. J’ai évidemment un avis aussi là-dessus qui découle forcément de mon accompagnement des quatre blessés dont on a pu déjà parlé. Pour moi, il y a deux temporalités importantes sur lesquelles on doit s’interroger cet après-midi-là. Les ambulances, le 15, le samu, on les appelle, ils ne viennent pas, ils mettent du temps. Est-ce qu’ils avaient le droit d’intervenir, est-ce qu’ils n’avaient pas le droit d’intervenir ? C’est évidemment des questions qu’on va devoir trancher, que l’État va devoir trancher, que la justice va devoir toucher puisqu’il y a des plaintes en cours et des procédures en cours. Je m’interroge aussi sur une autre temporalité qui est celle de l’anticipation de cette journée. On a anticipé 3 200 gendarmes et policiers, on a anticipé au moins 5 015 grenades et on n’a pas anticipé 10 200. À part quelques médecins militaires pour les gendarmes. Et ça c’est une question fondamentale sur laquelle on doit s’interroger. Les plaintes ont été déposées notamment pour l’entrave en secours, elles ont délibérément été déposées C’est-à-dire que la demande qui a été faite, c’est d’investir sur ce point de l’intervention des secours sans viser une responsabilité particulière. Ce que les blessés demandent, c’est que les interventions, que les investigations, elles interrogent l’ensemble des responsabilités. Avec une naïveté qui n’est pas, qui n’est pas réelle, évidemment qu' est-ce que toutes les responsabilités vont bien être interrogées, c’est une question. Néanmoins, toutes les bandes du SAMU ont été réquisitionnées, elles sont toutes écoutées dans le cadre de ces investigations. J’imagine, j’espère, que tous les documents aussi ont été réquisitionnés là-dessus, les enquêtes préliminaires sont toujours en cours. Nous n’avons pas, les personnes que j’assiste et moi, pour l’instant, accès à la procédure. Nous ne savons pas exactement ce qui a été fait. Nous aurons, je l’espère, on en reparlera de calendrier plus tard, des réponses dans les prochains mois et notamment des éléments factuels sur tout ça. Et c’est vraiment une question fondamentale pour les personnes blessées au-delà du tir, au- delà de l’arme, de savoir dans quelles conditions tout ça s’est organisé et dans quelle condition tout ça a été pensé. Quand Gérald Darmanin dit la veille, nous allons voir des images terribles. C’est qu’il sait l’ampleur de la violence qui va être déployée potentiellement à l'égard des manifestants, qu’il l’anticipe, puis il a conscience de la dangerosité des armes. Il sait que des personnes ont été mutilées des années précédentes par les mêmes armes, il sait que les personnes sont décédées, et pourtant ces armes sont utilisées. C’est une vraie conscience de l a réalité du danger, une absence d’anticipation, dont on doit tirer des conclusions politiques, et j’espère peut-être un jour des conclusions juridiques. Donc vous aurez aussi beaucoup d'éléments dans le documentaire qui va être diffusé après, donc je ne veux pas trop anticiper là-dessus, je ne vais pas donner d’informations trop factuelles et trop précises sur les situations des personnes. Peut-être rebondir sur cette question de la zone d’exclusion, l’accès à la procédure quand les enquêtes seront terminées nous permettra d’en connaître réellement. L’ampleur, voire même la réalité. Moi je m’interroge là-dessus. Pourquoi on n’en parle pas dans la journée ? Pourquoi toutes les personnes qui peuvent avoir des soignants au téléphone, on ne leur parle pas de cette zone d’exclusion ? Elle arrive après dans le discours, elle est évoquée, elle évoque notamment la position du SAMU 79 est un peu ambivalente. C’est étonnant, ils ont une page sur les réseaux sociaux, ils ont beaucoup communiqué sur le fait qu’il n’y avait aucun problème dans l’intervention des secours. Je ne sais pas comment on peut décemment tenir cette position. On n’a pas à dire que les soignants sont des criminels, loin de là, mais on peut s’interroger sur l’intervention des secours ce jour-là. Je trouve ça étonnant et surprenant que le SAMU 79, quelques jours après, prenne position immédiatement, en disant qu’il n’y a pas eu de problème, relaie des articles. Voilà, il y a des questions qui se posent. J’espère qu’on pourra avoir des débuts de commencements, de réponses et pouvoir tirer un peu toutes les filles des responsabilités de ce jour-là.
Louis Marie
Je peux rajouter juste sur cette zone d’exclusion, en tout état de cause, quand il y a une zone d’exclusion des critères clairs doivent être édictés a priori et communiqués aux organisateurs et organisatrices et la préfète dit que c'était impossible, une manifestation interdite, impossible. Et pourtant, on le sait très bien, il y à eu des contacts informels entre la préfecture et la confédération de Palestine. Du 17 au 24 mars, donc cette zone d’exclusion, elle aurait pu être évoquée à ce moment-là. On a donc une violence qui est la violence du récit, la violence symbolique de nous faire passer pour des terroristes, de mentir, tout ça c’est le bord de la violence symbolique. Il y a la violence physique et il y a aussi, après, la violence judiciaire. Najete sur la répression, qu’elle soit immédiate et au long cours jusqu'à il n’y a pas très longtemps, les camarades qui sont passés au tribunal jeudi dernier, est-ce que tu peux nous faire un petit point sur tout ça ?
Najete
Alors oui effectivement, sur les mobilisations bassines, la répression judiciaire commence un petit peu toujours de la même façon, sur de l’intimidation à l'égard des organisations, de l’intimidation à l'égard des gens qui seraient ok pour prêter des terrains, de l' intimidation sur des communes. Ensuite, pour tenter d’empêcher les mobilisations, ce sont ceux dont parlait Chloé tout à l’heure, les arrêtés d’interdiction, de circulation, de rassemblement, de transport tel ou tel matériel. L’idée, c’est vraiment de faire peur, de dissuader à un coup de communication. Pour Sainte-Soline, il y avait eu ces décrets d’interdiction. Et pour que les gens se découragent à venir, la réalité nous a montré que ça marche moyen moyen, puisque vous étiez des milliers à converger il y a un an, vers ici. Alors pour parler un peu du contexte de cette répression, on ne peut pas faire l’impasse de la circulaire du ministre… De la justice, une circulaire qui est parue en novembre 2022, à l’attention des procureurs généraux, à l’attention des présidents des cours d’appels, des présidents de tous les tribunaux, et c’est une circulaire relative au traitement judiciaire des infractions commises dans le cadre de contestation de projets d’aménagement du territoire. Donc là, il a un peu la main sur le cœur, il commence en disant, si la protection de l’environnement et la préservation de notre patrimoine commun constituent des sujets de préoccupation légitime, alors on pourrait presque y croire, les actions menées en marge de mouvements de contestation, donc il y a toujours les mobilisations et cette fameuse marge, ils n’ont pas compris que c'était eux qui étaient à la marge. Et donc, les actions menées en marche, les mouvements, de contestations, de projets d’aménagement du territoire, portent atteinte à l’ordre républicain, lorsqu’ils prennent la forme d’affrontements violents et de jets de projectiles dirigés de manière systématique à l’encontre des forces de l’Ordre. Là, il s’emballe un petit peu. Et effectivement, ensuite, ils donnent toute une série de consignes sur d'éventuels traitements judiciaires. Des infractions, donc ils donnent un peu des idées, des gradations, participation à une manifestation en étant porteur d’une arme, préparation de violence, groupement, rébellion aussi ça pourrait passer, enfin voilà, dans cette directive il donne un peu tout ce qui est possible pour réprimer ces mobilisations. Effectivement, cette circulaire, le tribunal de New York va l’affaire sienne, ça commence sur, alors je vais un peu plus large que Sainte-Soline parce que la circulaire elle paraît en novembre et il y a déjà eu la mobilisation de Mosey sur le mignon, la visite du chantier en septembre 2021 et les personnes qui sont prévenus qui vont comparaître suite à cette mobilisation. Ils reçoivent leur convocation autour de fin novembre 2022. Donc voilà, mobilisation septembre 2021. Finalement, ils reçoivent une invitation à venir au tribunal pour le 6 janvier 2023. Donc, ils sont… Les chefs d’inculpation, c’est violence sur personnes dépositaires de l’autorité publique, dégradation d’engins de chantier. Quatre sont condamnés avec des peines d’emprisonnement de six mois, six mois à quatre mois et deux mois, avec sursis et une relaxe. Ensuite, il y a la mobilisation, le fameux débâchage de Crêpes-chabanais en Charente-Maritime, ça c’est le 6 novembre 2021, et c'était pareil, ça commence à s’agiter autour du mois de novembre. Deux personnes sont convoquées pour un procès à la Rochelle. Alors ça, c'était un énorme dossier, plus de 1000 pages d’investigation, longues et coûteuses. Pour la petite anecdote, un des prévenus partait régulièrement en voyage à l'étranger, et sur son retour, il a été empêché de prendre son avion tout de suite parce qu’il a été isolé dans un bureau, et en fait ils ont appelé Interpol parce qu’il fallait qu’ils signalent la position de cet individu qui était dangereux, Et le gars d’Interpol, quand il est arrivé et qu’il a vu un petit peu de quoi il s’agissait, il a dit, mais je ne le crois pas, c’est pour un coup de cutter dans une bâche, quoi. Et même lui, il était un peu abasourdi de savoir que Interpol, c'était pour une si petite infraction ? Donc voilà, ces personnes, alors tous ces moyens qui seraient très très utiles ailleurs, combien ils ont pris ? Ah oui, 200 et 500 euros d’amende le verdict. Donc, voilà, ça a valu le coup. Sainte-Soline, ensuite c'était Sainte- Soline 1, alors là il y a eu pas mal de comparutions immédiates des personnes gardées à vue lors de la mobilisation et un qui a été placé en garde à vue au bout de ces 6 jours d’hospitalisation. Et ça c’est pas anodin parce que sur Sainte-Soline 1, le fait d’aller récupérer des gens à la sortie de leur hospitalisation, ça a foutu pas mal la trouille à des manifestants à Sainte- Soline 2 qui, plutôt que d’aller dans les hôpitaux du coin, ils sont repartis avec leurs blessures au risque d’aggraver leur situation, ils se sont réparti sur leur département de domicile, et certains dont on a perdu un peu la trace. Donc voilà, c’est une comparution immédiate, donc les personnes refusent la comparution immédiate. L’idée quand même de la comparution immédiate avec des chefs d’inculpation, de participation à une manifestation en vue de commettre des violences, là on est sur l’idée de juger une intention présumée. Peut-être, peut-être qu’ils vont commettre un acte, mais sans aucune preuve qu’il vienne appuyer les allégations, sans aucune personne blessée qui se constitue partie civile. Sur toutes les mobilisations des bassines, il y a un gendarme qui s’est constitué partie civile pour une plaie de 2,5 centimètres et deux pointes sutures. C’est peut-être qu’il y a eu trop mal. Ensuite, ces comparutions immédiates, le président du tribunal décide de convoquer ces cinq personnes un mois après. Histoire que ça aille très très vite. Alors là, on assiste un peu à un grand moment de parodie de justice. La demande de renvoi a été rejetée. L’audience se veut expéditive. Le jugement se veut expéditif aussi. Le juge limite en violation des droits de la défense puisqu’il refuse le report du procès. Il y avait pas mal de témoins qui voulaient parler des obéissants civils, du cycle de l’eau, des hydrogéologues. Enfin des gens chouettes qui voulaient parler du fond du problème alors tous ces témoins sont lourdement interrogés sur la question des violences à l'égard des forces de l’ordre. On se fout complètement de leurs propos et ils deviennent d’un seul coup des personnes qui devraient avoir quelque chose à se reprocher parce qu’ils témoignent pour les gens qui butent contre les méga bassines. Donc tout le monde sort du tribunal, le jugement se fait sans personne. Et ils sont inculpés, enfin condamnés, entre deux et trois mois d’emprisonnement avec sursis et là commence à intervenir cette interdiction de comparaître dans les deux sèvres. Ensuite, Sainte Soline de l’année dernière donnera lieu à trois procès. Un premier procès avec cinq prévenus le 27 juillet. Les chefs d’inculpation vont de recel, C’est le fameux procès du moine, du lapin et du gendarme qui est le moine qui est le lapin. La grosse enquête. Et donc ils sont à la recherche de gilets par balles dont des manifestants se seraient pris en photo avec et donc il y a des grosses perquisitions, enfin oui je n’ai pas parlé des perquisition parce que les gens ne partent pas en garde à vue uniquement après des auditions libres, des grosses perquisitions avec des intimidations sur la famille, sur l’entourage, le lieu de travail, etc. Donc les chefs d’inculpation précèdent participation à un groupement en vue toujours de dégradation de biens avec dissimulation du visage. Donc là, sur ce procès, il y a deux des personnes qui sont condamnées à de la prison ferme. Cédric qui prendra huit mois et Loïc qui prendra un an avec l’aménagement de sa peine avec un bracelet électronique à domicile. Il fera à peine de… De cette condamnation et qui lui donnera exactement la même peine. Et les autres prendront deux mois, deux mois et quatre mois d’emprisonnement avec sursis. Et toujours cette interdiction des deux sèvres. On accélère un petit peu, j’y arrive. Le procès, le procès des organisateurs, je ne vais pas en parler parce que si on commence à parler du dossier judiciaire de Julia Leguet, on en a pour l’après-midi, et je crois qu’il a un dossier à faire pâlir tout le conseil des ministres. Vous avez eu le moment d’en parler un peu plus. Voilà, donc ça c’est le procès des 9 prévenus des organisateurs de manifs non déclarés ou interdits. Et le dernier procès qui a eu lieu jeudi, donc dans un contexte, les personnes sont fait serrer dans un contexte un peu particulier, 24 contrôles partout en France, ce qui ont donné 7 prévenus, bien pareil, un fort poste 24 000, j’ai dit quoi ? 24 000 contrôles partout en France qui ont donné cette personne interpellée. Sûrement que le contrôle aurait été plus fructueux à la sortie de l’Assemblée nationale. Les chefs d’inculpation de fonds de tiroirs, transport de matériel pour commettre des infractions. Ils ont pensé qu’ils tenaient le chef avec des pétards et des boules de pétanque, de l’essence, une hache, enfin voilà. Voilà, vraiment des chefs d’inculpation de fonds de tiroirs, avec quand même quelque chose de très grave, l’utilisation de la reconnaissance faciale qui a été un peu portée par un des avocats, et à mon avis c’est un terrain sur lequel il va falloir continuer à creuser parce qu’elle est utilisée de façon complètement illégale, discriminatoire. Alors, et c’est fini, alors les appels auront lieu à Poitiers, alors peut-être qu'à Poitiers, ce tribunal qui a montré un petit peu plus de sérieux que le tribunal de Niort pourra enfin faire du droit et donner vraiment une véritable justice à tous ces chefs d’inculpation. Je ne vous fais pas le détail des amendes qui ont été traitées par le tribunal de police, donc il y a une trentaine de personnes condamnées sur des milliers de manifestants. Ça reste trop, trop de paix de politique et surtout de l’argent gaspillé alors que dans d’autres secteurs ils en auraient vraiment besoin. Ces condamnations sont quand même le signe d’un gouvernement aux abois, d’une justice aux ordres. Nos actions, on le sait, elles sont urgentes, légitimes et on ne va pas se laisser intimider. Je termine juste par… Un petit mot du ministre de la Justice, j’en ai ras-le-bol, ras- le-bol de ceux qui pensent qu’on a le droit de ne plus obéir à la loi lorsqu’on est porteur d’une cause légitime ras-le-bol de la petite musique, de la désobéissance civile, ce sont des salades tout ça. Il faut arrêter de raconter ces conneries, la France est devenue liberticide. Éric Dupont-Moretti à la commission parlementaire sur les bousculades violentes en septembre 2023.
Daniel Ibanez
Ouuuuh !
Intervenant
Et ça conclut ce premier temps, ce premier décryptage. Merci à vous tous. Qui va aligner le deuxième temps. Juste je me rappelle, si vous avez des questions, on fera un tour des questions mais à la fin de l’ensemble, Marco est là, il vous suffit de lever la main si vous avez des questions et il vous donnera un petit papier, un petit crayon pour écrire la question qu’on traitera enfin. Voilà, je te laisse le micro.
Romarin
Merci beaucoup Nicolas, merci beaucoup. Alors, j’appelle à la barre. Alors Romain, Vipère, opposant à l’A 69, c’est vous. J’appelle également Daniel Ibanez, opposant au Lyon Turin. Et je vais justement dire que ce monsieur est candidat LFI. Non, l’Union Populaire. Oh pardon, Union populaire, dans quel coin ? Enfin c’est pour les Européens. La Savoie, c'était une liste nationale. Ok, c’est une liste nationale. On va parler ensemble de convergence et divergence entre Sainte-Soline et la répression des autres militants écologistes. Et tu dois évidemment lire un petit passage. Tu as un micro ? De ce livre-là que j’ai là et que vous pouvez trouver sur les tables en sortant.
Lucie
Donc moi, je vais vous lire un petit passage de Florence, qui est sociologue. Cette manifestation du 25 mars 2023 a en commun avec d’autres, altermondialistes ou écoactivistes, une diversité de tactiques qui, si elle n’est pas l’apanage des mouvements écologistes, y est de plus en plus coutumière. Tout comme l’est l’action ciblée, territoriale et localisée pour dénoncer un problème social ou environnemental plus général, national voire transnational. Autre point commun de ces mobilisations écologistes, si l’ancrage est sans doute plutôt à gauche, comme dans les mêmes prestations pour le climat, les partis politiques, associations et syndicats, ils sont remplacés par un mouvement, un agrégat de collectifs aux contours plus floues, auxquels ils sont obligés de participer mais qu’ils ne peuvent pas coordonner ou infléchir. Et qui de fait, en dépassant les logiques bureaucratiques ou les nécessaires compromis stratégiques, permet une grande souplesse et ne peut être qui-sous cette formule semble convenir à celles et ceux qui ne veulent pas être représentés par une étiquette. Ces nouvelles formes d’organisation gazeuses interrogent la figure des mobilisations post-it ou de l’engagement ponctuel dont Jacques Ion a décrit la montée en puissance dans les années 90. Ce sont bien des engagements même sans étiquette. Des engagements forts, plus tout coup de poing que post-its, plutôt que sur… Plutôt que sur tous les fronts que sur une seule lutte. De plus en plus radicaux sans doute, ou de moins, ou du moins remettant en cause le système productif dans son ensemble. Ce sont aussi des engagements qui luttent pour plusieurs causes en même temps, pensés comme connectés. On peut cependant remarquer que la problématique de l’eau, emblématique de la catastrophe climatique en cours, dépasse la seule expression de soi. La radicalité n’est pas nouvelle. Elle est déjà là à gêne dans les fauchages de maïs OGM, dans les zad, à Sivens ou dans les mobilisations contre le racisme d'État. Et c’est sans doute parce qu’elle s’adresse aussi à des peurs individuelles et répond à des dangers de plus en plus palpables que les manifestations contre la privatisation de l’eau mobilisent davantage que la construction des nouveaux centres de rétention Les nouvelles mobilisations écologistes ont également en commun le refus des organisations traditionnelles qui vont de pair avec d’autres modalités de lutte. Un mode d’organisation généralement horizontal, pas de leader identifié sinon médiatique, une communication effectuée majoritairement par le blé des outils numériques et enfin un discours tourné presque exclusivement vers l’avenir.
Romarin
Merci beaucoup. Alors, déjà, c’est un petit préambule par rapport au débat. Oui, c’est juste une mini-intro pour dire que, j’identifie comme ça dans la salle, et puis dans nos mouvements écologistes de façon générale, on est quand même plutôt très blancs. Et que cette répression, pour laquelle, enfin, on est là pour parler de répression et ce qui s’est passé il y a un an, c'était très violent, ça nous a énormément marqué, mais il ne faut pas oublier que le laboratoire de la répression c'était quand même les quartiers populaires et les banlieues, C’est important de rager. Ce n’est pas ce qu’on dit, ça. Parce que l’État teste ses armes et ses moyens de répression d’abord sur les quartiers populaires. Et c’est vraiment important de le rappeler. Si jamais ça sert à une question qui vous intéresse, je vous invite à lire Mathieu Rigouste sur le sujet, il est extrêmement pertinent. Absolument, notamment le demi-assaut policier. Lequel de vous deux vous commencez sur la 69 ? Je l’ai commencé. Vas-y. Il te reste 7 minutes 30.
Daniel Ibanez
Rires
Romarin
Ce n’est pas vrai, je te jure ! On est hyper en retard ! Ok, du coup nous on est tannés, et on est venu vous parler de la répression. Oui il me reste 10 minutes, je vais mettre un minuteur. Je ne vais pas me faire avoir par toi David. On est venu vous parler de la lutte contre la 69 et de la répression spécifiquement contre les militants qui luttent contre la 79. Du coup, le fin d’automne, ce n’est pas quand même la première fois qu’on a eu une lutte contre un projet inutile à imposer, puisqu’il y a 10 ans, il y a eu Sivens, ça fait 10 ans cette année, et du coup, Sivens sait aussi l’endroit où meurt Rémi Fraisse des suites d’une répression brutale et ignoble. Dans mon plan, là, j’ai une espèce de petit déroulé de la lutte au cas où ce n’était pas clair pour tout le monde, donc un petit déroulé chronologique. Après, il y a Vipère qui vous parle un peu de la répression spécifiquement sur la ZAD A69. Et je reprends pour deux trois points pratico-pratiques. Pas facile à dire. Du coup, le projet de l’autoroute A69, c’est un projet qui a eu une trentaine d’années, qui est déjà, au moment de sa formulation, un truc un peu dépassé, qui est là. Alors nous, on dit qu’il est là pour servir la métropolisation, il est aussi là pour les intérêts d’une entreprise privée qui s’appelle Pierre Fabre. C’est en projet qui artificialise 400 hectares de terre, donc qui met en dehors de chez eux des paysans en plus sur des terres hyper belles, hyper fertiles et tout ça. Donc il y a toute une chronologie de lutte qui a vraiment pris de l’ampleur sur l’année qui vient de s'écouler, l’année ennemi qui vient d'écoulée. Notamment, on a des moments où il y à des gens qui se perchent dans les arbres pour empêcher leur abattage en mars, en mars 2023. Puisque l’entreprise bétonneuse NGV Atosca commence d’abord par abattre des arbres avant de creuser les sols et de mettre le petit somme au. En fait, les arbres sont le premier bout de la construction de l’autoroute. Du coup il y a des gens qui se perchent dans les arbres pour empêcher leur abattage. En soutien à ça, il y a des gens qui se mettent un peu au sol et ça crée un peu comme des espèces de camping ou de mini zad pour soutenir la logistique des gens dans les arbres. Il y a une grosse date de mobilisation qui s’appelle sortie de route qui est un mois après Sainte-Soline, donc là ça va faire un an.C’est un moment de solidarité et de convergence de lutte assez incroyable pour nous. À la suite de ça, il y a des jardins occupés, il y a tout un tas de collectifs et de dynamiques hyper différentes qui viennent lutter ensemble. Donc c’est assez beau à voir, il a vraiment tout un ton de… Enfin c'était un panel assez divers quoi. Après il y a l'été et en fait les abattages reprennent le 1er septembre et du coup là il y à Thomas Braille, donc le même qui s’est émis dans les arbres, qui entre en grève de la faim et qui entraîne avec lui d’autres gens à faire des grèves de la fin et ces grève de la fente et de la soif, enfin il y a eu un petit bout de grève, mais les grèves de la feint elles vont durer comme presque 5 semaines, on a une ancienne gréviste dans la salle d’ailleurs. Bravo à elle et à lui, c'était incroyable. C’est ça, c’est en septembre-octobre 2023 et ça nous mène à la deuxième grosse date de mobilisation qui est random sur le macadam fin octobre avec une occupation d’une ancienne ferme qui est assez magnifique et à ce moment-là déjà une expulsion puisqu’on a eu l’honneur de tester la cellule anti-Z qui a été fabriquée par Gérald Darmanin, c'était incroyable. Donc ils ont expulsé une ferme occupée à midi un dimanche. Pendant que les gens du GIEC étaient en train de nous raconter comment le réchauffement climatique met le feu à la planète et ils ont mis le feu, à la prairie, avec leurs grenades. C'était horrible. Enfin, vraiment, je ne le recommande pas du tout en ce moment, c'était difficile à vivre pour tout le monde.
Daniel Ibanez
Alors, je suis médecin sur l' A69 entre autres, parce que je ne me limite pas là, j’ai un champ d’intervention un tout petit peu plus étendu, je suis venu dans vos vertes contrées. Pour le coup, c’est à ce moment-là que commence la partie répression avec une présence policière permanente qui commence vers le 15 janvier à peu près. À ce moment-là, du coup, il y avait 16 militants dans les arbres. Ça fait quand même beaucoup d’oiseaux dans quelques sapins, si on a la référence. Ces militants vont tenir, du coup les trois derniers sont descendus dimanche. Ça fait 39 jours dans les arbres, les dix derniers jours en enjambant des courants. Et le tout avec lacrymos, donc c’est ceux qui sont censés monter dans les arbres de chez la gendarmerie, ils sont pas très bons d’ailleurs, qui du coup ont procédé à quelque chose comme 6 interpellations dans les arbre et d’autres personnes sont descendues, sont descendus pour quelles raisons, entre autres, parce qu’il y a eu une présence permanente de la gendarmerie, des gendarmes mobiles et des CRS, de la lumière toute la nuit. Du coup, les gendarmes qui passaient, tapaient sur les arbres, éclairaient des noms d’oiseaux, des menaces de représailles, de viols, tout ça, tout ça, ça a été très joyeux. Et du coup, dans le même temps, il y a tous les soutiens qui n'étaient plus vraiment au pied d’arbre, qui étaient un petit peu à côté, qui ont tenté de faire des ravitaillements. Les tentatives de ravitaillement, du coup il faut vous dire qu’il y a des gens qui sont dans les arbres, vous, vous arrivez à approcher à 80 mètres et vous dites qu' il faut que vous arriviez à transmettre quelque chose depuis 80 mètre là-bas jusqu’en haut des arbres. Bon c’est sport mais par contre ça donne des idées très créatives et ça donne un peu plus de 80 interpellations pour les contrôles d’identité, des coups de gazeuse à main en voulez-vous, en voilà, et même plus. Probablement plus de 2500 lacrymaux utilisés en un mois en tout. Ces derniers temps, on est à 100 par tentative de ravitaillement, il y en a trois par jour. Faites les comptes. Et du coup, par chance pour l’instant, en termes de blessures, pas grand-chose, quelques éclats de grenades, quelques tirs de LBD. Mais pour l’instant ça va, néanmoins je vais prendre la parole pour la suite du programme en espérant qu’on évite…
Romarin
Donc voilà, sur cette répression-là, ce qu’on voit, c’est que la police est vraiment… Enfin, ils empêchent les gens de manger, ils les empêchent de dormir. Il y a une espèce de harcèlement policier sur zone qui est constant, avec, par exemple, ils passent leur temps soit à voler les affaires des gens, soit à cramer des trucs, c’est-à-dire qu’ils volent les matériaux de construction des cabanes et ils les brûlent, ou alors ils saturent les zones de lacrymo pour que les gens n’y voient plus rien. Du coup, c’est même assez dingue qu’il reste des oiseaux et des bestioles tellement la zone est saturée de lacrymos en permanence. Parce que c’est un peu un exploit de la biodiversité quoi. Et du coup voilà, de façon plus générale, sur la 69, on a tout un tas de procès, des interdictions, enfin sur l’angle purement juridique, on à des procès on a des interdictions de tracés, des interdictions territoires, je crois qu’on est à une soixantaine de procès, un truc comme ça, enfin c'était assez démentiel, l’arsenal qui est mis en place pour réprimer les gens, que ça soit par le harcèlement constant sur ZONE, ou que ça soient par des convocations, des perquisitions, des procès, des machins, enfin c’est vraiment, il y a tout l’arsenal qui est déployé quoi. Et du coup, j’en termine, il ne me reste plus une minute trente, on est hyper efficace. Du coup même le rapporteur spécial de l’ONU qui est venu sur zone il y a quelques semaines a dit à la préfecture mais arrêtez, laissez manger les gens et s’il vous plaît laissez accéder les journalistes sur zone. Parce qu’en fait les journalistes, ils ont le même traitement que les militants de base. Il y a des journalistes qui se font bousculer, rudoyer par la police. On est vraiment dans des intensités de tension qui sont assez fortes. Il y a un article de reporter qui est sorti hier qui dit que, en un mois, ils ont dépensé 2,76 millions d’euros. Ils nous ont aussi sorti les blindés, les nouveaux blindés sans tort qu’ils avaient sorti pour les émeutes à la suite de l’agent de Nahel. Ça s’embourbe effectivement dans la boue, mais ça peut tirer 30 grenades lacrymogènes à la fois. C’est une véritable saloperie, enfin il faut le dire, vraiment il fait chaud. Enfin, le niveau des moyens financiers et techniques qu’ils mettent pour réprimer les gens, c’est compliqué quoi.
Daniel Ibanez
Juste ceux-là, on ne va pas tarder à aller voir de partout, y compris ici. C’est 30 tubes de lance-lacrymos qui peuvent porter jusqu'à 400 mètres. Des systèmes d'écoute, tout ça, tout ça, ça c’est pas…
Pour
bientôt. Du coup, deux infos pratiques ou pratiques, puisqu’il me reste 32 secondes. D’une part, si vous voulez soutenir tout ça et aussi soutenir, il y a des cagnottes en ligne, il y a une cagnotte qui est à la table où il y a toutes les affiches là-bas. Et d’autre part, on vous annonce ici la grosse date de mobilisation et de magnification pour tous se retrouver contre la 69, le 8 et le 9 juin, quelque part entre Castres et Toulouse.
Daniel Ibanez
Merci beaucoup !
Romarin
Allez, c’est à toi d’avoir un coup de poing ! Bravo, bravo. Le rapporteur de menu, c’est Bouchard France, vous pourrez retrouver son rapport, il est un peu partout. Aujourd’hui, Daniel, je vais te donner la parole, dans la mesure où l’intitulé c’est « Convergences et Divergences » entre Sainte-Soline et la répression des autres milieux militaires écologistes. Appuie sur les divergences, qu’on apprenne des choses. Et je précise que tu es aussi le fondateur du Salon des lanceurs d’alerte, qui a lieu chaque année en Île-de-France au mois de novembre.
Daniel Ibanez
Et je te remercie d'être venu le couvrir au mois de novembre dernier. Comme on m’a dit que c'était un tour de France, je suis venu avec des goodies, vous savez, des badges et tout ça, donc voilà, vous pourrez vous en mettre. Tout ça n’a rien à voir, effectivement, avec la répression, mais là j’ai eu la pression, parce que là, il ne faut pas se tromper. J’aurais quelques petites observations. Avant toute chose, je voudrais rappeler l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Je suis toujours un peu attaché aux fondamentaux. La garantie des droits de l’homme nécessite une force publique pour l’intérêt… Voilà que je t’ai utilisé. Non, pour l’intérêt particulie Non non, ça c’est la fin, c’est la fin. Bon, je l’ai relié, excusez-moi. Voilà, et cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. 26 août 1789, comme quoi, on avait quelque chose à faire. C’est la première chose. La deuxième chose que je voudrais dire, c'était que dans les exposés que vous avez fait tout à l’heure, quelque chose m’a marqué dans l’histoire. C’est cette propension à essayer de criminaliser, mais surtout de dire voilà, ils vont tuer du gendarme, il va y avoir d’extrême violence, etc. De préparer les esprits, et en fait c’est exactement ce qu’ils ont fait pour le 17 octobre 1961 où les algériens ont été décidés. Comme quoi l’histoire peut nous servir quelque chose. Alors tout à l’heure, j’entendais aussi dans un récit que les policiers ne sont pas tous comme ça. Je rappelle quand même que la gendarmerie dont on peut identifier les votes vote très majoritairement pour le rassemblement national. Alors maintenant, je passe au Lyon Turin, excusez-moi. Il me semblait nécessaire de rappeler quelques petites choses comme ça, tu me dis quand je commence à déborder. Le Lyon Turin, c’est une assez longue histoire de répression. Avec le mouvement d’Otta dans l’Italie, notamment, beaucoup de emprisonnés, beaucoup de personnes dans les procès. Jusqu'à Eryde et Lucas qui osent écrire qu’il faut saboter le Lyon Turin. J’ai moi-même été cité en correctionnel pour un juré public. Ils sont perdus. Comme quoi on peut ne pas perdre à tous les coups. Une longue histoire, effectivement, qui commence, en tous les cas pour moi, en 2012, avec l’enquête publique. Et donc vous avez des commissaires enquêteurs, vous avez le droit d’aller voir le dossier, et là vous vous apercevez qu’il y a des flics dehors qui prennent les photos de toutes les immatriculations. Donc vous voyez, ça commence comme ça, en fait, la démocratie participative, chère à notre cœur. Ensuite de ça, on se dit qu’on va organiser un avant-sommet, il y en avait qui disaient un contre-sommet. Alors nous on a dit un avant sommet, vous voyez, le genre de constructif. Et alors on prend une salle qui était à Lyon, super sympa, ils nous disent encore oui c’est bien, on va faire un avant sommet. Et alors là, fermeture administrative de la salle. Alors c'était bizarre parce qu’en fait, le midi même, les services de la préfecture y mangeaient, c’est un établissement d’insertion, donc ils avaient leur réunion, tout ça, et ben dans l’après-midi, fermeture administrative, s’il y avait des problèmes de sécurité. Vous voyez ? Donc en fait, c’est en permanence ça, ça c'était le 1er décembre 2012, et bien évidemment, des militants du mouvement No TAV italien sont bloqués à la frontière. Le 3 décem… Une douzaine de cars sont bloqués à la frontière, un ami conseiller régional Noël Communeau qui est mort aujourd’hui va jusqu'à Modane pour les faire passer et on se fait masser toute une journée place des Bretons le 3 décembre 2012. Je le dis parce que, en fait, ces interdictions de circuler sur le territoire, de passer les frontières ont été annulées puisque, encore une fois, ils l’ont fait pour le 17 et le 18 juin dernier, et encore une, fois, et là, pour le coup, ces annulations ont été interdites. Bravo aux avocats et aux camarades qui ont obtenu ces décisions-là. Alors bon, j’en arrive au 17-18 juin puisque les camarades des soulèvements de la terre nous ont aidé à organiser ça. Et là en fait, non pas des divergences, mais en fait ils se sont aperçus qu’il y avait une atmosphère en Maurienne qui fait qu’on a déjà pas pu trouver de terrain nous. C’est-à-dire que tu ne peux pas trouver de terrains en Maurienne parce qu’y a une telle pression à la fois des élus. À la fois de Lyon-Turin-Ferroviaire, Tunnel Alpin, Lyon Turin, à la fois des préfets, à la fois des gendarmeries, que même les copains de la Confédération Paysanne n’ont pas osé donner leur terrain. On a trouvé le terrain pour le rassemblement du vendredi, samedi, dimanche.On a trouvé le vendredi matin grâce à un maire que je salue, le maire de la Chapelle, qu’il a fait pour des raisons de respect des droits démocratiques et je le salue ici. Alors, pour préparer ce 17 et 18 juin, la presse locale, les élus.Alors, je le dis, hein, les élus locaux sont des vrais vecteurs d’informations. Donc, il y a des élections en 2026. Faudrait prendre le pouvoir, parce que quand on les laisse, on sait ce que ça donne. D’ailleurs, là, ils viennent de perdre deux procès au tribunal administratif. Donc, ils déclarent que les juges sont extrémistes. Vous voyez, il n’y a pas que vous. Je vois qu’il y en a dans la salle, mais il n’y en a pas plus. Voilà, même les jugés, maintenant, s’y mettent. Alors, donc, là, on a eu le droit à peur sur la Maurienne. C’est bon. La Maurienne a peur ! Et on ne va pas accueillir des hordes de sauvages, je rappelle quand même que les sauvage ont été exterminés par les civilisés dans l’histoire, là encore il est toujours important de s’en rappeler. Mais ce qui est intéressant aussi, c’est que ces mêmes élus qui avaient peur sur la Maurienne, peur pour les Mauriennais, pendant le même temps il y avait en fait une montagne qui était en train de bouger de plus d’un centimètre par jour, qui s’est écroulé, vous avez vu ça le 27 août dernier. Et donc là, il y a eu 15 000 m3 qui sont tombés sur les voies ferrées, sur les autoroutes, alors que les voitures passaient, tout ça.Comme quoi, chacun a ses priorités, parce qu’au même moment, eux, ce qui leur faisait peur, c'était la peur de la Maurienne et les Soulèvements de la Terre. Alors nous, bon, 2 000 policiers dans la vallée de la Maurienne. La vallée est entièrement bloquée, interdiction de manifestation pour interdire la manifestation de la vérité et la police à la sortie des écoles pour protéger les enfants. Et oui, et oui, alors donc les commerces fermés, voilà, des grenades explosives, je ne vais pas vous refaire tout ce que vous avez pu dire, en fait tout ça est toujours pareil, des blessures, des pronostics fonctionnels, engagés, etc. Et je voudrais simplement rappeler qu’en Italie c’est la présence militaire qu’il y a sur les chantiers pour protéger en fait des trous, pour protéger les dévastations environnementales. Alors l’impact de Sainte-Soline, parce que là il y a un véritable impact puisque suite au mois de mars, nous on déroule au mois du juin, il y à un véritable impact, il a une véritable peur politique de la violence. Vous n’imaginez pas le nombre d’interventions de politiques qui disent oui mais il ne faut pas qu’il y ait de débordements, il faut que ça se passe bien, enfin c’est un truc incroyable. Et donc il y a véritablement cette peur et cette pression qui est toujours présente et pour lesquels il faut effectivement qu’on arrive à réfléchir, à voir comment collectivement on arrive à dénoncer tout ça. Donc bien évidemment nous avons également des députés qui sont sur place, des élus, des maires, des députés, ceux qui ne soutenaient pas Notre-Dame-des-Landes, je le dis parce que en fait ceux qui soutiennent Sylvain, Notre-dame-des-Landes, sont aussi pour le Lyon-Turin, vous venez comme ça, parce qu’ils sont pour le train, mais le train qui dévaste tout et non pas le train existant qui pourrait être utilisé pour sortir les camions de la route dès maintenant. Donc voilà, les policiers tirent effectivement pour blesser, ça c’est une certitude. Et alors, nous on a un truc extraordinaire, c'était qu’ils se sont mobilisés à un endroit où il n’y avait pas d’interdiction de manifester, parce qu’il avait interdit toute la Maurienne pour manifester et là où on était, il n’y avait plus d’interdiction d’y manifester. Ils se sont très emmerdés parce qu’on veut manifester alors ils nous bloquent quand même, parce que quand il n’y a pas d’interdictions, il y a quand même des interdictions, faut le dire. Voilà. C’est ça, la loi de la République. Dupond-Moretti le disait tout à l’heure, donc ils vont protéger l’autoroute parce que vous voyez, un envahissement d’autoroute c’est quand même très très grave alors ils vont le protéger, alors on a vu récemment que finalement ils protégeaient ceux qui occupent les autoroutes comme quoi la police est souple et arrivent à avoir des appréciations, tirer des expériences, mais enfin, nous ils ont protégé l’autoroute de barrages et franchement on est quand même passé très près de la catastrophe mais ça a été un très très bon moment voilà donc ce que je voulais dire c’est que tu as la divergence en fait c'était une question compliquée parce que dans la répression il n’y a pas de divergence depuis le 17 octobre 1961 les méthodes sont les mêmes donc finalement on a toujours les mêmes On a effectivement un problème avec une police qui ne respecte pas la mission qui lui est confiée par l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme, la garantie des droites de l’homme. La garantie de la liberté d’expression, effectivement on a un problème, d’où la nécessité d’aller sanctionner tous ces gens. Alors comme je vous ai dit que j’avais des goodies pour le Tour de France de la répression, là, puisqu’on y est, Je vous invite le 2 juin dans la Région Rhône-Alpes où bien évidemment nous allons pouvoir montrer ça. Donc j’appelle les journalistes à venir aussi parce que en fait ce qui s’est passé c’est que les 17 et 18 juin… La vallée était fermée, donc on n’a pas pu avoir d’image des dévastations. Donc revenez vite nous voir avant qu’il la referme et qu’on ne puisse pas avoir d’image. Donc voilà, après ça, je finis, je conclus, j’ai la fiche rose. Ça fait deux minutes que tu as la fiche rose, je n’avais même pas vu, voilà. Je regardais la salle, c’est pour ça. Donc je finis. Voilà, il faut vraiment avoir des députés de combat, des élus de combat et donc il faut voter.
Romarin
Je reprends un petit peu, je suis désolée, je vais me faire un p’tit caractère, tu me fais mal. Je pense que ce que tu dis, c’est hyper important. La convergence, en fait, se fait par la répression parce que, voilà, les armes de la police, c’est toujours les mêmes il y a la peur, y a la surveillance des militants et militantes, on en a peu parlé, mais en fait ça fait partie de l’arsenal aussi, de trouver des caméras devant chez toi, ou des micros dans les repose-têtes de ta bagnole, ça arrive en fait aux militants écologistes, et la peur et les blessures et tout ça, ça c' est une convergence qui se fait malgré nous, parce que c’est en face qui l’affront, quoi.Mais il y a aussi la convergence qu’on fait entre nous, et ça je pense que c’est aussi important de le mentionner, c’est qu’en fait, on est de plus en plus fort et on est de plus en plus mobilisé et on parle entre nous en fait. Je ne suis pas venue par hasard vous parler de l’A69, c’est parce qu’on connaît les gens de BNM et qu’on se parle au travers des mobilisations et des mouvements qu’ont partagent et ça c' est vraiment quelque chose qui est extraordinaire et qui se passe dans les dernières années et il faut vraiment le souligner aussi que notre convergence elle se fait là en fait Merci beaucoup, messieurs. On va passer au troisième et dernier débat, merci à vous trois. Quelle réponse militante a-t-il à ces violences ? Alors, Margot va venir, je t’en prie, ou si je ne sais plus, où les deux vont venir vous lire un extrait du livre « Avoir 20 ans » à Sainte-Soline. Louis Chalot, bien connu de nos services et du barreau de rois, viendra nous parler des pertes pénales des blessés. Hélène de la saisine de la défenseuse des droits et Axel de la riposte proposée par BNM. Et normalement, il y a Nicolas qui devait nous rejoindre aussi, non ? Il n’avait pas cette idée-là ? Ah bah non, il n’y a plus de place, merde. Alors, vous voulez démarrer toutes les deux ?
Matisse
Je suis Matisse, j’ai 18 ans, 17 au moment de la Sainte-Soline, je suis bachelier et fervent militant. Sainte-Soline, c'était le samedi 25 mars. Le lundi, j’ai dû retourner en cours et parler de ça avec les gens de mon lycée. Il y a vraiment ce truc, l’impossibilité de raconter vraiment. On ne peut pas imaginer ce que ça a été sans y être allé. On peut essayer d’expliquer, ça peut aider en le racontant, mais ça ne sera jamais suffisant. Aujourd’hui, je sais pourquoi je suis allé à Sainte-Soline et je reste en accord avec la raison pour laquelle j’y suis allée. Ma façon de militer change au fur et à mesure, elle évolue, elle devient plus radicale. Avant, j'étais militant de gauche modérée, maintenant je suis militant anarchiste radical. Je sens que je peux faire des trucs que je ne faisais pas avant. Je suis prêt à subir des lacrymos, beaucoup plus qu’avant. Je suis prête à l’affrontement même si je ne le cherche pas. Sainte-Soline, c'était ma première grosse manifestation, ça a marqué quelque chose. J’irais plus du tout manifester pareil. Il ne suffit plus d’aller dans les rues et dire, on n’est pas d’accord avec les bassines. Non, on va sur la bassine. C’est plus concret. Mais on ne nous écoute pas et ça me fait très peur.
Lucie
Extrait de Yaël, me rendre utile après Sainte-Soline. C’est sûr que je ne suis plus la même personne, je crois, vraiment. Dans mon militantisme, dans ma perspective sur la vie, ça m’a vraiment changé radicalement. Je n’arrive pas trop à dire encore comment, mais je pense que ça m’a bien changé en bien, parce que mon expérience est plus profonde qu’avant. Avant, mon militantisme était un peu en surface, dans une espèce d’hors-sol, un peu international. Et là, en fait, la beauté de la lutte contre les méga bassines, selon moi, c’est qu’on parle de notre rivière, le clin, celle où j’ai grandi. Et on a un investissement sentimental très très fort et très localisé. Et en fait, ton militantisme doit forcément se constituer sur une base de Savoie ultra locale. Quelle est la géologie de la vallée du Klein, où est pompée l’eau pour les méga bassines ? Donc en fait il y a une espèce d’investissement beaucoup plus profond sur les territoires qui donne vachement plus de sens au militantisme et même à mon existence de manière générale. Merci d’avoir été avec nous.
Romarin
Chloé, ça va être à toi. Je m’en demandais d’expliquer. Tu as trois minutes pour parler d’une affaire extrêmement importante ; les plaintes les mutilés et les blessés.
Chalot Chloé
Ok, je vais couper trois quarts de ce que j’avais prévu de dire. Donc les plaintes qui ont été déposées par les personnes qui ont été blessées à Sainte-Soline, c’est important de rappeler les qualifications pénales parce qu’il y a des dépôts de plaintes évidemment pour tentative de meurtre. Il y a aussi des plaintes pour les entraves aux secours, mais il y a des plaintes pour le détournement des fichiers qui a été réalisé dans les jours qui ont suivi la manifestation, puisque dans cette vaste opération de communication, il y à des articles très dégradants qui ont été publiés dans les médias sur les blessés, et notamment, je pense à Serge et Mikaël, et des informations étaient extraites de fichier étatique, de fichier de police pour les dénigrer et pour venir, en quelque sorte, justifier la blessure qui est présentée, et donc les familles ont aussi déposé plainte pour ça et des investigations sont aussi en cours là-dessus. Je pense que c’est important, on envisage souvent les plaintes sous l’angle des blessures, mais il faut aussi se souvenir de ça. J’voulais rebondir sur ce que Najat a dit tout à l’heure, sur le fait que lors de la première Sainte-Soline, il y a eu des interpellations à l’hôpital. C’est pas rien, parce que là on a 200 blessés, on a 4 procédures, et je pense que c’est aussi ce qui vient d’expliquer. Si des personnes se sentent contraintes d’aller se faire soigner à 500 km, ou si des personnes, quand elles sont blessées, n’osent pas signaler les blessures graves qu’elles ont subies, c’est aussi par peur de la répression et par envie de rester le plus discret possible.Et ça vient d’y faire dissuader les personnes, d’exercer leurs droits, de la même façon que ces blessures viennent dissuader tout un nombre important de manifestés à nouveau. Je pense que ça fait aussi partie de la répression. Ces plaintes, celles qui sont en cours actuellement, les procédures qui sont en cours, elles dépendent de Rennes, elles ne dépendent pas de New York, ce n’est pas rien. C’est une question purement procédurale, c’est parce que c’est le parquet de Rennes qui est compétent pour les affaires militaires sur le ressort, et que dans la mesure où c'était des infractions qui ont été commises par des gendarmes, ça ressort de la compétence militaire. Si je vous dis ça, ce n’est pas pour faire un cours de procédure pénale, c’est parce que ça a une signification concrète qui est importante. C’est que dans les premiers jours, quand ce n'était pas encore de la compétence de Rennes mais de la compétence de Niort, c’étaient les gendarmes de la cellule bassine. Qui allaient dans les chambres d’hôpitaux chercher les habits des personnes et faire des perquisitions pour recueillir tous leurs effets personnels. On vous a lu tout à l’heure le témoignage d’Alix. Donc en fait c’est les gendarmes qui font des investigations au quotidien et qui passent leur temps, qui sont payés dans cette cellule spécifique à scruter les réseaux sociaux et à regarder toutes les informations possibles contre les militants, qui dans les premiers jours ont été chargés des investigations sur les personnes qui avaient été blessées. C’est quand même très significatif et une violence de plus. Je ne sais pas où j’en suis de mon temps, simplement sur le calendrier, sur les procédures qui sont en cours, donc les enquêtes sont entre les mains de minutes. Sont entre les mains de l’IGGN. C’est des enquêtes préliminaires, ce qui signifie qu’on n’a pas encore accès à ce qui a été fait. Nous, ce qu’en attend, c’est d’avoir beaucoup d'éléments d’informations qu’on n’aurait pas pu avoir autrement. Évidemment, on a des réserves sur les issues de ces enquêtes, on a les réserves pour le courage politique et juridique. Qui pourraient être celles de la prise de décision ensuite, on ne sait pas s’il y aura des procès au pénal, mais on aura au moins accès grâce à ces enquêtes à beaucoup d’informations qu’on n’aurait pas pu avoir autrement. On aura des expertises explosives, on aura des expertise balistiques, on a des expertise médicales et on aura toutes ces bandes d’appels au SAMU, qui nous permettront ensuite en fonction des résultats de cette enquête d’envisager dans un deuxième temps, pourquoi pas, mais en tout cas, c’est quelque chose que j’envisage très sérieusement, d’engager la responsabilité de l'État devant le tribunal administratif, au-delà des responsabilités. Voilà pour les éléments principaux dont je voulais vous parler.
Romarin
Merci beaucoup, bravo. Maintenant la parole est à Hélène pour la saisine de la défenseuse des droits.
Hélène
Juste pour expliquer un petit peu ce que c’est que la Défenseuse des Droits, ce n’est pas une institution judiciaire. On est 73 personnes à avoir saisi collectivement la Défonceuse des Droits. Et donc, cela ne va pas aboutir à des procès, par exemple. En revanche, ce que le défenseur des droits peut faire dans le cadre de cette saison collective, c’est donner un avis ou donner des recommandations. Par exemple, sur le cas de l’affaire Adama Traoré, elle avait recommandé des sanctions administratives contre les gendarmes qui l’ont tué. Elle peut aussi donner des avis plus généraux, elle a demandé aussi l’interdiction du… LBD, je crois, peut-être, donc voilà, c’est ça qu’on attend et c' est plus, là aussi, dans le cadre de la bataille des récits, c' es à dire qu' on voit bien que, quand nous on dit quelque chose, on est des éco-terroristes, quand la LBH dit quelque- chose, elle fait un rapport, elle est aussi légitimée, la défenseur des droits, ce sera quand même beaucoup plus difficile de dire que c' est une institution islamo-gauchiste ou écoterroriste et donc c’est ça qu' on espère, c' est de donner plus de poids à notre parole.Je voudrais dire qu’il est toujours possible d’envoyer des témoignages. On en a envoyé un, donc c’est pour ça qu’on en est 73 et puis 72 on en envoie encore très récemment, qui est pris en compte par les équipes de l’enquête qui sont en train de mener. Donc c'était toujours possible de vous y joindre. Ça peut être important aussi, à titre individuel, de témoigner. Pour les personnes qui ont témoigné, qui ont vu des choses, qui ont vécu des choses. Ça peut-être important de se dire que c’est consigné quelque part, que voilà, il va y avoir une archive de ça, une trace de ça. Donc n’hésitez pas, on a un petit stand à côté si vous voulez, il est encore temps de le faire. Et aussi on a toujours dans le cadre de rendre visible toutes ces blessures. On a créé un site internet donc que je vous donne, c’est blessure-Sainte-soline.com et donc là aussi le but c'était de rendre public au maximum tous les témoignages des personnes qui ont saisi le défenseur des droits quand ils souhaitent que ce soit rendu public c' est anonymisé en général D’ailleurs, je ne l’ai pas dit, mais c’est aussi possible de témoigner de façon anonyme, si vous le souhaitez. Donc voilà, le but, c'était vraiment de rendre visible ça, continuer à faire parler de ça. L’enquête, elle est en cours, on sait que ça va prendre du temps, on ne sait pas exactement combien de temps, mais ça va encore prendre plusieurs mois, peut-être un an, avant qu’il y ait un avis définitif.
Romarin
Les blessures, on peut y aller.
Lucie
Oui, blessure autonome, pardon, blessures autonomes.
Romarin
reprend tranquillement le titre, le nom de l’unique ici.
Lucie
Blessure au pluriel tirée du 6 tiret de soline.com c’est blessure sans soline
Romarin
Merci beaucoup, Axel qui va nous expliquer la riposte proposée par Bassines Non Merci
Intervenante
Oui, avec Adeline. Je voulais simplement rappeler que là, on parle du témoignage de la mobilisation de Sainte-Soline et des réponses qu’on est capable de donner, nous, en face militant, face aux violences qu' on a vécues et ce qui a marqué Sainte-Soline, c’est aussi toutes ces convergences qu’il y a eu entre les luttes et qui font qu’aujourd’hui on est encore plus fort. On est fort notamment parce qu’ils savent qu’aujourd’hui la légalité des méga bassines de la Sèvres-Nuit-Orthès-Marais-Poitevin n’est pas établie. On attend pour l'été la réponse de la Cour administrative d’appel de Bordeaux et en l'état. Contrairement à ce que dit le gouvernement, il n’est absolument pas établi que ces méga bassines sont légales. La procédure reste pendante et les associations de protection de la nature continuent à se battre pour établir l’illégalité de ces ouvrages. Et on peut les remercier, toutes ces associations, pour leurs actions parce que c’est une des réponses militantes qui est donnée face à ces ouvrages écocidaire.
Intervenant
Bonjour. Donc si on parle des mobilisations, en fait, depuis un an, depuis les derniers événements à Sainte-Soline, la mobilisation, elle n’a jamais été aussi forte. Faut le reconnaître, il y a quelques années, personne ne connaissait le village de Sainte-Soline, y compris beaucoup de Sévriennes comme moi. Et aujourd’hui, c’est le symbole, donc le symbole des luttes contre les bassines, mais aussi, c’est l’image, ça a mis en lumière comment un gouvernement, le gouvernement actuel, qui n’as pas réussi à nous faire taire, a essayé d'écraser les contestations par la force, par la violence. Et donc pourtant malgré ça on voit que la mobilisation est de plus en plus forte, il y a de plus en plus de gens qui nous rejoignent, des gens de toutes les générations, je crois que la plus jeune militante, ok à six mois, mais les plus vieux ont plus de 80 ans, et donc on voit les gens nous rejoindre de différentes manières. Il y a des scientifiques, il y a des élus et des politiques, mais il y aussi des citoyens qui commencent à s’interroger sur leur territoire, qui commencent à regarder autour, et c’est là où on voit que les mouvements Bassine non merci pullulent un peu partout en France. Il y a six ans et bien les mouvements Bassines non merci en gros on était en Vendée et dans le Marais aujourd’hui on est présents en Vienne, dans le Berry, même en Bretagne et puis le dernier mouvement, le dernier Bassines Non Merci, s’est créé dans le Puy de Dôme où il y aura justement une mobilisation le 11 mai prochain et on voit qu’on est de plus en plus présents partout, que les gens s’intéressent autour regardent ce qui se passe autour d’eux et ne veulent pas se taire et il y à des mobilisations populaires qui se créent. On est aussi présents dans les autres mouvements, on va faire des cinés-débats et aujourd’hui c’est un bon exemple, la salle est pleine et dans la plupart de nos cinés débats, quand on présente plusieurs films, les salles sont pleines et on fait des débats après. On va être présents aussi dans des conférences, dans des forums comme la semaine prochaine à Lyon. Dans l’European Water Movement qui se déroule à Lyon. A Bassines non Merci, on sera là aussi pour parler des luttes. Et donc il va y avoir plusieurs dates dans les prochains mois, vous pourrez nous retrouver. Donc la prochaine, c’est le 21 avril, dans le marais avec une randonnée pédestre. Je viens de le dire, le 11 mai, on sera dans le Puy de Dôme. Bassine non Merci, Puy-de-Dôme organise justement une randonnée militante, une manifestation militante et populaire pour justement parler et lutter contre les giga bassines qui se font dans le puits de Dôme. Et évidemment, vous en avez déjà entendu parler, on sera présents, on sera tous présents au mois de juillet du 14 au 21 juillets, avec un village de défense de l’eau et une manif action pour clôturer. Le village de défense de l’eau, il est important, et on l’a dit tout à l’heure, les camarades des soulèvements l’ont dit, c’est aussi un moment où on va prendre le temps entre collectifs de défense de l' eau, de collectifs contre l’accaparement, de prendre le temps de mutualiser, d'échanger, de monter en compétences et aussi de se soutenir les uns les autres. Donc ce village de l eau on vous invite vraiment à nous rejoindre pour prendre ce temps, et puis on clôturera par une énorme manif action. Et c’est là aussi où c’est important dans nos collectifs et des ripostes. Elle est vraiment importante, on contre-attaque, mais on est dans un mouvement plus global en fait. On lutte. Contre les méga bassines, contre l’accaparement par une minorité, mais aussi pour un partage plus équitable et un monde plus juste. Un monde plus juste qui ne respecte pas que le milieu, mais aussi qui est plus juste et plus humain. Et donc, les collectifs Bassines non Merci, on se retrouve aussi en soutien d’autres luttes, d’autres luttes pour éviter que justement la tréve vernale qui se termine demain. Et bien ça ne soit pas juste un mot comme ça, mais on lutte aussi pour un monde plus juste où il n’y a pas de gens dans la rue. On ne laisse pas massacrer, affamés des populations comme à Gaza aujourd’hui. On est dans une lutte plus globale et on va aussi rejoindre les camarades. Donc on sera évidemment présents le 2 juin, mais aussi le 8 et 9 juin à Castres Toulouse. Parce qu’on va être présents dans les autres mouvements, puisque comme l’a dit le camarade juste avant, en fait on est là pour se soutenir et on est pour se battre sur un monde un peu plus idéal. Et on est aussi là pour se battre contre les fachos, contre le fascisme. Et ça me fait une jolie transition pour parler d’un facho sur lequel on vient de porter plainte. Et donc je vous donne la parole à Axel pour conclure.
Intervenante
En tout cas, la plainte est en cours de signature pour illustrer notre dernière riposte face à tout ça. Je voudrais lire une partie du témoignage de Capucine qui a été observatrice de la LDH lorsqu’elle a vécu… Lorsqu’elle a vécu les mensonges de Darmanin le 5 octobre 2023 devant la commission d’enquête parlementaire. Elle dit « Le 5 octobre 2023, jour où j'écris ce texte, a lieu l’audition de Gérald Darmanin à la commission d’enquête sur les groupuscules violents en manifestation. L’entendre persister dans ces mensonges, en dépit des preuves rapportées et des milliers de témoins continuent de me donner mal au ventre. Il y a une seconde violence dans la négation de la première. » Et c’est pour ça qu’on a décidé, avec le collectif Bassinnes non Merci, tu vois où je le fais ?
Intervenant
On va décider avec la collectivisation
On propose une plainte collective ! De bien se mettre en tête qu’il n’est que le premier d’une longue liste. Parce que, et on l’a évoqué… Il y a les agents de terrain qui ont obéi à des ordres illégaux, qui ont massacré en toute connaissance de cause. Mais il y a surtout leurs chefs qui leur ont donné ces ordres-là. Il y à tous ceux qui ont fait ces choix en amont, qui ont orchestré toute la machinerie et toute la, comment dire, la répression médiatique qu’on a pu subir. C’est le propos de Darmanin qui annonce trois jours à l’avance qu’il faut s’attendre à des scènes d’une rare violence, c’est que c'était le scénario qui l’avait écrit. Et donc ben Gérald, ça c’est pour toi, tu vas recevoir de notre part des centaines de courriers, des milliers de signatures, de pétitions pour porter plainte contre toi, devant la CJR, c’est la Cour de Justice de la République. Alors tout de suite, je tiens à vous dire qu’on n' a pas grande illusion quant au fait que ça débouche sur une condamnation, pas avec cette CJR là, pas avec cette assemblée nationale là, parce que la CJR est essentiellement constituée de députés, Et la CJR, c’est la même qui a statué au nom lieu à la non culpabilité ou je ne sais pas quel terme est-il exact pour le Dupond-Moretti en question. Mais le message qu’on veut lui faire passer à Gérald, et qu’on veut faire passer également, et s’il nous écoute en direct sur l'émission de David Dufresne, ce message était aussi adressé à Mme Emmanuel Dupé, préfet des Deux-Sèvres. Ce message était adressé à M. Emmanuel Aubry, qu’en a vu tout à l’heure dans le documentaire, de l’ancien préfet de Deux-Sèvres, également à Mlle David. Ces trois qui ont touché des primes à la bassine, on ne les oubliera pas non plus. On n’oublierait pas M. Fernandez, le numéro 1 de la gendarmerie nationale qui a trusté les plateaux de BFM, et qui a appuyé largement, et a également menti devant une commission d’enquête parlementaire, la même à laquelle Darmanin a menti factuellement, et c’est ce que vous voyez dans le courrier que vous allez signer si vous portez plainte. On a relevé scrupuleusement tous les mensonges qu’il a déclarés sous serment devant cette commission d’enquêtes parlementaires, qu’ils nous visaient. Eh ben on va se donner les moyens, qui est le retour de bâton, le retour des manivelles, que lui aussi ait des comptes à rendre devant toutes les juridictions qui s’offriront à nous. Et donc on annonce aujourd’hui, on l’a déjà amorcé depuis quelques mois, une grande contre-attaque juridique. Nous allons les rappeler à tous les niveaux, dans toutes les juridictions, y compris au niveau mondial, y compris aux instances européennes. Et on en reparlera peut-être après.L’Europe est un endroit, je rappelle que sur le Marais-Poitevin, l’État français a déjà été condamné pour non-respect des directives européennes, qu’on a déjà apporté des missions auprès de la Commission Petit pour dire que 9 directives Européennes étaient bafouées dans le cadre de la construction des méga bassines. Et parmi les recours possibles, et peut-être des pistes de travail dans les mois qui viennent, le fait de ré-ouvrir, et on en reparlera peut-être après la projection, ré- ouvrir le contentieux européen de démontrer que l'État français, que le gouvernement Macron, Darmanin, Fesneau, et bien ne respectent pas les engagements, ne sont pas à la hauteur des enjeux climatiques, ne sont par la hauteur simplement du cadre légal européen. On vous attaque et on continue.
Romarin
Je voudrais juste préciser à celui ou celle qui doit rendre compte à la hiérarchie que Julien a peut-être écorché le nom du général, c’est Rodriguez, donc je pense que tu sais à qui tu t’adresses. Mais voilà, c’est juste pour dire qu’on va faire un petit rectificatif en direct.
Intervenant
Petite question de la salle. Et d’ores et déjà, on peut annoncer qu’après les questions, il y aura une petite pause et que le film ne commencera qu'à 17h parce qu' on est un petit peu en retard. Mais comme c’est très intéressant et qu’on a le temps et que demain c’est férié, voilà. Première petite question, est-ce que parmi toutes les participantes et participants, quelqu’un peut nous parler un petit peu de Déméter ? Je pense que c’est ça la question. C’est la cellule Démeter, ceux qui nous surveillent.
Najete
Ce n’est pas le label écolo qu’il y a à Biocoop, on est d’accord Ouais, c’est l’autre. La cellule Déméter, c’est une convention qui a été signée entre la gendarmerie et la FNSEA pour dénoncer les intrusions sur les exploitations agricoles et pour que la gendarmerie soit réactive si jamais vous allez les embêter et leur dire que l’agro-industrie, il y en a marre. Mais c’est vrai qu’on n’a pas encore vraiment de résultat. On sait qu’elle existe, mais on n’en a pas vu à quel point est-ce qu’il est associé à toutes les enquêtes qui sont en cours sur les mobilisations actuelles.
Intervenant
Et Benoît Biteau, on parle un petit peu dans le documentaire qui sera projeté à 17h. Voilà, oui, là-bas,
Daniel Ibanez
Juste un salut amical à l’association L214 qui a fait annuler une partie du dispositif dans une procédure au niveau national. Une autre question de la salle, dans les médias, comment légitimer la diversité des tactiques, tout en parlant du fond de nos luttes. Non, vous n’avez pas trois heures. Est-ce que vous voulez que je me repose la question ? Ouais, le temps que ça mûrisse. Dans les médias, comment légitimer la diversité des tactiques ? Tout en parlant du fond de nos luttes.
Romarin
C’est un peu complexe comme question, en fait c’est une question stratégique, je pense, pour toutes les luttes. Ce qu’on peut dire, je penses, c' est que on voit bien que la structure des médias en France fait que c' n’est pas forcément évidemment qu’ils parlent de nos luttes comme nous en souhaitant parler parce que, par exemple, ils vont se concentrer, enfin, ils ne vont pas mal coller aux récits policiers, aux récits des préfectures. Du coup, souligner l’importance de la presse indépendante et souligner l’importance d’avoir nos propres médias et de produire nos propres contenus. Parce qu’en fait, il y a des enquêtes qui devraient être faites probablement par les autorités, je ne sais pas, qui l’est jamais, en fait, sur les problématiques de fonds qu’on soulève. Et du coup, on se retrouve, nous militants, à devenir des experts de nos causes, comme BNM peut l'être, comme la Voile libre sur la 69 chez nous peut l'être, et du coup c’est comme ça en fait qu' on parle du fonds, c' est en produisant nos propres contenus et nos propre enquêtes, parce que finalement la presse généraliste est pas forte, enfin généraliste. Possédés par des milliardaires tout ça enfin je vous la refais pas mais en gros ça les intéresse pas beaucoup de parler du fond parce que ça les intéressent beaucoup plus de de parler des trucs un peu enfin qui s'érigent en scandale quoi donc je sais pas si ça répond bien à la question mais en tout cas c’est la réponse que j’ai et une autre prise de parole juste derrière toi
Daniel Ibanez
Oui, moi je pense qu’il faut surtout se souvenir toujours qu’il y a plusieurs piliers dans nos luttes. Il y a des piliers qui sont des piliers juridiques, il y a des piliers qui sont des piliers techniques, il y a des piliers qui sont des piliers de rapport de force et qui sont de toute façon incontournables puisque clairement si nous sommes ici réunis c’est parce que en face ils refusent d'écouter, ils refusant d’entendre et ils sont toujours prêts à protéger le pire. Donc effectivement nous sommes contraints au rapport de force et je pense qu’il faut l’expliquer comme ça mais l’expérience de Notre-Dame-des-Landes, de Sivens de l’A69 des bassines, BNM on vous aime, BNM on vous aime. Cette expérience montre, y compris sur le Lyon/Turin par l’utilisation de l’existant, qu’il faut toujours, à mon sens, légitimer nos luttes, les légitimer à la fois judiciairement, techniquement et être prêt au rapport de forces. Sans rapport de on ne gagne pas, on a vu à Notre-Dame-des-Landes.
Étienne Douaz
Vas-y, vas-y.
Lucie
Oui, je voulais juste dire une chose, parce que c’est vrai que là on… Et je partage tout à fait ce qui a été dit sur les médias Mainstream et la difficulté à faire passer parfois nos messages quand il y a des schémas qui sont appliqués par ces médias et qu’on sait par qui ils sont possédés. Mais par contre, il y a quand même eu des très beaux moments. Et je vais en mentionner un notamment par rapport à cette question de comment à la fois on parle de méthodes d’une diversité tactique et de méthodes de lutte et à la foi du fond la première manif à Sainte-Soline du coup au mois d’octobre et bien on a eu de très suite à cette manifestation là qui avait les mêmes modalités d’action que Sainte-Soline 2 la différence est que la répression elle était déjà là mais elle était peut-être pas aussi violente en tout cas ce jour là enfin les suites médiatiques d’octobre de Sainte-Soline 1, elles ont été quand même très importantes sur le fond. On a eu quand même des médias mainstream qui faisaient des schémas de comment fonctionne une bassine, etc. Et on a eu, l’exemple dont je voulais parler, c’est sur BFM TV. Alors c’est rare que vraiment je cite un moment à la télé BFM TV. N’empêche que c'était quand même fort. C’est le dimanche, du coup le samedi avait eu la manifestation où plusieurs cortèges avaient convergé vers la bassine. Il y en avait un qui s’y était introduit. Le lendemain, il y a eu une action de désarmement des canalisations des bassines Je vais vous montrer aussi leur voie d’embarquabilité à ce niveau-là. Et donc, sur BFM TV, il y avait à la fois BFM TV qui filmait en live cette action de désarmement, et à la foi sur le plateau, pour une fois, ils avaient invité quelqu’un d’intéressant. Il y avait Nicolas Giraud qui parlait du fond, qui parlait de la paysannerie, qui parlait vraiment de tous ces sujets-là… Et donc voilà, il y a eu quand même des moments importants qui ont contribué au fait qu’ensuite on parlait des bassines avec un peu plus de profondeur et d’informations pertinentes.
Intervenant
Je crois que la diversité des tactiques fait qu’aujourd’hui, en France, ce n'était pas le cas il y a 5, 6, 7 ans quand cette lutte a commencé, aujourd’hui en France tout le monde sait ce qu’est vraiment une bassine et comment elle fonctionne et à qui elle profite.
Daniel Ibanez
Ça c’est sûr. Une autre question de la salle concerne les violences policières. Les sociologues présents peuvent-ils parler de l’alibi de la cruauté ?
Étienne Douat
Est-ce que la personne qui a posé la question peut le préciser un tout petit peu, à moins que je… Où est la personne à l’enfer ?
Intervenante
Je voulais la jouer discrète, s’il vous plaît. Non, c’est juste que par rapport au fait de réprimer, de détruire, de néantiser, je crois qu’il y a une corrélation entre l’ordre et le fait d’obéir à l’Ordre. Et il y a une dimension émotionnelle dans tout ce qu’on fait. Moi, je ne suis pas sociologue, c’est pour ça que je voulais vous poser la question. Simplement comment on se trouve la bonne excuse, quoi. Comment, en tant que flic, en tant que gendarme, on se trouvait la bonne excuse, parce que moi, il me semble que c’est important de parler un peu de cette dimension pour pouvoir faire un peu d’autodéfense intellectuelle, quoi, d’où la question sur la Libye de la cruauté. Après, je sais que c’est très lourd et très universitaire, mais bon, si vous avez une petite notion à donner par rapport à ça, bon, voilà. Vous pouvez dire Joker.
Romarin
Ce n’est pas dur, c’est bon.
Étienne Douat
Non, mais c’est une question difficile, je pense que mon camarade a plus de choses à dire.
Jean Baptiste
Juste sur quelque chose de très factuel, ce qu’il faut savoir, c’est qu’aujourd’hui la mobilisation défense de l’ordre sur des temps de répression fait qu’ils cumulent des heures supplémentaires et il y a la difficulté aussi de recruter. Ils cumulent les heures supplémentaires qui sont énormes et donc, cette information je ne vais pas vérifier mais j’ai la notion que par exemple à Sainte-Soline, la gendarmerie a fait appel à des réservistes. Les réservistes généralement, c’est des citoyens ordinaires qui ont des valeurs qui sont compatibles avec l’idée de la gendarmerie mais qui sont là au service, qui, je pense, colle à l’article 2 de la Constitution. Et là, on l’a envoyé. Et donc, ils ne reçoivent pas la formation des CRS. On colle des gens comme ça sur des manifestations en les imprégnant d’un discours haineux qui fait peur, mais qui ne fait peur à tout le monde. Eux, ce sont des êtres humains. Eux aussi, ils ont peur. Ils n’ont pas de formation. Ils avaient peur, ils étaient accueillis. Ils sont entre un triage et des gens qui leur sont potentiellement hostiles. Il n’y a pas besoin de justification des êtres émotionnels, il n’a pas besoin de justifier l'état de violence dans lequel ils peuvent être disposés.
Roblin Gwendal
Pour essayer de répondre au plus près à cette question, le truc à faire, ce serait sans doute de faire une enquête sur ces réservistes, sur ces gendarmes, il y a des sociologues qui travaillent sur les forces de l’ordre, mais en fait, nous on part du principe que les individus ont toujours une bonne raison de faire ce qu’ils font, des raisons qui appartiennent à leur propre schéma de cohérence, mais notamment, c’est un sociologue Mathieu Rigouste qui dit que chaque institution repose sur un mythe. Et un mit fondateur, et celui de la police, celui de protéger, de servir la veuve et l’orphelin. Et donc je pense qu’il y en a qui sont aussi dans ce schéma théorique, c’est ça qui les fait courir entre guillemets, et qui va légitimer le fait de protéger une patine contre des militants qu’on débat comme des éco-terroristes, en fait ça joue aussi sur le mode de répression, et puis comme on disait tout à l’heure, le fait qu’elle est force de leur profession qui votent le plus à l’extrême-droite, ça vient aussi des canaux de formation, des calissons issus, des réseaux socialisés dans les Carbènes, enfin voilà, il y a des plus des grammes, il y en a des filles qui sont dans des réseau nazis en fait, donc à partir de ce moment-là, il y à toute une unité de répression, alors il y a des mecs là, tous des nazis en puissance, mais en fait il y quand même une certaine affinité avec un vote donc on connaît en fait les effets délétères et il y a un rapport justement à ces manifestants qui permettent en fait pour eux de légitimer ça et en plus en fait si on regardait les médias mainstream ça le légitime en fait en mettant l’accent sur Sainte-Soline ça a invisibilisé les raisons pour lesquelles on s’est rassemblé voilà et tout ce qu’il y a autour des méga bassines donc en fait c’est tout à fait cohérent d’une certaine façon qu’ils ne voient pas ce qu’il font et ce qu’ils participent à produire en fait. Voilà, c'était ma piste de réflexion.
Intervenant
Et donc pour élargir un petit peu plus, c’est parce que j’aime bien ton expression de l’alibi, de la côte et je vais aller dans ton sens. En fait, ce sont les mêmes forces de l’ordre qui aujourd’hui arrivent et vont l’asservir avec des couteaux des gens qui vivent à la rue en toile de tente dans le Nord-Pas-de-Calais. Ce sont les mêmes forces de L’Ordre qui vont saisir des chaussures à des personnes exilées qui vivent à la rue. Ce sont les mêmes forces d’ordre qui, il y a deux semaines, ont été mises à la rue des mineurs non accompagnés qui étaient déjà à la rue aux portes de Paris et qui ont été expulsés de leur toile de tente. Et ce sont les mêmes qui, la semaine prochaine, puisque la trèfle hivernale, je le redis ce terminus de demain, vont aller expulser des personnes en se donnant justement des excuses de se dire oui, cette personne doit être expulsée, on va la mettre par dehors, par la force, y compris si ce sont des enfants. On a aujourd’hui à peu près 10 000 personnes qui vivent en bidonville. Ce sont eux qui se font expulser par les mêmes forces de l’ordre Je ne sais pas comment, arrivent à se convaincre qu’ils sont dans le droit chemin d’aller expulser des familles, d’aller lacérer les tentes, donc d' aller dans une cruauté qui est impensable pour nous qui sommes ici. Et donc c’est vraiment, il faut remettre la violence aussi dans la violence des forces de l’ordre dans un contexte plus global qui n’est pas juste lié aux manifestations contre les bassines mais qui est de manière plus générale et comme on l’a dit au début qui est à la base sur les classes les plus populaires, sur les minorités visibles, sur les personnes exilées et qui s’est reportée depuis quelques années sur les mouvements écologistes. Et c’est là où beaucoup d’entre nous, on le découvre, mais ça existe depuis des années et des années dans les quartiers populaires.
Romarin
Il y a probablement quelque chose à dire aussi de la doctrine du maintien de l’ordre à la française qui est assez unique en fait en Europe. C’est-à-dire qu’il y a des pays comme par exemple en Allemagne ou en Angleterre où la police est entraînée à désescalader les situations pour faire en sorte qu’ils n’y aient pas de confrontation, ce qui n’est pas du tout ce qui est prévu ou commandé et organisé par les chats de commandement de la police.
Louis Marie
Il y a eu une formation à Paris pour les observatoires que je vous ai décrit tout à l’heure, avec des observateurs internationaux. C’est l’OSCE, l’Office de sécurité et de coopération d’Europe, qui organise ça. Et notamment, ils ont dit qu’eux, en tant qu’observateurs internationaux, il y a seulement deux pays dans lesquels ils mettent des casques pour observer : la Géorgie et la France.
Daniel Ibanez
Justement pour dire que je crois aussi qu’il y a une extrême droitisation des pensées qui peut s’illustrer de la manière suivante, c’est-à-dire que quand on discute avec les policiers, ils considèrent que la réponse à ce qu’ils déclarent être des violences dans les manifestations, c’est l’interdiction des manifestations. La même pensée en fait mènerait à dire que comme il y a des voleurs dans les supermarchés, il faut aussi les fermer. On a eu le même exemple sur l’histoire des pesticides qui a été de dire « bah oui, ils ont raison parce que les autres, ils en mettent ». Et la même extrême droitisation de la pensée vous amène à dire « il faut faire travailler les enfants puisque les autres aussi les font travailler ». Je veux dire, on a vraiment un problème sur l’extrême droitisation des pensées aujourd’hui. Et je pense que le barrage pour lequel beaucoup ont voté s’aperçoit aujourd’hui qu’ils ont voté pour un marché clé. Merci beaucoup à tous.
Najete
Juste, à l’extrême-droitisation, j’en aimerais aujourd’hui, moi je suis une beurette des années 90 et on connait ça depuis un moment. Et juste peut-être, si ils sont, juste factuellement, sur les personnes qui ont été condamnées, interpellées, donc il n’y a que des hommes interpellés par des hommes, condamnés par des hommes, Est-ce qu’on pourrait pas chercher du côté du patriarcat, peut-être, un petit peu ?
Daniel Ibanez
Merci beaucoup.
Intervenant
C’est une liste, et on va essayer de conclure. Alors non, j’ai un petit PS, s’il y a du temps à remplir. Mais non, il n’y a pas de temps à replier. Et donc vous pouvez aller lire sur le site lundi matin un article qui s’appelle Face au mur et apparemment qui fera écho à la lutte de la 69. Voilà. Je te laisse terminer.
Intervenante
Du coup, juste on termine cette table aux ronds avec une lecture. C’est un livre qui a été réalisé, un livret photo par Elisa, qui va nous en lire un extrait.
Lucie
Bonjour, vous êtes vachement heureuse. Alors, c’est un fanzine que j’ai auto-édité cet été, en juillet. Je vais vous parler d’autre chose, enfin je parle de Sainte-Soline, mais je vais aussi vous parler d’apaisement et de poésie. Voilà, donc on change un peu d’ambiance. Voilà, ça s’appelle « pluie sur le méloir », je vais vous en lire deux extraits Car si mes yeux se souviennent du fracas bleu et noir dans des nuages de gaz et d'étincelles, semblables à des vagues se heurtant violemment aux falaises d’un système perdu mais qui perdure, ils se souviennent aussi des rues de mêles, ils se souviennent des tons pastels des bassines de la vaisselle, de l’ironie du bleu vert d’eau qui tapisse le fond de la fontaine, vide, et de ces mosaïques fantastiques, du plastique humide où se reflètent les lumières, la résonance de l’ivresse sous les chapiteaux. Pensez à l'écho des grenades et des hurlements par celui des basses, substituez le chaos du pogo à celui de l'émote. Faire jaillir de la joie et du mouvement tout un océan de solidarité vers celles et ceux empêchés, blessés, abîmés. Pense les plaies et les hémorragies post-traumatiques après avoir pensé les faits et les fausses routes stratégiques. Laissez faire la caresse des fleurs de cerisier après la griffure acide des armes chimiques. La tendresse d’une chaise vide, vestige discret d’une bribe de vie, les sourires dépassants, dépassant l’absurde violent passé. Je suis photographe, donc ce sont des photos.
Intervenante
Du coup, vous avez une petite pause, on se retrouve aussi à 17h15 pour le film Sainte-Soline Autopsie d’un carnage Merci à tout le monde.
Intervenante
Et par rapport à ce qui vient d'être dit, il y a un petit stand derrière avec une expo photos, sur le mémoire il y en a à prix libre. Voilà, n’hésitez pas à y aller : prix libres à plus de 2 euros si possible vu les frais d’impression et c’est très beau.

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