Sainte-Soline, 3 ans plus tard : « c’est un crime politique de guerre »
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Eh bien amis, amis du café, amies amis du train, amies des Deux Sèvres. Nous nous sommes délocalisés. Et en plus de ça, Julien Leguet de Bassines Non merci. Julien Le Guet et son orchestre va nous faire le générique d’introduction de l'émission.
(Joue un air de flûte).
Bonne nuit les petits, c'était la fin de l'émission, merci beaucoup, ça valait le coup de venir à Mêle, nous sommes donc à Melle pour, alors comment on va dire, célébrer, non ? Commémorer ? Comment dites-vous ? Alors je vais vous présenter, Michael, bonjour, tu viens nous parler du PSG, donc si j’ai bien compris, je vois que tu es habillé en PSG.
Oui, je suis né en région parisienne et je suis supporter du PSG depuis que je suis tout petit.
Voilà, nul n’est parfait, et tu es là parce qu’il y a trois ans tu étais déjà là et tu as été grièvement blessé. Et tu es venu nous témoigner de ce qui t’est arrivé et de comment ça se passe encore aujourd’hui pour toi. À ta droite en léopard, c’est ça ? C’est léopards non ? On peut dire ça, c’est magnifique. Najet de la legal team, alors de quelle compagnie la legal team ? Alors le micro, il faut le mettre bien au, voilà, contre le menton, voilà, ouais ouais.
La légal team, la base arrière juridique qui était en place le week-end du 25 mars 2023. C'était la légal team des Soulèvements de la Terre.
Alors là, je suis désolé, je n’avais pas vu.
Non mais on va pas faire de la mode au moment où on va pas parler de la répression et des violences policières. On ne va pas parler des chaussures quand même. Non, toi avec ta flûte, tu peux rien pour moi.
Mais non, il peut rien pour toi, c’est lui qui a donné la tonalité Julien Leguet, très favorablement connu de nos services, bonjour.
Oui, bonjour salut à tous.
Comment vas-tu ?
Franchement, il y a de la fatigue et de l’attention, mais on a trois jours à tenir avec un très, très beau programme. Convocation qui va nous faire beaucoup de bien et nous remettre pour faire face à tout ce qu’on a eu à affronter il y a trois ans. Donc à déterminer et, dans la mesure du possible, toujours de bonne humeur. C’est ça, dans la mesure du possible.
Alors tout démarre par un e-mail que je reçois : vos billets de train pour Niort vous attendent. Et c’est comme ça que Julien Leguet vous chope et vous dit « Ah non, dans trois semaines il faut que tu viennes, ça va être le gros barouf à Melle ». Donc Melle c’est à côté de Niort et c’est à côté de ?
Sainte Soline.
C’est ça ! Et là, vous allez passer quatre jours, vous avez démarré hier. Je vois Antoine Chao qui vient de nous rejoindre. Bonjour à tout le monde ! Si tu veux te mettre là, Antoine, tu peux dès maintenant entrer sur scène. Antoine bien connu également de nos services agitateur, activiste des ondes. Et qui est probablement le reporter qui a le plus suivi, enfin, un de ceux qui a le plus suivi cette lutte depuis des années. Mon cher Antoine, je ne t’apprends pas le métier, le micro que tu devras partager, il faut le mettre sur le sur le menton.
Bien sûr merci merci merci à tous et on est content d'être là même si c’est quand même un anniversaire toujours un peu douloureux quoi ces trois ans ouais c' est ça.
Alors, par quoi veux-tu qu’on démarre Julien ?
Peut-être dire ce qu’est cette semaine et faire un petit état des lieux d’où on en est dans cette semaine puisque comme tu l’as indiqué c’est quatre jours de mobilisation sur Melle mais auquel était joint un appel national à se mobiliser partout en France et dès hier soir il y a eu 13 rassemblements à travers la France pour dire que ben Sainte Soline on n’oublie pas on pardonne pas que L’histoire n’a pas été au bout et que les bourreaux de Sainte Soline sont toujours en liberté. Ils n’ont toujours pas été entendus devant un tribunal. Darmanin n’en a pas encore eu de compte à rendre. Et pourtant, qu’est-ce qu’il est important dans les choix décisifs et meurtriers qui ont été pris ce jour-là ? C’est un des éléments qui font que la lutte, on n’est pas près de la lâcher. Des formats comme celui qu’on a fait hier. À Melle, ça fait trois ans qu' on organise des méga booms. Le principe, c’est d’aller devant les gendarmeries devant nos potentiels bourreaux et les regarder bien en face des yeux et leur dire que ce qui s’est passé ce jour-là, c’est absolument intolérable et que ça ne peut pas rester lettre morte. Et tout en ajoutant qu’on est vraiment dans un climat de très forte tension, dont on parlera par la suite, puisque la coordination rurale est de plus en plus puissante dans les campagnes. Et cette coordination rurale clairement des méthodes qui sont celles du fascisme, celles de l’intimidation, celles la menace, celle de la violence. Cette coordination rurale, elle a débarqué ici le 17 décembre et elle a attaqué tous les sites emblématiques de la lutte contre les méga bassines. Parce qu’il faut dire que Melle c’est quand même une ville pas comme les autres, ou c'était une ville, pas comme des autres, qui avait accepté d’accueillir nos revendications et nos rassemblements, là où tous les préfets de la planète interdisent et déconseillent à tous les élus de nous permettre de faire démocratie et de faire valoir nos libertés d’expression et de manifestation. Le premier cap, c'était hier, il y a eu 200 personnes qui sont allées faire face, debout, fiers, heureux, dans la joie, la musique et la symbolique, faire face à ces "carapacés". Et ça continue aujourd’hui, ça se poursuit demain, on a un programme très complet, je ne vais pas expliciter tout, tout c’est sur le site, mais par exemple ce soir on a Benoît de Lépine qui va peut-être venir nous faire un coucou d’ici la fin de la mission qui va nous présenter son film Animal Totem complètement résonance avec ce qu’on vit et avec notre lutte Je peux annoncer ici que Benoît travaille concerné par la lutte puisque son fils était avec nous à Sainte Soline il y a trois ans Antoine et Cécile demain nous font un super spectacle au Café du Boulevard au commencement.
Au départ il y a Guernica, donc la première alliance des extrêmes droites européens, Guernica en 1937. C’est ça.
Avec une paella, ouais le principe, si on a bien compris, c’est quand même tant que le spectacle a lieu, il y a une paella anti-fasciste qui cuit et ensuite on se régale. Et ensuite, il y aura une vente aux enchères farfelues des objets de la lutte. Toujours au Café du Boulevard. Et puis le plat de résistance, c’est samedi avec une grosse, grosse, grosse journée, avec des tables rondes, avec de grands axes qui sont aussi ceux qu’on va développer là. Comment faire face à ces violences policières ? Comment on se laisse pas abattre ? Sans mauvais jeu de mots, et comment on vient faire en sorte que ce ne soit pas le récit des bourreaux qui restent à travers l’histoire, le récit des oppresseurs, et puis surtout, puis également, comment on continue cette lutte pour l’eau, pour ce bien commun vital pour tous, toutes les formes de vivants, alors qu’on est en plein assaut de la part des gouvernements successifs, et là avec Genevard qui annonce qu’elle vient demain, ignore, pour en remettre une couche, voilà.
Alors comme tu le sais, il y a beaucoup de gouvernements qui se succèdent, on ne sait pas forcément qui est qui, toi tu la connais bien, mais qui est cette dame, elle est ministre de ?
De l’agriculture et je ne va rien lâcher, "je ne var" donc, on est clairement dans un contexte des plus tendus et franchement, cette annonce-là qu’on a appris tout à l’heure, que Genevard elle venait sur ce territoire à ce moment-là, alors qu’il y a toutes ces tensions où déjà les préfets s’arrachent les cheveux pour pas qu’il y ait d’affrontements et que la CR vienne szbeuler tous nos événements, etc. C’est complètement irresponsable et c’est un coup de communication, mais lamentable. C’est tout sauf la sérénité républicaine.
On a tout le temps et merci d’avoir monté tout ça et merci à l’association qui nous accueille dans ce studio qui est trois fois plus grand que celui qu’on a à Paris, forcément. C’est le bonheur d'être ici, un mètre carré, une étendue absolument incroyable. Michael, je te propose qu' on démarre par toi si tu veux bien. Qu’est-ce qui se passe si il y a trois ans pour toi, tu es où, qu’est-ce que tu reçois, quel est l’enchaînement des faits ?
Ma vie, elle a changé totalement, car j'étais militant gilet jaune. Je suis parti manifester pour l'écologie, pour un trou vide, pour une méga bassine. Et puis, en fait, j’ai pris un flash-ball dans la gorge qui m’a coûté 10 jours de coma, 6 mois de rééducation et une artère de boucher. Et au jour de maintenant, 3 ans après, ça m’arrive toujours d’avoir des pertes de mémoire. J’ai repris le travail un petit peu de temps en temps. Je suis à Pôle emploi. Je vais reprendre le travail. J’ai mon permis qui est en cours, que je dois continuer. Mais je m’en suis bien sorti et je suis venu à Mel pour les trois ans pour l’anniversaire de Sainte-Soline parce qu’en tant que rescapé, je me devais d'être là.
Merci à toi, est-ce que tu te souviens où est-ce que tu es au moment où tu reçois ce tir de LBD ?
Alors, j’en ai aucune idée. On a marché à peu près deux heures dans un champ. On a continué à marcher, à marcher. D’un coup, j’ai pris un flashball. Après, on me dit que c’est un GML-1, un Gml-2. Mais j’ai aucune idée, pour moi, c'était un flash-ball. En tant que militant gilet jaune, pour mon, c'était un Flash-ball !
On va revenir sur la répression, mais comment on passe du mouvement des Gilets jaunes au mouvement de Sainte-Soline ?
Alors, ce n'était pas prévu du tout, mais pour la défense de l’eau, en 2023, c'était la sécheresse. Et puis, pour la défense de la l’eau, j’ai été pour l'écologie manifester à Sainte-Soline avec plusieurs amis. Mais je ne suis pas tout seul à ne pas être rentré. J’ai fini à l’hôpital de Poitiers.
On se souvient qu’il y avait eu des soucis entre les services de l'État, on va dire ça comme ça, pour évacuer les blessés. Est-ce que tu sais comment tu as été évacué ou tu n’en as aucune idée parce que, évidemment, tu étais sur autre chose ? Ou est-ce-que tu as pu reconstituer le déroulement ?
Alors comment ça s’est reconstitué ? En février 2024, on a inauguré Autopsie d’un carnage à Paris et à Niort on inaugure aussi Autopsie d’un carnage qui m’a permis de connaître les personnes vraiment qui m’ont emmené à l’hôpital personnellement parce que je ne connaissais pas, je ne savais pas ce qu’il m'était arrivé, je me suis réveillé dix jours plus tard, qu’est-ce qui m’est arrivé ? Et on m’a dit que j’avais pris un flashball. Et je me suis dit, ah d’accord.
C’est quoi Autopsie d’un carnage ?
C’est ce qu’on a inauguré avec Off Investigation, c’est un film inauguré avec Off investigation.
Attends, il faut juste que tu mettes le micro, excuse-moi, un petit peu plus, voilà.
C’est un film qui est au inauguré avec Off investigation.
D’accord oui oui alors qu’on avait projeté je me souvenais plus que c'était ce ce titre là et donc là ça t’a permis de de renouer ouais d’avoir le fil.
Oui, parce que j’avais déjà fait des appels aux médias pour savoir qui c’est qui m’avait sauvé tout ça. Je voulais des nouvelles, je voulais savoir ce qui m’est arrivé en fait. Et j’ai rencontré Perle, une infirmière libérale de Nantes, qui m’a sauvé la vie et qui est dans Autopsie d’un carnage.
Aujourd’hui, trois ans plus tard, alors je le dis, tu parles devant ta famille, que je remercie d'être là. Si vous voulez intervenir, n’hésitez pas. Si vous ne voulez pas être filmés, dites- le. Et puis j’apporte le micro, voilà. Si vous voulez être filmés, c’est avec plaisir qu’on vous met dans la lumière. C’est à vous de voir. Trois ans plus tard, tu en es où dans ta situation judiciaire ?
Franchement, il n’y a rien du tout qui a changé. Moi, je demande des dommages et intérêts au gouvernement car ce qui s’est passé avec Libération au Mediapart, franchement, pour moi, c’est un crime politique de guerre. Et no bassaran !.
Merci beaucoup. Alors Julien, fidèle à ces facéties, a apporté des petits cartons. Alors si je comprends bien, c’est les mêmes cartons que tu as montrés hier à la gendarmerie. Et en réalité c'était une facétie. Pas vraiment la source et Mediapart. Michael, tu viens d’en parler. Et en fait, voilà, ce sont les messages entre les flics au moment de Saint-Céline, entre… En espèce entre les gendarmes, quand ils seront manchots, ils ne feront plus grand chose. Voilà par exemple ce qu’a dit un gendarme à propos de l’un d’entre vous, ou de vous tous, ou vous toutes. Toi par exemple, après la blessure, qu’est-ce que tu as pu faire ? Est-ce-que cette phrase-là qu’on vient de lire, pourrait être littérale pour toi ?
Franchement, j’ai failli mourir parce que ma rééducation, je l’ai faite toute seule. Je remercie le peuple parce que j’y ai touché quand même à peu près 7 000 euros de cagnotte Leetchi qui m’a permis de faire ma rééducation moi-même. Parce que le gouvernement m’a laissé complètement tomber.
Voilà, on voit d’autres messages, les pue la pisse.
En fait, c’est tout ce qu’ils nous ont dit par Libération et Mediapart, tout ce qui nous est sorti. Nous, on ne s’attendait pas vraiment à ça, qu’ils nous tirent dessus gratuitement.
Il y a deux choses, qu’ils te tirent dessus, déjà tu ne t’y attendais pas, et deux ans plus tard, tu comprends que pendant qu’ils tirent, ils disent ça. Donc c’est une double peine quoi, c' est une double violence, on est bien d’accord ?
C’est une double peine, mais tout ce qu’il y a sur les caméras piétons et tout ce qui s’est passé à Sainte-Soline, c’est ce qui se passait pendant sept ans dans les manifestations Gilets jaunes. Sauf qu’on n’avait pas les caméras piéton pour le signaler.
Tes camarades Gilets jaunes qui n’ont pas forcément été dans la lutte contre les méga bassines, tu as parlé avec eux de ta blessure et tout ça ?
Ah oui oui, j’ai des amis gilets jaunes aussi qui font partie contre les méga bassines. Car pour nous, on est le peuple, c’est le peuple on représente, l’eau, elle est pour tout le monde, elle n’est pas que pour une partie d’entre nous.
Et comment ça se passe entre blessés, entre mutilés ? Il y a une coordination, peut-être qu’on peut parler avec Najet et avec Julien. Voilà, et Michael, si tu veux de l’eau, tu me le dis, je vais t’en chercher. Je vois qu’il y a de l’eau là, si t’as besoin de boire un petit truc. Est-ce qu' il y a une coordination des blessés ? Comment ça se passent du côté de Bassines -non-Merci, des Soulèvements de la Terre ?
Et oui, effectivement, du coup, ça a rapproché des gens qui ne se connaissaient pas avant, qui sont suivis par leur avocate, maître Chloé Chalot, du barreau de Rouen.
Ah bah bien sûr, on les connaît les bons avocats !
Oui, mais on espère qu’il y en aura d’autres parce que ça fait beaucoup de travail pour la même personne et il y a besoin d’avocats de gauche, ça serait chouette. Je te coupe, tu veux dire qu' il n’y a pas assez d' avocats ? Tu fais un appel à des avocats de gauche militants ? Oui, ce n’est pas énorme le nombre d' avocats qui viennent soutenir sur les luttes et qui se rendent disponibles pour être là. Combien de temps elle a été là, Chloé, elle a était là pendant les trois jours, elle a même été là plusieurs jours après, Sainte-Soline, pour aller rencontrer les blessés dans les hôpitaux. C’est des engagements réels, ce n’est pas à distance, c’est être présent, c'était donner un peu de son temps au-delà de ce qu’ils ont l’habitude de donner. Et en étant certes rémunérée, je pense que ce sont les seules personnes qui sont rémunérées dans nos luttes, mais rémunérées à un tarif qui n’est pas le prix de l’avocat parisien. Avec tout le respect que j’ai pour…je vais pas la finir, cette phrase !
Je peux finir ton propos, je vais te couper, excuse-moi, reprenons.
Oui, du coup, au lendemain de Sainte-Soline, les blessés ont accepté de former un groupe et de porter plainte contre X pour violences volontaires, pour entraves au secours et puis également pour divulgation des fichiers de police, parce que pendant que deux d’entre eux étaient dans le coma, des fichiers de police complètement confidentiels ont pour continuer à rentrer dans le scénario gouvernemental de ce sont des vilains, donc ils ont bien mérité le coma, et donc voilà.
Tu parles de Michael et de Serge.
De Michael et de Serge, des informations concernant leur passé judiciaire ont été divulguées ou des vraies ou des fausses informations, ce n’est pas la question, mais en tout cas, ce sont des informations qu’ils n’avaient pas à sortir des fichiers de police pour être transmis aux journalistes. Ces plaintes ont ouvert une enquête préliminaire. Le magistrat a habilité à instruire ces plaintes, c’est le procureur de Rennes. Donc il a mandaté l’IGGN pour faire ces investigations, ça a duré deux ans et on a vu cette année ce que ça a donné, c’est à dire qu’il y a eu un classement sans de ses de ses plaintes contre X qui s’est passé cette année, c’est que les quatre blessés, donc Serge, Michael, Alix et Olivier, ont à nouveau porté plainte en se constituant partie civile auprès d’un juge d’instruction. Donc là, ce juge n’a pas d’autre choix que d’inscrire une nouvelle enquête concernant ces violences. En parallèle, le procureur de Rennes a ouvert une enquête concernant les tirs tendus. Et donc ces procédures vont continuer dans l’année à venir. Comme beaucoup d’enquêtes sur les violences policières, on n’attend pas qu’elles rendent justice. On essaye de demander des comptes, on essaye de trouver les responsables, on essaie de pousser un maximum, mais on se doute bien qu’il y aura toujours quelqu’un pour protéger son collègue. Et surtout quand c’est le ministre Darmanin qui était aux commandes de ce maintien de l’ordre avec la préfète de l'époque, madame Emmanuelle Dubée. Donc voilà, on maintient quand même ses plaintes en espérant que déjà ça permette à ces blessés de se reconstruire un petit peu, que ça leur permette d’avancer parce que comme il l’a dit Michael, ça brise des vies.
Est-ce que tu as le sentiment que, parce que tu viens de le dire, Darmanin, à l'époque des faits, est ministre de l’Intérieur et aujourd’hui il est ministre de la Justice, il n’y a pas eu de nouveau gouvernement aujourd’hui. Non, pas ce week-end. Voilà, pas ce week-end. Donc, est-ce-que vous, par exemple, vous sentez qu’il y a une obstruction particulière du fait qu' un ministre de la justice ne va pas juger le ministre de l’intérieur qu' il était, ou juger en tout cas une affaire aussi grave que celle-ci ? Qui s’est passé sous son règne, si je puis dire, ou est-ce que c’est impossible à prouver ?
Ce n’est pas impossible à prouver dans le sens où si on arrive à trouver qui a donné l’ordre d’entraver les secours, qui a dit aux pompiers et aux SAMU, vous n’allez pas secourir les blessés. Ça, jamais ça se voit, même dans les pays en guerre, il y a toujours un couloir humanitaire pour évacuer des blessés, c’est une entente mondiale, ça se fait partout. Et voilà, si on arrive à comprendre qui a donné, quelles étaient les personnes qui étaient autour d’une table et qui ont décidé de dire non s’il y a des blessures, des blessés, on les laisse crever, c’est pas grave. Et je pense que par ce biais là, on va pouvoir trouver les responsables de de cette tentative de domicile volontaire, il faut le dire.
Tout à l’heure tu as dit IGGN, je précise juste, c’est la même chose que l’IGPN, mais pour la gendarmerie. L’inspection générale de la gendarmerie nationale, et non pas de la police nationale. Julien, bondit, prends le micro, vas-y !
Oui, parce que c’est vraiment la question de comment on fait face. Et c'était vrai que ces plaintes qui sont posées et qui reçoivent, fin de non recevoir, ça peut être très déstabilisant. Mais il y a un truc qu’il faut vraiment avoir tous et toutes en conscience. Heureusement que les camarades ont porté plainte et ont porté plainte rapidement. Sans quoi, les preuves et tout ce qui est en train de sortir à travers les caméras vidéo, elles auraient été détruites. Les images, les caméras piéton, ne sont consignées que pendant un mois. Et c’est bien parce qu’une plainte a été déposée, que tous ces éléments ont pu être saisis. Partiellement, il y a des images qu’on n’a pas. Par exemple, les bourreaux en quad, les 20 fous, les 40 fous sur leurs 20 Quad, les images, on ne les a pas. Et pourtant, je pense qu' on en apprendrait de la même manière. Et peut-être, ça aussi, c'était de manière générale, comment on résiste face à cette violence policière. Mais même si on n’as pas une grande confiance dans la justice, etc., le fait de poser l’acte, ça peut permettre d’obtenir et d’avoir accès à ces images là et je pense très fort aux gens qui ont à subir les violences policières en outre-mer dans les quartiers où il n’y a pas forcément cette culture de l’autodéfense citoyenne etc et où finalement mais tout ça ça tombe aux oubliettes de l’histoire et c’est bien de ça dont il s’agit c' est comment on fait en sorte que soit pas le récit des bourreaux qui fassent histoire dans les bouquins comment c' pas la version de Darmanin et de tous ses mensonges qui s’inscrivent. Durablement dans ce qui s’est passé ce jour-là à Sainte-Soline et je trouve que cette affaire-là, elle met autre chose en exergue. Évidemment que quand des policiers et des gendarmes sont jugés ou en tout cas que les enquêtes sont faites par leur père, évidemment que le corporatisme y marche à fond. Évidemment, et un truc que moi je trouve parfaitement immonde dans cette histoire, c’est que le procureur il a mis deux ans. Dire que la plainte était classée sans suite parce que les images ne permettaient pas d’identifier les tireurs. Sauf que ça signifie que ça faisait deux ans que des gens de l' IGGN avaient connaissance de tir illégaux, de toutes ces insultes, etc. Et l’article 40 dans le Code civil, si je ne m’abuse, oblige les fonctionnaires à faire des signalements dès lors qu’un autre fonctionnaire commet des actes illégaux donc, si on veut dérouler l’intégralité de la bobine, y compris chez l' IGGN, Il y a des gens qui ont gravement manqué à leur mission première et c’est un peu la même histoire par rapport à Darmanin parce que finalement tant qu’il va être ministre et bien il tombera pas sous le coup de la justice traditionnelle parce que les seuls la seule comment dire le seul organisme la seule juridiction qui peut juger des juges en exercice c'était la CJR c’est la cour de justice de la république
Des mystères de la République, j’ai dit.
— T’as dit des juges. — Ah pardon, oui. Non, on ne va pas juger les juges, là. Les ministres, c’est la Cour de justice de la République. Et qui constitue la Cour de justice de La République ? Des députés et des sénateurs, et dans les mêmes proportions que la composition des assemblées. Donc évidemment qu’il ne faut pas attendre de députés La République En Marche ou Horizon,en alliance avec le LR et en alliance avec le RN, qu’un jour, si jamais… Parce qu’en fait, on a fait une plainte contre Darmanin. Pour les actions de Sainte-Soline, on était 1312 à porter plainte. Étrange pour dénoncer un chiffre qui a du sens. Quelle coïncidence. Quelle coïncidence. Pour dénoncer le fait qu’on a pris Darmanin la main dans le pot de confiture, en train de mentir éhontément, sous serment, devant une commission d’enquête parlementaire. Cette plainte, elle a deux ans, on n’a aucune nouvelle. Donc, je ne suis pas en train de faire un grand dialogue sur la justice, pourrie etc. Ce n’est pas ça. Mais il y a quand même, intrinsèquement, des choses qui dans notre constitution posent, et dans la manière dont on régule les autorités, qui sont complètement défaillantes. Et c’est ça qu’on éprouve avec l’affaire de Sainte-Soline.
Antoine, si jamais tu veux intervenir, n’hésite pas, je voudrais juste vous demander le bilan parce que les chiffres changent. Celui que j’avais noté, c'était 200 blessés, dont 40 graves, dont Michael. C’est ça le chiffre à peu près ?
Oui, c’est un bilan qu’on a pu comptabiliser parce qu' on a reçu beaucoup de témoignages. On a ouvert une boîte mail pour que les gens en voient leurs témoignages. Mais aujourd’hui, à chaque fois qu’on parle de Sainte-Soline dans tous les milieux militants, ou même pas que, tout le monde connaît quelqu’un qui a subi un traumatisme ce jour-là. Et ce n' est pas réglé, ça reste traumatisant. Et donc on pense que c’est bien au-delà de 200 personnes, il y avait 30 000 personnes, donc toutes les gens qui sont venus là se sentent concernés par la violence qu’il y a eu pendant qu’ils étaient en manifestation. Donc on peut à mon avis se dire que même les violences psychologiques, elles comptent encore aujourd’hui comme des atteintes qui ont été portées à des manifestants.
Quand tu as appris que tu as plainte et que tu étais classé sans suite, comment as-tu as réagi, à quoi tu as pensé ?
Franchement, je me suis dit que le gouvernement, il ne sert à rien parce que ce qui s’est passé, je ne vais pas laisser ça comme ça. Moi, je vais continuer à lutter et je sais que le peuple va lutter aussi et on sera toujours là pour lutter. Et moi, je veux qu’il y ait une plainte au bout de 6 ans parce que j’ai eu des pertes de mémoire, et j’ai quand même un petit garçon de 14 ans et je m’en occupe tout seul quoi. Alors ma vie est un peu compliquée, mais je me débrouille quand même. Et puis, je reprends un peu le travail, mais je travaille souvent la nuit, alors ça veut dire que ça me permettait d’aller en manifestation le week-end.
Antoine, toi qui as suivi beaucoup de luttes Alors, faut pas que je me goure, là-bas si j’y suis, comme un bruit qui court, c’est bientôt demain. Maintenant, tu es une vedette des planches de théâtre, tu fais des spectacles extraordinaires. Non, mais ne riez pas, vous allez voir. Non, non, c’est super ce qu’il fait avec les archives radio, etc. Toi qui as vécu beaucoup de combats, de luttes type Sainte-Soline, qu’est-ce que tu as vu à Sainte- Soline il y a trois ans ?
Moi j’ai eu la chance déjà de ne pas être blessé parce qu’effectivement je faisais partie des 30 000 qui étaient là pour aller planter peut-être un drapeau sur ce trou de terre, etc. Donc c'était quand même assez inoffensif comme manifestation et comme rassemblement. Et là, c’est vrai que deux ans et demi après, quand ces images sont sorties et on a vu ce qui se tramait derrière les cordons de gendarmes, de militaires, on a compris la violence à laquelle on a été confronté. Et plus que la violence, disons que l’acharnement meurtrier qui se tramait derrière. Et là, effectivement, j’ai eu un choc à posteriori parce que j’avais compris à quoi j'étais échappé, beaucoup d’entre nous nous échappent, mais pas tous. Voilà ce qu’a vécu Michael, par exemple, ou d’autres. Moi, j’avais beaucoup de tournées aussi, enfin documentées, parce que mon travail, c’est de faire du documentaire, donc du reportage de documentaires. Et j’ai été notamment beaucoup sur les manifs de Gilets jaunes. Et là, on a commencé à sentir quand même la répression, la violence de la répression qui se mettait en place. Alors, effectivement, c'était Darmanin à la manœuvre et on a compris au fil de ces années-là comment on allait devenir les cibles d’une répression sans…disons que sans borne quoi, sans filet quoi, donc voilà moi j’ai subi tout ça et puis j’essayais de le documenter autant que possible mais sans non plus être dans le dans une façon de documenter ou faire du rayon porn, etc. Donc être en train de raconter ce qui se passe en même temps que ces luttes-là. Et on n'était pas à Sainte-Soline uniquement pour manifester, bien évidemment, mais il y avait en même, il y a eu trois jours de débats autour de l’eau, avec des conférences internationales, des militants qui étaient venus de partout, et moi j’ai essayé de donner aussi, de rendre compte de ce qui se passait autour de ces lutte-là, parce que BFM était là, et les manifs et les violences, elles ont été largement montrées par les médias d’infos, tout infos de faire un pas de côté et de montrer autre chose.
On se souvient de la phrase, je cite de mémoire de Darmanin, deux jours avant Sainte-Soline, qui annonçait qu’on verrait des images violentes, et on les a vues en effet, mais c'était peut-être pas forcément celles qu’il attendait, ou on ne sait pas, mais en tout cas on sentait, enfin voilà, était déjà annoncée par le ministre de l’Intérieur qu’y aurait des affrontements et que ça irait, voilà. Sur le fait que ce soit des gendarmes. Alors je ne sais pas Julien, si toi tu étais co-organisateur de tout ça ou si il n’y a personne je ne sais comment ça marche, mais bref, quand la rumeur des champs et des rues a dit c’est les gendarmes, est-ce que vous vous êtes dit à priori les gendarmes c'était mieux que les CRS ?
Non pas du tout, parce qu’avant Sainte-Soline 2 il y a eu Saint- Soline 1 et avant Sainte- Soline 1 il y avait le printemps maraichin et en fait ça faisait déjà deux ans que toute illusion vis-à-vis des forces de l’ordre et d’une espèce de droiture gendarmesque s'était tombé et qu’on n’y croyait pas du tout. Il y a tous ces précédents, je rappelle qu'à Saint- 1 Parmi nous, il y a déjà eu 40 blessés qu'à Sainte-Soline 1, il y à déjà 2000 bombes qui ont été lancées et que les entraves ou libertés de manifestation appliquées à la lettre. Parce que là, par pour le coup, les militaires, l’ordre, c’est l’ordre. Et même si l’ordre est illégal, ils y obéissent. En fait, à chaque manif, on voyait crescendo, on voyais monter crescendo le nombre d’agents mobilisés, les moyens matériels grandir pour évidemment atteindre ce paroxysme à Sainte-Soline 2, où il y a 9 hélicos sur zone, soit près d’un tiers de tous les hélico de la gendarmerie. Il y a deux blindés, et si dans le cas de Serge, l' IGGN fait montre de ne pas avoir identifié le tireur, bah c’est faux, en fait on sait qui a tiré, il a tirer d' un blindé, et comment ça se fait que ce bonhomme là, il court encore dans la l’air de rien, comment ça se fait même que je m'étonne que son nom ne soit pas diffusé dans la presse. Comment ça se fait qu’il est encore couvert alors qu' il est identifié ? Donc non, non, on en était presque à se faire la réflexion tout à l’heure. On avait presque le sentiment là localement que valait mieux avoir affaire à la police nationale en ville qu’au bourreau des champs. Mais par contre, un truc qui est assez clair, c’est que Sainte Soline et toutes les manifs bassines, c'était un petit peu inédit pour ses forces de l’ordre. Parce qu’autant elles se sont habituées au maintien de l’ordre en ville, sous préfecture, etc. Autant le maintien d’ordre dans les champs, mais ils ne maîtrisaient pas du tout. Et c’est ce qui fait que toutes les manifs de BNM avant Sainte-Soline 2 ont été des déroutes stratégiques pour les gradés. Ils mettaient en place des dispositifs qu’on contourne, parce que malheureusement chez nous il n’y a plus de haies. Donc on peut vraiment s'étaler, s'étaler, et c'était comme ça que par exemple, Sainte-Soline 1, on a réussi à parvenir à rentrer dans la bassine, à aller voir le chantier, malgré déjà plus de 2000 hommes sur zone et lourdement armés et qui ont fait usage de leurs armes. Et donc, là où Sainte-Soline est un marquant, un tournant dans les modalités du maintien de l’ordre à la française en milieu rural, c’est sur cette stratégie du fortin de dire ben, venez, une fois que vous serez à portée d’armes, on vous tira dessus. Et quand bien même ? La porté des armes maximum avec leur lanceur Cougar, c’est 200 mètres, si tu mets en tendu, tu tires à 300 mètres. Et là, tu fais reculer n’importe qui. Et par contre, il ne faut pas se leurrer, à 300m, il n’y a aucune discrimination dans les tirs. Quand on tire à 300 mètres, déjà, on ne représente absolument pas une menace pour les agents. On ne peut pas parler de légitime défense, c’est de la barbarie. C’est de barbarie institutionnalisée. Et là où Nunez doit balayer complètement, je vais reprendre le terme de cuve a pisse, quand il tient ces propos là, c’est vraiment du ressort de la cuve à pisse j’espère que je vais avoir un nouveau procès. Nunez, je l’ai pas encore dans mon… Bah non, puis c'était encore… Najet fait donc de la tête, genre c' est bon on avait dit qu’on serait sages Comment il peut oser, après que les images de Mediapart et de Libé aient été révélées, comment il peut oser dire que c' est le cas d’individus isolés ? Bah non, ce que ça démontre Ce que démontrent les images piétons, les caméras piétons, c’est qu’en fait ce sont les pratiques largement utilisées et mises en œuvre par les gendarmes français aujourd’hui. Je redis, imaginez si on avait ces images là en Kanaky, dans les quartiers populaires, etc. En plus de tout le mépris qu’on nous affiche parce qu’on est écolo, il y aurait tout le vocabulaire raciste mais de toute façon on ressent dans tous les propos que je passe là, ça suppure évidemment que on a affaire aujourd’hui à des forces de l’ordre qui sont en voie très avancée de fascisation.
Tu as justement une pancarte :mets-leur une GM2L dans la gueule, la GM2-L c’est une grenade qui avait été mise en dotation pour remplacer la Gli F4, celle-là même qui a tué Rémi Fraisse. Tu disais, Michael, que tu ne sais pas trop si c'était un flash-ball ou un LBD, mais que certains t’ont parlé de GM2 L. Est-ce que tu te souviens quand tu as vu arriver ces 20 quads qu’on avait, je crois, jamais vus ? C'était la première fois. Est-ce que tu te souviens de ta sensation quand tu as vu ça arriver ?
En fait, je suis arrivé avec des amis, on a marché deux heures dans le champ. Et oui, je me souviens de très loin de quoi de venir vers nous. Mais après, je ne me souviens plus de rien, quelques minutes. Et pourtant, je suis l’un des derniers arrivés sur le site. J’ai rejoint le cortège et je suis parti. Et puis, je me suis fait canarder tout de suite. Vive l'écologie, au jour d’aujourd’hui je ne regrette rien. Je suis content de connaître plein de gens de l'écologie et tout. Vive la gauche, vive le peuple.
Sur les quad, est-ce qu’il y a des choses à dire, à pointer, à remarquer, parmi vous trois ? Oui, oui, tu étais perturbé par ton commissaire politique qui est venu te voir dire « il faut dire ça, il ne faut pas dire ça ! » Non mais j’ai dit des conneries t'étais sur autre chose, donc on parlait des quoi ? Tu vois ce que c’est ? Qu’est-ce que vous avez ressenti, ou qu’est ce qu’on peut dire de cette irruption quand même très chevaleresque et barbare en même temps ?
On peut comprendre la stratégie qui était en place, c’est-à-dire on va essayer de tester des nouvelles armes et des nouveaux dispositifs et vu que les quartiers maintenant n’arrivent plus trop à le faire parce qu’il nous faut des grands espaces et ça commence à se voir un petit peu, qu’on teste des armes sur les quartier, donc là c'était le dernier joujou à la mode. Comme les marqueurs, les PMC, les produits marquants codés, on t’envoie une substance et puis à la sortie, trois jours après, ils te passent un détecteur et ils arrivent à savoir si tu as été touché par le produit marquant codé. Et donc, forcément, tu étais à un endroit où peut-être que tu fais partie d’un groupe qui cible, qui veut avoir ton identité. Voilà, c’est des tests qui ont été faits ce jour-là.
Mais précisément, puisqu’il y avait du côté des gendarmes annoncés 45 blessés, est-ce que par exemple, il y a des manifestants qui ont été poursuivis, condamnés à votre connaissance pour avoir blessé des gendarmes ? Et est- ce que les PMC par exemple dont tu parlais à l’instant, cette peinture codée là, est- ça a servi d’un point de vue judiciaire ?
Aucun gendarme n’a porté plainte, on a vu aucun gendarme dans un tribunal disant qu’il avait subi une agression quelconque de la part d’un individu. Il y a eu des effets d’annonce de la com, on à vu des camions brûlés, mais quand on voit ce qu’ils ont raconté, qui a brûlé les camions en fait ? On peut même se poser la question quoi a zéro confiance dans ces flics qui disaient des horreurs parmi eux.
Je trouve intéressant, déjà, qu’il n’y ait eu aucune poursuite de leur part. C’est quand même petit aveu, me semble-t-il.
En plus, malgré tous les dispositifs de prise de vue, et d’ailleurs, j’interpelle sur le fait que Mediapart a sorti avec Libé un premier montage autour des violences policières, des tirs tendus, etc. Il y a eu un deuxième montage autour de la bataille de l’image, de la guerre de l’image, et on voit un gradé. En train de briefer ses troupes et dire « aujourd’hui, c’est l’image ! » Alors, vous devez prendre un maximum d’images pour montrer ou tenter de démontrer que la violence viendrait de la partie adverse. En fait, il dit la manipulation. Et si, avec toute cette banque d’image, ils n’ont pas été en mesure de confondre aucun d’entre nous, ben certainement que ça veut dire que le bilan humain côté force de l’ordre, il est aussi à questionner très clairement et dans quelle mesure il n’y a pas de la bobologie. Dans quelle mesure, la moindre entorse ou en fait, on pense aussi qu’il y a un certain nombre de blessures qui sont inhérentes et conséquentes à l’utilisation de leurs propres armes. Par exemple, des acouphènes, etc. Ben ouais, en fait, c’est pas un caillou lancé d’une pâture qui va faire des acouphènes. C’est plutôt tout leur merdier et donc, le fait qu’il n’y ait pas eu de poursuites sur ce volet-là, ben ça doit démontrer qu’en fait, y a pas grand-chose. Et que là aussi les bilans, et là j’en interpelle, et on a trois éminents représentants de la profession de journalistes dans la salle, et vous, vous ne tombez pas dans le panneau, mais très clairement, et ça on le voit, dès qu’il y a la moindre manif, et qu’on annonce des blessés, les autorités viennent annoncer des chiffres équivalents. Et ça, c’est de la manipulation. Et là, il y a vraiment un truc, une bobine à dérouler, c’est une grosse enquête, c´est un gros boulot, c'était certainement très difficile à mener, mais il y a, très clairement un travail de manipulation des chiffres concernant le nombre de blessés au niveau des forces de l’ordre et le type de blessure et la provenance de ces blessures.
On se souvient quelques mois après Sainte-Soline 2 de la diffusion sur France 2 d’un envoyé spécial, d’une reportage embedded côté gendarme, qui avait à la fois été accablant pour son mauvais jeu de mots pour les gendarmes, mais en même temps qui désamorce un peu ce qu’ils avaient fait, puisqu’on voyait un gradé qui semblait dépasser et traiter je ne sais plus ce qu’ils disaient, de cons, des gens, ces hommes, ces gendarmes exactement, en quoi d’attaquer le mauvais cortège, parce qu’il faut rappeler qu’y avait plusieurs cortèges, et donc quand on sortait de ce reportage, il y avait à côté mi-figue, mi-raisin, c’est-à-dire voilà, comment vous vous l’avez pris sur le moment, ce reportage, cette image-là, peut-être toi Antoine ?
Ça a montré une espèce de désorganisation complète de cette stratégie de maintien de l’ordre. Là, c’est des grands mots, parce qu’ils ne maintenaient pas l’ordre, ils protégeaient un cratère. Et donc, ça a montré, je trouve, l’incohérence de la stratégie militaire. Oui, on peut parler de militaire à ce moment-là, c’est un peu ça.
Dans le mi figue mi raisin, en effet, à la fois, quand on le regarde, on dit en fait, c’est des pignoufs, ils sont juste incompétents. Et du coup, ça crée un effet déculpabilisant. Quasiment on a l’impression d’avoir affaire aux gendarmes de Saint-Tropez. Sauf qu’en fait, ce n'était pas loin d'être digne des Waffen-SS et des méthodes les plus dégueulasses qu’ils soient. Donc en fait ce n’est pas drôle. Et ça a créé cet effet-là. Presque le lieutenant ça déculpabilise de toute responsabilité. Sauf celui qui a fait le choix de mettre en place cet armement-là ? Qui a fait le choix ? Parce que pour revenir sur les quad, ça n’existait pas. Ça veut dire que spécialement pour Sainte-Soline à Saint-Astier, qui est le lieu de formation des gardes mobiles en Dordogne, on a recruté, on a acheté des quad et on a mis en place des procédures d’entraînement dont Sainte-Soline allait être le théâtre des opérations. Notre camarade parlait, on a vraiment le sentiment d'être des rats de laboratoire dans ces moments-là, quels que soient les risques que ça nous fait prendre. Et moi, je vais le redire, je n'étais pas présent le jour de la manif de Sainte-Soline, je n'étais pas sur le théâtre des opérations parce que j'étais depuis une semaine touché par une interdiction de territoire, et si je franchissais la limite, en fait, mon sursis, il y avait de fortes chances, comme je retrouve derrière les barreaux ou avec une entrave forte de mes libertés, etc. Et donc, j’ai vu tout ça à distance. Et là où j’ai compris qu’on allait franchir un cap et on allait certainement, comme l’avait dit Darmanin, pour le coup, avoir à voir des images très dures. C’est quand on a vu ces quads.
Entrez, entrez ce n’est pas grave si ça grince, c’est au poste, allez-y, rentrez. Ben oui, ben entrez donc ! Très bien, très bien, donc l’Office national des forêts grolandaises vient d’arriver avec nous, alors il faudrait trouver un peu de place à Benoît. Nous sommes très honorés que l’ONF Grolandaise soit avec nous. Benoît, tu es là parce que tu veux participer à la non-fête les trois ans et tu viens présenter ton film Animal Totem.
Tout à fait, tout à l’heure, à 20h30, voilà. Ben non, je suis là parce que je me sens solidaire du combat qui a eu lieu ici. Je suis venu avec mon fils qui était sur place, d’ailleurs, à ce moment-là.
Le beau jeune homme, c’est ton fiston ! Eh bien, bien, c’est bien !
Mais franchement ça m’avait beaucoup touché, puis il se trouve qu’en même temps que tout ça, dans mon coin en Charente, on menait un autre combat contre une usine d’enrobé chimique qui devait s’installer. Et donc on a manifesté, on a fait un collectif, et tout ce combat-là m’a amené à faire un film, parce que je pensais que notre combat allait foirer comme d’habitude. Que ça allait être un combat perdant-perdant. Donc je me suis dit bon, tant pis, je vais essayer de faire un film là-dessus, au moins je me vengerai avec ce film, même si on perd le combat. Il se trouve que de façon miraculeuse, l’usine ne s’est pas faite, ils ont reculé, mais le film a existé quand même, donc ça sera quand même pour vous un cadeau que je vous fais, une vengeance que je vais vous offrir sur un plateau.
Impeccable, impeccable. Merci, merci beaucoup, on peut l’applaudir quand même. Non, le tchat applaudit beaucoup Michael, parle de grand homme à propos de toi Michael tu as du soutien de partout en France, notamment de Bretagne je vois, etc. Voilà, le tchat est là, et à fond pour toi. Est-ce que tu veux nous parler un petit peu du film de ce soir ?
— Eh oui, mais je veux pas trop le spoiler, quoi. Mais… Est-ce que… Tu l’as vu, par exemple ? — Moi, je l’ai vu. — Ah, tu l’as vu, toi ? — Moi je l’ai vu… — C’est vrai que bon… Ça va, c’est un… — Ah c' est bon ? — C' est bon. — Ah non, non, c' est… — Non mais c'… C' est jouissif, quoi… — On n' a jamais fait ça, mais c' est bien fait. — c' est jouissif, quoi !
Ah ouais, c’est bien fait le l’appel à…comment on appelle ça ? À l’accomplissement ?
Non, mais c’est à la fois un ode à la nature, c'était quand même le principal de tout ce qu’on est en train de faire en ce moment. Une ode à la beauté de la nature et à la biodiversité, voilà. Donc, mais effectivement, j’en suis arrivé à des moyens, à la fin du film, un peu radicaux, mais bon.
Ça démarre juste à Beauvais, l’aéroport de Beauvais et il y a un acteur…
C’est Samir Guesmi qui est extraordinaire dans le rôle, qui est un peu, on ne sait pas trop, il est très mystérieux, c’est le personnage longiligne, en costard, qui se balade avec sa valise à roulettes, qui sillonne les champs et les routes, et tout ça d’ailleurs permet d’avoir un petit compte rendu, un petit état des lieux de la campagne en ce moment, sociétal en tout cas. Et puis au fur et à mesure de ces rencontres, on se rend compte qu’il n’est pas non plus aussi manager qu’il ne le paraît esthétiquement. Et puis, peu à peu, il y a ses convictions qui transparaissent, mais en tout cas, il a surtout son amour de la nature, puisqu’il se met à discuter aussi bien avec les hommes, qu’avec les animaux, qu' avec les plantes, qu’avec le ciel, etc. Donc on se dit qu' il est quand même un peu perché, si je puis dire.
Et est-ce que le film a marché ?
— Bah il a marché… Il n’a pas marché dans le sens où… — Non mais on s’en fout ! — Non, mais il a marché comme les premiers films qu’on faisait avec Gustave. — Ouais. — C’est-à-dire que quand on n’a pas des acteurs connus dans un film, voilà, enfin, c’est pas… J’ai fait aucune télé, j’avais deux salles dans Paris, donc marché, ça devient compliqué, quoi. — Ouais, ouais. — Mais puis c'était un tout petit budget. Mais bon, moi, dans ma tête, il a marché en tout cas.
Ben c’est ça. Non mais parce que je voulais juste te parler de… Oui, on sent que c'était un film qui n’est pas fait avec un grand budget et on sent aussi que c’est un film très libre. Il y a un lien entre les deux ou pas ? Par rapport au cinéma, par rapport à la fiction ? Ah ben oui parce que, vas-y, c’est le moment de balancer. Toi qui n’as pas fait de télé, vas-y !
Pour le coup, ouais, c'était étonnant, parce que je ne vais pas spoiler, mais il y a une scène qui est un peu, disons, extrême dans le film. Mais que pour moi, enfin, je voulais absolument cette scène-là, parce qu’elle, pour moi elle symbolise vraiment tellement ce que je voulais dire sur ce que certains ont dans la tête et que je voulais jeter à la fin du film. Enfin, tu me comprends, toi ? Oui, oui, bien sûr, qu' un portefeuille ne suffirait pas, enfin un porte-feuille, ça aurait été un peu mesquin, minable, le jeter simplement pour dire que l’argent c’est dégueulasse. Non, c'était pas l’argent qui est dégueulasse, c’est ce qu’il y a dans la tête de certains qui est dégueulasse. Oh pardon, voilà.
Ben voilà, voilà qu’il t’appelle ! Monsieur Bolloré t’appelle !
Il y a peut-être une sonnette en bas parce que j’ai une amie journaliste avec qui j’avais dit que je venais ici direct et peut-être qu’elle est dehors ?
Allez, le service d’accueil de Bassines -Non-Merci va s’en charger tout de suite.
C’est jamais parce qu’il y en a de terres sauvages et qui est anciennement de Caussades, donc c’est quand même quelqu’un de bien. Mais qu’est-ce que j’allais dire ? — L’argent, c'était… — Ah, l’argent ! Bah oui, donc effectivement… Oui, j’ai eu un souci avec cette scène en question, je voulais pas l’enlever, et du coup j’ai pas eu d’aide, le CNC m’a dit, en gros, vous n’aurez pas à l’avant ce recette à cause de ça. — Carrément. — Ah oui, mais c’est écrit noir sur blanc. — C’est écrit noir sur blanc. — Écrit noirs sur blanc… — Oui, on commence, on est dans un film de Kaurismaki, pourquoi aller vers… Donc pas d’avance sur recette, c’est un peu chiant. Et puis ensuite, toutes les chaînes ont dit non, quoi. Et alors, ce qui est bien, c’est que… Enfin, vous verrez, c’est pour ça que j’suis trop content de le montrer ici. Et puis aussi, là, j’vais faire des projections en plein air un peu pendant l'été. Je suis trop content, parce qu’il se trouve que je voulais, pour ce film qui magnifiait la nature et les campagnes de Picardie, où je suis né, du coup je voulais vraiment le faire en cinémascope, et puis on a fait des essais en cinémascope, et j'étais déçu par ces essais-là, j’ai dit au gars du labo, je voyais ça plus important le cinémascope, plus étonnant, plus ample encore, il me dit, ah bah oui, mais il y a bien la zone de sécurité sur la droite et la gauche de l’image, mais ça les télés n’en veulent pas, donc ça n’a jamais été utilisé. — Ça tombe bien, ils veulent pas de mon film non plus, quoi. — Donc t’as élargi. — Donc j’ai pu avoir cette image magnifique.
Ah, c’est ça le côté Sergio Leone du film. Ah ouais, parce que la dernière fois que j’avais vu ça, c'était Il était une fois dans l’Ouest.
Même Sergio Leone, c'était moins que ça en termes de largeur. Voilà qui est un bon appel. Ce n’est pas le plus grand film mais c’est le plus large.
Elle est bonne, elle est très bonne, mais juste pour, donc le film s’intitule Animal Totem, et s’il y a des gens dans le tchat, parce que ça a l’air d'être le cas, qui ont envie de t’inviter cet été à faire des projections
Pour des projections en plein air, j’ai le plaisir.
En plein air, comment on te contacte ? Comment ça se passe ?
Ben en fait, il y a un distributeur qui s’appelle Ad Vitam, mais puis eux ils sont toujours assez partants. Et ben là, là je suis vraiment content parce que je vais faire la grande projection que je voulais faire sur, là en Charente, sur le lieu où aurait dû se faire l’usine. Donc on va faire une grande projection en plein air sur les décombres de cette usine. On est vraiment heureux de le faire. Et puis sinon, aussi dans l’Aveyron, dans un village où il y a un journal que vous connaissez peut-être, mais qui est absolument génial, s’appellent L’Empaillé.
Oui L’Empaillé.
Donc avec eux, on va faire une grande projection là-bas.
Vas-y Julien. Oui, je voulais vraiment vous remercier tous et toutes, autant que vous êtes là, d’avoir répondu positivement à cette invitation des trois ans de Sainte-Soline et spécifiquement Benoît. Alors moi, il se trouve que le film, je l’ai pas vu, et puis je tiens vraiment à faire ce cadeau ce soir, mais j’ai eu connaissance de ton film de manière un peu folle, c'était un lendemain de procès avec la caboche, et Animal Totem, 10 décembre. Animal totem, nous, ça résonne très fort. Toutes nos manifs, on se bat pour l’humanité, on se bat pour l’eau, on se bat pour l´ensemble des vivants. Et c’est pour ça que tous nos manif, il y a toujours un animal totem en tête. À Sainte-Soline, c'était l’outre de Cane-Peutière. On a été jusqu'à Paris avec une loutre géante transportée sur un tracteur. En fait, on se bat pour l’ensemble du vivant. Et rien que le titre, c´était une bonne raison de t’inviter. Alors moi il se trouve, c’est un peu plus, mais on a un point commun avec Benoît, on est nés dans la même Picardie, moi je suis né à Beauvais, et le 10 décembre. Alors, forcément, j’ai vu ça et je me suis dit, bon, moi, je kiffe ce bonhomme depuis que je suis acro à Groland, tout ça, Michael Kell, bien sûr, mais je kiffe tout ce que vous avez fait avec Gustave, voilà, au niveau ciné, ça n’a rien à voir, c’est profond, Groland c'était profond à un autre niveau, Et là, je me suis dit, allez, Banco. Et puis il se trouve qu’on a quelques connaissances communes et dans la journée, j’avais le mail et le lendemain, Benoît disait « Banco, je suis à 70 bornes d’ici, je viens » et vraiment un grand, grand merci. Je suis trop content d'être là. On est ravis. Et ce remerciement, il s’adresse vraiment à toutes celles et ceux qui vont faire le voyage pour nous rejoindre. Évidemment, c’est le moment brosse à leur reluire, mais ça ne fait pas de mal. Antoine, il a couvert la première manif qu’on a fait avec les Soulèvements de la Terre quand on a attaqué le chantier de Mauzé-sur-le-Mignon, en septembre 2021 et qu’on part avec les camarades de Saint-Colomban en tracteur, les mêmes paysans qui avaient lutté contre Notre-Dame-des-Landes et qu’Antoine, il fait tout le voyage avec nous et jusqu'à la fête, après avoir gagné la victoire, stoppé le chantier, etc. Une scène un peu mythique que je vais rester, voilà qui m’appartient. Mais c’est fort et vous êtes à votre place. Et David, je n’oublierai pas non plus, de Sainte-Soline. Quand on t’a fait signe, on se dit qu’on a besoin d’un coup de main aussi pour animer tout ça. Et t’as répondu présent. Et puis, ce week-end, il y aura Benoît Biteau qui sera là, qui a toujours été présent dans la lutte. Il y a Clémence Guette qui fait un gros gros boulot niveau parlementaire pour que les bassines s’arrêtent, pour qu’il y ait des moratoires, etc. Voilà, là, je parle un petit peu des personnes, des célébrités du mouvement qui accompagnent les soutiens. C’est important. Votre image et votre investissement donnent de la visibilité à la lutte. Et ce n’est pas de la pub.. Vous n'êtes pas en train de faire une opération de com, vous n’avez rien à gagner à venir aujourd’hui, juste vos convictions et dire que vous êtes à nos côtés, ça nous touche très fort. Voilà, donc un grand, grand merci d’avoir fait le voyage.
C’est emmerdant comment tu reprendrais Antoine ou Michaël…
Alors déjà moi je voudrais rebondir sur ce que tu disais Benoît, on ne perd pas à tous les coups, tu vois quand même souvent on gagne, là on peut dire qu’il y a quand même eu des belles victoires en ce moment du côté de Paris sur le canal Seine en tout cas dans un premier temps sur Green Dock qui a été enfin le chantier semble-t-il va pas se faire parce que semble-t-il le maire va refuser le le permis de construire donc on gagne, bon voilà il y a les quand même ces méga bassines qui sont pour l’instant toujours illégales, donc voilà, elles sont vides en ce moment. Et c’est des combats qu’on mène durement, mais qui quand même amènent à victoire. Donc c' est pas miraculeux, c' est parce qu' il y a des gens sur le terrain qui vont…
Non mais c’est vrai, enfin je rebondis là-dessus, c' est que généralement ces gens-là font des projets souvent en pleine cambrousse, en se disant de toute façon ça va passer et personne va se rebeller. Mais dès qu’il y a un début de rébellion un peu sérieux, là ça commence à changer la donne et ça fait capoter pas mal de projets d’ailleurs, bien sûr, heureusement.
C’est pour ça qu’on est contents d'être là et moi j’ai suivi effectivement beaucoup de ces luttes, Depuis Saint-Colomban, là j'étais à Saint-Colomban il y a trois jours pour faire ce spectacle qui s’appelle donc le silence des pantoufles, pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles et on a repassé des sons justement des manifs contre, là c’est les carrières de sable qui détruisent le territoire de Saint-Colomban donc il y à une des carrière qui a été, qui a stoppé, un moment qui a stoppé son projet d’agrandissement etc. Donc on gagne des luttes et c' est pour ça qu' il ne faut pas baisser les bras, il faut y croire même là, effectivement. La répression policière est de plus en plus forte, violente, etc., mais bon, il faut prendre ça en compte, mais continuer à lutter chacun à son niveau, on n’est pas obligé d’aller au front, on peut préparer la cantine, préparer les cookies pour ceux qui iront en première ligne.
Alors, on va faire le deuxième plateau dans quelques instants pour parler de l’eau, des bassines, des combats justement victorieux et puis des menaces qui courent encore. Antoine, puisque tu as le micro, est-ce que tu peux dire en deux mots de quoi il s’agit concernant votre spectacle ?
Alors avec Cécile Jarsaillon, on a mis en place, moi je me suis fait virer de Radio France, donc de France Inter.
Si vous voulez en dire deux mots.
Voilà avec Cécile on a inauguré une nouvelle façon de faire de la radio, c’est de la radio sonique, donc on est sur scène et on fait des radios de proximité. Moi c'était un peu ce que je faisais à l'émission La Bas j’y suis, j’ai été metteur en onde pendant plusieurs années avec Mermet sur, bon c'étaient plutôt les luttes sociales même si on a ouvert un front sur les luttes environnementales on était à Notre-Dame-des-Landes etc, mais on a décidé de faire maintenant de la radio sur scène et de présenter toutes ces archives de lutte que j’ai emmagasinées sur le terrain et des archives aussi qu’on va chercher dans les médias. Donc raconter une histoire de ce qui est en train de se passer aujourd’hui et on démarre effectivement au moment de la dissolution de Macron et ce qui en train nous arrive aujourd’hui. Vraiment, il y a une scène qui s’appelle Macron ascenseur pour les fachos sur un air de Miles Davis. Je me suis remis à la trompette, même si j’ai pas. -C’est validé à ta droite, si je puis dire ! Voilà, donc avec Cécile qui fait de la musique depuis longtemps et qui a tout un bestiaire d’instruments, de noises. On documente, enfin voilà, c’est comme un journal sonore radio-sonique quoi !
Voilà, c’est aussi spectaculaire parce qu’on fait du live, mais c'était aussi surtout à écouter, quoi. Mais c'était dire, il y a quoi sur scène ? Il y a plein d’instruments qui ont été bricolés avec un luthier expérimental. Donc c' est assez spectaculaire parce que ces instruments sont hyper étranges. Et puis à écouter parce que c’est des sons qu' on n' a pas l’habitude d’entendre et avec les archives. Donc, et puis aussi, on parle de nos peurs, de nos résistances, c’est quelque chose d’assez intime aussi. Antoine parle de son histoire, de sa mère, surtout qu’elle a vécu Guernica. Bref, en fait, on parle du bégaiement de l’histoire, surtout.
Est-ce que vous parlez de son grand-père ?
Bien sûr, on parle de Thomas Ortega, qui s’est battu contre le franquisme à son époque. En 36. Et on a la façon de reprendre un flambeau.
Aujourd’hui quoi, c’est ça, et qui, tu peux peut-être t’en raconter un petit peu, qui, donc ton grand-père…
Thomas s’est battu mais lui il ne voulait pas porter d’armes, donc ses armes c'était les transmissions. Donc voilà, il était commandant des transmissions de l’armée républicaine du nord de l’Espagne et il s’est battu jusqu’au dernier jour à Valencia où il a réussi à partir dans un dernier bateau. Ironie du sort, c’est parce qu’il était condamné à mort sur les ondes de Radio Séville, par le général Kei Popayan qui a dit… Et cet évader de Nord, qui est bien sûr, comme Ozayama, dont on connaît bien le nom, qui se prépare, il va payer de sa tête, donc son engagement dans démonter les centrales téléphoniques, etc. Donc voilà, nous, on porte ça dans notre famille, avec mon frère Manu, on a porté tout ça. Et on a démarré ce groupe que tu connais bien, David, Mano Negra, avec quand même le tableau de Guernica, pas le vrai, mais l’autre. Dans le local de répétition quoi et dans la salle à manger de la maison familiale donc on porte tout ça et aujourd’hui on raconte ça alors on racontait effectivement le silence des pantoufles qui est comme un journal “radiosonique” et un spectacle qu’on va jouer demain qui est plus une l’histoire familiale voilà des Ortega Chao etc quoi jusqu'à aujourd’hui.
Et le silence des pantoufles, c’est des saisons parce qu’on se rend bien compte que l’actualité nous rattrape, donc on remet à jour à chaque fois.
Donc là, on est au deuxième tour des municipales, après la dissolution, c’est la saison 2, les municipales. Et on fera une saison 3, la présidentielle, et après on passera à autre chose.
C’est un acquis, quoi ! Alors, c’est ça la question de l’autre côté des Pyrénées, peut-être. Bon, tu connais le chemin, bon, je t’appellerai alors. Je propose qu' Anne Morwen nous rejoigne pour le deuxième plateau. Michael, est-ce que tu veux dire autre chose ?
Je voulais dire merci beaucoup de m’avoir invité, je remercie Julien aussi pour les 4 jours d'être ici à Sainte-Soline et No bassaran merci beaucoup.
Merci à toi surtout, merci beaucoup. Benoît, tu es le bienvenu pour rester avec nous, mais si tu veux vaquer à tes occupations parce que la presse t’attend visiblement, jusqu’ici c'était un bonheur de te voir là au débotté. Les femmes ont pris le canapé, les femmes ont enfin pris le pouvoir, Julien Leguet comme d’habitude, il me fait le coup à chaque fois, il se barre, là il revient à l’instant mais Il a envie de pleurer. La première fois que je parle de plateau, c’est d’abord de parler des menaces persistantes autour de la bataille de l’eau, et puis après des avancées obtenues grâce à la mobilisation. C’est-à-dire que pour une fois, auposte finit en happy end, avec les bonnes nouvelles. Voilà, mais là on va quand même passer par les menaces, alors déjà concrètement, il y a des dérogations concernant certains projets des bassines, c’est ça, qui pourraient relancer des projets.
Oui, ben là, c’est le projet dans le 79 que ça concerne, surtout, oui. Les 4 bassines qui ont été déclarées illégales, dont celle de Sainte-Soline, qui est la seule construite, les 3 autres, c’est les projets. C'était justement parce qu’ils n’avaient pas respecté la protection de l’outarde. Et donc, il y a une demande de dérogation espèce protégée qui est en cours, qui n’est toujours pas obtenue. Donc c' est pour ça que Sainte-Soline est vide cet hiver.
J’ai oublié de te présenter complètement, même si tu es déjà venu au poste et qu’on se souvient de toi. Anne Morwen, c’est ça, Pastier, chercheuse en sciences de la Terre, et tu étais hier à Poitiers. Alors avant de reprendre la discussion sur les menaces, peux-tu nous raconter ce qui s’est passé à Poitiers ? Parce que je pense que ça fait partie des menaces finalement.
Ah bah c’est un peu la toute dernière actualité, même je dirais, parce que c'était hier soir donc.
Ah bah c’est au poste ! Petits moyens mais grosse actu quoi !
Donc oui, hier à Poitiers, on a fait une méga-boum comme dans plusieurs endroits en France. Et il y avait une contre-mobilisation, un appel de la CR, donc la coordination rurale du 86, à venir se rassembler au même endroit à la même heure que nous. Ils ont déjà fait ça à Poitiers, il y a 6 mois, on avait fait une grande chasse aux bassines pour Halloween et ils avaient déjà appelé à une contre manif. Mais c'était resté calme, tout le monde de son côté, on va dire, quoi. Bon, bah cette fois, ils ont cherché à nous rejoindre et ils ont apparemment, on n’a pas vu ce passage-là où ils ont joué au chat et à la souris avec les flics. Et les flics, ils n’ont pas trop pourchassé non plus, il ne faut pas, voilà. Et ils ont fini par nous rejoindre. Alors, on s’est pris des œufs, enfin, le cortège s'était pris des œufs. Des œufs jetés, pas en cloche, plutôt en tir tendu, on va dire, quoi. Ah oui, donc destiné à faire mal quoi. Voilà, moi j’en ai pris deux, j’ai bien senti la colère qu’ils ont mis dedans quoi. Voilà, c'était pas seulement un geste, comment on pourrait dire, burlesque quoi.
Et oui, parce que ça, c’est vachement important parce que quand on a fait le voyage de Niort à Melle tout à l’heure, tu me racontais, vous me racontiez que en fait la coordination rurale, donc syndicat d’extrême droite agricole, vient jusqu’ici, peut-être que Julien pourrait en parler à Melle, pour vous empêcher de vous exprimer. C’est-à-dire que là, on est quand même dans quelque chose qui n’est pas de l’ordre du folklore. Ce n’est pas du folklore, c’est un affrontement.
Oui et puis aussi, déjà il y a eu fin janvier, on avait organisé avec BNM 17, donc de la Charente-Maritime, une réunion publique à Saint-Jean d’Angély et déjà on avait déjà eu des œufs à la fin de cette réunion public, ils avaient déjà essayé de nous empêcher de tenir cette réunion publique, donc il y à vraiment, on va dire en tout cas au moins un noyau, qui essaye vraiment concrètement maintenant de nous empêcher, mais même juste d’informer les gens et en ce qui nous concerne, hier à Poitiers, il n’y avait pas grand monde, l’appel n’a pas été très suivi, par contre il y avait des gens de la CR Charente, Charentes Maritimes, Vendée et Coordination Rurale, Vienne, Deux Sèvres, voilà, ce qui est rassurant c’est que ça faisait une trentaine de personnes, Pas plus, quoi. Par contre, c’est la trentaine qui fait partie de ce noyau qui est fasciste ? Oui, voilà !
Alors je sais pas si tu l’as fait exprès de ne pas le dire dans le micro. Fasciste. Voilà. Le confort des auditeurs et des auditrices, c’est Antoine Chao pourra te le dire, c’est la base.
Voilà, on sent que là ils veulent nous défoncer physiquement, quoi, pour le dire clairement.
Et ça, moi, sincèrement, je l’ai appris aujourd’hui. C’est-à-dire que je ne pensais pas que la coordination rurale faisait des contre-manifestations de ce type-là.
Je pense qu’il faut expliquer un petit peu ce qu’est cette coordination rurale. À la base, c’est un mouvement qui naît en 92 et qui naît en opposition au projet de réforme de la politique agricole commune. On ne va pas rentrer dans ce détail-là, mais il se passe vraiment quelque chose à ce moment-là qui fait qu’un peu partout en France, il y a des coordinations agricoles qui se mettent en place dans certains départements, la Confédération Paysanne, qui est très clairement le. syndicat agricole qui s’oppose à nos côtés au projet de méga bassines.
Vas-y.
Au projet de méga bassine, ben, pense que c’est utile de contrecarrer cette politique agricole commune. Donc, ce qui devait être une alliance de circonstances, c'était maintenu, avec, pour le coup, ce qu’il fait que dans un premier temps, il y a eu des vraies différences d’un département à l’autre, de qui faisait vivre ces coordinations rurales, avec notamment dans le sud-ouest et dans le Lot et Garonne, la frange la plus extrémiste, très proche de l’extrême-droite, même d’extrême-droites. Je parlais de Serge Bousquet-Cassagne et de Patrick Franken qui sont ceux qui ont fait la promotion du lac de Caussades. Là encore, un gros dossier où l'État complètement défaillant laisse faire un barrage illégal pour faire du maïs. C’est une méga-bassine dans le fond d’une vallée. Pour rappel, le fils de Bousquet-Cassagne se présente avec une étiquette RN ou conseil régional, etc. Il n’y a pas d’ambiguïté, il assume très bien ses proximités. Et d’abord, un jeu comme ça, plutôt sur la Vienne, C'était pas cette frange-là ! C'était plutôt la frange, on va dire, relativement tempérée de la coordination rurale. Et en fait, aux dernières élections, au renouvellement du Bureau de la Coordination Rurale, c’est la frange la plus extrémiste qui a pris le pouvoir, avec le président Vento, qui n’est pas très loin d’ici, qui est de la Haute-Vienne, qui dès sa première déclaration sur le plateau, déclare qu’il veut faire la peau aux écolos. C’est clairement un appel au meurtre, et d’ailleurs ça fait l’objet de poursuites, les écolo ont porté plainte, etc. Et le même Vento qui se permet de s’immiscer à la dernière salle générale de la coordination rurale 79, qui ne peut pas venir physiquement, mais qui fait passer une vidéo pour inviter ses camarades à se mobiliser pour les trois ans de Sainte-Soline pour venir cette fois-ci titiller les écolos. On n’a aucun doute que derrière ce terme titiller, c’est un doux euphémisme pour dire… Menacés, agressés, chassés et très clairement Mel et la région de Sainte Soline est peut-être un des endroits où les tensions sont les plus fortes. Melle a eu à subir le 17 décembre un assaut, comme on n’avait jamais vu et assez inédit dans l’histoire des mouvements agricoles, de 70 tracteurs qui arrivent en plein centre-ville sous l'œil complice et avec le passe droit, avec le feu vert du préfet pour venir déverser 70 bennes de déchets divers et variés, dont de l’amiante. Ils ont été assez débiles pour poser de l’amiante devant l'école maternelle. Tu vois, le niveau des zozos, quoi. Et ce qui est assez gravissime dans cette histoire qui s’est passée à Melle, c’est que d’une part, c'était l’inaction totale des forces de l’ordre. On a fait toute la première partie, et on voit à quel point nous qui défendons un intérêt commun, qui n’avons pas d’intérêt privé là-dedans, etc., ce qu’on a à subir. Et quand un organisme syndical fait une déclaration aux préfectures qui annonce qu’ils vont cibler la mairie, la députation, le siège de la députation, la com-com, etc. C’est « allez-y les gars » et quand ils débarquent, l’attitude des forces de l’ordre, c’est de laisser faire, même pas une photo. Tous les tracteurs ont leur plaque d’immatriculation qui est masquée. Ils ne font même pas l’investigation minimum pour faire les constats, pour ensuite trouver les responsabilités. Et ça c’est gravissime, et pour moi c'était ça le fascisme. Des gens d’extrême droite prennent la confiance et prennent les rues et font de l’intimidation avec la complicité des autorités. Ça fait naître un sentiment d’immunité qui, à terme, peut vraiment générer des comportements extrêmement accidentogènes. Hier, c’est Anne Maude qui se prend un œuf dans la gueule, mais ce sera quoi la prochaine fois ? Si tous ces éléments-là, qui sont de l’ordre de l’attaque vis-à-vis des personnes physiques, sont traités de la sorte par les différents préfets, évidemment, il ne faut pas s'étonner si ça s’embrase. Et puis, on a beau être de joyeux écologistes et plutôt très respectueux de la vie, etc. À un moment, quand on s’attaque à nos proches, quand aujourd’hui on est obligé de parler d’autodéfense. Face à un État qui est défaillant à tous les niveaux, d’abord sur la politique de l’eau, sur la politique agricole, et à terme, qui assure même pas l’ADN de ce qu’est le maintien de l’ordre, je veux bien rétropédaler, à Sainte-Soline, il n’est même pas question de protection des biens. Un des trucs qui m’a le plus choqué dans les déclarations de Darmanin quand il passe devant la commission des lois, c’est qu’il assume très bien de mettre sur un niveau d'égalité la priorité de la préservation des biens avec la priorité de la préservation de personnes. Et en fait à Saint Soline, ça tient même pas. Il n’y a pas de protection des biens, il y a un trou vide. Le seul bien matériel, c’est les grilles de protection. Donc, si on met 3000 hommes pour protéger de la protection, il y à un truc qui fonctionne pas très bien, quoi. Et c' est ça qui est fortement coupable dans cet épisode de Sainte Soline. Et ouais, moi vraiment, je questionne en profondeur les arbitrages qui sont faits par les préfets à longueur de temps sur notre territoire, parce qu’ils sont évidemment de nature à générer des situations extrêmement périlleuses et pas périlleuses pour eux. Périlleuse pour nous, périlleux pour mon neveu quand il se fait tabasser en rentrant de son jogging par deux bonhommes qui disent il va pas bien à l’anti bassine, c’est bien fait pour lui. Périlleuse pour un camarade comme Patrick Picot, président de Nature Environnement 17 qui voit 50 tracteurs débarquer devant chez lui, il est pas là et sa femme est agressée et son jardin est dégueulassé et encore, on sait rétroactivement que les forces de l’ordre avaient toute connaissance de l´opération et ne bouge pas le petit doigt, c´est gravissime. C’est tout ça qui doit un jour faire l’objet de poursuites et de procédures, on ne peut pas laisser passer ça.
Et même juste pour enfoncer le clou un peu plus loin, c’est même pas qu’ils laissent faire. C’est l’autre jour à Poitiers, il y avait la manif des agriculteurs. Bon, évidemment, par curiosité, c'était juste à côté de moi, donc j’y vais. Il y a plus de 5 ans de tracteurs, des bennes avec du fumier, des pneus, des déchets, à ne plus savoir qu’en faire. Et ils sont escortés. C'était pas qu' on les laisse faire, c’est qu’on leur ouvre la route. Là, ils repartent, ils vont direction de l’OFB. Ils sont escortés, on leur fait la circulation.
L’Office français de la biodiversité, donc un organisme d'État, c’est des fonctionnaires qui escortent des extrémistes de droite pour aller szbeuler un organisme d'État.
C’est vraiment une instrumentalisation de cette fascisation de ce mouvement pour finir de détruire le peu qui est en place pour essayer de mettre des garde-fous dans la gestion de l’eau, en tout cas pour ce qui nous concerne.
Et juste pour rappel, l'État, le même État est capable à l’inverse de déployer des moyens considérables pour surveiller des éco-terroristes. Je mets les guillemets d’usage pour ceux qui sont en audio, bien sûr. Est-ce qu’on peut rappeler en deux secondes et après on reviendra sur l’eau en tant que telle, mais par exemple, sans forcément donner des noms, mais à quoi certains d’entre vous ont pu faire face en termes de surveillance, de caméras, de balises.
Je suis assez à l’aise pour en parler parce que je suis une des cibles principales et à ce titre là alors de mémoire je crois que c'était avant Sainte-Soline 1 on révèle la présence d’une caméra d’un dispositif d’espionnage évalué à près de 40 000 euros et là c’est en dehors des moyens de la coordination rurale quand on a trouvé le dispositif qui était planqué devant chez mon père qui était un des lieux où en effet on se réunissait au titre du collectif on a tout de suite su que c'était de la barbouzerie et que ça venait directement de service de l'État. Par la suite, on a révélé la présence de balises GPS situées sous le camion de mon père qui me transporte parfois sous les gros éco-terroristes, sous les bagnoles de camarades qui prennent place dans la lutte pour mettre en place des cantines militantes. Et en fait, attardons-nous un petit peu sur ce terme écoterrorisme, parce qu’il ne sort pas nulle part et il est loin d'être neutre. Déjà, préciser que la définition de l'écoterroriste, c’est l’inverse. C’est celui qui fait régner un régime de terreur vis-à-vis de l'écologie et de ceux qui la défendent. Donc, s’il y a un écoterroriste en France, c' est Gérald Darmanin le premier, évidemment. Et donc, avec cette bascule sémantique où les antifascistes deviennent fascistes,finalement, les défenseurs de l’environnement deviennent écoterroristes. Waouh ! Et ça passe crème. Et c’est repris dans les médias, c’est même pas critiqué, c’est même pas le temps de la sémantique etc. Et c’est loin d'être anodin, parce que quand nous désignons ainsi, finalement, ça donne l’autorisation au préfet de mettre en place et d’utiliser les dispositifs alloués et qui devraient être consacrés au véritable terrorisme. Et ça aussi, c' est gravissime parce que finalement, ça veut dire que la caméra qui était devant chez mon père, elle n'était pas devant les groupes d’extrême droite qui préparent des attentats. Elle n' était pas devant. Les radicaux islamiques qui peuvent mettre en place des attentats donc ça aussi c’est grandement coupable parce que ça veut dire qu’on met à notre encontre alors qu’en plus ils le savent pertinemment c'était pas du tout nos modalités d’action sur les années 70 actions directes et compagnie je veux bien mais c’est pas du tous du tout du tout moi je vais même pas faire un cocktail Molotov si tu veux C’est ce qu’on m’a dit, il n’y aura pas de cocktail moins top que Julien, il sait pas faire les cocktails. Je suis super nul en terrorisme. Ah bon, alors je rentre alors. J’ai un peu déçu. Je comprends, je comprends. Mais derrière la blague, c’est…
Et derrière la blague, je voulais te poser la question ou vous poser la question, ça peut être aussi d’autres personnes dans le public s’ils veulent. J’avais entendu dire qu’il y a eu un problème de recrutement de nouveaux militants, que, en gros, la campagne de répression qui s’abattait sur vous avait quand même dissuadé. Est-ce que c’est exact ou pas ?
Ben ouais, moi je dirais plutôt non en fait, parce que même juste après Sainte-Soline 2, on a fait le convoi de l’eau dans l'été, à Poitiers on a la descente et au contraire ça a même mobilisé des gens, non plutôt.
Donc la politique de la peur menée par le gouvernement, par l'État en ce qui vous concerne.
On va pas cacher qu’il y a une partie des gens qui ne veut plus aller en manifestation depuis, il faut le dire. Mais je trouve qu’y en a pas mal qui ont trouvé aussi d’autres formes de mobilisation, d’aller rejoindre les cantines. Dans le 86, on a une légal team qui s’est montée par exemple, c’est entre autres des gens qui veulent plus aller dans la manifestation mais qui ont envie de continuer à soutenir. Et même pas que soutenir, parce que soutien, ça fait un peu de loin en fait. Mais non, ce sont des gens qui sont dans nos luttes et qui ne vont pas prendre le risque de se prendre un coup des flics ou des gaz ou quoi, mais qui sont des parties prenantes dans les luttes autant que les gens qui y vont en manif.
En tout cas, rétroactivement, on voit bien ce qui était recherché le jour de Sainte Soline. C'était créer un effet Blast qui, en effet, nous rend tous et toutes impuissants. Et sur le mouvement anti-bassine, ça a créé l’inverse. Je rappelle que, comme l’a dit Anne, juste après, quelques semaines, quelques mois après, on part dans cette folle aventure de se dire on va aller en vélo à 800 pour assiéger l’Agence de l’eau à Orléans qui est le lieu où tout se décide, puisque c’est 50 % des projets de bassine, des financements publics qui se sont alloués à l’Agence de l’eau et que c'était pas possible pour nous que cet organisme qui devrait concrètement aider aux collectivités à améliorer la situation de l’eau potable sur leur territoire, les stations d'épuration, etc. C’est pas possible que l’argent soit détourné. En pleine canicule, il y a 800 personnes qui disent Banco, on y va, on n’y croit, on a confiance les uns les autres et ça va même jusqu'à Paris. Le périple est fini au pied de la Tour Eiffel et là on szbeule complètement la Brav M qui n'était pas habituée à s’en prendre à des cortèges de vélos déterminés, malins, etc. Donc ça n’a clairement pas tué le mouvement et je rappelle que l’année d’après on a mis en place ce village de l’eau qui a regroupé sur cinq jours 45 000 personnes qu’on a menées en fin de ce village de l’eau qui se passait sur une semaine. Deux actions très riches de sens dans la région de Poitrine, dans la région de Poitiers qui visait Terrena, qui est un des organismes, qui est une des chevilles ouvrières du système bassine, très clairement, et on avait également dit notre intention d’aller bloquer le port de la Rochelle, et le simple fait d’annoncer qu’on allait bloquer le port, à bloquer la Rochelle, et donc tout l’inverse, en effet, ça n’enlève rien sur le fait qu’il y a plein de gens qui sont traumatisés mais qui ont appris, et là on le dit bien, haut et fort. Il n’y a pas une manière de lutter plus vertueuse, il n' y a pas plus de courage à faire face aux flics, qu'à aller faire à manger pour tout le monde, c’est l’ensemble. Et donc si, et à juste titre, si on ne veut pas être exposé aux violences policières, il y a d’autres manières de participer à ce mouvement-là. Par contre, il y a quand même un truc, et ça, j’en prends finalement conscience assez récemment. Il faut se rappeler que quand Sainte-Soline a lieu, on est au paroxysme de la lutte par rapport aux retraites. On est en plein de 49.3 ! La France bouge de partout et on a un gouvernement qui est déstabilisé. Et en fait, quand même rétroactivement, je me dis si à Sainte Soline ils n’ont pas tué le mouvement sur l’eau, ils ont tué le mouvement pour les retraites parce qu'à Sainte-Soline, il y avait aussi beaucoup de gens qui constituent les têtes de cortège dans tous les cortèges de France et qui ont pris très, très cher à Sainte Soline et qui on eu beaucoup de mal les jours suivants à se remobiliser. Donc voilà, il ne faut pas oublier ça. Il ne faut plus oublier ça non plus parce que notre mouvement, depuis le début, est vraiment un mouvement composite. Et c’est trop facile de nous cornériser à dire que c'était les écolos contre les agriculteurs. Déjà, j’ai dit tout à l’heure la part très importante que la Confédération paysanne joue depuis le début dans cette lutte. Mais ce n’est pas que la Confédération Paysanne. C’est aussi plein de paysans qui sont encartés à rien. Le MODEF qui est le syndicat agricole, qui émane du Parti communiste et qui pèse quelques pourcents, est aussi dans la bataille. Évidemment que par rapport à un ADN communisant, cette captation et cette privatisation de l’eau, c’est no way. Et puis surtout, j’ai envie de parler de tous les camarades syndiqués et de Sud Solidaire, de la CGT, de FSU. Là, j’ai reçu une super belle photo dans le cadre du congrès FSU, ils ont fait une superbe belle photo pour dire ni oubli ni pardon, Sainte Soline, etc. Et ça, c’est vachement important. En fait, cette lutte sur les bassines, c’est clairement la lutte de l’ensemble de la société. Face à un gouvernement complice de l’agro-industrie et du fascisme. Je résume et si on va un petit peu dans le détail sur comment c’est possible qu’aujourd’hui, les institutions qui sont censées protéger l’eau, ce qu’on appelle les commissions locales de l’eau, ou les agences de l’eau, etc. Aujourd’hui sont détournées de leur objet premier. Alors, c’est vraiment bon.
Alors, Julien…
Oui, on peut le laisser…
Ah non, pas du tout, on peut le laisser, mais on vient à son secours en ne le laissant pas. Après il se lève, il dit « ouais, j’ai trop parlé, c’est tout un truc, faut aller boire des cocktails Molotov chez lui, c’est compliqué après. » Non, ce que je voulais dire, au contraire, c’est, allons au fond des choses, parce que moi je ne sais pas du tout comment fonctionne l’histoire de la flotte, qui régule comment, etc. Et où est-ce que vous mettez votre combat là-dessus ? Parce que nous entrons dans les détails de ce que tu viens de dénoncer, Julien.
Ouais alors peut-être qu’il faut dresser un petit tableau, alors je vais essayer très très rapidement. Le plus pédagogique possible, mais on est là pour ça. Donc moi je dis souvent, je suis chercheuse dans le cycle de l’eau et en fait la gestion de l’eau c’est pire, c' est plus compliqué quoique la circulation de l’eau souterraine ou je sais pas quoi. C’est vraiment tout est fait pour qu’on n’y comprenne rien. Donc souvent on parle de millefeuille, voilà donc il y a toute une, on va dire, une jolie façade avec les agences de l’eau par bassin versant, donc on gère l’eau naturellement, etc.
L’eau appartient à qui ?
L’eau est un bien commun de la nation, d’après la loi de 2006 je crois, donc l’eau tant qu’elle est dans le milieu naturel, elle n’appartient à personne, et en France on est un des pays où justement l’eau n’est pas privée, n’ait pas une matière économique on va dire, et ce qu’on paye nous c’est le traitement, l’acheminement, les tuyaux, etc. Ce qui est une manière encore plus finaude de nous faire payer à nous sur nos factures d’eau l’ensemble de la dépollution, etc. Ce qui ne se passe pas forcément ailleurs, normalement. Donc voilà, on a cette grande gestion de l’eau, on nous dit oui, c’est par bassin vers cent, ça respecte le cycle naturel de l’eau. On a des clés, donc ça c'était dans les sous-bassins, qui sont les parlements des rivières, Donc on a une partie d'élus, une partie de représentants du monde économique, du monde non-économique, et on nous vante ça comme des espaces démocratiques où tout le monde discute pour se partager l’eau.
Je vais peut-être préciser qu’il y en a 7 en France, 6 comités de bassins.
5 agences de l’eau et puis plein de petites clés à l’intérieur des agences de l' eau. Voilà. Donc on pourrait croire que c’est ces choses-là qui décident. Les clés, il y a des sages, il y a plein de textes, des dashs, des sages des machins, on comprend rien. On ouvre les documents, on ne comprend rien à ce qu’il y a dedans. Voilà. Mais il y a deux biais à ce fonctionnement qui est vanté, mais alors par Macron à l'étranger, par exemple, la gestion de l’eau à la française, c’est comme le maintien de l’ordre.
C’est comme le maintien de l’ordre, le nucléaire, c’est quelque chose qu’on exporte. C'était le génie français, bien sûr !
Mais vraiment c’est quelque chose et puis qu’on vante un peu comme les lumières quoi, on a tout compris quoi. Et donc il y a au moins deux biais dans ce système c' est ça c’est le rapport de Greenpeace démocratie à sec qui est sorti en février l’année dernière qui l’explique mais très très bien. Il y a d’une part que les intérêts privés infiltrent ces parlements de l’eau ces clés donc chez nous bah c'était l’agro-industrie et donc on a non seulement tous les représentants ou pressé de l’eau économique sont des gros irrigants. Et une partie aussi de tous les élus sont des maires qui sont soit irrigants, soit en lien. Nous, on a Jean-Louis Le Deux, qui vient de perdre la mairie de Lusignan aux municipales. C’est la seule, une des rares bonnes nouvelles de la région, qui a une entreprise de drainage. Lui, le drainage et l’irrigation, ça va ensemble. Donc lui, ça l’intéresse de favoriser l’irrigation. Mais il est dans toutes. Les clés, les commissions locales de l’eau, du bassin. Voilà, donc c’est comme ça qu’ils vérolent de l’intérieur en ayant des gens qui sont censés être représentants du peuple parce qu’il sont élus, qui en fait sont représentants d’intérêt privé. Et puis aussi, il y a l’autre, un autre biais, c' est qu’en fait, tout arrive dans les mains du préfet ou de la préfète.
Donc de l'état.
Donc de l'État. Et c’est la DDT la préfecture, qui signe tout au final. Donc il y a deux moyens de réguler, on va dire. C’est qu’il y a des limites de volume autorisé pour l’irrigation, par exploitation, qui sont proposées par des organismes, etc., mais qui passent par la préfecture, qui sont signées par la Préfecture. La Préfecture signe la composition des clés, donc valide les conflits d’intérêt à l’intérieur des clés. Un autre outil, c’est les seuils de gestion, donc on va regarder le niveau des nappes en été, s’il arrive à tel niveau, on va dire qu’on réduit de moitié la consommation. Mais ça, c’est la préfecture qui décide à quel niveau on réduit quoi. Donc au final, concrètement, c’est la Préfecture qui décide. Et tout ça, c'était mon biais scientifique, mais tout ça sans quasiment aucun conseil de personne qui connaît quelque chose.
Et quand il y a des conseils, ils sont rarement suivis.
Oui, parce qu’aussi dans l’Agence de Loire -Bretagne, il y a eu une série d'études qui ont été lancées pour enfin essayer de savoir vraiment combien de mètre cubes on pourrait prendre, quel mois, où. C’est les études HMUC, HMUQ pour les intimes.
Très bien.
HMUC, ça veut dire hydrologie, milieu, usage, climat, donc on fait un peu le bilan de comment ça marche, quels sont les usages, comment ça va évoluer avec le climat et on regarde combien il faudrait prendre deux mètres cubes maximum et ces études elles font des scandales partout, donc dans le bassin du clin vers Poitiers, elle est finie depuis deux ans, bon voilà les recommandations de l'étude elles sont toujours pas passées dans la législation. La clé a eu un mal fou à en faire passer une partie, et puis quand ça a failli enfin passer, le préfet a interdit la clé.
Alors, il y a les intérêts bien compris des uns des autres, il y a les conflits d’intérêts, est-ce qu’il y a aussi des affaires de corruption ?
Alors je ne vais pas parler de corruption par contre il y a un événement qui avait été relevé justement par Clarisse Feletin dans le cadre de off investigation sur le fait que ben par exemple les préfets quand ils ont leurs fiches de poste..t’as peur ?
Hors champ il y a Najet, de la legal team, qui fait pause, stop, arrête, encore un procès ? Non, non. Déjà, tu sais, tu peux ne pas citer de nom, rester dans le symbolique.
Symbolique. Non non je pense que justement les responsables et là du coup c’est le préfet Aubry de l'époque j’avais j’allais omettre de dire son nom maintenant sa fiche de poste et dans sa feuille de route mais il y avait une forme de prime à la bassine construite voilà donc ça veut bien dire ce que ça veut dire en fait ça veut dire que c'était pas l’intérêt général qui prime ses choix de carrière et ça veut dire que derrière c' est tout ce que ça va déclencher par exemple quand il a des décisions à prendre en termes de maintien de l’ordre Lui va être intéressé au nombre de bassines qui sera construite. Ce n’est pas de la corruption, ce n’est pas le terme, mais c’est très questionnant. Ça, c’est les pratiques courantes. Parce que là, c’est sur le procès des bassines, c’est sur le projet des bassines. Mais n’importe quel projet agro-industriel possible, un data center, etc. C’est ce genre de critère. C’est comme ça que les carrières des préfets sont menées en France. On leur donne des objectifs. Et s’ils l’écorchent, ben c’est des bons petits soldats et ils ont la promotion. C’est comme ça qu’une préfète Dubée aujourd’hui, elle se retrouve en haut de sa voie, qui était la préfète de Sainte-Soline II, qui se retrouve aujourd’hui en Haute-Savoie. Et mon petit doigt me dit que le fait qu’il y ait des JO en 2030, qu’ils soient programmés là-bas avec des écolos qui vont s’opposer, et que ces projets de JO de 2030, ils sont conditionnés par le fait que des bassines des neiges soient mises en place pour faire de la neige artificielle. Et puis qu’elle a déjà montré qu’elle pouvait être très, très zélée quand il s’agissait de taper sur des écolos. Je pense que dans son CV, c’est des éléments, surtout dans ce gouvernement, ces gouvernements qui vont de plus en plus à droite. C’est carrément des critères positifs. C'était très bon pour sa carrière.
Alors, là on vient de parler de la gestion de l’eau, mais parlons de l' eau à proprement parler, si je puis dire. C’est quoi les enjeux autour de l’eau ? La bataille de l' eau, c’est quoi ? En dehors des aspects de gestion et des aspects politiques. Donc je veux dire par là, les aspects écologiques, environnementaux, en termes de santé, si on devait résumer les enjeux, on ferait comment ?
Alors déjà, on aurait beaucoup de mal, parce que c’est quand même une matière qui touche tous les aspects de nos vies et de toutes les vies. Donc c' est dur vraiment de voir toutes les répercussions. Il y a deux manières d' aborder un peu le truc, alors quand même, il y a des problèmes quantitatifs et il y en a des…
J’aime bien ce côté scientifique, il y a deux problèmes.
Il y a le problème quantitatif, et donc c’est le fait qu’on consomme trop d’eau. Ça fait 30 ans, nos bassins ici ou chez moi à côté, ça fait 30ans que c' est classé en sécheresse chronique, c' est reconnu et on sait que c' est parce qu' on prélève trop. Il pleut assez, on a des nappes en dessous. Donc on a vraiment un problème. Alors qui prélèvent trop ? L’irrigation. Ici, c’est vraiment 60 % du volume consommé, c’est l’irrigation, donc c' est quand même le plus gros levier.
Et en été, c’est jusqu'à 80 %.
Oui et c’est ça, c' est mal réparti dans le temps évidemment puisque du coup l’irrigation prend énormément d’eau, là où il y en a le moins, en été, donc d’où l’idée des bassines.
Dire c’est précisément l’argument phare des “bassineurs”. Exactement. C’est de dire bah pour comment dire, aplanir les méfaits, il faut
C’est tout cette eau qui part à la mer, vous ne vous rendez pas compte, messieurs dames, si on les mettait dans des bassines, mais qu’est-ce que ce serait bien ?
Voilà. Ça n’est pas bien, mais ça c’est le point 3 peut-être.
Non, je peux faire une petite parenthèse en disant que j’ai déjà commencé un bilan Est-ce que les bassines ça marche en Vendée ? Il y a une vidéo sur BNM TV d’octobre 2024 là-dessus et petite annonce, il y aura dans le mois d’avril une vidéo qui sortira sur youtube sur le bilan vraiment hydrologique des bassines. Est- ce que ça marche ?
Sur BNM TV ?.
Non, sur une nouvelle chaîne, la chaîne du Larouste. Oh la vache !
Merci beaucoup.
C’est de l’autopromo, j’y vais, j’en profite ! Vas-y, vas-y ! C'était le laboratoire radical et oblique des urgences en sciences de la Terre. Et c’est une asso qu’on a mené pour vraiment faire de la science d’urgence dans notre discipline. Une science utile sur les objets de la crise environnementale. Le point, c’est donc qu’il y a un problème quantitatif parce qu’on prélève trop et que donc si on prélève trop, il y a plus d’eau dans les rivières par exemple. Donc évidemment, tous les écosystèmes en pâtissent et puis il y des soucis aussi d’approvisionnement en eau potable. On a failli, courant 2022, début de l’hiver 2023, tous les producteurs d’eau potable sont vraiment en PLS parce qu' ils ne savent pas comment ils vont pouvoir continuer à laisser ouverts les robinets dans l'été, en février, début mars 2023. Heureusement, on a eu des pluies au dernier moment, donc ça a été. Donc en tout cas, on à un problème quantitatif parce qu’on prend trop et on a un problème qualitatif, parce que toutes les eaux sont polluées. Alors, à quelle dose, avec quels produits, ça, voilà. Au nord de Poitiers, on est les pionniers dans le métabolite du chlorothalonil, qui était un fongicide interdit en 2020, il me semble, et qu’on retrouve actuellement dans notre eau potable. Donc il a fallu chez nous changer toutes les usines de traitement parce que ce produit-là ne pouvait pas être enlevé par les usines de traitement existantes. Par exemple, qui paye ça ? Ah, c’est nous ? C’est la facture d’eau ? Toi, t’as une facture d’eau, c’est le traitement de l’eau. Donc c'était ce que tu disais.
Qui est payé par le consommateur et pas par celui qui maltraite l’eau.
Exactement, pas par celui qui a épandu ces produits-là, et qui en a tiré un profit en plus, voilà. C’est pour ça qu’on nous dit toujours, c’est le principe du pollueur-payeur, l’eau paye l’eau, bah non en fait, moi je paye l’eau des autres quoi. Moi je paye, enfin nous tous ici, on paye la pollution dans les champs, qu’en plus on boit. Voilà, donc on a un gros problème qualitatif, il y a… Alors, c’est pas mon rayon donc je vais me perdre entre les pollutions des industries et des intrants, que ce soit les engrais ou les pesticides. On a une grande partie de nos masses d’eau, pas toutes, c’est pas vrai, mais des rivières et des nappes d’eaux polluées, où on atteint des seuils. En fait, pour rendre l’eau potable, souvent ce qu’on va faire chez nous, c’est qu’on prélève une eau un peu de surface qui est polluée aux engrais. Et puis aux pesticides et puis on la mélange avec une eau profonde qui elle est chargée en magnésium en des choses voilà et on mélange les deux pour faire réduire les concentrations et là on commence
Vous pourrez être en dessous des seuils. Vous pourriez être en dessous des seuils.
Oui, ils font des dilutions comme ça et ils diluent les deux problèmes des deux eaux. Seulement si l’eau de surface commence à être vraiment trop polluée, ils ne peuvent plus rien diluer. Et donc, ils ont fermé comme ça depuis deux, trois ans dans la région. Enfin, pas que dans la région. Il y a eu un moment, il y a eu 3000 captages fermés sur le territoire hexagonal dans cette période là, justement, 2023, 2024.
On a changé le thermomètre et par miracle, les captages sont redevenus légaux voilà quand tu veux pas être malade tu change le thermomètre
Pour le chlorothalonil, déjà, il n’y avait pas de normes, ils en ont pris une à l'étranger, ils l’ont ajustée. Nous, notre roue, elle est devenue potable en 24 heures à Poitiers. Ils ont dit au début dérogation, dérogations, puis d’un seul coup, c'était bon.
Moi, je propose peut-être un complément ou une autre lecture. Attends, juste je finis sur un truc.
En audition au Sénat, des membres du BRGM avaient dit qu’il faudrait 150 ans si on arrêtait maintenant toute production de produits polluants qu’on rejette, qu’il faudrait 150 ans pour que nos nappes retrouvent des taux naturels qui respectent la réglementation européenne. Donc il est largement temps qu' on arrête. Combien tu dis ? 150 ans.
Et en complément, mais par une autre approche de l’approche de Dan Morwen, on peut le prendre aussi sous l’angle juridique. En fait, quand on est responsable d’une collectivité ou l'État, il y a un cadre, il y à une loi sur l’eau qui dit très clairement la priorisation des usages de l´eau. C’est d’abord l’eau potable. C' est ensuite l' eau pour les milieux naturels, les zones humides, etc. Et en dernier lieu, c’est l’eau économique et dans l' eau économique, l' eau agricole. Déjà, premier constat fait par Anne Maude, et ça, c’est pour nous qui le faisons, c'était que dans la consommation, 60 %, c’était un usage qui devrait être le dernier usage dans la priorisation. Cet usage-là, en plus, il a comme conséquence d'être parmi les plus polluants. Je ne vais pas faire de la redite de ce que disait Anne Morwen. Il faut rajouter également qu’on est dans des problèmes quantitatifs. Et que ces problèmes quantitatifs vont être largement renforcés par le réchauffement climatique. Aujourd’hui, les équipes scientifiques qui étudient les conséquences de changements climatiques sur nos climats et sur le débit des rivières annoncent une réduction potentielle du débit de rivière dans les 2050 ou 2000… Je crois que c’est à l'échelle de 30 ans, de l’ordre de 30 à 50 %. Donc, de réduction des débits des rivière. Et donc, ça signifie que la logique… C’est que notre société, dans sa globalité, doit aller sur une logique de sobriété. Et là, j’ai en tête notre Macron national qui, juste après Sainte-Soline, fait une grosse conférence de presse au lac de Serre-Ponçon, revient, dit des dégueulasseries sur Sainte-Soline, c’est immonde. Il dit quand même qu'à Melle ça s’est très bien passé, quand on… Ou finalement, il annonce que c'était ça. Il fait le constat de la réduction de l’eau disponible. Et dit faut qu’on aille tous vers une réduction de 10 % de nos consommations, un premier cap, très bien. Sauf qu’en même temps, t’a Marc Fesneau qui est devant l’Assemblée de la FNSEA, où ça s’agite un petit peu dans la salle, attendez les copains !
C'était le ministre de l’agriculture de l'époque, c’est ça ?
Oui, c’est ça.
Les copains, c’est donc la FNSEA.
Et les annonces qui sont faites, elles concernent tous les usages, sauf le vôtre. Moi j’ai une manière de dire comment on sort de cette crise de l’eau sur nos territoires. Le maïs, au sein des 60 %, c’est la moitié de la consommation. Ça veut dire que si on arrêtait le maïs demain et qu’on donnait les sous qu' on donne pour les bassines, pour permettre aux systèmes notamment d'élevage, qui aujourd’hui sont enfermés dans une logique de rentabilité, de pisser du lait avec de maïs ensilage, etc. Si on leur donnait l’argent public pour faire la conversion pour faire un lait de meilleure qualité, pour qu’ils vivent mieux de leur métier, pour que le lait soit rémunéré à juste titre, qu'éventuellement il puisse faire de la transposition et que la plus-value, elle soit pour eux et pas pour les groupes de l’agroalimentaire, etc. En fait, nous, notre projet alternatif, il est là. Les 76 millions qu’on est prêt à mettre sur le bassin versant de la Sèvre Niortaise,réorientons-les vers un véritable programme de transition de notre agriculture. Et ça, on a tous à y gagner. Et la solution, elle est simple. Si demain on arrête le maïs, il n’y a plus de problème en France. D’eau quasi instantanément, en tout cas on règle le problème du quantitatif très très vite et on s’enclenche vers une voie vertueuse surtout si on rentre dans des systèmes qui refont la place à l’herbe le le bassin de la Sèvre-niortaise il y a 50 ans c’est 70 % de prairie il n’en reste plus que 17 % c' est pour ça vous pouvez venir dans le pays du beurre de Charente-Poitou vous verrez pas une vache dehors quoi à part dans le marais où tu vas voir des vaches ce sont des vaches à viande mais toutes les vaches et les chèvres qui font du lait Elles sortent pratiquement plus le nez dehors. Ça a un effet sur le cycle de l’eau, parce que entre une eau qui va tomber sur un champ de maïs sous le sol, il est compacté, où il n’y a plus de vie dedans, il n y a plus un verre de terre, il n’y a plus d’infiltration. Quand il pleut, l’eau, elle ravine, elle emmène tous les sédiments. Ça fait de la boue, ça fait des inondations catastrophiques, etc. En fait, les méthodes agricoles mises en œuvre sur notre territoire vont dans le sens de l’imperméabilisation des sols. Et il y a une vraie alternative qui change tout. C’est un sol vivant avec des verres de terre dedans. Avec de la matière organique, et ça, ça permet justement aux nappes phréatiques de se reconstituer correctement quand il pleut, ça permet de faire plus d’infiltration que de ruissellement. Alors, une autre manière de prendre en considération, où est-ce qu’on en est dans l’eau ? Mais d’où est- ce qu' on part ? C’est quoi notre humanité ? C' est quoi la condition sine qua non de l’installation de n’importe quelle communauté humaine aux temps ancestraux ? L’accès à une eau de qualité potable, une eau qui ne te tue pas, une eau qui n’est pas chargée de virus, etc. Donc finalement, l’implantation sur nos territoires, elle a toujours été conditionnée par des sources. Ce qui fait qu’on va se sédentariser à un endroit, c’est qu’il y a une source qui va être accessible là. Si on regarde les mouvements de population et comment l’humanité s’est répandue à travers la planète, ce sont les rivières qui sont les axes de migration. C’est bien à partir du Tibre et de l’Euphrate que la population rayonne, qu’une civilisation qui se met en branle, etc.. Et si on regarde pas si loin que ça, si on regarde la situation de tous nos villages et toutes nos campagnes avant la seconde guerre mondiale, c’est que tout le monde est autonome en eau. Tout le monde a son puits. Alors il n’y a pas de problème, il faut aller la chercher, etc. Mais tout le monde a accès dans un périmètre proche à une eau de qualité. Aujourd’hui, la plupart des captages d’eau potable y sont vérolés, y sont daubés. Et alors c’est ça qui est fou, c' est que sous prétexte de sécurisation et moi j’aime bien quand les termes là on vient un peu les triturer. Sous prétexte de sécurisation, on va te dire qu’aujourd’hui, ce qui sécurise tout le système, c’est la mise en réseau. C’est ce principe du mélange des eaux, et soi-disant qu’il y aurait une solidarité des différents bassins versants entre eux. Par exemple, les Deux-Sèvres, qui est le département quand même très mouillé, climat océanique, etc., avec entre 800 et 1000 millimètres, donc il y a de la flotte qui tombe, quoi. Et ben on n’est même pas autonome en eau potable. On doit faire venir du bassin de la Loire 20 % de notre flotte. Et ça, ça marche bien tant qu’il y a de la flotte entre eaux sur la Loire. Le jour où la Loire et les départements qu’elle alimente sont en situation de stress hydrique, c’est évident que le robinet et la solidarité vont vite se tourner. Et moi, je dis qu’au contraire, aujourd’hui, avoir une politique sérieuse, résiliente d’avenir sur la politique de l’eau, c' est d’avoir une politique de reconquête de tous les captages d’eau potable. Et s’il faut investir pour les 150 ans qui viennent j’espère bien qu’il y aura encore des humains dans 150 ans, mais si on continue le schéma dans lequel on est, c’est très clair que l’eau, on le sent déjà dans certaines zones du monde, c' est déjà le facteur vital. Il y a déjà des guerres de l’eau, etc. Là, sous nos climats, avec le chemin qu’on a pris là, les périls et les mises en situation de stress hydrique et de péril pour la population, elles nous pendent au nez. C’est là. Et puis, on ne peut pas ne pas parler de la Rochelle. Révélation de tous ces cancers pédiatriques à la Rochelle et qui sont strictement liés au fait que la Rochelle et tout le pourtour de la Rochelle c’est la plaine de Nice, un des territoires les plus pollués de France et puis pour accentuer le tout, il y a le port de la Palisse
Là, j’ai entendu qu’enfin, il y avait une enquête sur ces cancers pédiatriques et qu’au bout de x années de combat des familles, ça y est, il y a un petit frémissement.
Pour faire valider le fait que c’est peut-être l’agriculture qui est faite sur le territoire qui causerait ça. On n’en est pas du tout à des logiques de comment on arrête ça, comment on charge les médecins, etc. On en est vraiment au tout début. Donc t’imagines un petit peu les forces qui sont en puissance pour éviter, pour bloquer la science, On pourrait faire une émission là-dessus..
Il y a juste, je te dis juste, dans le tchat on dit système à l’herbe bio, qui rebondit sur ce que tu disais tout à l’heure. Les vaches font 6000 litres par an. Système mais non bio, 12000 litres et plus.
Et c’est bien le souci, si on devait débattre avec la camarade qui est en ligne, on est ici sur le territoire où les premières coopératives laitières ont vu le jour. Et la coopérative laitière à la base, c'était vraiment un système de mutualisation, c’est faire corps, c’est avoir des outils de transformation collectivisés, etc. Et aujourd’hui les coopératives laitières sont devenues l’ogre qui dévore les exploitants eux-mêmes. Et normalement on devrait pouvoir vivre avec une vache qui fait 6000 litres à l’année. C’est bien parce que le capitalisme, il a mis sa couche, sur ces 12 000 litres, il y en a combien qui vont arriver effectivement dans la consommation ? Il va y avoir combien de pertes en ligne dans le stockage, dans la gestion des flux, etc. De manière générale et au niveau international, c’est près de 30 à 40 % des denrées alimentaires qui sont gaspillées par cette mondialisation, ces problèmes de stockage de pourrissement, etc… Et je reviens là où je voulais venir, sur le port de la Palisse. Le port de La Palisse, c’est là qu’une partie du maïs, du blé, qui va être irrigué par les bassines, trouve un exutoire sur des marchés internationaux. Eh bien, pour être sûr que, par exemple, il n’y ait pas de champignons qui se développent pendant le transport, avant de fermer la soute, on met un gros coup comme ça de pulvériser d’insecticides au-dessus des sols. Et ça, mais il y a non seulement des cancers pédiatriques tout autour de la Rochelle, mais surtout en particulier des cancers pédiatriques et des cancers de toute la population autour de Mireille et autour du port de la Palisse et qui sont strictement liés à ces pratiques là.
Anne-Marie, tu veux rebondir ? J’ai cru qu’on en était, moi ! Il y avait le point 2 !
Non mais c'était ça, c’est celui que j’avais commencé à aborder qui était celui de la qualité de l’eau.
Alors, tu disais tout à l’heure, on casse le thermomètre, etc. Il y a un thermomètre, quand on veut changer. Pour l’eau potable, tu le disais, voilà, si on veut rendre potable tout d’un coup, on change les références, etc., il se trouve que la loi aussi essaie de s’adapter aux demandes de l’agro-industrie. Et je me demande même si votre combat n’a pas inspiré certaines lois, est-ce qu’on peut en parler de ça ? Cette loi d’urgence, comment ça s’appelle ?
La loi d’urgence agricole.
La loi d’urgence agricole, c’est-à-dire qu’avec le retard d’art, il faut répondre aux co-occupations.
C'était là où à un moment je me dis, il faut qu’on arrive à ce point-là. Voilà, c’est le point 3. Voilà, parce que en fait, ce qu’en décrivait avant de comment la gestion de l’eau ne marche pas, malgré cette jolie vitrine très démocratique, en fait la loi d’urgence agricole là, elle vient amener que, donc il y a des textes réglementaires qui s’appellent les SAGES, schéma d’aménagement et de gestion des eaux. Et bien, c’est vrai qu’ils ont eu quelques revers autour des bassines, mais aussi autour des autorisations de volume autorisé. Donc ça, ça fera partie des bonnes nouvelles.
Dont on parlera tout à l’heure, mais il y a eu un certain nombre de victoires juridiques.
Mais on va dire là le backlash qui nous arrive, c’est que les préfets ne respectaient pas les sages et donc maintenant ils passent dans la loi que le sage, on s’en fout quoi.
Donc, on change la loi. On change la Loi. Alors par exemple, quelles sont les mesures de cette loi dont il faut donner le nom ?
Oui, de la loi d’urgence agricole, mais sur l’eau vraiment moi c’est celle-là C'était ce passage-là, qui m’a le plus choqué parce que…
Donc il dit quoi exactement ce passage ?
Il dit tout simplement de ce qu’on en a vu, parce que pour l’instant on n’a que un projet de loi. Ou en plus, comme la loi du plomb, c’est imbuvable. C’est l’article 1, il modifie l’Article 2 alinéa 3 du Code de Truc-Muche, qui est déjà modifié par d’autres choses, et donc nous on dépend là de l’analyse des juristes. Mais cette chose de pouvoir… Cette simple phrase, les préfets peuvent aller à l’encontre des sages, en fait, ça veut dire que tout le travail, que moi je ne porte pas en haute estime non plus, mais qui a quand même essayé d'être fait depuis 1964, puisque c’est ça la loi qui met en place cette gestion-là, là, il est carrément mis à la poubelle. On a mis 10, 15, 20 ans à écrire des stages chez mon directeur. C’est les papas des sages, quoi. On a mis 15 ans à écrire des textes, à faire des assemblées, à regrouper tout le monde, les usages et tout ça, machin. Et là, on les met à la poubelle. Donc là, il y a vraiment un gros recul. Je sais pas, il a un côté presque mauvais joueur, quoi, en fait, ils ont perdu deux, trois fois au tribunal. Eh ben, ça y est, ils changent les règles du jeu, quoi !
Cette loi n’est pas passée, elle est en projet.
Elle va être présentée je crois au conseil des ministres début avril, ensuite elle va faire tout son tracé juridique, législatif, sénat, assemblée nationale, pour un vote en mi-juillet. D’ici l'été quoi, ouais.
Et qui porte cette loi et qui la combat ? Alors, il y a quelques LFistes, comme toujours dans le tchat, qui disent que LFI est à la tête du combat. Est-ce qu’on va voir des députés LFistes ? Tu parlais de Clémence Guette, c’est bien ça ?
C’est un des objets justement des tables rondes le matin à partir de 9h30, il va y avoir une table ronde sur l’eau et autour de ce thème de comment on fait face à ce nouvel assaut législatif et il y aura Clémence mais il y a aussi Benoît Biteau qui lui est plutôt au niveau du groupe écolo qui sont deux alliés historiques de la lutte sur les méga bassines. Et justement, on va réfléchir tous ensemble sur déjà quelles informations on a et qu’est-ce qu’on a comme marge de manœuvre, comment on mène le combat sur tous les fronts. Et là-dessus, au niveau de Basse-Non Merci, on est très clair. À la fois, il n’y a pas une manière plus vertueuse que d’autres de prendre une place dans la lutte. Et à la fois c’est bien, face à ces rouleaux compresseurs, l’ensemble des moyens qui s’offrent à nous, qu’il faut mettre en branle. Et donc, on n’est tout à fait OK sur le fait qu’il y a des gens qui pensent que c' est l’angle juridique. Les associations de protection de la nature, etc. Qu’il faut porter ces batailles-là, mais à 200 %. S’il y a des gens qui sont compétents et qui sont à l’aise avec ça, il faut y aller à fond, même bien souvent, c’est comme ça qu’on gagne les batailles au bout du compte. Par contre, si ce n’est pas appuyé par un mouvement populaire, par le fait que ce soit médiatisé, que ces scandales-là ne soient pas révélés, on peut se retrouver avec des dossiers très solides sur le plan juridique, mais qui en loucedé passent, ni vues, ni connues. Et dans cet ensemble de stratégies, comment on discute avec les partis, comment eux nous informent, comment nous on leur fait remonter les éléments de terrain, comment… Je trouve qu’on est un mouvement quand même assez immature. On n’est pas sur un truc de toute façon c’est des élus, c’est pourri, on discute pas. Bah non, en fait chacun joue sa partition, en bonne intelligence, en complémentarité. Et donc ça va être un peu le sujet de samedi matin. Comment faire face ?
Bien sûr que c’est possible, tu veux être filmé ou pas ?
Sur les sages, l’un des plus grands en France, c’est le sage de Bretagne et en écho un petit peu à tout ce que vous disiez, le sage Vilaine. Donc il y a eu des discussions qui ont été faites, alors là j’ai plus exactement les acteurs exacts, mais des associations ont été consultées pour repenser le sage-vilaine et il s’avère que les votes devaient se dérouler en début janvier et qu’il y a des menaces et des pressions par l’ACR et par la FNSEA, ce qui a conduit les personnes chargées du vote à repousser. Le vote en question. Donc là, ça remonte un petit peu. Tu parlais de changer les règles, mais le volet politique, il est encore, et on y revient, main dans la main avec agro-industrie et en l’occurrence, leurs hommes de main qui vont avec la CR et la FNSEA. Et pour répondre à la question, une des députées dans l' Ille et Vilaine sur cette circo là, c’est Mathilde Hignet, une députée de la France Insoumise qui est très portée sur les sujets agricoles, qui, elle, a soutenu tout ce travail-là sur le sage. Et l’une des raisons de pourquoi la CR et la FNSEA se sont énormément mobilisées, c’est que c'était un des plus grands de France, alors ce n’est pas ma spécialité mais je crois que c’est le cas, et donc s’il y avait des modifications substantives sur ce sage-là, ça pourrait faire effet boule de neige et amener des réels changements pour les autres sages de France.
Juste par curiosité, tu es de Melle, tu es de Niort, ou tu es venu spécialement ?
Non, je suis originaire de Bretagne, de la circo en question, donc c’est pour ça que je suis un peu au fait aussi de ce qui s’est passé sur ces questions-là.
Merci d’avoir pris la parole.
Mais peut-être pour compléter un peu, parce que c’est un très bon exemple en ce moment, parce que la clé vilaine c' est aussi une clé qui fonctionne bien. C’est une clé où les gens essayent de travailler ensemble vraiment, où il n' y a pas de conflit d’intérêt ou pas trop. Et à la mesure qu’ils ont essayé de faire passer dans le sage qui a bloqué, je ne sais plus ce que c' est exactement, mais c’est vraiment une micro-mesurette.
Protection des captages de potable, sur le fait qu’il y ait un herbicide qui concerne le maïs qui aurait dû être supprimé sur les zones de proximité immédiate des captages. Donc c’est de la micro-mesurette quoi.
Et ils ont bloqué la ville où se rassemblait la FNSEA et la CR avec les tracteurs. Ils ont fait la même chose chez nous. Quand il y a eu justement ces histoires sur le quantitatif, pour réduire les volumes, ils ont bloqué l’autoroute, même pas 24 heures. La préfète de région, elle a dit, c’est bon, vous avez tout ce que vous voulez. Et c'était marrant parce que c'était la préfète que l’on allait voir au convoi de l’eau. Et nous, on s’est dit, mais ils appellent ça la démocratie de l’eau, c’est là pour limiter les conflits d’usage. Et en fait, là, mais il nous incite au szbeul, quoi. Ils nous disent, en fait c' est le dernier qui se szbeulera le plus fort.
Ça va chercher loin ça, l’incitation au szbeul, ça peut aller chercher très très loin.
Bah je trouve que vraiment, c’est comme s’ils nous tendent une perche, quoi. Puisque ce qui marche c'était d’aller bloquer des autoroutes.
Alors, comme c’est ici trois jours de commémoration, on va dire, de Sainte-Soline, il y a tout à l’heure le film de Benoît Delépine qui est venu nous parler dans pas trop longtemps, donc il nous reste on va dire 10-15 minutes pour pouvoir aller au Cinoche. J’aimerais quand même qu’on parle des avancées que vous avez obtenues, quand je dis vous les Bassines non-merci, les soulèvements de la Terre, depuis trois ans. Alors, puisque vous n’avez pas l’air d'être inspiré, je vous dis, aucun nouveau chantier de bassine depuis en 2025. Les financements publics gelés dans l’attente d'études scientifiques, la bassine de Sainte-Soline toujours à l’arrêt, trois autres suspendus et les assurances qui se retirent des projets rendant leurs coûts insoutenables.
Et j’ajouterai dans le bassin du Clain 40 et une méga bassines annulées.
Alors le Clain c’est Poitiers. On a bien compris que là, la poitevine..
Je rajouterais aussi qu’il y a quatre bassines bloquées sur la Sèvres-niortaise sur l’enjeu outarde, mais il y en a aussi deux qui sont bloqués sur des enjeux de fouilles archéologiques. J’ai aussi envie de citer la victoire dans le Puy de Dôme, où il y avait le projet de deux méga bassines deux fois plus grandes que celles de Sainte-Soline pour le géant de la semence maïs,, et où il y a une mobilisation il y a un an et demi. Et qui a regroupé 6000 personnes et cette simple mobilisation a fait que Limagrain a abandonné les projets. Donc, c’est sûr que, moi, après huit ans de lutte acharnée sur ce territoire et depuis quatre ans que les travaux ont démarré à Mauzé-sur-le-Mignon on fait un constat, lutter, ça paye. On pourrait le dire autrement, il n’y a que les luttes qu’on ne mène pas, qu' on est sûr de perdre et on leur donne vraiment, sérieusement, du fil à retordre. Je le redis ici, demain, il y a Genevard qui débarque. D’ailleurs, apparemment, elle est dans une ferme à Marigny demain, s’il y a des curieux vers midi qui veulent. Et à 13h30, il y a un truc, je viens de voir, micro tendu, comme c’est bien trouvé, si ça t’inspire pour les éditions futures. Donc, c'était la ministre de l’Agriculture, oui, mais je ne vais rien dire à personne.
Il y a eu aussi dans le 37 où il y a un collectif, alors le projet est revenu, mais il y a un agriculture qui voulait se faire sa bassine et il y un collectif qui s’est monté, qui a fait une première petite manif. Et bon, ça l’a fait reculer direct. Et en fait, juste il y a ce truc de que la lutte ait pu être très forte ici. Ça rayonne sur tout l’hexagone et partout on dit mais en fait vous faites vos projets, nous, on va on va remobiliser. Et quand tout à l’heure tu demandais, c’est vrai qu’on pourrait donner l’impression qu’il y a eu un sentiment de démobilisation parce qu' on a beaucoup occupé le terrain, organisé des trucs incroyables et qu' on a fait moins de choses visibles en tout cas ces derniers temps.
Après, il y a eu d’autres luttes qui ont pris de relais
Exactement, c’est que nous, cette démobilisation apparente, il n’y a pas de chantier. Donc pour l’instant, nous on tient le terrain et localement, ils savent très bien qu’on est toujours là. Mais effectivement, au niveau national, c’est aussi ça qui fait qu' on est moins visible qu’avant.
Pour préciser, c’est quoi cette histoire d’assureur qui se barre ? Parce que ça, c’est généralement très très mauvais signe pour les investisseurs.
En fait, les démarrages des travaux à Mauzé-sur-le-Mignon a eu un effet, c’est que ça a généré beaucoup de colère chez beaucoup de citoyennes et de citoyens, et que parmi les modalités d’action qui peuvent être mises en œuvre, ça dépend de tout un chacun, mais il y a des personnes qui pensent que débâcher les bassines nuitamment, c' est une solution, c' est du désarmement et ça on peut l' entendre. Si on considère les dommages que créent les bassines sur l’ensemble du vivant des rivières alentour, c’est désarmer l’agro-industrie d’un outil de captation et de privatisation de l’eau. Et mine de rien, mine de crayon, on essaye de tenir à la comptabilité, ce n’est pas évident parce qu’en fait, il faut que les infos nous reviennent, souvent elles reviennent par la voie d’articles, de presse, etc. On est à une vingtaine de méga bassines qui ont été désarmées depuis septembre 2021. À compter entre 500 000 euros et 1 million selon la taille de la bassine, la remise en état, le fait de remplacer ou de résoudre le plastique, etc. Dans la balance bénéfice-risque des assureurs, ça devient très sérieusement problématique d’assurer des bassines. C’est ce qui a enclenché le niveau de protection qu’on peut voir. Par exemple, si quelqu’un un jour va à Sainte-Soline ou aux bassines de Mauzé-sur-le-Mignon c’est digne d’un checkpoint en Israël. Il y a trois rangées de clôture, avec en haut ce fil de fer, ce barbelé lame de rasoir, c’est des caméras, vidéos, tout autant. Invention espagnole contre les migrants. Absolument. C’est ça, c’est ce matériel.
Absolument. Ça porte un nom espagnol. Concertida, nous dit Antoine Chao qui est toujours là. Ça veut dire quoi Concertida ?
C’est aussi en espagnol un petit accordéon pour un tango.
Un petit accordéon pour jouer du tango.
Oui, oui, oui. D’accord.
C’est le nom du barbelé
C’est également des systèmes d’alarme, quand les chantiers sont en train de se mettre en place, c’est des vigies 24 heures sur 24 et tout ça augmente le coût de l’ordre d’investissement de matériel autour de 250 000 euros par bassine. Une bassine en moyenne c'était 4 millions d’euros, donc ce n’est pas non plus une paille, ce n’est pas rien, ce ne sont pas des coûts prévus, donc il n’y a pas de financement public là-dessus. Mais en tout cas, tout ça fait que, par exemple, on a appris l’an dernier que AXA Assurance, qui était un des assureurs historiques des bassines du Sud-Vendée, qui est le premier territoire qui a été bassiné, se retirait et disait qu’il n’assurera plus jamais de méga bassines. Alors, s’il y a des gens parmi les auditeuristes qui ont la fibre de l’enquête, il faudrait aller le vérifier. Il faudrait aussi, s’il y a des gens qui ont la fibre, d’aller questionner Groupama sur le fait de savoir pourquoi il continue à soutenir les bassines, pourquoi ils continuent Groupama est vraiment sur la tangente et vraiment sur l’extrême crête. On avait eu vent il y a deux ans qu’ils pensaient se retirer. Il y a eu une négociation, les préfets sont intervenus, l’État dit on va se porter garant, Ils continuent à assurer, mais par contre, à condition que ce niveau de sécurisation soit mis en place. En fait, ce sont les assureurs qui disent si vous voulez qu’on continue à assurer, il faut que tous les projets lors de la construction soient gardiennés H24 et quand le chantier est livré, il y ait ce niveau de protection.
Que vous arrivez à quantifier, si cette exigence sécuritaire est suffisamment coûteuse pour dissuader les investisseurs ?
Parce que c’est ce qu’ils disent, oh là là, on a peur, ça augmente. Mais quand on regarde dans les bilans, l’augmentation du prix de l'électricité depuis le début de la guerre en Ukraine est largement pire sur leur budget que la sécurisation. Donc en fait, il y a un peu ça que je trouve un peu cocasse, c’est qu’il disent, oh les écolos vous détruisez notre truc, à cause de vous on ne peut plus travailler. Enfin, leur soi-disant outil de production. Il est tellement vulnérable à tout le contexte international que ce n’est pas nous qui le… Enfin évidemment que quand même, on y joue un petit peu, évidemment. Mais je veux dire qu’il est déjà fragile à la base. Ne serait-ce qu’avec comment ils alimentent ces pompes qui sont des turbines énormes pour mettre la pression dans les tuyaux. Rien que ça, c’est déjà plus rentable. Voilà ça, et puis les cours du maïs, le maïs s’est de moins en moins rentable.
Et puis l’augmentation des matériaux, en fait, si on regarde un petit peu dans le rétroviseur, le projet initial de Méga Bassine, tout à l’heure on parlait de victoire, c’est aussi une manière de le voir. Oui, bien sûr. Le projet initial, ça commence en 2017, et le projet à l'époque était de faire 19 Méga Bassines, plus grandes que les Méga Bassines actuelles, parce que les décisions de justice ont déjà raboté un certain nombre d’entre elles. Et à l´époque, le projet global était estimé à 60 millions d’euros. Aujourd’hui, donc huit ans après, il n’y en a que quatre qui ont été fabriqués. Donc quand je dis lutter, résister, ça paye. En écologie, on a rarement des victoires cinglantes et définitives. On a rarement un État qui dit, sauf Notre-Dame-des-Landes, après, quand Macron est élu, tiens, bon, ben, on plie le game. Mais en fait, on est toujours, on peut enterrer des projets, mais il suffit qu’il y ait un changement de municipalité parfois et ça ressort des cartons. Donc c’est ça qui aussi que nous, on doit se dire retarder. Et ça, je trouve que c'était le film de Vincent Verzin qui m’en a fait prendre conscience. Il dit, là on a monté une ZAD et pendant quatre ans, on a empêché le démarrage d’un projet. Quatre ans, c’est le cycle de vie d’une blaireau. En fait, ils ont sauvé une génération de blaireaux, donc c'était une victoire. Voilà, il faut voir sur le temps long. Aujourd’hui, le projet initial des bassines de la Sèvre niortaise, ça n’est plus que 16 bassines, revues à la baisse en volume. C’est 76 millions d’euros, on est passé de 60. Et si on devait estimer le coût de la sécurisation, 250 000 fois 16, ça fait 4 millions. Donc ça veut dire que l’augmentation, c’est une portion, ce n’est même pas 25 % du surcoût. Très clairement, et ça aussi, peut-être ça ne parle pas aux communs des mortels. Aujourd’hui en France, on paye l’eau au mètre cube. Elle est une fourchette large entre 2 et 4 euros le mètre cube. Les irrigants la payent en moyenne 10 fois moins cher. Et concrètement sur notre territoire. Avant que les bassines ne voient le jour, l’eau était facturée entre 5 et 10 centimes le mètre cube. On se dit, c’est vraiment pas grand chose. Sauf que quand on est sur un volume de 100 000 mètres cubes pour une ferme, ça fait un peu. Quand le mètre cubes, il passe de 7 à 35 sorties de bassines comme ça aujourd’hui, ça peut mettre en faillite les fermes les plus fragiles. Alors, je parlais des fermes qui sont en élevage laitier, etc. C’est clairement aujourd’hui les prolétaires de la profession agricole. C'était les plus fragiles. Ils ont été, je le dis esclavagisés, complètement jugulés, soumis à leur coopérative laitière, eux, ils n’ont pas une marge de manœuvre, ils n’arrivent même pas à sortir un salaire, un SMIC, etc. Mais quand les frères Baudouin à Mauzé-sur-le-Mignon parmi les premiers connectés, eux, c’est vraiment les dindons de la farce. Sur tous les reportages qui ont été faits pour dire à quel point vraiment c'était vital pour les éleveurs, c'était toujours mis en avant les deux frangins parce qu’ils sont sympas, ils sont jeunes et compagnie. C'était vraiment la face visible et pour contre-carré le fait que la réalité, en fait, c’est que la plupart des gens qui sont connectés au Méga-Bassines, c'était les plus gros, c’est les responsables syndicaux, c'était ceux qui prennent aussi les mandats dans les mairies, etc. Là, ils avaient leur candidat idéal, un peu présentable, les Beaudouin, avant Bassines, ils payaient, puisqu’ils ont de mémoire 60 000 m3 attribués, ils paient autour de 4 000 euros. Dès la première année de mise en place de la Bassine, la première facture qui tombe de la cop de l’eau, Cette société coopérative anonyme qui pilote et finance les bassines, 24 000 euros. Dès la première facture, ils sont en PLS. Ils sont obligés de négocier. Et aujourd’hui, le président de la COP de l’eau, Thierry Boudot, sa plus grosse préoccupation, c’est plutôt de savoir comment est-ce que la CAIAServient et comment il envoie ou pas les huissiers à ses collègues, quoi. C’est ça, la réalité de la gestion de la COOP de l eau aujourd’hui. Donc, moi, pour demain, il y a une Annie Genevard qui débarque ici pour discuter avec Coralie Desnoues, ou la présidente du CD pour dire « oh ». Qu’est-ce qu’on fait, qu' est-ce que l’on fait, qu' est- ce qu' on fait et que la solution qui est proposée c’est dire bah maintenant on va aussi mettre des sous du conseil départemental. Non, en fait le modèle est exsangue, il est mort, il est mortifère et meurtrier, y compris pour ses soi-disant bénéficiaires. Faut sortir du système bassine, faut aider les agriculteurs à sortir de ce tout maïs, il faut redonner ses lettres de noblesse et ça passe par le fait de reconquête du cycle de l’eau. Il y a urgence, je ne veux pas tomber trop dans le pathos, mais c’est vital, il est question, la génération qui est connectée aux bassines, je pense au Arthur Perot qui est connecté sur Sainte-Soline, en fait là on est juste en train de lui donner la corde pour se pendre quoi, alors qu’il y aurait au contraire urgence à lui sortir la tête de l’eau par le haut et en fait je pense que la reconquête du statut et de l’image de l´agriculteur très légitimes revendications des revenus. En fait, quand on leur fait des bassines, c’est pas ça qu’on fait la paix et la mise en place d’un climat serein sur un territoire comme celui du Marais-Poitevin ou du Bassin-la-Sèvre-niortaise, ça passe par la sortie des pesticides, ça passe la sortie de la sur-irrigation, ça passe le fait de repenser nos systèmes d'élevage. Pour aller vers le bien-être animal, une vache, ça mange de l’herbe.
Merci Julien, admirable Julien. Dit-on dans le tchat que ton discours force le respect. Voilà, tout. Et des compliments pour toi, bien sûr, par kilo, bien entendu. Là, on va devoir arrêter. Est-ce qu’on peut juste redire ce qui va se passer ici et dans les actions décentralisées ? Est-ce qu’il y a encore des actions décentralisées devant les gendarmeries et les préfectures ce week-end ou pas où elles ont déjà eu lieu ?
Il faut retourner voir le site des soulèvements et de Bassines en merci. Je crois qu’il y a un rassemblement, mais je ne sais plus sur quelle ville ce soir. Le 26 mars, j’en avais une en tête. Ouais, non, je ne vais pas.
Il y en a un dimanche à Bourges, je crois.
En tout cas dans le Cher Désolé, on n’a pas révisé. Je ne sais pas.
Et à Melle, donc pour ceux qui veulent venir…
On fait vite, à Melle ce soir, et ça commence dans une demi-heure, le film de Benoît Animal Totem. Demain, le spectacle d' Antoine et de Cécile. Au départ, il y avait Guernica. Et samedi, la grosse journée, tables rondes, ateliers. On n’a pas accentué tout à l’heure sur les ateliers, il n’y a pas par exemple la LDH qui sera présente pour expliquer en quoi consiste la posture d’observateuriste des violences policières. Voilà, par exemple. Et puis, tout l’après -midi et toute la soirée, on finit par la fête avec un nouveau spectacle d’Antoine et de Cécile et l’ami Armando, l’homme orchestre qui doit nous enrailler et finir tout ça dans la bonne humeur. Et puis après, il y a un agenda au plus long cours. Nous, on a très clairement beaucoup d’affection et de connivence pour la lutte contre le méga canal Seine-Nord. Vous l’avez mis là d’ailleurs, tu l’as mis en bonne position là, dans la décor. Parce qu’il est clairement question d’eau, il est clairement en question de la grande industrie et de ses conséquences sur nos territoires de vie. Sur ce projet là, il y a un projet d’une méga bassine qui ferait 20 fois, je sais plus, c’est 20 fois ou 70 fois, ce n’est pas la même. Celles de Sainte-Soline, les camarades du Berry où il y a vraiment un assaut, une tentative grosso modo autour du truc, puisqu’en Poitou Charente ça résiste trop, on va essayer de voir si ça résistait ou pas, là je tiens à dire, aujourd’hui il y 12 collectifs bassines merci, et un acte concret si on veut s’investir contre ce type de projet là, c’est faire comme on a fait ici, aller frapper à la porte des différentes force syndicale, politique, associative est constituée les collectifs de résistance sur Oméga-Bassine, soit pour le partage de l’eau de manière générale. Pas toujours à lutter contre, puis peut-être des fois à savoir se projeter pour lutter pour. Et malheureusement, depuis quelques mois, notre agenda qui crée les occasions de se retrouver les unes les autres et continuer à faire corps, c’est les épisodes judiciaires. Et là, la prochaine qui arrive, ce n’est pas des moindres. T’as-leur tu me posais la question, mais est-ce que t’es co-organisateur de Bassines non merci, de Sainte-Soline 2 et compagnie ? En fait, il y a des juges qui considèrent que oui, il y a des juges qui ont toujours pas compris ce qu'était un collectif, qui font pas la différence entre ce que c’est de tenir un micro pour porter la parole d’un collectif et puis le fait de faire collectif et de décider collectivement que c’est bien ça qu’on va faire, etc. Et donc, c'était le 11 mai, selon toute vraisemblance, selon ce que nous a dit le tribunal de Poitiers, mais on a toujours pas reçu nos convocations. Je vais comparaître avec un camarade, le fameux Benoît Feuillu, des Soulèvements de la Terre, et puis avec Nico Giraud, qui est l’ancien porte-parole national de la Confédération Paysanne, et mon camarade Benoît Jeunet, qui est le porte-part de la Confédération Paysanne 79, justement pour l’organisation de Sainte-Soline 2. Et ça aussi, ça pourrait être un sujet, on ne va pas y aller, etc. Mais dans les modalités de répression des mouvements écolos, bien sûr, les procédures bâillon, la multiplication. Moi, je crois que là, j’ai quatre procès à venir. Pour les trois mois qui viennent, c’est du délire. Et tout à l’heure je parlais de comment les moyens de l’écoterrorisme sont confisqués, de l’antiterrorisme, sont confisqués de leur cible première et c' est coupable. De la même manière, moi j’ai un petit peu honte de mobiliser autant de juges et d’avocats, etc. Bien sûr. En plus quand tu vois le niveau des affaires, parce que Sainte-Soline 1, Sainte- Soline 2, ouais, il y a un sujet. Mon dernier procès, c’est pour le vol d’une pelle à grain ou peu casser en deux. C’est des tags à la craie, enfin. Mais c' est bien, d' une manière, de garder sauf, trouve ça bien, parce que ça entretient bien l’image qu’on est vraiment des personnes infréquentables.
Et bien le tchat dit l’inverse, le tchat dit merci, merci à vous. Je suis admiratif de votre engagement et de votre combativité pour le bien commun. Vous deux, mais aussi tous les autres. Lutter, résister, ça paye. C’est le nouveau slogan d’auposte. Voilà, il y a plein de gens qui vous remercient. Et puis, Julien, merci d’avoir eu la bonne idée de me dire de sortir de Paris, mon gars, viens donc. Et voilà, c’est un bonheur de participer modestement avec Nayan qui est là. Merci à Florence qui va nous héberger ce soir. Merci à Nico qui a fait le taxi. Et voilà l’hébergement militant, c’est chouette, c’est chouette. Voilà, merci, merci à vous. Et puis No bassaran Un petit peu de flûte, générique de fin s’il vous plaît s’il-vous-plaît maestro générique de fin !
