Soirée « Nous sommes les Soulèvements de la Terre »
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Bonsoir tout le monde. Stream impromptu, stream sauvage. Merci aux copains de Blast qui nous autorisent, qui nous permettent de streamer. Dès lors, la soirée pour les Soulèvements de la Terre sera donc sur Facebook, sera donc sur YouTube et sera donc via Twitch, Au Poste. Merci à tous d’être là. Il va y avoir du beau monde aujourd’hui, pendant deux heures, des prises de parole pour parler de ce qui arrive aux Soulèvements de la Terre. Je suis un peu perturbé parce que, figurez-vous qu’au moment où je vous parle, je viens de recevoir un communiqué des parents de Serge, de Sainte-Soline. Je vais vous le lire, puisqu’ils demandent à ce qu’il soit partagé. Il faut simplement que je retrouve mon e-mail. Voilà, voilà, voilà. Donc, la soirée de ce soir est organisée en faveur des Soulèvements de la Terre. C’est organisé par Blast, par Socialter, par Terrestres et Reporterre. Voilà, communiqué des parents de Serge. Il faudrait que je mette ça sur Twitter. Attendez. Bon, je vais vous le mettre maintenant. Attendez, je vous le mets. Comment je pourrais faire… Attendez, je vais pousser ça comme ça. Excusez-moi, excusez-moi, excusez-moi… OK, voilà, il est là, le communiqué des parents de Serge. Je vais le tweeter : « Communiqué des parents de Serge, lu lors de la soirée de soutien aux Soulèvements de la Terre à Paris. Texte qui sera lu dans quelques instants. » Est-ce que je vous le lis maintenant ou est-ce qu’on attend ? Est-ce qu’on attend la primeur ? Vu qu’ils me l’ont envoyé, je pense qu’on peut y aller. Je pense qu’on peut y aller. Qu’est-ce que vous en dites ? Qu’est-ce que vous en dites, les amis ? J’ai des fenêtres de partout, c’est le bordel, là, si vous saviez, sur mon ordinateur. La soirée de ce soir est prévue pour être… Je n’arrive pas à lire le tchat. J’ai l’impression que le tchat ne marche pas chez moi. Bonsoir du soir, bonsoir tout le monde, bonsoir les Soulevés, bonsoir tout le monde. « Rechange de session, démarre l’appli. » Ah, OK. Si, euh… OK, Glaudioman. OK, OK, OK, je démarre l’appli. Communiqué des parents de Serge. Allez, je vous le lis. « La menace de dissoudre un des collectifs qui ont appelé à manifester contre les bassines le 25 mars est une nouvelle illustration du mépris que ce régime exprime envers quiconque veut faire barrage à la politique qu’il mène au service de la bourgeoisie. Il s’agit en effet, pour lui, d’accréditer l’idée que les milliers de manifestants présents à Sainte-Soline auraient été des enfants sans aucune autonomie, arrivés là sous l’influence de quelques puissances occultes. Menacer de dissoudre des structures qui organisent… » Je relance l’application. Ah, attendez, je vois que la soirée va démarrer. Non, pas encore. Si, je vois un peu de monde en dessous. « …contre la répression est un autre reflet de ce mépris, consistant à faire croire que les gens eux-mêmes, à la base, sont incapables de s’organiser pour se défendre. Or, c’est tout le contraire qui se passe aujourd’hui en France. À Sainte-Soline, il n’y a pas eu d’un côté les bleus et les noirs et de l’autre les familles. »Non, j’ai l’impression que le tchat ne fonctionne pas. Ce n’est pas grave, ce n’est pas grave. Je vais régler ça quand j’aurai le temps, quand il y aura des prises de parole. L’essentiel, c’est que je vous lise le communiqué des parents de Serge. Voilà, je vais faire ça. Bon, c’est à l’arrache, tout ça, c’est à l’arrache.« À Sainte-Soline, il n’y a pas eu d’un côté les bleus et les noirs et de l’autre les familles. Les dizaines de milliers de personnes participant à cette manifestation interdite savaient que les plus mobiles se trouveraient dans le cortège chargé d’ouvrir le chemin vers la bassine, et nul ne dissociait les “non-violents” des “violents”, les “bons manifestants” des “mauvais”. La complicité entre les uns et les autres était évidente. Ces dizaines de milliers de personnes ont agi ensemble, chacune selon ses possibilités, contre le modèle capitaliste que représentent les bassines et malgré les menaces de répression émanant de l’État. Et elles ont été capables, ensemble, de résister physiquement aux bras armés de cet État. La violence a été du côté des forces de l’ordre, qui ont visé l’ensemble des manifestants. Les 200 blessés de Sainte-Soline, dont notre fils Serge et Mickaël, les plus gravement atteints, ne sont pas le résultat d’une mauvaise gestion de l’ordre, d’erreurs de tel ou tel, ou simplement le fruit du hasard. Le responsable des 200 blessés, c’est un État qui a pour seul objectif, dans la période actuelle, de mettre à genoux toute contestation sociale afin de mieux gérer l’exploitation du travail dans les années à venir, face à la crise que connaît le capitalisme pour se perpétuer. La répression policière et juridique est omniprésente et se répand comme la misère sur le pauvre monde. Mais nous ne nous laisserons pas enfermer dans un combat contre cette répression qui accapare tous nos espaces et notre vision de la vie. Car notre monde, c’est aussi celui de la lutte. Et la lutte, c’est la fête. La fête, ce sont les barbecues des Gilets jaunes sur les ronds-points. Ce sont les cris et les chants lors des manifestations contre les réformes des retraites. C’est l’expression créative et colorée que peuvent avoir les manifestations des femmes ou des homos. Ce sont les grèves ou les occupations dans lesquelles les salariés se découvrent sur leur lieu de travail. Ce sont des blocages joyeux des routes ou des lycées. C’est très précisément contre la répression que ces espaces de lutte et de fête témoignent que le monde doit changer de base et que nous avons en nous, dès maintenant, la capacité d’y parvenir en les mettant en valeur et en les exerçant. Nous n’avons besoin d’aucune “figure” ou d’aucun parti pour nous indiquer la voie à suivre tout en nous prenant par la main. Nous maintiendrons notre union, même… » Pardon, excusez-moi. « …dans un même combat contre l’aménagement capitaliste du territoire et notre solidarité contre la répression. On ne tue pas un mouvement en déclarant dissoutes certaines de ses structures ou en les interdisant. Dissolution ou interdiction ne changeront donc rien. » « Et nous ne céderons pas aux palinodies des partis politiques qui cherchent encore à parler en notre nom alors qu’ils ne représentent plus grand-chose. C’est en nous que nous devons avoir confiance pour repousser l’assaut de l’État policier comme celui d’une extrême droite à l’affût. » Les parents de Serge, 12 avril 2023. Merci de diffuser ce communiqué le plus largement possible. Voilà, c’est un communiqué que j’ai reçu au moment même où je prenais l’antenne. Je regarde, pour l’instant, ce qui se passe du côté de Paris pour la soirée des Soulèvements de la Terre. Pour l’instant, ça n’a pas démarré. Soyez les bienvenus. La soirée est organisée évidemment par les Soulèvements de la Terre, par Blast, par Socialter, Terrestres et Reporterre, que je remercie chaleureusement de nous autoriser à diffuser sur Twitch cette soirée, qui est annoncée pour quatre heures sur les flyers. Et moi, ce qu’on m’a dit, c’est que la retransmission était de 19 h 30 à 21 h 30. On verra. De toute façon, tant qu’il y a le signal, on continuera. Alors, je regarde ce que j’ai dans l’application. Est-ce que j’ai retrouvé le tchat ? Est-ce que… Je ne crois pas l’avoir retrouvé. Non, je ne crois pas l’avoir retrouvé. Ah oui, si, si, pardon ! Ça y est, c’est bon, c’est bon, c’est bon. Ah, génial, génial, super ! Bravo, Glaudioman. Bonsoir, bonsoir tout le monde. Bonsoir Euryale, bonsoir Jeanne de Brig, bonsoir Xero Pig. Ma chère Euryale, je n’arrive pas à ouvrir l’Evernote. Ils sont un peu de gauche, les parents ? Oui, ils sont de gauche. Et même sacrément. Voilà, c’est le troisième communiqué qu’ils ont écrit. À ma connaissance, il n’y a pas de nouvelles médicales concernant leur fils Serge, donc on peut considérer qu’il est toujours dans le coma. La soirée, c’est en ce moment même. La soirée, c’est en ce moment même. Il y a eu évidemment des changements dans la programmation. « Bonne soirée, nous sommes les Soulèvements de la Terre. » Alors, a priori, ça devait démarrer il y a dix minutes. Ils vont arriver, il n’y a pas de souci. Allez hop, petit stream sauvage grâce à nos amis de Blast. Bah d’ailleurs, je me demande si c’est pas en train d’arriver. Hop ! Non, pas encore. Non, pas encore. Alors, sont attendus ce soir, sont annoncés : Geneviève Azam, de Terrestres ; Olivier Besancenot, du NPA ; Benoît Biteau, d’Europe Écologie-Les Verts ; Philippe Descola ; Fatou Dieng, pour les violences policières ; Cyril Dion ; Nicolas Girod, de la Confédération paysanne ; Clémence Guetté, pour La France insoumise ; Murielle Guilbert, de Solidaires ; Juan Pablo Gutiérrez ; Hervé Kempf, pour Reporterre ; Julien Le Guet, de Bassines Non Merci, très défavorablement connu de nos services — il est venu deux fois, Julien ; Inès Léraud, journaliste à qui l’on doit notamment l’investigation sur les algues vertes ; Valérie Masson-Delmotte ; Corinne Morel Darleux, elle aussi défavorablement connue de nos services, elle est déjà venue Au Poste ; Paloma Moritz, de Blast ; Morgan Ody, de Via Campesina ; Alessandro Pignocchi ; Kristin Ross ; Thibault Spriet, du Syndicat de la magistrature ; Marine Tondelier, qui devait venir Au Poste, qui va venir dans quelques jours ; Audrey Vernon ; Françoise Vergès ; Philippe Vion-Dury, de Socialter ; Emmanuel Vire, dit Manu, du SNJ-CGT, Syndicat national des journalistes ; et Louisa Yousfi. Toutes les infos sur le site Reporterre. Ça fait du monde ! Il faudrait quand même qu’ils se dépêchent, là. Oh, qu’est-ce qu’ils foutent ? Voilà, il y a des gens qui se sont décommandés, d’autres qui sont là. « En raison du succès de la soirée et parce que, pour des raisons de sécurité, nous devons limiter les places à 600 personnes, nous avons mis en place un système de réservation. Toutes les places étant d’ores et déjà réservées, nous vous invitons à suivre la soirée à distance. Une retransmission en direct est prévue. » Elle est là, ici même. Voilà, Louise, je viens de lire un communiqué des parents de Serge, qui n’ont pas donné de nouvelles de Serge, mais qui ont expliqué combien la soirée de ce soir était importante pour eux. Alors, je vois du monde qui s’assied. Bonsoir à tous. Si vous découvrez Au Poste, sachez qu’Au Poste existe depuis deux ans et que nous nous intéressons particulièrement aux questions des libertés publiques, des libertés fondamentales, de la justice, de la police, de l’environnement, du féminisme, de l’histoire, de la magistrature, du punk-rock, des filatures. Soyez les bienvenus. Soyez les bienvenues. Voilà, ça va démarrer, j’ai l’impression. Et moi, je vais tweeter le communiqué des parents de Serge en attendant. Salut, Valeur Anarchiste. Pour information, demain matin à 10 heures, Au Poste sera en direct de Toulouse pour la manifestation contre la réforme des retraites. Attention, je crois que c’est parti. Ça va démarrer par de la musique. J’ai l’impression que je vois un violon et une sorte d’accordéon ou une guitare.
Je crois bien que la sainte vierge des églises n’a pas plus d’amour dans les yeux Et ne sourit pas mieux, quoi qu’en dise Maman, elle joue pas à l’estafette, elle met pas des lunettes
Appelez du renfort les amis, appelez du renfort, faites venir du monde !
Elle ne bosse pas pour les magazines, elle travaille à l’usine à Créteil Maman, elle joue pas à la starlette elle met pas des lunettes de soleil Elle bosse pas pour des magazines, elles travaillent à l’usine, à Créteil Merci, on va vous faire un dernier morceau et puis ensuite il semblerait que les prises de paroles vont…
Alors je monte un peu.
Avant la prise de parole, il y a une chanson qu’on aime bien, qui s’appelle la canzone arrabbiata, c’est la chanson arrachée.
Est-ce que je pourrais avoir de l’accordéon ?
Ah bah eux aussi, ils ont des problèmes de son, tu vois.
Je chante pour ceux qui n’ont pas de chance, je chante à moi Je chants pour la règle de cette lune contre toi Contre qui est riche et qui ne le sait pas Qui va la tuer, la vérité Je camine et chante la rêve qui me fait Penso a tanta gente nell’oscurità Alla solitudine della città Penso alle illusioni dell’umanità Tutte le parole che ripeterà E canto per chi non hafortuna, canto per me Je chante pour la foule, cette lune, contre toi, contre ce soleil qui viendra, qui s’arrangera, qui reviendra à l’illusion J’y pense à tant de gens dans l’obscurité À la solitude de la ville J’en pense à l’illusion de l’humanité À toutes les paroles qu’elle répétera Et je chante pour ceux qui n’ont pas de chance Je chante à moi Accanto per rabbia questa luna, contro di te, contro quel sole che verrà, tremunterà, risorgerà, alle illusioni, alla rabbia che mi fa, alle illusion, alla rabia che me fa, alle illusione, alla rappia che vi fa, alla illusion, all’arrabbia che mi fà.
Alors, bienvenue à tous. Nous sommes en direct de Paris. Voici Hervé Kempf, fondateur de Reporterre, ancien journaliste au Monde.
Nous sommes les Soulèvements de la Terre. Nous sommes les soulèvements de la Terre. Merci, moi, c’est Hervé de Reporterre avec les amis de Blast, de Socialter et de Terrestres, nous avons lancé cette soirée de soutien au mouvement des soulèvements de la Terre, qui est un collectif de milliers de personnes qui réunit aussi des confédérations paysannes, Attaque, les amis la Terre et plein d’autres, et qui luttent pour que le monde soit écologique, juste et vivable. J’ai rien d’autre à dire au nom de reporter, mais voici Paloma Moritz de Blast, Philippe Vion Dury de Socialter et Geneviève Azam de Terrestres. Et vas-y, Paloma, dis-nous pourquoi Blast soutient les soulèvements de la Terre et organise cette soirée tu parles dans ce micro.
OK, je suis un peu petite. Bonsoir tout le monde. Alors, c’est Denis Robert qui devait prendre la parole, mais malheureusement, il ne peut pas être là. Donc il s’excuse et il m’a dit de dire quelques mots à sa place. C’était hyper important pour nous, avec Blast, de diffuser cette soirée. Donc, en fait, elle est sur YouTube en ce moment. N’hésitez pas à partager le lien au maximum autour de vous, pour toutes les personnes qui n’ont malheureusement pas pu être présentes ce soir, parce qu’on est totalement complets, donc c’est génial. Et la raison pour laquelle on a voulu organiser cette soirée, c’était de montrer qu’on est unis entre médias indépendants, pour justement marquer le coup par rapport à ce qui est en train de se passer aujourd’hui. Ça fait des mois qu’avec Blast, malheureusement, on essaie d’informer au maximum sur les attaques contre l’État de droit, les violences policières, les violences judiciaires, la criminalisation des militants écologistes. Et donc, aujourd’hui, cette soirée, c’est pour dire que ce n’est pas normal de criminaliser des personnes qui défendent notre avenir et qui défendent la vie. Donc merci à tous d’être là. Et je pense que c’était vraiment une soirée pour rester unis, pour se donner de la force entre nous et montrer qu’on est du bon côté de l’histoire.
Ça se passe à Paris. Je vais vous donner le lieu exact.
Alors, on m’a demandé de faire très court, donc je vais faire vraiment très court. La rédaction de Socialter est très, très touchée, choquée par l’annonce de la dissolution. On s’est demandé tout de suite comment réagir par rapport à un événement politique qu’il ne faut pas sous-estimer, je pense, et comment un journal doit se positionner, quelle est la place d’un journal, en fait, par rapport à ce type de situation. Et la réponse n’a pas traîné, ça n’a pas été très long. La place d’un journal, elle est du côté des libertés : de la liberté publique, liberté d’association, liberté de réunion, liberté d’expression, liberté d’opinion. Autant de libertés qui sont aujourd’hui attaquées par ce gouvernement. Et on a voulu, du coup, cette soirée — et je remercie encore Hervé d’avoir pensé à nous aussi pour la coorganiser. On a voulu créer un espace où ces libertés sont protégées, le temps que ça dure. Un espace où on peut se retrouver et lutter pour la suite. Et voilà, il y aurait beaucoup de choses à dire. Je pense que la place d’un journal, aussi, elle est du côté de ceux qui ont été mutilés, qui ont été blessés à Sainte-Soline comme ailleurs. Elle est du côté de tous ceux qui défendent aujourd’hui la préservation d’un monde commun, la préservation du monde vivant. Et elle est du côté, plus généralement, hier comme aujourd’hui, comme demain, de la vérité. C’est un grand mot, peut-être, mais je pense que le sens de la justice nous indique quand même où est cette vérité. Cette vérité vivante, elle est ici. C’est vous, c’est nous, ces gens qui refusent, qui n’ont pas horreur de penser et d’agir. Et voilà, merci d’être venus, et j’espère que ce sera une bonne soirée, malgré les trombes d’eau qui sont tombées tout à l’heure. Voilà, merci.
Pardon, mais j’ai écrit mon texte parce que le temps est très limité. La revue Terrestres, dans son intention même, est reliée aux Soulèvements de la Terre et à la galaxie qui les compose. Comme Terrestres, nous partageons la nécessité d’agir et de penser à partir des territoires, des milieux de vie, qu’il s’agit de délivrer de toutes les monocultures du capital, du maïs au béton jusqu’à celles de l’esprit, pour les soigner, pour les repeupler de mondes vivants. Reprendre ses communs, ses faire-communauté, pour reprendre des liens, des forces, des savoirs. Et avec les Soulèvements de la Terre, nous avons repris des liens, des forces, des savoirs indissolubles. Penser et agir avec la boussole des Soulèvements de la Terre, c’est aussi reconnaître la faillite irréversible de la croyance en la toute-puissance humaine. C’est cultiver les limites. Là est notre liberté, notre dignité, notre créativité retrouvée, notre aspiration à la justice. C’est ce souffle que notre État et son ministre, sans limites, assujettis à des pulsions virilistes, prétendent étouffer en tuant, blessant, réprimant. La dissolution annoncée est l’acte d’une puissance aux abois, dérisoire face aux enjeux qui la dépassent et donc dangereuse. Nous en prenons acte. Les Soulèvements de la Terre ont fait de la reconquête de la subsistance, dans toutes ses dimensions, un acte politique majeur. Elle s’exprime aussi dans des rassemblements comme à Sainte-Soline, où la base dite « arrière », nourricière de la lutte, cœur battant du mouvement, préfigure les mondes que nous désirons partager, soigner, habiter. Nous désirions exprimer une immense gratitude pour toutes les énergies soulevées. La revue Terrestres accompagnera cet espoir.
Merci, merci Blast, merci Socialter, merci Thérèse et merci Reporterre. Maintenant, il va y avoir des gens merveilleux et merveilleuses qui vont parler. Vous allez les découvrir. Philippe Descola pour commencer.
Partagez les amis, partagez.
Merci à vous Philippe.
2 minutes 59, waouh !
Bonsoir à tous, les organisateurs, on souhaitait que je parle en premier comme chauffeur de salle, c’est une idée un peu saugrenue.
Philippe Descola, anthropologue.
Je m’exprime ici à la fois comme citoyen et comme chercheur, mais aussi comme coprésident de l’Association pour la défense des terres, qui est une association qui appuie les mouvements de reprise de terres, et en particulier les Soulèvements de la Terre. D’autres que moi s’exprimeront ce soir, mais nous voulons, par ce moyen, exprimer notre solidarité. Les organisateurs m’ont demandé de résumer en un mot la teneur de mon intervention au préalable, et j’avoue que je n’y suis pas parvenu. Il me faut trois mots : inaction, accaparement, terreur. Inaction. Être Soulèvement de la Terre, c’est s’élever contre l’inaction climatique de l’État, déjà condamné à deux reprises pour ce motif par des cours administratives. C’est lutter à la place d’une puissance publique défaillante contre tout ce qui contribue au réchauffement global et à la destruction du vivant, depuis l’artificialisation des terres et l’autorisation de pesticides nocifs pour la santé des humains et pour celle des écosystèmes, jusqu’à la passivité coupable à l’égard des crimes contre la Terre commis par de grandes entreprises. Accaparement. Être Soulèvement de la Terre, c’est s’opposer à l’accaparement des biens communs : les pâtures, les forêts, l’eau, la santé, le savoir, au seul profit d’une minorité. Un processus de marchandisation et de privatisation du patrimoine collectif, démarré en Angleterre il y a quelques siècles avec le mouvement des enclosures, au détriment des communautés paysannes, poursuivi par la spoliation des peuples colonisés et qui prend tout son relief, à présent, avec la mainmise sur les ressources collectives en eau par l’agriculture industrielle, avec l’aval de l’État. Soit aux fins d’irrigation par une minorité d’exploitants, soit résultant dans la pollution de plus d’un tiers des sources d’eau potable par les métabolites des pesticides. Terreur. Être Soulèvement de la Terre, enfin, c’est s’élever contre la terreur, c’est-à-dire l’intimidation, par les forces répressives de l’État, de tous ceux qui ne pensent pas comme le gouvernement. C’est aussi la vaine tentative de contenir une lame de fond en dissolvant une coalition de bonnes volontés, des centaines d’organisations, d’associations locales de toutes sortes et des dizaines de milliers de citoyens qui ont rejoint ce mouvement horizontal et décentralisé. Une dissolution dont le but pervers est de criminaliser ceux qui se reconnaissent dans ce mouvement et de les dissuader de mener des actions de protestation et de désobéissance civile. La terreur, elle est toujours du côté de ceux qui répondent, par l’emploi débridé de la force et par l’usage perverti de la loi, aux aspirations à vivre dans un monde plus égalitaire et moins exposé à la destruction du vivant. Je suis, nous sommes, les Soulèvements de la Terre !
Corinne Morel-Darleux
Bon, alors moi, les organisatrices et les organisateurs m’ont demandé de passer après Philippe Descolas.
Donc elle était venue, Corinne, au poste pour nous parler du Rojava, c’est une autrice, une essayiste.
Plus ou moins institutionnel entre rapports…
Ancienne députée locale.
Et les ravages du système. J’ai connu dans ces rangs militants de grandes et belles choses, mais aussi suivi des chemins étroits, navigué à vue dans le brouillard et trouvé des impasses, parfois. Bref, j’ai accompagné des brouillons, plus ou moins réussis. Mais là, les amis, je vous le dis, l’émergence des Soulèvements de la Terre, pour moi, est une des meilleures nouvelles de la décennie. Parce qu’on n’y confond pas tactique et stratégie, parce qu’on n’y confond pas polémique et action politique, parce qu’on n’y oppose pas le cerveau et les mains, la lutte et la joie, la théorie et la pratique. Parce que l’anonymat y est de mise, parce que ça file des pas de côté, de « cesser de nuire » et de « refuser de parvenir », parce que les filles y sont belles et radieuses. Parce qu’il y a des loutres sur les affiches. Et parce que c’est une organisation sérieuse. Les Soulèvements de la Terre sont en train de réussir ce à quoi tout le monde s’essaie depuis des années : archipéliser nos îlots de résistance, réunir dans un même mouvement justice sociale, combat écologique et défense du vivant, sans organe central, sans bureaucratie et sans sauveur suprême. Un mouvement organique. Même les lignes en sont bougées. Les Soulèvements font, sans plus attendre, ce qui doit être fait : empêcher de bétonner les terres, refuser que l’eau soit accaparée par quelques-uns, cesser de collaborer avec un système délétère, prendre soin, choisir nos dépendances, conserver la possibilité de cultiver pour se nourrir, auto-organiser la solidarité et préfigurer l’avenir. Nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à nous inquiéter du monde, tout en nous en émerveillant, à ne vouloir renoncer ni au pessimisme de la lucidité, ni à la puissance de la volonté, ni à la beauté, à vouloir vivre comme si nous étions déjà libres, à préférer la sobriété à la pénurie, l’autonomie et la subsistance au fric et à la publicité. Nos réponses, nos colères, nos joies, nos inquiétudes sont de plus en plus partagées. Les faits, hélas, nous donnent raison. Et ils nous donneront raison de plus en plus, au fil des années. Mais si nous n’avons jamais été aussi forts, nous n’avons jamais non plus été aussi exposés. Alors, évidemment, relayons-nous, soyons attentifs les uns pour les autres, alimentons les caisses de solidarité et n’attendons rien que de nous-mêmes. Il reste de la beauté à préserver et des horizons à construire.Honnêtement, je ne sais pas si nous gagnerons à la fin, mais je suis sûre d’une chose : la lucidité, la responsabilité, la dignité du présent sont de notre camp. Il y a des points de bascule, pas seulement pour le climat, mais aussi dans l’histoire, et nous pouvons être fiers, toutes et tous, d’être là ce soir.
Benoît Rittaud, député écologiste européen et paysan.
D’abord, je veux commencer par vous dire que c’est très émouvant pour moi d’être avec vous ce soir, après le terrible week-end que nous avons vécu à Sainte-Soline et ce jour du 25 mars. J’ai bien sûr une pensée pour les victimes. On ne peut pas se rassembler ce soir sans avoir cette pensée-là. Donc, comme l’a dit Hervé, je suis effectivement député écologiste au Parlement européen, mais je suis aussi paysan, je suis agronome, et je suis, je crois pouvoir le dire, un historique de la lutte contre les bassines. Et sur ce dossier-là, l’État est défaillant à tous les niveaux — et sur d’autres dossiers, d’ailleurs —, sur la discussion, sur la négociation, sur la concertation, sur la consultation, sur la médiation. L’État est défaillant et c’est la raison pour laquelle on en est arrivé à l’extrémité que vous connaissez aujourd’hui. Et dans ce combat-là, on a vu arriver les Soulèvements de la Terre. Les Soulèvements de la Terre qui sont venus au secours de cette ressource vitale, de ce commun qu’est l’eau et qui est accaparé par une minorité d’agriculteurs. Et les Soulèvements de la Terre, c’était quoi ? C’est des jeunes qui s’inquiètent pour leur avenir, pour le climat, pour la biodiversité, pour ces ressources vitales, et qui sont là, créatifs, sincères, spontanés, et qui apportent de vraies réponses pour donner du corps au mouvement et pour réussir à réunir 30 000 personnes le 25 mars à Sainte-Soline. On ne les remerciera jamais assez. Les Soulèvements de la Terre, c’est cette nature, cette nature qui a horreur du vide. Le vide de ce gouvernement, comme je l’ai dit, incapable de consulter, de concerter, de faire de la médiation. Eh bien, eux, ils sont là pour le faire. Ce sont eux qui renouent le dialogue entre les porteurs de projets et les opposants. C’est eux qui ont réussi à mettre, dans des réunions publiques, des acteurs qui ne se parlaient plus parce qu’on les présentait comme irréconciliables et qui sont à nouveau en dialogue grâce aux Soulèvements de la Terre, bien sûr à la Confédération paysanne et à Bassines Non Merci. Donc là encore, remercions-les. Et enfin, je voulais terminer sur le fait que je vous disais qu’ils étaient créatifs, qu’ils étaient spontanés, sincères. Je suis sûr qu’ils vont trouver les moyens d’agir pour éviter de revivre ce qu’on a vécu à Sainte-Soline et les victimes qu’on a déplorées. Dans la désobéissance civile. Je pense que maintenant, nous devons entrer en désobéissance civile pour protéger nos communs. Et je fais confiance, je fais confiance à la sincérité et à la créativité des Soulèvements de la Terre. Et je veux terminer là-dessus. Un peu comme Martin Luther King, moi, je fais un rêve. Je rêve qu’un jour, ce soient les Soulèvements de la Terre qui viennent nous voir et qui nous disent : « On n’a plus besoin de se mobiliser parce qu’enfin les politiques publiques sont au service du climat, sont au service de la biodiversité, sont au service de notre santé, sont au service de notre avenir. » Je rêve de ce moment-là. Que ce ne soit pas Darmanin qui décide de la dissolution des Soulèvements de la Terre, mais les Soulèvements de la Terre eux-mêmes, parce qu’enfin on fera les choses comme il faut les faire. Mais ce soir, parce qu’il y a urgence, nous sommes tous les Soulèvements de la Terre.
Thibaut Spriet du Syndicat de la magistrature.
Bonsoir. Je vais vous parler de justice, parce que la justice, ces derniers temps, a donné une triste image de ce qu’elle pouvait être. Au mieux, l’image d’une institution dérisoire, impuissante à exercer pleinement son rôle de gardien des libertés individuelles. Impuissante à contrôler efficacement l’action du pouvoir exécutif et de sa police, même dans ses pires débordements. Impuissante, enfin, à protéger autre chose qu’un projet de société qu’on sait injuste et incompatible avec la catastrophe écologique qu’on traverse. Au pire, la justice aura montré une figure servile, celle d’une autorité servile au service de la communication d’un gouvernement qui préfère parler du nombre de gardes à vue plutôt que du nombre de manifestantes et de manifestants ; au service d’un gouvernement, en s’abstenant de saisir un juge d’instruction indépendant pour enquêter sur les blessés de Sainte-Soline ; au service, encore, d’une certaine conception de l’ordre public. Cette justice-là, on n’en veut pas. Mais une autre justice existe, et c’est d’ailleurs un idéal très fort pour celles et ceux qui la rendent chaque jour, pour beaucoup de celles et ceux qui la rendent chaque jour. Et cet idéal, il est menacé. Cette justice-là, elle est menacée. Menacée par les tentations de découragement de tous ses acteurs face au glissement vers un état d’exception qui rime souvent avec le juge mis à l’écart. Menacée aussi, cette justice, parce que la société commence à payer le prix de plus en plus fort de l’avoir négligée, alors que c’est un pilier de la démocratie. Et menacée, enfin, parce que la justice n’existe pas s’il n’y a plus de libertés à protéger. Alors, avec le Syndicat de la magistrature, on va continuer, comme on l’a fait depuis le début, à lutter de toutes nos forces pour préserver la liberté de manifestation, pour lutter contre les privations de liberté arbitraires, pour lutter contre la surveillance de masse, pour lutter contre la militarisation du maintien de l’ordre, dont Sainte-Soline a été l’apogée. Et aujourd’hui, particulièrement, pour lutter pour la liberté de manifestation, d’association, d’expression. Les Soulèvements de la Terre ont été un écho formidable pour tous ces combats. Et malgré tous les raidissements du pouvoir, ce que, pour nous, vous avez renforcé, c’est l’espoir.
Merci. Vous avez peut-être vu que ce matin, France Info a sorti la synthèse du rapport de l’IGGN, c’est-à-dire l’IGPN de la gendarmerie, disant que les tirs depuis les quad' étaient proscrits, mais comme les gendarmes auraient été en légitime défense, il n’y aurait rien à redire. Voilà, proscrit, mais en légitime défense c'était faisable. La politologue Françoise Vergès.
L’esclavage, la colonisation, le capitalisme et l’impérialisme ont fait de ce monde un monde inhabitable et irrespirable pour des millions de personnes sur la planète. Littéralement, ce n’est pas une métaphore. Il y a plus de morts chaque année à cause de l’air pollué que de toute autre cause. Des millions d’enfants naissent avec des maladies respiratoires dans le Sud global. Nous sommes dans cette fabrication d’une vulnérabilité à une mort prématurée. C’est absolument la signature du capitalisme racial. Et les catastrophes climatiques exacerbent ces inégalités structurelles. Nous l’avons vu avec les inondations au Pakistan, avec le tremblement de terre en Turquie. Qui sont les premières victimes ? Qui sont effectivement les personnes abandonnées ? Qui sont, qui seront les premières victimes ? Les personnes du Sud global et, parmi les personnes du Sud global, les femmes, les enfants et les plus vulnérables. Nous sommes donc dans ces inégalités structurelles qui sont augmentées, d’une part, par la catastrophe climatique et aussi par le perfectionnement des outils de surveillance, de criminalisation et de répression. Cette extension de la criminalisation fait partie, effectivement, profondément, de l’appareil de l’État. Il n’y a pas que la prison. Il y a cette extension par des interdictions, par des retraits de permis, par des amendes, tout cela qui vous empêche d’agir. Nous avons évidemment Sainte-Soline, avec cette immense mobilisation, mais n’oublions pas les meurtres de jeunes Noirs et de jeunes Arabes, l’humiliation de jeunes forcés à genoux par les gardes mobiles et les gendarmes. N’oublions pas que la France n’est pas seulement ici, mais que c’est aussi cet État colonial et racial qui, aujourd’hui, en Guyane, envoie les gendarmes contre des jeunes Guyanais qui se battent contre la déforestation. C’est cet État colonial et racial. C’est cet État colonial et racial qui prive des territoires entiers d’accès à l’eau, qui a empoisonné le sol avec le chlordécone pour des générations, aujourd’hui. C’est cet État colonial qui prépare, ce mois-ci, en envoyant cinq escadrons de gendarmes, des expulsions massives à Mayotte, où le directeur de l’Agence régionale de santé propose que toutes les femmes qui arrivent à l’hôpital soient stérilisées. C’est cet État colonial et racial contre lequel nous devons nous battre. Partout, la Terre se soulève, partout. Ce qui fait le plus peur aux classes dominantes, ce sont ces espaces autonomes que nous construisons. Et nos ancêtres, ce sont les communautés marronnes, ceux qui se sont enfuis de la plantation et qui ont défié, défié chaque jour, le pouvoir esclavagiste. Puis les maquis, puis les luttes pour l’indépendance, qui ont chaque fois défié cet État colonial et racial. Il faut… il faut briser la paix armée que nous propose l’État. La paix armée, c’est cette fausse paix qui est assurée par la police, les tribunaux et l’armée. Il faut une paix révolutionnaire contre cet état de guerre permanent qui nous est fait tous les jours. Aujourd’hui, les zones, les communautés, tous les communs qui se battent, se battent contre cette paix armée. Nous luttons pour une paix révolutionnaire. Et que la Terre se soulève, et que nous accompagnions ces soulèvements.
Clémence Guetté, députée de la France Insoumise.
Bonjour, merci pour l’invitation. Je suis très contente d’être là. Comme beaucoup de gens, j’étais à Sainte-Soline il y a quelques semaines maintenant. Et ce que j’ai vu à Sainte-Soline, ce qu’on a vu à Sainte-Soline, c’est, face à une immense bassine, face à une eau stagnante et mourante, ce que j’ai vu, c’était que nous sommes un fleuve. Un fleuve qui sort de son lit. Et que la Terre se soulève. Ce soir, je suis là pour soutenir les Soulèvements de la Terre, bien évidemment. Parce que depuis des années, à Sainte-Soline, à Notre-Dame-des-Landes, à Bure, dans toutes les marches climat, ce ne sont pas quelques écoterroristes isolés qui se mobilisent. C’est tout un peuple qui est maintenant mobilisé, déterminé, uni et absolument inarrêtable dans ce combat. Cette mobilisation, ils ne vont pas la dissoudre par un décret. Les Soulèvements de la Terre ne seront pas dissous par un décret. Ça n’est pas possible. Ils ont érigé le déni comme principe politique. Le déni, évidemment, climatique. On avait Macron, à ses vœux au mois de janvier, qui nous avait expliqué : « Qui aurait pu prédire, franchement, le changement climatique ? » En fait, 25 ans de rapports du GIEC, tous les salariés qui se mobilisent pour garder leurs compétences pour la bifurcation écologique, tous les gens dans le pays qui se mobilisent contre de grands projets inutiles… Bref, tout le monde aurait pu prédire le changement climatique. Et puis, pour continuer, on a M. Béchu qui en rajoute une couche dans le déni, toujours, cette semaine, qui nous dit que le changement climatique…
Le Ministre de la Transition écologique.
C’est un phénomène naturel et surtout pas une question politique. Pourquoi font-ils ça ? Pour entretenir l’idée qu’il n’y aurait pas de responsables. Or, les responsables, on les connaît. Les responsables, ce sont leurs amis, les riches, ceux qu’ils protègent. Les responsables, au niveau mondial, ce sont les 10 % qui polluent et qui émettent la moitié des émissions de gaz à effet de serre. En France, les responsables, ce sont 63 milliardaires qui émettent autant que la moitié de la population du pays. Et c’est ça qu’ils sont en train de faire. C’est politique, évidemment, cette question. Et donc, ils entretiennent ce déni, et les Soulèvements de la Terre, comme plein d’autres, participent à nous sortir collectivement de ce déni. Ils savent qu’on est prêts, désormais, à reprendre notre destin en main. Et je vous le dis : ce ne sont pas des LBD, des nasses, des grenades qui pourront nous arrêter. Ce ne sont pas les artifices de la Ve République à l’Assemblée nationale, le 49.3, le 47.1 et j’en passe, qui pourront nous arrêter. Ce ne seront pas les méthodes violentes de la BRAV-M dans les mobilisations contre la réforme des retraites. Et ce n’est pas l’utilisation abusive et opportuniste de lois antiterroristes pour criminaliser des mouvements écologistes. Donc, nous sommes là en soutien pour montrer qu’il y a des alternatives, qu’il y a des points d’appui dans la société, que nous nous proposons d’en revenir à nos besoins, à notre santé, à nos habitats, à nos forêts, à l’eau comme un bien commun, de protéger tout ça, de décider par nous-mêmes. Et vous savez, Victor Hugo disait : « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue. » Je crois que l’heure est venue pour les Soulèvements de la Terre.Merci beaucoup.
Alors nous sommes donc la station Gare des Mines dans le 18e porte d’Aubervilliers. Joachim, collectif, bassines non merci ! Alors Julien sur la droite, que nous connaissons bien, très défavorablement de nos services. Il est venu deux fois Julien au poste, avant et après le 25 mars.
Nous pensons à nos frères de lutte, Serge, et aux 200 blessés du 25 mars. Quand, en janvier 2021, du fin fond du Marais poitevin, on a vu passer cet appel aux Soulèvements de la Terre, émanant de cette terre de résistance qu’est la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, où tant d’entre nous étions venus porter notre énergie et notre envie de lutter, de résister, on a tout de suite signé l’appel. Et on a rejoint les centaines de fermes, d’organisations associatives, syndicales, qui se reconnaissent dans l’appel suivant : « Face à des gouvernements à la botte du tout-profit, à l’inaction climatique et aux choix écocidaires de nos dirigeants, il nous faut nous soulever, entrer en résistance. » Quand une chaude journée du mois d’août 2021, à l’occasion d’un interlude, nous avons pu présenter notre lutte contre ces cratères à privatiser l’eau, les mégabassines, alors que le premier chantier avait démarré à Mauzé, vous, camarades, sœurs et frères de lutte, vous avez immédiatement répondu présents.
Donc là ce sont les deux représentants des bassines non-merci, l’un des collectifs qui avait appelé à la manifestation la dernière.
En un mois, tout s’est organisé : banquet citoyen grâce aux cantines militantes sur la place de la Brèche. C’est 20 tracteurs arrivant en triomphe de Loire-Atlantique et des Deux-Sèvres qui nous mèneront jusqu’au chantier de Mauzé, à l’occasion d’une « méga-bassine » inoubliable. Quand des centaines de pandores essaient d’assurer la sécurité et le service d’ordre du congrès de la FNSEA à Niort, c’est l’assaut d’une soixantaine de moutons qui fit tomber les grilles pour bloquer ce chantier lunaire…
Depuis, nous avons vécu mille aventures, remporté mille batailles. Avec vous, nous avons renaturé la bassine illégale de Cram-Chaban en novembre 2021. Nous avons déterré les tuyaux voleurs d’eau à Mauzé-sur-le-Mignon, à La Rochénard, à Sainte-Soline. Nous nous sommes mobilisés devant les préfectures et les tribunaux pour soutenir les camarades. Nous avons attaqué, harcelé à des milliers la pieuvre de Sainte-Soline, révélant au monde entier le scandale et le péril que représentent ces mégabassines. On s’est tellement réunis, on s’est tellement mélangés, on s’est tellement aimés qu’aujourd’hui, il est bien impossible, même aux plus éminents représentants des renseignements territoriaux, de trier le bon grain de l’ivraie.
Julien Leguet qui est victime d’un travail policier digne de l’antiterrorisme, il était venu nous en parler au poste.
Valérie Masson-Delmotte, climatologue.
Il était venu nous en parler avec notamment un trackeur GPS sous son camion, une caméra de surveillance devant la maison de son père.
Je ne me reconnais pas dans une société où le dialogue est impossible et où la violence mène à la violence. Vous le savez, j’intervenais en août dernier au séminaire de rentrée du gouvernement, et le mois dernier au colloque de la FNSEA. Je suis aujourd’hui devant vous. J’ai choisi le mot de gravité. En 2022, l’Autorité environnementale a conclu que la transition écologique n’est pas amorcée en France, avec des modifications même préoccupantes du droit de l’environnement, et une inquiétude manifeste concernant la transition vers l’agroécologie, la préservation des zones humides et une gestion intégrée de l’eau. L’année 2022, en France, a été tristement emblématique de l’aggravation des conséquences du changement climatique. Sur la base des politiques publiques actuelles dans le monde, et sans sursaut, il est attendu que le niveau de réchauffement planétaire dépasse 1,5 °C au début de la prochaine décennie, 2 °C d’ici 30 ans. Ça veut dire, à l’horizon 2050-2060, 3 degrés de plus en France. Cela veut dire que la température moyenne, chaque année, à ce moment-là, aurait la température de l’année 2022, avec une forte augmentation des risques liés à l’intensification des extrêmes chauds, des sécheresses agricoles, des inondations dues aux pluies extrêmes et à la montée du niveau de la mer. Gravité. Nous sommes dès maintenant face à une escalade des risques liés au changement climatique, qui vont frapper de plein fouet les écosystèmes et les personnes les plus vulnérables, mais aussi des risques liés à nos réponses, qui peuvent très vite devenir inadéquates ou insuffisantes. Oui, face à l’urgence climatique, il est essentiel que les réponses soient coconstruites intelligemment, en s’appuyant sur les avancées technologiques, sur la sobriété, sur la préservation des écosystèmes, de manière adaptée à chaque contexte. Pour être efficace, l’action pour le climat, pour la biodiversité, doit être juste, inclusive et basée sur le partage des connaissances. Disposer d’éléments factuels peut permettre de réconcilier des intérêts, des valeurs, des visions du monde divergentes, pour coconstruire des actions dont les résultats soient perçus comme équitables, justes, dont la légitimité soit reconnue. Pour cela, faire évoluer le droit est indispensable. Pour arrêter de mettre en place des projets financés par de l’argent public sans qu’ils n’aient été évalués à l’aune de leur viabilité dans un climat qui change, sans qu’ils n’aient été évalués à l’aune des risques d’exacerbation des inégalités actuelles et futures, de fragilisation des écosystèmes, sans qu’ils n’aient été évalués à l’aune de leurs effets de verrouillage de pratiques actuelles, bloquant les transformations qui, en fait, à terme, seront inévitables. La contestation de la légitimité de certains projets est perçue comme une menace à l’ordre public, conduisant à des interdictions de manifestations, mobilisant des milliers de gendarmes, menant à des affrontements violents et graves. Mais sommes-nous réellement engagés aujourd’hui vers des transformations de fond favorables à l’intérêt général, accélérant la baisse des émissions de gaz à effet de serre, renforçant la résilience face au climat de demain, préservant la biodiversité ? Le regard se déplace. Gravité. Quelle est la menace la plus grave ? Est-ce la poursuite de tendances non soutenables ? L’aggravation des impacts du changement climatique qui touchent de plein fouet les plus fragiles ? La dégradation des écosystèmes ? La perte de biodiversité, ses conséquences pour le bien-être, les droits humains des générations actuelles et futures ? Ou bien est-ce cette contestation qui dérange ? Face à l’inertie, face à l’inadéquation des réponses institutionnelles et politiques, quels sont les catalyseurs qui peuvent accélérer la transition écologique ? La prise de conscience des transformations nécessaires sur la base des connaissances scientifiques, sur la base de l’expérience vécue des impacts, l’évolution du droit, les mécanismes de transparence, de suivi des progrès de l’action pour le climat, les recours juridiques ? Les mouvements sociaux pour la justice climatique qui prennent, dans les régions rurales comme dans les centres urbains, de nouvelles formes d’action, de résistance non violente, parfois perturbatrices, font partie des catalyseurs. J’exerce ce soir mon droit à la liberté d’expression comme scientifique et comme citoyenne. Je suis là pour défendre la vôtre. Merci.
Un discours de fond.
Bonsoir, la règle c'était un mot, j’en ai choisi un qui a deux sens opposés.
Ah ça c’est bien le NPA !
Se soulever, c’est briser les chaînes. Les chaînes que le capitalisme productiviste impose. Chaînes sur l’eau, pompée dans les nappes et empoisonnée aux pesticides. Chaînes sur les terres artificialisées, bétonnées, lacérées pour toujours plus de routes. Chaînes, encore, des tronçonneuses et bulldozers qui détruisent la forêt et leurs habitants et habitantes. Chaînes sur le vivant, accaparé et breveté, emprisonné aussi sûrement qu’avec le plus solide des cadenas. Chaînes sur nos vies, aussi. Quand on nous dit que, parce que nous vivons plus longtemps, nous devons travailler plus longtemps, on ne nous dit rien d’autre que le fait que nos vies ne valent rien en dehors du temps où elles servent à produire pour le profit. Chaîne coloniale, dans le mépris et le déni de justice à l’égard des victimes du chlordécone à la Martinique. Chaîne de la répression, chaîne de Darmanin et de ses flics, chaîne d’un État policier de plus en plus autoritaire et arbitraire, mais dont il est de plus en plus clair qu’il ne protège que lui-même et ceux qu’il sert. Contre ces chaînes, nous nous déchaînons, mais nous nous enchaînons aussi. Nous nous enchaînons les uns aux autres, dans une chaîne vivante qui est celle de nos résistances convergentes et unies. Toutes ces chaînes humaines que nous avons tressées ensemble, à Notre-Dame-des-Landes, bien sûr, et le 25 mars à Sainte-Soline, autour de leurs saloperies de cratères vides sous leur garde. Chaînes humaines qui se nouent sans frontières avec celles d’Ende Gelände contre les mines de lignite en Allemagne, celles des femmes et des enfants d’immigrés, dans le sud du Maroc, contre une mine d’argent qui vole l’eau qui les fait vivre. Chaîne qui se noue dans le temps avec nos sœurs écoféministes du camp de Greenham Common, il y a bien longtemps, contre les missiles nucléaires. Chaîne qui nous lie, d’un continent à l’autre, d’un peuple à l’autre, d’un combat à l’autre. Nous sommes les Soulèvements de la Terre, nous sommes les maillons d’une même chaîne. Une chaîne de solidarité, une chaîne de lutte, une chaîne d’espoir, une chaîne de rage et d’amour, une chaîne de colère et de complicité. Une chaîne contre tout ce qui détruit la vie, le vivant et nos vies. Martha et compagnie.
Re bonsoir. Alors, il se trouve que pendant les différentes actions des Soulèvements de la Terre, avec des camarades, après chaque action, sur la route, on écrivait des paroles sur la musique d’un chant à répondre qui nous vient du pays de Redon. La chanson originale, ça fait : « Poule qui chante et coq qui pond, ça fait du bruit dans la maison. » Mais ça s’est transformé en : « Foule qui pioche et pioches qui rompent, il y a de la terre sous le béton. » C’est donc un chant à répondre, et qui dit chant à répondre dit réponse. Voilà, donc on compte sur vous. Il y a des refrains. On peut faire un petit échauffement : « Foule qui pioche et pioches qui rompent, il y a de la terre sous le béton. » Et il y a également des couplets à répéter, donc je compte sur vous. Attention aux papilles !
Besancenot a été annoncé, mais je pense que c’est quelqu’un d’autre qui a pris la parole à l’instant pour le NPA.
Samedi matin, j’vais au jardin pour récolter mes blettes, pour récolter mes blettes. Ils veulent y couler du goudron pour leur quartier de misère, pour leur quartier de misère. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Ils veulent y couler du goudron, on les laissera pas faire, on ne les laissera pas faire. Ils veulent y couler du goudron, on les laissera pas faire, on ne les laissera pas faire.
Donc nous transmettons la soirée en direct depuis Paris 18e, 19e je ne sais plus. Les prises de parole très rapides, 3 minutes max. Ça va durer jusqu'à 21h30.
On les laissera pas faire, on les laissera pas faire. Ils veulent y couler du goudron, on les laissera ne pas faire. Claque des boules à Besançon, les Soulèvements de la Terre vont… Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Des bulldozers en action, les Soulèvements de la Terre, les Soulèvements de la Terre. Des bulldozers en action, les Soulèvements de la Terre, les Soulèvements de la Terre. Tracteurs, paillettes et chansons, nous défendrons les bêtes, nous défendrons les bêtes. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Tracteurs, paillettes et chansons, nous défendrons les bêtes, nous défendrons les bêtes. Tracteurs, paillettes et chansons, nous défendrons les bêtes, nous défendrons les bêtes ! Emporté par leur élan, je rejoins la caravane, je rejoins la caravane. Emporté par leur élan, je rejoins la caravane, je rejoins la caravane ! Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Boire un coup aux Lentillères, dilettantes du pays breton… Foule qui… Y a de la bière…
Pour ceux que ça intéresse, j’ai tweeté la lettre des parents de Serge que j’aie lue au tout début de l'émission, lettre qui va être lue à un moment donné ou à un autre dans la soirée. Si vous voulez retrouver le texte, je l’ai tweeter. Euryale, si tu veux regarder sur mon compte Twitter pour mettre le tweet dans le tchat.
Voilà, rien de trop fort. Quand on s’échauffe les éléments pour la manif à Rennes, pour la manif à Rennes. Le préfet est dans le tourment, on est 500 sur place, on est 500 sur place. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Le préfet est dans le tourment, on est 500 sur place, on est 500 sur place. Le préfet est dans le tourment, on est 500 sur place, on est 500 sur place. Pour nous, pas d’interdiction, La Prévalaye est belle, La Prévalaye est belle. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Pour nous, pas d’interdiction, La Prévalaye est belle, La Prévalaye est belle. Pour nous, pas d’interdiction, La Prévalaye est belle, La Prévalaye, elle est belle. Si le football est une passion, ici, c’est une galère, ici, c’est une galère. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Si le football est une passion, ici, c’est une galère, ici, c’est une galère. Si le football est une passion, ici, c’est une galère, ici, c’est une galère. À vos courges et vos greffons, c’est le début des plantations. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. […] De l’embouchure à la source, les Soulèvements de la Loire, les Soulèvements de la Loire. De l’embouchure à la source, les Soulèvements de la Loire, les Soulèvements de la Loire. Manif à la préfecture, Gilets jaunes en mémoire, Gilets jaunes en mémoire. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Manif à la préfecture, Gilets jaunes en mémoire, Gilets jaunes en mémoire. Manif à la préfecture, Gilets jaunes en mémoire, Gilets jaunes en mémoire. Aujourd’hui, c’est pour les sucs qu’on écrit notre histoire. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton.
Ah merci Nous Je sais pas si je comprends l
Aujourd’hui, c’est pour les sucs qu’on écrit notre histoire, qu’on écrit notre histoire. La RN88 sera leur futur cauchemar, leur futur cauchemar. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. La RN88 sera leur futur cauchemar, leur futur cauchemar. La RN88 sera leur futur cauchemar, leur futur cauchemar. Dans son bureau, Wauquiez flippe, du nez d’Yssingeaux à Dunières, du nez d’Yssingeaux à Dunières. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Dans son bureau, Wauquiez flippe, du nez d’Yssingeaux à Dunières, du nez d’Yssingeaux à Dunières. Nos flambeaux couverts de suif éclairent la nuit noire, éclairent la nuit noire. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Nos flambeaux couverts de suif éclairent la nuit noire, éclairent la nuit noire. Dans le ciel s’invite Starlink, ce projet de crevards, ce projet de crevards. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Dans le ciel s’invite Starlink, ce projet de crevards, ce projet de crevards. Nos étoiles sont magiques, demain, elles se soulèveront, demain, elles se soulèveront. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton. Foule qui pioche et pioches qui rompent, y a de la terre sous le béton.
Merci Skippy, merci à toi. Alors demain, on sera à la poste à Toulouse à 10 heures pour la manifestation.
Cyril, Dion.
Salut tout le monde, il n’a pas pu venir, c’est vraiment…
Rires
Bon, on dirait qu’on a rassemblé tous les plus dangereux écoterroristes de France ici ce soir. Vous avez des lunettes de piscine ? Je suis venu ce soir parce que les Soulèvements de la Terre, au-delà d’être un mouvement, au-delà d’être une association, c’est, comme le disent un certain nombre de militants dans les manifestations : « Nous ne protégeons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. » C’est un mouvement très vaste qui a décidé de défendre le vivant. Et le vivant est assiégé. Le vivant est assiégé par le capitalisme. Et il y a une guerre qui s’est engagée. Et ne nous trompons pas : la crise écologique n’est pas, comme on voudrait nous le dire, une histoire de climat simplement, une histoire de décarboner, mais une lutte pour préserver les conditions d’habitabilité de cette planète.
Merci.
Je ne sais pas si vous avez vu aujourd’hui la une de Libération, qui disait en gros : « Si les insectes disparaissent, nous disparaissons aussi », qui parlait d’un livre qu’un biologiste anglais vient de faire paraître en France, qui montre que 75 % des insectes ont déjà disparu depuis 30 ans en Europe, que parce que les insectes disparaissent, un grand nombre d’oiseaux disparaissent, et que les humains sont déjà touchés. Il y a déjà 425 000 personnes aujourd’hui qui meurent, une surmortalité de 425 000 personnes parce que les pollinisateurs ne peuvent pas faire leur travail. Donc la question, c’est : qu’est-ce qu’on fait par rapport à ça ? Et je pense qu’on a trois questions à se poser. La première question, c’est reconsidérer ce qu’est la violence. Le gouvernement dit aujourd’hui que les militants sont violents. Mais qu’est-ce que l’on peut appeler violent ? Qu’est-ce qui est le plus violent aujourd’hui ? Est-ce que c’est d’aller empêcher d’artificialiser des sols, de construire des autoroutes, de construire des pipelines ? Ou est-ce que c’est de construire ces infrastructures qui, à cause du changement climatique, vont provoquer un certain nombre de morts dans le monde, qui vont détruire justement ce vivant et ces pollinisateurs, qui vont avoir des impacts considérables sur notre capacité à nous nourrir et notre capacité à avoir accès à l’eau ? Je pense que c’est la première question qu’on a besoin de se poser. La deuxième, c’est : qu’est-ce que c’est que la démocratie ? Aujourd’hui, le gouvernement essaie de réduire la question démocratique au vote. C’est-à-dire que la démocratie, ça serait simplement voter tous les cinq ans. La démocratie, aujourd’hui, c’est faire en sorte que chacun d’entre nous puisse orienter la société dans la direction qui nous paraît la plus juste. Or, ce qui devrait être la priorité numéro un de nos civilisations, c’est de protéger le vivant, c’est de protéger et de perpétuer la vie sur cette planète. C’est à ça qu’on devrait passer toute notre énergie et tout notre temps. Et la dernière question, c’est : comment y parvenir ? Il ne suffira pas simplement d’enrayer la machine. Il ne suffira pas de faire tomber le pouvoir. Il va falloir le remplacer. Et pour le remplacer, on a à la fois besoin de faire émerger un récit nouveau, de savoir quelle société on a envie de construire, mais on a aussi besoin de stratégies, et d’une stratégie vraiment extraordinairement bien huilée pour y parvenir. Et j’espère que toutes les personnes qui sont là ce soir seront les personnes qui organiseront cette stratégie pour que nous puissions être profondément les Soulèvements de la Terre. Merci beaucoup.
Ah bah pour venir au poste monsieur, ici c’est ce qu’on fait tous les jours, définir des stratégies, voyons voyons.
Vanessa, du collectif des Mutilés pour l’exemple, et Fatou Dieng.
Vanessa qui a perdu son œil début décembre 2018 au pied de l’Arc de Triomphe.
Si j’arrive à être devant vous et à vous parler, c’est juste grâce à un mot : la solidarité. S’il n’y avait pas de solidarité… Si on n’avait pas eu l’amour, la solidarité et l’entraide de plein de groupes dans la lutte, je serais pas là, beaucoup ne seraient pas là. Et si j’arrive, voilà, à être encore là, présent, malgré tout ce qu’ils nous font, parce qu’en plus de nous mutiler, ils essayent de nous briser dans tous les sens… On est fichés S, ils essayent de détruire tous les groupes qu’on fait, mais on ne lâche pas. Et à n’importe quel moment où on met un genou à terre, il y aura toujours 10, 15, 20, 100 personnes qui vont nous relever, parce que c’est la solidarité entre êtres qui fera que ça marchera.
Applaudissements
Les mutilés, pour l’exemple, qui ont besoin d’argent, qui ont fait une marche samedi dernier à Toulouse justement.
Il est hors de question qu’une seule personne soit mutilée par la police ou la gendarmerie sans agir. Ils pourront faire ce qu’ils veulent, on restera là. On reste le bras levé, la tête haute, et il est hors de question que ce soit eux qui gagnent. On a le droit de vivre, on a le droit de manifester, on a le droit d’aller à un match de foot sans être mutilé, ou de marcher dans notre quartier sans être mutilé. Je remercie aussi beaucoup pour la solidarité qu’on a eue avec les familles des personnes décédées, car elles aussi en bavent. Et si elles n’étaient pas là, si nous n’étions pas là, il n’y aurait pas de groupe qui existe. Et Fatou a eu ce mot : « Si vous allez mal, nous allons mal. » Et j’insiste : pour tous ceux qui ont subi, vu, ou qui ont des amis ou de la famille qui ont subi des violences policières, n’hésitez pas à nous contacter, parce que le combat est long et dur. Il y a beaucoup de solidarité dès le début, mais c’est sur le long terme que ça se joue. Et j’espère vraiment que, s’il y en a qui ont besoin, ils n’hésitent pas à nous contacter. C’est important. On est là pour vous entendre, pour vous aiguiller s’il le faut, et surtout pour vous soutenir, parce qu’on sait ce que vous vivez.
Bonjour tout le monde. Donc moi, je suis Fatou Dieng, du comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng, du collectif Vies volées, du réseau d’entraide Vérité et Justice, comme les Mutilés pour l’exemple. Donc nous sommes dans une continuité de violences étatiques et de crimes. Soulevons-nous et faisons trembler l’État policier.
Il a perdu son frère
La solidarité sans distinction…
Et par la police.
Personnes mutilées, blessées, familles endeuillées : notre arme. Ne nous laissons pas intimider par les dissolutions, ne nous laissons pas affaiblir par la terreur, ne la laissons pas s’installer, renversons-la. Stop aux violences, aux crimes, au racisme systémique et aux violences judiciaires. Stop aux armes de guerre, aux techniques d’interpellation mortelles, à la répression et au harcèlement judiciaire. Stop aux permis de tuer sous prétexte de légitime défense, de refus d’obtempérer ou autres mensonges orchestrés par l’État. Vérité, justice et réparation pour toutes les victimes des violences, des crimes et du racisme d’État. Force, détermination et amour pour toutes les victimes. Pas de justice, pas de paix !
MTPSN c’est ce qui est en train de se passer là. Il y a une organisation, on voit bien que dans l’adversité d’ailleurs, il y a une organisation qui se crée.
Et ça aussi, ça fait partie de la solidarité. Ce sont les bouquins que les familles et les victimes vendent pour faire face aux frais judiciaires.
Son portrait contre l’Etat policier aux éditions Syleps, depuis qu’ils nous ont fait ça aux éditions du Bout de la ville.
Depuis qu’ils nous ont fait ça, c’est Aurélie qui était venue au poste.
Je suis du Syndicat national des journalistes de la Confédération générale du travail. Vous allez voir, sa voix, il parle comme ça. Et moi, je suis parigot. D’abord, je pense qu’il faut féliciter Reporterre, Socialter, Blast et Terrestres, parce que là, on a quatre médias indépendants qui arrivent à nous organiser ça. Voilà. Ouais, bien, Manu ! Moi, je suis journaliste dans le groupe Vivendi, je vous le dis, c’est pas la même. Ce n’est pas la même lutte qu’on mène à l’intérieur. Alors Hervé, il m’avait dit… Ah bon, déjà, oui, c’est vrai que souvent j’interviens pour le Syndicat national des journalistes, dont je suis secrétaire général. Il se trouve qu’à la CGT, on a eu un congrès. On a la joie, l’honneur d’avoir maintenant une femme à notre tête, une femme… Enfin, après 128 ans ! Elle s’excuse de ne pas être là, mais je suis là, donc pas au nom du Syndicat national des journalistes de la CGT, mais au nom de toute la CGT pour apporter notre soutien, évidemment, aux Soulèvements de la Terre. Et le mot… J’ai tout de suite pensé à un mot : c’est la criminalisation, évidemment. Criminalisation des luttes. Militants du climat, militants de la lutte sociale, on est tous confrontés à la même répression autoritaire du pouvoir. Le pouvoir est acculé, le pouvoir est isolé. Il ne répond qu’en essayant de nous délégitimer, nos luttes, notre action syndicale. La semaine dernière, je prends juste un exemple : Vichy. Cette ville quand même connue par son histoire, mais aujourd’hui, Vichy : 1 200 manifestants dans les manifs retraites selon la police, 1 500 selon les manifestants. Vous avez vu, c’est pas comme à Marseille ou à Paris. Le secrétaire de l’union locale CGT est accusé de violences, il est mis en garde à vue pendant 48 heures, il passera en procès au mois d’octobre. D’ici là, il ne peut même plus manifester à Vichy. Voilà. C’est nos unions locales, nos unions départementales qui sont mises dehors pour qu’on nous empêche, nous aussi, de lutter socialement. Donc, évidemment, nous sommes solidaires. Nous sommes solidaires des Soulèvements de la Terre. Nous sommes solidaires de la Ligue des droits de l’homme. Vous avez vu les propos ? Les propos de Darmanin ! Les propos scandaleux de Darmanin sur la Ligue des droits de l’homme. Donc ce soir, évidemment, on est très fiers d’être là, très fiers d’être avec vous. Et on vous invite juste à un truc : tous dans la rue demain ! On va les avoir aussi sur les retraites. On les retire. Et le combat, il est le même.
Manu Vire, avec qui j’ai eu le plaisir de bosser dans la coordination nationale contre la loi sécurité globale, c’est pour ça que je le connais, je connais son accent. Voilà, il a la patate le Manu.
Je ne m’en rappelle plus le micro. Celui-là, c’est bon ?
Alors je sais pas si vous êtes au courant qu' Hervé Kempf, il nous avait demandé de choisir un mot ce soir, je sais pas si. Les autres ont dit le mot qu’ils avaient choisi. Moi j’ai choisi le mot chronologie et j’ai voulu faire une mise en contexte de…
Des rôles journalistes à qui l’on doit des révélations autour des algues vertes.
Agro-industriel. Comme le rappelait Le Monde cette semaine, en 1974, Alexis Gourvennec, qui est une figure éminente du lobby agroalimentaire français, déclarait 2 000 agriculteurs qui cassent tout. C’est plus payant que 10 000 manifestants qui défilent dans le calme.
Vous avez du carbone !
Depuis, à l’appel de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire en France, on ne compte plus les tonnes de pneus et de palettes brûlées sur la voie publique, les installations ferroviaires sabotées, les véhicules de police et de gendarmerie détériorés, les denrées alimentaires et les récoltes détruites, les bâtiments officiels aspergés de lisier, mis à sac, les fonctionnaires molestés. Depuis des décennies, la politique du fait accompli fait partie des méthodes du secteur agro-industriel, avec l’appui des préfectures. Et on ne compte plus non plus, en Bretagne en particulier, le nombre de rivières anéanties par des écoulements de lisier de porc, par des effluents d’usines de lait en poudre ou par du sang issu de gros abattoirs. En parallèle, ce complexe agro-industriel, en France, depuis les années 60, est le premier bénéficiaire des subventions européennes de la PAC, la politique agricole commune. Et ils touchent plus de 10 milliards d’euros par an. L’année 2019 a marqué un tournant pour ce complexe puisque la FNSEA, cette année-là, s’est alliée avec le ministère de l’Intérieur. Ils ont signé une convention pour créer une cellule de gendarmerie spécialement dédiée à protéger les infrastructures agricoles, les agriculteurs industriels et à surveiller les opposants à l’agriculture industrielle. C’est la cellule Déméter. Donc, en plus de nommer les ministres de l’Agriculture, comme l’a révélé un documentaire de Marianne Kerfriden, la FNSEA bénéficie désormais d’une cellule spéciale de la Gendarmerie nationale. La même année, donc en 2019, en tant que journaliste, je viens de faire paraître la BD Algues vertes, l’histoire interdite, et je suis poursuivie en diffamation. Je suis alors poursuivie en diffamation par deux industriels de l’agroalimentaire. Je suis menacée de mort sur Internet. Je ne reçois aucun soutien public d’élus. À l’époque, c’était il y a trois ans seulement, à celles et ceux qui s’inquiétaient pour moi, je répondais, sereine, qu’on était en France et qu’il était peu probable que je sois victime d’agression. Peu de temps après, en 2021, ma consœur Morgan Large, après avoir témoigné des dérives de l’agroalimentaire dans un documentaire télé, voit les portes de son média local fracturées, son chien intoxiqué, ses roues de voiture déboulonnées. Ça se passe chez elle. Elle demande une protection policière. En fait, plus précisément, elle demande un simple numéro de téléphone d’urgence à appeler en cas de nouvelle intrusion. La demande lui est refusée.
En cette même année, Julien Le Guet, le lanceur d’alerte de Bassines Non Merci, est mis sous surveillance policière, à son insu. Début 2023, peu avant la manifestation à Sainte-Soline, Paul François, un agriculteur qui a remporté un long procès contre Monsanto, est agressé, étranglé par des hommes cagoulés à son domicile, qui lui disent de ne plus parler dans les médias. Il s’en sort vivant de justesse. La veille de la manifestation de Sainte-Soline, la roue de Morgan Large est à nouveau déboulonnée. Encore une fois, aucune réaction du ministre de l’Agriculture ni du ministre de l’Intérieur. Et quelques jours après la manifestation de Sainte-Soline, au contraire, Gérald Darmanin dit vouloir supprimer les subventions publiques versées à la Ligue des droits de l’homme. Je ne sais pas si vous savez, mais la section du Morbihan de la FNSEA, donc la FDSEA du Morbihan, demande, elle, que la Confédération paysanne soit privée de subventions et soit exclue de toutes les instances officielles parce qu’elle a participé à la manifestation de Sainte-Soline. Et le ministre de l’Intérieur va demander la dissolution du mouvement Les Soulèvements de la Terre.
C’est du délire.
Donc, quelles conclusions tirer de tout cela ? En fait, en trois ans à peine, l’État a démultiplié les pouvoirs d’un complexe agro-industriel qui a construit sa puissance sur la violence. L’État a aussi banalisé les violences sur les journalistes et les lanceurs d’alerte qui, eux, agissent pour le bien commun et pas pour des biens privés. Il leur a refusé une protection. L’État et le secteur agro-industriel veulent aujourd’hui priver d’existence des contre-pouvoirs essentiels à un avenir vivable. Comment réagir ? Nous allons devoir redoubler d’ingéniosité, d’intelligence, d’alliances. Et pour cela, il faut que les Soulèvements de la Terre résistent, se multiplient partout.
La presse indépendante est un combat.
Hervé Kempf, le maître des lieux, le fondateur de Reporterre.
C’est très long ! Détruire la mer, la terre, apprivoiser le vivant : des politiques archaïques et retardataires d’un passé contre lequel il faut se battre avec détermination. Les impostures et l’idiotie d’un gouvernement qui prétend dissoudre un mouvement. D’un gouvernement qui rêve l’impossible, car on ne peut pas dissoudre un mouvement, car nous sommes tout simplement comme l’eau : nous sommes inarrêtables. Je m’appelle Juan Pablo Gutierrez et je suis le délégué international du peuple Yukpa en Colombie, en risque imminent d’extinction par la présence des multinationales carbonifères chez nous. Le gouvernement français s’est manifesté, il a prononcé sa volonté de vouloir dissoudre le mouvement des Soulèvements de la Terre. Et s’il veut le dissoudre, il doit venir en Colombie également dissoudre le mouvement des peuples autochtones, qui est présent au cœur de la cordillère des Andes. Dans le bassin amazonien également, il doit venir dissoudre les processus historiques des communautés noires et afro descendantes qui luttent depuis plus de cinq siècles et qui sont installées sur la côte pacifique colombienne. Il devra venir dissoudre également le mouvement paysan et citoyen, qui s’étend tout au long de la géographie de la Colombie également. Ce gouvernement est tellement déconnecté de la réalité qu’il croit pouvoir nous dissoudre. Et nous sommes en train de lui démontrer, avec l’union de ces forces, que nous sommes en train de devenir un pouvoir inarrêtable et qu’il a peur. Nous sommes venus porter notre soutien aux Soulèvements de la Terre, officiellement au nom de la Commission ethnique pour la paix en Colombie, dont l’Organisation nationale des peuples autochtones de Colombie fait partie, et les 85 peuples autochtones qui la composent, de l’Association des peuples indigènes du Sud-ouest colombien et du Processus des communautés noires en Colombie également. Deuxièmement, en soutien ferme et déterminé du Comité international du FOSPA, présent dans les neuf pays amazoniens, des organisations sociales également et paysannes qui sont présentes en Colombie, en Équateur, en Bolivie, au Pérou, au Brésil, au Venezuela, au Suriname et en Guyane. Il y a quelques minutes, j’ai reçu le soutien également du CNA, le Coordinateur national agraire de Colombie, du Congrès des peuples, également de Colombie. Et ça démontre que nous sommes en train de devenir une force inarrêtable. Nous sommes en train de devenir la globalisation de la résistance. ¡No Pasaran ! Merci beaucoup.
Nicolas Girod, Confédération Paysanne.
On vous a un peu parlé de la FNSEA tout à l’heure, donc il fallait bien que la Confédération paysanne s’exprime, ça remettrait quand même un petit peu d’équilibre. Depuis le début, les Soulèvements de la Terre ont beaucoup interpellé, parlé et questionné la Confédération… C’est le porte-parole. On a beaucoup appris ensemble. J’ai démonté la pompe d’une bassine illégale à vos côtés et grâce à vous. Vous avez permis l’entrée en masse de citoyennes et citoyens sur cette même bassine illégale de Cram-Chaban. Grâce à vous, la Conf’ a pris une place incontournable dans cette lutte et a renoué avec la désobéissance civile de masse. Alors mon mot pour ce soir, c’est le respect. Pour le respect multiple des formes d’action que vous mettez en œuvre. Pour le respect des multiples temps de prise de décision de nos orgas. Et j’en sais quelque chose, ce n’est pas forcément simple d’attendre toujours sur la Confédération paysanne. Pour le respect des décisions prises en commun. Le dernier exemple, c’est à la manif de Sainte-Soline. Les tracteurs, on les a amenés, c’était une magnifique victoire. On avait décidé qu’ils ne bougeaient pas pour la manif. On en a discuté, certains voulaient qu’ils bougent. Ils n’ont pas bougé, tout le monde a respecté ça. Pour le respect que nous avons maintenant les uns pour les autres et qui nous donne une force immense et infinie et qui anéantit tous nos doutes. Respecter nos différences, additionner nos compétences et savoir-faire pour renforcer nos actions et notre visibilité et pouvoir enfin croire à la victoire. Ah merde. Sans cette alliance que nous avons su collectivement alimenter, sans l’addition des activistes écologistes des Soulèvements de la Terre, des citoyens de Bassines Non Merci et des paysans de la Conf’, la lutte contre les mégabassines et le sujet de l’eau n’en seraient pas là aujourd’hui, incontournables médiatiquement et politiquement. L’urgence à agir nécessite que les Soulèvements existent sous une forme ou sous une autre. Ils existeront toujours ! Et nous soutenons et soutiendrons cette nécessité. Cette convergence alimente nos luttes et nos combats et va nous permettre de faire tomber le modèle agro-industriel capitaliste, destructeur du vivant, des communs et des humains. Nous luttons ensemble pour des paysans et des paysannes nombreux, heureux, rémunérés et qui nous nourriront toutes et tous en qualité. Nous luttons pour une planète viable et vivable pour nous et nos enfants. Alors, longue vie aux Soulèvements de la Terre, longue vie à nos différentes luttes. Continuons dans cette logique-là pour espérer la victoire, la construire ensemble et construire un futur pour nous et nos enfants. ¡No pasarán ! Allez, c’est bon.
Alors sachez qu’il y a plein de comités locaux qui se créent en ce moment.
Via Campesina
Via Campesina !
Nous, paysannes, paysans du monde entier, d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, de toute l’Europe, partout dans le monde, nous luttons contre l’accaparement des terres, de l’eau, des semences et de nos territoires. Nous subissons la répression et la criminalisation de nos mouvements. Face au désastre social et environnemental, nous semons la graine de l’espoir.
Bravo !
Nous sommes pour la souveraineté et la paix, pour la justice sociale, pour l’agroécologie et pour les droits humains. Pour le féminisme paysan et populaire. Nous sommes toutes et tous, dans le monde entier, les Soulèvements de la Terre. En France comme partout ailleurs, l’avenir sera paysan. On a un slogan à Via Campesina, et je vous propose qu’on le reprenne ensemble : « Globalisons la lutte, globalisons l’espoir ! » Globalisons la lutte ! Globalisons l’espoir ! Globalisons la lutte, globalisons l’espoir ! Globalisons la lutte, globalisons l’espoir ! Globalisons la lutte ! Globalisons l’espoir ! Globalisons la lutte ! Globalisons l’espoir !
Murielle Gilbert, syndicat solidaire.
Elle est toute sympa, elle !
Trois mois de lutte, de grève.
Le codélégué général de l’Union syndicale solidaire, Murielle Gilbert.
Le provincial sur les retraites dit et redit l’opposition frontale de la population à travailler deux années de plus. Et ce n’est pas fini !
C’est parti !
Ce mouvement est porteur parce qu’unitaire, parce qu’ancré sur tout le territoire, parce qu’ancré dans une conviction profonde de l’injustice et de la brutalité de cette réforme. Ce mouvement social est porteur parce qu’il s’accompagne d’une réaction collective forte contre les violences policières et les méthodes autoritaires de ce gouvernement, qu’il applique à toutes les luttes, et aujourd’hui particulièrement aux Soulèvements de la Terre. Cette lutte pour les retraites est directement liée à des questions centrales et fondamentales. Pourquoi travaille-t-on et pour quelles activités ? Pour vivre ou pour survivre ? Quelle part de notre vie consacre-t-on au travail et quelles sont les conséquences de ce travail pour la planète ? Pour Solidaires, les luttes écologistes ne sont pas l’accessoire des luttes sociales. Elles sont toutes les deux intimement liées. Lutter contre l’accaparement des richesses de ce capitalisme qui appauvrit, aggrave les inégalités, ne peut se réfléchir désormais sans lutter contre l’accaparement des ressources naturelles. Il ne peut se penser sans anticiper les crises sociales, économiques, migratoires qui vont accompagner la crise climatique majeure en cours. De même que lutter pour une autre planète vivable ne peut se faire sans faire participer directement les travailleuses et les travailleurs aux reconversions de certains secteurs et à un changement de cap profond. C’est pourquoi nous sommes les Soulèvements de la Terre et c’est pour cela que Solidaires a pris toute sa part, notamment dans la lutte contre les méga bassines, et que nous serons aussi dans les luttes à venir. Face à la résistance de nos mouvements, nous ne laisserons pas la répression, les tentatives de dissolution des collectifs, les violences policières arrivé à leurs fins. Parce que nous sommes partie intégrante du vivant et que le capitalisme menace directement le vivant, nous avons la responsabilité de résister, toujours. Je ne finirai pas retraitée sur une planète brûlée. Retraites, climat, même combat ! Retraites, climat, même combat ! Merci !
Allessandro ! Alessandro Pignocchi !
Alors moi je suis gêné parce que la consigne c'était choisissez un mot et parler à partir de ce mot
Alors, chercheurs en sciences cognitives et philosophie de l’art.
Collectif, et puis… Mais tu dis ce que tu veux, en fait. Non, mais moi, je suis un bon élève, donc j’ai choisi un mot avec attention pour être sûr qu’on ne me le prenne pas. Du coup, j’ai choisi « saisonnalité », ou « oscillations saisonnières », ce qui est une façon, en vrai, de faire allusion aux saisons des Soulèvements de la Terre, mais aussi d’évoquer les mondes possibles, au pluriel, que portent en eux et annoncent les Soulèvements de la Terre, autour d’un projet général qui aspire à reconstruire des formes territorialisées d’autonomie, d’autonomie politique, mais aussi matérielle. Et ce qui passe, entre autres, par la reprise en main collective de notre subsistance et des activités paysannes. Les reprendre en main, mais aussi les rendre à nouveau désirables, contre deux siècles d’idéologie bourgeoise qui s’est construite tout entière sur la possibilité de faire faire à d’autres tout ce qu’on n’avait pas envie de faire soi-même, notamment tout ce qui touche à la subsistance et au travail de la terre. Alors… quand on parle de reprendre en main sa subsistance, se pose assez vite le problème des habitants des métropoles, puisqu’on est quand même assez nombreux, et on a l’impression que c’est du tout ou rien. Que soit on habite en ville et on est condamné à acheter à peu près tout ce qu’on mange au supermarché, ce qui contribue à entretenir un fort sentiment d’impuissance politique, soit il faut tout lâcher et aller planter des légumes à la campagne. Mais enfin, c’est bien, c’est bien. Mais il y a aussi tout un panel d’intermédiaires, et notamment la possibilité de renouer avec un phénomène qui était très classique dans l’histoire, à l’échelle de l’humanité, qui l’est encore dans certaines régions du monde, et qui consiste en de grandes oscillations saisonnières, des déplacements de population depuis les centres urbains vers les campagnes pour prêter main-forte, pour contribuer aux activités paysannes dans les moments de l’année où le besoin de main-d’œuvre est le plus élevé, dans une agriculture non massivement mécanisée, bien sûr.
On ne peut pas dire que ça se boulet avec grand enthousiasme.
Ça pourrait redevenir, donc, l’occasion de faire de la ritualisation, qui là encore, en rupture avec la modernité, s’incruste, s’enchevêtre dans les activités de subsistance et contribue à les rendre plus riches et plus intenses. Alors, pour les urbains, ça serait donc l’occasion de reprendre en main sa subsistance, en tout cas de commencer à le faire, mais aussi d’expérimenter des formes contrastées d’organisation politique, depuis l’État vers des formes de communalisme, et vice versa, ce qui contribuerait sans doute à nous faire mûrir politiquement. Et de cette façon, les centres urbains et l’État redeviendraient ce qu’ils ont longtemps été, à savoir des structures et des institutions saisonnières. Donc voilà, je rêve d’une action des Soulèvements de la Terre qui porterait ce thème, avec des milliers de personnes qui viendraient participer à des récoltes, à la plantation d’une prairie temporaire sur un territoire en lutte.
Merci Alessandro, Louisa Youski
Alors, de notre point de vue, donc celui de militants antiracistes et décoloniaux, ce que nous inspire spontanément le mot « dissolution », c’est celui d’islam. Nous pensons, en fait, que dans ce contexte de grande répression du mouvement social, c’est le mot manquant. C’est le mot qui permettrait de reconstituer le puzzle que nous avons actuellement sous les yeux. Car c’est sur l’islam, et plus exactement sur les musulmanes et les musulmans, que l’État répressif a fait ses dents. Au nom de la lutte contre l’islamisme et la radicalisation islamiste, au nom de la sûreté de l’État et de l’intérêt supérieur de la nation, l’État français a construit pas à pas un dispositif administratif, judiciaire, policier, mais aussi idéologique, qui a installé et légitimé l’autoritarisme de l’État. Nous disons… Nous disons que la loi contre le séparatisme, promulguée le 24 août 2021, a institutionnalisé l’islamophobie comme système de gouvernance. Depuis, il est désormais possible de dissoudre n’importe quelle association musulmane jugée suspecte, de fermer des mosquées sur la base de rien, d’expulser des imams insoumis au ministère de l’Intérieur, de mener des perquisitions dans des milliers de foyers musulmans, de ficher S et d’assigner à résidence des musulmans pour des raisons purement idéologiques et politiques. Fin 2022, l’État s’est ainsi vanté d’avoir mené, depuis 2018, pas moins de 26 614 opérations de contrôle, 836 fermetures d’établissements, d’avoir soutiré 55,9 millions d’euros de redressements recouvrés et d’y avoir comptabilisé plus de 551 signalements. Nous avons également en mémoire la dissolution, en 2021, injustifiée et injustifiable, du CCIF, le Collectif contre l’islamophobie en France, qui constituait l’une des plus importantes organisations autonomes de défense des droits fondamentaux des musulmans, dans un contexte d’islamophobie généralisée, de suspicion, de contrôle et d’intimidation des musulmans. Nous pourrions également parler de la dissolution de l’association BarakaCity, association humanitaire musulmane, en 2020, et de l’association Nawa et des éditions Nawa, également dissoutes en Conseil des ministres la même année. C’est cette institutionnalisation de l’autoritarisme islamophobe, depuis l’instauration de la loi de 2004 sur les signes religieux à l’école jusqu’à nos jours, qui s’est exercée avec la complicité active ou passive de la grande majorité de l’échiquier politique de ce pays, gauche et extrême gauche comprises, dans l’indifférence presque totale, et qui s’abat désormais sur les mouvements de contestation sociale. Le rappel de cette généalogie de la violence d’État n’a pas pour objectif de jouer ici les redresseurs de torts. Il s’agit plutôt d’appeler à un travail critique de fond vis-à-vis d’un dispositif argumentatif progressiste taillé par et pour les intérêts de l’État, dont l’un des axes stratégiques est précisément d’organiser la division entre les luttes sociales et les luttes de l’immigration et des quartiers. Ce que cela signifie, c’est qu’il faut en finir avec le pacte étatique racial, en finir avec cette arnaque de lutte contre la radicalisation, c’est-à-dire aussi prendre le chemin inverse du Parti communiste français qui vient, à son dernier congrès, de rejeter encore une fois le terme « islamophobie », sous prétexte que ce dernier ouvrirait des problèmes, alors qu’il est le mot choisi par les luttes antiracistes pour désigner la mutation contemporaine du racisme anti-arabe. C’est-à-dire encore ne plus trembler devant l’épouvantail dit « indigéniste », agité par toutes les instances de l’État, non pas pour divertir des véritables enjeux, comme il est courant de relativiser la question raciale, mais pour combattre ce que l’État a effectivement identifié comme une menace, non pas pour la société, mais pour l’ordre répressif dont il est le garant. Je parle ici du mouvement décolonial. Il n’est jamais trop tard. De nouvelles lois racistes sont déjà en préparation, comme la loi sur l’immigration, à laquelle il conviendra de s’opposer en bloc, non pas par charité envers les musulmans, mais par lucidité politique. Aucune révolution ne se fera sans le concours des musulmanes et des musulmans et des habitants des quartiers, qui forment, rappelons-le ici, pour la majeure partie, le bas du panier du prolétariat français.
Audrey Vernon.
Bonsoir. J’aurais aimé vous raconter Sainte-Soline, la folie et la beauté de ce moment, mais je ne peux pas. Mon corps s’est arrêté de fonctionner, il a arrêté d’entendre, de voir. Je suis arrivée à 12 h 30, je suis partie à 16 h 30. Ces quatre heures existent très fort, mais je ne m’en souviens pas. Ce que je peux vous raconter, c’est ce qui se serait passé depuis. Ça se serait passé comme ça. Sainte-Soline avait été le début ou la fin. Le début de la fin ou la fin du début. En tout cas, à partir de ce moment-là, plus rien n’avait été pareil. Silencieux, sourds, souterrains, nous étions à l’air libre, démasqués. Nous étions 30 000. Nous avions été trop nombreux pour retourner nous cacher. Trop nombreux pour retrouver et accepter le silence. À ce moment-là, les vieux ont rejoint les jeunes, les productifs ont défendu les improductifs. La croissance n’est plus jamais… jamais, jamais repartie. Le système s’était enfin grippé. Ils essayaient encore de frapper, mais leurs coups n’étaient plus suffisants. Ils étaient à bout. L’espoir a commencé à poindre. On se regardait, on s’écoutait. « Tu crois que c’est vrai ? » Nous allions réussir à rester sous les 1,5 degré. La vie a continué à se défendre sans mal, comme elle sait le faire, en continuant son œuvre. Ils essayaient encore de tuer : biocides, pesticides, insecticides… Mais c’était trop tard. On était devenus résistants à…
Oui, Bibou, c’est l’horaire qui est annoncé, peut-être un petit peu plus tard, s’ils ont démarré avec 10 minutes de retard, mais en gros, c’est ça, ouais.
À dire adieu aux hérissons, sans enterrement grandiose, aux grenouilles, aux lucioles, aux oiseaux migrateurs, à des centaines d’espèces qui constituaient la beauté du monde. Il nous aura fallu prendre conscience que nous seuls avions peu de temps pour sauver ceux qui restaient et que ce ne serait pas plus tard, mais maintenant, que nous ne pouvions compter que sur nos contemporains et qu’il allait falloir faire avec. Nous étions 30 000, au moins. Ce n’était pas rien. On aura dû voir des corps tomber, entendre des voix qui crient : « Reste avec nous », traverser des années terrifiantes. Aujourd’hui, tout s’est stabilisé, on est restés dans la fourchette viable. Tout ce que j’avais prévu pour fêter la libération est arrivé. J’ai regardé « Au revoir les enfants » avec Gaspard, on a dansé pendant des jours sur les Champs-Élysées. J’ai parfois du mal à y croire, mais le combat de ma génération est terminé. Ceux qui viendront après nous en auront peut-être d’autres, mais pour le moment, tout est calme. On a réussi à transformer la compétition en solidarité, le profit en partage. On ne fait plus de la monoculture d’humains capitalistes. Les autres espèces sont respectées. Grâce aux ZAD, grâce aux peuples autochtones qui ont hurlé qu’une autre façon d’habiter le monde était possible. Aujourd’hui, je m’ennuie tellement, et les autres aussi, je crois. Hervé et Véronique tricotent. Alain regarde enfin sa montagne. Corinne fait des semis, beaucoup trop de semis. Ceux qui s’appelaient Camille font des enfants, beaucoup trop d’enfants. Depuis cette décennie, je n’ai plus que des souvenirs heureux, des moments incroyables, et surtout des gens. Tellement de gens plus merveilleux les uns que les autres, avec qui j’ai eu la chance de partager cette seconde sur Terre. Si j’avais pu choisir, je n’en aurais pas choisi d’autres. Je ne remercie pas ceux qui nous ont obligés à traverser ces années-là, mais je vous remercie tous de les avoir traversées comme ça. Audrey Vernon, 1er janvier 2033.
Bastien Le Querec, de la Quadrature du net.
Très très défavorablement connu nos services encore ceux-là.
Je suis Bastien, membre de la Quadrature du net.
Qu’est-ce que c’est que ça ?
Une association qu’apparemment certains et certaines d’entre vous connaissent, et j’en suis ravi. Non, bien sûr, une association de défense des libertés à l’ère du numérique. Et ce soir, je tiens à transmettre, au nom de l’association et, je pense, au nom de nos soutiens, notre soutien aux Soulèvements de la Terre et à dénoncer cette tentative d’intimidation d’un pouvoir aux abois. La menace de dissolution est une attaque contre les libertés associatives. C’est une attaque contre la liberté fondamentale de se réunir, contre la liberté de s’organiser collectivement, contre la liberté d’expression. Ce que font Darmanin et ce gouvernement est une attaque frontale contre des revendications politiques légitimes. C’est une manière aussi de détourner le débat. On parle désormais moins des problèmes d’accès à l’eau que dénoncent justement les Soulèvements de la Terre. On parle désormais moins de la réforme des retraites et du déni de démocratie du gouvernement Borne. Mais cette attaque contre les libertés associatives et les revendications politiques que les Soulèvements de la Terre portent doit aussi être mise en lien avec les attaques que nous observons, à La Quadrature du Net, contre les libertés fondamentales de manière générale et contre l’augmentation de la surveillance. Nous observons de plus en plus un discours du gouvernement et de la police consistant à criminaliser l’exercice des droits humains. On parle ce soir de revendications écologiques. Mais aujourd’hui, au Sénat, hier à l’Assemblée nationale, le Parlement a définitivement voté une loi dite sur les Jeux olympiques, mais qui instaure au passage la possibilité pour la police de surveiller l’espace public algorithmiquement, c’est-à-dire sans avoir besoin d’humains. Les débats parlementaires, nous les avons suivis, et nous avons été apeurés par l’état de la démocratie. Les débats ont montré un désintérêt total du gouvernement et de ses soutiens pour les droits humains. Surveiller tout le monde, quoi qu’il en coûte, voilà l’objectif. Cette légalisation de la surveillance algorithmique de l’espace public doit nous avertir. Elle doit nous avertir collectivement. Alors que nos luttes se passent aussi et surtout dans la rue, voilà que l’État nous rappelle qu’il n’entend pas nous laisser faire. Nous observons, à La Quadrature également, la remise en question du droit à protéger sa vie privée et du droit à se soustraire aux yeux trop curieux de la police et du gouvernement. Dans les prochains mois se déroulera un procès pénal de militants et militantes accusés de terrorisme pour avoir utilisé des outils simples et légaux pour se protéger des oreilles indiscrètes des GAFAM et de la police, des outils que vous, nous, militants et militantes, utilisons au quotidien. Ce mot « terrorisme », on l’a beaucoup entendu, il aura résonné ces dernières semaines. « Ecoterorrisme », « terrorisme intellectuel », autant d’inepties et de violences symboliques. Mais nous l’entendons aussi comme un avertissement. Le gouvernement nous annonce que ses opposants et opposantes politiques seront pourchassés, au-delà de la question des Soulèvements de la Terre, avec la plus grande sévérité, à l’aide de tous les moyens à la disposition de l’État. Face à ce constat un peu dramatique, La Quadrature du Net réaffirme néanmoins sa solidarité avec les manifestants et les manifestantes, en particulier avec Serge et sa famille, et rappelle son soutien sans faille aux Soulèvements de la Terre. Et cette soirée me fait penser qu’il reste des poches d’espoir. À vous voir tous et toutes, il y a un espoir, et j’espère que nous arriverons à le cultiver ensemble. Merci.
Marine Tondelier, l’Europe Écologie Les Verts.
Ah ben ça c’est elle qui nous a planté.
C’est sympa cette soirée, non ?
Elle doit revenir au poste.
Alors, on continue.
C’est une dizaine de jours normalement
Contrairement à la légende, je suis extrêmement disciplinée. J’ai choisi un mot et ce mot, j’espère qu’il n’a pas encore été pris ce soir, c’est la vérité. Parce que la vérité, c’est un concept.
Non, non, non. C’est bon, il n’y a pas de souci.
Parce que c’est une chose qui se perd de nos jours, la vérité, et ce, malheureusement, jusqu’au plus haut niveau de l’État. Le 24 mars, oui, j’étais à Sainte-Soline, tout comme je l’étais lors de la précédente manifestation du 29 octobre. On me l’a beaucoup reproché, comme aux autres parlementaires écologistes, insoumis, comme à la Ligue des droits de l’homme. La vérité, c’est que, vu toutes les âneries et les mensonges entendus depuis, cette présence était utile, même nécessaire, je dirais. Pour que nous puissions voir, savoir et témoigner, jouer notre rôle, quoi. Après une semaine d’explications de plus en plus emberlificotées, c’est la version polie, de mensonges débunkés, Gérald Darmanin a sorti son ultime carte explicative dans le JDD. S’il avait fait tout ça, c’était pour éviter quelque chose d’horrible. Vous êtes prêts ? C’est très, très dur à entendre. Ça va faire peur. Ils voulaient éviter l’installation d’une ZAD. La vérité, la vérité, c’est que d’installation de ZAD à Sainte-Soline, ce jour-là, il n’a jamais été question. La vérité, c’est qu’il a fini par devoir inventer un risque, un risque qui n’existait pas, pour justifier son dispositif disproportionné. La vérité, c’est aussi que rien, non, aucun risque réel, supposé, inventé même, ne justifiera jamais, non jamais, ce qui s’est passé sur place, que des copains soient toujours à l’hôpital pour cela. Ça, on n’oubliera pas. Non, jamais. Et la vérité, c’est aussi à elles et à eux qu’on le doit, et pour ça, on se battra. 3 200 membres des forces de l’ordre étaient mobilisés. Une opération de maintien de l’ordre estimée, m’a-t-on dit, à 5 millions d’euros, soit le coût de deux bassines. Un pognon de dingue pour protéger un trou. Pendant ce temps-là, les intimidations, menaces, agressions contre les écologistes connaissent une recrudescence sans précédent dans le pays. Et même les plus exposés se voient trop souvent refuser une protection policière. La vérité, c’est que ce gouvernement protège le trou de Sainte-Soline plus que certains journalistes, plus qu’un militant écologiste. Pire, ils ont désigné les écologistes comme une cible à abattre, en les assimilant à des terroristes. Et cela se termine mal, je le crains. Maintenant, ils veulent nous dissoudre. Dissoudre les Soulèvements de la Terre. La vérité, c’est que, quoi qu’ils décident, c’est impossible. Bonne nouvelle. Dissoudre un groupe de gens qui se parlent, est-ce que c’est sérieux ? Ça veut dire quoi ? Que j’aurai plus le droit de parler à Léna, que j’aurai plus le droit de parler à Basile, à Cyril Dion, aux 50 000 signataires de cette pétition ? Ben voyons, on va se gêner. Ils vont dissoudre quoi ? Les Soulèvements de la Terre, et puis après la Confédération paysanne, peut-être la Ligue des droits de l’homme aussi, et puis un jour EELV sans doute. Sûrement pensent-ils que nous nous laisserons faire ? Peut-être que nous prendrons peur, que nous laisserons tomber. Eh bien les amis, c’est bien mal nous connaître. La vérité, c’est que nous nous soulevons pour la Terre parce qu’elle a besoin de nous, et ça ne fait que commencer. La vérité, c’est que personne ne peut garantir que les enfants qui naissent en 2023 auront encore une planète habitable quand ils auront 30 ans. La vérité, c’est que les écosaboteurs ne sont pas forcément là où Darmanin croit. Les écosaboteurs nous gouvernent, chers amis. Ils désobéissent. Ils désobéissent beaucoup. Ils désobéissent tout le temps. Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est la justice française, c’est la justice européenne. Ils désobéissent sur la qualité de l’air, ils sont condamnés pour inaction climatique, ils désobéissent sur les espèces interdites de chasse, ils ne respectent pas leurs propres objectifs sur le renouvelable, sur le bio à la cantine, sur rien. La vérité, c’est qu’ils ont mis notre santé en dessous de leurs lobbies, de leur argent, de leurs profits. Alors excusez-nous, excusez-nous les gars. Mais la vérité, c’est que nous, avec les amis du vivant, avec les protecteurs de nos communs, avec les empêcheurs de creuser des bassines en rond, on va continuer. Soyez fiers de nos valeurs, soyez fiers de vos combats, soyons fiers d’être ensemble, hier, ce soir et tous les jours qui suivront. No pasarán !
Marie de la Marche des solidarités.
Bonsoir à tous. On remercie tous les invités et les organisateurs. Moi, je fais partie de la Marche des solidarités, qui nous aide. Nous, nous sommes des immigrés. On est là en France, on n’est pas là parce qu’il fait beau en France. Non, nous sommes là parce qu’on n’a plus rien chez nous. On n’a pas d’eau potable. Nos terres, on ne peut plus les cultiver. Tous les jeunes, ils ont pris la fuite. Ils passent par la mer. Ils meurent. Il n’y a que des vieux et des vieillards. Dans les villages, il n’y a plus rien. C’est pour cela que nous sommes là. Et nous, nous sommes là aujourd’hui. Nous sommes des travailleurs et des travailleuses. Darmanin est contre nous, il veut qu’on quitte ce pays. Pourquoi ? Et ils sont partis chez nous, ils nous ont tous dévalisés. Nous sommes là, on a travaillé, nous travaillons. Nous travaillons matin et soir pour quelques centaines d’euros et, malgré tout ça, on nous jette aujourd’hui comme des éponges. Nous, nous ne sommes pas d’accord. La loi qu’il amène, nous nous battrons jusqu’au bout. On ne laissera personne. Nous irons jusqu’au bout. On ne veut pas de sa loi, ni aujourd’hui ni demain. Merci beaucoup.
Alors ?
Bon, il fallait choisir un mot, j’ai pris « brave ». C’était quelque chose… « brave ». Et malin, et malin. Pour la table, vous allez comprendre pourquoi, ou « crocodilétante » ou « caribouche de la », enfin plein de trucs. Le capitalisme a toujours été un alphabet. Pour lui, ta chair est un chiffre. Ils ont les réseaux, tu n’as rien. Tu es le zéro, ils sont le un. Quand le capital parle, il s’exprime avec des lacrymos. Ses lèvres pètent du gaz, il fait feu pour nous faire taire. Nous, on fait terre, autant qu’on peut. On croit encore aux landes, aux garrigues, aux tourbes, aux ruisseaux. On croit aux castors qui lovent l’eau dans leurs barrages amoureux, plutôt qu’aux berges de béton brut qui la laissent filer vers la mer en laissant le monde sec. Tous nos rêves sont à l’eau. Soyons simples : l’eau est le nouvel or. Une mégabassine est un coffre-fort. L’eau est un marché comme il y a un marché de l’air, de l’art, des corps, des terres, du sable, du fer. L’eau se tanke, se stocke, se banque. L’eau se force, se raffine et se filtre. On la verra bientôt en baril, à 100 dollars le litre. Et c’est maintenant que ça commence : il était une soif. La Terre ne s’est pas réchauffée, les mecs, elle brûle. On est des chipolatas cramées sur une grille d’aération. La mer a la couleur de l’huile. Le ciel sent la merde, il en a la consistance. Les traînées… Il pleut plus. Dieu a tiré la chasse. Climatise la forêt, ouais. Climatise l’océan, ouais. Climatise les champs et surtout pompe, siphonne, pompe, pompe. Pompe ! Pompe ! Face à ça, c’est la colère architecturée qu’il faut atteindre, trouver en soi la rage du sage no passaran,
Darmanin le nain, non mais allô, quoi ! FNSEA, c’est trois lettres de trop. Loutarde, vous m’entonnez : vous tuez pour un cratère. Méfiez-vous de l’eau qui mord, l’eau va couler sous des cons. Pour vous, un brave, c’est un Robocop en quad. Pour nous, c’est une enfant encore debout au milieu de vos grenades. Vénère des terres terrestres, vénère des ter-, terrestres. Vénères des ter-terrestres. Vénères des ter-, terrestres. Vénères des ter’, terrestres ! Vénère des ter-, terrestres ! Vous ne nous ferez pas taire parce qu’on ne dissout pas l’eau qui court sous nos peaux. Parce qu’on a encore assez de chaos en nous pour enfanter une étoile qui danse. Nous sommes la Fraction armée bleue, le Combat du wombat, le Mouvement des jeunes insurgés koalas, le Crocodile étanche et la Baleine qui bosse. Nous sommes les aigles, les hardes et le Caribou de là, le Coyote boycott, le Long Bric-à-brac, la Panthère des nuages et les Ragondingues. Nous sommes le Castoréador qui évite vos lanceurs de balles. Nous sommes le filet, la flaque, la mare, la nappe, nous sommes l’averse à l’envers, la source et les geysers, nous sommes la neige qui fond et la glace dans vos verres. Tous nos rêves vont à l’eau : ceux qui sont nés de la dernière pluie, celles qui se jettent à l’eau, ceux qui passent à travers les gouttes. Choisis ton camp, choisis ton qui et surtout, choisis ton comme ! Moi, je crois aux bandes et aux vacances fécondes et sarabandes. Je crois aux hardes et aux hordes, aux ruches, aux toiles. Je crois aux équipes et aux escouades. J’aime quand l’humain s’épaule et se parle, quand c’est l’amour qui nous relie, le pas qu’on fait vers l’autre qui ne le sait pas. Le vivant n’est pas une propriété, un bien qu’on pourrait acquérir ou protéger. C’est un milieu, c’est un champ qui nous traverse, dans lequel nous sommes immergés, fondus ou électrisés. Si bien que s’il existe une éthique en tant qu’être humain, eh bien, pour moi, ça serait juste d’être digne de ce don sublime d’être vivant et d’en incarner, dans des paquets, autant que faire se peut, les puissances. Faire corps avec le maquis, la forêt, la mer, avec le végétal comme avec l’animal. Les autres espèces et les autres formes de vie, se composer avec, les accepter, nouer avec elles, s’emberlificoter. Vous, les productivistes, vous êtes la nature qu’on défonce. Vous êtes la terre qui coule juste avant qu’elle s’enfonce. Vous êtes la lèpre de l’air, le cancer des os, la ruine des sols, le mercure dans le sang. Vous êtes la pire chose qui soit arrivée au vivant. OK ? OK, maintenant ? Bah maintenant, la seule croissance que nous supporterons sera celle des arbres et des enfants. Maintenant, nous serons le vivant, le vivant qui tisse et qui brise, le vivant qui se défend.
Bravo, bravo, bravo,
Alors là, je vous remercie. Kristin Ross !
Bonsoir. Une foule en mouvement de 30 000 personnes en pleine campagne est un spectacle étrange. Le nombre de personnes à Sainte-Soline a décuplé par rapport à la manif contre les mégabassines à laquelle j’ai participé une petite année plus tôt. Quand j’ai vu le nombre de personnes de mon âge et plus âgées qui faisaient la marche, j’ai compris pour la première fois pourquoi Macron était si déterminé à retarder l’âge de la retraite. La dernière fois qu’autant de personnes se sont levées et déplacées de toute la France pour se réunir dans ce que les citadins ont tendance à appeler le milieu de nulle part, à la campagne, c’était il y a 50 ans, pour soutenir les éleveurs de moutons dans le Larzac. À la même époque, à l’autre bout du monde, des étudiants japonais se déplaçaient depuis Tokyo à la campagne pour aider les paysans à empêcher que leurs terres soient transformées en ce que les paysans appelaient « une passerelle vers le vide » : l’aéroport de Nantes.
C’est bon !
Et à peu près à la même époque, Henri Lefebvre faisait l’observation intéressante qu’il est dans la nature des luttes écologiques à propos de la Terre.
Henri Lefebvre, l’international lettriste qui donnera naissance à l’International Situationniste.
Ce sont des batailles qui réunissent des personnes très diverses. Elles ont pour effet de produire une forme de solidarité dans la diversité, qui représente un investissement massif dans l’organisation de la vie en commun, sans les exclusions au nom de l’idéologie ou de l’identité qu’on a trop connues dans le passé. Dans le cas des Soulèvements de la Terre, les principales composantes du mouvement, syndicalistes, paysans, jeunes militants du climat, autonomes, sont tout aussi variées. Mais par leur souplesse, leur respect mutuel, un sens clair de l’ennemi partagé et surtout par des gestes de coopération répétés, elles parviennent à constituer un front commun. Un mouvement que n’importe qui peut rejoindre, qui n’est pas un parti politique ni une classe sociale, mais qui est quand même organisé, qui n’est pas générationnel. Un mouvement dont les activités sont hautement publiques. Et c’est la forme même du mouvement qui m’intéresse et, pour moi, qui évoque une variation de la forme archaïque de la commune. Et c’est le mot que j’ai choisi : « commune ». Une forme retravaillée et rendue disponible pour affronter les conditions nouvelles, sociales, économiques et écologiques du présent. Parce que c’est bien la forme du mouvement qui, à mon avis, suscite le degré élevé de panique parmi les élites dont nous avons été témoins à Sainte-Soline et dans ses vies antérieures. Merci.
Les parents de Serge nous ont écrit. Sylvie nous lit leur lettre.
Donc c’est la lettre que je vous ai lue tout à l’heure.
Son pronostic vital est toujours engagé. Ses parents ne s’éloignent pas trop de l’hôpital à Poitiers. Et donc, je vous lis leur message. La menace de dissoudre un des collectifs qui ont appelé à manifester contre les bassines le 25 mars est une nouvelle illustration du mépris que ce régime exprime envers quiconque veut faire barrage à la politique qu’il mène au service de la bourgeoisie. Il s’agit en effet pour lui d’accréditer l’idée que les milliers de manifestants présents à Sainte-Soline auraient été des enfants sans aucune autonomie, arrivés là sous l’influence de quelques puissances occultes. Menacer de dissoudre des structures qui organisent la solidarité contre la répression est un autre reflet de ce mépris, consistant à faire croire que les gens eux-mêmes, à la base, sont incapables de s’organiser pour se défendre. Or, c’est tout le contraire qui se passe aujourd’hui en France. À Sainte-Soline, il n’y a pas eu d’un côté les bleus et les noirs et de l’autre les familles. Les dizaines de milliers de personnes participant à cette manifestation interdite savaient que les plus mobiles se trouveraient dans le cortège chargé d’ouvrir le chemin vers la bassine. Et nul ne dissociait les non-violents des violents, les bons manifestants des mauvais. La complicité entre les uns et les autres était évidente. Ces dizaines de milliers de personnes ont agi ensemble, chacune selon ses possibilités, contre le modèle capitaliste que représentent les bassines et malgré les menaces de répression émanant de l’État. Et elles ont été capables, ensemble, de résister physiquement aux bras armés de l’État. La violence a été du côté des forces de l’ordre, qui ont visé l’ensemble des manifestants. Les 200 blessés de Sainte-Soline, dont notre fils Serge et Mickaël, les plus gravement atteints, ne sont pas le résultat d’une mauvaise gestion de l’ordre, d’erreurs de tel ou tel, ou simplement le fruit du hasard. Le responsable de ces 200 blessés, c’est un État qui a pour seul objectif, dans la période actuelle, de mettre à genoux toute contestation sociale afin de mieux gérer l’exploitation du travail dans les années à venir, face à la crise que connaît le capitalisme pour se perpétuer. La répression policière et juridique est omniprésente et se répand comme la misère sur le pauvre monde. Mais nous ne nous laisserons pas enfermer dans un combat contre cette répression qui accapare tous nos espaces et notre vision de la vie. Car notre monde, c’est aussi celui de la lutte. Et la lutte, c’est la fête. La fête, ce sont les barbecues des Gilets jaunes sur les ronds-points. Ce sont les cris et les chants lors des manifestations contre la réforme des retraites. C’est l’expression créative et colorée que peuvent avoir les manifestations de femmes ou d’hommes. Ce sont des grèves ou des occupations dans lesquelles les salariés se découvrent sur leur lieu de travail. Ce sont des blocages de routes ou de lycées. Contre la répression, ces espaces de luttes et de fêtes témoignent que le monde doit changer de base et que nous avons en nous, dès maintenant, la capacité d’y parvenir en les mettant en valeur et en les élargissant. Nous n’avons besoin d’aucune figure ou d’aucun parti pour nous indiquer la voie à suivre tout en nous prenant par la main. Nous maintiendrons notre union dans un même combat contre l’aménagement capitaliste du territoire et notre solidarité contre la répression. On ne tue pas un mouvement en déclarant dissoutes certaines de ses structures ou en les interdisant. Dissolution ou interdiction ne changeront donc rien. Et nous ne céderons pas aux palinodies de partis politiques qui cherchent encore à parler en notre nom alors qu’ils ne représentent plus grand-chose. C’est en nous que nous devons avoir confiance pour repousser l’assaut de l’État policier comme celui d’une extrême droite à l’affût.
Le faire. Et pourquoi donc Zany Mouk ? Lance le micro, tend le micro !
Un petit mot. On va bientôt se quitter, mais en beauté, vous allez voir. Juste un petit mot au nom des médias que j’ai l’honneur, là, en les présentant, de réunir : Reporterre, Blast, Socialter, Terrestres, des médias indépendants, post-capitalistes dans leur fonctionnement. Merci à toutes les lectrices et les lecteurs, aux donatrices et aux donateurs qui nous permettent d’organiser, de co-organiser des soirées comme ça. Voilà, donc la presse indépendante est un combat, et c’est ce qui nous permet de faire, d’écrire et de raconter le monde qui vient.
Non non, Zany Mouk, je ne regarde aucune vidéo, c’est les points de chaîne !
Et puis Marion, puis Ernest, puis Ève, puis Hortense, et puis toute l’équipe, et aussi les amis des Soulèvements de la Terre. Et juste un petit mot, si vous me permettez : eh bien, ce que nous prouvons par cette soirée entre médias, c’est qu’on n’est pas dans la compétition et que ce qui marche, c’est la coopération. Vive le post-capitalisme ! Alors, bonsoir. C’est un petit peu dur de reprendre le fil de la soirée après le témoignage des parents de Serge. Nous sommes le collectif La Voie est libre et Extinction Rébellion. On a de la chance… On accueille, et on n’est pas peu fiers, la prochaine mobilisation de « Tout le monde déteste l’A69 » contre le projet d’autoroute Toulouse-Castres. Regardez un peu ce projet-là, il est vraiment emblématique de tout ce qu’il ne faut pas faire. Alors ce soir, on n’a vraiment pas le temps de détailler les choses, mais sachez par exemple qu’ils vont détruire 400 hectares de forêts et de terres agricoles si jamais ce projet se réalise. Alors qu’il existe une alternative assez facile à mettre en place : ce serait d’aménager tout simplement la route nationale qui existe et qui fait exactement le même tracé. Donc on demande, on demande depuis 15 ans l’aménagement de cette route nationale et d’éviter ce désastre. L’État a toujours refusé, et les collectivités locales et les élus locaux nous l’ont toujours refusé. La date ? Rappelle la date.
Alors, les travaux ont déjà commencé, malheureusement, mais ne vous inquiétez pas, on les retarde avec des actions motivées et joyeuses. Et on sait qu’on a une place un peu particulière dans ce calendrier des Soulèvements de la Terre, puisqu’on vient après Sainte-Soline, que Serge est de Toulouse et que l’autoroute relie Castres à Toulouse. Et on veut montrer, les 22 et 23 avril, donc la semaine prochaine dans le Tarn, on aimerait qu’il y ait des milliers de personnes pour montrer que les Soulèvements de la Terre, c’est aussi la joie. Et montrer ça avec une manifestation déterminée et festive. Et mettre un point final, une fin définitive, à ce projet autoroutier complètement inutile, et en même temps montrer que tant que le vivant sera menacé, on sera là pour le protéger. Non à l’A69 !
No pasaran !
Et au week-end prochain !
Ah non ma chère dame, non ma chère dame
Nous, nous sommes de Rouen, du collectif Non à l’A133-A134. Moi, je vais lire mon texte parce que c’est très intimidant d’être devant vous. En France, au moins 55 collectifs se soulèvent partout pour lutter face à des projets routiers destructeurs. Ensemble, avec la coalition La Déroute des routes, nous demandons un moratoire sur tous ces projets. La route, c’est le front pionnier de l’urbanisation, de la métropolisation. C’est la pieuvre capitaliste qui étend toujours plus ses tentacules de béton pour ternir et pour assécher partout le vivant, à grands renforts de poids lourds et d’entrepôts logistiques. Et c’est pour ça que nous la combattons partout. À Léry, dans l’Eure, du 5 au 8 mai, soulevons-nous contre le projet d’autoroute A133-A134, aussi appelé Contournement Est de Rouen. Ce projet, il date de 1972. Mais les travaux pourraient commencer l’année prochaine et, avec eux, l’accaparement et la destruction de 516 hectares de terres agricoles, de forêts et de zones humides, et la mise en péril de la moitié de la ressource en eau de l’agglomération de Rouen. Le temps est venu de réarmer notre forêt. Notre collectif, rejoint par les Naturalistes des terres, organise en mai le festival Des bâtons dans les routes. Nous répondons à l’appel de la forêt face au bitume et nous prenons part à cette saison printanière des Soulèvements de la Terre, pour imaginer et vivre ensemble de nouveaux gestes aux côtés des muscardins, des pics mars, des grands capricornes et des tritons crêtés menacés par le projet d’autoroute dans la forêt de Bord. Parce que oui, nos luttes contre les routes, elles sont radicales et elles se soulèvent à Castres-Toulouse, à Rouen et partout ailleurs pour leur barrer la route.
Moi, je suis paysan. Quand on est paysan, on est très bien placé pour comprendre que la terre est une chose très fragile. La terre et la biodiversité sont des choses très fragiles. Et aujourd’hui, on détruit cette terre. On l’a déjà expliqué, avec des méthodes agricoles qui sont bien souvent néfastes, mais on la détruit aussi avec des projets autoroutiers d’un autre âge et qui nous bercent dans l’illusion qu’on peut continuer toujours comme avant. Et je pense qu’aujourd’hui, il faudra qu’on comprenne qu’on ne peut plus continuer comme avant. Donc voilà, je vous invite à venir avec la Confédération paysanne et les Soulèvements de la Terre, donc à nous rejoindre bientôt en Normandie. Donc, comme ça a été dit, très bientôt, les 6 et 7 mai…
À bientôt ! Alors moi, c’est au nom de la coordination locale contre le Lyon-Turin que je prends la parole devant vous ce soir. Alors que nous sommes dans un moment où notre société connaît une colère remplie d’espoir pour changer ce monde, notre rapprochement avec votre puissant réseau de résistance est tellement encourageant. En Maurienne, en Savoie, en Isère, dans les Alpes, de Lyon à Turin, nous sommes aussi les Soulèvements de la Terre, et personne n’étouffera notre opposition à ce méga projet, le Lyon-Turin, qui est inutile et écocide. Nous inscrivons notre combat dans cette volonté de remettre radicalement en cause l’idéologie selon laquelle le bien-être humain nécessite forcément plus de croissance, qu’il faut toujours aller plus vite et plus loin. Plus que jamais, nous remettons en cause le culte énergivore. Le Lyon-Turin, c’est un des projets d’infrastructure de transport les plus coûteux depuis des décennies et qui n’a jamais fait l’objet d’un véritable débat public. Le Lyon-Turin, c’est un désastre écologique qui va détruire plus de 1 000 hectares de terres agricoles et, en Savoie, ce sont plus de 80 exploitations agricoles qui seront très fragilisées. Le Lyon-Turin a commencé à siphonner les réserves d’eau souterraines, représentant une menace considérable pour la pérennité des sources d’eau destinées à l’usage des populations. Le Lyon-Turin va spolier plus de 30 milliards d’euros d’argent public pour cette nouvelle liaison ferroviaire et ses tunnels, dont le bilan carbone ne serait positif que d’ici 30 ans, au mieux. Nous proposons des alternatives crédibles concernant le ferroviaire, en améliorant l’existant. Nous défendons la relocalisation de l’économie, car ce n’est que dans leur vision productiviste que toutes ces marchandises doivent circuler toujours plus loin et plus vite, en sacrifiant les terres agricoles qui peuvent nous nourrir. Le Lyon-Turin est un des symboles de ce monde ancien qui refuse de mourir et de ce système qui refuse de préserver l’environnement et les territoires au nom de la seule croissance de ses profits. Nous devons le stopper. Toutes et tous, avec nos combats, notre détermination et notre convergence, nous rêvons de ce nouveau monde qui peine à naître. N’arrêtons pas de nous soulever, toujours plus nombreux et nombreuses, pour faire céder nos adversaires et préserver notre planète. Dans les Alpes, notre lutte est dure. Nous devons lui donner un nouvel élan, car les bulldozers avancent. Nous avons la responsabilité d’arrêter ce projet. Nous vous donnons rendez-vous les 17 et 18 juin en Maurienne. Nous comptons sur vous. Merci, et à demain dans la rue. Quatrième rendez-vous. — Oui, en fait, c’est le troisième. C’est pas grave. Donc nous, c’est le 10 juin. Et moi, je suis Benjamin, paysan à Saint-Colomban. Et en fait, nous, on lutte avec La Tête dans le sable et d’autres collectifs contre les carrières, contre des géants du sable que vous connaissez bien : Lafarge et GSM. En fait, ils sont en train d’exploiter, de bousiller notre territoire, de tout pomper, le sable, la flotte, tout, pour nourrir le BTP en partie, et aussi les maraîchers industriels qui sont en train de nous faire une Andalousie au sud de Nantes. Et on est en train de ne plus reconnaître notre territoire. Et nous, ça nous inquiète pour l’avenir, pour nos enfants, pour tout le monde. Donc on vous donne rendez-vous le 10 juin. On va faire un convoi de sable, avec des paysans, des tracteurs, des vélos, à pied, et on fera le trajet du sable. On va le suivre de notre campagne jusqu’à la ville de Nantes, et on ira jusqu’au bout. On passera par tous les endroits où il passe et on ne passera pas inaperçus.
Il y a de l'énergie.
Agriculture de décision, de précision.
Agriculture 3.0, agriculture 4.0.
Bienvenue dans le futur. Celui d’une agriculture qui ne pourrait plus être que numérique. Celui d’une agriculture qui produirait toujours plus, tout en préservant la planète, bien sûr. Cherchant à noyer la critique d’un productivisme en crise, ce flou sémantique cache une véritable économie de la promesse. Comme le confirment de nombreux chercheurs et chercheuses, il s’agit là d’une vaste opération de communication au service d’intérêts très particuliers. Révolutionnaire selon ses promoteurs, cette agriculture se matérialise par l’implication de technologies numériques, robotiques et génétiques : serre connectée, drone pollinisateur, usage massif de l’intelligence artificielle, tracteur connecté sans cabine, robot désherbeur laser, collier connecté pour vache. Les divers plans d’investissement sous le gouvernement Macron, chiffrés à plusieurs milliards d’euros, s’adressent à la recherche publique, à l’agro-industrie et aux start-up. L’arrivée de nouveaux acteurs comme les start-up dans le monde agricole n’est d’ailleurs pas anodine, pas plus que ne l’est l’intérêt croissant des GAFAM. Avec l’essor florissant d’un marché de la donnée, l’agriculture est devenue un nouveau terrain d’application pour les technologies de pointe. Mais derrière les possibilités économiques que génère le traitement des données récoltées dans les champs se trouve également la concrétisation d’un projet politique de longue date. L’agriculture numérique qui se dessine de nos jours épouse à merveille une certaine utopie technicienne de rationalisation et de gestion. L’agriculture numérique est une science du gouvernement de la nature. Alors que nous assistons au départ à la retraite de nombreux agriculteurs et agricultrices, le choix politique du gouvernement est l’agriculture numérique. Il n’est pas celui de l’aide à l’installation. Derrière une rhétorique révolutionnaire et des promesses de lendemains qui chantent, nous assistons à un renouvellement de l’esprit productiviste repeint en vert. À l’heure où, comme le rappelle le dernier rapport de Terre de Liens, une ferme sur dix est déjà une société financiarisée, elle contraint à une surcapitalisation des fermes et à la poursuite de logiques destructrices des sols et de la biodiversité. C’est en réalité une déclaration de guerre aux modèles agricoles paysans. Pour reprendre les mots du sociologue Christopher Miles, moins qu’une révolution, c’est une évolution pour consolider et intensifier le système agricole traditionnel responsable de la plupart des problèmes sociaux et environnementaux que l’agriculture de précision est censée résoudre. La boucle infernale « s’équiper, s’endetter, s’agrandir ou disparaître » a déjà trop causé de torts. Nouvelle dépendance envers l’agro-industrie, perte de savoirs et d’autonomie, disparition de notre rapport sensible au monde. Ne reproduisons pas les erreurs du passé. Tout choix technique ou technologique étant un choix de société, il est crucial qu’on s’empare maintenant et collectivement de cette question et qu’on interroge le modèle agricole, le rapport au monde que l’agriculture numérique, c’est-à-dire une agriculture sans paysans, pourrait faire advenir. C’est pourquoi nous appelons à combattre cette agriculture de perdition, toujours plus aliénante et dépossédante de nos savoir-faire terrestres. Nous voulons des fermes, pas des firmes. Et maintenant, les Soulèvements de la Terre…
C’est comme ça, non ?
Ouais.
Non !
Alors que ces politiques ne cessent d’attiser le ravage, le gouvernement ose vouloir décréter la dissolution des Soulèvements de la Terre. Il nous a jeté ses grenades mutilantes au visage et il assure maintenant que vous, nous, n’aurons plus le droit d’exister ensemble et de continuer à nous organiser pour enrayer la catastrophe en cours. Cette semaine encore, on a appris qu’il y avait un tiers de l’eau potable dans le pays qui était contaminé par un pesticide interdit. Et au même moment, Macron affirme faire de la défense des terres et de l’eau un délit national. Depuis les sinistres bureaux de la place Beauvau, cette dissolution se lance à un coup près. Elle se veut la fin d’une histoire. Et pourtant, le bruit qui court à travers le pays, là où les espoirs bourgeonnent encore, dit tout autre chose. Des chuchotements contagieux, des éclats de solidarité innombrables nous rappellent que les pires des attaques produisent parfois des renversements inattendus. Et si cette dissolution était en réalité un appel ministériel à rejoindre un grand mouvement de résistance ? Officiellement interdits, mais collectivement inarrêtable. Un réseau, déjà fort de 80 000 membres déclarés, disséminés partout à travers le pays, engagés dans la lutte par des collectifs, des groupes, des syndicats, légalement bannis mais partout accueillis. Visés par le pouvoir, mais ancrés dans les territoires, présents dans les lieux de travail, dans les lieux d’études, les granges, les arrière-salles, jusque dans les couloirs des administrations. Le gouvernement prétend nous faire disparaître. En réalité, nous serons… Nous serons ? Nous serons plutôt, hein ? Nous serons, nous serons, oui. Nous serons chaque jour… Ah, c’est le « chaque »… C’est que nous serons chaque jour. Contrairement à ce que prétend le ministère de l’Intérieur, nous n’avons pas et nous n’aurons jamais de dirigeants. Partout, vous allez continuer à vous auto-organiser.
C’est jeune, c’est coloré, c’est bleu, c’est orange, c’est rouge, c’est vert !
À partir de maintenant, nous vous proposons un grand jeu.
Mais il aurait pu la mettre l’autre jour !
Nous allons ensemble, dans les jours et les semaines qui viennent, faire réapparaître les Soulèvements de la Terre de mille manières dans l’espace public. Devant les bistrots et les centres sociaux, à la pause-café, par des réunions ouvertes, des antennes internationales, des inscriptions sur les murs, des fanions et des fêtes, des désarmements et des pieds de nez. Les Soulèvements surgiront au débotté sur des chantiers ou au cœur d’un site industriel, déborderont au coin des rues.
Vous le reconnaissez, c’est Benoît Feuillu qui était là l’autre jour.
S’enracineront dans des jardins pirates. À vous, à nous de trouver. Nous, participants et participantes aux Soulèvements de la Terre partout en France, vous appelez donc à rejoindre les comités locaux qui se sont formés ces dernières semaines, les centaines de résistances territoriales et sections syndicales déjà existantes qui ont revendiqué publiquement leur appartenance au mouvement. La parole des Soulèvements de la Terre leur appartient, elle vous appartient. Nous allons ensemble continuer à soutenir nos blessés et à veiller Serge, toujours entre la vie et la mort. Nous allons attaquer le décret de dissolution. Nous allons poursuivre les luttes de terrain partout et converger, plus nombreux et nombreuses encore. Contre l’autoroute Castres-Toulouse les 22 et 23 avril. Pour l’Appel de la forêt face au bitume à Rouen, du 6 au 8 mai. Pour stopper l’avancée des carrières de Lafarge à Saint-Colomban les 10 et 11 juin. Le 17 juin, pour protéger nos montagnes contre la ligne à grande vitesse Lyon-Turin. Et pour en finir avec ces foutues bassines ! Par-delà ces quelques proches repères, nous allons continuer de forger les solidarités nécessaires et les complicités nécessaires pour enrayer concrètement l’avancée du bitume, l’assèchement des sols, l’intoxication de l’eau et la dissolution des liens. La soirée se termine maintenant, mais… La soirée se termine, mais nous allons nous retrouver. Vous êtes les Soulèvements de la Terre, nous sommes les Soulèvements de la Terre ! Debout ! Soulevez-vous ! La Terre se soulève ! Debout ! Soulevez-vous ! La Terre se soulève !
Voilà les amis, c’est la fin de cette soirée, stream sauvage. Merci aux copains de Blast qui nous ont filé le flux, le signal, pour qu’on puisse retransmettre ce petit… ce petit rassemblement, quoi ! Merci, merci Adrets. Alors, Matous, je serai demain à Toulouse pour deux raisons, en fait. Alors, attendez, j’y serai d’abord à 10 heures pour la manifestation, donc, qui sera retransmise en direct à Au Poste, ici même. Donc demain à 10 heures. On va essayer de se retrouver un petit peu avant avec la communauté d’Au Poste. Je regrette, car Valeur anarchiste ne pourra pas être là, malheureusement, malheureusement, mais on le retrouvera une autre fois. Merci Louvat, merci beaucoup, merci à toi. Demain, on fait la manifestation, avant la décision du Conseil constitutionnel de vendredi. Donc demain à Toulouse… Alors, attendez, en fait, j’ai un autre truc à vous annoncer, si jamais ça vous intéresse. Attendez, je vais essayer de trouver ça. Tac, tac, tac. Merci ! Attendez, je vais essayer de vous trouver ça. Je vais essayer de vous trouver ça. Alors, alors, alors, alors… Bougez pas, bougez pas. Pour ceux qui seraient à Toulouse demain, il y a également… également une petite… Oui, tiens, c’est bizarre, ça, ça ne marche pas. Voilà, là, c’était le communiqué des parents de Serge, si vous voulez le retrouver. Et en effet, en effet, demain… Voilà. Bon, et ce n’est pas moi qui ai fait le graphisme. En partenariat avec les étudiants mobilisés de l’ENSAV Toulouse. Donc l’ENSAV Toulouse, c’est l’École nationale supérieure d’audiovisuel, à l’université. En fait, ils occupent les lieux depuis un mois. J’ai l’impression que Sciences Po Toulouse aussi, compte officiel de la mobilisation autogérée des étudiants de l’IEP de Toulouse contre la réforme des retraites quand ils ont su qu’Au Poste serait demain à Toulouse, ils m’ont demandé si je pouvais les rejoindre. Alors, on fera un petit débat demain, 15 h 30-16 h 30. Rencontre avec, donc, les étudiants de Sciences Po d’un côté et du cinéma de l’autre. Voilà, voilà, voilà. C’est l’îlot à Toulouse.
À droite, il y a un bouton qui s’appelle « Comités ». Vous descendez tout en bas et là, il y a une carte. Maintenant, je m’adresse aussi à ceux qui nous voient en vidéo : sur cette carte, vous avez tous les comités qui sont déjà créés. En France, il y en a eu 32 en à peu près une semaine. Et donc, s’il y a un comité près de chez vous, vous pouvez le rejoindre. S’il n’y a pas encore de comité, il y a bientôt une brochure qui va paraître sur comment créer un comité, comment avoir de l’aide, comme ça, et avec un formulaire aussi dans lequel vous pourrez déclarer…
Mais fais-moi flipper ! Tout à l’heure, pendant l’accueil, il y a des camarades qui ont dû vous faire passer des QR codes. Ces QR codes permettent de rejoindre une conversation Signal sur laquelle, pour l’instant, on s’organise entre nous. Si jamais des gens ont encore les QR codes dans la poche, s’ils peuvent les faire passer aux autres personnes intéressées, ce serait super. On va aussi en remettre quelques-uns en circulation. Merci. Je vous annonce qu’on a une réunion publique à 16 heures, à La Parole errante, à Montreuil, ce dimanche. Une grande réunion publique où vous pouvez tous nous rejoindre. Merci beaucoup, à bientôt.
Voilà, donc voilà pour ceux qui sont sur Toulouse demain on peut se retrouver à 10h dans la manif et à 15h30 à L’Ensa. Voilà, merci à vous tous d’avoir suivi ce stream sauvage.
Je vais vous chanter un morceau qui s’appelle Gayo Rojo Gayo Negro, ça veut dire coque rouge, coque noir. C’est une chanson qui a été écrite pendant la guerre d’Espagne. Et je vous préviens, c’est une valse.
Allez, on y va ! Allez, les amis !
Quand on chante un gallo negro C’est qu’aujourd’hui, le jour s’arrête
Allez valsez chez vous merde !
Otro gallo cantaría si cantara el gallo rojo. Otro gallo cantaría. Si es que yo miento, que el cantar que yo cante lo borra el viento. ¡Qué desencanto si me borra el viento lo que yo canto ! Les rochers se trouvaient à l’avant. J’suis pété, le chab… Ouais, c’est pas facile ! Ça, c’est pipi !
Y a tout qui valse à Au Poste, Au Poste qui envoie tout valser. Alors, on va finir là-dessus, on va pas mettre les crédits. Merci d’avoir suivi… Oh bah si, on peut mettre les crédits, alors… Voilà les amis, merci d’avoir suivi cette soirée… Ah non, ils remettent la musique !
El gallo rojo es valiente, pero el negro es traicionero. El gallo rojo es valiente, pero el negro es traicionero. Ay, si es que yo miento, que el cantar que yo cante lo borre el viento. Ay, qué desencanto si me borra el viento lo que yo canto.
Bonne nuit à tous ceux qui vont se coucher. Bon courage à ceux qui ont bossé. Ah, écoute le son, ça y est, écoute le son. Je vous dis à demain, 10 heures, à Au Poste. Vendredi à 15 h 30, on se fera un débat avec Jean Massiet et des chercheurs du CNRS autour de Twitch et la politique. Il est 22 h 24, les modos ont déjà bossé suffisamment aujourd’hui. Je vais maintenant arrêter le stream. Je ne sais pas si Euryale est encore là ou pas. Riyad, est-ce que tu as une… Oui, d’accord. Ah bah oui, c’est une très bonne idée. On va faire un petit raid. Je vous dis à demain. Je vous dis merci à tous ceux qui nous soutiennent et qui se soutiennent en nous soutenant, en étant abonnés à Au Poste. J’ai vu qu’il y avait quelques soucis, des gens qui avaient des petits soucis pour s’abonner. Vous pouvez nous écrire à nous, Olivier, Pimiko et moi-même, pour vous répondre si jamais il y a un petit souci. Merci à vous tous. Bonne nuit à vous. J’avais pas trop le temps de débriefer. Je crois que l’essentiel de la soirée, c’était la jeunesse, la diversité et l’enthousiasme de la lutte. Après, sur le côté stand-up, trois minutes chacun, ce n’est pas toujours très réussi, mais au moins, ça envoyait la patate et j’imagine que, pour les gens des Soulèvements de la Terre, ça devait faire chaud au cœur qu’il y ait autant de monde. Voilà, merci à vous tous. Vendredi 15 h 30, demain 10 heures, vendredi 15 h 30. Bientôt Philippe Poutou, tout ça, vous le retrouvez sur le site d’Au Poste. Je vous embrasse et je vous dis à demain matin. Merci d’avance à vous tous et à vous toutes. C’était une belle journée, une fois encore, à vous.
