3 131 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
100 % libre et LIVE
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage
Du droit aux armes aux armes du droit avec Olivier Cahn, Audrey Darsonville & Raphaël Kempf
Abonnez-vous pour sélectionner votre plateforme favorite

Du droit aux armes aux armes du droit avec Olivier Cahn, Audrey Darsonville & Raphaël Kempf

Voter pour cette émission

En vous abonnant, vous choisissez chaque mois l’émission mise en avant sur AuPoste.media.

L’Université Paris Nanterre a organisé trois colloques en collaboration avec les acteurs associatifs et territoriaux pour croiser les regards, à partir et au-delà de l’actualité, sur la présence et les interventions des forces de police dans les quartiers populaires. Trois débats, trois directs Au Poste.

Débat avec Raphaël Kempf, avocat au barreau de Paris, auteur de Violences judiciaires. La justice et la répression de l’action politique (La Découverte, 2023), Audrey Darsonville et Olivier Cahn, Professeurs de droit privé et sciences criminelles à l’UPN et à Cergy Paris Université

Pour des raisons techniques involontaires, certaines parties du colloque sont plus difficilement audibles que d'autres. Nous avons remixé au mieux. Merci.

LE DÉBAT EN QUELQUES MOTS

Pour Raphaël Kempf, bien connu de nos services, «le droit n’est une arme qu’entre les mains de l’Etat.» L’avocat témoigne de l’appareil répressif policier, capable de dire à de jeunes hommes en garde-à-vue « toi, tu vas crever comme Nahel », de détruire l’appartement de l’un d’eux lors de la perquisition, de tirer dans un véhicule à bout portant. Il raconte également comment au lendemain de la mort d’Adama, le Procureur de la République de Pontoise a ouvert une enquête contre le jeune homme pour fait de violence et de rébellion.

Lorsqu’une personne est victime de violences policières, elle est elle-même accusée quasi-systématiquement de violences envers les forces de l’ordre. Immédiatement après, la presse apprend que la victime a de nombreux antécédents [...] Comment les jeunes peuvent-ils croire qu’il y a une justice dans ce pays ?
Raphaël Kempf

Kempf appuie le fait que lorsqu’un policier est accusé, «sa défense consiste à dire que s’il était condamné, le message envoyé aux autres flics de France était qu’ils n’oseraient plus jamais sortir leur arme pour défendre le pays.»

A son tour, Olivier Cahn décortique le basculement de l’article 435-1 de la loi 2017. Remplaçant la légitime défense par une situation subjective, l’article crée «une voie de défense», amenant la police à le considérer comme un assouplissement - ce qui est faux - dans l’usage des armes. Cahn expose les spécificités du maintien de l’ordre dans les quartiers : la déqualification du maintien de l’ordre - devenant de la «lutte contre les violences urbaines» -, la dépolitisation des soulèvements en «délinquance», permettant la mobilisation d’unités spécialisées dans la lutte contre le terrorisme (BRI, RAID, GIGN), un racisme au croisement de la lutte des classes, une influence de l’antiterrorisme, couplée à une «trouille d’intervenir dans des quartiers où il y a des armes de guerre».

Pour Audrey Darsonville, «l’outil juridique est largement dévoyé pour juguler en amont des mouvements sociaux considérés comme potentiellement dangereux» et pour«nettoyer l’espace public considéré comme porteur d’inquiétude pour la population». Elle explique ainsi comment le délit de stationnement a été créé en visant les jeunes en particulier, pour permettre davantage de contrôles d'identité, et faire «monter les chiffres de la criminalité des mineurs».

C’est compliqué de dire que les mineurs commettent plus d’infractions quand on crée des délits dont ils sont les seuls destinataires. [Mais] cela coûte moins cher de faire des lois pénales que des projets sociaux
Audrey Darsonville

Darsonville explique comment l’arme pénale est aujourd’hui utilisée comme un outil pour lutter contre des mouvement sociaux, lorsqu’elle fait de la dissimulation du visage un délit, ou lorsqu’elle permet d’interpeller des gens, notamment issus de collectifs, avant qu’aucune infraction ne soit commise.

Transcription de l’émission

Raphaël Kempf
Bonjour à tous, prenez votre plus grand avocat pour montrer la manière dont on peut, ou plutôt, on ne peut que trop rarement tenir justice, notamment dans les affaires policières Et l’intitulé de cette page Vous êtes un monstre en plus. Le droit aux armes et les armes du droit. Et il y a effectivement cette idée qui est assez fréquemment répandue, s’approche un peu du juridique des avocats. Selon l’assurance, avec le droit de résultat, on pourrait utiliser le renforcement du mouvement social pour faire avancer des idées absolument réalisables, ou bien construire une société qui correspond un peu plus à ce que je voudrais, quelle qu’elle soit. Il y a effectivement un livre assez connu que les étudiants disent souvent, au moins à l'époque, il y a un livre qui s’appelle L’arme du droit, le loisir étudié à Sciences-Po et qui a été régulièrement un livre de toute façon intéressant sur l’histoire des mouvements sociaux en fac avec le droit à la que lorsque je l’ai rencontré, c'était cette idée là y croire. C’est aller tout droit pour quelque chose et ma rage de camarades m’a amené à penser que je n’en sais rien, que je finis par constater que l’endroit où je gagne. Ce droit est évidemment un droit rencontré par des forces de l’ordre de police qui ont le droit de porter des armes et, dans d’autres conditions, de les utiliser. Mais le droit n’est qu’une arme de vérité entre les mains de l'État. C’est à dire que moi, je me considère fort que dans ma pratique d’avocat, le droit soit vraiment une arme. Tout au plus, il est considéré dans certaines limites comme un bouclier et comme une manière de se défendre. J’utilise des textes, des jurisprudences et on défend des gens avec ce qu’on lit dans le droit. Mais je ne vais pas utiliser le droit pour obtenir quelque chose, pour obtenir, pour obtenir justice. En tout cas, les quelques fois où je l’ai fait, ça n’a pas, ça n’a pas marché pour un certain nombre, pour un certain nombre de raisons. J’ai fait le choix de vous parler de trois situations, trois types de dossiers que j’ai eu à traiter. Et comme comme effectivement, c’est cette journée là, ce fut dans la foulée du meurtre de Naël et en pensant, en pensant à lui et à la justice, là qu’en frappant sa famille, il me faut vous parler de la manière dont ce gouvernement a fait le choix de réprimer les soulèvements qui ont eu lieu dans les quartiers populaires après l’homicide dont elle a été victime. Car, vous le savez, dans un grand nombre de quartiers dans ce pays, les jeunes se sont, se sont soulevés, parfois en commettant des dégradations, en s’en prenant à des symboles de l’État. D’ailleurs, il faudrait se poser la question de savoir pourquoi, à un moment donné, les gens s’en prennent à des commissariats. Est ce que c’est juste parce que les jeunes ont un problème ou est ce que c’est parce que le commissariat symbolise quelque chose qui pose problème ? En tout état de cause, il a été fait le choix par ce gouvernement et notamment à travers une circulaire à un autre ministre. Parce qu’on parle de mise en tailleur. Moi, un autre ministre à qui j’ai souvent affaire aussi, c’est le ministre de la Justice en l’occurrence. Actuellement arrive pour moitié ancien, ancien avocat qui, dans le cadre de la répression des soulèvements, ensuite à un moment donné, a pris une circulaire dans laquelle il a demandé. Il a exigé une répression ferme, sévère, ferme, rapide et systématique des fauteurs de troubles. Et dans le cadre de cette répression, on a interpellé à tort et à travers, on a poursuivi et on a jugé à tort et à travers un bon nombre de jeunes extrêmement sévèrement, comme les deux jeunes. On a quatorze ans, l’autre à quinze ans à Aubervilliers. Effectivement, dans la foulée de la mort de Mère, ils ont eu l’idée, bon évidemment un peu absurde, un peu, et qui constituent effectivement des lignes, de tirer des feux d’artifice en direction du commissariat d’Aubervilliers. Ils étaient loin. Les feux d’artifice n’ont jamais touché le commissariat. Certes, ces actions étaient tout au plus l’expression d’une forme de colère et de solidarité, finalement, avec un jeune homme auquel il pouvait s’identifier, qui avait été tué par la bande de jeunes. Et donc qui avait déjà, à cet âge là Une expérience quotidienne de la police, une expérience de discrimination, d’humiliation, de harcèlement, alors que moi, à l'âge de quatre ans. En quinze ans, je n’avais jamais rencontré un policier. Jamais. Impossible de poser des questions. Mon problème d’identité. Donc voilà, c’est le genre qui décide d’exprimer Quelque chose avec ses feux d’artifice. Mon taxi tire en direction du commissariat militaire à Douma. C’est une infraction pénale. Il est placé en garde à vue. Lorsqu’ils sont placés en garde à vue, les policiers ne voient pas les mardi soir qu’on a eu à vivre l’un d’entre eux sous les yeux de l’autre fois, ce qui contribue de façon inattendue comme l’air, voire l’humiliation dans les jours à venir. Ce n’est pas un commissariat. Je ne sais pas. Je vous ai rapporté comme avocat. On doit aussi travailler à établir les faits et à s’assurer qu’ils sont, qu’ils sont réels. Ils peuvent être démontrés dans les témoignages de ces deux personnes me dit dans les mêmes termes. Ce qui me laisse penser directement veut vraiment dire que je ne sais si les informations là sont crédibles, mais il y a eu aussi au cours de ces gens a vue de la part de la police devant l’officier spécifiquement en forme de vengeance lors de la mission qui a été menée au cours de ce carnage, il est l’un des deux jeunes hommes. Il était absolument inutile parce qu’il avait été appelé à l’extérieur et a besoin pour l’enquête d’aller voir ce qu’il y avait chez eux. Eh bien, en suivant, c’est de loin le plus jeune. A celui qui indique comment les policiers, absolument tous détenus dans une masse, lui ont fait des trous dans les murs pour voir s’il n’y avait pas des choses dans les murs, ils ont cassé. Le bureau sur lequel vous décidez de voir avec cette histoire Dans sa chambre, ils ont cassé la télévision avec des choses qui était immense, alors ils ont fouillé l’armoire à pharmacie. Ils ont répandu au sol et finalement secrètement ouvert la cave ces éléments là. Ce qui veut dire qu’ils sont établis par les témoignages des personnes qui étaient présents lors de superposition par les photographies ont été pris immédiatement après l’acquisition par la mère de gravats. Et vous vous rappelez bien évidemment que j’ai obtenu à l’issue de cette analyse, des logements sont déférés alors déférés, c’est-à-dire qu’ils ont conduit du commissariat jusqu’au bout de France à Bobigny où vous avez un dépôt. Et je veux absolument dire où l’on enferme les personnes généralement. Et plus vous faites une conduite au commissariat et généralement une deuxième ou troisième nuit dans les geôles du dépôt du tribunal, je pense que ces deux enfants leur donnent de leur argent devant le logement vieux en plus des enfants, mais milieu quelle que soit la raison. C’est pourquoi ils continuaient à en voir plus clair et net d’un choix sur le gouvernement a décidé par cette circulaire du Garde des Sceaux Pour moi, demander des éléments des parents dans un dossier ont été inutiles, ont des enfants de cet âge là. Voilà pourquoi je m’en suis rendu en France. J’entendis et vu les questions de ce que tout le monde les policiers. Mais c’est le un frère qui saisit. Il y a quelque chose qui pose problème. Tous les autres ne sont pas vraiment une raison pour Fureur de la nuit, alors même que le procureur, il n’y avait aucune parole. C'était tout le temps qu’on peut aller à l’encontre de ce que les policiers étaient dans la position de la constitution. C’est un grand magistrat qui est censé représenter. Les Français vont agir en notre nom à tous, en notre nom à nous. Il se trouve en face de lui, jeunes enfants. Ils lui disent ce que disent les policiers. Il faut donc, nous avons à minima un soupçon de faux procès verbal à se confronter avec le suspect installé dans la mesure il. S’ensuit. Que ce magistrat là ne prend pas sérieusement en compte la parole, et je suis en le faisant, alors même que s’il y a positif un témoignage, on se posera pas non plus par rapport à ses mots. Il dit qu’on les écoute alors que la parole ne vaut rien. Donc voilà le ronflement discret dont on se rend compte. Rappelez vous effectivement, Messieurs, les faits, je vous l’ai dit, ne sont pas contestés par l’extrême droite. Ils se sont établis, et il faut, on pense qu' il faut ouvrir cette possibilité de justice, si on peut. Avec les sponsors, même s' il faut leur faire comprendre que la crise va encore laisser tomber du haut de ses 36 ans, les profs n'étaient pas les mêmes quelques mois auparavant. Ce qui est évident. On peut être sûr de son papa mais aussi de la famille. Il est dit en voyant ton papa, il sera. Encore là, il vivra Les rencontres avec tous les jeunes qui s’emploient à cet esprit ouvert à la suite de la mort de leur mère. Comment va-t-il voir ce qu’il voit ? Juste ses premiers commentaires sur les programmes. TV français sur la gestion des finances de la personne. On a rien. Touché pour ce quartier vie. Les deux. Lorsqu’une personne est victime de violences policières, il faut généralement une personne. Reconstruite. C’est quelque chose de fascinant. C’est un peu. Morts. La plupart continue à domicile, à un autre endroit dans sa vie, différemment. Vous savez, on la fait en jouant, pas seulement avec les esprits dans la tête, puisque cette personne a de très nombreux antécédents. Et vous savez qu’il faut laisser diffuser cette idée. En général, c’est très difficile. On a vu que là-dessus, il y avait peut-être une volonté politique. On le voit dans les dossiers en cours, on a beaucoup de lendemain de mort. C’est vraiment le procureur de la République qui part, ordonnant l’ouverture d’une enquête. Contrairement à ce qu’on pourrait citer de violence contre les policiers et d’organes légaux. Donc voilà en gros ce qu’on demande l’enquête et on fait tout juste enquête moralement et rentable des personnes morales et d’autres s’ensuivent et c’est ce qu’on peut voir aller très loin dans la loi. Il est impossible en France, on ne juge pas au moment du choix des morts. C’est une évidence. Mais ça y est, pourquoi le parquet de Pontoise, n’est ce pas. Là uniquement pour essayer de, comment dire, d’affaiblir l’autre dossier ? Est ce à dire que le dossier qui ne manquera pas d'être constitué contre visant les gendarmes qui ont donné la mort à Adama Traoré ? Et donc cette logique là, elle est permanente. Moi, j’ai eu à la connaître dans un dossier qui concerne des jeunes qui habitent en grande banlieue parisienne. La plupart était mineur. Il y avait un seul qui est, qui était majeur et qui conduisait la voiture de ses parents. Il avait décidé. Ils étaient six, quatre derrière, de devant. Il a décidé de faire une petite virée à Paris et il était au Bois de Boulogne. Il s’apprêtait à rentrer vers 2 h du matin lorsque, s’arrêtant à un feu rouge vers 2 h du matin en bois de Boulogne. La vidéo est en ligne sur le site de Mediapart. Ils ont été braqués parce qu’il n’y a pas d’autre mot. Pas trois véhicules qui se sont avérés être des véhicules de police appartenant au bac du 16ᵉ arrondissement et de Boulogne Billancourt, et l’un des policiers de l’une de ces bac sortant de son véhicule l’arme à la main, a décidé de faire feu à deux reprises sur le véhicule qui était là, arrêté au feu rouge et qui n’avait strictement rien à se reprocher. L’une des balles s’est logée dans le montant de la portière avant gauche, donc la portière conducteur juste à l’arrière, derrière la tête, dans le dans le métal de la voiture, mais juste à côté de la vitre et donc derrière la tête du conducteur. Dieu merci, personne n’est mort et personne n’a reçu la balle. L’autre balle s’est logée plus à l’arrière du véhicule. C'était assez mal visé on va dire. Mais donc voilà, on a une situation vers 2 h du matin au bois de Boulogne, on a ce véhicule deux tirs d’arme à feu, une quinzaine, à peu près un peu moins de policiers et puis après plein d’autres policiers qui arrivent parce qu’effectivement il faut, on appelle des renforts. Eh bien, les six jeunes sont immédiatement placés en garde à vue. Et les policiers, rien du tout. Donc on voit à l'œuvre immédiatement cette logique de criminalisation de la victime. Donc ce sont les jeunes qui sont accusés. Enfin, techniquement, ils sont suspectés à ce moment-là d’avoir commis des violences contre les policiers. Alors comment auraient-ils commis ces violences ? Eh bien, au moment où ils étaient passés par les véhicules de police, ni rien ne pouvait laisser penser. Essayez le véhicule en besoin. Bien. Le conducteur a décidé de faire marche arrière parce qu’il voyait une voiture en ligne avec des gens qui sortaient une voiture sur la gauche avec des gens qui sortaient rarement. Il dit : "Il faut que je te sors de là. " Je recule et en reculant, il a percuté une autre voiture de police qui était derrière lui. Il y avait aussi. Les policiers et le papier. Il considérait que cela allait. Le producteur avait expliqué au reste dès que les policiers qui se trouvaient dans la salle des violences avec un enfant dans l’explosion, vous savez que c'était en contrôlant et l’objet qui était utilisé les violences de rentrer dans les policiers et l’arme, c'était la voiture. Donc voilà cet homme qui va se retrouver. Finalement, les passagers seront mis hors de cause après leur garde à vue qui va se retrouver renvoyée en correctionnelle, sera traduite en tribunal correctionnel et on mettra à peu près une année pour obtenir les vidéos surveillances qui montrent les événements. On ne va pas dans la vie. On met à peu près un an et demi ou deux à obtenir la relaxe du conducteur et le procès a lieu. Le procès du policier j’entends, a eu lieu quatre ans après les faits, mais en 2023 au cours de ce procès. Vous pouvez voir une justice qui fonctionne, mais avoir une justice qui dysfonctionne dans ce sens, lorsque je défends, lorsque je suis commis d’office de permanence en comparution immédiate, on voit des gens qui sont jugés à la chaîne à la pelle, ultra rapidement, sans qu’on s’intéresse vraiment à leur Une sorte de question sur ce qui sur sur les dossiers. Quand un policier est jugé, alors là c’est une justice qui prend son temps. Il y a 34 ans, puis ensuite elle prend des heures à l’audience, on décortique chaque pièce du dossier et en fait, peut être qu’on cherche par tous les moyens à trouver l’argument qui permettra de dire que cet acte de violence était un acte légitime. Et donc finalement, ce policier a été reconnu coupable, mais il a le droit de continuer à exercer son métier. Il a fait l’objet d’aucune sanction sanction disciplinaire et il a fait appel de son, de son jugement. Et je terminerai juste en vous disant que l’axe de sa défense à ce procès était de dire que si on tient à condamner lui, pour avoir fait usage de l’arme dans ces conditions là, eh bien, le message envoyé à tous ses collègues policiers de France était que plus personne n’oserait jamais sortir son arme et donc défendre l’ordre public, parce que chaque policier aurait peur d’une condamnation en justifiant ainsi.Je vous remercie, à laquelle on enchaîne tout de suite avec Audrey Dassonville. Il n’y a pas eu d'école d’abord.
Mais merci beaucoup. D’abord, laissez-moi vous remercier pour votre invitation. À. Cet événement. Alors ma transition est toute trouvée et c’est vrai. Je vais parler du droit d’utiliser les armes pour la police. Droit aux armes, plus que des policiers. Et pour introduire mon propos, je vais revenir et ça va résonner avec ce que vient de dire afin qu’elle puisse revenir, non ? Qu’est ce que déclare le ministre de l’Intérieur devant la commission des lois de l’Assemblée nationale le 19 juillet 2023, c’est-à -dire à l’issue des émeutes issues des émeutes ? La commission des lois demanda à Gérald Darmanin de venir parler devant le Front et pour les deux événements, des deux cas d’usage d’armes qui nous intéressent aujourd’hui d’une part, donc la mort de Naël et d’autre part, l’usage des armes pour réprimer les émeutes qui s’en sont suivies. Le ministre de l’intérieur va donc intervenir sur ces deux points s’agissant de la mort de Naël. On retrouve cette construction que que signalait Raphaël, c’est à dire qu’il commence par dire qu’en la matière, le ministère est irréprochable puisqu’il a fait preuve d’une transparence totale à propos de ce drame et que la justice suit son cours. Mais il enchaîne immédiatement en expliquant que il faut quand même se souvenir que chaque année, ce sont 10 000 policiers et gendarmes qui sont blessés d’une manière ou d’une autre après un refus d’obtempérer. Quant à l’usage des armes dans la police, l’usage opérationnel, c’est 429 tirs en 2017 et 317 en 2022. Donc la tendance est à la baisse. En revanche, les refus d’obtempérer de la part de conducteurs sont en augmentation constante, surtout ceux susceptibles d’entraîner des infirmités ou un risque de mort pour les policiers. Il en conclut donc que la loi de 2017 sur laquelle je vais revenir là n’est pas la cause des tirs et que on ne peut pas critiquer le texte. Mais on retrouve donc et il conclut en réponse à des attaques, une question d’un député qui avait qualifié le policier qui a tiré d’assassin que, en qualifiant de casseurs racistes le geste du policier de Nanterre, vous portez un jugement avant que l’affaire ait été jugée. Vous rappelez des périodes de l’histoire qui ne se caractérisent pas par le respect des principes démocratiques et il renvoie au respect de l'État de droit. Donc on retrouve la pratique habituelle du ministère de l’Intérieur. Le meurtre de Nahel est ramené à un acte individuel imputable à un policier auteur d’un coup de feu dans un contexte particulier de refus d’obtempérer dans lequel de nombreux policiers sont victimes. On crée ce genre de contexte. Et puis on nie toute responsabilité. Ni de la loi, ni aucun problème systémique à l’intérieur de la police. S’agissant de la gestion des émeutes, Darmanin commence par qualifier les policiers qui sont intervenus les forces de l’ordre. Le mot n’est pas trop fort de héros du quotidien de la République. Ce sont eux qui ont permis à l'État de tenir bon face au désordre et de rétablir l’ordre public aussi rapidement que possible. Et il enchaîne en disant : Effectivement, la mort de Maël est regrettable. Mais quel lien y a t il cependant entre ce drame et les violences très fortes qui l’ont suivi ? Quel lien entre la mort de ce jeune homme et l’attaque de 90 établissements scolaires dont certains ont été totalement détruits ? 103 mairies, 181 commissariats, caserne de gendarmerie, brigades de sapeurs pompiers ou bureaux de police municipale, quel lien entre la mort d’un jeune homme et les menaces et agressions physiques parfois très graves qui ont touché 27 élus ? Rien ne peut justifier ces violences destructrices et spectaculaires, parfois particulièrement belliqueuses envers les institutions et nos forces de sécurité. Sans parler des milliers de commerces pillés et détruits. Il enchaîne Les auteurs de ces désordres ne représentent évidemment pas l’immense majorité des habitants des quartiers populaires qui condamnent ces violences. Et enfin, il présente la réponse de l'État, mesure d’une grande fermeté, mais sans recourir à aucun article de la Constitution prévoyant un état d’urgence d’exception, ni prendre de mesures de restriction de libertés et en laissant l’autorité judiciaire faire son travail. Il dit ensuite que le jour du drame, il s’attendait à des manifestations. Mais nous nous sommes aperçus dès la première nuit qu’il ne s’agissait pas de manifestants, de manifestations, mais d’actes de délinquance, et donc que le dispositif d’ordre public n'était pas plus adapté, n'était plus adapté. Car ce sont deux choses différentes que de faire face à des violences urbaines et à des manifestations. Donc il dit que le ministère de l’Intérieur, dans la nuit, change de posture. Il évoque le déploiement immédiat de 45 000 policiers, l’intervention du RAID et autres, et conclut en disant que les moyens inédits déployés ont été à la fois dissuasives et efficaces. Au bout de quatre jours, les émeutes urbaines que certains ont comparé aux épisodes survenus en 2005, qui avaient néanmoins duré bien plus longtemps et avaient donné lieu à la proclamation de l'état d’urgence, ont cédé la place à un calme relatif, puis désormais total. Enfin, il conclut en expliquant qu’il n’y a pas eu de problème de violence, que la police a fait preuve de retenue. Et pour preuve, dit-il, il y a eu 3800 interpellations en quatre jours et il y a quinze procédures devant les épaules. Donc le ratio est acceptable. C’est un mécanisme régulier. Vous trouverez la même chose avec l’usage du LBD. Tant de balles de LBD tirés, tant d'œils amochés. Le ratio est acceptable. C’est cela le discours de la SGP Unité Police. Et quant à l’utilisation durable de la mairie, du Jigen, des PSIG et autres DIC. Leur présence, en raison notamment de leur matériel et de leur formation, inspire le respect dès leur arrivée sur un territoire donné. Et donc de remettre à niveau un grand classique. C’est à dire que les violences urbaines dénuées de toute justification, c’est pas des émeutes, Y a pas de signification politique, c’est des violences urbaines dénuées de toute signification qui obligent l’État à déployer une réponse d’une grande fermeté sans déroger aux principes de l’État de droit et grâce à la retenue et au professionnalisme de la force publique, l’ordre peut être établi rapidement dans des conditions conformes au droit. Alors on peut faire une autre lecture de cette situation et c’est ce que je vais donc essayer, essayé de faire très rapidement s’agissant du tir. Donc le discours de Gérald Darmanin, c’est de dire que la loi de 2017 qui a organisé l’usage des armes par les forces de l’ordre n’est pas en cause. Or, cette loi de 2017 est un peu particulière. Il faut revenir à son à sa genèse, très, très vite. Longtemps, les policiers ont revendiqué l’alignement des conditions d’usage de leurs armes sur celles des gendarmes qui, depuis 193 et pour des raisons liées au caractère militaire de la gendarmerie, bénéficient de conditions d’usage des armes. À cela. En 2012, pour mettre un terme à la revendication policière, on demande à Matthias Guyomard, qui est donc aujourd’hui le juge français à la CNDH, de faire un rapport sur cette question. Et le rapport conclut au fait qu’il est inutile d’aligner l’usage des conditions d’usage des armes de Matthias Guillaume à cette appellation. Il est illégitime d’aligner l’usage des armes de la police et de la gendarmerie, puisque cette unification s’est déjà faite par l’intermédiaire de la jurisprudence et s’est faite sur le fondement de la règle de la légitime défense et. En 2017 surviennent deux événements. Fin 2016 et 2017 surviennent deux événements qui sont d’une part Valérie Châtillon et des policiers, victimes donc de cocktails Molotov jetés sur leur voiture avec plusieurs policiers gravement brûlés et le meurtre d’un policier et de sa compagne, agent administratif du ministère de l’Intérieur à Magnanville, dans le cadre d’un attentat terroriste. A la suite de ça, survient un mouvement qui s’est appelé le mouvement des policiers en colère. Et ce mouvement est intéressant parce que c’est un mouvement qui échappe à la base syndicale. Et donc le discours des policiers va être de dire on est en train de perdre ou de perdre des syndicats va être de dire on est en train de perdre la base. Donc il faut nous donner quelque chose très opportunément pour créer une nouvelle commission pour se pencher sur la modification de la loi sur l’usage des armes. Cette commission est confiée pour pas prendre de risques à l’ancienne directrice de cabinet de Manuel Valls au ministère de l’Intérieur. Et la commission en question conclut opportunément au fait qu’il est urgent de donner satisfaction à la police. Deux universitaires ont été interrogés, dont moi, j’ai été interrogé pendant leur déjeuner, c’est-à-dire qu’ils avaient pris du retard en interrogeant les syndicats de police. Et donc on a été reçus avec Christian Mona. Ils étaient en face, ils mangeaient et nous on devait parler de l’usage des armes ou de la police. Donc voilà, c’est ça, cette commission qui rend donc ce rapport. Alors. Le texte, le texte qui est présenté, en fait, l’idée du texte de 2017, c’est de faire croire aux policiers qu’on va changer la loi sans la changer véritablement. Et donc on fait un texte avec un alinéa un qui reprend les conditions de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et qui dit donc qu’on ne peut faire usage d’une arme qu’en état de d’absolue nécessité et avec une stricte proportionnalité. Et ensuite on va décliner des situations dans lesquelles elles pourraient permettre aux policiers de faire usage de leur arme, dont le refus d’obtempérer. Mais le texte, le projet de loi est initialement rédigé de telle manière. En fait, ne rien vouloir dire, c’est à dire qu’on pourrait faire usage d’une arme en cas de perpétration imminente, d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique des agents de la force publique. Ce qui donc, en fait, renvoie à la légitime défense. Voyez, c’est une façon différente de dire la même chose, sauf que le texte est présenté au Sénat et c’est là que les choses changent. Le rapporteur du Sénat va nous expliquer que le problème, c’est que le texte proposé par le Gouvernement n’est pas assez clair et pas assez précis, et que, surtout, dit-il, je cite de nombreux policiers nous ont confié leur peur d’utiliser leur arme pour se défendre ou pour protéger les citoyens. Cette inhibition paralyse nos forces de l’ordre et les démoralise. Nous devons donc les désinhiber en nous gardant bien de tout effet de balancier. Et c’est donc ce qui va se passer. C’est-à-dire que le Sénat va proposer une modification du texte, qui est donc le texte qu’on connaît aujourd’hui. Le texte tombe dans sa forme actuelle qui dit qu’on peut faire usage de l’arme en cas de refus d’obtempérer lorsque les occupants sont susceptibles de perpétrer dans leur fuite des atteintes à la vie ou à l’intégrité physique et à celle d’autrui. Alors, ce faisant, eh bien, qu’est ce qu’on fait là ? Qu’est ce qu’on fait pour lever l’inhibition des policiers ? On remplace les conditions objectives de la légitime défense par la condition subjective de. Le policier est-il en situation de penser que l’individu va pouvoir être dangereux s’il continue son périple après n’avoir pas obtempéré ? Et en fait, est ce que ce que provoque ce texte, et c’est exactement ce qu’on a vu récemment à un autre, face à un autre propos, mais qui est aussi un problème d’usage des armes, c’est qu’en fait il offre aux policiers, comme vous faites un texte contradictoire. C’est à dire que l’alinéa, dit on ne peut faire usage que dans l’absolue nécessité et stricte de proportionnalité. Mais l’alinéa deux tempère cette exigence stricte et claire en disant si subjectivement, vous pensez qu’il peut être dangereux, par la suite, vous pouvez faire usage d’en faire ce qui vous plaît, c’est vous créer une voie de défense pour les policiers. C’est à dire que le texte étant ambigu, tu poses ce débat là, tout devient susceptible d'être débattu et on a vu la conséquence de ce texte sur l’usage des armes. Récemment, au procès Théo, Quand vous avez l’IGPN ou vous avez les ébènes, qui dit noir et DGPN, qui dit blanc, c’est à dire les agents de la même administration arrivent au procès. Certains considèrent que l’usage de l’arme était légal. D’autres considèrent que l’usage des armes de l’arme n'était pas légal. Et en fait, il n’y a pas fondamentalement de contradiction. Les premiers qui ont trouvé l’usage de l’arme légale se fondent sur les exceptions à l’usage de l’arme et les tempéraments des aides du du. Premièrement, au cinquièmement de l. 435 tirèrent, tandis que le. Le directeur d’enquête qui lui trouve que l’usage de la matraque dans Théo n’est pas légitime, se fonde sur l’alinéa un en disant Mais de toute façon, même si vous avez fait des gestes enseigné dans la police, et à partir du moment où il n’y a pas d’absolue nécessité, on ne peut pas considérer que c’est strictement proportionné. De toute façon, vous êtes dans l’illégalité. C’est quoi ? Ce sens. Bon voilà. Bon, le dernier, la dernière chose qu’il faut dire, c’est c’est le problème de formation. C’est-à-dire que ce texte doit entrer en urgence d’entrer en vigueur en urgence, parce que effectivement, il faut, il faut calmer les policiers et donc. La question qui se pose à ce moment-là, c’est que vous en connaissez le principe. Le texte est publié, il entre donc en vigueur le lendemain. Du jour au lendemain, les policiers peuvent donc faire usage de leurs armes. Il va se passer deux choses. La première chose, c’est et ça explique peut être les différences sur l'éthique, la différence entre la circulaire du délégué du DGPN, pardon, directeur général de la gendarmerie nationale et la circulaire du directeur général de la police nationale de la gendarmerie nationale. Vous avez une circulaire après le texte qui dit attention, le texte ne change rien, il faut faire une interprétation restrictive du texte. Il ne faut pas user de nos armes. Et qui balance toute une annexe avec toute la jurisprudence de la Cour européenne. En disant surtout, vous n’utilisez pas nos armes. La circulaire de la police nationale, c’est exactement l’inverse, c’est dire. Le texte crée des biais pour utiliser plus facilement nos deux armes. Il parle d’un assouplissement des conditions d’usage des armes, ce qui n’est absolument pas vrai, et il montre comment, effectivement, les alinéas qui suivent le premier alinéa peuvent être interprétés de telle manière à justifier l’usage de cette loi. Et quant à la formation, eh bien, vous avez en fait 250 000 personnes à former, 150 000 policiers, 100 000 gendarmes à former du jour au lendemain. Alors, qu’est ce qu’on va faire ? Eh bien, on va faire une information. Donc, vous avez un truc. Pardonnez et pour l’anecdote, mais elle est significative cette anecdote. Le document d' information qui est envoyé à tous les fonctionnaires de police et à tous les militaires de la gendarmerie pour les former ne peut pas être lu et dans un format qui ne peut pas être lu sur les ordinateurs administratifs de la police et le droit comme disait Didier pour pouvoir lire.Et donc c’est comme ça qu’ils ont été formés. Reste quand même, s’il faut nuancer cette fois, que sur s’agissant de la mort de Nahel, là ou Darmanin a raison, c’est que tendanciellement, depuis trois ans, le nombre de tirs par la police diminue. C’est à dire qu’entre 2017 et 2020, ça augmente considérablement et ça a commencé à diminuer. Ce qui me paraît intéressant, il faudra surveiller ça sur le long terme, mais il n’est pas exclu et ce ne serait pas la première fois que la pratique policière soit en train de corriger les errements du législateur. C’est à dire que quand même, les policiers n’ont aucune envie de se retrouver en garde à vue pour suivre les autres et donc la pratique est peut être en train de corriger quelqu’un. Effectivement, la mort de Nahel, ça serait en contradiction avec un mouvement d’utilisation diminué des armes selon les chiffres de la DGPN, m’a donné hier. On est revenu au niveau d’usage des armes de 2015, c’est à dire bien, on envoi avant la loi de 2017. Mais alors ça nous amène au deuxième point que je vais développer beaucoup plus rapidement, c’est c’est le poids du policier. C’est-à-dire que ce policier qui tire sur Maël, il vient pas de nulle part. Dans le cadre d’une des questions posées à Gérald Darmanin le 19 juillet, on apprend donc que cette personne, avant d’avoir rejoint les motards des Hauts de Seine, a appartenu à la Compagnie de sécurisation et d’intervention 93, c’est à dire une compagnie qui s’est distinguée au point que l’allemand, qui n’est quand même pas un poète, le préfet Lallement, a annoncé qu’il allait supprimer cette compagnie tellement les débordements étaient graves. Et quand il a donc quitté la Compagnie de sécurisation et d’intervention du 93, il a rejoint les Braves, M. Donc on a affaire à un profil à Killer qui n’est pas exactement un profil de policier balcon, salade comme diraient les Anglais. Oui, voilà. Et donc ça amène au deuxième point qui est le poids du maintien de l’ordre dans les quartiers défavorisés et les quartiers populaires. Et là. Donc, en fait, ce qui s’est joué en 2023 est intéressant aussi parce qu’il faut remonter à 2019 à partir de 2016 et 2019, on va assister à une transformation du maintien de l’ordre ordinaire en France. C’est à dire que le maintien de l’ordre qui était originellement fondé, ça au moins depuis la mort de Malik Oussekine, qui était fondé sur le maintien à distance entre policiers et manifestants et surtout un usage des armes destinées à faire zéro morts, eh bien, on a progressivement renoncé à cette façon. Et le mouvement des gilets jaunes et surtout cet épisode particulier de mars 2019 où les gilets jaunes ont applaudi le Bloc au moment où ils entraient en route, a provoqué au sein du ministère de l’Intérieur une réaction que vous connaissez probablement et qui est donc ce qu’on appelle le schéma national du maintien de l’ordre, le schéma national du maintien de l’ordre. C’est un document tout à fait intéressant. Il est intéressant au sens où c’est la première fois que juridiquement, on a une doctrine du maintien de l’ordre en France et exposée. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que là encore, cette doctrine n’est pas exactement une doctrine inspirée par la Convention européenne de. Des droits de l’homme et on a donc un maintien de l’ordre du ski. Ce qui m’intéresse dans ce schéma national du maintien de l’ordre, c’est qu’en fait, le schéma national du maintien de l’ordre valide comme maintien de l’ordre ordinaire, ce qui était auparavant un maintien de l’ordre réservé à la gestion des émeutes en tant que violence urbaine. C’est à dire qu’auparavant, vous ne trouvez pas l’usage des armes de force intermédiaire dans le le maintien de l’ordre sur ces armes de force intermédiaire. Il faut dire aussi que ce qui est intéressant dans la manière dont la police exerce dans les quartiers populaires, c’est qu’elle se comporte. Et là, Théo le montre aussi dans la manière dont les policiers utilisent les armes dans les quartiers populaires. C’est comme si l’article 435, tiré du code de la sécurité intérieure ne concernait que les armes à feu et qu’il ne s’appliquait pas aux armes de force intermédiaire les matraques, le LBD et des choses comme ça. Or, le texte ne distingue pas. Et quand la loi ne distingue pas théoriquement toute arme qui devrait être soumise à cette idée d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité, ce qui n’est pas le cas dans les dans les quartiers populaires où on voit effectivement le ratio. Ceci dit, donc sur sur le maintien de l’ordre en cas d'émeutes, et je terminerai là dessus, alors, vous avez trois particularités, c’est à dire par rapport au maintien de l’ordre ordinaire,le maintien de l’ordre dans les quartiers populaires s’effectue autrement. D’abord, effectivement, on a commencé par une déqualification, c’est à dire ce n’est pas du maintien de l’ordre, ce n’est même pas du rétablissement de l’ordre, peu importe, c’est de la lutte contre les violences urbaines, c’est à dire qu’on change la qualification. Et ceci, c’est le même mécanisme que ce que vous avez avec la notion de terrorisme ou autre, c’est à dire violences urbaines. Ça permet de dépolitiser. Il n’y a pas de dimension politique, c’est purement de la délinquance. Et c’est exactement ce que dit Darmanin. Darmanin dit que le premier soir, on a constaté qu’en fait ce n'était pas du tout une protestation contre la mort de Melle et des délinquants, ça prenait des poubelles au bas du régime. Et donc ce passage aux violences urbaines permet trois choses depuis 2023 en tous les cas, la mobilisation des unités de forces de sécurité intérieure, habituellement spécialisées dans la lutte contre la grande criminalité organisée et le terrorisme. C’est-à dire qu’on a vu mobiliser les mairies, le RAID, le GIGN, la BRI. Ce n’est pas la première fois. Hortefeux l’avait déjà fait à Bellecour en 2010 à Lyon. Mais. Mais c'était tout à fait exceptionnel. Et là donc, on voit donc que toutes ces unités sont mobilisées et ces unités apportent leur armement, c’est à dire entre autres les fameux bin bag, qui sont donc des sacs de coton remplis de grenaille d’acier que vous tirez au fusil à pompe. Vous donner un ordre d’idée ce truc a été envisagé par la police anglaise qui utilisait des balles en caoutchouc pendant les événements des ambulances. Les policiers anglais, ces policiers, c’est pas le ministre ou les députés, c’est les policiers qui ont dit dans le risque de blessure et trop important. Or, ce qui est important là dedans, c’est que le bin bag contrairement au LBD, si vous savez le tir, peut être assez précis. Nous, on utilise les LBD et on oublie de mobiliser les dagues contre des populations alors que donc effectivement, en Angleterre ou en Allemagne, on refuse d’utiliser cet argument parce qu’il est considéré intrinsèquement comme disproportionné en matière de bottes. La deuxième chose, c’est le déploiement massif de forces de l’ordre et l’usage systématique et massif, mais aussi des armes de force intermédiaires. Vous avez une réflexion intéressante dans l’intervention de Darmanin. Il dit qu’on a mobilisé la police municipale et qu’on a un problème. Le décret va devoir être modifié parce que la première nuit, la première nuit, ils avaient consommé l’intégralité de leur LBD et donc ils ne pouvaient pas. Donc il va falloir élargir la possibilité pour les polices municipales d’accéder et utiliser les armes. Et la troisième chose, et ce sera le bon passage de relais avec d’autres, c’est la judiciarisation systématique, y compris ex-post, c’est-à dire qu’on interpelle dans les autres manifs, on interpelle, on place en garde à vue et on poursuit éventuellement quelques personnes. En matière d'émeutes, on m’interpelle, on place en garde à vue 3800 personnes et ensuite on mobilise la police judiciaire et les moyens de la police judiciaire pour essayer de retrouver les meneurs, les poursuivre et les condamner. Ce qui là aussi patrouille. Alors plusieurs facteurs pour l’expliquer. La première, c’est évidemment la question du racisme qui se pose à chaque fois là dessus, c’est Sa Majesté. J’ai tendance à me rallier à l’interprétation d’Emmanuel Blanchard. C’est à dire qu’en matière de racisme policier, il y a vraiment des ambivalences particulières et qu'à mon avis, c’est plus un problème de lutte contre les pauvres que de lutte contre les populations racisées. Et il se trouve que vous avez des jonctions. En tous les cas, il y a d’autres éléments qui sont. Il y a d’autres éléments. J'étais sûr qu' à sa droite, des éléments qui entrent en ligne de compte. Le premier, c’est le souvenir des émeutes de 2005 et l’humiliation subie par les policiers à ce moment-là. Trois semaines d'émeutes, l'état d’urgence, les l’armée envisagée. Donc, c’est que la police n’a pas été capable de rétablir l’ordre. Là, la police a prouvé qu’elle était capable de rétablir l’ordre vite et bien dans sept départements. La deuxième chose, c’est les émeutes récentes et les coups de feu essuyés. Ça, c’est quand même une particularité du maintien de l’ordre dans les quartiers populaires. On tire sur la police qui n’arrive pas en maintien de l’ordre ordinaire. Et qui peut susciter. J’ai noté la la la trouille qu’ont certains policiers, à juste titre, de savoir qu’ils interviennent dans des quartiers où circulent des armes de guerre avec des éléments de criminalité organisée et qui conduit à adapter leur réaction. Et aussi l’influence de l’antiterrorisme. C’est à dire que effectivement, les les quartiers populaires sont aussi ceux qui ont fourni le plus de djihadistes. Donc il y a quelque chose de difficile quand on entre là dedans. Et puis enfin, la demande de sécurité de la population, ce sera mon dernier mot. Aujourd’hui, quand quelqu’un meurt sous les coups de la police, il y a plus de manifs. Voilà ce qui se passe. Il y en a plus. Malik Oussekine connaît, pour les gens de mon âge, le moment de formation politique. On est tous dans la rue aujourd’hui.Voilà, je vous remercie.

Contre la Bollorisation des esprits !

Depuis 5 ans, #AuPoste défend les libertés publiques, la gauche critique, l’histoire vivante, les arts de la fugue et les voix qu’on bâillonne. Depuis 5 ans, nous avons choisi de rendre accessible gratuitement toute notre production car nous défendons l’information en circuit libre.

Plus que jamais, une presse libre, fouilleuse et indocile est vitale.

Au Poste n’a pas de prix. Mais un coût. vos dons font tourner la baraque.

Je soutiens Au Poste !Don récurrent ou abonnement annulables à tout moment.

Sources, liens & références

propagande 

We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.

twitter.com

live

We’ve detected that JavaScript is disabled in this browser. Please enable JavaScript or switch to a supported browser to continue using x.com. You can see a list of supported browsers in our Help Center.

twitter.com

#AuPoste s03-68 - 22 mars 2022 Avocat des Libertés avec Yassine Bouzrou 

Justice | Il aurait voulu être footballeur, il est devenu renard des surfaces et des libertés. Parmi ses dossiers: Adama Traoré, Zineb Redouane, beaucoup d'autres. On le dit un des hommes en robe les plus influents de France --- ce qu'il est. Dans son ouvrage « Avocat des libertés » (Éditions Nouveau Monde),

auposte.fr

Double meurtre du 13 juin 2016 à Magnanville

Mohamed Lamine Aberouz, reconnu coupable de complicité d’assassinat terroriste sur personne dépositaire de l’autorité publique, est condamné à la perpétuité en octobre 2023, peine confirmée en appel en juin 2025.

fr.wikipedia.org

Olivier Cahn 

Fonctions Maître de conférences en Droit privé et sciences criminelles, HDR Faculté de Droit, Cergy Paris Université (depuis 2007) Responsable du LEJEP – Pôle Sciences Criminelles Faculté de Droit, Cergy Paris Université (depuis 2010) Co-directeur du M2 Droit pénal financier, chargé des relations internationales Faculté de de droit de Cergy Paris Université (depuis 2011) Chercheur, […]

cesdip.fr

Infolettres

L’information comme acte de résistance !

Recevez chaque dimanche la newsletter d’Au Poste.

Un point de vue critique et indomptable.

S'abonner :
On a pris le temps de ne plus en perdre
Camille Etienne
Canapé orange d'Au Poste

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.