120 artistes, 70 pays : la satire globale face à la montée de l’IA
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Bonjour messieurs.Alors vous avez de l’eau ici ? Moi je veux du café. Vous en avez pas voulu, je le précise, j’ai aussi de l’eau. Cette caméra nous filme tous les trois, Ici, vous avez le tchat et vous venez avec ce livre que nous allons feuilleter Intelligence artificielle une révolution. 120 dessins de presse.. Qui sont représentés aujourd’hui par.à ma droite Olivier Tesquet qui fait la préface, à ma gauche Kak Olivier et ton histoire de scooter ?
Du coup, je vais raconter ma vie devant tout le monde.
Des services de renseignement ont tenté de te mettre une balise sur ton scooter et arraché la prise d’alimentation. Ah les barbus, c’est plus que le laisser aller. Alors, petite technique, dite Guillaume Meurice qui était ici il y a quelque temps sur ce canapé, eh bien imaginez que votre barbe se prolonge. Il faut poser le micro sur le menton
Je crois que je le fais un peu machinalement.
Voilà. On va tous mourir. Et 120 dessinateurs de presse nous l’annoncent sur un dessin de recueil de du recueil Intelligence artificielle. Une révolution avec un air qui est entre parenthèses. Qui paraît chez Gallimard dans la collection Cartooning for Peace et qui est en rapport avec Amnesty International. On va parler de tout ça. Un enfant dit à sa mère qu’il part faire ses devoirs chez un ami. Elle lui demande lequel. Le gamin répond. On voit qu’il y en a un qui a bossé sur le bouquin et tout l’album est à l’avenant Des collègues qui deviennent des robots, des écrans qui vous signifient votre propre licenciement. Adam qui préfère son iPhone à l' Apple dev. Souvent, la mort rôde, les cerveaux se font courts. Circuits électroniques préfacé par Le Monde de la cellule Enquête Télérama Olivier Tesquet, Bien, bien favorablement connu de nos services et publié en partenariat avec Amnisty International. Je le disais, 120 dessins de presse du monde entier ont été sélectionnés par Cartooning for Peace 300, qui représente 319 dessinatrices et dessinateurs dans plus de 70 pays. Afin de saisir les enjeux au cœur du déploiement de l’IA avec humour et intelligence humaine et avec nous. Justement, Kak tu es dessinateur, je me permets de te tutoyer. Je ne vois pas si la barbe blanche ou noire j’imagine,
Et les dessinateurs se tutoient toujours.
Ah c’est vrai, c’est comme les flics. Dans la presse, même dans une tradition, il y a une tradition.
On en a gardé quelques traditions. L’alcool et le tutoiement,
Lequel de vous deux a bu ce matin ? Est ce que tu peux nous présenter Cartooning for Peace et la collection ? Vous avez une collection de bouquins chez Gallimard ? Vous vous faites pas chier vous voilà ce que tu peux nous expliquer.
Cartooning for Peace D’abord, c’est une association, c’est un réseau international de dessinateurs de presse. Donc tu l’as dit, 320 dessinateurs en 70 dessinatrices et dessinateurs dans 70 pays. Il a été créé par Plantu en 2006.
Et c'était. L'époque où on pouvait tutoyer Plantu.
À l'époque où l’on pouvait encore tutoyer Plantu.
Oui, absolument.
Maintenant qu’il est à la retraite, peut être que Oui,.
mais parce qu'à gauche aussi, on tutoie.
Tutoie, c’est facile quand on est de gauche.
Bon, je ne veux pas te faire dire du mal, je vois la vanne, mais ça ne s’invente pas. Elle arrive doucement.
C’est une messe lente.
Ça ne doit pas être facile de faire ce bouquin. Alors on écoute Monsieur.
Et donc Plantu créé Cartooning for Peace en 2006. On est juste après la publication des fameuses caricatures du Prophète qui était en 2005 le tollé international, les émeutes, les morts, malheureusement. Et donc, après cet émoi international et une grande conférence qui a eu lieu à l’ONU avec feu Kofi Annan à l'époque secrétaire général. Et il y a eu une grande conférence sur Désapprendre l’intolérance à la suite, donc à toutes ces violences après la publication des caricatures et se rendre compte que ce n’est pas l’affaire d’une conférence en 1 h et demie, on va voir traiter une question qui touche à des tas de sujets. Qu’il a donc mis dans l’association qui sont les sujets du vivre ensemble, de la liberté d’expression, de l’acceptation des opinions différentes, du dialogue et plus largement des droits de l’homme au sens de la Déclaration universelle. Et donc il a créé Cartooning for Peace qui fait trois choses. Ce sera une introduction courte qui fait trois choses : d’une part montrer, promouvoir, expliquer, décrypter le dessin de presse à travers des expositions, à travers des émissions comme aujourd’hui, à travers l'édition de livres. Donc dès le départ, je crois que c’est le 13ᵉ ou l’ouvrage qu’on fait avec Gallimard et le soutien d’Amnesty International. Celui ci étant par ailleurs soutenu par France Médias Monde
France Médias Monde. C’est un peu le rêve de Rachida Dati, c’est-à -dire ? C’est le consortium de l’audiovisuel public.
C’est un des petits bouts qu’elle voudrait agglomérer dans un grand ensemble.
C’est France 24 et France 4.
C’est RFI que vous connaissez sans doute. Ce sont des très bons médias d’ailleurs.
, c’est des très bons médias.
À France 24 c’est passionnant si on s’intéresse un petit peu à autre chose que la France.
Oui, oui, bien sûr.
Il y a beaucoup de choses dans le monde en dehors de l’actualité française bien sûr. 24 Pour le coup, c’est une chaîne Absolument très intéressante, en trois langues d’ailleurs. Et donc les éditions montrer, décrypter, expliquer le dessin de presse et d’autre part, aller à la rencontre des jeunes publics. On travaille beaucoup sur les jeunes publics : écoles, collèges, lycées, parfois facultés. Pour l’heure à partir du dessin de presse. Faire de la pédagogie sur les droits de l’homme, liberté d’expression, vivre ensemble, qu’est ce que c’est qu’un débat démocratique ? Donc en fait, tout ce travail, ce sont toujours des dessinatrices et des dessinateurs qui vont dans les lieux d’enseignement. On va aussi dans les lieux de détention en prison, discuter avec les détenus. Et enfin, le troisième volet, c’est accompagner, protéger, aider du mieux qu’on peut, avec nos moyens limités évidemment, les dessinatrices, les dessinateurs qui sont menacés dans l’exercice de leur travail, le degré de la menace allant de choses qu’on peut connaître chez nous en France, de type shitstorm sur les réseaux sociaux, pourquoi pas menaces physiques. Mais il y a des choses beaucoup plus graves qui sont détentions arbitraires, parfois violence physique, parfois mort de dessiner, associés de dessinateurs dans différents pays dont les régimes sont un peu moins souples que le nôtre. Voilà l’ensemble des travaux.
Voilà et le livre est sorti il y a peu de temps. Nous sommes aussi sur l’intelligence artificielle. Ce que je vous propose, c’est qu’on va le on va le on va le feuilleter ensemble. J’ai pris quelques dessins et puis on va comme ça commenter. Donc là, j’ai une caméra de deux tables qui me permet de filmer. Je vous montrerai ce que ça donne comme résultat. Pour l’instant, on voit surtout ma tasse de café. Donc c’est pour ça que je l’ai enlevé. Juste une toute petite pause. Olivier, j’aurais une question pour toi. Prépare-toi là. Tu as dit les différentes menaces et il ne s’agit pas de rire. Il ne s’agit pas d’en rire. Non mais tu vas parler de mesures sur les réseaux sociaux. Euh. Je vais prendre un exemple d’un dessinateur dont je n’aime pas le travail, Gorce qui était au monde et qui se droitise. Je reconnais que je n’aimerais pas être à sa place parce que parfois, suite à la publication de dessins, il reçoit des insultes qui sont détestables. Je veux dire, voilà, je ne partage pas son point de vue, mais je pense néanmoins est ce que, est ce qu’on peut parler de menace dans ces cas là ? Est ce que, à partir du moment où on fait un travail de prise dans l’opinion publique, un travail public, est ce qu’on doit pas aussi s’attendre à ce qu’il y ait des retours qui parfois sont désagréables ? Est ce que c’est de l’ordre de la menace ou pas ?
Non un retour désagréable, c’est la liberté d’expression. C’est quelqu’un qui vous dit je n’aime pas ce que vous faites, c’est nul. Ou là, comme je vois un ou un auditeur qui dis-j’ai rien contre vos dessins, mais dessiner dans franc tireur, franchement, ce n’est pas exactement ce qui est écrit. En gros, il n’y a pas l’air d’apprécier Franc tireur qui est un des magazines que je dessine. Je dessine pour l’opinion un quotidien tous les jours et aussi pour deux hebdomadaires. Le film Français et franc tireur. Ça c’est de la liberté d’expression et même quelqu’un qui va, ça m’arrive de temps en temps et qui dit votre. Le choix, je vous l’accorde, c’est n’importe quoi. Passons. Vaucouleurs, c’est de la merde, Ça peut être des questions graphiques, des questions sur le fond du dessin, la plupart du temps d’ailleurs, puisque sur le graphisme, aucun problème. Et d’ailleurs, je réponds toujours comme quelqu’un qui reste poli. Je réponds toujours, même si on est. Ce qui est important, c’est le dialogue. Heureusement qu’on ne vit pas dans un monde de 7 milliards d’habitants qui pensent tous la même chose. J’imagine ce genre de monde que ça serait. Ce serait de l’Orwell. Donc heureusement qu’on n’est pas d’accord et le but c’est de vivre ensemble. Alors quand on n’est pas d’accord, c’est aussi tout le principe d’une société humaine. Donc on s’exprime, on n’est pas d’accord, on essaie de trouver un point d’entente, on partage des idées. C’est souvent beaucoup plus intéressant d’entendre quelqu’un qui n’est pas d’accord avec vous, Ça vous fait réfléchir à vos propres idées. Parfois ça m’arrive, du coup je nuance un avis, je me dis ah ouais, je n’avais pas vu ça comme ça. C’est intéressant ce qu’il me dit. Parfois je me dis tiens, mon dessin, il est mal fait parce qu’en fait il a compris ça, ce n’est pas ce que je voulais dire, je me suis planté. Ce que j’appelle menace, ce n’est pas ça, c’est y a le premier degré qui est l’insulte. Déjà là je dirai plus des insultes et après c’est les mêmes menaces, menaces et je sais où t’habites. On va s’occuper de toi parce que j’ai eu une fois, on va tirer à balles réelles sur des boomers là on change, on change de truc, on s’adresse directement et ça et ça, ça arrive. Alors évidemment, 90 % du temps c’est des kékés qui se planquent derrière leur anonymat et qui sentent très fort parce qu'évidemment personne ne peut les trouver. Mais de temps en temps, comment savoir dans le flot s’il y en a pas une, qui est quelqu’un qui n’est pas loin, qui connaît l’adresse du journal et qui ça nous est arrivé en France quand même, ce genre de choses. Donc ça c’est intolérable, bien entendu.
Cela dit, Olivier, ce n’est pas la question que j’avais prévu, mais tu pourras nous dire que derrière le pseudonyme, en fait, il n’y a pas tout à fait d’anonymat en réalité non.
Et les nombreuses affaires qui finissent devant les tribunaux sur ce genre de choses prouvent que l’anonymat ou le pseudonyme a ses limites et que, contrairement à ce qui aurait pu être nos responsables politiques depuis des années, Internet est complètement une zone de non-droit non plus.
Je n’ai pas fait gaffe où tu travaillais Et l’opinion ? Nous avions reçu un dénommé Merchet Jean-Dominique que j’ai connu quand il était à gauche, à lui aussi à Libération. Voilà qui était venu il y a là, au tout début de post, comme quoi tu vois, ici on brasse, on brasse ses opinions. Alors il y a un thème qui nous rassemble, on va dire c’est quoi faire de l’intelligence artificielle. Et c’est l’objet de ce livre de 120 dessinateurs de presse éclairés par les connaissances absolument incroyables d’Olivier Voilà, on a oublié de dire que le bouquin est évidemment vendu au profit de l’association, c’est ça ?
Oui, oui. Il est vendu au profit de l’association. Les partenaires qu’on a cités nous ont aidé à le faire et en réalité, les droits d’auteur du livre reviennent à l’association pour financer les actions que j’ai décrites, que j’ai décrit en introduction, qui est une association à but non lucratif évidemment basée à Paris, dont je suis président, mais à titre bénévole en tant que dessinateur de presse. Et il y a des salariés qui eux, dirigés par Bat Bras, par Bar, qui sont eux, qui sont eux qui déploient les actions de Cartooning for Peace.
Donc je vais montrer quelques dessins comme j’ai comme je l’ai proposé. Donc là on voit, on voit le dessin, le dessin qui est ici, l’intelligence pour les nuls. Et je viens de parler des bénévoles, de l’association, etc. Dans ton texte d’introduction, tu parles de l’association de l’organisme qui gère chaque qui est plafonnée à but non lucratif, plafonné ou à but lucratif.
À but lucratif plafonné.
J’ai adoré ça. Est ce que tu peux nous dire ce que c’est ?
alors c’est ce qu’on fait quand on refait l’histoire d’Open entreprise. Enfin, j’appelle ça une entreprise par commodité ou ce sera plus simple Qui est derrière GPT ? Qui est dirigé par quelqu’un qui s’appelle Sam Altman, qui est un peu le nouveau grand méchant de la Silicon Valley ? On est en train de s’en rendre compte jour après jour. Et au début, quand ça a été créé, ça se voulait une sorte de fondation, une fondation au sens du droit américain. Donc l’idée, ce n'était pas de faire de bénéfices, c'était de développer l’intelligence artificielle au profit de l’humanité, etc. Euh d’ailleurs, et alors ? Musk avait fait tout un esclandre en claquant la porte d’Open Office quand ça a commencé à basculer. Alors non pas parce que Musk était ulcéré des visées financières de l’entreprise, mais probablement parce que ça n’allait pas suffisamment dans sa poche. C’est qu’il n’est pas forcément porté par des élans d’humanité. Et depuis Oppenheimer, il y a eu un double mouvement. C’est à dire que non seulement c’est devenu une entreprise, une organisation à but lucratif, alors plafonner le plafonner, il est très relatif, c’est à dire qu’on peut toujours bouger la hauteur du plafond, on va dire. Et dans le même temps, c’est devenu une entreprise qui est de moins en moins ouverte. Parce que de fait, la promesse initiale qui était de dire on va développer une intelligence artificielle, évidemment tout le monde pourra soulever le capot, regarder ce qu’il y a dedans, etc. De fait. De fait, c’est plus exactement comme ça que ça se passe et on se rend compte que pour protéger sa propriété intellectuelle, ses intérêts financiers, parce qu’aujourd’hui il y a une valorisation énorme qui a été affaire, Microsoft est venu mettre 10 milliards de dollars, Donc c’est quand même, ce n’est pas des petites sommes. Et donc évidemment, ils ont érigé comme ça de grands murs pour se protéger des yeux indiscrets qui viendraient regarder un peu trop près comment ça se passe.
Alors on me dit qu’il y a un léger problème de mise au point sur la caméra. Je vais m’en occuper. Ça montre bien qu’ici, l’intelligence artificielle n’a pas pénétré nos caméras. Tout, tout est fait maison, il y a, tout est fait. Je vous montre vite comment ça se passe. Voilà ce que les gens voient. C’est comme ça, vous voyez, qui voit le dessin, qui est qui est ici, là. Je suis obligé de retourner comme ça, parce que c’est le bordel. Donc je montre ce dessin parce que dans l’introduction, Olivier, tu nous parle d’un dîner d’un dénommé Deschambault, tu nous parles en fait de tout un tas de gens, évidemment, le turc mécanique, etc. Peut être que tu peux brièvement nous raconter d’où vient l’intelligence artificielle, mais surtout ce dénommé, ce dénommé Joseph Weizenbaum qui très vite va lâcher l’intelligence artificielle
Un homme, c’est une figure hyper intéressante parce que quand on parle de l’intelligence artificielle et des pionniers de l’intelligence artificielle, c’est déjà rappeler que ça ne date pas d’aujourd’hui ou d’il y a deux ans. C’est à dire que là, tout à coup, avec l’irruption notamment des intelligences artificielles génératives comme on dit, donc on tape une commande pour une instruction prompte, et ensuite ça, ça va nous proposer du texte ou une image, etc. On a un peu l’impression que ah, ça y est, on a ouvert la porte d’un nouveau monde. La réalité, c’est que l’IA existe depuis plus d’un demi-siècle. Ça a été très sinusoïdal, c’est-à -dire qu’il y a eu des périodes où on en parlait beaucoup, beaucoup, beaucoup. Il y avait des avancées assez spectaculaires et ensuite suivies de périodes de, de gel on va dire, parce qu’on appelle ça les hivers de l’intelligence artificielle qui suivaient toujours ces périodes de frémissement. Donc ça a suivi comme ça, cette courbe un peu, un peu sinusoïdale. Et quand on parle des pionniers, souvent c’est souvent des américains, anglais, Minsky. Et on a tendance à oublier ce cher Joseph Weizenbaum qui était chercheur au petit anglais d’histoire personnelle. C’est assez dingue. Joseph Weizenbaum c’est vraiment et c’est un rescapé de la Shoah parce que quelqu’un qui a survécu, c’est un survivant. Et quand il commence à travailler sur l’intelligence artificielle, c’est vraiment dans le tout premier. C’est vraiment le tout, tout, tout début. Et notamment, il y a cette intelligence artificielle très primitive qui pourrait ressembler à un ancêtre de ChatGPT qui est Eliza. Voilà, en français, donc elle est là et Eliza est l’un des tout premiers programmes de genre et réplique les fonctionnalités d’un psychologue. Donc comment ça marche ? C’est à dire qu’à l'époque, il faut évidemment s’imaginer l’informatique et pas encore quelque chose de distribué, commercialisé. Donc on n’a pas de petit ordinateur chez soi. Donc tout ça ressemble beaucoup à des expériences de laboratoire. Alors c’est un peu l’expérience de Milgram, mais avec un ordinateur et donc quelqu’un se met devant le clavier et l'écran dit quelque chose et Eliza Ce qui fait que ce qu’elle fait surtout, c’est répéter ce qu’on lui dit sous forme interrogative, ce qui ressemble souvent à une séance chez le psy où on sort de là en se disant c’est bien joli, mais il a quand même pas dit grand chose. Elle me dit mais un peu, j’ai dit je me sentais pas bien. Il m’a dit pourquoi vous vous ne sentez pas bien ? C’est quand même un peu, un peu, mais évidemment, et aussi parce que ça répond, ça agit comme en mimétisme à une situation qu’on peut connaître dans la vraie vie, effectivement, quand on est sur le divan d’un thérapeute. Et donc ça crée un trouble, ça crée un trouble et ça donne l’impression qu’il. a. un fantôme dans la machine, comme le dit l’expression consacrée, et que donc ce programme les A seraient dotés d’une forme de conscience qui serait capable comme ça de pénétrer l’intérieur de notre esprit pour voir, pour voir ce qui s’y passe. Phénomène d’ailleurs qu’on retrouve totalement dans certaines expériences avec des agents conversationnels aujourd’hui. Je me souviens d’un article d’un journaliste du New York Times qui avait parlé pendant 2 h et demie ou 3 h avec la version débridée du temps. Ce n’était pas que c'était un, c'était, mais c'était une autre intelligence artificielle, c'était celle de Bing, de Microsoft, quand dans un univers assez voisin, et il avait fait tout un papier assez long où il racontait. Cet échange et en restituant cet échange, disait que l’intelligence artificielle avait fini par questionner son mariage. On était entré dans un truc assez profond qui visiblement l’avait blessé, beaucoup troublé. Et en fait, on avait l’impression d’avoir transposé quelques décennies plus tard le même trouble un peu anthropomorphique. On projette comme ça des fonctionnalités humaines sur une machine. On connaissait déjà à l'époque de Eliza dans les années, dans les années 60. Donc on pourrait se dire que Joseph Weizenbaum après avoir créé Eliza serait devenu une espèce de première superstar de l’intelligence artificielle et aurait embrassé ce truc là, comme le font aujourd’hui les industriels de l’IA. En fait, ce qui s’est passé, c’est qu’assez vite Weizenbaum a émis une série de mises en garde et de recommandations où il a dit Attention, il y a deux choses. La première, c’est qu’il y a toujours un truc pire que l’intelligence artificielle. À un certain niveau, c’est toujours de la prestidigitation, c’est toujours des sortes de tours de magie. Et comme dans tous les tours de magie, il y a un truc ce n’est pas de la magie. Il n’y a pas quelqu’un qui est en train de léviter ou des objets qui disparaissent. C’est de la manipulation assez fine et maline et bien faite, mais c’est une forme de manipulation. Et la meilleure intelligence artificielle, finalement, c’est celle qui fait le plus disparaître les et les coutures et où on voit plus, on voit plus le truc. Donc il disait à partir de à partir de ça, ce qu’il faut faire ou ne pas faire plutôt, c’est de vouloir doter les machines de fonctionnalités ou de réaliser des tâches qu’elles ne sont pas capables de faire. Les machines ne seront jamais capables de sagesse, d’empathie, de sensibilité. Enfin, parce que tout ce qui fait les propriétés, qui sont des propriétés très humaines, inaliénables, qu’on pourra jamais nous retirer mais qu’on pourra jamais à priori non plus, mettre dans une petite boîte comme le comme le voudraient certains quand ils partent dans des dons, dans leur délire. Et donc il est devenu comme ça une sorte de lanceur d’alerte. On fait d’ailleurs de l’intelligence artificielle en mettant en garde contre ce qu’il appelait à l'époque l’artificielle intelligentsia. Je le trouve assez bon terme d’ailleurs, et faut se dire qu'à ce moment-là, on est dans les années 70. Donc quand il dit ça, évidemment ça ne rencontre pas un écho gigantesque quand il écrit son livre sur les ordinateurs. Elle a raison, tout ça est très embryonnaire. Mais je voulais en parler dans l’intro parce que je trouve que l'époque manque cruellement d’une vision. C’est-à -dire que j’aimerais bien. Il y en a quelques-uns. On envoie des chercheurs d’intelligence artificielle qui à un moment ; c’est en train d’aller trop vite, on est en train de faire un peu n’importe quoi, Asseyons nous deux minutes, de quoi parle t on, etc. Mais ça reste des voix très minoritaires à un moment où on en a cruellement besoin. Parce que je regardais il y a dix jours, reprenait hier, qui a annoncé que finalement, l'équipe qui était en charge de travailler sur la va dire l’intégrité, la sécurité des algorithmes, Donc tout le volet éthique qui est quand même a priori pas à la marge, mais en fait été démantelé pour être fondu dans une autre équipe. Et aujourd’hui ils sont bien plus intéressés par la croissance, le marketing, la capacité de calcul, etc que par mettre les garde-fous nécessaires au déploiement de ce genre de technologie.
On parlera tout à l’heure de Musk qui a avec d’autres, et ça fait l’objet de dessins de presse. S’il y a une tribune à un moment donné pour dire on va mettre le holà, mais tu sembles dire que Musk n’est pas très honnête sur ce coup là, mais après l’exercice qu’on peut voir. Qu’on pourra dégrossir tout à l’heure.
Est ce qu’il va faire une pause le temps de rattraper son retard ?
Ouais, c’est. Ça, c’est ce que j’ai cru comprendre. Je ne suis pas aussi spécialisé que lui.
Alors quand je voudrais te demander, c’est peut être pas utile de décrire le dessin parce qu’on on le voit. Donc c’est un c’est un être humain qui échange sa cervelle contre une carte, une carte mère donnée par un robot. Alors il y a dans ce dessin, je trouve qu’il y a presque un résumé du livre. C’est à dire que beaucoup de dessinateurs dans ton genre, que tu as, que tu as sélectionnés en fait, mettent l’intelligence artificielle dans un corps qui est un corps robotique. C’est très souvent le cas et il y a très souvent, je trouve cette idée d'échange dans le meilleur des cas, ou de passation de l’intelligence. C’est-à -dire qu’on. Ils ne sont pas tous très drôles les dessins, ils sont souvent désespérés. En fait, je trouve celui- ci désespérant par exemple. Oui ben est ce que je me trompe ?
Tu sais ce qu’on dit dans la presse depuis quasiment ? La création de la presse est une bonne nouvelle. Ce n’est pas une nouvelle. Donc il y a un tropisme naturel des journalistes dans lesquels j’inclus les dessinatrices dessinateurs de presse. Quand on nous donne une situation de situation hors de tout, il se dit comment est-ce que ça peut dériver ? Comment est-ce que ça peut partir en sucette ? C’est d’ailleurs plus intéressant, sans doute un réflexe de survie de réfléchir d’abord comme ça, plutôt que de faire des dessins idylliques où tout le monde est heureux et où il y a assez rapidement, le lecteur s’emmerde. Parce que des dessins avec des papillons, la vie est belle, les i know. Les robots sont nos amis, tu peux en faire un ou deux, ça peut être drôle, surtout au deuxième degré, mais il y a une tendance naturelle du dessinateur. Et puis là. Par ailleurs, pour les dessinateurs, les dessinateurs qui ont participé à ce livre que nous avons fait, nous, parce qu’en fait on voyait que c’est une thématique qui les occupait, on recevait, on fait des appels à dessin ou sur des tas de sujets, tout le temps, nous, l’association et on recevait régulièrement beaucoup de dessins sur les intelligences artificielles.
J’ai oublié de préciser, excuse moi, celui ci, c’est un dessin italien.
Marco De Angelis, grand dessinateur, grand dessinateur italien soit dit en passant, je le trouve assez génial parce qu’il dit plein de trucs sur dessin, sans texte. Il est universel. Tous les habitants de la planète peuvent le comprendre et il dit énormément de choses sur ce que ce que tu racontes. On a tendance à vouloir prêter une intelligence humaine à l’intelligence artificielle, donc il ne faut pas s’imaginer que ça fonctionne. Ce n’est pas une intelligence humaine. Si on rentre dans le détail de comment ça fonctionne, ce n’est pas ça. Mais on a tendance, nous, à croire que c’est ça. On fait un peu de l’anthropomorphisme, on se dit tiens, c’est un autre être comme moi, quelqu’un qui me ressemble, qui me répond. C’est ça qui est troublant. Et effectivement, avec la suspicion, l’intelligence artificielle nous met une carte mère dans la tête. Mais c’est rien. Les informations qu’on va recevoir en réalité sont des informations informatiques, mais avec des calculs. C’est un résultat d’un calcul qu’on nous donne et qui pourrait devenir notre manière à nous de penser si on se laisse influencer. Je trouve que le dessin est assez malin, mais. Mais toujours est-il que pour des dessinateurs, pour nous, c’est un exercice qui n’est pas habituel. C’est à dire que généralement on commente l’actualité, on nous demande pas de prévoir le futur. Or c’est un peu ça ce livre, c’est ce qu’il se projette, les dessinateurs. Généralement, on voit ce qui se passe à Gaza, aux Etats-Unis, en France, la réforme des traités il y a quelques mois, les élections européennes en ce moment pour le continent européen, etc, etc. Moody qui resserre l'étau en Inde tout ce que vous voulez comme sujet. On commente l’actualité, donc on n’anticipe pas, on ne fait pas de projections, on dit juste voilà ce que cette actualité m’inspire. Un dessin de presse, c’est un instantané. L’opinion d’un individu sur un sujet, c’est un regard, ça ce n’est pas plus que ça. Et là, c’est un petit peu différent, artificiel. Il n’y a pas énormément d’actualités au sens général du terme. Il y a depuis un an ou deux qui fait beaucoup parler. C’est surtout ça qui a relancé tout d’un coup. L’intérêt pour ce que tu dis qui est très juste, ça existe depuis très longtemps, une sorte d’accélération à cause des intelligences artificielles génératives, mais c’est plutôt un exercice d’anticipation, un exercice un peu particulier pour les dessinateurs. Et vu que nous, puisqu’on commente, c’est en général des drames, je pense que beaucoup de mes et de mes camarades, en voyant, en voyant ce sujet, ont plutôt projeté leur inquiétude que projeter le fait que ça les rassure et qu’on vit dans un monde parfait.
Bien sûr que dit ce dessin que je n’aurais pas souligné ? Il dit beaucoup de choses. Qu’est ce que ton œil exercé voit de plus ? Il y a parmi la beauté des choses déjà.
Pourquoi le personnage est à poil. Le l'être humain, il l’a fait à poil près. On regarde le dessin, on n’y pense pas tout de suite, mais ça veut dire quelque chose. Il aurait très bien pu le faire habillé, ça ne changerait pas fondamentalement le dessin. Si ça changeait quelque chose, c’est que pour moi, c’est mon interprétation, que ça a pris aussi ça que certains dessins de nous mêmes. Peut être qu’on projette des choses que le dessinateur n’a pas voulu faire. Je n’en ai pas parlé.
Mais c’est drôle que je dis ça parce que, en fait, quand je l’ai décrit, tout d’un coup, je me suis dit merde, mais quelle est cette idée là En fait, on ne sait pas.
Ouais bon, moi ce n’est pas tellement pour indiquer le genre, c’est plutôt ce que moi je comprends dans le dessin, c’est que par rapport à ces intelligences qui en fait sont nourries de nos données. On est complètement nu. C’est à dire on s’est mis à nu, on a donné tout ce qu’on était, qu’on savait, qu’on disait. Et ça nourrit, ça nourrit. Ces machines qui par du deep learning ou par d’autres méthodes, son et à partir de ce que nous on produit, y compris au plan artistique, quand on a une machine de créer une image, elle le fait à partir d’autres images, elle n’invente pas une image à partir de rien du tout. Elle, elle s’est nourrie d’autres images et bien sûr, elle a appris à pouvoir en reconstituer. Et donc pour moi, le dessin dit ça, c’est que nous on est on est très fragile et d’ailleurs ça crée un sentiment de fragilité. Il a aussi fait l’intelligence artificielle. Il aurait pu faire une boîte dans laquelle le personnage met son cerveau. Il a fait un robot énorme avec une apparence humaine. C’est pour ça qu’on fait de l’entrepôt, on s’imagine que ce sont des créatures un peu comme nous et qui est beaucoup plus gros que l’autre, qui est très fragile et vulnérable face à lui. Donc il y a plein de choses qui transparaissent à travers le dessin.
Vous voyez, je voyais le théâtre aussi parce que je vois là un commentaire sur le sur le chat. Je pense que c’est complémentaire au début, mais les petites viennent se visser.
Je feuillette jusqu'à ce que je voie un endroit où j’ai corné les choses. Voilà par exemple ce dessin à droite que je connais, que j’aime énormément. Alors j’ai oublié de dire que le livre est découpé en chapitres, en thématiques liés au quotidien. Pour être franc, il y a des moments où on se dit bon, ça c’est une thématique, ça pourrait être dans l’autre sens, bon, ça pourrait être dans la première. Bon, c’est un peu forcé, on est d’accord. Ah d’accord, c’est le bordel l’intelligence artificielle, parce que voilà, c’est au quotidien.
Mais on crée des chapitres parce que ça rythme la lecture. En fait, ça permet de s’assurer qu’on traite certaines thématiques qu’on voulait traiter au départ. Quand on se dit on va faire le livre, on va pouvoir parler de ceci, cela et office eux aussi. Bien entendu, ça rythme la lecture. Bien entendu, certains dessins pourraient être dans un autre chapitre.
Alors il y a ici donc un dessin portugais de Daniel Garcia d’après la photographie, tellement connue du début du siècle dernier, de ces de ces ouvriers suspendus, quasiment suspendus sur une poutre en métal.Merci beaucoup MPR. Voilà six IPN et là, ce que l’on voit, c’est là encore l’intelligence artificielle symbolisée en robot. Il y a quand même cet ordre là, c’est-à -dire qu’on a. Qu’est ce que ça veut dire ? Les dessinateurs veulent croire que ça nous ressemble un peu quand même. L’intelligence artificielle, ça, ça a deux bras, deux jambes et une tête à deux pieds deux mains. Et est ce que ça, Olivier, ça fait partie du mythe puisque toi tu remontes très loin, tu remontes plusieurs siècles en arrière ou on a le robot nous a toujours un peu ressemblé.
Le truc mécanique qu’on pourrait considérer alors pour considérer le turc mécanique comme un embryon Eliza plus que c’est un embryon d’intelligence artificielle dans le côté prestidigitation. C’est à dire que, à l'époque donc, on est au 18ᵉ et à travers toutes les cours d’Europe, on promène comme ça ce joueur d'échecs mécanique qui serait, dit-on, capable de battre les meilleurs joueurs d'échecs à leur jeu. De la même façon qu’on voit aujourd’hui les joueurs de Go ou d’autres jeux comme ça, qui sait se confronter à des machines. Et donc ça, évidemment, ça suscite la curiosité. On le promène un peu comme ça, jusqu’au jour où on découvre qu’en fait, à l’intérieur de ce Turc mécanique, il y a un petit compartiment où vient se loger un être humain qui joue les coups. Donc on a l’apparence du robot, mais à l’intérieur d’un cerveau. Donc il faut pour que ça puisse fonctionner. Et je vais commencer là dessus parce que aujourd’hui, en fait, on est toujours dans l'ère du turc mécanique quand on nous vend des. Par exemple, je vais prendre un exemple tout bête, mais on nous vend des entreprises pour leur service après vente, disent parler au Tchad, Botte machin, l’assistant intelligent qui répond à toutes vos questions 24h sur 24, sept jours sur sept. Parce que c’est ça aussi aujourd’hui l'éolien, c’est un moyen de dire euh, vous pouvez nous solliciter à n’importe quel moment et donc le temps ne s’arrête jamais, on est toujours un peu en train de faire quelque chose, de travailler, etc. Sauf que dans la réalité, il y a un certain nombre de chercheurs cons qui ont bossé, qui continuent de bosser là dessus. C’est que derrière cette botte, l’intelligence artificielle, etc. Bien souvent en fait, il y a un travailleur précaire, sous payé, externalisé à l’autre bout du monde. C’est à dire qu’en fait, parfois, l’intelligence artificielle, c’est juste les centres d’appels qu’on a un peu ripolin. On a changé le nom, changé l’apparence en arrière, petit vernis dessus.
Kervern et Delépine. Je sais plus comment il s’appelait.
J’ai retrouvé le nom, mais je vois le film.
Et je suis. Sûr que le tchat, on va le retrouver, effacer l’historique
Non puisque c’est celui où ils ont Le besoin d’aller au data center.
Il y a cette scène et la rose où il y a Blanche Gardin qui vient tambouriner à la porte de Facebook. On m’a rendu mes données, Vous avez mes photos à poil ?
Il me semble que c’est celui-là. Et alors ? Oui, justement, il y a un micro qui tue On ne parle pas dans le bouquin, mais c’est vrai qu’il y a cette plateforme de micro tâches, mais enfin qui est l’uberisation absolue terminal, C’est Amazon qui a ça, où tu peux louer et ça s’appelle le turc mécanique. C’est quand même complètement fou ce nom.
C’est à la fois très transparent et très cynique quoi. C’est-à -dire que la mécanique existait déjà avant qu’on s’emballe sur Twitter, etc. Mais c’est vrai que quand on met cette appellation là en face du petit épisode historique que je rappelais. En fait, on voit que les grandes entreprises qui mettent en œuvre ce type de technologie aujourd’hui, euh bah quelque part, assument presque cette filiation. Et donc en fait c’est ça, il faut toujours être en train d’essayer de deviner où est le truc
Alors comme vous voyez je m’autodétruis, c’est-à -dire que je fais la technique, je fais tout. Donc la je change la caméra.
C’est aussi un peu mécanique.
Je suis mon propre mécanicien.
Et alors précisément ce dessin. Et je le trouve très beau, très inspiré et un peu décalé, un peu à contre temps, un peu en retard. C’est à dire que je me suis dit tiens, ce sont des ouvriers du bâtiment qui sont menacés. Or, il me semble que l’intelligence artificielle est ce qu’elle menace aujourd’hui plus. C’est ce que vous appelez à un moment donné les métiers créatifs, les métiers de secrétariat, etc, etc. Il y a d’une certaine manière, une partie. Voilà le quotidien d’un certain nombre de gens qui nous regardent en télétravail et je les remercie. Ça ils ne bossent pas et nous y sommes formidables, On sabote tout ça, c’est génial ! Mais est-ce que je me goure ou pas, même si je considère le dessin très inspiré ?
Oui, je ne considère que la première et première génération de robots. Ça remonte très loin en arrière. On pourrait même se demander si ça commence avec les outils qui ont permis de démultiplier la force humaine et donc en remplaçant des machines, des hommes par des machines. Voilà des hommes et des femmes par des machines. On est plutôt sur du robot de l’automatisation que de l’intelligence artificielle à proprement parler. On commence à se rapprocher, une manière de réfléchir et donc ça peut toucher le travail des robots, des machines. Comment ça a touché le travail ? Je ne sais pas s’il faut dire les intellectuels ou en tout cas les tâches, le tertiaire, les gens qui n'étaient pas forcément dans les usines et dans les champs. C’est vrai. Et c’est plus notamment l’arrivée des intelligences artificielles génératives qui commencent à interroger sur nos métiers à nous, mais sur les métiers du droit, sur les métiers de l’assurance, sur le métier des courtiers et des traders. Dans les tas de métiers qui vont s’interroger sur est ce que bientôt, demain, il n’y a pas des métiers qui vont disparaître ? Évidemment, la réponse est oui. La question, c’est quels sont les autres qui naissent, s’il y en a d’autres qui apparaissent ou pas ? Sinon, on a un problème. Mais quels sont les métiers qui vont disparaître dans le champ du dessin pour l’instant ? Alors c’est l’argent, le champ du dessin. Je suis dessinateur de presse. C’est une toute petite subdivision de tous les métiers du dessin, même pas la plus connue dans le champ du dessin. Je pense que tout ce qui est travail d’illustration pur et dur, mais qui est un travail qui a déjà commencé à être l’illustration pure et dure, c’est je suis dans un magazine, je fais un dossier sur l’univers bancaire et j’ai besoin d’avoir des illustrations. J’ai besoin d’un coffre fort, J’ai besoin de quelqu’un qui me. Des signaux d’une banque avec un guichet. Je travaille d’illustration simple. Il n’y a pas de recherche d’idées à proprement parler. On fait du visuel pur. Déjà, avec l’apparition des banques d’images au début de l’arrivée d’Internet, il y a déjà plein d’illustrateurs qui ont perdu leur travail parce que les rédacteurs de magazines ont commencé à les taper dans les banques d’images déjà disponibles. Alors maintenant, la différence, ce qu’on peut carrément demander, l’intelligence de fabriquer une image qu’on lui décrit précisément en lui disant dans le coffre fort, il est un peu plus large justement, un banquier qui a l’air très gourmand dedans. Donc elle peut effectivement effectuer des tâches sur ces métiers là. Il y a un mais il y a une vraie question, sachant que très rapidement, vous laissez de plus en plus compliqué maintenant d’en trouver une qui vous fait ça gratuitement. Au départ, ils nous ont un peu appâtés et on pouvait leur demander de faire des images. Ça tombait comme ça. Maintenant, il faut créer des comptes pour payer un abonnement.
Ça, ce sera toujours moins cher qu’un dessinateur ou qu’un photographe ou une photographie absolument dessinatrice.
Ça ne viendra pas demander de meilleures conditions de travail, un meilleur salaire, ça va, on ne va pas faire la guerre, mais au moins il faut sortir un peu d’argent. Ce qui fait réfléchir à qui je veux donner mon argent ici, un tout petit peu. Mais sur le métier de dessinateur de presse, on n’en est pas encore là parce que c’est quelque chose de très spécifique. D’abord, ce n’est pas un très gros marché. Le dessin de presse n’est pas un très gros marché, c’est uniquement les gens qui lisent déjà l’actualité. Lisant un paquet couteau qui regarde des vidéos qui lisent l’actualité parce qu’un dessin de presse est souvent à côté d’articles et qui en plus ont envie et sont prêts à rire, à avoir des petites provocations, des petits gags, de l’humour, du décalage sur cette actualité. Donc êtes sur un tout petit public, quel que soit le pays du monde, c’est par un énorme marché et par ailleurs, c’est un exercice très particulier, un instantané, un dessin de presse. Très souvent, trois jours plus tard, il n’y a plus rien. L’actualité est passée, les gens ne l’ont pas oublié, mais ils sont déjà passés à autre chose. Donc votre petit gag sur le procès Trump ou votre petit gag sur le fait que la réforme des retraites s’est passée comme ci ou comme ça, ou que parfois c’est des choses encore plus petites que l’affaire Benalla il y a quelques années. Je ne sais rien en fait, ce que vous voulez c’est des choses dont on sait bien en faisant le dessin que c’est du jetable et en trois jours il a plus de valeur. On ne pourra même pas le mettre dans un livre comme ça, parce que six mois plus tard, les gens s’en souviennent plus. Et donc. Et donc croiser cette actualité, un brin d’humour. L’humour étant par ailleurs très connoté culturellement, on ne fait pas exactement le même humour en France, on fait en Allemagne pas exactement le même en Allemagne ou au Japon, etc. Et je pense que pour une intelligence, même si elle n’a pas Le même humour,
Tout à fait, c’est peut être avant, mais ça sous entend en tant que tel il n’y a pas d’intelligence artificielle ici. Si on a de l'émotion, monsieur l’entend.
C’est pour toutes les formes. D’humour sont connotées à ce qu’on pense politiquement. Sujet par sujet en plus.
Bien sûr, bien sûr.
Bref, tout ça pour dire que je pense qu’on est pour l’instant nous on n’est pas. Et j’ai déjà essayé de demander une intelligence artificielle à trois ou quatre prises, de faire le dessin à ma place. J’ai obtenu aucun résultat satisfaisant d’aucune sorte, en toute objectivité pour l’instant.
Oui mais alors Olivier, tu pourras nous dire attends, ça c’est une question de temps. Et j’ai vu passer une question qui a été remontée par Pauline que je salue Pourquoi nous libérer du travail par les robots serait un mal ? Je pense que c’est un bien à condition qu’on répartisse les ressources avec des revenus universels ou autre moyen.
Dans l’absolu, oui, mais c’est une grosse condition. Je dirais exactement oui.
Si il n’a pas tort, tu veux dire dans l’absolu.
Sauf que si effectivement. On n’insulte pas les idiots. Automatisés, automatisés des tâches rébarbatives, etc. Si ça pouvait dégager du temps pour faire autre chose de plus enrichissant. Que ce soit pour soi ou pour la communauté. Oui, mais on voit bien que le monde et l’organisation économique de la société aujourd’hui, ce n’est pas exactement ça. Alors déjà, ce n’est pas tant libéré du travail par les robots que voir son travail invisibiliser ou remplacer entre guillemets, Je suis très vigilant sur l’utilisation de ce mot. Remplacer, ça me permet de faire une toute petite incise. Et comme on est à quelques jours des européennes, ce n’est pas forcément de trop. Sur la façon dont l’extrême droite s’est emparée de ces sujets-là ces derniers mois. J’avais vu, il y avait une vidéo YouTube de Marion Maréchal Bardella aussi qui consulte à droite, à gauche, Laurent, Alexandre et d’autres. Envie d'être, d'être ? Vous voyez ça. Que. Je veux dire à droite, à gauche, mais sur un axe déjà bien. Je consulte à droite, à droite.Sur le sujet et on voyait qu'à un moment on était en train de. Alors il y avait à la fois un discours sur le fait que nous, civilisation européenne, on allait être colonisé par ces IA venus de l'étranger et conçus aux États-Unis, etc. Ce qui en soi n’est pas d’ailleurs une aberration, c’est une réalité que, par exemple, la langue française dans les modèles d’apprentissage. Tend à refluer ou à disparaître. Si on entraîne une intelligence artificielle avec de l’anglais, de l’anglais, de l’anglais, de l’anglais. Que ce soit pour le français ou un certain nombre d’autres langues, ou des langues rares, forcément, on ne va pas vers un enrichissement ou une pérennisation de cette de cette langue-là. Mais ensuite, on voit assez bien comment tout le discours nauséabond du Grand Remplacement peut être traduit en grand remplacement robotique. Et donc là, on arrive assez vite sur ces élites qui vont venir vous remplacer. Ça permet de faire un peu de clientélisme vis-à -vis des gens qui demain pourraient être menacés par l’intelligence, par l’intelligence artificielle. Voilà, ça c'était ma petite, ma petite digression. Et la réalité. Aujourd’hui, quand on voit Macron qui annonce tous ces investissements dans l’intelligence artificielle en disant je veux qu’on ait des dizaines ou des centaines d’experts, il y a, sans que je sache très bien, moi, un expert IA, je ne sais pas ce que c’est un peu toi, non ?
Tu ne t’es pas envoyé ton cerveau.
Je ne sais pas comment le prendre, mais moi quand on me dit expert, y a dans la dialectique macronisme expert, y a ça sonne un peu consultant, ça sonne un peu le mec qui va venir dans une entreprise pour expliquer pourquoi il faut basculer sur l’IA. Et c’est un peu le syndrome McKinsey quoi. Si c’est ça les experts, l’IA. Malheureusement, je ne suis pas hyper optimiste sur la façon dont le déploiement de cette technologie là pourrait nous libérer effectivement de tout un tas, de tout un tas d’aliénations. Et l’inquiétude aujourd’hui vis à vis de l’IA, peut être ça en moi de l’histoire, c’est que ce n’est pas tant sur la technologie en elle même, c’est que c’est une technologie qui est déployée dans un univers, une organisation socio économique qui est extrêmement brutale. Je vais reprendre un exemple et on avait fait un débat à la Fondation Jean-Jaurès juste après le lancement du bouquin où il y avait autour de nous des gens qui étaient beaucoup plus optimistes, il faut le dire, que nous. Et qui nous reprocher des questions à la fin en disant que quand même, on voyait tout en noir. C’est horrible, vous êtes catastrophiste, etc. Je trouve ça très bien d'être catastrophiste, mais bon, chacun son, chacun son approche. Et je prenais un exemple de l’utilisation de ce une forme d’intelligence artificielle. Puis ça a des algos sur les prestations sociales. C’est-à -dire que maintenant la CAF va attribuer un score de risque aux individus pour déterminer s’ils sont des fraudeurs potentiels. Pour la faire un peu contre eux, On met en musique cette traque un peu systématique des pauvres en les suspectant d’abuser de la générosité publique. On pourrait se poser la question de savoir est ce qu’utiliser une intelligence artificielle pour réaliser une tâche ou si on sait très bien les gens qui travaillent dans ces milieux là, qui sont au contact des populations, qui touchent les aides sociales, etc. Que c’est une somme de situations individuelles, particulières, etc. Du coup, c’est de la dentelle et ça demande des ajustements et qu’on ne peut pas avoir des solutions, une taille universelle pour tout le monde. Mais c’est surtout que là aussi, ça vient mettre en musique des politiques publiques et en l’occurrence une politique publique qui est de dire on va faire la chasse aux pauvres parce que on veut remplir les caisses de l’État, on va arrêter de donner de l’argent, on veut serrer la vis et donc à ce moment là, l’intelligence artificielle devient le moyen assez pratique de vendre cette politique là, de la maquiller. En plus, ça a un côté assez pratique pour ça l’intelligence artificielle, c’est que ça permet de mettre à distance, dire regardez, c’est pas nous, on n’a pas pris la décision. L’intelligence artificielle qui la dit, c’est la machine qui a décidé que c’est la machine qui a déterminé que vous étiez un individu à risque. Alors ce qui fait que du coup se permet de faire croire à une objectivation de la décision, on fait ça ? Ben du coup on dit ah mais la machine, elle n’a pas de sentiments, il n’y a pas de machine Très juste. Ces deux choses, c’est à la fois l’objectivation de la décision. On maquille tout ça du sceau de la rationalité scientifique. Tout à coup, on est dans la société rêvée de Descartes. C’est une décision mathématique. Et derrière, si vous n'êtes pas d’accord avec cette décision, oui, vous pouvez la contester. Mais sauf que bon courage maintenant pour aller à un guichet, expliquer à quelqu’un, à un être de chair et d’os, que fait-on ? La machine A s’est trompée que si vous avez le droit à ça, que non, vous n’avez pas indûment touché de l’argent ou quoi que ce soit. On va vous dire remplissez un formulaire demain, peut être adressez vous au chatbot machin de Pôle emploi, de la CAF, etc. Et la réalité, c’est que pour exercer ce droit de recours, ça devient de plus en plus difficile, voire matériellement impossible. Et ça, même les gens qui travaillent à l’intérieur de ces structures commencent à le dire.
Justement, je mets cette double page que je trouve très jolie avec ce piège à souris sur un circuit imprimé. Euh. Voilà qui dans le mécanisme risque d'être déclenché par l'être humain. Et là j’ai pas vu que c'était le logo de Méta. Vous êtes viré de l’ordinateur qui dit à l’employé vous êtes viré. Donc ça résonne un peu avec ce que tu disais sur le remplacement car tu as reçu beaucoup de dessins comme ça. Est ce que tu veux nous expliquer pourquoi le premier dessin est mexicain et le second est canadien ? C’est celui- ci. Pourquoi par exemple, tu prends ces dessins là ? Qu’est ce qui. Qu’est ce qui te motive à faire cette double page.
De ce jeu en tant que symbole de l’association ? Parce que ce n’est absolument pas moi. Heureusement, puisque je suis moi-même dessinateur de presse, c’est moi qui sélectionne les dessins. D’accord, sinon il y aurait un petit côté conflit d’intérêt sélectionner ceux de mes potes, les miens et passer au deux. Donc ça ne marche pas comme ça. C’est la directrice éditoriale et son équipe de l’association qui fait un premier tri, il n’y a pas l’association qui consulte, On essaie de puis on essaye, on fait juste un travail pour essayer d'être le plus représentatif. Et c’est aussi ça au fond de notre démarche, pas uniquement dans les dessins que nous on trouve drôles ou que nous on aurait fait. Mais parfois on a un dessin qui nous dérange un peu, qui n’est pas exactement sur nos conceptions et on se dit bah c’est intéressant aussi d’avoir un dessinateur, c’est pas un dessin fascisant ou pro-Poutine, mais parfois sur certains sujets, on se rend compte. Tiens, le dessinateur, il n’est pas exactement sur mon opinion à moi, il est un peu décalé. C’est intéressant de le mettre aussi justement pour confronter les idées, confronter les regards. Alors sur l’intelligence artificielle, on ne peut pas dire qu’il y a un gros Fight entre dessinateurs dessinatrices. Quand vous faites un dessin sur la guerre par exemple, vous avez un chapitre Proche-Orient besoin qu’il n’y ait pas tout à fait les mêmes opinions dans le réseau en fonction de l’endroit où ils vivent et de leurs convictions personnelles. Et donc là, c’est intéressant de faire cette présentation. Pourquoi on les met parfois ça peut être pour des raisons graphiques. J’ai une admiration énorme pour celui qui est un immense dessinateur multi primé dans le monde mexicain. Ses dessins sont toujours graphiquement absolument épatants. Et là, il y a l’idée. Alors on utilise énormément de symboles en dessin de presse tout le temps. J’ai déjà dû faire cinq ou six dessins qui utilisaient le concept du piège à souris comme on veut. Moi, c’est plutôt en politique que je l’ai utilisé. Là, ils utilisent l’informatique, mais graphiquement, y trouvent une manière magnifique de le rendre, où même le fil de fer est lui-même un câble lumineux. Donc on imagine de la fibre optique. La façon dont il le rend graphiquement est très intéressante. Et Bado, il a joué. Il y a plusieurs dessins dans le livre qui jouent là-dessus sur effectivement l’intelligence artificielle qui va prendre les décisions à la place du département des ressources humaines ou à la place de votre patron, il y en a un ennemi, Caillat aussi, dessinateur français qui est assez drôle. On voit le patron qui a un casque de réalité virtuelle et l’employé en face et le patron qui dit mais c’est génial ce truc, Même dans le métro vert, je vous donne pas d’augmentation. Donc c’est ce schéma là de dire est ce que l’intelligence artificielle appliquée aux ressources humaines ou à la prise de décision va être différente, meilleure, moins bonne que celle des humains ? Ça dépend ce qu’on lui demande en fait. Dans l’absolu, si elle n’est pas Bonne ou. Moins bonne. Artificielle. Elle est orientée par les biais, éventuellement d’ailleurs. Ou si on les combat, L’absence de biais, pourquoi pas. Mais elle est orientée par le biais de la façon dont elle a été conçue, de la façon dont on lui a dit d’apprendre et de la façon dont on lui a recommandé de répondre. Donc, il y a toute cette réflexion qui est derrière les dessins, bien sûr.
Alors, il y a aussi dans le bouquin, il y a la religion qui déboule. Et notamment Alors j’ai appris ça, les premiers sermons, les premiers cultes célébrés à chaque GPT. Donc là, nous sommes en juin 2023. C’est un dessin italien de Marco Angeli. Un premier culte a été célébré par Tchat dans une église de Bavière, en Allemagne. Le fameux chatbot a mis au point prières, sermons et musique pour cet événement religieux où il est apparu à 300 fidèles sous forme de différents avatars. Évidemment, on se marre. Bon, ici, il y a Jésus par ce dessinateur qui se fait un selfie. Ben oui, pourquoi pas. C’est du délire.
Oui c’est du délire total. Non mais la réalité, c’est qu’on commence à le voir avec notamment, encore une fois, le développement de cette intelligence artificielle générative. Vous pouvez demander à Intelligence Artificielle de vous préparer à peu près n’importe quoi d’ailleurs. Du coup, je pose la même action moi même. J’utilise très peu, mais j’interroge les gens autour de moi. Je rencontre de plus en plus de gens autour de moi qui utilisent l’intelligence artificielle pour des questions très simples. Prépare moi un voyage, qui sort des sentiers battus. Donc j’y tiens, je vais y aller. Et qui consomme le moins de carbone possible ? A la maison, j’ai une conférence sur tout ça. On consomme beaucoup d'énergie, mais ça. Va tout à fait. Il y a la question. De. Consommation, d'électricité, d'énergie qui est une question colossale, absolument colossale, mais pas que, à cause de la voiture électrique. Notre accès à l'électricité est une question colossale, mais je reviens dessus. Encore récemment, un rédac‘chef m’a donné une conférence pour préparer sur le thème de 2024 l’Odyssée de l’année 2024. Il a dit à l’IAB Tiens, j’ai une conférence à modérer. Voilà les intervenants, tu leur poserais quoi comme question ? Il y a ce genre de questions complètement. C’est très bien fait, C’est très impressionnant. Il y a quasiment un plan de conférence. Il avait même eu l’idée de structurer sa conférence en reprenant les chapitres de l’Odyssée d’Homère. Elle prenait le départ machin. Retour à Télémaque, retour. Bref, il y avait tout. Il y avait tout le truc. Il y a de plus en plus de gens autour de nous qui font ça. Pourquoi pas ? Moi, je vois très bien prédire, moi, mon sermon, là, je suis un peu à sec. Ça fait quatre semaines que j'écris mes propres sermons. Fais moi un sermon, j’ai envie de parler de ce thème et il va me faire des propositions.
On peut poser la question au juste ? Voilà. Est ce que vous utilisez l’IA ? Dans la vie de tous les jours ? Oui ? Non. Tu es de la police, EURYALE Tu peux, tu peux. C’est comme ça qu’on pose des questions ici. Est ce que vous deux vous avez utilisé Chat GPT pour votre boulot ?
Au début pour voir ce que ça pouvait faire. Mais en fait, l’effet d’uniformisation que ça a consacré rebute me rebute assez. Alors je me sens une fois où ça m’a un peu bluffé. C’est vraiment con quand ça a commencé à être démocratisé et où je lui ai demandé à un moment Fais moi un projet de série télé en dix épisodes inspiré de l'œuvre de Borgès. Euh. Le procès Louise Burgess.
De la part d’Euryale. Je vous redonne la question : utilisez-vous l’IA au quotidien ? Oui ? Non ? T’es de la police. Utilisez-vous l’IA au quotidien ? Oui ? Non Et de la police ? Non, ce n’est pas JPD qui m’a conseillé de vous inviter. Ce que je veux dire, c’est qu’au début, quand tu fais ça, tu es plus dans une espèce et tu fais un pari avec la machine.
Ce n’est pas dans une utilisation quotidienne. Un jour tu ne te dis pas, quelle question je poserai à machin, je vais aller voir. C’est arrivé.
Enfin je dis ça, c’est du suicide social.
Oui, puis je ne sais pas, je n’en ai pas conscience. Professionnelle, j’ai même du mal à m’y résoudre.
Je ne suis pas d’accord. Je pense que c’est comme tous les outils. C’est à dire que vous dites que tu ferais toi même pas que tu ferais tout ça. À votre question, est ce que je pourrais poser comme question ? Elle va vous suggérer donc pour une interview et encore une fois pour un exposé prochain. Après, il y a Qu’est ce que vous en faites ? Est ce que vous vous dites Bah ça y est, j’ai fait mon boulot, prenez moi. Ou est-ce que vous avez déjà travaillé ? Vous avez déjà une structure et vous regardez où aller sur ce sujet ? Ce n’est pas con, mais ce n’est pas con. C’est ma réaction à moi avec mon intelligence qui me dit ce sujet là dans tout ce qu’il me propose. Je trouve que ça c’est intelligent, je l’avais oublié, c’est un outil complémentaire. Moi je ne trouve pas ça bête de l’utiliser comme ça. Vous l’utilisez l’uniformisation en disant mais voilà, c’est ça mon interview. Ah bah là effectivement, soit on a une société où vous avez les mêmes questions, les mêmes façons d'écrire, les mêmes thèses de doctorat et tout le monde va faire la même chose.
Après sur des Word, sur des choses très précises peut être. C’est une forme, c’est peut être une idée un peu plus primitive, ce n’est pas de l’intelligence artificielle générative, mais de la traduction. Euh. Moi je suis assez bluffé quand même. Par exemple en français et anglais, français, italien. En espagnol, il y a des langues qui ne sont pas encore prises en charge. Certes, on est plus sûr de l’alphabet latin, c’est un peu plus compliqué. Euh ça pour le coup, c’est vrai que ça fait quand même gagner beaucoup de temps. Et en ce qui pose aussi derrière la question, moi j’ai l’impression que mon anglais se rabougrit à mesure que j’utilise ce que j’utilise.
Donc la puissance de calcul, c’est donc dans les domaines où en réalité, pour bien faire votre travail, il faut prendre connaissance d’une quantité d’informations absolument colossale. En droit, par exemple pour des juristes. Mais vous devez consulter des milliers de pages de jurisprudence en médecine et vous devriez vous pencher sur un cas vous-même. En tant que médecin, c’est la première fois que vous êtes confronté à ce cas. Mais si vous avez accès à une banque de données internationale qui compare et qui vous aide à faire le travail de comparaison si elle est bien faite. Encore une fois, je pense que dans ce type de métier, c’est évident que les services rendus vont être absolument colossaux. Mais après il faut garder l’indépendance de dire voilà ce que propose l’intelligence artificielle. Maintenant, moi, qu’est ce que j’en fais ? Il faut garder cette distance là. Je vous donne un exemple, c’est ça. C’est très concret, ça concerne le journal. Est ce qu’on utilise l’IA dans la vie de tous les jours ? Donc, moi, en tant que dessinateur, encore une fois.
Je suis stagiaire en cours.
J’ai essayé une ou une ou deux fois par mois pour mes dessins. Pour l’instant, ce n’est pas concluant, mais je vais continuer à essayer. Et puis le jour où si père concluant, je verrais la conclusion, j’en tiens en revanche au journal, on commence à l’utiliser. Donc là je parle de mon quotidien, L’opinion. Par exemple, à l’approche des élections européennes, on se rend compte que chez nos lecteurs, il y a pas mal de questions qui sont en fait assez rudimentaires sur les élections européennes. Le Parlement européen, quel est son rôle ? Est ce que c’est vraiment les députés qui vont choisir la présidente de la commission des choses qui relève plus de la pédagogie que réellement du journalisme ? Même si mon interrogation est journalière, ça se rejoint parfois. Là, pour le coup, on a décidé de travailler qu’une intelligence artificielle qui produit pendant six semaines, je crois que c’est les six semaines qui précèdent les élections. Des articles à vocation pédagogique relues et validées par un journaliste et un rédacteur en chef. Donc c’est pas juste, ça sort de l’IA et on balance aux lecteurs. C’est fait de manière transparente vis à vis des lecteurs. Ils sont prévenus que cet article est rédigé avec la collaboration de la science officielle et qui sont à valeur pédagogique parce qu’on préfère utiliser les connaissances de nos journalistes pour faire des articles où il y a plus d’analyse, plus de profondeur, plus de choses comme ça que juste de faire un truc technique. Voilà à quoi sert le Parlement européen. Mais pourtant on sait que le lecteur s’attend à le trouver dans le journal. Et donc on travaille là-dessus. Encore une fois, c’est relu et validé par un jury. C’est ça, C’est une utilisation de la vie de tous les jours.
Témoignage personnel de Florent Calvez ou Calvez, je sais jamais. Excusez moi, Florent, qui a été invité ici, qui est un dessinateur plein dans son livre La Global Police, derrière, derrière, derrière Olivier, vous le verrez dans la. Vous ne voyez pas ? Olivier tourne la tête et enfin derrière, Florent nous dit Témoignage personnel En tant que dessinateur, je me sens dans la position du mouton qui aurait quelques loups sur le dos qui m’ont déjà tapé toute ma laine et qui maintenant attaquent à pleines dents mais faufilés.Et je t’assure, il est dessinateur des possibilités.
Et il se trouve que j’en parlerai peut-être après, après notre entretien, quand moi je fais le débriefing. On se pose la question pour le site Qu’est ce qu’on fait de l’intelligence artificielle dans notre travail ? Pour l’instant, on l’utilise peu. Quelqu’un m’a dit et tu déconnes, il y a le bout du tchat. Effectivement, il y a un bot qui aide Euryale mais heureusement elle est bien au dessus. Mais on se pose plein de questions par rapport à ça. Il y a. Le dessin sur la religion. J’ai été frappé par effectivement les grands mythes qui sont convoqués par les dessinateurs. Est ce que c’est parce que c’est une évidence ? Est ce que c’est par facilité ? Parce qu'évidemment, jouer avec des clichés, si c’est aller droit au but, comment expliques ça ? Ou est ce que c’est.
C’est un c’est par technique et deux c’est par opportunité par rapport au sujet. Réponse très courte. Techniquement un dessin de presse. On essaie de dire, on essaie de faire passer l’idée, le sentiment qu’on a, l’opinion qu’on a à un moment donné sur un sujet donné, avec une seule image. Sauf ceux d’entre nous qui s’amusent à faire des petits strip. Mais généralement, on est sur une seule image en dessin de presse, et si possible parce qu’on a envie que notre dessin voyage son texte. C’est vraiment le meilleur des mondes. Ce n’est même pas mettre de texte, de bulles, de dialogues dans le dessin. On n’y arrive pas toujours, même rarement. Donc du coup, il faut qu’on aille à l’essentiel, faut qu’on résume et on essaye de toucher le plus possible. On essaie que votre dessin soit compréhensible par le plus grand nombre. Et donc très souvent, si on utilise des références culturelles, on va aller sur les mythes, les films, les tableaux, les chansons les plus connus. Ce qui est le plus connu, de manière à ce qu’on sache que le lecteur, le lecteur comprend le dessin qu’on fait. Par exemple, ici, j’utilise moi, de temps en temps, je m’amuse dans mes dessins à utiliser le robot de H de G2, le guide du voyageur intergalactique qui pour moi est un film culte. Mais là, je suis sur un public tout petit qui connaît ce film. Donc si mon gag est une référence à ce film, je sais que je vais perdre en route 90 % de mes lecteurs parce qu’ils ne voient pas du tout quel est ce film. Donc je vais plutôt aller faire un gag sur la guerre des étoiles, parce que là je sais que Star Wars, je sais que je vais toucher beaucoup plus de monde si je suis dans l’univers robotique par exemple. Donc il y a ça qui est une technique classique de dessin de presse. Et après ? Par ailleurs, le sujet de l’intelligence artificielle nous renvoie quand même à des questions très fondamentales, absolument, sur la condition humaine. Le mythe de Prométhée, on en parlait tout à l’heure. Donc oui, ça nous. Ce sujet en plus, nous ramène sur des grands mythes fondateurs, souvent mythologiques ou fondateurs de l’espèce humaine.
Ce dessin Olivier nous permet, je pense, de raconter un peu comment fonctionne l’intelligence artificielle. Ces deux dames qui promènent leur robot dans un musée, leur robot de cuisine, ces robots de cuisine sont de plus en plus intelligents. Du coup, il faut leur offrir quelque chose sur le plan intellectuel. Et l’intelligence artificielle ? Certains dans le chat disent Je n’utilise pas parce que je ne veux pas l’alimenter, c’est -à -dire que je ne veux pas que mon travail, ma curiosité soit avalé par l’algorithme, l’intelligence artificielle. Est ce que tu peux rappeler en quelques mots comment ça fonctionne ?
Oui, avaler et exploiter financièrement. Parce que c’est ça le fond au fond du fond, c’est en fait pour bâtir ces grands modèles de langage, comme on les appelle aujourd’hui. Donc l’art du langage modèle, toute cette œuvre, ce vocabulaire, un peu de l’IA avec lequel on se familiarise au fur et à mesure. Évidemment, il leur faut un grand volume de données, de grands modèles de langage, et donc il faut les alimenter, avoir un corpus de textes, le plus, le plus important possible. Et donc on rentre ce corpus de textes et on va apprendre, j’insiste sur le mot d’apprentissage à l’IA, à répondre de manière par inférence statistique, en fait à des requêtes données. C’est-à -dire que si on lui demande ça ou ça. C’est pour ça que d’ailleurs, si vous faites le test, quand vous lui poser une question de personnes qui vont poser la même question ou la même personne qui va poser la même question deux fois de suite, on n’aura pas nécessairement la même réponse. On peut s’imaginer qu’on est face à un arbre de décision et que parfois, statistiquement, on va prendre l’embranchement à gauche et puis de temps en temps on va prendre l’embranchement qui est juste, qui est juste à côté. Donc ça fonctionne, ça fonctionne de cette manière là. Et donc c’est ce qui se passe. Et je peux comprendre que dans l’appréhension qu’on en ait et la crainte qu’on peut avoir, c’est de se sentir tout à coup dépossédé d’une partie de nous. De. Notre intelligence, notre réflexion, notre libre arbitre, notre libre arbitre peut être d’abord avant tout le reste. Parce que bon, avant que l’IA nous dépossède de notre intelligence, qu’on perde un peu d’intelligence en chemin, par exemple, le fait qu'à mon avis, l’orientation des individus est quand même beaucoup moins bonne depuis qu’on utilise massivement des GPS. Il y a un affaiblissement peut être du cerveau humain. Ça ne veut pas dire que dans le même temps, on renforce aussi vite et de manière très mécanique l’intelligence artificielle ou le ou la machine en face. Parce que la machine sur l’orientation, ça fonctionne, mais sur plein d’autres trucs, on l’a dit, la machine n’est pas capable de le répliquer. Des propriétés qui sont des propriétés très humaine comme la sensibilité, la créativité, l’empathie,
Excuse moi, le sondage est tombé, le sondage est tombé. Je dois t’interrompre. Je. Je fais Je fais mon info en continu. Utilisez-vous l’IA au quotidien ? 45 % Non, 28 % Oui 21 % moins souvent 7 % était de l’IA police et de la police au jeu de mot d’Oriane que je valide. Voilà donc 7 % et 40 % Non, 28 % oui, 1 % ça n’a aucune valeur, on. Est bien d’accord. Ce sondage, c’est la différence.
Je vois des questions qui reviennent régulièrement sur le pillage.
C’est ça le Pillage de la création, quelle que soit la forme de création. Là on parlait de dessin, mais ça peut être de la création écrite, audiovisuelle, ce que vous voulez. J’ai cru comprendre. J’ai cru comprendre que tout se mettait en place progressivement. Mais c’est Olivier qui donnera sans doute les détails beaucoup plus précis, techniques et juridiques. La capacité pour un auteur qui met ses œuvres.
Sur l’Internet, je rappelle qu’on ne peut pas non plus mettre ses œuvres sur Internet.
Mais si on peut les mettre pour soi.
Oui, je vais les mettre sur des réseaux fermés. Je veux dire, on se pose la question du pillage quand l'œuvre est disponible et quel intérêt ?
Quelqu’un peut prendre ton dessin par exemple, et sans te demander.
Tout ce qu’a dit le journal par exemple pour la maison de presse et le Maître. Oui, bien entendu, mais là il y a déjà une démarche. Toujours est-il que je crois qu’il y a la possibilité techniquement de taguer. C’est là et de dire cette œuvre j’autorise les intelligences artificielles à les utiliser pour leur apprentissage ou pas. Après, ils pourront enfreindre la règle. Mais je crois qu’il y a la possibilité désormais de mettre un tag dans leur choix, que c’est dans la programmation de l’image, le type de fichier image. Si c’est une image, encore une fois de manière à ce ne soit pas utilisable. Pour l’apprentissage de l’intelligence artificielle.
Il y a un procès majeur qui va s’ouvrir entre le New York Times et Open Eye, je crois. C’est à l’automne.
Je ne sais plus sur ça. Je ne voudrais pas dire de bêtises sur cette actualité. La revue L’art, c’est toujours un peu c’est je t’aime moi non plus là dessus, parce qu’on voit par exemple dans la presse de plus en plus de partenariats entre les titres de presse et les grosses boites qui travaillent pour Télérama du groupe Le Monde, Le Monde qui a signé un accord avec Google. Voilà pour le jeu. Tu m’as devancé sur le sur le diktat C’est exactement la suite de ce que j’allais dire. Donc voilà, ça, ça pose évidemment des questions de positionnement et qui sont des questions assez simples. Il faut qu’on en discute, qu’on en discute collectivement. Et pour revenir, parce que ce que je disais tout à l’heure sur l’utilisation et l’exploitation de passer par ces IA, ce n’est pas seulement se faire piller le produit de son, de son labeur, c’est derrière nourrir des modèles économiques qui d’ailleurs, sur des modèles économiques différents, des modèles, l'économie des grandes plates formes qu’on connait et qu’on critique vertement depuis plusieurs années. C’est à dire que ce qui a permis à Méta, par exemple, d'être l’une des principales capitalisations boursières de la planète, c’est d’avoir un modèle fondé sur la prédation des données personnelles pour en faire de la publicité ciblée. Elle est assez simple, assez redoutable, ce qui garantit à Mark Zuckerberg des vieux jours assez tranquilles.
Une vie entière. Assez tranquille qui lui permet aujourd’hui d’avoir un ranch à Hawaï où ils élèvent des bœufs à la bière et où on sent bien que bon, tout ça maintenant et quand même la retraite c’est pas mal.
Il y a une sorte de thématique dans cette boucherie. Et du coup j’ai perdu le fil de ma pensée. L’exploitation, le modèle économique de Médard, on le retrouve quelque part aussi dans des entreprises, aujourd’hui comme ailleurs. Et alors là, ce qui est proposé, c’est plus de la publicité ciblée, quoique ça peut l'être. Ça va être tout un tas de représentés là aussi, comme du comme du service, mais comme du service qui fonctionne sur des choses qui nous sont ponctionnées mais qui ne nous sont jamais, qui nous sont jamais rendues. C’est à dire qu’avec l’IA, avec les IA, on va se retrouver exactement dans la même position dans laquelle on se retrouve avec les grandes plateformes. Euh c’est une espèce de logique du miroir sans tain, c’est à dire qu'à un moment elles savent beaucoup plus de choses de nous qu’on ne sait de choses d’elles. Et c’est cette asymétrie là qui devient assez, assez dangereuse. Surtout qu’on a en face de nous des acteurs économiques qui parfois, au début, ils sont, ils sont tout petits, c’est des Start up, etc. Et ils grossissent, grossissent, grossissent, grossissent et finissent toujours par atteindre une taille complètement démentielle où on ne sait plus quoi faire. Et même les responsables politiques se retrouvent très démunis. Le législateur se retrouve lui aussi démuni devant ces acteurs là. Et ce qu’il faudrait faire quand on voit par exemple l’argument européen sur l’intelligence artificielle qui est discuté au niveau européen, on se dit déjà on passe à l’Est, on passe à l'échelon supranational parce qu’on se doute bien que si on fait une loi en France sur l’IA, en fait ça est un coup d'épée dans l’eau. Mais on voit bien que même au niveau européen, ça pose des questions Quant à l’application d’un texte comme celui là, on revient dessus mais on gardé un peu ce qu’il y a dedans dans la mesure où l’asymétrie est déjà très forte entre des entreprises qui ont de fait plus de pouvoir que les responsables politiques qui veulent déréguler.
En même temps. En même temps, je trouve que l’exemple de ce qui s’est passé avec le RGPD, le règlement général de protection des données que l’Europe a mis en place, on a quand même eu une influence, finalement, sur la façon dont les plateformes et les GAFA ont dû ensuite adapter leur façon de travailler et la façon dont ils devaient nous informer, nous, sur le type de données qu’ils prenaient ou qu’ils ne prenaient pas. On sent que ça a quand même eu une influence.
Ça permet de les attraper un peu par le col, d’essayer de leur tordre le bras après ça. En fait, c’est un rapport de force. C’est comme quand l’Union européenne inflige des amendes à Google, à Facebook, etc. Qui conteste tout, qu’il ne conteste pas des amendes qui représentent peut être deux minutes de l’heure, c’est ça, de l’ordre de la ration de l’opération boursière. C’est un peu le jeu du chat et de l’eau qui sont même moindres que les impôts que cette entreprise est censée payer et qu’on ne paye pas. Il y a tout un jeu. Je voudrais revenir au livre numéro deux, duettistes. Voilà donc le livre Intelligence artificielle, une révolution qui paraît chez Gallimard et que tu as préfacé Olivier, et qui est vendu au profit de l’association Cartooning for Peace que tu représentes ici ce matin. Je vais lui faire un petit point parce que si tu veux, comme moi, mon but c’est de dépasser BFM puisque BFM a été dépassée par ses news hier, on a appris. Nous voilà donc. Je m’entraîne à faire un peu d’effets mais dépasser et relancer l’information d’hier.
Merci de nous remonter le moral. Alors BFM, c’est une annonce sur le créneau qui compte les jeunes, on reste top mais tu sens que c’est tout ça. Et voilà, c’est une information qui a été publiée notamment par Le Monde. Il y avait deux papiers très intéressants là-dessus. Donc en effet. Avant il y a CNews qui menace. Bref, il y a ce dessin français de Michel que j’ai trouvé. Pour moi, c’est presque le plus beau. Conférence débat il y a. Il y en a plusieurs, mais un des plus forts. Faut-il avoir peur de l'être humain ? On voit trois robots face à une assemblée de robots. Tu parlais du remplacement tout à l’heure. Est ce qu’il ne nous pose pas la bonne question ? C’est à dire les gars pillent les humains et les humains et vous auriez dû réfléchir, c’est trop tard.
Mais là on est dans le cadre de ce qu’on met, dans ce qu’on disait tout à l’heure, les dessins d’anticipation, le catastrophiste ouais mais même, même dire collapsologie que dans le cas de ce dessin là, c’est aussi une technique de dessinateur. C’est à dire c’est quoi l'étape d’après ? Donc on a beaucoup parlé de la peur qui n’est pas toujours infondée d’ailleurs, du remplacement de certaines tâches par de l’intelligence artificielle ou des robots pour les tâches physiques. Lui, il va jusqu’au bout de la logique et il inverse. Et il donne ce regard symétrique qu’on aime bien voir avec les robots. Après, c’est évident qu’il y a beaucoup de choses qu’on retrouve là dedans. Pour les amateurs de SF, pour ceux qui ont lu Asimov, il y a, il y a tout, il y a des tas d'œuvres, un Asimov, pas le Asimov sur Fondation, mais plus sur les robots, la saga des robots d’Asimov. Il avait déjà soulevé énormément de choses qu’on est en train de dire et de répéter aujourd’hui sur les robots, avec une vision qui d’ailleurs était plus équilibrée. Ce n’est pas que négatif. Il y a aussi dans sa saga des robots qui sont je ne sais pas s’il faut dire gentil, ce n’est pas un terme pour un robot en tout cas, qui ne sont pas néfastes dans leur comportement. Il y avait beaucoup de choses et je trouve qu’on retrouve un peu cette ambiance dans ce dessin. On est sur du on est sur du futur absolu total où il y a plus, qu’il y a plus que des robots entre eux. C’est rigolo, ça fait plus sourire que. Qu’est ce que peur ? Ça fait réfléchir, ça fait sourire, réfléchir.
Je m’adresse à Olivier parce qu’en vrai, Olivier, on se connaît depuis quelques décennies. On pourrait dire par internet interposé. Et moi je suis un vieux de la vieille, mais toi, t’es un jeune de la vieille quand même.
Je commençais à être complètement à la rue et j’ai vu passer un tweet l’autre jour de quelqu’un disant Est ce que nous allons ? Mais commettre les mêmes erreurs avec l’intelligence artificielle que nous avons eue, avec les réseaux sociaux que nous avons faits avec les réseaux sociaux. Et c’est marrant ce tweet passionné et comme ça arrive parfois, ça reste dans ta tête. Ce dessin m’a rappelé ce tweet là, c’est-à -dire que tu parlais tout à l’heure justement des plateformes. Est ce que là, collectivement, on n’est pas en train de. Alors, vous, vous ne baissez pas les bras puisque vous publiez ce livre là. Donc, vous nous incitez à réfléchir. Mais, au fond, est ce qu’on n’est pas devant un danger tellement immense que de toute façon on l’a accepté ou on s’en est accommoder ? De la même manière qu’on a cru que les réseaux sociaux quand ils sont arrivés, qu’ils étaient la suite de cet internet libre que nous aimions, on certains a déjà dit Ah, il y a un problème, mais on pensait quand même que ça allait dans l’interconnexion humaine et que l'être humain se serait agrandi et qu’on pouvait le faire. On voit aujourd’hui une catastrophe quand même, même s’il y a des bons côtés. La preuve, on est sur un réseau social, sur plusieurs réseaux sociaux en direct. Donc on peut, mais on n’est pas une goutte d’eau dans l’océan
Je suis assez d’accord avec ça parce qu’on voit par exemple quand le point commun entre les deux, c’est quand même qu’il y a une vision très saint simonienne du progrès où il faut avancer. Le progrès est une marche en avant constante où on se retrouve finalement toujours à devoir ajuster le fonctionnement de nos sociétés par rapport à des technologies immédiatement disponibles, sans jamais se poser la question. Je pense qu’on a arrêté un peu de se poser la question dans certains cas, sauf sur certains sujets très spécifiques depuis les années 70, sur le fait entre le souhaitable et le possible. Castoriadis a écrit beaucoup de choses là-dessus sur ce qui est faisable n’est pas nécessairement souhaitable. Or, aujourd’hui, on voit bien sur l’intelligence artificielle en 2024, comme on l’entendait sur les réseaux sociaux au début des années 2010, que tout ça est quand même assez merveilleux. Et si, si, on tire un fil pour essayer de créer comme ça une filiation dans les argumentaires qui peuvent nous être présentés. Au début des années 2010, on me disait regardez, c’est génial, Facebook, ça permet les révolutions et les printemps arabes. Diagnostic qui a été quand même pas mal révisé depuis. Et de la même manière, on nous dit aujourd’hui regardez l’IA, c’est formidable, ça permet en imagerie médicale par exemple. Je prends cet exemple là parce que ce qu’on entend à chaque fois, c’est le théorème de l’imagerie médicale quasiment, c’est dès qu’on entend un spécialiste, un expert, un zélateur de l’IA sur un plateau télé pour nous dire pour l’imagerie médicale, c’est bien plus performant que l'œil humain et donc forcément, on touche la fibre sur l'âme. Je peux dire que c’est faux. D’ailleurs, comme de la même manière, ça ne veut pas dire que les réseaux sociaux n’ont pas joué de rôle du tout dans les mouvements démocratiques dans les pays arabes au début des années 2010. La question c’est plus est ce que le jeu en vaut la chandelle ?
Plus proche dans le temps et de nos jours.
Plus proche de nous. Mais la question c’est est ce que les réseaux sociaux ont à un moment donné rétabli ou tout avait organisé le rapport de force tout à fait entre les entreprises, les états et les citoyens ? Voilà, il y a et encore aujourd’hui, il y a des gens qui font des liens, qui passent par ces réseaux là pour transmettre des informations. On parlait tout à l’heure du Proche-Orient. On saurait moins de choses s’il n’y avait pas la possibilité de diffuser en quasiment direct les horreurs de la guerre. Donc il y a quand même ça a changé des choses. Mais si, surtout sur le sur notre complicité, sur notre responsabilité à laisser faire.Je pense qu’il faut bien veiller. Je combats ça et je l’ai déjà dit, je l’avais déjà probablement dit avec toi. Quand vous parlez plus de questions de surveillance sur lesquels j’ai beaucoup travaillé, je me bats beaucoup contre l’idée de la responsabilité individuelle que qu’on fasse peser sur les choix personnels ce qui est en train de nous arriver, ça fonctionne exactement comme l'écologie, c’est à dire venir nous culpabiliser, nous culpabiliser en disant vous ne mangez pas hyper local, vous ne faites pas pipi sous la douche, votre bilan carbone est ci et ça, etc. Alors évidemment, chacun peut faire valoir une hygiène en la matière. Mais enfin, ce qui change vraiment les choses, c’est les choix politiques. Ce sont les choix politiques qui sont faits au-dessus de notre échelle individuelle. Ce choix politique auquel on peut ou doit être associé ne l’est pas toujours. Le choix se fait à ce niveau là. Et sur l’IA comme sur les réseaux sociaux, je veux dire, la question se pose exactement de la même façon, c’est à dire à un moment où la responsabilité, c’est aussi la responsabilité des gens qui nous gouvernent de ne pas sauter à pieds joints là dedans sans se poser de questions, en nous disant l’innovation, l’innovation, l’innovation, l’innovation, moi je veux bien, mais l’innovation et l’innovation de quoi ? L’innovation au service de qui ? C’est, c’est ce mot là me semble être un mot aujourd’hui assez, assez piégé. Parce qu’on voit que l’innovation, si c’est juste lever des fonds pour faire du capital risque. Ou est-ce qu’on améliore la société ? Est ce qu’on ne va pas au devant demain de difficultés qui ne cesseront de grandir et qui, à un moment, auront peut être l’air insurmontables ? Je voyais passer une question à un moment, là, dans le temps, qui était de savoir ce qu’on faisait. Je pense que dans un premier temps, essayons déjà de faire entendre cette voix là, parce que aujourd’hui, c’est quand même hyper difficile de tenir un discours techno critique on va dire je ressuscite ce terme qui date lui aussi des années, des années 70 que je n’ai pas connu, je le précise. Techno critique, ça ne veut pas dire technophobe, ça ne veut pas dire qu’on va péter toutes les machines. Je ne vais pas prendre une masse et abattre l'écran qui est devant moi. J’ai un Smartphone, j’ai. On est tous pris dans des injonctions évidemment contradictoires. Mais aujourd’hui, quand on essaie de tenir des discours techno critiques, je me souviens quand même de la petite phrase de Macron sur les amis qui s'éclairent à la bougie. Bien sûr, elle est restée cette phrase et l' autre rétorque dans le tchat la solution politique, ça veut dire plus de régulation. Or notre monde va vers moins de régulation. Il ajoutait plus de liberté ? Pas sûr. Soit plus de liberté. En effet, aujourd’hui, on voit bien que. On voit sur des affiches des gens qui sont prêts à être élus en disant il faut moins d’Europe, on fait des espèces de trucs complètement hallucinants. Si tu veux être élu député européen pour démanteler, au moins c’est clair sur la marchandise, c’est à dire si c’est l’idée de dire bon là je parle de facho, je sais plus lequel, c’est Hibou et vu l’affiche tout à l’heure, qu’est ce que ça veut dire moins d’Europe ?
Déjà tu t’es trompé d'élection, mais bon. Bref. Là dessus, je pense qu’on est d’accord. Il y a quand même un élan de dérégulation et où les œufs, où tout est fait pour que les états qui pourraient justement nous sortir de l’individualisme, de la responsabilité individuelle. Se désagrègent d’eux mêmes.
Je ne suis pas d’accord en fait sur le fait qu’il y a un élan de dérégulation. Il y a un fantasme d’un élan de dérégulation, notamment chez nous en France, parce qu’il se trouve que pour le coup, nous, on a eu un président tendance libérale qui a eu plutôt tendance, je ne sais pas si on peut dire, que Macron a dérégulé, quelle loi aussi on est ultra normés, mais c’est vrai que lui il pousse vers ça, il pousse vers un peu moins de régulation en France. Mais si vous regardez l'évolution de la planète, j’ai vu les régimes qui sont en train de se mettre en place, ça ne va pas se diriger vers moins de régulation. Les Trump, les Moody, les studios, tous ces gens là, ils ne sont pas dans une tendance de moins vouloir réguler leur pays. Donc je ne pense pas qu’il y ait un truc de dérégulation. Il y a en revanche une hausse phénoménale du pouvoir de certaines entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse aujourd’hui le PIB de certains pays qui, pour le coup, c’est pas tellement de la dérégulation, c’est plus que le pouvoir bascule un peu vers du privé alors qu’on a essayé de bâtir une société dans laquelle c’est nous autres qui décidons tous ensemble par notre vote comment on veut que la société soit gouvernée. Et à partir de là où une entreprise devient plus puissante qu’un État et elle en fait ce qu’elle veut dans le cadre de la loi, ça pose effectivement des questions, mais après j’ai un produit un tout petit peu différent aussi. Sur la responsabilité individuelle, c’est plus nuancé. Je ne suis pas pour effectivement dire que les gens n’ont qu'à bien se comporter et tout marchera bien. C’est un peu facile parce qu’on sait aussi qu’il y a un rôle. C’est pour ça qu’on s’organise en société humaine. On a aussi un rôle de puissance publique. Je pense que c’est plus un mix des deux. On ne peut pas non plus se déresponsabiliser en disant moi, j’attends que le gouvernement me dise ce qu’il faut faire. On a eu ça dans la vie à un moment donné, on avait tous compris que c'était quand même mieux de mettre un masque. Mais il n’y avait pas encore masqué obligatoire. Mais on avait bien compris qu’une maladie respiratoire quand même, elle devrait être mieux pour tout le monde. Il y avait des gens qui tenaient le discours, ce n’est pas obligatoire quoi. Je le mettrai derrière l’histoire un petit peu, on l’a comprise, donc je suis plus sur un équilibre des deux. Mais en tout cas, il ne faut pas dédouaner la puissance publique d’aller au bout de son travail.
Et enfin l’exemple de la comédie est très bon parce qu’on te dira que la comédie existe toujours. Il y a encore des gens qui sont malades de ça, des gens qui souffrent et plus personne ne met de masque.
Oui, parce que le taux de circulation de la maladie est extrêmement faible. À l'époque, on connaissait tous personne en permanence qui était malade de la colline malade. Récemment, j’en ai eu une en un mois dans mon entourage, même pas entourage proche je pense. Est ce que le taux de circulation est plus faible ? Donc il y a moins de responsabilité collective de le porter bien entendu. Mais après là où j’ai mis une petite nuance aussi, c’est sur le fait que on est ce qu’on va laisser faire ce qu’on disait, est ce qu’on va laisser faire comme on a fait avec les réseaux sociaux, on l’a laissé développer et aujourd’hui on est pris dans le piège avec le côté positif et négatif du système. Je trouve que sur l’intelligence artificielle, à cause du côté ultra médiatique des intelligences artificielles générative et le fait que tout d’un coup tout le monde sur la planète que des nonchalants hébété, totalement inconnu à deux ans du grand public. Au contraire, ça a provoqué une réaction aussi de précaution de tas d’organismes. Donc déjà l’Europe qui est pourtant un énorme paquebot, qui est déjà en train d’adapter un règlement qui datait d’avant ça, sur lequel je travaille depuis cinq ans ou neuf ans pour essayer d’intégrer aussi ça. Et moi je vois juste. La semaine dernière, j’ai répondu à deux enquêtes, une de la commission de la carte de presse, dont des journalistes professionnels nous interrogeons sur l’apparition de l’IA dans nos métiers. Et est ce qu’on est satisfait ? Pas satisfait. On se sent menacé, pas menacé. Qu’est ce qu’il faudrait faire ? Un et genre trois jours après celui de la caisse des auteurs graphiques me posant les mêmes questions Est ce que vous, en tant que dessinateur, vous êtes confrontés à des inquiétudes ? Eh bien, je trouve que pour l’instant, le collectif à petite échelle française et européenne à une petite échelle, et je trouve que le collectif a quand même plutôt tendance à réagir positivement.
Et tu es d’accord avec ça ?
Olivier Je vois une question qui passe sur le sujet et qui me permettra un peu de compléter on va dire. Je suis assez d’accord sur le fait qu’on sent qu’on s’en saisit après la question est ce qu’on s’en saisit trop tard ? Est ce qu’on s’en saisit suffisamment ? C’est difficile à dire et c’est hyper difficile à dire en temps réel. Mais je vois quelqu’un qui demande. Le courant transhumaniste n’a pas trop percé en France. Ou alors quelqu’un avec un excellent pseudo d’ailleurs, parce que Paul Doumer, c’est bien trouvé. Laurent Alexandre passe pour un gros ringard par exemple.
Je pense à toi, tu n’as rien compris Paul Doumer.
Paul D’ailleurs c’est le pseudo, je fais ton travail à ta place.
Non mais ça je ne sais pas mais tu dis c’est bien trouvé. Paul Doumer
Paul Doumer.
Je ne voudrais pas dire de bêtise, mais je me souviens juste qu’il y avait une rue Paul Doumer près de chez moi.
Donc je sais que c’est moche.
Et alors c’est écrit il me semble qu’il a été président du conseil ou un truc comme ça sous la troisième ou quatrième République.
Ah oui, d’accord, demandez à une IA. Voilà, rédigez-moi les questions.
Et du coup ça me permet d'échanger sur le courant transhumaniste, donc le courant transhumaniste qui pense que l’homme pourra sortir le fils, l’homme pourra vivre 1000 ans si on l’augmente technologiquement. C’est un peu aussi les projets de Musk avec ses implants cérébraux etc. Et ça me permet de revenir aussi sur ta question sur les grandes plateformes d’hier et les plateformes qui mettent en place l’IA aujourd’hui, qui peuvent être les mêmes, pas les mêmes. Euh. On voit que Méta par exemple, qui a pris du retard, est en train d’essayer de le combler après ses aventures hasardeuses dans le méta vers Euh. Ce qui a changé aussi, est ce que c’est notre perception qui a changé ou est ce que c’est eux leur idéologie qui a évolué ? C’est qu’il y a quelques années, on présentait les grands patrons des plateformes comme des libertariens pour les faire un peu courir derrière l’idéologie californienne. Moins de moins d'État, plus de pouvoir au privé, la dérégulation pour le coup, le libéralisme. Et ils veulent une liberté. D’expression, une liberté individuelle, un truc très américain. Mais le libertarianisme est quand même un peu un produit culturel, presque quand même très américain, qu’il y ait eu la constitution américaine, etc. Aujourd’hui, ce constat là, il est quand même de moins en moins vrai, c’est que ce qu’on appelait les libertariens hier ou les gens qui décide, qui ont vraiment du pouvoir dans ces milieux là, dans la Silicon Valley, etc, sont moins des libertariens au sens où on l’entendait que des. National populiste, on va dire pour certains. Et quand je dis ça, je pense à quelqu’un, je pense à Musk évidemment, je pense à quelqu’un comme Peter Thiel qui est l’un des grands amis de mon grand ami, grand argentier conservateur de la Silicon Valley, soutien de Donald Trump, et entre autres Paypal Palantir premier investisseur extérieur de Facebook. Quelqu’un qui a beaucoup, beaucoup de pouvoir. Peter Thiel qui maintenant finance des campagnes électorales de mini Trump plus présentable que Trump donc peut être plus redoutable aussi, un peu faiseur de roi. Du coup, aux États-Unis, on. Les appellent les nationaux. National populistes. Et je pense aussi à quelqu’un, par exemple comme un type qui s’appelle Marc-André Senn, qui est l’un des principaux aventuriers capitalistes, comme on dit dans la Silicon Valley, donc l’un des plus gros leveurs de fonds dont tu parles pour des Start up. Et j’en parle parce qu’il a publié il y a quelques mois un manifeste techno optimiste. Alors présenté comme ça, on se dirait que c’est une élucubration assez inoffensive. Le manifeste techno optimiste qui est super, ça me fait une belle jambe. Mais la réalité, c’est quand on commence à regarder un peu de près qu’on lit ce truc. Euh. C’est assez effrayant. Déjà parce qu’il convoque parfois des figures, notamment Danton dans son petit texte qui convoque un futuriste italien. Mais les futuristes italiens aimaient bien Mussolini. C’est déjà là qu' on a mis les pieds. C’est un peu dangereux, un peu plus que confusionnisme même. Et les recommandations qu’il émet dans son manifeste techno optimiste, c’est quand même de dire vous nous faites chier avec le principe de précaution, vous nous faites chier avec l'éthique, vous ralentissez le progrès et l’innovation. Faut qu’on y aille et faut qu’on y aille vraiment très vite, très fort et peu importe et peu importe la casse. Et ce discours là qu’on entend beaucoup dans les milieux où il y a beaucoup d’argent, notamment dans la Silicon, dans la Silicon Valley, c’est quand même un discours très, très élitiste de gens qui sont persuadés que, par exemple, aux États-Unis, il faut arrêter d'élire un président. D’ailleurs, Peter Thiel, élu il y a quelques années, qu’il ne croyait plus trop fort en la démocratie, mais qui vaudrait bien plus un silo America, espèce de grand patron ! Comme dans une entreprise technologique, voire un monarque, ils sont quasiment sur un truc de. Droit divin on va dire, et c’est un modèle de société très élitiste, où on mettrait tournerai l'économie vers la maximisation du profit pour un tout petit nombre d’individus dont on attend qu’ils soient des guides, des porteurs de lumière, des inventeurs géniaux et qui nous guident tous, nous, plèbe mal éclairés vers le progrès, avec un P avec un P majuscule U. Et ça, ça me semble. Car pour l’instant on peut se dire que c’est quelques gugusses dans la Silicon Valley qui touchent plus trop terre et ne sont pas très en contact avec la réalité, ce qui est en partie vrai. Enfin, ils ont quand même beaucoup d’argent, beaucoup d’influence et je pense qu’il faut, il faut se méfier de la manière dont ces discours là en fusent, y compris. Musk est le meilleur exemple de ça influe sur les plateformes qu’il dirige. C’est à dire que quand on est patron d’une société comme celle là, avec le pouvoir qu’il a.
Nous ne sommes évidemment pas dans le secret des dieux, mais quand vous vous rappelez, me semble t il dans le bouquin que Macron a reçu trois fois, ce qui me semble aussi dans le bouquin. Et est ce que tu penses que le discours dont tu parles là infuse jusqu'à l'Élysée ou pas ? Ou est ce que là c’est l’homme d’affaires Et qui sait ?
Non, c’est là, c’est plus, c’est plus l’homme d’affaires. Après, je trouve qu’il y a quand même dans les démocraties libérales aujourd’hui, et on le voit, on est en plein dedans. C’est comment nos démocraties libérales et les représentants et dirigeants politiques de nos démocraties libérales s’accommodent ou non de ce type de discours. C’est à dire est ce tu acceptes de discuter avec un malaise ? Qu’est ce que tu acceptes de discuter avec un Trump parce que tu acceptes de discuter avec un Millier en Argentine ? Et aujourd’hui, ceux qui portent le discours du progrès technologique. A dire les plus zélés. En tous cas ce sont les gens qui sont sur ce site. Sur cette ligne là, c. Il y a quelques mois, on en parlait, on en parle un peu moins parce que leur institut a fermé Oxford. Et c’est les longstermistes qui sont persuadés que l’urgence absolue, c’est de résoudre les problèmes du monde sur des milliers ou des centaines de milliers d’années et de garantir la pérennité de l’espèce humaine. Et pas du tout de répondre aux problématiques très actuelles qui touchent des millions ou des milliards de personnes sur la planète et de résoudre la faim dans le monde. C’est bien joli, mais enfin, tous ces individus pas très productifs, ça ne va pas nous servir à grand chose dans ce grand projet de société. On a essayé d’aller vers ce modèle très pyramidal, un peu wiki, qui rappelle quand même des modèles qui sont plus des modèles de société organisés de façon de façon très pyramidale. Ça aussi je brasse un peu tout, ça peut donner l’impression que tout est un peu brouillon, mais quand on voit tous les mouvements.
Non, non, tu es très clair.
On est très natalistes dans la Silicon Valley. De fait, énormément d’enfants là aussi. Mais ce qui est un très bon exemple avec ces dix ou onze mots du même lu, je ne suis pas sûr qu’ils sachent combien il y en a vraiment eu. C’est l’idée qu’on va et on revient sur la façon dont l’extrême droite a un peu mis le grappin sur le sujet, etc. C’est se garantir la pérennité. Alors la pérennité de l’espèce humaine, en l’occurrence la pérennité juste d’une petite partie de l’espèce humaine. Tout ça boosté par la technologie qui va se mettre au service de cette toute petite minorité.
Le tchat qui te dit : vous évoquez le long terme, ce qui est bien évidemment une absurdité intellectuelle et éthique. Pour une fois que j’entends parler de ça. Merci beaucoup de me faire découvrir ça. Tu dis que le labo a été fermé, il y en avait un. Labo à Oxford et qui était quitté alors c'était un peu une sorte d'état dans l'état parce qu’en fait les tenants du termisme ont eu des propos évidemment très polémiques ces dernières années. Je vois quelqu’un qui mentionne sur le sujet sur le ZAD, on dirait un discours sorti du siècle dernier quand tout le monde pensait que l’eugénisme était le summum du progressisme génétique. Dans le. Où ? Le long terme vient s’arrimer à ces pseudos sciences du 19ᵉ. Et c’est un peu la nouvelle itération de ces de ces idéologies. Je dis idéologie parce que ce n’est pas des sciences évidemment qui prédominent à cette époque là. Et aujourd’hui. C’est vrai que moi, l’une de mes préoccupations, c’est de voir certaines des personnes qui mettent en œuvre toutes les technologies dont on parle, là, qui peuvent être plus ou moins poreuses, plus ou moins actives dans ces milieux là et plus ou moins sensibles à ces idées. Parce que ces individus, ils ont, encore une fois, le pouvoir.
Alors, je vais remonter un dessin et je vais vous en faire parler, ce qui va me permettre de régler un petit truc avec une des caméras, Que pensez-vous de ce nouveau plan de côté auquel vous assistez ? Mais là, je vais passer maintenant. Merci de me dire ou on en reparlera après quand j’aurai reconduit les invités. Je voudrais vous montrer ces deux dessins que, objectivement, je ne trouve pas particulièrement beaux. Mais vous qu’apporte par contre ce qu’ils disent m’intéresse beaucoup. Vous parlez de la dysmorphophobie. Alors la dysmorphophobie, c’est-à -dire la crainte obsessionnelle de présenter un aspect physique disgracieux au naturel. Ces deux dessins sont une façon de nous dire que les réseaux sociaux, parce que quand même, le livre, à un moment donné, devient Ça évoque. Les algorithmes, les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle, tout ça est quand même brassé. Et vous parlez de ça. Alors cette maladie, d’où vient t elle, cette phobie ?
En réalité c’est assez vieux, c’est-à -dire cette obsession pour le physique ?
Vous n’inquiétez pas, je le sais.
Probablement depuis très longtemps dans l’histoire de l’humanité. Il y a toujours eu depuis, on va dire, que les médias audiovisuels sont développés, mais ça date même d’avant l'ère numérique. Il y a toujours eu une image de la personne parfaite au sens physique du terme, qu’on était censé atteindre, qui était beaucoup plus quelque chose qui s’imposait au monde féminin, commande masculin, même s’il existait dans les deux. Et donc c’est vrai qu’aujourd’hui, les réseaux sociaux, on dit tous "Eh bien ça y est, toutes les filles veulent ressembler à Kim Kardashian ou elle ressembler à je ne sais quelle influence connue on avait
J’avoue, vous voulez vous ressembler. Un peu derrière la fille. C’est notre modèle, c’est-à-dire.
Il est magnifique. Il y avait une vanne assez drôle de sentier battant je crois qui disait Je suis d’accord avec Olivier On en parle, mais en réalité, dans les années 80, il y avait, il y avait les tops model, donc il fallait une fille. Il fallait forcément être longiligne, le bois, avoir le moindre gras possible, être comme ça. Il y a de quoi d’ailleurs provoquer des tas de cas d’anorexie documentés. Ces filles qui voulaient à tout prix ressembler au top model des années 80 90. Je pense que c’est la version moderne de ça aujourd’hui. Il y a une sorte de code de perfection physique qu’il faudrait atteindre et on voit bien le. Beaucoup de gens qui se mettent en scène sur les réseaux sociaux essaient de produire ce qu’on imagine qui devrait être leur image parfaite et on est parfois loin de la réalité, même si en l’occurrence, les deux dessins que tu montres là sont plus pour moi, encore une fois, sur la crainte de l’invasion numérique, du fait que tu as totalement cerné et contaminé par le numérique, que réellement sur cette envie d’avoir le physique parfait.
Il y a donc un autre chapitre qui est spécifique à l’information et à l’information, puisque tu as eu. Une. Interrogation orale sur ces questions là, à quoi, à quoi font face non pas les journalistes ou les dessinateurs de presse ou les photographes de presse, mais les citoyens. C’est-à -dire que, selon vous, réfléchissez à cela. Quel est le danger principal que peut porter l’IA ? En termes d’information avec ce très beau dessin.
Pour moi, c’est la prolongation d’une question. Le hic, est à mon avis un problème de société depuis l’arrivée de l’Internet. Encore une fois, je ne dis pas qu’on n’est pas en train de dire tout l’internet c’est pourri avec ça, on l’utilise tout le temps. Et ça rend des services énormes. Mais c’est vrai que ça, il y a une question qui est devenue une vraie, en vrai enjeu de société avec l’Internet qui est la question de la désinformation a toujours existé depuis que la société humaine. Depuis que des gens cherchent à diriger d’autres personnes, il y en a qui se sont rendus compte que tu allais plus vite si tu mentais. Donc la désinformation a commencé très tôt, on est d’accord. Quelle est la grosse différence ? La grosse différence avec le monde d’Internet, c’est que tout le monde peut produire de la désinformation et surtout, tout le monde peut la diffuser à une échelle extrêmement large, ce qui dans un monde physique, est compliqué. Avant l’invention de l’Internet, si vous vouliez toucher la planète entière avec l’information, il fallait l’imprimer sur du papier. Je vous laisse imaginer le délire de grandeur qu’il faudrait pour balancer une calomnie sur une planète de sept ou 8 milliards d’habitants. Le monde de l’Internet permet ça. Il permet la circulation rapide de l’information et à n’importe qui d’en produire. Ça ne veut pas dire que tout le monde est aussi dissident que tout le monde. Il y en a qui sont plus influents, d’autres on est d’accord. Donc ça, ça change d'échelle. La problématique de la désinformation, c’est quoi ? C’est quoi le rapport à l’intelligence artificielle ? C’est qu’en plus maintenant, l’intelligence artificielle peut vous aider à composer des argumentaires hyper documentés et hyper sophistiqués. Alors qu’avant, si vous vouliez faire un truc qui tient un peu la route, vous vouliez inventer une théorie un peu complotiste sur les bords ou une calomnie sur quelqu’un, mais il fallait que ça tienne un peu la route. Il a fallu le travail documentaire comme il fallait rassembler des infos où il fallait aller chercher éventuellement une interview de telle personne, que l’on ait fait telle déclaration et éventuellement la trafiquer, ça. Bref, ça faisait du boulot. Maintenant, si vous combinez bien tous les outils à votre disposition, entre la génération de texte, le deep fake, vous pouvez commencer à fabriquer de la fake news à des échelles hyper professionnelles à peu près n’importe où et la tuile, la diffuser par la com. Donc c’est en ça que l’intelligence artificielle vient remettre une couche de danger si on ne surveille pas bien et qu’on ne la canalise pas bien et qu’on ne la réglemente pas bien, vient mettre une couche de danger supplémentaire sur la désinformation. Et juste une phrase de plus En quoi c’est inquiétant ? C’est inquiétant. Tout simplement parce que l'éducation et l’information, c’est les deux éléments de la liberté d’opinion, de la liberté d’expression. Avant de dire je suis libre de m’exprimer, il faut d’abord savoir vous exprimer, mais c’est-à -dire que vous allez forger une opinion. Votre opinion est- elle forgée sur la base de quoi ? Qui Elle est forgée, sur la base de sources, de choses qui sont totalement mensongères et biaisées. En réalité, vous avez l’impression d'être libre de vous exprimer, mais vous avez. Vos opinions ne sont pas du tout libres, elles sont conditionnées par des mensonges qu’on vous a inculqué. Donc c’est même la base et derrière c’est la base de votre choix de vote, votre choix de vie, votre manière de faire. Donc c’est la base de la démocratie, l’information.
Pour compléter, il y a quand même tous les outils qu’on décrit depuis tout à l’heure, toute cette révolution numérique qu’on a vécue depuis 25 ou 30 ans. Il y a des outils qui sont qui vous, qui fonctionnent. Par exemple, le fait d’avoir des moteurs de recherche sur lesquels on peut avoir accès à toute l’information. Après, on peut avoir des débats sans fin et très utiles sur le fait de savoir est ce qu’il y a des moteurs de recherche qui ont une position peut être un peu plus monopolistique que d’autres ? Je pense évidemment à Google en disant ça. 96 % on est toujours largement au dessus des 90 %. Et je lisais récemment leur J’ai dû faire de la pub. Très bien, bien volontiers. Une chronique de l’ami Thibault Prévost sur image, où il revenait sur le fait que Google maintenant commençait à intégrer de l’intelligence artificielle dans le moteur de recherche. Et il a expliqué en long et de manière très convaincante en quoi on allait au devant d’un cataclysme informationnel. C’est à dire qu’avant sur guerre, il y avait déjà plein de questions sur faites savoir qu’est ce qui fait que tel résultat arrive devant tel autre, Comment fonctionne l’algo ? Si les titres de presse connaissent très bien cette difficulté où on a embauché pendant des années, des gens pour faire une espèce de divination, faire de l’optimisation, est ce que, comme on dit, pour être mieux référencé ? On a essayé de lire dans le marc de café comment fonctionne l’algo et qu’est ce qui est mis en longueur. Déjà, ça a posé des questions à l'époque, mais là on est en train de changer complètement d'échelle. C’est-à -dire que c’est cette situation assez paradoxale quand même, où Google s’apprête à détruire. Modèle qui lui a permis de constituer sa fortune, puisque ce qui fait la richesse de Google aujourd’hui et quand je dis sa richesse financière, c’est ce moteur de recherche, en faisant le pigeon qui arrive sur le jeu d'échecs et qui suit partout. C’est assez rare que le Que le pigeon soit l’entreprise elle-même qui a mis en place ce savant, ce savant jeu d'échecs. Et je me sens un beau dans son, dans son, dans sa chronique, disant que maintenant on allait avoir ça allait devenir espèce de d’usine, de polyester informationnel. Et c’est vrai qu’une fois qu’on a décrit ce que tu disais avant sur le fait que maintenant avec le avec l’IA, on peut générer du faux à moindre coût de manière hyper rapide. Qu’auraient été les théories qu’on construirait autour du 11 septembre si c'était arrivé aujourd’hui ? Je pense que déjà beaucoup de gens qui ont passé beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps à démonter de manière très fine et très fastidieuse le 1000 feuille, le millefeuille argumentatif des complotistes. Ça va devenir encore plus difficile à une époque où effectivement maintenant il suffit de mettre en prompte sur GPT ou mai dernier pour générer du texte, une vidéo, une image, etc. Et donc cette espèce d’indifférenciation absolue entre le vrai et le faux et du coup largement facilité. Par les entreprises qui sont les espèces d'énormes échangeurs autoroutiers où circule cette information ? On est quand même. Après, quand je les entends, les Google et compagnie s’inquiètent de ça. Mobiliser des ressources pour lutter contre la désinformation. On est quand même un peu dans la problématique du pompier pyromane. C’est à dire que moi, j’ai du mal à faire confiance à des grandes plateformes qui d’une main vont nous dire on donne, on est très inquiet des problèmes de désinformation, on va mobiliser des équipes, monter des équipes sur l’intégrité des processus électoraux, etc. Et dans le même temps, au nom d’une espèce de course à l'échalote où faut surtout pas se laisser distancer dans cette course à l’IA parce qu’il y a un enjeu financier colossal être prêt à donner de grands coups de masse dans ce qui fait qu’on est dans un environnement informationnel ou juste ce qu’on va lire est fiable. Et du coup, ça laisse augurer de difficultés quand même, vu le nombre de requêtes qui sont faites sur Google tous les jours. Je vous laisse faire le petit calcul, ça veut dire potentiellement des milliards de fake news tous les jours.
Et je vois la remarque de Florent Calvez si je lis bien, on va arriver à une boucle chelou où il faudra passer par des IA pour traquer les fake news pour dire je crois qu’on en est déjà là. On explique déjà que le meilleur outil pour voir si un texte a été rédigé par une IA, c’est une autre IA.
Voilà, donc c’est donc ça. Du coup, c’est comme ça que ça devient fou quoi peuvent détecter. Enfin, il y a des outils pour détecter, voilà. Parce qu’en fait l’IA, son principe, c’est de mettre le mot qui suit le plus, le plus sur quoi, le plus évident. Et donc il y a quelque chose de très fabriqué dans ce qui semble être fluide, mais bon. L’heure tourne donc j’avance un peu. Je suis désolé. Les 10 h 47 J’adore ce dessin américain de Kak. Le brouillard de guerre, réseaux sociaux, biais de biais, déformation, désinformation et il est question de la campagne russe de désinformation, la campagne de désinformation nommée guerre, non ? Oui, Voilà qui, si j’en crois France Inter ce matin, va vous plaire. En sortir, l'écouter, essayer de savoir si mon cerveau était disponible. Bref, visiblement, il y a une grosse campagne russe actuellement, notamment sur les Jeux Olympiques, sur le danger. Il y a des. Et de tout à l’heure, c’est Microsoft qui a détecté ça. Il y a des. Il y a des films façon Netflix qui sont diffusés avec une vraie fausse voix de Tom Cruise et des trucs complètement délirants. Est ce qu’on a raison d’avoir peur de ça ? Olivier Qui ? Regarde ça de près. Est ce qu’on est dans l’ordre du fantasme et du truc rigolo ou il y a vraiment ? On passe de l’information à la guerre d’information et après on va passer à l’IA en guerre qui ? Ah bon ? C’est la fin des Skynet ?
On a juste ce moment-là. Est ce que. Est-ce que Darmanin veut nous faire peur ? Est ce qu’on veut nous faire peur ou il y a un réel danger ?
C’est une réalité Il y a des puissances étrangères qui attisent les flammes de la division, On voit, il y a quand même eu plein d’opérations ces derniers ces dernières semaines d’ailleurs. Une espèce d’accélération assez notable, qui trouve d’ailleurs souvent une manifestation dans l’espace public qui est ensuite exploitée sur les réseaux sociaux. Donc on tague des étoiles de David dans les rues de Paris, des mains rouges sur le mémorial de la Shoah, on met des cercueils remplis de plâtre sous la Tour Eiffel et ensuite derrière, on fait monter la sauce sur les réseaux sociaux. Et ça crée du doute, du trouble, de la division parce qu’on se dit qui a fait ça pour faire quoi ?. Donc c’est une réalité. Après faut se dire que ces campagnes là ont pas la capacité prodigieuse d’allumer des incendies, elles ne font que souffler sur les braises. C’est-à -dire que ça fonctionne parce qu’on a des opinions publiques qui sont hyper mûres pour sauter à pieds joints dans ce genre de campagne. Le truc des mains rouges était à mon sens extrêmement emblématique de ça. C’est-à -dire Les mouchoirs sur. Sur le mur, sur le mémorial de la de la Shoah opinion opinions publiques avaient déjà été chauffés à blanc pendant des jours après les manifestations d'étudiants à Sciences-Po. Est-ce que les mains rouges et antisémites, antisémites, à quoi ça fait référence ? Etc. Etc. Probablement que là, on n’a pas la certitude absolue à ce jour que c’est les Russes. Mais il y a un certain nombre d’indices qui dans le mode opératoire, qui pointent, qui pointent vers eux. Toujours est-il qu’il y a quelqu’un qui suivait ça de près et qui s’est dit là, là, il y a un truc qui est en train de monter dans l’opinion publique et bim, on appuie pile où ça fait mal. Et derrière, toutes les réactions garantissent le succès de cette opération parce qu’on aura fracturer encore un peu plus l’opinion, l’opinion publique quand des puissances étrangères viennent mettre leur nez, comme Darmanin a communiqué là dessus en Nouvelle-Calédonie par exemple, pour dire ah non, on a l’Azerbaïdjan aussi qui commence à qui commence à chercher à chercher des noises. Il ne s’agit pas de dire que ça n’existe pas, mais la question qu’il faut se poser, c’est pourquoi ces pays là viennent surinvestir des zones très spécifiques avec des discours qui prennent, c’est à dire que ce soit la Nouvelle-Calédonie aujourd’hui ou que ce soit le Sahel. Il y a quelques mois ou quelques années, où la France s’est fait laminer par tous les écosystèmes de feu Evguéni Prigogine, Wagner et tout l'écosystème de désinformation qui va, qui va autour. C’est que ça prolifère sur les restes de l’empire colonial français et son démantèlement, ce qu’il en reste encore aujourd’hui. Et donc tout ça n’est pas construit complètement que sur du vent. Et donc on ne résoudra jamais la problématique de ces de ces ingérences, de cette désinformation qui peut être très largement dopée à l IA marginalement dopé à l’IA. Voyez aussi là, il y a quelques jours, une vidéo YouTube qui circulait d’un mec qui disait que son frère s'était fait tuer dans une manifestation pour la Palestine par des flics à Paris. Vidéo qui ressemble bien fort à un type fake pour la petite couche, la petite couche d’intelligence artificielle. Mais on ne posera jamais complètement le problème si on ne regarde pas droit dans les yeux. Les éléments qui permettent à ces campagnes de proliférer. C’est à dire que si on traite uniquement les effets mais pas les causes, on est condamné à revivre inlassablement la même boucle où ça va se passer en peu de jours. De la même façon d’ailleurs, on a quand même l’impression maintenant d'être confrontés à un mode opératoire qu’on commence à connaître. Alors que hier, quand au ce weekend, quand on a vu les cercueils remplis de patchs sur la Tour Eiffel, je pense que tout le monde commence à avoir un peu le réflexe de se dire ah tiens marrant, ça ressemble à quelque chose qu’on a, qu’on a déjà vu. Est ce que ça nous prémunit contre ça ? Pas nécessairement. Sauf qu’il faut être hyper vigilant
Regarde, ça fait cinq minutes de discussion ici, c’est évidemment dérisoire, mais c’est l’ouverture du journal de 8 h de France Inter qui est le journal le plus écouté. Ça fait la Une du Monde hier soir donc. Malgré tout, même si tout le monde a peu à peu aguerri, comprend très vite qu’il s’agit d’un mode, il n’empêche que ça installe pas ça. Il y a quelque chose qui fonctionne là-dedans.
Et de toute façon, c’est plus subtil que ça en a l’air. Parce que là, comme ça, quand on regarde, on a un peu l’impression que c’est le Bureau des légendes version Witches. C’est à dire que tout à coup, c’est des pieds nickelés, ils prennent un Flixbus, ils retournent à Bruxelles dans un mec qui conduit sa camionnette avec ses faux cercueils, il se fait interpeller. On se dit mais ce n’est pas possible, c’est des branques. Et c’est un peu plus subtil que ça en a l’air. Parce que, au bout du compte, c’est quand même un peu pile je gagne. Stupeur parce que si on ne dit rien, ça va continuer à arriver, on le banalise et si on réagit, on fait exactement ce qu’ils attendent de nous. Et ça, pour le coup, les Russes et d’autres l’ont perfectionnée. C’est ces dernières années. C’est quand ? Les équipes de Prigogine organisées pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, des manifestations Black Lives Matter et sur le trottoir d’en face, une manifestation de néonazis. Derrière. Voilà, on crée l’affrontement. Ça fait évidemment le jeu de qui en l’occurrence, a fait le jeu de Trump. Et on voit que 2016, c'était il y a quasiment dix ans maintenant. On tombe, on tombe dans les mêmes, on tombe dans les mêmes pièges. Mais peut-être parce que nos sociétés sont aussi traversées par les mêmes, les mêmes fractures et les mêmes divisions.
Cette stratégie de cette stratégie est d’aller appuyer sur les clivages déjà existants dans les sociétés occidentales et d’essayer de les amplifier. Elle est très bien décrite d’ailleurs dans le bouquin qui s’appelle Le match du Kremlin de l'écrivain italien va mourir.Je le lis, c’est très bien décrit, la façon dont stratégiquement ça a été pensé en Russie, et c’est d’ailleurs assez intelligent, il faut bien le reconnaître, comme stratégie de communication et sachant que ça s’accompagne en parallèle aussi de tentatives de tentatives de déstabilisation. Les Russes ne sont pas les seuls, sont des spécialistes, mais ce ne sont pas les seuls. Sous forme d’attaques informatiques, évidemment. Donc tout ce qui est tentative de piratage de hacking existe en parallèle de ces campagnes de désinformation médiatique.
Puisque tu as la parole, garde là pour ce dessein que je trouve terriblement efficace, plutôt beau malgré son message. Guerre moderne avec une kalash dont le comment dire, les munitions servent aux AD d’internet et en gros, et c’est un dessin belge de Vado, et c’est une façon de nous rappeler que l’intelligence artificielle a gagné le champ de bataille. Vous ajoutez même qu’une étude publiée par le magazine Stratégie montre que la propagation de fake news sur les réseaux sociaux en France a été multipliée. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais vous dire là, c’est sur la propagation de fake news. Mais je voulais vous faire parler du fait que, aujourd’hui, on le sait, une partie de la guerre menée par Israël contre le Hamas officiellement, mais qui fait énormément de victimes civiles, c’est piloté par des algorithmes, par de l’intelligence artificielle dont on sait l’aboutissement, on va dire meurtrier de tout ce dont on parle.
Oui, ça, ça ne vient pas complètement de nulle part. Je vois qu’il y a des ressources qui s’affichent un peu en temps réel. Ça permettra de les ajouter sur les systèmes qui sont utilisés aujourd’hui par l’armée israélienne pour bombarder, pour bombarder gaz à Gaza, qui ont été mis au jour notamment par un média israélo palestinien, sur le fait qu’il est israélo palestinien parce que c’est l’un des rares, si ce n’est le seul, qui s’appelle plus 972 travail des gens formidables d’ailleurs, Qui avait donc révélé l’existence de ces de ces deux programmes Qui portent des jolis noms d’ailleurs. Qui brillent en disant qu’il y en a un qui s’appelle The Gospel, donc c’est l'Évangile dans lequel on voit, on retombe. Tout à l’heure, tu montrais des trucs avec la religion. Absolument. C’est qu’on sait quand tout à coup, si l’intelligence artificielle devenait le bras d’une justice divine. En plus, quand on entend les discours de Netanyahou, on n’est quand même pas très loin, voire on est carrément là dedans. Et donc l’idée que l’IA, l’IA et cette espèce de châtiment. M’autorise le châtiment venu du ciel, ce qui est exactement ce que faisaient ou continuent à faire d’ailleurs les États-Unis avec les frappes de drones qui en Afghanistan, qui au Yémen, qui au Pakistan, etc, etc. Qui fonctionnent un peu de la même façon. Je me souviens, je cite souvent cet exemple là, mais je me souviens de la déclaration d’un ancien patron de la CIA et de la NSA qui déjà, il y a de nombreuses années, au plus fort justement de ces programmes de drones américains, disait Nous tuons des gens sur la foi de métadonnées, c’est à dire on vise pas, on cherche pas des individus, on cherche des téléphones, on va viser un téléphone et là ça fonctionne un peu de la même façon. Sauf que là, la boucle va de plus en plus vite. C’est à dire que moi, ce qui est l’un des trucs qui m’a le plus frappé dans les enquêtes qui ont été publiées par 972 sur le sur le sujet, c’est le temps qui reste à l'être humain pour valider ou pas la décision. Et c’est de l’ordre de quelques secondes. C’est à dire qu’il faut choisir en moins de dix secondes si oui ou non on frappe à tel ou tel endroit. Alors évidemment, derrière, l’armée nous dit que ce sont des frappes ciblées avec des armes de haute précision, etc. Mais on ne peut pas s’empêcher, quand on regarde par exemple, ce qui s’est passé à Rafah la semaine dernière, où il y a dix jours.
Oui, mais le résultat est justement inverse. C’est-à -dire qu’on n’a jamais vu dans une guerre mondiale une guerre mondiale. Oui, une guerre moderne, récente, mais d’une certaine manière, elle est mondiale. Autant de civils tués en si peu de temps. Donc, c’est-à -dire que ces armes censées être précises, c’est comme ça qu’elles sont vendues d’ailleurs, en disant on va cibler tel téléphone, mais en réalité c’est la. Maison qui saute et donc si c’est des familles, c’est des voisins.
Alors en plus, avec le passage sur la géographie de Gaza. Et les chiffres tolérés de dommages collatéraux par l’armée israélienne font que si par exemple, on se dit qu’on peut tuer 30, 50 ou 100 civils pour un membre du Hamas, c’est même pas forcément quelqu’un du même. Pas le top management, vraiment. Le petit combattant lambda sur un espace qui est quand même minuscule, c’est un confetti Gaza. Forcément, on multiplie les frappes théoriquement ciblées qui le sont déjà pas beaucoup à des endroits extrêmement rapprochés et ça fait un effet de ça fait un effet de tapis de bombes. Donc c’est vrai que c’est en fait là ce qui est en train de se passer. L’espace sur lequel c’est en train d'être déployé illustre de manière dramatique et très crue les risques qu’il peut y avoir effectivement à déployer Des pas, des pas. On n’est pas encore aux armes autonomes, pas encore les on n’a pas les robots soldats ou ce genre de ce genre de choses. Mais où on voit qu’il y a une cité ici ? Le drone, le drone, c’est presque ça, C’est disons, c’est la dernière étape. On a déjà retranché le corps, le corps du soldat, les drones américains, ils étaient pilotés depuis le depuis des bases au fin fond du Nevada, sans qu’on ne risque jamais la vie des Soldats du djihad. Qui rejoint ce que tu disais au début que je trouve vraiment pertinente. On choisit en moins de dix secondes pour utiliser une bombe téléguidée par algorithmes. Mais la personne qui a demandé l’usage de l’outil, lui, avait bien plus de temps. Il y a quand même un choix réfléchi, humain à l’origine. Ça rappelle un peu ce que dit le livre, ce que je vous disais tout à l’heure, c’est à dire que ça s’appelait tout.
Tout ça sont des choix humains et le choix d’utiliser ces outils. Le choix de la façon dont ces outils ont été programmés ont suivi quand ils ont appris. Et enfin, ce qui expliquait Olivier. Le choix que tu dis c’est combien de pertes civiles pour un mec du Hamas ? Tout ça. C’est décidé, on ne sait pas à un moment donné, le robot qui dit "Moi je pense qu’un mec du Hamas, ça vaut 100 Palestiniens.
Tout ça, c’est des gosses.
C’est pour ça, c’est des décisions et qui se règlent en réalité quand on écoute, qui sont plus ou moins assumés. Par. Israël. Ils n’ont jamais dit dès le départ qu’ils n’avaient jamais dit non, non, il n’y a aucune perte. C’est que des mecs grâce dès le départ, ils ont admis un tiers de tiers. Donc il y a déjà une décision assumée que tu peux tuer des civils pour aller choper les mecs. Après, on peut dire c’est encore plus terrifiant parce qu’en fait c’est les robots qui font ça. Mais ils ont bon dos les robots sauvages. Je pense qu’il y a des décisions parfaitement assumées faites par des humains derrière ça, bien entendu. Ce qui nous amène à onze heures. Je vous dis ça parce que j’en ai assez à faire.
Il y a, un moratoire sur l’IA. C’est un dessin suisse de début. C’est super ! Je ne l’ai pas fait exprès mais on a beaucoup de Suisses et de Belges et ils sont chiants, ils sont bons en plus.
Dans la communauté d Au Poste
Je ne parle pas des Suisses et des Belges en général. Je parlais qui sont peut être chiants et de très bons. Je parlais de mes collègues dessinateurs suisses et belges qui sont légèrement Vado, Chapatte, Kroll.
Richard qui sont dans le bouquin.
D’ailleurs ils sont super bons. Mais il y a plein de ça. Chaque dessin nous fait réfléchir. Il y a quelque chose comme C’est fortiche le bouquin. Il y a notamment des dessins sur TikTok, etc. Sur le jeu de l’influence supposée ou réelle de la Chine. Et je voudrais juste qu’on termine sur cette idée là, Cette histoire de moratoire sur l’intelligence artificielle. On en parlait au tout début avec Musk qu’il a demandé Tu as vendu la mèche ? Bravo les dessinateurs !
Ah mais ça se passe direct ! Pourquoi vous vous faites chier à lire les papiers ? Tout est dans le dessin.
Ouais, ça c’est une concurrence déloyale et je suis bien content que l’IA vienne maintenant vous concurrencer. Très bien. Alors on n’en a plus pour très longtemps un moratoire sur. L’IA ? Vous pensez que c’est possible ? Vous partagez ça ? Vous pensez que c’est trop tard ? C’est quoi les enjeux derrière ça ?
Déjà, il y en avait. Il y a eu une hypocrisie parce qu’on voit qu’effectivement, parmi ceux qui ont appelé à un moratoire en estimant que ça allait trop vite, en fait, par exemple, ils n’avaient pas du tout envie que on fasse un moratoire sur l’IA, il avait juste envie qu’on appuie sur pause le temps que voilà, il rattrape un peu son retard et qu’il soit de nouveau compétitif et que. Ca redémarre et peut maximiser et maximiser les bénéfices. Après, d’une manière générale, c’est un raisonnement un peu empirique, mais je ne suis pas d’un immense optimisme sur les moratoires, ce qu’on voit ces dernières années, il y a eu un certain nombre de sujets où un moratoire semblait s’imposer, je pense par exemple, quand on a eu le scandale Pegasus à l'été 2021, je ne sais pas, je suis perdu. Mais pendant ces deux années. Été 2000. Donc vous voyez le scandale Pegasus.
je ne voudrais pas qu’on commence à rentrer dans l'âge où on ne veut plus se souvenir des dates.
C’est un bon signe, c’est pas mal.
C’est le signe d’une espèce d’importance de société en 2021.
Quand on a eu le scandale Pegasus sur ces logiciels espions vendus par cette société israélienne qui s’appelle la NSA, à tout un tas de joyeuses dictatures à travers le monde. Il y a eu un certain nombre d’appels absolument légitimes à moratoires en se disant mais attendez là, En fait, on a des milliers de victimes, de gens de la société civile, des avocats, des défenseurs des droits humains, des journalistes, des personnalités politiques qui ont été espionnés, certains qui ont été arrêtés, certains qui ont été emprisonnés. On demande même si on n’a pas certains qui n’ont pas été tués parce que Khashoggi, par exemple, qui a été découpé en tranches dans l’enceinte du consulat saoudien à Istanbul, a priori, était surveillé avec Pegasus. Donc le premier réflexe aurait été de se dire oui, peut être qu’un moratoire n’est pas une mauvaise idée. La réalité, c’est qu’on a fait une commission d’enquête au niveau européen. Il y a eu tout un tas de déclarations politiques dans tous les sens, etc. Il n’y a pas eu de moratoire sur l’utilisation des logiciels espions. Les logiciels espions sont toujours commercialisés. Alors on nous dit oui, c’est plus contrôlé et on vend plus à certains pays, on a fait du ménage, etc. La réalité, c’est que n’importe quel pays qui arrive avec un billet va voir une entreprise qui ne sera pas un réseau, mais peut être une autre pourra toujours en acheter un. Donc on voit que même sur un sujet où pourtant en plus c'était assez ciblé on va dire un moratoire sur les logiciels espions, si on n’est pas capable de le faire sur quelque chose d’aussi précis que ça, dans une temporalité comme celle là où tout commandait de le faire. Sur l’IA où on voit que ça embrasse un champ et un champ hyper large. Je ne suis pas, je ne suis pas hyper optimiste. Alors peut être on l’aura sur des choses extrêmement précises, par exemple sur les armes autonomes. Mais par exemple, si on a un moratoire sur les armes autonomes, je ne vais pas faire l’oiseau de mauvais augure et je fais de la divination de toute façon, donc ça ne vaut pas grand chose de plus que le doigt mouillé en l’occurrence.
Mais les armes autonomes, ce n’est pas de la blague
Je ne fais pas des moratoires sur des types d’armes en temps de guerre que toi tu le fais, mais en face il le fait ou pas.
Et puis on pourrait tout à fait se dire oui, on fera un moratoire sur les armes autonomes, mais on pourrait considérer que les IA utilisées par l’armée israélienne, par exemple, ce ne sont pas des armes autonomes puisque, regardez, il y a une décision humaine. Il y a un mec qui à un moment appuie sur un bouton pour valider la cible. Ce qu’on va interdire c’est oui. Le chien soldat avec un minigun monté sur le dos. Mais sauf que le problème militaire, ce n’est pas nécessairement, ce n’est pas nécessairement celui là. Donc. On devrait pouvoir se poser ces questions là. Mais comme tu le soulignes, je pense que le monde dans lequel on vit aujourd’hui fait que j’y crois assez, assez peu. Du coup, la question qui est un peu la question à 1 000 € et qu’est ce que qu’est ce qu’on fait quoi.
Il dit parce que tu as un dessin à faire. Je voudrais vous montrer ce dessin que je trouve parmi les plus réussis, les plus beaux. Il est signé de Il a l’océan, donc de Turquie. C’est un robot qui aspire vers lui les abeilles. Et c’est pour évoquer la tragédie écologique en fait, qui se cache derrière les questions écologiques. Vous allez, vous semblez plus penché sur l’idée que c’est plus une tragédie qu’autre chose et que ça consomme énormément de ressources. Quand bien même certains disent que non, ça pourrait avoir un impact bénéfique sur la planète.
Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une énorme question qui est posée à notre société humaine aujourd’hui, qui est la question de notre consommation d'énergie. Je pense que là, personne ne va dire le contraire. La quantité d'énergie dont on a besoin pour continuer à vivre, les modes de vie qu’on a mis en place avec des normes évidemment d’un pays à l’autre. Et l’utilisation de ces outils en l'état actuel des technologies, est extrêmement énergivore puisque c’est du supercalculateur et que ce soit pour la période d’apprentissage et ensuite pour la période de réponses à nos questions. Ce sont des supercalculateurs qui tournent, supercalculateurs, consomment énormément d'énergie et par ailleurs émettre de la chaleur. Faut lire les refroidir en permanence comme sachant qu’en parallèle on est dans d’autres domaines. Je mentionnais tout à l’heure le cas de la voiture électrique aussi en train de se diriger vers des consommations qui vont nécessiter davantage d'énergie sous forme électrique. Il y a aussi cette grande question, à mon avis, qui est une question majeure qu’on a, nous, qui va être notre approvisionnement en électricité propre. Ce n’est pas issu du charbon ou d’autres types de production propre dans les 30 ans qui viennent avec le développement de ces outils et d’autres questions. Tout ça en essayant d'émettre moins de gaz à effet de serre, est une énorme question qu’on a face à nous. Il n’y a pas. Je ne vois pas de solution à court terme pour le coup.
Et on revient sur le problème avec lequel je remets une pièce sur mes long termiste, mais eux qui défendent cette vision du monde où l’important c’est la survie de l’espèce humaine sur des dizaines de milliers d’années. Et puis si on flingue la planète, ce n’est pas grave, on ira terraformer Mars. Du coup, en fait, le problème c’est que pas mal de gens qui sont aux commandes dans ces entreprises là n' ont pas grand chose à faire du réchauffement climatique ou de la crise climatique. Parce que pour eux c’est un problème d’aujourd’hui et que le problème d’aujourd’hui ce n’est pas très grave parce qu’on trouvera des solutions. Et donc ils sont dans cette idée que le. Solutionnisme.
C’est le techno solutionnisme appliqué à l’IA, on est en plein dedans et l’idée que ce n’est pas grave, on va continuer à abîmer la planète parce que de toute façon, au bout du compte, on finira bien par trouver une solution. Ce n’est pas grave si on est plus que 10 % de la population. Quand on aura trouvé la solution, mais on aura trouvé, on aura trouvé la parade, la parade quand même. Donc c’est important de ramener les préoccupations à des préoccupations d’aujourd’hui, pas les préoccupations de temps. Dans 10 000 ans.
J’ai mis le dessin de la page de droite à la demande de Twisted qui disait j’aime pas mal celui de la page de droite. Il est là le lapin.
Le lièvre et la tortue.
Le lièvre et la tortue d’un dessinateur italien. Thomas. Messieurs, il est l’heure de se quitter avec une question rituelle Attention, je remets la caméra. Voilà la question rituelle. Donc je la pose à Olivier et à Olivier. De Caquet, Olivier. Qu’est ce qu’on a fait pendant 2 h 15 ce matin selon vous ? Qu’est ce qu’on a fait ?
Pour moi, on a exprimé des opinions. Et c’est justement ce qu’elle est Cartooning for Peace, Ce pour quoi on se bat, c’est la liberté de pouvoir exprimer des opinions dans le dialogue, c’est-à-dire en étant aussi dans l'écoute. C’est pas juste, ce n’est pas juste dans un seul sens. Et de les confronter. Et quand on n’est pas d’accord, de le dire et de pas s'énerver parce que l’autre n’est pas d’accord, d’essayer de comprendre pourquoi il n’est pas d’accord et d'échanger nos points de vue. Et du coup, à chaque fois, quand j’ai une discussion comme ça avec des gens comme vous, quand je repars, je retiens ce que vous avez dit que je ne savais pas avant d’arriver et je me dis que ça m’a nourri. Et donc à partir de là, peut être que mes opinions vont évoluer et que je vais forger mes nouvelles idées. Et je vais aller le répéter à d’autres personnes, et on va grandir ensemble.
Et moi je pense qu’on a j’espère, qu’on a raffermi un peu notre esprit critique là dessus. Je pense qu’on en a besoin. Je reviens sur quand on me dit ah oui, mais vous êtes catastrophiste, tu as l’impression de jouer les Cassandre ? Mais je pense que ce n’est pas forcément une mauvaise chose. On gagne à être inquiet en fait.
C’est bon.
Mais du coup j’ose plus rien dire parce que j’adore.
Ça a été scientifiquement démontré. Un Les gens anxieux sont toujours mieux préparés que les autres.
C’est un discours de droite.
Ou de gauche, c’est juste pour t’embêter. Le langage change la langue.
Sauf que c’est multipartisme.
Les gens n’ont pas les mêmes types d’anxiété.
Non, ce n’est pas le même continent qui se porte sur les mêmes choses.
Qui commence en fait. Et qui sont utilisés par les mêmes raisons pour créer de la peur. restez sur le canapé parce que je dois vous prendre en photo, ne faut pas que j’oublie ça pour eux. Pour nourrir la bête, bien sûr. Et puis après moi je reviendrai avec les copains et les copines du tchat pour débriefer. Je donnerai aussi des rendez-vous très numériques que nous avons puisque demain on fait un atelier d’autodéfense numérique dans la cour, ici même avec les copains de la Quadrature du Net et Alain Damasio le 10 juin, de retour de la vallée du Silicium. Fan de Damasio. Alors, est-ce que tu as lu son dernier article ou pas sur la Silicon Valley ?
Non, je me suis arrêté aux Furtifs C’est fait exprès sur la page d’internet d’Au poste
Sur la page d’Au Poste.
Oui, sur la page d’Au Poste internet, il y a : Qu’est ce que c’est l'émission machin ? Il y a ton portrait, il y a marqué ta date de naissance en 1916.
Alors ça c’est sur Facebook 1916. Ouais, c’est fait exprès.
Donc oui, je suis né le 5 février 1916. En réalité, c’est le mouvement Dada qui est né le cinq.
Je me suis dit ça doit être une référence que je n’ai pas.
Pour moi, Dada est au dessus et au dessus de tout. Euryale va se régaler avec vos photos, elle va pouvoir dessiner les intellectuels qui s’intéressent à l’IA et qui n’ont pas de problème de coiffure comme certains animateurs d’Au poste.
Merci à ceux qui ont suivi, celles et ceux qui étaient là…
Alors les copains du tchat vous disent. Merci pour l’interview, merci à la modération également. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas parano qu’on n’a pas d’ennemis. m’a dit un vieux sage barbu dans une cage fumante grillagée.Alors qu’en fait, la vraie phrase est de Jean-Patrick Manchette. « Même les paranoïaques ont des ennemis. »
Et ça, c’est Desproges qui disait Le drame du paranoïaque, c’est qui finit toujours par avoir raison c’est un truc comme ça.
C’est un discours de gauche merci, messieurs. C'était un plaisir pour tout le monde. Merci beaucoup.
