Alma Dufour, « L’ennemi numéro 1 d’Amazon », en campagne
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Amis du café. Bonjour, bonjour ! Vous êtes Au poste, Bonjour Alma.
Bonjour.
Comment allez-vous ?
Ça va, c’est la course un petit peu. J’ai annoncé ma candidature là en ce moment même, longue. Et voilà, c’est la course.
Alors c’est un plaisir de vous recevoir au poste. Sachez que vous êtes ici sur la demande populaire. Ce sont des gens dans le Discord de l'émission qui va dire il faut l’inviter pour l’inviter, elle est super. Donc je vous ai invitée et m’avez dit oui tout de suite.
Ben oui, je vous ai dit oui tout de suite parce que je connais bien votre travail sur les violences policières, j'étais moi même victime de violences policières, donc j’ai beaucoup suivi ce que vous avez fait, notamment pendant les gilets jaunes, parce que c’est à ce moment là que j’ai rencontré ce sujet, on va dire à titre personnel. Et donc effectivement, quand vous m’avez invité, j'étais plus que ravie de venir dans votre live.
À deux reprises vous avez essuyé des cartouches de LBD.
Oui, j’ai eu la chance de pas être ne pas touchée, elles me sont passées on va dire autour et. Donc je n’ai pas eu de traumatisme physique, j’ai juste eu un traumatisme psychologique comme énormément de gens, une très grande peur physique. Pendant plus d’un an, dès que je croisais la police, j’avais les jambes qui tremblaient et c'était un peu compliqué. Du coup, pour militer et pour continuer à l’activisme dans ces conditions. Mais progressivement, je m’en suis plus ou moins remise. En tout cas j’espère, Mais j’ai eu beaucoup de chance par rapport à pas mal de gens qui eux ont été blessés et blessés gravement.
Vous pensez que les questions de police, les questions de maintien de l’ordre vont faire l’objet de discussions dans votre campagne ou pas du tout par exemple ?
C’est important parce que je ne sais pas si vous avez suivi juste avant le premier tour, il y a eu une affaire qui a beaucoup tourné sur BFM TV, dans une ville qui s’appelle Canteleux Donc. Canteleux se trouve effectivement sur la circonscription dans laquelle je vais me présenter, donc la quatrième circonscription de Seine-Maritime. Effectivement, c'était une affaire de jeunes qui ont un, qui ont fui, ont assailli, qui a fait. Il y avait une arrestation qui était en cours avec un jeune qui se débattait et qui hurlait parce qu’il est, parce qu’il semblait souffrir de la manière dont les policiers le maintenaient au sol. Donc on connaît un peu ces phénomènes et effectivement, des jeunes qui le connaissaient sont venus à sa rescousse et ont eux même poussé la police et caillassé la voiture et briser une vitre de la voiture de policier a fait tout un tas, tout un tout un buzz comme on connaît BFM TV pendant plusieurs jours. Donc effectivement, c’est un sujet là où je vais me présenter. Et puis plus généralement, oui, c’est un sujet pour la jeunesse et on l’a vu en tout cas dans la campagne présidentielle. C’est intéressant parce que clairement, moi, c’est une des raisons qui a fait que j’ai choisi aussi le camp de l’Union populaire, c’est que Jean-Luc Mélenchon a été la personnalité politique de gauche et en général la plus claire en fait, sur le fait qu’il existe des violences policières. La personne qui osait vraiment le dire restait droite sur ses valeurs et sur ses principes. Tandis que bon, il y avait eu un peu de la guerre des bâtiments du côté d’autres partis. Et on voit que pour les jeunes qui nous ont beaucoup, beaucoup, beaucoup soutenus dans les scrutins pendant le scrutin, en fait, ça a eu une importance et c’est un sujet qui revient souvent dans la bouche, notamment des jeunes qui soutiennent l’Union populaire et maintenant la nouvelle Union populaire.
Parce que, a priori, vous avez un peu le choix, le choix du Prince, les Verts ou l’Union populaire, c'était Jadot ou Mélenchon évidemment aussi. Et la question de la violence policière s’est posée. C'était réglé.
Ouais, tout à fait le choix. C’est à dire que comme beaucoup d’activistes pour le climat, je travaillais à la fois avec les uns et les autres. Souvent, en réalité, on se rend compte que dans ces partis-là, il y a des gens qui sont très proches, qui défendent des valeurs très, très proches des idées similaires. Donc on se demande quand on n’est pas encarté soi-même et qu’on vient de la société civile, on se demande pourquoi il faudrait qu’il y ait une compétition politique entre eux, entre ces forces-là. Après, quand j’hésitais, Jadot n'était pas encore, n'était pas encore élu à la primaire, donc sa ligne n’avait pas encore triomphé. Après, oui, ça devenait de plus en plus difficile d’imaginer y aller avec les Verts et soutenir du coup la candidature d’un Jadot. Et puis moi, à titre personnel, j’avais toujours voté Union Populaire sans France Insoumise. Donc voilà, j’ai hésité, mais j’ai effectivement pris mon temps pour choisir et je ne le regrette pas du tout.
Au départ, vous vous êtes illustrée par une bataille contre Amazon dans un collectif qui s’appelait Plus jamais ça, qui regroupait, je crois, des associations, des syndicats. Est ce que vous pouvez vous désoler, mais nous raconter votre bataille.
Elle n’est toujours pas finie en fait, parce que c’est une des raisons qui fait qu’aujourd’hui, je me présente à la pour être candidate à la députation. En fait, pendant la loi climat, on a. Avait réussi à convaincre et la gauche et la droite, du PCF aux Républicains quand même, d’adopter un moratoire sur les nouveaux projets d’entrepôt de commerce en fait, on s’est fait balayer par la majorité La République en marche et c'était tellement majoritaire en fait qu’ici il n’y avait plus vraiment de débat démocratique dans ce pays. Et vous aviez beau mettre d’accord, voilà le PCF et les Républicains sur un sujet, ce qui est quand même très rare. Je peux juste vous dire que ça, fonctionnait pas, ça marchait quand même pas parce qu’ils étaient beaucoup trop nombreux et qu’ils ont utilisé des procédures accélérées, des trucages, à plein de reprises pendant ce quinquennat et que du coup la démocratie ne fonctionne plus vraiment bien. La démocratie parlementaire, la démocratie dans la rue, on l’a ou on le sait, ne fonctionne pas non plus. En fait, moi je me suis battu pendant cinq ans pour ou contre Amazon. On a tout donné, moi et mes camarades. Vraiment, on reviendrait, mais on a remué ciel et terre on va dire. Et c’est pas possible d'être bloqué aussi près du but par des députés à la rame qui ont été élus par le fait du prince, un peu des gentils qui ont débarqué en politique mais sans avoir de ligne et de colonne vertébrale politique, ni d’idéaux, ni de valeurs. Et en fait, ça m’a beaucoup interrogé. Je me suis dit en fait, il faut qu’il y ait des gens comme moi, il faut qu’il y ait plein de gens qui essayent aux prochaines législatives de les remplacer en Inde, grignotant un peu leur pouvoir.
Quels sont les dangers pour vous, en fait du commerce ? Parce que, si j’ai bien compris vos entretiens, ça c'était très intéressant. D’ailleurs, vous l’avez dit, ce n’est pas uniquement Amazon, en fait, c’est ici et ce système là de commerce avec des entrepôts gigantesques, c’est ça qui est qui vous êtes, qui vous inquiète, qui vous inquiétez en dessous. C’est quoi les dangers, selon vous ? Que représente le commerce ?
Et il y a Amazon. Parce que bon, on y reviendra. Mais Amazon est aussi une entreprise vraiment à part entière, qui a une volonté hégémonique et une puissance économique qu’on a rarement vue. En fait, aucune entreprise dans le monde.
C’est elle, elle est fille du e commerce
On aimerait bien, hein, On aimerait bien être nombreux. C’est mon modèle. Non, mais le commerce effectué par Bezos Mélenchon.
En fait, dans les commissariats, on se tutoie facilement.
C’est vrai, c’est vraiment quand on l’a pas demandé non plus. C’était un peu bizarre. Du coup, sur le commerce, en fait, il y a il y a plein de commerces différents pour tenir le commerce, c’est une réalité. On ne va pas revenir en arrière, ça existe je pense maintenant, probablement toujours. Par contre, la question, c’est effectivement le commerce quand il est exercé par des multinationales gigantesques comme Amazon, Alibaba, etc. C’est qu’en fait, c’est un modèle économique qui détruit de l’emploi, détruit énormément d’emplois. En fait, quand est ce que quand vous faites du commerce, alors certes, vous avez la livraison qui est une étape supplémentaire par rapport aux magasins, mais vous supprimez le magasin, vous supprimez les vendeurs, les vendeurs, les gens qui s’occupent du magasin, etc. Et en fait, du coup, mathématiquement, c’est prouvé statistiquement et dans des études économiques, ça a détruit deux fois plus d’emplois que ça n’en crée et ça commence à avoir un vrai impact. C’est à dire que dans les années 80, on a eu une vague de désindustrialisation du pays où on a vu plus de 2 millions d’emplois industriels disparaître. Maintenant, on est en train de voir une vague de commercialisation du papier, c’est à dire que des emplois créés à la base étaient pas trop automatisables, pas trop dé localisables, sont en train de le devenir via le commerce. Et alors ? C’est moins massif pour l’instant, mais on a quand même perdu déjà 85 000 emplois depuis 2010 en France en solde net. Donc c’est-à-dire quand on compte création et destruction à cause des géants du commerce. Donc c’est une vraie question sociale dont personne ne parle beaucoup parce que c’est un effet diffus en fait, c’est tellement, tellement qu’il accompagne totalement telle chaîne de magasins qu’il va mettre la clé sous la porte. Et en fait, on a juste un petit feuilleton et les médias font pas vraiment leur travail de raconter pourquoi toutes ces marques font faillite les unes après les autres, pourquoi même avant le qu’Ovide en fait, on a commencé à avoir des faillites en cascade dans certains secteurs du commerce et notamment du textile. Et en fait, c’est pour ces raisons là, c’est parce que le commerce grignote des parts de marché à ces magasins depuis trop d’années et qu’ils n’arrivent plus à être rentables et que leurs actionnaires suivent plus. Et en fait, aux États-Unis et au Royaume-Uni, ça arrivait depuis plus longtemps puisque le commerce était plus avancé. Et là bas, on ne fait pas de mystère. Ça détruit des emplois. Aux États-Unis, on appelle ça la huit. C’est l’apocalypse. L’Apocalypse de la grande distribution que j’adore, c’est que les libéraux nous disent Oui, mais vous voulez vraiment que des caissières et des caissiers continuent à travailler les pauvres dans ces emplois si peu valorisants ? C’est vrai, mais l’emploi dans un entrepôt de logistique, ce n’est pas ce n’est pas vraiment mieux. Et jusqu'à preuve du contraire, on n’a pas réduit le temps de travail, on n’a pas offert de garantie à l’emploi. Donc ne jusqu’à preuve du contraire, dans un monde néolibéral, détruire 85 000 emplois en solde net Ce n’est pas sans conséquences sur la population en France. Donc ça c’est le premier point. Le deuxième point, c’est qu’ils savent pourquoi les écolos comme nous s’intéressent à ce sujet, c’est que ça pollue énormément, ça pollue encore plus que la grande distribution. Pourquoi ? Parce qu’en fait, on a tendance à plus consommer sur via les sites de commerce parce que c’est moins cher ou c’est des produits qui sont fabriqués à l’autre bout du monde en Chine grâce aux usines, enfin grâce aux centrales à charbon. Très concrètement. En plus, comme la traçabilité est beaucoup plus compliquée sur les plateformes de commerce, on a aussi des cas où les produits ne respectent pas les normes basiques européennes qui assurent sur l’environnement et sur la toxicité. Donc voilà, ça c’est un autre sujet, c’est la pollution, donc c’est par exemple Amazon vend, 15 milliards de produits dans le monde chaque année sans ça, c'était il y a deux ans, donc ils ont dû encore augmenter 15 milliards de produits. Ça veut dire plus de deux produits par habitant de la planète. Donc c’est absolument colossal et c’est une source de pollution absolument énorme parce que c’est la fabrication de ces produits qui pollue énormément. En gros, les émissions de la fabrication de vêtements dans le monde, c’est à peu près 8 % des émissions mondiales, mais c’est quand même beaucoup. Par exemple, il y a aussi le transport par avion des produits pour aller très vite, pour vous livrer en moins de 24 h, Amazon, Alibaba, etc. Augmente le transport par avion des produits. Et typiquement, là, en France, l’année dernière, il y a eu plus de 300 millions de colis e-Commerce qui ont été livrés par avion à Roissy Charles de Gaulle. Sachant que l’avion coûte 1 million. Ouais, c’est énorme et sachant que l’avion pollue sept fois plus que le camion et 100 fois plus de bateaux.
Est ce qu’on doit comprendre qu’il y a Gary ? Il n’y a rien de vertueux dans le commerce. Il n’y aurait pas, ne serait pas meilleur ou la Fnac qui serait pas meilleur que Amazon et le système lui même qui est vicié ou est ce qu’il y a des différences ?
Alors le système est clairement vicié. Les places de marché comme Rakuten, Alibaba, Wishing, Chine, pardon, Amazon, c’est vraiment le pire du pire. Fnac com. Ce n’est pas terrible non plus en tout cas. Parce qu’en fait, ce qui est places de marché, ça veut dire c’est vous savez, c’est les grandes foires où vous trouvez vraiment des produits pas chers qui en général fraudent la TVA, ça c’est un autre, un autre sujet. Je commence à empiler tous les problèmes parce qu’en fait c’est le modèle place de marché qui fonctionne et qui est problématique. C’est ce modèle où vous avez à des centaines de milliers de petits vendeurs qui vous qui vous proposent des produits, donc sur un site web, donc qui est une place de marché, vous n’achetez pas directement votre produit à Fnac ou à Amazon, vous l’achetez à un petit vendeur via l’intermédiaire de Fnac ou d’Amazon. Et en général c’est écrit en tout petit. Un c’est pas Amazon qui vous vend le produit, seulement voilà. Et en fait c’est ça ce modèle qui est très problématique parce que ces sociétés là sont en général des sociétés écrans, c’est-à dire des petits vendeurs qui vont disparaître toutes les trois semaines, qui vont frauder. Donc à la fois les normes sanitaires, la TVA, etc. Et qui ne seront jamais inquiétés. Parce que si l’administration arrive à les prendre la main dans le sac ou à retrouver l’aiguille dans une botte de foin on va dire, ils ont juste à fermer leur compte, à disparaître. Et en fait, ces petites sociétés sont par exemple en Chine et la France n’ira jamais jusqu'à poursuivre en Chine une petite entreprise. En fait, il y en a tellement et c’est pour des sommes quand même relativement faibles qu’en fait c’est une fraude massive et généralisée à toutes les normes que vous pouvez imaginer, qu’elles soient fiscales ou environnementales. Pour la faire courte, en gros, c’est ça le vrai problème du commerce tel que développé par Amazon, que celui qui a popularisé ce modèle. Mais ce n’est pas le seul. Et maintenant il y a notamment Alibaba sur les talons, qui va bientôt le remplacer ? En fait, à terme Amazon. Et c’est pour ça qu’Amazon ne peut pas vraiment s’améliorer entre guillemets, même s’il avait envie de changer de pratiques et de respecter davantage les normes, de payer davantage les salariés, etc. Le problème, c’est qu’ils sont maintenant eux mêmes concurrencés par un modèle qu’ils ont eux-mêmes créé. Et en fait leur stratégie, c’est vraiment d'être toujours le plus bas prix, le meilleur service client pour rester la plateforme la plus, la plus demandée en fait. Mais si du coup ils commencent à augmenter les prix, parce que forcément, ça a un coût de respecter les lois et de bien payer les gens, eh bah ils se feront délaisser pour Alibaba par exemple, parce qu’ils auront et c’est eux mêmes qui ont créé ce modèle là. Il y a le modèle qui va les tuer et c’est pour ça que c’est illusoire d’attendre d’Amazon qui change de même en fait. Et c’est pour ça qu’il faut demander des lois et un encadrement qui s’applique à tous les acteurs.
On vous demande est ce que le commerce est bénéfique au pouvoir d’achat ?
Alors oui, alors ça forcément, puisque donc très concrètement, dans ce que je disais, je suis. Dans la merde, alors. Mais c’est vrai ! Non mais attends, c’est très intéressant parce que c’est pour ça que c’est une des raisons qui explique que le gouvernement, au delà de sa collusion avec Amazon en particulier. Mais il y a une des raisons fortes qui explique que le gouvernement n’a absolument rien fait de sérieux pour faire respecter la loi aux acteurs du commerce, et notamment sur la fraude à la TVA et même pas la fraude à l’impôt sur le revenu. Le sur les sociétés, c’est la fraude à la TVA. Tout le monde paye la TVA, tous les commerces de France payent la TVA, Le commerce ne paye pas la TVA en grande majorité. En 2019, Attac, l’association Attac avec qui on avait travaillé sur ce sujet là, a estimé que le commerce, les places de marché du commerce allaient frauder 5 milliards d’euros de TVA, 5 milliards d’euros de TVA. Pour vous donner un peu, un des ordres de grandeur, c’est la baisse des APL, par exemple, où c'était le montant de la taxe carbone au monde. La crise des gilets jaunes, par exemple, c’est ce genre de montant face à des montants qui peuvent foutre le feu aux poudres à la société on va dire. C’est énorme, c’est énorme, c’est colossal. Et donc effectivement, oui, vous gagnez, bien sûr que vous gagnez en pouvoir d’achat. Si vous payez de fait 20 % moins cher tous vos produits parce qu’il n’y a pas de TVA dessus. Ça paraît, ça paraît évident. Le problème, c’est qu’en faisant ça, on vous appauvrit déjà. C’est l'État, parce que l'État, on aimerait le changer, mais parce que pour l’instant, la TVA, c’est la première source de recettes de l'État. On ne le dit pas assez, mais en fait, l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, toutes les taxes, etc. C’est rien comparé à la masse financière qui est générée par le paiement de la TVA. Quand vous achetez quelque chose, c’est un impôt injuste puisque c’est l’impôt qui pèse sur tout le monde. Pareil, quel que soit votre revenu, mais en tout cas, c’est l’impôt principal. Donc ça c’est la première chose. Mais surtout, en fait, c’est une manière d’acheter la paix sociale parce que du coup, on va casser les prix des produits parce que les gens sont de plus en plus pauvres pour casser les prix. On fraude l’impôt, on baisse les salaires, on met les gens en intérim, on utilise des travailleurs détachés, on paye les gens au lance pierre, les livreurs par exemple. Aujourd’hui, Amazon, via des cascades de sous traitance, emploie des sans papiers pour faire, pour faire le sale travail, pour livrer les colis. Et ce sont des gens qui ne sont pas payés. On a eu l’ajustement sur l’agglomération. Voilà. On a un cas où un des sous traitants d’Amazon a fermé et licencie et met sur le carreau des travailleurs sans papiers, sans les payer, sans leur payer leur fin de contrat. Voilà, ça c’est le modèle. Et donc du coup, vous appauvrissez la société en retour parce que vous payez moins cher les gens, ils ont de moins hauts salaires, donc vous devez baisser les prix. Vous voyez, ça ? C’est ce qu’on appelle un cercle vicieux. Et nous en fait, l’idée de l’Union populaire, c’est justement à l’inverse créer un cercle vertueux, c’est à dire augmenter les salaires des gens, ce qui permet éventuellement d’augmenter un peu les prix des produits pour produire mieux de façon écologique et sociale, et de créer à l’inverse un cercle vicieux d’augmentation des salaires et d’augmentation un peu du prix des produits, alors qu'à l’inverse, là, on voit exactement le système inverse. Et Amazon est vraiment l’incarnation, la pointe avancée de ce modèle économique néolibéral qui n’a fait qu’un cercle vicieux de baisses de salaires, baisse des prix, baisse de salaires, baisse des prix depuis A depuis 30 ans.
Pensez vous que NewB fera bloc devant les GAFAM ?
Qu’on soit de droite ou de gauche, ça commence à poser des questions d’indépendance pour notre pays qui sont qui sont assez critiques quand on parle d’Amazon notamment, je veux dire l’hégémonie qu’ils ont sur la vente de produits, mais aussi sur le stockage des données informatiques commencent à inquiéter tout le monde. Et globalement, j’ai vu un certain consensus quand même se dégager au sein des différents partis qui composent la nuance aujourd’hui, la nuance sur le fait qu’il fallait absolument encadrer et réguler. Par contre, là où j’ai un peu peur, c’est que les GAFAM, si on les attaque et riposte et ripostent bien et ce n’est pas des gens qui vont se laisser faire. Imaginons, on arrive au pouvoir. Je pense que les GAFAM pourraient avoir comme réaction d’essayer de nous assiéger. On pourrait avoir des problèmes par exemple sur le stockage de nos données informatiques. N’oublions pas qu’aujourd’hui, il y a des services publics qui stockent leurs données sur Amazon. Il y a les données de l'éducation nationale où Amazon aujourd’hui héberge les données financières de toutes les entreprises en difficulté, pendant le Covid par exemple, a des choses comme ça. Enfin, c’est des choses assez, assez terrifiantes et on pourrait avoir des soucis parce que, en fait, si c'était que la France pourrait se dire bon, bah la France est devenue un état en état d’extrême gauchiste, etc. Le problème c’est qu’ils savent très bien que on va il y a une dynamique qui est en train de repasser un petit peu du côté de la gauche, on l’espère, dans le monde que nous on va vouloir créer une alliance avec d’autres, pas d’autres pays de l’Union européenne, qu’on ne sera pas tout seul. On nous accuse souvent d'être des isolationnistes. En fait, pas du tout. Donc l’Espagne, le Portugal, l’Italie. Même en Allemagne si on y arrive. Et donc en fait il y. Là pour le coup, ça va vraiment les faire flipper qu’on arrive à propulser une réforme en profondeur des règles européennes qui les forcent à payer plus d’impôts, payer mieux les gens, etc. Ils ne vont pas se laisser faire clairement. Parce que typiquement, des entreprises comme Amazon, si on fait ces réformes là, elles peuvent s’effondrer. Elle passe effondrée parce qu’Amazon n’est pas rentable en fait. Mais ça, c’est à la différence d’un Apple, Amazon n’est pas vraiment rentable.Je vais revenir, ça c’est parce que là on va sur Amazon, Amazon. En gros, Apple, c’est l’entreprise la plus une des plus rentables du monde. Apple fait par exemple. C’est ça qui s’est entreprise, qui fait, je crois, le plus gros bénéfice du monde ici, ou à égalité avec les autres. Mais il me semble que l’année dernière, c'était le plus gros bénéfice du monde. A l’inverse, Amazon fait quand même très peu de bénéfice par rapport à son chiffre d’affaires parce que son modèle n’est pas du tout celui là. En fait, son modèle, c’est de casser la concurrence via des prix bas, comme je l’ai expliqué, et de s'étendre, de s'étendre, de grignoter et de s'étendre de secteurs en secteurs. Et pour ça d’investir massivement sans forcément avoir en face un retour sur investissement équivalent. Et Amazon, du coup, depuis des années, investit massivement sans générer de profits, notamment dans la branche ventes, commerce et commerce. Et en fait, Amazon ne verse pas de dividendes à ses actionnaires par exemple, tout comme d’ailleurs Google ne verse pas de dividendes à ses actionnaires.
Un peu comme Au poste
Être une pyramide de Ponzi tout seul. C’est ça en gros sur la table et le. Modèle Amazon en gros. En fait ce n’est pas qui ne font pas de thune hein, parce qu’ils ont quand même le stockage des données, la publicité qu’ils font, qui génèrent pas mal d’argent, mais en fait le commerce est un gouffre sans fond. En fait, le faire ? Envoyez vos produits par avion, construisez des plateformes aéroportuaires, construisez les entrepôts, la livraison moins de 24h, etc. C’est un gouffre. Leur modèle ne se tient que s’ils ont un volume, qu’ils ont un très gros volume, qu’ils ont à la fois le stockage des données, le commerce, etc, aux États-Unis, par exemple, l’administration Biden qui ne sont pas des gros gauchistes énervés, veulent démanteler Amazon, veulent démanteler Amazon, c’est-à dire séparer l’activité de stockage de données informatiques de l’activité e-Commerce. Et ça et ça. Donc ils se battent. Amazon répond et se bat férocement contre ça parce que ça pourrait créer des gros problèmes. Parce que si vous démantelez le système, ça veut dire qu’Amazon ne peut plus forcément, en fait, être un jour rentable sur la partie commerce dans lequel les actionnaires ont investi depuis des années et c’est la plus grosse capitalisation boursière américaine, donc ça peut faire mal quand même. Donc ce n’est pas des petits sujets. Donc imaginons qui se dise ah la France va interdire tous les nouveaux entrepôts, nous empêcher de grossir et puis après il y aura l’Allemagne, etc. Ils ne vont pas se laisser faire. Voilà, tout ça pour dire ça, c’est et ils vont passer, c’est ça. Et il y a d’autres entreprises financières qui ont intérêt à ce qu’on ne bouge pas, comme BlackRock, qui est le premier investisseur d’Amazon. Ça ne va pas bien se passer. Et donc pour finir sur ta question, moi j’ai peur qu’ils exercent des pressions très fortes et à la fois que notre alliance du coup se fracture. Parce que sur ces pressions là et par ailleurs que même la population française ne suive pas ce qu’on disait sur le pouvoir d’achat, tout le monde adore Amazon où toi tu utilises Twitch et ça tu vas me dire ouais, ils ont coupé ma chaîne Twitch en représailles, moi comment je bosse maintenant ?
Mais voilà, quand j’ai posté ton annonce, ta venue sur Twitter, immédiatement quelqu’un a répondu en disant oui mais l’emploi en disant que notamment dans ta circonscription, on y vient petit à petit. Il y avait donc cet entrepôt gigantesque qui devait être implanté. Et donc là, la personne j’ai pu en chiffres, j’ai pu en mémoire, mais donner un chiffre d’un nombre conséquent d’employés. Qu’est ce que tu réponds à ça ?
Mais effectivement, et c'était une des raisons pour lesquelles je suis venu ici en particulier parce qu’il y a eu, il y a eu douze d’où on a soutenu douze luttes locales contre Amazon en France, on a donc fait échouer cinq projets d’entrepôt, dont celui à Petite couronne. Après, il a échoué pour plein de raisons. Et pas que cette fois, pas que, pas que par notre faute. Parce que le site en fait industriel sur lequel il devait s’implanter, une ancienne raffinerie est très mal dépolluée et on a des flaques d’hydrocarbures qui remontent à la surface quand il fait un peu trop chaud. Mais c’est effectivement un endroit où ça me questionnais parce que c’est une zone industrielle qui perd beaucoup d’emplois ces dernières années. Et même si Amazon détruit deux fois plus d’emplois qu’il n’en crée dans le bassin aux gens directement qui attendent des emplois depuis cinq ans, ça leur fait un peu une belle jambe quoi. Mais en fait ce n’est pas une bonne solution. Parce que oui, ils se seraient implantées, elle aurait créé 1000 emplois sur site mais en aurait créé deux. Ils auraient détruit 2000 emplois dans les commerces de la région. Et c’est aussi les classes populaires qui bossent dans les commerces, c’est aussi les classes populaires qui bossent dans les galeries marchandes autour, etc. Donc ils vous disent pour un emploi créé notamment pour vos fils, parce que c’est souvent les hommes qui travaillent. Dans la logistique, ces deux emplois auraient été détruits pour vos filles. Parce que c’est à l’inverse dans le commerce, beaucoup de plus de femmes en Germanie masculine qui travaillent dans les magasins statistiquement. Et ça, les gens ne le voient pas. En fait, le problème c’est que comme ce n’est pas visible, on voit juste les 1000 emplois qui ne sont pas qui ne sont pas créés, mais on ne voit pas les 2000 emplois qui sont détruits. Donc c’est là que je réponds. Et par ailleurs, en fait, le turnover dans les entrepôts Amazon est c’est-à-dire la rotation. Les gens quittent Amazon très vite parce que c’est insupportable. Les gens ne restent pas plus de deux ans. C’est un métier qui vous broie, Vous êtes payés au SMIC, mais vous avez au bout de deux ans des troubles soit de soit de, soit du stress, soit des troubles musculo squelettiques très importants. Les gens sont broyés. En fait, c’est très dur, c’est un métier très dur. Et là on le voit sur l’agence de livraison à Saint-Étienne-du-Rouvray, donc dans l’agglomération, voilà, ils font travailler des sans papiers à qu’ils peuvent. En fait, ils exploitent les gens jusqu'à la moelle et donc c’est pas un emploi dont on veut. Des gens locaux finalement arrêtent d’y travailler très rapidement, donc on fait venir des gens de plus en plus loin. Les chauffeurs de poids lourds sont des travailleurs détachés qui restent des journées entières à attendre leur livraison sans toilettes, sans pouvoir accéder aux toilettes, sans pouvoir manger. Enfin voilà, c’est ça Amazon. Donc nous ce qu’on dit c’est qu’on ne peut pas accepter ça et que par contre il faut absolument se donner les moyens de relocaliser l’industrie des vraies activités industrielles de fabrication par exemple, de textile par exemple, d'électronique par exemple, de plein de choses. Et ce qui est totalement possible quand on met en œuvre un programme protectionniste comme celui de l’Union populaire. Et c’est aussi une des à part, la police, à part le climat, c’est aussi la. La troisième raison pour laquelle j'étais vraiment convaincu par l’Union populaire, c’est ce volet protectionnisme protection contre le dumping, mais de façon écologique et solidaire avec les autres pays du Sud, notamment parce que pour travailler sur ces sujets là, on ne peut relocaliser si on n’a pas une politique protectionniste.
Pour que je comprenne bien tout ton savoir sur Amazon et tout ça, la culture que tu déplie, c’est magnifique, tu le tiens de ton travail au sein des Amis de la Terre, c’est ça ou c’est autre chose ou c’est un petit oubli personnel.
C’est mon travail sont des amis de la Terre. J’ai commencé à bosser sur ce sujet il y a cinq ans. J'étais activiste sur le climat pour le climat depuis sept ans. Je me suis. Je me suis choisi un combat et j’ai choisi Amazon et en fait, en déroulant les fils, c’est très intéressant d’avoir une cible A Même si on nous a reproché d'être un peu obsédés. Bon, déjà, ce n’est pas de trop quand on veut s’attaquer à une entreprise comme ça, de loin.
Moi j’aime bien les obsessions. Mais je ne suis pas contre.
Mais en fait c’est hyper intéressant parce qu’en déroulant les files, ça permet de comprendre énormément de choses. Voilà, j’ai appris sur l’industrie, j’ai appris sur le commerce, j’ai appris sur les élus locaux, les corruptions locales, sur le gouvernement, sur plein de choses et. Et voilà, c’est comme ça que j’ai fait mon expérience en décembre.
Tu es approchée ou tu approches à recevoir le PUP. Alors PUP, c'était le parlement de l’Union populaire. Pourquoi tu décides d’y aller en dehors des raisons que tu as données au début de l’émission ?
C'était des approches réciproques parce que du coup moi j’y pensais déjà depuis longtemps et j’avais essayé un peu de tâter un peu l’ambiance et en même temps j'étais un peu timide, je n’osais pas trop. Je ne sais pas vraiment écrire. Au député, par exemple, que je connaissais. Et puis en fait, j’ai reçu un message de Mathilde Panot, un SMS un peu après la création du PUP en disant qu’elle s’en voudrait si elle même de ne pas me proposer de venir.
Là, je sonde l'âme humaine. Quand on passe du combat, de l’opposition, de la documentation comme tu viens de dérouler par exemple sur Amazon, à une aspiration qui est celle de gérer. Il n’y a pas des. Il n’y a pas une bataille dans sa tête par rapport à ça.
Pour moi, j’ai l’impression de continuer le combat que j’ai mené, notamment sur Amazone. Si je pouvais être élu député dans le cadre d’une majorité et encore mieux, là, ça me permettrait d’achever ce que je n’ai pas pu achever du côté des mouvements sociaux et notamment, comme je le disais dans la loi climat où en fait, malgré le fait qu’on ait mis tout le monde d’accord, malgré le fait qu’on ait le soutien des petits commerçants qui représentent 2 millions d’emplois, etc. On n’a pas réussi à surpasser l’opposition d’Emmanuel Macron dans cela, en fait, parce que c’est ce qui s’est passé. De deux âmes. Lui et son conseiller avec Nicolas Darcel. C’est très clairement ça. Ça me permettrait en fait d’achever ce que je n’avais pas réussi du côté des mouvements sociaux à achever. Par contre, effectivement, ce n’est pas du Tout. La même posture aussi et la même. On n’incarne pas du tout la même chose. Déjà moi je vois, je vois, le regard des gens n’est pas du tout le même. Ben en fait, quand on est activiste et qu’on prend des risques pour sa cause, ce qui a été mon cas puisque j’ai aussi été en procès, etc. Bon, qu’on soit d’accord ou pas avec nous, on est quand même, on est les gentils, on est ceux qui se sacrifient pour tout le monde, on est femme bizarrement, tout le monde nous veut plus ou moins du bien. Enfin en tout cas on n’est pas suspecté d’agir par ego, par ambition personnelle et on est quand même relativement épargné. Je trouve des critiques alors que quand on se lance dans un projet politique et quand on se présente à un mandat, en fait, d’un coup je vois dans le regard des gens, forcément, je peux être l’opportuniste de service, je peux être la personne qui a un agenda caché. Je peux être parce que parce que la politique c’est le pouvoir. Et du coup ça veut dire que si on veut, on veut le pouvoir ou qu’on le veut pour nous mêmes, etc. Et le regard des gens, même quand ils ne le disent pas, a énormément changé et ça c’est pas forcément facile. Et puis par ailleurs, la posture que nous on peut avoir par rapport à certains sujets et le fait qu’on soit obligé de composer les différentes à la fois, les différentes alliances qu’on a, mais aussi les différents sujets. C’est quelque chose qui s’apprend et qui n’est pas forcément évident quand on vient de l’activisme et que notre rôle c’est de représenter l’avant garde d’un sujet dans la société et de travailler la de la conscience sociale sur base de l'écologie. Aujourd’hui, je ne pourrais pas dire exactement ce que je disais sur Amazon ou ailleurs que quand j'étais, quand j'étais activiste par exemple, et que ça me manque un peu.
Alors vas-y si on est entre nous. Qu’est ce que tu réponds ? Qu’est ce qu’est ce qu’il y a quelques mois, tu aurais dit sur Amazon que tu n’as pas pu dire là Euh non. C’est une question piège inédite mais. Pourtant légitime.
par exemple sur l’emploi, sur les questions d’emploi, sur les questions de pouvoir d’achat, de TVA. Voilà, quand on se balade justement sur la quatrième circonscription de Seine Maritime, je ne peux pas dire aux gens les gens, il va falloir moins consommer. Bon, déjà, ce n’est pas un truc qu’on disait aux pauvres en général parce qu’on expliquait que les riches aimaient plus les riches, consomment plus et que du coup on n’avait pas une vision uniforme de ce qu’il fallait faire pour le climat. Mais néanmoins, moi je travaillais sur la surconsommation. Pendant longtemps on a tenu le haut du pavé sur ça. Il faut réduire la production. Ça je le dis toujours évidemment, puisque c’est le fond du problème. Mais voilà, sur les questions de conditions de travail des Ouïghours ou des salariés en Chine, ça va. Quand on est soi même candidat dans une circonscription où il y a 20 8 % de chômage, 30 % de pauvreté, etc. C’est une manière de présenter les sujets et de s’ancrer qui n’est pas la même.
Tu parlais du regard qui change sur toi de par le statut. Là, aujourd’hui, tu es candidate. Qu’est ce qui fait le. Le plus d’effet, c’est le regard des anciens copains activistes ou. Le regard enthousiaste des nouveaux compagnons de route militants.
Intéressant, non ? Je dirais. C’est leur source.
Intéressante. YouTube ou post ici, ils font la navette et ou la psychanalyse..
C’est au moins sur le divan. Non mais en fait je dirais que, en fait, les anciens activistes sont très contents. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les anciens, la plupart de tous mes camarades m’ont soutenu très fortement. Et j’ai plein de camarades qui s’impliquent dans la campagne en off. Et c’est vraiment, c’est vraiment un plaisir. Donc je ne me sens pas coupé de ma famille, ça c’est chouette. Non, c’est le regard des gens, des gens, des gens dans la rue en fait, un des gens qu’on rencontre en porte à porte, etc. Parce que quand on est activiste, on est moins censé aller vraiment à la rencontre de tout un chacun comme nous on le fait par le porte à porte. C’est quand même quelque chose que je recommande à tout le monde de faire une fois dans sa vie. Parce que quand vous entrez dans l’intimité, un peu des gens, ils vous racontent des choses sur leur vie, sur comment ils vivent. Mais du coup, c’est le regard de ces gens là sur ce qu’est la politique et donc de fait sur ce que sur ce que je suis pour eux, c’est à dire une peut être une énième politicienne qui vient pour avoir le pouvoir. Parce que chez nous les gens sont très désabusés. On ne va pas se mentir, cette circo c’est l’ancien fabiusien. C’est vraiment un des bastions du Parti socialiste. Marine le tête, le marine de tête. Marine Le Pen est arrivée en tête au premier tour de la présidentielle. Sur ce territoire, on a 1200 voix d'écart. Elle a l’Union populaire avec elle, donc c’est vraiment un mouchoir de poche. Mais néanmoins, Marine Le Pen est arrivée en tête dans l’ancien bastion du Parti socialiste. Ça veut tout dire, ça veut dire que c’est des gens qui votent socialiste avant et qui votent maintenant beaucoup, qui votent Rassemblement national et qui pour eux, la gauche n’existe plus. La gauche est morte avec le Parti socialiste. Pour certains, elle renaît avec l’Union populaire, pour d’autres, elle est, elle est toujours enterrée. Et donc, quand on arrive, il y a une colère extrêmement forte, une défiance extrêmement forte, du coup, de fait, si j’arrive au nom de l’Union populaire en disant Votez pour nous, j’incarne ça et ça, c’est violent. Ça, c’est très violent. On incarne les générations de politiciens qui ont déçu, trompé, trahi. Quand on se lance dans la politique d’EELV.
Êtes-vous préparée intellectuellement et psychologiquement à risquer de recevoir un torrent de boue durant la campagne ? Parce que là, il y a une violence. Alors c’est dire, Ce n’est pas tout à fait sur toi. Je ne crois pas, mais on le sait sur d’autres, notamment par les réseaux sociaux. Est-ce que, par exemple, samedi à l’investiture, vous avez eu droit à un débriefing psychologique ou quelque chose en vous disant "Voilà, il faut vous armer, ou alors on vous envoie au front comme ça.
On nous envoie un petit peu au front parce qu’on est très nombreux et que bon, les négociations, en vérité, ont pris tellement de temps qu’il y a treize jours, certains. Comme le disait Jean-Luc Mélenchon, treize jours, c’est rien par rapport au pas historique que ça représente. Mais treize jours, jour et nuit, ça fait, ça fait. Ça fait plus de quinze jours qu’on n’a pas de nouvelles de nous, de nos parents et marraine de l’Union populaire parce qu’ils sont tous en train de négocier. Donc voilà. Donc c’est vrai que la campagne est extrêmement courte et donc on a un peu. Oui, de certaine manière, on va au front, on va au combat et on est des soldats quoi. Donc on y va sans forcément tous les équipements de protection. Néanmoins, il y a beaucoup de solidarité chez les gens de l’ONU, beaucoup de solidarité au sein de l’Union populaire. Vraiment, vraiment, vraiment. Des députés nous soutiennent nous mêmes. On se soutient entre nous, les nouveaux arrivants, vraiment de façon très, très, très marquée. Je pense que tu faisais référence à toi tout à l’heure.Donc tu as annoncé son probable retrait de la campagne. C’est bon, c’est assez triste, c’est même très triste. Avatar, en fait, a été quand même très défendu par tous les députés à la télé. De nombreuses fois ça n’a pas suffi. Mais on n’est pas livrés à nous mêmes, on est à chaque fois défendus des qu’il y a un plateau télé, dès qu’il y a des attaques. Mais c’est vrai que des fois c’est trop fort pour pouvoir se défendre. On a aussi un petit réseau de candidates fait par un réseau féministe de soutien aux candidates femmes de la nouvelle qui est animée par ma chère Caroline. Là aussi pour nous aider justement à faire face au harcèlement sur les réseaux sociaux, aux attaques sexistes, etc. Moi j’ai pas encore à subir une vague de ce type là, mais je m’y prépare, je sais que je ne vois pas pourquoi j’en serais exemptée et je ne sais pas, je ne sais pas ce que ça me fera, mais bon. Sandra on tiendra bon j’espère.
Quel gage vous donnez ? Par rapport au fait de ne pas être corruptible ?
La vraie garantie vraiment sérieuse, c’est qu’on veut mettre en place un système de révocation des élus en fait, qui permettent de contrôler l’action des élus, y compris nationaux, donc y compris les députés y compris même pas le Président, parce que du coup, nous n’aurons pas. Le Président Mais en tout cas, si on ne prouve pas et je pense que la réforme constitutionnelle qu’il implique lui sera quand même difficile à avoir, même si on a la majorité, si on n’a pas le président de la République avec nous. Donc on va être quand même limités. Malheureusement, dans ce qu’on peut faire institutionnellement côté sixième République, par le fait que ce soit Emmanuel Macron, le président et que le CSA, ça va forcément bloquer sur ces questions constitutionnelles. Mais nous, ce qu’on veut, c’est mettre en place la révocabilité des élus en cours de mandat, avec un quorum évidemment un nombre suffisant de personnes pour pouvoir rendre au peuple le pouvoir de décider et sortir de ce système mortifère où on élit tous les cinq ans, tous les cinq ans, quelqu’un qui nous fait des promesses et qui après n’est plus redevable de rien pendant cinq ans et qui revient.
Est ce que ta relation aux médias, par exemple, a changé de par son changement de statut d’activiste à candidate ?
Un petit peu effectivement, dans la manière dont on est un peu traité par en plateau, les médias sont quand même plus incisifs, plus agressifs avec les politiciens qu’avec les activistes. Vous vous cherchez la petite bête, ils vont vous parler des affaires politiques d’un tel et untel, ils vont vous sommer de répondre sur des choses. Donc il y a quand même ça. Mais globalement, je dois le dire, j'étais quand même. J’ai reçu plein de messages de soutien de journalistes, je dirais même avant Je sais, c’est assez plaisant. Alors du coup, j’ai été agréablement surprise parce que. Parce que du coup, c’est des gens qui je ne pensais pas forcément et qui ont qui ont pas décidé de marquer une distance et qui ont dit bon en off évidemment bien sûr, soutenaient ma démarche, qui étaient contents et qui trouvaient que la nouveauté, c'était quand même une bouffée d’air frais et que ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça. Parce que c’est vrai qu’on a oublié. On est venu, on a fait 22 % à la présidentielle et là, si on en croit les sondages, on va faire 34 ou 37 %. C’est quand même colossal.
Tu es en pleine campagne, Je vais être obligé de te libérer évidemment, pour que tu ailles retrouver tes amis journalistes clandestinement dans une arrière salle d’un café, d’un tripot rouennais. C’est quoi les jours qui viennent pour toi ?
Porte à porte.
Tout le temps. Tu es un peu une livreuse Amazon de la politique ?
Ben oui, c’est certain. D’ailleurs, on se croise avec les livreurs d’Amazon dans les tours et on discute souvent de leur heure, de leur quotidien. Il y en a qui sont plutôt contents, il y en a qui sont désespérés, c’est assez intéressant.
Ça sert à quoi le porte à porte.
Porte à porte c est dire aux gens de retourner voter et leur expliquer à quoi ça sert un député et la Constitution un peu. Voilà. Donc c’est aussi l'éducation populaire, c’est la première des choses. Et ça, ça, on ne peut pas le faire sans ça parce que malheureusement, sur les réseaux sociaux, etc., où on n’arrive pas à toucher tous les cercles et notamment les jeunes. Deuxième effet : essayer de convaincre les gens qui ont voté Marine Le Pen de basculer vers l’Union populaire par la base. Et je dis ça, ça paraît utopiste, mais en fait ça arrive beaucoup. On convainc beaucoup de gens qui votent Rassemblement national de voter Union populaire. En tout cas, avant ça, ça arrive parce que les raisons et les colères sont souvent les mêmes et qu’en fait, avec pas mal de discussions, on peut, on peut faire ça. Donc nous on a aussi un rôle de barrage à l’extrême droite de terrain, on est assez. C’est notre programme qui est : barrage de l’extrême droite ici. Et donc voilà, ça c’est un truc, et on ne peut le faire qu’en parlant aux gens qu’on ne peut faire qu’en allant à la rencontre des gens et aller à la rencontre des gens chez eux. Ça marche mieux que de les croiser dans la rue, même si on fait aussi les marchés. Et tout ça parce que les gens sont moins pressés et sont plus dans l’intime, prêtent plus le temps d'écouter, de réfléchir et de et surtout de parler de leurs vies.
Ce qu’on n’entend pas par exemple dans les livres, à la radio ou à la télévision, il ressort dans les discussions en bas.
C’est intéressant ce que je disais sur une partie des gens, un dégoût de la politique extrêmement profond et extrêmement viscéral chez les jeunes et un sentiment d’impuissance et de désintérêt, mais qui en fait aussi d’abandon assez fort par vraiment beaucoup de jeunes qui disent ah mais vous savez, moi je comprends rien à pas de tête. Après, c’est vraiment très populaire là où on va, donc c’est vraiment des gens qui galèrent et qui voient eux mêmes d’emblée, d’entrée de jeu, se disqualifier en disant je comprends rien, je ne peux pas comprendre, ça m’intéresse pas. Donc un vrai, un vrai sentiment qui je pense aussi reflète un sentiment d’exclusion plus général qui a été assez douloureux. Et puis. Et puis après ? Beaucoup de pauvreté, beaucoup, beaucoup de pauvreté. Et en ce moment, surtout avec les prix qui explosent, les gens parlent beaucoup de ça. Il y a des gens qui doivent sauter des repas, il y a des gens qui. Il y a des gens qui lâchent leur travail parce qu’ils habitent trop loin de leur travail et que le prix de l’essence est trop cher. Il y a des mamies qui ont 80 ans, qui continuent à travailler parce que leur retraite est trop faible. Bah voilà, c’est ça, c’est des réalités qu’on voit et qui ça et dont ils nous font part à tous parce qu’il y a des gens qui n’ont pas envie de raconter leur vie quand on sonne à leur porte, c’est normal. Mais voilà, ça fait vraiment du mal.
Merci beaucoup.
Voilà. Merci beaucoup d'être qui tu es et merci de m’avoir invitée.
Mais on continuera quand tu seras députée avec plaisir.
Je reviens quand tu veux.
