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Aly Diouara : la bataille des Quartiers

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour, bonjour ! Bonjour tout le monde ! Bonjour à toutes et à tous. Aly est là. Il est. Il est candidat et je peux vous dire qu’on s’est à peine parlé parce que le monsieur a bondi sur son téléphone. J’imagine qu’il y a des informations, des choses à faire. Bonjour Aly, c’est un plaisir de vous recevoir.
Aly Diouara
Bonjour, Merci à vous
David Dufresne
Alors si vous en voulez au dos des invitations, il faut mettre le micro un peu plus.
Aly Diouara
Près de la bouche. Il n’y a pas de problème. Je ne suis pas habitué de l’exercice, du moins, en tout cas pas dans ce contexte-là. Mais avec plaisir.
David Dufresne
Bon, super, merci ! Merci beaucoup ! Bonjour, Bonjour Le tchat. Bonjour tout le monde ! Aly Diouara, président de Seine-Saint-Denis, au cœur d’un mouvement politique citoyen qui replace les habitants et les habitantes du 93 au centre des préoccupations politiques, des projets et des enjeux du territoire et candidat officiel. Nouveau Front populaire dans la cinquième circo de Seine-Saint-Denis. Aly est fonctionnaire à la mairie de Drancy, également responsable du centre de ressources associatives de la commune.
David Dufresne
Il vaut militer également pour l'éducation des enfants, la défense des droits des locataires de La Courneuve. Et avec vous, on va parler de tout ça, des quartiers, de la politique, de la ville, de la gauche vue parfois comme sœur et demi et des accusations qui vous sont faites.
Aly Diouara
Oui, juste une petite précision l’Amicale des locataires de La Courneuve, de Dugny et plus récemment du Blanc-Mesnil
David Dufresne
Ok, en fait, quand j’ai regardé votre bio, c’est ça qui m’a dit tiens, je vais, je vais m’inviter Lui parce que. Votre implication dans les quartiers, je pense qu’on va apprendre des choses ou conforter des choses que l’on connaît qui sont souvent mises sous le tapis. On ressort de temps en temps pendant les élections et profitons-en et prenons et prenons du temps. Donc avec vous, on va parler des quartiers. Il y a aussi des histoires de tambouille politique. Je vous propose qu’on règle ça après, qu’on aille, qu’on a des problèmes, qu’on aille d’abord dans le dans le fond des choses, qu’est-ce que vous dites sur le marché ? En porte à porte ? À vos voisins, aux riverains, aux passants, aux passantes. Pour qu’elles votent, qu ils votent pour vous.
Aly Diouara
La première chose que je dis, c’est que je les informe d’abord de la tenue et de l’imminence de ce scrutin, puisque malgré le fait qu’il y ait beaucoup de communication autour de ce scrutin sur les réseaux sociaux et sur les dans les médias mainstream, il faut savoir qu’en Seine-Saint-Denis particulièrement, il y a quand même un niveau d’abstention qui est quand même assez, assez important, parfois même sidérant et élidé dans un premier temps à chacun, à chacun des scrutins auxquels j’ai pu prendre part. Mon premier objectif, c'était de lutter contre l’abstention et donc de vulgariser la vie publique en informant la population, les électrices et les électeurs de la tenue des scrutins. Donc depuis, depuis 2021, 2000 2020 et avec les élections départementales 2022, avec les élections législatives 2024, avec les élections européennes et toujours 2024 avec les élections législatives anticipées pour lesquelles je suis et je me porte candidat. Donc la première chose que je fais et que je dis à la population et aux équipes qui m’accompagnent, des équipes que je salue d’ailleurs puisque voilà, on ne mène pas une campagne seule, on mène une campagne avec pas mal de monde, avec des militants, des sympathisants, qu’ils soient de la Seine-Saint-Denis au cœur de la France insoumise ou d’autres formations politiques. Et donc la première information, la première, le premier message, c’est surtout d’informer la population, d’informer, puis de les encourager, les encourager à reprendre le chemin des urnes et de les convaincre, les convaincre de la pertinence de surtout la sévérité, la rudesse du moment, avec notamment un rassemblement national qui est aux portes du pouvoir et pour lequel il nous faut absolument avoir des députés. Pour ma part, je crois en tout cas pertinent de la gauche de rupture des députés qui représentent efficacement, sereinement, avec combativité le peuple et notamment le peuple, celui de la Seine-Saint-Denis. Qui, qui ? Qui est régulièrement pointé du doigt, violenté, ostracisé, humilié par les responsables politiques, notamment d’extrême droite, mais également de la droite traditionnelle et par une certaine partie aussi de la gauche, même si, même si. Voilà, aujourd’hui on est dans un nouveau Front populaire pour lequel je suis pleinement engagé.
David Dufresne
Alors figurez vous que moi, j’ai eu dans une autre vie, maintenant j’ai vécu, j’ai vécu à Saint-Denis pendant sept huit ans, donc je connais, mais c'était une autre époque que je connais évidemment. Comment dirais-je, euh. Et la situation qui est faite là bas. Et j’ai toujours un œil là-dessus parce que je pense que. Il doit absolument y avoir une communication, des échanges des deux côtés du périph, parce que sinon c’est de la ségrégation. Néanmoins, euh. Vous dites bon alors je les mets au courant les gens, que faites-vous ? Et votre équipe ? Je les mets au courant les habitants qu’il y a des élections, ils ne savent pas où ils s’en foutent royalement.
Aly Diouara
Non, non, je pense que pour certains bien évidemment, ils ne savent pas, pour d’autres, c’est plus de la résignation, c’est plus de la résignation qui résulte de trahisons successives des responsables politiques, qu’ils soient locaux ou nationaux, notamment de la gauche. Et donc voilà les personnes que je rencontre qui en ont marre qu’on se serve d’eux, finalement, qu’on les instrumentalise, qu’on ne fasse appel à eux qu’uniquement pendant les élections, et je les comprends totalement. Donc ce niveau d’abstention parfois record et même souvent record dans les quartiers populaires, et là aussi, et là aussi, il est aussi empli d’un message, d’un message quand même clair sur attention, nous ne sommes pas d’accord. En fait, nous ne sommes plus d’accord avec comment vous, vous nous traitez, comment vous, vous venez à nous pour nous vendre votre message qui une fois passé, une fois les scrutins passés, vous tournez les talons et vous ne revenez pas. Et c’est ce que même notamment on reproche aujourd’hui à un certain nombre de candidats, notamment sur ma circonscription qui finalement, pendant les deux années qui ont suivi le scrutin de juin 2022, n’ont plus mis les pieds, n’ont plus mis les pieds sur la circonscription et en Seine-Saint-Denis pour aller à la rencontre des électrices et des électeurs, pour prendre le pouls, finalement, de la situation dans laquelle ils sont, pour prendre connaissance aussi des difficultés qui peuvent rencontrer au fur et à mesure. Et ça, c’est vraiment dommage. Donc je comprends. Je comprends pleinement le sentiment de la population, notamment de Seine-Saint-Denis, et l’idée à travers cette candidature, cette seconde candidature qui est la mienne dans ces élections, dans les élections législatives, c’est vraiment d’essayer de répondre à ces préoccupations et d’essayer d'être, de m’inscrire en soutien des difficultés qu’ils rencontrent et essayer de trouver des solutions ensemble et d'être ce porte-voix auprès notamment de la reprise à travers la représentation nationale, l’hémicycle. Mais également ce porte-voix. Et c’est cette force locale qui pourra les accompagner dans leurs démarches auprès des institutions locales.
David Dufresne
Alors vous étiez effectivement présentés et merci de me le rappeler. Je l’avais en note en 2020 aux législatives, vous avez fait au premier tour 8,7 % sous la bannière de votre collectif. C’est bien ça, hein ? C’est ça qui était et qui était France Insoumise aussi.
Aly Diouara
Pas du tout, du tout. Et elle n’est toujours pas France Insoumise. Mon collectif, c’est un collectif indépendant, donc politique ou citoyen, avec pas mal de personnes qui se sont engagés à nos côtés aux côtés de la population. Donc c’est un collectif totalement indépendant, 100 % citoyen. Toutes les personnes qui sont membres de ce collectif n’appartiennent à aucun parti politique, n’ont jamais appartenu à un parti politique quelconque. Et l’idée, c’est de faire de la politique un peu autrement, au plus près des habitants, tout le temps, gardant pour chacun son engagement local qui fait, j’ai envie de dire, un peu la singularité de leur engagement. Et voilà, l’idée c’est un peu ça. Donc en 2022, on a présenté deux candidatures pour les élections législatives. Pour les départementales, c'était trois, mais pour les élections législatives, c'était deux candidatures en Seine-Saint-Denis, dans des circonscriptions qu’on jugeait bien évidemment, qui étaient encore bien implantés à gauche, mais pour lesquelles on souhaitait envoyer quand même un message et un signal aux députés sortants, notamment les députés communistes, en raison notamment de leur positionnement sur le vote de la loi autour des séparatismes pour lesquels, à notre sens, ils avaient fait preuve. Peut-être. Je suis peut-être d’une lâcheté, je ne sais pas. Mais en tout cas, à l'époque, ce n'était pas quelque chose qu’on souhaitait. On souhaitait voir et on a voulu s’opposer à cela. Donc on a décidé de porter deux candidatures simplement pour leur envoyer un message de rappel à l’ordre et leur dire : "Écoutez, voilà, nous ne sommes pas d’accord avec ce positionnement-là. Un positionnement qui est aussi un peu celui d’aujourd’hui, qui incarne un peu Fabien Roussel et pour lequel nous sommes foncièrement en désaccord sur un certain nombre de points. Cela étant dit, aujourd’hui, l’urgence de la situation nous amène à revoir un peu par revoir, à mettre un peu de côté un certain nombre de divergences politiques, parfois idéologiques, pour lesquelles je pense en fait le danger du moment et le Rassemblement national et la Macronie. Et donc il nous faut absolument serrer les coudes et être ensemble dans cette bataille.
David Dufresne
Donc par vos activités associatives et de et de fonctionnaires de la ville de Drancy. Vous occupez des gamins en difficulté scolaire, vous occupez des logements. Quand vous parlez de trahison, notamment par la gauche. La droite a trahi. Pas je veux dire, elle ne promet rien. Mais précisément, qu’est-ce que les gens vous disent ? Est ce que c’est diffus comme sentiment ou il y a des choses très précises en vous disant par exemple le logement, Il n’y a rien sur les transports, y’a rien sur la cantine scolaire, y a rien sur l'éducation. Est ce qu’il y a des points très précis qui remontent ?
Aly Diouara
Non, bien évidemment. Il y a des points très précis qui remontent. C’est des sujets vraiment du quotidien, qu’il s’agisse de l'école, de l'éducation, de l’instruction nationale, mais également de l'état du bâti scolaire en Seine-Saint-Denis, qui est quand même assez dégradé. Été pas plus tard qu’en début de semaine avec en discussion avec des représentants de parents d'élèves de Bobigny et qui me répétait une nouvelle fois que ce n'était pas normal l'état des écoles, que les professeurs n'étaient pas forcément remplacés, que les élèves en situation de handicap se retrouver seuls, que certains parents étaient complètement délaissés, à l’abandon. Donc c’est un certain nombre de sujets comme ceux-là. Et pareil pour eux, pour le logement où on voit les augmentations de loyer de manière continue depuis la fin de la crise sanitaire. Quand je dis la fin de la crise sanitaire, je parle surtout de la levée des mesures de confinement. Et depuis on a eu des augmentations de loyers sans pour autant que le cadre de vie des habitants s’améliore nettement. Et c’est même le contraire qui se passe. Et ces augmentations de loyer pèsent dans la vie quotidienne des habitants me parlent également du pouvoir d’achat. Pas plus tard que ce dimanche au marché, on nous a parlé du pouvoir d’achat. On a rencontré beaucoup, beaucoup de monde qui nous disent qu’ils n’arrivent plus très difficilement à joindre les deux bouts. Et ça crée aussi des situations de tension pour les habitants. Donc quand on parle de trahison, on parle de toutes ces choses là, mais on parle également du droit de vote à un moment donné. Nous, on rencontre beaucoup de personnes dans les marchés. Quand on va faire du porte à porte ou du tractage et même du battage, on rencontre des habitants qui nous disent qu’ils n’ont pas le droit de vote. Et pourtant ils sont. Ils sont en France depuis un certain nombre d’années, même depuis des dizaines d’années. Et ils ont toujours les plus grandes difficultés aujourd’hui à renouveler leur titre de séjour à même devenir français puisque en fait, c’est des personnes qui légitimement pourraient l'être puisqu’ils participent clairement à l'écriture du récit national, au projet national. Et je trouve ça vraiment injuste. En tout cas pour ma part, c’est ce que je crois. Mes propres parents ne sont pas français, ils n’ont jamais demandé la nationalité et la naturalisation. Certes, mais voilà, aujourd’hui est de toujours s’inscrire dans cette démarche, de refaire des papiers, de demander des rendez-vous à la préfecture, de ne pas les avoir, d’attendre sous récépissé et ainsi de suite. C’est extrêmement stressant et pour tous les parents en fait. Donc je pense qu’il y a des sujets qu’on nous remonte régulièrement, continuellement, qu’il faut entendre. Et pour les entendre, je pense qu’il nous faut avoir aussi des députés au-delà de la gauche de rupture, parce qu’il y a la théorie et il y a la pratique. Il faut aussi des députés qui incarnent ça et incarnent ça par leur vécu, dans leur propre chair. Et je pense que des candidatures comme la mienne, comme celle d’autres camarades, je pense notamment à Amel Ben aussi, à Adel Amara, à Mohamed Awad, à Aly Loufoque, à Sabrina Eid, Ben Ali, à Aly Ben Ali et d’autres. Je pense également à Raphaël Arnaud, là où ils militent. Voilà, je pense qu’il est hyper important, indispensable même d’avoir des députés qui sont au quotidien au plus proche des réalités que vivent les Françaises et les Français et les étrangères. Les personnes en situation régulière ou même irrégulière, étrangères et qui essaient de vivre paisiblement, sereinement dans notre pays.
David Dufresne
Alors moi, je me fais l’avocat du diable pour qu’on puisse avoir un petit échange marrant. Il y a quand même eu, notamment après le soulèvement de 2005 ou les émeutes de 2005, selon moi, le vivront. Oui je ne vous ai pas dit ça, c’est le tchat. Ah vous pouvez, vous pouvez réagir à tout moment. Et sinon je. Pauline me remonte les questions les plus pertinentes que je vous poserais par la suite, mais n’hésitez pas si vous avez envie de réagir. Oui, je voulais juste prendre un exemple, celui de la politique de la ville qui est quand même un point central pour les quartiers. Après les émeutes ou le soulèvement de 2005, il y a quand même une politique de la ville de réaménagement, beaucoup, beaucoup de quartiers. Réaménagement qui va, qui va s’arrêter il y a une petite demi douzaine d’années grosso modo. Mais on ne peut pas dire, par exemple, que les quartiers d’aujourd’hui, dans leur ensemble, j’entends, il y a toujours très amont, totalement délaissés et que dans leur ensemble, ils ont la même gueule que dans les années 90 ou début 2000 Vous êtes d’accord ou pas du tout ?
Aly Diouara
Alors je ne suis pas du tout d’accord avec ça 'il y a l’esthétique et il y a la réalité du terrain on a peut-être, à travers notamment le renouvellement urbain, l’Agence nationale de renouvellement urbain, l’ANRU fait de grands travaux. Je peux en parler puisque j’ai, à travers le parcours, mon parcours résidentiel en tant que jeune, en tant qu’enfant, en tant que jeune et puis en tant qu’adulte. Moi, je suis passé d’une grande barre de quinze étages à une autre barre de quinze étages, puis une autre barre de quinze étages, puis là, récemment, à des bâtiments un peu plus de taille humaine. Donc le parcours résidentiel, forcément, il a, il a, il a été très, très différent. Cela étant dit, la réalité du terrain, c’est que, aujourd’hui, je vais prendre l’exemple notamment de la ville de La Courneuve. On a 40 3 % des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Donc on peut changer l’aménagement urbain, mais le contexte social reste le même, voire il se dégrade. Et il est peut-être là le problème puisque quand on nous a parlé au tout début des années 2000, de la destruction d’un certain nombre de barres de grands ensembles, et pour réaménager, donner un peu plus, mettre un peu plus de lumière dans les quartiers. On nous a parlé aussi de mixité sociale, sauf que cette mixité sociale n’est jamais arrivée. Et ça, et on le voit notamment dans nos écoles, on le voit notamment dans le quartier, dans la diversité des commerces dont l’absence aussi, avec notamment la présence de déserts médicaux en Seine-Saint-Denis. Donc on ne peut pas dire oui, les quartiers ont changé de gueule pour des personnes qui ont quitté le quartier il y a 20 ans. Forcément, quand ils reviennent, disent Oh, je ne savais pas que c'était comme ça avant. Il y avait ça, ça, ça et ça. Mais la population est restée la même, voire elle s’est appauvrie. Et ça, c’est un sujet. Ça, c’est le véritable sujet. Les gens ont demandé, bien évidemment, qu’on revoit les bâtiments, qu’on revoit les grands ensembles, qu’on n’est plus au début des années 50 avec notamment dans les années 70-80, le regroupement familial, etc. Cela étant dit, on attendait également de grandes décisions politiques en matière d’emploi, en matière d'éducation, en matière de logement social privé, de parcours résidentiel, d’accession à la propriété, en matière de culture, en matière de sport, en matière d’entrepreneuriat. Et sur tous ces sujets là bas, l’Etat a été complètement défaillant, l’Etat, mais également les collectivités territoriales. Et ça, c’est la réalité dans laquelle nous vivons. Il y a eu un tweet polémique à un moment donné où j’avais repris une référence, notamment sur Salut les blancs, c'était différent. Oui, mais je vais enfin j’en reviens parce que c’est le sujet, c'étaient les blancs concernant un sujet de rénovation urbaine. En fait, on avait l’ANRU qui se baladait avec le préfet et tout un certain nombre de personnalités bureaucrates, technocrates dans le quartier, mais sans les habitants ces personnes-là allaient décider de comment on allait aménager le territoire sans tenir compte de l’avis des habitants de leurs représentants. Et ça, je trouve ça excessivement grave et dramatique. Et de l’autre côté, vous parliez à juste titre de la politique de la ville, parce qu’il y a l’aspect renouvellement urbain et il y a l’aspect aussi quartiers prioritaires juste à l'époque, zones urbaines sensibles, QPV aujourd’hui, etc. Et sur cet aspect-là, même dans les appels à projets, même dans les appels à projets, en fait, ils sont tellement orientés qu’on ne laisse même pas la possibilité à l’expertise du terrain et des responsables associatifs ou des habitants ou des collectifs d’habitants, ou même des collectivités en tant que tel. C’est à dire qu’on ne fait pas appel à cette expertise là et on leur dit il faut entrer dans ce cadre pour pouvoir bénéficier d’un certain nombre de financements. Moi, par exemple, dans mon quartier, j’ai peut-être besoin de faire un peu plus de culture. Donc il y a une orientation autour de la culture, d’accord, mais elle n’est pas celle qu’on attend en fonction des besoins. En fait, c’est des gens qui sont complètement éloignés et déconnectés des réalités du terrain, qui écrivent des appels à projets pour des choses qui finalement, au quotidien, sont confrontés à des difficultés qui ne sont pas forcément celles qui sont écrites et qui font partie des axes prioritaires des appels à projets qu’on nous soumet et pour lesquels nous, nous sommes dans l’obligation de solliciter des financements.
David Dufresne
Je pensais notamment à Ladji qui était à votre place il y a deux mois ou je sais plus quoi quand il est sorti Je ne sais pas si vous avez vu le film qui évoquait ça. Alors sur un coup, un coup immobilier dégueulasse où on profite de la situation pour expulser les gens. Mais néanmoins, il y avait quand même cette idée de dire qu’il y a une rénovation urbaine, mais en gros, ce que vous dites c’est ce qu’il dit aussi, c’est ce que disent beaucoup de gens, c’est on change les murs mais on change pas la vie des gens.
Aly Diouara
C’est exactement ça. On change les murs, on ne change pas la vie des gens. J’ai eu la chance, l’opportunité du moins de le rencontrer et de voir le bâtiment cinq, notamment à Massy Palaiseau. Il était. Il était. Il a été diffusé là-bas. C’est exactement ça. C’est exactement ça on change les murs. Et là dans le film, on parle surtout de spoliation aussi des habitants et de leur et de leur lieu d’habitation. Mais, mais, mais oui, c’est exactement ça 'on peut même. Je lui avais posé une question sur place en lui disant Est ce que, à travers son film, il faisait référence notamment au chêne pointu, un complexe d’habitations ? Voilà, à Montfermeil, entre Montfermeil et Clichy Sous-bois. Mais voilà, et c'était un contexte complètement délabré et. Et d’ailleurs à l'époque, j’en avais parlé puisqu’il avait fait visiter et notamment des responsables politiques locaux, notamment le président de l’ANRU à l'époque, Olivier Klein, qui est aussi maire de Clichy Sous-bois. On avait fait visiter le Chêne pointu à Forest Whitaker, qui est un acteur reconnu internationalement, etc. Je trouvais ça hyper méprisant. C’est à dire qu'à un moment donné, comme aujourd’hui, des pouvoirs et des responsables politiques ou avec un pouvoir politique immense comme le président de l’ANRU, maire d’une commune, président d’une collectivité territoriale qu’est le département de la Seine-Saint-Denis, etc. Décide d’aller faire visiter le chêne pointu et des immeubles d’habitation délabrés à un acteur, un acteur de renom international qui, à travers son ONG, intervient notamment en Ouganda. A un moment donné, moi, j’ai trouvé ça ahurissant. En fait, comment c’est possible que des personnes à qui nous avons confié des responsabilités fassent appel finalement à une personne extérieure, mais pas une personne extérieure ici en France, mais une personne extérieure qui intervient notamment en Ouganda. Pour traiter la question des quartiers populaires et de leur réhabilitation.
David Dufresne
C'était il y a quelques années déjà, cette histoire.
Aly Diouara
C'était il y a à peine deux ans.
David Dufresne
Ouais, deux ans. Et j’avais lu je crois dans le Parisien. C’est vrai que ça, ce n'était pas très bien passé la tournée de ce bon Forrest. En gros, il voulait venir avec du pognon je crois. Il y avait un truc.
Aly Diouara
C'était venir avec du pognon et c'était. Comment je peux aider les jeunes ? Et il est reparti, un peu bouleversé par rapport à ce qu’il a pu voir, notamment aux chaînes pointues. Mais. Mais ce que je ne comprends pas en fait, ce n’est pas sa responsabilité. A un moment donné, on a des responsables politiques. Là, on parle de l’ANRU. L’ANRU, c’est quand même des milliards et des milliards d’euros de budget, l’Agence nationale de rénovation urbaine, urbaine et urbaine. Voilà, c’est quand même des milliards d’euros. On parle de collectivités territoriales comme le département de la Seine-Saint-Denis. C’est également des milliards d’euros. On parle de la ville de Clichy sous-bois qui est quand même la ville de Clichy sous-bois Montfermeil.
David Dufresne
En fait.
Aly Diouara
C’est la ville, historiquement, qui a vu le déclenchement des révoltes sociales urbaines en 2005, à travers notamment le décès tragique deuxième et Bouna. Comment aujourd’hui, on peut dire qu’on va faire appel à une ONG pour traiter ce sujet là, cette problématique là et mettre la lumière dans nos quartiers ? Moi, j’ai trouvé ça hyper vexant, hyper méprisant.
David Dufresne
Aly Justement, vous avez employé ce mot mépris. C'était méprisant et je pense que c’est extrêmement important. De nous dire ce que c’est que le sentiment d'être méprisé quand on est quand on vit dans un quartier populaire. Parce que je pense que de l’autre côté du périph, on ne se rend absolument pas compte. Ou alors si, sciemment. Mais alors le mépris, c’est quoi ? C’est l’indifférence.
Aly Diouara
C’est le mépris, c’est l’indifférence, c’est aussi la déconnexion avec des réalités. En fait, c’est de se sentir inconsidérés dans notre être, dans notre chair, dans ce que l’on vit au quotidien. Ce mépris là, il s’articule de différentes manières à travers l’anecdote. Mais la situation que j'évoquais précédemment avec la ville de Forest Whitaker, on se pose des questions, on se dit mais attendez, on fait appel à un acteur, un acteur. Comme on pourrait faire appel à un humoriste pour traiter une problématique structurelle pour laquelle il y a des budgets. On paye des impôts qui sont fléchés. En fait, on ne comprend pas. Et ce mépris, vraiment, c’est cette déconnexion, c’est cette indifférence et cette haine, c’est le fait de déconsidérer finalement la vie des gens. C’est à dire qu’une fois, encore une fois, ce qu’on nous dit aussi au marché quand on rencontre du monde, c’est oui, mais vous les politiques, une fois que. Heureusement que je dis que je n’ai jamais été élu et con, on est un peu plus sympa avec moi. Après c’est qu’on nous dit oui mais une fois que les élections passent, on vous voit plus. Moi j’ai toujours été là, je n’ai jamais bougé, je vis avec les gens, je dis souvent les vrais gens m’attaquent dessus, mais en fait c’est quand je dis les vrais gens, c’est 99 % de la population qui vit, qui a une vie totalement un peu ordinaire. Mais, je répète souvent une phrase, je sais plus de qui elle est. Je dis que nous sommes tous égaux, certains plus que d’autres. Et dans les quartiers populaires, c’est vraiment ça. C’est à dire qu’en nous, on nous, on nous vend théoriquement l'égalité des droits, mais. Dans le concret, dans la vie de tous les jours. Cette égalité des droits ne s’articule pas avec nous. Voilà, nous, on est victimes de la fracture numérique, on est en amont, on fait face à un chômage beaucoup plus important qu’ailleurs. On nous laisse entre guillemets dans des prisons un peu à ciel ouvert où vous évoquez de l’autre côté du périph, nous, de l’autre côté du périph, les J.O vont arriver, on ne nous permettra pas d’y aller. En fait, on crée finalement une un corridor un peu sanitaire pour éviter qu’on passe de l’autre côté du périph durant cette période-là. Et ça, c’est excessivement grave. Ça c’est excessivement grave. Et ce mépris-là, il est là aussi qu’en jeu, il y a encore très récemment, j'évoquais un appel à projet de la préfecture par rapport aux J.O. Qui encouragé les associations à répondre à un appel à projets pour des séjours durant la période des J.O. Et exclusivement durant la période des J.O. Pour que les enfants et les familles des quartiers populaires partent de Seine-Saint-Denis pendant cette période-là. C’est plus du mépris à ce niveau-là, on est dans autre chose. Et ça c’est ce que je dénonce en fait, et ce qui me voit aussi beaucoup. Voilà qui ce qui a des conséquences pour moi, pour les associations dans lesquelles je suis ou je peux être impliqué et. Et voilà, on est dans la déconnexion, on est dans l’instrumentalisation, on est dans l’un considération, on est, on est vraiment dans un panel cumulatif de décisions et du champ lexical, un peu du mépris et du mépris social qui frise et qui flirte même dangereusement avec une certaine forme de racisme.
David Dufresne
Kamel dans le tchat vous donne la référence et alors là, la classe beaucoup, on dit c’est Coluche. Non, non, ce n’est pas Coluche, c’est George Orwell. Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. George Orwell, La ferme des animaux. Donc la prochaine fois que vous avez cité cette phrase, oui, faire un petit placement de produit La fin des animaux
Aly Diouara
Un très bon livre. Je le conseille à tout le monde.
David Dufresne
Y et celui qui précède 1984
Aly Diouara
Voilà, exactement. Donc c’est un très bon livre que j’avais lu au collège et je me suis souvenu un peu de l’essai de cette citation.
David Dufresne
Ce mépris dont vous parlez qui est ressenti par les quartiers, est ce que c’est ça qui explique aussi ? L’abstention ?
Aly Diouara
Oui, à ce jeu, il y a le mépris, la résignation, mais il y a le mépris. Mais ce n’est pas la seule chose à dire aujourd’hui. Le sentiment de résignation. Il est aussi très lié non pas à la politique nationale, mais aussi à ce qui se passe localement, auprès des municipalités, auprès du conseil départemental. Je parlais tout à l’heure du handicap. Le traitement du handicap en Seine-Saint-Denis est aberrant et aberrant aujourd’hui, on a une maison départementale des personnes handicapées qui est la plus inaccessible qui soit. C’est à dire qu’aller en hauteur sur une grande dalle très difficile d’accès pour des personnes en situation de handicap, le traitement des dossiers dure en moyenne entre douze mois et 24 mois pour des dossiers parfois hyper urgents, et notamment le dossier les dossiers des enfants scolarisés qui n’ont pas d’AVS, SH avec eux, qui ne sont pas accompagnés. On parle beaucoup d’inclusion. Mais la situation en Seine-Saint-Denis en matière d’accès aux droits pour les personnes en situation de handicap ou leurs aidants est absolument scandaleuse. Toutes ces choses-là participent à cette résignation, à ce mépris, à ce parfois même un repli sur soi d’une certaine frange de la population qui se dit mais en fait, on ne veut pas, en fait, on ne veut pas nous permettre finalement de vivre dignement. Il y a cette question de dignité qu’il faut remettre au centre du débat public et politique pour les habitants des quartiers populaires. J’ai parlé notamment de ceux de la Seine-Saint-Denis, mais j’ai pu aller visiter notamment des quartiers à Marseille. J’ai pu aller visiter des quartiers, notamment le Petit Bar à Montpellier, où il y a des associations qui militent et qui se battent pour. Pour justement rétablir et restaurer cette dignité à laquelle on leur refuse et qu’on leur oppose. Donc oui, tout ça participe au mépris. Mais voilà, c’est une conjonction des faits de réalité que vivent les habitants des quartiers populaires et qui part parfois aussi méconnaissance. Parce que voilà, le droit, ce n’est pas quelque chose forcément toujours de très simple, même pour des personnes qui sont initiées à la politique, à la vie publique, aux services publics. La question du droit est quelque chose d'éminemment politique Dans les quartiers politiques, de l’accès aux droits, du non-recours aux droits, on nous parle souvent de fraude sociale, notamment à la CAF. Mais on nous parle très rarement du non-recours au droit, et c’est quelque chose de beaucoup plus important aujourd’hui. Beaucoup de personnes ne font pas, ne font pas appel à leurs droits les plus élémentaires, les plus élémentaires. Beaucoup d’enfants sont scolarisés alors qu’ils sont dyslexiques alors qu’ils ont un certain nombre de quand ils font face à un certain nombre de handicaps. Mais les familles, moi je me rappelle, à mon époque, c'était très difficile pour nos parents de nous accompagner alors qu’on éprouvait un certain nombre de difficultés scolaires. Être dans l’autre, dans l’autre, dans nos écoles, dans les associations sportives dans lesquelles on était, dans les associations culturelles que l’on fréquentait. Et ça, je pense que l'État a une grande responsabilité là-dedans. Mais également les représentants politiques locaux qui se doivent d'être au plus près des réalités que l’on vit.
David Dufresne
Est ce que vous diriez de ce qu’on a appelé le clientélisme à une époque, notamment quand c'était la banlieue rouge, les mairies communistes, mais aussi on a vu des maires de droite acheter la paix sociale d’une certaine manière, d’autres être très clientélistes. Est-ce que ça existe encore selon vous ou plus du tout ?
Aly Diouara
Non, je pense que le clientélisme existe toujours et c’est quelque chose qui a beaucoup fonctionné il fut un temps, mais qui fonctionne beaucoup moins aujourd’hui. En fait, la réalité que vivent les gens ne peut plus être absorbée par cet achat de paix sociale parce que les gens les plus jeunes aux quartiers sont devenus un peu plus âgés et aujourd’hui on les achète pas comme ça. Et ça, c’est plus possible en fait. Et d’ailleurs, même des représentants associatifs aujourd’hui les représentent. On n’attend pas forcément des représentants associatifs qui nous disent pour qui, qui voter et s’ils le disent ? En fait, aujourd’hui, vous avez des parents qui s’opposent à ce type de positionnement des représentants associatifs. Je pense notamment aux parents que j’ai rencontrés et qui me disent oui. Le représentant associatif au club de foot nous a dit qu’il fallait voter pour un tel. Sauf qu’on lui a dit mais en fait non. Moi, mon enfant, il vient juste jouer au foot ici en fait. Pour ce qui est du vote, ça ce n’est pas ton sujet et ça ne te concerne pas. Donc à l’avenir, je vous inviterai, vous éviterez de l’interpeller et de me demander et de me donner votre position. Et tout ce qui est lié à la politique se passe dans l’isoloir et ça s’arrête là. Ce n’est pas pour rien qu’on a mis en place l’isoloir, sinon autant faire une multitude de procuration ou de dire directement on vote pour telle ou telle personne. Le vote c’est doit être sanctuarisé, c’est voilà, c’est aussi simple que ça. Après, il y a des attitudes, oui, que l’on dise qu’elles soient de gauche ou de droite en passant par le centre. Et il y a des attitudes et des postures politiciennes clientélistes. Mais moi, j’ai envie de faire appel au bon sens, au bon sens des électrices et des électeurs, des habitants et des habitants pour qu’ils ne laissent, ils ne se le laissent pas voler leur voix au profit de personnes qui finalement en ont un peu rien à faire de leur condition sociale et de celle de leurs proches.
David Dufresne
Et alors vous-même, par exemple, vous, vous êtes, vous travaillez pour la mairie de Drancy. Ainsi, je pense toujours Madame la Garde qui est à la mairie. Donc d’une certaine manière, vous avez un pied dedans, un pied dehors à la fois. Vous êtes dans la construction, dans le contre-pouvoir, dans l’aide aux devoirs, les logements, etc. Et puis de l’autre côté, vous appliquez une forme de politique de la ville. Comment on fait ? Pour rester debout là.
Aly Diouara
Moi, je suis responsable du Centre de ressources associatives. C’est un dispositif de la ville qui permet d’informer, d’orienter les associations dans la construction de leur projet. Ce n’est pas un dispositif qui donne des subventions, ce n’est pas un dispositif qui gère une enveloppe. C’est un dispositif d’information pour la population, comme peut l'être le point, les points information jeunesse ou les bureaux d’information jeunesse, comme peuvent l'être les ADIL qui accompagnent les locataires dans leur à la fois dans leur parcours résidentiel, mais dans le droit au logement, dans l’accès au logement. Donc Et puis je tiens à préciser également, parce que j’ai vu passer un tweet au tout début de la campagne par la dissidente et sortante de la cinquième circonscription dit Oui, c’est le protéger. Voilà, c’est le protégé de madame Untel. Non, en fait, moi je suis un fonctionnaire. En fait, je suis au service de la communauté. Alors non, mais je tiens à le préciser parce que c’est super important de dire qu’un fonctionnaire travaille pour le service public. Aujourd’hui, on ne dit pas que tous les enseignants sont des macronistes par exemple. Voilà, il faut replacer les choses là où elles sont. Je suis un fonctionnaire qui a un parcours dans la fonction publique, qui est quand même assez atypique. Même. Je pourrais revenir dessus, mais voilà, aujourd’hui ce n’est pas avoir un pied dedans, un pied dehors, c’est être clairement dans le sens en fait, dans la continuité de mes engagements. Si je fais le choix du service public, ce n’est pas pour m’enrichir, c’est pour apporter ma pierre à l'édifice. Et aujourd’hui, je suis très fier et très honoré d’accompagner les associations depuis quasiment dix ans dans la construction de leurs projets, de les orienter même si ça fait quinze ans. Mais avant ça, j'étais à Bobigny. Avant ça, j'étais à La Courneuve pendant cinq ans également. Et avant ça, j'étais à Epinay sur Seine. Avant ça, j'étais à Dugny. Avant ça, j'étais. J'étais à Aubervilliers, à Saint-Denis. Donc j’ai un parcours qui est celui d’une personne soucieuse du service public, de répondre aux trois, aux principes fondamentaux du service public. Et ça s’arrête là en fait. Donc, de l’autre côté, j’ai décidé de m’investir citoyennement, politiquement depuis la fin de la crise sanitaire. Parce que justement, je pense qu’il est, il est indispensable aujourd’hui d’incarner autre chose. Vous savez, à l’approche des élections, des élections locales, notamment municipales, ce qui se passe dans les quartiers, il faut quand même comprendre ce qui se passe dans les quartiers à l’approche des élections municipales. Ce qui se passe, c’est que vous avez des responsables politiques, en tout cas en Seine-Saint-Denis, qui font de la prospection. Vous parlez de clientélisme tout à l’heure, je n’utiliserais pas ce mot là pour ça, mais qui vont à la recherche et au recrutement des responsables associatifs influents et les recrutent pour qu’ils soient élus. Et cela, finalement se noie dans une masse d’individus et non plus l’utilité qu’ils avaient auparavant se taisent après ça sur alors que justement le sens premier de leur engagement et de leur intention était aussi lié à la loi 1901 qui est une loi de liberté, de création, d’association. Et ça, je trouve ça excessivement dommage. C’est pour ça, c’est la raison pour laquelle je me suis, à titre personnel, et ceux qui sont également dans le collectif de la Seine-Saint-Denis au cœur. Je n’ai jamais été élu, je n’ai jamais répondu aux sirènes et aux appels des représentants politiques locaux pour intégrer des listes aux municipales. Pour la simple et bonne raison que je souhaitais garder cette indépendance et qu'à partir du moment où je déciderai et j’ai même notamment une déclaration que j’avais faite en 2020 sur Facebook en disant très clairement pourquoi je n’entre pas dans une majorité municipale et quelles sont les conditions qui m’amènerait à le faire et les conditions qui m’ont amené à le faire. Et même si je ne suis pas toujours rentré dans une majorité municipale, mais que je me suis présenté aux élections et que j’ai décidé de faire de la politique un peu autrement, c'était de créer notre propre force locale de vigilance citoyenne et de proposition qui replace également et qui vulgarise la vie publique et qui replace les habitants au centre du débat politique et public.
David Dufresne
Alors j’avais vu passer l’accusation selon laquelle vous seriez le sous marin de la mairesse, etc. Moi, je me fous de ces trucs-là. Ce qui m’intéresse, c’est le fond des choses.
Aly Diouara
C’est pour ça que je vous parle du fond.
David Dufresne
Voilà, c’est pour ça. Alors, par exemple, les associations, vous dites et disons que j’ai des associations. Quel genre d’associations ? Quels sont les besoins des associations et quels services elles veulent rendre ? Les besoins de répondre aux associations.
Aly Diouara
En fait, les besoins des associations sont diverses et variées. J’ai souvent accompagné et même quasiment exclusivement accompagné des associations. On appelle « socioculturels »,'ils participent à la vitalité notamment des quartiers des cités populaires. Ces associations ont plein de besoins et particulièrement des besoins en matière de structuration administrative. Donc elles ont besoin d’accompagnement pour pouvoir se structurer et être entre guillemets dans les règles. Je crois qu’on on ne peut plus continuer, notamment avec ce qui nous pend au nez à travers les évolutions législatives et celles du pouvoir, et notamment à travers la loi autour des séparatismes, qui est extrêmement, extrêmement rude en direction des actrices et des acteurs associatifs. On ne peut plus se permettre.
David Dufresne
Du pacte républicain.
Aly Diouara
C’est ça qu’elle doit passer du pacte républicain il y a aujourd’hui. Vous savez, le budget des associations locales que de beaucoup d’associations locales, en moyenne, il n’est pas plus de 3 000 € par an. C’est beaucoup de bénévoles, c’est une présence. Quand je dis 3 000 €, c’est un budget financier. Après, la charge de travail qui est celle des bénévoles, est excessivement importante. Et ces associations-là, très clairement, n’ont pas envie qu’on les fasse chier. En fait, elles sont là, donnent de leur temps, mais elles n’ont pas envie de s’emmerder. Très clairement, je le dis, et de manière très crue, avec des dispositions administratives. Et pour beaucoup d’entre elles, la grande majorité d’entre elles, elles ne perçoivent aucune subvention. Ce sont des dons, ce sont de l’aide des personnes, des particuliers qui ont envie de faire des choses, mettent de leur temps, de leur argent dans le développement d’une association, d’une action en direction de la population. Elles sont de tout ordre. Il y a des associations bien évidemment sportives qui permettent de et qui concourent à développer la pratique de différents sports dans nos quartiers, dans nos villes et donc dans nos banlieues. Il y a également les associations, comme je disais, culturelles, socioculturelles, les associations qui militent pour, pour, pour, pour l’accès au droit, avec des permanences juridiques, avec de l’accompagnement juridique, notamment la saisine des autorités administratives pour l’octroi de l’aide juridictionnelle et plein d’autres sujets, notamment liés au droit du travail, à la régularisation des travailleurs sans papiers ou qui sont en attente de renouvellement de leur titre de séjour ou autre. Donc il y a plein de types d’associations et les difficultés qu’elles rencontrent. Pour ma part en tous cas, ce que j’ai pu observer, c'était que c'étaient des difficultés d’ordre, d’ordre administratif, administrative et également des difficultés en termes d’investissement, d’investissement des personnes. Aujourd’hui, on fait face quand même à une crise du bénévolat qui est réelle. Et cette crise du bénévolat, elle, contribue malheureusement à détériorer aussi la situation des habitants dans les quartiers et dans les quartiers populaires notamment.
David Dufresne
Il y a donc ce péril fasciste. Est-ce que dans vos rencontres, dans votre campagne, Les passants des quidams. Est ce qu’il y a une peur panique par rapport à ça ou une indifférence alors qu’on sait très bien que si le Front national, le Rassemblement national, arrive au pouvoir, les premières personnes visées, c’est les quartiers. Ce n’est même pas la peine. Est-ce que c’est Il y a une peur ou pas ? Et là je parle des gens de tous les jours, et puis ceux que vous rencontrez, les associatifs, c’est à dire ceux qui sont déjà un peu plus impliqués, etc. Est-ce que la peur est la même ? Est ce qu’il y a une différence ? Est ce qu’il y a des envies de réagir ? Est-ce que vous pouvez jouer là-dessus pour mobiliser ou où le découragement est immense ?
Aly Diouara
En fait, il y en a trois. Il y a trois choses. D’une part, il y a les effets de la dédiabolisation du Rassemblement national qui ont aussi qui. Qui est également réel aussi en Seine-Saint-Denis. C’est à dire que on a tellement déçu, trahis que les habitants aussi des quartiers populaires se disent en fait qu’ils sont fous, ce sont tous les mêmes. Et pour moi, le Rassemblement national participe aussi à l’oligarchie en place. Et donc oui, c’est les extrêmes, mais c’est également des personnes, des personnes entre guillemets. Je mets des guillemets, mais collaborer avec le Rassemblement national pour lui permettre d'être à ce niveau-là ont été le marchepied de l’heure du rassemblement national. Donc oui, il y a, il y a cette première chose. Donc la dédiabolisation du Rassemblement national a eu des effets aussi dans les esprits, dans les consciences, notamment des habitants des quartiers populaires. Bien qu’on le rejette farouchement aujourd’hui, on se dit mais en fait, ce sont tous les mêmes. Deuxièmement, il y a, bien évidemment, cette peur, cette peur que que que les habitants des quartiers populaires ont à l'égard du Rassemblement national. Allez, allez, Elle est aussi présente. On sait que ça va être les habitants des quartiers populaires, qu’ils soient français ou non, de papiers ou pas, qui seront les premiers visés. Et on le voit là aujourd’hui avec les débats autour des binationaux qu’on souhaite visés. Sauf qu’on parle des bi nationaux, subsahariens, maghrébins, on ne parle pas des bi nationaux, on parle des bi nationaux, extras européens et peut être même israéliens, et peut être d’Amérique latine aussi, je ne sais pas. Mais en tous cas on nous dit très clairement et notamment sur plein d’autres sujets, qu’on parle du voile dans l’espace public. Voilà, aujourd’hui il y a une véritable peur de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national et j’espère que cette peur se concrétisera par une participation massive des habitants des quartiers populaires aux scrutins du 30 juin et du 7 juillet prochain. Et également, je pense que beaucoup aujourd’hui, et ça c’est de la responsabilité, je pense, du gouvernement depuis au moins 2017 et même 2012 avec l’arrivée au pouvoir de François Hollande à travers la trahison, à travers la déchéance de nationalité puisque c’est cette déchéance de nationalité qui amène aujourd’hui les débats que l’on a autour de l’identité nationale. On avait eu aussi le ministère de L’immigration, de l’identité nationale à l'époque avec Eric Besson et Nicolas Sarkozy. Mais voilà, c’est cette situation là. Qui a alimenté finalement, c’est déjà abolition du Rassemblement national et ça, les habitants des quartiers populaires ne sont plus dupes de cette réalité là. C’est pour ça qu' on a du mal à croire dans les convictions réelles ou supposées des responsables politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite. Et c’est également pour ça qu’il est excessivement important, indispensable même, d’avoir des représentants nationaux, donc des députés, des parlementaires qui, qui, qui, qui connaissent et qui comprennent la réalité que vivent les habitants des quartiers populaires. Rima Hassan disait très justement encore dimanche qu’on s’est arrêté au niveau du marché de l’Abreuvoir à Bobigny et de la place des Nations Unies, qu’il fallait mettre fin au porte parole. Parce qu’en fait, pour comprendre des situations, pour les défendre, pour les exposer avec eux, avec une certaine forme de sincérité et d’honnêteté, il faut a minima quand même un peu pouvoir les vivre. Vous disiez tout à l’heure, au tout début que vous aviez vécu à Saint-Denis. Si vous allez à Saint-Denis aujourd’hui, ce n’est pas un ni d’hier. Les réalités d’hier ne sont pas les réalités d’aujourd’hui. Fred Musa, qui est et qui est sur Skyrock, dit souvent Je viens de La Courneuve, j’ai grandi à La Courneuve. Oui, il a grandi à la Courneuve qu’on a de frères. Musa n’est plus La Courneuve. Dans l’histoire, c’est des époques complètement différentes, avec des réalités complètement différentes. Les gamins qui ont vécu les révoltes urbaines et sociales de 2005 ne sont pas les gamins, les gamins de. De 2005. Les jeunes de 2005 ne sont pas les gamins qui sont nés en 2005. C’est à dire que ceux qui ont vécu Noël ne sont pas les mêmes qui ont vécu Zyed et Bouna. La mort tragique de Zyed et Bouna, ce n’est pas du tout la même chose. Donc il faut avoir conscience de ça. Et pour avoir conscience de ça, il faut vivre les réalités et essayer de ne pas se déconnecter de ce lien qu’on peut avoir avec eux, avec la population. Certains neuroscientifiques disaient que, une fois au pouvoir, les responsables politiques ont leurs neurones liés à l’empathie qui se désactive. Pour éviter que cela se désactive, il faut vraiment des personnes issues du cru issues du terrain, issues des réalités quotidiennes. Et qui que ces personnes avant la politique aient eu à mon sens une expérience ou une expérience sociale, sociétale, même du terrain, et pas des personnes qu’un certain nombre de partis politiques choisissent. Ça aussi c’est super important.
David Dufresne
Mais sur le Rassemblement national, on voit qu’il dit qu’ils vont aux portes des quartiers pour tracter, ce qui était inimaginable il y a 20 ans. Ils ont, ils ont des voix quand même, Qui sont-ils ont des voix à l’intérieur des quartiers. Comment vous expliquez ça ?
Aly Diouara
Ils ont toujours eu des voix à l’intérieur
David Dufresne
Ils ont toujours vu.
Aly Diouara
Si on prend certains, certaines zones. Nous, nous nous sommes engagés avec la Seine-Saint-Denis aux côtés de la France insoumise lors des élections européennes et dans toutes les villes dans lesquelles nous avons milité ensemble, le Rassemblement national a baissé. Abaissé par rapport à ses scores de 2019 et on a même eu des scores littéralement record. Je pense à Villetaneuse, je pense à Pierrefitte, je pense à La Courneuve, je pense à Saint-Denis. Des scores qui dépassent de loin les 50 % de participation. Donc là où le Rassemblement national trouve un peu son terreau, c’est dans les zones où il y a une inactivité de la gauche, notamment de la gauche de rupture. À partir du moment où la gauche de rupture est présente dans un territoire, le Rassemblement national n'évolue pas, voire diminue. Et c’est là où il y a un travail à faire. Il est impératif et indispensable que les responsables politiques à gauche remettent au centre du débat. Les préoccupations y sont qui qu’ils ont, les habitants et rien que les habitants. A partir du moment où on fera ça, à partir du moment où on ira à la rencontre des habitants, qu’on défendra réellement les situations que ces habitants vivent. Le Rassemblement national n’aura pas pignon sur rue. Il se balade dans des zones où il n’y a pas de pouvoir politique de rupture. Il ne se balade pas au marché de La Courneuve, il ne se balade pas au marché. De Saint-Denis comme ça, il se balade dans des zones où finalement, ils savent qu’ils peuvent avoir un écho. Mais voilà, Jordan Bardella ne va pas essayer. Ils parlent souvent de Saint-Denis, mais comme le dit mon collègue et ami Bakary Sokhna, il n’a que la parole et l’histoire de Saint-Denis. Mais la réalité à Saint-Denis, c’est que les gens ne parlent pas d’immigration, ne parlent pas, ils parlent de travail, de la valeur travail. Vous savez, beaucoup de personnes sont originaires, qui ont des origines diverses et variées. Pour eux, le travail, si c’est excessivement important, est une valeur fondamentale dans leur vie. C’est une valeur de dignité aussi pour eux. Donc qu’on nous fasse croire qu’on ne souhaite pas travailler, c’est totalement faux. Personne ne souhaite travailler, tout le monde souhaite travailler dans nos quartiers. Le problème, c’est que le travail ne vient pas de nous. Et quand on va vers le travail, on est obligé de passer par des subterfuges et des stratagèmes qui nous qui on passe par du cv anonyme, on trouve du travail alors que nous sommes diplômés, qui ne sont pas à la hauteur des diplômes. Il y avait un économiste qui disait que c'était Anderson qui disait que la démocratisation de l’enseignement ne s’est pas accompagnée par une augmentation du niveau de l’emploi. Et on fait face à ça, en fait en Seine-Saint-Denis. C’est ça la difficulté que l’on rencontre en Seine-Saint-Denis, c’est à dire aujourd’hui la démocratisation de l’enseignement qui a permis à des générations depuis les années 70, mais depuis les années 70, d'être diplômés et d'être bien diplômés aujourd’hui ne leur permet pas, structurellement, si ce n’est des exceptions, d’obtenir des boulots à la hauteur du niveau de qualification qu’ils ont. Et ça, c’est un drame pour notre société. C’est un drame. Et aujourd’hui, le choc des savoirs qui nous a été pondu par le gouvernement va venir encore plus accentuer cet état d’injustice chronique, structurelle que vivent les enfants, notamment, que subissent les enfants des quartiers populaires. Donc le Rassemblement national, encore une fois, existe, notamment dans les quartiers populaires, là où la gauche est à mon sens un peu défaillants et pas assez présents. Il faut que la gauche réinvestisse et la gauche de rupture les quartiers populaires pour les faire reculer, comme ce fut le cas lors des élections européennes avec cette union populaire symbolisée par le mariage entre eux. Je parle de la Seine-Saint-Denis entre la Seine-Saint-Denis au cœur de notre collectif et La France insoumise.
David Dufresne
Alors, vous disiez à l’instant que les quartiers populaires, voulez-vous les travailler ? Il y a eu un moment particulier à la fin du premier confinement. Emmanuel Macron a rendu hommage au premier de cordée et il désignait toutes ces femmes, tous ces hommes qui prenaient le R.E.R à 5 h du matin pour aller tenir la caisse. Tout ce qu’on a appelé les premiers de cordée, les essentiels, c'était ça. Et effectivement, à ce moment-là, ces gens-là étaient extrêmement visibles puisque les rues étaient vides pour toutes les raisons que l’on connaissait. Et là, il y aurait pu y avoir un moment de reconnaissance et de briser le mépris. Et en fait, c’est l’inverse qui va se passer.
Aly Diouara
C’est l’inverse qui va se passer. Ce moment de reconnaissance, on a parlé de ce nouveau mot à la mode, un nouveau mot, mais on l’a mis à toutes les sauces. De la résilience de ces personnes qui s’investissent. On les applaudissait même le soir. Mais après ça, on a fait quoi ? On a déconstruit et détruit l’hôpital public, on a continué à le détruire, on a humilié, violenté ces personnes qui se sont notamment pour des métiers pénibles, qui se sont, qui se sont, qui ont manifesté leur opposition à la réforme des retraites. On a violenté ces gens-là, on ne les a pas reconnus à leur juste valeur, bien au contraire. On leur a fait prendre conscience qu’ils n'étaient rien. Je me rappelle souvent ce mot d’Averroès qui parlait des gens du commun des mortels comme étant les vulgaires. Là, véritablement, on a fait face à cette violence institutionnelle envers ces vulgaires, envers ces gens, ces femmes et ces hommes qui est déjà bien fragilisés par le quotidien, se sont vu opposer finalement. Une certaine forme d’insulte institutionnelle à leur endroit. Et ça, c’est profondément scandaleux. Aujourd’hui, quand vous allez dans certains hôpitaux publics, je pense notamment à l’hôpital Avicenne, à Bobigny, mais également à l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis. Il faut aller voir le traitement et le traitement des gens. Mais si c'était ce qui se passe, on les soigne, on les soigne, on les envoie dans les couloirs, en salle d’attente. On nous fait attendre des heures et des heures pour voir un médecin. Il y a des gens qui meurent dans ces hôpitaux faute d’avoir vu un médecin en. C’est ça la réalité de l’hôpital public aujourd’hui. C’est ça la réalité de l’hôpital public, particulièrement dans nos quartiers qui sont dans nos quartiers, qui sont des DDD fous en fait finalement. Et on fait de la masse. On fait de la masse. En fait, on va aujourd’hui à l’hôpital comme on va au G20 en bas de chez nous. On fait la queue. On fait la queue et les gens quand ils vont à l’hôpital, contrairement à ce que disent et là encore, on nous violente puisqu’on veut faire cocon, qu’on veut faire payer finalement ces gens qui vont aux urgences quand on va aux urgences. Qui veut aller perdre son temps aux urgences en fait ? Qui raisonnablement peut se dire aujourd’hui je suis malade, ça ne passe pas. Mais je vais aller où ça peut passer. Mais je vais quand même aller aux urgences. Je vais quand même aller aux urgences, passer entre cinq et 12 h aux urgences. Pour voir un médecin qui va peut-être me donner juste une boite d'âme ou sicilienne pour me dire c’est une petite infection. Voilà, prenez ça, ça va passer. Même une boîte de paracétamol. C’est. C’est ahurissant d’entendre ça. C’est n’importe quoi. Donc aujourd’hui, comment on fait pour redonner les moyens, notamment à l’hôpital public, notamment à l’Éducation nationale et dans les écoles, dans les écoles publiques, particulièrement en Seine-Saint-Denis ? On a quand même eu depuis plusieurs mois des représentants syndicaux, des représentants de parents d'élèves qui manifestent leur opposition au choc des savoirs et qui demandent plus de moyens. Je ne sais pas si on s’en rend compte. On a des familles aujourd’hui qui demandent à avoir un enseignant devant leurs élèves. C’est ça qu’on demande à un enseignant devant leurs élèves. C’est ce qu’on demande. En France en 2024, on demande à l'État. De répondent à la promesse républicaine d'égalité liberté, fraternité, mais surtout d'égalité. À Égalité, on leur demande uniquement un professeur diplômé qualifié devant leurs enfants. Et on ne souhaite pas que nos enfants soient dans des garderies. Voilà, c’est ce qu’on demande. Donc aujourd’hui, la situation est celle-ci et il faut la remonter comme telle. Il faut se battre comme tel, il ne faut pas négocier l’arrangement et ne pas faire de bruit, etc. Comme le trophée, un certain nombre de représentants politiques. Non, il faut se battre. Parce que c’est ce que vous avez vendu dans vos professions de foi. Profession de foi circulaire si l’on veut, mais profession de foi. Non, ma foi en ce que vous proposez donc, on vous accorde mon suffrage une fois le suffrage passé. Oui, mais il ne faut pas faire de vague, il faut être bien, travailler avec le préfet. Il faut. Mais vous êtes complètement chtarbé. En fait, ce n’est pas possible d'être comme ça. Parce que, en fait, finalement, ce ne sont pas ces personnes-là qui seront souvent, très souvent même les premières victimes de la violence institutionnelle qui s’abat sur les quartiers populaires, quand bien même elles pourraient vivre dans ces quartiers populaires, chose qui n’est qu’il est de moins en moins le cas. Pour ce qui est de moins en moins le cas aujourd’hui, on a des maires en Seine-Saint-Denis. On a des maires qui, en Seine-Saint-Denis, ils n’habitent pas dans la ville. Ils administrent. Il n’habite pas littéralement dans la ville qu’ils administrent. On en a plusieurs. Ce n’est pas normal. On a une majeure partie de l'équipe des équipes municipales. Ils n’habitent pas. Prennent des décisions et parfois même des élus à l'éducation. Ils prennent des décisions localement et qui n’habitent pas eux aussi dans la ville. Ils administrent. Et ça. Certaines personnes. Ce n’est pas normal. Ce n’est pas normal et c’est ce pas ? Aujourd’hui, je me bats aussi et j’ai l’engagement de m’engager citoyennement.
David Dufresne
Alors si on revient sur le jeu des différences.
Aly Diouara
Effectivement, il reste de l’amoxicilline. Mais effectivement.
David Dufresne
Si on joue au jeu des différences entre aujourd’hui et il y a une vingtaine d’années quand je vivais là-bas, il me semble qu’il y a deux ans, il y a deux ans, il y a beaucoup de choses qui sont très différentes. Mais il y a deux, deux phénomènes. L’un, c’est l’ubérisation, l’auto entrepreneuriat qui vise en partie les quartiers populaires où les Hubert de Paris viennent de Seine-Saint-Denis. Donc, comment ça, ça modifie l'écosystème des quartiers, les rapports humains entre les gens, etc. Est-ce que vous avez des remontées là-dessus ? Et puis quand même une représentation et ses filiales sportives et culturelles sans commune mesure avec ce qu’avait il y a 30 ans, il y a 30 ans et les thèmes qui sortaient, c'était un épi phénomène là où aujourd’hui que ce soit football. Bon, bref. Et est-ce que les quartiers en veulent ? Aux sportifs, aux acteurs, aux chanteurs, aux rappeurs. Tout ce que vous voulez. De ne pas prendre position. D'être finalement, eux aussi dans une forme d’indifférence. Ou est-ce que on n’en parle pas parce qu’on ne veut pas ? On est fiers d'être représentés et puis on ne va pas se fâcher.
Aly Diouara
Non, moi je pense déjà pour la première question concernant l’uberisation, c’est ce que je vous disais tout à l’heure, il y a une envie farouche des habitants des quartiers populaires de travailler. De travailler. Et ça, il faut vraiment l’avoir à l’esprit. Nous voulons travailler, nous voulons du travail et pour avoir. Et dès lors qu’il y a une opportunité de travailler, nous la saisissons. Pas n’importe quel travail, mais du travail qui nous permet de vivre dignement. Personne ne veut vivre et rester au RSA. Ce n’est pas vrai. Personne. Et encore moins dans les quartiers populaires. On ne vit pas au RSA, on survit. C’est un revenu de solidarité active. C’est un revenu de solidarité. Ce n’est pas un revenu qui nous permet de faire les 400 coups. Un revenu de solidarité ne nous permet pas de voyager, il ne nous permet pas de se faire plaisir. Il permet uniquement de rester un peu la tête au-dessus de l’eau, juste un peu. Voilà donc les personnes qui aujourd’hui ont fait le choix d'être VTC, auto entrepreneur, de monter leur boîte dans X ou Y avec domaine. Pour ma part en tout cas, je les encourage à continuer à le faire. On a deux grandes associations qui militent également autour de ces questions-là, de l’entrepreneuriat dans les quartiers. Je pense notamment à l’association Les Déterminés de Monsieur Moussa Camara et d’autres structures qui accompagnent et qui essaient de permettre une insertion sociale et professionnelle et des publics éloignés de l’emploi. Et ça, il faut continuer à le faire.
David Dufresne
Les déterminer,
Aly Diouara
vous dites où il est déterminé. De l’autre côté, nous avons. Par rapport à votre seconde question, nous avons. Une fierté envers un certain nombre de leaders d’opinion, de sportifs, d’artistes du monde du spectacle et autres. Par rapport à leur parcours et on en est, on en est très fier. Moi, je n’ai pas envie de jeter l’opprobre sur ces personnes-là. Cela étant dit, la situation et le risque de l’extrême droitisation du pouvoir, même si elle a déjà bien commencé. Le risque de l’arrivée est concret. De l’aide concrète de l’extrême droite au pouvoir devrait les interpeller. Ils devraient prendre la parole. Ils ne devraient pas être ambigus dans cette prise de parole. Ce qu’a fait ce qui a dit qu’il y a des MBappé récemment est pour moi une faute. Une faute parce qu’on n’oppose pas, on ne met pas sur le même plan l’extrême droite et la gauche. Pas d’extrême gauche de la gauche. A dit les extrêmes parce que voilà, considérez LFI comme de l’extrême gauche. Sauf que, au sens littéral, au sens institutionnel du terme, et LFI est un parti de gauche, tout simplement. Donc je trouve que ça, c’est très grave. Ils auraient dû tout simplement aller voter et vous opposer à l’extrême droite. Point barre. Il a eu beaucoup plus de courage à dénoncer les mots de Noël, le vote contre Zinedine Zidane. J’aurais souhaité qu’il fasse preuve d’un même courage, si ce n’est Il n’y a pas besoin de courage de s’opposer à la venue du racisme et du fascisme au pouvoir. Est ce qu’il aimerait demain ? Je me souviens d’une phrase de Yassine Belattar qui disait : Est ce qu’il aimerait demain que tel ou tel trophée lui soit remis par un représentant du Rassemblement National ? A un moment donné, c’est cette déconnexion, ou du moins cet éloignement avec le réel, avec un réel passé qui moi, me sidère. Après qu’il ait fait MBappé pour pas trop jeter l’opprobre sur lui, il est parti du quartier. Il avait douze treize ans. Donc ce qui se passe réellement, il n’en a pas eu véritablement conscience. C’est pour ça que sa mère disait dans une interview dans un reportage qu’il ne venait pas de la cité. Très justement. Mais il incarne quand même la réussite des quartiers. Il l’incarne. On dit le prince de Bondy a dit le prince de Tourcoing et le prince de Bondy. Donc le prince de Bondy doit prendre ses responsabilités en tant que personne n’est personne, personne publique, personnage public éminemment reconnu au niveau mondial. Il doit prendre ses responsabilités et surtout le capitaine de l'équipe de France. Et moi ces personnes qui peuvent d’une lâcheté et dire oui je sais que ma voix porte mais c’est privé. Non, ce n’est pas privé en fait. C’est clairement public. Tu te dois en tant que leader d’opinion, parlez-en. Il y a eu la lâche agression du jeune Youri il y a il y a peut-être deux ans et qui s’est fait et qui s’est fait tabasser. Antoine Griezmann. Non. Parler. Et là aujourd’hui, c’est, je sais que ma voix porte, mais. Bon, à partir du moment où il y a un B, il faut mettre. A partir du moment où il y a un mais moi ça me dérange. Il n’y a pas de mais, il n’y a pas de mais. Il y a une extrême droite en fait. Mais. Et pas un mais. Et nous ? Moi, le petit fonctionnaire que je suis, le petit représentant associatif que je suis, le petit jeune, le plus jeune. Mais le petit, le mec du quartier ne peut pas prendre autant de coups et voir ces personnes là dire ça, je ne peux pas accepter ça. Je ne peux pas accepter ça. Ils ont une responsabilité.
David Dufresne
Dans votre tournée de porte à porte et la déclaration pour le moins ambiguë de Mbappé ? On vous en a parlé
Aly Diouara
Non, mais ça, sincèrement, on ne va pas parler de ça. Ce n’est même pas que ça passe. Je pense que les gens ne l’ont pas entendu, ne l’ont pas entendu, ne l’ont pas suivi voilà, la réalité c’est aussi celle-ci aujourd’hui, les gens ont d’autres préoccupations, des préoccupations du quotidien et les mots de paix n’ont pas été entendus à leur juste mesure. Mais je pense qu’ils n’ont pas aussi été entendus parce qu’ils n’ont pas été très clairs et n’ont pas été très clairs. Il aurait fallu que Kilian se lève et dise le 30 juin je vous appelle toutes et tous à faire barrage à l’extrême droite.
David Dufresne
L’image de la Seine-Saint-Denis, l’image des quartiers. Elle se résume souvent à quelques phénomènes d’images médiatiques. Il y a des mainstream. La drogue, les rodéos, les. Qu’est-ce que vous vous diriez de ces trois réalités ?
Aly Diouara
Ces trois réalités sont souvent, bien que certaines réalités soient des faits structurels dans nos quartiers. Moi, j’ai envie de les mettre dans la rubrique des faits divers parce qu’en Seine-Saint-Denis, il se passe beaucoup de choses et les faits divers font diversion, comme disait Bourdieu. Donc moi j’ai envie de les mettre dans une autre rubrique et parler davantage de ce qui se passe en Seine-Saint-Denis, de la vitalité, de la résilience des habitants de la Seine-Saint-Denis qui, malgré toutes les difficultés et les inégalités cumulatives auxquelles ils font face et Ben font en sorte que la situation ne soit pas pire que celle qu’elle pourrait être. Et c’est ça dont j’ai envie de parler. Comme on dit, quand un arbre tombe, cela fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. En Seine-Saint-Denis, c’est vraiment le cas. C’est à dire que les médias mainstream, mais pas qu’eux, et même un certain nombre de médias alternatifs se jettent sur un certain nombre de phénomènes qui se passent en banlieue pour ne pas jeter l’opprobre, parfois même défendre les quartiers populaires. Mais moi, je pense qu’il faut parler d’autres sujets pour parler de réussite dans les quartiers populaires, pour parler de véritable réussite. Récemment, il y a eu pas mal d’articles autour d’un jeune, je sais plus de quelle ville peut être cité, de Noisy le Grand ou d’ailleurs je crois qui s’appelait Alan qui qui a intégré la NASA. Je pense que c’est quelque chose qui à mon sens est une exception, mais c’est une exception à laquelle il faut vraiment parler et mettre l’accent. En Seine-Saint-Denis, il y a beaucoup, beaucoup de choses qui se passent et beaucoup moins la drogue ou les trafics de drogue, si on veut. Les rixes sont un sujet. Je ne dis pas que ce n’est pas un sujet, mais c’est un sujet au même titre que ça l’est à Paris. Voilà à Paris, il y a beaucoup de choses qui se passent en sortie, notamment des boîtes de nuit. Il y a beaucoup de choses qui se passent. Voilà les consommateurs d’un certain nombre de drogues, de cocaïne ou autres. Je ne suis pas convaincu que ce soit des gens de banlieue ont donné ça aussi. C’est des réalités. Quand Monsieur Palma de. Qui cause un accident finalement mortel et excessivement décapant pour eux, pour les victimes. Ce n’est pas Aly qui l’a fait. Cet accident-là, il l’avait sous l’emprise de stupéfiants. Voilà. Donc ça c’est des réalités.
David Dufresne
Mais par exemple, sur les trafics de drogue, il y a quelque chose que je trouve assez saisissant, c’est que c’est vraiment de l’ultra capitalisme, du capitalisme poussé à outrance où la main d'œuvre est quasi mortelle. Je parle des guetteurs, des dealers, etc. Où la concurrence est déloyale, on pourrait dire ça et frontal où on voit des sites, c’est un marché, on sait étudier par certains chercheurs, etc. Ça, par exemple, vous réfléchissez à ça en vous disant comment on pourrait transformer.
Aly Diouara
Comment on pourrait transformer ça. Déjà, d’une, il faut déjà remettre les choses dans leur réalité aussi sociologique. Le trafic de drogue fait partie de ce qu’on appelle l'économie souterraine. Mais l'économie souterraine, ce n’est pas que le trafic de drogue. Il y a l'économie souterraine aussi, des cols blancs, des bureaux, des méthodes, des gens qui. La fraude fiscale. Cette économie là, souterraine est beaucoup plus importante que le trafic de drogue et le trafic de drogue. Pour beaucoup, c’est aussi moi, je ne l’excuse pas, je ne le protège pas et je m’indigne contre le trafic de drogue. Vous parlez d’une certaine forme de capitalisme. J’ai envie de dire que les gens n’ont pas qu’ils s’en sortent comme ils peuvent. Mais moi j’ai envie de parler du travail et de la valeur travail aujourd’hui, dans les quartiers où on cherche à travailler. Et le trafic de drogue n’est pas un travail. Le trafic de drogue ne permet pas de cotiser pour sa retraite. Et ça, c’est des choses qu’il faut aussi réussir à déconstruire auprès d’une certaine frange de la jeunesse qui est excessivement minoritaire. On ne parle pas de dans des villes, on ne parle pas de plus de 200 personnes dans des villes de 45 50 000 habitants. On parle d’un petit noyau de personnes qui vivent de ça au bénéfice de gens qui vivent juste à côté de là où nous sommes. Donc c’est ça aussi la réalité. Voilà. Donc moi j’ai envie de recontextualiser ça en parlant d'économie souterraine, d'économie informelle, mais surtout de volonté politique pour les pouvoirs publics d’endiguer véritablement le chômage, le chômage et de créer les conditions d’une réussite sociale républicaine pour tous et toutes. Et ça, ce n’est pas ce que nous avons la possibilité pour un grand nombre d’entre nous, d’avoir en Seine-Saint-Denis. Bien, beaucoup, énormément de gens réussissent en Seine-Saint-Denis, mais énormément de gens aussi ne s'épanouissent pas en Seine-Saint-Denis. Et l'épanouissement fait partie de la réalisation de soi. Et moi, ce que j’aimerais que les pouvoirs publics mettent au centre de leur projet également, c’est à la fois cette lutte antiraciste qui est éminemment politique et qui doit être au cœur du projet de rupture de la gauche, mais également cette volonté d’accompagner les publics et les populations de Seine-Saint-Denis et d’ailleurs, des quartiers populaires de France à davantage, en tout cas, d’avoir une vision autour de l'épanouissement. Et c’est ça auquel, en tout cas, je souhaite m’atteler en tant qu’ ' Aly tout simplement.
David Dufresne
Veuve Chyco, vous vous demande : avez-vous constaté auprès de vos proches, de vos soutiens, des possibles électeurs, une dégradation de leur santé mentale ?
Aly Diouara
La santé mentale. C’est un véritable sujet. C’est un véritable sujet. Dans les quartiers populaires, c’est un véritable sujet, c’est parfois même un tabou et parfois même un tabou. Parce que forcément, culturellement, on a un peu de mal avec ce sujet-là. Et les déserts médicaux, notamment en psychologie psychiatrique, n’aident pas, n’aident pas à surmonter, à surmonter la pente et accompagner les populations de Seine-Saint-Denis dans leur processus de guérison. Parfois, certains sont malades, ne le savent même pas et ça, je trouve ça aussi. Je pense que c’est un sujet qui devrait être un sujet au-delà d'être un sujet d’intérêt public, mais c’est un sujet qui devrait être d’intérêt national. On devrait davantage s’intéresser à cette question-là parce que c’est très, très, très, très difficile. Et donc oui, la santé mentale notamment, je pense notamment aux étudiants, joue énormément, joue énormément en Seine-Saint-Denis et dans le quartier, on n’en parle pas beaucoup, pas assez en tout cas. On en a parlé un peu durant la période de la crise sanitaire. Et puis la crise sanitaire, excusez-moi et on l’a mis sous le tapis et ça, ce n’est pas normal.
David Dufresne
Comment convaincre sur le volet social du programme du nouveau Front Populaire ? Demande Marie et ses jumeaux. Quel est votre discours ?
Aly Diouara
Comment convaincre ? Moi, je m’inscris dans une gauche de rupture. Comme je l’ai dit tout au long du début de cette interview. Je m’inscris dans une gauche de rupture et cette gauche de rupture là elle, elle a plusieurs, plusieurs, plusieurs axes sur laquelle, en tout cas, moi, je m’inscris. Bien évidemment, en premier lieu, il y a la question de la lutte antiraciste. L’antiracisme, c’est hyper éminemment politique. C’est hyper important de la remettre au centre du débat puisque d’elle découle un certain nombre de projets, de projets, de propositions, de lois et de postures. Et je pense qu’il faut changer aussi le narratif autour de ça. Et ensuite, il y a toutes les questions sociales qui se posent, les questions sociales, les questions environnementales, écologiques. Je pense notamment à la rénovation du bâti de l’ancien bâti dans les quartiers populaires. Vous parliez tout à l’heure de réaménagement, mais aujourd’hui on a beaucoup de logements et même neufs, ou en tout cas très récents, qui sont réalisés dans des circonstances absolument scandaleuses. J’ai visité des logements où vous avez des plafonds qui littéralement s’écroulent faute d’entretien des terrasses par rapport à un certain nombre de bailleurs sociaux. La question de l’humidité dans le logement qui crée notamment et qui accentue le développement de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Des situations excessivement handicapantes pour les personnes asthmatiques notamment, ou qui ont qui sont victimes, malheureusement pour elles, de bronchites chroniques. Donc voilà, il y a un certain nombre de choses pour lesquelles, en tout cas, si l’opportunité m’est donnée d'être aimée et offerte, d'être député que je défendrai, et notamment la question de l’accès aux soins, la question de la santé, de la question de la santé mentale et la question de l’habitabilité au delà de la planète, mais de nous, de notre environnement social proche.
David Dufresne
Une autre question du chat comment sont vos rapports avec la police ? Y a t il et si oui, des interlocuteurs ? Est-ce que vous trouverez des interlocuteurs ou est-ce que le dialogue est strictement impossible ?
Aly Diouara
Je ne dirais pas que le dialogue est impossible, je dirai simplement que le dialogue est compliqué. Le dialogue est compliqué avec la police, mais pas avec tout le monde, avec en tout cas une certaine partie de la population et particulièrement les personnes racisées. Aujourd’hui, on connaît le positionnement de la police d’un point de vue aussi électoral et ça n’aide pas et ça n’aide pas du tout. Et puis il y a eu des situations, il y a eu des situations et il y a eu des drames. On parlait de Nahel, Bien, on va être à un an de la mort de Nahel, mais je peux penser également à Je peux penser également à Alhassane et à d’autres, à Cédric, se souvient Adama Traoré, à Zyed et Bouna qu’on avait évoqué à Malik Oussekine et à plein d’autres qui ont été victimes de violences et de meurtres policiers. Très clairement. Donc, il y a un sujet par rapport à la police. Un David Dufresne ne sera pas confronté aux mêmes difficultés car Aly jouera face à la police dans des situations particulières. Ça, c’est la réalité et il faut l’entendre, cette réalité-là. Malheureusement, on a pris conscience de cette réalité uniquement lors d’une période particulière de notre de notre histoire récente, à savoir la crise des gilets des gilets jaunes. C’est à ce moment-là qu’on a compris que la police pouvait être violente envers tout le monde en fait, et que la police protégeait finalement uniquement les puissants et pas forcément le peuple qui finalement, à travers la démocratie, lui permet d’exister. Donc je pense que là qu’il faut une réforme en profondeur de la police dans sa relation avec la population. Moi je ne suis pas forcément, comme d’autres le disent et ce sera le sujet de débat qu’on pourra avoir par la suite, notamment au sein du nouveau Front populaire. Je ne suis pas forcément celui qui est pour le développement de polices municipales ou le développement de police de proximité. Je suis pour une réforme de la police républicaine et qu’elle soit déontologiquement juste envers tous les citoyens, qu’elle fasse preuve d’une certaine forme d’empathie envers tous nos concitoyens, qu’ils soient jaunes, noirs, bleus ou tout ce qu’on veut qu’ils soient, qu’ils soient de telle ou telle confession. Voilà, je pense que la police manque cruellement d’empathie envers les habitants, notamment ceux des quartiers populaires et particulièrement les racisés, Et je pense que ça, ça mérite qu’il y ait quand même une réforme de la police et également la création d’un pouvoir, d’une entité qui n’est pas celle que l’on connaît aujourd’hui DGPN, mais d’une entité administrative et judiciaire qui permet de juger finalement les situations qui finalement s'écartent de l’idéal républicain que nous appelons de nos vœux et qui parfois causent des situations dramatiques et tragiques. Je pense notamment à Eddy, à Marseille, qui a vu son crâne fracassé par des fonctionnaires de police et notamment à la mort encore de Nahel de Nice, très récemment.
David Dufresne
On a reçu Ugo Bernalicis, donc le Monsieur police de LFI. Donc là vous avez un peu ressorti tout le programme police du nouveau Front populaire, mais vous vous distinguez sur la création d’une police de proximité qui est prévue dans les quinze jours arrivés au pouvoir, les quinze jours de rupture. Pourquoi la police de proximité ne vous semble pas être une bonne idée ?
Aly Diouara
Je ne dis pas qu’elle l’est pas, qu’elle n’est pas une bonne idée. Elle peut être. Elle peut être une bonne idée, mais je pense qu’elle doit s’inscrire dans un projet global de réforme de la police. Elle ne peut pas arriver dans les quinze jours. On va faire une police de proximité. Mais pour quoi faire ? Pour quoi faire ? Quel bilan tire-t-on de la police de proximité ? Quel bilan on tire de ça ? Et tant qu’on n’aura pas fait le bilan de ça, un bilan en profondeur, une analyse fine de la situation des résultats de la police de proximité quand elle a existé, des points de progression à améliorer, etc. Je pense que ce n’est pas quelque chose de ce n’est pas le bon message à envoyer aujourd’hui dans nos quartiers. Je pense que le bon message à envoyer dans nos quartiers est un message, j’ai envie dire, de respect, de dignité et d'égalité républicaine face. À un certain nombre de problématiques et de mots que l’on rencontre dans nos dans nos cités populaires. On parlait tout à l’heure d'éducation.
David Dufresne
Si je puis me permettre, vous avez oublié Fraternité. Or je pense que c’est vrai que la fraternité dans le triptyque, ce n’est pas ce qu’on met en avant. À mon avis, à partir du 8 juillet, la fraternité, oui.
Aly Diouara
Bien sûr, mais là j’ai envie de parler d'égalité républicaine, évidemment. Après le triptyque républicain, j’y souscris pleinement. Maintenant, y souscrire et il y a le faire vivre et le faire bien, on ne le fait pas vivre en disant liberté, égalité. Fraternité en traînant et en sûr, en bougeant un peu le drapeau tricolore. Et il n’y a pas que ça. La vie, la vie, Souvent on l’entend dans le quartier, mais la vie
David Dufresne
Oh là, vous avez exactement la position de votre affiche.
Aly Diouara
Je vais me repositionner. Maintenant, n’est-ce pas ? Mais en tout cas voilà, comme je dis souvent, la vie ce n’est pas des lol. Donc à un moment donné, je pense que la police de proximité peut être une bonne chose à condition qu’elle soit, qu’elle soit que le bilan qu’on en fait soit un bilan juste et que les missions qu’elle aurait eu l’auront. Je n’en ai pas envie. Je n’ai pas envie de croire que mettre plus de bleu résout des situations. Je crois que mettre plus d'éducateurs, de personnes en prévention spécialisée, de professeurs, d’enseignants devant les élèves, des médecins, je pense que ça, ça doit être les priorités. Et en tous cas c’est celles pour lesquelles je crois avant de mettre du bleu. Il n’y a de violence que s’il y a des déserts et des déserts, des lieux où finalement, on sent que l'État n’est plus là, qu’il y a de l’abandon, du délaissement. Et pour éviter ce délaissement et cet abandon, je pense qu’il faut davantage axer sur le rôle, vraiment répondre à ce triptyque républicain de l'égalité, de la liberté, de la fraternité en mettant en place les moyens dans un des quartiers et dans des villes et dans un département qui est celui du département le plus pauvre de France métropolitaine. Mais je pense également aux outre-mer et à tous les quartiers prioritaires politiques de la ville.
David Dufresne
Alors le tchat rappelle que ce que vous appelez de vos vœux, c’est dans le programme du nouveau Front populaire. Plus de profs, plus d'éducateurs, etc. Il n’y a pas qu’eux.
Aly Diouara
Non bien sûr. Mais comme vous, vous vous disiez que dans les quinze jours, on veut directement plus de police, une police de proximité. Il faut savoir que ce programme a été fait très rapidement, que nous n’avons pas pris part à la rédaction de ce programme. Bien évidemment, j’y souscris pleinement. Cela étant dit, ce n’est pas la Constitution. La Constitution, c’est un programme et le programme peut être amendé. L’objectif est de ne pas le trahir. Voilà, l’objectif le plus important, c’est de ne pas le trahir et surtout d’y inclure aussi un certain nombre de choses. Tout à l’heure, j'évoquais notamment la question du droit de vote des étrangers vivant en France, notamment aux élections locales. Moi, je me rappelle d’un référendum dans ma ville où on avait fait un référendum pour le droit de vote des étrangers aux élections locales et ça avait remporté un oui. Donc c'était aussi une promesse. A l'époque de Mitterrand, c'était également une promesse de François Hollande en 2012. Donc à un moment donné, je pense que c’est quelque chose excessivement important, à plus forte raison quand on sait que le Rassemblement national est aux portes du pouvoir et que les premières victimes de leur politique seront ces mêmes personnes.
David Dufresne
Marco Dino, pardon, on vous demande. Merci pour cette interview d’abord. Et on dit quoi face aux fachos qui disent que tout l’argent va dans les quartiers.
Aly Diouara
Qu’il faut venir voir dans les quartiers si tout l’argent va dans les quartiers ? Pense qu'à un moment donné, beaucoup de gens fantasment sur la réalité des quartiers, que les quartiers ont bon dos et qu’il est temps d’arrêter ces fantasmes. Les quartiers ont vraiment bon dos, mais ils ont aussi bon dos parce qu’ils n’ont pas forcément les représentants qu’ils méritent et qu’ils appellent de leurs vœux. Donc voilà, les quartiers ne doivent plus être les boucs émissaires des discours fascistes et xénophobes de l’extrême droite. Les quartiers aujourd’hui, aucune association de quartier ne vit avec opulence. Elles ont toutes de très grandes difficultés et l’argent ne va pas forcément dans les quartiers. Et si l’argent était dans les quartiers, je pense que tout le monde irait vivre dans les quartiers. Ce n’est pas le cas. Je pense même qu’aujourd’hui beaucoup de gens fuient les quartiers et la vie dans les quartiers parce que le niveau de vie et l’idée de s’y épanouir n’y est pas tellement. Donc voilà, il faut arrêter les conneries à un moment donné. Et ces discours qui n’ont ni queue ni tête parce que vivre dans les quartiers ce n’est pas si simple. Et si c'était si simple que ça, je pense que Jordan Bardella, qui dit souvent qui vient de Saint-Denis, bah il vivrait encore, Ce n’est pas le cas et ce c’est pas pour rien.
David Dufresne
Un autre sujet revient beaucoup, nous dit Ian Man Show dans les médias mainstream et ailleurs à propos des quartiers, l’islamisation des quartiers. J’ai pu entendre une soignante un peu âgée qui vit à Nantes, dans mon quartier, j’ai l’impression d'être en Algérie. Au-delà des préjugés et de ces fantasmes médiatiques, que pouvez-vous dire de la place de l’Islam en Seine-Saint-Denis et des autres religions pour élargir la question ?
Aly Diouara
Je peux dire une chose très simple, c’est que l’islam, au même titre que toutes les religions ou les personnes qui ne croient pas, les personnes qui croient à sa place dans les quartiers et dans la République. A un moment donné, je pense que le fait qu’il y ait plus de musulmans par exemple, en tout cas réellement ou supposément dans les quartiers, est simplement lié à l’histoire sociologique de ces quartiers. Ces quartiers sont des quartiers où il y a beaucoup de personnes issues de l’immigration. Donc à un moment donné, il faut juste être. C’est juste des mathématiques. En fait, ce n’est pas compliqué de comprendre que dans un lieu où historiquement on a décidé de faire du regroupement familial, de la mise au ban puisqu’on parle des banlieues, de la mise au ban d’une certaine partie de la population dans ces lieux-là, que ces personnes-là sont venues et on leur confession qui est protégée constitutionnellement, qu’ils puissent pratiquer leur religion dans le respect des règles, des règles, du vivre ensemble, des règles républicaines. Donc il n’y a aucun souci là-dessus. Moi je viens d’une cité, d’une cité, la cité des 4000 à La Courneuve, au milieu de laquelle j’ai grandi. Il y a une synagogue, une chapelle et une mosquée. On va à la synagogue dès aujourd’hui. Ils n’ont jamais eu de souci. Jamais, jamais. Et la chapelle également. Et la mosquée également. Donc on arrive très bien à vivre ensemble. Bien évidemment, il y a parfois des situations déviantes, mais qui sont à la fois à l’opposé du fait religieux et de la croyance religieuse. Mais de l’autre côté, personne ne fait une bêtise ou une connerie en se réclamant de telle ou telle appartenance ou de telle ou telle religion. Donc à un moment donné, je pense qu’il faut remettre un peu de bon sens dans les discours et penser en fait arithmétique, mathématique et se dire simplement que oui, dans l’amicale des locataires que je préside, bah oui, essentiellement des personnes issues de l’immigration et des personnes issues de l’immigration asiatique. Donc beaucoup de bouddhistes, des personnes sikhs et également des personnes musulmanes. Mais moi je ne fais pas de calculs ethnico religieux sur ce qui se passe dans tel ou tel quartier et ça n’a aucun sens, ça n’a aucun intérêt. Et bien évidemment, ces personnes-là pratiquent ou ne pratiquent pas justement leur religion comme bon leur semble, à partir du moment où l’expression de leur religion ne trouble absolument pas l’ordre public, tout simplement.
David Dufresne
Alors la question de la religion amène un point sur lequel vous allez sans doute répondre vous êtes soupçonné d’antisémitisme, de d’obsession des juifs, alors vous vous souriez.
Aly Diouara
Un rire nerveux. Le micro voix est nerveux, qui m’agace plus qu’autre chose, mais qui y voilà, qui a permis aussi de parler aussi des quartiers populaires de la campagne, même si ce n'était pas forcément sur des choses très élogieuses. Après, sur le terrain, il faut savoir ce qui se dit sur le terrain. On ne parle pas de ça, on ne parle absolument pas de ça parce que d’une part, on me connaît, on connaît mes engagements, on connaît les luttes que j’ai menées, notamment les luttes par rapport au racisme et à tous les racismes. Moi, je suis contre la hiérarchisation des racismes, je suis contre la hiérarchisation des racismes. Après, voilà, je m’exprime, je m’exprime de manière parfois sarcastique, de manière virulente même, pour bouger un peu l’establishment. Mais je sais également que ces accusations éhontées diffamantes ne viennent pas de nulle part non plus. Ces accusations, elles sont, elles sont aussi le fruit d’une volonté de faire taire la parole et l’expression des quartiers populaires que je peux également incarner. Vous savez, il y a deux ans, j'étais candidat aux élections législatives, j'étais candidat dans une circonscription compliquée avec la candidate sortante qui était l’ancienne ministre Marie-George Buffet, avec un maire, un maire des quartiers populaires, Azzedine Taieb Je n’ai pas eu un seul article et pourtant mon positionnement a toujours été le même. Je n’ai pas eu un seul article, mais pour moi, tout ce qui est en train de se passer là s’inscrit dans le prolongement de l’ostracisation à laquelle je suis et je suis victime depuis. Depuis trois ou quatre ans maintenant. Je pense notamment aux associations dans lesquelles je suis et j’ai été impliqué, notamment l’association Action de solidarité de l’autonomie durable, qui a vu ses subventions drastiquement diminuer en 2020. Pour la petite histoire, cette association percevait quatre 20 000 € de subventions de la ville et de l'État en 2020 du comité et a toujours eu une respectabilité. Il y a encore quelques mois, madame la Première ministre l'évoquait en des termes très élogieux. J’ai reçu la médaille de bronze de l’engagement associatif par l’Etat. Et c’est des réalités. Je sais des choses très concrètes. Il y a deux ans, c'était ça. L’Association Assad a vu, on est passé de quatre 20 000 € à 10 000 €. Il a fallu faire une cagnotte. Pour pouvoir continuer nos actions. Ça, c’est la réalité à laquelle nous sommes confrontés. Donc on peut m’accuser de tout et de n’importe quoi, de manière honteuse, diffamante et en veut. Moi j’ai envie aussi de parler comme je le fais depuis le début de cette interview, de notre projet, de notre programme et pour le reste, j’y reviendrai et je me suis d’ailleurs déjà exprimé là-dessus à travers un communiqué. Mais j’y reviendrai également parce que je pense que je mènerai. Des attaques. En tout cas, je sais gérer la justice sur notamment des propos honteux qu’ont été tenus à mon égard notamment, je pense notamment au président des racismes, Dominique. Voilà. Fort heureusement, moi, je ne réponds pas sur les réseaux sociaux à tout ça, parce qu'à un moment donné, je suis aussi. Un être humain en fait. C’est à dire que je me dois et je me devais, à travers tout ce qui s’est passé, me mettre un peu dans une dans une carapace, dans une bulle, pour pouvoir avancer mon projet et surtout pour pas donner le sentiment à toutes celles et ceux qui portent un espoir en ma candidature, en ma personne, au travail que je fournis sur le terrain, à se dire que c’est impossible. On ne peut pas en fait changer les choses ainsi. On va changer les choses. En fait, le projet que je porte est plus grand que moi. Moi, je suis comme eux.
David Dufresne
Alors le tchat dit que les accusations sont des accusations. Donc les accusations ou les soupçons d’antisémitisme à votre égard seraient le fait de l’extrême droite. Pas seulement venait de le dire, il y a Dominique Sopo, et puis il y a le Parti de la Gauche, et puis il y a un reportage dont je voudrais vraiment qu’on parle parce que j’ai trouvé. Là, pour le coup, votre réponse est extrêmement intéressante, mais néanmoins sur vous, sur vous, sur ce que vous avez fait. Est ce qu’il y a quelques déclarations, quelques vidéos où vous vous dites aujourd’hui je les ferais pas de la même manière ?
Aly Diouara
Non, non, non, pas du tout,
David Dufresne
Parce que quand. Vous donnez trois noms, oui, bien sûr, d’obédience juive.
Aly Diouara
Bah en fait ce n’est pas une question de candidat d’obédience juif. En fait, on est dans une élection électorale qui est des élections européennes, on a des candidats, des candidats qui sont des personnages publics, sont des candidats qui sont connus pour être, une tête de liste. L’autre est un personnage éminemment présent et que je suis sur les réseaux sociaux du Parti socialiste. Et donc je les évoque parce qu’en fait, c’est les premiers qui me viennent à l’esprit. Mais j’en ai évoqué d’autres en fait, dans d’autres vidéos au même moment, j’en ai évoqué d’autres. Donc à un moment donné, on ne peut pas exclure et sortir de leur contexte des propos et m’accuser de telle ou telle chose alors que je ne savais même pas, par exemple, que François Kalfon était d’obédience X ou Y. En fait, moi, la religion des personnes qui ai dit-je m’en fiche royalement, ça ne m’intéresse pas, ça ne m’intéresse pas. D’ailleurs, je n'évoque pas leur religion, je l’ai jamais fait, je n’entre même pas dans les lieux de culte. Encore récemment, j’ai été invité à entrer dans un lieu. J’ai dit non. J’ai beaucoup de gêne
David Dufresne
Pas qu’il y ait de gêne ?
Aly Diouara
De Glucksmann je peux dire qu’il est sioniste, mais c’est un propos politique. Ce n’est pas un propos comme on essaie de le faire croire antisémite ou quoi que ce soit, c’est un propos politique. Je parle également de droite sociale par rapport aux socialistes parce que je parle notamment de trahison par rapport au socialisme. Donc, à un moment donné, on ne peut pas dire du jour au lendemain telle personne, tout ce qu’elle a fait dans sa vie parce qu’elle s’est présentée à telle élection. Et là, je vous le redis aujourd’hui, j’ai été accusé de telle ou telle chose par l’extrême droite qui a monté ça par la suite. Mais avant tout, le message a été colporté, notamment par une centaine, une certaine partie de la gauche. Mais ça, je me réserve le droit de mener, de mener les démarches administratives et judiciaires. Après, après la campagne, on est on est dans une campagne excessivement courte. Mais voilà, moi je tiens à dire que l’ensemble de mes propos, c’est comme tout à l’heure quand je disais le salut, les blancs et je faisais référence à Paris à l'époque. L’ensemble de mes propos sont politiques, ils ne sont rien d’autre que politique, à aucun moment en fait. Je trouve même ça assez aberrant et un peu révoltant. Qu’on me fasse en fait qu’on. Te retourne contre moi. Ce qui a été au cœur de mon engagement des 20 dernières années. C’est-à dire que je l’ai dit tout à l’heure à plusieurs reprises, la lutte antiraciste doit être au cœur du projet de rupture de la gauche. Et de tous les racismes sans hiérarchie.
David Dufresne
C’est la raison pour laquelle j’ai préféré qu’on prenne 1h et demie pour parler du fond avant d’arriver à ces questions-là.
Aly Diouara
Ça fait partie du fond,
David Dufresne
je trouvais plus intéressant
Aly Diouara
C'était aussi très polémique, mais ça fait partie du fond. Donc, je le redis, mon engagement politique foncièrement ancré contre la lutte contre l’ensemble des racismes et leurs expressions diverses et variées. C’est ça mon engagement. Maintenant qu’on le croit, qu’on ne me croit pas, je ne ferai jamais l’unanimité quoi qu’il en soit. En tous cas, l’un de mes objectifs principaux est de défendre et de représenter du mieux que je peux les habitants, notamment des quartiers populaires de Seine-Saint-Denis, de France et l’ensemble des habitants. À hauteur de mes capacités. Fort de mes convictions, de mes valeurs et de mes principes. Voilà, c’est ce que je peux vous dire et c’est ce qui a fait, c’est ce qui a conduit entre guillemets,Il n’y a pas de guillemets. C’est ce qui a conduit à l’essentiel de mon action. Et encore une fois, il faut aller plus loin dans les recherches des tweets et des relations que je peux avoir avec eux, avec la population et toutes les populations de Seine-Saint-Denis.
David Dufresne
Je voudrais justement qu’on parle de ça. Juste pour préciser pour tous ceux qui participent et qui sont sur le djihad et c’est formidable, qui discutent, qui se chamaillent, mais en bonne et en bonne fraternité. On peut être en désaccord et rester et rester frères et sœurs. Je voulais préciser que j’ignorais totalement ces accusations quand je vous ai invité il y a une dizaine de jours. Et en fait elles sont ressorties et notamment dans un dans un drôle d’objet, une vidéo de Julien Pin, le responsable de l'émission Le vrai du faux sur France info. Euryale tu as le lien si tu veux le mettre dans le tchat alors qui est un modèle pour moi contre modèle journalistique absolu un. Ça ne parle pas du tout, mais alors pas du tout de seconde. C’est un portrait de vous à travers des extraits vidéo C’est à dire que c’est quand même le degré zéro du journalisme politique, c’est à dire qu’on n’est pas sur le programme, on est bon. Alors, déjà il y a ce truc-là. Mais quelle ne fut pas ma surprise puisqu'à la fin du vrai, du faux donc, où il y a un certain nombre d’accusations qui vous sont faites, vous venez d’y répondre. Ils disent que vous n’avez pas voulu leur répondre. Et là je tombe sur votre tweet qui m’a bien fait marrer. Vous êtes allé chercher. Les portables autour de la boîte de production pour les raconter ? Parce que je vous cite en fait, je vous entends, c’est très juste.
Aly Diouara
Alors je suis tombé sur ce reportage excessivement à charge, diffamant, exécrable et nauséabond de Julien Pin. Et à la fin, en fait, je l’ai regardé, je me suis dit bon, un de plus, un de moins. Les accusations sont là, elles sont là. Donc je vais essayer de les déconstruire. Mais j’ai envie de démanteler quand même sur mon programme et. Et à la fin du reportage, j’ai dit que nous avions tenté de nous joindre. Il n’a pas souhaité répondre aux questions, nous n’avons pas réussi à le joindre. Sauf qu’ils n’ont jamais tenté de me joindre, à aucun moment, absolument aucun.
David Dufresne
Du coup, vous leur demandez quoi ?
Aly Diouara
Du coup, je leur pose la question par quels moyens de télécommunication ils auraient tenté de me joindre. Parce que vous savez, quand on vous accuse de quelque chose. On a un peu un syndrome de. Du, du, du, du coupable parfois. Et en fait je me suis dit peut-être qu’ils ont essayé de me vendre. J’ai. J’ai fouillé dans mon téléphone, j’ai fouillé dans mes sms, dans mes mails, pour voir si vraiment il y avait cette demande du journaliste et absolument pas. Donc je lui ai posé la question. Il n’a pas souhaité me répondre. Donc le lendemain, j’ai reposé la question en mettant cette carte de l’ARCEP. Qui recense en fait l’ensemble des antennes relais 2G, 3G, 4G et 5G de la zone où est Julien Pain et de leur studio. Et là aussi il ne me répond pas. Donc je ne comprends pas. En fait, vous m’accusez de certaines choses, Vous voulez dresser un tableau peu reluisant de ma personne, vous dégrader honteusement ma réputation. Et au final, vous dites et vous mentez finalement en disant que vous avez tenté de me joindre alors que c’est totalement faux. Et là ne me répond pas non plus. Donc j’ai. Conformément à la loi, j’ai été sollicitée à travers un tweet.
David Dufresne
Toujours oui, un droit de réponse.
Aly Diouara
Un droit de réponse à France Télévisions et à Delphine Ernotte. Et qu’elle n’a pas été ma surprise de voir enfin Julien répondre, non pas sur le fond de ma question initiale, à savoir par quel moyen il a tenté de me joindre, mais en répondant parce que j’ai épinglé plus ou moins ces responsables. Sûr, si vous voulez un droit de réponse, il n’y a pas de souci, je vous envoie le mail en privé, donc en privé. Je lui ai posé la question en lui disant par quels moyens vous avez tenté de me joindre ? Parce que là, ça en devient pénible de mentir comme ça, de faire ce reportage totalement à charge, sans aucune contradiction. Et moi je crois encore une fois qu’il a répondu uniquement à une commande politique, point barre, à une commande politique ou médiatique pour casser du sucre sur mon dos et dresser un tableau honteux et diffamant de ma personne.
David Dufresne
Donc il y a deux choses oui, un journaliste a le droit de te faire un portrait désagréable.
Aly Diouara
Mais il peut faire un portrait.
David Dufresne
Là où il y a un souci, c’est qu’il n’y a pas de contradictoire.
Aly Diouara
Il n’y a pas de contradictoire. Et pire, il a le droit de faire le portrait qu’il veut. Le Figaro ne s’est pas gêné, mais il n’y a pas eu de contradictoire non plus avec Le Figaro. C’est drôle. Aucun média mainstream ne m’a contacté. Aucun. Aucun, si ce n’est si ce n’est France Télévisions récemment, auquel je n’ai pas voulu répondre dans la mesure où il y avait eu ce reportage. Et de l’autre côté. En fait, ils voulaient nous opposer et faire en sorte que mon adversaire, lors de cette campagne, soit madame Garrido. Or, ce n’est pas mon adversaire. Je considère que sa candidature dissidente est irresponsable. Je considère qu’elle utilise frauduleusement le logo du nouveau Front populaire pour lequel elle n’a pas été investie. Mais ça, c’est un autre sujet. C’est un autre débat. Après, d’un point de vue purement projet, je ne peux pas dire que c’est une personne qui est un adversaire politique au même titre que la droite ou l’extrême droite. Ce n’est pas vrai. Donc ces médias et là, Julien pas en l’occurrence, ne m’a pas contacté et quand je lui pose la question, il n’y répond pas. Donc moi c’est des attitudes et c’est pour ça aussi que dans nos quartiers, les habitants de nos quartiers n’ont plus confiance à un certain nombre de journalistes parce qu’ils changent des réalités, ils sortent les choses de leur contexte et surtout, ils n’accordent pas de places, notamment au contradictoire d’une personne comme moi qui l’a. Quand on parle depuis un certain temps tous les deux. Voilà, je m’exprime de manière très claire. Je ne gêne, éludé aucune question, je sais y répondre et je n’ai pas de problème avec ça. Mais je pense que lui avait un problème avec ça et de me donner la parole pour pouvoir m’exprimer. Et là, il m’oppose et me dit un droit de réponse. Sauf que le mal est fait. En fait, vous avez fait votre reportage, ce reportage à charge sans contradictoire et je trouve ça honteux. À plus forte raison il s’agit du fait de service public je paye des impôts pour ça, en fait pour ne pas respecter la déontologie la plus élémentaire.
David Dufresne
Trognon dans le tchat, lit dans mes pensées et il dit on en revient au mépris.
Aly Diouara
On en revient au mépris et on en revient clairement au racisme, au racisme de ma petitesse, de ma petitesse et de toutes les personnes qui se reconnaissent dans ce que je peux porter, dans ce que je peux faire et dans ce que je peux défendre. Pourquoi je parle de racisme ? Parce qu'à un moment donné, pendant toute l’interview, il n’a parlé que de ça, en fait, a parlé que de racisme, d’antisémitisme. Mais. La première personne concernée par rapport à ça avait conduit l’interview.
David Dufresne
Alors il y a plusieurs personnes demande quel est le fond du sujet. Aly est accusé de flirter avec l’antisémitisme, avec le complotisme. Au moment du vaccin. Un certain nombre de tweets qui sont remontés. C’est un portrait très désagréable.
Aly Diouara
C’est un portrait très désagréable. Encore une fois, moi, pendant la période de la crise sanitaire, j'étais au plus près de la population et j’ai vu leur traitement de cette population. J’ai vu le traitement aussi qu’ils ont fait des vaccins. Je suis quelqu’un qui a été vacciné. Donc bien évidemment que je m’exprime publiquement non pas contre le vaccin, mais contre les dispositions qui ont été prises en matière de vaccination. On n’a pas permis, alors qu’on avait des centres de vaccination, notamment un centre de vaccination à La Courneuve et au Stade de France. Au tout début, on n’avait pas permis aux gens. De la population des vaccinés. Là-bas, on a permis à d’autres personnes venant de l’extérieur de vacciner. Et c’est là que je parle de mépris et de ségrégation, même parfois raciales dans nos quartiers. On a parlé tout à l’heure de l'éducation nationale et notamment d’une certaine forme de ségrégation scolaire. Donc moi, voilà, je suis dans la défense de tout ça, mais je vais revenir quand même encore sur Julien Pain parce que ce qui s’est passé, c’est quand même assez incroyable et je pense que ça aurait dû faire bondir l’ensemble de la profession. Comment on peut aujourd’hui, à l’heure où beaucoup se posent des questions sur l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, va voir sur le premier reportage. Fact checking. Du service public. Ce reportage-là. Non, ils sont à charge, ce n’est pas la question. Mais ce reportage montre honteusement une personne. Et encore une fois, j’ai été candidat il y a deux ans. Je n’ai pas eu un seul article, une seule invitation de médias pour parler de ma candidature 100 % citoyenne.
David Dufresne
J’invite Julien Pin à répondre à vos questions publiquement et je me ferais un plaisir de les porter ici.
Aly Diouara
Il y a quand même répondu un peu. Non pas il n’y a pas répondu, mais il sait s' il a fait un tweet au lendemain du tweet du premier tweet que je lui avais fait en lui demandant par quel moyen de télécommunication il avait tenté de me joindre et qui a été quand même assez relayé, commenter.
David Dufresne
Attends, attendez, excusez-moi. On me dit pour info, il faudrait vérifier. Peux tu vérifier l’information de Paul Bismuth ? Je ne voudrais pas la répercuter si elle est fausse. Donc on va attendre. Vérifiez de voir. Allez-y, répondez.
Aly Diouara
Je ne sais pas c’est quoi la question ?
David Dufresne
Mais je ne sais plus où on en était. Alors s’il vous plaît, pas de pas de pas de jeu de mot sur les noms de famille. On ne choisit pas son nom etc. Merci. Si l’info est bonne, comme par hasard. Bon attendez. Bah le plus simple c’est qu’on aille regarder Tweeter. Je vais les regarder tweeter, je vais aller à la source moi-même. Euh oui voilà. Quelqu’un dans le tchat dit que Julien n’aurait finalement répondu.
Aly Diouara
Interpellé encore ce matin.
David Dufresne
Alors c’est ça ? Ça devient chaud.
Aly Diouara
m’a envoyé un message. Je vais vous lire. Nous vous avons envoyé un message le 18 juin à 13 h 42 sur ce numéro qui est celui que l’on trouve aussi sur l’Annuaire des associations de La Courneuve. Si vous ne l’avez pas reçu, j’en suis désolé et je vous confirme être disposé à discuter d’un droit de réponse sur le fond du sujet. Toutes les informations que nous donnons sont exactes. Bonne journée. Bon, encore une fois, j’appelle ça une pirouette, une pirouette. D’une part, oui, je n’ai absolument jamais reçu de message de Julien Pin le 18 juin, le 18 juin à 13 h 42 exactement. Donc il parle de message qu’il m’a envoyé. Je ne vois pas le message non plus, donc je ne vois pas de message envoyé puisqu’il précise qu’il a envoyé un message mais il ne montre pas le message. Il ne montre pas les visages et le numéro n’est pas le vôtre. Alors le numéro peut être le mien, mais il ne m’a pas envoyé de message. Donc s’il a envoyé le message, qu’il montre le message qui l’a envoyé le 18 juin à 13 h 42, je n’ai jamais reçu le message. Et puis, pour un sujet aussi important, il n’est pas question uniquement de messages à un moment donné. A quel moment ils m’ont contacté ? Est ce qu’ils m’ont contacté par message ? Si oui, il en est désolé. Il ne m’a pas contacté par message. Je vous le confirme. Je persiste et je signe. Je consigne, je ratifie tout ce qu’on veut. Mais de l’autre côté, je pense que pour un reportage aussi important, aussi à charge. L’honnêteté intellectuelle qui l’anime, peut-être pas, aurait été de m’appeler, de me contacter. Et je pense que vous m’avez contacté et notamment via Twitter. J’ai répondu directement à chaque fois qu’on me contacter, je réponds à chaque fois que je réponds. Surtout qu’on va le dire très clairement. Je ne jouis pas forcément d’un élan de la société, des journalistes qui viennent me demander des interviews ou autres. Donc ça c’est la réalité. Donc je n’y pense pas, n’a jamais cherché à me répondre. Et puis encore une fois, ce n’est pas quatre jours après qu’on répond à ça. En fait, quatre ou cinq jours après un reportage qu’on dit ah mais si, j’ai cherché à vous joindre le 18 juin à 13 h 42, sans préciser, sans préciser d’aucune manière que ce soit comment il aurait cherché à me joindre et sans mettre la preuve de ce message, il n’y a aucune preuve de ce message. Moi j’appelle ça quelqu’un de malhonnête, pour ne pas dire un menteur ou simplement, et ce n’est pas une insulte, c’est ce qui caractérise parce que ce n’est pas la première fois puisque quand on regarde, pas mal de monde se pose des questions sur la manière dont il a fait certains reportages. Donc voilà. Et. Et ensuite il dit sur le fond du sujet que toutes les informations que nous donnons sont exactes. Non, en fait, à un moment donné, il n’y a pas que le fond, il y a l’interprétation que l’on en fait, il y a les intentions qui sont cachées derrière. Et ça, ça, un tweet ne peut pas forcément le montrer comme j’ai pu le faire ici avec vous.
David Dufresne
Je voudrais qu’on termine non pas sur Julien Pain parce que je, mais sur l’histoire qui qui vous oppose à Garrido dont on connaît un petit peu le. Je comprends que vous ayez envie de lire. Donc je replante le décor. Il y a des listes qui sont faites pour les législatives. Un certain nombre de pionniers du Front de gauche de LFI ne sont pas investis. Je pense à Raquel Garrido, je pense à Alexis Corbière. Qui sont plus que chafouins. Raquel Garrido, elle, se présente dans la circonscription. Elle est sortante de la circo, alors elle utilise le logo Nouveau Front Populaire. Il y a une décision de justice qui dit grosso modo ce n’est pas la justice de trancher.
Aly Diouara
Qui dit grosso modo qui dit très clairement que le tribunal judiciaire, notamment de Bobigny, n’est pas compétent pour traiter de cette question-là. Et nous le savions avant, mais nous avons décidé quand même d’y aller pour quand même engager des poursuites pour, pour l’utilisation non pas que du logo, mais de l’ensemble des et des logos. Au-delà du nouveau Front populaire, les autres partis politiques, à l’exception de la France Insoumise par madame Garrido. C’est une manière de tromper les électrices et les électeurs de la circonscription de se dire nous ne sommes pas investis par la France insoumise, mais nous sommes investis quand même par le nouveau Front populaire, alors qu’il y a un accord très clair sur les investitures et que pour une fois qu’on a une investiture, chose qui ne lui a pas été opposée en 2022, quand elle disait quand elle a été parachutée sur certaines circonscriptions, on avait déjà des personnes qui étaient qui souhaitent y aller et qui ont décidé de ne plus y aller pour respecter les accords du PS. Donc, à un moment donné, que le tribunal se déclare incompétent pour répondre à cette question, il n’y a rien d’extraordinaire là-dessus dans cette décision. C’est une décision, semble-t-il tout à fait normale, que des personnes, et notamment madame Garrido, pour ne pas citer, s’enorgueillissent et aient décidé de porter ça comme une victoire. Voilà, moi j’ai fait un tweet en disant que c'était dans le jargon local, on appelait ça une force. Ce n’est pas pour rien, c’est qu'à un moment donné, on ne peut pas se réjouir d’une décision judiciaire qui ne donne pas de décision. Finalement, c’est une décision où on ne le décide pas.
David Dufresne
Mais ça, par rapport à la discussion du tout début, on parlait des SD, des habitants et des habitants des quartiers populaires qui se sentent méprisés, qui se sentent éloignés du politique en disant ils sont tous pareils ces affaires de tambouille politique, de logos, d’affiches, de référés. Est-ce que ça ne vous tire pas vers le bas, justement vers le côté. Tout ça, c’est de la tambouille politique.
Aly Diouara
Justement, pour ma part, je ne fais pas carrière en politique dans la mesure où d’une part, encore une fois, je le répète, mais je n’ai jamais été élu de ma vie, je n’ai jamais eu jusqu'à jusqu’au bout l’accord lié aux élections européennes avec la France insoumise solliciter une quelconque investiture que ce soit. Et je me présente face à vous en tant qu’allié d’ultra président de la Seine-Saint-Denis, au cœur qu’un mouvement politique citoyen donc, et ai très et très clairement, oui, cette situation crée de la confusion sur le terrain, elle crée de la confusion et j’en appelle encore une fois à la responsabilité, à la responsabilité, non pas que de madame Garrido, mais également du maire de Bobigny, Abdel Sadi, qui joue dessus. Et ça, c’est excessivement grave.
David Dufresne
Voilà.
Aly Diouara
Et ça c’est excessivement grave et communiste qui dit qui n’a pas l'étiquette communiste parce qu’il n’a pas la carte communiste. Mais bon, ça c’est encore une fois de la tambouille. Alors que quand on dit maire PCF et qui passe dans les médias, ça lui va très bien. Donc voilà, aujourd’hui cette situation n’est pas, n’est pas, n’est pas normale, elle dégrade le politique en tant que tel. Mais je crois que sur le terrain, ce n’est pas quelque chose que l’on me dit et ce n’est pas quelque chose que l’on m’oppose. Les gens comprennent très vite et très bien et jouer sur cette confusion, c’est essayer de prendre les gens pour des idiots. Les gens ne sont pas des idiots, ils savent très bien pour qui ils veulent voter, pour qui ils ne veulent pas voter, pour qui ils doivent, avec qui ils doivent s’opposer. Et ils savent pertinemment. Aujourd’hui, à travers toutes les vidéos et tous les tweets et tous les messages qui ont été diffusés, pour qui et qui je suis et pour qui finalement je me réclame à travers cette candidature et cette investiture du nouveau Front populaire qui ne souffre d’absolument aucune ambiguïté quand bien même certains aimeraient en faire vivre une. Donc voilà la réalité. Après moi, j’ai appelé madame Garrido à la responsabilité. Elle n’a pas souhaité y répondre favorablement. Je l’ai appelé également à la responsabilité liée à l’utilisation notamment de notre identité visuelle. Mais c’est là où on voit qu’un certain nombre de barons locaux sont, s’accrochent, s’accrochent à un siège qui finalement est le M. Jean-Luc Mélenchon le disait très justement personne n’a un siège à vie. En fait, la politique et le rôle de lui-même. Il n’est plus responsable politique jusqu'à preuve du contraire. Il n’a pas, il n’a pas sollicité, mais lui-même n’est pas moi. Ce n’est pas pour défendre telle ou telle chose aujourd’hui, un peu comme Tapie l’avait dit il y a quelque temps. Je crois qu’heureusement que nous avons eu Jean-Luc Mélenchon. Heureusement qu’il a défendu. D’une certaine manière, cette gauche de rupture et qu’il tente de la faire vivre. Donc moi je ne suis pas de ceux qui vont venir et pourtant je suis très critique et j’ai été très critique à l'égard des partis politiques de gauche, quels qu’ils soient, y compris la France insoumise. Mais aujourd’hui, force est de constater que c’est le seul mouvement politique qui a décidé d’investir des personnes, notamment issues de la diversité sur des circonscriptions, là où l’ensemble des autres partenaires sont, sans être sarcastiques, mais ont décidé de ne pas de ne pas souscrire à cet élan de représentativité que souhaite incarner aujourd’hui la France insoumise. Et encore une fois, il y a deux ans, madame Garrido, personne ne lui a opposé d’opposition particulière liée à son investiture. Aujourd’hui, j’aurais souhaité qu’elle fasse la même chose, mais ce n’est pas très grave. De toute façon, le plus important et d’ailleurs le plus important, c’est le combat contre la droite et l’extrême droite. Et, c’est un combat que je souhaite mener durant cette campagne et après cette campagne. Et en fait, c’est un combat que je mène depuis très longtemps et que je vais continuer.
David Dufresne
Si vos chances d'être au deuxième tour, si vous êtes de Front Populaire, deux candidats Front populaire, ça éparpille les voix
Aly Diouara
Ça éparpille, ça divise les voix. Mais je pense que nous faisons suffisamment bien campagne pour que les gens me reconnaissent au-delà de la légitimité, la légitimité qu’on me reconnaît déjà. J’ai bon espoir qu’on me reconnaisse à cette présence et ce parcours, cet engagement sincère depuis des années sur le terrain en Seine-Saint-Denis, au plus près des habitants des Seine-Saint-Denis. Chose que madame Garrido ne peut évidemment pas se réclamer aujourd’hui. Donc voilà, quand on va dans les marchés aujourd’hui, on nous dit très clairement qu’elle n’est pas là, qu’elle n’a pas été là pendant deux ans, qu’on ne la voit pas, qu’on ne l’a pas vue. Donc, et c’est un sentiment unanime. Donc voilà je ne suis pas convaincu qu’elle a eu raison de prendre en colistier le maire de Bobigny sur qui il y a énormément de critiques également dans sa capacité à améliorer le quotidien des habitants de sa ville. Donc. Je suis très tranquille sur ce sujet sur les chances d’accéder au second tour. Peut-être sait-on jamais qu’il y a une surprise et que je gagne dès le premier tour. Mais en tout cas, je suis très heureux et très honoré et très enthousiaste à l’idée de poursuivre cette campagne, de la mener à bien. Encore cet après 12 h, j’ai rendez-vous pour une réunion publique en plein cœur d’un quartier, avec un micro à la main. Vraiment un truc improvisé un peu à la dernière minute avec un avec des habitants d’un quartier de Bobigny. Et je vais pouvoir m’exprimer librement et être aux côtés des habitants. Et c’est ce que je veux. Parce qu’au delà de la candidature, c’est encore une fois cette volonté de vulgariser la vie publique afin que tout le monde prenne conscience qu’ils ont notamment des droits et qu’ils peuvent jouir de ces droits et qu’on les accompagnera s’ils en ont besoin pour en jouir tout simplement.
David Dufresne
Le. Il reste deux questions. Le nom de Ruffin apparaît de temps en temps dans le chat qu’elle n’est pas la personne Ruffin, mais ce qu’il porte ou quelques déclarations qu’il a pu avoir. Hum. Qu’est-ce que vous en diriez ?
Aly Diouara
Moi. François Ruffin Ce n’est pas c’est pas. Ce n’est pas l’homme politique de gauche pour lequel je me réclame idéologiquement, politiquement. Après, il y a un autre parcours qui n’est pas le mien, qui n’est pas celui des habitants que j’appelle, que je souhaite représenter. Donc je n’ai pas, je n’ai pas d’avis. Avis arrêté et particulier si ce n’est celui de dire que nous avons des divergences certainement de fond, notamment par exemple sur le sujet des violences policières, sur le combat du comité Adama. Son positionnement n’a pas été des plus, des plus à gauche, des plus, des plus, des plus en phase avec le combat légitime mené par ce comité pour faire reconnaître la mort d’Adama Traoré.
David Dufresne
Voilà pourquoi j’ai posé la question. Mais pourquoi tu parles de Ruffin ? Il me semble qu’il y a quelque chose de clivant concernant les quartiers et Ruffin étant un candidat issu des quartiers, ça me semblait légitime d'évoquer ça à Lille. 11 h zéro quatre Il faut savoir finir mais il faut savoir continuer une campagne. Donc je vais et je vais. Je vais vous libérer. Mais j’ai une dernière question : qu’est-ce que nous avons fait pendant 2 h ?
Aly Diouara
Qu’est-ce que nous avons fait pendant 2 h ? Nous avons discuté agréablement. Nous avons répondu à un certain nombre de questions d’autres personnes et nous avons parlé de la gauche, la gauche de rupture de la gauche, des quartiers populaires, de la gauche qui s’oppose, de la gauche qui est résiliente, de la gauche qui a envie d’offrir et de proposer une nouvelle voie, une nouvelle voie qui s’inscrit aux antipodes du racisme, du fascisme, de la xénophobie, du repli sur soi, du clientélisme et de tous les maux auxquels on accuse et on pointe du doigt les habitants, notamment des quartiers populaires de France et de Navarre. C’est ce que nous avons fait pendant, pendant, pendant quasiment 2 h, et c’est ce que je pense humblement avoir essayé en tout cas de répondre de la manière la plus honnête, la plus sincère et celle qui caractérise bon nombre d’habitants, si ce n’est l’extrême majorité des habitants des quartiers populaires, j’ose espérer les représenter comme il se doit, et avec respect, avec dignité, avec empathie, avec amour, avec tendresse, avec eux, avec vraiment cette volonté d'être, d'être ce visage. Un des visages et pas le seul, je l’espère, qui puisse à l’avenir les accompagner pour une réussite collective de notre pays et bien évidemment des quartiers populaires de la Seine-Saint-Denis et des villes de ma circonscription et d’ailleurs. Parce que voilà, je crois fondamentalement que cette candidature est celle qui a pour but et pour objectif de faire des émules. Et c’est ce sur quoi je vais m’atteler en vous quittant ici.
David Dufresne
Merci beaucoup. Je dois prendre une photo de vous pour la vignette de la vidéo, bon retour sur vos terres, Bonne campagne. Je mets le petit clip de campagne Au poste. Vous avez plein de messages de tendresse.
Aly Diouara
Merci infiniment.

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