Amar Benmohamed : policier et lanceur d’alerte
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. J’accueille, Auposte Amar et Arié, est-ce que vous m’entendez, Amar ?
Oui, cinq sur cinq.
Bonjour Maître, est-ce qu’ Arié nous entend également ?
Monsieur Dufresne bonjour.
Amar, vous êtes un peu stressé. Il n’y a pas de raison de l'être.Je vous explique. L’idée d’Au Poste, c’est qu’on essaie de créer de la connaissance, de l’intelligence collective, de la discussion, du débat autour des questions de police, autour des questions de libertés publiques, de libertés fondamentales, il y a un tchat, il y a des modos que je salue. Donc là brigadier-chef je vois que ça se dit comme ça. Euryale et les chefs, François Robin et Jessica qui vont nous remonter les questions qui se posent à vous. Amar Merci beaucoup d'être, d'être là en direct, d’avoir le courage de parler. Ce courage, vous l’avez déjà eu il y a un an déjà. Il faut revenir un peu là-dessus. Vous donnez une interview, on peut dire fracassante à StreetPress, où vous avez dénoncé il y a un an les agissements de certains de vos collègues au dépôt du tribunal de justice de Paris. Est-ce que vous pouvez. Je suis désolé d’en passer par là, mais nous rappeler de quoi il s’agissait exactement.
Mais David, pour résumer de façon synthétique, on va dire qu’entre le printemps 2017 et le mois d’août 2019, on a eu au dépôt quelques personnes des effectifs féminins qui se sont laissés aller à des comportements qu’on a pas dans la police, mais qu’on n’avait pas par le passé, en tous les cas, au dépôt des violences verbales, donc des insultes par rapport à la race, sale bougnoule, sale négro, etc. Des privations de droits notamment privés de l’eau pour assainir, il n’y a pas pire, juste au-dessus, c’est privé, c’est pervers. Priver quelqu’un de nourriture parce qu’il y a eu un clash verbal, légitime ou pas. Et puis priver, comment dirais-je les personnes que je demandais à voir, le médecin de voir le médecin. On a eu également des crachats répétés dans la nourriture, la nourriture qui n'était pas chauffée. Ce qu’on a, on avait remarqué. Quand vous arrivez au dépôt des barquettes qui sont passées au micro-ondes, différents plats et nous, on n’est pas sur le micro-ondes, on les remet avec des couverts en plastique. La personne mange et on les récupère à l’issue. Là, c'était non pas chauffé, c'était jeté par terre comme on dirait, je crois, pour humilier un peu la personne et les personnes. Donc ça partait en live, en train de mettre quand même un minimum de fierté. Je suis pas un chien, je ne suis pas du bétail, tu ne donnes pas à manger comme ça. Voilà, donc c'était ça en gros la chair et en acier, ça parce qu’on est dans la police, on est un dans un corps constitué. Et laver le linge sale en famille, c’est la règle d’or, c’est d’abord essayer d’arranger les choses. Donc entre printemps 2017 et puis on va dire le mois d’octobre novembre 2018, j’ai vraiment tout fait pour prévenir les collègues qui n’ont rien fait. Ils n’avaient rien à faire. Puis j’ai prévenu leur hiérarchie verbalement, c'était des copains, c'était des gens que j’appréciais qui n’ont rien fait. Enfin si, au départ, ils ont voulu essayer de les sermonner, même pendant un bon moment, plusieurs mois. Mais ça n’a pas marché et un officier est arrivé dans la nuit. Et puis ça a été pareil, même pire, puisqu’il a essayé d’exercer des pressions sur moi. Il a essayé d’exercer des pressions sur moi-même et surtout les connexions épurées de ce genre de comportement. Juste un petit mot pour que vous compreniez bien la situation. Ce qu’on fait dans les dépôts, c’est des endroits de convergence de toutes les affaires qui existent, surtout à Paris. On a tous les parquets, donc ça régule de la plus petite affaire aux affaires de terrorisme, des saisines aussi sur le crime organisé. Donc on a, on a entre guillemets, ce qu’on appelle dans le milieu policier une clientèle très large qui va du voleur de pomme, j’exagère jusqu’au criminel endurci et donc on est habitué entre guillemets, avec une distance entre nous et eux. Mais on travaille sous ce qu’on appelle la main de justice. Quand on est au dépôt, on est plus en garde à vue et donc on obéit aux ordres, aux instructions des magistrats et notre boulot alors.
Ouais, je vous écoute. Allez-y
Oui, c’est à faire. On sort très rapidement. Besoin de contre la sortie de garde à vue. Les personnes arrivent au dépôt dans les 20 heures. Ils vont voir un magistrat qui va dire s’il le libère ou s’il les envoie en prison. Et notre boulot, c’est de faire en sorte que tout se passe au mieux et que tout se passe au mieux. Surtout aussi pour que des affaires qui ont demandé des fois, des semaines, des mois, voire des années de travail de la part des collègues policiers, gendarmes ne soient pas, comment dirais-je, jetés à la poubelle parce qu’on aura foutu une procédure en l’air, parce qu’il y a eu des vices de forme sur les droits, le fait de pas les laisser quelqu’un aller voir le médecin, d’avoir prêt à priver quelqu’un de nourriture etc. ou des insultes. Puisque ça ce sont des mauvais comportements qui sont qualifiables en termes d’infractions pénales et qui peuvent atténuer la perte d’une procédure initiale, voire la faire capoter complètement. Donc notre intention c'était humainement c’est pas normal, professionnellement ce n’est pas normal. Et puis même en termes de jugement, dirais-je, de procédure, égoïstement on va dire, ça ne se fait pas.
Alors je montre à l’antenne une photo du palais de justice. Peut-être qu’ Arié Alimi peut nous dire où se situe le dépôt. Puisque Arié est donc avocat, c’est-à -dire que, en fait, il est à l’autre bout de la chaîne, si je puis dire, vous allez vous retrouver sur votre affaire à mort. On va, on va, on va en parler à Arié. Est-ce que vous, par exemple, vous avez accès en tant qu’avocat au dépôt ou pas du tout ? Est-ce que c’est un endroit qui se crée ? On se souvient du dépôt de l’ancien tribunal était infesté de rats qui avaient fait l’objet de formations, qui avaient fait l’objet de révélations dans Libération dans les années 90. Là, à priori, on a un tribunal flambant neuf. Paris. Est-ce que vous, vous avez, en tant qu’avocat, accès à ce lieu là ou pas ?
Oui, on y a accès puisqu’on doit aller voir nos clients, soit avant, soit au moment du desserrement, lorsqu’ils sont présentés à un magistrat au parquet, soit avant, éventuellement une comparution immédiate pour retravailler avec eux sur le dossier et essayer de communiquer avec eux. Donc on a accès, on a une carte qui nous permet de descendre. Alors, c’est un bâtiment qui est juste à côté du palais de justice, mais qui est collé et qui permet d'être 20 ans. Il y a un accès par une passerelle et puis il y a beaucoup d'étages. En dessous, il y a des ascenseurs qui permettent d’aller au dépôt qui se trouve en dessous. D’ailleurs, on se demande pourquoi le dépôt doit forcément être dans les étages inférieurs. C’est vrai que c’est long. C’est une question qu’on se pose. Est-ce que forcément ça doit être un peu de manière moyenâgeuse dans les cachots ou dans les oubliettes de n’importe quel bâtiment, même si c’est un bâtiment flambant neuf ? C’est vrai que c’est quelque chose qui interroge.
Vous vous êtes alors arrivés ? J’ai complètement oublié de dire que vous êtes également l’auteur de la préface de ce livre qui n’est pas, euh, qui n’a pas de rapport avec ce dont on parle maintenant. La police de Vichy de Maurice H. Fut qui est décédée il y a un an aussi le 13 juin dernier, et c’est le premier d’une longue série de rééditions de livres de Maurice, Rajsfus et Michel et Marc. Les enfants de Maurice seront au poste le 20 mai pour parler de ça et superbe préface, je dois dire d’arriver sur ce livre La police de Vichy. Mais là, on revient à la police d’aujourd’hui de 2021 à vous. Si j’ai bien compris, vous êtes brigadier-chef, ça veut dire que vous avez des responsabilités en tant que policier, un peu plus que d’autres dans ce dépôt, c’est bien ça ?
C’est exact.
Quelle responsabilité vous avez ?
Qu’est-ce qui vous entoure ?
J’ai une double casquette administrative. Je suis chef de l’unité de transfèrement de nuit, c’est-à -dire que mon unité est chargée de prendre en compte au sein du dépôt de Paris, Bobigny, Créteil et Nanterre, toutes les personnes qui vont en maison d’arrêt. Donc en fait, ce sont des gens qui sont sortis de garde à vue. Ils ont passé un peu moins de 24 h dans un dépôt à Paris, Nanterre, Créteil et Bobigny. Et à un moment donné donc, les magistrats ont décidé d’envoyer la personne mais personne en maison d’arrêt. Donc soit sur la petite couronne à grande couronne, voire en province. Et donc c’est là qu’intervient mon unité. La nuit, on a la même journée et on va prendre en compte ces personnes. On prend en compte leur affaire, le mandat de dépôt qui les concerne, ce qui est très important. Et on va conduire ces personnes jusqu'à la maison d’arrêt de Fleury, de Fresnes, de la Santé d’Orléans, de Rouen, le port Chaville de nuit, un peu partout. Ça, c’est le travail de mon unité. Et également, je suis aussi police judiciaire habilité en service. Donc au sein du dépôt de Paris. On a tous les soirs des cours de routine avec un médecin qui a effectué, donc c’est souvent moi qui ai l’impression. Et on a également des difficultés qui peuvent survenir lorsque l’on sort de garde à vue. Des personnes nous arrivent avec des procédures et que celles- ci contiennent. Des aspects qui peuvent poser problème avec les conditions d’entrée au sein du dépôt. Donc dans ces cas-là, je prends attache avec les collègues, l’OPJ d’arrondissement des services spécialisés et je leur demande éventuellement de faire telle ou telle chose. Ou à l’inverse, ils me demandent si on peut ne pas récupérer telle ou telle chose de telle façon. Donc ça c’est des petits arrangements procéduraux pour que tout soit carré, légal.
Le 28 juillet 2020. Quelques mois de mou. Deux ou trois mois après vos révélations à StreetPress, il y a le parquet qui ouvre une enquête pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique et pour injure publique. Alors Amar, vous avez été un peu rapide sur les insultes que vous avez entendues qui ont été faites. Faites par certaines, parce que sont des femmes, semble-t-il, plutôt de vos collègues à des prévenus. Alors j’ai noté ce que vous aviez et ce que vous aviez dit, mais peut être que vous vous en souvenez mieux si vous même qui avez prononcé les insultes.
Oui, mais c'était bien dit. Déjà des jeunes stagiaires, donc il y en avait deux qui étaient particulièrement virulentes et plutôt suivies par un groupe de six personnes, six ou six autres femmes essentiellement. Donc ça veut dire, on va dire, à peu près huit personnes. Les insultes, c'était Ferme ta gueule, sale salope ! Léo Salengro, Je parle pas pédé, elles ont quand tiré des demandes et demandent juste l’ouverture d’une petite trappe dans l’ancien dépôt. Pour ce qu’on a connu, je vous invite à regarder les reportages. Ce sont des portes vitrées en plexiglas. Et en fait, il y a une trappe au milieu. Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’aération dans ce dépôt-là. Donc dès que vous fermez la trappe, vous montez les températures qui peuvent atteindre 40 degrés et les personnes sont en sueur. Donc là on parle juste du traitement humain, on n’est pas en train de faire de la de la câlinothérapie ou je ne sais quel truc exagéré. C’est juste humain, c’est juste comme ça. Et puis en termes de sécurité, les insultes c'était aussi, y avait pas mal de travestis des violences des fois avec les travestis. Lors de Boulogne, on est interpellé sur la garde à vue des hommes et. Et c'était des insultes sur les transsexuels, sur les homosexuels, sur ce genre de choses, sur les juifs. Ah ouais, mais par contre c'était rarement par devant. On a vu quelques cas de délinquance en col blanc, ce genre de choses. Et. Et là, ça parlait toujours néanmoins. Un voyage en coulisses qui a pu retrouver les Russes que l’on appelle un local qui s’appelait le pointage. Et là, ça parlait comme ça. Et c'était assez écœurant parce que parce que des mots comme solution finale, etc., il aurait fallu les terminer par été, travail à moitié chemin, etc. Il y en avait d’autres encore, c'était à mettre sur la nourriture. Quand on sort quelqu’un de cellule, quand ils arrivent au dépôt oral fouillé. Enfin, c’est une palpation de sécurité et on profite de la fin de cette palpation de sécurité pour mettre toutes ses affaires dans un casier. Pas de problème. Et on lui dit qu’est-ce que vous mélangez ? Et là, le mec ou la nana nous dit bah écoutez, je veux bien manger un vin chaud. Effectivement, il y en a qui n’ont pas faim parce que je mange en garde à vue et. Et quand on tombait sur des gens de confession musulmane ou même des juges, ils demandaient juste à avoir un truc, son corps et une réflexion Tu feras comme tout le monde, t’es pas chez toi ici, tu manges, tu manges qu’on te donnera, etc. Et la suite ? Des fois il y avait des crachats, donc soit des fois même une fois ça arrivait dans la rue et le mec est parti en live et sinon c'était des trucs qui étaient faits dans leur dos. Attaquer, avoir une religion comme tout le monde si vous foutez la merde en France. Et puis on était en 2017, donc c'était deux ans après les attentats. Oui, et les promos qu’avait été notamment recrutées un peu à la va vite, les grandes portes ouvertes, opération portes ouvertes. Juste après ça, il y avait de ce qu’on m’a raconté.
Juste après 2015, mais ça s’en va. On va on va en reparler parce qu’effectivement je trouve, c’est extrêmement éclairant et extrêmement important. Je voudrais juste demander à Harry. Pourquoi ? Parce que là, il y a beaucoup de gens qui nous rejoignent en direct pour dire la difficulté, là, de parler. Qu’est ce qu’il peut dire juridiquement puisque là, pour l’instant, on a Amar, le chevalier blanc qui dénonce. Mais en fait, il se trouve que l’institution est en train de se retourner contre lui et à diligenter des enquêtes à la fois sur ce qu’il a dénoncé et contre lui si je peux le dire comme ça. Donc est ce que. Est-ce que tu peux nous dire dans quel cadre, là, Amar nous parle ? Qu’est ce qu’il a le droit de dire, jusqu’où il peut aller ou ne pas aller ? Dans son propre intérêt.
Un monsieur. Monsieur Ben Mohamed, comme tout fonctionnaire et plus spécifiquement fonctionnaire de police, est soumis à un devoir de réserve. Il n’a pas forcément le droit de parler de ce qu’il a maintenant. Il a acquis un nouveau statut qui est celui du lanceur d’alerte. C’est quoi le statut du lanceur d’alerte ? C’est un statut qui a été reconnu par la loi et qui attribue à des personnes qui vont dénoncer publiquement des faits de nature délictuelle ou criminelle. Une forme de protection. Mais pour pouvoir bénéficier du statut de lanceur d’alerte, encore faut-il avoir d’abord dénoncé soit à son administration, à ses supérieurs, soit à la justice. Les faits. Et que ces faits soient restés sans poursuite ou sans suite pendant un certain temps, ce qui est le cas puisque Monsieur Ben Mohamed, avant de le dénoncer publiquement, les avait dénoncés à ses supérieurs hiérarchiques. Et je vous donne une anecdote. Le préfet, la préfecture de police de Paris, le bien nommé chef Allemand, avait eu connaissance de ces faits longtemps à l’avance et il se trouve que le parquet a reconnu ne jamais avoir été informé par la préfecture de police d’effet de nature délictuelle ou criminelle qui avait été commis en dessous de ses pieds, c’est à dire au palais de Justice. Jamais. Et donc c’est uniquement lorsque Mr Ben Mohamed les a dénoncés publiquement qu’il y a pu y avoir des poursuites. Toujours est-il que maintenant il a le droit de faire état publiquement de ce qu’il a dénoncé, puisque ce sont des faits qui sont maintenant soumis à la protection du statut des lanceurs d’alerte. Malheureusement, l’institution policière et judiciaire n’y voit pas, ne le voit pas de la même manière et essaie d’une manière ou d’une autre, en biaisant ce statut de lanceur d’alerte, de s’en prendre à Monsieur Ben Mohamed, soit par des. Sanctions administratives complètement ahurissantes et ubuesques de type bien. Vous avez parlé au Parlement parce que les parlementaires vous ont demandé d’expliquer ce que vous avez dénoncé le jour même et, eh bien, on va vous poursuivre administrativement parce que vous n’avez pas le jour même informé vos supérieurs de ce que vous étiez, de ce que vous étiez convoqué par le parlement. Ou bien il y a des poursuites pénales qui sont faites sur des enquêtes, des enquêtes pénales, sur des dénonciations, des personnes qui ont commis des délits et crimes, qui qui ont pourtant été reconnus. Parce que ces personnes, ces personnes ne sont pas encore poursuivies. Pourtant, Monsieur Benoît fait l’objet d’une enquête. Donc on voit bien que de manière générale, lorsque l’on s’en prend à M. Mohamed, à mon sens, il s’en prend parce qu’il a une bonne volonté, c’est qu’il a une vision, une idée de la police qui est une police républicaine, celle dans laquelle il est rentré et qu’il espère pouvoir dans cité laquelle il espère pouvoir continuer à évoluer, c’est à dire une police qui ne commet ni des lignes crime et qui ne discrimine pas. Eh bien, eh bien, monsieur ben moi. Mais à partir du moment où on s’en prend à cette idée ou à l’institution police, eh bien l’institution se venge tant sur les victimes de violences policières que sur les policiers. Il y en a un certain nombre qui essaye de faire advenir une meilleure police. Voilà ce qui se passe en ce moment.
Çà appartient alors à Marc-André.
Quand vous avez commencé à dénoncer et que vous avez vu la machine se lancer contre vous. C’est une toute petite curiosité. Qu’est-ce qui vous a pris à prendre comme avocat Un avocat marqué du fer rouge Antipolice ? Ce qu’il n’est pas, mais en tout cas des sujets sur. Les plus connus, notamment du grand public. Par rapport à la dénonciation des violences policières. Pourquoi êtes-vous allé chercher quelqu’un comme Arié Alimi, qui a d’autres clients comme ça et d’autres avocats connus pour leur combat contre les violences policières qui défendent aussi des policiers ? C'était quoi l’idée ? Et après on va revenir sur ce qui vous arrive.
La raison la moins importante, elle est stratégique, c’est qu’il fallait quelqu’un qui en est dans le pantalon et qui a les reins solides. Donc là, il correspond la. Ouais, non, il est courageux. Je peux l’avoir. Enfin, je peux le dire maintenant que que je l’ai vu, je l’ai vu à l'œuvre. Il y a ça courage. Ce n’est pas une histoire de muscles ou de stature, c’est une histoire de choix, une histoire de volonté. Politiquement, je n’ai pas de parti et plus j’y crois plus trop depuis très longtemps, comme beaucoup, beaucoup de collègues. Donc je sais qu’il a une sorte de, comment dirais-je, que tout à fait honorable, qui le fait un peu plus à gauche des idées libertaires, etc. Ce n’est pas rentré en ligne de compte. Maintenant je peux le dire, les yeux dans les yeux. J’ai croisé Mariani un soir où il plaidait, je crois que c'était vers 23h30. Il était tard, il était avec un de ses confrères et moi j'étais remonté dans une salle d’audience, comment dirais-je, pour retourner voir une greffière je crois la TV oublié de mettre un cachet sur un sur un mandat où il y avait une redirection. Enfin bon, passons. Et j’ai croisé un maître allumé donc on était sympa, lui et son confrère, on a discuté et vraiment tout bêtement. Je crois qu’il avait dix secondes, quinze ans et il y a quelque chose qui est passé dans le regard, je l’ai mémorisé et dans ce métier-là, je suis vraiment. C’est très important parce que ça nous aide vraiment. Nous le sucrons un petit peu de bouteille. On fonctionne beaucoup à l’instinct. On voit tout de suite dans les yeux d’une personne qui a quelque chose de profond. C’est quelque chose qui sort. Tout à l’heure, vous voyez dans la rue, quand vous penserez à partir en live sur un contrôle, sur un, sur une confrontation, vous voyez tout de suite qui va être le leader ou qui va vous poser des problèmes et qui va s’effacer. Mais quand je regardais Maître Ami, son confrère était. Ça aussi ça m’a marqué. Et quand il a été question quelques mois après de choisir un avocat, c’est à lui et à son avocat que j’ai pensé.
OK, parce qu’il se trouve, on l’a, on ne l’a pas dit. Il se trouve que vous êtes aussi membre d’un syndicat de police, l’IGPN qui n’est pas forcément tendre on va dire avec les observateurs de la police, qu’il soit avocat, qu’il soit documentariste, qu’il soit sociologue, qu’il soit chercheur. Bon voilà, c’est la vie, c’est la vie qui. Qui fait ça ? D’ailleurs, à ce propos, votre syndicat est ce qu’il vous soutient dans votre démarche ou est ce qu’il est embarrassé du fait que vous êtes celui qui porte la critique interne ?
Je pense que quand ça arrive, celui qui est parti à la retraite a choisi d’avoir ces jours de retraite. Il y avait clairement un soutien affiché. Il a dit dans Libération qu’il fallait s’exprimer, je crois, à deux reprises, une fois auprès du préfet et une fois auprès du ministre. Depuis qu’il le fait est plus en place, j’ai remarqué objectivement qu’il y avait à minima des intérêts, aucun contact, aucune volonté particulière de d’aborder l’affaire. Et puis là, maintenant, je suis plus délégué du tout. Donc ça a été annoncé il y a quelques semaines. Donc, je pense qu’il y a plus de l’embarras. Parce que. L’an prochain, il y a les élections et si vous voulez, je ne parle pas du HDP parce qu’il a fait énormément de choses, ça sent le caca. Ça fait avancer beaucoup de choses à Lyon. Ce, quoiqu’on en dise, a fait aussi des choses positives, alternatives, qui sont en train de monter. Je ne fais pas l’inventaire mais juste pour dire qu’on a du bon partout et on a des mauvais partout. Mais il y a un phénomène qui s’est produit depuis, je dirais. 2000, les années 2000 de Sarkozy quand il arrivait avec les plus proéminents. C’est simple et j’ai l’impression que les autres collègues ont pensé ça. Les syndicats se comportent un peu comme des organisations. Le privé comme des sociétés privées. C’est-à -dire que dès qu’elles font quelque chose, elles le font savoir, ce qui est bien dans un sens. Mais elles le font savoir avec science, c’est-à -dire qu' elles veulent vraiment récupérer des timbres syndicaux, des adhésions, etc. Et il y a un dénominateur commun quasiment chez chacune d’entre elles, c’est qu’il est hors de question d’apparaître comme étant l’organisation syndicale qui ne soutient pas l'économie. On l’a vu dans l’affaire de Michel Leclerc, en offrant des collègues syndicalistes vous disant non, non, on a vu les vidéos, etc. Et puis en plus, seuls certains ont pu parler au collègue en question et en fait un concurrent c’est passé. Vous n’avez pas le titre que vous voulez, mais. Mais ne dites pas que c’est du travail de police. C’est ce qu’avait dit Yves Lefèvre hier à la télé. Personne. Ou bien ils sont en mode tous unis, gens de boue, Présomption d’innocence, Quelles que soient les questions, c’est présomption d’innocence à tomber, on verra, etc. Donc je pense que par rapport aux élections tardives, par rapport à la gêne que je représente aussi par rapport au ministère, pour toutes ces affaires qui risquent de sortir par rapport à la gêne que je représente aussi par rapport au préfet de police de Paris, je pense qu’il y a une distance que prise effectivement par rapport aux syndicats.
On va y arriver. Un petit mot sur les syndicats puisque tu as dû, tu y crois aussi qu’on parle de société privée ? Qu’est-ce que ça t'évoque ?
Je ne pense pas que ce soit un phénomène nouveau en réalité, puisque j’ai vu le documentaire sur le 10 mai 81 hier soir d’ailleurs. Et on voit Badinter conspué par les syndicats de police, un certain nombre de policiers sous les armes, sous les fenêtres de la place Vendôme, les ministères de la Justice et. Et on le voit et on voit qu’il y a une violence terrible. On voit d’ailleurs. Il explique que les fonctionnaires de police qui gardent le ministère de la Justice enlèvent leur képi en hommage aux policiers qui viennent se plaindre des actions ou des réformes de Monsieur Badinter. Donc il explique qu’il était un ministre extrêmement honni par la police, qui agissait et qui agissait de manière lobbyiste. Et pourtant, il y a eu des périodes comme la période où il y a eu une union syndicale avec la face, où il y avait eu un vrai dialogue avec les institutions de droits humains, avec les journalistes. Donc voilà, je pense que selon les époques, les syndicats de police ont une action un peu différente en fonction de l’orientation politique en fonction. Et là on a clairement eu des syndicats de police d’abord, qui s’orientent clairement de manière générale. Même ceux qui sont plutôt connotés de gauche s’orientent plutôt vers une forme d’agressivité, une forme de rapprochement avec les thèses de la droite dure, voire de l’extrême droite. Et c’est ce à quoi on assiste aujourd’hui, avec un vrai lobbying sur le pouvoir politique. Alors certes, il y a des moments extrêmement graves, comme celui du décès de ce fonctionnaire de police à Avignon, qu’il y a qui, qu’il faut profondément regretter, qui est extrêmement triste. Et on voit que, à chacun de ces moment-là, eh bien les fonctionnaires, les syndicats de police agissent, mais ils n’agissent pas que dans des moments de gravité comme celui-ci. Ils agissent maintenant sur Twitter, ils agissent sur les réseaux sociaux et le moindre événement, le moindre élément qui relève normalement de la nature délictuelle qui normalement ne devrait pas être affiché, eh bien est utilisé ou instrumentalisé pour exercer une forme de pouvoir. Donc voilà ce qu’on peut dire sur les syndicats de police qui communiquent également de manière très violente sur les personnes qui luttent contre les violences policières ou contre le racisme dans la police. Donc voilà pour vous, mais on pourra parler des heures des syndicats. Juste un petit résumé, je reviens.
Je reviens à ce qui s’est passé pour, pour, pour. Je précise juste que, à propos de ce policier qui est décédé à Avignon, les syndicats ont annoncé hier qu’il ne serait pas présent au retour du Beauvau de la sécurité qui doit avoir lieu normalement lundi prochain et non pas lundi prochain. Si un des prochains. C’est ça le 17 mai. Et les syndicats ont dit qu’ils ne s’y rendraient pas.Puisque en guise de protestation, avant de dénoncer publiquement, c’est à dire de sortir de la sphère policière, comme vous l’avez dit en tout début, le lynchage, ça se lave en famille. Finalement, vous avez dû sortir, mais pendant deux ans, me semble-t-il -il, vous avez essayé en interne de changer les choses et ça n’a pas marché. Est-ce que vous pouvez nous nous raconter comment ça s’est passé ?
Ouais, assez simple, c’est qu’on est allé voir directement les fonctionnaires en question et on s’est dit écoute, je vais sortir de l'école, tu vas te calmer parce que là tu vas quand même un jour ou l’autre prendre la tête sur une patate. Je dirais même que t’es mère de famille, tu vas. C’est pas que ce n’est pas bien, leur passé, c’est pas bon. Et donc elles ont dit oui, ça va aller. Puis on s’est rendu compte au bout de quelques semaines que ça continue. Il y a des collègues gradés, on pourrait voler plus tard des choses, mais il y avait des accointances intimes, personnelles avec une des mises en cause principales. Donc ça a compliqué la donne et donc la gestion de la brigade puisque c’est une brigade qui est à côté de la mienne avec transfèrement, heu, c'était sous tutelle de toi même ou essayer de régler ça en douceur ? Le problème c’est que tous, quasiment tous les gradés sur l’année en cours ou sur l’année suivante étaient en phase de promotion. Donc ils avaient aussi des intérêts. Si vous voulez, il y a une règle d’or dans la police, peut être dans toutes les administrations, c’est pas de couilles, pas d’embrouilles, ça se dit simplement comme ça, au clair. Si on ne parle pas de toi, si on ne parle pas de ton service de santé, tout va bien. Alors que ça peut être le bordel, mais simplement c’est pas communiqué aux tu es. Et donc il y avait cette volonté consciente de la part de plusieurs gradés de surtout pas faire de vagues et pas attirer le regard des autorités de sur ce qui se passait à la mi. Et donc ça a contribué au silence. Et quand un officier a tiré, le ton a été donné. C’est pareil. Je ne veux pas que ça sorte parce que ça va, ça va rejaillir sur eux, sur l’institution et puis en fin de compte, qui réglera le problème en interne ? Non plus, et qui s’est gaussé d’avoir des talents de négociation et de management, etc. Et ça n’a rien fait lui-même, mais je me suis mis en rouge, en ai pris encore plus d’assurance et on continue encore plus fort. Donc en interne, mes collègues ont dit un peu plus on peut plus. Et quand je dis ça, il faut jusqu'à maintenant comprendre une chose, c’est que nous tous, téléspectateurs, auditeurs, etc. Des émissions de télé et compagnie, on n'était pas encore dans la phase de jugement. Mais si on a bien compris une chose, tout autant que nous sommes, c’est que ce genre d’affaires qui se passait au sein du dépôt, tôt ou tard, elle allait, elle allait sortir exploser d’une façon ou d’une autre et qu’elle allait mourir. C’est pour ça que pendant autant de temps, en interne, on insiste pour trouver cette solution sur ce moyen pour faire sortir ça et cela. Ça n’a pas voulu marcher et ces personnes-là n'étaient pas placées sous mon commandement, donc je n’avais pas une autorité directe sur elle et et ses collègues gradés de la brigade que j’aimais bien, que j’appréciais. J’aurais fait confiance et je voulais pas non plus les foutre dans la merde puisque finalement, petit à petit, mois après mois, on en est arrivé à un an et demi avant que je dénonce les choses et en fin de compte, eux-mêmes me disaient alors si tu ne continues pas, tu vas nous foutre la merde alors qu’en fait c'était foutu même dans la marre parce qu’ils avaient plus aucune mesure efficace. Et donc j’avais en plus ce chantage un peu affectif et quasiment de gens que j’aimais bien qui disaient voilà monsieur, vivre bien, ça fait des mois, un an et quelques, je vous dis arrêtez, ça va nous tomber dessus et c’est obligé.
Vous expliquez, si je comprends bien, que d’un point de vue policier, vous êtes policier, d’un point de vue policier, ce qui est arrivé avec des gilets jaunes et cette révélation, on va dire pour le grand public, tout d’un coup de pratique policière, d’agissements, vous sentiez en tant que policier, que ça allait nuire à la réputation de l’institution, qu’il y a des choses à aller. Et là-dessus, c’est-à -dire que c’est comme ça que vous l' avez ressenti ?
Oui, parce que, très objectivement, lorsque les choses ont commencé, c'était un moment où, si vous voulez, en 2017, beaucoup de personnes ont été mutées, donc beaucoup de jeunes sont arrivées et seront en plus contrôlées de façon désastreuse. Mais c'était un petit groupe. Je vous ai parlé de deux personnes très actives, suivies de six autres et à côté de ça, il y avait une brigade qui était composée un peu de black blanc beur qui était carrément pas fan de leur comportement, donc toujours pareil. J'étais vraiment une sèche, Enfin pour moi. Objectivement, depuis 22 ans maintenant, je n’ai jamais vu un groupe facho prendre le pouvoir dans un service etc. C’est toujours quelques personnes isolées et au fur et à mesure, dans les mois qui ont suivi, fin 2017, printemps 2018 et surtout septembre 2018 chez moi, dans mon unité, écœuré par ce mouvement-là, par ce qui se passait, par le fait que. Les gradés, nous, officiers, laissons faire. J’ai perdu, moi à un moment donné, 18 personnes sur un effectif de 34 et dans la brigade à côté. Eux, ils ont perdu, mais de façon plus écrémé, presque le double parce que c'était invivable. Il faut comprendre une chose.
C’est que perdre perdu voulait dire des gens qui ont lutté.
Voilà, ils ont eu des cirques. En fait, le dépôt, c’est un peu comme certains autres services. Quand vous y êtes bien, vous y restez des années, ça peut être sale, ça peut être violent, vous savez, ça peut être stressant, etc. Mais quand vous avez une bonne équipe, une bonne dynamique de groupe, elle est fonctionnelle, avec absolument saine et vertueuse. Vous restez parce que vous venez pour les copains. J’ai toujours vu dans les services où il y avait un truc qui était un qui était clean. Les collectivités bossaient malades, qui venaient bosser quand, quand quelqu’un avait besoin de jour pour sa famille, pour ceci, cela, on s’arrangeait. Il y a ce fameux esprit positif de famille qui faisait que. Et au sein du dépôt de mon unité, il y avait cet esprit là. C'était pas parfait, ce n’est pas Disneyland, mais il y avait un petit côté quand même.
Ce n’est pas parfait non plus.
C’est parfait.
Voilà, c’est une vision du parfait. Donc on comprend, on comprend. Je voulais vous dire que dans le Tchadien, il y a plein de questions qu’on retient et que je vous poserai tout à l’heure. Il y a aussi des collègues à vous, Vous avez fait venir des collègues au poste qui vous soutiennent et qui vous remercient de parler, notamment je pense au gardien de la paix Jul qu’on connaît sur Twitter qui vous remercie. Bravo et merci à ma collègue intègre. Quel courage de révéler des actes quotidiens dans de nombreux services de police. Total soutien au point d’exclamation. Et ça m’amène à une question que je vais poser à Riez et ensuite à vous, à Marc. Je sais, vous venez de le dire. Vous vous êtes dans la voix de dire je veux dire brutalement dans la théorie de la pomme pourrie. Si vous expliquez selon vous, que c’est deux ou trois personnes dans un service qui foutent la merde, d’autres considèrent que c’est un problème systémique, que ce soit le racisme dans la police, que ce soit les violences illégitimes, etc. Et je crois qu’aujourd’hui, en 2021, à la question et notamment ici, c’est à dire qu’est ce qu’on peut encore penser que c’est les brebis galeuses et seules des brebis galeuses ou c’est tout un système ? Je m’adresse d’abord Arié, ensuite vous à Marc. Il me semble que ce qu’il vous arrive à Marc, c’est à dire le fait que haro sur le messager.
Ou on vous poursuit pour avoir parlé, on va voir dans quelques instants qu’en fait on vous a même poursuivi. J’ai retrouvé une déclaration de Gérald Darmanin qui est assez saisissante, où en fait il vous reproche d’avoir tardé à parler. Est-ce que ça c’est pas signe que l’institution, aidée ou non des syndicats, qu’importe pour le moment, essaie de cacher quand même ce qui est en train de se passer. Arrière pomme pourrie ou système, on le fait à la BFM. Et il oublie toujours de mettre le son. Il faut mettre le son, il faut mettre le son maître à limite.
Oui, je suis désolé si c’est mieux. C’est mieux pour les plaidoiries. C’est parfait, vous êtes parfait.
Mais là je ne suis pas là pour plaider, je suis juste là pour essayer de répondre à vos questions monsieur Dufresne, et je fais du mieux pour répondre à votre question. Je pense que ce n’est pas incompatible. Les deux. En réalité, je crois que le racisme et les discriminations systématiques au sein de la police cohabitent. Je vais m’expliquer. Le racisme, c’est quoi ? C’est d’abord le fait de considérer qu’il y a des races et qu’il y a une inégalité entre ces races. Ça c’est vraiment la définition la plus large. Initialement, il peut y avoir des comportements racistes individuels au sein de la police, c’est-à -dire un fonctionnaire de police qui a un comportement raciste à l'égard notamment des personnes qui sont interpellées comme ce fut le cas pour le Pour ce que Monsieur Ben Mohamed a dénoncé. C’est-à -dire qu’il y a des propos racistes et comportements raciste à l'égard des personnes qui sont au dépôt. Et puis il y a également ce qu’on appelle les discriminations. Les discriminations, ce sont tous les comportements ou les non comportements, c’est à dire même les abstentions, qui font qu’on va discriminer, y compris au sein de la police, des personnes en raison de leur origine, de leur religion. Et il peut ne pas y avoir de comportement individuel, c’est-à -dire qu’il peut y avoir des personnes. Il ne peut pas, il peut ne pas y avoir forcément de discrimination, pas individuelles, mais c’est tout le système et l’institution policière qui discrimine. Dès lors que, à partir du moment où il y a des discriminations et que la hiérarchie policière ne fait rien pour les empêcher, eh bien là on parle de système parce qu’il y a une abstention à agir. Donc il peut y avoir à la fois des pommes pourries, c’est-à -dire du racisme individuel et un système un peu pourri devrait-on dire, mais qui fait qu’est ce qui fait qu’il est pourri ? Parce que on n’empêche pas les discriminations et on ne les dénonce pas dans le dossier et dans l’affaire de ce que dénoncés. Monsieur ben moi m’a dit y a les deux, il y a les deux parce qu’il y a des comportements racistes individuels et que derrière on a tout fait pour éviter d’en parler, éviter de changer les choses. Et même on a essayé de shooter le messager aussi, si je peux m’exprimer ainsi, à savoir Monsieur Ben Mohamed. C’est pour ça qu’il y a à la fois du racisme individuel et de discrimination.
La chanson c’est shootée le Chérif Amar.
Moi personnellement, ce que j’avais vu depuis une vingtaine d’années. C’est effectivement le fait de quelques personnes isolées dans les années 80-90. Quand je suis rentré, ils étaient assez peu nombreux. Depuis les années 2000-2015, surtout depuis les attentats, les collègues qui sont vraiment racistes se lâchent carrément plus, s’affichent carrément plus, nous mettent des écussons, ce n’est pas bleu blanc rouge. Je suis fier d'être français. La France est un super pays et il n’y a aucun souci. Patriotisme, c’est génial mais avec d’autres mentions des trucs des fois qui sont plutôt seconde guerre mondiale. Enfin les frissons sont antinomiques. Enfin bon, passons.
Depuis 2015 c’est plus voyant, c’est plus ici.
Et franchement. Oui ouais, on voyait dans les vestiaires dès ouvrir un nouveau placard. J’ai la photo de la boucherie des enfants etc. Avant il y a avait quelques un, c'était avec Jean-Marie Le Pen. Là maintenant on ne voit pas trop Marine un Marine à les considérer comme trop douce des fois par certains collègues. Là maintenant.
C’est comme Darmanin,
Darmanin ici là maintenant on voit des trucs, des références, on entend des trucs sur eux, sur les Français, sur des mouvements de glorification, un truc tout nouveau aussi. Alors là par contre, c’est pas général, il y en a quelques-uns et je pense que c’est pour faire parler d’eux qui commencent à parler de suprématie aussi. Qu’est ce qu’on a vu ? Des ambiances à chapeau blanc pointu aussi ? Il y en a qui parlent du clan. Je ne connais pas les noirs, mais apparemment je ne vais pas parler du département et y fréquenter une émanation française de football américain. Je pense que c’est des choses qui ne doivent pas, qui ne doivent pas échapper aux radars de la démocratie. Passons. Moi ce que j’ai au sein de mon affaire dans le cadre de mon affaire au sein du dépôt de Paris, c’est quelque part sur quelques verres dans la paume, les collègues qui l’ont témoigné. Donc, ça, je les remercie par avance parce que je le savais, mais je ne l’ai jamais dit dans la presse jusqu'à présent. C’est qu’on a un chef de service aussi, un commandant en fait, qui commande le dépôt, qui quotidiennement fait des blagues sur les négros depuis trois ans maintenant. Les salariés, on pourrait dire bon voilà, c’est son langage, là, il ne peut pas faire une phrase sans dire tu me casse les couilles, le référent fini, etc. Je suis désolé de vulgaire, mais c’est la réalité. Et les collègues qui disent qu’ils vont témoigner que qui part à la retraite, c’est à dire au mois de septembre, me disent je te dirai exactement dans quelles circonstances on parlait des maîtresses qui voulaient baiser, des nègres qui étaient pas foutus de bosser dans une dynamique, etc etc. Et donc je me dis que quand moi j’estimerais ça au niveau des gradés, bah finalement ils n’ont rien fait de façon effective Quand c’est arrivé au stade des officiers, ben je me dis que déjà culturellement peut être politiquement, j’en sais rien pour eux il y avait rien de choquant dans ce que je dénonçais. Et quand je disais dans ce que je dénonçais aussi, je précisais une chose c'était la majorité des collègues de brigade de la brigade en question et quasiment toute mon unité était concernée. On avait vraiment un petit pourcentage et le côté tout un tas de personnes qui étaient révoltés, soit humainement, philosophiquement mais surtout professionnellement parce que c'était régulier et on a plein d’exemples là-dessus. Ça partait au clash, soit c'était des mecs qui se laissaient pas faire parce qu'à force de les insulter, une montée en température et non en plus, c'était souvent ceux qui partent en prison qui étaient chauffés à blanc et en aller. On allait aux mains pour calmer les situations. Donc au moins maintenant, ce que je vois juste vraiment, c’est la conclusion sur le côté systémique. Je n’y ai jamais cru au départ, j’ai jamais cru. Maintenant, ce que je vois c’est objectif dans le cadre de mon affaire, je n’accuse personne, mais ce que je vois, c’est que je suis victime. Dans cette affaire, j’ai dénoncé le statut de lanceur d’alerte, mais contesté par la préfecture de police de Paris. Le pire encore, c’est que la protection fonctionnelle qui me permet de payer va mettre à mort ses confrères, etc. Les huissiers et compagnie, ça m’est refusé depuis le début dans l’affaire, c’est clair. Les collègues en question, que je ne juge pas le moins, ont droit à la protection fonctionnelle, c’est-à -dire que leurs avocats sont payés d’avance par la préfecture, par le ministère. Aucun souci, ils sont présumés innocents. Un Ils sont mis en cause. Moi je suis victime dans cette affaire et pour moi elle est refusée depuis le début. Elle est refusée par le préfet de police de Paris puisque vous dire que c’est lui qui a autorité et c’est lui-même. Lorsque je dénonce le fait que je décide d’aller au stade supérieur, c’est à dire aviser les magistrats et les avocats, on me dit non, non, faites un rapport où je fais mon rapport et lui, il ouvre une enquête. Un administratif a dans une affaire aussi grave que ça, on n’ouvre pas en administratif au monde, on administratif et judiciaire et surtout on prévient les magistrats. Parce que la particularité de cette affaire c’est que je ne suis pas dans le commissariat du. 13ᵉ arrondissement ou d’Ajaccio, puis au sein du Palais de justice de Paris. Quel plus grand tribunal d’Europe ? Et donc en plus, on a une double casquette, c’est pour les policiers, mais on obéit en même temps aux instructions des magistrats et d’un certain nombre de magistrats comme moi. On a tous des parquets.
Ce qui me fait dire parce que bon, là, il y a dans le tchat des mots d’encouragements. Mais quand j’ai annoncé sur Twitter que vous veniez certains de vos collègues ou prétendus collègues parce qu’ils agissent souvent sous pseudonyme ou anonymement sur tweeter, se gausser notamment du fait que je mettais en avant que vous étiez officier de police judiciaire. Pourquoi je le fais ? Parce qu’effectivement ça compte double quand un policier est aussi l’OPJ. A priori, on s’est dit que sa parole et qu’on le double comme au scrabble. Et j’ai vu des policiers très forts en vue de qui ont droit à des portraits dans des quotidiens. Ricaner là-dessus donc. On sent quand même qu’il y a au sein de l’institution la maison police. On sent qu’il y a quand même un véritable. On va rester poli. Embarras autour des lanceurs d’alerte que vous êtes, vous ? Il y a aussi votre collègue à Rouen. Il y en a d’autres dans le sud-ouest. J’ai cru comprendre qu’il y avait en gestation, peut-être d’une sorte de pas de collectif, de rassemblement de policiers dans votre cas, parce que tous ceux que j’ai eu au téléphone me font part quand même d’un chemin de croix qui est absolument invraisemblable. C’est-à -dire que. Prenons un exemple tout bête. Je crois même que, en ce qui vous concerne, vous avez été désarmé, c’est ça ?Plusieurs fois sans raison, vous avez été désarmé et il faut dire à ceux qui nous écoutent. Alors je vais quand même remonter juste. Pas besoin de répondre, mais ton 101 nous dit en fait, c’est la pomme pourrie mais la cache au fond du panier. Glouton vous pose une question à laquelle vous pourrez peut-être répondre. Par rapport à ce canard disait au sujet des services désertés. Peut être que les fonctionnaires sont fur et à mesure remplacés par d’autres qui entre guillemets, passent de bons moments dans un climat raciste. Du coup, certains services sont gangrénés parce que vous avez parlé de vos collègues qui partent de la brigade. Est ce qu’ils sont remplacés par d’autres qui restent ? Ou c’est le turnover ? Et ensuite on va parler du désarmement qui est quand même. Avant le conseil de discipline, la pire des choses qui puisse arriver à un policier.
C’est une mesure phare. Faut savoir qu' au sein du ministère de l’Intérieur que j’adore, que c’est. C’est vraiment pour moi une vocation. Je veux surtout pas servir la police et je veux surtout pas salir 80 % des collègues. Vraiment, je fais le boulot que font tous mes collègues, il est superbe et certains font un boulot exceptionnel, etc. Ceci étant dit, il y a des choses qui ne vont pas afin que les choses n’aillent pas, on les cache. Une fois sur dix DGPN, Paris ou DGPN, est ce que vous voulez le cas de régions région France que vous voulez va sortir une affaire ? Parce que bah voilà, devant les enquêteurs chez eux et puis voilà. Et donc ils vont s’en servir surtout pour en faire la communication etc. Mais moi, ce que je vois depuis une vingtaine d’années, parce que Maître Mariani le sait, j’ai connu dès mon arrivée au sein des commissariats, des services de police à Paris, de la corruption dans un service qui était généralisé par pas tous les effectifs, mais toute une unité incluant la hiérarchie, s'était matérialisée. Quatre mois après, le général a fait un très bon ménage, mais par contre jamais personne n’en a entendu parler. J’ai connu des faits de racisme avec des gens qui tiraient avec de l’airsoft sur les gens dans la rue parce que c'était parce qu’ils étaient pakistanais. J’ai connu au sein du dépôt de Paris, j’ai fait 2006 à 2010. Des collègues ont volé dans les sachets de Vincennes. Vous savez où vous allez ? Procédures en stups, la brigade des stups notamment. Paris surveille de grandes quantités de saisies et quand la procédure est ordonnée, les gardes à vue sont tombées au dépôt. Des cd sont mis dans un bureau, des scellés, des collègues volaient dedans et je les ai dénoncés. On a aussi des collègues volés.
Il les vole pour payer les tontons, Hein, c’est ça ?
Non, non, du tout, du tout. C'était pour eux, pour leur consommation perso. Donc en fait, on était censé des effectifs du dépôt, c'était censé garder les scellés dessus et en fait ils piquaient avec une aiguille dedans pour extraire de la cocaïne. Et ça, c’est la petite partie de l’iceberg puisque la grosse partie de la rumeur, c’est qu’au sein de l’Hôtel-Dieu, au plein cœur de Paris, vous aviez un avant. Maintenant, je peux vous dire où c’est. Mais avant, vous avez au sixième étage ce qu’on appelle la salle de muscu. C’est une salle médico carcérale qui est gardée par le dépôt. En clair, c’est une salle un peu comme le dépôt, une prison ou prison où sont placés en garde à vue de donc déférés dedans des personnes qui sont dans un état médical précaire, donc notamment des gens qui ont fait des refus d’obtempérer, par exemple ce genre de chose et qui ont été blessés par leur faute dans un accident de voiture. Des équipes, des personnes qui tirent sur des collègues et qui se sont pris aussi une balle. Donc ces personnes-là ne sont certainement pas libérées, donc elles sont placées là-bas. Mais on a également toutes les personnes qui arrivent à Roissy ou Orly venant du Brésil, de Colombie, d’Amérique latine, des Antilles, beaucoup. Et ce qu’on appelle les mules en fait. Vous savez, ce sont des personnes comme on l’a vu dans les films qui avalent des ovules. Donc c’est un peu comme avec des préservatifs vous mettez de la cocaïne dans ces thermos soudées comme cardio fréquence mètre et plastifiées, et ils les avalent au fur et à mesure, et ils prennent des produits justement pour ne pas les évacuer. Et quand ils arrivent au niveau des douanes françaises, ils sont détectés. On vérifie par une première radio combien ils en ont et puis finalement c’est positif. On les emmène à l’Hôtel-Dieu, à Paris, en plein cœur de Paris. Et là, en l’occurrence, il y a une deuxième radio qui est faite un peu plus précise et qui dit bah voilà, il y en a à peu près 150. C’est une bêtise en général, à peu près entre 75 et 100. Et donc ces personnes. Mais une fois que c’est à peu près vu. Elle monte au sein de la salle puisque au sixième étage, l’ancienne salle jusqu’au sixième étage et non à l'écart pendant deux jours, trois jours, quatre jours. Et en fait à cette occasion donc, ils font Excusez-moi de le dire, mais bon, on leur donne des laxatifs et ils vont aux toilettes et il y a une passoire sur les toilettes et donc le policier est toujours là et avec une garde rapprochée et donc la personne récupère la passoire, lave les petits ovules au niveau du robinet et puis donc les remet aux policiers. Et donc à une époque, chose qu’on avait dénoncé à plusieurs, on avait des collègues qui se servaient dedans parce que comme le nombre était aléatoire, ce qui comptait en fait ce qui faisait foi, c'était ce que les collègues écrivaient sur le papier. En clair, à la radio, envoyer une centaine de boulettes maximum. Mais il y en a plein qu’on ne voit pas dans les coups des arcanes, etc. Et donc on en a récupéré. J’avais un petit rat 32. Il y en a 32 qui sont partis dans la poche et ils se faisaient des soirées chez ouf avec un bol de cocaïne, etc. Et ça en a balancé. Et vous en avez entendu parler, vous, dans la presse ?
, jamais Grâce à vous.
Mais qui s’est pris au premier service dont je vous parlais parce que je ne veux pas parler d’intrus. Un service que j’aime beaucoup, qui a dénoncé les faits de corruption généralisée sur les opérations foraines, etc. C'était moi et un collègue PJ qui a dénoncé les faits de racisme, le mec a tiré avec des air soft dans la rue sur les vendeurs de marrons la nuit dans le 13ᵉ arrondissement, C’est moi qui ai eu des emmerdes. C’est toujours moi qui a dénoncé ces histoires de stups, c’est moi qui ai eu des emmerdes, c’est encore moi qui a dénoncé les opérations vitesse où on faisait des rétentions de permis. Il y avait des erreurs dessus et on devait restituer les permis aux personnes. Et comme les gens étaient dans la culture du résultat, il fallait absolument avoir plein de retenue, permis plein de procédures etc. de statistiques et compagnie. Mais les mecs disent non, non, je repasse son permis, elle fait des faux en écriture, ça fait modifier les PV qui avaient été signés par nous et la personne. Moi si je fais une connerie sur APB, je suis désolé, c’est mon boulot, je dois faire ça. Et qui a dénoncé l’affaire du dépôt ? Là c’est moi aussi. Et qui sont les plus par la gueule ? Parce que c’est moi de vulgaire, c’est moi. Donc quand j’entends le président de la République, ça commence à faire beaucoup de vulgarités.
Ah bah non, je rigole.
Je vais faire un effort, je rigole juste un mot quand le président parlait de contrôle au faciès. Bien sûr que non, toute la police ne fait pas ça. Mais faut arrêter à un moment donné, Que ce soit pour les gilets jaunes, pour des affaires comme ça, où pour le contrôle au faciès, je veux dire, ça n’existe pas. Bien sûr que c’est une minorité, mais il y a des choses comme ça, que sais quand Monsieur Darmanin parle d’exemplarité, que pour être respecté, faut être respectable. On l’a fait, nous, notre côté qui se fait taper dessus, il se fait piéger. Ces opérations-là, comment dirais-je, de peau de banane au milieu. Je suis encore harcelé. On m’empêche de sortir, on m’empêche d'être devant, on m’empêche de former mes collègues. Il y a une proposition officielle, lui, de me demander de baisser ma notation. Je suis toujours bloqué à 6 h pour le facteur et le plus simple de à celle depuis trois ans. On lui a donné des instructions. Le commissaire lui a donné des instructions pour que chaque jour ne passe jamais. Déblocage sans inventaire de fautes.
Donc là. C’est important
Pas pour ceux qui ne connaissent pas, là vous êtes en train d’expliquer en fait comment est-ce que vous êtes fonctionnaire, comment votre carrière est gérée et comment vous pouvez justement être, être bridés et brimés, notamment parce que parce que vous avez porté le porter dès porter, des accusations. Je voudrais qu’on revienne tout à l’heure sur le fait que vous ayez été désarmé parce que je pense que c’est un point important. Je voudrais m’adresser à Arié maintenant, il faudra qu’il remette son sans son micro. Monsieur Omar Ben Mohamed nous parle de corruption dans la police, nous parle de délit de faciès. Il nous parle. De saisies légales dans les saisies de drogue. On va dire ça comme ça. Est-ce que toutes ces choses-là ? Sont-elles nouvelles ? Là je fais, je fais l’innocent. Ou est-ce que la nouveauté c’est que ça se sait que maintenant il y a une parole de l’intérieur ? Et qu’est ce qu’on fait tout ça au fond ? Qu’est ce qu’on fait de toute cette parole qui se libère de tous ces articles qui pullulent désormais sur notamment des faux en écriture qui ont pu être faits par eux par des PJ sur telle ou telle affaire, pour protéger telle ou telle collègue. Qu’est ce qu’on fait de tout ça ? Et qu’est-ce que ça signifie cette avalanche de papiers ? Est-ce que ça signifie simplement que la presse s’y intéresse ? Donc elle révèle des choses qui existaient déjà, ou est-ce qu’effectivement, il y a un phénomène qui date de cinq dix ans plus profond ?Encore une fois, je vais, je vais faire une référence au cinéma qui montre quand même un miroir de la société.
Et ce qu’on fait devant le cinoche, ici, ça va bien,
Vous savez, si on n’aime pas forcément tous les deux le même cinoche, évidemment, on n’a pas la même culture cinématographique. Toujours est-il qu’il y a un film que je regardais quand j'étais enfant et que j’aimais beaucoup. C’est évidemment ça. C’est aussi aux Etats-Unis, ce n’est pas en France, mais on parle déjà à cette époque-là.
Pardon, c’est un de mes films de chevet.
Oui.
Je sais, on parle d’un policier un peu hippie certes, mais qui essaie de dénoncer un système de corruption généralisée dans la police. D’ailleurs, c’est un thème, une thématique assez récurrente dans le cinéma américain. Mais si on retourne sur l’Hexagone, on prend deux films, l’un et le deux, à savoir si vous vous en êtes voulu. Et on voit. Alors évidemment, on les montre sous un bon angle en France, comme si finalement ça allait de soi que des policiers fassent des petits à côté. On voit Philippe Noiret et Thierry Lhermitte, Philippe Noiret qui utilise et abuse même de sa position de policier pour obtenir des choses gratuites dans les cafés, dans les restaurants. Et voilà. Donc ce que je veux dire, c’est que en France, on a quand même essayé, y compris dans le cinéma et dans la culture policière, de considérer que les actes illégaux, délictuels de corruption de la police, qui ont toujours existé, qui ont toujours existé, eh bien c’est un peu quelque chose où il y avait une forme de tolérance à partir du moment où ce que les policiers vivaient, c’est à dire une vie extrêmement difficile, dure, avec des heures qu’il ne fallait pas compter nuit et jour, avec des vies de famille très compliquées, Tout ça, c’est vraiment le quotidien des policiers, c’est à dire un quotidien très dur, il faut le dire. Un quotidien particulièrement dur, y compris avec les moyens qui commencent à se réduire et qui se réduisent de plus en plus. Eh bien, il y avait une forme de tolérance et à partir du moment où il commettait des délits ou qu’il abusait de leur fonction, on pouvait plus ou moins leur pardonner. Et puis surtout, il fallait protéger l’institution policière malgré tout, coûte que coûte. Donc c’est un peu ce qui se passe encore aujourd’hui. Pour répondre à la question, la deuxième question. C’est que ça continue. Il y en a peut être même moins, mais il y a une forme de visibilité aujourd’hui parce qu’il y a un On est à un moment où on essaye de dénoncer. Il y a pas mal de gens qui essayent de dénoncer ce qui se passe pour essayer d’avoir une police meilleure, une police plus claire, une police qui qui commette moins de délits. On essaye aussi de lutter contre le racisme, donc il y a une forme de dénonciation et de travail militant là-dessus. En revanche, et ça, ça continue, une institution et une institution policière, donc, dans l’administration, le ministère de l’Intérieur, mais également l’institution judiciaire avec le parquet. Je prends l’exemple de la section assez deux du parquet qui est spécialisée dans les libertés publiques. Eh bien, toutes ces institutions aujourd’hui essayent de couvrir et de protéger et d’empêcher que ne viennent à la surface les affaires de racisme, les affaires de corruption. Parce qu’on considère que finalement, dénoncer ces affaires, les mettre sur la place publique, c’est porter atteinte à la police et que. Et donc porter atteinte à l’ordre de manière générale et au système de manière générale. Donc ça, ça continue et c’est regrettable parce que, eh bien, parce que ce n’est pas comme ça qu’on va essayer d’obtenir une institution un peu plus clean.
Alors, à ce sujet, et j’aimerais d’abord, est ce que est ce que mettre à l'écrit ? Vous avez encore un peu de temps où la Bible est arrivée dans votre cabinet.
Malheureusement, je vais devoir vous quitter dans cinq minutes, à peu près.
Dans cinq minutes. Amar. Est-ce que vous êtes d’accord pour rester même si votre fille n’est plus là ou pas vous ? Vous me dites oui ? Ouais, super !Alors je voudrais et je profite qui soit là, qui fait des placements de produit sans arrêt avec des bouteilles d’eau et puis après on sera, on sera, on sera ensemble, tranquille, on sera mieux.
Un peu pénible à lire.
l' IGPN a été évoqué par Amar Benmohamed. Qu’est ce qu’on peut en attendre par rapport à ça ? Est-ce que c’est lié au principe du citoyen ou l’employé modèle du ministère de l’Intérieur ?
Je pense que c’est plus compliqué. On ne peut pas avoir une vision très manichéenne sur l’IGPN. D’abord, on l’a toujours dit sur des problèmes structurels, ce sont des policiers et même s’ils s’engagent pour lutter contre la délinquance et la criminalité au sein de la police, ils restent policiers. Et donc il y a quand même un cerveau policier. Donc il y a une distinction qui est faite globalement, historiquement, entre les délits un peu crapuleux et les délits de droit commun et les crimes crapuleux : viols, trafic de stupéfiants ou autre corruption qui est effectivement sanctionnés sévèrement. Et de l’autre, les violences policières, c’est-à -dire dans l’exercice de l’activité policière et qui, en revanche, font l’objet d’une couverture globalement. Après ces dernières années, eh bien, il y a eu une prise de conscience un peu obligée, un peu contrainte, un peu forcée à la contrainte. L’IGPN a travaillé sur les violences policières. Ensuite, est y compris lorsqu’il y a des bonnes enquêtes à l’administration policière ou le parquet à qui il incombe de poursuivre soit administrativement, soit judiciairement, et essaye de couvrir ces faits quelquefois la plupart du temps. Et puis il n’y a pas forcément de poursuites, il y a des classements sans suite, même si l’infraction est caractérisée. Donc ça ne dépend pas que de l’IGPN. Et donc c’est pour ça que je vous dis que c’est assez complexe. Il y a aussi des gens qui travaillent différemment au sein de l’IGPN. Et puis il y a aussi un problème de moyens et de recrutement. Il n’y a peut-être pas suffisamment aujourd’hui de personnes au sein de l’IGPN pour travailler sur la quantité de dossiers qui leur sont soumis. Notamment avec l’afflux de violences policières qui ont été commises pendant le mouvement des gilets jaunes et qui fait que, eh bien, il y a un. Il y a une quantité de dossiers qui s’amoncellent et qui ne sont pas forcément bien traités. Donc, c’est pour ça qu’il ne faut pas avoir une vision manichéenne, mais globalement un pour. Il faudrait quand même changer parce qu’il y a quand même un problème structurel majeur et il faudrait véritablement changer le mode de fonctionnement de l’IGPN, C’est à dire qu’on l’a toujours dit, une commission indépendante comme en Angleterre ou comme dans d’autres pays où on a dit on n’a pas que les policiers. Et surtout indépendante par rapport au ministère de l’Intérieur pour permettre l’aboutissement des dossiers, avec un recrutement de fonctionnaires à la retraite, avec des anciens profs ou des profs de droit avec, pourquoi pas des avocats, voire même des journalistes. Voilà des gens de la société civile, ce qui permettrait de traiter les dossiers de manière un peu plus impartiale. Ça serait vraiment judicieux pour éviter que le système implose à un moment ou un autre.
Maître, on va vous, on va vous, on va vous laisser, on va vous libérer. Merci beaucoup d'être venu Arié. Je me rappelle, entre autres choses. La raison pour laquelle tu es là d’abord, c’est parce que tu es l’avocat de Monsieur Ben Mohamed qui est avec nous encore pour quelques temps Au poste et que tu viens de signer la préface de ce livre de Maurice Rajsfus qui est un de ces livres les plus importants de la police de Vichy qui ressort aux éditions du Détour,les enfants de Maurice, Marc et Michel seront le 20 Au poste pour parler à la fois de la collection de rééditions des bouquins de leur père de Maurice, grand, grand observateur s’il en est, des pratiques policières. Merci beaucoup Arié, on se retrouve bientôt.
Merci à vous.
Et puis tu es chez toi ici, tu le sais bien. Quelques admirateurs et quelques admiratrices. Mais un jour, on ressortira les dossiers d' Arié parce que ça commence à suffire. Bonne journée et merci.
Je reviens vers vous et je vais peut-être vous faire écouter les déclarations de Gérald Darmanin que vous connaissez par cœur. C'était en juillet 2020, quelque temps après vos révélations, les déclarations de Gérald Darmanin vous concernant.Ça se passe à l’Assemblée nationale. Lors d’une audition du ministre de l’Intérieur à la commission des lois. Ben Mohamed a effectivement dénoncé, alors ça ne fonctionne pas. Que se passe-t-il encore avec ? Si vous, vous avez le sang, vous avez le sang. C’est très bien. On en reparlera. Si vous le souhaitez, de dénoncer ces camarades, ces policiers qui auraient mis du conditionnel. Mais les faits reprochés sont graves. Énoncés des insultes à caractère sexiste, homophobe et raciste.Des maltraitances et privation d’eau ou des refus de faire venir un médecin ou d’aller aux toilettes. De nombreux témoignages corroborent les propos du brigadier-chef. Ben oui, mais bon, nous l’avons constaté alors je le dis, mais en continuité de l'état. Donc un rapport a été fait le 12 mars 2019 et le GPN a saisi le préfet de police le 6 juin 2019 l’IGPN a relevé des comportements tout à fait inappropriés de la part de six fonctionnaires de police Injures, agressivité, mensonges, désobéissance. Je lis les termes utilisés par l’Inspection générale. Elle a proposé, bien avant la révélation par l’article de presse d’hier, un renvoi devant le conseil de discipline avec quatre sanctions directes et une alternative aux poursuites disciplinaires. Et dans les cas de sanctions directes, il y a aussi Monsieur Benoit Med Mohamed. On aura l’occasion sans doute d’en reparler, C’est rare. L’IGPN a fait treize préconisations et a demandé à la préfecture de police de les mettre en place pour mettre fin aux dysfonctionnements constatés. J’ai constaté aujourd’hui que le parquet de Paris s'était saisi d’une enquête préliminaire concernant ces faits. Voilà donc je copie ici. Je ne sais pas si vous avez eu le retour, mais je pense que vous voyez de quoi il s’agissait. Et c’est la déclaration de Gérald Darmanin qui, à votre sujet, dit que vous avez dénoncé et dit Alors pardonnez-moi de vous le dire, mais c’est exactement ce qu’il y a à ma connaissance. Vous aviez dénoncé avec retard Deux questions un quand vous l’entendez. Qu’est-ce que vous pensez ? C’est votre ministre, C’est votre employeur, C’est le chef de tous vos chefs. Qu’est-ce que vous vous dites à ce moment-là ?
Alors je me dis simplement : on a ouvert une cinquième dimension et il a sauté à pieds joints dedans. Je respecte mon ministre pour une foi en un ministre qui se mouille le maillot, même si je suis en conflit avec lui, aurait dit un avocat interposé. Je connais les qualités, mais là, je dis les choses simplement. J’ai peine à reprocher que j’ai fait un rapport le 12 mars 2019. Pour eux, c'était trop tard. Or, depuis le mois d’avril je crois que 2017, moi et mes collègues, on a prévenu la hiérarchie et l’avis. L’obligation de rendre compte se fait par oral, se fait par écrit, etc. Or, je l’ai déjà fait depuis 2017 et j’ai des dizaines de témoins et les personnes reconnaissent que je les ai prévenus en plus. Donc il y a une volonté de transformer la vérité ou mentir de la part de l’IGPN Paris là-dessus. C’est le premier point. D’autre part, il y a un deuxième point, c’est que, à un moment donné, j’ai voulu écrire, on m’a menacé et on m’a interdit d'écrire. Ça, c’est le deuxième point. Le troisième point, je vais faire plus simple encore. C’est juste du droit. Tout le monde n’est pas dans vos spectateurs comme, comment dirais-je. Il y a une chose super simple on dit Ben, mais il a prévenu trop tard. Ce n’est pas vrai. Des dizaines de témoins, j’ai des traces écrites en plus. Non mais pourquoi pas ? Mais dans ces cas-là, tous les gradés, tous les collègues de la brigade qui eux n’ont jamais prévenu son auteur, je crois que c’est le 434. Je me rappelle plus de son auteur, hein, même pas présumé. Ça, c’est de la rhétorique. Ils sont auteurs de délits de non-dénonciation d’un coup ou délit. Eux, ils n’ont rien. Ils n’ont même pas eu une remontrance par une sanction. Donc il y a une volonté de me stigmatiser, moi, de me mettre la pression, etc. Et ceux qui ont fait pire que moi ? Est-ce que moi a fait passer les prévenus en temps et en heure ? Mais eux, ils n’ont jamais prévenu. Ils ont tout caché pour dissimuler. Ils ont exercé des pressions pour certains d’entre eux à mon encontre. Ils ont transformé ça en harcèlement en violation du secret bancaire, pour que je sois fiché dans tous mes collègues comme étant celui qui balance comme un vol de correspondance. On a interdit de sortir. J’ai eu des entraves dans le cadre de mon fonctionnement, de mon unité. On a voulu supprimer mon unité. J’ai été trois années d’affilée bloqué au niveau de l’annotation par mon autorité, etc etc. Donc quand monsieur Darmanin dit ça, je l'écoute. Là. Je reviens sur la question que vous avez posée. Arié, juste avant sur le GPL reprenait mon interview choix du 30 juillet du 29 juillet où je disais que du bien mis GPL parce que c'était avec une crainte respectueuse depuis que j'étais rentré dans la police que je les voyais été dit. Et des enquêteurs d'élite sont des gens à la probité irréprochable. Maintenant je peux vous le dire parce que je l’ai testé sur deux cabinets. Ce n’est pas le cas du tout. Le cabinet deux. J’ai été auditionné à plusieurs reprises. On m’a dit au moindre problème, sous-entendu rétorsion, pressions, ma hiérarchie, menaces de la part des collègues, etc. Vous m'écrivez, je démêle en cascade, j’ai prévenu, je les appelle. Je vais pas trop détailler ce genre de choses, mais où j’ai prévenu les enquêtrices et les enquêteurs, on m’a laissé tomber comme une. Chaussette est une vieille chaussette et en fait. Donc ça c’est le premier point. Le deuxième point, c’est qu’en termes de droit, il y a deux choses qui ne vont surtout pas et qui disqualifient le cabinet. Deux. Qu’on parlera du cabinet, c’est que déjà il aurait dû ouvrir remplaçant judiciaire. Ils n’ont pas fait. Ils ont constaté que ce que j’avais, moi et mes collègues dénoncés était vrai. Donc à postériori, comme dans l’affaire de Monsieur Benalla. Article 19 article 40, ils doivent aviser le parquet, toi que le parquet décide de poursuivre ou pas, Il y a l’opportunité des poursuites. C’est lui qui fait. Mais ils ont bloqué, ils ont avisé personne, ils ont mené une enquête en plus que soit disant administratif, une pseudo enquête, ils l’ont mené sans aviser les services d’inspection judiciaire. C’est dans le code de procédure pénale. Il se passe quelque chose dans un dépôt, dans un palais de justice avec la police ou la gendarmerie, et automatiquement les services d’inspection judiciaire doivent être avisés. Ils ne l’ont jamais été. On a tout fait pour dissimuler cette chose à la justice. Et en bout d’enquête de cette pseudo enquête, on a une proposition de sanction à mon encontre. Moi, quand je fais une connerie, j’assume, Je ne vais pas pleurer c’est quoi ça ? C’est un peu la. J’arrête mes oreillers et la queue et je la donne dans un sac. Je sais quoi ? J’ai fait une connerie, j’ai pas besoin de ça. Si je vais critiquer les autres, ce n’est pas pour me cacher comme une gamine et dire ouais non mais attendez, je suis gentil. Moment qui fait une connerie, je l’assume. Par contre, quand je n’ai pas fait de connerie, c’est pour ça aussi qu’après on est passé dans la presse. Voyez le lien de cause à effet Monsieur Darmanin, je pense qu’il n'était pas au courant au moment de cette subtilité-là. C’est que volontairement, le préfet de police a ouvert trois mois après mon rapport, une enquête en administratif. Trois mois, c’est long. Il met un chef de cabinet sur une affaire comme ça, c’est particulier. D’habitude, c’est un enquêteur en chef de gagner un major, un lieutenant si vous voulez. Là, c’est la commissaire divisionnaire qui a été saisie de l’enquête en globalité. Donc c’est assez rare qu’une autorité s’occupe de ça. Et le résultat, ça, c’est des sanctions. Pipi, caca pour plan cul, cul administratif. On ne vise pas les juges, on ne vise pas le service d’inspection judiciaire et en plus on sanctionne sans que ce soit trop en même temps une sanction, rien.
Alors celui qui a dénoncé je comprends votre point de vue, je vous l’ai dit, on n’est pas là du tout pour vous piéger, mais pour vous écouter. C’est aussi pour ça. Là, je me permets d’intervenir par rapport.L’idée, l’idée ici, si c’est de discuter, c’est de débattre, c’est d'être extrêmement critique, si, on a envie de l'être, mais dans le cadre du respect de la présomption d’innocence qui vaut pour tout le monde, pour un ministre comme pour un policier, comme pour un présumé délinquant, etc. Et que si on a envie que la chaîne continue parce qu’elle est écoutée et écoutée jusqu'à Beauvau, je peux vous le dire, je le sais depuis l’autre jour. On va peut-être vous parler de ce que vous savez, sur comment des chaînes comme la nôtre ou le travail de certains journalistes indépendants peut être suivi ou non. Donc voilà, l’idée c’est d’essayer de rester dans, d'être, d'être responsable par rapport par rapport à tout ça quoi. Et puis surtout, on ne va pas revenir à chaque fois sur Darmanin, Je crois que là on a la chance d’avoir un policier qui nous parle de l’intérieur, il nous dit des choses absolument renversantes de mon point de vue. Et justement c’est ce que j’allais vous dire. Je comprends votre point de vue. Vous défendez vos collègues, vous défendez l’institution et pas dans sa globalité. Vous faites le distinguo. Mais c’est quand même difficile quand on vous écoute, de vous dire qu’il y a pas un problème systémique.
Oui, exactement. Et vous parlez de présomption d’innocence. C’est super important pour moi parce qu’en tant que PJ, on est obligé, même si on a des certitudes, de rester, que sur les faits et les faits. Ils ne deviennent vraiment des faits judiciaires que lorsqu’ils ont été jugés de façon définitive. C’est une subtilité pour le juriste. Voilà, c’est juste ça. Donc, concernant le préfet de police qui a ouvert un administratif, on en a parlé directement avec la chef du cabinet bleu. Je dis mais c’est étonnant vu la gravité des faits, etc. Elle l’a reconnu. Concernant Monsieur Darmanin, je vous l’ai dit au début, ce n’est pas mon ami, c’est mon ministre de tutelle. Je le respecte de par sa fonction, son rôle. Je vous l’ai dit, même si on a des soucis avec lui et son cabinet, je reconnais aussi objectivement ce qu’il fait. Je suis rentré sous Chevènement, j’en ai vu défiler un paquet de ministres et y compris des esbroufes. Les gens qui disent oui, regardent, regardent, regardent l’intérieur, c’est pire encore là, avec lui, des collègues qui ont eu affaire à lui directement. Je ne fais pas de pub, ce n’est vraiment pas mon intérêt. Mais quand on voit qu’il cherche vraiment à changer les choses après sa politique, sa communication, je ne m’en occupe pas. Et d’ailleurs ça sort de mon devoir de réserve. Mais là je me suis permis de dire un truc parce que positivement, c’est ce que c’est ce que j’ai en retour. Mais effectivement, systématiquement, on a un problème parce que nous, le premier président de la République, nous disons qu’il y a des choses qui ne vont pas. Et bien entendu, les contrôles au faciès ne sont pas du tout la généralité. Mais on a des collègues qui sont des crevards, ils sont une minorité. Et oui, effectivement, ils font ce genre de choses. J’en parlais avec un collègue et avec moi l'état-major, c’est ce qu’on m’a rappelé comme situation et ça me donne un exemple concret. Il y avait des contrôles de nuit, je peux vous dire quel service était en question et ça se passait dans un endroit qui n’est pas le 18ᵉ arrondissement. Ce n’est pas le 19ᵉ, un endroit où c’est très, comment dirais-je, limite normal qu’on va dire dans le sens sécessionniste, plutôt bobo et compagnie. Tous les noms qu’on avait, c'étaient des Arabes et des Noirs, des Africains. Et quand on avait des noms français, c'étaient des Antillais. Vous voyez un peu le truc. Et là, les types en question, ce n'était pas son collègue qui était comme ça. C'était une petite équipe de quatre personnes que je connais. Je sais, tu sais. Et eux, dès qu’ils voyaient un black moins beur basané, c'était alerte générale. On contrôle, on contrôle. Et donc y a des mecs comme ça. Et à côté, vous avez la majorité des collègues hommes femmes, ce que vous voulez. Sachant que dans la police, il y a des homosexuels, maintenant, il y a ça, c’est vraiment ouvert, il y a vraiment des mecs qui ont un cerveau, des nanas qui sont clean, etc. On fait notre boulot quasiment en mode automatique, pire que moi. Qu’est-ce que j’ai en face de moi ? Un extraterrestre, un blanc, un suisse, un belge, un Camerounais, etc. On s’en fout, il faut les laisser faire. L’idée, il faut l’arrêter. Je viens de l’arrêter. Oui, ça c’est un truc tellement il y a du boulot, etc. On se pose même pas ce genre de questions. Mais à côté, il y en a d’autres qui sont rentrés dedans parce que peut-être ils n’ont pas assez confiance en eux et ils veulent surcompenser avec une carte bleue, une carte de police, une arme de service, etc. Et puis comme en plus en ce moment, il y a une défiance vis-à -vis de nous de la part d’un public, une partie de cette défiance, elle est légitime parce qu’on ne veut même pas reconnaître les évidences. Eh ben à côté de ça, eux ils en profitent qui disent voilà, personne nous aime et donc on va se permettre, quand on les arrêtera, de les insulter, leur mettre une plaque. Et juste vraiment, pour que vous compreniez le problème du système, c’est que ma réaction, c’est moi qui suis allé au créneau parce qu’on est venu me chercher. Au départ je n’ai pas constaté ça, c’est tous les collègues sont et il y a même des collègues qui m’ont rappelé ce qui s'était passé dans les autres services. Et quand je prends la décision, je sais que je vais me faire allumer. C’est le cas, mais ça n’arrête pas. Par contre, et là, ça, ça m’agace parce que j’en ai encore sous le pied, donc je m’en balance encore plus. Mais quand on vient me voir et que je dis ok, je vais me faire allumer mais j’y vais, c’est pourquoi je le fais, c’est juste pour sortir un truc. Je vous l’ai déjà dit à plusieurs reprises, les médias stridents, j’aime pas la lumière, je n’aime pas les médias, ça j’aime pas les armes. Je suis timide, je le suis vraiment, ce n’est pas mon délire. Il y en a qui aiment ça, mais ce n’est pas moi. Mais quand j’ai fait ça, c'était pourquoi ? C'était parce que je savais que si j'étais suivi au-dessus, ce qui n’est pas le cas au niveau de la préfecture et du ministère, il y avait deux choses vertueuses qui allaient se passer. Premièrement, ils allaient faire eux aussi allumer les auteurs de ça. Et deuxièmement, c’est que les autres qui sont autour et qui sont soit identiques dans leur comportement, soit dans leur intention de le faire en se disant Attends moi, j’arrête parce que ce groupe-là, ils ont des connexions, se sont fait défoncer, ils se sont fait démonter, ils sont pris des sanctions ont été dégradés ou ils ont été virés, peu importe, je m’en fous, mais au moins il y aura un effet dissuasif ou curatif, peut-être même pour certains qui vont se reprendre un peu. Nous, choix des héros, là on a été un peu trop loin et il faut qu’on soit mal droit. C'était ça mon idée, c'était ça à mon avis. Ce n’est pas juste de sortir un truc pour vous, vous donner de quoi manger, C'était dire les gars, arrêtez et vous parliez la deux, deux des gilets jaunes, c’est comme ça que vous êtes illustré compagnie On en avait discuté en off. Moi j’ai des. J’ai pas Facebook, je n’ai pas Instagram, je n’ai rien du tout. Mais les collègues, quand il rédigeait Jaune ou me montrait, il y en avait d’autres. C'était toujours le même profil des petits jeunes en mode Call of Duty. Aujourd’hui, samedi, c’est Call of Duty. C’est quoi ce délire ? Les mecs, ils étaient clairs, le bébé, ils disaient montrer des images, etc. C’est chasse par prisonnier. C’est quoi ? Ce n’est pas la police sur les 148 ? Je parle au dernier ou au dernier sondage. Et on est à vos dernières estimations. On doit avoir 53 004 mots. Excusez-moi, je veux pas dire le mot, mais sans cerveau. Un On les attrape, on les soigne, on les remet droit, on remet l’outil droit si c’est possible et après c’est fini, On ils vont plus jamais faire de connerie et si on ne peut pas, on les dégage. D’ailleurs, je ne sais pas combien de millions de chômeurs il y a des gens qui sont hyper compétents et qui pourraient, qui pourraient prendre leur place, etc. Donc il y a du police bashing, il y a des mecs qui sont complètement barge et qui en ont. Après la police, la gendarmerie, tout ce que vous voulez, ils ont tort. Mais par contre, quand nous venons à l'évidence qu’il y a vraiment des mecs qui déconnent de notre côté et qu’on a maintenant à côté présomption d’innocence. Ce n’est pas vrai, ça n’existe pas. Mais peut être que. Mais arrête tes conneries. Tous les collègues et journée sont quand même bien marqués à droite. Parmi les effectifs où mes copains disent non, là c’est évident, c’est évident. On va chercher une explication, ok, mais par contre là il a défoncé le mec, il est au sol, on a les caméras cinq minutes avant, son interprète lui a mis des coups et il avait eu des balles, il n’avait pas tapé, il n’avait rien fait, etc. Est-ce que l’outil s’est lâché ? Il en pouvait plus 22 samedi d’affilée, tout ce que vous voulez. Ok, on trouve des explications, mais il y a des cas où ça ne s'écrit pas et il faut arrêter les conneries. Et là on est plus crédible. J’ai des copains, les commerçants, les gens que je connais, les voisins disent non, on a besoin de la police et ma femme a l’agressé dans la rue qui s’appelle ce n’était pas assez. Ce n’est pas Uber, J’appelle la police, j’ai besoin de la police, j’ai envie de la police et j’aime la police. On voit des causes, des grandes choses qui sont faites des fois de façon médiatique et tout. Mais par contre juste l'évidence arrêtez de dire non, ça n’existe pas. Et nous on le voyait et ça. Et pourtant moi je ne suis pas gauchiste, un jour je voterai, je ne vais pas vous dire quoi que ce soit, mais je suis un mec juste qui veut de la justice et je pense.
Sincèrement qu’on ne vaut pas mieux gauchiste. Je ne vois pas. Vous le savez, il faut de tout. Mais juste une chose.
David, je me permets. Monsieur Darmanin disait que pour être respecté, il faut être respectable. Nous, on a aussi un autre principe, c’est qu’on ne vaut pas mieux que certains, que certains appelleront sauvagerie tout ce que vous voulez, que certaines crapules, mais des gens vraiment exigeant pour le mal, par le mal, etc. Je ne vaux pas mieux qu’eux. Si moi, quand je les attrape, eux ou leurs congénères les traitent comme de la merde, j’ai pas à les prendre sur les genoux. Mais ils ont droit de manger, ils vont manger, ils ont le droit de boire, ils vont boire, ils ont le droit de voir un médecin, ils verront le médecin, un point c’est tout. Je vous vois, je vous vois frapper, je me défends d’insulter. Bah je réponds à l’argument je suis pas sur cette chaise, vous voyez ce que je veux dire ? Mais, mais c’est juste ce principe élémentaire et c’est comme ça qu’on a été élevé dans la boîte et depuis quelques années, non On s’est caché.
J’ai des questions dans le tchat, je ne vais pas tarder à les prendre, comme ça on pourra, on pourra, on pourra finir le l’entretien. Mais il reste encore un peu. De temps cette médiatisation. Vous semblez dire qu’en fait elle, elle ne sert pas à grand-chose. Vos collègues continuent à nier ce qui est aujourd’hui sur la place publique qui ne l'était pas jusqu'à il y a quelques années. C’est ça que vous êtes en train de nous dire ?
L’orgasme masculin.
Ou est-ce que vous pensez que ça fait bouger les choses quand même ?
Et si je compense, je pense. Dans mon affaire, les choses se sont avérées, mais on n’a pas tout dit. Parce que, à une époque, si vous regardez bien, je crois que c'était deux jours en 2020, il y avait une manifestation de hasard. Ah ouais, je ne voyais pas trop le mouvement, etc. Ça avait dégénéré en plus devant nos locaux et tout. Et quand avec Arié, on a décidé de médiatiser puisque la pression était devenue complètement folle contre moi. J’ai dit ça, je n’en parle pas. Parce que si moi je fais le show, il y a des choses que je ne vous ai pas dit qu’on ne vous dira pas. Voilà donc il y avait fait avérer. Il y a plein de collègues pour répondre à votre question qui veulent parler à leur niveau, et je vous rappelle que je suis en sécurité publique. Il y a des collègues en renseignement ou en PJ ont vu des choses et j’en connais un. Ainsi vous parlez. Va falloir vous asseoir parce que ce qu’il a à vous dire, c’est pas un truc général, c’est la police, vous dit Alekhine. Les trois quarts des collègues sont vraiment clean. Ils sont crevés, se défoncent. J’ai vu ce qui s’est passé pour Éric Masson, en plus chez ses 46 familles précédentes. C’est. C’est fou ! Et donc nous, on en a marre d'être sali par ces gens-là. On est peut être pris donc dans le lot général, mais il y a des affaires où il y a des mecs qui sont capables d’aller jusqu’au pire. Si vous me regardez dans les yeux, allez jusqu’au pire. Donc le pire, c’est le pire. Donc il faut vraiment qu'à un moment donné on arrête les conneries et que des gens qui soient courageux, je pense, le ministre même si on est dans l’opposition. Mais sinon ce sera le suivant, j’espère un arrêt et disent ok, tout ce qui est bien, on le met en avant sous la lumière et on montre qu’il y a vraiment du boulot à montrer.
Vous qui êtes. La depuis chez vous, ce qui n’est pas bien, il faut le montrer aussi vous qui êtes là depuis Chevènement, donc il y a des années, début des années 2003.
Oui 81, 97.C’est ça, dans ces familles-là.
Vous trouvez que la situation a empiré au sein de la police ?
Il y avait déjà la loi du silence avant cela. Maintenant, il y a un truc dans le cadre de mon affaire de quelque autre affaire, j’ai remarqué, c’est que le fait qu’ils ne soient pas les gens qui commettent le connexe commettent des fautes graves. Pas des citoyens. Des fautes graves se sentent soutenus indirectement ou directement par la hiérarchie. Et ça, ça fout un sale malaise dans la boîte. Ce que je veux vous dire, c’est que vous avez des gens de tous les partis politiques dans la boîte, même si après ça commence à prendre une tendance vers la droite. Même des collègues de droite votent Le Pen depuis 30 ans. Ils font leur boulot nickel, propre et que ce soit un black, un beur, un juif sont foutus, font leur boulot, pas. Mais à côté de ça, vous avez des gens qui à mon avis ont des. Les tableaux cliniques de psychiatrie à étudier et que eux, je vous dis, ils prennent une arme sur une carte de police, parce que ça, c’est un moyen d’exercer, de compenser des troubles, des frustrations, des peurs, des faiblesses, tout ça. Mais eux, le fait que des gens comme moi ou dans d’autres affaires se fassent défoncer par la hiérarchie locale ou la hiérarchie sommitale, ça leur donne une sorte de satisfecit qu’une sorte de de se laisser passer de permis, de continuer en fait que ce qu’il y a dans ce bas joujou. Juste pour info, bien des nanas qui en cause même on le dira quand on veut faire croire parce que des fois elles passent au dépôt un sourire mais de joker et et ces nanas là En fait je vais rien dire. Mais vous voyez, il y a ce côté impunité et moi j’ai fait des conneries. J’ai juste eu un petit avertissement et elle a fait appel et je pense que ça a sauté son truc. Mais surtout j’ai pas de problème, elle a été l’artisan ou pire et elle a rien du tout. Par contre, celui qui a toutes les emmerdes, c’est moi ou mon unité. Et donc je pense que là il y a une aggravation. Je pense qu’avant l’IVG dans celle de la GPL sortait des affaires et il y en a qui se faisaient bas, qui prenaient un coup de massue, il y en a qui se faisaient lourdes. Tout simplement parce que c'était mérité. Là, maintenant, vous commettez sur le sujet sensible des trucs qui ont trait aux violences policières. C’est ce que les maîtres. Ah oui, il y a. Non pas que les collègues de la GPL ou l’administration préfère ou vous adore car je les connais pas personnellement, mais je ne pense pas que ce soit ça, mais parce que c’est tellement chaud, tellement sensible et bah on remet le couvert dessus et puis celui qui a cassé les pieds en balançant truc alors lui on une bombe nucléaire et si y a rien à lui reprocher parce que c’est le cas, alors là on va lui inventer des petits coups tordus. Et dieu sait qu’il y en a qui sont créatifs pour ça.
Vous n’avez pas répondu. A quoi ça sert de parler ? A quoi ça sert qu’on vous écoute ? A quoi ça sert que je recueille votre parole ?
Si je ne le fais pas, ça ne changera rien. Tu crois qu’il y a une phrase dans un auteur anglais ? J’ai oublié le nom. Je cherchais sur Google avant plutôt qui disait que l’une des conditions uniques ou primordiales pour que le matelot, c’est que les gens de bien le faire soi-même ne sont pas, comment dirais je, investis d’une mission de 100 %, comment dirais-je, archi normale. Mais à un moment donné, j’ai senti les collègues me demander d'être leur porte-voix qu’il fallait faire. Je pense que c’est toxique. C’est un venin de laisser les choses fonctionner comme elles fonctionnent depuis trop longtemps et qu’il faut parler. Il faut vraiment mettre en avant tout ce qui va bien. Tous ces gens qui sacrifient, qui se donnent à fond pour le boulot. Mais il faut aussi qu’on mette sous la lumière tous ces gens, car ces quelques personnes sont mauvaises. Les délinquants avant tout ça, peut-on voir le signal qu’on les allume ? Et que, à force de les allumer de façon systématique quand c’est prouvé, un conseil établit pas juste une dénonciation comme ça quand c’est matérialisé par le fait, il faut qu’on ait cette thérapie-là. Comme dans une maladie, comme dans un accident clinique, on a un truc qui va pas, on a une tumeur, on dégage la tumeur, voilà, je peux pas la transformer en quelque chose de bénin, eh ben je la dégage. Et après je pense que les prochaines cellules cancérigènes etc. qui vont essayer de s’installer dans une oreille laissent tomber. Si je viens là, c’est mort, je vais me faire dégager aussi. Et c’est ça un truc comme ça. C’est vraiment une volonté, C’est une entreprise pour l’avenir. J’aurais voulu à court terme, c’est pas encore le cas, ce n’est pas gagné. Et si maintenant je prends du recul, un accouchement fourche, j’ai compris que ce ne sera pas, comment dirais-je, un truc qui sera réglé en depuis cuillère à pot. Autre question, je suis désolé, j’ai fait une digression. Il fallait chercher. Ce n’est pas l’exemple probant, mais il fallait faire et je sais que c'était attendu par tout le monde.
Je j’atteste que ça n’a pas été difficile de vous inviter, mais ça n’a pas été non plus facile vous n’êtes pas précipités pour venir ou vous vous êtes interrogé ? Vous êtes demandé.J’atteste que vous n'êtes pas là par l’attirance de la Lumière ou l’attrait de la lumière, ou deux ou deux choses comme ça. Alors, deux petits points. Et après le Tchad, j’aimerais, parce que je pense que c’est important pour ceux qui nous écoutent, qui sont nombreux, que vous nous expliquiez pourquoi vous avez été désarmés à plusieurs reprises et qu’est-ce que ça signifie pour un flic d'être désarmé ?
Ce que ça signifie pour un flic d'être désarmé quand on est un homme ? C’est plus important que je pense que quand on est une femme parce qu’il y a un symbole de virilité. Le fait d'être désarmé, ça m’est arrivé trois fois. Je vais vous parler des deux. Ce troisième sexe, c’est aussi une affaire judiciaire Maintenant que l’avenir dépose plainte, donc je peux en parler. Ça a été parce qu’on m’avait fait une audition de 4 h et demie, je crois, une audition fleuve où le lieutenant Valmy me reprochait, à la demande du chef de service, tout un tas de choses. Je vous en parlerai bien volontiers. Quatre faits majeurs Les quatre faits majeurs les exposent à Mathieu Molard, de StreetPress à Ariane, à notre avocat. Ce sont quatre faits qui devraient être saisis par des félicitations, car quatre fois j’ai fait des actes, des initiatives qui étaient positives. J’ai pris position pour défendre l’administration police. Et quatre fois en fait, ça a été mal pris par la hiérarchie parce qu’elle considérait que j'étais trop audacieux, trop indépendant. On parle bien de situations soit de crise, soit de situations à problèmes. Et j’ai trouvé des solutions. Et on a reproché à. Dans le cadre d’une audition. Cette audition avait pour objectif de stabiliser ma note à six alors que mon autre acteur voulait me casser. C'était ce qu’on appelle une audition intermédiaire avant la notation. Lorsque j’ai fini cette audition le matin, j'étais désarmé. Mais pire que tout, c’est moi qui lâche des armes pour la nuit, etc. Tout ce qui fait peser mon arme. J’ai compris. Votre manœuvre voulait me mettre un coup au moral. Ah si j'étais suicidaire, ça serait malgré que j’ai couché avec, je vais prendre, j’ai déposé les armes, etc. Les 27 officiers plus que tout. En plus, ça avait fait rigoler les collègues. Moi je tiens un café. Quand c’est vu, ils appellent le bureau de. Ça se passe à 7 h du matin. C’est une audition toute la nuit, à 7 h du matin. Ils appellent le bureau le major qui est présent. Est ce que Monsieur B. Morel a bien déposé son arme ? Et il met le haut parleur en plus. Et donc je dis non, il Tu fais quoi là ? Tu m’as. Tu m’as désarmé, J’ai rien dit. Je l’ai posé moi même comme un grand. Maintenant tu m’affiche avec toute la garde journée. Bon bah je me dis voilà t’as un doute. Et le lieutenant cinq minutes après, il faut vraiment se mener pour descendre de son bureau du 10ᵉ étage comme avait dit Arnaud, puisqu’on est dans un sous-sol et en plus dans un bâtiment décalé, il vient, il vient vérifier lui-même. Encore une fois, il y a aussi il savait que j'étais présente, Je ne dis rien, mais il y avait ce côté, ce côté volonté de faire mal, ce côté volonté de vous dire bah t’es plus un homme comme les autres. Et puis y' a ce côté finalement. J’ai un pouvoir sur un sur ta condition dans ces conditions de travail et sur le regard que les autres vont porter. Après tout, lorsqu’en clair, je vais pouvoir donner des armes à mes collègues, les effectifs dans la trentaine d’effectifs que j’avais, que si vous voulez, il n’y a pas de collègues qui viennent travailler. Ils prennent leur arme pendant leur début de service de publication et à 6 h du matin, 6 h 30 du matin avec des armes parce qu’ils ne veulent pas rentrer avec. Dans les transports, ils ont des enfants, ils ne veulent pas rentrer à la maison. Donc c’est moi qui leur donne mes adjoints qui leur donnent ce 20. Et donc moi je me retrouve avec un autre civil et puis ça se sait en plus la maintenance c'était su etc. Et ça, c'était la première fois, la deuxième fois. Cinquième Il y a un aspect vexatoire.Ah oui, où est la volonté ? C’est de m’afficher et puis de puis ça parle à cheval. Voilà un cheval reçu. On est dans une société, tout ce qu’on a fait, l’armée avec un angle bien tenu, un anaconda donc tendu. Donc ça fait tout rond en deux temps trois mouvements quand c’est flash carbone et. Et puis la deuxième fois, c'était lorsque j’ai dénoncé les faits. J’ai été désarmé pendant une semaine, je suis revenu au boulot, donc j’ai été mis en arrêt maladie et j’ai dénoncé les flèches sur Vénus et Emma. Les saletés si vous voulez. C’est dans le même cadre que j’avais résolu de vous dire que j’aime mon institution. J’aurais pu laisser ma hiérarchie. Il y a des présumés avoir commis. Quand je dis présumé, c’est de la rhétorique. Avoir commis plusieurs délits, leur dire attention, là vous faites une grosse erreur. J’ai fait des rapports là-dessus pour leur dire attention, faites, faites gaffe à ça parce que c’est vraiment tombé dessus, la Police. La réponse du chef de service il se prend pour qui celui-là ? Alors que tous les magistrats m’ont donné raison après ? Et deuxième commentaire sur le rapport vous l’avez vu dans la presse à voir chez le psy, les deux fois à mon équipe, par deux fois on a intercepté. Truc avait parlé à 100 %. Les hommes d’affaires ont rappelé quand vous parliez de corruption.
Je vous l’ai dit, moi j’ai recueilli là, ces derniers mois une dizaine ou une quinzaine de parole de policiers dans votre cas, lanceur d’alerte. Alors qu’avec ou non, avec ou sans statut, avec qu’importe. Et le désarmement et la convocation à la médecine statutaire chez le psy et l’idée que. Il est peut-être suicidaire. Ce sont des choses qui reviennent très régulièrement. C’est-à -dire que si c’est si commun, c’est comme un procédé. Vous confirmez ?
Oui,Alexandre Langlois en avait parlé il y a très longtemps. Assez. C’est un détournement de la médecine statutaire. C’est ce qu’on appelle de l’action psychologique. Je suis tout seul, Je n’ai pas une armée derrière moi. Il y en a qui ont un ministère, une préfecture avec les moyens qui vont avec, qui vont sur les réseaux sociaux, etc. Et ils font du culte, du lanceur d’alerte bashing, etc. Et l’administration ? Pour certains d’entre eux en tout cas, certains membres qui représentent l’administration n’hésitent pas à discréditer le lanceur d’alerte, celui qui fait passer le message. Je n’hésite pas non plus à l’affaiblir et à lui mettre des coups, notamment au travers du désarmement, au travers d’une consultation chez le psychiatre de la police à la préfecture de police de Paris, ce qui reste quand même un employé de la préfecture de police de Paris. Donc objectivité peut être, mais pas garantie à 100 %. Et puis on se retrouve comme ça. J’ai le cas d’un de mes collègues qui est désarmé depuis un an puisqu’il a dénoncé un truc dont on vous parlera si vous souhaitez des vidéos. Je crois qu’elles étaient vues à 4 millions de vues. Un type qui se fait tabasser en plein cœur de Paris, enfin pas très loin des champs par trois collègues sans raison. Et lui, il a dénoncé cette affaire-là. Et le résultat ? Sa hiérarchie. Tu vas voir, le psy, le psy l’a désarmé pendant un an et ça c’est pour vous dire des choses comme ça. Juste une info pour que vous compreniez aussi un truc, c’est que dans mon affaire, tout était matérialisé, tout était, tout était empaqueté quoi. Il n’y avait plus qu'à servir. Et on a traité l’affaire en administratif pour garder ça sous le giron de la police. A côté de ça, j’ai d’autres affaires qui sont arrivées, d’autres collègues qui ont sorti des affaires, des petites affaires, entre guillemets, juste après moi. Ils ont signalé par le même biais à leur hiérarchie. Il est monté jusqu’au cabinet du préfet de police. Dans la semaine qui suivait, ils avaient une lettre. On a les trois grands. Je vous montrerai la lettre du préfet de police. Très bien dit. Je vous remercie de nous avoir, d’avoir porté à notre connaissance ces dénonciations. C’est fait. Nous avons diligenté auprès de votre direction l’ouverture d’une enquête administrative. Nous avons demandé l’ouverture d’une enquête administrative et nous avons avisé DGPN. Troisièmement, ils ont même avisé le parquet, mais ils ont donné la référence. Dans la lettre y a la référence de l’ouverture d’enquête. Les faits qui sont dénoncés sont graves, mais ils sont allés à ça par rapport à mon affaire, sur le volume, sur la gravité, sur le temps écoulé, sur les lieux dans lesquels ça s’est passé, etc. Donc quand on veut, franchement, on peut, mais quand on ne veut pas.
Alors je veux maintenant, je veux prendre les questions du chat. Et on a quitté Lola qui a retrouvé la phrase que vous citez et son auteur. L’auteur en fait, c’est Einstein et la phrase c’est le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent et laissent faire. Voilà ce qu’ici on n’est pas chez les cons, sachez le ici. Et alors il y a des questions qui sont personnelles qui, qui, qui, qui vous sont, qui vous sont posées ? En gros, comment, comment vous tenez, euh, moralement, comment vous faites et pourquoi vous n’avez pas quitté la police ?
On n’en aura certainement pas. Je me suis cassé le dos pour rentrer dedans. Ce n’est pas facile. À une autre époque il n’y avait pas et moi je suis arrivé en 2015. Un mec prenait tout le monde, vous passiez dans la rue, vous pouviez être flic. Toi, c'était un style open bar. Moi, je suis rentré dans une période où il fallait passer un concours, c'était pas gratuit et. Et je me suis défoncé pour bosser proprement. J’ai appris plein de choses. Je me suis éclaté avec tout le monde. C'était la grande époque qui régnait avec les groupes de Corse, les anciens, les Bretons, les Ch’tis, les sudistes et tout. Je me suis amusé, j’ai appris des choses superbes, j’ai vécu des choses géniales. C’est un métier de passion sur la route, sur la nuit, plein de choses, etc. Donc il est hors de question que je m’en aille, même si ça ferait plaisir à certains. Avant, je tenais à faire ma plongée depuis le Koweït. C’est plus compliqué parce que je peux partir qu’une fois, qu’une fois l’an. Mais avant je partais en feu, je mettais toutes mes économies dans la plongée, je partais en Égypte, donc deux, deux, voire maximum trois fois. Si je passe à côté de Noël. Je partais en Égypte deux semaines, mais je faisais que de la plongée et je ne sais pas si ça a un lien mais on est passé sous l’eau dans une belle eau chaude claire avec des poissons de toutes les couleurs et tout ça dans le silence, ça me faisait un bien fou, un soleil, etc. Comment je fais maintenant ? C’est le cercle vicieux, c’est que quand on a l ancien a vraiment me harceler. J’ai commencé à m’isoler. Je n’ai pas voulu alerter parce que ce n’est pas dans ma nature. Mais ma famille. Le reste, c’est tout. Donc je me suis replié un peu sur moi-même et je ne joue pas la victime en jouant au foot, ça suppose un statut qui m’intéresse et. Et j’ai arrêté de voir mes copains, mes copines et parce que je savais qu’il me connaissait et que j’allais le voir, si je lui dis comment tu vas ? Ben tout. Et si j’arrivais sa valise à point arrêt de me prendre pour un con et ce qui ne va pas. J’avais peur de l’heure de porter à leur connaissance ce qui se passait parce que je m'étais dit merde, si je au boulot, j’ai ces emmerdes là avec mes copains, ils sont cons l’affaire. Donc à chaque fois que je vais la voir, les prochaines fois ils vont en reparler. Donc j’essaie de limiter au maximum. Et il y a eu un effet pendant un temps avant de paraître. Arié c’est que j’avais je pense une phase de compensation physique fait que je rentrais du boulot, je dormais car j’avais plus de danger avec ma hiérarchie, j'étais en alerte générale, j’allais à la boule au ventre, au boulot. Non pas parce que j’avais peur de la chute. J’aurais bien voulu régler les choses plus à l’ancienne dans les vestiaires, comme ça se faisait bien il y a 30 ans. Mais je ne peux pas. Et puis ce n’est pas ce n’est pas bien. Mais par contre, je savais que le moindre truc qui n’allait pas, il allait retourner contre moi et six ans trouvait pas ce qu’il cherchait ni inventait. Donc c'était dur. Et donc je rentrais le matin épuisé et je dormais des fois toute la journée.
Comment ça aujourd’hui vous êtes ? Alors j’ai dit une connerie, On m’a fait dire une connerie. Ce n’est pas du tout une Stein la phrase ce n’est pas exactement celle-là. La phrase c’est pour que le mal triomphe. Seul suffit l’inaction des hommes de bien.
Oui,
Bon bah voilà, voilà. Et c’est Euryale, notre brigadier-chef de la modération qu’il a acquis et qu’il a retrouvé aujourd’hui. Votre statut, c’est quoi ? Vous êtes encore policier ? Vous êtes, vous allez au travail ?
Ouais, ouais, tout le temps. Depuis le 8 août 2021, j’ai repris le boulot sans m’arrêter une seule fois le harcèlement et recommence depuis plusieurs mois par l’officier. N’y a qu'à demander que ma note soit baissée. Qui a discriminé notre unité à plusieurs reprises sur des choses auxquelles normalement on a le droit, comme les autres également. Mais on a eu plusieurs fois des traitements discriminatoires. Là maintenant, je suis interdit de sortir devant, de former les effectifs, etc. Donc on travaille comme un sac de sable à l’arrière du fourgon. On met en danger mes collègues en se faisant un boulot. Je lâche pas le morceau, je reste toujours courtois, je reste toujours loyale, vieille. Dans l’administration, il y a des choses dont je ne vous ai pas parlé parce qu’il y avait des trucs, voilà. Mais maintenant comme je vois qu’on ne fait aucun cadeau et que pire, on m’invente des trucs pour me dégager, je pue. Bah je vais parler car vis ma vie maintenant c’est zéro pitié. Donc on va sortir d’autres choses, on va aller au contact puisque c’est tout ce qui. Je le comprends et c’est ça que je comprends maintenant. Tu sais, s’il y a un discours officiel président niveau inférieur à premier ministre et moi ce que j’ai au dépôt de Paris, c’est pas ce que c’est, c’est pas ce que j’ai dit à la télé. Donc moi maintenant j’en ai parlé. Je vous dis honnêtement, j’en ai parlé à tous mes collègues et copains extérieurs, flics ou pas fils. J’en ai parlé avec ma famille puisque je les avais un peu laissés de côté pour les préserver et ça m’a fait un bien fou et je suis sûre qu’un vieux prends la distance. Je me dis je suis dans un dans un sketch, dans un film, dans un flouze, dans mon ex-mari, je suis dans un truc un peu bizarre et il va bien y avoir une sortie à un moment donné. Et il faut, il faut que je tienne là. La seule chose pour y arriver, c’est tenir. Et que fait. Et comment je tiens. Là par contre, il y a aussi un truc qui vient. Tout à l’heure, vous parliez, je vous parlais du parlement Arié, on n’avait pas parlé, mais il y a aussi tout un tas de choses qui sont à tenter contre moi pour me pousser à me défendre et donc à faire des actes de justice. Oui. Or, moi, je n’ai pas la protection fonctionnelle qui est refusée par le préfet de police de Paris. Donc du coup, c’est ma protection juridique de mon assurance voiture qui s’arrête bientôt parce que j’arrive au sommaire. Il y avait un montant qui faisait que bah je fais des actes comme ça, mais tout n’est pas pris en charge. Donc en fait, c’est aussi le fait de ne pas nous asphyxier. Oui, vraiment, c’est ça moi. Dissuader de voir. D’abord, ils essaient de me faire peur. Donc ils ont essayé. Donc c’est pour ça que j’ai plus confiance en moi. J’appelle un cabinet. Deux cabinets ont trouvé ce qu’il fallait, donc. Enfin certains enquêteurs en tout cas. Donc j’ai plus confiance maintenant, même pour le cabinet trois. Je suis désolé pour eux. Alors comme dit Aramis, il y a des gens très bien partout pour faire une GPL, mais je ne suis pas tombé sur eux. Donc du coup maintenant je suis obligé de faire des actes qui nous coûtent de l’argent. Dans pas longtemps je vais tomber au plafond, j’ai atteint le plafond donc je vais devoir faire des crédits pour payer. Mais mes procédures et je pense que c’est une volonté de leur part.
est ce que vous avez le choix de vous demander : Est-ce que vous avez quand même des soutiens ? Officieux de la hiérarchie ou de gens qui comptent dans la police ? Ou est ce que vous êtes seul avec éventuellement certains de vos collègues mais qui ne peuvent pas grand chose pour vous ?
Ah officiellement non, J’ai plus de soutiens. Même le syndicat, j'écoute. On parle un peu cet amendement à ma demande, mais j’ai plus de soutien. Je les attaque par un je ne reproche rien, c’est comme ça. Ils ont fait leur choix, je le respecte. S’agissant des collègues, oui, il y a tous ceux qui m’ont soutenu que le débat oui. Beaucoup de collègues enquêteurs de PJ que je ne connaissais pas personnellement, qui ont fait passer des messages directs ou par mail, les patrons, là, c’est fini. L’affaire est montée trop haut et il y a une hostilité du préfet de police de Paris et du ministre de l’Intérieur ou du ministère de l’Intérieur à mon encontre. Et malheureusement, tous les commissaires que je connaissais, j’en connaissais quelques-uns. C’est fini. Heureusement, je les ai pas appelé. J’ai ma fierté, je n’ai pas voulu envoyer de messages, de rien. Mais autant j'étais dans l’expectative, maintenant c’est clair à ce qu’ils s’engagent. J’ai disparu de leur répertoire et je réapparaîtrai si un jour je reviens en odeur de sainteté. Mais sinon non. Il y a vraiment ce truc là aussi. C’est un truc. Vous l’entendez dans toutes vos affaires ? La police, c’est une grande famille. Ouais, quand il y a des collègues qui meurent maintenant, on va être honnête. Et trouvez-moi, syndicalistes du corps des Gardiens de la paix ou des officiers qui vous diront le contraire. On a des cons partout, dans tous les corps. Maintenant, ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a des carriéristes dans tous les corps et dans le corps des commissaires. Dieu sait que le respect, il y en a plein qui sont super. C’est des vrais patrons à l’ancienne, mais il y en a plein qui en plus rien à foutre de nous qui sont dans la loi du chiffre. On a des cartouches imprimantes et il y en a pas qui nous considèrent comme des consommateurs.
Et si vous avez plein de collègues qui étaient alors eux-mêmes autrefois. Eux mêmes vous diront que leur métier a changé, que ce ne sont plus des flics mais des managers qui sont là pour remplir des tableaux Excel. Il faut faire tant d’affaires par heure, par semaine, par mois, etc. Et qui sont beaucoup plus dans une gestion à la Mac Donald des troupes. Est-ce que vous appeliez là le travail à l’ancienne ?
Ben ouais, mais il faut.
Vous concédez ça ou pas ?
Oui, absolument. Mais je ne suis surtout pas fan du déclin, ça. On est pas à l'époque de Marx, on ne voit pas pourquoi pas, mais on en parle très bien. Mais par contre il y a des patrons qui essayent de lutter, qui gardent une certaine forme d’humanité, mais il y en a d’autres qui sont là, masqués. Depuis Sarkozy, ministre de l’intérieur, ils avaient, ils avaient intégré la la mobilité. Donc avant, un patron, ça restait quasiment dans l’arrondissement, dans le district. C’est resté toute sa vie, quoi. Et sa carrière là-bas, jusqu’au sommet des grades, là, maintenant, y reste deux ou trois ans. Donc on leur demande d’appliquer des consignes, ils les font, les appliquent froidement. Et en dessous, bah, il y a des choses, des officiers, des fois, qui nous disent il n’y a pas moyen, ils ne sont pas cons les patrons, ils comprennent mais ils ne veulent pas. Parce que de l’autre côté ça voudrait dire s’opposer à du directeur ou à la préfectorale et s’exposer par rapport à prendre des risques pour leur carrière. Et oui, là je peux le dire, il y a, comment dirais-je, des patrons, je ne sais pas. La vulgarité, le cul entre deux chaises, entre leurs effectifs desquels ils veulent être proche, etc. Leurs officiers, les gardiens de la paix et au-dessus les ordres qui viennent des préfets qui font que maintenant. Mais ce sont aussi eux, entre guillemets, que des exécutants. Dans un autre niveau, bien sûr. Il y a un vrai malaise à ce niveau-là. Il y avait plus ce côté comment dirais-je, ADN en commun qui faisait que ça communiquait. Je ne parle pas de familiarité, il faut de la distance. Pour commander, il faut une certaine forme de solitude aussi. Il n’y a pas de souci. Mais le côté humain, un tout qui nous reliait. Ce dénominateur commun, pour moi, il a disparu. Alors bien sûr, dans des groupes en PJ ou en renseignement où les collègues sont comme ça du sommet de la base au sommet, sont tous sous, il n’y a pas de soucis. Donc sécurité publique, c’est un truc qui pour moi, sauf dans des exceptions avec des îlots, a disparu face à un retrait. Et je pense que vous l’entendez souvent sur les plateaux. Je ne vais pas citer les syndicalistes qui en parlent aux pas de lutte des classes, mais on regrette sincèrement ça. On a mis une pression sur les patrons qui ont joué le jeu et ça s’est transformé. Et en plus, on les a jeté aux émeutiers. Vous avez vu les primes au mérite et les primes au mérite ? Pour les gardiens de la paix, c’est 600 €. Pour la prime individuelle aussi. 130, 100 1540 annuels éventuellement. Il y a une prime de 600 ou 500 € pour la prime de service à partir de cumuler les deux mois. Deux fois dans ma carrière, j’ai eu le mérite sur 22 ans. Bon, c’est pas grave, on passe. Mais à côté de ça, vous avez certains officiers ou certains commissaires. Quand ils veulent, ils obtiennent leurs primes d’objectif. Ils ont des dizaines de milliers d’euros, des dizaines de milliers d’euros. Et si ce n’est pas, c’est pas de la mythomanie. Vous regardez, je connais un capitaine qui est connu pour être un mec en or sur Paris. Il est parti en 94 maintenant, quand il a eu sa prime d’objectif parce qu’il avait atteint ce qu’on lui avait demandé, il a montré et il est échoir à 45 000. Et ici, voilà, c’est tant mieux pour eux, il n’y a pas de souci, ils ont travaillé dur, ils ont peu de qualification, etc. Mais quand vous. Comment voulez que des gens comme ça qui sont motivés à remplir des objectifs avec au bout du compte, s’ils parviennent, des dizaines de milliers d’euros prennent en compte la douleur, la souffrance humaine de certains collègues de base a dit ben ouais, moi d’un côté j’ai ma maison à payer, j’ai une famille aussi. On ne me demande pas de te tuer donc ça va, ce n’est pas non plus énorme, mais par contre ça va créer. Effectivement, toi tu fais, tu fais déjà du boulot de folie et dans les 2 h de temps qui presse, bah tu vas faire des contrôles routiers, des contrôles. Si tu parcours le c’est plus parce qu’en ce moment c’est le cheval de bataille du gouvernement et voilà. Et puis après un an, au bout d’une année, la ligne, voilà, j’ai fait 300 contrôles au sud patati et qu'à un instant appelé peut et voilà. Et le collègue, lui, au bout du compte, il est crevé et on peut plus y ajouter s’insulter et effectuer des contrôles aussi. Parce que voilà, c’est le rapport avec la population. Une certaine population est malheureusement devenue rien d’autre qu’une confrontation permanente. Et voilà. Et je me permets juste un truc parce que je vais l’oublier et je vous jure que je réponds juste au lance pierre. Quand on parle de police bashing. A ça. Mais il faut bien se dire aussi qu’on a notre part de responsabilité. On nettoie chez nous, on balaye chez nous. Je pense qu’il y a donc dans ceux qui donnent du crédit aux bannis, au politique bashing qui alimentent le truc. Il y en a qui diront non, non, non. Parce que je pense que quand on sait que quelqu’un couine.
C’est quoi le police bashing pour vous ?
Alors moi non plus je n’aime pas ce mot là parce que c’est un mot à la mode, etc. Mais il y en a qui disent que effectivement, des médias trouvent que c’est très porteur, que c’est très parlant de mettre en avant tout ce qui ne va pas sur la politique et voir des fois c’est même avant d’avoir la preuve formelle. C’est se jeter sur le moindre début de commencement de preuve et donc de se défoncer parce que c’est comme un tête de turc quoi. La police serait venue comme ça ? L’Administration sur laquelle il faut bien taper parce que celle qui met les PV, parce que celle qui fait tout un tas de choses qui par essence font chier un peu le citoyen, etc. Donc moi je pense franchement, c’est ce que je vis quand j'étais en sécurité, plus classique on va dire, quand vous travaillez correctement. 95 fois sur 100. À moins que vous tombiez sur un fou furieux, un malade ou un toxico, etc. Ça se passe bien et il n’y a pas à se mettre à genoux. Baisser son froc, c’est juste vous parler poliment. Voilà, ça part en live, c’est que ça devait partir.
Alors il y a beaucoup de questions, mais ça fait quand même déjà 2h qu’on discute. Je ne vais pas vous mentir.
Un jour, je suis en repos. J’ai posé des jours.
J’ai le droit de vous garder quoi ? 48 h, c’est ça ? Alors on va le faire plus long. Il y a beaucoup de questions. Je vais reprendre un peu la main sur la discussion, si vous voulez bien. Alors il y a notamment des questions sur la politique. Qu’en pensez-vous. Alors on vous demande ce que vous pensez du travail de certains députés, plutôt à gauche. On vous demande est ce que est ce que le politique peut changer les choses ou est-ce que c’est peine perdue ? La police est on est au service du politique et ce n’est pas du politique dont il faut attendre la moindre vraie réforme de fond de la police.
Alors je vous demande pardon à vous et aux personnes qui posent cette question-là. Comme l’avait dit Arié, je suis confronté à mon devoir. Absolument. Bien sûr, ce que je pourrais dire, en fait, le devoir de réserve s’accommode, ce n’est pas une obligation, ça a été jugé en Conseil constitutionnel, etc. Le devoir de réserve n’est pas une obligation de réserve. Donc des fois, je peux, entre guillemets, l’enjambée ou composer avec dès lors que c’est du positif. Là on me dira pas à pas critiquer, là l’administration n’avait pas un mandat pour ni syndicat ni administratif de porte-parole, etc. Donc si c’est du positif, ils diront ok ça passe.Mais là ça va être compliqué un suivi des points de vue.
Alors sur les syndicats, comment les syndicats, quelle est la stratégie d’attraction des agents par les syndicats ? Comment fonctionne t-elle ? Est ce qu’on peut parler de ça ou pas ?
Oui, on peut, la question exacte, David, ce serait quoi ?
Comment fonctionne la stratégie d’attraction des syndicats envers les agents ? Comment est-ce que je vais le traduire ? Est-ce que c’est, comme on me le dit souvent dès l'école de police, quand on vous dit Ah tiens, moi je suis chez Machin, viens chez Machin, moi je suis chez des trucs chez truc. Qu’est-ce que c’est ? C’est là que ça se situe ou pas ? Et puis on vote pour le plus. Le mieux placé pour. Parce qu’en fait, le syndicat gère. Qui gère votre carrière, c’est ça ?
Il n’y a que ça. Et donc les syndicats, c’est une vraie tradition dans la police, donc on a toutes attentes. Ouais. Et on a depuis l'école de police, effectivement des démarches peu qui viennent, qui sont proactives vers nous et ils nous disent écoute, collecte a besoin d'être protégé parce que d’abord ça coûte pas cher en début de carrière, c’est après que ça, ça augmente ce prorata du grade. Tu peux avoir un incident sur la voie publique, un problème avec la hiérarchie. Et donc tu peux avoir besoin de soutien et stimuler la santé quand ça se produit plutôt que de s’inviter au dernier moment. Donc la démarche est facile à ce niveau-là. Une fois qu’on est syndiqué pour tous les syndicats maintenant, on appel font appel aux médias, davantage aux outils, un peu plus à Facebook, Instagram. Tous les trucs que je ne connais pas trop pour montrer ce qu’ils font. Et donc souvent vous regarderez. Vous avez des avancées qui sont tenues grâce à eux, mais souvent tous les syndicalistes. Je dirais une bêtise alternative police alliance.
Mais oui, c’est vrai, Twitter, Facebook, c’est vraiment le tract et l’affiche d’antan. Ça a le même poids, parce que parfois on a l’impression que si c’est une foire d’empoigne. Vous trouvez vraiment que c’est là que ça attire les jeunes recrues, les jeunes adhérents, les jeunes syndiqués ?
Alors en fait, maintenant, ils ont vraiment une communication globale pour l’ensemble du territoire sur les avancées ou les miracles, les retours en arrière, les reculades qu’on a. Et à côté de ça, ils ont une stratégie locale. Quasiment tous les syndicats ont des délégués dans chaque service et donc chaque service a sa page Facebook. Et donc, quand ils font une avancée, ils sont au plus près du collègue et ils essayent de mettre en avant ce qu’ils font. Les conditions sanitaires, les conditions matérielles, tout ce qu’ils peuvent essayer de faire progresser. Les syndicats le font foi honnête, ils essaient. Certains syndicats sont toujours majoritaires d’une direction à l’autre et donc ont plus de pouvoir. Je pense que c’est aussi pour ça qu’ils essaient tous de ravir le plus de voix aux élections, c’est que ça leur permet d’avoir plus de poids vis-à -vis de l’administration. C’est assez, comment dirais-je comptable, là, tu regardes bien qui représente quoi, etc. Dans chaque service, vous avez plus ou -1 représentation équilibrée qui correspond à la représentation nationale. Et des fois, dans des services, vous avez des services qui sont quasiment à 100 % de collecte sociale et d’autres qui sont chargés. Ben ça dépend. Souvent, c’est grâce au travail soit du syndicat en général, soit c’est là où par contre, c’est plus intéressant, c’est le travail du délégué local. Et là, quand vous avez un délégué qui soit le masculin féminin, qui mouille le maillot, qui se défonce pour vous, etc. Mais là, souvent vous allez de fil en aiguille la boule de neige. Mais en deux, trois ou quatre ans, le service est devenu quasiment parfait. Une seule couleur. C’est aussi ce syndicat là.
Est ce que les syndicats dont vous parlez, est ce que ils se tirent dans les pattes ou ils sont cause commune.
Sur certains sujets de ce que moi j’observe ? Parce que même lorsque j’avais un mandat de délégué, j’assistais aux réunions etc. J'étais vraiment un petit délégué local. Donc en tant que simple policier, ce que je peux vous dire, c’est que sur certains sujets se tirent la bourre et ils vont au contact. C’est sincère, c’est factuel quoi. Les frères et sœurs s’envoient des réflexions, ça s’envoie des remarques, des faits des fois, parce qu’effectivement il y a un peu un syndicat caviardé sur l’autre. Voilà. Après, sur des causes communes comme conspuer, il y a des collectionneurs de déconnexion gravement blessés, des choses qui sont inadmissibles, etc. Là, il y a le fameux dénominateur commun, il y a un plateau, un tout le monde se retrouve. Par contre, ce que j’ai remarqué, c’est qu’avant une sorte de prise de hauteur de la part des collègues, y compris même des plus jeunes, avant on était quasiment dans un syndicat, toute une vie. Maintenant, c’est un peu comme chez SFR, Orange, Bouygues et compagnie où on bouge. Bien, là où il y a le meilleur forfait Web à un défaut. Il y a eu des ristournes dans certains syndicats qui étaient moins chers. Il y a Alternative Police qui est un syndicat qui est arrivé il y a quelques années et qui a explosé parce qu’il y a vraiment eu un signe. Il a mouillé le maillot, il est allé au contact de la gueule, la hiérarchie, il a vraiment fait ses preuves, etc. L’Alliance a une tradition SGP aussi. Et donc ils ont dit on est toujours l’un et l’autre à se tailler la bourre pour la place numéro un, numéro deux et ils ont tous envie de vraiment avoir le plus d’adhérents pour être le mieux entendus au niveau de la préfecture par exemple à Paris ou du ministère. Mais à côté de ça, vous avez des fois je trouve un mépris, mais des collègues se sont rendu compte quand Alexandre Langlois dans un manoir, on en parlait quand y a Bruno Attal, par exemple, dans l’affaire Michel Zecler. Mais avant il en avait parlé, dans d’autres on commençait à expliquer. Alors ils ont raison, ils ont peur. Je ne sais pas, je sais, c’est chacun son point de vue. Mais disons, les collègues ont apprécié ce côté plus authentique que le message un peu officiel des grandes centrales où des fois c'était plus concret, plus terre à terre, avec notre langage, avec des choses qui nous intéressaient. Et des syndicats.
On peut dire que Bruno Attali, là, il a un certain langage quoi.
Ouais, je ne connais pas. Et puis surtout, bah je ne sais pas, je n’ai pas trop. Je regarde pas trop la télé en fait, je ne vous cache pas, je n’ai pas trop vu. C’est ses interviews, c’est les connexions. On en a parlé, j’ai vu quelques bouts sur YouTube aussi et voilà. Mais je sais que France Police, policier en colère est accusé d'être d’extrême droite ou très à droite, etc. J’ai des collègues, vraiment une jeune collègue qui en a par exemple. Je peux juste te dire un prénom comme ça. Stéphanie Chacun suit beaucoup ce syndicat parce que je sais qu’ils ont fait beaucoup de choses pour les collègues et les familles de collègues sont suicide et les collègues qui ont fait des tentatives de suicide par médicaments qui ont été récupérés, etc. Je sais que ce syndicat c’est mieux.
Je pense qu’on peut dire sans se tromper que c’est un syndicat proche de l’extrême droite. Oui, absolument. Michel Torri. On a déjà parlé, on en reparlera. Ce que je comprends en vous écoutant, c’est qu’il y a un tel malaise que chaque syndicat tire les marrons du feu comme il comme il l’entend, comme il le peut.
Sur le sujet des suicides. David, j’ai l’impression qu’ils sont vraiment sincères. Après, sur d’autres sujets, c’est à dire des victoires, l’obtention d’une prime, le l’obtention d’un truc par rapport aux transports, ce genre de choses-là, ils vont dire oui mais c’est moi qui l’ai fait. Non, c’est moi qui l’ai fait. Oui, on l’a fait à deux. Non, on ne l’a pas fait avec des petits. Là ok, c’est plus ce en l’empoignade commerciale un peu, mais par contre sur des trucs où ça touche les collègues, les suicides et tout. Je ne connais pas tous les syndicats, mais je pense franchement qu’ils sont plus sincères. Je ne vais pas les idéaliser, mais je peux pas les diaboliser non plus et les rendre, comment dirais-je, plus calculateur etc. Je pense que sincèrement, de ce que j’entends, même des syndicats avec lesquels je n' ai pas d’accointances, il y a vraiment des gens qui ont décroché le téléphone, qui appeler les assistantes sociales aussi, trouver des apparts aux collègues qui sortent de l'école.
Je reconnais que des syndicats, ce que je connais le plus, ce sont les responsables nationaux et pas ceux dont vous parlez. Je crois qu’il y a eu d’ailleurs, il y a un chercheur dans la revue délibérée, Tony, qui est ici, qui est la revue du Syndicat de la magistrature. Il y a un chercheur qui a travaillé sur cette question-là. Je vais vous redonner le simplement le l’intitulé Le syndicalisme policier construit-il les politiques policières de Benjamin Pavillon, haut à la découverte. Et il explique très bien la différence qu’il peut y avoir entre les représentants nationaux, ce qu’on voit un peu partout, ceux avec qui je peux avoir pour certains pas tous contacts, et puis les délégués, les délégués locaux, départementaux, etc. Où effectivement il y a un peu moins de choses. Mais sur la question centrale me semble t-il, du fait que les syndicats de police aujourd’hui font autant du syndicalisme que de la politique, ça vous gêne pas, ça ? Quand je dis ça ne vous gêne pas ? Vous ne pensez pas que pour l’institution policière et pour ce que vous représentez, ça sent quand même le roussi ?
Je fais ça uniquement parce qu’il droitise, mais simplement, est ce que c’est leur rôle d'être à ce point marqué politiquement et de et d’avoir la République à longueur de phrase, etc. De se revendiquer dernier rempart de la République ? Pour cette question-là précise. Je gardais juste un joker dans le sens où plus tous les collègues à la télé le disent ou les délégués, peu vous diront toujours moi je fais du syndicalisme, pas de politique, donc pas partant de là, même si j’ai des yeux et je les ouvre, j’ai la tête sur les épaules, je vois ce que vous voulez dire. Par contre, oui, par contre que ce que. Ce que je crois maintenant qui peut être positif, surtout quand je vois par exemple David le Marsu du syndicat des commissaires. Mathieu Val était porte-parole de l’autre syndicat, des commissaires, des syndicats d’officiers Synergie et le resta assis. J’ai l’impression qu’il y a vraiment quelque chose, une sorte de conscience qui est en train d'émerger. Et il y a une volonté de faire quelque chose de grand qui est en lien direct avec les gens. Enfin, ce que je veux vous dire par là, c’est que beaucoup de collègues, et là je garde mon devoir de réserve, estiment qu’on n’arrivait pas à faire notre boulot comme on voulait faire. On n’arrivait pas à faire ce pourquoi on est rentré dans la police, c’est-à -dire aider notre prochain. Juste un exemple concret, un tout simple nous en avons tous les tracts, syndicaux, etc. Vous êtes cambriolé ? Ben pourquoi il y a deux voitures sur la circonscription ? Vous allez attendre 3h parce qu’il y a trois feux, il y a une agression, il y a tout ce que vous voulez, etc. Mais le pire c’est qu’on va peut être même pas pouvoir prendre les empreintes. Et quand vous allez venir au tribunal, au commissariat parce qu’on ne pourra pas se déplacer, bah vous allez juste avoir le dépôt de plainte pour avoir un remboursement total ou partiel par votre assurance. Et ça, c’est quelque chose qui nous gêne. Nous, ce qu’on aimerait, c’est avoir plus de monde, plus de moyens pour pouvoir faire ce qu’on veut. C’est ce qu’on voulait faire courir après le voleur, courir après les gens qui ont commis la vie de tous les jours. Et ça, c’est un sentiment de frustration. Et là, je l’entends chez les commissaires avec Mathieu Vallet et David de Bar, que je ne connais pas du tout.
J’en connais un des deux puisque j’ai eu. J’ai débattu avec le gars qui dans son bouquin a raconté un peu n’importe quoi à propos de mon travail. Mais justement, moi, quand je pense à un syndicalisme politique, je pense à David Le Bar, euh je pense à Mathieu Vallée, C’est leur droit, mais c’est aussi mon droit de noter ça. Mais je ne veux pas vous amener là-dedans. Donc, on a évoqué ensemble, voilà. Est-ce que c’est ce que vous semblez penser. En ce qui concerne les agissements des policiers, le fait de pommes pourries ou est-ce que c’est un problème systémique ? On a parlé de ça pendant longtemps et là on prend rapidement les questions et effectivement vous marchez sur des œufs et je respecte ça. C'était notre deal pour l'émission, évidemment, vous mettez votre carrière en jeu en parlant, en parlant, en direct. C’est un bel exercice auquel vous vous prêtez vraiment. Moi, je vous remercie et je remercie tous les gens du tchat qui posent des questions extrêmement, extrêmement censées, sensibles, etc.Est ce qu’on a parlé des syndicats ? Il y a une question qui revient beaucoup, c’est celle de la formation. Et là je voudrais revenir à ce que vous disiez tout à l’heure, vous expliquiez que selon vous, 2015, les attentats de 2015 et ce qui va se passer après, c’est-à -dire le recrutement à tout va, a considérablement modifié la population policière. Est ce qu’on peut revenir là-dessus ? Vous parliez, vous parliez, je crois, de la promo Valls puisqu'à l'époque c'était lui le ministre de l’Intérieur. Qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce qui s’est joué exactement ?
Bah déjà, Monsieur Valls, il a fait une chose vers cette loi. Il y avait urgence de compléter nos effectifs ce soir du président Sarkozy, il y avait énormément avec la RGPP de de perte d’effectifs futurs, le remplacement des départs en retraite. Et donc lui, il a recruté au maximum. C’est une très bonne chose. Ce problème, c’est qu’il y a eu en même temps l’Euro 2016, il y a eu la COP 21. Donc déjà, on finit tous les débuts de formation et on est envoyés pendant un mois, deux mois sur des opérations comme ça. Ils avaient tout juste utilisé leurs armes et puis ils ont eu des scolarités écourtées. C’est à dire qu’après on a eu besoin sur le terrain rapidement parce qu’il y avait vraiment un gros manque, On était crevés, on avait très peu d’effectifs et donc ce n’est pas leur faute, mais voilà. Mais dans le lot, il y en a qui sont très bien, donc même avec peu de formation, ils ont complété en arrivant au commissariat dans des services spécialisés. Le tout s’est bien passé et il y en a d’autres étaient beaucoup plus lège ou d’autres étaient carrément pas à leur place ici et qui en ont profité pour partir un peu comme dans un arbre fait des petits buissons à droite, à gauche, etc. Avec des habitudes qui sont déviantes, qui ne sont pas normales. Donc il y a un projet du ministre de l’intérieur et je le redis, je ne vais pas le faire en se disant j’suis en bisbille avec Annie et le ministère. Donc voilà, maintenant c’est la première fois en 22 ans que je vois que ça bouge comme ça. Même sous Sarkozy n’avait pas bougé comme ça. Mais moi je peux avoir peut être même plus des sept péchés capitaux que les douze travaux d’Hercule, parce qu’il y a des choses à changer, même en formation. Je ne suis pas un théoricien, je ne suis pas un philosophe, je suis loin d'être le meilleur des pédagogues. Par contre, quand on a mangé sur le terrain, on a une sorte de retour d’expérience qui se fait presque de façon intuitive et il y a des manques et des choses qu’il faut alors apprendre. Et la première chose qu’il faudrait apprendre aux collègues, c’est une dimension s’il faut vraiment créer un petit bloc. Et vous, citoyens, vous êtes concernés ? Un petit bloc psychologique parce que vous êtes dans une profession, surtout dans les conditions actuelles. Que ceux-ci se traduisent souvent par des confrontations.
C’est-à -dire ? Parce qu’il y a plusieurs questions dans le tchat là-dessus. C’est-à-dire que. Un jeune policier n’est pas formé à la psychologie.
Il n’y a que dalle. C’est et ce n’est pas en panne de formateur, c’est juste que ça fait pas partie du cursus programme, pas ou pas suffisamment. Il faut comprendre que quand vous arrivez sur le terrain où vous allez, on parle des bons collègues, vous avez les meilleures intentions du monde, vous voulez défendre la veuve et l’orphelin et arrêter le voleur, l’assassin, le reste, tout. Par contre, vous confronter des gens qui vous connaissent même pas, qui te disent je peux dire les gros mots fils de pute, t’affiches de la dureté des trucs de malade, vous entendez ça H24 quasiment sur des mois, des années, comment ça pète un câble, vous faites agresser, caillasser le reste, etc. C’est un truc énorme à gérer, Il faut prendre du recul. Les psychothérapeutes, les psychologues vous diront il faut qu’on apprenne en école que les gens prennent beaucoup sur eux parce qu’ils représentent une fonction, mais c’est pas une attaque personnelle contre eux, contre David ou contre la loi, c’est des flics et donc c’est le flic qui va s’en prendre plein la gueule. Mais lui, le collègue doit gérer ça, il doit le gérer dans l’instant. Ils doivent gérer un enfant poste quand il a l’interpeller avec lui, il doit le gérer le soir et souvent c’est des non-dits, des trucs qui sont pas conscientisés, qui vont devenir inconscients et qui vont faire qu’après le mec qui va le collègue, il a développé une carapace, va devenir un soi, comment dirais-je, dépressif ? Ou à l’inverse, il va commencer à compenser par un par un. Il va vouloir prévenir sa situation en étant dominant, en me disant moi la prochaine fois, je ne vais pas me faire insulter, caillasser direct. Moi je vais dans le dans là le mec je parle mal, j’impose le rapport de force, du moins ceci cela. Donc il y a plein de collègues que je connais qui sont dans ce sont des mecs en or, pas moi. À côté, je suis même un peu chiant, une brute. J’ai une collègue, c’est vraiment des Y a des gens qui ont le cœur sur la main. Mais. Mais le boulot est tellement dur, surtout maintenant que c’est chaud. Et après vous en avez qui se suicident Et on s'étonne de ça parce qu’on n’arrive pas à gérer tout ça, tout ce surplus d'émotion et compagnie. Et je ne vous parle même pas des découverts de cadavres, des accidents et j’en ai bouffé pendant huit ans de ma vie la nuit sur le périph, sur les autoroutes et compagnie ou en ville, etc. Des misères de la misère humaine pour moi tous les jours on n’est pas con. Se victimiser ce n’est pas ça, c’est notre boulot, on y va, on va faire mais il faudrait on école et après qu’on nous apprenne à prendre de la distance, pas nous déshumaniser, pas nous refroidir. Alouette qui ne sait pas comment sa vie à elle, nous transformer en rétinien, ce n’est pas ça, mais juste à avoir ce recul à cette distance qui permet de tout en restant un homme avec un cœur qui bat, etc. De pouvoir gérer au mieux certaines choses et d’avoir aussi peut être après, quand on est sur le terrain, plus de facilité à aller vers le psy parce que là on vous raconte des choses, mais là on nous a sorti des cartes il n’y a pas longtemps pour consulter par téléphone un psy. J’ai une collègue qui est dépressive, qui l’a faite. Elle a dit à Marc C’est juste que je voulais me suicider. Un La psy m’a dit c’est un coup de fil, voire deux maximum. Après il faut que je me démerde pour aller voir un psy. Donc les deux.
Deux questions ou plutôt deux remarques dans le même lot qui vous dit que le métier de policier n’est pas considéré comme un boulot social alors qu’ils sont sans cesse au contact du public. Un peu de social dans la formation me paraît un bon début. Donc ce serait une deuxième chose et il y aurait la psychologie et le social. Il y a aussi furling qui au début et qui est toujours là et qui il faut dire que fur ligne est un abonné de poste. Ça les abonnés on les on les aime, on les aime d’amour Qui nous dit enfin qui vous demande est ce que le recrutement de la police avec une valeur de progressisme serait envisageable ? Est-ce que vous pensez que la question du racisme, par exemple, devrait être abordée dans les écoles de police ?
Oui, sauf qu’elle l’est, que je connais pas mal d’officiers parce que c'était des officiers dans différents services, que je connais quelques gradés ou quelques commissaires. Eux, ils ne sont pas racistes et ça, les oraux se gagnent une fois écrite une épreuve écrite. Et après il y a des épreuves orales. Ils posent ce genre de situations souvent et eux ne le sont pas et ils sont un peu. Le truc c’est que vous êtes un oral. Les gens arrivent bien habillés, ils vont vous montrer ce qu’ils veulent, vous montrer et puis bah il y a des escrocs qui passent à la psy. Des fois il y a de l’abattage notamment En 2015 il fallait recruter, recruter, recruter. Donc on a pris un peu. Enfin, on a pris des gens supers et j’en suis très content. Je bosse avec des jeunes qui sont de ces propos-là, qui sont géniaux et on en a pris d’autres qui sont des dangers. Et. Mais oui, ce serait bien, ce serait bien. Et tout à l’heure, tiens, juste un truc, vous parliez. Il y avait une question, c’est pour ne pas la laisser sans réponse. Mais je pense que maintenant la police, souvent les syndicats envoient.
Le renvoi d’office de l’officier de police judiciaire que vous êtes là.
Disons que c’est par respect pour ce que vous voulez au spectateur. C’est comme beaucoup disent oui, si on n’était pas là, nous gendarmerie, police municipale, ce serait, ce serait, ce serait l’anarchie, etc. Oui, ils ont raison en un sens de dire que quand on voit ce qui se passe, si on ne se donne pas vraiment, on y va parce que de ce fait on se fait insulter, cracher dessus, caillasser, etc. Si on laisse tomber en se mettant malade, j’y vais plus, ça sert plus à rien. Peut-être que certains quartiers seraient encore plus sous la coupe de délinquants, de criminels que ce n’est le cas maintenant. Maintenant, ce que je veux dire aussi, c’est parce que je suis proche de l’enseignant. Il ne lâche pas le morceau non plus. Là je suis proche de vous, on va dans les hôpitaux mais quand les flics on les alcoolise et les interpelle, le reste est toujours. On va toujours dans les hôpitaux. Donc c’est pour ça qu’on a beaucoup de couples policiers, avocats, policiers, infirmières ou policiers. Et donc bah pareil dans les hôpitaux, je ne lâche pas le morceau, j’ai signé des infirmiers, des docteurs, on l’a vu avec le col, ils y tiennent. Donc on est l’un des piliers, peut être l’un des piliers en ce moment. Principaux s’il y a beaucoup de faits. Violence. Explosivité. Il y a un truc, il se passe un truc, ça peut partir partout dans la société, on enflamme et on est l’un des piliers. On n’est pas le seul. Donc oui on est là, on joue le jeu ok, mais par contre faut pas oublier bien tous ces gens-là qui sont à droite à gauche. Regardez avec le colis de si les caissières, si les routiers tiens, les routiers, les livreurs d’essence avait laissé tomber aussi. Donc on ne doit pas, non, plutôt trop focaliser sur nous. On se défonce, on paye dans le sang des fois un nombre de fois moins où des collègues on a été blessé et on n’a pas déclaré nos blessures. Parce que d’abord quand on unit c’est chiant pour rester toute la journée à l’hôpital etc. C’est souvent la même on temps oui mais en plus parce qu’on sait que si le médecin va nous dire de prendre une semaine d’arrêt, il peut pas faire autrement. C’est un coup de couteau dans la main ou tu t’es épuisé, t’es tombé est en panne, t’as une foulure, tu peux même plus tenir ton arme, etc. Combien de collecte font souvent acte d’abnégation et disent Parce que je ne veux pas laisser les autres ce soir tout seul ou en journée à ceux qui bossent en journée aussi, je reste. Donc ouais, on a des héros du quotidien partout. Mais on n’est pas les seuls. On n’est pas les seuls, franchement. Moi je ne pourrais pas manger, je pourrais ne pas faire naissance. Je n’ai pas d’enfants, mais les autres pourraient envoyer leurs enfants à l'école. Donc oui, on a ça. Et d’ailleurs c'était un truc en ce moment, c’est vraiment hyper important. Moi j’aime la France a suivi mon père et ma mère était d’origine algérienne, marocaine donc il y a deux générations et ce n’est pas français. Je suis née dans ce pays-là. Mon père m’a toujours dit que c’est un pays en or. Je constate, j’ai voyagé. C’est une des choses que j’ai vu. J’ai voyagé et je peux vous dire franchement, la France, j’adore fut patriote dans le sens honorable du terme. Et ce que j’aimerais, c’est retrouver cette solidarité que j’ai connue. Et je ne parle que de 98 le 12 juillet où ou genre de choses où on était tous ensemble, etc. C’est Si moi, quand j’allais, j’allais à l'école, bah j'étais. Ah oui, il y a eu une période un peu chaude. Deuxième chance où c'était un peu blues negro, il entendait se répéter à l'école, on était tous français, on était tous ensemble et ça, je l’ai plus maintenant. Et ce mouvement fait un peu de communautarisme. Ça, je l’observe et c’est le fait peut être d’une américanisation. C’est le fait d’une volonté, c’est le fait qu’on n’a pas de chance. Je ne sais pas mais ça on n’en a pas marre.
Moi je vous laisse parler parce que je trouve qu’on en apprend beaucoup en vous écoutant. Ça ne veut pas dire que je suis d’accord et loin de là avec bien des choses que vous pouvez raconter. Mais je trouve beaucoup plus intéressant de savoir ce qu’un policier comme vous a le courage de dénoncer certains agissements peut penser. Et en vous écoutant, je me dis c’est si étonnant. Parce que voilà quelqu’un qui est extrêmement clairvoyant sur ses collègues les plus proches et vous continuez quand même à défendre et l’institution, et on va dire l'émission qu’on vous donne, vous parlez par exemple de deux, de piliers, vous seriez un des piliers, etc. Dans le tchat, on vous demande est ce que vous ne seriez pas plutôt des garde-fous ? Mais est-ce qu’une société qui en vient à considérer que sa police et un de ses piliers voit le pilier quand on écoute Darmanin, c’est quand même un peu le discours ? Est-ce que c’est pas une société qui va mal ?Je veux dire que si on si on va un peu au-delà de tout ce que vous nous racontez, de toutes les révélations que vous nous faites, qui sont, je trouve, extrêmement éclairantes et extrêmement enrichissantes, quel que soit le bord où l’on se situe. Est-ce que si on pousse un peu, un peu la réflexion…
Alors ce que je peux dire, c’est que c’est un constat et un diagnostic, comme on le sait, sera ravi en France. Je ne parle pas d’un gouvernement, ce serait fait d’un gouvernement ou d’un tel ou un tel. Ça ne va pas ? Il y en a une. Il y a une sorte de dé individualisation généralisée. Il y a un mal être. Avec la pandémie, ça s’est aggravé. Il y a des revendications. Il y a des gens qui n’ont plus confiance dans la politique. Moi, je peux parler juste pour moi. Au moins ça je peux le dire. Je n’ai jamais été politisé, sauf une fois. J’ai ma carte une seule fois dans ma vie pendant une année, pas deux. Mais j’avais vraiment que d’une seule chose. Envie d’une seule chose, c’est que tout le monde sera heureux, quoi que tout le monde puisse vivre, travailler, etc. Or, maintenant, quand j’entends tous les collègues parler des élections parce que je les invite toujours à moi, je vote à toutes les élections. Je suis prêt à décaler mes vacances, mes vacances pour voter. Je vote, je vote, je m’implique. On pas le droit de vote donc je veux voter quand j’invite mes effectifs à voter parce que c’est un devoir citoyen. On dit chef, c’est tous des pourris. Les Jordi n’ont pas tous un disque, mais tous ceux qui arrivent au pouvoir arrivent avec un programme et la plupart nous appliquent même le contraire, nous mentent. On y croit plus. Et même pour notre ministère, il le disait. Qu’est-ce que j’ai envie de vous dire par rapport à ça ? Pour rester dans le devoir de réserve, j’ai envie d’y croire et je ne peux pas baisser les bras. Donc je vais continuer de voter et je vais continuer d’inviter mes collègues, les gens que j’aime bien à voter et à y croire et en espérant que mon vote, que les votes puissent faire avancer les choses. Le pays va-t-il -il bien ? Va-t-il pas bien ? Non, ça ne va pas bien, mais ça fait très longtemps. J’ai presque envie de vous dire pour moi, ça fait, ça fait. Ça fait presque une trentaine d’années. Si ce n’est pas plus que ça, on nous a menti. Ça c’est sociologique. Ce n’est même pas mon avis. Je veux dire, ça c’est une évidence. Et nous on est écœurés parce que. On voit beaucoup de choses qui se produisent, qui ne devraient pas se produire. Et quand je dis dire ça, je veux parler de deux choses qui touchent le quotidien sont c’est. C’est ça la misère sociale. Je pense que plein de flics, surtout ceux qui sont en sécurité publique, sont touchés par ça. Et puis on a de la famille, on n’a pas tous la famille qui a du boulot.
Amar précisément, là je pense qu’on parle de philosophie, donc je pense que ça ne peut pas se retourner contre vous puisque pour ceux qui nous suivent, je rappelle que vous avez dénoncé des agissements de vos collègues, mais que vous êtes vous- même sous le coup d’enquêtes DGPN, de plusieurs procédures de plusieurs, etc. Et que donc voilà, il faut du courage pour être dans la position dans laquelle vous êtes et parler comme ça publiquement en direct avec un chat qui réagit. Mais précisément, est-ce que l’on va vers la philosophie ?Qu’est ce que c’est que d'être une police au service d’un régime qui crée de la misère sociale ?
Puisque vous parlez de misère sociale c’est peut être un repoussoir.
Vous ne pouvez pas. Est-ce que ce sont des questions qui se posent dans les commissariats ? C’est ou c’est abstrait ?
Non. Il y a des sujets qui seraient même très surprenant. Je vous en ai parlé au téléphone. Vous savez, des regards, vous avez des regards. Moi, j’ai des collègues qui sont qui seraient. Sachez que je peux en parler puisque ça sa concerne aussi sur le gilet jaune. Je vous l’avais dit. On évoquait le fait que vous étiez mal vu par certains collègues et moi je disais oui, peut-être même sûrement par certains, mais pas par d’autres. Pardon mais c’est pas important.. Elle ne partait pas, franchement. Et rappelez-vous qu’au début des gilets jaunes je n’ai pas cité, mais il y a plein de syndicalistes qui l’ont dit, qui le répètent encore. Il y a des collègues qui avaient manifesté, c’est quand que ça a commencé à partir en violences etc. Du fait de black blocks ou autres. Peu importe que les collègues aient arrêté d’y aller, surtout quand en plus les collègues gendarmes policiers subissent tout. Là ils voulaient plus être dans la dans la nasse. Mais mes collègues au départ ont trouvé le mouvement justifié, légitime, etc. Ce que je pourrai dire, c’est que plusieurs collègues m’ont dit Quand ils ont su que je venais parler aux chevaux, ils m’ont dit Fais gaffe, parce que tu penses bien qu’ils n’attendent qu’une seule chose, c’est que s’arrêter. Donc ils m’ont dit fais attention à ce que tu dis, mais ils m’ont dit aussi fais lui comprendre qu’on a compris sa démarche, que l’on ne voit pas forcément vous et tous les autres des gentils comment dirais-je ? Ils veulent notre mort, notre désarmement, etc. Ce que je veux dire par là, c’est que j’ai une voiture. Moi je lui donne un exemple tout bête ou une voiture de marque, une voiture de concession, elle est entretenue chez eux, je paye mon entretien, etc. Quand j’ai payé mon entretien, j’aimerais bien que ma voiture soit réparée par exemple. Signaler un dysfonctionnement, accompagner les gens paye la police, On paye la police comme on paie les impôts, l’armée des hôpitaux, le reste c’est tout. Moi je paye, mais je fais aussi mon propre salaire entre guillemets. Est-ce que je veux dire c’est quand on est payé pour fournir un service et qu’on a une obligation de moyens. Et cette obligation de moyens, c’est de travailler de la meilleure des façons, de façon honnête, de façon respectueuse des lois et des grands principes de liberté, égalité, fraternité, il y en a plein qui le font. Il y en a quelques-uns qui ne le font pas et les quelques-uns qui ne font pas en ce moment et qui jouissent de ne pas tous, parce que chaque discipline fait son boulot aussi, mais pas tout le temps. La preuve en est dans mon affaire, il y en a, c’est quelques-uns.Et c’est un peu quand même parce que comme ça ne fait pas sourire.
Quand c’est du bon côté, on ne fait pas vraiment son boulot.
Mais il y en a qui le font. On a des journalistes. On a parlé avec un commissaire qui au club qui est important sur Paris. Il m’a dit ah mince, c’est tu ne peux pas expliquer, il y a des affaires, tu leur présente tu les gilets jaunes par exemple, Ça s’est soldé pour une affaire de sous presse, ça s’est soldé par un manque d'éléments, une infraction injustement. Oui, il y a eu une relance de l’avocat. Un autre cabinet a pris de touche, obligé. Ben Paris, ils ont trouvé et il y a eu donc des mises en cause. Le reste de l’affaire, je ne la connais pas.
CQFD, CQFD. Parce que là, si ça. Passe, j’ai regardé.J’ai consulté près de 80 dossiers IGPN sur les violences policières, notamment sur les sur les gilets jaunes. Et on voit bien qu’effectivement, selon les enquêteurs, selon ce qu’ils veulent chercher ou trouver, eh bien. Les réponses ne sont pas les mêmes. Mais bon, je voudrais terminer. Il est 11 h 30, 2 h 46 de conversation avec vous. Vous avez parlé tout à l’heure de travaux d’Hercule, vous ce que vous aimeriez voir changer en profondeur. Au sein de la police, ce serait quoi ?
En premier lieu on travaille sur l’humain policier. On doit améliorer notre formation et notre soutien parce que franchement, il y a des collègues qui sont au bord du suicide, de la dépression. Le reste. Mais ça, c’est de l’interne. Par rapport à vos publics. Un Recentrer la police sur ce qu’elle est censée faire, c’est-à -dire protéger le citoyen et comment dirais-je ? Et avoir une action concrète, visible. Un Je dirais une bêtise. Ma sœur a été cambriolée une fois, Elle a attendu 6h pour qu’une batte puisse venir. C’est ce que faisait la BAC parce que DPS et police secours étaient pris. Elle faisait un feu de poubelle. Ce n’est pas le boulot d’anti délinquance de la BAC et des collègues.Quand vous dites elle faisait un feu de poubelle qui écoutait, qui était en train d'éteindre et voilà. Moi j’aimerais que quand il y a un truc qui se passe, on s’en occupe. J’aimerais que, comme dans un quartier, j’ai grandi dans une cité, j’ai des origines. Je veux que des copains qui sont, qui ne sont pas tous blancs, le reste. Quand on a un événement qui se produit dans une cité réaction officielle, on met un quart de police, une compagnie de CRS, etc. Quel est l’intérêt ? Mes collègues me disent mais regarde, on fait de la figuration, je vois Les collègues CRS disent ce sert à quoi ? Je montre qu’on est là, qu’on est présent, ok, mais ce n’est pas ça. Je ne critique pas l’attention, ce n’est pas ça. Mais je veux dire, nous, collègues de terrain, nous connaissons les endroits, les cités, le quartier, tout au sexe. Excusez- moi, j’y ai cru. C’est deux crapules ou deux connards qui ont foutu la merde. On sait que ça il faut les attraper là, j’ai besoin des collègues de renseignement qui me piquent.
Excusez-moi, vous ne répondez pas à ma question. Qu’est-ce que profondément vous de l’intérieur, vous ou vous voudriez voir changer au sein de la police ?
On rapproche le corps des gardiens de la paix, du corps des officiers, du corps des commissaires et qui vaut vraiment une montée à son service communication échange. Je voudrais qu’on fasse plus du travail de flic, moins de travail de sape qui alimente les stades du ministère du gouvernement ou je ne sais pas quoi. Quel que soit le gouvernement, je ne stigmatise personne. J’aimerais vraiment qu’on fasse du profit. C’est valorisant pour nous. C’est utile pour la population, franchement. Et ça, par contre, il y a des exemples concrets. Mais là, on va faire un inventaire. Il nous faut 2 h de plus. Il y a des frottements, mais il y a des choses concrètes qui ne viennent pas de moi. J’ai des collègues plus anciens qui m’ont donné des idées, etc. Il y aurait des choses qui seraient qu’on travaille sur la formation. Je voudrais qu’on réforme l’inspection, un sas et même des gens où je passe avant ceux qui disent de l’intérieur il y a des choses à changer, il y a des choses franchement, il y a du boulot à faire. Mais tous les petits flics ne sont pas des grands, des délégués syndicaux, ni de grands secrétaires généraux et on n’a pas accès à ces centres de décision. Et toutes nos paroles ne sont pas remontées jusque-là ou c’est parce qu’elles ne sont pas suffisamment intéressantes pour eux ? C’est parce qu’on est et on est pas assez intelligents ? Je ne sais pas. Mais franchement, j’aimerais faire du boulot. Plus de flics, pas d'énervement derrière.
Dernière question Amar Après je vous libère. Je rêvais de dire à un policier je vous libère, Le tchat avec des antagonismes d’ailleurs c’est passionnant. Que faire pour que la police change. Il y a ceux qui veulent la réformer, il y a ceux qui veulent la révolutionner. Il y a ceux qui veulent l’abolir. Mais d’après vous, de l’intérieur ? Qu’est-ce que les citoyens ? Comment les citoyens peuvent agir pour que les choses changent de l’intérieur ? Comment de l’extérieur on peut agir sur l’intérieur ? Est ce qu’il faut couper tout ? Est ce qu’il faut réformer ? Et dans tous les cas, comment ? Comment ? Quels sont les leviers ? C’est quoi ces réseaux sociaux ? C’est les médias, c’est écrire au ministre aux manifestants.
C’est tout ce qui est moyen de pression dans le sens positif du terme, du lobbying auprès du personnel politique, auprès des médias, auprès, comment dirais je, des acteurs directs ? L’idée, c’est de rester. Pour moi, personnellement, c’est de rester positif, quelle que soit la maquette, la cause que l’on veut défendre. C’est ça ? Maintenant, vous êtes le public, vous êtes entre guillemets, votre employeur. On a une administration qui est notre employeur direct, notre opérationnel, mais on est là pour rendre un service au public, un contrat social. La police est armée, la gendarmerie, la police municipale. On est là pour que chacun ne se fasse pas justice. Des lois sont édictées depuis des centaines d’années. On est censé vous protéger des fois vous-même. Dans certains cas, on ne se sert pas, mais on est censé vous protéger, etc. Et c’est ce qu’on voudrait faire, exiger que les principes d'égalité soient respectés. Et ça, dans la boîte. Vous n’entendrez jamais dire pour moi personnellement, j’ai été traité de sale boulot deux fois dans ma carrière. On m’a shooté pour des raisons de discrimination raciale. Jamais je n’écris, jamais je ne suis comme ça. Mais par contre, quand ça touche d’autres collègues ou ça touche des gens qui sont sous ma responsabilité, des gardés à vue ou des déférés, ça je n’accepte pas. Il faut que ces principes-là soient défendus et après il faut que dans le sens positif vis à vis des collègues qui soient mieux traités. Parce que des fois, au niveau humain, il y a des choses qui sont vraiment, qui sont, qui sont à améliorer. Et ça, c’est un truc qui fait que ça pousse des collègues avec les conditions difficiles de travail, les relations tendues avec certaines hiérarchies, certains pas touchent les commissaires, tous les officiers sont pas pourris, c’est pas du tout ça. Il y en a vraiment qui sont comme nous ou qui sont là et voilà, Il y a du bon et du mauvais partout, mais il faut vraiment qu’on trouve quelque chose comme ça et et parfois qui ne lâche pas le morceau. Parce que là, c’est un sujet qui était complètement sous le tapis, une omerta, la loi du silence, et c'était la loi du silence. Et l’omerta, c’est pas un truc très puissant. C’est plutôt dark side en face de nous ça. Ce qu’on est censé combattre, donc ça il faut le changer et c’est hyper vertueux. Et c’est un truc que je ne comprends pas comment ils n’arrivent pas à l’imprimer ou alors ils ne veulent pas. Alors là, dans ce cas-là, c’est fou. Je sais pas comment il faut faire, mais il y a un reportage, un documentaire à faire et s’ils font le ménage chez eux, c’est vertueux si le ménage est fait de façon habituelle chez nous. Au bout d’un moment, tout le monde va se tenir droit. Et on ne parle pas de dictature, de truc de fou, c’est juste les pommes pourries et les verres. On dégage et par contre après on se concentre et on positive et on va, on va de l’avant etc. Et ça, il faut le faire.
, Cher Amar, je vous libère. Vous pouvez rejoindre votre avocat qui était avec nous en début d'émission. Merci beaucoup d’avoir pris le temps d’exposer votre vision des faits et de nous raconter ce que vous avez vu. Est-ce que vous êtes en train de vivre parce que vous avez dit ce que vous avez vu ? Merci beaucoup d’avoir partagé avec le tchat tout sage. Ce sera. L'émission sera remise en ligne par Blast puisque l'émission du lundi il y a beaucoup de gens qui vous remercient pour votre témoignage, votre courage. Merci beaucoup, Merci beaucoup.
Deux petites choses très simples. J’aurais déjà présenté mes excuses parce que c’est décousu quand je parle, parce que j’ai le devoir de réserve. Enfin l’obligation de lancer un devoir de réserve. Et donc si je juge des fois, je dois fragmenter ma pensée. Et donc ce n’est pas forcément très linéaire et j’ai dû esquiver quelques questions qui étaient sur moi.
C’est pour ça, on me dit. Voilà, moi ça me fait vraiment sérieux, mais je pense que tout le monde a compris, l’avait compris. Il n’y a pas de il n’y a pas de souci.
Le deuxième truc, c’est qu’on en a parlé avec un autre lanceur d’alerte. Mon affaire étant particulièrement médiatisée, je vous l’avais dit, il y a un. Enfin, pas énormément, mais il y a qui reçoit beaucoup de demandes d’interventions dans les médias et je peux vous assurer que je ne fais même pas 10 % de ce qui m’est demandé ou de ce qui m’a été demandé. Donc c’est vraiment un truc que je voulais fuir. Je voulais justement laisser mon administration tranquille. Là dessus, je me suis dit c’est bon, je suis passé en force parce qu’ils ont essayé de me mettre la tête sous l’eau, de me piéger, etc. De me faire porter des chapeaux et compagnie. Je suis ok maintenant, le message est passé là. Oui, ils vont réagir, ils n’ont pas réagi dans le bon sens, c’est tout le contraire. Ils ont rajouté encore et ils continuent de me mettre la tête sous l’eau etc. Maintenant, on va attendre encore un petit peu, mais il y a deux révélations que vous allez comprendre qui expliquerait pourquoi mon affaire m’attire autant d’ennuis. Parce que vous verrez qu’il y a des liens entre les gens qui ont commis les faits et d’autres personnes qui ont des relations. Ça, je vous le dis pas tout de suite, mais on vous fera peut-être un rat, comment dirais-je un truc ?
Vous reviendrez parce que moi, manifestement et on vous remercie de ne pas vouloir partir, mais moi je peux continuer.
Le truc aussi c’est quelques lanceurs d’alerte en question qui ont un peu plus de savoir que moi. Un truc a dit. En fait, il faut absolument dans ton cas parce que c'était chaud, parce que t’as dérangé du monde, parce qu’il y a des liens qu’on vous exposera dans pas longtemps qui vont, je pense, surprendre beaucoup de monde et surtout parce qu’il ne faut pas que tu fasses valeur d’exemple, faut pas que tu deviennes un exemple, il faut qu’on peut mettre la tête sous l’eau pour toutes ces raisons-là. Parce que t’as fiché l’administration alors que j’ai juste fait mon boulot de flic, parce qu’il y a certaines personnes qui ont pris des positions en dissimulant tout aux juges, etc. Ou comment t’y épargner des gens pour X raisons, parce qu’il y a des liens entre certaines mises en cause et des personnalités. Et enfin parce qu’il ne faut surtout pas que tu t’en sortir indemne. Parce que sinon le message restera dans l’inconscient des collègues qui ont d’autres choses, beaucoup. Comme je vous l’ai dit, les quelques collègues qui sont sur des sujets plus sensibles que le mien entre guillemets, c’est que maintenant ça peut passer. Ils veulent absolument faire de moi un exemple, même s’ils vont vous dire le contraire, hein. Ce que le président de la République a quand même dit ouais, il faut vraiment régler cette question du racisme. La rue, moi je dis, je le vois par l’oreille d’une façon bizarre, il ne faut absolument pas que je m’en sorte. Donc il y a un truc qui est de l’ordre du personnage même, on s’en fout, mais du principe même. Il ne faut pas que je m’en sorte la tête haute, les mains propres, il faut qu’on salisse, faut qu’on ne détruise parce que sinon ça voudra dire attends, il a dénoncé, il en a bavé, mais c’est bon, c’est passé et maintenant c’est bon, on le laisse tranquille. Là, il faut vraiment que les gens sachent que je vis un enfer parce que ça recommence. Et je ne me plains pas, j’assume. Mais un jour ils le feront de façon légale, judiciaire. Il faut qu’on sache que ma carrière est foutue. Il faut qu’on sache qu' eux, ils font toujours. Je regarde derrière moi s’il n’y a pas quelqu’un qui va essayer de me poser une peau de banane ou un coup de couteau dans le dos, etc. Il faut que ça se sache ce que je fais. Si à un moment donné je ne le cache pas. Mes collègues m’ont dit mais merde, pourquoi ils n’arrêtent pas ? Ce n’est pas leur intérêt. En plus ils font des. A chaque fois qu’ils vont vouloir mettre un coup sur le dos, ils font des trucs nouveaux quasiment. Donc là on a eu la réponse c’est qu’il ne faut pas que tu sois l’exemple qui s’en sorte. Donc la question, la dernière, c'était qu’est-ce que peuvent faire les gens ? Bas qui regardent un peu, qui suivent l’affaire ? Parce que franchement, je pense que c’est pour ça que je suis venu. Je suis allé à chaque fois vers un média pour un rien, m’a dit Vas y, Il m’a dit n’y va pas, Je n’y suis pas allé et il y en a eu des grands et importants.
Je ne veux pas que vous passiez aux aveux maintenant. Je ne veux pas parce qu’on m’incite à vous garder.Merci beaucoup Amar. A très bientôt. Vous revenez quand vous voulez. Maintenant que la connexion est établie, que tout marche bien.
J’ai fait les relais parce que j'étais un peu stressé et tout ça, c’est la première fois. Et puis en plus, je vois Paris. On en discutera tous ensemble dans une salle, ce sera facile. Est que j’ai la personne dans les épreuves dont je vois ses yeux, etc. Et puis je vois que je ne mens pas, que je dis la vérité. Je vais voir que là il n’a pas compris ce que j’ai dit, donc je vais pouvoir reformuler. Et là c’est vrai que je vous ai vu et je ne vois pas les autres. J’ai pas entendu en plus sur le sens de l’impulsion, des fois une intonation ça change un ça pour les personnes profondément sincères. L’exercice qui était nouveau était particulier plus le stress, l'épée de Damoclès. Fais gaffe à ce que tu dis parce que j’attends que ça donc. Mais vraiment, franchement, je veux que les gens le sachent il y a plein de flics et plein de gendarmes. Les gendarmes, je le connais moins, mais par contre je les crois aussi en maison d’arrêt. Ils me disent putain on en a marre de payer pour des connards et ils sont une minorité, faut vraiment qu’il fasse le ménage et qu’il arrête de taper sur ceux sur ceux sont excellents ! La politique de la lettre morte en fait. Parce que finalement, si elle m’avait coûté, plus d'élus, n’auraient jamais rien su quoi et on aurait fait le ménage au Cameroun. Je crois que ça aurait été ou disons, c'était quand vous envoyez la poubelle et tout, c'était réglé. Mais ils ne veulent pas pour ça, il faut le changer. Je respecte ma hiérarchie, je respecte plein de gens bien, mais il y a des choses, faut arrêter les conneries. Les choses évoluent au fur et à mesure. Merci en tout cas de m’avoir invité à participer. Et merci à tous les collègues qui me soutiennent, à tous les tous les gens, même ceux que je ne connais pas Et puis une pensée pour eux, pour Éric et sa famille, pour Stéphanie, sa famille. Parce que celle-ci ce n’est pas normal, ce n’est pas normal que parte pour tous les autres avant, mais pour l’affaire en l’espace d’un mois, c’est horrible ce qui s’est passé et en plus des gens qui avaient des enfants donc. J’allume régulièrement une bougie.
Tant pis. Vous avez lancé la conversation ? Évidemment, c’est épouvantable. Il n’y a rien à dire. Ce qui est arrivé à votre collègue, ce qui est arrivé à votre collègue Stéphanie quelques semaines plus tôt. Mais qu’est-ce que vous pensez du discours de certains syndicats, de certains ministres ? C’est aussi ça. Si, en rendant dans le devoir de réserve. Mais qui ? Qui ? Qui lit le fait qu’il y ait ces moments, tous ces drames est absolument épouvantable au fait qu’il y ait une critique de la police en disant bah voilà, voilà où ça mène. On a vu Marine Le Pen, par exemple, critiquer France deux Le jour même où votre collègue Stéphanie a été assassinée en disant Mais regardez, la veille, ils avaient diffusé d’ailleurs le reportage dans lequel vous étiez. On n’en sortira jamais. Si on lit toutes ces choses-là. Que si on dit à ceux qui observent la police ceux qui critiquent la police font partie de ceux qui désignent la police comme une commune cible. C’est le cas, mais c’est très rarement le cas.
Un film se fait en deux phases. La première phase, c’est que je respecte un l’avis de chacun. On pense que les syndicats, madame Le Pen, les gens pensent ce qu’ils veulent. La deuxième phase deux, je vais être plus directe. Vous avez un principe de communication. Ce qu’on appelle l’analyse transactionnelle, c’est juste du simple, c’est du stratégique. Oui, on dit que les critiques de la police peuvent conduire à ça ou faciliter ce genre de choses. Si le ménage avait été fait à l’intérieur de la police et bien sûr, ça n’avait rien à voir avec lui. Donc Stéphanie y aurait moins de critiques. Donc déjà on pourrait dire retour à l’envoyeur, on fait déjà bye devant la porte, on ne critiquera pas sur le bordel qu’ils vont apporter pour ça, c’est déjà ça. Mais moi par contre, je vois ce qu’elle veut dire, c’est sûr. Plus le police bashing dont on avait parlé tout à l’heure. Moi ce que je vois franchement, c’est que c’est trop, c’est trop chaud, c’est trop, c’est trop sensible pour que je puisse en parler. C’est comme la fermeture éclair, il y avait les différents courants dans la police, c’est tout. Je ne peux pas trop. Ce que je peux juste dire, c’est juste du bon sens. C’est que la police, comme n’importe quelle administration, doit. Si elle fait, elle commet des fautes, on fait des erreurs, elle doit être critiquable, c’est aussi simple que ça. Ainsi, moi, demain, vous l’avez vu dans les hôpitaux, des fois il y a des trucs, les maladies nosocomiales, il y a eu un médecin, je le rappelle plus, je crois que je sortais du bac, lequel est complètement bourré, une nana dans un hôpital en Bretagne, une chambre et compagnie. Ça veut dire quoi ? Donc on ne peut pas critiquer les administrations si on fait une connerie. Maintenant, ce que veulent dire, c’est qu’il y a systématiquement à ce moment le côté tête de turc de la police où on tire à vue feu à volonté. Peut-être qu’il y a du trop. Ouais, mais me dire qu’il faudrait jamais critiquer la police, là je m'éloigne complètement d'Éric et de Stéphanie. Non, on fait des conneries, Si y a des conneries qui sont faites, on peut en parler naturellement. Après, qui est vraiment un truc de fou qui dit peut-être parce que fait des parts d’audience, des parts de l’image, etc. Ou fait vendre du papier gratuitement, y compris même quand on sait que les policiers sont victimes et pas auteurs.
L’idée n’est pas de piger, mais d’essayer de comprendre et de se dire que c’est compliqué pour un, pour. Pour cette personne de parler. Mais c’est essentiel, me semble-t-il, pour nous d’entendre, d’entendre ouais, on est des Bisounours, mais par contre on est des Bisounours armés, le savoir est une arme.Voilà. C’est un drôle d’exercice que de dérouler. Alors on va appeler ça une interview plutôt une conversation de manière publique. Normalement on fait ça tranquillement, puis on apprend à faire son montage, etc. Donc bien évidemment, il y a des moments où moi je ronge mon frein par rapport à ce que l’on pouvait entendre. Il y a des choses avec lesquelles j'étais en total désaccord, mais ça n’a pas d’importance. Je veux dire que ce qui est important, là, à ce moment-là, me semble t il, c’est d'écouter cette parole et d’en tirer ce qu’on en veut. Sachez que sur Twitter, il y avait déjà quelques malins qui l’attendaient au tournant. Des gens qui se prétendent être de la même maison que je dis, qui se prétendent comme ils sont, anonymes pour la plupart, c’est difficile de savoir. Et notamment, il y a une sociologie des policiers twittos que j’avais étudiée pour Mediapart, où on voit que les plus virulents sont souvent ceux qui sont les plus jeunes
