Amfis 2025 : Paul Vannier, tour des stands, et drôle de drone au-dessus de Mélenchon
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Voilà, je vais vous demander de prendre le micro.
Bien sûr
Si ça ne vous dérange pas,.
Pas du tout.
Ah, ça c’est bien ça, ça va être du boulot évidemment. Alors là, donc derrière vous, il y a Au poste.
Super, je suis au poste !
On a une demi-heure, ça va ?
C’est une demi-heure c’est bon.
Alors, j’attends juste un peu il y a quelques personnes qui arrivent, mais j’attends que Euryale la modératrice en chef soit là.
Aupostiennes et aupostiens, est-ce que vous m’entendez, amis du café, amies de la police, amis des débats publics, bonjour.”Bravo pour votre travail !”, ça vous est adressé.
Et bien merci, ça fait chaud au cœur.
Alors, nous n’avons pas les moyens de l’Assemblée nationale, le micro, il faut le porter un peu plus haut. Ici, là, sur le menton, comme ça ? Voilà. Parfait. Alors là, j’ai l’impression qu’on nous entend, et j’attends juste la modératrice, Euryale, peux-tu me faire signe, s’il te plaît ?. Nous sommes aux AMFIS, à Châteauneuf sur Isère à côté de Valence, les AMFIS 2025. Je vois un chat très sage, est-ce que le son est bon ? Paul, est-ce-que je peux vous demander de dire deux, trois mots ?
Bien sûr, je suis ravi d'être au poste, ici, à Châteauneuf sur Isère, et de dialoguer avec vous.
Vous êtes ravi d'être au poste ? Bien, on va pouvoir tweeter ça. Ça y est, le monde arrive. Oh là là là. Bon, salut à vous. J’ai appris ce matin que vous étiez d’accord pour venir. Ce qui fait qu’exceptionnellement, je n’ai pas tout à fait préparé mon introduction.
C’est pas grave, on va improviser.
On va faire des déambulations philosophiques.
Très bien.
On va discuter. Mais moi, je voulais quand même vous parler de votre fait d’arme. Votre fait d’arme, c’est quoi, d’après vous ?
Je ne sais pas. Vous allez me dire. Qu’est-ce que c’est mon fait d’arme ?
C’est la commission d’enquête.
Oui, bien sûr. Je ne le considère pas comme un fait d’arme. En vérité, c’est un sujet, c’est un fait de fond, c’est un fait société, peut-être plus qu’un fait d’arme, cette commission d’enquête. Parce qu’elle a contribué bien au-delà de l’Assemblée nationale à une libération de la parole. J’espère un changement d'époque, j’espère des changements concrets pour protéger les enfants, pour empêcher d’autres "Bétharram". Et c' est un changement de fond qu’il faut continuer à accompagner. Pour moi, cette commission d’enquête, c’est encore mon actualité du moment. C’est encore un travail qui est devant moi, qui est devant nous avec ma co-rapporteure Violette Spillebout et après les conclusions, après les recommandations que nous avons présentées, qui ont été adoptées par l’Assemblée nationale, il y a encore beaucoup de travail pour que, de façon véritable, des changements soient engagés, des mesures soient prises, que le gouvernement réagisse à cette situation. Aujourd’hui, il ne l’a pas fait. Il est dans un silence assourdissant, deux mois après la publication de ce rapport. Et donc, je ne considère pas que la bataille pour reprendre cette métaphore est achevée.
Il y a eu 50 recommandations. Est-ce que vous pouvez résumer les plus fortes, les plus importantes ?
Il y en a qui sont très pratiques. Par exemple, nous avons proposé la création d’une cellule de signalement, signal éduque, une cellule nationale qui centralisera et remontait les alertes qui pourraient être transmises par tous les personnels de l'éducation nationale, mais aussi par certains parents d'élèves, de façon à assurer le recueil d’abord de ces signalements, leur traitement, de façon à assurer que ces signalement soient transmis parfois vers les départements, parfois vers la justice, pour qu’il y ait toujours des réponses. Il y a toujours des actions qui sont engagées, alors que nous avons constaté que beaucoup de ces signalements se perdaient, n'étaient jamais traités, n'étaient jamais instruits. Nous avons proposé la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes de violences en milieu scolaire pour reconnaître d’abord ces victimes, qui parfois ne le sont pas par la justice en raison de délais de prescription, par exemple, et puis pour leur permettre de faire face à toutes les conséquences des chocs qu’elles ont connus. Les conséquences en termes de santé, de santé mentale, de santé physique, des conséquences d’accès à l’emploi, des conséquences qui sont dramatiques et qui touchent tous les aspects de la vie de la personne. Et puis il y a d’autres recommandations qui sont peut-être, mais qui sont fondamentales pour moi en tout cas. Cette commission d’enquête est revenue très largement sur la place de l'école privée dans notre pays, qui est une place très importante. Il y a 2 millions d'élèves qui sont scolarisés dans les établissements privés, notamment catholiques en France, et cette école privée, qui est abondamment financée par de l’argent public, c’est 12 à 15 milliards d’euros par an, c' est beaucoup, beaucoup, d’argent, elle échappe à tout contrôle public. Elle est à la main d’un ministère bis de l' éducation nationale, qui s’appelle le secrétariat général à l’enseignement catholique. Elle a jusqu'à très récemment échappé à tout contrôle, jusqu' à mettre des élèves en danger, à exploser des élèves à la violence continue de criminels, ce rapport et ces recommandations proposent de rompre avec cette organisation, et propose que la puissance publique, l'éducation nationale, assume toutes ces prérogatives, et assume le suivi de tous les élèves de notre pays.
Est-ce que c’est un sujet que vous aviez choisi ?
Oui, c’est un sujet que j’ai choisi. En tout cas, j' ai choisi le sujet de l'éducation. D’abord parce que c' est mon métier. Avant d'être député, j' ai été pendant plus de 10 ans enseignant dans des lycées de l' Académie de Créteil des lycées publics. C’est mon métier, je reste un enseignant. Si je ne suis plus député un jour, je redeviendrai enseignant. Et puis j' ai travaillé politiquement ces questions en étant responsable du programme éducation de Jean-Luc Mélenchon en 2017, en 2022. Et quand je suis devenu député j' ai choisi de siéger dans la commission des affaires culturelles et de l'éducation et de m’intéresser assez rapidement à la question de l' école privée. En 2024 déjà, j' ai conduit une mission d’information parlementaire avec un député, renaissance déjà, qui s’appelait Christopher Weisberg, sur le financement public des établissements privés sous contrat. Et cette mission de 6 mois m’avait conduit à beaucoup de découvertes mais déjà à constater l’absence de contrôle sur le plan financier cette fois de ces établissements. Et quand l’affaire Bétharram est apparue à travers un article de Mediapart en février 2025. En vérité, la presse était déjà intéressée par cette situation mais moi je n’avais pas lu, je n’avais pas pris connaissance de cette situation. Quand en février 2025 je lis l’article de Mediapart, je comprends que cette question du contrôle se pose là à travers une question nouvelle et beaucoup plus dramatique celle du sort d’enfants. Et donc je comprends l’enjeu qui est là et je propose à mon groupe parlementaire de poser une question à François Bayrou, je lui pose cette question et François Bayrou se lève pour me répondre et choisit de me mentir. C’est ce mensonge qui va déclencher ce qui va devenir une affaire Bétharram, une affaire parlementaire, c’est ce mensonge qui va me conduire à le questionner à deux reprises dans les jours qui vont suivre à l’occasion de questions au gouvernement et puis parce que je constate le mensonge parce que je considère qu’il y a un sujet essentiel, grave que le sort de trop d’enfants est en jeu, je réfléchis je cherche les moyens comme député qui sont les miens pour continuer à agir je propose la création d’une commission d’enquête parlementaire Cette proposition est soumise au vote de la commission. Pour la première fois dans l’histoire de la Vème République cette commission choisit de se doter des moyens d’un commission d’enquêtes parlementaires et puis je suis élu rapporteur de cette commission et là le travail commence.
Alors plusieurs choses c’est quoi exactement les moyens d’une commission d’enquête et vous avez parlé à plusieurs reprises du mensonge de Bayrou là maintenant, mais vous l’avez fait depuis des mois. Le mensonge pour vous il est où ? Vous vous souvenez forcément de sa phrase il est ou le mensonge fondateur fondateur pour vous ?
Il y a le mensonge fondateur et peut-être que je le dirai aussi, il y a le mensonge qui peut être conclut les travaux de cette commission d’enquête et le mensonge fondateur c’est le déni de François Bayrou. C’est, le moment où je lui pose une question ouverte ce 11 février 2025 dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale en lui demandant s’il était informé de ses faits de violence et où il répond, je n’ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence a fortiori de violence sexuelle c' est le choix libre de François Bayrou de produire cette affirmation. Elle est immédiatement démentie car des journalistes ont déjà documenté le fait qu’il est informé car le soir même, le journal Mediapart là encore sort une information qui confirme qu' il a reçu par lettre recommandée un témoignage qui pointe ses violences et ensuite on découvrira que depuis les années 90 il était informé de ces violences physiques et sexuelles.
Donc quand il vous répond François Bayrou vers 15h30 vous savez déjà qu’il ment ?
Je sais qu' il ment.
Donc vous n’attendez pas les confirmations de la presse ?
Je sais qu’il ment parce que vos confrères ont déjà documenté qu' il a été tenu au courant de ses violences et plusieurs articles ont établi une chronologie assez précise qui le certifie. Je sais qu' il ment, je suis stupéfait d’ailleurs qu’ils fassent ce choix là et c’est donc deux questions qui se posent la question de fond, pourquoi ment-il ? Il ment probablement pour dissimuler quelque chose, quoi ? Et puis c’est la question politique. Un ministre qui ment aux députés, a fortiori le premier d’entre eux, c’est une situation qui est intenable en démocratie. Les parlementaires sont là pour contrôler l’action de l’exécutif, si l’exécutif ment au pouvoir législatif, votre démocratie ne peut pas fonctionner. Donc c' est la question de la démission de François Bayrou qui à partir de là, à partir du mensonge, pas a priori, pas au préalable, mais à partir des mensonges va se poser d’autant plus que ce mensonge nous allons découvrir, cherche à dissimuler une inaction face à des violences pédocriminelles. Mais ce mensonge fondateur, c’est lui qui déclenche l’enquête sur Bétharram, il est patent, il est là, il est devant nous, il moi me scandalise, car ce mensonge n’a pas empêché François Bayrou de se maintenir à Matignon. Et le mensonge dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale n’expose qu'à des conséquences politiques. Il peut être autrement assumé, à la différence d’un autre mensonge, et je veux le dire, celui devant la commission d’enquêtes parlementaires. Puisque vous m’interrogez un peu sur les prérogatives, mais il se trouve que l’un des pouvoirs d’une commission d’enquête parlementaire est de convoquer quiconque à être auditionné par elle, et que ces auditions se font sous serment. Et que dès lors qu’un mensonge, qu’une parjure serait prononcée sous serrement, celui qui le prononce s’expose à des sanctions sur le plan judiciaire, et j’ai considéré que lors de son audition, François Bayrou avait commis là un mensonge susceptible d'être poursuivi sur le plan judiciaire, un parjure. Même si la justice, aujourd’hui, n’est pas saisie, car cette procédure a été empêchée, arrêtée par d’autres que moi qui voulaient l’initier. La présidente de la commission d’enquête parlementaire, la députée socialiste Fatiha Khela Washi, qui a considéré qu’elle m’a répondu par courrier lorsque je l’ai saisie de ce qui m’apparaissait comme un parjure, elle m’as répondu qu’elles constatent comme moi que sur un point précis, François Bayrou avait tenu des propos qui ne pouvaient pas être assumés. Mais elle considère que ces propos ne sont pas que ce mensonge n’est pas suffisamment grave pour que la justice soit saisie. Moi je le considère car le mensonge de François Bayrou, le parjure devant la commission d’enquête, manifestait sa volonté d’entretenir aujourd’hui encore l’omerta sur ces violences que misent en milieu scolaire sur les enfants car ce mensonge portait sur la menace qu’il avait fait dans l’hémicycle de porter plainte en diffamation contre le journal Mediapart qui diffusait des informations concernant la responsabilité de François Bayrou.
Je pense que vous vous entendrez très bien. Il y a un certain nombre de vos électeurs qui sont dans le tchat qui sont très heureux de voir leur député.
Et il y a des copains, puis elle vient demain Violette.
Alors puisqu’on est aux AMFIS, j’ai entendu dire que le mot était passé de dire soyez sympas avec elle. C’est quand même sympa, à elle d’accepter de venir il faut quand même l’accepter comme il faut, non ?
Je sais pas..à vrai dire, je ne suis pas du tout inquiet parce que, non, mais Violette vient aux AMFIS de la France Insoumise, c’est une députée renaissance. Ce n’est pas n’importe quelle députée renaissance. C' est quelqu’un qui est très engagée en soutien de la politique de son camp, c' est une figure du groupe parlementaire renaissance. Ce n' est pas une insoumise, mais c' est quelqu' un que moi j' ai découvert. Je ne connaissais pas Violette Spillebout avant d'être co-rapporteur de la commission d’enquête parlementaire avec elle, mais que je veux vraiment saluer. Parce que j' ai travaillé avec d’abord quelqu’un qui travaillait, et c’est beaucoup de travail de faire une commission d’enquête parlementaire comme celle-là dans un délai aussi bref, sous pression. Quelqu’un qui n' a jamais dévié du sens profond de ce que nous faisions et de la mission que nos collègues nous avaient confiée. Et quelqu' un qui est indépendant. Et que je veux saluer, voilà. Et donc, je pense que les Insoumis le savent et que les Français, c’est les Français par ailleurs, je pense qu’ils l’ont constaté. Elle sera ici comme elle l’a été à mes côtés avec ses différences et en même temps avec des convergences. Et ce sera intéressant de débattre et de revenir sur nos travaux ensemble.
Vous êtes nés en 85,
C’est juste, exactement.
En 85, la loi sur l'école libre, c' est le terme, était passée.
Exactement.
J’aurais imaginé que ces questions-là aient été résolues. Quand je dis question-là, je pense notamment aux questions religieuses avec l'école. Or, ce que l’affaire Betharram montre, c' est qu’il y a encore un vrai problème dans l’enseignement catholique, comme dans d’autres enseignements religieux. Est-ce que vous vous attendiez à ça, vous ? Oui. Parce que vous veniez du public et vous aviez entendu parler de tout ça avant ?
Je suis un militant politique de la gauche de rupture, qui s’inscrit dans une tradition politique et celle d’un camp mobilisé pour l'école publique, pour l'école laïque, celle d’un camp qui fait de l’horizon fond public à l'école publique. Un des mots d’ordre qu’ils l’ont structuré et construit. Et donc, quand je me suis engagé en politique, quand je m’intéressais aux questions éducatives, d’abord, j’ai diagnostiqué que la question de l'école privée était un des grands enjeux. Et si j’ai choisi de m’y intéresser, de m’y consacrer en étant député et en me saisissant des moyens que l’assemblée me donnait, c’est dans une perspective gouvernementale. Parce que je considère que la France insoumise est candidate au pouvoir, a exercé le pouvoir et que demain, un gouvernement insoumis devrait traiter beaucoup de questions, beaucoup de questions dans le domaine éducatif, mais aussi la question de l'école privée. Donc, j’ai souhaité connaître son fonctionnement et connaître notamment la façon dont elle était financée. Et je l’ai fait en ayant à l’esprit la difficulté à aborder cette question. La question de l'école privée est un tabou dans notre pays. Elle est un tabou plus grand encore dans le débat public, dans le débat politique. Le débat autour de l'école privée était absolument impossible depuis 1984. Depuis 1984, pendant 40 ans, il a été impossible ne serait-ce que de questionner le fonctionnement de cette école, car le faire, c'était immédiatement s’exposer à l’accusation en guerre scolaire et le débat se refermait immédiatement. Bien ce que j’ai souhaité faire moi politiquement, c’est d’abord rouvrir ce débat. Pour le rouvrir, j’ai fait le choix de me saisir d’une mission d’information parlementaire et d’entrer dans la question de l'école privée par le pied du financement. J’ai choisi d’y entrer non pas de façon frontale, principielle, mais par cette question qui est une question démocratique et politique fondamentale, mais qui a une dimension technique qui me permettait, je le pensais, de changer les modalités du débat et donc les configurations politiques autour de cette question. Ce rapport d’information parlementaire s’est inscrit dans un contexte un peu nouveau, celui de la publication d’un rapport de la Cour des comptes sur ces enjeux financiers, aussi de l’action de Pape Ndiaye, que je ne fais pas mienne mais qui avait commencé à aborder très très à la marge mais à reposer légèrement cette question, et ce contexte j’ai considéré que la porte était en train de s’ouvrir, qu’il fallait maintenant mettre un pied dedans. Et que l’entrebâillement s’espace. Bien sûr, pour moi, la commission d’enquête Bétharram m’a aussi été l’occasion d’ouvrir cet espace de débat. Et je crois aujourd’hui qu’il est définitivement ouvert, en tout cas qu’une période politique nouvelle est devant nous et que le débat est aujourd’hui possible autour de la question, de la place, du financement de l'école privée dans notre pays. C’est une immense victoire idéologique et culturelle, je le crois. Il faudra demain qu’elles se traduisent par des victoires politiques, par des votes à l’Assemblée nationale. Il n’y a pas aujourd’hui dans l’assemblée telle qu’elle est constituée, une majorité pour changer les règles. Mais une première étape, je pense, est franchie et nous sommes en tout cas sortis de cette période de l’omerta, celle durant laquelle nous ne pouvions pas aborder ces enjeux.
Alors, vous, vous êtes venu on a eu le plaisir de vous suivre à l’Assemblée nationale, à un moment assez intéressant, je vais le dire quand même, d’un point de vue citoyen, en fait. Et évidemment, chacun voit midi à sa porte. Donc, à la fin, nous avions compté des points et tout ce qu’il y a, c’est que vous avez gagné. Oh là là, on s’est bien trompé ! Le soir même, et partout et tous les commentateurs expliquent que vous vous êtes vous comportez en flic, limite en gestapiste. Alors, ça peut, évidemment, par rapport… Mais là, nous, on a parlé une quinzaine de minutes. Parlons un petit peu de la forme. Parce que c’est ça, la gauche de hauteur. Est-ce qu'à un moment donné, vous êtes un autocrate ? En vous disant, hier, j’ai peut-être été un peu j’ai peut-être montré trop que je bitchais à certains moments, ou pas ?
En fait, on y repense toujours, on pense toujours qu’on peut faire mieux. Mais quel a été, moi, le choix que j’ai fait en entrant dans cette salle et en découvrant tout de suite qu’il allait être dans un registre offensif, agressif, dans le registre de la provocation ? J’entre dans la salle, je vois l’ouvrage La Meute posé sur son bureau. Je comprends tout de suite dans quel état d’esprit il va être. Un des objectifs que j’ai, c’est aussi de montrer que François Bayrou, parce que je pense que c'était une des clés d’explication, c’est un homme politique empreint d’une culture de la violence. Et donc, je choisis de m’adresser à lui dans un registre et à travers des questions précises pour lui permettre d’exprimer sa violence. Et c' est ce qu’il va faire. C’est qu' il va se vautrer dans une attitude extrêmement agressive, très violente. Il va être excité par sa propre violence. Et je crois que de ça, il est ressorti très abîmé, très abimé. Il n' a pas démissionné. Il est toujours premier ministre. Et vous savez, comme moi, que les enquêtes d’opinion montrent qu’il est le premier ministre le plus rejeté par les Français. Et je crois qu' il a produit un trouble très grand dans l’opinion de notre pays à travers cette audition. Mes questions étaient précises. Elles étaient nombreuses. Nos questions, d’ailleurs, je veux le dire. Parce que cette audition, nous l' avions préparée. Du début de la première à la dernière question, ensemble avec le Let’s Meet Boot. Et toutes les questions qui ont été posées par moi ou par elle étaient nos questions dans un déroulé dont nous avions convenu. Les questions étaient précises, nombreuses. Peut-être qu’elles pouvaient donner l' impression de beetcher comme vous l’avez dit. Mais elles étaient pour moi essentielles. Car le travail d’une commission d’enquête parlementaire, le travail de rapporteur est précisément d’apporter à l’Assemblée nationale des faits, des éléments. Et pour le faire, il faut poser des questions précises. Il faut rentrer dans le détail des choses. Et je crois qu’aucune de ces questions n'était superflue.
Alors c’est marrant parce que moi, à votre place, je n’aurais pas répondu ça du tout. J’aurais dit, mais c'était parce que les autres ne font pas leur boulot. Les autres députés sont quand même très gentils en commission d’enquête. Et là, on avait un truc quasiment à l’américaine, ça s’appelait la Sarkozie, où il y avait une forme de contre-pouvoir qui s’exerçait.
Mais ça, vous m’avez interrogé sur mon action. Moi, je ne maîtrise pas tout dans cette histoire. Et évidemment, une partie en fait, je pense que l’issue pour François Bayrou, c’est la configuration générale de cette audition. C’est qu’en effet, il n’y a pas seulement, il n’a pas qu’un rapporteur, il n’y a pas que deux rapporteurs. Le dispositif est un peu plus large que celui-là. Il y a des choses sur lesquelles je n’avais pas prises, qui, de mon point de vue, n’ont pas été bien amenées dans cette audition. C’est la faute des autres. C' est comme ça que ça se passe, en tout cas. Et c' est la réalité d’une assemblée diverse, plurielle c’est de la réalité de la Ve République aussi. La Ve République permet ça. Elle permet à la fois le contrôle par le Parlement du pouvoir exécutif. Et c' est un grand moment de vie parlementaire que cette commission d’enquête parlementaires de ce point de vue-là. Mais elle montre aussi comment le pouvoir peut s'échapper. Comment il peut contourner. Comment il ne peut faire le choix de ne pas répondre. Comment il fait le choix de mentir. Et comment ce mensonge peut être impuni lorsque ceux qui sont chargés, qui ont la responsabilité institutionnelle de le dénoncer ne le font pas. Et là, oui, il y a des limites, évidemment, au travail de cette commission d’enquête parlementaire.
Non, j’ai l’impression que votre collaboratrice Clémence, qui a monté l’entretien, ne dit rien pour l’instant. Donc, on a encore le temps, j' en profite. Admettons que vous arriviez au pouvoir. Qu’est ce que vous faites pour que le contre-pouvoir que vous avez incarné pendant deux, trois heures ce jour-là puisse sortir encore renforcé ? C’est-à-dire que Bayrou, François Vannier ne s’en sort pas le jour où il est premier ministre et qu’il ment.
Je pense qu’il faut renforcer les commissions d’enquête parlementaire. Ce sont des outils extraordinaires parce qu’ils donnent véritablement des pouvoirs aux députés, le pouvoir d’audition, mais aussi le pouvoir de contrôle. Et nous avons effectué un très grand nombre de contrôles qui nous ont véritablement permis de saisir des documents qui ont été essentiels à ces auditions et qui ont apporté un éclairage au questionnement
Mettons bon sur les financements, c’est ça.
Sur les financements, mais notamment sur le traitement des établissements musulmans, par exemple, qui est un sujet en soi qui mériterait des développements très importants mais qui montre qu’il y a un traitement tout à fait discriminatoire de la part de l'État vis-à-vis de ces établissement privés, eux aussi, à contrario, par exemple, des établissements catholiques. Plein de questions fondamentales sont posées par cette commission d’enquête parlementaire. Mais je vous m’avais demandé tout à l’heure quels étaient nos moyens. En vérité, ils sont extrêmement limités. Ce sont les moyens de nos cabinets, je veux les saluer, puisque nos collaborateurs, évidemment, ont beaucoup travaillé avec nous et moi-même. Et puis, nous avions l’appui aussi de deux administrateurs de l’Assemblée nationale, qui sont des hauts fonctionnaires de l’Assemblée, qui sont un appui essentiel. Mais c’est à la fois des moyens dont ne disposent pas au quotidien les députés, donc qui les renforcent, mais en même temps, ce sont des moyens dérisoires. C’est une toute petite équipe qui fait face à une charge de travail colossale et puis à des interlocuteurs ou à des adversaires qui, eux, disposent de moyens absolument considérables. Les cabinets ministériels sont dotés de dizaines de membres. Les institutions que nous abordions étaient des colosses organisationnels. Et donc, après cette expérience, je considère à la fois qu’il faudrait des moyens supplémentaires au Parlement et notamment dans cette mission de contrôle. Et je pense aussi qu’il faudrait plus de commissions d’enquête. Notamment, il y a à l’Assemblée ce qu’on appelle des missions flash qui permettent de traiter rapidement des sujets de fond. Je pense qu’il faudrait les commissions d’enquêtes flash qui durent même un mois ou deux et qui donneraient ces pouvoirs de contrôle de l’exécutif parce que c’est les pouvoirs qui sont utiles, nous découvrons des choses. Et puis surtout, nous pouvons proposer des choses pour corriger des dysfonctionnements.
Par exemple, admettons une 6ème République advienne, est-ce qu’il y aurait des pouvoirs de coercition pour les députés face à des membres de gouvernement ou pas ?
Il y a déjà un pouvoir de coercition d’un certain nombre de nœuds puisque quand on est convoqué, on ne peut pas échapper à la convocation. À part M. Sterin, mais ça c’est autre chose. C’est là où vous voyez qu’il y a évidemment beaucoup à dire de l'état de notre régime qui est en crise et qui ne fonctionne plus. Ou alors, quand il ne fonctionne pas, il ne fonctionne que sur la volonté des acteurs. Dès lors que les acteurs refusent, s’opposent, on voit que là, la force n’est plus finalement au Parlement. Et il y a sans doute des choses à renforcer là. En tout cas, nous sommes partisans d’un régime parlementaire. D’un régime où le Parlement est le centre de gravité du fonctionnement institutionnel. Et donc, oui, il faudrait la capacité de convoquer, de disposer de pouvoirs d’enquête supplémentaires, y compris, c’est de la technique. Mais aujourd’hui, on sait que beaucoup reposent sur des correspondances numériques. Et là, il y a bien sûr l’accès pour nous à certains de ces documents, mais d’autres échappent à notre capacité de saisie.
Supermurgman vous demande dans le tchat, pour ne pas répondre aux questions de tous les rapporteurs, François Bayrou a décidé de ne s’adresser qu'à vous, M. Vannier. Y étiez-vous préparé ?
Je m’attendais à ce qu’il me cible, puisque son entourage, dans les jours précédents de son audition, avait engagé à la fois cette stratégie, en même temps qu’une stratégie de disqualification de ma collègue Violette Spillebout. Et bien sûr, je m’attendais à ce qu’ils cherchent à rentrer dans une forme logique de match entre lui et moi. J’ai choisi, moi, d’incarner, de tenter d’incarner, en tout cas, un questionnement rigoureux et de rester dans mon rôle. Car bien sûr, je suis un député d’opposition et un député insoumis. J’ai appelé à de très nombreuses reprises à la démission de François Bayrou et je continue à le faire. Mais je ne l’ai pas fait dans le temps de cette audition. Dans le temps, de cette audition, j’ai souhaité être le rapporteur de l’Assemblée nationale, à qui les députés avaient confié cette mission, et rester sur ce chemin de crête, ne pas justement en dévier, et c’est ce que François Bayrou voulait me pousser à faire, en restant sur ce fil de questionnement pour obtenir des éléments qui, à la fin, dans le rapport de la Commission d’enquête parlementaire, nous ont conduit Violette Spillebout et moi à considérer comme caractérisant un défaut d’action de la part de celui qui était ministre de l'Éducation nationale à l'époque à propos des violences commises à Bétharram. Je crois que ce n’est pas rien, qu’un rapport d' enquête parlementaire qui a été adopté à la quasi-unanimité par les députés à l’Assemblée nationale caractérise ainsi l’action de celui qui est aujourd’hui Premier ministre face à ce qui est probablement la plus grave affaire pédocriminelle qui est connue dans notre pays.
L’aspect public des choses, la publicité des débats, le fait que ce soit retransmis, le fait soit commenté, est-ce que, sur le moment, vous êtes au courant des retours de ce qui peut être dit ? Est-ce qu’une collaboratrice, un collaborateur vous dit tiens, ça vire mal de ce côté-là ? Voilà, est ce que vous avez des retours en direct de ce qu’il se passe ou pas ? Surtout quelles modifications ça peut avoir sur le comportement des uns et des autres, sur la nature du débat, on va dire. Est-ce que vous pensez que c’est sain, que c' est bon ? Ou pensez-vous que ça peut amener vers le spectaculaire, ça peut aller vers du rapide ?
Je pense que c’est indispensable. Je pense que la transparence est absolument indispensable au travail des commissions d’enquête parlementaire. Nous l’avons souhaité comme co-rapporteur en conviant la presse à nos différents contrôles, moi-même en essayant de communiquer par mes propres moyens de mon action. Et évidemment, cette audition se devait d'être accessible à toutes les Français et tous les Français qui souhaitaient l’entendre, aussi parce que c' est une question qui concerne des millions de Français. Directement ou indirectement. Donc de ce point de vue là, quelles que soient les conséquences de la transparence, il le faut. Ensuite, le temps de l’audition, je n’ai pas de retour. Il y a deux pauses. Il y à une pause qui me questionne où François Bayrou tente d’organiser pendant l' audition, dans une de ses pauses, un duplex en direct sur France 2, France TF1. Il tente de l’organiser dans le couloir de l’Assemblée au moment même où l’audition se tient. On ne le sait pas. Il y renonce, manifestement, mais il y a des caméras qui descendent, des lampes qui s’allument. Et il est dans l’hésitation de faire quasiment un point presse dans une des coupures de l' audition. Donc, je sais qu’il est dans une stratégie lui, qui est une stratégie de communication en même temps que l' audition a lieu. Mais je n’ai pas moi d’autre retour que cette constatation que je fais en allant simplement aux toilettes. C’est en effet dingue, y compris du point de vue de sa conception du Parlement et de la conception de son rôle de premier ministre à ce moment-là.
Donc, ça c’est la première pause, donc, c’est quoi ?
Au bout d’une heure et demie ou de deux heures, quelque chose. Je crois qu’on est un peu avant 20 heures et qui a l’intention pour lui d’apparaître dans les 20 heures à ce moment-là, de cette façon-là. Et puis, sur la presse, il y aurait énormément de choses à dire. Je veux à la fois saluer le travail de beaucoup de journalistes, notamment de la presse écrite, qui ont fait un gros travail de documentation sur ces violences. Mais moi, j’ai appris également du fonctionnement et j' ai pu constater des choses sidérantes. Je conclus peut-être là-dessus. À la fin de l’audition de François Bayrou, il affirme que je lui ai posé une question que je n’ai jamais posée. Il considère que je l’ai accusé d’avoir couvert des pédocriminels. Jamais je n' ai dit qu’il avait couvert des pédocriminels, je l’avais interrogé sur son inaction après avoir pris connaissance de violences pédocriminelles. Il fait cette affirmation pendant le temps de l’audition. Je le contredis en conclusion quasiment de cette audition. Et le lendemain matin, toutes les matinales de France, quasiment tous les éditorialistes de ces matinales, ouvrent en reprenant le mensonge de François Bayrou. Pour donner un autre tour aux questions que je lui ai posées et caricaturer le sens du questionnement qui était le mien. Là, je vois qu’il y a une stratégie, évidemment, offensive de sa part. Surtout, je vois et je suis consterné comment un très grand nombre d'éditorialistes vont reprendre cet élément de langage du Premier ministre pour le couvrir, le défendre au détriment du fond du sujet et au détriment de toutes les victimes de ces violences.
Ultime question, je suis obligé de la poser. Il y a Bayrou qui arrive avec un livre qu’il n’a manifestement pas lu parce qu’on sent que les pages n’ont pas été tournées, c’est le livre La Meute. Nous, on le découvre, on met du temps en tant que spectateur parce que si tout petit, c'était un fait Au poste. Il se trouve, vous le savez qu’aujourd’hui, votre organisation n’a pas accrédité Olivier Pérou, un des deux auteurs de ce bouquin, La Meute, que Bayrou vous avait présenté effectivement en forme d’affront ou de tentative de déstabilisation. Qu’est-ce que vous pensez de ça, que votre organisation n’ait pas accrédité le journaliste du Monde à venir voir si La Meute était une meute, si LFI était une meute ?
Il en est convaincu. D’abord, c’est très intéressant de constater l’usage qui a été fait de cet ouvrage par François Bayrou, aussi par beaucoup de leaders de l’extrême droite qui ont utilisé l’objet, qui l’ont brandi, qui l’ont montré, qui ont participé d’ailleurs sans doute à son succès commercial. C’est un succès éditorial d’un lectorat d’extrême droite et de droite extrême, probablement, cet ouvrage. Et cela en dit long de sa finalité, qui est donc une finalité politique. Et je vous réponds, si Olivier Pérou n’est pas accrédité, c’est parce qu’il l’a. Il a produit un ouvrage qui contient un très grand nombre de fausses informations, parce qu’il a produit un ouvrage sans respecter un principe fondamental de la déontologie de chaque journaliste, le contradictoire. C’est parce que dans cet ouvrage, il y a des atteintes très nombreuses à nos vies privées. Et c’est peut-être moi qui, à titre personnel, me choque le plus, c'était un ouvrage qui animalise des acteurs politiques. Appeler ce livre La Meute, c’est nous qualifier, nous, les Insoumis de chiens. Moi, je sais, je sais dans quelle période de l’histoire on animalise des acteurs politiques. Je sais à quoi cette animalisation peut conduire. Et donc, je refuse absolument d'être animalisé, d'être qualifié de chien. On n’est pas là dans un travail journalistique. On n’est pas dans ce qui est essentiel au fonctionnement de notre démocratie, la possibilité de produire des informations, des analyses, y compris offensantes, y compris critiques, y comprit contradictoires. Bien sûr, c’est permis. Il y a aujourd’hui 80 journalistes qui sont là, qui travaillent en totale liberté. Qui écriront des articles qui nous déplaisent ? Très probablement, mais ils ont évidemment le droit de le faire. Nous ne sommes pas là face à un travail journalistique. Nous sommes là face à un travail de démolition, un travail politique, un travail qui vise à porter atteinte à la principale force d’opposition au gouvernement dans un moment où l’extrême droite progresse. Cet ouvrage commence en nous définissant comme une secte et en rappelant la définition de la mivilude de ce qu’est une secte. Une secte, ça se dissout. C’est sans doute l’intention d’Olivier Pérou, de Charlotte Belaïch et bien, ce sont donc les deux auteurs. Je ne crois pas que ce soit une perspective journalistique que d’appeler à la dissolution du principal mouvement d’opposition au pouvoir.
Mais est-ce que ce n’est pas de la part de LFI, puisqu’on est dans le lieu de LFI, comme une forme d’aveu de faiblesse, de dire non, mais lui, il ne vient pas, lui, on n’en veut pas….
Non, simplement on en n’a pas envie,on est beaucoup plus forts que ce journal et que ce livre, mais simplement, il y a un minimum.
Ah bah tiens, voilà qu’il y a Quotidien. Alors, Quotidien, vous les avez sucrés il y a quelques années. Et là, ils sont là, ils filment, la question qu’ils voulaient vous poser. Ah bah merde alors ! Ils terminent juste là-dessus. Ils terminent juste là-dessus.
Parce que c’est important, y compris pour que tout le monde comprenne bien ce qu’on fait et qu’il n’y ait pas de fausse interprétation.Le journal Le Monde est le bienvenu ici. Il est accrédité. Il y avait une photographe du Monde qui était accrédité. Sandrine Cassini, qui écrit des papiers dégueulasses sur la France Insoumise chaque semaine dans Le Monde, elle a toute sa place pour en écrire des dégueulasseries aujourd’hui et demain et après-demain aux AMFIS de la France Insoumise. Donc, j’insiste là- dessus. La presse peut absolument librement accéder aux AMFIS toute la presse française est présente. Olivier Pérou n’est pas un journaliste. C’est un militant politique, c’est son choix et nous en tirons des conséquences politiques.
Est-ce que vous pouvez comprendre, M. Paul Vannier, que quand on défend les contre pouvoirs, ce que nous avons fait pendant une demi-heure, le contre-Pouvoir du Parlement par rapport à l’exécutif, on peut être étonné que le contre pouvoir n’accepte pas ou choisit son propre contre pouvoir.
Non, je ne choisis pas parce que, regardez, vous me posez toutes les questions que vous voulez et puis vos confrères aussi. Et tous les articles et reportages seront diffusés comme ils souhaiteront l'être. Simplement, il y a des limites à tout. Et nous ne sommes pas naïfs. Quand il y à une offensive qui est menée, qui vise à notre dissolution, à notre animalisation, il y a pour nous la possibilité de dire non, tout simplement. Je ne suis pas un chien. Vous voyez, je ne suis pas un chien. Je n’accepte pas d'être qualifié de chien, je n’accepte pas que tous les Insoumis, il y en a des millions dans notre pays, soient désignés comme des chiens. Ce n’est pas du travail journalistique, c’est un travail de propagandiste.
On termine là-dessus. Est-ce que ce truc-là, qui est d’une certaine manière dérisoire par rapport au fond des choses dont nous venons de parler, ce n’est pas une nouvelle fois, ce n’est pas dérisoire. C’est une façon à nouveau de mettre au centre un truc.
Non, en fait, c’est une question très importante. C’est une question démocratique fondamentale. C' est la question de la place de la presse, de la journaliste dans le pays. Une démocratie ne peut pas fonctionner sans journalisme, sans journalistes, sans journaux, sans médias. Ce n’est pas à vous que je vais le dire. Mais c' est un métier d'être journaliste. Il y a des fondements déontologiques à ce métier. Il y a des chartes. Il y à une éthique journalistique. Et je veux dire, défendre le journalisme c’est justement défendre un traitement déontologique et la capacité pour l'électrice et l' électeur à accéder à de l’information. Cet ouvrage n’en transmet aucune. Je suis un des personnages de la Meuse. Il y a 10 pages qui nous sont consacrées. Je suis assez bien placé, probablement, pour avoir un avis, au moins, sur ces 10 pages. On peut peut-être considérer que cet avis vaut quelque chose. Ces 10 pages sont entièrement fausses. Il y a un nombre de mensonges factuels qui sont assumés à mon égard. Et je n’ai jamais eu la possibilité d’y répondre puisqu’on n' a jamais demandé de le faire. Ça n' est donc pas un travail journalistique.
Mais la loi sur la presse, vous aurait permis d’attaquer en diffamation et de gagner éventuellement.
Allons-y, répondons à cette objection-là pour terminer vraiment. Parce que je n’ai pas de difficultés à y répondre. Mais la justice et c’est heureux ne peut pas sanctionner un journaliste pour défaut déontologique. Premièrement, vous le savez non ?
Alors allons sur la diffamation.
Allons sur la diffamation il faudrait une procédure qui mettrait probablement fort longtemps avant d’aller à son terme. Mais plus important que ça, ce livre, il a été relu probablement par 2, 4, 6, 10 avocats. Vous le savez comme moi, monsieur Dufresne et comme j’en ai lu de larges parties, je sais qu’il contient les conditionnels nécessaires à la calomnie et aux mensonges. Je ne suis pas naïf. Je ne suis pas naïf. Il n’y a pas là de possibilité pour nous puisque le mal est fait, il a été imprimé. Il a été diffusé. Il a connu une couverture presse parmi les plus importantes que n’importe quel ouvrage ait connu. La calomnie a été répandue. Qu’est-ce que vous voulez que nous obtenions comme réparation après cela, y compris devant une juridiction, alors même que cet ouvrage a été finement construit pour empêcher une condamnation ? Vous le savez aussi bien que moi. Et donc, nous ne sommes pas naïfs. Nous répondons comme nous pouvons, répondre à cette attaque politique qui a été celle de ces deux individus.
J’ai l’impression que vous avez bourré le tchat parce que moi, je me fais incendier. Tandis que vous, c’est du “Bravo, monsieur Vannier ! “
Et bien, je salue bien nos amis.
Voilà, merci d’avoir été là, à bientôt.
Merci à vous, à bientôt !
A bientôt, merci.
