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Après le retrait de son agrément, Anticor riposte #AuPoste

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Transcription de l’émission

Élise Van Beneden
Je t’entends et je te vois. On reste comme ça
David Dufresne
Merci beaucoup d'être là, je disais que tu as des petits yeux parce que tu réponds à des interviews. Ce qui vous arrive concerne tout le monde en fait. Comment vous vivez ça, vous, dans l’association ?
Élise Van Beneden
En fait, on a déjà vécu ça à vrai dire, c’est une redite peu de ce qui s’est passé en 2021 puisque en 2021, on a eu énormément de mal à obtenir le renouvellement de notre agrément. On a eu une procédure qui a duré quasiment neuf mois de demande d’agrément et on était absolument épuisé. Et cet agrément, on l’a obtenu en avril 2021 pour trois ans. Et là, ça fait que deux ans, on est pas spécialement préparés à repartir combattre avant 2024 disons. Donc on est fatigué.
David Dufresne
Alors évidemment, pour toi c’est une évidence. Mais ça veut dire quoi un agrément ? Et à quoi sert il ? Donc on vous a retiré la tribune administrative du quartier, mais jusqu'à vendredi, vous l’aviez. C’est quoi exactement ?
Élise Van Beneden
Alors cet agrément. Il faut expliquer un peu comment fonctionne le système pénal français pour expliquer à quoi il sert. Donc je rembobine un tout petit peu. En France, on a un procureur de la République qui est chargé de poursuivre les personnes qui sont soupçonnées d’avoir commis un délit ou un crime. Et on a le juge d’instruction et autre figure du système pénal français qui lui est chargé d’instruire à charge et à décharge. Et en fait, ils n’ont pas le même statut. C’est deux ces deux magistrats, mais ils n’ont pas le même statut du tout parce que le procureur de la République en fait carrière dépend du ministère de la Justice alors que le juge d’instruction, lui, il est indépendant. Son indépendance est garantie par la constitution, donc il peut pas être placardisé, il peut pas être envoyé à des kilomètres et des centaines de kilomètres de sa famille par exemple. Et on ne peut pas construire sa carrière disons. Et. Et en fait, quand on porte plainte comme Anticor porte plainte, comme n’importe quel citoyen porte plainte, on va voir la police ou la gendarmerie, mais en fait on porte plainte entre les mains du procureur de la République et du procureur de la République. Quand il a la plainte entre les mains, il peut décider d’ouvrir une enquête préliminaire. Il peut décider de ne jamais ouvrir l’enquête très clairement. Il peut ouvrir une enquête préliminaire pour finalement être classée sans suite. C’est ce qu’on appelle le principe de l’opportunité des poursuites. Donc le procureur, dont la carrière dépend du ministère, la justice a le pouvoir de classer sans suite une affaire pénale et dans les affaires, disons, de violences, de vols, cambriolages, ça ne change pas grand chose. Au bazar, ça pose pas vraiment de souci. En revanche, sur les infractions sur lesquelles Anticor travaille, c’est-à -dire les infractions de corruption au sens large, là ça peut poser énormément de problèmes. Parce qu’il se trouve que des personnes qui sont suspectées d’avoir commis des infractions à la probité, ça peut être des personnes qui sont proches du pouvoir, donc qui peuvent influencer l'évolution de la carrière d’un procureur. Ce qui peut se passer aussi, c’est que, et c’est particulièrement vrai dans les villes moyennes ou petites, c’est que le procureur de la République, en fait, y travaille au quotidien avec l’exécutif local. Donc, s’il reçoit une plainte contre le maire avec qui il a déjeuné trois fois le mois dernier, ben il va avoir du mal à ouvrir une enquête préliminaire et à poursuivre. Donc ces deux hypothèses dans lesquelles il y a eu tellement de blocages qu’il y a eu énormément de classement sans suite et des enterrement de première classe ont des dizaines d’années. Ce qui fait que les associations ont commencé à intervenir dans ces procès pour contester la décision de la SNCF et saisir elle-même un juge d’instruction. Puisqu’il y a eu, il ne le faisait pas et ça s’appelle la Constitution partie civile. Et au départ, les associations ont bataillé et la Cour de cassation a fini par reconnaître que l’intervention des associations était une bonne chose. Donc elle a pris une jurisprudence qui s’appelle la jurisprudence des biens mal acquis, qui permet aux associations de se constituer partie civile et ça, ça veut dire que c'était aux juges de dire si, si les associations étaient recevables à faire ça, si elles avaient le droit de se constituer partie civile. Donc c’est très technique tout ça. Je suis désolé.
David Dufresne
Non, mais c’est très bien. On profite que tu sois avocate pour avoir une petite consultation gratuite. C’est bien parce que tu es avocate de profession.
Élise Van Beneden
Militante depuis quatorze ans. Donc voilà, on commence à bien connaître ses sujets. Et donc Anticor avec douze associations, on est intervenu dans des procès sur la base de cette jurisprudence. Et en 2013, madame Taubira, qui était garde des sceaux à ce moment-là, a dit Mais cette jurisprudence là, on va la transformer en loi, on va sécuriser l’intervention des associations en modifiant le code de procédure pénale. Donc, oui, elle a créé le Parlement, a créé un article deux, tiret 23 du Code de procédure pénale. Cette lettre était un dispositif. Il y en a d’autres en fait. Les articles deux tirer 1 à 2, tirer 25 je crois, ou 28. Ce sont que des articles qui permettent aux associations qui portent des combats de porter un combat judiciaire et. Et donc cet agrément a été créé et il prévoit que le Garde des Sceaux qui à l'époque était madame Taubira. Mais ce n’est plus madame Taubira. Vous savez, le garde des sceaux donne un agrément aux associations anticorruption si elles remplissent différents critères. Et cet agrément a été demandé et obtenu en 2015. En 2018, on l’obtient en 2021 et après une bataille.
David Dufresne
Allo ? Perte de connexion Je suis désolé, Voilà, te revoilà. Merci.
Élise Van Beneden
J ai eu un appel.
David Dufresne
Dupond-Moretti qui t’a appelé en disant ouais, c’est pas sympa votre sous entendu comme c’est plus à ça va vite.
Élise Van Beneden
J’ai peur que ça arrive pas mal parce que là, avec l’attention médiatique, j’ai plein de coups de fil donc on verra bien.
David Dufresne
RTL attendra. C’est bon ?
Élise Van Beneden
Oui, mais ça va interrompre à chaque fois la connexion.
David Dufresne
C’est pas grave.
Élise Van Beneden
Et donc voilà. toute toute l’idée de cet agrément, c’est d’empêcher que les affaires politico financières soient classées sans suite. Parce qu’en fait, à cause du manque d’indépendance du parquet, à cause de sa proximité avec l’exécutif local, il y a eu énormément d’affaires de corruption qui ont été classées sans suite. Et c’est ça qui a fait monter finalement le sentiment d’impunité des citoyens vis-à -vis des d’impunité de leurs élus. Et le sentiment d’impunité aussi dans la classe politique qui fait qu’on a aujourd’hui des comportements qui sont parfaitement normaux et des gens qui nous disent j’assume. C’est vrai que c’est difficile d’assumer quand la réponse judiciaire est aussi faible. Donc nous, notre travail depuis, depuis qu’on a cet agrément, depuis 2009 2010, c’est ça, c’est de monter des dossiers sur des dossiers de corruption, les envoyer aux procureurs. Et si le procureur classe ensuite, on regarde pour quelle raison. Et puis s’il y a des raisons objectives, si on pense qu’il a raison, qu’il a tort et si on pense que le classement sans suite n’est pas légitime, on va nous même saisir un juge d’instruction qui lui, est indépendant pour s’assurer que les élus, les responsables publics sont jugés, répondent devant la justice de leur comportement.
David Dufresne
Donc ça, c’est l’agrément. Et le chat, évidemment, demande pourquoi cet agrément vous a été retiré. En fait, ce sont deux anciens adhérents, militants, membres de d’anticorps qui ont non pas attaqué anticorps si j’ai bien compris, mais en fait attaqué le décret signé par Jean Castex il y a deux ans qui vous donnait cet agrément et qui le prolongeait. Ils ont attaqué au tribunal administratif ce décret. Et là, le tribunal administratif leur a donné raison en disant que finalement, Jean Castex et son équipe avaient un peu mal formulé cet agrément. C’est bien ça ?
Élise Van Beneden
Oui, c’est ça. En fait, c’est c’est ça que personne ne comprend trop, là, dans la presse en ce moment. Le tribunal administratif n’a pas dit qu’on n'était pas une association indépendante. Ce que le tribunal administratif a dit, c’est que, à la lecture de la décision dans le texte de l’arrêté d’agrément. Ce qu’on voit, c’est que lui, il constate qu’il y a des problèmes d’indépendance. C’est son constat, hein, ça veut pas dire que c’est la vérité. Évidemment qu’on dit le contraire.
David Dufresne
Mais on va en parler, bien sûr.
Élise Van Beneden
Oui, le premier ministre ne pouvait pas constater les dysfonctionnements et dire à donner je donne l’agrément puisque ça revient à dire voici la loi, je m’en fous, je prends une décision, même si la loi n’est pas respectée. Sauf qu’en fait, la loi, elle était parfaitement respectée. Mais ce que je veux dire, c’est que le tribunal n’a pas évalué lui-même le respect par Anticor des critères de la loi. Il a juste dit que le premier ministre ne pouvait pas constater qu’on ne les respectait pas et nous donner l’agrément. Donc c’est vraiment une question de rédaction de l’arrêté. Et ce qui interroge d’ailleurs, parce que bon, c’est quand même les services du premier ministre qui sont censés connaître un petit peu ça.
David Dufresne
Alors il y a des articles qui traduisent un peu ta pensée et celle et celle de la présidence d’anticorps, on va dire. En gros, vous vous posez carrément la question est ce que cette mauvaise rédaction était, on va dire bancale ? Cette rédaction bancale qui vous donnez l’agrément n’avait pas été faite pour justement pouvoir être attaquée et et être vaincu par la justice. Alors est ce que c’est paranoïaque de votre part. si ça ne l’est pas, qu’est ce qui vous amène à penser ça ?
Élise Van Beneden
Bah en fait, l’arrêté, pendant huit mois, on a bataillé pour l’avoir et très clairement, le gouvernement ne voulait pas nous le donner. Mais en fait, il y a eu beaucoup de pression médiatique, il y a eu beaucoup de pression des citoyens. Il y a des gens qui ont adhéré à Anticor, qui. Personne n’est entré dans ce jeu de dire que Anticor n'était pas une association indépendante sans personne. Si, mais il y a beaucoup de gens qui ont dit en fait arrêtez, Anticor est trop importante, il faut lui renouveler son agrément et je pense que la pression est devenue trop importante et qu’ils ont fini par nous renouveler l’agrément sans avoir envie de nous le donner. Et ça aurait été très intelligent, disons, si c'était le cas, de donner un agrément qui était très facilement annulable et un parce qu’on n’avait pas envie d’en donner un autre. Notre chose, c’est qu’il a été attaqué tout de suite, c’est-à -dire qu' on l’a eu en début avril 2021. Cet agrément, il a été attaqué en juin 2021, ce que nous on ne savait même pas, c’est à dire qui sont effectivement ils ont attaqué le Premier ministre et ils ont fait ce procès pendant un an et demi sans nous. Et on a appris l’existence de ce procès en décembre. Et c’est là qu’on est intervenu pour défendre cet agrément, puisqu’en fait personne ne défendait très clairement. Le Premier ministre a défendu tellement mollement. Ils ont fait un mémoire, mais ils l’ont quasiment pas défendu, cette. Quand ils sont venus à l’audience, ils ne se sont même pas manifestés. A qui sont restés sur le banc communal à regarder ce qui se passait. Ils ne sont même pas allés voir le greffier pour dire bonjour, on est là, ils n’ont pas plaidé.
David Dufresne
Pour être bien clair, Élise, tu veux dire le jour de l’audience au tribunal administratif, les services juridiques du Premier ministre qui étaient censés défendre la décision de Jean Castex, n’ont pas bougé. Ils se sont laissés faire.
Élise Van Beneden
Mais ils sont venus. C’est à dire que moi j’ai dit bonjour à la représentante en dehors du tribunal et on est tous rentrés dans l’audience et on a tous fait savoir au greffier qu’on était là, mais pas elle. Donc elle est restée assise dans la salle avec le public et elle ne s’est pas manifestée auprès du tribunal. Donc évidemment, elle n’a pas plaidé, elle a rien fait, elle a regardé ce qui se passait.
David Dufresne
Pour le moins douteux,
Élise Van Beneden
Oui, vous me demandez pourquoi est ce que c’est paranoïaque, etc. Tu peux aller voir la réponse qu’a fait l’avocat des requérants dans ce dossier. Qui est Frédéric Thiriez ? Oui, c’est ce qu’il a répondu à la presse en disant Mais c’est évident qu’il a été rédigé pour être annulé. Donc moi, je ne suis pas paranoïaque. Je m’en tiens aux déclarations de l’avocat qui nous attaque en fait. Qui par ailleurs est un nom. L’Ancien président de la Fédération française de football, je crois, est un proche d’Emmanuel Macron et d’Alex Nicolas.
David Dufresne
Alexis Kohler dont vous cherchez un peu les poux dans la tête.
Élise Van Beneden
Alexis Kohler est un des meilleurs exemples de à quoi sert l’agrément ? Parce que dans le dossier, il y a eu des articles de Mediapart. Nous, on a porté plainte il y a deux ou trois reprises en fonction des révélations qui sortaient. On a saisi le parquet national financier qui est quand même une juridiction créée en 2013 ultra spécialisée. Tout ce qui est censé combattre, qui combat les infractions à la probité. Et il y a une enquête préliminaire qui a été ouverte contre Alexis Kohler par la brigade de répression de la délinquance économique. La BDL et le commissaire de la RDL ont rendu un premier rapport en disant qu’il fallait poursuivre. Et trois semaines après, il a rendu un autre rapport dit définitif qui conclut qu’il fallait abandonner les poursuites. Et entre ces deux rapports, la seule chose qui a changé dans le dossier. C’est qu’il y a une lettre d’Emmanuel Macron qui a été versée au dossier d’enquête. Et c’est vrai que la nous, en tant que partie civile, on a un rôle évident à jouer. Deuxième rapport dit définitif concluant au classement sans suite le parquet national financier. Un mois après, classe l’affaire. Là, on est en août 2019. Nous, on a demandé à récupérer le dossier. J’ai bataillé pour récupérer le dossier d’enquête. On se rend compte de ce qui s’est passé dans ce dossier. C’est-à -dire ? Il y a une lettre d’Emmanuel Macron qui dit avec ses collègues n’a pas de conflit d’intérêt. Et ça change du tout au tout. Une enquête qui a duré un an. Et c’est à ce moment-là que nous, on décide de tenter de contourner la décision du procureur. Parce qu’on sait bien qu’il y a un dysfonctionnement. Et de saisir directement un juge d’instruction. Et dans ce dossier, le procureur a continué à s’opposer aux poursuites. C’est à dire qu’au lieu de déposer des réquisitions saisies dans la construction, il a déposé un homme instruit. C’est-à -dire qu’il a demandé aux juges d’instruction de ne pas instruire le dossier. Et le juge d’instruction a d’abord rendu une décision disant qu’il y avait lieu à instruire. Donc, il a envoyé bouler le parquet national financier. Et en octobre dernier, il a mis en examen Alexis Colère. Et là, on attend les conclusions de l’instruction qui a pris fin. Et sachant qu’Alexis colère va probablement être renvoyé en correctionnelle. Et ce dossier n’aurait pas existé. Donc c’est vraiment une illustration de tout l’intérêt pour les associations anticorruption dans ces dossiers politico financiers ou les personnes qui sont mises en cause sont les personnes les plus puissantes de France. Il est numéro un. L’Administration française est le bras droit d’Emmanuel Macron de l’Élysée, c’est quelqu’un qui dirige tout.
David Dufresne
Non, ma chère, Élise, comme tu es avocate, je vais me faire le plaisir d'être l’avocate du diable. On parlait de colère. Tout ce que tu as dit est juste. Et d’ailleurs le chat salue la clarté sur ses techniques. Mais c’est clair, c’est très clair. Continuez donc voilà. Les avocats ne défendent pas que des innocents. On va dire que les gens qui ont attaqué le Premier ministre sur votre agrément et prix. Frédéric Thiriez, proche de colère, ça ne veut rien dire en réalité, parce que ça ne veut pas dire que c’est la main de l’Élysée qui est derrière tout ça. Ou est ce que vous iriez à laisser entendre ça ? Quand je dis que les avocats ne défendent pas que des innocents, je veux dire par là que c’est aussi malin de la part des plaignants d’aller d’aller chercher ce gars là.
Élise Van Beneden
Oui, oui. Alors un des plaignants, c’est quelqu’un qui vit à Pont à Mousson. Moi j’ai quand même du mal à comprendre comment sont entrés en contact ces deux personnes là. Parce que Frédéric Thiriez, c’est une star des avocats au conseil. Donc voilà, je m’interroge sur comment est-ce qu’ils sont rentrés en contact parce qu’il a juste envoyé un mail et que mon confrère lui a dit Oui, bien sûr, je vous défends, c’est possible. L’autre interrogation, c’est que c’est un c’est sincère cet avocat. En fait, il coûte extrêmement cher, donc. C’est pas évident pour quelqu’un qui n’a pas énormément d’argent de saluer les services de cet avocat là. Mais effectivement, ça se limite à ces constatations là. C’est à dire qu’on a des demandeurs qui sont défendus par quelqu’un qui, qui est indigne, qui défend des personnages politiques extrêmement puissants. Est ce que c’est une constance ?
David Dufresne
C’est possible que c’est cet homme pour ceux qui aiment le football ? Effectivement, il a été longtemps à la tête de la Ligue, je crois, qui est avocat, qui était un ancien conseiller d’État en fait. Heu non, pardon, avocat au Conseil d’État, je veux dire, excusez moi. Donc voilà, voilà la sphère dans laquelle il évolue. Alors il y a quand même cette question de manque de transparence, puisque deux des anciens membres d’anticorps, c’est là dessus qu’il vous dit qu’ils ont attaqué les services du Premier ministre. Le tchat renvoie aussi ces accusations là en disant quand il y a quand même, il y a des dons qui sont pas terribles. Chez Anticor, il y a les 64 000 balles. Alors j’oublie toujours son nom, etc. Qu’est ce que tu réponds à ça ? Puisque évidemment l’accusation qui vous est faite c’est Ah bah bravo ! Les chevaliers blancs eux mêmes ont des dons massifs dont on ne sait pas d’où ils viennent exactement. Quelle est votre réponse par rapport à ça ?
Élise Van Beneden
Ben déjà, le financement de Anticor, faut quand même le rappeler, on est vachement accusés sur ça et je répondrai à cet espoir. Mais le financement d’anticorps est quand même assez exceptionnel. En partie un OVNI dans le paysage associatif. Nous on a pas de subventions publiques, pas donc d' entreprises et on a donc que des cotisations et dons de personnes physiques. Et même si elles sont plafonnées, c’est à dire qu’en aucun donateur ne peut donner plus de 10 % de nos recettes de l’année précédente. Que c’est quand même assez rare dans le paysage associatif. Faut quand même le noter, parce que généralement les associations, elles ouvrent plutôt les vannes. Nous, on met des obstacles à tous les gens qui veulent nous donner de l’argent. Donc on a une charte des donateurs maintenant qu’il faut signer, etc. Moi, moi, ce que j’ai à dire sur le don de Vinciguerra, puisque j'étais. Elle était déjà bonne en cours. Déjà, c’est qu’on a accepté ce don là, le conseil d’administration accepté. Par tous, Il n’y avait pas de raison de le refuser. Au regard de nous, des informations qu’on avait bien proposé de nous donner 5 000 € par mois, 7 000 € par mois, c’est quelqu’un qui n’est pas un personnage public et on avait seulement aucune information sur ses comptes bancaires ou ses préférences politiques à ce moment là. C’est en décembre 2021 articles de presse qui sortent et que là on découvre qu’il a des comptes à l'étranger dans des paradis fiscaux. Ce qui ne veut pas dire d’ailleurs qui fait l'évasion fiscale mais dont je parle. Je ne suis pas sa représentante, je ne suis pas son avocat, alors le défendre lui, c’est pas le souci. La question c’est la réalité d’anticorps que les gens ont du mal à comprendre. C’est à dire que moi je suis déjà 30 à 5 h de bénévolat par semaine. C’est quand même une évidence que le weekend, je ne vais pas taper le nom de nos 2000 donateurs. J’exagère évidemment, ils ne donnent pas tous beaucoup d’argent, mais je ne vais pas taper le nom des donateurs sur internet en espérant trouver des informations. Ce que je vais vous dire, c’est que j’ai pas les moyens de Bercy. En fait, même si je voulais enquêter sur le donateur, ben je trouverais rien de plus que ce que Google me dit. Et c’est ça en fait. Parfois on tape le nom des gens, on ajoute scandale pour essayer de voir s’il y a quelque chose d'évident qu’on puisse trouver. Mais dans le reste, on n’a absolument pas les capacités de trouver ces informations là. Donc quand la nouvelle sort dans la presse et humains, on réagit, on informe le conseil d’administration et on arrête les dons. En l’occurrence, c’est lui qui a arrêté les dons parce que parce qu’il s’est pris une tempête médiatique énorme. Voilà donc ces dons là, ils ont été arrêtés. On a dit bombasse, qu’il faut sécuriser encore plus notre fonctionnement. Du coup, on a ajouté des règles qui fait qu’aujourd’hui, quand un donateur donne entre 7 % et 10 % de nos recettes de l’année précédente, on met son nom dans le rapport moral, dans le rapport financier qui est public. Et en l’occurrence, depuis qu’on a mis en place dans on n’a plus de dons aussi importants de façon. Je crois que cette fois, ce n’est pas à beaucoup de gens. Personne n’a envie de se retrouver au milieu d’une tempête médiatique. Donc en fait, des dons importants, on en a plus. Mais ça veut aussi dire qu’il n’y a eu aucune différence dans le fonctionnement d’anticorps. Ce que je veux dire c’est qu’on était pas dépendant de ce don, mais est ce qu’on n’a pas arrêté d’agir ? Et c’est vrai, on n’a rien changé chez nous, on a pas arrêté des affaires, on n’a pas licencié notre équipe, on n'était absolument pas dépendants du don d’Hervé Vinciguerra.
David Dufresne
Donc, Hervé Vinciguerra, c’est quelqu’un qui a de l’argent, qui vous a donné à un moment donné 60 000 €, c’est ça ? Non ? Oui, 61 000 €.
Élise Van Beneden
Et en 2020.
David Dufresne
En 2020. Et surtout qui est proche de Montebourg et dont on va en tout cas qui à l'époque était proche de Montebourg et qui aurait à une certaine époque eu le don large dans des associations, dans des titres de presse, etc. Et certains le soupçonnent d’avoir voulu rouler pour Montebourg qui à l'époque était le candidat potentiel à l'élection présidentielle. Est ce que tu penses qu' il y a une forme de piège derrière tout ça ? Au-delà de vos difficultés à contrôler donateurs par donateurs, depuis que vous avez modifié vos règles et dont vous avez, vous avez eu moins de dons. Est ce que. Est ce que tu penses qu’il peut y avoir quelque chose de lors de la manipulation dans tout ça ?
Élise Van Beneden
Ben je pense pas parce que tout simplement il a jamais essayé d’influencer les décisions d’anticorps. Donc j’imagine que si quelqu’un vous instrumentalise et qu’il te donne de l’argent, il s’immisce dans ta gouvernance. Ce que Vinciguerra n’a jamais fait.
David Dufresne
Donc c’est bien de le rappeler.
Élise Van Beneden
Oui.
David Dufresne
Macron en avril aurait dit, si j’en crois un dénommé Arfi, Fabrice, très défavorablement connu de nos services, Emmanuel Macron aurait dit en mars plus exactement ceci Je peux détruire n’importe qui avec une question d’exemplarité. Là, il défendait une colère. Demain, je peux vous faire une procédure Anticor, ils ne font que ça. Et des procédures, ils les font durer, ils les font durer, ils les font durer. Je ne bégaye pas, je cite Il a dit trois fois. Et même si les gens à la fin ne sont pas condamnés, vous les foutez en l’air. Quand Macron fait cette déclaration, qu’est ce que vous vous dites à Anticor ? Ouh là, là on est dans le collimateur !
Élise Van Beneden
Ah bah oui oui, là du coup, c’est évident que tout ce qui était assez évident avant et éprouvé quand on est dans le collimateur d’Emmanuel Macron. Et je pense notamment principalement pour la faire colère parce qu’elle est si colère et son bras droit et qu’il est mis en difficulté par cette cette instruction judiciaire qui qui le concerne, ça c’est sûr et. Mais par contre, c’est fou parce que je trouve que cette déclaration, elle dit aussi quelque chose de sa manière de penser, c’est-à -dire qu’elle considère que c’est nous qui faisons durer les procédures. C’est quand même extraordinaire, C’est génial.
David Dufresne
C’est génial.
Élise Van Beneden
Ils font durer les procédures et nous on essaye de les faire avancer. On passe notre temps à aller voir les juges d’instruction pour leur dire vous en êtes où ? Est ce qu’on peut faire ça ? On fait des demandes d’actes, on essaie de les aiguiller, on essaye de transmettre des messages de lanceurs d’alerte, des documents. Donc non, au contraire, on fait tout pour que ça avance le plus rapidement possible. C’est vraiment pas très sympa de nous imputer la lenteur de la justice. La lenteur de la justice, elle est due, elle est due à son sous financement chronique et elle a du mal. Et c’est normal au fait que les personnes mises en cause fassent des recours en permanence. Elles ont le droit de le faire. On a un droit au recours effectif en France, pas de souci. Mais nous mettre ça sur le dos et c’est quand même un peu osé. Et. Mais surtout quand il dit je peux détruire n’importe qui avec des questions d’exemplarité, ça veut dire que pour lui l’exemplarité est une arme politique. Et d’ailleurs, il avait fait de l’exemplarité une arme politique en 2017 puisque il a fait campagne sur la République exemplaire. Donc c'était c'était un élément de sa campagne, une esquisse qui est très bien, sauf que y' a pas grand chose derrière qui a confirmé son intérêt pour la politique en politique. Et avec l’exemplarité, je le je, je vous détruis qui je veux, C’est ça qui pense de notre action en fait. Oui, il pense qu’on fait ça, qu’on fait des actions pour détruire des hommes politiques. Et c’est symptomatique de la classe politique. Quand elle est attaquée, c’est à dire elle le sait, elle ne regarde absolument pas le problème de fond qui est qu’en France on a 120000000000 USD de corruption chaque année, que les gens veulent voter parce qu’ils n’ont pas confiance dans la classe politique, que les entrepreneurs favoritisme. Ils ne respectent pas les règles de marchés publics, que les services publics. Sont sous financés également et dysfonctionne à plein. Nous faisons donc dire ça, c’est c’est ne voir qu’une intention partisane. Là où Anticor a une tare, on s’en rend compte et ça ne m'étonne pas énormément, mais à mon avis, ça me déçoit. D’un homme politique finalement qui balaye le sujet de la corruption alors qu’il est une évidence pour nous accuser un homme. Peut-être, probablement si c’est lui qui est partisan dans son analyse de la situation.
David Dufresne
Alors là, on a à nouveau des petits soucis de connexion. Élise J’espère que ça va revenir. Tu as eu, tu as eu des appels ou pas ? Non. Ou des textos, peut être des trucs, des non, c’est bon. Non, non. Bon.
Élise Van Beneden
J’ai pas eu d’appel.
David Dufresne
Voilà. Il suffisait que je te coupe la parole pour que ça que ton micro se synchronise. Voilà, je suis désolée. On va parler tout à l’heure du chiffre de 120 milliards par an qui serait le coût de la corruption en France, c’est bien ça ?
Élise Van Beneden
Oui, oui.
David Dufresne
C’est-à -dire à peu près dix fois la retraite. C’est ça ? Il fallait qu’il trouve 12 milliards par an, c’est ça ? Et là, il y a 120000000000 de ça.
Élise Van Beneden
Bah oui, c’est pour ça que moi j’en avais. J’en ai rapidement marre en fait, des débats sur la retraite. Parce que quand on regarde les chiffres de la corruption vs ce qui nous manque pour les retraites à l’horizon 2033, je crains ça, ça rend le débat complètement ridicule. En fait, si on armait un peu le parquet national financier, si on ne retirait pas l’agrément à des associations anticorruption, si on finançait la justice anticorruption ? Le débat sur les retraites n’a absolument pas lieu d'être. Puisque évidemment on est là.
David Dufresne
Bien sûr, bien sûr. Comment dirais-je ? Il est là, le document du Parlement européen. Alors ça, c’est un document qui ressorti qu’on avait un peu oublié. D’ailleurs, je me demande si c'était pas vous, Anticor qui avait décelé ça, ou Attac, je ne sais plus. L’un des deux me semble t il. Donc c’est un document qui émane du Parlement européen et qui dit donc que le coût du crime organisé et de la corruption en France, ce serait de l’ordre de 120 milliards. Alors évidemment, si ce ne serait pas 120 milliards dans les caisses de l’État, si tout ça était propre, enfin, ça générerait quelques contributions, quelques impôts, quelques taxes, etc. Et donc on voit bien que c’est quand même, et au delà de tout ce que ça génère évidemment, d’inégalités économiques, sociales, etc. On voit bien que c’est ça le problème central. Le problème central, c’est évidemment pas anti-corps. Le problème central, c’est la corruption. Et est ce que par exemple, dans tout ce qui est en train de se passer, c’est pas le truc qui est le plus décourageant pour vous ? Je ne veux pas profiter de ta fatigue et j’ai l’impression d’une légère amertume. Mais je me dis qu'à votre place, c’est ça que je penserais. Quoi ? Je sais, c’est quand même bien dégueu quoi.
Élise Van Beneden
Heureusement, la lutte contre la corruption ne me déprime pas. Alors que c’est vrai qu’on a 159 dossiers en cours et que quand on les regarde tous, globalement, il y a de quoi être dégoûté du petit village de 62 habitants aux arcanes du pouvoir parisien. On voit tout en fait. On voit tous ses rouages et ses. Et ça donne le vertige dans un sens. Moi sommes déprimés, je vous rassure, j’arrêterais tout de suite de faire ce que je fais, ça ne me déprime pas, mais j’ai conscience que c’est important et surtout je. Comme dans les dossiers d’Anticor, on rencontre beaucoup de citoyens, beaucoup de lanceurs d’alerte. Je sais à quel point c’est important, quel est l’impact pour les gens d’ailleurs très souvent à l'échelle d’une ville ou d’un village. J’ai vu ça. J’ai vu les gens souffrir énormément de pratiques de corruption. Pour moi, c’est très intime, c’est très matériel en fait. Alors que quand on pense à la corruption de manière générale, on dit à 120 milliards Bon, est ce que ça me concerne ? Quand on voit les dossiers de type Pénélope Fillon, c’est 1 million par ci, 1 million par là, on se rend pas forcément compte de l’impact sur notre sur notre quotidien. Moi, mon impact sur le quotidien, je le vois, je le vois vraiment. On comprend des lanceurs d’alerte et dans quel état ils sont. Donc ça, ça a plutôt tendance à me motiver.
David Dufresne
Bien sûr, bien sûr. Question de Roland : On revient au procès qui a eu lieu la semaine dernière. Enfin, la décision du tribunal administratif. Roland nous demande ; Allez-vous évoquer l’autre avocat qui a plaidé contre Anticor ?
Élise Van Beneden
Bien sûr.
David Dufresne
C’est Juan Branco qui est venu plaider contre vous, contre vous, je dis bien contre vous, par contre contre les services de Matignon, mais in fine contre vous. Qu’est ce qui s’est passé exactement ?
Élise Van Beneden
Ah bah non, il n’est pas en service à Matignon, c’est vrai. Ben en fait, il avait déjà pris position en 2021 je crois. Contre Anticor, quand il y a eu la question du renouvellement de l’agrément d’Hervé Vinciguerra, il a. Il a pris position en défense de Maxime Bonnet et contre Anticor. Bon, sans nous, sans nous consulter, sans se demander quelle était notre vision des choses. Et là, patatras, il a décidé d’intervenir dans cette procédure avec laquelle il n’a pas de lien en fait. Et il était intervenu au soutien de Frédéric Thiriez, donc contre Anticor. Et au soutien des requérants, donc, en demandant l’annulation de l’agrément Anticor. Il a dit plein de choses qui sont inexactes mais peu importe.
David Dufresne
Ah, ça coupe ! Ça y est, c’est des services de Branco qui appellent et lisent. C’est ça le direct. C’est la magie du direct au poste. Est ce que c’est comme ça ? Élise va revenir, ne vous inquiétez pas. En effet. En effet, Juan Branco a fait ce qu’on appelle une intervention volontaire, c’est-à -dire qui s’est auto désigné.Allo ?
Élise Van Beneden
Oui, oui, je suis là. J’avais encore un appel, désolée.
David Dufresne
Voilà, c'était Branco qui t’appelait.
Élise Van Beneden
Non.
David Dufresne
Non, bien sûr que non. Bon alors on ne va pas, on ne va pas épiloguer là-dessus. Mais c’est vrai que depuis que j’ai annoncé que tu venais ce matin, il y a des Branco fils qui ont demandé à ce que si on allait évoquer ça, Quand on lit son intervention volontaire, on comprend bien qu’en fait il en fait une affaire personnelle puisqu’il règle ses comptes en partie avec Anticor, mais aussi en partie avec eux, avec Blast. Dont tu es aussi l’une des fondatrices. L’honnêteté commande de dire que depuis quelques jours au poste a pris son envol et n’est plus lié à Blast. Sauf amicalement. L’amitié perdure avec Denis Robert, Matthias Enthoven, Françoise et toute l'équipe. Mais d’un commun accord, c'était prévu de longue date. On ne fera pas de troisième saison avec eux. Avec eux, on a volé non Blast continue. Et puis de temps en temps on verra comment on peut mener des opérations conjointes. Je tenais à le dire parce que pour que les choses soient bien claires puisque effectivement pendant deux ans on a eu un lien avec Blast, quand on lit. Le mémoire de Branco, on voit bien qu’il y a un mélange des genres, etc. Là aussi, au-delà de l'épiphénomène, est ce que par rapport à votre travail sur ça, sur la, sur la corruption, etc. Est ce que ça attire aussi un certain nombre de zozos ? Qui veulent se mettre en lumière par rapport à ça.
Élise Van Beneden
Alors déjà on a un nous, on reçoit une vingtaine d’alertes par jour, donc en terme de zozos, on a déjà beaucoup d’alertes qui viennent. Un peu par rapport à la réalité. Donc ça c’est quelque chose qu’il faut gérer, qui est parfois très difficile parce que parfois on reçoit des alertes de personnes qui ont l’air vachement bien dans leur tête et puis on leur répond, on leur demande des pièces et on finit par se rendre compte qu’en fait ça va pas du tout. Soit on reçoit des mails de personne, tu sais, le mail en rouge en majuscules est souligné. Crier au complot qui explique que Emmanuel Macron n’est pas Emmanuel Macron, qu’il a été remplacé par un sosie etc font des histoires incroyables, mais on se demande toujours s’il y a quelque chose peut être de devrait. Alors pas pour le sosie de Macron, mais on peut pas s’empêcher de se dire qu' on peut présenter les choses de manière embrouillée et qui est quand même quelque chose de fondé derrière. Donc c’est même difficile à gérer pour. Au plan psychologique, parfois les zozos qui veulent de la lumière, oui oui, bien sûr. En fait, moi j’ai plein de gens qui me disent mais tellement déçu de ce qui se passe en interne chez vous. Mais en fait non, on n’est pas vraiment responsable de ça. Encore vivant en dehors du monde, je parle en dehors de la cité. Je veux dire qu’on est évidemment qu’il y a des humains. Il peut y avoir des problèmes chez nous, évidemment qu’il y a des luttes de pouvoir. Bah oui, en fait Anticor est un lieu de pouvoir, c’est pas mal et. Et que les gens puissent exprimer leurs opinions et faire, c’est très bien. C’est normal qu’il y ait un débat, même démocratique. Dans une association, il y a 6500 membres, on ne peut pas tous être d’accord. Et puis encore, on a tous pas mal de caractère. Il en faut en fait pour lutter contre la corruption. Donc on a 85 groupes locaux. Nos responsables dans les groupes locaux, ils ont, ils ont pas mal de caractériels, ils en ont besoin. Donc chez nous c’est pas. La vie est un long fleuve tranquille, c’est sûr.
David Dufresne
Néanmoins, Eric Halphen, juge, ancien juge d’instruction a répété sur Twitter que d’abord sa colère et sa désolation de vous voir retirer votre agrément, mais en disant qu’il n'était pas toujours d’accord avec les nouvelles directives d’anticorps. Est ce qu’elles sont sans préciser exactement lesquelles ? Mais je crois qu’il l’avait fait. Par ailleurs, est ce que. Est ce que tu penses que toute cette crise va vous amener à un examen de conscience, à une et à une libération de paroles, à une réorganisation ou tu considères que ce sont des attaques qui sont des coups bas ?
Élise Van Beneden
Non mais il a aussi un bon caractère. Il peut ne pas être d’accord avec le fonctionnement d’Anticor. Aujourd’hui, je sais, je ne sais pas ce qui vise quand il dit ça. Je ne sais pas s’il a tout expliqué de son tweet ou pas. Je ne l’ai pas lu. Enfin, je n’ai pas lu les commentaires. Il a le droit d'être en désaccord avec l’autre fondatrice très connue. Elle est aussi régulièrement en désaccord avec la direction Anticor. Elle pense qu’on devrait arrêter les procédures en justice, que ça ne sert à rien et qu’on devrait se battre autrement. Bien sûr, tout le monde a son avis sur ce que devrait faire ou pas Anticor. C’est pour ça qu’il y a une assemblée générale qui élit un conseil d’administration, qui a des orientations stratégiques et qui a un bureau pour appliquer la décision concernée. Elle a une vie démocratique interne, bien sûr, parce que le fondateur d’un sport, on devrait arrêter de faire des procès, qu’on va arrêter de le faire ou dire qu’il faut qu’on se réorganise. Si on demande aux gens qui nous écoutent, il faut qu’on arrête de faire des procès. Euh, je suis pas sûr qu’ils soient d’accord. En tout cas, moi je ne suis pas d’accord. Je pense que l’arme judiciaire est hyper importante et qu’elle est hyper efficace. Je connais pas beaucoup d’armes aussi efficaces que celles ci dans le milieu associatif et d’ailleurs on le voit, il y a plein d’autres associations qui utilisent l’arme judiciaire. Il y a eu le chèque par exemple. Voilà, je je, je change un peu de trajectoire, mais ça peut vous dire, moi, que les fondateurs d’anticorps ne sont pas d’accord avec la manière dont Anticor est et est dirigée aujourd’hui et ses orientations stratégiques passées. Et c’est pas anormal, on va pas changer notre fonctionnement pour ça. Sur le fond de dire est ce qu’il y a un problème de fonctionnement, de transparence, d’indépendance à Anticor ? Nous, on avait, on avait répondu au fait parce que si on garde tout ce problème là aujourd’hui, ça ne vient que de ce que le premier ministre a écrit dans son arrêté. C’est pour ça qu’on a perdu l’agrément, parce que le premier ministre a écrit que, euh, on avait un procès en cours. Il y avait des anciens administrateurs qui nous faisaient un procès. On sait que c’est parfaitement vrai. On a des anciens administrateurs qui attaquent la validité de deux conseils d’administration et une assemblée générale. Ils ont le droit de le faire. En fait, y' a pas de souci, c’est pas la première fois. On vient de gagner le mois dernier contre d’autres administrateurs qui nous avaient attaqué. En 2013, on avait gagné en référé en première instance, en appel devant la Cour de cassation. On vient de gagner dans la cour de cassation. Ben en fait, les gens, ils ont le droit de faire des procès. Ce qui importe, c’est la décision judiciaire quand elle arrive. Donc le premier ministre, il peut pas dire attendez, il y a un procès en cours, je donne pas l’agrément, c’est pas possible, c’est la prestation judiciaire, la boutique, elle demande et il paraît, il a dit qu' on allait s’engager à prendre un commissaire aux comptes. Sauf que le commissaire aux comptes, on l’avait déjà. Donc ça, c’est une erreur factuelle totale. Il a dit qu’on allait modifier nos statuts, améliorer nos statuts. Ça aussi, c’est vrai. On était en train de travailler sur les statuts, on en a adopté de nouveaux en 2022, on a vu plein de règles dedans, c’est-à -dire tout ce que je vous ai dit sur la limitation des dons, les 7 %, la publication dans le rapport financier. Tout ça, c’est dans le rapport financier, dans les statuts maintenant aussi l’interdiction des dons des entreprises, l’interdiction des subventions publiques. On a mis tout ça dans les statuts, on a verrouillé, sécurisé le fonctionnement en tout cas. Mais ça veut pas dire que nos statuts d’avant nous permettaient pas d’avoir l’agrément. Ils nous ont. Ils nous ont permis de l’avoir en 2015 et en 2018. Donc tout ça, il n’y a pas. Pour moi, il y a très peu de logique dans tout ce qu’a écrit le premier ministre, parce que même si ce qu’il a écrit était vrai, ça ne ça ne permettait pas de ne pas nous donner l’agrément. Et le seul. Le seul point qui est plus compliqué, c’est que dans son arrêté, le Premier ministre dit Oui mais vous avez eu un don, donc le fameux don d’Hervé Vinciguerra, et vous ne démontrez pas que vous avez informé votre conseil d’administration avant le 1ᵉʳ février 2020. Bon, moi je veux dire, en fait, en tout cas, on a adopté des règles de transparence par rapport aux dons. On les a adopté le 1ᵉʳ février 2020 et il nous demande de justifier qu’au 1ᵉʳ février 2020, on avait respecté ses règles qu’on venait d’adopter dans la journée. Donc déjà c’est pas des règles prévues par la loi, c’est pas des conditions prévues par le décret de qui prévoit l’agrément. C’est Anticor qui prévoit des conditions et des règles de transparence qui vont au-delà de tout ce que prévoit la loi, les règlements, tous ou toutes les règles de droit en fait et, et en l’occurrence, sont là. On l’avait fait. C’est à dire que si on a adopté ces règles là, c’est justement parce qu’il y avait eu des débats en conseil d’administration sur ce dont c'était la conséquence de ce dont on en fait notre réaction. Sauf que ce n’est pas écrit dans le procès verbal. Donc il ne nous dit pas vous nous démontrez pas que vous avez informé avant cette date le conseil d’administration, C’est-à -dire que trois mois après on en reparle dans le procès verbal de réunion, on en reparle encore quatre mois après. C’est sur le procès verbal de nos réunions. Mais, mais vous voyez ce que je veux dire ?.
David Dufresne
Le tchat résume très bien je vois Baklava Pistache qui dit C’est vrai qu’ils sont experts en transparence, eux.
Élise Van Beneden
Non, je dis c’est gentil, mais parce que moi je fatiguais.
David Dufresne
Oui, on voit que tu es fatiguée alors que tu es fatiguée. Hier, j’ai fait un petit sondage. Est ce que vous devez continuer à Anticor ? Doit-il continuer les procès ? Oui ? Non. Et de la police ? C’est en cours. Pour l’instant, c’est le oui qui qui le mène. Voilà, ça c'était ma minute sondage à la chaîne Hanouna. Donc pour l’instant, les gens sont plutôt favorables, les gens du chat et je vais prendre des questions du chat si tu veux bien, rapidement parce que je sais que tu es fatigué, on comprend bien et que tu as beaucoup de choses à faire. Il y a sur l’agrément, il y a plein de questions de loisirs. L’hiver nous dit et je n’ai pas suivi. Qu’est ce que ça change la perte de l’agrément pour Anticor ? Didiblu : Quel est le délai pour avoir des délais ? Des nouvelles de la nouvelle demande d’agrément ? Natlagitane pose la question plus générale du système d’agrément Est ce que ce n’est pas un piège dans le sens où la séparation des pouvoirs pourrait reposer sur les épaules d’une association anticorruption ? Euh Et l’autre, euh, l’autre, l’autre point qui est simplement de poser la question. Est ce qu’il faudrait pas une instance indépendante pour délivrer l’agrément et non pas une instance politique ? Parce que c’est vrai, et là on marche sur la tête, c’est à dire vous êtes, vous vous érigez et vous le faites depuis plus de 20 ans en contre pouvoirs, ce que vous êtes. Mais finalement ce qu’on vous dit, c’est qu’il faut aller toquer à la porte du pouvoir pour que vous puissiez continuer. Donc qu’est ce que ça change ? Quand est ce qu’on aura des nouvelles du nouvel agrément ? Est ce qu’il faut modifier le système d’attribution de l’agrément ?
Élise Van Beneden
Oui, bien que ça change tout. Parce qu' Anticor va toujours pouvoir porter plainte. Donc on pourra envoyer un dossier au procureur de la République en espérant qu’il ouvre une enquête préliminaire. Sauf qu' avant, on avait pas besoin d’espérer que le procureur ouvre ou pas une enquête préliminaire. Pour nous, ça ne changeait rien au fait qu’on avait le pouvoir de saisir un juge d’instruction. Ce qu’on a perdu, c’est le pouvoir de saisir un juge d’instruction et donc de contourner la décision de classement sans suite. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, c’est un procureur classe, sans suite, un dossier, on pourra rien faire. Et le délai pour récupérer un autre agrément ? Si, si madame Borne bien ordonnée. Là, on a envoyé la demande dès vendredi parce qu’on se doutait un peu comment on allait. Donc on a envoyé une nouvelle demande vendredi. J’ai un tout petit peu harcelé les services de madame Borne, puis du ministère de la Justice parce que madame Borne a renvoyé le dossier au ministère. La justice, plus précisément la direction des affaires criminelles et des grâces. Pas Dupond-Moretti est en déport. Il n’a pas le droit de cité dans le dossier.
David Dufresne
Parce que par ailleurs, il est dans d’autres dossiers. Vous le poursuivez par ailleurs, c’est ça ?
Élise Van Beneden
On a porté plainte contre Dupond-Moretti. C’est notre plainte qui a donné lieu à sa mise en examen et à son renvoi devant la formation de jugement de la Cour de justice de la République qui. Encore une autre aberration démocratique. Donc voilà, pour répondre, je viens de recevoir hier le récépissé de votre demande et c’est le récépissé qui fait partir un délai de quatre mois. Donc là, la direction des affaires criminelles et des grâces qui est sous tutelle du ministère. La Justice a quatre mois pour proposer à Élisabeth Borne un projet d’agrément ou de refus d’agrément. Ils peuvent demander deux mois supplémentaires s’ils le veulent, sans condition. Donc là, on est peut être parti pour le mois de décembre, ce qui est un peu difficile pour nous parce qu’entre temps, déjà, pas facile de partir. Et puis surtout, c’est toujours difficile de garder le public informé sur ces questions là et de et de garder tout le monde mobilisé un sur six mois. C’est sûr que c’est un peu difficile, mais je pense qu’on refera du bruit au moment où le délai arrivera à sa fin, où si on a un refus ou si on a bah si on a un accord aussi, ce serait vachement bien. Et une précision, c’est que normalement, généralement, quand l’administration ne répond pas à une demande, on considère que ça vaut acceptation. Dans le cas de l’agrément anti-corruption, ça vaut refus. C’est encore un système un peu à part, à part entière pour les associations anticorruption. Est ce que c’est un piège ? Cet agrément, alors ? Est ce que c’est un piège dans le sens où la lutte anticorruption repose sur les associations ? Moi, je considère que de manière générale, il y a beaucoup de batailles sociales qui reposent sur le sur le secteur associatif et que ce n’est pas normal. Que les associations, les bénévoles dans les associations font énormément et même sur des missions qui sont des missions d’intérêt général aussi, c’est évident. Est ce que c’est normal ? Bon, moi je suis assez étonné. Il manque totalement de volonté politique en France de lutter contre la corruption parce qu’on a des constats. On a ces 120 milliards, on a des affaires qui s’accumulent les unes après les autres, on a une abstention record et et on a là, actuellement, on n’a toujours pas de plan pluriannuel de lutte contre la corruption, pire, qui ? Ils n’ont même pas fait le plan qu’ils sont censés faire. Et c’est des associations comme Anticor qui portent des dossiers avec Sherpa, et transparence internationale.
David Dufresne
D’autres questions du tchat ? Comment soutenir anticorps sur pendant jusqu’en décembre ? Comment faire pression ? Est ce que le rapport de force médiatique compte ? Et l’autre. L’autre question à nouveau de. Avez-vous un regain d’adhésion suite au retrait de l’agrément ? Autre question. La dernière qui était. Est ce qu’il pourra participer à une autorité indépendante ?
Élise Van Beneden
Moi, je suis complètement d’accord. Je pense que le mieux, ce serait de confier l’agrément au Défenseur des droits. Parce que le Défenseur des droits, il a un ancrage constitutionnel, c' est son indépendance, est protégé par la Constitution. Mais bon, ça veut dire qu’il faut une loi constitutionnelle pour donner au Défenseur des droits cette attribution là d’octroyer l’agrément anti-corruption. Bon, c’est un peu compliqué. Nous, on a proposé la lâche à TVB, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique parce que c’est une autorité indépendante et en plus c’est un organe collégial qui est composé d'élus en partie. Mais il y a quand même beaucoup plus de garanties que le ministère de la Justice qu’on a vocation éventuelle, dont on a éventuellement vocation à attaquer le ministre, ce qu’on a fait, qu’est ce qu’on peut faire ? Mais en fait, il faut, si vous voulez adhérer, c’est super. Dans ses 35 € par an, il y a 60 6 % de déductions fiscales, donc ça vous coûte 12 € à peu près. Après les impôts, euh, l’adhésion, en tout cas, elle n’a jamais augmenté parce que c’est pas le c’est pas le sujet pour nous. En revanche, le chiffre, le nombre des adhérents, c’est très important. Parce que quand on arrive dans un procès, qu’on a un Nicolas Sarkozy à un mètre de nous, euh. Moi je préfère dire qu’on est quand même qu’on est 15 000 adhérents, plutôt dire qu’on est 3000 parce que c’est une question de légitimité. Seulement, ça nous protège..
David Dufresne
En fait, quand on est donateur, on est adhérents de fait.
Élise Van Beneden
Ou en adhérent. Quand on est donateur, on n’est pas adhérent et on participe à l’assemblée générale. On vote pas du tout.
David Dufresne
Alors comment on devient adhérent ?
Élise Van Beneden
En adhérant. Voilà, sur le site internet, il y a un petit bouton adhésion. On vous explique un petit peu ce qu’on fait et puis vous devenez adhérent, Vous recevez nos newsletter tous les mois, vous aurez une information complète sur les dossiers d’anticorps sur la corruption en général en France. Et puis vous ferez partie des gens derrière nous. Quand on rentre dans les salles d’audience et que et qu’on se retrouve face à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant. Voilà ce dont on a clairement besoin. C’est évident qu’on a besoin de soutien en ce moment. J’espère que ça se ressent. Et donc voilà comment nous aider. Il y avait une dernière question mais je n’ai pas noté alors.
David Dufresne
Et puis moi je l’ai effacé alors comme ça j’ai l’air malin.Comment est ce que le rapport de force médiatique compte ? Est ce que. Est ce que vous comptez vous escompter sur le rapport de force médiatique ? Quels sont les relais possibles ? Est ce qu’il faut monter des réunions, tracter ? Qu’est ce que vous allez faire ?
Élise Van Beneden
Là, on a fait une plateforme d’interpellation qui est une plateforme publique et une association qui soutient les associations qui sont attaquées. Donc on a créé cette plateforme et on fait de la plateforme. Elle permet de Twitter, d’envoyer un message sur Facebook et de générer un mail pour vos députés. Donc il y a déjà 4500 mails qui sont partis aux députés pour qu’ils interpellent Élisabeth Borne pour lui mettre un peu la pression pour qu’elle renouvelle l’agrément parce qu’elle a la possibilité de faire très vite en fait. Et non, bien sûr, il faut qu’elle étudie le dossier, mais si elle veut étudier le dossier rapidement et nous donner l’agrément dans quinze jours, c’est parfaitement possible en fait.
David Dufresne
Oui, c’est-à -dire que si ici, si elle veut, si elle veut reprendre Macron au mot Macron qui dit que vous faites durer, durcir les procédures, elle, elle pourrait accélérer, accélérer, accélérer l’agrément.
Élise Van Beneden
Oui, c’est ça, non ? Si j’ai bien compris, elle ne va pas rester longtemps à Matignon, donc si elle a envie de faire quelque chose.
David Dufresne
Ah voilà, je sens que l Lyse a appeler à nouveau. Voilà, maintenant c’est Élisabeth Borne est en train d’appeler Élise. Désolée pour cela. Pour ceux qui nous rejoignent, on est avec Élise Van Beneden depuis 9h ce matin. On y va. On va bientôt écourter parce que Élise a évidemment beaucoup, beaucoup de choses à faire. Te revoilà ! Les services de Matignon. Au téléphone, c'étaient les services de Matignon. Ils ont carrément coupé le son. Tu m’entends pas ? Aïe aïe aïe ! Que se passe-t-il ? Moi, je l’entends, je l’entends, je l’entends. On entend. Allo ? Allo ? Allo ? Allo ? Allo ? Allo ?On va voir si. Si elle peut. Se reconnecter. Donc l’information, elle est en train d’arriver et elle est en train d’arriver. Allo ?
Élise Van Beneden
Encore un appel d’un journaliste.
David Dufresne
Ah, j’ai cru que c'était des services de Matignon.
Élise Van Beneden
Donc voilà, ce que je disais, c’est que madame Borne, probablement pas restée très longtemps à Matignon, qu’elle a envie de faire quelque chose avant son départ. J’ai une idée elle peut. Elle a le pouvoir en tout cas de renouveler très rapidement l’agrément.
David Dufresne
Pour laisser une trace mémorable dans cette cinquième République finissante.
Élise Van Beneden
Oui, moi j’ai cru comprendre que ce service était aussi contre la dissolution des soulèvements de la Terre. Donc bon, il y a quand même beaucoup de gens dans l’administration qui ont des valeurs républicaines. Qui considère que la liberté d’association est une marque fondamentale. C’est important que la citoyenne contre la corruption, c’est important. Il faut que ces gens-là disent ce qu’ils pensent et essaient de peser un peu sur les décisions.
David Dufresne
Sorcière vous demande Est ce qu’il y a un recours juridique possible au niveau européen ou international pour qualifier cette décision ? Votre perte d’agrément anti-démocratique ou est ce que de toute façon ce serait trop long et Et l’urgence n’est pas là ?
Élise Van Beneden
Non, mais je ne dirais pas que la décision c’est vrai que nous on s’est positionné, on l’a attaqué, mais en fait, le tribunal a constaté que le premier ministre avait dit un truc et fait le contraire. Donc on peut pas retoquer le tribunal là dessus aussi. Ils ont raison. Moi ce que je leur reproche c’est qu’ils sont pas allés plus loin, c’est à dire qu’ils auraient pu évaluer eux mêmes le respect par Anticor des conditions qui sont passées. Et ça, ça leur aurait permis de prendre une décision en disant bah le premier ministre écrit n’importe quoi, mais l’association remplit les critères, on substitue les motifs écrit par le premier ministre, on met d’autres motifs et on confirme la décision. C'était en fait il a, il a fait, il a fait la moitié de son travail sur ce tribunal. Alors, je suis pas administratif, juste et c’est tout un tout, un domaine différent du droit et j’espère que je ne me trompe pas. Mais en tout cas, il avait la possibilité d'évaluer si Anticor remplissait les conditions et nous on l’a invité à le faire. On s’est défendu, on a fait un règlement de 43 pages, on a expliqué tout ce qui s'était passé, on a envoyé plein de pièces pour justifier ce qu’on disait et c’est comme s’il avait. Il n’avait pas lu ce qu’on avait écrit. Donc nous on va aller en appel. Alors on va faire appel au principal sur la question et on va faire un autre appel qui est en sursis à exécution. Parce que là, la décision, elle rentre, elle rentre en vigueur tout de suite et elle est rétroactive jusqu’au 2 avril 2021. Donc nous, on va demander à la Cour d’appel d’arrêter l’exécution de cette décision, parce qu’on va là, on va commencer dans tous nos dossiers à avoir des personnes mises en cause qui font des recours, qui demandent des annulations. Ça va être infernal pour nous. Ça a déjà commencé d’ailleurs, je peux vous l’annoncer, on en a en premier. On a reçu hier un courrier de Jean-Noël Guérini qui nous demande le remboursement des 2 000 € de frais d’avocat qu’il a dû nous verser dans le cadre de son procès à Marseille qui nous a fait rire. Sauf que, en fait, c’est le C’est le début de plein de contestation, là non, On va en avoir une. On va probablement avoir des centaines de procédures dans nos instructions pour contester notre notre présence, euh tout ce qu’on a fait, voir, voire contester, demander l’annulation de toute la procédure.
David Dufresne
J’avais cru comprendre qu’en France le droit n’autorisait pas la rétroactivité.
Élise Van Beneden
Si c’est la règle, même au tribunal administratif, c’est la règle. Parce que si t’as un acte qui est illégal, évidemment qu’il faut pouvoir prononcer son nom, annule sa destruction et rétroactive puisque ces effets ne sont pas normaux. Donc tu as même un système où quand tu annules un acte, tous les actes subséquents sont annulés puisqu’ils dépendent de cet acte là. Et c’est en fait ici la réflexion qu’il y a avec l’agrément et toutes les constitutions de partie civile qu’on a faite sur la base de cet agrément veut dire que là on va avoir plein de mis en cause qui vont dire bah puisque là la mention part civile d’anticorps n’est pas recevable puisque le procureur s’est opposé aux poursuites. Le juge d’instruction n’a jamais été valablement saisi. Il faut annuler l’ensemble de la procédure, évidemment. De toute façon, ils vont tous faire de la procédure, donc assez long, ce qui est ce qui arrive vers Noël. Eh ben c’est un vrai ouragan.
David Dufresne
Il reste deux petites questions. Je te laisse une qui va peut être te faire rigoler, en tout cas j’espère. Si c’est un tweet d’il y a 20 minutes, si quelqu’un que je ne connais pas, qui s’appelle Jacques, qui retweete l’annonce de l'émission et qui dit il n’y a pas pire émission au poste pour démontrer que Anticor n’est pas politisée, alors oui, ça fait hurler de rire, mais cette question là, elle se pose à vous. C’est à dire on dit ouais mais si c’est des gauchistes, des déguisés en juristes et Anticor, c’est vraiment contre. Contre Macron, contre la République, contre les députés qui font tourner la machine. Qu’est ce que tu réponds à ça ?
Élise Van Beneden
Eh bien moi, je réponds que la corruption, c’est un abus de pouvoir. Donc, c’est une évidence que nos actions ciblent des personnes qui ont du pouvoir. Donc si c'était la gauche qui avait le pouvoir qu’a la droite en ce moment où la droite ou le centre, je ne sais pas comment on le qualifie. Ce serait pareil, on attaquerait la gauche. Euh On ne peut pas travailler dans la corruption et attaquer des gens qui n’ont pas de pouvoir.
David Dufresne
Par exemple, dans les régions, dans les villes il y a des gens de gauche.
Élise Van Beneden
Oui, absolument. Et on a porté plainte contre Mélenchon sur ses comptes de campagne. On a porté plainte contre Anne Hidalgo dans l’affaire de la tour Triangle. On a porté plainte contre Anna Saal sur ses frais de taxi, contre Martial Passi qui avait embauché sa sœur à la mairie de Givors. On a porté plainte contre moi. Jean-Noël Guérini est un homme politique de gauche. Donc nous, on n’a jamais hésité à porter plainte contre des personnages politiques de gauche. En fait, ce n’est pas le problème. L’orientation politique, c’est ce que je vous dis sur la réaction d’Emmanuel Macron, c’est que lui, finalement, au lieu de regarder le problème en profondeur sur ce qu’il est, lui, il a une réponse qui est partisane. On fait comme si son spectre de compréhension s’arrêtait à ce qui est partisan, sans vouloir miner ce qui est social. Et c’est la réaction de tout le monde politique. Alors après on fait ce qu’on peut pour aller aussi dans les bars, parler éventuellement dans les partis politiques de droite, être invité sur des dans les médias de droite. On n’arrête pas d’envoyer des propositions, on est ravi d’aller à peu près partout, dans les limites de l’arc républicain, disons.
David Dufresne
Et tant pis pour eux.
Élise Van Beneden
Et puis surtout.. J’allais dire qu’on a on a des personnes de droites chez nous, hein. Moi j’ai surtout pas envie de les encourager, au contraire. Il y a plein de gens qui sont de droite. En tout cas, c’est très bien. Il y a plein de gens aussi qui sont pas ou pas encartés
David Dufresne
Dernière question, mais cela va nécessiter un regain de force. Je me suis rendu compte samedi dernier, qu’on avait fait. On a fait un débat à Nantes avec Pierre Lefebvre sur les violences policières et les solutions qu’on peut apporter à ça. Maintenant que la question des violences policières est abordée dans le débat public, comment passer à une autre phase ? Vous. Votre travail ainsi que celui de Transparency et de Sherpa démontrent et rappellent tous les jours que la corruption, ça existe. Mais l’idée c’est qu' il ne faudrait pas qu’on termine cet entretien sur une note qui serait que celle du constat. Mais il faudrait peut être maintenant que je pose à la fin des questions de combat. Par exemple, il y a dans le chat quelqu’un qui a demandé quel serait l’avantage d’avoir des procureurs indépendants. Sur la question de comment on peut, quelles, quelles pistes on pourrait dresser pour stopper finalement le recul inouï des libertés publiques dans lequel nous sommes aujourd’hui ? De mon point de vue, ce qui vous est fait, c’est un marqueur extrêmement fort. C’est d’autant plus fort que ça s’inscrit dans dans une période qui est complètement folle par rapport à ça, les soulèvements de la Terre, la LDH, maintenant si vous, etc, etc. Quelles, quelles, quelles pistes pour passer du constat au combat ? Ça va être la question, tiens ! Faites moi penser. Le chat à la fin a toujours demandé aux invités la question du combat et de l’oubli.
Élise Van Beneden
Eh bien, nous, ce combat-là, on l’a déjà commencé. Si vous allez sur notre site, il y a une page Plaidoyer. On dit tout ce qu’il faut changer pour nous, pour améliorer le système et empêcher la corruption. En France et notamment vous avez la question du procureur, le procureur, la République. En 2011, il y a le procureur général qui dit que le parquet était dans un état de coma dépassé. Si on a des constats depuis des années, à chaque fois, il y a une volonté politique, en tout cas affichée, de changer les choses, notamment de couper le cordon ombilical entre les procureurs et ministère. La justice ? Vous demandez c’est quoi l’avantage ? L’avantage, c’est que y a plus de liens de dépendance, il y a plus de liens hiérarchiques, du coup il y a plus, Il y a plus de problèmes dans les dossiers de corruption puisque le regard ne craint plus pour sa carrière et peut donc agir, il a les mains libres. Mais la question, maman, je me demandais même quel est l’avantage de conserver ce système là ? Quand est ce que quand on dit que ce système là ne fonctionne pas, tout le monde est d’accord, mais on nous répond oui, mais la Constitution prévoit que le ministère, la justice décide de la politique pénale de la nation. C’est vrai, mais ça implique pas forcément qu’il y a un lien de subordination, ça veut juste pouvoir dire que le ministère, la justice, elle y fait des. Ils font des circulaires de politique pénale et circulent, passent chez les procureurs et ça leur explique en gros Bon, cette année, on met le paquet contre les violences faites aux femmes, par exemple. C’est un peu raccourci, mais c’est ça. Définir la politique pénale de la nation, ce n’est pas décider des promotions d’un procureur. Donc ça, c’est clair que ce cordon ombilical là, il faut, il faut absolument le sectionner. En même temps, on le sait, ça fait des années que les politiques s’engagent à le faire. Ils ne le font jamais. Pourquoi ? Parce que, en fait, ça, ça donne énormément de pouvoir, ça donne énormément de pouvoir au pouvoir d’avoir ce lien hiérarchique là. On voit bien et voilà. On a plein de propositions aussi sur le fonctionnement des institutions, sur les marchés publics, puisque les marchés publics participent énormément du chiffre des 120 milliards. C’est pas très sexy comme sujet, mais c’est hyper important. Parce qu’en fait, à chaque fois que les administrations publiques ne mettent pas en concurrence, elles payent trop à des prestataires. C’est d’ailleurs une des questions qui est posée dans le dossier McKinsey.
David Dufresne
Merci beaucoup Élise d’avoir pris plus d’une heure ce matin et d’avoir puisé au fond de toi pour avoir les forces de nous répondre. Il y a beaucoup de monde ce matin au poste et j’espère, j’espère que certains ont ouvert une fenêtre pour vous donner un peu d’argent ou ou devenir adhérent d’Anticor parce que votre travail est d’une grande nécessité. Merci beaucoup pour la clarté de tes réponses, y compris aux questions qu’il fallait poser même si c'était pas agréable,
Élise Van Beneden
, Merci beaucoup.

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