4 668 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
Au Poste retourne le réel
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage

Arrestations abusives, gardes à vues arbitraires, PV « Minority report » : le délire français.

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour ! Alors Étienne, tu étais parti sur une très belle lancée, tu expliques ce qu'était le Collectif Stop, garde à vue arbitraire. Seuls tes amis qui t’entendais t’encourager à continuer parce qu’ils étaient très heureux par ta manière de synthétiser les choses. Maintenant c’est à toi c’est un son Dolby, on n’a jamais eu un son pareil Auposte. Voilà, c’est parti.
Étienne
Parfait ! J’espère que ma vidéo va pas se couper sinon ma voix continuera Alors du coup, le collectif, le collectif Stop gardes à vue arbitraire, il est né à la suite de ce qui s’est passé ces dernières semaines, à la répression policière assez forte et surtout au nombre de gardes à vue qui a explosé. Et en fait, notre groupe est simplement constitué de personnes qui ont vécu ces garde à vue, qui se sont retrouvées via les réseaux sociaux, qui ont pu intégrer notre groupe, notre version sur laquelle du coup on discute entre nous. Ça nous a permis du coup de créer ce collectif. Donc notre but en fait primaire, c'était de se retrouver et de parler ce qu’on avait vécu en garde à vue parce qu’on avait tous un fort sentiment d’injustice. On avait besoin de le partager avec d’autres personnes qui avaient vécu la même chose, et ce à la suite de ça, on a décidé de faire une. De faire une action toute simple, c'était de se mettre devant l’hôtel de ville avec des pancartes pour alerter. En fait, pour être un peu en mode des lanceurs d’alerte sur ce qui se passe en ce moment et par la suite. Du coup, ça a plutôt bien marché parce que ça a permis de nous faire un peu connaître et de participer à qui, à qui j’en parle de ça. Et donc maintenant, on a plein d’autres projets, donc on a envie de faire vivre ce collectif, mettre en place de nouvelles actions pour avoir toujours la faire, à moins qu’on puisse prendre conscience aux gens que ce qui se passe en France n’est pas normal et que c’est pas comme ça que ça doit se passer dans un état de droit.
David Dufresne
Alors en fait, il se trouve là, tu vas parler de la de la réunion sur l’hôtel de ville. C’est là où nous nous sommes rencontrés en fait, et on avait fait un petit à petit live. Peut être Euryale pourra mettre le lien et Chloé qui tague, qui est à gauche sur l'écran, est venue me voir à la fin avec un très gentil sourire en m’expliquant que ça suffisait pas ce que j’avais fait. Elle me dit qu’il faut qu’on fasse ça au poste en vrai. J’ai dit d’accord, on va le faire. Et donc, c’est la raison pour laquelle on le fait, on le fait aujourd’hui. ! Vous voulez ajouter quelque chose à ce que vient de dire Étienne ou pas.
Elias
Moi je veux juste rebondir sur comment, comment ça s’est passé. En fait, en sortant de garde à vue, on était tous choqués et on était dans l’incompréhension. Et on a échangé nos numéros un peu avec quelques-uns, juste comme ça. Et en fait, dans les jours qui ont suivi, j’avais vraiment envie de témoigner, de raconter ce qui s'était passé parce que j’avais l’impression que c'était. C'était lunaire avant sa sortie de nulle part. D’ailleurs, Manifeste se retrouvait en garde à vue pour rien. Et donc j’ai commencé à mettre des petits tweets de ce que j’avais vécu. Et c’est comme ça que j’ai été contactée par d’autres membres du collectif et on s’est réuni. C'était vraiment très spontané, comme. Comme manière de faire ma chose. Je trouve ça vraiment chouette qu’on soit tous réunis.
Elias
Je voulais ajouter quelque chose Mon expérience est similaire, à la différence près que moi je suis engagé. J’ai rejoint Alternatiba Paris il y a quatre ans. Il y a une personne qui nous a contactés sur les réseaux sociaux, Alternatiba Paris directement et. Et j’avais également écrit mon histoire sur Twitter et ça avait bien tourné aussi. Et. Et donc en fait, on s’est retrouvés sur cette boucle où maintenant il y a 130 personnes, je crois même un peu plus.
Chloé
On Communique sur ce sujet, sur ce canal toutes les informations importantes qu’on reçoit, que ce soit de la part des journalistes, que ce soit les initiatives qu’on veut prendre par la suite. Là, on a un projet d’Assemblée générale pour justement rendre ces politiques un petit peu plus bas, en tout cas, se parler.
David Dufresne
Elias, Étienne, si vous voulez rebondir l’un et l’autre.
Étienne
Je voulais juste dire aussi qu’en fait, la plupart des gens qui ont été arrêtés, qui sont dans ce groupe, c’est des gens assez jeunes, qui ont peu ou pas conscience de leurs droits. Et donc cette boucle sert aussi à discuter sur les démarches juridiques qu’on peut, on peut faire pour d’une part faire passer ses empreintes, porter plainte, etc.
David Dufresne
Alors, il y a déjà des questions dans le chat, évidemment. Comment rejoindre cette boucle ? Et moi j’ajouterai comment vous vérifiez qu’il s’agit bien de gens qui ont été victimes de gardes à vue, arbitraires ou abusives. D’ailleurs, vous nous expliquerez s’il y a une distinction à faire entre ces deux, ces deux termes. Mais déjà la boucle comment on se retrouve dedans ?
Étienne
Et on se retrouve dedans ? C’est plutôt banal du bouche à oreille. Bien des gens qui sont déjà dans le groupe, qui envoient un lien d’invitation à une personne qui les connaît ou qui les a contactés. Donc ça se fait plutôt en fin de personne à personne. Et assez rarement via les réseaux sociaux. Je sais que j’en bois assez rarement. Larmes d’invitations via les réseaux, mais je l’envoie quand un compte congelé, comme dit la personne, me paraît tangible. Une parole me paraît véridique, mais cérébrale, pour l’instant, c’est plutôt rare. De personne à personne. Des gens qui me connaissent, c’est toujours le collectif et toujours un peu informel. Donc les règles ne sont pas forcément bien structurées. D’ailleurs je sais que ça reste des occasions.
David Dufresne
Alors j’en profite. Tu parlais de gens jeunes, ce n’est pas ton cas. Tu as déjà 28 ans ?
Étienne
Au moins 28 ans, peut-être des jeunes. Et tout le monde dit que le jour c’est testé Il y avait un garçon, quatorze ans, qui était avec nous. Il y a plein de gens qui ont 18, 25, seize. Principalement des jeunes gens.
David Dufresne
Alors je pense que ce serait bien que si vous êtes d’accord et si ici vous n'êtes pas lassés de le répéter, mais que chacun d’entre vous vous racontiez ce qui est, ce qu’il est, ce qu’il vous est arrivé, je crois que tous les trois votre garde à vue. En fait, c’est le soir du passage en force par le 49-3 de la réforme. C’est bien ça ? Alors qui veut commencer ? Chloé Peut être ? Tu peux nous raconter ?
Chloé
Non, il n’y a pas de soucis. J’espère juste que ça va au niveau du son et de l’image, sinon hésitez pas à me prévenir. En fait, ce qui s’est passé, c’est que c'était le 16 mars. Il y a eu donc l’utilisation du 49-3 par Élisabeth Borne. Alternatiba Paris en était très présente, très mobilisée en fait sur le sujet des retraites. Et en fait, on a eu besoin de se réunir aussi, donc le seize, au moment du 49, parce qu’on était complètement sonnés et complètement halluciné de voir qu’une fois de plus il y avait ce déni démocratique et l’utilisation du 49 3, on s’est retrouvé place de la Concorde. Là, le rassemblement avait été déclaré par un syndicat il me semble. Et en fait, petit à petit, la place a été vidée par les forces de l’ordre qui ont commencé à faire des charges et on s’est retrouvé en fait dans les petites rues derrière la place de la Concorde. Avec eux, on était 186 d’Alternatiba Paris ensemble à ce moment-là. Et puis on a retrouvé d’autres amis, On a un peu gravité dans ce quartier-là. On voyait vraiment qu’il y avait des petits groupes un peu partout. Et puis il y a eu un moment où ça s’est concentré en rassemblement, où il y avait autour de 200 personnes et en fait le Mouvement collectif. Ce groupe là a commencé à se 100 à s’engager dans une rue qui a vite été menacée en fait on était plus de 100 personnes. Il y a eu donc des contrôles d’identité qui ont commencé. On ne savait pas si on allait être relâchés juste après le contrôle d’identité ou non. En garde à vue. Il s’avère qu’on a été en garde à vue dans la foulée de notre contrôle d’identité. Donc vous voyez que la police faisait des choses complètement arbitraires, genre cocher des cases complètement au pif. Il n’y avait pas du tout de panneau, pas de qualification.
Étienne
Je peux raconter mon truc.
David Dufresne
Vas y, je t’en prie.
De la même manière que Chloé, j'étais place de la Concorde. Le jour du 49 trois, j’avais suivi toute la journée ce qui se passait et j’avais envie de aller voir ce qui se passait place de la Concorde, voir le rassemblement, c'était festif, c'était joyeux. Et quand ça a commencé à gazer avec mes copines, on est parti par la seule sortie qui me paraissait accessible à côté des Tuileries. Et moi, je voulais juste me diriger vers le métro, rentré à Opéra. Et en fait, on s’en fait vraiment. Je n’ai pas fait du tout attention. On marche, on marche et on se rend tous place Vendôme. Et je me retourne et je vois des braves M et des grenades lacrymogènes. Ils lancent des grenades lacrymos qui tombent en étincelles sur moi et je commence à comprendre qu’il y a un problème. Il me vise moi en particulier. Et donc on se retrouve place Vendôme avec une quarantaine de personnes. Une petite masse devant, derrière, des flics qui nous menacent avec leur tonfa.
David Dufresne
Et pour préciser, la place Vendôme, c’est peut être la place la plus chic de Paris.
Étienne
Et les flics me disent aussi la place la plus surveillée après l’Élysée.
David Dufresne
Parce qu’il y a le ministère de la Justice.
Étienne
Parce qu’elle est ministre de la Justice. Il y a plein de caméras partout. Et donc on se retrouve laissés dans un coin par des braves hommes. A ce moment-là, il y a une vidéo de l’accident qui est sortie avant hier. On voit un journaliste a jugé que son nom exactement la noire appellation a noir quelque chose et filmait notre interpellation. Et je le vois se faire embêter par même violenter par un des flics. Et donc on se retrouve assis par terre à attendre. On ne sait pas exactement ce qui nous arrive. On est vraiment une bande hétéroclite de. De jeunes étudiants ou moins jeunes pour la plupart. C’est la première interpellation avec une première relation avec la police. Et comme tu disais Chloé, je demande à un des flics ce qui se passe ? Et le flic me répond Vous êtes mis à disposition mais je ne comprends pas vraiment ce que c’est mis à disposition. Et en fait je vois sur la fiche avec une fiche d’interpellation et à cause des cases un peu arbitrairement par. C’est incroyable d’en être rendu à cocher des cases pour arrêter quelqu’un.
David Dufresne
Donc il faut un peu préciser et j’en appelle à ton sérieux ? Parce que si mes souvenirs sont bons, quand on s’est rencontrés place de l’Hôtel de Ville, tu es ingénieur en neurosciences.
Étienne
Ou Ingénieur doctorat en neurosciences
David Dufresne
Voilà doctorant en neurosciences, donc un gars sérieux. Donc quand ils te disent, quand tu nous dis qu’il y a des fiches, c’est quoi exactement ? Tu as vu sur cette fiche des cases cochées par les policiers ?
Étienne
En fait, juste au moment où on attend de nous asseoir, ils nous prennent un par un et commencent à fouiller nos sacs et nos affaires. Et ils ne nous disent rien. En fait, c’est moi qui pose des questions. Je me demande ce qui se passe ? Est ce qu’on est en garde à vue ? Est ce qu’on a arrêté ? On dit que vous êtes mis à disposition. Et je vois son collègue en train de remplir une feuille. C’est là aussi le contraste entre le gars qui menace avec un tonfa et puis cinq minutes après, il est en train de remplir un Cerfa pour un temps arrêté. Et donc sur la feuille c’est écrit fiche d’interpellation et il y a trois cases à cocher. Je ne suis pas pour la troisième. La première c’est attroupement en vue de commettre des dégradations dissimulation du visage. Et il coche la case spectacle. Et ensuite ils nous mettent dans un fourgon avec des camarades et une balade jusque dans le 15ᵉ. C’est ça ? Dans le 15ᵉ. C’est désorganisé. Les flics savent plus où ils ont mis, qui sont trompés dans les fiches et nous bouffent. Ils font l’appel quinze fois et ils savent. Ils nous font attendre des heures, des heures, des heures, des heures. C’est désagréable. Et en plus de ça. On essaie de. Ça c’est un peu. Je suis un peu clairsemé parce que je suis un peu fatigué, mais le méchant flic nous nous. Il y a un des autres PJ qui arrive et commence à dissuader certains de prendre des avocats, voire des médecins, parce que ça va rallonger la procédure, parce que cette plonge dans. On verra après. Il nous emmène dans le commissariat du septième et c’est là où je rencontre Étienne, dans la cellule.
David Dufresne
Et donc là Étienne. Il faut prendre la suite. Est ce que vous reprenez du début ou qu'à partir du moment où la rencontre avec Élise ?
Étienne
Moi je fais de la photo en manif. Je fais ça depuis 2019, je suis clairement identifiable en tant que photographe, donc j’ai mon casque avec l’inscription photo en énorme dessus, j’ai tout mon matériel. Et du coup je me suis fait interpeller au même endroit que Chloé, donc rue des Capucines ou en face, disons simplement Nasser, toute une rue dans la rue avec 90 personnes et ils ont embarqué toute la rue en parlant. Donc dans cette rue, il y avait des passants, notamment un gars juste à côté de moi avec un drogué encore petite en short de sport et en baskets qui s’est fait embarquer alors qu’il descendait chez lui, etc. Et du coup, voilà, donc on se retrouve. Nous on a été interpellés à 22 h, on a dû partir vers 0 h 30 d’une heure du trottoir, donc on est resté pendant tout ce temps-là sur le trottoir. Après ça, on allait dans un premier commissariat, puis dans un deuxième où du coup, j’ai rencontré Elias. Dans ce commissariat, on va se trouver à cinq dans une cellule de cinq mètres carrés, donc on ne peut pas tous être allongés en même temps. Et on a aussi pas de matelas car il y avait une personne qui avait un matelas des quatre manifestants qui était là. La cinquième personne, c’est un monsieur qui était là depuis déjà deux jours et qui est quelqu’un qui malheureusement vit dans la rue. Donc par la suite et quand on est arrivés, en fait, il a la cellule et était déjà en mauvais état. Et en fait on s’est tous entassés là dedans et du coup avec toutes nos odeurs corporelles etc. Ou sinon nos déchets sont donc passés dans un coin. On a été fouillé aussi, donc fouillé. Donc on enlève toutes nos affaires vers nos lacets, votre ceinture, on nous fait nous déshabiller et nous mettre en caleçon dans une allée, dans une petite pièce pour éviter qu’on n’ait rien. Soit nous avons le caleçon. Et du coup on se retrouve dans cette cellule, cette salle. Du coup on y restait. Moi je suis resté 21 heures en garde à vue. Il y a un peu plus de 23 h il me semble. Est ce qu’il arrivait 2 heures avant moi ? Le lendemain matin, on voit l’OPJ, donc moi je montre à l’OPJ mes photos, je lui montre tout mon matériel, il regarde les photos et commente mes photos. Il me dit à sa droite et innocemment je vais essayer de te faire sortir ce matin quand on va aller, quand on va l’imprimante pour imprimer le PV. Il me dit même tu sais quoi ? Tu devrais aller voir la préfecture de police pour venir prendre en photo nous les collègues du septième arrondissement
David Dufresne
C’est-à-dire le policier se dit tiens, on a un photographe et il pourrait faire notre commande.
Étienne
Oui, sans déconner, c’est exactement suivi. Il me dit : Tu fais des belles photos pour que tu viennes nous prendre en photo ?
David Dufresne
On travaille et donc là on parle de toi. Tu parles de l’OPJ de d’officier de police judiciaire,
Étienne
C’est bien, ça passe par l’OPJ. Du coup, bien sûr, je lui fais un grand sourire et je lui dis oui, oui, je reviendrai ici, ce qui n’est pas le cas. Et du coup il me dit dis du coup toi, c’est quoi ? Je ne sais pas faire 1h procédure groupée ? Parce qu’en fait ce qu’ils font, dans ce cas, ils font une procédure groupée pour tout le monde, qu’ils envoient au procureur ou qu’ils envoient au bureau du procureur. Et moi en l’occurrence, m’a dit bah tu sais quoi toi ? Je ne vais pas le faire là où tu peux sortir plus vite. Ce qui n’a pas été le cas si je sors en tant que témoin. Donc on est resté jusqu'à 19 h le soir. Donc bien sûr, on a tous vu la prise d’empreintes, ADN, photos, etc. Et voilà. Et du coup, on a vu, on a vu trois rôles, on a vu deux relèves de police, donc 3 à 3 groupes de policiers différents dont le dernier qui était, qui a eu une action assez désagréable, nous ignorait, nous appelle quand on quand on voulait aller uriner. Donc on avait beau taper sur la porte Et nous on entendait très bien et sans moi qui nous on ne connaît pas.
David Dufresne
Et donc comment on fait dans ces cas là.
Étienne
Il a fallu être insistant presque pour qu’il vienne. Il y avait un de nos camarades qui avait déjà fait des gardes à vue, qui était un peu plus, qui connaissait un peu le lieu. Nous, on était tous gentils en demandant s’il vous plaît ce qu’on aux toilettes. Et lui il a commencé à donner un gros coup et être un peu plus agressif. Et là, les flics sont venus. Ça marchait. Du coup, on se retrouve à 19h. Ils nous disent bon bah maintenant ils font tout sortir un par un, on reprend nos affaires et on part donc. Donc pas de papa, pas de papier, pas de. Pas d’explication, Pas de désolé même. Et voilà, juste on. C’est dehors et à la prochaine quoi. Donc voilà, c’est quand même assez très particulier de se dire qu’en France on peut. Alors qu’on est simplement dans la rue. Je pense notamment à cet égard aux mêmes, aux garçons de café, au sexe un peu interpellé. Il y a aussi les deux mineurs autrichiens, etc. En fait, en France, on peut seulement être dans la rue et se retrouver en prison pour une vente pendant une vingtaine d’heures dans des conditions déplorables, totalement déshumanisantes alors qu’on n’a rien fait. Et du coup, c’est nous, c’est ça donc on veut le dénoncer.
David Dufresne
Est ce que tu pourrais te reconnecter mais sans activer la vidéo, Juste le son. Le temps de ton témoignage. Peut être que c’est ce qui compte avant tout c’est évidemment ton témoignage, tous les deux, vous avez été fouillés ou pas et dans quelles conditions ?
Étienne
La fouille, elle s’est faite en plusieurs fois. D’abord, on a fouillé toutes nos affaires, tous nos sacs et ensuite, vers 2 h du matin, dans les salles du septième et. Dans une pièce attenante à l’accueil où on s’est retrouvé en caleçon. Pour vérifier qu’on n’avait pas quelque chose sur nous. Donc, la fouille, c'était ça. C’est quand même désagréable de se retrouver après une manif. On n’a rien fait 2 h du matin dans le guidon, complètement fatigué, stressé. Se retrouver à poil quasiment devant deux flics qui te regardent.
David Dufresne
C’est alors manifestement, il y a Poudrier dans le chat qui semble être un voisin de cellule et qui en vous écoutant, semble reconnaître un peu les lieux. Je sais, pour avoir recueilli un témoignage un peu plus dur d’une jeune fille lors de votre première manifestation sur le parvis de l’hôtel de ville où elle me disait qu’elle s'était retrouvée quasi nue. photographiée piercing par piercing, tatouage par tatouage avec des commentaires que l’on imagine par certains policiers commentant la beauté ou non de tel ou tel tatouage, de tel ou tel piercing. C’est à dire que là, on est dans quelque chose d’extrêmement dégradant. Est ce que vous, dans votre collectif, vous avez recueilli ce genre de témoignages du même genre ? Est ce qu’il y a des plaintes qui sont déposées ? Et ensuite on écoutera Chloé qui nous racontera ce qui lui est arrivé.
Étienne
Nous on a eu de la chance parce que on ne s’est pas fait quelque. On a une chance et c’est bien fait. Après on n’a pas eu de truc vraiment horrible. En effet, la fille dont tu parles, c’est une amie à moi. Elle, elle est sortie sans être auditionnée par un OPJ, elle n’a pas pu voir son avocat et effectivement on la photographie tous ses tatouages en faisant des commentaires dégradants, ça pouvait tout seul dans la cellule pendant 16 h. Donc en effet. Et puis après il y a de nouveaux cas. Je pense qu’ils ont été un peu plus médiatisés parce qu’on était les premiers le 16 mars à se faire arrêter arbitrairement. Mais on essaye Ada qui rentre. Là, je pense notamment à Souleymane qui a subi des insultes racistes, Salomé aussi qui s’est fait, qui s’est fait frapper. Mais en fait on est presque des privilégiés parce que à part les conditions de détention horribles et le fait de se faire arrêter arbitrairement, c’est terrible à dire mais on ne s’est pas fait frapper ? On a pas été tapé donc on peut s’estimer presque heureux en France de pas se faire taper et ne pas être humilié, après l’interpellation.
David Dufresne
Alors justement, à propos d’humiliation, c’est le terme plutôt que dégradant. Le tchat me reprend à raison. J’aurais dû. Voilà. A propos des photos d’eux et des commentaires qui les accompagnaient. Voilà, c'était la dame au tatouage. C'était sexualisé en plus d'être humiliée, on nous dit. Néanmoins, il y a la question de la privation de liberté. Mais là, puisqu’il y a vient de dire finalement, on a eu de la chance, certains dans le chat comme Jaseur parlent de privilège blanc.
Étienne
D’autres disent fait d’accord avec ça fait ça Moi j’ai eu le train de banlieue, je connais le rapport de la police avec les jeunes en banlieue et quand on s’est retrouvé au commissariat, je me suis bien rendu compte très vite que euh, on était tous des petits blancs et donc le traitement semblait vraiment différent. Par exemple, le monsieur qui était avec nous sans abri à un moment, vers 3 h du matin, il tape à la porte pour avoir de l’eau et il y a juste un flic qui arrive qui lui dit je ne suis pas ta pute. Et il repart donc. Et là je me suis dit effectivement, on n’est pas traités de la même manière. Donc il y a en effet un privilège. Étienne. Ok, merci, ça me fait et ça me fait réagir parce que c’est vrai que je ne suis pas ta pute. Il lui a sorti d’une violence et il s’est barré alors qu’il gardait mon vélo puisqu’il ne parlait pas français non plus. Donc il n’a pas compris. Donc c’est vrai que en soi, on peut dire que ce sport là, on est plutôt, on a plutôt été privilégié dans notre malheur, parce qu’on n’a pas été, comme le disait Elias, on n’a pas été finalement maltraité physiquement. Mais je pense qu’il ne faut pas oublier que la place de la souffrance aussi intellectuelle et morale est aussi très, très forte. Après, on a chacun un tempérament différent, mais quand on est enfermé autant d’heures sans bouger, sans pouvoir sous son pouvoir, ça ne peut pas marcher dans la solitude. En fait, c’est moi. Je trouve que l’impact, l’impact moral est très puissant. Et en fait ce n’est pas que pendant la garde à vue, c’est aussi quand on sort et pendant les jours qui suivent les jours qui suivent et à chaque fois qu’on voit et chaque fois que maintenant on voit la police. En fait c’est quand je vois la place Vendôme maintenant, je suis traumatisé, je vois, je crie limite à chaque fois que je vois la place Vendôme. Et j’ai bien entendu aussi car il était avec nous l’autre fois, qui lui s’est fait arrêter pendant 48 h. Il n’arrive plus à dormir, il a du mal à dormir et quand il s’endort, il entend les loquets de la porte de la cellule qui se ferme. Mais. Je ne sais pas que nos expériences en fait, maintenant que la répression s’est tellement durcie qu’il y a eu la Sainte Soline, qu’il y a eu tous ces gens tabassés, encore des éborgnés qui sont arrivés. Ça s’est durci petit à petit quoi. C’est un ensemble d’outils de répression qui sont utilisés.
David Dufresne
Alors France info a sorti un chiffre. Je vais essayer de le mettre à l'écran. Manifestation contre la réforme des retraites. Une centaine de plaintes déposées pour atteinte arbitraire à la liberté et entrave à la liberté de manifester. Et dans l’article de France info, on apprend que 952 personnes ont été placées en garde à vue entre le 15 et le 28 mars et que seules 43 personnes, 30, 43 personnes ont fait l’objet d’une comparution immédiate devant le tribunal. Donc le ratio 952 arrestations 43. D’effarement devant le devant. La justice n’est pas favorable évidemment aux forces de l’ordre. C’est à dire que là, on est dans les arrestations massives, arbitraires. J’avais rencontré aussi certaines de vos compagnons de cellule qui parlaient de PV Minority Report. C’est en tout cas comme ça que des objets leur avaient parlé de ça. Est ce que ça, par exemple, c’est des choses que vous aviez en tête, dont vous aviez conscience avant votre arrestation l’autre jour dans Paris ? Et on attend le retour de Chloé, évidemment.
Étienne
Je pense que sans celui ci j’ai peut être pas très bien, c’est la question. Mais je pense qu’il y a une vraie différence dans le mental, là, par rapport à ce qui se faisait jusqu'à maintenant, jusqu'à maintenant, sauf quelques exceptions, quelques manifestations avec le mouvement. Ce qui se passait surtout, c'était quand la police faisait des interpellations, soit en fouillant des gens et en trouvant des choses illégales sur leur site, soit en les interpellant directement dans un cortège ou un mouvement de dégradations ou par la suite, on les identifie. Alors que maintenant ce qui se passe, c’est que les policiers arrêtent, se font des nazis et interpellent tout le monde dedans en sachant très bien que ce n’est pas là qu’ils vont trouver des éléments radicaux. Parce que notamment moi, j’ai vu curer les capucines, les éléments radicaux, ils étaient passés à peine par cette rue et ils étaient partis depuis longtemps. Mais les policiers sont rabattus sur les quelques uns qui arrivaient derrière et qui étaient beaucoup moins typiques du marché, donc en fait beaucoup plus faciles aussi à interpeller. Donc effectivement, il y a eu un changement dans la politique de maintien de l’ordre et qui a un seul objectif qui est clair en ces deux objectifs, mais dont un principal qui était de faire peur. Parce que quand on voit au soir du 49 trois des centaines d’interpellations et que ça arrive à ce moment là, on se dit clairement que le préfet de police et le ministère de l’intérieur veulent faire passer un message aux gens, c’est que bah, vous pouvez venir, Ne venez pas aux manifestations qui vont suivre parce que vous risquez de vous faire interpeller en disant on a ces images d’un assistant dont on comprend totalement, comprend totalement, qui veulent faire ça en pour intimider les gens et pour les pour les dissuader de revenir aux manifestations.
David Dufresne
Question de Théo que je que je salue dans le chat, il demande Est ce qu’il y a eu, comme pendant les gilets jaunes, beaucoup d’arrestations préventives aussi, ou s’agit il surtout d’intimidations ?
Elias
Alors effectivement, pendant les gilets jaunes, il y avait notamment eu à Paris une circulaire du parquet qui permettait finalement d’arrêter, en tout cas de contrôler pendant au moins quatre heures un certain nombre de manifestants. Et ça veut dire ça, ça voulait dire quoi ? Ça voulait dire faire en sorte qu’ils ne puissent pas manifester. Mais d’une certaine manière, ce qui vous arrive à vous. Vous parlez de deux gardes à vue arbitraires. Si, si, c'était aussi de l’intimidation. C’est aussi de l’intimidation. Dire que dans les deux cas, il s’agit d’abord d’un fourvoiement total de la loi. Mais dans les deux cas, c’est quand même un objet d’intimidation.
David Dufresne
Alors sur vous deux, ça ne porte pas. J’espère que Chloé va pouvoir revenir.
Chloé
Je suis revenue sans ma caméra. Je suis vraiment désolée. Je suis chez une copine au fin fond de la campagne et il n’y a pas un très bon internet.
David Dufresne
Ah tu vois, c’est ça, C’est la faute de la copine. Est ce que vous entendez Chloé ? Alors très bien, oui. Super. Donc les deux gars sont à l'écran. Alors là, on est vraiment dans un cliché total. Il n’y a que les gars à L'écran et la fille en audio On écoute Chloé Est ce que tu peux nous raconter ce qui t’est arrivé toi ? Et ensuite on reprendra la conversation ?
Chloé
Alors en fait j’ai vécu des gardes à vue assez similaires à celle des garçons, mais à quelques détails près. Déjà, il y a une anecdote qui marrante, c’est que visiblement la police a fait des fonds de tiroirs parce que déjà nous on était dans un bus qui avait des cellules individuelles, c’est à dire qu’on rentrait dans le bus et on était enfermés dans des toutes petites cases, à peine un mètres carrés et c'était fermé à double tour, on entendait les verrous et tout. Donc déjà le côté assez hallucinant et impressionnant du bus quoi. Ensuite, visiblement, il n’y avait plus de place en commissariat parce qu’on a été emmenés dans un CRA noir, donc un centre de rétention administrative qui pas du tout prévu pour ça de base. Donc on était six copines, on a dormi dans une cellule. Là ça allait, les conditions étaient ok. Dès le lendemain, on a été transféré dans un commissariat à côté de Chakib. Et là, la police a commencé aussi à jouer. Voilà, les gens ne sont pas pareil à nous dire mais vous savez, si vous demandez à un avocat, ce sera plus long. Et puis d’ailleurs, vous ne pouvez pas avoir le même. Et il a fallu que notre avocat Alexis Boland arrive et leur dise Mais bien sûr que je peux représenter plusieurs personnes dans la même affaire pour que la police cède en fait. Donc ça, c'était vraiment hallucinant. Et après, là où mon audition a été un peu spéciale, c’est que moi, ce n’était pas ma première garde à vue.
David Dufresne
Excuse moi, je donne une petite précision parce que tu as parlé des CRA centres de rétention administrative. Le chat demande de quoi il s’agit ? Est ce que c’est pour les OQTF ?
Chloé
Non, pas seulement. Grosso modo, c’est pour les migrants. En fait c’est pour parquer des migrants. C’est des lieux de privation de liberté.Et on voyait effectivement que dans les casiers, dans les bureaux de la police, c'était marqué OQTF envoyé. En fait, ce n’était pas du tout leur métier, genre. Même hallucinant un peu d'être obligé de faire ça, surtout notifier nos gardes à vue à 2 h du matin. Enfin c'était lunaire. Ensuite, les OPJ de l’autre commissariat. Moi je suis tombée sur une OPJ. Je pense qu’elle avait un profil de bonne élève, c’est-à-dire qu’elle m’a posé toutes les questions pour l'écriture de son procès verbal. Elle m’a même parlé de mon autre garde à vue qui datait de 2019, où j’avais bloqué un entrepôt Amazon et du coup elle m’a posé des questions sur cette affaire là. Donc j’ai gardé le silence, évidemment, et ça l’a énervée. Et elle a dit "Vous ne voulez pas parler, je vais faire parler votre téléphone. J’avais décidé avec mon avocat de donner accès à mon téléphone parce que, en fait, j’avais déjà fait un peu de nettoyage dedans et. Et donc elle a fouillé dans mon téléphone pendant plus de 2 h.
David Dufresne
Alors Chloé, ce que tu appelles du nettoyage de téléphone là aussi, pour être un peu précis, parce que tout le monde n’est pas Alternatiba, on ne connaît pas trop votre technique de terroriste intellectuel. Donc en gros, il s’agit d’effacer tout dans le camion qui vous emmène au commissariat, c’est ça ?
Chloé
Ouais, dans le camion, j’avais supprimé deux applications Signal et Telegram que j’utilise le plus souvent pour mes activités d'écoterroriste. Non je rigole. Non mais en gros, c’est là où effectivement il y a des messages de et en fait surtout qui peuvent mettre en difficulté mes copains. Et l’idée c’est de vraiment tout faire pour ne pas ne pas leur permettre de faire des liens entre les gens. Et effectivement, Alternatiba Paris, c’est les deux applications qu’on utilise le plus, donc que j’ai supprimé de la nasse en fait.
David Dufresne
Sauf qu’il va y avoir et je te redonne la parole, un souci avec ton téléphone.
Chloé
C’est qu’en fait, comme l’OPJ, l’officier de police judiciaire avait très envie de me mettre un truc sur le dos, elle a passé 2 h et elle a ouvert absolument toutes mes autres applications. Donc elle a fouillé sur mon Facebook, sur Instagram, dans mes messageries mail. Elle a tout ouvert, tout ouvert. Et ce qui m’a vraiment fait halluciner, c’est qu’elle a pris en photo avec un autre téléphone des photos de manif. Comme si c'était interdit de faire des manifs et qu’elle a construit un PV ou un procès verbal dans lequel elle. Alors elle invente un passé de délinquante. Et là où elle a vraiment grillé, c’est que dans mes vidéos, il y avait une vidéo où on entendait le slogan à bas l'état, les flics et les fachos. Et en fait, elle a décidé que c'était ma voix alors que ce n’était pas spécifiquement ma voix, mais bref. Et elle l’a mis à fond et ça a rameuté tous ses collègues et ce Simon, tous pourris, mais en mode vous voulez notre mort, c’est ça ? Mais qu’est ce qu’on va dire à nos enfants ? Enfin, ils étaient dans un état incroyable de colère et ils ont mis mon téléphone sous scellé et je n’ai toujours pas récupéré mon téléphone parce qu’il a été mis du coup sous scellés et moi j’ai été déféré. Donc ça c’est une autre différence avec les garçons, c’est que suite à mes presque 24h de garde à vue, j’ai été envoyé au tribunal. Donc là, ça devient aussi une autre histoire que j’en ai mesuré menottée dans une voiture avec un mec qui se prend pour l’as du volant, qui fait des dérapages presque, qui met le gyrophare, qui double tout le monde et qui est trop fier de faire le fou dans Paris et après au tribunal, je leur disais qu’elles sont pas mal vos menottes, elles font moins mal aux poignets que les autres. J’étais un peu impertinente et un peu insolente avec la police et du coup ils en ont profité aussi pour me charger ? Et je pensais sortir le jour même, mais en fait, j’ai dû redormir dans une cellule au tribunal de Paris et c'était vraiment dur à la demande d’avoir un médecin. Et ça m’a aidé Et donc j’ai vu le médecin. ça m’a aidé parce que le gars était très sympa. Il m’a donné un truc pour dormir. Et le lendemain, j’ai pu voir mon avocat. On a eu un rendez- vous avec un délégué du procureur. Et le médecin je le dis, il m’a juste donné un anxiolytique. Et ça, ça m’a beaucoup aidé parce que là, on a un peu le cerveau à 1000 dans ces cas-là. Et en même temps, c’est beaucoup de stress. On ressasse beaucoup de moments et c’est très désagréable. Et avec le délégué du procureur, j’ai lu la nouvelle version du rappel à la loi, ça s’appelle l’avertissement pénal probatoire. Ça existe depuis janvier.
David Dufresne
Alors ça, c’est très important. Avertissement en pénal probatoire, on en a peu entendu parler. Et Chloé, on te laisse nous expliquer de quoi il s’agit.
En fait, avant il y avait le rappel à la loi et c'était juste quelqu’un qui disait ah là, ce n’est pas bien, vous allez pas respecter la loi. Maintenant, c’est l'étape d’au dessus. Cela consiste à reconnaître les faits et à signer un peu, en quelque sorte, des aveux. Mon avocat m’avait dit que je n'étais pas forcé de signer et donc j’ai refusé de signer. Et les poursuites sont arrêtées. Mais le procureur m’a dit que je pouvais récupérer mon téléphone, mais ça n’a toujours pas été possible pour moi. Alors que j’ai fait toutes les démarches et déposé les Cerfa. J’ai aussi envoyé un recommandé avec accusé de réception etc. Mais rien n’y fait, ça va faire. Du coup depuis le 16 mars que j’ai plus mon téléphone qui est quand même mon outil de travail parce qu’il y a tout dessus et donc très handicapant. Et donc je sais pas si le fait de ne pas avoir signé le LAP là, donc l’avertissement pénal probatoire, je sais pas si ça ne va pas donner suite quand même à des poursuites dans un ou deux ans parce que ça a été le cas pour des délits copains pendant les manifs contre la loi sécurité globale, ils ont reçu des convocations a postériori. Donc affaire à suivre aussi bien sur le téléphone que sur une convocation ultérieure. Je vous ferais la suite de l’histoire sur Twitter
David Dufresne
Ou sinon tu reviendras au poste. Il y a beaucoup de monde ce matin. Merci à vous trois de témoigner. Étienne Elias, c’est ce que vous voulez ? Rebondir sur ce que vient de dire Chloé on l' entend toujours Il y a plus de soucis maintenant. Désolée que tu sois plus à l’image, mais voilà, c’est plus sympa, c’est plus audible comme ça.
Chloé
Pas de soucis. Ça me rassure que vous m’entendez quand même.
David Dufresne
On entend très bien, c’est parfait. Elias,Étienne, est ce que vous voulez ajouter quelque chose à ce que vient de dire Chloé ? Est ce que vous même, par exemple, vous avez eu à signer et est ce que vous avez à accepter ou refuser l’avertissement pénal probatoire ?
Étienne
Non, je ne sais pas ce que tu en penses, mais les OPJ, ils ont fait les auditions un peu rapidement. Moi j’ai rien signé et j’ai gardé mon silence. Ça les a pas plus embêtés que ça qu’on refuse de signer ou quoi ? Je ne sais pas de quoi. Je ne sais pas. Il y avait une sensation bizarre autour d’eux et je voulais juste rebondir sur ce moment d’humanité où j’ai vraiment eu l’impression de sortir un peu de ce cadre fermé. Et en effet, c’est le médecin et l’avocat, c’est les deux seulement où j’avais l’impression d’avoir une petite respiration dans ces 24 h très longues et très chiantes.
David Dufresne
Donc deux personnes extérieures au monde de la police.
Étienne
Tout à fait. Les flics eux-mêmes et moi, je n’avais jamais eu de contact d’aussi près avec des policiers. Je ne connais pas vraiment leur mentalité. Et donc, quand on était dans le 15ᵉ, il y a un flic qui nous gardait et qui a commencé à parler de politique avec nous, qui nous demande ce qu’on pense de nous, il est curieux de savoir ce que pensent les manifestants. Alors on est un peu surpris de ce que vous pensez de Boyard ?
David Dufresne
Ok, donc c’est donc l’ennemi public numéro dix on va dire. Ça prend bien d’autres noms comme ça. Il y a d’autres, donc des enquêtes fermes et qu’on sache quoi.
Étienne
C’est hallucinant, Mais chaque fois qu’on essaie de leur demander Et vous, qu’est ce que vous en pensez ? Oui, on a le droit de réserve, mais bon, constamment c'était Vous avez voté Macron, bien fait pour vous ça aurait été Le Pen, ça aurait été différent. En gros, c'était ça le sous texte de ce qui nous disait, ce qu’il nous disait.
David Dufresne
C’est-à-dire ?
Étienne
C’est à dire que quand on discutait avec eux, je pense à un en particulier dans le 15ᵉ, il nous a dit, il nous a fait comprendre que lui, il n’avait pas voté pour Macron ni pour Mélenchon, qu’il était plutôt pro Le Pen et que c'était un peu bien fait pour nous si on se retrouvait là pour. Ouais, c’est ça l’idée.
Chloé
Est ce que je peux juste rebondir sur ce que t’as dit parce que t’as demandé aux garçons si eux ils avaient eu à signer ? Vas-y, vas-y ! Un avertissement pénal ? Attends, Mais en fait ça c’est quelque chose qui se passe juste au tribunal.
David Dufresne
Mais au moment où je posais la question, je me disais mais non, ça ce n’est pas possible.
Chloé
Mais parce que c’est en fait, si tu veux, c’est une alternative au procès. C’est à dire qu’on dit on ne te fait pas de comparution immédiate, ni de report de procès, ni rien, mais on te propose une alternative qui consiste à faire ça. Mais il en existe d’autres. Il y a des alternatives où tu paies plus à des associations de victimes. Mon avocat en avait évoqué d’autres et finalement c’est celle ci que j’ai eue. Mais une fois de plus, comme ça vient d’arriver depuis janvier, l’avertissement pénal ou probatoire, ça fait juste quelques mois que ça existe. On ne sait pas s’ils vont ouvrir une enquête plus tard, tu vois si c’est ça.
Étienne
Ok.
Chloé
Mais c’est juste la spécificité d'être déféré au tribunal. En fait, avant, on te propose pas ce genre de truc l’OPJ c’est vrai, il s’arrête à écrire son procès verbal et à communiquer au parquet derrière.
David Dufresne
Donc il y a des gens qui arrivent et qui se demandent qui sont ces gens qui parlent si bien dans le dans le chat. Il s’agit donc de trois membres du collectif informel, mais qui existent avec plus de 120 personnes. C’est ça qui ont été gardés à vue lors de manifestations contre la réforme de la retraite et qui sont en train de nous raconter pour l’instant leurs déboires. Concrètement, c’est-à-dire l’interpellation, la garde à vue et parfois plus, plus, plus que ça. Et ensuite, on va aborder un peu plus largement le combat qui est mené et des avocats qui viennent d’arriver. Voilà donc pour vous dire, nous parlons de ça. Grosso modo, nous parlons de l'état de droit qui est piétiné et de la liberté de manifester qui est de plus en plus malmenée. A nouveau, si je puis dire, j’ai retrouvé il y a parce que tu cherchais tout à l’heure les possibilités pour avoir été contrôlé, il me semble qu’il pourrait y avoir dans la fameuse affiche attroupement après sommation, participation à un groupement en vue de la préparation de violence et de destruction notamment. Donc des délits d’intention, ça répond à la question tout à l’heure de la justice préventive d’une police à la minorité qui porte une action. Il n’y a pas de bâton de parole. Tu y vas directement ici, c’est à l’ancienne.
Étienne
J’abrège.
Chloé
Oh mais je voulais juste répondre à quelqu’un dans le tchat qui dit qu’elle a aussi été concernée par une GAV abusive. Si tu peux, tu peux peut-être lui montrer. Il y a une plainte collective qui a été déposée vendredi, c’est ça ? Une équipe d’avocats a déposé plus de 100 plaintes. Donc c’est des plaintes individuelles mais déposées collectivement. Voilà, c’est ça. Et en fait, cette personne, si elle souhaite aussi que sa plainte soit déposée, il faut qu’elle se rapproche de ce collectif d’avocats. Voilà. Juste pour répondre.
David Dufresne
Elle peut aussi passer par votre compte Twitter sur lequel dans le profil il y a l’adresse email.
Étienne
Pour nous contacter mais plus gros si c’est pour directement la plainte, les avocats préfèrent qu’on passe directement par le bot. C’est plus simple j’avoue.
Chloé
Oui, voilà.
David Dufresne
Alors il y a des questions sur le choix des mots, les choix des termes. Et on sait qu’aujourd’hui, notamment avec la magnifique interview de Gérald Darmanin, que le choix des mots est quand même extrêmement important. C’est dans le JDD où ils ou ils parlent de terrorisme intellectuel. Certains d’entre vous parlent de garde à vue armée arbitraire, d’autres de gardes à vue abusives. Est ce qu’il y a un distinguo à faire ? Est ce qu’il est juridique ? Est ce qu’il est moral ? Est ce qu’il est politique ?
Étienne
C’est un avis arbitraire, mais certains se sont mis à dire abusive parce que c'était plus parce que ça sonnait mieux d'être. C’est du combat donc disent les deux mots, mais finalement on ne les utilise pas pour des différences de termes législatifs. C’est juste par rapport à celui- ci. Et les deux mots qu’on utilise pour notre collectif, y a pas vraiment de raison particulière. Euh moi je préfère l’appeler le vrai, le terme abusif parce que je trouve que le terme abusif, il rassemble plus. Plus. Tout le monde en fait. Alors qu’avec toi il n’y a que moi.
Chloé
Il y a une différence en termes de chronologie, c’est à dire que de base t’es arrêté de manière arbitraire parce qu’en fait ça peut être n’importe qui, même quelqu’un qui est là de passage. Et en fait, après, il y a de l’abus parce qu' on se rend compte que même si t’as été arrêté, ben c’est derrière que ça continue, que ça dure des heures et que c’est complètement en dehors de toute logique et de toute légalité, tu vois. Mais je trouve que les deux, les deux termes sont justes je n’ai pas d’autres nuances à porter je pense.
Étienne
Moi je veux juste un petit point à rajouter, c’est l’arbitraire, on a l’impression que ça sort de nulle part, que c’est gratuit, alors que en réalité, c’est une démarche de répression. Donc moi je préfère aussi abusif, arbitraire. On aurait l’impression que ça sort de nulle part alors qu’on est resté une garde à vue qui sert, qui a un but politique, qui est réprimée et empêche les gens de retourner en manifestation, d’avoir des images, des belles images, de décrire. 300 interpellations le 16 mars alors que. Il y avait parmi ces 300 des touristes, plein de touristes, plein de gens qui n’avaient rien à faire là dedans.
David Dufresne
Parce que la question n’est par exemple pas posée à plusieurs reprises par Tokyo. Parler de garde à vue abusive, arbitraire, ne se justifie pas. Ne justifient-ils pas des gardes à vue touchant des populations plus ciblées par la police, notamment dans les banlieues, où des militants plus radicaux et la répression des groupes plus radicaux est elle non abusive ? On voit bien qu’il y a une petite tension. Il ne faut pas se le cacher. On vous a parlé tout à l’heure de privilège blanc. Qu’est ce que vous répondez à cette question ?
Étienne
Oui, je suis d’accord avec tout ça. Non, ce qui est étonnant en fait, c’est qu’on a eu très vite la possibilité de s’exprimer dans les médias et il y a eu un écho assez fort tout de suite, notamment parce qu’ils ont arrêté les mauvaises personnes dans la salle où il y avait la fille d’un procureur et d’une juge qui connaissait plein de journalistes. Et donc, en sortant, elle a contacté plein de journalistes. En effet, en banlieue, sans se matraquer, si on ne connaît pas de journalistes, on ne peut pas, on ne peut pas faire autant de bruit. En effet, y a bien un truc, comment dire, de classe sociale qui joue aussi dans le don, dans le fait qu’on ait de la visibilité, qu’on puisse témoigner. Mais tant mieux. Autant qu’on utilise cette plate forme pour montrer qu’en effet, Noam Kardashian, ils ont été abusifs, arbitraires. Après, je m’exprime là, c’est mon point de vue. On n’en a pas encore discuté ensemble, mais en effet, ce n’est pas uniquement, ce n’est pas uniquement ces gardes à vue là, dans ce contexte là, qui sont, qui sont pas légitimes.
Chloé
En fait, selon moi, c’est aussi une stratégie plus large parce qu’il y a la réforme des retraites, il y a 49 trois, mais il y a aussi eu Sainte Soline et tout ça. Ça fait système en fait. Et tu vois bien que c’est quelque chose de plus global de s’en prendre aux mouvements sociaux au sens large, qu’ils soient écologistes ou de gauche, quoi. Et ça, c’est très important parce que c’est un tournant autoritaire et c’est un tournant vers un État plus policier qu’un État de droit, quoi. Et donc c’est très inquiétant quand on voit que, voilà, on préfère envoyer plus d'école. C'était une grenade par seconde pour protéger un trou. Et on voit qu’en fait, c’est à la fois complètement abusif parce qu’on va à l’encontre des droits.
David Dufresne
Dans la question Chloé je pense qui était qui était soulevée, c’est la question comme régulièrement, quand il est question de maintien de l’ordre dit social, c’est à dire sur les manifestations, c’est de dire oui mais ce qui se passe en banlieue, vous n’en parlez pas ou c’est dans l’indifférence la plus totale ? Alors moi je trouve ça dur que ce soit sur vous que ça tombe ce genre de critique, mais il faut l’entendre.
Étienne
Je veux dire, il y a un entre soi. On est là pour témoigner et pour donner une plate-forme à tous ces gens qui sont arrêtés arbitrairement que ce soit. Je ne vais pas m’avancer, mais en effet, c’est une plateforme qu’on a. Donc on peut prendre toutes les critiques, on les fait sur les banlieues et sur la police dans les banlieues. Et je suis d’accord, je. J’ai grandi en banlieue et j’ai peur des flics. Ça viande parce que je sais ce qui se passe et je sais comment on traite, comment la BAC agit en banlieue. Mais après, le reste de public, c’est cool.
Chloé Tout
à fait moi je tiens juste à souligner aussi que tu sais, jeudi, devant l’hôtel de ville, il y a eu un grand rassemblement contre les violences policières et en soutien aux Soulèvements de la terre et à ce qui s’est passé à Sainte Soline. Dans presque toutes les prises de parole et notamment celle de d’Alternatiba, Paris a été relevée. La thématique des quartiers populaires en fait de nous, on a. On a travaillé notamment en 2010 avec le comité pour Adama. On est conscient et consciente que, en fait, ces violences, elles s’inscrivent dans une stratégie. Mais ce n’est pas nouveau. En fait, ça existe depuis hyper longtemps qu’on peut parler de Malik aussi. Quinze O.C Kim pardon, on peut passer, on peut parler de Adama Traoré, on peut parler de Rémi Fraisse. En fait ce n’est pas nouveau et on sait que c’est juste que Darmanin est entrain de tourner, c’est institutionnel mais en fait on ne dénonce rien de non plus de totalement nouveau.
David Dufresne
Je reviens sur des questions du chat si vous voulez bien. Alors Chloé, c’est plutôt pour toi. Les médecins sont-ils des médecins légistes ou genre des médecins commis d’office ?
Chloé
Alors le médecin, il était trop drôle parce qu’il était mignon, mais franchement. Il était adorable, pas vraiment, et il avait un côté très calme et très posé. Et en fait, moi, j'étais en larmes. J’en faisais des tonnes pour rester le plus longtemps possible. Et puis pour qui ? Pour qui me console Et en fait il m’a dit une phrase du genre Madame, je ne je ne peux rien pour vous légalement. Mais médicalement, dites moi, vous avez mal, je vais vous ausculter. Je disais des phrases comme ça hyper chou. Et alors sa qualification ? Je n’en sais trop rien. Je sais, c’est un médecin généraliste à mon avis, qui je pense distribuait beaucoup d’anxiolytiques. Vu le pétage de câble de la plupart des gens dans les cellules. Moi j’entendais quand même des gens hurlaient des gens taper contre leur vitre, enfin voilà. Et puis à chaque fois qu’on nous emmène d’un point A à un point B dans le tribunal, on est menotté. En fait, on est complètement à la merci de la police. Encore une fois, moi il m’avait encore plus déshabillée. Enfin en gros j’avais une chemise et la femme qui a fait ma fouille a estimé que ma chemise avait été trop gros bouton. Du coup elle m’a laissé juste en T-shirt dans ma cellule, donc j’avais froid avant que des trucs comme ça. Et puis une fois de plus, on a plus nos lacets. Du coup, il y a nos chaussures qui se cassent à moitié de la gueule plus nos ceintures, tout ça. Fin c’est vraiment ça pèse sur le moral. Psychologiquement, c’est vraiment dur. Et je pense que les médecins, ils voient ça et que ça devrait être ça doit être une sacrée forme ou ça doit être un moment aussi assez bouleversant pour elle et eux j’imagine. Mais en tout cas, voilà, mon médecin a été très chou. Ça s’est très bien passé avec lui.
David Dufresne
Comment ça des trop gros boutons ? Qu’est ce que c'était derrière ? J’imagine qui s’est occupé de toi ?
Chloé
Ouais ben en fait c’est un chemisier quoi. Et du coup il y avait des boutons. Et c’est vrai que c'était des boutons. Je n’ai pas le diamètre exact,, elle a estimé que c'était pas une bonne idée de me laisser ma chemise manches visibles dans la cellule, mais je ne sais pas du tout pourquoi. Alors dans le commissariat, j’ai pu garder ma chemise. C’est des trucs aberrants, c’est arbitraire.
Étienne
Encore une fois, c’est à l’appréciation du gars ou de la meuf.
Chloé
Exactement à l’appréciation la meuf et en plus qui disait non mais je ne veux pas prendre de risque. Pareil, j’avais un collant sous mon pantalon parce que je suis frileuse et que j’aimais l’hiver et elle m’a demandé de le retirer. Enfin, c’est des choses qui n’ont aucune justification réelle. C’est juste. Voilà, pour te mettre à poil le sens en moins de faire sentir que c’est eux qui ont le pouvoir.
Étienne
En fait c’est ça, parce que je vois c’est pour éviter les limites de risques de suicide. Mais effectivement, il y a sûrement des questions de sécurité, pourquoi on a enlevé nos cordons. Mais dans la cellule dans laquelle on était avec ce monsieur, lui, il n’avait aucune forme de sécurité. Je n’aurais pas aimé qu’il se fasse fouiller plus que moi, mais il avait sur lui tous ses lacets, ses chaussures, tout son matériel, sa ceinture. Et donc il y a aussi des traitements différenciés en fonction de la population qui est qui arrive. C’est un peu l’immigration aussi. Ça, c’est aussi une question qu’on peut se poser. J’en avais parlé avec un avocat, avec un journaliste, notamment en l’écoutant. Sais tu quand on voit qu’en fait toutes les personnes qui ont été interpellées dans le cadre des manifestations ont tous vécu la totale, c’est à dire une fouille, en arriver là, c’est vraiment la totale de la ZAD. Moi j’avais encore des tweets, il m’a dit bah tu sais, il a essayé de tirer, il y avait une couture et du coup il commence à dire bon, moi je coupe et j’ai été obligé de couper, je me barre ensuite. On a vraiment eu la totale alors que ça. Et du coup on a vécu ça avec ce monsieur qui était là apparemment pour des bonnes raisons. Euh je crois que sinon je dirais l’effet miroir et qui du coup. Et lui par contre avait tout, avait tout sur lui caresser sa plusieurs est premier cordon etc. Et ouais ça ils ne vont pas se poser la question de pourquoi est ce que quand c’est les personnes qu’on sait innocentes et qu’on sait qu’elles ne sont pas des personnes violentes, pourquoi est ce qu’on a fait la totale ? Et on le regardait donc presque totalement d’intimidations. Des menaces ? Je voudrais juste rebondir sur ce que tu disais à Chloé sur le médecin. Je me souviens d'Étienne était vraiment dans le dur à la fin de la garde à vue tellement la tête dans laquelle on est un NDR voir un médecin et le flic arrive en te disant la tu vas voir si tu demandes un médecin, ça va arranger la procédure, tu vas rester plus longtemps. Donc le pauvre Étienne était là, il était malade, j’en pouvais plus et en plus on lui dit va te faire voir, je m’en fou ! C’est un cas décidément nouveau, récent puisqu’en plus du bazar, j’avais demandé un médecin par automatisme. Puisqu’on dit que le tourment d’un médecin est, je me suis fait influencer par l’OPJ qui m’a dit si tu vas voir un médecin, tu vas rester plus longtemps. Et. Et du coup j’ai dit bon moi d’accord, je veux plus de médecin, c’est bon, j’en ai plus besoin, doivent aussi demander à avoir un médecin. Et je vois que lui il part. Il attend voir le médecin, il revient et moi je suis toujours là. Du coup je me dis ok, donc en fait je pouvais totalement aller comme Elias faire un tour et. Mais en fait non. Et puisque le gars m’a dit de rester plus longtemps que je resterais plus longtemps. Mais c’est faux quoi. Et ça, ça m’a foutu les boules. Et après du coup, j’ai commencé à déclarer un gros mal de tête parce que j’ai un problème. J’ai un problème osseux au niveau de la mâchoire qui a très mal à la tête quand je n’ai pas de coussin, mais tout simplement. Et du coup elle a bien raison d’avoir ce médecin et m’a dit non. Et finalement le médecin est quand même venu et a quand même dit qu’il kiné moi ou je ne sais pas ou comment l’info est passé mais du coup elle nous montre peut être nous disent que boire un avocat ce sera plus long, voir un médecin sera plus long. Mais en fait le gars qui va par exemple Elias à côté de moi voit les deux et moi je suis toujours là. Je n’ai juste pas bougé quand même.
Chloé
Nous on apprend avec Alternatiba Paris, on envisage de faire une liste de tous les mensonges de la police et parce qu’en fait c’est souvent les mêmes qui reviennent. Et en fait il faut insister et il faut toujours être sur ses gardes parce que même quand ils jouent les gens sympa et arrangeants. Et oui, on est d’accord avec vous machin, c’est faux, ils nous mentent et ils ont le droit de le faire en soi, ils prennent ce droit et ils ont le pouvoir sur nous. Donc il faut être très vigilant et vigilant d’accès à ces mensonges parce qu’en fait, c’est fait aussi pour qu’on soit plus là.
David Dufresne
Je me fais l’avocat du diable. Il y a dans le chat pas mal de gens qui parlent, à raison, de manipulation en ce qui, ce qui, ce qui vous concerne pendant les gardes à vue, etc. Mais là où je me fais l’avocat du diable, c’est que tout d’un coup je me dis mais est ce que finalement cette humiliation, cette manipulation en la répercutant comme on est en train de le faire là. Et moi je vous en remercie, Mais est ce que vous vous posez la question ? Est ce que finalement on ne nourrit pas aussi une forme de découragement pour aller en manifestation ? Si on entend ce genre de témoignage comme nous, comme les vôtres ? Est ce que ça participerait pas aussi à la manipulation ? Est ce que le collectif s’interroge sur cette question là par exemple ?
Chloé
Moi je pense que c’est l’inverse. En fait, je pense que plus on sait ce qui peut potentiellement nous attendre, plus on est vigilant, vigilantes. Et personnellement, le fait d'être réprimé au lieu de me décourager, ça me rend plus déterminé. Et en fait j’ai une raison de plus. Comme si j’en avais pas déjà plein mes deux mots de me mobiliser et de et de dénoncer tout ça. Donc non, moi je dirais que c’est plutôt l’inverse.
Étienne
Oui, je suis d’accord, on peut, on peut se faire manipuler, reprendre en disant ouais mais les méchants flics ne venaient plus en manif, c'était ça. Je pensais, je me demandais ce que ça allait avoir comme effets sur moi, mais en réalité, je suis encore plus motivé que je l’ai jamais été. Et je suis d’accord avec toi Chloé, le fait de savoir à quoi on a le droit ou les conditions, avoir des témoignages une fois qu’on y est. Bon. On peut relativiser un peu plus. Et maintenant moi je trouve que ça, ça va à l'église. Il y a quelques témoignages dans le collectif de gens qui ont plus très envie d’aller en manif parce qu’ils sont traumatisés. Ce que je comprends tout à fait, mais aussi beaucoup de gens qui au contraire ont un regain de motivation. Voilà. Si je peux donner mon expérience personnelle. J’ai jamais été militant, je ne parti de quelconque collectif, parti de jamais parti quelque chose de politique. Et là bas je sors de garde à vue et je me retrouve dans un collectif qui cible directement, qui dénonce des choses. En fait, c’est à sa fenêtre, sa fenêtre quand même, 1 à 1, une envie, une envie de faire réagir et non une envie de s’exprimer face. C’est un besoin d’expression et un besoin de dire ce qu’on pense qui y est, qui est très fort. Ou peut être c’est vrai, quand on sort de garde à vue, on se dit bah je vais y retourner tout de suite, il y a une garde à vue, il y a une autre, une autre manifestation de soi même. On se dit pas qu’on va être les de suite mais le lendemain. Mais le lendemain on est là pour une bonne nuit de sommeil, le lendemain de la manœuvre.
Chloé
Et juste une anecdote nous Alternatiba à Paris, on donne des formations presque toutes les semaines et en ce moment elles sont toutes pleines parce que les gens cherchent des infos, cherchent notamment des infos juridiques pour savoir se défendre, savoir en tout cas quels sont les réflexes à avoir au cas où. Et je trouve que c’est un bon indicateur aussi, c’est que nous on recrute. Il y a beaucoup de gens qui s’inscrivent à notre formulaire d’accueil pour rejoindre le mouvement. Beaucoup de personnes, nos réseaux sociaux ont explosé. Je pense qu’il y a au contraire une mobilisation d’une partie de la population qui n'était presque pas forcément mobilisée sur les retraites qui nous rejoignent maintenant. Donc tu vois, c’est plutôt l’inverse je pense.
David Dufresne
Je pense aussi, mais ma question m’a permis de vous a permis de donner votre réponse. Il y a une question dans le dans le chat par exemple, Naïf qui dit prendre exemple sur Emma Foureau des jeunes et les filles direct en manif le soir de la sortie et ma je l’ai croisé en même temps que vous sur le parvis de l’hôtel de ville l’autre jour. Et donc effectivement elle a annoncé et certain avait déjà reconnu qu’elle était membre des jeunes. Elle est fille ce qui fait dire à certains que votre affaire de collectif est un peu cornaqué.
Étienne
Alors ça, il faut qu’on en parle. Ah oui, justement. C’est important de bien dire et donc souligner. C’est con, on ne fait, on ne se rattache pas à un parti politique, on se rattache pas à une ligne directive comme ça on est autonome, on est un, on bosse pour nous, c’est à dire en fait on est là pour les gens qui sont là, en garde à vue, pour les gens qui ont été victimes de la pression policière. On n’est pas là pour un parti et apparemment, il faut qu’on soit plus attentif, effectivement, là dessus. C’est on ne peut pas être, on ne va pas être avalé, englouti par un bar, un parti ou quoi que ce soit. Donc non, effectivement, on n’est pas, on n’est pas élitiste. On est un collectif d’humains qui sont de tous bords et qui sont de toutes les professions et de tous les âges. Et on ne fait pas partie d’un parti. Et aussi, ça me fait penser à dimanche quand on était sur le parvis de l’hôtel de ville et qu’on a manifesté pour s’exprimer et qu’on a été récupérés par BFM en titrant Ils sont contre.
David Dufresne
Ce n’était pas la raison de la manif ?
Ce n’est pas la raison de la manif, on n'était pas là pour ça. Et donc il y aussi ce risque là que notre message dans les médias peut être utilisé pour faire peur. Je ne sais pas.
David Dufresne
Est ce qu’il y a d’autres exemples comme ça de relation aigre douce avec les médias ? Est ce que vous ne considérez pas avoir été trahis ou incompris ou je ne sais quoi par tel ou tel bruit ? Balancer des noms si vous voulez ou pas, faites.
Étienne
Comme vous voulez, je peux vous donner un peu de mon expérience. L’exemple de TPMP qui nous a contactés pour faire leur émission. Et puis en voyant ce qui s’est passé il y a deux jours, la différence, on a bien fait.
David Dufresne
Le choix entre TPMP ou au Poste..
Chloé
Mais le fait d'être si rapidement sous les feux des projecteurs alors qu’en fait on existait depuis 48 h. Là oui, ça a créé un flou dans le sens où, à quel moment on parle pendant un temps collectif, à quel point, dans quelle mesure on parle plus pour nous. Moi je trouve que ça, c’est quelque chose qu’il faut au fait qu’on se rend compte tout simplement et qu’on sache bien justement répondre à toutes ces questions là, c’est à dire qu’elles sont vraiment nos revendications en tant que collectives, quelles qu’elles places en douce. On veut continuer à avoir par la suite. Bon voilà, tout ça c’est encore un peu flou et il faut qu’on prenne le temps de se connaître, de se rencontrer. Limite, à un moment avait été évoqué l’idée de faire des sacs de parole, genre juste tous les jours à 19 h, y a un café ou des gens qui ont subi des gaffes abusives puissent se rencontrer juste pour vider leur sac et être ensemble. Enfin voilà, c’est des choses qui avaient été évoquées. Il y a un gros potentiel, mais les choses ne sont pas encore totalement fixées parce que ce collectif est très jeune.
David Dufresne
Par exemple, quand on s'était vus à la toute première, le petit rassemblement, c'était donc dimanche dernier. En fait, c’est ça. Vous avez pris la parole ? Et puis deux députés du Mans, au sein de leur écharpe de député, ont pris la parole. Est ce que là d’où ils étaient ? Thomas Porte et Antoine Léaument de LFI Là, par exemple, qu’est ce que vous avez ressenti ? Est ce que vous vous êtes dit Tiens, il nous vole la vedette ? C’est quoi ce bordel où c’est eux qui font venir les journalistes ? Donc on est obligé de les écouter ou non. C’est des camarades ou en tout cas.
Étienne
Moi personnellement je l’ai vécu comme on est où on est super jeunes, on vient vers le collectif. Le collectif est super jeune, on n’est pas beaucoup, vous ne pensez pas ? Des Verts déjà il fallait on ne pense pas qu’il y aurait des personnes qui viendraient. Et en fait, finalement, le fait que ces deux députés soient là, et bah ça nous a permis. Du coup ça nous a permis en fait d' attirer du monde et du coup de permettre aux collectifs de se faire connaître. Donc finalement, moi personnellement ça ne m’a posé aucun souci. Je ne sais pas, je ne peux pas être speed ici. Personnellement, ça me causait aucun souci, au contraire, s’ils sont là et qui nous permettent d’avoir une audience, et bah pour moi ils sont les bienvenus quoi. Il y a effectivement ça. C'était plutôt, on va dire pour commencer. Donc peut être maintenant, maintenant peut être voir les choses différemment par rapport aux prises de parole des gens extérieurs. Ouais, c’est peut être que ce n’était pas de com. Encore une fois, c’est un collectif, Ça n'était pas très organisé leur venue. Moi je ne suis pas élève non plus, mais ce qu’ils ont exprimé était cohérent avec ce qu’on voulait montrer. Et en plus ils ont une parole un peu plus structurée que la nôtre. Nous, on est tout frais, on raconte notre expérience, mais on avait en ce moment la capacité d’exprimer facilement devant tous ces médias, tout ça donc.
David Dufresne
Chloé, peut être tu veux donner ton point de vue ? Puisque t’as toi t’as plus de bouteille militante si je puis dire.
Chloé
Donc clairement, j’ai senti très vite la récupération politique parce qu’en fait, ils se sont organisé une sorte de petite conférence de presse sur notre temps. D’une certaine manière, ils ont profité de notre présence pour exprimer leur soutien et pour vendre leur pétition derrière. Mais je le comprends. Après, j’explique beaucoup ça par la présence d’une collab dans le collectif qui évidemment, mais je pense qu’à sa place, j’aurais fait la même chose. Évidemment que quand on subit une garde à vue abusive, arbitraire. On a envie d’avoir du soutien et d’avoir du relais politique et surtout du relais médiatique surtout. Et donc on pouvait s’y attendre de par la présence de cette collab. Donc voilà, il faut qu’on tire les conséquences des conclusions de ça et qu’on voit par la suite quel homme, quelle position on aura.
David Dufresne
On est bien d’accord que par rapport à votre à votre combat, c’est un détail, mais j’avoue que quand je suis arrivé sur le parvis, j’ai vu ça. Je crois que je suis le seul avec une caméra à ne pas être allé les voir pour leur poser des questions et à m’intéresser plus à vous qu'à eux aussi. Voilà, après je pense que vous avez très bien répondu. Mais alors attendez, parce que là vous avez un problème, Je ne sais pas si vous avez vu, il y a les alternatives, Police, attention, ce n’est pas Alternatiba alternatif police CFDT Donc si ça plus ils ne sont pas très connus, ils ne sont pas contents dis donc, c’est un communiqué de presse d’hier du 1ᵉʳ avril. J’imagine que vous avez vu cent plaintes contre la police nationale. Alternative Police nationale dénonce une hypocrisie dogmatique
David Dufresne
Du collectif Stop GAV et du Syndicat de la magistrature. Donc le SM qui a pris position, comme le Syndicat des avocats de France et le collectif d’avocats dont on va parler, dont on a parlé tout à l’heure, les policiers sont encore victimes de l’idéologie anti-flics. Les gardes à vue sont décidées par le parquet et suit donc le communiqué qui n’est pas un poisson d’avril du d’Alternatives Police. Déjà vous. Votre expérience, c’est quoi vous ? Vous avez entendu parler du parquet ? À quel moment votre garde à vue a été décidée,
Étienne
Notre expérience, pour nous, elle est purement policière principale. Ce pourquoi Chloé qui c’est allé un peu plus loin que nous, mais pour nous c'était purement policier. C’est où ? C’est facile de dire c’est pas nous qui décidons de garde à vue, mais j’aimerais dire au policier qui m’a qui allait me chopper dans la nasse c’est toi qui m’a choisi dans la nasse à partir du. Oui, je les ai ces dessins. Ils remplissent des feuilles à l’arrache et c’est pas du tout cadré. Non, hier c’est totalement eux qui sont responsables de ce geste. Il en a vu au moins du tout début.
Chloé
Attends, autant ils ont quand même des ordres de la preuve, la préfecture qui dit ok, on les embarque, eux, ils obéissent en fait. Et après les PJ en mode bombe, cette personne est déjà connue des services de police. Et une fois de plus, c'était mon cas. Du coup, on va essayer de faire en sorte qu’il y ait un truc qui nous permette d’aller plus loin et après le parquet, c’est à lui que les PJ font un compte rendu. Ça va dans le sens. C’est ce que j’ai compris à la fin.
Chloé
C’est ça donne des ordres à la police. Puis ils engagent les OPJ qui font des comptes rendus au parquet et des parquets qui décident si on est déféré, s’il y a une comparution immédiate
Étienne
La préfecture, c’est la police ? Moi tu vois, moi je ne parlais vraiment pas de ceux qui ont surtout des buts qui sont au niveau de l’interpellation, qui sont pour moi la raison pour laquelle finalement je me retrouve et je pense qu’on vient avec. Donc là, pour moi, ça, c’est la poussière au centre de la police. Parce que s’ils ont des ordres, s’ils ont des quotas, etc. Eh bah ils peuvent au moins les choper, les personnes qui commettent des dégradations qui sont du coup dans leur groupe de deux personnes à interpeller quoi. Et du coup, pour moi c’est totalement biaisé, c’est leur faute la garde à vue en l’occurrence a eu lieu. Et après, effectivement, une fois qu’il y a eu l’OPJ, ça passe du coup dans les mains, dans les mains du parquet.
David Dufresne
Mais vous, par exemple, au bout de la quatrième heure, puisque n’importe qui peut être contrôlé, son identité peut être contrôlée, etc. Et puis être retenu pendant 4 h, à aucun moment on vous a dit on a appelé le parquet, tu restes là.
Étienne
On ne m’en a même pas tiré droit personnellement. Donc je pense que c’est un garde à vue. On a parlé de garde à vue punitive. Je pense que c’est un peu l’idée parce que toute la journée on cherche à avoir des informations et le PJ nous disait ne vous inquiétez pas, je vais appeler le parquet pour que vous soyez innocent ou je vais appeler le parquet, ça va être réglé. Il faut attendre, attendre, attendre, attendre. En effet, c’est une décision du parquet qui contrôle la garde à vue. Mais en réalité, c’est la discrétion du flic. Quand ? Quand est ce qu’il a passé son coup de fil ? Quand il a bien tapé son petit dossier, il a pris connaissance et il a terminé son truc pour l’envoyer. Et en faisant attendre, attendre, attendre. Eh bien ça, ça crée une punition parce qu’on est dans la norme. On en avait marre, on cherchait des informations toutes les heures, toutes les demi-heures, on tapait pour essayer d’avoir quelque chose. Donc c’est un peu facile de dire que c’est le parquet qui commande alors qu’ils savent très bien comment ça se passe. Ils savent très bien qu’il y a aussi une partie de leur responsabilité.
Chloé
Pour moi c’est l’OPJ qui m’avait interrogée qui m’a dit En fait, elle faisait sortir toutes les personnes qui étaient en garde à vue avec moi et elle m’a dit un truc du genre le magistrat veut vous voir. Et en fait, c’est à ce moment là que j’ai appris que j’allais aller au Palais de justice. Mais vous savez quoi ? Ils font un peu. Ils en font un peu avant. Ils ne font qu'à leur tête quoi, comme tu dis. Quand à ce qui passe le coup de fil, qu’est ce qu’ils vont dire ? Est ce qu’ils vont nous détendre, nous dépeindre comme gentil ou méchant va ! Voilà, je pense que ça a quand même aussi une influence pour la suite.
David Dufresne
Mr Monsieur Tang vous demande est ce que vous avez entendu parler des annonces récentes sur une dissolution de défense collective ?
Chloé
Oui. Je crois que oui Ce n’est pas à Paris, ça, c’est un collectif ailleurs, non ?
David Dufresne
Je crois que c’est à Lyon, si mes souvenirs sont bons.
Chloé
Ouais bah il me semble que j’en ai entendu parler parce qu’il y faisait le parallèle entre les soulèvements de la Terre et ce collectif là, à Rennes.
David Dufresne
à Rennes. Oui, c’est ça.
Chloé
Il faisait le lien avec les Soulèvements de la Terre et il disait que plus c’est de la com. Et il y avait les soulèvements de la Terre qui étaient au micro de Mediapart y a pas longtemps et qui disait non mais ces histoires de dissolution là, pour l’instant, c’est le cadet de nos soucis. Pour l’instant, on est vraiment concentré sur nous. Pour prendre un peu des nouvelles de toutes les personnes qui ont été blessées et surtout, tant que ça reste des effets d’annonce, tant qu’il n’y a pas de papiers ayant une valeur juridique. Concernant les dissolutions, en fait, que ce soit des soulèvements militaires ou d’autres collectifs dans toute la France, ça reste des effets d’annonce quoi. Darmanin il est vraiment dans cette surenchère, il invente tous les jours des trucs pareils
David Dufresne
Voilà la cellule anti ZAD annoncée par Darmanin ce matin même dans le Journal du Dimanche. Gérald Darmanin au JDD Plus aucune ZAD ne s’installera dans notre pays.
Chloé
C’est ça, c’est une surenchère. En fait, il va s’en prendre à tout ou à tout ce qui pourra être fait. Ben voilà, le ministre qui prend les choses en main et qui rassure son électorat à fond. Voilà, moi c’est comme ça que je le vois c’est de la com et tous les jours ils ajoutent un truc supplémentaire visant des mouvements sociaux différents.
David Dufresne
Et voilà donc l’interview que dont vous avez la teneur en fait à la fois dans le titre plus aucune ZAD ne s’installera dans notre pays, sachant qu’il y a déjà la cellule des météores, de la gendarmerie, de la gendarmerie qui s’occupe de ça. Donc voilà, c’est probablement un changement de dénomination et peut être un renfort en matériels et en hommes annoncés par Darmanin. On verra bien. Et l’autre, l’autre point extrêmement important, c’est la bataille lexicale. Et l’autre point saillant de l’interview, c’est évidemment Darmanin qui accuse le terrorisme intellectuel de l’extrême gauche pour expliquer que si violence il y a, c’est parce qu’il y a des pyromanes qui ne seraient pas en tenue policière. Mais autre. J’en rigole, mais évidemment, c’est un glissement sémantique qui en dit extrêmement long sur là où on en est. Voilà, donc ça c’est effectivement l’entretien de Darmanin. Je voulais revenir sur les avocats, comment ça s’est passé ? Il y a donc des avocats qui ont fait une conférence de presse, je crois, vendredi. Est ce que vous étiez présent à cette conférence de presse ? Qu’est ce qui s’est dit et de quoi s’agit-il exactement ?
Elias
La plainte déposée par les avocats avec Maître Woodland. Pour ceux qui ont réussi à avoir un avocat, il y avait des avocats de la Ligue ultime. Contre la répression en Ile de France. Et leurs noms circulaient dans la rue entre les gardés à vue et c’est à leur initiative qu’ils ont décidé d’agir.
David Dufresne
Parmi eux, il y a Raphaël Game, Pascal Agricola, Maître Eolas qu’on a déjà reçu. Les deux, on les a déjà reçus ensemble et séparément d’ailleurs, et d’autres encore.
Chloé
Coline Bouillon. Elle a été aussi pendant treize ans chargée de ce dossier. Après, il faut faire attention aux enfants. Je me permets juste de dire que les avocats ne sont pas des machines et ça ce n’est pas quelque chose qui leur est autorisé. D’ailleurs c’est plus du bouche à oreille comme vient de le dire Elias.
Étienne
Oui, en fait. En fait, moi je voulais déposer une plainte, je ne sais pas comment faire. Et puis plein de camarades aussi voulaient le faire. Et ils ont, ils ont pris l’initiative de faire simple, de faire masse. Vous êtes nombreux, ça fait plus de bruit. Alors arrêtez-moi. J’ai aucune connaissance juridique dont je ne sais même pas ce qu’on peut attendre de ces de ces plantes là, mais. Je voulais quand même le faire pour la pour pas que ce soit juste un garde à vue qui n’ai pas de suite quoi. Je voulais, je voulais une contre attaque. Nous notre notre notre rôle entre guillemets dans cette histoire de plan collectif, ça a été juste de récupérer les informations qui a été qui était donné par la legal team en l occurrence par rapport à cette plainte collective et les rôles et de lui donner en paix à tous et à toutes les personnes possibles, toutes les personnes que vous avez contacté en leur conseillant de le faire. Et du coup, après ça a été au libre arbitre de chacun de prendre contact avec eux pour le faire ou non.
Chloé
Et moi j’ai vu Alexis Beaublanc du coup vendredi matin et je lui ai posé la question de qu’est ce qu’on peut attendre de ses plaintes ? Quelle était la stratégie ? En fait, l’idée là, c’est de contre attaquer comme tu viens de dire, et de submerger le parquet de plainte. Donc déjà, ça c’est un premier, un premier objectif, et après il y a certaines plantes. L’idée c’est que Ligue et se saisissent de certaines affaires et c’est surtout aussi clairement quelque chose de médiatique qui permet de mettre encore un coup de projecteur sur les mensonges de Darmanin mais aussi sur la politique du maintien de l’ordre, ce schéma et cette répression galopante quoi. Donc après je ne sais pas si on peut, si on peut en attendre grand chose d’autre malheureusement. Généralement il y en a une qui a été déposée aussi pendant les manifs contre la loi sécurité globale. Il y a le même type de plainte collective qui a été déposée et pour l’instant ça n’a débouché sur rien. J’avais trouvé un article, je peux vous l’envoyer ?
Elias
Est ce que les frais de garde à vue peuvent être nuls ? Je ne sais pas, Je n’en ai aucune idée, moi, mais mes attentes sont assez basses. Tout ce que je demande, c’est qu’on enlève mes données des fichiers de police, que mes empreintes, mon ADN et mon visage disparaissent de leur de leurs fichiers. C’est tout. Après, où est-ce que ça va ? Est ce que ça va m’aider ? Je n’ai aucune idée. Mais du coup, comme le disait Chloé, non ce n’est vraiment pas gagné. Tu y es que ça fonctionne que cette plante et que cette plante et des retours positifs, ce n’est pas gagné du tout. Euh c’est moi. Personnellement, ça me paraît peu probable, mais c’est vrai. Par contre, il y a des petites choses qui peuvent être obtenues, comme par exemple annuler, annuler le fil et nos fichiers de données dans nos données des fichiers de la police. Quoi ? Euh voilà. Après oui effectivement, comme disait Chloé le message je pense plus aussi. Le message est plus comment dire. Plus symbolique aussi. Et c’est encore une fois dire non, on n’est pas d’accord. Et en passant par en tentant de passer par les voies de la justice. Et ça ne marchera pas. Et ça ne marchera pas. Mais au moins, on aura tout tenté, quoi que nous fassions.
Chloé
Ouais, c’est ça. Et puis c’est aussi contre balancer parce que bah du coup, tous les jours, il y a des gens mis en garde à vue de manière arbitraire et impulsive. Et en fait, tous les jours, la préfecture communique sur un chiffre. Là, je crois qu’on a dépassé les 900 personnes mises en garde à vue depuis le 16 mars
David Dufresne
Oui, entre le 15 et le 28 mars
Chloé
C’est fou ! Et donc du coup, l’idée c’est aussi de communiquer nos propres chiffres en mode ok. Sur toutes ces personnes, il y a déjà plus de 100 plaintes qui sont déposées pour dénoncer le fait que ces gardes à vue n'étaient pas justifiées et que d’ailleurs elles ont débouché sur un non-lieu. En tout cas, sur ce, rien du tout quoi. Donc je pense que c’est aussi ça la stratégie. Après bon, on va voir. Je ne suis pas avocate non plus, donc.
David Dufresne
On va machin, il y a machin, j’aime beaucoup. Alors là j’aime beaucoup ce pseudo. Il y a machin dans le chat qui dit pourquoi ce n’est pas automatique d’enlever les fichiers de la police si la garde à vue ne mène à rien ? Si je puis répondre, c’est parce que la garde à vue est faite pour alimenter les fichiers textes.
Étienne
Franchement, ça serait quand même ballot.
Chloé
En plus, ils peuvent garder les infos d’une garde à vue à l’autre. Et si tout est remis en garde à vue une seconde fois ou une troisième fois, ils vont déjà interroger sur les autres garde à vue.
David Dufresne
C’est ce qui t’est arrivée, hein ? C’est ce que tu as raconté tout à l’heure ?
Chloé
Exactement. Et pareil, je ne peux que vous recommander le documentaire relaxe. Je ne sais pas si vous en avez entendu parler lors du procès de Tarnac. Ça vous parle ou pas ? Il est en salle actuellement et vraiment je recommande parce que du coup, ça raconte la bataille juridique des membres du soi-disant collectif de Tarnac.
David Dufresne
Ah oui, ça me parle. Quatre ans de ma vie. Et donc effectivement, je ne savais pas qu’il était sorti. C’est un documentaire qui est vraiment intéressant, où effectivement quatre des neuf inculpés, si mes souvenirs sont bons en fait, s’entraînent avant le procès pour voir comment ils vont se défendre selon les questions de la présidente, du tribunal, du procureur, de leur propre avocat, etc. C’est comme une sorte de jeu de rôle on va dire. Et donc effectivement, le documentaire et je pensais qu’il sortait la semaine prochaine, mais il est déjà à l’affiche. Si je comprends bien, c’est au cinéma.
Étienne
Non, c’est flippant.
Chloé
Est ce que ça dit aussi de l’acharnement judiciaire ? Et aussi. Du boulot, des renseignements. Et ça, on l’a vu aussi à Bure. On le voit très régulièrement sur des sur des militants et qui sont parfois suivis, parfois mis sous, écoutant. Il y a énormément de cas comme ça qui sont flippants, mais vraiment flippants. Et donc ouais, obtenir l’effacement de ces données, faut essayer, mais pas sûr d’y arriver.
Étienne
Non, je n’y crois pas non plus. Mais ça, jamais encore.
David Dufresne
Dans le tchat, on vous demande quand les gardes à vue se terminent sans suite. Y a t il compensation pour la privation de liberté et des conséquences potentielles ?
Étienne
Non, non, pas du tout. Si on peut en parler. Mais en vrai, nous on perd ceux qui sont en garde à vue, Il y avait un éditeur qui sortait de 12 h de travail et il devait aller travailler le lendemain. Bah il peut perdre son taf si celui- ci reste en garde à vue. Donc c’est aussi super impactant dans la vie personnelle des gens et professionnels.
Chloé
Il y avait une maman dont la fille était malade et à la fin elle était trop en panique parce qu’elle ne savait pas qui allait pouvoir s’en occuper. Donc non seulement elle, elle n’a pas pu travailler, mais en plus son mec non plus, parce qu’il a dû trouver lui des solutions pour leur enfant. C’est horrible, C’est vraiment. Mais ça te met dans la merde pour ta famille mais aussi pour ton travail. Et il y a aucune compensation en aucune.
Étienne
Ça me fait penser à une anecdote quand j'étais auditionné par l’OPJ à côté de moi, il y avait le parquet dans la manifestation qui s'était fait arrêter. Le directeur d’une d’un laboratoire médical et il est en train de demander avec insistance aux policiers de laisser parler à mes clients. Je suis en train de perdre de l’argent. Je suis en train de gagner. Il y a des clients américains et chinois. J’ai absolument besoin de leur parler. Donc c’est vraiment aussi un impact non professionnel.
David Dufresne
Alors sur la question de l’argent, il y a et je remercie infiniment les modos qui remontent les questions dans la formidable implication de Claudio. Il y a deux questions qui sont un peu contradictoires. La première, c’est celle de Gab qui vous dit Tiens d’ailleurs, j’ai vu plusieurs témoignages qui mentionnent des dons pour une association demander aux gardés à vue relâchés sans rien. C’est quoi cette pratique ? Donc, est ce que vous. Est ce que vous avez fait un appel aux dons ? Est ce que c’est quelqu’un qui a lancé une cagnotte ?
Étienne
J’ai vu passer une cagnotte aussi. C'était pour cinq gardés à vue. Oui, ce n’est pas c’est pas nous. Petite nuance pas clean un des gardés à vue dans les cinq qui est dans l’amitié. Mais ce n’est pas notre démarche et pour eux ce n’est pas bon le collectif.
Chloé
Non ou non, on n’a vraiment pas lancé ce genre d’initiative, en tout cas dans ce collectif dont je parle. Toujours avec ma double casquette à Alternatiba Paris, on a un team, donc avec des avocats qui dédient beaucoup leur temps Et en fait on envisage de peut-être faire une cagnotte à destination de ces avocats qui bossent quand même énormément et souvent gratuitement. Mais là ce n’est pas à ça n’est pas encore lancé et dans tous les cas, on attend la fin de la séquence parce qu’on ne sait pas encore combien de gardés à vue on va avoir ces prochaines semaines quoi. Voilà, ça va, ça va beaucoup s’amplifier.
David Dufresne
Et justement, c'était le sens de l’autre question sur la question financière, celle de euh, comment cela se passe financièrement vis à vis des USA, des avocats ? Je ne sais pas du tout comment faire et je ne sais pas si ça va m’arriver, si j’aurai des moyens. Donc il y a la défense collective par la legal team. Enfin la legal team, c’est celle qui chapeaute finalement les avocats si je peux dire ça comme ça. Donc c’est une défense collective, c’est légal. Team fait régulièrement un appel à don. Il n’y a pas un seul centime de bénéfice. On est bien d’accord que tout ça c’est fait pour rétribuer ça, rembourser le manque à gagner des avocats qui effectivement passent des nuits et des jours dans les commissariats, etc. Pour vous faire sortir ou devant les juridictions. Ça, c’est la défense collective et la défense individuelle, là, c’est de gré à gré, avec un avocat, ces questions là, par exemple, est ce que, pendant votre garde à vue, vous êtes, vous êtes posé ? Est ce que c’est posé après ? Est ce que pour vous c’est moins compliqué que pour d’autres ? Cette question financière, c’est quoi votre relation par rapport à ça ?
Étienne
Moi personnellement, je sais que dès le début, dès qu’on était Nasser, il y a plein de numéros qui sont passés des numéros, la légal team, que tout le monde s'écrivait sur le bras etc. pour les avoir du coup. Et du coup effectivement, il y a plusieurs possibilités quand on est en garde à vue et qu’on a envie d’un avocat, c’est d’appeler du coup des groupes comme la Legal Team qui vont pouvoir vous envoyer quelqu’un. D’ailleurs, ce n’est pas qu'à Paris, c’est aussi dans les autres villes de France. Sur les plus grandes villes, il y a la possibilité encore une fois d’avoir de prendre un avocat qu’on connaît ou je ne sais pas quoi et qu’on va payer avec nos moyens. Et là aussi la possibilité aussi, si on veut un avocat mais qu’on n’a pas les moyens, c’est d’avoir, c’est d’abord un avocat commis d’office. Donc voilà, c’est un nouveau sans avocat qui est là parce que c’est un droit d'être défendu. Et si on n’a pas les moyens, et bien on doit quand même être défendu par un avocat commis d’office.
Chloé
Après nous, on savait qu’il y avait des avocats d’astreinte qui sont spécialisés dans les thématiques d’anti répression quoi. Et c’est vrai que ben clairement. C’est des gens qui, qui sont, qui sont, qui sont bénévoles, qui ont d’autres, d’autres cas pour gagner leur vie, mais qui clairement sur les affaires de répression et d’activisme. En fait, ça fait partie de leur engagement. En fait, souvent c’est leur manière de gagner.
Étienne
Ouais mais celle ci c’est des impôts.
David Dufresne
Vous êtes ok pour qu’on parle encore une petite dizaine de minutes, alors, est ce que les forces de l’ordre ont des objectifs de chiffre lors de ces manifestations ? Vous avez parlé de ça tout à l’heure et je crois que l’un d’entre vous, en tout cas un des membres du collectif, a clairement entendu des objectifs.
Étienne
Ouais,c’est moi quand j'étais auditionné. J’essaie de l'être un peu en connivence avec les PJ parce que je n’ai pas envie de me faire emmerder. Et il paraît, et il m’a fait comprendre que c'était dans un objectif chiffré, C'était vraiment faire du chiffre. Il y a ça. Et puis parler sur le fichage. Il y a un autre flic qui dit maintenant qu’ils sont fichés et sans objectif. Donc en effet, on ne m’a pas donné le chiffre de combien il leur fallait ce soir-là. Mais voilà, c’est ce que j’ai compris. La conversation avec l’OPJ.
Chloé
Ouais, Salomé, elle a dit ça aussi. Elle disait qu’en plus ça a été enregistré. Une personne membre des braves disait Ah ça va, on en avait déjà 160. Bon, on va demander si on continue ou pas, mais à mon avis ça va. Et en fait, une fois de plus et du chiffre, peu importe les affaires qui débouchent réellement sur quelque chose. En fait, c’est juste pour faire de la com et on est prêt à prendre fin. Ils sont prêts à prendre n’importe qui.
Étienne
Donc voilà, je ne sais pas si c’est juste pour faire de la com, je pense que c’est aussi pour faire du fichage. Ils ont pris des manifestants qui étaient un peu plus motivés parce qu’on est resté un peu plus longtemps et puis. Bien sûr, ça c’est à la fois du chiffre déjà. D’ailleurs, j’aimerais peut-être vous raconter une petite anecdote, c’est quand on était dans le 15ᵉ, du coup dans le premier. Moi le premier que je suis allé, on a vu un l’OPJ alors qu’on attendait devant son bureau sortir, sortir totalement furieux au téléphone, en train de s’engueuler avec une équipe, une équipe de la BAC où on va voir en train les engueuler parce qu’il était parti à la ce qu’il appelle la chasse. Donc au bruit, il était parti. Enfin il était parti interpeller des personnes qui commettent des délits. Et du coup ce soir là, du coup à Paris, vous pouvez faire ce que vous voulez, vous ne serez pas en garde à vue. Ça parce qu’elle était pleine par des gens innocents. Même le môme, le flic qui nous gardait était outré parce que il était en train de nous dire Dans le 15ᵉ arrondissement, il y a, je ne sais pas, 300 000 personnes. Il y a une voiture de flics qui tourne dans la ville et nous on est obligés d'être là. On va vous garder, on ne peut pas faire notre métier qui est d’arrêter les méchants. Je ne vais pas en citer qui font exactement la même. Eux étaient outrés de devoir rester avec des adultes.
Chloé
Mais c'était pareil dans le commissariat où j'étais, il nous expliquait oui et nous on s’en fout un peu de ce que vous faites Nous, on travaille sur des grands trafics de cigarettes et d’alcool. C’est pas du tout notre quotidien ça, c’est clairement parce qu’on nous demande de le faire. Mais en fait, de bout en bout, embouteillés dans nos bureaux, coiffant clairement, c'était un peu ça le message.
Étienne
Est ce que quand même que pour l'état où nous sommes les gens à interpeller, à enfermer les mecs, quitte à laisser, à laisser Paris sans surveillance policière et sans possibilité de mettre d’autres personnes en prison ? C’est fou puisque d’habitude il y a toujours des gens qui battent leurs conjoints et leurs conjointes. Quand il y a ça, ça ne s’arrête pas. Et en fait si eux ils ont, ils ont arrêté, arrêté la police pour la nuit parce que parce qu’on était là, pas le cas.
David Dufresne
Émile Cheval qui ne regardera pas le mug que je sors parce que ce n’est pas ce qui m’intéresse c’est notre potière qui fait des mug maison au poste et ça c’est tous les modos au poste. Bref, elle est sans doute un tout petit peu du discours de COP bad COP. Vous avez l’air d’y avoir cru, d’avoir cru en une certaine sincérité de certains OPJ.
Étienne
Non, mais il y avait plein de gens avec moi qui croyaient ce que les gens disaient. Moi, j’avais bien compris que j'étais un terrain hostile et que ce qu’ils allaient me dire, c'était Ça n’allait pas être à mon avantage, mais au leur. Mais bien sûr, il y a des gens qui se sont laissés faire et le savoir être en survie leur conseille donc qu’il. Moi personnellement, c’est pas. C’est pas avec l’OPJ et pas même si l’OPJ en soi n'était pas méchant. Mais c’est vrai que c’est un peu quand même un peu bizarre. Moi je croisais mes jambes, je me suis fait directement engueuler en mode tout va pas comme ça dans mon bureau, mais c'était parfois un peu bizarre. Mais par contre moi j’ai eu des bons contacts avec notamment des policiers de la BAC qui m’ont amené depuis la nasse vers le commissariat qui eux était sympa, nous ont proposé de l’eau dans le fourgon, était respectueux et un gendarme avec qui on a parlé pendant longtemps on n'était pas du tout d’accord politiquement mais qui aussi était respectueux ? Donc en soi, quand les policiers sont respectueux, ça se passe bien. Mais c’est vrai que, en fait, moi je pensais qu’il y en a. Il y avait moins de bad cop. Mais en les côtoyant. Du coup, pendant toutes ces heures, je me rends compte qu’en fait il y en a beaucoup. Il y en a quand même beaucoup. Des fois il n’y en a pas, c’est des cow boy comme on dit ici. Quant au Far West, je crois que des fois ils parlent mal, sont violents dans leurs gestes, ils sont violents dans leur parole. Le tutoiement aussi, quasiment systématique. Oui, c’est quand même, il me semble, dans la culture, dans le code de la déontologie, de le voir, mais là, c’est ça jeu. On a vécu une fois sur 50 000.
David Dufresne
Quel est l’avenir du collectif ? Ou plus exactement, elle n’est pas l’avenir mais l’agenda ? Qu’est ce que vous comptez faire ? Comment les choses vont évoluer de votre côté ? Est ce que vous le savez déjà ?
Étienne
Comme le disait Chloé, la première étape pour nous, c’est une assemblée générale. Pour se retrouver entre nous. Et du coup, dans cette assemblée générale, décider ce qu’on va faire. On a plusieurs projets. Par exemple, prendre des. Faire des interviews. Témoignages de personnes qui ont été en garde à vue. Faire des. Faire des points de rencontre une fois par semaine pour un. Pour se retrouver, pour. Pour discuter. Continuer des actions, du style, du style. Ce qu’on a pu faire à l’hôtel de ville, mais en plus à plus grande échelle. De même, organiser des manifestations avec d’autres syndicats. En gros, on a plein de projets et tout ça. Du coup, ça a été décidé à l’assemblée générale qui est qui dans les prochaines heures.
David Dufresne
Est-il possible de faire des antennes en région des antennes de stop gaz ?
Étienne
Oui.
David Dufresne
Je vous mets ça ici. C’est le job qui vous met ça en ordre du jour.
Étienne
Oui bien sûr, c’est parce que pour la fibre, c’est ça. D’autant qu’il y avait eu. Je sais qu' à un moment quelqu’un voulait témoigner. Et on a reçu son témoignage parce que Stéphane avait été à Rennes et pas à Paris. Et pareil, les plaintes, elles sont déposées principalement à Paris. Il serait en effet un peu décentré et pour ça, il faut aussi qu’on s’organise, bien sûr, parce que pour l’instant, on n’est pas le collectif le plus organisé
Chloé
Non, mais c’est surtout que, en fait, c’est libre aux gens de s’organiser sur place, voire nous on n’a pas notre mot à dire s’ils veulent faire du collectif ailleurs. Mais franchement, ils n’hésitent surtout pas et même ils peuvent s’organiser et faire des trucs complètement différents de nous. Moi je tenais à signaler juste le collectif a quand même été invité à un événement qui va avoir lieu le 15 avril et qui a l’air vraiment trop stylé, qui s’appelle Les Assises populaires pour nos libertés et le programme est hyper alléchant c’est le 15 avril pendant toute la journée à la Bourse du travail
David Dufresne
La Bourse du travail de Paris.
Chloé
Donc oui, de Paris, il y a au programme vraiment des choses sur les migrants, sur les violences policières, sur les sans-abris des locataires, enfin tout ça, ça balaye beaucoup de sujets. Et donc dans les organisatrices, il y a Attac, il y a la LDH, il y a le syndicat de la magistrature, il y a le DAL, le droit, le logement, il y a Blast, il y a énormément de personnes, des personnes féministes, des personnes, des économistes, des fins, des journalistes, des sociologues. Il y a de tout et sa fin, ça promet d'être vraiment passionnant. Donc c’est le 15 avril, de 9 h 30 à 17 h et je ne sais pas si on ira en tant que collectif, mais on pourra aussi y aller juste de manière individuelle.
David Dufresne
Le nom de la journée.
Chloé
C’est les Assises Populaires pour nos libertés.
David Dufresne
Mais voilà, c’est ça Populaire pour nos libertés, nous sommes le rempart contre la répression. Démocratie. Le gouvernement libéral. La violence policière. Elle se déchaîne à Sainte Soline et dans les rues la nuit ou dans des charges sauvages contre des manifestants manifestantes, Donc ici il y a une tribune plusieurs ateliers il y a une plénière d’abord le matin et l’après 12 h. Il y a des ateliers. Merci à vous trois infiniment d'être venus.
Étienne
David Merci.
Chloé
J’ai vu deux petites questions dans le tchat. Je peux répondre très rapidement.
David Dufresne
Mais vas y je t’en prie, vas y !
Chloé
En fait, j’avais une question sur les instances internationales, notamment la CEDH, donc la Cour européenne des droits de l’homme. Est ce qu’elle a été saisie ? En fait, c’est un recours qui peut être saisi quand tous les recours ont été saisis en France, c’est à dire qu’il faut être en procès, faut faire appel, aller en Cour de cassation à nouveau en appel et après potentiellement, tu peux aller à la CEDH. Donc ça prend des plombes depuis des années et des années. Sachant que la France a déjà été condamnée plusieurs fois, notamment sur la prise abusive d’empreintes ADN. Donc ça c’est ma première réponse et la deuxième réponse sur le téléphone en fait maintenant c’est puni dans un délit de ne pas donner ton code d’accès. Et bah du coup je le savais donc c’est pour ça que je l’ai fait. Après vraiment, je vous recommande si vous pouvez un maximum cleaner votre téléphone pour le nettoyer quand vous êtes dans le camion ou quoi. Franchement, faites le parce que ça vous évitera vraiment des galères et ils peuvent prendre absolument n’importe quoi. Enfin, franchement, ils sont allés chercher dans mes archives de 2019. C'était. C’est vraiment lunaire. Donc c’est le meilleur conseil que je puisse vous donner. Supprimez les applications, supprimez les des trucs dans vos galeries. Pour que si jamais le téléphone est fouillé, y a rien de suspect en fait, parce qu’ils feront feu de tout bois. Voilà. Et moi je voulais le faire aussi pour pas que mon iPhone soit mis sous scellé, mais il a quand même été mis sous scellé et je galère à le récupérer. Donc c’est très chiant, très handicapant. Donc si pareil, vous pouvez prendre un téléphone autre que le vôtre pour aller en manif en action, c’est encore le mieux.
David Dufresne
Merci beaucoup Chloé. Donc pour ceux qui ne comprendraient pas pourquoi on entend et on ne voit pas Chloé, c’est simplement parce qu’on avait un problème technique et donc qu’on a privilégié le son, mais Chloé, tu étais bien physiquement avec nous tout à l’heure. Merci à toi Chloé, Étienne, Elias. Merci, merci beaucoup à vous tous.
Étienne
Merci beaucoup. Merci à toi et merci à tout le monde dans le chat. C’est très important que le combat continue.

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.