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Au Poste #6, avec Taha Bouhafs (journaliste)

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour amis de la police. Amis du café. Bonjour. Il est 21 h. Dans quelques secondes nous allons recevoir. Je crois qu’on peut le dire, un ami. Un ami de la police également. Nous allons faire un débat pendant 1 h, qui fait suite pour ceux qui nous rejoignent à la à la projection de Un pays qui se tient sage sur la plate forme de jour de fête. Et je vais tout de suite donner la parole à Mélanie. Mélanie va être la maîtresse de cérémonie et cette jeune fille que vous n’avez peut-être. Pas vraiment vu, mais qui a œuvré dans l’ombre pendant des mois et des mois pour les débats autour d’ « Un pays qui se tient sage » C’est elle qui a organisé de main de maître tout ça. Il faudrait que tu parles parce que pour l’instant, il y a le nom de quelqu’un d’autre qui apparaît.
Mélanie Simon-Franza
Je parle, alors c’est moi.
David Dufresne
Et juste à côté, il y a Taha Bouhafs avec qui on va discuter pendant 1h et demie autour du film, et puis autour de son actualité, de son travail, de son métier de journaliste. Voilà Mélanie, je te donne la parole, nous sommes en direct.
Mélanie Simon-Franza
Merci David. Merci à toutes et à tous d'être là ce soir pour une énième séance virtuelle cette fois donc, du film de David Dufresne. Comme tu l’as dit, David, c’est une séance virtuelle qui a pris place à 19 h 30 ce soir sur la plateforme des vidéos du distributeur de film. Jour de fête et on fait suivre cette séance d’un débat comme on l’a déjà fait à deux reprises, comme on la refera encore avec d’autres intervenants et intervenantes. Des débats qui prennent place donc sur ton Twitch David, et également sur la page Facebook du film qui s’appelle pour celles et ceux qui ne le savent pas, les films qui font débat. Donc on vous invite à poser vos questions sur le film à David et Taha sur ces deux canaux de diffusion. Le film est donc sorti en salles en vrai le 30 septembre dernier, entre deux confinements. Il a eu beaucoup de succès. On vous en remercie pour ça. Et il est sorti le 2 mars en VO et en DVD que voici, juste là, un DVD dans lequel vous pouvez retrouver évidemment le film et le but du DVD, mais également des scènes complémentaires que vous n’avez pas vu dans le film. On est ravis Taha Bouhafs de t’accueillir ce soir. On est d’autant plus content que c’est la première fois qu’on peut discuter avec toi de vue du film Pour te présenter, on ne te présente plus mais on a quand même envie de le faire. Tu es journaliste, reporter pour le média, spécialiste entre autres des mouvements sociaux. Tu es celui qui a révélé filmer, entre autres aussi, les images d’Alexandre Benalla sur la place de la Contrescarpe. Donc c'était le 1ᵉʳ mai 2018. C’est une vidéo qui est devenue extrêmement virale et qui révélera bien sûr qu’il s’agit, sous ce casque de l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron chargé de sa sécurité, des images qu’on voit dans le film et que tu commentes d’ailleurs. Mais surtout, tu interviens dans le film Passeur, Benoît Barret, secrétaire national provincial du syndicat Alliance. Ça n’a rendu personne indifférent. D’ailleurs, dans les salles de cinéma, pour celles et ceux qui avaient découvert le film en salle, on entend beaucoup de réactions sur ces scènes-là. Merci donc d'être avec nous, particulièrement aujourd’hui car tu es à une journée peu anodine et on en parlera également très rapidement. Pour resituer, je reprends une phrase qui a été dite aujourd’hui et on va dire où, quand, pourquoi, Comment ? Avoir un téléphone ne fait pas de lui un journaliste. C’est ce qu’a dit Maître Lienard aujourd’hui. Donc l’avocat du policier à ton propos ce matin au tribunal correctionnel de Créteil, ça a été live. Tweeté par David Dufresne sur son Twitter pour resituer le 11 juin 2019, tu couvres une manifestation à Alfortville qui est menée par des travailleurs sans papiers. Ce jour-là, tu es interpellé par un policier qui te roue de coups vidéo à l’appui, qui te menotte, qui te met en garde à vue. En tout cas, tout ça a pour conséquence une épaule déboîtée. De ton côté, c’est dix jours d’interruption de travail. Tu dois comparaître devant le tribunal correctionnel de Créteil, mais pour outrage et rébellion sur personne dépositaire de l’autorité publique. Tu es en effet accusé par l’agent de la BAC de l’avoir traité de racaille de flic. Mais l’affaire, elle, est renvoyée deux fois, notamment dans l’attente des conclusions de l’enquête de l’IGPN que tu as saisi justement parce que toi-même tu portes plainte pour violences.Et puis, alors que tu devais comparaître le vendredi 8 janvier, cette fois, c’est ton avocat, Maître Alimi, qui a déposé une question prioritaire de constitutionnalité. Pour lui, il y a une rupture d'égalité devant la loi, évidemment, entre les forces de l’ordre et les victimes de violences policières. J’essaye de la faire très courte, mais c’est pour resituer un peu le contexte. Et puis il y a l’absence d’audition des témoins sur place, l’absence d’exploitation des images de vidéosurveillance, etc. Une situation qui est très représentative de ce qu’on voit, beaucoup de ce qu’on voit, dont un politicien sage. Et aujourd’hui, donc, ce matin ça démarre. C'était ton procès qui se tenait donc à Créteil. Ton avocat, maître à lui, plaide la relaxe pour outrage et rébellion et demande la condamnation de l'État pour ce qu’il juge ce matin être responsable de tout ce qui se passe ici, avec un verdict qui sera ensuite rendu donc le 11 mai prochain à 13 h 30. Et le policier dira lui pendant cette audience qu’il ne comprend pas pourquoi il doit se justifier sur cette affaire et pourquoi on en fait une montagne alors que je cite dans sa carrière, il a commis des choses bien plus graves. Il était un peu surréaliste ce procès, non ? Est ce que tu veux un peu avant qu’on commence nous en parler ?
Taha Bouhafs
Bonsoir, merci pour l’invitation du coup. Bonsoir David, bonsoir tout le monde le chat surtout qui est là ce soir. Bah oui, c'était un procès un peu spécial. C’est vrai que c’est quelque chose d’assez fatiguant et épuisant pour moi. Et en même temps, le but de ce genre de procès, ça fait presque deux ans que ça dure, ça fait deux ans. Entre l’attente de la restitution du téléphone, les demandes d’audience pour la gestion du téléphone, l’attente du rapport de la DGPN et la confrontation IGPN, la fin des renvois pour je ne sais quelle raison Et c’est vrai que c’est une stratégie. Voilà pourquoi on parle souvent des procédures bâillons qui sont intentées contre des journalistes, qui enquêtent contre des multinationales ou des milliardaires mais qui leur collent des procès pour pour essayer de les dissuader finalement de travailler sur ce genre de sujets, pour les fatiguer et pour les épuiser financièrement, moralement,, Et bien c’est la même chose avec la police nationale. J’ai mis en place un certain nombre d’autres procès avec des évêques, des policiers, des syndicalistes policiers, avec le ministère lui-même. Et donc ce procès, ça fait deux ans que ça dure. C’est un procès qui devrait normalement avoir normalement avoir été réglé depuis bien longtemps, puisqu’il y a une vidéo qui montre quand même, du début à la fin, la réalité de ce qui s’est passé ce jour-là. C’est-à -dire que j'étais sur mon lieu de travail, si je puis dire, un peu partout mon lieu de travail. Mais effectivement, sur ce piquet de grève de travailleurs sans papiers de Chronopost qui en plus, il faut le dire, il y en a pas mal qui ont été régularisés. Et donc je faisais des interviews, j’ai filmé un peu ce qui se passait et donc on a un homme encapuchonné qui arrive vers moi et qui me demande d’arrêter de filmer. Donc je dis bon, il me demande d’arrêter de fumer, c’est que c’est un policier. Je demande une première fois son matricule, il refuse, il dit bah moi je n’ai pas de matricule à donner. Bon, comme la plupart des policiers immatriculés RIO ni quoi que ce soit d’autre. Et donc à ce moment-là, il commence à me pousser etc et me demande d’arrêter de filmer ce que je ne fais pas. Bon, très rapidement il va mettre un coup, je vais m'énerver et effectivement je vais dire que le comportement de la personne que j’ai en face de moi, ce n’est pas un comportement, c’est un comportement de violent, de délinquant, de racaille. Et à ce moment là donc, je me retrouve interpellé, plaqué au sol, je me fais déboîter l'épaule, je me fais menotter avec l'épaule déboîtée, on met dans une voiture de police et donc ce policier de la BAC qui s’installa à ma gauche dans le véhicule et qui commence à me frapper, met des coups de poing au visage alors que je suis menotté. Donc on a affaire à ce genre de personnage. Ensuite, avec toutes les insultes racistes qui vont bien et toutes les allusions etc. Et donc je passe 24 h en garde à vue, je vais à l’hôpital, j’ai dix jours d’ITT et trois semaines d’arrêt, ce qui n’est quand même pas rien, ça tombe pas du ciel, enfin dix jours au delà de huit jours, on peut considérer qu’on passe sur du criminel. Donc c’est quand même une situation qui est assez grave. Journaliste immédiatement, au moment de mon arrestation, il y a des sociétés de journalistes et pas des plus gauchistes. Par ailleurs, BFM, TV, etc qui signent un communiqué de soutien des syndicats de la profession, Amnesty International. Et qui dénoncent tous justement cette atteinte à la liberté d’informer et ces violences qui ont, qui ont ou qui ont eu lieu ce jour-là. Et donc pour moi, bon, c’est assez fin, c’est réglé. Et bien en fait non, puisque l’enquête en fait a été fermée très rapidement. Les vidéos qui peuvent permettre d'établir la vérité ont été n’ont pas été versées au dossier et l’enquête a été clôturée rapidement. Et moi j’ai été poursuivi et policier. Pas du tout. Et donc là, ça fait deux ans que j’essaie de me débattre tant bien que mal pour montrer une vidéo simple qui montre ce qui s’est passé. Et donc même avec cette vidéo, on se dit que c’est compliqué. Alors vous imaginez s’il n’y avait pas eu cette vidéo ? Bon voilà, il y a tout un tas de gens, et particulièrement en banlieue, ce que Maxime appellera les jeunes locaux. Peut être qu’on y reviendra, mais qui sont condamnés simplement sur des faux procès verbaux. Et ça c’est absolument fréquent. Je vais être systématique, mais. Mais c’est quand même quelque chose d’assez important.
David Dufresne
Pour avoir été présent au procès. En effet, est ce que le policier donne comme argument pour le fait qu’il t’ait tutoyé comme je le fais là, mais là je le fais par amitié et parce qu’on se connaît. C’est parce qu’effectivement tu ressemblais à ce qu’il a appelé un jeune, Gamin local, c’est à dire un Maghrébin. Voilà. C’est à dire qu’en fait c’est la présidente du tribunal, c’est pas ton avocat à ce moment-là qui lui a demandé mais pourquoi et qui a insisté Mais pourquoi tu tutoies Monsieur ? Et donc il répond oui, en temps normal, c’est ce qu’on fait. Donc c'était un procès qui était extrêmement intéressant, parce qu’au-delà, évidemment. De toucher directement. En fait, on va y revenir je pense. Toute la soirée Il y avait tout un esprit policier, toute une pratique policière qui était, au détour de certaines phrases qui sonnent presque comme des aveux de la part du policier.
Taha Bouhafs
En vrai, c'était assez ça Et je pense vraiment que toutes ces phrases là, effectivement, comme tu le disais, c’est vraiment quand on les assemble. On voit bien, vraiment, véritablement le problème de la police. Aujourd’hui, t’as ce truc du jeune local qui explique qu’il est policier de la BAC dans le neuf quatre Alfortville et il pensait que c'était un petit jeune en ville, un petit jeune qui arrive là avec son sweet et qui pouvait tutoyer parce que on n’est pas tous égaux finalement face à la police a c’est avec ces gens là et est la phrase elle a dit Mélanie ou elle explique, il dit mais en fait est ce que ce qui se passe est qu’il passe plus quasiment plus d’une heure à la barre quand moi j’y passe quinze minutes alors que ses ancêtres ont bossé ? En fait, ça se retourne complètement contre lui. Et en fait, comme l’a dit Mélanie, il sort cette phrase qui est absolument incroyable et qui dit mais je ne comprends pas pourquoi je dois m’expliquer en long, en large et en travers, ça me dépasse. Franchement, j’ai déjà fait dans ma carrière des choses bien plus graves et je n’ai pas pu me justifier. Tu dis : Mais ce mec c’est génial tout ça effectivement.
David Dufresne
Et la phrase clé on sait, on ne saura jamais. Quelle est la part du moi du surmoi dans cette phrase là ? Mais effectivement, à un moment donné, il est là, il a, il a cette chose et cette chose là. Mais dans le chat, on a on a quelqu’un que je vais citer qu’une seule fois, c’est Valkar, parce qu’elle me dit que ce n’est pas la peine que je la cite à chaque fois. C’est vrai qu’elle est très prolixe et elle écrit beaucoup, donc je ne citerai que ce soir, mais je l’encourage à continuer à commenter. En effet, elle dit La fameuse justice bâillon s’est retrouvée avec un porte voix aujourd’hui, et c’est vrai que c’est ce qui s’est passé. C’est-à -dire que le policier intente un procès pour outrage et rébellion. Alors la rébellion, à priori, elle est tombée puisque même procureur n’a pas demandé de poursuite. Il faut rappeler que sur l’outrage, elle a demandé quasiment le minimum, c’est à dire 700 €. Et les réquisitions ont été très rapides à faire. Pas énormément de conviction, on ne sait pas ce que ça donnera, mais bon. Et tout le procès en fait, en effet, s’est transformé. Alors que d’ordinaire c’est pas ce qui se passe pour les procès en outrage ou en gros, la parole du policier vaut dix fois celle de la personne. Là, c'était quasiment comme un procès en diffamation où finalement celui qui s’estime diffamé, donc lui, outragé, est obligé de s’expliquer. Et plus il s’expliquait, plus on sentait quand même qu’il y avait une perte, il y avait de la friture sur la ligne. C’est d’une part parce qu’il a pu produire. La vidéo de la vidéo ne correspond absolument pas aux PV des policiers. Il faudrait aussi parler de ça. Le fait qu’on ait trouvé quatre policiers pour entendre quelque chose qui ne figure pas dans la vidéo, ce qui a mis quand même assez en colère. La Présidente. Je sais pas comment toi tu l’as vécu parce que tu étais au cœur du débat, mais la présidente a quand même dit aux policiers Vous êtes nos yeux, vous êtes nos oreilles, vous avez le droit d'être imparfaits, mais vous n’avez pas le droit de falsifier, ce qui est quand même une phrase à la fois très rude,. Non, c'était un procès absolument passionnant.
Taha Bouhafs
Mais pour reprendre ce que tu disais David au début de ton intervention. Mais tu dis ouais, effectivement, ça ne se passe pas comme ça généralement. Et l’avocat des policiers dit Mais madame la Présidente, je ne comprends pas, on en fait 150 par jour, des procès comme ça, c’est à dire c’est quasiment, voilà, c’est la part du flic, le flic qui dit ça. Ah bon bah voilà, emballé, c’est pesé, ça dégage, t’es condamné. Et en fait, il n’y a jamais, il n’y a jamais eu de procès équitable dans ce genre de moment, si ce n’est si ce n’est quand parfois il y a des vidéos et encore. Et effectivement, je pense que c’est vrai que c’est assez rare ces moments un peu dans les tribunaux, en tout cas de ma petite expérience où voilà, on a une présidente de séance qui dit qui, qui insiste, qui sur le policier lui dit mais attendez, mais ça ne correspond pas à ce que vous dites, ni vous ni votre collègue. Un tel niveau de collègue machin chouette, ni votre machin. Elle lui dit et je veux bien que vous vous trompiez. Mais vous ne pouvez pas tous vous tromper en même temps. Et là, il dit ce truc C’est extraordinaire. Mais le gars est vraiment passé aux aveux à ce moment-là. Des pratiques policières, c'était vraiment le procès des pratiques policières. Il dit ouais, ouais, non mais pourquoi est ce qu’on a mis tout ce même truc ? C’est parce qu’on s’est concertés. Mais ce n’est pas. Tu vois quand même. Voilà, On a tout ce qu’il faut, on a tout ce qu’il faut. Le gars, il n’a pas de brassards. Il arrête de rien, il frappe, il fait des faux PV. Et puis à la fin, il ne comprend même pas pourquoi C’est du début à la fin.
David Dufresne
On va passer la parole à la régie, à Mélanie parce que j’imagine qu’il y a plein de questions.
David Dufresne
Et des questions qui commencent à arriver.
Mélanie Simon-Franza
Donc c’est l'équipe de Jour de fête qui me transmet ça. Alors sur Facebook, on a donc, pardon pour la prononciation, excusez-moi Lorenzo, Lorenzo peut être qui dit bonjour, Bravo pour votre film courageux et nécessaire. Pensez vous que des poursuites judiciaires seront possibles contre les gradés qui donnaient les directives aux forces de l’ordre sur le terrain pendant les manifs des gilets jaunes ? C’est une question pour vous deux.
Taha Bouhafs
Je te laisse commencer. Écoute, je ne sais pas, ça dépend. C’est la condition pour ça. C’est des trucs de volonté politique en réalité. Quand on a un président de la République qui explique un ministre de l’intérieur qui explique que oui, il est plus compliqué d'être policier. Nos policiers sont pris à partie et qui les défend chaque fois et tout le temps ? Et qu’on a l’IGPN qui est finalement, et on l’a vu, il y a eu ce reportage d’Envoyé spécial qui montrait le nombre de procédures contre la police dans le cadre du mouvement des gilets jaunes vs le nombre de policiers condamnés. C'était quasiment 400 procédures pour deux condamnés pour deux condamnations. Il faut voir lesquelles. On voit qu’il n’y a pas de volonté aujourd’hui, pour l’instant, de condamner ces pratiques là. Pourquoi une seule et bonne raison ? C’est parce que c’est effectivement les ordres qui sont donnés. Pourquoi ces ordres sont donnés ? C’est parce que et pourquoi il y a une impunité ? Parce qu' aujourd’hui, à mon sens, et le gouvernement a tellement épuisé, a tellement méprisé toutes les résistances démocratiques et les élus et les recours démocratiques de contestation dans le pays, que ce soit l’opposition parlementaire, que ce soit les grèves, les syndicats, etc. Les grandes manifestations qu’il a pu avoir contre la réforme des retraites, le contre la réforme du pacte ferroviaire contre la loi Sécurité globale et compagnie, que le mouvement des gilets jaunes que ce gouvernement en réalité ne tient plus que par une chose, c’est à dire la répression, la matraque. Et ça, les policiers ont très bien compris. Et quand ils disent oui, attention, si l’un est condamné, eh bien, Et il a dit Il en plus au procès, il dit un jour faites gaffe.
Taha Bouhafs
Lienard, c’est l’avocat, donc des policiers et donc du policier qui m’a agressé. Il dit Attention, si vous continuez à dire du mal des policiers un jour, les policiers, ils vont tout laisser tomber et ils laisseront tout le monde foutre le feu. Il a dit aussi, c’est leur quotidien. Voilà, c’est ça, c’est ça la réticence, une sorte de chantage. Et ils ont besoin l’un de l’autre, en réalité.
David Dufresne
Absolument. Ça, c’est quelque chose qui est assez frappant. On l’entend même dans le bureau de la sécurité, quand des policiers sont mis. Et pourtant il faut se lever parce qu’en 9 h de débat, il y a deux minutes où ils étaient un peu mis sur le dit, c’est l’argument qui arrive tout de suite, c’est à dire attendez, attention, nous sommes le rempart de la République. Si on s'écroule, la République s'écroule est une forme de chantage absolument impossible. Ce qui, ce qui, ce qui, ce qui empêche tout débat critique. Au sens noble du terme, puisqu’on nous explique immédiatement que ben en fait aussi, si on critique trop, il y a plus de police, donc il y a plus de république. Et évidemment, c’est une forme de chantage. Mélanie. Tu veux d’autres questions ou pas ?
Mélanie Simon-Franza
Oui, bien sûr, j’en ai plein.
Mélanie Simon-Franza
Alors vas y.
Mélanie Simon-Franza
Sur Twitch d’Emma 19 nous demande : Avez-vous réussi à répertorier, recenser le nombre de personnes injustement emprisonnées sous de fausses déclarations ?
David Dufresne
Ah bien non, ça c’est extrêmement difficile et extrêmement difficile. Mais j’invite qui veut à se rendre à des comparutions immédiates à Paris, c’est tous les matins, tous les jours.
David Dufresne
On comprend la fabrication d’une justice qui est expéditive. Donc rien que les comparutions immédiates. Je ne dis pas qu’on ne condamne que des innocents, je dis pas ça du tout. Mais en revanche, il y a une fabrication de la condamnation qui est absolument renversante. Et sur la question des outrages et rébellions, oui, il n’y a aucun chiffre précis. Parce que si. Absolument improuvable. Le cas de Taz ce matin est un cas d'école dans le sens où on peut prouver que les accusations des policiers ne sont pas fondées. Mais parce qu’il y a une vidéo. Mais dans la plupart des cas, dans 99 % des cas, il n’y a pas de vidéo et donc c’est parole contre parole. Et comme je le disais tout à l’heure, la parole d’un policier est plus et beaucoup plus forte, a beaucoup plus de poids que la parole d’un citoyen. Cela dit, moi, ce matin, j’ai été vraiment frappé de voir que le tribunal. Lorsque vous feignez de découvrir que la parole policière n'était pas tout à fait juste. Je ne sais pas, mais on lisait quand même sur certains visages malgré les masques quand même une forme de colère en disant mais donc en gros, ça veut dire vous les policiers, parfois vous mentez. Donc nous, la justice, comment on fait ? Ce que d’ailleurs Ari Halimi, ton avocat, a évidemment plaidé à la fin. Donc non, il n’y a pas de chiffres, il n’y a pas de chiffres précis.
David Dufresne
L’invité surprise est là, Ah mais oui, mais il arrive trop tôt et il arrive trop tôt.
David Dufresne
Non, non, Reste,
David Dufresne
Après le voilà dans un très beau fauteuil orange on dirait.
David Dufresne
On va laisser Taha Bouhafs pour discuter. Arié, tu es évidemment le bienvenu pour nous écouter et tu interviens à tout moment comme tu le souhaites.
Mélanie Simon-Franza
Est ce que tu veux répondre à ce qui vient d'être posé comme question sur le fait de répertorier et de recenser le nombre de personnes injustement emprisonnées sous de fausses déclarations ?
Taha Bouhafs
Tu as pensé comme l’a dit David, c’est très compliqué à aller vérifier, mais en même temps, je veux dire, c’est la parole du policier contre la parole de la personne. Maintenant, ce qu’on sait, c’est qu’il y a quand même quelque chose d’assez important. Ça a été documenté et plein de fois, tout le temps, à chaque fois. Et les témoignages des habitants des quartiers populaires, des manifestants, etc. Qui disent en fait, quand un policier va te taper, il ne va pas écrire dans son courrier le procès verbal qui a tapé comme ta gueule ne lui revenait pas quoi. Donc je veux dire, c’est très compliqué. Je pense qu'à chaque fois qu’il y a des violences, il y a une partie d’arrangement. En fait, dans ce procès. Et ce que disait la présidente de la 100, c’est que vous n’avez pas le droit d’arranger la vérité, de la falsifier, etc. Et je pense que c’est vraiment important qu’ils lancent, qu’ils entendent que les policiers qui étaient aussi dans la salle venus soutenir l’entendre, c’est quand même c’est la réclusion criminelle. Euh, c’est les assises. Faux en écriture publique par personne dépositaire. L’Autorité publique, c’est les assises, c’est dix quinze en prison, normalement dans un. Dans une justice qui fonctionne. Bon, c’est quand même quelque chose d’assez important parce que sinon, bah en fait, la justice, elle fonctionne plus. En fait, la justice fonctionne plus. Donc je pense que c’est assez difficile de répertorier le nombre de fois en écriture publique, si bien que cette pratique est répandue. J’ai discuté la dernière fois avec quelqu’un que m’a envoyé David qui s’appelle Monsieur Delarue, qui est qui est le président de la commission sur les rapports de police et qui me disait et qui me disait oui pour en discuter. En fait, dans le sujet, il m’a appris une chose, c’est qu’une fois il y avait un policier, Jean-Claude Delarue, qui est l’ancien président de la CNCDH de la Commission nationale consultative. Consultative des droits de l’homme
David Dufresne
Alors au départ, c'était il faut, il faut et tu peux boire un petit verre d’eau. Puis moi je fais un peu mon boulot comme ça. Qui était chargé au départ de réécrire l’article 24, le fameux dont on va beaucoup parler, je pense, avec Arié tout à l’heure. Et puis finalement il a dit Non, non, moi je ne vais pas réécrire l’article 24. Et donc la commission s’est transformée en commission sur les relations entre la police et la presse. Nous avons été quelques uns à être invités et moi j’ai eu d’aller la semaine dernière. Et c’est de ça dont tu parles. Je n’ai pas les noms devant la commission.
Taha Bouhafs
Mais on a eu une discussion, voilà, on a eu une discussion. Et donc il m’a appris une chose : Bon, moi je suis. Vous le savez, je suis un peu le jeune de l'équipe. Mais, mais, mais du coup qu’il y a il y a un petit moment, je pense. Du coup, elle disait que tu vois, un jour il y avait, il y avait, il y avait ce policier qui avait été mis en examen pour faire en écriture publique et que le jour de sa mise en examen au tribunal de Bobigny, si je dis pas de bêtises, eh bien il y a 800 policiers qui sont amenés devant le tribunal pour soutenir. Alors que c'était avéré, il avait fait ses fornications publiques et là il s’est dit bah ouais, en fait c’est tout le monde.
David Dufresne
Attendez, je voudrais juste faire un tout petit, un tout petit point. J’avais essayé de mettre une autre scène pour bidouiller le zoom et donc vous n’entendez pas la question de Mélanie, Je m’excuse. Donc Mélanie, est-ce que tu peux me poser la question ?
Mélanie Simon-Franza
Emma Alors attends une seconde. Du coup voilà donc sur Twitch, Laurine Kelly demande du coup pourquoi avoir totalement occulté d’Un pays qui se tient sage les principaux concernés par des violences policières systématiques et quotidiennes ? Je pense que c’est pour toi David.
Mélanie Simon-Franza
Laurine, sur Twitch, demande du coup pourquoi avoir totalement occulté d’Un pays qui se tient sage les principaux concernés des violences policières systématiques et quotidiennes ?
David Dufresne
Alors d’abord, je ne crois pas que ce soit tout à fait le cas et d’ailleurs je rends hommage s parce que je pense que Taha Bouhafs une des phrases les plus importantes dans le film quand il parle des quartiers comme laboratoire de la police de laboratoire, du maintien de l’ordre de la police depuis 20 30 ans et qu’il remonte le temps. Je pense que le titre du film fait clairement référence à Mantes la Jolie. Et quand on fait référence à Mantes la Jolie, quand on connait l’histoire, on fait référence à Mantes la Jolie, c’est 1991. C’est ce qu’on va commencer à appeler de manière impropre de mon point de vue, les et les violences urbaines. 1991 On a dans les années 80 la banlieue lyonnaise et 91 on a à Mantes la Jolie Mantes la Jolie et très marquée par ça. A ce moment-là qui va commencer, il y a vraiment un changement de doctrine et d’armement chez les policiers, etc. Donc la référence avec l’ancien sage, c’est une classe qui se tient sage, c’est 2018, évidemment ce n’est pas 91, mais c’est Mantes la Jolie. Et puis finalement c’est la Seine Mantes la Jolie qui est décortiquée le plus. Mais au fond, il ne faut pas qu’il y ait de. L’erreur. Ce n’est pas ce pas un film sur les violences policières ? C’est peut être même pas un film tout à fait sur la police. C’est un film autour de la fameuse phrase de Max Weber sur la légitimité de l’emploi, de la force et du prétendu monopole. Il n’est pas acquis, contrairement à ce qu’on nous répète à longueur de journée, mais qui est revendiquée. Et la phrase de Max Weber, sociologue allemand de 1919 En réalité, il ne parle pas de la police. Cette phrase-là ne parle pas de la police, elle parle de l'État. L'État revendique pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime. Et partant de là, évidemment, qu’il est question des violences policières dans les quartiers. Et un autre élément qui a fait qu’il est un peu plus compliqué, c’est que quand on était en montage, nous, on avait appris que le comité Adama préparait un film avec les gens de la Rumeur sur leur combat et un film. En fait, il n’est pas tout seul, il est dans un écosystème, il est grand, Il est dans des. Dans une production littéraire, cinématographique, télévisuelle, journalistique, sociologique. Et donc je m'étais dit que ça ne servait à rien de parler de ça en long, en large et en travers, puisqu'à priori il y aura un film au même moment qui doit sortir pour des raisons qu’on peut comprendre. Le Comité Adama est en pleine bataille presque toutes les semaines, il y a des nouveaux éléments. Donc je crois que c’est pour ça que le film qui était prévu, non pas est repoussé, mais il vit sa vie. Et donc voilà, c'était ces choses là. Mais fondamentalement, c’est parce que le film est sur une question philosophique, jusqu’où l'état peut aller pour se défendre ?
Mélanie Simon-Franza
Mais d’autres questions. Une question sur Twitch Je pense que c’est un ou deux ans à vous deux. Êtes-vous toujours en relation avec le policier syndicaliste qui dialogue avec Taha Bouhafs dans le film ? Je pense que tous les deux vous pouvez répondre à cette question.
Taha Bouhafs
Et moi non
David Dufresne
Donc il s’agit de Benoît Barré qui est un des porte-parole du syndicat Alliance. Il se trouve qu’après le film, je l’ai revu sur un plateau télé.
David Dufresne
On n’a pas de relations en dehors de ça. Je sais qu’il a vu le film, mais non, il n’y a pas de relation. Il me semble que tu l’avais quand même recroisé lors d’une manifestation.
Taha Bouhafs
Je crois que c'était à la manifestation de l’alliance en fait. Alors je décroise. Ah oui, je sais que je l’ai croisé quand je l’ai croisé à la manifestation de alliance devant le siège de la France insoumise contre Mélenchon avait traité les policiers de barbares. Oui, je l’ai recroisé mais bon, voilà quoi. Moi en fait je ne le connais pas ce gars. Je suis dans la cuisine et je n’aspire pas à avoir une discussion avec lui. C’est un gars de mauvaise foi, comme tous les bons. Il était dans son rôle quoi. Il était dans son rôle de syndicaliste, d’alliance. Pour moi, pour moi, c’est très intéressant et je pense que pour ceux qui l’ont, pour ceux qui ont vu le film, moi c’est une séquence où le mec défend coûte que coûte, puis à la fin finit par lâcher un peu. Mais bon, on sent que c’est à contre cœur. Et puis surtout, moi j’ai un passif avec Alliance. C’est que moi, le syndicat Alliance, comme dans tous les autres syndicats, Marcel surtout tient compagnie. Mais le syndicat Alliance spécifiquement a fait un à deux tracts sur moi en me représentant comme un chien avec de la bave et en écrivant ta bouffe salariale, ça sandwich et c’est des tracts pour me mettre une cible dans le dos et pour dire alors à leurs adhérents attention à celui là, c’est la prime à ceux qui veulent attraper quoi en réalité ?
Mélanie Simon-Franza
C’est d’ailleurs l’exemple que tu veux que tu donnes aujourd’hui à ton procès, quand le policier en face de son avocat dit que eux mêmes sont menacés, que lui même il se sent menacé sur les réseaux. Tu reprends justement cet exemple là pour dire que toi aussi tu fais face à ces menaces de l’autre côté.
Taha Bouhafs
Oui, c’est clair. Et puis de façon un pas le fond de l’affaire je viens parce qu’on est menacé sur les assurances, permet de taper des gens, n’est ce pas ? Dans la rue, ça n’a aucun sens et tu vas tout avec tout un tas d’arguments qui sont à chaque fois déroulés par les avocats de la police, les syndicalistes policiers pour faire pleurer les chaumières et faire oublier la réalité des pratiques policières. Et ils ont carrément de l’avocat Lienard On a commencé carrément à parler de Magnanville, donc un attentat terroriste qui n’a aucun espèce de lien avec une couverture d’un mouvement social de sans papiers ou j'étais en train de faire mon boulot. Donc c’est toujours le truc que voilà, il a même utilisé les 20 ans, c’est les mêmes poncifs Oui papa maman se sont fait égorger devant leurs enfants. Voilà, vous n’avez pas honte ? Soutenez nos policiers. C’est vraiment de ce niveau là. Et puis à chaque fois, oui, on est menacé je tire quand c’est les mêmes qui eux sont à l’origine des menaces, il y a ce groupe et en plus c’est dans l’impunité puisque on a en tête je pense tout ce groupe Facebook de 8000 policiers. Ben Rabiot officiel sur Facebook qui est sous le coup d’une enquête du parquet et qui malgré ça continue à exister. Et malgré ça, moi je continue à recevoir des insultes racistes là-dessus et il y a aussi des menaces sur David, etc. Non, on propose de me catapulter de l’autre côté de la Méditerranée et de m'écarter et compagnie. Je vais dire que ce n’est pas ce n’est pas des arguments en réalité, surtout quand ce sont leurs propres méthodes.
David Dufresne
Alors je suis désolé, c’est un peu bizarre. Je vais être obligé de faire la police. Je sais pas, ce n’est pas trop ça. Alors d’abord, je précise, là je suis en train de montrer le fameux tract dont tu parles A la rage dont je suis obligé de vous dire. Alors d’abord, j’ai oublié de remercier François Robinet et Euryale qui œuvrent ce soir encore comme modo dans le chat. Très sincèrement, ça ne sert à rien de traiter tel ou tel de fachos, de trucs, de machins, Ce n’est pas l’idée. L’idée c’est de, c’est de. La portée de la connaissance, d’apporter du débat, d’apporter de la contradiction. Mais on ne peut pas, ne tombez pas dans la diffamation. Je vous le dis, ce n’est pas ici que ça se passe. On aime ou on ne supporte pas d'être victime de ça sur Twitter, ce n’est pas pour le faire ici. Je suis désolé, Je pense qu’on peut aller au fond des choses sans passer par ce genre de truc. Il y avait, il y avait cela dit des choses intéressantes. Oui. Par exemple RAC ben zéro qui dit alliance, c’est comme la FNCA, leur rôle est important quand les politiques sont faibles. Je crois qu’effectivement il faudra. On en parlera, on en parlera plus tard dans d’autres émissions. Mais je crois qu’effectivement le rôle des syndicats, leur montée en puissance. Certains syndicats de police s’expliquent en effet par une. Une fébrilité du monde politique s'était manifestée sous le règne de Castaner. Darmanin semble s’accommoder beaucoup plus des syndicats, mais il n’est pas dit qu’il ait le dernier mot, c’est à dire comme dirait l’autre. A quand la bis et les syndicats restent et les ministres passent ? Alors je vois qu’il y a derrière T’as quelqu’un qui ? Alors je vis, je vais meubler, je vais meubler, il n’y a pas de souci.
Mélanie Simon-Franza
Pour les questions Twitch, n’hésitez pas vraiment à poser vos questions sur Facebook aussi bien sur la page Les films qui font débat. On attend, on attend vos questions. Il y a Rodrigo de Las Vegas qui nous dit Merci d’organiser cela et ce sujet est crucial. Pourquoi Benalla n’est pas en prison à cette heure-ci ? Pourquoi cet homme est-il tant protégé ? Vaste question.
David Dufresne
Alors déjà ? Je vais laisser Taha Bouhafs répondre mais. Pas sûr que la prison soit la meilleure chose. Je ne suis pas sûr que de souhaiter la prison soit forcément le premier réflexe. Moi, j’aurais en revanche souhaité justice. Oui, et là on peut effectivement s’interroger sur la lenteur de la justice, mais je laisse à donner son point de vue.
Taha Bouhafs
Ben moi je suis un peu comme toi, mais je ne suis pas pour les gens et en taule je compte la prison de base. Donc ce n’est pas une solution. Mais c’est vrai que bon, c’est un peu rageant de savoir que certains vont en taule pour une fourchette qu’ils ont chopé dans le Fouquet et d’autres peuvent taper, peuvent frauder, peuvent avoir des passeports diplomatiques par ci par là, des téléphones cryptés, magouiller avec des oligarques russes en servant, faire tout ce qui suit, vendre tout ce qu’on connaît de l’affaire Benalla et puis continuer à pouvoir faire le kéké très tranquillement sur Twitter, être invité à BFM TV et comme un consultant sécurité, continuer à faire son business sur notre dos, tout simplement. C’est vrai que c’est sympa, on a un petit goût amer dans la bouche Entre nous, si on fait le moindre pas de côté dans les six mois, on est devant un juge donc bon. Je n’ai pas d’autres choses à ajouter, à part que les puissants sont souvent protégés et puis, et puis et puis voilà quoi. En vrai, l’affaire Benalla est intéressante du point de vue des mécanismes politiques. Mais c’est vrai qu’au niveau de la justice, quand on est forcément proche du pouvoir, ça traîne.
Mélanie Simon-Franza
Le sujet des violences policières s’est imposé par la force des choses ou c'était déjà des sujets qui vous passionnent depuis toujours ?
Taha Bouhafs
Tu veux commencer ou je commence ?
Mélanie Simon-Franza
David ? Vas-y, vas-y !
Taha Bouhafs
Moi je me faisais baffer par les keufs des douze ans donc si tu veux, ça s’est un peu imposé à moi. Bon, les violences policières, je connais. Avant même de bosser et de travailler sur la question, bah je subissais quoi ? Comme toutes les personnes arabes dans ce pays quoi. Donc c’est vrai que je suis devenu journaliste parce qu’il y avait ces choses qui existaient et donc forcément je bosse sur ces questions
David Dufresne
Alors moi c'était moins les violences policières que la police. En fait, il se trouve que dans mon boulot, depuis une trentaine d’années, je m’occupe parfois de la police, puis je l’abandonne, la laisse très longtemps, puis je reviens. Bon, là, et la période sans doute dans ma vie la plus longue où je me consacre à la police. Et d’ailleurs cette émission est le prolongement, alors qu’il y a encore trois semaines, je disais à mes amis que j’allais tout laisser tomber pour passer à autre chose. Moi, je m’intéresse beaucoup à la police depuis une trentaine d’années, surtout en fait. Sur l’aspect du rétrécissement des libertés qu’elle peut et qu’elle peut incarner, et donc que ce soit le maintien de l’ordre, que ce soit l’antiterrorisme, que ce soit le renseignement. Ce sont des questions qui m’ont toujours, toujours passionné. Mais là, je dois dire qu’avec l’avènement finalement du travail de gens comme toi, Gaspard, Stéphanie, Roi, comme Émile Busines, comme beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres, moins connus, etc. L’irruption de cette documentation, de ces vidéos, de ces photos, de ces de ces témoignages, puis le travail et en même temps le travail des comités, notamment des comités de quartier, des collectifs dans les quartiers qui depuis cinq, dix, quinze, 20 ans, fournissent un travail de fond, certains collectifs d’avocats, le travail de certains chercheurs. En fait, en ce moment, il y a eu, il y a une matière absolument passionnante et qu’il faut qu’il faille tenter de soutenir, d’aider et d’accompagner. Et puis voilà quoi. Je crois que si on ne s’intéresse pas à la police, de toute façon, la police s’intéressera à nous donc. Ça vaut le coup de le faire quoi ?
Mélanie Simon-Franza
Une autre question sur Twitter 154 qui demande que les syndicats de police aient un accès plus important aux médias que les victimes de violences policières. Qu’est ce que vous en pensez ?
Taha Bouhafs
Euh bah tout simplement parce que faut regarder la coloration politique des médias dans lesquels ils sont invités. Mais en réalité, quand on sait que depuis des années, depuis que tu es gamin, t’allumes ta télé trois fois par semaine, le soir, t’as des émissions, euh. C’est des odes aux sécuritaires et à la police en quête d’action avec la BAC de Barbès, avec la brigade machin chouette de Nice, avec la gendarmerie C’est trois fois par semaine, toutes les semaines depuis des années. Et en réalité, toute cette sauce, cet aspect sécuritaire et ce tournant qu’on est en train de vivre aujourd’hui dans l’aspect législatif et politique des choses, notamment avec la loi Sécurité globale qui est un véritable basculement dans notre modèle de société vers le tout sécuritaire, vers le tout répressif, vers une société de surveillance de masse où on accorde des prérogatives très importantes à des agents de sécurité privée, à la police municipale avec les drones, avec les caméras de surveillance, avec l’interdiction de fumer, la police, etc. Tout ça, c’est le terrain a été préparé en réalité par tout un tas de médias, et notamment à la télévision, surtout la télévision, où on a eu pendant des années des reportages qui expliquaient en réalité que le problème de la France, c'était la fin, c'était le côté sécuritaire et le côté de la police qui attaquait de toute part Alors qu’en réalité, bien sûr, je peux entendre qu’il y ait des conditions de travail qui soient difficiles dans la police nationale, mais ça, c’est pas l’affaire des citoyens, c’est l’affaire des politiques qui ne donnent pas des moyens nécessaires ou que sais je, ou les salaires ou j’en sais rien. Ce n’est pas ça. Ce n’est pas le problème des manifestants ou le problème des gens en banlieue. Et puis quand on nous parle de malaise dans la police ou de susciter des suicides, il y en a énormément aussi en France et à France Télécom il n’y a pas longtemps chez les cheminots, etc. Donc il y a eu tout un terrain qui a été préparé pendant des années pour l’avènement justement de cet état police, bon état de police, mais état policier. Et en réalité il y a eu une véritable volonté dans certains médias, on l’a vu pendant, par exemple le mouvement des gilets jaunes, pour prendre des exemples beaucoup plus récents et qui parlent peut être à des journalistes de LCP en caméra embarquée avec les Brav M, cette brigade de répression motorisée, sont les nouveaux voltigeurs. Donc un policier à l’avant en moto et un policier LR avec une matraque. Sauf que dans une moto sur dix, t’as un policier et puis il y a un journaliste derrière une caméra donc. Et souvent et pendant longtemps, on a eu ces journalistes Embedded, embêtés, on dit, c’est-à -dire embarqués avec les dispositifs policiers qui sont en fait juste des relais, de la propagande policière. Ces journalistes aussi parfois, pas tous, mais. Mais ce principe du journaliste de police Justice qui a sa première source, qui disait c’est le commissaire, le commissaire qu’il a de l’autre côté du fil. Et donc ça crée une forme de dépendance un peu malsaine vis-à -vis de la police, de la préfecture de police, des commissaires des commissariats qui sont leur source principale. Et donc le mec va se dire je ne vais pas me fâcher avec le commissaire à faire un papier un peu critique, etc. Ou inviter tel ou tel parce que derrière moi j’aurais plus une petite info pour mes faits divers ou pour mes affaires. Donc il y a un vrai problème et donc du coup politique et d’architecture structurelle, même dans le dans les médias et dans le journalisme.
David Dufresne
Alors il y a plusieurs personnes qui évoquent dans Le chat le journalisme de préfecture. En fait, faut savoir que c’est un terme qui est très vieux, qui date de presque un siècle. On disait les préfectoraux, donc c'était l’idée. Donc à part la préfecture de police, ils vont prendre leur source uniquement à la à la police. On avait eu l’occasion d’en parler avec Marie Halimi. Alors, il y a des gens qui s’inquiètent il y avoir et je crois qu’il est chez lui armé d’une capuche. Je ne sais pas si je dois montrer à capuche ou pas. Oui, donc je vais lui donner la parole. Alors là aussi ça va faire partie je pense dans post des femmes d’un sujet récurrent sur la médiatisation, etc. Je note quand même que, notamment avec les gilets jaunes, il y a eu, il y a eu un effet assez fort, où une partie des gilets jaunes qui ont eu affaire à la police et à la justice ont justement tout d’un coup compris que c'était plus que la police n'était pas Bernard de la Villardière. Pas, ce n’était pas la police de ce bout, Bernard, il avait rien à voir. Et donc il y a eu un sentiment presque. De trahison. C’est à dire que quand on entendait dans les salles de pas perdus du tribunal de Paris des comparutions immédiates, on voyait presque le désarroi de gens qui ne pensaient pas la police et tout ça parce qu’ils avaient été biberonnés à TF1 et M6, etc. Et donc je pense que sur ce plan là, il y a une évolution qui va s’opérer. Il y a quelques émissions qui quand même essayent de temps en temps comme envoyé spécial, qui peut temps en temps à heure de grande écoute. Bon, voilà le terme violences policières aujourd’hui. Il apparaît tout le temps au point d’ailleurs que le policier qui a poursuivi ce matin, qui t’accuse. De l’avoir filmé. Violemment. Et surtout, il y a une confusion sur les violences policières. Tu peux raconter ça ou pas ?
Taha Bouhafs
Ah oui, bon, c’est une anecdote, mais le gars donc qui m’arrête, le policier qui me demande d’arrêter de suite. Bizarre, il se rapproche de moi, il commence à m’aider, à me pousser à mettre un coup et puis il me dit arrête, je vais, je vais t’arrêter. Et pourquoi ? Il me dit pour violences policières.
David Dufresne
Ce qui montre combien le terme est entré dans le langage courant.
Taha Bouhafs
Là où il y avait des guillemets ou voire pas du tout, qui n'étaient pas du tout utilisés. Alors oui, c’est ça.
David Dufresne
On va donner la parole à Maître Alimi qui n'était pas habillé comme ça au tribunal de Créteil tout à l’heure, qui était et qui était en robe d’avocat.
Arié Alimi
Non, mais je voulais d’abord préciser à Monsieur Dufresne, Monsieur le jeune local, que toute équipe, toute confusion avec un personnage fictif ou réel. Ce serait comme ça, il faut le dire. Parce que les jeunes locaux, ce ne sont pas des racailles, hein. Même si on pourrait le croire et les journaleux également ne sont pas des racailles. Les policiers non plus ne sont pas des racailles, faut le préciser, c’est important. En revanche, effectivement, il y a une confusion qui passe peu.
Mélanie Simon-Franza
Plein d’autres questions, des années ou Arié pourrait évidemment répondre d’accord. Alors je pense que c’est un plus dans la continuité de ce qui vient d'être dit sur Twitch. Minho dit Êtes vous positif sur l’avenir vis à vis de l'évolution des mentalités et de la connaissance ? Sur la réalité de la violence policière ? Je peux répéter.
Arié Alimi
est ce que j’ai le droit de garder le silence quand on me pose des questions ?
Mélanie Simon-Franza
Écoutez, vous êtes l’invité surprise du conseil, faites des efforts.
Arié Alimi
Mais je suis ravi de vous rejoindre ce soir. Et donc si vous pouviez juste répéter la question pour que je puisse y répondre.
Mélanie Simon-Franza
Êtes vous positif sur l’avenir vis à vis de l'évolution des mentalités et de la connaissance ? Sur la réalité des violences policières ?
Arié Alimi
A cette question très précise, je crois qu’on s’est tous rendus compte que, effectivement, le mot d. Le mot violences policières est devenu quand même un mot qui. Qui est dans le champ médiatique et dans le champ politique. C’est un mot qui est discuté, y compris au plus haut niveau de l'État. Pendant un temps, on a eu et on le voit dans le film d’ailleurs, Emmanuel Macron, puis Castaner, puis maintenant on a également le nouveau ministre de l’Intérieur qui pendant un temps ont contesté mordicus le terme violences policières en disant que les violences policières n’existaient pas. Et puis il y a eu un basculement et je pense que le basculement, il n’est pas, il ne vient pas de nulle part. Il vient également du travail des journalistes. David, et tous les journalistes qui travaillent sur les violences policières récurrentes, qui les mettent à jour, qui les mettent dans le champ médiatique et qui rendent compte. Et c’est parce qu’il y a ce travail également, le travail des associations et le travail des avocats également. Mais c’est parce qu’il y a tout ce travail qui est requis, qui relève de l’ordre du discours, parce que le discours, c’est important. Il y a une vraie guerre sur le discours et sur la sémantique, mais également sur la réalité de ce qui se passe dans le rapport entre la police et les citoyens, que le mot violences policières a finalement dû être reconnu, y compris au plus haut niveau de l'État, c’est un basculement important. Donc on peut se féliciter de cette évolution des mentalités parce que ça ne peut qu’avoir des conséquences sur le quotidien des personnes qui sont interpellées, qui sont contrôlées en permanence. Ça, ça ne peut qu’avoir une conséquence sur le traitement judiciaire des violences policières. Parce que si le grand public et les politiques acceptent ce terme et reconnaissent qu’il y a un caractère systémique dans les violences policières ou tout au moins des violences policières, eh bien on va pouvoir obtenir pour les victimes réparation et des procès et éviter que ça ne se reproduise à déterminer un bruit plutôt positif sur cette évolution. Et puis en plus, il y a de plus en plus de questionnements dans la société civile et dans la presse et aussi devant les tribunaux. Il y a de plus en plus de mises en examen de policiers, là où peut-être avant il y avait moi et elles étaient moins, moins massives. Notamment. Je ne sais pas si vous vous souvenez, et c’est aussi grâce aux réseaux sociaux et au travail fait par les uns et les autres. Mais, je ne sais pas si vous vous souvenez de l’histoire de Samir. C'était un réfugié égyptien qui avait été frappé et est traîné, sorti de la Seine et avait été traité de sale bicot par des policiers qui en riaient et qui s’amusaient à tabasser ensuite dans le camion de police. Quand on a révélé cette vidéo, deux policiers ont été suspendus et là, normalement, l’audience arrive. Quand il y a un policier qui est poursuivi pour cette affaire et qui passe, alors il est devant un tribunal correctionnel. Il y a eu une première audience depuis ce fait la semaine dernière. Sauf qu’il y a eu un renvoi pour la simple et bonne raison que on n’a pas accepté que le procureur de la République ne se contente de poursuivre les injures à caractère raciste parce que le policier avait dit un bicot comme ça, ça ne nage pas, ça coule précisément ça. Et étrangement, le procureur de la République, alors que dans la vidéo que tu avais obtenu un de ces témoins qui avait filmé la scène, sans laquelle d’ailleurs il n’y aurait pas de poursuite, eh bien le procureur a estimé que les violences qu’on entendait dans le camion, on entendait Samir crier dans le camion que ces violences, finalement, n’avaient pas à être poursuivies. Donc oui, il y a une évolution également dans le traitement judiciaire du film aujourd’hui. En fait, c’est grâce justement au fait que les gens ont un téléphone portable et puissent filmer ce type de scène, qu’il y a de plus en plus de poursuites. Et c’est grâce aux journalistes qu’il y a un traitement de ces images qui permet de faire advenir la vérité.
David Dufresne
Maintenant, Donald nous dit que les violences ne sont pas un problème pour la hiérarchie policière, seulement le fait qu’elles se voient.
Arié Alimi
Bah oui, mais d’ailleurs aujourd’hui, il y a quelque chose qui s’est passé à cette audience qui est assez fascinant, c’est qu’on a eu une diffusion des images de TAS et il faut dire qu’on a eu beaucoup, beaucoup de mal à les obtenir, ces images. Je pense que ça a dû être dit depuis le début, puisque le téléphone portable avait été mis sous scellés, non exploité pendant la garde à vue volontairement, et que le procureur de la République qui protégeait les fonctionnaires de police refusait qu’on l’obtienne au téléphone portable parce qu’ils savaient très bien ce qu’il y avait dedans. Ils savaient très bien qu’il y avait la vérité et ils savaient très bien que les fonctionnaires de police avaient menti. Grâce au travail qui a pu être fait, on a pu obtenir ces images. Et malgré la diffusion de ces images devant des journalistes, devant le veut le procureur de la République, la procureur de la République, devant l’avocat, devant Monsieur le Maire, malgré ses images qui étaient éloquentes, eh bien ils ont quand même réussi à nier l’existence des images, comme s’ils ne voulaient pas les voir alors qu’elles étaient devant leurs yeux. Et c’est vraiment assez effrayant en réalité.
David Dufresne
Donc il y a aussi des petits mots. Un petit mot pour Taha Bouhafs tant de Guillaume Quintin qui dit Salut les camarades a pu être accepté cet après 12 h, mais j'étais là en pensée, pour la partager aussi.
Arié Alimi
Merci
Mélanie Simon-Franza
Sur Twitch Ratus 698, Où en est- on de l’histoire des caméras embarquées par les policiers ?
David Dufresne
Alors ce n’est pas une histoire, c’est à dire que c’est la généralisation des caméras piétons est ce qu’on appelle les caméras piétons. J’imagine que c’est de ça dont 698, c’est bien ça ? Euh veux parler à l’idée. Si c’est généralisé, alors la promesse qui est faite, c’est de dire en filmant on va pacifier, ça va pacifier la relation entre le l’interpeller ou le contrôler et le contrôleur et l’interpeller, et le policier, etc. Il se trouve qu’en fait, quand on regarde les études qui ont été produites aux États-Unis, on a toutes, toutes sortes de résultats et plutôt des résultats qui disent que non, ça n’a pas tout à fait cette vertu là. L’autre vertu, ce serait de produire en justice des images d’une certaine manière, de renverser exactement ce qui s’est passé ce matin. C’est à dire que ce matin, on a pu démontrer, grâce à une vidéo que, a minima, ce qui était raconté par les policiers ne correspondait pas à ce que l’on entendait et ce que l’on voyait dans la vidéo ci vous la. Paroles de la présidente qui a parlé de d'éventuelles falsifications de mensonges et qu’il y avait rupture de confiance entre la justice et la police. Et donc l’idée de la caméra piéton, c’est en tout cas vendu comme ça, et notamment dans la loi sécurité globale. C’est vendu comme ça. Comme ça la police va pouvoir produire, va pouvoir se défendre, va pouvoir produire des vidéos. De quoi se défendre, de quoi démontrer, elle, qu’elle travaille bien. Or, comme je viens de vous le dire, les études américaines d’où vient la question de la qualité des caméras piétons démontrent que c’est pas aussi simple que ça. Pareil, ça c’est un sujet qu’on pourra peut être aborder avec des gens dont spécialisés là dedans. Est ce que toi tu veux dire quelque chose par rapport à ça, dans des dossiers que tu as pu connaître ?
Arié Alimi
Oui, je peux rajouter quelque chose pour rappeler d’ailleurs que les caméras piétons, elles sont ont commencé à apparaître pour substituer ce qui avait été promis par François Hollande, à savoir le récépissé au moment des contrôles d’identité, Ces récépissé qui devaient être donnés normalement, c’est ce qui C'était une promesse présidentielle à chaque fois qu’une personne se faisait contrôler, justement pour essayer de réduire ou d’inciter à réduire les contrôles au faciès pour laquelle la France a été plusieurs fois condamnée. Manuel Valls a dit non parce que les policiers ne voulaient pas. Et donc là, des gens ont envoyé le lobbying des syndicats de police à la manœuvre et il a dit Bon, on faut bien qu’on fasse quelque chose, donc on va faire des caméras piétons. Première chose, sur ces caméras piétons, celles qui ont été commandées, qui ont coûté assez cher, elles ne fonctionnent pas. Et il y avait un bug et on l’a vu d’ailleurs dans certains dossiers. Je ne peux pas évoquer les dossiers, mais il y a certains dossiers où on a vu que les images n’aient été mal prises ou qu’il y avait un bug dans le logiciel. La deuxième chose, c’est que ces caméras ne sont actionnées que sur la seule volonté du fonctionnaire de police. Qui ? Qui l’a ? Qui détient cette image ? Et en plus, c’est quoi cette image du bus finalement ? C’est le regard du policier. Ce qui veut dire que c’est l’angle du policier qui est pris par ces images. Enfin, il y a une dernière chose, c’est que ces images, elles posent problème. Parce qu’aujourd’hui, dans la loi Sécurité globale, on a tout un pan à l’article de la loi Sécurité globale qui tend à utiliser ces images, cette fois pas forcément en faveur des personnes qui sont filmées, c’est à dire les militants, les manifestants, les passants, les personnes contrôlées, mais plutôt en leur défaveur puisque l’objectif est d’utiliser les images de ces caméras piétons qui vont être centralisées sur un centre de commandement et de pouvoir utiliser immédiatement ces images, c’est à dire la préfecture de police, par exemple, pour pouvoir communiquer avec ces images en violation de la vie privée des individus. Par ex. Sur les réseaux sociaux, on utilise finalement, en utilisant des images de personnes qui sont filmées pour faire des commentaires, notamment dans les manifestations. On a vu ce que ça a donné dans les manifestations, notamment les manifestations du comité pour Adama Traoré où on voyait la colère, la préfecture de police qui faisait des tweet pour essayer de dénigrer ou de politiser la manifestation. Voilà, il y a une forme de propagande qui va être utilisée ou qui va être développée grâce à ces caméras piétons. Et donc il y a un danger finalement dans l’usage de ces caméras piétons. J’espère qu’elles serviront plutôt à un traitement judiciaire pour les violences policières à l’avenir.
David Dufresne
Oh maître et soyez gentils de ne pas considérer cette émission Au poste un comme un concours d'éloquence où la plaidoirie pourrait durer des heures. Nous allons donner la parole au Téléphone, sonne Mélanie.
Mélanie Simon-Franza
. Je suis aussi de retour pour vous rappeler que nous sommes donc à celles et ceux qui nous rejoignent donc en live pour un débat sur un pays qui se tient sage avec le journaliste à Bois, Maître Arié, à l'émission Avocat et l’avocat de bien d’autres évidemment, et David Dufresne, le réalisateur du film. N’hésitez pas donc à poser vos questions, j’en ai pas mal déjà en stock sur Twitch, Pardon pour la prononciation. TW Pink demande que la privatisation de l’exercice de la force semble se généraliser sur certains théâtres. Avons-nous à craindre une militarisation de l’action répressive étatique ?
David Dufresne
On peut évoquer le procès de ce matin. Ce matin, a rappelé le film Un piquet de grève. Il voit des gens qui empêchent les grévistes d’arborer leurs couleurs, leur drapeau, etc. Et donc pour autant, il y a des gens de la sécurité privée qui sont là. Et il y a également des policiers qui sont là pour le terme officiel sécuriser à la fois la grève et en fait tout, tout, toute l’ambiguïté, c’est qu’on ne sait pas qui, qui est, qui est policier, qui est vigile, qui est de sécurité privée, etc. La loi Sécurité globale dont, je le rappelle, elle repasse au Sénat les seize, 17, 18 avril 16, 17, 18 mars. Axent beaucoup sur la sécurité privée et sur la privatisation d’une partie de la sécurité. Donc effectivement, ça, c’est un des enjeux. Sécurité globale, c’est ce que ça veut dire. Ça veut dire que, avant, la loi s’appelait le continuum sécurité globale, continuum sécuritaire, c’est la même chose. C’est l’idée de dire qu’il faut que le privé prenne sa part dans la sécurité. Et l’argument qui est posé aujourd’hui officiellement, c’est de nous dire Coupe du monde de rugby 2023, Jeux Olympiques de 2024, Il n’y a pas assez de policiers. Il faut aller chercher des services privés parce qu’il ne faudrait pas faire comme en Angleterre lors des derniers JO où finalement c’est l’armée qui a dû faire la sécurisation des Jeux olympiques. Donc on en est là et on parle de plus en plus de sous traitance, de sous traitance, de la sécurité de la police vers moi. Et d’annoncer C’est très clair pour ceux qui prennent le métro à Paris sur la même ligne si la RATP est publique. On n’est pas des agents de police nationale. C’est très clair pour la SNCF, c’est très clair pour les vigiles. Et aujourd’hui, on sait que grosso modo, entre le privé et le public, on a entre 430 000 et 500 000 personnes dont c’est le métier, dont la police, mais la sécurité et le métier. Donc en effet, c’est l’enjeu dans lequel on est en train d’entrer complètement. Est ce que vous voulez dire quelque chose là dessus ou pas ?
Arié Alimi
.Moi j’ai trop parlé, alors je laisse la parole à Taha
David Dufresne
Alors. Sur Facebook, Pierre Gilbert demande. Il dit : J’ai vu ce doc. J’imagine qu’il parle d' un pays qui se tient sage. D’où viennent les chiffres ?
Taha Bouhafs
Ces chiffres, ils viennent de recoupements, ils viennent d’un travail que j’ai et que j’ai effectué et que d’autres ont effectué. Ils viennent d’aller place Beauvau, tout simplement. Et c’est comme ça que ça démarre. Ça démarre sur le terrain lycéen début décembre 2018. Je ne puis parler des lycéens et qui est en train de perdre son œil. Après et bien après. C’est en janvier. C’est à Strasbourg. Et lui, il sort des soldes et il prend effectivement un projectile de LBD. Donc voilà, ces chiffres là. 27 éborgnés et cinq mains arrachées. Ils viennent du travail. À la place Beauvau, il y a d’autres, d’autres collectifs, des collectifs ou des pages Facebook qui avaient fait ça pour des chiffres qui n’ont jamais été contestés par l'État français et qui ont été repris par le Parlement européen, par le Conseil de l’Europe, par l’ONU, par Amnesty International, par tout un tas de gens. Et ça n’a jamais été contesté. Pour une raison très simple, c’est qu’en réalité, ils sont en deçà de la. Quand à l'été 2020 je crois, on a eu l'étude des ophtalmologistes des C.H.U. De France. En fait, on s’est rendu compte qu’il y avait eu plus de débats. Mais ces éborgnés, si j’ose dire, on n’en avait pas eu trace sur les réseaux sociaux où les proches ne m’avaient pas contacté, etc. Donc en réalité, on est en deçà et c’est évidemment ça qui a totalement modifié la donne. C’est à dire que, en six mois, le maintien de l’ordre français avait mutilé autant qu’en 20 ans le LBD, en tout cas, avait éborgné autant en quelques mois qu’il ne l’avait fait en 20 ans, notamment dans les dents dans les quartiers qui vont très bien. Le changement d'échelle. Voilà d’où viennent ces chiffres. Et puis ce n’est pas nouveau, les débordements, je pense à madame Kébé. Qu’elle repose en paix, qui avait été éborgné par la police aussi. Un jeune, il n’y a pas si longtemps que ça, qui a été éborgné par la police à Grenoble. Un jeune adolescent, je crois, Carrier aussi, le défend. Enfin, ces histoires là, on entend, on en entend parler depuis très longtemps. Et ce n’est pas depuis les gilets jaunes que les gens ont commencé à être blessés, voire éborgné par la police. Et effectivement, comme le dit David, c’est des chiffres qui sont bien en deçà de la réalité, parce qu’il y a tout un tas de gens qui n’ont pas Twitter et qui n’ont pas envoyé de mail à la place Beauvau, qui n’ont pas eu accès à ça et qui, dans l’impunité la plus totale et dans le silence le plus assourdissant, on subit justement ses traumatismes et ses blessures. J’ai envie de parler de guerre.
Mélanie Simon-Franza
Je poursuis mes questions sur Twitch. Asmodée demande Comment faites vous pour tenir moralement, tant pour les procès injustes et David pour le film et le montage ? Combien de fois avez-vous pleuré ? Moi je n’ai fait que ça pendant la durée du documentaire
Arié Alimi
Et ce n’est pas à nous qui faut demander ça. C’est surtout à ceux qui ont été victimes de toutes ces violences, parce que c’est eux qui ont tout perdu leur boulot, qui ont eu leur vie transformée, qui ont des traumatismes physiques et psychologiques, qui sont insondables, dont on ne parle pas beaucoup. Donc c’est plutôt d’eux dont il est question. Non ? On fait juste le job et on essaye de faire le mieux possible. C’est dur quelques fois, mais c’est surtout pour eux qu’on le fait. Donc faut vraiment remettre les victimes au centre et pas ce qui milite pour les victimes.
Mélanie Simon-Franza
Vous voulez ajouter quelque chose ou je passe ?
David Dufresne
Non, je pense qu' Arié a dit l’essentiel. Mais évidemment, évidemment qu’on ne réalise pas un film comme ça, on n’en sort pas indemne. De la même manière que j’imagine que pour un avocat passé des années là dessus, c’est difficile, le TAS n’en parle pas. Et des questions plus personnelles qui passent notamment avez vous peur pour votre intégrité physique lors de vos reportages sur le terrain ? La pression morale doit être insoutenable. Euh oui, bien sûr, Tout ça est juste et j’en profite puisque j’ai un œil sur le Tchat pour remercier Enfant sauvage 51 qui effectivement donne justement l’histoire du flash ball et rappelle que c’est la base d’une arme de groupe d’intervention pour des forcenés avec otages dans le but d’appréhender avec le moins de risque de tuer. Voilà, ce sont pas du tout des armes qui en effet qui ont été le Flashball, qui Le père du LBD n’a pas du tout été inventé pour être dans des dans des moments de mouvement, de cavalcade, de cavalcade ou de choses comme ça. Ce qui fait que les polices européennes, la plupart d’entre elles, ne l’utilisent absolument pas dans le maintien de l’ordre parce que ce n’est pas du tout fait pour ça.
Taha Bouhafs
Je pense que voilà, on sait aussi dans quoi on s’aventure quand on fait ça aussi. Et on le fait parce que ouais, effectivement, il y a des gens qui subissent bien plus et qui malheureusement eux n’ont pas la chance d'être médiatisés. Moi je les ai déjà imposées. Je pense que ça doit être vraiment terrible pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’avoir le soutien des syndicats de journalistes, d’Amnesty de compagnie, des médias, médiatisation et tout Après c’est vrai que c’est compliqué quand t’es harcelé sans cesse par les syndicats de police qui étaient menacés de mort sur les réseaux sociaux, que tu te fais interpeller tous les quatre matins, que tu te fais frapper par le policier, le premier policier venu, que effectivement il y avait la question est ce que t’as peur pour intégrité physique ? Forcément. Et en même temps c’est aussi pour ça. Et puis. Et puis il y a tellement de gens qui ont souffert de ça, il y a tellement de gens qui en souffrent et malheureusement dans l’impunité et dans l’obscurité la plus totale qu’en fait, il se passe plein de quoi ? Moi je ne sais pas me plaindre. Et puis moi continuer à faire ce qu’on fait quoi. Pour ceux n’ont pas cette chance là.
Mélanie Simon-Franza
Marion sur Facebook, demande quelles sont vos premières impressions concernant le Beauvau de la sécurité qui se tient depuis un mois maintenant ?
David Dufresne
Moi, je le regarde religieusement. Tous les lundis de 9 h du matin, après 12 h, 12 h car ça dépend des jours. Premier Beauvau sur la communication, le deuxième côté sur l’encadrement. Les chefs et chefs doivent être chef en phrase et le troisième ct lundi dernier. Je vous Je vous réfère à l'émission qu’on a faite là dessus. Le bureau de la sécurité ici, c’est évidemment la mascarade totale. C’est-à -dire que ça se voudrait être un moment de transparence, de débat sur les pratiques policières. Et en fait, c’est un entre soi, mais c’est un entre soi qui se voit puisqu’il est transmis. En fait, on n’est pas nombreux à le regarder honnêtement, on est plus nombreux à en parler dans cette émission qu'à regarder en direct. Et les chiffres sont si catastrophiques parfois 22 personnes sur Tweeter qui vivent ce qui se passe et à peine 70 cents sur Facebook. Autant dire que l’opération de charme ne fonctionne pas du tout. Mais on y apprend à rester concentré parce qu’il y a de quoi s’assoupir. Mais on y apprend toujours des choses, notamment sur la philosophie de l’institution, sur les rouages, etc. Après, par rapport à ce qu’on aurait pu attendre, c’est à dire que d’une certaine manière, on pourrait dire que le bobo de la sécurité, c’est justement la réponse à ce débat qui est montée mois après mois, année après année. C’est une réponse qui n’est absolument pas à la hauteur, absolument pas à la hauteur. Mais ce qui est saisissant quand même, c’est de se dire que tout ça est assez et assez peu préparé. Sauf peut-être les gendarmes dont il faut dire qu’ils sortent un peu plus leur épingle du jeu. Mais alors les policiers, si. Est ce que cette. Et ce n’est pas de ce n’est pas de, ça ne rend pas optimiste. Après, il y a des moments de rigolade. Quand Gérald Darmanin demande à Frédéric Veaux, le patron de la police et fois il n’a pas de vous les policiers grâce à Colombo. Bon bah là on rigole quand même. On en est là quoi ? Et ça se passe dans un dans un beau salon, le salon fumoir du ministère.
Taha Bouhafs
C’est celui où t’as claqué la porte là.
Mélanie Simon-Franza
Alors j’ai d’autres questions. Alors sur Twitter de Nico Donald qui demande que la justice couvre la police en même temps, qui fait les enquêtes pour la justice ? C’est une question pour Arié
Arié Alimi
Qui fait les enquêtes sur la justice ? c’est un vaste débat, mais on a des inspections générales et générales des services pour la justice, mais il n’y a pas véritablement de services enquêteurs spécifiques pour les laissés pour la justice elle-même et les services judiciaires. Il y a des services d’enquêtes administratives, mais c’est tout. Sinon, c’est le procureur de la République qui fait des enquêtes sur la justice, sur les fonctionnaires de police ou bien des juges d’instruction. Parce que quand on passe en instruction, ce sont des juges, un des plus indépendants que le procureur de la République qui font des enquêtes. Et il confie ses enquêtes à un service d’enquêtes spécifiques quand il s’agit de policiers. C’est l’IGPN, l’inspection générale de la police nationale ou bien l’IGPN l’inspection générale de la gendarmerie nationale. Et c’est un peu compliqué parce que ce sont eux mêmes des policiers ou des gendarmes qui enquêtent sur des policiers ou des gendarmes. Et on s’est rendu compte qu’ils avaient même une ligne politique. Quand on se souvient des propos qui avaient été tenus par la directrice générale de l’IGPN, qui avait clairement dit que les violences policières n’existaient pas. C’est un peu compliqué de confier à un service d’enquête dont la ligne politique est de considérer que les violences policières n’existaient pas. Décoder les enquêtes sur les violences policières ? Donc oui, c’est un système qui doit être changé. C’est pour ça qu’il y en a beaucoup qui militent aujourd’hui pour qu’on objective un peu les systèmes D sur les policiers, mais également sur la justice en le confiant à des services plus autonomes et indépendants.
David Dufresne
Maître, que pensez-vous de la réforme de l’IGPN ? La réforme qui est évoquée mais qui n’est pas du tout débattue réellement et propositions, mais de portrait très timide. Mais qu’en pensez-vous, Maître ?
Arié Alimi
Je pense qu’il n’y a qu’il y a des promesses qui n’engagent que ceux qui les disent, mais pas forcément qui les tiennent. Donc oui, on parle, on commence à parler de réforme de l’IGPN à la suite de demandes d’essai ou d’affaires importantes, comme celle du décès de Cédric Julliard ou. Ou d’autres encore. Mais pour l’instant, il n’y a pas de réforme. Il faut qu’il y ait une réforme pour qu’on ait une justice qui soit au dessus de tout soupçon et au dessus de tout corporatisme. Voilà ce que j’ai à dire. Il y a quelquefois des enquêtes qui sont bien menées à l’IGPN, parce qu’il y a quelques services qui ont vraiment pris conscience de la problématique. Mais si on ne pousse pas politiquement, il s’arrête. Et donc la réforme oui.
David Dufresne
Et puisqu’on est en train de perdre le jeune Taha Bouhafs On peut dire que sur l’histoire de ce matin, l’IGPN a quand même rendu un rapport assez cinglant concernant le tweet. fait par le policier en parlant de procédure incertaine et douteuse, je crois et je répondrai tout à l’heure à la question de bolchévik -qui demande si on a des exemples de police qui fonctionnent mieux avec d’autres principes dans d’autres pays, Mais sur l’histoire de TAS, en fait, il y a plusieurs enquêtes et notamment une de la DGPN.
Arié Alimi
Effectivement, nous on a déposé plainte assez rapidement et en fait on s’est retrouvé dans un cas de figure absolument incroyable. C’est que, au moment où le téléphone avait été placé sous scellés et qu’on a fait la demande de restitution, etc. Il y a eu l’enquête de l’IGPN qui est déclenchée quelques jours après mon arrestation, le dépôt de plainte que je fais d’ailleurs directement en garde à vue. Et donc on va enquêter, qui veut savoir ce qui se passe, en tout cas qui demande, qui convoque, qui fait, qui fait et qui fait son enquête tranquillement et qui demande donc l’accès aux vidéos que j’ai tourné, qui sont sur mon téléphone au tribunal. Et on a donc le procureur, le parquet qui refuse de transmettre à l’IGPN les vidéos et le téléphone. Donc on a l’IGPN qui va enquêter et le parquet qui en présence du ministère public qui dit un bon nombre au fils téléphone quoi. Donc on s’est retrouvé dans un truc complètement ouf où j’ai aidé à enquêter effectivement et à déterminer envoyer un mail avant même de rendre son rapport, ce qui, je crois, je crois, est assez rare et me reprendra si c’est faux. Mais avant même de rendre le rapport à la justice, ils ont envoyé un mail avant la veille de l’audience en disant Attention, on n’a pas encore rendu notre rapport, mais on vous alerte quand même sur le fait, madame la Présidente, que la procédure qui est intentée contre ta boite est incertaine, voire douteuse. Mais ensuite, ce qu’ils ont fait, c’est qu’ils sont allés convoquer tous les policiers qui étaient présents, y compris le chef, et qu’ils auront demandé des comptes. En fait, ils ont demandé pourquoi vous vous êtes dit ça alors qu’il y avait ça, pourquoi vous avez fait ça alors qu’il y avait ça ? Et effectivement, on a l’impression que là, c’est plutôt une enquête qui a marché. Alors, je ne sais pas si c’est le côté médiatique qui fait qu’on a une vidéo qui de toute façon démonte la réalité de ce qui s’est passé et qu’avec justement tout le rapport de force politique qui a été engagé par les gens qui travaillent sur cette question et qui ont mis en cause l’IGPN, que ce soit des journalistes, que ce soit les avocats, les collectifs, etc. Et peut être que peut être aller à la niche, je sais, je sais, je ne sais pas très bien entendu Mais il y a aussi tout un tas de gens je pense.
David Dufresne
Pas pour ça, Monsieur Taha Bouhafs il faut écouter, ne pas être plongé sur son téléphone pendant que son avocat parle quand même Après, nous donnerons la parole à la régie. La régie a plein de questions.
Taha Bouhafs
Je disais juste qu’il y a peut être qu’il y a tout un tas de gens aussi à IGPN qui ont peur que l’IGPN disparaisse tout simplement.
David Dufresne
Si l’on en croit certains chercheurs comme Sébastien Rocher, comme Cédric Moreau de Belin, et Effectivement, ce qui se passe par exemple en Angleterre où on a non pas une police des polices, mais on a une sorte de médiateur qui fait travailler des policiers, mais qui fait aussi travailler des chercheurs, qui consulte aussi des associations de victimes. Il semblerait qu’en Angleterre, le contrôle de la police sur la question des violences policières soit beaucoup plus fiable qu’en France. Et même chose en Scandinavie. C’est à dire que quand on apporte un peu d’indépendance, ou plus exactement quand on affirme l’indépendance, le travail est plus sérieux et il est mieux fait.
Mélanie Simon-Franza
Que faire si un policier refuse de communiquer son numéro d’identification ? Elliot Merci d’avance. Donc le référentiel des identités et l’organisation.
Arié Alimi
, tu peux éventuellement l’interpeller. Il n’y a pas grand chose à faire, si ce n’est à prévenir l’IGPN éventuellement. Ou on peut prévenir les IGPN en envoyant un signalement sur la plate-forme. Quelques fois ça peut fonctionner, mais encore faut il alors on peut le filmer aussi. Bon, il faut faire gaffe manœuvre dans une des policiers parce qu’on peut finir au tribunal, mais on a encore le droit de filmer les policiers. Maintenant, je pense que ce n’est pas forcément le fait de cibler spécifiquement un policier qui n’a pas son roi qui est important politiquement. C’est important de dire que les policiers de manière générale n’ont pas le RIO et qu’ils doivent l’avoir. Donc voilà, je pense que c’est plus un problème général qu’un problème individuel.
David Dufresne
Alors quelques questions de droite.
Mélanie Simon-Franza
A votre avis, quel a été l’impact du Black Lives Matter en France ? Y a t il eu un avant et un après ? Dépendant des émotions globalisées ? Mais à quel point faut-il cela pour que les choses changent un peu en France ?
Taha Bouhafs
Moi je pense qu’il y a un truc qui est très important à dire sur cette question, parce que c’est vrai que beaucoup ont dit oui cet été. Les manifestations qui se sont déroulées en France, on est en réalité sur la vague etc. Des mouvements Black Lives Matter aux Etats-Unis. C’est en partie vrai. Mais les gros rassemblements qui ont eu lieu à Paris, il faut le dire, c’est aussi le travail du comité Adama et d’Assa Traoré qui mènent ce combat depuis plusieurs années. Et si à ça, Traoré, elle n’appelle pas à ce rassemblement devant le tribunal de Paris le 2 juin en disant on se ramène devant le tribunal parce qu’ils veulent enterrer l’affaire et que malgré l’interdiction du préfet, elle dit aux gens il faut y aller, on ne laisse pas faire le truc Et que les gens ne se fédèrent pas justement autour de cette figure en réalité, qui a sa Traoré des quartiers populaires et de la lutte contre les violences policières. Ils sont même venu la chercher une dizaine des policiers le jour J. Si elle n’aime pas ce combat là, si elle ne prend pas ces risques là à ce moment-là. En réalité, les manifestations monstres, elles n’ont pas lieu en tout cas à Paris, et je pense que c’est très important de le souligner parce qu’on a tendance à invisibiliser justement ces comités justement quand on a je parle et là je parle des médias et puis du brouhaha un peu médiatique, mais on a tendance à oublier ce travail qui a été fait depuis longtemps. Le juridique, le politique sur le terrain de sensibilisation et notamment de travail auprès des journalistes pour leur mettre la pression sur ces questions. Auprès de la gauche aussi, qui n’a pas toujours été carré sur ces questions, loin de là. Et donc ce travail minutieux qui depuis très longtemps existe, qui justement donne ses fruits à ce moment-là, effectivement dans une séquence particulière qui est profitable à certaines affaires, etc. En France. Mais on ne peut pas juste se contenter de dire oui, il y a eu des grosses manifestations en France, C’est parce que c’est un effet de mode, c’est Black Lives Matter, ça vient des États-Unis. Ce serait complètement faux de dire ça.
Mélanie Simon-Franza
Sur Twitch on vous demande Selon vous, avons nous encore une chance d'échapper à la loi sécurité globale ?
David Dufresne
Clairement non. Est ce qu’on va échapper à quelques articles ? C’est possible. C’est peu plausible, mais c’est possible. Mais la loi en tant que telle de non, elle est, elle et sa philosophie totalement actée, défendue par le gouvernement et par la majorité des députés et des sénateurs. Donc, il y aura bataille sur quelques amendements, notamment les amendements qui ont été apportés finalement par le Gouvernement. L’amendement sur les drones, sur la surveillance, sur les caméras et, évidemment, sur l’article 24. Mais il n’y a absolument aucune chance, au contraire. Si on écoutait les sénateurs l’autre jour dans leur conférence de presse, leur mission a été pour les rapporteurs de la loi. Leur mission a été de rendre légale ce qui ne l'était pas, de faire ce qu’ils ont appelé du droit robuste, et notamment, par exemple sur les drones, de faire en sorte que, effectivement, les drones qui aujourd’hui sont interdits par le Conseil d'État puissent devenir autorisés. L’idée, ce n’est pas du tout de dire ranger les drones. Cela dit, si cette question vous intéresse, la prochaine émission de Au poste lundi, ce sera avec les gens de La Quadrature du Net. Avec Martin, Drago et Benoît qui viendront d’ici à quelques heures, à quelques jours du débat au Sénat sur La loi de sécurité globale. Mais à priori, il y a très peu de chances
Arié Alimi
Oui, je voudrais quand même rajouter un petit truc si tu me le permets David. Il y a de grandes chances effectivement qu’elle soit votée et par le Sénat et par l’Assemblée nationale. Si se mettre d’accord, c’est se mettre pas d’accord, c’est l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot. En revanche, il y a derrière le Conseil constitutionnel. Alors certes, le Conseil constitutionnel y prend des décisions qui quelquefois sont politiques, mais il l’est arrivé dernièrement assez fréquemment même qu’il censure un certain nombre de textes. Et plus il y aura une mobilisation sur certains articles, plus on poussera le cerveau politique du Conseil constitutionnel à accepter son cerveau juridique et à censurer l’article 24 ou à guerre, ou à encadrer l’usage des drones, etc. Après bon bah ce sera une. Il y aura effectivement une loi sécurité globale et j’ai partagé l’avis de David.
David Dufresne
Comme le disent plusieurs, quand tu dis y a les gens qui sont dans le chat, ils s’appellent viewers.
Arié Alimi
Un grand nombre d’articles qui rendaient inapplicable la loi. La loi dit oui et ça peut. Ça peut aussi ressembler à quelque chose comme ça. Maintenant, il me semble improbable que le Conseil constitutionnel censure tous les dispositifs prévus par la loi sécurité globale, c’est à dire les drones, c’est à dire la privatisation de la police, et c’est à dire la loi sécurité globale. S’il y a quelques articles qui vont disparaître, eh bien voilà, c’est la mobilisation qui ne le permet pas.
David Dufresne
Nous devons nous référer à notre Conseil constitutionnel, à nous, c’est-à -dire à Mélanie Est ce que nous avons encore un peu de temps où il faut ? On fait pour l’after ?
Mélanie Simon-Franza
Eh bien, j'étais justement en train de discuter avec la Régie qui me dit ok pour pousser dix petites minutes de plus.
David Dufresne
On va remercier absolument tout le monde, on va prendre encore une ou deux questions.
Arié Alimi
Donc, pour les honoraires supplémentaires, ils adressent la facture
David Dufresne
Ce n’est pas l’aide juridictionnelle.
Taha Bouhafs
Bon, on est d’accord qu’il a gagné le César du meilleur documentaire, là.
Mélanie Simon-Franza
Bien sûr, évidemment.
Mélanie Simon-Franza
On le souhaite, on saura vendredi bien sûr, L’archi favori, c’est le film Adolescente qui concourt dans six catégories, dont celle du meilleur film et celle du meilleur documentaire.
Arié Alimi
Comme dirait l’autre à la fin : C’est nous qu’on va gagner.
Mélanie Simon-Franza
Je prends encore une ou deux questions en plus. Il y en a d’autres qui Yann Desnos, demande A quand la suite de ce film en lien avec l’actualité pour un nouveau doc aussi passionnant et percutant ? En fait, à quand un pays qui se tient Sage 2 ?
David Dufresne
Au Poste. Ça durera le temps que ça durera. On essaie de maintenir la pression sur ces questions-là. Mais en tout cas. Le cinéma, c’est chouette. Donc il y aura non pas une suite, mais d’autres aventures sur grand écran.
Mélanie Simon-Franza
On prend une dernière question si ça vous va.
David Dufresne
Il y a aussi la fin de Dernière sommation qui est totalement ouverte et laisse imaginer une suite. Et même dans Dernière sommation, il y a écrit à suivre. Qui était un peu une boutade, mais peut être qu’il aura une suite.
Taha Bouhafs
Inch’Allah.
Mélanie Simon-Franza
Twitch demande sur les policiers. Sont-ils soumis à des tests psychologiques ?
Arié Alimi
Moi pas à ma connaissance.
Taha Bouhafs
Il y a Assia Balou du journal Le Monde qui a partagé sur Tweeter des éléments d’une enquête avec violence de guerre qui sera disponible à 11 h. Vous êtes au courant des infos à ce sujet ? Ce n’est pas du coup le truc qui vient de sortir sur le commissariat à Vanves où il y a des policiers qui ont cassé le poignet d’une de leurs collègues en la jetant dans une cellule et qui se sont mis d’accord pour accuser un autre gars qui est en garde à vue à ce moment là et qui ont fait des faux PV.
David Dufresne
C ‘est sorti ce soir En effet.
Taha Bouhafs
Je ne sais pas si c’est par rapport à celle dont tu parles.
David Dufresne
Je pense que c’est ça, c’est l’article Au commissariat de Vanves, deux policiers brutalisent une collègue et font accuser un tiers. Un homme a failli être jugé sur la base d’un faux procès verbal de fonctionnaire de Vanves dans les Hauts de Seine ont été mis en examen. C’est un article qui est daté de 18 h 30. Je découvre en même temps que vous. Il y a bien une vidéo, mais voilà la loi du silence. Le procureur de la République a ouvert une information judiciaire et a placé sous contrôle l’un des deux policiers présentés comme celui exerçant un ascendant sur l’autre. Si la jeune policière n’avait pas craqué, non seulement rien ne se serait passé. Mais les dégâts causés par les deux compères auraient pu être pires dans les mois à venir. Ils étaient, a-t -on appris de bonne source sur le point d’obtenir leur habilitation Brigade anti-criminalité, c’est-à -dire dans le monde. Voilà. On se quitte là dessus. Mélanie. Il va falloir. Il va falloir. Donc merci infiniment à vous deux d' arriver à toi. Je me permettrai de signaler le compte rendu du procès de ce matin par 20 minutes. Pour ceux que ça intéresse, où il y a le verbatim de tous les débats et il faut reconnaître que c'était à eux et quelque chose d’assez fascinant en fait. Sur tous les enjeux qu’il y a en ce moment sur la sur la police, le fait de l’observer, de pouvoir la filmer, le sentiment d’impunité, les arguments de la défense des uns et des autres.
Mélanie Simon-Franza
Tu as déjà dit beaucoup ? Merci encore une fois. Effectivement, Arié, merci d'être d’avoir été là avec nous, surtout aujourd’hui. Ça ne devait pas être une journée. Très simple, effectivement. Rappelez donc que le film est disponible en DVD depuis le 2 mars. On va faire d’autres séances comme celle-ci avec d’autres intervenants et intervenantes. La prochaine, ce sera le 16 mars, toujours sur la plateforme et également sur Facebook et Twitch. Ce sera avec Sarah Massoud, avec Chloé Chalot. Merci beaucoup David, tu es toujours là, toujours en forme et toujours avec nous et on avait besoin de toi et on aura encore besoin de toi tout le temps. Le café à cette heure-ci, c’est bon.
David Dufresne
Voilà le secret, Je me rappellerai toujours. Amis du café, amis de la police, vous êtes les bienvenus.
Mélanie Simon-Franza
On finit sur cette magnifique phrase. Alors Taha Bouhafs a peut -être un petit mot à nous dire.
Taha Bouhafs
Merci de l’invitation. C’est toujours un plaisir de venir converser avec les amis de la police.
David Dufresne
Vous pouvez faire un clip avec ça. Merci beaucoup, je voulais saluer Mélanie qui avec son talent avait prévu ce débat, je crois même sans savoir qu’il y avait le procès aujourd’hui. Voilà, c’est ça le talent, le sens du timing. C’est extraordinaire. Merci beaucoup à Mélanie, Merci aussi à Audrey et à Coline qui sont dans les coulisses et un immense merci à François Robin et Euryale qui ont modéré, qui m’ont aidé techniquement.

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