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Avant-première « Ni Dieu ni maitre » E03 & E04 inédits. Avec Tancrède Ramonet

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis de l’anarchie, de Hopkins, de Bakounine bonjour quel plaisir ce soir d'être au poste avec vous. Bienvenue à vous, camarades donateurs et donatrices pour la série de Tancrède Ramonet. Ni Dieu ni maître dont nous allons montrer les épisodes inédits trois et quatre.D’abord, on va discutailler un tout petit peu avec Tancrède, on va expliquer pourquoi autant d’années entre l'épisode 2 et les épisodes 3 et 4 Mon cher Tancrède, je vais te mettre dans quelques instants à l'écran,tu es vêtu de noir ?
Tancrède Ramonet
Oui.
David Dufresne
Souvent en fait.
Tancrède Ramonet
Tout le temps en fait. Je crois que toi aussi, non ?
David Dufresne
Moi pas mal.. Parce que moi je suis triste.
Tancrède Ramonet
Oh moi c’est parce que j’avais une terreur des couleurs quand j'étais ado. En fait, ça a précédé presque mon monde, disons mes réflexions politiques et philosophiques.
David Dufresne
Bon, comment vas tu, Tancrède ?
Tancrède Ramonet
Bien, je suis d’abord très content. Je voulais te remercier d’organiser cette avant-première parce qu’elle était aussi très attendue et je suis très honoré de la faire avec toi et sur ta chaîne, en toute autonomie.Donc, on en a parlé avant. Je voulais te remercier devant tout le monde et en profiter pour remercier aussi tous ceux qui ont attendu très longtemps de pouvoir voir dans cette avant-première virtuelle les films et d’avoir été eux aussi patients et désolé d’avoir de tous ces retards. Et donc je suis content de pouvoir présenter ces films là ce soir.
David Dufresne
Oui, certains pensaient que tu étais parti avec la caisse.
Tancrède Ramonet
On a essayé, on s’est fait rattraper. Non, bien évidemment que non. On n'était pas parti avec la caisse. C’est que les gens, parfois, sous-estiment la difficulté qu’on a pu et qu’on peut avoir à faire ces films-là. Pour en donner un exemple récent. Les films ont d’abord été programmés sur LCP en novembre, le 7 et 14 novembre dernier. En 2022, ils ont été déprogrammés puis devaient être diffusés le 20 et 21 mars, c’est-à -dire lundi, mardi prochain ou mardi et mercredi prochain. Et on vient de m’appeler aujourd’hui pour me dire qu’il était à nouveau déprogrammé. Sinon, oui. Donc voilà, c’est dans ces films que je suis toujours sage, toujours confronté à d'énormes difficultés. Et puis quand c’est plus les difficultés financières, c’est des difficultés d’organisation, puis après c’est les difficultés de réalisation et puis de diffusion des films.
David Dufresne
Alors, les films que nous allons voir ce soir, donc les volets trois et quatre de ta série, ni Dieu ni Maître, vont nous parler de 1944 jusqu'à 2012 grosso modo. Et est ce que tu peux nous dire pourquoi est ce que c’est en terme de forme ou de fond qu’on te pose des petits bâtons dans les roues ?
Tancrède Ramonet
Alors c’est en terme en fait, c’est en terme de forme et de fond. Mais je crois même que plus loin, c’est en fait un problème lié au sujet. Oui, c’est-à -dire que de parler de l’anarchisme et de ne pas en parler quand mal c’est c’est problématique, en fait ça ne passe pas. Alors oui, ici et là, on me reproche parfois d’accoler les violences policières par exemple, et on trouve que ce serait. Il faudrait plutôt essayer de séparer ces choses là que ça ne se dit pas, comme disait Macron Violences policières. Ça peut être parfois parce que on me dit que je suis trop, alors partisan des mouvements insurrectionnels, puis parfois on me reproche aussi de trop, de trop développer les stratégies non violentes et de faire du prosélytisme, etc. Mais en fait, dans le fond, je crois que c’est le sujet qui pose problème. Parce qu’aujourd’hui, en quelque sorte, l’anarchisme c’est l’alternative au néolibéralisme. Et donc si on a peur de faire une de de laisser la parole à des penseurs de l’histoire sociale, de l’histoire ouvrière et de l’histoire libertaire, et de raconter cette histoire finalement qui n’a jamais vraiment été racontée à un niveau mondial et sur une période si longue.
David Dufresne
Est ce que, est ce que après on va voir, on va regarder les films ? D’abord le numéro trois que tu vas nous présenter. Mais est ce que le fait que ces deux films-là, les trois et quatre qu’on va voir, aborde justement. Le contemporain, le moderne, est ce que ça, ça pose, ça a posé problème ? Est ce que c’est plus simple de parler de l’anarchie du XIXᵉ siècle ou début 20ᵉ et un peu plus compliqué de parler de celle-ci. Qui se rapproche de nous ou pas ?
Tancrède Ramonet
Et c’est en tout cas la preuve est faite avec Arte qui avait diffusé l’histoire de l’anarchisme un et deux. Einaudi ne veut pas diffuser et ou ne s’est pas associé à l'épisode trois ou quatre. Sans doute oui, parce que l’anarchisme, quand il est en noir et blanc et quand il est vaincu, et on peut en parler encore, peut on encore en parler ? Mais l’anarchisme et les mouvements libertaires plus récents, quand en plus on montre qu’ils peuvent être massifs et qu’ils peuvent avoir des victoires et qu’ils peuvent être en couleur, bah c’est vraisemblablement ça doit plus déranger. Même si moi je fais toujours attention dans les films à montrer aussi les limites du mouvement anarchiste, les limites de ses tactiques, à essayer de montrer les contradictions parfois dans lesquelles le mouvement ou les mouvements anarchistes peuvent être pris. Et même si je n’hésite pas à pointer contre ce que peuvent être les dérives de l’anarchisme.
David Dufresne
Alors, est ce que tu veux nous présenter l'épisode trois, qui est donc le le premier des deux épisodes inédits intitulé Des fleurs ou des pavés 1000 944 969 ?
Tancrède Ramonet
Alors, en un mot, la version qu’on va voir là, qui est la même que celle qu’on verra à la télévision un de ces jours, c’est les versions courtes deux, cette troisième partie de l’histoire de l’anarchisme. On est au lendemain de la deuxième Guerre mondiale. Un peu partout, il va partout. Les anarchistes ont été défaits. Et donc la question qui se pose, c’est comment est ce qu’on peut faire renaître un mouvement révolutionnaire de ses cendres aux anarchistes ? Et la réponse qu’ils vont apporter, c’est celle de mener la bataille des idées et donc d’intégrer le mouvement pour, à l’intérieur du mouvement ouvrier, mouvement social, mouvement des jeunes, essayer de diffuser une pensée libertaire et conquérir l’hégémonie culturelle. Voilà, et c’est vraiment la problématique de ceux de cet épisode là. C’est la bataille des idées qui est menée au lendemain de la deuxième guerre mondiale, avec des focus sur des mouvements de l’histoire libertaire qui sont assez méconnus en France et. Et on finit par un moment d’explosion qui résonne très fort aujourd’hui autour de 1968, évidemment.
David Dufresne
Alors ce que je te propose, c’est que on va regarder cet épisode, on se quitte tous ensemble, on est plus de nous, on est plus de 200. La salle commence à se remplir, c’est génial ! Alors nous, nous utilisons une technologie autonome qui s’appelle PeerTube, qui est une alternative à YouTube. On est. On est un peu fébriles parce que c’est la première fois qu’on fait ce genre de choses en direct. Donc de deux projections, ce que je ce que je te propose, c’est on se quitte, on se quitte pendant une petite heure tous les deux, on regarde le film. Tu le connais évidemment par cœur. Moi je vais le découvrir avec tout le monde et on se retrouve dans 52 minutes pour discuter de ce premier volet inédit que tu nous révèle. Et ensuite après on regarde le deuxième épisode et ensuite on fait une grande grande discussion.
Tancrède Ramonet
Voilà.Parfait à tout à l’heure.
David Dufresne
À tout à l’heure, Ça te va ?
Tancrède Ramonet
Super, très bien. C’est très bien.
David Dufresne
Bon en tout cas, je sais pas si vous êtes au courant les amis, mais alors que nous annoncions la diffusion de deux épisodes inédits, on est un peu dans le krach boursier en ce moment. Je ne sais pas si tu as vu Tancrède, mais il y a une histoire à la Silicon Valley qui a fermé il y a trois jours. Maintenant c’est le Crédit Suisse. Et est ce qu’il y a un lien avec l’anarchie ? Est ce que tu penses que c’est la diffusion de tes films qui y crée une fébrilité sur les marchés, comme disait Jean-Pierre Gaillard ?
Tancrède Ramonet
Non, il n’y en a pas. Mais en revanche, on va voir dans le quatrième épisode que le krach de 2008 avait eu des conséquences, y compris en termes de donc révoltes. On se rappelle en Grèce ce qui avait donné lieu à l’occupation du quartier des Archias, mais avait par, disons, onde, provoqué ensuite le mouvement Occupy Wall Street qui lui était vraiment mené, structuré par des anarchistes. Voilà. Donc on ne peut pas se réjouir des krach boursier parce que les krach boursier, ça veut aussi dire des voyous, des gens mis à la rue bien sûr, des petits épargnants ruinés, etc. Mais c’est un phénomène, évidemment de jeter encore plus fort le discrédit sur le système capitaliste et et et d’accélérer parfois des mouvements sociaux qui ensuite éventuellement se radicalisent. Sans faire de commentaire de l’actualité. Et là, c’est plutôt sur ce qui s’est passé.
David Dufresne
Diane nous dit dans le dans le chat. Je profite de l’attente pour dire à Tancrède que j’aime bien ses interventions avec Ovidie en podcast.
Tancrède Ramonet
Ah oui, j’oubliais, certains avaient oublié ce qu’on fait avec Ovidie depuis quelque temps. On l’a fait. On en est à notre troisième podcast, surtout à Ovidie qui l'époque. Mais moi je suis un peu sceptique, comme elle dit. Et on enquête sur l’intime et le politique. Alors on a fait notre premier podcast sur le fait qui s’appelle Survivre sans sexualité avec France Culture, où on avait décidé l’un et l’autre d’arrêter d’avoir des relations sexuelles pendant un an et tout en expérimentant cette abstinence, de mener l’enquête sur euh, sur la place qu’occupe la sexualité dans nos vies. Est ce que ça voulait dire d'être empêché de sexualité, d’avoir une sexualité empêchée d’un côté, mais aussi donc que ça pouvait avoir de difficile à vivre ? Et quelles étaient les possibilités ? Comment est ce qu’on pouvait imaginer, disons. Pour des personnes handicapées, pour des gens qui sont dans la solitude et imaginer une autre forme de sexualité qui permette de ne pas être obnubilé par la relation sexuelle ? Et de l’autre côté aussi, comment le fait de s’abstraire de la sexualité et de l’hétérosexualité ou de l’hétéronormativité pouvait être une forme de libération ? Voilà donc on avait été interviewés, tout un ensemble de personnes qui disaient ça, puis après on a fait un, on en a fait un autre et un autre, voilà.
David Dufresne
Et ça, c’est c’est sur quelle chaîne quel réseau.
Tancrède Ramonet
C'était, c'était passé sur France Culture et ça a été beaucoup partagé. Ensuite, on a fait une série qui était un peu un spin off de celle-là qui s’appelait La dialectique du calbute sale. Ah oui, qui on la dont un peu. L’idée c'était de savoir comment est ce qu’on pouvait être de gauche et baiser de droite et euh. Et donc c'était toute une enquête sur la routine, quelque chose qui était arrivé à Ovidie en gros, qui avait eu une relation sexuelle avec un homme. Et puis le gars est parti au milieu de la nuit et donc elle voulait comprendre ce qui s'était passé, pourquoi. Et donc on essaye d’enquêter là-dessus pour comprendre comment nous les mecs, on peut être amenés à se comporter comme ça et qu’est ce que voilà ? Et puis là, on vient d’en faire un dernier qui s’appelle Qu’est ce qui pourrait sauver l’amour ? On se pose justement la question en gros de l’amour toxique à l’amour révolutionnaire, quelles pourraient être les Quelles sont les formes d’amour aliénantes et quelles pourraient être les nouvelles formes de relations amoureuses, ?
David Dufresne
Par ailleurs, tu es producteur de documentaires et même j’ai vu une fiction il n’y a pas longtemps, vous avez fait une fiction sur Clémenceau ?
Tancrède Ramonet
Oui, on a produit, on a produit une fiction, un documentaire, une fiction, pas du tout documentaire, donc une fiction. Donc c'était, c'était le premier, notre premier long métrage qui s’appelait Le Tigre et le Président. Ouais, au cinéma, celui qui s’appelait Le Tigre, il préside, qui s’appelle Le Tigre et le Président avec Jacques Gamblin et André Dussollier. Et c’est l’histoire du président le plus nul de l’histoire française, puisque c’est Paul Deschanel qui était pris de crise d’angoisse et au bout de sept mois, a été contraint à démissionner et et dans sa rivalité avec Clemenceau qui lui aurait voulu être président de la République et n’a jamais ni n’a jamais accédé à la fonction suprême. Et voilà une espèce de combat entre un idéaliste qui n’arrive pas à supporter, en fait, et les luttes de pouvoir. Dans les arcanes de la politique. On va revenir en 1920 et Clemenceau, vieux roublard de la politique qui lui passe son temps à faire des croche-pattes. Et ce qui est assez drôle, il y a quand même un petit fond. On va essayer de mettre une petite touche en moi, de pousser ce qui a une petite touche un peu libertaire dedans puisque c’est assez drôle parce que des channels avaient pris conscience de la vanité de la profession de politicien. Et à un moment dans le film, il se rend compte qu' en fait, c’est les jeunes dix et pas les présidents de la République qui changent. Les vies sont les gens.
David Dufresne
Et voilà il y a quand même un petit message qui passe derrière. YouTube et revenons deux secondes à la série sur Sur l’anarchie. Pendant ce temps, j’essaye de caler mon ordinateur le mieux possible pour respecter le mieux possible tes films. Là, j’ai l’impression que j’ai trouvé un bon équilibre. Six ans tu as expliqué, donc il y a des petites difficultés qui les. Très bien. Est ce qu’il y a autre chose ? Est ce que. Est ce qu’il y a d’autres choses qui expliquent ces six années d’attente puisque c'était 2016 ? Donc ça fait peu sept ans en fait, entre le 1 et 2. Et aujourd’hui ? Est ce que dans la fabrication, dans la construction, dans les témoignages.
Tancrède Ramonet
D’abord, c’est que moi je devais aussi travailler sur d’autres choses parce que je ne me paye pas sur ces films-là. Donc je vis haut du fait qu’il a dit de produire des documentaires ou des films. Et on a produit un documentaire. Ta fille doit bien son monde qui a été passé sur Arte, qui était super bien avec une contre histoire de Paris que David avait faite et qui était juste avant. Il a fait juste avant. Avec des techniciens sages et voilà. Et puis par ailleurs, la chose qui était un petit peu difficile sur cette partie, c’est que, autant y a eu plus de textes qui ont été écrits sur l’histoire lointaine de l’anarchisme, autant y a eu moins de textes dont il fallait. Il y avait un travail de synthèse à faire qui était compliqué et on était en pleine période qu’Ovide. Normalement, les films auraient dû être fini il y a deux ou trois ans, mais on est tombé en pleine période Coville au moment où on devait tourner les entretiens avec les grands historiens à travers le monde. Et donc évidemment, ça a bloqué ces entretiens là, puis ensuite on a dû les faire dans des systèmes qui sont un peu proche de celui là, avec des télé entretiens qu’on faisait avec un caméraman, qu’on contracte en Angleterre, aux Pays-Bas, aux États-Unis et qui allaient chez les gens en appliquant les mesures sanitaires du pays en question. Et puis je les interviewe en passant par des systèmes de télé, de télé, de télétravail au dézoom, Google militaire, je sais pas quoi suivre les gens et voilà. Et donc ça, ça a pris ça. Et. Et il faut savoir que ce sont pas en fait 52 minutes, mais en réalité deux, 90 minutes et même plus, qui sont, qui ont été tournées, qui sont pratiquement montées, que moi, je continue à travailler un petit peu dans mon temps libre et que j’espérais avoir fini là. Et je pense que j’aurais plutôt fini en fin d’année et que j’espère montrer ensuite maintenant des projections publiques privées mais qui ne pourront pas passer à la télévision, soit pour des questions de droits. Soit pour des questions financières. Mais qu’on essaiera de mettre en accès libre sur des PeerTube et YouTube parfois.
David Dufresne
Je vais envoyer le film les amis, dans deux secondes. Je suis désolé, mais c’est les joies des débuts. Les amis, je vous envoie le film. On se retrouve dans 52 minutes avec Tancrède. Merci beaucoup à vous tous pour votre participation. N’hésitez pas à poser des questions dans le tchat, on va les remonter à Tancrède dans 52 minutes entre l'épisode trois, l'épisode quatre Et c’est parti !
Audio
Journée de 8. H. Démocratie directe. Retraite à 60 ans Bourse du Travail Syndicat Droit de grève écologique Droits des femmes Contraception Libre Fortement Congés payés. Sécurité sociale et éducation populaire. L’anarchisme, qui avait fini par montrer son vrai visage au grand soleil d’Espagne entre la fin de la deuxième Guerre mondiale, dans une longue nuit peuplée de monstres. Dans l’euphorie de la victoire, on oublie les pactes, les passivités, les collaborations plus ou moins actives. Et on est des anarchistes de l’histoire. Décimée, isolée, oubliée, incapable de reprendre le combat sur le front social, les libertaires choisissent alors de s’engager dans la bataille culturelle. Il s’invente des symboles, recréent des solidarités et investit de nouveaux champs de luttes. Et dans le cours de la guerre froide. Ils sont bientôt rejoints par une jeunesse neuve qui, tout en donnant de l’anarchisme une autre image, contribue à lui offrir une nouvelle visibilité. Mais ces nouveaux révoltés qui rêvent de paix et prônent l’amour avec pour seule arme des fleurs ou bien des pavés, se heurtent partout au pouvoir. Et c’est ainsi qu'à l’est comme à l’ouest et du nord au sud, l’anarchisme occupe petit à petit le devant de la scène. Il souffle ses idées anti autoritaires depuis la coulisse du mouvement pacifiste. Il inspire de nouvelles formes de la contestation et imprégnée enfin de son esprit libertaire. Un mouvement insurrectionnel qui aurait pu changer la face du monde. C’est derrière des fils de fer barbelés. Dans l’odeur âcre du crématoire. Et sous le regard insolent de maîtres qui croient qu’ils sont des dieux. Que la seconde partie du XXᵉ siècle commence aussi pour les anarchistes. À Agen ou comme des dizaines de milliers d’autres prisonniers politiques, les anarchistes arrêtés par la Gestapo ou livrés par la police de Vichy, laissèrent leur peau. Quand vient l’heure de la libération. Bien que les antifascistes saluent en espagnol les forces alliées, les quelques libertaires qui ont survécu à la guerre ne peuvent que constater que le mouvement anarchiste s’est, en Europe, réduit comme peau de chagrin et qu’il a perdu presque toute son influence. Il se replie sur lui-même.Anarchiste. Après l'échec de la Révolution espagnole et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les anarchistes ne représentent plus qu’un mouvement minoritaire qui ne fait. Que ressasser ses vieilles idées. Sa mythologie, en tournant en rond sans en avoir plus aucune. Influence sur les mouvements sociaux. Alors effectivement, on peut dire qu’après l'échec de la. Révolution espagnole et la Seconde Guerre mondiale, l’anarchisme entre vraiment dans une longue nuit de l’anarchisme. Alors que le cinquième après la Seconde Guerre mondiale, il devient très difficile d'être anarchiste, que ce soit en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie. Because c’est parce que le monde est divisé en deux camps : l’Est et l’Ouest. So what most ? Alors ce que font les anarchistes, c’est qu’il n’opte ni pour l’un ni pour l’autre. Ils ne soutiennent aucun des deux camps pendant la guerre froide, et cela les exclus de la scène politique mondiale. On se sent très seul quand on est anarchiste. Pendant cette période, Au lendemain de la guerre. Les anarchistes ne choisissent effectivement pas leur camp, mais il recrée un peu partout les organisations. La Fédération des socialistes libertaires allemande et les fédérations anarchistes française et italienne qui se forment dès la fin des combats. Au Nord. L’Organisation centrale des travailleurs de Suède devient le bastion libertaire le plus fort en Europe et au sud, tandis que les exilés espagnols ouvrent une CNT à Paris. Des groupes de résistance formés notamment par Kiko s’abattaient, qui attaquent ici au mortier, reprennent sur la péninsule le combat contre la dictature franquiste. Même à l’Est, on voit renaître un courant libertaire, comme en Bulgarie où la Fédération des anarcho-communistes organise son congrès et rédige la nouvelle plateforme. L’Amérique latine n’est pas en reste. Qui voit les anarchistes se regrouper, par exemple au Chili et à Cuba, au sein de grandes fédérations syndicalistes révolutionnaires, tandis que l’Afrique a perdu momentanément toutes ses structures. La toute jeune fédération anarchiste japonaise emmenée par Ichikawa San Shiro et la Fédération des bâtisseurs d’une société libre créée en 1945 par les frères Liou, Kiyo et Little Tchou, surnommés les King coréens, témoigne quant à elle de la survivance de l’anarchisme en Asie. Mais c’est en dehors des organisations et grâce à l’un de ces courants méconnus que l’anarchisme commence, dans cette longue nuit de l’après-guerre, à revenir un peu dans la lignée. Ce qui se passe pour l’anarchisme, c’est que l’idée selon laquelle la guerre serait la santé des États State UQAM, et bien cela devient le cœur de la pensée libertaire. C’est strident et expirant à cause de la deuxième guerre mondiale. A ce programme clair parce qu’il devient très clair que l'État est directement lié au fascisme, à la guerre, aux chaînes de commandement et aux dommages collatéraux. Le pacifisme aux libertaires ou anarchisme non-violent, qui vient d’une longue tradition, connaît, avec le début de la guerre froide, un véritable regain. Héritier de La Boétie et Soros et Tolstoï. C’est parce qu’ils ont eux aussi radicalement changé le monde. Mais ils pensent à l’inverse, les apôtres de l’insurrection armée qu’il est possible et même nécessaire de le faire sans violence. C’est un argument que développent de nombreux penseurs de premier plan et qui se fonde sur l’attention particulière que les anarchistes accordent à l’adéquation entre les moyens et les fins. Les moyens que vous employez pour provoquer le changement social doivent s’accorder avec l’objectif que vous voulez atteindre. Si l’on se place dans ce cadre, le recours à la violence entre souvent en contradiction avec vos objectifs impressionnants qu’une scène se sentirait. En effet, si vous voulez construire une société basée sur la coopération, sur le consensus, la démocratie directe, sur la discussion, une. Action a. Alors la violence politique n’est pas le moyen à utiliser pour atteindre ce but. Il y a même de fortes chances pour qu’elle nuise à votre projet. Ces théories inspirent d’autant plus les révolutionnaires à l'époque que, pour la première fois, la non-violence semble avoir prouvé en vain dans les faits, son efficacité. Mais alors que la guerre froide s’intensifie, c’est face à l'émergence d’une nouvelle menace, à la fois globale et mortelle, que les pacifistes libertaires peuvent commencer à se faire connaître et diffuser plus largement leur pensée. Ça change fondamentalement l'état d’esprit non seulement des anarchistes, mais de toutes les personnes critiques des pouvoirs établis. Et parce que ça marque l’imagination et l’idée de cette perpétuelle menace de mort qui plane, cette bombe qui peut exploser à tout moment, ça va pousser les gens vers les mouvements pacifistes qui planent sur notre pacifisme. La population s’est mise à demander la paix de manière passionnée. Et ne verrais je marcher contre la prolifération atomique. Des mouvements antimilitaristes et pacifistes éclosent alors dans le monde entier. On se souvient, par exemple en France, du Mouvement pour la paix et de celui des citoyens du monde de Carrie Davis. Mais il y a aussi le de bon mouvement qui s'étend d’Angleterre à Sydney, et il y aura bientôt de gigantesques mobilisations contre la guerre au Vietnam. Certains sont d’ailleurs inclus et directement par les libertaires comme le Vietnam Day Committee. Que fondera t-on ? Le Mouvement pour les objecteurs de conscience animé en France par Louise Aucoin. Mais s’il est vrai que presque tous les anarchistes sont alors pacifistes, tous les pacifistes ne sont pas pour autant anarchistes. On retrouve dans ces mobilisations des humanistes libéraux, des chrétiens progressiste, des socialistes plus ou moins radicaux et toute une flopée de militants sans idées politiques qui souhaitent juste avoir la paix en mettant en œuvre une sorte de stratégie du coucou. Les libertaires non dissidents, pas moins de les rejoindre en terrain. Ce n’est pas nouveau. Les anarchistes de la fin du XIXᵉ siècle faisaient exactement la même chose. Ils ne créent pas de grandes organisations de masse. Ils essayaient même pas de convaincre les gens de devenir anarchistes qu’ils essayaient de faire. C'était de radicaliser les gens afin qu’ils décident de prendre leurs affaires en main. Il diffuse leurs idées. Et les gens sont anarchistes et les anarchistes de l’après-guerre font exactement la même chose. Sauf ce qu’ils essayent de faire dans ces mouvements, c’est de convaincre les gens qu’on ne peut pas avoir l'État sans la bombe. Si vous ne voulez pas de la bombe, vous devez vous débarrasser de l'état. C’est l’argument principal qu’ils mettent en avant, c’est having with people and in pogne. Et ce qui est vraiment intéressant à ce sujet, c’est que les vieux courants pacifistes ont commencé à dénoncer ce lien également. Et grâce à ça, on a vu naître des relations très fortes entre les groupes pacifistes et les groupes anarchistes. C’est au Royaume Uni où, à la différence des autres pays européens, le Mouvement pour la paix n’est pas contrôlé en sous main par Moscou. Que les liens entre anarchistes et pacifistes deviennent les plus solides et les plus étroits. Dans la campagne pour le désarmement nucléaire. Derrière Bertrand Russell, qui en est la figure de proue, on retrouve en effet toute la crème de l’anarchisme britannique, comme Herbert et Alex comme force chinoise, et leur influence se fait rapidement ressentir jusque dans le nom que se donne le mouvement et qui dit presque tout. Le comité ou le Comité d’action directe n'était pas seulement un mouvement contre la guerre critiquable, il développait aussi une véritable critique sociale basée sur les travaux des anarchistes. The freeze on the time. L’emploi du concept d’Action directe en témoigne direct. C’est une traduction directe de la pensée anarchiste. As tu été émis l’idée qui peut paraître en réalité très radicale et conflictuelle. C’est de changer les choses vous-même, plutôt que de demander à quelqu’un d’autre de le faire tout de même. Mais au contact, les pacifistes, les anarchistes découvrent à leur tour de nouvelles techniques de lutte qu’il décide d’adopter, tant elles semblent illustrer le message libertaire. C'était les tactiques pacifistes comme la désobéissance civile ou les sittings par exemple, qui mettent en lumière la violence de l'État. Stein Car en usant de violence contre des manifestants non-violents, l'État en quelque sorte, se condamne lui-même en termes de concepts. Convaincus que c’est un mouvement de masse qui peut leur donner l’avantage. Le 17 septembre 1961, un appel est lancé pour une grande manifestation à Trafalgar Square. Mis sous la pression, le pouvoir britannique réactualise le justicier soft de Peace Act, une loi vieille de 600 ans, presque jour pour jour, qui permet d’incarcérer de manière préventive les fauteurs de troubles. 32 membres du comité sont d’ailleurs jetés en prison, dont Alex Ford, que Bertrand Russell, alors âgé de 89 ans. Le jour dit. Pourtant, près de 15 000 personnes se rassemblent et font un sit in sur la grand' place de Londres. Là. Cette démonstration de force non violente n’impressionne que la pellicule des caméras. Déjà, les anarchistes s’interrogent. Beaucoup d' anarchistes au sein du mouvement commencent à considérer les tactiques pacifistes soit comme très naïves avec soit comme fondamentalement inefficace si l’on pense à la lutte des classes, ou même pire, comme une excuse pour ne rien faire. Nombreux sont les révolutionnaires, au Royaume-Uni comme ailleurs, à abandonner alors les tactiques pacifistes. Et quand, par la suite, des anarchistes accepteront de participer à des manifestations pour la paix, ce sera souvent pour y accroître la conflictualité. Mais il faut attendre les années 60 pour qu’au pays des fleurs, le nouveau chevalier blanc de la Révolution mette grâce à une nouvelle forme de lutte non violente à proprement parler, le feu aux poudres. Les sixties dans les pays occidentaux. Le monde a bien changé. Les grands ensembles ont recouvert les ruines. Le baby boom a rajeuni les populations. Le plein emploi remplit les porte monnaies et le rêve américain a commencé à coloniser les imaginaires. L'émergence d’une classe moyenne a même fait oublier l’ancien clivage social. On est entré dans la société des loisirs et de la consommation. C’est le règne des supermarchés, de l’automobile et de la télévision. C’est l'âge d’or du tabac, du rock n roll et du soda. C’est aussi le triomphe de l'État providence qui impose aux révolutionnaires d’approfondir leur critique. Parce que je veux dire après la Seconde Guerre mondiale. Vous avez un Etat beaucoup plus présent, qui promeut une éducation universelle, qui assure l’aide sociale pour tous. Qui réglemente de plus en plus les droits des travailleurs. L’Etat semble donc plus bienveillant que les Etats d’il y a 100 ou 150 ans. Les anarchistes sont donc dans une certaine mesure le dos au mur, car la vie semble s'être améliorée pour beaucoup de gens. Mais est ce que les anarchistes essaient de montrer ce que c’est que cette bonne vie n’est pas la vie bonne ou pas des saisons ? Ce que dit Life And the Pendulum.. Et l’argument critique des anarchistes est que le capitalisme et la culture de masse de la société moderne, vous savez, le consumérisme, la publicité, l'émergence de coca cola, coca cola, the branding, tout cela incarne une forme de banalité et diffuse une sorte de culture banale et stérile. Ce sentiment absurde, notamment ressenti par la jeunesse, qui a pris peu à peu conscience de son ombre, de sa force et du rôle moteur qu’elle pourrait jouer dans un processus révolutionnaire, à l’instar des Etats-Unis d’Amérique. Avec le Free Speech Movement, elle commence à faire entendre un peu partout sa voix en ce début d’année 1965. Ce phénomène va devenir aussi manifeste aux Pays-Bas, même si l’anarchisme n’y a pas encore connu son regain et que la société semble verrouillée de l’intérieur. Au début des années 60, les Pays-Bas étaient un pays étriqué. La société était refermée sur elle-même et les jeunes n’avaient pas leur mot à dire. Dans les années 70. Tout était autoritarisme, l’autoritarisme ambiant et devait réfréner tellement les jeunes qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de se rebeller. C’est un jeune étudiant en philosophie qui décide ici de sonner l’heure de la révolte. Raoul XX deux ans, a milité au sein du mouvement bande de bande néerlandais et atteint lui aussi les limites des tactiques de lutte pacifiste. Mais bien qu’il occupe désormais une fonction importante au sein du mensuel anarchiste Givré, il se sent un peu à l'étroit dans les organisations libertaires traditionnelles. Anarchisme L’anarchisme des années 60, c'était en fait des anarchistes des années 20. C'était un groupe de vieux. Lui, il était le seul jeune et il avait du mal à faire avancer ses nouvelles idées, ce qui provoque beaucoup de querelles et de disputes. Il a donc quitté le mouvement anarchiste, très déçu pour créer son propre mouvement et son propre magazine Pour lancer son mouvement. Raoul Van Den décide, avec quelques camarades dans l'éditeur Rockstar, de créer un journal. Il l’intitule Provo, un nom d’autant mieux choisi qu’en interpellant directement une partie de la jeunesse qu’il surnomme provos, par opposition avec un prolétariat devenu, selon lui incapable de changer le monde. Il a le mérite d'énoncer tout un programme. Le mot en lui même était tiré d’une thèse de criminologie aspect Il définissait une forme de délinquance et aussi et les provos ont décidé de l’utiliser de manière créative pour évoquer la façon dont on pouvait propager la résistance. Et c'était au travers de la provocation. Voilà les défis où Codes transgresse So break the rules. Donc, si vous pouvez transgresser ou briser les règles, ou vous engager dans une activité qui allait choquer ou irriter, voire faire enrager le pouvoir et provoquer une réaction de sa part. Alors vous pourriez attirer les gens dans un mouvement de résistance. C’est drôle. People à la Résistance Maintenant. Rôle 22. Et bien le premier a théorisé le fameux cycle Provocation, répression, mobilisation. Dans un tract, il en décortique précisément la mécanique et en affiche ouvertement les objectifs. La provocation dans les circonstances actuelles, est devenue notre seule arme. Par la provocation, nous pouvons démasquer l’autorité uniforme bottes, képis, sabres, chiens, policiers, gaz lacrymogènes. Il faut la forcer à utiliser contre nous tous ses moyens de répression. Elle sera alors contrainte de montrer sa vraie nature. Elle deviendra de plus en plus impopulaire et l’opinion publique basculera en faveur de l’anarchie. Comme leurs textes ne sont tirés qu'à quelques centaines d’exemplaires. Pour mettre toutes les chances de leur côté, les provos ressortent les vieux épouvantails. Ils impriment une recette pour fabriquer des bombes. Un PC crie tension et cela crée immédiatement des tensions dans la ville. Il y a des arrestations, la presse s’en mêle. Et ça attire les jeunes qui sont en recherche d’action. Et donc ça mobilise parce que ça fait exactement ce que ça avait pour but de faire. C’est-à -dire provoquer ça, c’est acheter provoque. Pour un coup d’essai, c’est bien un coup de maître. En quelques mois, le groupe passe d’une vingtaine de membres à plusieurs centaines. Mais s’ils arrivent à fédérer plus largement, c’est aussi parce que les propos ne font pas que provoquer ces partisans de l’action directe et de la propagande par le fait. Font des propositions et mettent en œuvre leurs idées afin de lutter contre la domination automobile par exemple. Ils inventent le plan vélo blanc et mettent des bicyclettes gratuites et en libre accès dans les rues d’Amsterdam. Ils font des happening manifestes contre les colonialismes anciens et nouveaux et imaginent des alternatives crédibles aux dérives de la société de consommation, à leur mesure et avec leurs faibles moyens, mais toujours sans violence. Les Provos essaie donc de changer le monde en le repeignant avec cette couleur blanche qui devient ainsi au cœur des années 60 aux Pays-Bas, le nouveau Noir, les anarchistes. Mais le maire d’Amsterdam et le chef de la police considèrent toute cette agitation non pas comme de la provocation, mais comme de véritables menaces. Ils empêchent le happening. Ils confisquent les vélos. Les provos les inquiètent d’autant plus qu’en ce mois de mars 1966, Amsterdam doit accueillir un événement de la plus haute importance. Or, une fois n’est pas coutume, les provocateurs pourraient se sentir provoqués et décider de passer à l’action. À ce moment, on apprend dans les journaux que la princesse héritière venait de se fiancer avec un Allemand, une Deutsch, un Allemand qui avait été membre de la jeunesse hitlérienne et qui avait participé à la guerre comme soldat dans la Wehrmacht en son temps. Remarques sur dates Il était donc considéré par la gauche comme un véritable nazi et dans le contexte de l’Holocauste et la façon dont il s'était déroulé, particulièrement aux Pays-Bas et à Amsterdam, c'était vraiment, vraiment problématique. Afin de manifester leur opposition à cette union qui aura lieu le 10 mars et sera retransmise à l’Eurovision. Les Provos souhaitent s’inviter à la noce. Et comme Roland deux avait aussi théorisé qu’il n'était qu’une image, figurer en bonne place sur la photo de mariage Pour faire monter la pression en amont des noces, il s’amuse à faire courir les plus folles rumeurs.Ce qui est véridique mais se révèle, et cette fois encore, non pas avec de la violence, mais avec des propositions loufoques. Il avait dit par exemple qu’il allait mettre du LSD dans l’eau potable d’Amsterdam ou sur des morceaux de sucre pour les donner aux chevaux de la.Police. Le LSD était la drogue en vogue à ce moment-là, et on l’a d’ailleurs aussitôt interdit. Rire. Tout cela a créé une sorte de panique, une sorte de panique créative en ce monde. Il y avait donc, le jour du mariage, une présence policière massive. Au matin du 10 mars 1966, cette très forte présence policière a dû dissuader les propos d’agir. Car au début, tout semble bien se passer. Le carrosse royal. Tranquillement, la foule remonte au pas. Sous l'œil borgne des caméras du monde entier. La place d’Armes vers le western, malgré le gris du ciel et du noir et blanc pour les millions de téléspectateurs qui regardent la cérémonie. La Hollandaise n’a décidément pas usurpé sa réputation de pays où il ne se passe jamais rien. La mariée est bien belle, le protocole fastueux et l’offre d’or assurée. Mais tout à coup, c’est la cohue, le désordre, la confusion. Le terrorisme aurait il à nouveau frappé sur le passage de têtes couronnées pour la première fois depuis des dizaines d’années ? Les bombes ont explosé. Avec des bombes robots. C'était une bombe fumigène. Juste de la fumée. Depuis quelque temps, les Provos s'étaient préparés pendant des nuits entières dans un petit appartement clandestin. Ils avaient minutieusement mélangé les trois volumes de nitrate de potassium avec les deux volumes de sucre glace et fabriqué ainsi plus de 200 bombes fumigènes qui n’ont besoin que d’une allumette ou d’un mégot pour partir en fumée. Un arsenal inoffensif, certes, mais un effet de souffle dévastateur. La stratégie était simplement de perturber l’ordre. On le fait partir en fumée. Là, on prend, on enfume tout. C’est de l’enfumage et c’est tout. Et on ne voit plus. Donc on l'élimine. C’est évidemment un geste théâtral. et tout ça. On a mis un coup à toute cette pompe et à tout ce faste et les autorités se sont senties ridiculisées, ce qui les a mises en colère. Créations Alors, c’est ce qui explique pourquoi la répression par la suite a été si sévère et bosseuse.Si le journal Le Telegraph n’exige pas vraiment la solution finale de la question, Provo, le chef de la police lui demande bien la carte des menaces de la maréchaussée contre la ville. Avec des mégaphones, toute manifestation est interdite. Le moindre attroupement est violemment dispersé dans les rues d’Amsterdam. La chasse aux provos est ouverte. La répression. Mais une chose est en train de changer vos sympathies. La population commençait à avoir de la sympathie pour les provos. Mais il y a peu, on voyait dans les médias que de plus en plus de gens défendaient leur action et condamnaient l’attitude des autorités. Il y aurait trop de police si l’opinion publique se retournait contre la police et l’Etat en faveur des provos. Alors ils ont créé. Au milieu de l’année 1966, malgré la répression ou plutôt grâce à elle. Les Prouvost sont au faîte de leur gloire, leur nom réservant leurs idées voyagent et ils font des petits. Aux Pays-Bas, bien sûr, où des groupes se constituent à Rotterdam ou Maastricht, mais aussi dans toute l' Europe, en Belgique, en Suisse, en Allemagne de l’Ouest, en Italie, au Royaume-Uni, à Paris, où une manifestation a lieu aux cris d’anarchie et de liberté. Et le péril blanc s'étend jusqu’aux Etats-Unis d’Amérique où le camp de Berkeley est renommé Provo Park en hommage aux révolutionnaires amstellodamois. Le monde entier a les yeux tournés vers la Hollande et certains imaginent déjà que la révolte jeune, ludique et libertaire réprouve pourrait se transformer en révolution. Un mouvement social qui commence alors et va mener les Pays-Bas au bord de l’insurrection semble leur donner raison. Le 13 juin, à l’appel des organisations syndicales, une grande mobilisation des travailleurs a lieu. Raoul XX deux et ses camarades appellent le notariat à se joindre à la manifestation. La mort accidentelle d’un manifestant dont la rumeur dit qu’il a été victime de violences policières, fait soudain converger les luttes. La manifestation tourne à l'émeute. Les promos et les travailleurs, rejoints par la masse des étudiants et des blousons noirs, transforment le centre ville en champ de bataille. On salue les pavés, on retourne les voitures. Malgré le soutien des proxénètes de la police et lapidés, le journal Le télégraphe est incendié. Amsterdam s’enflamme. Devant l’ampleur des troubles. Le Parlement est convoqué en séance extraordinaire.On notera que les autorités étaient mises sous pression, non pas par les provos, mais par l’opinion publique. Cette histoire offre un résultat. Le commissaire de police a été démis et le maire d’Amsterdam a dû démissionner. Cela aurait pu être une victoire pour les Provos, mais pris dans leur logique non violente au lieu de pousser leur avantage. Ceux-ci préfèrent se dissocier du mouvement en évoquant une hystérie collective avec laquelle ils n’avaient rien à voir. Incapables de saisir ce momentum révolutionnaire, la fin de leur mouvement n’est plus qu’une longue agonie infiltrée. Leurs plans sont éventés et comme les nouvelles autorités semblent de plus réagir, leurs provocations, leur tactique tourne à vide. Alors, comme ceux qui vivent du spectacle, souvent par le spectacle, ceux qui n’avaient voulu être que des images, connaissent le destin des images. Ils deviennent des cartes postales. Toute cette attention internationale venait non seulement de la presse, mais également de la jeunesse qui arrivait de partout. On proposait même des tours. Tout cela dépassait l’intention originelle de ces garçons. Trop. Souvent. Réellement. C'était juste un club de rebelles au départ.Dans un dernier sursaut, Raoul XX deux et ses camarades décident de dissoudre le mouvement. Le 15 mai 1967, ils se réunissent dans le coin des orateurs devant le parc et annoncent la fin du mouvement provo. Ils recommencent. À écrire au Journal de Montréal. Image Royal and Co. Et comme ça, ce sont les pédés. Et voilà, c'était la fin. Après deux ans pendant lesquels ils ont mis les Pays-Bas sans dessus dessous. Les Provos sont alors partis chacun de leur côté. Si chacun roule 22 nous confiera plus tard à propos de l'échec du mouvement Provo. Notre seule erreur est d’avoir visé trop court. La geste éprouvons d’Amsterdam est aujourd’hui relativement tombée dans l’oubli. Elle aura cependant une influence décisive dans les années suivantes, car inspirés par leurs idées et leurs stratégies, mais aussi conscients des limites de leur mouvement, d’autres libertaires vont reprendre le flambeau et faire, en 1968, l’espace d’un printemps, bourgeonner toutes les espérances révolutionnaires. A la veille de l’année 68, le mouvement anarchiste en France n’est toujours pas sorti de la nuit. Il faut voir que. Fatalité groupusculaire. Ici comme partout ailleurs, les organisations libertaires ne cessent pendant ces années de se scinder, fusionner, disparaître, puis renaître. Pour rassembler tous ces groupes, coordonner leurs activités et tisser des liens avec d’autres cellules révolutionnaires. On le trouve pas mieux que de créer des comités à foison. On s’y perd face à ces organisations désorganisées. Il devient essentiel de rétablir un semblant d’unité. Le groupe des Jeunes libertaires de Paris décide d’inventer un symbole.,Là, ça date d’avril 1964. Il est présenté, disons, dans un mouvement anarchiste, dans un numéro du Bulletin des Jeunesses libertaires des Jeunes libertaires, et avec une explication de pourquoi il serait bon que les anarchistes, quand ils font des inscriptions sur les murs, quand ils font des affiches, mettent ce symbole de façon systématique. Deux motivations principales nous ont guidées. D’abord, faciliter et rendre plus efficaces les activités pratiques d’inscription et d’affichage. Ensuite, assurer une présence plus large du mouvement anarchiste aux yeux des gens. Le sigle adopté nous a paru répondre le mieux à ces critères en l’associant constamment aux anarchistes. Il finira par un automatisme mental bien connu, par évoquer tout seul l’idée de l’anarchisme dans l’esprit des gens. Ce sont des techniques de marketing. Finalement, c’est aussi bête que celle ci Tous les groupes anarchistes, malgré leurs différences très fortes et des fois, et l’opposition qu’il y avait entre eux et signent, mettaient un même logo, ça aurait un effet multiplicateur de la présence des anarchistes sur les murs de Paris ou donc dans la vie politique parisienne. L’effet n’est pas immédiat et alors que le vent de contestation soufflé par la jeunesse semble charrier un peu partout un esprit anti-autoritaire et libertaire, en France, c’est le calme plat. Un grand journal du soir prétend même que la France s’ennuie. Et pourtant tout commence en banlieue parisienne, dans l’université de Nanterre, qui est devenue depuis quelque temps un bouillon de culture de la contestation et où l’on compte aussi de nombreux militants anarchistes convaincus et expérimentés. On peut se passer d’un groupe anarchiste et nous publions des tracts qui sont en fait un plagiat d’un autre plagiat qui permettrait, pour la meilleure façon de savoir ce que c’est. Oui, lisez. Et puis vous pouvez vous faire votre opinion. C’est tout juste d'éviter la résidence. J’habite la résidence. Je sais que vous avez des rapports avec certains. 56 militants connaissent leur histoire libertaire. Certains sont même allés aux Pays-Bas rencontrer les Provos. Ils critiquent le système éducatif qui ne fait selon eux que reproduire les structures de domination. Mais ils ne veulent pas seulement porter la révolution à l’université. Ils entendent plus globalement changer la vie. Parmi eux se fait très tôt remarquer un certain Daniel Cohn-Bendit, que l’on dit alors libertaire. Alors là, il n’y a pas photo là dessus. C’est un militant anarchiste, membre de la Fédération anarchiste, membre de la liaison des étudiants anarchistes, membre de Noir et Rouge, membre de tous ces mouvements, partie prenante à part entière. Mais il n’est pas le seul. Et à ses côtés, d’autres figures apparaissent, comme Olivier Castro, qui se définit comme un anarchiste indépendant. Jean-Pierre Dupuy, qui appartient lui aussi à la liaison des étudiants anarchistes ou le discret renaît toujours avec ses lunettes noires. Qui fondera le groupe des enragés avec une centaine d’autres étudiants. Ceci décide, le 22 mars 1968, d’occuper un étage de la tour administrative de la faculté de Nanterre. Il se regroupe en conseil des partis, chante des chansons et écrit sur les murs. Les tout premiers encerclés, expulsés de Nanterre. Les étudiants se rendent à la Sorbonne, au cœur de la capitale. La police intervient. C’est l'étincelle car à la différence des provos, les libertaires parisiens choisissent avec les autres révolutionnaires d’assumer la confrontation. Autour de lui, Castro, que l’on voit ici de dos. Ils organisent la riposte, peut-être visage masqué, on voit passer à l’offensive et pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, enivrés par l’odeur des gaz, de jeunes révoltés écrivent dans. L’ancienne chanson de geste où improvise de nouveaux pas de danse. Il y a cette griserie extraordinaire qui ne prend que les émeutiers et qui n’a pas été émeutier et ne peut pas savoir de quoi il s’agit. Le goût, le goût de la barricade. Contrairement à ce que dit la légende, la répression est très brutale là bas, mais rien n’y fait. Le Quartier latin tombe aux mains des insurgés. Finalement rouverte. La Sorbonne est proclamée comme un livre. Le drapeau noir flotte sur la cour d’honneur. On rebaptise les salles du nom des héros de l’histoire libertaire comme l’amphi Bonnot, une assemblée générale permanente et formelle, un comité d’occupation révocables à tout instant, est élu. On écrit sur les murs, on réinvente la culture, on imprime des tracts et des journaux, on ouvre une cantine libre et gratuite pour tous, on crée une crèche autogérée grâce à la redoutable section des combattants katangais. On organise aussi la Défense à tous les étages. Pendant plus d’un mois, on discute du monde, de la vie, de l’amour et de la révolution. Pour changer les structures de la société. Si on veut changer radicalement, comment changer les structures ? Mais en faisant la révolution, tous les étudiants ne sont pas anarchistes, bien sûr, loin s’en faut. Mais les libertaires sont là, avec les militants des autres tendances révolutionnaires, maoïstes, trotskistes, guévaristes, avec aussi et surtout la marche des étudiants dont les idées ne sont pas encore bien arrêtées mais qui veulent prendre part eux aussi au mouvement. La grande qualité des anarchistes de Mai 68 a été de permettre à une ribambelle de gens que l’on appelait inorganisés, des gens qui venaient de nulle part, qui soudain émergeaient en mai 68, de leur permettre de prendre toute leur place. Et non pas de les renvoyer à l'école ou aux cours primaires. Il fallait qu’ils passent tous. Et ça, ça a été une grande force libertaire d'émancipation qui a permis à chacun de prendre sa place en quelque sorte, tout en luttant beaucoup contre les menées staliniennes de certains groupuscules. Même si ce n'étaient pas des staliniens, même s’ils étaient anti staliniens, ils avaient souvent des pratiques. Qui étaient peu recommandables, disons. Le mouvement fait tache d’huile et comme ici avec l’université de Strasbourg, il s'étend bientôt à toutes les universités françaises. Mais pas que c’est un moment dans lequel on a eu souvent tendance à surévaluer la composante, la composante étudiante, la composante culturelle de la contestation. Mais ce qui est très intéressant, c’est aussi la composante ouvrière de 1968 et le climat d’insubordination ouvrière généralisée que Mai 68 a révélé. C’est en effet la spécificité du 68 Français, car la répression brutale du mouvement étudiant avait provoqué une mobilisation des travailleurs. Une journée de grève générale était organisée par les syndicats. Le 13 mai 1 immense manifestation, avait dit le drapeau noir en tête. Mais le lendemain, débordant les appareils, les ouvriers décident spontanément de poursuivre le mouvement. C’est la première grève générale sauvage de l’histoire. Tous les secteurs sont touchés, non seulement les grands groupes publics, mais encore les entreprises privées, des plus grandes aux plus petites. Les centrales sont arrêtées, les cheminées ne fument plus dans les mines, on refuse de descendre. Les docks sont désertés. Même les secteurs les plus inattendus entrent dans la grève. Les banques sont fermées, les grands magasins sont occupés par leur personnel, Le ramassage des ordures est suspendu. Des banderoles décorent l’entrée des hôtels de luxe. Les mariniers occupent la scène. On ne prélève plus l’impôt. Les fossoyeurs n’enterre plus. Les eaux sont en vacances et les péages sont gratuits. La radio et la télévision réclament la fin de la censure et les actualités publiques remplacent la marche de la rage par des petits encerclés. Il n’y a pas jusqu’au footballeur qui demande la fin de l’aliénation et occupe leur fédération lors des grandes grèves de 1936. On comptait 2 millions de grévistes en mai 1968. Il y en a au début 6 millions, puis au bout de quelques jours, plus de 10 millions dans toute la France. Non seulement dans toutes les grandes villes de France, mais aussi dans les campagnes. Alors ça, il ne faut surtout pas l’oublier. Mais moi, j’ai trouvé dans les archives des tracteurs qui défoncent des sous préfectures. On n’a jamais vu ça. On s’est incliné. C'était incroyable, vraiment incroyable, inimaginable. Et on n’aurait jamais imaginé ça une semaine avant. Est. Et cela donne toute leur justification aux idées anarchistes. Attendez sous Logical, Mauvignier est un artiste. La est époque. Les gens sont capables de prendre conscience et vivre. L’anarchiste, ça se voit. Les gens sont capables, s’ils sont conscients, de le vivre de manière immédiate et spontanée. Spontanément, les gens se transforment en anarchistes ou en libertaires, comme s’il avait toujours été là. Ses prémisses révolutionnaires laissent de côté certains aspects fondamentaux de l'émancipation. Le patriarcat n’est que partiellement dénoncés, les minorités demeurent invisibles et la question écologique n’est pas posée. Mais dans les occupations, l’esprit anti-autoritaire et libertaire se diffuse à tel point que vers la fin mai, on commence à imaginer la disparition des frontières, du travail et de l’argent. Et arrive accompagné. Lorsqu’il y a Pavane, il y avait des travailleurs qui occupaient leur entreprise d’informatique. Comme il y avait de nombreux autres lieux de travail occupés. Et ils prenaient un bain de soleil sur la terrasse de l’entreprise. Et la direction est venue pour leur demander : Que voulez-vous ? Quelle est votre plate-forme de revendications ? Revendications et. On ne veut plus travailler, on ne veut plus de cette société-là. Et alors ? Oui, d’accord, on comprend. Mais au niveau des horaires, du salaire, qu’est ce que vous voulez ? Un dialogue qu’on saisit, c'était un dialogue de sourds. C’est comme une chape de plomb qui explose et les joies de vivre, les exubérance ont repris leurs droits. Et quand les exubérance reprennent leurs droits, comme Raoul Vaneigem l’a si bien dit.. Bien, les gens reprennent envie de vivre, le goût de vivre et le goût des audaces. Mais ses audaces ne sont pas du goût de tous. Dans l’urgence, le chef de l'État convoque un conseil extraordinaire la consigne donnée et répétée du sommet de l'État jusqu' en bas. Résumé L’opinion du président. De la République, c’est la réforme, Oui, la chienlit, non. C’est à Lyon, où des anarchistes convaincus, structurés et organisés, sont aux avant postes du mouvement, que la réaction commence. Il y a une forte présence anarchiste à Lyon. C’est vrai. D’abord, il y a une tradition anarchiste à Lyon qui est ancienne. Ça c’est une chose. Et donc les gens s’inscrivent dans cette tradition anarchiste. Les nouveaux anarchistes, les anarchistes de Lyon sont tous des anarchistes new look qui ont lu l’Internationale situationniste et qui trouvent ça absolument formidable. Regroupés au sein de l’Hydre de Lerne, un groupe décide de la Fédération anarchiste. C’est libertaire, New look Sont nombreux aussi dans le mouvement du 22 mars lyonnais. Ils ont occupé leurs facultés et essayé de faire la jonction avec les ouvriers, les grands bastions que sont Berliet et la rivière Seita. Mais à la différence de Paris, le mouvement est depuis le début resté assez sage. Or, le 24 mai, emmené par les anarchistes, le défilé se heurte à un impressionnant dispositif policier. Il se passe à Lyon une seule nuit de barricades, mais c’est une nuit de barricades qui est devenue en quelque sorte emblématique de Mai 68 pour toute la France. Car il se trouve qu' au cours de cette nuit des barricades, un commissaire de police est décédé. Affluent de la place des Terreaux, sur la presqu'île où ils ont mis en déroute les gardes mobiles. Les manifestants avaient décidé de marcher sur la préfecture de police qui se trouve sur l’autre rive du Rhône. Mais à l’entrée du pont Lafayette, un barrage les attend pour forcer le passage. Dans la confusion, des révolutionnaires réquisitionne un camion de chantier et le lancent sur les forces de l’ordre. Il est lancé à cinq à l’heure avec un caillou sur l’accélérateur en première. Il avance tout doucement, tout doucement, tout doucement. Et la police a 100 fois le temps de s'écarter pour laisser passer les caméras. La police n’a pas besoin de s'écarter puisque le camion dévie lentement et choc contre l’intérêt du pont. Mais à ce moment précis, le commissaire Lacroix, un commissaire de police, est pris d’un malaise. il est mort parce qu’il était présent lors des faits. La nuit des barricades, il est mort de peur. Il a fait une crise cardiaque au moment de l’arrivée de ce camion, mais il n’a pas été touché par ce camion. Il a été acheminé en ambulance. J’ai trouvé l’archive en ambulance à l’hôpital Grange Blanche et il a été soigné à cet hôpital. Il était vivant et il a parlé avec les médecins et les infirmiers. Et puis au cours du traitement, 1h ou deux après, il est décédé au cours du traitement. Voilà, donc il n’est pas mort, écrasé par le camion.Eh bien, messieurs, jusqu'à ces jours ci pourtant, le lendemain matin, aux premières heures du jour, le préfet de police de Lyon prend la parole en direct à la télévision et donne une autre version des faits. Et c’est ainsi que le commissaire René Lacroix, de trois enfants, fut écrasé entre le parapet du pont et ce camion. Le but était de criminaliser tout 68 Et effectivement, du fait qu’un commissaire de police est décédé. La réaction s’est emparée de cet événement pour en faire. Le cri de ralliement de la vengeance À la stratégie du choc et fabrique du sang. La nuit de samedi dernier, au cours des funérailles nationales du commissaire, on répète alors. La version policière fut lancée sur. Le commissaire Lacroix, tentant de l’arrêter, fut écrasé entre le camion et la rambarde du pont. Cet événement, souvent négligé de l’histoire, contribue avec d’autres à faire qu’en quelques jours seulement l’opinion publique se retourne, la situation se renverse, le pouvoir reprend l’avantage. Les manifestations sont interdites, les lieux occupés sont évacués et certaines figures du mouvement sont incarcérées. Ou comme Daniel Cohn-Bendit, expulsé. Mai 68 a vécu. Mais si la révolution libertaire est manquée grâce à la lutte, les travailleurs obtiennent tout de même de meilleures conditions de travail et de vie. Les lycées et les universités se démocratisent et la censure dans les médias recule momentanément et dans les années qui suivent. Le rapport de force né du mouvement permet de conquérir certains de ces droits que les anarchistes depuis des décennies, comme celui à l’avortement, confirmant en cela, s’il en était besoin. Le vieil adage libertaire selon lequel aucune tentative révolutionnaire ni vers l’Espagne et la guerre d’Espagne, mai 68 sont effectivement des échecs Longo. Mais les gens s’en souviennent comme d’un moment où il a été possible de renverser le régime. La race humaine y est. Et cette impression perdure. Et la poésie ? La remise en question des hiérarchies a été très profonde et so what I et jusqu'à aujourd’hui, rien n’a pu l’effacer. En France, le mouvement insurrectionnel se poursuit dans le monde du nord au sud, d’une rive à l’autre des océans. Quels que soient les systèmes et les régimes, à la suite de la fièvre émeutière, s’emparent de toutes les grandes capitales, avec comme consigne de faire comme en France, à Bruxelles, à Londres, Zurich, Stockholm, Montevideo ou Tokyo. Les étudiants occupent leurs universités, créent des écoles et appellent les travailleurs à les rejoindre, pensant profiter de leur pouvoir, retrouver et saisir l’esprit de la révolte. Les anarchistes organisent en septembre 1968 à Ankara, en Italie, un nouveau congrès international. On annonce un grand moment de confrontation et de vérification et la presse venue en nombre doit donner de l'écho à l'événement avec nos drapeaux. Les figures du mouvement montent chacune leur tour à la tribune. Oui, les vieux démons ressurgissent. Les générations s’opposent et les courants se déchirent. Et c’est ainsi qu’au moment où les organisations anarchistes auraient pu jouer un rôle dans ce mouvement révolutionnaire international, elles laissent passer le train de l’histoire. La réaction qui partout et tout fout dans les yeux, noie dans le sang les rêves de changement de la jeunesse. A Chicago, la marche des étudiants contre la guerre est écrasée. Au Japon, lors de la forteresse des étudiants révolutionnaires de l’université et le 2 octobre 1968, sur la place des Trois Cultures au Mexique, le gouvernement fait tirer sur les étudiants qui s'étaient pacifiquement rassemblés. Il y a plus de 300 morts. Cet événement restera dans les mémoires comme le massacre de clientèle locaux et vient mettre un terme aux rêves d’un possible changement pacifique. Je rappelle à de nombreux révolutionnaires les mots de Bakounine. Les révolutions ne sont pas un jeu d’enfant, ni un débat académique, ni une joute littéraire où l’on ne verse que de l’encre. La révolution, c’est la guerre. Et qui dit guerre, dit destruction des hommes et des choses. Il est sans doute fâcheux pour l’humanité qu’elle n’ait pas encore inventé un moyen plus pacifique de progrès. Mais jusqu'à présent, tout pas nouveau dans l’histoire n’a été réellement accompli qu’après avoir reçu le baptême du sang. Le sang bleu et noir grâce aux. Rose et noir.
David Dufresne
Et voilà les amis Je vais aller chercher Tancrède dans quelques instants. J’espère que vous allez bien. Moi je peux vous dire, je suis super super ému qu’on fasse cette soirée. Il a l’air sympathique. c’est un professionnel grave,bonjour monsieur. Ramonet Tancrède.
Tancrède Ramonet
. Tu m’entends ?
David Dufresne
Ça y est, c’est bon, je t’entends. Merci, mon cher Tancrède. Alors, qu’est ce que ça te fait, toi, de savoir que là, on est 200, 300 et parmi beaucoup de gens, des donateurs de la série ? Après on va parler de cet épisode, mais il y a des gens qui ont donné de l’argent pour que ce film existe. Qu’est ce que ça te fait ? Tu as déjà fait quelques rencontres ? Des projections ? Comment ? Comment ça se passe de travailler avec autant de coproducteurs ?
Tancrède Ramonet
Ouais, c’est ça. Mais beaucoup de pression. Parce que moi j’avais envie, j’avais envie de pas trop les décevoir. Et en fait, j’ai conscience aussi que je ne suis qu' aux trois quarts du travail puisque je te le disais avant, il y a des versions longues qui sont à venir puisqu’on voit bien en fait, quand on regarde cet épisode trois, qu’il y a des moments de l’histoire de l’anarchisme qui ne sont pas ici traités. En fait, c’est de toute façon les épisodes hideux étaient déjà partiels. Là je dirais que c’est presque des épisodes qui sont partiales en 52 minutes puisqu' il a fallu vraiment que partiales au sens où il a fallu que je choisisse un angle très précis qui est celui que j’ai dit avant celui de la bataille des idées, de comment faire remettre l’anarchisme et les idées libertaires sur le devant de la scène. Et il y a beaucoup de choses qui sont omises, notamment le rôle des anarchistes dans le renouveau artistique au lendemain de la guerre, avec des noms qu’on connaît bien en France, Brassens, Ferré, mais qui ont des équivalents dans le monde entier. Et puis l’influence de la pensée libertaire dans un courant qu’on méconnait ou dont on méconnaît, disons, l’importance deux des courants libertaires qui l’ont traversé, je veux parler du mouvement hippie et beatniks, avec des vrais militants convaincus et expérimentés parmi la Beat Generation et au faire Ligeti par exemple, Xen, Crow, Extra, Rex Ross et évidemment une espèce de souffle libertaire qui a soufflé dans le mouvement contre culturel et pendant l'été seulement. Flop. Ça, c’est des choses que j’ai monté et que je suis impatient de pouvoir montrer aux gens mais qui ne sont pas dans cette version courte.
David Dufresne
J’ai une petite question. Après je vais te remonter quelques questions du chat et merci beaucoup à Florent, à Morgane et aux autres qui qui posent des questions. Et les archives ? On a vu à la fin le manteau. Il y a énormément de sources. Ces archives, ça coûte combien sur homonyme Producteur ? Ça montre combien il y a d' archives.
Tancrède Ramonet
De l’anarchie, les archives, les archives sur sur l’ensemble de la série, les archives, c’est le plus gros post. Maintenant, nous on a décidé un petit peu de fonctionner un peu en pirate pour dire puisqu’on est qu’entre nous, on fonctionne un petit peu en pirate. C’est-à -dire qu’il y a tout un ensemble d’archives dont on paye les droits, et puis tout un ensemble d’archives dont on considère qu’on les utilise selon le droit de citation. Alors à ne surtout pas reproduire pour les étudiants en production audiovisuelle, etc. Le droit de citation n’existe pas en France, mais il existe dans les pays anglo-saxons un équivalent du droit de citation. Et donc on essaie de s’arranger un petit peu avec ça. Et puis la dernière chose, c’est qu’on profite aussi de dons qu’on peut avoir, par exemple sur le mouvement provo, c’est Ah ça.
David Dufresne
C’est très bien ça c’est hyper touchant parce que pour être honnête, je découvre le film tout en le diffusant à toi. Je ne suis pas sérieux comme gage, je ne sais même pas ce que je dis. Puis je te fais confiance. Et moi j’ai été vachement touché parce qu’il y a plein d’images que je ne connaissais pas. Alors peut être que toi tu passes sur les propos, C’est assez étonnant quand même.
Tancrède Ramonet
Et me voilà. C’est Eric du Ven Verdon qui a fait un film génial sur le mouvement provoc et un film qui dure plus de 2 h et une source inépuisable de données dans laquelle j’ai dû. Des images d’archives dedans et qu’il me les a gracieusement passées. Alors c’est pas lui. Il n’avait pas forcément tous les droits, mais ça a permis un petit peu de vie. Donc je disais des images d’archives. On a une forme de coproduction un peu particulière avec l’INA donc où on a pu bénéficier d’un tarif intéressant puisque l’INA. Voilà, quand on prend de plus en plus d’archives sur épisode un, épisode deux, puis aujourd’hui épisode trois, puis épisode quatre, Malina commence à nous faire des prix. Mais d’un autre côté, euh. Bah voilà, je ne vais pas spoiler l'épisode quatre mais par exemple. Mais par exemple, pour donner un exemple, il y a des parties qu’on n’a pas pu traiter que tu imagines que moi j’aurais voulu traiter et traitées dans les versions courtes. Mais par exemple, la question des droits nous empêche de faire une partie sur le punk, Voilà la partie conséquente que j’ai montée sur le punk mais qu’on ne pouvait.
David Dufresne
Pas dire parce que moi je pensais qu’on allait voir, ça fait un tabac.
Tancrède Ramonet
Donc on va voir trois images de punk, mais voilà.
David Dufresne
Tu montres Johnny, Roxanne à la fin du trois.
Tancrède Ramonet
Voilà, si ça arrive dans les séries, dans les versions longues, est ce que je le fais monter par exemple ?
David Dufresne
Est ce que c’est lié à la question de la musique ?
Tancrède Ramonet
Absolument. C’est ça, en fait, pour expliquer aux gens, mais en une minute, c’est que non seulement quand on utilise des musiques, donc non seulement on doit payer les droits des images, mais on doit aussi payer les droits des musiques et les Sex Pistols notamment. Mais moi, il me semblait impossible de ne pas mettre de chansons comme un parking, de bloquer, etc. Et puis évidemment, d’autres groupes armés, si on avait signé avec des majors, donc les Sex Pistols, notamment avec Virgin. Et donc il y a une cascade de droits. Qui fait que dire affranchis, ça, c’est hors de prix.Là, en l’occurrence.
David Dufresne
Florent te pose la question de la suppression de la police pour les anarchistes a t elle évolué où les avis sont tranchés, voire divergents ? Florent te précise qu’il travaille sur la question de la police, une bédé. Et on voit dans l’histoire que l’absence de la police institutionnelle ouverte à une police communautaire Le village te regarde. Y a t il des pensées innovantes sur la question ? Monsieur Ramonet ? Vous avez cinq minutes.
Tancrède Ramonet
C’est sûr. C’est presque une question qui pourrait se poser à l’issue du quatrième épisode sur ce qu’on a pu appeler le post anarchisme, etc. Donc ça, c’est sur la partie Est ce qu’il y a eu des innovations ? Sur la police ? Disons que généralement, dans le coup, les courants anarchistes, il y a une idée de l’abolition de la police, comme chez les marxistes conséquents chez les communistes conséquents, puisqu’on considère traditionnellement que la. La police est une milice qui défend la propriété bourgeoise et que c’est ça sa mission. Voilà. Et en réalité, on aurait beau essayer d’imaginer une autre forme de police qui serait qui prendrait en charge la défense des petites gens contre le reste, pas seulement les agressions, mais qui pourrait être en charge des petites gens ? En fait, chez les anarchistes, le fait que la police soit une milice qui appartient à l'État et que le but de l'État est de défendre la propriété, la classe bourgeoise et tous les systèmes de domination fait en réalité condamner la police. Maintenant, là où il peut y avoir des discussions, c’est dans le cadre, par exemple de manifestations et à l’intérieur des oppositions entre eux, des courants plus insurrectionnel et des courants plus non-violents ou pacifistes. C’est cette idée que la police, à un moment, peut mettre crosse en l’air et rejoindre les manifestants et que par exemple, pour les non-violents ou pour les pacifistes, ça peut être le signe. Le but, c’est de convaincre le plus grand nombre, y compris jusqu'à la police qui ne réprime pas. Et on peut avoir chez eux des insurrections réalistes. Cette idée qu’il faut aller à l’affrontement avec les forces de l’ordre et que c’est en repoussant les forces de l’ordre cohérent et en armes qu’on n’arrivera en quelque sorte à détruire les pouvoirs. Prendre les lieux, pouvoir chez des marxistes léninistes ou ou détruire.
David Dufresne
J’en profite parce que si j’en crois dans les médias, on voit cette dissolution des forces policières, une auto dissolution par le fait que l'État, la police aussi. Ceux qui sont membres de la police la quittent ou une destruction, une défaite de la police. Si j’en crois ton l'épisode trois qu’on vient de voir, ce seraient des provos qui auraient mis qui auraient théorisé l’idée de provocation, Répression et mobilisation, C’est pas plus vieux que ça. Rien. Je suis en recul.
Tancrède Ramonet
Alors ça c’est disons que le principe et l’idée existe et a déjà été mis en œuvre. Le cycle provocation, répression, mobilisation. Mais c’est Raoul XX deux qui est le premier vraiment à le théoriser et à l'écrire noir sur blanc. Et ensuite c’est quelque chose qui va être énormément repris tel quel. Bien sûr, avec le je, je l’ai mis. Il y a même des textes où y mettent provocation, répression, mobilisation. C’est presque avec des signes mathématiques. C’est vraiment leur, leur slogan. Alors voilà, oui, oui, ça.
David Dufresne
Bouge, Tu vois, je pensais que c'était plus ancien. D’où est venu C’est ce désir, ce désir de faire cette série de quatre documentaires ? Te demande Isaac, que je ne trahirai pas puisqu’il a dit lui même quand il a vu les images de 68 Je crois que tu racontais que ton père était du côté des CRS. Donc il nous dit : Imaginez mon adolescence. Bon, bref, d’où est venu ce désir de faire cette série de quatre documentaires ?
Tancrède Ramonet
Je l’ai beaucoup et souvent raconté. C’est que moi, je m’intéressais à l’histoire de l’anarchisme depuis tout jeune et à l’anarchisme en particulier. Pour dire les choses, moi, j’ai été compagnon de route de Lutte Ouvrière dans mon adolescence, mais tout en étant Lutte Ouvrière, on faisait un travail de lecture sur les textes, etc. Je m’intéressais aussi à ces courants un peu méprisés au sein de l’Union ouvrière qu'étaient les courants anarchistes autonomes. Pour s’en rappeler toutes les révolutions des pays du Sud dans les pays du Sud, etc. Et non dans les années 2000. Notamment avec la lecture des commentaires visibles des premiers de leurs premiers textes, le Tikoun, et puis ensuite l’insurrection qui vient et tout ça. Je me suis reposé des questions de qu’est ce qu'était l’anarchisme, qu’est ce qu'était sa spécificité ? Je ne suis pas en train de dire que le Comité est invisible et anarchiste, mais quelle était la spécificité de l’anarchisme ? Et j’ai eu envie d’en savoir plus. Et en fait, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas d’histoire générale de l’anarchisme, qu’on pouvait trouver une histoire de l’anarchisme en France, une histoire de l’anarchisme aux Pays-Bas, une histoire de l’anarchisme en Argentine, et puis souvent entre des dates particulières. Mais il n’y avait pas une histoire complète. Et pourtant, plus je regardais, plus je cherchais, plus je voyais que, en fait, on retrouvait en gros une espèce de cohérence planétaire sur une période de 150 ans d’histoire de l’anarchisme. Et je me suis dit qu’en même temps que ça m’intéressait avec Patrick Barberis, ce avec qui on a travaillé là dessus, qui était mort entre les deux épisodes, on a on s’est dit qu’on avait envie de travailler et d’apprendre cette histoire en l'écrivant, quoi. Voilà. Et et à un moment, par un hasard de circonstances, ça s’est mis à intéresser quelqu’un a t x. Paul Piret, politique, était la directrice des documentaires et qui, pendant deux ou trois ans ou quatre ans, me disait non à chaque fois que je venais la voir avec ce projet là et qui un jour m’a appelé et en me demandant de prendre un petit déjeuner avec moi, je suis allé la voir et elle m’a dit Tu veux toujours faire ton film sur l’anarchisme ? Alors je dis bah oui, puisque jamais on ne sera en 2011. Et elle me dit parce que ma fille m’a dit l’autre jour qu’elle était anarchiste, alors on va faire ce film pour lui montrer que c’est pas vrai et et j’ai dit mais peut être qu’elle l’est et puis on verra quoi. Et euh. Et on a commencé à travailler sur ce film-là.
David Dufresne
Donc c’est des questions, des directrices de programmes qui expliquent.
Tancrède Ramonet
C’est pour montrer que, voilà, il y a parfois des petites histoires dans la grande histoire aussi. Tu sais que parfois bien des choses se font, mais modestement, n’imaginent pas.
David Dufresne
Peut-être que j’ai mauvaise mémoire, mais il me semblait que les épisodes un et deux étaient vraiment sur la TEO, les théories, les courants anarchistes, etc. Plus sur la pensée. Là, j’ai eu l’impression que cet épisode trois portait beaucoup sur le rapport à la police, à la violence. Est ce que c’est un choix de ta part ou est ce que d’une certaine manière, les choses se sont réduites à cette question là à partir des années 50 60 ? Tu te dis très bien qu’après la guerre, l’après-guerre, c’est très difficile pour l’anarchisme de rebondir. Est ce que c’est un choix d’auteur ou est ce que c’est tu penses à l’opposé ?
Tancrède Ramonet
Alors non, c’est un choix un petit peu collectif qu’on a fait et je vais expliquer pourquoi, c’est que justement dans les partis qui sont un peu manquant, il y a un petit peu plus de théorie. Alors je spoile pas l'épisode quatre parce qu’il y a la même chose qui a été un peu moins théorique dans l'épisode quatre qu’il y en aura dans les versions longues et un peu moins de théorie dans cet épisode trois qu’il n’y en aura dans les versions longues. Effectivement, parce que pour cette raison, un peu de partiel partiel que je racontais et que l’autre, disons l’autre problématique qui court sur les deux épisodes, c’est vraiment celle qui traverse l’histoire de l’anarchisme depuis le début, qui était déjà présente dans le un et deux. C’est le recours à la violence par des groupes minoritaires ou mouvements de masse souvent non-violents, avec le but de convaincre le plus grand nombre. Et ça, on le voyait déjà entre la propagande par le fait et le syndicalisme révolutionnaire, puis les éducation, réalisateurs, etc. Bon, euh non. Par exemple, là, sur cette partie, il y a quelque chose qui est très intéressant, qui est l’intervention demeurée Bookchin aux États-Unis. Je le raconte dans cette partie qui est consacrée aussi au mouvement hippie et contre culturel, aimerait Bookchin, qui est le premier à amener l'écologie dans le champ politique, lui dirait Il appelait ça l'écologie sociale. Aujourd’hui, on parle d'écologie politique, mais en bon anarchiste, il ne s’intéressait pas à la question politique mais à la question sociale. Murray Bookchin est le premier à faire de l'écologie quelque chose de politique. Et il est aussi celui qui, après Élisée Reclus, après quelques prédécesseurs, va mettre l'écologie au cœur du logiciel anarchiste. Adam au début des années 60, fin des années 50, début des années 60. Et évidemment, ça va avoir une influence. Et donc toute cette théorie du lien indissociable qu’il y a entre souci écologique et pensée libertaire et expliquée à ce moment là, avec cette idée que si on est un écologiste conscient, lucide et cohérent, bien d’après Murray Bookchin, on est forcément anarchiste puisque la question n’est pas celle de la lutte des classes, mais la lutte contre toutes les formes de domination, la. De l’homme sur la nature, mais aussi la domination de l’homme sur la femme, la domination des classes entre elles, la domination des blancs sur les autres races comme il dit, etc etc. Et donc il y a tout un développement théorique autour de Marie Bookchin. Et là où je dis que c’est un choix qui a été fait, c’est que bon, mais là de manière un peu collective, au sein en noir, avec des gens que des gens tu connais, au bureau, au Sahara, etc. Mais aussi avec le livre et les partenaires audiovisuels ou LCP. Tout naturellement. Ce qui intéressait plus les gens, c'était ces images un petit peu plus spectaculaires de confrontations, de manifestations, d'épreuves. On était juste à la sortie des gilets jaunes. Il y avait quelque chose qui résonnait très fort entre ces provos qui était finalement en réalité très non-violent et et qui se faisait démonter par la police qui était une police quand même vraiment, qui venait tout droit de la deuxième guerre mondiale. Et. Et. Et donc en fait, il y a eu quelque chose comme le spectacle un peu emporté par rapport à de la théorie, mais j’essaye de contrebalancer ça dans les versions longues. Si j’arrive un jour à déterminer pardon, à faire des réponses aussi longues.
David Dufresne
Non,mais il n’y a pas de souci, On va quand même regarder l'épisode quatre et après il y a plein de questions qui tombent. Mais puisque tu parles de 68, tu te demandes qui a sollicité Cohn-Bendit pour témoigner ?
David Dufresne
Je vous demande de solliciter Cohn-Bendit pour témoigner le Cohn-Bendit d’aujourd’hui ? Qui aurait parlé du Cohn-Bendit de 68 ? Bien sûr.
Tancrède Ramonet
Non, parce que l’idée, disons, ça aurait aussi bien pu se faire. Mais l’idée dans les épisodes un, deux, trois et quatre, c'était pas d’avoir des gens d’abord qui commentaient leur histoire, même si beaucoup ont participé à l’histoire de l’anarchisme. Mais c'était d’avoir des historiens du mouvement social, du mouvement ouvrier, des gens qui ont travaillé, écrit là dessus et et éventuellement récemment. Et donc, euh, il me semblait plus intéressant, plutôt que d’avoir quelqu’un qui s’est éloigné de cette histoire là même, qui a rompu avec elle. D’avoir des gens, d’avoir des gens qui sont aujourd’hui encore en train de réfléchir là-dessus et qui parlent, parlent de lui, d’autre chose. Mais. Mais voilà. Et j’ai été très surpris par où finalement, de la part de mes historiens et historiens. Euh deux y a pas cette chose qu’on peut retrouver peut être un petit peu plus au sein des courants trotskistes, c’est à dire qu’il n’y a pas l’idée que totalement il a trahi, il a été un compagnon de route et et il y a chez les anarchistes quelque chose qui est, je ne sais pas comment dire, anecdotique. Il y a, il a été des nôtres à un moment, il a été un compagnon de route. Euh, voilà. Évidemment qu’il a d’autres idées, qu’on combat ses idées, mais il a été à un moment des nôtres et il a été très important et et je trouve ça assez touchant sur ce phénomène ci finalement, pas si qui voudrait étiqueter, qui caractérisait des gens pas si sectaires que ça ? Voilà parfois en fait des anarchistes et surtout de la vieille garde anarchiste des gens du secteur. Bah là on voit que pas tant que ça il me semble.
David Dufresne
Après on passe au numéro quatre, mais il y a deux choses que j’ai noté il me semble. Il y a un historien qui nous dit, à un moment donné, je me demande si sa langue fourche parle à propos des promos. Donc ok, le gars il était quand même pas loin du truc. Mais surtout, il y a quelque chose que je trouve terrible. Et peut être parce que je vais découvrir l'épisode quatre, mais peut être que ça nous éclaire si tu dis des provos. En fait ils ont joué sur l’image jeu de mémoire, ils ont joué sur l’image et ils vont finir par C’est terrible ce que tu dis en cartes postales. Est ce que c’est le tribut que nous payons tous les uns après les autres ? C’est à dire qu'à un moment donné, pour aller très vite, la société du spectacle dont tu te doutes, que tu évoques par l’Internationale situationniste, est ce que tu penses qu’elle est plus forte que tout, plus forte que toutes les idées ou pas ?
Tancrède Ramonet
Alors d’abord, je suis content David, que tu dises ça parce que, en fait, ça a été un peu une partie du texte que j’ai mis beaucoup, beaucoup de temps à écrire, parce que j’avais envie de la formuler très précisément et je voyais ce phénomène là se reproduire dans l’histoire de l’anarchisme. Évidemment, on se rappelle qu' au moment de la propagande, par le fait, les anarchistes sont pris en fait finalement par leur propre caricature ici, et c’est même une caricature à laquelle il n’y a rien qui leur colle à la peau, à laquelle ils n’arrivent pas à échapper. Aujourd’hui encore, on a cette idée que l’anarchisme, c’est le désordre et le chaos. Ça vient de là, du temps de la propagande par le. Fait, c’est-à -dire les anarchistes mobiles de l’attentat, des. Anarchistes poseurs de bombes, Ravachol, etc. Et, et, et ce phénomène qu’on a chez les provos. En fait, ce qui est très drôle, c’est qu’on l’a fait quelques mois auparavant. Et en fait dans un moment qui va entourer les provos en chef chez les hippies qui eux mêmes ont organisé des abris à San Francisco pendant le mouvement de la vague hippie, on va organiser des tours en cars pour aller regarder les hippies et les hippies eux mêmes vont finir par organiser la cérémonie du hippie mort où ils vont brûler un hippie dans un cercueil. Et puis évidemment, dans une version beaucoup plus sombre, on va voir le mouvement punk qui va très rapidement être pris au piège de sa propre caricature, avec cette idée que c’est une escroquerie, etc qu’on retrouve. Et donc oui, il y a, il y a le fait, on le sait évidemment formulé magistralement par les situationnistes, cette idée que le spectacle a quelque chose de totalitaire, c’est vraiment la fétichisation de la marchandise et que donc on devient en quelque sorte un produit sujet et objet de représentation, et on est pris au piège là dedans et qu’il faut essayer d’y échapper. Et t’as fait un livre dessus ? Mais c’est quand même l’idée du comité invisible, de tous ces gens qu’on va voir dans le quatrième épisode masqué, d’essayer d'échapper à ça par le recours à l’anonymat, au masque et et on va voir jusqu’où ça marche et puis jusqu’où ça ne marche pas avec, là aussi. Hésitation entre recours à la violence par des des petits groupes ou mouvements de masse.
David Dufresne
Il ne répond pas, mais deux rangées au-dessus de toi et deux cases à gauche, il y a un dénommé Jost. Ne me dit pas s’il est dans l'épisode quatre ou si simplement c’est un fantôme, ça n’a pas d’importance. Je vais découvrir, Je vais savourer. Comme tous ceux qui sont, qui sont là. Tu peux aller te sustenter ou je ne sais où, je ne sais quoi en sortir en footing. Voilà, c’est ça. On se retrouve dans 52 minutes à peu près, c’est un régal. On sait que toute l'équipe est très fébrile. Je pense à Nico, à cet honneur, à eux, à Robin. Ah oui, ça c’est Robin succombera à la papatte, à tous les gens qui sont avec moi. Henry gît quelque part au coin et voilà que tu es là, si tu veux. On est quand même super fiers parce que ça y est, ça marche bien. Il y a eu des petits ratés au début, mais là ça marche bien. Merci beaucoup à Octopus, notre hébergeur. Merci infiniment aux développeurs de PeerTube. C’est lyonnais auprès de Framasoft parce que c’est ça aussi l’autonomie en marche, on va dire.
Tancrède Ramonet
Exactement, c’est ça, c’est qu’on est le pont et la forme en accord, là c’est pas si souvent.
David Dufresne
Annoncé ici, parce que là on est pas sur Twitch, on a rabattu Twitch sur PeerTube, ça c'était pas trop fort.j’envoie le film, on se retrouve dans 52 minutes si ça te rend génial !
David Dufresne
Alors les amis, j’envoie le film. C’est l'épisode quatre du film. Le dernier épisode Ni Dieu ni maître. Les réseaux,de la colère, 1900. 65, N’hésitez pas à poser vos questions dans le tchat ou remonter les questions tout à l’heure avec Tancrède qui plus visiblement va prendre un peu des forces et il sera prêt pour vous répondre. Merci les amis et à tout de suite.
Audio
Argentine. France. États-Unis. Japon. Algérie. Uruguay. Espagne. Dames. Royaume Uni. Australie. Indonésie. Sur les cinq continents, qu’est ce qui de fleurs, voire mieux de pavé ? Les libertaires sont lentement sortis de la nuit et ont allumé des feux de joie, eux que l’on avait cru vaincus. Ils ont partout repris l’initiative participer à de vaste mouvement insurrectionnel et pris l’avantage dans la bataille pour l’hégémonie culturelle. Mais gagner les batailles n’est rien pour eux si l’on ne gagne pas la guerre sociale. Or, dans les années qui suivent 1968, les anarchistes vont découvrir un nouveau péril, non plus celui de disparaître, ni celui de se fourvoyer. Car face à un système global qui met en scène les apparences de sa propre critique, leurs slogans émancipateurs, leurs rivaux assassins et même leurs figures ont parfois fini par être récupérés pour faire avancer leurs idées. Les libertaires ne vont plus dès lors avoir d’autres choix du local à l’international que d’avancer masqués et par la guérilla ou dans la mobilisation de masse. En revenir à la propagande. Et c’est ainsi que dans les faubourgs de Montevideo, au cœur de Londres et du Chiapas, se rebellent. Insurgés, l’anarchisme va souvent inspirer, sans toujours dire son nom, les nouvelles formes de résistance. Et dans cette postmodernité qui se voulait la fin des temps, relancer pour un tour au moins la grande roue de notre histoire. Que l’année 68 ait été une répétition générale ou une révolution manquée. Il n’en reste pas moins qu’elle aura laissé comme un goût d’inachevé sur la langue des révolutionnaires. Comment ne pas comprendre que nombre d’entre eux soient déçus devant le spectacle des populations ? Le travail ? Mais face au retour des éternelles polémiques entre organisations, qui se rejette la faute et entend rabâcher les MIJ, pourquoi ne seraient-ils pas alors écœurés ? Que faire ? Alors que certains décident de prendre la clé des champs et rejoignent la campagne des communautés, d’autres soit par optimisme, soit par désespoir, jusqu'à juste rester dans les villes afin d’essayer par un coup de force de précipiter les choses. Pour les anarchistes, tout commence en réalité en Uruguay, en 1965, quand Abraham Gillen, ancien combattant au sein d’une division anarchiste en Espagne, mais aussi diplômé en sciences économiques, qui a participé à toutes les tentatives insurrectionnelles de l’après guerre, publie son livre Stratégie de guérilla urbaine. Pour comprendre la nouveauté de son ouvrage, il faut se souvenir que depuis le triomphe de la révolution cubaine en matière de lutte armée, c’est la théorie dite du franquisme qui recueille toutes les faveurs des révolutionnaires. Les guérilleros doivent partir dans les montagnes et dans la jungle pour créer, aux côtés des paysans et des indigènes, des foyers insurrectionnels. Cette théorie, qui a pu montrer son efficacité dans le contexte cubain, doit être prise, selon Abraham, devant être repensée pour les pays plus développés. Dans une guerre révolutionnaire, quand les masses urbaines sont plus importantes que les masses rurales, le centre de gravité de la lutte doit se situer dans les aires urbaines. Les grandes cités sont des forêts immenses de ciment où tous les artifices de la guerre de guérilla peuvent être correctement employés. L’heure est venue où une minorité révolutionnaire peut mettre la masse en mouvement et permettre de surmonter de l’aliénation par la peur. La théorie de la guérilla urbaine et de la propagande armée vient de naître. Et Abraham Gillen de préciser.L’arrière garde révolutionnaire attaque son agenda et non les spatiaux. Il en est le pimpant et étonnant opérations. S’il y a des populations, il doit bien. Y avoir des lampes. L’hommage consubstantiel comme la doctrine de l’action directe et indirecte à politica par et la foi la masse non participant. Il y a tant sous vitrines des mines de l’or parti de la fin. L’objectif, selon moi, c’est la prise de conscience. Ainsi, avec la prise de conscience que le système capitaliste est fragile et que les prolétaires peuvent donc mener eux mêmes la lutte armée. Entre parenthèses. C’est la vision classique des attentats anarchistes depuis la fin du XIXᵉ siècle. La propagande par le fait, la religion. La théorie d’Abraham se diffuse rapidement en Uruguay, où la révolte gronde. Depuis le milieu des années 60 sévit une crise économique profonde. Elle inspire notamment un groupe de jeunes révolutionnaires. Elle est au Maroc où elle nous a emmenés par un partisan de l’autogestion. Fin connaisseur de Proudhon et rassemblé autour de Mot d’ordre libertaire. On retrouve parmi les socialistes révolutionnaires des communistes hétérodoxes, des prêtres influencés par la théologie de la libération, mais aussi depuis l’origine, à l’image de Gerardo Gatti, Georges Chaval et José Mujica, de très nombreux libertaires. Les anarchistes participent à la formation des Tupamaros Tupamaros se tiennent les tout pas maro sont d’ailleurs un respect de la vie humaine à Thorstein et à la politica today. En ce sens, c’est une lutte très respectable. Les Tupamaros adoptent aussitôt la stratégie de la guérilla urbaine et de la propagande armée. Ils attaquent tous azimuts et enchaînent les coups d'éclat. Pas un jour, sans que leurs actions le fasse, les gros titres des journaux. Lundi, les Tupamaros occupaient une usine. Mardi. Hold up 5 millions de pesos. Mercredi, attentat à la bombe dans plusieurs classes politiques. Jeudi, occupation d’une usine et vendredi. Bombes et hold up. Samedi, dynamitage d’une chaîne de télévision. Et dimanche, en guise de repos. Évasion de dizaines de détenus. Le pouvoir a beau dénoncer la violence, les Tupamaros qui, dans un premier temps, évitent de verser le sang, sont bien perçus par la presse et l’opinion publique. Ils bénéficient même, sur la scène internationale, d’une image très positive, comme le prouve l’article que leur consacre alors le Time Magazine qui les apparentent à des Robins des bois des temps modernes. Grâce à eux, la théorie de la guérilla urbaine et de la propagande armée essaime dans le monde populaire. Les gens apprennent en répliquant. Quand vous voyez un groupe qui fait des choses, que vous avez des connexions avec ce groupe. Des réseaux se créent et on retrouve un peu partout le même type d’action. C’est vraiment ce qui s’est passé avec les Angry Brigades, par exemple le Parti l’Amérique latine. La question de la lutte armée se pose en effet à partir de 1969, à tous les révolutionnaires. Partout, on publie des journaux, on fait des films, on écrit des livres qui parlent d’elles et des appels aux armes sont lancés à la télévision. Dans tous les quartiers, sur nos lieux de travail. Nous devons préparer dès maintenant la lutte armée pour la destruction de tous les capitalismes.Aujourd’hui, on se rappelle surtout des Brigades rouges en Italie et de la Fraction Armée rouge en Allemagne qui, comme leur nom l’indique, ne sont pas anarchistes. Oui, à l'époque, et comme souvent, ce sont les libertaires qui prennent l’initiative comme un symbole. Il y a les Tupamaros Ouest avec Michael Baumann, qui sont les premiers à faire trembler le vieux monde. En Espagne, le groupe primaire de Mino, puis les commandos autonomes anticapitalistes font parler la poudre. Les appels à construire la guérilla sont entendus en France aussi ou dès l’année 1970. Le groupe révolutionnaire numéro deux organise à Grenoble une semaine de la dynamique suivie par les GARI qui passent eux aussi à l’attaque. Il enchaîne les hold up et multiplie les attentats et les sabotages dans tout le pays. Même aux Etats-Unis d’Amérique, ils prennent les armes. Le voyageur dans leur grande qui a la mémoire longue, fait sauter la statue des policiers de High market à Chicago. Mais c’est sans doute au Royaume-Uni que la stratégie de la propagande armée anarchiste est menée de la manière la plus emblématique par la Hongrie. Regarde la Brigade de la colère, une organisation qui, encore aujourd’hui, n’a pas révélé tous ses mystères. De nombreuses questions demeurent que les journaux comme le Time et d’autres se posent déjà à.L'époque. De même qui sont les Angry Brigade et où ils répondaient La Hongrie Brigade, ça peut être n’importe qui et des saints. Et la Hongrie Brigade, c’est cette personne qui est assise à côté de toi dans le métro et qui a de la haine plein la tête et un revolver dans son blouson. Et n’importe qui peut être de la brigade. Les noms ne comptent pas. Intéressant Things. Ce qui est très intéressant et qu’on a aujourd’hui oublié avec les membres de la soi-disant brigade, c’est qu’ils étaient aussi impliqués dans beaucoup d’activités d’entraide entre communautés, avec les syndicats You need at the people. C'étaient des poètes et des écrivains, mais ils ont été décrits par la presse de l'époque comme une horde de terroristes. C’est en réalité très loin de ce qu’ils étaient. C’est quoi ? Ce collectif bien hétéroclite n’en est pas moins fortement mobilisé et politisé, décidé à passer à la lutte armée. Il adopte ce nom de brigade de la colère et s’inventent un logo où l’on voit des signes masculins et féminins s’entrelacer autour d’une kalachnikov. Car à l’image des autres groupes de lutte armée de l'époque, ce qui déroute alors les observateurs, c’est que parmi ces combattants, on compte de nombreuses combattantes, dans la lignée des pétroleuses de la commune. Ces femmes auxquelles on attribue le surnom d’Amazone de la Terreur effraient autant qu’elles fascinent. On se souvient notamment en Allemagne de l’Ouest, de l’intrépide Nahda, du mouvement du de juin et d’où le ricanement les de la fraction Armée rouge qui, bien que n’ayant rien d’anarchiste, était désigné comme tel dans les tracts mettant sa tête à prix. Mais pour le public britannique, c’est la figure d’Anna Mendelssohn que l’on soupçonne d'œuvrer au sein de la brigade, qui synthétise tous les fantasmes et retient l’attention dans cette interview télévisée où elle résume en un mot le sens de son combat.Pour le Sensible à toutes les formes de domination et convaincue que la meilleure défense, c’est l’attaque. Pendant près de trois ans, les femmes et les hommes de la brigade font converger les luttes et enchaînent les frappes. S’il cible bien sûr les banques, les sièges des grandes entreprises, les ambassades et les centres d’intérêts des dictatures. Il élargit aussi le périmètre des actions de la propagande armée et lui ouvre ainsi le nouveau front. Certaines de leurs cibles étaient assez inhabituelles. Par exemple, ils ont fait exploser une boutique de mode Biba. Ils disaient que Biba était un symbole de la société de consommation et qu'à ce titre, elle devait être brûlée. Pour bien se faire comprendre, les actions symboliques de la brigade sont systématiquement accompagnées de communiqués explicatifs. Frères et sœurs, quels sont vos désirs réels ? Allez au drugstore pour vous asseoir avec l’air distant, vide, ennuyé, en buvant un café sans goût. Ou bien alors le faire sauter ou le faire brûler. La seule chose que vous puissiez faire avec ces maisons d’esclavage moderne, appelées boutiques, c’est les démolir. Le capitalisme, le profit, l’inhumanité ne se réforme pas. Il faut les frapper jusqu'à les détruire. Révolution. Et la logique derrière cela, c’est de s’adresser à un public qui va comprendre les raisons pour lesquelles vous menez vos actions. Mais le risque, évidemment, c’est que vous allez aussi laisser de côté tous ceux qui ne ressentent pas de colère et ne peuvent pas comprendre la symbolique de vos actions. A la différence des groupes de lutte armée appartenant à d’autres tendances révolutionnaires comme les Brigades rouges, la Fraction Armée rouge ou plus tard Action Directe, qui ont pu pratiquer des exécutions. Et alors même qu’ils frappent jusqu’aux portes du pouvoir, avec une campagne de lettre piégée envoyée aux journaux, aux conservateurs, aux grands industriels et aux ministres afin de ne pas se couper de la population, les guérilleros urbains de la brigade s’efforceront toujours de ne pas faire couler le sang. Ils n’ont jamais tué personne. Ils ont fait quelques blessures, mais pas très sérieuses. La lutte, la propagande, la propagande par le fait devraient toujours être symboliques. Et les Angry Brigades avaient ce slogan très important, je crois. Seuls les fascistes attaquent le peuple plutôt qu’une.Pas le fait que ça t’amuse. Et à Mendelssohn de confirmer.Comme vérité injuste. Je pense qu’une Curepipe est we want right to say une pomme de café. Et ne peut être appliquée au moins un mandat. Muffin with straight maker hit and his property wisteria grâce à un which les capsules Et pourtant, comme au XIXᵉ siècle, la peur s’empare des cercles, nos dirigeants ont commencé à déployer un formidable arsenal. On vote des lois, on crée des unités spéciales comme la Bombe Squad au Royaume-Uni. Et grâce à la toute nouvelle informatique, on met en fiches les populations en Europe et dans le monde. La chasse aux guérilleros urbains est donnée. En Uruguay, par exemple, le pouvoir se rigidifie et les autorités multiplient les actions de contre-insurrection. Des coups de filet sont lancés qui permettent d’arrêter les figures du mouvement Tupamaros, comme ici Jorge Savall, sans l’usage de la torture, se généralise et les escadrons de la mort sont lâchés aux trousses des révolutionnaires. Et cette répression spectaculaire a elle aussi des répliques. Et fait-elle en revanche les victimes ? En Allemagne de l’Ouest, le combattant anarchiste Georges Renard, l’un des fondateurs des troupes à Berlin, est le premier guérillero urbain tué par la police. En Espagne, malgré les mobilisations internationales. Le combattant libertaire Salvador Anti est exécuté dans la prison Modelo de Barcelone et au Royaume-Uni. Quelques prétendus membres de la brigade Anderson sont arrêtés. On leur fait un procès le plus long de l’histoire britannique et bien qu’aucun ne soit reconnu coupable pour les bombes ou les lettres piégées, on en condamne certains à de très lourdes peines de prison. Les limites de l’action clandestine et de la propagande armée sont atteintes. Et alors même que les anarchistes avaient été les premiers à en faire l’apologie, ce sont aussi des libertaires qui commencent à en faire très tôt la critique. Est ce que c’est un problème de ou comment et pourquoi on fait un attentat si c’est pour paralyser le capitalisme, ça peut valoir la peine. Capitalisme rapide si et si, mais si, C’est un attentat seulement spectaculaire. Pour qu’il y ait l’attentat. Parce que l’attentat suppose une profonde inégalité entre ceux qui ont la capacité et le savoir faire des bombes et s’avèrent assez cher, et les gens du commun, ceux qui vont au travail, le travail et le travail, et qui n’ont rien des nigauds. À part bien sûr leur capacité de créer là où est le bien. Tout ça me semble donner une espèce de d’idéal héroïque guerrier. Un des mouvements qui peut être remplacer le long travail ingrat d’organisation, de formation, de culture. Il y a une certaine impatience révolutionnaire qui fait qu' on imagine qu’on va frapper l’ennemi au cœur en mettant une bombe ici ou là, mais qui ont rarement réussi à déclencher un quelconque social. Devant les caméras. Quelques jours avant son incarcération, Anna Mendelsohn elle-même admet la relative inefficacité de la seule stratégie de l’attentat terroriste comme preuve de principe. Pour le moment, le gouvernement iranien.Change in time of war is strange. Hutchison essaie de tout changer. Nombreux sont les libertaires qui vont alors préférer à la propagande armée la propagande, tout comme à la fin des années 70 et au début des années 80. Après cette période de forte offensive révolutionnaire, les anarchistes reprennent donc leur bâton de pèlerin et, tout en s’investissant dans le mouvement punk qui éclot alors, en ouvrant des maisons d'édition et des librairies, en créant des fanzines, des radios libres comme ici en France Radio libertaire ou en participant plus sagement aux mobilisations, ceux ci retournent pour quelques années dans l’ombre. Avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’U.R.S.S. Le capitalisme triomphe. Il peut à loisir se globaliser et entamer sa dernière marche. Il renforce ses institutions et généralise son offensive contre les corps, les cultures et les paysages. Le monde devient un marché unique et global auquel rien ne doit échapper et dans lequel tout est désormais soumis à ses lois. No alternative dit donc à ceux qui osent s’interroger. And more intensif que cette intensification du vol, des richesses et des ressources. Et le résultat de ces nouvelles stratégies globales plaide pour stratégiste. Andrew croit que cela a une influence sur l’anarchisme, qui s’inspire d’ailleurs de nombreux mouvements indigènes. Ils sont inspirés principalement par les zapatistes au Mexique, car c’est en 1994 que les zapatistes se font connaître au monde avec leur insurrection à Mexico. Le 1ᵉʳ janvier 1994, au crépuscule du matin, les armées en guenilles et haillons s'élevaient. La télévision et la radio. La. Télé. Et la radio devant la caméra. Tout ça commence d’une manière très intéressante, mouillée, intelligente et pas stockée. Est ce qu’il y a la menace de la violence ? Mais on ne peut pas dire qu’il y ait vraiment de violence. Que veulent-ils ? Qui sont-ils, ces guérilleros qui ne semblent pas appartenir à la tradition libertaire ? Je viens d’une autre tradition qui est plutôt, de par une tradition on va dire marxiste, voire guévariste. Cela dit, c’est une organisation intelligente et qui a su prendre en compte à la fois le milieu dans lequel elle s’est développée, à savoir le Chiapas comme région fortement indigène, et donc s’inspirer un petit peu des pratiques, des traditions de la région. Et puis en même temps, aller rechercher aussi dans l’histoire du Mexique. Donc c’est pour ça qu’il se revendique aussi de Zapata. Ce mouvement paysan revendique l’Etat et revendique aussi Ricardo Flores Magon comme précurseur de la révolution et en même temps celui qui a amené le slogan Tierra Libertad à l’autre bout de ce pays où toutes les contradictions du capitalisme se donnent à voir. Alors que près de la moitié de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Ici, le coca cola est devenu moins cher que l’eau. Les économistes ont beau parler de miracle mexicain, les paysans indigènes de l’Armée zapatiste de libération nationale, descendus des hauts plateaux ou sortis de la jungle, connaissent dans leur chair les effets de la globalisation néolibérale et de toutes les formes de domination. Ils occupent les centres de décision parce qu’ils n’entendent plus être dépossédés de leurs terres, de leur vie, de leurs traditions. Ils souhaitent reprendre leurs affaires en main. Mais ils ont beau écrire sur les murs leurs programmes, sur le moment, les commentateurs se désintéressent du message. Et c’est sur le messager que se tournent alors tous les regards. Le sous commandant Marcos, un ancien étudiant en philosophie devenu guérillero, mais qui, sous l’influence des Indiens, a peu à peu reconsidéré ses idées et ses stratégies pour adopter une pensée plus libertaire, sans grades qui n’existe dans aucune armée du monde. Parce qu’au Chiapas, suivant la formule mandat rebelle et chienne d’eau, c’est le peuple qui commande, tout comme l’usage de passe montagne témoigne de cette évolution patiemment. Patiemment. Le passe montagne, oui, ça répond évidemment au problème de la clandestinité militante des clandestins, a dénoncé les cadres. Mais en même temps, tous portent le passe montagne, non pas sa montagne, c’est à dire qu’ils sont tous à la fois soldats et responsables des gamma soldats et policières, ce qui signifie pour eux nous sommes tous frères et sœurs et nous participons tous à la lutte Somos Hermanos Hermanos. Il participe à la lutte contre l’EI. C’est un autre point sur le fait que seule la seconde, c’est la canaille. Voilà. Token, c’est posséder, pas seulement de paria, c’est décrit à la Poste. Je sais que c’est notamment à cause de mon client qui se laisse. Tomber sur l'épaule avec Kowalski. Quoiqu’il en soit, laisser une marque à cette marque. Mais la véritable originalité du mouvement zapatiste dépasse les symboles et les individualités. Elle réside dans l’exemple qu’il donne dans l’autre monde. Possible, Car l’expérience qui a commencé ici à la suite de l’insurrection et s'étend sur un territoire de la dimension d’un pays, mobilise plus de 250 000 personnes et représente l’une des plus longues et des plus importantes expériences. L’auto Gouvernement collectif de l’histoire moderne sociétés coopératives, assemblées de femmes, conseils de bon gouvernement, abolition de l’argent et des prisons, universités autonomes, hôpitaux gratuits sur ces terres si isolées et si dures à la vie. Ces hommes et ces femmes, depuis toujours humiliés et méprisés, s’efforcent en effet de combiner pratique ancestrale et innovation politique afin de redessiner un monde à leur image. Ils utilisent des formes d’organisation anarchiste, des conflits dans lesquels on retrouve des assemblées de parole ou leurs délégués, où les gens mandatent une personne pour coordonner les activités du groupe. C’est simple, mais elle ne fait que porter la parole de ce groupe et ne prend pas de décisions à sa place. Et elle, ce qu’ils veulent, c’est une société dans laquelle tout le monde aura le même pouvoir. Et le même bien être. Sans qu’il y ait une autorité au-dessus de la bâtisse. Voilà, c’est ça. Voilà ce qu’est l’anarchisme. C’est pour cela qu’on utilise le terme de contre pouvoir. Mais les. L’anarchisme n’est pas une stratégie anti-pouvoir, c’est une stratégie de contre pouvoir. Tu décentralises et redistribuer le pouvoir. C’est pour ça que je considère le mouvement zapatiste. D’aujourd’hui comme appartenant à la tradition libertaire et anarchiste anarchiste. Et Hayot, mais eux, de manière très saine à mon avis, se méfient et refusent les étiquettes socio spatiales sur l'étiquette. Le geste des zapatistes redonne espoir aux révolutionnaires du monde qui se coordonnent au sein du jeune mouvement altermondialiste. Ils viennent au Chiapas pour participer aux assemblées régionales, aux conférences internationales et jusqu’aux rencontres intergalactiques organisées par le Z. La grande réussite également du Chiapas, c’est d’avoir mis l’accent sur l’international et la mondialisation et donc permis à tout le monde de se retrouver dans la lutte des Indiens pour peu qu’ils en ont cloué pas le bec aux Indiens. On commence d’abord par les écouter et ensuite les suivre et non pas les précéder comme une avant garde. Et donc le mouvement zapatiste a réussi, réussi son pari effectivement, de fédérer tous les mouvements révolutionnaires, à commencer par les libertaires, à cause de son horizontalité. Here’s un exemple. C'était un exemple d’une manière différente de faire les choses. Depuis la chute de l’Union soviétique, que l’on soit pour ou contre. Mais elle s’est imposée. Les gens se cherchaient un nouveau modèle. Mais cet exemple est considéré comme une menace. L’Etat envoie l’armée et les propriétaires terriens, leurs milices qui assassinent au hasard, comme par exemple lors du massacre d’Act Arles où 45 personnes sont exécutées, parmi lesquelles 18 enfants et quatre femmes enceintes. Plutôt que d’enchérir dans la violence, le général décide de marcher sur Mexico afin de faire connaître son message. Alors. Elle m’a mis sur leur chemin. Le cortège grandit. Des hommes et des femmes encagoulés se joignent. Les couleurs rouge et noir de leur drapeau sont hissés et leur mot d’ordre repris. Et ce n’est plus seulement la voix d’une petite communauté rebelle qui se donne à entendre dans la parole poétique de cette farce sans visage, mais grâce aussi à Manu Chao qui met en musique le manifeste. C’est le long cri de colère de tous les opprimés.Qui, après avoir. L’inflation. La stratégie zapatiste Occupation, sécession, autogestion vient relancer des expériences déjà en cours ou en inspirer de nouvelles un peu partout dans le centre des empires, contre les grands projets inutiles et leur monde. Comme à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, dans le berceau de la civilisation occidentale, comme à Athènes, où le quartier des arts s’insurge contre les politiques d’austérité, où au cœur même des combats comme au Rojava, où les Kurdes pris en étau entre les mercenaires fanatisés de Daesh et les armées régulières du pouvoir autoritaire turc, font tout à la fois la guerre et la révolution. Car malgré leur diversité, ces luttes se font bien au nom d’un même idéal, comme en témoignent les messages de solidarité que les combattants échangent au plus fort Les combats. Mais au tournant du troisième millénaire, on sent que la réponse locale apportée dans les pays du Sud est insuffisante. Et c’est donc au Nord que la globalisation néolibérale va recevoir sa première réponse globale. C’est bien sous l'œil des caméras, des chaînes d’info en continu et au cœur de la première puissance mondiale, que le troisième millénaire commence avec l’attaque d’un Trade Center. Seulement, pour l’histoire de l’anarchisme, ce n’est pas celle de 2000 à New York, mais celle qui a eu lieu deux ans auparavant, de manière tout aussi inattendue, sur l’autre côté des Unis d’Amérique. Je situerais pour l’Amérique du Nord un point tournant, c’est la rencontre de Seattle en 1999. C’est la fameuse rencontre de Seattle en 99. Qu’est ce qui s’est passé à ce moment-là ? Moi même, un qui était déjà militant libertaire à l'époque, je ne l’ai pas vu venir, y compris de manière totalement inattendue. Il y a eu cette énorme manifestation à Seattle. Contre le capitalisme international et aussi contre l’OMC. Qui a révélé soudain qu’une nouvelle génération d’anarchistes était présente et qu’elle organisait cette opposition à l’OMC et à la Banque mondiale. Dès novembre 1999, au pied du mont Rainier, un sommet de l’Organisation mondiale du commerce doit avoir lieu, qui entend rien moins que définir les règles du prochain millénaire. Déjà, on savoure une nouvelle avancée du capitalisme qui étend son empire marchand aux productions de l’esprit, au vivant et à tous les éléments. Le président de l’O.M.C. Et les gouvernants ? Les principales puissances économiques n’ont pas choisi Seattle au hasard. Ville natale de Bill Gates, alors l’homme le plus riche du monde, la Cité d'Émeraude, est en effet la capitale mondiale de l’aéronautique commerciale et le centre planétaire du logiciel informatique. Elle accueille le siège social de certaines grandes compagnies dont le nom rime déjà avec la globalisation néo-libérale. Mais c'était sans compter sur la permanence ici d’une longue tradition libertaire dont l'éclosion toute récente du gringe, une fusion entre le mouvement punk et le mouvement hippie avec Nirvana en tête de gondole qui aimait à parsemer ses clips. Tout encercler n'était que la dernière expression. Et sur le grand appel international à la mobilisation lancé par tout un agglomérat d’organisations, de collectifs et d’individus rassemblés au sein d’un mouvement des mouvements qui a choisi de profiter de cette occasion pour manifester son opposition au Nouvel Ordre Mondial. Its Leader. Il n’y a pas de leader horizontal et c’est un mouvement horizontal et d’action directe contre les multinationales. Bref, il y a tous ces marqueurs de masse. Et si un grand nombre de personnes impliquées ne se considérait pas comme anarchiste, il y avait tout de même beaucoup d’anarchistes présents et c'était clairement un mouvement anti parti et anti institutionnel. Est-ce clair ? Les normes de pensée claires et en ce sens, on peut dire qu’il était anarchisant et christique. Le 30 novembre au matin, malgré le fait que la City n’a jamais autant mérité son surnom. L’ambiance est joyeuse, c’est acquis. On plaisante, on chante, on interpelle des participants qui se rendent à la conférence. On pousse aussi un peu pour essayer d’entrer. Les autorités qui avaient sous-estimé l’ampleur de la mobilisation prennent peur. On appelle l’armée en renfort et la garde nationale intervient. Ce que l’histoire populaire a retenu sous le nom de Bataille de Seattle commence. Car pour répondre aux violences policières et défendre le cortège, un petit groupe de manifestants a décidé de répliquer. Soudain, un black bloc s’est formé. Mais là, il y a quelque chose qui fait intégralement partie de l’identité du mouvement. Cette composante des Black Bloc que nous ne connaissions pas, en tout cas en Europe et en Europe occidentale, et que nous avons vu surgir. Et qui ? D’où ? D’où vient-elle ? Black Rage. Le Black Bloc vient d’Allemagne de l’Ouest dans les années 70. Il y avait les autonomes. Certains se disaient anarchistes. D’autres ne se réclamaient d’aucun parti et se disaient juste autonomes. Ils ont inventé la technique du black bloc en portant le casque, le masque et en se protégeant contre les violences policières et les identifications. Il faut dire qu'à l'époque, en Allemagne de l’Ouest, la répression était très dure et les lois antiterroristes très sévères. Fred reçoit des T-shirts roses. Si le black bloc qui désigne une stratégie et non des individus existait déjà depuis longtemps, c’est bien ici et ce jour là qu’il se fait connaître au monde. Pendant plusieurs heures devant les caméras des chaînes d’info en continu. Les révolutionnaires qu’ils adoptent assument la confrontation et revendiquent l’usage de la violence. Violence, ça veut dire attention, pas contre les personnes, ça veut dire contre les choses. Ce qui se passe, c’est que même des vitrines, par exemple, où des ou des caisses automatiques. C’est une violence qui est très largement symbolique, qui n’est pas du tout une violence physique directe sur des hommes, sur des nations, sur des personnes qui bien souvent consiste en des affrontements avec la police, mais pas, disons, dans une violence extrême du tout qui consiste dans la destruction éventuellement symbolique de la propriété. Çà c’est des bons, etc.Loin d'être chaotiques et désordonnés, l’action du Black bloc est en effet raisonnée et réfléchie. Ici, sur son passage, les vitrines volent en éclats. Ce n’est pas seulement pour exprimer la colère, piller ou jouir du plaisir de casser pour casser. Les signes ne sont jamais pris au hasard. C’est pour montrer qu’il est possible d’attaquer les succursales du capitalisme. Et avec ce spectacle d’une violence très télégénique, fascinée, les caméras. Coup double en quelque sorte. A l’heure du tout médiatique où une image sensationnelle vaut mieux parfois que de longs discours, ce recours synecdoque à la violence est en effet une propagande à la fois par le fait et par l’image. Ils considèrent qu’il faut aller lutter contre le capitalisme et ce pour lutter contre le capitalisme qu’il utilise ces techniques. Donc c’est facile à lire. Les banques c’est les banques, c’est le fric, c’est le capitalisme financier actuel. Donc on attaque des banques même si on ne fait que égratigner sa surface. Mais au moins ça attire l’attention de tout le monde et seule la propagande gouvernementale fait semblant de ne pas comprendre pour qu’on attaque les banques, Tout le monde comprend pour qu’on attaque les banques. Propagande de propagande et de niche, les chaînes d’info en continu diffusent en boucle les images. On a beau déclarer l'état d’urgence, imposer le couvre-feu et donner l’autorisation de tirer sur les chômeurs de trouble, le pouvoir a perdu l’initiative. On préfère interrompre le sommeil grâce à la mobilisation et à l’action inattendue du Black Bloc. La bataille de Seattle est gagnée. Et oui, étonnamment, ça a été un succès. On a vu qu’il était possible de faire reculer le pouvoir. Et que l’autorité ne pouvait pas se maintenir avec seulement la police dans la rue. L’Autorité a été sapée parce que c’est une question de foi, juste une question de foi. En fait, elle s’installe. Et depuis lors, il y a eu de telles manifestations partout dans le monde à Gênes, Naples, Québec, Canada. Et ça a explosé partout où les gens étaient en conflit avec l’autorité. Dans les années suivantes, sur tous les continents, l’ombre du black block plane sur les grands sommets qui se claquemurent, se barricadent. Il faut dire qu'à la suite de Seattle, son nombre n’a cessé de grandir. Sa présence devient de plus en plus massive dans les manifestations. Son action rapide et efficace et ses images toujours plus fascinantes. Le phénomène est tel qu’en 2012, l'émeute devient le personnage de l’année de Time Magazine. Comme à la fin du XIXᵉ siècle dans les cercles du pouvoir, on parle à nouveau d’une Internationale noire et l’on met tout en œuvre pour que Seattle ne puisse plus se reproduire. On s’est servi de Seattle pour justifier des recherches dans le domaine des nouvelles armes. Autre exemple, aux Etats-Unis, par exemple, il y a eu des recherches sur des armes non létales comme ils disent, des ultrasons, des lasers lasers, tout ce qui pourrait être utilisé dans des manifestations contre les manifestants. Et on a commencé à voir la police se comporter comme une armée en armes et les forces de l’ordre se sont en quelque sorte militarisées un peu partout everywhere. Ce nouvel arsenal de maintien de l’ordre et de pacification est aussitôt mis à contribution dans toutes les grandes manifestations, avec ces armes non létales dont les bornes mutilent et occasionnellement, on tue, comme c’est arrivé en France avec Rémi Fraisse qui meurt soufflée par une grenade pour en avoir pas voulu que l’on détruise un écosystème. Mais quand on perd le contrôle, on n’hésite pas à ressortir les armes, les vrais. Comme en Grèce où Alessandro Gregorio Pullo, un enfant de quinze ans qui participait à une manifestation, est assassiné par la police. Comme au Mexique où le journaliste anarchiste Brad Wilkie filmait la révolte des professeurs et tués par un sniper sous l'œil de sa caméra. Ou comme à Gênes, où Carlo Giuliani, un jeune libertaire de 22 ans, est abattu d’une balle dans la tête et pour se dégager, la jeep des carabiniers par son corps. Dès la fin de la décennie, de nombreux libertaires commencent à remettre en question la stratégie du Black Bloc. N’est elle pas devenue trop systématique et donc prévisible au point de se retourner parfois contre les manifestants eux mêmes ? Après dix ans d’affrontements, il est urgent d’imaginer de nouvelles formes de luttes. Depuis quelques années, un nouveau monde est né Internet. Il faut dire que grâce à la révolution numérique et aux facilités d'échanges informatiques qu’elle induit, on a assisté à une augmentation sans précédent dans l’histoire des flux financiers. Ce nouvel eldorado tourne la tête des multinationales et des grands organismes bancaires qui misent de plus en plus gros sans aucun contrôle. Une bulle financière se crée qui explose en 2008, symbolisée par la chute de Lehman Brothers. On assiste à la banqueroute la plus importante de toute l’histoire. Pour la première fois depuis la crise de 1929 en Occident, des millions de personnes sont jetées dans la rue du jour au lendemain et des pays entiers sont ruinés. Si des révoltes ont lieu. C’est à l’automne 2011, au travers d’une mobilisation internationale, que, de manière inattendue et sans toujours dire leur nom, les anarchistes vont à nouveau faire parler d’eux. Avec le mouvement Occupy. Wall Street. C’est pour cela que ça a commencé à Wall Street, parce que Wall Street avait ruiné l'économie mondiale avec des fraudes massives pour lesquelles personne ne sera jamais condamné. Ce qui montre d’ailleurs la totale inefficacité des États quand il s’agit de contrôler le capitalisme international. Aucune action sérieuse n’a été prise en ce qui concerne les responsables de ces gigantesques dévastations économiques pour lesquelles des pays comme la Grèce, l’Espagne et ailleurs continuent de payer. Chaque année Inspirée par les mouvements d’occupation des places lors des Printemps arabes et du mouvement des Indignés en Espagne, en organisant un gigantesque in au pied du temple de la finance internationale Occupy Wall Street enchevêtrés rassemblements de protestation et création d’une zone autonome temporaire pour le mouvement Occupy Wall Street, qui n’est pas un mouvement anarchiste à proprement parler, est très fortement influencé par des anarchistes. D’ailleurs, beaucoup d’anarchistes ont mis en place l’architecture de ce mouvement de structure en mouvement. Des gens comme David Graeber par exemple, un anarchiste américain qui a beaucoup écrit sur l’anthropologie. Et d’autres encore qui, sans se dire anarchiste, le sont dans les faits de parmi eux, il y a aussi Carl Lane, journaliste canadien, fondateur d' Act Buster et auteur du très beau design anarchiste Tom Morello, le guitariste de Red Je gagne The Machine, qui est aussi un militant très actif des i w w, le grand syndicat anarchiste nord américain ou l'éternel Noam Chomsky qui vient y faire des conférences. Mais si toutes les tendances de l’anarchisme se retrouvent bien ici et que toutes ces tactiques sont déployées, la mobilisation a aussi la particularité d’agréger de nombreuses personnalités qui n’appartiennent pas à ce mouvement libertaire, mais doivent se positionner en fonction de lui. Car ce n’est pas le moindre des paradoxes de l’anarchisme au moment où ses pensées et ses pratiques se généralisent, que de se fondre et de disparaître dans le mouvement. Il s’agit d’idées et d’expériences qui doivent avoir un sens pour nos vies et qui puissent apporter des réponses à nos questions. Le problème pour l’anarchisme n’est pas de se faire connaître, mais de nous offrir une sorte de caisse à outils pour les problèmes de la vie quotidienne. Est ce important de se réclamer de l’anarchisme ? Non, les anarchistes ne se battent pas pour un monde anarchiste. Et se battent pour un monde libre. Et la différence est cruciale. En venant des quatre coins du monde pour filmer l'événement, les caméras des chaînes d’infos laissent voir non plus sur des théâtres lointains ou au travers d’une violence spectaculaire, mais dans des scènes de la vie quotidienne et au coin de la rue. Ce que pourrait être une vie débarrassée des nombreuses formes de domination et d’exploitation. Car pendant plusieurs mois, ici, on médite, on discute, on rêve, on chante, on aime, on partage et on s'éduque. On abolit comme toujours les prisons, les polices, l’argent et les frontières. On imagine ensemble d’autres mondes possibles et on essaie de les réaliser. Les gens. Ils ont adopté des formes d’organisation anarchistes par groupes, des petits groupes qui se coordonnent et essayent de trouver le consensus au travers de la démocratie directe, tout en se posant la question de ce qu’il fallait faire pour que le mouvement continue d’avancer. Mais ces gens qui sont violents s’obstinent à agir comme s’ils étaient déjà libres, dérangent. Dans l’urgence, des lois sont votées et la répression s’abat. Alors voit que les juges et les autorités, comme toujours, ont essayé de stopper le mouvement Occupy Wall Street. Elles ont remis en vigueur les lois contre le vagabondage et toutes ces lois du XIXᵉ siècle. Et puis la police a cherché toutes les excuses pour empêcher le mouvement. Elle a parlé de trouble à l’ordre public ou d’assemblée illégale. Elle disait qu’il y allait avoir des émeutes, puis un arrêt. Mais plus on réprime, plus on censure. Plus le mouvement Occupy s'étend. Et grâce à ses images qui se diffusent via Internet, plus il croît, se transforme et se multiplie dans l’espace et dans le temps. On occupe Londres Francfort devant le siège de la Banque centrale européenne, à Tokyo, Paris, Montréal, Séoul, Rome, Hong Kong, Melbourne ou Tel-Aviv. Dans plus de 1500 villes de 82 pays différents. Et au travers de ces grandes mobilisations sont aujourd’hui hors leur nom. Les idées libertaires se diffusent petit à petit et imprègnent à nouveau toute une partie du mouvement social. Dans une Motherwell arrogance, peu importe que vous soyez pour ou contre l’anarchisme à l’intérieur du mouvement anticapitaliste, vous devrez vous définir en fonction de lui et vous devrez rendre des comptes à practice et aux organisations. Votre pratique et vos organisations sont-elles vraiment démocratiques ? Avez-vous un fonctionnement horizontal ? Écoutez vous chacun. Êtes vous sensible aux différences de genre, aux sexualités et aux autres formes de diversité ? En un mot, êtes-vous plus humain qu’humain ? L’anarchisme ne s’enseigne pas. Ça ne s’apprend pas dans les livres, dans les écoles, ni dans les conférences. L’anarchisme, ça se compte, agit. C’est à dire qu’il y a une transmission qui n’est pas de l’ordre de la didactique.Le mouvement libertaire profite lui aussi de cette nouvelle popularisation, de ses idées et de ses pratiques, comme l’a prouvé le succès inattendu des Rencontres internationales de l’anarchisme qui eurent lieu en août 2012 en Suisse, à Saint-Imier. Et cette vigueur neuve tord le cou aux idées reçues sur l’anarchisme. Lui que l’on avait voulu limiter à l’Occident, conquiert encore des territoires comme ici le 1ᵉʳ mai 2019 en Indonésie. Lui que l’on avait qualifié de révolte petite bourgeoise, touche à nouveau les milieux les plus humbles. Lui, que l’on avait prétendu minoritaire, trouve un écho dans les nouvelles générations qui se disent chacun gouvernable. Et lui, que l’on l’avait si souvent vaincu, prouve, malgré toutes ses défaites, qu’il est toujours vivant. Il y a eu beaucoup de défaites dans l’histoire du mouvement anarchiste, des défaites aussi grandes que les aspirations que ces gens portaient. Mais il y a une autre façon de voir l’histoire de l’anarchisme qui me semble plus intéressante, plus juste aussi, plus respectueuse des faits. C’est qu'à travers ces grands moments qui sont des moments d'échecs réels, c’est vrai que la commune a perdu. C’est vrai que là, en Espagne, on a perdu. Il y a constamment des victoires plus ou moins visibles, moins spectaculaires, mais qui sont présentes partout. Mais il est tout de même remarquable que ce que les anarchistes ont pensé, senti, prôné, défendu depuis très très longtemps est aujourd’hui présent dans beaucoup d'éléments de notre culture. Elle a largement accompli l’anarchisme, a eu un rôle fondamental dans le Progrès des idées et dans le progrès de l’humanité en. Général. C’est normal. Mais l’anarchisme a toujours l’air. D'être là et de ne pas y être. Les anarchistes semblent être partout et en même temps on se demande tout le temps mais où sont les anarchistes ? Pas sur leurs anarchistes. L’anarchisme ne disparaîtra jamais parce qu’il appartient à l'être humain. Chaque fois que quelqu’un se demandera pourquoi il faut obéir, il y aura de l’anarchisme. Loin d'être achevé, l’histoire de l’anarchisme se poursuit donc. Mais au terme de ses presque deux siècles d’existence, alors que des figures plus récentes ont succédé au 100ᵉ, que ces courants se sont multipliés, que ces stratégies et ces tactiques se sont diversifiées et que de nouveaux défis et de nouvelles menaces sont apparus pour lui comme pour l’humanité, Il semble que le message d’espérance qu’elle porte et que rappelait déjà Louise Michel dans sa plaidoirie soit resté le même qu’au premier jour. Nous sommes à une époque d’anxiété. Tout le monde cherche sa route. Nous dirons quand même advienne que pourra. Que la liberté se fasse. Que l'égalité se fasse. Et nous serons heureux. Car notre sang bleu est noir. L'Étoile jaune est. Roses et noires.
David Dufresne
Alors, est ce que Tancrède Ramonet va venir nous rejoindre ? oui. En attendant, je montre le sous commandant Marcos et Saddam. Voilà, c’est des petites poupées qu’on m’avait rapportées il y a très très très longtemps et qui sont devant moi tous les jours que Dieu fait. Alors je crois qu’il est là, Tancrède Ramonet.
Tancrède Ramonet
Absolument.
David Dufresne
Alors question : l’anarchie aujourd’hui, puisque un de tes historiens s’interroge à la fin de cet épisode quatre Pour ce qui est de la France par exemple, où serait l’anarchie d’après toi puisque tu t’arrêtes en en 2012, même si tu vas un peu plus loin en fait ?
Tancrède Ramonet
Bon, moi je ne suis pas forcément bon commentateur de l’actualité, mais si tu veux à aller au bout de cette histoire, j’ai passé un petit peu le les quatre épisodes à montrer que l’anarchie cubaine peut être à l’endroit où il n’y a pas forcément beaucoup d’anarchistes, ou même peut être y en a pas. C’est une idée qui est diffuse, qui est parfois partagée, euh qui dit pas forcément son nom, mais dans qu’on retrouve dans des principes ou des pratiques. Et puis il y a aussi des organisations, des mouvements qui sont des personnalités qui sont authentiquement libertaires. Alors, de l’anarchisme, là, pour revenir sur les périodes dernières, disons les quinze, 20 dernières années, après les 2012, on le retrouve de l’anarchisme, évidemment, par exemple sur la toile, dans le mouvement Anonymous à l'époque, on peut le retrouver aussi dans une figure aujourd’hui qui est réprimée d’ailleurs aussi parce qu’il avait un idéal libertaire de transparence et et et des pratiques activistes avec un H chez Julian Assange par exemple. Alors quel anarchisme c’est ? On parle parfois de. Gallego, donc justement d’activisme ou d’anarchisme de droite ou de choses comme ça. Enfin, on a une figure libertaire qui est maquillée en prison pour avoir mis en œuvre ses idées et essayer de de partager des informations qui ne devaient pas l'être. On l’a retrouvé aussi. On le retrouve évidemment dans les pratiques qui continuent d’exister du mouvement du Black Bloc dans le mouvement autonome. Mais plus généralement, on le retrouve aussi beaucoup à l’intérieur. De plus en plus de mouvements sociaux qui refusent la représentation, veulent beaucoup, beaucoup plus d’horizontalité plutôt que les anciennes. Les vieilles verticalité qu’on pouvait trouver avant eux considèrent que la démocratie, ce n’est pas seulement le droit de vote, mais c’est aussi tout un ensemble de pratiques auxquelles on peut discuter, réfléchir le consensus, les expressions minoritaires.Alors là, c'était David Graeber, par exemple, qui avait beaucoup écrit là-dessus sur les nouveaux anarchistes à l’issue de son expérience de Occupy Wall Street, en parlant de ces anarchistes qui ne savent pas qu’ils le sont mais en réalité ont des pratiques anarchistes. Alors on retrouve ça, évidemment, ça fait parfois dresser les cheveux sur la tête de militant libertaire plus convaincus, mais on retrouve ça chez Extinction Rébellion, par exemple, chez eux, ces jeunes aussi qui font de l’art, de l’art, de la provocation, répression, mobilisation, quand ils se collent la tête à des habits, à des tableaux ou jettent de la peinture sur des tableaux, on peut y retrouver dans leurs, leurs, leurs pratiques quotidiennes, des formes libertaires, et puis dans toute une partie aussi du mouvement féministe. Alors ça, c’est quelque chose qui n’est pas développé dans les partis, là, qu’on a vu au début du quatrième épisode. Mais évidemment, il ne faut pas oublier que ce qu’on appelle l'éco féminisme étant est un anarchisme en réalité, et que ça a été théorisé par une militante libertaire dans les années 70 qui a expliqué ça. Donc voilà, donc on le retrouve qui s’appelait à la fois qui s’appelait on retrouve d’Eaubonne et là j’ai. Transformé. Son prénom, c’est Françoise d’Eaubonne. Exactement. Françoise d’Eaubonne qui est une militante anarchiste, excuse moi, c’est bien, mais qui est militant anarchiste et qui crée ce concept d'éco ? L'écoféminisme ? Et d’ailleurs en expliquant voilà on quoi, qu’est ce que c’est ? Et en fait c’est un idéal. Et les pratiques anarchistes avec cette idée que on ne peut pas être écologiste ou on ne peut pas être féministe de manière cohérente si on n’est pas contre la d'évitements, la destruction du patriarcat. Et donc contre la destruction de toutes les autres formes de domination puisque elles se superposent et s’entretiennent les unes des autres. Bon, mon.
David Dufresne
Cher Tancrède, il y a beaucoup de questions. Alors c’est comme tu veux, soit on prend toute la nuit pour y répondre longuement, soit parfois tu peux répondre du tac au tac.
Tancrède Ramonet
Je ne vois pas les questions, c'était toi qui me les dit ?
David Dufresne
Est ce que tu penses que c’est au bon peuple du chat ou c’est à toi d'écrire l'épisode cinq ?
Tancrède Ramonet
Excuse moi, j’ai pas entendu la fin
David Dufresne
L'épisode cinq de ton de ta série Crapuleover nous dit dans le tchat à nous d'écrire l'épisode cinq camarades ! Mais est ce que toi tu as gardé l’exclusivité d'écrire l'épisode cinq alors ?
Tancrède Ramonet
Non, non mais c’est vrai, il a raison, c’est épisode qui s'écrit. Il va s'écrire à partir de maintenant. En fait, il a déjà commencé à écrire cet épisode cinq et. Et en espérant peut être même que ce sera le dernier épisode de l’histoire de l’anarchisme. Comme si l’histoire de l’anarchisme s’arrêtait avec le triomphe d’une révolution qui ne sent rien. Mais c’est pas seulement ça. Y a aussi finalement une autre histoire de l’anarchisme qui pourrait être à raconter, puisque moi je l’ai raconté d’un point de vue, je dirais évidemment de blanc, d’hommes de plus de 40 ans maintenant, hélas.
Tancrède Ramonet
D’extraction bourgeoise.
Tancrède Ramonet
Et puis d’un point de vue quand même assez occidental, à partir des archives auxquelles j’avais accès et que d’autres pourraient en écrire d’autres. Et c’est pour ça que c’est une histoire de l’anarchisme, c’est pas l’histoire de l’anarchisme, mais moi j’ai essayé de faire une histoire de l’anarchisme. D’autres pourraient être faites avec des gens qui s’accorderaient plus sur peut être d’autres pays, d’autres personnages, d’autres d’autres histoires, d’autres courants. On insistera plus sur d’autres courants. Voilà.
David Dufresne
Et l’anarchisme en Afrique dans tout ça ? Te demande Deborah ?
Tancrède Ramonet
Alors c’est évidemment super intéressant si on parle tout.
David Dufresne
Le temps de ton point de vue d’Européens.
Tancrède Ramonet
L’histoire de l’anarchisme en Afrique, c’est à la fois une histoire qui est très ancienne puisque je l’avais montré dans l'épisode Harry deux très tôt. Il y a des. Il y a des organisations anarchistes allant au Maghreb, en Afrique du Sud, mais en fait, ce sont souvent des organisations anarchistes qui sont tenues, qui sont en réalité tenues par des colons blancs et. Et sinon, sur ce qui est des organisations anarchistes qui seraient, euh, disons qui naîtraient dans les pays africains, elles apparaissent comme dans les pays africains, par des ressortissants des pays noirs ou maghrébins. C’est c’est beaucoup plus tardif et en fait c’est lié à ce qui se passe dans l'épisode trois, c’est à dire qu’on a en quelque sorte tout le mouvement social, le mouvement ouvrier et évidemment aussi le mouvement, l’Inde et les luttes pour l’indépendance qui sont prises entre le stalinisme d’un côté et de l’autre. Les pouvoirs anti -coloniaux. Et donc il n’y a pas vraiment de place pour cette troisième voie, cette autre voie que pourrait être l’anarchisme. Mais à partir des années 80 commencent à apparaître des organisations anarchistes. Alors, un des historiens de l’anarchisme africain, il s’appelle Samba. Il est mort il n’y a pas très longtemps. J’ai reproduit certains de ses textes dans une petite anthologie de textes qu’on a fait pour le DVD, et donc j’ai montré dans quelques. J’ai publié quelques textes de théoricien de l’anarchisme en Afrique, indiquée par Samba et qui sont vraiment très intéressants. Par exemple, un texte qui a été écrit Tien ex collectif aussi sur une organisation des anarchistes sénégalais dans les années 80 qui appelle à la création d’un grand mouvement anarchiste en Afrique, en justifiant d’ailleurs par l’alliance entre les destructions de l'État qui ont été provoquées par les indépendances qui en fait sont de fausses indépendances dans cette France-Afrique où les états sont des États totalement fragilisés, asservis, etc. Et de l’autre côté, les traditions africaines, la tradition du village, la tradition de la communauté, la tradition. Et ils disent que ben voilà, danser et danser avec ses traditions et dans ses interstices, un mouvement anarchiste peut naître. Et donc il appelle à la création d’un grand mouvement anarchiste à l'échelle de l’Afrique. Et là donc, dans le DVD, le nouveau DVD, j’ai publié, j’ai reproduit le texte de cet appel et il met. Et dans le même ordre d’idée, si tu veux, il y a une anarchie qui s’appelle.
David Dufresne
Le bazar quoi.
Tancrède Ramonet
Ramener à la poésie, pardon,
David Dufresne
Des gens ont plein de questions
Tancrède Ramonet
Donc ce sont des aspects qui sont très intéressants parce qu’il y a ceux qui sont compliqués à raconter dans un film où évidemment, il ne faut plus que je me focalise sur des mouvements qui sont plus massifs, plus évidemment, dont aussi dont on a entendu parler, sur lequel on a des images, sur lequel des historiens peuvent parler. Donc je suis souvent dans une espèce de plus petit dénominateur commun dans cette histoire filmée de l’anarchisme, qui fait qu'à la à la voix ou dans des textes, ben on peut raconter aussi des choses sur lesquelles on n’a pas forcément d’images, par exemple de cette organisation, cet appel à la création d’une organisation et ce rassemblement qui a lieu au Sénégal dans les années 80, des anarchistes sénégalais et africains comme ils disent, et qui se retrouvent et publient cette espèce de manifeste Il n’y a pas d’images. On a que ce texte qui demeure. Dans le même ordre d’idées, il y a un courant qui est créé aux Etats-Unis d’Amérique, qui s’appelle le Black Anarchisme, oui, qui crée par d’anciens Black Panther, qui en fait en étant incarcéré. C’est beaucoup et ce sont des des des militants combattants de la lutte armée qui ont été incarcérés et en fait qui découvrent l’anarchisme en prison, les textes anarchistes en prison, parfois en fréquentant et Underground en prison et est en fait qui se rendent compte qu’ils ne le savaient pas. Mais ils étaient anarchistes dans la Black Liberation Army ou au sein de ou au sein du mouvement Black Panther. Et ça les amène à faire une critique et parfois une autocritique du mouvement Black Panther. Peut être trop centralisé, trop centré sur des figures, peut être avec une idéologie parfois où se mélangent le guévariste et le maoïsme, et en disant ben peut être que si on avait été plus anarchiste finalement, peut être que. On aurait mieux résisté aux stratégies du FBI et du côté pro. Et donc voilà. Et donc ils sortent de là en expliquant et en essayant de théoriser un anarchisme black, un anarchisme noir qui serait un anarchisme qui viendrait depuis la base des communautés afro américaines. Pareil avec cette idée que dans certains quartiers, la police ne rentre plus, Les populations noires ne doivent compter, ne peuvent compter que sur elles mêmes dès aujourd’hui, et donc de s’auto organiser et de prendre leurs affaires en main. Et ils essaient de développer ça et c’est très intéressant. Et bon, là, il y a plusieurs belles figures, C’est très archi minoritaire, mais je pense que c’est amené à résonner de plus en plus fort auprès de populations qui sont précarisées, soumises à des à plusieurs niveaux de discriminations et c’est vraiment très intéressant.
David Dufresne
Dit Bled te pose une question, Y a t il une version en anglais ou d’autres langues dans la série ?
Tancrède Ramonet
Alors c’est déjà en cours pour les épisodes un et deux. En fait, il y avait eu des versions en anglais et en espagnol et ensuite il y avait beaucoup de gens qui s'étaient appropriés les films parce qu' après je les mets assez rapidement, ils vont être en accès libre sur les plateformes Et donc en fait, il y a des collectifs un peu partout dans le monde qui les ont traduits, les films. Alors parfois en faisant des vols sauveurs, même très très bien, parfois en faisant juste du sous titre. Mais on avait eu une version brésilienne, une version aux Turcs, une version doc brésilienne, portugaise, une version turque avec des versions italiennes. Enfin c'était vraiment, il y en a eu plein et j’avais eu plein de demandes. Et. Et là déjà, j’ai donné à des gens les fichiers pour qui traduisent avec les textes, pour qu’ils puissent les traduire et donc c’est déjà en cours.
David Dufresne
Tu dis que tu vas mettre ça sur les plateformes. Il y a eu des questions tout à l’heure entre l'épisode trois et quatre, justement par rapport à ça. Est ce que c’est libre de droits ? Est ce que je peux pirater ?
Tancrède Ramonet
Alors bon, en fait, nous on était bloqué quoi.
David Dufresne
J’aime bien le petit langage corporel alors.
Tancrède Ramonet
Non mais non, mais parce que ça m’amène aussi à répondre à parfois à des questions et à des contributeurs qui étaient un peu énervés. Qu’on mette autant de concombre, qu’on ne parle pas assez de ce qui se passait, pourquoi on n’arrivait pas à faire les projections de ce qui est fin, voilà ce qui se passait. Ce qu’il faut savoir, c’est qu'à partir du moment où on a des chaînes de télévision, on est soumis contractuellement. Et on avait des chaînes de télévision qui étaient impliquées dans le film, qui ne donnaient pas beaucoup d’argent, mais bon, voilà qui sont impliqués dans le film et qui déclenchent des idées, ensuite des aides régionales, etc. Donc c’est important de les avoir et ça permet de faire le film. Mais donc après elles ont des droits, des exclusivités. Donc c'était la télévision suisse, la télé, la LCP ici, une télévision universitaire au Mexique, etc. Et donc en fait, on ne peut pas les mettre en ligne sans faire griller les diffusions de ces chaînes de télévision. C’est pour ça qu’on essaye ici de faire une avant première qui est privée. Réservé aux contributeurs et abonnés. Mais une fois que les films sont passés, on peut les mettre sur les plateformes et les faire grossir comme si d’autres les avaient piraté. Et puis voilà. Les films vivent leur vie, Ils sont parfois retirés pour des questions de droits, musiques, parfois retirés pour des questions d’image mais remis. Et en fait, l’histoire de l’anarchisme un et deux ont été archi partagés. Et partager, rere partager. Moi même je les avais mis sur notre chaîne YouTube qui en était arrivé à plusieurs millions de vues et jusqu'à ce qu’on nous on nous a fermé notre chaîne YouTube. Mais ça c'était pour mon activité avec mon groupe de rock, on s’est fait fermer notre chaîne YouTube qu’on a dû ouvrir un Groupe de Rock qui s’appelle.ACAB comme le capitaine ACHAB.
David Dufresne
C’est ça, comme le capitaine. Alors pourquoi si peu de place ? Te demande Stef. Pour le Rojava qui est au même titre que le Chiapas, une vraie expérience grandeur nature. Alors je sais, c’est désagréable quand on a passé des années sur un film, de s’entendre dire mais pourquoi vous n’avez pas parler d’autre chose ? Mais.
Tancrède Ramonet
Alors c’est intéressant parce que j’avais en tête qu’il y en avait plus et ça fait partie des choses qui m’ont été demandé de couper dans la. Dans la dernière, la dernière ligne droite qu’on a eu avec LCP entre novembre et décembre.
David Dufresne
LCP, c’est la chaîne parlementaire.
Tancrède Ramonet
La chaîne parlementaire. Voilà ou il y a eu des discussions sur parfois certaines voix. Justement, je disais, sur l’utilisation des violences policières. Il y a eu effectivement une demande de leur part de réduire la partie sur le Rojava. Il y a eu d’autres choses, certaines sur lesquelles j’ai dit oui, d’autres sur lesquelles j’ai dit non. Bon, c’est vrai qu’on est dans des espaces de discussion comme ça. Moi, sur le Rojava, disons que j’avais une espèce de chose qui était un peu ambivalente parce que sur la partie que j’avais faite, elle était encore trop courte par rapport à ce que j'étais en train de faire dans la version longue. Et donc je me suis dit bon bah après tout, si je réduis un peu, là, c’est pas si grave parce que dans la version longue, on explique le type, le comment demeurait Bookchin, Abdullah Ocalan qui est un peu le chef de file du PKK et une des figures tutélaires des Kurdes. Comment est ce que le marxisme léninisme staline, qui était, disons leur leurre, leur fond de commerce et le moule dans lesquelles ils avaient été construit, change sous l’influence demeurée Bookchin, et qu’ils adoptent des positions beaucoup plus libertaires qui vont appeler le ré ? Bookchin avait théorisé le municipalisme libertaire et Abdullah Ocalan va écrire un texte qui s’appelle le confédéralisme démocratique, mais qui est l’adaptation du municipalisme libertaire aux réalités du territoire kurde et qui devient en quelque sorte le. Peut être la révolution qui se fait au Rojava, sachant que c’est une révolution qui se fait depuis le bas. Ce n’est pas l’application d’un programme et mais il y a des orientations, il y a des idées qui sont mises là dedans, qui viennent demeurer Bookchin qui traverse, qui passe par au chaland et puis ensuite qui se diffuse dans la population et et qui inspire la révolution au Rojava. Et donc je raconte, je raconte ça un petit peu mieux, et en montrant aussi les spécificités de la révolution Java, les bataillons de femmes, etc. Donc voilà, ça fait partie un peu des excuses.
David Dufresne
Il y a plein de questions sur mais où sont ces versions ? Quand est-ce qu’on les verra ?
Tancrède Ramonet
J’ai fait les honneurs pour raconter dans le détail, c’est que j’ai déjà monté les parties qui viennent s’intercaler en fait et elles partent pour les bonus du DVD, tu vois, c’est pouvoir raconter un peu les choses. Donc ça, c'était parce qu’on avait aussi des DVD à faire. Donc il y a un livret avec une soixantaine de textes, dont un certain nombre qui sont inédits et super intéressants, et des bonus sur. Voilà. Sur différentes parties, il y a plus d’une heure et demie de bonus et. Et donc moi j’ai terminé ça en octobre novembre, je m’en rappelle plus. Et donc. Et là maintenant, il faut que je les intercalé dans ses versions courtes en fait, que je fasse ma petite tambouille, tu vois. Mais ce qui est compliqué, David, tu le sais, c’est que d’habitude, en fait, on fait des versions longues et on réduit ça en enlevant des séquences. Et là en faite, ma difficulté c’est que moi j’ai fait des versions courtes et que maintenant il faut que j’arrive à intercaler les choses à l’intérieur de ça, en gardant en même temps le plus possible la voix de Ré, Geb Mitrovica, mon narrateur en essayant de. Voilà, donc ça va faire un peu comme on avait dans les DVD, un peu de. Pour ceux qui ont connu les années 90-2000, qu’on avait les premiers DVD où on avait les directors scope et à un moment le lieu, le doublage et où les sous titres se coupaient. On avait un rêve, pas d'étalonnage, etc. Mais on voyait ce qu'était la directrice qui était placée comme ça au beau milieu du film. Ben là ça va être un peu comme ça, mais c’est vrai que j’en parle beaucoup, il faut que j’arrive à les terminer et que je les monte. Mais voilà, c’est c’est un, c’est un travail presque à mi temps un de faire ça. Et donc je disais moi, j’ai aussi d’autres activités qui permettent bien sûr de vivre et donc il faut que je le fasse et je le veux. On me reproche à mon bureau, dit de parfois y passer trop de temps.
David Dufresne
Voilà que je sais que c’est pas rentable,
Tancrède Ramonet
Je suis gêné de dire ça parce qu’il y en a beaucoup qui me disent que parfois on me reproche que c’est un fond de commerce ou un truc comme ça. Moi, en ce qui me concerne, c’est pas rentable et ce qui concerne de notre société production d’un collectif à être dans un mois. L’histoire de l’anarchie ne nous a pas rapporté d’argent du tout, On l’a fait à fonds perdus t out l’argent est dans le film. Comment on gagne notre vie avec notre film ?
David Dufresne
Sarah demande comment organiser une projection dans un cinéma local. C’est aussi une bonne idée. On pourrait faire des ça, tu pourrais faire des collectifs, pourrait faire des nuits de l’anarchie avec les quatre versions d’interminables, le péplum de l’anarchie avec Tancrède ramener en zoom.
Tancrède Ramonet
Alors là, on l’a beaucoup fait. Effectivement, il suffisait et jusqu'à il y a pas longtemps de nous contacter. Et on a répondu on en a fait plus de 50 J’ai fait plus de 50 projections en France, je suis allé à Grenoble mais aussi bien des projections pour un collectif Sud éducation dans les Pyrénées où il y avait 25 personnes le samedi.
David Dufresne
Parfois ça peut être parfois génial.
Tancrède Ramonet
C’est génial, bien sûr, énorme, mais tout est bien monté, c’est ça je l’ai fait dans des cinémas Utopia, à Bordeaux, à Montpellier, à Auch et puis voilà, je vais en faire, je vais faire une tournée bretonne, là, dans pas longtemps. Je vais montrer le monde dans pas mal d’endroits encore, mais aussi là, ce qui est très intéressant, très concrètement, c’est qu’on l’a mis. Toi aussi tu l’as fait avec les mutins de Pangée, avec un pays qui se tient sage. Euh moi j’ai dit on a donné les droits des films pour qu’ils soient diffusés, par exemple par Les Matins des mutants Pangée. Donc un collectif peut demander aux mutins de Pangée d’avoir accès aux films et les mutants Pangée le mettent gracieusement à disposition du collectif en échange du fait qu’ils mettent une contribution libre pour eux. Pour les caisses de grève, Et donc ça, on a fait ça. Toi aussi tu l’as fait ? Euh voilà, le un et le deux sont à disposition. Et dès la diffusion qui devait avoir lieu lundi et mardi, le trois et quatre étaient mis à contribution. On pouvait faire la totalement librement, juste en demandant l’autorisation au médecin de venger qui donne un lien. On pouvait faire une nuit de l’anarchisme avec ou sans moi après moi. Soit je peux venir, soit sinon je peux faire des hommes, soit aussi il n’y a pas forcément besoin de moi et on invite d’autres personnes parce que c’est parfois bien plus intéressant. Ce que peuvent raconter les historiens interviewés ou ceux que je n’ai pas interviewés comme Édouard Jourdain. Boulou, qui a écrit un livre sur le peuple du drapeau noir, est venu à Lundi Matin.
David Dufresne
il y a deux jours. Malabou aussi, qui est un très bon me semble t il. Peut être que toi, qui est beaucoup plus spécialiste dans une autre vie, mais qui propose un condensé de l’histoire de l’anarchisme qui est pas mal, non ?
Tancrède Ramonet
Ben carrément, c’est super ! La Rochelle, Je dis Océan un mais avec plein d’infos. Moi je m’en suis même servi à un ou deux moments là quand je faisais. Mais justement, ces fameux bonus parties de version longue qui m’ont permis de de trouver une ou deux manières de formuler une idée qui était qui était très bien. Euh voilà. Bon après avec aussi les limites qu’on peut avoir qui méconnaissent par exemple dans le livre l’anarchisme anglo saxon, tout le mouvement anti-guerre anti bombe qu’on a vu dans l'épisode trois. Euh voilà. Donc moi c’est pour ça que je trouvais très intéressant de le raconter, parce que disons, dans les pays latins, on méconnaît souvent l’anarchisme anglo-saxon et dans les pays anglo-saxons, méconnaît une partie de l’anarchisme des pays latins. Et c’est intéressant de faire se parler aussi ces traditions libertaires.
David Dufresne
Je profite de faire mon moment, ma minute Plenel, puisque tout d’un coup, il y a plein de gens donateurs de ton film Mais là, on va revenir à ton film. C’est un concept que je ne connaissais pas. C'était les possibilités anarchistes, donc, notamment les anarchistes espagnols au moment de 32 36 qui qui se pose la question Est ce qu’il faut être totalement révolutionnaire ou est ce qu’il faut aller vers quelque chose qui est possible et donc pas forcément révolutionnaire, mais qui peut attirer une partie du peuple ? Et j’ai bien aimé cette notion de possibilité. Alors Melvil et qu’Angie te disent alors Melvil Tony, j’ai l’impression qu’il y a un lien fort actuellement avec les mouvements écolos activistes. Quelle lecture avez vous de ce rapprochement ? Et donc, comme je te demande anarchisme et féminisme lien présent dans les versions longues, point d’interrogation.
Tancrède Ramonet
Bon alors en fait j’ai un petit peu répondu,de manière incomplète.
David Dufresne
Mais oui monsieur, il faut du temps. En fait, tu commences par dire non mais attends, tu vas déjà poser la question à laquelle j’ai déjà répondu. Tu te dis Oh, donc j’ai peut être pas été complet, c’est bien.
Tancrède Ramonet
Non, je ne vais pas être plus complet, mais je vais peut être essayer de mieux formuler. Mais je trouve qu' il y a un phénomène qui est intéressant, c’est que de plus en plus d’activistes écologistes se rendent compte ou prennent conscience que la catastrophe climatique n’est pas, ne naît pas de rien évidemment, mais qu’elle est liée à un système économique d’exploitation. Et souvent ces gens sont aussi dans des des réflexions qui concernent les genres, les sexualités, les hommes, les rapports, disons à l’autre et donc font des liens entre toutes ces formes de domination et donc sans toujours le dire, mais en le faisant par la pratique ou en faisant les connexions par les idées, ce se rapproche vraiment de l’anarchisme. Et il est important que de là le mouvement anarchiste qu’on appelle organisé, qui n’est pas si fort que ça soit réceptif, accueillant et et et se porte vers. Ces personnes qui pourraient appeler des néo anarchistes ou ou des anarchistes sans le savoir, etc. Et donc là c’est effectivement la même chose qu’on peut retrouver dans les mouvements féministes plus ou moins radicaux. Mais je le disais évidemment, le féminisme, tout un parti du courant féministe du XIXᵉ siècle a été porté. Ses idées viennent de milliers de militants qu’on n’appelait pas encore anar car féministe, les Voltairienne de Claire, Emma Goldman, les d’Arafat, Nelly et tant d’autres. À Madeleine Pelletier. Avec Ovidie, on a fait tout un passage sur un podcast. Sur la figure de Madeleine Pelletier qui ultime Je. Je ne saurais plus en dire tellement il y en a au Japon, en Amérique latine. Lucy Parsons Ce qui est à l’intersection de toutes les formes d’oppression aux États-Unis, puisqu’elle est fille d’esclaves et d’esclaves noirs et d’Indiens femmes dans des martyrs de Chicago et qui a vraiment écrit sur la libération des femmes, etc. Donc ça, c’est dans l’histoire. Et évidemment, cette tradition perdure, perdure parce que, sans toujours dire son nom, lisait sur Françoise d’Eaubonne qui est une militante anarchiste mais préfère dans les années 70 commencer à se dire éco féministe et exiger des féministes radicales dans la critique de toutes les formes de domination, à commencer pour elle par la la domination patriarcale et le sexisme, mais dont on voit bien que, c’est certain, c’est un pas qui est fondamental, mais qui est ce qui est lié et qui, dans lequel se s’entretiennent et se superposent les autres formes de domination qui doivent, elles, être aussi détruites en même temps ?
David Dufresne
Pourquoi ? Te demande Eloa, Pourquoi s'être arrêté en 2012 ?
Tancrède Ramonet
Alors, parce qu’en fait on a six ans pour le faire. Non, mais c’est parce que de manière un peu symbolique en fait, on a commencé en 2012, ok, les premiers entretiens qu’on a faits, qui sont d’ailleurs certains dans ce film. Ingram a eu un entretien qui est fait au moment pratiquement de Occupy Wall Street et donc il y avait cette idée et donc Graham, on ne l’a pas retourné depuis et donc Graham ne pouvait pas parler d' après. Après, en histoire, il fallait garder quand même une relative distance de temps pour pouvoir ne pas courir vers sur ne pas courir après l’actualité et essayer de voir, de traquer de l’anarchisme partout où il est. Il. Hé ! Et donc voilà. Et puis voilà, c'était là le moment où on avait commencé.
David Dufresne
Mais qu’est ce qui l’empêche de faire des petits pas en avant ?
Tancrède Ramon
On dit voilà, on parle Rojava, o. Il y a des images de camps, par exemple, des mouvements sociaux.
David Dufresne
En regardant cet épisode quatre que je dis et que je découvre, le on le diffuse à monde et je me suis demandé si je vais te brutale, si c'était toi qui flotté ou si c'était l’anarchisme. Parce que à plusieurs reprises me semble t il, tu dis qu’ils ne sont pas tout à fait anarchistes, ils ne se revendiquent pas de l’anarchisme, mais en fait ils le sont, ils le sont sans le savoir. Est ce que ça veut dire que c’est devenu plus confus qu’avant ? Ou est ce que ou plus diffus ? Ou est-ce que je me suis trompé ?
Tancrède Ramonet
En fait, c’est drôle parce que ça, c’est quelque chose qui existe déjà dans le un et le deux. C’est à dire que le mouvement syndicaliste révolutionnaire qu’on appelle l’anarcho syndicalisme et qui s’appelle à l'époque le mouvement syndicaliste révolutionnaire qui en France participe à créer la CGT par exemple, ne se dit pas, ne se dit pas anarchiste. Tout le monde ne se dit pas anarchiste. Mais pourtant le syndicalisme révolutionnaire, c’est un syndicalisme d’action directe, c’est un syndicalisme anarchiste. Voilà. Et en fait, il y a toujours eu ça. Tout le monde de la Mano China ne se dit pas forcément anarchiste. Il y a évidemment Nestor Makhno, tout un ensemble de penseurs qui sont là et autour à ce moment-là, qui sont anarchistes. Mais tout le monde n’est pas grand chose. Voilà. En fait, il y a une sorte d’exception qui est en Espagne, où on a cette CNT et cette haï failli, qui sont très forts, plusieurs millions organisés, etc. L’anarchisme, c’est une pensée sans dogme, c’est en quelque sorte une religion. On pourrait dire ça ne serait pas du tout, ne serait pas bien de lire, mais sans église, sans chapelle, sans eau, sans ou sans papauté, sans Vatican. Et donc ils sont obligés de dire combien sont clergés. Il est difficile de dire combien ça divise, pour reprendre la phrase était là où je voulais en venir. Mais donc il y a toujours cette espèce de dialectique qui fait que j’essaie de faire apparaître qu’on ressent ici aussi, qui est qu' entre des sortes de minorité agissante, consciente, lucide et une une majorité ou un mouvement de masse dans lequel ces idées se diffusent, qui les mettent en mouvement, qui les mettent en pratique parfois avec des retours d’expérience aussi dessus, qui sont libertaires dans leurs pratiques, dans les idées qu’elles partagent, mais dont chacun des intervenants ou chacun des participants ne se dit pas forcément anarchiste. Voilà. Et donc il n’y a pas plus de flottement en réalité qu’il n’y en avait. C’est la même chose au moment de la commune où tous les tous les révolutionnaires et c’est tirer la couverture à eux dans la commune. Est ce que c'était blanquiste ? Est ce que c'était les anarchistes dans la commune allait communarde, Elle y est, elle y est, Elle est populaire, la Commune. Et on y retrouve de l’anarchisme, des anarchistes, mais aussi, sans plus, s’inspirer des théoriciens dont s’inspirer ce qui s’est passé en bien ou en mal pendant la commune pour théoriser. Et Marx, lui, va s’inspirer aussi de ce qui a été bien ou mal, on veut prendre la commune et dire dire aussi là dessus, j’en viens là dessus, mais parce que ça c’est aussi les apprentissages qu’on a eus, je pense. Je ne sais pas si toi aussi tu pourras me le dire, et je pense que beaucoup des gens qui nous écoutent ont. Mais moi c’est une expérience par exemple qui m’a été, qui a été très importante, qui a été dans les gilets jaunes par exemple, l’idée que, disons, un mouvement avec une forte, un fort caractère insurrectionnel, hum, soit pas un mouvement pur idéologiquement au départ, vraiment, j’utilise à dessein le terme de pureté parce que c’est l’idée, c’est pas chimiquement précisément anarchiste, blanquiste, appellé iste, etc. On a des gens qui se retrouvent et et qui découvrent pour certains qui découvraient la manifestation d’idées et qui dans ces revendications, dans ces affrontements aussi, dans ces rencontres qui pesaient sur les ronds points, puis après, petit à petit, prenaient conscience de leur force, de leur nombre, de ce qui était possible, de faire d’idées qu’ils ne connaissaient pas, se défaisait de certaines idées qui croyaient avoir. Au début, on avait vu qu’il y avait des présences au début, parfois de l’idée un peu soralienne, complotiste, etc. C'était très intéressant de voir sur la durée du mouvement comment beaucoup de gens se sont défaits de ces idées-là. Et nous qui avions 20 mois, en tout cas qui avaient des idées parfois un peu arrêtées, des théories et tout en tête de me défaire aussi d’un certain nombre de théories pour voir que ben voilà, un mouvement qui se fait dans le mouvement. Et ça, c’est aussi finalement une théorie très anarchiste. Cette idée que c’est la lutte émancipe, on s'émancipe dans la lutte et par la lutte quoi. Et je trouvais que les mouvements des gilets jaunes montraient très bien ça.
David Dufresne
Alors il y avait pas mal de questions sur les gilets jaunes, mais je voulais pas trop embarquer la dedans, j’avais peur qu’on reste jusqu'à l’eau. Mais. J’ai une petite question parallèle. Je ne sais pas quand est ce que tu es allé à Thinker Views ? Est-ce que tu y retourneras aujourd’hui ou pas ? Sur l’idée que le mouvement se crée dans le mouvement et que l’on peut parfois s'égarer et puis se retrouver,. Parce que tu sais bien ce qu’il y a autour du cinq et les questionnements qu’il peut y avoir.
Tancrède Ramonet
Moi j’y ai participé. C'était pas au tout début de Thinkerview, mais en tout cas la fois où j’ai participé, je connaissais pas encore très bien interview et un peu j’ai un peu. Moi je dis oui. En général quand on m’invite pour pour, pour parler, pour discuter de ça, de mon travail en pas de ma vie, mais des choses que j’ai faites. Et donc voilà. Moi j’en ai pas mal parlé par la suite avec Sky et. Je comprends les accusations de parfois confusionnisme qui peuvent être faites sur eux sur Center View qu’ils peuvent lire ces interviews un peu parfois tous azimuts. Le provoquer, provoquer une espèce de. Une sorte de confusion. Et en même temps, j’ai été surpris, notamment dans dans les mouvements gilets jaunes, mais aussi dans des noms. Mon frère s’est installé en Lozère, on vient de Lozère et tout et donc mon frère il a vachement participé aux gilets jaunes en Lozère et et et il est vachement dans la vie de la communauté, de la ville dans laquelle il est etc. Et des gens qui sont arrivés par cinq reviews à la politique, à des questionnements et tout ça. Et voilà. Donc là aussi cinq reviews c’est pas chimiquement pur, il est pas, il est pas libertaire. Je pense qu’il se définirait un peu comme un anarchiste de droite, libertarien un peu.
David Dufresne
Mais je lis Monsieur Ramonet, c’est un non-sens total. Un anarchiste de droite, ça n’existe pas un anarchiste de droite non ?
Tancrède Ramonet
Alors écoute, l' auditeur a complètement raison. S’il y a bien, si en, tu vois, j’ai fait toute une partie justement en version longue là dessus. Donc, c’est pour ça que je disais que…
David Dufresne
Tu retournes une version longue, c’est ça ?
Tancrède Ramonet
Et ils pourraient bien se définir comme anarchiste de droite à mon avis.
David Dufresne
Tout ça c’est bien sûr.
Tancrède Ramonet
Moi je définirai pas des gens comme anarchiste de droite
David Dufresne
Oui, anarchiste, je parle de moi d’insister parce que anarchiste de droite. C’est drôle parce que j’ai l’impression que c’est une expression qui revient beaucoup en ce moment et en fait c’est un cheval de Troie, c’est à dire que c’est absolument plus la plus brutale, en fait la plus sauvage.
Tancrède Ramonet
Absolument. Alors ça, c’est marrant, Je veux le raconter. Mais il y a aussi ça. Ça prend cinq ou six minutes, mais je peux même raconter la genèse de ce que je fais dans cette fameuse version longue, c’est super intéressant à entendre parce qu’au lendemain de 68 justement, il y a une sorte d’hégémonie culturelle de l’anarchisme. Là on dit que la pensée libertaire souffle partout et que tout le monde plus ou moins se dit anarchiste. Alors évidemment, on a des grandes figures anarchistes qui apparaissent ou libertaires, hein, parce que c’est vraiment plutôt le triomphe de la pensée, ou de l’art, ou de l’esprit libertaire, après 68. Et donc on a de grandes figures qui apparaissent, qui semblent porter cet esprit là. Dans la philosophie, c’est Gilles Deleuze. On a la création de l’anthropologie anarchiste, on a dans tous les cas un petit peu les courants de l’art du savoir. On a des théoriciens qui font une épistémologie de l’anarchisme, qui explique même que la science devrait être libertaire dans tous les secteurs, et à tel point même que tout le monde se dit tellement anarchiste que même quelqu’un qui est un peu mon aîné dans la la création de l'écriture, de l’histoire, de l’anarchisme, lui aussi va se dire anarchiste. Contre ça, on ne va pas se dire anarchiste, mais on avoue avoir une certaine tendresse pour la pensée libertaire. Et c’est Jean-Marie Le Pen parce qu’on méconnaît que Jean-Marie Le Pen, en 1972, a fait son mémoire de fin d'études sur l’anarchisme en France, l’histoire de l’anarchisme en France. Alors, en introduction, il explique pourquoi. Parce qu’il pense que, en France, le véritable danger, ce n’est pas le marxisme, c’est l’anarchisme, comme l’a montré en 68 et Cohn-Bendit, et que et que donc il faut s’intéresser à l’anarchisme. Et dans la conclusion, il avoue qu’il a même une certaine tendresse pour l’anarchisme. Alors lui, c’est un anarchisme tout petit, bien particulier qu’il apprécie. Ce sont donc les anarchistes jeunes lanceurs de pavés, ce ne sont pas les anarchistes beatniks avec les cheveux longs, ce ne sont pas les anarchistes poseurs de bombes, c’est des anarchistes individualistes qui veulent défendre leur le leur personnalité contre sa dissolution dans la communauté. Mais évidemment, qui saura le moment venu répondre à l’appel du grand homme qui forgera la nation nouvelle, donc que la France doit être et dont la France, ce grand homme dont la France a besoin, donc des anarchistes qui le sont pas tant que ça, mais il avoue avoir quand même une certaine tendresse pour l’anarchisme. Et donc c’est dans ce contexte. Ça, c’est vraiment des tentatives de récupération gros sabots de l’extrême droite la plus rance, vraiment du fond du fascisme, disons assez traditionnel. Mais aux Etats-Unis d’Amérique, il y a une tentative de récupération que beaucoup jugeront les Etats-Unis d’Amérique. Oui, il y a une tentative de récupération beaucoup plus sûre. C’est parce que je sais, je suis le fils de mon père. Et je suis allé en Amérique latine. Donc mon père dirigeait le Monde Diplomatique. Et non, il refusait d'écrire aux États-Unis. Et quand chaque fois qu’on venait, quand on était petit, on disait que les États-Unis disaient les États-Unis d’Amérique parce qu’il y a les États-Unis du Mexique et les États-Unis, c’est-à -dire les États-Unis d’Amérique. C’est là que je dis les États-Unis d’Amérique. Et beaucoup de Latino américains me disent de ne pas dire Estado sous niveau. Euh, voilà. Et. Et donc, il y a une tentative de récupération qui se fait, qui est menée par quelques figures de l’art de l'économie, dont notamment un penseur qui s’appelle Murray. Ross Bah, tu es vraiment le pendant de droite demeuré Bookchin, c’est et qui écrit et qui crée l’anarcho type et le manifeste de Lana pour l’anarcho capitalisme. Mais anarcho- capitalisme ça sonne pas bien. Alors il décide d’appeler ça le libertarianisme et crée un parti libertarien. Et ce parti libertarien, ben là en revanche, va fonctionner parce que d’abord il va avoir une influence très rapide, notamment en Californie, puisqu’ils vont avoir assez rapidement influencé l'élection du gouverneur de Californie. Et puis, petit à petit, pendant les années suivantes, peuvent influencer et avoir, oui ou pratiquement servir d’appoint dans toute la vie politique américaine et étendre, étendre, étendre leur influence. Alors c’est libertarien, C’est rien d’autre que les néolibéraux, hein ? Douceur du mélange de l'école de Chicago. Enfin, y a plusieurs écoles, mais en fait ce sont des libertariens qui trouvent que euh, en fait il y a trop d'état et qu’il faudrait laisser faire le marché et qu' en fait ils sont capitalistes. Si on y réfléchit bien, en étant libéraux, ils sont en réalité anarchistes puisqu’ils veulent bien la disparition de l'État. Mais ce n’est pas l’anarchisme qui prône la disparition de l'État, la disparition du capital et la disparition, disons des religions, des religions autoritaires dans leur forme autoritaire. Mais c’est vraiment ne les intéresse que la question de la disparition de l'État au profit du marché. Mais voilà, sur ce simple truc, ils arrivent à faire une récupération et à se dire libertariens et à aller jusqu'à préempter le sens du mot. C’est à dire qu' en France, on peut utiliser de manière homonyme, en quelque sorte anarchiste et libertaire, anarchisme et libertarianisme en quelque sorte. Eh bien, aux États-Unis, anarchiste ne veut plus du tout dire la même chose que les libertariens, les libertariens. Aujourd’hui, ce sont ces gens qui défilent avec une espèce de drapeau jaune avec des serpents dedans, noirs qui, en fait soutiennent Trump, ont marché sur le Capitole et en réalité sont partisans des pouvoirs les plus autoritaires en termes sociétaux et les plus libéraux en termes économiques, c’est à dire, disons, la nouvelle forme du pouvoir capitaliste. Donc ce sont en réalité des tenants détonnant du pouvoir par et de la réac qui se donne ce nom cool de libertarien.
David Dufresne
Le chat résume la chose ainsi c’est quelqu’un qui a pris ce pseudo quand les libertariens parlent de libertaires.
Tancrède Ramonet
Ça, ça me plaît beaucoup..
David Dufresne
Non mais c'était pas le projet des JO, tu vois, c'était où ? Est ce que c’est aussi écologique que les autres ? Moi, quand je faisais allusion aux anarchistes de droite, c’est plutôt dans la tradition un peu française, disons dehors les gens entre eux. Jean Yanne. Voilà, je saurais plus quoi dire, mais Audiard, etc. Donc de personnes qui sont très centrées sur la question de l’individu, de la question de la protection des données, etc. Qui peut être des combats qu’on peut partager et je crois qui est vraiment une des choses sur laquelle lui, il se connaît le mieux et au départ sur laquelle il a créé ces interviews qui étaient vraiment sur l’information, l’intelligence, l’espionnage, les données. Et puis petit à petit, le succès de sa chaîne a fait que oui, c’est ouvert, ouvert, ouvert. Euh voilà. Mais pour répondre à ta question, euh, je juge moi. Oui, je crois que si on me signe aussi m’aurait invité. Il m’avait, on en avait parlé. Je ne dirais pas forcément ça, je ne dirais pas non.
Tancrède Ramonet
Et c’est vrai que c’est le problème un peu sur ses documentaires sur l’anarchisme, c’est que parfois on peut en avoir aussi une lecture de jeu à trous, c’est-à -dire de voir tous les gens qui manquent. Évidemment, Hakim Bey est une figure très importante et et ça peut être même un visionnage assez frustrant. Je me rappelle que la première fois que j’avais montré le premier épisode à la à la librairie Publico, à Paris et à la Fédération anarchiste, il y avait quand même un truc la narration du lecteur, Et donc il y en avait beaucoup qui me citait tous les gens dont j’avais pas parlé une dizaine de fois. Mais à ce moment-là, je fais une longue énumération de 90 minutes. Les filles qui. étaient libres de raconter des histoires, de se faire un annuaire, voilà, essayent, admettrons qu’il a fait. C’est très bien. Il y a un annuaire du métro, on peut regarder chaque personnalité absolue. Voilà. Donc c’est vrai que moi c’est un effort d' un travail de synthèse, etc. Alors cela dit, sur Akim Besse a rejoint un peu ta question sur la théorie, c'était que Hakim Bey, oui, c’est quelqu’un ici à un moment qui vient s’intercaler juste avant en réalité le Chiapas, puisque c’est celui qui a théorisé la TAZ, la zone autonome temporaire.Alors au départ, en mêlant et en mélangeant la question de l’utopie pirate, de l’appel de la teuf sauvage à l'époque des rêves partis et et des possibilités qu’offrait internet, et cette idée qu' il fallait réussir à trouver des territoires, les libérer, y vivre en ayant, en y ayant aboli le capitalisme et qu’on pourrait créer des archipels comme ça qui qui seraient interconnectés et qui pourraient bien vivre en quelque sorte. Et c’est même pas en faisant sécession, c’est en dehors du capitalisme, y créer d’autres mondes et finalement aussi c’est derrière sont évidemment l’avoir lu que ce qui a été fait par l’expérience le Chiapas Tech, puis derrière dans les connexions et les interconnexions avec la ZAD, mais aussi avec les expressions que tout ça pouvait avoir dans le mouvement activiste et tout sur internet parfois quand les Anonymous s’y mettait etc. Ou les teuf sauvages, parfois éphémères. Et il y avait cette idée qu’il fallait échapper à l’autorité et échapper même à l’affrontement en créant ces utopies pirates et hop, en disparaissant, étant capable de disparaître. Donc ça c’est vraiment le livre de Hakim Bey qui est assez assez fondamental comme beaucoup d’autres, et qui appartient, qui est dans la dans la version longue. Pas tellement plus, mais voilà. Oui, oui, parce que c’est en fait là bas, dans la partie sur Y’a Basta et derrière on rejoint les lignes des différentes.
David Dufresne
Il me plaît que le chat évoque Kindle parce que par exemple très très très modestement pour moi au post, c’est une zone d’autonomie temporaire. Si c’est un endroit comme.
Tancrède Ramonet
Ça, ben tu vois, exactement. C’est surtout là, par exemple, ce qu’on fait ce soir en le faisant avec PeerTube, etc. De cette manière là, on est vraiment en bas, là, on essaie de créer des petites, des petites zones comme ça, qui sont autonomes et qui ne sont pas destinées à durer, forcément. Mais c’est ça. Moi, je veux dire Castoriadis, selon Castoriadis, c’est autre chose, parce que c’est, disons, un des figures avec avec d’autres, de Socialisme ou barbarie, et disons, c’est que ce sont. On est plutôt dans une théorie marxiste hétérodoxe qui va plus se rapprocher du communisme de conseil, qui peut avoir des liens avec l’anarchisme, partager des idées communes, mais disons vient d’une autre tradition. Alors ce qui n’empêche pas que ce sont des gens qui vont avoir une influence dans Rouge et Noir, il va y avoir des noirs et rouges, il va y avoir des passerelles autour de 68, mais voilà. Mais on ne peut pas s’en jeter. Je crois pas qu’on puisse dire de Castoriadis qu’il est anarchiste. Maintenant, ils vont influencer des gens qui derrière vont se réclamer de l’anarchisme.
David Dufresne
Tu parlais tout à l’heure de PeerTube, effectivement, on est sur PeerTube. Est ce qu’il y a un lien à faire entre les logiciels libres Le tchat te pose cette question et l’anarchisme ou est ce que c’est trop un raccourci, trop t simple, trop commode ? Est ce que tu t’es penché sur la question ?
Tancrède Ramonet
Alors bon, pour moi. C’est évident à l’heure tardive, pour moi c’est évident. On a fait d’ailleurs un documentaire qui s’appelle La bataille du livre et qu’on a produit au sein en noir. Je ne sais pas si David que tu avais vu et qui justement décortique exactement toute la bataille qui se joue autour des logiciels libres et toutes les possibilités qu’offrent les logiciels libres. C’est-à -dire quand on avait décidé de sortir un petit peu des choses un peu classiques dont on a l’habitude, des oppositions entre Windows et Linux, etc. Pour vraiment leur montrer qu' eux, il y a même du logiciel libre derrière, du logiciel propriétaire, etc. Mais quels étaient les enjeux de ce logiciel libre ? Alors là aussi c’est un peu pareil. C’est à dire qu’on ne peut pas dire que tous les gens qui font du logiciel libre sont anarchistes maintenant. Le logiciel libre, c’est cette idée de partage d’abord, de partage, évidemment. C’est une idée qui est que aussi de do dialoguer et de do it yourself, donc de do it yourself, d’action directe, avec cette idée que toi même tu peux aller dans. Le programme Checker ce qu’il y a dans le programme, vérifier qu' avec ta communauté on pirate pas des données où on ne met pas des chevaux de Troie etc. Et puis propose toi-même des améliorations. Donc c’est c’est évolutif et évidemment c’est sérieux. Donc je disais c’est partage, action directe et puis c’est émancipateur, voilà. Donc oui, il y a quelque chose, et c’est pas étonnant qu’on retrouve chez les grands promoteurs du logiciel libre comme La Quadrature du Net, plein de personnes qui viennent du de l’activisme et de l’anarchisme, quoi, ou qui se redécouvrent anarchistes en fait aussi dans leurs pratiques activistes ou logiciels libres qui se disent que c’est pas seulement dans le cadre du logiciel que ça peut être comme ça, mais qu’on peut faire ça pour tout. Parce qu’en réalité c’est ça finalement l’anarchie, c’est le logiciel libre à tous les niveaux. On fait logiciel libre avec la avec l’alimentation en fait logiciel. C’est-à -dire que tout le monde participe, on fait. Donc c’est une question qui pose aujourd’hui en fait aussi logiciel libre avec les poubelles. C’est à dire que bon, on considère pas qu’il y a une catégorie de la population qui doit ramasser les poubelles. Mais voilà, on s’y met tous, on essaye d’abord et résultat, on ferait sans doute moins de poubelles et puis ensuite on en prendrait une manière tournante, peut être une manière de prendre en charge les poubelles et à l'échelle de quartier, etc. Qui ferait pas qu’il y a une population qui a dix ans d’espérance de vie de moins que d’autres qui sont comme nous dans les bureaux à Z ?
David Dufresne
On te pose la question est ce que le sujet du crypto anarchisme alors ne mériterait pas une place dans un hypothétique épisode cinq et des amis ? Et vous ne vous en rendiez pas compte ?
Tancrède Ramonet
Non mais c’est toujours. un peu la même chose. Il y a des jumelles.
David Dufresne
De Satoshi Nakamoto, inspiré de la Big money hein, pas la merde spéculative et ultra énergivore que c’est devenu.
Tancrède Ramonet
Mais alors là, c’est pointu. Et la deuxième, partie et on dépasse. mes compétences aujourd’hui, ce que je veux. Tu prends le plancher et peut te pencher sur le crypto anarchisme qui est créé par Timothy. Si maintenant je ne vais plus me rappeler de son nom de famille. Mais donc si tu veux. À son jeu est. au taquet. Voilà le crypto anarchisme. Il a écrit le manifeste crypto anarchiste. Timothy mais non, Timothy, si, mais j’avais un nombre de ces j’ai nombre de cases occupées.
David Dufresne
Je ne sais pas comment tu fais de l’anarchisme.
Tancrède Ramonet
Mais moi non plus je sais plus comment ça me revient. Parce que ça en plus, c’est quelque chose que j’ai monté il y a pratiquement deux ans, donc une petite partie. Et donc voilà, on Aura Weiwei. J’ai fait toute une petite partie explicative sur avec les Anonymous, c’est tout ça. Voilà. Après sur la deuxième partie sur la Big Money, j’avoue que là, ça dépasse un peu mes compétences. Aujourd’hui où je sais que dans le crypto Anakin, il y a l’idée qu’on doit en quelque sorte qu’on peut par le code, la création de monnaie, etc. C’est ce que dit Timothy Si, mais c’est détruire les états en fait, les faire s'écrouler parce qu’on a plus besoin d’eux et qu’on est en relation. Et que comme on a codé nos toutes nos données, qu’on se met à chiffrer nos communications de personne peut intervenir dedans et donc qu’on arrive à échapper au pouvoir et et finalement à se passer d’eux en créant des chaînes de monnaie et des chaînes d'échanges d’informations, etc. Ce que va reprendre Assange quand il crée Wikileaks. En réalité, voilà, il code un lieu où on peut venir mettre l’information et que c’est tellement bien codé que personne ne peut y accéder. Donc on ne peut pas retrouver la personne qui l’a, qui a posé l’information et derrière. Ensuite, les journalistes peuvent travailler dessus sans que les pouvoirs puissent mettre leur nez et dire ce qui et essayer d’enlever des choses ou de créer des contre-feux.
David Dufresne
C’est bien Timothy six, mais Tony neuf. Alors maintenant, il y a Isaac qui te parle du changement climatique. Pour l'épisode six, je pense qu’il est temps d’arrêter parce que si on commence à faire le programme de l'épisode six du site, j’aurais quand même une toute dernière question.
Tancrède Ramonet
Sur la question du changement climatique. En fait, la Chine, il l’a déjà dit dans les années 50 et 60, cette question de la menace sur l’environnement dans un livre qui s’appelle How synthétique Environnement. Et puis un autre livre qui s’appelle Postcard City Anarchisme, qui s’appelle donc l’anarchisme après la rareté et dans lequel en fait il dit il, il a. Il y s’est posé la question et il dit que l’anarchisme est la seule réponse possible à la catastrophe environnementale. Donc en fait, si ce n’est pas dans l'épisode cinq, c’est déjà dans l'épisode quatre, alors c’est pas dans les parties courtes que vous avez vu, mais voilà. Mais bon, je suis toujours attentif à des questions sur ce qu’il y a pas là où je me contente de répondre non maintenant. Mais là où je suis content c’est que ça veut aussi dire que en tout cas peut être sur ce qu’il y a, c’est bien traité. Au moins il n’y a pas de questions sur ce qui veut dire que c’est clair ce qu’il y a dedans. Voilà, ils m’ont dit.
David Dufresne
Oui, prends le plutôt comme des gourmandises.
Tancrède Ramonet
Bien sûr qu’ils ont envie de découvrir maintenant, mais je le prends très bien. Et là. Et c’est surtout que ça me ça m’engage moi, à continuer encore un peu
David Dufresne
Et il nous dit que ça va devenir pire que la licence Star Wars. C’est pas bête. Oui, c’est cela. Te dis à Z qui c’est qui posait la question tout à l’heure sur la crypto monnaie, la crypto monnaie anarchiste ? Et si cela rendait l’Etat inutile plutôt que d’essayer de le détruire ? Allez deux dernière question une de Morgan Cox et une personnelle Quelle est selon toi l’anarchiste français ou j’ajouterais le courant vivant actuel qui ferait le plus peur selon toi, au pouvoir aujourd’hui connu ou anonyme ? On ne demande pas de nom, mais une tendance, un mouvement, un courant.
Tancrède Ramonet
Disons que je ne sais pas. parce que les lubies du pouvoir t’as fait un livre dessus. Parfois, il s’effraie de choses qui oui, ont de l’influence, mais pas forcément de la bonne façon pour dire les choses de manière non codée. Le pouvoir a eu très peur à un moment, on le sait, du Comité invisible. Sont-ils anarchistes ? Certains le sont. Je pense qu’ils y sont un peu à leur manière, comme les situationnistes. C’est une pensée qui est nouvelle, qui qui formule de nouveaux concepts, qui est à la réunion en dehors du communisme, de conseil du mouvement autonome, en dehors aussi de la pensée libertaire et anarchiste, mais pas du tout du mouvement anarchiste organisé. Et le Comité invisible, L’insurrection qui vient, les textes qui ont fait derrière dernièrement le Manifeste conspirationniste, une pensée qui s’est diffusée, s’est diffusée à l’international et qui a fait très peur, à tel point qu’il a fallu les faire arrêter, en mettre certains en prison et stopper le groupe dont on pensait qu’il était l’auteur de ces textes là. Donc l’affaire de l’affaire de Longwy, l’affaire de Tarnac Puisque tu as eu la gentillesse de mettre en valeur mon travail, je rappelle que l’on sait qu’on en avait parlé avec David. Je crois que c’est la première fois qu’on s’est rencontrés ou on s’est fait jeter des fleurs l’un l’autre. Je trouve que le livre qu’il a écrit sur Tarnac, magasin général, est un livre à eux. Oui, c’est un livre et un livre absolument formidable d’un point de vue informationnel. Dingue puisque tu avais tous les avis de tout le monde. Pour la première fois, on avait tout le monde qui racontait l’affaire de Tarnac. Mais, mais, mais aussi particulièrement et très bien écrit était dans lequel on est emporté. Mais voilà, on a connu ça dans les années 2008 et suivantes. Et là dernièrement ça a été le mouvement des gilets jaunes. Donc c’est pas forcément qu’il est anarchiste ou pas anarchiste, mais on voit bien là dernièrement, la Volte, la décision de dissoudre Nantes révoltée par exemple. Il y a des poches à des endroits d’organisations révolutionnaires, anarchistes ou dans lesquelles il y a des composantes anarchistes qui font peur, ou des orgas ou des groupes antifa qui utilisent,qui font peur ou qui font problème d’après le pouvoir.
David Dufresne
Alors une dernière question je te libère mais tu reviendras avec tes versions longues, on fera un suivi, on peut faire 24h, moi je peux faire dix 4h aux Presses anarchistes, imaginons. Bon bref, elles sont longues et très longues, Et comme dit quelqu’un, au moins on n’aura pas besoin de se poser dans quel ordre il faut regarder. Si jamais ça devenait une licence,
Tancrède Ramonet
Oui, c’est vrai mais parce qu’en plus on peut faire des préquelles, des séquelles et puis comme ça, effectivement, ils se tiennent bien sûr.
Tancrède Ramonet
C’est sûr.
David Dufresne
C’est sûr ?
Tancrède Ramonet
Non, mais des spin off et d’ailleurs, en quelque sorte, un de mes prochains projets est en quelque sorte un spin off, puisque tu sais. Bon, je travaille, j’espère, je vais essayer. Ce qui est très compliqué. Je me suis déjà confronté à des tas de problèmes, mais je veux faire un documentaire sur Action directe et sur l’histoire d’action directe racontée par les principaux, disons, participants d’Action Directe, un peu comme tous les autres pays l’ont fait sur la RAF en Allemagne, sur les Brigades rouges avec Moscou, Banco en Italie, etc. Bah en France on a pas de film qui a été fait sur Action directe dans lequel participent les protagonistes et ce qui est, ce qui est dit. Ce qui est dingue c’est les hommes. Toutes les barrières qu’on met au fait de faire un documentaire sur Action directe et les impossibilités qu’on met. Voilà. Donc moi je dis ça fait plusieurs années, parallèlement à l’histoire de l’anarchisme, que j’essaye de faire un documentaire sur l’action directe, et c’est très difficile à faire.
David Dufresne
Et alors tu vois, c’est fou parce que justement, ma question, la dernière de la soirée, c'était pour savoir si tu avais regardé la série de Bellocchio sur les Brigades Rouges, enfin, sur l’enlèvement et la mort d’Aldo Moro, qui est actuellement diffusé par Arte, est une série en plusieurs épisodes. Moi, j’ai vu les deux premiers épisodes. C’est un jeu d’acteur absolument incroyable et je veux pas te mettre dans l’embarras où que ce soit. Mais. Mais pourquoi la fiction ou les ressorts de la fiction peuvent raconter ça ? Et pourquoi raconter l’anarchie ? Et la question m’est venue en regardant le quatrième épisode le plus contemporain. Donc je me suis dit tiens, à quel moment, effectivement, des gens, des directeurs de programmes pourraient. Éventuellement trembler en se disant oh là là là là, je ne vois rien d’extrêmement corrosif..
Tancrède Ramonet
Ouais, mais c’est parce que tu es aussi familier. Familier avec cette cette pensée là et tout un ensemble de questions qui sont posées dans. Mais tu sais très bien que là, depuis quelques années déjà, parler de violences policières, c’est normalement. Qu’est ce qu’il dit dans ton Intro Macron qu’il veut pas qu’il ne voie ? Je sais plus qu' il n’aime pas qu’on utilise ces termes là donc je sais plus comment il le dit et peut. être même autre chose.
David Dufresne
Ces mots sont inadmissibles dans un état de droit.C’est extraordinaire
Tancrède Ramonet
Ce qui est évident, mais de façon on a vu qu’en l'état d’organisme, c’est fou non ? Non, mais on est arrivé à un niveau darwinisme qui est quand même délirant, où ils ont complètement changé le sens de tous les mots et puis décide des mots qu’il faut utiliser, tout ça. Maintenant. Voilà la première remarque si tu veux. Moi je n’ai pas encore vu la série. Je vais évidemment la regarder, j’en ai très envie. Mais mes je, je, j’invite les gens qui nous écoutent à essayer de voir si peuvent se regarder, notamment les documentaires de Moscou. Beaucoup sur nous étions où ils étaient les Brigades rouges qui étaient passées aussi sur Arte et qui a un documentaire à faire que je trouve un très très grand documentaire d’ailleurs, comme tous les documentaires fleuves pratiquement Café, Moscow, Bukowski. Il a fait aussi un documentaire qui s’appelle Mémoires d’ex sur les terroristes et des terroristes à la retraite où il racontait l’histoire des FTP maudit, où c'étaient en première personne les gens qui avaient participé au groupe Manouchian, mais à d’autres Krasucki qui racontait comment il avait fait la résistance, comment il avait pratiqué l’assassinat, la lutte armée dans Paris dans les années 40-41, 42, euh, malveillants parfois de leur vie. Et donc voilà qui est qui raconte au loup qui raconte un documentaire à cette Italie du lendemain des années 68, cette effervescence, ce bouillonnement, et puis évidemment le kidnapping de Aldo Moro, etc. Et voilà. Alors non, je n’ai pas vu la fiction, je vais la regarder. Mais moi je regarde effectivement les fiction fiction aussi, et les documentaires par exemple sur la fraction Armée Rouge et tout. Donc je trouve que c’est parfois réussi, pas toujours, toujours très intéressant. Et je trouve qu’en France on n’arrive pas à le faire.
David Dufresne
Est ce que ce qu’on pourrait appeler jusque dans les années 80-90, qui pouvait être incarné en partie par Libération ou parfois sur certaines places sur le gauchisme culturel ou l’anarchisme Culturel, J’ai l’impression que c’est ce secteur là, si je puis dire, mais complexe.
Tancrède Ramonet
Alors je dis ça, je vais faire mon Gramsci, tu vois. Mais si tu veux, c’est vrai que le balancier, en tout cas, dans les citadelles et les bastions culturels, le mouvement est passé de l’autre côté. Alors je racontais tout à l’heure que dans les années 70, il y avait une forme de. Les anarchistes avaient gagné. La bataille culturelle par delà l’anarchisme était partout. Il faut se rappeler qu' entre 70 et 74, il y a plusieurs films qui gagnent des prix, qui sont consacrés exclusivement à l’anarchisme du monde entier, qui gagnent des prix. Dans les plus grands festivals, il y a une histoire d’amour et d’anarchie qui a fait italien, qui gagne, je crois, le prix du meilleur acteur. Prix du meilleur scénario à Cannes. Il y a Heroes plus Massacre qui est un film de dupe du Godard et Truffaut de la Nouvelle Vague japonaise. Il y a un film culte qui est Le maman et la putain, mais on mélange la maman et la putain japonais Buster qui raconte l’histoire de ce caillou qui est honoré dans leur couple à trois. Et donc des anarchistes du début, fin du 19ᵉ, début du 20ᵉ. plutôt au début du 20ᵉ et qui ont un destin tragique. Il y a maintenant, j’ai pu me rappeler, j’avais fait une petite liste de tous ces films là, mais enfin, il y a plein de films qui se font autour de l’histoire de l’anarchisme. Il y a évidemment le thème rock, il y a Godard qui fait un film là-dessus, il y a Yves, avec en plus alors des résonances libertaires, un pas toujours explicite, etc. Et aujourd’hui, on est passé à quelque chose d’autre. Moi, parce que je demandais un jour à quelqu’un dans une chaîne de télévision s’il allait faire un documentaire parce que c'était les dix ans de la mort de Chavez, s’il avait prévu de faire quelque chose sur la mort de Chavez. Et il me dit Ah non, ça suffit, on se fait suffisamment traiter de gauchos. Et je lui dis quoi ? Parce que vous vous faites traiter de facho par la fachosphère ? Vous n’allez pas commémorer l’une des personnalités, disons à l'échelle internationale, qu’on soit pour ou contre d’ailleurs, il pouvait même faire un film contre Chavez, mais c’est les dix ans de sa mort. On peut faire quelque chose autour que voilà le bilan, un peu de Chavez et tout, mais je n'étais pas avec une idée derrière la tête que je suis dans une discussion et qui me dit ça. Donc on voit à quel point il y a. De Bolloré, des chaînes de télévision. Comme ça, de plus en plus, on a honte, peut on dire plus un débat scientifique de Valeurs actuelles, etc. Évidemment que c’est ça et une influence. Et donc c’est plus difficile aujourd’hui de faire des films sur des thématiques comme cela que ça l'était même il y a dix ans.
David Dufresne
Mon cher Tancrède, merci beaucoup. Tu reviens quand tu veux avec tes versions maintenant.
Tancrède Ramonet
Mais merci, merci beaucoup.
David Dufresne
Mais en tout cas, moi je suis super content parce que je crois que pour les. Pour les films en tout cas, le début a été un peu. C'était un peu compliqué, mais pour les films, la connexion était et était bonne.
Tancrède Ramonet
Merci David, Merci, merci à tous.

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