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Balance ton Hanouna

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis de la police. Bonjour amis de la politique, Bonjour amis de Cyril Hanouna. Salutations, trois quatre, bonjour Claire.
Claire Sécail
Bonjour.
David Dufresne
Comment ça va ?
Claire Sécail
Ça va très bien. Voilà un petit lundi qui commence très bien.
David Dufresne
Claire est chercheuse au CNRS. Ça se voit. Comme tous nos invités, elle pose devant ses bouquins, C’est quand même c’est un monde ça quand même. Qu’est ce que vous avez tous avec vos bouquins Claire, ces cahiers ? Vous êtes docteur en histoire contemporaine, Vous avez déjà écrit, je crois, 3 livres « Le crime à l'écran » en 2017, « Ma thèse Le défi Charlie » en 2016 avec Lefébure La « Bible » en 2020. Non, les meetings électoraux c’est mal foutu ce commissariat. Tu es membre du comité de rédaction de la revue Le Temps des médias et de septembre à décembre 2021, tu t’es lancée à corps perdu on peut le dire dans une analyse quantitative des temps d’antenne et de temps de parole dans l'émission de Cyril Hanouna.
Claire Sécail
Tu sais, ça, c’est le temps d’antenne politique. Donc c’est à dire que d’abord je j’isole toutes, tous les sujets qui sont autour de la politique, parce que l'émission, comme chacun sait, est d’abord et avant tout une émission qui traite de l’actualité, des médias, des programmes, etc. D’autres collègues travaillent sur d’autres émissions, comme des journaux télévisés, des matinales radio de la presse régionale. Et l’idée, c’est un groupe de travail qui s’appelle Média Elections. C’est d’aller voir comment les médias rendent compte de la campagne et qu’est ce qui, selon les différents types de supports et de dispositifs médiatiques, va être donné à comprendre des enjeux de la campagne aux citoyens ? J’ai commencé, J’avais choisi ce terrain. C'était il y a un an à peu près, en prenant au sérieux en fait de Cyril Hanouna qui y avait depuis quelques années, s'était donné un rôle, un petit peu d’animateur de la vie politique française et aidé en cela par des acteurs publics qui l’ont aussi notamment décrédibilisé dans ce rôle là. Je pense notamment à certains membres du gouvernement.
David Dufresne
Ça démarre par une chose très importante qui est de dire qu’en réalité les sujets politiques représentent en moyenne 17 %, ce qui est quand même beaucoup. 17 % de l'émission.
Claire Sécail
Voilà.
David Dufresne
Alors comment tu arrives à ce chiffre de 17 % ? Et là, peut-être qu’il faut démarrer. Et puis là, généralement, les chercheurs, ils aiment ça, parler de la méthodologie, c’est-à -dire comment, comment, comment tu as, comment tu as travaillé précisément mon.
Claire Sécail
Analyse qualitative et quantitative à la fois. Les temps d’antenne c’est du quanti. J’enregistre tous les jours l'émission Touche pas à mon poste, je regarde toute émission et je relève. Je compte à partir du moment où aborde un sujet politique. Alors ça peut prendre différentes formes, ça peut être un petit sujet, un plateau avec une question explicitement politique, ça peut être un plateau non politique, mais avec des invités qui d’un coup vont parler de politique à un moment donné et on va montrer un extrait.
David Dufresne
Ce qui veut dire que tu es obligé de tout fader.
Claire Sécail
Adam pour être précis.
David Dufresne
En vitesse, en vitesse normale ou tu accélères.
Claire Sécail
Mal et des fois je reviens en arrière, je regarde quinze fois cette émission, c’est politisé alors ce n’est pas tout à fait nouveau, ça fait déjà deux, trois, quatre ans de tri des gilets jaunes. En gros, la politique a toujours intéressé Cyril Hanouna. Il avait invité en 2013 Jean-Luc Mélenchon. C'était son premier invité politique d’envergure nationale.
David Dufresne
Ça va créer entre les deux une forme de complicité que très souvent Hanouna rappelle. Est ce que, par exemple, il y a 20 ans, ce n’était pas déjà ça ? Est ce que ça n’avait pas déjà le même, les mêmes répercussions.
Claire Sécail
Et qui s’inscrit dans une généalogie en effet, d'émissions qui dit, qui ont de ce prisme comme ça de mais de manière assez compliquée et parfois l’information et le divertissement. Thierry Ardisson Ciel mon mardi, qui était d’ailleurs un des modèles un peu deux de Cyril Hanouna. Là aussi, on avait une émission très potache, ça parlait de société, ça s’engueulait partout sur le plateau, tout le temps. J’ai lu aussi dans une interview récente de Télérama qui le compare à Michel Polac. Droit de réponse.
David Dufresne
Alors là, on va, on va quand même se calmer.
Claire Sécail
Mettre des limites parce qu'à la base, Michel Polac est un journaliste, un vrai journaliste qui avait le souci d’informer toutes les questions, tout le cadrage des. Les sujets sont formulés de manière très binaire, on le voit à travers les petits panneaux, non ? Par contre, voilà la formulation de la question qui suit aussi sur Twitter est posée aussi sous cette forme là, les échanges peuvent donner lieu à des nuances, hein. Je ne dis pas que sur les plateaux il n’y a pas de capacité à apporter des éléments, des éclairages, des choses un peu plus nuancées. Mais généralement tout est ramené. Ensuite à la fin, quand il diffuse, il le fait de temps en temps, pas tout le temps, mais quand il diffuse les résultats du sondage qui a circulé pendant ce temps là. Sur Twitter, ça a un effet d’autorité et ça revient. Binarisme. La question qui a pu être éclairée sous des jours un peu plus nuancés parfois par des chroniqueurs ou des invités. Donc c'était ce côté binaire. Et c’est aussi un problème, je pense, dans la. Dans la vision que Cyril Hanouna a du débat. Ces deux sites, c’est de faire des confrontations directes et pas permettre des paroles qui sont soit modérées, soit plus nuancées.
David Dufresne
Tu reviens en effet sur ce que tu appelles des consultations Twitter, mais qui sont abusivement présentées à l’antenne comme des sondages sur Twitter.
Claire Sécail
C’est une communauté de public qui est très politisée et selon les choix de réponses qui sont fait, on voit bien que l’orientation politique, elle est du côté des communautés d’extrême droite ou identitaires, comme c’est souvent autour des plateaux d’Eric Zemmour. On voit bien que les réponses favorisent Eric Zemmour et qu’il y a beaucoup de retweet. Et j’ai regardé les tweets cités. Donc il y a beaucoup de militants qui sont au taquet. Dès qu’il y a une question sur Zemmour et qui appelle un tweet, on peut citer les tweet à voter telle ou telle réponse en leur faveur pour créer un mouvement d’opinion. Et c’est ça le but. Sur le public de Cyril Hanouna, il y a eu un sondage IFOP il y a un an à peu près, qui avait été fait sur son public, qui montrait que c'était principalement des jeunes la tranche 18 25 ans, des profils socio démographiques qui sont des actifs populaires, donc des employés ou des salariés principalement, ou des inactifs non retraités. Et c’est vrai que c’est un public que les politiques convoitent particulièrement parce qu’ils ont du mal parfois à toucher ces catégories populaires. Et donc c’est ce qui explique en partie l’intérêt que des membres du gouvernement ont eu pour cette émission qui leur permettait d’entrer dans un contact un peu, un peu relâché, un peu facile avec des catégories de population, sans finalement avoir une sorte de de dispositif de redevabilité de la comptabilité. On va surtout parler des questions et des relances, qui sont très compliquées à gérer quand on est un homme politique et qu’on est habitué aux éléments de langage, etc. Donc c’est une émission qui est, qui est entrée totalement dans les outils de communication des demandes du gouvernement et de ce gouvernement en particulier.
David Dufresne
Et c’est vrai qu’il n’y a pas de langue de bois dans les formulations, mais dans le fond, ça n’est que ça. Parce qu’en réalité tous les vrais sujets sont esquivés dès que tu donnes des extraits et dit de ça je m’en bats les couilles. Dès qu’on rentre dans le concret, plus personne.
Claire Sécail
La politisation de l'émission parce qu’il y a beaucoup de sujets politiques dans une émission de divertissement, mais en fait un processus de dépolitisation des sujets politiques aussi. Dès qu’on aborde un sujet, en effet, il faut que ça reste du relationnel conversationnel, dès que ça mobilise des savoirs ou des compétences, ou il sait que ça va aller sur un terrain qui n’est pas celui qui est attendu, qui va être peut être austère, il va prendre son rôle de manager et il va dire attendez, on arrête là, c’est pas le sujet, on est sur quelque chose d'émotionnel, on reste là dessus et vous m’emmerdez pas avec vous vos précisions ? Voilà, donc il est tout le temps dépolitiser beaucoup de choses. Et c’est un problème quand on utilise des hommes politiques d’extrême droite par exemple, parce que là, on voudrait justement pouvoir démonter des discours très politiques sur l’histoire, sur le rôle de Pétain, les juifs, etc. En réalité, tout ça est évacué très vite.
David Dufresne
Une invitée, je crois, ou une chroniqueuse, je ne sais plus que tu cites qui parle de la France libre, de Pétain qui a sauvé des juifs, la France libre de Pétain, qui a sauvé des juifs et personne sur le plateau pour répliquer, pour s'étonner, hurler, se lever, pleurer, rire. Les zéro réactions. En janvier 2019, il va être un des tout premiers à consacrer une émission spéciale intitulée Gilets jaunes Sortir de la crise. Il se targue toujours de dire Moi, je parle aux quartiers, moi je parle aux ouvriers, moi je parle aux chômeurs. Est ce qu’on peut lui donner forcément tort là dessus ?
Claire Sécail
Non, non, moi je suis. Je suis très nuancé dans la critique que je peux faire de situer la nation autant sur des sujets purement politiques. Il y a un petit problème, il y a un gros décalage, surtout entre les discours quand il dit je donne la parole à tout le monde sur la campagne électorale, ce n’est pas le cas. En revanche, en effet, sur les sujets de société, il est en phase avec la société. Il faut avant tout avoir agi. Il y a des qualités d'échange et de poigne on va dire dans les. Échanges, l’extrême droite sur médiatisés et tu démarres avec le traitement de faveur d’Eric Zemmour qui est quand même ce par quoi ton étude a fracassé quand même l’indifférence ambiante. Est ce que tu peux nous détailler un peu les choses ? J’ai des chiffres sous les yeux si jamais tu ne les avais pas en tête. Alors pourquoi je suis là, en train de vous parler ? C’est parce que je suis sorti du silence. J’aurais pu me contenter de continuer l’observation de ce terrain jusqu'à la fin de la campagne. Et en fait, qu’est ce qui a fait que ça ? Ça m’a un petit peu interpellé tout ça d’abord. Au mois de septembre, je voyais, mais alors lentement, mes données quantitatives sur un tableau Excel, les données quali et c’est tout.
David Dufresne
Attends, attends, attends.
Claire Sécail
Voilà huit cahiers de prise de notes. Voilà. Donc ça, c’est ça, c’est le travail C’est ce qui va me permettre de voir dans quel registre narratif on se situe quand on parle des candidats. Et c’est pour moi, comme tu le disais au début, plus important que juste les chiffres que je peux sortir à travers l’analyse quanti. Et donc, qu’est ce qui s’est passé fin octobre ? Il y a un an quasi d’un candidat ex NPA qui a fait une petite vidéo.
Vidéo
avec Cyril Hanouna. Bah ça commence un petit peu à voir quand même la propagande Zemmour, va falloir faire pose un petit peu à un moment donné parce que franchement, à la base c'était une émission, elle critiquait Pékin Express et Koh-Lanta et maintenant il y a tous les jours à la télé.
Claire Sécail
Dans ce buzz, ce phénomène. Il en faisait encore plus que les autres. Donc je suis sortie de ma réserve, j’ai commencé à publier les données que j’avais à l'époque, donc ce n’était pas tout à fait les mêmes chiffres, mais les proportions sont restées à peu près les mêmes que. En effet, Anastasie avait raison de dire que TPMP faisait le jeu de l’extrême droite parce que voilà les chiffres que j’obtiens moi, en comptant à tout le temps d’antenne d’Eric Zemmour et mais également de Marine Le Pen et de Florian Philippot. Je ne le fais pas par militantisme, je ne défends personne là dedans, si ce n’est la vision que je peux avoir du débat public médiatique et l’idée que dans cette campagne, on mérite peut être un petit peu mieux que ce qui se joue dans les médias aujourd’hui. Et voilà, le pire n’est pas tant le chiffre que le registre narratif. Et là, je me dis qu’il y avait un vraiment un risque constant d’homme en voyant à ce point se banaliser des idées et des personnalités d’extrême droite sur un plateau où les gens, s’ils ne s’informent pas ailleurs, il y a un danger à ce qu’ils n’aient comme représentation de l’extrême droite que ce qui leur est présenté, parce que tout est valorisé et on va dire séduisant, rendu séduisant. Zemmour n’est pas venu sur le plateau, il est venu sur face à Baba mais il n’est pas venu dans Touche pas à mon poste. En revanche, ces entourages des jeunes ou des influenceurs patriotes, des jeunes femmes souriantes, jolies tout ça, sont là pour faire avancer ses idées avec encore une fois un contradictoire assez relâché et avec des modes narratifs qui vont avantager Eric Zemmour. Dans Relève trois, il y a la victimisation dont j’ai déjà parlé. Il y a l’idée de performance, souvent l’angle des questions, des sujets des plateaux concernant Eric Zemmour vont être autour de ça. Ces qualités à produire des événements de campagne. Par exemple, quand il va à Drancy dans l'émission, Morandini, quand il fait son meeting de Villepinte, etc. Tout tourne autour de l’idée qu’il est performant, qui crée quelque chose. Il est chroniqueur, c’est ça qui est qui est assez déroutant, vont dire oui, moi je ne suis pas d’accord avec ses idées, mais leur petite pancarte oui non vont finalement valoriser et favoriser Éric Zemmour parce qu’ils vont répondre oui, il a été performant, oui, il a réussi son coup, son coup médiatique, oui, il est le maître des horloges, oui ceci ou cela.
David Dufresne
Tu dis que Zemmour n’est pas venu sur le plateau. En revanche, il a enregistré des vidéos dites exclusives spécialement pour l'émission. Très bien, ça c’est un premier point. Et puis il y a ce que tu appelles victimisation, banalisation, dépolitisation. On a des registres narratifs sur les plateaux consacrés à Zemmour et consultés sur Twitter. Eric Zemmour mérite t il d'être censuré ? Vous a-t -il convaincu ? Laurent Ruquier, Léa Salamé ont réussi leur interview face à Eric Zemmour. C’est vertigineux.
Claire Sécail
Mais ça, ce sont toutes les questions que renvoyait sur Tweeter à propos d’Eric Zemmour. Et en effet, Cyril Hanouna a fortement contribué à victimiser Zemmour en le faisant passer pour une victime de la censure. La censure, ce n’est pas ça la censure. Le CSA n’a pas censuré Zemmour, il a simplement demandé à ce que les diffuseurs prennent en compte une nouvelle donne de la campagne. C’est dire que Eric Zemmour devenait de plus en plus un personnage, une personnalité politique, même s’il n'était pas encore candidat. Et sur le plateau de Cyril Hanouna, c’est devenu la victime d’une censure. Et grâce à ces petites vidéos qui montrent à quel point il y a un traitement de faveur, Eric Zemmour sait qu’il va perdre son plateau face à l’impôt sur ses news. Donc l’enjeu est vraiment d’appeler les publics à. A partir de ces deux, Zemmour est allé le rejoindre dans d’autres arènes et il a réactivé sa chaîne YouTube. Donc il a demandé à son public d’aller le rejoindre sur YouTube, de s’abonner, de suivre son actualité. Campagne qui n’est pas encore, qui est une tournée littéraire. Bien sûr, Cyril Hanouna lui a offert ce traitement de faveur qu’il n’a fait aucun autre candidat. Avec Eric Zemmour, il va le refaire encore plus tard. Et là, c’est encore plus grave parce que la campagne officielle a commencé à partir du 1ᵉʳ janvier. Et donc là, Cyril Hanouna, le 6 janvier, va diffuser une vidéo dans laquelle Eric Zemmour, qui est en panique sur la question des parrainages de ses soutiens, va explicitement appeler les maires à lui apporter sa signature et va interpeller le public de TPMP à s’indigner qu’on vole le débat électoral et que lui risque de peut être passer à la trappe de sept mois de cette règle électorale qui est d’obtenir des parrainages 500 parrainages pour être candidat.
David Dufresne
a été le 27 septembre dernier le président de Génération Z. Stanislas Rigaut, qui explique ironiquement qu’il va voter Benoît Hamon. Et Hanouna éclate de rire en lançant. A l’adresse de Stanislas Rigaut,, le président de Génération Z, c’est-à -dire la cheville ouvrière quand même de la campagne d’Eric Zemmour. Hanouna dit de lui Ah, je l’adore, il est bon et les gens applaudissent.
Claire Sécail
Ah ben oui, c’est cette partie, c’est ses moments un peu. Qui, qui sont, qui sont et qui sont problématiques parce que tout le monde est mis sur le même plan et tout est interprété en termes de relationnel et de bon client. Donc quelqu’un qui a du répondant, quelqu’un qui fait de l’humour sur la nana, est fasciné par les jeunes. Ils aiment beaucoup les jeunes qui s’engagent. Ils assurent beaucoup la promotion, mais peu importe leurs idées, c’est ça le problème. Il ne peut pas savoir. Plus loin.
David Dufresne
Il y a cette impression. Kaduna donné que tout se vaut. Néanmoins, ces chiffres démontrent quand même que c’est extrêmement porté sur l’extrême droite. Donc si tout se vaut, mais ça vaut plus quand c’est l’extrême droite.
Claire Sécail
Je suis un animal empirique, moi je suis boulet et je regarde 250 heures de Cyril Hanouna. Je vois clair dans son émission. Je ne prétends pas aller dans la boîte noire et dans son cerveau, dans les intentions.
David Dufresne
Pourquoi te demandes pourquoi Marine Le Pen n’a pas le même traitement que Zemmour et Hanouna ?
Claire Sécail
Eh bien Bastien, il a été expliqué très vite quand il a vu le phénomène Zemmour en septembre prendre de l’essor dans les sondages. Le rôle des sondages est très important parce que c’est ça qui vient légitimer ensuite la ligne éditoriale de l'émission. Pourquoi ? En fait, on en fait beaucoup autour de Zemmour et parce que c’est lui qui fait l’actualité. Eh bien, tout le temps. Répétez ça pour dire Attendez, j’en fais pas plus que les autres, les autres enfants. Et pourquoi Marine Le Pen ? Parce qu’il l’a disqualifiée d’emblée, Il a dit avec son nom, sa façon de faire de le politiste de plateau, d'élaborer devant des communicants et d’autres ses théories politiques que Marine Le Pen allait se vider de son électorat et de son entourage ? Et il a eu cette comparaison. C’est comme à la télé quand vous faites plus d’audience, vous devenez, on s’intéresse plus à vous. Alors elle s’est rebellée et elle est revenue fin septembre. Début octobre. On a vu des assauts du RN pour revenir sur le plateau, pour ne pas se laisser prendre. Cet électorat populaire, ce public populaire que lui offre l'émission. Donc on a eu Julien Odoul, Jordan Bardella, qui sont venus dans l'émission à plusieurs reprises et ça devenait le match des extrêmes qui a été alors, je crois, c’est un peu plus loin dans mon étude qui a été symboliquement incarnée par ce duel entre juillet 2015, la fiancée expatriée et le maire de Moissac qui était là pour parler de les allocations qu’il retirait à un. Voilà, ici, exactement.
David Dufresne
C’est ici, là et là, ils font un chèque.
Claire Sécail
Alors avant, ils disaient même "Ça va plus loin que ça". Il y a Cyril Hanouna qui dit que Juliette, je crois que vous aviez un petit crush avec. Donc l’homme est un maire et reine à Moissac parce qu’elle peut le dire. Je suis contente de voir quelqu’un qui a les couilles, qui a des couilles pour prendre des mesures comme ça. Parce qu’il venait de vouloir retirer les allocations à la famille d’un délinquant. Elle soutient Zemmour, lui Marine Le Pen et on nous parle de petit croche. Et ça vient comme une illustration symbolique de cette tentative qui a Eric Zemmour, pour couronner une OPA pure sur Marine Le Pen est son et son parti.
David Dufresne
Tu nous expliques dans ton étude que Hanouna en fait regarde l’audience. Minute par minute sur son téléphone.
Claire Sécail
C’est lui qui le dit dans son bouquin. Le bouquin qu’il a sorti avec le barbier Christophe Barbier à l’automne. Il dit qu’il se vide de son sang. Il sent que les téléspectateurs s’en vont parce qu’il a une application qui lui permet de voir minute par minute l'évolution des audiences. Donc ça, ça le rend service. C’est quelqu’un qui est obsédé par l’audience. Il ne faut pas aller plus loin. Loin avec cette idée qui est assez, assez vicieuse, qui est de lancer des sujets et le lendemain de revenir en disant regardez, c’est sur Twitter, ça buzz, donc de refaire un sujet, c’est à dire le buzz alimente le buzz et ainsi de suite. Là, là dessus, il y a une maîtrise quand même assez fortiche de la part de l'équipe de Daniela.
Claire Sécail
Mais en fait c’est une émission qui a pas de mémoire.
David Dufresne
Ton expression fait mouche, l'émission n’a pas de mémoire, le tchat la reprend énormément, mais j'étais en train de me dire c’est peut être en ça que ton étude est particulièrement cinglante, c’est que justement toi tu as de la mémoire, tu renvoies à l'émission exactement ce qu’elle ne veut pas, c’est à dire elle. Elle voudrait oublier le plus vite possible pour pouvoir passer à la polémique d’après sans lier les choses. Est ce que. Est ce que par exemple, quand tu as fait cette étude, tu as pensé à ça.
Claire Sécail
Tu as mis le doigt sur la raison pour laquelle je trouve cet objet d'étude fascinant, c’est qu’en fait il y a vraiment un système de valeurs qui se construit autour de la gueule, du caractère un peu hiératique, chaotique, des règles de l’expression et des paroles.
David Dufresne
Est ce que tu crois que c’est une qualité que d'être capable de se fondre dans une émission comme un A et y a dans le tchat ? Pas mal de questions là dessus, c’est faut y aller ou pas. Alors quand je dis je ne sais pas si tu vas me répondre, c’est parce que ça sort un peu de ton cadre de chercheuse. Mais la question se pose beaucoup chez les militants, entre autres faut-il aller ou non Hanouna ?
Claire Sécail
C’est une question essentielle. Ça rejoint le chapitre sur les Insoumis parce que ce qui me frappe, c’est de voir à quel point y a pas de connaissance ou de prise en compte de la spécificité du dispositif. Cette émission, les émissions télé, il faut le savoir, Ce qui compte, c’est vraiment quel est le dispositif qui est proposé et pour quel message et quel public. Et je crois qu’avec Cyril Hanouna, ils sont un peu tous tombés dans le piège. La sympathie de quelqu’un qui se prend pas au sérieux et qui est capable d’avoir du répondant ou autres qualités, etc. Donc ils sont, ils viennent un petit peu pour ça. Les membres du gouvernement viennent aussi pour toucher un public populaire, pour faire passer des mesures, des éléments de langage. Mais eux, ils sont en responsabilité. Les autres, ils veulent un peu conquérir davantage et séduire davantage leur audience. Donc et là, je crois qu’il s’y fourvoie un peu. On l’a vu d’ailleurs avec l'émission Face à Baba, même si c’est un autre dispositif, Jean-Luc Mélenchon a compris qu’il était tombé dans un piège et il n’a pas assez pris en compte le dispositif et la façon dont celui-ci pouvait être détournée. Parce que Cyril Hanouna casse souvent les codes, ne respecte jamais le fil conducteur de son émission, mais ça devient une norme.
David Dufresne
Une fois qu’on a étudié le registre de l'émission, qu’on est invité, qu’on connaît son dispositif, faut y aller ou pas. Ou d’après toi, c’est injouable. Le dispositif est plus fort que l’invité.
Claire Sécail
Mais la question c’est on y va pour dire courage. Parce que quand les insoumis c’est ce que je dis dans l'étude viennent uniquement pour répondre à une question qui centralise Eric Zemmour, par exemple, ça a été le cas tout l’automne, ça a été uniquement ça. Quand David Giraud, quand Jules Garnier sont venus sur le plateau de TPMP, c'était face à Jean Messiaen, face à Eric Naulleau qui venait d’aller à Villepinte, au meeting de Zemmour, etc. Donc ils étaient dans une époque d’adversité dans laquelle ils étaient plutôt bons, on va dire offensifs en termes de défense. Voilà, ils arrivaient à avancer des choses de manière un peu pugnace, ce que valorise l'émission. En revanche, le calcul, la stratégie politique derrière elle était inexistante parce que les idées qu’ils proposent, qu’ils défendent, qu’ils vont, ils sont censés assurer la promotion sur des plateaux comme ça, ne sont jamais venues. Jules Garnier n’a pas avancé une seule idée. David Giroud a essayé, mais on était. Voilà, à partir du moment où la question et c’est l’effet de cadrage qui prime, encore une fois, la question est bien avantager l’adversaire. Vous ne faites que répondre à l’adversaire, c’est toute la problématique.
David Dufresne
Tout à fait d’accord avec ce que tu dis, c’est-à -dire que tu parles d’archétype du contradictoire de plateau. Alors il y a David Guiraud, il y a évidemment Raquel Garrido, dont il est évidemment aussi question dans Le Château. Alors là, la confusion des genres est encore plus importante puisqu' elle est, elle est fille et chroniqueuse. Dans l'émission Et ça te fait dire que les Insoumis, en fait, sont un rouage de l'émission, Ça fait partie du dispositif. Ce n’est pas complètement dû au hasard.
Claire Sécail
La télé, c’est un peu le stellaire, mais moi, c’est pas dans le jeu. Encore une fois, je ne défends personne dans cette affaire, mais je l’observe fonctionnellement et je vois que oui, ça, ça permet d’avoir de faire fonctionner les plateaux, les modes de clashs qui sont attendus. Et ça, si jamais le fond peut être évoqué ici ou là, ce n’est pas les idées des insoumis qui sont mis en avant, C’est ça qui fait que Jean-Luc Mélenchon a Est ce qu’il est rentré dans un mode relationnel avec Cyril Hanouna, que ça a été dupliqué à l'échelle de ses entourages ? Raquel Garrido en devenant chroniqueuse dans Balance ton poste, qui a compris finalement aussi le problème puisqu’elle les partis maintenant de Balancer ton porc, ça va plus dans le constat que Eric Naulleau, dès lors qu’il venait animer l'émission, la politiser, elle s’en expliquer devant Sonia de la Villette il y a quelques semaines.
David Dufresne
Une personne, c’est toi. T’arrives à influencer une machine à gripper la machine, C’est quand même génial. Nous sommes le 1ᵉʳ février 2022, Il est 7 h 55. Cyril Hanouna n’est pas content.
Vidéo
Voilà Hanouna marchepied d’Eric Zemmour 53 % du temps politique est consacré à l’extrême droite. C’est fou, puisqu’il y en a beaucoup, qu’il y ait 53 % du temps d’antenne de TPMP alors qu’en fait, le temps d’antenne politique, c’est toujours selon Claire Cas, ils ne représentent que 17 % de l'émission, donc en fait ça représente que 8,5 % de l'émission globale. Donc voilà deux. Eric Zemmour On ne va pas se mentir, c’est toujours un carton d’audience. On ne va pas regarder en étant direct. Ce qu’elle dit clair, c’est qu’elle sait qu’elle, elle s’occupe pas des autres. Mais c’est vrai que nous, forcément, on parle d’Eric Zemmour. Pourquoi ? Parce que Eric Zemmour, on ne va pas se mentir, c’est lui aujourd’hui qui fait le plus parler de lui. Géraldine D’abord, moi je trouve que un d’abord, c’est gratifiant et valorisant. Il y a une chercheuse du CNRS qui voit oui comme objet télévisuel incroyable comme phénomène, commencé comme un fou. Après, là où je trouve qu’il y a un vrai problème, c’est qu’effectivement elle aille du côté de la bienpensance tout de suite France-Inter, là où ça parle tout, mais que dans un sens, elle devrait venir, elle devrait se confronter au réel, elle devrait venir ici nous expliquer pourquoi son étude conclut ça. Parce que ce serait vraiment intéressant. Il y aurait un vrai débat d’idées.
Claire Sécail
Ça montre que j’ai mis le doigt sur des choses sensibles, à mon avis. Et alors ils m’ont invité sur le plateau à venir sur le plateau. Ce jour-là, j’ai refusé parce que je ne voulais pas aller sur mon objet.
David Dufresne
La blessure narcissique qu’il a, qu’il montre à l’antenne et qu' il envoie, il envoie ses chroniqueurs le défendre, etc. Tu lui expliques par quoi ? Par le sérieux de ton travail, la rigueur de ton travail qu’il essaie de démolir en donnant d’autres chiffres qui ne sont pas les bons, ou par l'écho médiatique que ton travail a rencontré.
Claire Sécail
Je pense qu’il a pris mon travail au sérieux, qu’il a lu toute la semaine, ce qui a été très pénible pour moi à suivre parce que j’avais la boule au ventre. Je ne vous cache pas en regardant l'émission et en faisant le travail que j’aurais dû faire de manière totalement confortable habituellement. Mais j’ai vu, il y a des choses qui ont changé. Par exemple, il a prononcé pour la première fois le mot extrême droite alors que ça n’apparaissait pas dans son vocable. Cyril Hanouna Il utilisait tout le temps l’extrême gauche pour parler des gens d’extrême gauche et dès qu’on passait de l’autre côté de l'échiquier politique, on était sur la droite, voire la droite, mais jamais extrême droite qui n’existait pas.
David Dufresne
Est ce que tu ne crois pas qu’il y a une idée toute bête de dire l'élite contre nous, le CNRS contre nous les représentants du peuple ? Il y a cette chroniqueuse, cette Géraldine que je ne connais pas, qui dit cette phrase extraordinaire qu’elle dit. Elle te reproche de ne pas être venue sur le plateau avec cette expression, de ne pas avoir à affronter la réalité. Comme si. C’est très intéressant de voir que pour eux, la réalité, c’est leur plateau.
Claire Sécail
Ils sont dans une forme de réalité, mais moi simplement, je ne donne pas de bons points de conformité au monde réel. Il y a du monde réel partout et mon monde réel. Si jamais j’avais été sur le plateau, si j’avais voulu faire un des cadrages de l’heure, de l’heure. Mais je ne pense pas y avoir réussi. Je n’ai pas les qualités. De répartie pour ça. Mais j’aurais dit la seule chose. La seule chose que j’avais envie de dire sur ce plateau, c’est que justement, je suis dans un monde réel autant qu’eux et que eux, ils cachent en fait ce qui est une forme d’anti intellectualisme derrière des accusations de mépris de classe. C’est souvent comme ça qu’ils s’en sortent pour attaquer celui qui parle de Cyril Hanouna, on est plutôt en mal quand on en parle en bien, c’est bien le copain et puis quand on en parle en mal, ça devient du mépris de classe à l'égard de du public populaire de Cyril Hanouna.
David Dufresne
L’effet des émissions sur la visibilité de l’extrême droite dans les réseaux sociaux est il mesurable ? Dans quelle mesure Hanouna fait monter volontairement et artificiellement l’extrême droite dans le top tweet des sondages ?
Claire Sécail
Tweeter, lui, va permettre plutôt de le faire. De la cartographie comme on dit Dieu du web et de voir un peu comment, dans quelle sphère, par qui ? Quels sont les profils politiques en fait de ceux qui tweetent et qui font circuler ces messages et comment ? Du coup ça permet d’avoir un effet d’autorité, encore une fois très idéologique dans l'émission. Parce que quand on donne le résultat d’un sondage qui va favoriser Eric Zemmour, bah l’invité en plateau va pouvoir du coup transformer le résultat du sondage en une petite phrase assertive du genre voyez, les Français me donnent raison ou donnent raison à Eric Zemmour. Donc ça crée des effets d’opinion et des effets d’autorité très forts.
David Dufresne
Tu nous dis que grosso modo, la machine Hanouna, en fait, c’est la bipolarisation de la pré campagne, c’est ce que tu étudies, c’est à dire en gros l’extrême droite d’un côté, Macron de l’autre, et les filles qui jouent un peu les idiots utiles, les complices plus ou moins malgré eux et les autres qui sont invisibilisées. Et dès lors, la majorité présidentielle qui bénéficie du traitement.
Claire Sécail
Ça s’est produit très tôt dans la campagne, c’est pour ça que ça, c’est quand même inquiétant. Alors qu’on était au mois de septembre, je voyais déjà cette bipolarisation du débat dans cette émission en particulier, alors que toutes les autres chaînes ont quand même, tout en faisant de Zemmour un phénomène médiatique, ont quand même offert au public un peu un spectre de politique beaucoup plus large en parlant des primaires, encore une fois écologique, etc. Chez Hanouna, cette. C’est sur il y avait un réductionnisme très fort du débat autour de Macron et autour d’Eric Zemmour en particulier. On voit qu’il y a un problème parce que s’il s’agit de phagocyter un peu le débat électoral en montrant et en laissant entendre qu’il y a personne d’autre qui peut exister, quand bien même les autres sont dans la panade politiquement. Mais ça c’est leur problème, on va dire quand on est, quand on se prétend acteur et animateur de la vie politique, on doit, on se doit quand même de donner à comprendre un peu toutes les sensibilités politiques. Or ce n’est pas ce qu’il a fait et il a plutôt continué ce qu’il faisait à l'égard du gouvernement. Voilà, c’est Marlène Schiappa en particulier qui a permis, et je pense à Cyril Hanouna, d'être considérée comme une reine, un plateau, une arène très bénéfique auprès des autres membres du gouvernement. Mais on a vu jusqu’alors des personnes qui avaient toujours refusé, comme Jean-Michel Blanquer, qui sont venus cet automne pour dit au moment de la sortie de son ouvrage sur l'École ouverte.
David Dufresne
Tu vas jusqu'à parler de clientélisme gouvernemental entre Hanouna et ses invités.
Claire Sécail
Ben oui, parce qu’il est il, il est sur à peu moment sur plein de sujets différents. Il est souvent, il endosse lui-même le rôle quand il n’y a pas d’autres intervenants politiques, des représentants de la majorité sur le plateau. Il endosse lui-même, avec ses chroniqueurs, en particulier Bernard Montiel, qu’il labellise lui-même de porte-parole de l’Élysée pour dire sa proximité avec le couple Macron. En particulier, il va assurer la promotion et la défense même de ceux qui peuvent être impliqués. Marlène Schiappa, elle, appelle en direct dans l'émission et Cyril Hanouna passe son message à l’antenne en soutien de l’action gouvernementale et de la figure d’Emmanuel Macron.
Vidéo
Merci beaucoup, Marlène. Merci, merci, merci. Voilà, donc il y a des gens qui nous appellent directement.
David Dufresne
Capitaine, capitaine qui nous dit Ah ! Donc on ne vit pas dans la théorie du complot quand on se dit que Bolloré est le patron de Danone, le propriétaire de la chaîne, quand on dit que Bolloré a tout intérêt à. Ce deuxième candidat, Éric Zemmour, de l’extrême droite pour privilégier le candidat La République en Marche. Est ce que ton étude parle autrement ? Est ce que ton étude t’a permis de te permet d’affirmer ça ou pas ?
Claire Sécail
On sait que Bolloré utilise ses médias, tous ses contenus pour des raisons idéologiques, quand bien même il s’en défend devant une commission de sénateurs dédiée à la question de la concentration des médias, tout concorde vers l’idée qu’il est en effet dans une démarche idéologique.
David Dufresne
C’est très marrant parce qu’il détricote complètement le truc de Assouline, c’est à dire que Assouline fait la somme et lui dit un par un les tout petits on et les derniers.
Claire Sécail
Et il a même été d’ailleurs démenti par son propre poulain, Zemmour, qui a dit qu’il y le disait. Il était bien dans cette mission de civilisation. Cela n’a pas besoin d'être dit. Des accords idéologiques sur tous les plans, il suffit qu’il y ait fonctionnellement des, des logiques qui ce qui converge vers les intérêts que ça a, les résultats que ça peut produire pour que ça fonctionne et il suffit de mettre les bonnes personnes, la direction tienne, etc. Des gens qui ne vont pas contredire la direction, qui vont être loyaux. La loyauté de groupe est encore une fois une valeur cardinale. Voilà. Et l’autre illustration, peut être la plus concrète possible, c’est les chiffres qu’avance Patrick Eveno, historien des médias et d'économie, qui montre que si Canal+ fait en effet des profits et bénéficiaires par des questions de divertissement qui dépendent ces news et C8, donc ces deux chaînes sont déficitaires, il y en a une qui perd 13 millions snooze je crois en 2020 et c’est huit, c’est 48 millions donc c’est énorme. C’est beaucoup de pertes d’argent. Donc à quel moment on autorise, on s’autorise à perdre autant d’argent, si ce n’est ce n’est pas pour des raisons économiques, c’est bien pour des raisons politiques. Voilà, on est dans une démocratie d’opinion, moi je le jure, il faut le reconnaître. Voilà, c’est très bien. Ce qu’il faut, c’est que, en effet, ne pas donner à penser que les opinions sont ne repose sur rien, elle repose sur des faits. Et si l'élaboration, la. L’explicitation de données factuelles plutôt factuelles qui doivent être bien prises en compte, moi je le vois là, je pense que les téléspectateurs sont censés être aussi en capacité d’avoir leur esprit critique, de ne pas avaler les contenus comme des moutons. Et quand il y a des choses qui sont particulièrement problématiques parce qu’il ne faut pas porter atteinte à la liberté d’expression, c’est quand il y a des choses particulièrement problématiques qu’il y a doit y avoir des procédures. Donc on peut anticiper, saisir l’Arcom et dire voilà, sur tel contenu il y a eu un problème et après et examiner par paire. Donc c’est vrai qu’il y a une temporalité institutionnelle un peu longue par rapport au contenu même et que du coup là, quand l’Arcom fait des reproches à Cyril Hanouna, ça vient six mois après. Alors maintenant qu’on est patient en période électorale, ils regardent les comptes tous les quinze jours, donc ça veut dire qu’ils sont quand même sur une temporalité beaucoup plus resserrée et qu’il y a des problèmes par rapport au contenu des émissions. On parle de durée la non, mais ça peut toucher n’importe qui d’autre, ils vont réagir plus rapidement encore. Période électorale L’expression des opinions, c’est au regard de la loi. Et là la loi se saisit. Le problème, c’est le décalage entre le temps, la justice, entre les condamnations d’Eric Zemmour pour des propos tenus à l’antenne par exemple, et puis le temps de la com du régulateur, c’est ça qui est mal perçu par les citoyens. Je comprends plus les exigences, mais il faut bien avoir en tête que tout, tout dispositif plus contraignant pourrait porter atteinte à la liberté d’expression. Aussi Hanouna en est un symptôme assez fort de ce qui se joue aujourd’hui dans notre monde de l’information au sens large du terme. C’est vrai, parce qu’il va dévoyer un petit peu les principes de l’information. C’est vrai que dans son émission, on attaque beaucoup le journalisme d’investigation avec tout le tout le temps les mêmes arguments, c’est du militantisme etc. Alors que pour dire que l'émission n’a pas de mémoire, quand ils ont fait l'émission autour de Descartes et de ses escroquerie dans Cash Investigation.
Claire Sécail
Donc ils ont commencé le soir même ou le lendemain à attaquer Elise Lucet et ses méthodes d’investigation, sont journalisme militant, son travail à charge contre des SCA. Trois jours plus tard, il invitait qui ? Les deux personnes retraitées qui étaient victimes de Descartes en ans sans jamais dire que Elise Lucet avait eu raison de leur donner le statut de victime et qu’il était bel et bien victime parce qu’ils sont pris dans les logiques de groupe et l’attaque permanente sur le pays, sur le service public, sur. Voilà, c’est là aussi qu’on retrouve là les systèmes de valeurs Hanouna et ses symptômes, ses marottes, euh on va dire, je n’aime pas.
David Dufresne
Que pense Claire de l’affirmation suivante « Seul le monde médiatique est autant obnubilé par les médias ». Ces derniers ne seraient donc. Pas si influent dans la vie de tous les jours. Évidemment, c’est une critique, mais je trouve qu’elle est. Elle est intéressante, elle ouvre, elle ouvre la perspective. Est ce que le monde médiatique est trop nombriliste et s’accorde plus de pouvoir, plus d'étendue qu’il n’en a ?
Claire Sécail
Non, cette émission est nombriliste par définition puisque à la base, elle était faite pour discuter des contenus médias. C’est une mission de critique des médias. Si Elena est une personnalité nombriliste, également très égocentrique, il revient toujours à lui-même dans sa façon de porter les choses. Donc on est effectivement dans une sorte de rétrécissement de la vision qui va peut être nous donner ce sous sentiment en effet, qu’il y a un monde médiatique très nombriliste. Après la question de l’influence, encore une fois, ce n’est pas parce que en sociologie des médias, ce n’est pas parce que vous êtes exposés à un contenu que vous allez vous subissez une influence directe. La réception. Les études de réception montrent bien que l’exposition à un contenu média et l’influence qu’il peut avoir sur vous. Ça ne passe pas simplement par le fait d'être de l’avoir vu par. Parfois même, vous êtes influencé par des contenus que vous n’avez pas vus, mais simplement vous allez entendre des gens qui vont en parler et qu’il y a autour des contenus médias surtout. C’est ça la définition, la réception qu’il va y avoir, tout un processus de socialisation. Vous vous en parlez avec vos amis, avec vos voisins, avec votre famille et c’est ça qui infuse. C’est pour ça que quand il y a un débat un peu saillant, les débats d’entre deux tours par exemple, dont on parle beaucoup, vous prenez les réactions à chaud ou demandez l’avis des gens à chaud sans qu’ils aient eu entendu le moindre commentaire autour de ce débat. Et vous le prenez deux jours plus tard et vous allez avoir quelque chose d’assez différent qui va. Voilà donc l’opinion. Elle se forge aussi beaucoup par tout le travail de socialisation autour de ces contenus, donc ça limite quand même le pouvoir d’influence, en tout cas direct, que peuvent avoir les médias. Parce que tout dépend de la façon dont on va ensuite orienter les échanges autour de ces contenus. Alors vous allez me dire que c’est le serpent qui se mord la queue.
David Dufresne
Et je tiens quand même à te dire, Claire, que cette émission, c’est l’une de celles où il y a eu le plus de monde. Donc à mon avis, tu l’as, tu l’as, tu l’as senti. Ton travail porte beaucoup de choses.
Claire Sécail
Il y avait peu de travaux sur un car il y avait quelques articles dessus.
David Dufresne
Fascinant de rigueur ça j’aime bien. Merci, dit Marcel. Fascinant de rigueur.
Claire Sécail
Mais. Mais voilà, ça montre que quand on prend le temps et quand on essaye d’aller sur les questions de fond, ça peut, je serais, je le rencontrerai probablement après la campagne Cyril Hanouna un peu chiant.
David Dufresne
Attention, tu es en train de nous faire une chape de plomb.
Claire Sécail
À peine touchée.
David Dufresne
Quand elle dit ça se passe très bien avec nous, entre nous.
Claire Sécail
Mais il a déjà dit à l’antenne que j'étais son ami. N’importe quoi. Il me fait. Il essaye de me faire entrer dans son économie relationnelle, mais moi je ne suis pas là dedans. Je rencontre mon objet d'étude parce que ça fait partie de la démarche d’aller et là j’ai temps. J’ai travaillé sur 30 millions d’amis, j’ai demandé un entretien avec un putain pareil, je ne vois pas pourquoi je le ferais pas avec Cyril Hanouna. Je m’attends à un peu de langue de bois, Mais pourquoi ? Pourquoi pas ? Oh la.
David Dufresne
La vergogne te dit, elle va finir chroniqueuse.
Claire Sécail
Maintenant.
David Dufresne
Merci beaucoup Claire. Bonne journée à toi.

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