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Bernard Arnault, son empire et sa bio non autorisée + riposte à la Loi Ripost

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Transcription de l’émission

00:00:00Audio
On essaie de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant qui met ensemble les mots et les choses. La riposte c’est vous, suivez la chaîne, activez la cloche, donnez au poste.
00:00:34David Dufresne
Amis, amis du café, amis de la canicule, amis d’au poste, amis de France Déter c’est l’heure. Bienvenue sur France Déter la matinale d’au poste, c’est l’heure, c’est l' heure, debout, les déters, comme chaque lundi, au poste va tenter de mettre un peu de trouble, de désordre, dans l’ordre dominant. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, trie le présent, c’est en direct, c’est fait maison, préparez le kawa. Au menu ce lundi ! Deux dames et pas n’importe lesquelles ! À 7h30 on va prendre le café avec Noémie Levain, juriste de la Quadrature du net, bien bien connue favorablement de nos services, car aujourd’hui à l’Assemblée nationale Laurent Nunez vient défendre sa loi à lui, la loi Nunez, parce que tous les ministres de l’intérieur veulent toujours avoir leur loi pour passer à la postérité, La loi dite Ripost, qui cible des comportements jugés déviants, free party au niveau urbain et constitue un accélérateur de surveillance avec l’extension de l’utilisation de la vidéo surveillance algorithmique ou le recours massif des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation. À 8h30, l’historienne Audrey Millet, pour son enquête colossale, Bernard Arnault, son univers impitoyable qui paraît ces jours-ci à l’attribut, c’est un nouvel éditeur, un livre qui décrypte l’histoire du français le plus riche du monde, élevé au rang de chef d'état, enfant du mondial, il est le profiteur en chef du capitalisme globalisé d’aujourd’hui, objet de menace à peine voilé, le livre qui est à peine sorti et bien va faire l’objet d’une belle conversation, d’un belle causerie à 8h30 avec Audrey Millet son autrice dans France Déter c’est sa première convocation et c’est un honneur pour nous de la recevoir. Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse Antifa, les convocations de la semaine, Radiopolice, la revue de presse de la Maison Poulaga. Comment allez-vous les uns les autres ? Bonjour Euryale, toujours là. Bonjour Optimistik. Bonjour Ramonazarate. Bonjour Volchamp. Bonjour Valérie qui est sur YouTube. Bonjour Erastoled sur Twitch. Et tout le monde est sûr auposte.media. N’oubliez pas, c’est notre site, c’est là qu’il faut aller inscrivez-vous sur le site, le mieux encore abonnez-vous. Aidez-nous à passer l'été, abonnez-vous, faites des dons. Ou abonnez- vous, on en a besoin. Alors, on va faire la petite main courante comme tous les lundis matin. Notre petite main courante. Oh la vache, qu’est-ce qu’elle fait chaud, bordel de merde. Je ne sais pas comment je vais tenir. Le Monde, c’est notre petite revue de presse, Le Monde, donc bon la fête de la musique, très bien. Toute la France a fait de la musique malgré la canicule et j’ai vu ceci surtout, c’est la mauvaise nouvelle de la nuit. En Colombie, Abelardo de la Espriella, candidat de l’ultra-Droite, soutenu par Donald Trump, élu président. Ce novice en politique de 47 ans a battu lors du second tour, c'était hier le candidat de gauche, Iván Cepeda. Alors c’est 49-48. Donc Iván Cepeda attend la proclamation officielle dans 2-3 jours pour reconnaître sa défaite. Il dit qu’il y a eu ici ou là des malversations. Enfin bon, c’est l’extrême droite qui est au pouvoir en Colombie, et l’avocat et homme d’affaires qui est donc le nouveau président prône une ligne dure face aux crimes organisés dans un pays marqué par une résurgence de la violence des groupes armés. Et le Monde nous rappelle la Colombie connaît une flambée de violence inédite depuis dix ans et la signature en 2016 de l’accord de paix avec la guérilla des FARC, avec des dirigeants communautaires menacés voire tués, des attentats à la bombe contre des civils, un prétendant à la présidence assassinée. Mais j’avais vu aussi ce matin, en essayant de préparer cette petite revue de presse, les trois pays qui sont passés de la gauche. Voilà, c’est ici. De la gauche à la droite, la Colombie devient le dernier pays latino-américain en date à passer à droite après l’Argentine, le Chili ou l'Équateur. Sonnerre nous dit dans le tchat, bonjour saveur café, saveur énervée, saveurs caniculaires. L’Humanité, évidemment, nous parle de Marc Bloch, le résistant qui a bousculé l'écriture de l’histoire entre au Panthéon et demain. Vous trouverez des articles un petit peu partout dans la presse, notamment dans Mediapart, on verra ça dans quelques instants. L’humanité revient donc à la une. L’immense historien a bouleversé notre façon d’enquêter sur l’Histoire pour mieux l'écrire et la comprendre, tout en affrontant son siècle, soldat détranché, intellectuel spolié par Vichy, parce que juif, résistant, torturé et assassiné par la Gestapo, il entre demain avec sa femme Simone Vidal dans le temple de la République, c’est-à-dire dans l’humanité. Mediapart, alors je vais revenir sur Cazeneuve, mais c'était pour vous montrer l’article. Qui est ici l'étrange destin de l’Étrange Défaite. L'Étrange Destin, vous savez, le fameux livre de Marc Bloch, qui doit entrer donc au portail au demain, est étonnamment convoqué aux deux bords de l'échiquier politique. Son livre, publié en 1946, rencontre un succès contemporain qui, selon Mediapart, en dit autant sur notre époque que sur la recherche, sur la richesse, pardon, du texte lui-même. Oui, merci du rappel, merci Rolland, que je salue bien la famille Bloch refuse la présence du Front national et du Rassemblement national. Il y a des gens qui ont de la mémoire et ça fait toujours plaisir. Est-ce que tout va bien, le son, l’image ? Parce que là, il y a de la buée sur mes lunettes, qu’est-ce qu’il fait chaud. Libération, qui a une jolie une. Alors, je vais essayer de vous la trouver à travers une une sur la canicule. Avec cette idée qu’il faut politiser la canicule. Voilà, c’est ici. Christophe Cassou, dans Libération climatologue, il faut politiser les canicules et dénoncer les défaillances des responsables. Fustigeant l’apathie ou le déni du gouvernement, le chercheur Christophe Cassou invite l’exécutif à prendre la mesure de la durée très inquiétante de la vague de chaleur actuelle car les épisodes précoces font plus de dégâts. Oui, je vous rappelle que nous sommes officiellement, nous allons basculer dans l'été officiellement cette nuit. Tu m'étonnes ? Voilà, et alors la une de Libération, est-ce qu’elle est en dessous ? Je crois que oui. Je voudrais vous la montrer. Ah non, elle n’y est pas. Mince, l'édition du jour peut-être.Voilà, il faut politiser la canicule, c’est la Une de Libération du 22 juin. France Info alors canicule, déjà 27 degrés relevés à Bordeaux, 28 à Biarritz, 49 départements placés en vigilance rouge lundi après-midi le thermomètre pourrait afficher 43 à Bordeaux, 41 à Limoges, 40 à Tours et Toulouse, 39 à Bourges et à Paris. Coupe du monde, je vais essayer de donner la meilleure image de mon pays, s’engage, Kylian Mbappé, à la veille de France, Irak, c’est ce soir trop tard, d’autant que nous, demain à 9h, on a un autre live,c’est donc la une de France Info, Politis, la musique, un terrain décolonial, les fausses notes racistes de l’industrie musicale. C'était un article, une analyse publiée samedi, je crois, de Politis. Ici, les artistes issus des minorités dominent les tops titres français. Les réflexes post-coloniaux continuent de façonner les légitimités, les imaginaires et finalement, un grand nombre de carrières s'étirent sous la plume de Lola Dubois-Karm. On reviendra tout à l’heure sur Politis dans Radio Police, car Politis s’est vu dans un premier temps refuser l’entrée du salon militaire Satory et finalement ils ont pu y aller et figurez-vous qu’un des reproches, un des griefs qui a été fait au journaliste de Politis pour être refusé par les services de Laurent Nunez, je vous le donne en mille : c'était d’avoir participé au poste. Vous pensez bien que je lui rendrai hommage tout à l’heure. C’est la une donc de Politis ; Reporterre, ventilateur de plafond thermique, cinq solutions simples et efficaces contre la chaleur. Village englouti, faut-il reconstruire malgré le risque climatique ? Quand on a démarré au poste il y a 5 ans, un titre comme ça, je ne sais pas si ça existait. C’est quand même pur, dans quoi qu’on est les amis, dans quoi qu' on est. Bonjour à tous Bon Pote Ah bah voilà vous en avez marre des canicules, marre de la chaleur et du mauvais traitement de sujet dans les médias climatisation et canicule comment sortir des canicules c’est le magazine Bon pote, Contre-attaque alors, Trump à Versailles. Un dîner sobre à 700 000 euros, pose le journal. Le repas entre Trump et Macron à Versailles a coûté entre 350 000 et 700 000. C’est, ça dépasse, fromage et dessert ou dessert. 350 000, 700 000 d’argent public pour une trentaine d’invités. Tout de même, tout de même quand même, voilà. La tête de Trump là encore là. Les deux, ils ont une tête extraordinaire comme sur cette photo. Soit 23 333 euros par convive, parmi lesquels quelques nécessiteux milliardaires proches du président. Eh oui, donc un nécessiteux, c’est moi qui l’ai rajouté. Attention, attention, les gens qui écoutent France Déter en audio, attention. Il y a des guillemets qui se trimballent. Alors ? Coluche, c’est l’histoire d’un mec récupéré par CNews. Voilà que Arrêt sur image, nous parle donc de cet héritage là encore attaqué plagiat, France Culture, retire Étienne Klein de son antenne. Le journal Les Jours, dont on parlera tout à l’heure dans Ici Londres, la revue de presse de l’extrême droite, fait sa une sur sa série du temple solaire. Les derniers feux du temple solaire, les protagonistes du dossier, les familles des victimes, la secte, son espoir. 30 ans après le massacre du Vercors, que sont-ils devenus ? C’est la une de Les Jours. Orient 21, nos copains d’Orient 21. Alors, en fait, là, comme vous le voyez, tout le monde fait un appel aux dons. Nous, on le fait un peu tout le temps, parce qu’en fait, c’est très simple. Tous les médias indépendants ont peur d’un été, d' un été, ben voilà, on est des petites équipes, on se repose, on recharge les batteries, donc on va moins produire cet été. Et donc, il y a un risque, effectivement, qu’il y ait moins de dons, moins d’abonnements. C’est pour ça que les copains font tous campagne au mois de juin avant l'été. Nous, cet été, on ne fera pas de live en studio, mais par contre, il y aura quelques petits lives surprises, sauvages ici ou là, pour maintenir quand même un petit peu le cap. Par contre, à la rentrée, je peux vous dire que, je vous en parlerai tout à l’heure peut-être ça va valser, quoi. Voilà. Au Liban, les réfugiés palestiniens accueillent les déplacés. C’est un reportage de Céline Mouchard. C’est la Une de Orient 21. Frustration, qui est vraiment Mathieu Pigasse ? Banquier d’affaires, magnat des médias et multimillionnaire, entre guillemets, de gauche. A mesure que l’emprise de Vincent Bolloré est sur les médias écrit frustration, c’est Nicolas Framont à mesure que l’emprise de Vincent Bolloré sur les médias, l'édition et même les manuels scolaires émises à jour par de nombreux militants intellectuels, Mathieu Pigasse, banquier d’affaires multimillionnaire, apparaît comme son antithèse, voire son antidote. Pour celles et ceux qui ne sont pas familiers du personnage, Pigasse est propriétaire d’une holding médiatique du nom de Combat Média qui possède Radio Nova, le Festival Rock en scène, des participations dans le Huffington Post, Télérama, le Nouvel Obs, ainsi que des dizaines de sociétés de production. Particulièrement influente à France Télé. En raison de ses sorties contre l’extrême droite du succès de l’excellente émission de gauche décomplexée la dernière sur Radio Nova, Pigasse apparaît comme un grand bourgeois fréquentable qui pourrait nous sauver la mise face à la fascisation du pays. La presse insiste sur son amour du punk. Il serait fan des Clash, nous apprend le monde. Alors ça, ça m'énerve, ça, ça m' énerve, mais si vous saviez, cela fait 10 ans que ça mérite. Ce truc là, mais enfin bon, c’est pas grave, passons. Des jeans t-shirts, bref de son côté atypique, alors qu’il s’agit d’un énarque au fonctionnaire devenu banquier d’affaires. Comme, comme, comme Macron. Il nourrit désormais des ambitions présidentielles et rencontre des leaders de la gauche non-mélenchonistes prête à concurrencer la France Insoumise, il a annoncé la semaine dernière vouloir incarner une gauche radicale de gouvernement. Son ascension politico-médiatique, bien décrite par nos confrères d’Acrimed, n’empêchent pas que les yeux effrayés rivés sur Bolloré, toute une partie de la gauche militante ignore la menace que représente Mathieu Pigasse et semble ignorer les parcours et les dégâts commis par l’un des piliers du capitalisme français à lire dans Frustration que nous saluerons. Alternatives économiques page étrange, Basta des bergers sans terre viennent à la rescousse du pastoralisme en Dordogne, élection en Colombie, tournant à droite, politique, spectacle et polarisation. On a toujours été là avec les pride rurales, les fiertés LGBT s’assument à la campagne. Et enfin, un reportage sur Fathia, la mère d’Adam, un jeune tué à 22 ans, lors d’une intervention policière à 20 ans, pardon en 2022, c’est-à-dire dans Basta et son portail des médias indépendants. Bonjour, bonjour, Dadadocdada, bonjour, bonjour. Enfin, enfin, le magnifique site Radical Graffiti que nous aimons vous montrer chaque lundi. Vous savez, c’est ce compte Bluesky qui répertorie les graffitis, les stickers, les autocollants, les murs, les murs qui parlent dans le monde. Fuck World Cup FIFA. Regardez-moi ça comme c’est beau. C’est une peinture murale vue à San Andrés, Cholula, au Mexique. Voilà. Merci infiniment ! A Radical Graffiti. Merci, merci beaucoup. Alors, nous sommes à l’antenne depuis cinq minutes. Bonjour à tous, bonjour à toutes. Je vous rappelle que nous allons avoir deux invités. Noémie Levain, dans sept minutes normalement de la Quadrature du net, qui vient nous parler de la loi Ripost, loi absolument épouvantable qui va être débattue aujourd’hui même à l’Assemblée nationale. Et à 8h30, une femme extrêmement courageuse, Audrey Millet, qui signe la première biographie de Bernard Arnault publiée depuis 23 ans, il n’y en avait pas eu, avant le livre… Alors donc, son éditrice a vu son appartement cambriolé, le livre est introuvable dans les relay H parce que c’est Bolloré qui fait un cadeau à son copain Bernard Arnault pour faire en sorte que le bouquin ne sorte pas. La plupart des médias ne parlent pas du livre car LVMH, propriété de Bernard Arnault et l’un des plus gros annonceurs sur la place des médias. Donc, Audrey Millet a toute sa place au poste, évidemment, elle sera là à 8h30. A-t-on vraiment besoin de faire ça ? A-t-on besoin de vraiment faire la météo ? Qu’est-ce qu’ils nous disent ? Vigilance rouge ? Phénomène dangereux d’intensité exceptionnelle ! Dans l’Allier, dans l’Aube, la Charente-Maritime, le Cher, la Corrèze, la Côte d’Or, les Côtes d’Armor, la Creuse, les Deux-Sèvres, la Dordogne, l’Essonne, l’Eure-et-Loire, le Finistère, le Gers, la Gironde, la Haute-Garonne, la Haut-Vienne, les Hautes-Pyrénées, les Hauts-de-Seine, l’Ile-et-Vilaine, l’Indre, l’Indre-et Loire le Loir-et Cher, Loire Atlantique, la Loire Atlantique pardon,, le Lot, le Lot-et Garonne, la Mayenne, le Morbihan la Nièvre, l’Orne, Paris, Paris Département 75, le Puy-de-Dôme, les Pyrénées Atlantiques, Saône et-Loire, Sarthe, Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis,, Tarn et Garonne, Val d’Oise, Val de Marne, Vendée, Vienne, Lyon, les Yvelines, accédez au site de Météo France, si vous avez eu le temps de lire tout ça, Et vous êtes encore d’attaque. Et voilà, hop hop, et voilà. Bon, bah voilà la carte. Prévision, je vous mets ça cet après-midi pour rigoler. Voilà, super. Voilà la carte ! Voilà la carte. Alors que je vois que notre invité Noémie est déjà là. C’est le grand professionnalisme de la quadrature du net. Noémie, je vais te mettre à l'écran dans deux minutes. Si tu vas bien, j’espère que tu m’entends. Je suis pas sûr qu’elle m’entende, là. Étrange non, on ne t’entend pas. Bonjour Théophile, mon cher Théophile donc qui est en régie, est en train de voir avec Noémie pour caler ça pour l’instant, il y a un souci, mais Théophile est sur le coup. Qu’est ce qu’il fait ? Oh la vache ! 3 4 !
00:25:38Audio
Je suis désolée, est-ce qu’on pourra couper cette partie ? J’ai vraiment pas compris cette question. Alors on peut pas couper parce que c’est pas possible.
00:25:54David Dufresne
Théophile, je lis le tchat de Ninja, tu me dis « Ah c’est bon, génial ! » Les amis, si vous saviez, c'était extraordinaire. Il y a donc Théophile qui est en régie, il utilise un petit tchat, il discute avec les invités, il cale tout. Et donc j’ai presque la nostalgie des bugs techniques donc je vous fais part de tous les trucs mais là ça y est, ils ont réglé avec Noémie a priori, ils ont réglé la question du micro, c’est fantastique, ça m’a l’air bon, nous dit-il, c’est impeccable. Alors attends, 3, 4, est-ce que Noémie, ouais là elle va être là, impeccable bon ben je pense que ça va être bon, attention. Convocation numéro 1, il est 7h29, Noémie Levain, juriste à la Quadrature du net et qui m’a l’air en pleine forme, qui va venir nous parler d’une loi épouvantable appelée la loi Ripost.
00:27:02Audio
T’es en train de me parler ? T’es en train de me parler à moi ? Mais qui est-ce que tu parles ? Tu parles de moi ? Je suis le seul ici. Qui te dis-tu que tu parles ?
00:27:26David Dufresne
Bonjour, Noémie.Ah, c’est parfait. Ça marche du tonnerre de Dieu. Merci beaucoup. Merci à toi de, comme toujours, d’accepter au débotté nos rendez-vous qui sont pris le samedi ou le dimanche pour le lundi matin. Tu es la seule de la Quadrature du net à être capable de te lever si tôt pour parler, on est d’accord ?
00:27:50Noémie Levain
Pour l’instant, oui, mais c’est vrai que c'était le premier et la première chose à laquelle j’ai pensé, c'était mon sommeil, mais je suis ravie d'être là.
00:27:56David Dufresne
Bon, on va prendre le café avec toi, donc juriste de la quadrature du net, bien connu de nos services, car aujourd’hui, je le disais à l’Assemblée nationale, Laurent Nunez, le boucher des gilets jaunes, vient défendre sa loi à lui, la loi dite Ripost, qui cible des comportements jugés entre guillemets, Je reprends les termes déviants, free party, rodéo urbain et constitue, selon vous et pas que selon vous, enfin vous êtes en pointe pour la contrer, constitue un accélérateur de surveillance avec l’extension de l’utilisation de la vidéosurveillance algorithmique et le recours massif des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation, les LAPI. Est-ce que cette présentation te convient à peu près ?
00:28:45Noémie Levain
Oui, bah c’est à peu près celle qu’on a faite via notre angle de la surveillance, parce qu’il y a peut-être d’autres personnes qui ont entendu parler de cette loi sur la question des free partys, notamment de la criminalisation des organisateurs, des personnes qui vont sur la questions des mortiers, du protoxyde d’azote. Et voilà, ce qu’ont dit, on a l’impression que Nunez, il veut montrer qu’eux, ils rétablissent l’ordre et que tout ça, c' est fini, c' est fini le cadre. Donc ce sont beaucoup ces aspects-là qui sont mis en avant dans les médias. Mais en fait, dans cette loi, il y a beaucoup d’autres choses qui renforcent les capacités de la police, notamment de surveillance, mais pas qu’il y a aussi des nouveaux pouvoirs de fouilles aux frontières, par exemple, voilà, d’autre sujet. Et nous, on s’intéresse à la question de la vie de science et de rythmique depuis des années. Mais là, on a fait un article sur un dispositif dont on a moins parlé, voire pas du tout, qui sont les lecteurs de plaques d’immatriculation. Donc, je ne sais pas s’il n’y a personne ici qui connaisse, mais en fait, c’est une infrastructure assez tentaculaire pour lire les plaques d’immatriculation un peu partout.
00:29:47David Dufresne
Alors on va y venir, te souviens-tu de ce que signifie l’acronyme Ripost sans e pour faire plus anglais ?
00:29:56Noémie Levain
Alors je suis prise de court, c’est réponse immédiate aux problèmes d’ordre et de sécurité, je vais le noter.
00:30:05David Dufresne
Réponse immédiate contre les phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité. Donc comme tu le disais effectivement, il y a les free parties. Si cette loi devait être adoptée jusqu'à deux ans de prison pour les organisateurs, pour les participants jusqu'à six mois de prison. La surveillance algorithmique, dont on a souvent parlé ensemble ici, qui donc était expérimentale pendant les Jeux olympiques, serait prolongée jusqu’en 2030, voilà, c’est ça et donc, il y a cette fameuse disposition LAPI pour lecteur automatique de plaque d’immatriculation. Qui sont des boîtiers contenant des lecteurs optiques et un système informatique dont le but est de reconnaître et de lire les plaques d’immatriculation à la volée. Alors que va faire cette loi par rapport à ça et en quoi ça constitue une catastrophe pour les libertés ?
00:31:10Noémie Levain
Alors, en fait, cette loi, elle vient imposer un jalon qui a été posé, qui accélère, mais il y a eu déjà une grosse accélération il y à deux ans. Donc je prends juste deux minutes pour un petit historique, du coup, tu l’as bien dit, les lapis, peut-être que vous voyez ces espèces de boîtiers noirs avec des petits lecteurs. Souvent il y en a plusieurs. Quand vous voyez notamment, ce qu’on voit le plus, c’est quand il y a des voitures qui viennent facturer le stationnement payant et qu’on planque partout. Sur le toit et c’est un peu dystopique et elles avancent comme ça dans la rue pour en fait scanner toutes les plaques, donc c'était ce type de lecteur. Il y en a depuis pas mal d’années. Comme j’ai dit, pour facturer le stationnement, mais ça c’est pas celles qui nous intéressent, il y en à qui sont mis en place par l’État sur des routes, on sait pas vraiment où, et c’est pas des radars pour flasher la vitesse, c’est pas pour facturer un péage, etc. C’est vraiment pour juste récupérer les plaques d’immatriculation qui passent. Et voir notamment si elle bipe avec un fichier, si c’est une personne qu’on recherche, ou une voiture volée par exemple. Et en fait, ce mécanisme-là, il est apparu dans les années 2000, et comme tous les dispositifs de surveillance, ça commence sur un petit périmètre, donc là c'était le terrorisme, et je crois que la criminalité a été organisée, et puis en fait il y a plus d’infractions pour les faire chercher, et il y a de plus en plus de dispositifs donc, ça, c'était après les années à venir 2010. Il y a deux ans, il y a eu notamment une réforme pour que toutes les données soient scannées, parce que quand même, ces données sont gardées 15 jours. Donc, on parle de millions de plaques d’immatriculation quand même qui sont récupérées et depuis deux ans qui sont centralisées au même endroit. Donc, on a fait des petits calculs, mais en gros, il y a 60 millions de plaques d’immatriculations, si je ne dis plus de 10, parce qu’il y a 700 capteurs qui sont au même endroit, donc qui permettent à la police de faire une petite recherche à partir d’une plaque ou à partir de l’endroit de dire « donne-moi toutes les plaques qui sont passées » Donc pour nous, ce n’est pas parce que ce sont des voitures que ce n’est pas intrusif sachant qu’une plaque d’immatriculation, c’est une donnée personnelle, elle nous identifie indirectement et donc ce n’est pas parce ce sont de voitures qu’elles sont moins intrusives, c’est notre liberté d’aller et de venir, de déplacement Et donc c’est un dispositif qui permet à la police de savoir qui est allé. Grosso modo. Ok, il n’y a pas un lapis à la sortie de tout le monde, mais en général ils sont placés, de ce qu’on comprend, à des endroits stratégiques, des gros axes routiers à l’entrée de certaines villes, etc. Et il y a deux ans en fait cette centralisation, nous c’est quelque chose qu' on dénonce à chaque fois pour toute technique de surveillance, centraliser ces données, encore plus de pouvoir, parce que c'était faciliter l’accès de l’information. Et c’est aussi faire des civilités, les abus ou les risques d’arbitraire de « ah on regarde » alors qu’on n’a pas trop le droit de regarder. Et donc voilà, dans l’article on fait un peu un récap' de tout ça vu qu' on n’en a jamais trop pris le temps de le faire. Et là, la loi Ripost, qu’est-ce qu’elle fait ? Elle vient un peu péter les délais, on va dire de combien de temps on peut garder les plaques.
00:34:17David Dufresne
Mesdames et messieurs, pendant que vous vous rafraîchissez, sachez que donc le, le, on dit le ou la lapi ? Le lapis qui vous guette. Un lecteur, le petit lapis qui vous guette. Jusqu’ici, on pouvait conserver votre trace. Vous allez y venir 15 jours. Si la loi passe, ce sera ? Un an ?
00:34:39Noémie Levain
Et ça c’est merci nos camarades belges et britanniques parce que pour justifier ça ils ont dit ah non non mais nos voisins ils font ça super longtemps nous on est trop à la ramasse, il faut faire pareil. Et ce qui est un peu vrai, il y a beaucoup plus de lapis en un mot.
00:34:55David Dufresne
Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’accès aux données de déplacement grâce à cette loi va se faire sans juge, sans procureur, sans PV. C’est-à-dire, Oui vas-y.
00:35:10Noémie Levain
Non, c’est juste pour dire, ça, c’est une des nouveautés, c’est qu’avant, je disais que c'était quand même pour des procédures judiciaires, il fallait qu’il y ait un match avec un fichier pour pouvoir aller sur la base. Là, il y a un mois de notre décision de loi. Pendant un mois, pas besoin qu’ils y aient de procédures, pas besoin que il y ait de matchs avec un fichier, juste on peut regarder au fin de prévention du terrorisme, mais même au fin prévention des infractions, de ce qu’on comprend, donc il y à un mois open bar pour la police.
00:35:37David Dufresne
Alors nous avons dans le tchat Valérie qui nous dit c’est génial pour l’IA ces millions de plaques avec la géolocalisation horodatée. Justement vous avez un petit point sur l’IA mais effectivement, là, l’intelligence artificielle est tout à fait capable d’aider la surveillance, de brasser ces fichiers, de faire ressortir beaucoup plus vite. Parce qu’on avait coutume de dire jusqu’ici, plus il y a de données, plus on en compte. Mais non, maintenant, ça sort différemment. Mais justement, sur l’analyse algorithmique, c’est prévu dans la loi.
00:36:15Noémie Levain
Ça c’est un petit cadeau, pardon vas-y.
00:36:18David Dufresne
D’accord, je t’en prie, c’est toi qu’on écoute.
00:36:22Noémie Levain
C’est une super bonne question, et juste avant de répondre sur ça, c’est vrai que cette technologie, en fait, elle, du coup, quand on se fait flasher par un lapis, pas un lapis, en fait la plaque devient directement une donnée hyper facilement exploitable dans une base de données, c’est une heure, une date, une plaque d’illustration, c’est des chiffres et des lettres, ce n’est pas, on n’a pas à re-transformer, et du coup c'était effectivement facilement passable à la moulinette d’un algorithme, et donc ça, ça n'était pas prévu dans le initiales ou qui vient du gouvernement. Mais il est déjà passé au Sénat et le Sénat a toujours de bonnes idées. Mais là, je pense que ça a été soufflé par quelqu’un parce qu’il y a à la fois les rapporteurs, donc ceux qui portent le texte au Parlement, enfin en tout cas au Sénat, et par des sénateurs, d’ajouter une nouvelle capacité, c’est aussi pour le renseignement, de pouvoir faire des tests algorithmiques sur les données pour trouver des mouvements suspects de voitures. C’est pas clair. Ils essaient de dire des go fast je ne sais pas, mais en tout cas, une nouvelle technique algorithmique. En plus, le décret d’application qui précisera ça pour l’instant n’est prévu pour ne pas être publié, ça arrive pour des techniques secrètes. Donc, on ne saura pas comment ça fonctionne, on ne saura pas les paramètres de cet algorithme, etc. Et donc, quand je dis, on pense que c’est essoufflé par quelqu’un, c’est qu’il y a des amendements identiques comme ça, c' est que ça vient peut-être des services eux-mêmes qui veulent avoir cet outil. Voilà, donc ça c’est quelque chose en plus qui a été rajouté après, donc ça veut dire pas la vie de la CNIL dessus, pas l’avis du conseil d'état. Même si ce ne sont pas toujours nos meilleurs amis, au moins ils se penchent, au moins on a quelque chose pour dire ah ben regarde on a trouvé ça dangereux. Donc ça c’est la petite joyeuseté rajoutée par le sénat.
00:38:05David Dufresne
Très bon jeu de mots de Hulki Lumi dans le tchat, le lapis dans les phares d’une bagnole. Alors justement, à propos des nouvelles infractions dont l’accès au Lapi va être autorisé pour poursuivre les infractions, il y a quelque chose qui m’a vraiment heurté, c’est l’aide aux migrants. C’est-à-dire que… Vas-y, vas-y pardon. Non non c’est toi, c'était toi.
00:38:41Noémie Levain
Non vas y.
00:38:42David Dufresne
En gros, l’idée, c’est de dire que quelqu’un qui est soupçonné d’aider des migrants à aller d’un point à un autre, maintenant aujourd’hui va pouvoir se voir surveiller par les lapis et ça va pouvoir être une façon de le poursuivre. Donc ça veut dire que les années sont venues de toute personne jugée déviante. Peuvent tout à fait, alors qu’il n’y a pas d’infraction, je redis bien ça, c’est de la surveillance.
00:39:17Noémie Levain
En fait, ce sur quoi il s’appuie, en tout cas sur les textes, c’est qu’il y a un délit qui existe, je dis pas du tout qu’ils sont constitués à chaque fois, mais qui s’appelle l’aide à l’entrée, au séjour et les règles.
00:39:28David Dufresne
Oui, c’est ça, ouais.
00:39:30Noémie Levain
Et du coup c’est ça qu’ils ont rajouté, et donc nous évidemment on pense tout de suite aux personnes qui sont à la frontière, à Calais, à Briançon, etc, qui font moins de l’aide matérielle, etc. Et ce délit peut être utilisé contre elle et eux, mais d’ailleurs, même parfois sans délit, pour celles et ceux qui connaissent la situation à la frontière, il y a déjà du harcèlement et de la surveillance policière contre ces militants et militantes. Mais c’est vrai que ce délire là on le voit se rajouter petit à petit de plusieurs listes de techniques de surveillance. Je pense aussi, il y a aussi des joyeusetés dans la loi SÛRE, celle qu’on a pas mal parlé pour la question du plaidé coupable. Il y a notamment une question de fichage ADN. On a vu qu’il ajoutait aussi des aides aux séjours irréguliers et nous, on pense directement aux camarades qui sont à la frontière.
00:40:25David Dufresne
La CNIL a quand même émis des alertes, mais elle n’a rien pu bloquer. La gendarmerie, elle, parle de game changer, c’est leur mot. Voilà, cette loi, si elle passe, va changer la donne. Qu’est-ce qu’on peut dire de tout ça ?
00:40:49Noémie Levain
Bah, du coup, le game change c'était beaucoup pour la centralisation, mais là, ça marche quand même. J’ai vu un article de la gendarmerie il y a deux jours qui est super content de cette loi et qui dit, et c’est ça, je trouve que nous, on voit à chaque fois qu’il y a une loi sécuritaire, c' est que pour justifier cette technique de surveillance, c' n’est pas… Nous, on est contre politiquement, mais il n' y a même pas d’efforts de dire oui, il y à tel besoin, c est proportionné nécessaire, etc. Non, ce n' est pas une demande du terrain. Et vraiment, c’est ce qu’on entend tout le temps, quand on demande un peu en général, on voit dans les débats, les rapporteurs, le gouvernement qui doit un peu se justifier. C’est une demande du terrain. Et politiquement, ça ne suffit pas. Juridiquement, encore moins. Il faut démontrer, voilà, ce que je disais, des objectifs, une proportionnalité, etc. Donc nous, on voit vraiment de plus en plus que c' est la police et la gendarmerie qui, littéralement, désolée pour ce mauvais jeu de mots, font leur loi, font la loi.
00:41:48David Dufresne
On valide, on valide. Il est 7h44, on va valider. Tout jeu de mots est autorisé à 7h44.
00:42:00Noémie Levain
Et la CNIL, nous on a un rapport compliqué avec la cnil parce que d’un côté elle est censée faire le même taf que nous à savoir regarder le droit, les libertés, etc. Mais elle n’a quasiment pas de pouvoir et on dit qu’elle pourrait s’en arranger un peu plus, elle ne le fait pas. Donc en gros pour ceux qui n’ont pas la joie de lire les avis de la CNIL au quotidien, là elle est dans ce genre de projet. On va lui demander son avis. Donc là, pour les lapis, elle dit, bah effectivement, ça commence à faire beaucoup, beaucoup de données. Effectivement, c’est on s'éloigne de l’objectif initial qui était juste le terrorisme, la clé n'était organisée quand même, il faut, mais voilà, c’est avec des mots à la CNIL, elle dit des trucs de style. Il faut une certaine vigilance dans la mise en œuvre. Et nous, on aimerait qu’elle tape du poing un peu plus fort sur la table.
00:42:45David Dufresne
Le Conseil d'État a lui-même signalé cette trajectoire d’extension progressive. Vous vous parlez de techniques législatives qui reviendraient à, je vous cite, à une normalisation par étapes et le tchat se demande si on est loin de l'état policier.
00:43:12Noémie Levain
Je sais pas si je pourrais sortir une réponse comme ça, en tout cas aujourd’hui matériellement et légalement, il y a vraiment énormément de pouvoirs de police et surtout très peu de contre pouvoir pour les contrôler. Donc c’est quand même à partir de là que naît l’arbitraire et que naît en tout cas le laissez-faire et la toute puissance et du coup, c’est, imaginez, on est un policier, donc la police qui fait un peu tout ce qu’elle veut. Avec ses techniques, il y a des petits garde-fous juridiques et techniques mais pour nous qui sont clairement insuffisants et qui quand même aujourd’hui laissent faire beaucoup de choses. La dernière fois que je suis venue ici, on parlait de reconnaissance faciale et la police faisait des choses illégales et tout le monde s’en foutait. Donc voilà, il y a quand même une base très forte pour ça et quand même des lois. L’inflation législative, c’est absurde. Nous on est débordé. Il y a des lois tous les quatre mois. Donc on est vraiment sûr aussi qu’il y a une dynamique qui a vraiment… J’allais dire un truc de maths, mais je ne sais pas du tout quel est le bon moment où il y a eu une dynamique qui est passée.
00:44:17David Dufresne
Exponentielle.
00:44:20Noémie Levain
Exponentielle, oui, voilà, je sais. Non mais voilà. Moi, la question de l'état policier, c’est à quel point la police peut être limitée. Et aujourd’hui, force est de constater que ces limites ne fonctionnent pas. Et au contraire, si la police veut quelque chose, il y a clairement des voix, des personnes qui portent leur voix au Parlement. Et on voit les ministres de l’intérieur, leur but c’est de plaire le plus possible aux syndicats policiers.
00:44:50David Dufresne
As-tu lu la tribune de la CGT Police, CGT intérieure, qui a été publiée dans l’Humanité ?
00:45:02Noémie Levain
Non, qu’est-ce que tu dis ?
00:45:03David Dufresne
Eh bien, Projet de loi Ripost l'érosion silencieuse de l'état de droit. C’est une tribune qui a été publiée au mois de mai dans l’humanité. Et j’aimerais, comme ça, ça va te permettre de boire un petit coup tranquillement, de lire un tout petit passage. Donc, c’est la CGT Police, CGT Intérieur, qui terminait sa tribune d’alerte par ces mots. Jaurès, rappelez dans le sillage de Kant que : Ouvrez les guillemets, les institutions, si brutales soient-elles, n’auraient pu durer sans un certain consentement de ceux qu’elles oppriment. Encore faut-il mesurer combien ce consentement peut être obtenu, écrivait CGT intérieur, aujourd’hui par des transformations insensibles. Dans une démocratie, le danger le plus profond n’est pas seulement ce qui nous est imposé, mais ce à quoi nous finissons par consentir sans en avoir conscience. Au risque de fragiliser durablement les fondements mêmes de l'État de droit. Donc vous pouvez prendre votre carte chez eux.
00:46:10Noémie Levain
Pas sûr, pas sûr, mais intéressant. Après, je sais pas ce qu’il pèse, mais c’est intéressant de voir quand même que même eux se positionnent.
00:46:22David Dufresne
La CGT Police, c’est un des plus petits syndicats. Enfin, voilà, il n’est pas représentatif. C’est le plus ancien syndicat de police. Il a presque un siècle, je crois. Et il y en a deux. Il y a Sud-Intérieur et la CGT police qui sont des voix à l’intérieur. Jeu de mot de 7h49 à l’intérieur du ministère de l’Intérieur qui sont qui sont discordants. Mais là, je trouve qu’ils touchent à un point qui nous est important, la quadrature du net pour vous, au poste ici, c’est cette question du consentement. Et vous, aujourd’hui, comment faites-vous pour garder le moral et vous mobiliser malgré cet empilement, cette accélération perpétuelle, exponentielle de lois et d’atteintes à nos libertés ?
00:47:13Noémie Levain
Et bien, c’est pas évident, on va pas se mentir. En tout cas, du coup, on garde le moral entre nous. Je pense que de rigoler, etc., ça reste très important. Mais je pense qu’effectivement, on se doute que cette loi a des chances de passer, voire de ne pas passer. Vu, c’est juste arithmétique, vu l'équilibre à l’Assemblée de droite et de l’extrême droite, l’Extrême-droite autant pour tous ces textes, ça passe. Je pense que ce qui nous fait tenir, c’est quand même de continuer de voir l’intérêt de plus en plus de monde sur ce sujet. Et peut-être aussi, du coup, de décaler un peu, parfois, nos alertes. On ne s'épuise plus à aller dire aux députés de ne pas voter cette loi quand on sait qu’elle va passer. Mais justement, faire un peu ce qu’on a fait avec cet article, de, bon, informons les gens. À la fin de l’article, peut-être qu’il faut en parler, on dit un peu comment se mobiliser aussi, d’essayer de cartographier ça, etc. Translate notre énergie un peu à côté pour la défense collective, pas tout seul par individuel, mais à plusieurs. Comment peut-on s’informer, s’outiller là-dessus ? Et ça, ça donne quand même pas mal d'énergie de faire ça à plusieurs, et pas dans son coin, je pense. Mais effectivement, le contexte politique et législatif a un an de présidentiel en plus et est assez déprimant, en fait.
00:48:39David Dufresne
Est-ce que vous êtes relayés par les candidats de gauche, les partis de gauche ? Est- ce que vous vous êtes écoutés, est-ce-que vous êtes consultés ?
00:48:48Noémie Levain
Un peu, alors là, ça allait assez vite, du coup, on leur a moins parlé, mais en général, quand même, il y a un bon travail de fond qui est fait de la part des parlementaires de gauche. Donc si là, avant le Sénat, on a parlé à une personne qui était contre le texte et qu’on fait ce type d’analyse, c’est quand même pour outiller aussi les collaborateurs, les débats, et ça, souvent, dès qu’il y a une survenance, on discute avec les parlementaire qui s’y opposent. Et donc là, on a regardé pour un petit moment calendrier, le texte arrive donc cet après-midi en commission des lois, donc c’est une sorte de petite chambre avant la grande chambre, et il y a des amendements de suppression de cet article de la part des écolos, des insoumis, je crois même des socialistes, je ne veux pas dire de bêtises, parce qu’au Sénat ils n’ont pas été fous les socialistes. Mais voilà, donc la gauche quand même se mobilise et documente, enfin, nous de commentaire les oppositions au Parlement.
00:49:48David Dufresne
Voilà, parce qu’au Sénat, ça a été voté, donc là, c’est la navette. Ça se retrouve à l’Assemblée, Commission des lois. Et puis le grand, grand débat, ce sera un petit peu plus tard. Mais début juillet, mais l’idée c'était d’en parler aujourd’hui pour que ça monte un peu quoi, qu’on n’attende pas que ce soit voté dans la dans la fraîcheur du mois de juillets pour en parler. L’idée, c’est d' en parler avant. Alors vous parlez aussi de vous, vous vous contestez devant les tribunaux, vous êtes vous êtes légaliste, vous en remettez à la loi, vous aimez la loi à défaut d’aimer l’ordre. Mais vous donnez des exemples ailleurs qui luttent contre la surveillance et qui ne luttent pas par les voies légales.
00:50:44Noémie Levain
Sur la question des lecteurs automatiques de plaques, en vrai, si ça en intéresse, c’est assez intéressant de voir ce qui s’est passé aux États-Unis, où il y a eu un gros mouvement de protestation contre ces technologies qui, à la base, ont opéré par une entreprise privée qui s’appelle Flock. Peut-être qu’il y en a qui en ont déjà entendu parler. Et effectivement, il y avait un mouvement de contestation de plein d’aspects, dont la destruction de ces machines, mais aussi le fait de les cartographier, le fait… J’essaie de me souvenir. Ah oui, de pas encombrer le contrat. En fait, c’est ça où c'était un peu différent, c’est une entreprise privée, les villes avaient le pouvoir de ne pas encombrer le contrat, et en même temps, en France, les villas ont le pouvoir de dire à l'État, non, je ne veux pas installer de lapis pour toi, parce que c'étaient des choses qu’ils veulent faire dans ma ville. Mais vous pouvez aller voir, on l’a mis dans l’article, mais il y a un projet qui s’appelle flock et l’autre qui s’appelle No l'équivalent de l’API, en anglais je n’ai plus l’acronyme d’acte, pardon, Automatic License Plate, je ne sais plus exactement, pardon. Et voilà, et aux États-Unis, ça a été un gros truc parce qu’en fait, il y a eu des exemples concrets d’utilisation de cette technologie pour retrouver des personnes par la milice ICE pour les personnes étrangères, par la police qui harcelait les personnes voyageuses qui, dans certains états où il n’y a pas, où il y a l''interdiction de l IVG, c'était parmi les multiples techniques pour retrouver les femmes qui avaient avorté. Voilà donc c’est une technique de surveillance, elle permet de retrouver les gens. Et vu que les Etats-Unis ont vu le fascisme qui est arrivé, ça nous donne des exemples concrets. Et j’ai même pas envie de dire d’abus, parce qu’en fait ces technologistes sont faites pour contrôler ça, ça que ça sert. Donc c' est juste que quand on est dans un régime un peu plus autoritaire, elles vont servir à des choses un peu plus autoritaires, mais elles sont faites. Donc il y a pas mal d’articles sur ce qui s’est passé aux Etats-Unis, si il y en a que ça intéresse.
00:52:38David Dufresne
Noémie, il est bientôt temps de se quitter car la matinale doit continuer. C’est un plaisir de converser avec toi et je sens qu’on se reverra dans l’année. J’ai une question rituelle qui est nouvelle. Moi, Noémie Levain, présidente ?
00:52:57Noémie Levain
Oh la non, déjà ça commence mal.
00:53:03David Dufresne
Qu’est-ce que tu aimerais voir adopter, qu’est ce que tu mettrais en place pour remettre la France à l’endroit, comme dirait M. Bruno Retailleau, qui a eu un peu de mal visiblement à faire son discours, si j’en crois Mediapart de ce week-end. Alors qu’est-ce-que tu voudrais mettre en place ? C’est pas forcément en rapport avec ce qu’on vient de dire ou si, comme tu veux.
00:53:27Noémie Levain
Si je peux appuyer sur un bouton et qu’il n’y a plus de fiches de police, on supprime tout, ça peut être un bon début.
00:53:36David Dufresne
Merci beaucoup à toi. Bonjour aux copains et aux copines de la quadrature du net. Heureusement que vous êtes là. Et puis, on se retrouve dès qu’il y a besoin, dès que nécessité fait loi, comme dirait l’autre. Merci, merci beaucoup. Bonne journée à toi, porte-toi bien et prends soin de toi.
00:53:56Noémie Levain
Merci à toi,
00:53:57David Dufresne
À bientôt. Merci beaucoup ! Alors là, qu’est-ce que je dois faire ? Je dois faire, ben justement, je dois faire radio police et mais peut-être que juste avant, je voudrais savoir si Dadadocdada est toujours dans le tchat. Merci. Oui, j’enlève mon casque comment on appelle ça ? C’est les conditions extrêmes. C’est des conditions extrêmes. Donc, je vous rappelle qu'à 8h30, nous serons avec Audrey Millet historienne qui vient de commettre une magnifique, si je puis dire, biographie de Bernard Arnault. Biographie non autorisée et passablement étouffée. Bon, j’ai l’impression que Dadadocdada n’est pas là, donc nous allons passer d’abord à Radiopolice et juste après je vous montrerai la bande-annonce de la semaine. Mais d’abord Radiopolice.
00:55:10Audio
Rassurez-vous, madame Bourdelle c’est français, c’est la police française.
00:55:17David Dufresne
Alors, Radiopolice, la revue de presse de la maison Poulaga, tac tac tac, voilà, le média rembobine, le média Rembobine revient sur le Me Too Police, un an après, toujours rien du ministère. Un an après, la publication de l’enquête Me Too Police, le Média Rembobine, fait le bilan avec ses autrices. Sarah Benichou et Leila Minano, que nous avions eu le bonheur de recevoir au poste, rappellent du chiffre implacable entre 2012 et 2025. 429 personnes ont été victimes de violences sexuelles commises par 215 policiers et gendarmes, tout grade confondu, dans plus d’une centaine de villes en France. Des viols, des agressions, du harcèlement commis sous uniforme avec les modes opératoires qui vont avec, simuler des perquisitions, récupérer les coordonnées des victimes lors des convocations, jouer du statut pour imposer le silence. Un an après l’enquête, le ministère de l’Intérieur n’a émis aucune réaction, aucune réaction officielle, aucune circulaire interne, aucune note consacrée au sujet. Et dans le Code de la sécurité intérieure, il n’existait même pas d’interdiction explicite d’entretenir des relations sexuelles avec des personnes placées sous autorité policière. Les autrices le formulent ainsi, ces violences s’inscrivent dans un schéma de domination de la part de ceux qui, parce qu’ils portent l’uniforme et bénéficient du soutien de leur hiérarchie, croient pouvoir disposer impunément du corps d’autrui. Des effets parlementaires et médiatiques, des victimes qui continuent à témoigner, mais structurellement rien n’a bougé, place Beauvau. Eurosatory le tribunal oblige Nunez à accréditer Politis, c'était à lire dans Mediapart sous la plume de Camille Polony et de Marie Turcan. La justice est donc intervenue, c'était le 17 juin, le tribunal administratif de Paris avait enjoint au ministère de l’Intérieur Laurent Nunez, d’autoriser l’accréditation du journaliste de Politis, un dénommé Maxime Servin, bien connu de nos services au salon de la défense Eurosatory. Refus d’accréditation, référé, engagé, et le tribunal a estimé avoir des doutes suffisants sur le bien fondé du blocage pour ordonner l’accès au salon. Et j’ai appris à cette occasion que le salon de l’armement se faisait sous la coupole du ministère de l’Intérieur, la Ligue des droits de l´Homme, le SNJ, le SNG, donc le syndicat nationaliste et journaliste, le SNJ-CGT était également reporter sur frontières, c'était mobilisé, Eurosatory, le plus grand salon de défense terrestre au monde, un ministre de l’Intérieur qui décide souverainement qui peut y enquêter, c’est un filtrage ministériel de la presse sur les industries de la mort, le tribunal l’a dit, il ne devrait pas avoir à le dire. Et figurez-vous, qu’est-ce qu’on apprend ? Mais qu’est-ce qu' on apprend, qu' est-ce que l’on apprend dans Mediapart ? Maxime dans une petite note de renseignement de trois pages, j’essaie de vous la retrouver. Voilà, elle est ici. Jointe au dossier. Alors une note de renseignement de 3 pages jointe au dossier cite différentes manifestations couvertes par le journaliste entre 2017 et 2020 comme celle du 1er mai 2018 ou encore sa participation aux médias aux postes lors de laquelle il critiquait la surveillance par drone et la reconnaissance faciale. Voilà, cher Maxime, je n’ai pas réussi à te joindre, je voulais t’inviter ce matin, mais de tout cœur, alors j’attends de lire avec impatience ton reportage puisque tu as pu finalement aller à la… Au salon quoi. Et voilà, c’est quand même du délire. C’est comme même du délire. Il ne faut vraiment pas que les fachos arrivent au pouvoir. Déjà là, vous avez vu ? C’est dingue. Un autre truc dingo, mais là dans un autre genre. La France fait fermer des stations de police clandestines chinoises sur son territoire. C’est un article de Jacques Folloroux du Monde. La France a contraint des structures chinoises à cesser leurs activités sur son territoire, des stations des polices clandestines, connues sous le nom de 100 Overseas. Qui servent à surveiller, à intimider et parfois à rapatrier de force des dissidents, des ouïghours ou des ressortissants que Pékin veut contrôler à l'étranger. Le Monde rapporte la fermeture après signalement. Mais ce qui est assez étrange dans cette affaire, outre le côté tripot clandestin qui est quand même assez dingue, c’est que la France a mis beaucoup de temps à démanteler ces faux commissariats de police, vrais faux commissariats de polices chinoises sur le territoire français, alors que par exemple les Pays-Bas nous apprend le monde où l’Irlande avait agi beaucoup plus tôt, c’est-à-lire dans le Monde, c'était Radiopolice.
01:01:19Audio
Rassurez-vous, Madame Bourdelle, c’est français, c’est la police française.
01:01:25David Dufresne
Nous allons passer à la bande annonce de la semaine, ce qui va me permettre de me faire un petit café. Alors, où est-ce qu’elle est cette bande annonce ? La voici, la Ah non. Alors, vous le savez, je vous en parle depuis quelques jours au poste est partenaire officieux et officiel du festival Frida, Frida Film Festival qui a lieu ce week-end à Paris du 27 au 29 juin. Je vais vous montrer la bande-annonce. Frida c’est l’acronyme de festival et rencontre itinérante du film d’art, il s’agit de trois jours plein de cinoche autour de l’art. Voici la bande-annonce et je vous reviens juste après pour vous parler du programme. J’espère que le son va fonctionner.
01:02:31Audio
En fait, c’est l’expérience de se voir, de plus voir. Où es-tu, Markku ? Comment as-tu pu tuer cet artiste inutile ? L’idée n’a jamais été dans la vie. Bonjour monsieur, contrôle s’il vous plaît. On est les pires visiteurs de la journée. Rhythm is my business.
01:04:04David Dufresne
J’arrive, j’arrive ! J’arrive, mais là, j’ai le café qui passe, vous l’entendez peut-être. Alors, qu’est-ce qu’elle vous dit, cette bande annonce ? Elle est magnifique, non ? Gros chef ! Donc le Frida Film Festival, je vais vous demander un petit service les amis. Pourriez-vous, pourriez vous aller sur le site frida.film parce que on nous signale que certains n’arrivent pas à rejoindre le site. Est-ce que vous pourriez aller voir Frida point film ? Alors, le truc sur Michèle Firk
 nous dit Timorophile, elle était évoquée dans un film que j’ai vu hier les mots qu’elle jure un jour. Alors, figure-toi que le film en question, c’est le film de Jean-Gabriel Périot Perraud h je ne sais plus tout à coup, qui, je vais essayer de retrouver ça, qui était, qui était, à Cannes, C’est une vie manifeste. Je vais essayer de vous le montrer ici. Hop, une vie manifeste qui me tarde d’aller voir. C’est la première parisienne puisque le film a été montré à Cannes. C' est donc un documentaire sur Michèle Firk
 je vous mets la bande-annonce en présence du réalisateur, de la réalisatrice Alice Diop, de l’actrice Nadia Tereszkiewicz et Dani Tresgot réalisatrice et amie de Michèle Firk. C’est donc un film de Jean-Gabriel Périot, voilà c’est ça, il y en a un, et ce sera, ce sera où ? Ce sera au MK2, Bibliothèque. Ce que j’aime beaucoup dans ce festival, c' est qu’il se balade, il est réellement itinérant, il se baladent dans Paris, dans des lieux huppés, genre le Grand Palais, comme dans des cinémas de résistance comme La Clef. Je vous montre la bande annonce d’une vie manifeste qui sera diffusée dans le festival.
01:06:35Audio
Michèle Firk
, cinéaste,Michèle Firk
, combattante révolutionnaire. Voici comment tu t’es toi-même souvent présenté. Tu as rêvé d'être cinéaste à une époque où l'être était réservé aux hommes. Tu as voulu être une combattante révolutionnaire, tu l’as été. Quand on lit aujourd’hui les articles que tu as publiés comme journaliste, tes journaux intimes, des lettres, quand on regarde les images qui nous restent de toi, quand on écoute ta voix, c' est une certitude. Tu as mené une vie de cinéma et d’engagement, et jamais pour toi, l’un n’a laissé sans l’autre.
01:07:28David Dufresne
Merci beaucoup les amis, donc visiblement vous n’avez pas de problème d’accès au site, alors ça c’est formidable. Beau site et publication Instagram alléchante, ouais, n’hésitez pas à suivre leur compte Insta, hautement bien tenu. Comment dirais-je ? Ah, pour moi ça bloque Trognon, est-ce que je peux te demander quel est ton opérateur ? Ça c’est important parce qu’on n’arrive pas à faire en sorte que, par exemple, Orange, dans certaines régions, Orange filtre le site. Eh ben voilà, Orange. Ça fait chier. Et t’as installé le cyber filtre d’Orange ? Parce que le cyber filtre d’Orange, il filtre aussi le site d' Orange. C’est quand même extraordinaire. Faut appeler le service après-vente d’Orange pour dire, eh, je peux pas accéder au site Orange parce que vous m’avez mis un filtre. Je pense que non. Orange, moi aussi, mais ça marche. Ah, ah, ah. OK, super. Changer de DNS, mais comment veux-tu que je change de DNS ? Il faudrait que je change de serveur, non ? Non, non, en fait, ce qui s’est passé, c’est que le site était bon, c'était un détail, mais il y a eu des trucs malveillants, on va dire, qui traînaient. On a tout nettoyé, etc. La plupart des listes noires ont enlevé le site de leur liste noire, mais ça traîne encore ici ou là, quoi. Voilà. Bon bah merci beaucoup. Bon écoutez, donc grosso modo ça marche, bah vous pouvez en profiter pour aller voir cette programmation de folie. Et si ça vous intéresse… J’aurai l’immense honneur d’animer la masterclass de Rik Chaubet. Rick Chaubet, c’est ce jeune monteur, image du film et musicien. Monteur de Soundtrack to a Coup d’État qui est probablement un des meilleurs documentaires de ces dix dernières années. Rick Chaubet est un monteur primé connu notamment pour le long-métrage documentaire Soundtrack to a Coup d’État nommé aux Césars. Il a eu plein de prix et il est hyper drôle on a fait un petit truc ensemble on s’est téléphoné et donc ça c’est le 27 juin c'était à 18h vous pouvez voir c’est au Saint-André-des-Arts Vous pouvez voir le film à 15 heures, je crois, et ensuite on fait la masterclass avec Rick. Si vous n’avez pas vu Soundtrack to a Coup je vais essayer de voir s’il n’y a pas la bande annonce. Parce que ça, c’est quand même totalement démentiel ce film. Je vais regarder s’ils ont mis la bande-annonce.Soundtrack to a Coup d’État ben, elle est là. Je vous mets la bande-annonce parce que ça va être un bonheur, on sera striké. Je viens de voir la bande annonce de ce film, nous dit Tartuffe, Tartempion, il a l’air incroyable. Pardon pour la redite en ski de concert, mais comme ça, tout le monde va pouvoir en profiter. Petite bande annonce Soundtrack to a Coup d’État qui sera donc montré samedi le 27 juin au Saint-André des Arts dans le cadre de Frida Film Festival.
01:10:55Audio
Un des plus populaires émissaires de l’Amérique arrive à la tronche de la Congo, sur la mission de la Défense de la Fondation de la Bonne Ville.s'éloigne de radio Moscou, dont l’Armstrong a visité comme un tactique diversionnaire. Le peuple congolais est empêché de construire son pays en paix et en liberté. Nous devions aller à Elizabethville pour assister à un concert donné par Louis Armstrong. Le mec que j’ai connu s’est assis sur le terrasse. Il m’a dit, bien, vous devez assassiner Lumumba. Mais qui l’a ordonné ? Il a dit, le président Eisenhower.
01:12:25David Dufresne
Voilà, voilà, donc on se retrouve, on se retrouve samedi le 27, je crois que c’est samedi ou dimanche, je ne sais plus. En tout cas, c' est le 27 juin. On se retrouve. Moi, je serai dans pas mal de séances pour donner un petit coup de main. Si vous êtes sur Paris, profitez-en. Il faut soutenir ce genre de projet. Frida Film Festival exigeant. Comme ce film, et comme le dit le tchat, en ces temps de simplification extrême, et bien de la finesse, du bon goût, de l’exigence, et bien c’est toujours essentiel. Voilà. C’est ce qu’on essaie de vous apporter. A quelle heure est-il là ? 8H15. 8H 15, c' est l’heure de la météo des luttes.
01:13:21Audio
Oh Bella ciao Bella ciao Bella ciao ciao ciao
01:14:51David Dufresne
Merci pour vos messages de soutien. En effet, là où nous avons nos studios à Césure, donc c’est un tire-lieu, c'était l’ancienne fac de Censier. Pourquoi sommes-nous là ? C’est parce qu’en fait, l’immeuble est infesté d’amiante et que donc sont loués. À des prix en dessous du marché, mais enfin, c’est quand même élevé des locaux, à des médias indépendants, à des associations de soutien aux migrants, à des artistes, à des créatrices, des créateurs, à tout un tas de gens. Mais alors, c’est vrai que là, si vous voulez, ça a été conçu à une époque où la bouilloire thermique, on ne savait même pas ce que c'était. Donc là, je ne sais pas combien il fait dans le studio, mais c' est l’enfer. À propos du studio et bien figurez-vous que dans trois heures, je vais monter d’un étage pour en visiter un autre, possible, accompagné, flanqué de Nayan, notre réalisateur, et Théophile, notre colporteur, notre crieur sur les réseaux sociaux, assistant de production, le mec il fait tout, quoi. On va aller visiter, un local plus grand, alors il va falloir faire les comptes, etc. Mais l’idée, ce serait d’avoir un studio qui ferait une quarantaine de mètres carrés au lieu de 20 mètres. Pour avoir un peu plus d’espace, pour avoir un plus de profondeur de champ ici ou là. Et éventuellement avoir des décors un peu différents comment on appelle ça ? Selon les émissions. Voilà, je vois que notre autre invitée est déjà là. Oh là là, je vais être à la bourre c’est pas ce studio en duplex On quitterait le petit studio pour aller dans un grand studio, quoi. Voilà. Non, je n’ai pas de thermomètre. Alors je vais faire rapidement la météo la météo des luttes Puisque je vois que notre invitée est là et puis je vais vous dire son livre est tellement passionnant que si on a un peu plus de temps, ce ne sera pas plus mal. Tendance tendance, cette semaine dans la météo des luttes de Calais à Bordeaux de la Sarthe au -Berry. Cette semaine, les luttes se déploient en région loin de Paris. Anti-austérité fiscale, masculinisme, méga-infrastructure hydro-agricole et radio-pirate. L’agenda militant déborde au-delà du périph et on en est bien content. D’ailleurs, je vous rappelle qu’il y a un formulaire. N’hésitez pas à le remplir, ça me rendrait bien service si vous avez des âgés, des rencontres, des activités, que sais-je, à nous signaler. Lundi, donc aujourd’hui à 19h30, Rassemblement pour la protection des enfants, ce sera à Dunkerque. C’est la troisième édition du Rassemblement pour la Protection des Enfants à Calais. Pardon, j’ai dit Dunkerque, mais c’est Calais, excusez-moi. Parce que c'était le Démosphère de Dunkerque qui nous l’a signalé. Et notamment, évidemment, un territoire où les mineurs non accompagnés et les enfants exilés vivent dans des conditions précaires. Documenter d’extrême précarité qu'à l’air reste un point de friction majeur des politiques migratoires françaises et européennes. Une ville où la question de l’enfance à la rue est structurelle, pas exceptionnelle. Le rassemblement s’inscrit dans une dynamique locale de visibilisation et de pression sur les autorités. C’est ce soir à Calais à 19h30. Réunion des Amis de la Terre de Dunkerque. Aujourd’hui également réunion mensuelle de l’antenne locale des Amis de la terre. Puisque la zone dunkerquoise est l’un des plus industrialisés et les plus exposés de France. Zone portuaire, chimie lourde, projet énergétique, une AG de suivi militant, c’est ce soir. Tout à fait à l’autre bout, à Bordeaux, dans la météo des luttes Attac et la Librairie des 400 coups. Je me demande si c’est pas celle de Philippe Poutou, il me semble que oui. La Librairie des 400 Coups et Attaque accueille Raphaël Pradeau, le porte-parole d’Attac France, pour la présentation de son livre Taxer les Riches. C’est ce soir. À la librairie 400 coups à Bordeaux. C’est illustré par Fred Sochard, celui-là même qui nous a fait nos petites émoticônes du site auposte.media. Une soirée de débats sur la fiscalité comme outil politique alors que les discussions budget internationales remettent au centre la question du partage des richesses et de la contribution des plus aisées à l’effort collectif. À Toulouse, demain, un cycle sur les masculinistes, un arpentage formé à la haine des femmes. Dernière session du cycle sur les masculinistes, organisée par Libertad et Baff, autour du livre de Pauline Ferrari. Une enquête sur les mouvements masculinistes et anti-féministes en ligne qui séduisent une partie croissante de la jeunesse, format arpentage. Le livre est découpé, chaque participant lit sa partie, puis restitution collective et discussion. Une méthode d'éducation populaire radicale pour s’emparer ensemble d’un sujet qui déborde des réseaux et entre dans les lycées. À Bordeaux, on y retourne, cette fois-ci pour l’histoire des radios libres, c’est demain mardi au café Fantoche, une soirée de court-métrage sur les radios libres indépendantes pirates, nos sœurs, nos grandes sœur, à nous, nos mères peut-être même, les ondes déferlantes, immersions à Radio Galère, Marseille et sailing, anthologie des radios pirates londoniennes des années 90-2000. Ah oui, non, je pensais à des plus anciennes encore. En présence des membres de la Clé des Ondes, d’un chercheur, de cinéastes et de pirates des ondes, c’est mardi à Bordeaux. Dans la Sarthe à Pontvallain, mercredi, cirque documentaire, note, pièce, réouverture de l’antenne homogène pour fêter la réouverture de l’antenne locale d’Homogène à PontVallain. La volière de Velour présente notre pièce qui veut dire notre chant en patois-sarthois, Une performance circassienne-aérienne qui met en scène la rencontre entre Emma, artiste de cirque, et Mauricette Fermier, tout public. En présence de l'équipe bénévole d’Homogène, un moment de culture populaire et de lien territorial dans un village de la Sarthe. Sable sur Sarthe, le 25 à 18h, ciné-débat, agriculture paysanne et locale. Ça se passe au Palace Carnot, projection gratuite du documentaire. Leur chant du cœur, c’est à 18 heures, jeudi. À Carcassonne, samedi, Pride de Carcassonne, Marche des Fiertés, rassemblement au portail des Jacobins, puis cortège festif, commémoratif et revendicatif dans les rues de Carcassonne. Carcassonne il en sera question tout à l’heure. Dans notre rubrique ici donc consacrée à l’extrême-droite. Et dimanche, dans le Cher méga-Bassine, ni ici ni ailleurs, c’est dimanche 28 juin à May sur Sèvres, donc manifestation contre une bassine qui voudrait s’installer dans le Berry. Qu’est-ce que j’ai de l’autre ? Et j’avais aussi, ben non, c'était ça, Cambrai. Alors là, je vous le dis à l’avance parce que c’est un grand rassemblement qui se prépare du jeudi 9 au dimanche 12 juillet. Mobilisation nationale contre le méga canal Seine, Nord Europe, dont il a déjà été question ici même au poste. Rendez-vous près de Cambrai, au nord du tracé du canal Seine-nord Europe, là où les pelleteuses préparent l’arrivée du méga canal. Ça se passera donc du 9 au 12 juillet, méga village de rassemblement, avec formation, concert, atelier, spectacle, projection, réunissant une centaine d’orgas militantes et artistiques venus du monde entier, samedi 11 juillet, après-midi, manifestation déterminée et conviviale. Un rendez-vous national pour lutter contre les grandes infrastructures destructrices. Voilà ! Il nous reste quelques instants avant de faire venir en comparution Millet Audrey. Mais avant qu’elle arrive, je crois que le son est bon, tout a l’air, tout m’a l’air super. Je voudrais juste faire la météo du chat. Allez-y, c’est le moment, dites-nous, dites nous quelle est la météo par chez vous. Ouvrez la fenêtre et racontez-nous avec le plus de poésie possible ce qui se passe chez vous, quel est le temps ? Moi j’ai l’impression que ça va être un peu partout pareil, malheureusement, mais enfin bon, allez-y raconté nous dans le tchat, la météo du tchat et après, après on s’occupe d’un dénommé Arnault Bernard et son univers impitoyable. Alors n’oubliez pas de dire, n’oublier pas de le dire, où vous êtes ? Ah bah c’est marrant, vous ne réagissez pas, alors là, là, c' est la torpe, ah si, ça y est, c est parti. 25 degrés déjà vers Rennes, la Bretagne, ça nous gagne. Paris, soleil de plomb, qui malheureusement ne plombe ni le capitalisme ni le fascisme. Déjà 30 degrés au sud de l’Essonne, plus de 30 degrés à l’intérieur à Clermont-Ferrand. Paris, on est cuit à point, trop chaud déjà à, 38 degrés annoncé, c’est toujours mieux qu'à Paris, nous dit Introverton. 20 degrés à Brest, 28 soleil à Saint-Lys, 66 d’humidité, Montpellier, 28 dans l’appart. Mon bébé dort sur moi, j’ai chaud. Ah, ça, c’est beau. Ça, c’est beau, ça j’avoue, c’est beau. Euh, tac à tac. Grande-Salle à Bordeville en état d'équilibre. 27 degrés à l’intérieur et à l’extérieur. Bien, bien joué, bien joué dans le métro parisien, elle nous dit, il fait 28 degrés. Ouais, mais tu triches, tu es dans une nouvelle rame. Celles qui sont climatisées. Avec fenêtre fermée à la maison et ouverte dans ma voiture, 26 degrés à Soules, sous forêt, nous dit Lucie. 30 à Nantes, nous dis à Amman. Bernard de Belgique, je travaille dans un bureau climatisé. Je rentre en caisse climatisée pour rentrer chez moi climatisé aussi. Eh bien, nous parlerons de la Belgique également tout à l’heure. Mais là, il est temps de faire venir notre invitée. La voici. Bonjour Audrey, est-ce que vous m’entendez ? Mais quelle est cette magnifique carte derrière vous ?
01:26:03Audrey Millet
Non mais c’est le rêve, c' est l’Italie !
01:26:06David Dufresne
Vous pouvez nous montrer un petit peu ? Ah c’est le rêve, c' est l’Italie, c' est magnifique. Vous êtes historienne, vous êtes au poste pour votre enquête colossale. Bernard Arnault, son univers impitoyable qui paraît dans un nouvel éditeur, enfin en tout cas récent, qui s’appelle La Tribu. Un livre qui décrypte l’histoire du français le plus riche du monde, élevé au rang de chef d'État, enfant du monde d’hier, il est le profiteur en chef du capitalisme globalisé aujourd’hui. Objet de menace à peine voilée. Vous, votre éditrice, le livre, vous êtes convoqué en tout cas pour la première fois au poste et c’est un honneur que de vous recevoir. Audrey, dans quel état êtes-vous ?
01:26:53Audrey Millet
Dans l'état de quelqu’un qui a travaillé très longtemps avec une éditrice, qui a eu un super PDG également, des gens qui se sont engagés et qui voient son livre disparaître des Relay, qui voit des invitations, se désinviter, des déprogrammations, parce que finalement aujourd’hui l’accès à la formation, on est en juin 2026, en France, ne se fait plus normalement.
01:27:19David Dufresne
Alors, on va prendre le temps de parler de votre travail qui est, je l’ai dit, colossal. À peu près 1000 sources, me semble-t-il. Cet ouvrage de mémoire, c’est le premier depuis 23 ans, c’est quand même incroyable. Et vous avez voulu briser, on pourrait dire, ouais, ce silence. Et déjà, pouvez-vous nous dire, selon vous, pourquoi il a fallu attendre 23 ans entre la dernière biographie et la vôtre ?
01:27:50Audrey Millet
J’ai été la première étonnée, parce qu’en fait, quand je me suis rendue compte qu’il avait été élu à l’Académie des sciences morales et politiques, j’ai voulu lire une biographie. Et c’est là que finalement, cette disparition est apparue. Il semble évident que Bernard Arnault ne veut pas qu’on écrive sur lui. Lui, pour autant, il a écrit un livre sur lui, une sorte de journal intime d’entretien avec un journalisme en 2000. Donc il est capable de raconter sa vie à sa manière. Mais le storytelling, c’est lui qui le contrôle et il y a des livres qui ont été finalement annulés durant ces 23 années. Il fallait bien faire un travail d’historien qui n’est pas à charge, mais qui est chargé, mais ça, on n’y peut rien, c’est le personnage qui le veut.
01:28:36David Dufresne
Alors, on va parler du personnage, mais d’abord, je voudrais que tout le monde comprenne bien dans quel état est votre ouvrage. La presse, une certaine presse Mediapart, Libération, Le Canard Enchaîné, ont fait état de pression. Il y a votre éditrice elle-même qui a expliqué que son appartement avait été visité, est-ce que vous pouvez nous faire une petite recension de ce qui s’agite autour de vous ?
01:29:15Audrey Millet
Tout s’est très bien passé jusqu'à ce qu’on envoie un contradictoire à LVMH, ce qui est une obligation, le B.A.B.A de l'édition. On écrit un livre sur Bernard Arnault et on voudrait lui poser des questions pour qu’il puisse répondre, tout simplement. Donc il n’y a eu aucune fuite pendant pratiquement un an de travail. Et à partir de ce moment-là, l’appartement de mon éditrice est visité, Des coups de fil sont passés au près. De Pinot puisque Arnault accuse Pinault d’avoir commandé le livre et tout est fait pour que le livre ne paraisse pas. Manque de pot il paraît et en revanche il a disparu des relais, c’est-à-dire que la commande a été annulée. Alors elle a été annulée, apparemment ils ont expliqué que c'était parce que le livre n’allait pas se vendre. Depuis on a effectivement des médias courageux qui sont encore là qui défendent la liberté d’expression parce que c’est aussi un livre qui les défend, il y a au moins tout un chapitre sur ça. Bien sûr. Mais c' est vrai qu' il n’y a pas foule, il n y a pas de foule tout simplement parce que de nombreux oligarques qui se serrent les coudes, qui se tiennent la main, détiennent l’information en France.
01:30:38David Dufresne
Alors l’honnêteté commande de dire quand même qu’en effet, les nouvelles éditions Tribu sont en partie pilotées par François Pinault, qui est donc un des concurrents puisque je crois que l’homme d’affaires Pinault détient un quart un petit peu moins du capital de la maison d'édition. Donc évidemment c’est l’occasion pour Bernard Arnault de dire que vous avez fait un travail en service commandé. Ce que je ne crois absolument pas et si c'était le cas, de toute façon le travail est tellement exemplaire, on va pouvoir rentrer dans les détails, que pour moi il n’y a pas de problème mais il est bon de le dire. Il y a une explication d’ailleurs qui est donnée dans votre livre, vous racontez que Libération s’est vue sucrer les budgets publicitaires de LVMH, le plus grand annonceur, un des plus gros annonceurs sur la place de Paris. Et on peut imaginer que c’est ce que craignent les autres titres qui préfèrent ne pas parler de vous ni de votre livre.
01:31:44Audrey Millet
Oui, absolument. Et en ce qui concerne Pinault qui est actionnaire minoritaire, c’est toujours de sa faute, moi je ne le dis pas, Pinault. Mais il a bon dos Pinault et quand ce n’est pas Pinault ce sera le bras droit de Bernard Arnault durant le procès Squarcini. Ce qui est sûr c' est que Arnault, soit il possède les médias soit il les finance. Il possède les Echos, le Parisien, Challenge, Sciences et avenir, la Recherche. Et lorsqu’il n' est pas propriétaire, il est le premier annonceur. Donc effectivement, il maîtrise, il coordonne, il oriente les médias en leur mettant le couteau sous la gorge. Il a même interdit à ses cadres de parler à 7 médias. Donc on n’a même plus besoin d’interdire, on dissuade. C’est juste une question de business.
01:32:31David Dufresne
Alors, les sept médias, vous les citez, c’est un émail du 17 janvier 2024, un email de Bernard Arnault à ses plus proches collaborateurs. Il cite la lettre Glitz Paris. Alors moi, il y a des médias que je ne connais pas, évidemment. Miss Tweed, OK, Pouk aux États-Unis et en France, l’informé Mediapart, le Canard enchaîné. Et vous nous expliquez que ces sept médias ont un point commun.
01:33:02Audrey Millet
Ils disent la vérité, ils donnent des faits et ils ne sont pas pro-Arnaud. Mais par ailleurs, je vois par exemple Mediapart, les meilleurs dossiers que j’ai pu traiter, des enquêtes longues durant ce livre, venaient de Mediapart. Donc l’information, la vérité le fait, les interviews bien entendu de salariés, ça gène Bernard Arnault qui veut écrire sa propre histoire et sa propre immortalité.
01:33:30David Dufresne
Mais il me semble que le point commun de ces sept publications, c’est qu’elles fonctionnent sans publicité.
01:33:38Audrey Millet
Oui, elle fonctionne sans publicité, ce qui est évidemment tout à fait courageux aujourd’hui et rédhibitoire en fait pour un oligarque, pour quelqu’un qui veut posséder. S’il n’y a pas de publicité en fait, il ne peut pas les dresser, il ne peut les orienter et évidemment c’est extrêmement dur pour ces publications qui comptent sur des lecteurs, sur des gens qui veulent être informés, mais ils veulent tout de même dissuader ses propres salariés, de parler à ces médias en expliquant que ça serait une faute grave, je cite.
01:34:14David Dufresne
Il donne, il distribue, allez, je vais vous dire plusieurs chiffres, vous allez me dire lequel est le bon. 90 millions, 160 millions, 172 millions d’euros par an de publicité sur le marché français. Combien il donne ? Vous vous souvenez ? Je dirais le max. C’est 160 millions et ça pèse quand on connaît l'état de la presse. Vous pouvez nous raconter comment Libé a perdu LVMH comme annonceur, suite de quoi ?
01:34:47Audrey Millet
Ah bien, Mediapart et Libé ont découvert qu’en fait Bernard Arnault voulait avoir la nationalité belge, qui est une question d’impôts, mais pas vraiment, c'était surtout pour faciliter sa succession. Et là, ils ont titré, tout le monde n'était pas d’accord dans la rédaction, Est-ce que c’est fin, est-ce pas fin ? Lui, il a pas trouvé ça très fin, ça l’a pas vraiment amusé. Malgré ce que sa femme dit, et en fait les publicités ont disparu.
01:35:21David Dufresne
Pourtant, c’est du Sarkozy, je veux dire, il pourrait goûter l’humour Sarkozien, enfin bon, ces gens-là. Et donc, voilà, il n’a pas l’air, si on en croit votre ouvrage, il a pas l’air. Et donc il y a cette une et le lendemain, terminado. Fini les publicités Dior, machin et compagnie.
01:35:43Audrey Millet
Le lendemain terminé et lui en fait, ça ne lui pose aucun problème parce qu’il a les moyens de toute façon de faire de la publicité ailleurs. Donc il y en a partout dans Paris, vous avez des encarts, dans les bus, en province également. Donc en réalité, lui pense que c’est pratiquement à don les publicités qu’ils font. Il peut les enlever, il ne vendra pas moins.
01:36:07David Dufresne
Alors, pour continuer à parler de ça, on va revenir ensuite sur la biographie de Bernard Arnault, sur la question de la presse et de ses cercles d’influence. Il y a ce qu’on vient de dire, la publicité. On a parlé des journaux qu’il possède. Vous nous citez d’ailleurs, enfin moi, vous m’avez appris que le PDG du parisien, propriété de Bernard Arnault, en fait, vous dit que c’est Bernard Arnault qui valide la ligne éditoriale.
01:36:35Audrey Millet
Oui, alors ça a été dit publiquement, c’est même pas du off ou une interview, mais oui. Lorsqu’un actionnaire est présent, c’est celui qui paye et il valide l'éditeur live. Ça, ça a été dit, là j’ai été déprogrammée par exemple de l'émission Quotidien, en réalité c’est Bouygues. Il valide tous, il s’appelle tous et ça, on s’en rend pas compte avec Bernard Arnault parce que finalement il passe pour le quincaillier du luxe, l’homme du bon marché, de la Samaritaine, mais c’est un homme de l’information, c' est un homme qui contrôle, ça c’est l’histoire de sa vie. Donc il décide de la ligne éditoriale et il est hors de question de dire quelque chose que lui n' a pas validé sur lui et il préfère de fait qu’on ne dise rien, en revanche lui il parle beaucoup.
01:37:24David Dufresne
Quand vous parlez de contrôle, il y a un autre niveau de contrôle. C’est le renseignement privé. Il y a de nombreuses pages là-dessus. Et il faut dire qu’elles sont à la fois croquignolesque quand il s’agit de Squarcini et quand même effrayante quand on prend un peu de hauteur avec la société Kroll. Pouvez-vous nous rappeler à grand trait comment Bernard Arnault dépense sans compter dans le renseignement privé ?
01:37:53Audrey Millet
Oui, alors l’espionnage industriel a toujours existé, donc ce n’est pas nouveau. En revanche, ce sont les moyens qui sont maintenant mis en œuvre. Dès les premières années, dès l’acquisition de LVMH, Bernard Arnault se rapproche de sociétés d’espionnage qui viennent des Etats-Unis, ce qui sont généralement des anciens agents du monde bipolaire qui se réalisent dans leur enseignement privé. Ça signifie quoi ? On met des écoutes en place dans des bureaux, on suit les gens, on fouille les poubelles, ce qui est totalement légal, c’est sur la voie publique. Puis on a évidemment cette affaire Squarcini, donc Bernard Squarcini, qui attention, il faut bien le dire, a fait appel, donc n’est absolument pas condamné, et qui est l’ancien grand patron de l’espionnage français, qui se met à son compte au nom de la société Tchernof et Bernard Arnault emploiera cette personne pour diverses affaires à hauteur de 2 millions d’euros
01:38:58David Dufresne
Voilà pour le volet contrôle de Bernard Arnault. Alors l’histoire, la mécanique de l’ascension, ce n’est pas tout à fait l’image qu’on a de Bernard Arnault, en gros. En gros, ce que vous nous dites, c’est que, alors donc, il naît dans une famille bourgeoise du nord de la France, on le sait tous, mais en fait, ce vous dites, que son ascension, c’est une leçon du capitalisme financiarisé, il ne crée pas d’entreprise, il les rachète. Il n’innove pas, il restructure, entre guillemets, il n’investit pas sur fonds propres, il utilise les crises comme tremplin. Alors il y a plusieurs choses que vous évoquez. Il y a notamment le krach de 87 ou la faillite Boussac dont il va tirer d’ailleurs, dont il ne va garder que Dior si je vous ai bien lu. Est-ce que vous pouvez nous raconter comment il bâtit sa fortune qui n’est pas là tout à fait au départ ? Il est bien né, mais ce n’est pas non plus…
01:40:05Audrey Millet
C’est un homme qui est né dans une famille aimante. Le père et le grand-père ont une entreprise de BTP qui fonctionne très bien, sont bien implantés dans le Nord, mais ils ne font pas partie des familles textiles extrêmement riches et extrêmement célèbres, connues. Et il n’est pas du tout connu, mais il a quand même ce pécule. Et il cherche, il cherche le moyen d'être un entrepreneur, il a sa cheville au corps, il le dit. Et il se rend compte qu’en 1984, l’Empire Boussac, qui était le plus grand empire textile, c'était l’homme le plus riche du monde, Marcel Boussac, qui avait énormément d’entreprises textiles, qui employait énormément de personnes, et qui s’est effondré, cet empire, parce que Marcel Boussac ne voulait pas licencier. C'était vraiment un paternaliste. Et parce que son entreprise a été extrêmement mal évaluée par divers notaires véreux. Il rachète finalement l’Empire Boussac en 1984. Il promet de sauver des emplois. En fait, il récupère Dior, mais surtout il rachète cette entreprise avec 940 millions d’aides publiques. Et même la Commission européenne l’a constaté et la Cour de justice l' a confirmé. En réalité, c'étaient les subventions publiques qui avaient pu permettre à Bernard Arnaud de racheter cette entreprise. Et il le fait aussi avec ses amis de la Banque Lazard, ses connaissances, ses réseaux. Et finalement, il ne sort pas, lorsqu’il l’achète en 1984, un seul centime. Il va payer l’entreprise comme un prêt à la consommation. Ce qui signifie que finalement, il propose de racheter cette entreprise, d'être le repreneur qui va sauver les emplois, il promet de les conserver, il licencie à tour de bras. Et l’argent public entre, les ouvriers sortent, mais le joyau Dior reste. C'était ce qui l’intéressait, Dior, le Bon marché, le jardin d’acclimatation. On a également à peu près la même chose lorsqu’il va prendre LVMH, mais sous la forme de trahison. C’est-à-dire qu’il s’acoquine avec les deux patrons de LVMH, Alain Chevalier et Henri Racamier Il leur dit à tous les deux, donne-moi quelques actions, mais moi je vais t’aider contre l’un et l’autre.
01:42:29David Dufresne
Oui, parce que les deux se détestent, copieusement.
01:42:32Audrey Millet
Et de ce déteste copieusement, Bernard Arnault va voir l’un, va voir l’autre, fait des promesses, derrière pendant le crack, parce que le crack est toujours une opportunité, pas pour nous mais pour lui oui, il rachète des actions puis il arrive finalement à évincé les deux. Mais ça c’est une histoire de loi, c' est à dire que l'État en réalité, la loi, prévoit ces types de choses, c' est légal et on le voit même sur la défiscalisation. Bernard Arnault, grâce à ses juristes, qui sont tout à fait extraordinaires et brillants, il faut bien le dire, repère toujours les trous dans la raquette. La défiscalisation par exemple. Lorsqu’il veut faire sa fondation Louis Vuitton, il va profiter de la loi sur la défiscalisation. C’est-à-dire que tout le monde a dit que c’est un cadeau à la France. En fait, il aura acheté son œuvre d’art, avec indirectement l’argent public. Bon, non une fondation du nom d’un maroquinier, Louis Vuitton, même pas du nom une personne qui l’offre à la France, donc d’une marque, qui est financée à près de 65 % par l'État, ce qui veut dire que ça fait 528 millions d’euros de réduction d’impôts. Alors la question c’est est-ce que les Français veulent que l’argent public permette d’acheter 65 % plutôt que ça aille, par exemple, dans l'éducation nationale, dans les hôpitaux ou dans nos EHPAD. En ce moment, il fait très chaud, je pense que quelques EHPAD auraient apprécié ce don.
01:44:12David Dufresne
Oui, il y a d’ailleurs un chapitre consacré à son grand musée qui avait, comment s’appelle, l’architecte Frank Gehry c’est ça ? Oui. Voilà, dont vous dites qu’en réalité lui aussi a été financé sur fonds publics à hauteur de 60 %.
01:44:34Audrey Millet
Oui, en fait, tout le monde est financé, vous voyez, c’est comme un groupe d’amis qui se mettent d’accord, ils sont d’accord pour travailler ensemble. On a des super juristes et des super avocats qui cherchent les moyens de payer le moins pour gagner le plus. Et là, c’est gagné aussi en réputation, c’est une fondation qui fonctionne très bien. Il y a des visiteurs qui, à chaque fois, à chaque visiteur, évidemment, prend un billet d’entrée en caisse et qui, en fait, rend la réputation de Bernard Arnault encore plus positive. C’est quelqu’un qui donne à la France. En réalité, il a pris pour donner.
01:45:12David Dufresne
Alors, votre ouvrage, j’ai oublié de le dire et je m’empresse de le faire, est très chouettement écrit, très vif, très alerte. On est dedans, et puis vous avez un dispositif que j’avais trouvé très astucieux, c’est qu’en fait, il y a des chassés croisés avec d’autres personnages. Ceux qui étaient jusqu’ici, on pourrait dire, anonymes. Vous faites même des fiches, personnages, pour nous, pour nous remettre dans le bain. Et c’est comme ça qu’on avance donc avec l’enfance, un peu compliqué pour Bernard Arnault, puis le service militaire. Alors là, le service militaire, l’officier orienteur, il sait bien, enfin, je sais pas si c'était planté ou pas, mais ces succulentes que vous avez trouvées, est-ce que vous pouvez nous le dire ?
01:46:07Audrey Millet
Oui, donc je suis allée aux archives de l'école polytechnique qui sont des archives publiques et on a les dossiers des anciens élèves. Donc vous avez les dossiers de toute sa promo, vous avez celui de Bruno Mégret et vous avez le sien. Et en ouvrant le dossier, c’est une feuille notamment recto verso, on a des notes de son service militaire, de son stage militaire qui est une obligation à Polytechnique, c’est une école militaire. Attention, écoutez bien les amis, et là ça ne s’est pas très bien passé. Ça s'était pas très très bien passé, disons que l’armée, écouter c'était pas son truc. Donc le superviseur explique que Bernard Arnault est inapte au commandement, qu’il ne suit pas ses hommes, qu’il ne s’intéresse pas à ce qu’ils apprennent, qu' il regarde de loin, écoute de loin mais qu' il ne s’engage pas. Donc au final d’ailleurs il est réformé et alors on peut se dire est-ce que ce monsieur en 1970 a tort ? En réalité ce monsieur, donc le général des armées qui a signé et l’instructeur qui a expliqué tout ça, ça fait très longtemps qu’il travaille avec des collectifs, avec des hommes qui doivent se soutenir et qui doivent être ensemble et se protéger l’un l’autre. Mais en 1970, il ne sait pas que le capitalisme en réalité n’accueillera plus ce genre de personnes, que le capitalisme sera fait de personnes qui analysent, qui regardent de loin, et qui prônent l’individualisme et la liberté d’entreprendre tout simplement. Donc il ne s’est pas vraiment trompé, il écrit juste en 1970 et il a en tout cas pensé à avoir sondé sa personnalité.
01:48:02David Dufresne
Alors, il y a un personnage dont je parlais tout à l’heure, ces personnages comme ça de l’ombre qui va naître à 200 mètres, je crois, de distance, ou qui va vivre son enfant, je ne sais plus, tout à coup, à 200m de distance de la maison familiale de Bernard Arnault. C’est un dénommé Paul Destailleur qu’on retrouve à plusieurs moments dans votre ouvrage et à côté amicalement vôtre, même si ceux-là se sont jamais vus. Racontez-nous qui est ce Paul et pourquoi vous en parlez ? Qu’est-ce qu’il dit en creux de Bernard Arnault ?
01:48:35Audrey Millet
Alors, Paul Destailleur est un homme du Nord, il a 10 ans de plus que Bernard Arnault, il est né en 1939 et il est mécanicien dans les entreprises, il est dessinateur industriel à la base et il décide d'être mécaniciens pour faire partie des ouvriers. Donc c’est un choix. Et il vit dans ce Nord qui est en reconstruction, ce Nord pauvre, et il vit cette casse sociale pendant que lui, Bernard Arnault va racheter ses entreprises petit à petit. Et il m’explique bien que le nom de Arnault, à l'époque, dans le nord de la France, n’est absolument pas connu, qu’il ne fait pas partie de ces dynasties textiles. Paul Destailleur, en fait, nous explique, fait le gap, il fait le fossé entre ces gens, ces gens qui travaillent tous les jours et qui ont beaucoup d’enfants, qui subissent aussi les malheurs de la tuberculose, par exemple. Et il connaît par exemple très bien l’oncle de Bernard Arnault, qui est le médecin de Roubaix, très connu, très respecté et qui a monté un centre contre la tuberculose, qui était extrêmement proche des ouvriers. Donc Paul Destailleur, cet homme qui existe, qui aussi syndicaliste, qui s’est engagé dans la lutte contre la casse sociale, qui le fait toujours finalement, il nous montre déjà à l'époque ce qu’est un travailleur et ce qu’est un ultra-riche.
01:50:11David Dufresne
C’est amusant parce que votre sourire-là trahit la tendresse qui perce sous votre plume concernant ce monsieur. Voilà, c'était pour donner un avant-goût à ceux qui vont se précipiter tout à l’heure pour demander le livre, qui n’est pas disponible. Ah ouais, c’est ce qu’il faut faire déjà, il faut faire ça.
01:50:35Audrey Millet
On devrait lancer un hashtag Bernard au Relay, quelque chose comme ça. Prenons tous une photo de nous devant le Relay, devant tous nos Relay de France. Afin de bien montrer que le français a besoin d’informations et en a envie.
01:50:49David Dufresne
Je disais mille sources, donc à la fois des travaux précédents, des ouvrages, des articles de presse, vous en parliez. Des sources que vous êtes allées chercher, des archives, pour la plupart inédites, mais aussi des sources humaines, on va dire, orales, mais la plupart anonymes. Alors, qu’est-ce que cet anonymat dit de l’omerta qui entoure Bernard Arnault ? Et que vous avez ici, que vous percevez.
01:51:21Audrey Millet
À jour. Alors il y a eu un premier choix, c’est-à-dire véritablement rester sur les archives. Et vu qu’il y en avait beaucoup, j’ai décidé aussi de limiter le nombre d’interviews. Le problème que j’ai eu, c’est évidemment lorsque j’ai voulu rencontrer discrètement des salariés ou des anciens salarié.e.s de LVMH, c' était compliqué. Soit on refuse, soit on me parle, mais ça met beaucoup de rendez-vous pour vraiment de nombreux rendez-vous, avoir la confiance des gens, parce qu’ils ont peur. Ils ont peur, ils ont peur soit de perdre leur emploi, soit parce qu’ils ont évidemment signé, ils sont partis, ils se sont fait licencier et ils ont signé un accord de confidentialité. Mais moi j’ai rencontré des gens qui avaient peur et de ne plus pouvoir travailler dans le luxe, véritablement d'être invisibiliser, de faire partie d’une liste noire, ce qui me semble tout de même. Extrêmement préoccupant qu’une grande entreprise, on dit toujours, on le lit encore, que les salariés se sentent très bien chez LVMH, qu’il n’y a aucune peur, mais ce n’est pas vrai. Et ils ont parlé de l’angoisse, du stress au travail, de cette ultra compétition et du management. Bernard Arnault ne manage pas directement ses équipes, mais d’un management à l’américaine dont on sait que de toute façon, c’est une des pires choses qu’on a repris des Etats-Unis et qu’il ne fonctionne absolument pas à permettre les gens sous pression.
01:53:00David Dufresne
Alors, il y a des gens qui auraient pu vous parler parce qu’ils ne craignent pas grand-chose et on va peut-être terminer là-dessus, si vous voulez bien. C’est un dénommé Bardella Jordan et une dénommée Le Pen Marine. Je sais pas comment vous avez réussi à mettre ce dîner du 7 avril 2026 dans un livre qui sort au mois de juin 2026. Là, c’est l’agilité des petits éditeurs. Quand j’ai dit petits éditeurs, des éditeurs comme ça, pas des grosses machines quoi, le vôtre qui a le courage de sortir ce bouquin. On est au restaurant le Drouant, qui est celui où est décerné le Goncourt chaque année. On pourrait dire qu’il y a un dîner qui est le point culminant de votre ouvrage. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui se passe entre Marine Le Pen, Jordan Bardella il y a deux mois de ça donc, et Arnault Bernard dans ce très grand restaurant parisien ?
01:54:00Audrey Millet
Oui c'était le final, c’est un peu le feu d’artifice, j’explique pendant le livre que Bernard Arnault finance directement Bolloré et son idéologie, mais je n’ai pas ce moment et je lis dans les médias que Bernard Arnault, les patrons du CAC 40, rencontre au Drouant, Marine Le Pen et Jordan Bardella et qu’ils sortent devant les paparazzi que tout le Deux vous voyez qu’on ne se cache plus et que finalement le rassemblement national, ce n’est pas un problème, les digues en fait ont sauté ce jour-là. Il faut savoir que ce dîner a pu être organisé grâce au bras droit de Patrick Thiel, qui est libertarien tout de même, c’est le haut du panier, clairement. Et le lendemain, c'était incroyable, donc je dois bien dire que le livre s’est fini de manière magnifique, Paris Match ! La publication, qui appartient à LVMH, sort en couverture un véritable conte de fées et nous présente un futur couple présidentiel, je cite donc Jordan Bardella et sa princesse. Cette photo, il faut le savoir, Jordan Bardella l’a dit, attendait depuis trois ou quatre mois, mais elle est sortie le lendemain de ce dîner. C’est-à-dire qu’en réalité, les patrons, alors peut-être pas tous, tous ceux qui étaient à ce dîner-là ne sont peut-être pas d’accord avec tout, évidemment, mais on a pété les digues et à ce moment-là, on se rend compte que les industriels, les capitaines d’industrie, ces financiers, ces traders qui jouent avec des emplois, iront. Les votes, les possibilités iront et les orientent trop. Dans tous les cas, ce qu’on peut lire dans ce livre, c’est que pour un Bernard Arnault ou pour un Vincent Bolloré, ce qui est possible sauf la gauche, parce que la gauche ce sont des marxistes, léninistes, trotskistes. Et ils le mettent sur des publications et ils en font la publicité sous forme d’idéologie et c’est à la télé et ils interdisent des gens de parler et ils interdisent des livres d'être diffusés.
01:56:18David Dufresne
Et d’ailleurs, quand on vous lit, on comprend que la peur du rouge est ancienne chez Arnault parce que je crois que, dès 78, il se demande s’il va pas se barrer aux États-Unis, je crois. Alors, parce qu’il y a la gauche qui pourrait arriver au pouvoir en France dès 1978. Donc ça veut dire que la peur du rouge, elle est ancienne. Page 292, à propos de ce dîner, vous écrivez au menu du jour. La baisse des impôts sur les plus hautes fortunes, le démantèlement des contrepoids administratifs, la fermeture des frontières aux travailleurs, l’ouverture totale aux capitaux, l’enterrement de la taxe Zucman, le recul sur les droits de succession, mais au dessert, rien sur l'évasion fiscale. Voilà, là on a votre style, on a le style millier dans ces quelques lignes-là. Est-ce que vous voulez ajouter quelque chose ? Non rien sur l'évasion
01:57:20Audrey Millet
Rien sur l'évasion fiscale, en effet.
01:57:23David Dufresne
Merci beaucoup pour votre travail, pour votre courage, pour le résultat qui est vraiment formidable. Ce n’est pas du tout le livre, comment dire, c’est tout sauf une biographie autorisée, officielle et donc c' est fort plaisant. J’espère que l’effet Streisand va jouer pour vous. Vive Barbra Streisand Vive Barbra Streisand très bien. Merci. Merci beaucoup, Audrey. Je vous redonne le titre de votre livre, Bernard Arnault, son univers impitoyable. L’enquête s’est publiée à l’attribut, si j’ai bien compris, c’est en partie Nora, celui qui a quitté le groupe Hachette, donc Bolloré, pour créer un pôle d'éditeur dont fait partie la Tribu. Tout ça est important de le signaler. Ça ne sort pas de nulle part, quoi.
01:58:20Audrey Millet
C’est le groupe d’un homme moral qui se bat contre la haute immoralité et qui est parti et qui a monté son groupe pour qu’on puisse s’exprimer. Parce qu’il croit en la démocratie et il pense qu' on doit la préserver contre l’oligarchie.
01:58:40David Dufresne
Merci Audrey, bravo, c’est Trognon qui vous dit ça, bravo Madame, vous dit Nina, Fusome vous dit excellent, il y a la fille au chien qui vous demande s’il y a une plateforme qui permettrait à l’autrice d'être mieux rémunérée qu’une autre pour soutenir son travail au mieux. C’est quoi le mieux c’est d’aller chez un petit libraire ?
01:58:59Audrey Millet
À aller chez nos libraires, vraiment, parce qu’eux aussi ils vont disparaître, c’est ce que je lisais ce matin dans la presse. Il faut soutenir les éditeurs, il faut soutenir les libraires, parce que il faut aussi se demander dans quel monde on veut vivre, donc il faut le défendre maintenant.
01:59:17David Dufresne
Merci beaucoup, bonne journée à vous, bel été à vous. Si vous avez le moindre problème, au poste est ouvert. Si vous voulez nous donner de vos nouvelles, n’hésitez pas, vous êtes la bienvenue.
01:59:31Audrey Millet
Merci David. Merci beaucoup. Bonne journée, merci à vous.
01:59:34David Dufresne
Les amis je suis rincé, je suis rincé alors qu’il me reste ici Londres les convocations de la semaine. Bon allez on va faire les convocation de la semaine parce que je vais vous dire un truc c’est que je sais pas ce qui nous prend. Voilà, tac allez voilà. On finit, on finit la saison sur les genoux. Demain matin, roman national, liquidation totale. J’ai le bonheur de recevoir Jean-Christophe Piot à 9h, autopsie d’une arme politique. Avec Jean-Christophe Piot cet historien que certains d’entre vous doivent connaître puisqu’il a deux ou trois millions d’auditeurs à son podcast. Zemmour invente des citations, Macron réhabilite Napoléon, Bardella convoque Jeanne d’Arc. Puis l’histoire pour en faire un bélier politique face à sa cage organisée du passé, Jean-Christophe Piot. Journalistes, podcasters et auteurs d’utiliser l’histoire chez Hugo Publishing, tentent de faire le ménage, 32 chapitres, pour démontrer que nos élus mentent, simplifient et tordent les faits. Mais qui contrôle le contrôleur ? D’où parles-tu mon cher Jean-Christophe ? Ce sera le sujet demain. Demain à 18 heures, l’ami Michael Pauron va recevoir Youssef Abdelrahman et Zahra Suliman Ishaq pour nous parler d’une guerre oubliée, de cette guerre du Soudan qui a fait 12 millions de déplacés, qui est très très peu traité dans les médias ministres mais aussi indépendants. Nous aurons le bonheur de les écouter, si je puis dire, demain soir. Ils auront le temps de nous expliquer ce que nous ne savons pas, ce que nous ne voulons pas voir. Le 24 juin à 9 heures, Hélène Assekour va nous parler de à qui profite la protection de la nature. En matière d'écologie, l’idée qu’il faut protéger la nature est aujourd’hui dominante. Cette mission est dévolue à des grandes ONG comme le WWF qui gèrent notamment des aires protégées où les activités humaines sont souvent interdites pour préserver le sauvage. Nous parlerons de tout ça, donc après-demain à 9h. Le 24 à 20h, Mathilde Panot sera au poste, faire mieux ! Faire mieux. Mais avec qui ? Mais comment ? Dix ans qu’il y a des membres de LFI, presque autant qu’elle est députée et depuis quatre années secrétaire de l’association La France Insoumise. La France insoumise c’est une association, figurez-vous. C’est sa seconde convocation au poste, l’occasion de parler de la campagne pour la présidentielle, du programme de son parti, de son organisation, de ses angles morts et de ses combats. Préparez thé et café glacé, il fera chaud et ce sera bien. C’est donc à 20h, le 24, je ne sais même plus quel jour c’est le 24. C'était mercredi, ouais c'était ça, mercredi soir à 20 heures. Eh attendez, ce n’est pas fini ! Je vous dis, c'était une semaine de dingue pour terminer la saison, avec le grand retour de Nora Bouazzouni qui invite Floriane Facchini. L’appétit vient en résistant. Résister en mangeant, goûter les paysages, boire un coucher de soleil, comment l’art permet-il de raconter la nourriture autrement, de faire corps avec le vivant et les territoires ? Ce sera jeudi à 9h. Voilà une semaine bien remplie, il y a aussi des choses prévues le 30 et après je vous dis on va se calmer hein, on va se calmer, on se détendre un peu, on va passer en mode enfin non en réalité, on va réfléchir, est-ce qu’on prend un nouveau studio ? On va changer la maquette d’auposte pour les lives. On va préparer notre participation d’observateurs, de mobilisateurs, de critiques solidaires ou non pour la présidentielle. Donc on va en fait beaucoup travailler cet été, mais on peut produire des émissions. N’empêche qu’on a besoin de soutien. Je vous le rappelle encore et toujours, vous êtes à peu près 500 abonnés aujourd’hui. 1000 abonnés, ce serait super. Je vous rappelle que ça commence à 2 euros par mois. Si vous voulez entendre des invités comme ceux de ce matin, si vous voulez qu’on continue, qu' on puisse continuer, qu' on puisse un petit peu étoffer, notamment les conditions techniques. Eh bien, force à vous, force à vous. Merci mille fois d’avance. Je crois que j’ai fait le tour. Je crois que j’ai fait le tour de la question. Je suis en train de regarder. J’avoue, il faut savoir terminer une matinale. La rubrique que vous attendez tous. Ici, Londres.
02:05:32Audio
Radio Paris ment, Radio Paris est allemand, Radio Paris est allemande, Radio Paris est allemande. La fortune vient en dormant. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage. De Marie-Thérèse à Marie-Louise, un ami viendra ce soir.
02:06:23David Dufresne
Ici Londres, les aupostiennes parlent aux aupostiens. Les aupostiens parlent aux aupostiennes, revue de presse Antifa. Trois mois de mairie RN, le bilan, c’est donc le magazine Les Jours, culture, associations contrepouvoir, les municipalités conquises par l’extrême-droite en mars, mènent des politiques agressives. Les Jours dressent le bilan. Ce qui se joue dans nos communes, c’est une offensive méthodique contre tout ce qui peut faire contre pouvoir. Les associations subventionnées sont passées aux cribles idéologiques. Certaines ont vu leurs financements coupés sans explication. Des programmations culturelles ont été annulées ou censurées. Des agents municipaux témoignent de pression. Des journalistes locaux rapportent des tentatives d’intimidation. L’extrême droite ne gouverne pas, elle occupe. Elle installe ses hommes, neutralise les espaces d’autonomie et teste en grandeur nature, ce que serait l’appareil d'État entre ses mains en 2027. Évidemment, on fera tout pour que ça n’arrive pas. Ce bilan de trois mois est à lire comme un document politique de première importance, pas comme un fait divers municipal, c’est à lire dans les Jours. Le maire de Carcassonne, je vous en parlais tout à l’heure, le maire dans ses œuvres.
02:07:59Audio
La propriété privée, c’est sacré
02:08:09David Dufresne
Voilà, Christophe Barthès, maire de Carcassonne, a lui-même filmé et diffusé ces images il y a quelques jours sur X. Un élu qui se met en scène, qui met en scène sa propre brutalité, qui en fait un spectacle, qui cherche à faire de l’expulsion forcée un moment de communication politique. Ce n’est pas de la gestion municipale, c’est du théâtre autoritaire. On cimente une porte devant des caméras qu’on a soi-même convoquées. La question n’est pas de savoir si l’occupation était légale ou non, c’est de comprendre ce que signifie politiquement transformer un acte de force contre des personnes vulnérables en clip de campagne. Barthès gouverne Carcassonne depuis mars, il prend ses marques, il cherche son image, il se voudrait le Trump local. Et l’image qu’il choisit, c’est celle d’un homme qui mure des portes devant ses administrés, c’est ça le RN. Pendant ce temps, en Belgique, et bien, des communes belges Wallonnes rompent avec les villes RN, notamment la ville de Huy en province de Liège et d’autres communes ont décidé de couper leur lien de coopération avec leur ville jumelée française désormais dirigée par le RN la décision est symboliquement forte, elle s’appuie sur une mémoire historique précise, la ville abrite dans son fort, une plaque commémorant la déportation de 273 mineurs français résistants à l’occupation nazie, envoyés dans des camps, la moitié n’est pas revenue, ce n' est pas une posture, c’est un choix politique qui est fait sous nos yeux. Pendant que les médias français continuent à se demander si le RN a vraiment changé, des municipalités belges ont tranché, on ne fait pas de partenariat avec des gens dont le parti a été fondé par des anciens de Vichy, des anciens de la division Charlemagne, des anciens de Waffen SS. Les effrontés de Perpignan, on termine là-dessus, c’est l’Humanité Magazine qui fait le portrait de ces effrontées collectives citoyens perpignanais qui luttent depuis l'élection de Louis Aliot à la mairie en 2020. Aliot les appelle le chewing-gum sous la semelle et c'était probablement le plus bel éloge qu’ils pouvaient leur décerner. Ces militantes et militants tiennent une opposition locale, visible et documentée. Dans une ville où le RN s’est installé en terrain conquis. Il dénonce ce qu’ils appellent des méthodes mafieuses de la mairie, clientélisme, intimidation, opacité, à l’heure où les nouvelles mairies RN font leur entrée dans le paysage politique français, on vient de le voir avec Les Jours. L’exemple perpignanais est précieux, il montre que la résistance est possible qu’elle s’organise, qu’elle dure, qu’elle exaspère suffisamment le pouvoir local pour qu’un maire daigne lui trouver un surnom. C’est à lire dans le magazine de l’Humanité, dans les pages Portrait, je crois que nous avons fait à peu près le tour.Voilà, chers camarades, voulez-vous qu’on reste un petit peu à discutailler ou est-ce que chacun va qu'à ses occupations comme vous voulez ? Sachant que moi, il faut que je prépare, j’ai deux lives cette semaine, dont celui avec Mathilde Panot. Va te reposer, très bien, très bien, je me tempère. Chers amis, on a une grosse semaine. On compte vraiment, on compte vraiment sur vous pour venir au Festival Le Frida, pour soutenir auposte pour nous faire connaître, pour suivre la chaîne et laisser des petits pouces et des machins, des commentaires. Vous savez que YouTube ne marche qu'à ça. Et puis, et puis, et puis pour ceux qui veulent et ceux qui peuvent de vous abonner. Il y a tout un tas de tarifs différents. Voilà, ça commence à deux euros par mois. Merci beaucoup à vous tous, je vais lancer les crédits et je vous dis à demain matin pour parler des romains, pour parler de Jeanne d’Arc, pour parler du roman national qui est massacré par les Laurent Wauquiez de ce monde, les Nicolas Sarkozy de ce monde, es Elon Musk de ce Monde, c’est donc l’historien Jean-Christophe Piot qui leur tord le cou à tout un tas de clichés autour notamment de la France. Vous allez voir, c’est drôle, c’est fin. Et c’est important, c' est important de savoir tout ça. Merci beaucoup à vous tous et à vous toutes. Merci, Mr Coltrane. Merci pour cette chouette matinale. Bonne journée. Donnelapapate que j’embrasse. Bonne Journée, les gens. Merci à tous la bise fraternelle, nous dit Samobivan. Merci. Bonne journée. Nous dit le petit vapophile Scoriapus. Hydratez-vous bien. Bonne semaine, nous dit Filsum, ça s’annonce savoureux, nous dis je ne sais plus qui, des poutous, nous dit la baguette marxiste, bonne journée à toutes et à tous, merci pour le live, merci à toute l'équipe d’auposte. C’est parti, j’envoie les crédits, à demain matin 9h.

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