Bolloré, le JDD, l’extrême-droitisation de la fabrique de l’opinion. Meeting en direct !
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Bonjour, bonjour tout le monde, bonjour tout le monde, nous sommes au Théâtre Libre, aux 7 rue de Strasbourg, à Paris, bonjour tout le monde, la salle se remplit, regardez, vous voyez ce bordel, la salle se remplit, voici la salle qui se remplit, bonjour à tous, Stream Sauvage, donc c 'est un petit théâtre de 900 places et il est bondé, il est bondé, ça a été fait en deux jours, les amis faites des captures d 'écran, partagez le live, l 'adresse qu 'il faut donner c 'est celle d 'Auposte, c 'est pas Twitch, c 'est celle d Auposte.fr slash live, alors figurez -vous les Twitchos, nous sommes au moins deux à streamer ce soir, celui qui est là sur scène, vous le voyez peut -être arriver, Jean Massiet, en fait c’est lui qui présente l 'émission et moi je la commente Nous sommes en direct de ce théâtre, le théâtre libre, c 'est donc Reporters sans frontières qui organise la petite soirée, il y a du beau monde,Voila celui qui va présenter, il s 'appelle Massiet Jean, il va commencer
Bonjour à tous, merci d 'être venu si nombreux,Nous sommes tous réunis ici ce soir dans l 'esprit de 1881. La liberté de la presse n 'appartient pas à un camp, elle n 'est pas l 'ennemi d 'un autre. Elle est un bien commun. Nous avons tout fait pour que ce meeting soit le plus transpartisan possible. Le combat pour la liberté de la presse ne doit pas être l 'otage de la pression. Nous sommes réunis ici dans l 'esprit de 1881, alliés à l 'esprit d 'un être là dans cette salle ce soir, c 'est un acte de courage. C 'est hallucinant de penser que c 'est un acte de courage pour certains d 'être ce soir dans une salle pour la liberté d 'opinion, pour le droit à l 'information.
Le système Bolloré, c 'est la domination de l 'opinion pure. La part dédiée à l 'énoncé des faits, le fondement de la liberté d 'opinion est réduit à la ponction en tout congru. Ce qui domine, ce qui prévaut, c 'est l 'intention commerciale, c 'est l 'intention politique, c 'est l 'idéologie, ça n 'est pas l 'obsession des faits. Nous serons à la rentrée au Conseil d 'État pour soutenir que l 'ARCOM doit mettre en œuvre le droit existant pour respecter les obligations des chaînes comme CNews. Face à l 'extension du domaine de Bolloré et de son emprise, nous devons opposer l 'extension de la lutte sans indépendance, pas de journalisme digne de ce nom, sans journalisme digne de ce nom, pas d 'information fiable, sans information fiable, pas de démocratie, pas de droits humains, pas de concorde civile, pas de liberté d 'opinion, pas de vraie citoyenneté. Merci pour votre mobilisation. Merci Christophe.
Jean -Pierre Canet est très défavorablement connu dans le service et l 'autre il est de Cash Investigation.
Nous recevrons la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, que j 'invite à rejoindre également. Marie -Lise Léon, secrétaire générale de la CFDT et Arié alimi pour le collectif Stop Bolloré. Jean -Pierre, Emmanuel, on va commencer par vous. On peut dire que vous, la méthode Bolloré, c 'est du vécu. Racontez -nous.
Ça fait un peu ancien combattant. C 'est 2015. Donc moi j 'étais rédacteur en chef à AKM, une agence de presse et une boîte de production qui produisait le grand journal La Canal Plus et on a donc produit le fameux documentaire sur le crédit mutuel. Vous connaissez les grands traits de l 'histoire. Simplement, le premier enseignement quand on a lancé cette enquête et qu 'on a senti l 'ascension arriver, on s 'est dit qu 'il ne fallait pas se taire. Donc on est là, très nombreux aujourd 'hui. Il ne faut jamais se taire face à Vincent Bolloré. Il faut immédiatement poser sur la place publique les tentatives de censure, les tentatives d 'intimidation qu 'il produit, qu 'il fabrique. Et évidemment, à propos de cette affaire du crédit mutuel, que nous avons porté sur la place publique en même temps, dans le même contexte, il y avait aussi l 'enquête de Tristan Walex sur un complément d 'enquête qui était attaqué. Et puis, un certain nombre de lois liberticides pour notre profession, pour la liberté de la presse, notamment l 'amendement puis la loi sur le secret des affaires. Tout ça a grandi ensemble à partir de 2015, entraînant donc un volet législatif et un volet entrepreneurial, puisque nous sommes des entreprises de presse, où la presse était attaquée. Et nous avons eu énormément de mal, même si nous l 'avons tout de même fait, à mobiliser la profession. Pourquoi ? Parce que la profession est souvent et tombe souvent dans le piège du débat bipartisan. On vient d 'en parler à l 'instant avec Christophe Deloire. Ce n 'est pas une affaire de droite et de gauche, c 'est une affaire de liberté de la presse. Et quand nous avons pris la parole dans les premiers temps pour dénoncer la censure de Vincent Bolloré, on nous a traités de gauchistes, on était les trublions. On n 'a pas compris le problème, en fait. Et à chaque fois, il y a eu une nouvelle étape, ITL, puis tout un tas d 'autres étapes.
J’ai oublié Bastamag tout à l 'heure mais on est là pour le JDD aujourd 'hui.
Et à chaque fois, les rédactions découvrent que le monstre qu 'on avait décrit, était réel. Donc il est temps que la profession se réveille. J 'insiste là -dessus,e pense que notre profession n 'est pas encore à la hauteur du problème, réellement. Il ne faut pas avoir peur, il faut prendre la parole. La Boétie est très à la mode en ce moment, soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libres. Je vous propose de réfléchir à ça et je vous propose avant de passer la parole à mon collègue Emmanuel Gagné pour parler des outils, puisque c 'est ça le sujet. Il ne faut pas faire des batailles aveuglément. Je vous propose donc de réfléchir à cette entreprise collective que nous devons mener ensemble et de trouver un moyen de nous connecter avec le public car nous ne sommes pas très populaires. C 'est très important que nous y parvenions. Et à défaut d 'un soulèvement de la terre, peut -être qu 'on va assister à un soulèvement de la presse. Ce serait pas mal.
Merci Jean -Pierre. Emmanuel, très rapidement, vas -y.
Bravo à RSF et à la rédaction du JDD d 'avoir mobilisé autant de monde ce soir.Ça prouve que ce quotidien compte, cette hebdomadaire compte. Mais, comme le disait Jean -Pierre, c 'est une histoire qui se répète. Il y a eu Europe 1, il y a eu Itele, maintenant le JDD. Et je pense qu 'il faut que ça cesse et effectivement, il faut qu 'il y ait une prise en compte collective des journalistes, une prise de conscience forte pour qu 'on mette en place, que l 'exécutif mette en place un certain nombre d 'outils pour que les rédactions ne subissent plus l 'intrusion des actionnaires. Des outils, il y en a. Des réflexions, il y en a eu. Je vois David Assouline qui a travaillé sur le rapport d 'enquête de la commission d 'enquête du Sénat. Julia Cagé qui est là également, qui a beaucoup travaillé sur les outils pour protéger les rédactions. Je pense que malheureusement, on l 'a vu, le constat, il est là. C 'est que les actionnaires ont de plus en plus de pouvoir. On parle effectivement de Bolloré, mais il y a eu aussi Arnaud qui a sorti le directeur de la rédaction des Échos. Et je pense qu 'il faut qu’aujourd’hui on réfléchisse à des outils pour protéger les rédactions. Le monde a mis en place des dispositifs. Et il faut que le législateur, il faut que l 'exécutif par la loi impose ces outils. Je pense que c 'est une urgence absolue pour la liberté de la presse, pour la démocratie. Merci beaucoup Emmanuel, merci. Je vais donner la parole à Sophie Binet, Marie -Lise Léon et Emmanuel Vire. Alors les organisations syndicales, je suppose que les pressions, les menaces, les procédures contre les journalistes qui travaillent dans le groupe Bolloré, ça vous préoccupe ?
Oui, totalement. Je crois que ce soir, les choses sont très claires. Pas question que le JDD finisse comme CNews ou Europe 1. La stratégie violente de Bolloré, on la connaît, elle a été résumée dans le film. Alors maintenant, il faut qu 'on réfléchisse ensemble pour adapter la stratégie. Je pense que la stratégie, elle repose sur deux points la première chose, c 'est qu 'il ne faut pas laisser les journalistes du JDD seuls. Il faut montrer que la situation du JDD, des journalistes et des salariés du JDD nous concernent toutes et tous. D 'abord parce que c 'est une question démocratique et parce que, comme syndicaliste, je suis bien placé pour le savoir, l 'information, c 'est pas la même chose que la propagande. Nous, la propagande, la communication, on en fait tous les jours. Vous, vous faites l 'information et on a besoin d 'avoir de l 'information. Je dirais que toutes les planètes sont en cours d 'alignement et c 'est un danger sur lequel il faut qu 'on puisse agir. Le deuxième point sur lequel je voulais insister, outre le fait qu 'il y a l 'exercice du métier qui est fondamental, c 'est la question du positionnement de la liberté de la presse et de la bonne condition pour pouvoir réaliser ce métier, c 'est que les médias sont un contre -pouvoir dont on a besoin aujourd 'hui en démocratie. Et pour la CFDT, on a déjà eu l 'occasion de le dire. La démocratie, elle est aujourd 'hui fragile, elle est ébranlée et on a besoin absolument de pouvoir réagir collectivement face à cette montée. Ça fait partie aussi des sujets sur lesquels la CFDT sera mobilisée pour pouvoir faire en sorte que à la fois, le JDD ne bascule pas en journal d 'opinion au service de certaines idées que nous combattons mais qu 'il puisse aussi y avoir cette pluralité et qu 'il puisse faire votre travail de journaliste dans des conditions qui permettent d 'avoir une véritable démocratie et de véritable contre -pouvoir comme on essaye de le faire à notre échelle.
Pour le SNJ CGT et juste après, Arié Alimi pour le collectif Stop Bolloré.J e vais demander à mes collègues de l 'Inter SyndicaleJournaliste parce qu 'on va lire notre texte à 4 voix juste un petit mois avant qui va dans le même sens qu 'a dit Christophe en introduction. Ça fait surtout plaisir de voir le monde qu 'il y a ce soir. Après l 'effet de sidération qu 'on a vécu, qu 'ils ont vécu, vraiment on croyait peut -être ne pas pouvoir remplir autant la salle et c 'est un bon point d 'appui pour eux et pour nous pour toute la profession. Merci à RSF évidemment pour l 'organisation. Donc on va vous lire un texte à 4 voix de l 'Inter Syndical qui regroupe les syndicats SNJ, SNJ CGT et CFDT journalistes. L 'heure est grave. On a eu quelques indiscrétions. La nomination de Geoffroy Lejeune menace directement l 'éthique et l 'indépendance journalistique. Son travail à valeur actuelle a montré combien les faits lui importaient peu et pouvaient être manipulés pour servir un agenda et un programme d 'extrême droite. Ce n 'est pas le rôle des journalistes de servir une stratégie politique. Il faut d 'abord bien sûr saluer la lutte exemplaire de nos collègues du JDD qui se sont levés de manière cardinal contre ce nouveau coup de force de Vincent Bolloré et d 'Arnaud Lagardère et qui, après l 'effet de sidération qui nous a toutes et tous saisis, ont décidé de mener le combat de manière responsable et déterminée. Un peu à l 'image de l 'épreuve de l 'information.
Moi je suis Manu Elah. Je travaille pour RFI, Radio France International. T 'as gardé ton badge, j 'ai gardé le mien, mais en fait je pense qu 'on devrait les enlever. Parce que aujourd 'hui le seul badge qui compte c 'est celui du JDD. On est là pour ça et je sais vraiment que les gens de la SDJ qui, comme tu le disais, ont eu le courage de se mobiliser depuis ce week -end et de nous mobiliser ce week -end et qui viennent nous rejoindre parce que je pense qu 'ils ont leur mot à dire. En tout cas, moi je ne parle pas au nom de la CFDT, c 'est pour ça que je cache mon badge aujourd 'hui. Je parle en leur nom et j 'espère ne pas trahir leur volonté. Maintenant je reprends la suite du discours. Qui disait donc que oui, c 'est un combat difficile car il se mène, alors que d 'autres batailles ont déjà été perdues face à la volonté de Vincent Bolloré de faire des médias qu 'il rachète une vitrine de ses idées réactionnaires. On pense bien sûr aux collègues d itélé, de Canal Plus, qui se sont révoltés, défendant l 'honneur et le sens de notre métier mais avec à chaque fois la même issue désastreuse. Les journalistes partent et leurs représentants membres de nos syndicats avec nos petits bras et votre force collective, on se charge de négocier ces départs du mieux possible mais partir n 'est pas la bonne solution. Résister, selon moi, est la bonne solution. Combien de temps cela va -t -il durer ? Comment est -il possible qu 'un directeur d 'une rédaction puisse être imposé alors que 99 % des journalistes de la même rédaction s 'y opposent ? Comment est -ce possible qu 'un autre milliardaire, monsieur Arnaud en l 'occurrence, veuille remettre en cause les garanties d 'indépendance du quotidien économique Les Échos obtenus de haute lutte LVMH en 2007 nommé à la direction éditoriale d 'Historia Franck Ferrand, un autre collaborateur de Valeurs Actuelles. Nous tenons aussi à saluer la lutte menée par la rédaction des Echos.
Bonsoir à tous, moi je suis Antoine Chusville du SNJ, je vais terminer ce message par un appel au gouvernement.Non Madame la ministre de la Culture, un tweet, ça ne suffit pas. Regretter la situation, être solidaire de l 'équipe du JDD, ce n 'est pas à la hauteur de l 'urgence. Quand l 'indépendance des rédactions est en jeu, quand la liberté de la presse est menacée, les paroles ne suffisent pas, nous exigeons des actes. Les dirigeants politiques qui soutiennent aujourd 'hui la rédaction du JDD, où sont -ils, où étaient -ils quand il s 'agit de voter des lois pour protéger les journalistes ? Aujourd 'hui il faut agir et vite. Cela fait des années que nous le réclamons. Il faut revoir de fond en comble la loi Bloch de novembre 2016 sur l 'indépendance des rédactions. Il faut accorder enfin un statut juridique
Et maintenant, quelqu 'un de très défavorablement connu des services, Arié Alimi et le collectif Stop Bolloré créé à la fin de l 'année 2021. C 'était pour lutter contre l 'hyperconcentration des médias, il y a seulement 2 ans. Comment a évolué la situation depuis ?
de mal en pis, parce qu 'il n 'y a pas que la presse et également l 'édition, le cinéma, tous les vecteurs culturels qui sont ultra concentrés. Et en fait, c 'est né d 'historiens, de citoyens, de journalistes, de syndicats de journalistes, d 'avocats qui interpellaient par l 'émission Face à l 'information, sur CNews, par les discours qui étaient véhiculés sur cette émission, notamment par Eric Zemmour, les discours d 'appel à la guerre civile, des discours de provocation à la haine raciale qui donnait lieu à des condamnations devant les tribunaux. On s 'est dit qu 'il y avait un vrai souci, mais on s 'est dit qu 'effectivement il y avait une concentration des médias qui en soi posaient un problème par rapport à la liberté de la presse et à l 'information des médias. Mais il y avait autre chose derrière cette concentration. Il y avait une stratégie, il y avait une volonté de Bolloré d 'instaurer autre chose, d 'instaurer une idéologie réactionnaire. Et donc on a appelé ça la concentration réactionnaire et cette concentration réactionnaire, elle bat son plein aujourd 'hui. Cette concentration réactionnaire, ça n 'est pas le simple fait d 'empêcher le pluralisme des médias. C 'est aussi de se servir des médias alors qu 'ils sont les vecteurs de liberté et de démocratie pour détruire la démocratie. C 'est qu 'en fait, grace aux médias acquis par Bolloré, il y a une volonté d 'instaurer une idéologie qui a pour but de détruire la démocratie. Et en soi, il y a effectivement quelque chose encore plus dangereux que la concentration en soi. C 'est pour ça qu’aujourd’hui évidemment on est en soutien au JDD parce qu 'on considère qu 'il y a une bataille du JDD qui est une bataille Et que si on perd cette bataille, d 'autres arriveront et progressivement la démocratie sera érodée. Aujourd 'hui, nous appelons évidemment les pouvoirs publics à agir et pas uniquement à se dire impuissant. Ce n 'est pas qu 'un problème capitalistique. Ce n 'est pas qu 'un problème d 'acquisition par un actionnaire de médias. C 'est un problème de démocratie et c 'est un problème que les pouvoirs publics peuvent gérer. Il y a énormément de choses. Il y a des possibilités de modification de la loi de 1986. Il y a des possibilités d 'action, de pression pour lui permettre de conserver l 'indépendance des médias et le pluralisme démocratique. Voilà pourquoi le collectif Stop Bolloré était là aujourd 'hui en soutien du JDD.
Merci Arie. Je vais vous inviter à quitter la scène. Je vais vous inviter à quitter la scène. On va enchaîner. Merci à tous et bravo pour votre mobilisation. On va enchaîner. Je vous propose que nous accueillions maintenant pour l 'Association au Journalisme des Citoyennes Frédéric Carbone pour l 'Association au Journalisme des Citoyennes T ainsi que Raphaël Garigos et Isabelle Roberts, les fondateurs du Média Les Jours. Formidable. Merci. Tenez, prenez ce micro -là.
Merci beaucoup.
En mars dernier, vous avez décerné le Grand Prix des Assises du Journalisme 2023 aux Sociétés des journalistes du JDD et de Paris Match pour leur lutte contre l 'Empire Bolloré et ses attaques contre la déontologie. Un grand prix qui n 'avait pas pu leur être remis vu le contexte de terreur. Et ce soir, c 'est vrai qu 'il y a beaucoup de gens de gauche. Effectivement, le bon endroit, le bon lieu. On aurait souhaité éviter cette occasion -là. Merci d 'abord à Frédéric Carbone de France Info d 'organiser cette soirée. Oui, quand on s 'était réunis avec Raphaël, Isabelle et les autres membres de ce jury -là il y a quelques mois, on n 'avait qu 'une hésitation, en fait, à remettre ce prix aux Sociétés des journalistes du JDD et de Paris Match et en se demandant si on n 'allait pas leur rendre la situation encore plus difficile en faisant ça. C 'est pour ça qu 'il n 'y avait pas eu de remise officielle ce jour -là. Mais ça nous paraissait absolument évident, indispensable et c 'était une forme d 'alerte qui était lancée. On ne savait pas que quelques mois après, il y allait avoir cet épisode qui nous réunit tous aujourd 'hui. Donc j 'aimerais d 'abord que montent sur cette scène parce que ce sont eux les plus importants, Juliette Demay et Bertrand Gréco de la Société des journalistes du JDD et Caroline Fontaine de la Société des journalistes de Paris Match. Et je vais vous laisser Isabelle, Raphaël dire un mot de pourquoi ça nous est apparu, aussi important que ce prix soit remis aujourd 'hui notamment.
Oui, quand les assises du journalisme nous ont fait le plaisir de nous demander d 'être leur présidente et président du jury cette année, nous nous sommes demandé quelle patte nous pouvions y apporter, ce que nous avions envie d 'y insuffler en tant que créateur des jours, un média indépendant et qui donc n 'est pas à la merci d 'actionnaires qui voudraient le mettre au service de leurs intérêts et de leur idéologie. C 'est pourquoi parmi les propositions pour le grand prix du journalisme, Michel Léridon, qui distingue chaque année là où le journaliste, le média, le collectif ou l 'action éditoriale qui a le mieux honoré, le mieux illustré les valeurs du journalisme, nous avons proposé, Isabelle et moi, que les Société des journalistes de Paris Match et du JDD soient nommés, et ensuite c 'est l 'ensemble du jury, à une quasi -unanimité je crois d 'ailleurs, qui a décidé de dresser un esprit. Alors les assises ont tweeté hier que ce prix était prémonitoire. Mais en fait c 'est pas le cas. Nous ne sommes pas voyants, on ne lit pas dans le marc du café d 'Arnaud Lagardère, ni dans les tripes de Vincent Bolloré, même si ce n 'est pas l 'envie qui nous en manque. En fait, on est journalistes et à ce jour, on travaille depuis plus de sept ans sur l 'emprise de Vincent Bolloré et la constitution de son empire médiatique, et on a vu, documenté, révélé sa destruction minutieuse de rédaction entière. Il y a eu Itélé, une rédaction qui est partie dans sa quasi -totalité, qui a été transformée en CNews, il y a eu le service des sports de Canal +, il y a eu Europe 1, avec une centaine de départs, lorsque la radio a été mise sous tutelle de CNews, il y a eu Prisma Media, il y a eu Paris Match, et aujourd 'hui c 'est autour du JDD. C 'est un système, en fait, désormais bien huilé, qui s 'appuie sur un épouvantail, dans le cas du JDD, c 'est Geoffroy Lejeune, qui représente une attaque en règle de la déontologie des journalistes et de l 'indépendance des rédactions. Il est destiné en bon épouvantail à faire peur aux journalistes, à les faire partir, pour faire place nette aux médias conformes à l 'idéologie de Vincent Bolloré. Et comme dans une rédaction, ce sont les sociétés des journalistes qui défendent ces valeurs -là, ce sont elles qui se retrouvent en première ligne.
Quand nous avons decerné ce prix, en mars, au SDJ de Paris Match et du JDD, elle n 'était donc pas présente pour le recevoir. Et c 'est Patrick Cohen, un ancien d 'Europe 1, un ancien de la SDJ d 'Europe 1, parti lors de la mise sous tutelle d 'Europe 1 par CNews, qui qui a accepté de recevoir ce prix en leur nom et alors il a dit cette absence elle témoigne des pressions des menaces et des intimidations subies je le dis moins bien que patrick cohen elle vise à protéger de l 'art employeur celle est ce dont nous avons voulu honorer le combat et au fond elle légitime et elle justifie cette récompense peine perdue une semaine plus tard caroline fontaine de la sdj de paris match était licencié n 'oublions pas ce scandale les membres des sdj ne sont pas des salariés protégés trois mois plus tard c 'est autour du jdd d 'être l 'objet de cette destruction massive de rédaction par vincent bouloret la terreur fait bouger les gens cette phrase vincent bouloret l 'a prononcé en 2015 au moment de sa prise de pouvoir sur le groupe canal plus pour expliquer la façon dont il venait de virer une bonne partie de l 'équipe dirigeante il serait temps que cette terreur nous fasse tous bouger pour que les journalistes qui se retrouvent face à vincent bouloret ne se battent pas c 'est pourquoi alors le point est pris des assis des journalistes voilà bien sûr qu 'on a le droit de se scandaliser on est bien d 'accord ici il ne s 'agit pas de ce soir de dire il s 'agit de dire à voler les deux merci pour ce prix
C 'est une soirée anti Bolloré le combat que match amené puisse exister aussi à nouveau ce qui l 'a été un peu marqué ces derniers jours mais ils y sont passés avant nous et voilà merci à vous tous je sais pas si on mérite vraiment ce prix mais en tout cas ça nous touche vraiment on est en train de vivre à un moment très particulier et le fait de voir tout le monde réuni ici en soutien c 'est pas facile mener quand même et quand je dis nous c 'est c 'est l 'ensemble de la rédaction on est tous unis on est vraiment une équipe qui qui avançons comme un seul homme et ça ça fait chaud au cœur comme comme la remise de ce prix comme votre présence ici donc pour vous explique c 'est une soirée qui a été organisée en 48 heures il y a 900 personnes dans la salle un peu plus
je voulais dire d 'abord évidemment merci pour ce magnifique prix que je reçois en mon nom et pas en suivi de la société des journalistes de paris match et je vais prendre quelques minutes je vais essayer d 'être assez rapide pour raconter mon histoire et je vous demande un peu d 'indulgence parce que c 'est un peu pour moi et je peux être encore un peu émue donc je voudrais aussi préciser que évidemment je parle en mon nom propre et ce que je vais vous raconter c 'est ma version à moi et elle n 'engage que moi donc je m 'appelle caroline fontaine j 'ai été licenciée de paris match il y a deux mois mon préavis vient de se terminer j 'ai passé 20 ans pour la plupart merveilleuse et ceux qui s 'y connaissent match savent à quel point c 'est un journal d 'une extraordinaire liberté un espace de liberté et il y a deux mois boloré et la garde air m 'ont brutalement ôté tout ça cette passion que j 'avais pour mon métier et aussi tout ce qui faisait mon quotidien uniquement parce que je me suis battu contre eux pour préserver justement ce qui fait de match ce magazine unique mélange de rêve et de drame humain de texte et de photos ce magazine vieux depuis bientôt 75 ans qu 'ils assassinent sournoisement et en conscience pour le mettre au service de leur idéologie réactionnaire et de leur intérêt privé je tourne à chaque fois vous le savez désormais c 'est la même méthode pour le même résultat et je remercie les anciens dits télés d 'Europe de canal qui nous ont raconté très en amont ce qui nous attendait bolloré sait que les sdj sont mal outillés pour faire face à ces attaques mal outillés et leurs élus qui sont bénévoles ne sont pas des salariés protégés nos amis des jours l 'ont rappelé alors c 'est par là qu 'il commence et pour nous ce fut une une en juillet dernier sur le cardinal un évêque réactionnaire une une en rupture complète avec nos traditionnelles une estivale une une qui n 'avait aucun sens à elle balancée de paris match et d 'ailleurs nos lecteurs bien si bien pas trompé une suivie rapidement du licenciement brutal de Bruno jeudi un rédacteur en chef très apprécié qui s 'était opposé avec d 'autres à cette une et pour le jdd vous le savez c 'est l 'arrivée d 'un mec viré carrément de valeur actuelle parce qu 'il était pas trop à l 'extrême à chaque fois l 'affront est tel qu 'ils savent que cela déclenchera les hostilités ceux qu 'ils attendent et c 'est ça qu 'ils attendent pour pouvoir à la fois identifier les meneurs la solidité de la rédaction mais surtout envoyer un message clair partez dépêchez vous que nous puissions enfin mettre des gens à nous à votre place après cette une après le licenciement de Bruno jeudi remplacé par Laurence Ferrari arrivée direct de ses news et une motion de défiance votée à 97 % par la rédaction ce fut pour nous de longs mois très violent de harcèlement et d 'intimidation nous avons voté cette motion de défiance fin août 2022 mais aussi des communiqués ou des lettres à notre direction qui ont toujours recueilli entre 93 % et l 'unanimité des votes et je précise que cela a toujours été fait dans les formes et par voie électronique sans aucune triche et qui sont restés toujours sans réponse nous avons alors sollicité des rendez -vous avec notre direction avec celle du groupe nous avons nous aussi rencontré Arnaud Lagardère à chaque fois pour rien eux n 'espérait que probablement essayer de nous endormir un peu mais nous n 'avons rien obtenu une question sur un comité que nous proposions nous inspirions de ce qui existe dans d 'autres médias comité éthique censé nous protéger des interférences de l 'actionnaire quand leur machine est lancée rien ne les arrête parce qu 'ils se savent au -dessus des lois ils m 'ont convoqué un entretien préalable de licenciement réplique à l 'envoi d 'une lettre à notre direction en février dernier voté par 93 % de la rédaction qui se désolidarisait d 'un édito de notre directeur Patrick maher qui l 'avait intitulé tentation totalitaire où il défendait ses news contre les supposées attaques de la ministre de la culture à leurs yeux probablement le courrier de trop il m 'a envoyé cette convocation alors que j 'étais depuis trois jours et pour la première fois de ma vie or un orteil cassé le covid en arrêt maladie la médecine du travail venait de monter alerter la DRH sur les traitements indignes que je subissais les syndicats avaient fait de même des traitements que je subissais mais je n 'étais pas seule il y avait aussi ma collègue mon ami qui elle -même élue au bureau de la SDG Mariana Gripinet et la rédaction venait de voter à 100 % un texte qui s 'indignait des intimidations dont nous étions les victimes si beau lauré avec anneau la garde d 'air mais aussi Patrick maher caroline mangesse Laurence Ferrari parce qu 'il ne faut pas oublier les complices actifs de sa politique mon licencié ce n 'était pas juste pour se débarrasser de celle dont il pensait à tort ou à raison car notre bureau était un collectif soudé qu 'elle était la meneuse c 'est surtout parce qu 'il voulait envoyer un message très clair à la rédaction personne n 'est à l 'abri pas même un membre élu du bureau de la SDG alors ayez peur taisez -vous et partez au plus vite pour qu 'on puisse en faire une société des journalistes et détruire l 'identité ancienne de ces médias comme c 'est déjà le cas malheureusement à ces news et Europe en me licenciant j 'ai bientôt fini Bolloré et les siens veulent faire passer un autre message et leur message est tout aussi clair il montre qu 'ils sont au dessus des règles et des lois qui protègent les salariés et la liberté d 'expression des journalistes et c 'est vrai aujourd 'hui en France Bolloré peut virer en toute impunité une élue du bureau de la SDG sans que les pouvoirs publics s 'en émeuvent et si à match la rédaction a voté un communiqué là encore à 100 % dénonçons mon licenciement si plus de 40 SDG ont écrit une tribune sans indignant j 'ai été abasourdi par le silence des responsables politiques car ce coupable silence ouvre la voie à tous les abus et d 'autres s 'y engouffrent déjà on le voit aujourd 'hui aux échos or en s 'attaquant en toute impunité aux journalistes c 'est à nous tous citoyens que l 'on s 'attaque je demande donc comme vous tous au pouvoir public à ceux qui nous gouvernent qu 'il se décide enfin à protéger avec des lois adaptées nos médias notre indépendance éditoriale et notre liberté d 'expression enfin pour finir je voulais juste dire que j 'avais passé 20 années magnifiques à sillonner le monde et la France que j 'avais fait des portages dangereux d 'autres qui avaient été émotionnellement très durs et pourtant les gens mes chers confrères j 'ai presque fini désolé
Merci beaucoup ça me fait plaisir donc je voulais dire que malgré tout ce que j 'ai couvert malgré les horaires et les drames humains que j 'ai couvert et ben en fait ce que Bolloré et les siens m 'ont fait beaucoup plus de mal que tout ce que j 'ai couvert dans ma vie professionnelle et ce n 'est pas aussi facile que l 'on croit de se relever de cette brutalité et même si je n 'en suis probablement pas encore au bout je connais désormais le prix à payer pour s 'opposer à Bolloré et pourtant malgré tout ça malgré la violence de mon offus en ciment je vous dis à toutes et à tous qu 'il faut se battre sans peur qu 'il faut continuer cette bataille parce qu 'elle est crucial pardon la digue prend l 'eau de toutes parts merci Juliette et on essaye avec nos petits bras de colmater les brèches et quand l 'une est colmatée deux autres prennent l 'eau et malgré tout il faut se battre et continuer à tout prix à colmater avec nos petits bras les énormes trous qu 'enfant Bolloré et les autres avec leurs machines ce qui est en jeu ici ce n 'est pas juste et pourtant ça serait déjà beaucoup l 'indépendance de certains médias mais c 'est de notre démocratie dont il s 'agit avant de terminer je voudrais ajouter une dernière chose si je suis là aussi aujourd 'hui si j 'ai cette liberté de pouvoir témoigner devant vous c 'est parce que je refuse de négocier et je sais que ce n 'est avec évidemment avec le complet gardère et je sais que ce n 'est pas facile et pas possible non plus pour tout le monde mais je vous dis à vous tous ici l 'importance d 'aller au prud 'homme c 'est une étape nouvelle et radicalement différente qui est très demandeuse en énergie et soumise à la rigueur la lenteur et l 'aléa de la justice mais qui se situe dans le prolongement naturel du combat si on veut aller au bout tenter de faire connaître les vraies raisons du licenciement pour soi -même mais aussi pour le collectif à match depuis le licenciement de Bruno jeudi l 'été dernier près de 25 personnes sont partis la plupart en silence et c 'est aussi ce silence qui nous tue alors criez résistez battez vous ne lâchez rien et courage à vous
Voilà alors quelqu 'un dans le chat a demandé qui parlait c 'est caroline la trentaine qui était donc une des responsables de la société des journalistes de Paris match et qui a donc raconté comment elle a été elle a été bien les amis on est d 'accord génial comme journaux c 'est pas le problème c 'est pas le problème je voulais juste dire qu 'on a tous conscience que aujourd 'hui c 'est formidable qu 'il y ait autant de monde qui soit venu en aussi peu de temps ce soir mais c 'est demain après demain dans les jours dans les semaines qui viennent que ça se joue pour autour des confrères du journal du dimanche notamment et que j 'ai qu 'un vœu c 'est que pour les prochaines assises du journalisme au printemps prochain on puisse faire une encoche sur notre principe qui est de ne jamais remettre le prix deux fois de suite à la même personne ou même collectif et qu 'on remette le prix à la société des journalistes du JDD parce qu 'ils auront gagné ce combat avec vous et avec nous aussi merci
Frédéric merci beaucoup et merci à vous d 'être aussi nombreuses et aussi nombreux ce soir merci à vous de nous suivre toujours plus nombreuses et plus nombreux également sur internet sur la page Facebook de reporter son frontière rejoignez là si ce n 'est pas déjà le cas bonjour à vous aussi qui nous regardez sur twitch chez David Dufresne sur sa chaîne ou sur la mienne vous êtes de plus en plus nombreux et ça aussi ça fait chaud au cœur
je vous propose non je voulais vous parler il vient de publier un livre tout entier consacré à Vincent Bolloré sans jamais que son nom ne soit prononcé l 'ogre c 'est le titre de ce livre l 'académicien économiste Eric Orsenna n 'a pas pu être parmi nous ce soir mais il a tenu à participer nous l 'écoutons
Bonjour à tous j 'aurais vous imaginez bien était très heureux d 'être avec vous malheureusement je ne peux pas et pour la plus valable des excuses je suis à une librairie devant des lecteurs donc au fond c 'est le même sujet alors j 'écris un petit texte puisque c 'est ma manière moi d 'être en colère c 'est d 'écrire des textes voilà le texte il faut se méfier avec les ogres certains ne se contentent pas de dévorer derrière leur appétit se cache un projet un projet qui le plus souvent n 'est pas une bonne nouvelle depuis longtemps avec l 'ogre que nous célébrons ce soir depuis longtemps les preuves s 'accumulaient les renvois les censures les servitudes on ne voulait pas y croire on applaudissait au dynamisme on expliquait le muselage par un mot magique la synergie et la nécessité très moderne de s 'ouvrir à l 'international on ravalait les hauts le cœur devant ces plateaux quotidiens servant la soupe à des candidats haineux la nostalgie de titres légendaires ravalé à des gazettes people rappelez -vous le temps jadis celui du poids des mots et du choc des photos cette fois le doute n 'est plus permis derrière l 'appétit de l 'ogre s 'affirme sans vergogne son projet travail famille patrie ça vous rappelle quelqu 'un plus que jamais nous avons besoin de journalistes car plus que jamais nous avons besoin de vérité qu 'est -ce que la démocratie finalement sinon un régime où l 'on accepte la vérité et jamais jamais la vérité dans un monde de plus en plus complexe jamais la vérité n 'a été si difficile car si coûteuse à obtenir jamais la vérité n 'a eu autant besoin de liberté ce qui se joue en ce moment jdd c 'est l 'avenir de la liberté donc l 'avenir de la vérité nous y trompons pas un mal déjà progresse pire que la censure car plus silencieux plus insidieux ce mal s 'appelle l 'auto censure protester hélas et nécessaire mais j 'ai bien peur que ça ne servira pas ça ne sera pas suffisant il devient urgent de s 'unir tous et toutes pour définir ensemble un nouveau contrat entre la presse et notre société
Merci, merci Eric Orsenna je vous propose d 'accueillir maintenant Julia Cage professeur d 'économie au département d 'économie de Paris présidente d 'un bout des médias Julia Cagé bonsoir on a beaucoup je vous invite à vous rapprocher on a beaucoup parlé des problèmes ce soir vous avez beaucoup travaillé sur le sujet de la concentration des médias de leur modèle économique il y a -t -il des raisons de se dire qu 'il n 'y a pas de fatalité et qu 'il y a un remède à ce mal
je pense qu 'il y a deux raisons de se dire que vous êtes tous ce soir et puis je pense que la deuxième raison c 'est le fait qu 'on vient d 'entendre Caroline Fontaine nous raconter ce qui se passe année après année en fait depuis 2015 et depuis la prise de contrôle par Vincent Bolloré d 'abord d 'ITele puis d 'Europe 1 puis des magazines du Prisma puis de Paris Match plus le JDD donc moi la première question que j 'ai envie de poser ce soir elle est toute simple elle est où la ministre de la culture je me demande elle est où à priori elle aime bien venir dans les théâtres et saisir un micro pour improviser un sketch là moi ça m 'aurait fait plaisir parce que la ministre de la culture c 'est pour vous donner l 'état de la démocratie dans laquelle on vit elle s 'est levée dimanche matin alors elle est allée acheter et elle a vu qu 'il n 'y avait pas le JDD dans les kiosques elle a tweeté c 'est dommage il n 'y a pas le JDD elle aurait pu tweeter aussi je suis allée chez le boulanger il n 'y avait pas de croissants j 'ai pris un pain au chocolat c 'est dommage il n 'y a pas le JDD et après elle a continué son tweet elle a dit c 'est dommage mais on ne peut rien faire dans l 'état de droit alors j 'aurais rappelé un certain nombre de choses que l 'on peut faire dans l 'état actuel du droit français qu 'on devrait faire dans l 'état actuel du droit français et que personne ne compte de ne pas faire aujourd 'hui ça première chose vous avez des aides à la presse qui garantissent l 'équilibre économique des médias et c 'est une excellente chose ces aides à la presse elles garantissent également l 'équilibre économique des titres qui sont possédés par Vincent Bolloré aujourd 'hui il est nécessaire de conditionner ces aides à la presse proposition toute simple pour pouvoir bénéficier alors on peut le faire techniquement pour la ministre de la culture au cas où elle n 'a pas pris de notes donc pour pouvoir bénéficier de l 'attribution d 'un numéro de CPPAP donc c 'est à dire notamment de la TVA à taux réduits et des tarifs postaux privilégiés pour pouvoir en bénéficier il faut qu 'un actionnaire propriétaire de son média donne la garantie aux journalistes qu 'ils puissent valider le choix du directeur ou de la directrice de la rédaction par 50 % des voix voilà ça c 'est pas très compliqué et je vais même vous dire à quel point c 'est pas compliqué jusqu 'il y a deux ans parce qu 'ils sont nombreux les combats pour les médias malheureusement jusqu 'il y a deux ans et jusqu 'au combat entre Reworld Media et la rédaction de Science et Vie la rédaction de Science et Vie finalement ils ont dû quitter Science et Vie et heureusement ils ont eu la chance de créer un autre média Epsilon jusqu 'il y a deux ans pour avoir les aides à la presse il n 'y avait aucune conditionnalité en terme de nombre de journalistes donc vous pouviez être un média bénéficier de la TVA à tout réduit et avoir zéro journaliste on s 'est réveillé alors un peu tard je pense que la plupart d 'entre vous vous étiez dit peut -être que dans les années 70, 80, 90 on avait pensé à l 'idée d 'avoir un journaliste pour bénéficier des aides à la presse on s 'est réveillé tard mais on l 'a fait voilà il y eut ce changement législatif qui a été fait il y a eu une mission flash qui avait été donnée à l 'époque à Laurence Franceschini qui a dit voilà comment on va le faire c 'est passé dans la loi et aujourd 'hui vous ne pouvez pas bénéficier des aides à la presse sans avoir de journalistes ben demain il pourrait y avoir une mission flash à vrai dire il n 'y a vraiment pas besoin d 'une mission c 'est une ligne de loi et on conditionne l 'attribution des aides à la presse et là c 'est à minima à la validation par le directeur ou la directrice de la rédaction à la validation par les journalistes du choix du directeur ou de la directrice de la rédaction puis on va aller un tout petit peu plus loin on va quand même faire pareil pour l 'attribution des fréquences audiovisuelles notamment CNews parce que pareil tout à l 'heure on mentionnait Vincent Bolloré CNews, le rôle de l 'ARCOM aujourd 'hui vous avez des contrats qui lient les éditeurs ce qu 'on appelle les éditeurs des chaînes dans l 'occurrence Vincent Bolloré ça lie les éditeurs au, à l 'ARCOM ben dans ces contrats -là aujourd 'hui vous n 'avez aucune mesure en terme de gouvernance démocratique des médias et ça c 'est pas normal donc on a deux outils entre les mains l 'attribution des aides à la presse l 'attribution des fréquences audiovisuelles publiques il est quand même facile de s 'en saisir et je veux juste finir en disant un tout petit mot parce que ça fait plaisir de voir qu 'il y a aussi des politiques dans la salle engagez -vous sur ces questions encore plus que jusqu 'à présent déposez des propositions de loi déposez des projets de loi saisissez -vous de vos fenêtres parlementaires c 'est pas très sexy de faire des propositions aujourd 'hui sur l 'indépendance des médias pour la raison que rappelait tout à l 'heure Christophe Deloire le baromètre de la presse, les journalistes ne sont pas très populaires mais nous si on a pas de journalistes on a pas d 'informations c 'est pas très facile pour les politiques de se saisir de ces questions -là parce que aujourd 'hui vous vous mettez à dos l 'empire Bolloré, ben vous vous mettez à dos d 'un mot de fin politique des magazines les propositions dont on parle là, c 'est pas simplement à Vincent Bolloré qu 'elles vont pas plaire la validation du directeur ou de la directrice de la rédaction par les journalistes c 'était un droit qu 'ils avaient eu aux échos il n 'y a pas si longtemps et puis c 'est un droit qu 'on vient tout juste de piétiner donc aussi à tous les politiques qui sont là, liez -vous les mains par rapport à cette question utilisez vos fenêtres parlementaires posez des projets de loi mettez en place une réforme ambitieuse des aides à la presse prend la réforme de 86 je pense que fondamentalement il n 'y a plus rien à en sauver on la met à la poubelle on réécrit une réforme qui garantit l 'indépendance des médias à zéro et ça ben franchement en fait comme politique il n 'y a que vous qui pouvez le faire comme journalistes, je pense que là les journalistes ils font quand même largement leur boulot parce que tous les journalistes qui sont ici dans la salle de Paris Match du JDD notamment, Caroline a nous raconté le système ben en fait c 'est leurs postes qui sont en train de mettre en péril pour défendre la liberté de nous informer donc c 'est aussi aux politiques de prendre leurs responsabilités et franchement Madame la ministre de la culture cette réforme elle est simple à faire elle n 'est pas compliquée, ça ne prend pas beaucoup plus de temps que d 'écrire un tweet donc s 'il vous plaît, contre Bolloré agissez, merci
alors évidemment dès qu 'on sort des journalistes qui parlent des journalistes c 'est un peu plus cinglant donc évidemment ce soir c 'est un peu une soirée peu connue on va dire il y a également Muriel Magnier et Orsola dans le genre il va falloir protester je vais commencer par le témoignage d 'Adeline Fleury j 'écris depuis que je sais lire j 'écris j 'écris car j 'ai du mal à décrire à voix haute ma pensée mes émotions et ma sensibilité j 'écris car c 'est ma manière à moi d 'être au monde et d 'être libre et si je suis romaine j 'écris car j 'écris car j 'écris car j 'écris car j 'écris car j 'écris car j 'écris la transmettre et la réfléchir je ne savais pas que j 'avais ce potentiel en moi un jour un rédacteur en chef d 'un grand hebdomadaire national a su déceler cette aptitude j 'étais une toute jeune fille 20 ans à peine et j 'entrais au stage dans ce grand journal que mon père lisait tous les dimanches j 'étais une toute jeune fille intimidée et facilement intimidable et pourtant ce rédacteur en chef et son équipe m 'ont tout de suite fait confiance m 'envoyant avec ma voix peut affirmer ma frêle silhouette j 'avoue que c 'est un peu du niveau de un matin d 'août sur la selle d 'une moto agrippé au dos d 'un photographe chevronné filant à vie allure vers une banlieue ou une prise d 'otages sanglantes dans une banlieue j 'ai toujours là toutes mes peurs et inhibitions pour amener le plus d 'informations à la rédaction ce jour -là je devenais reporter ce jour -là j 'avais trouvé ma place et j 'avais la prémonition que je passais des années 13 ans de grand guiseau national intitulé le journal du dimanche le JDD est vite devenu bien plus qu 'un employeur au gré des reportages et des rencontres il a été mon école de journalisme j 'y ai tout appris de la brève au portrait en passant par l 'enquête et les faits divers et au contact des journalistes talentueux au caractère souvent bien trempé il est devenu mon école de la vie avec des larmes un peu des rires beaucoup et des coups de gueule passionnément une équipe qui malgré les tensions les différences de milieux et d 'opinion ce qui est intéressant c 'est que le monde du journalisme est un monde concurrentiel une équipe derrière des valeurs fortes de tolérance et de liberté laissant toute sa place et aussi à la nuance armée indispensable au dialogue constructif et à l 'action collective nuance, tolérance liberté ces 3 valeurs sont aujourd 'hui en danger menacé plus que jamais par une idéologie nauséabonde prête à balader 'un journal et piétiner nos valeurs républicaines ce qui est marrant c 'est que le monde du journalisme est un monde extrêmement concurrentiel très dure concurrence aux scoops aux sources dans le monde du journalisme à la mise en place dans les kiosques etc et là ce soir il y a une forme de cumulisme qui montre à mon avis la prise de conscience notamment à droite du danger il fallait c 'était hors sujet il y a plein de gens différents la dame qui lit c 'est une comédienne c 'est pas elle qui a écrit je vous la remets le personnage qui lit le JDD laisse les champs ouverts tout est possible il a des recoins à surprise on ne le catégorise pas on peut éventuellement dire qu 'il n 'est pas snob on peut éventuellement dire qu 'il lit le JDD et autre chose avec un personnage qui lit le JDD on déplie les classes sociales les âges je disais quand il parle du JDD on dirait qu 'il parle des journaux du dimanche il y a 20 ans ou 30 ans parce que ça c 'est quand même bon
Donc juste après il y a des vidéos qui sont prévues ça s 'appelle séquence politique 5 fois 3 minutes je ne vois que le nom de Assouline, David je ne sais pas quels seront les autres voilà là c 'était la séquence C 'est la République merci Florence je vous propose maintenant d 'accueillir sur scène des responsables politiques comme Christophe Deloire l 'a indiqué tout à l 'heure les invitations ont été lancées à droite comme à gauche par ordre alphabétique j 'invite à me rejoindre David Assouline sénateur de Paris, rapporteur de la commission d 'enquête sénatoriale sur la concentration des médias Clémentine Autain député de la 11ème circonscription de Seine -Saint -Denis LFI Nupes Laurent Esquenegox député Modem, membre de la commission des affaires culturelles et de l 'éducation Violette Spillebout députée du Nord, renaissance qui vient de remettre un rapport sur l 'éducation aux médias et Marine Tondelier secrétaire nationale d 'Europe Ecologie Les Verts Alors David Assouline on va commencer avec vous vous avez été, je l 'ai dit, rapporteur général de la commission d 'enquête sénatoriale sur la concentration des médias vous avez auditionné Vincent Bolloré c 'était en janvier 2022 on regarde un extrait et on revient dessus
Vous n 'intervenez pas pour imprimer cette marque dans les rédactions vous n 'exercez pas aussi à travers cette puissance médiatique l 'intérêt économique que vous avez par ailleurs, ça n 'a jamais été mis au service de vos activités économiques que j 'ai cité par ailleurs Sur la question de l 'intervention, comme vous savez monsieur le rapporteur puisque vous m 'avez posé déjà la question il y a 5 ans, ce sont les deux ou trois mêmes histoires qui se répètent indéfiniment, le crédit mutuel et autres histoires de la même nature
Voilà l 'extrait que nous avons choisi David Assouline, comment réagissez-vous réagissez quand vous revoyez cet extrait ?
Il a menti il a menti pendant toute son audition c 'est pas là qu 'il ment le plus d 'ailleurs parce que ce qui se passe là c 'est pas seulement une concentration économique ça a été dit c 'est un prédateur, il prend par sa puissance financière, économique des médias il agrandit son empire d 'autres le font et il faudra bien aussi légiférer pour limiter ces concentrations économiques parce qu 'elles sont en soi dangereuses, c 'est plus compliqué mais il faudra le faire parce que les concentrations sont limitées par une loi de 86 mais n 'existait pas le net le numérique, aujourd 'hui vous avez des propriétaires qui sont sur toute la chaîne de création de la valeur jusqu 'au tuyau qui emmène l 'information chez vous de la production, de l 'édition de la diffusion et ça c 'est un phénomène qui n 'était pas prévu dans la loi de 86 puisque n 'existait pas le net donc ce n 'est pas qu 'une concentration économique avec Bolloré on assiste à un empire au service d 'une idéologie et d 'une idéologie d 'extrême droite qui prône la haine raciste qui est homophobe qui est sexiste et qui se met en marge de toutes les valeurs de la République alors dans les médias audiovisuels pour avoir une fréquence c 'est interdit d 'être une chaîne d 'opinion on dit qu 'il doit y avoir le pluralisme interne, c 'est à dire que chaque chaîne qui a une fréquence doit pouvoir sur sa chaîne exprimer l 'ensemble des opinions et pas être au service d 'une opinion donc déjà il contrevient avec CNews à cela et il faut que l 'Arcom au delà des sanctions qui deviennent de plus en plus lourdes et les outils pour retirer un agrément si de façon répétée ou en tous les cas manifeste il y a changement de nature de la convention il y a un rendez -vous pour l 'Arcom avec Bolloré il va y avoir là la reconduction pour CNews, etc. et on va voir ce que va faire l 'Arcom l 'Arcom peut très bien ne pas reconduire sur la base du bilan des années qui se sont écoulées où il y a eu cette répétition sur la presse écrite puisqu 'on parle du JDD c 'est plus compliqué parce que c 'est le pluralisme externe, c 'est à dire que c 'est par la multiplication des titres que le pluralisme existe et les journaux peuvent être des journaux d 'opinion la preuve, ceux qui sont le plus clairement d 'opinion, tous les cas qui le revendiquent l 'humanité, on dit il y a des journaux de gauche après on peut dire est -ce qu 'ils sont vraiment de gauche mais il y a Le Monde, il y a Libé et puis il y a des journaux de droite il y a le Figaro, tout ça fait un pluralisme mais nous avons franchi un seuil là dans la provocation de Bolloré c 'est que non seulement il se saisit d 'un média mais d 'un média de presse mais il rompt le pacte issu de la libération qui était que ce pluralisme existait dans le champ des valeurs de la République et que le reste était cantonné à des feuilles de chou à des feuilles de propagande d 'extrême droite et la banalisation qu 'il y a dans toute la société vient maintenant interférer dans ce qui vient de se passer avec Bolloré parce qu 'il n 'aurait pas pu faire ça, Hersan et d 'autres ont pris de la presse mais n 'aurait jamais osé nommer à la tête d 'un grand journal de références qui peut plaire ou pas plaire, qui a pu être considéré comme de droite ou favorable au gouvernement, c 'est pas le sujet le sujet c 'est que ça restait dans un champ et nommer un propagande d 'extrême droite qui prône la haine raciste et qu 'il a prouvé en dirigeant Valeurs Actuelles avec des unes à répétition qui étaient des appels à la haine et donc là maintenant le sujet c 'est de pouvoir légiférer pour empêcher un empire idéologique. Moi j 'ai entendu les propositions, je sais que j 'ai fait six propositions depuis que je suis sénateur de loi sur l 'indépendance des rédactions sur la limitation des concentrations mais pour que les lois soient votées, il faut des majorités et il n 'y a pas eu encore de majorité pour dire des choses plus claires que ce qu 'on a essayé de faire avec la loi Bloch qui s 'est révélée insuffisante mais qui a quand même permis des choses. Je pense que les rédactions aujourd 'hui doivent, il doit y avoir une étanchéité entre les groupes d 'actionnaires propriétaires et les rédactions. Par un fait simple, Julia a dit 50 %, on peut même aller à 60 % parce que c 'est le monde 60 % et aux JDD, ils sont 98 % contre la nomination donc il y a un droit de veto une possibilité pour une rédaction de refuser la proposition de l 'actionnaire voilà ce que l 'on peut faire. On va en parler des propositions avec Clémentine Autain à qui je vous invite à donner le micro
Clémentine Autain, Julia Cagé a demandé tout à l 'heure à ce que la loi intervienne. Vous avez déposé une proposition de loi contre la concentration des médias et dans une tribune publiée dans Le Monde c 'était en fin d 'année dernière, vous parliez des empires médiatiques comme celui de Bolloré qui dévorent notre démocratie. Alors vous proposez quoi ?
Bonsoir à toutes et tous, d 'abord je veux dire que je suis ici ce que je viens de défendre ici avec mes collègues de la NUPES je vois qu 'il y a Alexis Corbière, Éric Coquerel, Sophie Taillé -Polian des collègues députés de la NUPES et sans doute d 'autres qui sont là ici. Ce que je viens de défendre c 'est un principe et ce principe c 'est la liberté de la presse et quand on le défend, on ne doit pas le défendre à géométrie variable et bien que le journal du dimanche est souvent la dent dure avec ma famille politique et un point de vue souvent en marche je veux sérieusement sincèrement saluer, tirer mon chapeau à la rédaction qui s 'est levée à son sursaut au moment de la sidération qu 'a suscité la nomination de Geoffroy Lejeune.Je le fais parce que l 'information, ça a été dit, mais il faut le redire, ce n 'est pas un bien comme un autre, c 'est un bien public, c 'est un bien essentiel et aujourd 'hui nous voyons bien qu 'avec tous ces empires qui se sont constitués il est menacé, cette information est menacée parce que l 'empire Bolloré ça a des incidences qui sont des incidences très concrètes sur la qualité même de l 'information à chaque fois qu 'il passe dans une rédaction le nombre de journalistes diminue la précarisation est importante, il y a souvent de la sous -traitance, l 'information est de moins en moins importante, c 'est de plus en plus l 'opinion qui vient là, il y a de la censure, de l 'autocensure, je ne fais pas toute la liste, mais ça contribue à façonner le monde dans lequel nous sommes et ce monde là, il nous éloigne de la démocratie parce que l 'information de qualité c 'est essentiel pour la démocratie, parce qu 'elle façonne notre regard sur le monde, parce qu 'elle fait que les citoyennes et les citoyens s 'engagent ou se désengagent, en tout cas qu 'ils ont les outils pour savoir comment s 'orienter dans le monde dans lequel il est, pour se forger soi -même une opinion, donc c 'est essentiel et aujourd 'hui qu 'un milliardaire puisse décider du contenu, faire la loi dans une rédaction, et bien c 'est tout simplement inacceptable en démocratie, alors que faire, j 'y viens tout de suite parce que ce que je veux défendre ici c 'est l 'idée que la loi peut faire quelque chose, et moi j 'ai été comme Julia Cagé, très énervée, très en colère, suite aux tweets de la ministre de la Culture qui s 'alarme, elle s 'alarme, mais c 'est bien de s 'alarmer, mais quand on a le bouton pour appuyer pour calmer le jeu, normalement c 'est pas très compliqué de faire quelque chose, parce que si Vincent Bolloré peut avoir l 'empire médiatique qu 'il a, et faire ce qu 'il fait aujourd 'hui, comme il a fait hier à ITL, à CNews, à Europe 1, et j 'en passe, et aujourd 'hui au JDD, c 'est parce que la loi lui permet de le faire, et donc ce que nous devons faire c 'est que la loi ne permette pas un milliardaire de décider à la place d 'une rédaction, et ça c 'est pas compliqué. C 'est pas compliqué. Et je vous annonce, et donc je vous annonce très simplement ici, que nous, députés de la NUPES, sommes en train, là, demain, sans doute, je pense qu 'on aura terminé de déposer la loi qui va totalement dans le sens de ce qu 'expliquait tout à l 'heure Julia Cagé, qui revient à une forme de possibilité de la rédaction, d 'avoir le mot final sur la nomination du rédacteur en chef, et ça, il le faut, et il y a des biais concrets dans le cadre, en effet, du régime constitutionnel qu 'on a de pouvoir le faire, mais je pense qu 'il faut aller plus loin, et nous y travaillons pour avoir une loi beaucoup plus complète sur la lutte contre la concentration dans les médias. Et j 'ajoute un point sur ce que nous faisons, c 'est aussi la question des états généraux de l 'information. Parce que franchement, on attend Godot, souvent sur scène, mais les états généraux de l 'information, ça ressemble vraiment à Godot. Et moi, je vous dis, s 'ils ne sont pas capables de le faire, pourquoi est -ce que nous, on ne le fait pas, avec un contenu qui serait le contenu que nous voulons, transpartisan, effectivement, mais qui garantisse véritablement cette liberté de la presse. Un dernier mot pour vous dire que ce que je défends ici aussi, c 'est un combat, le combat contre l 'extrême droite. Il faut le prendre très au sérieux. Évidemment, l 'extrême droite, aujourd 'hui, ce n 'est pas égal au fascisme, mais l 'extrême droite porte en germe dans son projet le fascisme. Et donc, il faut que chacune et chacun mesure ce dont il est question avec cette nomination et avec le fait qu 'aujourd 'hui, l 'extrême droite, elle est en train de faire son lit dans les institutions et dans les grands médias, et ça, ça n 'est pas acceptable. Alors, je termine d 'un mot avec Bertolt Brecht en vous disant que la seule solution, c 'est de lutter. Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner, mais ceux qui ne luttent pas, ils savent qu 'ils ont déjà perdu, vous savez ce qu 'il reste à faire.
Merci Clémentine Autain. Là, nous avons sous les yeux une ingérence par l 'argent en France. Quelle est votre réaction ? Merci beaucoup.
Comme vous le savez, j 'ai finalisé la commission d 'enquête sur les ingérences étrangères par la tradition de Malm -Le Pen. Alors, ce n 'est pas tout à fait la même équipe que celle autour de Bolloré, mais bon, c 'est un peu la même mouvance. Et donc, avec des objectifs similaires. Donc là, on est aussi dans une forme d 'ingérence. Et sur ce sujet, j 'obtiendrai sans doute à la rentrée une mission flash sur les ingérences dans les médias. Donc, je ne sais pas si le sujet pourra déborder des ingérences étrangères, mais très sereinement, puisque dans l 'ingérence, le sujet qui a été au sein de cette commission d 'enquête, c 'était au sujet de l 'influence. Et donc, où est la limite entre l 'influence et l 'ingérence ?
Oui, je vois très bien qui c 'est.
On avait suivi quelques débats de cette commission.
Le déficit public, il fait son devoir d 'information. Il faudra qu 'une chaîne qui appartient à un milliardaire fasse de même. Oui, j 'ai aussi, je suis un jeune député assez récent, mais j 'ai aussi vécu toutes les transformations qu 'il y a eu après le rachat de valeur de Sud Radio, qui était une radio sympa avant, qui était près de Toulouse, mais qui n 'est plus trop le cas aujourd 'hui, et toutes les autres médias comme ITL, Europe 1, CNews, Paris Match et le JDD. Il faut que la presse écrite dispose des mêmes outils que l 'Arcom, qui vont encore être renforcés par la loi numérique de Jean -Noël Bareau. Et l 'Arcom a notamment sanctionné C8 la semaine dernière, lourdement. Et donc, il faudra qu 'il fasse de même avec CNews, en tout cas, ce qui l 'empêche de continuer de ce côté -là. Je voulais aussi dire qu 'un rapport va être fait par ma collègue et présidente de la commission culture, Isabelle Roche, sur la loi Bloch, justement. Donc, il faudra se poser les questions à la suite de ce rapport et des événements récents, à la lumière des événements récents. Et pour terminer aussi, nous demandons le lancement des états généraux de l 'information, puisqu 'on les attend depuis un petit moment. Pour terminer aussi, on peut travailler de façon transpartisane sur un nouveau texte, en évitant, comme ça a été tout à l 'heure, la bipolarisation. Et voilà, donc, je serai en tout cas disponible pour cela.
Merci, Laurent Esquenet. Merci beaucoup.
Violette Spillebout., vous avez coprésidé la mission Flash à l 'Assemblée nationale sur l 'éducation aux médias. Cet après -midi encore, on a entendu Élisabeth Borne, non, c 'était d 'autres membres du gouvernement, le porte -parole en l 'occurrence, Olivier Véran, reparler de ces états généraux qui ont été promis par le président de la République. Alors à quoi peut -on s 'attendre ?
Alors tout d 'abord, bonsoir à tous je suis assez impressionnée de cette mobilisation ce soir et je suis aussi heureuse de me retrouver dans cette configuration ici, sur cette scène, une configuration transpartisane qui a été voulue par Christophe Deloire et qui montre que nous devons agir ensemble. Nous sommes réunis ici parce que nous soutenons le JDD, nous soutenons la rédaction, les journalistes, parce que le JDD c 'est un héritage culturel et démocratique majeur dans notre pays et aussi parce que c 'est un véritable repère pour beaucoup de Français le dimanche. Alors oui, le président de la République a promis ces états généraux de l 'information. Moi j 'y ai apporté ma pierre dans une première mission sur l 'éducation critique aux médias et je souhaite, nous sommes nombreux à souhaiter, nous en parlons régulièrement avec la ministre de la Culture pour que ces états généraux puissent très rapidement voir le jour. Nous voulons que ces états généraux garantissent et préservent l 'indépendance des journalistes, l 'indépendance éditoriale et le pluralisme en France. C 'est maintenant une urgence. Nous traiterons dans ces états généraux de beaucoup de sujets qui ont été évoqués. Le sujet du modèle économique de la presse et des aides à la presse, le sujet des ingérences, on se basera bien sûr sur les rapports émis, le sujet de la concentration des médias en relation aussi aux travaux qui sont faits à l 'Assemblée, qui existent, sur les propositions qu 'on a faites sur l 'éducation critique aux médias et aussi un travail fondamental je crois qui est posé aujourd 'hui par vous tous, c 'est le sujet du métier de journaliste et de la place du journaliste. Donc pour terminer, vous avez interpellé la ministre de la Culture sur son absence.
Tout d 'abord, elle s 'est excusée je crois auprès de Christophe Deloire, elle ne pouvait pas être là, mais nous sommes tous là dans notre pluralité pour prendre nos responsabilités. Il n 'y a pas de silence, il n 'y a pas d 'absence, je vous le dis. Il y ad 'abord, les paroles qui sont basées sur des valeurs, sur des principes que je crois nous partageons tous ici. C 'est dire non à l 'intimidation, dire non aux pressions, dire non à la censure, à l 'intrusion, aux influences, à la violence et à la brutalité. Mais c 'est aussi dire oui à des principes qui vous tiennent, vous les journalistes particulièrement à cœur et nous aussi les politiques. L 'honnêteté intellectuelle, la déontologie, la confiance, le droit à informer, à parler, à s 'exprimer, le soutien aux droits des plus fragiles et tout simplement dire oui à la démocratie. Donc ensemble, nous allons passer aux actes, faites -nous confiance.
Merci Violette Spillebout. Marine Tondelier, on en a un petit peu parlé ce soir mais l 'argument massue de Vincent Bolloré lorsqu 'il parle de ces médias, c 'est la question du modèle économique. Est -ce que vous pensez qu 'il est possible de concilier pluralisme, indépendance éditoriale et modèle économique pérenne pour les médias ?
Je sens que vous voulez que je parle des milliardaires mais je vais vous parler d 'autre chose d 'abord. Le fait est que l 'information est devenue un sujet. Vérité, post -vérité, réalité, post -réalité, on lit des choses passer des fois où on ne sait plus distinguer le vrai du faux. Et ça, normalement, c 'est votre métier que de nous dire ce qui est vrai et ce qui est faux. Je vous donne deux exemples vus sur les réseaux sociaux la semaine dernière. Le premier, c 'est que Ségolène Royal allait devenir chroniqueuse pour TPMP. J 'ai posé la question à la salle à des gens, j 'ai toujours pas compris si c 'était une fake news ou un vrai truc, donc je me dis qu 'on saura bientôt. La deuxième info, que j 'ai pas comprise tout de suite si c 'était vrai ou faux, c 'était Geoffroy Lejeune, donc licencié, ça a été dit plusieurs fois parce qu 'il était trop d 'extrême droite pour Valeurs Actuelles, qui arrivait à la tête du JDD. Et au début, ça m 'a fait comme Ségolène Royal. J 'ai dit, bah ça doit être un truc, c 'est pas le 1er avril, mais je sais pas,ça a l’air un peu bizarre. Et puis on est là ce soir, et donc je me dis que ça doit être vrai. J 'ai une pensée immense pour vous, j 'étais très émue par le témoignage précédent, enfin ce qui se passe est terrible, et c 'est pas comme si on ne l 'avait pas à vous venir. Je suis choquée aussi de voir que certains politiques ne sont pas sur cette scène, je voulais remercier celles et ceux qui y étaient, je sais que le courage politique ça s 'achète pas, mais je me rends compte que peut -être le manque de courage politique ça s 'achète, pas par de l 'argent, mais par de la crainte, par de la peur, et ça je vais vous dire, ça me pose un problème. Pas mal, pas mal cette phrase.
Après, Geoffroy Lejeune Valeurs actuelles, Zemmour, Marine Le Pen, c 'est l 'extrême droite, on va pas faire les arbitres des élégances. Premier effet qui se coule, la sidération. Moi en plus je lis pas trop la presse d 'extrême droite, mais en fait si, puisque je suis élue d 'opposition dans l 'extrême droite, et donc depuis très longtemps je lis le journal municipal, c 'est le seul journal d 'extrême droite que je lis. C 'est mon maire, le directeur des rédactions, mais ils ont l 'air copains, et donc si le JDD ça devient ça, je vais vous dire je vais économiser de l 'argent, puisque du coup, je l 'achèterai plus. Mais c 'est la sidération, mais c 'est aussi finalement un plan qui se déroule comme prévu. Bolloré, c 'est pas une surprise, il a l’avantage de ne pas se cacher. Il le dit, il explique, et son plan se déroule comme prévu. Il est très cash dans ce qu 'il veut faire, on a même des exemples précédents qui nous ont été cités, mais on voit quand on dénonce un peu ça, qu 'on lui dit toujours, oui, mais vous n 'avez pas compris, parce qu 'en fait, il y a aussi des journaux de gauche, donc là il y a des journaux de droite, tout va bien. Mais je vais vous donner une grosse différence. Il y a quelque temps, sur un service public, France 3, à l 'occurrence, dimanche en politique, on m 'a interrogée sur les manifestations d 'extrême droite, et j 'ai été amenée à parler de ce climat d 'extrême droite, et aussi aux médias d 'extrême droite qui le faisaient vivre, et à mettre en cause si news est valeur actuelle. Bon l 'avantage, peut -être valeur actuelle, maintenant ça va être mieux, je ne sais pas. Et j 'ai été menacée de mort pendant trois semaines. Ça ne m 'était jamais arrivé sur France Inter, ni à moi, ni je pense aux gens d 'extrême droite qui vont sur France Inter. J 'ai eu pendant 24 heures, toutes les tranches horaires du CNews qui expliquaient des trucs que je n 'avais pas dit avec des arguments fallacieux, des éditorialistes fallacieux, tout ça c 'est QFD. Valeurs actuelles, plusieurs éditos, sexistes, misogynes, rétrogrades, ce n 'était pas une question d 'être d 'accord ou pas, c 'est que c 'était mensonger. Et puis jusqu 'à des menaces de mort dans ma boîte aux lettres, avec écrit, on sait où t 'habites, on se vengera, etc. Ça n 'arrive que dans ce média -là, je suis désolée. Donc en fait, on peut être de droite, de gauche, de ce que vous voulez, mais non à la fin, CNews, Valeur actuelle, ex version, on verra, et le reste des médias, c 'est pas pareil, et ça je veux qu 'on se le dise. Ensuite, la question, ça peut être, évidemment, on fait quoi ? Alors je ne vais pas vous dire de faire la ZAD au JDD, sinon ça va encore, puis en plus vous allez être 10 fous, donc faites très attention à vous. Mais, puis attention, après c 'est garde à vue, c 'est avec les services de l 'antiterrorisme. Ça ne plaisante pas, et ça vous fait rire, parce qu 'on est des gens qui y ont de l 'humour, mais c 'est quand même la réalité, donc ça fait en même temps froid dans le dos. Je vais vous parler des milliardaires, parce que j 'ai été beaucoup conspuée, d 'ailleurs beaucoup par des journaux détenus par des milliardaires, mais en fait c 'est tout, donc voilà. Sur le sujet des milliardaires, on a parlé de la manière dont ils accumulent leur richesse en exploitant, soit, c 'est simple, il y a deux manières, soit on hérite, soit on exploite les ressources naturelles, soit on exploite des femmes, des hommes et des enfants, et parfois même tout ça en même temps. Il y a la manière dont ils gagnent de l 'argent, et puis il y a la manière dont ils dépensent. Alors, au début quand on a un peu d 'argent, on s 'achète, des grosses voitures, enfin d 'ailleurs ça va jamais pour le climat, quoi que ce soit, mais ça grade, puis ça se finit par des super Yachts et des jets privés, et puis à un moment on essaye d 'acheter le pouvoir, et donc l 'information. Et là, c 'est quelque part encore plus grave, et ce qui est en train de nous arriver. Avant on avait même Internet, on disait au moins Internet c 'est un espace de liberté, et même ça ils l 'achètent. Ils achètent Twitter, ils achètent les différents réseaux sociaux, et on voit bien que ça va mal se terminer.
Et non, bientôt Au poste. Ça ne fait que commencer, que ce n 'est pas juste la presse, c 'est un recul de l 'état de droit et des libertés publiques, qu 'on peut voir dans différents domaines de la vie politique et qui doit nous alerter.
Et ce que je voulais vous dire de mon expérience à la fois d 'écologistes qui créent un peu de résilience dans la vie, et d 'élus d 'opposition à Hélène Beaumont qui créent un peu de résilience aussi dans la vie, c 'est que, premièrement, ne croyez jamais que ça n 'arrive qu 'aux autres. Et ça je pense que vous êtes en train de vous en rendre compte. Deuxièmement, ne baissez jamais les yeux, ni la tête, ni rien. Mais ça je pense que vous êtes bien parti pour. Et troisièmement, chérissez cette solidarité, parce que ce soir je vous vois dans la salle, il y a des gens que je n 'ai pas vu depuis longtemps, il y a des gens que je ne croise pas souvent, et en fait c 'est ça qui est beau. À la fin, je vais vous dire, on est là, on est là, on est là, même si vous ne les aimez pas, on sera là. C 'est comme ça. On sera toujours là sur ces sujets -là. Et donc, au nom des écologistes, je vous assure de notre soutien plein et entier, toi que vous écriviez sur nous, quoi que vous disiez de nous, on sera toujours là, parce qu 'on sait pourquoi on le fait, alors merci et on continue.
Merci Marine Tondelier, merci beaucoup. Avant que vous quittiez la scène, David Assouline, vous vouliez conclure avec une citation de Victor Hugo.
Oui, Victor Hugo, en 1848,a dit, la liberté de la presse à côté du suffrage universel, c 'est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l 'une, c 'est attenter à l 'autre. Eh bien,s 'il y avait le droit de vote, mais plus qu 'une opinion, ce droit de vote serait vidé de sens, et inversement, mobilisez -vous pour le JDD et pour la liberté de la presse, comme on se mobiliserait si le suffrage universel était supprimé.
Merci David Assouline, merci à tous, je vous invite à quitter la scène, allez -y C 'était donc une soirée œcuménique avec des journalistes Il y avait des copains de Stop Bolloré. Voilà, l 'idée c 'était d 'être présent pour dire qu 'on défend les libertés, y compris les libertés des journaux de droite. Pour qu 'ils ne deviennent pas fascistes et d 'extrême droite. Voilà, il y a des actions qui sont prévues. Donc là, vous avez les gens du JDD qui sont là.
Merci à vous tous. Merci à vous tous. Voilà, j 'espère qu 'on va développer ce genre de stream.
Donc, on a écrit un petit discours pour vous tous. Nous sommes donc le JDD, titulaire, pigiste, chef de service, reporter, jeune ou plus âgé, ancien ou fraîchement arrivé. Nous sommes ici, devant vous, ensemble, tous profondément liés à notre journal, à notre site internet, à un titre qui est une institution de la presse et de la vie démocratique de ce pays. Vous aussi, vous êtes là et vous êtes aussi le JDD. C 'est un journal qui appartient à tout le monde. Aujourd 'hui, nous sommes en lutte pour notre indépendance. La rédaction du JDD, c 'est une centaine de personnes, tout au plus. Mais c 'est aussi tous les services supports, la pub, le marketing, la diffusion, les abonnements, on les oublie, mais ils sont aussi avec nous. C 'est peu, on peut dire, face à un empire, celui de Vincent Bolloré. Mais notre indéfectible attachement à ce journal et à ce qu 'il représente nous anime. Nous ne nous battons pas à armes égales, mais nous ne baissons pas les bras. Nous ne baisserons pas les bras au nom des valeurs du journal. Comme l 'écrivent les anciens directeurs du JDD qui soutiennent notre mouvement de grève, un journal est comme un pays. Il a une histoire, elle l 'engage. On ne peut gommer d 'un revers de manche l 'identité d 'un titre sans mettre en danger les fondements du journalisme, de la presse et une part de ce que celle -ci apporte au débat démocratique. Par nature, un journal est un objet fragile. Le JDD est par sa singularité, à la fois quotidien du septième jour et hebdomadaire du weekend, journal et magazine, point d 'ancrage qui permet de relier la semaine finissante à celle qui va naître. C 'est un cocktail subtil dont nul ne peut détenir seule la recette, un équilibre qu 'il faut prendre garde à ne pas rompre. On peut, on doit le faire évoluer, mais avec précaution. Tous ceux qui ont contribué un jour à l 'élaborer savent à quel point l 'alchimie de ce journal est délicate et complexe. Depuis 75 ans, le JDD porte des valeurs républicaines de rigueur, de modération. Son ADN est fait de débats sereins, de pondération, de recherche des dénominateurs communs. Le JDD préfère le factuel au tapage, l 'analyse éclairante aux commentaires qui échauffent. Il aime la politique, les livres, les sports, la culture, l 'économie, la société dans sa grande, sa belle complexité, mais il n 'est pas et ne peut pas être un journal d 'opinion. Nous ne baisserons pas les bras, au nom de l 'indépendance, pour comporter des idées diverses au sein d 'une même rédaction. Mais nous nous retrouvons sur l 'essentiel et avons tous à cœur d 'exercer notre métier dans le respect des règles déontologiques qui le fondent. Comment le faire si nous ne pouvons plus nous baser sur des faits et sommes contraints de servir une idéologie ? Nous ne baisserons pas nos bras pour nos lecteurs. Ce changement brutal de ligne éditoriale rompt la relation de confiance que nous avons avec eux, étroitement tissée depuis de longues années. Nous recevons depuis jeudi de très nombreux messages de fidèles du JDD qui n 'achètent plus ce quotidien pas comme les autres, ou cette aide donataires qui ne ressemble à aucun autre. Ils nous font part de leur tristesse. Depuis quand c 'est un quotidien ? regrets de voir leur rendez -vous dominical altéré, falsifié, dénaturé. Nous avons tous et toutes une histoire à voir. Là c 'est assez désagréable parce que évidemment c 'est un journal d 'opinion, au sens où ils défendent depuis toujours quasiment une vision ultra libérale du monde. Voilà, donc c 'est un journal d 'opinion. Mais là évidemment le truc c 'est que c 'est au -delà de cette opinion non, on ne va pas baisser les bras.
Merci beaucoup. J 'ai juste une question. Je ne sais pas si vous pouvez y répondre. Il était question que M. Lagardère vous rencontre cet après -midi. Est -ce qu 'il est venu et qu 'est -ce qu 'il vous a dit ?
Est -ce que quelqu 'un veut répondre ? Vous n 'êtes pas obligé ? Donc là il y a une question du public en fait.
M. Lagardère est venu nous voir à la rédaction ce matin. C 'est la première fois d 'ailleurs qu 'il est à la tête de ce groupe qui met les pieds à la rédaction du JDD. Il ne nous a pas convaincus.
Merci beaucoup.
Et pour conclure, je donne la parole à Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters Sans Frontières.
Merci beaucoup. Merci Jean.
On me dit de ne surtout pas oublier quelque chose de très important. C 'est que nous avons mis en place une caisse de grève. Elle est à l 'entrée. Voilà, vous trouverez, vous saurez quoi faire. Surtout pour les plus précaires d 'entre nous. Il y a aussi un site internet. Vous trouverez les plus précaires qui sont les pigistes ont vraiment besoin parce que c 'est encore plus dur pour eux. J 'espère que nous en sortirons tous avec en tout cas un peu plus d 'optimisme de l 'action. On a besoin d 'action. Ce soir, on s 'est mobilisé.On est en un modèle français en matière d 'organisation démocratique des médias pour le droit à l 'information, pour la liberté d 'opinion et d 'expression. À Reporters Sans Frontières, on a assez de boulot dans l 'ensemble du monde. Je ne vais pas ici vous parler ce soir des pays dans lesquels on travaille et dont je ne comparerai pas la situation pour certains d 'entre eux à la France, mais il y a un enjeu essentiel dans l 'ensemble des démocraties. On le voit avec des formes de décomposition, de transformation des médias auxquelles il nous faut répondre. Il y a tellement de sujets, les modèles économiques, les médias de propagande qui prétendent faire du journalisme et qui portent de la manipulation et de la lutte contre les démocraties, les réseaux sociaux, les algorithmes qui favorisent des informations et la capture oligarchique. Il y a quelques années, nous publions un rapport intitulé « Médias, deux points, les oligarques font leur shopping ». Mais on n 'imaginait pas que les méthodes en France iraient jusqu 'à ce point. Voilà, nous avons un nouveau modèle. On va travailler pour développer le plus de propositions. Et je voudrais, pour conclure, évidemment remercier d 'abord tous nos partenaires. Informer n 'est pas un délit. Journalisme et citoyenneté, Stop Bolloré, le prix Albert Londres a exprimé sa solidarité aujourd 'hui aussi. Je voudrais remercier JMD Productions de nous avoir ouvert, dans l 'urgence, ce théâtre libre ce soir. Et puis permettez -moi un mot pour le conseil d 'administration de RSF, Pierre Haski, son président, est là et pour l 'équipe qui mène un travail formidable sur tous les fronts, partout,et qui ce week -end, quand vendredi, on a décidé d 'organiser ce meeting, quand on en a parlé, on n 'a pas dit on a un week -end dimanche soir à 23h, minuit, il y avait encore des gens dans l 'équipe qui travaillaient, donc merci et merci à vous de les applaudir. Ce soir, c 'était que le début. On va continuer. Il va falloir être tenace. Mais il va falloir continuer, je le disais, sur un cadre plus large, puisque le problème ne se résout pas au nom de Vincent Bolloré. Mais vous disiez tout à l 'heure un journal qu 'on aime ou qu 'on n 'aime pas, mais on veut avoir le droit de le lire et d 'y lire du journalisme de qualité et c 'est ce pour quoi on se bat aujourd 'hui.
Merci encore et bravo d 'être là. Franchement, c 'est très impressionnant.
Voilà les amis. Ça se termine. Les copains de RSF, là, ils veulent se barrer et moi, je suis branché avec le meilleur câble éthernet qui soit, un câble orange. Vous le voyez, le câble orange ethernet, c 'est nous, c 'est Auposte. Merci à vous tous.
