«Ça s’est tourné près de chez vous » : ciné et faits divers
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Bonjour, bonjour les amis, Amis du café, bonjour d”Au Poste ce lundi matin. Bonjour, L’invité est en train de se connecter. Je vois qu’il souffre avec son audio mais il est là et je vois qu’il plisse les yeux. Et oui sais, je vous entends Philippe, mais ne vous inquiétez pas, Je suis en direct, tout va bien Je salue d’abord les humains, les amis. Bonjour ! Voilà, l’invité est en train de s’installer. Est ce que vous avez vu ce nouveau décor les amis ? Oh, ça y est, l’accordéon qui sonne Alors aujourd’hui on va parler cinoche on va parler bain de sang. On va parler de la difficulté de raconter le réel au cinéma. On va essayer de voir ce qui ce qui a nourri le l’un et l’autre, la réalité ou le cinéma. A priori, là, c’est le nouveau studio Vous avez la magnifique enseigne au poste créé par Valeur anarchiste que je remercie infiniment Figurez vous qu’aujourd’hui c’est notre premier vrai stream avec notre nouvelle bécane. Merci beaucoup aux donateurs et aux abonnés. Merci à tous ceux qui nous suivent car à partir de maintenant, le punk sera uniquement dans les questions, Il y a plein de trucs super qui sont en train de se passer pour Auposte On a plein d’invités cette semaine Philippe Lombard, mon invité je lui ai dit juste de se préparer, on vous voit. Bonjour Philippe.
Bonjour.
Alors je vais essayer de mieux régler votre image et ensuite je vais faire le camelot. Je vais parler de votre bouquin. Ça, c’est tourné près de chez vous. Super petit bouquin. On va en parler. Je vous ai dit 1 h. Enfin, vous savez, ici, les gens restent plus longtemps qu’une heure. Est ce que vous avez du café, Philippe ?
J’ai ma tasse Fantômas.
A chacun sa tasse. Moi, j’ai la tasse Auposte.
La mienne est mieux.
Alors attendez, on ne se connaît pas, vous avez presque, comme le dit votre biographie, presque un demi-siècle, vous aurez 50 ans. Vous êtes né le 9 mars 1972. Vous êtes entomologiste et vous êtes écrivain français. Vous avez une quarantaine d’ouvrages à votre actif, tous consacrés au cinéma ou à la télévision. Vous avez aussi commis. Un livret, un livret sur une série américaine, Starsky et Hutch. Peut être qu’il faudra qu’on en parle de ça. Peut-être même un bouquin sur Starsky et Hutch. Qu’est ce qui vous plaisait dans cette série ? Vous avez animé la chronique Histoire de tournage sur France info de décembre 2013 a été 2014. Vous nous expliquez pourquoi France info ne vous a gardé que six mois. Est ce que c’est un problème avec le rédacteur en chef ? Il faut balancer, on veut les noms. Vous êtes collaborateur régulier de la revue Schnock et vous êtes donc auteur ?
Oui, oui.
Vous êtes l’auteur, Ce n’est pas celui-là, ça tourne mal et ça tourne mal à Hollywood qui relate les coulisses agitées du septième art. Et aujourd’hui un fait divers dans le sang juge assassiné, amant diabolique et même et même alors ça, vous me direz si c’est sérieux. Même violence policière. Dans votre nouveau livre, vous avez consacré un chapitre aux violences policières dans le cinéma français et vous nous expliquerez tout à l’heure, ou peut-être maintenant d’ailleurs. Est-ce que vous cédez à ce qui se passe aujourd’hui autour des violences policières ? Est ce que vous auriez, il y a trois ans, quatre ans par exemple, consacré un chapitre à cette question là ? Si les violences policières n'étaient pas autant débattues qu’en ce moment.
Je vous dirai qu’en fait, en réalité, là, le film dont vous parlez, c’est un film de Marcel Carné, Les assassins de l’ordre du début des années 70. Donc, moi, ce qui m’intéresse n'était pas tellement de parler de l’actualité. Aujourd’hui, c’est de parler de ce qui a été fait dans le passé, sur des faits divers, des choses qui se sont passées dans la société, en l’occurrence, cette histoire de violences policières, c'était quelque chose qui s’est passé en 1946.
Absolument.
C’est un type qui, en fait, rentre dans un commissariat et en ressort mort pour résumer le truc.
Voilà, c’est ça, ça c’est le film. Le film est là, les assassins, les assassins de l’Ordre. Il se trouve que moi j’ai écrit une biographie de Jacques Brel, donc je connais ce film. Les assassins de l’Ordre dans lequel je le reconnais Jacques Brel joue un juge et joue particulièrement bien. Alors que je l’aime d’amour. Mais ce n’est pas tant le comédien chez Brel que j’apprécie et bien plus le chanteur et l’interviewé. Parce que voilà. Ouais mais dans ce rôle là…
Il est très bien quand même le rôle est bien écrit. Soit c’est un juge qui veut absolument faire dire qui est pour le respect de la personne humaine. En plus, le film a été transposé dans l’après 68. On voit des jeunes qui manifestent, qui sont contre la police. Ce qui s’est passé évidemment en 46 n'était pas du tout le même contexte, mais Carné avait décidé de faire ça et Brel fait un personnage formidable.
Voilà. Absolument, Est ce que vous auriez évoqué la question des violences policières ? Parce que même en promo, je crois, dans le petit bouquin qui accompagne la sortie du livre et des questions des violences policières. Voilà, je voulais juste savoir. Est ce que cette question vraiment traversé le cinéma français.
Je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup de films qui s’intéressent vraiment au cas des violences réelles policières, comme cela a été le cas avec Carné. Je ne sais pas si c’est précieux. J’ai l’impression qu’on voit souvent dans le cinéma depuis longtemps des policiers qui peuvent être violents. Mais ce n’est pas tant pour dénoncer quelque chose que pour amener des tensions, un enjeu, quelque chose soit pour l’opposer au bon flic qui va être le héros. Je n’ai pas l’impression que le cinéma se soit tourné vraiment dans les violences policières. Je pense qu’il doit y avoir une poignée d’exemples. Simplement s’inspirer de la réalité.
Alors donc, mon cher Philippe, vous êtes ici pour ce livre une histoire, des faits divers dans le cinéma français. Bouquin au petit format, très belle idée de cadeau de Noël. Je le montre rapidement. Je rentrerais dans les détails tout à l’heure. Très richement documenté, avec plein de photos et un peu de détournement sans qu’on ne sache toujours si c’est une affiche ou un début de chapitre.
C’est devenu une spécialité de l'éditeur Chubby qui est le maquettiste qui fait ça et qui faisait déjà ça et qui détourne des affiches pour illustrer le chapitre. Il fait un très beau travail à chaque fois.
Absolument, absolument. Alors en gros, il y a des chapitres dans lesquels vous allez non pas mettre des genres de films parce qu’il y a aussi bien, il y en a peu, mais dans quelques comédies, il y a quelques films de genre, il y a des films plus, plus engagés, plus politiques. Vous avez des chapitres tueur en série, scène de crime, cinéaste du réel, etc. Je vous propose qu’on regarde ensemble quelques bandes annonces tout à l’heure, pendant de certains des films que vous avez et vous que vous évoquez. Grosso modo, le principe du bouquin est assez simple : vous prenez un film, vous résumez en fait, en règle générale plutôt d’abord l’affaire de la réalité, et ensuite vous expliquez comment le film a été tourné, réalisé et produit. C’est ça ?
Oui, c’est ça, oui. L’idée, c’est que souvent, il fallait revenir au point de départ. Tout le monde sait à peu près qui est Landru, mais on ne se rappelle pas. Je ne connais pas forcément les détails de ce qui s’est passé, donc il faut un peu raconter l’histoire. J’essaie à chaque fois de ne pas être trop répétitif quoi.Mais deux à ans l'écriture des faits, que ce soit un peu de se renouveler à chaque chapitre. Mais l’idée c’est effectivement aussi de parler de l’affaire et ensuite de parler du ou des films qui se sont à un qui se sont penchés sur le sujet.
Voilà alors un des premiers films sur lequel moi je me suis arrêté, il faut dire, c’est page 19 donc je m’arrête assez vite. C’est justement Landru. Alors ici, donc ici, voilà, typiquement un Henri Désiré Landru. Vous racontez l’histoire et derrière vous parlez du ou des films. En l’espèce, je crois que sur Landru il y en a eu, qu’un, en tout cas, celui dont vous parlez, c’est celui de Claude Chabrol. Et qui est ici et qui date. Mais pourquoi vous démarrez avec Landru, par exemple ?
En fait le premier chapitre sur les tueurs en série.
Oui, c’est ça.
Donc en fait, il fallait juste commencer dans le chronologique. Mais il y en a un avant je crois avant Landru, il y a Joseph Boucher dans « Le juge et l’assassin ».
Absolument.
Et donc, assez vite, on va sur Landru. En fait, il y a eu un téléfilm aussi avec Patrick Timsit cité quelques années, mais vraiment, il y a qu’un seul film qui lui est consacré. Il y a un film de Chaplin, il y a Monsieur Verdu qui s’inspire en fait de Landru, mais ce n’est pas le Landru avec la barbe et tout ça. Donc là, le film de Chabrol, il a voulu vraiment reconstituer ce qui s'était passé, reconstituer le même, le tempérament du personnage. Il y a un truc qui est très intéressant, c’est que ce que dit ce que dit Chabrol, est ce que c’est vrai encore aujourd’hui ? En fait, quand on parle de Landru, il y a toujours un petit sourire en fait. Est ce qu’on a toujours en tête que c’est le gars un peu le ma femme qui va séduire tout le monde, femme malgré un physique peu avenant. Et donc il y a ce côté un peu chaud lapin quoi. Et est ce qu’on ne ferait pas sur de Thor, Petiot ou autre ? Alors que Landru c’est quand même c’est un tueur en série, la pire espèce C’est un type très méthodique qui tuait des femmes pour accumuler leur argent. C’est un cauchemar. Mais au début, quand Chabrol raconte qu’il travaille avec Françoise Sagan sur un livre, sur un film, sur le scénario d’un film, sur la vie de Georges Sand, et puis il s’ennuie. En fait, il s’ennuie et donc A. Tout d’un coup, la conversation part sur Landru et il s’en amuse. Et donc en fait, il dit Tiens, mais on va proposer ça aux producteurs, ça va être beaucoup plus marrant, quoi. Et puis finalement, il fait un film entre guillemets drôles. Enfin, il peut faire des choses drôles et en même temps il parle de choses extrêmement, extrêmement sinistres. Et il y a toujours ce côté chez Landru un peu belle époque ! On peut reconstituer, on peut s’en amuser. Il s’amuse à faire, à enjoliver les images, à reproduire la façon dont les cartes postales, par le rythme des couleurs étaient colorées à l'époque le cadre comme dans un film muet. Mais pour autant raconte quelque chose qui est absolument abominable.
Alors nous avons un jeu de mot dans le chat de Laetitia, la journaleuse Landru un chaud partisan de la femme au foyer. Ça, ça vous fait rire ?
Ah si j’y avais pensé, je l’aurais mis en sous titre de chapitre.
Là, vous allez éditer le bouquin comme ça va se vendre comme des gros, comme des petits pains. Alors, à propos de foyer et de petits pains, vous avez un chapitre. Parce que moi, ce qui m’intéresse beaucoup dans votre dans votre livre, c’est à la fois bien évidemment le fait divers, l’histoire du et l’histoire du film, etc.
Ouais, c’est ça, C’est la vision de Chabrol. Mais sa vision d’un metteur en scène, qui veut raconter quelque chose, qui met ça dans un contexte. Moi, je n’y crois pas du tout. Je n’ai jamais cru à ça. Je n’ai jamais cru qu’on allait détourner l’attention des gens juste sur un fait divers. Je pense que le traité de Versailles, traité de paix était drôle dans la tête de tout le monde quoi. J’ai un peu du mal à croire à ça qu’on va enfumer comme ça la population juste sur un fait divers et puis on va le mettre en avant. Après, je cite aussi les mémoires d’un clown qui s’appelait Grock et qui raconte que dans les années 20 il est en haut à Rio je crois, et que les critiques qui tombent sur Y tombent sur Landru. Et on lui explique un flic qui lui dit ben oui, mais en fait de Landru, il a pas du tout été guillotiné, alors on a fait jouer un rôle pour détourner l’attention des gens, puis on l’a envoyé au Brésil. Mais il a aussi des fantasmes absolus
Alors c’est marrant que vous disiez ça parce que. C'était Bourdieu qui disait Le fait divers fait diversion. Il expliquait que c'était une façon d’amuser le bon peuple. Moi, j’ai toujours été partagé entre les deux, c’est-à -dire j’ai toujours été fasciné par les faits divers. Vous donnez, dans le cadre de cet entretien, deux ou trois anecdotes, parce qu’il y a eu des faits divers dont j’ai eu le plaisir, si je puis dire, de les suivre pour Libération notamment. J’ai toujours été à la fois fasciné par les faits divers et en même temps intéressé. Avec cette idée-là de faits divers qui fait un peu diversion, qui empêche de parler des vrais problèmes qui détournent l’attention. Vous pensez que non. Donc quand vous citez Chabrol, vous le citez par honnêteté intellectuelle, mais pas par conviction.
Non, pas par conviction. Non, pas du tout. Je pense que quand il veut mettre ça dans son film, parce que souvent les metteurs en scène, on veut apporter quelque chose à eux, quoi. Quand Tavernier fait des films sur les faits divers, y a c’est toujours assez politique aussi que c’est toujours son avis qui passe là.
Oui.
Mais ça ne veut pas dire que c’est bon. Je veux dire, Chabrol n’a pas la preuve de ça. Il le dit lui même, il voit dans les journaux si c’est bon est bon. Il dit ça Ah bon, pourquoi pas ? Je sais, c’est son avis de metteur en scène. Et si quand on fait une mise en scène, il faut avoir un angle d’approche, un point de vue quoi. Donc c'était le sien. Mais on n’est pas obligé forcément de le suivre
Alors je préviens le chat que des questions sont remontées dans notre application et que je les poserai au fur et à mesure. Mais là on s’installe avec Philippe Lombard et on va parler d’un autre fait divers qui est qui est extrêmement important, c’est l’affaire Guy Georges. Donc là qui est beaucoup plus proche de nous, surgit Georges. Qu’est ce que vous pourriez nous nous dire ? Sur le film ?
C’est à dire qu'à la base, c’est une histoire absurde et absolument terrifiante dont Guy Georges, c’est le tueur de l’Est parisien. Donc c’est un gars qui viole et qui tue des femmes dans le quartier la Bastille, un peu partout dans l’est de Paris. Donc on ne sait pas tout de suite qu’il y a partout que les médias ne sont pas au courant qu’il y a un tueur en série. Ça c’est plus tard, parce que la police ne veut pas non plus provoquer une panique. Et donc en fait, il y a ce qu’on se filme et Philippe s’appelle Esquisse un qui veut dire ça. Y a qui leur hein ? C’est à dire que c’est le premier tueur en série dont on a eu le code génétique, le film de Frédéric Tellier. Il est absolument, il est. Moi, je trouve ça des films que je préfère dans tous les films que j’ai pu traiter dans ce livre. Parce que. Ce n’est pas évident comme sujet, mais déjà au moins on sait qui est qui. Georges donc effectivement, il le sait lui aussi. Donc il y a Tellier le sait aussi. Donc dès le départ, on voit une image de son procès, on dit on sait que c’est lui. Donc l’idée ce n’est pas de savoir mais qui ça va être, Au contraire on sait qui c’est, donc on va le suivre. Et il suit l’enquête des policiers qui pendant plusieurs années en fait, vont travailler dessus. On va avoir des idées, des pistes qui sont qui s’avèrent fausses, etc. Et on voit, je trouve que la façon dont il traite le sujet par le regard et l’enquête des policiers est formidable quoi. On est vraiment, on voit un vrai travail de police en fait, qui consiste à chercher à interroger à tout le temps, en permanence et y le l’ambiance qu’on compte y reconstituer. Du Quai des Orfèvres qui est dans un dans un bâtiment quand même, qui encore un peu en train de se déliter. ils sont là, ils ont raison, ils amènent le premier ordinateur du quai des Orfèvres. ils n’ont pas de moyens, ils essayent de faire quelque chose et. Et je trouve que c’est pour qu’on dise arrête le sur le Guy Georges à la fin, alors qu’on sait très bien qu’en vrai, effectivement il a été arrêté, c’est fait, mais on a peur qu’il n’arrête pas fort. Je veux dire, il arrive à faire un film, ce n’est pas un film spectaculaire, ce n’est pas un rêve, ce n’est pas un polar en fait, simplement. Mais c’est vrai, on participe à l’enquête et ce point de vue là, je trouve, est assez, assez intéressant.
Alors, dans le livre, vous écrivez justement que l’emballement médiatique pousse le juge d’instruction. Gilles Bertil Alors, le vrai juge à l'époque, a diffusé un portrait robot qui s’avérera au final assez peu ressemblant. L’homme est enfin identifié au bout de quatre mois par son ADN et arrêté et Guy Georges aura assassiné cette femme ; je vous parlais tout à l’heure d’anecdote. Il se trouve que lorsque Guy Georges éclate, en tout cas correspondant à son arrestation, je travaillais à Libération et j’ai rencontré Gilles Bertil des années plus tard pour une autre affaire, l’affaire dite de Tarnac et sur Guy Georges. J’avais récupéré une des études psychologiques qui était assez dingue, qui était vraiment très bien faite. Tout ça pour vous dire que ce que vous écrivez est tout à fait juste. C’est à dire que c’est à la fois l’emballement médiatique, mais je crois que Gilbert, sa vie a été bouleversée par le fait que ce que vous n’expliquez pas, en fait il y a eu des erreurs dans les prélèvements ADN à ce moment-là. Le fichage, le fichier. Le fichier n’est pas, n’est pas raccordé en réalité et dit Jorge avait laissé des traces bien avant son arrestation. Autant dire qu’il aurait pu être arrêté avant, je me souviens très bien de ça c'était chez lui, dans son histoire maintenant.
Enfin, le problème se poserait sans doute plus avant. Il y a des fichiers de données empreintes génétiques et tout ce qui est fait à la suite de ça
Voilà, c’est ça, Alors je vous propose qu’on regarde la bande annonce et on revient sur le film deux secondes
Bonjour Monsieur. Vous êtes poursuivi pour onze viols aggravés, dont sept suivies de meurtre avec préméditation, c’est à dire assassinat. Vous encourez la peine de réclusion à perpétuité. Le lycée Frank Magne, notre nouveau groupe. Tu vas commencer par les dossiers encore du groupe. C’est la tradition en 36. Et le dossier parce que là, elle a été violée pendant des heures Après, il l’a torturé, il a joué avec elle. Ça, c’est la récompense. Là, pour décompresser, je dirais essayer de garder un peu de distance. Sinon il va te démolir ses affaires. On est chez moi depuis le début, on tombe sur des choses qui ne collent pas. Pour moi, il y a quelque chose qui prend du temps. Violer, puis égorger. 23 ans. Pierre est dans la vague. Il se peut que le type soit revenu. La réalité, c’est qu’il y a des liens possibles, mais pas certain du tout. Il s’arrête trois ans et recommence. On travaille mal tous. On travaille mal. On parle de filles violées, égorgées. Moi si j’ai une vie compliquée de merde et moi aussi ça me ronge. C’est parce que tu fais ça ? Tu m’entends plus quand je te parle. Les analyses sont tombées.C’est le même moment. Je veux qu’on lance un avis de recherche sur les homicides. C’est une course contre la montre.Messieurs, il faut qu’on fasse vite. Le code génétique a été baptisé Escape, un serial killer numéro un. C’est le premier tueur en série dont on a l’empreinte génétique. Vous avez fait un travail impressionnant, puis jugez celui qui a travaillé pendant sept ans. Et moi, je suis celle qui traque l’homme derrière le monstre. Kader n’a pas parlé. Il s’appelle Guy Georges. Pourquoi les as-tu tués ?
Je vous avoue, je ne l’avais pas vu ce film à la télévision toute l’année, quand la tentation est là. Vous venez de nous dire que c’est un des films que vous avez préféré que vous préférez dans votre bouquin, c’est bien ça ?
Oui, exactement.
Vous ne dites pas ça, vous le dites pas dans le bouquin.
Non, non, non, parce que mon avis n’a que peu d’intérêt, me semble-t -il, dans un sujet pareil. Donc non, je ne dis pas forcément ça, j’aime ça, je n’aime pas. Comme je laisserai dire par exemple Chabrol qui dit sur Landru bien traité et traité de paix. Chacun son avis. Non, je ne pense pas que ça soit très important de donner mon avis aux lecteurs.
Sentiers battants qui nous dit excellent film. Alors Glaudioman vous demande comment expliquez-vous le peu d’audace de films qui sont basés sur des faits réels ? Les auteurs se sentent-ils écrasés par le sujet ? Ont-ils peur de trahir l’histoire des personnes qu’ils adaptent ?
Est ce qu’il y a un manque d’audace ? Dans les films qui s’intéressent aux faits divers ? Je ne crois pas. Pas forcément. Il y a d’ailleurs un exemple précis, là où j’ai l’impression quand même que les faits divers, le fameux d’après une histoire vraie qu’on voit sur les affiches, ça attire beaucoup les producteurs et aussi le public. Donc après, peut être qu’il y a des histoires politiques qui sont peut être moins traitées, c’est possible, c'était plus difficile de trouver des financements télé, etc. Je ne sais pas, mais j’ai pas l’impression qu’il y a forcément un manque d’audace, sauf si on me donne un exemple précis.
Alors peut-être que non, mais je crois. Je crois que ça y est, il est en télétravail aujourd’hui. Enfin, il ne peut pas aller trop là. Voilà, je vous ferai suivre son exemple. Ou alors si jamais il surgit, je. Je vous ferai alors un autre film, ô combien important, ô combien symbolique dans l’histoire du film français et dans l’histoire de Jean Gabin, c’est l’affaire Dominici en 1952, sur laquelle vous consacrez plusieurs pages. Donc là aussi, j’ai retrouvé la bande annonce Et ce qui m’a beaucoup plu dans ce chapitre là, c’est ce que vous nous révélez sur le choix en fait, que fait, que fait Gabin avant d’accepter le rôle, il va tout lire, Il va se pencher sur le fait divers et il hésite, écrivez-vous. Il se penche sur le fait divers. Il lit notamment Notes sur l’affaire Dominici de Jean Giono pour son ami biographe de Gabin, André Brunin. Il est certain que si Jean Gabin n’avait pas eu son nom en son âme et conscience, l’intime conviction de l’innocence de Gaston Dominici, il n’aurait pas pu accepter de jouer ce rôle. Il ne s'élevait par contre pas contre le jugement qu’il avait condamné. Admettez que les jurés, à l'époque et malgré le flou qui entourait l’instruction, n’avaient pu faire autrement, eux aussi, en leur âme et conscience, que de le croire coupable. Mais ce qui l’intéressait, c'était que cet homme fruste avait eu la volonté de taire obstinément la vérité qu’il connaissait sans aucun doute, de brouiller les cartes, de se laisser accuser par ses propres fils, avec peut être l’arrière pensée de sauver le clan familial d’une condamnation générale.
C’est un rôle qui peut plaire à Gabin. Pour le coup, c’est un patriarche qui se sacrifie, Et même quand il tournait, en fait, quasiment à chaque réplique il demandait au réalisateur Claude Bernard Robert. Est ce qu’il a vraiment dit Est ce que ça, ça a été dit, ça s’est passé comme ça. Donc le réalisateur devait sortir des bouquins, des recettes, il l’a dit ou des articles, il a dit ça exactement comme ça, Donc il pouvait le faire. Oui, il y a vraiment une honnêteté là-dedans. Il ne prenait pas ça à la légère du tout.
C’est un film qui marche à l'époque ou qui crée des remous.
Non, ça ne marche pas énormément. Ce n’est pas un énorme succès. On ne peut pas dire cela
Le film n’a pas tellement de succès ?
Et ça a eu un peu de ça crée un peu de remous à Lurs, où vous étiez passé, où la famille en fait, la famille Dominici se disait on croyait avoir un peu oublié. Ça faisait plus de 20 ans. On dit qu’on va encore parler de ça. Et il ne savait pas trop comment ils allaient traiter le film et tout ça. Et puis on était quand même rassurés par le film parce qu’on n’accuse pas Gaston Dominici. Enfin bon, il y a un vrai, un vrai point de vue
Alors je ne sais plus où on en est avec cette affaire. Il me semble qu’il y a encore peu de temps, le petit fils a essayé de faire avancer.
Et y a longtemps travaillé, mais je crois qu’on ne sait pas encore. Il y a une histoire abandonnée, un peu absurde de services secrets à cause de l’anglais qui a été dans les services secrets avant. Donc on aurait voulu faire taire tout ça. Apparemment c’est une vaste fumisterie, donc on ne sait vraiment pas ce qui s’est passé.
Alors je vous propose de regarder la bande annonce de ce film, parce que là on plonge dans une autre époque et ça va me permettre d’aller me chercher un petit café si vous en êtes d’accord. Philippe Nous en avons pour deux minutes 38. Jean Gabin L’affaire Dominici, c’est quand même pas rien, C’est dans vos postes.
Je retrouverai ce salaud.Bon, les salauds !Qu’avez vous fait dans la nuit du quatre 5 août 1952 ? Et toi, qu’est ce que tu as fait dans la nuit du quatre ? Et non Clovis, afin d'être. Elle a été tuée là où on l’a trouvée. On l’attendait en fait. Tu crois que nous allons à la maison. Le père est venu pour sauver la terre. arrivera un grand malheur à terre. Alors. Regarde toi alors tu n’as rien à dire. Je n’ai rien à dire. Merci. Alors Gustave dit la vérité. Le 12 novembre, les policiers m’ont accusé de toutes sortes de choses. Ils m’ont dit qu’il faut en finir. Ils m’ont frappé. T’es coupable, tu nous l’as dit. Oui, c’est mon père. C’est faux, mon salaud. C’est lui qui a tout machiné pour toi. C’est toi qui me l’as dit. Nous, on a dit ça. Oui, mais ce n’est pas vrai. À moi. Tu sais bien que tu accuses le père faussement, mais il a été un malhonnête homme. Ton coup est Clovis. Il vous fallait un coupable. Moi je te dis que Dominici n’est pour rien là dedans. Moi je dis que si c’est spécial, ce n’est pas un roman. Déjà que le commissaire ça l’empêche de dormir. Un coupable, oui, mais pas de mobile et pas de preuve. En vertu de ce jugement, Gaston fut condamné à mort.
Oui, vous m’avez entendu, Philippe, mais les nos amis qui vous écoutent ne m’ont pas entendu. Je disais, Je citais Pierre-Yves qui disait qu’il disait Ah ! Ça a mal vieilli les trailers. Le monteur a vraiment coupé ça à la paillette. Et voilà, je disais voilà, j’ironise. Mais en fait, au départ, ça s’appelait des films annonces, puis aujourd’hui les bandes annonces,. Mais moi c’est ce côté un peu désuet qui me plaît dans les films. Mais par exemple, quand on fait ça, est ce qu’on trahit les films ?
On fait quoi ?
Quand on montre des films, annonces, bandes annonces ?
Ah oui, fait, c’est dans les films annonces des années 60 50. On en montre beaucoup, beaucoup moins parce qu’il n’y a pas un montage super cut et tout, donc des fois on voit des scènes entières, donc des fois ça peut être, ça peut être un peu beaucoup. Mais ce qui est intéressant avec les films annonces, c’est que c’est comme les films, c’est à dire que ça, ça, ça évolue et ça vieillit aussi de la même façon. C’est ça qui est intéressant, c’est qu’on ne fait pas des films annonces genre fin des trailers aujourd’hui comme on les faisait en 72. Je trouve que cette évolution est assez passionnante à regarder.
Sentierbatttant vient de nous dire. Le saviez-vous ? Orson Welles réalisa pour la télévision un documentaire demeuré inachevé sur l’affaire. La quasi intégralité de ces images ont été retrouvées regroupées dans un documentaire intitulé L’affaire Dominici par Orson Welles, réalisé par Christophe, Connu.
Oui, c’est vrai. Il était venu sur place, il avait filmé, il avait posé beaucoup de questions. Il y avait un journaliste français qui avait suivi l’affaire, qui était avec lui. Et puis, comme beaucoup de choses, Arsenault allait si bien et ça n’a pas été jusqu’au bout. Donc pendant des années c'était resté comme ça dans un tiroir avec le journaliste qui pouvait certainement dire. Alors ce nouvel homme interviewé et montré, voilà. Et au final, bon bah c’est comme, ce n’est pas comme c’est inachevé. Ce qu’on en voit, effectivement, c’est un peu, c’est un peu frustrant quoi. Il n’y a pas vraiment de point de vue de ce qui veut dire à la pas de conclusion sur ça quoi. Et c’est intéressant de se dire qu’en ce Noël sept, c’est dans le cas d’une sorte d’anthologie pour la télévision américaine. Mais c’est intéressant de se dire que ça doit s’intéresser à cette affaire là.
Alors ça m’a permis de vous poser une question ce matin au réveil, J’ai démarré avec une lecture d’un papier passionnant dans le Monde sur Netflix, les plateformes et le bouleversement dans le cinéma. Et j’avais envie de vous poser une question sur ce que sur ce point là, est ce que des faits divers qui sont toujours éminemment ancrés dans une réalité locale, systématiquement. Est ce que vous pensez que les faits divers pourront, on se projette à l’avenir, pourront générer autant de films si ce sont les plateformes globales qui sont aux manettes.
Est ce que, parce qu’en fait, je pense que c’est universel. Ce que ça touche quand vous dites c’est local, mais en même temps, un fait divers qui s’est passé comme le Dominici dans les années 50 en Provence, ça va toucher tout le monde, va comprendre les enjeux de cette histoire là, familiaux, Donc oui, je pense que oui. Et puis on a vu énormément de films américains qui parlaient de faits divers, de tueurs en série, de vraies histoires et qui s’amusaient. Ça nous a intéressés, Passionnés quoi. Non, je pense que justement l’intérêt du fait divers, c’est que c’est complètement universel. Ça touche à la passion, l’amour, la mort, la vengeance. Des choses comme ça, qui touchent absolument tout le monde.
Page 53 sur l’affaire Dominici.. Vous rappelez que, à la fin du film, la parole est donnée à l’avocat maître Emile Polak, l’avocat de Dominici, donc Claude Bernard Robert, donc le réalisateur, décide de filmer directement l’avocat. Et vous vous rappelez que la plupart des films inspirés d’histoires vraies se terminent le plus souvent par un carton donnant des informations sur les suites de l’affaire. C’est assez rare quand même qu’on donne carrément la parole, donc je me souviens plus comment ça se passe l’idée face caméra, l’avocat.
Et face caméra. À la fin, le film s’arrête et puis on s’imagine qu’on va voir une tête, un petit écran et puis en fait non, on a l’avocat qui est là. 20 ans après, quasiment 20 ans après le meurtre et qui explique que voilà, on fait finalement sans doute que les gens à l'époque, dans la justice, dans la conscience, ont condamné en pensant que c'était vraiment lui mais qu’on avait pas finalement. La preuve, il montre l’arme, le fusil, l’arme du crime qui n’est certainement pas le vrai. Simplement c’est un mec sorti les mains sûrement. Et c’est très étonnant quoi. C’est à dire qu’on voit bien que le réalisateur a voulu dire quelque chose avec ce film en disant voilà, je ne sais pas qui a tué, mais c’est certainement pas lui et il y a quelque chose à faire. Et de l’avocat vient lui même parler, C’est assez surprenant en fait.
C’est assez dément. Alors, autre affaire, beaucoup plus récente. Omar Raddad page 68. On aura peut être la bande annonce, film qui n’a pas été là aussi facile à faire. On y viendra à la fin que si c’est votre dernier chapitre qui est pour moi le plus passionnant sur la difficulté à réaliser de tels films basés sur des faits réels, et le faire souvent de manière, avec assez peu de temps, entre eux, entre les faits et leur traduction filmique. Pour Omar Raddad, j’ai appris en vous lisant ceci. L’appartement de Raddad à Cannes où les gendarmes viennent arrêter le suspect. Et l’authentique logement que la famille occupait à l'époque. C’est d’ailleurs là que le véritable protagoniste de l’histoire, partiellement gracié par Jacques Chirac, est libéré en 98 et vient assister aux prises de vues. Euh alors ça c’est pareil. C’est une constance que l’on voit chez certains cinéastes, c’est d’essayer d’aller jusqu'à filmer dans les lieux mêmes du drame ou des actes des interlocuteurs. Selon vous, pourquoi ? Quel est l’intérêt ?
Pour donner le plus de véracité possible à ce qu’il raconte. Parce que, en fait, quand je disais je veux raconter dans le film, c’est que certainement Omar Haddad n’est pas coupable ou qu’il veut donner, il se donne tous les moyens finalement pour justifier ça, pour convaincre le public. Et donc il ne faut pas faire quelque chose, il faut reconstituer au plus près la donnée des faits. Après, s’il avait tourné dans un appartement, dans un décor, ça nous aurait pas frappé et ne serait pas dit alors ce n’est pas vrai ? Mais je pense que pour lui et pour le comédien, c’est une façon de s’approcher au plus près du sujet quoi. Voilà, je ne sais pas trop quoi dire de plus de ça, mais c’est vrai.
Ce que je voulais vous faire dire, c’est que là ça fait trois fois qu’on parle de réalisateurs qui veulent en fait innocenter la personne. Il ne me semble pas, sauf si j’ai mal lu votre livre, qu’il y ait des réalisateurs qui cherchent à tout prix à condamner quelqu’un. C’est soit les faits qui sont relatés Le cinéaste ne prend pas position innocent ou coupable. Ou alors il y a des films pour innocenter, ou en tout cas pour ramener ce point là dans le central.
Oui, il y a en fait que les gens. L’exemple le plus frappant, c’est André Cayatte, Oui, qui a fait beaucoup de films sur la peine de mort, sur l’affaire Gabrielle Tissier, sur plein de choses et qui en fait à la base était avocat. Et un jour, il est stagiaire dans un cabinet d’avocat où il y a un des procès sur de l’affaire Seznec et y compris X ou Y trouve que Seznec est forcément innocent et donc il se lance dans le livre français en cinéma en se disant un film va pouvoir innocenter Seznec et il ne fera pas ce film. Finalement, il ne convaincra personne à l'époque d’en faire un, mais il va se lancer dans le cinéma pour essayer de montrer des choses, de démontrer, de convaincre En fait que le public, et ça, c’est une constante, il y a plus de réalisateurs qui font ça. Mais enfin, je pense qu’il y a Cayatte, il y a Boisset, il y a certains, les acteurs sur certains. Comme je disais. Omar m’a tué. Mais c’est vrai que des fois ils veulent utiliser le cinéma comme un outil en fait pour arriver à la vérité, à la vraie justice en fait.
Voilà, ça c’est le vôtre. Chapitre cinq Les hommes qui cherchent la vérité. Certains cinéastes ne peuvent imaginer une histoire qu’en s’appuyant sur des faits réels. Ils transposent la réalité dans leurs films, soit dans le but de défendre une thèse et convaincre le public. Comme André Cayatte, vous venez de le dire, ou Yves Boisset, qui apparaît très souvent dans votre dans votre bouquin, soit dans celui de se persuader eux-mêmes que leur scénario tienne la route, comme Gérard Oury ou François Truffaut. Je vous propose qu’on regarde la bande annonce de Omar. On la regarde, ça dure une petite minute. Justement, on va voir que c’est une toute autre écriture de bande annonce.
L’ADN masculin a trouvé sur les lieux du crime les pas, celui de Raddad. Acquitter Omar. Ce serait honorer la France. La Cour condamne Omar Raddad à la peine de 18 ans de réclusion criminelle. Aujourd’hui, on condamne un jardinier parce qu’il a le tort d'être vagabond.
Quoi qu’il fasse, il est coupable. Vous avez des acteurs préférés. Oh, la bande annonce des Suprêmes NTM, je l’ai vu hier, je vous en parlerai tout à l’heure. Vous avez des acteurs préférés qui incarnent soit des magistrats, procureurs ou juges, soit des avocats. Là, on a vu. On a donc vu Vergès s’incarner à l'écran. Est ce qu’il y a des rôles que vous retenez dans la filmographie française ?
Il y a Patrick Dewaere évidemment dans le juge Fayard, dit le sheriff qui fait un jus de cinéma, je dirais.
C’est-à -dire.
C’est à dire oui, c’est quand Boisset fait ça, y fait une sorte d’inspecteur Harry de la justice ou quoi ?
C’est dans le shérif, c’est ça ?
C’est ça, Oui, le juge Fayard, dit le shérif. Oui, parce. En fait, en fait, on le voit manipuler et faire pression sur un suspect qui sur son lit d’hôpital en train de secouer pour lui faire avouer des choses. Bon, c’est des trucs de c’est des trucs de l’archétype du cinéma américain. Dans la réalité, ça ne se passerait pas comme ça parce que ça n’aurait aucune valeur juridique, on ne pourrait pas utiliser ce qui était, ce qu’il obtiendrait comme ça. Mais. Mais en termes de cinéma, oui, je trouve que c’est un personnage que j’aime beaucoup.
A propos du cinéma américain, il y a Pierre Ange à nouveau, qui nous dit un des pires films dans le genre et les films de Clint Eastwood sur l’attentat. Un très grand respect des faits, septembre mais pas de cinéma du tout. Je m’empresse de préciser que votre ouvrage, Philippe, ne concerne que les films français. Cela dit, vous avez peut-être un avis sur le film.
Je n’ai pas vu ce film, j’ai pas du tout eu envie de le voir, mais non, je trouvais que le sujet ne prêtait pas forcément un film entier, surtout joué par les personnages eux mêmes qui faisaient leur propre rôle. Non, je lui ai fait comprendre que ce n’était pas forcément un grand film.
je ne l’ai pas vu et je ne l’ai pas vu non plus. Alors je reprends mes petites notes. Je suis encore tout tourneboulé avec cette histoire Alors là, on va aborder, on va aborder Jean-Claude Romand, l’affaire Jean-Claude Romand qui va donner deux films, deux films de cinéma, l’un de Laurent Cantet, l’autre de Nicole Garcia. Jean-Claude Romand, L’emploi du temps et l’adversaire. On va regarder les deux. Les deux bandes annonces l’une après l’autre. Vous me dites celle que vous préférez en premier Allez, une préférence entre les deux. Vous ne prenez pas position dans votre livre. Alors qu'à l'époque il y a eu une guerre de religion entre ceux qui préféraient l’adversaire interpréter, adapté du bouquin d’Emmanuel Carrère « l’adversaire ».
Auquel je préfère l’adversaire parce que c’est la vraie histoire. Mon histoire est assez incroyable, donc Emploi Du Temps, ça utilise le point de départ, mais, il n’y a pas de conclusion meurtrière. Ce n’est pas tout à fait la même chose.
Bon alors vous préférez je vous mettre d’abord l’Adversaire, c’est ça ?
Allez, allez.
Je vais mettre l’adversaire, je vais mettre le son. Je trouve ça super chouette de regarder les bandes annonces avant de parler des films.
Vous êtes bien chez Alice nous ne sommes pas là bip. Entre Christine et les enfants. Parce que je vous aime parce qu’il n’y a pas d’autre sens à ma vie que je ne vais pas chez les enfants.Deuxième nuit. Viens me chercher ce soir, j’ai une grosse journée. Je t’appelle. Nous étions ensemble en deuxième année. A ce soir là. Et bien qu'à ce moment. Là, comment était il ? Intelligent. C’est ça être péritonite à 4 h du matin. Timide par certains côtés. Il y a un couple de radiologues qui s’est installé, assez sympa et ils veulent te rencontrer. Je me souvenais à peine de lui. Il était très discret, mais je pense que d’ici trois ans, jusqu'à ne pas supporter le classique, il était donc nettement meilleur que moi. Et avec fierté. Je suis là.Tout le monde l a cru. J’ai une question : qu’est ce qui se passe là dedans ? Tout ce que j’ai fait est bien ou mal.
. Alors. Mon cher Philippe, qu’est ce que vous pourriez nous dire sur ce film là ? L’adversaire qui est l’adaptation, je le rappelle, du bouquin de d’Emmanuel Carrère qui avait suivi le procès, qui avait correspondu avec Romand
Et bien en fait, dans le dans le livre, il parle beaucoup de Romand en prison, de scènes de crises mystiques. Et ça, c’est ce qui n’intéresse pas Nicole Garcia, qui parle vraiment des faits jusqu'à la conclusion où en fait Jean-Claude Romand, c’est quelqu’un qui va mourir, va tuer toute sa famille parce que pendant 18 ans, il a menti à tout le monde. Il n'était pas médecin comme il a dit, il n’avait pas de poste à l’OMS. Donc en fait, il mentait absolument à tout le monde et le poids était tellement énorme qu’il a tué sa famille. Et ça c’est assez bien reconstitué dans le film de Garcia en fait, c’est à dire qu’il y a des scènes fonctionnent sur des flashbacks et on voit le quotidien terrible de ce personnage qui doit qui fait semblant de partir à l'étranger mais qui reste à l’hôtel, à l’aéroport, qui achète des faux souvenirs pour sa famille qui tout le temps sur des parkings, enfin voilà. Et qui se prend à son propre jeu et qui est obligé à manger, qui peut plus qui plusieurs fois a manqué de se faire, de se faire attraper. Et puis à un moment donné, c’est tellement énorme que voilà, on arrive dans le sang. Et moi quand j’ai fait ce livre, c’est le fait divers qui m’a le plus, je dirais presque obsédé à un moment donné, parce que c’est le plus terrible, parce que, à la limite, même à m’en donner jour, on a peur quand on a cours, on lit son histoire. J’ai une presque peur pour lui, c’est sûr. Il va se faire quoi ? C’est sûr, ce n’est pas possible. Et effectivement, lui-même s’en rend compte et sera, dit-on, bien fini entre guillemets et puis finalement non quoi. Et je pense que pour un lecteur, c’est pour Daniel Auteuil qui fait très bien le rôle et c’est une aubaine. C’est unique comme personnage quoi.
Alors Philippe, vous, vous avez été hanté par ce fait divers. Figurez-vous que j’aussi, et d’autant plus, d’autant plus que j’ai suivi le portrait et le portrait. J’ai suivi le procès de Jean-Claude Romand pour Libération. A l'époque, nous étions une dizaine de journalistes. C'était au tous débuts, c'était la première fois. Alors à l'époque, c'était moi, j'étais à Libération. Il y avait aussi la colonne line À côté de moi, il y avait Catherine Hurel c’était la première fois que ça se faisait l'équivalent d’un live tweet aujourd’hui où il y avait absolument le verbatim complet qui était en ligne le soir même des audiences et une semaine à Bourg en Bresse. Pour ceux que ça intéresse, j’ai mis et j’ai mis des souvenirs de ce procès et j’ai mis toutes mes toutes mes chroniques à l'époque de ce qui était paru dans Libération. Et je dois vous dire, je dois vous dire que moi je suis comme Nicole Garcia, c’est à dire que je trouve, si je puis me permettre, et je trouve que dans le bouquin de Carrère, tout l’aspect christique, l’aspect en prison de Jean-Claude Romand, je le trouve. Bon à côté. Pour le dire franchement, à côté, je trouve qu’il y a un côté psychologisant. Moi je ne me suis jamais accroché à ça et je le dis d’autant plus qu’il était qui a été très sympathique lors du procès. Mais c'était assez drôle parce que le soir au restaurant ou le 12 h au restaurant, on était un peu obligé de lui expliquer ce qui se passait. Mais bon, ça pourquoi pas. Il ne savait pas trop comment ça c'était une audience. Mais pourquoi lui il dit ça, pourquoi il dit ça, etc. Bref, tout ça pour dire qu’effectivement, ce Jean-Claude Romand, voilà tous ceux qui ont suivi cette affaire. Alors le fait divers avait été suivi par Florence Aubenas. Il y avait une règle de libération, c’est celui qui disait que le fait divers ne faisait pas le procès. Et donc moi j’ai suivi le procès.
Je lirai ça tiens.
. Quand j'étais à Libé, c'était probablement une des choses que je préférais, c'était les comptes rendus d’audience. Aujourd’hui, j’en fais encore un petit peu sur Twitter. J’ai fait de Benalla par exemple. Il y a quelque chose d’absolument tragique, terrible, dans les dents, dans les procès et j’invite n’importe qui dans le chat. Allez voir par exemple, n’importe quelle comparution immédiate. Vous allez assister à la fois à du théâtre très mauvais, très souvent à des coups de théâtre et on touche la pâte humaine, on touche la pâte humaine. Je m’en vais parce que c’est la mauvaise justice, la comparution immédiate, quoi. Alors, pour Jean-Claude Roman, si ce n'était pas le cas, et je trouve que je trouve que moi j’aime beaucoup les deux films de Garcia et de Canter. J’ai dans mon souvenir le film de Laurent Cantet va être un peu tiré par la critique, non ? En disant ce n’est pas vraiment l’histoire.
Oui, c’est ça, oui c’est ça, c’est on pour dit, voilà, on s’inspire de roman, puis finalement au final, ce n’est pas ça. Donc c'était un peu alors qu’en fait le but de Cantet, c'était de parler d’autre chose en fait, finalement, C’est un gars qui subit, qui ne peut pas avouer qu’il est au chômage et donc qui va mentir à sa famille. Une sorte de honte comme ça, dont un peu social avoué, contrarié. Donc il est parti de ça et je crois quand il disait qu’avec son scénariste. Comme ça de même, ils ont, ils ont éliminé sans même y penser l’aspect criminel, l’aspect, l’aspect crime de sang à la fin quoi. Oui, c’est ça qui les intéressait en fait.
Alors, ce qui était bon. Je crois que si dans mes chroniques de procès, il y avait quand même quelque chose de terrible dans ce procès, c’est que pourquoi le mensonge éclate après 18 ans de mensonge ? Tout le monde a aimé Jean-Claude Romand dans la famille, etc. C'était celui qui avait réussi, c'était fantastique. Pourquoi le mensonge craque ? C’est parce qu'à un moment donné, la belle famille, une partie de la belle famille veut récupérer l’argent qu’il est censé lui avoir placé en douce en Suisse, puisqu’il est. Il est censé être chercheur à l’homme dont le siège est à Genève. Et là, le problème, c’est qu’il aurait pu être Jean-Claude Romand. Il a plus d’argent.
Et donc là, la vérité va éclater. Et donc il y a bien eu et il en arrive à ce qui est, ce qu’il a fait, absolument tragique et c'était vraiment c'était vraiment incroyable. Je vous propose quand même qu’on vous regarde la bande annonce de l’Emploi du temps de Laurent Cantet. Évidemment, ça ne se passe pas comme je voulais. Je ne sais pas si tu. Pourtant, je m’entends plutôt bien avec les collègues. Même si c’est perdu. Ça me permet de vous raconter des histoires, de me dire que tout va bien. C’est fou. Il y a des moments qu’on nous a demandés de faire. Ce qu’on attend de moi. Je commence à paniquer. J'étais fils. C’est comme tout le monde s’en. Qu’est ce que nous avons tous ? Notre histoire ? Rien.
Faut dire qu’il y a Karine et j’ai un gros faible pour elle. Je trouve que c’est une grande actrice. C’est vrai. Qu’est ce qu’on peut dire d’autre sur Jean-Claude Romand par exemple, puisque j’aime bien ce que vous nous disiez là. Ça, c’est le chapitre qui vous a le plus remué finalement à écrire à cause de l’histoire.
Oui, parce que ce n’est pas un tueur en série, ce n’est pas un gangster, c’est pas un escroc. C’est un cas unique. On se dit mais en fait y a son avocat, je crois, dans un psychiatre qui racontait que, en fait, le poids était immense parce qu’il pouvait partager ça avec personne, mais pas raconter ça à quelqu’un. Tiens, j’ai un truc à dire, non ? Donc forcément, imagine, on n’imagine pas vivre 18 ans dans le mensonge,C’est terrible quand même. Même à ses amis avec qui il est en école de médecine, il a réussi à faire croire qu’il continue ses études alors que c'était plus le cas.
Oui et d’ailleurs il leur donne le change. C’est à dire que oui, parfois certains qui étaient devenus médecin allaient le voient en disant mais toi Jean-Claude, qu’est ce que tu penses de ce cas là ? Et comme il passait ses journées à potasser la littérature médicale parce que c’est ça qui est fou, c’est qu’en réalité, sa double vie était une véritable vie, à la fois d’ennui mais complètement remplie. C’est à dire que le mec, il bossait comme un dingue quoi.
aurait pu être et quelque part, il aurait pu être un bon médecin visiblement. Donc c’est ça qui est assez fou aussi quoi. Il a pas pu s’arrêter à moins de se dire bon, je vais reprendre mes études et voilà, je vais essayer, je vais dire ça, ma femme et tout ça. Non, non. Et il était pris dans une espèce de spirale de folie.
C’est ça ?
Rien que d’y penser, ça me perturbe.
Est ce que parce que. Parce qu’en fait, au départ, c’est ça. C’est à dire que, en deuxième année je crois ou en troisième année à la fac, il échoue, et plutôt et plutôt que de dire la vérité à ses parents parce que le nœud est là en fait. Et il dit, il dit qu’il continue et donc il va assister aux cours alors qu’en fait il n’a plus le temps, il n’est plus dans le cursus. Et ce mensonge originel va devenir.
Et puis, à l'école de médecine, il est y forçant d'être copain avec des gens qui ne sont pas dans la même année, dans la même année supposée, où il est où, avec des gens qui sont arrivés après l’année d’avant, comme ça, ils ne peuvent pas le surprendre.
Bien, je vois que Lombard Philippe, qui est l’auteur de ses livres, ça s’est tourné près de chez vous, connaît bien son dossier. Petite question est ce que je me goure ou pas ? Mais il n’y a pas de film. Ça s’est tourné, ça s’est passé près de chez vous.
Non, c’est vrai, on a fait un clin d'œil au titre, on a même mis BD en couverture si je ne me trompe pas.
, Clin d'œil ou tromperie sur la marchandise, dites donc !
Non, non, non, mais y avait un clin d'œil. Mais c’est-à -dire que le film avec BD n’est pas n’est pas inspiré d’une réalité, donc ce n’était pas dans le sujet.
En fait non, bien sûr. Il y a simplement cette petite scène terrible avec le sucre, si mes souvenirs sont bons. Il n’y a que le petit Grégory. Ce qui est quand même assez extraordinaire. C'était une blague ? Non, c'était pour vous dire, ici on lit les livres de nos invités. Ben oui, je vois, hein ? Mais attendez, c’est sérieux. Et d’ailleurs, bon, ben ça s’est passé près de chez vous. C’est quand même une comédie, une comédie noire, mais c’est une comédie. Il y a assez peu de comédie dans votre dans votre bouquin et assez peu de comédies finalement.
C’est vrai. C’est à dire que les sujets ne s’y prêtent pas forcément, mais y a quand même des scènes de moquerie, des films de Gérard Oury qui sont quand même ce que Gérard fait. Ce qui est drôle, c’est que la plupart de ses films s’inspirent de quelque chose de réel dont on ne se rend pas forcément compte aujourd’hui.
Mais ça je l’ai appris dans votre bouquin en effet.
Le corniaud par exemple dans sa s’inspire d’une histoire du début en 63 où il y a un présentateur télé dont j’ai oublié le nom tout de suite là, mais qui était très connu à l'époque. La télé française qui amène une voiture américaine remplie de drogue aux Etats-Unis. Et puis il fait choper là bas et il dit Alain mais moi je ne savais pas, je ne savais pas qu’il y avait de la drogue dedans. Donc l’idée du corniaud du type qui sonne soi-disant ne serait pas ou à priori savait très bien. C'était la French Connection qui amenait de la drogue depuis le sud de la France jusqu'à New York. Il est parti, il a été condamné et il a fait des années de prison. Et donc c’est inspiré de cette histoire là et dans cette histoire là, qui est un qui inspira aussi Winfried Keene pour une connexion. Oui, un personnage de présentateur français qui se fait avoir en amenant une voiture aux Etats-Unis. Donc la même histoire a pu inspirer Le Corniaud et French Connection. Et ça c’est formidable. Donc tout dépend de la façon dont on va traiter un sujet finalement. Et au fait, ça aussi s’inspire de la fin du Ringo Arrière pour Vanille Fraise le cerveau, en fait, c’est l’histoire, ça reprend le coup du siècle de l'époque en 63 où il y a le fameux coup du train postal Glasgow Londres à l'époque et on s’en rappelle pas aujourd’hui, mais à l'époque c’est ça rentre dans la pop culture quoi ça. Il y a énormément de films ou séries qui, même si elles évoquent Audiard, évoquent très souvent le plaisir. Donc dans ces films et aujourd’hui, on les comprend plus en fait.
Oui, absolument.
Oui, c’est des trucs donc oui, il faisait beaucoup ça.
Alors je vous propose qu’on fasse un tour avec un dernier film et après on parlera d’un ou deux réalisateurs en particulier, C’est Mesrine. Alors d’ailleurs, on pourrait peut être commencer, puisqu’on parlait de comédie « Inspecteur La bavure. »Il y a un lien entre l’inspecteur la bavure et Mesrine ?
Ben oui, parce que là, vous déconnez.
Non, non, non. Mais en fait l’inspecteur d’ailleurs, ça date de 80. Donc en fait, Mesrine en 79, si on regarde bien le film, on voit bien que Depardieu et Mesrine, il s’appelle Morosini et ce n’est pas si loin que ça. Et aussi les lignes publiques niveau un, il y en a pas 50, un des ennemis publics numéro un et qui font la nique à la police. Donc à l'époque c'était vraiment ça quoi. Donc en fait il s’amuse de l’idée c’est de c’est que rien ne change de tête et soit copain avec le flic qu’il recherche. Voilà, c’est ça le point de départ de la comédie. L’inspecteur la bavure. Mais ya beaucoup d'éléments qui viennent vraiment de l’histoire de Mesrine. Quand l’histoire la journaliste jouée par des bandits qui veulent interviewer tout ça, ça c’est un truc qui s’est vraiment passé. Il avait interviewé à Paris-Match.
Parce que le mec de Match avait écrit des horreurs sur lui et donc ils voulaient le nom.
, c’est celui qui a écrit des horreurs. C'était un journaliste.
De Minute
Voilà. Ils avaient enlevé, tabassé, laissé pour mort. Et donc là, ils ont mélangé un peu les deux Parce qu’en fait, il y avait soit disant à interviewer, puis finalement ils l’enlèvent, ils enlèvent la journaliste, etc. Mais c’est vraiment ça.
Attendez. Et tout d’un coup, je pense à un truc Attendez, bougez pas, je reviens. J’en ai pour une seconde. Je vais vous montrer un truc, enfin je pense. J’y avais pas pensé, mais là je vous écoute, je vous écoute. Mesrine est journaliste. Attendez, je mets en le mettre la scène solo. C’est un truc que j’ai devant moi, dans mon bureau. C’est la planche contact. Tout d’un coup, je n’ai plus le nom de mes photographes. Je suis un original, pas un original, mais une reproduction originale pour Libération. Je ne sais pas si vous voyez bien, mais c’est absolument incroyable. Il y a une ou deux photos qui sont très connues. Voilà où Mesrine se grime. Mesrine joue absolument le jeu. Et il a dit. Il a dit Il a adoré. Je suis désolé, mais. Euryale, si tu peux retrouver, si tu peux retrouver le nom du photographe, parce que tout d’un coup, ça m'échappe. Mesrine, Libération. Non, ce n’est pas Alain Bizot. Peut être, Je sais plus, je sais plus, je sais plus j’avais. Et donc là, Mesrine, Il était habillé, il était coiffé comme ça, si on regarde bien. Donc le commissaire qui plus tard va faire ce qu’il fait. Est ce qu’on sait quoi. Revenons à Mesrine. On parlera de ça parce que ça, c’est très intéressant. Il y a plusieurs films sur Mesrine. Il y a les films de Jean-François Richet C'était le journaliste qui l’interviewe. Je ne crois pas que ce soit l’auteur des photos. En tout cas, c'était on peut dire, le copain de Mesrine à qui il avait donné des interviews, Je ne crois pas que sur le photographe Jimmy, c'était le journaliste pour Brainwash Alors revenons-en à votre livre. Philippe Jacques Mesrine, l’ennemi public numéro un. Il y a un diptyque de Jean-François. On va y venir. Mais d’abord, il y a un premier film qui arrive dès 1991, qui s’appelle Le printemps 84. Vous pouvez nous en parler ici ?
Oui, oui, c’est ainsi d’André Genovese avec Nicolas Gilbert. En fait, il faut savoir que. En fait, Mesrine s’intéresse tout de suite au cinéma. Quelque part, Belmondo achète les droits de son livre L’instinct de mort y fait écrire un scénario à Audiard et Patrick Modiano, ce qui est très étonnant.Et puis Mesrine s'évade. Donc à ce moment-là, le huit fois, on arrête le scénario parce que voilà, parce que l’histoire n’est pas terminée finalement. Et puis après ? Belmondo a beaucoup de mal à produire le film, en fait, ça n’intéresse pas grand monde. Il n’est personne. Voilà, peut être personne n’a envie de se lancer dans un Belmondo jouant Mesrine. Et puis finalement, c’est une veste en 84 qui irait, qui n’adopte pas l’instinct de mort, mais qui raconte l’histoire de la vie de la cavale de Mesrine. Et c’est un schéma. C’est qui réussit dans le sens où c’est assez proche de la réalité. Le personnage de Mitry est très bien interprété par Nicolas Philibert à l'époque, ça crée une polémique. Les gens sont un peu choqués qu’on puisse faire un film sur Mesrine. Il y a beaucoup de gens concernés par l’histoire qui vont, qui vont en justice parce qu’ils ne veulent pas se retrouver dans le film et tout ça, donc qui veulent.
Dire ça, on va y venir parce que je trouve ça très intéressant, mais quand même, là, vous allez très vite, vous dites, vous dites je vous en prie, Mais pour remplir nos fiches, nous vous disons Belmondo s’intéresse à Mesrine. Ça peut paraître dit comme ça, ça semble. Un peu surréaliste pour employer un terme. Je n’aime pas ça. Mais il y a tout de suite ce que vous n’expliquez pas dans votre livre. Là, c’est un petit reproche, c’est que l'éditeur de Mesrine, c’est Lebovici, qui est à l'époque le grand agent du cinéma français qui va finir assassiné en 1984, je crois, dans un dans un parking. Il ne me semble pas que vous parliez de Lebovici. Gérard Lebovici, qui est donc l'éditeur de Champ Livre, qui est le grand éditeur de Guy Debord. Il y a, à un moment donné, à la fin des années 70, début des années 80, un croisement absolument incroyable entre la pensée la plus radicale qui soit le show business..
Mesrine je n’en parle pas parce qu’en fait j’en ai parlé dans un autre livre avant dans le ça tourne mal sur le cinéma français où je parlais des projets qui ne sont pas faits. Il y a trois pages sur le même sur le Messie de Belmondo, donc je ne voulais pas me répéter. Et donc mon idée c'était de parler des films, là, qui se sont vraiment faits. Donc c’est pour ça que je n’ai pas et je n’ai pas été trop dans le détail. Mais effectivement Lebovici, c’est très étonnant parce qu’il y a à la fois.
Là on sent le vendeur quand même, il a bien joué Lombard là.
Le type qui est très bienveillant.
Et ils ne font pas pour Noël le tango ou pas. Si j’achète les trois.
Il faut acheter les trois. Ça y est, c’est une trilogie.
C’est une trilogie. Comme Richet a fait un diptyque, on va voir. Alors allons-y mais bon, c’est un détail mais qui me semblait intéressant.
C’est vrai qu'à Belmondo, on maîtrise un peu. C’est un peu surprenant. C’est à dire que quand il y propose le film à plein de gens, à Vive Boisset, à la Corneau, à Costa-Gavras et personne ne veut le faire parce qu’il voit bien que ce que veut le faire Belmondo, ce que veut faire Belmondo, c’est faire un film de gangster héroïque, quoi, en fait ?
Voilà, c’est ça faire une figure héroïque.
Et le seul qui accepte, c’est Philippe Labro et qui dit Bon, alors le problème qu’on avait, c’est qu’il fallait, comme il disait, Belmondo disait Mesrine. Et parce qu’une épicerie telle quelle. C’est un peu difficile de jouer. Cette époque-là, fin des années 70 où Belmondo est au top. Ce n’est pas un gars sympa en réalité. Mesrine, je veux dire, il est déifié par plein de gens, il est culte, mais en réalité, bon, c’est quand même un gangster qui tabasse un journaliste quasiment à mort dans une nausée. On n’imagine pas Belmondo faire ça à l'écran, donc forcément, je pense que le Mesrine aurait été. Déifié, quoi. Donc, dans ce film ? C’est un peu, un peu étrange. Je pense qu’il fallait au contraire se mettre dans le personnage. Il fallait un acteur comme Nicolas Berg, qui n'était pas du tout que Duc était un acteur de la Comédie-Française et faire en sorte de jouer le personnage et pas et d’en faire un héros.
D’autant qu’on voit. Alors je remets les photos parce qu’on n’est pas chez les cons ici. C'était Alain Bizot, le photographe. Toutes mes excuses à lui, le photographe de génie, et ça j’en suis certain, parce que j’ai connu ça. C’est lui qui faisait les papiers. Je remonte vite la planche contact parce que. Pourquoi ? Parce que ça montre combien Mesrine était aussi comédienne. Je veux dire, regardez cette planche contact. Il y a donc une, deux, trois, quatre, cinq, un, deux, trois, quatre, cinq. Il y a 25 photos. C’est quand même extraordinaire, Elles sont toutes extraordinaires. On est d’accord ? Si c’est ça.
C’est une photo, une photo du journaliste de Libé est-il à côté de Mesrine ? Voilà, il a été à gauche.
Donc des mecs qui se mettent, on voit bien dans les photos qui se mettent en scène, Ils attendaient qu’une chose, c’est que Belmondo joue son rôle, c'était sûr. Il a même écrit à Belmondo quand il était encore en prison en disant Jim scénario lui donnait des conseils de contacter telle ou telle gens pour mener telle ou telle précision. Par contre, ne mettez pas le mot fin parce que ce n’est pas fini.
C’est que c’est grave. C’est quand même fortiche pour Belmondo.
Il dit bon, là, y fait un peu le fanfaron, mais oui, bien jobard, il a compris pourquoi il disait ça. Et quand il est en cavale, un 31 décembre, Belmondo est au Fouquet’s avec ses parents. Donc au réveillon, il y a quelqu’un qui appelle. On dit qu’il y a quelqu’un qui, au téléphone, y répond. C’est Mesrine qui disait une bonne année. Donc il y avait cette idée de.
Dire ça a bien changé le Fouquet’s.
Et Mesrine, il y a Belmondo. Mais j’ai entendu dire qu’il y a quelqu’un qui vous plaît qui veut vous casser la gueule. Mais moi, je vais m’en occuper. Il dit non,
Surtout sur tout ce qui est Belmondo, ça se défend le boxeur. Deux petits points avant d’aborder la version La vision de Jean-François Richet, vous écrivez à propos du film de 84 83 84, donc le premier film sur Mesrine qui s’intitule Mesrine, produit par Genovese, ancien producteur de chez Chabrol. Là aussi, vous dites que les scènes sont en effet conformes à la réalité et certaines sont même tournées sur des lieux où elles se sont déroulées. L’extérieur du Casino de Deauville ou Mesrine et François Besse échangent des tirs avec la police après un hold up. La grotte de la forêt où il a été torturé. On vient d’en parler. Le journaliste de l’immeuble de la dernière planque, rue Belliard et la Porte de Clignancourt où il sera assassiné. Là aussi donc, comme on l’a vu tout à l’heure, il y a certains, il y a certains films par souci de véracité. Moi, je pense que c’est fait. Est ce que vous pensez que c’est pour le spectateur ou est ce que vous pensez que c’est pour l'équipe de tournage ? Parce que finalement, le spectateur ne sait pas tellement que ça s’est vraiment passé là. Mais peut être que ça joue sur l'équipe de tournage, sur les comédiens. De se dire qu’on est en train de jouer in situ.
Ah ça c’est possible pour les pour les comédiens ? Certainement. Après, je pense que le fait de tourner dans les beaux endroits, c’est aussi ça faire bosser aussi. Deleuze Ça avait dit ça quand on avait dit on peut reconnaître des endroits, c’est vrai qu’on va connaître la rue Belliard, mais on va reconnaître la place de Clignancourt. Je pense que c’est aussi pour montrer, pour dire voilà, on ne fait pas n’importe quoi, on ne fait pas un polar de plus, on raconte vraiment l’histoire de Mesrine et que donc si je pense que l’idée c’est de si on voit les vrais, si on vous montre les vrais endroits, c’est que aussi derrière on raconte.
Et c’est ça absolument. Alors vous vous écrivez page 92 quand même que la sortie en février 84 connaît de nombreux remous des actions justice de la part de plusieurs des protagonistes représentés à l'écran sont menés pour ôter leurs noms. Si la mère et la fille de Mesrine. Alors je ne sais jamais si on dit Mesrine ou Merine
Les deux.
Les deux n’obtiennent pas gain de cause. Henri le Lièvre devient Henri Lemaître. Son nom va jusqu'à être camouflé sur la une du journal Le juge Petit, que Mesrine a voulu enlever pour l’avoir condamné et rebaptisé Perrault et Charlie Bauer, dont on a parlé l’autre jour dans notre émission avec chauffeur de guide. Vous voyez les amis, tout ça, Elie ? Charlie Bauer, donc, qui sera un des derniers compagnons de route de Mesrine, qui ensuite va lutter contre les HS, les quartiers haute sécurité des prisons. Par ailleurs, lui aussi écrivain, Charlie Bauer, le dernier complice issu de l’extrême gauche, écrivez vous, est appelé la compagne du truand qui a survécu à la fusillade de la Porte de Clignancourt. Sylvie Jean jacquot demande la coupe d’une vingtaine de séquences pour atteinte intolérable à la vie privée et en obtient six. Une nouvelle bande-annonce est diffusée dans les salles avec cette précision. Après avoir été saisi après 32 audiences du tribunal de Paris, Mesrine enfin libéré, sera sur vos écrans à partir du 6 juin 1984. Le film est un échec public. F. Philippe. Ça m’a surpris. Ça m’a surpris parce que je ne pense et je pensais que la judiciarisation du cinéma était beaucoup plus récente. 84 Il y a 40 ans.
Oui, mais il y a eu d’autres cas, même avant. Je veux dire, c’est souvent. Ça arrive souvent. Et même sur Landru, c’est arrivé sur plusieurs films de Chabrol. C’est arrivé où les gens concernés se disent qu’ils veulent interdire même le film. Après, il y a des il y a des. Je ne sais pas si je voulais parler de ça, de ce qui est avant des Landru.
Oui, oui
Par exemple, sur le Landru, il y avait la dernière compagne de Landru qui leur a retiré ce qu’il aurait sans doute épousé s’il n’avait pas été arrêté et qui n’en a donc pas tué parce qu’il l’est. Apparemment, ils s’aimaient, et elle, elle l’adorait. La représentation qui est faite d’elle, jouée par Stéphane Audran dans le film, je trouvais que ce n’était pas possible tout ça, que c’est une atteinte à la vie privée et donc en fait elle fait une action justice, et puis elle est déboutée puis. Et puis en fait, on dit l'époque où Eve en fait, elle dit ça, mais elle a aussi vendu son histoire à un éditeur. Enfin bon. Et il y a aussi une certaine idée de se faire sa propre sa propre promo. Mais il y a un truc qui est marrant, c’est que sur Les Noces de sang de Chabrol, c’est dix ans plus tard, c’est le début des années 70. Il s’inspire avec Michel Piccoli et Stéphane Audran. Il s’inspire en fait d’une histoire qui s’est passée à Bourganeuf. Les amants diaboliques de Bourganeuf. En fait, c’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui sont mariés, qui sont chacun mariés, mais qui sont en amont et qui décident de débarrasser chacun de son compagnon. Et donc ça fait toute une histoire. Et Yves Chabrol reprend cette histoire là.
Je cherche la page, la, comment dirais je ? L’affiche est très belle à balancer
Ça devait s’appeler Noces Sanglantes Il changent de personnage car il y a une histoire de le mari qui est qui dans la femme est un cahier et il en fait un homme Politique du Dr. Joué par Pier plus et est en fait, à l'époque où le film sort, il y a un deuxième procès et il y a déjà eu un premier procès pour et que pour des vices de forme, on refait un procès et donc on empêche le film de sortir en disant non mais il y a comme le procès va avoir lieu, vous allez troubler les jurés, c’est pas possible, etc. Et Chabrol, lui, est convaincu que, en réalité, c’est parce que son personnage est un homme politique un peu un peu louche quand même, et qu’il y a des élections à ce moment-là. Et donc en fait, tout est fait pour que le film sorte. Après, en fait, après le procès, après les élections et ensuite il peut sortir son film. Donc en fait, il y a souvent des jeux, des actions en justice qui de tout ordre en fait dans le dernier film.
Donc il y a un autre film. Je vous propose qu’on regarde la bande annonce et ces deux films de Jean-François Richet. On le relie à la bande annonce et on en parle juste après. Et ça dure une minute et zéro trois secondes.
Quand on sait comment il s’appelait. Y’a pas de héros dans la tribune.
Elle attendait tous les matins. Non mais ce n’est pas ce n’est pas assez bien ce que je vois, ce n’est pas la bande annonce. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas pourquoi. Ouais, non, ça c’est plutôt un making off. Bon, de toute façon, j’imagine que dans le tchat, on connaît. On connaît le diptyque de Richer drôle de réalisateur qui commence très à gauche avec, je crois, un état des lieux. Très bon film et qui va sortir un peu en même temps que la haine qui ensuite va aller travailler à Hollywood. Qu’est ce que ces deux films méritent ?
Bah c’est-à -dire que comme vous dites, ces deux films. Donc là déjà on est y a une volonté de raconter la réalité de sa vie quoi. Oui, c’est vrai que si on fait qu’un seul film, on est tenté d’en raconter la dernière partie, c’est-à -dire les choses les plus spectaculaires, les peuples et les évasions, etc. D’ailleurs, je trouve que dans les deux films, le plus intéressant c’est le premier en fait. Oui effectivement, y sont obligés de raconter les braquages, les évasions etc. C’est mais c’est plus et c’est plus spectaculaire, mais c’est, je trouve, moins intéressant. Mais au tout début, le projet en fait était réalisé par David Schroeder et le scénario était un peu comme du temps de Belmondo, si on en faisait un, un héros quoi. Tu faisais des braquages ? Incroyable ! Ça, c'était pour le début, On en faisait quelque chose. Un vrai héros de cinéma, quoi. Et Vincent Cassel ne voulait pas faire ça. Puis finalement, ça a changé. Et ils en ont fait un. Ils racontent une histoire. Richet s’est beaucoup documenté. Il a rencontré beaucoup de gens, lui beaucoup de choses. Il voyait bien que ce type-là fascinait encore plein de gens, que ce soit dans la rue, dans les rangs de la police, dans les rues, dans sa famille, dans les chez les truands, etc. Et que chacun avait une image très différente de Mesrine. Et ils ont réussi à faire un film un peu épique quoi, sur un six sur sa vie que je trouve assez réussie. Après, il y a des libertés sans doute qui sont prises parfois, mais dans l’ensemble c’est assez réussi.
Vous avez, je trouve une très belle approche concernant Mesrine dans l’histoire du cinéma. C’est que vous venez et on va terminer là dessus. Après on parlera de deux réalisateurs. Vous abordez quand même cette question là, qui est absolument centrale dans la mort de Mesrine. Est ce que c’est un guet-apens ? Est ce que des policiers ont fait usage de leurs armes avant ou après sommation ? Est ce que. Et donc vous nous expliquez que donc vous faites un petit encadré, il est là. Sommation ou non, mais Ring 84. Donc là, vous écrivez : "Une fois la bâche du camion relevée, on entend Lève les mains, sinon tu crèves. Mais les coups de feu sont tirés presque immédiatement après. Sous entendu là où on a quasiment pas, les sommations ne sont pas faites de manière réglementaire. Dans la chasse à l’homme, on n’en a pas parlé, qui est un téléfilm de 2006, est basé sur le livre du commissaire Lucien Blanc. Ce téléfilm n’inclut pas à l’origine de sommation. Le commissaire Broussard, qui a toujours contesté cette version des faits, a obtenu une insertion dans la police Bouge pas dans la Seine et d’un avertissement dans le générique de fin. Précisons qu’un non-lieu à l'égard des policiers a été prononcé par la Cour de cassation en octobre 2006. Donc on voit l’enjeu. Et donc l’instinct de mort et l’ennemi public numéro un de 2008, pas de sommation.
Oui, c’est vrai ce que dit Richet, c’est qu’en plus il y a dans l’histoire. Dans le film de Richet, on voit, il y a un coup de grâce qui est donné par un policier à travers la porte, et s’associent. C'était un peu condamné par Broussard. Mais ce que dit Richet, c’est que dans les interviews de nier Mesrine en cavale, il disait ça va se finir dans la rue, c’est lui qui sera, qui sera le plus rapide, quoi. Et donc il disait en fait, il y a. Il disait qu’il n’y avait pas de mise en lui même, de lui même, n’y avait pas déjà, pas de polémique, parce que lui disait Voilà. Peu importe, c’est celui qui est le plus rapide qui va gagner quoi. Donc il disait qu'à partir du moment où Louis XVI lui posait pas de problème, il n’y avait pas de raison que je crée un problème là dessus. Or, pour lui, il n’y a pas de il n’y ait pas de sommations. Est ce qu’il y en a une s’il n’y en a pas eu ? Je n’ai pas encore la solution.
. Mais disons que dans votre dans votre, dans votre angle, dans votre regard qui est celui de l’historien du cinéma, je trouve ça chouette que vous ayez pensé à dire bah tiens, en fonction des films, c’est cet élément capital qui est tranché par la justice en disant Cour de cassation, octobre 2006, qu’il y aurait eu sommation. Après, je crois que c’est toujours et encore discuté et il faut, il faut rappeler la scène. La scène est et elle est d’une certaine manière éminemment cinématographique. Et c’est la question que je voulais vous poser. Il y a ces policiers qui sont dans un camion, la bâche s’ouvre et rafale de tirs policiers. Et je voulais vous demander est ce que vous avez le sentiment que parfois, la réalité, dans certains faits divers, a été inspirée par des films ? C’est l’inverse. L’inversion de tout votre travail, qui est de dire que le cinéma s’ancre dans le réel. Est ce que vous avez eu l’impression que parfois le réel s’inspire du cinéma ? Dans les films, dans les films dont vous parlez.
Ça arrive beaucoup dans les histoires de vrais truands qui souvent se rêvent entre autres cinéma en voyant, je ne sais pas moi, James Gagné ou Belmondo ou Ventura, ça c’est sûr. Je pense que je pense que Mesrine se réveille en héros de cinéma. Il y allait beaucoup au cinéma. Il aimait voir les films de Belmondo, de long, tout ça, il aimait ça. Donc je pense qu’il a ça en tête. Je pense que quelque part, cette fin qu’il a eue, il n’a pas espéré, mais elle était incroyable quoi. Pour lui finir comme ça, il n’est pas si il n’a pas fini dans un cachot quoi. Il a fini mitraillé ? On en parle encore 40 ans après quoi d’ailleurs ?
Karl Marx vous dit celui qui est le plus rapide, ça fonctionne dans un face à face par exemple. Mais quand une dizaine de flics braquent Mesrine, Green Mais Rina, beau être l’homme le plus rapide du monde, il n’aurait rien pu faire.
Certes, après, il ne faut pas oublier que Mesrine est un homme dangereux dans les interviews, tout ça en cavale. Il dit bien j’ai des grenades sur moi, j’ai des armes, je me laisserai jamais prendre, Jamais. Donc je pense que ça, je pense que les policiers aussi ont ça en tête. Sans doute qu’il aurait fallu l’arrêter. Ils ne parviennent pas à faire ça, mais ils ont ça en tête. C’est un type éminemment dangereux. Il peut se passer et même plus se passer des choses là, en pleine rue et des gens à tuer, etc. Quoi ? Donc vous aussi ce sera plus sain quoi. Ce n’est pas juste à côté, il y a les gars, il y a, il y a les méchants policiers, de l’autre côté
Il y a la question de la légitime défense, il y a la question du guet-apens, il y a On ne saura jamais si effectivement, mais rien ne voit. Le camion plonge sa main dans la boîte à gants pour aller chercher le flingue. Voilà, je voudrais terminer avec deux cinéastes parmi votre panthéon. À la fin, vous, vous. C’est votre dernier chapitre intitulé Cinéastes du réel. Il y a Mocky page 148, Jean-Pierre Mocky. Et puis il y a Yves Boisset, puisque Yves Voici arrive de temps en temps. Alors pour ceux qui ne connaîtraient pas le cinéma de Mocky Qu’est ce qu’on pourrait en dire ?
C’est un cinéma qui ne ressemble qu'à lui, si on peut dire.
Il a déjà fait des films.
On ne peut pas, on peut se gourer quand on voit un film de lui on voit des idées, des personnages avec des tronches pas possibles, avec des situations dingues. C’est un film de Mocky. Mocky, c’est un type qui était enragé en fait, qui était tout le temps en colère, quelque part en colère parce qu’il n’arrivait pas à faire ses films en colère par rapport à ce qu’il voyait dans la société. Donc il évoque énormément de choses : les élections, les réseaux de pédophilie, les escroqueries immobilières qui parle de beaucoup de choses. Souvent c’est déguisé. Et il s’inspire de situations quand il parle, de quand il parle de l’idéalisme. Dans les années 80, il meurt. L’arbitre avec Michel Serrault, Eddy Mitchell, c’est démentiel. Quoi qu’en fait il a été ou il a été voir dans les clubs de foot de l'époque, voir comment se comporter les gens. Il fait un film où les gens sont absolument effrayants. En quoi y vont-ils ? Si à l'époque c’est juste avant le drame du Heysel et tout ça ? Et donc c’est y à fond dans son époque, Ils reflètent vraiment la société. Beaucoup disent aujourd’hui pour être certain que ça reflète exactement l'état d’esprit de l'époque.
Et c’est par ailleurs un cinéma à petit budget, un cinéma urgent et vite tourné. Moi, j’adore ça. Oui, il y a un côté, un côté un peu punk dans l’approche de Mocky
Parce que même quand il a demandé, il y avait quand même des budgets, il y avait quand même des grands acteurs, il y avait Catherine Deneuve, il y avait des gens comme ça. Redonner sa sincérité. Il n’avait plus trop de moyens, les télés. Quand les télés ont commencé à produire les films, tout ça, les télés ne s’intéressaient pas trop à ce qu’ils faisaient. Ils produisaient quand même des coquilles filmées. Donc ils avaient forcément des acteurs moins connus, moins célèbres, moins talentueux. Mais il avait une énergie assez folle dans ce film. C’est ça qui était fou. Et quand il est mort, il est en train de tourner un film qui s’appelait Tous Flics. Ou en fait autrement, tout le monde avait le droit de porter un insigne de policier. Donc je crois que ce film va sortir un jour parce qu’il est quand même fini.
Après, on va te libérer mon cher Philippe Lombard. Le dernier, c’est Yves Boisset, L’action au service de la politique. Je ne suis pas sûr que vous appréciiez beaucoup son cinéma pour être tout à fait un bon roman. Bon, je ne sais pas, j’ai eu l’impression que l’aspect politique engagé du bonhomme et ce n’était pas forcément votre tasse de thé, mais je me goure peut être.
Non, non, en fait non. J’aime beaucoup les films de Boisset qui sont un peu inégaux, mais il y en a plein de. J’aime beaucoup les nouveautés. Après, là, ce qu’on voit là, sur l’encadré, l'œil, ce qui me gêne dans, dans Boisset, c’est ça. Genre j’ai pu m’en rendre compte, vraiment, c’est que eux, ils se donnent un rôle en fait, quelque part, il se dit toujours ça fait des années avait 40 ans qui dit qu’il est victime de la censure, du pouvoir politique, de la justice. Bon mais quand on regarde vraiment les faits, ce n’est pas le cas. Je veux dire, moi j’ai souvenir que dans les mémoires de Philippe Noiret avec qui il a tourné l’attentat qui parlait de l’affaire Ben Barka, Noiret disait Mais à la sortie du film, on a fait une conférence de presse qu’on était tous là et il était très étonné d’entendre Boisset dire, on a mis des bâtons dans les roues, on nous empêchait de voir le film et j’ai pas vu, ça n’a rien à dire. Et on a cherché, en fait, quand on regarde bien, notamment sur l’affaire de Ben Barka, l’enlèvement.
Qu’est ce que vous racontez ici ?
Voilà, c’est que, en fait, il explique c’est dix ans après pour un livre de Marcas. Il va reconstituer notamment le lors son enlèvement devant la brasserie Lipp Saint-Germain. Et il dit "Ouais, on n’a pas eu les autorisations, on nous a gênés, mais le patron de Lipp nous a dit" Écoutez, moi je vais faire mon avocat. Moi je vous soutiens ou je sais que j’ai un mètre autour de la brasserie qui m’appartient. En fait, vous pouvez tourner là, vous tourner. J’aurais une petite équipe caméra à l'épaule, tout ça. Donc, c’est ce que va faire. C’est ce que dit ses mémoires à Boisset en disant voilà, on arrive le matin, il y a des cars de police qui bouchent la qui bouchent la vue sur la voie Saint-Germain pour vraiment, clairement pour nous empêcher de tourner. Donc on se dépêche, on prend caméra sur l'épaule, on tourne avec Germain Volonté qui joue le rôle, manque de pot, dans les archives de l’INA, il y a 20 minutes sur le tournage de l’attentat. Donc il y a ici et en attendant, il y a un reportage de l’ORTF sur le tournage d’un film qui raconte l’histoire de Ben Barka dont niveau censure, bon, je pense que ça va et ouf ! Et on voit en fait le tournage de cette scène précisément. Il n’y a pas de il n’y a pas de flics qui empêchent la visibilité sur le boulevard Saint-Germain. Ce n’est pas vrai. Et surtout, il y a un tournage normal, c’est à dire qu’il y a une équipe, il y a des gros projecteurs, il y a une énorme caméra posée sur des rails de tramways qui sur quatre mètres, ils tournent quoi, Ils tournent normalement, ils n’ont pas de problème. Et c’est souvent comme ça avec Boisset. Il veut jouer ce rôle.
En disant voilà, moi je suis juge, persécuté, je trouve ça dommage parce que ça pourrait très bien faire ses films. Il a fait ses films visiblement. Visiblement, il a pu les faire quoi ? Ils sont sortis, ont été diffusés Mais souvent il a besoin de dire oui et de m’empêcher de le faire et tout ça. Et ça, je trouve, ce n’est pas très honnête.
En tout cas, vous êtes un honnête homme. Vous êtes Lombard, Philippe. Voilà, j’ai remonté votre livre. Et merci beaucoup d’avoir passé presque 2h au poste. J’espère que tout va bien pour vous. Voyez avec votre éditeur s’il veut engager des procédures de justice à notre encontre.
Il n’y aura pas de quoi faire ça pour le principe, on va le faire.
Nous, on a plein d’avocats. On a plein de mauvais garçons et de mauvaises filles dans le chat Tu pourrais appeler dans le prochain restaurant où vous allez vous rendre ? Faites gaffe, faites gaffe. Merci. Merci beaucoup, Philippe. Donc quand même, vous êtes une machine, vous sortez un, deux ou trois, voire 4 livres par an.
Euh non, ça y est, il n’y en a eu que deux petites années. Et d’ailleurs, il y a sept ans. On ne peut pas non plus être tout le temps.
Bon, on mettra le lien vers à la fois votre fiche Wikipédia où il y a toute la bibliographie et puis vers votre vers, votre site perso. Voilà Philippe Lombard et son site comme dernier truc Starsky et Hutch C’est quoi ?
Ouais, j’ai écrit, un livre sur Starsky et Hutch
C’est un bouquin.
Ouais. Ben en fait moi j’adorais ça quand j'étais gamin. J’ai grandi avec Starsky et Hutch et puis voilà. Puis un jour, on a raconté l’histoire de la série en la revoyant en fait, on se rend compte qu’elle n’est pas si fabuleuse que ça.
Et non, j’allais y venir.
Dire qu’elle n’est pas si bien écrite que ça. Mais après il y a le souvenir, il y a Huggy les bons tuyaux. il y a tout ça quoi. En plus, en France, quand on a vu la série, on l’a vu n’importe comment, on l’a vu dans n’importe quel sens. Il y avait une évolution de la série. La première saison était vraiment un polar urbain. C'était très nouveau, on ne s’en rend pas compte aujourd’hui, mais à l'époque ils montraient des flics habillés comme ils étaient. Alors qu’en fait, les séries américaines, les flics, c'était son uniforme, soit en costard cravate, tout d’un coup, on voit des gars qui sont finalement habillés comme la Bac.
C'était nouveau ?
En fait, c'était très nouveau. Et donc il y avait un ton un peu de vieille escadrille. Dans la première saison, il y a des trucs assez drôles, assez violents, au point qu’il y a Hutch, qu’on drogue à l’héroïne de force, etc. Ça, c’est un truc. Et puis y a des associations de spectateurs de famille un peu religieux qui ont dit non mais ce n’est pas possible, c’est un scandale, Vous rendez compte tout ça ? Donc après ça a évolué. C’est à dire qu’on se rappelle aussi des épisodes où on se déguise, où il y a le vampire, où il y a un sort de vaudou sur une île. Enfin après c’est n’importe quoi mais c’est miscible ici. C’est marrant à voir, mais après il y a une évolution qu’on ne percevait pas forcément en France parce que y passer trois épisodes la saison trois et puis deux épisodes de la saison une et puis voilà quoi.
Merci, Merci beaucoup Philippe.
Je me suis emballé sur Starsky et Hutch.
Mais c’est parfait ! C'était super ! Voilà, on vous remercie. C’est Starsky la vache, tu remontes d’un point dans mon estime.
Ouah Alors j'étais vraiment bas !
Quoi ? Non, c’est Huggy qui dit ça à Starsky. Il réplique dans l’autre on a des machines aussi, c’est une machine. Merci, Merci beaucoup Philippe. Je vais vous laisser pour une bonne promo. Amusez-vous bien. Continuez votre travail.
Je vais tenter je vais essayer.
Allez très bonne journée. Merci beaucoup.
