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Camille Chaize, porte-parole du ministère de l’Intérieur, convoquée Au Poste

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis, amis du café, amis de la police, amis de la place Beauvau. Ça y est, la place Beauvau répond. Bon sang de bonsoir ! La place Beauvau répond C’est ce soir et c’est au poste avec Camille Chaize qui est la porte parole du ministère de l’Intérieur. Ah, ça y est ! Au moment où vous alliez partir, vous alliez vous faufiler. La patrouille vous rattrape. Bonsoir Camille Chaize vous êtes tendue ou quoi ?
Camille Chaize
Ah non, pas du tout. Alors pour tout vous dire, j'écoute au poste. Quand je vais courir, souvent j'écoute.
David Dufresne
Vous êtes porte-parole du ministère de l’Intérieur, déléguée adjoint à l’information de la communication. Mais oui, c’est bien ça, c’est ça. Depuis décembre 2019.
Camille Chaize
Il n’y avait personne depuis à peu près un an. Historiquement, il y a eu assez souvent des porte-parole au ministère. Souvent c'était des journalistes et je crois que c’est la première fois que c'était une femme et que c’est la première fois que c'était quelqu’un, un fonctionnaire du ministère. Par le passé, c'était souvent des gens de l’extérieur comme des journalistes. Juste pour vous dire quand même, le ministère de l’Intérieur, ce n’est pas que la police et la gendarmerie, c’est les services de renseignement. Et je sais que vous êtes attentif à ces questions. C’est la Direction générale des étrangers en France, Donc, toutes les questions d’asile, d’intégration, les politiques migratoires et la lutte contre l’immigration irrégulière.
David Dufresne
D’ailleurs, précisément, c’est quand même un vrai problème que l’immigration soit sous le même toit que la police, c’est le même ministre qui envoie ses troupes à Calais, c’est le même ministre qui envoie ses troupes place de la République. C’est quand même les fonctionnaires de police qui lacèrent des tentes de migrants.
Camille Chaize
On a tout un tas de missions et dans nos missions, il y a l'évacuation parfois de certaines zones où il peut effectivement y avoir des tentes, etc. Donc oui, on est envoyé sur ce type de situations et elles sont complexes, elles sont complexes et les policiers, les gendarmes qui les font le font avec la plus grande humanité, la plus grande dignité. Et je tiens à dire que c’est compliqué et que parfois il y a aussi des mauvais gestes, il faut le dire.
David Dufresne
C’est difficile de parler d’humanité quand même quand on voit les tentes lacérées, quand on voit l’accès à l’eau qui est empêchée aux migrants. Enfin je veux dire. Allez y, prenez un verre d’eau, ça va bien se passer, ça c’est sûr.
Camille Chaize
Mais j’ai aucun doute.
David Dufresne
Et c’est l'émission républicaine comme la police républicaine. Les interrogations, les interrogatoires, les interviews osées.
Camille Chaize
Et on a le droit de pas être d’accord et c’est très bien comme ça.
David Dufresne
Ah ouais ? Est ce que vous êtes sous contrôle ce soir ? Est ce que votre parole est particulièrement difficile à apporter ce soir ?
Camille Chaize
Non, je ne suis pas sous contrôle. Comme je vous l’ai dit, on s’en est parlé avant moi. Je connais mes dossiers, je sais répondre à beaucoup de choses. Des fois il y a des points techniques que je ne sais pas et je le fais. Moi c’est ma conception sur ce poste et ma manière de faire de la communication. J’essaie d’expliquer les choses et de le dire le plus avec les mots les plus vrais possibles, la manière la plus simple possible que ce que je pense et la manière dont on voit les choses. Voilà, donc non, on ne m’a pas dit quoi dire ou quoi vous dire ou à l’inverse de ce que je ne devais pas vous dire. Donc non, je suis plutôt libre ce soir.
David Dufresne
Donc on vous a regardé ramer pour le coup, présenter le Beauvau de la sécurité. Très sincèrement, je sais, vous avez tweeté, vous êtes contente que le ministère se réforme, soit moderne, etc. Mais objectivement, c'était une mascarade de la sécurité.
Camille Chaize
Alors non, ce n'était pas une mascarade. Je ne peux pas vous le dire. J’ai ramé parfois et je vais y revenir. Effectivement, il y a eu différents moments chez moi. Il y a une chose dont je suis contente, très sincèrement, c’est que c'était la première fois qu’on ouvrait comme ça sur les réseaux sociaux des discussions où tous les syndicats de police étaient présents. Et ça, ce n’était pas complètement acquis à tous les syndicats représentatifs.
David Dufresne
Mais ceux qui ne sont pas représentatifs, qui sont les plus virulents et les plus critiques, n'étaient pas là.
Camille Chaize
Ah oui, mais nous, on travaille toujours avec ceux qui sont représentatifs. C’est un peu comme ça que fonctionnent toutes les institutions. Sinon il y aurait encore plus de représentants du personnel autour de la table, si ça va de soi. Ils ont été élus, ils sont représentatifs. Moi, une de mes fiertés, c’est d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux ces débats parce que on dit toujours que c’est des petits arrangements entre amis, on négocie des trucs sous le manteau, etc. Là, on a fait l’effort collectif qu’on ne peut pas nous enlever, d’avoir tout porté sur la place publique. Si on a cassé cet entre soi, il y a eu quand même beaucoup de prises de parole qui se succédaient, où il n’y avait pas forcément de débats. Ça se suivait sans forcément venir nourrir un débat philosophique qui élevait tout le monde. Et ça, c’est un peu le propre des réunions avec les syndicats. C’est ce qu’ils appellent des déclarations liminaires où ils vont dire ce qu’ils voulaient dire.
David Dufresne
Camille je suis désolé, c'était le bureau de la sécurité, ce n’était pas le Beauvau des syndicats de police. Or ça s’est transformé, comme le dit Pierre et d’autres, ça s’est transformé en négociation syndicale avec eux à la fin d’ailleurs. Emmanuel Macron, président de la République Qui ? Qui ? Qui vient comme un patron accorder ce que les syndicats ont demandé ? On a lu toutes les réactions, tous les syndicats applaudissent, etc. Ce n’est absolument pas à la hauteur des enjeux.
Camille Chaize
C’est sûr qu’on n’est pas sur un grand débat public avec les citoyens. Ça, c'était plutôt le format du Livre blanc de la sécurité intérieure, où on avait invité plus de 100 citoyens à Beauvau sur plusieurs jours pour échanger sur les questions de sécurité. Là, le format qui a été retenu, c’est effectivement les représentants du personnel. Et on était nombreux, il y avait les syndicats de policiers, il y avait les gendarmes, il y avait des gendarmes militaires, il y avait des gendarmes civils. Donc vous avez effectivement beaucoup de représentants du personnel et puis après toutes les personnes que j'évoquais. Mais c’est sûr qu’on n'était pas sur un mode grand débat sur la sécurité, Ça, ce n’était pas ce qui avait été retenu, effectivement, pardonnez moi.
David Dufresne
C'était l’annonce du président de la République, c'était après Michel et Claire et surtout, en fait, depuis deux ans, trois ans, ce débat qui est enfin là, qu’on essaie de poursuivre ce soir sur la place et la nature de la police. Et en fait, on n’a pas du tout lu ça et c’est non. Mais est ce que vous vous rendez compte que quand je dis vous, quand je dis vous, je personnifie, pas vous, vous avez, vous avez le courage d'être là, vous êtes courageux. Donc je vous en remercie. Mais est ce que vous vous rendez compte du ratage ?
Camille Chaize
Moi je dirai pas qu’il y a un ratage, mais c’est pas le même portage que celui que vous évoquez, ça c’est certain. On a été et on a eu aussi ce courage là de rendre public ou de discuter ouvertement et devant tout le monde de nos problèmes internes. On a parlé des questions de management, de formation qui parfois dysfonctionnent et tout ça, on en a parlé publiquement. Donc moi je ne serais pas aussi dur avec vous sur l’exercice. Après je suis d’accord, on n’est pas sur un grand débat national sur les enjeux de sécurité et sur la place de la police, c’est pas ça. On a parlé de nos problèmes, de nos difficultés une par une, l’encadrement, la formation, le rapport à la population, le contrôle interne. On les a décortiqués en quelque sorte en s’ouvrant à plusieurs partis politiques, à plusieurs points de vue, pour en tirer quelque chose. Et nos décideurs ont décidé c’est ce qu’on leur demande et c’est le discours d’Emmanuel Macron il y a quelques.
David Dufresne
Jours, puis à Vienne vous dit vous avez rendu public l’entre soi. C’est ainsi que ça a été perçu, en tout cas ici.
Camille Chaize
Peut-être que c’est déjà un grand pas.
David Dufresne
Mais ce n’est pas terrible cet entre soi, je veux dire le fait de refuser toute parole critique à part deux trois qui sont des alibis, c’est à dire si vous nous parlez de quelques minutes sur 50 heures de débat, vous nous parlez de quelques minutes. Où étaient les sociologues ? Où étaient les artistes ? Où étaient les avocats ? Où étaient les associations de victimes ? Où étaient-elles nulle part.
Camille Chaize
Il y a eu des sociologues peut-être passés. Par exemple, on avait invité François Sureau pour le maintien de l’ordre.
David Dufresne
Absolument. Ça aurait été passionnant. Elle n’est pas venue.
Camille Chaize
Il n’a pas pu venir parce que ça a été décalé à cause du vide, etc. Donc voilà, je ne dis pas ça pour me dédouaner. Je pense qu’il y a des efforts qui ont été faits. Je suis d’accord avec vous. On aurait peut être pu aller plus loin, notamment, vous l’avez dit je crois, la première émission, la parité n'était pas respectée et ça, ce n’est pas bien, clairement. Après voilà, il y a un moment, il fallait avancer avec les personnes disponibles, présentes. Il y avait quelques sociologues, peut-être pas assez. Je suis d’accord avec M. Delarue. Il a pu mentionner tout ce qui allait dans son rapport, il avait lui-même rencontré beaucoup de monde, donc il y a eu quand même des efforts. Il y a eu des critiques sévères à l’encontre des syndicats qui les ont entendus publiquement et devant leur autorité. Et ça, on ne peut pas le nier.
David Dufresne
J’entends toujours les syndicats se plaindre de l’image de la police. Mais ce Beauvau de la sécurité, c'était avant toute chose une opération de com. La preuve, c'était d’ailleurs vous, vous, la porte parole du ministère de l’Intérieur qui dirigeait tous les tous les débats, etc. Comment penser une seule seconde que manquer à ce point de transparence, d’ouverture, de critique, d’observation, ça allait marcher ? Vous êtes vous vous pensiez convaincre ? Qui je dis vous encore une fois ? Le ministère.
Camille Chaize
Je ne sais pas comment vous répondre. Alors sur l’opération de com., pas franchement. Moi j’ai animé parce que ça m’amusait et parce que je connais bien les syndicats. Voilà, c’est moi qui me suis proposé. Voilà. Sinon ils auraient trouvé quelqu’un d’autre, un jeune je pense. Je ne dirais pas que c’est une opération de com., non, c’est une volonté de rendre publique des débats qui auraient pu avoir lieu en huis clos et par le passé, ils avaient lieu en huis clos. Moi, je me suis occupé un petit peu des ressources humaines. Dans la police, on faisait des palabres jusqu'à 2 h du matin pour négocier des choses en vase clos. Et ça, nos policiers, nos gendarmes, ils ont aussi envie qu’il y ait de la transparence sur ce qui se passe avec les syndicats. Et donc c’est bien d’avoir un débat public et de le rendre transparent. Donc non, je ne dirais pas que c’est une opération de communication. Et à la deuxième partie de la question qui ont cherché à convaincre, je ne suis pas sûr qu’on cherche à convaincre. Je crois qu’on cherche à échanger et à discuter pour que nos autorités se fassent une idée et prennent des décisions. Nous, c’est un peu ce qu’on attend de nos chefs qui nous disent la direction vers laquelle on va. Ils ont été élus pour ça et on sait qu’on a des problèmes qu’on a envie de résoudre. Et donc on attend de nos autorités qui nous donnent la voie et la direction.
David Dufresne
Pour le maintien de l’ordre. Et François Sureau, qui n’est pas venu, vous dites Ça a été repoussé à cause du vide. C’est vrai. Dans un premier temps.
Camille Chaize
On se doit de le voir parce que sans les libertés, c’est juste très bien écrit. Et il y a beaucoup de choses.
David Dufresne
Dans son livre chez Tracts, dans la collection Tracts chez Gallimard. Sauf que vous oubliez de préciser que les syndicats de police vous ont demandé de repousser parce qu’ils ne voulaient pas ternir leur grande manifestation du 19 mai comment pouvez faire le Bureau de la sécurité sans les associations, sans les observateurs et avec les syndicats qui en même temps manifestent devant l’Assemblée et qui en même temps disent oui, je l’ai en même temps, donc j’ai pas jugé. Là, j’essaie de vous faire sourire qui en même temps vont devant aux pieds de l’assemblée, ils disent le problème de la police, la justice.
Camille Chaize
Comment, mais les syndicats, les syndicats sont des associations et je ne dis pas qu’elles font ce qu’elles veulent parce que ce n’est pas vrai. Mais vous, vous ou vous, vous ne pouvez pas complètement les museler et ils font ce qu’ils veulent. Et s’ils décident d’organiser un certain nombre de mouvements d’humeur, il y a un moment où vous ne pouvez pas les en empêcher. Donc, vous avez à gérer cette situation d'être dans un dans une grande série de réunions publiques et en même temps de devoir gérer une manifestation publique immense. Et c’est compliqué. Après, les syndicats de police, ce sont des syndicats puissants et je dirais, difficiles.
David Dufresne
Alors il y a plein de questions dans le tchat sur les syndicats de police. Est ce que ce sont des concurrents ? Est ce que vous êtes là pour essayer de rétablir une parole du ministère par rapport à eux ? Qu’est ce que. Qu’est ce que vous pensez ? Tout d’un coup, de la place que le ministère a laissée aux syndicats pendant des années ? Parce que c'était bien commode, parce que les syndicats étaient la courroie de transmission, etc. Et puis là, vous vous rendez compte qu’il y a un problème dont vous essayez de rattraper le truc avec une communication souriante comme ce soir ? Est ce que les syndicats sont des concurrents ?
Camille Chaize
Ils ont pris une place qu’on leur a laissée, ça c’est indéniable. Et ça, je veux dire, c’est de notre faute à l’administration. Je veux dire, moi, assez souvent, quand un média a le choix entre un syndicat et une parole publique, ils vont choisir la parole publique, que ce soit moi ou un directeur départemental. Un goût. Voilà une personne publique au niveau territorial. Donc ça, ça fait pas un pli. Donc on a la place qu’on leur a laissée. Après, la deuxième chose, c’est qu’ils sont nombreux, ils ont beaucoup de décharges d’activités, donc ils sont très présents, ils peuvent se démultiplier. Moi, je suis toute seule. Alors il y a une porte parole de la police, de la gendarmerie à la préfecture de police. Donc on est un certain nombre d’ailleurs plutôt des femmes, parce qu’il faut être assez courageux pour faire ce boulot. Et on a des équipes pour la presse aussi qui nous aident, mais on n’est pas aussi nombreux qu’eux. Donc il y a un moment, il y a la question de la démultiplication, et puis là où il y en a un, il y a un double problème, j’allais dire avec la communication des syndicats qui sont aussi dans un rôle corporatiste. Donc ils vont en même temps expliquer les choses parce que pour partie, il l’explique bien, ils vont avoir cette logique corporatiste. La deuxième chose, c’est qu’en matière judiciaire, ils ont interdiction de parler. Il y a l’article onze du code de procédure pénale, ils n’ont pas le droit d'évoquer des noms.
David Dufresne
, Mais moi, je veux bien tout ça. Camille Mais vous savez très bien que ce n’est pas comme ça que ça marche quand il y a des. Quand il y a des vidéos de vidéosurveillance, pas de l’affaire Benalla, là, qui sortent sur Twitter, on sait très bien qu’il y en a qui sont des qui sont des pièces d’instruction qui ne devraient pas sortir. Vous savez très bien que, aujourd’hui, certains syndicats de police, y compris majoritaires, donc ce n’est pas des rigolos au sens qui font nombre, on prie. Moi, de mon point de vue, ils ont pris le pouvoir sur vous.
Camille Chaize
Peut-être qu’il y a des contre pouvoirs internes qui peuvent aussi s’y opposer. Et moi je pense qu’il faut mettre tout le monde à sa place et c’est moi. C’est pour ça que je suis là et que j’essaie de est présente dans les médias, sur les réseaux sociaux et pour faire ce travail là, parce que je pense qu’il y a des choses, c’est à l’administration de le dire, ce n’est pas des syndicats. On parlera de racisme tout à l’heure, des questions de déontologie. Il y a des choses qu’il faut que l’administration assume, dit- elle, et pas par le prisme de syndicats qui auront une vision de défense uniquement des agents. Je pense qu’il doit y avoir une parole publique aussi qui reconnaisse un certain nombre de choses.
David Dufresne
Est ce que dans vos réunions du matin, vous vous dites Aïe, aïe aïe aïe aïe, Allianz, qu’est ce qu’ils ont fait le CP, qu’est ce qu’ils ont fait ? Etc. C’est quoi ce tweet de synergie ?
Camille Chaize
On se dit ça parfois mais pas qu’eux, hein ! Des fois on dit qu’est ce que la gendarmerie de tel département a été Twitté quand ils passaient ? Pourquoi se sont-ils mis dans cette galère ?
David Dufresne
Combien précisément y a t il eu de policiers virés pour participation sur réseaux sociaux ? Alors j’ai cru comprendre récemment que vous étiez en train de faire des formations express parce que. Parce que non seulement il y a des syndicats, mais il y a aussi des policiers qui sont couverts parce qu’ils sont très courageux, qui, sous couvert d’anonymat, balancent beaucoup, beaucoup de choses. Qu’est ce que vous faites là ? Qu’est ce que vous faites pour stopper cette hémorragie si tenté que vous ayez envie de la stopper ?
Camille Chaize
Et il y a plusieurs choses, dont les réseaux sociaux. Il y a dix ans, le ministère de l’Intérieur était à 10 000 lieues de tout ça. Donc c’est quand même une histoire récente. Au début, policier, police et gendarmerie, ça a été un peu la même manière, était très réfractaire à avoir des personnes qui s’exprimaient. On a chez nous le devoir de réserve. Donc voilà, dès qu’un policier ou un gendarme s’est exprimé sur un réseau social, même de manière anonyme, ça a posé de graves difficultés. Après, ce que vous décrivez, c’est la présence sur les réseaux sociaux de nous, des syndicats. Ça c’est assez récent avec Y d’ailleurs plus ou moins les bons codes des réseaux sociaux parce qu’ils sont quand même sur une. Une génération un peu supérieure. Et puis il y a des tout jeunes, effectivement, qui sont souvent syndiqués, mais qui peuvent avoir des gros, gros comptes et raconter leur quotidien avec un certain parler vrai. Et derrière tout ça, il y a du vrai, il y a du vécu. Je pense à un Fred sur Tweeter pendant les manifestations où la personne racontait de ses yeux de policier comment elle avait dû gérer, gérer la manifestation. Donc ce n’est pas des choses inintéressantes et ça participe aussi à l'équilibre démocratique que nos policiers, nos gendarmes racontent leur quotidien sans rien mettre en danger des interventions ni des procédures judiciaires.
David Dufresne
Alors pourquoi les mêmes demandent à ce qu’on ne diffuse pas et qu’on ne filme plus la police ? Si bien que.
Camille Chaize
C’est plus compliqué que ça.
David Dufresne
Non, non. Ha non, non, c’est pas plus compliqué que ça. Non, non, ça a été, on le sait tous, vous comme moi et tous ceux qui nous écoutent. C'était une demande expresse des syndicats depuis au moins 2018. Christophe Castaner. N’y croyez pas, ne voulez pas le faire. Il faut lui rendre hommage. On a oublié, on a oublié ce ministre et lui, il n’a pas voulu. Et le ministre que vous servez, puisque c’est lui, il a imposé par l’article 24 la loi Sécurité globale qui a été retoquée. Mais il essaie de repasser par toutes les propositions de loi qui tombent en rafale.
Camille Chaize
Il y a deux points de difficultés majeures sur la diffusion d’images. Le premier point, c’est les problèmes que ça peut poser en intervention, notamment en manifestation, quand on est filmé extrêmement près et que ça empêche notre manœuvre, ça nous empêche de bien faire notre travail. Donc ça, c’est le premier point. Le deuxième point, c’est la diffusion d’images de policiers, de gendarmes qui, par un système de viralité, vont les mettre en danger et vont faire en sorte qu’ils ne soient plus anonymes et qui donc y vont ? Ils peuvent potentiellement être menacés, être atteints chez eux, que leur famille soit en danger. Et c’est ça qui nous pose souci. Nous, on veut protéger à la fois nos interventions mais aussi nos agents et.
David Dufresne
Comment des policiers peuvent demander l’impunité, y compris maintenant médiatique.
Camille Chaize
On ne demande pas l’impunité, ce n’est pas vrai, Je ne peux pas vous laisser dire ça. Nous on est contrôlé et c’est notre fierté d'être contrôlé à 99 %. On fait bien notre travail tous les jours et on rend hommage aux policiers, aux gendarmes qui se lèvent tous les matins pour faire leur travail. Après, je vous l’ai dit, on peut avoir des problèmes, on doit les régler.
David Dufresne
Alors oui.
Camille Chaize
Il y a une impunité sur nos interventions. Ce n’est pas vrai.
David Dufresne
Assis, assis, C’est vrai. Si, si, c’est vrai. J’ai regardé plus de 80 dossiers de l’IGPN. Tout est fait pour qu’on n’identifie pas le tireur pour dire que l’ordre était légal, que la victime avait 3 h avant de lancer un vague pavé, etc. Vous savez bien qu’il y a un vrai problème là dessus, vous le savez bien. A tel point que le blocage sur l’IGPN a été été flagrant dans le bureau de la sécurité et il est flagrant dans les décisions. Du Président de la République.
Camille Chaize
J’ai perdu le fil de la question. Je suis désolé.
David Dufresne
L’impunité ?
Camille Chaize
Non, il n’y a pas d’impunité. Il n’y a pas d’impunité. On est contrôlé, vous le savez. Alors peut-être qu’il faut plus nous contrôler encore. Je ne sais.
David Dufresne
Pas. Vous êtes très contrôlés, vous êtes contrôlé par vous même, mais vous êtes contrôlé. C’est vrai. Et par ailleurs, c’est un peu normal. Vous avez contrôlé, vous avez des armes, vous avez, vous avez, vous avez dit.
Camille Chaize
Normal qu’on soit contrôlé.
David Dufresne
Voilà
Camille Chaize
D’accord avec vous.
David Dufresne
Alors on y va. La DGPN, un magistrat D’abord, il faut qu’une enquête soit ouverte, brève, générale, avant que l’enquête soit ouverte. C’est plutôt. Il y a deux styles d’enquête pour l’IGPN, il y a la administrative et la judiciaire. On est bien d’accord, administratif, opacité totale. Effectivement, il y a beaucoup de policiers, mais c’est dans les rapports. Je les ai décortiqués. Je peux renvoyer aux travaux que j’ai fait de Mediapart, ils n’ont pas été infirmés, etc. Donc il y a cet aspect là. Ça, c’est vrai que les policiers, par exemple, quand ils se servent de la voiture du commissariat pour leur propre déménagement, ils ont leur portable dessus. Ainsi ils nuisent à l’image de la police, on leur tape dessus. Mais des sociologues, y compris modérés dès lors qu’il s’agit de violences policières, parlent d’angle mort. C’est l’angle mort. Et c’est quand même la question centrale qui a été posée au Bureau de la sécurité et dont la réponse n’est absolument pas satisfaisante de la part d’Emmanuel Macron. De quoi avez-vous peur ?
Camille Chaize
Vous dites opacité totale. Je n’irai pas jusque là, mais effectivement, il faut que quelqu’un saisisse l’IGPN. Donc il faut un élément.
David Dufresne
Pour le judiciaire, vous le savez très bien. Il faut que le magistrat soit particulièrement courageux pour aller chercher des noises à des policiers avec lesquels il a l’habitude de travailler. Nos magistrats ? Certains, oui.
Camille Chaize
Je les ai vus sur des magistrats financiers. Je crois qu’ils sont particulièrement courageux dans la délinquance à col blanc. Pourquoi ne seraient pas contre les comptes des policiers ? Je la l’argument je ne vois pas. Qu’on se tient tous et qu’on est. C’est ça la police, les magistrats, on est tous dans le même camp, pour reprendre l’expression, c’est ça ? Non, ça je ne suis pas d’accord avec vous les magistrats. On va franchement l’indépendance de la magistrature, on peut quand même pas complètement la remettre en cause, vous croyez pas ?
David Dufresne
Oui, oui, enfin quand c’est le parquet qui classe l’affaire avant même d’ouvrir de provoquer une enquête, là on peut poser la question puisque le parquet n’est pas indépendant
Camille Chaize
Et vous savez très bien que non et ce n’est pas moi.
David Dufresne
Mais vous le savez très bien parce que je les ai pas là, Mais il y a même un formulaire, il y a même un formulaire tout prêt pour que là où le parquet peut cocher les raisons pour lesquelles il faut classer tel ou tel dossier et il faut la pugnacité d’un avocat ou une victime qui a l'énergie, voire même l’argent, parce que vous savez combien ça coûte. Vous êtes d’accord ?
Camille Chaize
C’est sûr que ça coûte du temps, de l’engagement, de l’argent parfois. Enfin voilà, ça c’est ça. C’est sûr que ça coûte aux victimes de se lancer dans une procédure judiciaire. Ça, je ne peux pas vous l’enlever.
David Dufresne
Alors, anarchiste et raton laveur, vous vous demandez tous les deux dans le Discord, qu’est ce que vous pensez de la version anglaise de l’IGPN ?
Camille Chaize
Alors ce serait mentir de vous dire que je connais ça très bien. Je vous en parle, c’est qu’il ne fonctionne pas comme nous, mais j’ai cru comprendre qu’il y avait quand même un certain nombre d’enquêtes qui étaient réalisées par des policiers sur leurs policiers, mais qu’en revanche la décision de sanction n'était pas du ressort politique mais du ressort d’une d’un organisme indépendant où il n’y avait d’ailleurs aucun policier à l’intérieur. Si j’ai si j’ai bien suivi.
David Dufresne
Ça, on dit quand même que la porte parole du ministère de l’Intérieur ne sache pas.
Camille Chaize
J’ai fait un bon résumé.
David Dufresne
Comment fonctionne le meilleur exemple européen sur la question ? D’abord, les directeurs et les directeurs ne sont pas des policiers n’appartiennent pas à l'équivalent du ministère de l’Intérieur. Première chose. Brigitte Julien, qui était l’actuelle présidente, l’actuel chef de DGPN. C’est une policière. Elle vient de Bordeaux. Elle a travaillé avec Didier Lallement et avec le chef actuel de la communication de la DGPN. Ce n’est pas vous, c’est la police nationale. Vous vous êtes un peu au- dessus, c’est une policière, c’est une policière. Donc dans le rapport, l’avant dernier rapport, elle avait écrit en toutes lettres le rôle de l’IGPN. C’est ici de valoriser l’image de l’institution. On rêve ! Ce n’est pas ça le rôle d’une institution d’aller tout droit. Donc en Angleterre, ce ne sont pas des policiers qui enquêtent sur des policiers, il y a des policiers, il y a des anciens policiers, mais il y a des avocats, il y a des associations, il y a des observateurs, etc. On a rien de tout ça ici. Là, Macron nous dit on touche à rien, on va juste faire deux députés, deux sénateurs qui pourront éventuellement contrôler comment ça fonctionne. Et on nous dit que les rapports de l’IGPN et de l’hygiène seront rendus publics. D’ailleurs, qui est Michel ? Est ce que vous savez s’il s’agit des rapports ou des notes de synthèse ?
Camille Chaize
Alors c’est des notes de synthèse, ce n’est pas vraiment le public, donc c’est les notes de synthèse anonymisées en plus pour. Voilà, pour éviter, pour éviter la dislocation d’informations.
David Dufresne
D’accord. Le rapport de synthèse pour ceux qui nous écoute, c’est à dire c’est là, c’est là, c’est l’interprétation du policier sur ce qui est, sur son enquête, les rapports de l’IGPN parfois, quand ils font 200, 300, 400 pages de 400 ou 400 feuillets, c’est intéressant, c’est intéressant, il y a des choses, mais le rapport de synthèse.
Camille Chaize
Lui, moi je pense qu’il faut que vous voyez, j’entends toutes vos critiques et et peut être que l’histoire montrera que, effectivement, on évoluera vers d’autres dispositifs. Moi ce que je veux vous dire, c’est qu’on est quand même dans une direction. Il y a quelques années, on pouvait pas signaler un contrôle d’identité qui s'était mal passé en ligne comme on le fait aujourd’hui. Les rapports de l’IGPN n'étaient pas publics. Voilà, c’est des choses, c’est des pas à pas peut être, et peut être qu’il faut que vous continuiez, si c’est ce en quoi vous croyez fondamentalement à militer dans ce sens là. Moi, je vous dis comment fonctionne aujourd’hui.
David Dufresne
Bien sûr.
Camille Chaize
Mais pour vous, entre autres choses. Mais on ne peut pas taxer d’impartialité nos policiers ou nos gendarmes. Ils font leur travail d’enquête franchement, avec minutie, sous le contrôle de magistrats. Voilà, je ne peux pas vous, Je ne peux pas vous dire qui bâcle le travail. Ce serait, ça serait fou. Il faut leur rendre hommage. Franchement, ils n’ont jamais eu autant d’enquête sur l’usage de la force qu’ils en ont aujourd’hui. Et c’est vraiment des fins limiers. C’est souvent des policiers et des gendarmes en fin de carrière qui rejoignent ces directions. Donc ça, je peux pas vous les laisser dire qu’il y a une impunité. Après, il y a la décision proprement dite qui n’est pas du ressort de la GPL, qui est du ressort du chef de la police, du chef de la gendarmerie, du ministre de l’intérieur le cas échéant. Et c’est là dessus que c’est intéressant d’avoir un regard médiatique que vous pourrez avoir grâce aux notes de synthèse ou un regard parlementaire grâce à cette commission. C’est plus la décision et la rapidité de cette décision qui est importante que le travail d’enquête qui, objectivement, à mon avis et à mon sens, est extrêmement bien fait.
David Dufresne
Dont acte. Dont acte. Moi, je pense que. C’est une terrible provocation de la part d’Emmanuel Macron et de Jeff de la part de Gérald Darmanin que de conclure ce bobo de la sécurité en disant ce que vous êtes en train de dire. Il n’y a pas d’impunité, mais il n’y a pas non plus besoin qu’il y ait un regard citoyen, un contrôle citoyen.
Camille Chaize
On ne peut pas dire ça. Il y a une phrase que j’ai appréciée personnellement dans le discours du président de la République c’est quand on aime la police, on ne lui passe pas tout. Je ne sais pas si tous les policiers ont aimé cette phrase. Moi je l’ai adoré et je trouve qu’au contraire, le contrôle, c’est notre dignité et c’est rendre la dignité à tous les policiers, les gendarmes qui font bien leur travail. Là, j’ai un papillon de nuit qui vient de rentrer dans la pièce par contre.
David Dufresne
Ça, c’est notre c’est notre drone à nous. C’est un petit peu petit à petit budget, mais par contre il vole Oui, mais personne n’aime les bêtes, les papillons.
Camille Chaize
Il me regarde.
David Dufresne
Alors ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer. Question toute bête de barge Pour commencer, quelle méthode utilisée par le ministère pour évaluer les foules lors d’une manifestation ?
Camille Chaize
Évaluer voulait dire quantifier numériquement, C’est sans compter.
David Dufresne
C’est ça.
Camille Chaize
Oui. Alors, il y a différentes méthodes, mais la plus répandue en fait, c’est on se met ce qu’on appelle sur un point haut dans un immeuble en hauteur, ici des agents de renseignement qui font ce travail là. Et ils vont compter une portion de la manifestation qui compte. On a des petits outils comme les hôtesses de l’air pour compter les passagers et on va compter une portion et après on a des systèmes de coefficient multiplicateur. Donc voilà, c’est comme ça qu’on compte.
David Dufresne
Tout simplement.
Camille Chaize
Tout simplement. Nous, les policiers de renseignements pour le coup, qui font ce travail, on s’en fout qu’il y ait beaucoup de monde ou pas beaucoup de monde. On n’a aucune visée politique. Que ce soit une manifestation gilets jaunes, sportive ou peu importe Nokia, 10 000 personnes ou 100 000 personnes, ça nous est totalement égal. Donc tous ceux qui nous disent vous truquer les chiffres, etc. Franchement, on a autre chose à faire que ça.
David Dufresne
Alors là, j’ai vraiment beaucoup, beaucoup de mal à vous croire.
Camille Chaize
Et bien pourtant. Pourtant c’est la vérité. Je ne peux pas vous dire mieux.
David Dufresne
Pour reprendre Macron le. Le ministère de l’Intérieur, c’est le meilleur endroit pour. Pour accéder à l’Élysée, il suffit de traverser la rue. On traverse la rue et puis on passe de Beauvau à l’Élysée. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que c’est quand même s’il y a un ministère qui est politique, c’est bien le vôtre. Je veux dire, tout votre travail n’est que politique. Comment pouvez-vous nous dire : Ben non, on ne fait pas de politique, on compte comme les hôtesses de l’air, ça marche pas votre truc ?
Camille Chaize
Non mais c’est vrai, on est un objet politique parce qu’on est au cœur de la société et que parfois on nous instrumentalise même assez souvent. Mais objectivement, sur le comptage des manifestants, des manifestations, on fait comme je viens de vous le décrire, et ça n’a objectivement aucun sens d’imaginer qu’on trafique les chiffres. Vraiment. Après, là où vous avez raison, c’est que toutes ces informations viennent nourrir l’information des personnes qui sont au pouvoir, qui ont des objectifs politiques.
David Dufresne
Papier qui vous dit évolution des méthodes de maintien de l’ordre, charges aléatoires, poursuites abusives. Comment avez-vous vécu ces changements de l’intérieur ? Il y a Cosmic qui vous demande grenade de remplacement pour succéder à la grille F4. Moyens d’analyse numérique de terminaux Saisie Nouveaux lanceurs boucliers en titane. La liste de doléances de la police de sécurité est un véritable arsenal de guerre. Est ce que l’escalade de moyens de répression est la seule stratégie du ministère en termes de maintien de l’ordre ? Nous ne parlons pas de la désescalade, là. Parlez nous très précisément de ce que je viens de vous dire.
Camille Chaize
Sur l'évolution des dispositifs. On a fait un long chemin, un long chemin qu’on a fait au fil des samedis de manifestations. Clairement. Clairement, nous évoluons nos évolutions, dispositifs qui sont fait avant tout sur le terrain, avant d'être portés et d'être rédigés dans le schéma national de maintien de l’ordre. Donc en fait, ça s’est fait d’abord sur le terrain, avec des évolutions qui ont été plus ou moins heureuses, qui ont plus ou moins fonctionné et où il y a eu plus ou moins de blessés selon les samedis. Donc ça s’est fait un peu au fil de l’eau avant d'être portée en écriture. Donc ça, il faut déjà le savoir, et avec une évolution aussi. Très importante des modalités de manifestation, d’arrivée sur manifestation, etc. L’usage des réseaux sociaux, je ne reviens pas là dessus. Donc tout ça, ça s’est fait au fil de l’eau. Et le nouveau schéma national de maintien de l’ordre dont une nouvelle rédaction va être encore réalisé. À l’automne, ça s’est fait ainsi. Dedans, il y a différentes choses. Notre objectif, c’est plus de dialogue avec les manifestants. On a pris acte de l’hyper violence. On a pris acte que des fois, les responsables, les organisateurs y sont beaucoup plus volatiles. On a enfin compris que maintenant, les gens qui étaient sur les réseaux sociaux et que la déclaration, bah c'était compliqué et que ça ne se faisait pas toujours comme ça. Donc nous, on a complètement changé notre manière de fonctionner. Un système qui auparavant fonctionnait parfaitement bien. On était extrêmement reconnus en France sur le maintien de l’ordre. Tout d’un coup, il a clairement dysfonctionné.
David Dufresne
Je suis embarrassé et. Aujourd’hui, j’entends le ministère de l’Intérieur, j’entends les syndicats de police reconnaître des dysfonctionnements internes en disant qu’il y a eu des problèmes, y compris parce que moi, ça ne m’intéresse pas de parler de ça un weekend.. Vous, vous êtes pacifiques.
Camille Chaize La
criminalité à la police secours de venir renforcer les escadrons de gendarmes mobiles. Oui, il y a eu des weekends où on a été dépassés par le nombre de manifestants, etc. Et ça a pu entraîner clairement des de mauvais usage de la force ou du mauvais matériel qui a pu être utilisé. Donc tout ça, ce que je veux vous dire. Et puis après je vais répondre à vos questions sur les ratios, c’est tout ça. Il y a eu une évolution. Aujourd’hui, on est à un point de quasi stabilisation, le schéma national de maintien de l’ordre. Il va y avoir une nouvelle version, mais on est quasiment sur un schéma stabilisé qui nous donne aussi au terrain les moyens de travailler plus sereinement parce que c’est compliqué dans un environnement très mouvant, de bien faire son travail. Dans ce nouveau schéma national des matadors, il y a quoi ? Il y a du dialogue. Avoir des interlocuteurs, avoir du dialogue. Notre objectif, c’est que la manifestation se passe bien et que les gens puissent librement manifester. C’est ça notre objectif. Et c’est ça qu’on a écrit noir sur blanc. Pour ça, il faut des interlocuteurs fiables. C’est toujours la difficulté. Les services d’ordre ne sont pas organisés comme ils l'étaient auparavant. Ensuite, il faut plus de dialogue. Du dialogue, ça veut dire de l’information, ça veut dire des panneaux lumineux où on dit des choses. Ça veut dire que quand on est en fin de manifestation. Et j’arrive à votre question sur la nasse, il faut faire en sorte que la fin de manifestation se passe le mieux possible. Alors nous, la nasse. Ce n’est pas un terme qu’on utilise complètement.
David Dufresne
Vous dites comment, vous ?
Camille Chaize
On est plutôt sur des contrôles de dispersion. C’est comme ça qu’on arrive constamment. Je suis désolé, c’est comme ça qu’on dit. Ça vous fait rire, mais c’est comme ça qu’on dit.
David Dufresne
Non. Mais c’est très orwellien comme terme.
Camille Chaize
C’est le terme technique. On sait que c’est un moment critique pour nous. Et qu’est ce qu’on redoute à ce moment-là ? C’est des groupes de plus ou moins grande importance qui partent et qui saccagent des rues entières. C’est ça notre difficulté sur les fins de manifestation, parce qu’on sait que c’est là où la violence s’exprime le plus fortement.
David Dufresne
Les contrôles de dispersion, la. C’est interdit, ça n’existe pas dans la loi française. Vous avez essayé de les mettre ? Le ministère dans le nouveau schéma de maintien de l’ordre, alors, c’est formidable parce que Emmanuel Macron a dit J’ai demandé à Gérald Darmanin d’en écrire un nouveau.
Camille Chaize
Toute la presse a repris. Il va y en avoir un Renouveau et une réforme de celui avec des femmes du dernier, avec des améliorations.
David Dufresne
Ce n’est pas une amélioration, c’est que le Conseil d'État a retoqué le nouveau schéma de maintien de l’ordre sur les relations presse.
Camille Chaize
Le policier veut mettre en conformité.
David Dufresne
Vous avez dans le chat des gens qui font un travail de dingue, des observateurs bénévoles, des observateurs de manifestations. Vous avez dit que vous avez des gens qui manifestent. Il y a toute une connaissance qui s’est développée. Comment peut-on imaginer place Beauvau que cette connaissance ne va pas réagir ? Ne va pas savoir ce qui se cache derrière les choses. Vous croyez vraiment que ça va passer comme ça très, très facilement, avec des éléments de langage que vous dites ne pas ne pas aimer. Mais là vous venez nous en fournir un bon.
Camille Chaize
Et je vous explique comment on fonctionne. Voilà, ce n’est pas moi, je vous dis les mots qui sont les nôtres et je vous dis comment fonctionne. Après on est, on est dans différentes postures et c’est normal et c’est normal qu’on ait différents regards et différentes postures. Vous nous, on crée des normes et des instructions, des règlements qui encadrent la pratique pour les policiers et des gendarmes, surtout sur les manifestations. Et vous, vous êtes dans votre rôle de terrain avec un certain regard et je ne suis pas très inquiète. Vous nous le faites savoir par médias interposés. Quand il y a des dysfonctionnements, quand il y a des choses que vous trouvez intolérables et la justice s’en mêle le cas échéant, et nos chefs s’en mêlent le cas échéant. Je veux dire, c’est l’ordre démocratique.
David Dufresne
Oui, mais non. Oui, mais je ne parle jamais de personne, mais Gaspard balance Meta, et tous ces gens qui sont mis à l'écart d’une manifestation quand ils font leur travail, qui sont en garde à vue et qui sont poursuivis. Tous ces gens qui essaient de travailler, je parle là de la presse indépendante à qui il n’y a jamais d’informations données, à qui on refuse les interviews, à qui on refuse les conférences de presse. Ça veut dire quoi ?
Camille Chaize
Vous citez des personnes avec qui j’aimerais, j’aimerais parfois travailler. Voilà. Donc je pense qu’on peut s’améliorer. Après, s’ils sont en garde à vue, c’est qu’il y a une infraction pénale. Donc il y a un moment, moi, je ne peux pas tout non plus. Après, sur le dialogue et le lien avec eux, avec la profession, je pense qu’on peut s’améliorer. Après, vous êtes aussi une profession complexe. Il y a les journalistes sur la carte de presse, il y a tous les journalistes indépendants. Tout ça, c’est compliqué pour nous.
David Dufresne
Ce n’est pas des questions de journalistes, c’est l’article douze de la Déclaration des droits de l’homme. La garantie des droits de l’homme nécessite l’instauration d’une force publique au service de tous et non de l’intérêt particulier de ceux qu’elle emploie.
Camille Chaize
C’est notre socle, effectivement.
David Dufresne
Ah oui, mais ce n’est pas ce qui se passe.
Camille Chaize
Mais si c’est ce qui se passe. C’est ce qui se passe après. On peut toujours faire mieux et je vous l’accorde.
David Dufresne
Pierre qui vous pose une question quand la BAC manifeste en armes et voitures de service à l’Arc de Triomphe ou devant un maire ou une mère ? Pourquoi ne sont-ils pas interpellés ? Participation à une manifestation des armes alors qu’ils sont tous identifiables ? Pourquoi peuvent-ils braver la loi plusieurs jours de suite ? Et je rajoute d’ailleurs que le profil allemand, celui-là même que votre ministre vient de décorer ainsi que toute la préfecture du mérite, du courage, a été capable quand même de nous dire qu’il ne savait pas identifier les policiers qui manifestaient. On marche sur la tête avec ces manifestations-là. Pourquoi ? C'était l'été dernier ? Elles ont été nombreuses, elles ont été répétées.
Camille Chaize
Un jour, effectivement plusieurs jours. Et elles sont interdites dans nos statuts et dans nos règlements. Les policiers ont un statut particulier et n’ont pas le droit de manifester durant l’exercice de leurs fonctions et encore moins avec leur uniforme, leur arme de service, leur matériel. C’est strictement interdit. Après on est là dans des mouvements d’humeur de la profession qu’il faut arriver à résorber. Et donc il y a plusieurs manières de les résorber. Soit on y met fin immédiatement et on sanctionne très strictement ces personnels. Ça a pu être fait parfois par le passé et ça peut être efficace. Ou alors on choisit une autre stratégie de négociation, c’est celle de laisser faire quelques jours, d’entamer des négociations pour faire cesser cela le plus rapidement possible. C’est une autre manière de faire cesser.
David Dufresne
L’extrême droitisation des syndicats de police de certains d’entre eux et du corps policier. Est ce que c’est un sujet ? Place Beauvau ? Est ce que c’est vu avec bienveillance, pour employer un terme très à la mode ou est ce que c’est vu comme une inquiétude ?
Camille Chaize
On est fonctionnaire, donc on doit être apolitique dans l’exercice, dans l’exercice de nos fonctions. Ce qui n’empêche pas chacun de penser, ce qui est, ce qui vote. Et moi, mon sentiment, c’est que le fait aussi que les policiers, les gendarmes soient confrontés au quotidien à la violence, à la délinquance dure des fois à un certain immobilisme de la justice, qu’ils puissent pas aider les victimes autant qu’ils veulent. Ça peut susciter des comportements ou des avis ou un regard différent sur la société que quelqu’un qui fait un autre métier, plus ouvert sur l’extérieur.
David Dufresne
Tous ceux dont on parle depuis le début nous écartent de cette idée qui vous est chère. C’est de la police républicaine, non ? Et est ce que vous ne pensez pas avoir une responsabilité ? Quand je dis vous, encore une fois, le ministère de l’Intérieur, vous êtes les chefs du personnel, vous êtes à la fois ceux qui font les chèques, ceux qui font la doctrine, ceux qui font avec les syndicats les carrières des uns et des autres. Je veux dire, ça n’est pas innocent ce que vous faites.
Camille Chaize
C’est notre responsabilité, c’est de permettre cette police républicaine. Et par exemple, sur les questions de violence illégitime, donc de violence, de policiers qui ne rentrent pas dans l’usage de la force normale. Clairement, on a une responsabilité. Il peut y avoir des mauvais comportements individuels, des agents, mais il peut y avoir aussi des cycles horaires interminables, des fatigues parce que l’administration n’a pas trouvé d’autre solution que de faire travailler les agents de nuit sur des vacations répétées, etc. Et il y a un moment où il y a une fatigue. A un ras le bol, il y a une hyper fatigue qui va faire qu’il va y avoir un mauvais comportement et ça c’est le rôle de l’administration d’empêcher cela. Et c’est pour ça qu’on doit avoir une politique de ressources humaines adaptée à la situation. Peut être qu’il faut travailler autrement pour travailler mieux. Et quand il dit plus de bleu dehors, ça veut dire aussi une réforme managériale qui fasse qu’on soit plus nombreux dehors, donc plus sereins, donc peut être moins armés, donc plus dans le dialogue. Et c’est pour ça que pour moi, dans l’intervention du président de la République, le plus important, c’est deux fois plus de policiers. Dans dix ans, sur le terrain, ça veut dire une réforme en fait énorme à l’intérieur, et ça veut dire une autre manière de travailler. Et moi, j’espère que ça sera faire une police encore plus républicaine, peut être plus sur le dialogue et moins sur le répressif.
David Dufresne
C’est quoi une police républicaine pour vous ?
Camille Chaize
Une police républicaine, c’est une police qui respecte les lois, la déontologie, les règlements et qui, à l'écoute de ses citoyens, une police service public. Et c’est franchement moi. C’est pour ça que je suis rentré dans ce métier. J’ai été pompier. Avant, j’aurais pu rester pompier. Mais non. Quand on rentre dans ce métier, c’est pour agir au service du public et on est à 99 % des policiers et des gendarmes dans cette logique là. Après, il y a de l’usure, il y a de la fatigue, il y a un certain nombre de mauvaises personnes aussi, mais c’est une minorité. Et ça, je suis sûr que vous le savez tous, comme il y une minorité qui font mal leur travail dans une profession. Après, là où vous avez raison, c’est notre responsabilité de faire évoluer les choses et l'évolution qu’il choisit, c’est celle du papa. Oui, on aimerait tous des grands soirs. Enfin, on aimerait tous que demain tout change et que tout marche. Mais non, en fait, il y a plein de petits soirs et c’est ça cette politique du papa que je veux
David Dufresne
C’est quoi les histoires ?
Camille Chaize
Les histoires, c’est des petites évolutions qui vont changer les choses. Plus de formation ? Bah c’est bien des meilleurs véhicules. Les gens vont être plus sereins et ça va mieux se passer sur les interventions, ces caméras piéton. Vous allez me dire, ça fait dix ans qu’on en parle. Oui, c’est vrai, je suis d’accord.
David Dufresne
Un petit RIO par exemple, c’est un petit RIO et
Camille Chaize
vous prenez la pause et des années qu’il doit être porté par tous. Et c’est une honte qu’il ne soit pas porté par tous les policiers. Et c’est la responsabilité de la hiérarchie policière de vérifier que les RIO soient portés. C’est comme celui qui cache sa plaque d’immatriculation pour pas être flashé au radar. C’est interdit, ce n’est pas bien, c’est non déontologique.
David Dufresne
Manuel d’utilisation, mais je trouve que c’est rigolo comme pseudo, Madame la porte parole. La police prend- elle part à la lutte des classes ?
Camille Chaize
On ne le voit pas comme ça quand on est fonctionnaire de police, on le voit. De la manière suivante il y a un droit fondamental qui est celui de manifester. Chacun a ses idées tant qu’il le fait dans le respect des autres et dans son sens divulgué de la haine ou de la violence. Donc nous, dans notre profession et dans l’exercice de notre métier, encadrer une manifestation, permettre qu’elle se déroule bien, que les gens disent qui sont à dire, qui se fassent entendre, c’est notre travail et on n’a pas d’enjeu politique avec ça. Je le répète.
David Dufresne
La police, on le voit avec différentes lois qui ont été adoptées, est en train d'écrire la loi avec les drones par exemple, qui sont retoqués régulièrement, Conseil d'État, Conseil constitutionnel. Et ne parlons pas des défenseurs des droits et autres. On change la loi jusqu'à ce que la loi autorise, c’est à dire légaliser ce qui est illégal, C’est à dire que vous avez votre ministère décore aujourd’hui le préfet de police de Paris et ses troupes alors qu’il est dans l’illégalité depuis des années.
Camille Chaize
Le droit, il est évolutif et encore heureux. Sinon on serait encore à 1789 et un droit totalement obsolète et bonapartiste. Donc heureusement que le droit évolue et qu’il faut le faire évoluer en fonction de la société. La deuxième chose que j’ai à vous dire, c’est que peut être que oui, il y a de la pression, notamment des syndicats de police, pour faire évoluer un certain nombre de choses. Mais en même temps, ce n’est pas nous qui votons les lois, c’est des parlementaires qui ont été élus par l’ensemble des concitoyens et donc c’est totalement démocratique.
David Dufresne
Est ce que vous en dites du racisme dans la police ?
Camille Chaize
C’est un délit. C’est grave. C’est d’autant plus grave quand c’est quelqu’un qui porte un uniforme et qui a une parcelle de l’autorité de l’État. Donc c’est inadmissible. Il faut que l’institution policière et le ministère de l’Intérieur fassent tout pour que ça ne se reproduise pas, que ce soit limité au maximum. C’est à dire qu’au sein d’une brigade au plus bas de la patrouille, quand il y a ce type de situation, ce soit l’entourage de ce policier qui dise mais c’est inacceptable ce que tu fais, ce que tu dis.
David Dufresne
Le mal est tellement énorme qu’on commence à voir des lanceurs d’alerte à l’intérieur du corps policier, des policiers qui sont victimes eux mêmes du racisme. Ces gens-là sont tout sauf aidés par l’institution.
Camille Chaize
Quand on renvoie perpétuellement l’image d’une institution et de ses problèmes qu’il ne faut pas nier et dont il faut parler, Mais comment vous donnez envie à un jeune de banlieue de rentrer dans la police ? Comment vous donnez envie à un jeune black de rentrer dans la police s’il entend parler du racisme qu’il pourrait subir ? Sinon, rejoignez ! Et donc là vous avez un problème structurel qu’il nous faut résoudre. Arriver à agir immédiatement tout en transformant de l’intérieur la police pour que ce type de situation n’arrive pas. Et moi personnellement, je pense que tout ce qui ouvre le ministère de l’Intérieur, ça fait du bien. Il faut aussi qu’on ressemble à la société avec des femmes, des gens de tous horizons.
David Dufresne
Mettre à genoux des jeunes, c’est humiliant. Raccompagner un enfant parce que ses parents n’ont pas payé la cantine quand c’est un policier municipal, c’est vrai, est humiliant. Faire retirer leur badge à ceux qui manifestent, c’est humiliant de s’entendre dire un ta gueule de flic, c’est humiliant. Les contrôles au faciès, c’est humiliant. Question de Pierre Pourquoi la police humilie ?
Camille Chaize
La police, elle n’a pas toujours tout bien fait, c’est complètement clair. Être à genoux, c’est humiliant. Oui, je suis. Je suis complètement d’accord. Et certains des exemples décrits par la personne qui a posté ce message, c’est clair. Après les questions d’usage de la force, les questions d’interpellation, c’est des situations complexes et il faut le faire a le plus humainement et avec le plus de déontologie possible. Il y a des choses qui sont extrêmement normées. Il y a des choses où l’on sait clairement comment faire. Et puis il y a plein de situations de terrain qu’on n’avait pas envisagées et où on fait concrètement comme on peut et comme on arrive à le faire à l’instant T.
David Dufresne
J’ai vraiment aimé.
Camille Chaize
Je ne peux pas dire que j’ai aimé. Moi d’habitude, quand je vais au ciné ou quand je lis un livre, j’essaie de sortir de mon domaine professionnel parce que là, j’ai besoin de m’aérer la tête et de voir et de penser à autre chose. Donc d’abord, j’ai été voir Boîte noire que je vous conseille d’ailleurs. Et puis finalement j’ai été voir Bac Nord. Moi j’ai pas aimé parce que c’est pas le type de film que j’aime. Après j’ai trouvé qu’il y avait des choses vraies l’hyper violence, le trafic de stups qui crée tout un contre modèle social, ça m’a aussi marqué. Et puis après la question de la déontologie, les saisies de stups, etc. Donc voilà, même si on sait que ce n’est pas complètement l’histoire de la de la Bac Nord oui, cette question de la déontologie, du traitement des informateurs, tout ça, je trouve que c’est des vraies questions. Je peux, je ne peux pas dire que j’ai aimé mais je sais que le monde policier l’a plutôt aimé.
David Dufresne
Qu’est ce que vous pensez des amendes pendant le Covid ?
Camille Chaize
Je commence à fatiguer.
David Dufresne
Je vous promets qu’on va vous libérer. On va vous libérer dans pas longtemps. Mais des jeunes endettés à cause des amendes du couvre feu dans les quartiers, des familles entières se retrouvent endettés à cause de salves de contraventions liées aux mesures sanitaires. Des associations dénoncent un phénomène d’ampleur grandissante et une application disproportionnée discriminatoire des mesures.
Camille Chaize
Ces amendes ont été mises parce qu’il y avait des infractions. Donc voilà, l’infraction initiale, elle existe, elle est là. Et ces personnes qui ont reçu des amendes, où qu’elles soient, qu’elles soient dans les cités ou ailleurs. La première chose, c’est qu’elles auraient dû respecter les règlements qui étaient édictés. Donc ça, c’est la première étape. Après, qu’il y ait que la contravention soit une facilité pour l’acte policier, c’est certain, c’est beaucoup plus rapide, notamment maintenant avec le PV électronique, de dresser une contravention que d’entamer une procédure délictuelle ou de ramener au poste pour une vérification d’identité, etc. Donc oui, les amendes sont un outil qui est efficace et c’est pour ça qu’on les utilise.
David Dufresne
Comment justifier la non obligation vaccinale pour les policiers ?
Camille Chaize
Je ne sais pas quoi vous répondre moi, juste qu’on respecte les règles et qu’effectivement ce n’est pas obligatoire pour nous. Donc on n’oblige pas tous nos policiers à se vacciner.
David Dufresne
Veuvechyco vous dit ce serait la dernière chose, madame Chaize, si vous êtes séquestrée, clignez trois fois des yeux, c’est tout.
Camille Chaize
Non, on ne peut pas dire ça. Ce serait mentir. Et je ne sais pas si je sais cligner trois fois des yeux. C’est un peu trop dur quand même comme code. Un truc plus facile la prochaine fois.
David Dufresne
Il y a la question des armes dans le train qui revient beaucoup en jeu. Je. Vous n’avez pas cligné des yeux, j’en profite. Euh, c’est quoi cette histoire ? Et puis surtout, est ce que c’est pas du travail dissimulé ?
Camille Chaize
C’est une très vieille revendication des syndicats de police. C'était le cas par le passé. Les policiers et ils prenaient le train gratuitement et armés. Ça a été plus un lieu de commission d’infraction. Il se trouve que nos policiers habitent loin de là où ils travaillent. Et on se dit que si on peut allier une gratuité pour nos policiers, c’est bien une plus grande. Si sécurisation des rames de train, c’est bien aussi. Donc ça peut être aussi du gagnant-gagnant, du travail dissimulé. Je n’irai pas jusque là. Nous, les policiers, les gendarmes, on est censé pouvoir intervenir à moins de quatre qu’il se passe.
David Dufresne
Quand on suivait alors le brevet de la sécurité, dites moi la vérité. Il y avait des gens qui regardaient ce qu’on était en train de faire ou pas ?
Camille Chaize
Non, moi je regardais parce que des fois c'était un peu long. et je regardais un peu ce que vous disiez des fois.
David Dufresne
Il est temps de vous libérer. Je ne sais pas depuis combien de temps on est ensemble on a fait 24 minutes de plus. Avant, on aurait pu vous nasser Merci beaucoup à vous.
Camille Chaize
Bonne journée et merci pour le débat.
David Dufresne
Donc vous voyez, ici on se lève tôt et on se couche très tard.

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