Cécile Duflot : « J’aime mon pays. Et la France, ce n’est pas l’Extrême-Droite »
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Là, on nous entend. Voilà, Madame la Première ministre, est-ce que vous l’entendez ?
Je suis la directrice générale d’Oxfam France.
Mais c’est bien ça, vous avez été appelée par Matignon. Votre téléphone est à côté de vous. Fort heureusement, nous ne pouvons pas lire. C’est tout petit, c’est tout petit. Et donc merci, Merci infiniment, Cécile d'être là, voilà le chat.
Et je peux lire ce que disent les gens.
Absolument tout est bon, nickel. Donc la même. Tu as même le devoir de lire et de voter.
J’adore cette idée.
Et de répondre à Cécile avant que je te présente. Normalement, tu aurais dû être ailleurs. Là, tu avais toutes les portes qui s’ouvraient pour toi ce matin.
J' ai refusé beaucoup d’abord et dans un moment politique intense. Un moment qui était un moment centré autour des partis eux-mêmes. Et je pense qu’il est important, mais on va en reparler. Et moi, aujourd’hui, je dirige une ONG et une ONG qui est dans plusieurs coalitions. D’ONG et de syndicats. Et je pense que c’est le rôle de la société civile, mais on va en parler aussi.
Bien sûr.
Et j'étais quand même très contente d'être ici. D’abord parce que j’aime beaucoup ton travail et puis d’avoir le temps, nous aussi, de parler un peu. Alors je sais qui écoute et je vous fais un petit clin d'œil aux habitués de la chaîne de David. Peut-être que je vais vous dire des trucs qui ne vont pas trop vous plaire et que vous allez trouver que je suis carrément de droite. Mais je vais essayer d'être franc et sincère parce qu’on est dans un moment extrêmement tendu, dans un moment. Le cristal politique et il faut essayer d'être le plus honnête, le plus droit et le plus responsable. Ce que je pense qu’on est nombreux à se rendre compte qu’on peut se réveiller. Tout le monde dit ça de façon un peu fantasmatique avec un gouvernement Rassemblement national dans deux semaines. Sauf que je pense que c’est une probabilité qui est une probabilité très lourde.
Voilà, ça c’est un peu ton idée, tu mets une idée, tu m’as dit vous êtes tous dans le déni, tu ne te rends pas compte, le RN va gagner. On va en parler, on va en parler. Mais tu n’as pas dit En fait, les médias t’appellent.
Et celui qui a dit que je préférais venir ici parce que je préfère avoir le temps, je suis contente aussi. J’aime beaucoup Twitch parce que ça permet d’avoir un échange plus direct, pas seulement avec la personne qui est en face de soi. Puis les journalistes, ils sont eux aussi dans un petit monde et donc quand on discute avec des gens plus largement, on se rend compte que parfois on parle de choses qui paraissent des pré requis et qu’ils sont pas du tout des choses très comprises par avance par plein de journalistes qui baignent dans l’actu. La micro actu de qui a dit quoi et Twitch, ça permet que des gens qui sont beaucoup plus loin, qui sont pas journalistes puissent intervenir. Donc j’aime bien, j’aime beaucoup ce format.
Bon alors elle ne vous dit pas ce qu’elle m’a dit, mais moi ça m’a fait très plaisir donc je le dis. Elle m’a dit que depuis quelques jours.
Quelqu’un m’a dit oui, alors il paraît que vous refusez les invitations, mais je vois que madame Duflot accepte d’aller chez monsieur Dufresne alors que je suis chez Monsieur Dufresne
Oui, surtout au poste avec la communauté où je règle la caméra. Alors je fais tout seul. Donc ici c’est l'écran de contrôle. C’est pour ça que je regarde de temps en temps. Toi tu penses y' a rien là, tu peux regarder où tu veux, Rapidement, je te présente tu as été ministre, tu peux nous rappeler de quel, sous quel gouvernement et ministre de quoi.
Si je peux dire, parce que c’est important pour moi. Je suis dans ma troisième vie, je dirige une ONG depuis un an qui est Oxfam France. Avant, j’avais. Pendant dix ans, j’ai fait de la politique intensément parce que j’ai été chef de parti du parti des Verts à l'époque, les Verts. On a transformé Europe Écologie les Verts. J’ai été présidente du groupe écologiste à la région Île de France, j’ai été élue locale et puis j’ai aussi été ministre pendant deux ans et j’ai quitté le gouvernement quand Manuel Valls est arrivé Premier ministre, je n’ai pas voulu rester et je suis devenue députée. Et puis ensuite j’ai été battue aux élections. Mais avant j’ai eu une première vie. J’ai travaillé dans le secteur privé pendant dix ans.
Et c'était quoi le secteur privé ?
travaille dans le secteur immobilier à vocation sociale mais privée. Et j’ai adoré ce métier. J’ai plus à faire d'être une organisation par une association qui existe toujours, qui y. Une grande association qui s’appelle Résidétape, qui loge des jeunes salariés, des intérimaires, des apprentis dans des logements meublés équipés. Voilà.
Et le ministère que tu as occupé, comme on dit.
C'était le ministère du Logement.
Et voilà.
Voilà, voilà qui était drôle. C’est que du coup, les gens ne me connaissaient que comme une écologiste pure, politicienne. Et en fait, comme c'était historiquement mon métier, je me retrouve face à des gens qui pensaient que je n’y connaissais rien et qu’ils allaient me balader alors que je le connaissais, donc c'était plutôt marrant. Mais quand je dis ces trois vies, c’est important pour moi parce que je sais quel peut être le piège de vivre que dans l’univers politique. Je sais aussi ce que peuvent penser ceux qui sont en dehors et de l’aspect négatif qui voient dans la politique en disant c’est trop violent, c’est tout ça, il y a des univers professionnels où c’est plus, j’ai plus dit.
Il y a d’ailleurs d’une certaine manière et les deux blocs qui vont s’affronter, on va dire le bloc de gauche et l’extrême droite. Quand on regarde les députés. Beaucoup viennent de la société civile comme Macron avait fait le coup, etc. Les partis sont dirigés par ce qu’on peut appeler des professionnels de la politique, mais on a l’impression que, par exemple, côté gauche, il y a une porosité avec les milieux intellectuels, les milieux professionnels. Quand il y avait ce qu’on appelait l’Union populaire, il y avait tout un tas de gens qui venaient apporter des idées. Est ce que tu crois que ça peut résister longtemps ou une fois qu’on est au pouvoir ? Bah finalement, la technocratie prend, prend le dessus.
D’abord, je voudrais dire deux choses. Je voudrais dire que la politique, pour moi, ce n’est pas une carrière, mais c’est un métier au sens, c’est un savoir faire parce qu’il y a un peu un piège de dire n’importe qui peut occuper n’importe quelle responsabilité. Moi, par exemple, si on mettait une planche de kitesurf et une voile, même en me donnant des cours et en me disant vas-y, avance bien, ça ne marchera pas du tout pareil si on me demandait de faire des sabots. Donc il y a un savoir faire, de savoir ce que ça signifie de trouver des accords, de faire des compromis. Et quand même, si je regarde la toute dernière période politique, le côté on va choisir. Il avait dit : Soyons fiers d'être des amateurs, d’aller chercher des gens à droite à gauche, qui n’ont pas de réseau forcément, ou qui n’ont pas d’appuis, donc pas de collectif. Ça fait aussi des gens dont l’objectif, c’est de faire des vidéos YouTube où ils reprennent la question au gouvernement, Mais, mais je pense que la politique, c’est aussi créer du collectif, du rapport de force, y compris quand on veut et surtout quand on veut défendre des projets de gauche qui affrontent des intérêts puissants. Donc je pense qu’il faut et c’est pour ça aussi que j’ai décidé d’arrêter. Je n’ai pas dit que j’arrêtais pour toujours, mais j'étais usé aussi. En fait, il fallait comprendre. Puis moi j'étais une femme politique, jeune avant tout. Donc c'était aussi un peu, on va dire un peu différent ou un peu spécial. Mais. Mais c’est bien en fait de mixer les profils. J’ai jamais pensé que c'était bien quand il n’y avait que des jeunes, que c'était bien quand il y avait que des gens expérimentés. Mais il faut des gens mélangés, il faut des gens qui sont des vrais politiques depuis longtemps, il faut des gens qui viennent d’ailleurs, mais c’est ce mélange qui crée un collectif riche.
Alors il y a des questions qui se posent pour toi. Alors, ce sont des questions politiciennes. Essayons à nos amis de rester sur le fond. Mais comme c’est Florent Calvez un de mes chouchous du tchat, qui te dit Valls vient d’annoncer qu’il voulait une coalition contre le Front populaire et le RN et qu’il voterait ni en cadeau etc On sentait déjà le côté droitiste de Valls à l'époque. Cécile Vous imaginez ça à ce point là ?
Oui parce que je pense qu’une fois qu’on a plus de. On a plus d’un mât, on peut dériver jusqu'à n’importe où en fait. Et clairement. Donc moi, il se trouve que Manuel Valls, qui avait l’aise qu’on voyait de lui publiquement pendant les deux ans où on était ensemble au gouvernement, où il était ministre de l’Intérieur. Et puis il y avait ce qu’il disait dans un certain nombre de réunions. Moi, je n’ai pas de problème avec les gens qui ont des convictions différentes des miennes. Vis les choses très simplement. Et je reste très marqué par la défense de la lutte contre la déchéance de nationalité où j'étais à la commission des lois, avec Sergio Coronado notamment, mais aussi avec Patrick Devedjian. Et on était ensemble à bagarrer contre la déchéance de nationalité. Voilà, ça fait des fois des surprises.
Devedjian, qui, je le rappelle pour les plus jeunes, vient de l’extrême droite, Ordre nouveau Occident.
Mais il avait évolué. Et moi j’ai aussi beaucoup travaillé avec de vrais députés de droite sur les questions de logement. Il y a des amendements dans la loi ALLURE qui est la loi que j’ai défendue comme ministre. Ils viennent de parlementaires de droite. Je ne crois pas du tout qu’il y ait que des ennemis, pas du tout, du tout. En revanche, il doit y avoir un socle de convictions et dans les moments où il faut lâcher un peu Manuel et qui parlait en gros avec ses tripes, il y a des fois où c’est un peu flippant. Voilà. Et donc au delà du fait qu’il y a certains, ce n’est pas tous, mais il y en a certains qui ont une passion juste pour le pouvoir et les attributs du pouvoir. Bon après c’est un peu l’accabler. Maintenant ça fait quelques mois, quelques années qu’on voit bien qu’il est sur une pente glissante..
Mais par exemple, est ce que c’est une Le Pen pour parler de Valls ? C’est vrai. Est ce que. Est ce qu’on doit l’ignorer ou est ce qu’on doit se dire que ce courant là.
Ce courant, là, c’est lui. Pour le coup, c’est lui, celui des mecs de gauche qui ont fait carrière à gauche. D’ailleurs, on ne sait pas très bien, ils ont choisi ça de manière opportuniste ou pas, et qui ont complètement lâché prise. En fait, il n’y en a pas tant que ça. Il y a beaucoup de gens qui sont fidèles à leurs convictions, on les entend moins et moi je fais toujours très attention aux gens qui parlent moins dans les médias, qui font moins de bruit mais qui sont plus fiables et plus solides. La fiabilité, la constance des convictions, c’est quelque chose de précieux. Et c’est vrai que, après la machine médiatique, elle adore. Elle adore les gens qui tapent sur leur propre parti. Moi, j’ai été secrétaire national des Verts en 2006, je n’ai pas été connu du tout avant 2009 2010 quand on a fait Europe-Ecologie, puis quand j'étais candidate aux régionales et on me disait d’ailleurs quand j’ai été réélu, il y a eu un tout petit article comme ça, je crois, dans le JDD à l'époque qui disait l’inconnu réélu. Mais mon but n'était pas de passer dans les médias. Et quand on me disait Oui, mais vous n’avez pas de notoriété, je disais mais vous savez quoi ? Pendant la campagne où Dominique Voynet était candidate, si j’allais expliquer que Dominique Voynet était nulle, qu’elle faisait une campagne pourrie, vous m’invitez à 7 h 50 dans la matinale pour taper sur la candidate. Il y a une prime à la visibilité médiatique de ceux qui critiquent leurs propres amis. Et moi, j’ai toujours, toujours refusé ça. Au prix d'être moins visible, certes, mais c’est tellement facile en fait. Et par ailleurs, si on doit faire l’examen un peu critique de ce qui vient de se passer à gauche et chez les écolos, il y en a beaucoup, beaucoup qui ont joué avec ça. C’est un accélérateur de carrière puissant, hein, de taper sur le chef du parti ou sur le candidat à la présidentielle.
Présente, nous Oxfam et je donnerai la position que vous avez eue avec votre appel. Faisons le choix de l’espoir le 10 juin. Oxfam, c’est quoi exactement ? Tu l’as, tu es la patronne. On se connaît depuis. Qui est directrice ? On fait ça Philo. On se côtoie. Et puis c’est avec les gilets jaunes et avec les gilets jaunes qu’on sait qu’on sait. On s’est croisés. Encore une fois, merci beaucoup d'être là. Oxfam, c’est quoi exactement ?
Au sommet, c’est une ONG qui est née en 1942 en Grande-Bretagne et en France, qui est née sous le nom de Agir ici pour un monde solidaire. Un appel qui a été lancé, c’est intéressant. En 1989, c’est le bicentenaire de la Révolution française et François Mitterrand décide de fêter ça avec un G7 au sommet de la Grande Arche qui vient tout juste d'être construite. Et il y a tout un tas de gens qui disent que l’idéal révolutionnaire de 100 ans après, ce serait toujours un idéal d'égalité. Mais entre les pays du Nord et les pays du Sud. Et il décide d’organiser un contre G7 qui aura lieu à Lyon avec les sept pays parmi les plus pauvres. C’est donc un appel à agir ici pour un monde solidaire qui va se transformer en ONG. Et cette ONG rejoint la Confédération Oxfam en 2006 et devient Oxfam France. Donc on est présents dans 90 pays dans le monde. Et la particularité, c’est que c’est une ONG humanitaire et de développement. Donc on a des projets sur le terrain en parallèle, en collaboration avec nos collègues qui sont présents dans tout un tas de pays. Mais c’est aussi une ONG de plaidoyer, c’est-à -dire qui s’exprime. C’est pour ça qu’on publie des rapports et qu’on essaie de dénoncer les causes de la situation qui plongent dans la pauvreté. Beaucoup de gens et c’est pour ça qu’on travaille sur la question des inégalités, qu’on travaille sur la responsabilité des banques dans la dégradation du climat, etc. Oxfam, ça existe ? Oui, beaucoup en Belgique, en Belgique, qui sont très, très grands. Et effectivement, nos collègues belges font de ça, ont été les pionniers du commerce équitable. Et donc il y a des chocolats, des thés et des produits Oxfam qui existent et qui sont vendus en France chez Magasins du Monde.
Pour la petite histoire que je le dis comme ça, je donne les livres que je ne garde pas. Je les donne à la boutique, à la boutique Oxfam. Voilà, ils sont sortis. Ils sont toujours contents parce que les bouquins sont tout neufs, c’est super.
Donc en fait, on a on a aussi des magasins de seconde main dans lequel on vend des objets qu’on nous donne. On n’en a pas beaucoup dans certains pays. En Grande-Bretagne, en assistant en Belgique, il y en a beaucoup, en Allemagne aussi. En France, il y en a pour l’instant que six, mais on espère en ouvrir d’autres. Et à Paris, il y a deux bouquineries qui sont donc des librairies de livres de seconde main. Mais il y a aussi à Lille et à Strasbourg des boutiques avec des vêtements, des objets, des disques. Et si vous avez des choses à donner, franchement, on est preneurs.
10 juin donc, il y a quatre jours, vous écriviez, vous lanciez un appel Faisons le choix de l’espoir et vous annonciez Nous nous sommes déjà attelés au rassemblement avec les autres organisations qui refusent la résignation pour que la colère suscitée par des politiques injustes ne se traduise plus en haine dans les rues et dans les urnes. Nous souhaitons contribuer à faire émerger dix mesures fortes en faveur de la justice sociale et climatique qui suscitent un large soutien et créent une dynamique citoyenne puissante.
C’est la position d’Oxfam. Et depuis qu’on a publié ce texte, on a avancé. Donc ce n’est pas encore un scoop, mais ça va bientôt l'être. J’espère que d’ici lundi, nous allons pouvoir rendre public. Quelque chose qui est assez rare pour le monde de la société civile, puisque que ça fait partie de deux coalitions qui existent depuis trois quatre ans. Une qui s’appelle le pacte du pouvoir de vivre. L’idée, pour dire les choses de façon hyper simple, c’est qu' historiquement, les Assos écolos, les ONG écolos et le monde syndical, c'était un peu électrique. En gros, d’un côté vous avez ceux qui défendent l’emploi et de l’autre ceux qui défendaient l’environnement, ceux qui s’occupaient de tout de suite maintenant, et puis les écolos qui s’occupaient des générations futures. Et c'était un peu compliqué. Et on s’est dit de longue date que ça, ça ne pouvait pas marcher, qu’on devait absolument aller à la Roxane. Nous, on est très en phase avec ça parce que c’est une ONG qui travaille depuis toujours sur le lien climat et justice sociale. Parce que nous, comme on lutte contre la pauvreté, on s’est mis à se rendre compte qu’un des freins, c'était les inégalités. Et le deuxième, le dérèglement climatique. Donc ces deux sujets chez nous sont liés depuis toujours. Mais on voulait dépasser ces confrontations et donc au sein du pacte du pouvoir de vivre avec la CFDT, avec la Fondation Abbé Pierre, avec le Secours Catholique, avec tout un tas d’organisations, il y a plus de 60 ans, on a travaillé à faire converger ces différentes positions. Et puis on l’a aussi fait dans une autre coalition qui s’est appelée Plus jamais ça, qui s’appelle aujourd’hui l’alternative écologique et sociale, où il y a Greenpeace, les Amis de la Terre, mais aussi Solidaires, mais aussi Attac, on va dire deux cultures politiques un peu différentes. Et là, l’idée, c’est qu’on arrive à travailler ensemble. Donc c’est le cas en ce moment et j’espère qu’on va réussir. Et je suis quasiment certaine même de pouvoir joindre à la dynamique politique qui est en cours autour du Front populaire un message de l’ensemble de la société civile organisée qui représente des centaines de milliers, voire des millions de bénévoles et de militants, de syndicats, d’associations pour un horizon de justice sociale et climatique. Et possible parce que je pense qu’une des situations, une des difficultés de la situation dans laquelle on se trouve, c’est que beaucoup de gens se disent de façon fichue. En gros, soit on se mange toutes les choses du macronisme qu’on subit depuis six ans et demi maintenant, soit en gros c’est le RN et il faut absolument ouvrir un autre chemin. C’est ça notre responsabilité.
Comment qualifierais-tu la situation ? Je vous ai posé une question courte mais je vois que tu lis le tchat donc je te laisse, je vais savourer ça. Voilà donc pour les gens qui ne font qu'écouter, sachez que Cécile regarde l'écran.
Je suis bipiste donc voilà.
Mais donc oui.
Je vais dire c’est vrai, la CGT faisait partie du collectif Plus jamais ça alternative écologique et sociale et ils sont partis lors de leur dernier congrès, ce que j’ai personnellement beaucoup regretté. Mais après il y a des logiques internes d’organisation. C’est la vie qui veut ça. Mais l’idée c’est que là, on a quand même tous un défi qui est énorme et qui nous impose un niveau de responsabilité très élevé. Et donc c’est ce collectif qui sera ouvert à d’autres organisations. Il y a déjà l’appel qui a été lancé par la LDH qui en appelle à s’opposer au Rassemblement national. Mais je pense qu’on est dans un moment où il faut aussi être capable d’ouvrir une nouvelle voie. De toute façon, quoi qu’il arrive le 7 juillet, dans l’hypothèse la plus ultra positive. Bah oui, on va essayer de mettre en œuvre cette alternative poétique. Il y a une autre hypothèse où on va entrer en résistance et ça va être difficile parce qu’on n’est pas prêt, on n’est pas préparé. Les derniers qui ont vécu sous un régime autoritaire en France, c’est les résistants et ils ont 100 ans ou ils sont morts. Donc nous on a aucune culture de ça, y compris et c’est là où peut être je vais être un peu désagréable avec certains, y compris les antifas, y compris tous ceux qui lèvent le poing en disant qu’on est tous antifascistes. Dans la vraie vie, ça va percoler dans la société. On voit ce qui s’est passé en Italie et moi j’ai une relation particulière avec celle qui a été la directrice exécutive d’Oxfam au Brésil. J’ai vécu avec elle l’arrivée de Bolsonaro, ce qui s’est passé, le local d’Oxfam, le siège d’Oxfam, a été attaqué trois fois. Elle fait partie de la liste des 100 et demi du peuple brésilien. On peine à imaginer ce que ça signifie et donc ça veut dire qu’il faut aussi bien garder ses nerfs et être extrêmement concentré sur le chemin qui est devant nous. Et puis aussi là, pas perdre de temps dans les deux semaines qui viennent pour que chacun puisse surpasser ce qui vient de tout ce qu’on vient de vivre et la difficulté du moment.
Alors ne perdons pas de temps quand tu dis que nous ne sommes pas prêts, ça veut dire que par exemple, il faudrait, il aurait fallu s’entraîner à la clandestinité, s’entraîner à la confidentialité.
Mais personne ne fait ça. Donc moi, je fais partie de ceux qui disaient à mes collègues et on avait commencé à y réfléchir. Voilà, posons-nous la question qu’est ce que ça signifie pour nous ? Oui, ça on ne sait pas, on ne sait pas. Et j’ai vu passer un petit dessin, une parodie de Tintin que je trouvais très drôle avec le capitaine Haddock qui disait il faut quand même qu’on fasse gaffe, hein, parce que dans trois ans, ça risque de mal se passer. Et il y a Tintin qui dit trois semaines capitaine, trois semaines, maintenant c’est deux semaines. Donc. Donc oui, je pense qu’il faut à la fois être concentré, mais j’aime bien cette maxime Kim qui me tient depuis des années. Le pire n’est jamais certain. Le pire ? Il est probable, on ne va pas se mentir. J’aimerais, si je peux dire ça, que tout le monde s’ouvre quand même. Oui, c’est réel parce que. Est ce que c’est très bien qu’il y a une dynamique politique unitaire ? Et je comprends toutes les réserves. Même moi je veux et je leur en veux. Je vais être franche, j’ai des amis chez les écologistes, c’est ma famille, c’est ma maison. Mais ce qui s’est passé ces derniers mois, ça fait que ça rend compliqué.
Alors nous ne perdons pas de temps sur ce que tu as dit et le temps est compté. On pensait avoir trois ans, on a trois semaines comme dit Tintin, deux semaines maintenant deux semaines. Alors il y a quand même un effet d’excitation, un foisonnement. Il y a quelque chose d’absolument unique. A 12h, on sera à la conférence de presse du Front populaire qui va présenter son programme. Les histoires de circo, moi, je m’en fous complètement. Ce qui compte, c’est le prof, c’est le programme.
Tu t’en fous complètement, mais en fait, c’est quand même ça qui va être déterminant. C’est à dire que, y compris je vais faire mimer Cécile le dit Mémé Cécile, c’est quand j’explique, c’est quand je fais parce que souvent tu sais, ta mamie qui dit oui mais alors tu comprends Cecilou bl blablabla. Mais en fait l’expérience, ce n’est pas inutile de le dire en tant que premier, nous poser ce n’est pas inutile.
Au Poste on peut parler comme ça, c’est cool, vas y !
Non mais c’est vrai, c’est que c’est marrant parce que les gens qui font du pain, ils font souvent du meilleur pain quand ils en ont fait pendant des années. Et la politique, c’est aussi un peu ça. Et donc, à la différence d’une élection présidentielle où si on se mobilise dans certains quartiers, on fait le total de toutes les voix, là, ça va se jouer circonscription par circonscription. Et même si on est sûr de se mobiliser dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, la candidate, en l’espèce, gagne 80 %. Youp là boum. Le sujet va se passer dans l’Allier, dans l’Eure et Loir, dans tout un tas de territoires. Donc, y compris les gens qui ont envie de se mobiliser, là, ils se posent la question de où ils vont être utiles. C’est pas parce qu’on va faire du porte à porte dans le 10ᵉ arrondissement de Paris ou au centre de Lyon que ça va changer quelque chose. Et ça, il faut le dire quand même. Est ce que tout le monde leur pas par rapport à la situation, mais c’est très bien. Et de ce que j’ai vu du début du projet qui est sorti, c’est parfait. Il y a une vraie à la fois, il y a un vrai souffle et puis il y a aussi des choses qui sont claires sur des sujets qui sont pour moi extrêmement importants, qui sont la solidarité avec les populations civiles, qui sont victimes des guerres, que ce soit à Gaza et et en Ukraine, et aussi toutes les crises oubliées. Moi je dirige une ONG, je pense au Soudan, je pense au Yémen. Il y a tout un tas de gens qui méritent qu’on pense à eux, mais aussi très clairs sur la question du racisme et de l’antisémitisme. Parce que c’est vrai, moi, j’ai mal vécu la période qui vient de s'écouler. Il y a eu des moments qui étaient des moments. Assez bouleversant. Et. Et donc, il faut absolument qu’on soit. Ce n’est pas l’idée. Ce que je veux dire à des gens qui sont choqués, qui disent ça je ne pourrais pas, Lui je ne peux pas. Moi, maintenant, ça me fatigue. Glucksmann Jamais de la vie nianiania où elle est fille, ce n’est pas possible. D’abord, chacun de ces courants politiques est toujours plus divers. Mais c’est vrai qu’il y a eu des expressions qu’on peut avec lesquelles on peut être en désaccord, y compris des stratégies politiques, la stratégie de la conflictualité face à tant la société. Et puis ça rend aussi le rassemblement peut être éventuellement moins sincère. On peut se dire attendez, Après pour le coup, j’ai presque 50 ans, NPA, François Hollande, je pense, ça n’a jamais existé les débuts de la cinquième République. Je suis mystérieux. Est ce que ça peut vouloir dire qu’il y a un certain nombre de gens qui ont l’habitude de la politique. Ils disent Wow, ça craint vraiment. Et ils ont raison parce que là, ça craint vraiment.
Alors, il y a beaucoup de choses dans ce que tu as dit. Sache que le chat encourage Mémé Cécile à nous raconter des histoires. Donc tu peux, tu peux, tu peux y aller. Je. Je voudrais préciser que la conférence de presse est à 12 h et pas à 14 h. Je voudrais préciser que sur les questions d’antisémitisme, notamment à gauche, nous sommes particulièrement vigilants ici. Et lundi soir, une émission publique avec Simon Assoun de Tsedek et Arié Alimi qui vient son excellent livre.
Absolument. Je le dis sans blaguer, si les gens ont des interrogations sur ces sujets, il y a plein de gens qui ne sont pas totalement au clair avec ce que ça signifie être juif parce que ça représente ce que c’est que le sionisme, ce que c’est que l’histoire du sionisme socialiste en plus. Je les invite à lire parce que c’est facile à lire, parce qu’il nous prend par la main et raconte son histoire. Et en racontant son histoire, il raconte tous ces concepts là. Ça se lit vraiment très agréablement et je pense qu’il y a plein de gens qui sont un peu gênés par rapport à ces histoires, qui ne savent pas trop par quel bout le prendre. Et je leur conseille une chose, c’est de lire le livre d' Arié
Tu connais Arié ?
Je le connais très bien.
Voilà, ce n’est pas pour cette raison que tu le mets, mais la moindre, la moindre des loyautés.
Et comme je l’ai dit, comme je le connais très bien, je peux aussi dire que des fois je peux dire que je ne suis pas d’accord avec lui ou que je fais des livres que je trouve plus ou moins bien. Celui là, je le trouve génial et ce serait pareil et je le dirai tout autant. Et on a le droit de dire bien des livres, des gens qu’on aime bien quand même.
Donc la question de l’antisémitisme, on en parlera lundi soir, je n’ai pas lu encore le programme ? J’ai vu qu’il y avait un tweet qui était passé avec une affiche, le programme du Front Populaire. Mais là je vois dans le tchat que notre discussion va dire Regarde, regarde, je t’en prie Père, on ne voit pas ce que tu regardes. Elle regarde son téléphone au cas où il y aurait une urgence. Et là, il y a quelque chose de compliqué dans notre conversation. Parce qu'à la fois tu nous dis il y a une urgence, on doit y aller, on doit foncer. Et puis dans le même temps, tu dis c’est difficile d’y croire,
Je ne dis pas que c’est difficile d’y croire. Je dis faut comprendre les réserves de certaines personnes. Oui, moi je comprends. On a le temps.
On a le temps de les comprendre. Où on va, la bataille.
On a le temps, alors ce n’est pas antinomique, on a le temps de les comprendre, on va à la bataille et si on veut aller à la bataille pour gagner, il faut accepter d’aider à lever ces réticences de certains. Ensuite, il faut aussi être conscient que là, il y a une espèce de dégringolade absolue de la droite incarnée par Eric Ciotti, qui fait fi de toute sa capacité de résistance à l’extrême droite. Je sais qu’on a souvent envie de jeter tout le monde du même côté, et ça, c’est un problème. Le Renaissance, ce n’est pas l’extrême droite. Quand ils font des flirts avec notamment la loi immigration. L’extrême droite, c’est une faute. Mais il y a dans l’histoire des gens de droite qui étaient des authentiques remparts contre l’extrême droite, des gens extrêmement courageux, des gens vraiment hyper solides. Faut dire ça c’est bien dans un pays qui est une vraie droite républicaine. C’est bien qu’il y ait du débat politique, c’est aussi bien qu’il y ait de l’alternance. Parce que même quand il n’y a que des gens de gauche qui sont au pouvoir pendant trop longtemps, ils finissent par s’endormir un peu, à se reposer, à penser qu’ils sont là, de droite. Moi je crois que l’alternance politique, c’est aussi une respiration démocratique et je suis profondément écologiste, profondément de gauche. Or, les écologistes n’ont jamais été durablement au pouvoir. Du genre à s’endormir.
J’ai cru que tu allais dire durablement de gauche.
Non, le problème, c’est que moi, j’aime bien qu’on dise qu’est ce que ça veut dire ? Parce que justement, moi, j’ai été dans un gouvernement où on disait de gauche, de gauche, de gauche valsent d’idées, la gauche, la gauche. Je comprends que les gens soient un peu paumés. Donc comme dirait l’abbé Pierre, j’adore cette phrase. La politique à la fin, c’est à savoir à qui on prend le fric et à qui on le donne. Et là, aujourd’hui, pour moi, il y a une absolue urgence de remettre, de remettre de la redistribution en disant qu’il y a des gens super riches qui font du mal à la démocratie parce que je le tiens d’un de ces super riches qui dit 1 milliard, j’arrive à peu à peu près à le dépenser, t’achète de l’art, etc. A partir du deuxième milliard, t’achète le pouvoir. Et je le dis ici, qui est un média indépendant. Quand on est sous la coupe de milliardaires qui achètent la presse pour un agenda politique personnel mais aussi pour préserver leurs intérêts. Je pense qu’il faut dire ça. Bolloré, je pense qu’il a deux problèmes petit à il a, il sait qu’il a fait quand même des choses vraiment crade et il a un peu peur pour son rendez vous en direct avec. Non, pas du tout la justice. Et là, il flippe sur eux, sur le fait de passer le reste de son existence en enfer. Donc il croit que, en achetant des indulgences avec l'église catholique la plus intégriste et en défendant je ne sais pas quelle idée de la France qui n’existe pas, il va s’acheter son salut. Je crois qu’il se plante et moi aussi je vais mourir, donc je serai très content de voir comment ça va se passer après. Je suis prête à la discussion en face de Dieu, le Saint-Esprit ou Jésus de Nazareth, je m’en fiche, mais je suis tout à fait prête. Et la deuxième chose.
C’est que le petit B.
Le petit B, c’est que pour maintenir un niveau d’inégalité tel et un niveau de prédation et de concentration de la rente, c’est bien de distraire le peuple en leur signifiant d’autres ennemis. Et moi je pense qu’il y a vraiment un agenda. C’est pas seulement une sorte de conviction, c’est que plus on fait ça, plus comme ça on se dit en fait votre problème ce n’est pas que vous avez plus de service public, votre problème, ce n’est pas que vous n’arrivez pas à avoir un rendez vous. Votre problème, ce n’est pas qu’on va réduire les droits au chômage, votre problème c’est les Arabes, c’est ça ? C’est ça qui ?. Et en plus je crois que la France ce n’est pas ça la France, profondément, ce n’est pas ça. Et il se trouve que. Alors je parlais du livre d’arriérés, il dit à la fin de son livre un truc intéressant sur la stratification des identités Moi qui suis une pure française, tu ne peux pas faire plus française, Picardie, Vendée et Lozère jusqu’au fond des tripes. Il y en a aussi une. Chez moi, qui est en gros un tiers banlieusarde, un tiers parisienne. Oui, j’aime le match à la un et interprovincial parce que. Parce que l’histoire de ma famille en Lozère est un gros bout de ma vie, de mon cœur et de mes amis. Et dans les Landes, dans un endroit des Landes très rural. Et je comprends certaines blessures. Je comprends. Et puis je peux imaginer qu’effectivement, quand on n’arrive plus à s’en sortir parce qu’il n’y a pas vraiment de capacité à regarder son avenir, on se dit ouais mais c’est parce qu’en fait l’argent y va à certains. Non, non, en vrai, l’argent, quand on a fait le CICE et j'étais dans ce gouvernement, plus quand on supprime l’ISF, il va entre les mains de quelques-uns. C’est documenté, c’est Link qui le dit, c’est Oxfam. On publie des rapports basés sur des données, ce n’est pas des bas, ce n’est pas des emballements gauchistes, c’est la réalité. Et cette réalité là, elle percole dans la société. C’est pour ça qu’il faut redonner un chemin politique.
Vous avez notamment une bataille très forte contre les super profits. Tu vas, tu vas peut-être nous expliquer ça. J’en profite pour que tu regardes le. J’en profite pour dire qu’il y a un article absolument formidable mais terrifiant du Monde hier, qui raconte que Eric Ciotti est allé voir Bolloré.
C’est des petits mecs
avant de prendre sa décision. Non mais complètement dingue de forcer à faire un bon démocrate. Alors le mec qui nous fait des leçons de démocratie, de républicanisme depuis toujours et il s’enferme dans son bureau, Passons. Mais n’empêche que ce détail pour moi, il est fou.
. Oui. Après moi ce que je vois quand même, c’est que… Et je ne suis vraiment pas la présidente du fan club de Pradier, Pécresse et compagnie, mais c’est quand même des gens. Ils ont dit qu’en fait ça ne va pas être possible.
Voilà, c'était le minimum.
Ouais mais d’accord, mais enfin, ça existe quand même. On aurait pu imaginer qu’ils partent tous avec armes et bagages chez lui à Rennes donc. Donc oui, quand je vois des députés qui ont plus de pouvoir risquer leur propre poste, ils viennent le virer, ça me rassure quand même un peu. Je sais qu’on est dans un moment où on a envie de cliver avec. D’un côté il y a les gens sympa et en plus au sein des gens sympa, on va encore découper en gens sympa et bien et dignes. Et puis de l’autre côté, c’est tous des connards. Non, moi je suis contente, même si ça paraît vraiment ridicule et dramatique. Voyez des républicains qui y sont encore, je n’ai pas encore de ballast et qui savent ce que c’est que la République.
Tu as dit tout à l’heure, tu dis cette phrase ce n’est pas ça la France Et en toute amitié, est ce que. Est ce que ce n’est pas un défaut des politiques ? Même si tu n’es plus professionnel pour parler des français ou français, qu’est ce qu’on en sait ?
Bah d’abord, on peut se poser la question. On peut le dire, il y a des travaux de sociologue. Moi je crois que la science ça existe, ça existe, C’est comme ça qu’on sait que le climat se dérègle. Mais les sociologues, ils font un vrai travail. Il suffit de lire les travaux qui sont faits, d’essayer de comprendre puis d’ouvrir ses oreilles. Moi, il se trouve que j’ai une chance dans ma vie. C’est que dans mon histoire française pure française, mon grand père qui vivait à Paris en 1968, il a manifesté pour de Gaulle, il était orphelin, il a commencé à travailler à dix ans et avec des économies. Toute sa vie, il s’est fait construire une maison à Villeneuve-Saint-Georges. C'était là où il allait en weekend, quand il vivait juste à côté de la gare de Lyon. Et donc la chance ou le hasard de ma vie fait que j’ai longtemps vécu à Villeneuve-Saint-Georges et que j’ai pris le R.E.R. Là, t’es vraiment pour le coup, c’est ce que je disais souvent, y compris à mes collègues écolos. Je dis moi je défends les transports en commun, mais je les prends. Donc du coup, ça rend modeste les méchants automobilistes. Voilà. Et plein de plein d’autres sujets. Et en fait, faut ouvrir ses oreilles. Il se trouve que le weekend dernier, j'étais un super festival dans l’Yonne qui s’appelle le festival Toc Toc et que j’ai pris le petit dej au café à Toucy. Je crois que c’est le nom et il faut écouter les gens parler. Et puis en plus ils parlent assez naturellement. Moi en plus souvent ça m’arrive que les gens me reconnaissent un peu. Du coup, il engage la conversation. Moi j’aime bien écouter les gens. Donc quand je dis ça, c’est que j’essaye aussi de ne pas avoir mon avis à moi, personnel, de se dire qu’est ce qui se passe, qu’est ce que, comment ils réfléchissent, comment ça les nourrit. J’aime bien les militants, mais j’aime bien les gens en général en fait. Et quand je dis oui parce que la France est le pays, il y a plus de mariages mixtes parce que la France, c’est un pays de grande solidarité, parce qu’on a vu ce qui s’est passé pendant le Covid.
Je veux dire, c’est que dans ton cas, je comprends très bien, mais comment un Attal, un Mélenchon ou une Le Pen peuvent dire que les français sont ceci, la France c’est ça.
C’est soit parce que c’est une façon de parler des politiques. Après les politiques ils ont des tics de langage et moi aussi ça peut m’arriver. Ai-je pu être contaminé ? Mais il y a deux choses. Il y a ce que pense une grande partie de la population. Mais la parole politique, elle est performative, c’est-à -dire qu’elle produit des effets. Quand on a retrouvé le corps de ce petit garçon, qui c’est qui a été noyé en essayant de fuir la guerre et la violence avec ses parents, qui sa photo était à la une de tous les quotidiens et qu’il y a eu beaucoup de politiques qui ont eu des paroles d’empathie. L’inimitié à l'égard des migrants s’est effondrée.
Tu parles de la photo du jeune Ilan ?
Exactement. C’est son prénom. Il y a une espèce de tandem entre la parole politique et les sensibilités. Il y a un dialogue, c’est-à -dire que la responsabilité des politiques est très grande. Et moi, je connaissais Emmanuel Macron quand j'étais ministre parce qu’il était au secrétariat général de l'Élysée. Mais je me suis dit qui sait ? Peut être que c’est vrai ce qu’il a dit sur les gens qui étaient fatigués de la gauche, la droite, et qu’il va mettre une forme d’apaisement. On n’a pas été déçu, mais ça aurait pu marcher. Il aurait pu dire même après la dernière élection, ils auraient pu dire bon bah voilà, je n’ai pas de majorité donc je vais essayer de trouver une coalition, la quatrième République et tout ça, c'était pénible, mais dans plein de pays, ça oblige. Alors oui, ça va défriser des militants, mais je le dis, un petit scoop il y a plusieurs scénarios. J’ai dit le scénario du pire, j’ai dit le scénario où le Front populaire gagne youp la boum, Hé ! Et tu viendras à l’Élysée interviewer le nouveau président de 2027. Mais en attendant, il y aura une coalition et un premier ministre. Mais peut être qu’il va y avoir la même situation, Genre pas de majorité, mais beaucoup plus de députés Front populaire. Donc ce que ça peut vouloir dire, c’est qu’il faut essayer de former une coalition. Il faudra essayer de former une coalition. Vous l’avez entendu ici, on est vendredi Combien ? Juin avec une partie des députés communistes. Et c’est comme ça. C’est la vie en fait. Et ce sera mieux ça qu’un gouvernement bardé là. Et moi, je ferais partie de ceux qui défendent cette hypothèse. Donc c’est pour ça qu’il ne faut rien d’irrémédiable. Et c’est pour ça que j’ai vu passer dans le chat ce que je pense de l’AFP, de ce qu’a dit Macron sur envoyer de côté les deux extrêmes, si c’est franchement. Moi j’ai. J’ai de l’estime pour le rôle des politiques et j’ai du respect. Est ce que ce que ça m’a appris d'être ministre, c’est. C’est une forme de gravité. Je crois que je ne suis pas sortie pareil. C’est à dire que t’as en main une partie de la vie des gens. Quand tu fais l’encadrement des loyers, tu changes la vie des gens au quotidien et c’est ultra précieux et très important. Et donc moi je mets quelque chose qu’on appelle le sens de l’Etat en haut de la pile. Je teste ça souvent chez les gens et ça existe chez les préfets, ça existe, il y a des grands serviteurs de l’État et c’est ultra chouette. Moi, j’ai découvert des hauts fonctionnaires exceptionnels et là, ils manquent vraiment de sens de l’État. C’est quand même pas possible, C’est un président de la République ne peut pas se conduire comme ça et c’est pas bien en fait, c’est vraiment pas bien. Et donc il va falloir faire malgré lui en gros et tous se sortir de vieilles histoires parce qu’on a aussi une génération, y compris chez les députés de gauche et les gens qui sont dans les partis, beaucoup de hauts fonctionnaires.
, Si par delà arrivait à Matignon qui démissionnerait parce qu’on sait qu’il y a une continuité.
Je vois bien World Company la déconnexion totale, plus de 50 % d’abstention, mais il faut encore gagner des macros secours. En fait, je n’ai pas quitté. J’aimerais bien connaître ton prénom. Ce n’est pas déconnexion totale Chouchou, ça va être le résultat de l'élection législative. Tu fais avec les gens qui ont voté et même quand il y a 50 pour 100 d’abstention, il va y avoir un parlement. Donc moi, je pense qu’il faut absolument essayer d’inverser cette tendance là, mais il faut quand même regarder les choses avec des yeux ouverts et avec lucidité. Et quand bien même des gens, et je le dis sur les responsables politiques divers et variés, il se trouve qu’en plus j’ai de l’affection, voire même de la tendresse pour certains. Mais c’est quand même une génération, on est une génération confortable. En gros, le seul grand sujet c'était de savoir si ça allait basculer du côté de Balladur ou de Bérégovoy. Voilà, c'était un peu. Ce n’était pas si grave quoi. Et même, même quand c'était Sarkozy, c'était pénible. Mais il y avait encore du sens de l’État. Là, on est face à un truc qu’on ne connaît pas, qui est beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup plus grave et peut être irrémédiable. Donc ce sursaut collectif, ça doit, ça va, ça va devoir obliger tout le monde à sortir un peu de ses habitudes. Hier soir, on a eu un cas d’Oxfam France avec les membres du CA pour décider quelle était notre position. Et nous, on est une organisation qui n’est pas partisane, donc on n’est pas censés participer et soutenir des candidats. Mais il y a des militants chez nous, des bénévoles qui ne peuvent pas résister. Et c’est vrai qu’on est dans un moment politique différent et ça nous oblige. Et moi, en tant que directrice d’ONG, ça m’oblige aussi différemment parce que parce qu’il faut être conscient, parce que je n’aime pas les grandes formules sur l’histoire nous regarde quand même. Et moi, je suis passionné par ces moments-là, et notamment par les moments où des grands événements se déclenchent. Il faut lire les débats parlementaires justes avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Le pire massacre où on a tué des millions de jeunes Français, des millions de jeunes Allemands aussi, et puis des Russes. Les gens qui sont au pouvoir, ils ne mesurent pas du tout où ils se disent au pire ouais, ça va être une petite guerre qui va durer trois mois quoi. Et donc quand on est dans ces moments de bascule, moi je me suis souvent interrogée. C’est ça qui m’a fait démissionner du gouvernement. Je ne dis pas que j’ai bien fait, je saurai jamais en mai. Mais dans ces moments où on risque la bascule, faut vraiment se poser des questions et des questions qui sont inconfortables.
Précisément. La suite m’a donné raison à titre personnel, mais tort à titre de continuité de l’État puisque les hauts fonctionnaires dont tu parles, les préfets, ont servi Valls comme ils ont par la suite servi les autres.
Oui, y a le gouvernement. Dire les choses. Valls 2015, c'était n’importe quoi sur la gestion du maintien de l’ordre, mais ce n'était pas ce n’était pas le fascisme. Pour le coup, faut garder raison et je pense que c'était il y avait plein, plein de choses extrêmement perturbantes, gênantes. Et une partie de ce qui nous arrive est née à cette période là parce qu’il y a eu un on est obligé d’avoir les yeux ouverts. En 2012, on gagne les législatives. François Hollande, président de la République La gauche est majoritaire au Sénat, La gauche est majoritaire dans la quasi totalité des régions. La gauche est majoritaire dans toutes les grandes villes. La gauche est majoritaire dans presque tous les départements. C’est un truc. Et il faut être lucide, il faut. Et moi, c’est ça qui m’a fait partir en 2014, c’est que j’ai compris que soit il y avait un ressaisissement et ça n’a pas été le choix de François Hollande. Soit c'était la glissade et on paye une partie de ce qui s’est passé à cette époque.
Alors tu as dit tout à l’heure on n’a pas de temps à perdre, on avance. Et Euryale, la modératrice en chef, m’a rappelé l’autre jour dans nos petits outils de travail collectif, quand il fallait, il fallait parler des raisons qui donnerait envie de défendre la gauche, de porter la gauche et pas simplement d'être en confrontation avec le RN et être sur la position qui est la nôtre. Antifascisme, mais que ça ne suffit pas à dire qu’il faut, il faut trouver des bonnes raisons. Vous, Oxfam, vous avez un combat, c’est le combat contre les super profits. Parlons du fond des choses, là. Qu’est ce que vous ? Qu’est ce que vous attaquez à travers les superprofits, le patrimoine ? Et je voudrais qu’on parle aussi du logement qui était cher et qui est cher à ton ONG.
Alors là, ce qui est chouette, c’est que on pourrait se dire bon, là c’est quand même compliqué, il y aurait plein de choses à faire, mais on n’a pas l’argent. Et en fait si, on l’a. Donc pour ceux qui le veulent, je leur conseille de taper manifeste fiscal Oxfam France et ils vont voir que dans le pays qui est le nôtre aujourd’hui, sans révolutionner tout en changeant beaucoup de choses, on récupère 88 milliards d’euros par an et avec on peut faire beaucoup de choses, notamment en taxant les super profits, notamment en changeant les règles de la fiscalité du patrimoine, mais en faisant zéro euro d’augmentation d’impôts pour tous ceux qui individuellement gagnent moins de 2 500 €, c’est plus que le salaire médian. Donc nous, on essaye de simplifier les choses. Donc si vous gagnez 2 500 € ou à 2000 €, vous n'êtes pas affectés par les mesures fiscales. On veut mettre en place, donc il y a une marge de manœuvre. C’est un choix politique et ce n’est pas facile. Mais il y a la marge de manœuvre financière pour agir et donc pour pouvoir ensuite faire des choses sur les questions du logement, sur les questions des services publics, sur la santé, sur plein de sujets. Et ça, c’est vraiment important de comprendre qu’il y a une marge de manœuvre politique parce qu’on est dans un moment aussi où on a l’impression de dire non, mais il y a la dette. Notre note a été dégradée, on ne peut rien faire, on ne peut rien faire, on ne peut rien faire et donc il faut tout restreindre, il faut faire baisser les solidarités sur tous les fronts. Donc là je pense que c’est ça que je trouve pas mal dans le travail qui a été fait sur les premières mesures du Front populaire, c’est-à -dire les 100 premiers jours, parce que je crois que là, une grande partie des gens ont perdu confiance en la politique en général. Et je pense que dans l’hypothèse où il y aurait cette majorité, il faudrait faire des choses très vite.
Et on pourrait parler des 100 premiers jours, parce que les 100 premiers jours, c’est Napoléon. C’est une espèce de mythe complètement stupide qui consisterait à dire qu’un premier ministre a 100 jours, c’est à dire trois mois, puis après il ne fait que gérer. Mais c’est à mon sens c’est une connerie historique. Mais bon, ça va grave te demander de taxer ou faire cotiser les superprofits. Après tu peux répondre ici t’es pas, t’es pas sur une chaîne d’infos. Si tu ne veux pas répondre à ma question, t’as le droit. Je la reposerai
Non, sur les 100 jours et gouverner c’est pas mal de gouverner On n’est pas obligé de faire que des lois tout le temps, juste pour avoir le sentiment qu’on fait quelque chose. Gouverner, c’est à dire gérer bien l’argent public, décider de faire évoluer des critères de redistribution, décider par exemple de rompre avec un choix qui a été fait, de pousser une grande partie des gens vers l’enseignement supérieur privé. Parce que les facs et la recherche sont sous-financées. Arrêter de financer par exemple tout un tas d’universités uniquement sur des contrats de projets. Il y a des espèces d’idéologie là, qui ont vraiment foutu le bordel. Si je peux parler avec eux, c’est l’idée que la solution c'était les partenariats public privé. C'était l’idée que tout un tas de services publics serait mieux géré de façon privée. On a vu avec, c’est assez mécanique. Si votre métier est de s’occuper des personnes âgées au mieux en fonction de l’argent que vous avez. Ou de s’occuper des personnes âgées. Et en plus de verser des dividendes aux gens qui ont investi l’argent que vous versez aux dividendes, il ne va pas aux services que vous rendez. A un moment, on peut dire qu’il y a des choses qui doivent être hors marché. Ça ne veut pas dire que c’est forcément bien géré par le public, mais déjà il n’y a pas l’obligation de distribuer du bénéfice via les dividendes. Donc gouverner c’est une bonne chose. Et ça, on peut bien gouverner un pays. Je me souviens quand Élisabeth Borne est partie, elle a fait la liste de toutes les lois qui avaient été votées mais était première ministre. Elle n’est pas présidente de l’Assemblée nationale. Il y a une espèce de passion pour tout faire passer par la loi. Ce n’est pas obligé. Il y a plein de choses qui peuvent faire l’objet d’un bon gouvernement.
Est ce que vous taxez … ? Alors j’ai plus de questions. Je crois qu’elle a été, elle a été remontée. C'était celle qui disait : "est -ce que vous ou est-ce que vous taxez les super riches ? " Est ce que vous faites cotiser les super riches ? Comment on récupère le pognon ?
Allez voir le manifeste fiscal parce que c’est très clair et très détaillé. Mais ce qui est sûr, c’est qu' aujourd’hui, il y a énormément d’exonérations fiscales et il y a sur les 0,1 %, pas les 1 %, les 0,1 % les plus riches, un taux régressif. C’est à dire qu’il est moins important que sur tout le reste de la population en termes d’imposition des revenus. Mais il y a eu aussi, une libération totale de l’imposition sur le patrimoine. Tous deux axés un sur la détention du patrimoine, mais aussi sur sa transmission avec un débat par exemple en disant Ah mais les Français ne veulent pas qu’on touche à l’héritage. Donc le sujet, ce n’est pas l’héritage. En général, la moitié des gens touchent zéro euro. D’ailleurs, ce n’est pas la maison de mamie que les petits enfants veulent conserver. Le sujet, c’est de savoir au-delà de 10 millions, 13 millions. Le pacte Dutreil qui avait été mis en place pour permettre que les entreprises soient transmises, etc. A été complètement dévoyée. Et aujourd’hui, le problème, c’est que sur la question des revenus en France, on a moins d’inégalités que dans plein de pays. En revanche, sur la question du patrimoine, et notamment du patrimoine immobilier, on est en train de retrouver et pour le coup, c’est des institutions publiques qui le disent et des niveaux d’inégalité qui sont des niveaux insupportables. Et quand vous êtes fils de multi propriétaires, même en ayant le même revenu, vous n'êtes pas du tout dans la même situation que si vous êtes locataire.
On a aux Etats-Unis un courant de millionnaires, de milliardaires qui demande à un homme qui rêve d’un New Deal à la Roosevelt, c’est-à -dire une taxation des riches qui disent taxer, taxer, nous, taxer nous. On n’a pas, on n’a pas ce mouvement là.
Il y en a quelques uns.
Et je vous laisse.
Il y en a quelques uns qui ont signé. Alors, ils s’appellent les patriotiques millionnaires. C’est une initiative internationale. Il y a quelques Français qui ont signé, mais ils ne veulent pas du tout qu’on les connaisse. Ils ne veulent pas du tout parler. C’est moins, j’allais dire, c’est moins dans la culture française, il y a plutôt un côté un peu planqué. Donc je sais qu’ils existent. Mais oui, bien sûr qu’il y en a qui le disent et qui l’assument en disant la formule que j’aime le mieux c’est un Danois qui a dit Moi, j’ai gagné à la loterie du sperme, qu’est ce que j’ai fait à part naître ? Et la France, c’est le Financial Times qui l’a montré c’est le pays dans lequel la richesse, la qualité du sperme. La fortune des milliardaires est la plus importante. On a le plus d’héritiers milliardaires donc, et y compris ceux-là, même s' ils partageaient une grande partie de leur patrimoine, ils ne seraient pas malheureux.
Enfin, je veux dire parce que dans le chat, l’aile gauche parle de toi comme d’un discours socio démocrate, etc. Est ce que par exemple, ce ne serait pas un coup génial qu’avant le 30 juin, il y ait quelques milliardaires qui disent "Bah ouais, taxez nous ! " Est ce que tu dis Oui, je veux dire, pour renverser les choses, ça nous empêche pas de continuer à dire du riche en mangeant des riches, mais s’il y en a quelques uns qui acceptent alors d'être à table.
Moi je crois pas du tout que je sois social démocrate. En revanche, je suis démocrate tout court. C’est à dire que je ne pense pas qu’on puisse imposer sinon par la violence quand on pense qu’on a raison contre la terre entière. C’est pour ça que j’ai vu passer une question sur le changement de constitution. J’ai été assez convaincu par l’historien Michel Winock dans une commission à laquelle j’ai participé, qui était une commission extrêmement intéressante sur l'évolution de nos institutions françaises quand j'étais député, qui disait qu’on a changé de Constitution que dans des moments en gros de quasi guerre civile, des moments de grande bascule historique. En revanche, qu’on puisse passer la cinquième République comme on l’a déjà fait. Je pense que oui, il faut le faire. Et là, pour le coup, on pourra remercier Emmanuel Macron. J’espère qu’on y arrivera. Il faut réussir à entraver une part des pouvoirs du président de la République. Parce que. Parce que là, ça va trop loin. En fait, un régime présidentiel exerçant les contre pouvoirs du présidentialisme, c’est un souci et on le vit de manière très concrète.
Et ça crève les yeux depuis dimanche, c’est évident. Mais comment faire confiance à ceux qui se battent pour accéder au pouvoir, parfois avec des bonnes intentions ? Comment leur faire confiance pour qu’une fois arrivés au pouvoir, ils se disent ah bah tiens, je vais, je vais, je vais m’auto contrôler. Comment ? Comment ? Admettons. La gauche gagne. C’est ce qu’on veut. Comment la contrôler ? Comment ? Elle ne nous refait pas le coup de la trahison.
Il y a plusieurs choses. D’abord, il faut intégrer l’exercice du contre pouvoir comme faisant partie du pouvoir. Il se trouve que moi j'étais militante de base avec le DAL quand ils ont ouvert le squat de la rue du Dragon et je me suis retrouvée ministre.
Droit au logement.
Droit au logement, ministre du logement avec Babar Jean-Baptiste Ayrault qui a organisé une manif. Ça fait partie de ces traditions devant le ministère du Logement
C’est rigolo.
Parce qu’on se connaissait bien et donc après on les a reçus et j’ai dit à mon téléphone Si tu veux qu’on se voit, tu peux me faire même un message quoi, tu vois ? Mais il n’y a pas de problème si tu veux faire des manifs et des manifs. Et qui était très critique à l'égard de ce que je faisais comme ministre du Logement et c'était très bien. C’est normal, il faut accepter. Les Américains sont beaucoup plus à l’aise avec ça et d’ailleurs c’est comme ça que se pensent nos collègues. Donc Samuel, vis à vis d’une partie des démocrates, on appelle ça en anglais Critical friends, les amis critiques. C’est à dire que c’est des gens dont tu sais qui est de ton camp mais qui peuvent être critiques. Est ce que c’est une sorte de corde de rappel ? Ça ne veut pas dire qu’il faut faire tout ce qu’ils disent parce que des fois ce n’est pas possible. Mais moi j’ai un souvenir vraiment extrêmement ému, dans le sens positif du terme, des discussions autour de l’encadrement des loyers avec ceux qui étaient à l'époque à la tête de la Fondation Abbé Pierre, dont Christophe Robert qui est aujourd’hui délégué général. On se fighte un peu, mais c'était hyper sincère parce que nous, c'était quand même compliqué pour aboutir à faire l’encadrement des loyers dans le gouvernement de l'époque. Pour le coup, ce n’était pas. Je rappelle que Cahuzac était ministre du budget et Valls ministre de l’intérieur, c'était sportif de chez sportif. Mais, et c'était bien parce qu'à la fois il disait non, là ça ne va pas assez loin. Je dis ouais, mais nous, là, on a tiré sur tirer et on savait qu’on était sincère les uns et les autres. Et donc, si jamais, et dans l’hypothèse où la gauche gagne, moi ce que je trouverais bien c’est qu’il y a quelque chose qui s’est fait au Brésil, c’est que la société civile organisée a globalement soutenu Lula. Mais c’est normal, il avait atteint un niveau de violence à leur égard. Le côté partisan se pose différemment quand en fait, il faut essayer de faire battre le mec qui veut détruire. Donc voilà. Et tous les deux mois je crois, il y a un rendez- vous avec une partie des associations et des syndicats de bilan, de la mise en œuvre des engagements qui ont été pris. Donc c’est un peu sportif, mais je pense que c’est bien. Moi je crois à cette tension pouvoir contre pouvoir. Je pense que c’est comme ça qu’on peut, qu’on peut y arriver
Des amis critiquent. Chez nous c’est l’opposé, c’est la communauté.
Des appartements et c’est très bien et c’est très bien. Par ailleurs, moi, il se trouve que quand j'étais au gouvernement, il n’y avait pas d’association de locataires du parc privé. Mais en revanche, il y avait la Fnac et les associations de propriétaires qui étaient vent debout avec du pognon en plus. J’aurais adoré qu’il y ait des mecs expliquant que j'étais une traître parce que là je me prenais des coups que d’un seul côté. Du coup j'étais poussé et j’aurais bien aimé pouvoir en prendre de l’autre côté. Après c’est vrai que parfois il y a des gens, quand ils viennent ministres aux responsabilités, ils supportent plus qu’on les critique. Moi je n’ai jamais eu de problème avec ça. Y compris à pouvoir dire non. Je me souviens que dans la loi ALUR, il y a un chapitre sur les habitations légères, etc. En gros livre. Mais les gens qui sont de la communauté, qui souhaitent cet habitat léger, en fait, ils veulent s’installer n’importe où, y compris dans des forêts domaniales, y compris au bord des rivières si c’est en zone rouge. Donc il était hyper critique, ils disaient c’est dégueulasse, ça nous limite. Et oui, en fait on ne peut pas dire que les gens vont pouvoir s’installer où ils veulent, y compris dans des propriétés privées. La loi ne peut pas le dire. Après vous avez le droit d'être pas d’accord, mais on peut assumer quand on est en responsabilité, de pouvoir être dans cette espèce de tension et oui aussi avec ce qui est possible. Et c’est vrai qu’il y a des choses qui sont soit application de la loi de réquisition. Moi aussi j’ai manifesté que ce n’est pas vraiment le bon truc. Maintenant je suis sûr parce que le droit de propriété est très protégé en France. Il faudrait faire bouger la constitution. Oxfam le défend. On a fait un rapport sur le logement justement pour essayer de montrer qu’au-delà du mal logé, la question du logement, c’est vraiment le combustible ultime des inégalités. C’est ce que je disais tout à l’heure si on est fils de locataires ou fils de multi propriétaires avec le même revenu, on n’est pas du tout du tout dans la même situation. L’augmentation du prix de l’immobilier. Donc je pense qu’il faut aller plus loin. Il faut réglementer le prix du foncier. Je pense qu’il faut davantage de régulation de la puissance publique avec un principe de base simple qui est de dire c’est un bien, même pas de première nécessité, c’est un bien vital le logement. Donc la puissance publique est légitime à réguler.
On a encore 35 minutes. Ça te va ?
La question, je ne les ai pas très bien compris du positionnement de Cécile Duflot sur le courant politique socio-chrétien. Avoir une croyance religieuse est importante à connaître quand on prend des décisions pour le futur de plusieurs générations. Je n’ai pas bien compris cette question.
Alors pour relancer la question du positionnement de Cécile Duflot sur le courant politique social chrétien. Donc avoir une croyance religieuse est important à connaître quand on prend des décisions pour le futur de plusieurs générations. J’avoue que Cyrano, je n’ai pas. Je n’ai pas non plus compris. Est-ce que tu peux.
Charlie dit J’ai acheté en 2018, je paye moins qu’une location aujourd’hui à part équivalent seize ans 20 exactement ces onze ans. Il y a un vrai sujet là-dessus et c’est ça qui. Par exemple, les gilets jaunes, c'était aussi ça, c’est en fait les gens, ils sont partis loin parce qu’ils n’avaient pas les moyens de pouvoir vivre correctement à proximité de l’endroit où ils travaillaient. Du coup, ils sont obligés de prendre leur voiture. Donc si tu augmentes le prix de l’essence, ça les met dans une situation impossible.
Donc là, j’imagine que tes anciens copains, les gens de ta maison comme tu dis, vont t’appeler quand même dans les dix jours qui viennent. Sur la question du logement qui est chère à Oxfam, qu’est ce que tu leur suggérerais de mettre dans le programme ?
Euh d’abord, je pense qu’il faut aller encore plus loin que l’encadrement des loyers pour l’instant, c’est ça. C’est drôle, l’encadrement des loyers. Je remercie une personne. Il s’appelle Louis Besson. Louis Besson, c'était ça. Il a été ministre du Logement, mais surtout, il a été. Très opposé à Mitterrand au moment de l’Algérie. J’ai eu de très belles discussions avec Louis Besson. Moi, j’ai des vrais parrains et des références. Et il m’avait dit avec le logement, faut tenter Cécile, même si ça recule, tu crains et après ça peut revenir. Il se trouve que l’encadrement des loyers en fait une des dispositions que même le gouvernement d’Emmanuel Macron a été obligé de remettre. Le député maire de ville de droite, qui était vent debout contre l’encadrement des loyers, a demandé sa mise en application. Donc, je pense qu’il faudra aller plus loin. Il faut qu’il y ait une vraie contention du niveau du prix de l’immobilier, mais ça vaut aussi avec le prix des terrains. Par exemple. Aujourd’hui, il y a des gens, on a ouvert la constructibilité parce qu’on a besoin, mais il y a des gens qui ont hérité de terrains qui étaient des terrains agricoles qui valaient, allez, 1 € le mètre carré, 0,50 € le mètre carré et qui tout d’un coup deviennent super riches parce que le truc se vend quinze, 20, 30, 75 € le mètre carré, ça ce n’est pas possible. En fait, pour que des gens puissent vivre, eh bien ça ne marche pas. Je ne suis pas d’accord.
Et pour la question des logements sociaux.
La question des logements sociaux, vraiment ? Pour le coup, il y a au moins une bonne nouvelle, c’est que Guillaume Kasbarian et sa loi pourrie dégagent. Donc ça c’est vraiment positif. Et d’ailleurs les gens qui votent dans l’Eure et Loir, si vous pouviez faire en sorte qu’ils ne soient pas élus, est ce que vraiment c’est très moche ? Vraiment ? Ce projet de loi était vraiment très moche. Les logements sociaux, ils ont vécu deux difficultés. Comme le gouvernement a baissé les APL et a demandé aux bailleurs sociaux de baisser les loyers, on les a amputés de capacité financière à investir. Et puis on a aussi énormément baissé l’argent investi dans la construction de logements sociaux, ce qui est débile pour parler budget de l'État. Parce qu’en fait, quand vous investissez dans la construction de logements sociaux, et c’est des études qui avaient été faites, alors là, pour le coup, ça date, ça a dix ans par Bercy, 1 € investi, ça rapportait 1,58 €. C’est donc de l’argent qui rapporte 58 % en trois ans. C’est un super investissement. Mais comme la logique de Bercy, c’est la logique énorme de dépense. On a beaucoup, beaucoup diminué en disant qu’il faut faire des économies dans la dépense publique alors que c’est une dépense publique qui rapporte à n’importe quel investisseur frais. Donc il faut investir là-dedans et il faut évidemment ne pas changer la loi. Et parce que la loi et c’est rue, c’est une contention externe sur les élus. C’est comme quand on anglais, on dit « you have to et pas you must ». Ce n’est pas je t’ordonne, c’est tu dois. Et ça a permis de mettre de la diversité dans le logement et de loger des gens, y compris des gens qui étaient des enfants, des gens qui vivaient dans les villes de ces de ces maires de droite. Et puis après qu’on arrête de dire que c’est parce qu’on peut pas construire en vrai, à chaque fois je fais l’exercice à chaque fois qu’un maire de droite couine et dit ah, je suis obligé de construire du logement social, mais je peux pas parce qu’il n’y a pas d’espace, parce que machin tu mets le nom de sa commune sur Immo neuf, tu trouves les trois, quatre, cinq, dix programmes de logements neufs de super standing qui sont en vente. Donc moi, l’hypocrisie, ça, ça me fatigue. Pour le coup j’ai aucune patience pour l’hypocrisie qu’elle soit de droite, de gauche, écolo.
Ou est ce que tu penses qu’il y a assez de lois mais qu’elles ne sont pas appliquées ? La je vois qu’il y a tout un tas mare, tintamarre, pardon qui dit la loi DALO pas appliquée. Alors je ne sais pas.
Si elle est appliquée la loi DALO, mais le problème de la loi DALO c’est qu’en fait vous êtes reconnus prioritaires dans l’accès au logement. L'État est condamné et du coup l'État paie une amende de la main droite qui met dans la main gauche. C’est ça la loi DALO. Donc oui, c’est une limite.
On va prendre des questions du chat dans quelques instants, notamment la selle sur la souris, la manif de demain Et j’aimerais continuer avec Baboon qui demande est ce qu’une limite à la propriété privée individuelle, ce serait envisageable ? Et il y a d’autres questions, beaucoup de suggestions sur la réquisition.
Mais la réquisition pour, on va dire les choses. Dans l'état actuel de notre constitution, et je pense que faut, là, ça va être notre. Dans l’hypothèse pessimiste dont j’ai parlé, la Constitution, ça va être notre doudou et Laurent Fabius et les membres du Conseil constitutionnel, nos meilleurs potes. Donc préparez vous les gars, ça va être eux nos meilleurs amis. Donc je pense qu’il ne faut pas tout de suite toucher la Constitution, mais sinon il faudrait rehausser la valeur du droit au logement. Ce qui existe dans d’autres pays en Belgique, comme le droit au logement est puissant constitutionnellement, vous ne pouvez pas laisser un logement vacant en disant c’est à moi, je fais ce que je veux, je le laisse vide si je veux. Je pense que là il y a une urgence. C’est ce qu’on appelle. On va simplifier Airbnb qui va, qui fait deux choses un, ça enlève plein de logements du parc locatif traditionnel. Et ça fait aussi nécroser certains quartiers. Parce que quand vous avez des logements qui ne sont pas habités tout le temps mais qui sont habités deux mois et demi dans l’année, ça fait que des quartiers, y compris les commerçants ne vont pas bien, etc. Donc je pense que là, vraiment, où il faut agir, c’est ce qu’on proposait dans le rapport Oxfam sur le logement, de donner la possibilité aux élus, par exemple, soit de plafonner strictement le nombre d’herbe, soit même de l’interdire ou de le rendre possible uniquement pour des résidences principales. C’est-à -dire que vous pouvez loger, vous pouvez louer le votre chez vous quand vous êtes partis en un weekend, mais pas créer ces logements qui deviennent Airbnb. Je pense qu’il faut vraiment abroger la disposition du bail mobilité qui est une trappe à n’importe quoi en branche. Si des gens veulent louer pour neuf mois, ils peuvent juste y mettre fin à leur bail classique. Mais là, en fait, on a fabriqué une machine où les gens sont contraints de prendre ces belles mobilités et se font virer pendant l'été pour être loués. Et ça c’est pas possible. Et je le dis, le logement, ça doit être un peu comme les obligations, c’est-à -dire que c’est un investissement à long terme qui est très sécurisé mais qui rapporte peu. Et aujourd’hui on est passé dans une logique actionnariale du logement où ça doit cracher et rapporter. Et ça, ça ne marche pas. Quand on est sur un bien, il y a un bien vital, ça vaut la même chose. C’est la même logique qu’avec. La manière dont on a pu spéculer sur les produits agricoles. C’est pour ça qu’on est pour un prix plancher, qu’on dise ben voilà, on a tellement besoin de manger, il faut que les agriculteurs vivent bien et vivent normalement du fruit de leur travail. Mais il ne faut pas que des financiers puissent spéculer avec le blé ou avec le lait.
Et alors ? Pourquoi pas la réquisition ?
Parce que je dis aujourd’hui, ça ne marche pas. Puis ce n’est pas vraiment le cas. Le sujet.. Oui, ça peut être utile et il faut pouvoir l’appliquer dans un certain nombre de cas. Mais aujourd’hui, appliquer la réquisition, c’est envoyer une lettre au propriétaire qui dit non, non, mais je vais relouer et du coup ça ne marche pas. Les biens vacants qui existent aujourd’hui, sont dans un certain nombre de régions qui ne sont pas tendues sur le plan du logement, où ils sont des biens qui sont des biens normalement d’activité, notamment de bureau. Donc il faut faciliter leur transformation. Après, si oui, il y a des investisseurs et notamment des foncières qui possèdent des bâtiments vides et je pense qu’il faut les taper au portefeuille, c’est le plus efficace. Mais sinon, pour le coup, si on arrive à modifier ça et à faire en sorte qu’il y ait une vraie contention du niveau des loyers, remettre du parc locatif à loyers compatible avec le niveau des salaires, c’est vraiment pour moi l’urgence.
300 000 biens vacants en région parisienne nous dit Rochat. Et on ne fait rien alors que 50 % de nos salaires partent dans le logement.
Mais tu ne sais pas si ? Réquisition impossible. Quelques victimes des J.O n’ont pas le même ressenti. En fait, ça n’a pas été des réquisitions, c’est des gens qui étaient dans des logements, notamment dans des logements étudiants, etc. Donc ça aussi, ça c’est un problème. Ensuite, sur ce que dit, c’est impossible de lire votre pseudo là, Pépé X, bb M. Je me souviens que mes voisins dans le cinquième étaient américains, ils ne l'étaient que pour trois semaines. Le reste du temps, la partie était vide. Oui, ça c’est un vrai sujet. Donc la question c’est deux, c’est de faire en sorte que les logements retrouvent leur fonction, qu’il y ait une fonction d’habitation et principale.
Sans compter que tu parlais de nécrose de certains quartiers et à Paris se transforme vraiment bien, il y a plus personne quoi, c’est triste,
Mais ça vaut pour certains centres villes aussi où des villes on s’y attendait pas. C’est pour ça qu’il faut donner la main aux élus pour pouvoir être plus efficaces. Et par ailleurs, ce qui pourrait être utile, c’est que les collectivités locales aient les capacités d’enquête de travail, parce qu’il y a des lois aujourd’hui, mais parfois c’est difficile de les appliquer. Par exemple, il y a ouvert par la loi Alur la possibilité d’avoir une sorte d’agrément préalable pour pouvoir mettre en location. Mais il faut avoir des membres, des salariés, des salariés, des salariés, des personnes dans l’administration municipale ou intercommunale qui sont en capacité de pouvoir avoir les moyens de faire ce travail.
Alors je pense qu’il y a un petit malentendu dans le tchat parce que tu as dit qu’il ne faut pas toucher à la constitution, mais tu as dit tout de suite.
La loi, je le disais là, quand on est menacé. Mais de façon générale, oui, je ne pense pas du tout qu’il faut garder la Constitution telle qu’elle existe aujourd’hui. Je ne suis pas du tout certain. Et puis l’expérience du Chili et quand même, doit être regardée avec attention, c’est-à -dire avec pourtant une victoire de gauche décider de lancer une assemblée constitutionnelle. Et ça s’est mal fini. Donc jeudi, le patch de la de la Constitution, ça me paraît être la voie. Et je ne dis pas que j’ai raison, Je dis ce que je crois aujourd’hui et ce n'était pas ma position, mais c’est une position qui a évolué.
Qu’est ce que tu patcheras d’autre ? Tout à l’heure, tu as dit par exemple dans la Constitution, par exemple, si j’ai bien compris, de renforcer les contre pouvoirs
Je pense qu’il faut garder une mission d’incarnation. Président de la République, on ne peut pas supprimer l'élection au suffrage universel. Je pense que les gens auraient le sentiment qu’on leur enlève quelque chose. Mais il faudrait faire un peu comme en Finlande, c’est-à -dire qu’il n’a pas le pouvoir effectif. En gros, peut-être même qu’il n’y a pas besoin d'être de présider le Conseil des ministres. Et ensuite, je pense qu’il faudrait un vote systématique de validation du gouvernement qui permettrait d’avoir des coalitions, un vote de confiance. Si, si, pour dire les choses, ce qui permettrait d’avoir un gouvernement en phase avec l’assemblée et un peu plus solide et avec une capacité d’action plus importante plus forte.
Des questions dans le tchat à présent, notamment sur la question des médias, de la pose et d’autres aussi. Il y a eu Marx qui nous a dit qu’au Chili, il aurait dû travailler sur les médias avant. Est ce que c’est une question qui te semble essentielle ou elle n’est pas prioritaire jusqu’au 30 juin ?
Elle est franchement essentielle. Ça fait longtemps que des gens alertent sur ce sujet et il aurait fallu, il aurait fallu être plus ferme. Parce qu’en fait, quand les médias deviennent des outils, voire des tracts pour des intérêts de quelques-uns qui en plus se sont enrichis et donc ont les moyens de le faire, et il y a un gros sujet démocratique, gros sujet démocratique. Et on l’a, on est franchement, on est la tête dans les pieds, dans tout dedans.
Pourtant, on avait l’exemple de Berlusconi.
Oui, exactement. On a vu où ça emmenait l’Italie et ça c’est vraiment. Je pense que s’il y a une des erreurs énormes qu’aurait pu faire peut être la majorité de gauche en 2012, c’est de ne pas avoir pris ce chantier à bras le corps.
Est ce que les milliardaires qui ont joué le jeu de l’influence, vous expliquiez tout à l’heure qu’un milliardaire t’avait dit au deuxième ou deuxième milliard on dépense pour, pour de l’influence. Et est ce que ça veut dire qu’ils ont aussi séduit une partie des gens de gauche ? Je ne sais pas qui s’est laissé avoir par le maquillage des chaînes d’info, par les 20 h,
sait qu’il y a plus de maquillage sur les chaînes d’info, ça va. Ça m’a fait rire à BFM, ils maquillent plus les invités
Comme Au Poste, ils font comme là où ça marche.
Ouais. Alors tu sais que c’est chiant parce que pour le coup, c’est encore plus chiant pour les femmes. Parce que les femmes qui vont à la télé, elles se prennent plein de remarques si elles ne sont pas maquillées. Bref, c’est bon, la santé c’est bien.
C’est pour ça qu’ici on a des caméras qui sont très flatteuses.
Elles sont très bien.
Tu as 1000 fois raison, Ça a l’air con ce que tu viens de dire, mais ça l’est pas du tout faire tellement d'économie
On avait des supers caméras, etc. C’est vrai que ça peut donner parce que on ne fait que regarder on te maquillait et on te donnait une lingette Tout ça pour que ça rapporte encore davantage. Mais en fait, je pense que franchement, il y a eu peut-être un peu de naïveté. C’est bête à dire, mais il y a eu un peu de naïveté. Et puis il y a eu l’idée qu’on ne pouvait pas prendre tous les gentils en même temps. Et puis il y a eu l’idée que si on fâche un certain nombre de patrons, eh bien on va avoir de la mauvaise presse, etc. C’est pour ça que j’ai vu tout au début quelqu’un qui disait ah j’avais une mauvaise image de Cécile Duflot mais blablabla. Moi j’ai vécu ce que c'était une campagne de presse contre ta gueule surtout. Une semaine, dix jours après avoir sorti la loi Alur afin de l’avoir présenté en conseil des ministres, il y a eu une de VSD avec écrit en énorme l’autre affaire Cantat. C’est à dire que, disons, pour dire les choses, le père de ma dernière fille et le frère de Bertrand Cantat, il y avait une opération de déstabilisation de moi individuellement, hyper fort. Il y avait l’idée de me ridiculiser, me caricaturer et c’est dur. Vous avez la vague non stop. Donc il faut tenir. Et moi, je savais que le prix à payer de tenir sur cette loi et de la faire voter, j’en suis toujours très fière. Par une majorité plus large que la majorité représentée au gouvernement puisque le groupe communiste, il n’y avait pas de groupe insoumis à l'époque, a voté la loi Alur à l’Assemblée. Au Sénat, il y a même des députés de droite qui ont voté un certain nombre de dispositions. C'était le prix de mon image parce que parce qu’il allait se déchainer. Et il se trouve que j’ai fait des études dans une grande école de commerce qui s’appelle l' ESSEC. Et parmi les gens qui étaient avec moi à cette époque, il y en a un qui travaillait dans un grand cabinet d’influence et je pense par une sorte de tendresse rétrospective en se disant bon, elle était bizarre à l'époque parce que moi j’ai été écolo en 2000 à l’ESSEC, c'était quand même très exotique. En plus, j'étais tout le temps enceinte parce que j’ai eu deux enfants pendant mes années à l' ESSEC. Je devais vraiment être un oiseau rare. Il s’est dit faut reconnaître, elle est toujours la même. 20 ans après, il m’a envoyé l’info sur le contrat qui avait été passé auprès de sa boîte. Plus de 400 000 € pour une semaine d’influence auprès de tous les journalistes économiques. Pour raconter, pour essayer de débiner à fond la loi Alur avec des arguments les plus débiles de l’histoire parce qu’il était drôle et qu’ils disaient tous de la même manière. Donc j’ai vu ce que vous êtes, la force des lobbies. Donc est-ce qu’on peut résister ? Oui, mais quand les lobbies sont puissants et ont des relais dans les médias, ben il faut accepter d'être abîmé par ça. Et moi je sais aussi une des raisons pour laquelle j’ai pris un peu la tangente, c’est que j’ai dû encaisser en serrant les dents des attaques personnelles hyper lourdes pour réussir à tenir bon sur la loi. Mais je le savais, je le sais et je sais ce qu’il a fait. Je sais, je sais l’argent qu’ils ont dépensé pour le faire, mais je le prenais un peu, J’ai appris un peu bien. Je me suis dit que, s’ils ont besoin d’autant de pognon pour essayer de me déstabiliser, finalement, ce n’est pas plus mal et ça veut dire au moins que ça va bouger les choses.
Je prends au débotté. Il y a des questions qui ont été remontées par Pauline. Je la remercie. Je ne vais pas pouvoir toutes les poser. Tu peux y répondre rapidement ou en l’oubliant comme tu veux sortir te demander à 9 h 51 que pense t elle ? Que penses-tu de la position de Hollande intéressé par le nouveau Front populaire ? Tu as dit tout à l’heure c’est la inédit de Hollande au NPA, on n’avait jamais vu une telle convergence.
Je n’ai pas écouté ce qu’a dit Raphaël Glucksmann ce matin. Si quelqu’un a écouté. Mais à un moment, quand on est un responsable politique, on est face à soi-même et face à l’histoire. Et je peux avoir beaucoup de reproches à faire à François Hollande. J’en ai, mais. Mais il n’y a pas 36 choses à faire en ce moment et la seule chose à faire, c’est de dire qu’il y a une mince possibilité de faire échec au Rassemblement national et c’est de dire cette initiative politique. Et voilà. Et il n’y a pas à dire, on est dans le monde réel, qu’on n’est pas dans un monde où on pourrait imaginer qu’on voudrait ci et ça.
Et sont ces reproches ? On veut savoir.
Les reproches sur ?
Hollande
Je crois que mon reproche principal, c’est qu’il n’a pas voulu vraiment présider et en tout cas, il n’a pas présidé comme il avait été premier secrétaire auparavant. Vous lui faites des reproches, mais il était capable de trouver des majorités, des équilibres. Là, tout d’un coup, il s’est mis dans l’idée que. Je ne savais pas qu’il fallait être apprécié, notamment je pense, par une partie de la presse. Et après il y a de vraies qualités. Je ne fais pas partie de ceux qui. Mais par exemple, je vais vous dire une chose, ça peut sembler anecdotique, mais François Hollande, c’est un des rares hommes politiques de sa génération et de son âge à ne pas être misogyne. C’est-à -dire que c’est un des rares hommes de son âge avec qui j’ai pu parler politique, les yeux dans les yeux. Et tous les autres. Ils ont toujours préféré parler avec des gens qui bossaient, que moi soient des collaborateurs, même mon dircab ou d’autres, soit des gens avec qui j’ai fait de la politique notamment. Ça va faire hurler encore plus certains. Jean-Vincent Placé par rapport A, par exemple à une époque, parce que c'était insupportable d’accepter un accord. Dany Cohn-Bendit C'était très compliqué pour lui. J'étais une gamine avec le nez. Et voilà la grande Annie Cohn-Bendit. Euh. Mais Hollande, On pouvait parler politique les yeux dans les yeux. Mais voilà, il y a plein de choses sur lesquelles il a. Il a lâché l’affaire et c'était vraiment. C’est trop dommage quoi. Parce que même en étant pas hyper inventif, moi j’ai fait un pari et j’ai raconté un livre. Si vous voulez, vous pouvez lire ce livre. J’ai raconté pourquoi je suis allé au gouvernement, pourquoi j’ai fait l’accord et pourquoi j’en suis partie. Ça s’appelle de l’intérieur Voyage au pays de la désillusion. C’est ça ? C’est 5 € donc ce n’est pas cher.
Et dans une bouquinerie.
Je ne sais pas si c’est parce que c’est pas et eh bah voilà, il y a plein de moments où je n’ai pas compris en fait. Peut être la seule erreur que j’ai faite, c’est que moi je me suis concentrée sur mon travail de ministre pour essayer de sortir cette loi, pour être à la hauteur de ce que je considérais être une confiance qui était faite à une personne comme moi. J’avais 36 ans quand je suis devenu ministre, mais je n’ai pas fait de Popol à l’intérieur du gouvernement et donc je n’ai pas pu empêcher l’espace de. Organisation politique, intérêts personnels. Il s’est noué pour. Pour mettre Manuel Valls au pouvoir. Après des municipales, qui pourtant est un signal d’alarme énorme puisque la gauche, et notamment les socialistes, est laminée aux municipales de 2014. Et là, les électeurs, ils disaient quand même un truc très clair et il aurait fallu renverser la table, se ressaisir et nommer Martine Aubry première ministre et faire un gros virage. Mais voilà, pour le coup, je n’ai pas réussi.
Alors visiblement, Glucksmann aurait rallié le nouveau Front populaire c’est ce que le chat nous dit. Que pense Cécile du fait que Macron est quasiment appelé à faire barrage au Front Populaire ?
A sa conférence de presse, je n’ai même pas pu regarder. J'étais au bureau avec mes collègues, je n’ai pas pu regarder en entier. Faites moi ça. J’aime bien l’idée qu’un président de la République, c’est quelque chose quand même. Il a. Ce n’est pas possible en fait. Ce n’est pas possible. Par ailleurs, je ne sais pas. Je pense qu’il y a un vrai truc sur l’isolement au pouvoir. Et le problème c’est qu’après on écoute plus les gens qui te critiquent et plus on te dit que de courtisans qui disent non mais pas trop, c’est trop génial ou la dissolution c’est trop génial. Non mais tu vas voir, les Français vont comprendre, ils vont avoir peur et tu vas avoir la majorité absolue parce que c’est très gênant. C’est très difficile quand vous êtes au pouvoir. Que c’est compliqué de vous faire engueuler. Mais c’est ce que je disais sur le contre pouvoir. Il est de deux natures. Il est de la société civile organisée, des gens qui ont été vos alliés au moment de l’accession au pouvoir, mais il est aussi ses propres amis et je pense qu’il y a plus un gus qui peut dire Patron, tu déconnes, Moi on m’a raconté Mitterrand, tout le monde dit Mitterrand en majesté, etc. Mais j’ai eu la chance de parler avec des vieux Mitterrandistes qui étaient déjà très âgés. Mais je dis c'était comment le Conseil des ministres que moi je ne savais pas du tout ce que c'était un conseil des ministres. Donc j’ai parlé à plein de gens pour comprendre. Il y avait des gens qui avaient été résistants avec lui, parce que Mitterrand avait des choses à dire contre lui, mais il a aussi été résistant et lui disait François, tu déconnes ? C’est-à -dire que des ministres disaient au président de la République pas à pas, des dizaines de personnes, mais il n’y avait pas que des courtisans. Le problème de Macron, c’est comment il a construit son ascension politique en se basant sur beaucoup de traîtrise. Des gens qui ont fait défection, qui ont trahi le PS ou trahi d’autres. Là, les mecs en fait ils n’étaient pas non plus solides. Ce n’est pas une aventure collective, ce ne sont pas des gens qui ont accédé au pouvoir ensemble. Ou cette ambition collective, elle était aussi capable d'écraser des ambitions individuelles. C'était une coagulation d’ambitions individuelles, d’intérêts et puis aussi de renvoi d’ascenseur. Du coup, quand il est en situation difficile, il est tout seul et du coup, il monte dans les tours. Il y a plus personne qui lui dit Hey regarde, redescend quoi ? Ce n’est pas possible !
Alors on te demande de nous donner des souvenirs du jeune Macron que tu as côtoyé quand il était secrétaire général de l'Élysée.
Bah en fait j’avais un problème. Moi je n’étais pas ministre de l'écologie, mais j'étais une écologiste au gouvernement. Donc ce qui se passait sur l'écologie, ça avait un impact sur ma place, mon rôle, la manière dont le parti élevé percevait la présence des écologistes au gouvernement.
Et le logement. C’est quand même une question majeure
Il y a une dimension et notamment sur la question du budget accordé à la rénovation thermique des bâtiments qui était importante. Et je voyais bien qu’il y avait plein de trucs où ça bloquait sur l'écologie et ce n'était pas à l'époque, c'était Revel qui était le secrétaire général adjoint chargé de ces sujets. Et on me dit non mais ce n’est pas Revel qui bloque, c’est Macron. Et tout le monde disait que c'était un petit génie, que Hollande l’adorait etc. Du coup, je l’ai invité à déjeuner. Et je suis sortie du déjeuner scotchée parce que j’ai dit Attends, le mec, il est plus jeune que moi. On parlait de l'écologie comme des années 70 et en fait ça a été un peu son la clé de son ascension. C’est à dire qu’il a parlé à plein de gens beaucoup plus âgés en leur faisant comprendre qu’il était complètement d’accord avec eux. Il avait genre 60 ans quoi. Du coup, ils se sont dit comme il était beau gosse et jeune, ils se sont dit ah mais ok, vu qu’il parle comme moi, je suis jeune. Sauf qu’en fait il n’a pas du tout compris. L'époque et la responsabilité de pouvoir inscrire la France dans une nouvelle histoire politique qui était celle de faire face à l’enjeu du dérèglement climatique. Et une fois que tu as raté ce truc là, tu te resserre sur des trucs à l’ancienne et ça finit là où on en est quoi ?
Comment envisager un avenir souhaitable ? Je me demande quelle baboune, en particulier environnementale, face au séparatisme nihiliste des riches ? Il y a beaucoup de questions.
Disons pas beaucoup en fait, c’est ce que je dis.
Alors il y a 828 000 millionnaires en France.
Oui, ce n’est pas beaucoup. On est 67 millions. Pardon, mais pas. Le rapport de force numérique n’est quand même pas du tout en leur faveur. Donc il y a aussi le fait que de l’acceptation d’une forme de supériorité et ou tout ça. Moi je n’ai aucun problème avec les riches, même avec les ultras riches. En plus, ce que j’ai pu voir ou ne pas vraiment fréquenter, ça ne les rend pas super heureux. Honnêtement, c’est quoi ces familles où les gamins sont à peine nés, qui sont déjà en concurrence avec leurs frères et sœurs pour reprendre la fortune des parents ? T’es hardcore quand même. Du coup ? En plus, je le dis, quand vous élevez des enfants en disant qu’ils sont concurrents avec leurs frères et sœurs, qu’est ce que ça fait comme futur patron depuis tout petit ? Ton ennemi numéro un, c’est ton petit frère. Moi je n’idéalise pas ça. Donc je suis très à l’aise. Je ne suis pas du tout ni jalouse, ni rancunière. J’ai un rapport très détendu à ça. Je dis juste en plus, ceux qui en sont héritiers, ils ne sont pas responsables. Je dis juste qu'à un moment il faut décider démocratiquement de faire différent si possible. C’est juste une question à la fois de courage et d’organisation. Parce qu’il ne faut pas juste dire qu’il y a là. Imaginons que le Front populaire gagne. Il fait quoi Bolloré et Arnault simultanément l’un avant l’autre ? Enfin voilà, il faut avoir priorisé les combats. On ne peut pas tout faire simultanément, sinon on peut aussi perdre et se retrouver. Le rapport de force politique, y compris financier, le rapport de force au niveau européen, il existe, faut l’intégrer. Il ne faut pas aller la fleur au fusil sans penser qu’on va se prendre des douilles.
D’accord, ils ne sont pas beaucoup, on est numériquement plus supérieurs. Mais comment on leur tord le bras ?
Déjà si on est majoritaire à l’Assemblée, on parlait tout à l’heure des lobbies. Pourquoi il y a autant d'énergie et d’argent dépensé par les lobbies pour faire pression sur la décision publique ? Parce que la décision publique, elle est puissante. Sinon, ils n’auraient pas besoin de se fatiguer, Ils n’auraient pas du tout besoin de dépenser des millions et des millions pour essayer de faire en sorte qu’il n’y ait pas des lois qui soient votées dans un sens ou dans un autre, ou des décrets d’ailleurs. Donc, il faut redire que les décisions de politique publique, qu’elles soient prises à l’Assemblée et qu’elles soient prises au sein du gouvernement, elles ont une force d’efficacité réelle dans le monde réel qui est puissante. Et souvent, on est un peu inhibés sur ça en fait. Et par ailleurs, je trouve, c’est normal, quand il y avait les agents immobiliers qui étaient vent debout contre une loi qui allait faire que ils n’allaient plus pouvoir payer 1 500 €, faire payer 1 500 € pour faire un état des lieux normal. Je demandais pas que ce soit mes copains, je pouvais leur dire En fait je ne suis pas d’accord avec vos trucs et voilà, et ça va changer. Mais c'était normal qu’ils ne soient pas contents. Faut juste ne pas avoir peur d’affronter des torrents. Vous êtes conscients de ça ?
Quand tu parles de lobbies, tu parles de lobby à l’assemblée, de lobby au Sénat, de lobbies à Bruxelles, de lobbies à l’Elysée sur l’Elysée surtout.
Mais c’est des corps collectifs organisés et ils ont raison, c’est normal. Et par ailleurs, des fois ils disent des choses complètement inintelligentes. Moi j’ai discuté avec le président de la Fnac, je lui ai dit voilà ce que je vais faire. L’orientation, c’est ça, mais sur la manière et sur la mise en œuvre, je suis prêt à vous écouter. Peut être qu’il y a des outils qu’on peut prendre, vous allez dire que ce n’est pas bon, mais sur le CAP, on ne va pas dévier. C’est comme ça. Je pense qu’on fait de la bonne politique parce qu’on fait de. Quand on gouverne, on gouverne pour tout le monde, pour les gens qui sont d’accord avec vous, mais aussi pour les gens qui ne sont pas d’accord avec vous. Il faut juste aussi être transparent. Assumer les choses, c’est plus compliqué, c’est moins romanesque, ce n’est pas ce n’est pas aussi exaltant, ça peut être de temps en temps insatisfaisant. Il y a un dispositif de défiscalisation qui s’appelle Il en existe quelques uns, le Duflot. Alors déjà, mon père, il n’a pas trouvé ça très rigolo. Il n’a pas du tout aimé l’idée et on aurait pu dire moi, je suis convaincu de ça. Il ne faut pas de dispositif de défiscalisation immobilière, ça coûte trop cher et si on ne met pas des bons critères, ce n’est pas rentable. Mais là, je ne pouvais pas tout faire en même temps. Donc on a fait un dispositif contenant notamment on ne pouvait pas louer à ces enfants avec des niveaux de loyers plus bas. Mais un peu comme quand on fait du sevrage ou qu’on fait des médicaments, on fait baisser la dose de cortisone petit à petit. Voilà. Donc ça accepte aussi de faire des compromis. C’est peut être pour ça qu’une partie de tes soutiens pensent que je suis social démocrate. Non ? Moi je pense que le compromis, si ça permet de faire avancer les choses, c’est une belle chose. Et puis quand on gouverne pour un pays en entier, on gouverne avec tout le monde, avec des gens qui ne pensent pas comme vous. Vous oui, mais quand vous avez un mandat majoritaire pour le mettre en œuvre, croix avec intelligence, avec subtilité, courage, mais pas avec pas en fermant les yeux. Voilà. Et de la même manière, en fait, quand vous êtes contre la réforme des retraites, même quand vous êtes un gouvernement de droite, l’intégralité des syndicats 85 % de la population et Charles de Courson et le héraut de la rébellion, on arrête. Et ça, Chirac, Sarkozy, il savait le faire en vrai. Et donc voilà, de la même manière que Mitterrand, il avait arrêté sur l'école privée, Il y a des moments faux, il y a des moments où il y a des choses où tu ne peux pas y arriver, c’est comme ça, c’est la vie et c’est gouverner un pays dans toute sa difficulté, mais en même temps sa grandeur en fait.
Eh bien, d’autres te demandent ta position et celle d’Oxfam sur le nucléaire et d’autres Attendez, partons pas là dedans, c’est explosif, ça va déchirer tout le monde. Mais pourtant elle est centrale cette question Quelle est ta position ?
Alors là, je peux dire qu'à titre personnel, Oxfam n’a pas une position extrêmement consolidée sur le sujet, si ce n’est que ça n’est pas la solution. Moi ce que je peux dire, c’est que j’ai été une militante de la sortie du nucléaire il y a 20 ans. On n’a pas gagné et donc je ne vais pas dire que la priorité, là, c’est de fermer les centrales nucléaires, je veux dire, comme beaucoup d’autres en revanche, y compris, vu le prix que ça coûte, ça, ça n’est pas la solution avec un S majuscule. Est ce que s’il y avait une présidente écologiste et si Duflot première ministre, la priorité serait d’organiser la sortie du nucléaire ? Le dire très clairement non. Et je n’aurais pas dit la même chose il y a quinze ans, mais parce qu’on est quinze ans après et que là a priori c’est de faire effondrer le recours aux fossiles. Et ça c’est possible en développant de façon extrêmement importante les renouvelables. Parce que même si on est pro-nucléaire, ce n’est pas à l'échelle de temps. C’est-à -dire que même si on voulait mettre toutes les énergies, ça ne marche pas. Et. Et en revanche, je suis par exemple horrifié qu’on ait et fusionné l’IRSN et la SNPE parce qu’une des choses importantes d’ailleurs, qui était un gros argument contre les antinucléaires, c’est que la sûreté du nucléaire en France, elle était garantie par la séparation de l’expertise et du contrôle et que de manière vraiment pour le coup, stupide, on a fusionné ces deux organismes. Donc y compris, je pense qu’on peut gérer. De façon responsable. Un domaine où on peut avoir des discussions. Et j’ai cru comprendre que la position que je trouve bien t du Front populaire, c’est dire. Il y aura un débat à l’Assemblée nationale, parce que oui, il faut en avoir un. Les enjeux climatiques, les enjeux énergétiques y sont tellement compliqués qu’il n’y a pas de place pour le dogme. Je le dis et c’est moi qui le dis, il n’y a plus de place pour le dogme.
Encore deux questions alors. Démocratie ? Mais peut-on encore parler de démocratie avec 50 % d’abstention ?
J’aime bien parler avec les gens qui ne votent pas parce qu’en fait, ceux qui ont les militants ont souvent un avis sur les abstentionnistes et c’est plus marrant. Alors des fois c’est quand même Non mais franchement, je me suis dit que j’allais voter, puis après je me suis mis à Milwaukee machin et flemme. C’est juste. Il y a des jours comme ça et ici c’est la vérité. Ce n’est pas toujours un acte politique chez certains, c’est un dégoût total de la politique, chez d’autres c’est parce qu’ici ils n’ont pas trouvé pour qui il avait envie de voter. Et puis chez d’autres, c’est parce qu’il avait les 80 ans de Tatie Lucienne et que c'était compliqué. Et parce que eux aussi, certains considèrent qu’ils peuvent déléguer aux autres. Moi je ne sais pas trop, les gens vont décider. Donc ce que je trouve intéressant, c’est quand même de trouver d' autres modes d’expression que le vote sur la désignation de candidat. J’ai lu un livre intéressant sur les limites de la démocratie participative, mais je trouve que les conventions citoyennes sur des sujets précis, c’est extrêmement utile, que ce soit sur la question de la fin de vie, que ce soit la convention citoyenne sur le climat, ça produit des choses intéressantes Et je pense que si, pour le coup, si Macron s’en était saisi, était allé plus loin, c’est à dire y compris en transformant en porte parole de certaines mesures des membres de cette convention, Moi j’ai entendu un matin un mec qui était dans la convention citoyenne sur le climat, qui était concessionnaire automobile je crois. Et oui, bon, je ne vais pas vous dire que ça m’amuse qu’on ne puisse pas vendre etc. Mais qui expliquait pourquoi il expliquait comment il avait été convaincu et je crois que c'était bien plus fort que si c'était n’importe quel député écolo qui qui le disait. Parce que la manière de dire les choses et là aussi je me pose des questions. En tant qu'écologiste, on affronte la réalité des premiers mouvements et conséquences du changement climatique, que ce soit avec les inondations de plus en plus importantes et répétées ou avec les grands incendies. Et on ne peut pas juste dire ah bon bah bien fait pour vous. Il y a parfois une position un peu supérieure de la part des écologistes qui est liée au fait d’avoir été capable de résister face à des opposants extrêmement virulents, d’avoir été ridiculisé alors qu’il avait de fait raison et qui peut aboutir à aussi parfois à des expressions qui sont des expressions pas toujours satisfaisantes. Et puis il y a une incapacité de penser l’accession au pouvoir qui moi m’a beaucoup peiné parce que c’est ma famille de cœur que je pense toujours. Mais là, de toute façon, on va devoir réinventer quelque chose politiquement. Tous les partis sont arrivés au bout de l’exercice, que ce soit les écolos, le parti socialiste ou il y a eu quelques barons qui se sont mobilisés, etc. Mais il faut réinventer un horizon de construction politique qui intègre ces différents enjeux, qui les rend lisibles et qui fait aussi face à une immense inquiétude. Parce qu’il y a une immense inquiétude qui taraude tout le monde et plus ou moins exprimée, qui peut provoquer des réactions de déni, voire de je je-m’en-foutisme. Si on est tous foutus, franchement, autant que je prenne l’avion, que je parte en vacances en gros. Et donc comment réinventer ce chemin collectif mobilisateur qui donne envie et qui accepte la diversité ?
Alors il y a Thorens qui nous dit je fais partie d’un collectif 100 % citoyen, 82 personnes qui ne sont élus dans aucune des communes et ce qu’on fait est absolument génial. On travaille sur des sujets en partant avec plein de préjugés et on arrive à des réponses qu’on n’attendait pas forcément alors qu’on vient tous de mondes différents.
Je crois que quand on a des bonnes idées, c’est ce que j’ai dit. En tant que directrice d’Oxfam, je vais partout. Je suis allée au Medef, je donne plein de trucs avec des grandes entreprises, etc. Je suis sereine pour défendre ce à quoi on croit et je n’ai pas peur de le confronter, d’en discuter. Et j’espère même pouvoir convaincre parce que je pense que c’est juste. Et donc il ne faut pas avoir peur de sortir de ces cercles. Et à l’inverse, je peux être convaincue, il y a des sujets sur lesquels j’ai bougé, nous avons bougé, on s’enrichit mutuellement.
Mais justement, sur la convention citoyenne sur le climat voulait ton avis sur comment renforcer l'écoute de ces conventions citoyennes, Comment faire en sorte que ce ne soient pas des coquilles vides ?
Et je pense que pour le coup, j’ai parlé de cette commission tout à l’heure sur les institutions. Le rapport, il existe encore sur le site de l’Assemblée. C'était le président Bartolone à l'époque, qui avait fait le pari de faire un truc assez marrant. Il avait mis la moitié de parlementaires, sénateurs, députés et la moitié de personnes issues de la société civile, des profs, etc. Et à la fin, il y a eu un gros moment de tension, notamment de tous ceux qui n'étaient pas des élus, en disant oui, mais le rapport et les conclusions, on n’a pas envie que ce soit privatisé, etc. Du coup, j’ai fait une proposition écolo parce que les écolos en matière de gestion, tout ça, ils ont quand même j’ai dit peut être, on pourrait essayer de faire un scrutin préférentiel, Est ce que le scrutin préférentiel sur les personnes, c’est un peu cheat ? En revanche, sur les propositions, c’est intéressant parce qu’il y a plein de gens qui ne parlaient pas. Si on va voir les trucs sur lesquels le scrutin préférentiel, il permet de voir les propositions qui sont les plus soutenues. Et puis aussi de voir ce qu’on appelle l'écart type, c’est à dire ok, il y a peut être peut être de 1 à 10, la moyenne c’est cinq, mais ça va de 1 à 10 alors que parfois c’est cinq et ça va de 4 à 6. Si c’est cinq et que ça va être 4 à 6, là c’est plus soutenu que si c’est cinq et que ça va de 1 à 10. Est ce que c’est clair ?
Non ? Tu peux me le redire ?. Il va peut être falloir nous redire et il y a d’autres questions,
Et on a abouti à un rapport où tout le monde se sentait représentés. Et je pense que peut être la convention citoyenne, ce qui aurait été top, ça aurait été de mettre à la fois des citoyens et des parlementaires qui auraient été en charge, et d’ailleurs des parlementaires de tous les âges, de toutes les formations politiques, d'être à la proportionnelle la composition de l’Assemblée. Ils auraient été chargés de porter les propositions à l’Assemblée, peut être que ça aurait été ça la clé de mixer les deux.
Question passionnante que je cite de mémoire parce que là, ça, ça déboule de partout. Qu’est ce qu’on répond à aux questions autour de l’insécurité ? Un thème porté évidemment par l’extrême droite, par la droite, par une partie de la gauche aussi, à une époque. C’est quoi la ? Est ce que c’est comme te le suggère le CSA ? Est ce qu’il faut rappeler que l’insécurité est d’abord sociale.
Mais elle existe aussi. Moi j’ai été cambriolée plusieurs fois et en vrai c’est vraiment l’horreur. On va se dire les choses. Donc tout le monde a envie d'être en sécurité ou en sûreté comme je disais, ou de bénéficier de la sûreté comme disaient les révolutionnaires. Donc c’est un droit légitime.
La sûreté ce n’était pas rapport au roi.
Oui, pardon, je ne sais pas.
Si c’est très important. Le droit à la sûreté, c'était le fait que le roi ne puisse plus faire des lettres de cachet
C’est du coup les libertés publiques. C’est ça de pouvoir vivre. Sans inquiétude pour la violence. Je pense que c’est important. Et pour ça, ça nécessite que les policiers soient le plus efficaces possible. Et ce que je trouve intéressant, c’est que justement, il y a eu des choses qui ont été faites dans l’histoire, des façons différentes de travailler, des services de police, notamment tout le travail de la police de proximité. Ça, on a pu montrer que ça fonctionnait. Donc faut faire les trucs qui fonctionnent. Ensuite, je pense qu’il y a un éléphant dans la pièce. C’est la question du trafic de drogue. Et il faut être lucide, il y a des gens qui vivent dans des situations de stress très profond. Et donc le discours sur la guerre à la drogue. On y épuise des policiers. J’avais demandé à un commissaire un jour qu’il me réponde très franchement en pourcentage de temps des gens de son commissariat en Seine-Saint-Denis, Combien de temps était consacré à la lutte contre la consommation et le trafic de cannabis ? Et il m’avait dit la moitié, la moitié de mes agents ? 100 %. Je veux dire que si par exemple, on légalise le cannabis. Mais je vais revenir parce que ce n’est pas une position genre foldingue. On libérait énormément de temps de travail des policiers pour faire autre chose.
C’est un poil plus complexe que ça, si je puis me permettre.
Je sais que je parle à un spécialiste.
L’avantage pour la maison police, du trafic de drogue notamment.
C’est que ça fait des croix.
Délit constaté, délit résolu, ça fait deux croix, c’est quelque chose. Alors que par exemple, une enquête financière, c’est un peu plus long.
C’est une affaire que l’affaire des croix n’est pas forcément la bonne chose.
C’est avec Sarkozy le management policier.
Il faut totalement changer ces règles là, j’ai fait une école de commerce dans les années 2000. On nous apprenait à inventer les critères qui permettraient de faire les choix qu’on voudrait. Genre montrer qu’une usine était à fermer en inventant les bons critères. Je vais donner un autre exemple. Si vous avez des trains en Ile de France, quand ce sont les compagnies, en l’occurrence SNCF est obligée de rendre des comptes. Un très en retard, ça fait plein de points en moins. Un train supprimé, ça fait quelques points en moins. Donc il vaut mieux supprimer un train et que tous les autres derrière soit leur, ça fait moins de points de pénalité. Mais pour les gens qui sont dans les trains, en fait, il faut supprimer un train, tous les autres vont s’entasser. Donc il va peut être y avoir des trains à l’heure mais sur entassés. Donc la manière dont on évalue les choses a un impact sur la politique publique. C’est bien d'évaluer, mais il faut faire gaffe quand on ne s’adapte pas aux critères. Mais je voudrais finir sur la question de la drogue. On ne peut pas dire que ce n’est pas grave. On ne peut pas dire que la légalisation va résoudre le problème, mais on est obligé de se poser la question de la consommation. Pourquoi ? Parce qu’il n’y aurait pas de trafic de drogue s’il n’y avait pas autant de consommateurs. Et quelqu’un a fait une blague en disant qu’il faudrait faire un test salivaire à l’entrée de l’Assemblée nationale ? Oui, y compris chez les parlementaires. Moi, j’ai vécu une époque où la drogue number one, c'était l’alcool. Je sais qu’aujourd’hui, la drogue number one à l’Assemblée, c’est la cocaïne. Et il y a une hypocrisie totale autour de ce débat. Moi, il se trouve que je ne suis pas une consommatrice de drogue. Je ne fume pas de cannabis et je ne bois pas d’alcool.
Tu as pris un petit café tout à l’heure je t’en remercie parce de plus en plus d’invités qui ne veulent pas de mon café
Et je suis vraiment accro au sucre. Ça c’est vrai. Mais. Mais il ne faut pas parler de cette relation toxique qui, sans dire, fume des joints. Tout va bien aller. Ce n’est pas vrai. Il y a des gens, et notamment les plus jeunes, chez qui ça favorise la décompensation. Et donc il faudrait avoir une vraie politique de santé publique et une vraie politique de répression.
Mais là, je m’adresse à l’ancienne ministre
Mais quand il y a des gens qui ont besoin des gens qui vivent très mal et ultra de façon ultra angoissée dans ces quartiers, c’est réel. Et franchement, la réponse de leur dire on va faire la drogue, on va faire des petites opérations comme fait Darmanin, tout le monde sait que c’est de la flûte, donc il faut franchement essayer d’affronter le problème sur les deux angles à la fois. L’angle sécuritaire parce qu’il est réel, parce qu’il y a des mafias, parce qu’il y a des trafics, parce qu’il y a beaucoup d’argent, parce qu’il y a des ultra voyous. C’est la vérité. Mais aussi il y a un sujet de consommation qu’il faut poser.
Oui, mais comment tu expliques que dans la tête de ministre de l’intérieur qui sont sous perfusion de la performance, comment tu expliques qu’en fait la France mène une guerre à la drogue puisque c’est le terme depuis 50 ans qui est une guerre perdue et que donc parce que elle doit être menée, ça doit être menée différemment. Est ce que c’est parce que finalement ça sert les intérêts électoraux des uns et des autres ?
J’ai entendu surfer sur l’insécurité. Comme les gens maintenant ont compris et je discute avec tout le monde, y compris avec des gens de droite. Et quand j'étais à l’Assemblée, j’aimais bien aller m’asseoir à côté des députés de droite, en fait, à droite, un soir, n’importe où dans l’assemblée. Là aussi, cette dernière période, les gens se sont hyper crispés. Moi, il y avait des séances très longues. Quand j'étais député, je me levais, j’allais m’asseoir, j’allais discuter avec des députés de droite parce que je trouve ça toujours intéressant de discuter avec des gens différents de vous. Parce que sinon, si vous êtes avec des gens d’accord avec vous à la fin, vous finissez par penser que comment ça se fait que tout le monde ne pense pas comme vous ? Donc c’est toujours intéressant. Et il y en a un qui m’a dit oui mais tu sais Cécile, en fait le problème c’est que c’est ça qui fait tenir les quartiers, c’est l’argent de la drogue. Donc si on légalise, ça va être catastrophique. Le level d’hypocrisie est quand même cosmique. C’est ce que je lui ai dit. Je dis mais moi je pense et donc c’est vraiment dingue. Je ne dis pas que c’est simple, mais je dis qu’en tout cas, ce qui est sûr, c’est que ce qu’on fait là ne marche pas du tout. Et en vrai, ça laisse la pression. Chacun a compris. J’ai un lien avec Villeneuve-Saint-Georges sur des gens qui ont déjà beaucoup de difficultés, donc c’est moche de chez moche. Et en plus, il y a aussi cette hypocrisie où en fait on laisse quand les gens peuvent plus ou que l'élu gueule trop. En fait on fait déplacer mais on laisse des lieux de trafics tout en survolant le truc martial, etc. Et la vérité c’est de dire comme l’a fait Dupond-Moretti, ça, ça m’a exaspéré. Quand vous fumez votre jeu, en fait, vous êtes vous légitimé les attaques à la kalash ? Non, pas vrai ? En fait. Et d’ailleurs, il y a énormément de gens, de tous âges, de tous métiers. Donc ça répond à un autre problème. On est aussi un pays très consommateur de psychotropes légaux. Des médicaments, enfin, c’est aussi de la drogue. Quand on aime, quand on carbure qu’aux antidépresseurs plus ou anxiolytiques, plus aux trucs pour dormir, en vrai, c’est légal, mais c’est de la drogue. Moi je n’ai pas de problème avec le fait que l’espèce humaine, depuis que le monde est monde, depuis dans les pyramides, tout le monde a à un moment ou un autre pris des produits psychotropes pour changer son rapport au monde, pour que ça existe enfin chacun. Et donc il faut être conscient de cette réalité de l’espèce humaine. Et en termes de politique publique, ce qu’on fait ne marche pas. Donc il faut s’inspirer de ce qui s’est fait ailleurs, ce qui s’est fait au Portugal notamment parce qu’il ne faut pas non plus magnifier le fait que c’est cool de consommer de la drogue. Ça met des gens dans des situations de drames familiaux. J’ai parlé de l’alcool, l’alcoolisme, ça a ruiné des familles, ça ruine des relations de couple, ça, ça a fait basculer vers le suicide, l’alcool. Et pourtant c’est totalement légal. Donc moi je mets toutes les drogues, du chocolat à la morphine comme le dit ce livre des éditions du Lézard dans la réflexion. Et plus la société est stressante et angoissante, plus j’ai vu quelqu’un qui a dit Moi je prends de la drogue pour éviter de penser. Oui, c’est vrai pour beaucoup de gens, c’est ça ou pour supporter un boulot difficile, ou pour supporter le stress, ou pour réussir à continuer à s’occuper de ses gamins la journée, quand on travaille la nuit comme taxi. C’est ça la réalité. Ce qu’ils prennent de manière très récréative, ça peut exister. Donc ce qu’il faut, c’est réussir justement à gérer des consommations qui restent des consommations que récréatives.
Ma chère Cécile. Il est 10 h 40, Je sais que tu dois partir et je dois te libérer. C'était un bonheur. Sache que tu es la bienvenue si tu as le temps entre les deux tours. Moi j’adorerais de réécouter puisque voilà, si tu peux être là, on peut fixer une date. Merci beaucoup d’avoir pris le temps comme toujours.
Merci de m’avoir donné le temps. Maintenant, mais je le dis quand même maintenant et je suis un peu émue. En fait, j’aime mon pays moi et la France, ce n’est pas ça La France, ça doit pas être ce truc où on monte les uns contre les autres pour garder les privilèges de quelques uns. Parce que c’est ça qui se passe. L’agenda pourri de Bolloré et compagnie, c’est que se dit pendant que ces petits connards de français, ils vont se taper sur la gueule les uns les autres. Nous, on va être peinards et il faut déjouer ça. Il faut déjouer ça tous ensemble et il ne faut pas en rajouter en disant machin, il est trop comme ci machin, il est trop comme ça. Il faut déjouer cette espèce de réelle volonté de se dire pendant qu’ils vont se bastonner les uns contre les autres, nous on va avoir la paix. Et moi je veux cette forme de réconciliation. Et parmi les gens qui ont voté pour le Rassemblement national, je sais qu’il y a des gens que j’aime parce que dans ma ville, enfin dans mon village des Landes, vu le score, il y a des gens que j’adore, c’est sûr. Et je veux pas seulement comprendre, je veux dénoncer ce truc. Et donc il se trouve que j’ai une place particulière parce que la vie m’a donné à la fois cette chance et cette croix d’occuper des responsabilités politiques. Et donc je sais des choses, je sais que c’est possible. J’ai quitté le gouvernement dégoûté, mais en étant certaine et en étant absolument convaincue qu’on peut agir. Il n’y a pas de fatalité chez nous qui décide à nos places que si on veut le faire, on peut y arriver. Et là oui, il y a un truc qui a bougé chez moi, c’est que je suis toujours une directrice d’ONG et Oxfam est une organisation formidable. Et savoir qu’on mène le même combat aux Etats-Unis, au Brésil ou au Mali, en Inde, même si pour nos collègues indiens maintenant, c’est quasiment impossible. Et en France, ça me donne une énergie considérable et on est plus nombreux, on est plus nombreux que ceux qui veulent nous pousser à nous fracturer et à nous diviser. Et il faut qu’on arrive à résister ensemble. Et quand je dis ça, ça va au-delà du Front populaire. En fait, il faut réussir à redonner du souffle, de l'élan, de l’envie et faire de la France ce qu’elle est. Parce que c’est un chouette pays avec des chouettes gens et il y a des connards et des fois il y a des connards qui sont connards à un moment et qui le sont pas à d’autres. On peut y arriver et. Et je crois que dans ces moments de cristal. On a l’obligation, chacune et chacun de sortir de nos habitudes d’avant, de relever la tête et d’essayer de faire ensemble. Et je remercie pour le coup les dirigeants politiques qui ont été capables de faire l’accord. Et j’aurais une pensée particulière pour Marine Gondolier parce que mine de liaison, on a fait beaucoup de choses ensemble, qu’elle a réuni tout le monde au siège des écolos qui sont chiants, les écolos, et j’ai des reproches à leur faire, notamment dans la dernière période. Mais en vrai, les écolos, c’est la culture qui consiste à dire qu’on peut discuter et réussir à se mettre d’accord. Je pense qu’elle a joué un rôle assez crucial et qu’elle ne va pas devenir député, qu’elle n’est pas candidate sur une circonscription assurée, que voilà. Et je ne sais pas, j’ai une immense tendresse pour Marine et pour les autres. Un même tous ceux pour qui ça a été compliqué, pour Yannick Jadot qui s’est impliqué, pour Glucksmann, qui a fait des efforts pour les filles, qui ont dû faire une sorte de virage sur l’aile, entre l’idée de concevoir qui étaient les meilleurs sur tout et qui allait gueuler plus fort et que ça allait passer. Et voilà, Si tout le monde fait quand même des efforts, en fait, on peut être plus forts. Et parce que là, il reste deux semaines, donc ça va être chaud patate.
Ma chère Cécile, le tchat te remercie. Mais je vais te dire, là c’est le documentariste qui parle, c’est plus fort. Parce que sinon, si j’avais eu un plan serré sur toi, on aurait vu tes larmes.
Non, non, ça va, je n’ai pas pleuré.
Mais non, non, j’aime ça. Parce qu’il y a du naturel, là, il y a quelque chose, c’est cet extrait qu’on va prendre, évidemment. Mais il est beau, il n’est pas obscène.
Bon, maintenant, au boulot. Donc vous sortez de devant votre Twitch, les autres là et vous allez faire campagne dans les circo compliquées. Ça sert à rien de faire du porte à porte dans les centres villes, allez dans les villes un peu compliquées et puis et puis et puis et puis dépassez ce qui s’est passé parce que franchement, on risque beaucoup.
Merci beaucoup à toi Cécile, Je vais faire la photo une fois que tu auras dit qu’on va se dire qu’on va se dire au revoir. Moi je vais revenir avec les gens, mais pas longtemps parce que je dois filer à la Maison de la chimie pour la conférence de presse.
Merci beaucoup David pour ce moment.
