Chloé Ridel (PS) : « désistement systématique face au risque RN »
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Bonjour les amis ! Nous attendons Chloé Ridel qui arrive d’un instant à l’autre. Elle vient de m’envoyer un petit message. J’espère que j’espère que vous allez et que vous allez que vous allez. Voilà, c’est l’enfer. Je n’ai pas dormi j’imagine. Vous non plus. Hum. J’ai lancé des invitations tous azimuts pour cette semaine. On jette nos dernières forces dans la bataille. Je vous promets plein d'émissions La réaction de Marine ce matin a été absolument extraordinaire. Ah ! Voilà que notre invitée arrive. Voilà, elle arrive. Bonjour, bonjour ! Bonjour ! Voulez-vous un petit café ?
Volontiers.
Alors, il faut vous installer là. Bonjour. Les gens vous regardent déjà, vous entendent déjà. Attendez, je vous fais un petit café. Il va y avoir un peu de bruit. À la guerre comme à la guerre. Alors attendez, je vais changer de caméra.
Il faut que je tienne comme ça.
Ah oui, je suis désolé. Alors il faut se mettre un tout petit peu plus là. Vous êtes absolument parfaite. Je vais y aller. Bonjour. Alors ici, il y a le chat. Si vous avez le temps de lire.
Tout le monde a eu le temps de lire. Merci beaucoup !
Voilà, S’il y a déjà des questions, vous pouvez y répondre. Et moi je vais essayer de faire en sorte que vous ne soyez pas floue.
Si tu veux.
On se tutoie, tu as accepté ta convocation au poste avec la lourde tâche de brosser avec nous les deux lignes. Ça, c'était écrit avant-hier soir, de brosser avec nous les lignes de convergence au sein de la gauche et du nouveau Front Populaire. On va commencer par ce qui s’est passé hier. Toi, tu as vécu ça comment ? Où étais tu ? Raconte-nous ce que c’est que les QG de campagne, les soirs d'élection dans ces salles où on ne peut pas rentrer.
Dans les QG de campagne les soirs d'élection, ça fourmille de gens. Il y avait les responsables du parti. On s’est réunis entre 18h et 19h et on se réunit avec des premières remontées de résultats pour essayer de voir ce qui se dégage. Même si hier soir, c'était très compliqué parce qu’en réalité, il y a plus de 500 élections, c’est 577 mini élections. Et puis t’avais une grande salle aussi où il y avait une grosse vingtaine de jeunes qui avaient chacun un ordinateur et qui étaient chargés de faire la remontée des résultats circonscription par circonscription, pour qu’on puisse avoir des résultats le plus tôt possible et avant les grands médias, pour savoir ce qu’il en était des candidats du Front populaire.
Au poste, mais pas entre nous,
Ouais non mais tu vois, il y a quand même une dimension dans cette victoire du Rassemblement national en France. Je pense qu’on ne peut pas le dire autrement que comme ça, c’est à dire la dimension.
Il y avait le bourrage de crâne médiatique
Bien, maintenant, ce que je dis, c’est qu’il y a une responsabilité des médias achetés par des milliardaires comme Bolloré dans la montée de l’extrême droite en France. Ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas à toi que je vais l’apprendre. Mais tu sais, hier, quand on se dit mais pourquoi l’extrême droite aussi ? Il y a quand même cette dimension là qui n’est pas à négliger.
Donc, Mathieu Vallet, ancien gardien de la paix, il a un parcours très atypique. Il démarre gardien de la paix et finit commissaire. C’est très rare. En règle générale, les commissaires passent par l'école de police et directement le concours de commissaires et c’est pourquoi il parle plus comme un gardien de la paix que comme un commissaire. C’est très intéressant de voir comment il est, mais ça nous pose effectivement un problème. C’est-à-dire qu’il y en a plusieurs. Je ne sais pas par exemple si le candidat RN de l’ancienne Bac nord de Marseille a été élu ou pas, mais il y a un certain nombre de policiers qui basculent. Voilà tombent la veste on va dire et passent au rassemblement national, là où évidemment normalement il devrait et ça devrait être tout à fait partisan. Donc si je comprends bien, vous, vous n’avez pas les chiffres du ministère de l’Intérieur que les médias, eux, semblent avoir vers 18 h 18 h 30 ?
Nous, on a les chiffres aussi. On a des militants du bureau de vote qui tiennent des bureaux de vote et donc on a des aperçus en fonction des bureaux de vote dont on sait que souvent ils sont le reflet de ce qui se passe dans une circonscription. Donc c’est comme ça qu’on peut, tu vois, faire de premières estimations Et puis si on a des remontées des sondeurs, tu sais qu’il y a des sondages de 18 h, de 19 h, ce sont des sondages sortis des urnes. Donc on a ça. Mais oui, c’est un peu l’anarchie. On essaie de coordonner les messages. Et puis la difficulté, comment dire ? L’exigence du Front populaire, c’est de coordonner avec les autres.
Oui.
Mais bon, on s’est rapidement entendu sur le principe républicain puisqu’on avait déjà travaillé à ça déjà la semaine qui précédait le vote.
Et donc vous vous mettez d’accord, c’est-à dire comment ça se passe exactement ? Vous vous appelez ?
Ah ben je pense que c’est les grands chefs qui s’appellent.
Ce n’est pas des paroles. C’est juste derrière les grands chefs. Donc à quel moment on te dit voilà, voilà le discours rapporté.
Ah bah ça on va dire ça, on se sent. On s’est dit ça vers 19 h 15.
Message important du chat c’est Valeur anarchiste, l’homme qui a fait ce néon derrière toi, qui est anarchiste donc, et qui dit stop au bashing anarchiste car t’as dit c’est un peu l’anarchie. Et ça, ici, ça ne passe pas bien. Fais attention à ce que tu racontes. Alors vas y. Excuse moi mon coté pointilleux,
C’est l’anarchie, c’est l’ordre moins le pouvoir.
Oui, d’accord ne confondez pas avec le chaos.
On peut avoir une discussion si tu veux. Ça m’intéresse beaucoup d’ailleurs de discuter de l’anarchie. Alors donc tu disais, je réponds à ta question parce que sinon je vais l’oublier. A dix 19 h 15, je veux qu’on se coordonne. Olivier Faure nous dit ce qui, ce qui se dégage et la ligne qu’il faut tenir pour la soirée. C'était ça ta question ?
C'était ça ma question. Et donc c'était quoi ce qui se dégageait ? C’est on se désiste ?
Ce qui se dégageait, c'était un effondrement d’Emmanuel Macron qui avait perdu sa majorité. Le fait qu’un tel ne serait plus premier ministre avec un RN très haut. Et même si on ne le savait pas tout à fait, le dire à 19 h. Une impossibilité manifeste pour que la majorité rebascule dans le camp du Front populaire. Et donc, à ce moment-là, c’est une logique de front républicain qui se met en place avec des désistements systématiques. Quand il y a un risque dans les circonscriptions. Ce n’est pas une soirée très joyeuse en vrai. Non, je ne vais pas te mentir.
Alors nous, on était au QG de LFI ils avaient loué une très belle salle que je ne connaissais pas la faïencerie mais qui étaient vides. Il y avait très peu de militants, il y avait beaucoup plus de caméras que de militants. Une ambiance très triste. Chez les Verts, ça ne semblait pas mieux. On est passé avant d’aller place de la République. Et chez vous, c'était comment ? Il y avait du monde ? Il n’y avait personne au QG ?
Si, si, il y avait du monde. Il y avait plein de journalistes, il y avait plein de jeunes pour travailler à la remontée des résultats. Bien sûr, il y a du monde.
Place de la République. Comment ça s’organise ? Après, on va parler de Place République.
. On a décidé du principe de ce rassemblement quelques jours avant, voilà, en quatre jours et on avait décidé que chaque parti politique d’abord était dans son QG et qu’ensuite on se réunissait tous place de la République quoi qu’il arrive. Ce n’est pas du tout une manifestation spontanée, c’est un rassemblement, c’est un meeting prévu à l’avance. C’est hier. C'était de belles images. Moi je n’y étais pas parce que j'étais sur France 2, mais j’ai vu des images et je crois que c'était assez émouvant. Le public était très jeune, enfin je l’ai vu, je suis passé vers 22 h30, il y avait beaucoup de jeunes. Une ambiance. A la résistance. Voilà une ambiance calme, déterminée. Et c'était, je pense, nécessaire d'être ensemble dans une soirée comme celle ci où parfois on a du mal à trouver les motifs d’espoir, d’engagement, l'énergie pour jeter les forces qui nous restent dans la dernière ligne droite et empêcher maintenant, puisque c’est ce qu’il s’agit, de faire, une majorité absolue pour le Rassemblement national. Et donc il y a des circonscriptions dans lesquelles il faut aller d’ailleurs les jeunes.
Je pense que la fatigue t’a fait fourcher et tu as dit il faut une majorité absolue pour le rassemblement, il faut l’éviter.
C’est moi qui fatigue, j’ai évité et je voulais dire aux personnes qui nous écoutent mais peut être qui connaissent, il y a un compte. Je crois que c’est sur Instagram s’appelle Circos Pivots. C’est un collectif d’une association qui vous dit quelles sont les circonscriptions qui peuvent pivoter pour des candidats du Front populaire où il y a un risque RN Et moi, je suis gardoise et dans mon département, le Gard, on affiche les circonscriptions et jusqu'à présent, on avait quatre circonscriptions sur six qui étaient pour le Rassemblement national. Là, vraisemblablement, ce qui nous attend, c’est six circonscriptions sur six pour le Rassemblement national. Pourtant, j’ai envie de dire que le Gard, ce n’est pas ça. Ce n’est pas 100 % rassemblement national, ce n’est pas ça mon département. Et c’est par cette espèce de mode de scrutin qui force des majorités comme ça qu’on va se retrouver à être représentés à 100 % par l’extrême droite. Et donc il y a une circonscription pivot chez moi, dans le Gard, c’est pour les gardois qui nous écoutent, c’est la cinquième et la sixième. La sixième le candidat, c’est Nicolas Cadène, le candidat du Front populaire. Il est au second tour, mais l’extrême droite est à plus 40 % plus quinze points par rapport à 2022 il y a deux ans.
Nicolas Cadène s’est dit celui qui s’occupait de l’Observatoire de la laïcité ?
Oui, tout à fait.
Voilà, oui, un bon gars, me semble-t-il. Oui, c’est un bon gars.
C’est une candidat, Voilà. C’est le candidat de la gauche.
Un temps républicain.
Qui a fait des listes même pour ces élections. Mais bon effectivement il était dit que ils ont des accointances avec les mouvements islamistes, ce qui est faux. Et puis vous avez dans la cinquième circonscription du Gard un monsieur qui s’appelle Michel Salat, qui est un Insoumis et qui était député sortant, mais qui risque de perdre son siège au profit du rassemblement national, donc c’est très important d’aller dans des circonscriptions comme ça, d’aller militer dans des circonscriptions comme ça, où il s’agit en fait de mobiliser les gens pour aller voter, de tracter, de faire du porte à porte, n’importe quoi, de les soutenir parce que psychologiquement, c’est aussi difficile pour ces candidats. Donc la meilleure chose qu’on peut faire cette semaine, c’est ça, c’est d’aller dans les circonscriptions pivots.
Alors en fait de « circos pivots », en effet, mais il existe aussi les « convois de la victoire ». On a reçu vendredi matin un des responsables. C’est exactement la même chose. C’est à dire c’est plus des départs de Parisiens. Ils organisent des départs de la région parisienne dans des circos type ballotage ou swing comme on dit aux Etats-Unis.
Oui.
Voilà, c’est ça. Et donc voilà, il y a ces deux initiatives Circos Pivots et les convois de la liberté, je crois bien. Je voulais juste dire un petit truc qui moi m’a fait rigoler quand même. Je pense qu’il faut qu’on rigole, c’est qu'à la fin de la place de la République, on avait arrêté le live. Et là je vois un barman. C’est la première fois que je vois ça avec un plateau avec trois demis et son type et qui venait vendre, s'était mis sur la place quand voilà, je trouve que c’est un moment et si tu ne veux tout d’un coup de poésie. Mais qui dis-moi, j’ai vu ce matin avant de venir que tu as aimé quelque chose de sérieux, mais d’une promotion qui porte un nom.
George Orwell,
On y est ou on n’y est pas.
Bonne question. George Orwell. C’est un homme que j’admire follement parce qu’il a été tour à tour sans domicile fixe. Il travaillait dans les cuisines des grands hôtels de Paris. Il a été journaliste, il a été homme politique, grand écrivain et c’est quelqu’un qui était un militant de la liberté qui s’est toujours battu contre le totalitarisme, qui a résisté aux fascistes en rejoignant la résistance espagnole dans les années 30 qui était socialiste.
Si jamais c’est Olivier Faure qui appelle, je veux bien lui répondre que j’aimerais bien qu’il vienne au poste cette semaine passer si c’est lui transmettre le message.
Lui, il a été élu.
Ben oui, il a du temps. Pour être élu. Il a pu dire qu’il a du temps justement.
Il va aller prêter main forte aux copains
Je suis évidemment très sensible à ce que tu dis sur les décisions qui seraient terribles, qui pourraient être prises par l’extrême droite sur la culture. Mais je serais tenté de te dire est ce que c’est ça, le. Est ce que c’est ça l’urgence ? Est ce que tu dis ça parce que t’es ici et que tu. Pense que si c’est ça va être écouté plus particulièrement je veux dire par là, est ce que ce n’est pas d’abord des questions économiques, des questions de logement, des questions de travail, des questions de concert ?
Il y a aussi le début de ta question.
Oui, parce que je vois que tu étais dans le chat, oui, c’est compliqué ici.
J’ai plein de stimuli. Tu sais, moi je suis assez génétique mais je ne sais pas si ça s’est encore remarqué, mais s’il y a des trucs qui défilent,
C’est grand ici, c’est bien, mais c’est bien. Mais je peux te laisser regarder, je peux te laisser regarder le live, le tchat. Il y avait notamment des choses sur Orwell. Quelqu’un a dit qu’il avait vomi la social démocratie telle qu’elle est devenue, je te le dis par rapport à par rapport à ce qu’est-ce que tu pouvais dire de ce que moi je vois passer J’ai eu de la chance, j’ai aussi Pauline qui m’aide et qui remonte les questions et les remarques.
La politique, je ne sais pas ce que c’est. En revanche, je pense qu’il aurait vomi tout autant les gens qui se disent de gauche et qui ne savent pas résister au totalitarisme et je pense notamment au totalitarisme russe. Georges Orwell est quelqu’un qui n’a jamais perdu sa boussole internationaliste. Donc je renvoie aussi ces gens à ça, c’est à dire que Orwell, il n’a jamais hésité à rejoindre la résistance espagnole contre le fascisme et il a toujours su reconnaître le fascisme et à soutenir ceux qui y résistent. Donc de la même façon qu’il rejetait et qu’il était pour un socialisme authentique comme moi. Moi je suis écosocialiste, dis que je suis écoféministe mais je suis écosocialiste, c’est marqué partout sur mes comptes l'écosocialisme, peu de. Sans doute sais tu ce que c’est ? Et je pense que c’est un logiciel qui permet d’unir la gauche et qui rassemble largement nos électeurs.
Tu arrives à la politique par Jean-Luc Mélenchon ?
J’ai voté Jean-Luc Mélenchon. J’ai cru en Jean-Luc Mélenchon à fond. J’ai été déçu par Jean-Luc Mélenchon qui a failli à sa responsabilité historique de rassembler. La gauche. Voilà. Et donc aujourd’hui, je vous parle socialiste. Moi, j’ai du respect pour tout le monde à gauche et j’entends que ce soit la même chose et qu’on arrête en fait de nous expliquer que par socialistes, je suis le parti, c’est cela ? Moi je n’en ai rien à foutre. Je ne suis pas comptable de 40 ans d’histoire. Je suis engagé en politique. Maintenant et depuis un an, je serai comptable de ce que je veux, de ce que je ferai.
C’est vous appartient ?
Je pense que, en fait, c’est ce type de, comment dire ? D’insultes et de langage. Pardon, mais qui fait échouer la gauche C’est à dire que c’est des querelles intestines, des procès d’intention qui n’en finissent pas. Et en attendant, c’est l’extrême droite qui récolte les marrons du feu. Moi, je ne suis pas venue ce matin pour parler de ça
Tu n’es pas obligée.
Je me permets de répondre.
Tu n’es pas obligée et c’est ce que j’allais te dire.
Pourquoi le PS essaie de désinvestir Rachel qui est une pure fake news, une pure fake news démontée par tous les négociateurs, y compris des gens qui n’osent pas socialistes, dont David Le Cormand David Gordon qui est écologiste et qui dit que c’est une pure fake news. Donc éviter d'écouter toutes les conneries qui peuvent se déverser sur les réseaux sociaux.
Non, mon principe c’est que l’heure est grave et qu’elle n’est pas conforme aux règlements de comptes internes. Néanmoins, je pense qu’il y a des questions de fond qui se posent. Par exemple, quand je reprends la conversation, la première chose que tu as dite avec l’extrême droite et je t’ai dit je suis touché par ton discours, évidemment en disant qu’ils vont attaquer la culture, les médias, ils vont anesthésier l’opposition. Je suis tout à fait d’accord avec toi et là je te dis mais est-ce la priorité ? Est-ce le danger premier ? Et je l’ai dit là, à ce moment-là, je pense, c’est plus des raisons économiques, sociales, de considération pour les gens, c’est là où ils risquent. Et à ce moment-là, tu as eu ton discours, mais ne le regarde plus parce que ça va t'énerver. Après, tu fais comme tu veux si tu veux y répondre, mais moi je voudrais qu’on reste sur le fond.
Ce que tu mets le truc en face des yeux quand tu ne le regardes pas ? Et le soutien accordé à Corbière et Garrido. Ce n’est pas le PS, mais excusez moi en fond sonore, de soutenir des gens qui, parce qu’ils ont défendu le principe démocratique à l’intérieur de leur parti sont purgés les valeurs de gauche je pense qu’il y a quand même quelques confusions dans la tête de certains, mais ce n’est pas grave, je réponds à ta question.
Donc ma question qui est une question du chat mais qui est une question de fond. Tu parlais d'écosocialisme. Est-ce que tu pousses jusqu'à l’abolition du capitalisme ? Est ce que tu penses que l'écosocialisme sait faire cela ?
Bien en fait, c'était déjà présent dès la critique marxiste qui disait que le capitalisme exploite et épuisait aussi bien les êtres humains que la terre. Et donc le logiciel écosocialiste pouvait déjà se retrouver dans bien des écrits de Marx. Donc évidemment que le respect des limites planétaires, l'écologie est incompatible avec le capitalisme tel qu’il fonctionne et qu’on a besoin d’un socialisme, c’est-à-dire de socialisation des entreprises. Comme des biens publics aussi bien culturels que naturels. Donc l’eau, les forêts, l’air, la terre. On a besoin que tout ça échappe au contrôle du marché.
Et par exemple comment tu pourras faire à Bruxelles puisque tu vas siéger là bas puisque tu es élue ?
Je vais te dire que là bas pour l’instant, on était occupés par les élections législatives en France, mais la situation est très préoccupante. Moi, j’ai fait le choix de m’engager au niveau européen parce que j’ai 32 ans, je suis née en 1991. On a fait partie d’une génération qui a eu, qui a grandi avec le rap mais qui en même temps est allée de désillusions en désillusions. C’est à dire qu’on est arrivés à l'âge adulte au moment de la crise économique et financière de 2008. Et ensuite, on est allés de crise en crise et on est une génération qui est au pied du mur climatique et confrontée à la montée inexorable des inégalités sociales, à la montée des extrêmes droites, à des discours effrayants, à la prise en main par quelques milliardaires comme Elon Musk, comme Jeff Bezos La prise en main de tous les moyens qui sont ceux de la recherche pour essayer de conduire notre humanité vers un endroit où on ne veut pas quelque chose, de racheter nos médias de tous les espaces publics que sont les réseaux sociaux. Et donc, face à ce péril là, moi, c’est ça qui meut mon engagement, c’est qu’on ne peut pas rester, on a une obligation de s’engager. Il y a 1000 façons de s’engager. Et moi, au niveau européen, parce que c’est mon passé professionnel J’ai aussi écrit un livre sur la crise du projet européen face précisément à la montée des extrêmes droites qui aujourd’hui pensent l’Europe, qui ne sont pas du tout, comme on le disait, nationalistes, leur obsession de l’identité n’est plus concentrée que sur la nation, mais aussi sur la civilisation dont l'échelle est européenne. Et donc les extrêmes droites pensent l’Europe comme une civilisation blanche et chrétienne. Il faut préserver contre ce qui la menace, en l’occurrence pour eux l’immigration, migration musulmane, ce qu’ils appellent la propagande LGBT. Et puis c’est des extrêmes droites qui sont aussi très climato-sceptiques. L’engagement européen, pour moi, il fait sens parce que l’Europe et l'échelle à laquelle on a le plus de conquête à aller chercher. Social écologique. Il y a le pacte vert, mais il faut empêcher qu’elle se détricote. En tout cas, il y a besoin de construire énormément à cette échelle là et il y a besoin de faire là aussi barrage à l’avancée des extrêmes droites. Et donc au Parlement européen, on est dans une configuration difficile où la gauche est en minorité, très clairement, où tu as entre le groupe de droite qui s’appelle le PPE, mais dont les idées aujourd’hui, franchement, sont très poreuses avec celles de l’extrême droite. Et puis ensuite, tu as deux groupes d’extrême droite. C'était un peu compliqué.
Vas-y !
Le groupe Identité et Démocratie et le groupe LCR. Et donc ces deux groupes-là sont d’extrême droite. L’un ECR, c’est Georgia Mélodie, l’autre identité démocratie, c’est Jordan Bardella Mais tout ça ressemble un peu. Pourtant, il reste deux groupes distincts, mais si fusionnés, ils deviendraient le second groupe du Parlement européen. Pour l’instant, c’est le nôtre, le groupe socialiste démocrate qui est le second groupe. Et ça, ça a beaucoup d’incidence sur les postes des présidents de commission. Donc là, on est en train de travailler, de négocier sur ce qui va être fait pendant la prochaine mandature du Parlement européen. Et donc on a le groupe de droite qui demande le détricotage du Pacte vert européen, c’est -à -dire de ce grand plan pour l'écologie, la bifurcation écologique en Europe qui demande qu’on revienne sur la fin des véhicules thermiques en Europe en 2035. Ce qui nous écoute, c’est l’Union européenne qui avait décidé qu’en 2035, on ne pourrait plus vendre aucun véhicule à moteur thermique, que tout ça devrait passer à l'électrique. Et le groupe de droite veut qu’on revienne là dessus.
Alors je te fais un petit résumé du chat. Les esprits commencent à se calmer. Il y a des gens qui quittent en disant que c’est du blabla.
Électoral en fait
D’un non mais et c’est le PS alors après ? Ben oui, c’est le PS qui attire. Mais par exemple il y a Claude Papi qui dit je me répète, je trouve qu’elle vaut mieux que le PS du fait de ses idées, est très à gauche. Il y a Florence qui a dit je suis à la gauche de Besancenot et quand je lis les anathèmes sur les uns et les autres, la branlée était inévitable et quelque part méritée à discuter sur la couleur des boutons de guêtre en face. Ils veulent vraiment y arriver et ils vont y arriver. Ça résume très bien, très bien ce que je pense d’eux. Florent Calvez, qui a fait une magnifique bande dessinée sur la police avec le sociologue Fabien Jobard en bande dessinée, intitulé « Global Police », qui se trouve dans la voix, pas sur l'écran Donc l’idée, les amis, ça sert à quoi de se refaire le même discours depuis un siècle sur des sociaux traîtres ? La question n’est pas là. La question est ce qu’on est ce qu’on veut ou pas des fachos lundi ? C’est dingue. Cela dit, le tchat pose aussi la question. Elle a un très beau discours, mais il faut vérifier sur les actes.
Bonne question. Quid des rapports de forces au sein du groupe ? Enfin, je lis là, si vous voulez, je peux répondre à ça.
Vas y.
Alors. Il faut dire que ce sont des camarades. Oui, tout à fait, tout à fait. Alors, les rapports de forces au sein du groupe socialiste démocrate. Si les rapports de force sont nationaux, en fait, au sein de chaque groupe politique, vous avez des délégations nationales et la première délégation de notre groupe démocrate, c’est la délégation italienne. Ils ont 21 élus, donc des élus du Partido Démocratico qui est maintenant gouverné par une jeune femme qui est très dynamique, Elisha clean à qui rénove un peu ce parti de la gauche italienne. Ensuite, vous avez les Espagnols qui sont 20 élus ou ça c’est les Espagnols de Pedro Sanchez. Et ensuite vient la délégation allemande avec treize élus et quatorze élus et nous avec treize. Donc nous, délégation française, on est la quatrième délégation au sein du groupe socialiste et démocrate. On a une délégation historiquement française qui est plus à gauche. C’est-à dire qu’on vote parfois différemment du reste de notre groupe, notamment sur les questions commerciales et budgétaires. C’est à dire que nous, on vote contre les règles budgétaires telle qu’elle fonctionne, parce qu’on pense que c’est une prime à l’austérité, on vote contre les accords de libre échange. Alors que les socialistes espagnols ont les intérêts qui sont ceux des agriculteurs espagnols.
Explique.
Eh ben bien refusent les réformes de la PAC que nous nous volons, refusent certaines, comment dire, de voter contre des accords de libre échange là où nous nous le voudrions, refuse certaines réformes aussi de la politique de la pêche parce qu’ils ont un secteur de la pêche fait de grands chalutiers. C’est ça la réalité. Parce que, au niveau de l’Europe, vous avez des clivages idéologiques, certes, mais vous avez aussi des intérêts nationaux. Et donc, au sein de chaque groupe politique, vous avez des délégations qui défendent les intérêts des intérêts nationaux. Donc, pour répondre à la question directement au sein du groupe socialiste démocrate, il y a des clivages. Ils sont nationaux. Et donc nous, on essaie avec Raphaël de pousser nos positions au maximum et de porter les thèmes qui ont été les nôtres pendant toute cette campagne. Donc, on a obtenu des choses sur la taxation des grandes fortunes, sur la régulation des livraisons.
Qu’est ce que vous avez obtenu ?
La taxe qu’on proposait, sur les grandes fortunes En fait, tout simplement de faire en sorte que tout le groupe socialiste démocrate porte l’idée d’une taxe sur les riches pour financer la bifurcation écologique. Ça, c’est dans l’accord en négociation. Le principe de la clause de l’Européenne la plus favorisée pour notre Europe féministe, l’idée de Gisèle Halimi, c’est à dire de faire en sorte que les femmes en Europe, les droits des femmes, se calent sur. La législation du pays qui est la plus avancée en la matière. C’est à dire que si on pense que c’est la législation espagnole qui est la plus avancée sur les violences faites aux femmes et contre les violences conjugales, eh bien il faut la généraliser à toute l’Europe. Il faut que si c’est nous qui sommes les Français les plus avancées sur le droit à l’avortement, il faut que notre législation s’applique à toutes les Européens, etc., etc. Donc la clause de l’Européenne la plus favorisée, on la fait passer. Et puis on essaie aussi de faire passer toutes nos demandes sur l’industrie, protéger notre marché, mettre des taxes aux frontières, des droits de douane, notamment sur les importations chinoises, pour éviter que toute notre industrie verte soit détruite dans les prochaines années par la concurrence déloyale de la Chine. On essaie de porter nos propositions sur le logement pour réguler des grandes plateformes comme Airbnb qui aujourd’hui, du fait, participe de la pénurie de logements et de l’explosion des prix. C’est une discussion politique au sens de groupe, mais on a un vrai rôle parce que les autres groupes de gauche, pour l’instant, refusent en fait de se mettre dans la négociation et donc de renforcer potentiellement notre pouvoir face au PPE.
Ça démarre quand exactement ton travail de députée européenne ?
Et bien ça démarre maintenant, je pars à Bruxelles tout à l’heure, mais en fait je n’ai pas encore officiellement prêté serment,les nouveaux élus au Parlement européen, on n’est pas encore officiellement député européen. On prête serment le 16 juillet en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg. Mais en attendant, il y a quand même des réunions de groupe à Bruxelles où on se réunit au sein de nos groupes politiques pour discuter de ce dont je viens d’expliquer on négocie sur le fond pour influencer le Parlement européen. On n’a pas tout pouvoir non plus, hein. Tu vois, il y a deux Co législateurs. Au niveau européen, le Parlement européen et le Conseil européen. Le Conseil européen, ce sont les chefs d'État et de gouvernement et c’est eux, en l’occurrence, qui décident.
Et après aujourd’hui ?
De qui sera le président de la Commission.
Aujourd’hui du Conseil ?
C’est un socialiste, un camarade qui s’appelle Antonio Costa. On l’a obtenu dans la. Dans la négociation des postes, est ce que tout se négocie alors que tu négocies le fond et les postes ? Et nous, ce qu’on a fait comme demande, c’est d’avoir au moins une présidence. Même si on n’avait pas au niveau du rapport de force sorti des urnes, on est très faible à gauche. Mais on a effectivement obtenu le poste du président de la commission du Conseil européen qui est Antonio Costa, donc un Portugais, un Portugais. Et les chefs d'État et de gouvernement ont à nouveau proposé Ursula Von der Leyen en présence de la Commission. Donc, en fait, le Parlement européen ne peut pas s’opposer à ça, sauf à une majorité renforcée des deux tiers qui n’existe pas.
Je voudrais que tu me parles de mieux voter et de comment vous voudriez modifier les votes avec cette idée en arrière fond. Eh bien, on n’a pas tout à fait gagné et on n’a pas gagné. Je dis la gauche en général et on n’a pas gagné à Bruxelles. Donc, je trouve que la question, je trouve que la question de la démocratie représentative se pose quand même. Et donc j’aimerais juste que tu nous expliques mieux ce point. L’Association qui a lancé propose un mode de scrutin marginal ou particulier. Il voulait me dire en deux mots et après on revient à l’actualité. Mais les amis, je ne remonte les questions de personne ici on s’en fout, on va sur le fond des choses, les amis, posez des questions sur le fond des choses, il y en a des très belles que j’ai de côté.
Alors mieux voter ? C’est une association que j’ai fondée juste après l'élection présidentielle de 2017. Pourquoi ? Parce que moi, j'étais ressorti de cette élection présidentielle. A l'époque, j’avais 26 piges. Très frustré parce qu’il y avait eu au premier tour. J’avais voté Mélenchon à l'époque, il y avait eu au premier tour beaucoup de vote utile et au second tour, il y avait donc Macron face à Le Pen et il y avait eu un record de bulletins blancs et nuls au second tour. Plus de 4 millions de gens qui étaient allés aux urnes pour voter blanc et qui avaient dit leur refus de devoir faire barrage et donc de ne pas pouvoir exprimer leur opinion. Et à la même époque, j’ai découvert toute la science des modes de scrutin.
Est ce que c’est parce que Christiane Taubira ou Jean-Pierre Chevènement se présentent, comme c'était le cas en 2002, que l’opinion des électeurs sur Lionel Jospin change ?
Non. Et donc ce mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours est une absurdité à la fois mathématique et démocratique, parce qu’il fait perdre un candidat qui pourtant était majoritaire dans l’opinion qui était l’honnête Jospin donc, c’est pour remédier à toute cette faille démocratique là que. J’ai voulu monter cette association qui promouvait des modes de scrutin plus démocratiques qui renonce qui n’oblige plus les électeurs à voter utile, à voter par défaut et qui permettent d’exprimer pleinement leur opinion que le jugement majoritaire, c’est quoi ? C’est un mode de scrutin où l'électeur ne vote plus pour une personne et ensuite on additionne les voix, mais où l'électeur vote en exprimant son opinion sur chaque candidat en leur attribuant une mention sur une échelle de valeur.
C’est exactement là où j’avais envie qu’on aille. Est ce que la question même du vote ne se pose pas pour nous, gens de gauche ? Je ne dis pas ça parce qu’on serait des mauvais perdants. Cette association, tu l’as créée en 2017, donc ce n’est pas depuis hier soir qu’on se dit tiens, il faudrait réfléchir au mode de scrutin.
Mais ça a mis du temps, tu vois, pour faire émerger le sujet dans le débat.
Absolument. On prend un peu de hauteur, mais on voit bien que tout s’oppose à la gauche dans le monde entier. Des milliardaires qui financent des milliardaires qui possèdent des médias qui fabriquent de l’opinion, des réseaux sociaux qui sont en partie manipulés. Il y aura bientôt une émission d’Au poste là-dessus. Est ce que le jeu démocratique, le jeu de l'élection vaut la peine d'être jouée ? Est ce que la gauche n’aurait pas intérêt à essayer de porter autre chose ?
Comme quoi ?
Je n’en sais rien.
Je dirais que je ne comprends pas ce que tu veux dire.
Peut être essayer de revenir sur un travail sur les masses, peut être de revenir sur un travail dans la rue, peut être de décider d’imposer nos idées autrement que par un système qui nous est complètement hostile.
Alors moi je suis démocrate par contre, oui, à l'élection, ça restera un pivot de la démocratie. Par contre, la démocratie représentative ne suffit pas. On voit bien qu’il faut aussi une démocratie directe avec du référendum. Une démocratie délibérative avec des systèmes comme des conventions citoyennes avec des citoyens tirés au sort. On a besoin de ces trois types de démocratie : la démocratie représentative, démocratie directe, démocratie délibérative. Ces trois démocraties-là sont complémentaires voilà la rue les grèves notamment. Moi, je suis pour qu’on renforce vraiment les syndicats, pour qu’ils contrôlent les mobilisations citoyennes. Voilà qu’on a besoin de corps intermédiaires pour organiser ces mobilisations-là ont toujours été des alliés de la lutte et je pense notamment aux grèves de 36 qui ont soutenu le gouvernement de Léon Blum pour qu’il puisse imposer les congés payés au patronat. Donc ça, évidemment qu’on a besoin de ce rapport de force ponctuellement, mais il faut que tout ça s’organise par la démocratie, soit la démocratie, syndicales représentatives, directes, délibératives, comme je l’ai dit.
Question qui était posée par le chat : Que faire de la lutte des classes, madame ?
Que faire de la lutte des classes ? La lutte des classes, elle existe. Pourquoi faire ? Il faut la. Elle n’existe donc pas la question de l’enfer. Elle est une réalité. Moi, ce que j’observe, c’est que. C’est un moteur comment dire ? C’est un moteur puissant la lutte des classes. Je vais vous faire part d’une histoire personnelle. Quand je suis dans des déjeuners de famille, j’ai mon tonton qui est chauffeur de bus, ma cousine qui est intermittent du spectacle et j’ai mon frère qui lui est un cadre supérieur. D’accord, qui a de l’argent et dans mes dîners de famille. Ce à quoi j’assiste c’est que j’ai mon tonton chauffeur de bus qui s’en prend à ma cousine intermittente en lui disant tu ne fous rien. tout le reste de l’année et en travaillant les trois mois d'été, les chanteuses de bal dans le Gard ou les fêtes votives, tu te fais. 1000 600 800 € par mois. Et donc ces deux là passent tout le dîner à s’engueuler, tandis que moi, chauffeur de bus, je bosse tous les jours, et je gagne la même chose. Mais jamais ne ils vont regarder mon frère et lui dire toi t’es pro multipropriété à caractère et donc ça c’est toujours Bonjour frangin que j’aime passionnément.
On le voit très bien, pas de soucis
Je l’ai aimé passionnément, Donc tout ça me permet de dire que ce que la droite essaye de faire, c’est d’entretenir la lutte entre le fait que les classes populaires se déchirent, que ceux qui ont peu s’entre déchirent que les travailleurs précaires s’en prennent aux chômeurs ou aux personnes au RSA. Que les chauffeurs de bus s’en prennent aux intermittents du spectacle. Bref, que la lutte soit intestine plutôt qu’elle soit dirigée vers les personnes les plus favorisées et ceux qui ont tout. Parce que pendant ce temps là, pendant qu’on s’entre déchirent en bas, ceux qui sont là haut sont confortablement installés, je peux vous le dire la droite, ce qu’elle fait historiquement, ce n’est pas autre chose que ça dresser les travailleurs les uns contre les autres, dresser les gens de couleur de peau différente les uns contre les autres. Donc la lutte des classes, c’est l’Union des travailleurs et de ceux qui sont les moins favorisés.
Dans l’Occident et qui reconnaissent qu’ils ont une communauté d’intérêts. Si la droite, et je suis d’accord, c’est dresser les travailleurs contre d’autres travailleurs ou les ou les pauvres, est-ce que la gauche, la gauche de gouvernement, la gauche parlementaire n’a pas oublié les travailleurs ?
La gauche parlementaire n’a pas oublié les travailleurs. Écoutez, moi, je crois que, enfin, il faut. Regarder et écouter tout d’un coup. En entendant je suis fatiguée non pour voir ce qu’on a voté ces dernières années à l’Assemblée nationale. Enfin, je crois que, honnêtement, l’ensemble des groupes de gauche ont porté des progrès pour les travailleurs : la hausse du SMIC, le blocage des prix. Le blocage, notamment des prix pour les agriculteurs, le fait qu’on leur garantisse des revenus suffisants, le repas en euros, tout ce que la gauche parlementaire a essayé de voter dans l’opposition ces dernières années, je pense, montre le contraire.
Back to brutal nous dit : Puisque nous ne pouvons plus gagner notre rôle, ne serait-il pas dorénavant de tenter de rouvrir le panneau gauche de la fenêtre d’Overton en défendant enfin un vrai programme de gauche, c’est à dire anticapitaliste, dé coloniale, en guerre contre l’Empire, c’est à dire se gauchir ? On a l’impression que c’est un peu ce que le PS fait là en ce moment. La question dont la question est posée est ce qu’il ne vaudrait mieux pas aller un peu plus à gauche, afficher un peu plus nos valeurs et essayer de moins draguer le centre, les macronistes ?
Mais à quel moment on a fait ça dans cette campagne ?
Ah, dans la campagne ? Non, ça vous ne l’avez pas fait.
On parle de la campagne, vu ce qui se passe actuellement.
Là c’est tu vois, c’est dans l’onglet « Que faire ? »
Que faire ? Que faire pour reconstruire ? Franchement, je pense qu’il faudra qu’on fasse un bilan de la campagne éclair que nous avons menée de la gauche telle qu’elle s’est représentée ces dernières années pour tirer les bonnes conclusions et repartir au combat. On a essuyé une défaite quand même. On ne peut pas dire autrement. Voilà notamment, on a une France qui est profondément divisée sur le plan territorial, où vous avez des centres urbains et des quartiers populaires à gauche et tout le reste de la France et zones périurbaines et des zones rurales à l’extrême droite. Qu’est ce que ça veut dire ce clivage territorial là ? Qu’est ce qu’il reflète ? Mais pour s’y intéresser, s’y pencher les réconcilier. Je renvoie notamment à la situation du camarade François Ruffin.
C’est à dire.
De Fabien Roussel qui a perdu hier des tours pas qui ne sont pas dans des centres villes. Voilà. Qui ont perdu. Ils sont dans les zones périurbaines rurales qui sont confrontés à des gens qui des différents. Il faut écouter ce qu’ils ont à nous dire aussi de leur expérience de terrain.
J’ai envoyé un texto tôt ce matin à Ruffin en lui disant qu’on pouvait faire une visio, mais j’ai bien compris, dit dans la deuxième mi temps de son match. Je ne sais pas si tu auras le temps de venir nous voir. Claude Papi nous dit Claude Ridel a un parcours très intéressant, notamment sur son envie de l’union de la gauche avant son entrée au PS. Son entrée n’est-elle pas contradictoire avec l’union de ses pas ? Ce n’est pas méchant comme question, mais sur le fond. Son entrée n’est-elle pas contradictoire avec l’union de la gauche, notamment du fait de l’ancrage du parti dans une sociale démocratie, rédhibitoire pour une grande partie des électeurs de gauche ? Donc on ne fait pas une affaire de personne, ce n’est pas égal.
Pour une grande partie des électeurs de gauche. Non, parce que je vous renvoie aux derniers sondages qui montrent qu’au sein des électeurs de gauche il y avait une très nette préférence pour ces élections législatives, pour le Parti socialiste et des candidats du Parti socialiste, et même pour un Premier ministre socialiste. Et je dis ça, je n’en ai rien à foutre des trucs de chapelles. Je dis ce que disent les sondages. Donc quand cette personne dit que les électeurs de gauche préfèrent non, ce n’est pas vrai. Ensuite, moi je suis une militante historique de l’Union de la gauche. Avant d’entrer au Parti socialiste, j’ai d’abord été Génération Mélenchon à cette époque-là, j'étais union de la gauche et je me suis détournée de lui précisément parce qu’il n’a pas été capable de faire l’union de la gauche pour les élections de 2022. Ensuite, je me suis engagée avec mon association à mieux voter dans le cadre de la primaire populaire et ensuite j’ai soutenu et ensuite je suis arrivée au PS, le PS d’Olivier Faure qui était et qui est toujours un fervent partisan de l’union de la gauche. Donc non, mon engagement n’est pas contradictoire et je pense que le Parti socialiste précisément, est le pôle qu’il faut renforcer au sein de l’Union de la gauche pour la faire advenir au pouvoir. Et je pense que c’est aussi ce qu’a confirmé ce nouveau Front populaire par rapport à ce qu'était la notion de 2022.
Bon, le chat est en désaccord avec toi, Le chat est représentatif que de lui même, mais je trouve intéressant de voir que peut être que pour une fois, les têtes d’affiche des partis sont plus en avance que le peuple sur les idées. C’est à dire que là on vous renvoie quand même à Glucksmann, premier ministre préféré des gens de droite, on vous renvoie à un tas de choses, mais moi je voudrais qu’on reste sur le fond et tant qu'à faire, à ce moment là, fusionner vos partis. Qu’est ce qui te distingue ?
Oui, alors moi je sais, quand j'étais jeune, je ne sais pas comment dire.
Je te distingue de ton dossier quand même, mais de ce changement de domaine.
Pas croyable pour moi, pour moi rien. Et je comprends que beaucoup de nos électeurs soient, comment dire, frustrés comme je l'étais, qu’il n’y ait pas de grand parti écosocialiste à gauche. Enfin voilà d’un mouvement qui fédère tout ça. Mais les partis, le parti fonctionnent. Tu sais, les partis ont la vie dure demande aux insoumis s’ils ont envie de se dissoudre dans un grand parti. Demande aux écologistes, demande au Parti communiste.
En ce moment, la personne veut se dissoudre à part par Macron.
Un parti c’est de l’argent, c’est des postes. On a une logique du financement de la vie politique qui n’encourage pas les recompositions. Ce n’est pas aussi simple que ça. Donc il faut essayer de fédérer malgré tout. Et donc du coup, ça dépend des personnalités qui sont à la tête. C’est pour ça qu’il faut vraiment favoriser des personnalités comme Olivier Faure, comme Marine, tant de Lier qui ne sont pas dans l’opposition et dans la division et plutôt dans le rassemblement.
Je vais prendre d’autres questions du chat. Il y a beaucoup de questions sur le sur le sur le PS. Vas-y parce que je vois que tu veux prendre ton téléphone.
Vas y maintenant, je t’en prie. Qu’est-ce que j’ai ? Je suis sur une chaîne Twitch à 11 h 45. Il faut que je rentre chez moi. 11 h 15 Tu vois ?
Tu finis dans dix minutes pour une chaîne. Twitch, on peut savoir laquelle ?
Je vais te dire ça,c’est un gars qui s’appelle.
Hugo.
Non, ce n’est pas lui. Mathieu Quelque chose
Mathieu Burgalat.
Oui.
Voilà, c’est ça. Voilà. Ben ouais, tu vois, c’est la seule chose qui connaît ton agenda mieux que toi dans le chat.
Ouais, c’est ça.
Bon, écoute alors attends,tu appelais tout à l’heure à la résistance. Tu as pu appeler à la résistance, mais là, il ne faut pas qu’on se paye de mots. C’est quoi la résistance d’ici dimanche ?
Alors la résistance ici dimanche, c’est déjà faire campagne, faire campagne dans les circonscriptions pivots, les amis, les circonscriptions où on a un candidat Front populaire contre un candidat RN ou Ensemble, ça existe qui est en difficulté. J’en ai plein des circos comme ça en tête. Il y a des circo à Marseille, il y a des circo dans le Gard, des circo en Bretagne, la circo d’Alma Dufour en Seine maritime. Enfin voilà, il y a plein de circonscriptions qui sont à risque. Celle de mon amie Dina Bah Diop dans les Yvelines. Donc vous allez repérer ces circos là et si vous habitez dedans ou si vous n’êtes pas loin, ben vous allez vous organiser avec d’autres copains et d’autres camarades pour prêter main forte aux candidats.
Qui ne sait pas quoi en France, Ingouvernable, le bordel à l’Assemblée tout le temps. Est ce que ce ne serait pas une chance de faire marcher les idées, de faire du remue ménage, de ressortir plutôt cette espèce de truc très classique ? Vous votez et puis les gens sont en poste et puis vous voterez la prochaine fois. Est ce qu’il n’y aurait pas une idée qu’on ne pourrait pas rendre ce moment salvateur en disant c’est un moment historique de politisation du pays entier, en étant ingouvernable ?
En étant ingouvernable ? Honnêtement, moi je rencontre des Français tous les jours sur le terrain. Je pense que les gens n’ont pas du tout envie de ça. Les gens sont angoissés, vous savez, ils ont leur vie, ils travaillent, ils ont leurs gosses, ils s’inquiètent pour les services publics, pour la santé de l'école, des hôpitaux. Ils n’ont pas envie d’une France ingouvernable en guerre. L’aspiration des gens, ce n’est pas le chaos et je ne sais pas quoi. La révolution, il ne faut pas mélanger, faut aussi y aller, il faut peut-être il faut, etc. Et je pense que la France ingouvernable, ce n’est pas le souhait des gens. Ils sont vraiment inquiets pour leur futur, ils sont là, ils ont d’autres priorités que la mienne.
Je dis que ça pourrait être un moment de politisation, ça pourrait être bien.
On l’a vu hier, il y a une participation très élevée aux élections, donc les gens sont angoissés. En tout cas, tous ceux que j’ai rencontrés, c’est la première fois que je vois des gens comme ça.
Je pense qu’il y a une soif de démocratie directe. Je pense aux gilets jaunes, leur message.
Central oui tout à fait. Je ne te parle pas forcément de révolution. Tu vois mais ça s’est encadré. Enfin je veux dire, la démocratie directe, ça reste une élection. Ah je sais juste que j’essaie de comprendre ce que tu veux me dire, mais je pense que hier, par la participation très forte qu’il y a eu, cette participation a bénéficié au rassemblement national. Qu’on se le dise aussi, hein. Voilà, on soit humble, un peu ça, c’est terrible.
C’est qu’on pensait tous le matin quand on voyait qu’il y avait une participation dingue.
Voilà.
C’est fait voter contre le RN ? Mais non ! Ils ont aussi profité de ça. Non, mais je pensais juste à l’exemple belge où pendant un an, un an et demi, il n’y a pas eu de gouvernement et où il y a une vivacité démocratique dans la société. C’est à ça que je pensais.
Ça peut aussi être un dégoût de la politique. Si les gens voient qu’il y a un bordel infini quand. On arrive à voter, aucune, aucune loi, rien faire, je peux te dire qu'à mon avis, ça va aussi revenir en boomerang. Donc je ne sais absolument pas te dire ce qui sortira des urnes dimanche prochain, mais je pense que ce qu’on a à faire, c’est de continuer de pousser les mesures qui étaient celles du Front populaire. On ne parle plus du tout de fond depuis hier soir. Moi, ça me frustre un peu personnellement parce qu’on a fait une campagne, certes éclair, mais je trouve qu’on a fait une campagne qui nous honore, une belle campagne. On a aussi un programme qui a été soutenu par des centaines d'économistes, des grands scientifiques de renom. Il faut continuer de pousser nos propositions. Que faire ? Espérer, comme dit Ruffin, qu’on arrive au moins à obtenir quelques petites choses pour les gens. J’invite à regarder ce qui s’est passé déjà hier soir, le Premier ministre a renoncé à la réforme de l’assurance chômage qui était inique et brutale et terrible.
Oui, ça n’a pas été publié au Journal officiel comme ça aurait dû l'être.
Voilà donc tout ce qu’on peut obtenir, il faut le prendre. Il faut continuer à essayer de pousser nos propositions demain dans une Assemblée nationale, même morcelée, pour que s’il y a un gouvernement technique, il reprend quelques-unes de nos propositions.
Est ce qu’on peut compter sur toi et tes amis lundi matin si Bardella devient ministre Premier ministre ? Vous faites ce que vous voulez, mais imaginez bombarder le Premier ministre. Imaginez un premier ministre d’extrême droite. Il me semble que la priorité, c’est quand même d’empêcher ça. Et après on parlera de Raphaël et autres et on ira sur le fond. Est-ce que lundi on pourra compter sur le droit européen pour des gens comme toi ?
Alors tu as raison de dire que le droit européen sur les libertés publiques, les droits fondamentaux, la Charte européenne des droits fondamentaux, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme protège et a souvent décidé contre le gouvernement et l'État français et a souvent condamné l'État français, que ce soit pour les violences policières, les atteintes à la démocratie. C’est le droit européen qui pourrait nous protéger du fait que Bolloré reprend le contrôle de tous nos médias.
Parce que justement, on a entendu une petite musique avec Darmanin qui a commencé à expliquer qu’Il allait s’asseoir sur le Conseil, le Conseil d'État et que le droit européen, il pouvait aussi, notamment pour la reconduite à la frontière de certaines personnes, de certains migrants, il allait pouvoir s’asseoir dessus. Est ce que. Est ce que Bruxelles va faire peur à la France ?
C’est à dire ?
Oui, parce que je vois que tu dis le chat, est-ce que Bruxelles va faire peur à la France ? C’est à dire tu dis avoir des mesures qui soient contraignantes.
Mais en fait Bruxelles comme tu dis, je ne sais pas ce que c’est parce que la Commission européenne ne peut rien décider sans les États membres. C’est ça la réalité quand on dit Bruxelles, c’est ça. Les États membres et les chefs d’États et de gouvernements qui ont décidé. Donc, la seule façon la Commission européenne, elle est là pour faire respecter le droit et ce qu’ont décidé d’un côté le Conseil européen et de l’autre le Parlement européen.
En tout cas, ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd que tu rejoins cette commission sur des libertés. Alors là, je serai ravi de rendre compte de votre travail.
Avec grand plaisir, je reviendrai.
S’il y a des choses à raconter sur ce qui est en train de se passer.
Ça se passe dans les commissions
Bien sûr, je fais une photo de toi, ne bouge pas et après je te libère. Merci, Merci beaucoup.
Merci beaucoup. C'était un plaisir partagé, bien que fatiguée et on est tous sur les nerfs
C’est normal. Merci beaucoup d'être venue. J’envoie un petit spot de publicité maison bien sûr, et je vous reviens dans deux secondes.
