« Chroniques de l’injustice ordinaire » avec Ana Pich
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Bonjour Ana.
Salut.
Ah tu fais venir du monde.
il y a quelques copains qui sont très fans, qui regardent de toute façon.
Bonjour Ana.
Salut. Ça va ?
Oui, le même sourire qu’au mois de juin je crois, c’est ça ?
On s'était vu au mois de juin pour un débat sur les violences policières. Enfin un débat, plutôt une discussion.
Dans une très jolie librairie de la ville de Nantes.
Les biens aimés.
Et c'était organisé par les copains de Contre attaque et toi, tu étais avec nous et tu as fait quelques dessins en direct sur ton calepin ? Parce qu’en fait, c’est ton métier de dessiner.
Oui, oui, c’est un peu mon occupation principale quoi.
Comme tu sais quand dans les salles d’audience, il y a toujours des problèmes de police,. Donc là, j’ai ici une caméra pour filmer quelques dessins de ton album qui est sorti il y a quelques mois, Chroniques de l’injustice ordinaire chez Florent Massot Sais tu qui il a édité ?
Eh bien, il y a une petite liste, mais je ne sais pas si tu penses peut-être à Virginie.
Et voilà. Baise-moi. Virginie Despentes. C’est lui qui l’avait publié. C’est le découvreur de Virginie Despentes, le camarade Florent Massot. Et donc tu as pris le train de Nantes pour venir en studio et je t’en remercie. Et je le dis parce que l’idée, c’est qu’Au poste ne soit pas du tout une émission parisienne. Mais maintenant qu’on a un studio, effectivement, il faut que les invités puissent venir. Tantôt, ce sont les éditeurs qui prennent en charge leur transport. C’est le cas ici. Merci Monsieur Massot Florent Et puis, tant grâce aux dons, on peut inviter les copains à venir en studio, donc à côté de toi Pauline Todesco, d’autres dans l'équipe depuis trois mois et demi.
Bientôt quatre,
Donc aujourd’hui, c’est toi qui va avoir la lourde tâche de présenter le travail d’Anna. Moi, je serai là. Ana, tu as effectivement le chat ici, N’hésite pas à réagir. Tu pensais que tu allais être proc Et puis finalement tu crois que les proc c’est ça l’idée ou pas ?
Ah ouais ? Non pas du tout. Non, je n’ai jamais voulu être proc. Non. J’ai fait. Des études de droit. Ah oui, c'était une reprise d'études en droit. J’y suis allée parce que j’avais besoin de comprendre. Et aussi je voulais me former en fait, avoir les mêmes outils pour pouvoir. Je pense que pour parler. Pour pouvoir critiquer aussi l’institution judiciaire, c’est très utile d’avoir le même langage qu’eux. Oui, bien sûr. Et d’ailleurs on est souvent plus entendus quand on a le même langage. Et je vois même avec un master. Pourtant, je prends quand même certaines remarques sur ma légitimité à parler de justice. Donc non, j’ai fait des études de droit en pure réaction, en fait une certaine indignation envers l’institution et. Et oui, non, ça n’a pas été non plus vraiment pas été. Des études de plaisir quoi pour l’environnement, mais pour mes camarades de la fac de droit, ce n’était pas, ce n’était pas un plaisir.
Ce n’était pas un plaisir. Pauline au poste est entre tes mains. Attention, grosse audience ce matin. A toi de jouer.
Mais je suis ok, je suis là, je rebondis sur la question que vous a posée David. Du coup, vous avez commis ce travail pendant quatre ans, c’est ça ? Mais l’ouvrage est basé, si j’ai bien compris, sur les deux dernières années pendant lesquelles vous avez été sur les bancs des audiences.
Oui, je pense que c’est ça. Je pense que les plus vieux dessins qu’il y a dans le bouquin, ils doivent dater d’il y a deux ans, parce qu’en fait, ça a été assez long. Déjà, il y a eu les deux premières années de ces quatre années de recherche qui étaient, qui étaient plus une recherche universitaire où il y avait des illustrations, mais j'étais plus aussi dans une recherche théorique aussi, aller chercher aussi dans la littérature, dans toutes les revues scientifiques aussi, ce qui pouvait me donner des pistes pour essayer de comprendre les biais, les discriminations, ce qui pouvait influencer le processus décisionnel des magistrats. Et après ? Vraiment, pendant deux ans, ça a été vraiment que du pur dessin, de l’observation et. Et voilà. Donc ouais, plutôt deux ans. Et puis aussi il y avait cette recherche de comment retranscrire ce qui se passait dans les salles d’audience. Donc en fait, pour arriver là aujourd’hui, ce que je fais, c’est à dire j’essaie de représenter en bande dessinée chaque scène les plus marquantes du procès. Pour chaque étape, ça va être l’analyse des faits, ça va être l'étude de la personnalité, les réquisitions, les plaidoiries. Et donc là, j’ai trouvé ce format là qui m’est venu un peu comme ça au fur et à mesure, en fait, je commençais à inclure des bulles et puis, et puis donc j’ai trouvé ça comme format, le plus, le plus cohérent en tout cas pour que quelqu’un d’extérieur puisse lire un procès auquel il n’a pas assisté pour en essayant de voir à peu près comment ça se passait dans l’ensemble.
Alors je lis les notes de Pauline puisqu' elle avait pris des notes pour présenter ton ouvrage. Ce livre est à la fois un portrait de cette machine à broyer et un guide à l'égard des futurs justiciables. Par exemple, tu écris penser à confier un justificatif de domicile contre un travail à un proche avant d’aller en manif. Et il y a d’autres notes parce qu’il faut d’abord présenter le travail d’Anna avant de savoir pourquoi elle est là.
Tu vois ? Oui.
Alors de quoi il s’agit alors ?
Il s’agit donc je ne sais pas si c’est votre premier ouvrage. Donc de votre premier ouvrage, de l’injustice ordinaire, qui est donc par thématique d’infraction ou de délit, je dirais ou parfois de thématique comme le racisme que subissent les deux accusés qui sont composés de retransmission dessinée, de procès avec à chaque fois le rappel des faits. Donc vous nous prenez vraiment par la main, C’est ça qui est bien. Vous nous expliquez. Voilà donc telle personne, voici à peu près son profil. Donc en général, ce sont des personnes très précaires, par exemple des SDF, des personnes en situation irrégulière, des personnes sous OQTF. Et donc vous, nous, vous nous expliquez de quoi ils sont accusés parfois, ce qui s’est passé avant. Donc quand ils viennent de passer quinze jours en détention provisoire, quand le dossier le procès a été renvoyé par exemple, en tout cas, ce qui s’est passé avant Et ensuite, voilà, vous mettez, je pense, les remarques les plus saillantes, que ce soit de la défense, mais surtout de l’accusation. Et puis à quoi la personne est condamnée ? Très rarement relaxé.
Oui, j’essaie de retranscrire l’essentiel. Et puis après, j’ai que les informations qui sont données au cours du procès. Donc si on donne des informations sur l’avant, sur la détention provisoire, sur un peu la procédure, je vais les retranscrire parce que ça, ça me paraît très important. Mais voilà, je n’aurais pas plus d’informations que ce qui est dit publiquement à l’oral, à l’audience. Je n’ai pas accès au dossier de procédure par exemple.
Oui Non, mais du coup, ce qui est super intéressant, c’est aussi les éléments de preuve. Donc évidemment qu’ils sont retransmis comme vous dites pendant le procès, mais les éléments de preuve. Et en fait, force est de constater qu’il y en a souvent très peu, voire parfois contradictoires.
. Dire creux, c’est à dire présenter comme une preuve, mais qui en fait n’arrivent pas à attester de quelque chose, entre en contradiction avec autre chose. Et donc c'était une de mes questions. Mais voilà comment on peut. Comment c’est ? Possible en fait de pouvoir se retrouver avec ses accusations devant ses audiences, avec des dossiers qui sont. Vous nous montrez très bien aussi. Vides ? Complètement vides,
Alors là, il faut laisser parler un juge, je pense,
bien, en fait, c’est aussi ce que c’est aussi toute la procédure de comparution immédiate. En fait, ce que je retranscris le plus dans ce livre, c’est des procès en comparution immédiate. Et donc c’est une procédure accélérée et qui permet de juger les gens directement à la sortie de garde à vue. Donc généralement, on est sur des gens qui sortent juste de garde à vue, donc après deux jours en général, quoi. Et donc tout ce système là, le fait que ce soit un truc complètement expéditif ou qui repose donc souvent sur on fait ça part bien en amont de l’institution judiciaire, c’est que souvent, en fait, initialement, avant la comparution immédiate, ça repose souvent sur des délits de flagrance. Donc en gros des contrôles policiers au faciès dans la rue. Donc ça ne concerne pas n’importe qui. Moi je ne me fais pas contrôler en dehors des manifs dans la rue quoi. Donc déjà qui est plus susceptible d'être contrôlé dans la rue, donc qui a plus de risques de se retrouver en garde à vue puis déféré ? Il y a tout un tout, un nombre d'étapes en fait, qui font que n’importe qui déjà ne se retrouve pas déjà en garde à vue. Et en plus à la suite. C’est un choix du parquet de déféré en comparution immédiate. Et donc là, on fait, on sort des geôles du commissariat, on est emmené dans les geôles du tribunal. Je l’explique un petit peu en introduction pour que les gens comprennent un petit peu tout, tout ce qu’il y a derrière ce procès là. Et effectivement, pour les gens qui sont, qui sont déférés et qui se retrouvent là, donc en plus dans un box sécurisé, qui sont entourés de policiers, dans une dans une instance quand même, où la façade et la manière de se positionner et de s’exprimer va être primordiale parce qu’on est sur des audiences publiques et puis oral, cette liste éthique va avoir un enjeu primordial. Et là pour le coup, en fait, on a des gens qui sont cassés par la garde à vue parce que c’est de la torture, c’est le manque de sommeil, le manque d’hygiène, les violences bien souvent policières. Donc on a des gens qui n’ont pas dormi, pas mangé, qui sont dans des situations complètement fines, complètement bouleversé et qui se retrouvent là devant des juges après 48 h. Donc généralement, il n’y a aucune enquête, on ne peut pas faire une enquête. Donc il y a quelques procès verbaux réalisés par les flics, parfois les mêmes flics qui eux mêmes ont porté plainte pour rébellion. Donc en plus, il y a un conflit d’intérêt. C’est complètement absurde. Et donc effectivement, ce que tu disais, il y a oui, on se retrouve avec des audiences, avec des dossiers vides. Et en fait il y a cette différence d’exigence, de preuve, c’est à dire que pour certaines personnes, ça ne va pas déranger les juges apparemment de condamner pour 100 ans sans qu’il y ait de réelles preuves. Par contre, pour certaines populations, ça paraît impossible de condamner. Enfin pour donner un exemple, je ne sais pas si, mais l’autre fois il y avait un type, donc c'était une infraction sexuelle, c'était exhibition sexuelle. Le gars qui était chez plus agent immobilier qui gagnait 3 000 € par mois, qui roulait dans son et suivait et deux fois de suite il a suivi la même étudiante en se masturbant. Les faits sont prouvés la géo localisation, le bornage du téléphone, la la nana deux fois. Donc les deux fois où ça lui est arrivé ont couru au commissariat pour déposer plainte, il n’y avait aucun doute. Mais là, au tribunal et juste là, on n’est pas trop sûr quand même. Bon bah on relaxe quand même, dans le doute quoi. Alors que dans le doute, le nombre de comparutions immédiates où il y a jamais eu de relaxe alors que le doute était bon, c'était et c'était d’une absurdité totale, le vide de preuves quoi. Donc il y a vraiment une différence d’exigence, de preuve qui joue en fonction des gens et en fonction de leurs garanties de représentation, de leur, de leur insertion, de leur insertion dans la norme sociale aussi.
De leur classe sociale. Et puis c’est ce qu’on voit dans votre livre, s’ils sont racistes ou non.
Mais aussi bien sûr, ouais, il y a plein de pleins de biais qui impactent, qui imprègne les décisions de justice et aussi dans le choix, comme je disais, de contrôler, de déférer et tout ça. Et c’est des biais qui reposent sur des représentations sociales. Raciste. Voilà, on a grandi avec. Avec dans une société patriarcale, qui est raciste. Et donc ça, ça imprègne notre manière de voir les choses. Et quand il n’y a pas de remise en question et quand il n’y a pas de réflexion sur les biais qu’on a, en fait, on a des décisions qui sont racistes et qui sont sexistes et des manières de parler aux gens qui. Et voilà. Oui, c’est cette justice de classe aussi qui est évidente en fait, quand on passe un petit peu de temps dans les tribunaux.
Donc on peut commencer à parler, commencer par parler des comparutions immédiates et vous expliquer à quel point c'était une procédure qui était assez attentatoire aux droits de la défense, comme vous l’avez expliqué, c’est une procédure attentatoire aux droits de la défense parce que, comme vous l’expliquez, on est jugé dès la sortie de garde à vue. Il n’y a pas d’enquête, on est, on a été pas bien traités, voir maltraités, etc. Je voulais savoir est ce que vous savez s’il y a eu un moment où cette procédure s’est accélérée et si c’est quelque chose de courant dans les autres pays ?
Alors je ne serais pas capable de répondre Je suis je suis très mal, je suis très. Je ne suis pas du tout compétente en comparaison, sur ce qui se passe à l'étranger. Donc je pourrais, je ne pourrais pas répondre à ta question après cette procédure de comparution immédiate. Elle a été généralisée depuis Sarkozy, c’est à dire qu’on est dans la volonté de justice expéditive, radicale, radicale, extrêmement sévère, mais pas pour n’importe qui.
Et du coup pour rester sur les comparutions immédiates. Après j’aurais des questions plus par rapport aux thématiques. Mais est ce que y a quel genre de public y a t il ? Est ce que ce sont plutôt des journalistes, des gens qui soutiennent la défense des accusés ou est ce qu’au contraire il y a peu de personnes ? Comment ça se passe dans Où est le public ?
Où est la salle du public ? Et bien alors, quand on arrive à 14 h, généralement c’est assez plein parce qu’il y a souvent des classes scolaires qui sont menées par leurs profs. Et puis parfois il y a, il y a des il peut y avoir des soutiens. Alors les salles sont pleines Quand c’est des manifestants généralement qui passent, parce que là, il y a des collectifs qui sont derrière, ça a été relayé, mais pour toutes les personnes qui passent et qui sont les plus nombreux en comparution immédiate, des gens qui sont dans des situations très précaires et qui sont souvent isolées. En fait, c’est sur eux que s’abat la répression judiciaire. Eh bien la plupart du temps, c’est des gens qui vont là, qui ne sont pas soutenus. Et c’est et c’est terrible parce que parce que, du coup, c’est vrai que ça donne pas du tout, Ils n’ont pas ce soutien là qui peuvent quand même jouer, je pense, dans le regard des magistrats. Quand vous voyez que les gens ont du soutien, je pense que ça peut quand même influencer. Mais malheureusement, des personnes qui sont en situation régulière, elles n’ont pas forcément leur famille, leur proche qui est à côté et donc il leur font passer en fait les heures qui défilent dans la journée. Passé 17 h, il y a plus grand monde en comparution immédiate quoi. Il y a un journaliste de la presse locale quand même, Mais ouais, ça se vide. Et puis en plus, parfois ça dure tard dans la soirée quoi. Parce qu’en fait. On nous parle du manque de moyens, de la justice, mais par contre, ils sont capables de poursuivre un nombre incroyable de personnes pour des vols à la sauvette pour des trucs un peu enfantins. Pourquoi il y a un choix de poursuite quoi. C’est à dire que le parquet, ils nous montrent très bien sur les infractions économiques et financières, il le montre très bien pour les infractions sexuelles et sexistes, il peut classer sans suite, ça il le fait à 80 % pour les pour les agressions sexuelles, je crois à 70 % pour les infractions financières. Donc ils sont capables de. Il y a une possibilité, un choix de l’opportunité des poursuites. Il y a une possibilité de classer sans suite. Il y a une possibilité de recourir à des alternatives aux poursuites. Donc le choix de déférer quelqu’un, c’est vraiment dire, et puis en plus, vraiment, la procédure de comparution immédiate, c’est vouloir envoyer les gens en prison. Donc derrière ça, il y a une volonté politique de vouloir casser, invisibiliser, rendre silencieux toute une classe de population, tous ceux qui contreviennent un peu à l’ordre, à l’ordre social, à ceux qui. Toutes les personnes qui sont considérées comme marginales. Et donc on préfère les enfermer pour ne pas les voir et puis surtout ne pas mettre en danger notre petit confort,
Pauline, a expliqué au début que c'était à la fois des récits d’audience et une forme de guide. C’est-à -dire que tu décortiques et tu analyses en fait ce que tu vois. C’est à dire que les dessins c’est, c’est du reportage, c’est brut et puis il y a des analyses. Moi je propose qu’on feuillette le livre dans l’ordre des d’apparition sur scène. Il y a tout un travail sur le mobilier qu’on va décortiquer. Donc il y a au départ une forme. De guide rapide, de guide express pour essayer de comprendre de quoi il va, Il va s’agir, comment la justice travaille, la procédure pénale, des explications. Et puis on va rentrer dans le vif du sujet, juste derrière. Voilà, je crois que c’est là, voilà. Et tu démarres par en gros ce qui est le gros de ton travail, c’est de démontrer en quoi la justice est une justice de classe. Alors évidemment, ça remonte à loin, mais là tu tues, tu le décortique, il faut préciser En fait, les audiences, elles ont lieu où tu vas ou tu racontes les audiences ? Comparution immédiate, tu l’as dit, il y a aussi correctionnelle. Le tchat te demande : "Est ce que tu es allé ? " Est ce que tu es allée aux comparutions immédiates ? Bavard notamment à Paris ? Est ce que tu vois des différences quant aux justiciables. Quant aux dossiers. Quant aux traitements. Où es-tu resté dans ta ville de Nantes ?
Alors ? Il y a quatre ans, j’avais commencé la recherche donc à Strasbourg, que j’avais suivi pendant plusieurs mois les comparutions immédiates à Strasbourg. Après, j’ai travaillé au tribunal de Bobigny, donc là bas, j’ai suivi des audiences à Paris aussi parce que dès que je passe à Paris, je m’arrête vite fait au tribunal, je fais un peu de tourisme judiciaire. Et puis à chaque fois, en fait, quand j’ai l’occasion d’aller dans une ville, je vais, je vais voir ce qui se passe au tribunal. C’est un peu mon occupation. Je visite comme ça. Donc je suis allé dans quelques villes pour le suivi, là, des procès qui étaient, qui étaient liés aux luttes contre les méga bassines. J’ai pas mal suivi, donc j’ai bougé un petit peu. J’ai découvert un peu les Deux-Sèvres, Niort, Poitiers, La Rochelle et tout ça donc. Et puis en fonction un petit peu d’autres tribunaux que Nantes. En tout cas, pour répondre à la question.
La justice de classe a des mares notamment. Pauline, je te laisse reprendre la main avec cette histoire assez sidérante d’un militaire qui importe des armes qu’il a acheté sur le web, dit-il.
Donc là, on voit bien ta technique qui consiste à mettre en très grand les mots, les mots clés coupables, au revoir du mot d’emprisonnement, etc. Ça, c’est pour la page de gauche. Et là, il y a par exemple cette histoire de militaire. Pourquoi ? Donc là on est dans le dossier justice de classe. Après, je te laisse reprendre. Je l’ai. Voilà. Et donc le militaire, qu’est ce qui se passe ? Et pourquoi tu. Tu nous racontes cette histoire au départ, au début du bouquin ?
Oui, bien cette histoire, Moi elle m’avait vraiment choqué quoi. Parce qu’elle était passée comme ça, que plus en plus c'était en correctionnelle. Et puis même, il y avait une classe de scolaires, je me souviens. Et la juge je veux dire, ce n’est pas très intéressant comme affaire. Vous devriez les emmener en comparution immédiate. Donc la salle s’est vidée et j'étais toute seule dans cette immense salle quand même, de correctionnelle à Nantes. Et l’histoire ? Elle était. Mais. Mais si, si, je pense. C’est un scandale d'état, Je ne sais pas, mais en fait oui, parce qu’en fait, on ne s’est pas du tout posé la question si ce militaire en fait, qui emportait des armes de guerre depuis les États-Unis, qui emportaient même des pièces, donc pour rassembler des armes. Donc il n’y a pas seulement de la collection, il y a aussi de la fabrication, le mec donc il y a des perquisitions quand même. Chez lui, on trouve des grenades dans son linceul. Oui, mais j’avais oublié de l’armée, j'étais dans le train, du coup je ne les ai pas ramenés.
Alors cela dit, si je puis me permettre, là tu te moques de sa défense, mais tu prends pour argent comptant des défenses qui sont tout aussi absurdes. Mais on sent que tu as de la tendresse pour les ou les prévenus. Et donc parfois je dis donc.
Oui c’est faux et je suis un homme, je ne suis pas, je ne suis pas du tout neutre. Non, effectivement, j’ai un regard qui est aussi bien sûr militant et effectivement, oui, j’ai un parti pris.
Donc ce militaire, il importe des armes lourdes, il les achète, il en fait un trafic et finalement la justice va être assez clémente parce qu’il est militaire.
Oui, mais au point qu’on se dit que j’ai un parti pris. En fait, il y a moi. Je n’ai pas d’autres comparaisons de haut niveau, par exemple, là, du trafic d’armes qui soit comparable, quoi. C’est à dire qu’en comparaison, quand on trouve je ne sais pas, un fumigène dans le sac d’un manifestant, tout de suite, là ça devient presque du terrorisme. Par contre, là, les grenades où oui, il y avait, du coup il y avait une certaine empathie,
Quand tu disais qu’il y avait parfois des phrases que j'écrivais en gros et tout ça, c’est vraiment bien. C’est de la même manière que je parle en fait, de dire que j’ai observé le truc. Et parfois en fait, ça me met dans un état de sidération et de colère quand en fait ce n’est pas vraiment calculé de dire ça, je vais l'écrire en gros ou pas, c’est vraiment parfois je vais écraser mon stylo par énervement, par indignation. Et donc finalement c’est tous ces dessins là, ils ont été faits directement au tribunal. Donc ce que je trouve intéressant, c’est que du coup, ils représentent vraiment l’instant, le vif, le moment où en fait j’ai entendu la phrase, je l’ai écrite et le moment où en fait si je l’ai écrit de manière. Bien comme il faut, c’est que ça allait encore. Et puis quand je commence à écrire très gros,
Alors on parlera de ce que j’ai vu dans le tchat. Des questions sur la technique de travail, on en parlera à l’encre de Chine et tout ça. Et ce qui est dessus, on va par exemple je montre des images, une planche qui à mon avis date de 2022. Celle-ci parce qu’en fait on sent très nettement une évolution dans ton dessin qui dans ton dessin, dans ton lettrage. Enfin bon, on voit bien que heure après heure, jour après jour, les choses s’affinent. Il y a des. Il y a des. Il y a des permanences dont on parlera tout à l’heure. Pauline lâche des notes Vas y, à toi de jouer.
La fin je termine sur le militaire. Pour être clair, il avait écopé de dix mois de sursis et de 2 000 €. Donc effectivement, quand vous parlez de 36 000 parce que c’est juste pour dire les chiffres. Donc voilà. Oui, donc l’histoire est l’histoire de la pharmacienne. Donc en fait vous donner deux exemples si je me trompe, pas de d’accusés plutôt, comment dire, qui sont à l’opposé du profil habituel que vous décrivez. Ensuite donc ceux justement comme vous dites, qui sont un petit peu privilégiés. Et donc cette pharmacienne avait donc avait été violente, avait agressé une femme si vous trouve pas dans un aéroport cette femme donc qui avait été agressée, qui avait dû avoir dix jours d' ITT. Donc la peine maximale c’est trois ans de prison et 45 000 €. Et il y a un truc assez incroyable que vous décrivez et que vous rapportez, c’est le propos. Je sais plus, c’est du juge ou du procureur, mais qui dit ce n’est pas quelqu’un qu’on reverra au tribunal. C’est un peu une phrase qui veut tout dire et elle écope d’un stage de citoyenneté et elle n’a pas d’inscription au casier.
Oui, oui. Alors bien sûr, c'était en correctionnelle, parce que ce genre de personne là n’est pas déféré en comparution immédiate. Tu n’es même pas sûr qu’elle ait fait une garde à vue. Ou peut-être quelques heures. Mais oui, oui, je sais, cette formule qui revient à chaque fois qu’on juge d’ailleurs les flics, ça marche aussi. Là, je repense à ça parce que j’entendais. Comme là, je vais suivre le procès de Théo, enfin des flics qui ont compris qu’il était à Bobigny. Il y a ce cher maître Liénard, avocat de la police et qui défend le meurtrier présumé de Noël et qui dit oui mais ce n’est pas un délinquant ou il a encore les policiers qu’on mutile quelqu’un qui passe à la cour d’assises ? On entend encore cette défense Oui mais ce n’est pas des délinquants. Alors c’est qui les délinquants ? Si ce n’est pas des gens qui mutilent, qui viole, qui tuent ? Donc ça m’indigne énormément. Et effectivement, il y a cette espèce de. On considère que ces gens là, c’est là où il y a de l’empathie. C’est à dire que bah oui, mais là c’est laissé emporter. En fait, il y a un processus d’identification en fait, vraiment, on le ressent au tribunal. La juge, quand elle s’adresse à la pharmacienne, on voit qu’elle, elle se met à sa place, dit ah oui, moi, est ce qu’en rentrant de vacances, j’attendais ma valise à l’aéroport ? Est ce que ce que j’aurais pu péter les plombs et mettre dix jours d 'ITT était à l’hôtesse d’accueil ?
Et est ce qu’entre deux indignations, c’est à dire comment la justice s’opère, s’abat sur les pauvres et comment elle est plutôt clémente avec les riches ? Qu’est ce qui indigne le plus finalement ? Est ce que c’est la clémence envers les bourgeois ou est ce que c’est la rapidité, la sévérité envers les pauvres ?
C’est la différence de traitement déjà fait. Après, même si on en. Je ne souhaite pas une répression égale, non, j’aimerais ne pas choisir entre les deux. Je pense que ce système judiciaire et carcéral est à repenser complètement et donc non. Ce qui m’indigne en tout cas, c’est ce qu’on pourrait dire, c’est que les bourgeois, je dis bourgeois parce que là on parle du militaire ou de la pharmacienne, ils ont la capacité financière et autre de se défendre là où les pauvres ne l’ont pas, c’est des avocats commis d’office qui bredouille un peu. Enfin, on en voit quelques-uns dans ton recueil finalement, c’est ça qu’il faudrait que tout le monde puisse savoir, c’est-à -dire les moyens de se défendre réellement et d’avoir une justice qui serait équitable.
Du coup, je peux poursuivre avec l’exemple que tu es en train de montrer. C’est ça ? Du coup, ce n’est pas une question.
Pardon.
Le premier chapitre concerne donc celui de la justice de classe et du coup, et les prochains exemples que vous donnez.
Bien sûr bien sûr, et les prochains exemples.
que vous donnez sont donc ceux des personnes justement qui sont plus précaires et qui ne bénéficient pas du traitement dont on vient de donner l’exemple avec la pharmacienne et le militaire. Et notamment cet exemple, alors que vous mettez en exergue en plus haut de la page. Donc là on est en train de le voir. Donc c’est le titre. On lui reproche un vol à l'étalage pour un montant de 2,99 € et c’est la raison pour laquelle cette personne comparaît. Et c’est un jeune homme précaire qui a un casier pour alors qu’il a un casier pour vol, extorsion et menaces. C’est honnête de le dire, mais il n’est pas jugé pour ça. Il est jugé pour un vol à l'étalage de 2,99 € et du coup le procès est reporté. Mais en attendant, il part un mois en détention, donc on ne sait pas la suite. Mais déjà il part un mois en détention pour ça.
Oui, en fait, tous les débuts en audience, quand vous arrivez en comparution immédiate, généralement à 14h, on va passer en priorité. Donc, les gens qui sont détenus, qui sortent de garde à vue, et donc il y a la possibilité. Alors, on ne peut pas refuser la comparution immédiate. Par contre, on peut demander un renvoi et. Mais là donc, beaucoup de conseils, notamment dans les collectifs militants, on dit surtout qu’il faut refuser la comparution immédiate et tout. C’est un truc effectivement qu’il faut faire, mais qui pour des personnes comme moi, qui suit, qui suit blanche, diplômé et donc privilégié, oui, je peux. Et puis il y a un logement qui est, on va dire inséré. Voilà, c’est pas vraiment un métier, mais en tout cas je peux me permettre de demander un renvoi sans risquer la détention provisoire parce que j’ai des garanties de représentation. On en parlait un peu tout à l’heure, mais et alors que certaines personnes en fait, faut avoir conscience de ça. Je ne dis pas qu’il faut demander ou pas un renvoi, je ne suis pas du tout avocates donc, mais c’est juste qu’il y a ce deux poids deux mesures et qu’il y a certaines personnes quand elles demandent un renvoi de fait, automatiquement ça va être un envoi en détention provisoire quoi. Et même pour des faits ultra. Et je repense encore Aliénor, parce qu’en fait j’entendais quand tu parlais de la détention provisoire du flic qui a précisément prétendument tué et il s’indigne de la détention provisoire pour de la détention provisoire en disant mais ça, ça doit être, c’est une mesure exceptionnelle et tout ça. Bah oui, au fond, un meurtre c’est quand même. Voilà. Par contre, pour deux 99, on en voit aussi pour pour les personnes qui ont des troubles psychiatriques,
Ça s’en va en parler. Ah oui, parce qu’il y a un chapitre.
Mais il y a un chapitre sur la détention provisoire.
Et je rebondis sur des questions sur les questions du chat. On te demande si tu as vu le film de Depardon sur les comparutions immédiates,
. Oui, ça commence à être vieux.
Oui, c’est un peu vieux.
Ça doit dater d’il y a dix ans.
Ah non, plus que ça,
Ah ben oui, je l’avais vu.
Est ce que c’est une source d’inspiration ? Et Sentiers battants alors te demande de ne pas euphémiser, ne pas dire détention, mais dire prison et te demande si tu condamnes les violences. Parce qu’il n’a pas entendu dans ton propos liminaire si tu as condamné les violences et c’est important de préciser où tu en es par rapport à ça.
Qu’est ce qu’on condamne ? Quelle violence ?
Donc ça c’est une blague.
En fait, tu fais comme ça, là, tu dénonces les violences judiciaires.
Oui, oui, Violences oui, judiciaire et policière. Mais c’est vrai que c’est une punchline qui revient assez souvent des cotes des juges, notamment les manifestants, des manifestants, les juges qui s’adressent. En plus, ça n’a rien à voir. Mais pour être jugés, il faudrait qu’ils se prononcent sur l’ensemble des dégradations qui ont été commises en manifestation. C’est comme si on jugeait quand même des personnes individuelles. Donc en fait, l’ensemble des dégradations qui ont été commis sur une manifestation de 50 000 personnes.
Alors tu parlais à l’instant d’un avocat connu, très connu des policiers. Et en fait, ce qui m’a vachement intéressé dans ton bouquin, c’est que reviennent plusieurs fois des avocats. Alors tu ne donnes jamais les noms, ni des magistrats, ni des avocats, ni des prévenus, mais j’imagine que c’est bien leur visage, donc ils peuvent se reconnaître. Mais est ce que l’on savait ses coups ? Mais je n’avais pas envisagé qu’il y avait de maître Liénard ou autres dans les juridictions. C’est à dire qu’il y a partout en fait visiblement des avocats ou des avocates qui sont spécialisés dans la défense des policiers.
Oui, ça devait être un super fond de commerce parce que vu le nombre de notamment en comparution immédiate, le nombre d’affaires ou en fait, il s’agit juste du trio gagnant violence, rébellion et outrage. Et en fait, ça permet de donner de belles sommes, des bons 13ᵉ mois à la police, mais après ils ne font pas que ça. Je ne citerai pas de noms
Du coup oui, le second chapitre c’est celui sur la répression des militants politiques. Donc vous vous expliquez à quel point. Ces procès en particulier sont une façon de criminaliser l’action politique. Mais vous précisez bien pour les militants de gauche, ça c’est quand même important. Et du coup, il y a des choses vraiment frappantes qui ressortent de ces procès de tous, mais de cela en particulier des propos dingues comme j’ai noté, j’ai pas su le dire autrement. Du coup pourquoi pas. Du coup, pour commencer sur cette partie, j’ai relevé deux citations. Donc la première pour avoir participé à une maraude dans un squat pendant la pandémie. L’officier du ministère public donc c’est celui qui représente l'état dit à l’accusé, je cite Concernant l'état de nécessité qui permettrait de s’affranchir de la loi, il faut un danger grave et imminent. Or, ces personnes ne mouraient pas de faim.
Oui Si vous voulez réagir, c’est là.
Puis après la deuxième euh oui C'était lamentable. Donc j’ai plus exactement la situation en tête. Mais en fait, c'étaient des militants et militantes qui avaient donné des tentes, qui avaient prêté des téléphones pour pouvoir joindre le 115. Donc dans une situation de détresse de plein de gens qui étaient à la rue, en plein confinement il me semble. Donc et donc là on leur a dit bah non mais en fait ça allait, ils ne mouraient pas de faim quoi, dans l’ici et maintenant, Quoi donc ? Enfin en fait c’est des gens qui sortent ça, ils ont jamais été à la rue, ils ont jamais faim, ils ont jamais été dans des situations de précarité extrême et ils donnent, Ils se permettent en fait de donner leur avis sur l'état de nécessité, en fait qu’ils ne connaissent pas en fait.
Après on va voir des cas plus précis en particulier. Mais un second exemple, là encore une fois très frappant, différent mais très frappant, c’est l’avocat de la police. Je soupçonne que ce soit la même chose à chaque fois parce que les dessins ne laissent que peu de place au doute.
Attention n’oublie pas que les avocats ne défendent pas que des innocents. Je veux dire, tout le monde a droit à un avocat.
Oui, oui, c’est toujours la même chose.
Après il se trouve que certains avocats vont parfois défendre l’indéfendable mais vont ou vont se permettre de pas dire ne pas attaquer les victimes, pas avant. Voilà une certaine décence dans les propos. Je pense notamment aux avocats qui défendent des auteurs de violences conjugales. Enfin, c’est parfois extrêmement difficile à entendre la défense de ce type là, mais pour autant, il faut qu’il soit effectivement représenté. Mais il y a deux manières de le faire. Il y a certains avocats qui vont avoir la décence de ne pas cracher sur les victimes pour défendre d’autres et d’autres qui ne se gênent pas du tout. Donc il y a des postures différentes à avoir.
Alors c’est marrant que vous disiez ça parce que c'était justement l’exemple que j’allais donner. Du coup, c’est l’avocat de la police qui dit à l’avocat de la défense à propos d’un prévenu accusé de violences sur les forces de l’ordre. Sans hésiter, je précise oui, mais bon. Et qui aurait aussi participé à un attroupement après sommation de se disperser ? Je cite C’est marrant parce qu’il a l’air tout doux ton client, mais en fait c’est un connard ça.
Ouais ben on me l’avait beaucoup reproché J’avais pris des remarques en plus au tribunal par d’autres avocats et je ne vais pas citer de noms, mais je vais rester là. Mais j’avais pris des remarques. Oui mais tu retranscris des propos qui sont hors du cadre de l’audience, mais en fait. Donc moi j'étais à un mètre derrière ces deux avocates là. L’avocate de la police le dit hyper fort en salle d’audience publique. Alors effectivement, il y a une tension d’audience, mais je pense une volonté quand même que je l’entende. Puis bon, ça faisait quand même quelques mois que je venais et je savais que j’allais retranscrire ça donc. Puis voilà. Moi je considère que ce qui est dit dans une salle d’audience.
Donc en fait. Il a entendu. Il faut rappeler que tu bénéficies de la loi de 1881 qui autorise les dessinateurs de presse à venir. Parce que c'était ça le terme à venir croquait les procès à l'époque, la photographie existe à peine, mais bon. En tout cas, ce qui est, ce qui est autorisé, c’est le dessin. Aujourd’hui, les appareils photo, les caméras ne sont autorisées qu'à l’ouverture du procès ou les gens ou sur autorisation. Voilà. Mais en fait, pour avoir une représentation picturale, y a que le dessin dont toi tu bénéficies. Tu viens régulièrement et les salles d’audience, même celles qui sont grandes à un moment donné, le fidèle, la fidèle qui revient, elle est repérée. Et toi ? En plus, avant ce livre, tu publies certains de tes dessins sur les réseaux sociaux, sur certains sites. Donc il y a une visibilité publique. Et ça, ça t’est reproché parfois par des magistrats, par des avocats. Ça, c’est le premier point. Est ce que tu peux raconter ce qui t’est reproché ? Et le deuxième point, c’est est ce que tu considères que ta présence modifie le déroulement des audiences ?
Maintenant, moi je pense que c’est une question. Sur ta première question, c'était oui comment ? Ou sur un des retours et de ma présence au début. Au début ça allait parce que je pense un petit bien un peu sexiste où on disait que j'étais une gentille dessinatrice apolitique, que du vent. Je ne faisais pas trop de mal avec mes petits dessins. Puis en fait, quand j’ai commencé à comprendre qu’il y avait quand même derrière une démarche sociologique, une critique politique de l’institution, là il y a eu quelques petits retours, mais, puis je me souviens aussi, je m'étais fait pas mal attaquer aussi sur le tuto garde à vue parce que j’avais dit que voilà, fallait quand on connaissait pas les avocats avec qui on avait affaire, il fallait prendre conscience que bah voilà, prendre conscience en tout cas qu’on con, qu’on connaissait pas les gens qu’on connaissait pas. Même si c’est son avocat, bah il fallait faire attention à ce qu’on disait quoi. Et du coup, c'était un reproche d’attaquer les commis d’office ou pas du tout en fait ? Parce que il y a d’excellents commis d’office, c’est peu, c’est pas du tout, c'était pas du tout un jugement de valeur entre les avocats, mais juste dire dans le cadre militant, il y a des avocats en plus qui sont pas nécessairement formés à la défense collective, parce que là je m’adresse aussi souvent à des militants et donc qui vont avoir, qui vont être très bons pour vous donner des, des pistes pour vous défendre individuellement, mais ce sont penser au collectif. Donc ce n’est pas qu’il ne faut pas leur faire confiance, il ne faut pas leur faire confiance dans le sens où peut être qu’ils vont essayer de vous protéger vous, mais sans penser à avoir une défense collective.
Est ce que sur le même sujet, vous avez subi des menaces, des intimidations quand justement ils se sont rendu compte que quand vous dites que vous étiez dans une démarche militante et engagée.
Ben oui, il y a eu cette histoire un peu marrante sur le moment, ça ne m’a pas du tout fait rire mais je sais pas bouger le micro. J’avais mis au début du bouquin ce qu'était descendu de l’estrade et puis pour me dire à quel point mon travail était pitoyable et. Mais en pleine salle d’audience, devant tout le monde. Et ce qui est drôle, c’est qu’absolument personne n’a bougé. Il y avait deux avocats dans la salle. Ils n’ont absolument rien dit des flics. Il y avait le prévenu qui était dans le box sécurisé, qui ne devait pas comprendre ce qui se passait ni pourquoi. Pourquoi le proc s’attaquait ? En plus, j'étais assise au bureau des journalistes, donc il y avait eu ça après moi, j’avais fait un signalement au parquet. Il n’y a pas eu de nouvelles évidemment, mais. Et puis en fait, la fois d’après, on était venu avec plein de copains pour dessiner. Donc voilà, ça avait été une petite riposte artistique pour dire oui, désolé mais en fait on a le droit de venir vous dessiner quoi. Donc vous n’avez pas d’avis à donner là-dessus et surtout pas d’intimider. Voilà, il y a une liberté d’expression en France, il y a eux normalement.
Et sur le fait que ta présence puisse modifier la donne ? Oui, parce que, par exemple, Pauline était sur le chapitre des comparutions politiques, on va dire des manifestants etc. De gens qui sont. Poursuivis pour participer à des manifestations, Il y a un moment donné, un magistrat, je crois que c’est le proc qui pour affirmer que telle personne appartient au black bloc, ça a son élément, c’est à dire la salle est pleine hein ? Sous entendu vous avez des camarades qui viennent vous soutenir, c’est que c’est bien que vous faites partie du Black bloc mais que vous n'êtes pas tout seul, Est ce que ta présence d’après toi modifié ? Est ce que par exemple il y a des avocats qui te demandent d'être là en disant quand tu seras là, le procureur ou la juge ou le juge va être un peu plus cool ?
Non. Alors il y a quelques avocats militants qui peuvent me donner quelques, quelques, quelques infos, mais sans jamais dépasser aussi le secret professionnel. Mais en fait, moi, comme j’y vais systématiquement, je ne choisis pas les audiences auxquelles j’assiste ou à part quand je vais aller à Niort où pour un procès en particulier. Mais donc après oui, c’est une vraie question. Est ce que maintenant c’est pour ça aussi que j’essaie le plus possible d’aller dans d’autres villes aussi ? Parce qu’en fait, là, maintenant, quand les phrases sont prononcées au tribunal, ils savent que je suis là. Donc ça veut dire qu’ils ont envie que cette phrase. Du coup, ce n’est pas Il y a Je ne sais pas. Je pense que ça crée un autre biais, c’est-à -dire qu’ils savent que ce qui ce qui va être dit va être retranscrit. Et puis je pense que le parquet doit savoir quand même certaines punchline qui moi me choquent et ils ont l’air assez fier de dire que la prison, ça sert à préparer son avenir. Enfin, moi et moi, c’est le genre de trucs qui savent que ça va être retranscrit.
On te demande. Pensez vous que les avocats, les magistrats, n’aiment pas ton travail dans un souci d’image publique de leur profession ? Est ce que c’est pour cette raison un souci d’image publique de leur profession ou est ce plutôt sur le plan personnel ou ils ont du mal avec l’image que vous leur donnez à voir en miroir ?
Ben oui, je pense qu’il y a un peu des deux. Après, je pense que ça peut prendre aussi des dimensions un peu un peu personnelles. Il y a une autre anecdote que j’ai un peu plus personnelle parce que j'étais en garde à vue l'été dernier pour toute autre raison. Mais en fait, dans mon sac à dos, j’avais des crayons.
Donc on continue.
on se visualise au milieu d’un arbre et tout va bien en fait. On est à nouveau dans la justice politique ?
La répression des militants politiques
. Vous décrivez le procès de cinq manifestants de Sainte Soline. Et donc ils sont accusés d' attroupement en vue de commettre des dégradations ou des violences. En fait, vous expliquez que c’est un petit peu le procès pour cinq personnes. Alors là j’ai plus le chiffre en tête je crois. 6000, c’est ça ?
La première manif de Sainte Soline me semble en octobre 2022. Ouais c’est ça.
Ce n’est pas la grande
C'était quand même une manif
Et donc en fait, il y a une demande de renvoi de la part de la défense qui est refusée et la défense décide de s’en aller. Donc là, la salle se vide, à part les journalistes, vous précisez et en partant ils disent vous faites de ce procès une parodie. Et donc le procès continue sans eux. Et étonnamment, des vidéos sont diffusées où personne n’est identifiable. Donc c’est là où on. C’est là où je disais cinq personnes pour tout le monde, c’est à dire que personne n’est identifiable, mais voilà, on en a cinq et du coup. Et donc il y a un seul témoin qui, si je ne me trompe pas d’abord, refuse de témoigner puisque tout le monde est parti mais se fait mettre un peu la pression pour finalement témoigner et finit par dire mais le problème c’est les gendarmes.
On a empêché les gens de s’exprimer. S’il n’y avait pas eu, les gendarmes n’auraient pas eu de problème. Il parle de dictature. Et il dit c’est. Cette violence a permis d’instaurer un débat public. Et le procureur alors là, vous l'écrivez en gros et ça m’a marqué, rien ne justifie la violence. Bon, et ensuite, la grandeur de notre pays, c’est le vote, c’est la liberté. On voit plus le rapport avec les racines.
Ah oui, parce que d’un côté, pourquoi on irait manifester ? Parce qu’on peut voter ? Alors je ne sais pas, il a peut-être pas entendu parler de 49 trois, je ne sais pas. Et ce qui est marrant, c’est que l’autre fois, il y a un type qui est passé la semaine dernière je crois, où parce qu’il avait mis un commentaire sur Twitter. Bon effectivement, qui était qui était assez agressif envers la police, mais donc qui passe pour je ne sais plus, c'était menaces à commettre ou incitation à commettre un crime, je ne sais plus, mais le juge lui répond mais en fait si vous n'êtes pas content, vous pouvez aller manifester. Donc en fait, dans certains cas du coup. Donc non, on n’écrivait pas n’importe quoi sur Twitter. Par contre aller manifester, mais quand on va manifester, non, En fait, vous pouvez très bien aller voter. Mais oui, oui, les procès de là, c'était le premier cas à la suite de la première manifestante. Soline donc est retranscrit dans le bouquin, mais depuis, du coup il y en a eu pas mal d’autres. Effectivement, c’est toujours c’est des procès qui sont hyper intéressant parce que parce que très politique, donc c’est long, il y a des témoins qui arrivent, il y a aussi toute une puisque derrière en fait c’est la question de est ce qu’on doit légaliser les réserves de substitution ? Donc il y a aussi tout le côté scientifique des militants écolos qui vont expliquer l’impact sur la biodiversité. Donc c’est hyper intéressant. Mais on revient toujours à la question : est -ce que vous justifiez les violences ?
Dans la justice de classe, il y a cette forme de morale qui est donnée. Pauline vient de donner un exemple. Il y a aussi le procureur dans un autre procès politique qui, à un moment donné, s’adresse aux prévenus et dit Maintenant, j’espère que Monsieur a bien compris ce qu’est la démocratie. C’est à dire que c’est le ministère public qui représente la société, qui représente l'État et la société. Et donc il y a. Et ça, par exemple, si ces interpellations morales, tu les retrouve pas quand il s’agit d’un architecte qui vient d’une pharmacienne de centre ville.
Non, ce n’est pas des délinquants. Vous faites. Oui, oui. Je ne sais pas si tu veux que je développe. Oui, il est incroyable et en plus je crois que le gars avait été relaxé il me semble non ? Sur cette histoire là,
Mais bien. Le tribunal rejette la demande de nullité et vous relaxe des faits reprochés. Vous pouvez en disposer.
Voilà donc en fait le procès en train de dire voilà donc une petite garde à vue en déformant un procès. Donc voilà, c’est ça la démocratie. Donc voilà, si vous n'êtes pas reconnu coupable.
Oui, vous notez souvent. Alors je vais donner un exemple dans un cas, mais juste un petit truc vous expliquez souvent, vous donnez souvent les dates de naissance des personnes et je trouve que c’est important parce que c’est vraiment très, très, très, très souvent des personnes très, très jeunes. Là par exemple, c’est une personne née en 99 et la prochaine dont je vais donner l’exemple est née en 2001. Et donc là on est dans le cadre de la répression des militants politiques et il y a vraiment cette idée. Voilà, c’est des militants politiques, ils sont très jeunes. Et donc je. Est ce que. Est ce que je veux dire cette jeunesse joue dans peut être leur précarité, leur difficulté à se défendre ? Peut être. Quand on a 23 ans, on ne se défend pas de la même manière que si on en a 40. Que ce soit en termes financiers ou pas
Là, du coup, tu parles plutôt du côté de la répression des militants, oui, qui sont qui sont très jeunes, oui. Bah après oui, je ne sais pas s’il y a des statistiques sur la moyenne d'âge dans le bloc, Je ne sais pas, peut être aussi. Je ne sais pas. Pourtant, ils sont censés courir vite, Je sais ne pas dire non.
Non mais c’est parce que voilà, vraiment, il y a, comment dire, des gens extrêmement jeunes à chaque fois et c’est un peu choquant, mais voilà. Donc un jeune homme né en 99 qui est accusé d’avoir résisté à une interpellation mais important dans le cadre d’une nasse. Et en fait, au début du procès, la défense rappelle l’illégalité de la noce, donc qui devrait. Je sais plus si on demande la nullité de la procédure, mais qui devrait. Valoir quelque chose, puisque cette interpellation qu’elle a résisté est faite dans un cadre illégal. Et il y est reproché aussi d’avoir donné un coup de pied à un policier et d’avoir porté un cutter dans son sac. Il explique par la suite qu’il est étudiant aux Beaux-arts et que le cutter. Voilà. Mais c’est là n’est pas le sujet. Donc je cite l’accusé qui dit j’ai reçu un coup de bouclier, des gens se sont fait saisir par les parties génitales sur plusieurs mètres et donc ils racontent que ce coup de pied a été fait dans un contexte d’escalade très violent de la part des forces de l’ordre et que c'était en gros de la légitime défense. Et tout à l’heure, je disais qu’il y avait des. Des propos un petit peu dingues. On y revient. L’avocat de la police dit donc, je la cite La nasse, c’est une bulle protectrice que les policiers vont essayer de créer. Il y a un nombre très important de blessés du côté de la police, beaucoup plus que chez les manifestants. Et plus tard, vous avez compris que vous comparez ça en tant que prévenu et non pas que victime. Donc maintenant, on va à l’essentiel.
Bien, cette affaire là, il faut rappeler le contexte parce qu’il y a normalement, je l’espère, il y a encore l’IGPN qui est dessus parce qu’il y a eu des agressions sexuelles qui ont été commises lors de cette tuerie, et en plus on parle. Donc c'était à Nantes et c'était une noce qu’avait suivie une action sur le périph. Mais du coup, en fait les militantes et militants étaient en train de rentrer en fait. Donc l’action était finie et en plus on était au bord d’un fleuve. Donc on se souvient très bien de ce qui s’est passé pour Steve et de. Donc ça, je pense que ça a créé quand même un truc de panique dont moi je n’étais pas mieux dans une dans une nasse, donc au bord d’un fleuve. Et il y a eu des agressions sexuelles qui ont été commises par des policiers et sur plusieurs personnes. Alors il y a eu des. Je crois qu’il y a eu des plaintes qui ont été déposées. Et donc l’IGPN a lancé une enquête sur ce sujet là. Donc là, quand le gars y comparaît pour avoir pour rébellion, je crois, ou Et vous voilà pour un coup de pied, il y a quand même une enquête qui est en cours sur les agissements de la police, des agissements quand même, des accusations qui sont gravissimes. Et donc, cette audience-là, elle était en plus passé à 23 h je crois, je ne sais plus à quelle heure ça avait commencé, ce procès, mais tout ça, la salle était remplie de militants. C'était un procès. Voilà. Mais ce contexte là était intéressant. Je ne sais pas s’il y a eu des nouvelles depuis, j’ai rien entendu depuis sur. Je compte te concernant sur cette affaire d’agressions sexuelles commises par la police. Donc on attend.
pour finir sur cette affaire. Vous vous mentionnez qu’il y avait peu, ça se passait que la nasse s'était produite aux abords de si je ne me trompe pas, c’est l’Erdre, c’est ça ? Et en fait, c’est incroyable. Donc là je n’ai pas mis toute la citation, mais en gros, l’avocat de la police dit que c’est une bulle protectrice qu’ils vont créer pour empêcher les chutes dans l’Erdre et on se dit mais si ! Si les gens ne sont pas menacés par une nasse. Il ne faut pas tomber.
Donc on revient à l’absurdité que tu racontais sur la défense du trou boueux 200 souligne quoi ? C’est-à -dire qu’en fait. Donc ouais, c’est improbable comme défense. Donc on est en train de nous dire que les flics sont là pour les protéger de tomber dans l’Erdre, mais en fait juste, ne soyez pas là pour casser vous. Bon, mais là c’est la même question. Un centre solide où on est en train. Mais en fait, s’il n’y avait pas eu de flics, il y aurait eu quoi comme dégradations en fait ? Il y aurait eu des choux, des croisés, il n’y aurait pas eu des gens dans le coma, des gens qui ont été mutilés, quoi, quoi pour défendre un troupeau. Et il y a des avocats qui l’ont très bien dit lors des différents procès. À quoi sert la présence de la police ? Leur violence ? Les armes de guerre ont été utilisées.
Et donc. Et donc juste pour dire, on parle du déroulé du procès. Mais ce qui est important, c’est aussi les condamnations qui en résultent pour l’exemple qu’ont donné tout à l’heure des accusés par rapport à saint Soline. Ils ont respectivement deux et trois mois de sursis et d’interdiction de séjour dans le département. Et là, pour l’exemple qu’on vient de donner la nasse sur les bords de l’herbe, la personne a eu six mois de sursis.
Oui, je crois que fin juin, il me semble qu’il a fait effectivement appel à eux. Parce que ça c’est énorme comme six mois de sursis. Parce que quand même, les militants, même s’il y a cette répression, c’est l’utilisation de la comparution immédiate. Voilà la garde à vue et les violences policières qui subissent souvent les peines. Du coup, comme là en l’occurrence c’est un étudiant blanc, les peines sont quand même pas aussi hallucinantes que. La majorité des gens qui passent en comparution immédiate, il y a quand même une différence de traitement, même si c’est des personnes souvent blanchies, diplômées, qui passent en comparution immédiate, les peines sont quand même moins élevées, font voir beaucoup moins rarement de mandat de dépôt. En fait, donner quoi ? Et. Et voilà, le mandat de dépôt. Il est aussi lié aux garanties de représentation. Donc en fait, quand vous avez un logement, un travail.
Donc non, mais juste rappeler ce que c’est que le mandat de dépôt, peut être parce qu’il y en a qui le savent pas, le mandat de dépôt, c’est pour expliquer que la peine qui vient d'être prononcée quand elle est ferme, donc, signifie que la personne le soir même dort en prison. En fait, c’est ça que quand on dit six mois ferme, par exemple avec mandat de dépôt, la personne va commencer sa peine le soir même. Oui, c’est ça, très violent.
Oui, oui, c’est qu’il n’y a pas de possibilité parce que parfois on peut être condamné à de l’emprisonnement et en fait on sort du tribunal et puis on a rendez vous avec le CPIP quelques jours ou quelques semaines plus tard pour voir. Est ce que c’est possible en fonction de nos garanties de représentation ? Est ce que c’est possible d’aménager la peine sous bracelet électronique par exemple, ou pas ? Et donc, est ce qu’il y aura, il n’y aura pas forcément incarcération.
Je voudrais m’arrêter deux secondes sur ce dessin où il est question de la bulle protectrice que les policiers vont créer. D’abord, je vais rebondir sur une question de Castor qui te demande est ce que les séances sont enregistrées pour retranscrire plus tard ou tout est fait sur place en direct ? En fait, tu l’as dit tout à l’heure, c’est pendant l’audience. Mais comment ça se passe exactement ? Parce que dans l’introduction, tu dis que tu es souvent recroquevillé sur ton banc. Là je vois très bien ton langage corporel. Je suis totalement recroquevillé comme ça. Est ce que c’est comme ça que tu es là ? Tu es venu avec un petit calepin ? Oui, attends, je vais te montrer plus. En voilà, là, on te voit bien. Comment fais-tu tes dessins ?
Oui, oui, je sais que je suis presque recroquevillée. J’avais écrit cet article. Ah non, c’est vrai, t’es mal. Est ce j’avais eu une prise de conscience ? Je vous ai amené par exemple quelques dessins de la semaine dernière. On voit, je fais un peu de l'économie de poche, c’est-à -dire que je dessine d’un côté, de l’autre. Donc je crois qu’il y a une première à faire dans un sens. Et puis après je l’ai retourné pour dessiner dans l’autre sens. Donc souvent, ouais, j’utilise là, j’ai trouvé ça dernièrement en fait, d’utiliser des carnets en format A5 et en fait je fais tout directement sur place, donc sur mes genoux, j’ai trouvé des pinceaux à réservoir, ce qui me permet de pas me balader avec un pot d’encre de Chine parce que j’ai très peur de le renverser la salle d’audience.
Et donc, par exemple, je prends cet exemple là. C’est donc comme c’est une sentence, c’est la Présidente qui dit ça, c’est la Présidente qui donne, là, qui donne la peine. A quel moment tu te dis je vais dessiner. La Présidente, puis je vais mettre une bulle, puis une deuxième bulle, puis une troisième bulle. Comment ? Parce que. Moi, j’ai été chroniqueur judiciaire pour Libération. Ce qui est magique dans les procès, c’est qu’en fait, on ne sait pas ce qui va se passer après, on ne sait pas ce qui va être dit. Alors on part avec soi-même ou avec les autres, etc. Mais il y a quelque chose qu’on n’a pas la main, on est spectateur, on ne peut pas interagir, on ne peut pas poser de questions où que ce soit. Donc à quel moment tu te dis tiens, je vais dessiner cette silhouette de sorte que je vais avoir la place de faire une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept boules. C’est le hasard. Comment ça se passe ?
Oui, ce n’est pas du tout réfléchi, c’est en fonction. Alors en fait, j’utilise comme toi le crayon noir pour écrire, mais en fait j’ai un crayon de bois aussi à côté. Donc en fait j'écris aux grands de bois, j'écris au grain de bois très à l’arrache, parce que j’essaie vraiment de. Je me tiens à essayer de retranscrire au maximum les phrases mot pour mot, parce que je trouve que c’est important, parce que parfois ça dit beaucoup aussi. Voilà. Les tics de langage aussi. Parfois je m’amuse un petit peu avec, avec certaines, certains, mais j’en ai aussi plein. Je ne sais pas du tout l’oral, mais oui, parfois je rigole un petit peu de ça. Des pros qui vont dire cinq fois de suite les faits sont caractérisés parce que oui, oui, les faits sont caractérisés. Je pense que des personnes qui disent toujours ça se reconnaîtront mais. Mais du coup en fait la seule modif que j’ai à faire après sur mes dessins en fait, c’est de gommer le. Voilà ce qui est écrit très rapidement quand je bois et dès que j’ai une minute, je réécris au crayon foncé un petit peu une espèce de marathon. Donc ça demande une concentration qui est assez. Mais ça me fait travailler la mémoire parce que d’un côté, en fait, je continue à écrire, à dessiner et en même temps je dois continuer à écouter ce qui se dit,
Du coup, comment s’est passée la composition de l’album puisque là, par exemple, cette avocate de la police, elle est en grand, elle est seule à l'écran, elle est seule sur une page. Là, il y a deux scènes, on va dire à gauche. Donc ça c’est la composition avec l'éditeur ou c’est toi ?
Alors là non, moi je n’ai pas du tout choisi. En plus je suis. Je suis vraiment très nulle en graphisme, je ne sais pas me servir d’un ordinateur, c’est assez catastrophique. Donc je remercie énormément la graphiste Beryl Walter qui s’est tapé un boulot de ouf parce que moi je lui ai envoyé un document à la base qui faisait 500 pages avec des dessins scannés en plus n’importe comment, puis voilà, c’est des dessins qui se font quand même. Moi j’ai un peu honte, je n’ai pas osé en fait trop regarder à l’intérieur depuis qu’ils ont été imprimés. Parce qu’il y a des dessins vraiment qui me paraissent tellement à l’arrache que si j’avais su que c'était pour faire un bouquin, j’avoue que je les aurais travaillés un petit peu plus. Mais. Mais je ne croyais pas que ça allait se passer comme ça. Et donc c’est elle qui a fait un énorme boulot du voilà, de deux choix, de deux de caler toutes les images pour que ce soit lisible aussi parce qu’il y a plein de trucs comme tu dis parfois. En fait, sur une image, il y a plein de phrases qui s’ajoutent et du coup c’est hyper chargé. Donc elle a réussi à un gros boulot et donc un grand merci à elle.
Alors je propose qu’on avance et qu’on aille dans le chapitre suivant qui concerne le racisme, le racisme dans la dent, dans la justice, un racisme systémique écris-tu ici ? Pauline, à toi de jouer.
Oui, donc vous, vous commencez ce chapitre en expliquant à quel point le 30. Le traitement des infractions par les étrangers, notamment en situation irrégulière, est particulièrement violent. Comme si, justement, cette irrégularité administrative était une circonstance aggravante. Et vous expliquer en gros cette équation précarité extrême mais pas d’attache familiale égale recours quasi systématique à la prison ferme et mandat de dépôt.
Oui, oui, il y a des situations comme ça. Lunaire, c’est le mot en fait. Et oui, je me souviens du tribunal de Bobigny. Ouais, un type comme ça, qui était, qui est qui repassait parce que donc il l’avait passé un certain temps en détention et du coup il n’avait pas pu en faire. Du coup, il n’avait pas pu refaire ses papiers à la préfecture. Donc il sort de prison sans papiers et et en plus avec un contrôle non pas un contrôle judiciaire, mais une interdiction d’aller dans un certain département. Et le département, c'était le département où vivait sa mère. Donc bah oui, le frère de cette fille là, il viole cette interdiction pour aller voir sa mère. Donc il se retrouve de nouveau devant le tribunal et là on lui dit vous êtes en situation régulière mais il dit mais en fait moi je suis. Je suis arrivé en France à deux ans, le mec avait 35 ans, ça fait 30 ans qu’il est sur le territoire français. Enfin ça n’a rien à voir en fait, il n’est pas fin et puis donc oui, oui, il y avait, il y a des absurdités comme ça en fait. Et voilà l’administration qui est complètement à l’ouest, des gens qui sont privés de. Ben il y avait ce jeune homme aussi qui avait qui s'était mutilé parce que, alors que, alors qu’on lui présentait une OQTF et qui était bloquée de pays en pays, c’est des situations de vie qui sont pour moi qui sont inimaginables, la détresse et l’isolement dans laquelle certaines personnes se retrouvent. Et puis on leur répond enfin. Et puis il y a un certain mépris où en fait les juges sont là, mais en fait il y a des associations qui sont là pour vous aider. Vous êtes allés voir telle association. C’est comme les juges qui vous disent, qui disent aux gens qui sont à la rue En fait, si vous avez faim, vous n’avez qu'à aller aux Restos du cœur. Tout leur semble très simple. En fait, il y a des vérités. Moi je pense que parfois faut assumer, ne pas connaître ces situations là, ne pas être en capacité de mes sens, même quand on n’est pas en capacité de comprendre quelque chose parce qu’on n’a pas vécu la situation. J’ai pas vécu la situation de précarité la plus totale, mais je pense, j’espère qu’on peut avoir quand même une capacité d’empathie pour essayer de se mettre à la place, même si c’est difficilement possible, mais au moins avoir un peu d’empathie et ne pas arriver avec ses connaissances du combat. Alors en fait, c’est très simple vous avez faim, Il y a les Restos du cœur, vous n’avez pas de papiers, bah vous allez à la Cimade et puis voilà. Les choses sont très simples en fait, au tribunal, à les entendre
Ben justement, cette affaire dont vous venez de parler. C’est vraiment une des plus choquantes en fait. Tout le monde, comment dire. Tous les exemples que vous donnez sont parsemés. De Citations, encore une fois absolument dingue de la part de l’accusation. Donc en l’occurrence, c’est un homme qui est accusé de s'être soustrait à une OQTF, donc une obligation de quitter le territoire français. Donc c’est vraiment en se mutilant avec un rasoir, quand la police des frontières est venue le chercher et la juge lui dit Mais pourtant vous avez signé l' OQTF. Il dit non, c’est faux. Ce sont les deux policiers là-bas qui l’ont fait. Là bas, c’est en face, dans la pièce, dans la salle. Ils les désignent.
On voit le dessin.
Et il ne se passe rien de plus. Et en fait, ils écopent de trois mois ferme avec mandat de dépôt. Donc il repart en prison le soir même et absurdité, il a une nouvelle OQTF pour trois ans. Donc c’est ça, ça. Parce que la première est périmée ? Voilà. Et en fait, on se dit qu’il y a une déshumanisation totale des accusés. Mais je trouve des accusateurs aussi parce que pou. Pour avoir l’attitude et les propos qu’ils ont eus par exemple envers cet homme. C’est eux même qui se déshumanisent totalement.
Oui, mais après il y a souvent ce retranchement derrière. Ben oui, mais c’est la loi, donc on applique la loi, mais c’est complètement absurde. Donc là déjà, vous êtes en train de mettre ou de condamner trois mois de prison, parce que le gars, en fait, il a voulu se suicider parce qu’en fait la situation est catastrophique. Voilà, je ne sais même pas qu’est ce qu’on peut rajouter à ça, à quoi faire un mois ? Il y a des moments où je sors du tribunal et bah franchement, je suis complètement démuni. Qu’est ce que, Qu’est ce qu’on peut ? Qu’est ce qu’on peut faire ? Qu’est ce qu’on peut ajouter à ça parfois ? Voilà, c’est pour ça. Parfois je ne mets pas de commentaire en fait sur ce que ça me laisse sans voix quoi.
Non, c’est d’ailleurs pour ça que c’est fort, c’est qu’il n’y a pas de commentaires. C’est une sorte de tourbillon parce qu’il y a quelque chose de l’ordre du maelstrom quand on feuillette le recueil, de la même manière que quand on assiste à des comparutions immédiates, c’est expéditif, ça va très vite, des destins sont brisés et là, toutes les deux pages, trois pages, on a une nouvelle affaire. Ça tombe, ça tombe. Parfois, il y a des affaires qui tiennent sur une page où des gens sont condamnés. Et il y a ce tourbillon dans la clientèle, pour employer le terme du jargon flic et judiciaire. Il y a les étrangers, on a des voix et puis il y a les mineurs. Alors c’est une sous clientèle, en partie des étrangers. Il y a, il y a donc les mineurs non accompagnés étrangers, puis les mineurs qui sont parfois soupçonnés de ne pas être mineurs et de vouloir échapper à la loi en disant qu’ils ont moins de seize ans, etc. Et donc il y a tout un chapitre sur les sur les mineurs.
Oui, enfin sur les mineurs étrangers pour le coup, parce qu’en fait, le tribunal correctionnel ou les comparutions immédiates, ils ne sont pas en droit. Il y a des tribunaux pour enfants, il y en a. Il n’y a pas le droit de juger des personnes mineures. Mais en l’occurrence, et parfois c’est cohérent. Et puis en fait, il y a une inversion de la charge de la preuve. Ce que je décris, c’est qu’en fait c’est censé être au tribunal de prouver qu’il y a des cas alors que je ne sais pas où, le prévenu et les parents en capacité d’apporter la preuve qu’il est mineur, d’accord, mais du coup on est dans le doute et pour le coup on condamne alors qu’en fait ça devrait être l’inverse. On est dans le doute, on n’est pas en capacité de condamner et on n’est pas en capacité.
Normalement, ça doit bénéficier à l’accusé.
Oui, c’est ça, c’est l’enfer.
Principe cardinal mais qui est démonté page après page. Ouais, le doute peut être en fait une circonstance aggravante. Par exemple, là je prends le titre, on ne peut pas apporter la preuve formelle de sa majorité. Donc ce sont des magistrats qui parlent d’un prévenu, mais il en a l’apparence physique et ça suffit, Oui, pour que le tribunal, dit on est en capacité de juger cette personne parce que selon nous, elle est majeure, alors qu’en réalité, si elle était mineure, si elle est mineure, le tribunal ne peut pas la juger.
Oui, mais souvent il y a cette inversion de la charge de la preuve. En fait, on demande souvent et puis c’est une remarque aussi qu’on entend souvent dans les violences policières. Bah oui, mais où est où là ? Il y a aucune preuve que la police a été violente effectivement, puisque c’est la police qui cherche les preuves, donc ça paraît difficile qu’elle apporte la preuve que. Voilà donc qu’il y a aussi en fait, un manque d’indépendance, d’instance qui soit totalement indépendante pour juger les crimes policiers notamment, et pour avoir un regard qui soit un peu plus, un peu plus indépendant. Parce que là, la justice, elle ne peut pas prétendre à l’impartialité et à l’indépendance.
Alors vous expliquez que, évidemment, le doute doit profiter à l’accusé dans le cas où un doute peut être émis. Mais ce qui est très intéressant, c’est que dans les exemples que vous donnez, les accusés ont parfois des actes de naissance, des pièces justificatives prouvant leur minorité. Donc j’ai noté deux exemples. Le premier, c’est deux mineurs étrangers accusés de vol et d’injures aux forces de l’ordre. Alors ils disent avoir des papiers qui prouvent leur minorité. Personne ne les examine. Et pour l’injure, il dit L’un des deux dit donc, je cite. J’ai juste dit qu’il était raciste. Je m'étrangler à cause de l’absence de médicaments. Je hurlais pour avoir un médecin. Vous n’avez pas les caméras de garde à vue pour voir ce qu’il s’est passé ? Donc on comprend que l’injure, apparemment, est corrélée à cette situation qu’il décrit et on l’accuse d’avoir insulté le médecin, ce qui expliquerait pourquoi on ne l’aurait pas soigné. Et donc on se dit ok, mais c’est encore une fois, c’est complètement. C’est complètement dingue. Non seulement la charge de la preuve est inversée, mais les causes et conséquences sont inversées aussi. Et en l’occurrence, ils disent avoir des papiers qui prouvent la minorité. Et en fait, peu importe.
Oui, oui et alors ? C’est horrible le nombre de personnes qui sont en garde à vue, en comparution immédiate. Mais en fait, il y a des caméras, on est filmé dans les geôles, Vous avez les preuves en fait. Donc il y a un refus, il y a une volonté de dissimulation de certaines preuves quand on ose nous dire mais en fait là, oui, on n’est pas sûr. Et puis en plus, c’est un procédé qui est assez connu. C’est à dire que, en cas de violences policières, souvent en fait, les flics vont déposer plainte pour outrage, violence, rébellion, ce qui va permettre donc là, les prévenus vont être jugés directement. Et puis si plus tard il y a une enquête sur les violences policières, bah on pourra dire bah oui mais lui c’est un délinquant, je trouve que ça ne suffit pas. Un père a reçu un enfant que vous avez reçu ici. Qui, qui, qui ? Qui explique ça très bien dans son livre. Et en fait c’est une stratégie du coup de pour, de, pour décrédibiliser les victimes. Et comme ça ne sont pas entendus et pour assurer l’impunité, notamment des violences policières. Et je parle de ça parce que là, si c’est des violences judiciaire et policière qu’il a subi en garde à vue et donc que c’est terrible, qu’est ce que, comment, comment ces gens là, ils s’en sortent avec cette vision là de la justice, Ils sont face à face à un mur. Et alors que, alors qu’ils ont subi des violences et que et qu’il y a avoir des preuves et qu’il y en a, il y en a pas quoi.
Alors en l’occurrence, ce jeune homme, il est condamné à deux mois ferme avec mandat de dépôt. Donc si effectivement il est mineur puisqu’il disait avoir des papiers le prouvant, ça veut dire que voilà. Alors régulièrement ou pas, ça je vous demande du coup mais on envoie des mineurs en prison en fait ?
Oui, certainement, mais je pense me voilà pareil que toi, je ne pourrais pas me permettre de faire des statistiques et je n’ai pas de preuves non plus à avancer donc. Enfin sur la minorité ou pas. Donc moi en tout cas, ce qui est ce qu’il y a une certitude, c’est que ce qui se passe en comparution immédiate est complètement attentatoire aux droits de la défense et au droit au procès équitable de manière générale.
Et les arguments qui sont avancés sont, sont donc pour. Comme David le disait pour dire voilà, on a l’impression qu’il est majeur, on entend mon donné. J’ai trouvé ça fou. L’avocat de la police qui dit-on dirait une discussion qui est tout à fait, comment dire. Qui n’aurait pas lieu d'être dans un tribunal qui dit que mon fils a 17 ans, il fait plus jeune. On se demande dans quel cadre cet argument a été reçu avec crédibilité.
Et du coup, on se repose sur l’erreur potentielle de doute. Bon bah voilà. Mais il y a une espèce de site de soutien dans la profession.
Et du coup l’un par exemple, et donc il est condamné à six mois de sursis. Ouf, c’est pas du fer avec un mandat de dépôt, mais. Mais ça veut dire que s’il est à nouveau. Entendu dans le cadre d’une autre affaire, mais il aura six mois, plus peut être d’autres peines.
Puis ensuite, il y a des risques. Enfin, je vois sur un autre qui est quand même une grande ville, hein. Bah en fait, au bout de deux ans, moi, le nombre de personnes, que des visages que je revois. Pourquoi ? Parce qu’en fait, c’est toujours les mêmes personnes qui subissent contrôles policiers qui vont, qui vont être faire la manche ou vendre un peu de stups par ci par là pour survivre en centre ville. Et puis en fait, une fois que leur tête est connue des policiers, parfois il y a aussi des petites vengeances personnelles. Il y a des gens qui disent mais en fait ce policier là, c'était celui qui m’a arrêté la dernière fois. Donc il y a, il y a aussi tout une espèce de continuum de surveillance et de haine et de violence. Et puis et puis bah en fait c’est les mêmes personnes qui comparaissent et du coup, les six mois de sursis, on pourrait se dire bon, on va se mettre un petit peu ouvert pendant quelque temps. Ben oui, mais du coup, son nouveau contrôle. Dans la précarité, parfois il n’y a pas d’autre solution que de vendre un peu de stups. Voilà. Donc contrôle, fouille et puis et puis bah le sursis tombe et puis et puis incarcération.
Bah justement, le prochain chapitre, c’est la répression des stups.
Vous expliquez que cette police est trop forte
Donc vous expliquez que sur fond. Fantasme d’insécurité, les peines qui sont prononcées dans le cadre de la répression des stups sont extrêmement lourdes pour des quantités de stupéfiants. On parle parfois de cannabis, ce n’est pas forcément de la cocaïne ou des choses comme ça, ça arrive, mais il y a aussi du cannabis en quantité comme vous dites, parfois très infime. Et donc, comme la répression des militants politiques est une stratégie pour criminaliser l’action politique, le seul moyen de surveiller et de réprimer les classes discriminées. Et en fait, les situations que vous décrivez. Enfin, les procès que vous décrivez donnent des décisions qui sont déjà disproportionnées. Et quand on les lit, on se rend compte à quel point elles sont aussi inutiles, voire dangereuses. Parce que vous parlez tout à l’heure de l’amende que cette fameuse on va en parler, ça les plonge encore plus dans la précarité qui les a conduits justement à commettre ces infractions.
Oui, oui, la répression des stupéfiants, je pense que c’est un exemple vraiment marquant pour eux pour parler de justice de classe. Parce qu’en fait, sous prétexte de faire de valeur morale, il faut éviter, il faut faire de la prévention contre les stupéfiants. Du coup, il faut réprimer. Sauf qu’en fait, si on voulait vraiment réprimer les stupéfiants, on irait à la sortie d’une boîte de nuit de luxe et là, tout le monde aurait de la coke sur eux ou à la sortie du Sénat apparemment. Là, on pourrait, on n’a pas de. Mauvais esprit ici, on n’a pas de mauvais esprit.
J’ai payé à ta santé que tu as peut-être assez bien tapé comme des prévenus. T’as dit à tout le monde.
Sur les bons petits soutiens de me soutenir là. Oui ben tu m’avais dit pas d’avocat, mais si t’es un peu punk, Tu m’avais demandé comment je viens, je t’ai dit tu viens sans avocat ?
Si c’est Pauline qui est commise d’office et voilà qui remplit très bien son rôle.
Oui, là. T’as vu ça, ce que je disais sur la répression des stups, c’est que c’est une fois encore deux poids deux mesures. En fait, sous prétexte de réprimer les stupéfiants, finalement, ça nous donne une justification pour contrôler, surveiller, réprimer les classes populaires, en majorité dans les quartiers notamment et puis les personnes racisées en premier lieu parce que c’est elles qui font l’objet de contrôles au faciès. Et donc on met beaucoup de gens. Qu’est ce qu’on va faire ? Pas moi évidemment, mais je vous laisse pas la référence.
Pour rebondir sur ce que vous dites, ce qui est marquant dans les scènes que vous décrivez dans ce chapitre, c’est à quel point elles concernent souvent des personnes mineures. Donc ça nous renvoie au chapitre précédent et des également des cas de violences policières. Et là, ça nous renvoie au chapitre suivant. Et donc oui, l’exemple qui est le plus marquant dans ce chapitre, c’est cette femme. Elle a 20 ans, elle s’occupe seule de son fils de trois ans et de ses deux sœurs mineures. Elle raconte évidemment que c’est condamnable, mais voilà le contexte. Elle a transporté un demi-kilo 550 grammes de cocaïne parce que, en gros, voilà, elle a une dette d'électricité de sept 0 €. Et au cours du procès, elle dit craindre pour sa sécurité si, évidemment, elle donne le nom de ses fournisseurs. Et. Et en fait, ce qui est incroyable, c’est que du coup, elle a cette amende de 36 €. On se dit mais comment croyez vous qu’elle va les trouver puisque déjà pour 7 000 € elle avait, elle en a été réduite ? Alors sans cautionner mais en tout cas, c’est ce qu’elle seule avait trouvé comme solution, Comment croyez vous qu’elle va trouver 36 000 € ? C’est ça qu’on se dit quand on lit votre dessin.
Et puis je me souviens du proc qui avait sorti que c'était une solution facile. Oui, ça m’avait fait halluciner quoi. Donc quand on est une personne capable d’ingérer un demi-kilo de coke, La personne, elle n’est pas débile. Elle a bien conscience que Cali risque sa vie Quoi ? Traverser l’Atlantique avec des ovules de cocaïne dans l’organisme ? Donc non, ce n’est pas une solution facile. Je ne pense pas que la nana je sais plus A une vingtaine d’années elle s’est dit ah oui, il y a pas de problème, c’est facile. Donc voilà. Et puis et puis oui, c’est complètement absurde de mettre une amende douanière de 36 000 € à quelqu’un qui explique qu’en fait elle a déjà croule déjà sous les dettes par loi de la baisse des allocations de la CAF. Je me souviens de cette jeune femme parce que moi, elle m’avait. Il n’y avait personne dans la salle. C'était en plein été. Et puis en plus, elle avait eu quand même le courage et avec une immense dignité, en plus de faire face aux juges et de raconter les violences qu’elle avait subi pendant sa garde à vue et. Et parfois, il y a des infos que, au début, je ne savais pas si je devais noter parce que je me disais peut être c’est un petit peu trop personnel, peut être que. Donc parfois j’essaie aussi de préserver on va dire. Certains ont prévenu de certaines informations, mais cette femme là a raconté Je ne l’ai pas noté, mais elle racontait qu’en fait on s’est fait arrêter en gare de Nantes. Garde à vue. Il lui donne des laxatifs, donc pour évacuer la cocaïne et tout ça. Et elle demande des sous vêtements propres parce qu'évidemment, en garde à vue, il y a pas d’eau, il n’y a pas de papier toilette. On traite les gens avec un manque total de. Voilà une absence totale de dignité humaine. Et donc elle demande des sous vêtements propres qui sont dans sa valise puisqu’elle arrive de Guyane. Et donc les flics ouvrent sa valise et en fait elle avait de la lingerie et donc ils l’ont accusée de se prostituer. Le schéma. Et donc ils lui ont refusé. C’est une absurdité totale et même si elle était travailleuse du sexe, ça n’a aucun sens. Mais du coup, accusée de se prostituer parce qu’elle avait de la dentelle dans ses sous vêtements, donc on lui refuse l’accès à des sous vêtements propres. Donc elle comparaît dans un état de détresse totale avec. Voilà comment. Enfin, avec ce sentiment d’humiliation devant des juges, la saleté et tout ça. Donc ça joue sur ça, sur sa défense, certainement. Donc voilà, moi je voulais raconter cette histoire parce que ça m’avait beaucoup marquée. Moi je vois un instant comme ça de vie et en fait je ne sais pas, après ces gens là, qu’est ce qu’ils deviennent ? Et. Et donc peut être qu’ils auront jamais conscience que leur histoire sera racontée, Peut être qu’ils le seront pas. Mais en tout cas, je pense, c’est important que les juges, ils savent que ce que ça a été vu.
On demande pensez vous qu’une présence du public plus importante, une couverture médiatique plus importante aurait du poids dans ce genre de procès et éventuellement aurait du poids pour changer les méthodes ? Puisque là tu viens de dire cette dame qui viendra, qui vient narrer ce qui lui arrive et ce qui est, comment, comment les flics réagissent, etc. As-tu expliqué que c'était en pleine éthique et personne dans la salle ? Est ce que tu penses que s’il y avait constamment des gens dans le public, puisque c’est au nom du peuple français que la justice est rendue ? Mais le peuple français ne va pas dans les tribunaux, donc il ne sait pas comment la justice est rendue, sauf quand il est lui-même. Est ce que tu penses que ça modifierait les choses ou pas ? S’il y avait plus de monde ?
Je sais pas si pour toi peut être un jour j’ai envie de dire oui mais en fait j’en sais rien. Ce qui est sûr, c’est qu’en fait, à part pour les procès politiques de militants où là il y a du soutien, mais du coup aussi on voit la différence et là ça peut aussi peut être jouer contre eux. Enfin c’est ce que tu disais tout à l’heure, il y a cette remarque des juges en disant bon bah en fait si la salle elle est pleine, c’est que vous êtes militant, c’est que vous êtes dans un réseau militant et donc finalement, oui, vous devez être un black bloc. Donc si les salles étaient toujours remplies, il n’y aurait peut-être pas cette distinction. Je ne sais pas. On pourrait imaginer que. Mais oui, je pense en tout cas. Quelle que soit la décision, elle sera toujours différente quand il n’y a aucun public. Mais j’ai l’espoir de me dire qu’ils n’oseraient pas dire certaines choses. Mais ouais, je sais plus, j’ai plus trop d’espoir. Je vais vomir.
J’invite ceux qui nous écoutent et qui réagissent dans le tchat à s’y rendre. C’est d’une certaine manière un spectacle gratuit, qui est un spectacle terrible. Mais la comédie humaine, on va dire. J’invite tout le monde à dire qu’on est majeur ou alors un groupe scolaire, mais on peut rentrer dans une salle tant qu’il y a de la place. N’importe qui peut rentrer pour assister à des audiences. Alors il y a des assises, ça c’est magnifique, puis c’est moins bon. Et puis les comparaisons immédiates, c’est dégueulasse.
Moi, les assises, je trouve que c’est un peu dégueulasse.
Non, bien sûr mais ce que je veux dire, c’est qu’il y a normalement un peu plus de charge et de décharge. Il y a une instruction qui a été menée. Alors, bien sûr, mais en tout cas, quelle que soit la juridiction, on peut s’y rendre.
Oui, oui, je pense, oui. Puis plus on y va tard dans la soirée aussi, mais il y a moins de monde. Et du coup, peut-être qu’il n’y ait pas que les juges ne soient pas laissés dans ce sentiment d’impunité ou dans le calme de leur salle d’audience. Bien au chaud en fait. Ils peuvent faire régner la terreur dans le silence le plus total qui sache que les gens peuvent aller voir ce qu’ils font et ont un droit de regard aussi. Effectivement, ce que tu disais, les décisions, elles sont rendues au nom du peuple français.
Donc il y en a qui demandent même si on n’a pas de papiers d’identité. On ne décline pas son identité.
Oui, en principe oui.
Oui et ça arrive les fois où on nous demande les cartes d’identité, c’est souvent Mais j’ai vu sur les procès médiatiques et politiques, mais en fait je pense que c’est plus du fichage d’ampleur. A chaque fois qu’on m’a demandé ma carte d’identité et qu’on l’a exigé, c’est à dire qu’on me disait bah en fait si vous me la donnez pas et qu’on la prenait en photo d’ailleurs, il y avait des flics qui la prenait en photo, c'était à Niort notamment suite à ça, de solides donc ça permettait. En plus, on apprenait lors de ces de ces procès que les procédures de reconnaissance faciale marchaient très bien. Donc en fait on nous filme à l’entrée, on prend notre carte d’identité et en fait j’imagine que c’est une manière de ficher aussi qui vient en soutien aux procès, utiliser la reconnaissance faciale, voir qui c’est qui bipe sur la manif. Donc voilà, s’il peut y avoir ça, effectivement il n’y a pas normalement.
Ce n’est pas le lot commun des audiences.
Normalement on n’a pas demandé la carte d’identité parce que c’est quand même un service public le tribunal.
La carte d’identité, c’est dans le cas de procès médiatique, quand il y a beaucoup de monde, parce que voilà, il peut y avoir beaucoup de monde à une audience, beaucoup de journalistes. Donc les proches et les journalistes sont prioritaires et ensuite n’importe qui peut rentrer. Alors attention les amis, on n’enregistre pas, on ne filme surtout pas ça c’est totalement interdit. On ne peut pas utiliser son téléphone portable, on ne peut pas utiliser son ordinateur pour les. Journalistes.
Sauf les journalistes qui sont dans leur carte de presse et qui ont le banc des accusés. Il y a un twister de tout le monde qui te demande qu’est ce qu’il faut, qu’est ce qu’il faut retenir, à quoi il faut ça, sur quoi il faut s’attarder quand on assiste à une audience.
Alors je ne sais pas.
Toi, on voit bien que tu as une affection particulière pour les profs. On voit bien que c’est ça bien les profs.
Oui, il y a un truc un peu personnel je pense, c’est le ministère public. Oui, je sais, on a notre petite histoire personnelle, mais sur quoi s’attarder à regarder ? Je pense que je suis. Je ne sais pas. En tout cas, je veux juste jouer. Ça dépend des audiences.
Moi je suis absolument convaincu et persuadé que la justice se rend dans de meilleures conditions, dans de bonnes conditions. Quand il y a du monde et notamment quand il y a la presse. Parce que là, il y a une espèce de deuil public sur l’audience. Quand c’est entre soi, c’est quand il y a personne et que les magistrats le préviennent, l’avocat lâche ça.
La partie suivante, c’est sur l’enfermement à défaut de soins. Donc vous expliquez que 80 % des détenus souffrent d’au moins des détenus, en général dans les prisons françaises, souffrent d’au -1 trouble psychiatrique et 20 % d’entre eux souffrent de troubles psychotiques. La loi impose en fait l’expertise d’un psychiatre pour les juger. Mais le problème, encore une fois, c’est le manque de moyens, le manque d’experts et les délais très longs qui incitent en fait à les placer en détention, que ce soit de manière préventive et donc en attendant un procès et aussi un renvoi. Et même, en fait, vous expliquez que même quand il y a l’irresponsabilité pénale qui est affirmée.
Ben oui, c’est une espèce de non sens. Alors donc, on considère qu’une personne qui a des troubles psychiatriques ou où il y a des doutes effectivement sur son état psychique, du coup nécessite une expertise psychiatrique, ça s’entend. Mais du coup, dans l’attente de cette expertise, surtout qu’en fait, là encore, il y a des gros problèmes du service public, c’est-à -dire qu’il y a des manques de moyens et de psy disponibles. Donc en fait, il y a un psy, il y a un psychiatre expert par exemple, qui est complètement surmené, et donc il y a des délais qui n’arrivent même pas à tenir le délai maximum de détention provisoire. Souvent, donc. Et le problème, c’est qu’on va mettre en prison. La plupart des gens attendent de pouvoir les juger. Donc on considère qu’on ne peut pas les juger, mais on considère par contre qu’ils sont aptes à aller en prison pour. Donc on va renvoyer généralement des délais assez courts, mais on parle quand même de prison, donc ce n’est pas court. Même deux semaines de prison, ce n’est pas. Ce n’est pas anodin d’autant. D’autant plus de gens qui ont des troubles psychiques. Et là, je me souviens, il y a une ou deux semaines, ça m’avait choqué alors même qu’il n’y avait pas de. C’est-à -dire qu’il y avait des garanties de représentation, mais pas comme les juges l’entendent.
J’ai rarement vu un ou une invitée parler d’autre chose que de ce pour quoi il est venu. Tu parles plus d’affaires qui ne sont pas dans le livre d’affaires qui sont dans ce fichier.
Non, la plainte va être comme je continue à y aller. En fait, ça, c’est vraiment minime. Et c'était les premiers mois de recherche. Donc tous les jours, il se passe des faits, enfin tout. Et toutes les semaines, j’ai des nouvelles. Nouvelle affaire qui illustre le propos et en fait, à chaque fois, moi ça m’indigne encore plus, ça s’accumule le nombre d’affaires. Mais ouais, je ne sais pas si tu veux que je continue c’est cette personne-là. Parce qu’en fait les travailleurs sociaux m’ont contacté en me disant mais, mais on le connaît, on le connaît bien, c’est machin, il est dans l’Asso depuis quatre ans, donc c’est quelqu’un qui est sans papiers, qui est sans domicile fixe mais qui dort dans un centre d’hébergement depuis quatre ans. Et puis donc il avait des troubles psychotiques. Effectivement, il disait qu’il dormait chez. Chez Jean-Marie Le Pen. Donc on comprend bien qu’il y avait quelques dissonances pendant quelques petites incohérences dans ses propos. Mais par contre, effectivement, le gars hyper fiable et hyper carré dans ses heures et il commence même à parler pendant super longtemps au juge en disant alors oui, parce que du coup, dans le centre, eh bien on se lève à 7 h à 8 h, on mange à 9 h, on part et puis après on revient pour 18 h. Donc il n’y a aucun risque. Blogueur ça fait quatre ans qu’il va aux mêmes heures, donc il n’y a aucun problème de représentation si on peut dire. Parce que si on était même allé demander à l’asso où les travailleurs sociaux auraient dit aux juges mais oui, oui, mais ce gars là, oui, il a quelques troubles, mais par contre c’est sûr qu’il se représente au procès. La prochaine fois, qui peut attendre ? Il n’y avait pas besoin de le placer en détention provisoire pour qu’il soit présent à la prochaine audience et pour qu’il aille à l’expertise psychiatrique. Parce que peu importe ces troubles, il. Par contre, il était ultra carré. T’es plus sur que moi pour respecter les rendez-vous ? Quoi donc ? Et on l’a mis en détention provisoire.
Dans ce chapitre, c’est en fait la première histoire qui est une histoire extrêmement simple d’un gars qui ne veut pas répondre, qui dit vous me casser les couilles, vous me casser les couilles, qui euh, qui attend son expertise psychiatrique. Et quand le tribunal lui dit Bah y faudrait, il faut et on fera l’audience plus tard, il dit Bah c’est ça ! Bon, voilà, totalement désinvolte, totalement étranger.
Il avait carrément intégré le truc, ça lui semblait évident. Moi, j’avais eu beaucoup de sympathie pour ce gars là parce qu’il avait compris comment ça marchait le système en fait. Il avait beau avoir des troubles psychiatriques comme on lui disait, il avait très bien compris que de toute façon, ça allait se finir en prison, qu’il soit jugé ou pas. Donc. Et pendant que le proc parlait, il était là. Oui, oui, c’est ça. Ah bon, c’est bon maintenant ? C’est bon, on y va maintenant en taule. Et le gars. La violence.
Mais ce qui m’a étonné alors je ne sais pas si c’est inconscient, si c’est un choix ou si c’est moi qui ait l’esprit bizarrement tourné. Le chapitre s’ouvre sur des pages très blanches. Il n’y a pas d’aplats noirs comme tu fais souvent, comme ici par exemple, alors évidemment, on est dans une salle d’audience, mais comme si on était déjà en psychiatrie en fait. Comme si on était dans un hôpital psychiatrique avec des murs blancs, rien, rien accroché. C’est voulu ?
J’ai envie de te dire oui mais pas du tout. J’avais peut-être plus d’encre, tout simplement. Pas le temps aussi parfois je n’ai pas le temps de. Pendant un moment, je m’amuse, je m’amuse à faire des remplissages, je vois des aplats, des aplats noirs Et puis en fait, quand tu essaies de noter. Enfin, ma priorité, c’est quand même de plus que l’esthétique du dessin qui est finalement assez décentrée, très rapide. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est de retranscrire précisément les choses. Donc je mets le maximum de mon attention et de mon temps à retranscrire. Donc non, malheureusement, j’aurais bien aimé te dire que oui, oui, c'était pensée tout ça, mais non, pas du tout.
Donc on a beaucoup parlé depuis le début de l'émission des violences policières et le chapitre suivant.
C’est très rare ici.
Ce qui est rare et consacré aux violences policières qui s’appellent l’impunité des violences policières. Et vous donnez moult exemples. Alors si je ne me trompe pas, ce sont des exemples de cas où l’accusé et la victime. Comment dire ? C’est-à -dire ? Ce ne sont pas des jugements pour violences policières, ce sont des personnes accusées de, par exemple, mais pas que, violences contre la police et dont vous transmettez le témoignage de victimes. C’est important de préciser.
Oui, c’est ça, il y a aucun procès qui est retranscrit dans le chapitre impunité des violences policières. Justement, tout est dit dans le titre. Il n’y a aucun de ces procès là où ce sont les policiers qui sont dans le box des prévenus. Si j’ai mis dans ce chapitre là, pas tous, parce qu’en plus il y en a en plus des témoignages de violences policières, il y en a dans tous les autres chapitres en fait, mais où là, spécifiquement, il y a eu, il y a des témoignages un petit peu plus précis, peut être de violence qui a été commise par la police. Et c’est souvent, oui, dans des affaires où en fait-on ? Du coup, la police se retourne contre. Contre les victimes et les poursuit pour rébellion, outrage et violence. Et en fait, au cours de l’audience, on se rend compte que le contexte n’est pas très clair. Quoi que, en fait, s’il a insulté le type après, c'était parce qu’en fait il lui écrasait le thorax ou quoi ? Et donc il y a des histoires assez drôles et du coup on condamne et c’est une manière aussi de protéger la police parce qu’après du coup on dit bah oui mais en fait voilà, cette personne là est un délinquant et du coup par contre la police elle a fait son travail.
Il y a un argument qui est avancé page 205 que je n’avais jamais vu, c' est l’avocat de la personne qui dit avoir été tabassé par les flics, qui raconte. Les policiers n’ont pas été auditionnés parce qu’ils étaient fatigués. Et là, fatigués, en majuscules, en gras, en grand argument qu’on lui demande
Non mais tu te tais. Oui, oui. Ou alors on n’additionne pas des gens parce que oui, mais là, il est en congé ou malade ? Fatigué ? Donc oui, oui, souvent il y a rien, c’est des dossiers vides.
Et d’ailleurs très souvent, les policiers qui accusent les accusés de les avoir agressés ou qui ne sont pas là. Et ça, ce n’est pas que dans ce chapitre, vous précisez que le policier en question est absent du procès.
Oui, en plus parfois ils ne viennent même pas témoigner en plus, donc ils vont demander des dommages et intérêts complètement démesurés mais ils ne viennent même pas. Enfin je ne sais pas, même ne pas témoigner à la barre. Enfin après il y en a qui viennent en même temps et voilà, ils sont représentés par les avocats, souvent habituels de la police quand même.
Alors vous expliquez dans ce chapitre et j’ai trouvé ça, comment dire, intriguant parce que vous expliquez que ce qui se passe très souvent dans ce genre d’affaires, c’est des classements, alors pas dans les affaires que vous décrivez. Mais dans le cas de dépôt de plainte pour violences policières, des classements sans suite récurrents de la correctionnalisation donc, c’est-à -dire le fait de ne pas juger dans un tribunal. Plus important, plus de plus grande ampleur. C’est ça la correctionnalisation.
Est ce que tu peux répéter ta question.
Adressez vous à la cour, s’il vous plaît.
Vous expliquez qu’il y a une similitude entre le traitement des VSS, des violences sexuelles et des violences policières qui est donc pour. Les victimes ? Un classement sans suite, une correctionnalisation, une culpabilisation des victimes, un transfert de responsabilité ?
Il y a cette espèce de similitudes au niveau du traitement judiciaire et même du traitement policier en amont. Effectivement. Donc un taux de classement sans suite de refus de dépôt de plainte, évidemment quand il s’agit de violences policières ou quand il s’agit de violences sexistes et sexuelles aussi, il y a effectivement, alors c’est moins étonnant. Dans les deux cas, c’est pas trop étonnant. Mais voilà, il y a un il y a des propos. Très déplacés, tenus par la police lors des dépôts de plainte. Il y a un taux de classement sans suite qui est extrêmement élevé. Dans les deux cas, 80 %. Je citais tout à l’heure pour du classement sans suite pour les viols, les plaintes de violences contre sur des affaires de violences sexuelles et sexistes. Je ne connais pas le nombre de violences policières, mais ça doit être énorme aussi. Et puis il y a aussi de toute façon toutes les plaintes qui ne sont pas déposées, parce que c’est quand même un peu particulier d’aller déposer plainte chez les personnes, auprès des collègues, des personnes qui ont commis. Des collègues, des personnes qu’on accuse. Et puis après, il y a ce mépris. Cette. Cette culpabilisation aussi des victimes. C’est-à -dire que dans les faits, je me souviens par exemple que, pour donner un exemple, je me souviens du procès aux assises. Pour le coup, c'était vraiment lamentable de la part de l’audience en général de Laurent Théron, du CRS qui avait mutilé Laurent. En décembre, le procès s’est tenu en décembre dernier. C'était une affaire qui avait eu lieu pendant la loi travail, si je ne me trompe pas. Et donc l’affaire avait été filmée.
Il a perdu l’usage d’un œil.
Oui, c’est ça. Et en fait, ça nous avait extrêmement choqués. Parce que pendant et de la même manière que j’ai vu lors de procès pour viol, on allait interroger la victime pendant des heures, parfois sur sa situation personnelle, alors que finalement là on l’espèce par exemple, on parle du cas de Laurent qu’est ce que fin ? Qu’est ce qu’on en a à faire de ce que faisait Laurent à 20 ans ? Et comment ça, ça n’a aucune incidence sur le fait de prendre une grenade de désencerclement à 40 ans sur la place de la République ? Une grenade qui a été lancée illégalement. Voilà, ça n’a rien à voir. Et donc il y avait eu une expertise psychiatrique aux assises sur l’historique de la vie de Laurent, en parlant de son rapport à l’autorité de quand il avait 20 ans, du fait qu’il écoutait du punk, que ça n’avait aucun sens. Et il y a ces mêmes questionnements que j’ai pu entendre, enfin cette culpabilisation des victimes. Mais en fait, on cherche à inverser la responsabilité. Est ce que. Est ce que parce qu’il ne respectait pas l’autorité, il l’aurait peut être pas un peu cherché ? Et donc il y a toujours cette culpabilisation des victimes dans le cas des violences policières, et c’est identique avec les personnes qui sont victimes de violences sexuelles et sexistes où on va leur demander ce qu’elles portaient. Puis ça ce n’est pas une, ce n’est pas une fin, ce n’est pas ça. C’est encore aujourd’hui. Enfin la question de quel, quel ? Quels sont vos rapports avec les hommes, vous, vos rapports de séduction ? Et je les a entendus sur des procès aussi pour viol quoi, Et avec des passages de d’expertises psychiatriques pour voir. Est ce que finalement la victime, elle l’aurait pas un peu provoquée ? Donc dans l’imaginaire collectif, il y a un rapprochement parce qu’il y a un mépris de toute façon des victimes de violences policières comme des victimes de violences sexuelles et sexistes qui selon eux, pour la justice et pour l’État. Donc peut-être un petit peu.
Cherchez donc dans les exemples éminemment frappants que vous donnez de ces cas d’accusés qui sont en fait victimes de violences policières. Donc je retranscris, enfin je rapporte une des histoires. Donc, c’est un accusé qui est un homme qui est accusé d’avoir arraché une chaîne au cou d’une victime plus outrages et violences quand il était sur les forces de l’ordre, donc suite à l’interpellation. Donc là je cite la victime c’est des propos assez durs à entendre je trouve. Donc il dit que les policiers m’ont frappé, euh mis à poil. En garde à vue. Enfin, les propos choquants, c’est le juge qui raconte ce qui s’est passé. Donc le juge dit donc, je cite Le médecin a constaté de nombreuses ecchymoses sur les bras, les jambes, le visage, la verge. Les policiers ont reconnu quelques gifles. Donc là, on est déjà estomaqué de lire ça et on se dit tout est là puisque c’est le juge qui le dit. Le juge, la juge, je ne sais plus. C’est souvent une femme, On se dit mais c’est incroyable ! En plus, la police a reconnu. C’est le juge qui le dit. Et l’avocate de la police répond, je cite Les policiers ont fait preuve, c’est dur mais ont fait preuve de bienveillance. Monsieur s’est tapé la tête tout seul dans le véhicule. Et pour l’abrasion de la verge, c'était antérieur à son interpellation. Et plus loin, au-delà des policiers, ce sont des pères de famille.
Là, oui, la défense de ce doute se moque des très bons pères de famille. Oui, oui, certainement. C’est complètement déconnecté. Mais c’est incroyable ! En 2023 24, on entend encore.
Il avait, je pense, plus d’autres arguments. Mais voilà, ce qui est incroyable, c’est que parfois les violences sont reconnues. C’est ça que je veux dire, c’est que parfois les violences sont un type bien.
Même les violences sont parfois filmées, mais ce n’est pas des délinquants. Donc c’est moi ça c’est une entendable je trouve. Mais je ne comprends pas ceci mais ça passe. On arrive à entendre ce genre de discours. En tout cas les juges arrivent à entendre ça. Effectivement, je me souviens bien de cette histoire. Où est l’avocate de la police ? Se dire bah oui, c’est mort parce que quand même, il arrête très souvent la tête tout seul dans le véhicule quoi. Donc ?
! Une question que je ne retrouve pas si la triture qui vous demande de vous envoyé votre livre au ministère de la Justice ? Ou peut-être que dit-il tout ça ? Très bien. Car si c’est un travail pour un ministre qui servirait l’intérêt général.
C’est gentil le compliment, mais non l’ai pas, je n’ai pas envie.
Dupont-Moretti ici quand même. Comment la justice est rendue ? Il le sait. Il y a Sheren qui dit, qui répond à maman et qui lui dit Je trouve tout ça détestable comme pratique. Mais le problème principal, c’est le budget de la justice. Pas assez de tribunaux, pas assez de prisons. Pareil, côté police ou gendarmerie, il n’y a pas assez de PJ officiers de police judiciaire pour traiter les plaintes dans des délais raisonnables. Et qui dit ça ?
Oui ben je ne suis pas trop d’accord avec toi, mais non effectivement, il y a le budget, le budget de la justice. Après, c’est comment il est. La question c’est comment il est utilisé ? Pas assez de prisons ? Je pense qu’on en a assez, mais il faut peut-être arrêter d’envoyer n’importe qui dedans. Là, on est un peu. Je voyais les chiffres là. L’OIP qui est plus de 148 % de taux d’occupation, mais en fait, les prisons, en fait, elles sont remplies de gens qui sont là parce qu’il y a une défaillance du système de soins, comme on disait avec les hôpitaux. Voilà le manque d’hôpitaux, de places. La question carcérale, elle se traite aussi à partir de la question sociale. Enfin, les deux ne peuvent pas être pensés. Et la précarité aussi, c’est la précarité qu’ils font en prison. En fait, il y a énormément de gens qui sont là, qui sont là parce que c’est des problématiques d’atteintes aux biens qui sont sanctionnés par la justice de classe.
Il y a Fromm qui dit Il y a d’autres questions. Ce que j’entends, c’est que la justice est rendue par des incapables. Et ensuite il y a Tintamarre zéro six qui répond à Chauvel en disant que le manque de moyens ne justifie pas la médiocrité. Donc il y a cette idée qui se dégage du tchat à travers ton témoignage, ton travail de dessinatrice qui nourrit une forme de médiocrité de la part des magistrats d’incapacité. Tout à l’heure tu parlais de ces avocats qui répondent que tel policier, c’est avant tout un bon père de famille, que sous l’uniforme il y a un père de famille. Enfin, voilà donc une idée très proche du réarmement à la Macron et idée de la vieille France. Est ce que c’est ça le problème ? Est ce que c’est la culture de la magistrature ? Est ce que c’est son incapacité ? Est ce que c’est sa médiocrité ? Est ce que c’est le fait de passer directement des études à la justice sans passer par le quotidien des mortels et ne pas connaître très bien la vie ou d’en avoir une vision faussée puisqu’elle n’est que délinquance et criminalité ? Comment tu ressens les choses, toi ?
J’ai envie de croire que ce n’est pas forcément des gens incompétents, mais je pense qu’il y a un processus d’identification qui se joue nécessairement et il y a n’importe qui prend des décisions. On va aussi prendre des décisions qui vont être d’autant plus incohérentes quand on est, quand on doit prendre des décisions dans l’urgence, dans un manque de temps. Voilà, c’est quand même, je ne dis pas que le métier de magistrat est facile, on y passe parfois des heures, on pose, voilà. Mais donc ça va amener à prendre des décisions dans l’urgence qui sont les stéréotypes vont prendre énormément de place. C’est à dire que du coup on va plus quand on n’a pas le temps de réfléchir et de juger, bien on va se reposer sur des stéréotypes. Nos stéréotypes se forment sur des représentations sociales qui sont empreintes de notre imaginaire collectif raciste, sexiste. Oh pardon ! Et donc là, effectivement, on arrive à des décisions qui sont inégalitaires et je me perds un peu.
Non, non, non, c’est parfait. Il faisait signe à Pauline pour lui dire qu’elle allait reprendre la parole.
Mais oui. Et donc il y a ça, donc il y aurait plein de choses à repenser. Mais effectivement, il y a des biais parce que la magistrature est une classe supérieure. Je ne sais pas si ça se dit. En tout cas c’est une classe qui est quand même blanche principalement. En tout cas, je n’ai jamais vu de personnes racisées en avoir et qui est issue d’un certain milieu. Ce n’est pas n’importe qui même qui peut se permettre de faire des études de droit, encore moins l'école de la magistrature. Il y a aussi certains, il y a des enquêtes de moralité pour contre, pour exercer la profession de magistrat. Et puis c’est un petit milieu. Et puis il y a peu aussi, il y a la question des recours et des instances indépendantes aussi de contrôle. Enfin, on manque en fait de tout ça pour avoir ce que quand on parle, ok, il y a des décisions collégiales dans certains cas, mais si c’est des décisions collégiales qui sont entre des gens qui se connaissent, qui ont fait leurs études ensemble, qui ont les mêmes représentations. Est ce que c’est vraiment collégial ? Est ce que ça permet d’apporter des points de vue ? Et en plus, on le voit de toute façon immédiatement quand les magistrats partent en délibéré. Je note les heures maintenant parce que parfois ça dure trois minutes. Donc on voit bien que la décision a été prise avant quoi ? En tout cas, ils arrivent en salle de délibéré, diront va, on fait quoi ? Bon bah les trois mois ferme. Enfin donc. Donc la décision collégiale, il n’y a pas toujours un grand débat parce qu’il n’y a pas le temps, donc il y a plein de facteurs qui entrent en jeu. Je pourrais pas dire que c’est tous des pourris, mais voilà, ils sont ancrés dans un système où je pense qu’il y a réaliser à quel point cette justice est injuste et inégalitaire. Ça doit être quand même assez difficile à accepter je pense, parce que pour des gens qui ont envoyé des gens en prison pendant 30 ans, j’imagine que ça doit pas leur faire plaisir cette prise de conscience et qu’ils préfèrent rester dans la dissonance cognitive comme ça, de se rendre compte qu’en fait on a commencé ce métier en se disant qu’on allait rendre justice et qu’en fait on se rend compte qu’on reproduit juste des discriminations, on maintient des gens dans la précarité et on les maintient dans un système de violence entre l’institution policière, judiciaire, carcérale et que c’est un espèce de continuum de violence comme ça, ça doit être extrêmement difficile, je pense, pour certains magistrats.
Il y a un dernier chapitre qu’on va, qu’on va aborder avec Pauline, qui est celui des violences sexuelles et sexistes que tu sous titre Une indulgence complice pour l’interrogation où là justement ce que tu dis sur la justice de classe, sur le biais social, il est peut être moins prégnant, en tout cas moins évident que dans les autres affaires. C’est un angle mort. Tu as donné les chiffres tout à l’heure. Je crois que tu donnes aussi un autre chiffre sur. 0,6 % des viols ou tentative de viol aboutissent à des condamnations in c’est 2020. 0,6 %. L’INSEE ? 2020. Pourquoi d’après toi, est ce que c’est les mêmes raisons qui font que la justice ne s’applique pas, ne rend pas justice dans les VS pour les mêmes raisons qu’ailleurs ou c’est d’autres raisons ?
Mais là encore, comme on s’est dit sur la question des violences policières, il y a dans les affaires de violences sexuelles et sexistes, il y a la question de la bonne victime ou de la mauvaise victime, et il y a certaines victimes qui méritent d'être entendues. Et puis il y a, il y en a d’autres. Et en fait, dans ces affaires là, on va se mettre à c’est pas la, ce n’est pas le prévenu. Enfin, va surtout analyser la situation sociale et personnelle, mais ça va plus être la victime. Et effectivement, après ce qu’on voit, ce qu’on voit au tribunal, il faut bien prendre conscience qu’il y a eu énormément d'étapes avant et donc 80 % des affaires qui ont été classées quand même. Et donc ce peu d’affaires qui arrivent au tribunal, c’est déjà une immense victoire pour les victimes. Mais bon, victoire parfois extrêmement décevante parce qu’il y a des propos qui sont extrêmement sexistes, parfois des questionnements sur les comportements des victimes. Voilà cette espèce de recherche un petit peu de. Est ce qu’il y a responsabilité ou non des violences qu’elles ont elles mêmes subies ? Mais donc oui, parfois oui, c’est vrai qu’on, quand on voit les affaires, notamment de violences conjugales, parce qu’il y en a quelques unes quand même qui passent au tribunal. Le ministère public a l’air très fier de dire qu’il prend en charge les. En fait, quand on écoute un peu le discours des victimes, souvent c’est la cinquième fois qu’elles portent plainte, qu’elles n’ont pas été entendues, que finalement il a fallu arriver à un certain niveau de violence pour qu’on arrive enfin au tribunal. Donc. Donc effectivement, je pense qu’il essaie quand même de se donner bonne conscience. Mais en passant quelques affaires, il y en a quand même beaucoup qui passent au tribunal, mais c’est une partie minime en fait, des affaires de violences sexistes et sexuelles qui passent. Je ne sais pas si j’aurais répondu très bien.
Donc vous expliquez dans l’introduction de ce chapitre que très peu de preuves. Bon, je rebondis sur ce que vous venez de dire, sur le fait que voilà, arriver au procès c’est déjà énorme. Mais en fait, pour ce qui se passe derrière donc très peu de prévenus sont placés en détention ou écopent de prison ferme, notamment s’ils sont issus de classes populaires. Mais on va le voir même, même si même si c’est pas le cas et donc c’est flagrant je trouve D’abord ce chapitre à la fin, on a pu voir à travers les précédents. Là, on a donné des exemples à quel point pour des fois des enquêtes, on l’a dit totalement vides et pour des infractions, parce que là on parle de délits, voire de crimes, mais pour des infractions qui sont parfois bien, qui de fait sont des infractions, donc sont moins graves que des délits ou des crimes, les personnes peuvent avoir du sursis ou du ferme, voire avec mandat de dépôt. Et là, comme vous dites, voilà très peu. Ça, ça n’arrive quasiment jamais quoi.
Oui, après je ne dis pas que la prison c’est la solution, au contraire, parce qu’on voit qu’on fait de même concernant les violences sexistes et sexuelles. En fait, d’envoyer les gens en prison, ils subissent des violences, il y a pas heureux, ça fait pas réfléchir au sens de la peine dans la prison, ça fait juste, ça torture les gens. Donc. Donc effectivement là y va vraiment. Je pense qu’il est absolument nécessaire de questionner le système carcéral. Et en fait, si c’est la conclusion auquel on arrive souvent au tribunal, c’est à dire que bon, bah on n’a pas d’autres possibilités, on n’a pas d’autre choix que de vous envoyer en prison, donc vous envoyer en prison, c’est une manière de dire bon bah on fait quelque chose, mais en fait on sait très bien que ça sert à rien. Et dans le cadre des violences faites aux femmes, effectivement, notamment dans les situations d’emprise et tout ça, on voit que ben en fait parfois, le lien humain, enfin ça permet pas de protéger les personnes qui sont victimes, on fait que ce que les gens sortent et reproduisent.
Alors il n’y a pas forcément la prison, mais dans l’un des exemples que vous retracez, on va voir qu’il n’y a pas que la prison comme solution, mais il y a des choses qui peuvent protéger les victimes et qui ne sont pas maintenus. Donc par exemple, on accuse l’un des accusés est accusé d’agression sexuelle sur sa conjointe et il se rend en salle d’audience pour demander la levée de son contrôle judiciaire. Je cite pour pouvoir exercer dans une Assos qui aide les femmes victimes de violences. Et donc la juge lui demande et on se demande à quel point c’est parce que c’est un dessin. Donc c’est dur de se rendre compte à quel point c’est ironique ou c’est une vraie question. J’aimerais bien savoir d’ailleurs.
C'était ironique, aussi choquée que je pense n’importe quelle histoire. C’est à dire que pardon, en fait, comment c’est possible qu’un type qui est accusé de violences sexuelles travaille et surtout qu’il reconnaît et il dit un truc horrible ? Je ne sais pas si tu l’as dit,
Alors oui, je le sais. Donc elle lui demande, ça ne pose pas de problème et il dit, je cite Non, je fais la différence entre ma détresse affective et ma position de professionnel. Et donc il renvoie ses actes à de la détresse affective. Donc déjà il est victime
Ce n’est pas professionnel, c’est une addiction au porno.
Vraiment ça, c’est un autre, et ça c’est un autre. Et là il demande un renvoi non loin d’une modification du contrôle judiciaire.
Ah oui, d’accord, oui, ça c’est la page d’après.
Et donc il reconnaît les faits. En fait, en disant ça, on se déclare tout le monde en disant bah en fait moi c’est ma détresse affective. Mais par contre, j’exerce très bien mon travail de professionnel au sein d’une asso d’aide aux personnes victimes de violences sexuelles et sexistes. Et donc la juge le lui accorde. Oui, édification du contrôle judiciaire quoi. Enfin, là aussi il y a presque. Il y a presque un soutien
Alors il y a une question qui est posée par Joren. Je crois que Joren s'était présenté il y a quelque temps dans le chat. C’est un gendarme ? Donc il te dit. Mais du coup, vous faites quoi avec ces gens ? Vous les laissez dehors tranquilou ? C’est à dire là, puisque tu disais la prison détruit la prison, torture les gens. Non, il n’y a pas leur place, n’est pas, n’est pas dans la prison, mais par exemple dans le cadre de violence sexuelle, de déviance sexuelle, d’addiction à la pornographie qui pousse des gars à mettre des caméras partout pour filmer des collègues. Et ce que tu montres, c’est que toi, tu as entendu des choses intelligentes de la part de travailleurs sociaux, de psychiatres, d’avocats en disant Ben écoutez, c’est pas en prison que ça va se régler si c’est ailleurs.
Moi, j’ai été travailleuse sociale, mais après, à cette question, j’ai envie de le dire, il y a déjà 99,6 % de gens qui sont dehors tranquillou. Donc ça bon, le peu de gens qui sont condamnés pour les violences sexistes et sexuelles, qu’est ce qu’on en fait déjà en attendant de revoir l’ensemble du système Et puis aussi de mettre en place notamment des mesures de justice transformatrice, de justice restaurative aussi, pour qu’il y ait une compréhension de l’infraction et du préjudice qui a causé, que ce soit du côté des auteurs et que la parole des victimes soit écoutée. Donc, c’est ça la justice restaurative. C’est un truc qui émerge un peu
On va en parler beaucoup la semaine prochaine. Oui, avec Elsa Marsault qui écrit un livre. Se faire justice, et notamment dans les milieux militants. Comment dans les milieux militants, on peut régler ce genre de questions sans passer par la prison, mais sans non plus être aussi arbitraire que ce que tu montres là dans la justice. C’est-à -dire que comment rendre une justice qui serait juste ? Voilà, donc ça c’est la semaine prochaine.
Mais en attendant, de fermer toutes les prisons, il y a aussi une autre peine de détention qui est peut être un petit peu plus respectueuse de la dignité humaine. Il y a le bracelet électronique quand même, qui est très efficace dans le sens où si on veut contraindre quelqu’un à être sûr qu’il ne vienne pas parce qu’effectivement il y a des violences conjugales avant même le départ, ça peut mener jusqu’au féminicide donc. Et donc ce ne sont pas des mecs qui vont lâcher l’affaire comme ça quoi. Donc effectivement, il faut absolument protéger les victimes et parfois avec des contraintes je pense. En tout cas, en attendant qu’il y ait qu’on réfléchisse à comment faire faire évoluer les choses et la culture aussi parce que les infractions sexuelles et sexistes s’inscrit aussi dans une culture du viol, de l’infériorité des femmes, de pourquoi on peut contrôler le corps des femmes, leur imposer des choses et leur imposer des violences. Mais pour donner une idée, le bracelet électronique, je crois que ça coûte 10 € par jour. Contrairement à. Donc je ne suis pas très douée en math, mais je ne sais pas ce que ça fait sur un mois, mais ça fait beaucoup moins que les sommes qu’on est capables de dépenser pour eux. Je crois que pour un détenu par mois en prison, on est entre 3000 et 5 000 € en fonction des prisons. Donc il y a des prix différents en fonction des prisons. Mais. Mais voilà. Donc ça donne des sommes colossales, qu’on est capables de mettre pour des gens qu’on est en train de construire. On détruit. En plus en prison, c’est même pas comme s’ils avaient accès aux soins. Ce n’est même pas comme s’ils avaient accès à un suivi très rapproché, très soutenu, avec des professionnels en psy et tout ça. Qui pouvait avoir accès à internet pour trouver des formations pour trouver ? Non, non, c’est déjà ça. La prison, c’est un espace de vie, de coupure avec l’extérieur. Il n’y a pas de question de réinsertion. Enfin, on n’est pas du tout là dedans.
J’avais noté rapidement deux autres exemples que vous donnez dans ce dernier chapitre. Donc le premier, c’est un homme qui est accusé de corruption de mineur. Donc pour le dire, pour le. Comment dire ? Le dire sans mots crus. Qui a proposé de l’alcool à des mineurs contre des actes sexuels ?
Et la masturbation ?
Oui, voilà, je ne sais pas. Je ne sais pas. C’est censuré quand on dit ces mots sur Twitter.
Non, il y a des mots censurés.
Et en fait, du coup, lui aussi vient demander une modification du contrôle judiciaire parce que je cite c’est compliqué de devoir pointer au commissariat une fois par semaine. Et ce qui est dingue, c’est que l’obligation de pointage élevé qu’on se dit sur base de quoi est ce que c’est parce qu’il a reconnu les faits ?
Non, en fait je n’ai pas plus d’information que ce que j’ai entendu et ce que j’ai retranscrit en fait. Donc c’est vrai que je peux malheureusement pas t’en dire beaucoup plus parce que ce que j’ai retranscrit dans l’audience, c’est tout ce qu’on nous donne, en tout cas en tant que public comme information. Donc je ne peux pas te dire.
Ce que j’aime beaucoup, c’est que ça fait plus de 2 h que tu tutoies l’intervieweuse qui elle respecte et te vouvoie. C’est extraordinaire. J’adore ! J’adore ce moment.
C’est très bien, ça.
Bien, c’est parfait, c’est très bon, c’est très beau. Non mais tu vas aller en taule.
Maintenant, je m’y suis habituée et tu en reparleras. Ça me prend du temps.
Le mot est censuré sur Twitch. Ça c’est censuré, mais le reste non. Joren insiste un peu Je reviens, mais comme c’est une question qui je sais intéresse beaucoup Pauline, la question des questions féministes et la question des violences sexuelles. J’aurais donc été gendarme. Alors je précise, je me souvenais que tu étais Pandore, mais que tu étais flic ou gendarme. Et c’est Muriel qui m’a envoyé un petit message en se rappelant ton métier. J’aurais dit ce point là qui me semble important. Il dit que le bracelet électronique n’empêche rien dans le cadre des violences intrafamiliales et déjà que les beeper anti agression c’est très limitée points de suspension.
Je suis d’accord avec lui dans le sens où oui, on est assez démunis. Enfin oui, il y a une il y a une impunité puis on en a mais après moi je ne suis pas, je ne suis pas calée sur les questions de femmes. Moi j’ai un regard d’observateur de ce qui se passe au tribunal. Après, je ne veux pas non plus me permettre d’avoir un regard de sécurité compétent à dire bah il faut faire ça, il faut faire ça. Non, je ne suis pas compétente. Moi ce que j’observe déjà, c’est que si les flics pouvaient déjà commencer par prendre des plantes, ça ne serait pas mal de respecter un peu les victimes aussi.
Et puis hier, Emmanuel Macron, le vénérable Emmanuel Macron, nous annonçait que les 140 000 policiers et gendarmes. Si tu peux nous confirmer ou pas, vous auriez les 140 000 policiers gendarmes, vous auriez reçu une formation de prise de plainte de femmes victimes de violences sexuelles et sexistes. Donc si tu peux confirmer et en quoi consistait cette formation, ça m’intéresserait beaucoup.
Est ce que je dois te répondre ?
Bien sûr.
Donc déjà, je rejoins totalement ce que tu dis.
Car il y a deux choses très brièvement. Première chose, je pense qu’on pourrait largement s’inspirer de la politique sur le sujet qui est menée par l’Espagne qui justement utilise les bracelets électroniques et de ce que j’en ai lu d’articles sérieux. Donc je n’ai pas la source là sous les yeux, mais je peux trouver, c’est plutôt et ça. Donc c’est plutôt efficace. Je trouve ça terrible de toujours qu’en ce qui concerne les violences qui sont, qui nous sont faites, qui sont faites, aux femmes de nous expliquer ce qui peut être ne marchera pas. Quand on ne teste rien qui marche, comme disait Anna. Déjà commencer par prendre les plaintes parce que souvent les femmes n’y vont pas, parce qu’elles ont peur de comment elles vont se sentir encore plus mal en sortant, en sachant que de toute façon ça ne servira à rien. Ensuite, si, si. Comment dire ? Ce système se poursuit, c’est parce que les agresseurs savent qu’il y a une impunité. Donc certes, la solution n’est pas la prison, c’est pas ce que je dis, mais simplement s’il y avait des poursuites plus systématiques, des enquêtes mieux faites, déjà il y aurait moins d’actes en eux mêmes. Et par la suite, je ne suis pas du tout sûr, comme disait que le bracelet électronique ne soit pas une solution. Prenons exemple sur l’Espagne. Prenons l’exemple de pays qui font des choses. C’est une bonne technique, ça veut dire que de toute façon ça ne marchera pas et comme ça on ne fait rien.
Donc voilà.
Merci beaucoup. Et je précise, on a tous une formation à faire concernant ses affaires. En effet, on a six mois pour se mettre dans les clous et valider la formation. Et éventuellement si tu peux nous préciser en quoi, en quoi cette formation et de quoi est elle faite et la qui la donne ?
Et du coup, pour le dernier exemple que je voulais donner, qui est un petit peu le plus difficile à dire. Donc c’est le dernier et donc le dernier de tout le livre aussi, c’est un homme qui est accusé d’atteinte sexuelle sur sa belle fille lorsqu’elle avait entre douze et seize ans.
Oui.
Il est accusé d’atteinte sexuelle, donc de l’avoir touché. Il est accusé de l’avoir filmé évidemment sans son consentement, sous la douche et d’avoir pris des photos intimes d’elle. Donc évidemment. Comment dire, C’est bien. Je ne sais pas si ces preuves sont versées au dossier. Ces photos existent, il ne le nie pas. D’ailleurs, il a une défense complètement lunaire où il va dire non. C'était des photos de vacances et il y a la juge qui lui dit Monsieur, ce sont des photos d’entrejambe et il répond oui, je suis très nul en photo. Voilà. Et. Et pour terminer sur sa défense, donc on lui dit voilà, vous, vous vous êtes accusé de ses attouchements, de ses agressions et lui reconnaît également les faits en utilisant des termes qu’il veut féminisant comme oui je cite bousculer, je cite pincer les seins parce que je cite elle, elle m’ennuyait pendant que je faisais la vaisselle, quelque chose comme ça. Voilà. Et donc après tout ça, c’est sûr, ce sont des demi aveux. En fait, il a douze mois de sursis et 2 000 € d’indemnisation pour la victime..
Du coup, il ne va pas faire du sursis. Je lis la phrase pour les places en prison si on ne foutait pas le moindre dealer en taule, on aurait sûrement une bonne moitié de la population carcérale en moins. Oui, on est, on est d’accord, même. Même bien plus que la moitié. Pas seulement les dealers, mais voilà. Ouais, ouais, ce gars là. Ouais ben la défonce classique quoi. Pauvre mec. Je suis désolé, mais ma SCU qui s’en prend de manière très infantilisante oui mais ce n’est pas ce n’est pas moi, elle m’a provoqué. Voilà, c’est l’inversion. On revient aussi à la question de Ben inversée : la responsabilité c’est les femmes qu’ils provoquent qui provoquent. Finalement elles sont dans un, dans un, dans un truc de séduction. Enfin j’entendais des trucs, mais ouais, c’est la défense classique. Finalement, c’est une gamine de quatorze ans qui l’a draguée finalement. Et donc qui donc lui, ces actes-là ? Il a juste répondu ouais
J’arrête avec les propositions de shred, je les trouve très instructives, sereines. Donc ce gendarme nous explique que c’est une formation à distance, donc un cours à faire sur nos outils internes. Je ne peux pas en dire vraiment plus, je ne l’ai pas validé. Encore merci pour la précision. Ça m’amène à penser immédiatement que le problème c’est que justement ce n’est pas une formation humaine, psychologique, d’accompagnement, mais que c’est aussi. Un système à distance. La froideur que ça a, que ça engendre. On se souvient aussi que Darmanin voulait mettre en place les systèmes de prise de plainte par à distance. C’est à dire que les femmes ne verraient pas des policiers ou des gendarmes mais déposeraient plainte alors que bien souvent il y a une nécessité, un besoin de parole, d'être écouté, etc. pour évacuer..
Mais il y a une procédure qui permet de déposer plainte directement au parquet par courrier, sans passer par la police. Ça existe déjà en mai, mais après on aura toujours affaire à des flics plus tard et puis à une autre. Un truc que j’ai découvert aussi sur cette procédure, je précise, c’est que, en fait, les JMJ, donc les unités médico judiciaires, pour faire, par exemple, pour évaluer le nombre de jours d' bITT, par exemple, pour estimer la gravité de l’infraction quand on dépose plainte par courrier. Apparemment c’est ce qu’on m’a répondu l’autre fois. Par contre, on ne peut pas aller voir les JMJ. Donc il faut passer par là.
Alors que dans le cadre justement notamment de viol, si il ne peut pas y avoir de constatations médico-légales, le dossier est compliqué. Cette histoire de porter plainte à distance, c’est enfin, il me semble, c’est un aveu total d’incompétence des policiers en la matière. C’est-à -dire ? C’est dire vous ne pouvez pas aller voir des policiers, ils ne seront pas capables
donc ils ne servent à rien
Dernière question parce qu’il est déjà 11 h 23, dernière question. Ici, c’est normalement c’est comparution immédiate. C’est celle du chat de Bruno. Valeur anarchiste, L’homme du néon qui est derrière toi. Comment garder le moral ? Et c’est drôle, c’est une petite faute. Il est huit heures. C’est à se demander si Bruno ne demande pas aussi comment garder la morale, mais en tout cas le moral avec de tels témoignages. Quelle est ta réponse à ça ? Est ce que toi c’est de dessiner ? C’est de transmettre, C’est de faire connaître. Mais ceux qui nous écoutent, ceux qui vont acheter la bande dessinée, comment vont-ils garder le moral ?
Ben je pense que déjà, le fait de ne pas fermer les yeux, de se renseigner, de s’informer, c’est déjà une manière de résister, c’est déjà une manière d’engager une riposte, d’avoir un regard sur ce qui se passe dans les tribunaux, dans les geôles des commissariats, dans les prisons. C’est déjà bien, c’est déjà beaucoup. Et puis j’espère, Voilà. Enfin après, il y a toutes sortes d’engagements qui peuvent s’engager politiquement. Je pense que c’est important parce que moi ça me déprime complètement
Ça ce n’est pas bon pour la vente.
Là. Non, non
C’est un aveu là.
Mais ça me déprime. Et pourtant ce n’est pas que ça. C’est vrai que c’est difficile quand on sort, mais par contre il y a pourquoi j’y retourne aussi souvent ? Je ne suis pas maso, c’est qu’il y a aussi une c’est une manière aussi. C’est un acte militant d’aller regarder ce qui se passe, de le retranscrire et de me dire bah au moins c’est écrit quelque part ce qu’il a dit, ce que les violences que les personnes ont subies. Là par exemple quand il raconte les violences policières, personne ne l’a entendu, mais par contre c’est écrit quelque part. Et donc déjà c’est une reprise de pouvoir contre l’institution aussi de leur faire passer le message qu’on les regarde, que leurs décisions sont publiques et qu’ils doivent rendre des comptes. Et donc, si je pense que ce n’est pas seulement déprimant, c’est bon. Voilà la situation politique en France, oui, et ailleurs. Et franchement pas réjouissante, c’est sûr, Mais quand on commence à engager des ripostes, à être enfin voilà, à prendre conscience de ce qui se passe, bah du coup, c’est déjà c’est déjà une manière de résister quoi.
Est ce que tu t’es rendu compte que pendant presque 2h, tu as tenu ton stylo comme un micro, que tu l’as collé constamment ? Pas maintenant. Donc c’est ça, en fait, c’est ton micro à toi.
Oui, oui, c’est vrai que Monsieur, j’ai la chance d’avoir cet outil pour parler, pour exprimer aussi ce que je vois, ce qui m’indigne et tout ça. Et utiliser le dessin. Enfin, j’invite, j’invite tout le monde à utiliser ces outils là, enfin à oser écrire, à oser dessiner, même si même si on se dit qu’on n’y arrive pas, ça vient avec l’observation. Et puis en fait, l’important ce n’est pas à quoi ça ressemble. L’important c’est la capacité à mettre sur du papier et puis et puis voilà. Donc le dessin, effectivement, ça, ça peut aider à transmettre. Et c’est d’ailleurs pour ça que ça fait aussi peur. Je pense à l’institution
La question rituelle.
Anna. Qu’est ce que nous avons fait pendant plus de 2 h aujourd’hui au poste ?
Oui, c’est une question piège. Je n'étais pas prête. Qu’avons nous fait ? Déjà, on engage un peu la riposte quand même. On parle de ce qui es tu, de ce qui ce qui est invisibilisées ? Un grand merci de m’avoir reçue.
, Merci beaucoup à toi. Merci beaucoup à toi. Tu vas à Bobigny là, c’est ça ?
Oui, oui. J’ai joint l’utile à l’agréable. L’utile, c’est ici. C’est plutôt ici. J’avoue que j’appréhende beaucoup. Bon, je ne sais pas, je n’ai pas fait les dix jours de procès, mais je pense que ça va être un truc très lourd et surtout que je vais arriver certainement là, sur la fin, sur les plaidoiries des policiers qui risquent d'être ignobles. Donc j’ai pris une plaquette de Xanax, là, je pense, je vais, je vais m’y mettre. Et puis bah j’ai une valise remplie de carnets, croquis et puis et puis je vais retranscrire ce qui se dit.
C’est un fort témoignage qui montre les manques de la justice. Merci pour votre engagement. Merci pour cette interview menée par Pauline nous dit Sorcière.
