Ciné-débat. « Sainte-Soline : autopsie d’un carnage »
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Bonsoir à tous et à toutes. Merci beaucoup d'être, d'être là. Il y a encore des gens de qualité. Je vais vous présenter la soirée. Nous avons la chance d’avoir les deux réalisatrices du film que nous allons voir qui a été produit par Reporterre et Info Investigation. Donc Clarisse et Émilie qui vont venir dans quelques instants, nous aurons aussi Hervé Kempf qui est le fondateur de Reporterre. Nous aurons aussi Flavian, de l’Observatoire des pratiques policières de la Ligue des droits de l’homme de l’Observatoire de la région parisienne. C’est une émission que nous animons depuis maintenant trois ans. Nous étions dans une petite grotte qui s’appelait Twitch et depuis quinze jours, nous avons décidé d ajouter live Twitter sur YouTube, et nous sommes sur PeerTube C’est un réseau. Indépendant, autonome, auquel on tient. On tient beaucoup et c’est une émission qui traite principalement de l’actualité politique, des libertés publiques, des libertés fondamentales, de la police, de la justice, mais aussi du féminisme, de l’environnementAlors vous allez vous présenter, chacun et chacune après le film, il y aura un débat avec la salle Hervé, veux-tu te présenter ?
En fait, il y a un film comique qui s’appelait Les producteurs. Je me rappelle plus de quel coproducteur paraît-il. J’ai compris et donc j’ai parlé avec M. Et directeur de la rédaction de Reporterre, le média d'écologie qui est très heureux d’avoir coproduit sans Soline. Autopsie d’un carnage.
En fait, je suppose. Donc. Je vais enchaîner sur la présentation très succincte d’Hervé. On a travaillé Off Investigation et Reporterre, et c'était. C'était une première que ces deux médias indépendants s’associent pour faire des films, des films importants, des films qui doivent exister et qui n’existent aussi que par vous, puisque c’est des films qui sont financés par les dons des citoyens et des citoyennes. Et. Et voilà. Et cette idée de cette idée de film est née d’un constat qu’après sainte Soline, tous les gens qui avaient été ont été traumatisés. Et quand on ne comprenait pas très bien ce qui s'était passé ce jour-là, ce 26 mars 2023. Et donc on a décidé d’investiguer Maëlys et moi sur ce sujet. Et c’est vrai qu’on n’aurait pas pu faire ce film là sans tous les reporters indépendants qui nous ont. Qui nous ont fait confiance. Et certains sont dans la salle. Donc il y a Lisa Lapp du média. Joseph Brisac qui travaille pour Blast. Il y a Vincent Versac de partager ce sympa qui a créé son propre média et qui travaillait avec Bertrand, sans scène sur place. Rémi Servais, La gang de la Boissière. Est ce qu’on en oublie ? Camille Coursier aussi. Ah oui, Camille, Coursier aussi. Qui était, qui était aussi. Donc c'était intéressant d’avoir grâce à leur travail, c'était quasiment des. On a récupéré comme des images de reportage de guerre et c’est vraiment on a on s’est vraiment imprégnés de leur image pour. Pour vous livrer ce film. Est ce que tu veux rajouter des choses ? Malice ? Bonsoir, Moi c’est Maïlys. Je suis l’une des deux réalisatrices. Merci à toutes et à tous d'être là pour voir ce film avec nous. On a fait ce film pour les raisons évoquées. Clarisse Mais aussi parce qu’on a. On a voulu sortir un peu des temps de l’actualité immédiate et qui dure une journée et qui nous fait passer à autre chose parce qu’il se passe tellement de choses difficiles qu’on tourne assez rapidement la page. Et on a voulu montrer à travers ce documentaire que la Sainte Soline, ce n’était pas seulement une journée pour les personnes qui étaient là bas, c’est ça ? En fait, c’est très présent aujourd’hui encore, il y a encore des procès qui sont en cours, il y a des gens qui sont encore blessés, il y a beaucoup de séquelles. Donc on a voulu entendre ce qu’avaient à dire ces gens là qui étaient présents un an après. Et donc, comme le disait Clarisse, une très heureuse d’avoir Lisa et Rezé qui étaient sur place à Sainte Soline l’année dernière et que vous pourrez entendre tout à l’heure. Et j’oubliais un dernier reporter indépendant qui était Joanny Lemercier qui était le droguiste. Vous verrez des images de drones incroyables et.
qu’on a reçu au poste d’ailleurs. Johnny C’est vrai, bien sûr. Nous, on reçoit tous les agitateurs et c’est notre marque de fabrique.
Ils habitent en Belgique.
On a les moyens de faire venir les invités.
On n’a pas réussi à le faire venir en tout cas. Mais on aimerait. J’aimerais beaucoup le rencontrer.
Formidable !
Si non, il faut donner la parole à Flavian. Ah ben oui, de la Ligue des droits de l’homme. Alors fait gaffe parce qu’il y a la patronne qui est dans la salle.
ça met un peu la pression.
Voilà.
Alors moi je suis Fabian, euh je représente des observateurs qui étaient présents sur place, donc les observateurs de la Ligue des droits de l’homme. Donc ce sont des observateurs. Nous, on a des observatoires. On observe surtout en manifestations le maintien lors de manifestations, mais aussi des démantèlements, démantèlements. De squats, d’expulsion, squat, pardon et d’expulsion des personnes exilées et donc ont été prises dans le sein de solidarité une vingtaine d’observateurs et un peu dans le camp. On a été choqué, un peu comme vous, les réalisatrices, sur le récit officiel qui est sorti de cette manifestation. C’est notamment pourquoi on a écrit avec les droits de l’homme un rapport sur le maintien de l’ordre à Sainte Soline et qui rejoint un peu ce qui est dit dans le film que vous allez voir.
Donc qui nous a aussi été très utile pour construire le film et pour tout vérifier. Merci.
Merci beaucoup. Donc on se donne rendez vous dans 70 minutes, le film va démarrer et moi je reste deux secondes maximum pour faire des petits trucs de régie. Après, je m'éclipse. Mais on va pouvoir lancer. C’est Franck qui va lancer le film. Merci encore d'être là et je vous le dis, il y aura un débat. Vous pourrez poser toutes les questions que vous voulez à ces quatre charmantes personnes. Bon film.
Toutes les chaînes de télé se méfient de l’investigation dans les groupes privés comme celui de Vincent Bolloré. On l’a tué depuis longtemps dans l’audiovisuel public, dans le budget. Les conséquences de ce que c’est que bloquer l’arrivée des secours. Ils ne le feraient pas pour eux-mêmes. Pas. Toutes les chaînes de télé se méfient de l’investigation dans les groupes privés comme celui de Vincent Bolloré. On l’a tué depuis longtemps. Dans l’audiovisuel public, dont le budget dépend désormais du gouvernement. On réfléchit à deux fois avant d'égratigner l’exécutif pour financer notre nouvelle série d’enquêtes indépendantes qui vont questionner les pouvoirs politiques et économiques. Il ne nous reste plus qu’une seule solution : faire appel à vous. Ça nous habitera jusqu'à la fin de notre vie. Le droit à manifester, c’est un droit constitutionnel. J’ai l’impression qu’à cette détermination, il n’avait plus que la force à la fin à opposer quoi ? C’est comme un parent qui bat ses enfants. Quant au fait, il pense que c’est ce qu’il faut faire, mais ce n’est pas ça qu’il faut faire en fait. Ce n’est pas une somme de 200 policiers qui font des conneries. C’est réfléchi. Il y avait une volonté d'écraser. De faire en sorte qu’on revienne plus. Le camp se montait vendredi matin tôt. C'était un champ prêté par un agriculteur. Très rapidement les barnums qui se sont montés, les tentes qui ont commencé à s’installer. Puis ça a été un peu comme ça toute la journée. Quand nous sommes en convoi de tracteurs et que la préfecture de la Vienne nous arrête pour nous dire à partir de là, vous rentrez dans une zone interdite, c’est à vos risques et périls. Et quand on dit on y va en tracteur, on va aller sur la zone en tracteur. Le gendarme présent nous dit Vous vous ne rendez pas compte de la violence que vous allez déchaîner en y allant ? Mais nous, on n’est pas dans un esprit de violence. Je veux redire que nous verrons des images extrêmement dures, parce que là aussi il y a une très grande mobilisation de l’extrême gauche et une très grande mobilisation de ceux qui veulent s’en prendre et peut-être tuer des gendarmes, tuer des ça c’est juste pas possible. Nous ne céderons rien à la violence et je la condamne avec la plus grande fermeté. Ma tête est vraiment en PLUS, là ça ne sert à rien. Les hélicos, tout ça, ils ne savent pas tenir leur pont. Franchement, c’est incroyable. C’est incroyable ! Ils sont là, Ils sont là. Putain. Il y en a qui sont venus de loin. Il n’y a que des roquettes qui arrivent du Jura. C’est incroyable. C’est beau, C’est magnifique. Wow ! C’est un petit peu la petite victoire, parce qu’on avait réussi à installer le camp. Malgré tous les arrêtés préfectoraux, l’interdiction de la manif pour. C’est hyper joyeux. Par rapport à la précédente manifestation en octobre dernier, vous avez vraiment de très gros moyens qui sont déployés pour ce weekend. Nous avons en effet des moyens importants, 3200 policiers et gendarmes sont mobilisés pour un dispositif qui est proportionné aux risques très importants de violences qui sont à craindre. En effet, au vu de la détermination des personnes qui sont sur place. Et puis faire la fête, mais pas trop demain. Je l’avais annoncé avant à la préfète. Nous viendrons sans violence, sans rien casser. Nous sommes entrés dans une zone interdite sans rien faire. Celle des groupes isolés nous a dans une nasse. Heureusement que certains hommes vont aussi nous aider et préparer le terrain pour faire déplacer les CRS. Le jour même. La journée a commencé par un drôle de réveil voir tous les échos et se dire mais. Vous faites dodo dans un pré, Il y a déjà tout ça au-dessus de nous. C’est quoi ? C’est quoi cette histoire ? On s’en fout en fait. Comment il peut y avoir autant de moyens mis dans le vol d’hélico ? Et depuis hier ? Ce n’est pas possible. Beaucoup de peurs et en même temps beaucoup de joie et d’espoir d'être là et d'être avec tous ces gens. Se réveiller dans la boue parce qu’il avait plu énormément la nuit, donc c'était vraiment. Le terrain était hyper boueux. Moi, j’ai perdu la mémoire du jour même, parce qu’effectivement, à chaque fois qu’il y a un traumatisme crânien, le cerveau bloque volontairement toute image qui lui rappelle le choc et donc un danger pour lui-même. C’est une sécurité mentale on va dire. Je remercie au nom de tous les camarades, très chaleureusement, tous les élus, le courage de venir ici en écharpe et d'être vraiment, pour une fois les représentants du peuple. Merci à vous de faire ça, vraiment, c’est très fort. Je ne sais pas vous, mais nous ça nous fait sacrément plaisir. Intéressant de souligner la dernière fois après toutes les manifs qu’on a déjà faites. Donc quoi de voir autant de monde, de voir ce qu’on voit, qu’on a accueilli hier avec joie, de voir que nous sommes là malgré tout ce que les pronostics prévoient, qu’on y arrivera pas, que vous ne trouverez pas d’endroit qu’on n’arriverait pas. Arrivé sur place, nous devons nous mobiliser, continuer. Et faire en sorte que ce projet de bassines sur le Marais poitevin s’arrête et qu’on puisse revenir à des choses décentes pour préparer au mieux l’avenir des générations futures. Oh ! Oh bon sang ! Oh, ça va ! Voilà comme tous les camarades courageux et qui voudront déjouer la facilité d’identification, le fichage, etc. Et bien je porterais la combinaison bleu comme l’eau, bleu comme les bleus de travail de nos ancêtres, de nos aïeux ouvriers. Donc je serai un bleu. Voilà ce que je peux vous dire. Ça fait longtemps que je suis dans l’eau internaute et que je vois la pertinence et l’importance qui me touchent le plus. C’est les luttes qui luttent écologiques et luttes sociales. Et au fait, la question de l’eau, c’est profondément social. Parce que ben en fait, c’est une question de juste besoin humain pour vivre. Du coup, en fait, c'était logique, vous avez les bassines.Faut savoir si on s’approprie l’eau qui appartient à tout le monde, qui a un bien commun, on l’a, on a pompe depuis les nappes phréatiques pour la mettre en surface, donc sa qualité elle se dégrade et c’est au profit d’un tout petit nombre d’agriculteurs pour faire pousser des plants de maïs qui vont même pas servir à nourrir les français, mais plutôt à nourrir du bétail ou être exporté à l'étranger. Donc c’est pas du tout un modèle qui me semble pertinent et c’est pour ça que moi j’ai décidé d’aller là bas puisque c’est une lutte qui a été, qui a été assez médiatisée et qu’il y avait tout de monde pour supporter ça et dire non, non à ce projet. Disons que globalement, je m’intéresse à ce qui bouge dans la société, je veux voir ce qui s’y passe. Il se trouve que je travaille aussi majoritairement en milieu extérieur que la problématique de l’eau. Quelque chose qui m’est forcément familier quoi. J’ai aussi un entourage que je connais, un paysan, et que je pense que la question de l’accaparement de l’eau par des intérêts capitalistes privés, ça pose une question presque de guerre de classe à l’intérieur du monde agricole que ça vient soumettre des petits paysans au bon vouloir des propriétaires de ces méga bassines, qui décide ou non d’en distribuer l’eau à des moments clés du monde agricole ? Ou bien je suis parti en temps de Jonas avec deux amis contre deux bassines d’un moment je crois bien. On n’aura plus d’eau dans nos neuf pays et puis on sera tous dans la galère quoi. Sans eau, on serait tous morts. On se base. Et là, doucement, doucement, doucement. En octobre. Ou novembre prend son envol. La preuve devant laisser le pardon aux personnes devant le tableau un peu facile à enfin celui là, gardez vos empreintes sur vos propre voiture en attendant la deuxième. C’est ce sentiment de fierté et de force d'être ensemble. Ça, c’est quelque chose que j’ai vraiment senti. Parce que des fois on se dit mais. Je pense qu’est ce qui fait que moi j’ai compris ça ? Je le vois d’ailleurs je n’arrive plus à avoir.
Merci à tous. Nous allons donc passer à la partie à la partie débat. C’est compliqué, mais tout ça, c’est compliqué. On va commencer peut-être par vous deux. Vous avez fait beaucoup de débats avec ce film ou c’est le premier ? Et qu’est ce qui le ressort Est ce que c’est la colère ? Est ce que c’est l’indignation ? Est ce que c’est une forme d’indifférence, d’accoutumance d’habitude à cette violence d'État. Qu’est ce qui ressort des débats ? Juste pour voir si la salle ce soir va se comporter.
On a fait une projection il y a quelques semaines dans un cinéma et on a eu la chance de pouvoir. Accueillir pendant cette projection. Mickaël, sa maman et Julien. Et il y avait aussi avec d’autres, des gens que vous avez vus dans le film et vous pouvez les voir pour vous asseoir. On y trouve aussi des Jérémy Fougerat que vous voyez aussi dans le film et je pense que ça leur a fait quelque part du bien de se réunir avec des gens. Déjà, de se voir entre eux, ça leur fait du bien, parce qu’il y en avait qui ne s'étaient jamais rencontrés, qui s'étaient vus. Donc Benoît Bitos a vu Alix sur le terrain, mais sans pouvoir lui parler évidemment, mais qui se sont rencontrés ce soir-là. Donc cette soirée, elle était assez. Bénéfique, on va dire. Parce que voilà, les gens ont pu se rencontrer et en fait, nous, ce qu’on a voulu faire, c’est mettre un peu des visages sur des mots sur les mots violences policières, mobilisation, etc. Et on s’est dit que c'était important de montrer qui était derrière ces termes. Sur les bandeaux qu’on voit sur BFM où on voit 2500 écoterroristes attendus. Enfin voilà, en fait on ne les voit pas et donc on s’est dit qu’il fallait vraiment leur montrer en fait, montrer ces personnes, leur donner un espace pour s’exprimer et ce qu’ils ont exprimé pour répondre à des questions, ce qu’elles ont beaucoup exprimées pendant les tournages en tout cas, c’est que ça leur faisait beaucoup hésité à parler parce que c’est très difficile de se mettre devant une caméra, de se dire qu’il y a des milliers de personnes qui vont vous voir. Et en même temps, c’est un espace qu’on leur donne pour justement que leur récit, pour essayer de faire en sorte que leur récit puisse s’imposer et pour montrer aussi que c’est des gens qui ont des revendications finalement très simples : boire de l’eau, pouvoir se nourrir dans dix ans. Clarisse Justement, je rebondis là dessus, c’est que la réaction de votre salle, on peut, la salle, on l’a, on l’a aussi projeté justement un an après qui était là où il y avait eu justement l’organisation de toute la manifestation qui ensuite partait à Sainte Soline. Donc on est revenu un an après avec le film et c’est la même, c’est la même énergie que vous avez montrée en applaudissant. C’est un peu un élan de vie, c’est une colère, c’est l’envie à l’envie que ça s’arrête, l’envie de lutter. Et ce n’est pas du tout la résignation ou l’indifférence, au contraire. Et c’est aussi ça que cet élan de vie que ce film porte en lui et. Et voilà. C’est que ça, que ça, que ça ne va pas s’arrêter là et que ça va continuer, peut être s’amplifier, on ne sait pas. Mais voilà, en tout cas, c’est vital, C’est un combat vital, c’est le combat de l’eau et on ne peut pas vivre sans eau. Donc à partir de là, il est important de raconter, de raconter cette histoire parce que c’est un récit qui doit exister et c’est un devoir de le faire. C'était un devoir, en tout cas pour nous, de faire ce film. Et j’ajoute juste que toutes les personnes qui ont, qui ont été blessées, qui ont accepté de témoigner, ont dit, comme elle le disait un peu dans le documentaire, mais qu’elle le faisait, même si c’est dur, pour montrer que malgré le fait qu’elle a été blessée, elles vont revenir, qu’elles soient encore là, qu’elles osent s’exprimer, qu’elles vont retourner manifester, se mobiliser. Et c’est vraiment ça qui les a motivé à parler.
Flavian a une très bonne idée. Il a mis un badge pour placement de produit Ligue des droits de l’homme qui vous l’a donné ?
C’est Nathalie qui me l’a donné.
C’est la patronne, donc elle est redoutable. Donc qu’est ce que. Qu’est ce que. Qu’est ce que. Qu’est ce que tu aurais voulu voir dans le film qui serait par exemple dans le rapport dont j’imagine que tu as été un des rédacteurs, le rapport des violences policières que tu que tu n’as pas vu pour tout un tas de raisons, de choix, de temps, etc. Est ce qu’il y a des éléments de ce que tu as pu voir, de ce que vous avez pu restituer qui manque au film ? Je dis ça sans critique, mais pour apporter plus d'éléments au débat, ce qui est quelque chose de très important.
Oui bah déjà le film est quand même très riche, donc je trouve vraiment que c’est un très beau travail. Encore une fois, félicitations ! Nous, notre apport, on a. On a pu aborder d’autres points parce qu’on avait le nombre de pages nécessaires pour le faire. Il y a par exemple, on sait qu’après cette manifestation, il y a deux rapports qui ont été commandés par la. Et l’autre par la gendarmerie. Et ce sont des rapports très détaillés. Sauf une partie qui n’est pas détaillée, c’est la partie entre 13 h 30 et 14 h. La partie à 30 14 h, c’est quand il y a eu le tir de LBD par les quads. C’est quand il y a eu le gazage des blessés, comme le montre le film. C’est aussi nous. On a fait le décompte en une demi-heure. On a compté environ 600 grenades explosives qui sont tombées. Donc ça fait beaucoup en 30 minutes et c’est encore ça. C’est sans compter toutes les grenades lacrymogènes. Et donc nous, c’est une partie qu’on analyse de manière très détaillée dans notre rapport puisqu’on était 18 observateurs sur le terrain et donc on avait un peu la vision d' un peu partout autour de cette bassine. Et donc voilà, ça c’est des éléments qui qu’on a voulu mettre en avant parce qu’on a très peu d’informations au final qui sont sortis là dessus. Et nous, on a essayé de produire une analyse sur toute la stratégie de maintien de l’ordre qui a été mis en avant par les autorités.
Hervé Donc, je rappelle que tu es le fondateur de Reporterre, en fait, il y a très longtemps, parce que tout le monde pense que c’est récent sur Internet, mais en fait c’est vieux ton machin. Bon, bref, plein de succès, etc. J’ai l’impression que de plus en plus, la question du maintien de l’ordre, la question du renseignement, la question de la police s’invite, si je puis dire, dans vos pages, encore hier, vous avez publié une enquête absolument remarquable et terrifiante sur ce qui est arrivé aux gens qui ont qui sont allés manifester contre les usines Lafarge. Est ce que tu t’attendais à ça, toi qui viens à l'écologie par le journalisme ? Est ce que tu t’attendais à ce que la question policière devienne aussi centrale ? Au fil du temps. Ah non, celui-là, je le garde.
Alors en fait, c’est une évolution de longue date. Le mouvement écologiste a toujours été confronté à des violences de l'État extrêmement fortes, Un moment absolument marquant de l’histoire de l'écologie en France en tout cas, c’est 1977, au moment de la lutte contre Superphénix ou à nouveau une confrontation très forte entre pas loin de 100 000 personnes et une débauche de moyens policiers qui a conduit à la mort de Vital Michel Michalon. Donc ça avait donné un coup d’arrêt très important au mouvement écolo qui a mis des années à s’en remettre. Puis après le fil de l’histoire, c’est continué. Mais un événement vraiment marquant, c’est l’homicide par la gendarmerie de Rémi Fraisse à Sivens en 2014 et où là, on a pu voir ce qui n'était plus les prémices mais l'évolution globale de la montée en puissance de la répression par les pouvoirs. Le pouvoir capitaliste ou vous l’appelez comme vous voulez et qui depuis n’a cessé de monter en fait. Pour nous, c’est une évolution et paradoxalement, comme notre premier et c’est vraiment le sujet sur lequel on voudrait pas faire de scoop, mais c’est le premier qu’on avait fait, C’est à dire qu’on avait révélé seul contre toute la presse officielle et contre la presse officielle, la presse et le discours officiel où je retire le mot. Il n’y a pas de presse officielle, mais en tout cas c'était un accident. Voilà le Journal officiel quotidien que c'était Rémi Fraisse. Voilà, nous on a prouvé parce qu’on était sur le terrain, bref, 1000 choses qu’il avait vraiment été tué par une grenade. Mais ce que je veux dire après, c’est qu’il y a une montée continue qui n’a cessé depuis. En fait, que tu as très bien documenté dans d’autres contextes, David, de montée de la radicalisation du pouvoir. On pourrait même le dater de 2001 et aux attentats de septembre 2001 contre le World Trade Center aux Etats-Unis. Mais depuis, il y a une radicalisation de la violence policière qui est extrême et qui maintenant, c’est d’abord pour faire simple, et les Arabes, ensuite les banlieues. Et puis peu à peu, ça devient contre tous les mouvements, et en particulier les mouvements écologistes sont particulièrement exposés à ça. Mais nous, on a fait un travail, notamment au moment de la loi contre le contre le travail, la loi de réforme du travail sous Hollande. D’ailleurs, c'était en 2016 et là, on avait été tellement frappé qu’on avait fait à l'époque une mission avec des parlementaires pour montrer à quel point la police ne se comportait pas, qu’elle réprimait des désordres. Ça se comprend tout à fait. Et quelque part, c’est dans son rôle, mais avec un excès de violence absolument sidérant. Et ce qui est effectivement inquiétant. Mais je n’apprends rien ici à personne, c’est cette montée continue, cette absence. Et ce qui me frappe dans le film que Clarisse et Maïlys vous avez réalisé avec derrière l'équipe de ouf. Et nous, on a contribué à notre toute petite manière. Et c’est quand même le cynisme. C’est à dire que c’est on n’est plus seulement là dans l’emploi d’une violence démesurée. Par rapport à des gens qui certains avaient été dans une logique de confrontation, mais la majorité, très grande majorité était là. Comme tu l’as dit, pour dire on veut défendre l’eau et pour pouvoir boire de l’eau propre. Mais le cynisme qui avait le cynisme. Ce que tu veux montrer bien avec Darmanin, la façon dont le discours était construit a priori pour dire c’est des écolos terroristes gauchistes très dangereux, ils veulent tuer la police et nous on va défendre l’ordre. Et en fait, on a non seulement en face de nous des appareils de violence. Démesuré dans un pays qui se prétend encore démocratique. Mais par ailleurs, le cynisme qui s’ajoute de plus de vouloir projeter un récit totalement faux en inversant la réalité des choses. Et c’est pour ça que c’est un des premiers. Un des points forts de ce film, c’est de montrer ça et de produire en tant que média indépendant, en tant que journaliste indépendant. Il y a beaucoup de galères derrière tout ça. De produire un contre récit qui, au moins que la vérité ne soit pas saisi par les pouvoirs, par les pouvoirs.
On va donner la parole au public dans très peu de temps. D’autant que je vois qu’il est apparu un des avocats de la famille Fraisse. Donc peut-être qui voudra témoigner de sérieux. Halimi, qui connaît bien ces questions là, qui est par là bas. Dans le film, il y a Serge, Serge D. Qui dit ces manœuvres de policiers, c’est un système, ça ne peut pas être une accumulation hasardeuse de gestes. Et on a Julien Legay qui indique clairement que pour lui, un piège a été tendu aux manifestants à Sainte Soline. Quelle est la nature de ce piège exactement ? Qu’est ce que. Qu’est ce que vous vous en diriez ? Parce qu' au fond, le film ne répond pas tout à fait à ça. Donc vous. Votre intime conviction, c’est quoi ? Quels pièges auraient été tendus et dans lesquels les manifestants seraient tombés ?
Les manifestants ? Ils sont partis du camp de Vanzetti, donc, qu’on voit sur les cartes. Les graphismes qu’on voit dans le documentaire. Et la manifestation était interdite. Et malgré l’interdiction de la manifestation, personne ne les a empêchés de marcher jusqu’au champ qui mène à la Bastille. Ils ont avancé sur une route. Il n’y avait pas de gendarmes pour les stopper et au moment où ils sont arrivés dans le champ, les gendarmes les ont gazés. Et donc, c’est ça le piège. C’est à dire qu’on pourrait s’imaginer que pour une manifestation interdite, les gendarmes auraient barré la route, ils auraient pu mettre des camions et les empêcher de passer. Et ce n’est pas ce qui a été décidé. Ce qui a été décidé, c’est vraiment de les laisser, comme on le voit avancer jusqu'à la bassine, en tout cas de s’approcher de la bassine et seulement à ce moment là, de gazer de manière indiscriminée, donc de gazer des gens qui n'étaient pas en train de jeter des pierres ou qui n’y étaient pas. C'était vraiment au début de la manifestation. Donc c'était à un moment où les gens étaient assez calmes et où finalement ils étaient en train de marcher. Et il y a des images où on le voit très bien. Il y a d’autres images qui ne sont pas forcément dans le documentaire, mais on voit où on voit bien qu’il y a des lacrymos qui tombent aux pieds de personnes qui sont soit isolées, soit en petit groupe de trois, mais qui sont vraiment en train de discuter et qui ne représentent pas une menace. Et donc voilà, c’est ça le piège. Et il y a aussi le feu. Enfin il y a, il y avait parce qu’il y avait des endroits où il fallait traverser, des rivières où il y avait des tas d’endroits où ils auraient pu bloquer les gens, ils l’ont pas fait. Et il y a le deuxième piège, c’est. C’est en fait qu’ils les ont provoqué quand ils quand, quand ils commencent à aller les gazer à un kilomètre quatre de la bassine. En fait, ils excitent les manifestants et ils savent qu’il n’y a pas de. Il y a les manifestants, il y a différents cortèges. Enfin, c’est comme la manif interdite, il n’y a aucune main, aucune. Il n’y a aucun moyen,il n’y a pas même, je ne sais pas, des micros, des mégaphones pour pouvoir diriger la foule. Et donc il n’y a pas les organisateurs. Julien le gars, il n’est pas là et donc il excite, il les excite. En fait, il excite leur haine, leur colère. Et donc, qu’est ce que font les manifestants ? Ils s’approchent et sont encore plus en colère. Alors qu’au départ l’objectif était pas et t’es pas dit t’es pas forcément de d'être aussi agressifs ou virulents. Pour ceux qui étaient, qui étaient, qui représentaient les Black Bloc et Black Bloc, il n’y a pas d’idée. On va y aller, on va casser du, on va, on va incendier les cars, etc. Ils ont été excités, ils se sont approchés. Ils avaient la haine parce qu’ils n’avaient rien fait. Évidemment, ils étaient gazés.
Donc le monsieur veut prendre la parole. Flavian Je rappelle que vous êtes quand même dans le collimateur de Darmanin. Euh, c’est bien de faire des dons à la presse indépendante, C’est bien d’en faire aussi à la LDH puisque Darmanin dit que votre trésorerie ferait arrêter les subventions. Donc vous allez, il faut être bon, là, il faut être bon, là, allez-y.
Oui, pour compléter, nous, ce qu’on appelle, c’est On dit que les forces de l’ordre ont opté pour une stratégie de fortins, c’est-à -dire ? Comme on le voit très bien dans les images de drone, ils se mettent toutes autour de la bassine. Et le danger là dessus, c’est que les forces de l’ordre n’avaient pas moins de recul puisque derrière eux, ils ont la bassine. Ils n’ont pas d’autres solutions possibles que d’avancer contre les manifestants. Et donc dans le rapport, c’est que c’est une stratégie qui ne va pas vers la désescalade. Et ensuite, je pense que ce qui est aussi très marquant, c’est toute la stratégie en amont de présenter les manifestants comme des écoterroristes. Il y a presque, on pourrait dire, une volonté de préparer l’opinion publique à ce qui va se passer. Et puis en fait, on voit très bien le commandant de gendarmerie qui parle d’adversaire pour parler des manifestants, et ça, je pense que ça montre vraiment que les manifestants en face, ont des adversaires, donc on les traite comme tel.
Oui, mais il y a une croyance, il y a une construction. Enfin c’est vrai que quand je parle d’un système, c’est que les mondes, on a un peu ri, mais y a eu des informations de manière informelle. Les gendarmes ont vraiment dans leur tête, ils sont persuadés qu’ils sont en danger. On peut les tuer en fait, que les manifestants peuvent les tuer. Et donc ils sont, ils ont peur, ils ne peuvent pas reculer. Et donc on leur dit de tirer en cloche, mais ils voient des manifestants venir vers eux. Il y a des gendarmes en plus, ils étaient inexpérimentés. Ce n’est pas du tout des gendarmes habituels du maintien de l’ordre. C'était le groupement des Deux-Sèvres, donc des débutants. Donc certainement, et on l’a montré, il y a des. Il y a des gendarmes qui n’ont pas du tout fait des tirs en cloche mais qui ont tiré, qui ont tiré sur les manifestants. Enfin, c’est en pensant qu’ils étaient qui jouaient leur vie. Enfin voilà quoi. Il y a une vraie diabolisation, même, même à des niveaux hiérarchiques extrêmement élevés de la gendarmerie. C’est assez frappant. Et alors ? Je ne sais pas si on peut qualifier ça de piège, mais en tout cas, la présence de quad est très importante parce qu’il faut savoir que c’est une expérimentation. C’est la première fois que l'État a envoyé des quads qui avec des gendarmes dessus, habilités à tirer et donc on le voit bien au début, arrivent de derrière des buissons et les manifestants ne s’attendaient absolument pas à trouver des quads. Eux, ils avaient vu les gendarmes en arrivant face à la bassine. Mais les quads qui arrivent, ça c’est une surprise. Et ça leur a permis d'être extrêmement mobiles et donc de tirer sur les blessés et d’aggraver leur situation.
Le problème, c’est quand même un problème et c’est comme ça.
C’est un peu la branche, même en quad dans les champs.
Hervé Après, je passe la parole au public. Flavien Parler de fabrication de l’opinion, est ce que toi tu sens une évolution de ce point de vue là des forces de l’ordre, des appareils politiques ? Sur l’idée d’une fabrication des écolos comme des écolos radicaux on va dire comme vraiment une menace. Et est ce que par exemple, dans vos enquêtes qui n’ont rien à voir, vous pouvez entendre ce genre de choses, c’est à dire est ce que ça peut ? Est ce que ça peut revenir ? Est ce que ça. Est ce que ça irrigue la société ? Les écolos, c’est des dangereux terroristes. Ça reste encore très circonscrit.
D’abord en fait l'écologie, elle est arrivée à un point où on n’est plus dans l’alerte, où il faut faire passer le message aux gens, puisque c’est tellement évident par le changement climatique, par tous les effets, que ce que l’on ressent, et particulièrement d’ailleurs dans les milieux ruraux où encore beaucoup plus qu’en ville. Donc ce qui se passe maintenant, c’est que l'écologie est devenue un objet de confrontation politique. C’est devenu un vrai objet politique sur lequel on va. En fait, le champ politique se réorganise donc pour le faire simple d’un côté, ça va être ceux qui disent sobriété, justice sociale, par respect pour l’environnement et indissociable d’une approche. D’une vision de la société beaucoup plus égalitaire. Et de l’autre, on maintient l’ordre social, on va vers la technologie. Et par exemple, en l’occurrence les mégas bassines. Donc on a une confrontation qui est maintenant une confrontation idéologique au bon sens du terme, c’est à dire de récits d’avenir et de récits d’interprétation de la réalité qui s’oppose clairement, même si du côté des écolos, c’est assez dispersé pour les raisons de la division du mouvement d'émancipation que vous connaissez comme moi. Donc une fois que ça c’est acquis, ça veut dire que maintenant l'écologie devient un danger pour le système, elle devient un danger théorique, intellectuel, social, etc. Précisément parce qu’elle peut avoir une capacité d’entraînement. Et là, on l’a vu, ce que tu évoques en fait au moment de la crise agricole, il y a deux à trois mois, qui en fait une révolte paysanne, en partie mise en scène et instrumentalisée par la FNSEA, mais où tous les médias de l’oligarchie et le pouvoir lui même va dire ah mais c’est une révolte contre les normes environnementales. Exactement. De la même manière qu’au moment des gilets jaunes, ils avaient présenté le mouvement des gilets jaunes comme un mouvement. Ils avaient essayé en tout cas un mouvement contre l'écologie parce que contre la taxe carbone, plutôt qu’un mouvement de révolte sociale par rapport à la condition qui est faite de plus en plus de précarisation des classes moyennes ou des classes populaires. Donc là, il s’est joué la même chose en fait. Et nous, les écolos et d’autres, on essaie de produire un autre récit, une fois de plus, de montrer, c’est-à -dire de donner la représentation de la réalité qui est beaucoup plus exacte. Mais c’est ça qui se joue. Alors, est-ce que ça imprègne en profondeur ? Moi, je ne peux pas le dire, Je ne sais pas. Je n’ai pas du tout le sentiment précisément que quand on fait quand même beaucoup de reportages, etc. Les gens ont une hostilité à l'écologie. Mais quand on vend, c’est soit instrumentalisé, soit instrumentalisé ou avec l’appui des forces réactionnaires qui ont quand même un enracinement populaire aussi réel. Ça c’est absolument certain. C’est à dire que maintenant on est dans une logique de confrontation, de modèle et le système a peur en fait.
Et je précise ma question Clarisse, tu interviens quand tu veux, il n’y a pas de souci je voulais dire.
Enfin, en tout cas pour moi, pour mon appréhension. Pour moi, c’est un mouvement social et plus qu’un mouvement écologique. Les deux sont liés, mais pour moi, c’est d’abord un mouvement social et avec des enjeux, des enjeux vitaux l’eau, les arbres, les l’agriculture, etc.
Tu ne penses pas que ce qui puise, ce qui peut représenter une forme de menace serait une remise en cause d’un système capitaliste par exemple ? Et que c’est ça qui est pointé par les Darmanin et autres.
Si justement c’est pour moi, c’est un mouvement social, c’est un mouvement de société plus qu’un mouvement de conception de l'écologie. Pour moi, c’est ce sens qui est beaucoup plus large. Ça ne s’arrête pas à l'écologie.
Mais en fait c’est indissociable. Je veux dire que là, il y a eu un cheminement qui s’est fait depuis quinze ans, c’est à dire que la vision qui pouvait exister dans les années 70, au moment des pionniers de l'écologie, les petits oiseaux, je simplifie, les petits oiseaux, et puis les gens de gauche productiviste que maintenant on appelle productiviste, disaient ah mais non, ça c’est une préoccupation de petit bourgeois. Il faut défendre l’intérêt du prolétariat. Je schématise à peine. C'était la situation du débat politique à gauche dans les années 60, 60 à 70, 70. Depuis, ça a énormément évolué. On en est plus du tout là. Et les deux choses sont indissociables. C’est-à -dire que l’on pourrait parler de la 69 aussi, mais les méga bassines sont un excellent exemple. C’est deux modèles agricoles, donc deux conceptions. L’enquête qu’on a fait aussi avec un autre film que je vous invite à voir, qui s’appelle Sainte Soline. Non pas méga bassine, histoire secrète d’un mensonge d'état.
qui veut prendre la parole dans le public pour poser une question, sachant qu’on donnera la parole à Reporterre. Après, il y en a un qui doit partir, c’est le mec de Blast, Lisa Alors venez, venez ! Mais moi j’aurais voulu donner la parole au peuple, mais bon, allez y, venez, et dites nous quelles sont les images de vous que nous avons vu dans le film, à constituer un peu vos méfaits ?
Merci pour cette introduction. Je peux me mettre à ta place ? Merci.
On attend le chat. Vas-y !
Salut tout le monde ! Moi je regarde.
Quelles images tu veux dire ? Les tiennes ?
Parce qu’on a à peu près les mêmes. On était tous les deux sur le terrain. On s’est beaucoup côtoyé, les médias, donc avec grand plaisir. Oui, donc oui, sur le terrain, Moi j’avais surtout les images des discours au début de Julien qui met son très bleu en l’honneur. Voilà pour eux aussi, contre pour militer contre les identifications, etc. Et après on avait tous les deux les images évidemment de ces grenades. En fait, je pense en tant que reporter à ce qui nous avait. Moi, ce qui me reste, c’est vraiment. Ce sont extrêmement stridents toutes les secondes, surtout quand après on fait du montage, qu’on revient dessus, etc. Donc c’est un peu toutes ces images là et je pense qu’on a à peu près à peu près les mêmes. Et c’est cool de voir que, quand on est un petit média indépendant, au début, on se dit qu’on se sent un peu seul parce qu’il y a le premier truc. Ok, là c’est un peu historique ce qui se passe, surtout quand en plus c'était en même temps que les retraites. Donc on se dit bah là on fait que des manifs, que des manifs. Le lendemain on passe le truc ou le soir même et. Et là on voit le récit se former, on se dit wow, ça va être dur de raconter ce que nous on a vraiment vu. Et donc c’est cool de voir que plein de médias indépendants se mettent ensemble pour tous unir nos forces et voir après ce beau film qu’il y a plein d'émotions différentes. Mais ce beau film, Après être sorti, on se dit qu’on a bien travaillé tous ensemble quoi.
T’as répondu ? Il y a plein de questions là par rapport à mes images. David Je fais un peu comme tu as dit et j'étais beaucoup aussi sur le devant. Et est ce que je peux rajouter un peu à cette à cette belle table ronde ? C’est un peu ce côté où au moins en tant que journaliste, me suis fait visé, que ce soit ou parce qu’ils ont visé aléatoirement. Et il y a deux grenades qui m’ont, qui m’ont touché, qui m’ont touché, qui ne m’ont pas touché mais qui sont venus à mes pieds. Tu parlais d’une des mes images, c’est celle où je dis que je recule. En fait, elle explose là où j’avais les pieds. Celle ci, il y en a une deuxième qui a à peu près la même vision. Elle arrive à ma droite et si je ne pars pas, je peux, je peux me la prendre aussi. Et il y a aussi Donc ça c’est le deuxième, donc c’est celle qui explose et il y a une fusée qui s’est ouverte sur moi, ici, là, et ça m’a déchiré tout mon vêtement. Et sinon, là où il y a eu pour moi deux intentions. Vraiment, de me viser, c’est à un moment donné, il y a. Donc je ne sais pas si je peux me lever pour expliquer, je vais faire des roulades et tout. Du coup là, il y a un cortège rose. Donc là il y a tout le barrage, je vous vois, je vous tourne le dos. Et ici on va vraiment parler du conflit avec les Bleus qui essayaient de rentrer à la racine. Donc moi je me suis, je me suis dit Bon, à un moment donné, j’ai déjà reçu deux grenades dans les pieds, donc je vais me décaler et donc j'étais entre les deux. Donc ici, il n’y avait pas de violence. Et donc du coup, ici donc tout le barrage. Et donc moi j'étais vraiment allé à dix mètres de la police, donc ils ont vu. Donc moi j’ai le brassard, le casque presse, on dirait que c’est un sponsor de presse et je te disais. Et donc du coup là, moi je ne suis pas violente, je filme, je fais rien de plus parce que parfois c’est vrai qu’il y a des gens violents qui se met derrière des journalistes qui jettent des pierres ou quoi, Mais là il n’y avait pas ça parce que vraiment la violence c'était là bas. Il n’y avait vraiment rien ici. Et au moment où je pars, et bah en fait j’ai reçu deux fusées, donc ce n’est pas des gemmes, des ailes, mais j’ai reçu deux, donc une au mollet qui s’est pas ouverte et l’autre sur les fesses qui ne s’est pas ouverte. Donc sachant qu’ils doivent avoir un angle de visée on va dire assez élevé, je ne comprends pas comment j’ai pu me les recevoir et l'âge où j'étais à 20 30 mètres et voilà. Heureusement ça fait pas mal de fusées. Mais. Mais c’est un peu ce que je peux rajouter moi aussi dans ton témoignage, je t’ai repris la place. Merci en tout cas, Merci beaucoup pour tout.
Merci à toi, tu t’en vas ? Non, non mais comme tu veux. Non mais Lisa Non. Il faut qu’il faut témoigner. Je veux dire, c’est bien gentil pour les deux réalisatrices, elles veulent rendre hommage à votre travail de terrain.
Quoi ? Mais c’est eux qui étaient sur le terrain.
Bien sûr.
Il y a la parole, mais je tiens à dire que Lisa était près de Serge pendant la mobilisation. Peut être que tu peux nous raconter un peu. Euh oui, en fait. Donc il y a eu cette pause vers 14 h 50, si je me rappelle bien le rapport, parce que la LDH est aussi venue aux médias pour raconter le rapport à 14 h 58, il y a sept heures, il y a cette pause, on se met tous en retrait et c’est là où on voit les images des gens qui dansent, etc. Parce que sur le moment on se rend pas compte, on se rend compte, il y a autant de blessés mais c’est un peu flou, on sort un peu tous de notre corps etc. Et pendant cette pause, il y a beaucoup de musique, il y a beaucoup de joie et même pendant les affrontements, il y a de la musique, il y a de la joie. Et comme je disais, il y a plein d'émotions qui se sont traversées en même temps. Et donc du coup, pendant cette pause, il y a les images qu’on a vu, où les gens dansent, etc. Et moi je vois de loin une sorte de petit attroupement. De l’autre côté encore Et là je me dis il y a un truc qui est en train de se passer, je commence à avoir des messages sur nos réseaux. Comme quoi il y a une personne qui attend depuis longtemps. Donc j’y vais et c’est là où je rejoins Hélène qui est dans le documentaire que j’ai connu à ce moment-là et là c’est l’attente pendant de longues minutes, même des heures. En fait, j'étais accompagné d’un interne en médecine qui me disait là on n’y croyait plus vraiment et j’ai envoyé des messages à un chef d'édition aux médias en disant je crois que je ne suis pas sûre, mais je crois qu’il y a quelqu’un qui est très mal en point, etc. On le sent très mal et puis on voit surtout ces appels, on voit, je vois la personne de la Confédération paysanne courir en disant ce n’est pas possible, qu’est ce qui se passe ? On voit que tout le monde essaie d’appeler pour que les secours arrivent. Et là j'étais avec des journalistes de médias mainstream qui essayaient de regarder un peu plus près, etc. Même en tant que journaliste, c’est difficile de se placer à ce moment-là parce qu’on se dit là, le ton n’est pas d’informer, mais le ton est juste hyper grave, même d’informer. Mais plus tard quoi. Et donc du coup, il y a vraiment, je me rappelle vraiment de cette attente en disant mais quand est ce que les secours vont enfin arriver ? Et de voir la Confédération paysanne dire aux gendarmes mais vous ne voyez pas qu’il y a quelqu’un qui va mourir sans vous ? On ne parle pas, on ne parle pas de manif, là on est, on est, on est humain, on est en train de se parler avec quelqu’un qui va peut être mourir. Qu’est ce qui est en train de se passer ? C’est un peu lunaire.
Il y a une question sur le film Attends, attends Lisa, pourquoi tu donnes toujours la garde là deux secondes ? Et bien c’est bon, tu peux aussi t’adresser à toi. Alors je vous la pose à toutes les deux. Pour le film, vous allez y répondre. Mais d’abord Lisa et José, c’est un anonyme qui vous pose cette question. Est ce que vous avez eu des contacts avec les forces de l’ordre sur le moment en tant que journaliste mainstream ? Est ce que vous avez eu des contacts et si oui, lesquels ? Et pour vous deux, Pour les réalisatrices, est ce que vous en avez eu pour avoir des informations particulières qui peuvent être dans le don, dans le documentaire, sans pour autant être des témoignages face caméra ?
Bon, très rapidement, on constate qu’on parle de physique ou juste de parler.
Non, je parlais de contacts professionnels. J’allais souvent je sais bien.
Non, non. Alors non. Le seul moment où j’ai voulu vraiment aller les voir, c’est le moment où ils rigolaient à la fin, justement pendant le repas. Et en fait ils se tapaient dessus.
Barres entre eux. Et en fait, bah du coup.
Moi j'étais hyper choquée et j’avais vu tous ces blessés et en fait je ne comprenais pas comment on pouvait rire après ça. Donc je pense qu’ils se devaient de sortir dans un jeu vidéo ou je ne sais pas où, mais ils ne devaient pas comprendre en fait. Ou alors ils s’en foutent. Je ne sais pas trop, mais c’est le seul contact que j’ai pu avoir.
Moi j’ai eu plusieurs contacts avec les forces de l’ordre parce que ça fait plusieurs années que je suis le sujet vu que je suis originaire de la région, donc avant et après j’en ai eu. Mais si la question c’est sur le coup, c’est surtout quand on arrive en voiture et surtout c’est un mais c’est deux aussi. Il y avait des barrages en fait et donc on voyait déjà une certaine crispation, ils voulaient fouiller le véhicule, etc. Nous, on a la chance d’avoir la carte de presse, donc ils laissaient un petit peu tranquilles les cartes de presse parce qu’en fait ils ne savaient pas qu’on était un média indépendant, qu’on était une carte de presse. Ils pensent qu’on a Médiamétrie, donc ça passe.
Et après donc l’ambulance est venue chercher Serge, L’ambulance est partie et nous on est rentré très tard sur le camp. Je dirais vers 16 h 30 à 17 h. Donc ce qu’il y a à cette heure, ça a fini beaucoup plus tôt que ça. Et ouais, on est passé juste à côté parce que je prenais des photos en fait, des sortes de cadavres, de grenades, etc. Pour un peu documenter le truc et. Et heu ben c’est ça. Il était très détendu en fait. Et j’ai eu ce fameux contact quand on disait mais là, enfin, il y a moi, je n’avais pas contact avec eux, mais je voyais le dialogue devant moi qui se jouait de dire là il faut vraiment appeler quelqu’un. Et c'était une sorte de commandant, enfin quelqu’un de gradé qui était qui disait bah là j’essaye, mais j’ai l’impression que la préfète bloque, qu’il y a un truc qui bloque. Donc en fait, il y a personne qui ne savait rien, c’est. C’est le contact que j’ai avec les forces de l’ordre et j’en ai eu après la manifestation parce que comme je disais, je suis originaire de la région, donc on a toujours une belle sœur ou un collègue de l’ancien travail.Je fais sauter le gendarme qui a été dépêché sur cette opération là alors que des contrôles routiers, des choses comme ça, tu le disais que c'était des gens pas du tout expérimentés et qui n'étaient pas du tout justement pas fiers de ce qu’ils avaient fait. Et qui c’est qui avait l’impression qu’il s'était retrouvé un peu dans un truc ? Donc c’est compliqué de faire une sociologie, vraiment. De quelles forces de l’ordre étaient là bas après Oyonnax, qui étaient modérés et que pour eux c'était un jeu et qui voulaient se manifester clairement.
, Merci à vous deux. Je pose donc la question aux réalisatrices. Et après la photo
Bon, évidemment On a envoyé des mails, on a appelé pendant plusieurs semaines, plusieurs mois. On voulait avoir le point de vue et la parole des gendarmes général Rodriguez qui pourtant s'était exprimé au sein d’une commission parlementaire puisqu’ils en avaient parlé. On l’a sollicité, mais on n’a eu que des refus. Mais on a eu confirmation qu’ils avaient effectivement ordre de bloquer les ambulances. Et ce qui corroboré les observations des manifestants sur place qui disaient qu’on voyait l’ambulance à 500 mètres bloquée par des gendarmes. Donc voilà, si c’est des informations comme ça qu’on a eu de manière informelle, on a contacté évidemment le service presse de la gendarmerie, on a demandé des interviews et ensuite on s’est adressé à une association de gendarmes et on a touché du doigt une interview. Ils nous ont dit oui au départ, ils nous ont dit "D’accord, on va vous rapporter". Il y a un gendarme qui va vous rapporter la parole de gendarme qui était à Sainte Soline. Donc les gendarmes ne pouvaient pas parler eux mêmes, mais l’association pouvait parler en leur nom, en recueillant leur témoignage. Et puis ensuite ils ont regardé ce que vous aviez fait et ils nous ont rappelés pour annuler. Voilà ce qui s’est passé, exactement comme nous contacter.
Au moins, ils ont appelé pour eux. Alors je donne la parole au public. L’idée ? Attendez, attendez deux secondes parce que j’allais dire une femme, un homme, Et tout de suite, c’est un homme qui se précipite. Donc l’idée, c’est de partager la parole. Je vais vous passer la parole, il n’y a pas de souci. Mais il serait bien qu’il y ait une dame juste après quoi. Voilà, Monsieur, on vous écoute. Ah oui, je vous précise que vous êtes filmés pour les besoins de la retransmission. Voilà, donc si vous voulez poser des questions, sachez que vous êtes filmés.
Merci, Bravo ! Merci pour ce film. On est noué par l'émotion et c’est insoutenable. La violence d'État, la violence policière contre les manifestants de sainte Soline. Mais on ne peut pas s’empêcher dans la séquence qu’on est en train de vivre, de faire des convergences et se demander comment ce documentaire aussi important et utile il est, par rapport à tous les enjeux, de rétablir les vrais récits des luttes. Comment vos confrères, comment vous y faites le lourd tribut que moi je pense à la Palestine. Je suis hanté par ce qui se passe en Palestine et dans ce qui se passe en ce moment en Palestine. Les journalistes ont payé aussi un très, très lourd tribut et je ne peux pas m’empêcher, et j'étais pendant, même pendant le documentaire d’imaginer ce qui est insoutenable, ce qui est possible d’avoir filmé et comment rendre compte et donner. Il y a tellement de mensonges éhontés sur un cessez-le -feu en Palestine. Il n'était même plus possible en France. C’est quand même une dinguerie et j’aimerais bien avoir le point de vue du journaliste sur ce que c’est ce qui se passe en Palestine et comment et comment travailler là bas.
Alors on ne travaille pas en Palestine, mais moi, si vous voulez, je peux vous parler d’un travail que je suis en train de faire en ce moment sur la Palestine. Comme on ne peut pas s’y rendre, on essaye d’avoir un maximum de témoignages de là-bas parce que les gens utilisent le peu d’internet qu’ils ont pour communiquer. Donc ils sont très ouverts et très disponibles et aussi disponibles qu’ils le peuvent pour parler, pour témoigner, parce que on l’entend beaucoup en ce moment. Mais la différence entre ce qui se passe en Palestine et les massacres qui ont pu avoir lieu dans d’autres endroits par le passé, c’est que là, c’est sous nos yeux. On le sait, on le voit et. Et pourtant ça continue depuis des mois et des mois. Donc on peut traiter ce qui se passe en Palestine en parlant aux journalistes là bas, en parlant aux gens là bas, en parlant aussi aux personnes qui ont réussi à sortir et qui racontent, qui témoignent de comment elles sortent. D’ailleurs, c’est très difficile de sortir de Gaza. C’est même presque impossible si on n’a pas de double nationalité, si on n’a pas d’autorisation d’Israël ou si on ne paye pas des milliers, des milliers d’euros. Donc voilà, je dirais qu’il y a des voix pour communiquer et que les journalistes font ce qu’ils peuvent, mais effectivement, c’est les autres qui sont sur place sont en danger, Il y en a beaucoup qui sont morts et donc c’est très difficile.
Juste un mot et je vous remercie d’avoir posé la question parce que il y a en ce moment plein de choses plus importantes qui se passent dans le moment historique où nous vivons, que ce massacre et ce drame absolu qui est l'échec absolu de toute la morale occidentale, de toute la prétention aux droits de l’homme, etc. Donc voilà, c’est important de le dire. Effectivement, depuis que Gaza a commencé le massacre à Gaza, le génocide et l'écocide, d’ailleurs on se. Et on a presque un malaise par rapport au travail que vous avez fait et qu’on fait tous par rapport évidemment à la disproportion du drame. Et en même temps, c’est absolument essentiel de se bagarrer aussi pied à pied pour que les droits de l’homme, que la police soient cantonnés, qu’on respecte autant que possible ce qui reste de liberté et de droits de l’homme dans notre pays et dans les autres pour pouvoir agir ailleurs. Mais maintenant, je réponds juste après avoir dit ça comment on fait concrètement ? Et nous ? Par exemple, pour Reporterre, c’est un problème comme un drame aussi compliqué qui n’a pas d’intérêt écologique ? On revient à l'écologie et le social, on pourrait en parler. Donc en fait, on n’en a quasiment pas parlé. Alors il y avait une difficulté technique, on ne trouve pas de personnes à Gaza, c’est très difficile. Enfin, nous on a quand même un petit média et on a beaucoup de mal à trouver des correspondants à Gaza. On a un correspondant au Liban qui travaille en Cisjordanie, puisque vous savez qu'à côté de l’abomination qui se déroule à Gaza, il y a le processus de colonisation violente et brutale et criminelle qui se poursuit en Cisjordanie. Donc, on peut encore travailler et on a documenté en cherchant toujours une entrée écologique parce que, et une fois de plus, le social et l'écologie, c’est-à -dire l’humain et la nature, c’est indissociable. La même violence qui s’exerce à l'égard des êtres humains s’exerce à l'égard des conditions biosphère. Donc voilà le type d’entrée qu’on peut avoir, sachant qu’il y a malheureusement le traitement par les médias. Vous avez raison. Enfin je crois que vous l’avez signalé et moi je dois dire que Mediapart fait un excellent boulot. Heureusement, c’est essentiel. Et puis quand même, on trouve d’autres choses, mais on est très malheureux de ne pas pouvoir faire plus en tant que journaliste.
Alors je prends une autre question dans la salle. Après, je prendrai la question du chat, ne bougez pas, j’arrive.
Ça va peut être pas être tout à fait une question, mais je voulais oui, je voulais rebondir sur l’intervention de M. Parce que moi, vraiment, je fais un parallèle entre ce qu’on voit là des forces de police qui se sentent autorisées à faire tout parce qu’elles savent qu’elles ne seront pas inquiétées après et même applaudies puisqu’on a pu voir à la fin du film.
avant le générique, certains avaient même été récompensés pour leur magnifique travail. Voilà. Et on peut voir aussi dans d’autres manifestations ce que se permettent ce que se permet la police en toute impunité. Et moi, ça me fait vraiment peur. Enfin, ce qui se passe à Gaza me fait beaucoup réfléchir sur aussi qu’est ce que c’est que le sionisme ? La chasse aux gros mots. Au final, si on s’extirpe de tout le contexte historique et qu’on regarde simplement qu’est ce que ça produit ? Ce sont des gens qui se permettent tout. Qui sont contre l’humanité ? Parce que moi, je ne peux voir ça que comme ça. Et qui savent qu’ils ne seront pas punis. C’est à dire que n’importe quel pays en ferait le 1 000ᵉ, il se ferait sacrément taper sur les doigts. Et là, voilà, là, c’est comme on dit, être décomplexé. Voilà. Mais je pense que dans notre gouvernement et vraiment dans cette même optique. C’est l’extrême droite.
Donc, ce n'était pas une question. Et puis qu’est ce que vous en pensez ? C’est votre question ? Non, non, attendez, attendez, Attendez ! Est ce qu’il y a d’autres questions ? Pas des questions dans la salle soyez sympa, synthétiser
Voyons nous en tant que citoyen, qu’est ce qu’on peut faire alors soyez pas encore assez ultra violence policière. Il y a de bons policiers mais franchement ils sont bien trop violents. Il y a eu cette pétition à l’Assemblée nationale avec 260 000 signatures Il y a eu cette pétition. En tant que citoyen, c’est de notre action qu’on peut faire en France avec 260 000 signatures à l’Assemblée nationale. Sauf qu’elle était classée. Voilà. Et que c’est une pétition contre la dissolution des BRAV M. Vous savez quand je veux, quand j’ai vu de quoi là, le type qui roulait et puis tiré en même temps. Non mais il faut être fada quoi. J’ai vu la même chose, moi le premier, mais avec les bras, même les bras qui restaient en plein milieu de la nation et hop, il avance son bouclier et hop il balance une grenade de désencerclement. J’ai été voir après ce que c’est que ces grenades d’encerclement, ça balance des morceaux de caoutchouc comme ça, une vingtaine partout, dans tous les sens. C'était gratuit, il n’y avait pas besoin de le faire. Donc on a des personnes ultra violentes dans notre tête, dans notre police, dans notre genre, dans notre gendarmerie. Ces pétitions, ça peut être un moyen en tant que citoyen, mais on voit que ça, ça ne marche pas bien. Il faut qu’on fasse quelque chose. Je ne sais pas quelles peuvent être les solutions à suggérer, mais il y a quelque chose à faire sur ces flashball aussi les bravo et compagnie. Merci.
Pour rebondir à ce que vous disiez Madame, sur le parallèle et l’impunité. C’est toujours intéressant de faire des parallèles, même si les degrés de violence ne sont pas forcément les mêmes. Mais c’est important parce qu’on se rend compte que cette violence est structurelle et ce n’est pas du tout le discours gouvernemental, que ce soit en France ou dans d’autres pays, parce que c’est mondial. C’est à dire que quand il y a une violence policière, le gouvernement dit bon, on est en train d’enquêter sur telle violence, sur telle personne. Qu’est ce que ce policier ? Qu’est ce que ce gendarme a fait ? Et en fait ce gendarme et les blessés le disent et disent Mais moi, je n’en veux pas à ce gendarme parce qu’il répondait à des ordres. Et donc le fait qu’il soit condamné, ça n’a presque rien changé puisque les prochains auront les mêmes ordres. Donc en fait ce n’est pas dès ce n’est pas des actes dont il décide, c’est des actes qu’on leur demande de perpétrer. Et à Gaza, c’est pareil. C’est risible parce que quand on regarde les communiqués du ministère des Affaires étrangères, c’est que la France condamne fermement l’acte de ces colons qui ont commis des exactions inacceptables à Gaza. Mais en fait, ce qui est inacceptable, ce n’est pas seulement les actes de cette colons, c’est ici, c’est l'État israélien qui est en train de bombarder. Donc tout ça est très structurel et les états tentent tant bien que mal de faire croire que ce sont des violences individuelles.
Et oui, peut être pour répondre à vous monsieur sur qu’est ce qu’on peut faire nous en tant que citoyen ? Est ce qu’on peut faire ? Déjà c’est documenter, écrire, prendre en vidéo ce qui se passe. Nous c’est ce qu’on fait à l’observatoire depuis. Depuis quelques années, on écrit et on écrit des rapports. Et puis je comprends que ce soit très dur parce que les gouvernements ne reconnaissent pas la capacité médiatique de créer des faux récits, comme on le voit par exemple pour cette Soline, c’est très dur, mais on voit bien que la France, elle a quand même subi des grosses critiques de la part de l’ONU, du Conseil de l’Europe à l’international. Les gens le reconnaissent, nous avons un observatoire. On a rencontré des observateurs de l' OSCE qui observent le maintien de l’ordre dans différents pays d’Europe, mais aussi d’Asie centrale, donc en Mongolie. Ils vont même en Russie. Et ce qu’ils ont dit, ça a marqué. Personnellement, il y a deux pays où on se dit qu’on a besoin d’obéir avec des casques, c’est en Géorgie et en France. Voilà, donc je pense que c’est assez marquant. On a eu en France le plus gros arsenal. On disait tout à l’heure les forces de l’ordre qui ont très peu d’ordre, mais c’est aussi. Qu’est ce qu’on leur donne comme arme à ces forces de l’ordre ? Et on voit qu’en France il y a des forces de l’ordre qui ont des armes de guerre et on voit très bien que dans d’autres pays ça se passe pas idéalement, mais mieux avec des armes moins létales.
Alors effectivement, parmi les mensonges qu’on entend de la part de Darmanin, il y a ce mensonge plein d’aplomb, il dit qu' il n’y a pas eu d’armes de guerre utilisées. En réalité, effectivement, les forces de l’ordre de maintien de l’ordre en France utilisent des armes de catégorie deux qui sont en fait des armes de guerre. Et ce n’est pas la France qui décide, ce sont les instances internationales. Et donc en effet, la France les utilise. Mais par rapport à la BRAV M ce que monsieur disait, tout à l’heure, évidemment. Ah oui, j’oubliais de dire il y a Usul qui a fait un raid, alors vous n’inquiétez pas, un raid amical. C’est à dire que Usul a terminé son émission et il a envoyé tout le monde, il a envoyé des renforts, il y a eu un nouveau cortège qui est arrivé. Donc il y a beaucoup de monde qui le regarde. Je voulais vous dire que, dans la salle, évidemment, ça arrive au moment des images de complément d’enquête. D’ailleurs, Complément d’enquête a quand même fait un travail parce que vous attaquez beaucoup les médias. Mais Complément d’Enquête a quand même un peu démonté quand même ce qui s'était passé. Et la salle évidemment. Et chez moi, je suis le premier à rigoler devant ce gendarme sorti de Saint-Tropez et qui dit il tire, il ne devrait pas tirer. Je me souviens d’un texte des amis de Serge disant. Attention, il ne faut pas se méprendre. Cette scène comique, en substance, cette scène comique, elle nous détourne en fait des décisions de croire que c’est une forme de maladresse, que c’est effectivement le pandore simple flic qui voilà, qui se trompe de cortège, etc. En fait, il y a un risque à en rire et à ne pas prendre la mesure des choses. Est ce que vous avez réfléchi à ça au moment du montage et du film ?
Oui, bien sûr, parce que ce n’est pas normal que qu’il y ait une mauvaise coordination dans les dans les ordres qui sont donnés, ce n’est pas normal que, quand même, on est, on est, on est en 2000, on est en 2024, 2023 et. Et comment se fait-il que ces cadres n'écoutent pas les ordres ? Ils obéissent à qui et c’est quoi qui ensuite vont quand même tirer sur les blessés ? Et ça c’est hallucinant quand même. Alors que ces blessés en plus sont signalés par des élus en écharpe ou par des chaînes humaines. Enfin je veux dire non. Et ça, ça justement, vous l’avez, vous l’avez bien, bien noté. Donc on a l’impression que tout au long de la manifestation, en fait, c’est quoi sont en roue libre ? Et c’est très mystérieux. Pourquoi et pourquoi n’obéissent pas aux ordres qui tirent sur des blessés contraires aux règles de la guerre ? C’est hallucinant !
Le pire dans tout ça, c’est que dans le rapport de la gendarmerie, les autorités notent qu’il serait pertinent d’utiliser un nouveau quad dans les prochains maintiens de l’ordre dans ce type là en campagne. Donc ça, qui est le plus étonnant, c’est qu’on voit à quel point les COI dont on désobéit aux ordres, à quel point ils ont effectué des gestes, donc sur des quoi d’un mouvement qui sont interdits, à quel point, malgré des urnes, des élus où c’est totalement pacifique, ils vont aller gazer les élus. On parlait notamment de Serge. Il a été reproché notamment aux manifestants d’avoir déplacé Serge alors qu’il était gravement blessé. Ce qu’on ne dit pas, c’est que nous, ce qu’on a noté sur le terrain, c’est qu’on a dû déplacer Serge parce que c'était justement les quads qui avaient gazé l’endroit où se trouvait Serge. Donc, il y a ça aussi.
Alors je vois qu’il y a des mains qui se lèvent, mais il y a aussi le chat qui se lève, il y a Orus qui dit Sainte Soline Nahel, Rémi Fraisse, les gilets jaunes, Adama Traoré et dit on observe depuis des années les exactions des forces de l’ordre entre guillemet, ordre. Peut-on espérer un jour, selon vous, voir une réelle condamnation des violences policières, voire une réforme totale de la police ? Oh la LDH, vous êtes bien placés. Alors j’appelais constamment à la réforme de la police. Donc vous y croyez ?
alors ma position un peu compliquée parce que j’interviens en tant qu’observateur et en tant qu’observateur. On ne propose pas de plaidoyer de comment doit être le maintien de l’ordre. On intervient ici pour documenter ce qu’on voit et on analyse. Voilà. Oui. Je veux bien répondre, mais sur un autre plan. Parce que ce qui se passe en fait, c’est que comme tu le disais, c’est structurel. Structurel, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il y a des. Il y a des logiques politiques et d’organisation des pouvoirs d’aller dans un certain sens, surtout dans un pays où en France, qui a toujours été très violent avec les mouvements sociaux, il faut se rappeler la Commune qui est quand même en 1870, qui a 100000 morts. C’est hallucinant si on y réfléchit. Donc toujours des logiques de répression extrêmement fortes, y compris avec la guerre d’Algérie récemment, etc. Et un pays qui par ailleurs son industrie est déclinante et une de ses rares industries qui fonctionne, c’est l’armement, c’est l’armement militaire et l’armement policier par exemple. Et on a parlé d’Israël. Ça fait partie des pays avec lesquels on échange, y compris des méthodes de maintien de l’ordre puisque de plus en plus, dans la logique du capitalisme, à l’heure actuelle, la guerre civile et la guerre généralisée ne se distinguent plus tout à fait. Par exemple, on parlait d’armes de guerre, le gaz lacrymogène est considéré comme une arme de guerre, etc. Donc on est là dans ce système. Donc moi, le premier pas, c’est de comprendre qu’il y a ça à faire. Donc, l’idée qu’il pourrait y avoir une réforme de la police, tant qu’il n’y a pas un changement radical de gouvernement, voire la révolution, est inimaginable dans le contexte actuel, surtout avec l'évolution qui se dessine dans un pays comme la France. En revanche, c’est de nous interroger sur les tactiques et les stratégies des mouvements populaires des mouvements écologistes. Qu’est ce qu’on doit faire ? Peut être aussi je. Je ne vais pas être forcément très populaire, mais il y a aussi dans la tactique qui avait été abordée à Sainte Soline des questions à se poser de la part des soulèvements de la Terre ou des personnes qui s’investissent là dedans. Donc, c’est-à -dire qu’il faut renouveler les moyens de lutte, renouveler l’attitude à la police et comment on fait aussi des mouvements populaires pour ne pas mettre en danger et donc ne pas. Parce que le but du pouvoir, c’est aussi de nous terroriser. C’est-à -dire ? On n’imagine même plus d’aller à une manifestation avec des enfants. Et puis on imagine, on commence à avoir peur d’y aller parce qu’en fait, ils veulent nous faire peur. Donc comment est ce qu’on est inventif ? Comment on recrée des moyens de les surprendre en quelque sorte ?
Moi je ne sais pas si on peut réformer la police, mais. Mais ce qu’on peut dire, c’est que dans plusieurs révolutions qui ont été positives ou négatives. L’un des facteurs qui a fait que ça a réussi, c’est que la police et ou l’armée se sont joints aux révolutionnaires. Donc en fait, ça montre à quel point l’État a intérêt à ne pas perdre. La police a intérêt à ne pas faire de l’armée, à les garder de son côté. Et pour ce faire, il faut les il faut, il faut, il faut opposer la population et les personnes qui se mobilisent dans le cadre de mouvements sociaux à la police. Et donc c’est pour ça que l’État dit qu’ils viennent pour tuer des gendarmes, ils viennent pour les blessés, etc. Parce que si les gendarmes ont en tête et ils ont en tête pour beaucoup que les personnes viennent pour s’en prendre à eux, alors comment est ce qui pourrait se lier à la population ?
Il y a PSN qui allait un peu dans le sens d’Hervé à l’instant en disant qu’il aurait souhaité entendre notamment Julien Leguet. Alors je lis d’autant plus que j’ai posé cette question à Julien Maiis aurait souhaité l’entendre dans le film sur son sentiment de culpabilité d’avoir un petit PSN qui le dit, d’avoir envoyé des joyeux lurons au massacre. Donc je rebondis un peu à ce qu’a dit Hervé tout à l’heure, parce qu’on sait qu’il y a eu des textes, il y a encore des textes qui circulent autour de ça en disant voilà, il y a eu, il y a eu un jeu, une forme de manipulation d’une partie du des cortèges. Alors on enlève Julien le Gui pour ne pas en faire un truc personnel, mais pour en faire un truc stratégique. Est ce que. Est ce que c’est quelque chose que vous avez entendu dans vos interviews que vous avez enquêté, que vous avez laissé de côté pour des raisons particulières ou pas du tout ?
Non, bien évidemment qu’on a posé des questions sur la stratégie, mais moi j’avais le sentiment. En tout cas, dans les paroles que j’ai recueilli, c’est quand il y avait eu cette première manifestation en octobre, où les manifestants avaient été victorieux. Ils avaient réussi à rentrer dans la Bastille et à l'époque, ils étaient 6000. Et là, ils se retrouvent le matin. Et bon, ils ont dit qu’ils pensaient 30 000, mais peut être qu’ils n'étaient que 12 000 selon la LDH. Mais ils étaient deux fois plus que la fois d’avant. Et donc ils sont, ils ont ils ont eu. Ils ont eu le sentiment qu’ils étaient tellement plus nombreux qu’en fait les gendarmes n’allaient pas, n’allaient pas réagir parce qu’ils étaient trop nombreux. En fait, ils ont analysé la situation comme ça et après, bon, pour s’organiser, c’est compliqué. Ils n’avaient pas les outils pour pouvoir communiquer entre eux, entre les cortèges.Mais on ne peut pas dire qu’ils avaient programmé que les gendarmes allaient leur tirer dessus. Enfin c'était. Je pense qu’ils s’attendaient à un rapport de force, mais un rapport de force qui leur était favorable tellement ils étaient nombreux en fait. Et tellement c'était. C'était inédit, ça ne s’était jamais vu autant de monde venir manifester contre un projet sur un chantier où il y avait eu. Oui, en plus, il n’y avait pas d’enjeu, les pompes n'étaient pas posées. Le Lainé Il y avait quasiment rien à détruire, c'était un trou vide. Donc franchement, je pense que là, ils ont été, ils ont été vraiment totalement surpris par la réaction, par la répression disproportionnée.
Et puis juste moi je trouve qu’il y a un élément qui est très important aussi et dont on parle peu, c’est la déconnexion de ces émotions. Quand on arrive sur les terrains, sur un terrain comme ça, où il y a autant de violence. Moi je l’ai fait. Beaucoup de personnes manifestantes m’en ont parlé, mais montées opérateurs, ça m’est arrivé aussi. Si on est face à tellement de violence qu’on a du mal à mettre ça en relation avec nos émotions, de voir à quel point c’est choquant, il y a une certaine déconnexion qui fait qu’on parle de la stratégie des mains des manifestants qui peut être critiquable. Mais en fait, sur le moment, il y a aussi on a du mal à faire des choix rationnels parce qu’on a du mal à s’imaginer qu' autant de violence de la part des forces de l’ordre est possible aujourd’hui en France. Et je pense que ça joue aussi énormément.
Je passe à une question de la salle deux, si c’est possible, pour terminer une de monsieur et puis une autre qui veut. Et si vous voulez bien vous lever, c’est pour que c’est pour faciliter le travail de la police.
Merci David et merci. Merci pour ce super documentaire qui fait du bien pour contrer le récit de BFM. En tout cas moi ça me touche beaucoup. J’ai une question sur le documentaire. La parole est donnée à pas mal de responsables politiques tout au long du documentaire et il m’avait échappé qu’il y avait principalement que les écologistes, alors qu’il y avait aussi d’autres formations politiques comme LFI, comme le NPA sur le terrain et qui ont soutenu en amont ce qui se passe, ce qui s’est passé, Est ce que c’est un choix politique ? Est ce que c’est un choix de réalisation ou des circonstances ?
Est ce qu’il y a une autre question dans la salle ? Comme ça on prend deux questions auxquelles elles peuvent répondre. Oh ! Il y a la patronne.
Bonsoir. Merci beaucoup. On a vu vos images, on a lu le rapport de l’observatoire. Il y a eu des plaintes pour X derrière pour violences. Est ce qu’on a un rapport de l’inspection générale de la gendarmerie et comment eux analysent tout ça par rapport aux éléments que vous apportez ?
J’en profite. Nathalie est juste à côté. Non, mais évidemment, dans la salle, je pense que tout le monde c’est à peu près ce que la LDH que tu représentes, fait. Mais il y a beaucoup de gens. En fait, ils sont obligés de rester, est ce que tu veux dire en deux mots le virage qu’a pris ces dernières années la Ligue des droits de l’homme sur la question des pratiques policières, des violences policières et en quoi c’est devenu un enjeu central pour vous ? Et après ? Je donne la parole à la scène.
On voit des attaques de plus en plus importantes sur la liberté d’expression en général et la liberté de manifester. C’est une forme d’expression collective des idées. Mais tout ce qui va à l’encontre de la parole gouvernementale, il a besoin de la répression pour pouvoir casser cette autre parole possible. Et on voit que le Parlement n’a déjà plus tellement de pouvoir. Mais là, dans la rue non plus, il ne veut pas écouter, il ne veut pas, il casse tous les contre pouvoirs que sont les syndicats, les associations avec la loi séparatiste. Bon bref, il essaie où ce gouvernement essaye de museler toute contestation possible et c’est la raison pour laquelle la répression est forte sur les sur les manifestations et particulièrement les écologistes. Parce que justement il y a une urgence écologique et que ce gouvernement ne prend pas les mesures qu’il faut. D’ailleurs, la France a déjà été condamnée, y compris le Conseil d'État a dit que le gouvernement ne prenait pas les mesures qui s’imposent au regard de ses propres engagements, les engagements de la France par rapport à l’urgence climatique. Et pour autant, comme il ne compte pas, il continue à ne pas le faire et on voit bien ce qu’il a, ce qu’il est. Il a également reculé au moment des manifestations des agriculteurs où là il ne fallait pas toucher et donc parce que c’est un autre bord politique et qui est beaucoup plus soutenu évidemment. Et dans ce cas là, il faut réprimer parce que comme il ne fait pas la politique qu’il devrait mettre en place, il ne faut pas que ça se voit, il ne faut pas que ça se sache, il faut, il faut qu’on continue à aller vers le pire.
Un pays qui se tient sage
C’est encore moi, je fais jamais de placement de produit, jamais, Je t’en prie. Voulez vous répondre aux jeunes insoumis, j’imagine, qui se demandent pourquoi il n’y a pas d’insoumis dans votre film ?
Oui, alors sur la présence des écologistes, Merci pour cette critique parce qu’elle est elle est importante et on a déjà essuyé ces remarques plusieurs fois et ça nous fait réfléchir. Mais on se rend compte que de l’extérieur, effectivement, on voit que des écologistes et nous, en coulisses, si je puis dire, on a fait ces choix pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec l’appartenance à un parti, parce que. Alors, je tiens à dire qu’on n’a absolument aucune connivence avec ce parti, loin de là. Mais Benoît Bitos, il a eu des échanges avec, avec donc la préfecture, les la gendarmerie, les gendarmes, etc. Benoît Genet aussi et Marine ton de l’appel à envoyer des messages à la préfète pendant la manifestation. Donc initialement, on est vraiment allés voir ces personnes parce pour ces raisons là, précises. Et dans le film, on s’attendait d’ailleurs à garder ces passages là où ils disent voilà, j’ai, j’ai parlé avec la préfète, voilà ce qu’elle m’a dit, etc. On le voit un petit peu, mais il y a des passages qu’on n’a pas gardés pour des raisons très pragmatiques de choix de morceaux d’interview dans le Parce que le documentaire est devenu plus un documentaire de témoignages que purement d’enquêtes dures où on va voir prendre chaque fait et le décortiquer. Et donc voilà pour vous les écologistes et non pas les insoumis, parce qu’il y avait effectivement Clémence, Gaîté et d’autres qu’on aurait.
Comment le dire. Ou le NPA et Philippe Poutou, il y avait beaucoup d’autres personnes, mais voilà, vraiment, voilà concrètement pourquoi on a fait ces choix et voilà pourquoi c’est eux. Et on aurait pu aller en voir d’autres, mais encore une fois, on a aucune affinité ou proximité avec les écologistes.
Donc en fait parce que le chat ne vous a pas entendu. Donc c’est la même personne que j’ai traité d’insoumis qui a dit et le NPA donc à elle seule cette personne et l’union de la gauche, c’est assez rare. C’est aussi moi je trouve, ça vaut des applaudissements. Euh ouais ben ouais, si on va jamais s’en sortir
Et sur l’IGPN, sur le rapport de l’IGPN et le rapport de la préfecture d’ailleurs, qui sont deux des grands rapports officiels qui sont sortis après la mobilisation de Sainte Soline, on lit dedans que les personnes qui donc ? Les gendarmes qui ont tiré en quad, qu’on voit un moment, un moment on voit un gendarme sur un quad tirer au LBD sur le côté en mouvement. Donc c’est strictement interdit, sauf en cas extrême de légitime défense. Et donc le GIGN a enquêté et est pour enquêter. Elle a auditionné des gendarmes qui ont dit oui, mais on a tiré parce qu'à ce moment-là, il y avait un individu qui avait un manteau orange fluo et qui s’apprêtait à. Il y avait même un mortier à la main. Et donc, malheureusement pour eux, ils ont mal choisi la personne. Puisque la personne en question qui apparaît sur les vidéos et sur le peu de photos qu’on a, c’est donc cette personne avec une veste orange que porte certains syndicats ou certains ouvriers, cheminots, etc. Et donc on a retrouvé des photos d’un photo-reporter qui était sur place et qui a photographié de façon très nette cet homme qui à la main n’a pas un mortier mais un chiffon en fait. Et. Et donc ça. Et la LDH l’a dit d’ailleurs, la soulever dans son rapport, ça et la LDH le dit très bien dans le rapport. Voilà, Donc dans la bas, on voit les passages d’entretiens avec les gendarmes qui disent voilà, on était menacés par cette personne par un tir au mortier et qui mettent la photo. En l’occurrence, on voit ce bout de chiffon. Il y a beaucoup de contrevérités dans ses rapports que la LDH a soulevé, que nous aussi on a pu examiner un petit peu pour compléter.
Nous on a on a lu ce rapport de l’IGPN. Et donc ce qu’ils disent aussi, c’est que dès que le quad subissait des tirs de cocktails Molotov et qu’il était complètement menacé par les manifestants et donc nous, il s’avère qu’on avait un groupe d’observateurs qui était juste à côté, qui a filmé la scène et donc qui on est capable de certifier qu’il y a eu aucun cocktail Molotov de lancé et que le quad était très loin d'être. Donc encore une fois, le rapport de l’IGN, on peut dire, s’appuie sur des éléments factuellement faux.
Sur les images, on voit bien que le champ autour est vide.
Pour le dernier tour de table, je vous propose deux petites questions du chat. Je sais qui voudra parler d’autre chose, mais qui pourra lancer cette fin de débat. D’abord, ici, c’est Monsieur Z qui vous remercie toutes les deux et les gens d’autres investigations et de reporter. C’est top d’avoir mis ce film en accès libre. Est ce que d’autres démarches actions sont envisagées pour mettre ce travail en lumière ? Ça peut mettre des années, mais cette violence doit être reconnue comme violence d'état. Ça c’est Monsieur Z. Et un peu dans le même esprit, dans le chat également. Que reste t il de de solide dans l’esprit des gens ? Le gouvernement a t il réussi sa propagande ou bien le grand public a conscience que la réalité est tout autre que ce que le récit officiel dit ?
Non, mais je pense que les enfants, les gens savent qu’il y a eu. Il s’est passé quelque chose de pas normal. Et après peut être que c’est justement pour ça qu’on a voulu faire ce film et je crois qu’il ne faut vraiment pas hésiter à le partager. S’il est sur YouTube en accès libre, ce n’est pas pour rien, c’est pour que tout le monde puisse s’en emparer et que ça soit vraiment un outil et que justement que chacun puisse prendre conscience de ce qui s’est passé réellement. Donc il ne faut vraiment pas hésiter à le partager un maximum. Évidemment qu’il y a des enquêtes en cours, il y a des actions judiciaires en cours et on espère qu’elles arriveront au bout et que toute la lumière sera faite sur tout ce qui s’est passé. Voilà comment on peut, en tout cas chacun à son niveau, individuellement, agir. C’est vraiment en éveillant les consciences et en s’informant le mieux possible de ce qui s’est passé et qui ne devrait ne plus se passer. Enfin si, c’est totalement anormal et voilà. Après, se tenir off, c’est aussi une manière de nous encourager à travailler sur ce sujet. C’est des films qui sont très engageants. Qui c’est pas ce n’est pas un jeu ce film là, ce n’est pas un film comme un autre. Enfin, moi je peux vous dire que j’ai quand même 20 25 ans d’expérience, de réalisation et ce film là m’a particulièrement marquée. Et voilà. Et c’est vrai que si derrière on sent qu’on est soutenu moralement et aussi financièrement, on va pouvoir aller plus loin, pouvoir suivre ou pas peut être par exemple au long cours, les blessés, tiens, de solides. Enfin voilà, il y peut, on peut imaginer des suites, mais pour ça, il faut qu’il y ait, il faut qu’il y ait un mouvement parce qu’on va plus loin tous ensemble. Et nous, on vous invite vraiment à vous emparer de cette vidéo et de d’organiser si vous voulez, avec vos amis, vos familles ou je ne sais pas dans quel cadre, mais d’organiser des petites projections. C’est aussi comme ça qu’on fait vivre le documentaire et à travers ceux qui le voient et qui vont en parler et qui vont le montrer. Et on sait qu’il y a des projections qui ont été organisées à Goma et dans ces coopératives qui sont un peu partout, il y en a eu à Marseille, on a un peu partout nos potes, ils organisent des petites projections avec une dizaine, quinzaine, parfois une cinquantaine de personnes et voilà, C’est un peu comme ça que le film vit et c’est comme ça qu’on profite du fait qu’il soit en accès libre. Et ça, c’est un avantage parce que comme ça. En fait, on peut le faire, on peut vraiment le faire vivre partout où on veut et quand on veut. Et comme pour le cinéma de banlieue, il n’y a pas de souci.
Oui mais justement, on pourrait imaginer des projections dans les cinémas. On peut nous même aussi nous déplacer. Par exemple, il va être projeté à New York. Il y a une association qui nous l’a demandé, une association de français à New York, et voilà. Donc n’hésitez pas. Et puis vous pouvez aussi nous contacter via le site internet d’AWF et on vous répondra. Enfin voilà, c’est assez simple.
Et je pense que le but c’est de faire vivre ce contre récit qui existe à travers ce film, à travers le rapport qu’on a écrit, je veux dire les tout ce qui a été dit par les autorités qui ont été, on a pu démontrer que c'était factuellement faux ce qui s’est passé, à nous de faire vivre. Je sais que notre rapport n’a jamais reçu aucune critique sur le fond de ce rapport. Et sur les 160 pages, il n’y a aucun élément dans le rapport où ils ont pu démontrer que c'était faux. Donc à nous de s’appuyer sur des rapports écrits, sur des films comme ça, pour faire émerger un contre discours et faire émerger ce qui s’est réellement passé ce jour-là.
Vous avez été entendus par la commission parlementaire sur les groupes dits violents.
Oui alors on a été auditionnés en tant que LDH. C’est Nathalie qui y allait et en tant qu’ observatoire également. Alors pour vous la faire courte, ça a été surtout les députés RN qui nous ont critiqué en disant que le rapport était un torchon parce qu’il était écrit en écriture inclusive. Voilà, aucune question pour remettre en cause le fond. Ça a été aussi remettre en cause nous en tant qu’observateur, qu’on n'était pas neutre, qu’on n’avait pas suffisamment une bonne formation. Voilà, c’est que des questions comme ça pour essayer de nous décrédibiliser. Mais on n’a eu aucune remise en question du fond du rapport.
Hervé le mot de la fin Tu voulais aborder les autres luttes en cours ?
Ouais, je vais dire deux choses très rapidement avant. La première chose, c’est qu’aussi, derrière ce travail et les médias indépendants d’abord, c’est quand même des films que la télé n’a pas faits. Voilà. Et concrètement, combien ça coûte ? Ben c’est avec le gros boulot et aussi quelques enquêtes papier derrière de Reporterre entre 80 et 100 000 €. Alors, ça vous paraît sans doute énorme, mais en fait, si vous voyez tout le boulot, l'équipe qu’il y a derrière les mois de travail, ce n’est pas énorme. Donc, pour nous un enjeu puisque coproducteur au nom de reporter et par exemple, on a envie d’en faire d’autres. En fait, on en parlait là par exemple sur les dons, pour être très transparents, on a recueilli Off investigation, un, Reporterre, 60 000 €. Donc on vit, on n’est pas allé loin,, on a envie d’y aller. Donc on commence à discuter avec Fabrice, avec Clarisse, avec l'équipe d’Off. Mais voilà, sachez qu'évidemment ce genre de films et ce genre d’informations ne sont pas sur les médias, les autres, bah il faut, il faut qu’il y ait des sous.
Ouais mais qu’est ce que tu réponds aux gens ? T’inquiète pas, je sais, il y a deux trucs qui disent qu’on ne peut pas financer tout le monde tout le temps. Vous tendez la main tout le temps, ce n’est pas possible que ce soit off, que soit le média, que ce soit les partis Blast, que ce soit Reporterre, que ce soit Auposte. Qu’est ce que tu réponds à ça ?
Je ne tends pas la main, je dis quand vous donner de l’argent à Reporterre qui est en accès libre ou à Off investigation, qui est en accès libre, vous permettez à ceux qui n’ont pas les moyens de payer ou qui n’auront pas la même conscience politique que vous d’aller vers cette information, et ça, c’est essentiel. Vous ne donnez pas aux journalistes, vous ne donnez pas pour vous, vous donnez pour que d’autres puissent voir et que ce travail sur la politique que les uns et les autres on fait sur l'écologie, sur l'émancipation, sur la justice, on transmettre le message. Puisque la première question de Monsieur c'était qu’est ce qu’on peut faire pour poursuivre ce travail ? Donc on ne tend pas la main, on ne tend pas la main. Et quand vous regardez la télévision, vous regardez la publicité. Moi je regarde très peu la télévision, mais je suis halluciné par la quantité de publicité. Est ce que vous croyez que la télévision, c’est gratuit ? Vous bouffer du Hachette, Hachette, Hachette ? Nous, il n’y a pas de publicité, il n’y a pas de publicité avant le documentaire, ni après. Donc voilà, on est des êtres responsables. Vous voulez d’autres films où on va casser encore le récit officiel et raconter d’autres choses ? Eh ben il nous faut des sous. Donc voilà, ça, c’est comme ça qu’on fait vivre la liberté. La deuxième chose, si ce discours a été convaincant,
il y a des gens qui demandent le lien pour faire un don à off.
C’est à la fin du film.
En fait, vous réalisez le film DonnorBox.org, / off investigation-reporter, C'était ça je crois. Bravo ! Les dons sont défiscalisés.
Merci David. Deuxième point très rapidement, qu’est ce qui reste de centimes dans la tête des gens ? Il se trouve qu’on a eu un geste de folie. On a fait un sondage, un vrai sondage avec Harris. Et ce qui ressort de mémoire, c’est trois choses. D’une part, les gens savaient ce que c'était que rien de solide. Deux ils ne savaient pas très bien ce que c'était que les méga basses, ils ne comprenaient pas. Trois Ils n’ont trouvé que des alternatives agroécologiques, etc. Pour économiser l’eau, c'était bien. Et 4 à 1 courte, une non, une assez importante majorité. On dépassait largement 50 % que l’action de la biologie. La question de la police était trop violente. Donc voilà, selon ce sondage auprès de 1000 personnes, échantillon représentatif, ce qui est resté dans la tête des gens. Et troisième point que je voulais dire, et David me donne très gentiment la parole pour le dire, c’est qu’il y a ça de solide, mais il y a plein d’autres luttes qui ont lieu en ce moment. Il y a la 69, l’autoroute, il y a Bure qui est une bagarre des plus terribles et des plus difficiles, où là on est confronté non seulement à la répression. Troisième personne du singulier, pas moi, évidemment, en tant que journaliste observateur. Ceux qui vendent des déchets nucléaires, l’enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse et une répression judiciaire incroyable. Il y a aussi le contournement de Rouen, un projet d’autoroute totalement délirant, des méga bassines partout. Enfin je peux en passer. Mais en revanche, puisqu’on est à Paris, autour de Paris, il y a de la lutte, il y a une lutte admirable sur le triangle de Gonesse qui continue. Donc il ne faut pas lâcher. Là, ce n’est pas très loin de chez nous. On peut, on peut être attentif chez nous par rapport à la salle parce qu’il y a des gens qui nous écoutent de partout.
Ah oui, pardon. Alors voilà, vous ne faites pas le boulot. Voilà. Et puis bon, pour les Parisiens.
On se raconte aussi. C’est un centre commercial, c’est ça ? Gigantesque.
C’est un projet qui est totalement abandonné, totalement. Et les élus veulent quand même continuer à le bétonner alors qu’ils sont en train d’inventer. C’est de faire un centre de formation pour les jeunes alors qu’il y a des passages d’avions en permanence. Donc on ne peut pas travailler. Mais ils veulent, ils sont en train de faire une gare et RER totalement absurde qui dessert personne. Une fois de plus, comme la 69, comme les méga machines, on est dans un délire de béton.
Là, on parle de la carte des luttes locales de Reporterre.
Voilà, voilà. Donc bon, et puis et puis et puis il y a un anthropologique, une grosse bagarre aussi du côté de la Plaine Saint-Denis pour un entrepôt pas Amazon, mais de ce type là, de centaines de mètres. Énorme. Et là aussi, c’est une bagarre importante à suivre.
Merci. Merci beaucoup. Merci à vous toutes et à vous tous.
